Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·210 Parcours de vie #Ironman #GR20 #handicap

10 juin 2025

Vivre avec des acouphènes : comment Christophe Urquia a transformé son handicap en mission

Durée · 49 min · Transcription disponible

des

Le récit

Pompier professionnel, Christophe a été victime le 3 avril 2016 d’un accident en intervention qui lui fait perdre une partie de son audition et a déclenché des acouphènes permanents. Ce handicap concerne 10 à 15% de la population mondiale et pourtant, on en parle finalement assez peu.

Christophe, lui, a du apprendre à les gérer du jour au lendemain, et il n'y a aucune certitude sur le fait qu'ils disparaissent un jour.

Ce bruit incessant a eu des impacts sur sa vie sociale, sa vie de famille en tant que père d’enfants en bas âge, mais aussi sur son sommeil. Aujourd’hui, il consacre son temps libre à sensibiliser à l’importance de prendre soin de son audition, à travers des conférences et des défis sportifs.

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Transcription

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Christophe Ce qui me semble important, c'est que moi je le vis comme ça et pour les acouphènes, mais je pense que c'est transposable à tout handicap ou toute difficulté. Le cerveau, il a une capacité qui est incroyable et je pense qu'on a tous la force en nous de passer outre et de se servir de nos faiblesses. Ce bruit que vous venez d'entendre, ce n'est pas une erreur de montage, c'est ce que mon invité Christophe entend en permanence depuis le 3 avril 2016. Pompier professionnel, il a été victime ce jour-là d'un accident en intervention qui lui a fait perdre une partie de son audition et a déclenché des acouphènes permanents. Les acouphènes concernent 10 à 15% de la population mondiale et pourtant c'est un handicap dont on parle finalement assez peu. Christophe, lui, a dû apprendre à le gérer au quotidien. Ce bruit, cette gêne permanente a eu des impacts sur sa vie sociale, sa vie de famille en tant que père d'enfant en bas âge, mais aussi sur son sommeil. Aujourd'hui, il consacre son temps libre à sensibiliser à l'importance de prendre soin de son audition à travers des conférences et des défis sportifs. Et bien écoute, c'est parti. Bienvenue Christophe sur le podcast. Ravis de te recevoir au micro des frappés. Ça te fait quoi d'ailleurs de passer au micro du podcast que tu écoutes régulièrement, je crois ? Ouais, c'est exactement ça. Mais ça me fait très très bizarre d'être là parce que d'habitude je l'écoute et comme je t'ai déjà dit, écouter ce podcast, ça a été un peu une thérapie pour moi. Donc, ça me fait bizarre d'être au micro aujourd'hui et un peu l'impression d'être un imposteur. Mais ça, je te disais, c'est assez rigolo parce que je pense que c'est le commentaire qui revient le plus quand je contacte des potentiels invités. Et du coup, c'est assez drôle de voir que tout le monde a ce ressenti et en même temps, la raison pour laquelle tout le monde, on va dire 80% des gens me disent ça, c'est parce qu'ils ont écouté d'autres épisodes et ils me disent attends, non mais je ne fais pas ce que font les autres, c'est incroyable. Donc au final, tout le monde a le même ressenti pour la même raison, c'est que vous avez tous des parcours de vie complètement fous. Donc, assez rigolo. Ne t'inquiète pas, ça va bien se passer. Non, je ne m'en doute pas. Bah écoute, ravi en tout cas Christophe que tu te sois libéré. Merci beaucoup pour ton temps. Ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es et ce qui fait la particularité de ton parcours. Ok, moi c'est Christophe Urquia, j'ai 39 ans. Je suis papa de deux enfants, Maé, un petit garçon de 6 ans et Oyana, une petite fille de 3 ans. J'habite à Belen-Belier en Gironde et je suis marié à Cécile, voilà, pour le plus perso. Et en ce qui concerne la particularité, je suis pompier professionnel et le 3 avril 2016, en intervention, j'ai été victime d'un blast, donc un camion-citerne qui est transporté du GPL qui a explosé. Et depuis ce jour-là, j'ai des acouphènes. C'est donc pour expliquer les acouphènes, c'est un bruit que l'on entend qui est pour ma part assez aigu et qui est présent 24h sur 24 non-stop. Donc j'ai essayé d'apprendre à vivre avec depuis. Et puis c'est quelque chose qui, je pense, n'est pas très connu et qui aujourd'hui commence un petit peu à être connu parce qu'il y a beaucoup de gens qui commencent à en souffrir parce qu'on est dans une société de plus en plus bruyante. Et donc, de plus en plus de jeunes souffrent d'acouphènes. Et donc, c'est une cause pour laquelle j'ai envie de me battre pour essayer de la faire reconnaître. Je t'avoue que le terme d'acouphènes, je pense qu'il y a énormément de gens, j'en avais déjà entendu parler. Par contre, je n'avais jamais forcément creusé le sujet et je n'avais surtout jamais réalisé que c'était... Je pensais que c'était une défaillance auditive qui arrivait uniquement avec l'âge, avec des gènes, des parasites, des bruits parasites qui s'installaient. Je n'avais jamais réalisé que c'était quelque chose de permanent et que ça pouvait être, comme toi, un événement auditif traumatisant. Je ne sais pas si c'est le bon terme. Donc, peut-être qu'on peut commencer par ça. Donc, pompier volontaire en 2016, à ce moment-là, tu l'étais déjà depuis un moment ? Pompier professionnel ? Excuse-moi, professionnel. Moi, je suis pompier depuis 2008 en Gironde, professionnel. Et donc, c'est en 2016 qu'a eu lieu cet accident. Et donc, effectivement, comme tu le disais, les acouphènes, ça peut être dû à... Les personnes âgées, c'est souvent eux qui en ont le plus suite à l'audition qui baisse et du coup, certaines personnes ont des acouphènes. Mais ça peut être dû aussi à une exposition prolongée au bruit, à une explosion comme moi. Donc, souvent, des militaires ont des acouphènes suite à des explosions ou à être en contact souvent avec le bruit des tirs. Et il y a des maladies qui donnent des acouphènes. Il y a des médicaments qui peuvent donner des acouphènes en effet secondaire. Ok. Voilà. Ok. Et là, tu disais que le... Toi, tu as eu ça depuis le camion-citerne qui a explosé. Le blast, enfin, ce qui a créé... Ce qui a déclenché l'apparition des acouphènes, c'est quoi ? C'est la puissance du bruit ou c'est le souffle ? Enfin, on peut l'expliquer précisément ce qui a déclenché tes acouphènes ? Ouais, ça s'explique. C'est la puissance du bruit en fait qui fait que ça a détérioré à l'intérieur de mes oreilles. C'est comme si... En fait, moi, ce que j'ai reçu, en gros, une explosion, on est aux alentours des 120 décibels à peu près. Et à 120 décibels, à partir de