Les Frappés Les Frappés
Saison 5 EP·223 Parcours de vie #handicap #maladie #vélo

13 janvier 2026

S'éveiller à travers le sport et l'aventure, avec Anne Fleury

Durée · 1h14 · Transcription disponible

Anne

Le récit

J’ai eu la chance de rencontrer Anne à plusieurs reprises grâce au podcast. D’abord lors du 1er week-end des Frappés, à Aix-en-Provence, puis à l’occasion d’une visio des Frappés, et enfin à nouveau lors du 2e week-end des Frappés, cette fois-ci dans le Verdon.

Ce qui m’a tout de suite marqué chez Anne, c’est la force tranquille qu’elle dégage. Elle se présente spontanément comme « une personne lambda » avant de vous expliquer, avec beaucoup de simplicité, qu’elle aime les voyages et l’aventure, notamment en solitaire. De sa Bretagne natale aux grandes étendues du Kirghizistan ou de l’Amérique latine, Anne a déjà roulé sa bosse, à sa façon.

Récemment, parce qu’elle voulait mieux comprendre ses propres limites, elle a décidé de rouler de Metz à Marseille, soit plus de 1 000 kilomètres. Une belle aventure qui, finalement, n’a pas été si terrible (et qui, du coup, en appelle d’autres, plus ambitieuses encore !).

À travers ce défi, Anne a voulu mettre en lumière l’association Vaincre les Maladies Lysosomales, un terme qui regroupe près de 60 maladies handicapantes de l’enfant et de l’adulte, dont le point commun est une déficience génétique.

🎙 Les autres épisodes qui pourraient vous plaire :
👉 Épisode #217 - Pédaler de Lyon jusqu'en Géorgie pour gravir le Mont Kazbek (5000m) avec Félix Guglielmo

👉 Épisode #152 - Éloge du voyage lent et du cyclotourisme 🚲 avec Florian Coupé

👉 Épisode #118 - Pédaler 13560km à travers l'Europe pour sensibiliser à l'autisme avec Adrien Charle

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Transcription

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Loïc Hello, hello ! Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Eh bien écoute, bienvenue à nos micros défrappés. Je suis super content de te recevoir après toutes ces années, échanger, se rencontrer à l'occasion des visios défrappés, des week-ends défrappés, tes récits. Je pense que la première fois que j'avais entendu vraiment un peu plus de détails, en tout cas sur tes aventures, c'était sur une visio défrappée que tu avais animée tu nous avais parlé de ton voyage en solitaire au Kyrgyzstan tu nous avais bien fait rêver donc écoute, vraiment ravie Anne qu'on puisse enfin se faire cet épisode sur les frappés

Anne écoute, merci à toi Loïc, je suis tout aussi ravie que toi ça m'a vraiment touchée quand tu m'as proposé de participer au podcast j'adore ton podcast en fait donc je suis vraiment très touchée, c'est chouette, merci beaucoup

Loïc top, ce qui m'a donné l'idée, en tout cas je me suis dit mais évidemment, il faut interviewer Anne. On s'est vu il y a peu de temps à Aix, Aix-en-Provence. Alors, tu n'as pas accepté, mais je t'avais gentiment quand même proposé, tu faisais un gros trip à vélo, tu vas nous en parler, je pense que ça va être l'essentiel de l'échange, mais je t'avais gentiment proposé de dormir sur le chantier de mon appartement entre les sacs de ciment et les plaques de placo. Bon, visiblement, tu avais préféré quand même aller chez Lilian, un autre ancien invité du podcast que je salue d'ailleurs. mais bon on s'était quand même croisé pour je pense un pain au chocolat un peu gras décongelé dans le fermarché et je crois pas de café parce qu'il devait pas y avoir de machine à café

Anne non c'est vrai qu'il y avait pas de café je t'en ai beaucoup voulu après

Loïc donc c'était un accueil somme toute assez déplorable mais du coup tu m'avais raconté un petit peu ce que tu faisais à ce moment là et je m'étais dit c'est quand même incroyable donc il faut absolument qu'on en fasse un épisode extra pour celles et ceux qui te connaîtraient pas qui ne t'aurait pas vue justement sur la vidéo défrappée, les week-ends défrappés, etc. Qui es-tu, Anne ? Qu'est-ce que tu fais en ce moment ? D'où tu viens ? Qui es-tu, Anne ?

Anne Qui suis-je ? C'est une bonne question. Je ne sais pas si je vais répondre en quelques minutes. Alors, moi, je suis bretonne d'origine. J'ai 32 ans. J'habite dans l'Est de la France depuis quelques années maintenant parce que j'avais déménagé pour le travail. Après avoir baroudé un peu partout, j'étais partie en Amérique du Sud, en Norvège, en Irlande. J'avais bien crapahuté dans ma vingtaine, on va dire. et je suis quelqu'un je pense que les gens me décrivent de façon très dynamique je suis déterminée très curieuse et j'aime des choses très différentes autant le sport, la nature je suis hyper sensible aux textures des choses et en même temps je vais beaucoup lire, écrire je fais de la peinture, je fais mes propres matières et tout ça c'est assez plein de choses très différentes et le sport occupe une place quand même importante, je vais dire, de plus en plus importante dans mon quotidien. Voilà.

Loïc Excellent. Quand tu dis que le sport occupe une place de plus en plus importante dans ton quotidien, c'est quoi ton histoire avec le sport, ta relation au sport depuis petite jusqu'à aujourd'hui ? Est-ce que c'est vraiment un gros changement qui est en train de s'opérer ou tu as grandi dans un environnement où le sport était un pilier important ?

Anne Alors, je n'ai pas grandi dans un environnement sportif. dans ma famille, c'est pas vraiment une famille de grands sportifs mais mon père avait été militaire donc je pense que quand il me racontait ces trucs ça m'intéressait quand même pas mal j'ai toujours eu l'esprit de compétition et j'ai toujours adoré le sport mais je pratiquais que dans ma scolarité, tu vois, je faisais pas de sport extra-scolaire on va dire, et ce qui m'a beaucoup manqué en fait, je pense que j'attendais qu'une chose, c'est de pouvoir être autonome et pouvoir faire ce que je voulais mes pratiques, etc. m'inscriraient à le plus de dossiers possibles pour rattraper, je pense, un peu le temps perdu. Et c'était... Je me souviens, au collège, il y a une année où j'étais la deuxième à courir le plus vite de ma classe, tu vois. J'étais super fière, mais je ne pouvais pas pratiquer l'athlétisme en parallèle, donc c'était un peu frustrant. En tout cas, j'ai toujours eu cette appétence-là pour le sport et pour l'aventure de façon générale, mais ça, je pense que c'est lié à mes origines bretonnes et au fait que j'ai la chance de pouvoir pratiquer la voile depuis que je suis toute petite, depuis que j'ai 6 ans. Et sur la côte nord de la Bretagne, spécifiquement à Saint-Malo, et c'est quand même une zone de départ, tu vois, aux courses au large, des explorateurs et tout ça. Et donc, on allait tout le temps voir le départ de la route du Rhum, par exemple. Et quand j'étais petite, je m'étais dit que moi aussi, un jour, j'allais faire ce départ-là. Et que j'allais même... J'avais dit à mon père que j'allais lui offrir un bateau pour qu'il fasse la route du Rhum. Quand on soit en concurrence, il attend toujours le bateau. mais ça, ce truc-là un peu de défi sportif, etc des choses un peu grandes un peu lointaines, j'en ai toujours eu envie et donc j'ai commencé vraiment à me mettre au sport plus tard pendant les études de façon petit à petit la première course que j'ai faite c'était en 2015 je me suis inscrite à un semi-marathon ce qui m'a permis d'être rigoureuse dans les entraînements etc et puis ensuite je me suis un peu éparpillée la rando en haute montagne les raquettes très peu de ski un petit peu la voile beaucoup la course à pied je suis assez vite passée au trail parce que j'aime pas du tout courir sur le bitume et en ville donc j'ai bifurqué vers ça et puis je pratique l'aviron aussi et ça c'est un sport ultra complet qui me prend pas mal de temps et puis depuis peu le vélo qui est une découverte assez récente quand même pour moi, parce que c'était mon moyen de transport avant mais je le pratiquais pas de façon sportive et là ça commence à je commence à comprendre le virus de la trentaine des gens qui font du vélo

Loïc t'as rapidement évoqué tes voyages, il me semble que le dénominateur commun à pas mal des expériences que t'as vécues à l'étranger c'est que tu as un peu une appétence pour les voyages en solitaire il me semble

Anne ouais j'aime bien partir en solitaire j'aime bien tous les formats tu vois ils sont tous intéressants, je les ai tous faits globalement mais en fait quand je pars seule je me sens beaucoup plus disposée aux choses tu vois j'ai l'impression d'avoir le coeur un peu plus ouvert d'être beaucoup plus présente à ce qui se passe je suis plus disposée à l'inconnu, aux rencontres même au contact avec la nature tu vois je suis très sensible à ça et c'est pas en fait je suis physiquement seule mais je me sens pas seule et même parfois je suis pas forcément comme tu rencontres plein de gens parfois t'es rarement seule ça m'est arrivé dans des randonnées au bout d'un moment de dire aux gens partez devant et j'attends deux heures pour pouvoir partir seule parce que je cherchais aussi ça mais ouais non j'aime bien ça en tout cas moi je me sens plus ancré dans le présent de ces moments-là.

