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Saison 4 Bonus #Alpsman #Norseman #coaching

24 juin 2024

AlpsMan - La course vécue par Aurélie Boussemart

Durée · 16 min · Transcription disponible

AlpsMan

Le récit

Dans cet épisode j’interview Aurélie Boussemart, 27 ans, pompier professionnelle et habitant Grenoble. Sur l’édition 2024 de l’AlpsMan Xtrem, elle avait le dossard numéro 38. Elle était soutenue par son compagnon Jean-Baptiste.

Aurélie pratique le triathlon depuis 2 ans maintenant, mais avant même de s’y mettre elle était fascinée par le Norseman et par l’AlpsMan. Elle devait commencer sa préparation en novembre 2023, mais elle a été malade tout l’hiver et n’a pu commencer sérieusement les entraînements que début mars 2024, 3 mois avant l’épreuve. Avec un chrono final de 15h55 elle fait partie des top finisher sur cette édition de l’AlpsMan.

📸 Crédits photo @Pixalpes

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Transcription

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Loïc Dans cet épisode, j'interview Aurélie Boussemart, 27 ans, pompier professionnel et habitant Grenoble. Sur l'édition 2024 de l'AlpsMan Extreme, elle avait le dossard numéro 38. Elle était soutenue par son compagnon Jean-Baptiste le jour de la course. Aurélie pratique le triathlon depuis maintenant deux ans, mais avant même de s'y mettre, elle était fascinée par le Northman et par l'AlpsMan. Elle devait commencer sa préparation en novembre 2023, mais elle était malade tout l'hiver et n'a pu commencer sérieusement les entraînements que début mars 2024, trois mois avant l'épreuve. Avec un chrono final de 15h55, elle fait partie des top finishers sur cette édition de l'AlpsMan.

AlpsMan Alors comment je vais ce matin ? C'est un peu dur quand même après après tout cet effort. Mal aux cuisses. Là, je viens de faire une séance de cryothérapie, donc ça va un peu mieux. J'ai repris un peu du poil de la bête, mais fatiguée quand même.

Loïc Est-ce que tu peux nous parler de ta journée d'hier dans les grandes lignes ? Le chrono, ce qui s'est passé, les éléments marquants ?

AlpsMan Alors ma journée d'hier, comme prévu, ça attaquait très tôt en se tendant du bateau à 5h30. La natation se passe plutôt bien. Ce que je disais, c'est compliqué de rester focus sur une distance aussi longue sur sa technique de nage, plus un peu le monde. En chrono en natation, je fais 1h23, ce qui est pas terrible, mais ce qui me convient bien. J'avais prévu de monter sur le vélo avant 7h. Je suis monté sur le vélo à 7h pile poil. Donc au moment de monter sur le vélo, je suis sereine. Je me dis, je suis dans les temps.

Loïc Excellent. Et après, derrière le vélo ?

