Emmanuelle Je croise aussi beaucoup en nutrition, beaucoup de sportifs qui s'infligent des fois tellement de choses qu'au bout d'un moment, ils n'arrivent plus du tout à s'entraîner. Mais ce n'est même pas seulement un plan physique, c'est un plan psychologique. Donc comme j'ai aussi ce côté-là épicurienne, j'ai besoin aussi d'avoir des petits lâcher-prise et de ne pas être toujours maintenu à des choses très strictes.
Loïc Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. L'Alpsman, cette épreuve de triathlon est celle de tous les superlatifs. C'est le défi de l'extrême dans un site exceptionnel autour du lac d'Annecy. Le format le plus long consiste à nager 3,8 km, à rouler 180 puis à courir un marathon 42,2 km. Les mêmes distances donc que celui mythique Ironman, à la différence près que l'Alpsman, c'est une épreuve de montagne. Il y a 4000 mètres de dénivelé à avaler sur le vélo et pour les plus rapides, la deuxième partie du marathon est en fait un trail jusqu'au sommet du Mont Semnos. Environ 400 personnes en prennent le départ chaque année avec des chronos de course qui dépassent allègrement la quinzaine d'heures pour la plupart d'entre eux. Bref, c'est le festival de l'effort physique, la Rolls Royce du triathlon L'Enforma, le Graal pour tous les amateurs d'épreuves hors normes. Mon invité de la semaine, Emmanuel Auger-Daven, est devenu finisseur de l'édition 2023, première femme dans sa catégorie. C'est déjà une performance exceptionnelle en soi, mais Emmanuel a quelque chose en plus avec lequel elle doit composer. En 2021, elle a eu un grave traumatisme crânien suite à une lourde chute à vélo. Elle a frôlé la mort et le diagnostic des médecins était clair, sa pratique du sport doit changer. Concrètement, il lui est désormais impossible de se retrouver en état de souffrance physique, car si c'est le cas, son cerveau n'est plus capable de le gérer et physiquement, tout son corps s'arrête de fonctionner. Comment est-ce qu'on gère un paramètre pareil quand on prend le départ d'une course telle que l'Alpsman ? C'est ce dont on parle avec Emmanuel, en plus du sujet de la nutrition sportive, qui est son domaine d'expertise. Un échange absolument passionnant avec une femme qui a su rebondir rapidement après un accident qui aurait pu la laisser à terre. Ouvrez grand les oreilles, énorme dose d'énergie garantie, excellente écoute à vous les frappés. Eh bien écoute, bienvenue Emmanuelle sur le podcast. Merci. Très très content de t'accueillir. je crois que ma première question c'est comment est-ce que tu te sens du coup quelques heures, quelques jours après cette folie qu'est l'Alpsman
Emmanuelle je me sens super bien je me sens pas fatiguée je me sens plutôt en forme j'ai pas eu encore de contre-coups, peut-être que ça va venir après mais non je suis super bien super positive voyeuse, heureuse et le pied est remis dans toutes mes multiples activités professionnelles essentiellement. Donc, je n'ai limite pas trop le temps d'en profiter.
Loïc Ok, je ne m'attendais pas à cette réponse. Je pensais que tu allais me dire courbature, gros coup de fatigue.
Emmanuelle Je suis désolée, je sais que c'est un peu en kikinant ce que je dis. C'est un peu rageant. Je voudrais bien faire semblant et dire que j'ai mal aux cuisses, j'ai mal aux jambes, je suis crevée mais bon, je ne sais pas mentir je suis plutôt honnête je suis plutôt en pleine forme avec les objectifs prochains qui sont déjà en place
Loïc trop bien parce que tu peux me rappeler ton chrono final sur cette épreuve
Emmanuelle chrono anecdotique de 15h30
Loïc 15h30 ok quand on adore notre sport, on en profite
Emmanuelle pendant 15h30, c'est génial
Loïc donc ça fait une arrivée à 21h c'est ça ?
Emmanuelle oui je ne vais pas du tout regarder mais oui c'est ça à peu près
Loïc très très curieux du coup tu nous expliques un petit peu comment tu t'es préparé à cette épreuve parce que encore une fois terminer en 15h30 c'est quand même pas mal du tout terminer en excellente forme c'est vraiment exceptionnel ça m'impressionne énormément donc super curieux mais avant ça avant qu'on parle de ce monstre qui est l'Alpsman ce que je te propose c'est peut-être de nous expliquer un petit peu qui tu es, quel est ton parcours parce qu'il me semble que tu n'es pas triathlète professionnel donc qu'est-ce que tu fais dans la vie Emmanuel ?
Emmanuelle Alors dans la vie je fais beaucoup beaucoup de choses en fait je suis je suis une passionnée de manière générale donc j'essaye de faire de ma vie chaque matin quand je me lève, de vivre avec mes passions. Donc à la base, je suis une infirmière libérale. Après, en parallèle, très sportive, avec des débuts beaucoup en course à pied uniquement sur plusieurs années. Et puis, c'est conjugué à ça, une passion pour la nutrition, parce que quand on a un rythme de vie d'une femme active avec des enfants. L'infirmière libérale, on ne vous cache pas que c'est quand même un job aussi très prenant physiquement et psychologiquement, plus pas mal de sport. Du coup, il a fallu que j'adapte un petit peu tout ça pour pouvoir être en forme et continuer à pratiquer comme je voulais. Et puis, j'étais aussi très compétitrice en course à pied, des objectifs chronos, des trucs très briefés. donc du coup il a fallu que je me mette dans la nutrition qui me manquait un peu et puis finalement j'en ai développé une passion et après je me suis dit tiens allez pourquoi pas en faire quelque chose au niveau professionnel puisque j'avais fait pas mal de choses déjà pour moi donc je me suis dit tiens pourquoi pas le faire aussi pour les autres donc du coup j'ai refait deux ans en formation pour être micro nutritionniste donc je suis spécialisée en nutrition sportive et aussi évidemment en nutrition santé. Et du coup, j'ai créé Circa Di, mes suivants nutritionnels que je fais dans mon bureau et à distance aussi avec des personnes partout en France, même en Suisse. Et en fait, en gros, je me suis créée une deuxième profession qui unit tout ce qui me passionne, c'est-à-dire le soin aux personnes, la nutrition et le sport voilà donc suite à ça j'ai ouvert un deuxième cabinet de suivi en nutrition voilà essentiellement le plus gros de mon parcours voilà je travaille aussi en parallèle avec un médecin pour tout ce qui est injection de PRP pour les blessures chez les sportifs les injections de plaquettes si on veut être plus clair et je suis aussi associée à la franchise CryoThera un pôle de cryothérapie je suis responsable de la formation nutrition au sein de la franchise en France qui commence à avoir je crois 14 centres en France et je les forme tous les centres à chaque ouverture voilà je crois que ça résume juste mon côté professionnel
Loïc ok excellent alors première question je crois par rapport à ce que tu viens de nous dire la micronutrition en quoi ça consiste exactement par rapport à la nutrition tout court
Emmanuelle alors en fait j'explique toujours la micronutrition vraiment apporter les aliments les qualités nutritionnelles des aliments bruts pour répondre aux besoins de l'organisme donc c'est déjà passer pour aller pouvoir être en forme en bonne santé c'est déjà passer par l'assiette savoir quoi mettre dans son assiette au-delà de après compléter les médicaments les compléments et tout ça c'est déjà déjà savoir quoi bien mettre dans son assiette avec les aliments qu'il faut leur qualité nutritionnelle pour vraiment répondre aux besoins de l'organisme
Loïc d'accord ok et donc dans le cadre qu'est-ce qui diffère quand tu fais de l'accompagnement sur la micronutrition qu'est-ce qui est différent dans l'accompagnement d'un sportif versus un accompagnement pour quelqu'un qui veut entre guillemets juste avoir une assiette plus équilibrée au quotidien
Emmanuelle ben là en fait pour les sportifs on va être déjà dans tout ce qui est préparation d'une épreuve sportive dans toute la préparation, une préparation générale ou une préparation spécifique là on va vraiment être adapter l'assiette comment les repas justement qui vont s'adapter au volume d'entraînement au type de sport pratiqué si on est plutôt dans le renforcement de la masse musculaire ou si on est plutôt dans des repas de récupération derrière des gros enchaînements de différents sports. Tout ça, c'est essentiel pour moi. Je dis toujours que c'est vraiment une des clés de la réussite parce que sans ça, de toute façon, le corps et les cellules ne répondent pas. On a un corps qui est... C'est des milliers de systèmes d'adaptation. Le corps humain, il est fait que pour s'adapter en permanence, il n'est pas fait pour être assis. Et pour ça, on le stimule. Et les entraînements, les sportifs, ils stimulent sans arrêt leur système d'adaptation et pour que les cellules répondent bien il faut leur donner le bon carburant c'est comme une voiture si on ne met pas le bon carburant au bout d'un an ça tombe en rade et voilà donc ça c'est important et puis après préparer par exemple aussi tout ce qui est stratégie nutritionnelle de course donc par exemple quand on fait un altman déjà en amont préparer de savoir pendant toutes ces heures on va être sur le vélo en course à pied en sortant de la natation qu'est-ce qu'il faut qu'est-ce qu'il faut prendre, qu'est-ce qu'on supporte au niveau digestif comment on fait, combien on prend tout ça c'est pas du hasard ça se fait pas de manière aléatoire parce que ça c'est un coup forcément à se planter à faire une déshydratation à faire une hypoglycémie ou alors le nombre de personnes qui viennent me voir en me disant je comprends pas une fois que je commence à course à pied j'ai plus de jus, j'ai plus rien voilà et voilà la clé elle est là c'est de la nutrition et donc du coup j'aide les sportifs à adapter toutes ces stratégies nutritionnelle de course aussi et puis après aussi il y a la récup qui est aussi sympa hormis les boissons souvent locales qu'on connait bien on va quand même essayer d'adapter des choses pour pouvoir après enchaîner et pas trop avoir de bobos
Loïc excellent voilà pour les sportifs
Emmanuelle il y a de quoi faire
Loïc j'imagine surtout que c'est un aspect comme tu disais crucial et en même temps je sais pas à quel point tu vas nous le dire parce que t'accompagnes des sportifs mais j'ai l'impression que sur le plan préparation physique, bon bah tout le monde est au clair que quand on prépare une épreuve aussi de l'envergure de l'Alpsman il y a évidemment une préparation physique importante préparation mentale j'ai l'impression qu'on y vient un peu nutrition j'ai l'impression que c'est peut-être un peu plus avancé que la préparation mentale mais ça c'est peut-être pas encore le gros focus de la plupart des gens qui se lancent sur ce type d'épreuve, non ?