Loïc Et comme tu dis, je trouve que personnellement, ça me parle à fond. Je suis vraiment d'accord avec toi sur cette notion de disponibilité. Quand je pense à tous les voyages que j'ai faits en solo et parfois dans certains endroits où je suis retourné après avec d'autres personnes ou alors j'y suis allé d'abord avec des personnes, puis j'y suis retourné tout seul. Et les expériences n'ont absolument rien à voir entre elles. Parce que quand t'es seul, tu prêtes attention à tout. Je trouve que tu es beaucoup plus réceptif à ce qui se passe autour de toi. Tu notes peut-être des choses que tu n'avais pas forcément identifiées quand tu étais avec des amis ou de la famille parce que tu discutes, parce que tu es dans ta bulle. C'est une sorte de bulle qui passe à travers des scènes, etc. Mais tu ne fais pas vraiment gaffe. Alors que quand la bulle, il n'y a que toi dedans, finalement, tu es beaucoup plus réceptif à une scène sur un marché. une action dans la rue, une peinture sur un mur en ville. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais...

Anne Si, si, je suis d'accord avec ça. En fait, tu vois, moi, quand je pars seule, c'est vraiment un truc que tu es seule avec toi-même et ça fait du bien aussi. On est rarement seule avec soi-même parce qu'on est toujours sursollicité par plein de trucs dans le quotidien. Il faut être discipliné pour s'occuper des moments un peu de repos, de mise en veille. Mais je trouve que quand tu pars comme ça en voyage, tout est un peu décuplé tes émotions je trouve parfois elles sont beaucoup plus fortes il y a plus d'intensité et et quand tu vis seul je trouve que t'es très vite au contact de ça et moi j'aime bien après j'aime bien aussi quand tu pars avec d'autres gens tu peux partager t'as des souvenirs en commun enfin c'est des choses c'est un autre rapport au voyage et les deux sont chouettes mais c'est vrai que moi je pense que j'ai besoin tous les ans de faire quelque chose vraiment seul

Loïc ça c'est oui ça a été quoi d'ailleurs on parle d'expérience en solitaire sans évoquer la dernière à vélo mais ça a été quoi ton expérience solitaire à l'étranger qui pour toi a été la plus marquante, que ce soit en bien dans les difficultés que tu avais à gérer, s'il y en a eu celle où vraiment tu te dis ça c'est le voyage en solitaire que j'aime

Anne en voyage ou en déplacement parce qu'en fait j'ai passé plusieurs mois à l'étranger mais dans le cadre de mes études, mais en fait, tu pars quand même seule. J'ai été quand même très marquée par la Norvège. Partout, mes voyages, mais la Norvège, j'ai un contact magnétique un peu avec ce pays. J'ai l'impression d'avoir laissé d'ailleurs un petit pourcentage de moi-même là-haut, parce que j'étais en Norvège, dans une petite ville qui s'appelle Alta. C'est entre Tromsø et le 4 Nord, en gros. En gros, t'es à 240 km au sud du Cap Nord, c'est la dernière ville là-haut et là-bas il n'y a rien en fait c'est la nature vraiment sauvage à l'état pur, les grandes étendues des conditions intéressantes que je ne connaissais pas du tout j'y étais surtout l'été mais quand même tu sens que tu es loin que tu es haut sur le globe et là j'ai fait pas mal de randos seul de choses comme ça et j'ai trouvé ça un côté très apaisant et en même temps qui me permettait justement aussi de me dire qu'est-ce que je veux en fait qu'est-ce que je veux dans ma vie te poser des questions peut-être un peu plus comme ça où t'as la place de te les poser et voilà c'était pas pour le coup pas forcément le côté sportif même s'il y avait des randos qui étaient bien sportifs c'était plus le rapport à la solitude et aux grandes étendues

Loïc qu'on sent vachement en Norvège Norvège j'avais vu quand j'étais je sais pas si t'avais dû écouter les épisodes sur l'expédition Bâtard et du coup j'étais allé regarder la densité de population parce que comme toi c'est marquant quand même comme pays c'est à la fois t'as à la fois un sentiment d'isolement profond et en même temps t'es jamais complètement déconnecté si tu le veux de la civilisation moi les coins où j'étais globalement entre Bergen et les Sunds il y avait 4G, 5G partout le moindre port en arrivée borne wifi, borne électrique c'était des tout petits ports, des coins très isolés mais parfaitement modernisés et du coup j'étais allé regarder la densité de la population qui est inférieure à celle de la Nouvelle-Zélande je crois que c'est à peine plus de 10 habitants au kilomètre carré donc c'est vrai que je pense que c'est effectivement typiquement un coin où tu peux vite te sentir face à toi-même

Anne en fait moi j'étais partie là-bas aussi dans le cadre de mon mémoire je faisais de la recherche sur place mais aussi pour me dire il paraît qu'on peut être heureux partout donc j'ai envie d'aller voir est-ce que je peux être heureux dans un tout petit un tout petit endroit où il n'y a pas grand monde c'était aussi une curiosité vis-à-vis de moi-même de me dire ok est-ce que vraiment tu pourrais vivre partout et c'était assez drôle de se dire que pour nous ça nous paraît exotique mais pour les Norvégiens qui sont nés là-bas ça n'a rien d'exotique j'avais été frappée parce que dans le cadre justement de mon mémoire j'avais été une petite semaine à Svalbard c'est quand même improbable mais moi ça me paraissait improbable un peu inouï mais le Norvégien avec qui je travaillais oui, tous nos vacances d'hiver là-bas ah oui d'accord le rapport à la géographie est quand même très marqué par le lieu d'où tu viens je trouve mais je n'avais pris conscience quand même à ce moment-là je pense

Loïc je pense de la même manière que tu as des nord-américains dont l'intégralité de l'histoire récente se résume à à peu près 200 ans ou 250 ans quand ils débarquent vers chez toi que ce soit Saint-Malo ou Strasbourg-Mess avec le moindre coin de rue il y a une maison qui a 800 ans ça doit leur paraître complètement fou qu'on passe devant en se disant en se disant rien en fait

Anne c'est drôle que tu dis ça parce que j'ai reçu un ami du Pérou. J'ai passé quelques temps au Pérou il y a longtemps maintenant, 12 ans, qui faisait son premier voyage en Europe. Et lui, il était fasciné par l'architecture. Il voulait absolument voir tout en architecture. Moi, j'avais envie de l'emmener, de se promener dans la nature et tout. Et lui, pas du tout. Ça allait fasciner que je puisse vivre dans un bâtiment qui avait plus de 600 ans. Et moi, je ne sais pas que je ne suis pas indifférente parce que j'adore l'architecture, mais je ne me fais pas la réflexion tous les jours.

Loïc ok la Norvège il y a des coins où tu es retournée d'ailleurs parmi tous tes voyages là parce que là tu as évoqué plein de destinations l'Europe du Nord, le Pérou le Svalbard, j'avais oublié que tu étais allé au Svalbard mais même si c'était qu'une semaine je pense que ça doit être bien marquant le Kyrgyzstan est-ce qu'il y a des coins où tu retournes ? rarement

Anne je suis retournée en Irlande mais sinon assez rarement pas par manque de volonté tu parlais du Kyrgyzstan j'aimerais beaucoup y retourner mais sous une autre forme parce que j'avais voyagé je devais partir seule mais je suis finalement partie avec une amie qui est venue un peu de façon spontanée mais elle s'est greffée à mon voyage moi j'ai envie de voyager en stop donc on a tout fait comme ça c'était super et là j'aimerais bien y retourner de façon différente pourquoi pas à vélo justement traverser ça à vélo c'était tellement grand qu'au départ quand je ne faisais pas de vélo je me disais j'y retournerais mais je le ferais à pied maintenant je me dis que je vais peut-être le faire à vélo quand même

Loïc d'y aller à vélo ou de traverser le pays à vélo

Anne dans un premier temps l'idée c'est de traverser il faut beaucoup de temps pour y aller à vélo je sais pas encore mais en fait comme le Tadjikistan m'intéresse aussi beaucoup juste en dessous ça dépendra du temps mais c'est vrai que c'est des endroits qui sont très chouettes qui m'ont aussi beaucoup marqué j'en ai pas parlé parce que j'étais pas seule ça répondait pas à ta question mais le Kyrgyzstan ça a été un énorme coup de coeur j'y suis allée en 2018 et j'ai bien fait je pense parce qu'après il y a eu Pékin Express et je pense qu'il y a eu un pic de fréquentation ah ouais et en fait moi ce qui m'avait marqué là-bas c'est que en fait quand je vais dans un pays j'essaye de m'intéresser à son statut économique, à sa politique et tout ça et là-bas il y avait vraiment un mélange trop bizarre entre l'héritage de la période soviétique que j'ai bien vu parce que j'ai visité un commissariat de police dans mes péripéties là-bas et j'étais omniprésent c'était assez drôle comme moment et en même temps tu sens une impulsion d'envie de développement économique et en fait pour eux le tourisme c'est facile et c'est la voie royale parce que c'est vraiment très très beau comme pays, ça attire sauf que Nous, aujourd'hui, en France, on aurait une réflexion mesurée de comment tu développes le pays. Là-bas, je ne sais pas s'ils ont le temps de faire ça, mais je ne sais pas si les endroits que j'ai vus aujourd'hui sont aussi dénués d'hôtels, de construction. J'étais contente d'y être allée assez vite.

