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Saison 5 EP·233 Expédition #Science #Eau #Pollution

02 juin 2026

Cartographier les polluants éternels : Rémi Camus descend le Rhône pour la science

Durée · 1h34 · Transcription disponible

Cartographier les polluants éternels : R

Le récit

Rémi Camus est de retour au micro des Frappés pour la troisième fois (un vrai VIP 🎤). 

Après sa traversée à la nage Calvi-Monaco dont on avait parlé en août 2023, l'éco-explorateur nous embarque cette fois sur un tout autre terrain : la descente intégrale du Rhône en packraft, du glacier suisse jusqu'à la Méditerranée. 

En tout cela représente 812 kilomètres en 28 jours. L'objectif n'était clairement pas pour le record (il aurait pu le faire en quelques jours 😅), mais pour cartographier ce qu'on ne voit pas à l'œil nu : les PFAS, ces polluants éternels qui contaminent nos eaux.

Un épisode fascinant qui met en lumière une évidence : ce n'est pas parce qu'elle est invisible que la pollution n'est pas nuisible. Plus d'info via la page de la campagne Ulule ici.

📸 © STUDIO PAR ICI

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🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #77 - RÉMI CAMUS : 180 KM DE NAGE AUTONOME DE CALVI À MONACO EN 13 JOURS

👉 Épisode #77 - ÉCHANGE AVEC L'AVENTURIER PROFESSIONNEL RÉMI CAMUS

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Invité 1 Les équipes de tournage venaient sur la descente du Rhône, mais des fois retourner voir le laboratoire pour voir où ça avançait, faire des images en parallèle. C'était vraiment un sacré chantier. On s'appelait au Toki, au portable, et vous êtes où ? Là, on est là. Je fais mais où ? Là. On prend le chemin, mais putain, s'il n'y a aucun accès pour arriver au Rhône, je m'en branle, vous démerdez. Il faut sortir maintenant, il faut que les échantillons soient dans la glacière, mais pas dans 20 ans.

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Réveillés. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies.

Invité 1 Génial. Ok, c'est trop bien.

Loïc Bah ouais, du coup, toi, je ne te demande pas comment ça va parce qu'on va le faire dans l'épisode, mais je suis un peu, j'ai l'impression que ça ne s'arrête pas, ça ne s'arrête plus. On continue, on n'arrête plus le Rémi Camus.

Invité 1 On essaye en tout cas, on va dire, on va essayer de donner du sens à des choses, tu vois, que ça ne soit pas juste comme ça. On essaye que ça soit intéressant.

Loïc Ouais. Bon, tu as toujours eu ce truc, toi, de pas l'aventure pour les records, mais l'aventure pour d'autres choses, en fait, pour le message à faire passer.

Invité 1 Ouais, et puis l'aventure pour les records, à un moment donné, on sent... Ouais, ouais. La course à l'ego, je ne sais même pas comment on l'écrit l'ego, si c'est pour celui avec lequel on joue ou si c'est celui qui te nourrit, mais la course à l'ego, franchement, des fois, ça me dépasse, tu vois, de vouloir battre le record de machin alors qu'on n'en a strictement rien à faire.

Loïc Ou de faire des premières, le premier homme à avoir traversé la rue en cloche-pied, en sens inverse.

Invité 1 Exactement. Moi, je serai le premier à faire un truc tout nu, tu vois, je ne sais pas, une ascension tout nu. Je suis sûr que je vais avoir du monde. Je vais changer de registre, je vais passer sur OnlyFan, à mon avis. À mon avis, je vais faire de l'aventure à poil, je vais faire de la vue. Vous voulez du buzz ? Vous allez en avoir. Ah mon Dieu. Mais non, on essaye d'apporter du concret, tu vois, depuis quelle vie Monaco ? On avait poussé quand même sur la partie scientifique, mais ce n'était pas assez concret parce qu'on n'était pas assez staffé. C'était vraiment les prémices de quelque chose. Mais c'était très agréable de se dire, on arrive à travers une expédition à faire parler des choses, à faire parler ce qu'on ne voit pas à l'œil nu. Et ça, c'est super important que les gens puissent le comprendre. Et c'est ce qui nous a donné ce projet de vouloir faire la descente du Rhône. Et on est plutôt très content des résultats. On est content du projet, quand je dis le résultat. Après, les résultats qu'on a trouvés, je ne peux pas les dévoiler. Les résultats, ils sont flippés. Oui, je ne peux pas les dévoiler pour le moment, tout simplement parce que les résultats ont été analysés. Ensuite, ils ont été interprétés. Et là, on attend la validation auprès d'un comité scientifique pour une publication à l'international. Une fois que la publication à l'international est faite, on va nous se poser autour d'une table pour vulgariser ces résultats, les rendre accessibles à monsieur et madame tout le monde. Et derrière, on va pouvoir communiquer dessus et restituer cette phase-là. Mais il faut d'abord qu'on attende que ça soit publié pour que ça soit validé directement par un comité scientifique et qu'on puisse attester du sérieux de l'aventure, de la partie protocole qui a été strictement rigoureuse, etc. où on a bien respecté le protocole pour qu'ensuite, on puisse communiquer dessus. Ok.

Loïc Très intéressant. Bon, écoute, on va rentrer dans le détail. En tout cas, Rémi, je suis méga content que tu reviennes au micro défrappé. C'était bien trop longtemps après le dernier épisode qui était août 2023, où tu nous avais parlé de ta traversée à la nage en autonomie et presque sans assistance entre Calvi et Monaco. Si il y en a qui n'avaient pas écouté l'épisode, foncez, il est en lien dans la description. Comme le tout premier d'ailleurs, puisque c'est aujourd'hui ton troisième épisode. Calvi Monaco.

Invité 1 Je ne m'arrête plus.

Loïc Tu ne t'arrêtes plus. VIP, il est frappé. Calvi Monaco. Vraiment, allez foncer l'écouter. C'était ultra intéressant. Beau message de résilience aussi. Je ne vais pas trop rentrer dans les détails, mais en gros, toute l'aventure, toute l'expé avait été reportée d'un an au tout dernier moment. On avait un peu parlé de ça. Comment tu te réorganises, comment tu gères les sponsors. Et puis, comme tu aimes souvent le rappeler.

Invité 1 Non, non, non. Et c'est quelque chose, tu vois, qui n'est… On parle souvent d'échecs, de ces trucs-là, de toute cette phase de résilience. Mais tant qu'on ne l'a pas vécu une fois, on a du mal à s'en rendre compte. Et franchement, pas simple de se retrouver à une petite dizaine de jours du départ de l'aventure où tout est calé, où il faut tout reporter. Je m'en rappellerai de ma compagne Laura qui me dit, franchement, c'est les vacances les plus pourries que j'ai passées. Tu es vraiment un connard. Ah bah sympa ! Mais tu écoutes, prends tes baskets et casse-toi courir. Va courir une heure ou deux heures là. Et quand tu reviens, tu prendras ta décision. Et peu importe ce que tu décideras de faire, je t'aimerai toujours. Donc, ce n'est pas grave. Il n'y a pas mort d'homme. Il faut juste accepter le fait que ce n'est pas un échec. C'est un report. Et ça va repartir. Mais c'est très dur. Ton égo en prend un grand coup. C'est un grand coup de pelle dans la tronche quand même. Et il a fallu accepter tout ça pour rebondir, prendre son courage et prendre son téléphone. Et d'appeler tous tes partenaires pour leur dire, salut les copains. Bon bah, on repart, mais c'est dans un an. Et tu ne sais pas la réaction des gens. Tu ne sais pas s'ils vont te dire, tu abuses et tout. Et en fait, les gens sont juste bienveillants. Les gens te disent, mais bien sûr Rémi, la sécurité avant tout, ta vie avant tout. Donc, pas de problème. On attendra un an. Et ça fait du bien.

Loïc Oui, et puis sans doute du coup la confirmation que tu avais choisi les bons partenaires.

Invité 1 Complètement. Si c'est ça la réaction. Complètement. Et puis, on le dit toujours, pour moi tout est écrit d'avance. Et si ça ne devait pas se faire là, c'est qu'il y avait une raison. Et la raison est qu'on a pu rencontrer ensuite le laboratoire. On a travaillé ensemble. On a mis des choses en place bien plus poussées sur la partie scientifique qui n'aurait peut-être pas eu lieu si on avait tenté la première fois. Donc, je me dis, il n'y a pas de regret. Voilà, on apprend. C'est que de l'apprentissage. C'est agréable. Des fois, c'est ce que je dis, des gros ascenseurs émotionnels où tu te prends des claques dans la tronche un peu trop souvent. Mais ça fait partie du job.

Loïc Oui. Absolument. Écoute, voilà. En tout cas, foncez écouter cet épisode si vous n'avez pas eu l'occasion de le faire. 13 jours passés dans l'eau. C'était assez épique avec beaucoup de belles anecdotes, comme d'habitude. Et puis, on avait parlé, comme tu aimes à le rappeler souvent, les projets, il y a un avant, un pendant et un après. On avait un petit peu parlé de l'après également. Et je pense que là, ton XP sur l'épiphase, ça va être encore plus important. Oui. Donc, ce que je te propose, Rémi, c'est de nous expliquer, peut-être faire une sorte d'accélérer. Qu'est-ce qui s'est passé entre Calvi Monaco et cet XP sur le Rhône ? Comment tu en es arrivé à te dire, allez, bingo, on va partir pour… C'était vachement long, non ? 30 jours, je crois, c'est ça ?