deux secondes d'exposition, on peut avoir des traumatismes auditifs. Ok. Et donc, moi, ce qui s'est passé, c'est qu'en plus d'avoir des acouphènes, j'ai une perte d'audition. J'ai 30% de pertes d'audition à droite et une quinzaine de pertes d'audition à l'oreille gauche. Et donc, c'est tout simplement un... Ce qu'on arrive à expliquer un petit peu quand c'est dû à un traumatisme sonore, c'est que c'est le cerveau qui ne comprend pas. D'un coup, il a perdu l'audition et il essaie de reproduire cette perte d'audition par un son parasite. En fait, il essaie d'entendre les sons qu'il a perdus. Et en fait, il reproduit un son parasite qui est l'acouphène. Un petit peu comme quelqu'un qui s'est fait sectionner un membre et qui le ressent encore de temps en temps. Les acouphènes, ça serait schématisé, ça serait un peu le même principe. Même si aujourd'hui, on a encore du mal avec la science à vraiment savoir comment est créé l'acouphène. Parce qu'il est créé par le cerveau, ça on le sait, mais pourquoi et comment, c'est difficile à expliquer. C'est ce que j'avais te demandé du coup. Est-ce que c'est une lésion physique d'une partie de ton système auditif ? Ou est-ce que c'est exactement ce que j'avais en tête, les membres fantômes qui grattent pour des amputés ? Donc, on sait avec certitude, dans ton cas, c'est purement psychologique, en fait, c'est ça ? Ouais, c'est ça. En fait, au début, c'est purement mécanique. J'ai eu l'oreille qui a été blessée, le tympan qui a été touché. Mais par contre, toute mon oreille fonctionne très bien, à part cette perte d'audition suite au bruit. Mais je n'ai pas de lésions au niveau de l'oreille encore. Tout est bien rétabli. Par contre, j'ai cette acouphène qui persique. Donc, effectivement, c'est le cerveau qui le crée. Et le jour de l'accident, c'est quoi tes souvenirs ? Est-ce que c'est comme dans les films, une méga explosion ? Tu as un bruit aigu et tu n'entends rien d'autre que ce bruit ? Ou tu réalises tout de suite qu'il va y avoir un souci ? Alors, effectivement, c'est une énorme explosion. On a un recul de 8 mètres. Ah ouais ! Et on porte les appareils respiratoires isolants. On est à genoux en plus, donc on est quand même ancré. Et donc, moi, je n'ai pas trop de souvenirs. Le seul souvenir que j'ai, c'est un gros flash blanc. Et je me réveille et je vois ma lance qui est 8 mètres devant, encore ouverte. Et là, je réalise qu'on s'est fait souffler. Et quand je me lève, déjà, les oreilles sifflent. C'est un peu le chaos, je suis un peu dans les vapes. Et du coup, après, j'essaie de me relever. Moi, j'ai une blessure à la jambe, donc je ne peux pas me relever. Et c'est des collègues qui sont à l'arrière, qui viennent nous sortir de là. Mais effectivement, ce n'est pas quelque chose auquel on s'attendait que ça explose. Donc, ça survient immédiatement. Et on a vu des vidéos qui montrent bien l'explosion. Et c'est assez impressionnant. Mais effectivement, les acouphènes sont, moi, mais sont apparus de suite. Et mon collègue, qui lui était à 10 mètres derrière moi, a eu des acouphènes, mais ils ont duré 15 jours. Lui, il n'a pas eu de perte d'audition, par contre. Ok. Et le diagnostic, pour toi, tombe à quel moment ? Est-ce que ça a été progressif ? Tu t'es rendu compte, tu dis que ton collègue, ça a mis 15 jours à partir. Est-ce que toi, au bout de trois semaines, un mois, six mois, le diagnostic est tombé que ça serait peut-être définitif ? Ou tout de suite, on a pu poser le diagnostic et te dire que ce serait définitif ? Ah non, le diagnostic, il a été assez long. Parce qu'au début, pareil, à l'hôpital, j'étais transporté à l'hôpital et on m'a dit que les acouphènes, ça va partir. D'ici 15 jours, un mois, c'est fini. Sauf que ça ne partait pas, ça me prenait quand même pas mal la tête. Donc, j'ai été voir un ORL. L'ORL, lui, déjà, a dit que si ce n'est pas parti au bout d'un mois, ça risque d'être compliqué, que ça parte. Ça peut diminuer, mais il va falloir certainement apprendre à vivre avec. Et comme au début, j'ai appris à vivre avec, parce que je pense que comme c'est un acouphène qui est arrivé dans le cadre de mon travail, ça me permettait encore de continuer mon travail, ça me permettait encore de continuer mes activités. J'étais jeune. Je vivais plutôt bien avec. Et qu'est-ce que ça veut dire vivre avec des acouphènes ? Concrètement, comment tu as dû apprendre ? Vivre avec des acouphènes, c'est ne plus jamais être dans le silence, ne pas savoir ce que c'est que le silence. C'est se réveiller le matin et d'entendre un bruit aigu avant même d'avoir ouvert les yeux. C'est avoir envie de se taper à tête contre les murs parfois, parce que ce moment-là est insupportable. Et qu'en fait, c'est un cercle vicieux. On se focalise dessus, du coup ça crée de l'anxiété, on y pense. On fait que ça aille penser quand c'est que ça s'arrête, quand c'est que ça s'arrête. Et du matin au soir, si on n'arrive pas à s'évader, à s'échapper un petit peu de ces acouphènes-là, c'est assez dur à vivre avec. Et je pense que c'est assez corrélé avec son état d'esprit et la façon dont on se sent dans plusieurs périodes de nos vies. Quand tout va bien, quand on a des projets, quand on fait des choses qui nous plaisent, quand tout va bien à côté, on les supporte beaucoup mieux. Je pense qu'on se focalise moins dessus. Et dès qu'on est un petit peu fatigué, qu'il y a des choses qui ne vont pas dans notre vie, du coup on a tendance à les entendre beaucoup plus fort et à se focaliser dessus. Et parce qu'on est un peu plus faible, je pense, psychologiquement. Et du coup, ils sont beaucoup plus durs à supporter. C'est quoi les méthodes que tu as développées pour essayer de les oublier temporairement, ces acouphènes ? Alors, moi je me suis beaucoup aidé des méthodes de sophrologie. Donc de la visualisation, je me suis servi de mes acouphènes pour partir dans des rêves, dans des pensées, au rythme des acouphènes. J'ai travaillé beaucoup avec la cohérence cardiaque, beaucoup de travail de respiration, que je pratique beaucoup le soir avant d'endormir. Et un outil formidable, j'ai écouté les frappées en podcast. Non, mais ça rire, moi ça m'a beaucoup aidé, je te l'avais déjà dit, mais j'ai découvert le podcast grâce aux acouphènes. Mais toute la journée, j'avais des acouphènes dans les oreilles. Et en fait, ne pas rester dans le silence, c'est ce qui aide aussi à s'en sortir. Parce que voilà, on devient un peu fou à faire entendre un son. En plus, c'est un son qui n'est pas forcément très agréable. C'est un bip plutôt aigu dans les trois minaires. Donc, et moi, ils sont estimés à 50 décibels, à peu près entre 50 et 60 décibels.

