Loïc Entre janvier et août 2023, Florian, Antonin et Pierre ont pédalé de la France jusqu'en Corée du Sud, un périple de 7 mois et 15600 km. Dans cet épisode, Florian nous fait le récit de ce merveilleux voyage et nous partage des anecdotes qui ne se vivent que dans ce type d'aventure. La traversée de pays en conflit armé, les difficultés liées au visa, les paysages désertiques, les oasis, les tempêtes de sable et les cols à plus de 3000 mètres d'altitude. Évasion garantie. Vous êtes sur Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Tous en selle, on part pour un long voyage à vélo de l'Europe à la Corée du Sud. Excellente écoute à vous. Alors comment on décide d'aller
Florian jusqu'en Corée à vélo. C'est moi qui ai lancé l'idée un an à peu près avant le départ. J'avais l'idée d'idée évidemment un petit peu avant, mais j'ai eu mon premier déjeuner avec mon premier rééquipier un an avant le départ. Donc c'était en janvier 2022 du coup. C'était une idée qui commençait à courir dans ma tête depuis quelques temps, puisque j'avais déjà voyagé pendant un an à vélo il y a quelques années. J'avais voyagé en Europe, dans les Balkans, en Turquie, en Iran, dans le sud de l'Asie. Ensuite, j'étais arrivé à Katmandou, dans le nord de l'Inde. J'avais pu traverser le Myanmar, qui n'est plus possible actuellement de traverser. Et puis j'avais traversé l'Asie du Sud-Est, ensuite la Thaïlande, le Laos, le Vietnam, jusqu'à Hong Kong. Et je voulais repartir sur la route depuis quelques temps déjà. Je voulais repartir plus par une route du nord, on va dire, parce que j'avais pris la route du sud. C'est quand on regarde le continent eurasiatique, il y a l'Himalaya au milieu et donc on passe soit par le sud, soit par le nord. Et là, je voulais passer plutôt par les routes du nord, les routes de la soie, le bassin du Tarim pour aller le plus possible sur les pas de Marco Polo. Et quand j'ai appris qu'il y avait un événement qui se déroulait en Corée du Sud à l'été 2023, le Jambore, je me suis dit que c'était une occasion en or, puisque la route, ça correspondait à la route que je voulais prendre. Et le rayonnement de l'événement était quand même assez intéressant, puisque c'était un rassemblement de jeunes, de 50 000 jeunes du monde entier qui se déroulaient en août en Corée. Et du coup, avec le mouvement scout, ça a donné une caisse de résonance qui était un peu différente. Le mouvement scout, c'est l'éducation par l'aventure, l'éducation par la nature. Et du coup, il y a forcément un engagement assez fort en termes d'environnement, en termes de soutenabilité. et avec ce côté aventure qui en plus est là, ben voilà, nous notre but c'était ensuite de passer le relais et d'avoir aussi des jeunes qui s'engagent là-dedans. Et du coup, j'ai commencé à constituer l'équipe, j'ai contacté un de mes anciens scouts pour savoir s'il était intéressé, Antonin, qui était en école d'ingénieur à ce moment-là, donc on était en janvier, je lui ai dit du coup l'année prochaine, est-ce que ça t'intéresse de prendre une année de césure pour faire ça ? Et si je l'avais contacté, lui en particulier, c'est que je savais qu'il avait la tête bien dure et que ce genre de projet pouvait l'intéresser. Et voilà, il a dit rapidement, ok Banco, on y va. Ensuite, on a cherché d'autres équipiers. On a pu poster une petite annonce, une petite vidéo sur les réseaux sociaux pour trouver d'autres équipiers. On aurait voulu être trois ou quatre pour partir. finalement on a fini en étant trois, il y a une quinzaine de personnes qui nous ont contacté et en fait quand on échange avec les gens, on voit rapidement que certains se ne se projetaient pas exactement sur l'aventure qui était là ils n'avaient pas forcément conscience de ce qui était prévu donc il y a pas mal de gens qui finalement se décommandaient et c'est Pierre qui s'est montré le plus motivé. Lui, il n'y avait pas de doute là-dessus. Et il n'y a pas vraiment eu de sélection, on va dire. Parce que finalement, les gens d'eux-mêmes se décommandaient assez rapidement. Moi, j'aurais bien aimé qu'il y ait une fille dans l'équipe. J'aurais bien aimé qu'on soit 4 et qu'il y ait une fille dans l'équipe. Mais comme je disais, sur 15 personnes, il n'y en a qu'une qui est vraiment arrivée motivée. Donc en fait, que ce soit fille ou garçon, c'est un peu compliqué peut-être de compléter une équipe pour un projet de cette ampleur. Et finalement, du coup, on est parti le 3 janvier 2023. En termes d'ampleur, je ne les ai pas forcément tous en tête. Mais en tout cas, ce qui est affiché sur notre compteur à la fin, c'est 15 606 kilomètres. à travers 17 pays, à travers l'Europe, le Caucase, l'Asie centrale, la Mongolie, la Chine et la Corée. Ça représente 7 mois de voyage avec un rythme d'environ 2200-2300 km par mois, ce qui est assez rapide. on faisait dans les 100 km par jour pendant 22 jours par mois donc on avait à peu près 7-8 jours par mois non pédalés c'était relativement rapide et on a pu couvrir cette distance et aller par la terre autant que possible parce qu'il y a eu des petites difficultés parfois des petites anicroches mais on a pu autant que possible aller par la terre jusqu'en Corée du Sud pour préparer un voyage comme ça il y a plusieurs choses qui sont à considérer en premier lieu il y a trouver le chemin et à trouver le chemin. Et notamment, là, pour ça, c'est la géopolitique qui s'en mêle. Moi, quand j'ai eu mon premier déjeuner avec mon équipier, c'était en janvier 2022. J'avais déjà une route en tête. Et en février 2022, la Russie envahissait l'Ukraine. Enfin le conflit s'étendait au-delà du Donbass. Par rapport à la route que j'avais en tête, qui était plutôt par le nord de la mer Noire et le nord de la mer Caspienne, forcément, ça remettait pas mal de choses en cause. Déjà, j'ai pu voir que mon équipier n'était pas trop effrayé, puisque même avec cette actualité géopolitique, il a continué à se projeter sur le voyage. Mais en revanche, il fallait trouver un chemin. En sortie du Covid, avec le contexte géopolitique sur les marches de la Russie, c'était pas forcément évident. donc ça c'était pas mal mon boulot au sein de l'équipe de regarder par où on pouvait passer quelles étaient les frontières ouvertes ou fermées quelles étaient les conditions d'entrée il faut savoir que pendant toute la préparation et quand on est parti les frontières de la Chine n'étaient pas ouvertes donc en fait on est parti sans savoir exactement par où on allait passer ensuite évidemment au terme de préparation il y a de choisir son matériel donc là il faut choisir le bon vélo notamment et il faut choisir les bons équipements, les bonnes mutualisations. Donc à 3, on est pas mal. C'est pas mal parce qu'on peut mutualiser les équipements, donc au niveau de la tente, au niveau du matériel de cuisine, au niveau du matériel de prise de vue. Donc ça, c'était plutôt Antonin qui était en charge. Et puis on a cherché aussi quand même quelques sponsors. Ça ne nous a pas couvert l'entièreté du budget, loin de là. A peu près la moitié était couvert par des sponsors. Mais ça nous a permis de voyager un peu plus sereinement jusqu'en Corée du Sud. Pour tracer l'itinéraire, j'avais un énorme projet Google Maps qui était ouvert avec un énorme tableur qui était accroché à ça de manière un petit peu fictive. Et effectivement, il y avait des étapes qui étaient indiquées tous les jours jusqu'en Corée pour faire le rétro-planning et choisir la date de départ notamment. Donc en fait, on choisissait grosso modo les pays dans lesquels on voulait passer. On indiquait précisément les étapes, mais après on savait qu'en se rapprochant de la destination ou du pays en question, de l'étape, on allait pouvoir affiner ça. Donc la route au nord de la mer Noire et au nord de la Caspienne par la Russie étant sévèrement compromise, on a choisi de changer notre fusil d'épaule et d'aller un peu plus au sud par l'Europe, par le long