Claude Qu'est-ce que tu vois quelqu'un comme moi, un étranger qui n'a pas de nourriture et qui cherche ou qui demande, il donne sans se poser de questions. Et ça, pour moi, ça a été des moments importants, des échanges importants parce que je n'avais jamais vécu ce genre de choses de toute ma vie avant. Et j'ai trouvé ça formidable de rencontrer ce genre de choses.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Claude sur le podcast ! Merci ! Ravi de t'accueillir ! Je suis impatient que tu nous en dises plus sur ton parcours, tes aventures, notamment une aventure toute récente dont tu viens de revenir avec quelques péripéties assez remarquables d'ailleurs. C'est comme ça que moi je t'ai découvert. Donc écoute, je n'en dis pas plus. Je te laisse peut-être nous expliquer qui est Claude et ce que tu fais.
Claude Oui. Alors Claude Caz, 39 ans, ancien légionnaire, ancien marin à la Marine Nationale, ancien boxeur pro, thai, et ancien technicien sur plateforme pétrolière. Donc c'est une vie où c'est une vie atypique et surtout mouvementée où je sais que depuis tout le temps j'ai besoin de voyager et j'ai toujours cherché et trouvé des métiers qui me permettent de le faire.
Loïc Excellent ! Et alors tu disais ancien légionnaire et dans la Marine. Oui. A quel moment est-ce que tu en es sorti du coup et qu'est-ce qui fait que tu as décidé de revenir dans le civil ?
Claude En fait, la Marine, c'était de 2000 à 2003. J'étais spécifiquement sur le porte-avions Charles de Gaulle. J'ai arrêté uniquement parce qu'il y a des contrats. Tu fais le début et la fin et puis si tu ne décides pas de renouveler, tu continues ta vie civile. Par contre, pour la Légion étrangère, ça a été différent. Ce sont des contrats de cinq ans. Et moi, j'ai décidé d'arrêter avant tout simplement parce que je suis quelqu'un qui aime la compétition, le challenge et le dépassement de soi et les voyages. Donc du coup, quand arrivé aux trois ans dans la Légion, quand on m'a dit qu'il n'y avait plus de mission extérieure et que j'avais déjà fait le tour de tous les stages de survie, du moins pratiquement tous, j'ai décidé de quitter la maison de la Légion pour revenir dans le civil et pour rebondir justement à ce moment-là sur les plateformes pétrolières.
Loïc Waouh ! Ça a été l'appel de l'aventure qui a été plus fort.
Claude Oui, tout à fait.
Loïc Excellent. Et si je comprends bien, après les plateformes, c'est là où tu t'es consacré vraiment pleinement au sport de haut niveau. Je ne sais pas d'ailleurs s'il n'y a eu que le trail dans le haut niveau que tu pratiques, mais entre autres le trail. Et c'est là où les aventures ont commencé, si j'ai bien compris.
Claude Il y a une petite passe après les plateformes qui est de deux ans, environ deux ans où j'ai bossé sur Genève en tant que frontalier. Et après ces deux ans, je suis revenu à la maison, à Béziers, pour être plus proche de ma famille. Et puis, c'est quelques mois plus tard où j'ai décidé en fait, comme à son habitude, c'est-à-dire comme je le fais tout le temps, c'est-à-dire que je m'écoute souvent en fait, surtout dans ce que je ressens. Et à ce moment-là, j'ai eu une envie d'Antarctique. Et franchement, c'est dans la réalité une réelle difficulté de monter une expédition en Antarctique. Et on expliquera ça un peu plus tard, bien évidemment, parce que l'Antarctique est prévue pour 2022. Mais c'est une réelle difficulté dans tous les domaines, que ce soit l'équipement, la logistique, le transport, la finance, les entraînements. C'est une réelle difficulté. Et c'est toujours mon obsession et mon rêve encore aujourd'hui. Mais bon, voilà, il y a eu le Covid qui a suivi beaucoup d'entraînements que je me suis moi-même donné au moment où je m'étais dit que j'allais faire l'Antarctique. Et donc, des tests. Moi, j'appelle ça comme ça. J'appelle des tests parce que c'est vrai qu'après plusieurs mois d'entraînement intensif, je parle de 6 heures d'entraînement par jour au quotidien, parce que j'avais décidé d'arrêter ma vie professionnelle pour me consacrer à justement cet objectif, tout en essayant d'emporter quand même le minimum pour ma famille, même si j'ai la chance d'avoir une compagne qui continue à travailler et qui nous permette, entre autres, avec ce que j'amène, de pouvoir subvenir aux besoins. Mais voilà, j'avais besoin de me tester parce que je pense que de toute façon, tout explorateur, tout aventurier ou tout sportif, quel qu'il soit, de petit ou très haut niveau, doit se tester pour savoir exactement ce que son corps, en termes d'énergie, peut lui fournir pour faire une petite ou longue distance. Et moi, c'est ce que j'ai vu.
Loïc Alors, comment est-ce que tu te testes justement pour une XP en Antarctique ? Je ne suis pas un expert de Béziers, mais je crois que vous n'avez pas trop de glace la plupart du temps. Donc, quel type de test est-ce que tu as imaginé pour pouvoir savoir où est-ce que tu en étais ?
Claude Alors, en fait, si tu veux, je le dis parce que c'est la réalité. Je n'ai pas fait les grandes écoles, pour ne pas dire que je ne suis pas allé très très loin à l'école. J'ai arrêté l'école à 15 ans pour partir travailler tout de suite. Moi, j'avais aussi ce besoin de... Je suis plutôt quelqu'un de manuel. J'ai démarré par le travail de la maçonnerie générale. Mais ce que je veux dire, avant d'expliquer ça, c'est que je réfléchis avec ma propre logique avant de commencer à aller chercher des explications sur Internet ou par des médecins que j'ai en contact aujourd'hui. Donc, je me suis dit déjà, dans un premier temps, si toi, tu ne peux pas aller dans des endroits parce que géographiquement et financièrement, ça coûte excessivement cher de se déplacer, essaye de faire venir les climats ou l'altitude ou le froid jusqu'à toi. Et en fait, aujourd'hui, nous sommes quand même en 2021. Et nous pouvons faire plusieurs choses de ce genre-là pour pouvoir réaliser des tests. Donc, les tests de l'altitude, c'est très simple. Bien évidemment, il y a toujours des gens qui sont pour, il y a toujours des gens qui sont contre ce genre de choses. Mais moi, j'ai voulu tester. Encore une fois, je pense qu'il vaut mieux essayer avant de juger plutôt que de parler d'une chose que l'on ne connaît pas. Et donc, j'ai décidé de me mettre un masque, en fait, dans mes entraînements, un masque qui simule l'altitude, donc qui te met en hypoxie pour justement pallier à ces problèmes d'altitude que j'aurai éventuellement quand je serai en Antarctique. Puisque c'est une montée, en fait, des premiers pas jusqu'à la fin de cette expédition qui sera organisée en Antarctique. Tu ne fais que monter, en fait, tout le long. Et ça peut aller jusqu'à 2000 mètres. Donc, voilà, il fallait pallier ce problème-là. Donc, j'ai trouvé le masque qui, pour moi, c'est que mon avis personnel, encore une fois, qui, pour moi, fonctionne puisque ça m'a donné et ça continue à me donner des résultats. Donc, je continuerai toujours à l'utiliser. Et en plus, j'ai envie de dire qu'aujourd'hui, ça fait plus de deux ans que je l'utilise. Je ne vais pas prétendre non plus à être le premier à l'utiliser. Mais peut-être sur une longueur, sur une période aussi longue, il est possible que je le sois. Dans un deuxième temps, pour le froid, là, ça a été un peu plus difficile. Mais j'ai envie de dire que tout le monde dans sa ville a des sociétés ou des entreprises qui génèrent quelque chose qui a un rapport avec le froid. Donc, ils ont des congélateurs qui sont à moins 10, moins 20 ou voire jusqu'à moins 60 selon les entreprises. Et moi, j'ai la chance sur Bézil d'avoir dans mes connaissances quelqu'un qui a une entreprise où il y a des congélateurs, donc de moins 25 jusqu'à moins 60 degrés. Donc, déjà, ça, ça a été un premier test. Et puis, comme non plus, on ne peut pas utiliser ce genre de test que sur une période, qu'elle soit courte, moyenne ou grande. Moi, je