Loïc Parlons-en un peu du Kyrgyzstan, mais juste pour réagir à ce que tu dis, c'est alors je ne vais pas faire un parallèle foireux mais j'ai l'impression que les voyages plus je rencontre des gens qui ont vécu des expériences il y a longtemps qui sont allés dans des coins et qui ont énormément évolué plus j'ai l'impression que le voyage en fait c'est un peu comme des fois ce que tu entends dans l'immobilier ou les investissements tu vois ou le meilleur moment d'investir c'était hier en fait le voyage je commence à me dire que c'est peut-être pareil et je discutais il n'y a pas longtemps avec un gars au boulot que je connaissais, je travaillais avec lui, mais je ne le connaissais pas, qui m'expliquait que quand il avait 20 ans, donc il y a presque 30 ans, il avait fait une sorte de tour du monde, il montrait des photos, il était en Afghanistan, il a traversé l'Iran, tu vois, et je me disais, il a traversé une bonne partie de l'Afrique. Et je me disais, puis j'ai dit, c'est impossible aujourd'hui de faire ça. Enfin, c'est impossible. La manière dont il l'a fait, la relative sérénité avec laquelle il l'a faite, ça me paraît complexe aujourd'hui de se lancer d'aller traverser le même genre de destination, peut-être que je me trompe complètement mais bon en fonction de la géopolitique

Anne tu veux dire ?

Loïc et même par rapport au fait que il avait fait l'Amérique du Sud aussi donc il m'expliquait comment il était allé au Machu Picchu et moi j'y suis allé au Machu Picchu et c'était il y a dix ans peut-être ? Ouais, un peu plus. C'était déjà très organisé, structuré, un nombre de places limitées. Enfin, à la limite, bien, tu vois, parce que du coup, le site était vraiment préservé. Mais tout était absolument encadré. Enfin, à aucun moment, je me suis dit... À aucun moment, j'ai pu jouer à l'aventurier des temps modernes et me dire, waouh, je suis dans un lieu complètement hors des sentiers battus, etc. Et lui, il a vécu ça, tu vois. Lui, il y est allé, il n'y avait rien, personne. c'est un paysan qui habitait dans la vallée d'à côté qui lui a fait traverser les ruines incroyable absolument incroyable je te partage ça mais en même temps que je te le dis est-ce que c'est pas une sorte de fainéantise où je suis allé voir le Machu Picchu alors peut-être qu'en me renseignant il y aurait peut-être eu d'autres choses à aller voir qui étaient moins connues

Anne je pense qu'il y a un peu de ça comment tu te détaches des récits des autres aussi. Enfin, tu vois, des envies des autres. Je voyais encore hier un post sur Instagram, tu vois, c'était les dix plus beaux sommets de... Et en fait, j'étais là, mais c'est les dix plus beaux sommets selon toi. Sauf que là, en écrivant comme ça le récit, ça va donner envie aux gens d'y aller, mais parce qu'ils vont suivre ton envie et pas la leur, quoi, tu vois. Et je pense que c'est pas évident, mais se détacher justement de ça, de ce que les autres fonds et des idées des autres pour aller vraiment chercher au fond de soi les saines moi le kirxistant quand j'y suis allée c'est parce que j'avais envie de grands espaces j'avais envie, j'aurais pu aller il y a des gens qui m'ont demandé pourquoi tu n'es pas en Mongolie j'ai dit non c'est trop connu la Mongolie j'ai pas envie d'y aller et de croiser plein de gens j'ai envie d'être dans un pays où je connais pas la langue ça me fascinait je voulais vraiment ça

Loïc alors que tu parles couramment mongol

Anne c'est vrai que j'aurais dû choisir la facilité et c'était génial mais c'est vrai que j'en parlais pas trop après que j'étais allée dans ce pays là mon échelle c'est une personne j'avais quand même peur que tous mes amis veulent y aller ensuite et non pas que je ne veux pas qu'ils y aillent parce que c'est vraiment superbe affaire à voir plutôt mais en me disant zut cet endroit hyper préservé en fait avec l'air des réseaux sociaux il y a un risque de croissance trop rapide il y a ça aussi. Tu vois, quand je suis allée au Svalbard, c'est la première fois que j'ai ressenti ça. En fait, je n'étais pas très bien dans mon séjour là-bas parce que vraiment, je me disais, je n'ai pas à être là. Selon moi, à ce moment-là, quand j'y étais, je me disais, mais l'être humain n'a rien à faire dans ces contrées lointaines, à y vivre. Et ce qui me choquait le plus, en fait, c'était... Moi, je venais dans le cadre de mon mémoire, donc un axe un peu différent, mais ce qui me choquait vraiment, c'était tous les bateaux, les énormes bateaux de croisière. les gens ils viennent ils regardent le paysage à travers un écran et plus vraiment le paysage lui-même et pourquoi tu vois vraiment ça m'a interpellée et j'étais contente de repartir j'aurais trop aimé repartir à la voile il y avait des bretons en plus qui étaient là jamais vous pouvez pas me ramener pour avoir un rapport aux choses beaucoup plus ajustées mais bon c'était pas possible à ce moment là parce que je travaillais donc j'avais un agenda précis mais je pense que ouais il y a un rapport aux endroits où tu vas qui est aujourd'hui difficile à appréhender je trouve

Loïc Le Kyrgyzstan du coup tu disais que ça t'a marqué pour un certain nombre d'aspects du pays, si on rentre un peu dans le détail parce que je pense que c'est pas anodin par exemple tu as beaucoup voyagé mais que tu aies choisi à l'époque on avait fait la visio des frappés de parler de cette expérience en particulier j'imagine qu'il y a beaucoup de choses de mémoire, de souvenir positif de cette destination. Si on rentre un peu dans l'état, c'était quoi l'objectif du voyage et qu'est-ce que tu y as vécu ?

Anne C'est marrant que tu parles d'objectif. J'avais pas un... J'ai un objectif précis. En fait, je pars rarement avec un objectif ultra précis et je pars avec des souhaits. Et donc là, je souhaitais être dans des grands espaces, dans un endroit loin de chez moi. j'aime bien être loin je pense que le mouvement physique m'aide beaucoup à me déplacer à l'intérieur donc là j'avais envie d'être loin la barrière de la langue c'était un choix volontaire ça m'intéressait de façon sociologique aussi comment je vais communiquer avec les gens comment les gens vont vouloir ou pas communiquer avec moi il y avait ce souhait là et le souhait d'être dans des grands espaces que j'avais jamais vu et que je reverrai peut-être jamais avec cette conscience là et de me déplacer en fait j'ai un rapport au mouvement qui est très fort je pense là-bas tu vois j'ai voyagé en stop mais j'ai aussi fait la randonnée à cheval et à pied la autre randonnée dans des endroits où je me suis fait peur d'ailleurs et c'était un peu pour tu vois quand je pars en voyage ou même en vacances ou là dans mon dernier projet c'est différent de mon quotidien mais c'est jamais une parenthèse dans mon quotidien et ce voyage là j'avais envie qu'il me permette justement de me rendre compte un peu des choses que je pouvais vivre dans mon quotidien en France sans que ce soit un truc fermé et que je rentre et que tout soit différent j'avais envie de rentrer en France avec un héritage de ce voyage là qu'il soit émotionnel ou pas et là je pense que je suis rentrée avec une soif de vie peut-être encore plus grande je pense et un rapport humain il y a plein de gens qui m'ont dit mais c'est super dangereux là-bas en plus comme tu ne parles pas ni russe ni kirghiz ça peut être encore plus dangereux tu vois je suis en stop ça va pas bien c'est le pays où je me suis sentie le plus en sécurité tu vois j'ai jamais eu peur là-bas pourtant je voyais en effet en stop on était deux mais bon on était deux jeunes blondes aux yeux bleus enfin tu vois entre guillemets dans le cliché on aurait pu se faire peur en fait on aurait pu écouter les peurs des autres et les freins des autres et pas faire tout ça et en fait c'est un des un des pays voire le pays si je dois faire un classement j'aime pas trop faire ça mais si je dois en faire un où j'ai trouvé les gens d'une bonté hallucinante générosité mais ils sont super pauvres ces gens là ils ont rien et ils t'offrent ce rien là qui est grand en fait tu vois comment dire c'était assez marquant sur sur ça et je pense que je suis rentrée me disant j'ai envie moi aussi d'être plus présente aux autres en fait d'être ouverte si quelqu'un dans la rue on marche moi j'essaie de ne pas le faire mais souvent avec nos écouteurs notre téléphone on profite d'un trajet pour écrire un message à quelqu'un mais du coup on ne profite pas de ce trajet là pour croiser éventuellement le regard de quelqu'un et je pense que je suis rentrée de sauvage en me disant j'ai envie d'être plus présente

Loïc ça m'a fait sourire quand t'as parlé de bonté du fait que finalement t'as rencontré des gens très généreux malgré le fait qu'il n'y avait pas grand chose c'était le cas de la caserne de police aussi ? qu'est-ce qui s'est passé ? Comment tu t'es retrouvée chez la police ?

