Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·168 Trail #Marathon des Sables #Sahara #Patagonie

04 juin 2024

Parcourir 250km dans le désert à 70 ans - Rencontre avec Christine Taieb, une retraitée pas comme les autres

Durée · 1h08 · Transcription disponible

Christine

Le récit

Se dépasser oui, mais pas à n’importe quel prix. La longévité est une notion qu’on évoque assez peu sur le podcast, et pourtant est-ce que ça ne devrait pas être notre priorité dans tout ce qu’on fait ?

À quoi bon finir un 100 km sans préparation si on y laisse un genou 🦵 ? À quoi bon sacrifier des années de sa vie pour pratiquer un sport à haut niveau sans préparer la suite si pour se retrouver en situation précaire 😞 ? À quoi bon entreprendre et travailler 7/7 si c’est pour faire voler en éclat son couple 💔 ?

Peut-être qu’aller au delà de ses propres limites n’est pas toujours bénéfique. Peut-être que dans le sport et l’aventure en particulier, il y a en fait du bon à rester dans sa zone de confort et à rechercher le plaisir avant tout.

Dans cet épisode, je fais la rencontre de Christine Taieb, une femme extraordinaire qui a fait de cette idée son mantra. Elle a réalisé l’ascension du Kilimanjaro, elle a posé le pied sur les glaciers de Patagonie, elle a parcouru le Sahara en long et en large, couru des dizaines de semi-marathons, marathon et ultra. Elle n’a jamais abandonné une course et se moque bien du chrono final.

Ah, et petit détail : elle a commencé à courir à 60 ans et est devenue finisher des 250km du Marathon des Sables à 70 ans 🤩

Allez, préparez-vous à recevoir une énorme dose d’énergie avec Christine !

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Christine Et quand tu as cette espèce de sablier qui te dit que si tu veux rester en longévité, tu n'as pas intérêt à t'abîmer, il faut que tu sois dans le plaisir. Une des chances aussi d'avoir commencé par la danse, c'est peut-être de faire la différence dans mon corps entre une douleur qui sera un danger pour un muscle, un tendon, un os, tout ce qu'on peut, et puis la douleur qui est celle de l'effort qui existe. L'effort, il ne se fait pas sans rien. Et ça, je crois que je sais bien le repérer.

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tout niveau, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs, irrévocables dans vos vies. Se dépasser, oui, mais pas à n'importe quel prix. La longévité, c'est une notion qu'on évoque assez peu sur le podcast et pourtant, est-ce que ça ne devrait pas être notre priorité dans tout ce qu'on fait ? À quoi bon finir un 100 km sans préparation si on y laisse un genou ? À quoi bon sacrifier des années de sa vie pour pratiquer un sport à haut niveau sans anticiper la suite si c'est pour se retrouver en situation précaire ? À quoi bon entreprendre et travailler 7 jours sur 7 si c'est pour faire voler en éclat son couple ? Peut-être finalement qu'aller au-delà de ses propres limites n'est pas toujours bénéfique. Peut-être que dans le monde du sport et de l'aventure, il y a en fait du bon à rester dans sa zone de confort et à rechercher le plaisir avant tout. Dans cet épisode, je fais la rencontre d'une femme extraordinaire qui a fait de cette idée son mantra. Elle a réalisé l'ascension du Kilimanjaro, elle a posé le pied sur les glaciers de Patagonie, elle a parcouru le Sahara en long et en large, couru des dizaines de semi-marathons, marathon et ultra. Elle n'a jamais abandonné une course et se moque bien du chrono. La preuve que c'est possible. Ah, et petit détail, elle a commencé à courir à 60 ans et est devenue finisseur des 250 km du Marathon des Sables pour son 70e anniversaire. Allez, préparez-vous à recevoir une énorme dose d'énergie avec Christine. Je vous souhaite une excellente écoute. Et juste avant ça, je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui soutiennent financièrement le podcast sur Tipeee. Votre contribution fait une énorme différence. S'il y en a dans l'audience qui souhaite devenir contributeur, vous avez le lien en description. Autrement, rendez-vous sur tipeee.com slash les-frappés. C'est à partir de 1 euro par mois. Merci à vous. Eh bien, écoute, Christine, je suis ravi de t'accueillir sur le podcast. Merci beaucoup à Sébastien du podcast Parlons de votre mental pour cette nouvelle mise en relation. Décidément, il m'en aura envoyé des gens. Sébastien, merci beaucoup. Christine, très, très content de te recevoir pour un épisode pas comme les autres. Alors, il n'y a pas beaucoup d'épisodes qui sont comme les autres sur le podcast, mais je t'avoue que c'est la première fois que j'accueille une retraitée, là aussi pas comme les autres, sur les frappés. Donc, impatient d'échanger avec toi sur ce que tu fais. Et écoute, ce que je te propose, c'est de commencer par nous expliquer qui est Christine, tout simplement.

Christine Alors, d'abord, un grand merci. Merci Loïc, que je n'ai pas encore le plaisir de connaître. Moi, me présenter comme frappé, Mais déjà, personnellement, ça me surprend parce que je me considère comme d'une banalité, mais alors vraiment extrêmement banale. Je dirais même que je revendique d'être une petite dame tout à fait normale. Voilà. Alors, retraitée, bien sûr, parce que j'ai 72 ans, bientôt, plutôt 73. Donc, ça fait déjà 10-13 ans que je suis à la retraite. alors avec un parcours qui effectivement n'est peut-être pas celui de tout le monde mais pourtant c'est mon chemin de vie pour lequel je n'ai ni forcé les choses ou sauf à dire que j'ai toujours cherché un petit peu à me surprendre ça c'est vrai est ce qu'on parle du sport directement

Loïc parce qu'il va être question beaucoup de sport et ben écoute moi je serais d'abord que de savoir quel a été dans les grandes lignes ton parcours de vie avant d'être retraité parce que moi pour les auditeurs s'il y en a qui ne savent pas encore comment je prépare les interviews j'essaie toujours de maintenir quand même une grosse part de surprise pour moi pour que mes réactions mes questions soient authentiques donc tout ce que je sais tout ce que Sébastien m'a dit et ce sur quoi on a échangé la dernière fois tous les deux c'est que tu as une retraite pour le moins active très très active mais je n'en sais pas plus et je ne sais surtout pas du tout ce que tu as fait avant donc je serais peut-être curieux que tu nous en dises un petit peu plus sur quelle a été dans les grandes lignes cette vie

