Céline Les Frappés de la Pente Je fermais les yeux et juste de reposer mon cerveau parce que tu es obligé de te concentrer avec cette pluie, de regarder tout le temps, de regarder où tu mets les pieds. Rien que ça, ça m'a fait un bien fou. Tu es d'abord ton propre compétiteur, tu es compétiteur avec toi-même, pas tellement avec les autres.
Loïc Bienvenue sur les frappés le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure je suis Loïc Blanchard entrepreneur coach et préparateur mental certifié j'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés récemment je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde, on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya, on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres, des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement, et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Mon invitée de la semaine, Céline Rouanet, est avocate associée dans un cabinet parisien et vient d'en ouvrir un second à Reims. Elle est mère de trois garçons et en mai 2023, elle a bouclé son deuxième ultra trail de 110 km. Le 1er septembre, elle prendra le départ de la CCC, une course de 100 km et plus de 6000 m de dénivelé organisée par l'UTMB. Ce que je retiens de notre échange, c'est qu'on peut tout à fait mener de front une carrière professionnelle intense, une vie de famille épanouie et se faire plaisir en sport. Et qu'il faut oser. Oser se faire confiance et s'écouter. Oser se lancer dans des aventures qui nous challengent et nous bousculent. même si on n'a pas toutes les cartes en main. Il y aura toujours des imprévus, des impératifs dans l'agenda, des zones d'inconnus, mais c'est justement ça qui fait la beauté de l'aventure en général. On s'adapte, on apprend et on en ressort grandi. Un grand merci à Céline pour ce témoignage. Excellente écoute à vous les frappés. Salut Céline, bienvenue sur le podcast.
Céline Bonjour Loïc, merci de me recevoir.
Loïc avec grand plaisir quand j'ai reçu le mail de Nicolas ton mari qui me suggérait une invitée en disant c'est mon épouse et que j'ai vu un petit peu tout ce que tu faisais en parallèle, toutes ces casquettes avec lesquelles tu jongles je me suis dit qu'effectivement il y aurait sans doute plein de messages hyper intéressants, très inspirants à partager à la communauté donc je suis super content qu'on puisse faire cet enregistrement et puis Ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par te présenter, nous expliquer qui est Céline, ce que tu fais.
Céline D'accord, merci. J'ai 49 ans récemment. Je suis mariée, comme tu l'as dit, et maman de trois petits garçons qui ont 10, 13 et 15 ans. J'habite dans un petit village à côté de Reims. Je suis avocat. en droit des affaires, en droit des sociétés. Et je partage mon temps de travail entre le cabinet à Paris et le cabinet à Reims, parce qu'on a deux sites principaux. Et en parallèle de ça, ma passion sportive, c'est le trail. Donc effectivement, multi casquettes, épouse maman, chef d'entreprise, parce que je suis associée co-gérante dans le cabinet et traileuse, voilà, amateur, évidemment.
Loïc Amateur, sachant que tu me le disais avant qu'on commence juste en off, tu viens de boucler ton deuxième, c'est 100 km, c'est ça ?
Céline Oui, c'est ça, 110, ultra.
Loïc Excellent, la semaine dernière. Donc voilà, traileuse amateur, mais quand même sur des distances qui deviennent assez sérieuses. et je crois que moi la première question c'est comment est-ce que comment est-ce qu'on fait pour mener de front toutes ces activités parce que professionnellement avocat de en tout cas moi en termes de croyance je considère que c'est un métier qui est extrêmement prenant et exigeant le trail surtout l'ultra ça demande quand même des gros volumes d'entraînement, maman de 3 enfants comment est-ce que t'arrives à jongler avec tout ça à la fois
Céline Eh bien, tu fais comme tu peux, surtout. Voilà, c'est un équilibre. Alors, parfois, ça rentre un petit peu, comme je dis, aux chausses-pieds. Voilà, et selon les périodes, il y a des choses qui sont plus ou moins prioritaires. Ce n'est pas toujours facile, mais chaque pôle apporte à l'autre beaucoup de choses. Donc, c'est un équilibre que moi, j'ai trouvé. Voilà. Alors, effectivement, ma profession fait qu'on est qualifié de profession libérale. Donc, je n'ai pas d'horaire fixe comme quelqu'un qui travaillerait, par exemple, dans une boutique. Voilà. Donc, j'ai une certaine liberté d'organisation en termes, on va dire, d'horaire, même si c'est évidemment une fausse liberté. parce que, comme tu l'as dit, c'est un métier assez exigeant. Et les clients nous font confiance et demandent à ce qu'on soit présent, réactif, imaginatif parfois. Donc, il faut effectivement jongler un peu avec tout ça. J'ai la chance d'avoir un mari qui s'occupe aussi beaucoup des enfants. Donc, à la maison, c'est très équilibré, voire parfois, c'est lui qui s'en occupe presque plus dans certains domaines. Donc, voilà, il faut aussi que dans le couple ou dans la cellule familiale, il faut que tout le monde puisse s'impliquer, parce que sinon, effectivement, ça ne marche pas. Voilà, donc, j'essaye de faire au mieux. Par exemple, pour courir, je vais m'entraîner plutôt le matin, le jour où ce n'est pas moi qui vais emmener le petit dernier à l'école. Par exemple, je m'entraîne avant d'aller au cabinet. Le soir, en rentrant, parfois, c'est plus rare parce que c'est un peu plus difficile l'hiver quand tu dois partir avec la frontale. Là, vraiment, il faut être très motivé. Et puis, le week-end, oui, tu ne fais pas vraiment de grasse-matte. De toute façon, on a un rythme qui fait que tu t'es réveillé de toute façon tôt le matin. Donc voilà, tu t'organises un petit peu comme tu peux, mais pour l'instant, ça passe. Et voilà, il y a un apport vraiment, je le vois en tout cas par rapport à ma profession, le fait de faire du trail, de l'ultra-endurance. je me sers de ce que j'ai appris par la pratique de mon métier en ultra et l'inverse également
Loïc ça c'est super intéressant on pourrait peut-être un peu rentrer dans le détail comment est-ce que ta profession tu dirais qu'elle t'aide ou elle vient en support de ta pratique de l'ultra
Céline déjà nous voilà Quand tu travailles dans une entreprise, ton client, tu es monoclient quelque part. Tu travailles pour une seule entreprise. Nous, dans notre métier, on a peut-être, en ce moment, je dois gérer, par exemple, six ou sept personnes qui sont des futurs chefs d'entreprise, qui veulent reprendre des entreprises. Donc, tu dois passer d'un dossier à l'autre plusieurs fois dans la journée. en même temps il y a la gestion du cabinet donc comme tout chef d'entreprise tu vas gérer la commande de ceci la relance de la personne qui n'a pas payé payer les fournisseurs un peu d'administratif donc ton cerveau il est un peu habitué dans une même journée à jongler sans cesse et en même temps rester concentré c'est à dire que quand tu es sur un dossier parfois il faut faire beaucoup de recherches il faut voilà donc tu as déjà tout cet aspect concentration mentale et ça je l'ai vraiment constaté parce que je n'ai pas fait encore beaucoup d'ultra, là c'est mon deuxième mais je constate que cette faculté de concentration sur plusieurs heures parce que dans notre métier c'est un métier quand même qui te demande de passer pas mal de temps dans ton travail, eh bien, tu l'as sur les sentiers. Quand tu pars, voilà, le premier que j'ai fait, premier ultra, j'ai passé 28h30 pour faire les 110 kilomètres, dont 20 heures de pluie. Ah oui. Voilà, c'était à Nice en septembre dernier. Et donc, là, il faut faire la concentration sur les sentiers, voir où tu mets les pieds, etc. Et je me suis rendue compte que le fait que dans mon métier, c'est un métier qui est intellectuel, donc mon cerveau est quand même habitué à être concentré plusieurs heures d'affinée. Et ça, ça m'a bien servi. Après, les autres points communs, si je puis dire, c'est par exemple, tu dois être orienté solution. Tu as un client qui vient avec un dossier, notamment en judiciaire, quand tu dois faire du contentieux, je ne