Virginie Qu'est-ce que tu as fait pour la vie ? En fait, j'ai l'impression que quand c'est juste, c'est aligné, les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler. La vie, elle est bien faite et qu'avec du recul, tout se met en place comme il se doit. Je pense vraiment que les rêves sont réalisables et qu'il faut croire en ses rêves et se donner les moyens aussi.
Loïc Allons-y. Bienvenue Virginie sur le podcast, ravie de t'accueillir en direct de La Réunion.
Virginie Merci beaucoup Loïc, ravie d'être ici.
Loïc Alors, moi je suis très content que Théré tu aies pu prendre du temps pour nous parler un petit peu de ton parcours et de l'expédition Glacialis. Puisque sur le podcast, j'aime bien avoir des invités qui viennent nous partager leurs histoires extraordinaires, mais aussi les projets dans lesquels ils s'investissent et pour le coup, l'expédition Glacialis, c'est clairement un beau projet d'envergure. En tout cas, moi je trouve vraiment vraiment sympa, donc j'ai hâte que tu nous en dises plus. Mais voilà, encore une fois, un grand merci pour ta disponibilité et ton temps. Et je te propose tout simplement de commencer par nous dire qui est Virginie, d'où est-ce que tu viens et ce que tu fais aujourd'hui ?
Virginie Alors, volontiers. Donc, je suis suisse, j'ai grandi dans une petite ville qui s'appelle Hiver dans les bains. Et puis, depuis que j'ai 6 ans, en fait, je suis passionnée par la mer, le milieu marin, je pense que ça vient de Cousteau. Ok. Et j'ai la chance en fait de savoir depuis toute petite que je veux, enfin que je voulais devenir biologiste marine. Du coup, j'ai orienté mon cursus un petit peu dans cette lignée en Suisse, donc en biologie. Et puis, j'étais aussi très intéressée par l'éthologie, l'étude du comportement des animaux, j'adore les animaux, l'étude de la vie. Donc, c'était une filière qui me correspondait bien. Et puis donc, j'ai fait mon master Neuchâtel sur les tiques en Afrique du Sud. C'était aussi très intéressant, plus sur les parasites, mais après avoir travaillé une année à la protection des animaux, derrière un ordinateur, je me suis dit que j'avais envie de faire un petit peu de travail de terrain et puis de me lancer dans cette façon qui m'a toujours dévorée en fait d'aller étudier les baleines et les dauphins. Donc, je me suis organisée une année qui a duré trois ans. Et puis, je suis arrivée un peu partout assister des chercheurs en fait à Madère, à Hawaï, en Australie, en Islande, en Méditerranée. Bref, j'ai bien voyagé et puis j'ai eu la chance de travailler avec des chercheurs très inspirants et inspirés et puis des magnifiques animaux et de découvrir un peu plus ce monde fascinant que sont les baleines et les dauphins. Et puis, depuis, ça fait huit ans maintenant, je fais ça aussi pour l'industrie où des fois je vais en mer sur les plateformes ou sur les constructions éoliennes ou faire des études d'impacte. Et puis en fait, je suis à bord pour stopper les travaux si on voit des animaux ou si on entend des animaux.
Loïc D'accord.
Virginie Parce que des fois, les travaux en mer sont invasifs. Donc, j'ai la chance de pouvoir faire des petits mandats comme ça. Et puis, c'est ce mandat qui m'a emmenée à La Réunion où je suis toujours depuis trois mois. Excellent.
Loïc Voilà.
Virginie C'est à peu près tout le parcours professionnel. Voilà. Super.
Loïc Et donc, comment est-ce que tout ça t'a emmenée vers le projet, enfin le projet, l'expédition Glacialis et en quoi est-ce que ça consiste ?
Virginie Alors, c'est une expédition qui va se dérouler à bord d'un voilier pour aller collecter des données, notamment en Arctique, sur les mammifères marins, mais pas que. Aussi sur des paramètres physico-chimiques, le phytoplancton, le microplastique, et puis le zooplancton, la nourriture un peu des baleines. Et puis, on s'intéressera aussi à la pollution sonore. Ok. Et puis, en fait, ce projet, il est né du fait que j'ai travaillé avec beaucoup d'associations de chercheurs dans l'industrie. Et puis, il y avait des choses très bien dans un petit peu tous ces domaines, des choses un petit peu moins bien. Je trouvais que ça manquait de collaboration, notamment, et puis de partage de données. Et puis, en 2019, j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Ocean Eye. C'est une association basée à Genève, en Suisse. Et puis, eux, ils ont des navires participatifs qui récoltent des échantillons d'eau à l'aide d'un filamentaire. Et puis, on analyse ces échantillons pour trouver le microplastique, pour voir, en fait, s'il y a du microplastique dans l'eau. Et puis, cette science participative m'intéressait beaucoup. J'avais envie de faire la même chose avec les mammifères marins. Donc, l'idée du projet, elle est partie un peu de cette idée-là. Et puis, à la base, on devait partir... Enfin, j'avais envie de partir sur un navire de la Fondation Pacifique, qui, eux, avait déjà fait un tour du monde de quatre ans dans le sud. Et là, ils prévoyaient d'aller dans l'Arctique. Et puis, en en discutant avec eux, c'était un peu compliqué de monter à bord. C'était un peu cher aussi. Du coup, j'ai eu la chance de rencontrer de nouveau via Oceanaï un capitaine qui avait un bateau et qui était très motivé à faire des projets avec son bateau. Et ça, c'est l'association qui s'appelle Atlas Expedition. Donc, cette association, c'est vraiment pour mettre en avant des projets en fournissant une plateforme. Et puis, ça peut être autant de la spéléologie parce que le capitaine, il est très impliqué là-dedans, ainsi que le président et puis toutes les personnes qui y travaillent, ou pour des expéditions diverses et variées. Mais là, en l'occurrence, on a réquisitionné le bateau pour l'expédition Glacialis. Il va durer, on l'espère, sur plusieurs années. Mais après, on verra. La première année, c'est l'année pilote. Génial !