l'ai utilisé pendant un temps, mais je voulais quand même tester aussi. Parce que tester son corps avec des vêtements, le corps va réagir d'une certaine façon. Par contre, si on teste vraiment sa propre nature avec ce que la génétique nous a donné, c'est-à-dire les poils que l'on a autour de nous, pour les hommes, bien évidemment, sont là pour une raison. Ils sont là pour plusieurs raisons. Encore une fois, je ne suis pas médecin ni scientifique, mais je réfléchis à ma logique. Après ça, j'ai bien évidemment regardé tout ce qu'ils disaient sur Internet et échangé avec des médecins. Les poils sont là pour plusieurs raisons. Les poils sont là pour nous réchauffer, justement, comme les cheveux, quand on est dans le froid. Ils sont aussi là pour conserver l'eau quand on va transpirer et pour pouvoir refroidir le corps. Donc, c'est un peu comme si on était une machine quand on réfléchit bien. Et donc, je me suis dit, allez, on va faire un autre test pour justement voir comment mon corps va réagir à du froid à zéro degré. Et là, tu peux me dire ou n'importe qui peut me demander, oui, mais sur l'Antarctique, on sera à moins 20, moins 30. Oui, sauf que si tu ne te testes pas sans vêtements, juste avec un caleçon, de savoir comment ton corps réagit à zéro, tu ne seras pas du tout comment ton corps réagit à moins 20 avec des vêtements. Donc, moi, je voulais faire ce genre de test. Donc, je l'ai fait. J'en ai fait plusieurs officiellement. Tout a été enregistré par des vidéos dans quasi toutes les choses que j'ai faites l'année dernière ou il y a deux ans. On a été aussi enregistré par un ministère de justice parce que je ne voulais pas qu'à un moment donné, les gens me disent, oui, ce n'est pas sûr, tu ne l'as pas fait, tu ci, tu l'as. Voilà, moi, tout a été répertorié et enregistré. Comme ça, au moins, je peux prouver ce que je dis. Et donc, dans mes premiers tests jusqu'au dernier, avec un travail, parce que j'ai aussi écouté un grand monsieur du froid qui est autre que Wim Hof, donc c'est l'homme de glace, Iceman, qui dit qu'avec un travail de respiration, nous pouvons faire en sorte et faire réagir notre corps pour nous faire résister au chaud, au froid, pardon. Donc, du coup, j'ai pris la base de ce qu'il disait, mais je n'ai pas utilisé la façon dont il utilise sa respiration et qui le vent, bien évidemment, pour tenir dans le froid. Moi, ce que j'ai fait, je me suis, encore une fois, avec ma propre logique, avec mon propre raisonnement, dit, voilà, tu vas utiliser plutôt cette façon-là et la tester. Et je l'ai testé et les tests sont concluants. C'est-à-dire que j'ai réussi, au final, à tenir dans tous les tests, au final, plus d'une heure, 1h01 exactement, dans des glaçons, des pieds recouverts jusqu'à la nuque, comme Wimov dans ses records du monde, où je suis resté plus d'une heure sans changement de température interne. Donc, ce qui veut dire qu'il y avait un médecin à côté de moi pendant la durée de ces tests, qui prenait la température toutes les 5 minutes, et il n'y a eu quasi aucun changement. Le changement qu'il y a eu, c'était de 0,3, autant dire rien du tout, sur une heure dans la glace. Donc là, à ce moment-là, je comprends quand même que l'on peut habituer son corps avec des entraînements, dans le froid, dans le chaud, dans l'endurance, dans la force. Le corps, en fait, est un outil que l'on peut moduler en fonction des entraînements, et moi, je compte bien l'utiliser, en fait, pour essayer, justement, d'utiliser le moins d'énergie, puisque ce qu'il faut savoir, pourquoi on brûle jusqu'à 7000 calories jour, ce qui est énorme, en sachant qu'une personne normale brûle par jour 2000 à 2500 calories jour, 7000 jours sur l'Antarctique, ce n'est pas uniquement parce que l'on va marcher pendant une journée, donc de 8 à 10 ans, ça, ça nous fait brûler des calories, mais pas autant. Ce qui fait brûler le plus, c'est justement, en fait, le froid. Le froid, le corps va réagir, et d'une façon, à ce qu'on va utiliser nos propres graisses, en fait, pour brûler cette énergie et la nourriture que l'on a ingurgité. Donc, moi, je me suis dit une chose très simple, c'est entraîne ton corps au froid pour avoir une meilleure résistance, et automatiquement, tu auras besoin, tu brûleras moins d'énergie, et donc mangeras moins pour pouvoir marcher sur l'Antarctique.
Loïc D'accord. C'est super impressionnant, mais du coup, comment est-ce que tu as adapté ces techniques de... C'est Wim Hof, c'est ça ?
Claude Wim Hof, voilà, utilise une certaine façon de respirer, moi, j'en utilise une autre.
Loïc D'accord, ok, donc c'est... Quand tu dis que tu as eu des changements, enfin, un changement vraiment anecdotique sur ta température interne de 0,3 degré, en fait, tout ça, tu as réussi à le faire à travers une technique que tu as développée toi-même sur la respiration uniquement. C'est ça, exactement. Punaise, impressionnant. Impressionnant. C'est fou de voir comment tu as réussi à te trouver des tests, des protocoles, etc., quelque part un peu fait maison, j'ai l'impression, avec quand même, après, derrière, tu es allé faire le travail de recherche et tu t'es fait accompagner, mais je trouve ça génial, tu vois, de voir comment tu as réussi dans un environnement, voilà, à Béziers, encore une fois, enfin, n'importe où en France, d'ailleurs, il y a quand même peu d'endroits où on peut se préparer pour l'Antarctique en termes de température, mais je trouve ça intéressant de voir comment tu t'es créé ton propre environnement de test.
Claude Oui, c'est ça. Je pense qu'au bout d'un moment, tu sais, quand tu as vraiment quelque chose en tête et que tu t'es donné, avec ce rêve, un objectif d'y arriver, je pense qu'on est tous capables, avec quel que soit le rêve, de pouvoir le réaliser de près ou de loin et de, il faut juste s'accrocher et persévérer et la force que n'importe qui a pour faire ce genre de choses, la première, c'est de croire vraiment en soi et en ce que l'on fait, sans quoi, au bout d'un moment, le doute est là et quand le doute est là, automatiquement, on n'arrive pas à aller au bout, on a des difficultés et on n'arrive pas non plus à performer.
Loïc Écoute, je suis 100% d'accord avec toi, ce podcast, c'est un peu le podcast de la détermination et de la résilience, tu vois, donc c'est exactement le message que j'essaie de faire passer à travers toutes ces interviews avec des gens aussi frappés que toi. Oui. Mais du coup, comme tu viens de le dire, tu vois, le driver pour toi, ce qui a vraiment maintenu la flamme, c'était ce rêve. Et la question que je me pose, c'est pourquoi l'Antarctique, du coup ?
Claude Ça, c'est une question très difficile parce que je fais partie de cette catégorie de personnes, en fait, qui, dans leur vie, ne se posent pas trop de questions, en fait, sur ce qu'ils ressentent, mais qui vont aller le réaliser sans trop perdre de temps, voire dans l'immédiat. Je suis un peu un fonceur. Je fonce à tête baissée et uniquement après, je vais regarder ce qui va se passer. Bien évidemment, aujourd'hui, j'ai 39 ans, donc avant de foncer, je réfléchis un peu, je prends quelques températures, mais pas trop longtemps quand même parce que j'ai toujours ce sentiment, en fait, cette attraction qui m'attire dans tel ou tel endroit ou de faire telle ou telle chose parce que c'est ça et pas autre chose ou pas autrement. Donc, voilà, je ne me pose pas trop de questions.
Loïc Ce qui parfois, j'imagine, enfin ce qui parfois, c'est ta façon d'aborder les choses, évidemment, mais peut-être parfois sur certains défis, il vaut peut-être mieux, tu vois, être tout de suite dans l'action, foncer et pas trop se donner le temps de la réflexion parce que parfois, il y a des projets qui sont vraiment beaucoup plus gros que nous, qui peuvent un peu faire peur. C'est ça. Et dans ces situations, peut-être mieux, tu vois, tout chousse, on y va à fond.