Emmanuelle Oui, non, ce n'est pas... Par méconnaissance, en tout cas, je pense. Oui, ça commence un peu, mais c'est encore un plan où la plupart des personnes pensent qu'ils peuvent se débrouiller, en achetant des produits de droite et de gauche de certains laboratoires. Donc, souvent, c'est quand même un aspect qui passe à côté parce qu'on ne mesure pas l'importance de ce que ça peut avoir. Et moi, je le vois avec les personnes que j'ai en suivi. C'est au bout de plusieurs échecs que finalement, ils ont l'alerte en disant, bon, alors, j'ai tout fait, le matériel, j'ai tout fait au niveau de la préparation, j'ai pris un coach, tout ça. Et puis, finalement, ça ne colle toujours pas. Bon, du coup, après quelques échecs, en général, ils finissent par venir me voir en disant, bon, je crois qu'il n'y a plus que vous. C'est ça, le problème métier. Donc, effectivement. Et puis, par contre, ils se rendent bien compte. Et même des personnes qui sont dans la profession de la médecine, des pharmacies, ils sont toujours scotchés en disant, il n'y a pas photo la différence, c'est incroyable. Donc, vraiment, c'est marquant dans le fait que, oui, la considération de l'importance, elle n'est pas encore bien ancrée. Donc, c'est vrai que souvent, prendre un coach, ça se fait facilement pour les séances maintenant, les entraînements ça c'est quelque chose qui s'est énormément développé et qu'on prend en considération mais oui la nutrition ça traîne un peu
Loïc Et justement comment est-ce que toi tu es arrivée dans cet univers ?
Emmanuelle Tout simplement parce que je me suis mise à la course à pied et puis comme j'étais très compétitrice dès le départ j'avais pris un entraîneur j'avais des entraînements très briefés comme on peut avoir dans la course à pied du fractionné, les séances d'allure, tout ça. Et j'étais super motivée. Bon, j'étais quand même en forme et c'était terrible. Je n'arrivais à rien du tout. Je finissais en hypoglycémie, je finissais en marchant. Donc, je me disais, là, je me disais, mais ce n'est pas possible. Soit vraiment, je suis archi nulle et je ne suis pas capable de courir, ou il y a un problème. Donc, effectivement, et on m'a alerté en me disant, peut-être voir ta nutrition quand même. Et voilà. Et en fait, effectivement, comme toutes les personnes que finalement je viens de dire se sont rendues compte, je suis passée la première par là. Bon, ça va heureusement assez rapidement. Et dès que j'ai changé mon alimentation, il n'y avait pas photo. Je faisais mes séances d'entraînement. Je faisais toutes les séances entières. Je les faisais correctement. Je progressais très rapidement. Je suis passée très rapidement. J'ai commencé à courir. J'ai fait un semi-marathon. Et au bout de six mois, je faisais un marathon. bon après j'ai toujours été très compétitrice et dans l'ultra donc après j'ai vite poussé sur du 100 km et du 24 heures en course à pied donc je suis passée par là effectivement pour me rendre compte c'est ce qui m'a poussé plus loin dans la connaissance et de la nutrition et aller chercher encore plus loin de voir tout ce qui se cachait là derrière pourquoi c'était aussi important
Loïc ok super intéressant et ce côté compétitrice tu dirais que ça vient d'où est-ce que déjà petite tu faisais du sport et tu avais cette volonté de gagner d'être encore meilleure etc ou tu l'as développé au fur et à mesure de ta pratique de la course en particulier
Emmanuelle non c'est de tempérament en petite j'étais comme ça je faisais pas enfin voilà j'ai commencé à faire du sport comme enfin pas au collège découvrir un peu tout ce qu'était compétition au collège et puis voilà Après, j'ai fait un peu de hand. Mais à ce moment-là, j'étais déjà très compétitrice. Avec ce tempérament de la gagne, quand même, j'ai toujours eu en moi.
Loïc Excellent. Par rapport à l'Albsman, déjà, à quel moment, qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, je vais partir sur une épreuve de cette envergure ?
Emmanuelle Alors, il va falloir aller chercher loin. juste pour cette épreuve juste pour l'Alsman ou de manière générale sur ce type d'épreuve ?
Loïc Non, sur l'Alsman en particulier
Emmanuelle Ouais alors juste pour l'Alsman en particulier tout simplement c'est parce que j'ai mon conjoint qui l'avait déjà fait deux fois et qui n'avait pas tapé la cloche donc il en avait ras-le-bol il s'est dit cette fois-ci je m'entraîne à mort et on y va pour que je tape la cloche donc bon du coup je me suis dit du coup voilà allez j'y vais aussi comme ça je t'accompagnerai je dis je veux le faire et puis voilà
Loïc excellent donc la cloche le petit détail
Emmanuelle c'est comme ça que j'ai connu on va dire j'ai connu l'épreuve plutôt comme ça en me disant je vais le faire mais en soi personnellement là c'était pour l'accompagner mais personnellement c'était un objectif qui étaient plutôt poussées les limites, on va dire, parce que moi, j'ai eu un grave accident et j'ai un médecin, un neurologue qui m'a dit, mais vous savez, Emmanuel, il faut que vous arrêtiez, il faut décrocher l'ultra-distance, puisque je viens de l'ultra-distance en course à pied. Donc, moi, c'est mon dada. Moi, courir pendant 24 heures sur un tour de 2 kilomètres, ça ne me dérange pas par exemple faire 100 km en me promenant ça ne me dérange pas du tout en me promenant en me courant donc j'aime l'ultra j'aime ce que ça provoque et voilà je viens de là et donc avant mon accident j'étais là dedans sauf qu'après il m'a fait comprendre que ce n'était plus possible que je ne pouvais plus faire de l'ultra distance que mon cerveau ne serait pas capable donc voilà j'en suis arrivée à ce format-là pour me dire si j'ai envie de prouver que je peux être capable encore de... Je peux quand même faire ça, même si on m'a dit que ce n'était pas possible.
Loïc Parce que si ce n'est pas indiscret, quand le diagnostic a été qu'il fallait oublier ce type d'épreuve parce que ton cerveau serait capable, pas capable, c'est à quel point de vue qui te disait que tu ne pourrais pas le faire ?
Emmanuelle Tout simplement parce que pour dire ce qui m'est arrivé c'est que j'ai eu un accident de vélo à l'entraînement et du coup à grande vitesse j'étais dans les roues et j'ai fait un petit faux mouvement et j'ai touché la roue avant d'un collègue devant. Et du coup, j'ai mis un grand coup de guidon et je suis allée me percuter de plein fouet sur la route. Et du coup, je suis tombée dans le coma. J'ai fait une hémorragie cérébrale. Donc du coup, j'ai été trépanée. Et en fait, on est obligé de m'évacuer tout le sang que j'avais dans le cerveau qui comprimait mon cerveau. Donc en fait, je suis traumatisée crânien grave. donc non anonyme c'est mais donc du coup j'ai été suivie par des neurologues et un cerveau qui a été traumatisé à ce point puisque finalement comme a dit le médecin à 30 minutes j'étais plus là j'ai fait 3 jours de coma et puis donc du coup comme mon cerveau il a vraiment souffert en fait le cerveau n'est plus capable de supporter des choses un peu dures en fait, si vous voulez, pour vous imager tout ce qui va un peu, quand on fait du sport un peu, qu'on se pousse, on a toujours ce moment où c'est dur, quoi, il faut tenir le choc, alors le cerveau, il prend le rôle et il dit, allez, tu tiens, tu tiens bon, tu tiens bon, ben voilà, par exemple, moi, maintenant, il faut savoir que mon identité fait que mon cerveau n'est plus capable de faire ça. D'accord. Donc, il n'est plus capable de lutter contre de la douleur trop longtemps, contre de l'effort intense. Voilà, donc si peu que j'arrive dans de l'effort intense ou de douleur, en fait, c'est bien simple. Il n'y a même pas besoin d'avoir un tempérament comme le mien. De toute façon, le cerveau, c'est lui qui dirige et il met off, il met le bouton off et c'est fini. Vous n'avez plus rien pour tourner les ans. tout ça, c'est à gérer sur les épreuves sportives pour moi maintenant. Mais c'est pour ça que le neurologue me disait que les traumas crânien graves ne pouvaient pas faire de trop longues distances comme ça, que si j'arrivais un peu dans la souffrance ou dans un peu de douleur que que c'était pas la peine, que de toute façon j'allais me mettre de côté mettre mon clignotant
Loïc waouh, ok, d'accord donc le fait de participer à une épreuve comme l'Alpsman, ça prend quand même une autre dimension avec ce que tu viens d'expliquer donc en fait l'enjeu si j'ai bien compris c'est que tu peux toujours faire de l'ultra si tu le souhaites, par contre il faut que tu arrives toi à gérer ton effort tes périodes de haut et de bas etc. pour finalement jamais tomber dans des phases où ça devient douloureux et difficile mentalement, c'est ça ?
