Anthony Comment faire ce que personne ne veut faire ? J'aime faire ce que personne ne veut faire. Je vais être tellement préparé que personne ne pourra tenir au truc. C'est-à-dire que je vais m'apporter moi-même de la confiance en moi. Parce qu'au final, personne ne sait que j'ai fait du sport. Personne ne va savoir si j'ai bien mangé ou non. Mais en fait, comme j'ai tout aligné, je vais être à 200% de mes capacités. Et les gens vont ressentir que j'ai confiance en moi.
Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous Les Frappés ! Salut Anthony ! Bonjour ! Très heureux de t'accueillir aujourd'hui Anthony, merci beaucoup pour ton temps. Merci également à Audrey dans ton équipe qui m'a bien aidé pour la planification de l'interview. Donc c'est vraiment cool de voir que tu arrives à rester approchable. Tony, on va parler aujourd'hui des thématiques qui me sont chères dans le cadre du podcast, la détermination, la résilience, le dépassement de soi. Et notamment dans, tu nous en diras plus, mais dans le cadre de ton aventure entrepreneuriale puisque… Ouais bon allez, je fais un peu de spoil. Puisque tu es le CEO de Feed qui est dans l'univers français de la Smart Food, Food Tech, je ne sais plus trop quel terme on est censé utiliser, mais qui est un des gros gros gros gros players que tu as lancé en 2017 et qui depuis le début a fait beaucoup beaucoup de bruit. Je te propose du coup peut-être de te présenter pour commencer.
Anthony Avec plaisir du coup Anthony, effectivement fondateur et CEO de Feed. Food Tech, on a lancé en janvier 2017 qui a pour objectif de proposer des solutions de nutrition, d'alimentation pour atteindre des objectifs bien précis. On a commencé avec du meal replacement, après on a ouvert du snacking. Le meal replacement c'est une barre, une bouteille, un shaker qui va remplacer un repas complet. Et le snacking c'est pour des moments où on a des petites faim et qu'on vient chercher une option de nutrition rapide. Et on a réalisé auprès des consommateurs que ce qui les intéressait c'était d'avoir un objectif, d'avoir une nutrition fonctionnelle. Et c'est pour ça qu'on a ouvert trois verticales. Une gamme daily où vraiment vous allez consommer au quotidien du feed. Une gamme sport et une gamme light. La gamme sport c'est pour vraiment les personnes qui ont un exercice physique assez intense. Et qui vont avoir un besoin en protéines plus élevé. Et la gamme light pour les personnes qui désirent perdre du poids. Et dans ces différentes gammes il y a différentes options de nutrition. Des repas complets, des snacks, avant entraînement, post entraînement. Et c'est comme ça qu'on s'est fait connaître. Effectivement ça a été assez rapide. Puisqu'on a recruté 100 personnes. On a ouvert plus de 50 pays en offline et en online. On a levé 30-40 millions d'euros. Tout a été extrêmement rapide. Un peu comme un cliché de start-up entre guillemets. Donc on a fait de belles choses. On a fait évidemment plein d'erreurs. Et c'est aussi ce qui nous a permis d'évoluer rapidement. Et puis le thème on va dire un peu central de cette aventure. C'est l'esprit guerrier, la résilience, la détermination, l'ambition. Parce qu'il faut rester motivé au quotidien. Et c'est pas toujours facile. Parce que les gens voient souvent de l'extérieur ce qui fonctionne bien. Et applaudissent en disant c'est incroyable, c'est fou, tout est facile pour vous. Vous avez de la chance. Mais on voit pas en fait le travail qu'il y a derrière et en amont. Et c'est souvent ça qui est le plus intéressant au final.
Loïc Cette partie cachée de l'iceberg quelque part, effectivement, que bien souvent on voit pas. Alors avant d'être CEO de Feed, quel a été ton parcours ? Comment est-ce qu'on en arrive à lancer un monstre tel que Feed aujourd'hui ?
Anthony C'est souvent, selon moi, la conclusion d'un parcours de vie, une société. Ok. Et c'est important d'avoir une vie bien remplie pour que la boîte que vous lancez, elle ait du sens et elle ait un beau pourquoi. Alors c'est souvent un peu cliché de dire oui, le why, pourquoi on lance la boîte. Mais c'est une réalité. Si tu lances juste un produit ou une marque pour gagner de l'argent ou parce que tu penses que tu réponds à un besoin, c'est pas suffisant. Disons que les moments où ça va aller mal, est-ce que tu vas être motivé pour te battre, pour te lever le matin et pour continuer à transpirer ? Je suis pas sûr. Alors que si tu montes ta boîte comme une conclusion de ta vie et parce que tu veux donner du sens à ton quotidien, bon, même quand ça va mal, t'as tellement une revanche à prendre et t'as tellement un but, une sorte de promesse sur la vie qui est importante que bon, tu restes motivé. Et moi, typiquement, j'ai eu une vie un peu compliquée, une enfance difficile dans une famille qui était pour le moins houleuse, un père violent, une mère dépressive du coup. Je me suis retrouvé à la rue assez jeune, 16, 17, 18 ans. Et du coup, j'ai été confronté, on va