Théotime Et puis bon, le blanc dans le village, c'est tout de suite l'attraction, donc les gens viennent te parler. Et ça, c'est exceptionnel parce que c'est la qualité que j'ai, moi qui m'a le plus marqué en Afrique, c'était la curiosité. Et aussi ce que j'ai oublié de dire, c'est que j'avais conditionné ce passage à la frontière en slip à 5500 euros obtenus contre la mucoviscidose. Donc en fait, j'étais obligé de le faire, tu vois, j'avais promis qu'à 5500 euros contre la mucoviscidose, je passais la frontière en slip.
Loïc suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. En tout cas, Théo Team, ultra content de te recevoir au micro des frappés. Bienvenue sur le podcast et merci une fois de plus à Marjorie, qui est une copine ancienne invitée du podcast, qui là encore m'a contacté en me disant, écoute, j'ai croisé Théo Team, je crois, sur des courses. vous avez fait au moins une course ensemble ou un bike trip en Ecosse si je ne me trompe pas
Théotime exactement merci Loïc pour l'invitation et merci Marjorie en effet pour la mise en relation la course c'était une course de longue distance c'était la Nomadienne Rapso Bike en 2024 qui partait de France jusqu'au nord de l'Ecosse et c'était donc un peu plus de 2000 km d'ultra distance et c'est à cette occasion là que j'avais pu rencontrer Marjorie
Loïc Fabuleux et bien écoute Marjorie si tu nous écoutes merci une fois de plus à toi Théo Team on va parler de vélo forcément si l'intro vient de Marjorie il y a de fortes chances que ce soit l'univers dont on parle mais pas que d'aventure de de causes associées à à un défi en particulier que tu viens de réaliser peut-être en guise d'intro comment est-ce que toi avant qu'on parle plus en détail de à vélo contre la muco et de l'Afrique comment est-ce que toi t'es tombé dans l'univers du vélo ça a été quoi ton enfance t'as baigné dans un univers où ce sport était présent ou c'est une arrivée tardive dans ta vie sportive ?
Théotime Alors pas du tout, le vélo est arrivé très tard et justement le vélo est arrivé avec la mycobicidose où justement j'ai la fille d'ami de mes parents qui, enfin on a appris que la fille d'ami de mes parents avait souffré cette maladie génétique rare donc je devais avoir 15 ans, ma sœur en avait 13 et donc avec ma sœur et mon père on était partis à vélo contre la mycoviscidose en direction de Londres et c'est comme ça vraiment que j'ai découvert le vélo avec ce premier voyage et sinon j'ai vraiment pas baigné dans l'ambiance Tour de France quand j'étais jeune à vrai dire, j'aimais bien faire des sorties à vélo mais ça dépassait rarement 10 km et donc c'est vraiment avec la mycoviscidose que j'ai commencé à faire des défis contre la maladie et j'utilisais le vélo parce que c'est un moyen qui me permettait de me déplacer suffisamment vite pour couvrir des distances importantes et suffisamment lentement pour pouvoir m'arrêter, échanger, découvrir. Et donc, j'ai rapidement trouvé que c'était la meilleure manière pour faire un défi impressionnant par la distance, mais aussi humain par les interactions et par tout le temps d'échange, et notamment pour parler de la cause durant le voyage.
Loïc OK. Qu'est-ce qui fait que cette cause de la mucoviscidose en particulier, qu'est-ce qui fait qu'elle est restée au point que tu créais Nassau ? On en parlera peut-être un peu plus en détail, mais j'ai cru voir aussi que dans ton parcours scolaire, dans tes études supérieures, c'est quelque chose que tu as essayé d'animer sur les différents campus où tu es passé. Ça a été quoi ? C'était cette relation avec cette fille d'amie de la famille ou il y a eu autre chose une fois que tu as découvert ce que c'était que cette maladie ?
Théotime À vrai dire, cette fille d'amie de la famille, finalement, je ne l'ai vue qu'une seule fois parce que mes parents ont déménagé, et puis nos deux familles ne sont pas tellement restées en contact. Ce qui vraiment m'a lié à la mucoviscidose, c'était cette première action. Et puis ensuite, je m'intéressais davantage à la maladie, je m'intéressais davantage au quotidien des patients. Et j'étudiais ensuite à Bordeaux. Arrivé à Bordeaux, j'ai pu créer une antenne de l'association que j'avais créée qui s'appelait Avello contre la muco. Et c'est à ce moment-là que j'ai décidé d'aller à la rencontre des CHU, aller à la rencontre des personnes qui vraiment vivaient avec cette maladie au quotidien et donc à partir du moment où on a un lien aussi fort avec des personnes qui nous parlent de la mycophysidose comme leur quotidien le défi le plus présent dans leur vie, ça m'a donné envie de continuer dans cette idée de faire quelque chose à vélo de lever des fonds contre la mycophysidose d'essayer de donner de la visibilité à mon échelle et voilà, donc je trouvais que c'était un beau défi en parallèle des études d'avoir un projet comme ça qui me tenait à cœur parce que j'aime bien avoir une idée fixe et me dire je tente tout ce qui a tenté dans ce domaine-là et puis allons-y.
Loïc Et études que tu n'as pas fait nécessairement dans le domaine de la santé ?
Théotime Non, pas du tout. J'ai fait un master en économie à Bordeaux et puis ensuite, j'ai fait un master sur les thématiques énergétiques à Paris. Rien à voir avec la santé. Mais bon, finalement je me retrouvais pas quand j'allais au CHU j'étais plus avec les personnes qui étaient en charge de l'accompagnement des psychologues etc et c'était pas vraiment de la recherche pure et dure et donc c'est vrai que les thématiques vraiment médicales enfin non plutôt scientifiques je les maîtrise correctement mais c'est pas mon c'est pas mon coeur de métier
Loïc ok ok ok si on fait une sorte d'accélération entre donc tu disais 2016 ce premier défi à vélo Paris Paris-Londres c'est ça ?
Théotime exactement
Loïc oui Paris-Londres ça fait je suis sur ton 457 kilomètres donc bon déjà quand même une belle sortie on va dire entre ce Paris-Londres et ce que tu viens de réaliser tout récemment c'est-à-dire t'es reparti de Paris et t'es allé t'as fait descendu jusqu'au point le plus au sud de l'Afrique avec une remontée ensuite jusqu'au Kenya, si je ne me trompe pas ? Exactement. Comment t'en arrives des 457 kilomètres de Paris-Londres aux dizaines de milliers de kilomètres et 500 jours sur ton vélo de Paris jusqu'à l'Afrique ?
Théotime Je te disais tout à l'heure que quand j'avais un projet, j'aimais bien m'obstiner un peu là-dedans. et quand j'étais en terminale je m'étais fait un peu une idée fixe un truc qui me tenait qui me tenait en haleine durant toute l'année de terminale c'était un projet d'aller de Chamonix, de partir de l'Aiguille du Midi pour aller au soleil de minuit donc cercle polaire arctique en Norvège et donc ça c'était finalement le premier vrai gros voyage dans lequel je me suis lancé là j'avais 17 ans et c'était une aventure contre les mycocydoses. J'étais accompagné en relais par mon père Bruno, un ami qui s'appelle Tanguy et un autre ami qui s'appelle Malo. Et en fait, quand j'ai eu la chance d'accomplir ce projet-là à 17 ans, ça donne toujours envie de penser à l'après, de penser à l'après, après ça, il y a quoi, après ça, il y a quoi. Et finalement, en 2023, je me suis dit, après ce voyage-là, je me suis dit, après le nord, il y a le sud. Donc, en 2023, après mon premier master, je suis parti pour la pointe sud de l'Europe et puis arrivé là-bas je m'étais juré qu'un jour j'allais toucher la pointe sud de l'Afrique et je ne savais pas dans combien de temps mais je savais que j'allais le faire donc j'avais toujours le cap de bonne espérance qui m'animait au moins à fond pendant une année et puis secrètement un peu plus intérieurement pendant 7 ans entre 2018 et 2024 même 6 ans donc voilà c'est comme ça que ça s'est fait et puis donc après entre les deux j'ai fait quelques petits projets à vélo contre la mycoviscidose aussi de la longue distance et puis un beau jour j'ai réussi à mettre de côté suffisamment d'argent pour partir j'avais la chance d'avoir personne qui avait besoin de moi en France j'avais aucune attache ma famille en bonne santé j'avais des potes qui n'avaient pas particulièrement besoin de moi j'étais très libre et donc je me suis dit c'est maintenant ou jamais t'as réussi à m'être de côté t'as réussi à avoir le vélo dont tu rêvais depuis si longtemps allez pars et en fait si tu veux le départ s'est fait le 12 octobre 2024 de la place du Panthéon et en partant c'était mon père qui m'avait dit ça il m'avait dit à chaque fois que tu pars t'as un projet, t'as un point A, un point B limite tu connais déjà le dénouement tu fais toujours contre la mycomycidose essaye cette fois-ci de le faire que pour toi donc pas forcément de partager sur les réseaux et vraiment voir ça comme un voyage plutôt qu'un projet donc où la finalité c'est vraiment je sais pas un peu un espèce d'épanouissement personnel et puis c'est et puis donc je traverse la France, l'Espagne par les endroits les plus désertiques enfin les plus vides, donc la diagonale du vide, l'Espania Basiada, et puis il y a d'ailleurs des grosses périodes de crues, c'est quand il y avait les inondations à Valence, donc ça rendait déjà le début de l'aventure assez épique, et puis j'arrive en Afrique, et quand j'arrive au Maroc, je ne sais pas, c'est un peu un choc, c'est que je pensais Maroc, je m'attendais à que tout soit développé, comme à Marrakech, Casablanca, un peu l'image qu'on a du Maroc, carte postale, voyage, un peu club med. Et puis finalement, j'ai décidé d'aller plus dans les terres, notamment l'Atlas et toutes les chaînes de montagne. En fait, mon objectif, c'était de partir sans itinéraire, sans plan défini. Et aussi, un truc qui illustre bien cet objectif, c'était j'ai quitté mon travail et 11 jours plus tard, je suis parti à vélo et sur les 11 jours, j'ai plus vu les potes et fait la fête que préparer le projet. Donc, c'était vraiment, l'idée, c'était de partir à l'arrache. Et en fait, je me rends compte en étant au Maroc que ce truc-là de partir à l'arrache, finalement, c'est un peu débile, un peu déconnecté. Et notamment, par certaines zones où je passe, il y a énormément de chiens errants et donc je me retrouve vite confronté à être un peu embêté par des chiens, puis aussi j'ai des interactions avec des enfants, des enfants qui jettent des cailloux, des trucs comme ça. Et donc là, énorme remise en question, et c'est vraiment en fait à partir de ce moment-là où je me suis dit ce truc de partir sans rien, vraiment à l'arrache, ça me convient, mais pas totalement, et donc il faut au moins un objectif, et donc cet objectif, j'ai dit que c'était Dakar, Et puis après, se rendre à l'évidence que si je partais pour l'Afrique, c'est parce que c'était forcément la mycoviscidose. Donc, je ne pouvais pas séparer ce voyage-là de la mycoviscidose. Donc, je m'étais d'abord dit, bon, allez, je vais aller à Dakar contre la myco. Et puis, de fil en aiguille, en fait, je me suis dit, bon, allez, vas-y, ça sera Abidjan, ça sera le cap. Et en fait, pour motiver un peu les personnes qui me soutenaient à soutenir aussi la recherche contre la mycoviscidose, je conditionnais ça à des défis, à des paliers financiers. je disais bon bah allez à 1000 euros je tire après Dakar jusqu'à Abidjan Abidjan j'ai dit 2000 et après le cap j'ai dit allez à 10 000 euros je fais le retour à vélo et ça c'est vrai que le fait d'aller jusqu'au cap j'en avais rêvé pendant très longtemps le fait de faire le retour à vélo j'y avais jamais pensé
Loïc ok bon énormément de questions déjà alors tu l'as évoqué un des bloqueurs que tu as réussi à lever, c'était le fait d'avoir le bon matériel, tu avais ton vélo, le vélo dont tu avais rêvé et l'aspect financier. Souvent, on me pose la question après des épisodes, je pense comme ça va être le cas pour le tien, où on parle d'aventure au long cours, le fait de finalement, tu as fait ça relativement jeune. Donc, assez souvent, on me pose des questions sur financièrement, comment il a géré ça. Est-ce que toi, tu avais un palier de sécurité, un genre de matelas de sécurité en tête, un montant que tu voulais absolument avoir avant de quitter ton job et de te lancer. Comment tu as géré cette partie-là ?