Loïc Waouh ! Et donc, toi, ton rôle dans ce projet, si j'ai bien compris, tu es vraiment la chef de projet. Tu es la tête pensante, l'organisatrice principale de toute l'expédition.
Virginie L'idée, elle est partie de moi. Après, j'ai été vite rejoint par Mathieu, un collègue qui est français mais qui habite à Tadoussac et qui travaille avec les Belugas. Laurence, une de ses amies qui travaille aussi à Tadoussac avec les Belugas. Richard, que tu as interviewé, qui est aussi cameraman et biologiste. Et puis, Arnaud, le capitaine. Et puis, en fait, ce projet, c'est fou parce qu'à partir du moment où on s'est rencontrés avec Arnaud, on faisait une demande de fonds. Et puis, en un mois, ça a fait effet boule de neige. Et on a vraiment trouvé énormément de partenaires, énormément de personnes qui se sont impliquées dans le projet. Et puis, ça a vraiment grandi exponentiellement. L'année Corona, en fait, a été très propice pour nous. On a beaucoup travaillé sur Skype, avec vraiment beaucoup de personnes. Et puis, ça a vraiment pris de l'ampleur. Et du coup, cette idée qui est partie de moi, après, c'est devenu vraiment un truc... Ça a vraiment grandi et fleuri. Donc, c'est très chouette. Et toutes les personnes, en fait, qui sont impliquées dans ce projet, elles sont très motivées, elles sont très bienveillantes. Et c'est juste... On a beaucoup de chance. Je suis très reconnaissante de la vie pour ce projet.
Loïc C'est chouette de voir que vous avez une équipe qui est super internationale. En tout cas, Tadoussac, je n'avais pas vu que vous aviez plusieurs personnes de l'équipe qui étaient basées là-bas. Tadoussac, je crois que c'est un peu mythique pour les Français. Il y a beaucoup de Français qui vont au Québec. Alors, pour y vivre, il y en a beaucoup qui sont installés. Mais tu as aussi... C'est une destination, quand on pouvait encore voyager, qui est pas mal prisée des Français de Québec. Et un des lieux mythiques pour tout Français qui se respecte, qui va au Québec, c'est Tadoussac. Et c'est vrai que l'observation des baleines là-bas, ou des belugas, c'est un peu l'activité à faire. Donc, c'est chouette. Je ne savais pas qu'il y avait aussi un aspect recherche scientifique sur place.
Virginie C'est fabuleux. Franchement, pour avoir beaucoup voyagé et été à beaucoup d'endroits, Tadoussac, je pense que c'est un des meilleurs endroits au monde si tu vas en juillet et août pour voir les baleines. En plus, tu n'es même pas obligé de prendre un bateau. Tu les vois vraiment depuis les rochers, depuis le bord. C'est juste magnifique.
Loïc Du coup, j'en profite. Comme moi, je n'avais pas fait de tourisme guidé. Est-ce que tu peux peut-être nous expliquer qu'est-ce qui fait que cet endroit ? J'en profite. C'est fabuleux pour observer les baleines. Qu'est-ce qu'il y a spécifiquement là-bas ?
Virginie Alors, le fleuve est froid. Déjà, il est environ dans les 4 degrés. Donc, c'est des espèces qui vont venir se nourrir dans le fleuve. Puis, il y a des phénomènes de upwelling. Il y a des courants qui remontent. Ça brasse beaucoup de nutriments et puis ça attire beaucoup de nourriture. Du coup, en juillet à août, il y a beaucoup de baleines qui viennent s'alimenter dans le fleuve. Les belugas qui redescendent aussi, qui donnent aussi naissance dans le fleuve. Et puis, c'est vraiment un endroit où il y a beaucoup d'espèces qui se mélangent. Des baleines à bosse, des baleines bleues, des rocalfamins. Donc, c'est aussi des très grosses baleines. Il y a plusieurs... Il y a des belugas, il y a des petits marsouins, il y a aussi des phoques. Enfin, c'est vraiment très, très riche. Et c'est vraiment... Il y a même justement Eubaleenia glacialis, la baleine qui est en danger d'extinction. Qui était en fait l'année passée dans le fleuve. Et Mathieu nous a fait une très belle vidéo de cette baleine. Donc, c'est vraiment un fleuve très important pour les baleines. Qui est aussi pas mal pollué.
Loïc Pardon, tu disais pas mal pollué ?
Virginie Oui, parce qu'il y a pas mal d'industries qui rejettent en faire leurs eaux dedans. Et puis, c'est un petit peu le problème des belugas, justement. Il y a pas mal d'études toxicologiques en fait sur les belugas. Sur leur reproduction aussi. Du... Bah aux fleuves qui polluent en fait... Enfin, aux industries qui polluent les fleuves.