Invité 1 Oui, 28 jours. 28 jours. 28 jours. Je ne veux pas te dire que c'était une aventure physique. Il n'y avait rien de bien compliqué. 812 kilomètres sur le Rhône à faire du packraft en prenant le courant. C'était des vacances, si tu veux. Mais le but n'était pas là, était vraiment axé sur la partie scientifique. On voulait faire un vrai suivi, une vraie cartographie des polluants éternels. Et donc, en fait, quand on a travaillé dessus en juin 2023, des fois, je me perds sur les dates, je te jure, je deviens trop vieux. On a commencé à travailler sur les polluants éternels. Le scandale avait éclaté dans le sud de Lyon, mais je ne savais pas forcément qu'est-ce que signifiaient ces quatre petites lettres, les PFAS. Et donc, avec le laboratoire, on a travaillé sur cette partie-là. Petite historique, parce que je pense que c'est important que les gens qui vont écouter le podcast puissent avoir ces informations. Les PFAS ont été créés en 1938. C'est Jamy, là. Attention, on est dans une émission, ce n'est pas sorcier. Donc, créé en 1938 par un jeune chimiste à la suite d'une erreur qui essaye de créer un nouveau gaz réfrigérant. Et il met dans une cartouche sous pression du carbone et du fluor en espérant sortir un gaz. Et le lendemain matin, quand il ouvre la bonbonne de gaz, il espère entrer dans un pfft, sauf qu'il n'y a rien du tout. Donc, il découpe la bonbonne en deux. Et à l'intérieur, il y a une poudre blanche très douce, très délicate. Et c'est les prémices des premiers PFAS. Et c'était le PTFE, le téflon, entre autres. Et ça a été utilisé ensuite dans énormément d'applications. Forcément, au début, comme de nombreuses technos dans la partie militaire. Et forcément, c'est arrivé après dans le quotidien, dans ce qu'on peut avoir régulièrement. Donc, on en a dans le textile, on en a dans la cosmétique, on en a dans la peinture, on en a dans le nautique, dans l'aéronautique. C'est la molécule miracle, mais qui cache forcément son lot de côté très négatif et très noir. Et en décembre 2023, on a classé certaines de ces molécules comme étant cancérigènes. Donc, c'est là où on se rend compte que, vu que c'est une molécule qui a été créée par l'homme, qui n'existe pas dans la nature, la nature ne sait pas le créer. Elle n'arrive pas à la détruire complètement. Et donc, c'est pour ça qu'on appelle ça des polluants éternels. Ceux qui ont été créés en 1938 sont toujours et encore malheureusement en pleine nature. Donc, pour nous, c'était vraiment un vrai tournant. Parce que lorsque, et si je remonte le fil de ce que j'ai vécu en 2018, lorsque j'ai fait le tour de la France à la nage, quand on a fini en mer Méditerranée, en fait, on se rend compte que c'est vraiment le paradoxe de notre société. C'est qu'à la surface, tout est beau, tout est bleu, tout est nickel. On prend des cocktails et voilà. Et quand on met la tête sous l'eau, on se rend compte que c'est une véritable poubelle. Sauf que c'est une poubelle qui reste encore à certains endroits très visible avec des déchets de consistance assez importante. On les voit. Mais qu'en est-il de ce qu'on ne voit pas à l'œil nu ? Et en fait, ce n'est pas parce que c'est clair et limpide que ce n'est pas pollué. Et là-dessus, c'est super important de se faire accompagner par des laboratoires. Parce que, Tabo, j'ai fait la conférence à Change Now, il n'y a pas longtemps à Paris, sur le plus gros événement de solutions planétaires, sur le dérèglement climatique, sur le climat, etc. Et en conférence, j'ai pris le verre qui était devant moi avec le pichet d'eau que j'ai rempli. Je fais, voyez, cette eau-là est claire et limpide et elle peut être chargée en polluant éternel. Je reprends un autre verre, je remplis le verre à côté. Je fais, et voyez, cette eau-là est claire et limpide et elle pourrait être complètement sans polluant éternel. Sauf qu'au final, si je pose les deux verres devant vous, avec vos yeux d'humain, on ne peut pas le voir. On ne peut pas voir qu'un des verres peut être extrêmement pollué par rapport à l'eau. Et ça, c'était vraiment le message. Et forcément, tu dois être accompagné par le laboratoire. Donc, quand on a fait la traversée entre Calvier et Monaco, on a travaillé avec eux. Les résultats n'étaient pas assez poussés pour qu'on puisse déterminer certaines choses, mais ça a été les prémices de cette descente du Rhône. Donc, on a sorti l'un des PFAS qui est le PFHXA, qui est un PFAS produit par une société qui s'appelle Arkema dans le sud de Lyon, dans la vallée de la chimie. Ce n'est pas un scoop que je suis en train de balancer, c'est des choses qui sont connues. Mais du coup, c'est un PFAS signature. C'est-à-dire qu'on sait que ce PFAS-là est produit par la société Arkema. Donc, en en discutant avec le laboratoire, ils m'ont dit, mais pourquoi pas resserrer la zone de travail sur quelque chose de beaucoup plus simple à identifier. Vallée du Rhône, ça passe forcément à côté du fleuve le Rhône, donc on pourrait imaginer quelque chose là-dessus. Et c'est comme ça qu'on a mis en place cette aventure de vouloir descendre le Rhône du glacier à la mer Méditerranée, en réalisant une cartographie de l'eau du Rhône, de l'eau du fleuve, en prenant en considération son débit, ses affluents, ses zones de friction, ses ralentissements avec les barrages hydroélectriques, etc. Et ce n'était pas une aventure à charge pour pointer du doigt telle ou telle société de dire, regardez, eux, ils produisent des polluants, ils produisent des déchets qu'ils rejettent dans l'eau, on va faire des prélèvements pile-poil à cet endroit-là. Si j'avais voulu faire ça, je ne me serais pas fait chier de faire toute la descente du Rhône. Je serais resté devant les entreprises et j'aurais fait des prélèvements à cet endroit-là. Il ne faut pas être con non plus. Donc, on a vraiment fait toute la descente. On a fait 55 points de sites de prélèvements. On a fait trois prélèvements par site. Ça fait plus de 150 analyses qui ont été envoyées dans deux laboratoires. On a été accompagnés avec le laboratoire Wessling ALS qui s'est fait racheter par ALS il n'y a pas très longtemps. Donc, eux, ils ont étudié les polluants éternels, les PFAS, sur une règle des 20 PFAS les plus à même à être trouvés en pleine nature. Donc, c'est vraiment une liste qui a été détaillée de ces polluants éternels. Et eux, ils ont rajouté d'autres polluants parce qu'à force de travailler avec de nombreuses entreprises, ils ont fait plein d'analyses et donc ils ont augmenté cette liste. Et donc, on a étudié plus de 60 molécules à chaque fois sur chaque prélèvement. Et l'autre laboratoire, le laboratoire Tibio qui est basé à Lausanne qui est un laboratoire attaché au laboratoire d'Axtachem qui est monégasque et suisse, eh bien, on a travaillé sur une autre molécule qui est un antioxydant que l'on retrouve dans la gomme du pneu de la voiture pour le rendre plus résistant à l'abrasion, à la chaleur, etc. Lui faire une durée de vie plus longue. Sauf que cette molécule, lorsqu'elle est relâchée en pleine nature, elle se transforme, elle devient une autre molécule qui est très dangereuse et très toxique. Et donc, on a pu également faire une cartographie de cette molécule du début jusqu'à la fin. Donc, voilà un petit peu le parcours. Ce n'était pas une aventure non plus, j'allais dire, pour foutre la trouille aux gens. Ce n'était pas l'objectif. Le but, c'était vraiment de les sensibiliser, de leur montrer qu'il y a cette problématique d'épiface sur le fleuve et que pour pouvoir continuer de vivre avec ce fleuve et de le protéger. Alors, on prend le Rhône parce que c'est ce qu'on a fait sur le Rhône. On aurait pu prendre la Seine. En fait, on peut décliner cette aventure sur tous les fleuves du monde. Et du coup, tout le monde peut s'accaparer l'aventure du Rhône sur n'importe quel cours d'eau qui coule juste à côté de chez lui. Et de se dire, si vous voulez continuer de profiter de ce fleuve, de ces rivières à proximité de chez vous, préservez-les. Et pour les préserver, il faut montrer les choses aux gens, les choses qui ne sont pas belles, comme ce qu'on a découvert avec les polluants éternels, mais également toutes les choses magnifiques qui sont à proximité du fleuve, les écosystèmes, les forêts, les villes, les agglomérations, les villages. Toutes ces personnes qui gravitent autour et qui font que toutes ces rivières et tous ces fleuves à travers le monde sont magnifiques. Et pour ça, il faut en avoir conscience. Il faut pouvoir ramener des images pour montrer la beauté des choses et de se dire, putain, mais préservez tout ça, les gars. C'est à côté de chez vous. Je ne vous parle pas d'un fleuve qui coule en Chine, perdu au milieu de la Pampa. Je vous parle d'un fleuve qui est juste derrière la maison.

Loïc Sur les PFAS, globalement, l'utilisation, c'est quoi ? Tu disais que c'était ultra varié et que ça fait des décennies qu'on s'en sert, mais de manière générale, c'est quoi l'intérêt d'avoir des PFAS dans ton produit ?

Invité 1 Ça va rendre les choses, par exemple, déperlantes sur la partie technique, sur du textile. Lorsque tu vas, par exemple, utiliser des vêtements en Gore-Tex, les Gore-Tex sont chargés en PIFAS, pour que la petite goutte d'eau ne rentre pas dans le textile, mais glisse directement dessus. Tu vas avoir le plus connu, parce que ce sont des ustensiles qu'on utilise au quotidien, ce sont toutes les poêles qu'on a pour cuisiner à la maison. Les revêtements qui sont à l'intérieur, pour les rendre anti-adhésifs, sont utilisés avec des polluants, avec des PFAS. Après, il y a ce côté négatif de se dire, effectivement, c'est un polluant, etc. Maintenant, je peux comprendre également, si tu reviens, toi, je me fais l'avocat du diable, mais tu reviens dans les années 70-80, quand les hommes étaient en train de travailler et les femmes restaient au foyer, et je comprends que c'était une révolution très contente d'avoir des poêles anti-adhésifs et pas de sortir un marteau et un burin pour défoncer les casseroles une fois que tu as fini la cuisine. Donc, il y a forcément eu plein de belles choses. Ça a permis plein de choses. C'est PFAS, c'est pour ça que j'appelle ça une molécule miracle, mais qui a toutes ses dérives à côté. Si on prend sur un autre schéma, tu prends l'amiante, qui a été créée au début, en 1900. Donc, ça remonte, tu vois, ça fait plusieurs longues décennies que ça a été créé. On l'a utilisé dans tous les sens. Et je le sais, parce que la maison de mon papa, le cabanon qui était à l'arrière de la maison, le dessus s'était fabriqué avec des tôles ondulées qui sont fabriquées en fibre. Mais il y en a plein. Des gens qui ont des cabanons perdus chez eux, qui sont fabriqués avec de l'amiante. Il y en a plein, plein, plein. Donc, ça a été un matériau miracle utilisé partout, partout, partout, jusqu'à ce qu'on découvre qu'on pouvait avoir un cancer qui était directement lié à cette exposition à l'amiante. Et de dire, en fait, si tu t'exposes à ce matériau, lorsque cela dégage de la particule dans l'air, eh bien, vous pouvez déclarer un cancer dans 15, 20, 30 ans. Et donc, forcément, on a directement mis un hola là-dessus. Et donc, on a complètement modifié nos procédés. Et ça prend beaucoup de temps. Quand tu as des vieux bâtiments qui ont 60, 70, 80 ans et ils sont bourrés d'amiante, bourrés de plomb, etc., tu as toute une phase de désamiantage. Il faut rendre le produit, on va dire, quand je dis éco-responsable, ce n'est pas tout à fait le juste, mais le rendre dans les normes actuelles, il y a un gros travail, très gros travail.

Loïc Oui, ça soulève plein de questions. C'est très intéressant, en vrai, parce que tu te dis, mais... Tu vois, moi, c'est à quoi ça me fait penser. Est-ce que tu évoquais un peu plus tôt la pollution visible versus invisible ? Je n'y pense, je ne vais pas dire souvent, mais assez régulièrement, quand je vais en montagne ou quoi, je vais souvent à la Sainte-Victoire à côté d'Aix. Il y a un sentier, globalement un seul sentier qui monte au sommet où tu as une énorme croix et un prioré. Et je ramasse quasiment chaque fois que j'y vais, c'est un peu technique, tu vois, donc ça accroche un peu les cailloux. Et je ramasse tout le temps des bouts de semelle ou des trucs, tu vois, des gens qui montent, qui défoncent leurs chaussures. Évidemment, quand tu cours, tu ne checkes pas derrière toi pour voir si tu as un bout de semelle qui s'est barré, tu vois. Mais bon, voilà, je ramasse des trucs comme ça, tu vois. Et systématiquement, je me dis, mais en fait, tous ces gens-là qui pratiquent l'outdoor, ta semelle, elle s'use. Donc, en fait, on ne le voit pas, mais le sentier, il doit être complètement chargé, j'imagine, tu vois, en micro-particules de plastique, un peu comme les larmes de sirène en mer. Bien sûr. Ça fait que là, tu ne les vois pas. Oui, oui. Donc, je trouve que ça, tu vois, ça pose plein de questions sur, tu l'évoquais un peu plus tôt, les revêtements déperlants pour les vestes outdoor, etc.

Invité 1 Tu as la même chose sur les skis, tu vois, le revêtement, bah oui, le revêtement pour pouvoir rendre un ski extrêmement résistant et qui puisse glisser sur ces flocons qui se sont agglutinés, il faut bien le rendre déperlant. Et donc, on utilise des pifaces à l'intérieur pour que le farte du ski soit parfait. Mais en fait, le fait de descendre une piste, tu viens frictionner ton ski avec la surface de la piste et donc, ça vient arracher des molécules de polluants directement et qui se déposent sur les pistes. Et t'imagines, quand tu vois des stations, tu prends les trois vallées, tu vois, Valtox, ce que tu veux, bon, bah, tu te rends compte que c'est des lieux où on a des milliers de personnes qui débarquent chaque semaine pour pouvoir pratiquer et kiffer sur la semaine. Donc, on a forcément un impact qui est non négligeable. C'est extrêmement impressionnant. Et c'est pas, si c'était une personne, mais en fait, c'est le fait que tout ça soit multiplié par une multitude de personnes. On utilise, en fait, énormément de choses au quotidien qui sont chargées en polluant éternel.

Loïc Et avant, encore dans le détail, du coup, de l'expédition, globalement, on pourrait s'en passer ? Est-ce que tu vois, si tu t'es expliqué qu'on en trouve aussi dans les pneus, enfin, dans la composition des caoutchoucs des pneus, Non, c'est pas la même chose.

