Cloé Qu'est-ce que tu as fait pour la nature ? Déjà, je pense que ce n'est pas nécessaire d'être un aventurier de l'extrême pour vivre des micro-aventures dans la nature. Que chacun peut adapter sa manière de voyager à ses envies, à ses capacités et à sa personnalité. Je pense vraiment que les micro-aventures sont accessibles à tous, qu'on soit expérimenté ou non.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Chloé sur le podcast !
Cloé Merci, merci Loïc de m'accueillir sur ton podcast aujourd'hui. Je suis très heureuse d'échanger avec toi sur cet épisode.
Loïc Eh bien écoute, moi aussi, je suis vraiment ravi qu'on ait réussi à organiser cette conversation. Je suis très curieux que tu puisses nous partager un peu plus en détail ton parcours, comment est-ce que tu gères ta vie week-end et puis ta vie classique entre guillemets, en tout cas, comment est-ce que tout ça s'est mis en place. Moi, j'ai découvert ton parcours via les réseaux, notamment Instagram. Et quand j'ai vu que tu faisais des micro-aventures et puis que tu partageais tout ça de façon hyper qualitative sur ton site, je me suis dit que ça pouvait être cool qu'on échange là-dessus. Donc, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par nous dire qui est Chloé et ce que tu fais aujourd'hui.
Cloé Ok. Alors, je m'appelle Chloé, j'ai 32 ans. J'habite pas très loin de Grenoble. J'ai une vie qui ressemble à celle de la majorité des gens. J'ai un quotidien qui est rythmé par mon travail, mes loisirs pendant la semaine. Un peu avant mes 30 ans, j'ai eu une période de remise en question. En fait, j'avais la sensation de rien avoir vécu. À la fois, je n'avais pas la vie que la société a l'attent de nous. Je n'avais pas fondé de famille, je n'avais pas acheté d'appartement et encore moins de maison. Je n'avais pas d'enfant et de toute manière, ce n'était pas du tout la vie dont j'avais envie à ce moment-là. Et à la fois, j'avais la sensation d'être enfermée dans une routine et de passer à côté de quelque chose et de ne pas profiter pleinement de ma vie. du coup, j'ai réfléchi à comment je pouvais bousculer ça. Je n'avais pas du tout envie de tout plaquer et de partir vivre à l'autre bout du pays parce que déjà, ça me faisait un peu peur. Et aussi parce que je n'en avais pas envie parce qu'il y a des choses que j'aime bien dans ma vie actuelle et que je n'avais pas envie d'abandonner. Du coup, j'ai cherché un compromis et j'ai pris la décision d'acheter un van. Ça, c'était en 2018 ou en 2019, je ne sais plus trop. Et du coup, ça me semblait un bon compromis parce que j'allais pouvoir redonner un peu de piment à ma vie en partant vivre des aventures ou en voyageant pendant les week-ends ou pendant les vacances. Et ensuite, retourner à une vie un peu plus classique et routinière la semaine. Et à partir du moment où j'avais acheté mon van qui était garé sur le parking en bas de mon immeuble, je ne pouvais plus faire marche arrière. Donc, il fallait que je l'utilise et que je parte avec. Du coup, j'ai commencé à m'organiser des petites aventures et à partir pendant les week-ends. Et maintenant, ça fait trois ans que je voyage comme ça, sans partir forcément loin de chez moi, que ce soit en van ou d'une autre manière. Et du coup, j'ai pris goût aux aventures outdoors, aux randonnées, aux nuits en bivouac, aux road trip ou en descente de rivière en canoë. J'ai vécu des tas de petites aventures en restant dans ma région ou en allant un peu plus loin. Et ces quelques années, elles ont vraiment contribué à bousculer ma vision du voyage. Et aujourd'hui, pour moi, un voyage, ça peut se vivre en un week-end. Et ce n'est plus du tout synonyme de pays étrangers ou de longues distances. Et justement, bien au contraire.
Loïc Excellent. Est-ce que tu dirais… Parce que c'est vrai que d'emblée, je t'ai présenté comme étant quelqu'un qui fait des micro-aventures. Comment est-ce que tu définirais les micro-aventures ? Est-ce que c'est ce que tu fais ou pas forcément ?
Cloé Oui. En fait, déjà, la micro-aventure, c'est un concept dont on entend de plus en plus parler. Oui. Il prend de plus en plus d'ampleur. Du coup, oui, c'est des aventures de proximité sur des courtes durées, des mini-trips dans la nature sur quelques jours. Après, je n'ai rien inventé parce que si je ne me trompe pas, je crois qu'à l'origine, le terme a été inventé par un anglais il y a quelques années. Je crois que c'est Alastair Humphrey. J'espère que je dis comme il faut son nom. Il y a aussi beaucoup de marques qui se sont emparées du terme. Il y a aussi des entreprises qui le font vivre. Je ne sais pas si tu connais « Deux jours pour vivre » Chiloué. C'est un concept qui est un petit peu à la mode. Et oui, du coup, ma philosophie de voyage, elle reprend bien ce principe de micro-aventure. Moi, je suis convaincue qu'on peut réussir à s'évader et à s'émerveiller sans forcément partir loin de chez soi et que de cette manière, on peut partir souvent et en profiter le plus souvent possible en allant vivre des expériences défaisantes, variées, parfois même insolites et surtout accessibles à tous ceux qui le souhaitent. Carrément.
