Benoit Quand je te dis fracture du mental, je pense que c'est vraiment le terme. J'ai mis une semaine à m'en remettre. C'est-à-dire que l'année dernière, c'est simple, j'ai fait 1500 bornes. Donc voilà, je suis parti aux Etats-Unis avec 1500 bornes dans les jambes. Je pense que ma peur, elle était là, elle était vraiment ici, c'est que je n'avais pas le niveau. Et là, c'est la première fois en fait que je suis arrivé sur un truc où je n'étais pas prêt physiquement et mentalement.
Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Bienvenue Benoît pour la deuxième fois au micro défrappé. Je suis super content de te recevoir. Combien ? Quatre ans ? Plus de quatre ans après ton premier passage sur le podcast. Vraiment, vraiment ravi Benoît que tu reviennes pour nous partager tes dernières aventures et en l'occurrence, une énorme réalisation que tu viens de faire aux US. Donc, bienvenue à nouveau Benoît.
Benoit Merci à toi Loïc de me recevoir. C'est toujours cool. Un peu plus de quatre ans maintenant déjà. Yes. Déjà, ça passe.
Loïc Si il y en a qui n'avaient pas eu l'occasion à l'époque d'écouter l'épisode de Benoît, le lien est en description. On avait parlé de plein de choses à l'époque, tes débuts, tes nombreuses années passées dans les bassins, compter les carreaux en natation, ton passage vers le monde du vélo, du triathlon. Puis ton arrivée sur, on va dire, c'est quoi le terme que tu avais utilisé à l'époque ? Un état d'esprit du cyclisme. En tout cas, une approche du cyclisme un peu différente puisque tu… On avait beaucoup parlé de Fixie, de Pignon Fix.
Benoit Oui, exactement.
Loïc Je me rappelle… D'ailleurs, c'est marrant parce que je parle souvent de toi et de ton épisode en fait qui ne m'avait pas mal marqué sur plusieurs anecdotes. Mais je me rappelle en l'occurrence, si j'ai bonne mémoire, c'était ta première participation à ta première Race Cross France 300 kilomètres. Oui. Où tu avais pris le départ en Fixie et l'anecdote que tu avais partagé à ce moment-là, c'est que sur la ligne de départ, il y avait pas mal de commentaires, des gens à côté de toi qui en gros te disaient qu'est-ce que tu fais là, espèce de guignol en Fixie et des gens que tu as doublés sur l'ascension du Ventoux et à qui tu as fait fermer le bec puisque tu as gagné cette course en fait.
Benoit Oui, exactement. À la base, c'était un défi qu'on m'avait lancé et puis au final, ça a été le début d'une belle aventure en Pignon Fix.
Loïc Oui. Yes, avec plein d'autres choses derrière. Je me rappelle, on avait aussi parlé de tes courses d'ultra sur des biking man notamment où tu expliquais que tu étais parti. Enfin, globalement, que tu partais sur ces courses assez peu équipées et que tu dormais quasiment avec rien sur le bas-côté de la route. Tu avais enchaîné avec… Je crois que c'était un autre biking man où tu avais roulé par quasiment 50 degrés.
Benoit Oui, oui. Alors, ce n'était pas un biking man, ça. C'était une autre organisation mais entre Madrid et Barcelone, c'est l'organisation Pedalma. Magnifique organisation au passage. C'était un 700 kilomètres qui rallie Madrid à Barcelone en passant par un grand désert. Et ce week-end-là, ils avaient eu des records de température. On avait eu record de canicule. Oui, j'avais eu, je crois, un peu plus de 50 degrés au compteur. 40, 48 degrés. Enfin, oui, c'était… Oui, ça a été une belle, belle course. Et j'en garde un super bon souvenir et j'ai toujours dit que j'y retournerais. Et voilà, malheureusement, on ne peut pas être partout, on ne peut pas tout faire. Mais très, très belle organisation.
Loïc Oui. Tu vois, c'est marrant parce qu'il y a vraiment des anecdotes, des partages comme ça qui marquent. J'ai souvenir d'une story que tu avais partagée, je ne sais pas si tu t'en rappelles, où tu roulais du coup sur cette course. Tu roulais, il devait être 10h, 11h du mat. Tu as le maillot ouvert et on t'entend dire, tu filmes ton compteur. Enfin, je ne sais plus si tu avais la température sur le compteur ou en tout cas, tu as expliqué que tu fais 48 degrés. Oui, je me souviens très bien. Et tu es là à dire, allez voilà, 48, on roule capot ouvert.
Benoit Exactement, c'est exactement les termes que j'avais employés. Capot ouvert, c'était assez énorme. Oui, c'était sauf qui peut cette course. C'était vraiment… C'était une première fois que je roulais. Pourtant, j'adore le show. Mais là, c'était vraiment extrême. Et je me souviendrai aussi toujours, je m'étais arrêté au milieu de la route. Là, il y avait un champ où ils étaient en train d'arroser. Et j'étais au milieu du champ, en train d'attendre les jets d'eau et tout. C'était incroyable. C'est des bons souvenirs, ça.
Loïc Voilà, donc en tout cas, une pratique passionnée. Et franchement, pour quelqu'un qui fait un tout petit peu de vélo comme moi, qui est méga intéressante, parce que tu vois, ça fait réfléchir à une pratique un peu différente du vélo. Le fixi, encore une fois, je parle souvent de ton épisode quand j'explique ce que c'est que les frappés. Tu vois, c'est une pratique… Enfin, ça interpelle quoi. Un gars qui se présente sur une course, un 300 bornes en fixi. J'ai déjà vu plein de fois des stories, des posts sur ton compte où tu vas rouler au Mont Ventoux, qui neige, qui pleuve, qui vente. Voilà, t'es là-haut. Ce que je trouve méga intéressant. Et pour introduire du coup peut-être cet épisode, il n'y a pas longtemps, ta pratique a encore un peu évolué et t'es passé sur un nouveau type de vélo, les vélos cargo. Et alors, encore une fois, je ne suis pas dans le milieu comme toi, mais moi, je n'avais jamais vu, mais je suis un peu, tu vois, ultra-talks. J'ai eu ça plusieurs fois. Enfin, voilà. Je n'ai jamais vu de pratiquant d'ultra, enfin, qui mêlent l'ultra-cyclisme et les vélos cargo. Je ne sais pas si tu es en train de créer un truc ou si ça existe déjà, c'est un peu niche et juste le grand public ne le voit pas.
Benoit Ouais. Ouais, non, c'est marrant que tu rebondisses un peu là-dessus parce que… Alors, je n'ai pas tourné la page du pignon fixe, pardon. Ouais. J'ai ralenti. Je ne vais pas te mentir. J'en parlerai peut-être un peu plus tard, voilà, par la suite. Le fixe, je suis très content, en fait, d'avoir pu… Alors, je ne vais pas dire il n'y a que moi, mais je pense être en grande majeure partie le mec qui a un peu ramené le fixe ces dernières années en France.
Loïc Ouais. En tout cas, pour une pratique autre que coursier à Paris.
Benoit Ouais, carrément, carrément. Et je ne dis pas que j'ai banalisé le fait de rouler, d'aller faire… Parce qu'avant, c'était que des mecs qui se déplaçaient, voilà, des coursiers, ou alors des mecs pour se déplacer en ville, pour aller au BAU ou au TAF, voilà. Et voilà, ces dernières années, moi, j'ai vraiment mis l'accent sur rouler tous les jours avec, sur faire mes sorties, mes entraînements, voilà. C'était devenu banal. Et en fait, j'ai remis beaucoup de gens, ou alors j'ai fait découvrir aussi à beaucoup de personnes qui restaient en fait avec leur pignon fixe en ville, et voilà, qui se sont mis à rouler, qui se sont mis à les… Eh bah, à vadrouiller à droite, à gauche, à faire des sorties de 50, 60, 100 bornes, et puis, bah, 200 bornes. Et puis, bah, voilà. Moi, j'ai aussi une petite communauté, bah, à qui j'ai un peu ouvert des portes, fait un peu rêver également, ou des gens tout simplement, bah, voilà, maintenant, je fais, voilà, je sors, je fais 50 kilomètres avec mon vélo, et c'est génial. Non, c'est cool, c'est cool.
Loïc Mais du coup, tu disais, bah, tu vois, typiquement, moi, je ne te cache pas que quand on avait enregistré à l'époque, j'habitais encore en Suisse, et dans une ville qui est méga plate, enfin, qui est balle, et j'avais mon fixi, tu vois, pour aller au TAF. Mais j'avoue que ça ne me serait jamais venu à l'idée, et je faisais déjà un peu de triathlon, etc., mais jamais je me serais dit, vas-y, je vais me faire un entraînement en fixi. Donc, tu vois, typiquement, ton partage, c'est vrai que moi, ça m'avait un peu fait réfléchir, et même depuis que je suis à Aix-en-Provence, j'ai rencontré des gars qui ont des ateliers de vélo, etc., sur Aix, et je me dis, tain, mais j'avoue que c'est tentant, quand même, tu vois. Je n'ai pas encore passé le cap, mais c'est vrai que ton témoignage, c'est exactement ce que tu dis, en tout cas, ça m'a fait réfléchir sur ma pratique du vélo, et me dire qu'il n'y a pas qu'une façon de le faire, et peut-être qu'un jour, j'irai sur le fixi pour tester un peu, et me frotter de loin, quand même, des trucs comme tu fais toi.
Benoit Oui, bien sûr, sans rentrer dans l'abus, mais tu vois, là, je suis rentré d'une belle aventure, et bien hier, moi, j'habite maintenant au départ des gorges de la Nesque, vraiment, quand je te dis au départ, c'est le départ, j'habite à 200 mètres du début des gorges, et voilà, hier, j'ai fait un aller-retour, donc 17 bandes de faux-plas montants, 17 bandes de descentes, purée, quel kiff de rouler ce vélo, alors, j'ai pas mal ralenti, suite à pas mal de changements dans ma vie, que ce soit personnel et professionnel, donc, voilà, j'ai mis un peu, j'ai d'autres, voilà, on va dire que, comme tu as dit, j'ai un peu, j'ai un nouveau, une nouvelle pratique, alors, si on peut appeler ça une pratique, parce que ça reste toujours du vélo, avec un vélo encore atypique, mais, voilà, j'ai aussi un état d'esprit qui a également changé, ouais.
Loïc Ouais, les gorges de la Nesque, s'il y en a qui ça parle pas, qui sont pas du sud, c'est, c'est globalement au pied du Ventoux. Ouais, ouais, voilà. Très, très beau coin pour aller rouler. Benoît, ce qui m'a, ce qui m'a poussé à te contacter pour qu'on échange, c'est que, je le disais en intro, vite fait, tu reviens d'une énorme aventure de plus de 40 jours, 42 jours, exactement.
Benoit Ouais, 43 même,
Loïc 43 jours. 43 jours aux Etats-Unis, et t'as décidé, j'espère que je me suis pas, j'ai pas raté un truc en préparant l'épisode, mais si tu as bien compris, c'était un rêve d'enfant de faire cette traversée ouest-est aux US.
Benoit Ouais.
Loïc Simplement, alors voilà, j'ai déjà eu des invités qui ont fait, tu vois, la race cross America où c'est 12, 13 jours, je crois, ce genre de choses. C'est ça, c'est ça, ouais. Toi, t'as une approche, vu la durée, j'imagine, un peu différente, peut-être plus sur la découverte
Benoit et l'exploration,
Loïc donc tu vas nous parler de ça, mais comme on l'a déjà dit plusieurs fois, tu l'as fait un peu différemment, tu l'as fait à vélo cargo.
Benoit Ouais.
Loïc Alors déjà, ma première question, c'est ton, alors, un, pourquoi le vélo cargo ? Parce que j'avais déjà vu que tu étais passé sur le vélo cargo avant de partir faire ce truc aux US.
Benoit Ouais.
Loïc Comment tu es arrivé là-dessus ? Et est-ce que c'est des vélos cargo fixi ou pas du tout ?
Benoit Non, non, alors pas du tout. Bien sûr, c'est possible, tout est possible. D'ailleurs, à chaque fois, j'ai plein de messages. Ouais, passe-le en fixi, passe-le en fixi. Bon, voilà. Non, alors pourquoi ? Ben voilà, ça fait maintenant, deux, trois, trois années que je roule avec les vélos cargo. Donc, le premier que j'avais acheté était un Bullit. J'ai été allé chercher à Lyon à fin la bise, voilà, petite, petite bise à cette belle boutique au passage. D'ailleurs, j'étais monté en pignon fixe à Lyon, donc 250 bornes et j'étais redescendu en cargo avec le fixi sur le plateau devant. Incroyable. Voilà. Mais, ouais, voilà, alors, je n'ai pas découvert parce que c'est des vélos que moi, je connais depuis très longtemps mais que je n'avais jamais roulé. ben voilà, il ne faut jamais que je fasse trop comme tout le monde. Donc, j'aime bien un peu me démarquer aussi. Voilà, ce n'est pas pour se vanter ou pour frimer ou quoi que ce soit. entre guillemets, je n'ai plus trop grand-chose à prouver. donc, voilà, c'est plus un vélo que j'aime beaucoup esthétiquement qui est, voilà, ça a de la gueule, c'est assez sympa et c'est surtout très confortable. Voilà, en fait, le gros point, il est là. Mon vélo, mon vélo cargo est super confort. J'ai fait un montage, donc je me suis fait plaisir, bien entendu. Je mets toujours des belles pièces. Voilà, il faut que ça reste de la belle mécanique, bien sûr. Mais, voilà, je trouve le vélo cargo aussi très pratique. Donc là, pour partir aux Etats-Unis, donc j'avais fait, en fait, tout simplement, un sac que je viens mettre sur le plateau devant, donc voilà, où j'avais, au final, pas grand-chose parce que je suis parti relativement light quand même et voilà, tout ce qui est habille, que ce soit pour la pluie, que ce soit pour la neige, que ce soit pour le très chaud, le très froid, tout ce qui était bivouac, j'avais mis un petit rack derrière, voilà, avec deux sacoches, donc c'était quand même vraiment pratique. En fait, c'est le côté surtout pratique. Je ne suis pas là à chercher quatre, cinq sacoches, je ne sais plus où j'ai mis. Non, non, soit j'ai mon sac devant ou je n'ai pas grand-chose et puis derrière, en fait, c'est juste mes affaires de bivouac sur le rack. Donc, au final, c'est très rapide à savoir où je mets mes choses. Donc voilà, c'est plus pour ça et voilà, une fois de plus l'esthétique de ce vélo que j'aime beaucoup. Voilà.