Loïc Ah ouais, quand même !

Christophe Ouais. Donc, ça prend vite le dessus. Dès que je suis dans le silence, en fait, si je n'arrive pas à occuper mon esprit, je me focalise dessus. Waouh ! Ok, je n'avais pas du tout... Attends, parce que... 50 décibels... Attends, c'est peut-être moi qui... J'avais en tête... Donc, tu disais tout à l'heure, 120 décibels, c'est un peu le seuil à partir duquel il y a des... Alors, le seuil, il est à partir de 90 décibels. 90 décibels, si on y reste quelques minutes, c'est... Déjà, il y a déjà un risque de troubles auditifs.

Loïc Ok.

Christophe Donc, un avion qui décolle, c'est 110 décibels. Donc, si on y reste quelques secondes, il y a des troubles auditifs. Ok. Donc, attends, là, je suis en train d'essayer pour que les gens peut-être se rendent compte un peu. Je suis sur un site... Je ne sais pas si c'est une référence. Il n'y a pas de source, là. Mais il y a une sorte d'échelle. 60 décibels, c'est un marché animé. Donc, 70 décibels, une salle de classe bruyante. Et 80, une rue à fort trafic. Donc, 50, c'est quand même loin d'être un petit bruit anecdotique sur lequel il faut se concentrer pour en prendre conscience. Ah oui, oui. Tu l'entends vraiment, quoi. C'est une ambiance de restaurant, à peu près.

Loïc Waouh.