Théotime Oui, je m'étais fixé 20 000 euros. 20 000 euros de matelas. Et donc, pour ça, durant mon premier master, j'avais fait toutes les périodes estivales, quasiment, je travaillais. Donc, soit je faisais de l'intérim, soit je faisais des stages. Et donc, bon, sans surprise, j'étais coursier à vélo pendant quelques temps, parce que j'adorais ça même pendant le Covid quand j'étais à Paris et pendant le Covid c'était vraiment une manière que j'avais adoré ce moment-là du fait d'être coursier parce que tu avais la ville pour toi et en plus de ça, ça me permettait d'épargner dans l'optique de faire un long voyage à vélo donc j'ai eu cette première phase durant mes études où j'épargnais un peu donc là j'ai dû mettre 7-8 000 euros de côté et puis ensuite je travaillais au ministère de l'économie à Paris. Avant ça, j'avais eu un stage de fin d'études dans un cabinet de conseil et donc stage, plus ensuite emploi au ministère et j'avais la chance, ça c'est quand même le truc qui m'a boosté, c'est un énorme privilège, c'est que je vivais chez mes parents à Paris. Tout l'argent que je ne mettais pas dans un loyer à Paris, je pouvais le mettre de côté pour ce voyage-là. Et en plus de ça, j'avais la chance d'avoir des parents qui étaient très contents de m'avoir. Il n'y avait pas de contrepartie financière du fait d'avoir un loyer à Paris. Donc, c'était vraiment un truc qui m'a boosté. Et en revanche, sinon, j'ai cherché un peu au début des sponsors. Après, je n'avais aucun abonné sur Insta. Et puis, comme je n'avais pas trop de projets, je disais, je pars à vélo. Mais bon, tu vas toquer à des portes, tu dis, je pars faire un tour à vélo. si tu t'arrêtes disons à Nevers tu fais un pari Nevers je pense que la marque l'aurait un peu mauvaise donc j'ai eu aucune réponse je me suis rendu à l'évidence que c'est pas là où j'allais être bon gratter des trucs à droite à gauche avec des marques donc je me suis financé à 100% et ensuite j'ai touché aucune aide durant le voyage je pouvais toucher le chômage mais c'était pas du tout mon optique pour plusieurs raisons déjà parce que j'estime que j'étais pas au chômage, j'étais en voyage et puis au-delà de ça comme ça, ça me permettait vraiment de partager librement mon aventure et aussi être propre vis-à-vis de soi-même mais aussi vis-à-vis des autres parce que tu sais, t'as toujours ces trucs, des personnes qui disent attends le gars il a 23 ans, il est parti à vélo, c'est quoi sa douille ? Et donc après moi comme ça, ça me permettait d'exposer mon plan, d'exposer comment est-ce que j'avais pu financer ce voyage-là et puis c'était chouette comme ça et le fait en fait aussi d'être sans pour enfin de devoir de compte à personne là je parle plutôt tu sais de collaboration j'ai bien aimé parce que parfois tu sais t'as du matos qui pète t'as des trucs comme ça et tu peux dire aux gens tu peux dire aux gens ça j'ai adoré ce matériel là j'ai trouvé ça exceptionnel en revanche ce matos là j'étais un peu plus déçu pour telle utilisation ça j'ai trouvé que ce n'était pas forcément adapté à mon usage ou à ton usage. Et donc, j'ai adoré cette transparence que ça permettait. Après, c'est une transparence qui a un coût quand même parce que tu n'as pas de sponsor. Mais bon, je trouvais ça bien et je pense que si c'était à refaire, je referais comme ça.
Loïc OK. Et du coup, ce matelas de 20 000 euros, ça a été suffisant pour l'intégralité de l'aventure ou tu as dû renflouer les caisses à un moment donné ?
Théotime Ça a été suffisant pour l'intégralité de l'aventure. En tout, je suis parti 525 jours, je crois. en fait il faut que je fasse les comptes parce que pendant mon voyage en Afrique j'avais j'avais trois cartes bancaires et je faisais un peu le yo-yo financier entre les cartes parce que t'avais des pays où ça prenait cette carte plutôt que cette carte donc je crois, j'avais regardé, il me semble que je suis entre 14 500 et 15 500 euros dépensés sur 15 mois donc environ je tombe à 1000 euros de dépense par mois, après en fait mon objectif durant ce voyage là c'était à la base c'était quand même de partir un peu à l'arrache donc par exemple j'ai un ami qui m'avait dit cette phrase là qui m'avait dit on ne porte que le poids de nos peurs c'est Guillaume et donc pendant tout mon voyage je réfléchissais aux manières de m'alléger donc j'ai d'abord, j'ai lâché le réchaud ensuite j'ai lâché la tente et donc bon je mangeais ce que les gens mangeaient et globalement tu manges dans la rue t'as pas vraiment de restaurants huppé, donc c'est entre 1 euro et 3 euros par jour en nourriture. Ensuite, soit je dormais dans des hôtels qui coûtaient entre 5 et 12 euros la nuit, ou sinon je dormais chez des gens, au poste de police, à la mosquée, à l'église, en station service, à l'école, enfin bref, partout où je pouvais dormir. Et je préférais plutôt cette option-là parce que je ne pensais pas tant à la question financière de l'hôtel, c'était plus la rencontre. C'est que quand tu voyages seul, si t'es solo sur ton vélo puis ensuite tu manges face à ta gamelle et tu dors sous ta tente je pense que t'as vite l'impression de transformer cette aventure vraiment en aventure plus isolée que solitaire et donc je te disais ça parce que finalement les dépenses quotidiennes n'étaient pas énormes et là où j'ai eu un peu plus de dépenses c'était notamment en Afrique de l'Ouest avec les visas t'avais des pays où les visas montaient jusqu'à 200 euros et c'est des pays dans lesquelles je restais 8 jours. Donc, ça faisait vraiment un poste de dépense important. Et ensuite, tout ce qui était assurant, ce qui m'a coûté un peu d'argent, c'était l'assurance, casse matériel, aussi l'investissement matériel. J'ai acheté une nouvelle caméra durant le voyage. J'ai dû acheter deux nouveaux téléphones. Donc, finalement, je m'en sors à 1 000 euros par mois. Ce qui est honnête.
Loïc C'est clair.