Loïc Ok, donc le fait que ça ait de la gueule et le confort, finalement.
Benoit Exactement, parce que honnêtement, j'aurais pris un vélo-route classique, enfin, quand je dis classique, c'est un vélo-route, on va dire, j'aurais mis mes sacoches dessus, deux devant, deux derrière, voilà. J'en aurais moins chié sur beaucoup de parties parce que voilà, le vélo cargo, ça reste un vélo avec une petite roue devant, 20 pouces, donc ça reste beaucoup plus lourd qu'un vélo classique. Enfin voilà, moi j'ai un vélo cargo à vide, c'est 19 kilos. Ah oui. Et ouais, donc contre un vélo, allez, on prend une randonneuse, allez, à 13 kilos, mais bon, ça fait déjà 6-7 kilos de moins quand même. Donc bon, voilà, c'est pas que je me tire une balle dans le pied une fois de plus, voilà, et puis une fois de plus, j'ai quand même aussi un peu changé d'état d'esprit, donc voilà, aller vite, c'est une chose, mais c'était pas le but de l'aventure.
Loïc Ouais. Alors justement, c'était quoi ce projet, ce rêve d'enfant que t'avais en tête avec les Etats-Unis en particulier ?
Benoit Ouais, ça fait, ça fait vraiment, vraiment, vraiment des années que j'y pense à ce voyage. Après, c'est toujours pareil, un voyage, c'est, il faut du temps, il faut de l'argent évidemment, voilà, il faut des moyens quand même pour partir, c'est pas aussi simple que ça. Ce rêve, c'était, ouais, quelque chose qui, alors je l'ai depuis vraiment très, très, très, très longtemps, on va dire une quinzaine d'années, et puis, ben voilà, il y a une quinzaine d'années, moi j'avais 17, 18 ans, donc c'est vraiment pas simple, j'étais dans une autre période de ma vie où j'étais sportif de haut niveau, donc c'est clairement pas le moment de faire ça. Et on va dire qu'avec les années, avec l'expérience de, voilà, de mes courses en ultra distance, voilà, j'ai fait quoi ? j'ai fait quasiment 5 ans de course d'ultra, enfin d'ultra distance à vélo, et d'autant plus que en pignon fixe. Voilà, là j'ai eu l'opportunité d'y aller, alors ça s'est fait du jour au lendemain clairement.
Loïc Ah ouais ?
Benoit Ouais, ouais, ça s'est fait, ça s'est fait, c'est simple, je suis parti le 11 janvier, j'ai pris l'avion de Marseille, j'ai pris mes billets, on était aux alentours du 17 décembre à peu près, 17, 20 décembre, voilà, ça s'est fait, ça s'est fait trois semaines avant, ouais, trois semaines avant. Alors ça me cogitait parce que j'avais fini de bosser, moi là je bosse en saisonnier, on y reviendra après, j'étais en train de tourner en rond et plus ou moins j'avais cette idée parce que je savais que j'avais du temps et que j'avais de l'argent cette fois-ci, donc qu'en fait je pouvais partir, là il n'y a pas grand-chose qui me freinait, mais je pense que j'avais un peu peur, voilà, un peu peur de partir parce que, ben, mine de rien, on est sur, ben, sur un gros voyage, sur une grosse aventure, sur, ben, on parle des Etats-Unis, ça reste, bon, maintenant que j'y suis allé, je vais, je vais, voilà, je n'ai plus le même discours mais c'est un pays énorme, c'est tellement long, tellement grand, tellement, tellement tout en fait que, ouais, ça faisait peut-être un peu peur on va dire, ouais.
Loïc et du coup, ce que tu avais en tête, c'était déjà à la base de faire cette traversée, ça avait, enfin, la symbolique pour toi, elle était aussi là-dedans de faire ce, tu vois, côte ouest, côte est.
Benoit Ouais, carrément, après, ce n'est pas mon trajet de rêve, on va dire, avec l'Utah, avec tout ce qui est Yosemite, voilà, tous les parcs naturels, ça, c'est vraiment mon tracé de rêve avec tout ce qui est montagne et tout, et vraiment des paysages incroyables, la route 66, Monument de Vallée, voilà, etc, etc. Le truc qu'il y a, c'est que, ben, cette période, c'est un peu compliqué, c'est un peu qui tout double, c'est soit tu as des conditions plutôt correctes, donc, ce n'est pas non plus des gros chaleurs, soit, ben, tu peux prendre très, très cher, très rapidement, donc, c'est-à-dire pluie, froid, neige, verglas, donc, voilà, j'ai joué un peu la carte de la sagesse et je suis resté, je suis resté vraiment plus au sud et, voilà, on a sauvé les meubles et c'était parfait.
Loïc Du coup, c'était un, comment tu as fait pour le vélo ? Tu l'as emmené avec toi ? Tu as trouvé un partenaire sur place ?
Benoit Non, non, non, du tout, voilà, je ne me suis pas embêté, un carton, j'ai démonté tout le vélo, au final, c'est guère plus long qu'un vélo classique, donc, en fait, ce que je fais, c'est qu'en démontant tout, enfin, tout, mes deux roues et mon rack à l'avant, en fait, ils rentrent dans un carton classique de vélo normal, j'ai juste à faire une petite prolongation d'une trentaine de centimètres devant, voilà, parce que j'ai mon cadre et ma fourche qui sortent et qui sont un peu plus longs, mais voilà, ça n'empêche pas, ça n'empêche pas de voyager avec. Ok. D'ailleurs, j'avais fait le Maroc également l'année dernière, j'étais parti en avion, voilà, ça ne pose pas de soucis.
Loïc Ok. Ok. Ok. Et par curiosité, donc tu disais, devant, tu as une roue de 20 pouces, c'est quoi le reste de l'équipement ? Tu as quoi comme groupe ?
Benoit Là-dessus, il est monté quand même avec des pièces relativement très propres, donc j'ai un ensemble Tom-Som devant pour la potence et le guidon, j'ai une tige de selle de chez Deda en carbone, après j'ai un groupe AXS SRAM monoplateau dessus, donc voilà, non, c'est un beau vélo et puis voilà, ma roue de 20 pouces, c'est une roue de BMX Race, donc voilà, c'est une belle roue, devant j'ai un beau moyeu Dynamo de chez Son et puis derrière, j'ai une roue Duke avec un beau moyeu Chris King, enfin voilà, c'est vraiment un beau montage comme je fais à chaque fois, voilà, je me fais plaisir dans le matériel, je suis dans le milieu, donc j'ai le gros avantage d'avoir des pièces pas chères, voire même des pièces qui me sont données et qui me sont sponsorisées, donc non, c'est vraiment cool.
Loïc Ouais, t'as raison, autant se faire plaisir surtout pour un projet comme ça. Et dernière petite question, du coup, un poil technique, tu parlais de confort, t'as fait le choix d'avoir quoi comme cintre ?
Benoit Là, du coup, c'est un cintre plat, un cintre plat en carbone et très important, alors déjà, c'est de partir avec des poignées neuves, parce que, voilà, pas des poignées qui sont rincées, parce que tu peux très rapidement avoir mal aux mains d'enchaîner les journées et j'ai également fait le choix de mettre des prolongateurs parce que, voilà, on a des lignes droites là-bas, alors à perte de vue, notamment une qui me restera gravée à vie. quand j'ai tracé la route le soir et que je vois à un moment donné une ligne droite, je me dis, mais attends, là, il y a un truc, ce n'est pas possible. Il me l'a calculé en mode vol d'oiseau. Non, non, non, en fait, j'avais un désert de 215 kilomètres exactement. On était au troisième jour et là, je vois ça, je fais, oh putain. Tu as eu 215 bornes de lignes droites. 213 kilomètres exactement, ouais, ouais, ouais. Les deux derniers, je rentrais dans la ville, donc il y avait un peu de virage, mais ouais, incroyable, incroyable. Mais, ouais, on y reviendra peut-être plus tard, mais au final, les lignes droites, ce n'est pas ce qui m'a dérangé le plus, très clairement, ouais.
Loïc Ok. Donc, un vélo bien équipé, donc au final, tu es parti avec. C'était quoi un peu, avant de prendre le départ, tu disais qu'il y avait peut-être un peu de peur qui te retenait avant que finalement, tu prennes tes billets au dernier moment. C'était quoi les… Tu as parlé de la taille du pays, etc. C'était quoi ? C'était la logistique qui était un peu impressionnante ? Non,
Benoit parce que la logistique, ce n'est jamais compliqué quand tu pars, parce que tu pars avec tout. Alors, enfin, voilà, en arrivant, il y a eu, il y a eu un petit couac et tout, parce que mon vélo est arrivé. Mais, donc moi, je suis arrivé le 11 janvier. J'avais prévu de commencer l'aventure le 12. Le truc qu'il y a eu, c'est qu'en arrivant le 11 janvier à midi, que mon vélo est arrivé. donc, déjà, ça commençait mal, parce que, du coup, il manquait tout mon sac avec tous mes affaires, enfin, mes habits et compagnie et compagnie. Et là, on me parle de logistique un peu galère. Alors, normalement, ça n'arrive pas, mais là, par exemple, moi, mon carton de vélo, donc, j'avais démonté mes pédales, j'avais démonté mon dérailleur, j'avais démonté ma chaîne, voilà, pour ne pas que ça abîme, que ça frotte sur le vélo, etc., etc. Sauf que là, tu vois, par exemple, j'étais à 12 kilomètres de l'hôtel que j'avais réservé et du coup, tu sors de l'avion, tu montes ton vélo, tu mets ton sac dessus, tu vas à l'hôtel, 12 bornes, il n'y a rien de compliqué. Sauf que là, du coup, tous tes plans, ils changent parce que j'ouvre mon carton et je fais, mais ouais, mais je suis con, putain, mes pédales, elles sont dans mon sac, mon dérailleur, il est dans mon sac, ma chaîne, elle est dans mon sac et au final, je peux juste mettre les roues et mon rack devant et puis voilà, après, je fais de la trottinette. Donc, tu vois, là, tu commences la journée, tu as t'es rire à Los Angeles, un aéroport qui fait quatre fois celui de Paris, tu ne sais pas où il faut aller, il faut aller faire les papiers, bon alors, j'ai de la chance, je parle anglais, donc voilà, ça facilite les choses mais voilà, le mec, tu lui expliques, tu dis ouais, mais attendez, ça arrive quand parce que ce n'est pas la première fois que je voyage, j'ai déjà eu le cas, moi, c'était un vélo qui n'était pas arrivé et il est arrivé quatre jours après, enfin voilà, et en fait, ça peut vite, voilà, il peut vite avoir des complications. Bon, le gars me dit non, non, non, demain, tu viens à 17h, ton sac sera là, donc voilà, le lendemain à 14h, je suis allé à l'aéroport, j'ai tenté le coup et finalement, mon sac était déjà arrivé, donc voilà, c'est bon, j'ai perdu un jour, on va dire.
Loïc Ouais.
Benoit Voilà, mais non, après, ce qui me faisait peur, je pense, c'est la durée de l'aventure, voilà, c'est la durée de l'aventure et d'être loin, alors pas loin de tout le monde parce que, enfin, que tu fasses une aventure en Espagne, en Allemagne, en Autriche, au final, il n'y a personne qui est là pour t'aider, c'est vraiment la durée de l'aventure, je pense, la durée de l'aventure et la grandeur des Etats-Unis, ouais.
Loïc Parce que, avant même de te lancer, donc tu disais 43 jours, enfin, tu avais tablé, tu avais tablé sur quoi ? Parce que tu étais quelqu'un qui roule quand même énormément, donc je pense que s'il avait fallu, tu vois, plier le truc en 15 jours, tu aurais pu quoi, mais...
Benoit Alors, je ne suis pas parti seul, je suis parti avec un ami, donc, Henri, 62 ans, donc voilà, pas tout jeune, c'est un mec qui roule, voilà, qui fait entre 12 et 15 000 à l'année, donc, voilà, j'avais déjà rouloté un petit peu avec lui, alors c'est sûr, on n'a pas du tout le même niveau, mais, voilà, c'est un mec qui a déjà un peu voyagé, etc., etc. Moi, j'avais tablé sur, je devais partir seul, donc moi, j'avais tablé sur un mois, un mois, ça faisait des journées à 160 kilomètres, c'est des choses que j'ai déjà fait, quand j'avais fait un petit aller-retour direction l'Est de l'Europe,
Loïc en cargo aussi, je me souviens bien déjà,
Benoit en cargo aussi, exactement, voilà, c'est quelque chose qui était largement faisable, là, du coup, quand il s'est greffé avec moi, j'ai revu directement la chose à la baisse un peu, parce que, je savais que pour lui, ça ne passerait pas, c'était déjà un peu, tu vois, ça commençait déjà à faire long, là, même d'enchaîner les jours et tout, il y a eu des jours un peu compliqués, il y a eu des jours avec beaucoup de vent, on faisait aussi en fonction de là où on se trouvait, voilà, on est aux Etats-Unis, il y a des endroits pendant 500 bornes, il n'y a absolument rien, donc, il fallait essayer de trouver un petit motel, ou une petite ville, une petite, voilà, une petite connerie, des gens qui t'accueillent, voilà, ce n'est jamais simple, donc, il y a eu des jours où on a dû pousser un peu, pas volontairement, mais, mais voilà, il fallait pousser, et puis, il y a eu des jours un peu plus cools, voilà, on a fait quelques jours aux alentours des 100 kilomètres, alors, bien sûr, ça reste tout de même 100 kilomètres en vélo chargé, il ne faut pas l'oublier, mais tout ça, moi, je l'avais calculé, je l'avais vraiment tout préparé, parce que, on a pris nos billets retour également, directement, donc, voilà, on savait qu'on rentrait le 26 février, donc, moi, j'avais tablé pour arriver deux jours avant à Miami, voilà, pour arriver le 24, pour arriver le mardi 24, et puis, et puis, ça, ça l'a fait facilement, et ça nous a permis même la dernière semaine, les derniers six jours, de clairement lâcher du lest, on s'est trouvé des warm showers tous les soirs, on est invité chez des gens, on roulait trois heures tous les jours, on faisait entre 70 et 90 boards maximum, non, voilà, ça a permis de, voilà, et mon collègue a, voilà, vraiment apprécié ça, il y a eu des jours, on a enchaîné 4, 5 jours à 150, 160, vent dans la gueule, bon, il m'a maudit le soir, il me maudit, il me maudissait, mais, voilà, je lui disais, je lui dis, Henri, tu sais, il faut avancer, je lui dis, ouais, il me dit, c'est bon, on a deux jours d'avance, je lui dis, tu sais, Henri, l'avance, on l'a pris, on a mis des jours et des jours à prendre deux jours d'avance, à faire 10 bornes de plus par là, 10 bornes de plus par là, le truc, c'est que tu peux, l'avance, tu peux très, très vite la perdre, tu peux tomber, tu peux avoir un gros pépin mécanique, tu peux tomber malade, tu peux, voilà, il peut avoir, tu peux être bloqué pour des intempéries, comme ça a été le cas avant El Paso, à cause de la vague de froid, enfin, voilà, il peut vraiment, voilà, on peut perdre rapidement, un, deux, trois jours, et du coup, après, c'est pas la même, parce que, ben, tout ton avance que t'as perdu, ben, malheureusement, il va falloir remettre des jours à 160, 180, et c'est pas les mêmes journées, quoi.