Loïc C'est vrai que quand tu regardes… Moi, je regarde mon dernier gros voyage qui était à l'étranger. C'était un peu plus de deux semaines, trois semaines au Népal. Mais j'ai eu quatre jours de voyage. Quatre jours de voyage, tu vois. Donc, c'est énorme en fait. Quatre jours de trajet ? Quatre jours de trajet ? Oui, quatre jours de trajet en fait. Entre le départ de Suisse, l'arrivée à Katmandou, en fait plus que ça même. Et de Katmandou pour aller au départ du trek, j'ai dû avoir en fait plutôt cinq jours de voyage même. Donc, c'est énorme, tu vois, finalement sur trois semaines.
Cloé Qu'en restant en France en quatre jours, on peut faire des tonnes de choses.
Loïc Oui, c'est ça. Du coup, comment est-ce que tu organises typiquement tes micro-aventures ? Est-ce que tu as des étapes par lesquelles tu passes systématiquement ?
Cloé Déjà, c'est assez facile pour moi parce que j'ai la chance d'habiter dans les environs de Grenoble. Donc, je suis entourée de massifs montagneux qui sont tous déjà bien différents les uns des autres. Et en parcourant seulement quelques kilomètres, je peux quitter la ville pour me retrouver en plein milieu de la nature. Donc ça, c'est déjà un bon avantage. Après, j'aime beaucoup la phase de préparation et d'anticipation des voyages. J'adore regarder les cartes, j'adore prendre le temps de rechercher sur Internet des lieux à voir, les randonnées à ne pas rater. Et d'ailleurs, je trouve que le voyage, il commence déjà à ce moment-là par anticipation. Après, moi, c'est très rare que je parte sans savoir où je vais, sans savoir où je vais dormir, ce que je vais faire. J'ai même checké la météo souvent bien en avance. Je suis un peu une psychopathe de l'organisation, même si paradoxalement, au final, je ne suis jamais bien organisée. Et quand on part à plusieurs, c'est toujours moi qu'on attend. Mais ça me permet de bien m'organiser, ça me permet de me rassurer et de lâcher prise une fois que je suis arrivée à destination et de pouvoir profiter pleinement de l'instant présent. Après, j'essaye de remettre un peu en question ça parce que j'essaye de trouver un juste équilibre entre programmation et lâcher prise et de laisser un peu plus place à l'imprévu. Parce que c'est au final, je commence à comprendre que c'est impossible de tout voir, de tout faire et de tout contrôler.
Loïc Du coup, comme tu me dis que tu es une adepte de la planification, qu'est-ce que tu vas regarder généralement ? Tu fais les tracés, tu regardes la météo, tu identifies les lieux où tu vas pouvoir bivouaquer. Est-ce qu'il y a d'autres éléments dans ta planification que tu fais systématiquement ?
Cloé En fait, la chose qui pour moi est la plus importante, c'est de savoir où est-ce que je vais dormir. Ça, c'est vraiment la chose la plus importante pour moi. Après, le reste, j'aime bien programmer à l'avance pour ne pas perdre de temps sur place. Souvent, ça, c'est assez important. Et oui, c'est vraiment savoir où je vais dormir parce que c'est important de savoir que je vais être en sécurité à ce moment-là et que je ne vais pas me retrouver en galère le soir à ne pas savoir où dormir.
Loïc Oui, je comprends tellement. D'ailleurs, j'en avais discuté avec un autre invité, Nicolas, qui a fait le Tour de France à pied et en vélo en deux étés. Ce n'était pas la première fois que j'ai échangé avec des gens qui partent vraiment, pas forcément loin, mais longtemps. Plus de 40 jours, lui, en l'occurrence, ça a fait six mois en tout. Et en fait, ce que je trouve fascinant par rapport à cette notion de planifier l'endroit où on dort, moi, je suis 100% d'accord avec toi. Tu vois, c'est presque un élément de sécurité pour moi aussi. J'ai besoin de savoir dans quel environnement je vais pouvoir dormir, en fait. Eux, ce qui était fascinant, c'est qu'ils m'expliquaient qu'au bout d'une semaine, deux semaines, trois semaines, en fait, tu ne peux plus planifier parce que tu ne sais pas où tu vas être, tu ne sais pas qui tu vas rencontrer, tu ne sais pas quelles seront les conditions météo. Et donc, au bout d'un moment, même la planification de l'endroit où tu dors, de ton bivouac, ils ne le font plus. D'accord. Moi, je sais que c'est quelque chose, je n'arriverai pas trop à lâcher prise. Je crois que je serai plutôt comme toi dans l'organisation, savoir exactement, tu vois, option 1, option 2. Oui. Donc, ouais, je comprends tout à fait. C'est une solution de secours. Ouais, c'est ça. Ouais, excellent.
Cloé Mais je pense que justement, en partant longtemps, au bout d'un moment, on est obligé de lâcher prise là-dessus et je pense que du coup, c'est pas mal. C'est un avantage à partir longtemps, justement.
Loïc Ouais. Ouais, complètement. D'ailleurs, c'est quelque chose que toi, tu envisages à un moment donné, le fait de, tu vois, si tu te retrouves avec une période d'inactivité, est-ce que tu serais potentiellement intéressé aussi pour partir longtemps ou maintenant que tu as découvert ce format micro-aventure, ça te va très bien et tu restes là-dessus ?
