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Saison 3 EP·144 Parcours de vie #Ironman #ultra-trail #entrepreneuriat

19 décembre 2023

Repousser ses limites : Plongeon dans le monde des triathlons XXL avec Clémence Decoene

Durée · 1h16 · Transcription disponible

Clémence

Le récit

Cette semaine j'échange avec Clémence Decoene, une passionnée de sports d'endurance qui a su repousser ses limites en devenant finisher de 3 triathlons XXL, chose qui lui paraissait impensable il y a quelques années.

Car voyez-vous, avant son 1er IronMan, Clémence avait un certains nombre de croyances :

❌ Les coachs c'est pour les sportives pro seulement
😨 La préparation d'un IronMan c'est beaucoup trop exigeant

Aujourd'hui, son approche est complètement différente. Elle pratique l'ultra long pour le fun, mais a pris un coach.

Et sa plus grande réalisation pendant la préparation de son IronMan : elle aime avoir un plan d'entrainement bien structuré 🤩. Chaque séance qu'elle valide, c'est un rendez-vous avec soi qu'elle peut cocher ✅, une promesse qu'elle tient vis-à-vis d'elle-même.

On parle également du lien entre pratique sportive et univers professionnel, puisque Clémence occupe un gros poste chez Popchef, une startup française dont la mission est d'être la cantine digitale des entreprises.

Enfin, la conviction de Clémence qui m'a marqué ? 👉🏼 Chacun de nous peut repousser ses propres limites et réaliser des objectifs initialement jugés impossibles ✨

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Transcription

Lire la transcription intégrale · 15 308 mots

Je pense que le meilleur enseignement que j'ai eu, c'est que, comme je te le disais, pour moi, l'Ironman, c'était quelque chose qui me semblait complètement impossible il y a encore trois ans. Et en fait, je me suis rendu compte que, en mettant des micro-objectifs, en me disant « Ok, cette semaine, tu vas faire ça et t'en es capable. La semaine prochaine, tu vas faire ça et t'en es capable. » Et en fait, si tu veux quelque chose qui te semble impossible, si tu te mets des micro-tâches, en fait, pas à pas, tu vas y arriver à ton objectif qui te semblait impossible. Salut, c'est Loïc. Bienvenue sur Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Chaque semaine, je vous fais découvrir des invités extraordinaires, des femmes et des hommes qui ont osé se lancer et qui se sont donné les moyens d'atteindre leurs objectifs les plus fous.

À travers leurs actes, ils nous montrent, par l'exemple, que tout est possible et qu'on a tous un potentiel exceptionnel, en réalité, un frappé qui sommeille en nous. Eux se sont autorisés à nous libérer. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant contributeur sur Tipeee, le lien est en description, ce qui vous permettra d'écouter les épisodes en avant-première, de rejoindre les visios mensuelles des Frappés ou encore d'accéder à du contenu exclusif. La clé de la confiance en soi, c'est de passer de ses rêves à l'action.

C'est la phrase prononcée par mon invité de la semaine, Clémence, qui m'a le plus marqué. Clémence a une vie qu'elle qualifie de classique, elle a un job prenant avec des équipes à gérer et dans son équilibre de vie, elle a fait une place au sport et au sport d'endurance plus particulièrement. Ce qui l'anime depuis plusieurs années, c'est le triathlon. Elle a commencé par un format M, puis un Alpha Ironman, un Full Ironman et à l'été 2023, elle a enchaîné deux triathlons XXL, des légendes d'ailleurs dans la discipline, l'Alpsman et l'Embrunman. Franchement, rien que d'y penser, j'en ai des courbatures. On échange du coup sur sa préparation à des épreuves de cette envergure, ce qu'elle y trouve mais aussi sur l'incroyable capacité du cerveau à oublier la douleur pour ne retenir que bon moment.

Allez, on part nager, rouler et courir avec Clémence. Excellente écoute à vous les frères.

Bienvenue Clémence sur le podcast, je suis super content de te recevoir. Merci à toi de m'avoir invitée. Fraîchement débarquée de la Plagne, en plus j'adore cet endroit, il faut que tu nous en parles, il y avait de la neige. Oui, il y avait vachement de neige et la station n'était pas encore ouverte. Ah le bonheur. Exactement. Du coup, vous avez fait quoi ? Ski-rando, c'est ça ? On a fait ski-rando pour les copains et moi j'étais en splitboard. Le splitboard, c'est l'équivalent du snowboard de randonnée. C'est un snow qui se coupe en deux. Tu peux monter en ski et ensuite, une fois que tu arrives en haut de la montagne, tu recoupes, tu réassembles les deux parties et tu descends en snowboard.

Énorme. Donc, tu as une peau de phoque aussi. Exactement, tu as des peaux de phoque, c'est exactement le même principe que le ski de rando. Ok, ok. Trop bien. Ah là là, la plagne station fermée. J'étais allé avec des très bons copains en 2021. Entre les Covid, tu vois, je crois qu'ils avaient damé une piste, mais c'est tout. C'est génial. Oh là là, l'expérience, je ne sais pas ce que tu en penses, mais l'expérience des stations avec de la neige, mais personne, le bonheur. Exactement. Moi, c'est comme ça que j'ai découvert en réalité le speedboard parce qu'avant, je faisais un peu comme tout le monde. Tu sais, tu as les stations qui sont ouvertes, donc tu y vas quand tu peux, tu pourras les remonter.

Et le jour où tu découvres la montagne vide, silencieuse et juste toi avec les copains, c'est incroyable. Trop bien.

Trop bien.

Eh bien, écoute Clémence, on va parler de plein de choses super intéressantes. On va parler de sport, on va parler, d'ailleurs, je n'ai pas vérifié avec toi en off, mais tu vas me dire tout de suite en live si c'est bon ou pas, si on peut en parler. On va parler aussi d'univers start-up, de comment est-ce que tu maries les deux et puis très certainement de plein d'autres choses. Parfait. Ce que je te propose, c'est peut-être pour lancer tout ça, de nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, qui est Clémence.

Du coup, je m'appelle Clémence, j'ai 30 ans. J'ai une vie qu'on pourrait qualifier d'assez ordinaire, je pense, parce que je travaille dans la même start-up, tu l'as dit, depuis 7 ans. J'aime sortir, j'aime boire des verres avec mes amis, donc assez classique. Et dans cette vie assez ordinaire, j'essaie de vivre le maximum de moments extraordinaires, que ce soit sur le plan sportif, parce que je suis tombée dans le triathlon il y a 4-5 ans maintenant, et je fais des triathlons longs, en format Ironman, ou que ce soit sur le plan aventure, parce que dès que j'ai des moments qui sont libres et que je ne suis pas avec mes copains ou que je ne suis pas en train de préparer un triathlon, j'aime bien prendre mon vélo et aller vivre des aventures, que ce soit j'ai fait le tour de Taïwan en solitaire, à vélo, j'ai fait la traversée des Alpes, d'Est en Ouest, du Nord au Sud,

de traverser des Pyrénées, plein de petites aventures ou à pied, en rando ou à vélo pour découvrir des nouveaux paysages. Trop bien. Le sport, tu as eu quel rapport au sport plus jeune ? Est-ce que c'est quelque chose d'assez récent ou tu as un peu baigné dans une famille de sportifs ? Tu faisais du sport jeune ? Alors je faisais du sport jeune, mais je jurais que par les sports extrêmes. Pour moi, il n'y avait que ça qui existait. Et pourtant, j'ai grandi à Paris, donc je n'étais pas la mieux servie en termes de sport extrême. Mais pour moi, le sport était égal à planche à voile, à snowboard, à wakeboard, tous ces sports de glisse, dans lesquels tu as des sensations. Et je ne comprenais pas du tout. J'avais des copains qui couraient, mon frère courait.

Et je ne comprenais pas du tout pourquoi est-ce qu'il y avait cet engouement pour la course à pied. Moi, je me disais, mais en fait, tu t'ennuies, tu t'embêtes. Pourquoi est-ce que les gens font ça ? Moi, à côté, j'avais l'impression de vivre des merveilles en planche à voile et que ça me procurait des sensations extrêmes. Et en fait, c'est marrant parce qu'aujourd'hui, j'ai complètement changé. Et je me suis mis, du coup, sur des sports plus d'endurance et moins des sports extrêmes. Super intéressant. Elle s'est fait comment, ta rencontre avec les sports d'endurance ? Il y a un moment en particulier dont tu te souviens ? Oui, complètement. J'étais étudiante et puis j'avais passé une mauvaise journée. Et je me dis, allez, j'avais des baskets, ce qui était des baskets sur le monde de tennis,

multisport ou je ne sais pas quoi. Et je me dis, allez, je vais courir ce soir en bord de mer. Et puis, je cours, je cours. Et en fait, je me suis dit, ça fait du bien à la tête de courir. Ça fait penser à autre chose. Et puis, c'était la première fois vraiment que je courais. Bon, à part les 3x500 à l'école, mais ça ne compte pas vraiment. Et je me suis dit, ça procure vachement plaisir, une sensation de bien-être. Et en fait, je me retrouve à courir d'e-borne. Et puis, le lendemain, je me suis dit, allez, j'y retourne. J'avais évidemment des courbatures parce que je n'étais pas du tout entraînée. Et puis, je cours 15 bornes. Je vois sur mon Strava, et c'était hyper lent, vraiment très, très lent.

Je vois sur mon Strava 15 bornes et je me dis, allez, et si je poussais jusqu'à 21 ? Mais vraiment, par pur challenge. Et puis, je pousse jusqu'à 21. Mais encore une fois, quasi, c'était de la course, mais quasiment allure marche. Et puis, le soir, j'avais un dîner avec des copains et je leur dis, ok, je vais m'inscrire à un marathon. Et les potes me disent, mais attends, tu es complètement folle. Tu n'as jamais été, ça fait deux fois que tu cours. Tu ne peux pas t'inscrire à un marathon alors que tu as couru deux fois dans ta vie. Ce n'est pas raisonnable pour ton corps. Tu ne fais pas ça. Et en fait, du coup, le fait que mes copains disent, non, non, ne fais surtout pas ça,

forcément, je me suis inscrite parce que j'avais envie de leur prouver que si, si, c'était très bien et que j'en étais capable.

Et donc, du coup, je me retrouve sur le marathon. Donc là, c'était en quelle année ? Ça, ça devait être il y a 7 ans maintenant. C'était il y a 7 ans. Donc, 23 ans. Et c'était quel marathon ? C'était le marathon de Paris. Ah, le marathon de Paris. Exactement, le plus facile, enfin le plus évident parce que j'habitais à Paris. Et du coup, je ne m'entraîne pas vraiment. Je fais la même erreur que tous ceux qui s'entraînent pour la première fois. C'est-à-dire qu'un mois avant, coup de panique. Ah mince, je ne me suis pas assez entraînée. J'ai couru une fois toutes les deux semaines ou une fois par semaine, je ne sais plus. Mais bon, je n'avais pas mis une grosse rigueur.

Et donc, je me suis rentraîne, je me fais les suglaces.