dire, à la fin assez rapidement. C'est-à-dire que forcément, quand t'es jeune et que t'as pas d'endroit où dormir, tu sais pas comment manger, tu peux pas faire des courses parce que t'as pas de frigo pour stocker la nutrition. Et c'est vrai que c'est la première fois que j'ai été interpellé, en fait. Je me suis dit, c'est fou que dans un pays aussi avancé, évolué que la France, à l'époque, c'était la cinquième puissance mondiale de mémoire, qu'il y ait des jeunes comme moi qui a rien fait de mal, quoi. Enfin, tu vois, qu'ils puissent se retrouver dans une telle situation, je trouvais ça paradoxal, tu vois. En même temps, on allait sur la Lune, on faisait des trucs de ouf. C'était hyper avancé. À côté des jeunes qui mouraient de faim, qui mouraient de faim, en tout cas qui étaient dans des situations difficiles. Et bref, j'ai zappé ce problème-là parce que j'ai essayé de m'en sortir. Donc, j'ai fait plein de business différents en faisant des petits trucs à la con. J'achetais des scooters, je les revendais. Après, je faisais pareil avec les voitures. Après, je faisais pareil avec de l'immobilier. Et vraiment, je faisais tous les petits boulots que les gens ne voulaient pas faire. Et moi, j'arrivais à faire des club deal. Disons que j'avais cette chance de pouvoir à la fois fréquenter des très pauvres qui avaient envie de beaucoup travailler et des très riches qui avaient beaucoup d'argent mais qui, eux, ne voulaient pas travailler. Et nous, on utilisait la capacité de levier le leverage bancaire de ces riches. Et on travaillait pour eux. Donc, typiquement, on faisait un club deal. On se mettait à cinq. Il y avait deux riches et trois pauvres. Les trois pauvres travaillaient pour faire les travaux. Les deux riches, eux, ils allaient juste à la banque en disant prêtez-moi 500 000 euros. Le banquier était d'accord. Et du coup, tout le monde gagnait au final parce que les riches faisaient travailler leur argent mieux qu'avec leur plan habituel. Et nous, on pouvait travailler, on pouvait gagner un peu de sous. Donc, tout le monde était content. Et je faisais un peu le pont entre ces deux milieux, les très riches et les très pauvres. Et c'est comme ça que j'ai commencé. Et puis, au final, à force de gagner de l'argent et à force de voyager parce que je fais du business dans pas mal de pays, je me suis retrouvé confronté à la fin. Pas pour les mêmes raisons parce qu'au final, j'avais de l'argent pour bien manger, mais parce que je n'avais plus le temps. Et j'étais tout le temps à droite, à gauche. Et je sentais que d'un point de vue physique, je n'étais plus au top. Quand j'étais jeune, je faisais beaucoup de sport, natation, sport de combat. Et j'aimais bien la performance. Et malheureusement, n'importe quel sportif, tu diras que l'entraînement ne suffit pas. Si tu dors mal et que tu manges mal, tu n'auras aucun résultat. Et du coup, la nutrition, je me sentais, devait jouer un rôle plus important dans ma vie. Et c'est comme ça que j'ai réfléchi à une solution qui me permettait à la fois d'être efficace et de ne pas perdre trop de temps, mais aussi qui m'apportait 100% de mes besoins et que je n'allais pas avoir de carences, même avec des journées bien remplies. Et là, j'ai tracé un Excel qui répertoriait l'ensemble des besoins d'un humain standard sur les bases de l'EFSA, l'Agence Européenne de l'Alimentation. Et j'ai compris qu'un humain, pour vivre, avait besoin de macro et micronutriments, donc des protéines lipides glucides fibres et des vitamines minéraux oligo-éléments. Une fois que tu as tout ça, tu es tranquille. Je grossis le trait, mais je me simplifie pour que ce soit clair. Et du coup, je jouais avec les ingrédients que je mettais dans le Excel. Et je mettais des flocons d'avoine, des graines de sarrazin, de la farine de lin, un peu d'huile d'olive. Je rajoutais des médicaments de la pharmacie, des compléments alimentaires que je mélangeais dans ma recette. Et à un moment, j'avais tout ce qu'il me fallait et je savais qu'en buvant, en mangeant cette mixture, j'étais à 100% de mes besoins. Et très vite, ça a fonctionné autour de moi. J'ai réalisé que je n'étais pas le seul dans ce cas-là. Et on a fait très classiquement des précommandes sur notre site Internet. On a utilisé les réseaux sociaux pour voir s'il y avait une traction. Il y a eu 10 000 repas précommandés extrêmement rapidement. Et là, tout s'est enclenché. On a levé 500 000 euros, puis 3 millions, puis 15 millions. Puis ensuite, on a fait encore une dernière grosse levée sur laquelle on n'a pas communiqué. Et voilà, tout a pris. Et ça peut paraître prétentieux, mais encore une fois, ce n'est pas le produit ou la marque qui fait que ça a marché. Parce que typiquement, il y avait des concurrents qui existaient déjà en France quand on a lancé la marque, qui depuis ont fait faillite les deux. Enfin, tu vois, n'existent plus ou sont inexistants. Ils sont en mode survie.
Loïc Tu peux nous les citer pour avoir une idée ?