Cloé Ben, je trouve que ce qui est génial à ne pas partir loin, c'est qu'on peut partir souvent et faire du coup des tas de choses. Déjà, à mon sens, partir un week-end de deux jours et passer une nuit hors de chez soi en allant bivouaquer ou en allant dormir en refuge, pour moi, je le considère déjà comme un petit voyage. Et même partir une randonnée à la journée, ça peut être déjà des paysans. Après, ce que je fais beaucoup, c'est de poser un ou deux jours de congé pour allonger mes week-ends et partir sur trois ou quatre jours, voire une semaine. Ça laisse déjà pas mal de possibilités, mais c'est rare que je parte plus d'une semaine. Je préfère vraiment partir souvent, mais sur des courtes durées. Et depuis que je voyage de cette manière, j'ai plus du tout envie de poser trois semaines de congé à la suite pour partir faire un beau et grand voyage dans une destination lointaine. Parce que je sais déjà que quand je vais revenir, je vais être à moitié déprimée en pensant que je dois attendre un an avant de re-avoir cumulé assez de congé et de pouvoir repartir. Donc, je préfère vraiment voir ma vie comme une sorte de voyage perpétuel et de repartir chaque week-end et de savoir que je peux repartir chaque week-end si j'en ai envie. Après, ça a quand même des inconvénients de partir sur des courtes durées, c'est que sur place, on a peu de temps. Du coup, on a toujours l'impression de courir. Comme je disais, je me mets pas mal la pression pour faire et voir le plus de choses possibles en peu de temps. Et du coup, parfois, on oublie un peu de profiter et de prendre le temps de vraiment pouvoir s'imprégner de l'essence du lieu et de le vivre pleinement. Du coup, c'est un peu l'inconvénient. Mais après, pourquoi pas un jour partir à... Oui, partir à... J'ai toujours eu envie de partir faire un long road trip de plusieurs mois sur les routes de France. Mais au niveau du boulot, c'est un peu compliqué.
Loïc Oui, j'imagine. C'est vrai que la contrainte du temps, c'est quand même souvent ce qui bloque. Mais je trouve que c'est super intéressant ton approche de dire finalement, plutôt que de prendre une grande bouffée d'oxygène une ou deux fois par an avec des vacances un peu prolongées, que tu préfères le faire beaucoup plus régulièrement, même si c'est des expériences plus courtes. En tout cas, c'est vrai que moi, quand j'étais plutôt en mode, on prend deux, trois semaines d'un coup pour partir. C'est vrai que même quand j'avais la chance d'avoir sept semaines avec des RTT, je crois, de congé jusqu'à pas loin de dix semaines. Et en fait, c'était parfois presque pas assez. J'avais l'impression que ce n'était pas assez pour ce que je voulais faire. Parce que du coup, si j'avais trois semaines, je regardais pour faire quelque chose qui rentrait au chausse-pied dans trois semaines. Et du coup, c'était tout de suite partir pour des déplacements assez longs, avec des contraintes logistiques, etc. Alors que plus récemment, quand on était en Suisse, j'avais commencé à faire un peu des micro-aventures. Alors, ce n'est pas aussi dingue que les tiennes. Mais tu vois, par exemple, une nuit à la Belle Étoile. En partant après le boulot, j'étais parti, boum, un petit massif pas loin de là où je travaillais en Suisse. Et j'ai fait une nuit à la Belle Étoile et je suis rentré le lendemain. Et le jour après, j'allais travailler. Mais oui, j'avais trouvé que ces micro-coupures, ça me permettait de me changer les idées, finalement, autant en termes de qualité, tu vois, d'expérience, autant que des grands voyages.
Cloé Oui.
Loïc Donc, qu'est-ce que tu en penses ? Même si tu disais qu'a priori, tu cours quand même beaucoup parce que tu as peu de temps. Est-ce que tu arrives quand même à rentrer après ces micro-aventures de quelques jours en t'étant changé les idées ?
Cloé Oui, oui, totalement. Du coup, je trouve que la notion du temps, elle change même quand on part et quand on fait plein de choses différentes. Deux jours, ça peut apparaître. Quand on rentre, on a l'impression qu'on est parti deux semaines. Alors que si on reste chez soi deux jours, on a l'impression que... Oui, c'est assez paradoxal parce qu'on a l'impression que le temps... Quand on part, on a l'impression que le temps passe vite. Mais en même temps, quand on revient, on a l'impression d'avoir passé deux semaines hors de chez soi.
Loïc Cool. Écoute, on a pas mal parlé du coup de comment est-ce que tu fais tes micro-aventures. Je serais cru de savoir quelle sorte de micro-aventures est-ce que tu fais maintenant ? Est-ce que tu as un domaine de spécialité ou pas du tout ? Est-ce que tu touches à tout ? À quoi elles ressemblent ces micro-aventures ?
Cloé Non, je n'ai pas de domaine de spécialité particulier. Je trouve qu'on peut imaginer plein de choses et qu'il y a des tas de choses à faire près de chez soi. Par exemple, une des dernières petites aventures que j'ai faites, c'était trois jours d'itinérance en Pacraft, sur le lac du Salagou. Je ne sais pas si tu connais les Pacraft.
Loïc Justement, j'allais te demander si tu peux nous expliquer ce que c'est. Parce que je suis sur ton site, donc j'ai l'image sous les yeux. Mais je serais curieux de savoir comment tu expliquerais ce qu'est un Pacraft.