Christine alors en fait je vis en tant que retraité ce que je vérifie chez tout le monde c'est à dire que tel on était avant la retraite tel on reste après la retraite je vais dire brièvement ce que j'ai fait avant d'être à la retraite mais j'ai toujours été très active très engagée très mobile très sportive et ça n'a pas changé après Donc ça, c'est la règle que je constate chez tout le monde, c'est-à-dire les curieux restent curieux, les diplomates restent diplomates, les ambitieux restent ambitieux. Donc moi, j'ai eu une chance inouïe. Ça a commencé parce que je suis née dans une famille où on ne se posait pas la question quand on était petit. Il fallait aller au conservatoire. C'était comme ça. Donc moi ou mes frères, on a tous fait le conservatoire de piano, de solfège et de danse. Alors à 4 ans, c'est le premier tutu, on commence par la danse classique Et puis arrivé à l'adolescence, on découvre la danse moderne, le jazz Des choses un peu plus fun qui font peut-être sortir du carcan de la danse Mais pour autant, cette base-là m'a toujours toujours servi Comme un socle extrêmement solide de savoir comment fonctionne mon corps savoir que si on ne l'entretient pas si on ne l'entraîne pas on perd donc c'est l'école de la rigueur et quelque part d'une certaine sagesse pour savoir le faire travailler proprement correctement sans l'abîmer après ça j'ai eu une vie professionnelle tout aussi riche ou d'ailleurs je ne sais pas pourquoi mais je pense que tout un chacun qui m'entendrait aujourd'hui et qui ne m'a connu que dans le monde professionnel était loin d'imaginer que j'avais d'autres vies à côté. Alors, une vie familiale peut-être. En tout cas, une vie sportive, je n'en parlais pas. Une vie associative, je n'en parlais pas non plus. Alors que j'ai toujours été très engagée. Toutes ces vies s'additionnaient, mais un petit peu comme des tiroirs que j'ouvrais, que je refermais. Et en tout cas, ça ne se rejoignait pas, vu de l'extérieur. En tout cas, c'est ce que j'en crois. Et puis, arrive à 60 ans, la retraite. que soit dit en passant, je n'avais absolument pas anticipé. Comme j'ai eu un petit pépin de santé à ce moment-là, j'ai réalisé que, oulala, si ma santé pouvait se mettre à un peu être chancelante, ça veut dire dire que je ne pourrais pas faire tout ce que j'avais imaginé faire. Alors là, j'ai dit go, je pars à la retraite et je me fais tous mes plaisirs du monde. Donc la danse que je n'avais jamais, jamais, jamais lâchée depuis 4 ans, Elle a donné place Par le hasard de rencontre Et une en particulier A ce qu'on fait avec ses petites jambes Alors on va dire courir Pour faire simple je vais dire courir Mais c'est en fait Tout ce qui se fait avec des jambes C'est à dire c'est courir mais c'est marcher C'est marcher un petit peu, c'est marcher moyennement C'est marcher longtemps Et tout ce temps Qui est le plus beau des cadeaux Que peut offrir la retraite Et bien m'a permis Et donc, les premières courses, ça a été des Paris-Versailles, que j'ai fait un nombre incalculable de fois. Et puis après, dans l'ordre des choses, on fait un petit peu plus. On fait un semis, deux semis, dix semis. Puis après, des semis, on attaque les marathons. Alors, de mémoire, et je crois que j'ai dit beaucoup de bêtises ces dernières années, j'ai souvent dit que mon premier marathon, je l'avais fait à 60 ans. et en fait en retrouvant certains dossiers je l'ai fait à 64 ans voilà

Loïc d'accord ok donc tu commences vraiment même si tu l'avais bien expliqué tu as toujours été active la danse a toujours fait partie de ta vie depuis tes 4 ans ce qui est quand même très très jeune tu n'avais jamais vraiment couru auparavant en tout cas sur des formats de course

Christine du tout et c'était pas fait pour moi d'abord j'ai pas le physique d'ailleurs pas plus d'une danseuse d'ailleurs que d'une coureuse une petite bonne femme normale avec ses petits kilos en trop qu'elle ne perd jamais voilà vraiment madame tout le monde mais c'est le hasard d'une rencontre qui m'a donné goût et m'a aussi permis tout comme mes premiers profs de danse de courir j'allais dire proprement presque scientifiquement c'est à dire le bassin bien placé les épaules bien placées bien gainées tout ça de sorte que ça offre une forme de longévité je précise que la danse j'y étais encore ce matin je n'ai pas arrêté du tout encore ce matin j'étais avec mon merveilleux coach Véronique de Villèle pour mon cours de barre au sol qui est un élément d'équilibre essentiel pour moi ainsi que toutes les filles qui pratiquent donc j'en étais à Marathon alors j'ai commencé par celui de Paris parce que c'était, il y a un symbole quand même, marathon de Paris, et puis c'est facile quand on habite Paris. Et puis j'ai enchaîné sur d'autres, Berlin, New York, Marrakech, enfin tout plein de marathons. Puis quand on parle avec des marathoniens, il y a une espèce d'envie qui se crée, il y a des rêves qui viennent là autour de toi, tu récupères des petits papiers sur les villages de Courge quand tu vas prendre ton dosage à l'arrivée, et là tu entends parler des 100 kilomètres. ça, ça fait rêver, 100 km. Alors après ça, j'ai attaqué les 100.

Loïc Mais non.

Christine Ouais. Et voilà, le 100 km de Millau. Un format aussi très particulier. Et là, on va rentrer dans un nouveau langage qui s'appelle l'Ultra-Trail. Pour ceux qui connaissent ce domaine-là, mais pour beaucoup qui ne le connaissent pas, on ne sait pas toujours ce que c'est. En fait, c'est 100 et au-delà. Et toujours avec ses petites jambes. je précise qu'à partir de ces distances-là moi, Christine Tailleb je ne cours plus, on est bien d'accord je marche, voilà je marche vite je marche avec endurance, je marche longtemps mais je ne cours pas et puis d'autres formats comme le Grand Rêve du Morbihan là c'est un 177 et puis le temps passe et puis il y a une notion très très forte que j'ai toujours en moi qui est cette espèce de sablier qui court et qui me fait dire, bon d'accord, t'avances, t'avances, t'avances, mais c'est pas à 80 ans que tu pourras encore faire beaucoup de choses. Encore, ça devient parfaitement faux quand je vois le nombre de marathoniens qui ont fait le Marathon de Paris à plus de 80 ans. Et donc, vient l'idée du Marathon des Sables, avec toute la magie que ça représentait. Alors là aussi, pour beaucoup, quand on n'est pas du domaine Marathon des Sables, on pense que c'est un marathon, ben non, c'est un marathon par jour pendant 6 jours. c'est-à-dire 250 kilomètres et ça je l'ai fait, ça je ne peux pas me tromper de date c'était l'année de mes 70 ans comme j'avais très peur de ne pas être prise parce que sur beaucoup d'épreuves si on n'a pas son inscription dans la minute d'ouverture des inscriptions on n'a pas sa place en l'occurrence je ne crois pas savoir que sur le MDS c'est comme ça que ça se passe mais donc je m'étais inscrite trois ans avant enfin plutôt deux ans avant mais il y a eu l'effet Covid qui a fait une année sans épreuve et je me suis retrouvée l'année de mes 70 ans au départ du Marathon des Sables voilà et bien une merveilleuse aventure que je dois vraiment je vais souligner quelque chose qui est très très très particulier parce que tout un chacun peut comprendre que courir 10 km avec la copine au même rythme c'est déjà pas très très simple Courir un marathon avec le bon copain, dans la même foulée, avec la même énergie tout au long, c'est carrément du domaine de l'impossible. Sur 100 kilomètres, alors là n'en parlons pas, mais sur 250 kilomètres, c'est pourtant ce qui m'est arrivé. Je suis partie avec Mavalou, autrement dit elle s'appelle Valérie Angot. On avait, pour ainsi dire, on ne s'était déjà jamais entraînés ensemble, on avait vaguement couroté une fois ensemble, mais on s'était plutôt loupé. donc on peut dire qu'on n'avait aucun passé commun on avait simplement une énergie de dingue pour des raisons différentes l'une et l'autre de réussir et on ne sait pas quitter pendant 250 kilomètres voilà et ça m'a valu alors comme il n'y avait pas grand monde dans les 70 ans et plus ça m'a valu un joli petit podium dans ma catégorie en sachant que je le fais, comment dire, j'ai pris l'habitude de rester dans ma zone de confort. Alors, pour tout un chacun, la zone de confort, ça veut dire flemme, ça veut dire en faire le moins possible. Moi, ce n'est pas ça du tout. Ma définition de ma zone de confort, c'est parfaitement connaître mes forces et mes faiblesses. Et c'est donc jouer avec ça, savoir quelle est la barrière horaire qui m'est autorisée. Je ne m'inscris jamais à un truc, si je ne sais pas que je ne peux pas la passer sur le papier en tout cas, et jongler avec cette marge de manœuvre. Alors au début, j'avais deux, trois heures de rab, puis au fil des journées, je suis arrivée, je crois que j'avais moins d'une heure, peut-être même moins, je ne sais plus. Donc j'étais dans la barrière, certes avec les chameaux derrière qui font la sécurité, mais dans la barrière horaire, donc ça s'appelle finisher. et ça et ça s'est enchaîné après finalement assez rapidement je ne sais plus bien pourquoi mais le hasard du timing a fait que 3 mois plus tard j'ai fait une course merveilleuse avec une organisation que je voudrais faire connaître à tout le monde qui s'appelle le TREG pour ceux qui ne connaissent pas organisé par Jean-Philippe Allaire j'ai fait un 200 km au Tchad vraiment c'est une organe fabuleuse dans un format qui finalement me plaît mieux parce qu'on est très peu nombreux et que j'aime l'intimité, le côté familial, le côté plus humain que les grosses machines. J'ai refait un récent Paris-Versailles. Eh bien, moi, d'avoir 50 000 personnes qui jouent des coups au départ, Dieu sait si ça m'a excitée et que j'ai été une des premières à dire « Venez, on y va, on y va ». Voilà, arrivé à mon grand âge, je préfère des événements sportifs plus intimistes, plus proches des autres, on va dire ça comme ça.