Loïc Ouais. D'accord. Bon, bah bon à savoir. Merci pour ces infos. Comme ça, s'il y a des auditeurs, des auditrices qui se rendent à Tadoussac, ils sauront ça. En tout cas, sur ce que tu disais, le fait que c'est un endroit rêvé pour observer des espèces. C'est vrai que moi, c'est peut-être les meilleurs souvenirs que j'ai du Canada. Puis après, je ferme la parenthèse à Tadoussac. Mais levé de soleil avec vue sur le Saint-Laurent et les baleines dans le petit matin et les geysers. C'était absolument incroyable. Alors, si on rentre peut-être un peu dans le détail de l'expédition. Oui. Pour que les gens se rendent compte, qu'est-ce que d'un point de vue logistique peut-être pour commencer là-dessus, c'est quoi les grandes caractéristiques du projet ? Combien de temps vous prévoyez ? Avec combien de membres d'équipage ? Le voilier se présente comment ? Si tu peux commencer à nous faire un petit peu embarquer sur la réalité de l'expédition, à quoi est-ce que ça va ressembler ?
Virginie Alors, c'est un voilier à deux mâts qui fait 43 feet ou 12,70 m. Il est vraiment conçu pour aller dans les glaces dans le nord. Il est robuste, il est en acier. Et puis, donc, sa capacité à bord, c'est pour maximum six personnes. Mais pour être confortable et quand même un petit peu serré, on sera quatre. OK. Là, l'équipe est déjà, une partie de l'équipe est déjà sur place. Il y a le capitaine et puis Mathieu et Laurence, donc les Canadiens qui sont aux Açores, à Santa Maria. Là, ils sont en train de peaufiner les derniers travaux sur le bateau. On va installer un désalinisateur, une éolienne, des choses qu'on a pu acheter grâce au financement participatif. D'ailleurs, merci à ceux qui nous écoutent qui ont participé. Et puis, donc, ils vont installer ça. Moi, je vais les rejoindre miné. Et puis là, on va commencer en fait à tester nos protocoles, à collecter des données sur les baleines qu'on va rencontrer. On va faire des photos pour faire de la photo-identification. Donc, prendre des queues de baleines en photo ou des dorsales de dauphins. On va également faire des images avec des drones, puis du dessus, pour mesurer l'état de santé des individus et puis voir aussi combien ils sont. Enfin, avec les drones de nos jours, on arrive à faire beaucoup de choses. Peut-être même qu'on prélèvera un peu d'ADN dans le souffle des baleines. On verra si on y arrive. Et puis...
Loïc Waouh ! Mais comment tu fais ça avec le drone ?
Virginie En fait, tu mets une boîte de pétri, donc une petite boîte ronde ouverte que tu scottes avec des scratchs. Et puis après, il faut se coordonner pour... Dès que la baleine fait surface, aller vraiment dans son souffle avec le drone. Et puis, on peut savoir beaucoup de choses sur l'état de santé de la baleine, sur le stress, sur le sexe aussi. Donc, il y a vraiment beaucoup d'informations. Et puis, c'est une méthode vraiment non invasive, en fait. Enfin, ou dérangeante, en fait, pour l'animal. Il a un peu le bruit comme un petit hélicoptère qui vole au-dessus de lui, mais sinon, c'est quand même très peu invasif. Et puis, on peut savoir pas mal des parasites aussi. Enfin, s'il est parasité ou s'il y a des virus ou des bactéries. Donc, on peut savoir beaucoup de choses, en fait, dans le souffle des baleines grâce au drone. Donc, on va essayer de faire ça aussi. Mais certaines baleines sont très rapides et puis on est en voilier, donc on verra.
Loïc Ouais !
Virginie Bon. Et puis, donc ça, après, on aura des systèmes acoustiques. Donc là, la logistique, ils sont en train d'arriver. On en avait un qui était stoppé à la douane, là, aujourd'hui. Donc, des frais de douane très élevés aussi. Ça, c'est les petites surprises du métier qui font pas toujours plaisir. Et puis, donc voilà, on aura les systèmes acoustiques, donc pour enregistrer la pollution sonore et puis les vocalisations des animaux. Et puis, nous, ce qu'on aimerait bien, c'est voir l'animal, l'enregistrer pour dire, ben voilà, ça, c'était l'espèce. Et puis, aider, en fait, à en savoir un peu plus sur les espèces. Et puis, nous collecterons également le microplastique avec un filet menta, le phytoplancton avec un autre filet, le zooplancton avec un bongonet. Donc, en fait, on va collecter beaucoup de choses. On a prévu de faire plein de choses. On veut faire de l'ADN environnemental aussi. Donc, prendre de l'eau, la filtrer et puis regarder les espèces qui sont présentes d'un point de vue génétique. Donc, voilà, on a prévu plein de choses de quantité scientifique. Mais on a aussi envie de faire vivre cette expédition aux gens. Et puis, c'est pour ça qu'on a la chance d'avoir un capitaine qui est photographe professionnel, Arnaud. Et puis, d'avoir Richard Merdans qui nous rejoint, puis lui qui est biologiste et puis qui s'est un peu spécialisé justement dans la caméra. Puis, l'idée, c'est de faire des capsules vidéo et puis de documenter un petit peu tous ces trucs scientifiques qu'on va faire. Parce qu'on aimerait bien que ce soit reproductible pour le plus grand nombre. Et puis, aussi montrer la vie à bord, les joies, les peines. Et puis, un petit peu. J'allais dire, normalement, mi-juin, une fois qu'on a un petit peu testé tout ça aux Açores, on se dirige pour le Groenland. Et puis, c'est 14 jours de mer. Et une fois arrivé au Groenland, là, on va tourner un petit peu dans la mer de Baffin. Et on devrait revenir fin août, début septembre, mi-septembre aux Açores normalement. À moins qu'on s'arrête ailleurs.