du Danube, et d'aller jusqu'au bord de la mer Noire, de traverser la mer Noire en bateau. On s'était dit à ce moment-là que c'était plutôt une bonne idée de ne pas forcément avoir de tampons turcs sur notre passeport par rapport à la suite et par rapport à l'entrée en Chine. Je ne sais pas si ça nous a vraiment aidés, mais en tout cas, on avait ça en tête. Ça nous permettait, ce bateau, à travers la mer Noire, d'arriver dans le Caucase et là, de traverser la Géorgie. Et ensuite, on avait le projet de traverser l'Azerbaïdjan. C'était un peu un des premiers nœuds géopolitiques qu'on avait identifiés aussi, qui n'était pas forcément évident à passer. Ensuite, traverser la mer Caspienne pour arriver en Asie centrale, au Kazakhstan, de remonter le cours de la Mudaria, la route de la Soie, en Ouzbékistan, d'arriver au Kyrgyzstan, un pays très montagneux. Et ensuite, du Kazakhstan en Mongolie, il y avait pas mal de questions qui se posaient aussi pour aller du Kazakhstan en Mongolie, en passant soit par la Chine, soit par la Russie. Ça a été un gros micmac qu'on a eu du mal à résoudre. Une fois qu'on était en Mongolie, l'idée était d'aller beaucoup à l'est de la Mongolie pour traverser ensuite les provinces chinoises de la Mongolie intérieure et du Liaoning pour arriver sur les bords de la mer Jaune. Alors le 3 janvier, du coup, on se retrouve dans les Yvelines, dans le petit village de Moisson, qui est pas loin de Mante-la-Jolie. On avait choisi ce point de départ, donc à une journée de vélo de Paris, pour la symbolique. C'est le lieu où, en 1947, s'est déroulé le Jamboré de la Paix. Donc c'est le Jamboré, c'est cet événement qui se déroule tous les 4 ans auquel on voulait participer, qui se déroulait en Corée du Sud en 2023. Et en 1947, le premier Jamboré après la Seconde Guerre mondiale se déroulait en France. C'est la seule fois où il s'est déroulé en France. Il y a un petit musée qui retrace l'événement. Et donc pour nous, c'était un symbole de partir de cet endroit-là. Donc les bénévoles du musée et de la commune de Moisson nous avaient superbement accueillis. On avait été logés dans le gîte de la commune la veille. C'était un peu la veillée d'armes. On avait passé en revue le matériel. Il y avait certaines choses qu'on avait en double, qu'on avait mises dans un grand sac qu'on voulait donner à nos parents le jour du départ pour pas l'emporter. Au petit matin, après un petit déjeuner dans le petit bar du village en face du musée, on avait répondu aux questions du journal local. Et on avait tous les enfants de l'école communale, parce que c'était la rentrée de janvier, les officiels qui étaient là et nos familles pour le départ. Et je revois les photos de ce moment-là. Je vois que les vélos étaient quand même nickels, nos vestes étaient luisantes, étincelantes, nos peaux étaient fraîchement rasées, nos coupes de cheveux étaient carrées. Et ça me semble vraiment un autre monde par rapport à ce qu'on était devenu quelques mois plus tard. donc beaucoup d'enthousiasme à ce moment là la météo était plutôt clémente et tout le début du mois de janvier en France la météo était assez automnale on n'avait pas eu trop froid par contre il y avait quand même pas mal d'humidité et puis les jours étaient très très courts les jours étaient les plus courts de l'année donc forcément il y a pas mal de fois on a terminé la journée dans la nuit puisqu'on n'avait pas forcément de possibilité de faire autrement et il fallait s'ajuster petit à petit aussi dans l'équipe. Moi, je suis vraiment plutôt du genre, justement, quand les jours sont très courts, à vouloir absolument partir à l'aurore, quand on a les premières lueurs du jour pour être sûr d'arriver, si possible, avant le crépuscule. On n'était pas forcément sur le même fonctionnement dans l'équipe. On avait deux, trois petites choses à ajuster. Et il y avait aussi le fait que comme on allait vers l'Est, même si les jours rallongent 2-3 minutes chaque jour. Quand on allait vers l'Est, en fait, on décalait l'heure du lever et du coucher du soleil bien plus que ce gain de jours qui grandissent. Donc chaque jour, on avait 2-3 minutes où le soleil se levait plus tôt et 2-3 minutes où il se couchait plus tôt aussi. Donc petit à petit, il fallait continuer à ajuster notre planning, surtout que le fuseau horaire de l'Europe, il est quand même très très large. à Budapest en Hongrie c'est encore le même fuseau horaire et il y a bien une heure de différence entre le lever du soleil à Paris et à Budapest. Donc ça c'était des choses où il fallait apprendre à fonctionner en équipe et à s'ajuster pour avancer. Alors c'était une bonne phase de rodage, peut-être qu'on a découvert un peu moins que ce que mes camarades ont pu découvrir, mais il y a toujours des choses à voir à vélo il y a toujours des choses à découvrir ce qui était intéressant là c'est qu'on était en plein hiver et du coup en termes de préparation et en termes d'étape on était hébergé à chaque fois par des groupes scouts locaux donc ça nous évitait de camper sous la tente et du coup on rencontrait beaucoup de monde chaque soir des responsables adultes des jeunes à qui ont présenté notre parcours et nos aventures à venir on va dire et ça nous permettait aussi de populariser cette idée du voyage à vélo et de leur présenter ce qu'ils pouvaient faire dans le cadre de leurs activités, de leurs camps d'été et c'est une très bonne clé d'entrée aussi on va dire de rencontrer les gens du mouvement scout parce que le scoutisme en fait il est vraiment différent suivant chaque pays, il reflète quand même les particularités du pays. Donc on a pu, du coup, avec ça, rencontrer différentes personnes. Et puis voilà, je découvrais un peu d'autres choses du pays par ce biais-là, par les gens qu'on rencontrait à différents endroits. Et après, effectivement, il y a d'autres choses qui étaient beaucoup moins surprenantes, auxquelles j'étais parfaitement habitué. Je pense notamment en Europe de l'Est, se faire courser par les chiens, qui est un point obligé du cyclos voyageurs en Roumanie, en Bulgarie. Je pense que 10 km après la frontière entre la Hongrie et la Serbie, les premiers chiens ont commencé à nous courser. Là, je me suis dit, c'est bon, là, on arrive dans les Balkans, c'est connu. Ils sont bien là, comme d'habitude. Ça n'a pas changé depuis la dernière fois que je suis placé. Je pense qu'effectivement le dépaysement a commencé un peu plus, en tout cas pour moi, quand on arrivait dans le Caucase, donc après avoir traversé la mer Noire entre Bourgas en Bulgarie et Batoumi en Géorgie, donc parce que c'était un pays et une région dans laquelle j'étais jamais allé. la Géorgie un pays qui plus est au niveau géopolitique qui a subi les affres d'un conflit avec la Russie il y a quelques années avec certaines régions sécessionnistes qui sont appuyées justement par la Russie avec une envie d'Europe extrêmement forte que j'avais jamais mesurée même si j'avais lu pas mal de choses sur la Géorgie en fait il y a des drapeaux européens partout en Géorgie même s'ils font pas partis de l'Europe parce qu'ils ont vraiment une aspiration à rentrer au sein de l'Europe. Également, voilà, par la suite, parce que pour progresser un peu plus loin, pour aller plus loin vers l'Est, il n'y avait pas 36 routes possibles une fois qu'on était dans le Caucase. Pour aller au nord, c'était la Russie. Donc là, ça nous semblait absolument impossible d'obtenir un visa de tourisme pour traverser cette partie. On savait qu'il y avait des équipages plutôt en voiture qui avaient traversé cette partie du pays assez facilement. Mais nous, à vélo, on se sentait pas d'être dans une région aussi proche de l'Ukraine en Russie. Plus au sud, sinon, c'était passé par l'Arménie puis par l'Iran. ça, ça me semblait tout à fait possible parce que j'avais déjà traversé l'Iran précédemment mais plus loin, le Turkménistan était complètement fermé depuis bon