Les Frappés Les Frappés
Saison 4 EP·199 Expédition #PTL #ultra-trail #trail

28 janvier 2025

Claire Lenne, médecin urgentiste en milieux insolites (Amazonie, Antarctique, Centrale nucléaire...)

Durée · 1h10 · Transcription disponible

Claire Lenne, médecin urgentiste en mili

Le récit

Claire Lenne est médecin urgentiste. Mais à sa manière, elle est surtout une globe-trotteuse qui n’a pas froid aux yeux, et c’est le cas de le dire puisque tout juste 1 an avant notre enregistrement, elle s’envolait pour une mission de 3 mois en Antarctique par -40°C.

On ne mesure pas vraiment l’isolement absolu de ces femmes et de ces hommes qui se retrouvent là-bas. Claire a mis 17 jours pour atteindre sa destination, et 23 de plus une fois sur place pour aller ravitailler la base de Concordia, environ 1 000 kilomètres à l’intérieur du continent.

Par -40°C, gérer une situation médicale relève de l’exploit. Le matériel ne fonctionne plus. On ne peut pas manipuler les patients de la même manière. Et surtout, il faut être capable de faire face à n’importe quelle situation avec les moyens du bord.

Mais les missions de ce type, Claire n’en était pas à son coup d’essai. Du dispensaire de forêt amazonienne au bateau d'expéditions scientifiques, des cliniques pétrolières en Afrique, à la centrale nucléaire en Chine, son goût de l’aventure l’avait déjà amenée à exercer son métier partout dans le monde.

Dans cet épisode on parle de médecine en milieux insolites, du plus grand récit d’expédition et de résilience de tous les temps, mais aussi d’ultra-trail et de grossesse.

Excellente écoute à vous !

Remerciements à l'Institut Polaire Français.

🔎 Les livres de Claire sont Docteur Globe-trotter et Tour du monde en blouse blanche. L'article (en anglais) à propos de l'expédition de 2000 réalisée notamment par Messner est ici.

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Transcription

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Invité 1 En fait, le risque numéro un si on a un accident en dehors de la base, c'est l'hypothermie, c'est de refroidir. Donc en fait, il faut ramener le plus vite possible à la base. On apprend à prendre le pouls radial au niveau du poignet pour pouvoir estimer la pression artérielle et savoir si c'est plutôt ingente vitale ou pas. Après, il faut à chaque fois s'adapter au contexte. Le plus possible, prendre en compte l'impact du froid et de l'isolement sur nos soins. Et un autre exemple, c'est que les tuyaux, si on met de l'oxygène, en fait, les tuyaux de masques à oxygène qui sont faits en plastique, ça casse comme de la biscotte pour le grand froid.

Loïc Hello, hello, vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach, préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous une petite étincelle de folie et d'audace, une version un peu frappée de nous-mêmes au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyages aux eaux longs cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Leurs témoignages au micro du podcast sont de puissantes invitations à passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Claire est médecin urgentiste, mais à sa manière, elle est surtout une globe trotteuse qui n'a pas froid aux yeux. Et c'est le cas de le dire, puisque tout juste un an avant notre enregistrement, elle s'envolait pour une mission de 3 mois en Antarctique par moins 40 degrés. Honnêtement, je pense qu'on ne mesure pas vraiment l'isolement absolu de ces femmes et de ces hommes qui se retrouvent là-bas. Claire a mis 17 jours pour atteindre sa destination et 23 de plus une fois sur place pour aller ravitailler la base de Concordia, environ 1000 km à l'intérieur du continent. Par moins 40 degrés, gérer une situation médicale relève de l'exploit. Le matériel ne fonctionne plus, on ne peut pas manipuler les patients de la même manière et surtout, surtout, il faut être capable de faire face à n'importe quelle situation avec les moyens du bord. Mais les missions de ce type, Claire, n'en était pas à son coup d'essai, puisque du dispensaire de la forêt amazonienne au bateau d'expédition scientifique en passant par les cliniques pétrolières en Afrique ou encore la centrale nucléaire en Chine, son goût de l'aventure l'avait déjà amené à exercer son métier partout dans le monde. Dans cet épisode, on parle de médecine en milieu insolite, du plus grand récit d'expédition et de résilience de tous les temps, mais aussi d'ultra-trail et de grossesse. Excellente écoute à vous. Bienvenue Claire sur le podcast, je suis absolument ravi de te recevoir en direct de La Réunion. Tu as passé un Noël du coup ensoleillé ?

Invité 1 Oui, clairement, oui, à la plage, sous 30 degrés.

Loïc Ah là là, le classique. pendant longtemps j'ai passé mes Noël enfin non c'est pas tout à fait vrai parce qu'on rentrait en France mais j'étais en Nouvelle-Calédonie donc pareil, hémisphère sud et saison inversée c'était toujours assez rigolo de partir en short t-shirt pour rejoindre la famille en France à Noël et d'arriver et de perdre genre 35 degrés c'était toujours d'ailleurs la Réunion on va peut-être commencer par ça c'est quoi ton histoire avec la Réunion depuis quand est-ce que tu es là-bas et qu'est-ce que tu y fais

Invité 1 Maintenant, ça commence à remonter parce que ça fait 9 ans que je suis arrivée la semaine des attentats du Bataclan. Et qu'est-ce que j'y fais ? Je suis médecin urgentiste à l'hôpital public depuis 9 ans là-bas.

Loïc Excellent. Et donc, tu as commencé ta carrière de médecin à La Réunion ou tu exerçais déjà en France ?

Invité 1 Oui, exactement. En fait, je rêvais de partir, de quitter la France, la métropole. et donc j'ai été diplômée le vendredi je suis arrivée le mardi j'ai commencé mon poste le jeudi c'était difficile de faire plus rapide mais j'avais vraiment hâte de partir loin

Loïc ok c'est quoi qui a motivé cette décision de partir à La Réunion pourquoi La Réunion en particulier ?

Invité 1 alors moi j'ai rêvé beaucoup quand j'étais ado de Ailleurs c'est mieux parce que j'étais pas forcément hyper épanouie comme ado donc Ailleurs c'est mieux et je suis partie en vacances à l'étranger et puis à chaque fois ça me confirmait, j'étais tellement heureuse à l'étranger que ça me confirmait dans le ailleurs c'est mieux et finalement pour travailler je trouve que La Réunion c'était un super compromis entre garder le système français avec la sécurité sociale avec la langue aussi qui est quand même vraiment importante dans les soins et nos standards de soins et tout en se sentant vraiment ailleurs puisque La Réunion c'est la France autrement et donc voilà j'en ai beaucoup rêvé après j'ai hésité avec d'autres dom-toms et puis en faisant beaucoup de recherches sur internet j'ai trouvé que c'était le meilleur compromis entre à la fois la qualité de vie à la fois ne pas être non plus à l'autre bout du monde comme la Nouvelle-Calédonie avec les 10 heures de calage horaire et une autre monnaie et un autre système j'ai trouvé que c'était le meilleur compromis et puis finalement j'y suis toujours

Loïc excellent est-ce que tu dirais maintenant 9 ans plus tard que tu as trouvé à La Réunion ce que tu étais allée chercher ?

Invité 1 en tout cas j'ai trouvé un petit paradis sur terre dont je ne me lasse pas même 9 ans plus tard tout n'est pas parfait mais en tout cas je m'y sors vraiment bien et dans la durée

Loïc génial génial je ne suis pas encore allé à la réunion mais j'en entends énormément parler notamment sur le plan sportif puisqu'on va très certainement échanger sur le sujet mais tu as un parcours j'allais dire intéressant on a tous des parcours atypiques et du coup peut-être un peu uniques et intéressants mais le tien est assez insolite déjà par du fait des milieux dans lesquels t'exerces, donc médecin urgentiste ça tu l'as dit mais on va en parler tu effectues très souvent des missions dans des milieux insolites et puis tu t'es lancé dans le trail et même l'ultra il y a deux ans et tu es devenu finisseur de la légendaire Diagonale des Fous cette année et clairement c'est pour ça que j'entends très souvent parler de La Réunion, donc hâte d'échanger sur tous ces sujets. Ce que je te propose, c'est peut-être de commencer par ta casquette, que tu commences en mettant ta casquette de médecin urgentiste. Yes, parce que moi, ça m'a clairement interpellé quand tu m'as envoyé ce message sur LinkedIn, si j'ai bonne émoire. Milieu insolite, tu m'as mis, clinique pétrolière en Afrique, dispensaire en forêt amazonienne, bateau d'expédition scientifique, et la liste est encore longue. comment est-ce qu'on se retrouve à faire ce type de mission ? C'est quoi ? C'est du volontariat ? On te contacte parce que tu as une spécialité très recherchée ? Comment ça se passe ?

Invité 1 Alors, ce n'est pas du volontariat, c'est vraiment des contrats en bonne et du fort, entre guillemets. Et comment on se retrouve là ? En fait, c'est avant tout avec des rencontres et des collègues qui ont fait eux-mêmes des missions originales. Donc, comment ça a commencé ? J'ai demandé à venir à La Réunion, on m'a dit « Ok, par contre, il y a Mayotte avec ». Donc, c'était un contrat mixte, six mois à La Réunion, puis six mois à Mayotte. Donc, déjà, Mayotte, c'est vraiment extrêmement dépaysant quand on vient de métropole. Et de fil en aiguille, un collègue en garde me dit « Ah, mais moi, j'ai travaillé dans les évacuations sanitaires au-dessus du Pacifique. On était basé à Nouméa, justement, en Nouvelle-Calédonie. Et puis, on partait amener des malades à Sydney. On allait les chercher aux îles Fidji, au Vanuatu, etc. Et là, je dis « Allez, go ». je postule et puis je tente ma chance et finalement je suis retenue. Alors là, c'était vraiment, vraiment incroyable, une immense joie. Et donc, ce contrat-là m'a ouvert les yeux sur le fait qu'il y a de la médecine possible à l'extérieur de l'hôpital, dans des conditions vraiment très différentes de l'hôpital. Et ensuite, le tout, c'est d'avoir des idées. Et les idées, on les a vraiment en échangeant avec d'autres médecins qui ont un parcours similaire. Et c'est comme ça qu'effectivement, je me suis retrouvée dans les cliniques pétrolières au Gabon et au Nigeria. et puis l'année dernière en Antarctique, à la même heure où je parlais, j'étais dans un tracteur sur la glace. Et voilà, la centrale nucléaire en Chine, etc.

