Nicolas Et de cette zone d'inconfort, moi je m'en suis fait un vrai confort en fait, de dormir dans ma tente sur mon matelas et me toucher tous les soirs. Et à la remière c'était juste un kiff quoi. Et je pensais pas que sur autant de temps, ça allait prendre toujours autant de plaisir, sans jamais avoir le besoin de me dire tiens j'arrive dans un village intermédiaire, est-ce que je me prends une nuit d'hôtel ?
Loïc Hello Hello, c'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue sur le podcast Nicolas ! Merci Loïc ! Je suis ravi de pouvoir échanger avec toi ce soir pour que tu nous parles évidemment de ton parcours en général, mais aussi et surtout de ta dernière aventure complètement folle en date, qui moi m'a fait halluciner quand j'ai découvert sur les réseaux, puis après quand tu m'as expliqué un petit peu les détails de tout ça quand on a échangé en off avant l'épisode. Donc vraiment un grand merci pour le temps que tu prends. Et puis écoute, ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par nous expliquer ce que tu fais.
Nicolas Carrément oui ! Avec plaisir tout d'abord, ça fait plaisir que l'aventure que je viens de terminer t'ait plu, et puis de pouvoir échanger avec un maximum de personnes. Du coup, moi c'est Nicolas, j'ai 31 ans, je suis originaire de Lille, donc pas un secteur où il y a énormément de montagnes, donc c'est pour ça que je me fais ce type d'aventure. J'ai différentes passions, le sport d'une manière générale, donc du coup tout ce qui est sport ou activités outdoor. La cuisine également, avec la nutrition. Et d'une manière générale, je suis quelqu'un d'assez curieux, donc je m'intéresse pas mal à tous ces sujets de société et particulièrement environnementaux. Ce qui m'amène finalement, depuis un an, un an et demi, à passer un maximum de temps autour de ces passions. Ce qui m'a amené du coup à faire ces deux derniers étés, donc des aventures de deux fois trois mois au final. Voilà pour la petite présentation.
Loïc Et donc ça, c'est ce qui occupe clairement pas mal de ton temps, en tout cas l'été pour ces deux dernières années. Mais est-ce que c'est quelque chose que tu es capable de vivre ? Enfin, c'est ce qui te fait vivre ou tu as une activité, un job un peu plus classique, on va dire, en parallèle ?
Nicolas Pas du tout, non, non, je vis pas de ça. Mais j'étais en logistique et j'étais dans le consulting les deux, trois dernières années. Et j'ai arrêté en fait ce job-là en mars 2020, un peu avant la période de Covid. J'ai pas vraiment... Enfin voilà, j'ai arrêté avant de savoir tout ce qui allait se passer. Et depuis ce temps-là, c'est pour ça que je dis, je consacre en fait la dernière année et demie à mes passions. J'ai fait ces deux aventures qui ont duré plus ou moins six mois, entre cinq et six mois. Et je me suis reconverti aussi. Donc j'ai passé l'année de Covid à me convertir dans la cuisine. J'ai passé en juin 2021 mon CAP que j'ai eu. Du coup, voilà, c'est un peu comment s'est passé la dernière année et demie. Et puis là, je suis entré d'aventure la semaine dernière. Et je vais me lancer professionnellement, en tout cas dans une nouvelle aventure qui est la cuisine. L'idée, c'était de pouvoir vivre professionnellement, en tout cas de ma passion. C'est le chemin que j'ai pris sur cette dernière année et demie.
Loïc Génial ! Et le CAP, c'est en... Je ne connais pas trop l'univers de la cuisine, mais par curiosité, c'est un CAP en cuisine de façon générale ou tu as une spécialité ?
Nicolas Non, non. Le CAP, c'est vraiment la base, on va dire, de la cuisine traditionnelle française. Donc, c'est d'apprendre tous les process et les recettes un peu basiques. Et puis, avec ces compétences-là, pouvoir développer la cuisine qui nous plaît. Mais à la base, on va dire que c'est...
Loïc C'est classique. Enfin, un parcours assez généraliste, ouais. Ok. Cool. Excellent. Écoute, je prends note comme ça, si jamais il y a des aventures qui s'organisent, tu vois, c'est toujours chouette d'avoir quelqu'un qui aime et qui sait cuisiner.
Nicolas Bah, moi, c'est vrai que je cuisine un peu toujours la même chose pendant mes aventures, mais c'est tellement primordial, les repas pendant des... Enfin, voilà, tous les besoins un peu primaires sont décuplés. Donc, la nourriture est hyper importante dans chaque aventure. Donc, c'est vrai que j'essaye de toujours me régaler un maximum, mais avec des choses assez simples. Enfin, et puis, dès qu'on balade en nature comme ça, on a toujours un peu l'occasion de trouver des choses tout au long du chemin en montagne qu'on peut agrémenter, enfin, qui peut venir agrémenter nos petits repas du midi ou du soir. Ouais.
Loïc Bon, je pense que tu vas nous en dire plus dès qu'on va rentrer dans le détail de ces deux dernières aventures. Mais c'est vrai que la nourriture en itinérance longue, c'est quelque chose dont j'avais déjà parlé avec... Bah, tu les connais, du coup, puisqu'elles sont aussi dans l'association des marcheurs fous, mais avec Béatrice et Jeanne. Et c'est un point, tu vois, moi, j'ai jamais fait d'itinérance longue comme vous. Donc, je n'avais pas forcément ça en tête, tu vois. Pour moi, la bouffe, bon bah, j'achète un paquet de riz, puis quand je l'ai fini, bah, j'en rachète un autre, quoi. Ouais. Et en fait, ça... Enfin, c'est tout bête, mais ça a un énorme impact. Moi, de ce que j'ai pu voir, tu vois, quand je suis parti au Népal, par exemple, ça a été que trois semaines. Mais à force de manger la même chose et d'albattre tous les jours, j'en pouvais plus du riz, tu vois. Et en fait, je cherchais qu'un truc, c'était d'avoir de la diversité, de la variété un peu dans ce que je mangeais. Donc, ça paraît tout bête, mais c'est un point de ne pas négliger.
Nicolas C'est hyper important. Après, c'est vrai que c'est propre à chacun. Moi, finalement, je m'éclate toujours autant à manger la même chose. Alors que pendant trois mois, j'en parlerai, mais je mange un peu toujours la même chose. C'est vrai que c'est un point primordial dans une aventure pour une réussite. C'est qu'on se fait plaisir, en tout cas, quand on aime bien manger. Donc, peut-être pas tout le monde, mais pour ceux qui aiment bien se nourrir, c'est toujours le petit moment sympa. Le midi au soir, après une longue journée, fait d'efforts et de différentes galères, de se retrouver, une fois que la tente est posée, autour d'un bon repas. Et ou de cette partie-là, moi, je disais que je m'intéresse aussi pas mal à tout ce qui était nutrition. Ben, c'est primordial parce que c'est le seul carburant pendant une aventure de deux, trois mois, que ce soit à pied, à vélo ou en tout cas, dès qu'on utilise ses jambes. Donc, c'est hyper important de bien manger, surtout sur trois mois. On ne peut pas se permettre de négliger ce point-là, sachant que c'est ce qui nous fait avancer. Donc, que ce soit à faire… Enfin, en tout cas, moi, de mon côté, je fais assez attention en apports lipides, protéines, glucides pour faire en sorte qu'on puisse, sur du long terme, en tout cas, performer, si on le veut, ou en tout cas, juste continuer à avancer en essayant de se blesser le moins possible et puis en faisant en sorte que notre santé, elle ne soit pas impactée non plus parce que trois mois, c'est des périodes qui sont quand même relativement importantes dans le chenillement.
Loïc C'est clair. C'est clair.
Nicolas Donc, je crois que moi, c'est un sujet qui me bote bien.
Loïc Alors, justement, si on commence à rentrer un peu dans le détail de ces aventures, peut-être avant le détail d'ailleurs, comment est-ce que tu résumerais en une phrase l'idée qu'il y avait derrière ces deux fois trois mois dans lesquels tu t'es lancé ? C'était quoi un peu la genèse ?
Nicolas La genèse, c'était un peu de me tester finalement sur du long terme, sur une aventure sportive et en pleine nature. Donc, un peu dans l'idée d'être hors d'une zone de confort qu'on a l'habitude de vivre au quotidien. Et de voir un petit peu moi dans cet environnement-là, comment je m'y plais, ben voilà, comment mon corps et moi-même se plaît dans ce type d'aventure. Donc, si j'ai fait cette deuxième aventure, c'est que j'ai déjà des éléments de réponse par rapport à ça et que finalement, je me sens plutôt bien dans cet environnement-là.
Loïc Ok. Donc, la volonté vraiment de se tester sur du long et en extérieur en pleine nature ?
