Capitaine L'amour des hommes, l'amour des gens avec qui on travaille et dont on a la responsabilité, je pense qu'il est absolument nécessaire pour être un bon officier. Cette arme, le matériel que j'ai choisi, avait cette spécificité d'être extrêmement projeté puisque partout où l'armée de terre est déployée, il faut des maintenanciers et des logisticiens pour assurer l'entretien des matériels pour les missions.
Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Dans cet épisode, je reçois le capitaine Guillaume Malkany qui est officier de l'armée de terre. Alors initialement, il n'avait pas prévu de s'engager. Il avait envisagé de devenir réserviste comme près de 80 000 français. Mais après plusieurs expériences sur le terrain et la découverte d'un auteur, Jean Lartegui, il va se décider à prendre un tout autre chemin. Il deviendra officier. L'armée de terre est composée de ce qu'on appelle des armes, l'artillerie, l'infanterie ou encore les transmissions. Et dès 1945, certaines unités spécialisées dans le soutien des matériels, c'est-à-dire dans la maintenance de tout l'équipement de l'armée, sont regroupées au sein de l'arme du matériel. C'est celles que Guillaume a rejoint et on échange donc sur les spécificités du métier d'officier au sein de l'armée aujourd'hui, sur l'histoire de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr ou encore sur certains moments marquants de sa carrière. Je vous souhaite une excellente écoute et juste avant ça, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui me soutiennent sur Tipeee, la plateforme de financement participatif. C'est à partir de 1€ par mois et chaque contribution permet de couvrir en partie les frais de fonctionnement du podcast. Donc merci, merci à vous qui avez déjà franchi le pas. Pour les autres, si vous souhaitez soutenir les frappés, le lien est en description. C'est sur Tipeee, T-I-P-E-E-E slash les-frappés.com. Merci beaucoup. Eh bien écoute Guillaume, je suis très content de te recevoir sur le podcast. Je pensais à toi d'ailleurs dimanche ce week-end parce que je ne sais pas si tu as regardé, si tu suivais un petit peu le marathon de Paris, mais il y a des militaires du génie, du 19ème régiment du génie de Besançon qui en fait le marathon en courant avec un paquetage de 6 kg en tri. J'ai trouvé ça assez énorme. Je ne sais pas si tu l'avais vu passer, mais ça m'a pas souri.
Capitaine Oui, j'ai vu passer courir pour des camarades disparus en Irak, je crois.
Loïc Oui, exactement. Baptiste Gauchot qui est mort en opération extérieure en Irak en août 2023. J'ai découvert ça du coup en allant creuser un petit peu, mais qu'est-ce qui faisait à courir entre I et paquetage pendant 42 km. Bref, bienvenue Guillaume sur le podcast. Je suis absolument ravi de te recevoir pour qu'on échange sur plusieurs sujets. Ton parcours évidemment, ta carrière au sein de l'institution puisque tu es officier de l'armée de terre, capitaine pour être plus précis. Et puis également auteur, tu as récemment, enfin récemment, plus trop récemment du coup parce que depuis le temps qu'on échange et que je ne reviens pas vers toi, il s'est passé du temps, mais tu as publié un livre, L'Odace de l'Ordre, qui justement, tu vas nous en parler, tu vas nous expliquer en quoi il consiste cet ouvrage. Mais peut-être pour commencer, le plus simple, ce sera tout simplement que je te demande de te présenter, de nous expliquer qui tu es, ce que tu fais aujourd'hui.
Capitaine Eh bien oui, bien volontiers. En tout cas, je suis honoré de rejoindre le club très prisé des frappés. D'autant plus, comme je te disais, que je ne suis ni un sportif de haut niveau, ni un aventurier du Grand Nord ou d'ailleurs ni un entrepreneur ayant réalisé l'American Dream à la française. Et donc, oui, officier militaire dans l'armée conventionnelle, du coup non issu des forces spéciales que tu reçois habituellement. Mais il y a des connexions, bien sûr. Donc voilà, je suis d'autant plus honoré qu'on échange sur le podcast de l'audace, puisque je pense que pour réveiller le frappé qui est en nous, comme tu aimes à le dire, il en faut de l'audace. Donc ça tombe bien qu'on parle aussi de l'audace de servir. Moi, j'ai un parcours universitaire. Moi, j'ai toujours aimé l'histoire et j'ai fait des études en sciences humaines, enfin plus précisément en lettres modernes. Et au départ, concrètement, j'envisageais l'enseignement et l'armée, mais sous le prisme de la réserve, en fait. Je me voyais bien enseignant en lettres et réserviste en parallèle. Et puis les choses ont évolué pendant ma scolarité, puisque j'ai découvert un auteur dont tu as peut-être déjà entendu parler, qui s'appelle Jean Lartéguy, qui a beaucoup écrit sur la chose militaire et sur les officiers. Alors c'était surtout dans la période des années 60. Il était, en fait, dans ses romans, il met en scène notamment Bijar, mais de manière romancée, justement, tel un personnage de fiction, mais dans une réalité bien établie, en Indochine, en Algérie. Et pour bien comprendre, c'était vraiment des best-sellers à l'époque. C'était un peu, enfin, toute proportion gardée, c'était le volume de vente de Guillaume Musso ou de Marc Lévy aujourd'hui, mais parler d'officiers engagés sur des conflits contemporains de l'époque. Et c'est mon prof de master qui me l'a fait découvrir. Il m'avait dit que son père se levait très tôt le matin pour lire du Lartéguy et que je devrais jeter un coup d'œil, puisque j'envisageais de m'engager, donc officiellement dans la réserve. Et puis, en fait, j'ai travaillé dessus à l'université et puis finalement, j'ai décidé de m'engager. Ça a vraiment nourri mon engagement, en fait. Donc l'un des points de départ est là et l'autre est un peu plus ancien, mais n'était pas du tout prémédité. C'est que mon père était enseignant civil aux écoles de Saint-Cyr en Bretagne quand je suis né. Donc il y a une sorte de boucle qui est bouclée, même si elle n'était pas anticipée.
Loïc Les enseignants civils au sein des écoles de Saint-Cyr, c'est-à-dire que ce n'était pas un militaire, mais il enseignait à des militaires, c'est ça ? Les écoles de Saint-Cyr, c'est les écoles militaires.
Capitaine Oui, c'est ça. Pardon. Donc Saint-Cyr-Couet-Kidant, c'est l'académie militaire de Saint-Cyr-Couet-Kidant. Donc c'est la formation des officiers de l'armée de terre. C'est un peu l'équivalent de naval pour la marine, par exemple. Et donc au sein des écoles de Saint-Cyr, qui est aujourd'hui l'académie de Saint-Cyr, il y a les élèves officiers qui sont formés en partie par des militaires et dans d'autres domaines par des professeurs civils. Et donc lui était effectivement professeur civil au profit des élèves officiers de Saint-Cyr, donc à Kouet-Kidant, en Bretagne. Et donc forcément, ça a toujours nourri quelques récits. Donc ça avait toujours... Je pense que ça a indirectement influencé mon engagement, mais c'était vraiment pas prévu. Et pour la petite anecdote, d'ailleurs, pendant mes études universitaires, du coup j'ai eu un enseignant qui était un officier de gendarmerie, mais formé à Saint-Cyr. Et on s'est rendu compte que c'était un ancien élève de mon père, en fait. Et c'est devenu mon parrain officier qui m'a adoubé lors de la cérémonie. Et pour pousser l'anecdote un peu plus loin, on s'est vu forcément au baptême officier à Saint-Cyr, au mariage, à quelques occasions. Et on a même réussi à se voir au fin fond du Mali, alors qu'il était sur une mission bien annexe à Milbourne, de ma position. Il a fait un posé de 20 minutes dans le cadre d'une enquête locale. On a réussi à se voir 20 minutes sur ce petit aérodrome. C'était vraiment marrant de se voir aussi loin. C'était assez particulier comme moment, c'était assez fort. Pour la petite anecdote sur la scolarité, les connexions et les imprévus, c'est rigolo.