Le classique. Exactement, le classique, la même erreur. Donc du coup, je fais deux semaines de pause avant le marathon. Je cours une fois avant le marathon. Au final, le marathon, je cours hyper lentement. Mais ça se passe super bien. J'adore ça. Je passe la ligne d'arrivée et je me dis, c'était génial. J'ai envie de plus. J'ai envie de pousser mes limites plus loin. Et de voir où je peux aller en fait. Et donc du coup, je me dis, bon, j'ai deux choix. Soit je passe sur de l'ultra, enfin en course à pied. Soit je passe sur du triathlon. Et là, je me dis, ça peut être marrant de faire du triathlon. Ça va me faire voir d'autres sports. Et puis, je me suis dit, le vélo, je pense que c'est un sport qui va me plaire.

Parce qu'il y a le côté découverte de nouveaux paysages. Où tu peux voir plein de choses. Et je me suis dit, allez, go sur le triathlon. Et donc là, un peu le même schéma qui se produit. J'ai un long triathlon qui arrive. Je passe la ligne d'arrivée du triathlon. Donc, c'était un triathlon M. Un petit format. Je passe la ligne d'arrivée. Et il avait fait super chaud. C'était du coup, le 10 km qui est à la fin du... La dernière partie du triathlon, c'est un 10 km de course à pied sur le format M. Et j'avais vraiment beaucoup, beaucoup souffert. Parce qu'il faisait plus de... Je crois qu'il faisait quasiment 40 degrés. Donc, je passe la ligne d'arrivée. Je me dis, non, plus jamais.

C'était dur, vraiment. J'en ai bavé. Et là, il se passe un phénomène assez marrant. C'est que trois jours après, j'oublie complètement cette douleur-là. Et je me dis, je ne retiens que le positif. Je pense que mon corps était plein d'anorphines. Et je me dis, ah, mais c'était génial. Il faut que je fasse plus. Et donc, en fait, là, j'avais commencé à mettre... Sans le savoir, j'avais commencé à mettre le doigt dans l'engrenage. Je me suis laissée prendre à mon propre piège. Et donc, du coup, une semaine après, je m'inscris à un Half Ironman.

Et donc, viens trois mois avant le Half Ironman, où là, je me dis, tu ne t'es pas assez entraînée, mais tu ne vas pas faire la bêtise de sur-entraînement. Ce que tu vas faire, c'est que tu vas t'inscrire dans un club. Pour trois mois. Parce que dans ma tête, c'était vraiment une espèce de case à cocher. Tu vois, c'était, OK, je me lance un challenge. J'ai envie de finir un Half Ironman une fois dans ma vie. Et puis ensuite, il y a plein de sports qui me font envie. Il y a l'alpinisme. Il y a l'escalade. Il y a la voile. Enfin, il y a plein de trucs que j'ai envie de faire. Donc, du coup, tu vas faire ce Half Ironman. Tu vas te mettre dans un club. Et puis, dans trois mois, tu feras de l'alpi.

Ce sera très bien. Et voilà, tu auras fait ton challenge.

Et donc, du coup, je m'inscris dans un club.

Pour trois mois.

Pour trois mois. En me disant, en trois mois, je tourne la page. Et ce qui se passe, c'est que je fais un stage d'entraînement. Pour préparer ce Half Ironman. Ce stage d'entraînement, il a lieu dans le Verdon. Et en fait, quand je suis, quand je fais mon stage dans le Verdon. Donc déjà, j'y vais sans vélo. Parce que j'avais un, j'avais même pas, j'avais un vélo. Je crois que c'était un VTT. Donc, j'y vais sans vélo. Enfin, si, non, pardon. J'y vais avec le vélo de mon frère. Mon frère qui mesure 1m85. Et qui avait un vélo B-Twin en alu. Qui était un bon vélo, mais pas du tout à ma taille. J'y vais sans cuistard. J'y vais sans chaussures qui se clip. Ceux-là, les chaussures automatiques.

J'y vais vraiment en touriste total. Trois mois avant l'Ironman. Et au final, je suis dans les gorges du Verdon. Je suis là, je suis sur mon vélo. Avec les copains que je m'étais fait au club. Et j'ai un immense déclic. Et je me dis, mais en fait, c'est incroyable. T'es dans la nature. Tu fais ton sport. Tu te dépasses. Il fait beau. Et en fait, là, pour la première fois, j'ai un peu cette sensation de plénitude, de bien-être. Où je me dis, mais en fait, j'adore ça. J'adore ce que je suis en train de vivre là. Et pour la première fois, j'envisage que le triathlon, ça ne sera pas forcément juste une case à cocher. Mais peut-être que l'Alpi, je pourrais remettre ça un an plus tard.

Et donc là, ce qui se passe, c'est que je fais le Half Iron Man. Je le fais avec des copains. Encore une fois, ça se passe super bien. J'avais fait celui d'Aix.

Ça se passe super bien. J'adore. Je passe la ligne d'arrivée. C'était quand même un peu dur. Je passe la ligne d'arrivée. Et je m'étais dit, non, non, je ne mettrai jamais le doigt dans un Iron Man. Parce que qui dit Iron Man, dit que là, c'est une prépa qui n'a rien à voir. C'est des objectifs qui sont... Enfin, c'est un objectif qui est le double quand même. Et donc, je m'étais dit, non, non, je n'irai pas jusque là. Je m'arrête au Half. Bon. Je passe la ligne d'arrivée. J'oublie encore une fois complètement la douleur. Donc, je n'ai rien appris de mon triathlon M. Je refais la même erreur. Et une semaine après, je me dis, ah, finalement, maintenant que j'ai fait un Half,

pourquoi je ne ferais pas un full, un vrai Iron Man ? Et donc, du coup, je m'inscris à... Et puis, en plus, ce qui était trop bien, c'est que j'avais des copains de mon club qui s'étaient inscrits à un Iron Man. On était... Donc, il y avait une vingtaine. Ils avaient pris une grosse maison avec piscine. L'Iron Man avait lieu le samedi. Donc, on s'est dit, OK, le dimanche, on fera la grosse fiesta autour de la piscine. Ça va être trop bien. Donc, je me dis, OK, je prends un dosar pour un Iron Man et puis je le ferai avec ses copains. C'était lequel, du coup, celui-là ? Nice ? Celui-ci, c'était... Non, alors, c'était le Frenchman à Ourtin, qui est l'Iron Man le plus plat de France.

OK. Et en fait, il a été annulé à cause du Covid. Donc, annulé, annulé, reporté, annulé, encore une fois. Et donc, en fin de Covid, il se posait la question de, est-ce que j'ai gardé celui-ci ou est-ce que j'en prenais un autre ? Et au final, moi, je déteste le plat. Vraiment, c'est ma plus grosse hantise. Je m'ennuie sur le plat et je ne suis même pas forte et je ne prends pas trop de plaisir. Je m'étais vraiment inscrite pour être avec les copains. Et donc, du coup, en sortie de confinement, je me dis, bon, en fait, ce n'était pas le bon. Je vais en refaire un autre. Et puis, le groupe, c'était un peu disloqué avec les confinements. Et donc, là, je me dis, OK, je vais m'inscrire à l'Iron Man Dex.

Et puis, c'est comme ça que je me retrouve à préparer mon premier Iron Man. Génial. Punaise, mais au final, tu es allée super vite quand même. Entre ce premier 10 kilomètres qui s'est transformé le lendemain en 20, qui s'est transformé en marathon, etc. Il s'est coulé combien de temps ? Entre, tu vois, ce premier run et l'Iron Man ? En fait, ça a été retardé par le confinement. Puisqu'il y a eu deux ans un peu off. Mais sinon, j'ai commencé mon premier run, mon tout premier, c'était effectivement il y a 7 ans. Et mon premier Iron Man, c'était la N1R, donc il y a 6 ans. Mais ça devait être... OK.

Moi, je me dis, c'est beaucoup plus rapide. Oui, c'est ce que j'avais été demandé. Du coup, avec du recul, est-ce que ça te paraît être un rythme effréné ? Est-ce que tu as l'impression d'être allé vite ? Ou finalement, c'était assez naturel ? Et si c'était à refaire, tu referais la même chose ? Ah non, si c'était à refaire, je referais complètement la même chose, oui. Non, j'aime bien me donner des challenges. J'ai besoin de ça. J'ai besoin de me donner des challenges. Plus c'est impossible et plus ça me fait rire. On me fait marrer et plus ça me motive pour aller m'entraîner. Et je pense que l'Iron Man, c'était vraiment, il y a encore 3-4 ans, quelque chose que je jugeais complètement impossible.

Il fallait être complètement fou pour faire un truc pareil. Je m'étais dit, ça serait génial que j'arrive à faire un Iron Man avant mes 40 ans. Au final, ça a été un peu plus rapide que j'ai vu. Non, je referais pareil. Je referais pareil parce que, en fait, pour moi, tu vas trop vite si jamais tu fais du mal à ton corps, si tu ne te traînes pas bien. Là, en l'occurrence, j'avais une prépa qui était hyper carrée, millimétrée. Et donc, du coup, je trouve qu'à partir du moment où tu ne fais pas de mal à ton corps, tant mieux. Tant mieux, autant en profiter, aller vite. Du coup, première Iron Man, donc tu le termines. Est-ce que immédiatement, tu te dis, enfin, est-ce que tu es à nouveau, tu as le même schéma, tu vois, quelques jours plus tard, tu as oublié la douleur

et boum, c'est parti sur un autre format complètement dingue. Parce que là, tu ne nous en as pas encore parlé. Mais moi, je sais qu'il y a des formats encore plus dingos que l'Iron Man sur lesquels tu t'es lancé. Donc, ça a été quoi, tu vois, le ressenti à l'arrivée et dans les jours qui ont suivi ? Alors, pour la première fois, en fait, le déclic là, parce que là, après, j'étais plus dupes. Je me suis dit, OK, j'aime vraiment bien le triathlon. Et en fait, je vais rester encore un peu dans le triathlon. Et là, le pire, on mettra ça vraiment beaucoup plus tard. Et à un moment où je vais arrêter de me mentir à moi-même. Et en fait, ce déclic là, je ne l'ai pas eu pendant la course.

Je ne l'ai pas eu pendant l'Iron Man. Je l'ai eu pendant la prépa. Je l'ai eu pendant la prépa parce que j'ai des amis qui m'avaient offert mon anniversaire. Meilleur cadeau, il m'avait offert un coach. Un coaching d'un coach pro. Du coup, c'est une personne qui va te mettre sur une application tes séances. Ce n'est pas lui qui va être là au quotidien avec toi pour faire tes séances. Par contre, il va te demander comment tu te sens. Et puis, il va te mettre tes séances adaptées à ton objectif. Et donc, du coup, il m'avait offert ça. Chose que je ne me serais jamais offerte à moi-même. Parce que je me disais, mais je n'ai pas du tout le niveau d'avoir un coach.

Moi, je fais juste ça pour m'amuser, pour me marrer. Mais bon, je fais ça un peu dans mon coin.

Et en fait, c'est le fait d'être coachée. Et c'est le fait d'avoir une vraie discipline. Ce qui changeait avec les préparations que j'avais faites avant. Où c'était un peu... Bon, c'était un peu... Comment dire ? J'allais dire what the fuck.