Théotime Mais ça fait quand même 30 euros par mois. Quand je regarde un peu ce que je dépensais par jour, je me disais, mais attends, comment est-ce que je dépense 30 euros ça me fait 30 euros par jour donc je me disais mais attends mais quand je regarde la manière avec laquelle j'ai voyagé je me dis mais comment est-ce que je m'en sors à 30 euros par jour et j'ai pas la réponse mais je pense que c'est les trucs acheter une caméra ça te booste ton budget c'était trop bien
Loïc et les galères matérielles sur le vélo t'en as eu des sérieuses qui sont arrivées au mauvais moment ou au final pas plus que ça, c'était de l'usure classique on va dire
Théotime il y a eu beaucoup d'usures classiques donc par exemple des chaînes à changer, des cassettes et ça c'est vrai que c'est un point pour le coup que j'ai mal anticipé je t'avais parlé des 11 jours je suis vraiment parti à l'arrache et j'avais un vélo ça c'est un peu un truc de geek, je ne sais pas à quel point les personnes qui nous écoutent sont sensibles au vélo mais en fait il y avait un plateau à l'avant et une énorme cassette à l'arrière, donc un truc un peu VTT. Ce qui fait que c'était une cassette de 11 vitesses. Donc 11 vitesses, c'est énorme et il faut des chaînes extrêmement fines, vraiment qu'on ne trouve pas partout. Et c'est vrai que ça, c'était un peu parfois la galère en Afrique de trouver ce genre de pièces parce que tu en trouvais au Maroc, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Namibie, en Afrique du Sud et après globalement en Kenya. donc parfois je me retrouvais sur des distances de la plus longue distance sans réapprovisionnement matériel je pense que c'était 8000 km donc il fallait vraiment anticiper ça donc je voyageais avec 3 chaînes de secours des pattes de dérailleur aussi c'est la jonction entre le dérailleur et le vélo et après sinon gros problème je suis parti avec un vélo en titane et en fait le titane si tu veux c'est un matériau qui est censé être assez souple qui absorbe bien les chocs et qui en plus de ça est censé être quasiment indestructible et moi je suis beaucoup d'aventuriers que j'adore par exemple Sofiane Seili qui est allée jusqu'en Russie à vélo on a beaucoup entendu parler dernièrement, lui avait un vélo en titane et après pareil d'autres aventuriers que je suivais qui avaient des vélo en titane, je me suis dit bon bah allez on va prendre un vélo en titane et sauf que j'ai une soudure de mon vélo en titane qui a craqué mon vélo s'est fissuré une soudure qui a lâché en Tanzanie et donc là ça c'était un peu plus la merde parce que j'ai essayé de le souder et le gros problème du système c'est qu'en fait ça se soude très mal très difficilement, il faut vraiment avoir un environnement très particulier à la différence de l'acier et donc j'ai essayé de le souder et puis ça n'a pas marché donc en fait j'ai fait 4000 km ensuite de Tanzanie jusqu'en Italie avec un vélo que j'avais sanglé, donc j'avais pris des sangles de camions et en fait c'est très dangereux je me rends compte non mais je sentais, dès que je me mettais en danseuse t'avais le cadre, t'avais la salle qui bougeait à droite à gauche, parfois je mettais ma main pour la retenir, c'était vraiment c'était abusé donc franchement rouler avec un vélo fissuré je pense que c'est une des plus grosses bêtises que j'ai faites et puis ensuite, arrivé en Italie, j'ai réussi à acheter un nouveau vélo donc là, je suis reparti avec un vélo neuf, un vélo en acier et je pense que cette fissure c'était vraiment la plus grosse galère de mon voyage
Loïc à refaire tu repartirais avec du titane du coup ou tu ferais le choix de l'acier en tout cas pour ces destinations là tu vois où tu n'as pas forcément des ateliers de soudure de titane à tous les coins de rue
Théotime je pense que je repars sur de l'acier parce que l'acier ça se soude je repars avec un vélo où je peux mettre des périphériques très basiques par exemple des transmissions que tu trouves au Malawi comme au Zimbabwe ou en Afrique du Sud ou en Europe, je pense que je ferais ce combo-là. Après, si j'échangeais avec une marque, parce que ça, je pense que c'est aussi le truc, c'est qu'avant de partir comme ça, idéalement, j'aurais dû échanger avec les marques un peu plus pour voir ô combien leurs produits étaient adaptés à mes besoins et ô combien ils pouvaient m'aider quand je me retrouvais embourbé, avec du matos qui claquait, qui claquaient, au combien est-ce qu'il pouvait m'aider sur place. Et donc, je pense que si je repars avec un vélo haute que de l'acier, c'est en vraiment en contactant une marque, en essayant de comprendre un peu, en regardant, et si je comprends que c'est le meilleur vélo qu'il existe sur Terre pour partir à l'aventure, je repars ça. Mais pour le moment, j'ai un vélo, là j'ai acheté un nouveau vélo, c'est un Surly, c'est un peu la référence pour les vélos assis en tour du monde, c'est un Surly Ogre. j'ai essayé le vélo, en fait j'ai eu énormément de chance j'étais à Bari dans le sud de l'Italie et je suis tombé un peu sur la en vrai le magasin c'était la caverne d'Ali Baba le mec il avait tout tout tout tout il m'a tout montré, tout essayé, il me montre ce vélo au début je trouve qu'il a pas de flow le vélo il a un truc, il a une dégaine un peu de vélo VTC tu vois, donc un peu vélo à l'Hollandaise je me dis mais jamais je prends ça parce que comme j'aimais bien la cour, j'aimais bien aller vite et puis je suis monté là dessus et je me suis dit ouais, c'est ce vélo là et donc si c'était à refaire pour synthétiser je pense que je prends de l'acier un surly mais surtout je vais chez un vélociste chez une petite boutique un mec qui s'y connait qui est passionné plutôt que d'acheter un vélo générique sur internet ou dans une très grande ancienne je pense que c'est en fait c'est le plus important c'est de d'avoir quelqu'un qui soutient le projet qui émotionnellement est derrière toi parce qu'il sait qu'il t'a vendu un vélo qui part au fin fond du Zimbabwe du Sierra Leone
Loïc oui c'est clair que si tu arrives à avoir une marque ou un vélociste qui te suit et qui peut assurer potentiellement la chaîne logistique si tu as une galère matérielle ça change quand même je pense pas mal la complexité du projet en tout cas encore une fois si tu pars dans ce genre de vie où tu n'as pas forcément tout le temps les pièces dispo partout tu vas au fin fond de la brousse excellent tu parlais des rencontres un peu plus tôt et que tu as changé du coup l'ampleur, en tout cas, ta manière d'approcher l'aventure assez rapidement après être parti à l'arrache. Tu as eu des rencontres inattendues, en tout cas, qui t'ont particulièrement surpris, plutôt en positif, t'expliquer un peu plutôt que tu ne t'attendais pas, ça a été un peu un choc. Parfois, les enfants qui te balançaient des cailloux ou des choses comme ça au Maroc. Est-ce qu'à l'inverse, tu as eu des beaux actes d'accueil, d'hospitalité à des endroits ou de la part de gens dont tu ne t'y attendais pas forcément.
Théotime Bien sûr, mais c'était un peu d'ailleurs tout le voyage. Et c'est vrai que là, pour revenir sur le truc du Maroc, j'en parlais tout à l'heure, mais c'est le truc que tu retiens, parce que ça te marque, c'est quelque chose qui vraiment te marque, et tristement, moins que la beauté. Et il faut savoir qu'en 530 jours en Afrique, j'ai eu aucun problème de sécurité. Vraiment, j'ai parfois eu les chiens en Maroc, quelques enfants et tout, mais jamais j'ai été agressé. C'était un peu une constante bien reçue du fait de plusieurs choses. Déjà, d'être un voyageur à vélo. Te voyant à vélo, ils pensaient que si tu voyageais à vélo, c'est que tu étais fauché. En fait, le lien était beaucoup plus facile. Le blanc dans le village, c'est tout de suite l'attraction. donc les gens viennent te parler et ça c'est exceptionnel parce que c'est la qualité que j'ai, moi qui m'a le plus marqué en Afrique c'était la curiosité c'est les gens qui viennent te parler comme ça de le blanc tu fais quoi avec ton vélo et je trouvais ça exceptionnel et je trouvais ça exceptionnel et je pense que la rencontre qui m'a le plus marqué du voyage je passais la frontière entre c'était quoi ? C'était le Ghana et le Togo et puis le Togo c'est un pays qui est extrêmement fin C'est un pays qui fait 45 kilomètres de large. Et donc, la possibilité, c'était de tracer le pays en une matinée. Et puis, je me suis dit, c'est quand même dommage. Tu as un visa, tu as un pays que tu ne vas pas y retourner d'ici de nombreuses années si tu y retournes dans ta vie. Fais un détour. Et donc, je pars vers le nord. Et là, en partant vers le nord, je vois un peloton de cyclistes africains qui bombardent. Et ils vont dans la direction opposée à la mienne. Donc, les mecs, ils me font un salut comme ça. Et je vois qu'eux, ils sont en mission. Ils sont vraiment... Ils devaient tourner à 45 km heure. Je me dis, il n'y a pas un monde où je les rattrape. Et là, je me dis, vas-y, tu ne crois jamais de vélo ou du moins des personnes qui ont un vélo par passion. Parce que c'est plus le vélo utilisé. Comme en France, tu crois beaucoup plus de personnes qui font du vélo taf, qui se déplacent à vélo parce que c'est un moyen de locomotion que vraiment la finalité, c'est l'effort lié au vélo. Et donc là, je tape un maxi 2000 tours, un sprint, je ne sais pas, je dois appuyer à 1000 watts sur les pédales et j'arrive à rattraper les gars. Et en fait, il se trouve que c'était l'équipe nationale du Togo. Et donc là, j'arrive à les accrocher pendant deux minutes et ensuite, ils me disent, ce soir, on dort à Attaque Pame, rejoins-nous. et donc moi je me dis bon bah vas-y trop bien Attaque Pame ça va être un petit village il va y avoir 500 habitants je vais vite les retrouver, je vais aller dans le village et je vais demander où est l'équipe du Togo et tout le monde saura où est l'équipe du Togo c'est comme je me disais t'as l'équipe de France je sais pas dans un petit bled en Picardie, tout le monde sait qu'il y a l'équipe de France et j'arrive ensuite à Attaque Pame et je demande où est l'équipe du Togo et en fait je me rends compte que c'est une ville immense et personne ne sait où ils sont et là il y a un gars qui me dépasse à moto et qui me dit vas-y je sais où est l'équipe du Togo je t'accompagne et il m'accompagne retrouver le camp d'entraînement de l'équipe du Togo et de là ils me disent la soirée se passe très bien et ils me disent si tu veux dans 10 jours on a le tour national du Togo est-ce que tu veux venir ?