sais pas, un recouvrement de créances ou une responsabilité contractuelle, un problème sur un contrat. Le client vient te voir et il t'explique sa situation. Lui, il est persuadé qu'il a raison, etc. Mais toi, tu ouvres le dossier et tu fais « Oups ! » Bon, alors là, ce n'est pas gagné. voilà ça peut être ton premier réflexe mais le client tu vas pas lui dire bah non c'est pas gagné il faut que tu lui trouves une solution alors la solution ça va peut-être être de proposer une négociation pour limiter les dégâts si je puis dire mais en tout cas voilà il faut que tu trouves une solution alors t'as plein d'arguments par exemple en procédure tu peux aller rechercher la faille ou voilà qui fait que tu vas gagner le dossier sur un point de procédure en ultra tu t'es fait ton plan t'as préparé etc mais en fait ça se passe jamais complètement comme prévu et tu passes par des hauts et des bas, il y a vraiment des moments où t'es pas bien voilà, bon en fait il faut arriver à tromper ton cerveau et à repositiver et à lui dire non mais ok qu'est-ce qui va pas, ok j'ai mal là d'accord, j'ai des nausées ok, bon, alors c'est quoi la solution ? Alors, tu as plein de... Il faut que tu regardes ce que tu as dans ta besace à disposition. Quels sont tes atouts ? Donc, par exemple, moi, je suis quelqu'un qui sourit beaucoup, qui est plutôt positive. Voilà. Donc, tu souris parce que rien que ça, ça va envoyer un message positif à ton cerveau. Tu peux aussi, par exemple, moi, j'ai donné un petit nom à mes deux jambes. voilà je les ai appelées les Claudettes pourquoi les Claudettes c'est référence évidemment à Claude François et j'imagine les Claudettes elles avaient des jambes immenses sur leurs talons plutôt sportives parce qu'elles dansaient beaucoup et tu te dis en ultra j'aimerais bien avoir des grandes jambes comme ça ça doit avancer vite et puis c'est toujours des musiques entraînantes plutôt gai et donc moi ça m'a fait rire un jour c'est venu comme ça et du coup voilà les Claudettes à Nice l'année dernière la dernière course que j'ai faite, j'avais fait un petit groupe WhatsApp et c'était les Claudettes en Alsace et donc je leur parle je les encourage, c'est un dialogue intérieur mais d'autres personnes ça va être on va visualiser un moment où on est bien et ça t'aide en fait à passer le cap ça t'aide à avancer et puis quand vraiment t'es un peu au bout de ta vie tu te dis et que t'as envie de t'arrêter voilà, moi il y a un mantra qui te dit, ben voilà, tu ne t'arrêtes pas un pas devant l'autre, c'est toujours avancer dans la vie c'est un peu ça en fait c'est pas grave, t'avances doucement mais c'est toujours mieux que de s'arrêter, voilà alors je te parle pas si vraiment t'es une blessure grave évidemment mais voilà donc le fait d'être orienté solution et d'essayer de positiver les choses et de dire bah oui on va trouver, on va y arriver et souvent ça marche sur le contentieux j'imagine toujours un peu le petit roquet là qui te chope au mollet et t'arrives pas à t'en défaire moi c'est un peu ça parfois c'est à dire que je prends tellement à cœur le dossier. C'est vraiment comme si c'était pour moi et je vais chercher. Parfois, je passe beaucoup de temps pour essayer de trouver la petite faille, mais alors, quelle satisfaction quand tu l'as trouvée. C'est génial. Voilà. En ultra, c'est un peu pareil, je trouve. Il y a beaucoup de points communs comme ça.
Loïc Oui. Je pensais que tu parlerais peut-être de la rigueur ou de la discipline, de l'organisation parce que comme tu viens de le dire j'imagine un certain nombre de dossiers sur lesquels ton approche doit être extrêmement précise, pointue est-ce que c'est pas ce que tu retrouves aussi dans ta dans la course elle-même mais dans la préparation dans les entraînements dans comment tu planifies tout ça
Céline ouais ouais complètement bon déjà pour bien défendre un dossier tu dois bien le connaître ça c'est vraiment ça paraît être la base mais tu dois examiner toutes les pièces en détail quand tu prépares une course c'est pareil tu découpes ton parcours par tronçon parce qu'il ne faut pas que tu dises à ton cerveau bon là je pars pour 110 km tu vas d'abord aller au premier ravitaillement voilà ce qui est plus facile en fait tu fais étape par étape sur un dossier ou sur par exemple moi je fais beaucoup de reprises d'entreprise c'est pareil tu découpes tu fais d'abord ce qu'on appelle une lettre d'intention, donc c'est les grandes conditions de l'opération, puis après tu as les audits, tu fais comme ça un canevas, et le secret c'est de bien préparer pour pouvoir, s'il y a des imprévus finalement, pouvoir les assumer et les gérer comme tu peux, mais tout ce que tu pouvais, tu l'as préparé, donc tu arrives serein et donc pour l'entraînement c'est pareil alors quand j'ai voulu monter en distance par exemple j'ai pris un coach qui me fait mon plan on a un drive et toutes les semaines il me rentre mes séances donc moi déjà c'est pas mon métier l'entraînement physique enfin l'organiser donc lui il me facilite la vie parce qu'il me dit tel jour il faut que tu fasses une heure et qu'il y a une heure comme ci, comme ça. Il planifie mes séances en fonction aussi de mon planning. Je lui dis, je suis dispo, là, pas dispo, etc. Donc, ça, ça t'aide dans l'organisation. Et puis, après, tu planifies un peu ta semaine, savoir les rendez-vous importants, comme tu fais pour le traitement d'un dossier. C'est pareil. sur telle période tu vas gérer telle chose sachant que voilà tout ça c'est bien, c'est un peu la théorie mais après ça ne se passe jamais totalement comme prévu
Loïc mais c'est ça que je trouve super intéressant parce que c'est vrai que quand j'accueille que ce soit dans le trail ou d'autres disciplines mais des gens dont c'est le métier qui sont pros dans leur pratique évidemment il y a ce paramètre de comment je fais pour jongler entre une activité professionnelle extrêmement prenante, mes entraînements, ma vie de famille, etc., ils l'ont peut-être un peu moins, en tout cas sur la partie activité professionnelle, puisque leur activité, c'est leur pratique du trail ou autre. Donc, je trouve ça vraiment très intéressant, finalement, ton témoignage, que tu fasses bien, que tu dises qu'il y a vraiment une distinction entre un, la théorie, ce que tu imagines, ce que tu conçois avec ton coach, le plan en tout cas, et puis deux, la réalité. La réalité, c'est que parfois, il y a des imprévus. J'imagine que le boulot prend le dessus sur le trail. Si tu as un client qui t'appelle au dernier moment pour une urgence, j'imagine que tu ne vas pas l'envoyer bouler pour aller faire ta sortie. C'est ça. Je trouve ça vraiment intéressant parce que c'est la réalité de beaucoup d'entre nous. il y a assez peu de gens qui vivent professionnellement de leurs activités physiques donc la réalité pour la plupart des gens même qui écoutent ce podcast c'est qu'on fait au mieux avec le temps qu'on a les ressources qu'on a la disponibilité qu'on a que ce soit physique, mentale en termes de temps
Céline donc c'est intéressant je pense qu'il faut aussi prendre le temps parce que c'est aussi du temps de gagner quand tu reviens d'une séance de sport, quel qu'il soit. Ça peut être simplement marcher à pied. Voilà. Mais tu te sens tellement mieux et en fait, tu es beaucoup plus efficace au travail. Et moi, ça m'arrive très, très souvent de résoudre ou en tout cas, d'avoir des idées sur des dossiers en courant, en fait. Parce que tu rentres dans un état, voilà, un petit peu second. Voilà. Et qui fait que, je pense que ton mental travail et voilà c'est aussi du plus pour ton travail je vois à chaque fois que j'ai justement mis un peu le sport de côté pour privilégier le travail parce que la période était plus chargée par exemple, souvent je l'ai payé, enfin je l'ai un peu payé derrière, je vois que j'ai quand même besoin du sport ça permet aussi d'évacuer le stress voilà, d'avoir un temps pour soi aussi, ça c'est très important, quand on a son métier, qu'on a une famille. Il faut aussi ne pas s'oublier pour après être bien avec son environnement. Je pense que c'est important.