Loïc Le TREG, donc, c'est ça ?

Christine Oui, TREG. TREG, qui prend son nom d'un mélange de TREG et de ERG dans le désert. Je suis partie avec le TREG en Algérie également. Il y a un prochain départ qui se fait bientôt dans l'année. C'est vraiment une organisation fabuleuse avec un staff hyper pro, une équipe médicale à la pointe, des conditions de sécurité. Je parle bien du Tchad et de l'Algérie, je sais bien de quoi je parle. Or, Père, franchement, allez-y tous, faites-vous plaisir. Il faut certainement un minimum d'engagement. Il faut quand même un niveau physique, on va dire, solide. donc c'est pas accessible à tout le monde en termes de sport mais en termes d'humanité ça ne peut plaire qu'à tout le monde voilà

Loïc quel parcours et là on parle que de ce que tu as fait on va dire des grands milestones de ta retraite mais t'avais une vie on est passé très rapidement sur ce que tu faisais avant mais qui était aussi active aussi riche

Christine pareil j'étais ce qu'on appelle affreusement le cadre supérieur dans un grand groupe français Alors tu vois le truc, j'ai eu l'époque à ta chécaisse, enfin la totale.

Loïc Paris, la défense, les tours de l'air.

Christine Oui, tout pour fait, exactement, tu crois pas si bien dire, exactement. En parallèle, j'ai toujours été, c'est pas vraiment notre objet, mais très militante, je suis une militante engagée, je suis depuis des années présidente d'un mouvement, j'ai toujours été extrêmement active, donc ça demande une grande mobilisation. et je découvre au fil de ces toutes dernières années que finalement, les qualités, on va appeler ça des qualités, que nécessite le sport tel que je le pratique et ma vie qui était professionnelle mais maintenant associative, ce sont les mêmes valeurs que sont l'engagement, que sont le courage, que sont la détermination et je crois par-dessus tout, je ne peux pas parler de tout ça sans parler d'humilité. Parce que quand on sait les efforts que ça demande pour les deux domaines, eh bien, on devient très, très, très modeste. D'abord, on voit des tellement meilleurs que soi faire des exploits. Souvent, on me dit, raconte-nous ton dernier exploit. Qu'est-ce que tu fais ? Non. Alors là, je récus ce mot-là. Je veux bien accepter expérience. Voilà. mais exploit sûrement pas, il y a tellement mieux il y a tellement plus fort, plus loin expérience, moi je reste là dessus

Loïc Pour autant ce que tu réalises c'est quand même extrêmement inspirant, enfin ces expériences que tu vis, c'est quand même peu commun est-ce que tu as conscience que c'est peu commun même si évidemment il y a toujours plus rapide plus fort que soi, plus endurant mais c'est pas banal ce que tu fais

Christine C'est ce que tu me renvoies quand tu me le dis et puis tu n'es pas la première personne à l'évoquer ainsi, donc je l'accepte et je ne vais pas non plus faire celle qui ne sait pas que tout le monde n'y arrive pas. Simplement, et d'ailleurs, c'est l'objet même du fait que j'accepte d'échanger avec toi aujourd'hui, c'est l'idée que finalement, encore une fois, je n'ai aucun talent, aucune capacité physique hors normes à partir du moment où on a envie. c'est peut-être ça que j'ai un peu plus que d'autres mais c'est aussi parce que je le travaille qu'on a la curiosité moi ce que j'aime j'aime faire ce que je ne sais pas faire voilà c'est à dire quand je me lance pour faire un marathon en roller et que je tiens à peine sur mes rollers quand je fais des courses d'obstacles où j'ai vraiment aucun muscle dans les bras et que je tombe dans l'eau ou dans la boue mais que ça m'amuse beaucoup je veux dire je fais plein de trucs comme ça ce qui... J'aime m'amuser, ne pas me prendre au sérieux et me mettre dans des environnements qui... Oui, qui excitent ma curiosité, mais tout ça de manière très raisonnable. Souvent, ça peut renvoyer à l'idée que je serais un peu folle, un peu folle dingue. Je ne le crois pas. Je crois que j'ai une hygiène de vie la plus raisonnable qui soit d'un point de vue d'alimentation, de sommeil je suis très très suivi d'un point de vue médical je sais très bien la bobologie que j'ai donc je sais ce que je peux encore faire ce que je ne peux plus faire mais je le gère donc tout ça peut-être le truc le plus un de mes derniers trucs rigolos alors c'est pas les frappés moi je sais pas si demain matin on va parler de la frappée peut-être, je vais gagner mes galons de frappés mais ce sont les givrés alors je sais pas si vous vous connaissez givrés et frappés non non Eh bien, partant du postulat que d'abord, j'ai un vertige de dingue. Alors, je me suis fait le Kilimanjaro au mois d'août dernier pour histoire de voir comment je réagissais en montée et en descente. Ça, c'est bien passé. Et puis, je suis quelqu'un qui, d'ailleurs, prive toute sa famille d'aller au ski parce que je déteste le froid, la neige et tout ça, tout ça. Et j'ai fait un stage avec les Givrés. Et je donne un petit coup de chapeau à mon ami Alex Cortès, qui a été notre merveilleux coach c'est à dire que j'ai fait un stage de gestion du stress et des émotions par le froid, donc tu te retrouves en maillot de bain dans la neige dans la glace

Loïc excellent

Christine ça moi je dis n'attendez pas d'être septuagénaire pour faire des trucs pareils parce que ça donne une confiance de dingue j'imagine j'aurais dû faire ça pendant que j'étais un manager avec mon attaché caisse à la Défense. Ça m'aurait servi.

Loïc Tu t'évoquais le fait que tu empêches tes proches d'aller au ski parce que tu n'aimes pas le froid. Qu'est-ce qu'ils en pensent d'ailleurs ? Je ne sais pas si tu as des petits-enfants.

Christine Oui, je suis une mère de deux enfants, une grand-mère, de deux petites-filles qui ont quand même 8 et 12 ans. Alors, c'est très difficile de parler à leur place. je crois que ma fille qui va bientôt avoir 50 ans tout le monde savait que j'étais sportive il me voit toujours en tenue de sport aller à la salle très bien mais il ne savait pas ce que je faisais parce que finalement quand on n'est pas vraiment engagé dans le sport on ne sait pas trop je sais que ma fille a pris un coup sur la tête quand elle a suivi mon tracking sur le Marathon des Sables et qu'on voyait bien que je n'avançais pas vite et pour elle j'étais même à l'arrêt elle s'est dit là ma mère il lui arrive quelque chose et j'ai compris que ils avaient peur que je me mette en danger qu'ils l'ont réalisé à ce moment là voilà après ça ils savent qu'il ne faut pas me dire grand chose pour m'empêcher de faire quelque chose ça c'est pour mon mari qui est le plus merveilleux des maris par l'acceptation qu'il a de certains diraient des délires moi c'est pas des délires, c'est des envies, ce sont des curiosités et puis mes petites filles je ne sais pas je ne sais pas dire elles sont encore 8 et 12 ans pourtant, elles s'expriment est-ce qu'elles sont un petit peu fières, je ne sais pas tu leur racontes

Loïc tes expériences, que tu vis, des anecdotes quand tu reviens d'un Marathon des Sables des 100 kilomètres de milleaux