Christophe Ouais. Et ça, c'est un son qui est aigu. Donc, du coup, c'est différent qu'un son plutôt grave ou une conversation. Le son aigu, c'est assez strident et ça peut même être douloureux. D'ailleurs, généralement, les personnes qui ont des acouphènes, ils développent une hyperacousie sur certaines fréquences. Et bon, c'est mon cas. Maintenant, quand je vais dans un bar, dans des restos, je mets des bouchons d'oreille parce que je ne supporte plus les bruits trop forts. Bon, là, tu as évoqué ce que toi, tu as mis en place. Finalement, la manière dont tu t'es adapté à ces acouphènes. Mais est-ce qu'il y a... Là, tu viens de donner un exemple. Les restaurants où tu mets des boules de pièces. Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé dans ta vie à cause de ces acouphènes ? Soit en positif ou pas forcément, d'ailleurs. Oui, je pense qu'il y a eu du positif et du négatif. Si je dois commencer par le négatif, je pense que tu as un peu changé ma personnalité. Parce qu'au début, je ne me rendais pas compte. Les 4-5 premières années, j'ai vécu avec. Et je pense que je n'ai pas trop voulu me focaliser dessus. et je ne voulais pas trop y croire. Et puis, je pense qu'en fonction des épisodes dans la vie, comme je disais tout à l'heure, les acouphènes sont plus ou moins marquantes. Et donc, moi, je pense que ça m'a rendu un peu plus aigri, un peu plus difficile à vivre, un peu plus sur les nerfs. Tant donné que je suis déjà assez irrité comme ça toute la journée, il y a les acouphènes dans les oreilles. Je pars peut-être un peu plus vite au quart de tour. Donc ça, je l'ai ressenti au fur et à mesure des années. Ça m'a aussi affecté énormément mon sommeil. Parce que c'est assez difficile. Une fois qu'on se réveille dans la nuit, avoir les acouphènes dans les oreilles, c'est dur de se rendormir après. Et ça crée un stress avant de s'endormir aussi. Donc ça a changé ma façon de dormir. Par contre, je pense que ça a créé en moi une certaine résilience. Même si j'aimais déjà un petit peu ce goût de l'effort et ce terme de résilience. Mais je pense que là, ça m'a poussé encore un peu plus loin à me dire qu'il fallait surmonter ça et qu'il fallait trouver des stratagèmes pour ça rendre un peu plus fort. Donc ça m'a permis de voir les choses différemment, de voir la difficulté différemment et de s'en servir pour avancer. Et puis monter des projets, faire des choses concrètes et qui servent à d'autres personnes. On va en parler des projets parce que c'est forcément un des gros sujets sur lesquels je voulais qu'on échange. Mais juste avant ça, question peut-être un peu bête, mais est-ce qu'il y a une possibilité aujourd'hui que tes acouphènes se résolvent à un moment donné ? Ou c'est une garantie absolue que ce sera permanent ? Alors, il n'y a pas de garantie absolue. Il n'y a personne qui me dit qu'il y a une garantie absolue parce qu'en fait, c'est quelque chose qui est très méconnu, les acouphènes encore, et qui n'arrive pas à bien étudier la chose. Du coup, les études montrent que la plupart des gens qui ont eu des acouphènes de mon type, ils les ont gardées. Alors, il y a certaines personnes qui ont essayé certaines alternatives et pour qui ça a fonctionné. Mais c'est encore des choses qui sont à l'étude, des ultrasons dans le cerveau, des électrochocs, que je ne suis pas prêt encore à faire parce qu'il n'y a pas assez de recul et pour l'instant, j'arrive à m'en sortir autrement. Mais moi, pour l'instant, on me dit que ça restera comme ça, sauf si j'ai une amélioration de mon audition. Alors, je suis appareillé, j'ai des appareils auditifs qui me permettent déjà de compenser la perte de l'audition. Et du coup, tout le temps dans ces appareils auditifs, j'ai des bruits blancs, donc des bruits qui ressemblent un petit peu à des bruits de vagues. C'est des bruits qui apaisent et qui défocalisent le cerveau des acouphènes. Donc ça déjà, ça m'aide énormément. Et ce que disent les ORL, c'est que le fait d'avoir des appareils auditifs, ça peut rééduquer un petit peu mon oreille à réentendre et du coup à diminuer les acouphènes à long terme. D'accord. Voilà. Bon, si on passe sur les projets maintenant, je sais qu'il y en a un en particulier tout récent dans lequel tu t'es lancé, je ne sais pas s'il y en a eu d'autres avant, j'ai gardé la surprise, je ne t'ai pas trop posé de questions en amont. Du coup, dans quoi est-ce que tu t'es lancé et pourquoi est-ce que tu t'es lancé dans ces différents projets ? Alors, je me suis lancé dans des projets, on va dire sportifs, mais aussi à but de sensibiliser les gens à cet handicap des acouphènes. J'ai créé une association qui s'appelle Acouphène Aventure parce que je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas grand-chose qui était fait pour sensibiliser, pour avertir les gens un petit peu des conséquences de l'exposition au bruit. Et moi, ça m'a amené bien bas, ces acouphènes. Et du coup, je pense que j'ai fait une grosse dépression. Et du coup, je me suis dit qu'il fallait faire quelque chose pour tous ces gens qui en souffrent et qui sont dans le silence. Du coup, avec cette association, le but, c'est... Elle a plusieurs objectifs. C'est de faire des défis sportifs pour essayer de sensibiliser le maximum de personnes. Donc, l'été dernier, je suis parti du Verdon-sur-Mer, en Gironde, donc à la pointe nord du Gironde, jusqu'à Anglette, au Pays Basque, par la plage, à pied et en autonomie. Donc, il y a 272 kilomètres. J'ai fait ça avec mon meilleur pote JC. On a fait ça en 5 jours. Et on était en autonomie, donc on tractait tous les deux deux remorques. Donc, un avec un canoë pour traverser toutes