AlpsMan Après, derrière le vélo, je me mets tout de suite dans le rythme. Le but, c'était de faire une belle montée. Les choses semnose pour se mettre dans le rythme et prendre une bonne dynamique de course. Ce que je fais, ça se passe bien. Je m'alimente bien. Je suis bien contente. Une belle descente du semnose, il n'avait pas plu. Donc j'ai bien pu envoyer à la descente. Et puis par la suite, les boucles se passent. Moi, sur le vélo, je suis très volubile. J'ai discuté avec tout le monde. C'est la fête. Donc voilà, le vélo bien passé. Le vélo bien passé. Voilà. Mais quand même, je sens que j'y laisse du jus. D'autant plus, dès que je passe les 3000 mètres de dénivelé, je sens que ça commence à devenir un peu dur. Je commence à être un peu dans le jus. Et c'est tout à fait cohérent parce qu'à l'entraînement, j'allais jusqu'à 3000 mètres de dénivelé. Donc quand j'ai dépassé ce stade, ça a commencé à tirer un peu. Alors l'objectif, c'était de faire moins de huit heures. Le vélo, je le pose alors très exactement à huit heures, une minute et vingt secondes. Donc pas contrat rempli, mais si, allez, c'est bon. Contrat rempli. Contrat rempli. Le vélo est posé à 15 heures. Et je savais que c'était la limite. Il fallait se garder quand même deux heures et demie pour la course à pied. Donc je pars à la course à pied. Évidemment, je pars tout feu, tout flamme parce que dans l'excitation de la course, de se dire cette cloche, elle est possible. Je crois que mon cardio, les quatre premiers kilomètres, il n'est pas descendu sous les 190. J'étais très haut dans les tours. Je pars très fort. Après le premier ravitaillement, je me dis bon, il va falloir poser un peu les choses parce qu'on ne va pas rester aussi haut dans le cardio sur plus d'un semi-marathon. Donc ça va, j'arrive à me mettre au seuil. Donc c'était très dur, surtout qu'il commence à faire lourd et chaud à ce moment-là. Et j'avais pris une bouteille d'eau avec moi. Elle n'a servie qu'à m'arroser. Et donc après la course à pied, je vois que je rentre le tour en 47, 48 minutes. Deuxième tour pareil et il est resté 50 minutes pour le dernier tour. Donc là, mentalement, là, c'était que du mental. Parce que même autour de moi, j'entendais d'autres gars qui disaient ça passera pas, je laisse tomber machin. Et moi, j'ai gardé cet espoir de me dire il y a l'espoir. Je n'ai pas fait tout ça pour rien. Le dernier tour, ça a été mentalement, ça a été j'ai pas fait tout ça pour rien. J'ai pas fait tout ça pour rien. Et j'en remettais, j'en remettais, j'en remettais. J'ai divisé en tiers. Il y avait un ravito toutes les trois kilomètres à peu près. Donc je me disais il y a trois fois trois à faire et il faut envoyer ces trois fois trois. Trois kilomètres, c'est rien. Il faut y aller. Et donc voilà, dernière partie. Je vois ma meilleure amie d'enfance qui était là, qui n'était pas sûre de venir et puis qui est là pile au bon moment. Donc ça, c'était super. Et puis du coup, j'ai pu foncer vers l'arrivée et sonner la cloche une minute trente avant la fermeture du tournant. Au moment où je sonne la cloche, de l'émotion forcément, mais je crois que j'étais tellement dans le speed de me dire faut que je finisse à temps que j'étais pas dans l'effusion de larmes, etc. Et puis surtout, le après quoi. Le après que j'avais anticipé. Mais à la fois, c'était une épreuve après l'autre. Et au moment de partir à pied, quand même début de crampe, pas bien. Je dis bon, bah là, il faut faire top finisher. Va falloir gérer cette montée coûte que coûte et se poser pour arriver au bout.

Invité 1 Pour arriver au bout quoi. Bah, je pense que déjà, j'étais plus stressé qu'elle. Elle m'a fait transpirer alors que j'ai pas fait grand chose. Bizarrement, je la retrouve quand même bien. Encore lucide. Bon, sauf sur le dernier tour où la fin, ça se joue à pas grand chose. Donc, fallait pas traîner. Et... Mais une super gestion quoi de sa course à pied. Vraiment solide mentalement. Et elle s'est pas démobilisée. Elle a vraiment bien géré quoi. Autant physiquement que mentalement. Surtout que comme Mel a dit, il y avait la chaleur à prendre en compte. Et ça, mine de rien, ça joue sur la performance. Faut bien s'alimenter et s'hydrater. Donc voilà. Et puis après, la montée finale, elle a quand même, pareil, bien géré. Parce qu'on a remonté au moins 40 places. Donc, marche rapide, mais marche rapide quand même. Enfin, moi, je savais à quoi m'attendre. Donc voilà, de s'appuyer sur moi. Et puis voilà, de l'encourager, d'être avec elle. Et de toute façon, moi, je savais que ça allait le faire.