Cloé Ok. Alors, en fait, c'est des kayaks gonflables, qui sont à la fois légers, compacts et solides, robustes. Ils permettent de combiner la pratique du kayak avec de la randonnée, puisqu'ils sont faciles à plier et à accrocher sur un sac de randonnée. Et aussi à la fois avec le bivouac, parce qu'on peut ranger tout ce qui est à faire, donc du vétante, à l'intérieur du bateau, avant de le gonfler. Et du coup, ça permet de garder ses affaires au sec. Donc là, j'ai donné l'exemple de la randonnée du bivouac, mais je sais qu'il y en a qui partent aussi, qui combinent ça avec la pratique du vélo. En fait, on peut imaginer tout ce qu'on veut. D'accord.
Loïc Et le poids du Pacraft, juste par curiosité, une fois qu'il est plié ?
Cloé Je crois que c'est à peine 3 kilos. Ah ouais, c'est super léger en fait. Ouais, c'est vraiment génial. Et une fois plié, ça prend quasiment pas de place. Et c'est super facile d'accrocher ça à son sac. Je trouve le concept absolument génial.
Loïc Ouais, super. Ouais, ça fait un moment que... Enfin, la première fois que j'en ai entendu parler, je pense qu'il y a quelques... Sur un projet d'aventure, une petite expédition en Europe du Nord où il y avait des passages à guet, mais pendant l'hiver. Et du coup, les gars qui avaient fait ça avaient emmené des Pacraft. Et j'ai l'impression... Alors, je ne sais pas si c'est moi qui en entends de plus en plus parler. Et du coup, j'ai cette impression. Mais j'ai le sentiment qu'il y a de plus en plus de gens qui s'y mettent. Il y a même sur la communauté des Frappés sur Instagram, Mike, qui ne fait que des aventures en Pacraft. Oui. Donc, ça a l'air d'être une discipline qui prend. Mais ouais, ça a l'air chouette. Si tu me dis que ça ne fait que 3 kilos au final, c'est hyper facile de se déplacer une fois qu'il est plié.
Cloé Oui, carrément. Puis je trouve que oui, ça prend de plus en plus d'essor et ça va très bien avec ce principe de micro-aventure.
Loïc Ouais.
Cloé Excellent. Et là, du coup, pour le coup, c'était la marque française, Mekong, qui produit des Pacraft et qui est basée à Cré. Qui m'en avait prêté un pour quelques jours en octobre. Alors, en général, les Pacraft, c'est plutôt... À l'origine, ça a été créé pour être utilisé sur des eaux vives pour descendre des rivières. Mais c'est aussi tout à fait possible de les utiliser sur des lacs, sur des eaux qui sont plus calmes. Du coup, avec un ami, on est parti sur 3 jours au lac du Salagon, dans les Raux, avec nos Pacraft, pour faire de l'itinérance autour du lac. Et du coup, la journée, on naviguait sur le lac et on faisait des randos pour découvrir un peu les environs. Et le soir, on installait le bivouac au bord de l'eau. Et du coup, c'était vraiment une super expérience.
Loïc Génial. Allez, photos, là, sur le site. J'invite vraiment tout le monde à aller faire un tour sur ton site. chloe-explore.com Et pour le moment, en tout cas, le récit de ton aventure autour du lac du Salagou, c'est sur la bande en haut du site. Et on voit bien les photos des Pacraft. Bon, ça, c'est une chose pour le matériel. Mais surtout, toutes les photos que tu as pu faire pendant l'aventure, c'est magnifique. On croirait que tu as fait un safari, en fait, avec le voyage. Tu es parti en Afrique du Sud. C'est dingue.
Cloé Alors que c'est la France.
Loïc Bah, c'est ça. Trop bien. Et donc là, tu es parti trois jours, tu disais, sur cette aventure-là.
Cloé Trois jours, oui. Trois jours, du coup, ça fait deux nuits sur place. Et voilà. Avec le trajet sur le premier et le dernier jour. Mais ça laisse quand même bien le temps de profiter sur place.
Loïc Super. Et donc là, vous étiez en mode... Vous avez fait une boucle ou c'était en étoile depuis un camp que vous aviez installé à côté du van.
Cloé Non, on a fait plutôt une boucle, en fait. On n'a pas monté le bivouac au même endroit le premier et le deuxième jour. OK. Du coup, oui, le but, c'était vraiment d'explorer autour du lac et de revenir au van, enfin à la voiture, du coup, seulement le dernier jour pour rentrer. Génial. Et par contre, normalement, le bivouac est interdit autour du lac du Salagou parce que c'est un site qui est protégé. Là, on était sur un week-end de tolérance parce qu'il y avait un contour de pêche qui était organisé. Mais normalement, oui, c'est un grand site et le bivouac est interdit.
Loïc OK, OK. J'étais en train de me dire, ah mince, il faudra peut-être qu'on coupe ça. Ah oui, pardon. La promo du bivouac sur le lac. Mais écoute, si c'était toléré, c'est parfait. Parce que j'allais te poser la question, comment, bon, visiblement, tu vois, tu prends plaisir à partager tes aventures sur le site. Mais est-ce que tu mets aussi, je ne sais pas, parfois des traces GPS pour celles et ceux qui voudraient marcher dans tes pas ou, tu vois, dupliquer tes aventures ?
