Les Frappés Les Frappés
Saison 4 Bonus Forces spéciales #jeux olympiques #commando #armée

14 juillet 2024

Instructrices d’équitation militaire et porteuses de la flamme olympique : engagement et tradition, avec Ketty et Juliet

Durée · 50 min · Transcription disponible

Ketty

Le récit

À l'occasion du 14 juillet et des JO de Paris, voici un épisode réalisé en collaboration avec l'armée de Terre 🇫🇷 dans lequel j'échange avec deux femmes, deux instructeurs d’équitation qui ont également été porteuses de la flamme olympique :

  • la maréchal-des-logis-chef Ketty – 1er Régiment des Hussards Parachutistes
  • la maréchal-des-logis Juliet – 1er Régiment de Chasseurs


Dans cet épisode, on parle de la place du cheval dans les armées, d'opérations extérieures et de formations des chevaux.

🔎 Le site référence de l'armée de Terre 👉🏼 s'engager.fr

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 E167 - L'audace de servir, avec le Capitaine Guillaume Malkani 🪖⚔️🎖️
👉 E139 - Missions de haut vol avec Winn, pilote d'hélicoptère d'attaque au 4e RHFS pendant 18 ans (Forces Spéciales)
👉 E110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)
👉 E40 - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger avec Louis Saillans (Forces Spéciales)
👉 E31 -Le physique a ses limites, le mental n'en a pas avec Teddy Palassy, ancien Commando Marine (Forces Spéciales)

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent à mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. A l'occasion du 14 juillet et des JO de Paris, voici un épisode réalisé en collaboration avec l'armée de terre, dans lequel j'échange avec deux femmes, deux cavalières qui ont également été porteuses de la flamme olympique. La maréchale des logis chef Kéti du 1er Régiment des Hussards Parachutistes et la maréchale des logis Juliette du 1er Régiment de Chasseurs. Dans cet épisode, on parle de la place du cheval dans les armées, d'opérations extérieures et de formation des chevaux pour atteindre le plus haut niveau. Excellente écoute à vous. Eh bien écoutez, bienvenue à toutes les deux sur le podcast. Je suis absolument ravi de vous recevoir, Juliette et Kéti, pour parler de plein de choses, pour parler très certainement de l'institution, de sujet militaire, mais aussi d'équitation, d'olympisme. Bref, ça va être super intéressant. Donc, bienvenue, bienvenue à toutes les deux. Et merci d'ailleurs à Clothilde, qui est attachée de presse au CIRPA Terre, de m'avoir contactée pour qu'on réalise cet épisode. Donc, bienvenue à nouveau. Où est-ce que vous êtes géographiquement d'ailleurs ?

Ketty Alors, pour moi, Kéti, je suis à Tarbes, dans le sud-ouest de la France, près des Pyrénées.

Loïc Ok.

Ketty Et pour ma part, je suis à Verdun, dans l'est de la France.

Loïc Ah oui, ok, diamétralement opposé. Ok. Très bien. Eh bien écoutez, ce que je vous propose, c'est peut-être de commencer par de courtes biographies. Si vous pouvez nous expliquer en quelques phrases quel est votre parcours dans l'armée, mais peut-être aussi ce qui vous a amené à vous engager et puis peut-être plus précisément aussi ce que vous faites au sein de l'institution.

Ketty Oui, alors moi, je me suis engagée en 2013 en tant que soldat, directement dans les sports équestres militaires. J'avais envie, après mon bac, de servir mon pays et du coup, je me suis renseignée sur le site s'engager.fr. J'ai vu qu'il y avait des chevaux dans l'armée. Comme j'étais passionnée de chevaux, je me suis dit pourquoi pas allier métier et passion. Et ça a marché. Donc, ça fait 11 ans que je fais ça. Je me suis engagée soldat. Donc, j'ai passé les formations de militaire du rang. Et ensuite, j'ai réussi à évoluer en passant sous-officier par la voie semi-directe, en interne. Ce qui m'a permis de devenir monitrice d'équitation militaire. Parce que quand on est soldat, on n'est plutôt pas le frein-soigneur. Donc, on va faire l'entretien des éturies, les soins des chevaux, etc. Et quand on est sous-officier, là, on devient moniteur et cavalier pour l'armée. Donc, on passe les diplômes d'enseignant BPGEPS équitation. Et aujourd'hui, je suis à une phase de ma carrière où je suis maréchal des logis-chef. Et je suis instructeur d'équitation militaire. Et je commande la section équestre du 1er Régiment de lutteur parachutiste.

Loïc Excellent. Merci beaucoup. Juliette ?

Ketty Pour ma part, mon parcours est un peu semblable à celui de Kéti. Je me suis engagée en 2013, soldat également, à l'école militaire de Paris. J'ai fait toutes mes formations de militaire durant. Et j'ai eu la chance d'être prise dès le premier coup pour passer sous-officier en semi-direct. Et j'ai été mutée à la section équestre militaire de Verdun en tant que sous-officier adjoint pour diriger la section équestre militaire de Verdun en 2020. Et là, je suis en ce moment en formation pour pouvoir avoir le titre de pouvoir gérer une structure équestre.

Loïc Super. Du coup, qu'est-ce qu'on fait exactement quand on est chef de section équestre ou qu'on s'occupe d'une structure équestre au sein de l'armée ? C'est quoi les missions, en tout cas le quotidien ? Est-ce que c'est plutôt la représentation, participer à des compétitions pour représenter l'armée ? Ou est-ce qu'il y a aussi des missions qui ont plus un objectif, pour le coup, vraiment pratico-pratique, d'accompagner certaines armes de l'armée de terre, par exemple, lors de missions ?