Loïc Quelque part, prendre soin de soi pour pouvoir ensuite mieux redonner, que ce soit au niveau pro ou familial. Exactement.
Céline Et puis, je pense que tu donnes un bon exemple aussi par exemple aux enfants. C'est vrai que, bon, moi, j'ai quand même toujours beaucoup travaillé. Je me suis très peu arrêtée quand j'ai eu les enfants. Alors, c'était un choix parce que j'adore mon métier. Ça, c'est... Voilà. Mais je pense que... Alors, je suis peut-être un peu moins présente qu'une maman qui va aller chercher à l'école tout le temps, tout. Mais, voilà, l'autre côté, c'est que je pense que je leur donne une image, que le sport c'est quand même important d'ailleurs du coup ils font pas mal de sport voilà, je pense que ça c'est une bonne chose et qu'il y a un équilibre aussi dans la famille la femme qui fait tout, qui gère tout les tâches ménagères voilà moi j'ai trois garçons donc il faut aussi leur donner un exemple leur dire la société a évolué mais je pense que les femmes sans avoir un discours féministe mais les femmes ça va beaucoup mieux mais elles osent peut-être moins prendre du temps pour elles je pense qu'elles ont peut-être un peu plus de scrupules et parfois elles n'osent pas, moi j'ai beaucoup d'amis dans mon entourage qui disent tu vas courir toute seule et ça fait des années que je cours toute seule en fait j'ai eu un déclic à un moment donné parce que je crois que je t'avais raconté mais je courais toujours je me suis mise à courir quand j'ai eu notre troisième enfant parce que c'est pas d'horaire, c'est assez facile et au départ je faisais un petit tour pas très loin, devant chez nous et puis au bout d'un moment j'en avais un petit peu marre de tourner toujours au même endroit mais j'étais pas forcément très rassurée de partir, il y avait les bois derrière, ça m'attirait Et donc, petit à petit, j'ai élargi le cercle. Et puis, finalement, il y a deux ou trois petites choses qui ont un peu changé la donne et qui ont fait un vrai déclic pour moi. Donc, par exemple, il y a une application qui s'appelle Ifigénie, qui est tout simplement, ce sont les cartes IGN que tu mets sur ton téléphone. Ça ne coûte trois fois rien. Ça doit être 10-12 euros à l'année. mais tu as toutes les cartes hygiènes sur cette application et donc déjà tu peux partir sans avoir peur de te perdre parce que tu as accès à tous les chemins donc ça c'était pour moi ça a déjà été quelque chose qui m'a un petit peu libérée rassurée j'avais pris aussi à un moment donné je ne le fais plus du tout mais j'avais pris une alarme que tu mets sur le bras. C'est un truc, tu appuies sur un bouton, ça fait un bruit d'enfer. Mais voilà, c'est un petit quelque chose, mais ça te rassure. Tu pars dans les bois, tu es une femme seule. En fait, la réalité, c'est que je n'ai jamais croisé. Je croise d'ailleurs très peu de gens dans les bois et que tu as, je pense, plus de chances de te faire agresser en ville, dans certains quartiers, que dans les bois. Je ne te dis pas d'aller forcément en bois de boulogne à partir de 22h mais voilà on peut faire des choses voilà il y a des écouteurs aussi moi que j'ai par exemple qui ne vont pas dans les oreilles mais qui sont en conduction osseuse donc ça se pose en fait sur l'oreille et tu entends très très bien ta movie écoute tes podcasts mais par contre tu n'es pas coupé de l'extérieur c'est-à-dire si tu as une moto qui arrive ou quelqu'un qui arrive en courant derrière toi ou un animal, tu vas l'entendre et ça c'est quand même assez agréable je trouve et c'est un élément de sécurité aussi et puis après je pars toujours avec une petite batterie de secours pour mon téléphone ne pas oublier le câble qui est entre la batterie et le téléphone ça m'est déjà arrivé donc voilà, ça ne pèse trois fois rien comme ça par exemple quand tu regardes l'Iphigénie ça te consomme quand même de la batterie tu as ta petite batterie de secours ça ne pèse rien mais tu es plus en sécurité pour être joignable et puis après tu as des montres connectées tu as les fonds de cartes qui sont très bien faites avec même des fonctions de retour à la maison j'ai expérimenté ça il n'y a pas longtemps j'étais un peu perdue je n'avais pas pris la bonne trace et du coup j'ai testé et effectivement ça m'a ramené sans repasser par la trace ça m'a ramené à mon point de départ c'est juste génial ça c'est des petites choses c'est des outils un peu technologiques mais qui peuvent être qui peuvent être utiles en fait finalement
Loïc c'est un super retour parce que comme tu le dis finalement il n'y a rien de très compliqué une application à télécharger un boîtier à avoir sur soi la batterie c'est pareil mais pour autant le changement que ça a déclenché le déclic que ça a créé il est assez important dans ton cas toi
Céline les bois derrière je teste tout le temps des nouveaux chemins il y a un côté micro aventure je pense que tout le monde c'est une grande satisfaction tu as un sentiment de liberté qui est juste génial et qui nous coupe un peu de notre civilisation ultra-heurée, ultra-encadrée. Après, c'est sûr que j'ai la chance d'habiter dans un petit village qui est à l'orée du bois entre forêt et vigne. Mais je pense que finalement, tu peux le faire en ville d'une autre façon. et si suite à
Loïc si suite à ce changement ou en tout cas au fait que t'es élargi le cercle de tes runs habituels que tu t'es décidé à partir sur un ultra sur ton premier ultra
Céline ouais alors c'est parti donc j'ai commencé à courir j'ai fait mon premier trial qui devait faire 15 km en 2014 et là j'avais mis le petit doigt dans l'engrenage donc ça m'a tout de suite plu le fait d'être dehors c'est un effort beaucoup moins violent que la route et voilà t'es dans la nature l'ambiance est pas la même aussi sur route ça reste quand même très compétition dans le sens où t'as un temps en trail je veux dire le temps ça veut rien dire sur une même course tu pourras faire 3 temps complètement différents en fonction de la météo, de ton état de forme. Donc, c'est très différent. Et donc, j'ai augmenté petit à petit les distances. En 2019, quand j'ai voulu aller sur du plus long, c'est-à-dire que ça devait être 55 kilomètres, là, je me suis dit, non, Céline, il faut peut-être que tu sois un peu plus structurée dans ton entraînement. C'était compliqué pour moi d'aller vraiment suivre des cours d'athlée ou des choses comme ça parce que justement, il y avait des horaires imposés et moi, c'est plus simple dans mon orga de ne pas me rajouter une contrainte horaire, mais de pouvoir la fixer moi-même. Et donc, j'ai pris Diego comme coach à distance qui m'accompagne depuis 2019 et petit à petit, on a augmenté les distances progressivement. C'est un peu le secret pour ne pas être blessé. et puis faire de belles choses. Et c'est vrai que du coup, je ne veux pas dire que je banalise, mais d'avoir fait ça de façon très progressive, je ne me rendais pas compte du fait que 100 km, ce n'est pas rien. C'est plus à travers le regard des autres que je me suis rendue compte que j'avais fait un petit poste après Nice, après mon premier 100 kilomètres pour comparer l'ultra-tride et la reprise d'entreprise. J'expliquais que c'était un peu comme un ultra. C'est bien d'être entouré. Il y a très peu de femmes. En ultra, on est à peu près 10-15% maximum de femmes à courir. Dans la reprise d'entreprise, c'est pareil. Malheureusement, on n'a vraiment qu'une minorité de femmes qui osent reprendre, se lancer dans la reprise d'entreprise.
