Les Frappés Les Frappés
Saison 5 Bonus Vélo

21 juillet 2026

Pédaler de Annecy à Saïgon puis rentrer par le Transsibérien, avec Pierre Mornand

Durée · 1h21 · Transcription disponible

Pierre

Le récit

Enfant, il s'endormait en imaginant une seule scène : fermer la porte de chez lui et filer vers l'Est, le plus loin possible. 

Un jour, il a arrêté de rêver. Et il est parti.

Pierre Mornand a quitté Annecy à vélo pour rejoindre Saïgon. Sept mois de selle, du désert du Kazakhstan par 48 °C aux cols du Pamir à 4 600 mètres, en passant par la boue du Laos. Puis deux mois de retour par le train, d'abord en Mongolie puis à bord du Transsibérien, du lac Baïkal gelé jusqu'à Moscou.

Ce qui m'a le plus marqué en l'écoutant, ce ne sont pas les chiffres. Ce sont ses anecdotes sur les rencontres qu'il a pu faire en chemin : partout, même dans les endroits les plus rudes, on lui a offert de l'eau, à manger, un toit. 

Sa conclusion tient en une phrase : l'Homme est globalement bon, et si tu as un rêve, ose le concrétiser.

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Transcription

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Les Frappés de la Côte d'Avacier

Loïc Tu te mets en route. Et en fait, tous les problèmes trouvent une solution. Soit parce que tu les trouves toi-même, soit parce que les gens te les apportent. Et là, il faut être, encore une fois, prêt à accueillir l'aide des autres et être avenant aussi, je pense, dans ton attitude pour que les connexions se fassent. En fait, si quelque chose te fait vibrer, ose vivre ton rêve. Si tu dois vivre quelque chose, il faut y aller. Sous-titrage Société Radio-Canada suivre leur propre chemin. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Et bien c'est parti, bienvenue Pierre au micro défrappé. Je suis super content de t'accueillir sur le podcast pour parler de plein de choses, d'aventures, de voyages au long cours, de vélo, mais aussi de causes importantes et un peu plus grandes que ce avec son voyage. Donc, Pierre, merci de m'avoir contacté et bienvenue au micro des Frappés. Merci, Loïc, en tout cas, de me donner la possibilité de parler de ce grand voyage qui m'a bien fait rêver, qui me fait encore rêver. J'imagine. Pierre, tu es où là aujourd'hui ? Tu fais quoi dans la vie ? Qui est Pierre, en fait ? Alors, là, je suis en face du lac d'Annecy. J'habite à Annecy. C'est un bon spot de méditation aussi. J'habite Annecy et j'ai 46 ans. Je suis médecin pédiatre à l'hôpital d'Annecy. Je pratique pas mal de sport outdoor, mais sans être un grand sportif de l'extrême. Je fais pas mal de sport comme les gens du coin. La natation, du vélo, l'alpinisme, le ski de rando, le skating. Il y a le choix sur les temps de repos. C'est juste compliqué de savoir ce qu'on va faire quand on a du temps. Il y a trop de choix. Et puis, concernant le vélo, j'ai commencé un voyage à vélo à peu près vraiment depuis une dizaine d'années, on va dire, avec des voyages entre amis, un petit groupe d'amis à partir tous les ans, une semaine, surtout en France, parce que la France est quand même chouette, sur des voyages itinérants. et puis je me rappelais de mes premiers voyages un peu plus roots avec du matériel pas très adapté on était partis en tandem avec des copains en Italie jusqu'à Rome en partant de Livourne, non pas de France mais de Livourne à Rome avec des vieux tandems qui étaient vraiment pas en bon état des paniers en osier et un peu à la fleur au fusil donc ça c'était mon premier grand voyage qui m'a bien marqué qui est très chouette et puis voilà j'ai petit à petit pris goût à ce mode de voyage Ok et tu dirais que c'est quoi pour celles et ceux qui seraient intrigués par le voyage à vélo mais qui n'ont jamais encore l'occasion de le faire c'est quoi toi les aspects de ce mode de voyage qui t'ont séduit Ouais alors je trouve que le vélo c'est un bon compromis c'est pas trop lent comme peut être un séjour en mode randonnée c'est assez rapide mais pas trop non plus comme ça peut être le cas avec la voiture ou je ne sais quoi, la moto donc voilà, c'est au niveau de la vitesse je trouve que c'est un bon compromis et puis pour moi, dès que je monte sur un vélo j'ai vraiment cette sensation de liberté d'ailleurs, le vélo avec lequel j'ai fait mon grand voyage dont on va parler vers le Vietnam je l'ai appelé Thudo j'ai voulu donner un prénom Thudo ça veut dire la liberté en vietnamien donc il s'appelle Thudo mon vélo et vraiment quand je monte notamment sur ce vélo et puis même mes premiers vélos de voyage c'est la sensation de pouvoir aller n'importe où et puis je trouve qu'avec le vélo ce qui est extraordinaire aussi c'est ça crée du contact quand on arrive quelque part, même en France avec des sacoches notre barda, pas forcément bien rangé des vêtements qui sèchent sur les sacoches à l'arrière on s'arrête dans les villages et les gens viennent spontanément nous parler savoir d'où on vient, où on va ça intrigue un petit peu même si maintenant il y a beaucoup plus énormément de monde qui pratiquent ce genre de voyage c'est ce que je vais dire aussi pour ce voyage, c'est que ça crée des contacts, des rencontres qui sont vraiment très riches Comment l'idée est née du coup de partir de chez toi d'Annecy pour aller jusqu'à Saigon en vélo ? Oui, ça paraît un peu fou comme ça. Encore maintenant, je me dis, en fait, c'est parti. C'est un rêve que j'ai depuis que je suis enfant. Je l'ai à peu près chiffré à l'âge de 8 ans. En fait, je me souviens très bien, je m'endormais très régulièrement en imaginant. C'est entre un rêve et un... Oui, c'est pas complètement déconnecté comme un reste qui parfois ne peut pas être réel. C'est-à-dire que j'imaginais partir de chez moi, fermer la porte, vraiment cette sensation de partir de mon palier, de fermer la porte de chez moi et de commencer un grand voyage vers l'Est parce que c'est par là qu'on peut aller le plus loin en partant de chez soi. Je n'avais pas défini initialement le Vietnam, mais j'ai imaginé ce voyage initialement pas à vélo. j'avais imaginé en stop, en moto, en sidecar, en différents modes de déplacement. Quand j'étais petit, je regardais beaucoup les atlas, je rêvais en regardant les cartes du monde et d'imaginer un petit peu des voyages. Et donc, en fait, ce rêve d'enfant, il m'a animé pendant très longtemps. C'est vrai que j'ai vraiment cette idée de voyage qui revenait régulièrement. et puis elle est remontée à mon état conscient on va dire en 2023 je me souviens à peu près avril-mai 2023 où j'ai commencé à écouter pas mal de récits d'aventures, j'ai lu des livres je me suis inspiré de ces gens qui partaient en voyage aventurier ou pas aventurier et puis en fait je me suis dit pourquoi pas moi finalement je suis sportif pas professionnel mais je fais du vélo je suis plutôt en forme physique donc pourquoi pas tenter l'expérience et donc en fait le voyage est venu comme ça après à ce rêve d'enfant j'ai associé d'autres aspects à ce voyage en me disant c'est bien de faire quelque chose de réaliser ce rêve qui est très personnel mais j'aimerais avoir une ligne rouge en fait au cours de ce voyage pour que c'est encore plus de sens donc c'est là qu'est venue l'idée petit à petit de défendre une cause au cours du voyage donc j'avais choisi de défendre la cause de l'accès à l'eau potable pour les enfants parce que mon métier de pédiatre du coup je me suis dit que ça reliait aussi un petit peu la cause que je défendais par mon travail, la santé des enfants puis en pédiatrie je suis plus spécialisé en maladies infectieuses donc l'eau potable c'est le manque de potable, c'est des maladies infectieuses, encore beaucoup de mortalité, notamment chez les enfants. Donc, je me suis dit que ça avait un sens pour moi. Et donc, je suis rentré en lien avec une association qui s'appelle Christina Nobel, qui était fondée par une femme irlandaise assez incroyable, qui a commencé à œuvrer au Vietnam, à Saigon, en Nord-Vietnam, puis après en Mongolie. Je suis rentré en contact avec eux, et ce qui est assez drôle, c'est que quand j'ai pris contact avec eux en 2024, un jeune parisien rentrait de voyage à vélo, il avait défendu aussi une cause avec eux. Alors, ce n'était pas l'accès à l'Aubota, mais c'était d'autres projets, création d'écoles en Mongolie. Et du coup, j'ai pu bénéficier aussi de son expérience de voyage et de son retour avec cette association. Parce que c'est l'assaut du coup qui vous a mis en relation ? Oui, ils m'ont dit, tiens, c'est marrant, on a un jeune qui rentre de voyage en Mongolie, il est parti à vélo, ce serait sympa que vous rentriez en contact, donc j'ai pris contact avec lui, on ne s'est pas rencontrés, mais on a eu quelques échanges téléphoniques qui m'ont permis aussi de finir d'organiser mon voyage. Et l'autre projet, donc ça c'était vraiment le projet principal au-delà de mon rêve, de collecter des fonds pour cette association au cours de mon voyage, par réseau, donc famille, amis et puis après ça s'est un petit peu étendu et ça on en reparlera mais ça a bien pris ça a bien marché j'étais assez content et puis j'avais juste aussi en écoutant des podcasts eu l'idée comme moi j'ai rêvé quand j'étais enfant de partager mon aventure avec des jeunes des collégiens et donc l'idée m'est venue d'un podcast de jeunes d'Annecy qui étaient partis à vélo et qui avait fait un partenariat avec une école et qui faisait des échanges avec les enfants au cours du voyage. Et donc, il parlait un peu de la richesse de ces échanges, des rêves qu'ils ont pu faire naître chez ces jeunes. Et donc, je me suis dit, ben oui, tiens, c'est une bonne idée. Moi, je vois pas mal de jeunes en pédiatrie, d'adolescents qui n'ont pas trop de projets d'avenir avec l'environnement actuel, tout le marasme dans lequel on baigne, on va dire, sans être négatif. Et du coup, j'avais envie un peu d'insuffler le goût de l'aventure, de faire découvrir le monde aussi, les différentes cultures à des jeunes collégiens. le projet est né avec une école d'Annecy grâce à la femme d'un ami cycliste qui est directrice de l'école et on a échangé pendant tout le voyage en vieux conférences avec des jeunes qui en avaient plein les yeux. C'était vraiment génial.