Christine oui, il y a les photos, il y a les images il y a 2-3 petits articles dans la presse oui, oui, oui, elles savent tout ça Moi, en fait, ce que je voudrais leur transmettre, mais c'est un peu le même message que toutes les dames qui m'écouteront peut-être, ou qui nous écouteront tous les deux, c'est les filles osées, c'est-à-dire, vous ne dites pas « je ne peux pas » parce que je n'ai pas le temps, parce que je ne suis pas faite pour, parce que je n'ai pas l'argent, parce que mon chéri va dire ceci, cela. Ça se gère, il ne faut pas passer outre notre environnement, qu'il faut continuer à respecter. mais si on a envie et bien on peut se donner les moyens de faire ce qui est à la hauteur de son envie j'ai toujours élevé mes enfants en leur disant petit engagement petit plaisir gros engagement, gros plaisir après ça, hormis des problèmes graves de santé qu'on ne maîtrise pas on met ça de côté et on le respecte mais sinon finalement on est tous libres de nos choix de l'engagement qu'on veut se donner dans nos parcours de vie et dans nos curiosités c'est à chacun il revient toujours à ma théorie et bien les la fatigue ils restent la fatigue sur leur canapé et puis les qui bougent tout le temps comme moi qui sont peut-être un peu fatigantes pour certains je l'assume ils le seront toujours

Loïc et ton mari il t'accompagne dans certaines de tes expériences comme tu dis ?

Christine Non, mais je respecte. J'ai mis là aussi, on a dépassé les 42-3 ans de mariage. Parfois, je n'ai pas toujours compris qu'ils ne suivent pas dans mes délires. J'ai mis, maintenant ça fait 20-30 ans, que j'accepte. Il faut que chacun soit dans son confort. Un couple, c'est aider l'autre à être bien dans ce qu'il est, pas l'obliger à faire si ça lui correspond pas donc au début oui mais il s'est arrêté au semi-marathon on peut dire il est lui-même très sportif mais lui il est très engagé dans le tennis c'est son grand truc, il continue à faire des tournois et il est très bon là-dedans moi pour moi le tennis c'est un sport pour l'été pour le musée donc il m'accompagne pas et c'est surtout que je crois dans tout ce que je fais un des éléments que j'apprécie énormément c'est ce que j'appelle la roussitude moi plus je suis sale, plus je suis dans la poussière moins on se lave sur une période donnée bien sûr tout ça, j'adore j'adore la chaleur lui, il préfère un certain confort et moi je suis bien à partir de 50 degrés voilà

Loïc c'est hyper intéressant ce que tu dis parce que on pourrait enfin quand on imagine une carrière de cadre sup à la défense quelqu'un qui fait de la danse classique depuis 4 ans spontanément on n'imagine pas que ce qui t'attire c'est le côté rustique très engagé très spartiate de toutes ces courses de toutes ces expériences que tu vis ça tu le savais avant d'être retraitée avant de te lancer dans des dans tous ces délires comme tu dis ou tu l'as découvert

Christine non non je le savais parce que quand je me suis mise à faire des épreuves dans le désert, je n'ai pas pris le temps de dire, mais ça fait depuis que j'ai l'âge de à peu près une vingtaine d'années, j'allais marcher dans le désert. Le désert est mon élément que je connais parfaitement. Enfin, le désert, ça n'a rien. Je vais commencer à approcher d'autres déserts ailleurs dans le monde. Mais donc, ça, j'ai toujours su que je m'y trouve bien. J'ai toujours appelé ça mes rendez-vous avec moi-même. Je ne suis pas une adepte de la méditation, par exemple. Mais je crois que je la pratique à ma manière. Je crois que j'ai besoin d'être dans le mouvement. Je ne sais pas d'ailleurs toi-même. Le sport que tu pratiques a eu, pratiqué ou pratique, donc je ne sais pas si je te parle chinois ou pas, mais quand on est seul, parce qu'au tchad, il ne faut pas se leurrer. J'étais toujours la bonne dernière. Quand il fait 50 degrés, qu'on a 12 kilos sur le dos, qu'on n'en peut plus et tout, on est seul avec soi-même. Eh bien, ça, ça a toujours été des éléments pour me ressourcer. Et je me souviens très, très, très bien que quand je revenais de voyage que j'arrivais le dimanche, j'avais juste le soir pour me faire les ongles, remettre mon petit costume bien propre pour me trouver au comité de direction le lundi matin. Mais personne ne savait ce que j'avais fait avant. Peu de monde.

Loïc Excellent. Ça, c'est un aspect... Alors, moi, ça me parle absolument. Je ne faisais pas un sport... Enfin, j'ai fait beaucoup de judo. mais depuis que j'ai arrêté je comprends tout à fait cette notion de se retrouver face à soi-même dans des grands environnements des grands espaces où on peut se perdre en tout cas d'un point de vue intellectuel mais je sais que quand j'en parle parfois autour de moi, dans ma famille, etc. les gens ne comprennent pas que je puisse trouver un intérêt à partir seul ou en tout cas à chercher cette solitude est-ce que toi c'est quelque chose dans ton cercle d'amis est-ce qu'il y a des gens finalement avec qui tu vis ces expériences qui vous suivez même si chacune ou chacun fait son petit bout de chemin tout seul dans son coin mais est-ce qu'il y a des gens qui le comprennent et qui recherchent ce type d'expérience aussi à ton âge ou tu vois de l'incompréhension dans les yeux des gens quand tu leur racontes ce que tu fais

Christine alors ceux qui ne m'ont pas compris j'ai envie de dire je les ai perdus de vue ou ils sont perdus tout seuls il y a eu parfois et je vais parler là du monde féminin où parfois cette incompréhension en fait elle est plutôt une forme d'envie voire je n'ai pas peur d'utiliser le mot jalousie en fait et même dans le travail et c'est peut-être pour ça d'ailleurs je n'en parlais pas tant quand il est arrivé que certains pouvaient comprendre que je courais à 6h du matin avant d'arriver de toute façon la première au bureau, ça n'apporte pas que des regards positifs. Ça entraîne de la jalousie ou un regard, si elle fait ça, c'est qu'elle est dure. Donc, pour revenir à l'environnement, effectivement, aujourd'hui, et grâce à tous mes périples dans le bac à sable, comme on dit, je crois que j'ai beaucoup d'amis proches qui ont la même envie que moi de se retrouver seul au milieu de ces immensités parce qu'ils y trouvent un bagage mental extrêmement fort et qui devient une addiction. Moi, je n'aime pas le mot parce qu'il est moche, il est négatif, mais un besoin, oui. Et je pars très souvent, je m'inscris seule parce que j'ai du plaisir à rencontrer des nouveaux visages parce que ce sont des nouvelles expériences, des nouvelles personnes qui ont elles-mêmes en général un regard très curieux, qui ont en général arrivé à nos âges beaucoup voyagé, beaucoup bourlingué. J'aime ça. Et non seulement ça ne me fait pas peur, mais ça me fait plaisir. Et ça ne m'empêche pas de revendiquer, d'être extrêmement sociable. Par ailleurs, je ne suis pas un sauvage. Du tout, du tout. Mais c'est un plus. En fait, j'aime bien aussi dire que je suis caméléon parce que j'aime bien aussi être très sophistiquée et faire ma neillée de service tout autant. Tu peux faire aussi.

Loïc Excellent. Est-ce que tu as… Donc, tu disais que le Marathon des Sables, ça a été une épreuve qui t'a bien marquée. L'autre que tu as faite dans le désert avec TREC, c'était le Tchad, c'est ça ?

Christine C'était le Tchad, oui, absolument.