Invité 1 Ce qu'on trouve dans la composition des caoutchoucs du pneus, c'est une molécule qui s'appelle le 6-PPD qui n'est pas un pifas, c'est un antioxydant. C'est encore différent. C'est une autre étude qu'on a faite en parallèle des pifas. Mais on la retrouve partout. Tu la retrouves énormément dans la cosmétique. Là, actuellement, c'est très compliqué. Il y a des décrets qui sont passés qui ont été repoussés, notamment sur la partie cosmétique, pour savoir s'ils pouvaient continuer d'utiliser certaines molécules pour être directement dans les matériaux de fabrication de toutes ces cosmétiques. Tu vois, à titre d'information, si tu prends un truc très neutre sur deux personnes qui utilisent la même chose, une femme pourrait être plus exposée que les hommes au pifas si, par exemple, elle utilise très régulièrement du rouge à lèvres. Parce que le rouge à lèvres, pour que les pigments puissent rester correctement et que ça soit entre guillemets déperlant et que ça résiste plus longtemps, on rajoute certaines molécules à l'intérieur. Et donc, lorsqu'on vient, les femmes viennent se lécher les lèvres, etc., elles ingèrent une petite partie de polluant éternel. Mais c'est à chaque fois, sur l'instant T, ça ne fait rien du tout, tu vois. Ce n'est pas grave, mais c'est une exposition à très long terme. À 15, 20, 30 ans, tu peux boire de l'eau chargée en polluant éternel. Sur l'instant T, tu ne vas pas mourir. Tu ne vas pas te choper une gastro 10 minutes après ou aller vomir dans les toilettes. Ce n'est pas du tout le truc. Ce qui va se passer, c'est que tu vas accumuler et vu que ces molécules sont bio-cumulables, c'est-à-dire qu'une fois qu'elles rentrent dans l'organisme, elles y restent. Donc, elles viennent se stocker. Généralement, elles se stockent dans les graisses et on ne peut plus s'en débarrasser. Donc, c'est de l'accumulation. C'est que tu as une exposition qui est de plus en plus... Lorsqu'elle est de plus en plus forte, forcément, tu auras une concentration plus importante. Et c'est parce que c'est invisible que ça soulève énormément de questions, mais comme énormément de molécules qui peuvent être problématiques, cancérigènes. On parle du cambium en ce moment. C'est la même chose. On ne le voit pas et donc forcément derrière, ça vient directement perturber. Et quand on a fait notre descente du Rhône, à la fin, on a rencontré Philippe Chamaret de l'Institut éco-citoyen de Fosse-sur-Mer. Et c'était très intéressant cette fin de conversation parce qu'il me disait tu sais Rémi, on a... En fait, on vient bousculer des idéaux avec ces polluants qui sont invisibles à l'œil nu. Un exemple, les gens qui vivaient en plein centre-ville de Lyon en avaient marre d'une pollution. Et toi, c'est pour ça que je dis que c'est très important parce que quand tu peux capter les choses, ça vient forcément... Ça te marque. Quand tu ne le captes pas, ça te touche moins. Et donc, les gens qui vivaient à Lyon voulaient se défaire de cette pollution lumineuse, de cette pollution sonore, d'une pollution au gaz d'échappement parce que même si ça ne se voit pas de tes yeux, ça se sent, tu vois, tu sens toutes les odeurs que ça émane, le diesel, etc. Donc, les gens voulaient quitter ces grandes villes, ce stress pour aller se mettre un peu plus au vert, descendre dans le sud de Lyon, vont se poser à proximité du Rhône et s'achètes une petite maison où tu as un bout de jardin, l'herbe est verte, les arbres poussent, ça bourgeonne, il y a des petits oiseaux, il y a des pollinisateurs qui sont là et puis après quelques années, on vient faire des tests dans ton jardin et on te dit hop, hop, hop, hop, hop. on a fait un test, donc, vous ne mangez plus les fruits et légumes que vous produisez, vous ne mangez plus si vous avez de la volaille, donc les oeufs, des poules, si vous avez des poules, des coques, des lapins, tout ça, vous ne touchez plus parce qu'en fait, ce que vous avez, c'est que vous avez un sol, vous avez une eau qui est extrêmement polluée et donc en fait, ce que vous êtes en train de faire, c'est que vous êtes en train de vous intoxiquer, vous êtes en train de vous tuer en consommant ce que vous produisez chez vous et là en fait, ça te bouscule complètement, tu te dis mais en fait, pourquoi est-ce que je me suis fait chier à quitter la grande ville pour me mettre au verre si dans le verre, en fait, c'est pollué et c'est limite, reste en ville, bouffe du fast-food et tu seras en meilleure santé et c'est là où ça vient bousculer complètement tout ce qu'on avait imaginé tu vois, de partir se mettre à la campagne pour pouvoir respirer l'air pur alors que tu te retrouves à avoir des champs où on utilise des produits phistosanitaires qui volent dans tous les sens, vas-y, respire mon copain, respire plein poumon, vas-y, t'inquiète pas, l'autre il vide, un bidon, la quantité, t'inquiète pas, je connais, ah bah super, allez, santé, comme disait Dieudonné, t'as pas l'ombrelle, t'as pas la tranche d'ananas mais tu vas visiter du pays, le cocktail est bien servi, ah les cons.

Loïc Ce qui est flippant, c'est de voir, finalement l'histoire se répète et qu'on a des usages, des habitudes, la technologie, j'imagine, qui avance largement trop rapidement que d'un autre côté, tu vois, la recherche et l'évaluation de l'impact, tu vois, et moi ça me fait penser à un truc, j'espère que je vais pas dire de bêtises, mais qui m'avait, je sais pas pourquoi ce pan de l'histoire de France m'a marqué, mais tu sais, les perruques, les perruques qu'il était bien vu de mettre à la cour sous les rois de France, etc. Ah oui, je t'avais vu l'autre fois, t'étais déguisé comme ça pour une autre soirée. c'est ça. Mais en fait, ces perruques, j'avais découvert, alors je sais plus où j'avais lu ça et c'est pour ça que j'espère que c'est pertinent, enfin c'est juste en tout cas, mais dans mes souvenirs, t'avais différentes poudres qui servaient en fait à éviter les frottements, à ce que les perruques tiennent bien et puis même à les poudrer en fait de manière générale et dans les traitements antiparasitaires qu'ils utilisaient, notamment pour les, comment on appelle ça, les poux, ils mettaient du mercure en fait. Tu vois, donc génial, pas de poux, mais ils se foutaient du mercure sur la tête, tu vois, directement, enfin même la peau, c'est juste un métal lourd abominable. Bien sûr. Et là, finalement, j'ai l'impression que c'est la même chose, tu vois, par notre ignorance ou voulue ou pas d'ailleurs, peut-être que tu vas dire, t'as peut-être fait les pertes, mais on s'envoie et on se fout, tu vois, on est là à se dire, hé, on va aller faire une belle sortie à ski de rando au beau milieu de la nature, c'est merveilleux, puis en fait, juste derrière toi, tu laisses une traînée de saloperies infectes qui littéralement resteront là quand toi, tu seras réduit à poussière depuis un bon moment.

Invité 1 Non, la problématique de ces polluants internels, c'est que beaucoup de sociétés savaient savaient que la production de ces polluants pouvait avoir un impact sur les écosystèmes, sur la santé humaine, etc. Ils le savaient. Donc,

Loïc est-ce qu'ils savaient, ils avaient vraiment mesuré l'aspect, quand on dit éternel, si on le rapporte à une échelle de temps, c'est véritablement éternel ou ils se dégradent au bout de 500 ans ?

Invité 1 Non, ils se dégradent, mais ils restent dans la nature, mais ils se dégradent. Si tu veux, la famille des Pifas est une très grande famille avec des cousins, des cousines, etc., mais ils sont un peu trop nombreux. Il y a entre 15 et 20 000 molécules qui ont été créées, tu vois, il y a du monde à la maison, quand tu fais le banquet, il faut savoir qui servira. Et là-dedans, il y a une des molécules qui est la plus petite qui s'appelle le TFA. Donc, c'est la plus petite molécule des Pifas qui est souvent issue de la dégradation des Pifas qui se retrouvent en pleine nature. Donc, c'est une chaîne très très courte avec ce carbone fluor et qui est malheureusement, en plus de ça, très volatile. Pour ne pas rentrer trop dans le vif du sujet, des résultats, mais celui-ci, on peut le dire parce qu'on avait fait cette phase d'analyse, etc., et on a voulu planter le décor. Quand on a commencé notre projet, on a commencé sur le glacier. On voulait avoir un point zéro de se dire on va commencer sur le glacier du Rhône parce que c'est le point de départ. On va parler des règlements climatiques. Autant être sur un glacier, autant parler de ce qu'on voit aussi vu qu'on ne fait que parler de ce qu'on ne voit pas. Mais là, on peut en parler. On va parler de cette fonte de glace accélérée, etc. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as déjà fait aller sur un glacier. Je ne sais pas si les auditeurs qui écouteront, il y en a qui ont déjà eu la chance d'aller sur un glacier, mais franchement, c'est une claque dans ta gueule. Par rapport à quoi ? La fonte, etc. ? Oui, ce dérèglement très avancé, très rapide.

Loïc Tu vois, la mer de glace à Cham, tu vois les photos d'il y a 30-40 ans et où c'est aujourd'hui, c'est plus que flippant. Là,

Invité 1 on l'a vécu directement, c'est que quand on est monté sur le glacier, notre glaciologue qui nous accompagnait pour, en tant que guide, mais également nous raconter toutes les histoires qu'il pouvait y avoir sur ce glacier, a entubé des barres d'aluminium, a dressé tout ça devant nous. Donc, ça montait à 8 mètres au-dessus de notre tête et il fait, tu vois Rémi, tout ça, on l'avait planté dans la glace au mois de juin et il y avait juste un petit bout qui dépassait de la surface du glacier. Ah ouais ! Donc, il me dit, en une saison, nous avons perdu 8 mètres sur l'ensemble du glacier. Et franchement, quand tu vois, quand tu lèves la tête en l'air et tu regardes à peu près ce que ça représente 8 mètres et ensuite, tu regardes le glacier et tu fais un 360 sur toi-même et tu vois la taille du glacier et en fait, le glacier du Rhône, ce n'est pas le glacier le plus gros au monde, c'est juste un très beau glacier et tu regardes et tu fais oh putain ! Mais ça va très vite ! En une saison ! Ouais ouais ! Et il te dit, l'hiver n'est pas suffisamment froid et rude pour pouvoir recharger cette glace donc on perd énormément et il nous expliquait que le lac glacière qui se trouve au pied du glacier, il me dit, ce lac n'existait pas en 2009, il est arrivé en 2010 et tout doucement, il n'a fait que grandir pour te dire, j'ai fait du packraft sur le lac glacière au pied du glacier et il me dit avant, tu n'aurais jamais pu faire ça et d'ailleurs, j'en ai fait une petite vidéo pour parler du glacier du Rhône et j'ai repris un passage de James Bond, 1964 et il est en train de rouler et il passe le Belvédère du Rhône à ce moment-là et derrière, tu vois le glacier et tu vois où se trouve le glacier en 1964 et juste après, je mets nos images de ce qu'on a vu nous, le glacier, il a reculé de plusieurs centaines de mètres et il a perdu, je ne sais plus combien de dizaines de mètres d'épaisseur, c'est un truc de dingue et il y a même des images qui ont été d'archives en 1904 où le glacier du Rhône se trouve à Gletsch, donc Gletsch, c'est le petit village qui est tout en bas, en bas, en bas, et quand tu vois le glacier où il est situé et la grosse, entre guillemets, langue de chat qui pouvait y avoir qui allait jusqu'à Gletsch, tu fais, ah ouais, d'accord, et si tu remontes encore plus loin, eh bien, il faut savoir que le glacier du Rhône, le glacier à Cham, les deux glaciers se rejoignaient, ah bon ? bien sûr, continuaient dans le Valais, allaient se jeter dans le Léman qui est le plus grand lac glaciaire d'Europe, donc le Léman était le glacier et si tu remontes toute cette partie-là, le glacier, il y a 20 000 ans, était à Lyon et donc tu te rends compte qu'on n'a fait que perdre suite, on va dire, à la planète, à son évolution parce qu'il y a 20 000 ans, on ne pouvait pas parler de dérèglement climatique, on s'en foutait, l'homme n'était pas du tout ce qu'il est maintenant, c'est que depuis l'ère de l'industrialisation, on a vraiment accentué avec notre mode de vie ce dérèglement climatique mais là, on se rend compte qu'il n'y a presque plus rien, il y a des glaciers, tous les ans, on a des glaciers qui disparaissent et qui ne reviendront plus jamais, donc ça va être un vrai chamboulement sur les écosystèmes, ça va être un vrai chamboulement sur notre capacité à utiliser l'eau, c'est ce que je disais aux gens, je vous rends compte, là on parle du Rhône contrôlé par deux pays, la Suisse et la France et jusque-là, ça va à peu près, les ententes sont cools, tu vois, j'ai fait, on n'est pas comme sur le Mekong où on traverse six pays avec la Chine en haut qu'on n'a strictement rien à foutre de ce qui se passe en bas, on construise des barrages hydroélectriques qui sont démesurés, en France, nous c'est des barrages pour des bisounours, tu ouvres le robinet, tu fais attention, il y a un peu d'eau, tu vois, là-bas, attention les gars, on ouvre l'eau, sort la planche de surf et sois bon, donc, c'est pas la même chose, tu vois, et c'est là où tu te rends compte de la démesure des choses, mais de cette réalité de vouloir être capable de contrôler l'eau et ça va être un enjeu dans les avenirs, dans un avenir très proche de comment on va devoir gérer cette eau avec une fonte des glaciers qui va être très accentuée où on aura de l'eau très importante sur des mois comme avril, mai parce qu'on aura là une fonte des glaces, une fonte des neiges accumulées pendant l'hiver qui seront très importantes et quitte de ce qui va se passer en septembre, tu vois, août-septembre, quand tout ça aura disparu, il n'y aura plus cette fonte, on aura des rivières qui seront alimentées par les pluies, mais pas par une fonte régulière, donc il va falloir repenser toute cette phase-là. Donc, c'était très intéressant de commencer par le glacier pour parler de dérèglement climatique, on a fait nos prélèvements et tu vois, sur les prélèvements, eh bien, on n'a trouvé aucune trace de pifas à chaîne longue et à chaîne courte sur les prélèvements du glacier, sur le glacier. Donc, pour nous, il y a même des journalistes qui nous ont dit, ah, le glacier est propre. Je fais, non, non, je fais, moi, je suis explorateur, donc on fait du storytelling. Je fais, mais si je me réfère à ce que disent les scientifiques et les laboratoires, il faut rester très cartésien et ne pas dire des choses qui sont complètement stupides. Non, on ne peut pas dire que le glacier est sans pifas, il faut dire que les deux prélèvements que nous avons faits étaient sans pifas. Peut-être que 30 cm à côté du prélèvement, peut-être que c'était plein de pifas, je n'en sais rien.