Pierre Waouh !

Loïc Excellent ! Punaise, oui, donc là, c'était clairement, c'était du multi-cause tu as réussi à mener de front plusieurs sujets au-delà de juste le voyage oui alors j'avais un peu peur initialement parce qu'effectivement ces projets créaient des contraintes parce que ça veut dire qu'il faut se astreindre aussi alors à échanger moi je ne suis pas très je ne suis pas un homme de réseau donc il a fallu créer un compte Instagram poster quelques voilà quelques photos vidéos relancer la cagnotte pour la collecte en ligne et puis des visios tous les mois avec l'école, mais finalement je me suis rendu compte que dans les moments, parce que dans le voyage c'est beau sur le papier, c'est un rêve mais quand on rêve on ne pense pas à tous les aléas qui peuvent arriver au cours des voyages, heureusement sinon on ne partirait pas, et il y a eu des moments durs, des moments de doute et en fait avoir ces fils rouges ça m'a permis aussi de me, sans me mettre de contraintes, parce que je m'étais toujours laissé à liberté de me dire si jamais ça ne va pas, je rentre, voilà c'était pas un défi sportif mais en fait ces filets rouges m'ont permis souvent de me relancer et de me dire je sais pourquoi je suis là en fait, même si c'est dur déjà j'en rêve depuis longtemps et puis je défends une cause et voilà, je suis en ligne avec des jeunes qui ont plein de questions et qui sont ravis de découvrir aussi le monde et voilà donc c'était chouette de faire ça Génial, quand t'as commencé à préparer du coup ta trace est-ce qu'il y avait est-ce que pour toi le Blue Keep c'était vraiment c'était Antti Saigon ou est-ce que tu avais des étapes intermédiaires des pays par lesquels tu voulais absolument passer des régions que tu voulais visiter oui j'avais des pays qui me faisaient bien rêver bon il y avait déjà Istanbul qui je trouve une étape clé qui est une ville assez incroyable entre deux continents je me dis voilà c'est un peu un rythme de passage entre l'Europe et l'Asie bon Initialement, en fait, ma route, préparer une route avant de partir, finalement, pour ceux qui préparent un voyage, je veux dire qu'il ne faut pas y passer trop de temps parce qu'elle va changer tous les jours. Elle va changer parce qu'on va rencontrer d'autres voyageurs qui vont dire « Ah ben non, on passe plutôt par là. » Moi, j'ai vu ça, c'est super. Donc, j'avais préparé un itinéraire qui a beaucoup changé. Notamment, je voulais aller en Iran, initialement. Mon trajet initial, c'était Iran, Turkmenistan, Ouzbékistan. Et en fait, quand tu arrives en Géorgie, là tu te rends compte, tu commences à rentrer en une zone du monde qui est assez complexe, encore plus maintenant, où il faut poser un peu le pour le contre. Et ça a été un peu un tirailement pour moi, parce que l'Iran, beaucoup de voyageurs m'en ont parlé, comme un pays extrêmement beau, des gens extrêmement accueillants, très généreux, etc. et j'avais vraiment envie de voir ce pays et en fait comme beaucoup de moments dans le voyage j'ai laissé parler mon instinct j'avais commencé à faire le visa en ligne etc et puis au dernier moment je ne l'ai pas senti maintenant je me suis réveillé je me suis dit non je ne le sens pas et puis il y a l'Iran mais en fait après l'Iran il y a le Turkménistan qu'il faut traverser qui est un pays très fermé un peu la Corée du Nord d'Asie centrale où il faut payer quelques centaines de dollars pour mettre ton vélo dans une voiture et traverser le pays qui n'est pas très intéressant donc finalement et l'autre rêve que en fait dans ce voyage j'avais ce rêve de partir de chez moi et d'aller vers l'Est et j'avais d'autres rêves j'avais je sais pas pourquoi un rêve de prendre un cargo sur une mer et du coup il se trouve que sur mon chemin il y avait la mer Caspienne ouais ça tombe bien et avec des cargos très très aléatoires c'est à dire que tu sais pas quand il part tu sais pas s'il y en a donc c'est un peu la roulette russe il y a des gens qui attendaient une semaine dix jours au port en Azerbaïdjan qui n'a aucun intérêt. Mais je ne sais pas, du coup, je pense que ce côté un petit peu aléatoire aventure m'attirait aussi. j'avais cette route-là et l'autre route, sinon, c'est de passer par la Russie avec un visa de transit pour rejoindre le Kazakhstan. Mais je n'avais pas trop... Qui était possible, là, encore ? Oui, c'est encore possible. Tu prends un visa de cinq jours et puis, tu passes... Bon, ce n'est pas super intéressant, cette partie de Russie. c'est du désert et je savais que j'allais faire au moins un mois de désert après Kazakhstan, Uzbekistan et puis bon c'était peut-être pas la peine de rajouter et donc j'ai été plus attiré par l'américation le cargo c'était super et je pense que c'était en fait là aussi parfois je me dis que ce voyage était déjà organisé pour moi parce que je suis arrivé au port en Azerbaïdjan et je m'attendais à attendre au moins une semaine un bateau et je suis arrivé à minuit et on m'a dit le bateau part à 3h du matin donc j'ai dit bon Il est pour moi. Excellent. Donc, le port, c'est à Bakou ? C'est à Bakou. Alors, le petit point négatif, c'est que les frontières avec l'Azerbaljan sont fermées entre la Géorgie et l'Azerbaljan. Si tu peux passer de Géorgie à l'Azerbaljan que par avion. Donc, petite déception, j'ai dû faire un saut en avion d'une heure. Complètement ridicule. Bon, petite entorse à mon voyage à vélo. C'était la seule. en tout cas en avion. Mais pour des questions de frontières, j'ai dû faire ça. Après, l'EDI qui m'animait, c'était faire la route du Pamir, donc au Tadjikistan, route entre... Oui, qui fait la frontière Tadjikistan-Afghanistan. C'est une des plus hautes routes du monde avec des cols haute altitude. Le plus haut, il a 4 630 mètres. Et donc, cette route me faisait rêver. Donc, j'avais cet objectif-là. Et puis l'objectif final, c'était pas à Saigon, en fait, initialement.

OK.