Nicolas Complètement, oui. Sur la première aventure, c'était ça l'idée. J'ai toujours fait, au fur et à mesure des années, j'ai fait un petit peu de rando, donc de plus en plus longue, mais j'avais seulement fait au maximum une semaine d'itinérance. Et quand tu lis des bouquins d'aventure ou tu regardes des films d'aventure ou tu vois des explorateurs ou des aventuriers qui vont un peu plus loin, moi j'avais à mon échelle l'envie un petit peu de me tester là-dedans, sachant que voilà, j'aime bien, je suis fan de tout ce qui est activité outdoor. Donc, le voir un petit peu sur du plus long terme et voir si ça me plaisait. Et puis voir aussi, c'est tester aussi un autre mode de vie. Oui. Parce que sur trois mois, voilà, les habitudes de vie sont complètement chamboulées. Et puis, oui, c'est un environnement qui est complètement différent, en tout cas, sur une période de trois mois.
Loïc Ok. Oui, j'imagine. Enfin, je pense qu'on reviendra là-dessus, mais c'est aussi quelque chose que j'avais déjà entendu, ce rapport au temps qui évolue, quand tu pars sur des aventures, des expériences qui sont aussi… Enfin, qui commencent à être quand même sacrément longues quoi. Trois mois, tu m'as le temps de faire un espèce de « research », j'imagine.
Nicolas Oui, carrément. Il y a ce rapport au temps, il y a ce rapport au confort, ce rapport à l'environnement. Oui, ça change. En tout cas, moi qui suis citadin et qui ai eu l'habitude de toujours vivre en ville, donc que ce soit à Lille ou à Paris, c'est sûr que ce type d'aventure d'un peu longue, moyenne durée, on va dire, fait que tout est chamboulé par rapport à ce qu'on a l'habitude de vivre au quotidien. Et c'est aussi, je disais en présentation que j'étais assez curieux, je pense que cette recherche-là de vivre ce type d'expérience, vient aussi de cette curiosité quoi, de voir, bon, est-ce que ça peut me plaire ? Et puis, est-ce que me challenger là-dessus, c'est quelque chose qui va me plaire ? Est-ce que je vais réussir du coup à terminer ?
Loïc Oui. Alors justement, je pense que là, c'est bon, on a fait pas mal de teasing et les gens doivent se dire, mais ok, d'accord, c'était trois mois, visiblement c'était plus ou moins de la marche, mais dans le détail, si maintenant tu devais nous expliquer exactement ce que tu as fait et comment tu l'as fait, tu commencerais par quoi ? C'est quoi du coup le compte rendu ?
Nicolas Oui. Déjà un peu la genèse du projet, vu que c'est la base, cette aventure devait être une aventure aux Etats-Unis, qui était la traversée des Etats-Unis sur la partie ouest du Mexique au Canada, donc c'est le fameux Pacific West Whale qui est connu, en tout cas dans le monde de la marche longue distance. Donc ça, c'était, je devais partir le 26 avril 2020, donc on sait un peu tout ce qui s'est passé, et puis cet épisode de Covid qui a fait qu'il a fallu rebondir, et moi j'avais vraiment, j'avais quitté mon job un peu pour ce projet-là, j'avais l'idée c'était ensuite de rester au Canada et vivre, j'avais eu mon visa, bon c'était un projet qui était d'un ou deux ans, donc j'avais toujours envie de vivre un projet de marche longue distance, donc j'ai rebondi sur une traversée de France qui était mon aventure de l'été 2020 du coup. Cette traversée de France, donc je l'ai faite à pied, et l'idée c'était de pouvoir toujours du sud au nord, pour suivre un petit peu le projet qui était à la base aux Etats-Unis, et donc je suis parti de Menton, mi-juin dernier, pour rejoindre Lille, donc du coup ma ville d'origine, ou la ville où je vivais à ce moment-là, quand j'ai quitté Paris en mars 2020. Pourquoi cet itinéraire ? C'est un itinéraire qui traverse et qui longe du coup un beau massif, enfin différents massifs, donc les Alpes en premier lieu, pour ensuite continuer sur le Jura, les Vosges, et ensuite des parties un peu plus plates, donc la Lorraine, les Ardennes belges et françaises, et puis ensuite arriver à l'Avinoise jusqu'à l'île. Donc ça c'était la première aventure, avec comme ligne directrice, mais on dirait que c'était de ne pas forcément suivre tout un chemin là, de personnaliser un peu ce chemin, le GR5, qui est un long chemin de randonnée, qui va de Pays-Bas, de la Manche ou de la Mer du Nord, jusqu'à la Méditerranée. Donc ça c'est le premier projet qui a commencé et terminé l'année passée, donc c'était 77 jours de marche, il y avait 1800 km, et un peu pour moi la découverte de la Marche Langue-Dix-Sang, donc toutes ses composantes, donc une blessure assez rapide, et ensuite l'habitude de vivre sur une longue période dans sa tente, en alternant du coup bivouac et nuit chez l'habitant. J'avais toujours, et j'ai gardé un peu le même objectif cette année, c'est de faire en sorte d'avoir un budget hébergement qui soit à zéro. Donc l'année dernière, je pense que les seuls budgets hébergements que j'ai eu, c'était des bivouacs qui étaient à côté des refuges dans la Vanoise, parce que c'est quelque chose qui est obligé dans ce parc national. Mais cette contrainte, je me la mets pour plusieurs raisons, donc c'est me forcer à faire un maximum de bivouacs, d'être dans un environnement de montagne proche de la nature, en déconnexion, ce que je vais rechercher, donc du coup sortir un peu d'un confort comme on a l'habitude. Quand j'ai besoin du coup d'un peu plus de confort, ça me permet d'aller plus vers les gens pour pouvoir se faire héberger. Donc c'est pas quelque chose qu'on a l'habitude de faire dans notre quotidien, mais d'arriver dans une ville, souvent j'avais l'habitude d'aller au café PMU et de discuter avec les gens et puis de dire « bon, quelqu'un, où est-ce que je pourrais poser ma tente ce soir ? » Et puis après, on sent très vite si les gens ont un intérêt ou pas. Donc voilà, c'était un des objectifs, c'était de faire un maximum de nuit en bivouac et chez les habitants, et ça a très bien fonctionné au final. Donc ça, cette aventure, je l'ai terminée en août dernier. Donc il s'est passé donc du coup toute l'année là où, en fait, comme j'en parlais tout à l'heure où je me suis reconverti donc dans le monde de la cuisine à travers des stages et des formations. Et au fur et à mesure du coup de cette avancée, de changement de vie professionnelle, j'avais en tête toujours une idée de faire une autre longue marche, donc une nouvelle aventure de longue distance. Donc le projet a un peu, voilà, mis du temps à arriver. En tout cas, j'ai pris du temps à le maturer. Je me suis dit bon, ça pourrait être sympa de traverser encore la France, de Hendaye jusqu'à Menton pour faire du coup une autre partie, découvrir un nouveau massif de montagne, donc les Pyrénées, que je ne connaissais pas du tout. Et pareil, au fur et à mesure des jours et du cheminement sur ce projet-là, je me suis dit comment je peux arriver à Hendaye ? Donc forcément différentes options plus ou moins faciles, que ce soit la voiture ou le train. Et c'est là où est venue l'idée d'y aller en vélo. Ce qui me permettait du coup de faire ce Tour de France, qui pendant l'aventure CV de traverser France, je me suis dit bon, ce serait peut-être sympa un jour de faire la Côte Ouest, ensuite voilà, sur plusieurs mois de faire ce Tour de France. Donc oui, voilà, j'ai eu l'idée du vélo. Bon, j'avais jamais, un peu comme la marche longue distance avant, j'avais jamais fait de vélo en itinérance. Et donc c'est pour ça que je me suis dit pourquoi pas se lancer ? J'ai l'habitude du bivouac qui suivait juste au lieu de marcher, de rouler. Et pour ça, j'ai voulu longer vraiment tout le littoral. Donc je suis arrivé à côté Dunkerque en parlant de Lille. Et ensuite, j'ai longé toutes les côtes, donc la Normandie, fait le Tour de la Bretagne pour récupérer ensuite la Côte Atlantique et arriver jusqu'à Hendaye. C'est comme ça qu'est né un petit peu ce projet-là. Et là, je le considère vraiment comme un projet. Donc autant l'année passée, je l'ai fait pour un kiff perso, pour voir un petit peu en termes de dépassement de soi et d'aventure, voilà, me faire plaisir, on va dire. Je me suis dit comment je peux à mon échelle profiter de ce projet-là pour passer un message. Et je disais donc en introduction que les sujets environnementaux me touchaient et m'intéressaient actuellement. Du coup, à travers ce projet-là où je longeais beaucoup l'océan, j'ai voulu communiquer sur l'importance de l'océan sur notre monde et du coup comment notre mode de vie actuel avait un impact sur la biodiversité et l'océan. Donc tout au long du projet, j'ai communiqué sur différents sujets, de nos modes de vie, les différentes solutions pour faire en sorte que dans les années à venir, on ait un mode de vie un peu plus propre. Donc c'était ça un peu l'idée du projet qui me permettait d'avoir un aspect aventure et en même temps de communiquer sur des sujets qui me tenaient à cœur.
