Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·078 Vélo #UTMB #ultra-trail #ultra-cyclisme

21 juin 2022

La magie des rencontres dans l'aventure avec Angèle Paty, étudiante à SciencesPo Paris et ultra-cycliste

Durée · 1h07 · Transcription disponible

Cet épisode est cité dans notre dossier · Se lancer dans le bikepacking : ton premier voyage à vélo

Angèle

Le récit

Angèle est étudiante en Master à SciencesPo Paris et adepte d'ultra cyclisme.

En raison du Covid-19, Angèle a été privée d'une bonne partie de son semestre d'échange en Écosse. Sur place, elle avait pu réaliser quelques micro-aventures, mais pas suffisamment à son goût !

Alors, une fois de retour chez ses parents à Montpellier, elle décide d'y retourner, mais pas de n'importe quelle façon : à vélo !

Avec un budget très limité, Angèle décide de se lancer dans la préparation de cette aventure. Elle prend contacte avec des marques, planifie son itinéraire, obtient une bourse de voyage. La bonne vieille débrouille, pas toujours agréable (surtout quand personne ne répond à ses emails), mais tellement formatrice et gratifiante lorsque ça finit par payer.

Angèle parvient finalement à se lancer sur ces 2500km avec l'équipement et les fonds dont elle avait besoin. Et ce voyage, son 1er long voyage en solo, va profondément la marquer. Ce sont surtout les rencontres qu'elle va y faire qui resteront, pour elle, de merveilleux souvenirs.

Un super récit avec une invitée aussi mature qu'énergique, qui vient nous rappeler que "quand on veut on peut" ! Un grand merci Angèle, et tout le meilleur pour ta RAF 2022 !

🔎 Retrouvez toutes les infos concernant la bourse de voyage Zellidja directement sur leur site internet. Les principaux sponsors d'Angèle sont Trek Bikes et Café du Cycliste.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #36 - Stéven Le Hyaric - Ancien coureur cycliste élite, aventurier professionnel - Traverser l'Himalaya à vélo pour se trouver
Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi
Épisode #71 - Éric Leblacher - Ex-coureur cycliste professionnel, ultra-trailer (UTMB) et aventurier - Soyez fâchés avec la norme

Vous pouvez suivre Angèle ici ⬇️
👍 Facebook
📸 Instagram
💼 LinkedIn

Pour soutenir Les Frappés 👇🏼
❤️ Deviens Tipeur sur Tipeee
✅ Follow le podcast sur ta plateforme d'écoute
🙂 Parle du podcast autour de toi et partage cet épisode
⭐️ Laisse une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify

Pour prolonger l'épisode 👇🏼
📖 Découvre le Journal des Frappés : les enseignements de mes invités, dossier par dossier
💌 Abonne-toi à la newsletter
📸 Suis-moi sur Instagram

Des suggestions ou envie de partager ton avis ? Envoie-moi un email.

Transcription

Lire la transcription intégrale

Angèle La magie des rencontres dans l'aventure avec Angèle Paty, est-ce que vous avez fait un plaisir ? Mais en fait, je me suis rendue compte, tu vois, là, en habitant à Paris, en allant de temps en temps, week-end par-ci, week-end par-là, en fait, en l'espace de deux jours, tu as déjà le temps d'apprécier et de partir à l'aventure. Et je pense qu'en plus, pour faire une épreuve-aventure et être dépaysée et découvrir quelque chose, il n'y a pas besoin de faire dix jours ou une semaine entière de voyage à Vélod.

Loïc Hello, hello, c'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. Eh bien, écoute, bienvenue, Angèle, sur le podcast. Merci à toi, Louis. Je suis très heureuse d'être là aujourd'hui. Eh bien, écoute, moi aussi, franchement, merci beaucoup pour ta dispo. Fraîchement arrivée d'une sortie, enfin d'une sortie, on ne peut pas appeler ça une sortie, mais d'une traversée de la France à vélo, en fait, tout simplement. Oui, presque. Donc, c'est vraiment cool. et puis hâte que tu nous expliques un petit peu ce que tu fais aujourd'hui en matière d'ultra biking puisque c'est de ça dont on va parler comment tu es tombé dedans et ce que tu y trouves et pour la petite histoire c'est assez drôle parce que la façon dont j'ai découvert ton parcours je crois que je t'en avais parlé en off c'est que je suis en train de préparer un ultra en août la PTL qui est sur plusieurs jours et donc il nous faut des frontales et je cherchais des avis d'une marque sur une marque française de frontales et je suis tombé sur un article que tu as écrit de compte rendu de ton expérience avec ce produit sur un trip, je crois que c'était Montpellier-Ecosse c'est ça ?

Angèle Oui exactement

Loïc Et dans l'article je découvre que tu es encore étudiante à Sciences Po que c'était la première fois que tu faisais un trip de cette envergure et je me suis dit déjà un trop cool pour le retour sur les lames frontales, mais surtout, trop cool de découvrir un profil comme ça. Je vais la contacter immédiatement. Et nous voilà.

Angèle Et nous voilà sur le podcast, les frappés. Trop cool.

Loïc Écoute, je te propose de commencer peut-être par te présenter, de nous expliquer qui est Angèle et ce que tu fais.

Angèle Oui, carrément. Moi, c'est Angèle Paty. J'ai 20 ans, bientôt 21. Je suis étudiante en master à Sciences Po. Je suis plus sur la partie développement durable et le management business et à côté de ça je fais beaucoup de vélo et ça fait à peu près deux ans que j'ai commencé le vélo donc c'est à la fois récent et à la fois j'ai l'impression d'avoir déjà parcouru pas mal de kilomètres et découvert de chouettes coins surtout en France et j'adore ça et comme tu dis alors je rentre tout doucement dans l'ultra je fais plus du bikepacking et des petites aventures que ce soit sur des week-ends, quelques jours jusqu'à le week-end le voyage pardon de l'année dernière qui avait duré deux mois et pour moi je prends le vélo comme à la fois une passion, un moyen de voyager un moyen de se dépasser, on aura l'occasion je pense d'aborder tout ça dans les prochaines questions et voilà et j'ai toujours plus ou moins été sportive avant de commencer le vélo, j'avais fait des années de GRS, de gymnastique rythmique j'avais fait des quittations, un peu d'athlétisme un peu de volet, j'ai touché à plein de choses et je pense que j'ai vraiment trouvé mon sport dans le cyclisme

Loïc excellent excellent tu sais le podcast Les Frappés c'est un des objectifs c'est vraiment de faire découvrir aux auditeurs aux auditrices des gens qui à un moment donné sautent le pas, qui se dépassent qui sortent de leur zone de confort et toi c'est vraiment ce qui m'a marqué avec cette première aventure de deux mois puisque encore une fois tu n'avais jamais vraiment fait de vélo dans le sens voyage à vélo avant et puis le confinement le confinement a fait que tu t'es lancé donc je serais curieux de savoir peut-être comment si tu pouvais peut-être nous expliquer un peu comment tout ça s'est mis en place et à quel moment est-ce que tu t'es dit ok là je veux me sortir tu vois du marasme ambiant et je me lance sur une épreuve de ce format là

Angèle ouais je pense qu'il y a un truc c'est que moi j'ai commencé le vélo en allant rouler toute seule mon père faisait un tout petit peu de vélo j'ai fait une première sortie toute seule avec lui, et ensuite directement je me suis mis à faire des distances de plus en plus longues toute seule jusqu'à faire un premier 100 km donc j'avais déjà ce truc de faire du vélo seule, d'aimer ça d'aimer être avec mon vélo parcourir de nouvelles routes et et donc après je suis partie en échange en Écosse ça devait être toute l'année finalement ça a été raccourci à 6 mois et j'ai rien pu visiter là-bas, c'était le temps du Covid donc il y a eu le variant anglais le Brexit et là je me suis vue passer les 6 prochains mois à Montpellier chez mes parents je me suis dit non ça va pas être possible j'aime trop voyager bouger et l'Écosse en fait j'avais un peu ce regret de ne pas avoir pu voyager et en fait c'est vraiment apparu d'un coup un soir je crois avant de me coucher je me suis dit retournez-y à vélo et c'est là que je me suis dit bon c'est parti je vais monter tout ce projet en fait ça s'est fait petit à petit bien sûr j'ai commencé par regarder l'itinéraire que je pouvais faire de Montpellier jusqu'en Écosse en me disant je vais éviter l'Angleterre j'ai passé par l'Irlande puis après en regardant le matériel qui me fallait pourquoi pas partir en gravel avec des sacoches, on veut plus typer backpacking que le cycle tourisme et du coup de fil en aiguille j'ai ce budget à réunir je vais essayer de trouver des partenaires trouver une bourse de voyage qui s'appelle la bourse Elidia et donc de fil en aiguille j'ai construit mon projet j'ai fait une petite com autour j'ai du coup collaboré avec le blog qui s'appelle Experience Outdoor sur lequel tu es tombé sur un article sur la lampe. Et ce blog, ça m'a permis d'avoir mes premiers partenaires où j'avais du matériel à tester pendant ce voyage. J'ai reçu du matériel gratuitement et en échange, je faisais mes retours, les retours de mon expérience. Et ça a bien marché. J'ai pu avoir plein de matériel pour commencer ce premier voyage. Et après, j'ai sauté le pas. J'ai fait mon premier bivouac toute seule. Enfin, tout ça, tout ça. et c'était une super expérience et je pense qu'en fait je me suis pas trop posé de questions avant de partir et je pense que c'est ce qui m'a permis de partir je pense que je me serais posé trop de questions je serais jamais partie je serais jamais partie et ouais en fait de se dire on saute le pas et on voit ce qui se passe ça permet aussi d'apprendre à se débrouiller à trouver des solutions il y a toujours un peu des gens sur le chemin pour nous aider je pense