Loïc Attends, centrale nucléaire en Chine ?

Invité 1 Oui, je t'en avais parlé dans le mail alors.

Loïc Comment c'est possible ça d'un point de vue sûreté, sécurité ? Ils ont des médecins du personnel étranger dans leur centrale nucléaire ?

Invité 1 En fait, là, dans ce cas précis, je travaillais pour EDF qui construisait le nouvel EPR en Chine, donc l'EPR, la centrale nucléaire dernière génération. Donc, j'étais sous-traitante pour EDF, en fait. Voilà pourquoi. Et donc, j'étais... En fait, le diplôme de médecin n'est pas reconnu en Chine, donc j'ai travaillé vraiment uniquement pour les expats. J'étais médecin des expats pour EDF. Mais oui, c'est incroyable. En pleine période Covid, avec le confinement dans les centres de quarantaine chinois, à l'arrivée à la sortie d'avion, etc. incroyable

Loïc la médecine urgentiste qu'est-ce qu'elle a de particulier par rapport qu'est-ce qui te distingue d'un médecin généraliste

Invité 1 alors du coup c'est vrai que moi je suis passée avant maintenant ça a changé il y a eu une réforme et moi à l'époque j'étais d'abord généraliste et ensuite il fallait faire une formation en plus pour être urgentiste donc pour être d'autant plus à l'aise sur tout ce qui est urgence vitale donc les comas l'arrêt cardiaque l'intubation globalement et donc ça c'est deux ans de formation en plus. Et puis surtout, après, le concret, c'est vraiment surtout des stages haute urgence. Et donc, j'ai cette double casquette et finalement, c'est hyper intéressant d'avoir les deux parce que tout ce qui est le quotidien d'un médecin dans ces milieux-là, c'est quand même beaucoup de médecine générale. Mais le jour où ça foire, ça foire vraiment parce qu'on est un peu tout seul à des centaines de kilomètres potentiellement d'un hôpital compétent. Donc, voilà l'intérêt d'avoir la double compétence. et donc

Loïc je connais vraiment rien j'ai pas du tout fait d'études de médecine personne dans ma famille a fait ce type d'études mais est-ce que tu dirais que la différence c'est quoi un médecin généraliste c'est surtout du savoir alors qu'un médecin urgentiste doit peut-être maîtriser plus de gestes pour justement préserver ou sauver des vies

Invité 1 ouais c'est vrai qu'il y a un peu plus de gestes techniques aux urgences surtout ce qui est sutures, plâtre, réduction de luxation de coudes, d'épaule maintenant le généraliste il est bien meilleur que l'urgentiste sur d'autres choses, typiquement sur les médicaments du diabète, les médicaments de l'attention, les suivis de cancer. Quand on est aux urgences, on réoriente facilement vers le médecin traitant qui est meilleur que nous, même tout simplement sur une douleur d'oreille. Il est plus à même que nous. Donc, c'est vraiment deux types de contextes différents, deux types de maladies un peu différents aussi.

Loïc OK. Est-ce que tu dirais que la médecine urgentiste, c'est stabiliser une situation, alors que la médecine généraliste c'est peut-être un c'est pas forcément son objectif premier c'est peut-être plus dans le suivi peut-être identifier les causes d'un mal d'oreille etc là où toi tu vas en gros boucher les trous pour que la situation se stabilise

Invité 1 nous on intervient vraiment à un moment T unique on fait pas du tout de suivi et puis par contre du coup le médecin généraliste a l'avantage de connaître ses malades de savoir qui se dégrade systématiquement qui est stressé pour rien etc. Là où nous on fait que de l'aiguë et dès que les gens reviennent deux ou trois fois aux urgences on sait que c'est plus pour nous il faut retourner voir le métaire généraliste dans ce cas là sauf s'il y a des matériaux à la répétition

Loïc alors t'as été assez clair sur ce qui t'a motivé à quitter la métropole j'ai l'impression au fil de tes missions aussi, ce qui semble assez clair c'est que ta tête se goûte de l'aventure tu me dis si je me trompe mais vu la diversité de toutes les missions et des milliers dans lesquels tu as pu exercer ça a l'air d'être ça du coup donc ça voilà moi j'ai l'impression que ça explique une partie de ton parcours en tout cas cette appétence pour l'étranger pour l'aventure pour le voyage mais pourquoi la médecine urgentiste et pas finalement la médecine généraliste que j'imagine on peut aussi exercer au fin fond de la brousse n'importe où dans le monde

Invité 1 oui c'est vrai que je n'ai pas du tout choisis la médecine d'urgence pour les voyages parce qu'à l'époque, je ne le savais pas. En fait, la seule médecine de voyage que je connaissais, c'était l'humanitaire. Et effectivement, il n'y a pas besoin d'être urgentiste pour faire de l'humanitaire. Donc, c'est vraiment pas dans cette idée-là. C'est vraiment dans l'idée que moi, j'ai adoré mes stages aux urgences. J'ai adoré la variété de voir des jeunes, des vieux, des graves, des pas graves, etc. Et j'ai vraiment beaucoup aimé aussi le fait de ne pas forcément avoir de suivi des malades, de ne pas les revoir pendant des années, mais les voir en instant T. J'adore aussi l'efficacité qu'on a aux urgences. C'est-à-dire que le problème, il est réglé, entre guillemets, dans la journée, même si c'est d'hospitaliser, même si c'est de laisser rentrer la maison. Mais en fait, nous, notre problème, on trouve une solution dans la journée. Et puis, j'aime aussi énormément les émotions qu'on vit aux urgences. On est parfois très malmené. On passe des trucs tellement drôles aux trucs tellement graves, aux situations dramatiques. Et puis, il y a la peur et finalement, la réassurance. Et ça, c'est d'une richesse. alors pour le coup il y a un gros parallèle avec le sport et l'ultra trail où il y a une richesse d'émotions qui est je pense extrêmement intense aux urgences encore bien plus que dans toute spécialité

Loïc Parmi toutes ces missions que tu as menées j'ai les yeux sur ta liste les cliniques pétrolières en Afrique tu les as évoquées, c'était au Gabon c'est ça ? Gabon et Nigeria Dispensaires en forêt amazonienne, bateaux d'expédition scientifique, centrales nucléaires en Chine expédition en tracteur chenillé à travers l'Antarctique. Est-ce qu'il y a une mission en particulier, ou en tout cas un milieu qui t'a vraiment marqué plus que les autres ? Et si c'est le cas, pourquoi ?

Invité 1 Alors, chacune a vraiment sa richesse et son lot d'incroyables, mais c'est vrai que là, s'il faut en retenir une, ça serait l'Antarctique, parce que je pense que c'est vraiment l'endroit où je m'estime la plus chanceuse d'avoir pu aller un jour dans ma vie. Mais ceci dit, la centrale nucléaire en Chine aussi, j'étais extrêmement chanceuse mais vraiment sur le côté vraiment incroyable et tellement dépaysant et au delà de tout ce qu'on peut imaginer je ressentirais l'Antarctique qui n'était pas l'endroit le plus facile mais vraiment hyper intéressant

Loïc On a une présence française en Antarctique toute l'année ou seulement les mois les moins froids

Invité 1 On est présents toute l'année sur deux bases et la France est un des grands pays font de la recherche en Antarctique.

Loïc Ok. Alors attends, du coup, l'Antarctique, comment ça s'est passé ? Comment tu as entendu parler de cette mission ? Et ça se passe ? Comment est-ce qu'on postule ? Est-ce qu'on est contacté en direct ? Tu peux nous en dire un peu plus sur le processus ? Parce que c'est quand même vraiment, vraiment improbable comme lieu pour exercer.

Invité 1 Clairement, clairement. Alors, il y a une part de bouche à oreille où finalement, j'ai quand même fini par rencontrer petit à petit certains médecins qui sont allés il y a aussi une part du fait qu'en fait le bateau qui part en Antarctique qui est le seul brise-glace français il est basé à La Réunion je rappelle juste que l'Antarctique c'est le pôle sud parce que c'est pas forcément évident pour tout le monde et donc il est basé à La Réunion et il y a aussi une BD que j'avais lue en 2019 je crois qui s'appelle La Lune est Blanche qui est vraiment incroyable et qui raconte le raid d'Antarctique qui est le nom de cette énorme expédition à travers la banquise à travers la glace et donc c'est tout un ensemble qui font que j'ai postulé j'ai pas été prise d'emblée notamment parce que la première année où j'ai postulé c'était en plein Covid et une autre année je me suis trompée de date pour postuler et donc finalement ça s'est pas fait du premier coup mais le jour J il y a un jour magique où on a fini par m'annoncer que j'étais retenue et que c'était parti

Loïc incroyable quand j'entends ce genre de témoignage ça me fait un peu penser à Thomas Pesquet qui raconte comment se passent les sélections pour la NASA où ce n'est pas du tout ce qu'on pourrait croire des ingénieurs qui peuvent démonter une fusée les yeux fermés c'est autre chose qu'on cherche tu dirais que pour une mission comme celle dans l'Antarctique dans un milieu hyper isolé où je suppose que si il y a quelqu'un qui pète une durite c'est un peu compliqué vu l'isolement qu'est-ce qu'on cherche chez les candidats qui finalement sont retenus comme qualité comme type de personnalité

Invité 1 je pense qu'il y a beaucoup de choses il y a surtout le fait de savoir s'adapter à un milieu compliqué parce qu'en fait on peut avoir envie de faire un scanner, on n'aura pas de scanner donc il faut trouver une autre solution et ne pas rester paralysé devant l'absence de notre quotidien habituel. Donc ça je pense que ça joue, je pense qu'il y a le côté humain, social qui joue beaucoup aussi parce qu'on est en équipe et en équipe rapprochée et que ça peut vite mal se passer s'il y a un caractère un peu compliqué. Après il y a l'expérience aussi. L'expérience je pense que ça joue à la fois dans le fait de nous se sentir compétent pour soigner dans ces milieux-là, mais aussi savoir comment nous, on va réagir et que ce n'est pas gagné, que tout le monde réagisse bien dans des endroits compliqués comme ça, surtout sur plusieurs semaines. Et après, juste c'est rigolo que tu parles de Thomas Pesquet parce qu'il se trouve qu'il était en Antarctique au moment précis où j'y suis allée et on s'est croisés pendant trois jours à Concordia et c'était vraiment improbable.