Anne en fait un premier jour en fait on est arrivé dans la je sais plus quel jour mais dans la nuit à 3h du matin et donc on avait réservé un seul une seule c'était chez l'habitant, une seule nuit et tout le reste c'était champ libre pour ce qui allait se passer dans nos rencontres et tout ça j'adore voyager comme ça, donc je réserve rien du tout et donc là on avait décidé de partir plus au nord du pays et donc de rouler la nuit parce que comme c'est très grand on s'est dit qu'on allait profiter de la nuit pour faire ce voyage là et donc c'était trop drôle on était avec une maman et ses deux enfants, un couple de vieux je me disais mais c'est hallucinant on fait un voyage et c'était dur comme voyage parce que tu roules pendant 13h à 110kmh sur des routes de montagne qui sont limitées à 70 donc t'as un peu peur nuit noire mais tu te rends bien compte qu'il y a une grosse montagne à côté de toi je sais pas comment tu sens la présence et moi j'étais fascinée par ce couple de vieux qui faisait ce voyage là moi j'étais jeune je sais plus quel j'avais mais dans la vingtaine et on arrive au petit matin on s'était mis d'accord avec le chauffeur de taxi je sais plus par quel moyen qui nous dépose à un endroit et en fait assez brusquement il nous demande de descendre et donc nous on descend et moi dans le doute je prends mon sac à dos et mon ami avait mon appareil photo sur ses genoux parce qu'on avait pris quelques photos au cours de l'arrivée tu vois mais on pensait que c'était juste un saut tu vois, qu'on allait remonter et en fait il est parti et moi je me suis pas rendue compte tout de suite qu'il y avait pas mon appareil photo c'est je pense 10 minutes plus tard je me suis dit mais où est mon appareil photo et c'était le tout début du voyage et moi je me suis dit mais non mais je peux pas faire ce voyage là où je suis aussi venue pour les grands espaces et pour faire un peu de photographie sans mon appareil photo, c'est absurde Tout en me disant, Anne, si c'est la leçon que tu dois tirer de ça et d'aller regarder avec tes yeux et ton âme sans l'appareil photo, ce sera sûrement aussi très bien. Mais quand même, j'étais un peu frustrée. Et c'est marrant parce qu'à ce moment-là, je me suis dit, non, mais en fait, je vais retrouver cette appareil photo. Je suis dans ce pays pour 15 jours, 3 semaines. Il n'y a pas de raison que je ne retrouve pas mon appareil photo. J'étais vraiment dans ce mode-là. Mon ami essayait de me raisonner, de lui dire, mais Anne, ça ne va pas. t'as vu où on est, on est sur un marché il y a un million de personnes et je me suis dit à ce moment là si je vais le retrouver et je vais tout mettre en oeuvre pour le retrouver donc en fait j'allais parler aux gens vraiment je ne connaissais pas et qu'ils ne comprenaient pas trop je leur racontais une histoire, je disais je viens de prendre mon photo mon appareil photo dans tel taxi, alors je ne sais plus comment ça se fait mais on avait une photo de la voiture dans laquelle on avait voyagé et en fait peu après ça on devait reprendre la route pour aller plus dans le centre du pays, etc., donc de nouveau avec d'autres passagers, et je parle aux gens, moi, dans les bus et tout ça. Et puis, en fait, ça m'a servi parce qu'il y a des gens qui, du coup, ont posté ça sur le groupe Facebook des chauffeurs nationaux, et le chauffeur du dernier petit bus, qui m'emmenait au centre du pays, il nous a dit il faut aller déposer plainte, etc., donc c'est lui qui nous a emmenés au commissariat qui nous a servi aussi de traducteur et tout ça et on est restés là-bas c'était un sketch en fait je pense parce que eux ils trouvaient ça tellement improbable qu'on les a tous vus je pense les gars du commissariat sont tous venus nous parler donc on devait répéter la même chose et ils trouvaient ça fascinant je pense qu'on est restés trois heures dans ce commissariat là et moi j'avais l'impression d'être dans un film tout en me disant non mais c'est sérieux je veux vraiment retrouver mon appareil photo je savais pas si c'était du lard ou du cochon tu vois cette affaire là et on va se coucher et le lendemain matin, ce chauffeur-là vient me voir et me dit on a retrouvé votre appareil photo j'ai arrivé, hallucinant à 300 kilomètres de là et il me dit bah écoutez, il y a mon cousin je sais pas quoi, qui fait le trajet dans 3 jours 3-4 jours, si on se retrouve là dans 3-4 jours, bah vous avez votre appareil photo, il pourra le ramener de la capitale et tout ça donc voilà, donc j'ai fait 3 jours sans appareil photo et puis après j'ai retrouvé mon appareil photo et c'était quand même dingue parce que les gens se sont tous mobilisés personne ne m'a rayonnée à part peut-être mon ami qui me disait ça va pas te penser que tu vas retrouver ton appareil photo et je me suis dit quand même la force de la détermination tout en lâchant prise parce que ça demande quand même un peu d'humilité d'aller voir des gens t'es là, t'arrives avec ton pouvoir d'achat ton appareil photo qui vaut des centaines d'euros et pour eux c'est des mois de salaire et je sais pas j'avais senti que ces gens-là étaient quand même dignes de confiance parce qu'ils auraient très bien pu le revendre en fait cet appareil fouceau et dire que non j'avais jamais rien perdu dans sa voiture on n'est pas se manifester du tout donc ça c'était

Loïc ça c'est des histoires qui donnent foi

Anne ah ouais ça donne foi à l'humain ça donne envie de de diffuser aussi cette histoire-là parce que parce qu'elle est chouette il y a des gens qui ont cœur sur la main quand même. Et qu'ils sont prêts à se mobiliser. Il y a plein de gens qui ont posté des trucs partout, qui appelaient leurs cousins. Quand même fou, quoi.

Loïc Il y en a qui se sont pris en photo avec ton appareil ?

Anne Je crois que le chauffeur s'était pris en photo, du coup. Mais non, après, je n'avais pas retrouvé un million de photos dedans. C'était nickel, quoi. Comme s'il ne s'était rien passé. Mais il s'était passé quand même un beau geste d'humanité, en fait.

Loïc et c'est quoi qui te ferait alors tu t'évoquais un peu plus tôt tes craintes sur le fait d'y retourner par rapport à la manière dont ça aurait évolué qu'est-ce qui te ferait par contre si on laisse ça de côté le fait que le pays a peut-être changé que le tourisme s'est vachement développé qu'est-ce qui toi te donne envie et qu'est-ce qui te fait considérer le fait d'y retourner c'est les paysages, c'est les gens, le combo de tout ça

Anne ouais le combo de tout ça une curiosité quand même sur leur façon de vivre qui est très très différente de la mienne et des paysages comme c'est très grand évidemment j'ai pas pu crapahuter partout et j'ai envie de voir un peu le pays plus dans son ensemble j'aime pas du tout l'expression j'ai fait tel pays, je suis allée à tel endroit tant qu'on y vit pas je trouve qu'on connait pas vraiment bien et c'est aussi pour ça que je fais de l'itinérance parce que j'ai l'impression de plus vivre les choses d'être plus au contact des gens et d'un tout petit peu de leur quotidien. Mais il y a de ça. Elle est retournée voir ces grands espaces-là avec une vision un peu différente. J'ai dix ans de plus, j'ai une maturité qui est différente. Je crois que je l'avais dit pendant la vidéo, mais quand je fais ce genre de voyage, en général, je pars, je regarde très peu les photos du pays pour vraiment y aller avec un regard un peu neutre, même si je savais que c'était joli. Mais je pars comme ça sans vraiment regarder, sans déterminer précisément ce que je vais y faire. Et j'aime bien lire un livre qui parle de ce pays-là, tu vois.

Loïc OK. Un livre type quoi ? Un roman qui se passe dans le pays ou un récit historique ?

Anne Ouais, en général, c'est des romans historiers.

Loïc OK.

Anne Voilà. Et je pense que je referai ça, tu vois, en allant plus creuser sur la géopolitique.

Loïc D'accord.

Anne Ouais.

Loïc intéressant et sur le quai résistant tu avais réussi à trouver des livres

Anne ouais j'avais lu Continuer de Laurent Mauvignier qui était très sympa c'est un petit livre ça se lit très bien et ouais c'était bien

Loïc excellent excellent bah écoute j'ai eu un invité il y a pas très longtemps Félix qui est parti faire une ascension l'ascension du mont Casbeck si je dis pas de bêtises en Géorgie et il y est allé à vélo

Anne mais oui j'ai écouté cet épisode là qui était très chouette ça m'a donné envie

Loïc et je pense que je t'ai mentionné dans l'épisode parce que c'était typiquement le genre de récits le genre de récits comme le tien en fait sur Kyrgisistan le genre de récits qui font du bien en fait parce que ça te montre qu'il y a plein de manières de voyager par rapport à ce qu'on disait un peu plus tôt tu vois avec ma en vrai c'était pas du tout une frustration mais mon cette réflexion que j'ai eue à propos du Machu Picchu avec mon collègue en fait il y a plein de coins dont personne ne parle ou pas grand monde qui sont encore sans doute préservés où on peut vivre de chouettes aventures lui quand il parlait des vallées reculées de Géorgie où il avait l'impression d'arriver dans des villages péniblement sortis du Moyen-Âge d'un point de vue architectural etc moi perso ça me fait rêver des récits comme le tien ou le sien celui de Félix pousse je le dis souvent que à force d'écouter les frappés on finit par passer à l'action moi ce genre de récit ça finit par me faire passer à l'action

Anne en fait je pense que tous les par rapport à ces pays là mais même en dehors tout ce qui va nécessiter de la débrouillardise ok là je fais face à moi même et je dois sortir des ressources et tout ça justement tu vois l'histoire de l'appareil photo, ça a quand même révélé le truc de la détermination chez moi. je pense que moi je trouve ça bien de se poser la question de pourquoi je vais aller voyager là. Pourquoi j'irais sur les îles grecques par exemple, où beaucoup de monde vont et où c'est toujours joli mais peut-être que ça perd un peu en authenticité. Et en effet, je pense que c'est pas le même voyage mais pourquoi en deux questions d'ailleurs pourquoi et pour quoi faire

Loïc ce qui nous amène doucement mais sûrement au vélo pourquoi le vélo tu disais que tu t'avais toujours tu t'étais déplacé en tout cas tu te déplaçais depuis un certain temps à vélo pourquoi ce changement de pratique et qu'est-ce que tu as décidé d'en faire un peu plus récemment ?