Ce n'est pas le mot le plus politique. Mais tu vois ce que je veux dire. Ça partait un peu dans tous les sens. Et c'était un peu à l'envie. Aujourd'hui, j'ai envie de faire ça. Demain, j'aurai envie de faire ça. Et puis voilà. Et là, en fait, pour la première fois, je me suis dit... OK, là, c'est un challenge qui est quand même important. Tu ne peux plus jouer juste comme ça. Sur OK, tu as envie de faire ça. Tu n'as pas envie de faire ça. Donc maintenant, il faut avoir une vraie discipline. Il faut te mettre des vrais objectifs. Et puis chaque semaine, il faut savoir exactement ce que tu fais. Et donc le coach était là pour me dire... Cette semaine, tu vas faire ça, ça, ça, ça comme entraînement.

Et en fait, je me suis rendu compte que j'ai pris un énorme kiff à suivre cette prépa-là. Et en fait, c'est ça qui m'a fait rendre vraiment un peu accro et tomber dans l'Ironman. C'est le fait d'avoir une prépa où tous les jours, tu sais ce que tu dois faire. Tu sais quel entraînement tu dois faire. Et en fait, à la fin de la journée, tu es super content de toi. Parce que tu as réussi à faire ton entraînement. Et du coup, cette espèce de promesse que tu t'étais faite à toi-même de dire OK, lundi, je fais ça. Mardi, je fais ça. Mercredi, je fais ça. En fait, tu la tiens cette promesse-là. C'est quelque chose d'hyper satisfaisant. Et puis à côté de ça, tu t'entraînes six jours sur sept.

Tu fais du sport six jours sur sept. Donc, ton corps, il est blindé d'endorphines juste pendant toute la prépa. Et en fait, tu as un bien-être. Tu te sens super bien en permanence, que ce soit physiquement, mentalement. Même physiquement, tu vois, forcément, ton corps, il change un peu. Tu te sens, tu ne te tiens plus droit. Tu as une meilleure position, tu as une meilleure posture. Et tout ça, c'est des trucs qui font que tu te sens super bien. Et je pense que c'est vraiment à partir du moment où j'ai découvert cette prépa-là et cette discipline-là, que je suis tombée à fond dans le triathlon. Et je me suis dit, ah ouais, ça m'apporte plein de choses, même en termes pro, en termes perso.

Et que c'est à partir de ce moment-là où je suis devenue un peu accro au challenge. Et que je suis tombée vraiment dans l'Ironman. Ce qui est intéressant, parce que tu disais un peu plus tôt qu'initialement, c'est cette préparation-là, le niveau d'intensité, la fréquence, etc., qui te faisait plutôt peur et qui te faisait dire, un Ironman, jamais. Exactement. En fait, j'avais trop peur du côté discipline qui, pour moi, allait m'enfermer. Là où j'ai besoin de beaucoup de liberté. Et en réalité, je me suis rendu compte que ça t'apporte beaucoup de choses et qu'en fait, ça ne t'enferme pas du tout. Parce qu'à partir du moment où tu remplis ton contrat avec toi-même,

tu te sens hyper libre de faire ce que tu veux. Tu te sens hyper bien. Et ouais, en fait, je m'étais trompée complètement sur ce qu'était la prépa Ironman. Pour qu'on se rende compte un petit peu, tu as souvenir d'une semaine type, je ne te parle pas forcément des semaines, tu vois, des gros, gros blocs, parce que j'imagine que tu travaillais en bloc. Mais tu vois, combien d'entraînements, dans combien de disciplines, combien d'heures à peu près en moyenne tu t'entraînais ? Alors, en moyenne, c'est 15 heures par semaine. Donc, c'est entre 12 et 17 heures.

Et ensuite, c'est trois entraînements vélo, donc deux le week-end. Généralement, un samedi, un dimanche avec minimum une sortie longue. Donc, ça va être quatre heures. Et un la semaine qui va être sur home trainer. Donc, le home trainer, c'est le petit engin de torture sur lequel tu vas poser ton vélo. Et tu as un compteur de watts. Et puis, le but, ça va être de faire un peu comme du fractionné en course à pied. Tu vois, ça va être d'atteindre un certain nombre de watts pendant un certain temps. Ensuite, tu as des moments de repos et puis tu reprends. Ça, c'est pour le vélo. Pour la natation, c'est le sport que j'aime le moins entre les trois. Donc, je suis moins assidue.

Et c'est le sport en général que les triathlètes aiment le moins. Donc, cette natation, je faisais deux séances par semaine. Et puis, à la fin, j'étais un petit peu fatiguée. Donc, plutôt une séance par semaine.

Et la course à pied, c'est pareil. C'est trois séances par semaine globalement. Ok. Donc, tu avais une journée double entraînement en fait. Ouais, ouais, ouais, ouais. Waouh. Et parfois, c'était un peu plus. Donc, je pouvais avoir… En fait, tous les samedis, c'était double entraînement. Et puis, généralement, j'avais une ou deux journées aussi en plus où c'était double entraînement. Donc, il devait y avoir encore plus d'entraînement que ce que je te dis là. Encore une fois, je pense que c'est le biais de mon cerveau qui ne se souvient que des trucs. En moi, c'était trop bien. Mais oui, non, il y avait plusieurs journées double entraînement. Donc, effectivement, il devait y avoir un peu plus d'entraînement que ce que je te dis.

Bon, alors du coup, exercice pas facile puisqu'on a bien compris que tu as un cerveau qui fait bien le tri entre les souvenirs douloureux et les moments cools. Mais ça a été quoi pour toi le plus gros challenge de cette préparation ? D'un point de vue général, pas uniquement sportif. Mais voilà, pour le moment, on l'a simplement évoqué. Tu as quand même un poste avec pas mal de responsabilités dans une boîte qui a eu une croissance fulgurante. Donc, j'imagine qu'il y avait un petit peu de pression ou en tout cas des enjeux importants de ce côté-là.

Comment tu as réussi à marier les deux et à tenir dans la durée sans t'épuiser ? C'est une très bonne question parce qu'effectivement, comme je l'ai dit, ça représente 15 heures par semaine. J'ai des grosses journées aussi au boulot. C'est une question qu'on me pose souvent. Et en fait, ce que je dis généralement, c'est que tu vois, là, j'ai 30 ans. J'ai des amis qui commencent à être papa, maman. En fait, quand tu as un enfant, du jour au lendemain, tu passes de 0 heures vraiment pour toi. Tu vas dédier, je ne sais pas, 20, 24 heures de ta semaine. Même peut-être plus, 30 heures, je ne sais pas, peut-être 30, 40 heures. Je ne me rends pas compte. Je n'ai pas fait le calcul.

À ton enfant. Et en fait, du coup, ce temps-là, on l'a tous. C'est juste qu'on n'en fait pas notre priorité. Et moi, quand je me suis mis dans l'Ironman, j'ai décidé d'en faire ma priorité. Et en fait, les gens qui sont papa, qui sont maman, ça ne veut pas dire qu'ils ont arrêté leur boulot. Tu vois, ils combinent les deux. Mais ils font de leur enfant leur priorité. Et moi, c'est un peu comme ça que je le vois aussi. C'est-à-dire que j'ai fait du sport, ma priorité. Ça ne veut pas dire que j'ai fait un trait sur le boulot. Pas du tout. Je continue mes journées. Elles n'ont pas changé. Ça ne veut pas dire que j'arrête de voir mes amis. Ça veut dire que je regarde de la télé zéro minute par semaine. Ça veut dire que je passe le moins de temps possible sur les réseaux sociaux,

le moins de temps possible sur mon téléphone. Et que du coup, tout ce temps-là, je le mets à profit du sport. Et sinon, ce que je t'ai dit, c'est un peu faux. C'est vrai que je vois un peu moins mes amis. Je m'organise différemment, en fait. Disons que s'il y a des soirées qui sont prévues comme ça, un peu à l'improviste du jour au lendemain, je ne pourrais pas toutes les faire. Ça demande un peu plus d'organes à la semaine.

Tu le mentionnais tout à l'heure, les impacts positifs, super positifs de cette prépa Ironman. D'un point de vue pro, comment est-ce que ça a changé ? Qu'est-ce que ça a changé pour toi ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Je pense que le meilleur enseignement que j'ai eu, c'est que, comme je te le disais, pour moi, l'Ironman, c'était quelque chose qui me semblait complètement impossible il y a encore trois ans.

Et en fait, je me suis rendu compte qu'en mettant des micro-objectifs, en me disant, ok, cette semaine, tu vas faire ça et tu en es capable, la semaine prochaine, tu vas faire ça et tu en es capable, la semaine d'après, une fois que tu auras fait ces deux semaines-là, tu vas faire ça et tu en es capable. Et en fait, si tu veux quelque chose qui te semble impossible, si tu te mets des micro-tâches, un peu comme des micro-tâches, là, je parle plus en langage boulot, mais des micro-tâches, des micro-objectifs, en fait, pas à pas, tu vas y arriver à ton objectif qui te semblait impossible. Et en fait, du coup, quand j'ai réalisé ça, c'est plein de petits verrous que j'avais dans ma tête qui ont sauté d'un coup où je me suis dit, mais en fait,

il y a peu de choses qui sont impossibles dans la vie. Tant que tu mets beaucoup d'énergie, que tu y passes beaucoup de temps, que tu te mets de la discipline et que tu en fais ta priorité, en fait, quasiment tout est possible. Et ça, ça a été donc du coup, quand tu réalises ça, en réalité, c'est assez fou, tu vois, le moment où tu dis ça parce que du coup, tu prends une certaine confiance en toi où tu te dis, bah, en fait, je suis capable de faire plein de choses et parfois, c'est juste moi qui m'auto-persuade ou moi qui ne suis pas assez confiante, mais j'ai des capacités pour faire plein de choses, que ce soit sur le domaine sportif, en l'occurrence, là, en Ironman, ou que ce soit sur le domaine pro

ou dans d'autres domaines de ma vie perso. Et donc, j'ai un peu eu ce déclic-là de me dire, mais en fait, tout est possible, même des choses qui semblaient complètement inenvisageables. Et donc, dans ma vie pro,

il y a eu ce premier truc-là, ce premier déclic-là. Et ensuite, je me rends compte que quand je manage mes équipes, je les manage un peu comme un coach sportif, manage ses équipes. Et en fait, c'est marrant parce que je m'en suis rendu compte assez récemment. Ce n'était pas du tout voulu, de base. Mais tu vois, la première chose que fait un coach sportif, j'ai l'impression que c'est qu'il essaie d'analyser qui l'a en face de lui. Est-ce que c'est quelqu'un qui va vouloir être poussé ? Est-ce que c'est quelqu'un qui a besoin d'être un peu tapé au bâton ? Au contraire, hyper encouragé. En fait, avec mes équipes, je fais exactement la même chose. La première chose, c'est que tu comprends

comment la personne fonctionne. Est-ce qu'elle a besoin d'être micro-managée ? Est-ce qu'elle a besoin, au contraire, de liberté ? Est-ce qu'elle aime bien avoir des deadlines hyper serrés ?