Loïc Du coup, aujourd'hui, quelle est ta position dans l'armée et en quoi est-ce qu'elle consiste ?
Capitaine Alors aujourd'hui, je suis en état-major. Du coup, j'ai quitté la vie régimentaire, c'est-à-dire en section et en compagnie. J'ai rendu le commandement de la compagnie que l'on m'avait confiée il y a déjà deux ans. J'ai rendu le fagnon, comme on dit, mais c'est une image qui est concrète. Parce qu'en fait, le commandant d'unité, le capitaine qui commande la compagnie, se voit remettre le fagnon de la compagnie des mains du colonel qui lui-même commande le régiment. Pour resituer dans l'armée de terre, en grosso modo, un régiment, c'est commandé par un colonel. Au sein du régiment, il peut y avoir une dizaine de compagnies qui font chacune une centaine de personnes. Ce qui fait en gros des régiments de mille personnes. Moi, je schématise un peu. Et chaque compagnie est commandée par un capitaine pendant généralement deux ans. Et donc physiquement, lors d'une cérémonie, on lui remet le fagnon de la dite compagnie. Et au bout de deux ans, il y a une cérémonie de fin où il remet le fagnon. Et puis son successeur se le voit à son tour remettre par le colonel. Donc ça, c'était il y a deux ans. Et je suis maintenant en état-major et je travaille sur le soutien de plusieurs programmes d'armement en lien avec le domaine de l'artillerie et du génie, grosso modo.
Loïc D'accord. Et donc, avant que tu ne rejoignes un état-major, ça a été quoi un peu ton parcours en régiment ? Tu as eu l'occasion de partir en OPEC, ces fameuses opérations extérieures. Est-ce qu'il y a des missions qui t'ont marqué particulièrement ?
Capitaine Alors oui. Alors moi, j'ai eu la chance et j'ai choisi de servir dans le domaine de la maintenance opérationnelle, donc dans l'arme du matériel. Pour expliquer, grosso modo, il y a les armées, donc l'armée de terre, la marine nationale, l'armée de l'air et de l'espace. Ce sont les armées. Et dans l'armée de terre, il y a huit armes. Donc l'infanterie avec les fantassins, l'armes blindées cavaleries, donc c'est les chars. Le génie, donc entre autres les démineurs. L'artillerie avec les canons. Le train avec les convois logistiques. Les transmissions avec les systèmes de télécommunication. La LAT, qui est l'aviation légère de l'armée de terre, puisqu'il y a des hélicoptères dans l'armée de terre, comme le savent bien les frappés, puisqu'il y avait eu le témoignage de Wynne, qui était pilote. Et puis il y a le matériel, donc ce sont les mécaniciens et les techniciens et les dépanneurs de l'armée de terre qui sont à la fois en atelier et sur le terrain. Et donc cette arme, le matériel que j'ai choisi, avait cette spécificité d'être extrêmement projeté, puisque partout où l'armée de terre est déployée, il faut des maintenanciers et des logisticiens pour assurer l'entretien des matériels pour les missions. Donc en fait ce qui est bien avec un lieutenant de la maintenance, quand il sort d'école, c'est qu'il est sûr d'être très rapidement et très régulièrement projeté en opération. Donc de mémoire, je crois 4-5 mois après ma sortie d'école de spécialité, parce qu'après le passage aux écoles de Saint-Cyr, on se spécialise pendant une année en école de spécialité selon l'arme que l'on a choisie. Eh bien je suis vite parti au Liban 6 mois dans le cadre de l'ONU. Donc c'était une mission, en fait 6 mois d'un coup pour une première mission, c'était vraiment pas mal de débuter, parce que je n'avais pas les repères des 4 mois habituels et des OPEX. Et c'était vraiment chouette pour un jeune lieutenant de partir comme ça aussi longtemps, puis dans un contexte international ONU. Après j'ai aussi eu l'occasion d'être déployé au Mali, où là pour le coup c'était un autre rythme, un autre état d'esprit. Et puis c'est là où on voit tout le savoir-faire de ces fameux maintenanciers, ces mécaniciens qui sont des hommes de l'ombre. Et d'ailleurs encore une fois je repense au témoignage de Wynne, parce qu'il a eu un petit mot pour eux à la fin, où il dit effectivement que les mécanos travaillent quand même dans des conditions assez rustiques, avec une pression continuelle, parce qu'il faut bien comprendre que toutes les unités, typiquement au Sahel, qui partent en opération, ensuite elles ont un temps de reconditionnement, de repos, mais les mécanos mettent tout en œuvre pour préparer les véhicules et les matériels des unités concernées quand elles partent. Dès que l'une est partie, une autre vient pour préparer ces matériels, donc en fait le rythme est extrêmement soutenu, et ce sont des gens très modestes et très débrouillards. Donc ce qui m'a marqué c'est vraiment cette débrouillardise en fait, malgré le contexte.
Loïc Ok, parce que pour qu'on se rende compte peut-être du quotidien, alors évidemment dans un contexte d'OPEX, j'imagine que le quotidien, enfin les routines il n'y en a pas non plus, enfin tout doit changer très vite et très souvent, donc j'imagine que le quotidien c'est plutôt justement s'adapter, mais concrètement quand tu parles de reconditionner, enfin remettre en état des équipements etc., ça consiste en quoi ? C'est qu'on leur ramène du matériel qui est complètement cassé, qui doit être vérifié de toute façon même s'il n'est pas abîmé, et dans quelles conditions est-ce qu'ils doivent tout remettre en état de marche ? Est-ce que c'est dans des bases arrières très équipées, ou au contraire c'est du bricolage avec ce qu'ils ont sous la main, parce qu'ils sont déployés assez en avant sur la ligne ?
Capitaine Ta question est très complète, parce qu'effectivement en OPEX, enfin notamment là je prends l'exemple du Mali, mais c'est pareil un peu partout, il y a les deux en fait, il y a des maintenanciers qui sont intégrés dans les convois, donc des éléments de dépannage au sein du convoi, et donc vraiment au plus près de l'action, et d'autres qui sont un petit peu en retrait, dans des bases on va dire arrière, mais il n'y a plus vraiment d'arrière et d'avant, on va dire que tout le monde est plus ou moins au même endroit, mais on va dire quelque peu en retrait, où il y a un peu plus d'infrastructures, et donc il y a effectivement la remise en condition des matériels, donc s'il y a des contrôles à faire à ce moment-là, comme surtout véhicules, même dans le civil, quand nous on emmène nos voitures au garage, au bout de temps, de kilomètres, etc., il y a toutes ces visites-là, mais il y a surtout le fait que le terrain est extrêmement abrasif, que les véhicules, les potards, sont vraiment poussés à bout, forcément, donc du coup il y a quand même beaucoup de choses à vérifier, plus que s'ils étaient en France, ce qui est normal, puis le matériel est mis à rude épreuve, donc il y a les deux, et à côté de ça, il peut y avoir des accidents, il peut y avoir aussi forcément des actions de feu qui nécessitent que les véhicules soient repris en atelier, même s'ils sont dépannés par d'autres maintenanciers sur le moment même, lorsque ça tape, donc ce qu'il faut dire, c'est qu'il y a des maintenanciers entre guillemets à l'avant, et d'autres relativement à l'arrière, après l'environnement est assez rustique, ils sont parfois sur le sol brûlant, entre les effluves d'huile moteur, la graisse mécanique, avec peu de sommeil, et puis avec le culte de la mission, les gars arrivent, ils disent là on a un problème, on part en mission demain, je me rappelle qu'au début de l'opération que j'ai à l'esprit, il y a eu une nuit blanche pour certains maintenanciers, dès les premiers jours, pour que le matériel soit prêt, alors quand je dis matériel, pour le coup c'était un véhicule, soit vraiment prêt à partir le lendemain, dans les conditions les plus appropriées, pour que l'équipage soit en sécurité, puisse bien utiliser son matériel, donc il y a les deux en fait, les deux aspects.