Anne Spontanément, j'ai envie de te dire tout vêtement, j'aime bien découvrir des choses. Donc, je pratique la voile, je pratique la randonnée. J'avais envie de... J'aime bien tester des choses nouvelles, donc je me suis dit, ça, je ne connais pas, mais ça a l'air de se rapprocher un peu de la randonnée en autonomie, itinérance. Mais il y a un côté mécanique et tout ça, vitesse, que je ne connais pas. J'ai envie de voir ça. Et aussi parce que finalement, je ne suis pas si proche que ça de la montagne et de la mer. donc il y a aussi un peu ce truc de ok j'aime bien être ancrée là où je vis qu'est-ce que je peux faire comme autre pratique pour détourner un peu le fait d'être loin de ces points géographiques et puis j'ai une amie qui fait beaucoup de cyclos rando avec qui je suis partie on a un peu échangé sur nos pratiques elle marche beaucoup mais elle n'avait pas fait de rando en autonomie avec un gros sac à dos sur plusieurs jours donc on est parti faire ça ensemble et puis en fait après moi il y a un moment où j'ai eu du temps j'ai eu quelques jours et je me suis dit m'a parlé de la cyclorendo ça avait l'air sympa j'ai envie d'essayer et donc un jeudi soir je me suis couché en me disant tiens je vais faire ça là là et donc le lendemain j'ai envoyé des messages aux copains pour parce que j'avais pas de matériel j'avais rien du tout qui à quoi et puis le samedi je partais voilà et en me disant bah on va voir si c'est sympa ou pas si ça te plaît j'ai fait un tout petit truc, c'était facile c'était pas loin de chez moi, j'ai fait la route des vins d'Alsace donc pas beaucoup de dénivelé c'est en moyenne bon ça dépend en combien de temps tu le fais mais moi je faisais 60 km par jour donc c'est tranquille t'as pas besoin de porter vraiment de nourriture parce que t'as des villages tout le temps si t'as un pépin, t'as des gares pas loin en fait très facile tu te mets pas vraiment en danger mais vraiment pour voir si j'avais envie de goûter un peu plus à ça et de fait oui parce que je me suis dit que c'était trop court, trop facile et quand même très chouette. C'est pour ça que j'ai monté un autre projet par la suite dont je pense qu'on va en parler un petit peu. Et voilà, globalement, c'est ça. Mais je ne me pose pas beaucoup de questions. J'ai toujours envie de découvrir des nouveaux trucs. Là, tu vois, j'avais fait un tout petit peu de raquettes pulca dans les Alpes, mais sur trois jours. Et depuis ça, j'ai envie de traverser le Vercors en raquettes pulca toute seule. Pour l'instant, je n'ai pas trouvé de pulca. mais c'est toujours dans un coin de ma tête

Loïc une bonne lue chez D4 ça fait l'affaire

Anne manger bricolier en bois c'est vrai

Loïc du coup si on si on parle de cette aventure plus récente que t'as vécu à vélo comment est-ce que l'idée a germé et on va commencer par ça

Anne ma première cyclorando m'a donné envie de faire quelque chose, de continuer, tu vois, de faire quelque chose de plus long. En fait, j'aime bien partir un peu longtemps et loin, ce que je disais tout à l'heure. Donc, j'avais envie de partir loin, donc faire des kilomètres. J'avais envie de faire un truc que, en tout cas, je me disais, ah, je vais me dépasser un peu, parce que jusqu'ici, j'ai jamais vraiment eu l'impression de me dépasser, tu vois, de sortir de ma zone de confort. Je me suis jamais vraiment sentie trop en difficulté face à face avec moi-même, dans des situations très compliquées, et là je me suis dit je vais faire un défi sportif je m'étais dit je vais faire 1000 bornes toute seule j'avais envie que ce soit un peu décentré de ma personne donc je voulais partir pour une association qui ait vraiment une dimension solidaire et de rendre visibles un peu des choses qui sont invisibles mais qui touchent quand même pas mal de gens et j'avais envie de partir de partager avec cet assaut là et avec des sponsors pour partager sur les réseaux, mais aussi pendant le périple, avant et après, et ça continue encore aujourd'hui, que ce que je pouvais faire à mon échelle, je ne suis pas du tout une grande aventurière, puisse quand même susciter chez les gens l'envie de basculer du rêve au projet. Tu vois, que ça... Que la petite étincelle, elle grandit, c'est que les gens se disent, moi aussi, je peux faire mes propres rêves, que ce soit ça ou de la pâtisserie, je ne sais rien. Pousser les gens à l'action, et les femmes, notamment parce que en tant que femme, quand je voyage seule en tout cas me concernant, j'ai toujours cette question-là de t'as pas la trouille, tu pars toute seule je pense qu'il y a des gens qui me trouvent même imprudente de partir seule et donc j'avais envie de parler de ça et de parler aussi du fait de comment t'adaptes ta pratique sportive à ton cycle menstruel c'est un sujet qui est de plus en plus présent mais encore trop peu à mon avis et qui je trouve mérite d'être explorée même en fonction de la nutrition, tu vois, parce qu'en tant que femme, en fonction du cycle menstruel, on n'a pas les mêmes besoins nutritifs en fonction de là où on en est. Et ça, personne ne t'en parle, quoi. Même dans ta scolarité, personne ne t'en parle jamais. Et donc, il y avait un peu tout ça. C'était assez complet. J'avais envie de faire un truc un peu complet, plus grand que moi. Et donc, j'ai décidé de partir rouler 1000 kilomètres à vélo. Au départ, je voulais faire Dunkerque-Saint-Malo. Parce que je trouvais ça sympa d'arriver en Bretagne, tu vois, puisque je viens de là-bas. c'était chez moi ça va être sympa d'arriver avec la famille les amis, tout ça et puis en fait la météo était trop sale donc au dernier moment je me suis dit en fait je vais aller dans le sud j'ai une soeur qui vit à Marseille et comme ça j'irai voir Laurie en même temps, du coup je suis partie en direction du sud c'était une bonne idée je pense, ça aurait été très compliqué dans l'autre sens

Loïc Excellent donc tu as réussi à préserver les 1000 boards en changeant

Anne ouais j'avais tout calculé quand même enfin va vite parce que comme je disais tout à l'heure je ne te prépare pas non plus à fond mais en me disant bon en fait j'arrivais à 970 et je me disais tu vas bien trouver 30 km quelque part par ci par là et en fait j'ai fait 1130 excellent objectif atteint et pour l'association j'avais ouvert une cagnotte on s'était dit 1 euro 1 km donc 1000 euros trop bien c'était dingue

Loïc et du coup avant qu'on revienne sur l'association tu disais que t'es pas forcément fan de la préparation micro-millimétrée mais physiquement d'un point de vue matos, itinéraire comment ça s'est passé la phase de préparation

Anne alors itinéraire j'ai pas vraiment préparé, en fait je savais qu'il y avait des vélo-routes tu vois qui descendaient vers le sud donc je me suis dit je vais emprunter ça et puis si j'ai envie de changer je change hyper libre vis-à-vis de ça

Loïc c'est quoi c'est principalement la Viaronna ?