Loïc Incroyable. Donc là, tu avais quel âge au moment où tu es partie pour l'Antarctique ?

Invité 1 C'était l'année dernière, donc j'avais 35 ans je suis 36 cette année incroyable

Loïc ok et donc entre le moment où on te dit bon bah c'est bon c'est toi qui pars et le moment où et le jour du départ je suppose qu'il y a une préparation qui doit être assez importante notamment sur le matériel peut-être sur des procédures de médecine à apprendre qui sont très spécifiques à ce type de milieu en gros t'as eu c'était quoi le délai entre les deux

Invité 1 On m'a dit OK en août et je suis partie en fin octobre. Alors, c'est vrai que je n'ai aussi pas précisé dans les arguments indispensables pour partir. C'est aussi d'être en bonne santé physique et mentale. Je ne suis pas invincible au niveau mental, mais c'est vrai que ça fait partie des arguments quand même pour pouvoir partir. Et du coup, la bonne santé physique, avant l'Antarctique, on a un bilan de santé, mais de long, large, en travers. Et il se trouve qu'on m'a découvert une mini-infection de la dent de 2 mm. mais du coup j'ai dû passer au bloc opératoire pour me traiter mon infection de dents parce qu'on ne pouvait pas m'envoyer en Antarctique avec même six petites infections de dents mais j'ai dû faire une épreuve d'effort analyse d'urine, analyse de l'audition recherche des MST pour partir pour être sûr qu'il n'y ait pas quelque chose qui s'aggrave là-bas en tout cas limiter le risque que quelque chose s'aggrave là-bas et donc c'était surtout une préparation physique des tests physiques et après il y a eu une semaine de formation à Chamonix notamment sur les glaciers pour pouvoir savoir faire des secours en crevasses par exemple pour aussi s'adapter au fait que potentiellement on ne peut pas prendre la pression artérielle s'il y a un secours sur la banquise donc il va falloir gérer sans pression artérielle nous apprendre aussi que le matériel à moins de 40 degrés il ne marche pas donc c'est pas la peine de sortir le scope dehors ça ne marchera pas pour nous apprendre aussi à se débrouiller et puis gérer aussi un peu les maladies liées au froid les gersures etc les jolures pardon etc

Loïc et pourquoi ce que t'évoquais avec la pression artérielle pourquoi ça ne fonctionne pas ?

Invité 1 le risque numéro 1 si on a un accident en dehors de la base c'est l'hypothermie c'est de te refroidir donc en fait il faut ramener le plus vite possible à la base et à l'inverse si on doit déshabiller le malade par moins 40 degrés pour lui prendre sa tension ok on aurait une tension qui peut peut-être être fiable mais c'est même pas sûr mais par contre on l'aura mis en hypothermie donc on n'a rien gagné du tout donc en fait on apprend à prendre le pouls radial au niveau du poignet pour pouvoir estimer la pression artérielle et savoir si c'est plutôt une enjeu vitale ou pas et puis si c'est une enjeu vitale on lève les jambes mais en fait c'est compliqué de perfuser donc après il faut à chaque fois s'adapter au contexte mais le plus possible prendre en compte l'impact du froid et de l'isolement sur nos soins

Loïc ok wow fascinant

Invité 1 il y a un autre exemple c'est que les tuyaux si on met de l'oxygène en fait les tuyaux de masque à oxygène qui sont faits en plastique ça casse comme de la biscotte par le grand froid donc en fait il y a vraiment des choses qu'on ne peut pas faire il faut ramener globalement au plus vite pour pouvoir faire des soins appropriés ramener au chaud au plus vite pour faire des soins appropriés

Loïc donc s'il y a une situation qui dérape effectivement c'est assez clair vu ce que tu expliques qu'il faut avoir l'esprit bien clair pour porter secours à la personne concernée mais du coup tu parlais des tests de bonne santé mentale enfin je ne sais plus quel terme tu as utilisé mais l'aspect mental comment il l'évalue justement les tests physiques bon ça c'est assez évident j'imagine qu'il y a une grille il check si t'es dans la grille ou pas mais l'aspect stabilité mentale il vérifie ça comment ?

Invité 1 Alors moi je suis restée 3 mois en Antarctique donc je n'ai pas eu de tests plus enfin ceux qui restent que l'été n'ont pas de tests plus approfondis que ça par contre ceux qui restent pendant 1 an ils ont vraiment un entretien avec un psychologue et il se trouve que moi j'avais postulé pour une autre mission d'un an deux ans auparavant et que finalement j'avais déjà eu l'évaluation psy qui a potentiellement participé à mon recrutement

Loïc d'accord ok donc c'est un

Invité 1 après je pense que l'employeur il nous teste quand même un peu et puis il y a des choses qui se sentent pas tout bien sûr mais il y a des choses qui se sentent et c'est vrai que si on peut avoir un doute on fait très attention

Loïc oh là là incroyable et côté matos du coup qu'est-ce que t'as dû emmener de particulier pour l'Antarctique ? Que ce soit pour toi, à titre personnel, tu vois, je ne sais pas, par exemple, les habits moins 40, c'est quand même très, très, très froid. Et côté matériel, médecine urgentiste, est-ce que tu as des outils qui sont conçus sur mesure pour l'Antarctique ?

Invité 1 Alors, tout ce qui est médecine, c'est déjà fourni, c'est déjà sur place et c'est déjà fourni et il y a une maintenance régulière qui se fait. Donc, côté médecine, je n'ai rien eu à gérer et côté habillement non plus parce qu'en fait, on a une énorme dotation avec deux tenues hyper épaisse, sept paires de gants, deux pantalons, trois paires de collants, etc. Donc au niveau vêtements techniques, on n'a rien à prévoir. Donc ça, c'est vraiment pratique. Et puis d'ailleurs, c'est des vêtements qui sont en grande partie recyclés tous les ans parce que c'est tellement coûteux et technique que c'est réutilisé. Ça ne sert pas que trois mois.

Loïc Ah non, j'allais te demander si tu avais pu garder les vestes. J'imagine qu'elles sont avec des écuissons brodées ou floquées ou autres.

Invité 1 ça on n'a pas pu garder par contre on a tous la polaire la polaire on a pu la garder écrite Institut Polaire Français et puis le bonnet aussi

Loïc la classe

Invité 1 génial le problème c'est qu'à La Réunion il n'y a pas beaucoup d'occasion pour le remettre donc dès que je suis rentrée en métro j'en profite pour le remettre c'est clair

Loïc pour continuer un tout petit peu sur l'Antarctique je pense qu'on pourrait faire un épisode de podcast avec chacune de tes missions mais celle-ci encore une fois c'est vraiment un univers qui me fascine et qui m'intrigue est-ce que tu peux nous raconter le périple pour se rendre sur place et ton sentiment à l'arrivée parce que voilà encore une fois l'Antarctique je pense que bon tu l'as répété mais en gros c'est le pôle sud mais c'est quand même un sacré délire pour se rendre sur place donc j'ai cru de savoir comment ça s'est passé pour toi est-ce que c'était en bateau ou en avion et je pense au bateau parce que j'ai lu il y a pas très longtemps un récit de Mike Horn qui expliquait qu'il était parti d'Afrique du Sud pour l'Antarctique et c'était très très long, j'ai plus le nombre de jours en tête mais c'était quand même assez long donc voilà, bref est-ce que tu peux nous parler de cette partie là ?