Anthony Ouais, mais typiquement, Smil, tu vois, Smil qui a disparu, qui a fait faillite là il n'y a pas longtemps, qui était à Station F. Et en fait, les gens me disent pourquoi. Mais pourquoi Smil est mort alors qu'ils étaient là avant vous et que vous, vous réussissez ? En fait, c'est que nous, on était tellement déterminés qu'on aurait lancé n'importe quelle marque, n'importe quel produit, ça aurait fonctionné. Et il n'y a même plus de questions de product market fit. Est-ce que tu es en France, pays de la gastronomie ? En fait, quand tu ne fais que travailler, tu trouves une manière de hacker ton problème. Et je suis persuadé qu'on aurait vendu des chaussettes, des slips, du pain, de l'alcool, enfin n'importe quoi, ça aurait fonctionné en fait. Donc à différentes mesures, évidemment, il vaut mieux vendre un produit dont les gens ont envie et où il y a un véritable besoin sur le marché. Ce que je veux dire, c'est que jusqu'à 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, n'importe quel pays du monde, tu trouves ton marché. D'ailleurs, faire 10 millions d'euros, c'est facile. Donc après, clairement, tu ne peux pas faire 100 millions avec n'importe quel business. Mais faire 10 millions d'euros dans n'importe quel pays, j'exagère, mais un pays où tu as, on va dire minimum 30-40 millions d'habitants, tu les claques. Donc la seule chose, c'est le travail, l'envie et la puissance que tu y mets. Et c'est là que ta vie perso vient s'imbriquer parce que souvent, les start-upers, c'est des gens qui, et là, c'était le cas avec Smil, c'est des gens qui sortent d'école ou qui sont gentils. C'est des enfants encore, ils ne connaissent pas la vraie vie. Et la réalité, c'est que moi, j'ai eu cette chance d'être dans la rue très tôt et du coup d'être confronté à la réalité, confronté au business. Moi, à 16 ans, je devais gagner de l'argent pour manger. Donc en fait, j'ai 10 ans d'avance ou même 15 ans d'avance sur mon concurrent au moment où j'ai 30 ans parce que ça fait 15 ans que je fais du business et je sais comment les gens vont essayer de me niquer, comment je peux moi aller plus vite qu'eux. C'est mon quotidien. Et donc en fait, tu ne peux pas lutter. Et cette envie et cette rage, si tu arrives à transférer à tes équipes, là, tu as gagné et tu viens dans l'équipe de Feed, il n'y a pas un seul mec de Smil qui pouvait lutter avec une personne de mon équipe. Et souvent d'ailleurs, c'est marrant, mais les gens de Smil sont quasiment tous venus me voir après. Quand la boîte s'est arrêtée ou qu'ils partaient, ils me disaient, mais en fait, on n'avait qu'une envie, c'était de venir bosser chez Feed quand on voyait vos interviews, quand on voyait l'énergie que vous y mettiez, alors que nous, notre CEO, il était lent, il n'était pas réactif, il était mou, etc. Parce qu'en fait, les gens ne viennent pas travailler dans une start-up parce qu'ils aiment le produit ou parce qu'ils veulent un chèque à la fin du mois. Ils viennent parce qu'ils veulent un sens à leur vie. Ils veulent une mission. Ils veulent se donner une responsabilité. Et si tu arrives à faire un bon storytelling, mais qui est un storytelling, ce n'est pas forcément faux. Tu vois, les gens dans l'esprit des gens, le storytelling, c'est toujours du marketing. Mais évidemment, tu l'amplifies et tu le fais rayonner. Mais à la base, il faut que ce soit authentique, il faut que ce soit vrai. Et je pense, en tout cas, j'espère que quand tu écoutes les interviews, les vidéos qu'on fait, ça sonne vrai parce qu'en fait, on ne l'a pas préparé. Tu vois, moi, je n'ai aucune feuille, je n'ai aucune note, je n'ai rien. Là, je te parle. Je n'ai même pas lu les questions avant de venir te voir en fait. Parce que je sais que je vais juste te raconter ma vie comme elle l'est. Donc, je n'ai pas besoin de réfléchir à l'avance ou d'avoir quelqu'un qui me fait des signes à côté de moi, tu sais, avec des panneaux en mode attention, dit ça, dit ça. Donc, c'est comme ça que ça a commencé.
Loïc C'est intéressant ce que tu dis surtout sur cette notion de ne pas avoir, enfin, j'interprète peut-être un peu trop, mais de ne pas avoir le filet de sécurité. C'est ce que je t'entendais dire à Mathieu Stéphanie dans son podcast Génération Do It Yourself. Tu as pu côtoyer quand tu es rentré de force, quand tu t'es invité de force dans le cercle des entrepreneurs français, tu as pu côtoyer des gens qui te disaient, voilà, moi, je prends des risques, je prends des risques, mais en réalité qu'ils soient rentrés à leur appart de 200 m² au Trocadéro. Et donc, la notion de risque, où est-ce qu'elle est en réalité ? Je trouve que c'est intéressant ce que tu dis cette notion, voilà, enlever tous les filets et puis juste foncer et se donner à 300%.