Loïc Mais attendez, comment il pourrait se retrouver là, le pifas, sur le glacier ? Je veux dire,

Invité 1 il n'y a pas d'activité. Justement, il n'y a pas d'activité, mais tu vois, sur le lac Glacier, on a fait deux prélèvements et on a trouvé 150 nanogrammes par litre de TFA. Donc, ce n'est pas grand-chose, c'est vraiment insignifiant. Il est là, quoi. mais il n'y en avait pas sur le glacier. On a fait du carottage, donc on pense que le fait d'avoir été plus en profondeur, on n'en a peut-être pas trouvé à ce moment-là. Peut-être qu'à la surface, on en aurait trouvé. En en discutant avec le directeur du laboratoire, je lui dis, est-ce que ça peut provenir du farte des skis parce que le glacier du Rhône était skiable avant. On pouvait s'amuser à skier dessus. Maintenant, c'est totalement impossible. Tu finirais au fond d'une crevasse. Et il me dit, ce n'est pas possible parce que les fartes des skis sont des pifas à chaînes longues. Donc, ce ne serait pas du TFA. Il me dit, mais le TFA est une molécule que l'on retrouve énormément dans les gaz réfrigérants, donc principalement les climatisations. Et donc, c'est un pifas qui est très volatile et qui se trouve directement dans l'air. Donc, par exemple, si on pouvait avoir, tu vois, chez nous en France, quelque chose de très structuré de dire interdiction, pifas, etc. Enfin, vraiment avoir des normes, des règles, des décrets, des lois qui bloquent tout, eh bien, tu pourrais avoir ton voisin, le pays voisin qui n'en aurait strictement rien à faire. C'est vraiment un exemple pour te schématiser le truc. Eh bien, en utilisant des climatiseurs, etc., on pourrait avoir directement des particules de TFA qui seraient directement dans l'air et qui viendraient quand même chez nous.

Loïc C'est le cas du paysan bio qui est à côté de lui, le gros industriel dégueu, qui balance tout dans ses champs et qui se retrouve avec des parcelles polluées. C'est un peu la même chose,

Invité 1 effectivement. Je veux dire, le vent, tout ce qui est molécules et vu que c'est extrêmement fin et petit, ça rentre dans le cycle de l'eau, ça rentre dans les cycles de vent, etc. Donc, forcément, tu auras cette pollution qui sera constante et qui viendra alimenter des endroits où normalement, l'activité humaine n'existe pas. C'est-à-dire, ce n'est pas pour les quelques personnes en voiture qui viennent sur le belvédère du Rhône ou qui viennent marcher sur le glacier, on va avoir une concentration de pifas. Et pourtant, on en a trouvé dans la glacière. Donc là-dessus, tu vois, quand tu me posais la question, est-ce que les industriels savent ou ne savent pas, on utilise les pifas en connaissance de cause ? Oui, on utilise les pifas en connaissance de cause. C'était des choses qui étaient bien ancrées. On savait, ils savaient très bien ce qu'ils faisaient. Il y a la société M3 aux États-Unis qui a été condamnée justement par rapport à ça. Arkema étant... Il y a eu un procès contre Arkema également pour utilisation de ces polluants et puis avec des rejets où c'était un peu flou sur comment est-ce que les eaux souillées étaient traitées, etc. avec des rejets directement dans le Rhône. Donc forcément, tout ça a eu un impact. Mais vu qu'on parle de choses qui sont invisibles à l'œil nu, si tu n'as pas les laboratoires qui sont là pour t'aider et valider les choses, ça ne marche pas.

Loïc Mais, alors, petite question Rémi sur le sujet du traitement, etc. C'est-à-dire que la solution idéale, si tout était possible, c'est quoi ? C'est qu'on ne fait plus du tout de pifas ou il y a une manière de, tu vois par exemple, dans l'eau, de traiter l'eau, de les récupérer et puis une fois qu'on les a, on fait quoi ? On fait des blocs qu'on enterre ? C'est quoi des alternatives possibles ?

Invité 1 C'est ça, la vraie difficulté sur les polluants éternels, c'est que c'est une molécule qui a été créée par l'homme, pas par la nature. Donc la nature ne sait pas le détruire. À l'heure actuelle, on a beaucoup de procédés en développement R&D pour essayer de détruire les pifas, les stopper, etc. Enfin, il existe plein, plein de choses. On arrive à trouver la filtration. Moi, je travaille avec plein de sociétés là-dessus où j'essaye de sourcer toutes les sociétés qui font du traitement de l'eau pour apporter une eau toujours de meilleure qualité à la population pour qu'ils puissent avoir un truc convenable à boire au robinet. Mais ça reste toujours la même chose, c'est qu'on utilise souvent du charbon actif pour venir capter toutes ces choses-là. Mais après, c'est quid, une fois que le charbon actif il est chargé en polluant, il faut pouvoir s'en débarrasser. Donc là, où est-ce que ça va ? Dans quel circuit ? Incinérer des ordures ménagères, on monte des fours à 750, 800 degrés à peu près. Pour pouvoir détruire l'épiphaste, il faut monter à 1500, 1600 degrés. Donc, on est à des températures beaucoup plus hautes. Donc, la question, c'est, ok, on a un four, on l'allume, quid de l'énergie déployée déployée pour faire monter un four à cette température-là. Et si c'est pour mettre un dé à coudre de pifas dans je ne sais pas combien de milliers de mètres cubes de flotte, l'opération est complètement ridicule. Et en fait, tu as plus de pertes énergétiques à allumer un four qu'à détruire des pifas. Donc, il y a quelques sociétés. Il y a Innovaya qui est basée dans le sud de Lyon qui est en train de travailler sur un procédé justement pour essayer de faire que les molécules soient compactes. Donc, au lieu d'avoir quelques nanogrammes de pifas par litre, ça doit en avoir beaucoup plus. Donc, quitte à allumer un four pour exterminer ces polluants internels, autant mettre de la matière à l'intérieur et que ça soit en quantité suffisante. Donc, à l'heure actuelle, on en a un peu là-dessus. On est vraiment aux prémices de toutes ces données, de toutes ces recherches. On manque encore d'informations cruellement sur ces polluants internels. Il faut encore plus de données. On se rend compte qu'ils sont présents partout. Un exemple très simple, il y a le port Édouard-Hériau, donc, juste vraiment dans le sud de Lyon, qui a brûlé suite à un incendie d'une station service Shell il y a plusieurs décennies. les pompiers sont intervenus pour éteindre tout ça. Ils ont utilisé des mousses incendies. Les mousses incendies, un exemple encore, sont chargées en pifas. On utilise des mousses incendies très chargées en polluants internels parce que c'est très pratique et puis ils ont un pouvoir pour stopper le feu qui est assez intéressant. Donc là, c'est pareil, chez les pompiers, maintenant, sur tout ce qui est exercice, on leur donne des mousses incendies qui sont sans pifas et on garde quand même ces mousses incendies qui sont beaucoup plus efficientes pour éteindre les feux. Néanmoins, c'est ce qui s'est passé. Il y a plusieurs décennies, le port Édouard-Aériot a brûlé, on a tout éteint. Et bien, dans la sédimentation au pied du port Édouard-Aériot, on retrouve des pifas, alors certains très actuels qui sont maintenant et on retrouve des pifas historiques du PFOA, PFOS, on retrouve des pifas qui ont été utilisés pendant l'incendie. Alors, on n'a pas une traçabilité directe de dire ce pifas-là a été utilisé, mais on sait que ces pifas-là a été utilisés à cette époque. Donc, on voit qu'ils sont très persistants et ils sont là. Et donc, la sédimentation les garde parce que c'est aggloméré dans de la boue, etc. Mais ça en relâche continuellement. Et nous, pour ne pas spoiler les résultats parce qu'on attend vraiment d'avoir cette interprétation, forcément, on a une augmentation des polluants du début jusqu'à la fin. Ça ne cesse d'augmenter.

Loïc Et malgré... Sans nous spoiler, pardon Rémi, mais quand tu dis ça ne cesse d'augmenter, c'est ultra visible ? Enfin, je veux dire, c'est exponentiel ? Oui,

Invité 1 c'est exponentiel par rapport au... En plus, avec les villages, les villes, les agglomérations que tu traverses, ça ne fait qu'augmenter.

Loïc Donc, en concentration et en type de... Parce que tu disais qu'il y a un peu 20 000 molécules dans le monde. Oui,

Invité 1 en concentration et en type de polluants. Après, point positif, on se rend compte qu'à certains endroits, eh bien, là où il y a moins de villes, de personnes et que c'est plus... Où il y a plus des écosystèmes naturels, eh bien, on se rend compte que ça baisse un peu. Juste comme petite information, on a trouvé ça intéressant de voir qu'il y avait quand même une baisse des polluants. Mais ce qu'on a voulu montrer, c'est qu'on a fait nos prélèvements, nous, uniquement dans l'eau du Rhône. On a fait nos prélèvements sur la veine d'eau principale, là où ça coule. On a fait nos prélèvements à chaque fois qu'il y avait un changement notoire sur le fleuve, c'est-à-dire lorsqu'il y avait un influent qui venait de nourrir le Rhône. Donc, à cette confluence, on faisait un prélèvement en amont de la confluence entre la rivière et le fleuve pour avoir le dernier point sur le Rhône. et ensuite, on attendait que l'information soit dilue, que les informations de la rivière et les informations du Rhône soient mélangées et on refaisait un prélèvement un, deux kilomètres plus bas où on avait vraiment un brassage de l'information pour refaire un prélèvement à cet endroit-là. Donc, le but, c'est vraiment de prendre des endroits où il y a forcément des changements sur le fleuve. Et malgré ça, on a trouvé quand même des informations très intéressantes et donc, ce n'est pas des pics extraordinaires. On retrouve des pifaces mais c'est ce que je dis aux gens, je fais, n'oubliez pas, nous avons fait uniquement du prélèvement de l'eau du Rhône et le soir, quand le Rhône, quand nous, on sortait de l'eau après avoir fini notre journée, on faisait notre bivouac, le fleuve, lui, ne se figeait pas. Le fleuve continuait de couler. Donc, on a fait des prélèvements uniquement dans de l'eau qui était en mouvement du début jusqu'à la fin et malgré ça, on a trouvé une continuité et une pollution qui ne cessait d'augmenter du début jusqu'à la fin. Donc, c'est là où c'est très intéressant de se rendre compte que quand on parle de l'histoire de l'eau, la mémoire de l'eau, l'eau a de la mémoire. Quand on dit vulgairement on boit l'eau des dinosaures, mais c'est vrai, l'eau, on n'en crée pas d'autres sur Terre, elle est là, elle a toujours été là et elle transporte toutes les informations, toutes les dérives, tous nos excès et ça se retrouve directement.