Ketty Déjà, je dirais que même si on est dans la spécialité des sports équestres, on est avant tout militaire. Donc, on a tout le tronc commun militaire. On reste des soldats. Et on a une spécialité qui est vraiment particulière, qui est celle des chevaux, pour laquelle on a plusieurs missions. La première mission, ça va être pour nous l'accompagnement opérationnel. Donc, aider les soldats à se préparer physiquement et psychologiquement à partir au combat. Donc, on a trouvé que l'équitation était un très bon outil pour cela, car c'est un révélateur de caractère. Et c'est aussi une façon de voir les réactions des soldats face à l'inconnu, face à quelque chose qui fait peur. Et de proposer, on va dire, un aguerrissement du soldat et une préparation supplémentaire. Il y a un autre volet qui est très important. C'est aussi l'accompagnement des familles des militaires, parce que forcément, les parents qui sont militaires sont souvent en mission, soit de préparation à l'extérieur de leur garnison, soit en opération extérieure. Donc, comme ils ne sont pas très souvent à la maison, on essaye, par le biais d'associations sportives des régiments, de leur apporter le plus ou plus fort possible. Donc, on propose des cours pour les familles, des cours poneys, des cours chevaux, pour les conjoints, conjointes et pour les enfants également.

Loïc Excellent.

Ketty Il y a une troisième mission qui est très importante, c'est l'accompagnement des blessés, des blessés des armées, notamment les blessés psychiques, qui rentrent de mission avec des syndromes de stress post-traumatique et qui ont besoin de se reconstruire. Et pour ça, on a développé la médiation équine au sein des armées pour pouvoir les aider à se reconstruire, se réinsérer avec le vecteur cheval. Et enfin, la quatrième mission, c'est la formation des chevaux militaires qui nous sont confiés par l'armée et le rayonnement des armées au travers de compétitions. Donc, nous, quand on est chef de section à classe militaire, on est plutôt compétiteurs au niveau national. Donc, on forme les jeunes chevaux en compétition jeunes chevaux. Et ensuite, pour les chevaux avec un peu plus d'expérience, on comporte au niveau national pour déjà d'une part rester formés et aussi pour former nos chevaux à devenir soit des formateurs de moniteurs, soit des chevaux d'instruction pour les militaires ou leur famille.

Loïc D'accord. C'est beaucoup plus large en termes de mission que ce que je pensais. C'est très intéressant ce que tu as évoqué, Katie, par rapport au… finalement, à ce que le contact avec les chevaux permet, que ce soit dans la préparation. Tu as utilisé un terme intéressant, le lien avec le cheval finalement. Enfin, une expérience avec un cheval, c'est révélateur de personnalité. Est-ce qu'on pourrait creuser un peu ça ? Est-ce que… Qu'est-ce qui fait qu'il y a cette relation un peu particulière, en tout cas, que travailler avec un cheval, être au contact d'un cheval, ça peut avoir par exemple des vertus thérapeutiques aussi, pour les soldats qui reviennent amochés de certaines opérations ? C'est quoi ? C'est le fait que ce soit un animal ou il y a quelque chose de vraiment particulier au cheval spécifiquement ?

Ketty Il y a deux facteurs. Déjà, évidemment, le côté animal, puisque là, on va être en présence d'un être vivant qui ne va pas nous juger sur ce qu'on a fait, sur ce qu'on ressent, sur nos réactions. Donc, il y a cette partie-là qui est vraiment très importante de non-jugement et de constance de l'animal par rapport à l'humain. Et ensuite, il y a la particularité des chevaux, qui est déjà, ce sont des gros animaux, et ce sont des gros animaux de proie. Donc, pour pouvoir créer une relation avec un cheval, il va falloir y mettre du sien, il va falloir le comprendre, il va falloir vraiment se donner, pour pouvoir établir quelque chose avec l'animal, qu'il soit en confiance. Je sais que toi, tu fais pas mal de stages, etc. aussi. Si tu veux compléter. Moi, je sais que quand je fais monter des pelotons ou autres, j'ai beaucoup de soldats qui ont très, très peur des chevaux. Et déjà, c'est avoir une maîtrise de soi. Pour moi, les chevaux, c'est une éponge émotionnelle. Donc, si le cavalier va avoir très peur, le cheval va le ressentir. Il va pas forcément être à l'aise aussi avec le soldat. Mais c'est quelque chose qu'on apprend, et c'est une maîtrise de soi, et qui fonctionne plutôt bien. On prend le temps vraiment de découvrir, et se découvrir, en tant que personne, avec un animal qui fait 500 kilos de plus que soi.

Loïc Quels sont les retours, justement, des soldats qui passent par vos centres, et qui avaient initialement peut-être peur des chevaux ? Qu'est-ce qu'ils vous disent une fois qu'ils sont habitués, une fois qu'ils ont réussi à créer ce lien ?

Ketty La plupart du temps, ils veulent revenir, dans ce cas-là. Oui, ils veulent revenir, et puis, en fait, c'est un animal qui est fascinant, le cheval, qui est très impressionnant, qui est très puissant. Donc, quand on arrive à créer un lien avec, on sent qu'on peut partager vraiment quelque chose, qu'on peut vivre des moments avec un animal, à côté, mais également sur son dos, ce qui n'est pas possible, en fait, avec d'autres animaux.

Loïc Oui. Très intéressant. Alors, vous avez évoqué aussi le fait que dans vos missions, il y a justement le rayonnement de l'armée lors de compétitions équestres. Ça a été quoi pour vous, les grands événements qui ont vraiment marqué votre carrière ? Alors, pas forcément en termes de résultats, de performances, mais plus de ce que vous y avez découvert, des émotions ressenties, de ce que vous avez réussi à faire avec vos chevaux. Est-ce qu'il y a eu des épreuves comme ça qui vous ont vraiment marqué toutes les deux ?