Loïc C'était sur le papier Annecy Hanoi. Bon, même pays, mais je devais arriver à Hanoi. Et juste Hanoi, c'est parce que j'étais allé chercher, et à un moment dans ma carrière, j'étais à des rapatriements sanitaires d'enfants malades à l'étranger. Et j'étais allé chercher un enfant franco-vietnamiens à Hanoi. mais quand tu pars comme ça tu pars 24-48h donc j'étais resté sur place très peu de temps et j'avais été séduit par la ville et je m'étais toujours dit que je retournerais donc le voyage est venu à mon état conscient je me suis rappelé de ça je vais aller à Hanoi à vélo puis finalement pour des questions de route on en reparlera peut-être plus tard mais je suis allé un peu plus au sud et donc je suis arrivé à Saigon qui est complètement au sud du Vietnam excellent voilà on n'est pas encore entré dans les détails mais je suis déjà parti voyager rien que les noms évoqués la Pamir Highway je ne sais pas pourquoi je n'ai pas souvenir d'avoir lu un récit en particulier d'un aventurier qui passe un livre entier à parler de la Pamir Highway mais par contre j'ai eu beaucoup d'invités fascinés par cette route qui y sont allées et je ne sais pas si c'est né de là mais c'est un nom qui moi tout de suite c'est complètement évocateur d'exotisme, d'aventure, de vraie aventure entre guillemets. L'aventure où tu as un peu à gérer des galères, l'aventure un peu rude et spartiate. Oui, c'est une route. C'est en train d'être asphalté par les Chinois. J'allais te demander si c'était encore le cas ou si ça devient... La plus grosse partie est encore en mode terre, sable. Quand tu dis galère, il y a effectivement déjà le revêtement qui n'en est pas un en fait mais ça fait avec le vent et les 4x4 parce qu'il y a quand même pas mal de voitures qui passent en fait c'était une espèce de petite vaguelette bien dure de ce qu'on appelle la tolondulée qui est juste insupportable à vélo donc il y a quand même des grosses parties galères pour ça et puis effectivement c'est assez isolé il y a quand même des villages des quelques villes sur le chemin mais voilà il faut prévoir un petit peu son eau sa nourriture et pour l'anecdote on rigolait là ce moment là j'étais avec d'autres voyageurs c'était très sympa en fait je pensais initialement faire ce voyage sur la Tamir Highway de Dushanbe jusqu'au Kyrgyzstan seul en me disant ce sera mon moment un peu aventurier etc il se trouve que en fait les voyageurs qui font cette route se regroupent tous dans le même hôtel à Dushanbe qui est le Green Hostel là c'est assez drôle l'espèce de QG de voyageurs, notamment les gens à vélo. Et les départs sont un peu par vagues. Donc, tu vas te retrouver finalement assez rapidement à voyager avec les mêmes personnes, même si à vélo, on se réunit, on se sépare, etc. Et donc, finalement, j'ai pédalé sur cette route avec d'autres voyageurs. Et c'était pas mal au final, parce que c'est quand même assez rude, comme tu le dis physiquement, moralement par moments. Et l'alimentation, on rigolait, on s'arrêtait dans des épiceries qui étaient une espèce de cave à peine allumée dans les villages on sortait des gâteaux qui dataient de l'ex-URSS de 1980, je crois que les plus vieux c'était 1979 ah non mais vraiment sérieux ? bon là ceux-là je les ai pas mangés, ils étaient gris au lieu d'être couleur chocolat mais voilà, niveau nourriture il faut avoir l'estomac solide mais par contre c'est des paysages absolument incroyables des sommets à 5000-7000 autour de toi c'est complètement dingue donc une fois que trace initiale Annecy-Hanoï tu disais, sur le papier ça représentait quelle distance est-ce que tu es arrivé déjà à peu près à estimer combien de temps il te faudrait pour ça alors la distance Annecy-Hanoï je ne sais plus exactement peut-être que c'était dans les 15 000 16 000 quelque chose comme ça et le temps en fait j'avais au niveau du timing initialement je m'étais dit que j'arriverais à ma destination finale à peu près pour les fêtes de fin d'année fin 2024 fin 2024 tout à fait parce que j'ai des amis qui avaient émis le rêve le souhait de me dire tiens on te retrouvera à Hanoï pour passer Noël bon je trouve que ça ne s'est pas fait mais finalement heureusement parce que je ne suis pas arrivé à Hanoï. Et j'avais cette contrainte. Alors, tu parlais aussi de... Enfin, peut-être de contraintes de distinguer, etc. J'avais en tête quand même de passer la Pamiragoua, justement, avec ses cols à 4600 mètres avant le début de l'hiver. Et en fait, l'hiver, dans l'Asie centrale, peut commencer assez tôt, c'est-à-dire début septembre, commencer à avoir de la neige. Et d'ailleurs, j'avais cette contrainte en disant faut pas que j'arrive trop tard sur la route du Pamir parce que j'avais pas non plus 40 000 tonnes d'affaires et d'ailleurs pour l'anecdote j'avais préparé un sac avec mes avers chaudes collants, bonnets, gants et en fait j'ai perdu ce sac après je pense en Géorgie j'ai perdu pas mal de trucs sur mon voyage et donc j'avais pas grand chose et voilà donc j'avais cette contrainte là et il se trouve que quand j'ai fini la Pamir Highway en Kyrgyzstan le dernier jour au Kyrgyzstan en fait effectivement les températures ont chuté mais drastiquement on a eu une espèce de pluie pluie-neige et le lendemain moi j'étais passé en Chine j'ai des amis qui étaient encore au Kyrgyzstan qui m'envoyaient des photos c'était recouvert de neige donc finalement j'ai pas mal géré le timing et donc voilà j'avais prévu d'arriver finalement je suis arrivé à Saigon fin novembre ce qui m'a permis ensuite la deuxième partie du voyage qui s'est faite en train, bus pour revenir après je suis remonté tout le Vietnam en Chine, Mongolie, etc. Oui parce que là on a parlé de vélo mais tu as un truc qui moi clairement me fascine aussi d'ailleurs j'ai relu les aventures de Michel Strogoff il n'y a pas très longtemps tu t'es fait un retour par le transsibérien incroyable déjà c'était parce qu'il me semble qu'il y a la ligne directe la ligne intégrale pardon est extrêmement longue mais tu peux tu peux grimper en chemin et je crois qu'il passe à Erkut tu as moyen de faire des sections toi tu as fait quoi du coup ? ouais du coup c'était un autre rêve dans le rêve je ne t'avais pas tout dit dans mes rêves mais les autres rêves donc sur le retour c'était de voir le lac Baïkal en hiver je ne sais pas pourquoi c'est des rêves d'enfant mais ce lac le plus grand lac du monde qui fait 700 km de long avec 1,6 km de profondeur par endroit c'était quelque chose qui m'a fait complètement rêver notamment par Sylvain Tesson qui avait passé plusieurs mois dans une cabane en mode ermite avec ses ours et sa vodka dans les forêts de Sibérie c'est un lac qui me faisait rêver et prendre ce train transsibérien effectivement le transsibérien si tu fais l'intégrale je crois que c'est 8 ou 9 jours de Vladivostok donc à l'extrême est jusqu'à Moscou mais en fait les Transsibériens en a plusieurs par jour c'est vraiment un moyen de déplacement pour les Russes mais aussi les Chinois qui traversent leur pays pour les ouvriers, pour les militaires c'est assez cosmopolite dans ce train c'est pas un train touristique il l'est surtout avant la guerre il l'était l'été, des touristes qui viennent faire des parties trans-sibériens, mais il est utilisé par les locaux. Et en fait, tu montes dans le train un peu quand tu veux. Tu en as plein. Donc, tu peux monter, descendre, t'arrêter un jour, deux jours, repartir avec un autre train qui a des standings différents. On m'y a regardé parce qu'il y en a qui sont assez rudimentaires. Et le mien était plutôt pas mal. Une petite salle de bain dans le wagon, etc. C'était la classe populaire, mais qui était franchement suffisante. et c'est extraordinaire moi j'ai des prix de Irkousk à Moscou donc ça doit être quoi les trois quarts de la ligne en fait ouais c'est la moitié en fait c'est 4 jours 4 nuits ok ouais mais super expérience et même si les gens parfois se disent mais ça doit être un peu monotone bon moi comme c'était un rêve je pense que j'ai vraiment kiffé ce moment j'ai beaucoup aimé je pense que j'ai appris à aimer les longs déplacements sur ce voyage et donc à regarder les paysages le Sibérie tout blanc à parler avec les locaux parce que les gens sont extrêmement sympas contrairement aux trains chinois j'ai eu pas mal de contacts dans le wagon à manger des envies, à boire le café le matin voir du vieux cognac avec des militaires à la tête un peu bizarre ça c'était un moment un peu survie je me suis dit que c'était le moyen des militaires qui je pense n'avaient pas vu que des trucs super dans leur vie m'y met des des attaques au fusil et je crois qu'ils étaient à moitié bourrés à 9h du mat ah ouais donc ouais on voit un peu de tout mais des gens hyper sympas qui viennent d'Ouzbékistan de tous les pays de l'ex-URSS en fait donc en fait le temps passe super vite et il y a quelque chose que j'ai beaucoup apprécié pendant ce voyage c'était d'écrire donc j'ai beaucoup écrit et ces moments de trajet ça m'a permis de faire mon journal de bord qui est revenu avec 7 carnets. Ah oui, tu as bien écrit. Oui. Avec un objectif de publication derrière ? Écoute, je ne sais pas ce que j'en ferais. J'avais un journal de bord en ligne, sur Polar Step, et puis des carnets malécrits. Effectivement, j'aimerais bien... Mon idée serait faire une BD de voyage, par exemple j'ai pas mal rêvé aussi étant jeune avec des récits de voyage en forme de BD qui associent des photos et du texte donc puis le réaliser c'est toucher les jeunes donc je me dis que ça pourrait être dans la continuité de mes