Loïc Excellent. Et sur le vélo peut-être, est-ce que tu as suivi, tu t'es fait ton propre itinéraire ou tu as suivi une route européenne ? Parce que je crois qu'il y a des, en tout cas de, comment est-ce que ça s'appelle, de Roscoff à…
Nicolas J'ai emprunté du coup cette route-là qui est l'Eurovélo 1. Ah la 1, ok. Oui, il me semble. La 1 ou la 4, je ne sais jamais parce que du coup j'ai emprunté les deux et je ne sais jamais. Mais qui va de Roscoff jusqu'à un peu plus au nord il me semble. En fait, j'ai créé mon itinéraire moi-même. Donc j'utilise l'application Komoot qui permet assez facilement de faire son trajet. C'est hyper intuitif et c'est facile. Et je savais que sur cette partie-là, en fait, de Dunkerque jusqu'à Roscoff, il y avait la vélo maritime. Donc qui est le sentier en France et la vélo maritime du coup est un des sentiers de l'Eurovélo 1, si je ne dis pas de bêtises. Donc j'avais un peu un mix sur cette partie-là de la vélo maritime qui est balisé, que je ne suivais pas tout le temps parce que moi mon but c'était juste de suivre la côte. Et de temps en temps, la vélo maritime rentre un peu dans les terres. Et c'était pas mon objectif. Mais via l'application Komoot, j'ai réussi du coup à faire cette partie itinéraire. Ensuite, le tour de la Bretagne, il n'y a pas vraiment de tracé spécifique. Donc c'est un tracé que j'ai fait moi-même via Komoot, toujours avec l'idée d'être un maximum au plus proche du littoral. Donc ce qui fait que ce n'est clairement pas la route la plus courte que j'ai choisi de prendre parce qu'elle faisait 2500 km. Mais ce qui me permettait de découvrir un maximum de coins en France que je ne connaissais pas du tout, dont la Bretagne qui est hyper sauvage et que je conseille. Et ensuite, à la fin de ce tour de la Bretagne, j'ai récupéré l'Eurovélo 4 ou l'Eurovélo 1, du coup je ne sais plus. Mais qui est la Vélodyssée en France. C'est un chemin du coup pareil de cyclisme qui va de Roscoff jusqu'à Hendaye. Et moi qui j'ai récupéré à Saint-Nazaire. Donc cette partie-là, moi je l'ai faite toute en juillet. J'ai mis 23 jours pour descendre jusqu'à Hendaye. C'était assez chouette de découvrir une nouvelle discipline que je ne connaissais pas. De voir un petit peu qu'est-ce que ça faisait de rester si salutaire par rapport à la marche sur un vélo. J'ai essayé de rester assez minimaliste en termes d'équipement pour être le plus levé possible. Et puis avancer à pouvoir faire un maximum de kilomètres par jour et arriver entre 20 et 25 jours à Hendaye pour commencer finalement le projet qui était la base. Donc de faire un deuxième chemin de longue randonnée. C'était super chouette.
Loïc Ça fait une sacrée phase d'introduction au projet quand même, 23 jours.
Nicolas C'est bien, ça permet de prendre le temps de se mettre en condition physique. Bon après, ce ne sont pas les mêmes efforts entre le vélo et la randonnée. Parce que c'est vrai que je n'ai pas eu de courbatures une seule fois sur le vélo où je faisais entre 100 et 120 kilomètres par jour. Et les deux premiers jours de randonnée, j'étais complètement cassé. Ah oui. Et c'est assez sympa de tester différentes disciplines et de voir un petit peu en termes d'efforts les différences qu'on peut avoir. C'est vrai que le vélo, c'est un sport qui est du coup porté, c'est beaucoup plus doux pour l'organisme. Et en même temps, c'est aussi beaucoup plus dur, je trouve moi, de faire des journées de 10-12 heures de vélo. J'en suis encore incapable alors qu'en randonnée, c'est quelque chose qui est peut-être un peu plus naturel. Et donc du coup, on a plus de facilité si on est en forme physiquement, à pouvoir marcher ou selon l'allure à laquelle on va, de marcher 10 à 12 heures. Mais c'était super cool pour plusieurs raisons. C'est que ça permet quand même de faire des kilomètres, donc du coup de voir vraiment très vite des changements de paysage. J'ai du coup découvert des coins qui sont très sauvages. J'ai fait pas mal de rencontres aussi. J'ai fait 22 nuits, donc du coup, 11 nuits en bivouac et 11 nuits chez l'habitant. Ce qui fait que c'est assez génial de pouvoir rencontrer sur le trajet les différentes personnes, d'autant plus quand on voyage tout seul. Ça fait de belles rencontres. Et voilà, ça m'a bien mis aussi en condition pour commencer fin juillet, la traversée des Pyrénées.
Loïc Ok, donc belle phase d'introduction. Effectivement, j'imagine que quand t'es arrivé à Honda, j'étais affûté. J'étais affûté, oui. Prêt pour la suite, oui.
Nicolas Un peu cravant et affûté en même temps.
Loïc Et alors justement, j'allais dire la deuxième partie du projet, ben non, tu l'as dit, c'était le vélo, c'était l'intro. Donc le projet ensuite de Honda à Menton. À Menton, oui. C'était combien de kilomètres sur le papier ?
Nicolas Sur le papier, c'était 1800 kilomètres et 65 000 mètres de dénivelé. Donc c'était plus ou moins la même typologie que les Alpes l'année dernière où il y avait 1800 kilomètres et également 65 000 mètres de dénivelé. Il y a toute la partie dénivelé qui finalement se trouve au début sur les Pyrénées avec entre 45 et 50 000 mètres de dénivelé sur 700 kilomètres. Et ensuite, le reste de la traversée jusqu'à Menton, il restait un peu plus de 1000 kilomètres avec des sentiers un peu plus roulants. Donc j'ai commencé, oui, traverser les Pyrénées fin juillet. Il y a différentes possibilités, en fait différents moyens de traverser les Pyrénées. Les plus courants, on va dire, c'est le GR10 et le GR11. Donc le GR10 qui est un chemin de randonnée côté français. Le GR11, le chemin de randonnée qui permet de traverser côté espagnol. Et il y a un autre chemin qui est un peu au milieu entre les deux et qui va utiliser de temps en temps un tout petit peu de GR10, un peu plus de GR11 et surtout plein de sentiers non balisés et qui reste beaucoup plus en montagne en fait. Donc pour comparer, la HRP, la autre route des Pyrénées que j'ai faite, fait 650 à 700 kilomètres en fonction des chemins par où on passe et 45 000 mètres de dénivelé. Je pense, si je ne dis pas de bêtises, que le GR10 fait 900 kilomètres et 65 000 mètres de dénivelé. Parce que du coup, il y a beaucoup plus tendance à aller en vallée et redescendre et ensuite remonter en montagne-fin.
Loïc Waouh ! Donc, oui. En termes de dénivelé, c'est énorme. Pour celles et ceux à qui ça ne parle pas trop, 65 000 mètres de dénivelé, ça fait plus de 7 fois l'Everest mais depuis le niveau de la mer. C'est-à-dire que l'Everest, c'est impressionnant quand on voit les récits, mais les gens partent du camp de base qui est déjà à 5 400 mètres, quelque chose comme ça de mémoire ou 5 300. Donc, c'est-à-dire qu'ils ont 3000 mètres de dénivelé à faire. Bon, évidemment, il y a les conditions atmosphériques, l'oxygène, etc. Mais donc se frapper ça en… Au final, quoi ? 70-80 jours là aussi ? C'est ce que tu as fait une fille ?