Ketty On en a peut-être une commune avec Katie, l'année dernière, je dirais. On a été à la Bôle. C'est un concours international 5 étoiles et ils avaient ouvert une épreuve qui s'appelle Trophée des Légendes où quatre anciennes légendes de cavaliers, Eric Navé, Marcus Fouch, qui ont fait une épreuve spéciale avec un parcours à 1m30 où on a eu la chance, Katie et moi, d'avoir nos chevaux qu'on a formés nous-mêmes depuis leurs quatre ans, ont été sélectionnés à faire cette épreuve. Et on a pu voir quatre légendes monter nos chevaux sur 1m30, des chevaux exemplaires, et puis une fierté d'avoir eu la chance de les former nous-mêmes. Et ça, moi, je ne saurais mettre des mots sur ce que ça a pu me faire à ce moment-là, la fierté. C'était une grande fierté, une vive émotion quand on rentre dans le stade de la Bôle où tout le monde était resté après le Grand Prix pour revoir ses légendes, notamment Eric Navé, qui est un très grand cavalier français, très apprécié dans l'opinion publique équestre. Et on est rentrés avec les cavaliers sur le dos de nos chevaux, nous, en tenue militaire, qui tenions la reine de nos chevaux. Oui, c'est évidemment hyper émouvant. Déjà, d'une part, d'avoir été sélectionnés pour le travail qu'on a fourni pour amener nos chevaux à ce niveau-là, mais aussi pour le rayonnement national et international que ça a eu.

Loïc Est-ce que vous pourriez nous en dire plus sur la formation des chevaux ? Comment est-ce que ça se passe ? Comment est-ce qu'ils sont sélectionnés initialement ? Comment s'organise ensuite leur formation en tant que telle ? Combien de temps ça prend ? Je vous avoue que je ne connais pas très bien cet univers, donc je serais curieux d'en apprendre plus.

Ketty Les chevaux sont achetés à trois ans dans les élevages français.

Loïc Forcément français ? Pour la maître, c'est forcément des chevaux français ?

Ketty Oui, c'est toujours des chevaux français.

Loïc D'accord.

Ketty Parce qu'on a un élevage français qui est très riche, donc je pense qu'on n'a pas besoin d'aller se servir ailleurs. Et les races françaises proposent toutes les qualités dont on a besoin, autant pour le sport que pour l'enseignement. on choisit les chevaux, c'est le chef des sports de la caisse militaire avec des comités, des commissions d'achat qui se déplacent dans les élevages français ou dans les rassemblements de chevaux. Et les chevaux sont achetés, donc évidemment en fonction d'un budget qui est défini. Et ensuite, ils doivent impérativement être validés à la visite vétérinaire. Donc, ils sont envoyés à Fontainebleau, ils passent une visite vétérinaire assez complète, radio, bilan général, état du cheval. Et si le résultat est satisfaisant, dans ces cas-là, ils intègrent le peloton jeune chevaux à Fontainebleau pour le débourrage, donc à trois ans. Une très bonne technique de débourrage qui est développée à Fontainebleau, qui est une méthode qui mêle la méthode Blondot à la méthode Andibus, ce qu'on appelle aujourd'hui la Horstman Science, qui se développe de plus en plus, qui est vraiment orientée vers le bien-être du cheval, vers la compréhension de son comportement et l'acceptation du cheval au travail et à ce qu'il va faire plus tard dans un maximum de confort. Ce qui fait qu'une fois que le processus est terminé, quand les chevaux ont quatre ans, on a des chevaux qui sont super bien dans leur tête, qui sont volontaires au travail et qui sont hyper sympas et qui ont un bon comportement. Et ensuite, à quatre ans, ces chevaux-là sont ventilés dans l'une des 20 sections équestres militaires en France. Ils sont ventilés pour un cadre diplômé qui a mission de les former jusqu'à au moins à leurs sept ans.

Loïc Ah oui, d'accord, trois ans de formation.

Ketty Trois ans de formation. Pour les former, évidemment, on doit les sortir en compétition, soit en saut d'obstacle, soit en dressage, soit en concours complet pour valider leurs aptitudes et les faire progresser. Et à sept ans, voilà, là, il y a un choix qui doit être fait. Soit le cheval, il est formé plutôt un cheval assez pratique avec un potentiel sportif et il bascule directement à l'instruction pour les élèves, les militaires et les familles. Soit c'est un cheval qui a un gros potentiel sportif et du coup, là, il reste, on appelle ça un piquet de chevaux. Donc, c'est un groupe de chevaux qui appartient à un cadre. Là, dans ces cas-là, il reste dans le piquet de chevaux du cadre pour que le cadre puisse continuer à se former, à passer des formations et rester un peu à la page, en fait, de ce qui se fait dans notre sport. Soit il y a l'entre-deux, c'est-à-dire un cheval qui est assez pratique, mais qui n'a pas non plus un potentiel sportif extraordinaire, mais qui peut former les élèves-moniteurs militaires. Et donc là, il peut basculer à la formation à Fontainebleau pour nos futurs instructeurs et moniteurs d'éducation militaire.

Loïc D'accord. Ok. Et donc, tu dis, il y a 20 centres, c'est ça, répartis dans toute la France ?

Ketty Oui, c'est ça.

Loïc Excellent. Ok. Et la répartition, elle suit une logique particulière ? C'est une répartition qui est historique ou à chaque fois, les centres sont proches d'autres centres d'unités pour pouvoir justement créer ces liens, ces expériences avec des militaires qui ne sont pas dans le milieu équestre ?

Ketty En fait, les sections équestres militaires sont surtout conjoints aux régiments de cavalerie, par tradition, évidemment.