projets mais bon je ne suis pas graphiste je ne suis pas dessinateur donc ça se trouve ça ça se trouve le projet va mûrir si tu as déjà le diamant brut après pour le tailler ça se trouve c'est ça ultra intéressant c'est intéressant ce que tu partageais sur le fait que finalement c'est vraiment un outil de transport plus qu'une attraction touristique ça m'a rappelé en fait un épisode de podcast alors tu disais que tu as écouté beaucoup de podcasts je sais pas si celui-là te parlera et je cherche là depuis tout à l'heure mais j'arrive pas à le retrouver un épisode de podcast français d'une jeune femme qui était partie avec sa grand-mère ah oui je l'ai écouté ça te parle ? alors je sais plus c'est bon désolé pour le créateur du podcast je ne sais plus où est-ce que j'ai entendu ça mais c'était génial je l'ai écouté il n'y a pas très longtemps figure-toi et c'est vrai qu'elle partageait ça finalement qu'elle voyait des scènes de vie c'est vraiment un train pour les russes plus qu'une attraction pour les touristes après moi c'était un peu spécial c'était la période de guerre donc autant dire qu'il n'y a pas de touristes mais il y a sur les réseaux de voyageurs je ne suis pas le seul à prendre le transsibérien et en fait ils roulent en Russie à part le passage de la frontière qui était un peu chaud un peu sportif, j'ai eu un interrogatoire musclé pendant deux bonnes heures avec des militaires russes blafards, pas très sympas qui m'ont bien intimidé l'accueil en Russie il était incroyable j'ai vraiment rencontré des locaux qui étaient très heureux de revoir des Européens qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps, ils aiment beaucoup la France et du coup même certains à parler français et sur le lac Baïkal j'ai été accueilli par un couple Sergei et Anastasia qui m'ont fait vivre encore un rêve pendant trois jours sur ce lac ils parlaient français j'étais hyper heureux on a bu du bain rouge ensemble dans les fromages j'étais à moitié en France à moitié en Russie et donc la Russie j'ai pas senti du tout cette insécurité cette surveillance que j'ai pu sentir en Chine c'était vraiment présent partout et en Chine parce que t'es passé par où en Chine du coup je suis arrivé en Chine par le Kyrgyzstan donc au nord ouest par la zone des Ouïghours oui c'est ça que j'avais te demandé j'imagine que là la surveillance ça devait être intense partout en fait il n'y avait pas que là, alors là effectivement c'était un peu c'était un peu n'importe quoi déjà ce qui était drôle c'est que j'arrive du Kyrgyzstan donc j'avais traversé quand même pas mal de pays on va dire sous-développés enfin très un peu tout développé tu te dis t'arrives en Chine la première puissance du monde ou la première exoco tout est super moderne on arrive à la frontière chinoise tout était en panne côté chinois plus d'électronique donc on a dû attendre 3h à la frontière que les chinois relancent leur système électronique pour qu'on passe et ensuite on te met dans un bus parce qu'il ne faut pas que tu vois ce qui se passe dans des camps un peu bizarres donc tu peux avoir à te rôler pendant 3 km alors que tu as roulé avant, très bizarre et puis la Chine en général moi je suis arrivé par le nord-ouest et ensuite comme j'avais un visa que d'un mois pour la Chine sachant que j'avais quand même 7000 km à faire pour rejoindre la hausse au sud je ne pouvais pas pédaler 7000 km en un mois donc j'ai pris un train de Cashgar la capitale de Xinjiang jusque dans le Sichuan vers Pondiwa, Koonming et ensuite j'ai repris le vélo donc mais bon c'est parlait de la surveillance chinoise, c'est déjà dans le train c'est des wagons comme le Transsibarien c'est des couchettes ouvertes sur le couloir et la police passe régulièrement te prendre en photo pendant que tu dors pendant que tu manges demander ton passeport, ça c'était que pour moi c'était le seul étranger vérifier tes papiers X fois ça a duré 3 jours, 3 nuits et après dans les hôtels parce que j'avais pas trop le droit de camper en Genis c'est un peu compliqué, t'as des caméras vraiment partout sur la route il y a des caméras vraiment tous les 100 mètres donc j'allais dans des hôtels et une fois à l'hôtel j'ai vu arriver 3 flics à 21h dans ma chambre pour savoir ce que je faisais là, où j'allais, qui j'étais à éplucher mon téléphone enfin voilà C'est vraiment spécial. Un peu en phyogène. Oui, un peu. D'ailleurs, quand même de voyageurs que j'ai croisés qui soit n'allaient pas en Chine, soit rebroussaient chemin parce qu'ils trouvaient ça un peu lourd. Oui, je comprends. OK. Et du coup, au retour, quand tu as voulu rejoindre Irkutsk pour le transsibérien, tu as repris un train du Vietnam jusqu'à la Mongolie ? alors oui du coup je suis reparti d'Hanoï après je suis resté pas mal de temps au Vietnam un mois et demi pour bien visiter du sud au nord les montagnes, j'ai fait un peu de moto je vais faire un petit peu de moto dans les montagnes vietnamiennes, c'est sympa puis après j'ai pris un, bon ça a été en plusieurs morceaux mais je suis monté à Pékin en bus puis train donc bon j'avais pas trop aimé la Chine mais je suis quand même retourné en me disant j'ai eu une mauvaise des mauvaises impressions la première fois mais je vais quand même voir si côté Pékin grande ville c'est pas différent effectivement déjà Pékin c'était plus sympa c'est une ville internationale les chinois sont un peu plus ouverts mais pareil il y a de la surveillance partout mais bon j'ai pu aller sur la muraille de Chine c'était super et ensuite deux trains pour rejoindre la Mongolie même trois et là j'étais en Mongolie dans un train mais c'est le plus beau train que j'ai eu sur tout le voyage c'était un train tout en bois à l'intérieur avec des samovars tu sais c'est des réservoirs d'eau chaude pour que les gens puissent se faire du thé des nouilles etc dans les wagons tu as ça c'est un samovar qui s'est chauffé au feu de bois donc il y avait l'odeur dans ce train ça craquait partout je pense qu'il était 35 degrés super chaud et en l'été on a traversé toute la Mongolie en plein hiver ils étaient moins 35 dehors et 35 à l'intérieur c'était vraiment incroyable t'es en t-shirt short et dehors il fait moins 35, c'était complètement lunaire et donc après à Oulambator j'ai pris un bus pour rejoindre la Russie jusqu'à Oulamboudé qui est une ville au bord du Laïbaïkal où là j'ai repris un morceau de transsibarien pour la Yarkousk ah oui d'accord, décousu et le passage de la frontière tu disais un peu musclé c'est un peu le seul moment du voyage ou tu as eu une expérience comme ça, humaine, pas fabuleuse ? Il y en a eu deux, mais là, entre voyageurs, on échange pas mal d'informations, ça c'est vrai que c'est chouette, les réseaux, bon, c'est chouette, en même temps, il y a beaucoup de messages filtrés, mais on m'avait dit, attention, quand vous arrivez en Russie, du coup, du fait du conflit avec l'Ukraine, ils sont un peu dissuasifs envers les Européens, donc des questions qui peuvent être très politiques, que pensez-vous de la guerre, est-ce que la Crimée est russe, et puis ils screenent toutes tes photos, ton Facebook, ton Instagram pour voir s'il n'y a pas de si tu n'intéresses pas à des sujets qui ne leur plaisent pas donc moi en Mongolie j'avais pris le temps de bien nettoyer mon téléphone parce que je le savais et finalement je suis arrivé à la frontière tout le monde est passé très vite, c'est les russes les mongols ils sont passés comme ça puis moi on m'a fait signe Coco vient dans un bureau et puis là ça a duré à deux heures avec quatre militaires, une traductrice qui me parlait en anglais et un gars qui est touché à mon téléphone mais à une vitesse incroyable. Je pense qu'ils sont vraiment bien affusés pour ça et puis à me poser des questions sur mon travail. Alors moi, j'ai un passé un peu dans l'armée en plus, donc j'ai un peu peur. Ah ouais ? Ouais, j'étais médecin militaire dans une autre vie et il se trouve que avant de partir dans un voyage, j'ai fait une mission sur un bateau militaire français vers Gaza pour aller soigner des Gazaouis après l'attaque enfin le début de la guerre avec l'Israël et c'était assez récent il y a eu pas mal enfin il y a eu des articles dans les médias etc et donc le gars il me prend ça te poser des questions et il me dit et puis là il tombe sur un profil d'un ami sur Facebook qui avait laissé le drapeau ukrainien tu sais sur son profil en mode je défends l'Ukraine donc là il est devenu dingue et il me dit c'est qui ce qui est machin et toi t'as un lien avec l'armée t'as fait l'armée je dis bah non non jamais donc j'allais vraiment mentir et puis là ils sont partis tous les quatre je dis bon s'ils vont chercher sur internet je suis mal et en fait ils sont revenus au bout d'une heure donc tout ça ça a duré longtemps et puis c'est pesant et ils me font sortir des locaux un pas militaire et là ils me tapent dans le dos ils se retombent vers moi avec un grand sourire tout va bien bienvenue chez nous bon voyage en Russie j'étais là mais c'est trop bizarre ce changement de comportement après on m'a expliqué qu'en fait ils avaient aussi des consignes de dissuasion probablement des caméras où on regarde un peu ce qu'ils font mais en fait en dehors des locaux où il n'était plus sous les caméras bon je ne sais pas si c'est ça mais en tout cas il a changé de comportement il était hyper gentil moi ça n'a pas été un super moment j'imagine mais le bus m'attendait j'avais peur que le bus reparte sans moi et en bus bah là les russes hyper gentils sont venus nos frères à manger c'était compliqué on descendait