Nicolas En 30 jours là. En 30 jours ? Oui. Sur la partie Pyrénées. Oui, voilà, sur la partie Pyrénées. Parce que finalement, je vais l'expliquer un peu après, mais le projet a évolué en cours de route. Mais la partie Pyrénées se fait en 30 jours. Oui, on va dire que les gens qui partent sur la haute route des Pyrénées sont des gens qui ont souvent un peu d'expérience de randonnée, de longue distance. La plupart des gens que je rencontrais avaient déjà fait du coup plusieurs longs sentiers, que ce soit le P-City ou d'autres. Ce qui fait que voilà, c'est des gens qui sont un peu aguerris, on va dire, et qui ont l'habitude de faire des 20, 25, 30 km par jour en fonction du nombre de niveaux. Donc on va dire que tout le monde le fait… Enfin, la plupart des gens le font entre 30 et 35 jours. C'est assez intense pour plein de raisons. Donc physiquement, parce que c'est ça, c'est que ça monte et ça descend quotidiennement. Donc on va passer 5 heures à monter un col pour 5 heures à redescendre un autre col. Et puis tous les jours, c'est un peu la même chose. Ce qui est assez incroyable, c'est que les sentiers ne sont pas balisés en fait. Donc on suit des kerns, qui sont des petits tas de pierres dans la montagne. Ce qui fait que les Pyrénées sont vachement rocailleux. Donc on est toujours à regarder un peu où on met ses pieds et en même temps à savoir, est-ce qu'on est sur le bon chemin parce que les kerns peuvent nous indiquer la route, mais peuvent aussi indiquer la route vers un sommet. Et quand on regarde la montagne de loin, souvent quand on voit un col, c'est difficile d'appréhender exactement l'endroit où on va passer tellement ça paraît… On pense qu'il n'y a pas de chemin, mais plus on s'approche, plus on trouve un chemin. Et en termes d'autonomie, c'est des étapes qui font entre 3 et 4 jours d'autonomie, alimentaire je veux dire. Et le maximum qu'on ait pu faire, c'était 5 jours je pense. Donc c'est un parcours qui est juste exceptionnel, où les Pyrénées, il y a une diversité de paysages qui est juste incroyable. Et donc on change constamment d'environnement et de paysages. On commence au niveau du Pays Basque où tout est vert avec de la moyenne montagne, on va dire. Puis on arrive ensuite tout autour du Pygmy d'Osso, où il y a un peu plus de lacs, où ça commence à être la haute montagne. C'est après Gaverni où là on rentre dans le Luchonet, où c'est vraiment costaud et intense, où il n'y a que des cailloux pendant 5 jours. Donc c'est juste incroyable et c'est lunaire en paysages. Et en même temps, c'est juste déprimant de se dire qu'on n'en peut plus. C'est assez intense physiquement aussi et mentalement de toujours chercher son chemin dans des cailloux.
Loïc Oui. Et ensuite… Ça s'est passé combien sur le dos là pour les Pyrénées ?
Nicolas Sur le dos, j'avais entre 7 et 8 kilos. Donc ça c'est juste l'équipement sans la nourriture et l'eau. Et en nourriture, comme je partais sur 3 à 5 jours maximum, je devais avoir 3 kilos, 3,5 kilos de nourriture. Et en eau, ce qui est assez facile par contre de ce point de vue là, dans les Pyrénées ou à cette période là, c'est qu'il y a tout le temps de l'eau quoi. Moi je gardais juste entre 30 et 50 centilitres de dos. Ah oui. Ce qui fait que ça fait très peu en poids. Et ça aussi, je pense que plus on randonne, plus du coup on fait attention à ce genre de choses. Et on dit toujours un peu qu'on emmène ses peurs dans son sac à dos quoi. Donc c'est avoir un peu le bon équilibre entre qu'est-ce que c'était peur et est-ce qu'il y a vraiment réellement des peurs derrière ça. Et la sécurité qui forcément… Mais donc au global, j'irais oui, entre 11 et 12 kilos sur le dos. Ce qui est correct. Comme je le disais au début, les 2-3 premiers jours, j'avais des courbatures. Mais après le corps s'adapte assez vite à cette charge supplémentaire. Mais c'est vrai qu'ils arrivent un peu du jour au lendemain quoi. Donc forcément musculairement, le corps n'est pas forcément préparé à grossir, on va dire, de 10-13 kilos du jour au lendemain.
Loïc Ouais. Surtout avec le dénivelé quoi.
Nicolas Ouais, c'est ça. Exact. Ce qui m'aide souvent à des blessures. Et moi je suis un peu spécialiste là-dessus. Du coup là, je me suis blessé sur cette partie-là. pendant 10 jours, j'avais une tendinite à la cheville et j'avais directement parlé sur les Alpes l'année dernière au niveau du genou quoi. Et c'est aussi assez intéressant de voir comment le corps arrive à combattre un petit peu ce que je ne me suis pas arrêté de marcher. Mais finalement, à partir d'un moment, le corps a l'information de se dire bon allez, il faut aller soigner dans cette zone-là. Et du jour au lendemain, on n'a plus rien. Ah, du jour au lendemain, ça a été pour toi ? Oui, bon après ça a duré 10 jours. 10 jours où du coup, c'est des doutes tous les jours, où la cheville elle double de volume, où on met les pieds en l'air, pour refaire un peu circuler le sang. Dès qu'il y a une rivière ou un lac, je trempe mes pieds dedans pour refroidir un maximum quoi. Mais c'était assez rigolo entre guillemets. Moi, j'avais pensé un soir arrêter l'aventure parce que ça faisait 8 ou 9 jours où cette blessure ne voulait pas se réparer. Donc moralement, c'est assez dur. Quand on l'a sur cette période-là, je marchais avec deux autres personnes, eux ils galopent et toi qui est un peu à la trône derrière. Et finalement, le lendemain, c'est à partir de ce moment-là où la blessure a commencé à diminuer en intensité jusqu'à disparaître.
Loïc La résilience, le pouvoir qui est une machine incroyable.
Nicolas C'est ça, oui. Et oui, c'est vrai que ce qui est aussi, je pense, un peu, je ne sais pas si c'est ce qu'on recherche, mais en tout cas, c'est ce qui se passe souvent dans ce genre d'aventure. C'est que les émotions sont fortes, peuvent être très, très hautes et très basses. Mais oui, avec les emprunts de résilience, on arrive finalement à vaincre un petit peu ses douleurs ou ses blessures et puis arriver à son but.
Loïc C'est super intéressant cette notion d'être OK sur le fait que là, ça fait mal, mais être OK aussi sur le fait qu'il y a encore de la marge pour continuer et savoir s'arrêter au moment où là, ça devient critique.
Nicolas Oui, c'est clair. Ce n'est pas évident et j'ai encore énormément de progrès à faire là-dessus parce que moi, j'ai vraiment du mal à m'arrêter. Et je pense que je m'arrêtais toujours un peu au dernier moment. Pendant ces dix jours de douleur, j'ai fait trois demi-journées de off. Du coup, tu arrêtes de marcher ou tu te reposes dans un village ou en montagne, peu importe. Sauf que la douleur, je l'avais sentie arriver un peu avant et j'aurais dû m'arrêter avant. Mais c'est intéressant du coup, avec le recul, de se dire dans la gestion un petit peu de cette douleur, moi, en tout cas, dans la gestion des blessures, j'ai encore du progrès à faire. Mais je sais que je suis en montagne pour marcher. J'adore marcher et ça m'embête de rester au même endroit. C'est pas évident, mais ça fait partie aussi des aventures longue distance, c'est clair. De savoir gérer un petit peu ça et comme tu disais, de jauger si je continue à marcher, est-ce que ça va pas être rédhibitoire et je vais complètement me casser et ne plus savoir partir. Et le corps est bien fait quand même là-dessus. Moi, j'avais l'impression de forcer, mais en faisant les soins qu'il fallait en parallèle, il y a un moment où l'information est comprise et puis le corps va se soigner au bon endroit, au bon moment.
Loïc Et alors, en parlant des facultés d'adaptation du corps, comment est-ce que ça s'est passé la transition entre 20 jours de vélo, où tu disais, c'est un effort quand même très différent de la marche, et puis d'un coup, tu vois, du poids à porter, beaucoup de dénivelé et un environnement qui est plus tout le même.