Loïc est-ce que tu aurais des anecdotes de certaines de ces épreuves qui toi t'ont particulièrement marqué alors que ce soit au niveau des rencontres tu l'évoquais qui sont vraiment importantes pour toi ou même d'un point de vue physique, mental parce que je suppose, j'ai jamais vécu d'ultra dans le désert mais je suppose que faire un ultra par 50 degrés ça c'est challenge donc je serais curieux de savoir si toi il y a des moments en particulier qui t'ont marqué que tu voudrais partager avec nous

Christine Tout à fait, et je vais en parler d'autant plus qu'actuellement, et même au moment où nous nous parlons, c'est la 38e édition du Marathon des Sables. Aujourd'hui, c'est ce qui s'appelle la sortie longue. Donc, mon année à moi, c'était 82 500 d'une traite, et que lors de cette sortie longue, on passe un djebel, qui est le fameux djebel Elotphal. Or, pas plus tard que tout à l'heure, là, je regardais mon Facebook et je voyais les images et je me remémorais le passage de ce djebel. Alors, il faut imaginer, je ne sais plus quelle est sa hauteur, mais il n'est accessible à un moment donné que grâce à une corde, parce que sinon tu ne t'en sors pas. Alors, il faut imaginer mamie qui, comme je l'ai dit, marche, mais je marche avec des bâtons. Donc, tenir, imagine-toi, il fait, moi je l'ai passé, il devait être midi, alors on va dire qu'il devait bien faire un bon 40 degrés on a eu 58-8 un jour mais on va dire qu'on était à 40 degrés 12 kilos sur le dos une langue de sable sur un djebel qui te présente devant toi comme un mur

Loïc pardon Christine, sachant qu'un djebel c'est une montagne, c'est ça en fait ?

Christine c'est ça, tout à fait, c'est un massif montagneux qui là se trouve recouvert d'une langue de sable et donc tu montes comment tenir les deux bâtons, la corde Eh bien, arrivée pratiquement en haut du DJ Belle, qu'est-ce qu'elle a fait, mamie ? Eh bien, j'ai perdu un de mes bâtons. Tu sais, c'est comme les bons et fond du ski. Arrivée là-haut, le bâton glisse et descend la pente. Qu'est-ce que j'ai dû faire ? Redescendre la pente. Je n'en pouvais plus. C'était vraiment l'enfer. Et je suis remontée, mais cette fois-ci à quatre pattes, parce que là, ça ne prend pas eu ce qui était possible. Et c'est très drôle parce qu'arrivée là-haut, moi je savais que j'étais dernière parce que je connaissais mon temps mais là-haut il y avait une équipe qui m'attendait, ma copine la fameuse Valérie, elle, elle avait déjà grimpé le jebel avant moi, et l'équipe là-haut ils savaient tous que j'étais la dernière et bien figure-toi qu'une des filles qui était là-haut en haut de la montagne qui était dans l'équipe médicale, et bien je l'ai retrouvée dans l'équipe médicale sur le traig comme quoi on est un petit monde donc cette image, cette anecdote du bâton qui tombe faudrait refaire les bronzés dans le Sahara parce qu'il y a un truc à faire un truc de dingue

Loïc excellent et la chaleur, comment tu gères ça quand il fait 50 degrés avec en plus le sable, les nuits où tu as des écarts de température incroyables c'est quoi les challenges sur ce type de course ?

Christine à force d'avoir pratiqué le désert encore une fois quand je dis une vingtaine d'années, j'ai même d'avoir 18 ans, les premières fois où on fait le petit truc en quad, le petit sud tunisien, le petit sud marocain que tout le monde fait, comme tous les touristes, j'en suis arrivée au stade où la chaleur ne me fait pas peur. Je sais que pour beaucoup de gens, elle oppresse. Tu vois tous les gens, déjà, quand l'avion se pose sur le tarmac à Marrakech, on se prend une bouffée d'air et en général, ça impressionne, mais y compris physiquement dans la respiration des gens. Moi, je n'ai pas peur, je sais le gérer. Je suis extrêmement raisonnable en termes de boissons, j'allais dire de boissons, pas d'alcool, d'eau, bien évidemment. D'ailleurs, sur ce genre d'épreuve, moi, je vis la pipette de mes gourdes coincées entre mes dents et je bois en permanence. Donc, je gère bien d'un point de vue de santé. je n'ai pas d'appréhension j'ai la chance pourtant je suis blonde aux yeux bleus, je bronze je suis noire tout de suite sans coup de soleil donc j'ai cette chance là et je vais faire le rapprochement avec ma petite expérience dégivrée j'avais moi-même la même appréhension du froid c'est à dire de me dire les quelques petites expériences de canyoning que j'avais pu faire quand tu sautes dans l'eau gelée, ça te prend la respiration, tu as l'impression que tu vas faire un arrêt cardiaque, eh bien, j'ai appris à gérer ça, alors je ne suis certainement encore pas assez rodée, mais à ne pas en avoir peur. À partir du moment où tu sais que tu as les moyens, et mentaux et physiques, de gérer, eh bien, tu es dans l'acceptation, et il faut quand même réaliser, quand on fait même un trek lambda dans le désert, et qu'on voit des hordes de nomades, de petits-enfants, de femmes vêtues de rien, tu comprends que l'être humain, il est capable de vivre dans ces conditions-là. Donc, peut-être pas du jour au lendemain, mais avec un petit peu d'adaptation et pas mal de volonté, c'est possible. Voilà, c'est comme ça que je gère.

Loïc Est-ce que tu as déjà pu échanger avec, justement, certaines des femmes de ces pays que tu traverses ? Parce que tu évoquais un peu plus tôt, tu vois, peut-être ce message que tu voudrais faire passer en particulier aux femmes. Oui. Est-ce que tu as eu des échanges, des rencontres, je ne sais pas, avec des réactions très surprises de la part de femmes de ces pays-là ?

Christine Alors, oui, des rencontres, j'en ai eues, je dirais pas assez. Pas assez parce que soit tu es dans une épreuve de sport, je vais revenir quand même sur mes barrières horaires, je ne peux quand même pas m'amuser à engager la discussion du siècle. il y a la barrière de la langue bien évidemment mon arabe est quand même pas encore bien même si j'apprends n'est pas suffisant pour avoir une vraie conversation comment dire je n'ai pas eu assez l'occasion ça m'arrive quand je fais des treks alors moi je pars toujours avec un voyagiste qui s'appelle Nomade Aventure avec qui j'ai fait des tonnes de marches Là, on est dans des conditions où il n'y a pas la notion de limite de temps, où là, on va à l'approche des femmes, où le guide peut faire l'interprète. Moi, je crois que toutes ces femmes, elles sont curieuses. Comment dire ? Je ne sais pas si on les fait rêver. En tout cas, ce n'est pas quelque chose pour lequel j'ai une approche qui est assez comblée. Et effectivement, j'aimerais avoir plus de liens et de retours avec ces femmes-là. Me revient une petite anecdote. Je vais revenir à mon marathon de Paris. Au hasard de mon départ, je me suis trouvée à côté d'une femme. Je ne saurais pas dire si elle était congolaise ou ivoirienne, je ne sais plus trop. En tongs, en boubou et avec un énorme écriteau sur le dos qui disait moi les 42 km 195 je les fais tous les jours pour aller chercher de l'eau au puits quelles leçons ça donc qu'est-ce que elle venait porter un message de courage et nous et je renvoie peut-être à une idée que l'on transmet quand on est nous-mêmes avec nos petites jupettes qui sont pas forcément très respectueuses des cultures locales. Qu'est-ce qu'on représente ? Je ne sais pas te répondre. Est-ce qu'on crée de l'envie ou de la curiosité ? C'est sûr. Mais nos échanges sont trop parcellaire pour que je sache te répondre correctement. C'est une lacune et c'est un manque. Ce que je sais souvent, c'est qu'elle me demande mon âge. Je ne sais pas comment ça vient. C'est peut-être le mérite. et ça je sais qu'elles ne le comprennent pas parce que d'abord je ne suis pas sûre que la longévité dans le désert soit la même qu'en milieu européen j'en sais rien mais j'imagine que non parce que je pense que la mortalité est beaucoup plus forte je l'imagine et ça le rapport à l'âge ça leur fait tout drôle ça c'est quelque chose sur lequel on se comprend

Loïc je pense que ça fera tout drôle un paquet d'auditeurs et d'auditrices même nichées au coeur de l'Europe de toute façon ça t'échange donc j'imagine bien que pour des populations dans le désert ou comme tu dis la mortalité est certainement pas la même que chez nous ça doit être autant plus étonnant ouais j'ai une question qui me trotte dans la tête depuis tout à l'heure est-ce que tu es une adepte des listes et je t'explique pourquoi parce que quand on t'écoute moi ça me donne vraiment l'impression que tu as tu croques la vie à pleines dents alors on a bien compris que ça n'a pas été quelque chose qui s'est mis en place à la retraite que tu as toujours été très active, très curieuse mais là moi j'ai le sentiment que tu enchaînes quand même beaucoup d'expériences et que tu disais un peu plus tôt tu as cette envie de faire un maximum tant que c'est encore possible du coup est-ce que tu gardes une liste des choses que tu veux absolument faire tant que tu es en capacité ou tant que tu as le temps est-ce que tu as une liste ?