Loïc Donc, voilà. Excellent, ah, punaise. Ok, et du coup, c'était la première fois pour toi aux Etats-Unis, enfin, pour vous deux ?
Benoit Ouais, ouais, ouais, c'était la première fois qu'on partait, et ça sera pas la dernière, forcément. Ouais, ça sera pas, j'annonce direct que, ouais, je vais, je vais y retourner, parce que ça, parce que j'ai kiffé, et que, voilà, et que, et que tout, j'ai tout kiffé, que ce soit les décors, que ce soit, les gens, l'état d'esprit des gens, la, la gentillesse des gens, le respect des gens, de, voilà, c'est, c'est un, franchement, un super pays que, j'ai vraiment apprécié, ouais.
Loïc Excellent. Bah, alors, justement, du coup, si c'était ta première fois, c'est quoi un peu les, tu vois, qu'est-ce qui te, qu'est-ce qui te faisait rêver, dans les Etats-Unis en particulier, et une fois que, enfin, maintenant que t'es revenu, qu'est-ce qui, bon, là, tu viens de le dire, il y a beaucoup de choses qui t'ont visiblement marqué, tu vois, mais est-ce que ce qui t'a marqué, c'est ce que tu t'attendais à trouver là-bas ?
Benoit Ouais, au final, tu sais, c'est, alors, on a fait pas mal de Warm Shower, donc, bon, au passage, je vais expliquer ce que c'est, puis c'est peut-être pas mal de gens qui connaissent pas, donc, Warm Shower, c'est une application, tout simplement, pour les gens qui voyagent, voilà, qui, qui permet de se faire, entre guillemets, loger, gratuitement, voilà, et les gens, vous, vous, vous donnent un toit, vous invitent chez eux, alors, vous font pas forcément à manger, voilà, mais ça, voilà, vous discutez, l'application, elle est super intuitive, vous, voilà, vous mettez le nombre de personnes que vous êtes, tu as l'adresse exacte des gens, tu, tu peux voir à combien de kilomètres tu es de, deux exactement, ils vont te dire, vous pouvez dormir dans un lit, chez moi, je peux vous loger, mais voilà, il faut la tente, ou je vous mets dans le garage, etc., etc., mais je peux, vous pouvez prendre une douche, vous avez le droit de l'aider aux affaires, etc., etc., donc franchement, c'est une appli qui est super bien, et, et voilà, pour revenir à la gentillesse des gens, moi, je raconterai là, une anecdote après, qui a été incroyable, enfin, voilà, sur la gentillesse des gens, mais, mais moi, là, à chaque fois, on a été invité le soir, on allait dans des restaurants, alors voilà, ouais, carrément, on parle de 20 dollars, voilà, on parle d'un burger, d'une bière, mais 20 dollars, plus mon pote Henri, 20 dollars, ben voilà, c'est 40 dollars, les gens, ils ne nous connaissent pas, ça fait, ça fait deux heures qu'on est chez eux, ils nous ouvrent leur maison, on arrive, il y a à manger, il y a à boire, mettez-vous à l'aise, faites comme chez vous, voilà, vous avez le choix, il y a un grand lit, soit vous prenez le grand lit, soit il y a deux chambres, faites comme vous voulez, enfin voilà, incroyable, donc ça, c'était le petit point, Warm Shower, c'était pour expliquer, et au final, c'est ce que je discutais avec les gens le soir, parce qu'ils me demandaient, qu'est-ce qui te plaît, est-ce que tu es surpris de quelque chose, et au final, tu sais maintenant, avec la télé, avec les séries américaines, et compagnie, et compagnie, ben en fait, il n'y a rien qui m'a choqué, tu vois, il n'y a rien qui m'a surpris, en fait, c'était comme si j'étais déjà allé, parce que, tout est comme, tu vois, dans les films, dans les séries, tu vois, il y a tout qui est pareil, et au final, tu connais, tu vois, tu connais tout par cœur, parce que, ben maintenant, la moindre série que tu regardes, elle est tournée aux Etats-Unis, le moindre film que tu regardes, c'est fait aux Etats-Unis, et voilà, au final, tu arrives là-bas, le premier jour, ben c'est marrant, mais, tu vas dans les stations-service, tu sais tout comment ça fonctionne, voilà, tu vas choper ton gobelet de 1,5 litre, tu vas au distributeur à coca, tu fais cuire, tu fais cuire ton hot dog, enfin, tu es un vrai américain déjà, tu vois, tu as tellement, et au final, tu vois, il n'y a rien qui m'a surpris, tu vois, et je n'ai pas été choqué, ou, et ça, j'ai trouvé ça vachement déroutant, parce que justement, tu vois, la plupart du temps, je vais dans des pays, tu vois, c'est pour découvrir plein de choses et tout, mais au final, tu arrives là-bas, et, ouais, tu es un américain en fait, tu vois, tu connais déjà tout, tu sais tout comment on marche, ouais, c'est incroyable, c'est incroyable.
Loïc Et c'était quoi la réaction des gens, quand tu leur expliquais le pays que vous étiez en train de faire, et qu'ils te voyaient faire ça à vélo, cargo ?
Benoit Alors, la plupart des gens chez qui on allait, parce qu'on était sur une route relativement fréquentée, on va dire, et c'est des gens qui étaient sur la route, de ce chemin, que les gens prennent quand ils font la traversée, ils n'ont pas été forcément trop étonnés, les gens chez qui on allait, les warm showers, voilà, après, ils étaient toujours un peu surpris par le vélo, parce qu'il y a beaucoup de gens, on n'en avait jamais vu, après, moi, j'ai un pote à moi qui est américain, et en fait, son vélo cargo, c'est sa maison, voilà, il n'a rien d'autre que ça, lui, et il passe sa vie sur les routes, et d'ailleurs, j'ai eu la chance de le croiser deux jours avant El Paso, d'ailleurs, j'ai fait une petite dédicace à Eric, voilà, alias Trou Marmelade, sur Instagram, voilà, c'est un gars qui vit sur son vélo cargo, qui sillonne les routes américaines, qui fait les poubelles, alors, il n'est pas du tout en manque d'argent, c'est quelqu'un qui vit à travers les réseaux sociaux, dans le monde du vélo, et compagnie, et compagnie, qui fait de la photo, qui fait de la vidéo, c'est quelqu'un qui n'est pas du tout à plaindre, mais il fait les poubelles, et je le kiffe, parce qu'en fait, il veut dénoncer beaucoup de choses, tu vois, comme on a dans les grandes surfaces, tu vois, tous les produits qui sont en date limite, et compagnie, qui sont jetés, c'est des tonnes, et des tonnes, et des tonnes, et tu vois, pareil, je me souviendrai toujours, parce qu'on s'est croisé deux jours avant El Paso, et ce gars, je ne l'ai jamais vu, on ne se connaît que sur les réseaux, depuis six ans, on se connaît, et tu vois, on s'est croisé en plein milieu d'une ligne droite, avant El Paso, sous un déluge, il pleuvait, et tu vois, on s'est pris une demi-heure sous la flotte, mais il tombait des, tu vois, des trompes d'eau et tout, mais tu vois, on a passé un moment, un moment fort et intense, et il m'avait dit, il m'a dit, tu sais quoi, tu vas à ce warm shower, tu vas voir, c'est trop bien, c'est atypique et tout, donc du coup, j'avais envoyé un message à cette femme-là, qui avait le warm shower, elle m'avait validé le truc, et tu vois, quand je suis arrivé là-bas, donc j'avais dormi dans un bus scolaire, un ancien bus scolaire magnifique, et ce gars-là, Eric, m'avait laissé un cadeau, c'était que des confiseries, des bonbons, excellent, voilà, il m'avait laissé un paquet, il m'a dit, voilà, pour toi, bonne route, bonne fin d'aventure, et tu vois, une fois de plus, pour parler de la gentillesse des gens, tu vois, c'est incroyable, c'est incroyable, et voilà, donc tu as des gens, des warm showers, qui avaient déjà vu ce type de vélo cargo, parce que Eric, en fait, il a sillonné les Etats-Unis, et il connaît énormément de warm showers, et en fait, j'ai fait beaucoup de warm showers, où il était passé, donc les gens, tu vois, il y en a qui ne sont pas surpris, et qui disent, oh, mais j'en ai déjà vu un et tout, et je dis, ah ouais, c'est Eric, c'est ce gars-là, tu vois, tu montres la photo, et les gens, ils sont là, ils sont sur le cul, parce qu'ils l'ont vu une fois, et toi, tu leur dis, ouais, c'est mon pote, on s'est vu il y a 15 jours à El Paso, et en fait, là, tu te dis, putain, le monde, il est petit, il est très petit en fait, et voilà, c'est incroyable, c'est incroyable. Excellent.
Loïc C'était quoi les, parce que j'imagine que, d'un point de vue météorologique, paysage, peut-être même culturel d'ailleurs, tu as dû voir des différences quand même, le pays, tu le disais, il est monstrueux, c'est globalement plus grand que, enfin, c'est l'Europe quoi, ouais, ouais, ouais, plus grand même, c'était quoi, si tu devais découper un peu le trip, là, sur ces 43 jours, ça a été quoi, les grandes sections ?
Benoit Les grandes sections, ça a été, alors, je suis parti de Los Angeles, pour le point de départ, Los Angeles, Santa Monica, et j'ai fait une arrivée à Miami, voilà, j'ai essayé de, de rester le plus au sud, donc, direction la frontière mexicaine, c'était vraiment un choix, pour prendre un peu de la montagne, pour avoir aussi des conditions climatiques, aussi meilleures, et si je dois découper le trajet, je découpe en trois parties, trois parties, et je fais, allez, un Los Angeles, El Paso, où là, tu vas être dans des, donc, t'as trois, trois, quatre états, t'as quatre états, donc, t'as Californie, Arizona, Nouveau-Mexique, et, début du Texas, voilà, pour El Paso, et là, on est vraiment dans, la partie que j'ai kiffée, la partie désertique, la partie, alors, attention, il y a des grandes villes, je dis désertique, mais, voilà, t'as Phoenix, t'as Tucson, voilà, t'as de la grande ville quand même, mais, on est pour moi, dans la partie désertique, les grands espaces, à perte de vue, les couchers de soleil, les levées de soleil, les montagnes, les lignes droites, alors, les lignes droites, il y en a eu tout le long, mais, tu les vois encore plus, quand t'as vraiment des grandes étendues, des, tout autour de toi, en fait, et, donc, ça, c'est vraiment la partie, voilà, que j'ai kiffée, parce que, voilà, tout ce qui est désertique, et bien, t'es vraiment seul, en fait, voilà, on a fait des, moi, j'ai fait des, on a fait des 4-5 jours, sans voir personne, et, et ça, moi, j'adore, j'apprécie, tu vois, j'apprécie le, t'es en train de faire ta map le soir, tu vois, et là, tu te dis, ouais, donc là, là, là, là, donc là, nous, on est dans une petite ville, et bien, il n'y a rien, donc, tu vois, je prenais vraiment, j'ai une application, où tu arrives à vraiment savoir, les stations service, la moindre petite épicerie, etc., etc., alors, des fois, ils te mettaient, allez, petite épicerie ici, mais tu vois, moi, dans l'expérience, dans le doute, que ce soit fermé, ou qu'elle est fermée définitivement, et bien, voilà, en fait, avant de partir pour ces 470 bornes, c'est-à-dire à peu près 3 jours, voire 4, et bien, tu t'arrêtes, et tu fais les recharges, et tu recharges surtout en eau, parce que quand on est parti de Californie, il faisait une chaleur monumentale, on a eu entre 30 et 35 degrés tous les jours, donc, ouais, tu, moi, je ne bois pas forcément beaucoup, mais, par contre, une fois que j'ai fini de rouler, je me bois un lit de 5, la nuit, je vais avoir soif, feu, etc., etc., et ça, c'est vrai que c'est des choses qu'il faut prévoir, et ça, c'était aussi mon rôle, tous les soirs, de mapper, de vraiment savoir en aller, de jongler, parce que j'avais fait une trace, on va dire, bête et méchante, mais de Los Angeles à Miami, mais tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs, tous les soirs, je remappais, pourquoi ? Tout simplement pour choper du warm shower, pour éviter de payer des motels, moi, de base, j'avais prévu de faire beaucoup de tentes, voilà, parce que c'est quelque chose que j'adore, j'adore le bivouac, j'adore être dans la nature, et tout, et tout, bon, voilà, je suis parti avec Henry, donc un peu plus âgé, qui a un petit peu plus besoin de confort, on va dire, et c'est compréhensible aussi, et en plus, il a eu des graves problèmes de dos, il y a quelques années, il a eu une grosse opération et tout, donc, bon, en tente, on ne dort pas forcément pareil que dans un vrai lit, donc, voilà, on a fait quand même beaucoup plus de motels et warm shower, que de bivouacs, même si on en a fait, on en a fait quand même pas mal, mais voilà, tous les soirs, c'était mapper, prendre la route que j'avais plus ou moins tracée, voir s'il y avait un warm shower, s'il fallait faire un détour, retracer, etc., etc., donc, voilà, et ça, dans cette partie, ça avait été compliqué, parce que, voilà, c'est une région désertique, donc, un peu plus et un peu moins peuplée, on va dire, mais voilà, on va dire que moi, ça a été ma partie number one, vraiment, ça a été la partie. C'est marrant,
Loïc parce que tu dis ça, tu parles de désertique, bon, on est sur un, Les Frappés, c'est un podcast 100% audio, mais s'il y a des gens qui ont l'occasion, pendant qu'ils écoutent, de regarder un Google Maps, c'est assez hallucinant, je n'avais jamais fait gaffe, parce que tu fais un zoom sur le Texas, tu as un quadrillage de routes importantes, à peu près partout, par contre, le Nouveau-Mexique, il n'y a rien,
Benoit il n'y a rien, il n'y a rien, il y a deux routes au Nouveau-Mexique, il y a deux routes, et tu te débrouilles, et bien que, voilà, toi, tu le vois sur Google, tu vois, là, tu es en train de me parler du Texas, donc, on va y venir, la deuxième partie du voyage, bête et méchant, le Texas.