Emmanuelle Ouais c'est ça, t'as très bien compris, c'est exactement ça c'est vraiment une autre c'est une autre compétition en fait comme il m'a dit, il m'a dit de toute façon vous ne serez plus jamais la même alors du coup j'avais du mal à l'entendre de me dire que je ne serais plus jamais la même, j'acceptais pas dans le sens où je voulais pas qu'on me dise que je pouvais plus faire de compétition tout ça mais par contre avec un peu de recul maintenant je commence à avoir quelques épreuves sportives, je ne suis plus effectivement du tout la même, la compétition n'est plus la même c'est à dire que ma compétition elle est avec mon cerveau c'est à dire c'est toujours le ménager c'est à dire qu'aller pousser loin les choses tout en faisant en sorte que mon cerveau ne soit pas bousculé c'est ça en fait c'est tout un voyage intérieur c'est sympa
Loïc franchement c'est fascinant et puis ça ça déclenche plein de questions parce que très concrètement si tu tombes si si tu gères mal cette phase d'effort etc et que tu tombes dans une période où c'est vraiment difficile et que tu t'acharnes et que tu restes là-dedans, concrètement, il se passe quoi ? C'est potentiellement, tu refais un coma ou tu perds de moyens, tu t'assoies et plus de son, plus d'image, c'est quoi ?
Emmanuelle Non, c'est-à-dire qu'en fait, le cerveau, il va faire en sorte de couper le... C'est-à-dire que je n'ai plus du tout d'augmentation du système cardio-cardiaque.
Loïc D'accord.
Emmanuelle Donc, du coup, mon corps va être obligé de se mettre en mode, tu marches. par exemple, ou alors le message permanent qui va me dire, ça ne sert à rien que tu continues, il faut que tu arrêtes, arrêtes, arrêtes. Je n'aurai plus de notion de motivation, j'aurai ça. Mais pour le côté physiologique, j'ai juste poussé sur du cours en faisant des petites courses très rapides avec un cardio qui grimpe fort, j'ai réussi à en faire une ou deux. À la troisième, ça a bugué dans le sens où d'un seul coup, je ne pouvais plus avancer. Même si c'était une course de 8 kilomètres, mais comme le cerveau n'a plus voulu monter le cardio, j'ai été obligée de me mettre en mode petit footing. J'ai eu le cardio qui ne montait plus, plus rien. Du coup, je ne pouvais plus pousser l'effort. j'apprends aussi à faire avec donc j'apprends et puis du coup j'essaye de voir les petits chemins c'est comme un labyrinthe pour voir où je peux passer et jusqu'où je peux aller
Loïc parce que cet accident c'était quand ?
Emmanuelle c'était le 7 janvier 2021 il y a deux ans
Loïc c'est super récent en plus
Emmanuelle c'est pas encore complètement terminé c'est il y a deux ans
Loïc mais alors attends du coup parce que initialement ma question ça allait être comment est-ce qu'on se prépare à l'Alpsman, enfin une épreuve en tout cas de cette envergure d'un point de vue micronutrition mais là j'ai plutôt envie de partir sur comment on se prépare à une épreuve comme ça en ayant été tu disais le terme traumatisé crânien grave
Emmanuelle c'est ça, traumatisé crânien grave
Loïc au moment où tu te dis bon bah allez hop j'accompagne mon conjoint sur l'épreuve l'objectif pour lui c'est de sonner la cloche quelle stratégie est-ce que tu mets en place par rapport justement à toute cette zone d'incertitude sur la gestion de cette contrainte ce paramètre en plus qui est ton cerveau
Emmanuelle qui dit pitié pitié où c'est que tu m'emmènes encore c'est ça en gros c'est ça déjà comme je disais il faut quand même à une source de motivation, que je trouve une source de motivation qui ne soit pas trop exigeante. C'est important et j'arrive à bien placer l'objectif et ce que je souhaite. On va dire que ça se peaufine, ça s'ajuste au fur et à mesure de l'entraînement parce que je suis vraiment du coup très centrée sur moi-même, beaucoup en introspection. je suis toujours en micro-analyse permanente pour voir un peu quand on teste les ordi je suis toujours obligée d'être un petit peu en ressenti de tester un peu comment je suis pour voir comment j'avance pour pas avoir il y a bien une chose que je déteste c'est avoir des regrets donc je ne veux jamais avoir de regrets donc du coup j'avance au fur et à mesure avec ce que je ressens ça c'est important pour fixer les bons objectifs et ne pas avoir de regrets et ne pas être déçu. Tout se fait comme ça. Du coup, effectivement, je ne peux pas partir en disant ça va se passer comme ça, ça sera comme ça, ça sera comme ça. C'est vraiment, je planifie parce que j'ai besoin. J'ai besoin de planifier. Déjà pour mon timing et mon planning professionnel, si je ne planifie pas, c'est mort, je ne peux rien faire. Donc, je planifie et puis après, je vois comme je me sens au fur et à mesure voilà j'essaye d'avancer avec des atouts déjà avec une coach qui m'entraîne qui m'entraînait déjà avant l'accident et donc depuis elle me connait bien et du coup on essaye on adapte au fur et à mesure et puis elle adapte très bien et puis cette année comme j'ai eu pas mal d'objectifs sur le plan professionnel et sportif je fais de la sophrologie aussi pour essayer vraiment d'aller tempérer un peu tout ce qui peut se passer en haut et en bas pour bien gérer j'ai fait toute la préparation au fur et à mesure comme ça avec l'aide de ma coach avec ma sophrologue et puis en étant toujours sur mes sensations en disant ah là non ça va pas je le sens pas comme ça je pourrais pas le faire comme ça et voilà. Donc, il faut savoir servir des qualités professionnelles des autres, plus son introspection, on arrive à quelque chose de pas trop mal.
Loïc Et donc, ça veut dire qu'à l'entraînement, est-ce que tu as quand même pu te faire des blocs d'intensité qui sont relativement courts en termes de durée ou est-ce que justement, comme il faut éviter absolument ces phases de souffrance entre guillemets mentale, tu n'as fait que de la base à moyen l'intensité pour toute ta préparation ?
Emmanuelle Non, en fait, je fais quand même beaucoup de volume en général. Beaucoup de volume. Dans les phases, je respecte les phases d'entraînement progressives, en montée progressive et puis après une redescente jusqu'à l'épreuve à partir de trois semaines avant. Ça, tout est respecté. La seule chose, c'est En entraînement, je pousse quand même en termes de fatigue. Comme je disais, le corps, c'est des milliers de systèmes d'adaptation. Là, j'essaie de recréer un peu d'adaptation au fur et à mesure, de bousculer un petit peu mon cerveau à la juste bonne limite. Quand je vois que je suis trop fatiguée, du coup, je lève le pied, je m'écoute. Quelqu'un qui va récupérer rapidement en deux jours, j'ai vu qu'il y avait les périodes les gros blocs d'entraînement j'ai eu du mal à les digérer j'étais quand même bien fatiguée j'ai pris plus de jours pour récupérer j'ai retiré des jours où j'avais des séances d'entraînement mais par contre ça m'a aidée à rendre plus résistant à donner de la résistance à l'effort à la fatigue à mon cerveau
Loïc ok et ta préparation en global a duré combien de temps ?
Emmanuelle 3 mois
Loïc ah ouais mais c'est super court
Emmanuelle bah ouais mais bon je me demande un truc ouais j'ai en fait là ouais c'était cette année avec mes mes deux cabines à faire tourner mes fonctions à côté et puis en plus j'ai repris une année d'études cette année donc j'ai un mémoire et tout à passer j'ai des cas cliniques à faire donc du coup j'ai pas eu le temps de mettre plus en amont sur la préparation. Donc, trois mois, c'était bien.
Loïc C'est vraiment impressionnant vu le chrono que tu as fait et puis surtout, comment tu as fini.
Emmanuelle En plus, comme je n'avais fait un peu que de la course à pied cet hiver, je me suis fait malheureusement en refaisant un peu trop de fractionnés. Ça faisait longtemps que je n'en avais pas fait. Puis là, je me suis dit, allez, je refais un peu de course à pied. Mes vieux démons sont réapparus. Et du coup, je me suis fait une déchirure d'Iskion. Donc, du coup, mais je voulais quand même m'entraîner et quand même faire l'Halsman. De toute façon, il est hors de question que j'abandonne. Donc, du coup, j'ai fait la prépa de trois mois, mais je n'ai pas couru pendant deux mois du tout. Je n'ai fait aucune course à pied. Je l'ai attaqué. Il y a un mois, un mois et demi, j'ai commencé, j'ai refait un peu de footing avant l'épreuve, c'est tout.
Loïc Oh, putain. OK. Mais du coup, en termes de foncier, tu étais quand même entraînée avant d'attaquer ta prépa sur trois mois ?