Pas du tout. Et en fait, du coup, la première chose, ça va être de comprendre qui t'es en face de toi. Et la deuxième chose, moi, tous ces petits verrous que j'ai réussi à faire sauter avec l'Iron Man et qui me font comprendre que peut-être que je me mets des blocages, je fais la même chose avec mon équipe. Donc, mes équipes, je leur dis, lorsque je recrute quelqu'un, je dis, ok, dans un an, on va faire ça. Et là, généralement, c'est impossible, comment on va y arriver ? Et en fait, je leur dis, regarde, on va passer par A, t'es d'accord ? T'es capable de faire A ? Ils me disent, bah ouais, ok. Ok, une fois que t'es capable de faire A, tu seras capable de faire B. Bah oui, ok. Puis C, puis D, puis E,

puis F, puis G. Et puis regarde, après G, c'est H. Et H, c'est ce que je t'ai dit. Et en fait, du coup, c'est vraiment, j'ai l'impression que j'ai copié un peu, sans le vouloir, mais j'ai copié un peu l'espèce de discipline, l'espèce de plan que tu te mets en sport, de micro-tâches, de micro-objectifs qui font qu'à la fin, t'arrives à un gros objectif qui, au début, te paraissait impossible. Et donc moi, mon job en tant que manager, ce que j'essaie de faire, en tout cas, c'est de leur faire sauter leur petit vélo et de leur faire sauter leur... Comment on appelle ça en psycho ? Des... Des croyances limitantes. Exactement, leurs croyances limitantes et de leur dire, mais si, regarde, tu vas être capable de le faire et de toute façon, moi, je suis là en backup et on est là, on va le faire ensemble,

ce truc-là. Je suis ton parachute, je suis ton filet de secours et t'inquiète pas, ça va le faire et on va y arriver et les objectifs, on va les faire,

parce que c'est ça un peu que ça m'a apporté dans ma vie pro. Ton poste, tu peux nous en dire plus ? Ton poste est la boîte d'ailleurs parce qu'on ne l'a pas encore évoqué. Oui, complètement. Du coup, je travaille dans une start-up, donc scale-up, comme tu l'as dit, qui s'appelle Pop Chef, une scale-up de la food tech et dans ce poste, dans cette entreprise-là, pardon, moi, je m'occupe de la partie acquisition. Donc, j'ai à la fois une équipe marketing et une équipe commerciale qui s'occupe de toute la phase avant-vente et donc de trouver un maximum de rendez-vous avec des prospects qui sont qualifiés. Voilà, mais ce n'est pas mon équipe qui s'occupe de faire signer les prospects,

c'est une autre équipe. Ok, ok.

Et donc, Pop Chef, en une phrase, c'est quoi la mission de la boîte ? C'est la cantine du futur.

Non, on installe des frigos connectés dans les entreprises et c'est des cristaux. Enfin, dans ces frigos-là, on va remplir tous les matins les frigos avec des petits plats qui sont frais, faits maison. Et l'objectif, c'est que les employés puissent se servir à tout moment de la journée, profiter d'un plat sain, frais et pas très cher. Et donc, du coup, pour ouvrir le frigo, tu as juste besoin de ton téléphone, tu te sers le plat que tu veux à n'importe quel moment et puis ensuite, quand tu fermes le frigo, on te fait payer exactement le plat que tu as pris parce qu'on est capable d'identifier quel plat tu as pris. Ok, super intéressant. Et donc ça, vos clients, c'est uniquement des entreprises ou il y a aussi des espaces de co-working

ou ce genre de choses ? Alors, c'est beaucoup d'entreprises et on travaille aussi avec des hôtels et on travaille avec des mairies, des commissariats ou des personnes qui ont des besoins H24 de restauration. Oui, ok.

Intéressant. Et donc, tu peux nous en dire plus sur la croissance de la boîte puisque toi, tu es là depuis, ça fait combien de temps que tu es chez PopShash ? Oui, ça fait 7 ans. 7 ans. 7 ans. Oui, exactement 7 ans. Moi, je suis arrivée quand on était 5 encore dans l'équipe. Waouh ! Et maintenant, on est, alors là, on a rebaissé mais l'année dernière, on était 140, si je ne dis pas de bêtises, 130, 140.

Et là, en fait, contexte économique qui touche toutes les startups un peu de la même façon qui fait qu'on a dû séparer d'une grosse partie de l'équipe et qu'on est, je crois qu'on est autour de 100 maintenant.

Mais voilà, donc j'ai vécu plein de phases différentes de la phase de 5 où tu es pompier, tu es sur toutes les missions, hyper excitante. Et puis en plus, du coup, tu es les fondateurs et tout le monde est hyper proche, hyper soudé. Tu es dans le même bateau. À la phase où on est 130, donc explosion de la boîte, tout va super bien. À la phase où, ah, il faudrait peut-être qu'on se restructure un petit peu et où, du coup, on est devenu plus peu, enfin, on a dû séparer d'une partie de l'équipe.

C'est quoi les parallèles que tu vois entre ce qui te fait kiffer dans l'univers startup et ce qui fait que tu continues de te lancer à fond dans des formats plutôt ultra en sport ? Moi, ce que j'adore, c'est le côté challenge. Le côté challenge, le côté dépassement de soi et je pense que c'est le côté autonomie que tu retrouves en startup ou en fait, en startup, tu gères un peu comme si c'était ta propre boîte, quelque part, surtout que moi, j'étais vraiment là au tout début. Pop Chef, c'est quelque part, c'est un peu aussi mon bébé parce que je l'ai vu grandir parce que la boîte m'a fait aussi beaucoup grandir.

Ouais, je pense qu'à ce côté autonomie, ce côté liberté, ce côté, on va un peu casser les codes, on va aller plus loin, on va aller essayer de penser différemment. Un peu en mode les pirates, quoi. Exactement.

Exactement ça.

Génial. Bon, si on en revient au sport, donc, tu termines ce premier triathlon, enfin, ce premier triathlon, ce premier Ironman. Donc, pour rappel, je pense que c'est un peu un rappel qui n'est pas nécessaire sur les frappés, mais sait-on jamais, 3,8 kilomètres de natation, 180 de vélo et un marathon, donc 42,2. Ça, c'est un peu les formats du label Ironman.

Exactement. Quand tu es sur ces distances, voilà, on considère que c'est des triathlons XXL. Mais, mais, il y a, on va dire qu'il y a une strata au-dessus de ça, c'est quand à ces distances, on vient rajouter un dénivelé de malades, notamment en vélo et d'ailleurs en course à pied. Et c'est, c'est ce sur quoi tu, ben, t'as enchaîné après. Je ne sais pas, je ne sais pas si ça a été immédiat, mais j'ai, j'ai l'Albsman en tête que tu as terminé l'année dernière ou cette année ? Cette année, cette année. En juin de cette année, exactement. Et l'Ambraman, c'était quand ? Et l'Ambraman, c'était en août. Alors, celui-ci, il n'était pas prévu. L'Ambraman n'était pas prévu. Je me suis fait embarquer par les copains du club qui étaient tous inscrits

sur l'Ambraman. Sauf que l'Ambraman, c'était le 15 août et que le 15 août, pour moi, c'est trop tard parce que le 15 août, c'est la saison des apéros et donc je switch et je passe apéro, vacances, etc. En temps normal, sauf que là,

victime du, ce qu'on appelle le FOMO, fear, out, tu vois, c'est un peu le nouveau syndrome de génération. Donc, de me dire, ah mince, mais ils vont tous vivre ce moment exceptionnel sans moi et donc du coup, je me suis fait embarquer par les copains et je me suis inscrite à l'Ambraman mais à la base, il n'y avait que l'Axman qui était prévu au programme de cette année. Ok, donc tu as enchaîné les deux. Ok, donc Alpsman, on reprend les mêmes distances, simplement pour le vélo, on rajoute 4000 mètres de dénivelé et pour la course à pied, alors c'est le paradoxe, en fait, les plus rapides ont le droit de faire plus de dénivelé. Exactement. C'est quoi déjà le Semnose ? Il y a combien d'ascension ?

Je crois que c'est 1200. Oh la vache, mais sur 20 kilomètres parce qu'en fait, les 20 premiers kilomètres, tout le monde court autour du lac, c'est ça ? Alors, c'est les 25 premiers, tout le monde court autour du lac, exactement. En fait, le concept de l'Ambraman, c'est que tu as une cloche au 25e kilomètre de course à pied, donc après la dation, après le vélo, sur le parcours course à pied, tu as une énorme cloche, c'est la cloche qui fait rêver un peu tous les coureurs, c'est pour ça qu'il y a plein de gens qui s'inscrivent sur cette épreuve-là. L'objectif étant de passer au 25e kilomètre de course à pied avant 17h30. Si tu arrives à passer au 25e de kilomètre de course à pied avant 17h30, à ce moment-là, tu as la voie de sonner cette fameuse cloche dans laquelle, en plus,

tu passes à chaque fois. Tu sais, quand tu fais du tour autour de... Sur tes 25 premiers kilomètres, je crois que c'est 4 tours où tu passes 4 fois devant cette énorme cloche et tu vois des gens la sonner. Et donc, l'objectif, c'est de la sonner. Et une fois que tu la sonnes et que tu es passé avant 17h30, comme je le disais, tu as le privilège de pouvoir, d'ailleurs, c'est l'obligation, de finir ta course en haut du Semnose qui est la montagne la plus proche du lac, la montagne à côté d'Annecy. À Annecy, d'ailleurs. Excellent. Sachant que, pour celles et ceux qui arrivent avant 17h30 à la cloche,

ça fait déjà... Le départ est à 5h, 5h30 du matin sur le lac ? Voilà, c'est ça, 5h, je crois. Sachant que tu pars d'un bateau. Ils ont repris le concept de... Du Norseman. Exactement. Yes. Norseman course extrêmement mythique aussi en Norvège. Ils ont pris le même concept et donc, du coup, tu pars tôt le matin d'un bateau.

Il fait nuit, où tu vois, tu as des lumières dans les bouées pour pouvoir te repérer au début. Bon, après, le soleil se lève très vite. Mais c'est un moment assez magique, d'ailleurs, quand tu vois juste les montagnes autour du lac d'Annecy se découper dans l'obscurité. Et en fait, c'est un moment de plénitude alors que tu l'as préparé pendant six mois et tu te dis, waouh, mais où est-ce que je suis ? C'est incroyable ce moment. Je suis juste dans un lac, il est 5h du mat, 300 personnes autour de moi, 400 personnes. Et en fait, on est juste en train de nager vers une bouée avec... Tu vois juste la prochaine bouée qui est à 20 mètres de toi, les autres, évidemment, tu ne les vois pas du tout

parce qu'il fait noir. Et non, c'est très sympa. Je me suis toujours posé la question quand tu vois les vidéos de l'Alpsman ou les vidéos promo où les participants sautent à l'eau, tu vois, depuis le bateau, il fait nuit, comme tu l'as dit.

D'ailleurs, c'était un peu la même réflexion que j'avais avec le Northman quand tu vois les vidéos, c'est la même chose, ils sautent d'un bateau encore plus gros. Ouais, un ferry. Ouais, un ferry. Tu as une sensation particulière du fait de... Parce que c'est quand même pas pareil que de courir sur une plage où tu rentres dans l'eau, tu vois. Enfin, je ne sais pas.