les parties d'océan qu'on ne pouvait pas faire à pied. Et ensuite, on avait toute la bouffe, l'eau. Voilà, on avait à peu près 40 kilos chacun, contractés dans le sable. Et sur la plage, on distribuait des bouchons d'oreilles et on parlait des acouphènes. Et on s'est aperçu que finalement, beaucoup de gens avaient des acouphènes. Ah oui ? Oui. Sur la plage, il y a pas mal de surfers qui souffraient d'acouphènes. Alors, c'est occasionnel, mais beaucoup de gens disaient qu'ils avaient déjà vécu ça, soit après une soirée, soit des surfers qui sont beaucoup au contact de l'eau et qui ont des problèmes au niveau des tympans. Il y a des gens qui viennent à la plage pour se ressourcer, pour entendre le bruit des vagues, pour justement se défocaliser des acouphènes, parce qu'ils n'ont pas d'autres alternatives et qu'à chaque fois qu'ils vont voir un ORL ou un médecin, ils leur disent « Monsieur, madame, il faut apprendre à vivre avec ». Et beaucoup de gens avec qui on discute avouaient qu'ils prennent des anxiolytiques à cause des acouphènes. C'est quand même quelque chose d'assez récurrent et on n'en parle pas beaucoup. Donc ça, c'était le premier défi sportif. Là, cette année, c'est assez différent. Cette année, j'amène des personnes qui souffrent d'acouphènes chroniques, qui sont un peu isolées, en arrêt de travail, soit suite à une exposition au bruit, soit suite à une maladie. Je les amène à faire un séjour en Aragon avec initiation canyoning, sophrologie et yoga matin et soir, pour donner un petit peu le goût de l'effort, apprendre à gérer le stress et se défocaliser des acouphènes pour montrer qu'à travers le sport et à travers certains exercices, on peut se défocaliser et on peut réussir à penser à autre chose. Et en essayant de transposer dans la vie de tous les jours, ça permet d'apprendre à mieux vivre avec. Ça, ça sera du 13 au 15 juin. Ok. Excellent. C'est vraiment intéressant. Ça me fait penser, je ne sais pas si tu avais écouté ces épisodes, mais j'ai eu plusieurs épisodes avec des invités amputés. Et je pense à Franck Bruno en particulier, qui était là il n'y a pas très longtemps sur le podcast, qui s'est fait, si j'ai bonne émoire, rouler sur le tibia par un avion de chasse sur un porte-avions, il y a un bon moment et qui a dû être amputé. Et en fait, ce qui est intéressant, c'est de voir la place et l'importance que peut prendre le sport dans la réadaptation finalement, ou en tout cas, dans la réadaptation à une vie qui ne sera jamais vraiment la même, mais la plus proche possible d'une vie normale. Tu vois, Franck, il emmenait des gens faire des stages, donc des néo-amputés, faire des stages, alors principalement en Corse, si j'ai bonne mémoire, pour leur montrer que, en fait, même en étant amputé, on peut se promener en montagne, on peut se dépasser physiquement. Et c'était la même chose avec un invité précédent, là aussi, qui était amputé. Et finalement, là, c'est un peu ce que j'entends aussi, tu vois, c'est le sport comme un super outil pour reprendre confiance en soi et finalement réaliser qu'il y a quand même plein de choses qu'on peut continuer à faire ou qu'on peut même découvrir, puisque j'ai l'impression que tu dis que ce n'est pas forcément destiné uniquement à des sportifs, le séjour que tu vas faire, ce qui est juste fabuleux. Oui, complètement. Moi, je reste convaincu que le sport, alors le sport, c'est assez large, bouger en fait, bouger, découvrir des activités, découvrir, ça fait bouger tous nos sens, ça fait découvrir plein de choses et quand on devient de plus en plus sédentaire et en plus de ça, quand on ne va pas bien, quand on est en dépression, on n'a plus envie de bouger parce qu'on ne trouve plus de sens à rien et on se dit mais à quoi bon parce que le sport, souvent, les gens l'associent un peu à souffrance quand ils ne sont pas habitués à faire du sport parce que ça va être dur, parce qu'ils vont être essoufflés, parce que musculairement et moi, j'ai envie de faire découvrir le sport autrement dans la nature et en fait, il y a une expression que dit mon pote JC avec qui j'ai fait la dernière aventure, il dit que le mouvement du corps entraîne le mouvement de l'esprit et c'est vrai, c'est que moi, toutes mes idées à chaque fois que j'ai des idées, à chaque fois que je suis motivé pour faire quelque chose, c'est soit parce que j'étais en train de courir, soit en train de faire du vélo, soit en train de me balader dans la nature et c'est comme ça que j'arrive à me défocaliser des acouphènes et je pense qu'il faut que cette idée du sport un peu extrême où c'est vraiment difficile pour quelqu'un qui ne fait pas de sport, il faut se la sortir et aller découvrir notre corps autrement. Philosophe JC. Oui, complètement. Et c'est un bon frappel aussi, c'est un bon frappel aussi. Donc, tu nous as parlé de l'accident 2016, tu étais déjà pompier professionnel, je ne vais pas me tromper, parce que j'ai le réflexe de dire pompier volontaire parce que comme il y a, je ne sais pas, 85, 90% des pompiers qui sont volontaires, j'ai ce truc en tête, mais donc voilà, pompier professionnel, tu l'es toujours aujourd'hui, qu'est-ce qui fait que tu as gardé cette envie, ce souhait de continuer à évoluer dans cet univers après un accident ? Au-delà des acouphènes, je pense que prendre un camion citerne qui explose à 8 mètres de soi, ça doit quand même laisser aussi d'autres traces. Donc, qu'est-ce qui fait que tu as voulu rester dans cet environnement ? Je pense que, déjà, c'est un métier passion, moi, c'est ma passion. J'ai toujours voulu faire ce métier et puis, peut-être dur à entendre, mais quand on fait ce métier, c'est un peu