Loïc D'accord, oui.

Ketty Maintenant, c'est les cavaleries blindées, mais avant, c'était la cavalerie montée. Donc, ils sont associés à des régiments de cavalerie et ils sont également présents dans les grandes écoles militaires où on forme les futurs officiers, les futurs chefs de l'armée. Comme je disais tout à l'heure, la préparation opérationnelle et aussi la préparation des futurs chefs peut être nettement, on va dire, améliorée ou en tout cas aidée par une instruction équestre pendant leur formation. Donc là, on a les grandes écoles militaires, ce qu'on appelle les divisions d'application. Donc là, on a l'école d'application de cavalerie à Saumur, on a l'école d'application de l'artillerie et de l'infanterie à Draguignan, on a également, évidemment, l'école militaire d'équitation à Fontainebleau, on a l'école militaire de Paris, on a l'école du génie à Angers, et ensuite, on a aussi deux lycées militaires, le Prétané national militaire de la Flèche et le lycée militaire d'Otan.

Loïc D'accord.

Ketty Et Quetkidant aussi. Évidemment, oui.

Loïc Ah oui, bah oui, oui.

Ketty La maison mère de la formation de l'Église, l'académie militaire de Saint-Circ-Quetkidant.

Loïc Excellent. Excellent. Ben écoutez, merci beaucoup pour ces explications, c'est plus clair. j'imagine après qu'on peut, il n'y a pas très longtemps, je recevais le capitaine Malkani qui est dans l'arme du train, que je ne dis pas cette bêtise, oui, du train, et qui me parlait aussi justement de la formation des officiers. Et en fait, je me suis rendu compte dans cet échange que l'armée, forcément, du fait de son histoire, de sa fonction, etc., c'est quand même un univers extrêmement complexe. Donc là, j'imagine que vous avez dressé un tableau un peu high level, on va dire, mais si on veut rentrer dans le détail, je suppose que ça peut être beaucoup plus complexe. Donc voilà, s'il y en a qui veulent creuser, est-ce qu'il y a des ressources en ligne ? Est-ce qu'on peut trouver de l'information sur, par exemple, pour toi, Kéti, le régiment, le premier régiment de l'USSAR parachutiste, pour toi, Juliette, c'est toujours le premier régiment de chasseurs, c'est ça, dans lequel tu es ?

Ketty Oui, correct.

Loïc Est-ce qu'on peut trouver des informations là-dessus, en ligne, pour comprendre un peu peut-être l'histoire, justement, de ces régiments ?

Ketty Alors oui, bien sûr, c'est vrai que le premier régiment de l'USSAR parachutiste a 300 ans, un peu plus maintenant, il a été créé en 1720, donc vous pouvez retrouver toutes les informations sur l'historique du régiment et sur ce qu'il fait au quotidien sur le site s'engager.fr.

Loïc Ok. Ok, ok.

Ketty Et évidemment, la page Wikipédia du régiment, ainsi que ce qu'on a sur les réseaux sociaux, donc Facebook et Instagram, premier régiment du SAR parachutiste. La même chose pour le premier régiment de chasseurs.

Loïc Ok, fabuleux. Super. En introduction, je l'évoquais très rapidement, je disais qu'on allait sans doute parler d'olympisme. Alors, quel est votre lien avec les Jeux de Paris 2024 ? Comment est-ce que vous en êtes arrivée finalement et participer ? Alors, pas encore pour Juliette, mais je crois que pour Kitty, c'est déjà fait.

Ketty Oui, c'est bon. Donc, pour moi, j'ai porté la flamme le 19 mai à Tarbes. J'ai porté la flamme sur 200 mètres parce que je l'ai prise juste devant mon régiment, justement, avec tous mes camarades qui étaient autour pour m'encourager, les véhicules militaires, évidemment, prendre la flamme olympique devant cette grille, entourée par mes camarades et mes proches. C'est un moment très important qui était vraiment rempli d'un sentiment d'honneur et de fierté. déjà, d'une part, parce que j'ai été sélectionnée par le régiment pour le faire. Donc, c'est une belle récompense de mon investissement quotidien, qu'il soit pour la formation de chevaux en compétition, qu'il soit également pour mon investissement auprès des familles de militaires, mais également pour mon rôle en tant que hussard parachutiste au régiment, parce que ça, on ne l'a pas trop évoqué pour le moment, mais c'est vrai qu'en plus d'être instructeur d'hippitation militaire, donc on appelle ça maître de manège, je suis également hussard parachutiste, ce qui veut dire que je fais avec le régiment toutes les activités, les soins en parachute et également des départs en opération extérieure.

Loïc On va en parler, on va en parler.

Ketty Forcément, forcément, pour moi, c'était une très grande fierté. J'étais avec mes camarades du premier RHP qui ont également porté la flamme, qui sont aujourd'hui deux civils de la défense avec lesquels je suis partie du coup en mission, qui sont des blessés de guerre et donc qui aujourd'hui ne sont plus militaires, mais travaillent toujours au régiment et sont en reconstruction physique et aussi psychique.

Loïc Avant qu'on passe à Juliette, cette reconstruction, elle se fait du coup là aussi au contact des chevaux potentiellement ?

Ketty Alors, en fait, la reconstruction auprès des chevaux, il faut vraiment que ce soit une volonté du personnel. Eux, ils ont choisi de se reconstruire par le sport, notamment l'un d'entre eux par le vélo où il a d'excellents résultats. Voilà, il y a peut-être quelque chose qu'on propose, mais ensuite, il faut qu'il y ait quand même un attrait. Il faut déjà pouvoir dépasser sa peur si on a peur des chevaux. Il faut avoir un attrait et quelque chose d'intrinsèque qui nous rapproche des chevaux ou des animaux et ça, c'est vraiment à la demande de l'intéresser.