Cloé Alors, pas trop. Je trouve que c'est un peu une dérive que peuvent avoir les réseaux sociaux. Au début, je ne me rendais pas vraiment compte de l'effet néfaste que pouvait avoir... Parce que du coup, comme je publie mes photos sur Instagram, oui, donc au début, je ne me rendais pas vraiment compte de l'effet néfaste que pouvait avoir une photo postée sur Instagram sur la fréquentation d'un lieu. J'étais persuadée que si on avait la chance de découvrir quelque chose de beau, pourquoi est-ce qu'on ne partagerait pas l'information pour permettre à d'autres d'en profiter aussi ? Puis en fait, j'ai compris que certains lieux pouvaient être dégradés à cause de ça, à cause de la surfréquentation, justement, de cet effet un peu de mode. Et du coup, je ne donne plus forcément la localisation exacte sur Instagram, enfin, plus toujours, même si je sais qu'à mon niveau, ça ne change pas grand-chose. Mais voilà, par principe, je ne le fais pas toujours. Ça dépend les lieux, ça dépend... Ça dépend.
Loïc Oui, je comprends. Je comprends, ça fait complètement sens. OK, donc la dernière micro-aventure, une belle itinérance en packraft. Si tu devais partager une autre de tes aventures qui, pour toi, est aussi représentative de tout ce que tu essaies de vivre à travers ces expériences courtes, ce serait laquelle ?
Cloé Alors, comme je disais, on peut imaginer plein de choses. Par exemple, moi, j'aime bien faire des road trips avec le van. Du coup, j'ai eu la chance d'en faire pas mal. J'ai pu en faire dans le Jura, dans le Cantal, dans la Drôme, dans les Alpes. Il y en a une que j'ai... Enfin, un road trip que j'ai particulièrement aimé. C'est celui que j'ai fait sur la route des Grandes Alpes. Déjà, je trouve que... Déjà, le nom de cette route, moi, il m'a toujours fait rêver. Elle m'a toujours fait rêver. Cette fois-là, j'avais pris cinq jours. Je voulais faire le tronçon entre Briançon et les Gorges de Dalui. Bon, finalement, je l'avais fait dans l'autre sens parce que j'avais eu beaucoup de pluie au début du voyage. Du coup, j'avais préféré descendre directement vers le sud par les grands axes et puis après, prendre mon temps pour remonter par la route d'école. Et oui, j'avais prévu plusieurs étapes avec plusieurs points de chute pour les nuits. Je savais les randonnées que j'avais envie de faire tout le long du parcours. Et je trouve vraiment que du début à la fin, ça a été magnifique et intense. Autant les routes qui sont magnifiques, l'école, les paysages sont splendides. Les randonnées que j'ai faites, elles étaient géniales aussi. Je suis passée par le massif du Mercantour, par Lubaï, par le massif du Keras. Le Mercantour, j'ai vraiment adoré. Je trouve que ce massif, il a un côté très sauvage. On était en septembre, si je ne me trompe pas. J'ai eu froid. J'ai eu de la pluie, de la grêle, de la neige. Je me suis pris un orage en pleine montagne. J'ai fait des rencontres insolites. Je garde vraiment un bon souvenir de ce voyage.
Loïc Du coup, tu dirais que c'est la micro-aventure idéale. S'il y en a une, c'est un mélange de quoi ? J'ai eu l'impression qu'il n'y avait pas que forcément le type d'activité que tu fais, mais qu'il y a aussi cette notion de découverte, de partage pendant la micro-aventure. Pas seulement à travers ton site après, mais aussi les gens que tu peux croiser pendant que tu fais tes aventures.
Cloé Oui, c'est vrai. Après, c'est... Je réfléchis. Après, je pars souvent seule. Quand j'ai acheté le camion, je ne m'imaginais pas forcément seule sur les routes. Au départ, j'étais même un peu déçue de trouver personne qui était aussi motivée que moi à l'idée de partir à l'aventure avec moi. Et paradoxalement, j'étais arrivée à une période de ma vie où j'en avais marre de dépendre des autres et j'avais envie de faire les choses à ma manière et pour moi. Du coup, j'ai commencé à partir seule. Maintenant, c'est devenu mon quotidien de voyage la plupart du temps. La solitude, ce n'est vraiment pas quelque chose qui me dérange. Je trouve que c'est même agréable parce qu'on peut faire ce qu'on veut et quand on veut. Je trouve qu'on se sent libre. Oui. Mais j'aime bien quand même partir parfois avec d'autres personnes. C'est différent. Parce que partir seule, ça a aussi des inconvénients parce que quand on se retrouve devant un paysage magnifique, c'est un peu frustrant de ne pas pouvoir le partager avec quelqu'un. Et je trouve que ça contraint aussi sur certaines activités. Par exemple, il y a des randonnées où je n'ai pas osé m'aventurer parce que j'étais seule, qu'elles étaient soit trop exposées, soit trop longues. et du coup, par souci de sécurité, je n'y suis pas allée. Et oui, quand on part seule, on pourrait penser qu'on fait plus facilement des rencontres. Je trouve que ce n'est pas forcément le cas parce que justement, quand on part et qu'on est une fille seule, les gens n'osent pas forcément venir vers nous. Après, oui, en refuge, souvent, on rencontre du monde parce qu'il y a d'autres personnes qui voyagent aussi seules. Et dans le Mercantour, justement, j'avais fait une rencontre assez insolite où j'étais partie en randonnée au col de la Cayolle pour faire le tour de plusieurs lacs. et je m'étais pris un orage de dingue en pleine montagne. Et là, sur le chemin, il pleuvait, il y avait des tonnerres, des orages. Et sur le chemin, j'avais rencontré un gars qui randonnait en itinérance avec sa jument. Et du coup, c'était une rencontre qui était assez insolite. Et puis, du coup, on avait gardé contact. Et cet été, on s'est retrouvés dans le massif des Beauges et on a passé deux, trois jours à randonner à cheval dans le massif des Beauges. Du coup, c'était assez sympa.
