Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·113 Trail #BikingMan #champion du monde #vélo

09 mai 2023

Devenir championne du monde du 100km en 07h04 avec Floriane Hot

Durée · 52 min · Transcription disponible

Floriane

Le récit

Floriane est contrôleuse aérienne 🛩️ par vocation et runneuse 🏃‍♀️ par passion.

Parlons de la course à pied. Sur sa dernière épreuve, elle a maintenu un rythme de 14 km/h pendant... 07h04' et sur une distance de 100km 😳

Elle a d'ailleurs remporté les championnats du monde de la discipline dès sa première participation à Berlin en août 2022. Exceptionnelle !

On a discuté de sa préparation à de telles distances, du mental sur des épreuves aussi longues, de ses apprentissages. Un échange super intéressant avec une passionné aussi humble que souriante (oui, ça s'entend même sur un épisode de podcast).

Merci encore Floriane, on se retrouve quand tu veux à la Sainte Victoire pour un run - mais pas trop vite hein 😅

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #56 - Benoit Bigot - Cyclisme ultra-distance, vainqueur de la RAF, BikingMan - Le fixie comme philosophie de vie
👉 Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant

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Transcription

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Floriane Les frappés de la course du 100km en 07h04 avec Floriane Hot. Quand j'ai regardé la montre au bout de 3h de course, je me suis dit que 2h, 2-3h, il m'en reste 5. Là, tu te dis pourquoi tu penses à ça ? J'oublie. Moi, bizarrement, j'ai l'impression que je souffre beaucoup plus sur un D-Born que sur un marathon, par exemple.

Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Salut Floriane !

Floriane Salut Loïc !

Loïc Très très content de te recevoir sur le podcast. Enfin, j'ai envie de dire, parce que ça faisait un moment que j'avais entendu parler de toi. J'avais aussi entendu parler de Nicolas, ton compagnon. Je crois que votre kiné, vous avez parlé du podcast. Enfin bon bref, il y a eu plein de signes.

Floriane Exactement, ouais !

Loïc Donc voilà, là on y est, ça y est. En plus, pas très loin l'un de l'autre. Oui. Tous les deux à Aix-en-Provence. Donc voilà, merci beaucoup, beaucoup, beaucoup pour ton temps. J'ai hâte qu'on puisse rentrer dans le vif du sujet, que tu nous expliques un petit peu ce que tu fais. Parce que je t'avoue que ça me fascine quand même quand je vois ce que tu as réalisé notamment récemment. Et donc, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, de nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui et quel a été ton parcours.

Floriane Alors déjà, bonjour à tous. Merci Loïc pour l'invitation. Donc, je m'appelle Floriane Hodge, je suis toulousaine. J'habite à Aix-en-Provence depuis maintenant dix ans. Et dans la vie, je suis contrôlée aérienne, donc depuis une dizaine d'années. Et j'adore mon métier. Je dirais que c'est un peu aussi mon autre passion avec la course à pied. Et du coup, je cours, on va dire, depuis un peu toujours, parce que j'ai fait un peu d'athlée étant plus jeune. Ensuite, j'ai fait des années de foot féminin en région de Toulousaine. Et ensuite, en arrivant sur Aix, c'est vrai qu'au lieu de retrouver une équipe féminine de foot, je me suis dit pourquoi pas me lancer, enfin pourquoi pas faire un peu de course à pied, sachant que pour le foot, on est toujours un peu obligé de garder une condition physique. Donc, je courais, on va dire, une à deux fois par semaine quand il n'y avait pas forcément d'entraînement de foot. Et du coup, j'ai fait un premier marathon en 2014, un peu sur un coup de tête, on va dire. Et ensuite, je me suis dit que c'était plutôt cool. Et du coup, je me suis dit que j'aimerais bien essayer de progresser. Et puis, c'était l'occasion aussi de rencontrer du monde sur Aix, etc. Parce que moi, je n'étais pas forcément de la région non plus. Donc, j'ai rejoint le club d'Aix-Até-Provence en 2016. Et depuis, je cours encore.

Loïc Excellent, excellent. Alors, tu ne le dis pas, mais tout récemment, tu viens quand même de pulvériser un record qui était le record d'Europe, je crois, c'est ça, sur le 100 km ?

Floriane Oui, c'est ça.

Loïc Voilà, donc 100 km déjà. Bon, tu dis que tu cours un peu, tu n'as pas précisé la distance, mais 100 km. Que tu as fait en 7h… Alors, j'ai 7h42 l'ancien record et le tien, c'est… 7h04.

Floriane 7h04.

Loïc 7h04. Oui. Ok. Donc, voilà, ça positionne un peu le contexte quand tu dis que tu cours. Je ne savais pas, par contre, que tu étais toujours contrôleuse aérienne. J'avais vu que tu avais commencé… Enfin, je savais que c'était la formation que tu avais eue. Oui. Comment tu arrives, peut-être pour commencer par ça, comment tu arrives à jongler entre ta prépa pour finalement des distances complètement folles, où j'imagine qu'il y a beaucoup de volume d'entraînement, ou pas d'ailleurs, tu vas nous dire, et un métier où il faut quand même être assez lucide, je suppose. Oui, c'est sûr.

Floriane Pour l'instant, c'est plutôt bien passé. Après, c'est vraiment depuis l'an dernier que j'ai fait une aussi grande distance, que j'ai décidé de monter, on va dire, sur 100 km. Avant, je faisais plus du marathon. Donc, c'était aussi des gros volumes d'entraînement, mais on va dire, je n'ai pas commencé. Enfin, depuis 2016, je suis montée crescendo. Avant, c'était 2-3 entraînements par semaine maxi. Et c'est vrai que l'an dernier, je suis passée à 2 entraînements par jour, quasiment tous les jours. Donc, c'est vrai que ça a changé. Bon, mais après, mon rythme de vie a changé aussi. Tout s'est mis en place un petit peu au fil des mois et des années. Mais après, c'est vrai que d'un point de vue boulot, j'ai quand même pu... Enfin, j'ai eu la chance de pouvoir m'arranger assez facilement l'an dernier. Notamment, pouvoir poser des congés pour les grosses semaines d'entraînement. Parce que oui, c'est vrai qu'il y a quand même du gros volume. J'ai fait des semaines à plus de 200 km. Donc, c'est vrai qu'avec 2 entraînements par jour, c'était compliqué de travailler à temps plein. Donc, c'est vrai que j'ai pu poser des congés sur les grosses semaines. Et j'ai pu aussi m'arranger un petit peu avec mes collègues et mon chef pour ne pas travailler les jours où il y avait des grosses séances. Et adapter un petit peu. Des fois, quand c'est hors prépa, j'arrive aussi à aller courir sur ma pause de midi le repas. Donc, franchement, ça se passe super bien. Et je suis super soutenue aussi à mon travail. Donc, c'est mot suivant aussi.

Loïc Oui, j'imagine. Qu'est-ce qui t'a motivé finalement à monter crescendo, comme tu dis, dans les distances ? Il y a des gens que j'imagine qui s'éclatent tout à fait sur du 10 km, qui restent sur du 10. Toi, c'est quoi qui t'a poussé à faire du toujours plus long ?