Loïc D'accord, j'avais vu, je crois que c'était un témoignage de Alex SAS, donc il y en a qui ne connaissent pas, c'est un ancien des forces spéciales, il était au premier RPIMA, et il avait fait plusieurs missions, je pense que c'était au Sahel, et il racontait une méarrêt qu'il avait, donc ils étaient partis en convoi, pendant je crois que c'était un mois, dans le désert, et la question que je me pose, c'est dans ce cas de figure, où ils partent sur une période qui est quand même assez longue, en étant complètement dans, sans nécessairement de train logistique qui est en place, comment ça se passe, est-ce qu'il y a des mécaniciens qui partent avec eux, est-ce que ce type d'unité, ils sont formés pour se débrouiller, ou est-ce qu'ils ont du matériel différent, qui nécessite potentiellement moins d'entretien ?
Capitaine Alors en fait, il y a plusieurs éléments, ce que je n'ai pas précisé, c'est qu'il y a effectivement des maintenanciers, donc dans l'arme du matériel, il y a essentiellement des maintenanciers, des techniciens, des maintenanciers, des approvisionneurs, mais il y en a aussi dans tous les autres régiments, il y a toujours une cellule de maintenance, ils ont des mécanos, après il arrive souvent qu'on détache, quand on arrive en opération, des maintenanciers du matériel au profit d'autres unités, je me rappelle effectivement qu'on en avait détaché au profit des groupements commandos, ou des forces spéciales, je ne sais plus exactement, mais en tout cas des unités un peu atypiques, et du coup ils partent avec eux, et effectivement ils ont un petit peu de ressources avec eux, quelques rechanges, un peu de matériel, pour pouvoir soutenir les différents véhicules, l'armement, etc., pendant le temps d'une mission longue, sans retour en base arrière.
Loïc Super intéressant en tout cas ce que tu nous partages, parce que c'est vrai que dans l'armée, moi j'ai l'impression qu'il y a des unités qui sont peut-être de plus en plus mises en avant sous le feu des projecteurs, ça fait plusieurs fois qu'on évoque les forces spéciales, mais évidemment l'armée étant une énorme organisation, il y a plein de métiers en réalité qu'on connaît assez peu, et moi clairement c'était le cas de, finalement de toutes ces unités de mécaniciens combattants de l'armée de terre, donc très très intéressant. Qu'est-ce qui toi, alors pour faire un espèce de retour en arrière, qu'est-ce qui toi t'a amené à finalement décider de t'engager, puisque tu expliquais que ce n'était pas le plan initial, et pourquoi le choix de cette arme-là en particulier ?
Capitaine Alors la volonté de m'engager, effectivement, c'est vraiment les différents stages militaires aussi que j'ai fait en parallèle de mon cursus universitaire, on appelle ça des préparations militaires, donc j'en ai fait plusieurs, et ça a vraiment nourri cet engagement, et c'est là où je me suis rendu compte que ça me plaisait plus que simplement, et je dis simplement avec des guillemets, parce qu'il y a des réservistes qui font 200 jours par an, donc pour le coup on parle vraiment d'un deuxième métier, mais je me suis dit que ce serait plutôt en adéquation avec le métier premier que j'envisage, et puis encore une fois, je me permets juste de citer l'artégui, parce que c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué, et je veux dire, il a des phrases comme ça, il écrivait « Les hommes de guerre sont de l'espèce qui se rase pour mourir, ils croient à la rédemption de l'homme par la vertu de l'exercice et du pas cadencé, ils cultivent la force physique et la belle gueule s'offrant le luxe des réveils précoces dans les matins glacés et des marches harassantes pour la joie de s'éprouver, ce sont les derniers poètes de la gratuité absolue. » Et pour donner une petite idée, vraiment ce type de choses, ça a vraiment nourri mon idéal, et puis ensuite je me suis rendu compte que c'était un métier qui alliait des responsabilités, un côté aventure forcément, des couvertes du monde, et puis des rencontres que je n'aurais pas fait ailleurs. Je pense vraiment de manière très simple, mes cercles d'amis, les gens que je côtoie dans le cadre de mes études, etc., là j'ai rencontré des gens que je n'aurais vraiment jamais croisés si je n'avais pas rejoint l'institution, et je pense qu'inconsciemment, tout ça s'est mélangé, et puis je me suis dit, non, j'ai vraiment envie de m'engager, j'avais eu quelques hésitations avec la gendarmerie, j'avais fait un petit peu de réserve, mais c'est vraiment l'armée de terre qui m'a convaincu. Ensuite, pourquoi la maintenance ? Il y a plusieurs raisons, j'avais fait mes études à Lyon, il y avait un régiment de maintenance, là-bas, le 7e régiment du matériel, j'avais quelques connexions, et puis ensuite je savais, comme je le disais juste auparavant, que les jeunes officiers qui arrivent dans la maintenance se sont rapidement projetés en OPEX, donc ça, ça m'attirait beaucoup, le prisme technique, en plus du côté militaire, combattant, classique, m'attirait, l'idée d'avoir aussi quelques techniciens civils, de rester vraiment pleinement connectés à la société civile, qui est une spécificité de l'arme du matériel, ça me plaisait bien, et puis comme tu le dis, c'est une arme, une spécialité dont on ne parle pas beaucoup, et je trouvais ça très intriguant, en réalité, parce que c'est vraiment des femmes et des hommes de l'ombre, des gens qui ont un double métier, on pense souvent à Janus, à ses deux faces, la face du soldat opérationnel, et puis la face du mécano, et puis le rythme dense, et le challenge, de devoir commander, de faire de la gestion RH, de partir en OPEX, de s'entraîner au tir, au sport, tout en suivant des notions un peu de productivité, d'être au résultat, au profit des unités, on va dire, de combat, etc., quant à leur matériel, que ce soit l'armement, les transmissions, les brouilleurs, les véhicules, donc, tout ça, c'est vraiment un challenge qui m'a vraiment beauté, et puis, j'ai été retenu dans ce choix, et j'ai rejoint, du coup, après mon Master 2, les écoles de Saint-Circ-Couet-Quidant, qui sont maintenant l'Académie militaire de Saint-Circ-Couet-Quidant, en qualité d'officier sous contrat, encadrement, donc, c'est l'une des populations d'officiers qui est formée là-bas, mais ce n'est pas la seule, et ce n'est pas la plus connue.