pour vivre ce genre de choses, même si aujourd'hui, c'est assez handicapant pour moi, mais on recherche de l'adrénaline, on recherche, voilà, on va aller combattre les flammes, on veut essayer d'aller faire ce pour quoi on s'est engagé. Et ça ne m'a pas du tout envie d'arrêter, au contraire, ça m'a permis de faire un retour d'expérience sur comment ça s'est passé et de m'améliorer dans mon travail. Excellent. Et aujourd'hui, donc tu disais, au-delà du fait que tu as un appareil auditif, tu pars sur exactement les mêmes missions qu'avant ? Oui, exactement. C'est la même, la condition pour que je puisse partir en intervention, c'est d'avoir mes appareils auditifs pour pouvoir avoir mes capacités auditives à 100%. Excellent. Donc, j'ai été, pendant un petit moment, j'ai arrêté les nuits parce que c'était très difficile de gérer les acouphènes avec le travail de nuit. J'ai été sous anxioïétique pendant quelques temps aussi pour réapprendre à dormir et à m'endormir. Et maintenant que j'ai remplacé les anxioïétiques par la cohérence cardiaque et la sophrologie, j'arrive à retrouver un sommeil plutôt normal et j'ai repris les nuits. Excellent. Et, par culité, j'avais posé la question à Lucas, alors je ne sais pas si tu as écouté cet épisode de Lucas Canuel, qui est un, alors lui, pour le coup, qui était pompier volontaire dans l'Héros et qui s'est retrouvé bloqué dans son camion et qui a été en gros brûlé vivant. et on avait pas mal échangé sur le retour d'expérience. Est-ce que finalement, ce qui lui était arrivé, qui est dramatique, a pu servir à améliorer les choses dans la manière dont on gère ce type de situation chez les pompiers ? Est-ce que toi, il y avait quelque chose qui aurait pu être fait différemment et des procédures qui ont changé après ton accident par rapport spécifiquement à des problèmes sur des camions-citernes qui transportent du GPL ? Alors, en fait, dans mon cas particulier, c'est justement assez particulier parce qu'on ne savait pas qu'il y avait du GPL à l'intérieur, tout simplement parce qu'on est intervenu dans un parking où tous les camions sont censés être vidés et dégazés avant d'être garés dans ce parking-là. Et donc, la personne qui gérait la sécurité nous l'a nous l'a nous l'a dit quand on est arrivé il n'y a plus de GPL dans aucune citerne. Et en fait, ça n'a pas été fait. Elle a été remplie à trois quarts et du coup, nous, on est intervenu comme si c'était un camion où il n'y avait plus de GPL à l'intérieur alors qu'il y en avait. Sinon, la procédure est complètement différente. On fait un périmètre de sécurité assez éloigné. On arrose avec un camion citerne d'assez loin pour pouvoir rabattre les flammes et on n'engage pas du personnel. Donc là, c'était assez particulier. Mais en ce qui concerne sinon la protection auditive et la prise en charge des acouphènes, il n'y a rien du tout qui avait pollué et j'essaie de faire avancer un peu les choses. Mais les acouphènes, en fait, c'est quelque chose de pas connu et pas très pris au sérieux. Donc, du coup, c'est assez difficile de faire entendre ça aux gens. et comme souvent, les institutions travaillent un peu en bénéfice-risque, c'est-à-dire, il y a combien d'accidents qui ont eu lieu comme ça, est-ce que ça vaut le coup de mettre beaucoup d'argent pour des accidents qui arrivent très peu souvent ? Malheureusement, c'était comme ça que c'est réfléchi. Donc, pour l'instant, il n'y a pas grand-chose qui a été fait. Oui. C'est un peu le débat éternel des handicaps invisibles, en fait. Tu vois, quand on parle d'handicap, on a tous en tête le petit dessin avec la personne en fauteuil roulant, sauf que si j'ai bonne mémoire, c'est moins de 5% des cas de handicap en France. Et la plupart sont non visibles. C'est sûr que quand tu ne vois pas et que tu n'es pas concerné par la chose, oui. Exactement. Si quelqu'un je prends l'exemple en caserne, si un collègue arrive en caserne, en béquille ou avec le bras en écharpe, on va faire attention quand on va passer à côté de lui. Mais moi, tous mes collègues, ils savent que j'ai des apouphènes et que j'ai des problèmes auditifs. Mais voilà, ils le savent, mais du coup, ils ne se rendent pas compte quand ils me voient parce que je suis normal. Et du coup, la musique, elle va être à fond quand on fait sport. Les bars, elles vont tomber. Au messe, la musique, elle va être à fond. Ça va jouer au babi à fond. Ça va être hyper fort, les mecs. Et je suis là et personne n'y fait forcément attention. Et du coup, c'est à nous de nous adapter et à nous à sortir de la pièce ou à mettre des bouchons d'oreille. Après, je ne dis pas que tout le monde doit s'adapter à cette apouphène-là, mais je pense qu'il y a une prise de conscience aussi à avoir. C'est qu'on est tout le temps exposé à du bruit et de plus en plus. Et on ne fait pas assez de pauses auditives et il faut s'assurer bien de se protéger les oreilles bien plus souvent qu'on nous le fait parce que notre capital, en fait, on a un capital auditif et le capital, on le bouffe très, très vite dans notre société actuelle. J'ai découvert ça, cette notion de capital auditif. J'ai travaillé pendant quelques temps dans un environnement méga bruyant, enfin, très, très bruyant avec beaucoup de monde des journées entières. Et on avait, du coup, dans ce cadre-là, on avait des bouchons auditifs sur, en gros, plus ou moins sur mesure. avec deux niveaux, tu vois, on pouvait, il y avait une espèce de, une entrée qu'on pouvait boucher. Donc, c'était un bouchon, en fait, avec deux niveaux d'isolation. On le mettait un peu comme des Airpods ou des écouteurs classiques, ça isolait déjà et si on voulait isoler