Loïc Ah ouais, en entier, ok.
Benoit Ouais, le Texas, c'est un, tu vois, c'était, alors, quand on a commencé le voyage, bon, c'est vrai que je pars un peu, je m'étale un petit peu, mais j'ai tellement de souvenirs de, enfin, j'ai plein d'idées qui me viennent, plein d'anecdotes, mais tu vois, quand on est parti, moi, pour remettre un peu les choses dans le contexte, je travaille en saisonnier maintenant, au pied du Ventoux, donc, j'ai stoppé de travailler dans les équipes, les équipes professionnelles de vélo, pour certaines raisons, on va dire, pour des points qui ne me plaisent pas trop, c'est-à-dire que c'est un milieu, je fais une petite parenthèse, voilà, mais un milieu où il ne faut pas trop ouvrir sa bouche, quand quelque chose ne va pas, où il ne faut rien dire et tout, et en fait, moi, ce n'est pas dans ma nature, s'il y a un truc qui ne va pas, je l'ouvre, et en fait, ça ne plaît pas forcément, et voilà, c'est un milieu que j'ai énormément apprécié, j'ai vécu des choses de fou, j'ai rencontré du monde comme pas possible, tu vis avec les athlètes, c'est aussi, tu vois, il y a beaucoup de gens qui auraient kiffé à ma place, donc voilà, je suis vraiment reconnaissant de tout ce que j'ai vécu, je suis allé dans des pays aussi incroyables, mais voilà, j'ai mis de côté, peut-être qu'un jour, j'y reviendrai, on ne sait jamais, mais voilà, pour le moment, c'est de côté, et en fait, je suis toujours mécano vélo, mais maintenant, je suis au pied du Ventoux, donc c'est incroyable, je bosse à Bédouin Location, pareil, gros big up à mes patrons, et voilà, c'est ma famille en fait, maintenant, c'est vraiment un shop familial, ils bossent en famille, il n'y a pas de prise de tête, ça bosse dur, ça bosse bien, ça bosse très très bien, ça bosse très pro, et on a du monde comme pas possible, donc voilà, ça fait que je bosse du 1er avril au 31 octobre, je bosse placard, je fais des semaines, je ne vais pas dire le nombre d'heures que je fais, parce que je vais avoir l'URSAF sur le dos, et c'est incroyable, donc voilà, moi je sais que je bosse 7 mois placard, et puis que derrière, en fait, je suis 5 mois en vacances, et ça me permet d'avoir du temps, et puis de pouvoir bouger, et ça, c'est génial, donc voilà, le seul truc qu'il y a, c'est que pour faire ce voyage, il fallait que je parte l'hiver, donc voilà, j'ai que cette période-là, donc c'est comme ça, mais ouais, pour revenir au Texas, toi, tu le vois sur Google Maps, mais malgré tout, il n'y a pas tant de routes que ça, voilà, malgré tout, c'est, c'est, c'est, voilà, c'est de la grande route, c'est du direct, c'est, ouais, c'est, il n'y a pas de, en fait, il y a beaucoup de chemin aussi, tu vois, on s'est demandé en fait, pourquoi ils ont tous des 4x4, ils ont tous des grosses voitures et tout, parce qu'en fait, tout ce qui est routes secondaires, c'est des pistes, tout simplement, et voilà, mais après, les vraies routes praticables, praticables à vélo, il n'y en a pas, enfin, il y en a beaucoup, mais c'est, ça reste limité, voilà, ça reste limité, donc ouais, deuxième partie du voyage, le Texas, le Texas, donc, on l'a chopé à El Paso, après d'ailleurs, une tempête de neige, donc ouais, c'est incroyable, parce que le jour où on est arrivé à El Paso, on est arrivé sous la neige, on est arrivé, c'était 13h de l'après-midi à El Paso, d'ailleurs, dans un warm shower, incroyable sur les hauteurs d'El Paso, une famille magique, qui nous ont accueillis encore une fois, et on est arrivé sous la neige, et le lendemain, tu pars, tu pars sous 25 degrés, à 9h, quoi, c'est, c'est, ouais, bienvenue au Texas, c'est incroyable, et donc ouais, le Texas, on a fait El Paso, Houston, donc là, on part sur une diagonale, la plus longue diagonale qui existe au Texas, donc tu pars pour 1200, 1300 bornes, et ouais, c'est long, c'est un état qui est très, très long, qui est aussi très, très marrant, pareil, beaucoup d'anecdotes sur le Texas, vas-y, vas-y, tu vois, je suis arrivé, je suis arrivé au Texas, je me rappelle plus le nom du bled, ah, j'ai plus le nom du bled, un truc qui finit en tasse, ou un truc comme ça, bon, bref, un bled, une quinzaine d'habitants, toi, pour te dire, en plein milieu du Texas, au milieu de nulle part, avec, pas une ville, pas un village à 200 bornes à la Rwanda, et en fait, j'avais vu, dans ce bled-là, il y avait un community center, donc community center, c'est un genre de salle des fêtes, en fait, donc salle des fêtes pour le village, pour les gens qui, voilà, qui veulent avoir des réceptions, faire un anniversaire, voilà, je, enfin, plein de choses, et, il y avait un numéro au-dessus, donc, moi, je l'avais anticipé, j'avais envoyé un message, il m'a dit, ouais, ouais, pas de souci, donc, en fait, ça, tu payes 10 dollars la nuit, et en fait, j'avais 500 mètres carrés pour moi tout seul, des matelas, une salle de bain, une grande cuisine, enfin, bon, voilà, il y en avait de reste, et, donc, le gars, je me trouve devant cette salle des fêtes, community center, donc, j'appelle le gars, il me dit, ouais, je suis là dans 10 minutes, bouge pas, et là, en fait, tu vois le cliché, mais, le mec qui arrive avec son gros pick-up, chapeau, les Santiago, les bottes, là, et puis, tu vois le gros 357 Magnum, tu sais, à la taille, et là, tu regardes, t'es plus choqué, parce qu'en fait, j'en ai vu des armes, j'en ai vu avant le Texas, on en a vu plein, on en a vu plein, plein de gens armés, et compagnie, donc, ça fait partie, c'est, là-bas, c'est normal, donc, voilà, moi, ça me dérange pas, mais tu vois, c'est une anecdote, tu dis, qu'est-ce qu'il fait, lui ? Il y a personne, 200 kilomètres à la ronde, il y a un village de 15 habitants, tout le monde doit se connaître, et l'autre, il est armé jusqu'aux dents, et, mais c'est, mais c'est le Texas, tu vois, et, et c'est trop bien, et quand je racontais ça, au, au warm shower le soir, ou aux gens que tu rencontres sur la route, ils disent, ouais, c'est normal ici, c'est normal, c'est comme ça, mais c'est fou, c'est fou. Ouais,
Loïc j'avais un boss qui avait, au Texas, moi, je travaillais à Fort Worth, qui est à côté de Dallas.
Benoit Ah ouais, ouais, Dallas, et je suis passé plus au sud.
Loïc Ah bah voilà, j'avais été le demander là-bas si tu étais passé par ce coin-là, et très très, bref, ce boss, il avait une arme à feu, en permanence, à portée de main, c'est-à-dire que, dans son bureau, il avait son tiroir, son clavier, avec un gun, dans son pick-up, il avait un gun dans la boîte à gants, et dans la portière. Incroyable. Sur lui, il avait un gun, enfin tu vois, tout le temps en fait. Ouais, ouais, ouais. Ouais, c'est vraiment, c'est culturel, c'est historique. Ouais, là-bas,
Benoit c'est, tu vois, moi, je suis passé pareil, en plein milieu du Texas, t'es au milieu de nulle part, tu passes devant des armuries, quoi. Et c'est fou, t'as pas une station service pendant 300 bornes, mais par contre, tu peux acheter des armes, y'a pas de soucis. Et ça, c'est, tu vois, t'es au milieu de nulle part, tu dis, ah, pourvu qu'il y ait une super aide, qu'il y ait un truc, on peut se restaurer. Bah, non, je suis désolé, par contre, si tu vas acheter un fusil, ouais, tu vas là-bas, c'est fou. gros délire. Ouais, non, c'est, c'est incroyable. Le Texas, alors, j'avais un gros a priori sur le Texas, parce que, ben, voilà, avant de partir, je, voilà, je suis comme tout le monde, je vais sur internet, je lis des choses, je regarde, et compagnie, et compagnie. Les gens aussi là-bas me disaient, attention au Texas, machin et tout. Et puis au final, non, super, voilà, j'ai pas vu de, pas vu de différence. Alors, c'est vrai que ça fait, le Texas, il m'a fait mal, il m'a fait mal mentalement, parce que, on a pris beaucoup de vent de face. Alors, quand je dis beaucoup, c'est-à-dire que, j'ai pris 10 jours vent de face. Wow. Et, 10 jours vent de face, c'est très long, c'est très dur, ça souffle énormément, les routes sont mauvaises, donc, il n'y a pas un rendement de fou, déjà à la base, mais tu me rajoutes du vent, c'est horrible, je roule à 17 à l'heure tous les jours, donc, ah ouais. pour faire 100 bornes, 17 à l'heure, tu passes 7 heures sur le vélo, sauf qu'il fallait faire 120, 130, ben voilà, tu fais des journées 8 heures et demie, voilà, c'est très long. Et le Texas, il m'a, alors, il ne m'a pas fatigué, voilà, musculairement ou physiquement, mais par contre, mentalement, il m'a, ah, je suis sorti du Texas, j'ai été cuit. et ce qui est dur aussi, c'est que, tu vois, jusqu'à El Paso, jusqu'à l'entrée du Texas, même si c'est long à traverser les états, tu vois, tu mets 4 jours à traverser les états, les différents états, mais tu vois, ben, tu passes de la Californie à l'Arizona, de l'Arizona, puis tu sais, tu as toujours le panneau, tu vois, tu t'arrêtes, c'est la photo, d'un côté, bienvenue en Californie, de l'autre côté, bienvenue en Arizona, et tu vois, à chaque panneau de changement d'état, ben, tu vois, moi, je m'arrêtais, je faisais une photo pour Insta, tu vois, et voilà, et c'est là que tu vois que tu avances, tu vois, le Texas, alors c'est pareil, même quand je suis parti de Los Angeles, le premier soir, je mets Google Maps pour voir où je me situe, voilà, je me suis fait mal à la tête, j'ai eu, j'ai eu, je te promets, j'ai eu une fracture du mental, et, et, et je vais te dire, ça m'a fait mal à un point que, le premier jour, j'ai fait 140 bornes, j'ai l'impression que je n'avais pas bougé, et tu sais, tu zooms, j'étais à Los Angeles, donc j'avais le point juste à côté de Los Angeles, et là, tu dézooms, tu dézooms, et tu dézooms, et tu dézooms, et tu te dis, mais ça s'arrête quand en fait, tu sais, je ne voyais pas la Floride et tout, et là, quand je te dis fracture du mental, je pense que c'est vraiment le terme, j'ai mis une semaine à m'en remettre, ah ouais, et je vais te dire pourquoi, tous les jours, tous les jours, j'avais du mal à me mettre dans le voyage, et c'est pour ça aussi, il y a 5 minutes que je parlais du taf que je faisais à Bédouin en tant que saisonnier, la malchance que j'ai, c'est que du coup, je bosse énormément, et je ne touche pas le vélo, ou alors très très peu, c'est-à-dire que l'année dernière, c'est simple, j'ai fait 1500 bornes, donc voilà, je suis parti aux Etats-Unis avec 1500 bornes dans les jambes, donc j'avais aussi, je pense que ma peur, elle était là, elle était vraiment ici, c'est que je n'avais pas le niveau, sans parler de performance, mais je ne voulais pas subir en fait, tous les jours, à rouler, que ce soit dur, j'ai un vélo chargé, etc., je suis parti avec 1500 bornes dans les jambes, et voilà, et c'est pour ça que tout à l'heure, j'étais venu sur mon boulot, je m'étais en mêlé pinceau, je ne sais même plus pourquoi, mais c'était pour ça en fait, et ma peur, je pense qu'elle venait aussi de ça, tu vois, je pense que j'avais peur de, de ne pas y arriver physiquement, et quand je te dis, voilà, que le premier jour, j'ai dézoomé, et je dis, putain, mais attends, en fait, on n'a pas bougé, c'est simple, 140 bornes, je n'étais toujours pas sorti de Los Angeles, j'étais dans un quartier, qui s'appelle Saint Bernardino, bon alors qu'on est sur la fin de Los Angeles, mais quand même, et là, je me suis dit, putain de merde, j'ai dit, 140 bornes, je dézoome, je ne vois pas l'avancement, et là, voilà, j'ai vraiment eu du mal, la première semaine, c'est tous les matins, je montais sur le vélo, je ne savais pas si j'allais réussir l'aventure, vraiment, c'était la première fois de ma vie, d'habitude, voilà, moi, j'étais sportif de haut niveau, donc, j'arrivais sur les courses, je n'ai jamais douté de ma vie sur une compétition, quand j'étais à un départ, jamais, je suis toujours, voilà, j'étais quelqu'un qui m'entraînait dur, qui était confiant, je savais que j'avais des capacités pour faire des choses énormes, et là, c'est la première fois, en fait, que je suis arrivé sur un truc où je n'étais pas prêt physiquement et mentalement, et je me disais, ça va, avant le départ, je me disais, ça va le faire, il va me falloir une petite semaine, je me connais, une fois que je vais avoir fait 4, 5, 6 jours à 6 heures de vélo, mon niveau, il va revenir, il va revenir, il va revenir, je le sais, mais j'avais peur quand même, voilà, il m'a fallu une semaine, vraiment une semaine, et tous les matins, je montais sur le vélo, et je me disais, putain, je vais prendre un avion, je te promets, c'est pas pour, tu vois, dans ma tête, je me parlais comme ça, j'avais vraiment des doutes, parce que, ben, oh, on part pour 5300 bornes, tu pars pas pour une semaine de vélo, tu pars pour 6,
Loïc 5300 bornes,
Benoit tu pars pour 6 semaines, tu vois, le voyage, il est long, tu pars pour 6 semaines exactement, c'est, voilà, et tous les matins, voilà, tous les matins pendant une semaine, je doutais, vraiment, j'ai, voilà, j'ai pas honte de le dire, j'étais pas sûr de moi, pas sûr de ma condition et tout, et puis, ben, voilà, et puis, t'avances 4 jours, 5 jours, puis tu regardes la carte de nouveau, tu dézooms, ah, ben, t'avances bien, ah, puis, ben, physiquement, ben, ben, mine de rien, ben, les cannes, elles sont là, elles reviennent, tout doucement, je le sens, voilà, j'ai de la chance, ben, d'avoir un petit passé, et ça, ça me sauve la vie à chaque fois, ça me sauve la vie à chaque fois, et que, voilà, après une semaine de vélo, ben, ça y est, c'est parti, quoi, la machine, elle est là, les jambes, elles se sont redessinées, et puis, ben, gaz, quoi, et puis les doutes, ben, puis c'est fini, j'ai plus jamais redouté, passé le dixième jour, c'est fini, les doutes, ils sont derrière, et puis tu sais que tu vas au bout, mais, ouais, c'est, voilà, pour revenir au Texas, ça a été 12 jours, c'était 12 jours pour traverser le Texas, c'est très, 100 bornes par jour, ouais, en gros, je crois qu'il y a un peu plus, ça faisait 1300 ou 1400 bornes, mais, voilà, c'était 10 ou 12 jours pour traverser le Texas, dans des conditions vraiment compliquées, compliquées, des routes mauvaises, du vent de face, et, voilà, là, le physique était vraiment présent, mais, voilà, la tête, un jour, deux, trois, et après, c'est très, très dur, après, c'est vraiment dur, parce que, t'avances pas, en fait, c'est pas le physique, c'est le fait de, tu parles, je me souviendrai, je suis parti de Del Rio, Del Rio, pareil, magnifique ville et tout, et tu pars dans la Pampa, et, et, le jour-là, j'avais tracé 136 bornes, et, en fait, tu sors de Del Rio, t'as vent de côté, donc, vent de côté, la chose que, que j'apprécie, alors, maintenant, avant de partir, je mets, à chaque fois, tu pars, tu dis, ah, le vent de côté, ça fait chier et tout, et, en fait, quand j'avais le vent de côté, j'étais le roi du monde, j'étais trop content, et là, en fait, tu sors de Del Rio, et je voyais que j'avais, j'avais du vent de côté, un peu fort sur la gauche et tout, je prends la map, bam, on m'annonce dans 2 kilomètres, tourne à gauche, et puis, bah, ligne droite de 120 bornes, et là, tu te dis, mais non, mais non, et puis, tu sais, le petit faux plat montant de 1% pendant 120 bornes, tu vois, pendant 120 bornes, et là, tu pars, tu vois le compteur, 15 à l'heure, 16 à l'heure, et tu te dis, mais là, t'en as pour 8, 9 heures, et c'est ça, et c'est la vérité, et tu passes 9 heures, 8 heures et demie, pour faire 120 bornes, et ça a été ça pendant une grosse semaine, ouais.