Loïc Et cette richesse du terrain, c'est intéressant, parce que dans ton livre, on va en parler de ton livre, mais il y a beaucoup de témoignages, notamment de polytechniciens, qui disent un peu la même chose que toi, que c'est sans doute, il y en a plusieurs qui disent, que c'est sans doute la partie de leur formation, qui a été la plus riche, justement du fait de ces rencontres, avec des gens qu'ils n'auraient sans doute jamais croisés autrement. Cette richesse du terrain, maintenant que tu es en état-major, ça te manque ou pas ?
Capitaine Oui, oui, bien sûr, c'est amusant que tu dises ça, parce que j'en parlais avec quelques camarades qui viennent juste de prendre leurs commandements, et qui n'ont pas une seule minute de répit, non pas qu'on ait beaucoup plus de répit en état-major, mais on a l'esprit un peu plus libre, parce qu'en unité, on côtoie beaucoup de gens, on absorbe les joies de tout le monde, mais aussi les craintes, et puis les déceptions, donc c'est vrai qu'il y a un gros vide, une fois qu'on a rendu le fagnon, qui s'empare de nous, alors après il y a d'autres postes qui permettent de vivre ça de manière beaucoup plus poussée, parfois je pense à des gens qui deviennent colonels et puis qui commandent un régiment, mais en tout cas, la partie en école, puis la partie en régiment, c'est vraiment des phases très denses sur le plan de la richesse humaine et des rencontres, et après oui, effectivement, il y a un choc des cultures, temporaires, puis qu'on absorbe, et puis qui fait aussi du bien de se retrouver, se recentrer un peu sur la famille, avoir des dossiers parfois au long cours, mais pas forcément, l'état-major peut aussi être assez mouvementé, mais en tout cas, il y a une petite fracture en termes de vie quotidienne.
Loïc Excellent. Alors ton livre justement, « L'audace de servir », à quel moment est-ce que tu, finalement, l'idée de l'écrire est née ? Qu'est-ce qui l'a motivé surtout ? Et qu'est-ce que tu as voulu raconter à travers cet ouvrage ?
Capitaine Alors, il est né, alors c'est un peu curieux, l'idée est née au moment où je me renseignais pour candidater en qualité d'officier sous contrat, sous contrat encadrement, parce qu'en fait, il n'y avait vraiment pas grand-chose, si ce n'est rien, sur le sujet, notamment dans le paysage littéraire, qui est quand même de plus en plus dense en termes de thématiques militaires. Et c'est logique, quand on parle de Saint-Cyr-Couet-Kidant, on pense au Saint-Cyrien, on va dire classique, avec le cas O'HAR, qui intègre après la classe prépa, ou alors vraiment sur dossier, après un master, mais c'est un petit quota. Il y a aussi l'EMIA, donc c'est l'école militaire inter-armes, donc là, c'est des anciens sous-officiers qui ont fait quelques années, 3, 4, 5 ans en régiment, et qui ensuite rejoignent les écoles de Saint-Cyr-Couet-Kidant pour deux ans de formation. Et il y a les OSC, en fait il y a trois formations distinctes, mais la finalité est la même, c'est former les officiers de l'armée de terre. Et donc, lorsque je me suis renseigné pour intégrer l'armée de terre de cette manière, je me suis rendu compte qu'il n'y avait rien, et je me suis dit qu'il manquait quelque chose et qu'il faudrait peut-être un jour écrire ce quelque chose, donc on peut dire que les premières réflexions datent de là. Ensuite, ayant rencontré pas mal de gens, ayant eu l'occasion de publier, parce que j'ai rencontré des gens qui eux l'avaient fait et qui m'ont appuyé, notamment sur l'Artegui. J'ai eu la chance de faire un petit essai sur l'Artegui à partir de mon travail universitaire. Je me suis rendu compte que c'était un monde accessible, le monde de l'édition, même si ça semble être vraiment un autre univers. Une fois qu'on a mis le pied dedans, c'est accessible, et puis c'est là où j'ai pu vraiment mettre en œuvre ce projet de décrire sur l'audace de servir, sur l'école dont la devise est l'audace de servir, sur ses officiers, qui, un petit peu comme les... Alors, sans faire de comparaison malvenue, mais un peu comme les maintenanciers. Pour le coup, là, on parle d'officiers, mais c'est une formation qui est un petit peu moins connue. Alors, elle l'est plus désormais depuis trois ans, enfin, bientôt trois ans, depuis l'été 2021 et la création de l'EMAC, donc l'école militaire des aspirants de Couet-Kidans, qui est donc aujourd'hui la troisième école au sein de Saint-Cyr-Couet-Kidans, qui forme donc les officiers sous contrat. J'en reparlerai, je pense, un petit peu après pour l'historique, mais avant, c'était un bataillon, ce n'était pas une école, et la nuance est importante, parce qu'aujourd'hui, c'est une école à part entière avec un drapeau, un uniforme, un défilé lors du 14 juillet, une formation encore plus aboutie qu'auparavant et une identité beaucoup plus forte, qui ne renie pas du tout les formations précédentes, qui, au contraire, ce sont les descendants, les héritiers de ce qui existait auparavant, mais aujourd'hui, il y a une vraie visibilité. Et pour la petite histoire, quand le livre est sorti, un peu plus tard que prévu, parce qu'il y a eu toute la phase Covid, en fait, qui a grandement retardé sa sortie, lorsqu'il est sorti, l'école a justement été créée. Donc, c'est pour ça qu'il y a eu une réédition par la suite pour actualiser un peu le contenu. Mais l'idée première date vraiment de mon engagement, en fait. Je me suis dit, tiens, il manque quelque chose, il m'a manqué quelque chose.
Loïc Excellent. Excellent. Et donc, Audace de servir, tu le disais, c'est le slogan de l'école. C'est ça. Qu'est-ce qui, toi, t'a donné envie de le reprendre par rapport à tout ce que tu as partagé dans ce livre aussi ?
