Loïc Dans cet épisode, j'interview Adélie Jadot, une belge de 31 ans installée près de Grenoble, et Audrey, sa compagne. Sur l'édition 2024 de l'AlpsMan Extreme, elle avait le dossard numéro 62. Avec un chrono de 14h06, elle termine deuxième au classement général des Lake Finisher. L'AlpsMan s'y est préparée pendant 6 mois. En 2023, elle avait déjà fait la version half de l'épreuve, et elle revenait cette année avec l'objectif de sonner la cloche pour devenir top finisher.
AlpsMan Alors, comment je me sens ? Un peu fatiguée, mais bizarrement ça va. Il y a encore l'adrénaline peut-être. Et un peu mal aux gens quand même. Un peu, beaucoup, mais tout le monde marche pareil, donc ça va. Donc la totalité pour faire les trois, j'ai mis 14h06. Donc la natation, 1h10 pour faire les... Il y avait un peu plus, il y avait plutôt 4 km, on va dire que... On va dire que 3,8 km. Puis après les 180 à vélo, j'ai mis avec les pauses 8h30 plus ou moins. Et alors pour faire le marathon, encore une fois avec les pauses, c'était plutôt 4h20. Donc, ouais, j'étais pas loin de la cloche, mais je suis passée à, on va dire, 3 minutes. J'ai entendu quand c'était fini, j'étais devant l'ICPA quand il était 5h31. Mais bon, c'est comme ça. Je savais en déposant le vélo que j'avais pas beaucoup de temps. J'avais en gros 3h15 pour faire les 26 premiers kilomètres. Donc je savais que ça allait dépendre déjà comment répondaient les gens dès le début. Et après, quand j'ai commencé à courir, elles répondaient bien. Mais bon, il fallait qu'elles répondent bien pendant 26 km. Et ça a été les deux premiers tours. Et le troisième, j'ai commencé à décélérer. Donc là, j'ai vu le temps défiler et je me suis dit, ça risque d'être compliqué. Donc je me suis dit, bon, bah voilà, l'objectif premier, c'était de finir. Monter, c'était un bonus. Je savais que ça allait être limite dans tous les cas. Donc pas de déception. Je me suis dit, au pire, on finira plus tôt. Les deux derniers tours, ils étaient quand même longs, plus longs que les trois premiers, du coup. Parce que déjà, digérer le fait de pas monter. Et puis après, en fait, 5 fois le même tour. Le tour de 8, 8 km et demi, il est quand même assez conséquent. Donc voilà, les émotions. J'étais super contente de finir. Mais on n'était pas beaucoup en bas en plus. Je joue très peu de femmes aussi. Donc voilà. Mais j'étais vraiment super contente de finir cette course. Le quatrième tour, j'ai un peu marché pour aussi... En fait, pendant les trois premiers tours, je me suis pas arrêtée une fois, même pas au ravitôt. J'avais mes flasques. Parce que je savais que je pouvais pas. En fait, j'avais pas le temps. Et du coup, dès que j'ai vu qu'il était 5h31, c'était trop tard, là, je me suis arrêtée. J'ai bu, j'étais un peu déshydratée, mais pas loin. J'avais besoin juste de faire une pause et puis de marcher un peu et de souffler en fait. De juste redescendre.
Invité 1 Ça a été un petit peu caoutique au départ. Parce que moi, je l'ai vu à la sortie de l'eau le matin. Donc là, c'était cool. Et après, j'étais censée monter avec la navette qui était prévue par la semaine et qui n'est jamais venue. Donc, on a créé un petit groupe avec des filles qui attendaient leur mari qui était aussi sur l'extrême. Et on est monté avec la voiture d'une fille. Donc, on a réussi à aller à l'Echeren pour encourager un petit peu. On les a vues deux fois passer. On a eu trop de la chance parce que les trois filles avaient leur mari qui était quasiment à 20 minutes d'écart. Donc, c'était quand même cool. Et après, on est redescendu pour le début de la course à pied. Donc, on a tous vu nos plus-uns au moment de la transition vélo et du passage en course à pied. Donc, ça, c'était chouette. Et puis après, on était essentiellement sur le parcours sur la course à pied. C'était dur d'être présent à différents endroits en fait. Donc, on était essentiellement au niveau de la cloche ou un petit peu avant.