Loïc Comment, parce que je ne sais pas à quel point vous étiez pote avec Henri avant le départ, mais tu vois, quand tu arrives, quand tu attaques ces journées, et comme tu dis, tu vois, des fractures du mental, que tu es à 16 bornes, enfin, 16 kilomètres heure, ça se gère comment le binôme,
Benoit dans ces cas-là ? Alors, moi, du coup, comme je l'ai dit avant, tu vois, je suis parti avec 1500 bornes dans les jambes, donc une condition physique digne de je ne sais quoi, mais pas de moi, en tout cas, et du coup, tu vois, moi, je subis mon vélo cargo, voilà, avec la petite roue de 20 pouces, qui ne roule pas forcément aussi vite qu'un vélo classique comme Henri avait, Henri, lui, qui sort, bon, qui est retraité, qui a de la chance, voilà, qui peut rouler, il avait 12, 13 000 bornes dans les jambes, il était reposé, moi, j'étais complètement rincé de ma saison et compagnie, lui, il a eu 10 jours, les 10 premiers jours, et puis, vraiment, les 10 premiers jours, ou tous les jours, mais tu sais que je galère à le suivre, mais vraiment, je me suis dit, putain, mais c'est, et je lui disais, je dis, Henri, tu roules vite, machin, il me dit, puis après, au bout de 80 bornes, je voyais que, moi, j'étais toujours derrière, mais que lui, il commençait à ralentir un peu, donc, je repassais un peu devant, etc., et, mais ouais, moi, les 10 premiers jours, et puis, en plus, avec mes fractures du mental, les 10 premiers jours, tu vois, j'avais pas la tête, mais clairement, j'avais pas la tronche, c'était très, j'ai vécu 10 jours vraiment compliqués, et puis, après ces 10 jours-là, et bien, Henri, lui, il a commencé à avoir la condition physique, ben, diminuée, donc, c'était, c'était entre guillemets, ce qui était prévu, avant de partir, on se l'était dit, je lui ai dit, je lui ai dit, moi, je vais avoir 10 jours durs, compliqués, physiquement, et il me dit, ben, moi, je vais avoir 10 jours appropriés, très bien, et puis, après, physiquement, et bien, voilà, ça va dégringoler jour après jour, il va avoir un peu de mal à récupérer un peu plus de mal, et compagnie, et compagnie, et au final, c'est exactement ce qui s'est passé, donc, et bien, quand on est arrivé à ce moment-là, on va dire, au chassé-croisé, où moi, j'étais sur la pente montante, et lui, descendante, et bien, je lui ai dit, je lui ai dit, Henri, maintenant, je lui ai dit, le chemin, il va être relativement long pour toi, parce qu'entre guillement, il avait fait 1500 bornes, il en restait 3008, je lui ai dit, maintenant, tu roules plus devant, je lui ai dit, tu restes dans ma roue, et même si c'est facile, je ne veux pas le savoir, je lui ai dit, tu roules dans ma roue, et voilà, si c'est facile, ben, profite, tu récupères, et voilà, et, bon, ben, moi, tu vois, il y a eu des jours où ça roulait, où je me retrouve à faire des moyennes, tu sais, tu sais, tu fais plus gaffe, que tu es en, enfin, que tu es en voyage, tu le sais, mais que tu es en vélo cargo, que tu es un vélo à 35 kilos, que tu as 100, j'ai fait des journées, mais à 170 bornes, avec du vent de côté, mais pas favorable du tout, mais à rouler à 27 de moyenne, et là, tu dis, putain, mais je suis une machine, tu vois, vraiment, vraiment, tu vois, je le sentais, je lui ai dit, jour après jour, moi, j'étais de plus en plus fort, et Henri le pauvre, il tirait la langue derrière, moi, j'étais sur les prolongateurs, tu roules à 30, 32, 33, le vent de travers, pas favorable et tout, et Henri qui tire la langue, qui m'insulte derrière, tu fais chier, mais des insultes gentilles, tu vois, et puis, franchement, tu vois, je me suis mis à sa place, et tu vois, on a fait, je n'appuyais pas, tu vois, je faisais vraiment des journées, où il fallait que moi, je sois vraiment facile, au moins, je ne me fatiguais pas non plus, et que lui, il soit bien dans la roue, et au final, ça permettait de partir le matin à 8h, et puis, tu vois, à 13h, on avait torché la journée, et puis, tu as toute l'après, mine de rien, pour récupérer, tu es dans les warm showers, tu es posé dans un lit, tu es tranquille, les gens, soit ils te laissent tranquille, soit ils te proposent d'aller visiter la ville où tu es, ils t'emmènent, enfin, tu vois, j'en sais rien, plein de choses, on est allé dans des rivières, on est allé se baigner, on est allé dans l'océan, enfin bon, bref, et après, il y a eu aussi des jours où, eh bien, moi, j'avais envie de kiffer vraiment, tu vois, je sentais que j'étais en canne, je voulais pousser un peu, tu vois, je voulais me faire mal un peu, tu vois, me faire plaisir et tout, eh bien voilà, on roulait chacun de notre côté, tu vois, il y a dû y avoir 5, 6 journées, où on a roulé chacun de notre côté, on avait les deux la trace, on savait où on allait, généralement, c'est des jours où on avait pris un hôtel avant, tu vois, donc voilà, on avait l'adresse de l'hôtel rentrée dans le GPS, donc chacun fait sa vie, tu, même, tu vois, ça m'est arrivé de partir kilomètre zéro, d'avoir mis une demi-heure à Henry sur 80 bornes, et puis, tu sais, moi, je m'arrête, je mange, je suis une station servie, je parle avec des gens, j'avais vu des gens qui voyageaient, puis, toi, tu rechopes Henry, et Henry, lui, il ne t'a pas vu, donc lui, il continue sa route, puis au final, tu le redoubles 10 bornes plus loin, putain, mais qu'est-ce que tu fous derrière ? Et voilà, donc, ça nous arrivait aussi de se croiser pendant ces journées-là, et c'est trop cool, et c'est trop cool, mais, moi, on avait aussi besoin, tu vois, de ces journées, tu vois, chacun de son côté, voilà, parce que, tu sais, tu passes quand même 45 jours avec une personne, alors, je m'entends super bien avec Henry, mais, tu es 45 jours, 24-24 ensemble, voilà, donc, il y a un moment donné où, il y a des choses, on n'est pas d'accord, ou des petits trucs, où, bah, lui, il est fatigué, ou moi aussi, je suis fatigué, tu vois, il y a des fois, on finissait la journée, avant d'aller au warm shower ou à l'hôtel, moi, en général, je faisais quoi ? Je prenais la map, je regardais où il y avait une superette, un magasin et tout, pour aller ravitailler, faire des courses, et compagnie, tu vois, pour le soir, si on était à l'hôtel, du coup, tu arrives l'après-midi à 13h, il faut pouvoir manger un peu, il faut se ravitailler, il faut de l'eau, il faut du sucre, etc., etc., bah, moi, tu vois, je préférais perdre une demi-heure, tu vois, une fois qu'on est arrivé dans la ville, il y aller directement, faire mes courses, et aller à l'hôtel, et puis ne plus bouger, bah, lui, non, tu vois, il préférait aller à l'hôtel, se poser 2-3 heures, se doucher, et puis ressortir plus tard, et moi, tu vois, non, moi, moi, c'était l'inverse, donc, bah, je lui dis, c'est quoi, Henri ? Fais comme tu veux, moi, je fais mon truc, fais ton truc, il n'y a pas de problème, voilà, donc, mais ouais, ouais, il y a des, mais il n'y a pas de, voilà, avec Henri, on s'entend super bien, et puis, et puis, on n'est pas là pour se prendre la tête, on n'est pas là pour se prendre la tête loin de là.
Loïc Du coup, la dernière section, donc, tu disais Texas, pour toi, ça serait une section à part, tu vois, dans le voyage, dernière section, c'est du coup, Louisiane, jusqu'à la Floride.
Benoit Ouais, dernière section, du coup, je vais te la prendre à aller depuis, alors, pas Houston, Houston, tu es encore au Texas, mais, et puis, c'est pareil, avant d'arriver en Louisiane, putain, il y a un morceau, c'est, tu te dis, ah ouais, on est juste, tu sais, sur la carte, je dois regarder tous les soirs, ah ouais, mais c'est juste là, mais ouais, le juste là, c'est 500 bornes, tu vois, alors que, je te parle d'un, c'est comme si je te parlais d'un Avignon Marseille, tu vois, bah ça va, c'est juste là, c'est à une heure, mais non, mais sur la map, c'est pas pareil, c'est, tu le traces, et en fait, le Avignon Marseille, il fait 600 bornes, tu vois, alors qu'il y a 100 bornes, normalement, mais, ouais, du coup, dernière partie, on va dire, allez, peut-être deux parties encore, peut-être deux parties, du coup, ouais, Louisiane, Alabama, Mississippi, là, ou Mississippi, Alabama, là, je sais plus le sens, ça, ça peut faire une partie, j'ai kiffé aussi, j'ai bien aimé, j'ai bien aimé les gens, j'ai aimé aussi les routes, j'ai beaucoup aimé l'état des routes, on était beaucoup dans les campagnes, beaucoup aussi en bord de mer, enfin, en bord d'océan,
Loïc tu vois une différence de, par rapport au Texas, enfin, en tout cas, moi, la partie que j'avais vue du Texas, c'était quand même, tu vois, très sec, très chaud, poussiéreux, la Louisiane, je suis jamais allé, mais l'image que j'en ai, c'est, c'est vert, c'est vert, c'est vert,
Benoit la Louisiane, c'est vert, c'est un peu plus humide, beaucoup plus humide, tu vois, tous les matins, je suis parti de la Louisiane, tous les matins, je me suis pris un brouillard, je me prenais un brouillard de fou, tous les matins, il y a eu, il y a eu cinq jours, ouais, de Louisiane, Mississippi, Alabama, là, je me prenais du brouillard, il y a beaucoup de lacs, il y a, voilà, il y a beaucoup de petits, de petits cours d'eau et tout, donc, c'est vachement plus humide, hyper accueillant, Alabama, je ne dis pas de conneries, et tu as le plus pauvre des Etats-Unis, normalement, tu te fais accueillir comme des rois, et tu le vois, que c'est pauvre, tu le, enfin, voilà, tu passes dans des endroits, un peu ghetto, tu vois, tu passes dans des villes, c'est, c'est un peu ghetto, mais, mais, tu vois, toujours sur des gens bienveillants, tu vois, moi, j'ai kiffé, on est passé en plein Mardi Gras, en plus, donc, ça, c'était, c'était calculé aussi, je voulais absolument faire Mardi Gras, en Louisiane, ou Mississippi, Alabama, parce que là-bas, ils fêtent, ils fêtent ça, et c'est trop cool, et tu vois, on s'est fait accueillir un midi, par un gang de bikers, tu sais, en Harley Davidson, on passait, en fait, dans cette petite ville, il y avait plein de voisins, mais tu sais, c'était des, des genres de petits stands, ou, ou des petits groupes et tout, mais ils avaient tous les barbecues, ils ont tous les grosses caravanes, là-bas, les genres de bus, machin et tout, et, et chacun, toi, c'était le midi, ils se faisaient tous le repas et tout, et en fait, quand on est passé devant ce gang de motards, juste en face, il y avait une, une superette, enfin, une station de service, et on s'est arrêté, et, pour ravitailler, voilà, se prendre un peu à manger, un peu à boire, et, en fait, j'ai deux, trois bikers qui sont venus, ben, voir, tu sais, intéressés, il n'y a pas eu un seul jour, il n'y a pas eu un seul jour, où, où je n'avais pas quelqu'un qui me demandait, wow, qu'est-ce tu fais, ou, tu vois, que ce soit à la caissière, à la station de service, que ce soit, ben, les gens aux stations de service qui viennent mettre le plein, ou, ou les gens dans les superettes, ou, ou, pfff, les gens en voiture qui te passent, qui s'arrêtent, qui te demandent, enfin, voilà, incroyable, et tu vois, ces deux bikers sont venus nous voir, et, en fait, je leur explique machin et tout, et, en fait, ouais, venez, venez, mangez, prenez un truc, allez, vas-y, tu vois, on est resté une demi-heure, trois quarts d'heure, on a bu, on a bu une bière, on s'est mangé une grosse, une grosse entrecôte et tout, au barbec, et c'est trop bien, et c'est trop bien, c'était trop cool, c'est un, ça, c'était un super moment aussi.