Capitaine Alors, l'audace de servir, alors l'audace de servir, effectivement, c'est la devise de l'école. C'était déjà la devise du quatrième bataillon de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, le SM4, le quatrième BAT, comme disent les anciens, qui lui-même faisait suite au bataillon EOR, donc le bataillon des élèves officiers de réserve. Donc, en fait, si c'est le bon moment, je vais faire un petit focus sur l'histoire du bataillon pour expliquer pourquoi l'audace de servir et pourquoi elle résonne d'autant plus fort aujourd'hui. de manière très schématique, enfin, très vulgarisée, au départ, il y avait les officiers saint-syriens, forcément, l'école a été créée par Napoléon, donc ce sont les premiers officiers à apparaître dans le paysage. Ensuite, il y a rapidement eu les polytechniciens. Et puis, après la guerre franco-prussienne, on s'est rendu compte qu'il y avait besoin d'officiers de réserve. Alors, à l'époque, on parlait d'officiers de complément, donc c'est quelque chose qui est né à cette période et qui a pris un certain essor par la suite lors de la Première Guerre mondiale. Donc, on va dire qu'avec la loi du 13 mars 1875, commencent à apparaître les officiers de réserve et ensuite, durant la Grande Guerre, là, ils ont été appelés en masse pour appuyer les autres officiers de recrutement sains-syriens ou polytechniciens ou autres, puisque beaucoup tombaient au champ d'honneur et qu'on avait besoin d'encadrer la troupe. Et en fait, les EOR, donc les élèves officiers de réserve qui ont ensuite été formés dans le bataillon EOR, ce sont vraiment les descendants de ce qu'on appelait, les officiers appelés, les officiers de complément de la Grande Guerre. Et c'est pour ça, du coup, qu'on retrouve dans les noms de baptême des officiers qui sont formés aujourd'hui à l'EMAC, des gens comme Genevois, qui est en fait un grand nom des officiers de la Première Guerre. Mais il y en a d'autres, Apollinaire, Péguy, etc. Donc il y a toute une identité liée à la Première Guerre pour les officiers aujourd'hui formés à l'EMAC, à l'école militaire des aspirants de quotidien, pour les officiers sous contrat. Et l'audace de servir, eh bien cette audace de servir, c'était tout simplement le fait que des citoyens, des citoyens qui n'étaient en rien amenés à aller se battre, ont décidé de servir avec audace dans les tranchées, face à l'ennemi, et à prendre des responsabilités humaines au combat. Et aujourd'hui, cette audace de servir, on peut vraiment la traduire un petit peu de la même manière, toute proportion gardée, par des gens qui quittent une vie bien établie, parce que la population de l'EMAC aujourd'hui, donc de l'école militaire des aspirants de quotidien, donc de la population des OSC, donc des officiers sous contrat, a déjà réalisé ses études, elle a validé son diplôme universitaire, parfois les candidats, en tout cas les élèves officiers ont déjà travaillé dans le civil, parfois, ou même souvent à l'étranger, donc ils sont un tout petit peu plus âgés que les Saint-Syriens classiques, donc la différence est là, en fait ils quittent, enfin ils s'engagent un peu plus tardivement, ils décident de devenir officier de carrière, même s'ils servent sous contrat, enfin pas de carrière mais d'actif, officier d'actif sous contrat, un peu plus tard que les autres populations et c'est là qu'on parle d'audace en fait, parce que les gars peuvent être, je ne sais pas, il y a des enseignants, il y a des avocats, il y a des dentistes, enfin voilà, et ils quittent tout, ils quittent ce confort de vie pour une solde qui est parfois moins élevée que le salaire civil qu'ils avaient, ils quittent l'endroit où ils vivaient, ils quittent littéralement leur famille puisqu'ils repartent en école puis ensuite ils vont partir sur le terrain, ils vont partir en opération, etc. Donc ils se mettent en difficulté alors que la vie était plus ou moins établie et c'est ça cette audace de servir aujourd'hui, c'est se mettre au service d'une cause plus grande alors que le confort quotidien était déjà avéré.
Loïc De ton point de vue, qu'est-ce qui amène généralement ces gens à initier ce changement un peu plus tard peut-être que les autres populations dont tu parlais et finalement à quitter une certaine routine, un certain confort, finalement à se réinventer un parcours professionnel qui est déjà particulier en soi, être militaire, mais de le faire alors qu'il y a déjà quelque chose établi précédemment. Qu'est-ce qui les amène à ça ?
Capitaine Bon alors il y a plusieurs éléments mais c'est vrai qu'on retrouve quand même, alors ce qui est intéressant c'est que l'ouvrage par exemple il y a une cinquantaine de témoignages, alors il y a une partie des témoignages ce sont des cadres, des cadres, donc soit des commandants de bataillon ou des commandants de formation et aussi beaucoup d'anciens élèves et malgré des profils très hétérogènes, des études très distinctes et des carrières assez différentes, on n'a pas l'impression de relire la même chose à chaque témoignage et du coup les grands traits communs c'est cette volonté de beaucoup mais quelque chose qui me parle et je pense qu'il parlera au plus grand nombre, c'est de rendre à la nation ce qu'elle nous a donné donc en fait c'est souvent conditionné par des profils qui ne se retrouvaient plus vraiment dans ce qu'ils faisaient alors plutôt des gens alors j'ai à l'esprit quelques officiers qui étaient chez de gros industriels ou qui travaillaient en courtage ou ce type de profil qui voulaient en fait s'orienter vers quelque chose qui nourrisse l'intérêt général plutôt que de servir des intérêts privés et cette volonté de donner à la nation un peu de ce qu'elle nous a offert et de lui permettre de perdurer donc j'ai à l'esprit notamment un camarade un capitaine parachutiste qui disait lorsqu'on a échangé servir donc avec audace c'est un peu la cause qui nous dépasse et celle pour laquelle on se dépasse et c'est justement être au service de quelque chose de plus grand que son quotidien contribuer à ce qui se passe autour de nous plutôt qu'en nous donner à la nation un peu de ce qu'elle nous offre lui permettre de perdurer en nous appuyant sur nos convictions du juste et du nécessaire donc ça rejoint en fait cette volonté de désintéressement personnel moi c'est un peu l'idée qui est ressortie de tous les témoignages que j'ai pu que j'ai pu collationner
Loïc excellent et alors ces gens quand ils deviennent finalement officiers bon là en l'occurrence dans l'armée de terre puisque c'est c'est surtout cette armée là que tu connais que tu connais bien concrètement leur quotidien ça ressemble à quoi une fois sorti de formation qu'est-ce qu'ils font exactement sur le terrain quelles sont les missions qui reviennent régulièrement en tout cas les plus on va dire représentatives du métier d'officier aujourd'hui dans l'armée de terre
Capitaine alors alors oui alors il y a plusieurs aspects on va dire que l'officier en général l'officier en général on attend de lui qu'il commande je fais une petite une petite disgression mais j'ai un général qui m'avait beaucoup marqué qui avait parlé de la règle des trois humes c'était humanité humilité et humour donc l'humour ça faisait référence à l'ouverture d'esprit sans tomber dans la dans la dans la démagogie l'humilité c'était l'idée d'arriver même si on est formé officier pour prendre le commandement d'une structure que ce soit un service une section ou autre il faut rester modeste il faut rester humble être à l'écoute des anciens parce que finalement un jeune officier qui est 23 ou 25 ans il va prendre la responsabilité d'un groupe d'une section d'un service où il y aura des gens qui ont à la fois beaucoup plus d'expérience que lui et puis aussi un âge un petit peu plus avancé donc une humilité nécessaire et l'humanité parce que l'humain est au coeur de ce métier je pense que je pense comme je pense tous les militaires de l'armée de terre que l'humain est au coeur de notre profession parce qu'on travaille ensemble on s'entraîne ensemble on part en opération ensemble et lors de ces périodes là on vit ensemble donc la règle des trois humes je pense que ça caractérise bien ce qu'on