Loïc Cool. Alors, petite question peut-être sur la partie études scientifiques. Je suis curieux de savoir comment vous gérez les données, du coup. Est-ce que vous gardez tout avec vous à bord ? Enfin, est-ce que vous gardez tous les échantillons et vous faites les analyses une fois revenus ? Ou est-ce que ça se fait en continu et vous partagez tout de suite les données avec, je ne sais pas, des regroupements d'instituts ? Est-ce que tout devient tout de suite public ou pas nécessairement ?
Virginie Alors, pour tout ce qui est observation de mammifères marins, d'oiseaux, de phoques, on a prévu de faire ça plus ou moins en temps réel. Après, ça dépendra de la connexion, du travail à faire dans la journée et tout ça. Mais je dirais que plus ou moins deux, trois jours, on a prévu en fait de mettre ça en ligne. Sur notre site web, on a fait une carte. Et puis du coup, les gens pourront voir au fur et à mesure les espèces qu'on a vues. Et puis, cliquer dessus des fois s'il y aura des photos ou des articles. Et puis, on a prévu en fait que toutes les photos justement utilisent cette photo identification. Donc, pour savoir de quel animal il s'agit et puis peut-être le retrouver dans le monde. Et bien ça, on va mettre ça sur un serveur, un programme qui s'appelle Flukebook. Tout le monde peut faire un compte sur ce programme. Et puis, ça permet en fait aux gens de mettre en fait leurs photos de baleines. Et puis, quand il y a deux baleines qui se ressemblent par intelligence artificielle, ça va les matcher. Et du coup, on pourra savoir que telle baleine a été vue à Miami et puis telle autre a été vue en Antarctique. Et puis, c'est la même. Et puis voilà, comme ça, on peut savoir où elles vont. Parce qu'on en sait, mine de rien, très peu sur ces animaux. Et puis, dans la science, beaucoup gardent leurs données. Donc, des fois, des baleines qu'on voit tout le temps à certains endroits, on ne le sait pas parce que les gens ne partagent pas leurs données. Donc, l'idée, c'est vraiment de partager ces données comme ça. Donc ça, pour ces données, ça sera plus ou moins rapide. On va essayer de faire ça régulièrement, voire par semaine. Par contre, pour tout ce qui est échantillonnage d'eau, de phytoploncton, de zéroploncton et de microplastique, à bord d'un voilier, c'est chaud quand même parce que la mer, on n'a pas du tout de calme. Regardez à travers un microscope, les contaminations, les trucs comme ça. Donc ça, on ne peut pas faire sur le bateau. C'est trop petit. On a un très petit bateau pour ça. Donc ça, on va garder les échantillons et puis on va les envoyer dès qu'on peut à nos différents partenaires. D'accord. Et puis, pour l'acoustique, je pense que ça sera analysé aussi sur la fin parce que c'est quand même un peu plus long aussi à faire. Mais on verra. Peut-être qu'on fera ça aussi pendant le voyage.
Loïc Alors, sur l'acoustique, c'est intéressant ce que tu dis parce que… Alors, je n'ai pas du tout de background scientifique, donc j'ai du mal à me rendre compte, mais il y a de la pollution sonore dans des environnements aussi isolés que la mer de Baffin, les mers du Nord en général.
Virginie Oui, il y en a partout de la pollution sonore. Nous, on va en produire aussi dès qu'on mettra notre moteur. Oui. Et puis, cet article, c'est aussi un environnement qui est de plus en plus prisé. Et puis, l'idée, en fait, d'aller là-bas, c'est aussi pour faire une petite étude avant, en fait, que toutes ces routes de navigation s'ouvrent. Parce qu'une fois que les glaces seront fondues, on prévoit que ça sera pour 2030 en été, ben, les bateaux, les cargos gagneront deux semaines à passer par le canal du Nord-Ouest. Du coup, ce n'est pas négligeable et je pense qu'il y aura de plus en plus de trafic. Il y a aussi beaucoup de ressources en gaz et en pétrole là-bas. Donc, je pense qu'à un moment donné, si, voilà, si il y a des permissions qui se font, ben, ça va aussi créer beaucoup de bruit. Le milieu polaire, un milieu aussi où le son, il se diffuse différemment. Ou tout d'un coup, s'il y a aussi des fuites de pétrole ou de gaz, ça réagit différemment. Et puis, oui, les espèces, maintenant, vu que c'est avec le réchauffement climatique, tout change, en fait. Les espèces migrent, se déplacent, se rapprochent des fois des côtes ou pas. Les phoques ne peuvent plus mettre bas sur la banquise, donc ils doivent trouver d'autres endroits. Enfin, il y a, c'est vraiment un, je pense que dans les dix prochaines années, c'est vraiment un environnement qui va changer vraiment drastiquement. Pour le meilleur ou pour le pire, je ne sais pas. Je ne sais pas, mais c'est intéressant, justement, de prendre des échantillonnages de son pour voir... Parce que, par exemple, il y a des mers comme la Méditerranée où, là, le trafic est terrible entre les ferries, les bateaux de plaisance. Et on a vu, d'ailleurs, avec le coronavirus, qu'il y a eu une réduction incroyable, en fait, du bruit sonore grâce à l'arrêt un peu de beaucoup de bateaux. Donc, c'est intéressant aussi de voir comment on interagit avec ces espaces. Et puis, voilà.
Loïc Oui, je n'avais pas forcément pensé, mais c'est vrai que le passage du Nord-Ouest, s'il devient praticable, effectivement, l'impact sera assez important. Alors, pour celles et ceux, je ne sais pas si tout le monde est familier, mais tu me corriges si je dis une bêtise, mais je crois que c'est, pour le décrire rapidement, le passage du Nord-Ouest, en fait, c'est un passage qui est au-dessus du... en fait, qui part du Canada, de l'Est du Canada, on va dire, en gros, qui part de l'océan Atlantique jusqu'au Pacifique en passant par l'océan Arctique. Donc, c'est au-dessus du Canada. Et avant, c'était extrêmement rare de pouvoir le passer parce qu'il y a des glaces tout le temps. En fait, avec le réchauffement climatique, la période pendant laquelle ce passage est navigable est de plus en plus importante. Donc, ça évite au bateau de passer par Panama. C'est ça, quand tu parlais des deux semaines d'économiser, c'est par rapport à ça.