Anne t'en as une au dessus en fait c'est la voie bleue et en gros tu longes les fleuves globalement et j'ai quitté ça dans le sud en fait pour aller vous voir les uns les autres et puis être plus j'avais un peu envie de sortir de l'itinéraire et je pense que ce qui s'est passé c'est que je bifurque un peu de ta question sur la première semaine j'ai croisé d'autres d'autres cyclos randonneurs pardon, j'ai croisé d'autres cyclos randonneurs et on a bien sympathisé donc j'ai choisi aussi de rouler avec eux, de rester avec eux parce que c'était sympa si j'avais été toute seule, peut-être que je serais allée chercher un peu plus de dénivelé ce qui m'a un peu manqué mais entre guillemets je m'étais dit de toute façon si j'ai besoin j'utilise Komoot mais globalement je voyageais sans GPS et et voilà pour l'itinéraire après pour le pour le vélo pour le matériel pour tout ce qui est itinérance j'ai tout mon matériel de randonnée qui est très bien, très compact vraiment très technique donc je savais que j'utilisais la même chose après j'avais pas de matériel j'avais pas de cuissard, j'avais rien j'avais pas de sacoche c'est aussi pour ça que j'ai sollicité des sponsors et donc il y en a 3 qui m'ont soutenue là-dessus il y a un magasin qui s'appelle Chulanka qui m'a bien aidée aussi même dans les conseils à l'accompagnement et tout ça que ce soit mécanique ou le conseil pour rouler et donc je les remercie, il me remercie Olivier si jamais il m'écoute il y a un équipementier qui s'appelle Le Cyclo qui m'ont soutenue, qui ne sont pas du tout dans la région où je vis mais qui ont accroché au récit de mon périple qui m'ont soutenue aussi et puis Astoute que tu connais

Loïc yes j'adore

Anne ah ouais ils sont trop sympas et puis leurs lampes alors là je les ai bien je les ai plus utilisées là là tu vois pendant les vacances enfin quand je roule là en hiver que pendant mon mon périple finalement mais donc eux ils font des lampes incroyables vraiment incroyables je suis impressionnée à chaque fois je suis trop contente à chaque fois que je les utilise et voilà je les remercie tous les trois c'était aussi chouette tu vois de voir que je pouvais avoir des sponsors juste à travers mon récit, parce que je suis allée au culot, je n'avais pas de réseau social. Donc, je promessais pas sans promesse de truc influenceur, vraiment loin de tout ça. Et d'ailleurs, ça me va très bien parce que j'ai du mal quand même avec les écrans et les réseaux sociaux, surtout quand je suis en voyage. C'était peut-être le plus grand défi de ce périple finalement. Et je trouvais ça chouette de voir que quand tu te rejoins sur les valeurs, sur l'authenticité, sur le fait que là, ce soit aussi un projet solidaire qui vient soutenir une association, etc. De voir qu'il y a toujours des boîtes qui sont sensibles à ça et pas que aux chiffres. C'était chouette.

Loïc C'est chouette. Et puis, c'est aussi, je trouve, un super message pour montrer une fois de plus qu'il faut oser. Parce que spontanément, on pourrait se dire, oui, mais j'ai rien à apporter à ces marques. Je ne suis pas connu. Je ne suis pas visible. je ne pars pas, tu vois, j'en sais rien, le projet qui est fou, mais ce n'est pas le Vendée Globe, donc tu vois, en termes de retombées et en fait, finalement, comme tu dis, à partir du moment où il y a un alignement dans les valeurs, dans l'approche, dans la philosophie, un match humain, ça peut déboucher sur un truc super chouette. Parce que ça aurait changé quoi pour toi de ne pas avoir ces sponsors ?

Anne Sur l'équipement quand même parce que je ne demandais pas une participation financière mais plus sur l'aide matérielle donc ça m'aurait demandé quand même à moi beaucoup plus d'investissements financiers etc et le fait de partir avec des sponsors je trouve que ça donne une dimension encore plus grande à ton projet justement parce que c'est des gens qui vont croire en ton audace et en l'authenticité du truc je sais pas comment dire, ça venait vraiment étoffer le projet ça a même fait partie des fondations et puis comme dans ces voyages là je fais vraiment le comparatif rando en haute montagne etc et là l'itinérance à vélo quand tu croises des gens t'arrêtes pas de parler de ton matériel en fait tu parles tout le temps de tes petites techniques tes petites astuces tes petits trucs et ta tante elle pèse combien et moi j'adore parler de ça mais donc là je trouvais ça chouette aussi de partir avec cette dimension là en fait et de pas juste profiter des conseils des gens dans les magasins et de vraiment en fait oui proposer aussi de participer au coeur du projet

Loïc excellent et rentrons dans l'état du coup du matériel c'était quoi ton vélo ta tente, enfin le matériel un peu indispensable que toi tu as trouvé indispensable

Anne ouais, alors le vélo pour te dire à quel point je suis quand même au départ je pensais partir avec mon VTT et puis c'est possible je pense que ça aurait été plus difficile plus long, plus lourd mais possible et puis finalement je suis partie avec un gravel je suis partie avec le G100 de la marque Welt, Die Welt c'est une marque allemande et je suis très très contente je suis partie en gravel du coup parce que je voulais me laisser la possibilité justement de faire du gravel parce que j'aime bien et que je pense qu'à l'avenir je vais encore plus aimer donc il y avait un peu ce truc d'investissement sur le long terme voilà je voulais un vélo avec double plateau voilà tous les trucs un peu de base quoi et en tente, je suis partie, j'ai toujours la même tente depuis des années et des années, c'est une tente de la marque Vaud c'est la Torus 2 donc elle est, elle a de l'âge maintenant parce que, ouais, elle doit avoir pas très loin de 10 ans et elle va très bien, elle est en pleine forme, c'est juste que j'ai perdu mes arceaux de tente sur le périple et heureusement que j'ai été hébergée chez les uns, chez les autres presque dans la poussière chez toi mais à part les arceaux tout va très bien avec cette tente je l'aime beaucoup voilà en fait j'ai repris mon matériel de rando sur ça

Loïc pas de il n'y a rien qui t'a manqué du coup d'un point de vue matos là si demain il y a quelqu'un qui se dit allez je pars faire Midborne non pas de Dunkerque à Saint-Malo parce qu'on a bien compris que la météo n'est pas fiable mais pour venir dans le sud tu conseillerais quoi toi

Anne alors un truc tout bête mais Et ça, c'est une astuce que j'ai piquée à deux cyclos randonneurs avec qui j'ai roulé un petit peu, qui s'appelle Loïc et René, qui venaient d'Echti, qui venaient du Nord. Et je trouvais ça super comme astuce. Ils se baladent avec des gants, tu sais, en latex, là. Ah oui. Quand tu dérailles. C'est vachement bien parce que ça pèse rien, ça prend pas de place. Mais par contre, cette... Enfin, je trouvais ça... Une petite astuce que j'aime bien. Je dirais ça. En tout cas, quand tu pars à vélo. Après, il y a le matériel de réparation indispensable. au début je suis partie sans comment on appelle ça le truc pour la chaîne là le truc pour réparer ta chaîne si jamais elle pète

Loïc sans maillon

Anne et j'en ai acheté un sur le trajet en me disant ce serait quand même dommage d'arrêter ton périple à cause de ça mais sinon non j'avais une pompe j'avais le chambre à air de rechange et tout ça mais rien ne m'a manqué je pense que c'est parce que je suis habituée avec la randonnée quand je pars toute seule sur 10 jours j'ai déjà tout le matériel en fait je prends la même chose je me pose plus la question c'est plus facile pour moi de faire mon sac pour partir comme ça que pour les vacances de Noël où il faut prendre une telle paire de chaussures une tenue festive, une tenue sportive là c'est plus rapide mon matériel c'est toujours le même et non j'ai manqué de rien j'ai peut-être pris j'ai rien pris en trop sauf peut-être mon livre mais je pars jamais sans livre donc c'était j'ai pas eu le temps de lire parce qu'en fait justement la communication pour les sponsors et l'assaut me prenait beaucoup de temps et ça j'avais mal anticipé mais sinon je lis tout le temps donc je regrette pas d'avoir pris mon livre quand même

Loïc c'était quoi comme livre ?

Anne je sais plus, c'était un polar que j'ai toujours pas lu d'ailleurs c'est ça de Grisham je crois mais je me souviens plus

Loïc tu seras obligé de l'emmener avec toi quand tu pars au quai résistant ouais voilà t'avais jamais fait une telle distance avant à vélo ? Non c'était quoi tes craintes si on avait avant le départ et les leçons que tu en tires ou en tout cas les apprentissages que t'as fait maintenant que c'est dans la poche

Anne en crainte je dirais d'avoir un gros problème mécanique et de pas savoir m'en sortir et comme j'ai eu zéro problème tu vois j'ai pas eu à affronter cette peur là donc peut-être que c'est une crainte qui est reportée je sais pas mais du coup ça m'a donné envie de de me former un peu à la mécanique en fait pour devenir un peu autonome là dessus justement s'il m'arrive un truc si je me forme un peu avant comment tu mesures la crainte et qu'est-ce que t'en fais et sur la distance il y a vraiment ce truc de curiosité est-ce que je vais y arriver je sais pas combien je vais rouler par jour aucune idée est-ce que je vais avoir mal quelque part etc j'étais confiante sur l'endurance quand même parce que je fais quand même beaucoup de sport au quotidien et dans l'aviron et en fait avec l'aviron globalement tu sollicites tout ton corps on fait du renfo musculaire et tout ça toutes les semaines c'est même un sport qui me met dans ma pratique du trail tu vois là dessus j'étais très confiante en fait sur l'endurance et sur quand même mon endurance mentale comme je fais pas mal de choses je sais qu'elle est quand même plutôt en tout cas qu'elle me donne de la marge voilà on va dire donc voilà mais quand même la curiosité oui j'avais jamais roulé je crois que j'avais jamais roulé plus de 65 km par jour mais en une fois en plus enfin 60 répétitions c'était la curiosité de savoir bon qu'est-ce qui va se passer comment mon corps va répondre et j'avais quand même une en fait j'ai toujours un petit héritage au genou gauche sur une blessure que je m'étais faite dans les essuie-glasses donc je suis quand même partie avec ma petite attelle au cas où, en prévention. Et puis, j'avais du coup adapté la hauteur de ma selle pour ça, etc., la façon dont je pédalais, où je positionnais ma jambe pour éviter une inflammation. Et il y a une fois où je l'ai portée une heure et demie, tu vois, c'est tout. Mais c'était plus pour soulager par prévention que vraiment par douleur. Mais globalement, sportivement, c'était plus le... Est-ce que je vais y arriver ? Mais parce que je n'ai jamais fait, donc je ne sais pas trop ce que ça va donner, ce que ça va créer vraiment dans mon corps. Tout en me disant, globalement, je suis quand même sportive. Je pense que j'ai un corps qui est assez robuste. Je n'ai pas un gros gabarit, mais dans ma famille, je pense qu'on a une disposition favorable à ce type de sport. Curieuse, en me disant, on va voir.