attend d'un jeune officier lorsqu'il sort d'école après de manière plus concrète il y a des officiers qui vont assurer des fonctions très spécialisées alors typiquement là on parle de ce qu'était le quatrième bataillon qui est aujourd'hui les MAC donc l'école militaire des aspirants de quotidien avec des officiers sous contrat alors une partie d'entre eux va être officier sous contrat spécialiste on appelle ça un OSCS pour officier sous contrat spécialiste en fait ils font une formation plus courte en Bretagne ils font environ trois mois avant de rejoindre leurs affectations pour conseiller leur chef dans des domaines qu'ils ont étudié avant leur engagement donc en lien avec leur diplôme donc ça va être des juristes des spécialistes des ressources humaines des spécialistes des médias et de la communication donc eux ils vont avoir un métier finalement assez similaire de ce qu'on peut imaginer dans le civil mais au sein de l'armée sauf qu'ils auront bien sûr quelque chose qui n'a rien à voir avec le civil c'est qu'ils vont partir en opération et devront donc adapter enfin ils devront être aussi officiers militaires et spécialistes il y a aussi des officiers sous contrat pilotes donc des OSCP qui eux font six mois à Saint-Cyr avant d'aller se spécialiser en pilotage eux ce seront les futurs pilotes d'hélicoptères de l'armée de terre que ce soit hélicoptères de combat ou hélicoptères de transport donc là on a déjà des officiers qui ont des métiers très différents quand ils arrivent en régiment mais on va dire pour l'officier tel que l'imagine un peu le citoyen qui ne connaît pas plus en détail que cela l'institution c'est au sein de cette école l'officier sous contrat encadrement qui est un peu l'officier générique comme le Saint-Cyr ien classique ou le sous-officier qui fait le EMIA donc l'école militaire inter-armes dont je parlais tout à l'heure c'est à dire l'officier comme on l'imagine qui arrive qui prend une section en infanterie ou dans les transmissions ou même dans le matériel finalement il va y avoir des choses très communes à tous et grosso modo il y a deux aspects d'abord il va y avoir le déroulé de carrière qui généralement va d'abord être pendant 3-4 ans chef de section donc en fait le jeune officier arrive et prend la tête d'une structure qu'on appelle une section qui est composée à peu près d'une trentaine de personnes et donc là il doit gérer l'entraînement militaire donc le secourisme le sport le tir les marches la topographie etc. il doit ensuite gérer la partie RH de sa section donc les mises en formation les notations l'avancement toutes les petites problématiques RH qu'il peut rencontrer et puis ensuite il va être amené à partir en opération extérieure pour faire sa spécialité donc sa spécialité de combat de maintenance etc. donc là il va devoir préparer toute la phase d'entraînement spécifique au théâtre d'opération où il sera projeté et ensuite partir avec ses hommes pour faire on va dire vraiment leur cœur de métier donc ça c'est assez commun à tout officier il y a une partie entraînement une partie formation une partie RH et c'est ce qu'on appelle le commandement et puis dans tout ça il y a des moments de cohésion bien sûr et de camaraderie et puis ensuite il va passer capitaine donc généralement il sera adjoint de la compagnie donc comme je le disais tout à l'heure dans un régiment il y a plusieurs compagnies de 100 à 150 personnes à peu près une grosse centaine de personnes à minima et au sein de cette compagnie il y a plusieurs sections donc quand le lieutenant a fini de commander sa section il devient numéro 2 de la compagnie où en gros il va appuyer le capitaine qui commande pour l'aider à fluidifier un peu le quotidien il va prendre à son niveau certains dossiers et puis ensuite un jour si tout se déroule bien il sera lui-même commandant d'unité du coup il commandera ses lieutenants chefs de section et en fait à chaque fois c'est plus ou moins la même chose mais à un niveau plus élevé avec plus de responsabilités et ça c'est vraiment le cursus type de la plupart des officiers de l'armée de terre quand ils sortent d'école et qu'ils arrivent en régiment sur leurs 7-8 premières années
Loïc d'accord c'est quand même assez complexe pour quelqu'un qui est extérieur à tout ça
Capitaine alors oui c'est assez complexe en plus là j'évoque qu'un petit morceau de cette grosse machine mais qui est très huilée qui fonctionne très bien il y a bien sûr aussi on parle des officiers donc là on parlait bien sûr de l'audace de servir donc essentiellement des officiers sous contrat on a aussi des officiers qui sont issus du rang donc des gens qui ont été militaires du rang ou sous-officiers ou militaires du rang puis sous-officiers qui ont monté tous les échelons et qui à leur tour sont officiers mais forcément un petit peu plus âgés un petit peu plus expérimentés donc bon là j'en ai pas plus parlé puisque c'était pas le sujet mais je veux dire la population même des officiers en termes de cursus et de passif entre guillemets est très vaste mais ce qui est intéressant c'est que tous ces officiers sont mélangés en régiment puis il y a des activités entre eux donc ça leur permet aussi de mûrir de découvrir les autres et peut-être de grandir en fait pour être encore un meilleur chef un meilleur responsable vis-à-vis des hommes qui leur sont confiés
Loïc est-ce que toi sans nécessairement parler des OPEX mais est-ce qu'il y a une mission ou un moment en tout cas dans ta carrière de capitaine donc avant d'arriver en état-major auprès de tes hommes qui t'a particulièrement marqué par rapport à tout ce qu'on évoquait sur le rôle de l'officier oui oui
Capitaine il y en a il y en a beaucoup mais alors il y en a en même temps beaucoup puis évidemment il n'y en a pas qui me viennent là tout de suite mais en fait bon après il y a plein de moments j'en ai un à l'esprit bon qui est peut-être un peu secondaire mais on parlait tout à l'heure des règles des trois hommes dont l'humanité donc l'amour des hommes finalement en fait moi je fais à nouveau une petite disgression mais il y a le rôle social de l'officier de Lyotet qui date de 1891 en fait où il explique qu'il faut prendre plus en compte ces hommes que les chevaux ce qui n'était pas forcément toujours le cas auparavant donc pour donner une petite idée de l'évolution des choses parce qu'on parle toujours de camaraderie de fraternité d'armes de cohésion dans l'épreuve sportive ou dans l'épreuve physique avec le dépassement de soi etc et ça ça fait bien sûr partie de l'institution et c'est extrêmement important mais moi il y a des petites choses qui m'ont marqué alors pour le coup c'est pendant le temps de commandement donc c'est encore assez récent c'est le lien humain derrière le lien professionnel mais en fait qui est intimement lié surtout dans l'institution militaire en tout cas avec le fait qu'on parte et que les épouses ou les époux ou les copines ou les copains restent en ce qu'on appelle en base arrière ces bases arrières qui doivent être extrêmement solides parce qu'elles se retrouvent seules régulièrement pendant 6 mois ou pendant 4 mois d'affilée et encore on ne compte pas les phases de préparation il faut bien imaginer que quand un militaire part en tout cas dans l'armée conventionnelle dans l'armée que je connais quand il part en opération donc on va dire 4 ou 6 mois il faut au moins il y a au moins un mois de préparation avant que ce soit sur le terrain ou en école de spécialité pour une formation un peu plus technique il part au moins un mois échelonné sur plusieurs semaines avant les 4 ou 6 mois d'absence complète et du coup on parle bien sûr l'institution en parle beaucoup mais dans le civil on parle peut-être un peu moins de ceux qui attendent de ceux qui restent et c'est vrai que quand les gars partaient parce qu'en plus comme je le disais dans la maintenance le rythme est assez effréné surtout dans certaines spécialités où il n'y a que une dizaine de personnes voire moins parfois au niveau national qui ont les qualifications donc les gens se relaient enfin ça va vite quand on compte une mission on va dire de 4 mois et qu'il n'y a que 10 personnes en France et qu'il