Invité 1 moi j'ai mis 8 avions pour y arriver et 17 jours donc c'était vraiment infini interminable, ouais ouais dont 2 avions qu'on fait demi-tour donc c'était fou en fait j'ai fait réunion j'ai fait réunion Maurice puis Maurice Dubaï puis Dubaï-Melbourne et ensuite le vol Melbourne-Tasmanie donc Tasmanie c'est l'île qui est au sud de l'Australie ce vol là a fait demi-tour sauf que moi j'avais tellement déjà de vol dans les pattes que j'écoutais plus les annonces donc j'ai réatterri à Melbourne et là je reconnaissais tout dans l'aéroport donc je me suis dit il y a un problème je suis retournée voir à la porte l'hôtesse de l'air et je lui dis mais il y a un problème il a fait demi-tour il y a un problème mécanique moi je n'avais rien écouté je croyais que j'étais arrivée en Tasmanie pas du tout donc ce vol-là a fait une mi-tour ensuite il y a eu le vrai vol Melbourne-Tasmanie et là en Tasmanie on attend parce qu'on attend un avion australien qui doit nous emmener sur une première base en Antarctique normalement ça devait être d'abord un gros avion, un gros porteur pour qu'il soit capable de traverser l'océan Antarctique et donc c'est l'avion des Australiens sauf qu'un coup les Australiens en ont besoin, ils sont prioritaires un coup il y a des tempêtes la météo n'est pas compatible un coup finalement on atterrit sur la base italienne et non pas américaine il faut que les Italiens dame la piste etc etc donc tous les jours on croyait que c'était demain et enfin on arrive sur la base italienne donc là ça y est on est en Antarctique c'est déjà incroyable sauf que dans la foulée on devait reprendre un petit avion canadien chaussé sur des skis qui finalement n'était pas dispo le lendemain il nous emmène et ce petit avion canadien fait demi-tour au bout de deux heures et demie de vol parce que météo incompatible pour l'atterrissage. Et c'est seulement le huitième vol qui a permis de nous emmener enfin sur la petite base française qui a un petit aéroport. Ils n'ont pas un gros aéroport capable d'accueillir les gros porteurs. Et donc, c'était un voyage vraiment incroyable. Et en fait, la majorité des gens qui vont en Antarctique, ils vont par bateau. Mais nous, on avait besoin d'arriver très tôt dans la saison, très tôt dans l'été. et donc il y avait encore trop de banquises le bateau ne peut pas arriver jusqu'à la base française donc trois semaines après c'était bon mais nous on est arrivé très tôt dans la saison donc c'était par avion et au retour à l'inverse je suis reparti par bateau donc six jours de mer puis par avion et là je crois que j'avais quatre voiles au retour j'ai pas eu d'annulation incroyable

Loïc ok surtout à l'aller de partir de la Réunion remonter à Dubaï c'est ok

Invité 1 ah oui c'était infini ouais j'imagine

Loïc alors tu l'as pas encore précisé mais du coup la base française c'était laquelle ?

Invité 1 alors nous on partait de Dumont-Durville qui est la base sur la côte très exactement c'est Cap Rudhomme qui est juste à côté et on allait jusqu'à Concordia qui est à 1500 km dans les terres et à 3200 m d'altitude donc ce trajet là on le faisait en tracteur chenille effectivement

Loïc attends t'as fait 1600 km en tracteur chenille ?

Invité 1 1100 allées, 1100 retours, en tracteur chenille, à conduire 10 heures par jour à 10 km heure à peu près.

Loïc Oh, punaise ! D'accord.

Invité 1 Là, c'était encore une autre expérience. Là, c'était vraiment une forme d'infini, le temps qui s'étire pendant des heures et des heures, et cette immensité blanche où il ne se passe rien. Il n'y a que la météo qui nous changeait un peu nos journées et notre quotidien. Mais sinon, c'était extrêmement routinier en réalité.

Loïc Donc attends, si je résume, 17 jours d'avion.

Invité 1 Ouais. Ensuite, 3 semaines de préparation de l'expé quand même. 3 semaines sur place à préparer l'expé. Puis, 23 jours d'expé aller-retour.

Loïc Mais non !

Invité 1 Pour rentrer, ouais.

Loïc Ah, mais d'accord. Donc la mission, en fait, là, mais là, tu... Attends, mais les 3 mois, en fait, tu n'es quasiment pas resté à Concordia au final.

Invité 1 Non, Concordia, je n'ai passé que 3 jours. les trois jours où j'ai croisé Thomas Pesquet et ensuite on est retourné au bord de mer, sur l'Antarctique en bord de mer vers la banquise et là je suis à nouveau restée un mois et demi où pour le coup j'ai pu bouger

Loïc pour le coup j'étais le médecin de la base

Invité 1 tout simplement

Loïc Incroyable Ok d'accord c'est quoi en fait j'avais te demander les moments forts de cette expédition mais je pense que c'est pareil, on pourrait faire un podcast sur chaque étape, l'avion puis le tracteur Chani puis du Mont-Durville mais peut-être ce que toi tu retiens de ton expérience en Antarctique tu disais un peu plus tôt que ce qu'ils cherchaient c'était aussi l'expérience que chacune de tes missions au milieu insolite a été riche de ses propres expériences celle en Antarctique là avec un petit peu de recul tu dirais qu'elle t'a apporté quoi d'un point de vue si tu mets ta casquette de médecin urgentiste et humainement parce que j'imagine quand même que c'est tellement particulier qu'il y a très certainement des choses sur le plan perso avec lesquelles tu es revenue.

Invité 1 Oui, effectivement. Sur le plan médical, il ne s'est pas passé grand-chose, par chance. Moi, j'étais assez fermée. Tant mieux. Tant mieux, oui. Et sur le plan humain, du coup, j'étais la seule femme sur une base de 21 personnes. Donc, c'était vraiment un changement de paradigme, vu que la majorité était mécano ou alors quelques informaticiens, même des métiers assez, surtout technique. J'étais pas tellement au contact des scientifiques, parce que l'Antarctique, il y a beaucoup de scientifiques, mais finalement, il y a aussi beaucoup de logisticiens, donc de personnes qui gèrent l'électricité, etc., la plomberie. Et donc là, il y avait beaucoup de mécano, donc clairement, il fallait s'adapter aussi à ça, et gérer aussi une forme de promiscuité permanente, en fait, parce que sur la base, on est tous un peu les uns sur les autres, c'est des petites bases. et par chance moi j'étais toute seule dans ma chambre en tant que seule femme, mais c'est vrai que les autres ils étaient par dortoir de 4 en permanence quoi, et ne serait-ce que pour téléphoner à sa famille, mais on entend quand même d'un mur à l'autre donc il y a peu de moments d'intimité, et puis pour sortir de la base, on ne peut pas sortir très loin, il faut souvent être deux donc en fait les sorties étaient relativement, enfin en fait c'est vrai qu'il y a un... sur le coup on ne se rend pas trop compte, mais au bout d'un moment c'est une forme de petite prison quand même, parce qu'on ne peut pas aller vraiment loin et puis on est quand même toujours dans un milieu hostile

Loïc waouh incroyable, tu le referais maintenant que tu l'as déjà fait une fois, est-ce que ça t'a donné envie potentiellement de repartir dans ce type de milieu très froid, très isolé

Invité 1 et bien pourquoi pas mais pas tout de suite, en fait c'est vrai qu'il y avait des mécanos qui venaient tous les ans pendant, il y en a un ça faisait 26 ans et pour le coup je suis vraiment admirative parce que c'est encore la moitié de leur vie, enfin un quart de leur vie qui se passe là-bas quoi et c'est quand même un monde tellement à part, il n'y a pas de couleur du tout il n'y a plus d'étoiles il y a la journée continue, il n'y a plus de coucher de soleil que moi j'adore, il n'y a plus d'arbres, plus de fleurs plus de verdure et tout ça, au début ça ne nous manque pas trop et petit à petit ça manque quand même et puis j'avoue que moi ça manquait un peu aussi les moments avec les copines parce que à la réunion j'accorde une grande place à l'amitié et puis là-bas il y a il fallait trouver ses loisirs et ses épanouissements autrement, dont la lecture, dont l'écriture, mais voilà.

Loïc J'ai lu pas mal de récits, en tout cas de témoignages de scientifiques, surtout de scientifiques qui ont fait une émission en Antarctique, de scientifiques français, et un point qui revenait systématiquement, et du coup tu vas pouvoir me dire si c'est vrai ou pas, c'est que apparemment on mange extrêmement bien dans les bases françaises dans l'Antarctique, est-ce que c'est vrai ?

Invité 1 Ah oui, ça c'est vrai. Ah oui, on avait un cuisinier, mais vraiment incroyable. Il était jeune, il était motivé, il nous faisait des repas différents tous les jours. À chaque fois, il y avait la quantité. En fait, il y a une petite coutume locale qui nous fait bien rigoler, c'est le cochon d'or. C'est qui a pris le plus de poids pendant son séjour là-bas. Et clairement, j'ai gagné haut la main le premier mois et demi avant de redresser la barre. En même temps, je me suis dit qu'on était là-bas pour se faire plaisir et que je rentrerai après. Mais oui, c'était vraiment très bon. et puis après je me suis remis dans le sport et je me suis remis à courir sur la glace pour m'entraîner pour la Diagonale des Fous et donc finalement j'ai pu recompenser un peu ce que j'avais pour le début

Loïc ok donc c'est pas une légende donc tu disais le départ c'est fait

Invité 1 le départ c'était fin octobre et en fait avec le délai les 17 jours je suis arrivée début novembre là-bas sur place et donc les 3 semaines de préparation de l'XP nous on est parti début décembre on est revenu juste avant Noël

Loïc d'accord ok et donc là à ce moment là t'étais déjà inscrite à la Diagonale des Fous 2024

Invité 1 non en fait pour le gag je me suis inscrite là-bas sauf que comme en Antarctique enfin en fait il faut payer sur le site et évidemment je ne recevais pas le texto de la banque qui me confirmait que j'avais bien reçu, que j'étais bien inscrite donc en fait je me suis pré-inscrite mais j'ai dû attendre de rentrer à la Réunion pour pouvoir m'inscrire complètement

Loïc d'accord Ok, mais en tout cas, tu avais déjà l'objectif à ce moment-là de prendre le départ de la diagonale moins d'un an plus tard.