Loïc avec du recul c'est super intéressant ce que tu dis avec du recul si tu avais su la façon dont ça allait se passer ce que tu allais vivre et globalement les bons moments et les moins bons moments par lesquels tu allais passer qu'est-ce qui fait tu penses c'est quoi qui t'aurait empêché de partir justement

Angèle c'est une bonne question pour moi en fait c'est assez paradoxal mais pour moi le moment le plus dur c'est le retour c'est en fait la période quand on revient de ce voyage pas pendant c'est un petit peu les montagnes russes il y a des moments très forts c'est un peu l'euphorie le bonheur hyper intense on est super personne on voit des très beaux paysages on en prend plein la vue et après il y a des moments plus durs où on se retrouve un petit peu face à nous même face aux petits problèmes mécaniques Cani, face aux aléas de la météo aussi. Mais en fait, vraiment, moi, ce qui m'a le plus marquée, c'est le retour. Après deux mois où on est en vadrouille, où chaque nuit, on dort dans un endroit différent, rencontre de nouvelles personnes, c'est super enrichissant. Et d'un seul coup, on est confronté un petit peu au retour à la réalité, à la vie en société classique qu'on peut avoir. Moi, c'est le retour sur les bancs de l'école. Après deux ans en Zoom, c'est le retour au quotidien, à prendre le métro, à avoir les contraintes, des deadlines, tout ça. Et ça, ça a été plus dur. Et je pense que si j'avais su que ça allait se passer comme ça, je l'aurais peut-être abordé le voyage différemment. En fait, j'en sais rien. D'un côté, je ne savais pas à quoi m'attendre. En fait, je me rappelle que avant de partir, en plus, j'étais tombée un petit peu malade avant et c'était presque mes parents qui m'avaient poussée en mode « Angèle, allez, tu dois y aller là, sinon tu retardes le départ là t'as tout de près à toi de sauter le pas et en fait après une fois que j'étais partie c'était trop bien je pense que sachant tout ce que j'ai vécu oui j'aurais foncé quand même je me serais pas dit non ça vaut tellement le coup d'y aller il faut y aller

Loïc génial trop bien trop bien écoute je crois que les premières questions que j'ai en tête elles sont hyper biaisées parce que je te cache pas que ça fait un moment que je réfléchis à comment faire comment moi aussi sauter le pas et faire un premier trip en bikepacking on y réfléchit tu vois avec ma femme là peut-être dans un an ou deux faire la comment est-ce qu'elle s'appelle la Viarona c'est ça ? la Viarona de Genève à Montpellier justement mais bon c'est un truc hyper t'as pas beaucoup de travail de préparation à faire côté itinéraire par exemple puisque la voie est créée pour ça mais donc je serais curieux de savoir toi comment est-ce que t'as sélectionné tu vois les routes, les itinéraires avec le relatif peu d'expérience que t'avais qu'est-ce qui fait que t'as, tu vois comment est-ce que tu l'as approché cette partie vraiment planification de la route

Angèle alors moi je l'ai divisé en trois étapes, il y avait la partie traversée de la France là qui était contrainte par plusieurs choses de 1 prendre en ferry pour l'Irlande donc où sont les ports donc déjà le point A point B le point A c'était départ Montpellier la maison de mes parents point B alors j'avais deux options c'était Cherbourg ou Roscoff donc Normandie ou Bretagne et qui changeaient totalement la direction que j'allais prendre et à la base j'avais pris Cherbourg ça m'arrangeait j'avais de la famille en Normandie ça allait être peut-être plus simple pour arriver à Dublin sauf qu'en fait finalement, avec le Covid, il fallait que je fasse des jours de quarantaine en Irlande, que j'avais pas d'endroit pour le faire à Dublin, mais j'en avais un Cork, et Cork, le ferron, le prenait de Roscoff. Donc déjà, ça a déterminé qu'il fallait que je fasse un Paris-Roscoff. Après, sur la route, moi, je voulais pas trop prendre de dénivelé, parce que ça faisait qu'un an que je faisais du vélo, et que le vélo allait être chargé, que c'était les premières semaines, et que je m'étais dit, t'as rien à prouver à personne, faut que tu profites, et autant commencer petit à petit pour habituer le corps et les jambes au poids du vélo et au rythme du voyage. Finalement, ça collait bien parce qu'en fait, j'ai emprunté un bout de la vélo d'Issée qui quand même passe par là. Du coup, ma maman m'avait dit « J'ai acheté la carte des voies vertes en France. » J'avais étalé la grande carte en papier que je pense qu'on n'a plus trop l'habitude de faire de nos jours où on est plus sur l'ordi à taper toutes les sites itinéraires possibles. Donc, j'ai pris la grande carte, je l'ai étalée dans mon salon et j'ai regardé vraiment où je pouvais passer. Et en fait, ça a très bien marché parce que du coup, j'ai découvert comme ça des voies vertes et des voies aménagées qui étaient superbes. Souvent, c'est des anciennes voies ferrées qui sont transformées en voies vertes et qui ne sont pas très facilement accessibles, sans difficultés particulières. Et du coup, j'ai construit mon itinéraire comme ça. j'ai aussi utilisé quand même l'application alors moi j'utilise Komoot que je trouve assez sympa des fois Strava aussi, ça dépend et après en Irlande j'avais un peu rien prévu parce que j'avais séjour de quarantaine et je savais pas trop les mesures, comment elles allaient évoluer parce que ça a tout évolué un peu en même temps et je m'étais dit que vu que j'allais être hébergée par une famille irlandaise et notamment le père qui faisait qui avait fait des gros voyages à vélo il aurait plein de choses à me conseiller et à me dire donc j'avais rien prévu en Irlande ça m'a un peu joué des tours mais d'un côté ça m'a laissé aussi pas mal de liberté donc je suis restée dans le sud-ouest de l'Irlande après en fait j'ai traversé en train parce que j'avais pas assez de temps pour sinon découvrir l'Ecosse qui était vraiment mon objectif principal et après en Ecosse là c'était assez simple j'avais en fait reçu une bourse de voyage pour faire une étude photographique sur la vie dans les îles en Ecosse et du coup j'avais vraiment les îles où je voulais aller et du coup là, c'était pas très compliqué il y avait les ferries qui partaient d'un endroit à un autre, je traversais les îles sur plage, je me disais bon là je reste 3 jours là je prends le temps là je... c'était un peu au feeling quoi, vu que j'avais la tente en fait et tout le matériel de bivouac et que là-bas c'est très très libre j'étais complètement libre de faire ce que je voulais et en fait en Écosse, j'ai traversé 10 îles qui sont les îles hébrides extérieures qui étaient vraiment un peu l'objectif de ce voyage. C'est une voie qui s'appelle le Hebrideway, qui se fait soit en marche, soit en vélo, et qui est tout balisé tout le long. D'accord. Ça a bien aidé. L'Écosse, c'est très bien balisé pour les vélos.

Loïc Top !

Angèle Voilà.

Loïc Excellent. Sur la partie française, peut-être plus spécifiquement, tu dirais que le pourcentage du trajet que tu as passé sur des routes partagées, donc ouvertes à la circulation, c'était quoi ?

Angèle est-ce que ça serait 50-50 ?