Nicolas Oui, ça s'est dans l'ensemble bien placé. C'est vrai que c'est assez compliqué. 23 jours de vélo, c'est vraiment un sport d'endurance. On est sur un effort où le rythme cardiaque est vachement bas, donc du coup, on déploie. En termes d'endurance, on prend 23 jours, en tout cas, énormément de forme. Et du coup, j'arrive un peu au début de la HRP où j'ai une bonne caisse physique, on va dire. Mais il faut toujours faire attention au début à ne pas partir trop fort parce que la blessure que j'ai eu par exemple à la cheville, c'est que du jour au lendemain, on change de sport. Il y a un poids du coup qui est plus important sur les épaules. Il y a beaucoup de dénivelé, donc du coup, c'est sûr que les genoux et les chevilles sont impactés par tout ça. Comment on gère ? Je pense qu'il faut essayer de ne pas partir trop vite, de faire attention à ça. Là aussi, moi, c'est deux aventures où je commence un peu trop fort. On est un peu dans une dynamique où sur cette partie-là, on est une dizaine à être parti à deux, trois jours d'intervalle. Donc, tu commences à te rencontrer, tu commences à marcher un petit peu, une demi-journée, quelques heures avec des personnes. Ensuite, tu marches au sol. Et tous les trois, quatre jours, tu rencontres ces personnes dans le village de ravitaillement. Et donc, c'est pris aussi dans un engouement, dans un esprit de groupe, même si on ne voyageait pas tout le temps ensemble. Et il faut savoir, de temps en temps, s'écouter et se dire « bon, non, stop, je laisse le groupe partir, je me repose moi et puis ensuite, on verra ». Ensuite, peut-être qu'on ne se rattrape pas et souvent, en fait, on se retrouve parce que ces personnes-là vont faire une journée de repos un peu plus tard ou feront des plus petites journées. Donc, il y a toute cette partie-là qui est un changement où il faut s'adapter. Et aussi, c'est vrai qu'on est dans un environnement qui est complètement différent où sur la partie vélo, on reste quand même très proche des villes. Tous les midis, moi, je mangeais. D'un point de vue logistique, c'est beaucoup plus facile. On est toujours à proximité d'un village et en plus, on a un vélo qui nous permet de faire plus de distance facilement. Et donc là, on est en montagne et donc il faut s'adapter, il faut s'organiser. On sait qu'on part pour, je ne sais pas moi, X kilomètres, ça va nous faire 3-4 jours. Donc, c'est vrai que d'un point de vue organisation, il y a un peu plus de logistique à faire sur la partie randonnée, sachant qu'on est dans un environnement aussi montagneux qui est plus hostile, on va dire, que l'environnement dans lequel on est habitué. Donc, il faut être capable de bien s'organiser pour prendre un minimum de risque. Bien qu'en France, en Espagne, sur cette partie-là, ce n'est pas non plus des environnements sauvages où pendant des centaines de kilomètres, on ne va pas voir un village quand on arrivera toujours à s'en sortir. Mais c'est vrai que c'est des éléments à prendre en compte aussi. Et le fait aussi que c'était 30 jours sous la dent, 30 jours sans véritable douche, à laver les vêtements à la rivière. Et donc, c'est clair que c'est quelque chose d'accord qui est bien différent versus le vélo où j'ai pas mal été invité chez les gens. Mais ce qui est incroyable, et moi, ce qui me passionne dans ce type d'aventure, c'est à quel point le corps est capable de s'adapter. C'est que faire 30 jours à se laver à la rivière, l'eau au début, elle est froide. Et puis pendant 30 jours, du coup, c'est complètement en extérieur, en altitude aussi. Et finalement, le corps s'adapte très très bien. Et de cette zone d'inconfort, moi, je m'en suis fait un vrai confort, en fait, de dormir dans ma tente sur mon matelas et me doucher tous les soirs. Et à la rivière, c'était juste un kiff. Et je ne pensais pas que sur autant de temps, je vais prendre toujours autant de plaisir, sans jamais avoir le besoin de me dire, tiens, j'arrive dans un village intermédiaire, est-ce que je me prends une nuit d'hôtel ? Alors moi, c'est toujours pareil, ce n'était pas dans mes objectifs. Mais est-ce que je ne vais pas essayer d'aller dormir chez l'habitant ? Mais c'est la première année, en tout cas, c'était l'année dernière, j'avais plus le besoin de ce confort-là où je ne voulais pas du tout. C'était très bien d'être en montagne et d'avoir cette déconnexion de ce qu'on a l'habitude de vivre.
Loïc En tout cas, chapeau, parce que c'est vrai que c'est super intéressant, ce que tu dis sur le fait que tu t'es vite rendu compte que le fait de prendre une douche, par exemple, ça n'a pas forcément manqué ou le confort de manière générale. Mais au bout d'un certain temps, c'est vrai que moi, c'est quelque chose que j'avais pu vivre justement sur ce trip au Népal. Mais la différence par rapport à toi, c'est que moi, il n'y avait pas trop le choix, en fait. C'est-à-dire que je n'avais pas vraiment cette tentation où je pouvais me dire, tiens, je passe dans un village, il y a des douches chaudes, il y a un supermarché. Il n'y avait pas trop le choix, tu vois. Donc, quelque part, moi, ça m'allait bien parce que, tu vois, comme toi, je n'ai pas pris de douche pendant trois semaines. Les quatre murs avec une plaque de tôle entre lesquelles je dormais, ils gelaient la nuit. Donc, tu vois, c'est vrai que tout de suite, ça te fait vraiment relativiser sur ce qu'on pense être nécessaire en termes de confort. Et en fait, tu te rends compte que trois semaines sans prendre une douche, au sens de la douche qu'on prend tous les jours, ça ne veut pas dire que tu es un crasseux. C'est juste que tu t'organises différemment. Et puis, en fait, tu te rends vite compte que ton pantalon, il n'a peut-être pas besoin d'être lavé tous les jours, tu vois, par rapport à quand tu vas au taf.
Nicolas Mais carrément, et donc, du coup, moi, je trouve ça assez hyper intéressant de tester ce genre de truc et de voir, comme tu dis, à quel point on est capable de s'adapter et de vivre sans… Enfin, de trouver… Moi, j'ai vraiment trouvé cette situation confortable. Et le fait de faire ça pendant 30 jours d'affilée, j'ai vraiment eu l'impression, à la fin de l'aventure, que c'était un peu devenu mon mode de vie. Oui, oui. Où j'avais un peu switché, et je reprends souvent les termes de nomadisme, mais j'avais un peu la sensation d'être revenu à ce mode de vie-là, alors que je ne connais pas, mais que j'ai pu entendre. Tous les jours, tu te déplaces, tu ne dors pas au même endroit. Et puis, ton seul but, c'est juste de trouver la nourriture. Après, c'est vrai que nous, c'est quand même un peu plus facile. Il y a des supermarchés dès qu'on arrive dans un village. Mais de temps en temps, on a des surprises aussi. On était arrivé dans un village où l'épicerie était vraiment ultra minimaliste, et on devait repartir pour 4 jours. Finalement, tu dis, je prends ce qu'il y a, et tu t'adaptes, et puis tu manges froid pendant 4 jours. Mais pareil, c'est une nouvelle contrainte, et puis tu testes, et puis finalement, tu dis, bon, ça va. Alors oui, ce n'était pas le grand kiff, mais tu t'adaptes. Et puis, tu prends du plaisir avec autre chose, avec des rencontres, l'environnement dans lequel tu es. Et du coup, c'était assez… Je pense que ça se voit, je discute pas mal de cette partie Hot Road des Pyrénées, mais c'était juste une expérience qui était incroyable de par les rencontres que j'ai pu faire et de par le fait d'être 30 jours en pleine montagne, un peu coupie de monde, avec des gens, du coup, qui sont dans le même état d'esprit que toi et qui ont ce même besoin de se dépasser physiquement et en même temps d'être reconnecté à la nature. Et puis voilà, c'est assez… ça, c'est incroyable. Wow.
Loïc En tout cas, ça s'entend que visiblement, ça a été vraiment un chouette début de projet après la phase d'introduction de 23 jours de vélo. Et du coup, la suite, à quoi est-ce que ça a ressemblé ?
Nicolas Alors la suite, j'ai fait 30 jours de cette traversée au niveau du pic du Canegou. Moi, je ne suis pas allé jusqu'à Banyouls, donc qui termine la traversée des Pyrénées. J'ai un peu bifurqué sur le GR36 qui me permettait de récupérer un chemin de randonnée sans forcément en randonnée le long du littoral, ce qui n'est pas très… ce qui est bien à faire à vélo, mais en randonnée forcément en épreuve de la civilisation, ce n'est pas forcément ce qu'on recherche. Et finalement, moi, je n'ai pas bien vécu parce qu'au bout de 3 ou 4 jours où j'enchaînais les journées, donc j'étais vraiment en forme, il y avait beaucoup moins de dénivelé, où je faisais entre 40 et 45 km par jour. J'ai enchaîné ça 4-5 jours d'affilée, mais ce GR36, c'est en Occitanie, dans le département de l'Aude. C'est le sentier des cathares, donc du coup, il y a pas mal d'anciennes ruines de châteaux d'antan. C'est un sentier qui doit être magnifique, mais que je n'ai pas réussi, moi, à apprécier parce qu'on quitte un environnement qui est grandiose comme les Pyrénées, donc de hautes montagnes avec beaucoup d'eau, beaucoup de lacs, un environnement que j'apprécie beaucoup. Là, je suis arrivé dans un sentier où il n'y avait personne, où les villages étaient assez morts, ou très sec également avec beaucoup. Il y a eu pas mal d'incendies dans ces zones-là et je n'ai pas du tout trouvé de plaisir et donc du coup, je me suis pas mal posé de questions. C'est arrivé au fur et à mesure des jours et je me suis dit, bon, toujours une question, est-ce que j'arrête le projet ? Ça ne me plaît pas ? Est-ce que je le fais juste par défi ? Pour continuer ? Et c'est là où l'option du coup, vélo est un peu revenue, où mon vélo était toujours à Hondaï, j'avais toujours cette option-là de me dire, bon, je peux terminer ce Tour de France à vélo sur cette partie-là, sachant que jusqu'à Menton, ça aurait été forcément des paysages un peu différents, mais ça aurait été un peu dans la même lignée où c'est pas énormément de déniglés, c'est pas de montagne. Et je me suis rendu compte que moi, ce qui m'animait sur la marche à pied, c'était vraiment d'être dans la montagne, dans un environnement qui est dur, hostile, mais en même temps qui m'apporte tellement de choses personnellement. C'est pour ça que j'ai pris la décision, donc là, on était plus ou moins fin août, d'aller récupérer en train mon vélo, qui se retrouvait en Hondaï, et de redémarrer finalement à l'endroit où j'ai arrêté la rando, qui était entre Narbonne et Carcassonne, et j'ai continué du coup à vélo jusqu'à Menton, cette partie-là. Donc, petit changement, et je trouvais ça sympa aussi de s'adapter, de faire évoluer le projet, et puis de le faire en fonction des envies. Le seul point un petit peu négatif de ça, c'est que j'avais plus du tout mes sacoches. Du coup, je me suis tapé les 8-10 derniers jours avec le sac de rando sur le dos, donc je déconseille quand même, puisque c'est pas toujours une partie de plus... Et là aussi, la résilience, la résilience était là, parce que tous les heures et demie, je m'arrêtais, je me disais que je ne pouvais plus remonter sur le vélo, mais il fallait continuer à avancer. Mais bon, ça fait partie du cri. J'ai voulu du coup changer, donc après, je n'étais pas prêt d'un point de vue logistique pour faire ça, mais c'était chouette quand même. Ça a permis de voir aussi des beaux coins sur ce qu'on connaît, les côtés-là, même la Côte d'Azur, par exemple, que je ne connaissais pas du tout. Il y a à vélo, au mois de septembre, où il fait un peu moins chaud, où il y a un peu moins de touristes, c'était super chouette également.