AlpsMan Non, sur la cloche en général quand je te voyais passer. On m'a accompagné un petit peu aussi sur le quatrième tour. Il ne faut pas se leurrer. En bas, il y a beaucoup de gens, même si normalement, on ne peut pas accompagner, qui restent un peu avec, qui marchent un peu quand on marche en fait. De toute façon, personne ne va pas pousser. Donc, voilà, ils se laissent faire parce que, de toute façon, on ne peut plus en juste finir. De toute façon, on ne veut pas pousser. Et puis ça, c'est plus... On ne veut pas la pousser à son moment. C'est juste du soutien. Voilà, ils ont pas mal notre temps. Et ça fait du bien au moral, franchement, quand même, d'avoir.
Invité 1 C'était sur l'ambrahmane aussi. Je l'avais bien vu souffrir. Donc, je l'avais déjà vu un peu dans cet état-là. Mais là, je la trouvais... Enfin, sur toute la cour, je la trouvais hyper souriante et hyper bien dans son effort. Il y a juste sur la course à pied, le deuxième tour, je la trouve encore trop bien. Et elle me dit désolée parce qu'elle me voyait habillée avec mes plasques et tout. Et parce que je devais l'accompagner du coup pour la monter. Et en plus, moi, je voyais très bien que ça jouait à une minute. Donc, on était sur le timing à la fin. Moi, je ne regardais même plus. Donc, j'avais laissé le téléphone dans la poche et je ne regardais plus du tout le suivi. Et on attendait juste. Il y avait la fille avec qui on était montés, qui regardait l'écran juste derrière pour voir si elle n'allait pas arriver aux 30 minutes. Et du coup, quand le 31 est passé, on s'esoutait. Je me suis avancée jusqu'au pont pour aller la récupérer. Suspense jusqu'au bout.
AlpsMan Le bon stress. Donc, la mise à l'eau. Alors moi, j'ai pris le deuxième bateau. Pas fait exprès ni rien. Mais je pense que j'ai bien fait parce que je me suis retrouvée avec Thomas Lemaitre qui gagne. Et la gagnante de l'année passée aussi. Et en fait, j'ai cru comprendre que c'était le meilleur bateau parce que déjà, on partait un peu plus tard. Ils nous mettaient à l'eau plus tard. Et en plus de ça, on était juste à côté des bouées de départ. Donc, on ne devait pas nager trop longtemps dans l'eau qui était quand même moins fraîche que l'année passée. Mais moi, j'ai trouvé ça trop chouette de se mettre au bord. Et puis, il nous pressait. Allez, allez, allez, on y va. Et nous, on a sauté. Il était 5h20 pour rester le moins possible dans l'eau. Un bon 20. Et après, on saute. C'est super chouette. On est à quoi ? Même pas deux mètres de haut. C'est super sympa. Et puis, il faisait déjà quand même clair. Le ciel n'était pas trop sombre le matin. C'est un peu assombri après. Ils en ont parlé au brief. Je pense, la veille. Je ne sais plus. En expliquant que, voilà, on devrait déjà aller vers... Les premières mises à l'eau étaient vers 5h. 5h10. Mais que si on était sur le premier bateau, on pouvait aller sur un... Voilà, c'est ça. Un fond qui permettait de ne pas être trop à l'eau. Donc, oui, ils étaient tous rassemblés là. On les voyait comme des oiseaux. C'était assez marrant. Mais nous, on était sur le bateau encore au chaud. Donc, c'était bien. Première chose que j'espérais, c'est que ce ne soit pas trop froid. Parce que j'avais fait un triathlon deux semaines avant dans les gorges de la Loire. C'était un M. Et j'avais crampé à cause du froid parce qu'on était à 14 lots. Donc, je me suis dit, si je crampe au mollet sur 3,8 km, ça ne va pas être drôle. Donc, première chose, c'est que ce ne soit pas trop froid. Mais après, je n'ai pas trop d'appréhension sur la