du bus pour m'acheter à manger enfin c'était ça a été franchement ouais ouais ouais ok ah punaise bah il y a eu une autre frontière où j'étais bon là ça peut durer longtemps mais entre Kazakhstan et Uzbékistan où je pense qu'ils voulaient petit bacchiche puisque le douanier, enfin le militaire, a décrété que mon passeport était faux. On se retrouvait, manu militari, dans un bureau avec des militaires armés. Je comprenais rien à rien. Je dis, bon, lâchez prise, j'attends que ça passe. Sauf que j'avais laissé mon vélo pas attaché dehors avec mon portable. Je dis, bon, on verra. Dans le voyage, il y a des trucs que tu ne contrôles pas. Et puis, je suis reparti sans rien. sans rien payer, avec des sourires, et voilà. C'est intéressant ce que tu dis sur cette capacité à lâcher prise. Ça, c'est quelque chose que tu avais déjà avant ou que tu as développé dans le voyage ? Je pense que je ne l'avais pas trop avant, plutôt en mode de contrôle, on va dire, prévoyant, effectivement. Et dans le voyage, je m'ai clairement appris plein de choses et à vivre l'instant tel qu'il est, à profiter de l'instant et puis tu ne veux pas savoir ce qui va se passer même dans l'heure qui suit. Bon, tu vas me dire, mon quotidien, ça ne peut être le cas, mais on a quand même tous une routine qui se crée dans nos métiers, quels qu'ils soient, même si le bien, ce n'est pas trop la routine, ça change tout le temps, mais voilà, on a la vie quotidienne qui nous prend. Là, tu te lèves, tu te dis, bon ben, en fait, je ne sais pas ce qui va se passer et qui je vais rencontrer, quelle galère je vais avoir, peut-être que ma route va changer. Donc oui, j'ai clairement appris ça. je me suis laissé porter par mon instinct par les rencontres qui m'ont nourri clairement tout le temps enfin voilà globalement moi j'ai eu de la chance que j'ai pas eu d'insécurité à part ces moments frontières mais j'ai jamais été agressé j'ai jamais ressenti le danger de la part de l'homme en dehors des automobilistes qui je pense ne connaissent pas les cyclistes dans la plupart des pays donc ça c'était un effrayeur mais j'ai jamais été agressé j'ai jamais fait un... voilà donc ça c'était vraiment ce que je voulais aussi voir de mes yeux et partager avec les jeunes avec qui j'étais en lien c'était que on a de plus en plus peur de l'autre on craint d'aller vers l'autre pour généraliser, c'est pas le cas de tout le monde mais je trouve qu'on a cette tendance à se refermer un peu sur soi et en fait quand tu... déjà quand toi tu as une attitude qui fait que la personne va se mettre en contact avec toi j'ai découvert ça c'est à dire que si t'es pas souriant fermé la tête baissée forcément les gens vont pas forcément venir te voir et si sur l'air de la tête tu souris tu fais un petit geste de la main bah là en général les contacts ils se font et combien de fois on est venu me porter de l'eau fraîche dans le désert me donner de la nourriture me déposer une pastèque sur mon vélo en Ouzbékistan la pastèque je voulais pas la prendre mais les gens hyper généreux en Turquie c'était incroyable donc pour venir au lâcher prise je pense que un voyage comme ça c'est clairement initiatique et tu découvres les bienfaits de ce lâcher prise ça va pas être évident du coup le retour à notre réalité tu vois après 7 mois au final c'est ça ? 7 mois de vélo et 2 mois de retour 9 mois oui c'est vrai que ça fait poser des questions après je me remercie d'être rentré en train justement pour avoir ce retour progressif à la vie normale entre guillemets le sas exactement il y a des moments où j'étais un peu découragé fatigué notamment au Vietnam période de fin d'année pourquoi je suis là seul loin de la famille, il y avait de la neige, du soleil à Annecy, les gens voyaient des photos de ski de rando, je disais, qu'est-ce que je fais là ? Manger des nems ? Et en plus, j'étais malade, comme un chien, et à un moment, je me disais, il y a des flashs, je me disais, en fait, je peux prendre un avion, et demain, je suis en 7h, je suis à Genève, et en fait, clairement, rapidement, je me disais, mais non, fais pas ça, tu vas péter un cap, quoi. Et tout ça pour dire que le retour progressif en train, bon déjà j'ai vécu des super rêves dans ce voyage en train et puis j'ai eu le temps de me dire bon ok là dans tant de semaines je suis en France ok va falloir reprendre le boulot boulot que j'aime beaucoup mais voilà il faut quand même s'y remettre et du coup ça s'est fait vraiment assez naturellement bon je te dis pas que ça a été simple mais j'imagine il y a eu 2-3 mois tu vois au fait tu reprends ta vie et là tu dis bon ok c'est quoi la suite comment concilier c'est un peu ma question actuellement c'est comment arriver à concilier ce goût de l'aventure d'autres voyages éventuellement ce que le rêve fait naître d'autres rêves et puis ce travail que j'ai envie de poursuivre parce que c'est un super beau travail il a du sens et j'ai pas arrêté mais comment arriver à associer les deux il faudra que je te mette en relation je sais pas si t'as écouté ces épisodes mais j'ai reçu une médecin qui comment on la qualifie une médecin de l'extrême en tout cas une médecin qui a la bougeotte c'est sûr je l'ai écouté Claire ultra intéressant et j'en ai rencontré une autre Inès sur une course à étapes au Maroc qui vit à Tahiti qui fait des rapatriements sanitaires principalement mais qui aussi tu vois sur des courses volontaires sur plein de courses un peu partout dans le monde écoute ça faudrait peut-être nous donner des idées voilà mais Claire oui c'est elle qui travaille en Suisse d'ailleurs je crois alors j'ai elle avait alors peut-être Claire ah non tu as dû écouter un épisode avec quelqu'un qui a fait la patrouille des glaciers c'est ça non ? je ne sais plus Claire ça date d'il y a un moment mais elle nous parlait de ses missions dans l'Antarctique ah oui médecin des convois qui se rendait jusqu'à Dumont-Durville tu vois tu me fais rêver aussi c'est incroyable elle nous expliquait toutes les contraintes déjà elle a mis je crois deux semaines avant de pouvoir prendre le départ de l'expédition parce que c'est je sais plus combien d'avions, des bateaux assez incroyable et avant ça elle avait fait des missions sur des plateformes pétrolières avant ça dans la jungle en Amazonie assez hallucinante après moi je suis pédiatre donc c'est un peu plus limite je suis moins polyvalent qu'un médecin généraliste surgentiste mais il y a moyen de concilier tout ça est-ce que du coup le fait d'avoir mis par écrit ces 7-9 mois de voyage dans 7 carnets différents, est-ce que ça a contribué tu dirais à adoucir on va dire ce retour à la réalité oui c'est une bonne question, alors effectivement ce qui m'a beaucoup aidé, alors déjà effectivement de relire mes récits là maintenant je rêvais de partir en voyage quand j'étais petit maintenant quand je m'endors je re-rêve de mon voyage par période et en fait je pense que le fait d'avoir écrit a ancré vraiment en moi des souvenirs très précis c'est à dire que je revis des journées mais peut-être à l'heure près de ce qui s'est passé et c'est marrant parce que quand j'ai un blocage ça m'arrive de me relever et d'aller chercher dans mes carnets pour tu sais me dire ah tiens voilà donc donc oui ça a clairement adouci bon les carnets sont sur mon bureau pour l'instant et voilà faut que je me mette peut-être à en faire quelque chose mais et puis pendant le voyage en fait ça a rythmé mon voyage c'est-à-dire que en fait moi je suis pas du tout un écrivain à la base et ce qui est drôle c'est quand on fait ses voyages on fait ses voyages à vélo entre amis là dans le groupe on a une amie Agnès qui à chaque début de voyage me dit bah allez qui fait le journal de bord, tel jour c'est un peu pas une contrainte j'ai dit ah c'est bon j'ai plutôt envie de voir une bière le soir que d'écrire mais on faisait ces carnets et en fait au début du voyage j'ai pensé à elle, je dis bon en fait on m'a offert un carnet où chaque personne de ma famille et d'amis avait mis une petite phrase sur les pages que je découvre au fur et à mesure et je me suis mis à écrire et en fait en roulant t'as quand même du temps les phrases se constituait dans ma tête de ce que j'allais écrire et elle s'associait, j'ai beaucoup aimé faire de la photo, elle s'associait à ce que je voyais et aux photos que je faisais. Et en fait, le soir, ça coulait de source, j'écrivais tout ce que j'avais dans la tête qui s'était mis bout à bout. Donc en fait, c'était un plaisir. Et les moments où je n'étais pas tout seul, où je roulais avec des gens, c'est arrivé que je roule avec des gens pendant 7 à 10 jours. Sinon, ce temps seul pour écrire, ça me manquait parce que c'était devenu un peu une drogue et je pense que ça m'a ça aidait aussi à poser mes émotions tu vois, les moments où j'étais fatigué, où j'étais un peu dans le doute j'écrivais que ça allait pas et en fait j'ai découvert que le fait d'écrire ça déjà, ça allait mieux ça répond à une autre question que j'avais que j'allais avoir pour toi en partie je pense, mais j'allais te demander mais surtout pour les sections où tu as roulé seul, à quoi tu penses pendant tant de temps ? J'imagine qu'il y a énormément d'observations de ce qui se passe autour de toi, d'émerveillements face au paysage, d'étonnement face aux rencontres, mais à quoi tu penses quand même en dehors de ça ? Il y a effectivement l'émerveillement, rester alerte à tout ce que tu peux voir, aux gens qui te font des signes, etc. Ça dépend vraiment des endroits et des pays. tu vois, je pense qu'en Turquie où les gens viennent