déjà c'est pas un pays très ouvert et depuis le Covid ils avaient le bon prétexte pour fermer leurs frontières donc ça, ça ne savait un peu à rien d'aller jusqu'en Iran et d'être bloqué par la suite donc on était vraiment focus sur traverser l'entrée en Azerbaïdjan, qui a fermé toutes ses frontières terrestres. Et actuellement, c'est encore le cas. Toutes les frontières terrestres de l'Azerbaïdjan sont fermées, avec la Russie, avec l'Iran, avec l'Arménie, avec la Géorgie. Donc avec la Arménie, c'est évident. Avec la Russie, c'est parce que la Russie serait l'allié de l'Arménie. Avec l'Iran, c'est pareil, parce que l'Iran serait l'allié de l'Arménie. Et les relations sont excellentes entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan, mais par cohérence, la frontière entre la Géorgie l'Azerbaïdjan est fermé également. Et du coup, on avait aussi eu des échanges avec un autre équipage de cyclotouristes qui nous précédait de quelques mois, qui, par des relations, avait eu la possibilité de traverser cette frontière terrestre de manière exceptionnelle. Et on était un peu dans la même démarche. On avait le président des scouts d'Azerbaïdjan qui était dans nos contacts et avec qui on a essayé d'obtenir une autorisation exceptionnelle pour rentrer. Donc on est allé jusqu'au centre international de formation scouts de Roustavi, qui est pas loin de la frontière entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan. Là, on avait commencé déjà à faire les démarches et à travailler avec Ilias sur une autorisation exceptionnelle. Et on s'est mis à attendre à Roustavi. Et là, l'attente a été très longue. Et en plus, comme on était itinérants depuis plus de deux mois, de se retrouver d'un coup bloqués à cet endroit-là, à attendre une autorisation exceptionnelle, c'était assez pesant. Notre contact en Azerbaïdjan avait obtenu assez facilement la signature du ministre de l'Éducation et des Sports pour qu'on puisse rentrer. Mais il nous a indiqué qu'il fallait qu'il obtienne l'autorisation et la signature du Premier ministre pour qu'on puisse franchir cette frontière. Donc il nous a dit qu'il pouvait l'obtenir, mais que ça risquait de prendre un peu plus de temps. et le temps commençait à être compté à ce moment-là, et le temps commençait à nous peser fortement au sein de l'équipe, parce que c'était jamais que la première difficulté qu'on affrontait. On savait qu'ensuite on allait quand même devoir traverser encore l'Asie centrale, et pour aller jusqu'en Corée, il y avait encore pas mal de chemins. Donc du coup, on a fait le choix à ce moment-là de prendre l'avion, de prendre l'avion entre Bilissi et Bakou, qui est un trajet absolument ridicule puisque ça peut faire 45 minutes de vol. C'est vraiment quelque chose qui n'était pas satisfaisant pour nous. Et de ce fait-là, en arrivant à Bakou, on a choisi de mettre les vélos dans le bus et d'aller jusqu'à la frontière, de l'autre côté de la frontière. Donc on avait vu le poste frontière, on y était allé du côté géorgien et là on est allé du côté azerbaïdjanais. Donc il y a 500 mètres de frontière qu'on n'a pas parcouru à vélo. mais on a fait un grand détour en passant au-dessus en avion et en revenant en autobus. Et là, on a traversé l'ensemble du pays à vélo. Le choc culturel, c'était vraiment par contre le vrai premier choc culturel qu'on a eu en traversant justement ce pays à vélo. Et du coup, on n'a pas du tout regretté de revenir en arrière pour traverser le pays intégralement à vélo. La traversée de l'Azerbaïdjan s'est révélée assez particulière, puisque c'était un pays sur le pied de guerre. Il y avait le conflit de 2020 entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, que l'Azerbaïdjan avait déclenché et avait remporté, qui lui avait permis de chasser l'armée arménienne du pays. Et la minorité arménienne de la région du Haut-Karabagh était sur la sénette. On a vu il y a quelques mois que ça s'était terminé avec l'invasion définitive du Haut-Karabagh par les Azerbaïdjanais et par la fuite de l'ensemble des Arméniens de cette région. Et nous, on était en plein entre les deux conflits. dans le pays. Ce qui fait que le pays, notamment, ça se voyait très clairement sur la route dans le paysage, puisqu'il y avait des photos des soldats décédés pendant la Première Guerre de 2020 absolument partout. Des énormes portraits, soit en pied, soit en buste, qui se retrouvaient dans les commerces, sur les arrêts de bus, aux entrées de ville, absolument partout. C'était les portraits des chéides. Donc chéides, c'est un mot qui veut dire martyr. On sentait que déjà le pouvoir central, en affichant toutes ces photos de martyrs, était là pour renforcer le sentiment nationaliste au sein de la population, pour renforcer le sentiment belliqueux. Et la population elle-même était assez portée là-dessus. La France est plutôt identifiée comme un ennemi de l'Azerbaïdjan, puisqu'elle est traditionnellement alliée plutôt de l'Arménie. C'est le quatrième pays qui est considéré comme un adversaire. Comme je disais, l'Arménie, c'est le principal ennemi. Ensuite, il y a la Russie, il y a l'Iran, et ensuite, il y a la France. Donc par rapport à cette traversée, nous, quand on a croisé les populations, ça se passait relativement bien. Les gens dissociaient quand même les choses et ne nous considéraient pas, ne nous molestaient pas ou ne nous insultaient pas. par contre dans nos rencontres locales avec les scouts d'Azerbaïdjan souvent c'est à l'image du pays et là ils étaient quand même assez patriotes on s'était quand même un peu renseigné en posant des questions avec les responsables adultes ils nous ont confirmé qu'il n'y avait pas d'entraînement paramilitaire ou ce genre de choses mais ce qui était un petit peu gênant c'est qu'il y avait quand même souvent des cérémonies aux monuments aux morts qui étaient organisées et auxquelles, du coup, ils nous demandaient de participer. Et on avait ce sentiment un peu pesant, quand même, d'un pays qui se vit comme une citadelle assiégée, qui se vit dans une ambiance de menaces et une ambiance guerrière permanente. Et on a eu quand même des moments, avec les scouts locaux, où il y avait un petit peu de malaise qui n'était pas forcément évident. Alors du coup, on est allé au port de Bakou, qui est un peu plus au sud. c'est le port d'Eleth. On a pédalé à travers la plaine qui ouvre sur la mer Caspienne et ça nous a amené directement vers le port d'Eleth. Je me rappelle après une journée, il y a beaucoup de vent en Azerbaïdjan et la dernière journée pour arriver au port d'Eleth, on avait le vent dans le dos pendant toute la première partie et à 60 km du port d'Eleth, on avait le vent qui qui a complètement changé, qui nous est arrivé de face. Et je me rappelle qu'on a mis deux fois plus de temps à faire les 60 km restants que les 120 km qu'on avait fait précédemment. Au port des Lettes, on a pris des billets pour traverser la mer Caspienne sur un ferry. Les ferrys de conteneurs ne voulaient pas nous embarquer. Donc du coup, on a dû attendre qu'il y ait un ferry de camions qui veuille bien nous embarquer. Donc là, ça a été encore deux jours d'attente au port, dans la salle d'attente du port, qui est plus est. Donc un peu moins confortable. Et c'est un peu les grands ports des nouvelles routes de la soie. Donc ça, c'était une installation très moderne. et aussi en face au Kazakhstan. C'était une installation extrêmement moderne qui vise à faire du débit pour que notamment le flux de marchandises soit assez fluide entre la Chine et l'Europe. Ça, on l'avait déjà vu aussi en Géorgie, puisqu'il y avait une entreprise chinoise qui était en train de construire et de doubler la principale route est-ouest de la Géorgie à travers la montagne. donc on était passé sur une route simple et il y avait l'autoroute qui était en pleine construction c'est une entreprise chinoise qui en était chargée et c'est un peu plus loin qu'on a