Loïc Et donc là, tu l'as fait par des itinéraires, même chose, tu es allé sur Komoot et tu as cherché des petites routes secondaires pour ne pas avoir trop de trafic, ou parce que même en septembre, il peut encore y avoir, enfin, c'est quand même assez touristique, toute la Côte d'Azur. Oui,
Nicolas exactement, c'est ce que j'ai fait pour arriver jusqu'à Marseille. Il n'y a pas vraiment... Alors, j'ai suivi un peu le canal du Médie, qui est un chemin de cyclisme assez réputé, qui va de Toulouse jusqu'à Béziers, il me semble, ou un peu après, jusqu'à Agde. Ensuite, il y avait un petit peu de Via Rona, si je ne dis pas de bêtises. Et une fois que passait la Camargue, du coup, l'estuaire du Rhône, là, j'ai pris un sentier de vélo, voilà, pour éviter... Enfin, en passant par les petites routes, quoi. Ça n'a pas été toujours forcément facile, il y a eu des moments où j'étais sur de la nationale avec des camions en 90 km heure à côté, mais c'était assez peu de temps. Non, ce n'est pas toujours très chouette et c'est là aussi que tu vois qu'en France, on n'est pas encore complètement adapté, en tout cas hors des villes, sur la pratique du vélo. Et ensuite, depuis Marseille, ça s'est plutôt bien fait, j'ai vraiment longé le littoral au maximum et c'est toujours plutôt des petites routes et c'était chouette. C'était chouette, ça a permis de faire... Voilà, j'avais mon petit rythme entre 100 et 120 km par jour et ce qui fait que, en fait, à vélo, les 800-900 km qui me restaient se font assez vite. Donc, je suis arrivé, il y a 15 jours environ à Menton.
Loïc Et sur la section vélo après Marseille, tu as réussi à maintenir ton rythme nuit en bivoite, nuit chez l'habitant ?
Nicolas Oui, exactement. Du coup, à Marseille, j'ai allégé un petit peu mon sac chez une amie qui habitait là-bas, ce qui fait que j'étais parti sans équipement de bivouac, enfin, sans tente, en me disant et c'est là aussi qui est assez... Plus on avance dans l'aventure, plus du coup, tu te testes aussi sur un peu moins de confort et ce qui fait que, j'ai fait les premières lits à la Belle Étoile en... Bon, on a regardé la météo avant, mais donc du coup, on se dit, bon, est-ce qu'on a réellement besoin d'une tente finalement dans le sud de la France, il fait beau et donc j'avais juste mon matelas et mon duvet et donc j'ai fait deux nuits à la Belle Étoile et une nuit chez l'habitant et donc soit cette nuit-là, je l'avais faite via les réseaux sociaux qui sont pas mal... qui ont quand même un bon avantage de ce point de vue-là, c'est que les gens suivent ton aventure et donc du coup, en fonction d'où tu passes, te propose de dormir dans le web sur cette partie-là. J'avais fait deux nuits à la Belle Étoile sur la plage et une chez l'habitant.
Loïc Ça paraît tout bête quand tu le dis, tu vois, peut-être pour celles et ceux qui ont jamais tenté ce genre d'aventure, quand tu réfléchis pas trop, tu te dis, ouais, bon, ok, dormir à la Belle Étoile ou dormir chez l'habitant, mais en fait, quand ça t'arrive et que tu te retrouves à faire ça, tu te rends compte que c'est pas aussi simple quand même, donc je trouve ça... Je te posais la question parce que la Côte d'Azur, bon, c'est pas non plus ce qu'il y a de plus sauvage en France, surtout en septembre, donc...
Nicolas C'est pas hyper simple, c'est pas hyper simple, c'est pour ça que la nuit chez l'habitant, elle était vraiment la bienvenue, c'est pas... Ouais, c'est aussi du coup la différence un peu entre le voyage à vélo et le voyage, en tout cas pour moi, et la randonnée, la randonnée, quand t'es en montagne, ben tu poses pas de soucis, quoi, tu vois un bola qui est l'heure de se poser, tu poses ta tente. À vélo, du coup, il y a plus de contraintes, on est plus proche de la civilisation, il y a certaines plages ou du coup, ou endroits qui peuvent être soit agricoles ou soit du coup proches des villes où tu peux pas. Sur la période de septembre, la nuit, se coucher du coup, un peu plus tôt, ce qui fait que, ben, pour la nuit à la belle étoile, c'est un peu plus facile, moi j'avais... Enfin, du coup, il fait noir plus tôt et donc du coup, ben les gens rentrent plus tôt chez eux et puis t'es plus vite non visible, quoi. c'est pas interdit, je pense, c'est plus ou moins toléré, quoi. En fait, on peut rien, enfin, il faut pas se faire verbaliser si on dort à la belle étoile, mais c'est jamais, c'est vrai que sur cette partie-là, en plus, qui est un peu huppée, on va dire, c'est peut-être pas bienvenu de voir des gens comme ça, mais ça s'est bien fait. il y a une nuit dans les calanques où on n'a pas le droit de bivouaquer avec une tente dans les calanques, mais rien ne nous empêche de poser un matelas et voilà. L'idée, ce que j'essaye toujours de faire dans ces périodes-là, c'est de... le but, c'est de gêner, de gêner personne, quoi, donc de m'installer tard et de partir très tôt le matin. Comme ça, voilà, j'ai eu juste le temps de la nuit où moi, je gênais personne. Comme d'habitude, on prend tous les déchets qu'on a pu générer pendant... si on a mangé ou quoi avec soi et puis on laisse la plage aussi propre, voire même plus propre parce que moi, du coup, c'est vrai que je me faisais des petits ramassages de déchets, du coup, le long du trajet, quoi. Donc là, c'est un peu l'idée qu'il faut avoir.
Loïc Cool.
Nicolas Excellent.
Loïc Ramassage de déchets en été sur la Côte d'Azur, tu as dû t'amuser. Enfin, j'en sais quelque chose, je viens de là-bas, donc c'est... Ouais. Ouais. Ça va vite.
Nicolas C'est clair, c'est clair. Ouais. Il y a du temps, il y a du taf.
Loïc Ouais, il y a du taf. Excellent. ok, je suis quand même impressionné que tu vois, parce que c'est tout bête, bon, peut-être que je fais un peu trop une fixette là-dessus, j'en sais rien, mais moi, c'est vrai que chaque fois que j'ai fait de l'itinérance, il y a deux points où systématiquement, je flippe avant de partir, où j'ai tendance, tu vois, à over planifier, c'est les nuits, parce que pour moi, c'est un peu un moment où je pense que ça vient de là, c'est un peu un moment où tu es vulnérable, tu vois, c'est-à-dire que tu es un peu, voilà, à partir du moment où tu t'allonges pour dormir, je ne sais pas, je pense que je l'associe à un moment où potentiellement, tu es vulnérable, donc il faut faire gaffe où tu te mets, il faut faire attention, tu vois, qui il y a autour, donc ça, c'est le premier, et le deuxième, c'est l'eau, où j'ai eu quelques malheureuses sorties, malheureuses expériences avec genre absence totale d'eau au milieu de nulle part, et du coup, c'est vrai que, enfin moi, quand je planifiais mes sorties pour les, l'eau, c'était l'autre truc où, voilà, c'était jamais des points hyper rassurants pour moi, tu vois, donc ça, est-ce que c'est quelque chose que tu as appris au bout d'un moment, tu vois, un peu comme, le fait de prendre une douche, par exemple, tu vois, les notions de confort, est-ce que c'est des choses que tu as appris à laisser venir quelque part, parce qu'au fil des jours, tu te rends compte que de l'eau, tu en trouves plus ou moins toujours, et qu'il y a toujours plus ou moins des gens dispo pour t'accueillir ?