Floriane Moi, bizarrement, j'ai l'impression que je souffre beaucoup plus sur un 10 born que sur un marathon, par exemple. Donc, c'est peut-être pour ça. Mais non, mais en fait, je ne sais pas. J'adore, en fait, le marathon. Je trouve que c'est fou comme distance. En fait, c'est ce que je préfère, c'est courir longtemps sur une longue distance. Et c'est aussi pour ça, en fait, je pense que je suis montée après sur 100 km. Après, c'est Nico, du coup, mon conjoint, qui m'a un petit peu glissé cette idée, on va dire. Mais c'est vrai qu'il m'a dit, écoute, tu aimes bien courir longtemps, tu aimes bien borner. À chaque fois, c'est vrai que des fois, même sur les prépas marathons, j'avais tendance à rajouter un petit peu plus de kilomètres que ce que le coach disait. Donc, il m'a dit, pourquoi tu ne tentes pas ? Et puis, c'est vrai que ça m'a déçu de plus. Je me suis dit, pourquoi pas tenter ? On va dire, je ne sais pas si j'arriverai au bout, mais qu'il ne tente rien à rien. Et puis, ça me plaisait bien. Après avoir enchaîné plusieurs marathons, je me suis dit que ça allait changer un petit peu.

Loïc Waouh ! Et alors, avant qu'on rentre dans le détail des 100 km, tu es tant sur marathon pour qu'on ait aussi une idée des rythmes et qu'on puisse un peu comparer sur 100 km. Tu faisais combien sur ton premier marathon et sur peut-être le dernier que tu as fait avant le 100 km ?

Floriane Alors, le premier, on va dire 100… Enfin, je m'étais entraînée un peu à l'arrache, je n'étais même pas en club et tout ça. J'avais fait 3h40 sur celui de Toulouse.

Loïc Ah oui, quand même déjà !

Floriane Et ensuite, je suis montée, enfin j'ai descendu un peu crescendo. J'avais fait 3h20 à Paris, 3h05 à Florence en Italie. Et après, je suis passée sous les 3h à Paris aussi en 2h55. J'ai fait Valence en 2h54 et mon dernier meilleur chrono, c'est 2h41 à Valence en 2021, fin 2021. Waouh !

Loïc Ok ! Donc, ça va vite ! Ça va vite ! Ok ! Et du coup, parce que quand on voit ton rythme sur le 100 km… Alors, attends, déjà peut-être avant de parler du rythme… Le 100 km, comment est-ce que ça se présente en fait ? Ce n'est pas du tout du trail, c'est sur route ? Oui ! C'est gros point ! Et donc, c'est sur des pistes qui sont fermées ? Comment c'est organisé concrètement ? Ça dépend en fait.

Floriane Moi, je fais mon premier 100 km. Donc, c'est les championnats de France à Bellevaisse en avril 2022. Et là, en fait, c'était un parcours en nature. Enfin, en nature, c'était de la route, je veux dire. Mais on est passés dans des villages. On a fait un circuit assez sympa parce que du coup, on n'est pas repassés deux fois au même endroit, sauf sur une petite boucle. Donc, du coup, c'était hyper cool. Après, c'était vallonné. Donc, pas évident parfois aussi de caser des montées et des descentes sur 100 bornes. Bon, ça fait… enfin, il fallait travailler différemment. Donc là, c'était comme ça. Et après, par contre, sur les championnats du monde que j'ai fait à Berlin en août, là, par contre, c'était des boucles de 7,5 km. Enfin, 7,5 km. Donc, en fait, on a fait 13 fois la boucle. Et en plus, ce n'était même pas une boucle. En fait, c'était vraiment un aller-retour sur 3,5 km. Donc, c'était 3,5 km, 3,5 km. Enfin, voilà quoi. Et en fait, ils sont un peu obligés parce que pour… enfin, quand j'avais fait les championnats de France, j'avais Nico qui me suivait en vélo pour le ravitaillement, etc. Mais sur les championnats du monde, on est tellement que chacun ne peut pas avoir son vélo. Donc, en fait, ce système de boucle, je pense que ça permet aussi que… Les ravitaillements sont au même endroit. Et à chaque boucle, nous, on pouvait récupérer les ravitaillements qu'on avait laissés, dont on avait besoin, quoi. D'accord.

Loïc Ok. Ça, ça va être intéressant quand on va aborder la partie mentale, je pense, parce que gérer 13 boucles pendant 7 heures. Wow. Ok. D'accord. Et donc là, cette année, tu en as fait 2 des 100 km. Mathissa, tu as fait les championnats de France en avril. Oui. Et en août, c'était Berlin.

Floriane Championnat du monde à Berlin, oui. Oui, exactement. C'est les 2 sommes que j'ai faits, en fait.

Loïc Oui. Ok, d'accord. Punaise, t'attaques fort. Donc, championne du monde sur ta première participation, c'est pas mal. Ok. Ok. Alors, du coup, si on rentre un peu dans le détail, tu dirais, comment t'expliquerais l'effort sur un 100 km versus un 42 ? Comment est-ce que tu le gères ? Est-ce qu'il y a des douleurs ? On parle tout le temps du fameux mur du 30e sur le marathon. Est-ce que tu as l'équivalent sur un 100 km ? Ça se présente comment ?

Floriane C'est vrai qu'on en avait un peu parlé avant. Je m'étais assez renseignée auprès de personnes qui avaient déjà fait des 100 km parce que moi, je ne connaissais pas trop. On m'avait plutôt parlé du mur du… Enfin, au marathon, c'est le mur du 30e. Là, on m'a parlé du mur du 70-80. Déjà, tu te dis « Bon, ok, si j'arrive là, bon ». Et après, tu te dis « Bon, prendre le mur sur marathon, c'est déjà pas rigolo. Donc, prendre le mur sur 100 bornes, je pense que c'est encore moins drôle. Donc, le but, c'est quand même de l'éviter ce mur et au moins de le reculer au maximum. Donc, après, l'effort, il est assez similaire. C'est-à-dire que ça reste quand même de l'endurance, même si bien sûr, sur marathon, on va quand même beaucoup plus vite que sur 100 bornes. Mais voilà, je pense que c'est ce que j'aime dans cet effort, c'est que c'est beaucoup de la résistance et il n'y a pas trop de notion de vitesse. Et après, c'est aussi gérer sa course encore plus sur 100 km. C'est-à-dire que vraiment s'écouter et respecter, c'est une allure qui nous semble facile au début, bien sûr, parce qu'il faut la tenir sur beaucoup de kilomètres. Donc, voilà, c'est tout ce qui me plaît, en fait, sur les efforts longs.

Loïc Excellent. Enfin, tu dis qu'il y a moins la notion de vitesse, mais tu étais quand même à quoi ? 14 km heure, c'est ça ?

Floriane Oui.

Loïc Donc, voilà. Mais ok. Et d'ailleurs, vraie question par curiosité, parce que moi, je ai fait un seul marathon et je me suis pris ce fameux mur au 30e. Mais il y a quoi, en fait, derrière ce mur ? Physiologiquement, ça correspond à quoi ? Une déplétion de certaines ressources ? Tu sais un petit peu ce qu'il y a ?

Floriane En fait, les jambes, elles n'avancent plus. C'est-à-dire que tu as les jambes un peu coupées, quoi. J'avais failli le prendre à Valence il y a deux ans. Vers le 30e, j'ai baissé mon allure. Et en fait, tu as envie d'avancer, mais tu n'arrives plus à garder le rythme que tu as. Donc, je ne sais pas. Après, ça peut être plein de facteurs. En fait, ça dépend de la forme du jour J. Ça peut être un problème d'alimentation. Ça peut être d'être parti trop vite. Enfin, voilà. En fait, ça peut être plein de choses. Mais en gros, tu n'arrives plus à garder l'allure que tu souhaitais sur tes 42 km.