Loïc Ça, tu penses que c'est dû à quoi dans un univers comme dans l'autre ?
Céline Alors, en termes sur la reprise d'entreprise, je pense que les femmes osent moins, alors que paradoxalement, une fois qu'elles sont dans le schéma de la reprise, celle que j'ai en cliente, finalement, une fois qu'elles sont dans le process, elles se posent moins de questions. Elles osent plus, paradoxalement, que les hommes. Elles foncent un peu plus. Mais je pense que de passer le pas, je pense qu'elles ont plus de mal. Un peu peut-être syndrome de l'imposteur. Elles osent pas. Elles osent pas. Et c'est dommage parce que je pense que les femmes ont beaucoup de qualités plus développées que les hommes, sur certains aspects. L'inverse est également vrai. Par exemple, l'intuition. Je pense que la femme se sert plus de son intuition que les hommes. Et ça, c'est un vrai atout aussi, pour gérer les gens, être manager. Et alors, côté ultra, je pense que comme l'entraînement demande quand même beaucoup de temps c'est vrai que je pense qu'elle privilégie peut-être un peu les enfants la vie de famille et puis parfois tout simplement elle n'ose pas je pense qu'elle n'ose pas alors que tout le monde honnêtement je pense que tout le monde normalement constitué moi j'ai pas de capacité physique spécifique, comme je dis j'ai des poumons en mousse, je fais des pneumonies à répétition depuis que j'ai 40 ans, maintenant ça va mieux mais j'ai une dilatation des bronches donc j'ai pas trop de souffle après physiquement je suis dans la moyenne mais voilà par l'entraînement tranquillement j'ai augmenté et en fait ce qui est génial en ultra c'est que le gros morceau c'est le mental et ça tout le monde a le mental c'est juste il faut apprendre à le contrôler à l'utiliser voilà et ça tout le monde est capable de le faire il faut un socle d'entraînement physique je ne dis pas que demain quelqu'un de sédentaire évidemment ne va pas se lancer sur un ultra ça serait débile il y en a parfois sur un pari fin de soirée qui le font mais bon généralement tu finis blessé, écœuré moi je suis jamais blessée parce qu'on a fait ça progressivement et ce qui me plaît dans le long c'est ça en fait comme je n'ai pas des grosses capacités physiques je cours lentement c'est un peu duracelle lentement mais sûrement des fois quand je fais des stages je suis souvent un peu dans les dernières ton mental parfois il prend un petit coup voilà mais voilà par contre t'es capable de finir un ultra pas dans les dernières loin de là mais parce que voilà le mental le mental il est là et ça ça s'apprend il y a plein de trucs moi je lis plein de bouquins parce que ça ça m'intéresse mais t'as plein de petites t'as plein de méthodes en fait ça se travaille ça se travaille voilà
Loïc et ça c'est quelque chose que t'avais déjà enfin que t'as essayé de mettre en place sur ton premier ultra
Céline oui même avant même avant mais là j'avais suivi je m'étais fait aider par Amandine Ferrato qui fait un peu de coaching qui est une traileuse mérite et qui s'est lancée un peu dans le coaching mental c'est elle aussi qui m'a aidée pour le découpage des courses, optimiser certaines choses et aussi sur le côté mental donc il y a des choses que je savais intuitivement en fait et du coup là j'ai pu le verbaliser et après je teste par exemple là c'est la ultra que j'ai fait il y a 10 jours, c'est la première fois où j'ai vraiment une grosse bouleur j'ai eu un problème un peu musculaire parce qu'il fallait beaucoup courir alors qu'en ultra souvent quand même quand c'est un peu en montagne tu marches mais en Alsace là c'était ce qu'on appelle roulant c'est à dire qu'il n'y a pas de grosses difficultés le terrain n'est pas technique mais donc ça veut dire qu'il faut courir beaucoup et donc mon corps il n'est pas forcément il est habitué à courir longtemps mais voilà là il fallait courir et à un rythme quand même un peu plus élevé que d'habitude donc forcément les fibres musculaires donc j'ai eu 3 heures vraiment très dures, j'avais super mal à un endroit donc là tu dis, c'est ce que je disais tout à l'heure, qu'est-ce que tu as dans ta besace quelles sont tes cartes, quelles sont tes atouts voilà donc tu fais un dialogue intérieur. Il y en a qui disent, il faut que tu essayes de parler à ta douleur, tu essayes de lui donner une couleur. J'ai essayé plein de trucs, voir ce qui marchait le mieux. Et puis, tu sais qu'à un moment donné, ça va revenir. Tu vas te sentir mieux à un moment donné. Et puis, en ultra, tu fais plein de rencontres. C'est ça qui est génial. Autant un marathon, je pense que tout le monde est dans sa bulle, regarde son chrono. Tu n'as pas le temps de parler à tes collègues de course. En ultra, c'est l'inverse. Tu fais plein de rencontres parce que tu passes des heures. Si quelqu'un est mal, c'est dans le règlement. Tu as une espèce comme une déontologie, comme chez l'avocat, une certaine déontologie. En trial, c'est pareil. Tu dois t'arrêter et t'assurer que la personne va bien parce que tu es quand même en pleine nature. Par moment, on peut être plusieurs kilomètres sans voir personne. tu es la nuit parce que sur un ultra ça dure de nombreuses heures donc tu cours aussi la nuit donc il faut t'assurer si quelqu'un s'arrête sur le côté il faut s'assurer que ça va bien qu'il a besoin de rien, que tu ne peux pas l'aider ça c'est important et du coup il y a une bienveillance qui est présente et tu échanges beaucoup souvent tu te retrouves tu peux être plusieurs heures avec la même tu peux être plusieurs heures avec la même personne donc forcément tu te parles et même sur certaines courses il y a des gens qui viennent de partout quand j'ai fait Nice j'ai fait toute une partie de la course avec une libanaise qui venait du Liban qui parlait très bien français et c'était génial on a beaucoup échangé on va se revoir je pense en août à Chamonix et il y en avait un autre, il venait du Mexique alors il avait fait toute la course avec un sombrero, tu vois. C'est génial. Voilà. Tu fais plein de belles rencontres comme ça. Et alors, en plus, quand tu es une femme, c'est pour ça que je dis, allez-y les filles, comme on est peu nombreuses, on est encore plus encouragées, il y a encore plus de bienveillance à notre égard. Et voilà, les gens sont très encourageants, ils nous soutiennent beaucoup, que ce soit les bénévoles, les spectateurs. Voilà, on est encore plus applaudis que les hommes quand on passe. Donc, voilà, ça fait toujours chaud au cœur.