Nicolas Mais c'est vrai que, comme tu disais, ça se fait aussi, là, je te parle de ça comme si c'était facile, les mes dernières nuits à la Belle Étoile, mais c'était sur ma fin d'aventure, et finalement, sur une fin d'aventure, on commence à avoir deux mois de bivouac dans les pattes, on va dire, et donc, on est de plus en plus à l'aise avec tout cette, ça devient très facile, en fait, c'est vrai que, quand j'ai commencé, là, le 6 juillet à Lille, toute l'ittoral, Normandie, Bretagne, et tout, c'est pas évident de poser sa tente, c'est pour ça que j'étais en se mis chez l'habitant, mais, ça t'entraîne au fur et à mesure, quoi, donc, tu arrives à voir un petit peu, sur cette partie, moi, j'ai jamais trop planifié à l'avance, où, je disais qu'au début, je pense, deux, trois jours avant, j'ai essayé de regarder sur Komoot où est-ce que j'allais pouvoir être, et donc, si est-ce que j'allais pouvoir, du coup, dormir plutôt en bivouac ou plutôt chez l'habitant, et ensuite, finalement, au fur et à mesure, ça se faisait, je ne programmais plus et je voyais un petit peu, en fonction de mes... Mais, mais ça se fait un peu au fur et à mesure, en tout cas, sur la partie recherche du bon emplacement bivouac, et le bon emplacement bivouac, ben oui, c'est... Où est-ce que c'est autorisé ? Où est-ce qu'on ne va pas gêner ? Il y a un emplacement qui est plat, qui permet d'être aussi un minimum confort et d'avoir... Moi, j'aime bien avoir une belle vue ou si c'est un moment sympa, le soir, ou une cuisine, si c'est pour se mettre dans un endroit caché, mais à moitié dans une décharge, enfin, je ne sais pas, mais ce n'est pas mon intérêt non plus. il y a plein de critères, mais après, finalement, qu'on trouve assez facilement. Et après, je pense qu'au fur et à mesure de l'aventure, on devait un peu moins exigeant. Il m'arrivait, du coup, de dormir sur une table de pique-nique dans un parc où je me disais, bon, ben mince, en fait, c'est un parc un peu où ici, la journée, il y a de la vie, mais le soir, tu ne gênes personne, quoi. Et puis toi, toi, t'es content, t'as ta petite place, tu ne peux pas se combattre relativement simple quand même. C'est que moi, j'allais soit dans un bar, soit toquer chez les gens pour me ravitailler en eau. Je savais que le soir, j'avais besoin. Je n'avais pas beaucoup de stock en plus, de capacité de stockage, donc je pense que je n'avais qu'une poche d'un litre. Mais voilà, je savais que pour le soir, ça allait fonctionner. Et comme par exemple, j'avais qu'un litre ou même à la montagne, quand je ne prenais que 30 à 50-30 litres avec moi, dès que j'avais un point d'eau, je buvais peut-être, je ne sais pas moi, 50 centilitres d'affilé ou un peu la technique du chameau. Et puis derrière, tu prends avec toi ce qui te faut ou ce qui te semble suffisant le temps d'arriver à l'autre point d'eau. Et c'est là où je pense que la pratique et l'expérience font. C'est que quand je disais qu'on amène un peu ses peurs dans son sac à dos, c'est qu'on a toujours tendance à prendre un maximum de choses. Et quand on fait de la longue distance comme ça, on se rend compte ou en tout cas, pour moi, que plus tu es léger, plus tu es confort. Après, chacun trouve son équilibre. Il y en a qui sont vraiment ultra light et qui vont partir en rando avec 3 kilos sur le dos. Moi, mon équilibre, il y a 7-8 kilos. Mais du coup, par exemple, il n'y a pas trop d'intérêt d'avoir un équipement ultra light si on se charge de 2 à 3 litres d'eau. Donc, les 50 centilitres en montagne allaient bien sur cette zone-là. Et à vélo, je trouve que c'est assez facile parce qu'on a toujours plein de proches des villes. Et en tout cas, pour moi, c'était assez simple.
Loïc Excellent. Excellent. Alors, tu nous disais que la genèse de ces deux grosses aventures, c'était de te tester aussi quand même sur le long terme. maintenant qu'elles sont derrière toi et alors bon, la plus récente, tu n'as même pas un mois de reculant encore mais j'imagine que tu as eu le temps de réfléchir à tout ça au fur et à mesure de ces 3 mois de pérégrination. Qu'est-ce que toi, tu dirais, qu'est-ce qu'elles t'ont permis de découvrir sur toi-même ces deux itinérances ?
Nicolas Déjà, ça m'a permis de savoir ce que j'aimais finalement parce que c'est vrai qu'en faisant le Tour de France, il y a eu différentes... J'ai marché dans la montagne, j'ai marché sur du plage, j'ai fait du vélo. Je sais déjà que maintenant, moi, ce qui me fait vibrer un petit peu, c'est la montagne et la marche. Je trouve ça sympa de voir sur le vélo. Ça permet d'arriver à un point mais là où je prends vraiment le plus de plaisir, c'est sur la partie marche. Personnellement, moi, je pense que ce que j'ai découvert un petit peu, moi, c'est cette faculté d'adaptation. Comme je disais, dans un environnement de non-confort ou de moins confort par rapport à ce qu'on a l'habitude de vivre, me sentir hyper à l'aise et prendre un plaisir juste dingue. quand j'étais pendant ces jours d'affilée dans la montagne. Et ensuite, cette capacité aussi du corps à répéter les efforts. Sur la fin d'aventure, j'allais toujours un peu plus loin. C'est vrai que là, on s'est arrêté où je disais que j'ai terminé à Menton mais quand je suis arrivé du coup, comme je suis arrivé un peu plus tôt à Menton, j'ai décidé de continuer l'aventure en faisant le GR20 en Corse pour terminer un petit peu. Ça permettait vraiment d'aller explorer le maximum. Et je voulais terminer sur une partie rando donc du coup, sur la partie en Corse, j'allais toujours un peu plus loin. Tu sens ton corps en forme physiquement et il t'enchaîne les efforts et tous les jours, ton corps absorbe les efforts. T'es rincé le soir mais le lendemain matin, c'est reparti. Et quand je suis retourné du coup, après ce GR20, j'ai repris le vélo pour aller jusqu'à 10 pour un événement de randonnée. Et donc, j'ai fait 270 kilomètres de vélo en deux jours en faisant de mon rentout donc avec énormément de BNV. Et jamais au début, je me serais dit que j'étais capable de faire ça et puis finalement, je me suis dit bon allez, mon comout m'annonçait 20 heures de vélo donc deux fois 10 heures. Moi, je n'étais jamais resté aussi longtemps sur un vélo depuis le début de l'aventure. et je me suis dit allez, on y va et on voit un petit peu comment je réagis et au pire, j'ai toujours la solution de si ça ne va pas de prendre un transport ou quoi parce que là, j'étais un peu hors projet et c'était, on va dire, du bonus. Et puis, je l'ai fait mais en prenant énormément de plaisir. C'était juste beaucoup de fatigue. quand le matin à 10h30, je suis arrivé en haut du Mont Ventoux et que j'étais complètement cramé et qu'il me restait 120 km à faire, je me suis dit bon allez, on teste. Puis tu fais deux heures, tu te reposes, tu refais deux heures et puis le corps arrive à absorber et arrive toujours à continuer. Et sur la fin, finalement, tu rentres un peu de ton corps sécrète tellement d'hormones du bonheur ou quoi que tu te sens un peu inarrêtable et tu continues toujours. Donc ça, j'ai découvert aussi. Je ne savais pas que mentalement, j'étais capable de toujours continuer, prendre du plaisir là-dedans et puis on découvre, c'est sûr qu'on découvre un autre mode de vie dans lequel, en tout cas, moi, je me plais et à quel point le corps, d'une manière générale, est résilient, que ce soit d'un point de vue blessure, d'un point de vue capacité physique.