Loïc Maintenant que tu l'as fait, si j'ai bonne émoire, le matin où on s'est vu, il te restait 20 ou 30 kilomètres à faire, donc tu étais largement au-dessus des mille, tu avais fini quasiment. Oui. Et je me rappelle que je t'avais demandé comment ça allait, si c'était difficile ou au contraire, si tout allait bien. Et tu me dis, oh non, franchement, je pouvais continuer encore un bon moment. Ah ok, d'accord, intéressant. Donc tu confirmes maintenant quelques semaines après que ça t'a pas... C'est passé comme une lettre à la poste.

Anne Ah ouais, complètement. Ça, c'était une chouette découverte de me dire, ah ouais, ok. Donc en fait, vraiment, t'as les capacités dans ton corps pour aller loin longtemps. Après, je roulais pas à fond non plus. J'aurais pu rouler plus vite et plus tous les jours aussi, mais comme c'était un projet complet, j'avais des engagements à tenir donc je ne pouvais pas non plus ne faire que rouler de 8h à 22h. Mais à la fin, je me suis dit, ok, donc en fait, si tu pourrais rouler plus par jour, tu pourrais faire beaucoup plus de dénivelé. Et si je n'avais pas eu mon impératif, je pense que je serais partie en Italie. Donc, en fait, j'étais à la fois très contente de découvrir ça, de me dire, ah oui, en fait, voilà, tu vois, dans ma tête, les prochains, c'est 3 000 à 4 000. c'était bon je me suis pas sentie en difficulté j'ai jamais eu mal nulle part j'ai jamais eu de douleur je me suis pas sentie exténuée je faisais quand même gaffe à mon alimentation mais non en fait j'ai pas trouvé ça difficile c'était presque frustrant parce que tu parlais au début du podcast je pense que c'est ce que tu dis à chaque introduction de podcast parce qu'une écoute prolongée peut entraîner des projets un peu fous. Et je pense que l'écoute de ton podcast a fait partie aussi de cette mise en jambe. Et je me suis dit, zut, moi, je pensais me dépasser dans ce projet. Et en fait, je ne me suis pas dépassée. Du coup, je vais penser d'autres choses. C'était assez marrant. Mais je me suis dit, non, j'ai mal nulle part. Non, non.

Loïc Bon, tu sais ce qu'il reste à faire.

Anne je pense que j'aurais plus de douleur si j'avais passé les Alpes je pense que j'aurais quand même un peu plus mal

Loïc passionnant du coup comment tu penses que tu vas approcher la suite tu dis que t'as pas forcément il y a des gens qui rationalisent beaucoup de choses structures, mathématisent j'ai l'impression que c'est un peu plus aussi au ressenti mais comment t'approches la suite maintenant que ça c'est fait et que t'as découvert ce que t'as découvert

Anne il y a deux choses je me dis que en effet j'ai envie de faire de continuer la pratique du vélo mais de façon peut-être plus sportive du coup avoir des temps où c'est vraiment la performance sportive donc j'ai envie de faire un peu d'ultra et mais ça je me serais jamais dit ça il y a même un an c'est impensable pour moi et j'ai envie de continuer aussi à faire ce type de projet au long cours en partant avec soit pour des assos soit pour... parce que j'écris beaucoup et donc le projet est plutôt artistique en parallèle tout en m'outroyant aussi le fait de ne pas trop planifier etc je suis vraiment disposée aux choses et ça me permet de disposer aux rencontres à ce qui se passe autour de moi je me suis jamais sentie aussi ancrée dans le présent que pendant ce périple là c'était assez fascinant je pensais juste au présent c'était très chouette comme expérience et j'aimerais bien renouveler ça et puis tu vois même dans ce voyage là, pas besoin d'aller en Asie centrale pour percevoir la bonté des gens j'ai rencontré des gens trop sympas alors je sais pas si c'était trop sympa parce que j'étais une femme seule mais vraiment il y a des gens des trucs que je ne pouvais pas payer il ne fallait pas que je paye tel hébergement tel café il voulait tout m'offrir la première nuit sous tente en termes d'anecdotes il pleuvait tant de merde j'avais roulé toute la journée face au vent mais avec un vent très fort et j'avais roulé 90 bornes c'était vraiment le deuxième jour donc je n'avais jamais roulé tout ça et j'installe ma tente j'étais contente de moi, je commence à manger des petites graines en me disant bon je vais préparer mon dîner et tout, puis là il y a quelqu'un qui surgit de nulle part mais même visuellement je pourrais pas te décrire cette personne, c'était trop fugace, et qui me tend un gobelet de thé chaud il faisait hyper froid, j'étais trop contente de boire un truc chaud quoi et je commence à me lever de ma tente et la personne me dit, bon en anglais tout ça elle me dit non non reste assise y'a pas de problème, c'est ça, puis elle est partie je n'ai jamais vu cette personne, je sais pas qui c'est ni comment elle s'appelle, d'où elle vient je sais pas mais quelqu'un m'a offert un thé chaud quoi et ce genre de moment tu te dis mais on a envie de plus de ça dans le quotidien et juste après il y a deux belges qui étaient pas très loin de moi qui étaient en train de dîner ça sentait trop bon, ils s'étaient fait une énorme pouellée de légumes avec un petit peu de viande et tout un truc trop bien cuisiné, c'est le truc qui mijote pendant 2-3 heures et bah c'était ça et du coup ils m'ont invitée à dîner et ça c'était vraiment le premier soir sous-tente. C'est génial ce voyage. Et j'ai envie de garder ce côté-là un peu spontané des voyages. J'ai un peu perdu le fil de ta question, je crois.

Loïc Qui était forte de cette expérience des 1000 kilomètres à vélo. Comment tu te projettes pour la suite ? Est-ce qu'il y a déjà quelque chose que tu as en tête ?

Anne Et pour la suite, alors moi j'ai un caractère comme j'aime faire plein de choses et j'ai plein de souhaits différents et c'est difficile de les conjuguer en même temps parce que je ne sais pas assez le temps mais c'est pas grave je me dis si tu ne fais pas ça cette année tu feras ça plus tard la montagne elle ne va pas bouger d'ici là je ne pense pas mais en termes de vélo j'aimerais bien faire un gravelman qui sera soit en Bretagne soit au niveau de Lyon et là l'idée c'est de faire j'hésite encore un peu sur la distance mais 200 ou 350 kilomètres en autonomie, toute seule, dans le cadre de la course organisée, mais en inscrivant toute seule. Et après, en projet plus au long cours, j'ai plusieurs idées. Il y a des choses qui sont plus faciles à mettre en place parce qu'elles prennent moins de temps. J'aimerais bien traverser le Royaume-Uni. Ça, c'est un peu plus court, donc c'est plus facile à positionner dans le temps. et il y en a un autre, deux autres que j'aimerais bien faire dans les années ou l'année prochaine on verra comment ça se passe c'est aller vraiment dans les endroits qui sont proches, accessibles facilement mais que je ne connais pas du tout et en fait toute la face sud de l'Espagne je ne connais pas et le Portugal donc j'ai envie de descendre, de longer en faisant un détour quand même par le désert espagnol mais j'ai envie de faire ça et on verra, soit je descends suite au Maroc, soit je remonte toute la côte du Portugal on verra, c'est le genre de truc où je décide pas à l'avancée, ça me va très bien et j'aimerais bien quand même parce que la Norvège m'a bien marquée et remonter à vélo en fait, profiter des furets et en plus comme je travaillais là-bas j'ai crapahouté autour de mon lieu de vie mais j'ai pas découvert la Norvège finalement donc j'aimerais bien le faire à vélo je trouve que l'itinérance c'est vraiment trop bien pour faire ça et puis après en parallèle il y a des projets de voile et de rando qui s'ajoutent. Mais on ne peut pas tout faire d'un coup. Mais ça, ça reste quand même des pratiques que je fais tous les ans. Il n'y a jamais une année sans voile et sans rando.

Loïc Le Portugal, c'est aussi sur ma liste. Je suis tombé sur des itinérances. Alors, je crois que c'est de Porto à Lisbonne où tu as une sorte... Je ne sais plus si elle est terminée, il ne me semble pas, mais tu as une piste, un itinéraire réservé vélo la plupart du temps, donc tu n'as pas de circulation avec les voitures. Et c'est absolument magnifique, parce que du coup, tu es quasi en permanence au-dessus de l'océan, avec vue sur l'océan, les plages, etc. Et ça se fait en moins d'une dizaine de jours, de mémoire. J'essaierai de retrouver le lien de te l'envoyer, parce que j'ai de la famille qui vit à Lisbonne, une de mes frères qui vit à Lisbonne, donc j'ai ça

Anne en tête de piéreur. génial ah oui oui volontiers je vois bien oui

Loïc mais bon le sujet c'est y aller parce que depuis Aix il y a je crois que c'est 1700 kilomètres à travers l'Espagne

Anne et alors ?