te chercher sur la route pour aller manger chez eux. Il y a des jours où j'ai mangé trois, quatre fois toutes les deux heures parce que c'était quand même incroyable. Donc là, tu peux, là, tu es vraiment immergé dans l'accueil local et tu n'as pas envie d'en perdre une miette finalement parce que parce que c'est génial et que c'est ça que tu cherches quand tu vas voyager. Moi, c'était clairement ça, c'était rencontrer des gens et partager des moments avec eux. Et donc, ils venaient vraiment t'arrêter sur la roue. Non, mais c'était dingue. Je me souviens d'une famille qui était... Là, j'étais avec un Allemand en ce moment-là, Félix. On a roulé une semaine ensemble. Et c'est la journée où on a mangé quatre fois. Je pense que toutes les deux heures, on mangeait. Et quand tu manges là-bas, c'est pas trois cacahuètes et un verre de thé. C'est-à-dire que cette famille, ils étaient en train de partir de chez eux. Les enfants dans la voiture, machin. Et là, ils nous font des grands signes. Au début, tu disais, on n'y va pas, on n'y va. Donc, ils font sortir toute la famille de la voiture et là, hop, ils sortent le banquet, quoi. Donc, les femmes, c'est très cloisonné. Les femmes à la cuisine, les hommes dehors. Donc, les femmes, peut-être en cuisine, elles te sortent des... Je ne sais pas comment les gens peuvent avoir autant de nourriture chez eux en stock. Je pense que moi, je me dis, si quelqu'un arrive chez moi à l'improviste, il aura des spaghettis au mieux de la sauce bolognienne. Mais eux, c'est des plats de viande, des salades, etc. Et pendant ce temps, le grand-père nous massait les jambes avec de la crème parce qu'il avait vu qu'on avait des coups de soleil, qu'on avait les gens un peu abîmés. Après, il y avait un salle sur des canapés pour faire la sieste et puis dors chez nous ce soir parce qu'il n'y a pas de raison. En fait, moi, je les ai questionnés sur les Turcs, mais pourquoi ? C'est quand même étonnant pour nous, cet accueil. Et en fait, certains m'ont dit, nous, les étrangers qu'on voit sur notre route, ils sont envoyés par Dieu. C'est un honneur de vous avoir et on doit vous accueillir. on doit vous soigner tu vois c'est une espèce de parabole quoi évangélique c'est quand même incroyable et c'est limite gênant mais en fait en fait eux c'est c'est leur façon de faire voilà on s'arrêtait beaucoup dans les mosquées aussi parce que les mosquées c'était plutôt question pratique c'est que t'as de l'eau t'as un peu de frais t'as souvent des salles en fait ils t'autorisent à te mettre au frais pour faire la sieste voilà t'obliges pas à prier et Et une fois dans une mosquée, on s'est fait inviter à un enterrement. Il y avait une famille qui faisait à l'anniversaire, ce qu'ils font des fêtes à la distance de l'enterrement, à une semaine, un mois, un an. Donc là, c'était la fête à un mois. On a été aux premières loges avec la famille qui nous a nourris. Et c'est complètement naturel, quoi. C'est vrai que pour nous, Français et ou Occidentaux, ce n'est pas le schéma par défaut auquel on est habitué. non du coup ça j'ai appris aussi pendant le voyage j'essaie de le garder un petit peu d'être plus aussi attentionné sur mon trajet je vois des gens pas mal de gens qui voyagent je vais voir Arretaud bord de la route j'essaie d'aller les voir je ne le fais pas tous les jours mais c'est vrai que là-bas la Turquie c'est complètement incroyable mais après quand tu roules tu penses à c'est très variable, soit tu écoutes des podcasts beaucoup, des livres audio tu peux rêver de choses qui paraissent complètement banales je me souviens notamment à traverser les déserts Kazakhstan, Ouzbékistan là ça t'est vraiment rude tu sais t'as 400 km de roue droite il fait 48 degrés t'es brassé dans des tourbillons de sable t'en manges, t'en respires etc j'ai passé des heures à regarder tu sais juste mon guidon et le premier mètre de goudron pendant des heures et là tu te retrouves à rêver moi je rêvais de mon travail de la climatisation de mon fauteuil à roulettes dans mon bureau avec un café à la main tu as des trucs très débiles parce qu'en fait t'es dans le dur quoi et maintenant que t'es assis sur le fauteuil à roulettes est-ce que tu repenses avec envie au désert et aux tempêtes de sable ça va être trop rêvé le fauteuil à roulettes en fait je préfère mon vélo mais ils vont repartir un an tout de suite c'est compliqué non mais voilà en fait ce qui est assez incroyable c'est cet ascenseur émotionnel que tu vis quasiment tous les jours c'est à dire que tu peux passer d'un moment d'extase d'émerveillement de joie devant un paysage une personne qui va te faire un sourire juste un sourire ou t'offrir quelque chose et des moments où tu descends assez bas tu te dis mais en fait mais qu'est-ce que je fais là c'est quoi ce bazar je suis dans la boue au Laos je suis passé après un typhon au nord Laos j'avais de la boue jusqu'au genou mon vélo qui avançait plus j'ai perdu mes sandales dans la boue c'est quoi le sens de tout ça rapidement le rêve revient les projets avec l'association etc mais voilà c'est un sens émotionnel qui est assez incroyable à vivre et puis ce que j'ai appris et ce que j'ai ressenti pendant ce voyage aussi, c'est que j'ai retrouvé ma capacité à m'émerveiller et à m'interroger comme si j'étais redevenu un peu enfant. Tu vois, tu imagines un enfant qui découvre le monde autour de lui et qui demande c'est quoi ça, c'est quoi ça, pourquoi, etc. et qui va être heureux avec pas grand-chose. En fait, c'était moi pendant un an de voyage, en dehors des moments difficiles, et j'étais, je pense que j'avais le smile globalement la plupart du temps et avide de comprendre ce que je voyais, que ce soit les cultures, les gens, comment ils vivaient, donc je me posais plein de questions et ça c'était un truc complètement incroyable. Comment t'arrivais à partager ça avec les collégiens qui te filaient parce que c'est quand même moi j'adore échanger avec des gens qui font des choses comme toi, de l'aventure enfin globalement tous les invités du podcast mais c'est vrai que j'ai une petite appétence quand même pour les aventuriers et les aventurières mais inversement, paradoxalement je pense que c'est compliqué d'arriver à intellectuellement je comprends ce que tu expliques sur le lâcher prise etc mais quand tu n'as pas fait 7 mois 9 mois dans cette espèce de bulle où ta routine devient le voyage et plus ton boulot je pense que c'est compliqué d'imaginer de vraiment ressentir ce que ça peut faire comment tu leur expliquais ça à ces collégiens d'Annecy avec qui t'échangeais régulièrement ouais on fait des visios tous les mois et écoute je pense que je parlais vraiment objectivement de ce que je vivais avec des anecdotes aussi pour et puis je je leur parlais de ce côté merveillement, joie etc mais aussi des difficultés parce que ça j'avais été inspiré aussi par des livres et des podcasts certains podcasts t'écoutes des gens ils te racontent un voyage t'as l'impression que ça a été extraordinaire tout le temps tu dis c'est un peu bizarre quand même parce que voilà et je me retrouvais plus dans les récits de gens qui partageaient aussi leurs galères et leurs états d'âme donc je leur ai voilà je leur parlais de ça en fait c'est la vraie vie quoi c'est voilà on peut pas idéaliser non plus et en fait le quand on communiquait avec les collégiens c'était surtout eux qui avaient plein de questions en fait moi je me laissais porter par leurs questions qui étaient extraordinaires vraiment ça a été une joie de faire ça avec eux c'était des sixièmes, cinquièmes donc des questions qui pouvaient être très pratiques comment tu dors comment sont les gens etc, enfin des questions de la vie quotidienne, donc ça c'était pour moi leur faire découvrir le monde parce que ils ne savaient pas dans tel pays comment les gens vivaient ce qu'ils mangeaient etc et ils avaient aussi des questions qui m'ont épaté parce qu'ils avaient un niveau de connaissance je pense que les profs préparaient un peu avec eux avant mais ils avaient des questions sur le pays sur les traditions etc qui étaient incroyables donc moi en fait au fur et à mesure je me dis bon il faut que je prépare un peu ma conférence parce qu'ils vont me poser des calls et c'était le cas je ne savais pas répondre du coup j'allais voir après puis je leur répondais la fois d'après donc voilà j'ai vraiment partagé objectivement puis en dehors des collégiens j'ai écrit mon journal sur Polarcep je ne sais pas si tu connais cette application et pareil j'ai vraiment écrit parfois quand ça n'allait pas et les gens ont apprécié aussi justement mon merci de partager aussi les moments moins drôles parce que ça fait partie du voyage et c'est leur petit message aussi m'aider à passer au-delà dans les les causes que tu as associées du coup à ce voyage il y avait tu le disais au début de l'épisode l'accès à l'eau ça a été quoi la réalité qu'est-ce que tu as vu là-bas en fait et en quoi est-ce que c'est quoi les challenges auxquels doivent faire face les gens qui vivent dans le détail du Mekong le détail du Mekong c'est une zone qui est très peuplé comme beaucoup d'endroits en Asie c'est un peu la terre nourricière de l'Asie le Mekong mais en fait l'eau du Mekong qui sert à beaucoup de toutes les populations des villages qui vivent dans cette zone est de plus en plus polluée et non potable pour plusieurs raisons, pour tous les produits liés à l'agriculture qui se déversent dans l'eau pesticides et autres et un effet du réchauffement climatique qui fait que l'eau du Mekong est de plus en plus salée.