Claude En fait, ce qu'il faut se dire, en fait, aussi, c'est qu'il y a des moments pour s'arrêter, réfléchir et poser les choses et avancer. Mais il y a d'autres moments, c'est ce que je pense encore une fois, ce n'est que mon opinion, il y a des moments où il ne faut pas réfléchir, il ne faut pas se poser et il ne faut pas attendre, il faut le faire au moment où on le ressent parce que, moi, je suis parti encore une fois de cette catégorie de personnes qui n'aiment pas avoir des regrets ou des remords et je préfère mille fois le faire au moment où je le sens. et je le ressens plutôt que ne pas le faire ou attendre trop longtemps et ne pas l'avoir fait à la période où je le pensais. Parce qu'entre le moment où tu le ressens et le moment où tu le fais, il y a quand même deux poids, deux mesures et un temps se passe. Et justement, on a aussi une répercussion autour de ce que l'on dit, ce que l'on fait et de comment on réagit autour de nous. Et donc, je pense sincèrement que quand on pense et que l'on ressent quelque chose de très fort à un moment donné, je pense qu'il faut vraiment y aller parce que c'est comme un appel en fait de soi-même pour aller quelque part.
Loïc Très beau message. Et l'Antarctique justement, même s'il y avait l'appel et que tu t'y es préparé de la meilleure façon possible, la réalité c'est que tu as été rattrapé par entre autres le Covid. Et donc, si je ne me trompe pas, un petit peu au dernier moment, tu as réorienté ton projet et tu es parti sur un extrême opposé, c'est ça ?
Claude C'est ça. Comme je viens de le dire là juste maintenant, je rebondis sur ça. Effectivement, il y a ce que l'on ressent et ce que l'on a envie de faire et donc on part, on fonce pour faire ce genre de truc et il y a ce qui se passe autour de nous. Et la plupart du temps, ce qui se passe autour de nous, on n'a pas le contrôle sur ça. On a le contrôle de sa propre vie et donc de ses choix, mais on n'a pas le contrôle de tout ce qui se passe autour de nous. Donc, on part pour faire quelque chose et on voit qu'en face de nous, il y a un obstacle où il y a un retard. Je pense qu'à ce niveau-là, il faut rebondir sur autre chose. Et moi, c'est ce qui s'est passé pour l'Antarctique. Quand j'ai eu l'agence de voyage qui organise justement le Groenland et l'Antarctique, qui me dit voilà, le Groenland, ça ne va pas être possible et donc l'Antarctique, il va falloir reporter aussi. Donc, moi, à ce moment-là, je me dis bon, ok. Je ne me dis pas ouais, tu es dégoûté ou ce genre de truc. Non, du tout. Je rebondis, je me dis bon, il faut que je trouve une autre expédition pour 2021 parce que je suis prêt physiquement et mentalement à partir, à faire quelque chose physique, voilà, comme je viens de le dire, physiquement et mentalement, mais aussi humainement. Et c'est vraiment, c'était vraiment important pour moi. Et moi, j'avais, moi, j'ai plusieurs années d'expédition en tête. Sincèrement, j'en ai plein dans la tête. Je suis capable d'écrire plein de scénarios sur plein de choses à faire. Mais là, il y en avait deux devant moi. Je voulais absolument marcher le London 1 000. Et pour ne pas dire le plus long ou l'un des plus longs. Le plus long étant l'Amazonie, donc 7400 km. Et comme je connaissais un peu l'Amazonie du part la Guyane avec la Légion étrangère, je m'étais dit, bon, c'est compliqué pour la période au moment où je le suis. Et puis, c'est compliqué sur le moment. Là, par contre, pour le coup, il faut vraiment préparer ce genre d'expédition parce que c'est compliqué. On rentre dans des endroits et des pays qui sont excessivement dangereux, voire plus que ce que j'ai fait ou d'une autre manière en tout cas. Et donc là, il vaut mieux avoir une bonne organisation et un bon suivi. Et donc là, je rebondis sur le Nil. Et c'est vrai que je pense sincèrement, on va dire, entre 70 et 80 % des Français à qui on va poser la question. Si je vous dis le Nil, vous pensez à quoi ? Ils vont tout de suite répondre l'Égypte.
Loïc Oui, c'est vrai.
Claude Et j'ai fait partie de ces 70-80 % jusqu'à ce que je m'intéresse à cette expédition et jusqu'à ce que je la monte. Et au moment où j'ai réfléchi, je me suis dit, bon, je vais partir sur le Nil. Écoute, on va partir à la chasse à l'information. Et là, je découvre qu'il y a justement quelques années de ça, une équipe de 3-4 personnes, néo-lizélandais et britanniques, qui ont monté cette expédition et donc qui ont fait, c'est plus de 6 000 km le long d'une île, d'une façon ou d'une autre, à pied, en bateau, des fois en véhicule, parce qu'on n'a pas le choix de traverser des zones dangereuses animales ou humaines. Et donc, ils l'ont quand même fait en groupe, donc les plus de 6 000 km, de sa source au Burundi jusqu'en Égypte. Et là, on apprend, du moins moi j'ai appris à ce moment-là, que la source du Nil n'est pas comme certains documentaires le disent en Ouganda, c'est-à-dire au lac Victorien, mais au Burundi, où justement, il y a des chercheurs et des scientifiques qui ont trouvé cette source parce qu'ils avaient les instruments et l'équipement adéquats pour suivre cette source-là. Donc, à ce moment-là, je me dis, bon, c'est combien de kilomètres ? C'est quand même 6 000, il y en a qui disent 6 600, il y en a qui disent 6 800. Bon, en tout cas, dans ces eaux-là, c'est plus de 6 000, donc c'est le plus important. Et je me dis, une phrase que je me dis à chaque fois en fait que je veux faire quelque chose, si eux, ils y sont arrivés, je peux y arriver aussi, tout simplement. Je pense qu'il faut réellement partir dans ce type de mentalité quand on décide de faire quoi que ce soit qui, pour nous, est une difficulté. On a chacun notre niveau de difficulté qui est totalement différent. Pour une personne, faire 10 kilomètres, c'est une difficulté qui est énorme. Pour quelqu'un d'autre, 6 000 kilomètres, comme pour moi, c'est un autre niveau. Mais on a chacun nos difficultés et je pense que si tout le monde fonctionne comme ça, il arrivera toujours à faire ce qu'il fait. Et donc, une phrase que M. Horn dit, et moi, j'adore cette phrase-là, c'est une personne, et je crois vraiment à ça, une personne ordinaire est capable de faire des choses pas ordinaires. Il suffit qu'il s'entraîne, c'est tout. Et donc, à ce moment-là, je monte cette expédition en moins de 3 mois, tout compris l'équipement, la logistique, la communication, les contacts, tout. Ce qui est fou, puisque quand je discute avec d'autres explorateurs et aventuriers, ils m'ont dit, Claude, t'as fait un truc de fou. En moins de 3 mois, il y avait un budget prévisionnel qui était d'environ 20 000 euros, puisque, là, je le cite, cette expédition, le but ultime de cette expédition n'était pas que je marche plus de 6 000 kilomètres de sa source à son embouchure, mais qui était pendant cette expédition que moi, je puisse apporter des médicaments à la population africaine dans le besoin, par le biais d'ONG locales avec qui j'étais en contact et que j'ai rencontré tout le long de mon chemin, parce que pour moi, la santé est primordiale, surtout avec ce que l'on vit en ce moment, et que sans la santé, en fait, on ne peut rien faire. Donc, en plus de ça, de ces médicaments qui ont été apportés et acheminer, et je vais y revenir plus tard, c'était de les aider aussi par un moyen financier, grâce à mes sponsors, et je les remercie, pour les aider, ces ONG, dans leurs propres actions qu'ils avaient, puisque la plupart des ONG que nous avons aidés, moi et mes sponsors, étaient des ONG qui aidaient des orphelins ou des enfants abandonnés, c'est-à-dire que leurs parents n'étaient pas décédés, mais voilà, ils ont été abandonnés, et des femmes vulnérables, c'est-à-dire des femmes qui étaient, par contre, aussi abandonnées par leur famille ou leur mari, avec des enfants. Et pour moi, c'était vraiment important d'aider plutôt des ONG locales et pas des ONG internationales que tout le monde connaît et que l'on voit à la télé, je ne vais pas les citer, qui, eux, sont déjà aidés. Je ne dis pas qu'ils ne font pas un travail formidable, d'ailleurs, tant mieux qu'ils soient là, parce que ça en aide un plus grand nombre. Mais je voulais aider toutes ces petites, moi, en fait, qui n'étaient pas connues, tout simplement.