Loïc Ah mais c'est énorme parce que j'ai vu ça sur ton Insta tes épisodes je me disais mais qu'est-ce que c'est le tour du Togo ? je pensais que tu avais fait une série sur un voyage au Togo t'es parti faire le tour du Togo à vélo, c'est énorme.
Théotime C'était exceptionnel. Et tu vois, le truc, c'est qu'aussi durant le voyage, je m'étais dit je mets beaucoup de d'importance au oui, au fait de dire oui, même quand tu n'en as pas l'envie. En vrai, je devais attendre dix jours, j'avais déjà pris mon visa pour le Bénin. Donc, en fait, administrativement, c'était un peu une galère. Je me dis, ouais, c'est souvent plus facile de fuir en disant, ben non, je ne peux pas, j'ai une contrat. Et je me dis, mais non, mais attends, mais t'as l'équipe nationale du Togo qui te propose de suivre le tour du Togo avec eux je me dis vas-y go et donc je les retrouve dix jours plus tard à Lomé et on part pour le tour du Togo et il faut savoir que moi je m'étais un peu entraîné avec eux et puis en fait très rapidement t'as beaucoup de personnes qui me disaient ouais mais attends tu fais le tour de l'Africa vélo tu peux bien suivre les mecs mais en fait c'est comme si tu fais de la course à pied tous les jours et on dit, vas-y, tu peux rivaliser avec Jimmy Gressier. En fait, c'était incomparable. Et tu vois, j'ai essayé de faire des sorties avec eux. Je tournais à 32 km de moyenne, là où eux étaient avec des vélos, mais qui valaient en vrai 150 balles, avec parfois des rayons manquants, des trucs comme ça. Eux tournaient à 43 de moyenne. Donc, en fait, la différence de niveau était abyssale. Et donc, je me suis dit, vas-y, je ne vais pas être spectateur sur le tour du Togo. Qu'est-ce que je peux faire ? Et donc là, on m'a attribué le statut de TikToker. Donc, j'étais TikToker pour la Fédération Nationale Togolaise de Cyclisme et c'était mon taf. Enfin, c'était mon taf. C'est énorme. Moi, je me disais, qu'est-ce que je sais faire ? Je sais faire des vidéos. Bon, allez, vas-y, je fais ça. Et donc, sur le Tour du Togo, tu avais plein d'équipes. Tu avais le Mali, le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Ghana, d'autres sélections et aussi, il y a une équipe française et donc, c'était, franchement, que je réponds à ta question. Mais tu vois, je me suis vraiment lié d'amitié avec deux personnes du Togo. Un gars qui s'appelle Alain qui a 38 ans, donc un cycliste du Togo et un autre qui s'appelle Blaise qui lui a exactement le même âge que moi. Et je ne sais pas, c'était vraiment la bienveillance, la bienveillance à l'état pur. Et puis surtout, j'étais admiratif de ce gars qui a en fait commencé avec un vélo qu'il avait acheté dans une déchetterie pour l'équivalent de 3 euros. Et puis, et ensuite, il me racontait que c'était sa passion. Donc, en fait, matin, midi et soir, dès qu'il avait du temps, il allait rouler. Et puis, j'ai vu où est-ce qu'il roulait. Il roulait dans les banlieues de Lomé. Tu vois, c'est des routes, mais c'est des routes qui étaient extrêmement de passage. Et puis, en tant que vélo, tu n'es pas celui qui prend la place. Tu n'es pas celui à qui on donne la place. Donc, franchement, une grosse admiration pour Blaise et pour Alain et puis l'ensemble des cyclistes africains que j'ai pu rencontrer. sur WhatsApp, enfin, pas plus tard qu'il y a trois jours, alors que je l'ai rencontré il y a maintenant plus d'un an, un an et un mois, je l'ai encore une fois toutes les deux semaines, on s'envoie un message, on s'appelle et ça, c'était… Et je pense que ce genre de rencontre, ça m'a été permis grâce au fait de ne pas avoir de deadline, ne pas avoir vraiment une destination où je me fous une pression monstre pour la rejoindre et c'est en fait, c'est là où tu vois la plus belle chose du voyage et c'est l'autre. c'est prendre le temps d'échanger de comprendre aussi et pas être que de passage tu vois j'ai rarement eu la seule fois où j'avais l'impression d'être de passage c'est quand j'avais une deadline un truc de visa un truc de la famille qui me retrouvait et là je devais je devais envoyer appuyer sur les pédales et là c'est finalement paradoxalement les moments où j'ai le plus souffert parce que alors que je savais que j'avais la perspective de revoir des gens que j'aimais le fait de devoir dire non à des rencontres je trouvais ça extrêmement frustrant. Donc Blaise, je pense que c'est une de mes rencontres les plus marquantes du tour. Enfin, du tour à vélo. Et après, sinon, il y en a ceux que j'ai adorés, c'était, je suis allé voir la... Je suis allé rendre visite aux sapeurs à la sapologie au Congo-Brasaville. Donc là, pareil, j'avais fait un aller-retour de, je ne sais pas, c'était 350 kilomètres d'Olizie jusqu'à Pointe-Noire, Pointe-Noire qui est la capitale économique du Congo. Et on m'avait dit, il faut que tu ailles à Fontietietiet, donc c'est dans les banlieues de Pointe-Noire et tu vas voir les sapeurs qui sont vendredi, samedi, dimanche chez Clotaire, c'est un bar et puis donc je me suis acheté un accoutrement digne des sapeurs un pantalon chineau une chemise, mais bon après à côté d'eux j'étais vraiment pas classe, mais c'était pour éviter d'être avec un treillis un débardeur tout délavé et puis finalement j'ai adoré, on a passé un après-midi mémorable et puis ensuite, on a bu des coups. Et ce que j'ai adoré, en fait, dans les sapeurs, c'était des personnes qui sont très humbles du fait de leur profession, mais qui ont cette passion et dans laquelle ils consacrent tout. Et donc, c'est un peu... Les gens sont assez partagés là-dessus parce que tu as des personnes qui se disent « Ouais, mais en fait, c'est le royaume de la flambe. C'est des personnes qui ne savent pas s'organiser au quotidien. Dès qu'ils ont de l'argent, ils vont claquer ça dans un sap. » Et puis après, je me dis... Je trouve ça magnifique, en fait, des personnes qui se la butent dans des passions comme ça. C'est vrai que tu peux dire que c'est assez futile la sape, mais je trouvais ça exceptionnel. Et c'était... C'est comme je pourrais parler de vélo des heures et des heures et des heures. Eux, c'était la sape et c'était la sape, la sape, la sape. Donc, j'ai trouvé ça aussi incroyable.
Loïc Excellent. S'il y en a qui ne parlent pas forcément, la sapologie, allez regarder sur le compte Insta, le lien est en description de l'épisode. j'avoue que c'est passionnant en fait quand tu vois des gens passionnés comme ça c'est toujours intéressant tu vois même si bon moi ça me parle pas plus que ça je dois avoir des t-shirts qui ont en moyenne 4 ans d'âge que je renouvelle jamais donc voilà la démarche me parle pas plus que ça mais je trouve que c'est ultra intéressant à regarder parce qu'ils sont passionnants et passionnés être à leur contact ça a dû être assez assez marrant j'avoue et du coup t'as continué à rouler en mode sapé ou quand même pas
Théotime Est-ce que tu sais ce que ça veut dire, SAP ? S-A-P-E ?
Loïc Non.
Théotime C'est la société des ambianceurs des personnes élégantes. Ça, je l'ai appris au Congo. C'est énorme. Et figure-toi que même, il y a un gars qui m'avait dit ça dans une vidéo, parce que je faisais des petites interviews, qui s'appelait Mwaka Tsumka, victime de la SAP. Et il m'avait dit que la SAP était un art congolais et que c'était inscrit à l'UNESCO. Ah ouais ? Je me suis dit, attends, c'est quoi ce délire ? Et j'ai regardé, bon, ce n'est pas inscrit à l'UNESCO, mais il y a des personnes qui défendent la sape qui le portent, le portent, le portent pour que ça soit inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Pour le moment, ce n'est pas encore le cas. Et pardon, c'était quoi ta question ensuite ?
Loïc Si tu as continué à rouler en mode sapé, tu vois.
Théotime Ouais, en fait, j'avais... Généralement, tu sais, j'avais vraiment rien dans mes habits. Au début, j'avais deux t-shirts, un slip, un short, je n'avais pas de cuissard, je n'avais vraiment rien. et donc souvent je tuais les habits et quand l'habit était mort, j'en rachetais parce qu'il faut savoir qu'en Afrique, tu as énormément d'habits qui sont envoyés et qui arrivent de l'Occident et c'est de la seconde main et généralement c'est parce que tu vas donner, les habits que tu donnes généralement finissent en Afrique et ils sont vendus pour un euro pièce et sauf que tu as des habits mais absolument exceptionnels, tu vois, moi je me souviens j'ai acheté des habits de très grandes marques pour 3 euros la chemise et donc je n'ai pas gardé la sape parce que la sape était un peu encombrante, mais en revanche au Malawi, donc c'était sur le retour, c'est deux, trois pays avant d'arriver au Kenya. Au Malawi, je me suis dit que tu avais de la sape de partout. Je me suis dit qu'il fallait faire un petit flot. Et donc, j'avais une chemisette. Non, j'avais une chemise. J'avais une chemise et j'avais acheté une cravate avec trois lionnes qui buvaient dans un fleuve. Et donc, c'était vraiment le cliché, mais de la cravate un peu chum des années 50 et qui en plus de ça représentait un peu le cliché de l'Afrique. Je m'étais dit c'est exactement ce qu'il me faut. Et voilà, mais sinon pas trop de sapes.
Loïc Jusqu'au sous-vêtement, le calbut Fafiz, il est arrivé à quel moment en Afrique du Sud ?