Loïc Et donc, ça, pour l'éviter, tu l'as pris d'ailleurs sur les 200 km que tu as fait ? Non, non, non. Tu as eu cette expérience ? Non, non, non. Ah ouais, génial. Et tu penses que c'est quoi alors dans ta préparation qui fait que tu as pu l'éviter ? Je ne sais pas. Il n'y a pas de certitude que tu l'aurais eue après. Non, non, non. Est-ce que tu l'avais préparé ?

Floriane Oui. Après, je pense que c'est un tout. C'est-à-dire que c'est justement quand on se prépare sur une course, déjà beaucoup d'entraînement, beaucoup de volume. Après, c'est travailler une allure spécifique à l'entraînement. Donc, bon, après, bien sûr, on ne travaille pas que cette allure qu'on veut tenir sur la course. Mais par exemple, tous les dimanches, mes sorties longues, c'était à l'allure que je souhaitais tenir sur les championnats du monde. Et donc, il y a ça qui est très important. Et ensuite, il y a tout l'aspect nutrition aussi. Parce que c'est ça aussi des fois, surtout sur les efforts longs, encore sur le marathon. Je trouve que tout dépend. Mais c'est vrai que oui, si une mauvaise alimentation, une mauvaise gestion aussi de l'hydratation, ça peut entraîner que les jambes n'avancent plus. Donc, je pense que c'est vraiment un tout. Mais voilà, l'entraînement plus combiné à une nutrition bien réglée, c'est un tout. Mais au final, la nutrition fait aussi partie de l'entraînement parce que quand je m'entraînais, je m'entraînais aussi à manger ce que j'allais manger le jour de la course et tout ça. Donc, tout est lié en fait. Après, on n'a aucune certitude. C'est pour ça que ça fait toujours peur, surtout sur le premier. Quand je suis partie, je me suis dit OK, bon, je l'ai tenu sur 60 km. C'est le maximum que j'ai fait à l'entraînement. Mais après, il reste presque un marathon et ça, c'est l'inconnu. Donc après, c'est le corps qui décide d'être cool, de tenir. Et après, bien sûr, l'entraînement qui était derrière, même si j'avais fait que 60, je l'avais fait après une semaine hyper chargée en volume. Donc, faire 60 bornes après avoir déjà fait 150 km dans la semaine, c'est pas faire 60 km en étant tout frais. Donc voilà, il y a tout ça qui joue aussi.

Loïc Et comment tu gères la récupération quand tu fais de telles distances ? Tu vois, 150, 200 km sur une semaine quand tu dois en enchaîner plusieurs ?

Floriane Ça se passe comment ? Je vais voir le kiné. Je vais voir le Xavier. Non mais si, ça fait partie de la récup, kiné, ostéo. Après, beaucoup de sommeil. Par exemple, tu fais une séance le matin, tu fais une sieste après, avant de pouvoir repartir courir le soir. Et ensuite, pareil, la nutrition. Pensez à bien manger, on va dire équilibré ou des choses qui t'apportent ce dont tu as besoin pour bien te régénérer en fait, bien régénérer le corps. Et après, moi, j'ai ajouté aussi un peu, on a des bottes de compression à l'appart. Et du coup, je faisais ça aussi. En fait, c'est tout ce qui peut te permettre de te ressourcer au maximum pour enchaîner les kilomètres et les séances.

Loïc Ouais. Le fait de nager, est-ce que ça peut aider ? Parce que je te demande parce qu'on n'est pas très loin de la mer quand même, toi et moi.

Floriane Pas pour moi. Moi, je pense que non, je ne suis vraiment pas un poisson dans l'eau. Donc, je pense que ça m'épuiserait plus qu'autre chose. Et puis, je n'aime pas trop trop ça.

Loïc Ok. Ok. Et donc, quand tu pars sur des semaines… Alors, je ne sais pas si toutes tes semaines faisaient 150-200 kilomètres d'entraînement, mais quand tu préparais, on va peut-être commencer par ça, ton premier 100 kilomètres sur les championnats de France à Bellevaisse, c'est ça ? Ouais. La préparation, ça a ressemblé à quoi ? Elle a commencé combien de temps en avance et comment est-ce que tu l'as structurée dans les grandes lignes ?

Floriane Dans les grandes lignes, je me suis décidée en janvier, en fait, à le faire. J'ai soumis l'idée à mon coach. Il m'a dit non, non, non, tu ne fais pas ça. Tu restes sur marathon. Le 100 kilomètres, ce n'est pas pour maintenant. Et puis bon, j'ai dit allez, s'il te plaît. J'étais motivée, j'étais motivée. Donc, petit à petit, il a lâché, quoi. Il s'est dit bon, ok. Par contre, lui, de son côté, il n'avait jamais non plus fait, enfin, encadré de personnes sur cette distance-là. Donc, il n'avait pas envie de faire n'importe quoi. Donc, c'est beaucoup renseigné, pareil, auprès de personnes qui avaient l'habitude. Et après, en fait, c'est un peu comme une prépa marathon. C'est en plusieurs cycles. Donc, un premier cycle de foncier où on va faire beaucoup de renflos, etc. Après, je ne sais plus. Enfin, il y a la vitesse à un moment donné. Et après, c'est les grosses semaines de charge, on va dire. Et ça, on avait eu la chance de pouvoir partir au Kenya avec Nico. Parce que justement, on avait prévu de partir à ce moment-là. Et à la base, moi, c'était aussi beaucoup pour découvrir l'endroit parce que je ne connaissais pas et que ça me disait bien. Et du coup, je m'étais dit, ça peut être aussi l'occasion de préparer un 100 km. Parce que là-bas, tout est fait pour courir. Et surtout, moi, je n'étais jamais partie en stage athlée. Donc là, c'était la première fois que je faisais vraiment trois semaines où je pensais qu'à ça. Courir le matin, le soir, se reposer, les soins. Donc, du coup, voilà. Après, en termes de volume, c'est sûr qu'il y en a un peu plus. Enfin, il y en a quand même beaucoup plus que sur marathon, mais pas non plus énorme. Parce que sur marathon, j'étais déjà, on va dire, à 150 km, 160 semaines. Et là, sur les grosses semaines, j'étais passé à 200. Mais la différence n'est pas non plus énorme.

Loïc Oui, oui. OK. Donc, une semaine classique, tu es quand même autour de 100, 150 km. Oui. Ah oui. Oh là là, punaise. OK. En prépare. Oui, bien sûr. C'est intéressant que tu t'évoques le Kenya. Parce que c'est vrai que, bon, moi, j'ai découvert un peu ce que faisait Nicolas Navarro. Donc, ça fait plusieurs fois qu'on parle de ton compagnon. Mais s'il y en a qui ne connaissent pas, il a été premier français sur le marathon à Tokyo en 2020. Et il est récemment passé pro, il me semble, juste avant toi avec On. Oui, c'est ça. On Running, la fameuse marque suisse. Et donc, j'avais vu qu'il était parti faire ce stage au Kenya. Je ne savais pas que tu l'avais fait aussi. Qu'est-ce qu'il y a de spécial en fait ? Tu parles de l'environnement, le fait que tout est prévu là-bas pour la course. Qu'est-ce qui fait qu'un stage de trois semaines au Kenya, c'est une expérience vraiment différente pour des gens qui font de l'athlée comme Nico et toi ?