Virginie Oui.
Loïc Oui. Donc, c'est clair que là, en termes de pollution acoustique, ça pourrait devenir... ça pourrait faire un gros changement.
Virginie Oui. Oui, oui. Il y a... Et c'est vraiment un environnement où il y a énormément de biodiversité aussi. Et puis, c'est des espaces qui n'ont pas l'habitude d'avoir trop de dérangements. Enfin, c'est comme l'Antarctique, quoi. C'est encore des lieux quand même sauvages et préservés, même si l'Arctique, c'est le moins de plus habité. Oui. Donc, c'est... On a un blabier, plus ça peut rester comme ça, il vaut mieux ça, mais après...
Loïc Oui. Bon, en tout cas, je suis sûr. Et puis, c'est cool de voir qu'il y a des projets qui se montent comme expédition glacialis pour faire le point sur où est-ce qu'on en est maintenant et peut-être permettre, si jamais, effectivement, ça devient un peu critique, d'agir.
Virginie Nous, on a un petit peu une goutte d'eau dans l'océan. Mais après, si plein de petites gouttes d'eau s'y mettent.
Loïc Exactement.
Virginie Oui.
Loïc Exactement. Cool. Ben, écoute, merci pour les précisions sur l'aspect recherche. C'est super intéressant. Je me posais la question, et comme tu disais, le bateau n'est pas non plus énorme. Donc, j'étais curieux de savoir si vous aviez des labos embarqués ou comment vous alliez faire pour les échantillons. Mais effectivement, ça fait sens quand tu dis que vous analysez tout ça au retour.
Virginie Non, là, c'est un peu trop petit pour ça. Après, pour tout ce qui est photo et ordinateur, ça, c'est bon.
Loïc Alors, une autre question qui me vient, c'est comment est-ce que vous vous préparez ? Je ne sais pas si vous vous connaissez tous très bien, si vous avez déjà fait des expéditions ou en tout cas des projets sur lesquels vous avez vécu, somme toute, un bateau, comme tu le décris, de six personnes max. Ce n'est pas non plus le grand confort avec chacun sa cabine et une zone bronzage à l'avant pour se détendre. Donc, comment vous vous préparez à cette partie un peu plus humaine, on va dire, de l'expédition ?
Virginie Oui, justement, je pense que la promiscuité, elle sera forte. On se connaît, mais on se connaît. Certains, on ne s'est jamais vus en vrai. On s'est vus par Skype ou en live ou comme ça. Après, je pense qu'on cerne quand même les caractères de chacun. Je pense qu'on se complète bien. Mais après, ça reste autant une aventure scientifique qu'artistique, avant tout une aventure humaine. Et puis, c'est clair qu'il y aura des moments un peu plus chauds que d'autres. C'est un petit peu forcé, mais je ne sais pas. Pour avoir travaillé sur beaucoup de bateaux, je pense que c'est aussi un état d'esprit. Et je pense qu'on a tous un esprit ouvert. On est assez tolérants et bienveillants les uns envers les autres. Je ne me fais pas énormément de soucis là-dessus. Peut-être que je devrais. On verra l'avenir. Mais non, je pense que ça devrait bien se passer. Après, c'est vrai qu'on n'a pas de cabine qui se ferme vraiment, à part à l'avant où tu as les toilettes et tu as une cabine plus ou moins double. Mais sinon, je pense que l'intimité, on l'aura quand on fera nos quarts de nuit. Et puis, on regarde dans la mer. Parce que notre grand travail, ça va être de regarder la mer quasiment tout le temps pour voir s'il y a des conditions. Et puis, quand on regarde la mer, moi, je trouve que c'est très méditatif aussi. On est chacun de son côté du bateau. Soit avec de la musique, soit en discutant. Donc, on arrive quand même à se faire une petite bulle par cette bulle que forme le bateau aussi. Mais c'est vrai que ça va être... Puis là, tu vois, les Canadiens, ils apprennent à découvrir Arnaud, le capitaine, parce qu'il ne l'avait vu que par Skype. Et puis là, ça fait une semaine qu'ils sont arrivés. Donc, ils ont découvert le bateau et le capitaine en même temps. Moi, j'avais passé trois mois sur le bateau de septembre à décembre. Et puis, je connaissais pas.
Loïc Ah oui, donc tu connais... Tu es familière du bateau quand même déjà, toi.
Virginie Voilà, maintenant, moi, je suis familière du bateau. Et puis, ouais. Donc, non, c'est chouette. Mais c'est vraiment une aventure sur tous les plans, quoi.
Loïc Ouais. Cool. Oh là là, ça fait rêver. Et justement, puisqu'on commence un petit peu à rentrer dans le détail vraiment de l'expect. Toi, en tant que chef d'expédition, tu dirais ton rôle, en quoi est-ce que ton rôle est un petit peu différent des autres ?
Virginie Ben moi, je coordonne un peu le tout. Donc, je connais toutes les personnes qui sont impliquées dans l'expédition. C'est souvent moi qui prends contact avec les gens. Et puis, du coup, je fais un peu... Je délègue. Je suis un peu là. Donc, j'ai... Ouais, enfin, je suis un peu au courant de tout ce qui se passe. Et puis, c'est un peu par mois qu'on passe quand il y a des questions ou des choses comme ça. Et puis, je suis un peu plus l'aspect relationnel peut-être aussi.