Invité 1 Eh bien, j'hésitais beaucoup, mais en fait, c'est juste la veille du départ en Antarctique que j'ai fait le trail de Bourbon, qui fait partie du Grand Raid, mais c'était 109 kilomètres. Donc, c'était déjà un défi incroyable. Et à vrai dire, quand j'ai pris l'avion, j'étais épuisée, j'avais mal partout, parce que je venais de finir le trail de Bourbon. et donc j'ai un peu réfléchi et c'est vrai que justement c'est à Concordia en Antarctique que j'ai rencontré une femme qui est spécialiste qui est chercheuse sur les sportives de haut niveau et elle m'entendait parler de Montréal de Bourbon et elle m'a dit c'est sûr que tu ne vas pas t'arrêter là parce que moi je disais à tout le monde c'est fini, c'est fini, elle m'a dit non mais je t'entends en parler c'est sûr que tu ne vas pas t'arrêter là et en fait cette phrase m'a beaucoup touchée et après je me suis inscrite mais je n'étais pas du tout sûre de moi sur la Diagonale des Fous mais vraiment dans l'idée que je ne serais sans doute jamais aussi bien entraînée que ce que j'étais à ce moment-là. Et donc, si je voulais la tenter, c'était maintenant que jamais. Et voilà, c'est comme ça que ça s'est fait.

Loïc Génial. Donc, à ton retour… En fait, j'ai tellement de questions, mais même sur l'Antarctique, je suis obligé de me limiter. À ton retour de l'Antarctique, juste avant qu'on enchaîne sur la diagonale, ce que tu venais d'expliquer, c'est que tu n'es peut-être pas sûr de repartir tout de suite parce que finalement c'est un grand désert blanc du fait des conditions même tu peux potentiellement avoir l'impression d'être dans une sorte de prison en plein air mais au moment de ton retour est-ce qu'il se passe quelque chose de spécial quand tu redécouvres des couleurs, des odeurs et que tu peux enlever les 36 couches de vêtements que tu avais l'habitude de porter à l'extérieur

Invité 1 le retour en Australie j'étais vraiment euphorique c'est vrai que sur la fin c'était un petit peu long l'Antarctique et du coup j'étais quand même contente de rentrer je m'étais remis à parler créole dans ma tête à rêver du gingembre aussi à la réunion etc et donc j'arrive en Australie et en fait on vient de faire 6 jours de mer dans une mer terrible au point que le bateau a été abîmé par une vague scélérate il y a eu 3 blessés à bord et donc là on remet le pied en Australie donc moi initialement j'ai le mal de terre donc tout tangue, tout se balance et en fait ça m'a fait une sensation vraiment entre les retrouvailles avec les couleurs avec il y avait aussi une amie rencontrée au Nigeria qui m'attendait à mon arrivée en Tasmanie et donc la retrouvaille avec cette amie et puis la sensation de liberté retrouvée aussi c'est vrai que je garde un souvenir vraiment incroyable du retour en Antarctique du retour en Tasmanie et puis pareil de regarder l'océan et de se dire là-bas au fond il y a un truc de maboule il y a une immensité blanche et on ne devine pas ça restera dans un coin de ma tête mais on a vite fait se dire c'était un rêve tout ça, c'était surréel

Loïc 3 mois c'est les missions les plus courtes en Antarctique ?

Invité 1 non normalement mon contrat ça aurait dû être un mois et demi il se trouve que c'était un petit changement de cette année c'est un mois et demi il y en a même qui vont il y a des scientifiques qui vont même pour 15 jours, 3 semaines quand ils ont des manips extrêmement techniques à faire. Mais sinon, c'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui restent pour un an en Antarctique. Punaise !

Loïc Un an. Pour le coup, je ne me sens pas capable.

Invité 1 Ça me paraît vraiment...

Loïc Surtout que toi, tu étais en été, moins 40. Donc l'hiver, c'est encore possible de sortir pour prendre l'air, pour marcher un petit peu, etc.

Invité 1 ça devient vraiment hyper compliqué à Concordia ils sont descendus jusqu'à moins 96 degrés et puis c'est la nuit continue donc en fait ils ont des chaufferettes qu'ils mettent dans les mains dans les gants et puis vraiment oui chaque sortie est hyper limitée dans le temps

Loïc moins 96 degrés

Invité 1 ouais

Loïc mais attends le matériel j'imagine la source d'énergie c'est quoi c'est des générateurs ça marche au fuel et ça d'accord et donc on peut avoir des bâtiments suffisamment isolés pour vivre à l'intérieur quand il fait moins 96 dehors

Invité 1 ouais ouais c'est vraiment les conditions extrêmes par exemple ils ont des motoneiges pour se déplacer là-bas sur la base de Concordia les motoneiges ne marchent plus du tout quand il fait cette température là donc clairement on arrive au maximum de résistance de tous les matériels et par exemple si il y a un accident grave enfin, s'il y a un malade là-bas, il n'y a absolument aucun moyen d'évacuation possible, ni par le tracteur, ni par l'avion, c'est impossible. Donc, c'est vrai que c'est... Et puis, en plus, ils ont la nuit continue, donc pendant quatre mois, il n'y a plus de soleil. Et ouais, non, c'est un succès... C'est encore bien plus extrême que ce que moi, j'ai fait.

Loïc Parce que tu ne peux pas, enfin, même sans aller jusqu'à moins 96, tu peux respirer de l'air non filtré, on va dire, jusqu'à quelle température ?

Invité 1 Ça devient vite limité, parce que moi, c'est vrai que moi-même, je sais nier du nez tous les jours pendant une dizaine de jours. À un moment, tellement l'air était sec et froid. Après, on apprend à protéger chaque millimètre de peau. Donc, en fait, on respire, ce qui est très désagréable au début, mais en fait, on respire à travers les cache-pots, en fait. Oh putain ! Ouais.

Loïc Incroyable ! OK, on va clôturer l'Antarctique parce que sinon, on y est encore pendant deux heures, je pense. le trail donc tu t'avais fait le trail des Bourbons qui est déjà une grosse aventure à plus de 100 km ça faisait combien de temps que tu t'étais mise au trail et un peu la même question que d'habitude qu'est-ce que tu y as trouvé, qu'est-ce qui fait que t'as accroché sur et que tu t'es orienté vers ce type de format long voire très long

Invité 1 alors moi je m'y étais mis 9 mois avant donc c'était vraiment pas si long que ça avant en fait autant je suis très bonne randonneuse depuis longtemps donc ça je fais des grosses randos avec du gros dénivelé par contre courir jamais, je ne courir même pas 10 minutes et en fait je me suis justement inscrite au trail de Bourbon parce qu'on m'a dit c'est la seule course qu'on peut faire sans courir en faisant que de la rando, enfin de la marche et finalement c'est un peu faux, il faut quand même courir un peu ne serait-ce que pour avoir les points pour pouvoir s'inscrire donc je ne sais pas si c'est un exemple ou pas parce que vraiment en général on conseille quand même de s'entraîner plus longtemps avant d'arriver à des si gros maintenant moi de fait ça réussit après j'habite à La Réunion aussi donc je suis habituée au terrain, je suis habituée au climat au dénivelé qui sont quand même vraiment impressionnants les dénivels de La Réunion et la deuxième partie de ta question j'ai oublié pardon

Loïc ce qui fait que tu as accroché sur ce type de format tu disais que là c'est parce que tu pouvais le faire sans nécessairement courir en tout cas c'est ce que tu avais en tête au début mais est-ce qu'il y a autre chose ?

Invité 1 Oui, en fait, moi, c'est vrai que je suis très réceptive au côté défi, plus qu'au côté sportif je ne pense pas être ultra sportif, par contre le côté défi me plaît, et le fait d'habiter à La Réunion et de voir tous les ans cette ambiance incroyable cette solidarité, la Réunion vibre par la Diagonale des Fous pendant 4 jours et donc moi, il se trouve que je suis plusieurs fois allée voir les finishers à l'arrivée, et ça m'a émue mais plein de fois jusqu'aux larmes et en fait, ça faisait plein de fois, plein d'années que je me disais un jour, un jour je le ferais. Et puis là, je suis arrivée à 35 ans et je me suis dit, au bout d'un moment, il faut arrêter de dire un jour et c'est go, et ça va être l'année prochaine. Et donc, c'est vraiment comme ça que je me suis inscrite avant d'être vraiment préparée. Je me suis inscrite longtemps avant en me donnant un objectif et c'est parti.

Loïc Et après l'Antarctique, est-ce que tu as enchaîné avec une autre mission en milieu insolite ou une fois de retour à La Réunion, tu as pu te consacrer vraiment à ta préparation ?

Invité 1 Oui, j'ai vraiment fait… En fait, là, normalement, je fais une mission, je rentre six mois, je refais une mission, je rentre six mois. D'accord. Et l'année dernière, il se trouve que je venais de finir l'Islande à bord de finir un contrat en Islande sur un bateau de croisière de luxe et ça s'est fait un peu dans la foulée de l'Antarctique et je ne pouvais pas refuser. Mais c'est vrai que le fait d'enchaîner plusieurs missions ne me ressemble pas trop et j'avais besoin de rentrer vraiment à La Réunion. Donc, cette année, à l'inverse, j'ai compensé, je suis restée beaucoup plus à La Réunion que d'habitude. Donc, ça m'allait très bien pour le sport et pour me réancrer un grand coup dans un quotidien normal et pas aussi déconnecté que là-bas.

Loïc Oui, j'imagine. Ta prépa, tu l'as organisée comment ? J'imagine qu'il y a plein d'avantages en étant à La Réunion. Tu es un peu sur le terrain de jeu idéal pour cette course. Est-ce que tu t'en es servi pendant ta prépa de ça, par ailleurs ? Tu as fait des repérages, tu connaissais déjà ?