Floriane Après, je pense que ça dépend de chacun et ça dépend de comment chacun aussi vit son expérience. Mais c'est vrai que c'est déjà découvrir une nouvelle culture. Et puis bon, là-bas, leur culture, c'est de courir. Donc en fait, tu vas dehors, tu vois tout le temps quelqu'un courir. Puis c'est le fait de pouvoir courir en groupe, s'entraîner en groupe. C'est tout ça. Et après, ce qu'ils jouent aussi, c'est forcément l'altitude parce que c'est Aiten, là où on va. C'est au plateau en fait, Kenya. Et du coup, quand t'arrives, c'est vraiment difficile puisqu'il y a une acclimatation à faire. Et le fait qu'on soit à 2002, je crois, d'altitude, ça fait que c'est beaucoup plus compliqué de s'entraîner. Mais il y a aussi après les bénéfices, les bénéfices quand on rentre et qu'on redescend, on va dire, à l'altitude, quoi. Donc non, c'est un tout. Et puis, c'est vraiment vivre en fait, course à pied pendant trois semaines, un mois. C'était la première fois que je vivais ça. Et en plus, j'ai adoré la vie là-bas, la culture, les gens. Enfin vraiment, j'en garde un super souvenir. J'aimerais bien pouvoir y retourner.

Loïc Oui, trop bien. Et dans tes entraînements, puisque je connais un petit peu, j'ai vu que sur Insta, tu allais de temps en temps courir à la Sainte-Victoire. Est-ce que tu fais en sorte, quand tu es dénivelé, de te mettre dans les mêmes conditions que tes courses, donc a priori plutôt du roulant ? Ou est-ce que tu vas aussi travailler de la puissance en côte ? Est-ce qu'il y a un intérêt à faire ça ou pas du tout ?

Floriane Oui, alors déjà, même les côtes à son note-côte, justement dans le cycle foncier, ils nous ont fait faire beaucoup. Et c'est pour tout ce qui est renforcement, etc. Après, je fais aussi un peu de salle. Justement là, j'avais intégré ça pour le sunburn, aller un peu à la salle pour muscler un peu les gens. Après, je ne suis pas une pro de la musculée non plus. Et après, c'est vrai que vers chez nous, rien n'est plein. Donc en fait, tu es obligé de faire du dénivelé, même si tu ne veux pas. Donc c'est vrai qu'on est tout le temps, même sur des footings, finalement, on se rend compte qu'on fait du dénivelé. Et après, oui, moi j'adore monter à du Vénus, monter à la Tour César, je ne sais pas si derrière ou c'est. Et après, quitte à faire un fartlek là-haut. Alors c'est sûr que tu galères pour monter, mais après déjà, je trouve que dans la nature, la séance, elle passe beaucoup plus vite, beaucoup plus facilement. Et puis, je me dis toujours, finalement, ça fait travailler aussi d'autres muscles. Pareil, la descente, ça fait du renfo. Donc moi, au final, j'adore. Et c'est vrai que des fois, je sais même de négocier quand j'ai une séance sur piste et que je ne suis pas trop motivée s'il y a un peu de vent ou quoi. Je demande au coach, je peux aller faire un fartlek en nature. Sinon, ça passe mieux. Je trouve que la piste, des fois, c'est un peu plus violent.

Loïc Oui. Et sur tes sorties longues, tu fais quoi ? Est-ce que tu en fais des fois la Sainte-Victoire ? Tu vas jusqu'à Pune Biais, tu reviens à Bibémus ?

Floriane Non, ça, je l'avais fait pas mal après le confinement, quand il n'y avait plus de courses et tout ça. Et justement, en fait, j'avais plus du mal à m'entraîner, à faire vraiment des séances avec suivre les allures et tout ça. Donc, je partais. Je partais courir, comme tu dis, vers Puy-Loupier. J'avais fait Puy-Loupier sur toute la crête là, jusqu'à le centre de l'Idex. J'étais partie du centre de l'Idex, j'étais montée à la Croix et j'étais redescendue. En fait, j'adorais. Je partais et je ne regardais pas la montre et puis je faisais mes sorties. Donc, je pense que ça m'avait bien fait au final travailler un petit peu la caisse. Mais après là, sur des prépas spécifiques, je suis obligée quand même de courir à plat. Donc, on va vers les milles histoire de quand même trouver un peu de plat. Parce que là, il faut quand même respecter des allures et dès que ça monte et que ça descend, c'est difficile de se caler. Donc, pour Belves, c'était bien, vu qu'il y avait beaucoup dénivelé. Je pouvais faire des sorties longues des fois sur du terrain un peu vallonné. Mais par contre, pour Berlin, où je savais que ça allait être plat, j'essayais de rester vraiment sur du plat et même de faire des boucles pour m'entraîner à faire des boucles. Parce que du coup, je savais que j'aurais ça à Berlin. Donc, en fait, j'adapte un peu en fonction de la course aussi que j'ai fait.

Loïc Oui, complètement. Alors, tu évoques les boucles. Tu en parlais au tout début. Comment est-ce que psychologiquement, du coup, tu gères ça ? Alors déjà, d'une part, l'effort long. Parce que 7 heures, voilà, il faut quand même à un rythme constant, etc. Donc, je suppose que tu ne te laisses pas trop porter. En fait, tu es constamment en train de vérifier que tu es bien au bon rythme, etc.

Floriane Oui, tu regardes quand même, surtout au début, pour ne pas aller trop vite justement. Parce qu'au début, tu es forcément sur un rythme où tu es bien. Parce que du coup, il peut le tenir longtemps. Donc, au début, c'est plus ça, pas se laisser aspirer. C'est parti très fort, les fils sont partis vite. Donc, du coup, tu te freines en fait pour ne pas te laisser aspirer. Donc, au début, tu regardes bien la montre. Et après, il arrive un temps où tu ne la regardes plus vraiment. Parce qu'en fait, tu ne réfléchis plus tes jambes. Moi, j'ai l'impression qu'elles couraient. Elles avaient imprimé le rythme et elles couraient comme ça. Et surtout, je me disais, pourvu que ça tienne jusqu'au bout, c'est tout. Après, tu t'es dit… Enfin, je n'étais pas tout le temps sur la montre quand même. Ok.

Loïc Et en termes de fréquence cardiaque, tu es à combien sur un effort comme ça en moyenne ? Je ne sais pas.

Floriane Parce que justement, je ne joue plus avec le cardio depuis deux ans en fait. Je le mettais souvent. Je l'avais quand j'avais fait le dernier marathon là où j'avais failli prendre le mur. Et en fait, ça m'irritait vachement au niveau de la brassière. Ça me faisait des brûlures. Et du coup, sur les entraînements, ça me faisait ça. Après, sur la course aussi. Et du coup, ça m'avait un peu gonflé. Donc, je l'avais enlevé. Et c'est vrai que je ne l'ai jamais remis. Mais c'est vrai que j'aurais bien aimé avoir un aperçu. Je pense que là, quand je reprendrai les entraînements, pourquoi pas essayer de retrouver un système pour avoir… Pour voir un petit peu le technique. Nico, lui justement, il bosse… Enfin, il a tout le temps son cardio. Et alors, il ne fait pas de séance avec son cardio. Mais ça lui permet de savoir, lui, s'il est en forme, s'il est fatigué, comment il se connaît beaucoup par rapport à ça. Moi, c'est vrai que je n'ai pas de notion au niveau de la France Cardio.

Loïc Ok. Comme quoi, c'est loin d'être indispensable.

Floriane Ouais.

Loïc Je crois que c'est Kylian Jornet qui court aussi sans cardio du tout.

Floriane Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout. Mais ouais, c'est possible.

Loïc Ouais, il me semble. Ok. Et sur cette… Si on parle, tu vois, peut-être de Belvesse pour commencer et après, on ira sur Berlin. Mais comment tu découperais cette course ? Déjà, c'était tes tout premiers. Donc, comment tu… Tu étais dans quel état d'esprit, tu vois, au moment de prendre le départ ? Et après, tu vois, quelles ont été peut-être les grandes phases par lesquelles tu es passée pendant l'effort jusqu'à l'arrivée ?