Loïc Ouais.
Virginie Ouais.
Loïc Par exemple, faire les podcasts ou ce genre de choses.
Virginie Voilà. Les autres, ils sont timides aussi.
Loïc Et par curiosité, l'équipe complète, c'est... Est-ce que vous avez des gens qui sont dans l'équipe mais qui ne seront pas sur le bateau ? Ou l'expédition Glacialis, c'est... L'équipe, c'est l'équipage.
Virginie Alors, c'est beaucoup de monde, en fait. Parce que l'équipage, en soi, de base, on était Mathieu, Laurence du Québec, Richard du Québec, mais belge. Et puis, Arnaud et moi. Donc là, on était les cinq. Et puis, au final, Mathieu et Laurence ne restent pas. Ils font deux mois et repartent faire l'été avec les Bellogas. Et là, nous aurons Mathieu, un Américain qu'on a rencontré l'année passée. Mathieu Ryle, qu'on a rencontré l'année passée aux Açores, qui nous a beaucoup aidés pour des demandes de fonds. Avec son magnifique anglais. Et puis, c'est aussi un scientifique. Et puis, qui a aussi tout quitté pour partir voyager. Donc, c'est chouette. Richard, lui, Richard devait venir à la base pour moins longtemps, pour un mois aux Açores et un mois aux Groenland. Mais avec les dispositions Covid, au final, il semblerait que les gens ne peuvent pas atterrir aux Groenland. Donc, on est obligé de partir depuis les Açores. Donc, là, nous allons partir avec Mathieu, Arnaud et Richard pour le Groenland. Donc, ça, c'est l'équipe terrain. Mais on a encore Alex et Marion, qui, eux, nous aident pour tout ce qui est logistique. Pour ce qui concerne un peu plus les lignes, oui, de la biodiversité. Et puis, c'est avec eux, ainsi qu'Angie et Alex, qui, eux, nous ont fait les traducteurs. Et puis, ils nous ont conseillé aussi. Donc, là, ça, c'est un peu l'équipe avec laquelle on Skype régulièrement. On se fait des updates réguliers. Et puis, qui participent à faire les demandes de fonds, les projets, à écrire des mails, à faire des petites news. Enfin, voilà. Donc, ça, c'est l'équipe de terrain, quelque part.
Loïc Oui.
Virginie Et puis, alors, après, à ça, on rajoute tous les membres d'Atlas Expedition, l'association Arnaud, le président, le coprésident, qui se sont tous investis à un moment donné ou l'autre sur le bateau. Et là, qui nous aident beaucoup pour l'expédition Glacialis. Moi, je fais aussi partie de la Suicitation Society. C'est une société suisse d'étudier cet acé qui est basée à Lausanne. On est tous bénévoles dedans. Et puis, ils m'ont aussi bien aidée pour le projet. Et puis, à cela, s'ajoutent plus d'une cinquantaine de partenaires, en fait, qui nous fournaissent du matériel, des conseils, qui vont nous aider à analyser les données. Donc, au final, il y a ça. Plus encore maintenant toute la communauté, plus tous les gens qui nous ont aidés et donnaient un peu d'argent pour nous aider à partir, parce qu'il nous manquait 30 000 francs. Et puis, au final, on a soulevé 40 000 francs, donc c'est génial. Ah oui ? Au final, c'est vraiment une histoire qui grandit, qui grandit. Et il y a vraiment beaucoup de gens, beaucoup de gens appliqués. Et c'est chouette, quoi. Et tous les jours, on reçoit... Moi, je reçois des mails géniaux. Là, j'ai encore discuté avec un garçon qui s'appelle Wilfried, aujourd'hui, et puis, ils sont intéressés à développer tout un truc d'intelligence artificielle, de stockage des données, tout ça, pour un projet un peu bootcamp pour France. Donc, c'est chouette. À chaque fois, on a des nouvelles idées qui se rajoutent, et puis des nouveaux partenariats. C'est hyper riche, c'est très chouette, vraiment.
Loïc C'est génial. En tout cas, c'est super intéressant d'entendre que... Il y a la partie qu'on voit, c'est-à-dire vous, les cinq membres d'équipage, qui allaient partir et être vraiment sur le terrain, mais qu'en fait, derrière, il y a toute une énorme équipe qui a permis que le projet prenne vie. Et je trouve que c'est intéressant, parce que c'est vrai que souvent, on voit la partie visible, la partie visible de l'iceberg, mais il y a souvent bien plus que ça.
Virginie Non, non, c'est clair, là, c'est vraiment... Et en fait, moi, c'est vraiment ce que je voulais pour ce projet, c'est que ce soit un projet participatif. Et puis, j'espère que ce qu'on va faire là, ce sera vraiment reproductible par le plus grand nombre. Et puis, que des marins ou des passionnés puissent reprendre, en fait, ce qu'on va faire pour aider, en fait, à collecter des données et puis à savoir le plus possible de choses sur les milieux et l'environnement qu'on fréquente, en fait.
Loïc Oui. Et peut-être pour qu'on se rende compte un petit peu d'un point de vue budget, de ce que ça représente, un projet de cette envergure, vous aviez besoin de combien pour prendre le départ et combien est-ce que vous avez réussi à trouver au final ?
Virginie En fait, on a fait pas mal de demandes de fonds et puis on estimait pour la première année quelque chose comme 200 000 francs. Ça, en étant...
Loïc Donc, ça fait 160 000 euros pour les...