Loïc D'accord, donc il y a vraiment une grosse dimension au-delà de l'aspect sportif. Je trouve que c'est intéressant que tu le soulignes, parce que, bon, évidemment, qu'au fur et à mesure que tu vas nous en parler, je pense que ça va être assez clair pour tout le monde que d'un point de vue mental et physique, ce que tu as fait, c'est juste dingue. Mais c'est intéressant de savoir que parmi les motivations qui t'ont amené à prendre le départ, à créer le projet très rapidement, il y avait quand même cet aspect d'aide. Oui, tout à fait. Excellent. Alors du coup, bon, tu apprends que tu ne peux pas partir en Antarctique. Ça faisait combien de temps que tu le préparais ? Plus d'un an, c'est ça ?
Claude L'Antarctique, oui, oui, plus d'un an. Et puis, comme je t'ai dit, j'ai toujours plein d'idées et il a fallu que je rebondisse très, très rapidement. Parce qu'en plus, comme je ne suis pas bête, j'ai quand même regardé les gens qui l'ont fait avant moi. Et justement, ils étaient partis le 31 mars pour partir sur cette expédition. Mais eux, ça a duré beaucoup plus longtemps. Je crois de mémoire que ça a duré quelque chose comme neuf mois. Mais neuf mois parce qu'ils n'ont pas fait que marcher. Ils se sont aussi arrêtés sur le chemin pendant quelques jours avec des locaux, chez l'habitant. Voilà, c'est aussi pour ça que ça a duré aussi longtemps. A l'inverse de moi, où c'était vraiment plus une marche. Il y a eu quelques échanges, bien évidemment, avec des locaux. J'ai été chez l'habitant aussi quelques fois, mais très, très peu, puisque mon objectif était surtout d'avancer de pays en pays pour rencontrer ces ONG et surtout voir ce qu'avec l'aide qu'on allait leur apporter, voir de mes propres yeux tout ce qui allait être fait.
Loïc Alors moi, la première question que je me pose, c'est comment tu as fait, puisque ça faisait un bon moment que tu t'es entraîné pour l'Antarctique avec toutes ses spécificités et puis notamment, surtout la météo. Comment est-ce que tu as fait pour, au-delà de l'aspect logistique et financement, comment est-ce que tu as fait en trois mois pour tout de suite, tu vois, être clair sur ce qu'il allait falloir que tu mettes en place pour une météo et des conditions climatiques qui n'ont juste absolument rien à voir ?
Claude Totalement. Alors du coup, la chose que j'ai, c'est que je suis un sudiste et que, on va dire, les températures, elles ne sont pas celles de l'Afrique. Attention, on n'a pas du 40 à 50, voire plus selon certains pays que j'ai traversés, mais il fait quand même très chaud. Donc moi, la chaleur, je n'ai jamais eu aucun problème, même quand je travaillais sur plateforme pétrolaire, je voyageais sur l'Afrique de l'Ouest. Je n'ai jamais eu souci avec la chaleur. Donc, c'est pour ça aussi que je me suis dirigé vers cette expédition et pas une autre, en plus de pouvoir aider ces ONG. C'est que tout ça me parlait. Donc, je savais que j'allais traverser de la savane, je savais que j'allais traverser des marées, de la jungle, de la forêt, du désert. Et donc, qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai fait une chose très simple et très logique. J'ai regardé avec l'outil qui est très bien, c'est Google sur Internet. Et j'ai fait mes propres recherches pour savoir les périodes que j'allais traverser, le moment, à peu près le temps que j'allais mettre pour traverser tel ou tel pays et quel est le climat à ce moment-là. Et toutes ces informations m'ont permis de me dire que justement, si l'autre équipe avant moi l'avait fait en groupe à cette période-là, c'est qu'il y avait une bonne raison. Et effectivement, après avoir regardé et pris toutes ces informations, c'était le bon moment. Le 31 mars était un bon début, le bon début de cette expédition parce que quand on arrive au Burundi, le climat est favorable. On est sur des températures qui se rapprochent de celles du sud de la France. Et en Tanzanie, c'est la même chose après. Et en Ouganda, on commence un peu les températures commencent un peu à augmenter. Mais du coup, qu'on a marché sur le Burundi et la Tanzanie, on commence aussi à s'acclimater à tout ce qu'il va avoir. Et c'est exactement ce qui se passe. Le corps, comme je l'ai dit tout à l'heure, est une machine et il s'adapte très très vite. Et quand j'arrive à l'Ouganda, je m'adapte. Et comme il fait plus chaud que dans les deux autres pays, je commence à m'adapter aussi à ce qui devait arriver normalement sur le sud-soudan. et le Soudan et l'Égypte. Sauf que j'attends que tu me poses la question de savoir entre guillemets si j'ai des anecdotes ou de savoir qu'est-ce qui s'est passé sur le chemin pour te raconter un peu tout ce qui s'est passé de bon comme de moins bon.
Loïc Eh bien écoute, ça tombe très bien que tu me tendes la perche puisqu'après la partie préparation, c'était la suivante, c'était qu'est-ce qui s'est passé en réalité puisque j'imagine bien que cet inéraire prévu en tout cas des 6000 kilomètres, tu as dû en vivre des anecdotes.
Claude Oui, je tiens quand même à préciser à tous les auditeurs c'est qu'il y a quand même deux poids, deux mesures. C'est-à-dire que quand on va préparer une expédition et je sais pour tous les gens qui veulent le faire n'importe où dans le monde, il faut savoir que les informations que j'ai prises bien évidemment c'est de la théorie. C'est-à-dire que comme je ne suis pas allé physiquement et que je ne connaissais pas, ça ne restait que de la théorie. On a bien évidemment des informations qui peuvent être rapportées selon certains sites ou selon certaines choses à la réalité mais tant qu'on ne le vit pas réellement, il faut rester sur ça. ça reste de la théorie sur ces points-là au niveau du climat mais pas que sur les gens sur place ce que l'on peut lire en fait sur les réseaux sociaux ou sur internet ou dans les journaux télévisés ou ce que l'on veut reste de la théorie parce que on sait très bien qu'il y a certains médias qui modifient un peu ou qui accentuent la réalité ou qui vont exagérer ou qui vont amoindrir justement ou ce genre de choses et rien ne vaut en fait le fait d'y être allé et de voir par soi-même les choses. Donc moi, j'ai fait face justement dans cette expédition on va la nommer puisqu'il y a le film qui va sortir et qu'on parlera après qui s'appelle Marcheur du Nil il y a la réalité c'est-à-dire qu'on est confronté quand on y est à une réalité la réalité du terrain la réalité du terrain elle est simple je pensais que j'allais être confronté donc à tous ces changements de climat changements de terrain et tout ça je l'ai été mais civilisé c'est-à-dire que j'ai pas tant de rencontrer d'animaux sauvages que ça malgré que j'ai été dans des pays où justement les animaux sauvages restent quand même en liberté ou dans des parcs nationaux qui sont en liberté j'en ai pas rencontré tant que ça donc du coup quand on voit dans certains dans certains documentaires que les gens voilà tout ça c'est pas tout à fait vrai dans la réalité si on ne traverse pas un parc national et que l'on est accompagné dans ce parc national on va pas réellement voir des animaux sauvages comme les lions ou les éléphants ou ce genre de choses ça peut arriver bien évidemment parce que comme ils sont en liberté il y a quand même des guides qui surveillent les limites entre guillemets de ces parcs et qui font en sorte donc de garder ces animaux dans le parc mais il peut arriver bien évidemment des moments où on va les rencontrer moi j'ai eu cette chance pendant mon expédition de pouvoir justement rencontrer certains animaux sur mon chemin qui étaient un peu sortis on va dire de leur zone dite de frontière comme des éléphants ça a été des moments magiques que j'ai vu de mes propres yeux puisque j'avais jamais vu d'éléphants en vrai et surtout très proche de moi on commence à comprendre un peu tout ce qu'on avait vu sur National Geographic c'est à dire voilà quand il y a des éléphants qui ont les oreilles un peu si tu veux qui bougent qui sont ouvertes à vous un peu comme un chou on comprend en fait que c'est une façon de se méfier de l'homme ce genre de choses on comprend que quand il y a des hippopotames qui sont pas loin parce qu'encore une fois on a regardé ce genre de documentaire on comprend aussi qu'il faut pas s'amuser avec eux c'est pas des ce sont pas nos amis ils sont mignons mais ce ne sont pas nos amis ils sont très agressifs