vu le goulot d'étranglement là où c'était pas encore complètement achevé puisque quand on arrivait au Kazakhstan on a eu une superbe route, un asphalte impeccable pour traverser le Manguisaou donc là on est vraiment arrivé dans le désert la navigation s'est poursuivie c'est-à-dire qu'on était sur une mer d'huile, sur la mer Caspienne, et après on est arrivé dans un paysage extrêmement plat, extrêmement désertique, qui faisait vraiment prolongation avec la Caspienne. Et on a eu pendant une dizaine de jours un vent absolument impossible, vraiment un vent de face. On était au printemps, donc on n'avait pas de problème de chaleur, mais par contre on a eu un vent absolument terrifiant. Et là, ça a été compliqué. là il fallait vraiment pousser sur les pédales et surtout pédaler en groupe, arriver à prendre des relais petit à petit. On était vraiment dans une période de contre assez assez compliqué. Comme ça on a traversé le Manguistaou jusqu'à Beignou. On a changé de cap à ce moment là puisque la route changeait de cap pour aller vers l'Uzbekistan. Le vent a changé de cap d'ailleurs en même temps que nous donc on a continué à l'avoir dans le nez pendant pendant les deux jours qui ont suivi et en arrivant en ouzbékistan vraiment le de l'autre côté du poste frontière là l'asphalte était devenue mais catastrophique il ya un chantier qui est en cours qui a pas l'air trop pressé trop avancé vu les moyens qui étaient mis en oeuvre et donc là c'est un vrai goulot d'étranglement des nouvelles routes de la soie c'est une portion qui est en train d'être fait mais les camions à cette dans cette partie là avance à la même vitesse que nous à 15 km heure parce que n'est pas possibilité d'aller plus vite pour eux et là en plus du vent en plus du désert on était vraiment handicapé par par ce par cette chaussée très dégradée au milieu du désert il ya peu de villes et c'est essentiellement en fait des villes qui sont dédiés à l'exploitation du gaz donc c'est grosso modo une grosse usine pour extraire le gaz naturel mais qui est plantée au milieu de nulle part au milieu de la steppe c'est un peu une station lunaire on va dire qui est relié juste par par cette route très dégradée et par la voie de chemin de fer et donc du coup nous on avançait un peu de station lunaire en station lunaire de ville de gaz en ville de gaz à chaque fois des étapes de 150 km sur une chaussée défoncée et là on traversait donc après le mangista ou le karaka pour arriver enfin dans la zone centrale de l'Ouzbékistan, le long de la Mudaria, où là, on avait vraiment mérité d'arriver dans cette zone un peu plus reposante et où on s'est requinqué un petit peu avec un peu moins de vent, une chaussée un peu meilleure et un peu moins de désert surtout. En termes de ravitaillement, dans cette partie du pays du Manguistaou kazakh et du Karaka-Palestan de l'Ouzbékistan, il fallait prendre ses précautions puisque les villes ou les villages ou les justes Chaykana étaient espacés de minimum 80 km, souvent un peu plus. Donc en termes de ravitaillement en eau et de ravitaillement en nourriture, il fallait pas se louper. Mais on était quand même sur un grand axe, donc ça va, on avait possibilité de trouver du ravitaillement. quand on était dans cette partie de l'Ouzbékistan justement où la chaussée était complètement défoncée les chai cana n'étaient plus actifs parce que le chai cana c'est un petit restaurant de bord de route chai ça veut dire thé cana ça veut dire maison la signification étymologique c'est maison de thé et donc à ce moment là ce qu'on faisait comme on n'allait pas forcément aussi vite qu'on voulait, c'est qu'on demandait de l'eau aux voitures qui passaient. Et généralement, elles étaient bien pourvues, donc ça ne posait pas de problème de nous donner de l'eau à ce moment-là. Et comme ça, on a pu avancer à travers la Karapalki, le Karakapalstan, jusqu'au delta de la Mudaria. Après avoir traversé les principales villes de la route de la soie, donc là on est passé par Nukuz, par Riva, par Bukhara, par Samarkand. Donc là c'est des étapes où on avait pas mal de villes historiques de la route de la soie et de Tamerlan notamment. Donc là ça a été beaucoup plus reposant. on est arrivé effectivement dans une zone beaucoup plus beaucoup plus compliqué en termes de frontières c'est la zone du fer ghana de la vallée du fer ghana où s'est partagé entre l'ouzbékistan le kyrgyzstan le tajikistan avec des frontières qui sont extrêmement biscornues avec des enclaves des esclaves de l'un et de l'autre avant tout ça c'était l'union soviétique donc il n'y avait pas de frontières internes et depuis les frontières quand elles ont été dessinées au du temps de l'union soviétique elles essaient de prendre en compte que tel village était tajik que tel village était kirghiz que tel village était ouzbeck et du coup il y avait des enclaves et esclaves de toutes sortes et ça ça pose beaucoup de problèmes depuis la dislocation de l'union soviétique et au moment où on y était nous il y avait un conflit entre le kirghiztans et le tajikistan justement plutôt dans cette partie du Ferghana, ce qui fait que la frontière entre Kyrgyzstan et Tadjikistan était fermée. Initialement, on avait le projet de longer la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan, et après de passer par la vallée du Pamir, qui est une destination de rêve pour l'ensemble des cyclotouristes. Mais tous les renseignements qu'on avait nous confirmaient que la frontière était fermée, qu'en bout de circuit, il n'était pas possible de re-rentrer au Kyrgyzstan, et que du coup, il aurait fallu repartir dans l'autre sens. On avait déjà soupé ça un peu avec l'Azerbaïdjan, on n'avait pas forcément envie de le faire. On était quand même un peu tôt aussi dans la saison, c'était quand même le printemps, donc le temps pouvait être assez ardu au Pamir. Et du coup, on a renoncé à traverser cette zone-là. C'était un peu un crève-cœur pour moi, parce que très clairement, j'en rêvais quand même depuis pas mal de temps. Et puis sur cette route, c'était une région dans laquelle je voulais passer. parce que c'est une région magnifique, c'est une région assez sauvage, c'est une région assez historique sur la route entre Samar Grande et Kashgar notamment. Alors c'est un passage des routes de la soie historique. A priori, Marco Polo est passé par là. Et c'est un passage assez reculé aussi. Là, j'ai en tête à peu près la région. Un peu plus au nord, en passant justement par le Kikisistan, en passant par Hoche c'est peut-être plus facile que d'aller dans le Pamir mais le Pamir c'est vraiment effectivement cette région reculée ça résonne comme la Patagonie c'est un peu une destination de rêve un bout du monde à explorer et du coup on a plutôt choisi d'y renoncer et de repasser par le Kirghizistan donc directement à partir de l'Ouzbékistan et de ne pas aller au Tadjikistan le Kirghizistan ça reste quand même un pays très montagneux Du coup, on a quand même aussi des paysages assez splendides. On a eu des alpages immenses entourés de cimes enneigées dans lesquelles on a pu progresser à différents moments, avec encore pas mal de troupeaux qui étaient en train de pêtre à différents endroits, même si on était un peu tôt dans la saison. c'est-à-dire qu'il y avait pas mal de troupeaux qui étaient à l'étable aussi dans la vallée, et c'est un peu plus tard, au mois de mai, que les kirghiz, qui ont un mode de vie souvent semi-nomade, gagnent les alpages, ce qui a pu nous amener parfois à certaines surprises pour certaines parties du pays qu'on voulait explorer, on était un peu tôt dans la saison parfois. Une fois qu'on arrive à Kashgar, ensuite en allant vers le sud, il y a la route de Karakorum pour aller vers le Penjab. Donc voilà, ça, c'est effectivement un peu ce que j'avais en tête. Les circonstances n'étaient pas là pour nous, parce que Tadjikistan, Kyrgyzstan, la frontière était fermée. On était quand même