Théotime Alors ouais, donc ça pour le contexte. Pour le contexte, parce que c'est vrai que parfois je regarde les vidéos, je me dis mais attends, mais le mec qui a passé la frontière entre l'Afrique du Sud et la Namibie en slip, C'est un peu chelou, vu de l'extérieur. En gros, pour le contexte, c'est qu'en 2019, tu as l'Afrique du Sud qui gagne la Coupe du Monde de rugby et leur capitaine, Fav De Klerk, s'exhibe partout avec un slip aux couleurs de l'Afrique du Sud. Et donc, moi, je me suis dit, mais attends, mais exceptionnel, je vais essayer d'arriver en Afrique du Sud avec ce slip-là. Et en Namibie, j'arrive à trouver un slip Fafiz, couleur de l'Afrique du Sud, Et donc là, je passe la frontière. Au début, j'essaye de passer la frontière et on me recale, on me dit « Non, tu ne peux pas le faire, c'est indécent, c'est l'exhibitionnisme. » Et donc, j'arrive en Afrique du Sud un peu déçu, puis je raconte mon aventure à des personnes qui me disent « Mais attends, mais comment ça ? On t'a refusé que tu passes la frontière en slip alors que… » Oui, et aussi, ce que j'ai oublié de dire, c'est que j'avais conditionné ce passage à la frontière en slip à 5500 euros obtenus contre la mycovacidose. Donc en fait, j'étais obligé de le faire. j'avais promis qu'à 5500 euros contre la mycocydose je vais passer la frontière en slip et donc là je leur dis ça et tout ils me disent mais attends mais non non non tu dois le faire tu dois le faire tu dois le faire et en fait ils me ensuite on retourne à la frontière avec ce couple de sud-africains et ils vont voir la personne la responsable de la frontière et du fond cet homme doit passer la frontière en slip et c'est là que je passe la frontière en slip avec le slip fafise et puis ensuite j'arrive au cap de bonne espérance et pareil la photo en slip et puis ça a un peu marqué j'ai pu échanger après j'ai eu la chance de pouvoir échanger quelques messages avec Fav De Klerk sérieux ? c'était trop bien j'ai un peu le sens de ne pas l'avoir fait mais on devait faire un shooting photo ensemble en slip et en fait ça ne s'est pas fait parce que lui il avait une tournée en Nouvelle-Zélande parce qu'il jouait encore pour les Springboks donc l'équipe nationale de rugby sud-africaine. Et donc, en fait, on n'a pas pu faire le shooting ensemble. Mais j'ai pu lui parler. Je ne sais pas, le gars a l'air trop sympa. C'est un peu comme si tu envoies un DM à Kylian Mbappé parce que Kylian Mbappé, après la victoire de 2018, aurait été en slip bleu-blanc-rouge partout dès qu'il pouvait intervenir. Et qu'après, toi, cinq ans plus tard, tu lui envoies un message et le mec te répond parce que tu as son slip office. Donc, j'ai trouvé que le gars était exceptionnel. et j'aimerais beaucoup le rencontrer mais une prochaine fois peut-être
Loïc à refaire du coup à refaire ouais il faudrait y retourner mais j'ai envie de te dire maintenant que tu as fait Paris-Afrique du Sud et avant ça Paris-Cercle Polaire est-ce que le prochain c'est pas un lien entre tout ça, Cap Nord et Cap de Bonne Espérance
Théotime c'est à dire
Loïc de faire une ligne je sais pas si tu le connais je fais un gars qui s'appelle son compte c'est Cycling About
Théotime ah mais bien sûr
Loïc tu connais ouais et il a annoncé ça il n'y a pas très longtemps il fait il fait Cap Nord Cap de Bonne Espérance
Théotime Cape to Cape
Loïc en fait
Théotime pour le Cape to Cape en vrai j'y suis presque et en fait c'était un peu mon objectif c'est ce que je te disais c'était de relier le Grand Nord au Grand Sud et si tu veux donc je suis parti pour le cercle polaire j'avais 17 ans et j'ai été piégé j'ai été pris à court de temps pour aller toucher le Cap Nord. Donc, j'ai dû m'arrêter 400 kilomètres avant le Cap Nord. Donc, en soi, il me manque juste 400 ou 500 kilomètres pour faire le Cape to Cape. Mais clairement, c'est dans le projet. En fait, si tu veux, je ne me suis pas arrêté au Kenya. Enfin, au Kenya, je me suis retrouvé bloqué parce qu'après, c'était Soudan du Sud, Soudan ou sinon, tu vas par le Moyen-Orient, enfin, Irak, Syrie, c'était bloqué. Donc, j'ai pris un avion pour la Turquie et je m'étais carrément dit, en vrai, j'arrive à Istanbul, pourquoi pas se taper une déterre et faire un détour par le cercle polaire pour rentrer. Je me suis dit, tu te rajoutes 10 000 kilomètres, ça fait quand même 500 jours que tu es à vélo, tu es bientôt à sec, niveau Thune, vas-y, ça sera une prochaine fois. Mais donc clairement, un jour, je vais le faire.
Loïc Oui, et puis là, ce n'était pas les mêmes pays au retour. Je ne pense pas que tu aurais été à 30 euros par jour dans des coins comme la Norvège, l'Allemagne, la Pologne et les compagnies.
Théotime Et surtout en hiver, c'entente. ou t'as peut-être pas forcément
Loïc tiens d'ailleurs question pour toi parce que l'attente tu l'as lâchée à quel moment ? T'étais déjà en Afrique ou c'était dès l'Espagne ? J'étais
Théotime déjà très avancé en Afrique donc c'était en Afrique de l'Ouest mais c'est même l'Afrique australe donc c'est en dessous de l'Équateur c'était en Namibie ah oui d'accord et en fait c'est un il y a un gars que je suivais sur sur Insta et sur Youtube qui s'appelle Bike Pakistan et qui a fait une vidéo exceptionnel sur YouTube où il part de France jusqu'au Kazakhstan. Après, il voulait aller en Russie, mais il n'avait pas pu y aller parce qu'il a été bloqué à la frontière. Bref, et ce gars a traversé les plaines Kazakhs en hiver, sans tente, sous du moins 10 degrés. Et je me disais, mais attends, moi, ça me semble impossible de voyager sans tente. Et pendant tout le voyage, je réfléchissais à ça, l'abandonner, l'abandonner, l'abandonner. Puis ensuite, je me suis dit allez, vas-y, Namibie, je tente. de se faire sans l'attente. Et donc, c'est à ce moment-là que je l'abandonne. C'est vrai que c'était parfois un peu compliqué, notamment Namibie, Afrique du Sud, parce que c'est de très grandes propriétés agricoles. Donc, tu te retrouves sans rien. Et en plus de ça, c'est grillagé. Et en plus de ça, c'était durant l'hiver. Donc, tu avais des vents très puissants qui montaient jusqu'à 50-60 km heure. Donc, en fait, j'étais obligé de toquer chez les gens. mais l'avantage c'est que il y avait une énorme hospitalité en Namibie, Afrique du Sud que ça soit des africaners, donc les blancs ou des noirs sud-africains ou des indiens parce que c'est l'Afrique du Sud, on l'appelle la rainbow nation parce que tu aurais toutes les couleurs de l'arc-en-ciel qui seraient représentées et donc ça c'est un truc franchement j'étais très très agréablement surpris en Afrique du Sud par l'hospitalité parce que c'est quand même un pays où tu as un climat de peur qui règne
Loïc tu le sens, toi tu l'as senti
Théotime ah mais de fou c'est saisissant c'est le premier pays avec le sud de la Namibie où t'arrives, chaque propriété c'est du grillage, des barrières électrifiées des chiens, des trucs comme ça et tu te dis mais attends t'as l'impression qu'après avoir traversé l'Afrique t'as l'impression que chacun vit dans une prison donc c'est assez triste et puis même les gens ont très peur par exemple quand j'étais sur la côte ouest de l'Afrique du Sud, on m'avait dit, là, si tu vas sur l'Est, surtout, il n'y va pas à vélo. Même en bus, essaye de trouver un convoi parce que les gens vont te découper. Les gens vont te découper, ils vont t'arrêter et tu finiras à la machine dans une glacière. Et j'étais là, mais c'est quoi ce délire ? Et finalement, en avançant, je me disais, c'est juste, en fait, une peur qu'eux projettent parce qu'ils n'y sont jamais allés. Et donc, c'est vrai que quand tu regardes les faits divers en Afrique du Sud, c'est très macabre. Ça a énormément de violence. liées aux inégalités, aux drogues, etc. et à l'histoire. Et finalement, je n'ai jamais été témoin ou victime de cette violence-là. Mais aussi parce que je savais que c'était le pays le plus dangereux de mon voyage, clairement à l'Afrique du Sud. Et donc, la nuit, jamais je foutais un orteil dehors et je faisais toujours gaffe un peu aux trucs de sécurité de base. Et ça m'est arrivé une fois de transgresser la règle et je me suis dit mais quel débile je suis j'étais j'étais j'étais vers Porte Elisabeth et en fait je voulais faire quoi ? Je voulais faire une journée de 300 km parce que j'avais un vent méga favorable et donc je m'étais dit vas-y aujourd'hui tu te fais 300 bornes sauf que ce que j'avais pas anticipé c'est qu'il y avait beaucoup plus de dénivelé que prévu, il y avait 4000 de dénivelé le ratio est pas énorme mais chargé tu peux pas rouler à 30 km heure de moyenne et en fait je me retrouve je me retrouve à je me retrouve à 50 km de Port-Elisabeth il fait nuit il est 22h et je me dis bon bah là je dois dormir sauf que j'arrive en fait dans un dans un tank chip donc c'est un bidonville et là tu sais je vois 3 mecs qui m'interpellent qui me font tu sais souvent pour t'interpeller ça te ça te chip un peu tu vois je vais pas le faire mais des mecs ils te sifflent et je me dis putain ça sent la merde ça sent la merde et en plus les gars ils avaient une bouteille à la main je me suis dit qu'est-ce que tu fous et finalement je vois une personne qui se dirige vers une église et je l'interpelle et je lui dis est-ce que je peux dormir à l'église elle me dit mais non t'es trop con qu'est-ce que tu fous de nuit ici en tant que blanc viens dormir chez moi et en fait c'était donc une dame qui avait la cinquantaine et ensuite qui s'appelait Tabissa et Tabissa qui ensuite m'a hébergée chez elle Et de là, j'ai eu un moment, on a passé en vrai une soirée exceptionnelle où elle me racontait un peu sa vie, l'histoire de l'Afrique du Sud. Et c'est vrai que là, je me suis dit, si je n'avais pas eu cet ange gardien, peut-être que j'aurais pu avoir de plus de problèmes. Sauf que je n'ai jamais eu de problème parce que généralement, je faisais gaffe et les gens étaient très bien attentionnés par rapport aux personnes qui sont très mal intentionnées. Je pense qu'en Afrique du Sud, tu vas avoir vraiment une minorité, minorité, minorité. mais bon comme c'est d'une telle violence c'est ce que tu entends et voilà mais donc je pense pas que tu habilles à écouter ce podcast mais merci Tabissa de m'avoir accueilli ce soir-là
Loïc tu dirais qu'au fil du voyage t'arrivais à détecter un peu des signaux à lire les gens plus précisément t'as l'impression par rapport à cette notion tu vois de finalement de faire gaffe c'est intéressant ce que tu dis parce qu'il t'est rien arrivé mais d'un autre côté tu dis que voilà t'étais quand même vigilant et tu faisais pas non plus n'importe quoi à te trimballer avec ta caméra en pleine nuit au milieu des townships.