Loïc je vois pas le tout de suite

Anne en train c'est quand même plutôt bien relié c'est pas l'Espagne tu vois je sais pas

Loïc je vais pas regarder prendre le train avec un vélo je sais pas s'il faut le démonter ou pas bon j'avoue que c'est pas en vrai c'est pas des gros problèmes à contourner ou à gérer mais bon

Anne tu vois je pense que peut-être le point phare de mon voyage moi ça a été mon retour en train avec le vélo parce que je m'étais dit justement pas envie de le démonter parce qu'en fait comme je suis partie en mode backpacking j'avais pas les deux grosses sacoches à l'arrière que tu peux à la rigueur porter dans un bras mais là j'en avais plusieurs et je me voyais pas trimballer tout ça enfin je me disais je vais jamais y arriver porter mon vélo d'un côté j'avais pas envie de me balader avec une housse de vélo. Et donc, je m'étais dit, tu vas remonter en TER, c'est pas grave, quoi. Donc, j'avais fait, je devais avoir 4 ou 5 TER à prendre. Et en fait, le premier, Marseille, est parti avec 40 minutes de retard et on a cumulé ensuite encore 45 minutes de retard. Donc, j'ai loupé ma correspondance à Lyon-Pardieu. Et bon, tu connais Lyon-Pardieu, c'est une gare super quand t'es avec ton vélo et tout. Et en fait, là, les contrôleurs de Montagher m'avaient dit c'est bon, ne t'inquiétez pas on a prévenu à Lyon, au service des opérations je ne sais pas quoi, ils savent qu'il y a des gens qui vont monter dans leur TGV jusqu'à Dijon et ensuite vous reprendrez votre itinéraire initial sauf qu'en fait pas du tout ils n'étaient pas au courant et moi j'avais insisté, j'avais dit ils sont grands que j'ai un vélo parce que je ne suis pas autorisée à monter mon vélo et puis si ça ne marche pas bon il est parti sur des phrases un peu macho et misogyne, insupportable et de fait notre TER il est arrivé deux minutes avant le départ du TGV donc normalement tu peux même pas monter dedans et puis tu sors, t'es là, poussez-vous parce que tout le monde s'aggoutine devant ça je comprends pas pourquoi, enfin les gens se sont quand même poussés et là je me suis dit bon bah Anne deux choses, lâcher prise et détermination parce que tu peux pas décider à la place des contrôleurs du TGV mais en même temps tu veux quand même monter parce que j'étais vraiment attendue j'étais témoin de mariage le lendemain je monte quoi, j'avais pas le choix et ils étaient trois contrôleurs et il y en avait un au début qui me disait bah vous montez d'accord mais sans votre vélo je dis bah non, vous êtes marrant enfin vraiment quelle absurdité humaine, je lui ai pas dit mais vraiment j'ai dit bah non et puis les deux autres contrôleurs étaient je pense beaucoup plus sympas, plus compréhensifs et du coup en fait ce que j'ai fait c'est que j'ai dit mais en fait je viens de rouler mille bandes pour une assaut toute seule et tout ça, il faut juste que je remonte je vous embête pas, je descends à Dijon ça va pas être long, vous vous apercevrez pas de ma présence et puis et puis je disais mais en fait j'ai pas le choix, je dois vraiment monter je suis attendue le lendemain etc, au début il tenait mordicus, non non non vous montez pas puis tu sais il s'apprête à siffler et là en fait j'ai sorti quelques larmes quand même en me disant mais c'est pas possible d'être aussi enfin d'accord il y a les règles il y a la loi puis il y a aussi l'esprit de la loi à côté quoi tu vois, il y a des moments où je lui ai dit au gars, je comprends qu'il y a des règles c'est pour ça que j'ai pris un TUR moi justement parce qu'il y a des règles ok je les accepte finalement ils m'ont laissé rentrer et ce qui était drôle c'est que tous les gens dans la voiture avaient vu la scène et il y en a plein qui sont venus me voir c'était drôle parce que c'était que des promoteurs immobiliers donc moi j'étais en tenue de cycliste au milieu de tous ces gens ils sont allés me chercher des cafés, des gâteaux le voyage continuait et en fait mon train dans lequel j'étais montée en première classe sans faire exprès, aller à Luxembourg. Et puis, finalement, ils sont venus me voir les contrôleurs pour discuter de mon projet. Tout ça, finalement, ils se sont un peu intéressés. Très sympa. Et c'est vrai que tu dis que l'humanité, c'est quand même... Si tu te laisses toucher, en fait, tu peux... Témoigner un peu de ta générosité. Et finalement, ils m'ont laissée dans le TGV, tu vois, jusqu'au bout. Donc, je n'ai pas eu à reprendre mes CER. mais c'était quand même vraiment un bon tu dis il faut y croire il faut croire en l'audace quand même il faut croire en l'audace et j'ai réussi finalement

Loïc ok bon je vais regarder le voyage en train alors

Anne par contre je crois que les housses sont vraiment obligatoires maintenant sur mon périple à vélo j'ai une amie qui m'a rejoint deux jours elle avait prévu des gros salles plus belles je crois et il a failli se faire refuser et se prendre une amende parce que ce n'était pas une vraie housse.

Loïc Ouais, ok.

Anne Après, est-ce que c'est ça partout ? J'ai l'impression que c'est un peu la tête du client.

Loïc Ouais, je pense. Ou en tout cas, au bon sens de la personne qui te contrôle.

Anne Voilà.

Loïc Excellent. Plein de belles choses à venir. Qui sait peut-être qu'on fera un bout d'itinéraire au Portugal ? Ensemble ?

Anne Ah bah ouais, carrément. Ah bah ouais.

Loïc c'est très rigolo on organise un week-end défrappé ouvert à tout le monde mais il faut se ramener au Portugal avec son vélo via le train

Anne en un temps déterminé

Loïc je te prépare ça excellent merci beaucoup Anne c'était absolument génial d'échanger sur tout ce que tu fais ton approche du sport de l'aventure, du voyage en général est-ce que toi tu as un mot de la fin quelque chose que tu voudrais partager en guise de conclusion ?

Anne J'aurais envie de dire aux gens d'aller s'éveiller dehors. Déjà que les peurs et les freins des autres ne se superposent pas aux rêves. Moi, si j'écoutais les peurs et les freins des autres, je ne ferais rien. Je ne partirais pas toute seule, pas toute seule en tant que femme. On n'en a pas trop parlé, mais quand même. Pas aussi loin. En fait, c'est les peurs des gens. Je n'ai pas à les porter. Ça ne veut pas dire que je n'ai pas forcément des peurs, mais c'est comment tu les appréhendes toi-même. Et en fait, être libre vis-à-vis de ça, j'ai envie de dire. Se faire confiance. Et puis moi, j'ai envie de dire être curieux, se mettre en mouvement, mais être curieux. Mais même dans le quotidien, je trouve que ça donne de l'élan, c'est stimulant. Et puis, la curiosité, ça vient quand même du latin, qui veut dire prendre soin, en fait. Et je trouve ça chouette comme vision des choses, parce que du coup tu prends soin de toi mais quand même aussi des autres et ça te sort un peu de toi moi en tout cas la curiosité c'est quelque chose qui me qui je veille à ça depuis longtemps comment je peux rester curieuse et je pense que ça pousse justement à faire des choses un peu inédites à rendre peut-être ta vie plus intense je trouverais ça chouette que les gens se lancent arrêtent de regarder ce que les autres font et que les gens aient écouté leurs propres rêves. Parce que je me suis aperçue qu'il y a pas mal de gens qui ne savent pas répondre à la question, c'est quoi vos rêves ? Et je trouve ça trop triste, tu vois. Et j'aimerais bien que les gens se disent, mais oui, mais en fait, ça, je pourrais le faire. J'ai aucune raison d'attendre pour le faire. Parfois, tu as un peu la paresse, quoi, ou ça te semble compliqué, mais justement, va parler à d'autres gens qui l'ont déjà fait. et puis c'est quoi ? C'est 10 secondes de flemme contre quoi derrière ? Enfin moi, je fonctionne comme ça. Je calcule. Ça va me coûter quoi en paresse et quoi en face ? Et puis la flemme perd tout le temps. Oui, j'ai envie que les gens fassent ça. Mais bon, c'est mon souhait pour les autres mais c'est aussi pour moi.

Loïc Écoute, ça me parle carrément. Je suis 100% d'accord avec toi sur cette notion de passage à l'action, de faire sauter ses propres œillères, barrières, filtres et pensées limitantes. Mais j'espère, je suis convaincu que ton témoignage, ton récit au micro du podcast va contribuer à ça. Donc, merci. Merci beaucoup une fois de plus, Anne. Et puis, hâte de voir ce dans quoi tu vas te lancer pour la suite.

Anne Merci à toi, Loïc. Merci de m'avoir donné le micro et la parole. Je suis encore une fois très touchée. Et puis, si ça peut servir à des gens lambda, on va dire comme moi, qui ne suis pas une grande exploratrices à accomplir leurs rêves. C'est chouette. Merci Anne. Merci Loïc. Sous-titrage Société Radio-Canada

Loïc Sous-titrage Société Radio-Canada Merci.

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