encore plus, on pouvait boucher une entrée et là, c'était vraiment isolation max. Et en fait, même avec ça, j'ai passé trois ans dans cet environnement et entre la première et la troisième année, vraiment de pas grand-chose, tu vois, mais quand j'ai repassé les tests médecine du travail, la troisième année, je n'étais plus capable d'entendre exactement comme j'entendais la première année, les sons très très faibles. Et c'est là où je me suis dit, ah ouais, non mais c'est fou, je suis jeune, en trois ans, il y a un impact alors que je mets ces bouchons systématiquement, tu vois. Donc, assez intéressant et je pense que tu as raison, ça fait partie des sujets où juste on n'est pas du tout sensibilisé, comme on ne le voit pas, effectivement, ça ne se voit pas, on croise quelqu'un dans la rue qui a des acouphènes, impossible de le voir. Du coup, ça fait effectivement sans doute partie des sujets qu'on ne fait pas vraiment gaffe jusqu'à ce qu'il soit peut-être trop tard. Ouais, complètement. Moi, je le vois, j'interviens dans des festivals, je tiens des temps dans des festivals et je distribue des bouchons d'oreilles, je fais de la sensibilisation justement à ce sujet et les gens, certaines personnes en prennent conscience et on les voit avec des bouchons. Maintenant, c'est même obligatoire en effet qu'il va distribuer des bouchons mais les gens, ils se réveillent le lendemain, ils ont quelques acouphènes, ça part et puis bon, voilà, c'est parti quoi. Mais du coup, tant qu'on, c'est toujours pareil, tant qu'on ne l'a pas vécu et tant qu'on ne le vit pas, on ne fait pas, on ne tient pas trop compte. La prévention, on a un peu de mal, je trouve, à faire de la prévention parce que c'est dans tous les domaines. Les gens, à se dire bon, je vais faire attention à ça pour ne pas avoir de problème. On attend d'avoir les problèmes et après, on est en place quoi. Et c'est dommage parce que les oreilles, ça reste quand même un outil hyper important et ça peut devenir très agaçant et très perturbant quand on entend moins bien, si on a des acouphènes et plus on va vieillir et plus on va perdre de l'audition. Donc, si on perd l'audition déjà jeune, c'est compliqué. Je m'étais déjà fait la réflexion parce qu'il y a quand même, tu vois, là, on parle des acouphènes, de prendre soin de son audition, mais il y a beaucoup d'autres sujets sur lesquels on n'est pas du tout sensibilisé, sur lesquels on a aussi potentiellement un capital. Tu vois, je pense par exemple à l'exposition au soleil, pour la peau, plein de choses comme ça. Il faudrait presque qu'il y ait une checklist, tu vois, où tous les ans, tu te dis, bon, je fais un screen complet pour m'assurer que tout va bien. et je pense à ça parce que j'avais reçu, par exemple, Louis, Louis Pila, qui est un rescapé d'un cancer testiculaire et qui expliquait que, c'est pareil, il a découvert les gestes d'auto-check, en fait, après son cancer, alors qu'il a eu méga jeune. Mais lui, une partie de ce qu'il fait aujourd'hui pour se servir de ce cancer qu'il a réussi à vaincre, c'est de sensibiliser les hommes sur les auto-palpations, en fait, pour essayer de détecter en amont, le plus en amont possible, un potentiel cancer des testicules. C'est vrai ? Ah ouais, après avoir écouté l'épisode ? Excellent. Excellent. C'est vrai qu'il y a beaucoup de sujets comme ça. Mais du coup, ton assaut, il y a qui dedans ? Est-ce que tu fais rentrer des gens qui sont concernés par les acouphènes ? Est-ce que c'est ouvert à tout le monde ? Comment elle s'appelle ? Où est-ce qu'on peut la suivre ? Alors, donc, elle s'appelle Acouphène Aventure. Donc, je suis sur Instagram. Et, alors, pour l'instant, il y a JC, mon pote et moi. Le philosophe. Le philosophe, ouais, c'est ça. Et, pour l'instant, je n'ai pas fait rentrer d'adhérent parce qu'elle est assez récente, elle a un an, l'association. Et, je ne savais pas trop quelle direction on allait prendre. Mais là, du coup, les personnes qui viennent au séjour, ça sera les premiers adhérents de l'association. par contre, j'accepte tout le monde, effectivement, si des gens veulent adhérer à l'association, si ils ont des acouphènes ou pas et qu'ils veulent contribuer à la cause. Bien sûr, que plus on est fou et plus on rit. Et, parce que je commence à être un peu plus, de plus en plus sollicité. Je veux aller dans des entreprises pour faire des conférences et de la sensibilisation, notamment dans des entreprises où il y a du bruit pour faire comprendre aux gens qu'il faut se protéger les oreilles, comment faire pour se protéger les oreilles, l'importance de faire des pauses. Je veux aller dans des lycées, dans des collèges, dans les festivals. Et donc, du coup, tout ça, ça demande du temps et voilà, si il y a des gens qui veulent investir, c'est avec grand plaisir. et puis après, il va y avoir d'autres défis sportifs qui vont arriver. Donc là, quand je fais un défi sportif, après, je propose à tout le monde de participer, que ce soit sur la totalité ou sur des parties. Génial. Donc, voilà, ça, c'est bien sûr ouvert à tout le monde. Excellent. Les défis, là, tu nous as parlé de ce séjour que tu organises en Aragon en juin. tu as déjà un peu des idées de prochains challenges à venir. Tu repartirais sur un format comme tu as fait là jusqu'à Anglette ? Alors là, je repartirais sur un autre projet. J'aimerais partir donc de chez moi, de Bordeaux jusqu'à l'Annetto en vélo. l'Annetto, c'est le sommet... C'est le plus haut sommet des Pyrénées, ça ? Ouais, c'est ça, exactement. Pour aller trouver la source de la Garonne. Excellent. Et ensuite, je redescendrais la Garonne en canoë jusqu'à Bordeaux. Voilà.