Loïc Donc ça, c'était l'Alabama ? Ça,
Benoit j'étais en Alabama, ouais, ouais, j'étais en Alabama, ouais, ça, c'était, ça, c'était cool, Louisiane, j'ai fait le Super Bowl en Louisiane, pareil, on était dans un motel en Louisiane, et c'était le soir du Super Bowl, devant le motel, il y avait des gros pick-up, mais quand je te dis des gros, c'était des trucs énormes, et dedans, ils avaient mis les écrans plats et tout, et du coup, tu sais, ils avaient amené les bières, machin, et tu vois l'ambiance, tu vois, il n'y a pas, ça dérape pas, il n'y a pas de, tout le monde se respecte, non, trop bien, trop, trop bien, ouais, non, c'était cool.
Loïc Je pense qu'à ce stade, quand tu dézoomais sur la carte, ça y est, tu voyais bien la ligne, c'était bon, pour moi,
Benoit pour moi, pour moi, le voyage, il s'est fini après Houston, pour moi, il était torché là, et pourtant, il restait 2000 bornes, mais pour moi, c'était torché ici, voilà, pour moi, c'était torché là, et voilà, une fois sorti de l'Alabama, t'arrives en Floride, en fait, t'arrives en Floride, alors il reste un bon petit bout avant d'attaquer la descente, mine de rien, il reste, t'as quasiment 700 bornes avant d'attaquer la descente de la Floride, c'est toujours pareil, sur la carte, tu te dis, ouais, c'est juste là et tout, je pensais à une ville, une grande ville, là, on est passé juste au sud, là, c'est Tallahasse, et juste avant d'attaquer la descente, en fait, cette ville, de jour en jour, je me disais, oh, mais elle est juste là, mais, putain, on n'y est pas encore, et voilà, non, la Floride, c'est pareil, ça a été une belle partie, rien à voir avec le reste, voilà, rien à voir, la Floride, c'est la Floride, c'est, ouais, il y a du, tu sens qu'il y a du, il y a de l'argent, tu sens qu'il y a de l'argent, voilà, c'est, on est rentré dans un, dans une autre catégorie, là. Ah ouais, vraiment, même par rapport au Texas, ou. Ouais, ouais, non, rien à voir, ouais, ouais, rien à voir, tu vois, ne serait-ce que par, les warm showers que j'ai fait, tu vois, la qualité de vie, déjà d'entrée, j'ai dormi dans des marinas, on s'est fait accueillir dans des maisons, les maisons, elles font 800 mètres carrés, on avait, oh, c'est pas notre propre chambre, c'était notre propre appartement, c'est-à-dire que, moi, j'avais un appartement, mon pote avait un appartement, et eux, ils avaient leur maison de 600 mètres carrés à côté, et tu vois, en fait, quand, quand on arrive là, tu te dis, ah ouais, et c'est pareil, là, un des derniers warm showers que j'ai fait, je dis à mon pote en rigolant, parce que, donc, nos, nos autres, là, ils m'ont dit, ouais, 5h30, on part, on vous emmène manger au resto, dans un gros pub américain, et tout, ouais, ok, nickel, et tout, puis moi, j'avais pas vu les voitures qu'ils avaient, et tout, mais là, là, il y avait vraiment de l'argent, c'était des anciens, là, 60, 65 ans, là, et pour rigoler, je fais à mon pote, je dis, ouais, on fait quoi, on me prend la Porsche ou la BM ce soir, et tout, mais moi, j'avais pas vu les voitures, oh, il ouvre le garage, une Porsche et une BM, incroyable, et, et non, ouais, tu le sens qu'il y a vraiment de l'argent en Floride, alors, bien sûr, il y a des gens qui sont, qui sont pauvres, comme partout, mais, ah, il y a de l'argent, il y a de l'argent,
Loïc et, et ça a pas changé, d'après ce que tu dis, ça a pas trop changé l'accueil, ou, tu vois, la gentillesse des gens, leur curiosité, t'as pas trop vu de différence ?
Benoit Non, non, ça, tout le long des Etats-Unis, ça a été, ça a été incroyable, voilà, d'Etat en Etat, c'était incroyable, voilà, c'est juste, on va dire, vraiment, tu vois, le niveau de confort, vraiment, le niveau de confort, ouais, c'est fou, les deux derniers jours à Miami, je dors sur un bateau à Miami Beach, quoi, tu vois, c'est, c'est improbable, c'est improbable, c'est, et ça, en fait, un mois, un mois avant d'arriver à Miami, j'avais envoyé un message à un warm shower sur Miami, et elle m'avait dit, ouais, ça ne vous dérange pas de dormir sur mon bateau, oh, bah, écoute, on fera cet effort-là, ouais, c'est fou, c'est fou,
Loïc énorme, énorme, punaise, quel périple, quel périple, tu disais que tu allais y retourner, c'est sûr, tu as déjà quelque chose, une ébauche, tu vois, de projet, de trace en tête ?
Benoit Alors, pour vraiment, pour être honnête, pour être honnête, je ne voulais pas partir avec le vélo cargo, je voulais partir en fixie, très clairement, je voulais partir en pignon fixe, mais, voilà, mes doutes, mes peurs sur ma condition physique ont fait que il fallait que je prenne ce vélo-là, et j'avais aussi un peu des, voilà, petit problème de configuration sur le pignon fixe, qui fait que ça ne matchait pas et je n'avais pas assez de temps pour régler ces problèmes-là, voilà, il fallait que j'emmène aussi pas mal d'affaires, il fallait que j'aille voir, en fait, je pense qu'il a fallu que j'aille, que j'aille voir, me rendre compte, en fait, de ce que c'est, de comment c'est, mais, de base, je voulais faire se traverser en pignon fixe, et clairement, en fait, j'aurais pu le faire, voilà, je sais que physiquement, j'aurais pu le faire, et clairement, il va falloir que j'y retourne en pignon fixe, voilà, c'est quelque, c'est dit, ouais, c'est dit, alors, quand, je ne sais pas, parce qu'en fait, il faut que je la fasse, de trace, en pignon fixe, en mode un peu plus, un peu plus énervé, tu vois, et je partirai seul, voilà, c'est dit aussi, mais, c'est un truc, tu vois, je peux partir, je peux taper plus de 200 bars tous les jours, je le sais,
Loïc donc,
Benoit il faut que j'y retourne pour faire ça en pignon fixe, il faut que je le place une fois dans ma vie, parce qu'en fait, j'ai fait tellement de choses en pignon fixe, que ça, il faut absolument que je le fasse, parce que ça reste quelque chose d'incroyable, même travail du coup, alors, peut-être pas à la même route exactement, mais, même secteur quoi, on va dire, dans ce secteur-là, voilà, vis-à-vis des conditions climatiques surtout, parce que, moi, une fois de plus, j'aurai que l'hiver pour y aller et le nord, c'est clairement impossible, et, voilà, donc, j'irai en pignon fixe de ce côté-là pour refaire cette trace-là, c'est quelque chose qui est certain dans les années à venir, quand, je ne sais pas, et comme autant je te dis, autant je pète un plomb et en novembre, l'année prochaine, ben, voilà, je fous une story et, en fait, je suis à Los Angeles en fixie et puis, et puis gaz, et puis, et comme autant je te dis, l'année prochaine, je repars en novembre et puis je repars en cargo et je me tape un frontière du Canada jusqu'à, tu vois, toute la côte ouest, tu vois, qui est magnifique, qui est juste somptueuse, alors on n'est pas sur le même délire, on est sur un délire de 1800 kilomètres, mais bon, quand même, tu vois, quand même, il faut que j'y retourne, il y a trop de choses à faire aux Etats-Unis, voilà, rien n'est fixé, comme autant je peux partir deux semaines et puis faire un, tu vois, vraiment deux Etats, faire California, Arizona, tu vois, mon kiff, c'est aussi, tu vois, j'ai beaucoup d'endroits où je voulais aller, mais en fait, tu ne peux pas tout faire en une fois, ou alors, tu pars un an, mais tu vois, moi, Route 66, Monument de Valais, Zone 51, voilà, il y a beaucoup de choses que je veux aller voir, que je veux aller rouler et c'est sûr, j'ai retourné, parce que j'ai kiffé, j'ai kiffé, ouais.
Loïc Tu es parti, bon, tu disais que tu n'avais que 1500 kilomètres dans les jambes, je n'avais pas cette info, j'avoue que, enfin, sachant ce que tu fais habituellement, ouais, j'imagine que, se lancer sur un truc de six semaines, 5300 bornes, ça pouvait impressionner, du coup, mais, donc, tout ça pour dire que tu étais quand même vachement expérimenté avant de partir, même si tu n'avais pas la caisse là, à ce moment-là, mais, est-ce qu'il y a des trucs que tu as appris qui te serviront pour, tu vois, de prochaines traversées aux US ou ailleurs d'ailleurs, que ce soit en vélo cargo ou pas ?
Benoit Ouais, sur le, vraiment, le terme voyage ou organisation ou configuration, vélo, voilà, tout ce qui tourne autour de ça, on va dire, ou comment se déroule un voyage, ça, je n'ai rien appris. Voilà, clairement, je n'ai rien appris parce que j'avais déjà une bonne base, on va dire, j'ai déjà une petite expérience du voyage et qui, voilà, tout ce que j'ai mis en place me convient parfaitement. donc, voilà, à ce niveau-là, je n'ai rien appris. Après, tu apprends beaucoup sur, voilà, quand même le pays où tu vas. Moi, les US, je ne connaissais pas en soi, entre guillemets, je n'y étais jamais allé. Donc, tu vois, les premiers jours, tu te pointes, tu es dans une petite ville, petite anecdote, mais tu prends un motel, toi, c'est 18h, tu te dis, bon, vas-y, on va aller manger au restaurant, machin et tout. Tu te pointes au restaurant, ils te disent, ben non, mais nous, on ferme. Attends, attends, attends, attends, tu sais, moi, je regarde mon portail, 18h30, je dis, mais 18h, elle me dit, ouais, nous, ici, on ferme à 18h30. Ah ouais, ok, tu vois, on est sur un, il y a plein de choses et en fonction des états, c'est différent et de l'endroit où tu te trouves aussi. Parce que là, tu vois, ce soir-là, j'étais en plein milieu du Texas dans un endroit paumé avec pas grand-chose, on va dire, dans le village, un motel, une station service, un petit restaurant, un bar et puis 200 habitants, tu vois. Et ouais, non, toi, il m'explique, il me dit, ouais, 18h30, on ferme. Et en fait, je me suis dit, bah, tu vois, c'est vraiment eux, tu vois, c'est propre à ici, tu vois, à ce village et tout. Mais non, non, non, non, non, non, plein de fois, je le vois, horaire, ouais, 18h, ils remballent, quoi. Donc, tu vois, ça, c'est des petits détails qui fait que, bah, avant, tu vois, sur la suite du voyage à 5h, bah, moi, je me dirigeais pour aller manger, tu vois, ouais, sur plein de petits trucs comme ça. Après, non, j'ai pas appris, ouais, si, un truc que j'ai appris, ne pas franchir les barrières militaires aussi, ça, c'est un truc. C'est quoi,
Loïc cette histoire ? Bah,
Benoit bah, honnêtement, moi, ça restera, bah, j'ai énormément de meilleurs souvenirs qui vont me rester aux Etats-Unis, mais peut-être que celui-là, ça sera le plus fort et celui qui aurait pu me foutre dans la merde le plus. Bon, pour la faire courte, je suis à Tucson, le matin, je me dirige en direction de Sierra Vista, Sierra Vista, une ville militaire, donc, c'est-à-dire avec un gros camp militaire et une grosse population militaire et puis, bah, des gens, après, civils, comme toi et moi. Donc, comme tous les soirs, je trace avec Komoot. Je trace avec Komoot parce que je trace avec ça depuis deux années. Ils se sont d'ailleurs, il faut le dire, bien améliorés parce qu'avant, tu mettais mode de vélo, vélo-route, puis tu te retrouvais dans des chemins de VTT. Donc, là-dessus, bon point, Komoot, ça a quand même bien évolué. J'ai eu une galère, j'ai eu une galère, c'était juste avant Van Horn, avant Marfa et tout, là, pareil, un coin somptueux là-bas, digne des westerns, des décors de westerns incroyables où j'ai eu, voilà, un chemin un peu gravel où, voilà, j'ai fait demi-tour et au final, j'ai pris l'autoroute. À savoir que l'autoroute, alors, c'est incroyable, mais l'autoroute n'est pas interdit au vélo, elle est fortement déconseillée. Donc, il faut savoir qu'aux Etats-Unis, donc, ça m'est arrivé deux fois, j'ai fait deux fois trois, quatre bornes d'autoroute. Voilà. Mais honnêtement, je me sens plus en sécurité sur l'autoroute aux Etats-Unis que sur les nationales ici au pied du Ventoux. C'est véridique parce qu'en fait, j'ai une bande d'arrêt d'urgence de six, sept mètres de large. Alors certes, qui est dégueulasse, il y a toutes les merdes que tu peux imaginer sur le bas-côté, mais par contre, t'es le roi du pétrole. J'aurais pu aller jusqu'à l'autre bout jusqu'en Floride, comme ça. Mais donc voilà, pour revenir à cette histoire de traçage avec Komoot, je trace une étape. Donc, du coup, après Tucson, il y avait 155 bornes, donc très grosse étape. Beaucoup de dénives. Enfin, beaucoup, il y en a qui rigoleront, mais il y avait 1200 mètres de dénives. Mais 1200 mètres de dénives sur 155 bornes avec un vélo à 35 kilos, c'est pas la fête. C'est pas la fête, c'est compliqué. Du vent de face, très fort ce jour-là, vraiment très, très fort. En fait, on se tape les 80 premiers kilomètres de merde, mais vraiment compliqué avec un vent défavorable. Et en fait, on est arrivé à un croisement où je vois marqué Sierra Vista sur la gauche. En fait, c'est tout simplement la route principale, on va dire. Et puis, moi, Komoot, il me fait prendre en face des petites routes, mais des routes super sympas. Moi, je ne calcule pas parce que ce n'est pas la première fois que Komoot ne me fait pas prendre la route principale. Et il fait toujours pour être sur la route la plus adaptée au vélo, la plus tranquille aussi, la moins fréquentée. Donc, une fois de plus, je fais confiance. Et puis, je roule, 50 bornes. Alors, on croise énormément tout ce qui est Arizona, comment ça s'appelle ? Nouveau-Mexique, Texas et tout. On croise énormément de police en pick-up, tout simplement, qui sont en train de surveiller la frontière mexicaine. Et j'en croise énormément en bord de la route. ce jour-là et qui te disent bonjour, comme d'hab, qui te font un signe, etc. Et en fait, au bout de 50 bornes, c'est-à-dire que j'avais