Loïc ah ouais quand même

Angèle non parce que la Vélodyssée c'est les voies vertes partagées donc c'était pas fermé à la circulation pas tout le long j'ai pris une voie verte dans le Languedoc qui s'appelle la Passapais qui est très belle ensuite j'ai fait quand même deux jours et demi sur le canal du Midi alors c'est très beau, c'est très chouette mais c'est très plat, c'est très lancinant et on s'ennuie vite surtout qu'on voyage seul mais du coup ça permet quand même d'avancer, de tracer à l'ombre de vraiment tracer de ne pas voir les voitures en fait toute la partie vraiment en route elle s'est faite au niveau de Bordeaux d'Ordogne jusqu'à la jusqu'à l'entrée de la Bretagne tout ça c'était vraiment que de la route et notamment de la voie partagée sur la Vélodicée.

Loïc D'accord, ok. Ok, ok. Donc, il y a quand même vraiment moyen de se faire des parties, de grosses sections sur des routes protégées, en tout cas pas ouvertes à la circulation.

Angèle Par exemple, en Bretagne, j'ai traversé, il y a une voie verte qui traverse les Monts d'Arrée et c'était deux jours entiers dans la voie verte, plus ou moins. Après, je faisais des petites journées aussi, je ne m'en étais pas la pression. Mais ça faisait, je ne sais plus le nom du départ, jusqu'à Morlaix. En fait, moi, c'est la baie de Morlaix. C'est une ancienne voie ferrée. Donc, en plus, c'est vraiment dans les monts. C'est superbe. Superbe coin.

Loïc Top. Je te posais la question parce que c'est une des choses que j'ai en tête. Et j'ai remarqué, pour les gens qui ne font pas forcément beaucoup de vélo, c'est peut-être un des premiers points qui est soulevé, c'est la sécurité. Et je t'avoue que, bon, moi, j'ai eu un accident en 2018. j'ai une voiture qui m'est passée dessus en gros pendant que je préparais sur un entraînement pour un Ironman et c'est vrai que depuis en étant revenu dans le sud en plus où les gens sur la route c'est pas forcément le meilleur point de rouler voilà et j'ai pas voulu te l'écrire j'ai failli te l'écrire quand tu faisais ton trip que t'es descendu à Montpellier mais j'ai un ancien invité du podcast qui s'appelle Eric Eric Leblaché qui a fait d'ailleurs qui l'a gagné ou pas la RAF qui a gagné la RAF je crois qui est un ancien cycliste pro et qui s'est fait percuter par un camion lui deux jours après qu'une autre auditrice du podcast soit faite percuter par une moto et dans les deux cas en fait les gens se sont barrés et du coup au même moment tu faisais ton trip et j'ai failli t'écrire en disant fais gaffe je sais pas si c'est moi qui prête plus attention mais j'ai l'impression qu'en ce moment il y a des accidents et donc je te pose la question est-ce que c'est un paramètre que tu prends en compte est-ce que ça te gêne est-ce que pour le moment tu as de la chance comment tu gères ça

Angèle moi j'ai envie de te dire il y a un peu un changement là récemment jusqu'à ce que je fasse mon voyage à vélo donc il y a un an moi je commençais le vélo, je découvrais plein de choses oui en fait je considérais que les vélos enfin que les voitures et le danger en faisait partie et pour l'instant ça ne m'atteignait pas trop des fois ça m'est arrivé de m'énerver contre des voitures mais sans plus pendant mon voyage j'ai vraiment vu la différence entre les pays je me suis retrouvée en Irlande et en Ecosse où certes les routes sont parfois dangereuses parce que souvent il n'y a pas la place de passer à deux mais il y a un respect des cyclistes qui est juste totalement opposé à celui de la France celui des conducteurs français où les voitures sont beaucoup plus patientes et font attention aux cyclistes. Et c'est vrai qu'au retour du voyage, en plus en vivant à Paris, là, j'ai vraiment vu la différence. Et je pense qu'inconsciemment, à ce moment-là aussi, je me suis mis au gravel. Et en fait, là, par exemple, après avoir fait le Paris-Montpellier il y a quelques jours, je me suis dit, en fait, si la prochaine fois je fais un voyage, tant pis, je ferai moins de bornes, mais je vais le faire en gravel parce que les voitures, j'en ai pas le bol. Et vraiment là, je me suis rendu compte que quand même, je trouve qu'il y a de plus en plus une forme de haine injustifiée contre les cyclistes. Et du coup, c'est vrai que là, par exemple, j'ai commencé à mettre même la lumière rouge de jour sur les routes un peu fréquentées que je ne faisais pas forcément avant. J'avais même le baudrier, le petit gilet fluo. pareil je le mettais sur des routes un peu empruntées en me disant peut-être que ça arrange quelque chose bon je n'ai pas l'impression que ça fait la diff mais on sait jamais peut-être une personne ça changerait ça fera la différence en jour mais ouais là j'ai eu des grosses frayeurs quand même quand j'ai traversé la France et c'est dommage parce que au final en Auvergne j'ai eu une grosse grosse frayeur et d'ailleurs c'est un peu ce qui m'a dégoûtée de l'Auvergne c'est un peu horrible parce que j'ai adoré les paysages et les routes sont magnifiques mais les conducteurs j'étais contente de passer cette étape et après de me retrouver en lauser dans l'obrac un peu plus paumé mais bon après j'ai l'impression qu'en France c'est plus ou moins partout pareil il n'y a pas forcément de différence entre les régions c'est peut-être

Loïc donc là c'était quoi des voitures qui te frôlaient ou ce genre de choses

Angèle c'est souvent les dépassements hyper dangereux souvent c'est sur une départementale qui est un peu empruntée mais des fois j'ai besoin de faire 2 ou 3 kilomètres dessus et en fait les voitures là par exemple j'étais à une intersection donc il y avait un terre plein et je traversais, j'allais je sais pas j'étais autour de 30, 35 et je sens la voiture arriver je suis un petit peu au milieu parce que de toute façon il a pas la place de me dépasser sans me frôler et en fait il ralentit pas je le sens arriver super vite, il klaxonne comme un malade du style bah en fait si tu décales pas je t'écrase, je me suis décalée il m'a frôlé, il s'est arrêté plus loin et il est sorti la voiture, on a eu une intercation une inter...

Loïc intercation

Angèle pardon c'est un peu chauffé mais je lui ai expliqué, c'était pas normal ce qu'il se faisait, mais le problème c'est qu'ils comprennent rien et c'est toujours les cyclistes qui ont tort et là j'avais les lumières j'avais le gilet, j'avais tout ça a fait un peu froid dans le dos et en même temps quand c'est la passion et qu'on a envie de rouler, de découvrir plein de paysages, c'est super frustrant de se dire pour ça, je vais arrêter. Donc, en fait, je trouve que c'est vrai et je pense que c'est pour ça que ça se développe aussi pas mal en parallèle le gravel parce que du coup, on prend plein de chemins et en fait, c'est vrai que c'est génial. On évite toutes les voitures et les comportements dangereux qui vont avec.

Loïc Intéressant. Bon, ça confirme.

Angèle C'est la partie la plus fun de podcast, mais en vrai, ça en fait partie aussi. C'est vrai que c'est un truc que je partage beaucoup moins sur les réseaux, mais parce que souvent, je n'ai pas de caméra sur moi pour montrer les comportements dangereux, mais c'est vrai que c'est un gros point noir de voyage à vélo.

Loïc Écoute, moi, je pense qu'il faut quand même en parler parce que quand j'avais commencé, moi, à faire du vélo, tu vois, ce n'est pas forcément quelque chose... Enfin, ce n'est pas un truc... Je pense qu'il ne faut pas non plus en faire quelque chose de plus gros que ce que ça ne l'est, mais c'est vrai que dans ma pratique du vélo, on ne m'avait jamais vraiment dit, tu sais, fais gaffe sur la route. Je me doutais qu'il fallait faire attention, mais moi-même en tant que conducteur, et n'étant pas particulièrement violent, je n'ai rien contre les cyclistes. Mais par contre, une fois que tu es à vélo et que tu te retrouves face à des comportements où les gens, tu as l'impression que parce que tu leur fais perdre 10 secondes, parce qu'ils ne peuvent pas doubler, c'est la fin de leur monde et donc ils sont prêts à t'envoyer dans le bas-côté tu te dis, ah ouais, non mais c'est quand même chaud où sont les priorités