Loïc Petite parenthèse sur ce sujet de l'eau, je trouve ça assez ultra intéressant et particulièrement inspirant le fait que tu en as fait un peu ton cheval de bataille. On en avait parlé sur un des tout premiers épisodes où je ne sais plus si c'est dans ton livre que tu en parles, mais en tout cas, je me souviens qu'un truc qui m'avait marqué et que j'ai gardé en tête, tu vois, c'est que dès tes premières expéditions, en fait, le Mekong notamment et puis l'Australie, cette expérience du manque d'eau, tu avais expliqué, tu vois, que pour toi, l'eau, c'est clairement un sujet central, stratégique, c'est l'avenir absolu et je trouve ça ultra intéressant de voir qu'au fil de tes expés, ça reste, enfin, ce n'est pas juste le fil rouge, c'est l'élément central.

Invité 1 C'est exactement ça et puis, tu vois, j'en étais conscient quand j'ai fait l'Australie à me retrouver à boire mon urine pour ne pas mourir. Je savais que l'eau était indispensable, etc. et je ne pensais pas que ça allait mener jusqu'à de l'analyse scientifique mais c'est vrai que c'est assez bluffant de tout ce qu'on arrive à découvrir autour de cette molécule. Quand je dis molécule, je ne parle pas d'épiphase, je parle de cette molécule de l'eau. C'est extraordinaire. Ça apporte la vie mais ça peut également la retirer. L'eau peut être douce et délicate mais peut être aussi un torrent extrêmement dangereux qui détruit tout sur son passage. tu peux avoir des tsunamis, tu peux avoir des rivières déchaînées. Ça apporte aussi des conflits. Ça peut réconcilier les hommes entre eux lorsque tu as un point d'eau au milieu de Nupar et c'est l'endroit où on vient se poser pour trouver de l'eau, etc. et ça réunit les hommes. Et puis dans d'autres contrées à travers le monde, c'est des vraies sources de conflits où on vient se casser la gueule à coups de machette pour pouvoir défendre un puits. Et tu vois, si je reprends ce qui s'est passé sur le Mekong de ce que j'ai vu, c'est une source de conflits géopolitiques. On utilise la puissance de l'eau à des fins géopolitiques. Donc, on construit des barrages hydroélectriques pour produire de l'énergie au détriment de ce qui peut se passer en aval. on peut fermer des robinets, on peut ouvrir des robinets. On se rend compte qu'on maîtrise complètement les peuples. On peut construire des aquaducs à travers l'Afrique pour aller alimenter des champs de tulipes alors que des champs de roses qu'on n'en a strictement rien à branler. On va assécher des régions entières. On va devoir faire migrer des peuples entiers parce qu'ils n'ont plus d'eau, ils n'ont plus rien du tout. Et là, je ne parle que des humains. Je ne parle même pas des animaux, des écosystèmes. Notre cher ami qui a une perruque orange sur la tête et qui préside un très grand pays en ce moment, construit une barrière entre le Mexique et les Etats-Unis. Il y avait un très joli reportage il n'y a pas très longtemps où il parlait de la problématique de l'eau rien qu'en construisant une barrière qui n'est pas du tout naturelle où les animaux vont devoir trouver d'autres solutions. Sauf qu'entre l'endroit où est-ce qu'ils vivent et l'endroit où ils vont trouver de l'eau, là, tu as une barrière et là, ils se regardent et merde, on fait comment pour passer ? Et là, du coup, on ne peut plus passer sauf que moi, mon point d'eau, il est juste derrière et c'est là où on se rend compte que l'eau est très centrale et ça paraît quelque chose de juste extraordinaire de dire, il y a de l'eau. Je fais, il y a de l'eau, quand tu ouvres ton robinet, il y a de l'eau, tu en es bien content. Je fais, mais quid le jour où un, ça coulera marron et voire pire, ça ne coulera plus ? Ouais. Et c'est là où on se rend compte de la vraie, la grandeur, de toute cette complexité de cette petite molécule qui est extrêmement importante, enfin, de ces deux molécules, H2O. Complètement d'accord.

Loïc Franchement, c'est passionnant, Rémi. Sur le, alors, pour faire un petit zoom, on va dire, technique, opérationnel, comment tu as mis en place, parce que j'imagine que, on parlait de publication, d'analyse de rapport, donc, voilà, je pense que c'est clair pour tout le monde que ce n'était pas juste une petite aventure comme ça où tu t'es amusé pendant 28 jours, il y a un vrai impact scientifique derrière, en tout cas, il va y en avoir un. Comment tu mets en place un protocole sur ce type d'expédition slash recherche ? Il faut un nombre de data spécifique qui est analysé, il faut une durée, ça se passe comment ?

Invité 1 C'est le protocole scientifique qui était calé avec le laboratoire, le but, c'était de vraiment faire une cartographie, on a imaginé les points ensemble, de vraiment structurer les choses, il faut qu'il y ait un protocole sur comment est-ce qu'on prélève l'eau, comment est-ce qu'on la garde, tout était tracé, il fallait tout noter, donc on avait des carnets entiers où on devait tout noter, les températures de l'eau, comment est-ce qu'on la récupérait, quand la température, enfin vraiment assez poussée.

Loïc Et tout ça doit être rendu public après, c'est ça ? Oui, exactement. Donc, tu as par exemple, j'imagine, les points GPS des prélèves. Exactement,

Invité 1 j'ai tous les points GPS, j'ai même les photos des lieux, à un moment donné, il faut aussi donner du concret, de dire, le prélèvement, il a été fait là, mais on plante le décor, qu'est-ce qu'il y a autour de ce prélèvement pour essayer d'illustrer, tu ne peux pas juste dire, il y avait un peu d'herbes, il y avait deux, trois maisons, etc. Donc moi, j'ai carrément fait des photos, des endroits où je prenais directement mes prélèvements, donc on a toute une photothèque comme ça, qu'on va pouvoir distribuer pour montrer où on a fait nos prélèvements pour que ça soit vraiment très concret. Donc ça, c'était la partie scientifique, ça coûte un sacré paquet de pognon, les gens, quand...

Loïc Ah ben, ce n'est pas donné un explorateur de ta carure ?

Invité 1 Ah ben attends, je prends cher mon pote, tu crois que la Bentley roule comment mon vieux ? On ne va pas s'emmerder non ? Les vacances à Bora Bora, faire du jet ski et à manger de la tortue, ce n'est pas donné à tout le monde. Donc à un moment donné, il faut aussi, tu vois...

Loïc Il faut payer les vestes Gore-Tex chargées en pifas.

Invité 1 Exactement, bien sûr. On est là, on n'est pas là mon vieux. Mais ça coûte du pognon de faire des analyses scientifiques, des prélèvements, ça coûte cher. Et puis, je l'ai toujours dit, faire des projets s'il n'y a pas d'impact, impact en l'occurrence, la scientifique pour nous, pour moi c'est très important, mais s'il n'y a pas d'impact après médiatique, tout ça, il faut pouvoir le médiatiser aussi. La partie médiatique, c'est un coût non négligeable entre le documentaire, tout ce qui est RP, l'agence de com', etc. Donc ça vient apporter son petit lot également de quelques euros que tu rajoutes à la facture et tu te retrouves à la fin à faire une expédition scientifique sur l'euro dans Pacraft. Donc tu te dis, ah, 28 jours à descendre le fleuve, combien ? 160 000 balles ? Tu ne te foutrais pas de notre gueule ? Ah oui ? Je dis, ben ouais, c'est pas... Et là-dessus, on n'a pas... Enfin moi, je n'ai pas gagné d'argent. Oui. Ça a juste payé toutes les personnes qui ont travaillé, les laboratoires, les analyses, l'interprétation, enfin, c'est un truc de malade. Il faut envoyer la facture

Loïc à Arkema et compagnie du coup.

Invité 1 Ouais, le problème, c'est que, tu vois, je trouve que c'est un sujet qui est très intéressant de comment embarquer des entreprises ultra, entre guillemets, polluantes, parce qu'elles produisent ce genre de truc, dans des projets à impact environnemental et scientifique. Parce que tu viens toujours demander aux personnes qui pensent comme toi. Tu vas toujours voir des sociétés qui se démènent et qui essayent de faire des choses pour avoir un impact, etc. Et donc, elles ont des budgets mais qui ne sont pas non plus extensibles. Et tu peux, tu vas voir Arkema, je veux dire, poser 160 000 balles sur la table, c'est pas grand-chose. Je crois qu'en 2024, je ne sais plus combien de millions d'euros ils font en bénéfice. C'est monstrueux. Donc, tu te dis, ce n'est pas un sujet pour cette problématique d'argent. mais comment est-ce que tu viens après argumenter auprès de ta communauté, auprès de ton public de dire, on fait une expédition scientifique environnementale et 100% sponsorisée par Arkema. Tu ne te foutrais pas de notre gueule, toi. Donc, tu vois, c'est là-dessus où ce n'est pas simple de trouver les choses. Mais pour revenir à ta question, il y a tout ce protocole scientifique qui était très meticuleusement préparé pour que ça puisse par la suite sortir un vrai rapport qui va être envoyé à un comité scientifique. J'en ai déjà vu quelques brives. Enfin, quand je dis quelques brives, il y a je ne sais pas combien de pages dans leur dossier. Donc, tu vois que c'est vraiment bien travaillé. Et après, au-delà de ça, il y a toute cette partie de logistique, terrain qu'il faut mettre en place parce que faire des prélèvements dans l'eau, c'est une chose. Mais ensuite, quand on a fait le protocole et qu'ils m'ont expliqué comment ça allait se passer, tout d'un coup, ils m'ont dit il faut que la température des échantillons reste à 5 degrés. Et en fait, j'avais tout retenu, sauf que j'ai fait, moi, j'ai juste une question. Température à 5 degrés ? On fait comment, là ? Je ne sais pas ce que... C'est clair.

Loïc Est-ce qu'il est à combien le Rhône en température ?

Invité 1 Ah non, mais la température de l'eau du Rhône, tu fais ton prélèvement, mais c'est une fois que le prélèvement est fait, il faut maintenir ces prélèvements dans...

Loïc Non, mais c'est pour ça, je veux dire, tu ne pouvais pas laisser les échantillons dans une boîte qui dérive derrière ou un truc comme ça. Non, pas du tout.