Virginie 160 000 euros.
Loïc Pour ceux qui sont pas en Suisse.
Virginie En étant déprayés. Et puis, au final, on a récolté le 70 % avec des partenariats. On a eu la chance qu'Arnaud, le propriétaire du bateau et de l'Atlas Expedition, nous fasse pas payer, en fait, le bateau et puis nous offre très généreusement. Donc, ça, ça a fait un gros coup qu'on n'avait pas à payer, en fait. Et puis, on nous a prêté du matériel scientifique. On nous a prêté... On nous a sponsorisé aussi pour des produits de cosmétiques ou pour nous aider des produits éthiques, des produits scientifiques avec Pelliquet. Enfin, on a eu pas mal de partenariats, des choses comme ça. Et puis, en fait, là, pour partir, il nous manquait vraiment 30 000 francs pour tout ce qui était essentiel, le matériel de sécurité, de communication, pour la haute mer. Après, tout ce qui est... Essence, matériel scientifique, il nous manquait des hydrophones. Enfin, c'est vraiment 30 000 francs. C'était le minimum pour que ça joue. Et puis, avec le double, on aurait pu se défrayer un peu. Parce que là, on est tous bénévoles. C'est un peu... Peut-être mon seul regret, parce qu'on a fait... On a mis beaucoup d'efforts là-dedans, aussi beaucoup d'efforts dans les demandes de fonds. Puis, je pense qu'on avait un projet intéressant. Mais oui, à chaque fois, il y a beaucoup de candidats et plus d'élus.
Loïc Oui.
Virginie Et puis, avec cette situation un peu particulière du coronavirus, je pense que ça va aider. Donc, voilà. Mais on espère que l'année prochaine, ça sera un petit peu plus... On pourra se défrayer, en tout cas. Mais après, voilà. L'essentiel est qu'on puisse partir et puis qu'on puisse réaliser les objectifs qu'on s'est fixés. Oui.
Loïc Super. Alors, j'ai dit une bêtise. 200 000 francs, c'est 180. C'est 10 % moins. 180 000 euros. Donc, c'est quand même un énorme budget. Bravo d'avoir réussi à lever tout ça, même si vous ne pouvez pas encore vous défrayer. Mais je suis sûr qu'avec la visibilité que vous allez avoir, avec toute la super communication, les belles photos d'Arnaud, peut-être le podcast aussi, ça va contribuer pour les années suivantes à ce que l'aventure continue.
Virginie Oui, ça serait chouette. On verra bien. On s'est dit. Allez, pilote. On verra bien.
Loïc Peut-être dernière question sur les données. Donc, tu nous as parlé des photos qui partiront dans une base de données, si j'ai bien compris, qui est accessible à n'importe qui. Oui. Mais vous avez des partenariats. Vous faites aussi de la recherche pour des instituts spécifiques, je pense. Tu vois un invité qu'on a eu, Gilles Denis, qui fait des relevés de données pour l'Institut Royal Belge de Climatologie ou quelque chose comme ça. Il fait des relevés de données pour plein d'instituts différents. C'est aussi votre approche ? C'est quelque chose que vous allez faire ?
Virginie Oui. Alors, par exemple, pour le phytoplancton, on va travailler avec une chercheuse qui s'appelle Alison Cussick et qui travaille en Antarctique. Elle, elle est intéressée à avoir des données sur l'Arctique. Elle fait partie d'un collectif. C'est Citizen Polar Science. Et puis là, il y a aussi plein de choses, en fait, que les bateaux peuvent faire pour aider la science. Donc, ça peut être autant la couverture nuageuse avec la NASA que regarder la visibilité dans l'eau, que collecter des données sur les oiseaux, les mammifères marins. Donc, ça, c'est un collectif aussi dans lequel on va donner nos données. On va travailler avec Ghost Gear Initiative aussi. Eux, c'est pour le plastique, les déchets flottant en mer, notamment les filets dérivants. Donc, en fait, c'est une application que tout le monde peut télécharger. Et puis, dès qu'on voit un déchet, on donne la coordonnée GPS. On n'est pas obligé de le récupérer parce que des fois, dans les mers, c'est vraiment impressionnant, en fait, tout ce qu'il y a. On ne peut pas, en fait, récupérer tout ce qui s'y trouve. Mais... Donc, ça, c'est tout des... En fait, des plateformes accessibles à tous où les données sont accessibles au plus grand nombre pour l'acoustique, ça va être mis, justement, sur une carte interactive également. Les vocalisations, les pollutions marines vont être comparées avec l'intelligence artificielle. Ça, c'est avec Lab de l'Université de Barcelone de Bioacoustique. Monsieur Landry qui est en commande de ça. Et puis, Ocean Eye, ils ont également une carte interactive de microplastique dans le monde entier. Ils sont très intéressés par l'Arctique parce qu'il y a très peu de données. Donc, on va alimenter leurs cartes virtuelles. Et puis, l'idée, c'est aussi de mettre vraiment toutes ces recherches, de réunir, en fait, toutes ces données à un endroit pour qu'elles soient accessibles à tous. et puis, voilà. Donc, on essaye, on espère que ça va jouer.
Loïc Super. C'est intéressant de voir que, j'ai l'impression qu'il y a vraiment, tu parlais d'expédition participative, que c'était important pour toi, mais j'ai vraiment l'impression que c'est, dans la communauté scientifique, c'est un peu le mode de fonctionnement par défaut. C'est-à-dire que vous partagez les données, le projet de l'un sert le projet de l'autre qui vient alimenter des données accessibles à tous. C'est intéressant de voir l'approche vraiment désintéressée que vous semblez avoir. Alors, je fais peut-être une grosse généralité, mais c'est l'impression que ça donne.