Floriane J'étais au départ en méga stress. Bon, un peu comme tout le temps avant les cours. Mais là, encore plus parce que bon, tu vois, un marathon, quand tu en as déjà fait un, deux, trois, tu te dis bon, je sais que j'en ai déjà terminé un. Donc, normalement, voilà. Après, là, un sans-borne, je ne sais que j'avais aucune idée. Et après, je me disais bon, au pire, si je n'y arrive pas, je n'y arrive pas. Ce n'est pas grave. Et puis après, ce qui était cool, c'est que j'étais avec Nico tout le long. Donc, finalement, j'étais assez rassurée quand même de me dire bon, voilà, il est là. Il arrivait justement à me cadrer un petit peu, à me driver sur certaines portions de course. Parce que là, justement, à Belvesse, là où il fallait faire gaffe, c'est qu'il y avait beaucoup de montées. Et là, le but, c'était de ne pas vouloir forcer comme une dingue dans les montées et se cramer. Plutôt essayer de ralentir le rythme, quitte à perdre un peu de temps. Mais que de toute façon, on reprenait derrière parce qu'il y avait la descente et c'était plus roulant. Donc, c'est vrai que Belvesse, il y avait beaucoup cette... Enfin, le fait de... Enfin, la gestion de course dans les montées et gérer justement ce dénivelé. Donc, Belvesse, c'était un peu la découverte. Quand j'ai passé le 60e kilomètre, je me suis dit bon, OK, là, tu es dans l'inconnu le plus total. Donc, maintenant, croisons les doigts. Espérons que la prépa ait suffi. Espérons que tout ce que j'ai mis en place pour le ravitament tienne. Et puis après, on adaptait aussi un petit peu. À un moment donné, je sentais les mollets qui tiraient comme des crampes qui arrivaient. J'ai demandé plus de ceinture. Par exemple, j'avais prévu de la ceinture sans les bulles. Mais parce que je sais que c'est une eau qui permet aussi de bien réhydrater et qui est bien chargée en minéraux. Donc, adapté aussi un petit peu au fur et à mesure. Et puis finalement, ça s'est bien passé jusqu'au bout. Donc voilà. Et après, Berlin, ça a été encore une autre gestion de course, comme on disait avec les boucles, avec tout ça. Donc, c'est à chaque fois différent.

Loïc Je reviens vraiment sur cette histoire de boucle parce que je ne suis pas un habitué de la course sur piste. Mais je me dis, punaise, 7 heures à faire. Enfin, psychologiquement, c'est quand même un gros paramètre à prendre en compte, non ?

Floriane C'est sûr. Après, je me dis, pire entre guillemets pour le mental, quand je vois le 24 heures, puisqu'on était en stage cet été avec eux, eux, ils font 24 heures sur des boucles encore plus petites. Des fois, c'est sur piste, donc le 400 mètres. Et des fois, là, par exemple, il y avait les championnats d'Europe en septembre. Et c'était sur une boucle de 1,2, je crois, ou un truc comme ça. Donc, tu vois, je me dis, moi, finalement, bon, sans borne sur une boucle de 7,5, c'est pas cata. Mais c'est vrai que ça fait pas rêver quand même, quoi. Honnêtement...

Loïc Mais est-ce que je m'en fais une montagne ? Est-ce qu'ils ont des tips, par exemple, pour se changer d'idée, penser à autre chose ? Ceux qui font les 24 heures ? Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont partagé que t'as pu utiliser toi ? Ou c'est chacun sa sauce ? Je pense que chacun a sa sauce.

Floriane Je pense qu'en fait, il faut quand même un peu s'évader. Enfin, moi, je sais que quand j'ai regardé la montre au bout de 3 heures de course, et que je me suis dit, bon, enfin, au bout de 2 heures, 2-3 heures, et je me dis, il m'en reste 5, en gros. Là, tu te dis, bon, en fait, pourquoi tu penses à ça ? Oublie. Evade-toi dans tes pensées. Après, moi, voilà, j'avais la chance. J'avais beaucoup de mes proches qui avaient fait le déplacement à Berlin. Donc, en fait, le fait qu'il y ait des boucles, c'était quand même cool, parce que ça me permettait de les voir et ça me reboostait. Mais après, c'est vrai que j'ai vraiment beaucoup plus subi ma course qu'à Belves, par exemple. Parce qu'à Belves, le fait qu'il y ait des paysages nouveaux à chaque fois, bon, voilà, là, on se dit, il y a la montée, après, il y a la descente, après, on passe ce village, après, voilà. Donc, en fait, tu découvrais, enfin, malgré tout, même si t'es pas là pour faire du tourisme, mais je veux dire, tu regardes quand même le paysage et c'est sympa. Quand là, t'as déjà fait 2-3 boucles et que tu prends ton ravitaillement, il y a écrit 4 et que tu dis, je vais devoir aller jusqu'à 13 comme ça. Bon, c'est différent. Psychologiquement, c'était un peu plus difficile, mais après, c'est le mental aussi qui prend le dessus. Et finalement, je pense que c'est aussi ce que j'aime dans ces courses, c'est que c'est de la résistance et voilà, il y a aussi beaucoup dans la tête, je pense.

Loïc Ouais, ouais. Qu'est-ce que tu dirais que t'as appris de Belves ? Donc, ta première participation sur un 100 km, encore une fois, tu finis championne de France, qui a pu être utile pour toi sur Berlin ?

Floriane Ben, je pense que c'est la confiance en mon corps, je pense à faire un effort comme ça. C'est vrai que je te disais à Belves au bout du 60ème, je me suis dit bon, maintenant on verra. Et je me disais si mon corps, il me laisse faire ça, enfin, j'en serais encore plus reconnaissante, on va dire. Enfin, je ne sais pas comment expliquer. Du coup, je pense que j'avais une certaine confiance en lui quand même de me dire bon, ben, je l'ai fait une fois. Après, d'avoir vu aussi, de pouvoir enchaîner les prépas, enfin, les kilomètres pendant la prépa, etc. Donc, je pense que c'est, ouais, se faire confiance, faire confiance à son corps, à ses jambes, à son entraînement. Et voilà, après, pas faire n'importe quoi. J'étais partie sur des allures que j'avais travaillées. Donc, c'était quelque chose que j'avais bossé à l'entraînement. Et voilà, après, c'est, comme tu disais, c'est aussi dans la tête. Donc, il se passe plein de choses. Je ne me rappelle pas de tout, même moi, tu vois, des fois, des blackouts un peu. Mais, ouais, après, c'est sûr que sur des courses comme ça, je pense que ceux qui font beaucoup d'ultra ont encore plus. Mais tu apprends beaucoup sur toi et sur ton corps, en fait. Tu as le temps aussi de réfléchir sur ta vie, sur tout ça. Donc, ouais, non, il y a pas mal de choses.

Loïc Et là, côté récupération, parce que finalement, tu as enchaîné tes deux premiers 100 km la même année. Je ne sais pas si c'est commun, si ça se fait beaucoup dans la discipline, mais il t'a fallu combien de temps pour, tu vois, te sentir à nouveau fraîche et prête pour Berlin ?