J'ai l'impression que la notion d'engagement, ce n'est pas la même. Tu vois, une fois que tu as sauté dans l'eau, tu ne remontes plus sur le bateau, en fait. C'est fini. Alors, est-ce que je m'en fais tout un plat et au final, tu vois, quand tu l'as vécu, c'était un départ comme un autre ou est-ce que tu dirais que le lien qui est tranché d'un coup un peu net avec ce saut dans l'eau depuis le bateau, il est particulier. Ouais, il est particulier. Après, sur l'Horseman, c'est des petits bateaux. Sur le Northman, c'est vraiment des énormes ferries où tu vois les gens et ils sautent de 4 mètres de haut. C'est vraiment impressionnant. Tu as l'impression que c'est des commandos, tu sais. Et puis l'eau, elle est genre à 8 degrés, je crois,

un truc comme ça. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as vu, ils ont un site internet qui est absolument incroyable, le Northman. Ils sont trop forts. C'est-à-dire que si tu vas sur le site internet, ce qui est marqué, c'est « This is not for you ». Ils sont incroyables. Et ils t'expliquent littéralement que ce n'est pas du tout fait pour toi, que c'est fait pour ceux qui ont un énorme mental, qui ne lâchent rien, qui aiment bien la douleur, qui aiment bien souffrir. Et ils t'expliquent littéralement sur leur page d'accueil que ce n'est pas du tout fait, ce n'est pas une course qui est faite pour toi. Et je trouve ça absolument incroyable. En fait, ils savent exactement à qui ils s'adressent. Ils savent exactement comment ça, ça va résonner

auprès du public qui cible. Et moi, j'étais la première à me dire « Non, honnêtement, le Northman, ce n'est pas vraiment une course qui me fait envie parce que j'aime bien la douleur. Forcément, quand tu fais ce genre d'effort, tu aimes bien la douleur. Mais là, aller te mettre dans une eau à 12 degrés, à 4 heures du mat, ensuite aller, t'es en Norvège, donc il fait vraiment froid. Sur le vélo, t'as froid. Sur la course à pied, t'as froid. C'est des conditions qui sont difficiles au-delà du parcours qui lui-même est difficile.

lu ce truc-là, sur l'Instagram, je me suis dit « Ah, en fait, pourquoi pas le Northman ? » Ils sont bons. Un peu à la Patagonia, tu sais, vous n'avez pas besoin de cette veste. Oui, exactement. Excellent. Donc, tu dirais sur l'Alpsman que le saut est peut-être moins impressionnant que sur un Northman, mais il y a quand même un truc spécial ou pas ? Oui, il y a quand même un truc spécial. Tu te sens quand même comme un commando. Alors, t'es pas du tout commando, mais tu te sens un peu investi d'une mission où tu te dis « Waouh, ça y est. » En plus, tu sais, tu l'as préparée. C'est un terrain que tu prépares depuis plusieurs mois. Donc, effectivement, tu te dis un peu « Ok, c'est parti. » Non, c'est une sensation qui est hyper particulière

et folle à vivre. Comment tu… À ce moment-là, tu vivais encore à Paris quand tu étais en pleine prépa pour l'Alpsman ? C'est-à-dire là, il y a huit mois ? Non, j'ai déménagé à Marseille, donc je vivais à Marseille. Ok. Parce que du coup, ma question, ça allait être comment tu as adapté ta préparation pour prendre en compte le profil de la course qui est quand même un profil… Ça reste du triathlon XXL, mais là, c'est du XXL extrême. Je ne sais pas si le terme existe, mais le dénivelé 4000 mètres sur le vélo plus le dénivelé en course à pied, ça n'a rien à voir avec un triathlon plus ou moins plat. C'est vrai. Comment j'adaptais ? En fait, c'est facile. Mes sorties, c'était tous les cols du coin, tous les cols autour de Marseille et je ne faisais jamais de plat et dès qu'il y avait un col, une bosse, une petite colline,

je la prenais.

pour avoir le plus de dénivelé possible. Après, c'est quelque chose que j'aime beaucoup le dénivelé. Je préfère mille fois comme je disais avant, mais j'adore cet effort-là de… Tu es dans la montée, c'est difficile, mais à la fois, tu fais souvent des beaux paysages quand tu montes et puis après, tu as la récompense de la descente où là, c'est l'euphorie, ça roule tout seul, tu reposes tes jambes. J'aime beaucoup cet effort-là.

Et sur le chrono total, est-ce que c'est quelque chose que tu as préparé aussi ? Parce que forcément, quand on rajoute du dénivelé, on y passe un peu plus de temps.

Ça, tu l'avais travaillé aussi sur l'engagement sur une durée plus longue, la gestion des up and downs sur une course peut-être un peu plus exigeante ? Moi, je travaillais avec un coach qui m'a préparé, qui me faisait mes programmes d'entraînement. non, on n'a pas de temps de travailler. Alors, évidemment, ton volume horaire par rapport à l'an dernier où j'ai fait, c'était l'Ironman Dex et je crois que c'était 2000 de dénivelé. Forcément, mon volume horaire chaque semaine était... Si, je te dis non, mais en fait, oui, pardon, je faisais plus de volume. Donc, oui, on a pris en compte. Plus tu te prépares en temps du volume chaque semaine, plus le jour de la course, tu es capable d'endurer du volume

et de la durée. Donc, oui. OK, OK. Et sur l'aspect mental, il y a des choses que tu as mises en place soit de manière empirique, soit avec ce coach ou des amis ? pas du tout et c'est un peu la prochaine étape. En fait, pour moi, j'avais l'impression que le coaching mental, c'était vraiment fait pour les pros et que ce n'était pas du tout fait pour moi parce qu'encore une fois, moi, c'est vraiment une passion. Je le fais en amateur. Je fais ça parce que ça me fait marrer parce que j'aime bien et je fais ça avec des copains aussi donc ça aide pas mal. Je me prépare avec des copains. Mais du coup, c'est vrai que je n'ai pas du tout pour l'instant soulevé la question du coaching mental. Après, ça peut paraître très prétentieux mais les trois Ironman que j'ai faits, quand j'ai passé la ligne de départ, je savais que j'irais au bout parce que, en fait, si tu veux, tu te prépares tellement, tu as tellement une rigueur, une discipline et tu fais tellement de concessions que, en fait, ça laisse plus trop de place au hasard

ni à la chance. Enfin, si tu te prépares, c'est un process et c'est fait pour que le jour J, tu puisses aller au bout. Donc, du coup, je savais que j'irais au bout. Évidemment, il y a eu des moments de hub, il y a eu des moments de down parce que ça, tu ne peux pas y couper.

Mais non, je n'ai pas de coaching spécifique. Il y a un moment de down en particulier qui t'a marqué sur un de ces trois Ironman ? Complètement. Complètement. Vas-y, raconte.

C'était sur l'Halsman. Donc, du coup, moi, je ne pensais pas du tout sonner la cloche. Je pensais que je n'avais pas du tout le niveau. Au final, j'arrive à sonner la cloche. Donc, je sonne la cloche, euphorie, je suis trop bien. Par contre, je n'arrivais pas à manger depuis deux heures. Donc, je ne m'étais pas du tout alimentée depuis deux heures. Et, problème d'estomac, si l'estomac, il te dit « Ciao, tu m'as mis trop de sucre, maintenant, je ne veux plus rien. Je ne veux plus rien garder. » Donc, j'avais ces deux problèmes-là, sachant que derrière, il te reste 22 bornes. Non, pardon, 17 bornes, excuse-moi. Il te reste 17 bornes, dont le Seine Nose qui est kilomètre vertical.

Et là, je me suis dit « Ok, en fait, tu n'arrives pas à t'alimenter. » Enfin, je n'arrivais plus à m'alimenter. Du coup, j'étais un peu dans les vapes. Tu vois, je tanguais, je marchais, mais je me souviens, j'avais une gourde dans ma main, une petite gourde.

Tu pouvais boire à ce moment-là ? Oui, mais je n'arrivais même plus à la tenir. D'accord. En fait, je n'avais plus trop d'énergie et donc du coup, je n'arrivais plus à tenir ma gourde. Et en fait, sur le Seine Nose, la particularité, c'est que tu as le droit d'avoir un ami qui t'accompagne parce que la montée, les gens sont vraiment au bout d'eux-mêmes. Ça peut être dangereux et donc du coup, tu as le droit d'un accompagnateur qui est l'un qui ne fait pas la course, qui va juste venir t'accompagner et te soutenir sur cette dernière partie si jamais il y a un problème comme ça, elle pourra appeler les secours. Et donc moi, je me vois et je me dis ok, en fait, je n'ai pas mangé et en fait, quand tu ne manges pas, c'est comme si tu as une voiture et que tu ne mets pas d'essence dedans,

la voiture s'arrête. Là, c'est exactement pareil. Le corps fonctionne de la même façon. Donc, si tu ne manges pas, moi, je savais très bien, je savais que si je ne mangeais pas, j'allais m'effondrer. Mais le problème, c'est que plus rien ne passait. Et en plus, sur la course, tu envoies des gens qui n'arrivent pas à s'alimenter, qui courent en angle droit, voire même à la fin avec les bras au niveau des, enfin, tu vois, la tête au niveau des genoux et les bras au niveau des pieds. Et tu vois que eux, généralement, ils ont une espérance de course de, allez, trois minutes, après, ils s'effondrent et puis malheureusement, ils sont ramassés par le SAMU. Et ces gens-là, tu sais très bien que, en fait,

c'est parce qu'ils n'ont pas assez mangé. Et donc, j'en avais vu plusieurs sur la course et je m'étais dit, en fait, c'est exactement comme ça que je vais finir. Là, je vais droit dans le truc, je n'ai pas le choix.

Et donc, j'arrive en bas de ce SEMNO, ce kilomètre vertical et je me dis, bon, de toute façon, je sais que je vais m'effondrer. Maintenant, je n'ai pas du tout envie d'abandonner maintenant. Mes jambes vont super bien. Je n'ai aucune douleur aux jambes. Enfin, pas aucune, mais tu vois, forcément, tu as les jambes tendues. Mais je n'avais pas de douleur particulière aux jambes. C'était vraiment une fatigue générale du corps

et donc, du coup, j'attaque. Et puis, je tangue, je suis avec mon amie qui me prend par le coup pour me retenir, pour éviter que je tombe dans le ravin à chaque fois. Oh, putain ! Moi, j'étais un peu en dehors de mon corps à ce moment-là comme un truc de flottement où je me voyais un peu de l'extérieur. Mon amie essayait de me poser des questions pour que je réponde, pour que tu vois comme tu fais avec les gens qui ne se sentent pas bien. Et je lui ai juste dit, écoute, je suis incapable de parler là. Du coup, désolée, on va passer, je ne sais pas combien de temps ensemble, je vais pouvoir, je ne te dirai rien, je ne répondrai pas à tes questions parce que là, je suis au bout en fait,

j'en peux plus. Et ce qui me frustrait, c'est que mes jambes allaient bien. C'était vraiment une histoire d'alimentation et je me disais, mais c'est trop bête juste pour de l'alimentation que je vais tomber et je vais m'évanouir. Enfin, je vais m'évanouir ou en tout cas, m'arrêter.