Loïc D'accord, il faut qu'il y ait une sorte d'affinité, en tout cas, une volonté de la personne de, disons que c'est un outil à la disposition de ces personnes-là, mais qui n'est pas nécessairement imposé dans un parcours de reconstruction.

Ketty Non, pas du tout.

Loïc Ok. Juliette, du coup, pour toi, ça n'a pas encore été fait, la flamme ? Au moment où on enregistre, ce sera, si je ne me trompe pas, dans 15 jours à peu près. Est-ce que tu sais déjà à quel moment tu vas la récupérer, sur quelle distance et surtout, qu'est-ce que ça représente pour toi ?

Ketty Moi, c'est prévu le 29 juin, du coup, à Verdun. Je suis très honorée et c'est une fierté de pouvoir représenter mon régiment à ce moment-là. Je porterai la flamme sur 200 m également et je n'ai pas encore l'horaire précise, mais je sais que ce sera dans l'après-midi entre 14h et 16h.

Loïc D'accord. D'ailleurs, vous êtes à pied quand vous portez la flamme ou vous allez faire à cheval ?

Ketty La question s'est longuement posée. C'était compliqué de pouvoir le faire à cheval. Déjà, il faut avoir des chevaux disponibles et aptes à le faire, même si d'autres ont pu le faire. Mais moi, j'ai la chance que le régiment ait réussi à organiser, que j'ai derrière moi deux chevaux par deux personnes de mon régiment qui seront auprès de moi lorsque je vais la porter.

Loïc Ah, génial. C'est génial pour la symbolique, ça. Oui. Super. Excellent. Et vous, à titre personnel, est-ce que vous avez une discipline en particulier sur laquelle vous avez gardé un œil, voire deux, pendant la durée des Jeux ? Est-ce que vous avez une affinité au-delà de l'équitation avec des sports ou des sportives ou sportives français qu'on voulait suivre ?

Ketty Moi, j'avoue que je reste, je suis vraiment focus sur l'équitation. C'est une passion. Donc, moi, une particularité sur le saut d'obstacle. C'est ma discipline préférée. Pour moi, ce sera évidemment l'équitation en premier. Mais moi, je serais plutôt attentive au concours complet, même si je fais aussi du saut d'obstacle et que j'adore le saut d'obstacle. Je trouve ça toujours hyper émouvant de voir l'équipe de France de concours complet qui, en plus de ça, a très souvent de super résultats dans toutes les grosses compétitions internationales et sur les grosses échéances. Donc, on va être évidemment derrière les différentes équipes de France sur les trois disciplines olympiques, donc le concours complet, le saut d'obstacle et le dressage. mais évidemment, j'aurai, je pense, plus d'émotion à regarder le cross du concours complet et à vibrer avec les compétites qui ont une mentalité bien à eux dans le monde de l'équitation qui est très familiale, très partage, que ce soit avec les équipes ou avec les chevaux et ça, ça me touche beaucoup.

Loïc Excellent. Super. D'ailleurs, les premières épreuves d'équitation sont prévues pour quand ? Si vous l'avez en tête.

Ketty Alors, je ne l'ai pas en tête. Là, je sais qu'on n'a pas tout à fait encore reçu les listes définitives des cavaliers qui vont au JO et de l'équipe. Donc là, on est hyper impatients de savoir qui va représenter la France dans les trois disciplines équestres, au moins. je sais aussi que le concours complet va se dérouler au château de Versailles. Et donc, je pense que pour nos complétistes qui auront la chance de courir au château de Versailles, de faire le cross dans le parc du château, ça va être un moment unique qui vivront une fois dans leur vie, sur leur sol. Et je pense que, j'espère en tout cas que ça va les galvaniser pour faire le meilleur résultat possible. il me semble que c'est à partir du 30 juillet pour les... Je viens de regarder c'est du 27 juillet au 6 août. D'accord. Et en France par le concours complet en dressage. Ok.

Loïc Génial. Super. En tout cas, ça va, oui, très certainement une expérience riche en émotions de porter cette flamme en France. D'autant plus quand on est militaire. Je ne sais pas à quel point est-ce que dans les différentes disciplines on retrouve des sportifs ou des sportives qui ont des profils militaires, qui ont des carrières militaires qui, qui, du coup, concourent en tant que... Enfin, au côté de civils. Mais moi, j'ai découvert, voilà, avec cet échange avec l'armée de terre que dans les porteurs de flamme, il y avait aussi des militaires et je trouve ça très chouette parce que le sport dans les armées, c'est quand même un peu la base et puis, il y a plein de valeurs communes entre l'univers du sport sans nécessairement aller même jusqu'à haut niveau et puis, la vie de soldat. C'est très chouette et d'ailleurs, pour la petite anecdote, j'étais ce week-end au moment d'enregistre sur un événement qui s'appelle l'Alpsman qui est un énorme triathlon extrême, un des triathlons les plus durs d'Europe et sans doute du monde d'ailleurs. et il y avait un concurrent qui était en tenue de triathlon de l'armée de terre. je me suis dit, même là, on retrouve des militaires sur des formats de triathlon extrêmes où généralement, les gens finissent entre 15, 16, 17, voire 18 heures d'effort. Donc, super. Kéti, tu évoquais un peu plus tôt les opérations extérieures. Est-ce que c'est quelque chose dont vous avez fait l'expérience toutes les deux à ce stade, Kéti et Juliette ?

Ketty Pour ma part, non, je n'ai jamais eu encore l'occasion mais j'aimerais pouvoir le faire au moins une fois pour le vivre et avoir l'expérience de l'avoir fait.