un peu tôt dans la saison. Et à ce moment-là, on va pouvoir en reparler. La frontière avec la Chine, c'était pas forcément évident. Et passer par Kashgar, qui est une grande étape des routes de la soie, n'était pas envisageable non plus. donc ça a été un peu douloureux spécialement pour moi au sein de l'équipe je m'en cache pas mais j'ai été un peu dur avec mes camarades à ce moment là parce que j'ai vraiment eu du mal à faire le deuil de cette partie de cette étape mais les 50 ans ne s'y prêtaient pas et donc du coup ce sera peut-être une prochaine fois généralement les psychovoyageurs passent par Saritache au Kyrgyzstan et ensuite ils passent par le col de Hirkeshtam pour aller vers Kashgar. En tout cas, c'est ce que certains ont pu faire il y a quelques années puisque quand on passe par ce col pour arriver en Chine, on arrive dans la promesse autonome du Xinjiang. Donc c'est là où il y a les Ouïghours et on sait que c'est assez variable suivant les époques. C'est assez difficile de passer dans cette partie de la Chine puisque les autorités chinoises sont assez méfiantes pour les backpackers et les cyclo-voyageurs. Et nous, quand on est partis, les frontières de la Chine étaient complètement fermées. Donc on n'a pas pu essayer d'avoir un visa à Paris. On n'a même pas tenté, puisqu'en fait, au consulat chinois, il se passe absolument rien en 2022. Et du coup, on s'est retrouvé à essayer de demander un visa chinois dans les consulats de cette région-là, au consulat de Tashkent ou au consulat d'Almati. Et les consulats chinois nous ont dit De toute façon, si vous n'êtes pas résident permanent dans ces pays-là, vous n'aurez jamais de visa. On ne prend même pas votre dossier. Donc là, gros coup dur. On s'y attendait. On s'y attendait parce que ce n'était pas forcément une région évidente. Mais ça voulait dire qu'on ne pouvait pas rentrer au Xinjiang, qui était quand même la route la plus directe d'une part pour aller vers l'est. Et d'autre part, qui était la route vraiment historique des routes de la soie. Parce que Cashgar, c'est une étape clé de la route de la soie. le bassin du Tarim également. Tout ça pour aller vers la Mongolie, nous. Ou alors si on veut aller vraiment suivre les routes de la soie, on suit les routes jusqu'à Xi'an, au centre de la Chine. Mais du coup, en tout cas, nous, pour aller plus loin, on était un petit peu bloqués. Et on avait beaucoup d'équipages de cyclotouristes qui étaient dans le même cas. Les cyclo-voyageurs en 2022-2023, généralement quand ils se retrouvaient bloqués en Asie centrale, ils prenaient un avion et ils partaient en Asie du Sud-Est. Ce qui n'était pas une option qui nous enchantait beaucoup, parce que notre défi, nous, c'était quand même d'aller en Corée au maximum par la Terre. Et là, il fallait chercher une solution. Ne pouvant pas passer par la Chine, la seule option possible, si on veut vraiment coller à la Terre, c'est de passer par la Russie. Puisqu'en fait, si on regarde plus au nord, dans le massif de l'Altaï, on voit un endroit où on a l'impression que les 4 pays se rejoignent, le Kazakhstan, la Mongolie, la Chine et la Russie. Mais si on zoome, on se rend compte que les pays ne se rejoignent pas exactement, c'est-à-dire que le Kazakhstan et la Mongolie n'ont pas de frontières communes. Pendant une courte bande de 70 km, c'est la Chine et la Russie qui se touchent. Donc comme je le disais, il faut passer soit par la Chine, soit par la Russie. Et donc on a commencé à prospecter pour passer en Russie, ce qui n'était pas forcément évident non plus par rapport à là où on se trouvait et par rapport à nos demandes de visa. Au consularus, on a demandé d'abord un visa de tourisme. On avait tout bien préparé. On avait une assurance spécifique. On avait une invitation d'une agence de voyage de cette région-là. On avait tous les papiers qui normalement étaient possibles. Mais ils nous ont dit, pareil, si vous n'êtes pas résident permanent, vous n'aurez pas de visa de tourisme pour rentrer en Russie. Et on leur a demandé à ce moment-là quand même, dans un dernier espoir, d'accord, mais un visa de transit peut-être. Et là, après quelques hésitations, l'agent consulaire nous a dit un visa de transit, ça peut être envisageable. Donc là, on est reparti refaire un dossier un petit peu différent en réservant notamment des billets de train et des billets de bus parce qu'avec un visa de transit, on n'avait pas assez de temps pour traverser l'ensemble de la région de l'Altaï à vélo. Mais on est revenu avec ce dossier-là au consulat et on a obtenu un visa de transit. Donc on a eu trois jours. Trois jours en plus qui commençaient à date. Donc il ne fallait vraiment pas louper l'entrée pour avoir le temps de traverser. Et avec ça, on pouvait aller jusqu'en Mongolie. On pouvait continuer un peu plus loin. Donc ça, c'était quand même un soulagement. Ça impliquait de retraverser le Kazakhstan du sud au nord. Donc là, on en reprenait quand même pour 1000 km à travers la steppe pour aller jusqu'au nord du Kazakhstan. Ça impliquait de mettre les vélos dans le train et les vélos dans le bus. Donc une petite anicroche, on va dire, à notre règle. Mais on était quand même sur la terre. on pouvait quand même continuer à vivre notre défi. On arrivait en Mongolie et on ne prenait pas l'avion sur 3000 km. Parce que là, déjà renoncer au Pamir, c'était douloureux. Mais alors vraiment prendre l'avion sur 3000 km pour moi, je ne sais pas si j'aurais réussi. Et voilà, j'étais vraiment dans cet état d'esprit-là et mes camarades également. Donc on était vraiment soulagés d'avoir cette solution par l'Altaï russe. Et c'est vrai qu'avec ce visa de transit, les choses étaient très ajustées. Et notamment, on est allé jusqu'à Semeï, une ville dans le nord du Kazakhstan. Et on a commencé à préparer nos vélos pour les mettre dans le train. Pour ça on les a déballés, on les a emballés plutôt autant que possible pour qu'ils puissent être embarqués dans le train. On n'avait que quelques heures de train à l'échelle de la Russie, je crois que c'était un train qui partait de Almaty et qui allait jusqu'à Novosibirsk. C'était un train qui durait 30 ou 40 heures et nous on n'avait que 8 heures de train entre guillemets à bord quoi et au moment d'embarquer nos vélos dans le train les personnels de bord commencent à nous dire que c'est pas possible que c'est pas autorisé qui vont pas nous laisser rentrer dans dans le train heureusement je sais pas comment on avait sympathisé avec le chef de gare sur le quai donc qui nous avait vu emballer nos vélos et qui avait été intéressé par parce ce qu'on était en train de faire et du coup le chef de garde nous a appuyé auprès des chefs de bord pour nous autoriser à rentrer est vraiment une minute avant le départ du train nos vélos étaient il était à bord et on a eu un gros coup de flippe à ce moment là parce que nos visas commençaient ce jour là donc si on loupait le train aussi on ne savait pas comment on allait faire il avait falloir redemander un visa donc ça c'était un bon coup de stress et avec ça on a On a pu rentrer en Russie. Le contrôle aux frontières s'est plutôt bien passé. Ça a été assez long, assez laborieux. Mais ils n'ont pas fouillé l'intégralité de nos sacoches. Tant mieux, parce qu'on avait un drone. On l'avait fait passer en zoom zoom à la frontière avec l'Ouzbékistan. Parce que pour le coup, au poste frontière de l'Ouzbékistan, c'était marqué absolument interdit aux drones. et on avait réussi à le faire passer sans problème. Là, on n'était pas complètement serein au moment de le faire passer en Russie. On l'avait camouflé au milieu des couverts et des assiettes du matériel de cuisine. Mais ils n'ont jamais cherché plus que ça. Ils ont ouvert une première sacoche. Ils ont vu qu'il y avait des vêtements sales dedans. Ils n'ont pas allé chercher plus loin. Donc voilà, ça s'est vraiment bien passé. après on avait mis nos vélos dans