natation généralement. À part ce mass start où tu es un peu écrasé, mais je savais que j'allais me mettre un peu sur le côté. Donc, non, j'avais hâte de commencer enfin, de concrétiser les plus ou moins 6, 7 mois d'entraînement. Et puis de se lancer dans la course. Donc, un peu les imprévus, les difficultés pour cette année. Je pense que c'était vraiment cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. En disant qu'il y a un brin, je partais pour, entre guillemets, à vélo, une longue randonnée. Où je pouvais m'arrêter autant que je voulais sur les ravitaux. Je roulais à mon rythme tranquille. Et là, en fait, quand j'ai commencé le deuxième tour, la deuxième boucle à vélo, je me suis rendu compte que j'étais vraiment serrée. Et donc, j'ai dû accélérer entre guillemets, alors que normalement, à ces moments, on craque. Mais ça m'a forcé à pousser plus et me rendre compte qu'en fait, j'étais quand même capable d'encore pousser. Je m'étais bien nourrie quand même. Donc ça, c'est vraiment, je pense, la clé de bien boire. Et puis, mais par contre, c'est vrai que le côté où on a eu de la pluie, moi, ça m'a stressée en dessin. Donc ça a ralenti un peu. Donc, mais c'était vraiment, ouais, cette difficulté, c'était l'épée de Damoclès. Et puis la course à pied, pareil, d'habitude, tu pars, tu dis, bah, je vais cool, je veux sensation. Et là, il fallait aller vite, il fallait. Mais voilà, c'était bien. Après, c'était du suspens jusqu'au bout. Donc, voilà. Donc, l'épreuve la plus longue que j'avais faite, c'était en brun. J'avais fait un peu plus, j'avais fait 14h44. Mais on avait quand même 7 km de vélo en plus. Donc ça joue, le dénivelé pareil. Et la course à pied, elle est quand même plus dure parce que, c'est quand même plus dure parce que c'est canicule, mais encore un ressenti. Et on a une montée en plus en brun. Il y a quand même une grosse montée cassante. Donc, le temps, je pense, c'est un peu équivalent, on va dire. Mais c'est, ouais, après, c'est si tu montes au sein de nos, c'est vrai que là, par contre, c'est une difficulté. C'est des plus 15h, quoi. Voilà, l'Halsman est plus dur. Moi, sur le papier, je pense que l'Halsman est plus dur si tu montes. Après, si tu restes en bas, voilà, c'est équivalent, on va dire.
Invité 1 Du côté des spectateurs, du coup, en termes d'émotion, c'est partagé parce qu'au final, on voyait qu'il y avait des gens qui étaient là pour vraiment monter et aller sonner la cloche. Et d'autres qui étaient juste là pour vraiment le terminer en mode finisher et faire le tour du lac. Du coup, c'est vrai que ce n'était pas tout à fait le même stress pour les uns et les autres. Et du coup, il y avait une des filles, Emeline, avec qui on était, qui elle, son mec, lui avait dit dès le départ, en fait, moi, je ne monterai pas. Et il n'avait même pas prévu ses chaussures de trail, rien du tout. Alors que de base, c'est un trailer. Et en fait, au final, elle s'est mis le stress au fur et à mesure du temps parce qu'elle voyait que son mec, il était vraiment dans les temps et qu'il pouvait potentiellement aller à la cloche. Et ça s'est joué après sur la course à pied où il a ralenti un peu le rythme, etc. Mais du coup, c'était un peu, on sentait que ce n'était pas le peuple qui avait cette tension pour tout le monde de se dire, est-ce que ça passera, est-ce que ça ne passera pas ? Et de voir aussi l'état qui, c'est toujours un peu nous, le stress et de voir l'état qui se déterrère aussi de l'autre pendant la course. Quand on voit le sourire, ça va, mais après, c'est plus dur.