d'ailleurs une petite anecdote sur ça sans pour autant les avoir dérangés entre guillemets parce qu'il y avait quand même une distance entre eux et moi il y a un mâle le mâle dominant qui protège justement sa tribu entre guillemets qui se sentait qui se sentait menacé et qui a dans la barque où j'étais la pirogue exactement est venu proche de nous et en dessous et a essayé de nous soulever donc ah oui ouais ouais non non donc ça c'est ça c'est la réalité et une fois qu'on est soulevé et qu'on est mis dans l'eau comme il est là pour protéger justement sa tribu lui tout ce qu'il veut en fait c'est vous attaquer ça fait partie de son instinct et et de vous mettre entre guillemets dans dans un dans un contexte où vous ne pouvez plus bouger entre guillemets voilà donc ils viennent ils vous attaquent ça c'est la réalité j'ai aussi rencontré des crocos des crocodiles très peu parce que justement dans les chemins où je suis allé il y a beaucoup de beaucoup de civilisations et quand il y a des civilisations il n'y a plus de crocodiles parce que comme il y a de la civilisation et des habitats il y a peut-être des années de ça les hommes ont été attaqués et pour éviter justement ça ils ont fait la chasse aux crocodiles et donc du coup à chaque fois qu'il y a qu'il y a une civilisation il n'y a pas de crocodile ou quasi pas de crocodile les crocodiles maintenant savent que quand il y a une civilisation ils ne s'approchent pas ou sinon ils vont être chassés et et puis après oui il y a des animaux qui sont fous on les connait ce sont les les babouins qui sont au niveau de ces pays là la Tanzanie l'Ouganda ils sont là ils sont sur le chemin et pareil aussi tant qu'on ne s'approche pas trop près et qu'ils ne se sentent pas menacés ils ne vous attaquent pas encore une fois petite anecdote moi j'étais en train de marcher justement à un moment donné dans un parc et et puis il y a pareil le mal dominant qui s'est mis à me poursuivre et donc j'étais avec mon sac et j'étais en train de courir en fait pour les les attaquer par un babouin et puis et puis écoute suite à ça les rencontres humaines socio-culturelles avec avec les habitants ont été extraordinaires parce que les africains en général sur une grosse majorité vraiment pour partir 90 90 95% ils sont généreux ils sont accueillants ils sont ils sont tout ce qu'on veut et et tout simplement parce que ben ils savent ce que c'est en fait la misère ils savent ce que c'est d'avoir le la moindre chose donc du coup quand ils voient quelqu'un comme moi qui était censé à à moitié parce que j'avais quand même des réserves de nourriture dans mon sac à dos mais j'essayais de de gérer ma propre nourriture avec ce que je trouvais ou chasser ou pêcher sur le chemin quand ils voient quelqu'un comme moi un étranger qui n'a pas de nourriture et qui cherche ou qui demande et ben ils donnent sans se poser de questions ils donnent d'une façon très généreuse ou ils vous donnent des fruits et des légumes ou alors ils vous demandent de vous arrêter tout simplement et ils vont vous cuisiner à manger et ça pour moi ça a été des moments importants des échanges importants parce que j'avais jamais vécu ce genre de choses de toute ma vie avant et j'ai trouvé ça formidable de rencontrer ce genre de choses sur mon chemin aussi j'ai rencontré des tribus des tribus avec qui j'ai échangé ça a été des échanges très courts puisque comme je te le disais pour moi c'était vraiment la marche il fallait que j'avance le plus rapidement possible je m'étais donné à peu près une trentaine de kilomètres par jour ce que j'ai effectué tout le long il y a eu quelques fois où j'ai fait peut-être 20 ou 25 mais c'est très très rare et par contre il y a eu quelques fois aussi où j'ai fait 40 voire 50 kilomètres par jour parce que c'est énorme surtout avec un sac à dos à roulettes d'une quarantaine de kilos parce que il y a des jours en fait où on se réveille où on est en pleine forme parce que la veille on a bien mangé on avait la nourriture qu'il fallait on a bien dormi et du coup à ce moment là je décidais d'avancer en faisant un petit footing tu vois donc des footings de 3-4 heures qui me faisaient faire donc ces kilomètres là voire 5 heures max ou des marches où je me sentais bien aussi et je faisais des marches donc des marches course où voilà en 5-6 heures j'atteignais mon quota quotidien et ça me suffisait en fait pour après chercher un hôtel dans certains pays parce que dans certains endroits des pays comme au Burundi ou en Tanzanie je dormais en extérieur en Ouganda ça a été le cas quelques fois pas tout le temps parce que il y a la police qui est quand même présente en Ouganda et qui et qui comprennent pas en fait pourquoi un étranger en fait dort dehors pour eux c'est que pour eux c'est que c'est que enfin les étrangers ne dorment pas dehors donc du coup à ces moments là on me demandait de me diriger dans un hôtel ce que je faisais puisque je ne voulais pas avoir de problème non plus avec la police
Loïc c'est intéressant ce que tu dis sur la distance parcourue d'ailleurs tu m'as fait penser tu m'as fait me rappeler un souvenir avec la Légion j'étais la première fois que j'ai fait le GR20 on était tombé sur alors je ne sais plus quelle branche ou section de la Légion est basée en Corse je crois que c'est à Calvi c'est Calvi
Claude exactement
Loïc ouais et en fait on était tombé sur un groupe de légionnaires qui faisait le GR20 par contre ils n'avaient pas le droit de le faire par le sentier donc c'était un peu la particularité tu vois donc ils crapahutaient ils étaient en sac ils n'étaient pas en paquetage complet mais ils devaient avoir peut-être une quinzaine de kilos dans les sacs chacun
Claude 10-15 kilos ouais
Loïc et ils faisaient donc le GR20 mais pas par le sentier parce que bon ça devait être trop facile de suivre le sentier tu vois balisé exactement ça me fait penser à ça mais en tout cas c'est intéressant ce que tu dis sur les rencontres et je reviens sur ce que tu nous expliquais un petit peu plus tôt que c'est toujours bien de se renseigner d'avoir la théorie en tout cas des avis tu vois dans les médias ou sur des sites officiels de ce qui se passe dans certains pays tout à fait mais la réalité c'est souvent très différent et on en parlait avec un invité juste avant Lillian qui a fait un an de vélo avec ses filles en bas âge et sa femme et il expliquait que quand ils avaient commencé à regarder tu vois pour préparer la logistique etc pour traverser les pays où ils voulaient se rendre au début quand tu lisais le Mexique notamment quand tu lisais sur les sites de l'état français les points sécurité tu vois sur le Mexique bah ça faisait ça faisait peur et pourtant quand ils sont arrivés au Mexique comme c'était juste après les attentats qu'on a eu au Bataclan les premières questions qu'on leur posait au Mexique c'est est-ce que vous quittez la France parce que vous avez peur c'est devenu trop dangereux d'accord tu vois donc je trouve que c'est intéressant c'est vraiment une question de point de vue en fait
Claude exactement et petite anecdote du coup sur l'Ouganda parce qu'après on va passer sur sur sur les zones qui sont un peu plus un peu plus risquées et dangereuses que j'ai vécu quand j'ai franchi la frontière ougandaise par la Tanzanie en fait je suis arrivé je suis arrivé donc devant le lac Victoria et je m'étais posé une question à ce moment là encore une fois c'est ce que je dis c'est que quand on décide quelque chose puisque moi j'avais communiqué sur le fait de tout faire à pied les plus de 6 000 km sauf que du moment que j'use ma propre force c'est à dire la force de mes bras ou de mes jambes je m'étais dit que je restais cohérent dans ce que je faisais donc je suis devant le lac Victoria et là je regarde en fait sur mon GPS que du point où je suis ou au point où je dois aller à pied par la route donc qui est une route parallèle au lac Victoria il y avait sur la route quelque chose comme 350-400 km peut-être même un peu plus et par la voie des eaux seulement 150 km et là je me dis attends il n'y a pas à réfléchir je me dis il faut que ça par la voie des eaux tu vois et puis ça serait intéressant de pouvoir essayer un autre moyen tu vois et donc là je trouve un pêcheur qui est là et je lui demande et je lui propose justement s'il est ok en fait pour m'accompagner sur sa pirogue pendant le