Loïc Wow. Super intéressant. En tout cas, ça donne envie de se lancer sur des chemins et pour, pas forcément, voilà, je pense que chacun vit ce type d'expérience à sa manière mais c'est quand même de beaux apprentissages et je trouve ça chouette de voir que tu t'es donné les moyens, que tu as pris le temps et que tu as investi tant d'énergie pour pouvoir vivre ces expériences. Et du coup, maintenant que tu as fait, parce qu'en gros, tu as fait plus ou moins quand même le tour de la France par les frontières et le littoral, c'est quoi la suite ?
Nicolas C'est quoi la suite ? Ben là, la prochaine aventure quand même et je pense qu'on en parlait assez peu, c'est aussi le retour à la vie plus classique ou à la vie normale, c'est qu'on a vécu un peu trois mois du coup hors du... enfin, dans un monde un peu parallèle, enfin, pas vraiment un monde parallèle mais un mode de vie différent et ce n'est pas évident aussi de revenir, là, ça fait une semaine et de se réadapter du coup à une vie sédentaire où tous les jours, pendant trois mois, tu as eu l'habitude de vivre en mouvement, de planter ta tente là où tu ne savais pas. À un moment, au bout de trois mois, tu as aussi une certaine routine et aussi une envie de revenir à ton confort classique et finalement, quand tu y arrives, ce n'est pas évident non plus. mentalement, la première aventure, c'est de se réadapter à notre style de vie plus urbain et la deuxième aventure, c'est de commencer ma nouvelle vie professionnelle en tant que cuistot et ensuite, si on reste sur la partie aventure pure, je n'ai aucune idée en toute franchise. Là où l'année dernière, du coup, je réfléchissais à plein de possibilités, j'ai vraiment vécu l'aventure à fond sans me projeter. Ce qui n'est pas évident non plus, c'est que on a toujours un peu en tout cas, moi, j'ai toujours la tendance à essayer de regarder le jour suivant avant de profiter du moment présent. Donc, en tout cas, sur cette aventure-là, j'ai bien profité du moment présent et il y aura prochaine aventure, mais ça sera, maintenant que je me connais un peu plus, en tout cas, ça sera de la montagne à 100% et je suis toujours dans une optique de limiter voire de ne pas prendre du tout l'avion. ça sera dans des endroits qui seront accessibles en train ou peut-être encore du vélo dans le coin et je pense que j'ai encore un bon nombre, du coup, j'ai parcouru par mal de montagnes en France, mais en Europe, je pense qu'il y a encore un bon nombre de chemins montagneux à faire. Et puis, je pourrais très bien me dire, les Pyrénées, par exemple, c'est une multitude de chemins différents et je pourrais quand même dire, pourquoi pas, il y en a qui se font des allers-retours en un été, qui commencent par un chemin et qui repartent dans l'autre sens à la fin de l'été par un autre chemin, donc pourquoi pas, donc je ne sais pas trop, mais c'est vrai que ça sera autour de la montagne. Mais c'est vrai que comme tu le disais, je pense que c'est important, c'est que moi, j'ai fait une aventure d'un mois, deux mois ou trois mois. Après, l'idée, ce qui est important et ce que j'essaye en tout cas de communiquer aux gens, c'est de faire déjà deux jours ou trois jours ou une semaine à partir du moment où on arrive à prendre du plaisir là-dessus et puis après, on peut ou pas aller plus loin, mais j'essaye en tout cas de vachement communiquer aux gens pendant cette aventure, d'essayer de sortir de chez soi et de prendre sa tente, que ce soit pour un week-end, juste à côté de chez toi, à vélo, parce que ça procure quand même des émotions comme je disais qui sont soit très négatives, soit très positives, mais toujours en intensité forte. Donc, c'est intéressant et puis ça permet de se reconnecter aussi à notre environnement.
Loïc C'est clair. Super. Bah écoute, sur les émotions, je suis 100% d'accord pour en avoir fait l'expérience plein de fois. C'est vrai que quand tu te retrouves un peu avec toi-même en fait, pour un peu plus qu'un trajet en train, en bus, en métro, peu importe, pour rentrer du boulot, c'est intéressant parce que forcément, normalement, ça t'amène à réfléchir à des choses pour lesquelles tu ne prends pas forcément le temps, le reste du temps justement. Et ouais, je suis 100% d'accord avec ce que tu dis. Prenez le temps de sortir même si c'est deux jours, une nuit à la belle étoile à côté de chez vous. c'est toujours des micro-aventures, même si vous restez sur un format micro-aventure, je pense que c'est toujours des... Il y a quand même une dimension aventure qui est super intéressante.
Nicolas Carrément, carrément. Et qu'on n'est pas obligé, comme tu as pu dire, si tu joues sur un week-end, tu n'es pas obligé non plus d'aller très loin. En fait, on connaît souvent assez peu ce qui nous entoure et il y a possibilité. Rien que faire une nuit à la belle étoile, c'est une aventure. On n'est pas forcément obligé de le faire dans les plus beaux paysages de France. Mais c'est vrai que c'est assez chouette. Et moi, je prends encore énormément le plaisir à faire ce genre de petites aventures.
Loïc Oui. Ce qui est chouette, c'est que maintenant que tu as testé en amont du projet les phases d'introduction à vélo, ça décuple le champ des possibles en Europe. Parce que si tu te dis que tu pars pour trois mois de marche, ça devient cohérent de faire un mois de vélo pour prendre le point de départ.
Nicolas Mais carrément. Non, mais franchement, c'est vrai. Je me suis dit que c'était cool. Et même là, quand j'ai terminé, je me suis dit pourquoi je ne rentrerai pas à l'île ? Il y a 800 kilomètres, je fais 100 kilomètres par jour, ça me fait 10 jours. Pourquoi pas ? Et c'est vrai que ça pourrait être chouette. un prochain projet pourrait être d'aller faire peut-être de la longue distance à vélo et d'aller un peu explorer. C'est vrai que je parlais du coup de ma volonté de ne plus forcément prendre l'avion. Mais j'ai toujours cette envie de découvrir d'autres cultures, d'autres paysages, d'autres types de cuisinois. Donc, pourquoi pas aller sur la route de la soie à vélo et puis de prévoir un peu le patos rando et de se dire tiens, je mets autant de temps mais je me fais une semaine d'équipe à randonner dans un endroit. Parce que je me rends compte que finalement, c'est vrai que cette partie randonnée m'anime vraiment. après, c'est vrai que dans les prochaines aventures, ça pourrait être aussi découvrir un peu d'autres disciplines. C'est que sur la partie HRP, c'est pas du tout l'alpinisme, ça reste de la rando mais on passe des endroits quand même qui sont assez techniques et moi, je me rends compte que je me sens super à l'aise là-dedans. Donc, pourquoi pas aussi peut-être faire d'autres aventures toujours en France mais avec un mix rando, alpin, hivernal, peut-être, je ne sais pas.
Loïc Tu me fais rêver. Ça me donne envie de faire rien qui en a parlé. Cool. Écoute, on arrive au bout. Nicolas, franchement, un grand, grand merci. C'était juste génial de t'entendre nous raconter ces deux itinérances à travers la France et comment est-ce que tu t'es adapté, les apprentissages que tu en as tirés. Donc, vraiment un grand, grand merci. S'il y a des gens qui sont intéressés pour revivre ces deux aventures ou pourquoi pas échanger avec toi. Est-ce qu'on peut te joindre via les réseaux ou autre ?
Nicolas Oui, complètement. Ça serait déjà avec plaisir. C'est des pratiques. Je pense qu'on sent que je suis passionné par ça et donc, c'est toujours agréable de pouvoir échanger et partager là-dessus. Et finalement, moi, avant de commencer mais de faire des langues aventures comme ça, je me suis aussi renseigné auprès d'autres personnes via les réseaux qui avaient beaucoup plus d'expérience donc c'est toujours intéressant d'échanger là-dessus. Et donc, j'ai une page Facebook et Instagram qui est les pieds sur le guidon où du coup, je suis hyper accessible pour échanger sur ces projets ou si même si les gens ont des idées de futurs projets parce que c'est sympa de faire des choses en solo mais c'est aussi sympa de pouvoir partager. Je suis ouvert.
Loïc Les pieds sur le guidon, c'est noté. Encore une fois, merci beaucoup Nicolas et moi, tu m'as quand même mis l'eau à la bouche pour la suite de tes aventures donc je te propose de revenir me voir quand tu auras fait la planification ou que tu reviendras de cette prochaine aventure et puis on en discutera à ce moment-là.
Nicolas Avec plaisir, j'espère rapidement avoir d'autres idées et réaliser d'autres projets sympas. Merci beaucoup à toi, Louis, c'est super chouette de partager ce type d'expérience.
Loïc Avec plaisir. Merci Nicolas. Sous-titres par Jérémy Diaz Sous-titrage ST' 501
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