Invité 1 Oui, je connais bien les sentiers dans la grande majorité. je ne connaissais pas tout, notamment toute la partie sud j'habite dans le nord donc je ne suis pas allée dans le sud, m'entraîner spécialement par contre, c'est vrai que je ne suis pas en club de trail contrairement à la majorité des trailers de la Réunion qui sont inscrits en club, je courais un peu en mode toute seule je ne pense pas avoir été hyper rigoureuse par exemple, je ne faisais pas tellement de fractionnés j'ai pris 3 ou 4 fois un coach pour des missions un peu ponctuelles et puis par contre ce que je pense qui m'a beaucoup entraîné aussi c'est les week-ends avec les amis à faire des bivouacs donc c'est moi qui portais tout la tente, la nourriture, l'eau et donc j'avais des très gros sacs et finalement je trouvais ça pas mal parce que ça me permettait d'être quand même avec mes amis qui ont pas du tout les mêmes objectifs sportifs tout en ayant l'impression de faire vraiment du sport quoi, enfin vraiment de l'intensité et de l'endurance et puis j'ai fait de la kiné aussi comme j'avais un peu mal aux genoux pour le coup j'ai fait pas mal de kiné de renforcement musculaire pour les genoux et c'est pareil je pense que tôt ou tard ça m'a beaucoup aidé aussi parce que c'était assez proche de ce que faisait faire le coach. Et finalement, je n'ai vraiment pas eu de douleur du tout de genou pendant la Diagonale des Fous. Donc, je remercie mon guidé.

Loïc Quand tu as pris le départ, tu visais un chrono en particulier ou ce n'était pas l'objectif ? L'idée, c'était plus de finir en se faisant plaisir ?

Invité 1 Non, je ne visais vraiment pas de chrono. Et alors, en plus, le truc vraiment incroyable, c'est que je découvre 15 jours avant, maintenant, ça devient devenu officiel, 15 jours avant le départ, je découvre que je suis enceinte. et donc là c'était un grand bad combat sans nom alors maintenant que tout ça est derrière j'en souris et ça reste mais sur le coup c'est vrai que c'était vraiment une surprise complètement inattendue d'autant plus que retard de règles je me suis dit c'est le sport et en fait non pas du tout et donc j'ai quand même j'ai quand même vraiment cherché à avoir l'accord du gynéco du CHU qui a fait de la biblio qui a cherché un peu sur internet les études sur les sports de haut niveau et grossesse et donc c'est lui qui m'a donné le feu vert tout en me disant que si ça n'allait pas bien sûr je m'arrête et donc moi c'est vrai que c'est vrai que jusqu'au dernier moment j'étais même pas sûre de prendre le départ en fait mais par contre c'était très compliqué de tout le monde me lancer alors t'es prête, t'es prête, etc. et de sentir tel décalage avec les autres à un moment où je peux encore rien dire donc voilà j'ai plutôt pris le départ en me disant, il vaut mieux essayer et s'arrêter plutôt que de ne même pas essayer. Et puis finalement, je suis arrivée à la ligne d'arrivée. Moi-même, j'étais la première étonnée de me dire, ah bah oui,

Loïc finalement c'est possible. Du coup, tu en étais à quelle étape dans ta grossesse au moment du départ ?

Invité 1 J'étais au tout début. J'étais à cinq semaines de grossesse. C'était vraiment le début.

Loïc Waouh ! Ok !

Invité 1 Alors, j'ai eu la chance de n'avoir jamais eu de nausées vomissements parce que sinon, c'était en fait d'habitant.

Loïc Eh oui, j'avais été demandé.

Invité 1 Sur le fait de s'alimenter. Et puis, pareil, sur la fatigue, étonnamment, j'ai été vraiment fatiguée après, mais sur le coup, ça allait. Et là où j'étais très embêtée pendant ma diac, c'est sur mon pied gauche. J'ai eu une énorme tendinite du releveur. Et donc, j'ai vraiment, vraiment souffert du pied, mais à aucun moment, j'ai souffert du ventre ou tellement de la fatigue, quoi. J'ai même été étonnée du peu que j'ai dormi. et puis après c'est vraiment ici on dit le tipa tipa et le tipa tipa nous arrive, c'est vraiment le symbole de, en fait on va aller au ravit d'au d'après puis on verra, et puis celui d'après on verra et puis finalement on se retrouve à la moitié et puis finalement il ne reste plus que 40 et puis ah bah ouais ouais

Loïc donc tu finis en 60 heures c'est ça si je ne me trompe pas c'est ça finir à Diagonale des Fous enceinte après une mission en Antarctique ça doit pas être tout à fait commun chez les finishers de cette course tu disais un peu plus tôt que peut-être que finalement toutes ces missions et en particulier l'Antarctique que tu venais de terminer ça t'a très certainement aidé enfin je sais plus si tu disais que ça t'avait aidé ou si tu faisais des parallèles entre ton activité de médecin urgentiste et la pratique du trail mais du coup je te pose la question comment est-ce que tu penses que ton activité de médecin urgentiste en particulier et les contextes très particuliers très spéciaux dans lesquels tu l'exerces comment est-ce que ça t'aide dans l'ultra trail si ça t'aide et je vais arrêter de faire des doubles et triples questions je vais m'en tenir à ça

Invité 1 est-ce que ça m'aide c'est vrai que j'ai pas forcément fait tous les parallèles sur le coup mais après coup j'en ai tiré plein de leçons et c'est vrai que le fait de ne pas se projeter d'englet sur la ligne d'arrivée enfin à la fois on dit souvent qu'il faut visualiser la ligne d'arrivée mais moi je pense qu'il faut vraiment fractionner en étapes et donc fractionner et voir plutôt le ravito d'après et celui d'après et en fait en médecine il y a un peu de ça, certes on a l'horizon long terme maintenant on va surtout faire cette année là, la première année et puis on verra, et la deuxième et puis voilà et en fait c'est tellement long et tellement compliqué que l'idée de fractionner moi j'en ai fait une grande leçon de vie en fait, de se dire qu'on peut aller très loin mais vraiment par petites étapes sinon c'est décourageant tout simplement quand je suis arrivée à Sillaos pour ceux qui connaissent La Réunion, ça faisait 24 heures que je courais et en fait j'étais même pas à la moitié j'ai fait 60 km et là il en reste 100 honnêtement c'est vraiment décourageant et donc en fait faut pas voir le bout, faut voir le bravito d'après ça c'était une des grandes leçons qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Ah oui la force de l'entourage ça c'était vraiment impuissant aussi de se dire est-ce qu'on le fait, est-ce que c'est un sport individuel au collectif, j'ai entendu ça dans un podcast ça m'a touché cette phrase parce que c'est vrai que moi je me suis sentie vraiment portée et par les personnes qui accompagnaient qui nous encourageaient, même des inconnus et par mon entourage à moi sur mon groupe WhatsApp qui m'a beaucoup aidé aussi voilà pour le coucher, moi aussi, parler avec la médecine parce que c'est vraiment un travail d'équipe aussi surtout la médecine d'urgence, c'est vraiment un travail d'équipe du côté de si le malade survit c'est pas grâce à moi, c'est grâce à nous en fait et si on arrive à franchir la ligne arrivée c'est pas que moi, c'est nous

Loïc En 60h j'imagine qu'il y a eu des hauts et des bas je serais curieux que tu nous partages un moment bas en particulier et la manière dont on est sorti t'évoquais ta cheville mais j'imagine qu'il y a eu d'autres choses

Invité 1 Le plus gros bas c'était justement quand j'arrive, j'ai fait 60, il en reste 100 on arrive sous la pluie battante mais vraiment battante j'ai une copine qui m'attend qui m'a attendue pendant des heures elle était touchante parce que vraiment elle m'a attendue sous la pluie elle m'attend avec son énorme sourire elle m'avait préparé de la nourriture mais en fait là j'ai vraiment failli arrêter pas tellement parce que j'en pouvais plus mais vraiment juste parce que c'est trop long et c'est trop décourageant et j'ai aussi appelé mon chéri le papa du bébé qui m'a dit quand même, je ne vais pas arrêter là vraiment d'en être tellement surpris de « mais non, c'est pas possible. Et puis, pourquoi tu vas arrêter ? » Je dis « c'est vrai que j'en ai marre. » Il me dit « non, c'est pas un bon argument, t'es pas blessé. » Et en fait, il m'a gardé pendant une heure au téléphone et pour le coup, je pense que ça va être quand même vraiment pas mal aussi d'avoir pu marcher en téléphonant, même si on peut se poser la question de à quel moment ça devient un peu de la triche. Mais finalement, la pluie s'est arrêtée et puis vraiment la stratégie du ravitôt d'après a marché. Et voilà, il y a eu ça. et qu'est-ce qu'il y avait eu d'autre ? un autre moment où je voulais m'arrêter après mon pied en fait c'était une souffrance vraiment terrible mais en fait c'était surtout sur la fin donc c'était fou parce que plus j'arrivais proche de la fin et plus il y a une espèce de certitude de je vais y arriver et plus en même temps il y a ce truc de là c'est même plus le mental qui peut plus c'est le corps qui ne peut plus du tout du tout quoi et en fait c'était surtout sur la toute dernière descente les deux dernières heures et là oui je les ai faits en pleurant en pleurant mais pour le coup c'était là c'est si ça m'était arrivé avant c'était vraiment pas possible de continuer c'était vraiment le corps qui ne pouvait plus heureusement c'est arrivé tout à la fin

Loïc c'est toujours je trouve ça toujours fascinant les témoignages, les récits d'efforts sur des durées aussi importantes ce qui me fascine systématiquement c'est la capacité du cerveau à oublier ces moments là j'ai encore rencontré personne qui m'a fait un récit d'un ultra trail puisque c'est de ça dont on parle là où il ne s'est rien passé de très difficile et pour autant qu'il ne me le raconte pas avec un énorme sourire aux lèvres c'est quand même assez fou à posteriori c'est mieux