Loïc Ok. Kéti, du coup, est-ce que tu peux peut-être nous expliquer un peu dans quel contexte est-ce que tu as été amenée à partir du coup en OPEX et est-ce que ça t'a apporté dans ta carrière militaire ?

Ketty Oui, alors du coup, moi, j'ai été mutée au premier régiment du serre parachutiste en 2019 et il y avait un départ régimentaire en OPEX au Sahel en 2020 sur l'opération Barkhane et j'étais volontaire pour partir. Donc, j'ai été rattachée à un escadron de combat, le premier escadron de combat du RHP sur une mission logistique. C'est-à-dire que j'étais en escadron de combat mais moi, je ne suis pas cavalier blindé, combattante pure comme les soldats qui sont au régiment. Même si j'ai évidemment tout le tronc commun militaire, donc moi, j'ai été mise sur un poste logistique, donc j'étais responsable du matériel et des munitions c'était pour moi vraiment une expérience extraordinaire parce que déjà, c'était ma première mission opérationnelle avec un régiment comme le premier RHP qui est un régiment très compétent, très engagé. Donc, j'ai pu vivre vraiment cette mission pleinement. J'ai été donc déployée ce qu'on appelle en BOA, donc c'est-à-dire en base opérationnelle avancée sur le théâtre d'opération, mais j'ai été également en mission, en manœuvre sur le terrain, en opération extérieure parce que forcément, quand un régiment se déplace pour faire ce qu'on appelle une OP, il faut que les combattants soient suivis par toute la logistique. donc, vous imaginez que pour trois pelotons qui sortent en véhicule blindé et en véhicule de patrouille, il faut derrière tout un train de camions qui va les suivre pour tout ce qui va être l'eau, la nourriture, les munitions, l'essence, les mécaniciens pour faire en sorte que tout le monde puisse vivre pendant deux ou trois semaines ou un mois à l'extérieur dans le désert et que le combat puisse avancer. Donc, voilà, moi, j'étais munitionnaire, c'est-à-dire que je ravitaillais mes camarades lorsqu'il y avait des contacts. Donc, des contacts, ça veut dire des opérations de feu.

Loïc Je ne savais pas que du coup c'était possible de partir, je ne sais pas si c'est un terme qui est utilisé aujourd'hui, mais ça me fait penser un peu, c'était quoi ? C'est les grandes méarets, non, à l'époque ? Les grands baroudes à travers le désert en convoi. Je ne savais pas que ça se faisait encore de sortir aussi longtemps, même des bases avancées sur deux, trois semaines. J'avais entendu, je crois que c'est, je ne sais pas si vous le connaissez, mais un ancien des forces spéciales du premier RPIMA, Alex, son alias c'est Alex SAS, qui expliquait qu'il était parti faire une mission qui, je crois, avait été à ce moment-là la plus longue méarete moderne de l'armée, je crois que c'était un peu moins de 50 jours, mais je pensais que c'était vraiment une exception, que c'était les forces spéciales qui partaient en tout petits groupes hyper mobiles sur d'aussi longues périodes, mais visiblement, non. J'imagine bien que ça devait être un sacré challenge d'un point de vue logistique à organiser. Est-ce que ça a changé pour toi une fois de retour en France ? Est-ce que tu as une vision par exemple de la préparation physique ou opérationnelle un peu différente ? Est-ce que tu t'es rendu compte sur le terrain peut-être un peu plus de l'importance de certains exercices ou en tout cas est-ce que ça t'a fait, est-ce que ça t'a peut-être ouvert les yeux sur certaines réalités du terrain qu'on n'a pas forcément et c'est normal quand on n'est pas encore déployé ?

Ketty Alors oui, forcément ça change beaucoup de choses. Je vais juste revenir sur une petite précision pour le premier RPM. donc ça c'est vraiment des forces spéciales. Ça n'a rien à voir avec les forces conventionnelles comme nous sommes nous. Ils ont des missions très spécifiques en petits groupes alors que nous en fait on est des escadrons constitués. Donc un escadron c'est environ 100 personnes. On ne peut pas se déplacer de la même manière. La logistique est énorme autour. Les missions ne sont pas les mêmes. Donc, ce n'est pas trop comparable. Mais oui, il y a des missions où on peut partir en effet trois semaines sur le terrain et il y a une logistique au sol avec les camions mais il y a aussi une logistique par les airs parce qu'on peut être ravitaillé par air en carburant, en eau, en nourriture. voilà, c'est des denrées qui sont larguées par l'eau sur nos zones. Et du coup, pour revenir à la question précédente, oui, en fait, ça a changé beaucoup de choses au niveau personnel déjà dans mon accomplissement d'avoir l'impression de vraiment servir la France, d'être un soldat, d'être pleinement intégré dans mon régiment parce qu'ici, évidemment, tous les personnels partent en mission et je pense que c'est aussi le propre du militaire de défendre son pays. Il y a plein de vecteurs en fait pour servir son pays, c'est-à-dire qu'on n'est pas forcément obligé de partir six mois de l'année en opération. tous les postes de soutien et logistique servent le pays, évidemment, mais la finalité, c'est vraiment la défense de la France en opération extérieure et c'est la partie, on va dire, la plus opérationnelle et je pense que c'est quelque chose qui est très important dans la vision du militaire. ça a changé des choses aussi en moi, évidemment, parce qu'on voit des choses en opération, on voit des pays différents, des organisations, des contextes politiques organisationnels différents au sein d'un autre pays et ça permet déjà de s'ouvrir au monde, de gagner un peu de culture, on va dire de culture d'homme du monde sur ce qui peut être fait ailleurs et puis de se dire qu'en France, on a énormément de chance, voire autant de droits, ce qui n'est pas le cas en fait dans tous ces pays. Les militaires, du coup, nous, on est aussi garant d'apporter déjà la paix dans ces pays qui sont un peu instables et de protéger évidemment les intérêts de la France, mais aussi d'être garant d'une certaine stabilité et sécurité.