Loïc Allez-y, allez-y les femmes, lancez-vous. Et ce premier ultra, c'était à Nice. Comment il s'appelle exactement ?
Céline Je crois que ça s'appelait Nice Mercantour by UTMB. C'était la première édition. Mais voilà, ceux qui l'ont fait s'en rappellent parce que 20 heures de pluie, tu te dis, bon, si tu es dans le mercantour, il va faire beau en septembre, il va faire beau et tout. Typiquement, la météo, c'est quelque chose que tu ne maîtrises pas. La veille, on voyait que ça allait être assez catastrophique. Une fois que tu as dit ça, tu as deux options. Soit tu n'arrêtes pas de râler, c'est horrible. Une fois que tu as dit ça, tu n'es pas plus avancé. De toute façon, tu n'y peux rien. C'est essayer de préparer au mieux et tu te conditionnes en fait, spontanément. Tu te dis, OK, bon, il va pleuvoir, ça va être dur, OK. Mais tu vois, le fait de l'anticiper, de se le dire, ben voilà, tu le passes beaucoup plus facilement, tu l'acceptes en fait. Et tu vas chercher, par exemple, tu vois, moi j'ai bu beaucoup de soupe, j'avais préparé une thermose pour avoir du chaud, beaucoup de change. Voilà, j'avais la chance d'avoir une assistance, ça change aussi beaucoup la donne. Donc, je me changeais à chaque ravitaillement pour ne pas attraper froid, tu vois, un t-shirt donc tu charges des solutions et dans mon métier c'est pareil t'es là pour porter des solutions il faut que les clients soient contents il faut trouver des solutions et on en trouve toujours
Loïc j'ai enregistré il n'y a pas très longtemps avec Thierry Corbarieux qui vient de terminer l'éditarod 1000 miles je ne sais pas si ce n'est pas la course la plus longue au monde ça fait 1600 km et en fait on parlait de ça justement du fait que ça fait une énorme différence d'être orienté solution plutôt que d'être passif ou de s'apitoyer sur son sort il donnait un exemple il a cramé ses gants et sa veste alors qu'il faisait moins 40 degrés il a cramé tout ça avec son réchaud il était dans des zones où il n'y avait pas de secours possible donc ça devenait potentiellement très compliqué et en fait son approche c'était de se dire là si je déclenche ma balise le temps que les secours arrivent je suis mort donc en fait j'ai tout sur moi je vais me débrouiller je trouve je rescotche ma veste je fais du feu bref je compte sur moi même et finalement c'est un peu ce que j'entends aussi dans les exemples que tu donnes dans ce que tu partages on a toujours il y a des choses qu'on ne contrôle pas mais on a toujours la possibilité de s'adapter d'anticiper si tu vois qu'il va pleuvoir c'est clair que tu ne peux pas changer la météo mais tu peux mettre en place un certain nombre de choses pour essayer de t'y adapter en tout cas
Céline ouais exactement l'être humain a une faculté d'adaptation énorme en fait
Loïc et à la fin de ce premier ultra au moment où tu franchis la ligne est-ce que c'est un peu comme dans les films la révélation vague d'émotions incroyables où finalement comme tu étais allé tu le disais très progressivement dans les entraînements ça a été finalement un finish
Céline ah non non j'ai versé ma larme j'ai une photo avec la médaille tu vois je dis à mon mari qui m'a fait l'assistance avec un couple d'amis très proches aussi et qui me motivait et tout ça et je lui dis « Oh chérie, franchement, j'ai été la chercher loin. » Tu n'as rien dit penser, j'ai encore les larmes aux yeux. C'est un dépassement de soi. Non, mais tu te rends compte, 28h30, j'ai dormi 10 minutes. Je m'endormais en marchant. Je n'ai pas osé prendre trop de café. J'avais un peu peur que ça… Parce que dans l'ultra, ce qui est compliqué, tu as plein de paramètres. C'est ce qui est à la fois compliqué et passionnant. Moi, j'aime beaucoup. C'est que tu as aussi tout le problème de l'alimentation, qui est un vrai sujet. parce qu'avec les secousses, l'intestin, il est vraiment mis à mal. Il n'est pas irrigué par le sang, puisque le sang va prioritairement vers les muscles, et l'intestin, du coup, il souffre beaucoup. Donc, l'alimentation, tu as beaucoup d'abandon du fait de problèmes gastriques. Donc, il faut gérer ça. Et tant que tu n'as pas fait, alors tu peux tester des choses à l'entraînement, mais tu ne sais jamais exactement comment tu vas réagir. donc par exemple le café je le sentais pas pourtant je bois du café dans la vie quotidienne mais tu vois je le sentais pas donc j'ai pas pris de café j'ai pris un peu de coca mais un peu trop tard je m'endormais en marchant tellement j'avais eu besoin de concentration pour voir où tu mets les pieds et j'ai eu des hallucinations tout ce que tu entends alors que j'ai passé qu'une nuit dehors il y en a qui passent deux nuits sur les très gros ultras de 160 km et donc là bon ben voilà cette sensation où tu marches et t'as qu'une envie c'est de dormir mais il pleut tu peux pas t'arrêter voilà c'est ben là il faut que tu trouves des solutions donc tu te mets ben tu vois la jeune femme libanaise qui elle elle a eu des coups de moins bien à d'autres moments donc on s'est relayé là elle allait bien je me suis mis dans ses pas et je l'ai suivi comme un automate en fait en disant bon bah voilà on va au prochain ravito et voilà donc l'arrivée c'est un
Loïc chargé en émotions
Céline les hallucinations que t'as eues c'était quoi ? c'était alors par exemple un gros rocher sur le côté je croyais que c'était un trailer qui était assis tel le penseur de rodin sur le côté une feuille qui était un espèce de quitte animale tout bizarre, une espèce de grenouille, mélange de grenouille, crapaud et je ne sais pas quoi. Voilà. Mais j'avais encore conscience que j'allais... Enfin, tu vois, c'était assez furtif, mais voilà. Donc ça, c'est un de mes sujets de travail à régler parce que même là, le dernier où je n'ai passé que 18h30, à 22h30, je ne veux pas dire que je piquais du nez, mais j'étais... j'ai eu un gros coup de fatigue, en fait, alors qu'il n'est que 22h30. Mais comme je me couche tôt, dans les choses, l'organisation aussi, pour revenir sur comment on arrive à faire un équilibre entre tout ça, par exemple, déjà, on se lève tôt, mais qui dit se lever tôt, on se couche tôt. C'est-à-dire que nous, on ne regarde pas la télé, en fait, à la maison. C'est un choix depuis longtemps parce que les infos, tu n'as qu'une envie, c'est de tirer une balle. C'est toujours ultra négatif. Ça ne t'apporte pas grand-chose finalement. Donc, on lit plus tôt, mais du coup, on se couche très tôt. Voilà, on se couche tôt. Et donc, ce qui nous permet de nous lever à 6h, 6h15 du matin relativement facilement. Moi, je ne suis pas sur les... À part LinkedIn, je ne suis pas sur les réseaux sociaux. donc tu vois, je n'ai pas le temps d'aller sur Facebook. Maintenant, ce n'est plus Facebook, c'est As-Bean Facebook. Voilà, je n'ai pas le temps. Déjà, dans mon boulot, je ne reçois je ne sais pas combien de mails par jour. Il faut essayer de répondre à la plupart, etc. Donc, si tu rajoutes une brique, non, ce n'est pas possible. Après, il y a des choix. Il y a des personnes qui vont passer plusieurs heures à regarder des séries et tout. soit je vais lire des bouquins soit des romans soit sur le trail parce que c'est un peu ma passion sur le mental sur des choses comme ça après c'est des choix il faut faire des choix aussi
Loïc choisir c'est renoncer on n'a rien sans rien c'est un peu des termes clichés mais c'est complètement le cas et du coup comment est-ce que tu penses travailler cet aspect de résistance à la fatigue ou quelque chose
Céline que tu penses mettre en place ? Alors, déjà, dans les choses, il faut... Bon, ça, je l'ai fait, donc ça ne suffit pas, mais il faut... La semaine d'avant, il faut vraiment essayer de se coucher tôt, d'emmagasiner du sommeil un maximum. Je fais pas mal de petites siestes de 20 minutes le week-end, la semaine, c'est plus rare. Mais je n'exclus pas l'idée de m'enfermer dans mon bureau et de travailler ça parce que les 20 petites minutes, c'est quand même vraiment salvateur et ça te permet de bien repartir. Deux aussi, essayer de limiter un peu la charge mentale la semaine qui précède. Par exemple, moi, je travaille sur Rhin, c'est sur Paris. Par exemple, j'ai retiré le déplacement à Paris, je n'avais pas d'impératif. J'ai géré ce qu'il fallait à distance. Tu essayes d'emmagasiner d'éviter du stress voilà j'ai pas j'ai pas programmé de gros rendez-vous cette semaine là donc ça c'est le travail un peu en amont et après sur la course je pense que je vais quand même essayer de tester le café et le coca ça passe quand même pas mal sachant que voilà c'est un peu faut faire attention au pic de glycémie parce que forcément c'est fort sucré donc tu peux avoir une hypoglycémie réactionnelle donc faut faire un peu attention à ça mais je pense que je vais tester ça parce qu'après tu as des gels caféinés mais moi je prends jamais de gel donc j'ai un peu peur de la de la réaction voilà