Emmanuelle oui on va dire que moi je suis quelqu'un de toujours entraîné finalement je fais toujours un peu de sport le sport c'est ma vie ça fait partie de ma vie comme on va manger comme on va dormir moi c'est pareil je mangeais, je dormais je fais un peu de sport ça fait partie de ma vie donc après je fais en fonction de mes envies cet hiver je me suis dit allez je vais refaire un petit peu de petites courses rapides voilà j'ai mes sures tentées un peu mais voilà pas longtemps
Loïc ok et avec toutes les activités entre les gueules tu dois tu dois jongler comment est-ce que comment est-ce que sur ces trois mois par exemple comment est-ce que comment est-ce que t'étais organisée en termes de volume d'entraînement etc ça une semaine type il y en a eu une ça ressemblait à quoi
Emmanuelle ben en gros c'est entre en moyenne 10 à 14 heures par semaine et puis je suis allée faire deux semaines sur le lieu, sur Annecy en entraînement où j'ai fait 20 heures et 26 heures
Loïc ah ouais, donc quand même du costaud ok
Emmanuelle voilà j'étais sur place j'avais pris du temps que pour ça comme j'avais eu effectivement bon voilà après c'est la première fois que je faisais ça je pense qu'il y a des choses peut-être qu'il faudrait modifier mais du coup je me suis fait deux grosses semaines pour vraiment sur place faire, parce que j'habite à Reims donc ici nous cherchons l'école
Loïc de montagne
Emmanuelle donc je crois que sinon les petites côtes elles doivent faire peut-être 800 mètres donc j'étais obligée d'aller un peu en montagne quand même pour pouvoir m'occuper de ça et puis pouvoir repérer et pratiquer donc oui j'y suis allée que pour ça je faisais que ça, de la piscine des sorties de vélo de 6h enfin voilà
Loïc les petits blocs chocs
Emmanuelle ok
Loïc et d'un point de vue micro nutrition alors comment est-ce que ça se passe quand tu prends un dossard pour une épreuve comme ça c'est quoi un peu les grandes étapes par lesquelles tu passes pour définir ta stratégie micronutritionnelle
Emmanuelle sur la préparation au global
Loïc la préparation surtout l'épreuve je pense que comme tu le disais c'est quand même un volet qui est peut-être pas suffisamment pris en compte et je compte plus le nombre de personnes que je crois qui me disent que sur la course à pied ils ont eu des problèmes gastriques grossi pot etc donc je pense qu'il y aura plein de choses très intéressantes
Emmanuelle tu pourras nous raconter
Loïc sur cette partie là
Emmanuelle Oui, après en préparation, j'en ai un peu parlé tout à l'heure, le tout c'est quand même d'éviter de se blesser. Moi je me suis blessée avant la prépa, mais le tout c'était de faire en sorte de bien se réparer et de ne pas se blesser de manière supplémentaire pour pouvoir mettre le dossard le jour J et de pouvoir aller jusqu'au bout et de pouvoir courir. Et en fait, j'étais guérie un mois avant l'épreuve. en faisant beaucoup de vélos, même si ça sous les cyclistions, les insertions, ça a été. Donc, forcément, je fais quand même de manière générale attention à ce que je mange, ce que je mets dans mon assiette, par envie, par besoin et par goût. Donc, ça, c'est du quotidien quand même, à essayer d'appliquer beaucoup de règles nutritionnelles au quotidien, justement, pour ne pas mettre à néant tous les entraînements. donc il y a toute cette notion là qui est importante c'est assez naturel maintenant chez moi ça fait partie de moi comme le sport donc c'est pas gênant après j'ai aussi un côté je sais que après quand je dis ça quand on ne connait pas des fois les personnes se disent ah ouais c'est quelqu'un d'hyper strict et tout ça alors que pas du tout je suis contre tous les excès que ce soit dans un sens ou dans un autre je suis très épicurienne donc j'aime bien des bons repas j'aime bien les bons restaurants j'aime bien voir du bon vin rouge avec modération voilà parce que pour moi je ne suis pas au championnat du monde je ne suis pas sportive de haut niveau je pense qu'il y a un côté psychologique qui est à prendre en compte parce que si on veut réussir on a aussi besoin de cette soupape là et une fatigue psychologique si on s'impose trop de choses, c'est vraiment hyper insidieux. Donc, il faut toujours laisser un peu de soupape. Et je croise aussi beaucoup de, en nutrition, beaucoup de sportifs qui s'infligent des fois tellement de choses qu'au bout d'un moment, ils n'arrivent plus du tout à s'entraîner. Mais ce n'est même pas seulement un plan physique, c'est un plan psychologique. Donc, comme j'ai aussi ce côté-là épicurien, j'ai besoin aussi d'avoir des petits lâcher-prise et de ne pas être toujours maintenu à des choses très strictes. Ça, c'est ma manière de faire, de voir les choses et de les prendre en considération. Et puis après, sur toutes les séances d'entraînement, sur les séances d'entraînement spécifiques, les sorties longues, le but, c'est d'aller pratiquer tout comme le jour J pour que je n'ai pas à avoir à faire le jour J de la course, ne pas avoir à réfléchir qu'est-ce que je vais prendre, comment je vais supporter, est-ce que je ne vais pas avoir mal aux ventes, combien j'en prends, tout ce qui va gâcher complètement une course. Moi, je fais tout en préparation matérielle, je pars faire une sortie longue en vélo, je fais tout comme si c'était le jour J.
Loïc Ok.
Emmanuelle Ou presque, des fois. Donc, du coup, j'ai évité ce genre de surprise le jour J qu'on a besoin d'éviter. Tout ce qui peut être préparé, de toute manière, il faut que ça soit préparé et le système digestif a aussi une entraînabilité et donc ça c'est important aussi.
Loïc Très bon point, c'est vrai que je crois que c'est une des premières choses parmi les nombreux tips qu'on donne, celles et ceux qui se lancent dans une discipline, je crois que la nutrition sur le triathlon, c'est peut-être un des premiers trucs qu'on m'a dit de ne surtout jamais tester de nouveaux gels, de nouveaux produits, de nouvelles fréquences d'alimentation le jour de l'épreuve qu'il fallait absolument tout tester et rôder avant
Emmanuelle parce que ça c'est mettre c'est ruiner des fois 3 mois d'entraînement c'est dommage
Loïc clairement mais du coup toi dans ton cas par rapport à ce que tu viens d'expliquer que dans l'armée tu drilles tu répètes toutes ces habitudes alimentaires à l'entraînement concrètement t'avais quoi comme stratégiste est-ce que par exemple la natation est-ce que t'as tout de suite mangé à la sortie de l'eau même si j'imagine que la stratégie est différente il y a autant de stratégies d'alimentation qu'il y a d'athlètes mais toi dans ton cas pour qu'on se rende compte un petit peu de ce que t'as mis en place ça a ressemblé à quoi le jour de l'Alpsman
Emmanuelle déjà dès à partir du moment où je sors de la natation je m'hydrate dès le début parce que souvent on a eu un peu froid on ne se rend pas forcément compte mais déjà dès le départ on commence à taper dans les réserves hydriques donc dès le départ moi je commence à m'hydrater moi je ne fonctionne qu'avec de la boisson d'effort qui n'est pas trop blindée en dosage au 100 grammes de sucre pour que ça soit facilement tolérable et que ça soit assimiler progressivement. Je m'hydrate très souvent en petite quantité justement pour laisser le temps à mes muqueuses d'absorber tout le glucose petit à petit sans lui créer d'inflammation. Aussitôt que je monte sur le vélo, je continue de m'hydrater ça de toute façon tout le temps. Je bois à peu près 600 ml par heure. Et puis à peu près, je fais entre une demi-barre à trois quarts, à peu près les barres classiques. Je prends des barres naturelles d'aliments crus. Comme ça, ils sont peu modifiés. Comme ça, je sais qu'au moins les vitamines, les minéraux, tout ce qu'il y a dedans, mon organisme peut en bénéficier parce que souvent, il y a des choses qui sont tellement modifiées qu'à part du sucre, il n'y a plus grand-chose dedans. Il faut savoir qu'il faut quand même que c'est important d'avoir des vitamines du groupe B quand on veut assimiler le glucose, que si on prend du sucre pur, on ne va pas l'assimiler et on va créer de l'inflammation. Il faut savoir qu'avec 500 minutes d'hydratation par heure, on ne compense pas toutes les pertes non plus. Donc, s'il fait chaud, il faut faire au moins 600. Donc, il y a tout un tas de petits trucs comme ça. Mais moi, je prenais à peu près des petits morceaux de bar que j'avais préparés à l'avance, qui étaient placés facilement. j'avais repéré les deux endroits où j'allais me ravitailler mes deux grands bidons et comme je suis un peu sensible à la chaleur même s'il ne fait pas trop chaud pour moi il fait vite chaud j'avais mis tout de suite avant de partir sur le vélo un petit bidon juste d'eau pure dans mon dos et puis comme ça je m'arrosais avec un peu d'eau régulièrement la nuque la centrale thermique pour être sûre que mon cardio ne monte pas trop. Toujours dans la gestion du cardio, pas trop faire d'efforts, pas monter le cardio, pas trop forcer. Comme ça, au moins, je me mettais un peu d'eau régulièrement. Avant des descentes, ça me faisait des courants d'air. Et puis du coup, je savais que ma température de corps, elle ne montait pas trop.