Théotime Ouais, je réfléchis. Je réfléchis. Tu le vois souvent en regard. Ça, c'est un truc déjà que j'ai appris en Afrique. Tu sais, en Afrique, en Europe, j'ai l'impression d'avoir repris, c'est marrant, c'est un peu paradoxal. Mais tu sais, on a le regard un peu fuyant. C'est-à-dire, moi, quand je vais avoir un nice contact avec quelqu'un, j'ai plutôt tendance à tourner l'œil, à ne pas regarder. Et là, justement, en Afrique, tout le monde te regarde et c'est normal en fait, c'est complètement normal que les gens se regardent et tu sais qu'un regard soit maintenu mais pendant 10 secondes et que rien ne soit dit et en fait tu le voyais finalement en prêtant attention au regard et notamment à cette manière de te regarder tu pouvais deviner si c'était de la convoitise de la curiosité juste de de la surprise de pourquoi est-ce qu'il y a un blanc et ça je pense que ça j'ai appris à le déceler et après aussi un truc en fait si tu veux que j'ai évité durant mon voyage c'est que j'ai évité tous les trucs toutes les zones où il y avait un peu du vice par exemple l'alcool c'était non j'ai fait quelques entraves mais généralement c'est quand il y avait des personnes autour de moi de confiance les lieux de prostitution les lieux où il y avait de la consommation de drogue, tout ça j'essayais vraiment de limiter et c'est là où les gens sont le plus hors de contrôle et donc où il peut se passer des dingueries, mais tu vois par exemple je te disais éviter les lieux de prostitution parfois c'était compliqué parce que quand t'es dans des pays comme là c'était souvent en Tanzanie en fait les hôtels que tu payes 5 euros 10 euros, c'est des hôtels qui sont pas prévus pour les touristes quand t'es dans la brousse, c'est des hôtels qui sont des bordels littéralement et donc quand t'as pas de tendre c'est parfois le seul endroit dans lequel tu peux dormir après là-bas je me suis jamais retrouvé vraiment plongé en insécurité et même quand t'avais des personnes qui étaient Yves c'était plus de la curiosité de bon allez vas-y viens faire la fête et arrête avec ton vélo et de pour ce qu'à ça viens te détendre et j'étais, tu sais le décalage en fait était tel, les mecs ils étaient parfois à des années lumières et puis moi j'étais tellement dans mon truc de vas-y je suis en mission contre la mycobicidose que je ne faisais pas forcément la fête à ce moment-là. Mais je pense que tu arrives à le déceler par le regard et en évitant les zones de vice ou les zones qui te sont vraiment déconseillées. Des zones de violence connues de tous. Tu as par exemple les Johannesbourg. Je n'y ai pas foutu un orteil parce qu'on m'a dit que c'était trop dangereux. Et c'est vrai que tu regardes l'Afrique du Sud, c'est là où tu as le plus d'agressions. Et comme c'est une ville extrêmement grande, tu as énormément de townships. C'est des zones à habiter. Mais globalement, les zones où tu avais le plus de violence, c'était les grandes villes et toutes les zones qui concentraient les inégalités. Et je pense que ce n'était pas tant la pauvreté qui crée les violences, c'était vraiment les inégalités. C'était avoir des très riches, des très pauvres et cette distance, cet écart. La violence est encore plus puissante quand ces inégalités se côtoient. et ça je l'ai vu dans des capitales comme à Luanda donc une ville en Angola qui vit sur le pétrole où t'as des gros t'as des gros poissons et à côté t'as des personnes qui crèvent la dalle et ça donne lieu en fait à des violences extrêmes et tu vois jamais j'ai eu cette situation tu sais un peu du cliché du mec dans la brousse qui va t'attaquer avec la machette ça en vrai ça arrive pas ou du moins je dis que ça arrive pas ça m'est pas arrivé
Loïc ça a été quoi ton expérience de bikepacker de retour en Europe après avoir passé autant de temps en Afrique, tu vois d'un point de vue culturel, l'hospitalité l'accueil, la place du cycliste, la curiosité
Théotime c'était compliqué c'était compliqué parce que faut savoir que déjà j'arrive, je prends un vol du Kenya jusqu'à Istanbul je le prends en janvier 2026 et donc j'arrive à Istanbul, il neige. Il fait moins 3 degrés. Je me dis, c'est quoi ce bazar ? C'est quoi ce bordel ? Et en plus de ça, la nuit tombe à 16h30. Et en plus de ça, je n'ai pas de tente. Je me dis, ça va être compliqué. Finalement, je suis vraiment dans un truc, tu traces, tu files, tu fonces. Après, d'Istanbul, je vais en Grèce. Grèce enfin Turquie Istanbul c'est en Turquie Turquie Grèce hospitalité exceptionnelle ensuite je vais en Macédoine du Nord là je me tape une météo mais horrible et je tombe parfois sur des personnes qui ont un peu peur de moi parce que je fais quand même un peu schlac tout trempé etc et et supplément en fait en Macédoine t'as pas énormément de routes et donc souvent t'as des routes qui sont des routes normales des grosses départementales et qui d'un coup se transforment en autoroute deux fois trois fois et donc ça m'est arrivé deux fois de me retrouver sur l'autoroute et de nuit parce que c'était 16h30 passé et avec des poids lourds qui en plus se dépassent parfois donc tu te retrouves et il n'y a pas toujours de bande d'arrêt d'urgence et là je pense que j'ai eu peut-être les plus grosses peurs bleues de mon voyage sur les routes en Macédoine et c'est la seule fois de mon voyage où j'ai appelé la police pour qu'ils viennent me chercher parce que c'était vraiment c'était trop dangereux donc ça assez compliqué et en fait le pire, le plus frustrant dans tout ça c'est que c'était, je ne pouvais pas l'anticiper je demandais à des gens, ils me disaient ouais ça passe, ça passe et sauf qu'en fait les gens ne savent pas que les vélos ne vont pas forcément sur l'autoroute donc après j'arrive en Albanie je fais 24 heures et je prends un bateau pour Paris, pour l'Italie et l'Italie l'Italie ça signe le grand retour dans un pays latin et en plus de ça un pays catholique et en tant que catholique je me présentais souvent comme comme pèlerin parce que j'estime que c'était une forme de pèlerinage et notamment tu sais c'est un truc ça c'était marrant parce qu'en Afrique on te faisait tout le monde pensait en me voyant un blanc à vélo avec en plus de ça une croix pensait que j'étais investi d'une grande mission divine
Loïc ok
Théotime tu sais que J'étais un messier, etc. Donc, tout le monde m'hébergeait d'une manière exceptionnelle. Mais j'essayais quand même toujours de ne pas gratter l'hospitalité, d'avoir toujours quelque chose à offrir en échange. Donc, parfois, j'avais toujours des objets, des souvenirs que je transportais, que je donnais pour que les gens se souviennent de mon passage ou sinon de se payer un resto ou des choses comme ça parce que ça me faisait plaisir de ne pas juste être le mec qui vient gratter un lit, mais en plus de ça, on partage un repas et en Italie tu vois pour le coup j'ai quelques j'ai beaucoup d'églises qui m'ont très bien accueilli mais aussi beaucoup d'églises et de particuliers qui avaient trop peur et en fait c'est une phrase qui m'avait marqué où en fait la plus grosse situation d'insécurité que j'ai eu en Italie c'était vers Paris mais c'était dans un dans un petit village qui s'appelait Popoli dans les montagnes vers les Abruzes et en fait il se trouve que tous les hôtels étaient complets dans ce village là parce qu'il y avait un festival et donc je vais dormir dans une station de train et là il y a un gars sous crack qui veut me raqueter donc je me dis bon là c'est c'est la merde donc il est 22h je plie le camp et je vais dans la rue pour demander l'hospitalité au bon samaritain à la personne qui passe qui est juste de passage et bon finalement il se trouve que cette personne là ne m'héberge pas mais elle me dit je suis policier donc tu sais quoi on va confronter le mec donc finalement on va confronter le gars mais le résultat est qu'à 1h du matin j'ai aucun endroit où dormir donc je demande à quelques personnes et tout mais bon une heure du matin il n'y a plus personne et donc c'est la seule fois où j'ai dû dormir dans la rue parce que j'avais pas trouvé d'endroit où dormir et donc la seule fois c'était en Italie et c'est vrai que je me suis dit mais en fait le retour est cru en fait, le retour à la société individualiste dans laquelle on vit est cru et donc je me suis dit bon vas-y le lendemain je me suis dit je vais forcer le destin et donc j'ai demandé enfin je demandais aux gens et la première réaction qu'on me dise c'était non ici les gens ne se fient pas et voulant dire que nous on t'héberge pas mais personne ne t'hébergera et finalement j'ai tellement provoqué la chance qu'au bout de la dixième ou de la cinquième demande tu sais t'essayes d'abord de lire un contact finalement ça marche mais j'ai trouvé que c'était beaucoup plus compliqué qu'en Afrique Et puis après, finalement, j'arrive en France, je me dis, attends, mais ça me ferait trop triste de retrouver mon pays, finalement, de voir que je ne suis même pas le bienvenu dans ce pays-là. Et en France, j'avais la chance d'avoir beaucoup d'amis sur la route. Et puis après, les quelques personnes auxquelles je parlais, il y a beaucoup de personnes qui me proposaient l'hospitalité, etc. Donc, j'étais finalement pas trop déçu de mon propre pays. Mais c'est vrai que c'est incomparable par rapport aux pays qui précédaient. Par exemple, les orthodoxes en Grèce étaient exceptionnels. Et puis tous les pays de manière générale en Afrique. Il n'y a pas eu de pays où je n'étais jamais le bienvenu.