Loïc Juliette, du coup, merci beaucoup Kéti pour ces précisions et ces explications sur ce que tu as pu vivre en OPEX. Je reviens sur un point lié au monde équestre, aux compétitions. Juliette, j'avais vu dans ta fiche de présentation que tu participais à de nombreuses compétitions à haut niveau. Du coup, comme on vient d'évoquer la logistique en OPEX, je me dis qu'il doit y avoir quand même aussi une sacrée logistique quand on court avec des chevaux. Comment est-ce que ça s'organise ? Est-ce que quand tu pars, d'ailleurs, est-ce que tu pars qu'en France ou parfois aussi à l'étranger, comment est-ce que tout ça est organisé ? Est-ce que tu pars seul, toi, avec ton van et ton 4 en compétition ou est-ce qu'il y a toute une logistique qui se met en place autour d'un événement type compétition équestre avec plusieurs chevaux, du matériel ? Est-ce que vous partez en une sorte de délégation pour aussi représenter l'armée et j'imagine peut-être profiter de l'événement pour communiquer sur peut-être certaines valeurs de l'armée, des besoins de recrutement, etc. Bref, c'est quoi un peu la face cachée de l'iceberg des compétitions équestres quand on est militaire ?

Ketty Alors, déjà, pour ma part, je fais des concours qu'en France. Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire des concours internationaux, mais j'aimerais bien l'idée. En fait, ça dépend. Tous les fonctionnements ne sont pas les mêmes dans les sections équestres militaires. Moi, je sais que moi, j'ai la chance de pouvoir concourir. J'ai trois chevaux. J'arrive à trouver des concours qui sont adaptés pour mes deux chevaux un peu plus âgés et en même temps, mon jeune cheval qui est en formation. Donc, ça fait une pierre de coup pour partir, on va dire, deux, trois jours en concours avec le poids lourd où je dors la plupart du temps sur place dans la couchette du camion.

Loïc Un poids lourd estampillé, armé de terre, etc. C'est pas le… Oui, excellent. Oui, oui,

Ketty oui, oui, on représente l'armée de terre jusqu'au bout. Ensuite, j'ai une autre partie où je suis coach également, où j'emmène mes élèves de mon association en concours pour pouvoir les qualifier pour les championnats de France club, époné, chaque année en été à la mode beuron. Donc, il y a vraiment deux parties, ma partie où moi, j'essaye de performer un maximum avec mes chevaux et me former et l'autre partie, coaching, où je forme mes élèves à être les meilleurs jusqu'au championnat.

Loïc C'est quoi du coup les ingrédients essentiels pour être un excellent cavalier, en tout cas le meilleur cavalier dans un contexte militaire ? D'ailleurs, je ne sais pas si c'est tellement différent des qualités requises pour être un très bon cavalier tout court, mais tu dirais que c'est quoi pour toi qui forme ces jeunes talents ? C'est quoi les qualités essentielles ? Et au-delà des qualités, parce qu'évidemment, ça ne suffit pas, quel travail il faut mettre en place pour performer au plus haut niveau en tant que cavalier ?

Ketty Pour moi, ce n'est pas travailler seul. C'est d'être encadré un maximum même en tant qu'enseignant ou même en tournant sur de belles épreuves. Il faut toujours être observé et aider pour être meilleur parce que travailler seul, on obtient facilement des défauts et moi, j'essaie d'être encadré au maximum pour pouvoir être au mieux pour moi-même, mes chevaux et mes élèves.

Loïc Excellent. Parce que dans la préparation, c'est quoi les grands domaines sur lesquels vous vous concentrez ? J'imagine qu'il y a les aspects techniques, avec le cheval ? Est-ce qu'il y a de la préparation physique également, de la préparation mentale ?

Ketty Ça, ça dépend à chaque fois de chaque personne. L'entraînement du cheval, oui, il y a une préparation physique à faire entre le cavalier et le cheval. Après, préparation mentale, ça dépend de chaque cavalier, c'est une maîtrise de soi. Moi, j'ai toujours aimé cavalier de respirer, on va dire, cinq fois tranquillement avant de rentrer en piste pour être bien. Et ça marche par du temps. Mais j'ai la chance d'avoir des cavaliers pas trop stressés. Et moi non plus, je ne suis pas très stressée quand je concours. Je vais être plus stressée sur des oraux devant des autorités que quand je concours avec mon cheval. je me sens à l'aise et je suis dans mon élément lorsque je suis en compétition. Il n'y a pas de stress. J'arrive à le maîtriser en tout cas.

Loïc D'accord.

Ketty Après, on a la chance des armées d'avoir des outils à notre disposition. Évidemment, pour la préparation physique, la préparation physique, elle se fait naturellement parce qu'on doit rester toujours apte physiquement et toujours prêt. Donc, c'est du sport au quotidien. donc, je pense que pour ça, on est prêt. On monte la cheval tous les jours. Donc, vraiment, en termes de préparation physique pure, c'est un peu facile, on va dire, dans notre métier. Et ensuite, pour la préparation mentale, on a la chance aussi d'avoir à disposition dans nos armées des moniteurs d'ORFA. Donc, l'ORFA, c'est la technique d'optimisation des ressources des forces armées et c'est tout simplement de la préparation mentale.

Loïc Qu'est-ce qu'il, pour vous, P, qui a, que le lien entre un cavalier et une cavalière et son cheval est un lien de qualité ? Est-ce qu'il y a des critères qui sont absolument évidents, qui sont indispensables pour que la relation soit une bonne relation ?