Floriane En fait, ouais, c'était prévu sans être prévu. C'est vrai que quand je suis partie sur les championnats de France, on avait quand même vu qu'il y avait les championnats du monde en août. Donc, on s'était dit que ça pourrait être fou d'être sélectionné en équipe de France et de les faire. Mais c'est vrai qu'au final, à la base, déjà en faire un, ça me paraissait déjà beaucoup. Donc là, deux en moins de... Enfin, c'était quoi ? C'était avril et août. Donc, c'était assez rapproché. Donc, en fait, finalement, je ne me suis pas trop posé la question de me dire est-ce que j'ai bien récupéré ou est-ce que, voilà, bien sûr, j'ai coupé après Belleveste. J'ai essayé de bien me ressourcer, me régénérer. Mais après, je suis quand même vite repartie à l'entraînement parce qu'en fait, la prépa, elle a commencé assez tôt aussi pour Berlin. Alors, je pense que ça a été aussi un avantage dans le sens où je suis arrivée à Berlin avec une grosse prépa en fait. Comme si j'avais commencé en février, tu vois, janvier, février de l'année. J'avais fait une grosse course en avril. Puis en fait, vu que je n'ai pas énormément coupé, juste assez pour quand même me régénérer et tout. Et après, je suis repartie sur une prépa. Donc, en fait, c'est comme si j'avais eu une grosse prépa, on va dire. C'est plus après Berlin où là, j'ai senti que j'avais vraiment besoin de coupé, besoin de fraîcheur. Et là, je n'aurais pas pu réenchaîner. De toute façon, je n'avais pas prévu à la base, mais je n'aurais pas pu réenchaîner même sur un marathon en fin d'année. Ça aurait été compliqué d'attaquer une prépa en septembre. Ce n'était pas jouable.

Loïc Oui. Oh, putain. Et comment tu as géré cet été la canicule ici ? Ça, c'est une vraie question que je me pose pour tous les sportifs et les sportifs de haut niveau du coin. Quand tous les massifs sont fermés, qu'il fait 40 degrés à l'ombre, tu t'entraînes comment en fait ?

Floriane C'était dur. Franchement, c'était cool. Je m'étonne. Franchement, on s'est dit, mais parce que Nico était en prépa aussi, il préparait à la base les Mondiaux et ensuite les Europes en août. Et franchement, on se disait, mais ce n'est pas possible. Cette année, c'est la fin. Après, peut-être qu'on prêtait moins attention les années précédentes, mais il a fait vraiment chaud tout le temps dans le Sud-Est. Il n'y avait pas de jour off. Il y a des moments où tu as une ou deux semaines où c'est vraiment chaud. Et puis après, ça se calme. Mais là, ça s'est enchaîné. Donc, en fait, on se levait très tôt. On faisait les séances le plus tôt possible pour qu'il y ait un minimum de fraîcheur. Et après, le soir, on y allait tard sans pouvoir y aller trop tard parce qu'il fallait quand même qu'il y ait un temps de récup entre la séance du soir et celle du lendemain matin. Et en plus, on se levait super tôt. Et en même temps, on ne pouvait pas se coucher trop tôt parce qu'il faisait tellement chaud et l'été, c'est plus compliqué. Donc, ouais, non, ça, c'est vrai que ça a été un autre paramètre assez compliqué à gérer la chaleur. Mais voilà, on s'est adapté. Et au final, quand je vois le froid qu'il fait en ce moment, en fait, je me dis, enfin, je ne sais pas ce qui est le pire, en fait, parce que le froid, franchement, je n'aime pas du tout. Donc, je me dis finalement, c'est peut-être plus facile de s'entraîner quand même quand il fait chaud, voilà, tout à se lever tôt et à subir un peu parfois à la fin des séances. Non, le plus compliqué, c'est sur les ravitaillements parce que là, tu ne pouvais pas te dire au pire, je ne bois pas ou au pire, non, non, là, il fallait être tout le temps. Moi, je cours tout le temps avec ma flasque. Enfin, là, je courais tout le temps avec ma flasque et sur les sorties longues, il fallait que je sois tout le temps accompagnée parce que là, par contre, tu ne peux pas survivre sans eau. Ce n'était pas possible, quoi.

Loïc Ouais, non, c'est clair, c'est clair. Si j'ai bien compris, vous vous êtes entraînée avec Nico Ensemble cet été, tu dirais que c'est quoi, en quoi est-ce que ça influence tout ton parcours de sportif, le fait d'être avec un coureur d'un excellent niveau aussi ?

Floriane Moi, ce que je dis, c'est que je pense que ça m'a forcément tirée vers le haut parce que voilà, après, du moment qu'on s'est mis ensemble, de vivre ensemble, de vivre avec lui, c'est vrai que de voir un peu son hygiène de vie, de voir ce qu'il mettait en place pour ses entraînements et tout. Finalement, je me suis un peu mis aussi dans ce process-là sans vraiment… Enfin, je le voulais, en fait, ça me plaisait bien, mais ce n'était pas dans le but au début de vraiment performer à fond et tout. Ça s'est fait un peu naturellement. Et du coup, forcément, je pense que c'est ce qui m'a motivée ou des fois, c'est ce que je dis souvent quand lui, par exemple, il avait deux entraînements par jour. Bon, moi, je ne faisais jamais ça avant. Je faisais un déjà le matin et puis ça allait. Puis des fois, je le voyais aller courir le soir. Donc, je me disais, bon, ok, moi, ça me va. J'ai bien envie d'aller recourir ce soir. Et donc, j'ai commencé un peu aussi à doubler comme ça. Ça s'est fait un peu naturellement. Et puis après, le fait d'avoir le même rythme de vie, la même hygiène de vie, c'est vrai que ça aide aussi. Donc, toute notre vie, elle est calée en fonction des courses, des entraînements, tout ça. Et du coup, ça se fait assez naturellement. Et je pense que c'est ce qui m'a aidée forcément à faire tout ça en arrivée là, on va dire.

Loïc Et donc, vous avez maintenant le même partenaire, On Running. Qu'est-ce que ça a changé pour toi du coup d'obtenir un premier sponsor ? Enfin, un premier partenaire. Attends d'ailleurs, partenaire, sponsor, à chaque fois, je m'embrouille.

Floriane Sponsor ? Ouais, équipementier, on va dire en gros. C'est une aide parce qu'on a tout l'équipement, une aide aussi financière à côté. Et c'est vrai que pour moi, c'est quand même un grand soutien. C'est une fierté aussi de représenter cette marque, d'être dans la même équipe. Et aussi que Nico. Et après là, ça n'a rien changé, on va dire, à ma vie. Pour l'instant, je ne vais pas m'arrêter de travailler non plus. Même si je vais pouvoir bénéficier d'un aménagement quand même de temps de travail suite à mon titre de championne du monde de cet été. Mais après, voilà, ma vie, elle n'a pas foncièrement changé. Je n'ai pas envie qu'elle change non plus. Donc, on va dire que c'est un plus, c'est un gros, gros bonus. C'est une grande chance surtout.

Loïc Excellent. Excellent. Et je ne sais pas si tu avais communiqué dessus, mais au moment où on enregistre, il y a eu un gros sujet. En tout cas, moi, j'ai vu passer beaucoup d'articles sur LinkedIn. Avec Clarisse, la skipeuse qui ne pourra pas prendre le départ du Vendée Globe parce que son sponsor l'a lâchée. J'ai vu, oui. Elle est enceinte. Toi, tu l'as annoncé, t'expliquais, je crois, je ne sais plus où est-ce que j'ai vu ça, que tu as partagé avec On avant que le contrat soit signé, c'est ça ? Que tu étais enceinte. Oui. Est-ce que ça te semble… D'un côté, tu dirais que finalement, il y a un sujet sur la place de la femme dans le sport, dans l'athlétisme, dans la course en général, ou ça ne t'a pas vraiment surpris qu'ils prennent la décision de s'engager avec toi ?