déjà 130 bornes, on était à 20 kilomètres de Sierra Vista, donc de la fin de journée, de mon warm shower, on était à 20 kilomètres. Et en fait, j'arrive à une barrière avec une belle cabane, des caméras, voilà, c'est pas un truc abandonné, tu vois, c'est pas une barrière, c'est une barrière automatique et tout, donc bon, bref. Et je lis tout simplement, voilà, camp militaire, interdiction, interdiction d'entrée, sous peine d'arrestation, voilà, tu connais le truc, pas plus, pas moins, sauf que là, moi je dis à mon pote, j'écoute Henri, là c'est très simple, c'est soit, on se retape les 50 bornes, combien de fer, et on dort au croisement qu'on avait vu, parce qu'en fait, clairement, si on faisait le demi-tour, il y avait 50 bornes pour aller au croisement et 50 bornes pour aller au bled, donc nous, on avait déjà 140 bornes, voilà, moi j'aurais pu le faire, mais ça m'aurait, j'avais pas envie, ce jour-là, j'étais cuit, et mon collègue, c'était sûr que non, donc moi, je lui ai dit, j'ai dit écoute, je prends le risque, j'ai dit, je mets ma main coupée que dans moins de deux minutes, on va se faire arrêter, je mets vraiment ma main coupée, et en fait, on prend le risque, donc on passe, on passe en dessous de la barrière, c'était une barrière qui se levait tout simplement, donc on passe, et en fait, c'est quoi, 45 secondes après, je vois loin, sérieux ? Ouais, mais tu sais, le truc comme dans les films, tu sais, tu vois la fumée, tu sais, des pistes un peu, tu sais, des voitures qui roulent, et tu vois, tu vois la fumée derrière, et ça faisait 45 secondes que j'avais passé la barrière, et en fait, je soupçonne qu'ils nous avaient, du coup, vu aux caméras, et qu'ils avaient déjà, tu vois, pris la route, tu vois, et donc, je dis à mon pote, donc lui, il ne parle pas un mot d'anglais, donc je lui dis surtout, je dis, oh Henri, je lui dis, tu restes tranquille, je lui dis, tu as vu ici, ça ne rigole pas, tu vois, il t'arrête pour un oui et un non, il faut respecter, on n'est pas chez nous, on fait une connerie, parce qu'on passe sur une zone où on n'a pas le droit, donc je lui dis, reste tranquille, et gentiment, ferme ta gueule, quoi, voilà, et donc, on se fait arrêter, donc voilà, moi, je mets mon cargo sur béquille, le mec, ils étaient, enfin, deux voitures, deux mecs, bonjour, qu'est-ce que vous faites là ? bon ben, bonjour monsieur, tu restes bien poli, cours toi, écoutez, voilà, j'explique la situation, j'explique cette histoire de GPS, de map, qu'on m'a amené là, qu'on ne m'a jamais dit que, voilà, c'était un terrain militaire, avant, et même en fait, avant d'arriver à cette barrière, il n'y a pas de, tu vois, tu arrives vraiment sur un cul de sac, il n'y a pas de panneau en disant, ouais, attention, vous allez rentrer dans tant de miles, sur un terrain militaire, tu vois, il n'y a rien, et même les policiers avant, qui étaient dans leur pick-up, ils auraient pu m'arrêter en disant, voilà, faites gaffe, parce que vous allez aller là-bas, et puis, non, tu vois, on ne m'a jamais arrêté, donc j'explique exactement tout ça, et, bon, le mec, voilà, il entend, il n'y a pas de soucis, une troisième voiture arrive, donc voilà, bon, ça fait trois voitures, quatre, cinq mecs, ok, bon, sortez vos papiers, bon, ben, moi, je sors mon passeport, pas de problème, machin et tout, le mec fait ses dérives et tout, et entre temps, en fait, Henri, il ne trouve pas son passeport, et je le voyais, il était paniqué, tu vois, il balisait un petit peu, tu vois, il n'était pas serein, et je dis, ah, sors ton passeport, je dis, donne et tout, ils font les contrôles, et machin, il me dit, ah, je ne le trouve pas, et tout, on vide, je dis, pose le vélo, vide toutes les sacoches par terre, je dis, tu vis de tout, là, comme ça, tu sais, il était stressé, il était peut-être passé à côté, c'était peut-être machin et tout, il s'était peut-être faufilé quelque part, je ne sais pas, et en fait, ben non, tout simplement, il avait oublié son pantalon, dans le warm shower la veille, à Tucson, et avec son passeport dedans, donc moi, j'ai appelé vite fait, pour que le gars contrôle, et effectivement, il avait le passeport, donc, on se retrouve, là, je dis là, je lui dis là, on est dans la merde, enfin, du moins toi, moi, j'ai mes papiers, ça va, mais je dis toi, ça peut vite partir, pan cacahuète, mais tu peux aller en prison, quoi, tu peux aller faire un petit tour, parce que ça ne rigole pas, mine de rien, aux Etats-Unis, et bon, tant bien que mal, il avait gardé, heureusement, la photocopie de son passeport, qu'on avait embarqué, pour Los Angeles, donc, on a réussi à donner ça, ils ont réussi à faire les vérifs, mais ils ont été super sympas, parce que, tu donnes un papier, avec une photocopie, tu vois, oh, c'est, tu peux faire ce que tu veux, en fait, tu peux falsifier, tu peux machin, et en fait, ils sont contentés de ça, tu vois, j'ai expliqué la situation et tout, donc, ils étaient super compréhensibles, de là, une sixième voiture qui arrive, le shérif, donc, voilà, donc là, le gars m'explique tout simplement, bon, lui, il était au courant de tout, tu sais, il se parle dans les radios, machin et tout, donc, lui, il était au courant de tout, et il me dit, écoute, c'est une petite bêtise, il n'y a pas de problème, vous n'êtes pas les premiers, vous n'êtes pas les derniers, il n'y a pas de soucis, je vous explique comment ça va se passer, on va charger vos vélos, dans les pick-up, vous allez nous donner vos papiers, vos téléphones, des caméras, s'il y en a, si vous avez des armes, si vous avez des couteaux, si vous avez de la drogue, si vous avez de l'alcool, voilà, vous allez nous donner tout ça, on va vous faire une palpation, donc, ce n'est pas la palpation qu'on te fait en France, c'est une vraie palpation, presque on te déshabille au bord de la route, voilà, et on va vous emmener dans les véhicules, on va aller au poste, voilà, au poste militaire, je me retrouve menotté, donc, ah quand même, ouais, ouais, ouais, mais alors, en fait, avant qu'il menotte, donc moi, il m'explique tout ça en anglais, et je dis, oui, oui, il n'y a pas de soucis, ok, c'est tout bon, il n'y a pas de problème, on comprend, il n'y a pas de soucis, et là, il me dit, il va, fais la traduction à ton pote, donc là, j'explique tout à Henri, et en fait, j'avais gardé le fait qu'on allait se faire menotter pour la fin, parce que je le voyais, il n'était vraiment pas bien, et en fait, quand je lui ai dit, ils vont nous menotter pour le trajet, oh, je l'ai vu se décomposer, mais tu sais, presque, il était là, à dire, ouais, mais non, je lui ai dit, tu fermes ta gueule, mais en fait, je lui ai vraiment dit comme ça, parce que je lui ai dit, oh, tu n'as pas tes papiers, on fait des conneries, oh, on n'est pas en France ici, je lui ai dit, tu sais, ici, en France, mais clairement, en France, tu insultes un agent, un policier, un gendarme, le mec ne te dit rien en face, tu vois ce que je veux dire, là, le mec, je lui dis, va te faire foutre, ferme ta gueule, tu finis par terre, tu manges le sable, et tu passes trois jours en prison,
Loïc si tu n'es pas pris une balle avant,
Benoit non, mais, enfin, toi qui as vécu au Texas, moi, j'ai eu des anecdotes, des gens qui ont grillé des feux rouges, faire deux jours de prison,
Loïc ouais, tu vois,
Benoit et ce n'est pas des conneries, et ce n'est pas des conneries, donc voilà, je lui dis, ne dis rien, ils nous mettent les menottes, voilà, le shérif, il a dit que ça allait aller, il n'y a rien de grave, en fait, ils suivent juste la procédure, c'est que toutes les procédures, quand il y a une arrestation, que tu finis à l'arrière d'un véhicule, on te met les menottes pour le trajet, point, il n'y a pas de, parce que c'est nous, parce qu'on est français, ou pour X conneries, ou parce que tu as grillé un feu rouge, c'est pour tout trajet aux Etats-Unis, et ça, tu peux le taper sur internet, tu le googles, il te dira ça, pour tout trajet à l'arrière d'une voiture de police, tu es menotté, voilà, donc ils nous ont amené au poste de police, mais l'ambiance, elle était détente, tu vois, moi j'ai même demandé qu'on me prenne en photo, bon, il n'a pas voulu, moi j'ai demandé, parce que je ne voulais pas perdre une miette de ce moment, tu vois, alors j'ai réussi à voler 2-3 photos, tu vois, que j'avais posté et tout, à la volée, alors, et que j'ai réussi à poster en fait, mais avant qu'il nous demande le téléphone, et en fait, j'ai dit, par contre là, je suis dans la merde, parce que s'il nous demande un peu, parce que t'as vu en ce moment, ils sont vachement sur les réseaux sociaux et tout, et j'ai dit, oh, s'il me demande d'ouvrir le Insta, j'avais déjà tout posté sur Insta et tout, j'ai dit, oh, s'il me demande d'ouvrir l' Insta et tout, je suis, enfin, je suis mort, non, il va me demander de supprimer, tu vois, et au final, non, tu vois, mais j'avais tout posté, un peu des photos à la volée, que j'avais pris comme ça et tout, de l'arrestation, mais quand je lui ai demandé, tu vois, de me prendre en photo avec les menottes, ils n'ont pas, toi, il n'a pas voulu, et je comprends, il n'y a pas de problème, et tu vois, on est allé au poste, donc là-bas, Henri, lui, il s'est fait auditionner par un mec qui parlait espagnol, lui, il parlait espagnol, donc c'était nickel, et au final, tu vois, on devait prendre nos empreintes, ils ne les ont pas prises, et puis, et puis voilà, et puis ça, c'est fini par, ils nous ont sorti du camp, tu vois, ils nous ont quand même sorti du camp, vraiment militaire, et ça, c'est fini sur une bonne poignée de main, et une magnifique, pour moi, vraiment, une magnifique expérience, parce que c'est un truc, ben, ça ne m'est jamais arrivé en France, d'être menotté, d'être me retrouvé à l'arrière d'une voiture de police, et là, je pourrais dire, moi, je me suis fait arrêter aux US, sur un terrain militaire, et je me suis retrouvé menotté à l'arrière d'une bagnole, et on allait prendre les empreintes, et ça, c'est un truc, mais jamais j'aurais pensé que ça allait m'arriver, tu vois, et, pour moi, c'est un des souvenirs les plus forts que j'ai eus,
Loïc c'est le facteur vélo, tu penses, qui a fait, qui finalise, c'était assez sympa quand même ?
Benoit Bien sûr, bien sûr, et dans plein de cas, même hors police, le facteur vélo, le fait que tu voyages à vélo, les gens sont cools, et ils viennent, alors déjà, qu'ils viennent, qu'ils sont curieux et tout, mais là, le facteur vélo, tu vois, il est, pareil, une fois de plus, je me retrouve entre, enfin, dans le désert de 29 Palms, voilà, cette fameuse ligne droite de 215 bornes, alors, Henri avait eu un problème mécanique ce jour-là, donc, il n'a pas fait les 120 derniers kilomètres, il est monté dans un pick-up, il a rejoint la ville de Parker, en Arizona, donc moi, j'ai fait cette étape-là, du coup, la plus longue étape du voyage, Henri m'a dit, mais non, mais monte dans le pick-up avec moi et tout, et je lui dis, Henri, non, je lui dis, de 1, alors, ce n'est pas la question de tricher ou pas, parce que je m'en fous, je ne dois rien à personne, si je dois faire de la bagnole, je fais de la bagnole, mais là, je suis dans un élément que je kiffe, c'est-à-dire, 215 bornes de ligne droite, avec personne, avec, tu vois, pas de moyen de se restaurer, avec rien du tout, je lui dis, là, je suis dans vraiment ce que j'affectionne, et ce jour-là, j'ai peut-être eu une dizaine de voitures qui se sont arrêtées, pour me donner de l'eau fraîche, et ça, mais en France, tu ne l'as pas, ça n'existe pas, ça, tu vois, ça n'existe pas, en Europe, tu l'as, mais en France, ça n'existe pas, en France, les gens, c'est vachement individualiste, tu vois, et vachement égoïste, et ça, tu vois, ce côté-là que j'ai trouvé là-bas, j'ai adoré,
Loïc oui, je comprends, j'avoue qu'il n'y a rien de pire, enfin, moi, ça ne m'est pas arrivé très souvent, mais les quelques fois où j'ai eu des galères sur la route, tu vois, autour d'Aix, dans les gorges de Rian, ou quoi, je suis tombé, ah bah, exactement, je suis tombé, je me suis ouvert le coude, j'ai pété une roue, j'étais comme un con, avec mon vélo dans les gorges, parce qu'en plus, il n'y avait pas de réseau, tu vois, donc il fallait que je le porte, des gens qui passent à côté de toi, à vélo, en voiture, personne ne s'arrête, mais,
Benoit et tu vois, pour revenir à cette fameuse journée, où du coup, Henri a un gros problème mécanique et tout, donc là, je lui dis, tu sais quoi, solution, on arrête un pick-up, il te charge, je lui dis, c'est très simple, il n'y a qu'une route, le mec qui va nous passer devant, il va forcément à Parker, à la ville de Parker, parce que c'était la prochaine ville, il n'y a rien avant, il n'y a vraiment, quand je dis, il n'y a vraiment rien, il n'y a rien, et on s'est arrêté, sans mentir, on a attendu 30 secondes, et un pick-up s'est arrêté, 30 secondes, le mec, je lui explique la situation, j'ai dit, écoute, j'ai mon pote, il est en galère, on ne peut pas réparer, on doit dormir sur Parker ce soir, il faut que tu l'emmènes, qu'il puisse réparer machin, ouais, ouais, c'est bon, vas-y, pas de soucis, il charge à l'arrière, et il monte, voilà, terminé, et en 30 secondes, j'ai arrêté une voiture, 1 minute 30, le vélo était chargé, ils étaient partis, voilà, il n'y a pas de blabla, pas de machin, et ça, tu vois, juste pour ça, moi, la gentillesse et le respect des gens, ça me, tu vois, ça me fait que j'y retournerai obligatoirement, ouais.