Christine Alors, elle est drôle, cette question. Parce que oui, je ne vis qu'avec des listes.

Loïc C'est vrai.

Christine Mon cerveau ou mon cœur ou les deux réunis fonctionnent de telle manière qu'effectivement, j'ai toujours envie, j'ai toujours une curiosité. Je lis beaucoup, je parle avec beaucoup de gens. Donc, tout ce que je pense et qui me fait rêver, je l'écris. Et une fois que c'est sur la liste, je le fais. Je ne sais pas si tu vois le poids du truc. mais ça peut être vrai j'ai des petits post-it partout c'est vrai je vais aller au-delà de la liste des courses mais et c'est peut-être ma manière à moi d'arriver à organiser toutes mes vies familiales, personnelles associatives, sportives pour essayer de ne pas trop louper les choses et qu'elles puissent se faire parce qu'il y a la gestion de l'agenda quand même, il faut quand même coordonner tout ça Oui, je fais des listes. Oui. Et le but du jeu, c'est une leçon sur laquelle je suis en train de travailler. Il faut que j'y travaille là d'ici les 75. Qui est que ? À force de travailler son mental, on peut toujours faire mieux, mais bon, admettons que j'ai acquis une espèce de détermination. Qu'est-ce qu'elle est ? mais peut-être plus forte que d'autres. Mais pendant ce temps-là, mon corps, lui, il vieillit chaque jour un peu plus. Et il me le dit, il me le fait sentir, et je le sais. Et comme je suis quelqu'un d'honnête, il va falloir que j'articule ça correctement. C'est-à-dire que mon mental ne me donne pas l'envie de faire des choses que mon corps ne pourrait plus assurer. Donc là, pour le moment, je peux encore rêver de deux, trois trucs, mais je suis en train, mais ça ne date pas d'aujourd'hui, mais ça devient très concret que de gérer la régression il faut appeler ça comme ça il y a une autre personne dont j'aimerais beaucoup parler qui s'appelle Momo et qui est mon coach de mon club d'athlétisme qui est un être fantastique qui porte tous les membres du club à faire des performances de dingue vraiment il est fabuleux et moi dans mon coin bien évidemment je ne fais pas le quart du dixième de la moitié de ce qu'ils sont capables de faire tous mais ils l'acceptent et jamais il ne me montre du doigt et jamais il a une phrase désobligente et il me permet de continuer à faire de manière extrêmement modeste que les autres font pousser à l'extrême, je ne te dis pas tu vois les burpees, les heures de gainage et vas-y donc et le montagne, il y a tout ça. Enfin, voilà. Pourquoi je dis tout ça ? C'est pour dire que il faut continuer à faire avec ce qui nous reste et en ayant cette humilité. Je crois que c'est encore le mot qui me revient en tête. D'accord, tu ne peux plus faire comme ci, comme ça. D'accord, tes muscles qui se relâchent de partout, ça dégringole de partout. Mais fais avec ce qui continue à te faire plaisir. Voilà. La notion de plaisir, elle doit toujours être là. Pas faire pour faire, parce que la copine t'a dit, parce que, voilà. Pour se faire plaisir.

Loïc Et tu dirais que pour le moment, dans toutes les expériences que tu as réalisées, tu as réussi à la maintenir, cette notion de plaisir, en dépit des formats extrêmes. Ah oui.

Christine D'abord, j'ai fait quelque chose qu'il ne faudrait conseiller à personne. Je reviens toujours à ma zone de confort. Comme quand je dis que j'ai fait X marathons, oui, mais du premier au dernier, ça n'a jamais varié j'ai mis 6 heures ce qui est archi nul pourquoi 6 heures ? parce que c'est la barrière limite c'est vraiment le dernier des conseils à donner à tout un chacun parce que si t'arrives un problème une chute, une baisse de régime ou quoi t'es hors délai c'est pas glorieux mais moyenne en quoi moi j'arrive alors j'ai pas une courbature pas une ampoule je rigole je peux aller danser après et ça m'est arrivé plus d'une fois au Marathon des Sables le soir de l'arrivée on a fait une danse de dingue et je pétais la forme sur le dance floor ah ah ah ah ah ah ouais donc oui la notion de plaisir je ne ferais pas tout ça si ce n'était pas pour me faire plaisir c'est évident

Loïc c'est intéressant ta posture parce que j'ai quand même je te l'avais dit je pense qu'on échange un off mais je n'ai pas que des gens qui font du sport et de l'aventure mais quand même majoritairement et donc on parle souvent tu vois quand on parle quand on échange sur des courses organisées et pas des aventures montées indépendamment d'un organisateur on parle quand même souvent des chronos de la difficulté de presque de la nécessité d'être dans le rouge à un moment donné pour vivre ce genre de choses et en fait ton discours ça fait vraiment du bien parce que ça montre qu'on peut finalement on peut être retraité et vivre des choses complètement incroyables deux qu'on peut faire ça en prenant du plaisir et sans se cramer que ce soit physiquement ou mentalement et trois que finalement il faut s'autoriser à rêver parce que tu es la preuve vivante que c'est possible

Christine ah oui et très vivante absolument et quand tu as cette espèce de de sablier qui te dit que si tu veux rester en longévité t'as pas intérêt à t'abîmer et bien faut que tu sois dans le plaisir parce que une des chances aussi d'avoir commencé par la danse c'est peut-être de faire la différence dans mon corps entre une douleur qui sera un danger pour un muscle un tendon, un os ou tout ce qu'on peut et puis la douleur qui est celle de l'effort qui existe l'effort il se fait pas sans rien et ça je crois que je sais bien le repérer voilà

Loïc du coup ça t'est déjà arrivé de mettre un stop, de t'arrêter toi même d'abandonner parce que tu tentais que

Christine il y a certains mouvements il y a des lancers de jambes à froid que je ne ferai plus j'ai voulu faire le clown dimanche matin en prenant le pied dans la main parce que ça me faisait rigoler il était 9h30 il faisait un froid de canard à dimanche matin pas chaud, ça je sais que j'ai intérêt à le faire lentement, tout à l'heure à mon cours de barre au sol, j'étais toute contente, écart facial, mon front était par terre, j'étais contente mais faut savoir que ça passe une fois sur cinq en gros parce que je ne sais pas, aujourd'hui c'est un bon jour voilà

Loïc pour en revenir à tes listes est-ce qu'il y a aujourd'hui sur ta liste d'expériences que tu veux vivre, des choses que tu n'as pas encore réalisées parce qu'elles te font peur ?