Floriane Si, je pense qu'il y a un sujet, je pense, parce que comme on le disait, ça fait quand même un petit peu parler, donc ce n'est pas, on va dire, commun. Après, moi, de mon point de vue, ça me paraissait complètement normal. Je ne me serais pas vue signer le contrat et puis un mois après, leur dire, bon, en fait, je suis enceinte. Donc, l'année 2023, ça ne va pas être du tout celle qui était prévue à la base, enfin, voilà, de ce qu'eux pouvaient penser. Et après, comme je disais, en fait, il y a eu deux réactions, quoi. D'un côté, certaines personnes me disaient, ah ouais, c'est génial, franchement, c'est top, c'est super classe de leur part. Et moi, je le pense aussi. C'est vrai qu'ils auraient pu modifier quelques lignes du contrat et dire, ben, voilà, nous, on ne s'attendait pas à une année comme ça pour 2023, donc on modifie quelques clauses, on va dire, dans le contrat. Et à côté de ça, il y a d'autres personnes aussi qui m'ont dit, ben, en fait, non, c'est juste normal, quoi. Enfin, je veux dire, tu as le droit d'être enceinte. C'est pas… Enfin, je veux dire, quand bien même, je signe le contrat deux mois après, je me blesse. J'en ai pour six mois de… C'est un petit peu pareil. Et finalement, donc bon, du coup, je pense qu'il y a les deux avis, mais c'est quand même important de le souligner parce que, voilà, comme on le voit encore récemment avec la bande populaire, du coup, qui n'a pas soutenu. Ben, c'est vrai que je me dis, c'est… Enfin, voilà, quoi, c'est… Il faut… C'est important de le dire et surtout, enfin, quand ça se passe bien et quand ça ne se passe pas bien aussi parce que c'est quand même pas normal. Après, voilà, chacun gère comme il veut, chaque marque fait comme elle veut, mais c'est vrai que, voilà, c'est quand même bien d'en parler quand même parce que, ouais, il y a un sujet quand même.

Loïc Yes, yes. Je ne suis pas trop surpris que On ait pris cette décision parce que j'avais vu pas mal de… Quand je vivais encore en Suisse, pas mal de reportages sur le positionnement de la marque, notamment par rapport au fait de recruter des étrangers. Il y a beaucoup de non-Suisses qui vivent en Suisse, tu vois, c'est à peu près un tiers de la population.

Floriane Ah oui.

Loïc Et donc, il y a souvent des débats sur, voilà, à quel point est-ce que la Suisse doit accueillir des étrangers, etc. Et On, ils se placent… Enfin, ils étaient assez transparents sur le fait que pour eux, c'est évident qu'il faut accueillir de la main-d'œuvre étrangère et pas que non qualifiée, tu vois, surtout de la main-d'œuvre qualifiée, en fait, de ce qu'ils disaient. D'accord. Et ce n'était pas forcément le message, tu vois, qu'on entendait le plus dans le coin où ils étaient sur Zurich. Ok. Donc, ouais, ils ont l'air d'avoir des convictions quand même assez fortes et bien dans l'air du temps. Donc, franchement, c'est top.

Floriane Ouais, non, franchement, ils ont de super belles valeurs et c'est aussi pour ça que même Nico s'était tourné vers eux il y a un an, quoi. Et en fait, au fur et à mesure, voilà, plus on avance et plus, enfin, tout ce qu'ils font, ça confirme vraiment l'image qu'on en avait. Et voilà, et c'est cool parce qu'on en entend aussi de plus en plus parler de cette marque. Donc, c'est top. En France, ça commence à être quand même bien connu et franchement, tant mieux pour eux, ils le méritent parce que c'est vraiment une belle marque.

Loïc Ouais, ils arrivent en France, d'ailleurs ?

Floriane Ah oui, oui, ouais. Ouais. Après, ils arrivent… Enfin, nous, forcément, on connaît, on entend parler. C'est vrai que là, des fois, il y a des gens, quand on leur dit « on », bon, ils ne sont pas encore au courant. Mais quand même, dans le monde du running, on en voit, enfin, beaucoup, de plus en plus de gens qui courent avec des « on », qui… Maintenant, ouais, c'est rentré, c'est quand même… Alors qu'il y a, je pense, deux ans, c'était quand même pas comme ça. Et là, en France, ouais, ils commencent à signer aussi d'autres athlètes français. Et ouais, rien que de voir, en fait, des gens courir en « on », je trouve qu'on en voit de plus en plus en tout cas.

Loïc Ouais, ouais. Parce qu'en Suisse, c'est même… C'est une marque très casual aussi, tu vois. Il y a plein de gens dans la rue pour aller faire leurs courses qui sont en « on ». Ah oui, oui. Tu vois vraiment la marque partout, partout, partout.

Floriane C'est ça, ouais. Nous, quand on y est allé… Toi, tu as vécu à Zurich, non ? C'est ça aussi ?

Loïc Moi, j'ai vécu en Suisse allemande, mais pas à Zurich. J'étais à Bâle.

Floriane D'accord, ok. Mais c'est vrai que nous, on y est allé juste… Donc, à une heure de Zurich. D'accord. Alors, nous, on y est allé juste quelques jours et c'est vrai qu'on voyait tout le monde en « on », on disait « ouais, c'est fou » parce qu'en France, c'est quand même pas ça, quoi. Mais oui, oui, c'est vrai qu'il y en a pas mal.

Loïc Yes, trop bien. Excellent. Du coup, bon, ben voilà, 2023, tu l'expliquais, le focus ne va pas forcément être sur la course. Est-ce que depuis ces championnats du monde, tu te projettes du coup sur d'autres courses à venir, d'autres formats ? Est-ce que tu as déjà un programme sur les X prochaines années ?

Floriane Alors, X prochaines années, non, je ne pense pas. Mais par contre, oui, à plus court terme, on va dire. Bon là, c'est sûr que je vais déjà attendre de voir l'accouchement, comment ça se passe, comment je récupère derrière. Mais c'est vrai que je suis déjà hyper motivée à reprendre, en fait. Et après, repartir plutôt sur du marathon, enfin, pas repartir sur du sans-borne de suite. C'est vrai que ça me manque un peu le marathon, finalement, parce que du coup, avec les 100 kilomètres, je n'en ai pas fait l'an dernier. Et du coup, pourquoi pas repartir sur cette distance en reprise ? Donc, dans le viseur, pourquoi pas, le marathon de Valence en fin d'année. Mais après, voilà, pour vraiment une reprise et sans objectif, vraiment pour le plaisir. Et puis, voir après, petit à petit, comment j'arrive à récupérer, comment on arrive à s'organiser aussi avec un bébé. Parce que je pense que ce n'est pas la même organisation. Mais bon, du coup, je pense que quand il y a la motivation, je pense que ça peut suivre quand même derrière. Donc, on verra. Je pense que ça sera au jour le jour, quand même.

Loïc Oui, excellent. Ce qui serait complètement fou, c'est qu'on vous retrouve, Nico et toi, sur un format marathon olympique. Ça serait complètement bang.

Floriane Ça reste un rêve, je pense. Mais Nico, c'est vrai que ça se dessine doucement. Et on est super contents de son dernier chrono à Valence. Là, il va faire ses vies dans quelques jours. Donc, on espère qu'il pourra confirmer aussi ce chrono-là. Après, pour moi, ça sera plus compliqué. Mais bon, je veux dire, il faut y croire. Il faut essayer de s'entraîner. Et puis, on verra. Mais bon, si déjà, je suis en spectatrice parce que Nico y est, ça suffira à nous rendre heureux, je pense.

Loïc Yes. Et le trail, c'est une discipline qui t'attire ?