Loïc et la micro micro sieste tu vois quelques 2-3 minutes pendant l'épreuve c'est quelque chose que tu envisages ou
Céline ouais alors à Nice à un moment donné je me suis quand même allongée 10 minutes alors j'ai pas dormi mais ne serait-ce que de fermer les yeux ça a été non mais je te jure tu sais le truc un peu comme l'ardoise magique alors t'es peut-être plus jeune que moi je sais pas mais si vous connaissez l'ardoise magique là où on dessinait avec il y avait du sable dedans et c'était un jeu quand on était petit et on passait une barre et ça efface tout d'un coup bah là c'était exactement ça c'est à dire je fermais les yeux et juste de reposer mon cerveau parce que bah voilà t'étais obligé de te concentrer là avec cette pluie de regarder tout le temps, c'était de la boue tout le temps, de regarder où tu mets les pieds rien que ça ça m'a fait un bien fou là sur celle d'Alsace comme on courait beaucoup c'était quand même beaucoup plus court en temps pour moi, je ne l'ai pas fait mais en septembre, le 1er septembre je fais la CCC donc c'est à Chamonix, c'est 110 et là c'est plutôt montagne évidemment donc tu as 6000 des plus donc là je ne sais pas combien de temps je vais mettre mais je vais mettre pas mal d'heures je n'exclus pas de faire cette petite micro-sieste de récupération parce que je pense que c'est bien mais il y en a qui n'en ont pas du tout besoin quand je discute parce que j'essaye d'échanger, je fais un peu des stages des week-end chocs ça c'est une façon aussi d'optimiser l'entraînement même si tu ne fais pas un gros volume dans la semaine moi je vais dire en moyenne je m'entraîne entre 5 et 10 heures en moyenne par semaine après tu as des pics en fonction de l'entraînement, je vais avoir des pics où je peux monter à 15-20 heures mais c'est vraiment que des périodes dans l'année et par contre je vais essayer de faire 3 ou 4 fois dans l'année, ce qu'on appelle des week-end shock, donc je pars 2-3 jours en montagne alors je prends souvent quelque chose d'encadré parce que c'est plus sympa tout est organisé et tu voilà, là tu pars un peu en itinérant mais tes bagages sont transportés avec d'autres trailers et puis voilà, tu fais beaucoup de volume et beaucoup de déplu sur trois jours donc ça c'est bien, ça te permet de vraiment habituer ton corps parce que nous à Reims, il n'y a pas de montagne donc voilà, ça te permet d'habituer ton corps et je ne sais plus pourquoi je suis partie là-dessus on parlait des micro-siestes ah oui et du coup j'échange avec toujours on parle de nos expériences voilà parce que dans le milieu du trail franchement il y a un bon état d'esprit c'est ça qui est vraiment super il y a vraiment de la bienveillance tout le monde se soutient s'encourage c'est très chouette parce qu'en fait t'es d'abord ton propre compétiteur t'es compétiteur avec toi même en fait pas tellement avec les autres tu vois ton classement bon je parle pas de l'élite mais à notre niveau tu vois moi, je suis au début du dernier tiers ou milieu, un peu après le milieu de peloton, tu vois. Donc, voilà. Donc, le classement, on s'en fiche un peu. C'est plutôt aller au bout, bien finir, etc. Et tu partages beaucoup avec les gens de la communauté des trailers. Et donc, il y en a plein qui, le sommeil, ce n'est pas du tout un problème. Là, il y en avait un, il y avait le parcours du 160 kilomètres aussi en Alsace. Et c'était sur le même que nous. Enfin, il y avait un tronçon commun. Tu t'en vois, t'en as qui sont vraiment dans le mal et tout. Et il y en a un, il dépasse tout fringant et tout. Je lui dis donc, et il me dit, c'est mon premier, tout ça, tu vois, tu discutes. Je lui dis, bravo, t'as l'air super et tout. Il me dit, oui. Je lui dis, mais t'as dormi un peu et tout. Il me dit, ah non, non, pas du tout. Voilà, alors que ça fait déjà une nuit et une journée qui courait, quoi. Tu vois, on n'a pas tous les mêmes besoins, en fait. C'est clair. mais c'est ça qui est sympa alors tu prends un peu des tips des uns, des autres t'essayes d'appliquer et puis il faut écouter beaucoup son intuition je pense que ça et ça c'est une carte maîtresse des femmes je pense s'écouter tu vois dans l'alimentation quand t'as plus envie de manger du verre ou de la viande rouge très certainement c'est parce que t'as besoin de protéines ou de fer ou tu vois ton corps il te parle en fait il faut juste être attentif à ça et il te le rendra bien en fait et tu vois en ultra c'est ça c'est ce partage c'est avec toi même mais t'as ce dialogue intérieur qui est chouette j'ai du monde dans ma tête
Loïc je trouve ça très intéressant cette notion de s'écouter de faire confiance à son intuition le fameux gut feeling mais même par rapport au sommeil parce que j'ai pas fait beaucoup d'ultra non plus
Céline tu as fait la PTL quand même qui est quand même le summum qui est long en tout cas
Loïc et sur laquelle forcément la notion de sommeil est hyper importante et finalement c'est un peu comme ce que tu disais il y avait le plan qu'on avait conçu avant qui était basé sur tu vois un peu pas des dogmes mais on disait il faut absolument dormir la première nuit il faut dormir après 20h tout de suite, ensuite il faut faire ça il faut manger à telle heure etc et en fait très rapidement tu vois dans la PTL pendant la course tu ne suis plus le plan, enfin nous en tout cas on ne suivait plus du tout le plan, moi je mangeais dès que je sentais que c'était le moment de manger et je te posais la question pour les micro-siestes parce que ça c'est pareil moi j'avais cette croyance qu'il faut dormir 20 minutes mais pas plus de 20 minutes parce que sinon tu tombes en sommeil profond etc et en fait les meilleures siestes que j'ai fait c'était une, deux minutes et le sentiment de récupération totale au réveil je pensais que ma montre buggy quand je regarde l'heure je vois que ça fait moins de 3 minutes que je dors et que je me réveille et que je suis en pleine forme je me dis mais c'est pas possible c'est incroyable tu vois donc je suis assez d'accord avec toi sur cette notion de se faire confiance, s'écouter ce qui est pas forcément évident parce qu'on est un peu bombardé tu vois de suggestions d'exemples, de plans d'entraînement il faut manger ça, il faut manger ci etc les gels, les trucs mais en fait nos organismes le corps est bien fait je pense que oui on l'écoute pas suffisamment
Céline Oui, puis il faut faire des… Voilà, tu peux manger des choses simples. Moi, par exemple, j'ai découvert la pomme de terre. Là, j'ai… Enfin, je veux dire, je l'ai découvert en trail. Les bienfaits de la pomme de terre. Donc là, sur le dernier, voilà, j'avais pris 4-5 patates coupées en deux que j'avais fait cuire à l'eau avant et avec du sel. Donc, ça te recharge en sodium. et quelqu'un m'a dit ou j'ai entendu dans un des nombreux podcasts que j'écoute quelqu'un qui disait qu'une pomme de terre équivalait à un gel autant dans les gels tu ne sais pas trop ce qu'il y a la patate ça reste un aliment quand même très sain et qui se mâche bien qui se digère bien et purée de patates patates douces ça c'est vraiment pas mal parce que quand vraiment tu n'as plus rien qui passe il faut quand même essayer de t'alimenter un petit peu ça tu vois tu n'as pas d'effort à faire, tu n'as pas la mâche parce que c'est en purée le goût il est relativement neutre parce que le sucré tu n'en peux plus donc c'est pareil tu mets du sel ça te recharge un peu en sodium aussi et ça c'est pas mal donc à chaque fois j'expérimente un peu des choses et je valide ça c'est bon ça passe à refaire
Loïc et alors la patate tu valides ?