Loïc OK. Parce qu'en termes de cardio, tu avais une sorte de fourchette dans laquelle il fallait que tu restes en permanence ?
Emmanuelle Alors, ma fourchette, elle est dans ma tête. parce qu'en fait, je me connais tellement par cœur. J'ai toujours été tellement en introspection. Maintenant, je me connais très bien. Et du coup, du coup, je n'ai pas besoin de cardio.
Loïc C'est au ressenti, puisqu'au cardio fréquence.
Emmanuelle Oui, exactement. Même si je devais donner des chiffres, je crois que je n'en serais vraiment pas loin.
Loïc D'accord. Super intéressant. Sur la partie nutrition, est-ce que, Quel est ton avis sur les bars, les boissons, etc., qui sont justement assez pauvres en glucose ? Est-ce qu'il y aurait un intérêt à prendre des produits sur cible d'épreuve qui soient des produits plutôt gras que sucrés ?
Emmanuelle Après, tout va dépendre, là encore une fois de plus, des athlètes. et il y en a qui fonctionnent plutôt avec des choses peu sucrées et plus de matière grasse moi je conseille ça vraiment quand la personne elle est habituée à s'entraîner avec une nutrition qui est vraiment adaptée et ciblée dans ce sens là c'est à dire que quelqu'un qui s'est entraîné à faire fonctionner sa filière lipidique à bloc et qui travaille énormément comme ça du coup il travaille en fait il fonctionne énormément pratiquement au 3 quarts sur sa filière lipidique les graisses sachant qu'on ne peut pas éviter de toute manière musculairement parlant on a besoin de glucides donc on est obligé d'avoir un minimum d'apport en sucre ça c'est sûr donc c'est faisable dans ce sens là mais c'est pas vraiment la majorité des cas il faut que ça soit fait à l'entraînement avec des séances d'entraînement spécifiques où là vraiment on va être par exemple sur des séances pas mal de séances à jeun où là on va vraiment faire fonctionner sa filière lipidique et puis adapter son régime aussi au quotidien, voilà je le vois très peu et il faut que ça soit vraiment bien fait et que ça soit sur le plan nutritionnel et sportif donc bon voilà c'est plus délicat des sportifs aguerris
Loïc c'est ce que j'avais te demandé si c'était réaliste d'avoir un régime plutôt lipidique à l'entraînement mais sans que ce soit sans avoir dans la vie de tous les jours une alimentation plutôt type régime cétogène mais tu sembles dire qu'en fait il faut les deux
Emmanuelle pour moi il faut les deux on ne peut pas trop dissocier parce que si on fait fonctionner que sa filière lipidique à l'entraînement, le jour J, forcément, on va l'interpeller, mais dans ces cas-là, si on met des glucides, il ne faut pas que ça soit trop élevé parce que c'est comme tout. Je disais, le système digestif, il a une entraînabilité. Donc, si d'un seul coup, on le blinde de sucre alors qu'au quotidien, on est en cétogène et qu'on fait des filières lipidiques à l'entraînement, là, en fait, ça va créer une grosse inflammation digestive au niveau des muqueuses. et puis là patatrac
Loïc je te posais la question parce que j'ai eu un invité il n'y a pas très longtemps c'était un échange passionnant je ne suis pas trop calé sur les sujets de nutrition mais à tort d'ailleurs je pense que c'est juste on ne peut pas tout savoir mais bon quand même je pense que c'est vraiment un sujet hyper important pas seulement sur la partie performance mais aussi bien-être, récupération etc mais bref j'ai eu un invité Olivier Maria qui lui est donc un athlète amateur c'est tôt adapté il a entraîné son organisme et j'espère que je ne vais pas dire de bêtises à avoir une consommation lipidique, en gros on va dire plutôt de gras que de sucre et en fait il m'avait partagé un chiffre qui moi m'avait vraiment interpellé, donc il fait plutôt de l'ultra on va dire vélo, il a fait la race across France par exemple, 2500 km race across Belgium et le chiffre qu'il avait partagé c'était qu'en fait les réserves glucidiques qu'on a représentent à peu près 2500 calories donc sur un effort long comme l'Albsman t'as vite quand même tout pompé alors que les réserves lipidiques seraient plutôt entre 90 et 150 000 calories et du coup quand il m'a dit ça je me suis dit là je vois tout de suite l'intérêt en termes de gestion de l'effort surtout de l'effort long et donc on en avait bien discuté lui il semblait dire que c'était quand même assez contraignant les régimes cétogènes au quotidien donc c'est ce qui m'avait un petit peu freiné mais du coup je me demandais visiblement non si ça semblait réaliste d'être en mode plutôt cétogène à l'entraînement et donc se préparer pour être en mode cétogène aujourd'hui et sans nécessairement suivre un régime cétogène on va dire hors entraînement, hors récup mais tu sembles dire
Emmanuelle que lui il avait je pense que de toute façon lui il était en régime cétogène même au petit défi si on veut que ça fonctionne de toute manière et pour lui ça devait bien fonctionner c'est primordial après bien entendu selon le niveau et ce qu'on pratique tout va changer parce que on va préparer quand même en filière lipidique l'organisme pour certaines épreuves de toute façon tous ceux qui font du long je leur dis toujours moi je ne suis pas coach mais je dis toujours si vous préparez du long de toute manière il faut toujours faire fonctionner la filière lipidique en gros si on ne la fait pas fonctionner le corps ne sait pas s'en servir alors je schématise mais c'est ça c'est à dire que si vous faites un marathon que vous mangez généralement très sucré et que vous êtes plutôt sur des filières d'entraînement glucidique ça risque quand ça va commencer à piocher parce que de toute manière on n'arrive jamais à tout compenser sur des efforts longs et bien quand ça va commencer à piocher le corps en fait il ne saura pas aller chercher les lipides il ne saura pas utiliser cette filière là il l'a sauf qu'il ne sait pas l'utiliser donc ça va tomber en rade en gros c'est ça il n'y a pas de chemin de créer donc hop c'est la rade alors que celui qui apprend son corps à l'utiliser en faisant du H1 sur longue distance à des allures cardiorespiratoires en aisance, parce qu'à partir du moment où on commence à augmenter la fréquence cardiorespiratoire, on augmente le rythme cardiaque, le cœur est un muscle, il a besoin de sucre. Donc, ça ne va pas. Si on veut faire fonctionner le lipidique, il faut faire du cool. Et donc là, si on lui montre le chemin, quand sur le long, il va des fois un peu taper dans les réserves, il va savoir prendre dans les réserves en lipides. Il faut lui apprendre. En fait, le corps, c'est des milliards de systèmes d'adaptation. Il faut le stimuler, toujours le stimuler, et il saura comment faire, il saura s'adapter.
Loïc C'est hyper intéressant, parce qu'en gros, c'est un argument de plus pour l'approche cétogène. Parce que même si tu attaques, par exemple, admettons l'Alpsman, tu vois qu'il y a une épreuve, toi, tu as mis 15 heures, il y en a qui mettent plus que ça, bien plus que ça. Si tu commences, on va dire que tu commences ta journée, et tu sors de l'eau, tu commences à t'alimenter, etc. Si là, tu es en mode apport glucidique, donc plutôt du sucré, mais qu'au cours de la journée, ça ne suffit plus, même si tu as commencé la journée avec un apport plutôt en glucides, ton corps est quand même capable d'aller piocher dans le lipide, c'est ça ?
Emmanuelle Oui, c'est exactement ça. En fait, c'est mon corps, parce que moi, j'apprends à mon corps à s'en servir, sauf que moi, je suis un peu trop épicurienne pour me dire que je suis cancétogène. Ce n'est pas possible. donc moi je m'inflige pas ça ça c'est des choses un peu extrêmes pour moi qui entraînent aussi à long terme des conséquences sur l'organisme, le corps il aime pas toutes les choses extrêmes, il arrive un moment on est pas ultra trailer toute sa vie et le corps il aura tendance à se venger donc moi je garde mon petit côté épicurienne qui aime bien manger ses petites chouquettes de temps en temps au sucre et à prendre en même temps mon organisme à faire fonctionner le lipidique. Du coup, je gère mon alimentation comme ça. C'est-à-dire que je prends une boisson qui n'est pas blindée de sucre pour ne pas avoir mal au ventre. Par contre, en alimentation, je prends des sucres, mais plutôt des sucres naturels avec des barres qui sont non transformées. Mais je ne suis pas dans le cétogène, je ne suis pas dans le lipidique. Mais par contre, je ne tombe jamais en rade. Jamais, jamais. je ne sais pas ce que c'est de tomber en rate d'énergie de ne plus avoir deux jambes je n'ai jamais eu ça sur un marathon je n'ai jamais eu le mur donc ça veut dire que mon organisme sait prendre les réserves là où il faut l'année dernière j'ai fait une épreuve de 17h30 je n'ai jamais eu faim, je n'ai jamais eu coup de barre je n'ai pas été des jambes musculairement fatiguées tout est une question d'apprentissage son corps et voilà Et donc, du coup, une personne comme tu as eu la dernière fois, lui, il vaut mieux qu'il évite de prendre trop de sucre parce qu'effectivement, sinon, ça va lui faire un double effet sur l'épreuve. Et par contre, il va pouvoir aller loin sur ses filières lipidiques. Et c'est vrai qu'elles sont énormes, ses réserves. Et c'est vrai, les chiffres qu'il a donnés, c'est vrai. et du coup, je mettrais même cette petite remarque-là. Il y a souvent quand même des différences sur les performances hommes et femmes, sur les distances, les courtes distances, sur le vélo, forcément normal physiologiquement parlant, musculairement parlant. Sauf que plus on se rapproche des extrêmes distances et des longues distances, des ultradistances, c'est là qu'on va voir énormément de femmes qui vont prendre les devants, qui vont être sur des podiums scratch, qui vont gagner des courses devant les hommes parce que, si ça peut vous rassurer, les femmes, on a un peu plus de gras que les hommes, c'est super positif, ça nous sert à quelque chose.