Angèle ouais, non, c'est sûr, c'est super compliqué en fait, surtout après moi j'ai vu en étant en Écosse en Irlande, et même en fait en Espagne aussi, j'étais partie en janvier en Espagne il y a une autre manière d'être au volant et face aux cyclistes et là ça fait un petit peu bizarre de dire en fait il y a peut-être un truc en France où il y a un truc qui ne passe pas quoi et il y a une haine qui se déverse en ce moment et je pense que beaucoup de cyclistes le ressentent ou de triathlètes, enfin peu importe et ouais c'est un truc qui me là j'ai la race across France je fais le 300 km qui arrive dans très bientôt peut-être qu'il sera passé et honnêtement là la sécurité je suis en train de me dire c'est un des trucs qui me fait le plus peur plus que manquer d'eau ou pas trouver assez de nourriture me dire en plus rouler la nuit alors la nuit j'ai fait un test et finalement les conducteurs font beaucoup plus attention la nuit que le jour j'ai trouvé en tout cas moi de mon expérience du passé mais c'est vrai que le danger moi maintenant presque je vois arriver une voiture en face je regarde si derrière il n'y en a pas une qui arrive pour vérifier qu'elle ne va pas me doubler n'importe comment et le suivant j'adapte ma position sur la route tout ça mais du coup en fait ça a aussi un épuisement mental où tu n'es jamais tranquille

Loïc et oui très réalité en France mais sinon pour en revenir aux choses quand même positives

SciencesPo parce qu'il y en a plein

Loïc qu'est-ce qui t'a si tu devais les résumer toi qu'est-ce qui t'a vraiment le plus marqué sur ce premier trip avant peut-être qu'on développe un peu plus sur ta pratique aujourd'hui mais vraiment sur ce premier trip parce que moi j'ai l'impression que c'est ça qui t'a qui fait que t'as accroché en fait tu vois c'est que t'as fait cette première expérience et puis maintenant, après ça, il y en a eu d'autres. Quelque part, j'ai l'impression que tu y as trouvé quelque chose d'extrêmement positif.

Angèle Oui, je pense que sur cette première expérience de voyage, c'est vraiment les rencontres où je me suis rendue compte que, déjà de voyager seule, j'avais vraiment envie de voyager seule. Beaucoup de gens me posaient la question, mais tu n'avais personne avec qui partir ? Pourquoi tu ne demandes pas à des copines de t'accompagner ? Et en fait, je me disais non, non, c'est vraiment un choix. J'avais envie de découvrir le voyage seul. j'avais entendu plein de bonnes choses et que ça permettait de s'ouvrir vachement plus aux autres et que les autres s'ouvrent aussi beaucoup plus aux voyageurs qui sont seuls et ça a été vraiment le cas et ça c'était juste trop bien surtout je pense que les meilleurs souvenirs ils sont en Ecosse parce que c'était peut-être l'objectif du voyage parce que j'avais vraiment envie de découvrir ce pays parce que aussi ça faisait plus de 40-45 jours que j'étais partie et du coup je pense que toutes les émotions elles sont un petit peu décuplées et qu'on a peut-être un peu sous endorphine depuis deux mois mais pour moi c'est les rencontres parce que souvent elles sont assez inattendues elles arrivent un peu à tout hasard que ce soit au coin d'une route quand je m'arrête, poser une question enfin c'est inattendu et souvent c'est super surprise ça ne savait pas qu'il y a de gens qui proches de mes bergers de me proposer un repas juste de discuter avec moi et c'est souvent des gens qu'on est parcours aussi qui ont une toute autre vie surtout en Ecosse dans les îles où c'est quand même très éloigné de la terre ferme et il y a des traditions très ancrées et du coup il y a c'est toujours des discussions assez étonnantes un mélange d'anglais, de gaélique qu'on comprend à moitié qui veut déchiffrer c'est tout ça qui va avec et pour moi c'est vraiment ce partage plus humain qui est le plus enrichissant et au-delà de bien sûr les paysages qu'on voit, toutes les émotions qu'on vit après ça fait un tout en fait on peut pas c'est un puzzle qui s'assemble petit à petit et qui à la fin te montre l'image que tu souhaites, que tu voulais avoir mais mais ouais je pense que sans les rencontres C'est pour ça que je suis vachement à fond dans le truc voyage, backpacking, me laisser aller. Et que là, c'est un peu la première expérience d'ultra que je vais avoir. Parce que j'ai un peu peur de manquer l'aspect justement de prendre son temps, de s'arrêter, de discuter, qui permet d'ouvrir aussi de nouvelles voies et de nouvelles rencontres. J'ai peur que ça me manque un peu dans l'ultra. Donc, je vais voir. Après, j'ai assez une petite épreuve. C'est quand même différent que l'ultra sur plusieurs jours. Je vais voir ce que ça donne. et je pense que c'est des expériences totalement différentes mais c'est vrai que ce que tu me disais avant dans la question ce voyage a été un peu le point de départ oui et non, enfin oui pour les voyages mais si tu veux avant j'avais quand même j'étais partie je sais pas faire des 130-150 kilomètres, je partais à la journée je prenais mon pique-nique j'allais tu vois tout autour de Montpellier dans les gorges de l'Hérault je m'arrêtais, ça m'arrivait souvent en fait de faire même des petites rencontres comme ça sur un peu une micro-aventure à la journée. Quand j'étais en échange Erasmus en Écosse, j'avais pris un train avec mon vélo et j'étais partie trois jours dans les Highlands. J'avais loué un tout petit hôtel, un petit gîte et j'avais fait chaque jour en étoile en fait. Déjà, ça c'était presque un peu mon premier voyage seul mais quand même différent parce que je dormais à l'hôtel. Mais j'avais vachement, enfin j'avais adoré quoi, c'était trop bien. donc ouais il y a eu un peu quand même toutes ces petites étapes qui ont participé aujourd'hui à me dire bon allez là je me lance j'ai trop envie de faire ce voyage mais c'est vrai que ouais c'est le gros voyage où j'ai découvert les pouvoirs du voyage seul et en tout cas du voyage à vélo et du coup

Loïc je suis d'accord avec toi sur le fait que pardon excuse moi

Angèle sur le fait que

Loïc quand tu voyages seul t'as quand même pas du tout la même approche la même sensibilité c'est vrai tu vois enfin je pense ça a été vrai pour toi en vélo mais moi je l'ai vécu aussi en trek ou chaque fois que je rencontre des gens qui voyagent seuls t'es beaucoup plus attentif je trouve à l'écoute et en observation de ce qui se passe autour de toi et les émotions sont en tout cas de mon expérience pas du tout les mêmes et tu parlais des rencontres moi je serais curieux de savoir si tu pouvais peut-être nous en partager une ou deux qui t'ont vraiment marqué des profils un peu complètement tu vois pas farfelu parce que c'est péjoratif mais inattendu que t'as pu rencontrer en Ecosse sur ces îles où t'as vagabandé là