Invité 1 Non, pas du tout. Ce n'était pas possible. Donc, je leur dis on fait comment, là ? Et du coup, il a fallu mettre des cellules réfrigérantes, des petits réfrigérateurs avec des pains de glace. C'était un bordel d'organisation. On était là avec notre thermomètre fait putain 6 degrés. Voilà, il fallait que ça soit 5 degrés, plus ou moins 3 degrés. Alors, je leur dis au début quand je leur ai dit plus ou moins 3 degrés, je leur dis, je fais, ne vous inquiétez pas, le moins 3 degrés, ça sera très rare. J'ai fait, concentrons-nous sur le plus 3 degrés parce que ça va être chaud bouillant. Et heureusement, le laboratoire venait relever les échantillons tous les 3 jours parce qu'en fait, pendant que nous on descendait, le laboratoire, lui, commençait déjà à analyser les échantillons pour ne pas perdre de temps. Et les équipes de tournage, notamment Benoît, le réalisateur, venaient sur la descente du Rhône mais des fois retourner voir le laboratoire pour voir où ça avançait, faire des images en parallèle. C'était vraiment un sacré chantier. Et donc, il a fallu maintenir cette température à 5 degrés, plus ou moins 3 degrés pour que les échantillons soient validés. Donc, il y avait un vrai enjeu derrière. Tu te dis, il ne faut pas traîner les gars. Il faut vraiment... Donc, quand on faisait les prélèvements, c'était... On s'appelait au toki, au portable. Vous êtes où ? Ben là, on est là. Je fais, mais où ? Là ? On prend le chemin. Mais putain, il n'y a aucun accès pour arriver au Rhône. Je me embranle. Vous démerdez. Il faut sortir maintenant. Il faut que les échantillons soient dans la glaciaire, mais pas dans 20 ans. Donc, c'était assez rock'n'roll. Et c'est là où, tu vois, quand on parle de défis sportifs, c'est très compliqué de pallier les deux. Tu ne peux pas et faire un défi sportif engagé. et une mission scientifique. À un moment donné, il faut qu'il y en ait un qui soit plus en retrait. Et là, c'était clairement le cas. C'est-à-dire que quand les gens m'ont dit « Ah non, vous descendez le Rhône en Pacraft, quelle aventure, ça doit être éreintant. » Éreintant. 812 kilomètres en 28 jours. Je fais, c'est des vacances, les copains. Je fais, il ne se passe rien. Je mets deux coups de pagaie. Je fais, le fleuve, il coule à 5-6 kilomètres heure à partir de Lyon. Sur la partie haute, des fois, on avance, ça, on était à 15 kilomètres heure. Des fois, j'étais juste allongé sur le Pacraft comme ça et tu avais les gars qui faisaient « Ça va Rémi, ce n'est pas trop dur ? » Et moi, je leur envoyais des photos et je faisais « Non, non, ça va. » Mais c'est là où tu te rends compte. Je leur dis, si on voulait vraiment faire un défi sportif en Pacraft sur le Rhône, je faisais la descente du Rhône en 4 jours. Je faisais les 812 kilomètres en 4 jours. Je dormais 2-3 heures par nuit et là, ça aurait été un vrai défi sportif. Je faisais, mais après, quid des analyses ? Ça ne ressemblait à rien du tout. Derrière, aucun intérêt. Donc, c'est là où il y a cette dérive actuelle où on parle souvent d'aventure où tout le monde essaie de mettre de l'aspect environnemental dedans et tu te rends compte que c'est plus… Bushit. Oui. Je ne dis pas que ce qu'on fait, c'est mieux que d'autres, mais j'essaye maintenant d'intégrer la partie scientifique pour vraiment apporter des réponses à ce qu'on essaye de montrer en parlant de choses invisibles.

Loïc Comment tu organises… Dans ce que tu racontes, on comprend bien que même si l'aspect sportif, pour le coup, sur cette aventure, il a été mis en retrait, mais il y a quand même beaucoup de choses à coordonner. et c'est toi le cerveau de toutes les opérations ou tu as quelqu'un… Tu as des gens qui prennent la main et qui te déchargent de certains aspects de l'aventure ? Mais bien sûr, je suis le cerveau

Invité 1 du groupe, bien sûr. Non, non, non, je suis la personne qui a imaginé le projet. On l'a fait avec une association, avec une ONG. Derrière, il y a toute une équipe. C'est impossible de faire ça tout seul. J'avais mon pote Francisco qui était le responsable de la logistique terrain. On avait Marie-Pierre qui était la logistique en règle générale avec les rencontres avec les villes, tout ça, où il fallait tout organiser en amont. On avait Elodie qui gérait la partie relations presse en contact avec Thomas qui s'occupait de la communication qui était sur toute la descente parce que le but, c'était aussi de raconter ce qu'on vivait au quotidien. Donc, on a fait une… On faisait de la vidéo tous les jours avec un petit reel de ce qu'on vivait, etc., pour raconter aux gens où on en était. Ensuite, on avait les logistiques sur la partie du laboratoire. On avait notre référence scientifique. On avait les deux laboratoires avec qui on échangeait pour aller récupérer tous les échantillons. Et ça, c'était vraiment l'équipe qu'on avait presque au quotidien pendant la descente. Et après, on avait toute la partie préparation en amont, la recherche des partenaires, etc. C'est une petite équipe d'une quinzaine de personnes quand même. Ah oui,

Loïc wow. OK.

Invité 1 Oui, oui. Pour essayer de mettre tout ça en place et chacun avec son rôle pour réussir à mettre une aventure au service de l'environnement et au service de la science en rapportant des chiffres. Donc, c'était une très, très belle aventure humaine. On a rencontré toutes sortes de gens, on a rencontré tout aussi bien des scientifiques sur le bord de l'eau qui travaillaient avec des gammas qui sont des toutes petites crevettes qu'ils élèvent en laboratoire, qui viennent intégrer dans des capsules à différents endroits sur le Rhône pour voir comment elles viennent réagir avec l'environnement parce qu'elles viennent se charger avec des polluants. C'est extrêmement intéressant. Tu rencontres plein de gens comme ça. On a rencontré Jean-Pierre Fort, le président de la Fédération de Pêche pour parler effectivement, on parle de polluants éternels de Pifas parce que ça concerne l'homme, entre guillemets, mais en fait, ça concerne les écosystèmes. Et nous, étant en haut de la chaîne alimentaire, en fait, on a cette même problématique. On a travaillé avec le Cében, le Conservatoire Botanique National sur des forêts alluviales avec des plantes endémiques qui poussent au bord du Rhône. On a fait exceptionnellement, attention, je redis exceptionnellement avec une autorisation spécifique du Conservatoire Botanique National, on a fait un prélèvement d'une orchidée sauvage pour l'analyser et voir si cette orchidée pouvait capter des polluants. Le but, c'était vraiment de montrer la beauté du Rhône, de montrer sa fragilité, mais également ce joyau de se dire regardez ce fleuve, regardez ces fleuves, ils nourrissent des millions de personnes, ils nourrissent de l'industrie, ils nourrissent de l'économie, ils nourrissent des écosystèmes, ils nourrissent toute une faune et une flore qui sont extrêmement variées et très riches et très importantes et préservez-le, bordel. Si vous voulez vraiment pouvoir continuer d'en profiter dans les années à venir, préservez tout ça. Donc, c'était vraiment très riche de rencontres et d'échanges et je dirais presque que je suis parti avec presque aucune connaissance sur le Rhône et je termine en connaissant encore moins de choses sur le Rhône tellement que j'ai appris de choses et tellement qu'il y a reste de choses à apprendre sur ce fleuve tellement que c'est complexe sur ce qui se passe à l'heure actuelle et sur ce qui va se passer dans les années à venir sur la gestion du fleuve en lui-même, tu vois. Et encore, je le redis, on est sur un fleuve contrôlé que par deux pays. on n'est pas sur un fleuve où il y a six, sept pays comme sur le Mekong qui traversent où chacun essaye de s'accaparer les choses. Là, on est encore sur de la très bonne entente, on partage, on essaye d'avoir des données. On voit qu'il y a de la bonne entente entre la Suisse et la France et heureusement, heureusement, il ne faut pas l'oublier, en Suisse, il n'y a pas de centrale nucléaire à proximité du Rhône. Chez nous, ce n'est pas le cas. On en a et on a besoin de l'eau du Rhône pour refroidir tout ça. Donc, on a besoin d'avoir un débit, on a besoin et tout le monde, tu te rends compte que c'est une artère qui coule et tout le monde prend un petit peu. On a les agriculteurs qui prennent, on a les centrales nucléaires qui prennent, on a les barrages qui retiennent, on a les gens qui consomment, on a des industriels qui prennent également pour pouvoir produire, etc. chacun essaie de s'accaparer, prendre un petit peu de l'eau à chaque tas pour la restituer par la suite, mais tout le monde essaie de prendre un petit peu de cette eau. En Suisse, on fait de la retenue d'eau avec le Léman, avec le barrage du Seger parce qu'il y a un intérêt économique, transport, enfin, peu importe. Donc, tout le monde essaie de s'accaparer un petit peu ce fleuve en rejetant directement l'eau après l'avoir utilisé.

Loïc Ce que j'allais dire, c'est plus que s'accaparer, c'est... en fait, tout le monde est rejeté. Oui, c'est... en fait, c'est ça qui est intéressant aussi, c'est de voir qu'on ne fait pas qu'utiliser l'eau, en fait. À un moment donné, elle revient, mais elle ne revient pas vraiment dans la forme dans laquelle elle a été prélevée.

Invité 1 Il y en a beaucoup qui la restituent en tant que telle sur... je ne sais pas, je pense au barrage hydroélectrique, c'est de la retenue d'eau. On vient retenir l'eau et après, elle est restituée derrière pour faire une production électrique. Effectivement, il y a d'autres structures, d'autres usages, je pense notamment, par exemple, à l'agriculture où on a à certains endroits de l'intrants chimiques plus ou moins importants, effectivement, l'eau utilisée, elle ne va pas être restituée de la même qualité. Et donc, c'est là où on se rend compte que c'est extrêmement intéressant et complexe cette gestion de l'eau dans sa globalité.

Loïc Oui. Et même, tu vois, moi, je n'habite pas directement à côté du Rhône, mais le plus proche de moi, ce serait plutôt la Camargue. Oui. Avec tout ce que tu viens d'expliquer, le fait que finalement, la concentration, la variété des pifaces augmente de manière exponentielle, je me dis, mais attends, mais du coup, au bout, quand je fais mon petit mec du Sud qui s'achète son bac de sel de Guérande, tu vois, son truc de Camargue, etc., où je me dis, c'est cool, c'est local, machin, en fait, pas forcément, tu vois. Si, c'est local. Oui, c'est local. Il y a des trucs qui ne sont pas trop dedans.

Invité 1 Mais le local ne veut pas dire que c'est de bonne qualité. Exactement. Ce n'est que du local. Mais après, tu vois, on se pose toujours la même question. Tu pourrais acheter des noix de coco produites en Asie très bio et elles auront un impact. Alors, sur la noix de coco en elle-même, elle sera bio et de bonne qualité. Tu pourras la consommer, ça sera bon pour toi. Mais sur l'ensemble de la planète, c'est d'un ridicule d'acheter des noix de coco à l'autre bout de la planète pour pouvoir la consommer chez nous parce que ce n'est pas un produit que l'on fabrique ici et donc forcément, il y aura un impact à l'échelle globale parce qu'on va utiliser des moyens de transport qui sont démesurés pour ramener des noix de coco. Donc, c'est là où le local est très intéressant et nécessaire, mais effectivement, ça ne veut pas dire que c'est forcément de qualité. Et la Camargue, je peux te dire que quand on est arrivé, nous, dans le sud, sans parler de polluants parce qu'on n'avait pas les résultats, on n'a fait que des analyses. Nous, au début, on ne pouvait pas savoir ce qu'on allait trouver, mais visuellement, Ah oui, tu le vois ? Non, mais sans parler de cette pollution piface, mais juste de la pollution. Oui,