Invité 1 mais même dès qu'on passe la ligne d'arrivée mais c'est vrai que oui il y a des moments vraiment durs mais c'est vrai que ceux qui abandonnent pour le coup je ne sais pas s'ils en reparlent encore avec autant de sourires parce que ça reste un sujet un peu sensible quand même. Moi, j'ai eu la chance de pouvoir aller jusqu'au bout. Donc, bien sûr, avec du recul, ça reste des bons souvenirs. Et puis, en fait, c'est ce qui fait aussi que c'est aussi incroyable. Si c'était facile. En fait, j'avais beaucoup de petites phrases un peu leitmotivs et ça, ça en faisait partie. C'est que si c'était une évidence, ça ne serait pas un défi. Si c'était sûr qu'on allait y arriver, ça ne serait pas un défi. Donc, il faut qu'il y ait cette part d'incertitude. Sinon, voilà, si c'est trop facile, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'intérêt, mais ça enlève de sa substance le principe en fait

Loïc c'est marrant que tu évoques celle-là parce que systématiquement je sais pas si je sais pas pourquoi j'ai ça en tête mais systématiquement quand j'entends ça je pense à l'expédition de Shackleton sur Antarctique tu vois justement et en fait c'est assez rigolo finalement que ça me fasse évoquer ça parce que j'ai une seule expérience d'ultra enfin j'en ai deux maintenant mais une où vraiment c'était très très long j'ai fait une course qui s'appelle la PTL c'est un peu plus de 300 bornes enfin mon année c'était un peu plus de 300 bornes sur 148 heures donc ça fait 6 jours 26 000 mètres de dénivelé et en fait j'étais un peu terrorisé par cette course et pour relativiser avant d'en prendre le départ j'ai lu le récit d'expédition de Shackleton qui s'appelle comment déjà c'est le récit de l'endurance l'Odyssée de l'Endurance.

Invité 1 Voilà.

Loïc Et en fait, quand tu lis ce truc, l'expédition qu'ils ont fait, je crois qu'ils sont partis le premier jour, le premier jour officiel de la Première Guerre mondiale. En tout cas, le jour où le Royaume-Uni est entré en guerre officiellement contre l'Allemagne. Et quand tu lis, donc avec les moyens de l'époque, ils n'avaient pas des vestes cette paire de gants chacun et j'imagine le matériel qu'on doit avoir et quand tu lis ce qu'ils ont été capables de faire en dérivant pendant je sais plus combien de mois je sais même pas si c'est pas plus d'un an sur la banquise en mangeant des pingouins ou des phoques tu te dis mais c'est incroyable que tous soient revenus alors il y en a un il lui manquait quelques extrémités mais qu'ils soient tous revenus vivants de cette expédition c'est vraiment pour le coup

Invité 1 et je sais pas si t'avais vu Ah ouais, non mais c'est clair. Je pense qu'il est en bataille.

Loïc Si tu avais lu cet article, si je ne me trompe pas, tu as lu le récit de l'expédition. Oui. Il y avait Messner et deux autres Himalaiistes qui, pour je ne sais plus quel anniversaire de l'expédition de Shackleton, ça devait être dans les années 2000, ils ont organisé, ils ont retenté la traversée de... Tu sais, il y a une île avec une station balénière où Shackleton... Oui, l'île des éléphants. L'île des éléphants, exactement. Et donc, je ne sais pas si tu avais lu cet article, mais ils ont tenté, ces Himalaiistes chevronnés, ils ont tenté une traversée, la même traversée en fait que Shackleton, avec toute l'expérience qu'ils ont de l'Himalaya, les cartes de la région, là où Shackleton il avait grossièrement le contour de l'île et ils ne savaient pas ce qu'il y avait au milieu ils étaient bien nourris ils ne venaient pas de passer 11 mois à dériver sur la banquise Shackleton et je crois qu'ils étaient 3 en tout 3 ou 4 il me semble qu'ils avaient mis moins de 24 heures pour traverser et arriver à la station balénière et ces gars là les cadors des cadors de l'alpinisme d'aujourd'hui ils ont failli abandonner et ils ont mis je crois ils ont peiné à mettre moins de 36 heures c'est quand même c'est hallucinant quand même je retrouverai l'article je le mettrai en lien de l'épisode si il y en a que ça intéresse mais c'était vraiment bluffant Shackleton ils avaient en guise de pioler ils avaient une hachette de charpentier marin en guise de crampon ils avaient démonté leur embarcation en retirant les clous pour les planter dans leur semelle c'est incroyable donc effectivement ils ne savaient pas que c'était impossible donc ils l'ont fait je pense systématiquement à cette expédition ouais sacré récit de ta diagonale et assez fou enfin vraiment encore une fois assez fou que tu l'aies fait, que tu aies pris le départ en étant enceinte j'ai pas du tout de j'ai pas d'exemples de sportives en tête qui font des épreuves d'endurance comme ça en étant enceinte même si c'était au début de ta grossesse est-ce que du coup quand le médecin s'est renseigné est-ce qu'il a trouvé des cas enfin des cas des témoignages de femmes qui avaient réussi à faire des épreuves très très longues en étant enceinte

Invité 1 en fait sur des ultras sur des ultras il y avait il y a enfin moi j'ai pas trouvé sur internet il a trouvé sur d'autres sports un peu long moi j'ai aussi contacté la clinique du coureur effectivement je crois qu'ils ont d'autres clients en tout cas là normalement je vais avoir un contact un peu plus rapproché avec une des femmes de la clinique du coureur pour lui raconter un peu plus, nous ce qu'on avait surtout peur avec le papa c'était des impacts éventuels sur le bébé mais vraiment ça il nous a rassuré, il est tellement petit, enfin en plus à ce stade là c'est quasiment plus la poche des os qui se met en place que vraiment le bébé, donc là dessus il nous a vraiment rassuré qu'il ne peut pas y avoir de séquelles neurologiques etc, il m'a dit qu'il pouvait y avoir un petit sur-risque de déshydratation pour moi mais ok si je suis désiré je m'arrête et je bois plus en fait le tout c'est de savoir s'arrêter je pense et l'autre chose qui est quand même assez fou c'est que dans l'histoire il y a des sportifs d'Europe de l'Est donc Russie et Europe de l'Est par le passé étaient mises enceintes volontairement avant des courses et puis finalement elles étaient poussées à faire des IVG juste après alors moi j'ai vraiment du mal à y croire parce que je me dis que c'est un peu pile ou face parce que si on est fatigué ou qu'on vomit on a tout perdu mais a priori je disais un peu que j'ai un peu triché parce que finalement j'avais deux cœurs pour pomper au lieu d'un et que finalement j'ai une forme de dopage naturel associée au tout début de grossesse je sais pas, je saurais jamais si je l'aurais réussi ou pas sans être enceinte

Loïc c'est vrai que j'avais déjà entendu ces histoires en tout cas dans le milieu du judo concernant les sportives au niveau en Europe de l'Est je sais pas à quel point ça fait partie de la légende ou c'est vrai mais j'avais déjà entendu ces histoires

Invité 1 mais c'est vrai que le judeco il en revenait pas et il a beau m'avoir donné son feu vert après quoi il m'a dit mais vous l'avez fait mais vous l'avez fini mais en combien de temps etc il en revenait pas quoi et du coup je me suis sentie un peu flattée quand même

Loïc et en terme de récup ça a donné quoi ?

Invité 1 en récup par contre c'était un peu chaud c'était mon pied qui était vraiment chaud en fait donc je finis le dimanche matin l'après-midi même je marche plus du tout j'ai un copain qui m'a filé sa trottinette électrique pour pouvoir au moins aller acheter à manger tellement je ne marchais plus du tout. Et le lundi, je ne marchais plus. Et le mardi, je travaillais aux urgences. Donc là, j'avais une garde de 24 heures. Et donc, j'ai un peu tout fait pour demander à ce qu'on la reprenne parce que vraiment, je ne pouvais pas marcher. Et en fait, malheureusement, on était un peu compliqués au niveau des effectifs. Et donc, je ne pouvais toujours pas marcher. C'est un copain qui m'a emmenée aux urgences. J'ai quand même 45 minutes de route pour aller travailler. Et puis après, sur place, j'avais un poste un peu plus cool. Je faisais les hospitalisations courtes. Et donc, j'ai pu le faire en béquille, à boitillé. Et puis, ça allait beaucoup mieux le lendemain après. C'est vrai que c'était un peu limite sur la reprise. En fait, c'était tout un débat, même avec mes collègues. C'est est-ce qu'il vaut mieux prendre des jours de récup avant la diag pour être bien, bien, bien reposé le jour J ? Ce que moi, j'ai privilégié, en fait, de ne plus faire de nuit et de vraiment se reposer à fond avant. Ou est-ce qu'il vaut mieux les prendre après pour récupérer ? Mais résultat, mon collègue qui les a pris après, lui, il a fait une nuit de garde deux jours avant la diag. Et pour moi, ça, ça me paraissait vraiment rédhibitoire. je trouve qu'il faut quand même être vraiment reposé avant d'arriver.

Loïc J'imagine la scène, un patient qui arrive aux urgences et qui va débarquer la médecin en béquille.

Invité 1 Vraiment, heureusement, j'avais un poste un peu plus adapté parce que s'il avait fallu gérer un art cardiaque en béquille, c'est que là, ce n'était pas possible.