un bus pour aller jusqu'au poste frontière de la Mongolie et pareil on était là pour le coup accompagné par quelqu'un d'une agence de voyage donc c'était un couple qui gérait une agence de voyage elle elle était russe et lui il était néerlandais ça ça a quand même son importance parce qu'en fait quand on a il faut avoir une carte spéciale pour utiliser son argent en Russie les Mastercard et les Visa ne marchent plus depuis qu'ils ont été exclus de la plateforme Swift je crois et du coup il faut avoir une carte je crois chinoise UnionPay donc nous on n'avait pas ça et on avait besoin du coup des services d'une agence de voyage pour avoir un peu d'argent pour qu'ils puissent nous avancer l'argent sur place. aux postes frontières avec la Mongolie. Il y a juste la femme russe de l'agence de voyage qui a été interrogée par les douaniers. Nous, on n'a pas été interrogés. Et ça s'est passé relativement facilement. Je pense qu'on avait dû passer les 9 000 ou les 10 000 en arrivant en Mongolie. C'était un gros soulagement d'arriver en Mongolie. On commençait à voir la Corée. Voilà, il restait plus que 5 000 km. — Là, effectivement, on avait nos routines. On était quand même bien rodés les uns avec les autres. Et aussi on campait beaucoup. On campait tous les soirs. Depuis qu'on était arrivés en Asie centrale, on était beaucoup plus sous l'attente. Ce qui fait que la vie était peut-être un peu plus simple aussi, avec des journées qui s'agencent facilement. On pouvait remballer le camp assez vite. Les journées étaient beaucoup plus longues aussi par rapport à ce qui avait été au début en hiver. Donc du coup, forcément, la facilité dans l'équipe et l'entente dans l'équipe se passaient très bien. En Mongolie, c'est un pays qui était assez sauvage. On a été quand même un peu plus confrontés à la nature, on va dire. Puisqu'il y a des fois, on repérait un petit lac au bord de la rose. On se disait, on va s'arrêter là. Ce sera sympa. On va pouvoir se baigner le soir. Et la plupart du temps, on a quand même eu quelques déconvenus dans le sens où ce petit lac était souvent infesté de moustiques ou infesté de bestioles un peu bizarres. Et donc, du coup, il y a pas mal de fois où la baignade du soir a été annulée, faute de possibilités. C'est un pays aussi où l'élevage est très important. Il y a des troupeaux de chevaux, de moutons, de chèvres, de chameaux à certains endroits qui sont très importants. Et c'est un élevage très extensif. Du coup, sur le bord de la route, il y a quand même assez souvent des carcasses de bêtes qui sont en train de sécher au soleil. puisque dans la méthode d'élevage mongole, on ne va pas éliminer la carcasse de la bête qui s'est faite bouffer ou qui est morte sur le terrain. Et donc du coup, nous, on les croisait assez souvent. On les sentait souvent avant de les croiser. Et on avait aussi, ce qui était impressionnant, on avait aussi beaucoup de beaux et grands rapaces qui se trouvaient dans le ciel. ça c'était quand même hallucinant la quantité d'aigles et de rapaces qu'on pouvait croiser sur la route et notamment aussi au niveau de certains campements de yurts parfois on avait 30 ou 40 aigles qui volaient en un espèce de balai très très lent au dessus du campement de yurts au dessus des villages également Et donc là, on était vraiment dans un pays de nature pour le pire et pour le meilleur, avec parfois des très belles bêtes. Il y a des fois des nuées de moustiques ou de mouches qui étaient un peu plus embêtantes. — Avec les différents soucis de passage de frontières qu'on avait, avec la géopolitique qui s'en mêle, il a fallu s'adapter. Et notamment, en fait, cette nécessité d'adaptation, elle vient aussi du but qu'on se gardait, du but qu'on avait en tête. C'était d'aller autant que possible par la Terre jusqu'au bout du monde. On avait une règle. Pour l'instant, on l'avait enfreinte de manière quand même assez minime avec cette histoire de l'Azerbaïdjan, parce qu'on avait quand même fait l'effort de retourner aux post-frontières et traverser le pays intégralement. Et voilà, on avait quand même cet objectif qui était là. Et c'est quand on se fixe ce type d'objectif qu'on est obligé d'accomplir peut-être quelques exploits, en tout cas d'innover. Nous, on était les premiers de tous les équipages occidentaux de cyclotouristes ou de backpackers qui se retrouvaient dans cette région à passer par le nord du Kazakhstan, à passer par la Russie et à arriver jusqu'en Mongolie. Tous les autres équipages qu'on connaissait, avec qui on était en contact, eux, vraiment, prenaient l'avion pour aller en Asie du Sud-Est. Et on était vraiment contents de faire œuvre d'éclaireur pour montrer la voie, pour inaugurer, on va dire, une nouvelle voie. Et ça, ça nous a quand même... Ça nous a vraiment du fier, ça nous a quand même marqué. C'est un peu le sens aussi, peut-être, du nom de notre équipe. Donc nous, on avait baptisé notre équipe la Cyclodyssée. Donc la Cyclodyssée, c'est comme l'Odyssée d'Ulysse. Et l'histoire de l'Odyssée, c'est Ulysse qui ne doit pas dévier de son but, qui doit retourner à Ithac après la guerre de Troie. Et en fait, à chaque fois qu'il est tenté de dévier de sa route, de rester avec Circé ou avec Nausicaa, il doit se rappeler qu'il ne doit pas dévier de sa route, pas dévier de son but. C'est le grand challenge du voyageur, parfois, de ne pas dévier de son but et de trouver le bon objectif et de ne pas en dévier. Alors du coup, en traversant la Mongolie, un pays assez sauvage, et ça s'est ressenti aussi dans les éléments, puisque une fois qu'on est arrivé à Ulanbator, on a obtenu un visa chinois très facilement. Là, on a demandé le visa le lundi, on l'a eu le mercredi, donc à partir de Ulanbator, les autorités chinoises étaient vraiment beaucoup plus enclines à nous fournir un visa. Et on a pris la route du coup vers le sud, vers le sud-est toujours, à travers le désert de Gobi. On n'a pas trop souffert de la chela mais par contre on a eu le vent qui s'est levé et on a subi quand même plusieurs tempêtes de sable. On a eu deux tempêtes de sable assez fortes dans le Gobi. Et donc là la tempête de sable c'est quand même quelque chose à vivre. On la voit arriver de loin. Le vent nous poussait plutôt dans le dos. Donc on pensait éventuellement y échapper mais petit à petit elle se rapproche. Et voilà on est un peu impuissant à essayer de lui échapper. et au bout d'un moment on se retrouve au milieu du sable qui nous fouette de toutes sortes et un truc que j'avais jamais soupçonné c'est que quand le temps est un peu nuageux et qu'il y a une tempête de sable il se met à pleuvoir au milieu de la tempête de sable donc là on a le vent, le sable dans les yeux, dans les oreilles, la pluie en plus heureusement on avait le vent qui... la tempête était plutôt une tempête qui nous poussait donc on avançait à des vitesses hallucinantes quand même mais par contre la visibilité était réduite à peau de chagrin il y a des fois on voyait vraiment les phares des camions et des voitures qui se dévoilaient à 20 mètres de nous et c'est comme ça qu'on est arrivé à la frontière chinoise je me rappelle très bien notre dernier jour on a été poussé donc on a fait encore une étape de 200 km ce jour là il y a 5 jours où on a fait des étapes de plus de 200 km surtout le trajet et souvent c'était des états comme ça où on était poussé mais ça c'était une étape assez dantesque parce qu'on était poussé par le vent mais on était couvert de sable des pieds à la tête dans les oreilles, dans le nez puis dans les mécaniques également et le soir on a passé une bonne partie de la soirée à se laver et à décrasser aussi nos vélos avant de pouvoir passer la frontière chinoise ça a été également assez brutal comme changement puisque la Mongolie est une terre assez sauvage, avec du coup un niveau de vie qui est quand même plus bas que la Chine. Et en arrivant en Chine, on avait un peu l'impression de revenir