temps qu'il faut je ne sais pas au début je ne savais pas combien de temps ça allait mettre et lui il me dit je connais très bien il faudra mettre 3 jours et 2 nuits pour arriver au point où vous voulez aller et je lui dis est-ce que c'est faisable pour vous il me dit oui donc du coup après le monsieur bien évidemment que je le paye le montant dont il pêche normalement les poissons pendant 3 jours et puis on prend de la nourriture sur le bateau et pendant 3 jours et 2 nuits on vit sur le bateau on dort sur le bateau on pagaille sur le bateau et ça a été vraiment une expérience folle et je n'avais jamais vécu ça de toute ma vie et encore une fois une très très belle expérience donc voilà je voulais vraiment citer cette petite anecdote et là maintenant je rebondis vite fait avant de te parler des choses horribles et mauvaises sur des choses qui sont beaucoup plus belles parce que je tiens quand même à préciser à nos auditeurs que cette expédition pour moi a été magnifique dans l'ensemble même si je vais raconter des choses qui sont horribles parce que le plus important pour moi dans cette expédition était vraiment d'apporter ces médicaments à titre significatif à ces ONG qui travaillent avec des cliniques et des hôpitaux et cette aide financière à toutes ces personnes qui avaient besoin qui faisaient partie de ces ONG et j'ai pu voir et passer du temps avec ces gens là à chaque fois j'ai au moins passé un jour et une nuit avec ces ONG pour pouvoir mieux échanger mieux comprendre aussi leurs besoins et d'ailleurs aujourd'hui après cette expédition ça n'a pas été un contact d'une seule fois donc d'un one shot aujourd'hui j'ai toujours contact avec eux et je vais continuer tant que je le peux à les aider d'une façon ou d'une autre et du coup voilà c'était beau vraiment ces moments avec eux voilà c'est les quotidiens des choses du quotidien que nous on a ici en tant qu'occidentale et que l'on qui pour nous sont normaux c'est à dire je tire mon mon mitigeur et j'ai de l'eau là-bas les enfants et les femmes en fait doivent faire des kilomètres à pied et pieds nus bien évidemment pour aller chercher de l'eau pour la journée donc le lendemain ils font exactement la même chose et surtout ce n'est pas de l'eau potable ça c'est important de vous dire ils ont un réel besoin d'avoir donc de l'eau potable après bien évidemment que leur corps s'est habitué puisqu'ils grandissent avec certaines eaux mais ce qu'il faut savoir aussi c'est qu'il y a encore aujourd'hui en Afrique des enfants qui meurent de gastro à cause de l'eau parce qu'il y a des bactéries qui sont dedans et qui vont tuer des enfants parce qu'ils n'ont pas les médicaments et moi c'est ce que je souhaitais leur apporter avec les médicaments que je leur apportais grâce à un partenaire pharmacien c'était vraiment pouvoir leur apporter cette chose là même si c'était qu'à titre significatif parce que je n'avais pas non plus un conteneur de une tonne avec moi j'avais juste mon sac à dos de 40 kilos mais je tenais vraiment à apporter ce geste là parce que pour moi c'était vraiment trop important mais mis à part ça c'est des moments magiques et magnifiques de voir vraiment ces enfants grandir s'épanouir échanger sourire surtout parce qu'ils vivent avec le strict minimum mais vraiment je ne parle pas que de nourriture et d'eau je parle de vêtements je parle d'éducation au niveau scolaire ils vivent vraiment avec le minimum ils n'ont pas école tous les jours malheureusement parce qu'ils ne peuvent pas voire il y en a qui ne vont pas à l'école pendant un temps et ces ONG essaient de leur donner ce genre de choses et ça c'est vraiment très important et de leur apporter bien évidemment tout ce qui est vital pour leur vie donc voilà ça c'était un point super important pour moi et c'est pour ça que je souhaitais le dire maintenant parce qu'on va passer sur des choses qui sont très difficiles à raconter et à entendre aussi pour nos auditeurs donc voilà la partie la partie on va dire moins belle de cette expédition c'est aussi le sud-soudan quand je le franchis où il y a où après seulement 10 km de la frontière je suis avec un guide parce que voilà là je sais que je franchis un pays qui est à risque et dangereux et qui n'est pas en zone rouge mais là où j'allais marcher c'était quand même en zone orange et pas très loin des zones rouges enfin voilà donc je prends un guide avec moi et seulement après quelques kilomètres en fait un carambolage de voiture dû à un chaos créé par des terroristes armés qui étaient là et qui sévissaient en fait sur la seule route principale allant sur Djoua et les gens apeuraient en fait se rentrer dedans et carambolage de je ne sais pas combien de voitures et les gens étaient accidentés et c'était c'était horrible de voir ça parce que déjà dans un accident c'est pas beau à voir dans n'importe quelles circonstances mais là d'en voir blessés et certains qui n'ont pas survécu après qu'on soit partis c'est voilà je ne souhaite à personne de vivre et de voir ce genre de choses et voilà donc on a essayé avec le guide en arrivant dans ces accidents de donner les premiers soins ça c'était important pour moi et pour lui seulement voilà en écoutant les locaux qui parlaient qui disaient oui ils sont juste ils sont pas loin on peut pas rester alors qu'ils étaient blessés à terre ils perdaient leur sang mais ils avaient peur qu'ils viennent prendre leur vie en fait tout simplement donc et malgré leurs blessures et leurs pertes de sang ils voulaient absolument partir et pour eux c'était leur priorité puisque c'était vital donc voilà ça c'était ma première rencontre horrible et donc pour éviter que moi aussi je fasse partie de ces victimes là et après avoir essayé d'aider un maximum de personnes tant que l'on pouvait on est revenu sur l'Ouganda où j'ai pris un vol pour me diriger directement sur Khartoum au Soudan et là ça va être la deuxième plus mauvaise rencontre sauf que là elle a été un peu plus physique je fais la rencontre après trois jours au Soudan dans un campement qu'il y a non loin après quelques kilomètres je pose mon campement et puis je décide de dormir comme je le fais tout le temps normal à l'extérieur je trouve quelque chose on est dans le début du désert et puis là il y a deux personnes qui viennent qui viennent m'agresser à la machette et ouais c'était horrible je n'ai pas réfléchi sur le premier que j'ai vu en fait ils étaient venus une première fois sans rien et puis ils ont attendu en fait que je m'endorme et ils sont revenus une deuxième fois avec les machettes sauf que à ce moment là j'ai qu'une seule personne en face de moi je ne réfléchis pas je lui saute dessus je le maîtrise le premier sauf qu'il y a le deuxième qui arrive derrière et qui me met un coup de machette dans le dos et puis là c'est eux qui me maîtrisent et je me retrouve moi à terre et à ce moment là je ne pose aucune résistance et je leur donne exactement ce qu'ils veulent c'est à dire uniquement l'argent et puis voilà donc ça a été vraiment vraiment horrible de vivre et traumatisant de vivre ce genre d'expérience mais j'en retiens quand même j'en retiens quand même beaucoup de choses je sais que je ne referai pas les mêmes erreurs et surtout je donnerai si je peux donner des informations à certaines personnes qui veulent traverser comme moi ces pays là je vous dirais vraiment essayer d'avoir un contact dans ces pays là essayer d'être accompagné puisque oui moi pour cette expédition j'avais décidé de faire cette expédition tout seul tout le long j'ai été tout seul sauf c'est on va dire ces 10 kilomètres que j'ai fait avec ce guide mais après cela j'ai été tout seul tout le long et c'est vrai que ça peut être dangereux que ça soit avec les animaux ou l'humain mais aujourd'hui je sais que l'humain est beaucoup plus dangereux que les animaux que sont les animaux et donc voilà il faut vraiment essayer d'avoir un maximum de contacts il y a plein d'agences en fait qui sont spécialisées dans ce genre de choses au niveau de la sécurité humaine et il faut prendre contact avec eux pour faire cela et éviter justement que ce qui m'est arrivé à moi ça arrive à d'autres et donc voilà tant mieux si dans ce podcast ça peut aider d'autres personnes
Loïc et toi tu étais en contact avec alors là tu étais seul tu l'as dit mais est-ce que tu étais également en contact auprès je ne sais pas de l'ambassade oui les ambassades je ne sais pas si c'est que les ambassades qui gèrent ça mais notamment avec les ambassades exactement