Et puis du coup, on monte, on monte, on monte. Bon, moi, ça ne va pas mieux forcément. Et puis à un moment, mon pote du coup, qui me dit, bah là, tu vas voir, le ravito, il est là, il est dans 200 mètres. Et au fond de moi, je me dis, mais de toute façon, le ravito, je ne peux pas manger, peu importe qu'il soit dans 200 mètres ou dans 5 kilomètres. J'ai toutes les barres du monde autour de ma taille parce que forcément, quand tu arrives là-dedans, tu prends des barres, des compotes et tu portes tout ça autour de toi. Mais là, en fait, le ravito, ce n'est pas ce qui va me sauver. Et en fait, énorme coup de génie de la part de mon pote qui me dit, bah mange une chips. En fait, j'ai mangé une première chips et je me suis dit, ah,

ça passe. Et puis une deuxième chips, une troisième chips. Et du coup, ce qu'il a fait, c'est qu'il a demandé au ravito s'il pouvait prendre le paquet de chips. Ils ont dit, oui, oui, bien sûr. Et donc, du coup, il m'a fait ravito chips sur toute la montée. Norme.

Tous les 10 mètres, il me donnait une chips et il me disait, allez, mange, mange. Et en fait, c'est un peu lui qui m'a sauvée parce que j'allais super mal. Et après, au bout d'un quart d'heure, dès que j'avais mangé quelques chips, de nouveau, je pouvais courir. J'étais en pleine forme et j'ai fini en super, enfin, j'étais trop bien en fait. Je pouvais courir dans le Seine-Nose là où 5 minutes, 10 minutes avant, chaque pas me demandait un effort considérable. Sauvé par les chips, incroyable. La leçon, c'est que maintenant, dans chaque triathlon que je fais, je mets, tu sais, t'as le droit généralement à un ravito perso, un endroit où tu mets tes propres trucs et donc je mets toujours

mon paquet de chips. En vrai, ça doit être pas mal, non, au niveau nutrition parce que t'as du sel, c'est gras. Ouais, écoute, c'est un effet extraordinaire. C'est miraculeux. C'est un effet extraordinaire sur moi, en tout cas. Incroyable. Et tu le dis, alors là, tu l'as pas encore précisé parce que t'es trop humble pour ça, mais le chrono final, si j'ai bonne mémoire, t'as quand même fait une excellente perf, non ? Honnêtement, je sais pas si on peut appeler ça une excellente perf. Pour être complètement honnête, c'était, donc j'ai passé avant le 17h30 au niveau de la cloche. Donc ça, c'est plutôt une bonne paire. Je pensais pas du tout le faire. Et ensuite, je suis montée en marchant. Comme je te dis, j'étais vraiment au bout

à cause de l'alimentation. Donc je suis montée en marchant au semnose, donc le chrono final est pas si fou que ça. Mais quand même, j'ai fini en haut, donc ça, c'est sympa. C'est cool. C'est ma petite satisfaction personnelle. Mais alors attends, parce que je t'ai vue sur un podium. Oui, effectivement, j'ai terminé troisième de ma catégorie. Ah voilà, c'est ça. Ok, quand même.

Donc, oui, c'est trop bien. Je suis trop contente. Mais c'est parce qu'en réalité, je suis troisième sur trois des femmes qui ont réussi à monter. On était beaucoup plus dans ma catégorie. Les autres n'ont pas réussi à monter. Et donc du coup, elles ont fini autour du lac. Mais je suis trois sur trois dans ma catégorie. Donc c'est bien. Parce que le classement final, il fait la distinction entre les top finishers et les lake finishers. Complètement. Oui, complètement.

Mais par contre, les lake finishers n'ont pas de podium. Ok, d'accord.

Et la question, alors là, c'est pour les connaisseurs du Northman. Est-ce que tu as le même t-shirt que les lake finishers ou pas ? Non, c'est exactement le même principe. Tu as le t-shirt noir quand tu arrives en haut et le t-shirt blanc quand tu es lake finishers. La classe. La classe. Donc j'ai mon t-shirt noir.

Trop bien.

Oh là là, incroyable anecdote sur les chips. Ça, je le garde en tête. Il y a un truc avec les pommes de terre parce que j'ai eu pas mal d'invités dans l'ultra trail. Une championne du monde de course en montagne, pas mal d'athlètes vraiment de haut niveau qui me vantent les vertus des pommes de terre cuites dans l'eau salée à emmener en guise de ravito. Donc, c'est un truc que je n'ai pas encore fait mais je l'évoque régulièrement parce que ça me fait marrer. Et là, tu vois, avec tes chips, un petit indice de plus qu'il y a quelque chose à tester avec les pommes de terre. Génial. Donc, Alpsman, ça, c'est dans la poche.

À l'arrivée, c'est quoi ? Qu'est-ce qui te passe par la tête ? Parce que là, l'anecdote, tu vois, on est arrivé au point de ne plus pouvoir correctement tenir sa gourde. Enfin, voilà, tu étais, je pense qu'en termes d'énergie, c'était peut-être une expérience, peut-être la première fois que tu vivais cette expérience d'être vidé complètement à ce point. Est-ce que tu dirais qu'il y a eu de la... Est-ce que c'était finalement une phase douloureuse ou j'ai l'impression que tu disais que musculairement, en fait, tout allait bien, c'était vraiment juste l'énergie ? Oui, exactement. Musculairement, tout allait bien, mes jambes allaient super bien. La preuve, c'est que je pouvais courir après. Et en fait, quand je passe l'arrivée, non, je suis super bien mentalement, physiquement,

je suis de nouveau super bien. Et je me dis, waouh, c'est fou ce dont le corps est capable. Maintenant, je me dis aussi qu'il faut que je bosse un peu plus la nutrition puisque ce n'est pas très sérieux de rien tester à l'entraînement et que je le sais en plus. Mais non, non, en réalité, la sensation, elle est folle. Ton corps, il est bourré d'endorphines. Encore une fois, tu planes, tu es trop heureux, tu es trop heureuse. Il fait six mois que je préparais ce challenge-là. En plus, je finis en haut. Je ne pensais pas du tout finir en haut, en haut du semnose. non, incroyable. Et directement, encore une fois, mon corps, il a oublié, ma tête, elle a oublié cette période un peu difficile et maintenant, j'ai l'impression que ce n'était pas

si difficile que ça. Quand je me souviens effectivement de la gourde, je me dis que c'était vraiment à bout, mais mon cerveau a tendance à m'occulter tout ça. Mais du coup, dans l'instant, toute cette phase-là avec la gourde où tu ne pouvais plus t'alimenter, dans quoi tu te réfugies mentalement ? Un pied devant l'autre. Tu ne penses à rien. J'ai la capacité de bouger mes jambes, j'ai pas mal aux jambes, donc un pied devant l'autre et puis à un moment, je tomberais et puis à ce moment-là, je n'aurais pas le choix, il faudrait que j'arrête, mais tant que je ne suis pas tombée, je continue. Ok. C'est un peu ce que je me disais et même ce que je me disais aussi parce que j'ai une micro-période de l'utilité où je me suis dit comment je vais faire parce que tu dois te faire secourir, tu dois te faire secourir

sur un trail. Je me disais mais comment il va venir me chercher avec un brancard sur ce truc qui en fait c'est censé des chemins en terre avec des pierres, avec des racines et je me disais oh là là, ok, ne pense pas à ça, ce n'est pas grave, tu verras le moment où tu tomberas et au final, j'ai eu de la chance ce moment n'est pas arrivé.

J'imagine que c'est le PGHM non ? Qui vient, hélico ? Non, parce que dans la montée, on a vu quelqu'un pour le coup se faire secourir, ils arrivent avec une espèce de brancard brouette Ah, une joallette, ouais. Ouais, exactement, avec une joallette et donc du coup, ils montent ou ils descendent comme ça. D'accord, wow.

Ok, en termes de récup, il t'a fallu combien de temps pour physiquement, mentalement, nerveusement te sentir à nouveau opérationnel ? Alors, c'est quelque chose que je n'y explique pas mais j'avais les jambes tendues mais je n'avais pas de courbature. Donc le lendemain, j'ai fait un footing. Mais non ! Je n'arrive pas à l'expliquer, je ne sais pas. Il faudrait demander à un scientifique parce que sur les trois Ironman que j'ai fait, les trois fois, ça m'a fait la même chose. Ah ouais ? Ouais, je n'arrive pas à l'expliquer alors qu'il y a des entraînements où j'ai mal et il y a certains entraînements où ça me fait plus mal, j'ai plus de courbatures le lendemain de l'entraînement que ce que j'ai eu là

le lendemain de l'Ironman.

Ok. Donc je ne sais pas l'expliquer, je pense qu'il y a un gros volume, une grosse prépa, un gros volume. Ce que je me suis dit, c'est peut-être parce que je ne suis pas allée au bout de moi-même, que j'avais encore de la réserve, je ne sais pas. D'autre côté, là, la semaine, je suis quand même allée loin.

Je n'arrive pas à l'expliquer, je ne pourrais pas te dire mais non, j'ai fait des footings le lendemain, alors des footings pas trop longs pour ne pas non plus m'abîmer et pas trop rapides mais non, dans les trois cas, j'ai fait des footings le lendemain et la semaine d'après, les trois fois, je l'ai fait en plus, la semaine d'après, mes trois Ironman, j'ai fait les cinglés du Ventoux. Donc c'est... Mais non. C'est le Ventoux par les trois.

Encore une fois, allure hyper cool, pas du tout pour me mettre dans le rouge ni rien mais non, je n'arrive pas à expliquer. Peut-être que c'est juste aussi le mental qui prend le dessus, je ne sais pas. Autant les courbatures, tu vois maintenant, à la réflexion,

moi, c'est un truc qui m'avait surpris aussi au bout de la PTL, donc j'ai fait la PTL, c'est un 300 bornes et j'avais... Alors c'était douloureux, on va dire les 12 premières heures, mais par contre, c'est un truc qui m'avait fait halluciner, je n'avais effectivement pas de courbatures. Après, tu vois, on a eu 26 000 mètres de dénivelé positif mais par contre, une fatigue nerveuse, enfin musculaire. Moi, je suis allé faire un footing aussi peu de temps après et en fait, immédiatement, je me suis rendu compte qu'au quotidien, tu vois, pour me déplacer, je ne sais pas, soulever mon verre d'eau, mettre mes chaussettes, je ne sentais rien. Par contre, dès que j'ai remis le corps en mouvement sportivement, là, tout de suite, à la fin d'un 10 km, j'ai eu l'impression d'en avoir fait 42, tu vois,

j'étais vraiment fatigué. mais toi, visiblement, ce n'était pas le cas non plus, c'est juste, tu es en pleine forme très rapidement.