Christine Alors, je vais te dire non, et ce n'est pas parce que je suis présomptueuse, parce que ce qui me ferait peur, c'est ce que je ne saurais, que mon corps ne serait pas en capacité de faire. Et il y a des épreuves, et je vais mettre des noms, parce que celles-là, elles ne sont pas sur mes listes. C'est la Diagonale des Fous. C'est l'UTMB. Et elles ne sont pas sur mes listes à cause des barrières horaires conjuguées ou dénivelées. Moi, mon petit corps, il ne sait pas faire. Donc, ce n'est pas la peine que je m'inscris, m'entraîner. Je suis très volontaire. Mais ça, je sais que je ne sais pas faire. Et il y a des choses qui s'éliminent de ma liste. Alors, ça aussi, c'est une nouveauté. Ça s'est préparé sur une bonne dizaine d'années. C'est que je fuis le monde. Je suis en train de devenir sauvage. Quand je dis que j'adore le traig et son petit format, c'est que d'être 15 sous l'arche au départ, c'est un kiff énorme. Mais moi, quand je vois les images, je ne voudrais pas être désobligeante. Et encore une fois, j'ai participé à des courses où il y avait des milliers de personnes. Je ne veux pas cracher sur ces choses-là. Elles ont toutes leurs valeurs. Mais arrivé à mon âge, moi, faire la queue quand je vois la queue sur l'Everest, que je vois la queue sur le Tour du Mont-Blanc, que je vois la queue sur le GR20, toutes ces queues-là, sur la Diagonale des Fous, je crois que c'est au premier CP, il y avait trois heures d'attente, moi, tout ça, je ne cours pas après. donc mes listes ça fait éliminer quand même pas mal de choses parce que par exemple j'étais en Patagonie au mois de mars c'est pas vieux je me suis fait Argentine-Chili et là aussi une très belle expérience une première, j'ai marché sur un glacier alors pas la marche sur le glacier mais quand j'ai monté les belles montagnes de Patagonie et bien moi rentrer le ventre parce que je suis en train de descendre et qu'il y a quelqu'un qui est en train de monter et parce que tu as une chaîne humaine qui attend pour monter et bien ça m'enlève du plaisir donc ma liste mes envies elle devient exigeante parce qu'avec mes petites capacités physiques et en enlevant cet argument de la recherche de... C'est pas la solitude, mais le trop de monde, ça me va pas. Ça me va plus.

Loïc Peut-être l'authenticité, le côté un peu...

Christine Oui, l'authenticité, effectivement. Quand j'étais en Patagonie, j'ai croisé un couple qui venait de faire trois mois, comme il y a beaucoup de gens qui font des road trips, et qui m'ont dit, mais ma pauvre, où va-t-on pouvoir aller ? Parce que maintenant, il y a du monde partout, partout partout partout et là il va falloir que je creuse plus pour que ma lille s'enrichisse parce que au demeurant je me réjouis d'une forme de démocratisation que tout le monde puisse voyager dans le monde je ne peux que m'en réjouir voilà mais moi faire la queue même quand j'ai fait le Kilimanjaro moi le monde qui avait 700 pèlerins qui partent à la même heure qui arrivent à la même heure en haut et qui repartent et qui redescendent en même temps pour moi ça enlève du charme

Loïc je peux comprendre que ça dénature un peu l'expérience je comprends mais effectivement je suis aussi d'accord avec toi sur le côté de démocratisation pour en venir plutôt aux épreuves je pense que c'est impossible de le mesurer mais combien de personnes est-ce que l'UTMB ou le marathon de Paris ont fait rêver et qui du coup se sont mis au sport ce qui est une bonne chose en soi

Christine mais c'est vrai que

Loïc pour l'avoir fait aussi, le marathon de Paris je crois que mon année il y avait 50 000 personnes bon c'est le monde c'est clairement un critère qu'il faut prendre en compte avant de s'inscrire à des courses comme ça 50 000 personnes ça fait quand même

Christine et puis ça attire aussi une population là c'est mon regard peut-être de critiques ou d'expérience mais je sais que je suis lente par rapport à d'autres, je le sais. Et je sais très, très bien où me mettre mon petit côté droit pour ne gêner personne. Eh bien, je repense à mon dernier Paris-Versailles, parce que ça faisait trois siècles que je ne l'avais pas fait. Il y a toujours le petit malin qui te double par la droite, y compris à aller dans l'herbe, pour te montrer combien tu es lente. Et s'il peut te donner un coup de coude, il s'en réjouit. Eh bien, moi, ça, ce n'est pas ma notion du sport. Ce n'est pas fair play, ce n'est pas chouette. c'est pas pour faire le malin pourquoi pour se casser la figure 500 mètres plus loin tout ça c'est pas chouette et je suis de plus en plus bénévole parce que ça aussi on en a pas parlé mais ça c'est un gros gros kiff que d'être bénévole et qu'il plus est quand tu as quand tu pratiques ou que tu as pratiqué toi même et j'ai en tête j'étais sur le 10 km Adidas de juin dernier à mes pieds là où j'étais, c'était une hécatombe. Alors, deux beaux gosses tous, plus beaux gosses les uns que les autres, la belle tenue et tout. Mais alors, ils ont dit de dire top, là au bureau, je te fais le 10 kilomètres. Mais sans entraînement, à mon avis, ou pas assez. Alors, sans avoir bu, il y avait un petit coup de rechute de canicule. Ça tombait comme des mouches. C'est vrai. C'est-à-dire que je faisais le lien avec l'ambulance. Ce n'est pas respire deux coups, bois un coup et repars. ils étaient vraiment mal et bien cette je porte un regard oui là critique, on parlait de démocratisation tant mieux si tout le monde fait du sport je précise d'ailleurs que je privilégie le mot activité physique que sport moi j'aime bien le mot parce que ça veut dire que tu prends pas l'escalateur, tu montes les escaliers en métro, tu vois c'est plutôt une attitude de vie mais donc tous ces jeunes qui s'abîment je ne trouve pas que ce soit bien il faut s'entraîner qu'on fasse 5, 10, 20, 10 fois plus ça se travaille et on y va quand on est prêt pas pour faire le beau gosse

Loïc je suis bien d'accord avec toi là aussi c'est vrai qu'on en parle souvent avec beaucoup d'invités de cette banalisation des distances ou même en alpinisme de certains sommets et bon là j'en parle mais j'ai effectivement pas grand chose à dire parce qu'en fait c'est ce que j'ai fait j'ai fait un 10 km et j'ai enchaîné avec la Saint-Élion et ensuite j'ai fait la PTL 300 km donc vraiment pas le bon exemple mais par contre dans tous les cas j'ai été préparé et ça effectivement je pense qu'il faut le faire sérieusement

Christine mais en quoi tu serais un mauvais exemple

Loïc non mais dans le sens où tu vois je pense que la progressivité avec du recul je pense que la progressivité est importante pour la longévité et je ne sais pas aujourd'hui quels sont les impacts que ça a pu avoir pour moi de passer d'un 73 km à un 300 avec 26 000 mètres de dénivelé si c'était à refaire je prendrais peut-être 5 ans de plus pour faire des états

Christine j'entends ce que tu dis, c'est déjà de la sagesse que de le réaliser et de le penser

Loïc mais par contre j'étais préparé à aucun moment je me suis pointé sur ces épreuves sans entraînement en me disant on a fait un pari, on va le faire et là je pense que tu as raison de le souligner chacun son rythme mais c'est important de se préparer pour éviter que finalement une activité physique et essentielle bénéfique devienne négative pour l'organisme

Christine est-ce qu'on peut partager un conseil que mes coachs m'avaient donné est-ce que toi tu le vérifierais c'est à dire que pour s'aligner sur une distance quelle qu'elle soit il faut être à l'aise sur la moitié et quand je dis à l'aise c'est pas l'ombre d'un dégât d'une courbature, d'une blessure Rien du tout. Est-ce que tu connais ce...

Loïc Oui, j'avais déjà entendu ça. Je ne sais pas. Alors, je ne saurais pas du tout te dire. Je ne suis pas un expert du tout sur la course à pied. Mais je ne saurais pas te dire si derrière, il y a des fondements scientifiques, si ça sort d'études ou autre. Mais j'avais effectivement déjà entendu ça. Ce n'est pas la première fois que j'en pensais.

Christine Parce qu'en fait, même pour faire un 300, tu ne t'entraînes pas sur 300.

Loïc Non, non, non. Mais d'accord.