Claude c'est que les ambassades qui gèrent ça et oui tout à fait j'étais en contact avec l'ambassade sauf que je ne vais pas je ne vais pas en parler là sur le Soudan parce que parce qu'ils n'ont pas été ils n'ont pas été droits avec moi et pas pas sympa du tout puisqu'après l'agression voilà sur la rencontre que j'avais faite avec l'ambassadeur lui-même au Soudan il y avait des choses qui avaient été dites sur justement s'il devait se passer quelque chose un numéro qui avait été donné en cas d'urgence et ces personnes-là n'ont pas réagi comme ils devaient le faire comme elles ont dit qu'elles le feraient et donc voilà j'ai été déçu déçu ça a été la première fois où j'ai été déçu de l'ambassade et ça ne sera pas la dernière puisque avec ce qui va venir vous allez comprendre pourquoi et donc voilà donc par contre ce que je peux dire sur le Soudan et là pour moi c'est pareil ça reste aussi important que les ONG et tous les enfants et femmes vulnérables que l'on a pu aider au travers de cette expédition c'est que j'ai fait la rencontre aujourd'hui je le dis comme ça de ma famille soudanaise c'est-à-dire c'est des gens en fait après mon agression qui m'ont maintenu en sécurité chez eux où je suis resté pendant un mois chez eux où ils m'ont donné à manger à boire et un toit sur lequel je pouvais dormir et maintenu en sécurité ça c'est important puisque là-bas en fait il y a beaucoup de gangs beaucoup de mafias beaucoup de gens malveillants et avec eux on a planifié justement l'avancée du Soudan puisque je ne pouvais plus le faire à pied à ce moment-là je devais avancer avec véhicule et même en véhicule ça reste dangereux donc il fallait le planifier et on a mis un mois justement pour planifier de Khartoum jusqu'au nord on parle quand même de 1000 à 1200 km et avec les arrêts qui allaient bien sur plusieurs villes sur le chemin jusqu'à franchir la frontière soudanaise pour aller en Egypte et puis là écoute c'est à partir de c'est ce qui a fait que tu es venu vers moi puisque tu as dû entendre ce qui s'est passé entre guillemets
Loïc exactement
Claude et je franchis la frontière et puis je fais la rencontre donc d'un général qui a la responsabilité des frontières des allées venues très gentil très respectueux très courtois vraiment qui a été à l'écoute mais qui devait quand même vérifier tout mon sac et savoir exactement pourquoi j'étais là et ce qui est tout à fait normal donc moi j'ai opposé aucune résistance ce qui était normal de lui expliquer les raisons de ma venue puisque je venais quand même du Soudan et pour eux c'était pas c'était pas anodin et puis il a très bien compris et à ce moment là il me dit écoutez on va vous donner un visa touriste et ça sera suffisant après lui avoir expliqué ce que je devais faire en détail ça sera suffisant pour faire ce que vous faites et si vous avez un problème ne vous inquiétez pas demandez-leur de m'appeler et moi je leur expliquerai je dis bon ok le monsieur c'est quand même un général donc je vais quand même me fier à ce monsieur et puis je pars et je fais je fais environ plus de un peu plus de 800 km pour arriver à une vingtaine de kilomètres du Caire où je me fais arrêter comme très souvent sur le chemin il faut savoir qu'en Egypte du sud au nord dans les routes principales il y a des checkpoints tous les 5 km donc j'étais arrêté tous les 5 km sur mon parcours des 800 km qui était normal en fait c'est juste des checkpoints ils prennent les informations et puis après ils vous laissent passer et puis c'est fini donc voilà je me fais arrêter là à ce moment là et puis là par contre on m'amène à un commissariat et puis on me fait subir un interrogatoire bon je réponds à toutes les questions et comme je connais très bien ce que je fais et surtout j'ai des preuves de ce que je fais comme mon GPS qui est un tracker et donc qui enregistre tous les passages où j'ai été dans tous les pays je leur montre pour leur prouver que ce que je dis est vrai et donc à ce moment là ils me disent bon ok le Caire est à peine une vingtaine de kilomètres on va vous accompagner comme ça jusqu'à votre hôtel bon je me dis ok il n'y a pas de soucis sauf que j'étais loin de me douter en fait que je débutais une détention dans mon hôtel alors on peut dire une détention ou une assignation à résidence c'est la même chose une détention dans mon hôtel pourquoi alors sur le coup je ne savais pas je ne l'ai su que plus tard pourquoi parce que après que ces personnes qui m'ont interrogé ont appelé le général de la sécurité intérieure le général leur a dit il faut qu'il ait un permis pour faire ce qu'il fait et je ne comprends pas comment le général à la frontière l'a laissé passer sans lui faire avoir ce permis là donc comme l'erreur n'était pas de moi mais du général qui m'a laissé passer avec un visa touriste eux ils s'en foutaient un peu qu'il ait fait une erreur ou pas pour eux je devais avoir un permis et surtout il y avait quand même pour eux quelque chose de suspicieux puisque j'avais du matos tel qu'un téléphone satellite ou du GPS qui est du matériel militaire pour eux et j'étais suspicieux parce que peut-être espion je te répète uniquement ce que l'on m'a dit peut-être espion et voilà donc qu'est-ce qu'ils font ils me mettent donc ils m'assignent en résidence dans mon hôtel donc en détention dans mon hôtel pour attendre le retour de l'ambassade pour savoir si je suis une personne bienveillante ou malveillante sauf que cette détention durera 14 jours pourquoi elle durera 14 jours parce que l'ambassade du début jusqu'à la fin c'est-à-dire jusqu'à ce que je rentre en France ils n'ont jamais répondu à personne donc là c'est quelque chose de fou puisque automatiquement quand dans les premiers jours la sécurité intérieure d'un pays appelle l'ambassade et qu'ils ne répondent pas je comprends que je deviens suspicieux à leur jeu c'est normal je pense que même moi je suis à la place de ce général à la sécurité intérieure je me mets à sa place et le pays l'ambassade de son pays ne répond pas donc bien sûr que je vais trouver ça suspicieux donc bref ça aura duré 14 jours 14 jours pour moi et pour tout ce qui s'est passé l'ambassade aura fait l'autruche le consulat le consulat a a rien fait jusqu'à un certain moment où je décide d'utiliser les réseaux sociaux pour pouvoir me faire aider et me faire sortir de cette situation qui durait trop longtemps parce que pendant 11 jours les 11 premiers jours je suis resté silencieux en essayant de gérer la situation par moi-même en allant les peu de fois où on m'a autorisé à aller deux fois au consulat et deux fois au ministère égyptien après ça je n'avais le droit à rien du tout comme un détenu donc c'est vraiment la même chose et même pas sortir pour aller m'acheter à manger non il fallait que je me fasse livrer et donc comme je n'avais aucune réponse jusqu'à ce qu'on m'explique à un moment donné que j'étais détenu voilà et c'est pas le consulat qui me l'a dit c'est les autorités égyptiennes donc je décide d'utiliser les réseaux sociaux donc là je fais une vidéo mais plusieurs qui font des milliers de vues et qui sont partagées par des personnalités publiques j'ai ma ville et les élus qui m'aident aussi à sortir de là ça remonte jusqu'au sénateur de l'héros ça remonte jusqu'au ministre des affaires étrangères et c'est ce qui a fait que voilà c'est un très peu loin et c'est ce qui a fait qu'au final j'ai été je ne vais pas dire libéré parce que ce n'est pas le mot du tout puisque si j'avais été libéré j'aurais plus du début jusqu'à la fin des policiers qui dorment devant la porte de mon hôtel 24h sur 24 7h sur 7 pour éviter que je m'échappe donc en fait c'est comme des matons qui sont devant la porte d'une prison et tu n'as pas le droit de sortir tant qu'on ne te donne pas l'autorisation pour aller marcher ou dans une course c'était exactement la même chose et au final pour m'accompagner jusqu'à l'aéroport où je serais comment dire mis en attente dans dans une grande à côté d'une grande cellule où il y a des interrogatoires avec tous les détenus donc j'étais c'était à ce niveau là donc je n'ai pas été libéré jusqu'à la fin par contre j'ai été accompagné jusqu'à la fin par la police pour pour que je puisse prendre cet avion là