Anthony C'est la clé, selon moi, et je le vois au quotidien chez les jeunes, parce que j'essaie d'investir dans des projets, des startups, d'accompagner avec la fondation Feedback d'autres entrepreneurs qui n'ont pas forcément les moyens. Et on n'imagine pas les différences qu'il peut y avoir entre les entrepreneurs. C'est-à-dire qu'il y a des personnes qui ont de l'argent et je ne veux pas toujours stigmatiser les gens aisés, les bourgeois, etc. parce que c'est trop facile et ce n'est pas mon propos. Mais il y a des amis qui ont de la chance et qui ont des parents qui me disent, moi, tu sais, Anto, je travaille dur. Et puis, je les vois à 18h, ils sont au café ou le midi, ils sont à un déj, le soir, un dîner et tous les soirs, c'est comme ça. Et ils ont vraiment l'impression de travailler dur. Et je leur dis, en fait, les gars, vous êtes déconnectés de la réalité. Et le souci, c'est que comme tout leur entourage a ce style de vie, ils ont l'impression que c'est normal. Et il suffit qu'ils travaillent une heure de plus que leurs amis pour se sentir ultra hard worker. Et il y a une des phrases que j'aime bien qui dit justement, si tu veux atteindre des objectifs exceptionnels, entoure-toi de personnes pour qui ces objectifs sont normaux. C'est-à-dire qu'il faut t'entourer de personnes qui, eux aussi, veulent atteindre ou déjà atteindre ce que toi, tu cherches à atteindre. Parce que si tu t'entoures que d'entrepreneurs qui ont réussi, tu es sûr et certain que c'est des gens qui travaillent énormément. Il n'y a aucun entrepreneur à succès, sauf contre exemple vraiment exceptionnel, qui ne travaille pas très dur. Et quand on dit travailler dur, ce n'est pas faire 9h-18h, c'est faire 8h-23h tous les jours. Et pas de dîner, pas de déj, pas d'apéro, pas de machin, c'est dur. Et ça, tu peux ne le faire que quand tu n'as pas de parachute en fait. Si tu as la possibilité de te dire, bon au pire, si j'échoue, mon père remettra 200 000 balles dans mon prochain projet. Ou au pire, je sais où dormir. Là, ce n'est plus du risque. Pour moi, le vrai risque est l'entrepreneuriat. Attention, c'est un vrai risque. C'est pour ça que moi, j'essaie toujours d'enlever, par transparence et par honnêteté envers les futurs entrepreneurs, cette couche un peu, tu vois, très start-up nation où c'est trop bien d'être un entrepreneur, c'est cool parce que c'est branché. La réalité, c'est que ce n'est pas du tout branché. C'est un risque énorme d'être entrepreneur parce que tu vas travailler pendant un an, deux ans, sans te mettre de salaire. Et peut-être qu'au bout de deux ans, tu vas avoir la chance de te payer moins que ce que tu aurais gagné avec un salaire classique avec beaucoup moins d'heures de travail. Après, c'est clair que si ça marche, c'est exceptionnel parce que tu ne gagneras jamais autant d'argent en étant salarié, etc. Mais par contre, est-ce que les gens sont prêts à faire des compromis ? Est-ce que les gens sont prêts à mettre leur vie en danger ? Malheureusement, souvent, ce n'est pas le cas. Et c'est pour ça qu'il y a autant d'échecs parce que dès qu'il y a les premières secousses, tout le monde abandonne parce que les gens ne se sont pas préparés à être entrepreneur. Être entrepreneur, ce n'est pas juste lancer un projet, c'est réaliser que l'intégralité de son quotidien va être bouleversée, qu'il faut avoir un peu d'argent de côté parce que pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, tu ne vas plus pouvoir subvenir aux besoins de ta famille. Donc, il faut te préparer même d'un point de vue perso à être entrepreneur. Et vraiment, la meilleure manière de le faire, c'est de mettre all-in. C'est de se dire, je mets tout dedans. Et les grands succès que je vois autour de moi, c'est des personnes qui n'ont pas fait semblant, elles y ont été 100%. Ils n'avaient pas le choix, moi, quand j'ai lancé Feed. Je ne pouvais pas faire autre chose. Il n'y avait pas de… C'était impossible que je n'y arrive pas. C'est-à-dire que… Et les gens du début, les premiers investisseurs en parlent… Parfois, il y a même des podcasts qui sont sortis là-dessus. C'est quand tu parles avec moi, genre je n'entendais pas la possibilité d'échouer. C'était impossible. Et c'est ça qui est fort parce qu'en fait, tu t'auto-persuades. Et c'est toujours… Alors, si tu y arrives, tout le monde va dire, c'est incroyable, il était visionnaire et voilà. Mais par contre, quand tu te loupe, tout le monde va dire, il était obstiné, il n'écoutait pas le feedback. On dit souvent, il y a une phrase qui est top, c'est le génie se définit calonne du succès. C'est-à-dire que tu vois, un mec comme Elon Musk, aujourd'hui, tout le monde dit, il est brillant, c'est exceptionnel. Il y a encore un an, quand Tesla allait mal, tout le monde disait, c'est un drogué alcoolique qui est fou, qui n'écoute rien. Donc, en fait, ça dépend juste de, est-ce que tu y arrives ou est-ce que tu n'y arrives pas.
Loïc Oui. C'est très intéressant ce que tu dis sur le all-in. Bon, la bonne nouvelle pour faire un petit lien avec Feed, c'est que pour celles et ceux qui se lanceraient en aventure entrepreneurial et qui n'ont plus le temps de manger, bon, ben voilà, Feed est là. Donc, allez-y, faites vos journées 8h, 23h. Exactement. Vous aurez tout ce qu'il faut dans les sachets. Bon, blague à part, la question qui me vient à l'esprit, c'est, on sent vraiment quand tu partages tout ça, que tu es clairement quelqu'un de déterminé et qui sait où il veut aller. Et la question que je me pose, c'est au fur et à mesure que Feed grandit, comment tu fais pour faire en sorte que ce soit cet état d'esprit qui prédomine dans l'entreprise ?