AlpsMan Ouais, la montée finale, je pense que sans... sans partenaires, sans accompagnants, c'est vraiment dur et vraiment long. Et là, le soutien moral, il est plus qu'indispensable. Il y en a qui montaient en solo. On essaie toujours d'avoir un petit mot pour eux. Parce que là, vraiment, monter en solo, c'est dur. C'est dur.

Invité 1 Et ouais, on sent vraiment qu'il y a une après-course. Il y a vraiment ce premier semi. Et après, la montée au Semnose où...

AlpsMan Ça se pose un peu.

Invité 1 Où les corps, enfin moi, d'un visu spectateur, ils sont meurtris. Enfin, les gens, ils ont le pas lourd. Ils sont à la limite de la crampe. Il y a vraiment deux courses dans ce marathon. Mais ouais, ce rôle-là de soutien. Et après, des moments, je la laissais devant faire son train toute seule. Des moments côte à côte, on discutait. Et du coup, ça faisait des paliers où il y a des kilomètres qui passaient plus vite que d'autres. Mais non, non, elle a bien géré cette fin de... cette montée au Semnose.

AlpsMan Au passage de la ligne d'arrivée, il faisait presque une nuit. On n'avait pas eu besoin de... De toute façon...

Invité 1 Je t'ai dit qu'on n'allumait pas la frontale.

AlpsMan On a dit qu'on n'allumait pas la frontale. Donc, on n'a pas allumé la frontale. C'est passé. Il faisait encore jour entre chien et loup. Et oui, il y avait encore pas mal de monde sur la ligne d'arrivée. Du monde qui arrivait encore. Voilà, ouais.

Loïc Et alors l'émotion ?

AlpsMan Une belle émotion, ouais. Et puis, voir le tee-shirt finisher. De top finisher, ouais, ouais. Je l'ai répété toute la montée. C'était mon rêve. C'est mon rêve d'être top finisher. Même avant que je commence le triathlon. Et puis... Donc voilà. Belle émotion quand on y arrive. Alors, heureusement que je n'ai pas eu de difficultés. Parce que sinon, en timing, ça ne passait pas. De toute façon, je crois que je l'avais dit avant de m'engager sur cette course. Si ça passe, ça passera tout pile. Et c'est exactement ce qui s'est passé. C'est passé tout pile. Et il ne fallait pas une embûche sur le parcours. Il ne fallait pas une cremaison. Pas de problèmes gastriques. Donc ça s'est plutôt bien passé. Les problèmes gastriques, un peu sans plus. Je ne vais pas trop m'étendre dessus. Mais voilà, ça s'est quand même bien géré. Et jusqu'à la course à pied, ça a été quand même beaucoup de plaisir. Franchement, la nage en lac le matin, une atmosphère magique. Le saut du bateau, lever du soleil, longer la berge, les montagnes autour. L'eau, la température, elle était idéale. Enfin, moi, je trouve que 18 degrés en combinaison, c'est pile poil ce qu'il faut. Parce qu'on n'a pas froid aux extrémités et à la fois, on n'a pas trop chaud dans la combi. Donc ça, c'était impeccable. Derrière le vélo, pareil, on s'est pris un peu de pluie. Mais du coup, ça donnait une atmosphère assez tempérée qui permettait de pouvoir envoyer quand même sereinement. Je regardais mes pneus tout le temps. Je disais crève pas, crève pas, crève pas. C'est bon, c'est passé. Ça n'a pas crevé. Voilà. Si je crois que j'ai déraillé une fois, ça ne m'a pas pris longtemps. Ça n'a pas été un gros problème. Et puis, par la suite, la course à pied, on était moins dans le plaisir. Je savais que je n'avais pas de marge. Donc, voilà, ça a été de la lutte. Je trouve que c'est un peu le biais du triathlon. C'est quand même assez individualiste comme sport. Et d'autant plus dans les règles qui contraignent en plus à avoir très peu de solidarité entre coureurs. Sur le drafting, par exemple ?