Loïc C'est vraiment paradoxal, étonnant, ce sujet de l'accueil de l'hospitalité en Europe. J'ai eu une invitée qui s'appelle Émilie Poudroux. On a fait deux épisodes ensemble. La première fois, on avait parlé de sa traversée de l'Afrique sud-nord en deux fois six mois de mémoire. Et elle est revenue là en début d'année. Elle a refait une traversée sur 9000 kilomètres en un peu plus de six mois de mémoire à travers le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, etc. Et on parlait de ça, de l'accueil. et disait que pour elle, le big boss du bikepacking, c'est l'Europe. En fait, c'est ultra dur de faire du bikepacking un peu au long cours en comptant sur l'accueil des uns et des autres. C'est beaucoup plus dur de le faire en Europe qu'en Afrique en particulier.
Théotime Ah mais, je suis d'accord avec Emilia à 100%. Et c'est vrai qu'en plus, on suivait, mais de mémoire, on allait dans les directions opposées. Donc, tu sais, je voyais un peu ce qu'elle faisait sur un stage. j'ai adoré suivre son aventure et je la rejoins complètement. C'est que je trouve que en fait, le plus compliqué dans une aventure à vélo, je trouve que ce n'est pas tant les routes, ce n'est pas tant le climat, c'est vraiment de quoi est fait ton quotidien et ce qui vient briser finalement ce quotidien-là, à savoir la rencontre. Et les fois, moi, où je voyage en Europe, je trouve que psychologiquement à vélo, c'est le plus dur parce que tu es dans ta bulle et quand tu veux sortir de cette bulle-là, tu galères à en sortir parce que l'échange est plus compliqué et je me disais ça je me disais mais tu vois si j'avais dû faire 500 jours autour de l'Europe à vélo je pense que j'aurais pas pu le faire alors qu'en Afrique enfin c'était les journées s'enchaînaient de manière si fluide que ça en était très agréable
Loïc t'es remonté une fois que t'étais en France du coup c'est la Via Rona que t'as suivi ou je vois ta trace la trace un peu grosse en tout cas très zoom out parce qu'il y a la trace intégrale mais j'ai l'impression que ça correspondrait à de la Via Rona un peu ce que tu as fait non en France ?
Théotime pas tout à fait parce qu'en fait justement j'essaye de m'écarter de ces itinéraires cyclables pour plusieurs raisons c'est que généralement c'est des itinéraires qui sont très plats donc très monotones je trouve donc ça c'était la première raison deuxième raison c'est que j'avais énormément d'amis en chemin et en fait je voulais faire un tour de France des copains sur mon retour et la troisième raison c'est qu'en fait Via Rona tu as énormément de vent de vent sur la Vierrona donc c'est pas très agréable et donc j'ai fait en France mon tour de France des potes donc ça m'a pris j'y suis allé en détente de Menton jusqu'à Paris j'ai mis 21 jours donc c'était vraiment l'occasion de faire détour sur détour pour dès que j'avais un message d'un ami qui me disait vas-y viens me voir ici, j'allais le voir et c'était exceptionnel
Loïc énorme l'arrivée du coup, est-ce que tu peux nous parler de cette arrivée à Paris ?
Théotime ouais c'était déjà donc j'étais parti le 12 octobre 2024 de la place du Panthéon à Paris parce que j'avais un ami qui était lui-même parti et revenu d'un voyage à vélo de la place du Panthéon donc je trouvais que c'était une belle manière de reprendre son voyage et tu vois c'est ce que je te disais c'est que jamais j'avais pensé faire le retour à vélo et donc jamais j'avais projeté une arrivée à la place du Panthéon et cette arrivée me laisse encore sans mots j'ai eu la chance d'avoir une trentaine de personnes qui m'avaient rejoint sur la dernière journée donc on était une trentaine de vélos, je me revois devant et j'arrive au loin en montant de mémoire, c'est la rue Soufflot, donc c'était face au Panthéon et là je vois une marre de monde et j'ai vraiment l'impression qu'il y a 10 000 personnes j'ai l'impression que J'ai rempli mon stade de France. J'ai rempli mon stade de France. Et là, je me dis, c'est quoi ce délire ? Et là, je pédale. Et tu sais, j'ai la sensation d'avoir, je ne sais pas, d'être pris un peu de vertige, le cœur qui palpite, le cœur qui bat vite, un peu... D'être dans un rêve qui m'échappe. Et puis ensuite, j'arrive et des banderoles, des embrassades, embrassades et les premières personnes que je prends dans mes bras sont mes grands-parents et mes parents et puis c'est un souvenir indélébile, je suis très reconnaissant d'avoir eu autant de personnes qui soient déplacées pour me retrouver d'avoir eu autant de magnifiques banderoles et de voir moi aussi ça c'est un truc qui m'inquiétait tu pars pendant deux ans, je suis parti pendant un an et demi tu te dis est-ce que les gens se souviennent de toi ? Est-ce qu'ils t'ont pas effacé de leur mémoire ? Et en fait, voir que j'étais... On ne m'a pas oublié. C'est même que j'avais l'impression d'être attendu. Et donc, je trouvais que c'était vachement touchant. Touchant d'avoir une telle arrivée. C'était exceptionnel.
Loïc La mycoviscidose, du coup, si on résume un petit peu ce que tu as réussi à réaliser, en tout cas, la manière dont tu as fait parler de cette cause à travers ces 33 000 kilomètres et 525, tu disais, un jour de voyage. Ça a été quoi en termes de levée, de sensibilisation ? Qu'est-ce que tu dirais que tu as réussi à accomplir ?
Théotime Déjà, j'étais très fier de réussir à remobiliser une nouvelle fois des personnes qui me soutenaient sur le sujet de la mycocydose parce que c'est un sujet qui, ça fait 7 ans que je me mobilise contre la mycocydose, donc il pourrait y avoir un insoufflement. Et donc, tu vois, c'est pour ça que j'ai essayé de faire des défis, et franchement, parfois, des défis de fous. Par exemple, et je galérais à mobiliser sur ces défis. Par exemple, j'ai établi la record, la plus longue distance jamais parcourue à vélo en bas bouche dans le Sahara, avec une journée à 180 kilomètres. Et dis-toi que je l'avais conditionné à 100 euros contre la mycocydose et ça je peinais j'ai galéré à les avoir ces 100 euros alors que le défi quand même enfin moi je trouve qu'il est marrant et donc voir qu'ensuite j'ai réussi à atteindre je crois qu'on est aujourd'hui à un peu plus de 12 000 euros contre la mycocydose voir que par la suite j'ai réussi à mobiliser des personnes qui soutenaient déjà le projet mais aussi mobiliser des personnes qui n'étaient pas forcément sensibles à la cause c'est quelque chose qui me rend très fier et j'ai eu la chance d'avoir beaucoup de personnes qui sont abonnées durant le voyage et qui ont soutenu ce projet-là et des personnes qui venaient un peu de partout dans le monde. Tu as beaucoup de personnes d'Afrique du Sud et puis bien sûr, beaucoup de personnes en France. Donc ça, sur le volet financier, je suis très fier. Après, il y a aussi le volet mobilisation des personnes dont je te parlais. Et après, le dernier volet, c'était un peu la communication. J'essayais souvent de faire des sujets, de faire des carousels où je parlais un peu de la mycoviscidose. et puis pareil, durant mon retour, l'idée, ce n'était pas que de faire le tour de France des potes, mais aussi de faire le tour des CHU de France. Donc, passer par le CHU de Marseille, le CHU de Lyon, le CHU de Nice pour parler de la mycoviscidose, parler des perspectives, de l'accompagnement et puis, en fait, voir directement les actions concrètes qui étaient réalisées par Vaincre la mycoviscidose. Donc, Vaincre la mycoviscidose qui est l'association pour laquelle je levais des fonds. Donc en fait, les fonds que je levais n'allaient jamais dans ma poche. C'était directement pour une association. Et donc, voir l'action concrète de vaincre la mycobicidose, je me suis dit, en fait, c'est pour ça que je fais ça. C'est des personnes médicales qui disent, là, on a pu recruter, grâce à vaincre la mycobicidose, une nouvelle personne en activité physique adaptée, un nouveau psychologue, et donc que les personnes qui souffrent de la mycobicidose soient prise en charge, accompagnée et ça je pense que c'est la chose qui me rend le plus fier.