faut en envoyer 2 tous les 4 mois le compte est vite fait et j'écrivais une lettre aux épouses ou aux compagnes à mi-mandat quand les gars étaient absents voilà parce que je trouvais que c'était bien c'est un peu comme l'écriture d'un livre moi j'aime bien écrire ça me semble important j'écrivais sur une carte un petit mot mais j'imaginais bien que c'est le mot que j'aurais enfin pour lequel si mon épouse le recevait j'aurais été heureux de savoir qu'elle le recevait et je me suis rendu compte à la fin des 2 ans lorsqu'une des épouses m'a répondu que j'avais surtout écrit à celle-ci parce qu'en fait le gars était énormément parti et elle m'avait répondu qu'elle avait bien gardé toutes mes cartes et puis on s'est rendu compte qu'en fait il y en avait eu pas mal donc ça m'avait marqué ce retour le fait que ça lui ait fait du bien et puis le fait qu'il y en ait eu autant pour la même personne ça m'avait marqué et après j'ai un autre exemple un peu plus personnel mais alors c'est un peu complexe mais bon dans une compagnie du coup il y a plusieurs sections comme je l'expliquais commandées par un lieutenant ou par un sous-officier supérieur type adjudant ou adjudant-chef en tout cas chez nous dans la compagnie que j'ai eu l'honneur de commander et on avait un emblème enfin on a un emblème la compagnie est toujours présente c'est le lynx l'animal le lynx et ma fille est née pendant mon temps de commandement et en fait il y avait l'adjudant d'unité qui est un peu le bras droit du capitaine c'est un peu le gars qui va gérer toute la vie courante les tours de service les problèmes des uns et des autres la logistique c'est un peu le bras droit musclé du capitaine avait rassemblé toute la compagnie un matin même tous les civils qui ne viennent pas forcément au rassemblement et je me demandais bien pourquoi il y avait tout le monde et donc il m'avait fait un cadeau de naissance et puis on a eu un grand paquet un grand lot de peluches de lynx par la suite assez distinctes et c'était assez rigolo comme souvenir assez marquant et assez rigolo donc voilà c'est pas du tout des souvenirs opérationnels mais c'est ce à quoi c'est ce qui me vient à l'esprit là quand tu me poses la question
Loïc quand on préparait cet échange tu m'avais parlé tu m'avais dit qu'il y avait il y avait deux éléments qui te semblaient vraiment importants pour témoigner de la réalité d'être officier ou plus généralement juste de rejoindre l'institution et en particulier l'armée de terre c'était un le commandement des hommes et tu m'avais même noté entre parenthèses l'amour pour les gars et l'absence la rupture forcée alors ça tu l'as déjà un peu évoqué plusieurs fois c'est aussi un sujet dont je parle assez régulièrement enfin régulièrement avec la plupart des quelques anciens militaires que j'ai reçus comment ça se passe que quand il faut quand il faut partir pour plusieurs mois tu disais ta première mission toi c'était six mois à un âge où voilà t'es quand même encore assez jeune mais cette notion de commandement d'amour pour les gars je te pose du coup la question parce que ce que tu viens d'évoquer ça m'a fait penser à ça en fait pour toi est-ce que tu peux être officier sans avoir encore une fois entre guillemets c'est le terme que t'avais noté mais je sais pas si c'est ça que tu veux utiliser sans avoir cet amour pour celles et ceux que tu commandes
Capitaine ouais il y en a sûrement mais non non je pense que c'est pas possible et non moi je pense que c'est le bon le bon terme sans pudeur ou au contraire avec beaucoup de pudeur mais en tout cas sans arrière-pensée mal amené je veux dire l'amour des hommes l'amour des gens avec qui on travaille et dont on a la responsabilité je pense qu'il est absolument nécessaire pour être un bon officier il y a un camarade que tu as reçu qui a eu une phrase c'est Louis je pensais à Louis Louis Saillant il n'y a pas si longtemps on parlait il disait l'armée c'est vraiment un repère de bon gars et je suis tout à fait d'accord il y en a sûrement d'autres mais cette manière de le dire ça démontre bien un attachement tout particulier au concerné à ces bons gars et concrètement je pense pas qu'on puisse bien commander ces hommes si on ne les aime pas alors bien sûr ça rend le commandement beaucoup plus compliqué quand il faut faire des choix quand il faut trancher que ce soit dans le cadre opérationnel ou même des choses plus terre à terre mais dans l'avancement parfois on a les mains un peu liées enfin voilà il y a plein de choses on aimerait satisfaire tout le monde c'est à dire qu'il faut aimer ces hommes sans avoir peur qu'ils ne nous aiment pas autant du moins à certaines périodes parce que forcément c'est délicat après ce serait peut-être plus facile s'il n'y avait pas d'affection pour les gars de les commander entre guillemets mais je pense que ça serait sans âme et que ça n'aurait pas du tout ça n'aurait aucun relief donc non oui il faut il faut avoir de l'amour pour ces hommes afin de bien les commander moi je enfin bien les commander en tout cas être à la hauteur de ce que nous on attendrait de nos propres chefs c'est vrai qu'on parle des hommes mais on a tous un chef et moi j'ai eu la chance d'avoir d'excellents chefs et je ne dis pas ça de toute façon je ne citerai pas il n'y a pas de mais ce que je veux dire c'est que j'ai eu la chance d'avoir des excellents chefs et ça donne envie de l'être aussi et de la même manière il y a ces grandes phrases mais qui sont très vraies de dire qu'il faut commander comme on aimerait être commandé je pense que tout est dit et si on n'aime pas ces hommes cette phrase elle ne fonctionne pas parce que c'est vrai que quand on parlait de vie pro et de vie perso et qu'à l'armée tout est un peu lié moi je me rappelle avoir aidé des soldats à écrire des lettres pour leur assurance à aller ouvrir un compte à la banque donc on me disait écrire aux copines aux épouses mais en fait je l'ai fait de manière totalement désintéressée parce que je ne t'attendais rien en retour et puis ça me semblait naturel et en lien total avec la fonction que l'on m'avait confiée après il y a le risque aussi de commander les gars avec démagogie donc ça ça arrive aussi il faut essayer de trouver un juste milieu mais c'est vraiment pas évident mais je pense que quand on accepte justement de servir avec audace on accepte de commander et en acceptant de commander on accepte de s'exposer de décider de satisfaire et puis parfois de ne pas contenter tout le monde je veux dire l'amour qu'on donne aux hommes ils nous le rendent au centuple clairement l'exemple des petites peluches lynx c'est rien du tout mais je veux dire moi ça m'a ça m'a tellement touché que quand j'y pense j'en suis un peu ému je veux dire il n'y avait aucune obligation de faire ça donc quand il y a des petits gestes comme ça de temps en temps on peut se dire que peut-être on est à peu près à la voilà on ne fait pas trop mal le job mais on le fait de manière désintéressée et ça rejoint aussi ce qu'on disait tout à l'heure l'engagement désintéressé de certaines personnes qui quittent le civil pour rejoindre l'institution militaire je pense que tout est vraiment intimement lié mais pour répondre à ta question je pense que l'amour des hommes c'est vraiment la priorité zéro d'un officier et le petit livre enfin le petit livre petit livre parce que le format est petit mais c'est pas du tout un petit livre c'est un grand livre le livre de Lyoté même s'il date de la fin du 19ème c'est un peu ce qu'il évoque et c'est totalement d'actualité
Loïc tu m'as fait sourire en évoquant la punchline de Louis il est bon pour les punchlines de ce genre chaque fois que je vois des petits extraits sur les réseaux sociaux ou autres il a toujours les mots juste simples pour sortir des trucs comme ça c'est assez fabuleux il est bon
Capitaine ouais ouais il est bien fort
Loïc d'ailleurs puisqu'on parle de Louis je crois savoir Louis je l'avais reçu sur le podcast alors attends l'épisode était sorti c'était un 14 juillet si j'ai bonne mémoire et ça devait être en 2021 ou ouais ça devait être en 2021 ou 2022 bref depuis il est devenu extrêmement visible et il a lancé alors c'est pas le seul et du coup c'est pour ça que je te pose la question il a lancé vétérans de France que je vois un peu partout est-ce que tu peux nous en dire plus parce que si j'ai bien compris tu es impliqué aussi dans ce projet en quoi ça consiste exactement