Ketty Alors déjà, moi, je pense qu'il faut que ce soit fait dans un premier temps dans le respect du cheval. Le cheval, il faut qu'il soit volontaire au travail. Il faut qu'il trouve que le jeu qu'on lui propose, il est sympa et qu'il y adhère. si le cheval n'y adhère pas, c'est que soit il y a une gêne physique, soit il y a une gêne mentale, psychique, à l'exercice qu'on lui propose. Et donc, si il y a une gêne, déjà, on doit chercher d'où ça vient. Il y a pas mal de signes, en fait, qui peuvent nous montrer que le cheval, il n'est pas bien dans ce qu'il fait. Des fois même plus que de signes qui nous montrent qu'il est bien. C'est-à-dire qu'on a beaucoup de petits signes de mal-être qui sont facilement décelables. Et après, comme signe de bien-être et d'adhésion à ce qu'on fait, déjà, il y a simplement la performance sportive et la performance sportive dans le temps. C'est-à-dire que si un cheval est volontaire pour toujours franchir les obstacles, pour aller vite, pour toujours donner le meilleur de soi-même, c'est que, normalement, si ça dure dans le temps, c'est un cheval qui est d'accord avec ce qu'on lui demande. Si un cheval commence à refuser, de sauter, à s'arrêter, à essayer de ne pas aller faire l'exercice, là, en fait, on va se poser des questions de savoir s'il y a un problème et c'est la complexité de la chose parce qu'il ne parle pas, évidemment. Donc, on va devoir creuser pour savoir si c'est de notre faute, si on lui a bien demandé les choses, si on a tout fait correctement, si physiquement, tout va bien et si le cheval est bien dans sa tête. Pour l'instructorat militaire et l'équitation, pour passer maître de manège, on a un gros examen militaire à passer et dans cet examen, on doit proposer un mémoire. Donc, on doit écrire un mémoire d'environ 60 pages et de soutenir à l'examen et pour mon sujet de mémoire, il y a deux ans, j'avais choisi le bien-être équin dans les sports équestres militaires. C'est un sujet qui est vraiment très important en ce moment dans le monde équestre où on essaye un maximum de pouvoir faire adhérer nos chevaux qui se sentent le mieux possible dans nos disciplines sportives mais aussi au quotidien dans l'entretien et leur vie aux écuries. Essayer d'aller vraiment au plus près de tous leurs besoins physiques, psychiques, vraiment les besoins vitaux des chevaux qui peuvent passer par l'alimentation, par la sortie du box, au pré, au paddock, par les relations sociales avec leurs congénères. Donc, il y a beaucoup de travaux qui sont faits là-dessus en ce moment. Donc, on essaye vraiment de balayer un maximum ce qu'on peut améliorer et ce qui peut être fait pour que l'équitation qu'on pratique dans l'armée, dans les armées, soit la plus respectueuse des chevaux et la plus sécuritaire parce qu'un cheval qui est content d'aller travailler, c'est un cheval qui n'aura pas de mauvais comportement, susceptible de faire tomber le cavalier, par exemple.

Loïc D'accord. Pour toi, Juliette, est-ce que tu aurais d'autres critères, une approche différente ou complémentaire ?

Ketty Moi, je suis totalement l'avis de Kétsi là-dessus. Pour une bonne performance et un cheval qui va bien, c'est vraiment un cavalier en liant avec son cheval et qui répète ses gammes tout au long de la saison mais à être bienveillant, que le cavalier soit bienveillant sur les besoins de son cheval quotidiennement. mais je suis totalement l'avis de Kétsi là-dessus.

Loïc Très bien. Super. Eh bien, écoutez, je pense qu'on a fait le tour. C'était absolument passionnant d'en apprendre plus sur votre univers. Je vous l'ai dit qui pour moi était relativement peu connu, enfin, complètement inconnu même, même si j'ai fait un peu d'équitation mais plutôt western quand j'étais petit du barrel racing. Je ne sais pas si ça vous parle mais voilà, j'ai fait ça. Donc, un peu rien à voir. Mais vraiment, merci beaucoup à toutes les deux. Merci Kéty, merci Juliette. Juliette, je te souhaite un excellent portage de flammes. Je ne sais pas si c'est le bon terme. 1 juin. Et puis, je vous souhaite de vous régaler pour les jeux. Vous avez des compétitions à venir qui approchent pour toutes les deux ?

Ketty Pour ma part, oui.

Loïc Ça sera quand ?

Ketty Le week-end prochain, le week-end du 21-23.

Loïc Ah, excellent. Excellent, excellent. Et pour toi Kéty ?

Ketty Et pour moi, jeudi vendredi.

Loïc Ah oui, ok, c'est là tout bientôt. Ok, très très bonne compétition. Merci encore à vous deux et puis je vous souhaite une excellente continuation.

Ketty Merci beaucoup.

Loïc Merci d'avoir écouté cet échange avec Kéty et Juliette jusqu'au bout. J'espère que vous en aurez appris un peu plus sur l'univers équestre de l'armée de terre. Excellent 14 juillet à toutes celles et ceux qui écoutent cet épisode le jour de sa sortie. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir le podcast, vous pouvez le faire en partageant cet épisode à un maximum de personnes autour de vous, en vous abonnant, en laissant une note ainsi qu'un commentaire sur votre plateforme d'écoute. et pour celles et ceux qui souhaiteraient soutenir les frappés financièrement, eh bien vous pouvez le faire via la plateforme Tipeee. Le lien est en description. Autrement, rendez-vous sur tipee.com slash les-frappés. C'est à partir de 1 euro par mois et chaque euro compte. Merci à vous. A bientôt pour un nouvel épisode. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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