Loïc Excellent. Est-ce que tu as déjà un projet là en tête ? Enfin déjà avant ça, est-ce que tu dirais que tu es redescendu déjà de ce voyage, que ça y est tu es dans la phase vraiment de digestion avancée et que tu arrives à prendre du recul sur tout ce que tu as pu vivre ? C'est quand même une parenthèse de vie assez longue et intense d'un point de vue changement d'environnement, expériences différentes de notre quotidien en Europe, etc.
Théotime Je pense qu'en fait, les deux questions, la question que tu lançais et la question que tu viens de poser sont liées. Quand j'étais allé au cercle polaire, j'avais 17 ans. En vrai, je n'avais jamais vraiment fait de vélo à part quelques sorties. Et le retour, j'ai eu une redescente monumentale. C'était vraiment une dépression. mais si c'était chimique j'avais sécrété tellement d'endorphines de dopamine, de tout que le cerveau il s'était éteint et donc je reviens, je suis éteint et donc ce retour à vélo c'était aussi pour éviter la brutalité d'une aventure que je l'ai faite sur disons que je fais Paris-Afrique du Sud en 11 mois et finalement le retour je le balaye en 11 heures un coup d'avion, arrivé Roissy-Charles-de-Gaulle la violence Oui, je me suis dit, non mais ça c'est impossible. Donc, pendant tout le voyage, en fait, je pensais au retour et aux manières d'avoir un atterrissage un peu, en vrai, agréable. Et ça s'est passé par, dès l'Afrique du Sud, regarder l'étape. Donc, j'ai commencé à regarder l'étape, j'ai envoyé des candidatures. C'est d'ailleurs pour ça que j'avais acheté une chemise. Je ne mettais pas la cravate avec les lionnes, mais j'avais quand même ma chemise. Et je passais mes entretiens. Et puis ensuite, j'avais aussi une course qui était prévue en avril. c'était la désertus bicuse donc j'avais quand même une petite deadline et ça ça m'a permis d'éviter la brutalité du retour et et si tu veux je pense que tu sais c'est pas c'est pas tant l'arrivée qui est compliqué c'est les les 3-4 semaines qui suivent l'arrivée parce que quand t'arrives t'es dans une période d'euphorie et ça fait 500 jours que t'as vu personne tu revois tes proches tu prends des tu vas au bar tu te régales tu rigoles etc et puis c'est ensuite que vient la gueule de bois, tu vois. C'est après les 3-4 semaines. Et donc, en fait, j'ai pas eu cette gueule de bois liée au voyage du fait de... Déjà, du métier que je commence en juillet. Et aussi, là, je travaille sur l'après, sur comment partager cette aventure, comment transmettre cette aventure. Parce que j'estime qu'Insta, c'est un format qui est très éphémère et un format qui est très... Je sais pas si je suis pas sûr que tu es vraiment un impact sur Instagram du moins quand tu partages une aventure comme ça je ne sais pas si tu as vraiment un impact ou du moins si moi je saurais avoir un impact parce que je pense qu'il y en a qui peuvent l'avoir mais moi je ne suis pas forcément le meilleur pour toucher là-dedans et donc là je travaille sur un film et sur un livre et je pense que c'est vraiment un peu mon parachute pour atterrir doucement et pas juste sauter de l'avion et contre le sol
Loïc cette phase de Je te pose la question parce que je n'ai jamais vécu de longues aventures comme toi, mais c'est quand même quelque chose qui revient assez souvent avec les invités que je reçois sur le podcast, notamment Rémi Camus en particulier, qui est un habitué du podcast maintenant et qui en parle systématiquement. Tu vois que les aventures, les défis, tu as une phase d'avant, une phase de l'aventure elle-même et puis la phase d'après qu'on oublie trop souvent mais qui est quand même ultra importante pour soi, par rapport au message qu'on veut véhiculer, etc. Intéressant de voir qu'il y a quelque chose qui arrive. du coup tu nous tiendras au courant avec grand plaisir la Desertus t'es arrivé est-ce que c'était possible d'avoir une meilleure prépa pour la Desertus Baikus que ce que t'as fait
Théotime ouais ah ouais tu crois déjà j'étais que en zone 1 zone 2 Gatchart te dira qu'il fait que la zone 1 et zone 2 pour s'entraîner mais bon sa zone 1 et sa zone 2 ne sont pas les mêmes que les miennes et tu vois en fait je moulinais constamment et tu sais j'avançais très doucement, jamais j'ai fait de fractionner jamais j'ai fait des choses comme ça et puis au delà de ça, au retour tu sais je l'oubliais mais il y a quand même une redescente il y a quand même une redescente de je tombe malade genre le corps qui dit stop et en fait je me dis mais attends je suis complètement cramé, je suis complètement grillé pour la désertus je pensais revenir avec des cuisses de feu et avec vraiment des le meilleur chrono que je puisse enregistrer de toute ma vie et finalement je me dis je suis complètement cramé donc j'ai dû me reposer plus que m'entraîner avant la Désertus et puis après j'ai fait des choix un peu sur la Désertus j'ai pas eu de chance avec après ça fait partie des courses t'as toujours le facteur chance et j'ai eu 13 crevaisons sur la Désertus donc une course de 1300 km donc ça veut quand même dire une crevaison tous les 100 km pour des pneus que j'avais acheté sans mal pièce ça m'a foutu un peu le seum mais en plus de ça en fait je voulais faire tapis et j'ai fait tapis sauf que j'ai perdu, j'ai fait tapis en ne prenant rien pour dormir j'avais une couverture de survie et donc vraiment tu sais j'arrive sur la ligne de départ et je me dis soit je suis un génie, soit je suis le plus gros débile de cette course et je pense que j'ai la réponse notamment dans un bled en Espagne, Rodar il faisait 14 degrés, je dors sur une pelouse qui était mouillée du fait de l'arroser. Et j'avais quand même un bivibag, j'avais quand même un bivibag, mais sauf que je l'avais perdu. Donc, le bivibag est une couverture de survie renforcée et j'ai réussi à le perdre. Et donc là, je me retrouve à dormir à l'extérieur sous 14 degrés et je claque des dents, j'ai des spasmes. Je passe en vrai la pire nuit de ma vie. Et en fait, je me relève, mais c'est limite deux minutes à me relever où d'abord, je me mets un quatre pattes puis ensuite tranquillement je viens remonter les bras et puis petit à petit je me réchauffe mais t'as des mecs qui me dépassaient ils me disaient mais enfin qu'est-ce qui se passe là on tourne à 60 watts de moyenne enfin 60 watts c'est quand même t'es cramé donc j'étais complètement cramé, je suis très content d'avoir fait ça, d'avoir tenté le pari du tapis mais en tout cas je sais que je suis pas bon dans le tapis je suis pas bon au poker donc j'allais pas être bon sur le tapis à vélo
Loïc excellent Bon, écoute Théo Team, franchement un immense merci, c'était ultra intéressant, moi ça m'a clairement donné envie de partir voyager. Alors peut-être pas d'un coup sur 525 jours et 33 000 kilomètres, mais vraiment un magnifique voyage. Est-ce que toi il y a un dernier message que tu voudrais faire passer en guise de conclusion après tout ce qu'on s'est dit ?
Théotime Là c'est un peu conclure sur ce que tu viens de dire, de partir sur 525 jours. Je me souviens très bien. Je m'étais dit, bon, je pars entre 3 mois et 3 ans. Et finalement, j'ai trouvé que le plus dur dans ce voyage-là, c'était de partir. C'est prendre la décision de je me barre, prendre la décision d'avoir une direction qui est complètement différente de la direction que tu prévoyais depuis des années. Parce que, tu sais, j'avais fait des études, j'avais pas mal charbonné dans le cadre de mes études puis j'avais ensuite atteint l'emploi en vrai dont je rêvais et puis une fois ça atteint je fais que un an et je me dis vas-y je me casse et c'est vrai que c'est un peu vertigineux et le fait de partir j'ai trouvé que c'était la décision la plus dure à prendre mais une fois que tu es lancé une fois que tu es lancé juste laisse-toi porter et si tu pars pour 5 jours en bikepacking très bien puis si tu pars pour 5 ans très bien aussi donc juste tenter tenter la petite aventure peut-être faire des petits week-ends d'abord à droite à gauche et puis une fois se dire bon bah allez là je me laisse 3 mois je me laisse 2 mois voyons voir où je vais et puis se laisser porter par la rencontre par la découverte et ne pas trop se mettre la pression parce que moi-même venant de l'ultra je me disais au début peut-être faut borner faut borner pas forcément pas de destination ambitieuse pas d'état pas de réservation d'hôtel etc juste partir tranquillement comme ça et une fois que tu as pris cette décision ton élan tu ne regretteras jamais d'être parti
Loïc excellent super message merci une fois de plus Théotime s'il y en a qui veulent te suivre du coup le mieux pour le moment c'est Insta le temps qu'il y ait d'autres choses qui arrivent
Théotime exactement c'est ça c'est mon nom mon prénom Théotime.masso et je vais essayer de repartager du contenu aussi un peu sur le le voyage à vélo et notamment des trucs un peu de conseils du fait de l'expérience de 500 jours en Afrique ce que je ferais, ce que je ne referais pas et donc je pense que je vais essayer maintenant d'inspirer aussi des gens à partir, à prendre leur élan parce que moi il y a aussi beaucoup de personnes qui m'ont qui m'ont inspiré, je parlais tout à l'heure de Paul, bike Pakistan Paul Doty qui avait fait une vidéo exceptionnelle sur Youtube et je pense que maintenant si je peux essayer j'essaye d'inspirer à mon tour
Loïc trop bien génial merci beaucoup Théotime je te dis bah écoute j'espère en tout cas à bientôt pour le récit du prochain gros défi qui arrive il y en aura forcément un ou de la sortie d'un livre ou peu importe mais en tout cas c'était vraiment un grand plaisir merci beaucoup d'avoir pris le temps de venir nous partager ton parcours et cette aventure en particulier au micro
Théotime défrappé merci loïc pour ce temps d'échange c'était un plaisir et puis bah la bise à tout le monde et je vous souhaite une très bonne journée
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