Loïc plastique et compagnie. Oui,

Invité 1 la Camargue, c'est un tas de merde, c'est dégueulasse. Ah oui ? Mais oui, sur les bords du Rhône, entre les machines à laver, des voitures, des scooters, des motos, c'est une poubelle. Franchement, c'est dégueulasse. Ah oui ? Mais oui, les gens balancent toutes leurs merdes, c'est un truc de dingue. Et puis, on est à la fin du déversoir. On est juste, donc ça accumule tout ce qu'il y a eu un peu en amont, mais tu te rends compte que c'est un vrai dépotoir. On avait rencontré un monsieur, c'était très drôle, qui nous disait mon beau-frère était un plongeur, gendarme, et sur les barrages, donc tu as pas mal de barrages sur le Rhône pour rendre la navigation fluviale très fluide. Il y a le vieux Rhône qui est, on va dire, le parcours original du Rhône, là où il était là, historiquement, il coulait là, et après, on a fait un canal exprès pour que les péniches puissent passer, et elles ont des tirandos qui sont suffisamment importants lorsqu'elles sont chargées de sable, de denrées, de ce que tu veux, donc il faut qu'il y ait de la flotte en dessous. Et il y avait des péniches qui rouspétaient parce que quand elles sortaient d'une des écluses pour continuer de remonter, elles disaient, on touche le fond, on comprend pas pourquoi. Et du coup, ils avaient remonté l'information, mais c'est pas possible, vous pouvez pas toucher le fond, c'est pas à cet endroit-là, il y a plusieurs dizaines de mètres, c'est pas possible de toucher le fond. Je vous assure, quand on passe, on entend, boum, ça tape dans les coques. Du coup, ils ont envoyé des plongeurs et en fait, ils se sont aperçus qu'il y avait des dizaines et des dizaines de carcasses de voitures que les gens balançaient, des voitures volées, des, comment ils appelaient ça ? De la triche aux assurances, de l'arnaque aux assurances, c'est un truc de ouf, tu te rends compte que c'est un truc de ouf. Oh là là. Le fleuve, quand je dis que le fleuve récupère nos excès, c'est vraiment juste, tu vois. on veut faire disparaître des choses, etc. Balance dans le fleuve. Donc, c'était une très, très belle aventure, très riche d'enseignements et tu vois, quand tu l'as dit au tout début, une aventure, je l'ai toujours dit, elle se prépare, elle se réalise. Pendant l'aventure, il y a ce qu'on appelle les phases de turbulence, c'est-à-dire que ton joli dossier de préparation que tu as mis en place au début, que tu essaies d'appliquer à la lettre parce que c'est comme ça que tu as fait, bon ça, tu en fais une boule, tu la balances à la poubelle et après, tu as la merde qui arrive le jour J, tu fais, putain ça, je n'y avais pas pensé, alors comment on fait pour réfléchir à la problématique et passer le truc ? Donc là, tu trouves les solutions à l'instant T et c'est plus sur la résilience et là, il faut te sortir un peu les doigts et on y va. Ensuite, tu as cette phase de retour à la maison, le retour à la base qui est une étape que peu de personnes ne mettent en avant, ne parlent, etc., mais qui est très, très compliquée, tout aussi bien pour toi dans l'aventure et je parle de ça mais ça peut être un entrepreneur dans un projet où il a tête dans le guidon, un militaire qui part en OPEX, etc., il rentre à la maison, tu as moitié, les gens qui vivent avec toi ont vécu certains temps sans toi et il faut que ces deux mondes se retrouvent, ce qui n'est pas toujours simple et ça peut prendre quelques jours en fonction de l'intensité, quelques semaines, voire quelques mois avant que on arrive à chacun à reprendre ses petites marques et une fois que cette phase-là a été, tu reprends ton rythme un peu plus classique d'homme ou de papa à la maison, tu vois ce que je veux dire Loïc ? Un petit rappel, c'est important. Et après, il faut travailler sur la restitution, tu vois, il y a cette phase-là qui est super importante, restituer les choses et donc là, on est en plein dedans, tu vois, on est en train de monter un projet de financement participatif sur Ulule parce qu'il nous manque de l'argent pour finir le documentaire, donc on va faire cette phase, on va finir le documentaire et puis on s'est dit, il faut restituer et il faut restituer avec les analyses, avec les résultats et donc ce qu'on va faire, c'est qu'on va se recaler une descente du Rhône. Alors, on va voir, on ne sait pas exactement quand, peut-être en octobre, on va voir, le faire en vélo, en gravel, on part du glacier jusqu'à la mer Méditerranée, donc si tu ne sais pas quoi foutre à un moment donné, viens faire un peu de vélo, tu vois, et le but, c'est de pouvoir aller rencontrer les citoyens, les citoyens, toutes les villes et proposer directement aux villes d'organiser des ciné-débats sur lesquels on va pouvoir montrer le documentaire, partager les résultats, accompagner avec un scientifique pour parler des pifaces et surtout, surtout, qu'il y a des solutions. En fait, à l'heure actuelle, si c'est juste pour foutre les gens dans un tunnel noir et qu'au bout du tunnel, il y a juste un mur, exactement, en fait, on en a plein de culs de tout ça, à un moment donné, les gens, ils n'en peuvent plus, ils veulent autre chose, ils veulent, voilà, il faut qu'on puisse, il faut qu'on puisse voir un peu d'espoir dans tout ça et donc c'est ce qu'on veut faire, on veut montrer que le fil rouge, c'était l'épiface, c'était les polluants internels, mais que derrière, il y a du concret et donc on vous partage des solutions à mettre en place au quotidien, de la filtration, peu importe, pour avoir une eau de qualité à boire parce que les gens, ça ne les dérange pas de claquer 2000 balles pour acheter le dernier iPhone, mais de mettre 2000 balles dans une filtration pour avoir une eau de qualité au robinet, et encore une fois, je ne les critique pas, c'est juste encore une fois, parce qu'on parle de choses qui sont invisibles à l'œil nu, incolores et inodores, et donc forcément, ça ne marque pas, on aurait la capacité physique, physiologique de voir les molécules de polluants qu'on pourrait trouver, mais on ne toucherait plus à rien.

Loïc Je ne sais pas si tu as vu, j'avais vu une vidéo, une expérience qu'ils ont fait, alors je crois que c'était au Japon, dans un restaurant pour sensibiliser à la propagation des germes, etc. Et en fait, quand les gens arrivaient dans le resto, les gens savaient, ils venaient là pour un test, ils leur foutaient du spray. Tu imagines le truc dégueulasse. Alors on va vous injecter... Ah d'accord ! Voilà, c'est parti ! Et en fait, ils leur foutaient du spray. Alligator, alligator ! Il s'était pour sensibiliser au fait de se laver les mains, etc. Et à quel point on peut propager des trucs par le contact physique, par les mains. Donc, ils leur foutaient du spray, une sorte de spray qui réagissait aux lampes UV et ils les laissaient avoir leur expérience au resto, etc. Et en fait, dans le spray, il y avait des germes. Et une fois que c'était au bout de... Le repas était fini, ils éclairaient la salle en mode lampes UV et là, mais l'alu total ! En fait, tu voyais tout ce que les gens ont touché, etc. Ils en ont autour de la bouche, sur les couverts, sur les serviettes, il y en a sur les tables, sur les manches, ils ont toussé, donc il y en a par terre. Et là, tu te rends compte, c'est exactement ce que tu dis, en fait, quand c'est invisible, on te dit, tu vois, les gestes à l'époque, moi, ça me fait penser un peu au Covid, les gestes barrières. Oui, bien sûr, mais c'est comme, tu vois, maintenant que tu as des enfants, enfin, tes papas, toi aussi, la crèche, etc., on te dit les trucs contagieux, il faut se laver les mains, tu ne captes pas, en fait, mais c'est vrai que quand on te le montre, là, tu dis, ah ouais, ok, c'est chaud, en fait, si je ne me lave pas les mains, j'en fous absolument partout.

Invité 1 Exactement, et là, encore une fois, tu parles de choses qui ne se voient pas, et rendre l'expérience visible, forcément, à un moment donné, interpelle. On n'aurait pas eu la puissance des laboratoires pour nous accompagner, impossible de mettre ça en avant, c'est pas possible. Personne, je dis, je prends un échantillon sur le glacier, je mets ça dans un verre, je prends un échantillon, alors je ne vais pas dire à l'embouchure complètement parce que c'est de la saumure et elle peut être un peu mélangée avec du sel, donc c'est un peu plus compliqué, mais tu remontes un tout petit peu plus haut au niveau de, je ne sais pas, de Arles, par exemple, tu prends un verre d'eau, tu le poses les deux sur la table, tu attends légèrement avec la décantation que les quelques particules en suspension dans l'eau viennent se poser au fond du verre, tu as deux verres qui sont clairs et limpides, l'eau est parfaitement claire et limpide et pourtant, il y en a un sur le glacier du Rhône qui est chargé à 150 nanogrammes de TFA, c'est-à-dire presque rien, on va dire qu'il est propre et en bas, je n'ai pas les résultats encore, et en bas, on a tout ce que le fleuve a accumulé du glacier jusqu'en bas et c'est là où les gens ont vraiment, il faut qu'on continue, on manque cruellement d'informations, en fait, on est tellement noyé dans de la surinformation et des fois de l'information de merde avec des médias qui tournent en boue, qui te racontent des trucs à gerber, qui ne sont pas forcément très intéressants mais qui permettent de capter l'intention des gens, ça ne va pas plus loin que ça et on manque cruellement d'informations, on n'a pas assez d'informations, par exemple, dans le textile, comment sont fabriquées les choses, il faut donner un maximum d'informations, je l'ai dit plein de fois en conférence et je le redis, il ne faut pas qu'on soit des consommateurs mais il faut être de bons consom-acteurs et on a le choix de pouvoir acheter ce qui nous fait envie et pour ça, il faut avoir de l'information pour se dire si j'achète ça, je l'achète en connaissance de cause et je sais que c'est bon et je sais que c'est bon pour moi, ça nourrit mes valeurs, peu importe, après chacun ses choix mais il faut qu'on ait plus de transparence, plus d'informations sur ce qu'on achète, moins cruellement.

Loïc Écoute, c'est là où des aventures, expériences comme celles que tu viens de réaliser sont particulièrement utiles parce que, voilà, tu vulgarises à mort et merci beaucoup de venir le faire au micro du podcast. Franchement, je me régale depuis le début. On sort un peu des thématiques qu'on avait évoquées les fois d'avant où c'était plutôt pour le coup l'aventure, le physique, le mental, etc. Mais voilà, c'est très intéressant.