AlpsMan Je pense que ce qu'on peut retenir de l'Halsman, c'est que tout peut arriver en fait. Tout peut arriver que ce soit en termes de météo. Déjà, on est au mois de juin, mais on peut tout avoir. Et tout peut arriver en termes de course aussi. Je pense qu'il y a des gens qui sont sûrs de pouvoir monter et qui ratent. Et des gens qui ne penseraient pas et qui sortent de leur capacité. On a des ressources, on a la volonté. Donc tout le monde est capable, je pense, dans tous les cas. Et que voilà, c'est vraiment une course aussi magique. Et franchement, super bien organisée. Et des bénévoles de feu, donc ça, c'était génial.
Invité 1 Et l'ambiance des bénévoles était incroyable. Franchement, du speaker aux bénévoles qui donnaient les ravitaux et tout ça, tout le monde était hyper bienveillant, souriant et tout. Donc c'était super agréable, surtout pour les coureurs en plus.
AlpsMan Oui, je regarderai. Alors peut-être pas tout de suite, je pense que je vais me remettre sur un format plutôt half. Alors quand j'avais fait en brun, c'était en 2021. Je m'étais dit plus de foule avant mes 35 ans. J'avais 29 ans. J'en ai refait un deux ans après. Mais là, je pense vraiment le refaire, ça, c'est sûr pour sonner. Mais je veux m'entraîner plus, avoir un niveau à vélo qui me permettrait de vraiment me dire, avec moins de stress, de pouvoir potentiellement monter. Sauf si ça ne va pas du tout en course à pied. Mais voilà, être un peu moins dans les limites en course à pied. L'écart du temps, à mon avis, en natation, je ne ferais pas forcément beaucoup mieux. De toute façon, ce n'est pas là où on gagne du temps. Mais je pense qu'à vélo, c'est sûr que je peux gagner du temps. Ça, c'est certain. Alors, ouais, c'est vrai qu'en course à pied, la chose que je me disais, je pense, c'était vraiment de me dire que j'avais envie de m'arrêter. Et de juste pouvoir, et même pendant les trois tours, les trois premiers tours, je me disais, je le sonnais aussi pour pouvoir juste souffler après, avant de monter ou autre. Parce que je ne voulais pas faire un marathon à la base. Je m'étais entraînée quand même. Voilà, mais je n'avais pas forcément envie de faire 42 km en bas. Donc, ouais, c'était juste même pas forcément manger parce que le sucre, sur une course comme ça, à un moment, on n'en peut plus faire. Même la nourriture tout court, on ravit au final, on n'a pas envie de manger. Mais c'était plus vraiment de se poser, se coucher, enfin, juste arrêter les jambes, en fait.
Invité 1 Elle rêvait des M&M's avant. Et les M&M's, elle ne voulait pas en entendre parler pendant la course.
AlpsMan Ouais, une chose à partager, je pense, c'est aussi, voilà, les gens, je pense qu'il y a beaucoup de gens. C'est pour ça qu'il y a très peu de femmes qui le font, qui ont peur de se lancer dans une course comme ça. Parce que déjà, en Ironman, on est quand même moins. Pourtant, franchement, en termes d'endurance, les femmes, elles le montent souvent qu'on est égalitaire aux hommes. J'ai entendu hier une autre personne qui disait, ah, on devra avoir, pour les femmes, il devra avoir 30 minutes de plus. Moi, je ne suis pas d'accord parce qu'il y en a beaucoup qui réussissent à monter. Donc, je pense que, voilà, autant ce côté d'égalité, c'est chouette. Donc, moi, je trouve qu'il faut laisser ça comme ça. Et puis, voilà, se dire qu'on est capable sur tout. Et puis, même être leg finisher, c'est pas grave, il n'y a pas de monde. Déjà, finir, c'est génial. C'est déjà incroyable.
Invité 1 Et puis, comme tu dis, au final, quand on calcule le ratio de femmes qui sont montées, s'il y en a 11 et qu'il y en avait 30, c'est incroyable, quoi. Il y en a une sur trois qui est montée au final, donc, elles sont bon, quoi. C'est parti. C'est parti. C'est parti. C'est parti. C'est parti. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501
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