Loïc Génial. Génial. Et tu parlais du fait de partir seule et que parfois, ça t'a amené à prendre des décisions pour ta propre sécurité de, par exemple, ne pas t'engager sur certaines activités. Oui. Est-ce que, malgré ces décisions que parfois, tu es amené à prendre, est-ce que ça t'est déjà arrivé de te retrouver sur ces micro-aventures dans des situations un peu compliquées ?
Cloé Non, pas tant que ça. À part, par exemple, cette randonnée dont je parlais dans le Mercantour où, en plus, je savais que la météo avait annoncé une dégradation du temps en fin de journée et j'avais décidé d'y aller quand même. Et à mi-chemin, bien sûr, le temps s'est gâté. Et du coup, j'avais le choix entre faire demi-tour ou continuer et j'ai décidé de continuer. Mais sinon, non, je n'ai pas le souvenir de m'être retrouvée dans des situations compliquées. et après, je fais très attention justement de ne pas me retrouver dans ce genre de situation.
Loïc Oui, bravo. Alors, c'est que c'est efficace en termes de décision. Oui. Génial. Je serais curieux de savoir si tu pourrais nous en dire un petit peu plus sur le van. Alors, moi, je n'ai pas une passion mais ça fait un bon moment que je regarde, que tu vois sur mon radar les Californias. Alors, bon, c'est un peu le cliché du van aménagé. Mais j'ai pu faire un road trip en Suisse d'une semaine avec un California. J'avais trouvé ça incroyable. On avait pu accéder à des vallées perdues au fin fond du sud de la Suisse où tu ne pouvais pas aller autrement qu'en traversant un tunnel, tu vois, en voiture. Donc, bon, c'était soit tu marchais pendant deux jours soit tu passais par le tunnel et après, la route se finissait là. Enfin, vraiment, c'était un super outil que j'avais trouvé pour accéder à des endroits peut-être un peu en dehors des sentiers battus. Du coup, je serais curieux de savoir si tu peux nous en dire un peu plus sur de quelle van il s'agit, comment est-ce qu'il est aménagé, comment est-ce que tu l'as peut-être, tu vois, amélioré au fil de tes expériences ?
Cloé Oui. Déjà, je suis totalement fan de cette manière de voyager. Je pense que acheter le van, ça a vraiment été une des meilleures décisions de ma vie, je pense. Après, alors, moi, c'est un trafic, c'est un Renault Trafic H1L1. Je l'ai acheté, à l'origine, j'avais le projet d'acheter, de l'acheter vide et de l'aménager moi-même. Et finalement, on m'en a proposé un grâce à Instagram, justement, un qui était déjà aménagé. du coup, je l'ai acheté prêt à partir. ça, c'était pratique. Et oui, du coup, c'est vraiment la manière dont je préfère voyager. en plus, je trouve qu'on peut vraiment coupler ce type de voyage avec d'autres activités, comme de la randonnée ou du bivouac, du paddle ou toute autre chose. L'avantage, c'est qu'on a de la place, donc on peut apporter plein de choses. Donc, pour moi, qui ai du mal à partir sans prendre l'équivalent de trois semaines de bagage pour seulement trois jours, c'est absolument parfait. C'est très pratique. Et oui, j'adore parce que je trouve qu'il permet vraiment de concilier ce sentiment de liberté qu'on ressent quand on est en pleine nature sans forcément faire l'impasse sur un minimum de confort. Et ça, quand on part plusieurs jours, c'est quand même agréable. Ensuite, j'adore ce que je ressens quand je pars au volant de mon van, quand je roule vers des destinations que je ne connais pas encore. Je ressens vraiment une sensation de liberté avec un peu d'excitation liée à la découverte de nouveaux lieux et toujours un peu d'appréhension parce qu'on ne sait jamais ce qui peut se passer et qu'on a souvent des imprévus. Mais oui, pour moi, c'est vraiment un synonyme de liberté et d'aventure. Et voilà.
Loïc Super. Et donc, ton van, il est équipé de façon... Enfin, je ne sais pas s'il y a d'ailleurs des équipements classiques, mais qu'est-ce que tu as dans le van ? Tu as de quoi cuisiner, dormir ? J'imagine. Il est relativement isolé pour le permettre de partir en hiver aussi ?
Cloé Alors, il est... J'ai un lit, j'ai de quoi cuisiner. J'ai des bidons pour l'eau. Ah bah oui, c'est vrai, oui.
Loïc Accessoirement.
Cloé Ensuite, il est équipé ni en électricité ni en chauffage. Donc, pour l'hiver, c'est un peu compliqué. Du coup, je m'en sers essentiellement l'été et pas trop l'hiver parce que je l'ai déjà fait à l'hiver où avec moins 5 degrés ça pique. Et du coup, y partir l'hiver avec, c'est vraiment une aventure à part entière, dormir dans le van l'hiver.
Loïc Une aventure dans l'aventure.
Cloé Voilà, exactement. Après, ça, c'est un des projets que j'aimerais bien faire cet hiver, c'est revendre celui que j'ai actuellement, en acheter un plus gros et l'aménager un peu vraiment comme une mini-maison et avec électricité, chauffage pour pouvoir justement l'utiliser l'hiver et puis à longueur d'année.