Invité 1 Effectivement, là, c'est très différent de ce qu'on peut avoir habituellement dans de l'aventure. Ça reste de l'aventure, ça reste... C'est le médium, en fait, l'aventure. C'est un petit défi sportif. Franchement, on a passé des super moments. on s'est tapé des barres de rire. On a eu... Si, on a eu... Il y aurait pu y avoir une problématique parce que le petit... Le petit jeune Thomas qui nous accompagnait, un autre Thomas qui nous accompagnait sur la logistique pour conduire le véhicule, on était à... à Caderousse. Donc, c'est l'un des barrages sur le Rhône. Et juste avant, tu as été une très, très, très, très grande ligne droite. Et en fait, c'est là où tu as le vent le plus fort dans la vallée du Rhône. Quand ça se met à souffler, ça y va. Et j'étais avec l'autre Thomas en train de faire du packraft où franchement, on faisait du... Avec le vent dans le dos, on faisait du 25-30 km heure. Pour te dire, attention les gars, sortez les voiles, on ne va pas s'emmerder, on arrive en bas demain matin. Et franchement, c'était chaud. On avait des vagues qui faisaient un mètre sur le Rhône. Ah oui, sérieux ? Non mais franchement, les mecs, ils venaient avec des planches à voile, tu verrais les bons qu'ils faisaient. Enfin, c'était un truc de ouf. Et on s'arrête, on avait un échantillon, donc on s'arrête pour pouvoir ranger tout ça, pour pouvoir le noter. Donc, l'autre Thomas était là, prend le calepin, on commence à tout noter, les coordonnées GPS, les machins, tac, tac, tac, la température. Et Thomas me dit, Rémi, est-ce que je peux venir avec toi faire du packraft, c'est tout ? Et je lui dis, je fais, c'est chaud Thomas, c'est pas que je veux pas, mais franchement là, ça déboîte, il y a un putain de vent. Et c'est chaud à tenir. Il fait, ah mais t'inquiète, t'inquiète. Je fais, ouais mais t'inquiète, ça va pas sauver des vies, t'inquiète. Donc, et t'as l'autre Thomas qui me dit, t'es sûr et tout ? Et juste avant de partir, je dis à Thomas, j'ai fait, oh et puis s'il dit ton ballot, j'irai le chercher. Putain de ta race. On se met dans le packraft, et t'es là, c'est parti, et il est à côté de moi et tout. Je fais, tu fais pas le con, tu fais attention et tout, t'inquiète, t'inquiète. Je fais, t'inquiète, il commence à me chauffer celui-là. Et on avance, on avance, et à un moment donné, Thomas, je sais pas ce qu'il fait, il veut surfer une vague, il tourne délicatement. Là, t'as une bourrasque de vent qui vient, qui tape sous le packraft, qui le décolle, et forcément, le vent plus la vague, qui retourne le packraft, et je vois Thomas dans l'eau. Donc là, je fais, ok, super, bon, le bas de combat. Heureusement, j'ai eu l'autre, il s'est nagé, et il avait un gilet de sauvetage sur lui. Je fais, merci, déjà mon dieu. Donc là, je bombarde, je récupère le packraft, je lui demande si tout ça va, il me dit, ok, oui, ok, je récupère le packraft comme je peux. Là, j'essaie de pagayer pour ramener le packraft au bord de l'eau, le truc gonflé, sauf qu'avec le vent, c'était impossible de le tenir. Donc, je dégonfle le packraft, j'y mets des coups de poing pour le foutre sur moi, je rame à fond la caisse, je bourre le packraft dans des roseaux en poussant avec la rame, je fais demi-tour à contre-vent et tout ça, je bombarde, je bombarde pour le récupérer. Parce qu'en fait, on était à 300, 300, 400 mètres du barrage, quatre roses qui étaient ouverts et je peux te dire… Ah ouais ? Ah ouais, et le truc il déboîtait et j'étais là, oh l'encule, non, non, non, non, non, donc là, je vais le chercher, il s'accroche derrière, Et hop, tac, j'appelle le Thomas, on arrive, tout va bien, tout ça. Il sort de l'eau. Je dis, ça va et tout ? Il fait, ouais, ça va. Je lui dis, ok, on fait le point de ta leur. Allez-y, je finis, ne m'emmerdez pas. J'ai fini, c'était chaud, je sors de l'eau et tout ça. Hop, on va garer le véhicule. Je fais, bon, Thomas, mais ici, il faut que je te parle. Je fais, écoute. Je fais, là, c'était de la merde. Je fais, comprends que si moi, je me mets en danger, en danger, c'est mon choix et je sais ce que je fais et je ne veux pas mettre d'autres personnes en danger. Je fais, là, ce que tu as fait, c'est que tu t'es mis en danger, toi. Tu as mis en danger le projet. Et en plus de ça, tu aurais pu y passer parce que le barrage, il est ouvert. Et franchement, un truc de malade. Et je dis, tu passais là-dedans, tu étais collé au fond et personne ne pouvait venir te chercher. Ce n'était pas possible. Donc, ça aurait été très compliqué d'expliquer à ta maman pourquoi est-ce que son fils de 21 ans, il est au fond d'un barrage, tu vois. Et il me dit en rigolant, on fait, mais ne t'inquiète pas. De manière, ma mère, elle n'aurait rien su. Elle ne regarde pas les réseaux sociaux. Elle n'aurait rien su, etc. Et je lui dis, mais vraiment, tu crois vraiment qu'à 21 ans, tu crois encore ça, toi ? Tu crois que ta mère, elle ne suit pas et tout ? Il fait, non, non, non. On a fini l'expédition. Je l'ai ramené chez lui. Je crois, je rencontre ses parents. On discute, on boit un verre, tout ça. Et sa mère qui regarde son fils, qui lui dit, mais franchement, c'était cool. J'ai tout suivi, j'ai créé un compte Instagram exprès pour pouvoir sur toutes les aventures. Et je le regarde moi dans les yeux et je lui dis, nous sachons. Et il me regarde, il fait, ah merde. Je fais, ah oui, qu'est-ce que je t'avais dit, toi ? Tu crois vraiment que… Je fais, c'est une maman. Je lui dis, la maman, elle va se débrouiller pour tout savoir. Je lui dis, elle ne va pas laisser partir son fils comme ça. C'était très, très drôle. À la fin, c'est ce que je dis dans les aventures. Et c'est un truc que j'aime raconter souvent, c'est qu'on sourit des bons moments et on rigole des mauvais moments. Parce que les mauvais moments en soi, qu'est-ce qu'un mauvais moment ? J'allais dire, si ça finit par la mort de quelqu'un, c'est un mauvais moment, entre guillemets. Mais on trouve toujours des solutions, on arrive toujours à sortir de la merde. Et à la fin, tu rigoles de tout ça, tu te souviens quand on a fait ça, on était vraiment con. Et je trouve que ça donne un peu de piment. Et puis, ça a permis à Thomas de comprendre plein de choses et de se rendre compte qu'effectivement, il faut rester humble pour faire attention, etc. Que ça pouvait nuire au projet. Et c'était très enrichissant, franchement. Malgré qu'il y ait eu cette erreur, ça restait quelque chose d'assez bénéfique, pour lui en tout cas, d'avoir pris conscience de tout ça. Donc, ça restait une aventure scientifique. Même si on a mis de côté le côté sportif, on a eu quand même quelques coups de chaud.

Loïc Quelques petits déboires, tu m'étonnes.

Invité 1 Voilà. Et puis, il fallait tenir le rythme. Parce que même si on ne faisait que très peu de kilomètres par jour, à peu près une trentaine de kilomètres par jour, ce qui n'est pas grand-chose, mais couplé au fait qu'il fallait faire tous les interviews avec des gens qu'on allait rencontrer, tous les prélèvements, et des fois, je pouvais mettre 20-25 minutes pour faire un prélèvement. Il faut s'arrêter, il faut stabiliser le bateau. Puis, si on a déterminé un point GPS à un endroit, le fleuve, lui, il continue de couler. Donc, tu commences à tout préparer, à rincer tes échantillons. Il faut tout re-ranger. Il faut re-ramer, remonter le courant pour se repositionner à l'endroit où on avait déterminé le point GPS. Donc, c'était assez rock'n'roll. Et après, il a fallu gérer toute la presse qu'on pouvait avoir. On a eu pas mal de passages de presse. Et à partir de Lyon, on avait entre deux et trois interviews par jour. Ah ouais ? Ouais, ouais. Et les mecs, ils viennent pour filmer pendant une heure et demie, deux heures, pour regarder que deux minutes. Et j'ai dit, je me dis, mais les copains, là, il faut qu'on se dépêche. Moi, j'ai encore de la route. Et puis, j'ai des échantillons. Et après, on a tout à noter. Enfin, il y a encore beaucoup de travail. Donc, c'est là où tu te rends compte que tu ne peux pas tout faire. Tu ne peux pas faire un projet sportif très intense couplé à un projet scientifique intense où tu ramènes de la donnée et que ça soit parfait. Il faut, à un moment donné, faire le choix de mettre de côté quelque chose au détriment de l'autre parce que c'est le plus important.

Loïc Non, mais je trouve ça ultra intéressant et assez rafraîchissant, tu vois, justement, cette approche que tu as de ne pas être, encore une fois, en disant rigolant avant de commencer, tu vois, dans la recherche du record de j'ai descendu le Rhône avec un oeil fermé. Je suis le premier au monde à avoir fait ça, tu vois, en marche arrière ou je ne sais pas quoi. Tu vois, les premières. Enfin, voilà. C'est intéressant de voir que c'est la position que tu as prise et je trouve que c'est ultra inspirant.

Invité 1 Mais pour toi, je ferai la descente du Rhône à poil la prochaine fois.

Loïc Voilà, très bien.

Invité 1 Et je peux te dire que ça va buzzer sec.

Loïc On va t'en faire des prélèvements. Écoute, c'est une très bonne transition. J'allais te demander du coup la suite. Est-ce que tu es déjà, alors là, même si tu l'as expliqué, tu n'as pas tout à fait fini la phase de restitution, mais est-ce que tu as d'autres projets, d'autres choses à venir sur lesquelles tu travailles déjà ?

Invité 1 Oui, on aimerait beaucoup poursuivre sur la thématique des polluants éternels, des PFAS, sur des endroits un peu plus reculés encore. Je suis en train d'échanger avec les deux laboratoires plus l'Institut Océanographique de Monaco pour voir ce qui est possible de faire et surtout ne pas faire de doublons. Ça ne sert à rien de repartir à un endroit pour dire, je vais partir au fin fond de tel désert ou de tel glacier ou de machin pour faire des prélèvements si ça a déjà été fait. aucun intérêt. Mais si on peut compléter certaines données et que ça puisse vraiment nourrir la science et qu'on puisse derrière mettre en place des vraies solutions ou déposer des lois, des décrets, en fait, j'arrive, mine de rien, à faire mon petit bonhomme de chemin et puis d'avoir mon petit impact à mon échelle. Donc, on est très contents. Là, on est très axé sur la restitution parce qu'on veut que ça soit bien fait et puis surtout, on veut délivrer le message et leur ramener les résultats. Je pense qu'il y a plein de gens qui nous ont suivis sur la descente du Rhône. Je crois qu'on a fait plus de 10 millions de vues en tout en termes de com, ce qui est plutôt pas mal.

Loïc Énorme.

Invité 1 Et je pense que les gens attendent ça. je reçois régulièrement des messages. Alors, les résultats, ils en sont où, tout ça ? Et c'est dur, tu vois, de leur dire, il faut être patient. Parce qu'en fait, ils pensent que du coup, demain, on a les résultats. Mais ce n'est pas parce qu'on a les résultats qu'on peut communiquer dessus. Les résultats, ce ne sont que des analyses. C'est la donnée brute, en fait. Exactement. Et derrière, s'il n'y a pas une interprétation de tout ça, en fait, vous allez tout de suite imaginer des choses qui ne sont pas forcément vraies. Donc, il faut, pour ça, prendre le temps. Et tu vois, on a fait l'aventure en septembre 2025. On est fin avril et on a, on va sortir la publication à l'international. Donc, tu te rends compte qu'on aura presque neuf mois d'attente pour avoir un truc qui soit bien fait. Donc, ça prend du temps. Et ce temps est nécessaire. Et puis derrière, ça va nous permettre de pouvoir travailler sur la phase de restitution avec les populations, leur montrer le documentaire, les résultats et puis leur apporter des réponses parce que c'est vraiment important. Et puis, de pouvoir repartir sur les bords du Rhône parce que même si on est sur une aventure très ancrée sur le territoire à proximité de la maison, j'allais dire, ça reste un très beau truc à faire. C'est très sympa. tu vois, s'il y a des personnes qui, quand ils écouteront le podcast, ne connaissent pas la vie à Rona, je vous conseille. Des fois, il n'y a pas besoin de partir à l'autre bout de la planète pour faire un truc fun. La vie à Rona est un très, très beau truc à faire. Si vous voulez vous la coller, vous partez directement en vélo jusqu'à, je ne sais pas moi, jusqu'à Lausanne ou jusqu'à Genève et puis vous remontez jusqu'en haut du Rhône en vélo. Je pense que vous allez avoir le cul en compote quand vous arriverez au Belvédère du Rhône parce que je peux vous dire que ça monte sec. Faites un petit tour sur le glacier juste de vous rendre compte. Si vous pouvez y aller même avec des enfants, avec vos enfants, emmenez-les sur le glacier, prenez des photos d'eux juste pour leur dire voilà, tu as 8 ans mon chéri, regarde, je te présente le glacier du Rhône et j'espère qu'ils auront la possibilité d'y retourner quand ils auront ces enfants-là une trentaine, une quarantaine d'années et de se dire ah ouais, putain j'étais là quand j'avais 8 ans, quand j'étais gamin, j'ai une photo, il n'y a plus rien et franchement c'est toujours assez impressionnant et après kiffer cette descente du Rhône en vélo, c'est vraiment tout est aménagé, très sympa et on prend pas mal de plaisir donc c'est très joli il y a des chouettes trucs à faire.

Loïc Excellent, je confirme je n'ai pas fait toute la Vierrona mais j'ai fait des petits bouts j'étais monté à Annecy à vélo depuis Aix en deux jours et j'étais passé par des petits bouts de la Vierrona très très sympa. Merveilleux. Écoute Rémi, un grand merci juste dernier point tu parlais de Campagne Ulule il y a déjà un lien actif etc.

Invité 1 Non, pas encore mais il va l'être très prochainement je ne sais pas quand est-ce que tu comptes sortir ce podcast

Loïc Écoute, très prochainement aussi donc il faut que tu me tiennes au courant et je ferai en sorte que le lien soit au moment où les gens écouteront je suis à peu près sûr que le lien sera en décision Oui,

Invité 1 je pense aussi et bien ça marche pas de soucis c'est très gentil en tout cas

Loïc Un grand merci Rémi c'était un plaisir une fois de plus et puis je te dis à une prochaine pour un prochain débrief d'aventure

Invité 1 Ouais et puis sinon il faut que tu viennes pédaler un petit peu

Loïc Bah écoute on va parler Voilà

Invité 1 Merci Rémi Ciao onsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsonsons

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