en Europe en termes de niveau de vie, en termes d'infrastructures routières également. On avait des autoroutes parfaites qui étaient là partout. Et une fois qu'on avait fini de traverser la Mongolie intérieure, et même en Mongolie intérieure, en fait... La Mongolie intérieure, c'est une province chinoise où il y a une forte partie qui est d'ethnies mongoles. Mais du coup, dans cette partie-là, On avait déjà aussi des grandes villes qui étaient parfaitement équipées, qui étaient assez hallucinantes. Et pour nous, qui arrivions de la steppe, qui voyagions depuis trois mois maintenant, entre le Kazakhstan, entre la Mongolie, un peu en mode de vie nomade, on se sentait un petit peu comme des nomades arrivant dans une civilisation plus urbaine, très clairement. On ressentait ça. on avait ce décalage avec le confort qui nous revenait petit à petit très concrètement on arrêtait de chier entre 4 planches au fond de la cour on se retrouvait avec le confort de la salle de bain et des commodités modernes et également c'était tout confort au niveau de la bouffe au niveau des endroits où on pouvait dormir Avec quand même cette difficulté que le tourisme en Chine est assez réglementé, et notamment l'hébergement des touristes étrangers est très très réglementé. Normalement, il faut obtenir une autorisation spéciale pour l'hôtelier, pour héberger les étrangers. Tout simplement, en fait, ça se voit même dans l'équipement du guichet de l'hôtelier, puisqu'ils ont une petite machine à scanner les cartes d'identité. c'est une carte d'identité format carte de crédit pour les locaux. Et du coup, s'ils n'ont pas la machine pour scanner les passeports, qui est une machine un peu plus grosse, normalement, ils ne peuvent pas nous accueillir. Et du coup, ça, c'est quelque chose dont on ne se rend pas compte, je pense. Même quand on est backpacker en Chine, c'est-à-dire que quand on réserve quand même ses hébergements sur Booking, forcément, on n'a accès qu'aux hébergements autorisés. Mais quand on est cyclo-voyageur, on s'arrête à premier hôtel qu'on voit. et la plupart du temps on avait quand même des difficultés à se faire accepter quand on était dans un village où il n'y avait pas d'endroit pour nous accueillir officiel soit les locaux s'en foutaient un peu donc ils nous acceptaient quand même soit quand ils étaient un peu plus regardants il fallait qu'ils contactent la police locale et qu'ils obtiennent l'autorisation spéciale de nous héberger et il y a des fois on a eu des situations un peu lourdes comme ça plutôt quand on est arrivé sur la côte, plutôt quand on est arrivé dans les zones touristiques, puisque là, on se disait qu'il y a des hébergements à l'appel, ça va être facile. Mais en fait, il n'y en avait qu'un seul qui acceptait les étrangers. Et dans ce genre de situation, là, c'est typiquement le genre de situation où les hôteliers ne veulent pas t'accueillir s'ils n'ont pas l'autorisation. Ils te renvoient vers l'endroit qui est prévu pour les touristes étrangers. Et donc ça, c'est un peu barbant à trouver et à se soumettre à ce genre de règles. Et les Chinois aussi, c'est une vraie altérité de voyager en Chine de cette manière-là, hors des zones touristiques, puisque les Chinois ne parlent pas grand-chose d'autre que Chinois en dehors des zones touristiques. Donc du coup, il faut s'y mettre. Il faut s'y mettre. Question de survie pour arriver à demander à manger et arriver à demander là où on peut dormir. et ce qui était assez marrant, ce qui m'a marqué c'est que je me rappelle que les Chinois je parlais un petit peu avec eux j'avais quand même quelques notions mais bon on arrivait très vite aux limites et les Chinois, je me rappelle quand on quand on n'arrivait pas à se faire comprendre à l'oral ils commençaient à taper en chinois ce qu'ils voulaient me dire, mais en caractère chinois donc du coup ils n'avaient pas forcément le réflexe de se dire mon système d'écriture est spécifique à ma langue, il n'est pas forcément lisible par tout le monde, et ils ne faisaient pas ce chemin-là, donc c'était assez marrant de voir ça, et généralement ça ne nous avançait pas beaucoup trop qu'ils écrivent ce qu'ils voulaient nous dire en sinogramme. J'en connaissais quelques-uns, mais je n'étais pas capable de lire la phrase plus que ça, mais c'était marrant, cette altérité où ils se disent, s'ils ne comprennent pas ce que je lui dis à l'oral, je vais lui écrire. Mais non, en fait, ça marche pas. Malgré ma volonté de tenir absolument par la terre, là, pour le coup, je n'ai absolument pas... Nous n'avons absolument pas tenté la Corée du Nord, parce qu'on savait de toute façon qu'il était impossible de rentrer du Corée du Nord vers Corée du Sud avec les vélos. Et après, déjà, de rentrer en Corée du Nord avec les vélos et de pouvoir explorer à vélo, je pense qu'il ne fallait pas y compter non plus. Donc effectivement, arrivé sur la côte de la mer Jaune, sur la côte du Liaoning, du côté de Dalian, on a essayé de trouver un moyen d'aller en bateau jusqu'en Corée. Donc normalement, c'est une nuit de bateau, c'est 500 km de mer. donc c'est vraiment très très proche. Il y a pas mal de liaisons qui existent depuis Tsingdao, depuis Beijing, depuis Dalian. Pour des raisons obscures à la suite du Covid, il y avait encore des bisbilles entre la Corée du Sud et la Chine, notamment sur la délivrance accélérée des visas. Et du coup, l'un des pays avait dit « Bon bah, puisque tu ne mets pas en place la procédure qui me plaît, je n'autorise pas les passagers à monter sur les ferries donc les ferries ne prenaient que les camions, que les marchandises parce que ça le business évidemment faut que ça marche et donc du coup on est allé au port de Dalian, on a essayé de faire des pieds et des mains pour embarquer sur un ferry et passer juste en une nuit de ferry, arriver à Incheon en Corée mais on n'a jamais pu encore une fois, la mort dans l'âme on a dû prendre un avion pour une durée ridicule de 40-45 minutes La seule chose que je peux dire, c'est que je préfère largement prendre une nuit dans un bateau avec le vélo qu'une heure dans un avion, parce que démonter le vélo et arriver à le faire embarquer, c'est vraiment l'enfer. Et la compagnie chinoise qui était là n'y mettait vraiment pas du sien. On avait fait un super emballage avec un carton qu'on est allé chercher chez Decathlon de Dalian pour avoir un truc bien carré. et ils nous ont fait défaire le carton, ils nous ont fait emballer nos vélos dans un truc dégueulasse pour que ça prenne moins de place. Tout ça évidemment dans le hall d'embarquement avant que l'avion n'arrive, donc on était quand même assez serrés en termes de dél'église. Donc le dernier petit coup de flip qui nous a quand même permis à la fin d'arriver à Incheon et à Séoul. et là, on était au bout. On avait pu remonter les vélos, on a pu parcourir la Corée. À partir de là, à Séoul, on a passé quelques jours aussi. Ce qui était pas mal, c'est qu'on se baladait, on allait visiter les différents musées, les différents monuments. On portait notre full art scoot, parce qu'on commençait à arriver. Et on n'était pas les seuls. C'est-à-dire que là, il commençait à y avoir plein de jeunes qui participaient justement à ce grand rassemblement qui était arrivé en Corée, qui commençait à visiter comme nous. On pouvait leur dire déjà comment on était arrivé. Et en fait, certains étaient déjà au courant. Donc on voyait quand même aussi qu'il y en avait certains qui nous suivaient à différents moments. Et des fois, ils venaient de nulle part. Ils nous demandaient « Mais attends, je crois que je t'ai vu sur Internet. Je crois que c'est toi qui est venu à vélo. » Et du coup, on a pu commencer à parler et à rayonner un petit peu du projet et à leur dire ce qu'on avait fait. Et on a commencé à poser les jalons pour la suite. Donc du coup, après Séoul, on a pu traverser la Corée pour aller jusqu'au lieu du Jambore, qui