Floriane Oui, j'aime beaucoup. Franchement, j'en ai fait quelques-uns. Je trouve ça vraiment cool. L'été, en général, j'aime bien couper. Et du coup, je ne fais plus de séance piste, plus de séance spé, on va dire. Mais j'adore faire des trails, faire des courses. J'étais un peu triathlon aussi. J'aimais bien avec mon frère. Et trail, j'ai vraiment adoré. Après, je sais que je manque énormément de technique. Je ne suis pas dans les descentes et tout. Je ne suis pas à l'aise. Et pour l'instant, je ne me vois pas faire que ça parce que je préfère quand même la route. Donc, je ne le travaille pas, on va dire, spécifiquement. Mais je pense que plus tard, peut-être que, voilà, quand j'arrêterai de faire un peu la route ou peut-être que j'en aurais marre, c'est sûr que je pense que je me tournerai un peu vers le trail parce que je trouve ça trop cool. Et même les longues distances, je me dis que ça doit être fou. Tu vois des paysages de dingue tout le long. C'est sûr que là, ce n'est pas des boucles sur bitume de cette branche. Oui, c'est ça, oui. Du coup, pour les trailers, ils doivent se demander, je comprends, qu'est-ce qui nous pousse à faire ça. Mais oui, non, ça me plairait quand même bien de faire du trail peut-être plus tard.

Loïc C'est vrai qu'en plus, sur le long, tu vois, comme tu expliquais que ce qui te plaît sur les 100 kilomètres, c'est l'aspect mental.

Floriane Oui.

Loïc Je me dis que, tu vois, il y a peut-être… J'aurais tendance à dire qu'il y a peut-être plus de possibilités encore dans le long et du coup, d'aller se titiller sur la partie mentale en trail que sur route. Après, la gestion du sommeil, les passages techniques de nuit, comment tu fiers ça, c'est infini.

Floriane Oui, là, je pense que je n'en suis pas encore là. Mais oui, c'est vrai que ça me plairait, moi, vraiment plus pour les paysages, quoi. Me dire que tu te retrouves dans des endroits de dingue et qu'il est allé par tes propres moyens, voilà, en courant, c'est génial, quoi.

Loïc Yes, yes. Alors, tu expliquais au tout début de notre échange que ça te paraissait complètement fou quand tu as commencé à courir, de pouvoir faire, tu vois, à 100 kilomètres ou ne serait-ce que de t'entraîner deux fois par jour. Tu dirais que 10 ans après, cette montée en crescendo dans la pratique de la course, comment est-ce qu'elle t'a changée, toi, à titre perso ?

Floriane Je ne pense pas qu'elle m'ait changée. Je pense qu'elle m'a épanouie. Vraiment, la course à pied, ça m'a épanouie. Ça m'a donné… J'ai toujours eu des passions, en fait. Quand j'étais plus jeune, c'était le foot. Ma mère, elle me disait, si tu n'avais plus le foot… Je suis toujours obligée de me mettre à fond dans quelque chose, j'ai l'impression. Et du coup, non, la course à pied, ça m'a de suite plu. Et puis, ce fait d'être… Tu as infiltré basket, tu es libre. Enfin, nous, j'aime trop courir vers chez nous. Je lui dis, on est dans le centre. Tu pars du centre-ville, tu fais 6 kilomètres et tu es à Bibémus. Franchement, même 10 ans après que je suis ici, je suis toujours autant émerveillée. Je dis à Nico, tu m'as vu, mais on est parti du centre et on est là, dans la nature. Il n'y a personne, c'est trop bien. Donc, non, franchement, je pense que c'est cette liberté. C'est le fait d'avoir une motivation au quotidien. Alors, c'est sûr que ça peut être vu comme beaucoup de fatigue, beaucoup de sacrifices aussi, parce que des fois, non, ce soir, on ne peut pas sortir parce que demain, on a la sortie longue. Donc, peut-être que certaines personnes trouvent ça pas rigolo ou pas cool, mais au final, toi, c'est ce que tu aimes et que tu adores. Enfin, tu ne vois pas ça comme des concessions. Donc, voilà. Non, je pense que ça ne m'a pas changé, mais ça ne m'a apporté que des belles choses, des beaux souvenirs et des choses auxquelles je n'aurais même pas pensé avant. Genre, porter le maillot de l'équipe de France, ça me paraissait impossible. Donc, non, que du positif, on va dire.

Loïc Trop bien, trop bien. Excellent. Eh bien, écoute, on se rapproche de la fin, Floriane. Pour conclure, tu vois, on a parlé de plein de choses. Là, tu viens d'évoquer l'épanouissement que tu as trouvé à travers ta pratique, cette notion d'équilibre, le fait de le faire en couple avec Nicolas. Oui. Est-ce que toi, ça t'inspire ? Tu vois, oui, quelque chose, alors pas forcément une leçon, mais un message qui te semble important pour celles et ceux qui réfléchiraient à se lancer, pourquoi pas, dans la course à pied ou dans une autre discipline ?

Floriane Après, moi, je trouve que ce soit la course à pied ou c'est ce que je dis des fois, ça peut être aussi un autre sport parce que moi, c'est vrai que c'est ça dans lequel j'ai trouvé mon équilibre, comme tu dis, mon épanouissement, une motivation de se lever le matin, d'avoir un but, d'avoir, quand tu as une course de prévu, dans quelques semaines, ça te fixe un objectif. Je trouve que ça motive au quotidien, mais ça peut être aussi valable pour n'importe quel autre sport. En fait, il n'y a pas que la course à pied. Et des fois, certaines personnes disent, ah ouais, moi aussi, il faut que je cours, il faut que je fasse ça. Mais en fait, je dis non, tu peux trouver cet épanouissement dans complètement autre chose. En fait, c'est du moment qu'il y a du plaisir. Et je pense que c'est surtout ça qui est important, c'est d'avoir toujours du plaisir dans ce qu'on fait parce que du coup, quand on le fait avec plaisir, on n'a pas l'impression de se forcer. Et du coup, c'est naturel. Et du coup, c'est aussi pour ça qu'on arrive à en faire. Et voilà, c'est coûter aussi. Couper quand il y a besoin de couper. Ne pas culpabiliser de ne pas faire une séance ou un entraînement. Après, voilà, ce n'est pas non plus tout beau, tout rose. Forcément, il y a des fois, c'est plus difficile. Il y a les prépas, elles sont longues parfois. Et des fois, il y a toujours un peu de pression de vouloir bien faire, de vouloir tout ça. Mais du moment où on fait ça avec plaisir, que des fois, c'est aussi partagé avec les personnes qu'on aime, que ce soit nos conjoints, nos familles qui sont toujours aussi sur les courses et tout ça, c'est vrai que ça fait une bonne émulation. Et je pense que c'est ce qui permet aussi d'avancer et d'essayer de faire à chaque fois plus ou mieux. En tout cas, nous, c'est ce qui nous motive aussi au quotidien.

Loïc Génial. Génial. Trop bien. Eh bien, écoute, un grand, grand merci, Floriane. C'était super d'en apprendre plus sur tout ce que tu as réalisé, ton approche de la course. Franchement, génial. Merci à toi. Et puis, peut-être qu'on va se croiser d'ici la fin de l'année à la fin de l'étoile. Qui sait ?

Floriane Alors, d'ici la fin de l'année, d'ici juin, je ne pense pas, mais peut-être après.

Loïc Pour ta reprise. C'est ça, ouais. Il faut que j'ai une chance de courir avec toi au même rythme. Avec grand plaisir. Ce sera juste pour ta reprise.

Floriane Avec grand plaisir. Merci à toi. Merci, Floriane. Pour l'invitation.

Loïc Merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité. J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistré. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins trois personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité. A la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

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