Alors, encore une fois, c'était très lent, ce que j'ai fait après, c'était très lent et oui, je ne veux pas te dire que j'avais la condition avant Iron Man, mais en réalité, non, c'est passé. Ok. J'ai un format à te proposer, là, parce que j'ai l'impression que sur l'Ultra, tu n'étais pas encore dans ta zone, tu n'as pas encore touché les limites. J'ai eu un invité et sans rigoler, je t'enverrai l'épisode, il faudrait que tu l'écoutes. Bon, alors, il n'y a pas de vélo, mais à quoi que si, tu peux le faire à vélo. Il a fait une course qui s'appelle Lyditarod, tu connais ? Non, je ne connais pas. Alors, c'est en Alaska, il faut kiffer le froid parce qu'il fait en moyenne moins 40 degrés et c'est un 1000 miles, donc 1600 bornes et tu peux le faire en chien de traîneau, historiquement, c'était d'ailleurs une course de chien de traîneau,

en fat bike. Ouais, non, alors oui, si, tu peux le faire, chien de traîneau, ski poule cas, fat bike, donc vélo poule cas, à pied, pas en raquette, ou en ski, à pied, juste à pied. Donc, lui, il a fait à pied et il a mis 25 jours de mémoire et il l'a gagné, donc ça a été le plus rapide en 25 jours. Donc, voilà, j'ai l'impression que je serais curieux de voir un format comme ça si après coup, tu nous dis, ça y est, j'ai trouvé les limites.

Mais après l'Alpsman, du coup, entre le moment où tu termines et le moment où tu t'inscris à l'embraman, il y a combien de temps en gros ? Ah, le lendemain, je me suis inscrite à l'Alpsman. Mais non, en fait,

j'attendais, dans ma tête, j'étais déjà un peu convaincue parce que j'avais trop envie de vivre cette course-là avec les copains. Je me suis dit, faire un Ironman avec 20 copains, c'est incroyable. Tu vois, ça n'arrive pas tous les jours. Donc, dans ma tête, j'étais déjà un peu convaincue. Je savais que physiquement, ça devrait passer parce que c'était un mois et demi après l'Alpsman. donc, je m'étais dit, bon, même si je vais y aller à la cool,

honnêtement, vu que je m'entraîne pour l'Alpsman, ça devrait le faire. C'était plus mentalement où j'avais peur mais en fait,

après, j'étais dans une état d'excitation et je me suis dit, évidemment. Et donc, le lendemain matin, je l'ai pris. Et vous avez réussi à vraiment faire la majorité du parcours ensemble ? Non, déjà, dès la natation, tu ne sais pas.

Non, mais par contre, ce qui était hyper sympa, c'est qu'il y avait beaucoup de supporters du club qui étaient venus. Du coup, les familles et les amis de tous les gens du club, je pense qu'il y avait au moins 80 au total. Déjà, tu vois tes copains sur la course, ça, c'est trop sympa. Et après, tu as tout le monde qui est habillé aux couleurs du club avec le maillot du club qui t'encourage. Et je me souviens d'un moment hyper fort mais en fait, dans l'Ombra Man, tu as une côte qui est hyper difficile.

Je crois que c'est 1,5 km à 12 %, ressenti 25 % parce qu'elle est au 160e kilomètre donc tu as les jambes en feu.

Et en fait, c'est vraiment la côte dont tout le monde parle, que tout le monde craint parce qu'elle est après le col de l'Isoar. Déjà, elle fait pas mal de dénivelés. Et j'arrive dans cette côte-là et en fait, il y avait une trentaine des personnes du club qui était en bas de la côte. C'était incroyable. Ils se mettaient derrière nous, donc derrière chaque personne du club qui montait et à crier, à crier comme si tu étais... Moi, je me souviens d'être un peu Mbappé qui arrive vers les buts en finale, des coups du monde dans le truc, l'euphorie.

Et en fait, à ce moment-là, tu te rends compte que tu as les jambes comme si tu avais les jambes toutes neuves, tu vois. Et donc du coup, tu montes, tu montes, tu montes la côte qui normalement est une côte... J'avais repéré le parcours. C'est vraiment une côte qui est difficile. Là, tu as l'impression que ça monte tout seul. Tu es emporté. Bon, tu le payes 10 bandes plus loin parce que ton côte, en fait, c'était que mentalement mais physiquement, elle a bien fait mal cette côte-là. Mais non, et du coup, j'ai vécu tous ces moments-là qui étaient moments hyper forts et avec tous les copains du club et de voir aussi chacun qui passe les lignes d'arrivée. Notamment, je pense à une amie du club qui s'appelle Marie-Laure qui était avant-dernière

à passer la ligne d'arrivée.

On avait fait des stages ensemble. Elle s'était entraînée hyper dure et c'était un moment d'émotion pour tout le monde de l'avoir passé. Elle ne savait pas si elle allait y arriver.

C'était un gros, gros, gros challenge et je me souviens le moment d'émotion pour tous les gens du club de l'avoir passé cette ligne d'arrivée ric-rac. Je crois que c'était une minute avant la fin de l'arrivée. C'est des moments assez incroyables ces moments-là. Encore plus quand je le fais avec des amis, je trouve. Oui. C'est intéressant parce qu'on parlait de ça justement avec Lauriane Placé hier qui a terminé première au classement général du BikingMan 2023. Wow. En fait, c'est ce qu'elle disait. Elle disait, le vélo, je pense que ça s'applique un peu au triathlon avec ce que tu viens de partager, c'est que c'est un sport solitaire mais les plus beaux moments sont des moments de partage.

Mais mille fois. Complètement d'accord. Complètement d'accord. Franchement, quand j'entends ton récit, c'est d'ailleurs, la côte dont tu parles, c'est la photo dont tu as fait un post sur ton profil ? Exactement. C'est ça. C'est ça. Je me suis douté. Franchement, on voit l'émotion.

J'étais en danseuse dans une côte à 12% sur un kilomètre. J'ai fait la danseuse non-stop. Le truc, normalement, ça ne t'arrive pas. C'est juste que là, j'étais portée par toute cette énergie de tous les gens autour de moi qui m'encourageaient. Trop bien. Génial. Et oui, je suis complètement d'accord avec toi sur le côté ami.

Tu vois, ça me parle vachement parce que l'Halsman, je l'ai fait et préparé avec deux très, très bons amis, notamment des amis avec qui j'ai fait la traversée des Pyrénées. Et en fait, tu te connais dans tes meilleurs moments, dans tes pires moments, dans des moments de stress, de OK, là, ça ne va pas du tout mentalement, physiquement. Et en fait, tu es forcément toi-même dans ces moments-là. Et il y a un truc qui s'est créé entre nous. On prépare beaucoup de courses tous les trois.

Et il y a une relation qui nous lie qui est hyper forte. En fait, on est fusionnels tous les trois. On se connaît par cœur. Et c'est des vrais moments de partage, des vrais moments de complicité, de solidité que tu n'as pas forcément avec tes amis, aussi géniaux soient-ils, au quotidien. Tu te découvres encore sous une autre facette. Et je trouve que ça rend des amitiés encore plus belles, encore plus authentiques. Et c'est ça aussi que j'aime beaucoup dans le sport. Et je pense que c'est une véritable chance d'avoir aussi pu te constituer un groupe d'amis qui a les mêmes centres d'intérêt avec qui tu peux partager ce genre de choses. Parce que sur ce type de discipline, le challenge, c'est que ça prend

énormément de temps. Donc, si tu n'as pas un cercle social autour de toi, je pense, qui comprend, qui va finalement dans la même direction que toi,

je pense que ça peut être une vraie difficulté de ne pas avoir ces moments de partage avec des gens qui comprennent ce que tu fais et qui kiffent ce que tu fais. Complètement d'accord.

Donc, enchaînement cet été, Alpsman, Ambraman, rien que ça.

Du coup,

la saison du triathlon, c'est plutôt, on va dire, je pense que le premier, ça doit être Aix-en-Provence, dans la saison. C'est mai, c'est ça ? Oui, exactement. Je pense que c'est mai. C'est mai, oui. Le dernier, le dernier, c'est quoi ? Il n'y en a pas un à Vichy ou c'est l'Ambraman, le dernier ? Non, l'Ambraman, il est le 15 août. Tu dois en avoir,

je pense que c'est Vichy et tu as pris. Ah, je ne sais pas. Je te dis ça, en fait, je ne sais pas. Mais en tout cas, je pense que ça doit être toute fin août, tout début septembre, je pense, les tout derniers. On en aura encore en septembre, oui. Qu'est-ce que tu fais le reste de l'année quand tu ne t'entraînes pas six jours par semaine ? En fait, moi, j'adore cette période-là d'entraînement, j'adore cette discipline, je suis devenue complètement accro, tu vois, ce sentiment de satisfaction au quotidien, de je pousse mes limites, je vois mon corps évoluer, je vois mes limites repousser tous les jours et je suis contente parce que un peu la promesse que je me fais à moi-même, elle est tenue et du coup, ça,

c'est un truc qui... En fait, c'est ça un peu, je crois, la clé de la confiance en soi, c'est passer de ses rêves à l'action et il y a un peu ce truc-là pendant six mois de l'année mais le revers de la médaille, c'est qu'il y a aussi des sacrifices, il y a aussi des week-ends de ski où je dis bah non, moi je vais faire du vélo,

il y a des week-ends, là j'ai loupé deux anniversaires de 30 ans d'amis, tu vois, qui étaient la veille, enfin le week-end avant l'embrunmane, donc il y a quand même des sacrifices et en fait, ce que j'ai, ce que j'adopte maintenant comme rythme, c'est les six premiers mois de l'année, jusqu'en juin, je me fais mes courses et ensuite, après juin, c'est saison des apéros, c'est saison des festivals, des voyages, de tout ce que j'ai pas eu le temps de faire, de week-end entre copains, de week-end d'Alpi, de week-end ski, de week-end voile, de week-end de tous les sports, tous les endroits que j'ai envie de découvrir, j'adore découvrir les nouveaux endroits, j'adore visiter de nouveaux lieux et en fait, du coup, je profite de ces six mois-là pour faire ça à fond et après,

ce qui est marrant, c'est que j'ai quand même, ça me manque en fait le côté discipline et le côté sport au quotidien, et donc, je fais en sorte de ne pas me remettre dedans avant janvier parce que du coup, j'ai une dalle entre guillemets moncureuse et qui fait qu'en janvier, quand je refrends, je suis trop heureuse de reprendre et que j'ai l'énergie pour et ouais, j'ai trouvé un peu mon équilibre comme ça, six mois sport et six mois plus aventure, copains, fêtes.

Génial. Génial. C'est super intéressant et puis, j'imagine que, en réalité, l'un nourrit l'autre, tu vois, d'un point de vue entraînement mais aussi découverte qui semble être un truc, tu vois, qui te drive quand même vachement la découverte de nouvelles sensations parce que quand tu pars faire de l'alpi, de la voile, etc., c'est un peu une sorte d'entraînement croisé, non ? Je ne sais pas si tu le vois comme ça, mais dans les faits, c'est un peu ça quand même. Complètement, ouais, complètement. Et puis, en étant à Marseille, ce qui est cool aussi, c'est que tu as quand même un terrain de jeu accessible outdoor, tu vois, toute l'année, quoi. Ouais. C'est pour ça aussi que j'ai bougé à Marseille.

Ouais.