Loïc Oui, j'avais déjà lu des articles sur ça, justement sur une différence dans les performances qui se réduis entre hommes et femmes, plus les distances s'allongent, voire même un inversement, enfin pas mal de cas, un inversement, c'est-à-dire que les femmes ont des bien meilleures performances que les hommes sur du long.
Emmanuelle C'est une des raisons aussi, c'est pas la seule bien entendu, mais ça fait partie.
Loïc Ouais, ouais, ok. Oh là là, c'est passionnant ce sujet, j'avais pas prévu qu'on parle autant de nutrition, mais j'en profite comme j'ai pas souvent des spécialistes sur le sujet. Mais bon, revenons-en à ton Alpsman. Donc tu disais que, voilà, t'as commencé à t'alimenter dès la sortie de la natation natation donc pour rappel le départ 5h30 au milieu du lac donc il fait encore nuit si j'en crois les photos déjà toi à ce moment là
Emmanuelle petite lueur quand même
Loïc et toi à ce moment là tu es dans quel état d'esprit quand tu te retrouves sur le bateau au milieu du lac que tu sais que voilà tu t'apprêtes à prendre le départ d'une longue longue journée tu te sens comment
Emmanuelle je me sens plutôt bien je n'étais pas trop stressée un peu mais pas plus que ça et puis quand c'est comme ça je suis plutôt à lever le nez et puis à regarder le vide du soleil les montagnes et j'ai toujours un message de toute manière depuis deux ans j'ai un seul message en tête c'est regarde tout ce qui t'entoure, regarde où tu es regarde le chemin parcouru, la chance que tu as d'être là, c'est exactement tout ce que je me dis à chaque fois même si je ne rentre pas dans des efforts intenses j'ai toujours ce réflexe maintenant de lever le nez et de me dire regarde la chance que tu as d'être là et d'être là, d'avoir tes proches qui sont là, de pouvoir faire ça et donc Donc, en fait, voilà, 15 heures, ça passe en claquant des doigts quand c'est comme ça. Donc, voilà. Après, je me suis un petit peu échauffée parce que ça caillait un petit peu.
Loïc Parce que l'eau, il t'a combien là ?
Emmanuelle Je ne sais plus. Je crois que c'était 16 ou 17, peut-être. Je ne sais pas. Je n'ai pas demandé.
Loïc Ça va.
Emmanuelle Non, ça va, ça va.
Loïc Ça va, oui.
Emmanuelle Il fait pire.
Loïc OK. Donc, sortie de l'eau, en combien de temps, du coup, tu as en tête tes temps à chaque fois ?
Emmanuelle Oui, je me suis dit, j'ai nagé comme une baleine, je me suis traînée. Alors en fait, pour me rassurer, on m'a dit qu'il y avait plus que prévu, parce que normalement, on devait faire 3008. Et en fait, je suis sortie en 1h33. Donc, je me suis dit, oulala, mais tu t'es perdue dans le lac. Voilà, alors après, tout le monde avait un peu plus de 4000 mètres en natation.
Loïc Ah, quand même, oui.
Emmanuelle Donc, voilà, donc ce n'est pas grave. Moi, je n'ai pas mis la distance, donc je ne sais pas combien j'ai fait. On m'en fiche. mais du coup ça me rassure un peu en sortant je me suis dit en 15 jours de temps t'as vraiment régressé en nageant je suis pas une nageuse j'ai appris à nager, je ne savais pas nager du tout il y a 3 ans en fait j'ai commencé le triathlon il y a 3 ans je savais pas nager je savais pas respirer je savais rien faire je suis pas une grande nageuse comme je suis plutôt sportive, du coup j'ai quand même progressé de manière à faire aujourd'hui 4000 mètres sans trop d'effort mais voilà, on peut dire de toute façon, les nageurs ils sont nageurs depuis jeune après, il ne faut pas rêver on n'est pas grand nageur, mais voilà je suis sortie en 1h33
Loïc excellent, et la partie la partie vélo est-ce qu'il y avait, parce que là j'avais été demandé comment tu avais enchaîné, tu vois, mentalement parce que la natation d'un point de vue cardiaque en tout cas tu vois première épreuve du triathlon tu te mets peut-être pas dans le rouge à ce moment là mais j'allais te dire sur la partie vélo peut-être un peu plus est-ce qu'il y avait une des deux épreuves vélo course à pied sur laquelle tu savais qu'il fallait être particulièrement vigilante par rapport au cardio la gestion de l'effort
Emmanuelle surtout le vélo j'avais un peu peur de la chaleur j'avais peur que je suis hyper sensible et aussitôt un peu chaud comme je te disais tout de suite j'ai le cardio qui grimpe et moi il était hors de question que je fasse une épreuve où j'allais souffrir mon cerveau de toute manière refuse donc c'était hors de question donc du coup j'ai plutôt j'ai plutôt levé le pied sur le vélo je me suis dit bon je vais gérer c'est pour ça que j'avais prévu ma petite fiole d'eau pour m'arroser la nuque et puis du coup j'ai plutôt été prudente sur le vélo je dirais même un peu très prudente
Loïc ce qui ne me gênait pas
Emmanuelle en gros, qui ne gêne jamais mon cerveau quand je suis très prudente, il est très content il est ravi donc voilà, en gros j'ai fait une promenade vélo
Loïc ok promenade de 180 bornes et 4000 de dénivelé mais ouais, bon après voilà
Emmanuelle c'était top, j'ai trouvé que c'était beau tout était beau j'avais toute ma famille qui était là sur les routes, les points, mes filles, mes amis, beaucoup d'amis et tout. Du coup, en fait, je me suis vraiment centrée sur ça, je me suis clôtée avec ça. Et voilà, mais oui, du coup, j'ai géré vraiment le cardio sur le vélo. Et puis, de toute façon, après la course à pied, je savais que j'allais peut-être avoir un peu chaud, mais pareil, j'allais gérer. La course à pied, je dirais, c'est en moi parce que je cours depuis je me suis mise à la course à pied tard mais ça fait 14 ans que je suis de la course à pied donc ça ne me gêne pas je n'ai pas peur de courir, je ne me pose pas de questions le vélo je savais qu'il fallait vraiment que je gère pour ne pas souffrir après en plus n'ayant presque pas d'entraînement en course à pied
Loïc et donc le vélo je ne fais pas habituellement un focus sur les chronos de mes invités, etc. Mais bon, vu l'épreuve, l'enchaînement, etc., je pense que c'est intéressant que les gens se rendent un petit peu compte. Le vélo, tu as mis combien de temps pour faire ces 180 bornes et 4 000 de dénivelé ?
Emmanuelle J'ai mis longtemps. J'ai mis 8h30.
Loïc 8h30. OK, donc là, on est déjà à 9h. On est déjà à 10h. Donc, OK. Donc, toi, l'objectif initial, pour ton conjoint, tu le disais, c'était d'aller chercher la cloche. Oui. Donc, pour rappel à tous les participants, participantes qui arrivent au 24e kilomètre, c'est ça, de la course à pied ?
Emmanuelle 25.
Loïc 25e kilomètre de la course à pied avant 17h, ont le droit de sonner une cloche.
Emmanuelle 17h30, c'est 12h30 en fait. Comme on parle à 5h30 le matin, 12h de course, c'est 17h30. Donc, à 17h30, tapante, avant, il faut passer avant.
Loïc Il faut passer avant. et donc ceux qui passent avant peuvent monter au sommeau sonner le gong et du coup terminer l'épreuve par une ascension d'un sommet qui s'appelle le semnose et donc ces gens là c'est ceux qu'on appelle les top finishers et les autres qui n'arrivent pas au 25ème kilomètre après 12h d'épreuve finissent en faisant des tours de lac c'est ça
Emmanuelle et qui sont lake finishers
Loïc et donc toi tu avais un objectif par rapport à cette barrière horaire ou pas forcément ?
Emmanuelle Je l'avais noté en tête. Après, je savais que sur les entraînements, j'étais trop juste pour passer. Du coup, j'ai dit je vais voir. Quand j'ai vu que je sorte à 1h33 de nat, tout de suite, je me suis dit que ça veut dire qu'il faut que je me mette la misère sur le vélo, il fait chaud, il va falloir que je me mette la misère en course à pied derrière, avoir tapé fort sur le vélo par rapport à ce que je faisais à l'entraînement. Donc, en fait, ça a tout de suite, comme je te disais tout à l'heure, mon cerveau, il a vite fait le calcul.
Loïc Il a dit,
Emmanuelle niette, non, il n'y arrivera pas. Donc, du coup, je me suis dit, bon, allez, on va profiter d'être là, de faire ça, et on va aller au bout proprement, sans douleur, sans bobo, pour enchaîner derrière.
Loïc Excellent.