Céline ah ouais carrément
Loïc carrément parce que tu sais quoi c'est la deuxième fois qu'on m'en parle j'avais eu une invitée au tout début du podcast Sarah Vieuil qui est douce chocaine du monde de trail
Céline ouais bien sûr et c'est elle
Loïc qui me disait qu'elle courait avec des pommes de terre c'était la première fois que j'entendais ça et elle me disait non mais il faut absolument que tu essayes pommes de terre et idéalement cuites dans l'eau salée ouais c'est ça qui a un peu un goût de salé et je me disais non mais attends les pâtes, c'est vachement lourd, comment tu fais avec les frottements et tout, la pomme de terre, elle va être complètement écrasée. Visiblement, tu te sens me dire que c'est pas mal.
Céline Là, j'ai testé pour la première fois. J'avais déjà testé purée patate douce. Là, j'ai un peu alterné en fonction de mon envie. Très bien, la patate, super bien digérée. nickel et voilà ça t'apporte ouais c'est pas mal ça le bressaola alors ça c'est de la viande séchée donc ça ça se mange facilement parce que tu vois ça fait comme un carpaccio c'est tout fin là et c'est très salé aussi et c'est pas gras donc tu le digères plutôt bien et ça fait un apport en protéines et en sel surtout aussi donc pour ceux qui transpirent beaucoup si il fait très chaud que tu transpires ça apporte aussi du sodium c'est relativement facile à manger ça c'est pas mal ah oui et autre truc que j'ai expérimenté donc je donne parce que vraiment j'adhère la soupe miso voilà tu connais la soupe miso tu sais quand tu manges japonais c'est la petite soupe qu'on te sert en entrée avec un peu d'algues, un peu de tofu je crois que c'est les trucs blancs qui flottent je crois que c'est du tofu et en fait j'aime bien ça et je ne sais pas comment ça m'est pris bah si c'est avec Nice ils avaient fait du voilà ils avaient fait des soupes et je me disais ah ça passe bien et tout ça et comme j'aime bien la soupe miso et que c'est facile tu vois tu t'en trouves en supermarché c'est deux sachets un coup d'eau chaude et une huile c'est prêt et du coup j'ai dit je vais faire je vais prendre de la soupe miso et super franchement ça je vais même en boire plus la prochaine fois
Loïc mais du coup Tu la portes ou c'est l'assistance qui…
Céline Non, j'ai de la chance là, parce que ça, ça change beaucoup la donne. Pour l'instant, les deux ultras que j'ai faits, j'avais une assistance, donc un couple, notamment un couple d'amis très, très proches, un peu mes parents adoptifs, on va dire, qui m'accompagnent et qui connaissent bien le tra et tout. Ils ont autour de 75 ans, tu vois, 70-75 ans, donc pas de soujettes. mais voilà je prépare avant j'avais bien préparé, j'avais fait un sac avant avec des pochettes transparentes comme ça on voyait tout avec des choses de rechange une pharmacie et puis un thermos d'eau chaude avec les sachets pour la soupe miso le quart pour mettre le bol pour qu'ils aient la cuillère maintenant ça y est j'ai fait ma liste pour préparer. Et d'ailleurs, les gens autour leur disaient, mais vous êtes super bien organisés. Voilà. Ça, c'est vraiment un gros plus s'il y en a qui veulent se lancer sur l'ultra. Franchement, si vous pouvez, ça change quand même beaucoup la donne d'avoir une assistance. Alors, au niveau matériel, parce que tu te soucies, t'arrives, on va te remplir tes flasques et tout, alors que si c'est toi, t'es un peu dans le gaz, tu passes du temps à trouver où c'est, tu fais un peu la queue, etc. Tous tes gestes sont au bout de plusieurs heures, tu te rends compte que tout devient plus compliqué en fait. Tout devient plus compliqué. Moi, j'ai un sac où j'ai des pipettes. Par exemple, j'ai customisé, j'ai mis un espèce d'élastique. Avant, c'était quelque chose de fixe. Je galérais pour retirer à chaque fois les pipettes. voilà et quand t'as à partir de 10-12 heures de course à un moment donné il faut te faciliter la vie au maximum donc voilà donc j'ai remplacé par des élastiques bah c'est bête mais ça m'a changé la vie donc tu vois tu peux faire plein de petits trucs sympas et donc voilà la préparation des ravitaillements quand t'as une assistance c'est quand même c'est un gros plus dans le côté matériel mais aussi mental
Loïc la dernière course
Céline ma famille n'était pas là, ni mon mari, ni les enfants donc avec Amandine Ferratol m'avait donné l'idée et franchement je la remercie parce que ça m'a bien aidée j'avais demandé à mes enfants, surtout aux deux plus petits, à Louis et Paul je lui ai dit faites moi un petit dessin pour chaque ravitaillement vous mettez dans des enveloppes, je ne les regarde pas et je les ouvrirai à chaque ravitaillement je devais avoir 7 ou 8 ravitaillements sur le 110 et donc à chaque ravitaillement j'arrivais, je faisais ce qu'il y avait à faire et avant de repartir, j'ouvrais ma petite enveloppe avec j'avais mon petit dessin et alors la petite anecdote mais c'est génial, j'en avais presque des larmes aux yeux, sur le deuxième ravito, j'ouvre ma petite enveloppe et là Louis m'avait mis un petit mot, maman on croit en toi et croit c-r-o-i-x donc là tu vois mort de rire c'était vraiment trop mignon et voilà et plus ça avance dans la course plus tu deviens émotif parce que la fatigue et tout donc c'était et je prenais la petite photo avec le petit dessin pour leur montrer que voilà je l'avais vu génial voilà et à la fin le Paul qui a 13 ans avait mis sur un des papiers je sais pas il a dû le sentir à l'avant il m'a dit no pain no gain et là franchement c'était là où j'ai eu 3 heures très dure et j'arrivais à Stravito et je trouve ce mot et je fais, ah ben là oui, tu ne crois pas ce que je veux dire. Mais ça m'a aidée, ça m'a aidée pour la suite. Voilà. Voilà, tu as des petits trucs comme ça. Mais c'est ça qui est chouette. En fait, ce n'est pas tant l'objectif, c'est le chemin. C'est quelque chose qu'on dit souvent. Mais c'est le chemin pour arriver à cet objectif qui est aussi chouette, c'est-à-dire la course en elle-même mais aussi toute la préparation avant
Loïc justement en parlant de chemin ça serait quoi le prochain checkpoint pour toi en tout cas la prochaine étape est-ce qu'il y a un autre ultra alors il y a la CCC mais est-ce qu'il y a autre chose qui arrive ?