Loïc Il n'y a pas longtemps, j'ai eu une invitée, Émilie Poudrou, qui a traversé l'Afrique à vélo plusieurs fois, en saut, ouais, et du coup, bon, je la suis aussi sur les réseaux, et on avait un peu parlé de ça en off, tu vois, parce que je lui disais, mais, enfin, elle est passée par des coins, tu vois, la traversée la Mauritanie, le savoir, enfin, des trucs, et donc, elle se débrouille, tu vois, en bivouac, tente et tout, mais elle me disait que les gens sont hyper accueillants, et qu'en fait, c'est plus facile de faire du bikepacking en Afrique qu'en Europe, te faire accueillir en Europe, je ne sais pas,
Benoit mais c'est chaud, mais c'est mort, c'est, voilà, là, une fois de plus, il y a eu deux soirs, on était à une station service, le mec nous a dit, venez à la maison, voilà, clairement, parce que le mec, il dit, ouais, ce soir, machin, je dis, on va trouver un bivouac, non, non, allez, venez à la maison et tout, le mec, tu ne le connais pas, ça fait deux minutes, il te parle, ouais, vous venez à la maison, et accueilli comme des rois, tu vois, c'est ça en fait, c'est que les mecs, ils t'accueillent vraiment, tu es leur invité, tu es vraiment leur invité, et quand je disais, l'histoire des warm showers, la plupart, nous emmenons au resto, il n'y a pas eu une seule fois, où ils ont voulu qu'on paye, tu vois, arrivé l'addition, pop, pop, pop, on divise, ou machin, ou tu vois, des fois, quand on était tout, le gars, il était tout seul et tout, on était deux, le mec nous invitait, on disait, non, non, non, ce soir, on t'invite nous, voilà, tu nous accueilles, on peut faire ça, ah non, non, non, non, tu vois, c'était vraiment, il forçait pour nous inviter, donc, ouais, c'est incroyable, en France, en Europe, c'est niaque, c'est niaque, voilà, c'est,
Loïc je t'avoue que quand j'entends des histoires comme ça, ça me fait réfléchir aussi, tu vois, moi, est-ce que je, bon, je pense, je vois, enfin, c'est même sûr, tu vois, je vois quelqu'un en galère avec son vélo, le cou des ventres, enfin, complètement déchiré, je m'arrête, tu vois, mais j'avoue que peut-être que si quelqu'un arrive, que je ne connais pas dans la rue, comme ça, je cherche quelque part où dormir ou quoi, peut-être que je ne serais pas non plus dans la spontanéité à me dire, ouais, vas-y, bien sûr, tout de suite, en deux secondes, tu vois,
Benoit ouais, ouais, ouais,
Loïc mais c'est intéressant parce que je ne sais pas d'où ça vient en vrai, et, ouais,
Benoit ouais, mais, bon, après, ça n'a rien à voir, là, il y a, juste avant de partir aux Etats-Unis, Steven Le Hayaric, avec ses courses, le Gravelman, et en fait, cette course-là, c'était le Gravelman Marseille, passe devant chez moi, voilà, elle passe devant chez moi, et en fait, ce jour-là, il se tape un froid de fou dehors, mais vraiment, je te dis du froid, ils annonçaient de la pluie toute la nuit et tout, et j'envoie un message à Steven, je dis Steven, balance mon, je sais qu'il y a toujours le groupe WhatsApp et tout, je dis balance mon numéro, je suis kilomètre 230, ville sur Ozon, je suis en face de la boulangerie, et les premiers sont arrivés vers 17h, et moi, je regardais un peu défiler, je dis moi, la boulangerie, à 18h, elle ferme, je dis donc après, il n'y a plus rien, et plus rien, à 18h, quand tu passes ville sur Ozon, derrière, ils montaient au chalet Reynard, ils redescendaient à Sceau, ils partaient après direction le Verdon, enfin, il n'y a plus rien, en plein mois de décembre, à 18h, 19h, c'est fini, derrière, c'est que des petits villages, il n'y a plus rien, et en fait, je lui ai dit, je lui ai dit, mets mon numéro, et s'il y a des galères, voilà, si quelqu'un est en galère, il y a froid, il y a machin, il y a besoin de manger, déjà, tu vois, ne serait-ce être qu'au chaud, tu vois, et ben, tu vois, j'ai sauvé deux mecs, j'ai sauvé deux mecs, un mec, il était rincé complet, et il était gelé, comme pas possible, et c'est sa copine, qui est venue le chercher, et puis, un autre gars, je dormais en plein milieu de la nuit, le téléphone qui sonne et tout, et le gars, il était devant chez moi, en fait, c'était deux, c'était deux, c'était deux heures du mat', et le mec, il me dit, oh, tu sais, tu me sauves la vie, et il me fait, de un, tu me sauves la vie, et de deux, je suis un grand fan, en plus, tu vois, et il me dit, ben, je lui dis, ben, écoute, tu fais une pierre de coups, c'est top, et ce gars-là, tu vois, il est venu, il est venu, il a passé, ben, du coup, deux heures du mat', je lui ai fait un plat de pâtes, je lui ai dit, tu sais quoi, tu gères les pâtes, tu te débrouilles, je lui ai dit, moi, je vais me coucher, tu as la salle de bain qui est là, je lui ai tout donné, je lui ai dit, on se voit demain matin, et puis, et puis, voilà, c'est trop cool, on a passé des bons moments, mais, mais ouais, après, tu vois, moi, j'ai quand même beaucoup voyagé,
Loïc je ne sais pas, ouais, je n'ai pas roulé à l'étranger comme toi, enfin, si, oui, en Suisse, mais je ne sais pas si on peut vraiment dire que c'est à l'étranger, mais, mais, ouais, moi, je fais un peu un blocage sur, tu vois, ce rapport au cycliste sur la route et tout, enfin, je trouve que c'est vraiment, je sais que toi, tu as déjà eu, enfin, je me rappelle, tu avais déjà posté des, tu avais déjà partagé des accrochages que tu avais eu avec des mecs qui te frôlent ou quoi, moi, ça m'en fout, tu vois, je me dis,
Benoit tu vois, je vais encore te raconter un truc, mais là, moi, j'avais eu, tu vois, juste derrière les gorges de la Nesque, on est en plein hiver, il n'y a personne, tu vois, il n'y a personne ici chez moi, il n'y a pas de touriste, il n'y a, tu ne croises personne sur la route, il y a une voiture qui te double, l'autre, elle a tout l'espace pour doubler, le mec te frôle,
Loïc ouais, voilà,
Benoit ça me rend fou, moi, le problème, c'est que moi, un truc comme ça, tu as fait une connerie avant, le mec, tu as fait une queue de poisson, tu vois, je ne sais pas si le gars, tu l'as passé à un feu rouge, un stop, que tu as grillé et tout, que le gars, allez, se rapproche un peu de toi pour que tu comprennes que tu as fait une connerie, je l'accepte, sauf que là, moi, ça fait quelques années maintenant que je roule, je fais quand même de moins en moins de conneries, du moins, j'essaye de ne pas en faire, et là, ce jour-là, ce mec-là me frôle alors qu'il n'y a pas de raison, sauf que le problème, je le rechope à saut, 800 mètres après et tout, le mec, il était arrêté, je ne sais plus ce qu'il faisait, je suis passé à côté, et en fait, le mec, il m'engueule et tout, je lui dis, mais mec, tu vas vite redescendre, et le mec sort de la voiture, mais moi, je lui ai cassé le rétro, et là, du coup, on a pu commencer à parler, ah ouais, mais pourquoi, pourquoi, je lui dis, moi, je suis sur la route, je risque ma vie, tu me frôles, je n'ai rien fait de mal, je lui dis, voilà, je lui dis, là, bizarrement, maintenant, tu veux parler, je lui dis, ben non, maintenant, moi, je vais partir, et je suis parti, et voilà, et il est resté con avec son rétro cassé, ben peut-être que ce gars-là, bon, je n'avais pas à faire ça, mais peut-être que maintenant, ce gars-là, il passe les vélos, et il se dit, ah, je vais prendre un peu plus d'écart, ou voilà, et tu vois, le dernier jour à Miami, j'étais en train de me balader, avec mon vélo cargo, donc du coup, vide, je me balade à 15 à l'heure, je visite, je fais le touriste, je suis sur la route, je suis sur ma voie, il y a une voie à côté, de moi à gauche, pour aller tout droit, et moi, je tournais à droite, et ben, il y avait une voiture qui était juste à ma gauche, et en fait, je ne sais pas si elle m'avait vue ou pas, mais en fait, elle a déboîté, mais vraiment pour venir sur ma voie à droite, et en fait, moi, je vais à son niveau, je toque et tout, et en fait, derrière, je n'avais pas vu, mais il y avait un gendarme, enfin, la police qui était là, c'est quoi, je n'ai même pas eu le temps de me mettre à son niveau, le mec, il nous a arrêté les deux, tu vois, clairement, et pour te dire à quel point là-bas, ça ne rigole pas, c'est que moi, le policier a tout vu, tout est filmé en permanence, ils ont 12 000 caméras sur les voitures là-bas, le mec, il m'a dit, c'est bon, tu peux partir, je vais m'occuper d'elle, et je pense que, voilà, pas de clignotants, couper la voie, moi qui étais là, le cycliste, tu vois, je pense qu'elle a dû prendre quelque chose, une amende, un avertissement, voilà, elle a dû, voilà, mais ouais, tout est différent là-bas.
Loïc Ouais, ouais. Ouais, on pourrait faire un épisode entier sur ça, mais bon, la possibilité, compagnie, mais bon, en tout cas, en tout cas, c'est, c'était méga intéressant, un, que tu nous partages ce défi, enfin, franchement, assez hallucinant, et puis deux, je trouve que dans le contexte actuel, c'est aussi intéressant d'avoir un retour comme le tien, tu vois, où tu n'as fait que des belles rencontres, tu t'es senti bien du début à la fin, sentiment de sécurité, enfin, voilà, c'est, je pense que ça fait du bien d'entendre ce son de cloche aussi un petit peu, non pas que j'ai un billet avec les Etats-Unis, tu vois, enfin, je ne vais que aux Etats-Unis aussi, mais bon, voilà, je pense que ça fait du bien quand même. Donc, franchement, un immense merci, Benoît, c'était méga intéressant, un plaisir de t'avoir à nouveau, j'espère qu'on ne l'attendra pas, quatre ans de plus, ou cinq ans de plus, pour le troisième,
Benoit mais,
Loïc est-ce que toi, tu as un message que tu voudrais faire passer en guise de conclusion, peut-être ?
Benoit Ouais, un petit, ben déjà, merci à toi, pour ce petit épisode, enfin, petit, ouais, on est déjà 1h45, mais, et encore, j'ai beaucoup, encore beaucoup de choses à dire, mais, c'est, c'est pas possible. Non, je peux faire passer un petit message, c'est qu'en fait, il faut, alors, à petite échelle, ou à grande échelle, comme je l'ai fait, il ne faut pas avoir peur de partir au final, il y a beaucoup de choses à voir, je pense, dans le monde, il y a énormément de choses à faire, alors, bien sûr, voilà, moi, je suis parti, c'est aux Etats-Unis, mais on peut, on peut très bien partir, voilà, moi, comme plein de fois, je suis parti de chez moi, de ma maison, pour partir voyager, ça se fait aussi, énormément, et, voilà, je sais qu'il y a beaucoup de gens aussi, qui, ça donne envie, le bikepacking, on appelle ça bikepacking, moi, je n'appelle plus ça, le voyage à vélo, en fait, le bikepacking, pour moi, c'est un peu plus léger, sur un vélo, un vélo, voilà, vraiment léger, avec que des petites sacoches et tout, là, je suis parti sur un voyage, pour moi, il ne faut pas avoir peur de partir, et, de tester ça autour de chez soi, de partir même, trois, quatre jours déjà, pour commencer, pour se rendre compte un peu, pour se faire une petite expérience, pour la config du vélo, parce que, voilà, avant de partir, sur un gros voyage comme ça, moi, j'ai baroudé, j'ai baroudé, j'ai baroudé, j'ai fait pas mal de petits voyages, j'ai fait pas mal de, de trois, quatre jours, de une à deux semaines, voilà, j'ai fait mon expérience, et, et puis, voilà, ça m'a permis, là, de partir aux Etats-Unis, puis, de faire un sans faute, clairement, voilà, n'ayez pas peur, et puis, oser, en fait, il faut oser, tout simplement.
Loïc J'adore ce message, bah, écoute, j'espère que ça incitera, au moins, quelques, quelques auditeurs, auditrices à faire le premier pas, puis comme tu dis, je pense que, enfin, c'est clairement, les témoignages, ce que montrent tous les témoignages sur le podcast, c'est que, voilà, chacun son aventure, toi, comme tu l'as dit, c'était les US, il y en a eu plein d'autres avant, et on peut tout à fait vivre une belle aventure au départ de chez soi.
Benoit Carrément.
Loïc En tout cas, ouais, un immense merci Benoît, super inspirant, comme la première fois, comme toujours, tous les liens, s'il y a des gens qui veulent suivre Benoît sur les réseaux, tous les liens sont en description, et puis, écoute, bah,
Benoit au plaisir de te croiser, parce qu'on est à côté, donc, c'est clair, voilà, il va falloir, il va falloir qu'on aille boire un petit coup ensemble, et puis, voilà.
Loïc Avec grand plaisir, yes, merci Benoît, à une prochaine. Merci à toi.
Benoit Ciao. Salut. Salut.
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