Anthony Déjà, il faut rester… Vous êtes quoi, 100 maintenant ? Oui, on a recruté 100 personnes. En tout cas, il y a eu des départs, il y a eu du turnover forcément. Mais c'est vrai que l'équipe a beaucoup grandi. La première chose, c'est que le founder ou la founder doit rester vraiment connecté avec l'équipe. Moi-même, j'ai pu faire cette erreur à un moment. Les fonds d'investissement ont tendance à te pousser à la verticalisation. C'est-à-dire que très classiquement, on va te dire, il faut des managers de managers à verticaliser tout ça. Et je pense que ça a été une des grosses erreurs de Feed. J'ai perdu le contact avec les équipes. On avait une boîte très horizontale. Donc, tout le monde était au courant de tout. Il y avait très peu de réunions. Quand quelqu'un abordait un sujet, il abordait devant tout le monde dans l'open space. Et c'est comme ça qu'on allait très vite. Et plus on a verticalisé, plus on a perdu de l'agilité, de la fluidité. Il faut que le founder reste proche de ses équipes, à une taille qui lui convient bien. Moi, je vois que je suis un bon leader, je pense, et un bon commenceur. Je ne suis pas un excellent manager. C'est un autre métier après, tu vois, de manager plein de monde, avoir des grosses équipes. Et c'est très rare les fondateurs qui sont de bons managers. Donc, il ne faut pas avoir honte et il faut se reposer sur des personnes de confiance dans l'équipe qui vont pouvoir faire ruisseler, on va dire, ton énergie, tes souhaits, ta manière de travailler sur les autres employés. Et puis après, il faut recruter une équipe qui soit engagée et ça passe par différentes méthodes. Déjà, il faut donner un sens à ce que tu fais au quotidien. Il faut aussi, je pense, incentiver les équipes. Nous, tout le monde chez FID a des BSPCE. Donc, tout le monde a des parts de la boîte et dans des grosses proportions. C'est-à-dire qu'on donne l'équivalent de 4 ans de salaire. Wow ! On donne l'équivalent de 4 ans de salaire en BSPCE. Donc, c'est énorme. Donc, 4 ans de salaire à la dernière valorisation au moment où ils rentrent dans la boîte. Donc, c'est-à-dire que si on fait x10 au niveau de la valorisation entre le moment où ils sont rentrés et le moment où ils sortiront, il va y avoir 40 ans de salaire. Donc, si tu veux, ça ne blague pas du tout. Et le but de ça, c'est que tout le monde puisse vraiment se gaver. Parce que moi, je suis un vrai capitaliste. Tu vois, je n'ai aucun problème à le dire. Je pense que oui, il faut de la passion, il faut un why, etc. Mais il faut aussi de l'oseille. Et moi, pour avoir été pauvre et pour avoir été, entre guillemets, riche, en tout cas par rapport aux jeunes de mon âge, je peux t'assurer que c'est beaucoup plus cool d'être riche, quoi. Donc, il faut arrêter avec la connerie, tu vois, du truc, les start-upers, ils travaillent pour le why. On ne veut pas tous, tu vois. Oui, on veut faire du bien à la planète. Mais ce que je veux dire, c'est que moi, ce n'est pas ça qui va remplir mon frigo, quoi. Donc oui, on fait un produit qui a un cahier des charges super clean et qui va changer les méthodes de consommation. Pour autant, à un moment, il faut qu'on puisse tous gagner de l'argent. Et c'est important que mon équipe, il se sacrifie aussi pour moi. Et je le sais, ça, tu vois, qu'ils puissent en tirer quelque chose. Et du coup, l'argent, malgré que c'est une image pas toujours incroyable en France, c'est quand même un moyen de quantifier l'implication que les gens ont eue et de changer leur quotidien. Et comme moi, je vais chercher des personnes qui sont la plupart du temps écorchées vives parce que c'est ce qui me plaît. Et je sais que c'est ce genre de profil qui vont se donner à 200%. Bon, ben, c'est vraiment pour eux ce que j'appelle moi la deuxième naissance en fait. C'est-à-dire que t'es né dans une famille que t'as pas choisie. Souvent, c'est des familles, en tout cas les gens qui travaillent chez FID, qui sont parfois compliqués, qui ont pas beaucoup d'argent, etc. Et bien là, moi, je t'offre une deuxième naissance où tu vas aller chercher toi-même ton cadeau de naissance, tu vois. Et tu vas aller te prendre un certain montant d'argent le plus gros possible pour pouvoir redémarrer dans la vie. Et puis après, tu seras toujours à même de créer ta propre boîte. Ça arrive souvent. Il y en a plein chez FID qui sont partis, qui ont monté leur boîte. Et c'est paradoxal parce que d'un côté, ça fait chier parce que c'est des gens que t'as formés et que t'aimerais bien garder. Mais d'un autre côté, t'es aussi là pour ça, tu vois, pour leur permettre de les propulser vers l'atteinte de leurs objectifs personnels. Et du coup, si ça marche pour eux, c'est aussi l'objectif d'une startup. C'est de donner l'exemple, pousser vers le haut et c'est ça qui est cool.
Loïc Ça me fait penser à une citation que j'ai vue régulièrement sur le réseau récemment. C'est qu'est-ce qui se passe en fait ? Ces gens-là, tu dis c'est dommage qu'ils partent parce qu'on les a formés. Mais la citation, c'est qu'est-ce qui se passe si on les forme pas et qu'ils restent ? Exactement. Je pense que c'est hyper valide. C'est exactement ça. Oui.