Capitaine alors oui tout à fait donc vétérans de France oui oui donc ça a été lancé par Louis donc maintenant il y a plusieurs personnes qui travaillent avec lui en fait le projet c'est de mettre en avant les vétérans de France dans le sens noble du terme mais surtout quand on parle d'anciens combattants parfois les gens ont un petit peu une vision poussiéreuse qui est totalement fausse de la chose d'où le choix de cette expression vétérans de France et en fait c'est l'idée c'est tous ceux qui ont servi mais que ce soit un an deux ans cinq ans dix ans vingt ans quarante ans qu'ils étaient policiers douaniers gendarmes pompiers ou militaires c'est très large et en fait ils proposent par le biais de cette association qui a une chaîne YouTube des témoignages vraiment inédits exclusifs très bien montés très bien construits très percutants qui fonctionnent très bien on est à des centaines de milliers de vues voire plus avec une population en partie assez jeune ce qui est extrêmement encourageant je trouve pour la suite et j'ai eu la chance de rejoindre l'aventure en tant que directeur de la publication donc je donne un petit coup de main sur les réseaux parce que ce qui est particulier avec Vétérans de France c'est que c'est une association qui est très présente d'un point de vue numérique pour offrir une visibilité sur les réseaux sur internet sur Youtube alors sur Instagram LinkedIn etc ce qui est vraiment important pour sensibiliser les gens à la cause il y a beaucoup de connexions qui sont en train d'être établies il y a des événements aussi physiques qui sont joués il y a eu ce qu'ils ont appelé le V-Day en novembre dernier c'était un stream de 36 heures avec pas mal de personnalités dont tu parlais tout à l'heure d'Alex French Sass qui était présent où il joue un petit peu au jeu vidéo mais surtout il parlait beaucoup d'engagement de retour d'expérience ils échangeaient avec des personnes justement qui envisageaient de s'engager donc c'est vraiment très bien parce que ça offre vraiment de la visibilité avec un discours vrai et on a un projet qui devrait arriver à l'automne c'est un ouvrage un ouvrage qui sortira chez Valeurs Ajoutées donc c'est une maison d'édition assez dynamique enfin très dynamique où Louis m'a confié la reprise l'adaptation des témoignages en fait qui sont disponibles sur la chaîne donc ça nous offre l'opportunité de proposer des petits portraits parce que forcément on va un petit peu les devoir moi je les adapte j'ai raccourci je les reconstruis j'échange beaucoup avec les intéressés et du coup on a des soldats qui étaient en Afghanistan la veille puis le jour où il y a eu l'embuscade d'Uzbin en outil 2008 on a des gens des forces spéciales du GIGN on a Cyril Chaboun qui est passé chez toi aussi qui a témoigné sur Vétérans de France qui a un parcours extraordinaire il y a Marius Marius la légende des commandos marines enfin voilà on a des choses vraiment des témoignages vraiment prenants intéressants et en fait j'avais j'avais dit à Louis que j'avais pas forcément envie de me relancer dans une aventure littéraire parce que l'air de rien c'est quelques sacrifices forcément familiaux sur le temps personnel mais ça ça me semblait vraiment nécessaire et s'il y a un mot pour moi qui résume bien Vétérans de France c'est nécessaire pour moi c'est une association et des projets vraiment nécessaires qui touchent un très large public et c'est vraiment ce dont a besoin aujourd'hui l'institution peut-être mais en tout cas la population pour être sensibilisée à toutes ces personnes qui servent ou qui ont servi mais c'était pas forcément même si bien sûr on a des anciens on a aussi le dernier para avoir sauté sur Dien Bien Phu enfin voilà on a tout un panel de portraits mais ce qui est important c'est que les gens je sais pas les jeunes personnes qu'on croise dans la rue sachent qu'il y a des gars il y a 5 ans qui étaient au milieu du Sahel il y a une bombe qui a explosé et aujourd'hui ce gars il va faire ses courses comme tout le monde mais en fait c'est un héros et il faut le faire savoir et je trouve que c'est important c'est pour ça que j'ai rejoint l'association je me mets modestement à son service
Loïc excellent et bien écoute Guillaume j'ai l'impression qu'on a quand même bien dégrossi le sujet merci énormément pour toutes ces explications je rappelle il y en a qui veulent creuser encore plus le sujet des des officiers alors d'abord appeler au moment de la grande guerre comme tu expliquais historiquement ça vient de là aux officiers sous contrat aujourd'hui tout est dans ton livre l'audace de servir s'il y a des gens qui veulent échanger avec toi le mieux c'est quoi c'est LinkedIn est-ce qu'il y a d'autres réseaux un mail non oui
Capitaine le plus simple c'est la messagerie sur LinkedIn c'est vraiment le seul réseau que j'entretiens
Loïc d'accord ok excellent et bien écoute le lien sera en description est-ce qu'il y a un message que tu voudrais faire passer pour conclure cet échange on a parlé quand même de pas mal de choses mais est-ce qu'il y a un point en particulier qui te semble vraiment important de rappeler de souligner ou d'évoquer si on l'a pas encore fait
Capitaine alors il y a je sais pas exactement si si si il y a un point qui me vient à l'esprit quelque chose qui m'a marqué aussi lorsque j'ai échangé avec différentes personnes au profit de l'ouvrage notamment des anciens officiers ou des anciens appelés qui ont fait leur service comme officiers et qui aujourd'hui sont à la tête de différentes entreprises en fait je pense à Alexandre Rubin qui est aujourd'hui à la tête de Petit Bateau il n'y a pas si longtemps à la tête de Yves Rocher qui a été formé au 4ème bataillon de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr à l'époque donc c'est l'ancêtre de l'EMAC actuel et il a eu une phrase qui m'a vraiment marqué qui est assez représentative je pense de toutes les personnes qui sont formées dans l'armée il a dit que le vrai management c'est pas le propos direct mais il a dit en gros qu'il avait véritablement appris le management à Saint-Cyr en école d'officier et non pas en école de management dans le civil et qu'il l'avait vraiment appris en 3-4 mois à Saint-Cyr de manière plus aboutie qu'en 3-4 ans ou 2-3 ans je ne sais plus en école de management et ça ça m'avait vraiment marqué quand il l'a dit parce que les officiers et J-officier mais même tous les militaires qui sont en situation de responsabilité ont une certaine et c'est bien normal une certaine humilité une certaine réserve quant à leur savoir-faire mais en fait il est bien avéré et bien reconnu dans le civil donc il n'y a pas à en rougir ça me fait penser à ça
Loïc Un immense merci Guillaume pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous aujourd'hui excellente continuation dans tous tes projets hors institution mais aussi au sein de l'institution et puis je te dis à très bientôt très certainement
Capitaine Avec plaisir merci beaucoup Loïc à bientôt
Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Guillaume jusqu'au bout s'il vous a intéressé pensez à le partager autour de vous et de manière générale si vous souhaitez soutenir le podcast et bien c'est extrêmement simple vous pouvez tout simplement vous abonner laisser une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute cette que vous utilisez là tout de suite maintenant vous pouvez également le partager autour de vous massivement pour qu'encore plus de gens osent se lancer et enfin vous pouvez rejoindre le groupe des tippers ce sont les auditrices et auditeurs du podcast qui soutiennent financièrement les frappés à partir de 1 euro par mois le lien est en description merci pour votre fidélité je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode dans lequel on va échanger avec une retraitée pas comme les autres onsons Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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