Angèle ouais ouais alors on va me donner une je vais en faire deux un peu différentes il y en a une par exemple c'est un autre voyageur à vélo en fait je venais de prendre un ferry pour arriver sur la prochaine île en fin de journée et il y avait un petit resto je me suis dit allez je m'arrête de manger un burger puis j'étais en train de finir mon repas quand il y a un voyageur à vélo qui arrive complètement déboussolé, je comprends qu'il a perdu son portefeuille en route, qu'il doit retourner, faire tout le chemin inverse, et surtout qu'il a pris la pluie et que tous ses chargeurs ne marchent plus et qu'il n'a presque plus de batterie. Je vais le voir, je lui dis, si tu veux, j'ai les chargeurs, je vais recharger moins ton portable ou ce que tu as besoin. Du coup, on commence à discuter, puis on discute, on discute. Je ne sais pas si ça doit être un papa de 50 ans qui faisait son petit voyage, ça traversait des îles. Et puis, du coup, il me raconte, en fait, il est professeur à Cambridge. Vraiment, jamais j'aurais pu imaginer qu'il était complètement, en fait, sorti de son contexte. Donc, c'était assez rigolo. Et du coup, moi, on discute même des études. Enfin, on a eu une super discussion. Et en fait, je ne sais pas comment on arrive à dire on va camper sur le même champ. Comme ça, tu pourras finir de recharger toutes tes batteries. Et demain, essaye de repartir. plus ou moins à l'endroit où tu pensais avoir laissé tomber ton portefeuille et du coup bref le lendemain il est reparti de son côté moi je suis reparti du mien, plus de nouvelles parce qu'on s'était peut-être pas échangé les numéros et en fait c'est rigolo parce que ça c'est après que j'ai su peut-être un mois plus tard je suis rentrée en France et j'ai une amie que j'avais rencontrée pendant mon Erasmus en Ecosse qui me dit tu devineras jamais à côté dans le train, j'étais assis à côté de ce monsieur que tu as rencontré, et d'ailleurs il a retrouvé son portefeuille là où il pensait l'avoir retrouvé c'était assez improbable et la deuxième chose qui m'est arrivée dans les îles, en fait pour mon reportage photo, je voulais vraiment rencontrer un tisserand de Harris Tweed, donc c'est un tissu fabriqué là-bas qui est très encadré, un peu comme on pourrait penser pour les fromages, une AOP. Vraiment, il y a une appellation contrôlée de ce tweed et qui n'est fait que sur Satanzi. Il ne reste plus que 200 tisserands. C'est vraiment un savoir-faire qui est en train de se perdre aussi et qui est très beau. C'est vraiment les métiers à tisser anciens, mécaniques. Je voulais vraiment découvrir cela. Je suis arrivée dans un tout petit village. c'était une journée de tempête le matin à l'attente j'avais pas mis les petits au banc ou au fil donc elle s'était couchée contre moi c'était un petit peu le caton j'arrive après l'averse et j'arrive dans ce village où il n'y a qu'une seule rue pas de numéro plus des maisons comment je vais trouver la bonne personne puis je vois un monsieur qui marche sur la route qui a l'art du coin et je lui ai le voir et je lui ai dit est-ce que vous connaissez Donald McKay qui était l'homme en question il me dit oui c'est moi ah pourquoi vous comme voulez vous je raconte que je viens de France que je fais mon repartage photo que j'aimerais beaucoup découvrir son métier je vais à des funérailles rendez-vous dans une heure dans mon atelier, la maison jeune au bout du village déjà ça commence un peu c'est pas le genre de rencontre auxquelles on est habitué et du coup il me fait visiter son atelier donc une heure plus tard et il fait découvrir tout son monde et c'est génial parce que c'est vraiment sa cabane vue sur la mer turquoise tous les tissus et lui il a 70 ans plus ou moins et en fait il est encore passionné et il continue à faire ça pour son plaisir et c'est complètement l'orage et là il me demande est-ce que tu as encore un peu de place dans tes sacoches je lui dis bah ça va être compliqué parce que tout est vraiment bien passé depuis le départ et je ne pouvais pas refuser il me dit bah écoute tiens je t'offre un mètre de tweed et en fait c'était trop gentil en fait c'est un peu mon petit trophée ou ma petite récompense de tout ce voyage et j'étais hyper émue à ce moment là et c'était un peu je pense que lui était aussi touché avec une petite fille qui vient depuis le sud de la France et qui a parcouru tous ses kilomètres pour découvrir son métier et ce savoir-faire. Et en fait, la tempête, ça ne s'avait pas trop stoppé. Et là, il me demande, tu vas camper où ce soir ? Je dis, je ne sais pas, je trouverai un champ. Sur la route, tu ne vas rien trouver. Tu as vu le temps qui fait. J'ai une caravane dans mon jardin. Vas-y, tu es la bienvenue pour dormir. Trop sympa. Et du coup, après, on a bu le thé ensemble. Il m'a raconté toute sa vie, l'histoire avec sa femme, toute l'histoire du tweed. comment il avait aussi aidé à relancer l'activité économique dans le coin, donc c'était un super moment d'échange et bon après j'ai bien dormi dans la caravane, c'était chouette et en fait ce qui est rigolo c'est que le lendemain au moment de partir il y a son frère et un autre ami à eux qui arrivent, ils me disent oh non tu peux quand même pas partir reste avec nous on fait un thé, bon il y en a un qui s'est pris une pinte à 11h du matin et là je me suis retrouvée dans une cuisine des années 60 au beau milieu d'une île en cul-de-sac complètement paumée, dans le nord-ouest de l'Écosse à discuter avec trois gars dont un qui faisait deux mètres de large dans cette cuisine à boire du thé et en fait c'était un mélange d'anglais et de gallic, je comprenais un mot sur trois c'était n'importe quoi et en fait c'est mon meilleur souvenir j'ai trouvé ça tellement exceptionnel et je faisais que rigoler ce matin-là et c'était génial et en fait j'ai gardé contact avec ce tisserand et on s'est ajouté sur Facebook du coup j'ai cédé son anime en fait c'est génial parce que du coup ça a tissé quelque chose et c'est un peu les rencontres complètement inattendues et c'était trop là

Loïc top on avait parlé j'avais eu comme invité Steven Le Yarik qui fait aussi de l'ultra l'ultra distance je crois qui est l'organisateur du Gravelman peut-être que tu feras je ne sais pas d'ailleurs tu nous le diras peut-être que tu en feras

SciencesPo et en fait

Loïc c'était super intéressant ce qu'il partageait sur la partie justement les rencontres en voyage à vélo et lui sa vision des choses c'est que le vélo en fait c'est un super moyen de, un super vecteur de rencontres en fait, c'est à dire que les gens sont, quand tu voyages à vélo quelque part, les gens que tu y croises sont tout de suite beaucoup... Il n'y a plus de barrière, en fait. Tu parais, en tant que voyageur à vélo, beaucoup moins, je ne sais pas, peut-être hostile ou en tout cas, beaucoup plus facile à approcher que quelqu'un qui est en voiture ou à moto ou potentiellement même à pied. Est-ce que c'est quelque chose que toi, tu as ressenti aussi ?

Angèle Oui, totalement. Je le ressens, mais même encore quand, par exemple, je ne sais pas, je m'arrête dans une supérette ou un café. Alors, il y a deux types de personnes. Il y a les gens qui regardent très intrigués, mais qui n'ont jamais osé dire quelque chose. Et les autres qui, tout de suite, on sent qu'ils ont envie de venir. Alors, soit c'est eux qui m'approchent, qui me disent « Ah, bonjour, vous venez d'où ? Vous allez où ? » Là, c'était rigolo, parce que quand j'ai fait parler à Montpellier, c'est marrant, quand t'es autour de Paris, de dire « Je vais à Montpellier. » Et là, je dis « Ah, bon ? » Il y a un peu ce côté. ou alors quand t'es à Montpellier, tu dis je viens de Paris, quoi ? Vous avez fait tout ce chemin et j'en pense que t'as fait un petit tour de 50 km tout autour donc ça engage la conversation super facilement et après il y a aussi en fin de journée c'est vrai que je suis complètement d'accord avec ce que dit Steven le vélo c'est très abordable je pense que c'est un petit peu universel et plus ou moins tout le monde a déjà mis les pieds sur un vélo, que ce soit le petit tricycle quand on apprend à rouler quand on est enfant, ou alors maintenant le vélo électrique. Ça reste quelque chose d'universel. Et en plus, en voyageant assez léger, les gens sont quand même assez curieux. Je me rends compte qu'en étant dans l'univers du backpacking, tout le monde connaît les sacoches, tous les systèmes, quand on voyage dans les petits villages en France, on se dit super bien organisé, Tout est optimisé au millimètre près. Tout rentre parfaitement. Du coup, les gens sont aussi intrigués par ce nouveau système de voyager à vélo après le backpacking. C'est assez sympa d'échanger autour de tout ça.

Loïc Et peut-être justement sur le point de la logistique, je ne sais pas si on rentre trop dans le détail, mais justement, comme on avait échangé il y a bientôt un mois, je pense, ça m'avait donné envie de me replonger un peu dans cet univers donc j'ai regardé pas mal de vidéos sur YouTube d'un gars qui s'appelle je crois que sa chaîne c'est Cycling About si ça te parle c'est un Australien ouais qui fait du alors lui c'est du bike touring et il expliquait la différence en fait que je ne connaissais pas du tout jusqu'à il y a une semaine entre le bike touring et le bike packing

SciencesPo ouais

Loïc donc est-ce que toi tu es familière de cette différence et si c'est le cas est-ce que tu peux peut-être nous l'expliquer rapidement

Angèle ouais ouais ouais du coup en français c'est l'examen C'est un peu la partie plutôt cycle tourisme et la partie plutôt bikepacking. Pour moi, la partie bikepacking, elle est plus dans l'optimisation et essayer de voyager avec le moins de choses possibles, donc aussi moins de confort pour soit aller plus loin, plus vite, ou en tout cas porter moins de kilos. Après, je m'en compte de plus en plus finalement, suivant le profit du voyage, à un moment donné, quand on part sur du long, on a quand même besoin d'un peu plus de choses que partir une semaine.

SciencesPo Oui.