Anthony De toute façon, il faut toujours pousser le mieux. Et c'est pareil pour le perso. C'est-à-dire que c'est un peu comme si tu es en couple et tu pousses la personne avec qui tu vis au maximum. Et à un moment, elle doit partir à l'étranger pour se réaliser. Oui, mais ce n'est pas grave en fait, même si tu la perds. Et parfois, ça ne peut être que temporaire. Mais au moins, ta relation a poussé l'autre vers le haut. Et je pense que c'est le plus important que ce soit dans un rapport business, dans un rapport de travail, dans un rapport personnel, en amitié, en amour. Il faut toujours pousser les gens qui t'entourent vers le haut. Et moi, c'est ce que j'attends aussi de mes proches. C'est-à-dire que quelqu'un, et ça peut paraître très pragmatique, mais qui ne me sert à rien, je ne lui parle pas. C'est-à-dire que dès que je vois un ami ou un proche qui ne sert plus à rien, j'arrête de lui parler. Alors, c'est horrible, mais servir, ça ne veut pas forcément dire apporter de l'argent ou des contacts. Ça peut être te faire rire, te parler de sa passion. Et du coup, quand tu es avec lui, il va te parler de culture, d'art, de voitures, de montres, de musique. Et tu apprends quelque chose pendant que tu es à ses côtés. En fait, ce qu'il faut éviter, c'est le truc plat. Et souvent, les gens n'arrivent pas à décoller dans la vie ou à lancer leurs aventures parce qu'ils sont mal entourés et qu'ils sont tirés vers le bas par leur entourage. C'est malheureux, mais les gens qui échouent sont souvent entourés de gens qui échouent aussi. Et si tu veux, dès qu'il y en a un qui essaie de réussir, les autres vont lui dire « Non, n'essaye pas, ça ne sert à rien, ça ne fonctionnera pas » parce qu'au final, ils projettent leurs propres échecs sur leurs amis et ils se disent « Si eux y arrivent alors que moi, je suis en train de stagner, ça va me faire réaliser que ma vie est pourrie. » Et donc, quelqu'un de négatif n'a rien de bon. Et moi, j'ai toujours fui les gens pathogènes. Et c'est pour ça que c'était une chance pour moi d'être dans la rue en fait à 15, 16, 17 ans parce que si j'étais resté sur le modèle parental que j'avais, c'était tellement bas que si j'avais gagné genre 3 000 euros par mois, j'aurais eu l'impression d'avoir super bien réussi. Alors que quand tu n'as pas de modèle et que tu te bases sur tes propres envies, tes propres passions, tu n'as aucune limite mentale. Et du coup, moi, je ne me suis jamais dit être millionnaire, c'est cool. Je me suis dit être milliardaire, c'est cool. Parce qu'en fait, je n'avais pas d'arrêt possible. Pourquoi les jeunes aujourd'hui, c'est Macron qui s'était fait défoncer quand il avait dit il faut des milliardaires. Moi, je suis complètement d'accord avec lui. En fait, pourquoi tu dois arrêter aux millions ? Il y en a des gens qui vont dire « Oui, mais si tu as des millions, ça suffit largement pour vivre. » Mais je ne te parle pas d'argent pour kiffer. Moi, tu vois, j'ai toujours dit dans les interviews, je veux être milliardaire, mais pas milliardaire parce que je veux un milliard sur mes comptes. Je veux dire que je trouve ça cool. Non, un milliard parce que tu vas avoir un impact encore plus significatif sur le monde et surtout que tu vas montrer l'exemple à d'autres jeunes. Et tu vois, le message, il est super fort quand tu dis « Anthony, il part de rien, il était à la rue. » C'est-à-dire qu'il a une histoire, tu peux difficilement faire plus compliqué, mais il a réussi à atteindre cet achievement. Ben, toi aussi, tu peux le faire. Et donc, c'est une sorte de preuve par l'exemple qui doit engager les jeunes et leur montrer que c'est possible. Et ça, c'est tellement rare en France. Tu vois, même les politiciens ou les personnes qui arrivent, c'est toujours des gens très normés, qui sont dans les bonnes cases, qui ont fait des belles écoles, qui ont fait l'ENA, qui ont tel ou tel réseau. Maintenant que je suis assez connecté dans le business, j'entends des trucs de ouf. Parfois, je suis dans des boîtes, des grosses boîtes, des gros groupes, qui nous payent un peu comme consultants, qui nous demandent des conseils. Et là, la dernière fois, je suis dans un board, c'était intéressant, une grosse boîte, un truc bien connu en France. Le mec dit « Ouais, mais il faut qu'on change le PDG. » Et il y a quelqu'un qui propose un nom et dit « Ah ben non, ce n'est pas possible. Il n'a pas fait, je ne sais plus quelle école, Polytechnique ou machin. » Je dis « Mais en fait, on s'en fout quoi. » Si le mec est bon, qu'il a des skills qui viennent de l'étranger, qu'il a déjà géré des boîtes, il dit « Oui, mais nous, en France, c'est très important le réseau. On ne peut prendre que des personnes qui ont fait cette école parce qu'il a un carnet d'adresse. » Et en fait, c'est dramatique et c'est pour ça que ça marche très mal. Et je suis content qu'il y ait cette mixité qui soit en train d'apparaître et cet esprit de révolution qui est en train de monter en France ou même dans le monde. Et je pense, et ça fait plusieurs fois que je le dis, et on en reparlera dans quelques années, qu'il va y avoir des gros mouvements. À mon avis, on a vu des prémices avec les Gilets jaunes ou ce genre de choses. Le tout début, c'est très mal organisé, mais tu sens quand même la puissance du fond là, tu vois, qui est en train d'arriver parce que tu ne peux plus rester dans une société où les gens qui dirigent sont des élites qui sont préconstruites et qui se reproduisent entre elles. Et c'est cool que le peuple puisse reprendre un peu son moyen.
Loïc Si on revient sur… Oui, je suis complètement d'accord avec toi. Si on revient sur cette notion de s'entourer, comment tu as fait ça au début de Feed ? Parce que si je ne me trompe pas, tu expliquais tes projets précédents. C'était plutôt… Alors, les plus gros, si j'ai bien suivi, c'était dans l'immobilier. Et là, tu t'es lancé dans un truc qui n'avait un peu rien à voir, la Smart Food. Donc, comment est-ce que tu as fait en sorte d'avoir les bonnes personnes à tes côtés dès le début ?