Loïc Sur le drafting.

AlpsMan Et puis, moi, je vois des scènes terribles où il y en a un qui a crevé. Il avait tout son liquide de tubeless sur la route. Et il y a deux organisateurs qui sont là et qui le regardent les bras croisés en disant « il faut que personne l'aide à réparer ». Moi, je trouve ça assez difficile quand même sur un sport de se dire « il y a autant de règles, autant de contraintes ». Alors, c'est pour l'équité. Mais je dois avouer que personnellement, j'ai beaucoup de mal avec ça. Mais bon, c'est les règles du triathlon. C'est le sport que j'ai choisi. Donc, je m'y conforme. C'est comme ça. Et dans tout ça, les gens, ça reste les gens. Ils sont sympas en fait. Donc, si on discute avec eux, souvent, s'ils ne sont pas trop dans le dur, ils te répondent. Et puis, on fait de belles rencontres. J'ai discuté avec pas mal de gens. On se double, on se recroise, on machin. Voilà. Au bout de 4-5 fois où on se croise, on devient intime. En triathlon, c'est déjà pas mal.

Invité 1 Alors moi, en tant que spectateur, déjà une très belle organisation. C'est au niveau logistique, les parcours proposés, les bénévoles. C'est une très belle course et c'est bien organisé. Après, d'un point de vue spectateur, je pense, je l'ai dit, mais aussi stressant que le coureur. La journée, elle est longue, mais elle est longue aussi pour les accompagnants. Et d'autant plus quand on a fait un peu un format équivalent. Donc, on sait à quoi s'attendre. Moi, le matin, quand je l'ai posé à 3h30, j'étais autant stressé qu'elle. L'attente sur le bateau. Donc, voilà, une journée éprouvante, mais pour les deux parties, je pense. Mais en tout cas, super course. Puis finir au Semnos, c'est quand même… Je pense que les Ironman, pas toute la fin de la course à pied finit comme ça. Ça donne une dimension quand même bien relevée à ce triathlon qui est beau et qui, j'espère, perdurera.

AlpsMan Pour moi, ce que je retiendrai, tout pareil sur l'organisation. C'est une très belle organisation. Les bateaux le matin, ça rajoute vraiment une dimension magique à la course. Et puis, je retiendrai la cloche forcément. Cette cloche que j'ai tant espérée et que j'ai réussi à sonner, voilà, ça restera l'événement marquant. Pas d'une vie, mais pas loin quand même. Pas loin.

Loïc Très bien. Est-ce qu'il y a un dernier message que vous devez faire passer ? Quelque chose qu'on n'a pas évoqué ?

Invité 1 Faites du sport. C'est la base. Et ouais, c'est juste pour revenir sur ce côté un peu règles du tri, tout ça. C'est individuel, certes, mais il y a quand même des belles rencontres. Et c'est dommage que dans les règles, en fait, on ne puisse pas aider, comme elle le disait, le petit copain qui fait une hypo et on a une patte de fruits, on ne peut pas lui donner. Ou celui qui crève, on ne peut pas lui donner une cartouche. Et ça, c'est vrai que ça ternit un peu l'image du sport et l'essence même quand même du sport. C'est la cohésion, l'entraide des valeurs de camaraderie. Et dans ces règles-là, en triathlon, on se perd un peu.

AlpsMan C'est dur, ouais. Voilà. Oser. Oser y aller, parce qu'on ne croit jamais assez en soi. Et puis, finalement, en perdurant un peu, ça passe, tout passe. On ne croit jamais assez en soi. On ne croit jamais assez en soi. On ne croit jamais assez en soi. On ne croit jamais assez en soi. On ne croit jamais assez en soi. On ne croit jamais assez en soi. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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