Loïc Super. Super. Je pense que c'est assez clair, tu vois, en termes d'attrait pour la micro-aventure, ce que tu vas y chercher. cette notion de découverte, de partage à postériori, parfois de partage pendant la micro-aventure, ce sentiment de liberté que tu trouves quand tu prends le volant de ton van et que tu pars explorer des régions inconnues. Mais si tu devais faire le bilan de ces trois dernières années, tu as dit que le van avait été sans doute une des meilleures décisions de ta vie. Donc, j'imagine que tous ces changements qui t'ont permis de vivre, ça t'a apporté beaucoup à titre personnel. Mais quel bilan est-ce que tu ferais pour le moment de tes trois dernières années entre, tu vois, l'éveil à la veille de tes 30 ans et où tu en es aujourd'hui ?
Cloé Ce que m'ont apporté ces trois dernières années d'aventure, déjà, j'ai la sensation d'avoir vécu pleinement ces trois dernières années. Ensuite, ça m'a permis de trouver mon équilibre de vie. J'aime savoir que je peux sortir de ma routine pour m'évader le temps de quelques heures ou de quelques jours. Ça m'a permis d'apprendre à repousser mes limites petit à petit, à élargir ma zone de confort. Je pense que j'ai pris confiance en moi. Je sais maintenant que si j'ai envie de faire quelque chose, je peux le faire et je peux me débrouiller toute seule pour le faire. Après, j'ai pris conscience de quelque chose aussi en faisant plein d'activités dans lesquelles je ne suis pas forcément douée. C'est qu'on n'a pas besoin d'être fort et doué dans quelque chose pour prendre du plaisir à le faire. C'est vraiment quelque chose qui est important pour moi parce qu'on nous apprend depuis qu'on est petit à être performant dans ce qu'on entreprend. Souvent, quand on essaye une activité et qu'on n'a pas les aptitudes pour, on l'arrête. Alors que ce n'est pas pour autant qu'on n'a pas le droit d'aimer ça. Même si on est nul, ce n'est pas grave. J'essaie vraiment de l'appliquer dans plein de domaines de ma vie. Je trouve qu'on est souvent trop dans la recherche de la performance. Mes aventures, je ne les vois pas du tout comme des défis sportifs ou autres. En tout cas, pour moi, ce n'est pas une fin en soi. Je trouve qu'on peut se lancer et tester n'importe quelles activités sans pression de performance et ce n'est pas grave si on est nul tant qu'on s'amuse et qu'on est heureux de le faire. C'est le plus important. Après, c'est vraiment dans une moindre mesure mais la randonnée, je trouve que ça apprend le dépassement de soi dans le sens où ça nous oblige à aller au bout des choses parce que des fois, quand on part sur plusieurs jours en montagne, des fois, on en a marre, on est fatigué, on a des emplombes aux pieds, on a mal aux jambes, le sac fait mal au dos. Mais on n'a pas le choix, on est en plein milieu de la montagne et on est obligé de continuer et d'avancer et on voit que finalement, on arrive au bout. Donc, je trouve que c'est une leçon qu'on peut transposer dans plein de domaines de nos vies. Voilà.
Loïc Oui, écoute, je trouve que c'est... Tu vois, tu as mis le doigt sur l'essence, je pense, de ce qu'il y a derrière les aventures, les micro-aventures, c'est ces apprentissages qu'on peut faire pour soi et je trouve ça génial de t'entendre dire finalement, à travers tout ce que tu as vécu, tu as pris confiance en toi, tu as grandi quelque part et que tu t'es découvert des capacités insoupçonnées et qui te permettent aujourd'hui sans hésitation de partir, de faire trois jours de packraft sur l'Agu Salagou. Tu vois, c'est vrai que spontanément, moi, si on me proposait ça, je pense que la première réaction, ce serait pas « Ouais, go, on y va », ce serait « Ouais, pourquoi pas, mais j'ai jamais fait de packraft, tu vois ». Est-ce que tu es sûr techniquement ? Est-ce que c'est possible sans en avoir jamais fait ? Après, je pense que c'est un curseur à placer entre la sécurité puis la technicité, etc. Si demain, on te propose de partir faire du parapente solo, j'imagine que tu réfléchiras à deux fois quand même, mais je trouve que c'est génial de voir, de t'entendre parler de ces apprentissages que tu as faits à titre perso. Du coup, la question que je me pose, c'est quelle est la suite ?
Cloé La suite, c'est de continuer à vivre et à inventer plein de nouvelles micro-aventures. Après, j'avoue qu'en ce moment, j'hiberne un peu. J'ai un peu du mal à m'habituer à l'hiver. Je n'ai pas réussi encore à faire mon deuil de l'été. Après, j'ai quand même quelques idées pour cet hiver. Déjà, faire des randonnées autour de chez moi pour profiter au maximum de la neige. Après, j'aimerais bien faire une nuit en bivouac sous la neige. Ça fait un moment que je veux le faire, mais je suis assez frileuse. Du coup, j'ai bien peur d'avoir froid. Maintenant que je l'ai dit, je vais être obligée de le faire. Je n'ai plus le choix. Sinon, je suis en train de rechercher des refuges d'hiver pour aller passer quelques jours dans le massif du Keras ou dans le massif du Merkantour. En lien avec le van, j'aimerais bien quand même tenter un road trip hivernal. Le van aussi, comme on en a parlé, je voudrais le changer et du coup, prendre le temps d'en aménager à nouveau. Et ça, je pense que ça risque de me prendre pas mal de temps. Et à plus long terme, j'aimerais bien me lancer dans une aventure entrepreneuriale en lien avec tout ça, avec le tourisme de proximité. Super. Pour l'instant, j'ai quelques idées. Je ne sais pas trop ce qui est réalisable ou non. Je ne sais pas trop ce que j'ai vraiment envie de faire. J'ai vraiment besoin de mettre au clair mes idées, de les digérer. Mais c'est quelque chose qu'à terme, j'aimerais bien faire. Et pour parler encore plus long terme et en lien avec tout ce dont on vient de parler précédemment, ce qui me tient vraiment à cœur, c'est de faire évoluer cette manière de voyager avec la manière dont ma vie va évoluer. Par exemple, si un jour, j'ai une famille ou si un jour, je me blesse, que j'ai des capacités physiques qui sont réduites, j'espère pouvoir continuer à vivre des aventures mais en adaptant les activités. Finalement, je pourrais dire que c'est plus qu'une manière de voyager, c'est aussi une manière de vivre et de concevoir la vie, de vivre sa vie comme une aventure.