Anthony Tu as raison. Déjà, je pense que ne vous bridez pas, on va dire, sur vos envies. Même si vous êtes, comme moi, pas du tout ingénieur en agroalimentaire, ça ne vous empêchera pas de faire une boîte dans l'agro. Si vous n'avez jamais travaillé dans le spatial, vous pouvez monter une boîte dans le spatial comme l'a montré Elon Musk. Il n'y a pas de limite et l'humain est capable d'apprendre très vite. Et ça, c'est un vrai biais qu'on nous donne depuis l'école. On nous dit qu'il faut choisir notre spécialité et qu'on y graisse. Si tu as fait Bac S, moi, j'ai fait un Bac S option SVT, j'avais l'impression que j'allais devoir faire du SVT toute ma vie. Et en fait, non. Tu peux très bien faire un Bac S et finir musicien ou faire un Bac littéraire et devenir un mateux. Il faut arrêter avec ces normes où tu es dans une case et tu ne t'en sors plus. Donc, ça, c'est le premier point. Et ensuite, quand tu as la bonne énergie et que tu as la bonne motivation, je pense que tu peux t'entourer très rapidement de personnes qui sont positives. Encore une fois, il faut avant tout des gens qui soient là pour les bonnes raisons, pas des gens intéressés parce que quand vous montez un business, vous allez avoir… Allez, sur 100 personnes, il y en a bien 90 qui ne servent à rien, qui vont vous appeler, qui vont vous vendre des prestats dont vous n'aurez jamais besoin. Et sur les 10, il y en a 5 qui vont en demander beaucoup trop. Il va vous en rester 2 ou 3 qui sont corrects avec lesquels traiter. Donc, il faut avoir cette capacité à filtrer très vite. Et moi, je l'avais parce que comme je venais de la rue, dans la rue, tu sais immédiatement qui veut profiter de toi ou qui veut juste utiliser. Donc, moi, je parle deux minutes avec quelqu'un, je sais immédiatement ce qu'il a en tête. Et c'est une vraie chance. Et j'ai cette sensibilité-là à fleur de peau qui fait que je comprends les gens et je comprends les personnes, tu vois. Et ça, ça m'a permis de gagner beaucoup de temps. Et puis après, une fois que tu as trouvé les bonnes personnes, il faut réussir à les incentiver. Et c'est aussi un vrai problème. On ne sait pas donner assez en France. Moi, je n'ai pas peur d'investir lourd sur quelqu'un, tu vois, de donner beaucoup de BSPCE. Je n'ai pas peur de m'engager et j'ai toujours compris qu'il fallait que l'autre gagne aussi beaucoup d'argent. Il ne faut pas être égoïste. Et c'est pour ça que le modèle un peu patriarcal de l'époque des grandes entreprises où tu avais des multiples de 100 entre les salaires de top PDG et les petits salariés, ça ne fonctionnait pas parce que ceux qui transpiraient, c'est ceux qui gagnaient le moins. Et les grands PDG, ils allaient bouffer au resto tous les midis. Alors que nous, tu vois, chez Feed, il y a plusieurs personnes qui ont un salaire plus élevé que moi, par exemple, dans la boîte. Et ça ne me dérange pas du tout, en fait, parce que j'estime que ces personnes-là sont clés pour la boîte et qu'on en a besoin. Bon, ben, fine pour moi, tu vois. Je n'ai pas d'égo à me dire c'est moi qui dois être le mieux payé ou je ne sais pas quoi. Je ne sais pas quoi. On s'en fout. Puis moi, j'ai du capital qui fait qu'au moment de la vente, je pourrais compenser, tu vois, ce manque à gagner entre guillemets. Il faut être prêt à donner aux gens et puis savoir bien s'entourer. Après, il y a toujours une part de chance. Mais je considère que la chance, tu te la crées. Et moi, typiquement, j'ai été entouré de personnes exceptionnelles. Je prends souvent l'exemple de Mélanie qui est mon ex-copine avec qui je suis resté pendant huit ans et qui bosse encore chez FID qui est la première personne, on va dire, à m'avoir vraiment fait confiance. Et tu vois, elle m'a connu quand je n'avais rien. Mais vraiment, quand je te dis rien, c'est que j'étais un pouilleux, quoi. Tu vois, genre vraiment, c'était la crise vraiment chez moi. Et elle a senti quand même le potentiel et elle m'a dit, moi, je te fais confiance et je sens que tu vas faire un truc bien et on va y arriver. Et en fait, quand tu arrives à trouver un regard bienveillant et quand tu arrives à trouver une personne qui croit en toi pour les bonnes raisons, là, du coup, tu n'as plus de limite parce que tu as une sorte de dette envers cette personne. Et tu te dis, elle a cru en moi, je ne peux pas la décevoir. Et c'est vraiment ce qui a changé, moi, en tout cas, mon destin. J'aurais pu très mal finir, je pense, à certaines périodes. Et elle m'a remis un peu, tu vois, dans le droit chemin et elle m'a donné un axe et une vision long terme. Et c'est souvent ce qui peut manquer aux jeunes, c'est la patience parce que tu as tendance à vouloir dans cette génération un peu de réseaux sociaux où tout va très vite, à vouloir tout de suite l'argent, les montres, les voitures, les nanas, les soirées, les trucs. Alors qu'en réalité, un succès, ça se construit sur 10, 15 ans, 20 ans. Feed aujourd'hui, tout le monde dit, c'est fou la vitesse où ça a été. Mais ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que Feed, c'est que la résultante de mon travail que je fais depuis 18 ans, même si la boîte n'existait pas, c'est une préparation de mindset, une capacité à travailler qui fait que ça fait 10 ans que je me prépare pour ça. Et donc, Feed, j'anime les planètes et boum, ça explose. Sauf que ça fait 10 ans que je le prépare. C'est-à-dire que je ne travaille pas foncièrement sur Feed, mais je prépare la mentalité, je prépare le mindset, j'économise de l'argent pour pouvoir vivre en parallèle du début de l'aventure. J'ai la bonne nana à côté de moi au moment où je lance, donc je suis focus. Tout est aligné en fait, tout est fait pour que ça fonctionne. Et cette patience-là, c'est la clé pour les jeunes qui se lancent. Il faut leur apprendre qu'il n'y a aucune réussite rapide et que oui, aujourd'hui, j'ai 32 ans et que j'ai un peu réussi. Mais on ne voit pas les 10 ans de galère que j'ai passés avant. Et ça, il faut l'assumer. Tu as trop d'entrepreneurs qui font genre « Oui, je sais, ça, c'est incroyable, tout a très bien fonctionné » parce qu'ils ne veulent pas parler du côté négatif. Mais moi, j'assume à 100% avoir galéré longtemps, plusieurs années, avoir lancé plein de projets qui ont échoué. Et c'est tous ces échecs successifs qui m'ont permis de comprendre, d'évoluer, de m'améliorer en tant que businessman, en tant que manager, en tant qu'homme pour finalement arriver à ce début de réussite. Parce qu'encore une fois, c'est que le début et je pense qu'on peut faire beaucoup plus.
Loïc C'est ce que tu essaies de donner aux jeunes à travers Feedback ?