Pierre Ah oui ?

Loïc Oui. Et du coup, tout ça fait que l'eau n'est pas potable et que beaucoup de gens n'ont pas la possibilité d'acheter de l'eau minérale ou autre et donc attrapent des maladies et les premières victimes des maladies infectieuses type typhoïdes et autres sont les enfants parce qu'ils déshydratent rapidement et ils peuvent mourir si on ne traite pas, si on ne réhydrate pas. Donc, c'est des gens qui n'ont pas accès aux soins. Donc, l'association Christina Nobel œuvre dans les... L'objectif, c'est d'équiper toutes les écoles du delta du Mekong avec des collecteurs d'eau, de pluie sur les toits des établissements et un système de filtres assez basique parce qu'il ne faut pas non plus être dans des systèmes trop techniques qui ne pourront pas réparer. Donc là, c'est des filtres vraiment faciles à réparer, à entretenir pour que les enfants puissent boire de l'eau propre dans les écoles et pas devoir acheter des bonbonnes d'eau minérale qui coûtent très cher, tu sais, les fontaines. Voilà. Donc moi, j'ai pu... j'ai passé trois jours avec l'association qui est basée à Saigon c'est pour ça que finalement j'ai trouvé ça plus logique sur mon trajet de ne pas arriver à Nôme mais finalement d'arriver à Saigon en vélo parce que j'ai pu aller rencontrer l'association et arriver à vélo dans leurs locaux, rencontrer des enfants qui m'ont préparé un accueil mais je ne m'attendais pas du tout à ça avec des danses, des chants des banderoles voilà et j'ai pu leur remettre j'avais aussi financé des kits vélo-casque pour des enfants qui se déplaceraient un peu à vélo encore là-bas, les gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter une moto et autres donc on a eu une petite cérémonie de remise des vélos et casques à 10 enfants avec qui j'ai pu rouler dans la cour, certains je pense qu'ils commençaient juste le vélo, donc il n'y a pas eu d'accident mais on a frôlé les accidents et après ils m'ont emmené visiter des écoles dans lesquelles allaient être mis en place ces systèmes de filtres d'eau pour rencontrer les directeurs d'établissement et puis comprendre un petit peu ce qu'ils allaient se faire et là je suis en lien avec eux ils m'envoient des rapports sur l'avancée du projet donc ça a déjà bien avancé voilà et puis la collecte moi j'avais fixé avec eux une collecte de 7000 euros 7000 euros ça permettrait de financer je ne sais plus combien de systèmes de filtres d'eau et des vélos et en fait on est arrivé à 12000 euros c'était une super satisfaction pour eux pour moi et du coup ils ont pu élargir aussi l'installation de ces filtres d'eau dans les écoles grâce à ça voilà c'était un super partenariat l'accès à l'eau typiquement quelque chose qu'on oublie un peu chez nous qui est un acquis mais ce qui n'est pas