Loïc si tu devais peut-être, tu vois, avec maintenant le recul que tu as et puis tout ce que tu as appris à travers tes aventures parce que finalement, j'ouvre une parenthèse dans la question mais finalement, moi, ce qui m'a beaucoup intéressé dans le fait d'échanger avec toi, c'est comme tu l'as dit en introduction, c'est que tu as une vie classique, c'est-à-dire que tu as un job classique à temps plein, tu n'es pas une ancienne, enfin, tu n'es pas une sportive de haut niveau, tu n'as pas de sponsor mais malgré ça, tu fais des aventures qui sont juste géniales et tu as réussi à te créer ta propre expérience et ça depuis trois ans. ça, c'est quand même pas commun, tu vois, et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui aimeraient oser se lancer comme tu l'as fait. Donc, si tu devais peut-être partager des tips ou des choses qui ont marché pour toi pour permettre à celles et ceux qui t'écoutent peut-être de faire ce premier pas comme tu l'as fait quand tu es descendu pour aller chercher ton van à Nice en 2019, je crois. Qu'est-ce que tu leur dirais ?
Cloé Déjà, je pense qu'il faut bien, déjà, je pense que ce n'est pas nécessaire d'être un aventurier de l'extrême pour vivre des micro-aventures dans la nature, que chacun peut adapter sa manière de voyager à ses envies, à ses capacités et à sa personnalité. Je pense vraiment que les micro-aventures, elles sont accessibles à tous, qu'on soit une fille seule, un homme seul, un groupe d'amis ou n'importe, qu'on soit expérimenté ou non. C'est toi, d'ailleurs, qui m'avais donné cet exemple la première fois qu'on en avait parlé. Tu m'avais dit qu'on n'avait pas besoin d'aller gravir les vrestes pour avoir la sensation d'être dépaysé. et je trouve que c'est tout à fait vrai. On peut très bien aller bivouaquer dans une montagne à côté de chez soi ou même dans un champ à côté de chez soi pour vivre une expérience extraordinaire. Il y a des tas de choses à imaginer et à vivre. Il faut juste trouver des aventures qui soient à son niveau quitte à repousser ses limites et sa zone de confort un peu plus à chaque fois si on en a envie. Et oui, j'aime bien prendre l'exemple de ma vie puisque j'ai une vie qui est relativement banale, classique. J'ai les mêmes contraintes de temps que la plupart des gens. J'ai un boulot du lundi au vendredi, cinq semaines de congé par an. Et au niveau des capacités physiques, je suis loin d'avoir un niveau de fou. J'ai un genou foireux qui m'empêche de faire autant de choses que je voudrais, mais ça ne m'empêche pas de vivre plein de choses et que je considère moi comme des aventures.
Loïc Donc, osez, lancez-vous. Je pense que ce sera le message, mais en tout cas, que je retiens. Tu vois, ça ne sert à rien. Ce n'est pas que ça ne sert à rien, mais on peut très bien vivre, comme tu l'as dit, des aventures extraordinaires juste à côté de chez soi. Prendre l'avion, partir quatre semaines, cinq semaines ou plus, ce ne sont pas les conditions en fait nécessaires pour sortir de sa zone de confort et se découvrir. Loin de là. Donc, écoute, super philosophie en tout cas. C'était génial de pouvoir échanger avec toi, Chloé, sur tout ce que tu fais. Encore une fois, j'invite vraiment les gens à aller faire un tour sur ton site, donc chloé-explore. Sur les réseaux sociaux, tu peux me rappeler ton compte si les gens veulent te suivre ?
Cloé Oui, c'est chloé.explore.
Loïc Ok, chloé.explore. Donc, n'hésitez pas, les photos sont juste folles. Moi, à chaque fois que je les vois, ça me donne envie de louer un van et de partir, alors pas au salagou, comme ça on le préserve, mais d'aller explorer d'autres coins à côté de chez moi. Donc, vraiment, merci beaucoup, chloé, pour ton authenticité, pour ton calme et pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous pendant cet épisode. Écoute, je te souhaite plein de belles aventures à venir et pourquoi pas un autre épisode pour nous partager les prochaines trois années de micro-aventures que tu auras réalisées.
Cloé Ok, en tout cas, merci à toi de m'avoir accueilli aujourd'hui sur le podcast. C'était vraiment sympa.
Loïc Avec plaisir. À bientôt, Chloé.
Cloé À bientôt.
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