Christine Et ainsi de suite, quelle que soit la longueur on fait jamais la frais distance en tout cas moi c'est ce que je m'applique j'accède à la moitié

Loïc tu vois on est repensant mes entraînements pour la Saint-Élion donc mon année ça faisait 73 km de mémoire j'avais récupéré des programmes d'entraînement pour des alors c'est pas un ultra mais pour des 70-80 bornes effectivement les séances les plus longues c'était du 35 c'est ça et t'as eu très froid ? alors non je sais pas mon année ça doit être la seule année de la Saint-Élion où il a pas neigé pas gelé pas plu on avait même trop chaud pour tout te dire j'ai eu des problèmes gastriques pour rentrer dans les détails sexy parce qu'en fait j'avais trop chaud j'avais une première couche en mérino assez épaisse et en fait j'ai énormément transpiré et quand il y a des coups de vent qui ont commencé à se lever au bout de 4 heures ça me faisait une plaque de congélation au niveau du ventre donc non non j'ai pas du tout eu froid mon année donc non ouais j'ai pas vécu une Saint-Élion classique visiblement mais bon alors un peu plus tôt tu nous as fait une sorte de teasing tu disais que tu connaissais très bien le désert saharien, tu as laissé suggérer qu'il y avait d'autres choses, d'autres déserts auxquels tu allais te frotter, est-ce que j'ai bien compris le teasing ?

Christine Oui, oui, tout à fait ça. Je les ai tous faits en Afrique, sauf la Libye, parce que je m'étais inscrite, et quand on est arrivé sur le tarmac, M. Kadhafi n'a pas voulu de nous, donc je l'ai fait courte, c'était l'année des infirmières. donc là je me suis inscrite au mois de septembre je vais faire l'Ouzbékistan alors qu'il n'y aura qu'une partie désertique mais je n'ai pas trouvé de course de mon niveau en Amérique du Sud donc je pense faire un trek dans le désert d'Atacama en 2025 mais en version nos dossards nos barrières horaires, juste le plaisir de s'en mettre plein les yeux. Voilà. Non pas que, comment dire, j'adore toujours mon désert saharien et j'y retournerai bien volontiers, mais toujours pareil, mon sablier. Ce n'est pas 90 balais, je ne dis plus 80 ni 85, je dis 90, que je fais tout ça. Donc, tant que je peux profiter, eh bien, je crois qu'il y a de très, très beaux déserts à découvrir en Amérique du Sud et en Asie et en Mongolie aussi.

Loïc Et le grand froid du coup ? Les déserts blancs, maintenant que tu as fait cette expérience avec les givrés ?

Christine Alors oui, je ne me l'interdis plus. Mais il va falloir vraiment que j'aille chercher là aussi le vrai blanc de blanc parce que mon kili, tu vas dire, ça fait deux fois qu'elle fait des remarques critiques. Je suis très contente du défi physique, je l'ai fait, c'est passé, c'est très très bien. mais malheureusement après qu'on m'ait dit que je n'avais qu'un quart d'heure à tenir là-haut parce qu'après c'est dangereux pour ma petite santé quand t'arrives là-haut il n'y a pas un pète de neige, il n'y a rien du tout je me doute et le quart d'heure on le passe à jouer des coups pour prendre la photo devant le fameux trépied alors bonjour il n'y a rien de bucolique là-dedans j'ai donc découvert la glace et les montagnes neigeuses là en Patagonie effectivement je commence à regarder mais c'est pareil j'ai plein de copains qui ont fait je vais parler du Spitzberg par exemple Spitzberg il paraît qu'il y a un monde de dingue là aussi donc je ouais des airs blancs oui mais je ne sais pas quand, comment et lequel

Loïc voilà oui écoute moi je peux te conseiller un itinéraire qui est en Suède et ça s'appelle la Königsleden la voie royale je ne sais pas si tu en as entendu parler

Christine pas du tout

Loïc je pense pas non plus que ce soit un truc complètement hors des sentiers battus c'est en gros l'équivalent du GR20 pour les Suédois l'avantage c'est qu'en hiver ça peut se faire en ski de rando c'est relativement plat il y a autant de dénivelé sur 10 jours que sur une épreuve d'une journée du GR20 enfin sur une section du GR20 d'une journée et c'est très bien il y a des refuges etc un petit peu partout donc voilà peut-être à regarder je vais regarder la kugzéden, la voix royale

Christine d'accord, voix royale excellent

Loïc oh là là, et bien écoute Christine c'était en tout cas passionnant d'en apprendre plus sur tout ce que tu réalises, tout ce que tu fais ton approche du sport, je pense que c'est moi en tout cas c'est un message que j'ai trouvé extrêmement inspirant cette notion de longévité de pas se fixer de limites mais d'être en même temps consciente de comme tu dis du sablier et puis de ses capacités, de chercher le plaisir avant tout. Ça, ça fait vraiment du bien à entendre aussi. Est-ce que toi, il y aurait un message que tu voudrais faire passer en conclusion ? Alors, je te donne quelques éléments avant. L'audience des frappées, c'est quasiment 40% de femmes. J'ai la moitié de mes invités qui sont des femmes. Très souvent, des femmes qui m'écrivent pour me dire qu'elles ont vraiment apprécié les épisodes en général, mais d'autant plus quand c'est des femmes qui réalisent des aventures du sport seuls, parce que il y a un certain nombre de croyances et que les femmes osent peut-être moins se lancer que les hommes pour plein de raisons. Donc, est-ce que pour ces femmes-là en particulier, tu aurais quelque chose à dire ? Et de manière générale, pour les frapper, donc les gens qui aiment le dépassement, la détermination, la résilience, tu voudrais dire quelque chose également ? Avec grand plaisir.

Christine D'abord, je vais te dire merci à toi Loïc de me donner cette opportunité. Et effectivement, si derrière tout ça, c'est le goût du partage qui, bien évidemment, guide tous mes pas dans quelques domaines que ce soit. Oui, j'ai envie de m'adresser aux femmes en particulier et leur dire, mais osez, osez, osez. Plus vous serez heureuse, plus vous diffuserez du bonheur d'abord autour de vous. C'est une banalité de le dire, mais quand on le vit, c'est encore mieux. Ne vous donnez pas de freins, il n'y a pas besoin d'avoir ni même d'énormes budgets, parce qu'on n'a pas évoqué cet angle-là, mais qui est à prendre en considération. Avoir des chaussures confortables et sortir de chez soi et marcher tout simplement en regardant autour de soi comment la nature est belle entre deux flottes et deux rayons de soleil. On peut se faire plaisir avec pas grand-chose. Ouvrez grand les yeux. Parlez avec des gens. Osez, oser. Voilà, c'est le message de base que j'ai envie de diffuser. Pas de freins. Voilà, tous les freins qu'on se donne, on peut les lever. J'ai mis de côté ceux de la santé, encore que si on développait sur ce registre-là, j'ai nombre d'amis qui ont eu ou qui ont encore des problèmes de santé majeurs et qui s'en sortent grâce à l'activité physique. Je prends le soin de parler d'activité physique et non pas de sport, parce que ça veut bien dire bouger encore une fois en prenant ses baskets, en sortant de chez soi, en ne prenant plus l'ascenseur ni l'escalator, mais en se bougeant tout simplement. voilà mon message

Loïc excellent et bien écoute grand merci Christine c'était passionnant et puis peut-être à une prochaine fois pour un débrief de ton aventure en Patagonie ou je ne sais pas dans un désert blanc

Christine avec plaisir merci bonne fin de journée merci

Loïc et voilà merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode incroyable avec une retraitée et pas comme les autres clairement J'espère que l'échange vous aura plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager autour de vous. Si vous souhaitez de manière générale soutenir le podcast, que vous appréciez mon travail tout simplement, n'hésitez pas à vous abonner, laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute, celle que vous utilisez là tout de suite. pensez également à partager le podcast à fond autour de vous à en parler en fait tout simplement pour qu'encore plus de gens osent se lancer et je vous le disais en introduction si vous souhaitez soutenir financièrement le podcast et bien vous pouvez le faire via la plateforme Tipeee, le lien est en description de cet épisode chaque euro compte et permet au podcast de conserver son indépendance merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va parler de la mythique Swiss Peak, une épreuve d'ultra-trail de plus de 300 km. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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