Pierre le cas pour la grande majorité des gens dans le monde

Loïc en fait. Non, et c'est en me penchant un peu sur le sujet, j'ai plus les chiffres en tête, mais c'est un objectif, en fait, un des objectifs de l'OMS, que tous les habitants de la Terre aient accès à l'eau potable, je crois que c'est genre l'objectif 2035, tu vois, c'est demain, quoi. Et en fait, tu regardes, il y a 2 milliards de gens sur Terre qui n'ont pas accès à l'eau potable, et puis ça n'a pas, je n'ai pas l'impression que ça s'améliore, quoi. Donc, bon, ce que j'ai fait, c'est une goutte d'eau, il faut le dire, dans ce... dans le problème actuel donc voilà on peut dire ça sert à rien etc effectivement mais c'était aussi une façon pour moi de donner un peu l'assence à ce voyage et de m'engager en quelque chose mais effectivement c'est un problème existentiel dans beaucoup de pays quoi ouais complètement mais d'ailleurs qui nous touche de plus en plus aussi il n'y a pas très longtemps j'ai reçu Rémi Camus l'aventuré mon copain d'ailleurs qui avait descendu le Mekong alors je ne sais plus d'où il était parti parce que le Mekong j'ai découvert ça en échangeant avec lui le Mekong c'est hallucinant en fait la longueur du fleuve ça part du c'est en Chine ? ouais exactement c'est ça en fait il y a deux rivières chinoises qui se rejoignent alors je ne vais pas tenter de les prononcer et puis en fait je n'ai plus leur nom en tête mais qui se rejoignent dans une ville et à partir de cette ville qui s'appelle quelque chose comme Qomco ou Kuomco et à partir de là en fait ça devient le Mekong mais c'est au beau milieu du désert du centre de la Chine et donc Rémi avait descendu une partie du Mekong en qu'on appelle ça en Pacraft non pas en Pacraft en speed comme Mike Horn avait fait en Amazonie tu sais c'est une sorte de planche qui est devant toi donc t'es complètement immergé en fait t'es dans l'eau c'est extrême ça et bon il disait que le niveau de pollution était absolument hallucinant et il y a peu de temps il est revenu sur le podcast pour un autre épisode où il a fait une descente du Rhône en kayak, pas craft, pour faire des analyses et cartographier la présence des pifas depuis la source du Rhône, donc en Suisse, jusqu'à l'embouchure en Camargue. Et là, ce qu'ils partagent, c'est effrayant, c'est chez nous, c'est une pollution qui est invisible en plus. À l'inverse, je pense, de l'Asie du Sud-Est, il va y avoir beaucoup de plastique, donc des choses qui se voient, en plus des choses qui ne se voient pas mais chez nous c'est le pifas mais bon effectivement c'est pas la peine d'aller très loin pour palper et en fait ce projet, cette idée de défendre l'accès à le potable initialement c'était cette prise de conscience que l'eau allait devenir une denrée rare aussi mais pas très loin je me souviens avoir fait des voyages à vélo dans le sud de la France fin août, début septembre où en fait j'avais visé des gorges à priori extraordinaires et en fait il n'y avait pas une goutte d'eau dans les rivières, dans les villages les fontaines étaient fermées parce qu'on était en restriction j'ai dit mais en fait déjà ici c'est compliqué en Afrique, en Asie c'est découplé bon j'ai pu voir en tout cas une partie de ce qui allait se faire grâce à cette association qui est assez incroyable. Quand tu vois un peu ce que cette femme a fait, d'ailleurs, il y a un film sur sa vie qui est assez dingue. Et voilà. J'ai l'impression qu'en tout cas, c'est pareil, c'est l'humanitaire, tout ça, ça fait poser des questions. Moi, j'avais fait des missions humanitaires déjà. Bon, quand tu rentres, tu te dis, quel est le sens de ça ? Est-ce que vraiment ça va changer la face du monde ? Je ne pense pas vraiment. Mais en tout cas, pour moi, ce qui est important, c'est de savoir où aller l'argent aussi donc d'avoir ce lien et continuer à suivre le projet et j'ai l'impression que l'association Christiane Nobel est quand même très sérieuse voilà donc il faut travailler les locaux aussi c'est un point qui est important pour moi c'est que c'est pas les Anglais les Français qui vont donner la bonne la bonne conduite c'est là-bas je suis allé dans les bureaux c'est que des Vietnamiens qui travaillent donc voilà c'est ça paraît assez sérieux question qui va être je pense difficile mais s'il y avait une partie de ton voyage qui représenterait pour toi vraiment l'expérience globale que tu as vécue que ce soit d'un point de vue des rencontres de l'aventure, du dépassement, du dépaysement en fait si tu devais recommander un endroit que tu as pu voir à vélo à quelqu'un qui n'a pas entre 7 et 9 mois, ce serait quel coin ? C'est difficile. Déjà, la Turquie pour les repas. Je vais essayer de répondre à ta question. Cette question me l'a beaucoup posé au retour. Qu'est-ce que tu as préféré ? En fait, ça dépend sur quelle référence tu te bases. Si c'est l'alimentation, les rencontres et autres. Je peux dire de plusieurs endroits ? Non, un seul ? Si tu devais faire une shortlist, tu t'es vraiment marqué. La Turquie, ça a été effectivement incroyable. Ça associe un peu tout finalement. Rencontres, comme je te disais, l'accueil des Turquies incroyables. Tu manges bien. Les paysages, tu vois, je suis passé en Kappalos. Je travaille avec les mongolchiers qui décollent au-dessus de toi, des bivouacs dans les canyons incroyables. Donc là, ça, c'était vraiment, vraiment super. Ce qui est moins chouette, c'est les chiens errants, mais ce n'est pas que la Turquie. C'est un peu dès les Balkans, en fait, non ? Oui, dès les Balkans, Turquie, Géorgie. Le pire, c'était la Géorgie. Ah oui, vraiment ? Je ne sais pas ce qu'ils ont, les chiens géorgiens, mais ils sont clairement enragés. En plus des automobilistes automobilistes qui ont des volants à droite et qui roulent à droite et qui décalent sans regarder. Donc, tu as le double danger. Soit tu te fais croquer par un chien qui te course, soit tu rentres dans une voiture et ça arrive en face. Donc là, il y a deux moments où j'ai le voile, j'ai une espèce de... Mon corps s'est vidé de mon sang et je me suis dit, le voyage est terminé, c'est fini. Tu es à quelques secondes et puis tu fais un mouvement de... Tu lèves les jambes pour éviter le chien, tu fais un mouvement de guidon, ça passe. Voilà, ça continue. non mais donc il faut revenir sur ta question la Turquie après sur le côté aventure je te parlais de la Pamirahoued c'est sûr que là c'était le côté aventure pas extrême mais un peu dure en altitude dans ces paysages très montagneux qui sortent vraiment de ce qu'on voit donc voilà et puis j'ai aussi beaucoup aimé de Laos, si je peux donner un autre pays. J'étais déjà allé au Laos il y a 20 ans, alors bon, l'état des routes n'a pas trop changé, je te disais, je suis arrivé au Laos, en plus, j'ai pas bien calculé l'histoire, c'est qu'il y a eu un typhon au Nord Vietnam en octobre, je suis plus septembre, mais j'y avais pas pensé, comme le Laos, personne n'en parle beaucoup, dans les médias, on parlait beaucoup du Nord Vietnam, parce que c'est très touristique, mais bien sûr, ce typhon, il est pas resté au Nord Vietnam, il est atteint aussi le Nord Laos, et en fait, je suis arrivé, je suis passé de la Chine au Laos, j'étais content de quitter la Chine parce que j'en avais un peu marre mais en fait je crois que j'ai flingué mon vélo en arrivant là-haut j'avais de la boue je ne me sortais pas mon vélo n'aventait plus j'avais le frotter à la brosse à dents tous les 100 mètres parce qu'il y avait aussi sa brosse à dents mon cher Tudou pour le nettoyer bref je mettais de la musique pour ne pas entendre les bruits qu'il faisait après être passé dans la vue mais par contre les gens sont d'une gentillesse mais absolument incroyable ils ont rien mais alors là c'est très pauvre c'est peu touristique non ? c'est peu touristique parce que c'est un pays qui est enclavé t'as pas de côte donc ça attire les gens un peu roots tu vois qui font un combo Laos-Thaïlande parce qu'ils vont un peu à la plage ou voilà ou sinon des gens qui vont vraiment chercher l'aventure parce que je te dis les roots c'est vraiment pas terrible mais les gens ils sont souriants partout t'as des hordes d'enfants qui te courent après certains qui m'aidaient à pousser le vélo ils te donnent à manger enfin ils ont rien quoi le soir moi j'arrivais dans des endroits où j'avais trop faim parce que j'avais roulé 100 km je sais pas combien c'était dur mais en fait là tu vois qu'ils ont rien parce que t'as même pas de riz c'est une soupe avec de l'eau et quelques légumes et pour avoir du riz il fallait que vraiment je montre que j'avais très faim donc mais c'est des gens absolument hyper gentil et j'ai beaucoup aimé les paysages c'était vraiment chouette ok quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait se lancer sur un voyage au long cours que ce soit à vélo ou pas et que ce soit dans les destinations par lesquelles toi t'es passé ou pas conseil technique ou non ? ouais quelque chose peut-être que t'aurais aimé que toi on te partage avant le départ je pense de pas trop chercher à préparer justement comme on disait au début parce que tu parlais de Michael normalement j'avais une citation de lui je ne l'ai pas complètement en détail mais en fait avant de partir tu as 5% de solutions à tes problèmes enfin je ne sais plus comment il dit les choses mais en fait les problèmes se résolvent une fois en route donc ça si on me l'avait dit avant de partir parce que je me posais forcément 40 000 questions comme tout le monde, mais en fait, certaines personnes me disaient, prends ton vélo, pars et tu verras. Mais en fait, c'est vrai, tu te mets en route, et en fait, tous les problèmes trouvent une solution, soit parce que tu les trouves toi-même, soit parce que les gens te les apportent, et là, il faut être, encore une fois, prêt à accueillir l'aide des autres et être avenant aussi, je pense, dans ton attitude pour que les connexions se fassent. Donc voilà, en fait, si quelque chose te fait vibrer c'est sûrement une banalité que je vais dire mais si quelque chose te fait vibrer ose vivre ton rêve on a tous des contraintes ça peut être familial, professionnel etc mais je pense que si tu dois vivre quelque chose il faut y aller et que c'est pas la peine d'être un grand aventurier, un grand sportif moi j'ai vu des gens partir avec des vélos des vieux vélos qui s'étaient trouvés au fond de leur garage ils sont allés jusqu'au enfin font de l'Asie avec. Donc tout est possible. Pour donner une petite anecdote, j'ai vu un Tchèque aussi qui roulait en fixie sur la route du Pamir. C'est-à-dire un vélo sans vitesse, en rétro-pédalage pour freiner. Tout le monde se demandait s'il arrivait. En fait, j'ai vu son vélo arriver au Kyrgyzstan. Il l'avait laissé dans une auberge et il a fini le gars. Donc voilà, c'est un peu l'extrême. Donc ne pas hésiter et puis à partir et garder cette capacité de s'émerveiller de tout parce que ça aussi c'est une banalité mais moi ce que j'ai vu en tout cas dans mon voyage c'est que l'homme est bon quand même accueillant solidaire et que plus l'endroit où tu es est hostile tu vois je pense au désert ou quand je suis arrivé là-bas je me suis dit mais comment je vais survivre là-dedans et en fait plus l'endroit était hostile plus les gens étaient attentionnés et solidaires ça fait du bien d'entendre ça et tu vois mes premiers kilomètres dans le désert au Kazakhstan, j'ai dit, mais ça ne va pas être possible. Tu vois la route droite avec les brumes de chaleur. Je vois une main sortir d'une voiture avec une bouteille d'eau glacée. Et ça, ça s'est répété je ne sais pas combien de fois. C'est vrai ? Oui, parce qu'en fait, les gens font aussi des centaines de kilomètres en voiture. Ils voyagent avec des glacières remplies d'eau. Et en fait, ils s'arrêtent, ils t'en offrent. Ils t'offrent de la nourriture, ils prennent ton numéro de portable. Je trouvais ça un peu intrusif, mais en fait, c'est juste pour savoir si tu es bien arrivé au bon endroit, si t'as besoin de rien j'ai encore des casques et des outils qui m'appellent maintenant pour savoir comment je vais enfin c'est voilà donc en fait l'homme est bon je crois encore en l'humanité et et voilà et ne pas avoir peur de l'autre justement d'oser aller d'oser demander de voilà je pense qu'on en tire que de le positif c'est des banalités tout ce que je dis parce que voilà tout le monde dira la même chose je pense mais c'est ce que j'ai senti non mais ça fait du bien de l'entendre encore une fois je suis assez d'accord avec toi sur le fait que c'est une impression je sais pas si tout ça est mesurable mais j'ai aussi le sentiment que de plus en plus on est dans un en tout cas les messages qu'on entend sont plutôt anxiogènes et plutôt invitent plutôt à se replier sur soi dans des communautés qu'autre chose et donc c'est intéressant finalement parce que quand on voyage comme tu l'as fait toi avec juste son vélo il y a une notion je trouve d'ailleurs tu me diras ce que t'en penses mais on se rend un peu vulnérable aussi, tu vois, tu n'as pas de point fixe, tu dépends finalement quand même pas mal dans certains coins de l'aide de l'autre. Tu ne parles pas la langue, tu es dépendant d'un visa, du bon vouloir, d'un douanier, d'un garde-frontière. Donc, c'est intéressant de voir que entre 7 et 9 mois, 7 mois de vélo et tes 2 mois de voyage sas, on va dire, c'est ça ton expérience. Oui, et puis Et avec ce que j'ai dit aux jeunes aussi, c'est que cette générosité, elle venait de toutes les générations que j'ai pu rencontrer. Ce n'est pas que les vieux. Tu peux dire qu'il y a aussi peut-être des générations qui sont moins... Enclines. Oui, moins solidaires. Je pense au Cambodge. Après, c'est l'Asie, c'est aussi des cultures différentes. Une journée, j'étais vraiment dans le dur. il faisait chaud, j'en pouvais plus et à un moment je rêvais, sur le bord de la route j'étais allongé, je rêvais d'un jus frais et là il y a un jeune je pense qu'il avait 14 ans il arrive, grand sourire il me dépose un jus frais mon rêve, bam un jus frais, une grande bouteille d'eau et puis grand sourire et là-bas il salue avec les deux mains jointes et plus ils mettent les mains hautes plus ils ont de respect pour la personne qu'il salue donc quand tu les mets au dessus de la tête c'est pour Dieu donc va pour Bouddha mais c'est pas Bouddha mais au milieu du visage donc déjà grand respect il s'incline, il me dit pas un mot, il s'en va et même expérience quelques mille plus tard un peu plus loin où un jeune vient me déposer des lingettes c'est plus ce qu'il avait vu, j'étais sale je pense mais deux sandwiches de l'eau et pareil pas un mot donc là je partage avec les jeunes parce que c'est chouette de voir ça à part d'ados j'espère que chez nous c'est encore possible j'espère un autre conseil je peux donner plus technique c'est de partir léger moi c'était un objectif de mon voyage de vivre un peu je dis en dénouement j'avais pas rien mais si j'avais un vélo j'avais vraiment épuré au maximum jusqu'au jour de départ. Je me vois encore enlever un caleçon et j'avais pris une brosse à dents d'enfants parce qu'elle était plus petite et en bois. C'est n'importe quoi, mais bon, c'est psychologique. Mais n'empêche, j'avais un vélo super léger et dans les montées ou dans les moments où tu dois le porter, t'es content d'avoir un vélo pas trop lourd. J'ai croisé des voyageurs qui avaient des hauts de 50 kilos. Ah ouais, ouf ! En fait, on renvoyait la moitié de leur affaire rapidement parce qu'ils voyaient bien que t'as pas besoin de grand chose alors moi j'avais des citations qui qui revenaient dans ma tête il y a Ruffin qui dit le poids c'est la peur j'allais te demander ce qu'on emporte ses peurs quand il préparait son voyage sur les chemins de Saint-Jacques plus t'as un gros sac ou des grosses sacoches plus t'en mets donc je crois des dégâts qui avaient deux sacs de couchage machin un pour l'hiver, un pour l'été voilà c'est Tesson qui disait aussi on dispose de tout ce dont on a besoin quand on décide de ne rien posséder tu vois un peu des choses qui m'ont qui m'ont aidé à me dire bah finalement ça tu l'enlèves ça t'en as pas besoin je te dis j'ai perdu plein de trucs et puis en fait j'ai manqué de rien quoi la suite c'est quoi Pierre il y a autre chose qui arrive est-ce qu'il reste des rêves encore parce que là t'as quand même coché beaucoup de beaucoup de cases ouais c'est vrai que là déjà j'ai j'ai encore du mal à me dire que j'ai vécu ces rêves là c'est une sensation assez incroyable de vivre un rêve C'était la première fois, en tout cas, pour moi. Oui, j'ai d'autres projets de voyage, alors moins... Enfin, si, un très long, mais je ne pourrais pas... Je te dis, il y a le travail, et pour l'instant, je n'ai pas du tout décidé d'arrêter de travailler. En fait, j'aimerais bien faire une partie de l'Amérique du Sud à vélo. OK. Sur la Panamérica, ça va de l'Alaska à la Patagonie. donc pour ça il faudrait peut-être un an et demi, deux ans donc c'est pas possible et de faire un voyage à vélo en Amérique du Sud vers la Patagonie donc il y a la Carretera Austral qui m'attire bien c'est là aussi comme nom la route Augusto-Pinochet moins glorieux mais qui fait 1300 km au sud Chili et qui passe dans les fjords en Patagonie voilà après pourquoi pas le Catenor à vélo pas mal de pas mal de petits projets comme ça mais qui sont pas du tout définis et mais aussi voyager en France se dire voilà des copains on est rentré d'un séjour en Obra Closer tu vois c'est pas loin mais c'est magnifique tu manges bien les gens sont sympas et c'est des paysans donc voilà découvrir un peu plus la France aussi il y a des choses que pourquoi pas faire un tour de France à vélo finalement aussi connaître plus son pays quoi qui est magnifique ouais on a de la chance excellent et bien écoute Pierre un immense merci pour ce beau moment d'évasion c'était c'était c'était c'était passionnant d'en apprendre plus sur comment est-ce que t'as réussi qu'est-ce que t'as vécu comment tout ça s'est s'est enchaîné le voyage dans le voyage avec le transsibérien vraiment un beau moment d'évasion merci beaucoup et bien peut-être c'est à me relancer pour l'écriture de mon BD ou d'un livre tu vois ça me donne envie de me remettre dedans merci à toi Loïc merci beaucoup Pierre à bientôt à bientôt

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