Emmanuelle Voilà. Donc, c'était parfait. Alors, après, je sais que ça s'adaptait à moi. Tout le monde ne comprend pas forcément cette démarche-là parce que comme je fais quand même beaucoup de sport, des fois, ça m'arrive de faire quand même des trucs pas trop mal, sportivement parlant. Donc, j'ai participé au premier championnat du monde de gravel en Italie.
Loïc Excellent.
Emmanuelle Au mois d'octobre, ça a été la reprise de vélo après l'accident. J'ai acheté un gravel sur ma convalescence. Ça a été mon combat contre la mort. J'ai acheté un gravel. Et du coup, je me suis entraînée et je suis allée faire les premières sélections à Abnillo l'année dernière. Et puis, j'ai gagné dans ma catégorie. donc j'ai été propulsée avec le maillot de la France en Italie
Loïc génial je savais pas ça
Emmanuelle c'est géant, c'est un truc qui m'étendait dessus j'ai pas compris mais du coup c'était super sympa rigolo, j'ai vécu ça j'ai vécu ça au milieu des voilà une amatrice qui a débarqué au milieu des grands quoi bon ils ont été très grands sur le parcours et c'est là que j'ai vu que j'étais pas cycliste mais c'était génial de le vivre de l'intérieur et voilà donc je suis quand même sportive donc du coup j'en ai plusieurs qui m'ont dit mais si t'avais poussé un peu plus ça aurait pu taper la cloche ou alors il y en a même j'ai même eu quelqu'un qui m'a agressé en disant ah là là mais t'es une perdante oui parce que bon il y en a qui comprennent pas mais mais non donc en fait c'est mon cerveau qui avait dirigé comme ça et en fait ça a été une autre manière de le vivre d'aller au bout, de profiter de ce qui m'entourait et voilà de faire un petit 15h30 nickel proprement sans bobos et sans courbatures
Loïc ça me fait penser en ce moment je suis en train de retravailler sur des programmes de prépa mentale les différents types de résultats d'objectifs qu'on se fixe celui auquel généralement la plupart des gens qui ne sont pas justement dans une démarche de prépa mental, pas accompagnée, etc., se fixent des résultats. Ah, je vais y arriver. Des objectifs de résultats, typiquement, arriver au sommet, sonner la cloche, etc. Alors que les types d'objectifs qui sont les plus bénéfiques à terme, en termes vraiment global de bien-être, etc., pour les sportifs, c'est plutôt les objectifs de processus, qui est finalement, j'ai l'impression, ce que tu as fait toi, c'est-à-dire terminer son bobo, bien gérer tes transitions, faire en sorte de prendre du plaisir. Je trouve ça assez intéressant, d'autant plus que tu ne l'as pas encore dit par humilité, mais tu as terminé première femme dans ta catégorie là aussi sur l'Helpsman.
Emmanuelle Oui, comme ça, ça me permettait de repartir avec mon petit trophée en bois.
Loïc Comme quoi, on peut se concentrer sur le processus et arriver à de super performances.
Emmanuelle Oui, après, la super performance, en soi, pour moi, un chrono, un chiffre, une mesure. Depuis deux ans, j'ai passé ce cap-là. Je ne suis plus dans le même système de compétition. Et de toute manière, je pense quand même, je suis plutôt convaincue qu'à part vraiment pour les pros, celui qui part sur l'épreuve en disant de toute façon je vais cartonner je vais taper la cloche je me fixe que ça comme objectif je pense que c'est difficile on peut se planter plus souvent que l'inverse je crois qu'il y a des marges à faire avant et des paramètres à prendre aux alentours comme je disais moi je ne veux pas être dans le regret, je ne veux pas être dans la déception et voilà je me dis comment être déçue, regretter faire la tête quand on a 46 ans, qu'on est revenu de la mort qu'on a plein de boulot qu'on a des métiers de passion qu'on a des enfants qui soutiennent elles ont été là tout le temps c'était extraordinaire de vivre ça, de prendre ses départs de faire ses entraînements de refaire tout ça et de terminer après 15h30 et d'avoir fait la semaine ben voilà la victoire il n'y a pas besoin pour moi il n'y a pas besoin de chrono d'une montre de faire 20 minutes de moi en vélo ben voilà bien sûr il faut le considérer c'est génial on a le petit truc en plus quand on a réussi à taper la cloche c'est vraiment sympa et bien sûr que j'aurais été encore super contente ça c'était ajouté c'est une cerise sur le gâteau mais en soi comment être déçu quand on fait tout ce chemin-là je pense que ça serait là par contre ça serait plutôt pas bien dans sa tête ou dans sa peau de ne pas se rendre compte de ça
Loïc ouais ouais clairement je suis assez d'accord ça me fait pas mal réfléchir parce que je vais prendre le départ du coup en 2024 moi et du coup je suis un petit peu dans cette phase de définition d'objectif, comment j'approche l'épreuve, sur quoi je me concentre je flippe un peu du format donc moi j'ai l'approche un peu inverse de toi c'est à dire que j'ai pas un gros passif on va dire en course à pied triathlon du coup j'attaque ma prépa maintenant donc quasiment un an d'avance tu vois genre pour jour mais voilà c'est super intéressant de t'entendre partager finalement la façon que tu l'as vécu parce que ça fait réfléchir un petit peu à la manière dont moi je vais pouvoir l'aborder donc très intéressant
Emmanuelle Donc, de toute manière, dans tous les cas, comme j'ai dit, le corps humain, c'est une machine extraordinaire. On peut la pousser très loin. Donc, c'est des milliards de systèmes d'adaptation. Si on les adapte, si on les adapte correctement, c'est gagné. Le jour J, ils s'adapteront. C'est bien s'entraîner. Bien sûr, les faire s'adapter, c'est mettre en place ces piliers-là. L'entraînement, c'est une certaine hygiène de vie, mais aussi la soupape psychologique. et les mises en place et les entraînements. Mais à partir du moment où on cadre bien, ça y est, c'est en place. Après, plus les épreuves sont longues, on apprend ça en ultra, le but, c'est de pouvoir tout anticiper. Tout ce qui peut arriver, il faut anticiper. Si on ne veut pas de surprise, de déception, c'est tout anticiper. Sauf que plus les épreuves sont longues et plus on a de risque d'avoir des petits trucs mais qu'on n'a pas pris.
Loïc Clairement. Clairement. Yes.
Emmanuelle Mais c'est faisable largement pour tous ceux qui en veulent, en tout cas, qui veulent se donner moyens.
Loïc Alors, tu parlais de... J'ai l'impression de l'impact, de la manière dont tes proches qui étaient là sur place, t'ont soutenu. Ça m'amène à une question, on va dire, sur l'ambiance ou l'état d'esprit de cette course. Chaque fois que je parle ou qu'on m'a parlé de l'Alpsman, tu vois, j'ai un peu l'impression que c'est... c'est une épreuve qui est un petit peu à part sur le circuit en tout cas français du triathlon du fait de ses caractéristiques le format avec une épreuve dans l'épreuve la difficulté les paysages absolument magnifiques tu dirais comme tu avais quand même pas mal d'expérience avant de prendre ce départ là, tu dirais que tu as retrouvé une ambiance un peu particulière aussi tu vois une philosophie une approche un peu différente sur l'Alpsman en particulier
Emmanuelle en fait c'est difficile de comparer c'est mon premier extrême triathlon que je fais en France j'en ai fait que deux de toute façon puisque ça fait 3 ans que je fais du triathlon et c'est le seul que j'ai fait en France jusqu'ici donc je ne peux pas comparer
Loïc et par rapport à des épreuves tu vois même de trail ou de course comme tu disais que tu avais fait du long souvent sur le long c'est vrai qu'on retrouve un peu des ambiances spéciales
Emmanuelle oui ça c'est difficile de comparer ça n'a rien à voir moi j'aime l'esprit de longue distance en course à pied en fait déjà il n'y a pas de sport mécanique donc on est loin de beaucoup de choses externes qui nous entourent la seule chose mécanique c'est ses jambes et donc c'est toujours très convivial ça me manque un peu donc du coup je ne vais pas tarder là c'est prévu j'y vais dans deux mois mais oui après c'était quand même c'est pas une grosse grosse échelle parce qu'on était 400 mais du coup ça va le fait qu'on ne soit pas noyé au milieu d'énormément de personnes c'est bien parce que du coup on a une bonne visibilité des personnes qui sont là qui encourage. Les bénévoles, ils étaient adorables, ils étaient super sympas. Il y avait du monde pour nous aider partout, pour nous encourager. Donc, ça, c'est bien. Et puis, on a toujours eu du monde. C'était bien organisé. Donc, si je dirais, c'est à échelle humaine, c'était sympa pour ça.