Virginie Oui, je pense que c'est vraiment, moi, je pense que ce qu'il y a le plus important dans le monde, c'est la nature. Et puis, bien trop souvent, on ne lui donne pas sa place. Et puis, pour moi, la nature, les animaux n'ont pas de prix. et c'est ça qui doit primer, en fait. Et je pense que d'où cette envie de collaboration, en fait, et d'open source et de ne pas avoir le profit directement, mais juste la connaissance, en fait, et aider au mieux. Donc, voilà. Après, il me manque un petit peu ce côté financier, peut-être. Voilà, après, on fait les choses par passion, avec le cœur. Et puis, pour moi, c'est ce qui est le plus important, mais ouais.
Loïc C'est un beau message. Super. Bah, écoute, il y a une dernière question que j'aurais envie de te poser sur l'expédition, c'est de quoi est-ce que toi, tu as hâte plus particulièrement ?
Virginie J'ai hâte d'être à bord et d'être dans le concret parce que c'est vrai que là, ça fait 8 mois, 9 mois que c'est beaucoup d'administratifs, de gestion, de stress pas mal aussi, mais pas vraiment de terrain. Et moi, l'ordinateur, ça va, mais ce que j'aime, c'est le terrain. Moi, je m'aurais joué juste d'être sur le bateau, de regarder la mer, d'être bordé balay. Je crois que c'est le... Voilà, d'être avec l'équipe. Là, ça m'a émue, en fait, de voir Arnaud avec Mathieu et Laurence parce que, déjà, ils se rencontraient pour la première fois et puis, c'est là le projet qui prend forme, vraiment. Non, je me réjouis de les rejoindre et puis d'être dans le concret, vraiment, et d'être dans l'action et dans la nature, sur l'océan. Voilà, naviguer. Wow.
Loïc Écoute, tu penseras à nous, tous celles et ceux qui restent derrière dans leurs appartements quand ils seront en train de profiter des grands espaces. En tout cas, ça fait vraiment rêver. On sent l'énergie quand on parle. Donc, c'est entraînant. Oui. Super. Écoute, peut-être le mot de la fin. Toi, qu'est-ce que tu auras envie de partager avec les auditeurs, les auditrices par rapport au projet ou par rapport à ce que toi, tu as appris de la façon dont tu as mené Explédition Glacialis, Glacialis, je suis arrivé, Glacialis, jusqu'à aujourd'hui ?
Virginie En fait, j'ai l'impression que quand c'est juste, c'est aligné, que les choses se déroulent comme elles doivent se dérouler. Des fois, on est un peu frustré, on aimerait que ça se fasse avec telle ou telle personne et au final, ça ne marche pas. Mais en fin de compte, on se rend compte que la vie, elle est bien faite et puis qu'avec du recul, tout se met en place comme il se doit. Et puis, je pense vraiment que les rêves sont réalisables et qu'il faut croire en ses rêves et qu'il faut se donner les moyens aussi. Et ouais, je pense qu'il faut suivre son cœur et ses joies et puis quand on fait ça, on peut faire de belles choses, rencontrer des belles personnes et puis après, tout se fait en place en fait. j'insisterais tout le monde à vraiment suivre son cœur et ses joies pour réaliser des projets des grands ou des petits, mais ouais, des projets qui vibrent.
Loïc Ouais, quel beau message en tout cas. Tu viens de nous partager un bel exemple de ce que ça peut donner quand on suit ses rêves et qu'on s'en donne les moyens. Donc, même si, bon voilà, tu n'as pas encore pris le départ, mais c'est un super, super belle aventure que tu as partagé avec nous et j'ai hâte de pouvoir suivre tout ça avec toute la communauté qui est autour de vous. Donc, je mettrai en description de l'épisode tous les liens vers les différentes plateformes qu'on pourra utiliser pour voir où est-ce que vous en êtes, consulter les photos d'Arnaud. Alors, moi, j'ai particulièrement hâte de voir les photos. Je ne sais pas si l'idée, c'est d'en poster super régulièrement, mais je me dis que ça peut être juste incroyable de vous suivre quasiment en temps réel. En tout cas, ouais, tu m'as bien fait rêver et j'ai hâte de voir ça.
Virginie Tant mieux. Et je pense vraiment que l'art, c'est très important et c'est vraiment ce qui touche les gens aussi. Donc, c'est vraiment un côté que j'ai très à cœur dans ce projet. c'est vraiment le côté artistique. Je pense que une image vaut mille mots. Donc, on va mettre l'accent là-dessus, ça c'est sûr. on essaiera d'être régulier dans ce qu'on poste pour vous faire voyager avec nous.
Loïc Génial. Ben écoute, merci beaucoup Virginie d'avoir pris le temps de venir partager ton parcours et l'expédition Glacialis. d'ici à ce que l'épisode sorte, je pense que il y a de fortes chances que le départ ait déjà eu lieu. je te souhaite, j'en profite maintenant comme je suis un petit peu en avance par rapport à toutes celles et ceux qui écouteront la conversation pour croiser les doigts pour que tout se passe sans un microche, que vous preniez du plaisir à vous lancer dans l'expédition, que ça devienne enfin concret comme tu disais. Et je te remercie une fois de plus pour ton temps, ta disponibilité et pour nous avoir ouvert les portes de ce très beau projet de recherche scientifique.
Virginie Merci beaucoup Loïc, c'était un plaisir et puis belle suite à toi et félicitations pour ces jolies interviews.
Loïc Merci Virginie, à bientôt.
Virginie À bientôt. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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