Angèle En tout cas, un peu plus de confort. Enfin, je n'en sais rien. Mais par exemple, il y a plein de gens qui vont dire « Tu partais quand même beaucoup de choses. » D'autres, « Tu n'avais rien sur toi. » Mais un petit peu les deux visions de façon qui sont toujours là. Et ce n'est pas pareil. C'est vrai de partir sur une semaine. Et en plus du bikepacking, il y a aussi « Est-ce que tu fais du bikepacking avec le bivouac ? » « En bivy, en tente ? » Ou alors, est-ce que tu dors à l'hôtel, en gîte, ou tu ne dors pas suivant ton épreuve ? Tu as tellement de possibilités. Alors quand même, le cyclotourisme, c'est... Moi, je dirais déjà aussi, le vélo n'est pas pareil. Quand on parle de cyclotourisme, c'est plutôt... En fait, tu fais ça avec le vélo que tu as déjà avec toi, qui est souvent soit en VTC, soit la randonneuse un peu typée en acier bien costaud qui va résister aux éléments, ou un peu style VTC aussi, VTT un peu moins VTT, VTC plutôt et avec les deux grosses sacoches à l'arrière parfois les deux et du coup le poids est réparti complètement différemment enfin différemment pardon parce que toi ta sacoche

Loïc en fait t'as pas les deux sacoches un peu typiques quand on pense à voyage à vélo, je pense que les gens globalement enfin spontanément pensent à les deux grosses sacoches derrière les deux sacoches devant de chaque côté de la roue ça, ça serait plutôt du cyclotourisme le bikepacking à l'inverse c'est que tu as un vélo qui est un peu plus tu me dis si je me trompe un peu plus type racing c'est-à-dire les vélos faits pour aller un peu plus vite et du coup tu n'as pas assez sacoche de chaque côté des roues mais tu en as une derrière ta selle la grosse sacoche et une potentiellement au niveau du cadre à l'intérieur c'est ça ? et peut-être sur le guidon devant mais c'est tout

Angèle exactement alors moi tu vois quand j'avais fait mon gros voyage que... J'en avais quand même rajouté deux petites. J'avais mis des cages de chaque côté de la fourche. Et j'avais rajouté des petites sacoches. Je ne sais plus si ça faisait un litre. Non. Quatre litres. Ouais. Quatre litres avec des straps. Ça avait très bien tenu. Donc du coup, quand même, tu vois, au final, je m'en rapprochais. En fait, c'était un peu un mix. Enfin, c'était quand même un petit peu bikepacking. Après, tu as plein de gens qui font un mix de bikepacking et de petites sacoches aussi. Aussi, suivant la contenance. Après, il y a aussi un truc avec le bikepacking c'est que c'est super à la mode et tout mais c'est un coût énorme moi je l'ai vu quand j'ai préparé mon dernier voyage le premier pardon et que quand j'ai vu le coût des sacoches rien que ça je me suis dit tu l'as en tête encore ? ouais bah c'était environ 100 euros minimum par sacoche celui des sacoches étanches assez durable en tout cas moi j'avais choisi un modèle en particulier qui collait aussi avec la taille du vélo qui est un peu petit en tout cas moi qui étais une taille 5 ans donc assez plus petite pour les filles très vite le co-augmente sans compter ensuite que pour tout faire rentrer dans les sacoches il faut quand même avoir du matériel assez compact et assez léger et c'est là en fait je pense que

SciencesPo et ça c'est cher

Angèle et je pense que c'est là que la différence avec le cyclotourisme elle se fait parce qu'en fait finalement je suis sûre que si quelqu'un pouvait s'acheter un sac de couchage qui passe je sais pas, 300 grammes au lieu du sac de couchage synthétique qui est énorme que tu dois faire rentrer dans ta sacoche finalement le backpacking, je pense qu'il y a plein de gens qui se tourneraient vers ça mais du coup je pense que le cyclotourisme est peut-être plus abordable au grand public en général et c'est aussi l'image qu'on a un peu plus en tête quand on parle de voyage à vélo mais d'ailleurs tu vois sur le chemin j'ai rencontré, j'ai été bâchée par des gens qui voyageaient à vélo notamment une personne qui me disait moi le voyage à vélo c'est mon confort j'aime emmener ma petite chaise de camping dans ma sacoche et ma petite cafetière pour faire mon petit café le matin et c'est mon confort c'est comme ça que je voyage à vélo et j'ai pas envie de mettre le moins de sacoche et le moins de choses possibles dans mes sacoches donc voilà et en fait c'est ça qui est super chouette avec le voyage à vélo c'est que finalement chacun l'aborde à sa manière en fonction de ses envies, son niveau de confort ses objectifs, son budget et finalement c'est quand même plus ou moins abordable d'une certaine manière en fonction de ce qu'on veut faire

Loïc ce que je trouve super puisqu'on parle du coût c'est un peu comme la dangerosité sur la route je pense que c'est super intéressant d'avoir un retour comme le tien où on parle un peu de tous les aspects de ta pratique et pas juste les trucs super cool qu'on voit sur les réseaux. Mais le coup, c'est clair que ça en fait partie. Par curiosité, est-ce que tu te souviens à peu près de combien tu as dû, du budget total, même si tu disais que tu as eu des bourses, etc. D'ailleurs, je serais curieux si on pouvait revenir là-dessus après. Mais de combien tu as coûté ce voyage en Écosse ?

Angèle j'avais disé le budget en fonction budget d'équipement, budget de transport et budget journalier rien que le budget journalier en fait on ne s'en rend pas compte mais quand on part de moi au début j'avais prévu 45 jours finalement peu importe et j'avais prévu une moyenne de je crois que c'était 15 euros par jour en comptant un petit peu les aléas. C'est ça. En fait, si tu es malade, tu dois t'arrêter à une pharmacie. Ça arrivait des jours où tu es hébergée, où je dépensais 3 euros. Et d'autres jours, je pouvais dépenser 30. Bref, j'avais fait un peu une sorte d'équilibre. J'ai bien respecté en France... Non, j'avais peut-être fait 17 euros. Bref, entre 15 et 20. Sachant qu'en Angleterre, il y avait la conversion avec les livres, donc c'était un peu plus. En France, j'étais hébergée, donc ça s'équilibrait. Mais voilà. Je ne sais plus, j'avais presque pour 45 jours, j'avais déjà prévu 900 euros de budget journalier. Déjà, j'avais bossé l'été d'avant. J'avais un job d'été, j'avais mis des sous de côté. Mais à côté de ça, je savais que pour acheter le gravel, les sacoches et le matériel, il fallait soit que je réunisse une somme d'argent pas possible, soit que je trouve des partenaires. J'ai fait un peu un mélange des deux. j'ai fait une campagne de crowdfunding où on voit un peu les amis et la famille en met quelques sous là-dessus et après les gens aujourd'hui me voient avec tous les sponsors les vélos c'est comme tout le monde j'ai galéré pendant 4 mois à envoyer des mails sans jamais avoir aucune réponse et à mesure de comment je vais faire pour réunir tout le matériel tout est arrivé style 2 semaines avant le départ où j'ai eu le temps de faire une nuit en bivouac avec une copine et après je suis partie en me disant bon, au pire je traverse la France, j'enverrai par la poste des choses si ça marche pas. Mais du coup, il y a eu cet énorme travail de préparation et de recherche de partenaires où je ne savais pas du tout comment ça fonctionnait et je suis partie de zéro. Et c'est un boulot assez monstrueux où là j'ai été en cours en Zoom, donc ça a pas mal aidé d'avoir du temps pour ça. Et finalement, en fait, moi, ce qui a marché c'est du coup de collaborer avec le blog Experience Outdoor qui en fait ce blog lui de son enfin la personne qui gère en fait de son côté il a des demandes de tests de matériel ou des marques on lui envoyait ben voilà j'ai besoin de faire tester un sac de rando ou un sac de couchage et du coup moi en échange ça me permet d'avoir ce matériel de le garder souvent à la fin de l'expédition et du coup d'écrire l'article test. Donc, en fait, j'avais une monnaie d'échange, enfin, pour les marques. Parce qu'en fait, sinon, on arrive et c'est bien beau de dire, je vais faire une petite conférence par-ci ou je vais mettre trois posts Insta si on n'a pas de communauté. En fait, pour les marques, disons que ce n'est pas assez pour elles pour te dire, oui, tu vas passer au-dessus de tel autre profil. Et par contre, le blog, c'est quelque chose qui reste, qui s'inscrit dans le temps, parce que c'est une adresse URL et du coup, voilà, la preuve, tu as tapé chercher une lampe faite en France, l'article a été écrit il y a des mois, tu as pu trouver et peut-être que tu l'as acheté aussi en partie grâce à l'article. Et ça, en plus, ce qui est génial, c'est que c'est accessible à tout le monde. Moi, vraiment, je suis arrivée en demandant, en envoyant un mail à ce blog, en disant, voilà, j'ai ce projet, est-ce que vous êtes prêts à m'aider ? Et en fait, lui, ça lui a super plu l'idée de mon projet du voyage à vélo. Et donc, c'est un échange mutuel aussi. On m'aide à trouver du matériel et en échange, j'ai fait des articles sur le blog qui sont quand même assez conséquents. C'est du travail aussi au retour de voyage à faire, mais en tout cas, qui vaut largement le coup. Ça m'a permis d'avoir du super matériel que je n'aurais jamais pu me payer toute seule.