Loïc Oui. OK. Excellent. Excellent, excellent. Donc, par rapport à ton objectif, tu nous l'as dit un petit peu en introduction quand je te demandais comment ça allait mais par rapport à ton objectif de processus, d'arriver à bien gérer les transitions, éviter les bobos, assurer la nutrition etc finalement là avec quelques heures, quelques jours seulement de recul tu dirais que c'est objectif atteint, carton plein
Emmanuelle ouais super j'ai pas du tout de bémol c'était super, donc en plus j'en ai vraiment profité avec mes proches à un moment une fois de plus parce qu'ils sont toujours là dans mes épreuves sportives donc c'est un moment de vie qu'on a ensemble qu'on partage dans nos rythmes de fou à chaque fois avec notre côté professionnel intense on n'a pas toujours l'occasion de profiter de nos amis ou notre famille donc là c'est sûr que ça me fait toujours un grand moment un passement au coeur de pouvoir profiter encore de mes parents qui sont là pour m'encourager pour me soutenir mes filles elles ont été là sur les 42 km de course à pied, à chanter, à mettre de la musique à courir avec moi elles étaient changées donc du coup franchement j'ai rigolé parce qu'ils m'ont fait un sketch d'enfer mais bon voilà du coup pareil toujours à ces moments là je relève les yeux je les regardais et faire leur clown et je me disais mais que c'est bon et qu'elles changent j'ai d'être là et de vivre ça ça me restera toujours gravé ce moment là pour moi l'épreuve c'est ça c'est vraiment ça l'épreuve je me vois courir à la semaine avec mes filles en train de chanter et de danser et mon père derrière avec son klaxon pouet pouet là il peut zécrire tout le monde et voilà ça c'est en créant c'est important et c'est bien donc ça fera partie de mes plus grands souvenirs au moins de la semaine avec cette arrivée avec mes filles au coucher du soleil une belle épreuve dans un bel endroit et des bons moments
Loïc génial t'évoquais un peu plus tôt le fait que t'es déjà sur les projets futurs est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus qu'est-ce qu'on fait après un Alpsman ?
Emmanuelle alors qu'est-ce qu'on fait après normalement on se repose normalement c'est ça bon moi j'avoue comme j'ai pas poussé dans l'effort, je ne me sens pas. On dit toujours, mais attends un petit peu, ça va retomber. Je sais que je ne veux pas mettre en déception toutes les personnes qui aimeraient me voir très fatiguée, mais je patiente à quelques jours de repos, un petit peu de soin pour être sûre que mon ischion soit bien totalement en place, avant de reprendre un peu de préparation courte pour faire un 100 km en course à pied. j'aimerais bien mais vous êtes là t'es le premier à le dire t'es le premier à ce que je dis ah ah excellent donc voilà pareil toujours avec avec parcimonie c'est à dire que j'attends de voir si effectivement j'ai pas de gros coups de fatigue qui me tombent dessus qui n'aurait pas été prévu voilà c'est à dire que je ne suis pas non plus je ne suis pas prétentieuse à dire « je m'en fous, je ne suis pas fatiguée, je vais faire ça, je vais faire ça ». C'est-à-dire que je sens que ça va bien, je n'ai pas beaucoup de courbatures, là j'ai refait les derniers soins sur mon ischion, j'ai revu avec mon médecin, on a refait le check-up avec mon médecin du sport, pour lui, aucun problème. Là, j'attends 2-3 jours encore de repos et là, d'ici fin de semaine, Zouz est parti sur la prépa 100 km, c'est vu avec un accord médical, donc pas de souci, vu avec ma coach donc s'il n'y a pas de choses qui se mettent en travers du coup je vais préparer un petit peu plus faire un peu de vélo mais pas beaucoup une séance de natte, une séance de vélo et musculairement de me réadapter un peu plus à la course à pied pour aller faire un 100 km d'une petite asos dans l'ultra de la course à pied en Ardèche pour un 100 km qui n'est pas labellisé mais qui est au milieu de gens de l'ultra distance en force à pied très sympa, très agréable, très accueillant et du coup c'est le plus grand bonheur c'est de retrouver tout ce monde là d'aller poser une tente, un sac de couchage de dormir au milieu et de prendre un départ sous le soleil pour 100 km
Loïc trop bien on est déjà dans le projet futur mais en fait il y a une étape qu'on a oubliée D'un point de vue nutrition, pour la phase de récupération, est-ce qu'il y a quelque chose de spécial que tu as mis en place ? Bon, là, en l'occurrence, après l'Alfman, mais que tu fais généralement après du très long. Est-ce que tu as un régime un peu particulier ?
Emmanuelle Ah oui, il y a un gros hamburger et des frites.
Loïc Ok.
Emmanuelle C'est obligatoire le lendemain, ça. Ce n'est pas possible. On veut bien dire qu'il faut tout faire attention, la récup, tout ça. Mais bon, on est juste des êtres humains. J'ai beau être dans la micronutrition, mais bon comme trois semaines avant je suis un peu plus stricte avant au niveau de la consommation d'alcool, au niveau des sucres voilà j'essaye quand même de ne pas faire n'importe quoi non plus pour ne pas maltraiter mon corps et mon cerveau donc ça fait partie de la réussite et ça fait si je ne veux pas souffrir, c'est pas en faisant n'importe quoi bon voilà donc c'est pour ça que juste après bon bien sûr déjà direct de bien s'hydrater quand même pour réhydrater ses cellules, déjà c'est pas mal avec de l'eau et voilà après s'autoriser un, deux repas qui sont pas très micronutrition on va dire mais des choses qu'on a envie pour faire du bien à notre cerveau parce qu'il a besoin de souffler parce qu'il a besoin de respirer, parce qu'on n'est pas champion du monde, parce qu'on n'est pas en équipe de France et qu'on a quand même le droit d'avoir une petite soupape et puis voilà après de toute façon il n'y a que ça pour trouver l'équilibre parce que du coup une fois on profite un petit peu et puis après derrière le corps naturellement il retourne à des bonnes choses parce qu'on a envie de remanger du verre des légumes, de refaire attention à le corps il a envie d'avoir les bonnes choses donc il n'y a pas besoin de se forcer, on n'est pas en combat permanent avec l'aliment, tout est une question d'équilibre pour ne pas être en combat avec l'aliment, c'est ce que j'explique au passage à tous ceux dans les interventions de l'entreprise, ce qui est la plus dure aujourd'hui c'est le combat avec l'aliment et aussi, surtout chez les sportifs qui sont très excessifs. Oui, je suis d'accord. Donc, voilà, des repas plaisir, enfin, une bonne gratation, un peu de repas plaisir et puis après, quand même, bien sûr, des protéines de façon équilibrée, des protéines, des légumes, des glucides, des glycémiques pour refaire un peu la réserve en glycogène et puis voilà.
Loïc Ok, super. Je suis assez d'accord sur ce que tu dis par rapport aux extrêmes que finalement le corps n'aime pas trop les extrêmes pour avoir fait beaucoup de régimes plus jeunes quand j'étais à haut niveau en judo je vois que ça laisse des traces ça me va très très bien ton tip sur le repas plaisir post-épreuve je crois que c'est ce que je vais retenir de l'échange hamburger frites, je vais garder ça en tête tu penseras l'année prochaine
Emmanuelle après la last semaine
Loïc voilà excellent un grand merci Emmanuel c'était juste passionnant de creuser ce sujet de la nutrition et surtout d'en apprendre plus sur ton parcours en général, la façon dont t'approches le sport et plus particulièrement l'ultra, surtout depuis cet accident à vélo. Est-ce que toi, il y aurait peut-être un message que tu aurais envie de partager par rapport à tous les sujets sur lesquels on a échangé pour conclure cet épisode ?
Emmanuelle Je vais en venir à ce qu'on vient d'aborder là, c'est-à-dire éviter tous les extrêmes. dans les préparations extrêmes, dans les régimes extrêmes, parce que notre corps, c'est un lien avec le cerveau et c'est une harmonie, c'est une harmonie générale et tout ce qu'on va s'imposer de manière extrême, de toute manière, on va finir par le reprendre en négatif derrière, que ce soit en nutrition, que ce soit dans la pratique sportive. Voilà, donc rien d'extrême. mais surtout le plaisir aussi de faire, parce que c'est pareil, si on ne fait pas avec plaisir et qu'on se force et qu'on s'impose énormément de choses strictes, de toute façon, le cerveau, c'est comme le physique. Si le physique, il tient le choc et qu'il ne se blesse pas, le cerveau, de toute manière, il a une, pareil, des limites. Et si le cerveau est fatigué, le truc, c'est que ce n'est pas palpable. On ne le sent pas, on ne s'en rend pas compte, c'est pour ça que c'est hyper insidieux. Et si le cerveau ne suit plus qu'il a mis le off, et là je ne parle pas de ceux d'accidents, je parle de tout le monde quand vous avez une fatigue psychologique c'est terminé, vous aurez beau essayer de vous entraîner vous n'y arriverez pas, vous aurez beau essayer de mettre en place de la nutrition, vous n'y arriverez pas donc tout est toujours une bonne question d'équilibre c'est ce que je peux dire, voilà pour ma petite conclusion
Loïc super génial, un grand grand merci Emmanuel excellente préparation du coup pour ce 100 km et puis bah écoute je penserais bien à toi quand je commencerais vraiment la préparation Alpsman et puis il va vraiment falloir que je me mette à bûcher un peu sur ces sujets de nutrition mais bon peut-être que je te recontacte du coup dans la foulée de l'épisode
Emmanuelle oui c'est bien je suis due à distance j'en ai plein
Loïc excellent merci Emmanuel de rien logique merci d'avoir écouté cette conversation avec Emmanuel dans son intégralité. J'espère que vous aurez appris des choses sur le sujet de la micronutrition et que cet échange vous aura peut-être donné envie à vous aussi de prendre le départ de l'Alpsman l'année prochaine. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter via Instagram sur lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour proposer du contenu de qualité gratuit chaque semaine. Donc si vous ne l'avez pas encore fait, j'apprécierais énormément que vous preniez quelques minutes de votre temps maintenant pour me laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute de podcast. Pensez également à partager cet épisode autour de vous à toutes les personnes qui aiment les sujets d'aventure et de dépassement. Un grand merci pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec un ancien opérateur des forces spéciales. Sous-titrage ST' 501
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