Génial. Génial. Saison 2024, du coup, est-ce que tu as déjà des échéances bookées ? Alors, saison 2024, un projet qui n'a rien à voir. J'avais des projets de base, j'avais des projets sportifs et en réalité, là, ça va être plutôt un projet pro qui va driver mon année parce que j'aimerais lancer une boîte. Et donc, du coup, je suis consciente pour avoir fait une prépa Ironman et des prépas triathlons que combiner les deux, c'est quand même un peu compliqué parce qu'une boîte, tu n'as pas des horaires fixes. J'ai l'impression que c'est un engagement à 100%. Donc, je me suis dit que plutôt que de faire du triathlon, l'année prochaine, j'allais vraiment me concentrer sur la course à pied et continuer évidemment le vélo et la natation mais juste comme ça pour le plaisir, sans entraînement

au temps régulier.

Donc, du coup, gros objectif pro et ensuite, en objectif sport, je m'en suis mis trois. c'est un temps sur un 10 km, un temps sur un marathon et un 100 km trail.

Ouais, il y a quand même de beaux objectifs. Il y a quand même des objectifs parce que je sais que j'ai besoin de ça et que c'est partie de mon équilibre, j'en ai besoin mais je ne suis plus capable de mettre 15-17 heures par semaine. Et le 10 born, tu vises combien ? Le 10 born, je vise moins de 40 minutes. Moins de 40 minutes, en fait, c'est bien et ça reste hyper... Enfin, ça reste par rapport à tous les gens qu'on écoute, toutes les nanas qui sont super fortes, qui arrivent à le faire en 35 minutes. j'en suis très très loin si j'arrive à faire le moins de 40 minutes. Mais en réalité, ce qui va être intéressant, c'est que là, mon corps, il est habitué à des efforts longs, plutôt de 12-15 heures et de base, je suis plutôt explosive mais là, je ne suis plus du tout du tout du tout explosive parce que j'ai trop travaillé l'endurance et je n'arrive plus du tout

même à faire des fractionnés. J'ai perdu complètement la rapidité et toute l'explosité que j'avais. Et donc du coup, je trouvais ça sympa de me remettre et d'essayer de voir si mon corps réagit ou si c'est dit non, il a switché en endurance et fini.

Et le 100 kilomètres, tu as déjà une épreuve en particulier en tête ? J'ai regardé, je ne me suis pas encore inscrite, UT4M, UTKAM. Ok. Voilà. Mais ça sera peut-être un autre. Ça serait sympa de le faire avec des copains aussi donc je vais envoyer un message à tes copains qui sont assez chauffables et puis on verra ensemble. Mais sinon, je te dis ça mais en fait, j'ai aussi une épreuve sportive, enfin j'ai deux épreuves de vélo, le Marathon des Dolomites. C'est l'équivalent en quelque sorte de l'étape du tour mais c'est dans les Dolomites en Italie. Et oui, donc j'aurais quand même quelques trucs à droite à gauche mais ça sera des vrais challenges qui vont rythmer mon année comme un Ironman a pu le faire

sur les deux années précédentes. Ok. Si tu cherches une suggestion pour un 100 kilomètres, moi je me suis inscrit avec des copains de la PTL au GTC 100. Je ne sais pas si tu en as entendu parler mais c'est organisé par c'est le même organisateur que le Thor des Géants. Ok, trop bien. Et en fait, tu as un certain nombre de dossards du Thor des Géants qui sont réservés aux finisseurs du GTC. Donc voilà, le plan c'est un peu ça. On ne pensait pas pouvoir être tous tirés au sort pour le Thor des Géants donc on fait le GTC 100. Génial. Et puis une fois qu'on sera finisseurs parce qu'on va être finisseurs et bien voilà, il y aura des places réservées au Thor des Géants. Trop bien. Génial. Et ta boîte, alors attends,

il y a un teasing de fou là. Tu peux déjà en parler un petit peu en tout cas du secteur dans les grandes lignes sans tout révéler ? C'est vraiment un projet qui est au stade de projet stade embryon pour l'instant. Je n'ai pas d'idée très claire du tout.

Je ne sais même pas, je ne peux même pas te dire à quel moment je vais vraiment me lancer et quitter mon mon taf actuel. Ce n'est pas tout de suite, ce n'est pas du court terme, ce sera au courant 2024.

Maintenant, il y a quelque chose que je constate et que tout le monde constate, c'est qu'en ce moment, avec l'IA, tu as plein, avec l'intelligence artificielle, tu as plein de nouvelles applications, plein de nouvelles choses qui sont possibles et je pense que ça tournera autour de ça. Ok. Si possible, en impact RSE, il y a pas mal de choses auxquelles que je creuse en ce moment, mais pour l'instant, c'est au stade zéro. Ok.

Donc, tu sais que tu vas te lancer, mais tu n'as pas forcément encore le format. Exactement.

Exactement. Eh bien, écoute, super intéressant, ça pourra faire l'objet d'un épisode follow-up. Avec plaisir. Il faut que tu nous auras, tu auras créé la boîte. Tu resteras sur Marseille, du coup ? Oui, bien sûr, je reste sur Marseille. Comme tu l'as dit, le terrain de jeu exceptionnel, et quand tu n'as pris goût, c'est difficile de faire marche arrière. C'est clair. Donc, pour l'instant, je reste là, oui. Trop bien. Trop bien. Eh bien, Clémence, est-ce que tu aurais un message, peut-être, de conclusion à faire passer à celles et ceux ? Moi, par rapport à ton histoire, ce que j'ai envie de te demander, c'est qu'est-ce que tu voudrais dire à celles et ceux qui potentiellement pensent qu'ils sont sportifs, mais qui pensent que des formats longs, c'est trop long pour eux, qu'ils n'y arriveraient pas, que ça prendrait trop de temps, bref, qui ont peut-être les peurs que tu pouvais avoir

il y a encore quelques années ? La réponse à tout ça, c'est la discipline, en réalité. C'est la discipline, c'est le fait d'en faire une priorité, le fait d'avoir une routine et de se mettre plein de micro-objectifs qui sont atteignables. Mais surtout, ce que je répondrais, c'est que ce que je vis, moi, avec cette préparation Ironman, en réalité, n'importe qui peut le vivre avec un 5 km, un 10 km. Tu n'as pas du tout besoin de faire un Ironman pour être content au quotidien de tes micro-objectifs, en fait. Ça dépend d'aujourd'hui où tu en es, mais si demain, si tu trouves qu'un 10 km, c'est un effort qui est important pour toi, qui va te demander de l'entraînement, c'est déjà super de faire un 10 km. Une fois que tu auras réussi peut-être à faire soit un 5 km, soit un 10 km, tu te diras, je vais peut-être faire mon 10 km en moins d'une heure trente, et puis après, en moins d'une heure, et puis ensuite,

en moins de 50 minutes. En fait, ce que moi, je vis, je pense que chacun peut le vivre à son niveau, même avec des objectifs qui sont plus petits.

je fais des Ironman, mais il y a des gens qui font 10 fois mieux que moi, qui font 10 fois plus vite, qui s'entraînent 10 fois plus, et pourtant, j'ai des sensations qui sont incroyables, et j'adore ce que je fais. Et en fait, chacun peut le vivre à son niveau. Il y en a qui le vivent au niveau comme moi, exponentiel 10. Et bien en fait, tu peux le vivre aussi en faisant un 5 km. Si aujourd'hui, tu n'as jamais fait plus d'un kilomètre dans ta vie, et bien faire un 5 km, c'est déjà un sacré challenge, c'est déjà un sacré... un sacré... un sacré... un sacré défi. Et il n'y a pas de petits objectifs, de gros objectifs. Et en fait, tout ce truc-là que j'ai raconté, tout ce qui moi me rend heureuse au quotidien, tu peux le vivre en faisant des courses plus petites, ou en y passant moins de temps parce que tu n'as pas que ça à faire, parce que tu n'as pas envie d'en faire une priorité

dans ta vie. Tu peux aussi ressentir tout ça. Tu peux, à partir du moment où tu commences à courir de temps en temps, même une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines, c'est déjà mieux que rien.

Et en fait, tu vas ressentir au début ce truc d'endorphine, de bien être dans ton corps, le fait d'aller en extérieur, de prendre la lune, de faire la lune, de courir, ne serait-ce à côté de la Seine si tu habites à Paris, à côté de la mer si tu habites à Marseille, en forêt, ou peu importe. En fait, là, tu vas vivre plein de trucs. Enfin, tu peux vivre, n'importe qui peut vivre plein de trucs super cool avec le sport sans se mettre dans des extrêmes comme moi, je peux l'être, même si, encore une fois, je connais des gens qui sont encore beaucoup plus extrêmes que moi. Mais voilà, ce serait un peu ça le message. C'est chacun, chacun peut vivre ça sans se mettre dans, sans y passer 15 heures par semaine sans se dire

on va faire un Ironman. Oui, complètement d'accord. Mais là, ce qui est intéressant, tu vois, c'est que justement, j'ai des invités, j'ai une invitée, Alexia Coudré, elle court, je crois qu'elle en fait, elle doit en être à 60 dossards cette année. Elles, son kiff, c'est les courtes distances, tu vois, elle fait des 10 bornes, mais elle s'éclate. Et alors que le schéma un peu, enfin classique, je ne sais pas si c'est un schéma classique, mais ce qu'on entend souvent,

monté en puissance dans les distances, etc. Elle, c'est du trail en l'occurrence. Mais elle dit que voilà, son format, c'est les 10 bornes, elle s'éclate là-dedans et elle en fait un max. Je suis assez d'accord avec toi, finalement, c'est, voilà, chacun, tu vois, chacun son parcours. Le dépassement, c'est très personnel, comme tu l'as très bien dit, ça peut être un 5 km pour quelqu'un qui n'a jamais couru, un 10 km pour quelqu'un qui revient d'une grosse blessure ou bref, chacun son histoire. super intéressant. En tout cas, c'était passionnant de découvrir un peu plus la tienne, de mieux comprendre comment tu, comment tu approches à cette pratique du triathlon, du sport en général, de l'aventure, bref, finalement, un peu de la curiosité de la vie, j'ai l'impression, avec ce projet

entre la lumière et vous aussi. Donc, merci beaucoup Clémence et puis, et puis, écoute, qu'est-ce que je te souhaite ? Bonne prépa pour tes petits objectifs de l'année prochaine et bonne réflexion pour le lancement de ton projet pro. Génial, merci beaucoup, merci Loïc, c'était un plaisir de discuter avec toi. Avec grand plaisir, merci Clémence. Merci, salut.

Merci d'avoir écouté cet échange avec Clémence. Jusqu'au bout, j'espère que ça vous aura donné envie de prendre le départ, vous aussi, d'une épreuve dans laquelle vous pourrez vous dépasser, que ce soit l'Alpsman, l'Ambraman ou le 5 km à côté de chez vous. Il y a de fortes chances pour que dans votre entourage vous ayez quelqu'un que cet épisode intéresse également. Donc, allez-y, prenez votre smartphone maintenant, ouvrez votre application d'écoute de podcast, copiez le lien de l'épisode et envoyez-le. Ça prend quelques secondes et c'est une excellente manière de remercier Clémence pour tout ce qu'elle a bien voulu nous partager. Si vous voulez m'envoyer des suggestions d'invités ou des feedbacks, vous pouvez le faire sur le compte Instagram du podcast, lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com C'était le dernier épisode

de 2023. Je vous souhaite d'excellentes fêtes et je vous donne rendez-vous début janvier pour un épisode avec une légende de l'univers du voyage, Alex Vizeo. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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