Loïc Incroyable. Dernière série de questions pour toi. on a parlé de l'Antarctique assez en détail moi je serais quand même curé de savoir puisque tu disais que ça a été assez calme d'un point de vue médecine est-ce qu'il y a une expédition une de tes missions en particulier sur laquelle t'as vraiment dû gérer des situations de médecine urgentiste

Invité 1 ouais la plus significative c'était au Nigeria où pour le coup on a eu un intubé sur un Covid grave et là oui c'était vraiment compliqué parce que c'était un local où on ne pouvait pas l'évacuer vers la France parce qu'il ne cotisait pas à la sécurité sociale française, bien sûr. Et donc, j'étais toute seule pour le gérer. Normalement, un patient intubé, ce n'est pas l'urgentiste qui gère. Nous, on intube, ensuite, on envoie en réanimation. Et là, il n'y avait pas de réanimateur dans cette ville de 1 million d'habitants. Et donc, il a fallu que ce soit moi qui gère, vraiment avec les moyens de bord et puis avec ce que je pouvais, ce que je savais faire. Et beaucoup, beaucoup, avec l'aide d'un ami et collègue réanimateur qui était à distance. Par exemple, je faisais une vidéo du respirateur et des courbes de pression, volume, parce que ça, moi, je ne fais pas régler dans la finesse. Et puis, c'est lui qui me disait, change ci, change ça. À distance. Honnêtement, il était tellement grave qu'on n'y croyait pas trop. On pensait vraiment qu'il allait décéder. En plus, c'était un moment où je crois que le taux de décès des Covid intubés, c'était 50 %, même en France. Donc, on n'y croyait pas trop. Et puis, finalement, le jour après jour, il s'est amélioré, amélioré. Et puis, jusqu'au jour où il s'en est sorti pour de bon. Et c'était vraiment incroyable, y compris sur le côté franco-nigérien aussi, où on était une équipe un petit peu française et beaucoup nigérienne, et donc avec des Nigériens qui étaient vraiment de bonne volonté, mais qui n'avaient jamais vu d'intubés, en fait. Et voilà. C'était une des plus grandes histoires médicales pures de médecine, avec les moyens de bord. Par exemple, à un moment, il était carencé en phosphore. On a cherché partout du phosphore dans notre petite clinique et puis dans les pharmacies aux alentours, personne n'avait de phosphore, en France c'est facile c'est une perfusion, pof, enfin l'histoire elle n'y en avait pas, et du coup j'ai regardé sur internet les aliments riches en phosphore et j'ai trouvé l'œuf et ok mais c'est un gars qui est dans le coma et qui a juste un tuyau qui part du nez pour aller jusqu'à l'estomac, donc l'œuf dur ça passe pas ça va boucher le tuyau, donc on lui a passé de l'œuf cru, et puis finalement ça a remonté le taux de phosphore et je me suis dit c'est du tiramisu sans sucre en fait et de toute façon en fait il vaut mieux essayer de faire plutôt que de ne rien faire et mis bout à bout c'était un peu de la débrouille comme ça je vais pas dire tous les jours parce que là c'était moi aussi quasiment tous les jours en fait et puis finalement le gars s'en est sorti

Loïc c'est hyper intéressant ce que tu dis sur de toute façon c'était tellement grave qu'il valait mieux tenter quelque chose ça me fait penser alors évidemment ça n'a absolument rien à voir en termes d'échelle de gravité mais récemment j'ai repassé mon PSC1 et en fait le pompier qui nous faisait la formation il expliquait que souvent il constate que des non professionnels on va dire des gens lambda qui se forment et qui se retrouvent à cette situation il faut faire un massage cardiaque en fait ils osent pas appuyer suffisamment fort parce qu'ils ont peur de faire il y a cette espèce de mythe des côtes cassées que pour faire un bon massage cardiaque il faut casser toutes les côtes et il avait l'air de dire qu'il y a pas mal de gens en fait quand les pompiers arrivent qui disent j'aime assez mais je sais pas si j'aime assez assez fort et en fait ce que ce pompier là apparemment leur disait systématiquement c'est en fait si vous faites rien la personne elle y passe donc tant pis même si vous faites mal vous pouvez pas faire plus mal que exactement et au pire il y a des côtes cassées et puis voilà c'est clair et puis tous les gens

Invité 1 qui nous disent je sais pas faire mais c'est pas grave en fait il vaut mieux faire mal aussi le massage cardiaque c'est vrai que c'est l'emblève du truc où il vaut mieux faire mal que pas faire du tout

Loïc comment tu fais pour terminer sur cette expérience dans ton cursus pour devenir médecin on vous apprend des gestes mais entre la théorie ou la mise en pratique dans le cadre d'un exercice et la réalité j'imagine qu'en terme de pression ça a juste absolument rien à voir donc quand tu te retrouves dans une situation où tu sais que t'as pas les outils qui te faudraient pour porter secours comment tu fais pour garder la tête froide est-ce que dans cet exemple là que tu citais avec l'intubé est-ce que tu te souviens d'un schéma dans lequel tu t'es mis ou de phrases qui te revenaient un peu comme sur la diagonale tu vois où tu disais ils ne savaient pas que c'était impossible donc ils l'ont fait ça se passe comment intellectuellement on va dire quand tu es face à ce genre de situation

Invité 1 sur des trucs vraiment graves où on connait on suit notre protocole typiquement l'arrêt cardiaque moi c'est vrai que ça ne me stresse plus du tout parce qu'en fait on connait notre protocole par coeur on l'applique et puis si ça loupe, ça loupe. De toute façon, c'est tellement grave que... C'est vrai que là-dessus, oui, j'ai vraiment plus de stress. Un bébé grave qui n'est pas en arrêt cardiaque, là, c'est vraiment stressant parce que là, ça peut vraiment se dégrader, mais finalement, celui qui est déjà en arrêt cardiaque... Sur cet intubé, je ne me rappelle pas d'avoir été si stressée que ça parce que c'est pareil, c'était tellement grave. On a le Covid avec 50% de mortalité, on est au Nigeria, mais bien sûr que le gars va mourir. Et s'il s'en sort, incroyable, mais spontanément, on se dit qu'il va mourir. Par contre, qui m'a énormément stressée, moi comme mission, c'était au Gabon, où pour le coup, je me suis retrouvée à devoir commander de l'oxygène parce qu'il n'y en avait pas assez et on n'arrivait pas à l'avoir. Et je commandais des médicaments et on n'arrivait pas à les recevoir. Et là, pour le coup, j'ai découvert que je devais gérer mon stress comme tout le monde et que j'avais l'impression d'être meilleure que d'autres à gérer mon stress. Et en fait, non, c'est un apprentissage là-dessus. Parce que du coup, ça sortait des protocoles que je connaissais. De commander de l'oxygène, de commander des médocs, ce n'est pas des protocoles que je connais. et de se battre et de voir qu'on n'a pas assez d'oxygène. Bref. Et donc là, il faut reprendre... Alors moi, j'ai été éduquée avec ce qu'on appelle le rocher du réel. Donc le rocher du réel, c'est ce qui est vrai. Par exemple, c'est qu'on est dans la rivière, on a des tourbillons dans tous les sens, on ne connaît pas. Évidemment, il y a beaucoup de peurs qui sont déconnectées du réel. Et le rocher du réel, c'est là maintenant tout de suite, ok, j'ai peur d'avoir pas assez d'oxygène, mais là tout de suite, je n'ai pas besoin de plus d'oxygène. Et c'était vrai. en fait je me suis beaucoup stressée là dessus alors que finalement on n'a jamais manqué d'oxygène donc j'essaie de rester le plus possible rationnelle mais c'est pas si simple, de préserver beaucoup aussi les moments de détance, les trucs qui me font du bien tout le temps par exemple il y a telle musique, je sais que c'est ma musique de quand je vais pas bien il y a les massages, moi j'adore quand je suis stressée c'est go massage et voilà de mettre en place après on a chacun je pense notre petit plan d'action pour quand on va pas bien, il faut le connaître pour être prête à dégainer quand il y a besoin. Mais je pense que la gestion du stress, c'est jamais un acquis. Il y a quand même toujours des petites zones, pas des petites zones d'ailleurs, des zones qui nous déstabilisent plus que d'autres. Et finalement, je ne suis pas sûre d'être vraiment meilleure que d'autres. C'est juste que dans ce qui est urgence vitale, la médecine, je connais, je sais faire. Mais finalement, sur le stress tout venant, je suis comme tout le monde.

Loïc écoute Claire un immense merci pour tout ce que tu as bien voulu partager avec nous sur cet épisode c'était vraiment fascinant je sais qu'il est déjà tard chez toi merci beaucoup d'avoir pris autant de temps et puis je te dis si tu veux qu'on se refasse des épisodes spéciaux sur certaines de tes missions avec grand plaisir je pense qu'il y aura largement largement de quoi faire ouais avec grand plaisir écoute on va en discuter alors est-ce que toi tu aurais un mot de la fin quelque chose que tu voudrais partager souligner peut-être peut-être qu'on t'aurait pas forcément eu l'occasion de partager jusqu'à présent

Invité 1 et bien s'il y en a qui veulent prolonger un peu version non audio mais livres il se trouve que j'ai écrit deux livres qui sont sortis en 2022 et 2024 et donc c'est vraiment le mélange de médecine et de voyage, de découverte donc il y a Dr Globetrotter le premier et Tour du Monde en blouse blanche, le deuxième.

Loïc Voilà. Excellent. Les liens sont en description. Merci beaucoup pour ça, Claire, une fois de plus. Et puis, écoute, je te dis à très bientôt.

Invité 1 Merci à toi et merci beaucoup pour ton podcast qui nous a voyagé très loin.

Loïc Avec plaisir. Merci, Claire. Au revoir. Merci d'avoir écouté cet épisode exceptionnel avec Claire jusqu'au bout. J'espère que vous l'avez apprécié autant que moi, je termine cet échange avec des étoiles plein les yeux. Si vous avez apprécié ce témoignage, n'hésitez pas à le partager à un maximum de personnes autour de vous et de manière générale, parler des frappés. C'est une excellente manière de remercier toutes celles et ceux qui, comme Claire, viennent témoigner au micro du podcast. Je vous rappelle que si vous souhaitez soutenir financièrement le projet cette fois-ci, vous pouvez le faire sur tipeee, www.tipeee.com slash les-frappés. Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont déjà franchi le pas. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao les frappés ! Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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