Loïc Ah ouais,

Christophe ok. Donc, il y a à peu près 450 km de vélo et autant en Garonne, 500 Garonne. Donc, la première partie de Garonne, c'est plutôt rapide, on va dire. Et après, c'est de la longue et un long fleuve tranquille. À partir de Toulouse, ça reste assez large et plutôt tranquille, mais je pense qu'il faut compter d'à peu près 10 jours de canoë et 3 jours de vélo pour y aller, je pense, parce que je vais être chargé parce que je serai en autonomie. Ouais. Donc, et puis moi, je n'aime pas trop faire des 200, 300 km dans la journée, c'est pas trop mon truc. Mais du coup, quand tu dis canoë, ce serait potentiellement un packraft ? Ouais, c'est ça, un packraft. Ah, c'est un packraft. Excellent. Donc, tu partirais avec ton packraft sur le dos à vélo. Ouais, c'est ça. C'est génial. J'ai une remorque, j'ai une remorque et le packraft, ça pèse 3-4 kilos et le gonfler une fois arrivé là-bas. Ok. Et puis après, dans le meilleur des mondes, ça serait de réussir à mettre le vélo sur le packraft, démonter et de redescendre avec tout sur le packraft. Ah, mais c'est énorme. Du coup, tu connais sûrement Marjorie, que j'ai eu deux fois sur le podcast et qui est aussi dans le groupe WhatsApp des Frappés. Elle m'a parlé il n'y a pas longtemps, je crois qu'ils ont fait ça avec François, son compagnon, ils sont en train de tester justement exactement ça. Ah oui. Des packsraft sur lesquels ils peuvent mettre leur vélo et je crois qu'ils ont amené même le chien si j'ai bonne mémoire. C'est vrai. Donc peut-être que ça pourrait être cool que tu échanges avec elle parce que je crois qu'ils ont déjà fait le test là. Ok, carrément, parce que moi, je comptais faire le test cet été déjà là et carrément, s'il a déjà testé et qu'ils ont trouvé des modèles intéressants, je serais preneur. Eh bien, allez, on en parle sur le groupe des frappés sur WhatsApp. Génial. C'est un beau défi ça. Sachant que du coup, il n'y aurait peut-être pas la notion d'autonomie sur 10 jours de packraft, je pense que c'est compliqué, non ? La notion d'autonomie, ça serait que du youfiliser, il faudrait voir le poids, mais je pense qu'il y aura un ravitaillement à mi-parcours, je pense. Et puis de toute façon, comme la dernière fois, on disait qu'on était autonome aussi sur la plage, mais tous les jours, on a du monde qui sont venus nous voir ou faire une partie du parcours avec nous et forcément, ils nous amènent des choses, ils nous amènent à manger, ils nous amènent des bières, donc on n'était pas réellement autonome et tout le transportait. Ils nous amènent tellement à bouffer que le soir, on leur donnait nos youfilisés pour qu'on aille le poids à porter parce que sinon, on aurait porté le poids tout le long. Des ravitaillements involontaires. Oui, c'est ça. Mais c'est ça qui est génial en fait, c'est que c'était la surprise, les gens qui venaient qui vont nous rencontrer, donc ça, c'était incroyable. Ça favorise les rencontres aussi ce genre d'aventure. c'est ça aussi qui me plaît dans ce genre d'aventure, c'est qu'on part seul ou à deux mais on n'est jamais seul. Il y a toujours des gens qui sont intrigués, qui viennent raconter leurs aventures aussi, qui viennent partager un bout de route avec vous et c'est incroyable. Ah, c'est génial. Je me rappelle, j'avais fait, je suis parti, j'ai fait quatre mois en Amérique du Sud en vélo, tout seul, Chili, Argentine, Uruguay et j'étais parti seul, j'avais un peu de t'accréhension mais je pense que sur les quatre mois, j'ai dû être un mois tout seul. J'ai tout le temps partagé ma route avec d'autres cyclo-voyageurs, avec, c'était incroyable quoi. C'est génial, la magie des voyages pour ça. Ah ouais, ouais. Petite question, tu disais quand tu t'es présenté au début que tu as deux enfants, alors je ne sais plus si tu as précisé leur âge ou pas mais est-ce que tu leur, est-ce qu'ils comprennent ta situation, est-ce que tu leur expliques ? Ouais, alors ça a été difficile, il y a eu une période très très difficile justement avec eux parce que en plus d'être pas bien moi avec les acouphènes, j'avais l'impression d'être un mauvais père, vraiment dévalorisé à cause de ça parce que le moindre bruit, le moindre dès qu'ils criaient un peu, ça m'agacait fortement et j'avais beaucoup de mal à gérer ça et du coup j'ai mis quelque chose en place de temps en temps quand vraiment ça ne va pas, je mets un casque de chantier dans la maison sur les oreilles et les enfants ils identifient directement papa ça ne va pas, il a mal aux oreilles et du coup ils arrivent à baisser l'intensité d'eux-mêmes et donc c'est un petit peu un petit jeu qu'on a instauré entre nous et donc maintenant ils commencent à en prendre conscience surtout le grand il a six ans et il dit papa c'est à couffer d'aventure donc je pense qu'il a un peu cette notion-là et donc je ne veux pas dire qu'ils essaient de faire attention parce que c'est des enfants et qu'ils comprennent déjà que nous adultes on a du mal à comprendre à avoir la notion mais dès qu'ils voient ou dès que je leur dis dès que je montre avec le casque hop ils comprennent et ils arrêtent de faire trop de bruit ok parce que tu peux depuis qu'on a commencé l'épisode je n'avais pas pensé avant mais je suis en train de me dire et peut-être que je l'aurais fait du coup au moment où l'épisode est diffusé mais en intro je mettrais un bruit il faudrait que tu me confirmes si c'est ça ou pas mais qui correspond le plus possible à ce que toi tu as comme Akoufène est-ce que ça c'est un moyen que tu as pour sensibiliser les gens quand tu interviens en entreprise dans les festivals etc ouais tout à fait c'est ce que je fais dans les stands il y a le site l'association France Akoufène qui sur leur site internet ils ont tout un panel d'Akoufène aussi et du coup quand je suis dans les festivals ou en sensibilisation je fais écouter aux gens ce que c'est que d'avoir des Akoufènes ok et souvent des gens disent ah mais ça je l'ai déjà entendu ou ah mais ça moi je l'entends mais très peu ou voilà et il y a pas mal de gens qui s'identifient à ça alors c'est souvent après une grosse soirée des jeunes après une grosse soirée ou moins jeune où ils étaient en boîte et du coup le lendemain ça siffle ou après des festivals justement souvent souvent les gens ils disent mais moi je l'entends après des festivals voilà mais souvent la plupart du temps les Akoufènes c'est assez éphémère il y en a qui en ont des fois il y en a avec le stress on en a je pense que tout le monde a entendu déjà les Akoufènes quand on dit j'ai les oreilles qui siffle ou chez nous on dit il y a quelqu'un qui dit du mal de moi bon ben voilà c'est ça un Akoufène en fait ok mais il y a des gens comme moi pour qui ça est non-stop et c'est assez fort merci merci Christophe est-ce que toi il y aurait un mot de la fin que tu voudrais partager alors tu as déjà bien parcouru tu vois ta situation comment tout ça t'est arrivé et surtout comment tu l'as géré ce qui est hyper hyper inspirant est-ce que tu as décidé d'en faire aujourd'hui de finalement de le mettre en avant d'en parler de sensibiliser de vivre des aventures entre guillemets grâce à ces Akoufènes est-ce qu'il y a autre chose toi qui te semble important que tu voudrais partager en conclusion de cet épisode ouais ce qui me semble important c'est que moi je le vis comme ça et pour les Akoufènes mais je pense que c'est transposable à tout tout handicap ou toute difficulté le cerveau il a une capacité qui est incroyable et je pense qu'on a tous la force en nous de passer outre et de se servir de nos faiblesses comme force et que ce soit de la dépression que ce soit un autre handicap il faut surtout ne pas rester seul parce qu'on n'est jamais seul on a toujours quelqu'un autour de nous qui vit la même chose que nous ou similaire et le partage d'expériences il est hyper important ça permet de ne pas se sentir seul et de s'apercevoir qu'il existe des solutions chacun arrive à trouver des solutions différentes et c'est bien de s'entraider comme ça et bougez bougez bougez faites de l'activité partagez riez profitez je pense que c'est la meilleure thérapie que je puisse conseiller parce que on est fait pour ça on est fait pour être dehors pour bouger pour découvrir pour partager et je pense que c'est le mot que j'aimerais partager que ce soit pour les acouphènes ou pour n'importe quel autre mot ! je pense que c'est la meilleure solution et la meilleure thérapie fabuleux! et bien écoute un immense merci Christophe pour ton temps c'était passionnant je t'ai déjà dit mais super inspirant aussi de voir comment tu gères tout ça hâte d'en apprendre plus sur ces défis à venir et puis je t'ai dit peut-être à très bientôt sur le podcast pour un épisode débrief de ce trip vélo rando pas craft carrément merci à toi Louis c'était super sympa et j'ai bien apprécié de discuter avec toi c'était cool et à bientôt à très bientôt ciao merci d'avoir écouté cet épisode avec Christophe jusqu'au bout n'hésitez pas à le partager autour de vous et à parler du podcast en général c'est une excellente manière vous le savez de remercier tous ces invités qui prennent du temps pour venir partager leur parcours exceptionnel au micro défrappé je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast et bien vous pouvez rejoindre toutes celles et ceux qui sont déjà passés à l'acte sur tipeee t-i-p-e-e-e .com slash les-frappés pas forcément l'adresse la plus évidente mais une fois que vous y êtes c'est bon elle est également en description de cet épisode et vous pouvez contribuer à partir de 1 euro par mois un grand merci pour votre fidélité et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode ciao les frappés et Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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