Loïc Ça, c'est vraiment le bon plan. je t'en avais parlé je crois en off quand on avait changé la première fois mais c'est aussi quelque chose que je fais depuis plus de 10 ans, 15 ans bientôt je pense plus pour du matos trekking sur e-trekking mais ils ont aussi je sais que Grégory, le fondateur cherche aussi régulièrement des gens pour tester du matos vélo parce qu'en fait e-trekking c'est de l'itinérance non motorisée, c'est un peu la cible du site donc ouais ça c'est carrément le bon plan parce que c'est vrai que sinon quand on contacte des marques seules, enfin pour l'avoir fait comme toi avant, il y a tellement de demandes en fait que généralement on peut offrir

SciencesPo ouais aussi

Loïc tu vois là récemment pour le podcast il y a un nouveau sponsor qui arrive qui s'appelle Mulbar, peut-être que tu connais, ils font des barres énergétiques et en fait il m'expliquait qu'il a entre 3 et 5 demandes de partenariat par jour et il est tout seul pour gérer la marque en France c'est énorme

Angèle ça passe à la trappe surtout moi la plupart j'ai jamais eu de réponse en fait maintenant que je comprends un peu mieux cet écosystème je me rends compte que je ne contactais pas du tout les bonnes personnes en tout cas que j'espérais en mettant quelque chose dans le formulaire de contact du site qu'un jour j'obtienne une réponse ça aurait été plus vite ça serait aller plus vite par d'autres moyens mais bon en fait c'est ça aussi l'apprentissage tu vois quand je repense à ce projet de voyage il y a le voyage, l'avoir fait, la réalisation mais derrière il y a toute cette préparation et en fait qui m'a appris beaucoup de choses et aujourd'hui qui me sert encore et même quand je postule à des stages c'est des compétences en fait monter un projet de A à Z qui l'aboutisse comme on l'avait prévu ou pas c'est un super bel apprentissage et rien que pour ça ça valait le coup de le faire

Loïc c'est clair je trouve que c'est un super message que tu as fait ça finalement assez jeune puisque tu avais quel âge ? tu avais 19 ans quand tu l'as fait et donc j'imagine avec des moyens d'une personne de 19 ans et que tu as réussi à trouver les astuces les hacks pour te faire ce voyage mais voilà sans avoir nécessairement besoin de dépenser des fortunes en te débrouillant en fait donc ça c'est top et peut-être pour finir sur cette partie tu as mentionné une bourse de voyage est-ce que tu pourrais nous en dire un petit peu plus parce que je crois que j'en ai jamais entendu parler et ça m'intrigue beaucoup

Angèle c'est une bourse de voyage qui s'appelle Zelija qui existe depuis je pense 1960 c'est quand même assez vieux et c'est une bourse de voyage pour les jeunes de 16 à 20 ans qui financent à hauteur, je crois, jusqu'à 900 euros le premier voyage. Il faut partir un mois minimum tout seul et avoir un sujet d'études libre, au choix. Donc moi, j'aimais la photographie, j'avais envie d'aller en Écosse, j'avais envie d'aller dans ces îles. Je me suis dit, juste, je vais découvrir la vie insulaire, ça me laisse assez libre d'une fois sur place, aller vers les gens, tout ça. Mais il y a d'autres personnes qui, je ne sais pas, étaient passionnées plutôt de peinture, d'art, d'autres de cuisine. Il y a quelqu'un qui est participé avec son violoncelle, joué du violoncelle et découvé l'histoire du violoncelle en Europe. Personne qui ont découvert la cuisine mexicaine. Quelqu'un d'autre qui a passé un mois avec des bergers dans les Pyrénées. C'est juste se dire de donner l'opportunité aux jeunes de partir un mois seul et d'explorer leurs envies. et en fait, il n'y a que des chouettes histoires et c'est une association qui continue de se développer au fur et à mesure des années et c'est génial. Il y a environ, je ne sais pas, peut-être 120 bourses qui sont attribuées par an. Il y a des antennes dans chaque région en France et ensuite, si le premier voyage est validé, on a le droit de repossuer pour un deuxième voyage. Pareil, d'obtenir une deuxième bourse. sur un autre sujet. Du coup, moi, je n'ai pas fait parce que je pars en stage cet été, donc c'était trop compliqué. Et puis, j'avais d'autres projets, mais c'est une super expérience de 16 à 20 ans.

Loïc Top ! Je mettrai le lien en description de l'épisode. Zelidja. Z-E-L-I-D-J-A et effectivement, 16 à 20 ans. Franchement, génial. Excellent ! Alors, peut-être pour... Je regarde l'heure, je vois que ça file, mais pour rebasculer peut-être sur ta pratique de façon générale, aujourd'hui tu te concentres sur quoi ? Est-ce que tu prépares de nouveaux gros projets du type Montpellier-Lecos ? Est-ce que tu as envie de tester un petit peu plus la partie compétition ? C'est quoi les objectifs d'Angèle pour les mois et les années à venir ?

Angèle Alors là, à court terme, c'est du coup la race de Cross France qui fait 360 km. il faut dire que je n'ai suivi aucun plan d'entraînement et que je fais beaucoup de choses au feeling je me dis j'ai 20 ans je fais mes études j'adore ce côté vélo plaisir à côté bien sûr c'est se surpasser aller un petit peu jusqu'au bout mais en fait je n'avais pas envie de m'enfermer en me mettant trop la pression d'une idée de performance et que j'en fais encore à mes débuts et que j'ai envie d'y aller petit à petit, doucement parce que je sais que c'est les personnes qui se sont dégoûtées d'y aller à fond en étant jeune aussi. Et quand même, j'ai toujours tout fait au feeling, que ce soit mon voyage, découvrir le gravel, tout ça, ça a toujours plutôt bien marché. On verra si j'arrive dans les temps pour la RAF ou si j'ai passé un peu de temps au pause ravito, je ne sais pas. Enfin bref, mais du coup, cette année, honnêtement, pour moi c'était juste s'adapter aussi à vivre à Paris, aux études à essayer d'allier à la fois le vélo qui est quand même très chronophage avec tout ça et de garder ce truc juste d'aller explorer de nouveaux endroits quand je pouvais, quand j'avais le temps sans mettre la pression mais ce qui n'empêche pas qu'à côté j'ai des défis comme même le Paris Montpellier c'était quand même 850 km en une semaine j'avais pas prévu d'entraînement par palier pour me dire c'est bon je vais faire toute cette toute cette distance en une semaine ça s'est super bien passé parce que je l'ai pris en fait je l'ai abordé d'une manière bon oui j'ai je pense une bonne condition physique c'est sûr mais je l'ai abordé d'une manière vraiment au voyage tranquille quoi et sans me dire je fais tant de moyenne je m'arrête 30 minutes pas plus et je pense que c'est ce qui me permet en fait de durer et d'être beaucoup plus sur la partie endurance. Après, là, j'avais commencé un peu le triathlon. C'est un truc que j'ai un peu lâché parce que je n'avais pas le temps cette année avec les études. Là, j'espère avoir un peu plus de temps parce que je m'étais entraînée avec le Covid. Je n'avais pas pu faire mes premiers triathlons. J'aimerais bien quand même arriver à faire un jour un petit triathlon, voir si ça me plaît. Je pense que là, l'année qui va arriver, ça sera peut-être un peu plus carré mais bon après je reste aussi qui je suis et c'est cool juste de partir en week-end, faire du vélo faire la trace le Paris Montpellier j'ai fait la trace deux jours avant j'arrivais pas à m'y mettre en fait j'étais super motivée pour le faire j'arrivais pas à me poser à me dire bon allez essaye de tout faire rentrer dans les sacoches, remets-toi mets-toi sur Komoot, fais ton itinerary, j'arrivais pas à le faire par contre une fois que j'étais sur Komoot que je faisais tout mon itinerary, j'ai sauté de joie je suis trop hâte, je pars dans deux jours c'est génial du coup je suis censée faire un peu les choses un peu instinctivement et au feeling donc pour l'instant je ne change pas de fonctionnement on va voir le résultat de tout ça, j'ai l'étape du tour aussi en juillet je ne sais pas si tu connais c'est une des grosses cyclo-sportives enfin course ouais amateur enfin cyclo-sportive vraiment il y a je crois 14 000 participants en fait ça reprend une étape du Tour de France quelques jours avant donc là c'est Briançon, Alpe d'Huez donc voilà trois gros cols on va voir donc voilà pour moi c'est vraiment le je pense aussi c'est ce que les gens aiment bien suivre aussi notamment sur mon compte Insta c'est ce côté pas de prise de tête je ne cherche pas à montrer la performance mais c'est vrai qu'à côté je suis capable d'enchaîner les kilomètres mais je garde ce truc de plaisir et de découverte et d'échange, de partage qui pour moi j'aimerais pas le vélo s'il n'y avait pas ça

Loïc c'est un peu l'essence de ce qui fait que t'as accroché excellent pour finir peut-être sur une question un peu plus perso, développement personnel, pour le coup. Qu'est-ce que tu dirais que toute cette pratique t'a apportée, en fait ? En quoi est-ce que la Angèle d'aujourd'hui est différente de la Angèle d'il y a quelques années, qui ne s'était pas encore lancée sur des périples aussi longs et une pratique aussi intense, ouais, on peut dire intense, je pense, du vélo ?