Loïc punaise alors celle-là d'histoire elle est incroyable incroyable mais vraie incroyable mais vraie mais écoute c'est bon sans forcément parce que j'imagine j'imagine en tout cas ça se comprenait qu'il y ait pas mal de frustration de ton côté le simple fait de pas vraiment comprendre pourquoi il n'y a pas eu de réponse venant de l'ambassade alors que tu étais c'est ça tu avais besoin de support tu vois j'imagine bien que ça créait pas mal de frustration mais sans forcément commenter ce que l'ambassade a fait ou pas mais comment est-ce que toi tu as géré du coup cet imprévu tu le disais un peu plus tôt il y a plein de choses en expédition qu'on ne contrôle pas là pour le coup tu contrôlais absolument rien donc comment est-ce que tu as géré toi ces 14 jours mentalement
Claude en fait comme j'étais dans un hôtel il y avait quand même une française qui vivait dans cet hôtel et qui parlait égyptien ça a été ma traductrice pendant tout le long puisque les policiers ne parlaient pas anglais comment j'ai géré ça j'ai essayé pendant un temps jusqu'à ce que je fasse les vidéos qui étaient virales sur les réseaux sociaux de ne pas dire toute la vérité à ma famille parce que je n'avais pas envie de les inquiéter j'ai quand même une compagne et des enfants qui sont encore petits donc je ne voulais pas les apeurer ou ce genre de choses ni ma famille et mes amis et donc en fait j'ai maintenu je me suis mis une pression en fait et donc voilà ce qui m'a valu de m'affaiblir de m'amaigrir de psychologiquement aussi de m'atteindre à un certain moment jusqu'au point stop qui m'a dit c'est bon c'est maintenant utilise ta dernière carte qui sont les réseaux sociaux et voilà donc ce qui entre autres ce qui m'a maintenu c'est tout ce que je viens de te dire et surtout c'est le soutien de cette personne que je vais citer quand même parce qu'elle le mérite elle s'appelle Lina qui m'a aidé qui m'a soutenu sur le moment et pour te dire que c'est c'est vraiment incompréhensible pour tout le monde c'est que même le patron de l'hôtel n'avait jamais entendu ce genre d'histoire auparavant jamais et ce sont des égyptiens donc voilà mais aujourd'hui j'en veux pas j'en veux pas au gouvernement égyptien ou aux égyptiens en général c'est vraiment pour moi les fautifs c'est l'ambassade s'ils avaient répondu dès le départ ils n'auraient pas eu tout ça après oui il y a une frustration à ce niveau là de toujours pas savoir encore aujourd'hui quels ont été les tenants et les aboutissants pour savoir pourquoi ils n'ont jamais répondu la frustration aujourd'hui elle est plus physiquement pour moi je parle du petit à tête que je suis je dirais de ce manque qui est sur les plus de 6000 km à faire il me manquait les 178 km à faire du Caire pour arriver jusqu'à la mer Méditerranée donc ça oui effectivement ça a été une petite frustration une pilule que j'ai avalée bien évidemment au moment où j'ai revu ma famille et l'émotion était là et voilà ça a été beaucoup plus facile mais bon pour moi le job a été fait j'ai vu les ONG j'ai donné ce que j'avais à donner et puis voilà ça a été le plus important
Loïc super message et du coup du début à la fin tu disais que pour certains ça a pris 9 mois toi t'as eu même si il te manquait ces 170 km qui sont franchement anecdotiques vu les distances que t'as parcouru et puis ce que t'as dû gérer mais ça t'a pris combien de temps au final pour aller de la source jusqu'à cet hôtel
Claude 4 mois et demi en sachant qu'il a fallu que je que je saute la partie sud-soudanaise et une petite partie du Soudan puisque à cause des conflits ethniques au niveau et dangereux voilà ça a été la seule partie que j'ai dû sauter puisque voilà c'était vraiment trop dangereux et moi j'avais pas organisé et fait cette expédition au péril de ma vie même si à un moment donné voilà ça a été le cas mais tant que j'ai pu avoir moi les actions et le choix de dire bon ben je vais sauter cette partie là parce que c'est au péril de ma vie je l'ai fait après qu'on m'ait attaqué sur le chemin là c'est des choses qu'on contrôle pas donc tu subis les choses
Loïc ce que je trouve fascinant dans tout ton récit c'est que en fait que ce soit le meilleur ou le pire ça a été ça a été l'homme tu vois tu as commencé par nous raconter globalement enfin toutes les choses incroyables qui se sont passées les moments de partage de découverte ces trois jours avec ce pêcheur c'est complètement improbable qui sont qui visiblement sont des expériences tu vois qui t'ont vraiment marqué tu parlais de ta famille soudanaise donc il y a vraiment le meilleur où il y a en fait ça a été ces rencontres mais le pire c'est ça qui est fou je trouve c'est que ça a aussi été des rencontres bon pour le coup un peu moins un peu moins bonnes où la façon dont d'autres personnes ont décidé de porter assistance ou pas c'est ça c'est un peu la leçon que je retiens tu vois de tout ce que tu viens de nous partager c'est que c'est vraiment c'est l'homme qui fait la différence en fait dans toute expédition
Claude tout à fait tout à fait et puis pour finir j'ai envie de te dire voilà comme je t'ai dit tout à l'heure il y a le film qui sort s'il y a des auditeurs qui sont du côté de Béziers les alentours qui sort donc le mois prochain qui sera au cinéma mon ciné Polygone Béziers le 13 15 et 16 octobre et donc j'ai envie de dire allez le voir puisque ça reste quand même une belle histoire et puis ça a été réalisé par Anne-Flore Tarnot qui est franchement qui a fait un travail formidable sur une chose qui est importante aussi c'est que je me suis filmé vu que j'étais tout seul avec ma GoPro et il y a eu quelques éléments très peu très peu d'éléments mais quelques éléments filmés au téléphone mais franchement avec le travail qu'elle a fait je l'ai vu là hier pour pour pour une prémisse en fait et c'est un super boulot donc voilà il y a ça et et puis ben voilà comme l'aventure Claude Casse puisque c'est le nom de mon association ne s'arrête pas là l'aventure Claude Casse continue avec je l'espère pour 2022 fin 2022 une marche sur l'Antarctique pour deux pour trois choses il y a toujours l'aspect physique pour moi j'ai toujours besoin de me dépasser et de voir comme je l'ai dit au début de me tester encore une fois sur plein de choses mais il y a aussi deux autres aspects qui sont environnementaux et scientifiques
Loïc excellent ben écoute c'est tout le malheur que je te souhaite entre guillemets de pouvoir faire tu vois cette marche en Antarctique et puis ben je ne manquerai pas je vais m'organiser du coup pour pour que cet épisode soit sorti juste avant ton film comme ça si on a des gens du côté de Bézier qui nous écoutent à ce moment là et ben écoute ce sera ce sera l'occasion pour eux de venir découvrir tes aventures avec l'expédition Marcheur du Nil
Claude super et puis j'allais oublier putain si je fais mon premier mon premier gros trail de 80 km je l'ai dit ou pas je ne sais plus
Loïc on l'a dit en off mais vas-y vas-y
Claude voilà donc c'est c'est mon premier ultra officiel quand je dis officiel c'est parce que je me suis tellement testé sur plein de choses j'ai fait 480 km à vélo en 24 heures des 90 km à pied en 24 heures aussi mais sans nourriture et sans eau pareil c'était des tests donc voilà je me suis testé sur pas mal de choses mais là ça va être le premier 80 sur les Templiers qui est donc fin octobre aussi c'est du 24-26 octobre voilà je l'ai dit
Loïc les Templiers qui est pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas une des références je crois que ça a été le premier ultra trail en France la distance c'est 80 km c'est ça ? c'est ça ouais ok donc qui est un peu une référence historique dans le monde de l'ultra trail ouais et bah écoute je mettrai je mettrai tout ça aussi en description comme ça s'il y a des gens qui veulent aller te suivre ce sera possible et je voulais te remercier pour ce superbe partage même si voilà on a fini par les éléments moins sympas mais c'est quand même la réalité des expéditions parfois moi je trouve que le message global il est juste hyper positif et ça donne envie de se lancer alors peut-être pas tout de suite en tout cas pour moi dans des 6000 km un grand grand merci pour ce super moment de partage Claude et tout le meilleur pour la suite
Claude merci aussi à toi à bientôt à bientôt et
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