Céline ben écoute dans un petit coin de ma tête je voilà dans mes rêves j'aimerais bien faire la diagonale ou la Diagonale des Fous à la Réunion ou l'UTMD mais bon là c'est vraiment l'ultra c'est 160 kilomètres et surtout pour la Réunion c'est vraiment autre chose et puis là ça demande vraiment encore plus de temps c'est vraiment le projet d'une année je pense il faut donc bon j'en sais rien je sais pas si je peux avoir le temps ou prendre suffisamment de temps pour gérer ça bien après je me dis que j'ai quand même des capacités mentales en tout cas voilà et puis j'aime bien les challenges donc voilà on va déjà stabiliser tu vois sur le 100 km déjà apprendre voilà chaque fois je crante tu vois j'apprends sur moi-même sur ce qui marche, ce qui ne marche pas tu progresses c'est comme dans mon métier chaque dossier est différent voilà donc tu deviens un peu le couteau suisse c'est à dire que tu as un chef d'entreprise qui est là il a plein de problématiques différentes je dis pas qu'on est capable de tout faire mais en gros nous notre cabinet on couvre à peu près 80% des besoins je veux dire d'un chef d'entreprise bon ben voilà t'as un peu le couteau suisse tu regardes en quoi tu peux l'aider voilà et la
Loïc la CCC comment comment tu l'abordes là du coup par rapport justement t'expliquer que et je trouve que l'approche est super intéressante moi je fais je pense que c'est une erreur mais je continue de le faire à chaque fois je monte très fort tu vois ma première course c'était un 10 km la deuxième c'était la Saint-Élion et en gros la troisième c'était la PTL qui n'est pas du tout ni cohérent ni recommandé mais parce que j'ai justement l'apprentissage il est beaucoup moins évident parce qu'en fait comme tu dis je ne crante pas je ne reste pas sur certaines distances ce qui fait que j'ai beaucoup moins de recul pour pouvoir engranger l'expérience donc toi Fort de tes deux ultras que tu viens de terminer en quoi est-ce que ta préparation en tout cas mentalement la façon que tu te projettes pour la CCC à évoluer par rapport à ton premier ultra à Nice, par exemple ?
Céline Alors, déjà, dans tout ce qui est préparation en amont, pour les ravitaillements, là, je pense que c'est pas mal. Voilà, la liste, tu vois, j'ai fait une liste de matos. Bon, ben voilà, je la complète au fur et à mesure. Bon, là, je crois que je suis arrivé un petit peu au bout là-dessus. De l'optimisation, en tout cas, des choses faciles à mettre en œuvre. après, encore travailler sur le mental, me faire peut-être une espèce de banque d'images ou de moments positifs. Donc, ça va être, par exemple, l'arrivée de Nice où il faisait beau. Et puis, voilà, ta médaille, alors, ça fait un peu péril, mais voilà, la médaille, je l'embrasse sur une photo ça c'est une image que je vais garder et essayer de me trouver des moments sympas en famille l'année dernière on a fait un peu de randonnée avec les enfants, on a été en refuge et on s'est retrouvés dans un refuge juste fantastique au milieu de nulle part, en autonomie il n'y avait pas de gardien c'était vraiment superbe se faire une espèce de banque d'images une banque de données, de choses positives qui, quand tu es dans le mal, tu ressors. Qu'est-ce que j'ai en stock ? Là, je ne vais pas très bien. Je vais m'imaginer sous le soleil avec mes enfants, mon mari. Ça, travailler, je pense, un peu l'histoire du sommeil. Voir si je peux mettre en place de façon plus régulière encore les micro-siestes. Tester un peu le café aussi, peut-être, pourquoi pas. et essayer de diversifier sur l'alimentation salée ce genre de choses et puis organiser un ou deux week-ends choc comme je dis pour refaire du dénivelé parce que c'est surtout ça
Loïc tu vas partir à Chamonix du coup pour cela ?
Céline oui on va un peu dans les Pyrénées en vacances en août mais ça sera déjà presque trop tard donc oui on va essayer d'aller retourner peut-être un peu à Chamonix soit au mois de juin ou au mois de juillet ou peut-être dans le Jura on n'a pas encore bien calé mais on va le faire parce que j'ai la chance d'avoir un mari qui court aussi quand même et donc ça permet de partager même si on n'arrive pas toujours à caler nos entraînements ensemble mais voilà ça permet aussi de partager quand même les choses plutôt que si voilà tu as ton conjoint qui ne fait pas du tout de sport. Dans l'ultra, c'est aussi un moment de partage. Le fait de faire les ravitaillements, c'est aussi des moments de partage assez forts.
Loïc C'est clair. Génial. Céline, merci beaucoup. On arrive au bout. C'était très intéressant d'avoir ta vision des choses sur ta pratique, sachant encore une fois que ta réalité, c'est que comme beaucoup de gens, tu jongles avec un boulot prenant, une vie de famille, j'imagine intense avec trois garçons, mais que tu arrives à faire des choses quand même assez incroyables. Tu le disais, 100 kilomètres, tu y allais progressivement, donc tu ne t'en es pas rendu compte tout de suite, mais 100 kilomètres, ça fait quand même de sacrées distances. Donc, très inspirant d'avoir ton retour. Si toi, tu avais peut-être un message, tu vois, on a notamment parlé du fait que ton point de vue, c'est que les femmes osent peut-être moins que ce soit dans la reprise d'entreprise dans l'ultra etc autres osent moins se lancer ce serait quoi le message pour ces femmes là que tu voudrais leur transmettre
Céline tout simplement d'oser même si au départ c'est se fixer un objectif pas forcément très grand et de pas peu importe ce que pensent les autres allez-y faites-vous confiance, vous avez de la ressource en vous-même en fait ne comptez pas sur les autres vous avez de la ressource faites un état des lieux de tout ce que vous avez de positif chez vous et de vos qualités et faites quelque chose que vous n'avez pas osé encore faire c'est à votre portée, il faut se faire confiance il faut se faire confiance on a plein de qualités voilà, oser tout simplement
Loïc excellent excellent, un grand grand merci Céline très bonne fin de préparation du coup pour tasser ces essais et puis peut-être à une prochaine sur des sentiers de trade
Céline bah oui j'espère, merci Loïc bonne journée, à bientôt, au revoir
Loïc merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité j'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de superbes expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire merci beaucoup pour votre fidélité à la semaine prochaine pour un nouvel invité Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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