Angèle Je pense que ça m'a apporté beaucoup de confiance en moi, en fait. Premièrement, parce que de te me dire du coup, finalement, regarde, de un, tu as fait tous ces kilomètres où il y a la confiance plutôt dans les capacités physiques. Mais finalement, quand j'ai fait tout mon projet, j'ai dû me confronter un peu au monde professionnel, à toutes ces marques et aussi à imposer un peu de savoir me vendre mon projet et dire, je vais faire ça et je vais le faire et faites-moi confiance, envoyez les mails, aussi faire face aux échecs, aux absences de réponses, alors que j'étais quelqu'un qui avait super peur d'envoyer un mail à un prof. Par contre, à l'oral, j'ai toujours été à l'aise, mais j'avais un peu un blocage de mail et d'appels téléphoniques. Je détestais ça. Alors ça, c'est bon, c'est totalement passé. Mais outre, même, on parle beaucoup de tout ce qui est un peu c'est la mode. Tout ce qui est body positivity et la confiance en soi. Je trouve que passer par le sport dans l'optique de se dire, en fait, mon corps me permet de faire tous ces kilomètres, ou en tout cas, de découvrir ce nouveau paysage. C'est génial, en fait. Et du coup, j'ai aussi complètement, en ayant fait ce voyage, pendant deux mois, où tu ne te regardes jamais dans un miroir, tu rencontres plein de nouvelles personnes, c'est trop bien. Tu te déconnectes aussi d'un peu le regard des autres et de se dire, il faut toujours répondre aux attentes, etc. Moi, je voyais tous mes amis de Sciences Po qui faisaient des super stages dans des ministères, plein de trucs. Et moi, à côté de ça, j'étais en train de bivouquer, de ne pas me doucher pendant des jours d'affilée. C'est complètement à l'opposé. Et en fait, maintenant, avec les retours que j'ai de tout ça, c'est qu'en fait, c'est un peu ces expériences qui sortent de l'ordinaire, qui permettent aussi de... Il y a tout le développement personnel, mais qui permet aussi de se démarquer et de prendre confiance en soi et de se dire, je ne suis qu'un corps d'unique, j'ai fait ça de mon côté. Par exemple, aujourd'hui, j'ai eu un stage aussi, grâce à cette expérience-là. Ça m'a aussi beaucoup donné confiance en moi en disant, tu es qui tu es, tu n'as pas besoin de te mettre dans les chaussures de quelqu'un d'autre. Tu aimes faire du vélo, tu vis de ta passion, tu la partages, c'est génial donc ouais la confiance en soi et aussi je pense l'envie de voyager en France de me dire il y a tellement de beaux coins qu'on a en France là tu vois j'ai traversé la France c'est trop bien j'ai trop envie de retourner dans ce coin là ce coin là aussi trop cool et en fait des fois ça me fait un peu mal au coeur les gens qui se disent j'ai allé au bout du monde et qui ne connaissent même pas tout ce qu'on a en France. Alors qu'en fait, il y a une diversité. Je pense que c'est un des pays les plus incroyables pour ça. Une diversité hallucinante de paysages et de reliefs et de culture aussi. Moi, je la vie à traverser dans le fromage. C'est trop bien de traverser la France, au bout de tous les fromages qu'il y a en France. Mais tu vois, c'est ça qui est génial avec le voyage à vélo. Moi, c'est ce que je kiffe. je vais dans un endroit je prends le temps, je goûte les spécialités locales je m'arrête dans un marché local bref, il y a tout ça

Loïc je suis d'accord avec toi voyager à vélo c'est clair mais surtout il y a déjà tellement de choses à voir en France mais ça je pense qu'il faut que tu aies voyagé ailleurs pour te rendre compte ou en tout cas que tu aies fait comme toi plein de micro-aventures, des traversées de la France pour vraiment le réaliser ok en tout cas super intéressant d'avoir ton point de vue tu vois ton retour sur ce que t'as apporté tout ça

Angèle mais même tu vois un dernier truc du coup j'ai fait vraiment c'est un gros voyage ce qui est pas forcément abordable aussi pour les gens qui bossent parce que c'est quand même deux mois c'est compliqué de poser deux mois mais en fait je me suis rendu compte tu vois là en habitant à Paris en allant de temps en temps en week-end par-ci en week-end par-là en fait en l'espace de deux jours t'as déjà le temps d'apprécier et de partir à l'aventure. Et je pense qu'en plus, il y a plein d'autres médias et d'autres plateformes qui aussi essayent de partager cette vision-là que tu peux faire une micro-aventure et être dépaysée et découvrir quelque chose. Et je suis totalement d'accord avec. Il n'y a pas besoin de faire dix jours ou une semaine entière de voyage à vélo en week-end, même avec de la location de matériel ou même il y a plein de plateformes maintenant qui sont en train de se créer, des marketplace de seconde main, de matériel outdoor, je pense que c'est totalement en phase avec ces nouvelles manières de voyager et de partir à l'aventure, je pense qu'ils vont se développer encore plus dans les années à suivre.

Loïc C'est clair. 100% d'accord. Et d'ailleurs, sur le sujet de la micro-aventure, s'il y en a que ça intéresse, ou peut-être même pour toi d'ailleurs, j'avais fait un épisode avec Chloé Dardelet qui est un peu la spécialiste de la micro-aventure qui a un site qui a une belle communauté sur Insta et qui franchement j'ai eu plein de messages après l'épisode de gens qui me disaient mais c'est vrai que j'ai jamais pensé à prendre mon sac à dos et aller camper ou faire nuit à la belle étoile à côté de chez moi alors que je pourrais et que ce serait déjà sans doute un truc qui me ferait sortir de ma zone de confort donc je suis d'accord avec toi sur le fait que je pense qu'on c'est facile de se trouver des excuses et moi le premier tu vois sur ah mais non mais j'ai pas le temps ou il va pleuvoir ou tu vois je suis fatigué mais en fait c'est juste génial les bénéfices quand on est au seul lancer comme ça et finalement on investit relativement peu de temps pour des beaux souvenirs c'est juste top donc ouais excellent et bah écoute on arrive on arrive à la fin franchement moi je voulais dire un grand merci pour tout ce que t'as partagé avec nous je pense que tu vois après cette conversation je suis voilà je me suis rapproché un pas de plus en direction un jour du bikepacking donc merci à toi pour ça c'est cool et puis bah écoute je te souhaite la raf c'est dans combien de temps tu disais ?

Angèle c'est dans 15 jours

Loïc 15 jours, wow ok ok

Angèle ouais 15 jours

Loïc bah écoute je vais faire en sorte que l'épisode soit sorti d'ici là et puis bah je te souhaite tout le meilleur pour la fin de ta préparation et puis tu nous diras comment s'est passé la raf alors

Angèle Oui, carrément. Merci Loïc de m'avoir invitée sur ton podcast. C'était toujours un plaisir de partager mon expérience, mais surtout aussi ma vision du vélo et du voyage à vélo et de tout ce que ça peut apporter de positif et de bien. Merci beaucoup et bonne continuation à toi.

Loïc Merci Angèle, à bientôt.

Angèle À bientôt. Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

À écouter aussi · Vélo

Dans le même univers.

  • Yannick Matejicek
  • Marjorie
  • Yannick
  • l'ultra-cycliste

Reste dans la boucle

Le podcast dans ta boîte mail.

À chaque nouvel épisode, l'histoire à écouter et deux-trois trucs qu'on ne met pas ailleurs. Désinscription en un clic.

S'abonner →