se déroulait sur la côte ouest, côte sud-ouest de la Corée. Là, le temps était vraiment beaucoup plus tropical, beaucoup plus chaud, beaucoup plus humide. on a eu une fois une bonne pluie tropicale qu'on avait pas encore eu depuis le début du voyage comme quoi il fallait vraiment qu'on ait toutes les intempéries avant d'arriver au bout on est arrivé le 2 août sur le site donc l'ensemble des participants arrivait le 1er août et nous on avait choisi d'arriver le 2 août une fois qu'ils étaient installés et on est arrivé le 2 août à 9h à l'entrée du Jambore avec pas mal de monde qui était là pour nous accueillir. C'était vraiment extra. On avait pas mal de gens du comité mondial, de l'organisation internationale du scoutisme qui étaient là. On avait des gens de la délégation française et on avait aussi des gens qu'on avait rencontrés en route tout le long de notre parcours, qu'on avait rencontrés en Serbie, en Bulgarie, au Kazakhstan et qui étaient là pour nous accueillir. Donc beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotions d'arriver à ce moment-là, d'arriver au bout de la route. Quelques heures après, deux heures après, on faisait la conférence inaugurale du village du développement durable. Donc l'organisation mondiale gérait cet espace et nous avait programmé à ce moment-là. C'était le village du développement durable Ban Ki-moon. Donc Bon Kimoon lui-même, ancien secrétaire général des Nations Unies, qui est coréen, inaugurait l'après-midi le village du développement durable. Et nous, on faisait la conférence le matin pour parler de notre voyage. Donc là, on débarquait encore tout poussiéreux, barbu, la peau tannée, burinée. et on a pu présenter ce qu'on avait fait, répondre aux questions des jeunes qui étaient là. On avait pas mal de presse qui était là aussi pour l'ouverture du Jambore, qui est venue nous interviewer dans la journée. On a eu quand même deux ou trois passages à la télé coréenne. Je crois qu'on les a recensés sur notre site internet avec des liens YouTube. et du coup il y a quand même pas mal de gens qui en parlaient à ce moment-là. Et au début d'après-midi, on a rencontré aussi Birgryls, qui est grand aventurier, qui est l'ambassadeur du scoutisme britannique et ambassadeur du scoutisme mondial. Et il venait notamment pour la cérémonie d'ouverture, où il avait un grand discours pendant la cérémonie d'ouverture. Et pendant l'après-midi, il y avait différentes activités avec les jeunes, et l'organisation avait prévu de nous le faire rencontrer. Quand il nous a félicité, quand il nous a posé des questions sur notre voyage et qu'il nous a dit « Wow, quite an achievement » de la part d'un grand aventurier comme lui, ça faisait quand même plaisir, on va pas se mentir. Et voilà, on a pu faire quelques photos avec lui, il a serré la main, échangé un peu sur ce qu'on avait traversé. Très honnêtement, il aurait voulu même poser plus de questions, mais il avait pas mal de choses à faire, y compris avec les jeunes qui étaient là. Mais peut-être partie remise, peut-être qu'on pourra le rencontrer une autre fois et discuter un peu plus avec lui. Et ensuite, pendant tout le jambore, on avait un espace qu'on avait préparé avec une grande carte de notre périple, avec des photos qu'on avait fait imprimer à Séoul. Et c'était vraiment extra d'avoir ces échanges avec les jeunes. Il y en avait beaucoup qui nous disaient « You're so inspiring, I want to do that myself ». Et on a pu prendre beaucoup de contacts et on a pu surtout leur dire « Nous, on a traversé la moitié du monde en 7 mois pour aller en Corée à vélo. » jeunes traversent en quelques semaines l'Europe pour aller jusqu'à l'événement à vélo. Après, pour les scouts américains, les scouts asiatiques, c'est encore une autre histoire. Mais on sait que l'Europe est un terrain de jeu beaucoup plus facile avec des équipements, des infrastructures pour le vélo qui sont quand même assez phénoménales. Et du coup, on a vraiment pu avoir ce lien, ce passage de relais. Et on est toujours en train de travailler actuellement là-dessus. Donc ça, c'est un peu le grand sujet du moment depuis qu'on est rentré. C'est comment on passe le relais, comment on popularise ce sujet au sein du mouvement scout et au sein de la jeunesse, puisque nous, notre objectif, c'est pas d'aller en Pologne à vélo dans 4 ans, en 2027. Nous, notre objectif, c'est facile pour nous, on va dire, d'aller en vélo jusqu'en Pologne. Nous, vraiment, l'objectif, c'est qu'il y ait plusieurs centaines, voire même plusieurs milliers d'équipages, enfin de personnes, on va dire, qui fassent ce trajet et qui s'approprient cette dimension du voyage d'aventure, du voyage sportif et écologique pour aller au Jamborea en 2027. Là, on est en plein dans l'écriture du livre de la Cyclodyssée qui nous permet de raconter toutes nos péripéties, toutes nos mésententes également durant le voyage. Et on est en train aussi de nous atteler au montage de notre film. Donc on s'est adjoint les services d'un monteur professionnel. On a lancé notre crowdfunding hier pour nous aider à financer l'autoproduction de ce film. Et notre but avec ce film, c'est de le diffuser dans différents cercles, dans les festivals de voyageurs, également au sein des événements scouts, pour populariser cette manière de voyager. Et cette manière de voyager, ce n'est pas simplement la manière de voyager écologique. Alors effectivement, il y a l'aspect biélon-carbone qui est intéressant, il y a l'aspect environnemental. mais c'est pas seulement cette motivation c'est aussi un prétexte, c'est aussi une occasion de voyager différemment, de vivre différemment et notamment le voyage à vélo et je pense que c'est un peu la même chose pour le voyage à pied, c'est une manière différente quand même de voir les pays, c'est une manière différente de s'immerger au travers des pays notamment puisqu'on est souvent dans des contextes où en termes linguistiques on est obligé de se frotter à la langue du pays On parle pas anglais, on parle pas français, on parle pas allemand souvent dans les pays traversés, dans les campagnes où on se trouve, même en Europe. Et du coup, voilà, on est obligé de se frotter à la langue de l'autre. Et c'est ça qui me plaît. C'est ça qui me plaît dans cette dimension du voyage, plus encore même que l'aspect écologique et environnemental. C'est qu'on explore quand même un peu plus. On sort de sa zone de confort. on s'adapte un petit peu à l'autre on découvre réellement certaines choses des pays je pense à la linguistique, je pense même à l'actualité et à l'état d'esprit des personnes des habitants du pays par exemple quand on est à vélo quelque chose qui me marque toujours c'est qu'on voit très facilement les tags les graffitis sur les murs des pays il y a des fois c'est des graffitis séparatistes il y a des fois c'est des graffitis nationalistes, il y a des fois c'est antifasciste, ou au contraire très droitier, et du coup on découvre beaucoup plus de choses quand on voyage de cette manière, et c'est pour ça que cette manière de voyager, moi, m'intéresse, me convient, parce que je me sens beaucoup plus découvreur dans les pays que je traverse, par le cyclotourisme, par le voyage lent, par l'immersion.
Loïc Il y a des récits d'aventures qui transportent, qui font rêver ne serait-ce qu'à l'évocation de certains lieux qu'ils nous font traverser. Difficile de résumer et de mettre des mots sur 7 mois d'un voyage dont chaque journée a été constitué de nouvelles rencontres, de péripéties toujours inattendues, de paysages grandioses. Florian s'est prêté à l'exercice avec brio et j'en suis certain a fait fonctionner votre imaginaire à plein régime, de Paris à la Corée du Sud. Je n'ai qu'un mot pour résumer l'essence de cet échange. Oser. Vous avez pu entendre des morceaux créés par Bazzurig Vanchig, Trio Mandili et Alta Icai. Sous-titrage ST' 501
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