Anthony Oui, c'est hyper important. Feedback, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une fondation, un fonds de dotation qu'on a créé au début de l'Aventure Field. Parce que dès le début, on savait qu'on n'était pas là pour faire que du chiffre d'affaires et qu'il fallait rester ancré dans le sol, entre guillemets, dans nos valeurs. Et je savais, pour avoir déjà gagné un peu d'argent dans le passé, que dès que tu gagnes ou dès que tu réussis, tu as tendance à quitter terre un peu. Tu as tendance à te la péter, à prendre la grosse tête. Et ça, je voulais vraiment y faire attention parce que, notamment dans l'écosystème startup, il y a eu pas mal de personnes qui se sont emballées, qui ont pris la grosse tête et puis après, qui sont retombées de haut. Donc, la fondation, l'idée, c'est d'aller aider des jeunes qui n'ont pas de chance avec le destin. Donc, ils viennent d'une famille vraiment moisi comme moi ou qui sont handicapés ou qui sont immigrés. Enfin, vraiment des trucs, on va dire, compliqués, mais qui, malgré tout, rêvent grand et sont persuadés qu'ils peuvent atteindre un objectif incroyable. Et moi, c'est cette ambition-là qui me plaît, qui me passionne et que je veux appuyer. Et donc, des jeunes postulent, nous envoient leurs dossiers et nous, on les finance. On va les aider, on va les coacher, on va leur mettre à disposition nos contacts et on va essayer de les pousser vers le haut, que ce soit dans l'entreprenariat. Ça peut être aussi des artistes en devenir, des sportifs, des jeunes qui veulent sauver la planète. Peu importe le rêve, en fait, on s'en fout. Il faut juste que ce soit grand. Et du coup, être au contact de ces jeunes régulièrement me permet à la fois de donner du sens à mon travail. Donc, je sais pourquoi je me lève le matin et ça, c'est super important. Aussi, l'équipe, ça les motive parce qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas là juste pour vendre des bars et des boissons, mais qu'à chaque fois qu'ils vendent une barbe, ça permet de financer ce type de projet. C'est super intéressant. Et moi, à titre purement égoïste personnel, ça me rappelle qu'il y a des jeunes qui souffrent, qui galèrent. Et du coup, ça fait écho à mon histoire personnelle et ça me renvoie à mon passé. Et je me dis attention, ne t'embourgeoise pas trop et ne deviens pas toi aussi un anti qui a oublié un peu d'où il venait. Parce que le jour où j'oublierai d'où je viens, ce sera terminé pour moi, tu vois. J'aurais perdu. Parce que je ne serais plus capable d'être un guerrier. Je ne serais plus capable de penser pour le peuple. Feed, c'est un produit par le peuple, pour le peuple. Tu vois, c'est un produit pour... Les riches ne mangent pas de feed. Les riches, ils vont au resto, ils ont leur coach nutritionniste, etc. Feed, c'est un produit pour les gens qui veulent se dépasser. C'est un produit pour... Voilà, c'est typiquement un peu comme quand Free arrivait. Ils avaient cassé tous les prix. Bon, ben, feed, c'est pareil. Maintenant, on propose un repas entre 2,50€ et 4€. Il y a tout à l'intérieur. Bon, ben, c'est efficace, quoi. Tu vois, c'est efficace, ça fonctionne. Et les gens qui nous utilisent, c'est les étudiants, c'est les sportifs, c'est les jeunes qui viennent d'arriver dans une boîte et qui ont envie de réussir. C'est les personnes qui sont pressées, qui voyagent. Et c'est là...
Loïc Je peux te dire que j'ai fait 5 enregistrements aujourd'hui et j'ai consommé du feed.
Anthony Et ben voilà, tu vois, c'est-à-dire que tu vas dépasser. Tu vas dépasser. Et c'est marrant parce que ça va plus loin que le simple repas. Et c'est pour ça que tout est connecté et qu'une marque qui marche, il n'y a pas de hasard. C'est qu'elle est globale, tu vois. Genre, ce n'est pas juste qu'on fait des repas. Parce que feed, c'est le premier pas vers l'atteinte de tes objectifs, quels qu'ils soient, tu vois. Et en réalité, quand tu manges un feed, tu ne le fais pas uniquement pour avoir 100% de tes besoins nutritionnels, mais tu le fais parce que tu sais que ça va te pousser vers le haut et que tu vas te dépasser. Ça peut être dans le sport, ça peut être dans ta perte de poids, ça peut être dans ta prise de muscles, ça peut être dans ton lifestyle du quotidien. Et là, typiquement, tu vois, feed va parfaitement en adéquation avec ta journée, comme la mienne d'ailleurs, qui est super intense, où tu vas enchaîner rendez-vous sur rendez-vous, mais tu sais pourquoi tu le fais. Et donc, tu es content de manger ton feed parce que quand tu le prends sur le packaging, si tu as des nouvelles versions colorées, tu vas avoir des mots forts, oser, se dépasser, entreprendre. Et ça va te rappeler que nous, on a réussi avec ces valeurs-là et que du coup, tu peux le faire aussi. Parce que nous, on vient tellement d'en bas que toi aussi, tu peux réussir à ton niveau et tu peux faire plein de choses. Et cette communauté de personnes qui ont envie de se dépasser, c'est super excitant de les accompagner. Ils nous envoient des messages, ils nous disent « Grâce à vous, j'ai réussi mes exams. Grâce à vous, j'ai eu mon augmentation de salaire. Grâce à vous, j'ai déménagé. » Et ça, c'est cool, tu vois, parce que tu fais participer l'humain à quelque chose qui le dépasse et ça va plus loin que le simple produit et il y a une vraie fidélité autour de la marque.
Loïc Oui. Du coup, la vision de Feed, ce que je trouve intéressant, c'est ce que tu expliquais. Feed, en fait, c'est l'accomplissement d'un parcours de 10 ans personnel, pas forcément entrepreneurial, mais de développement personnel. Est-ce que tu as réussi à garder ces 10 années d'avance ? C'est-à-dire aujourd'hui, est-ce que tu as une vision claire de où sera Feed dans 10 ans ?
Anthony Oui, tu as raison, ce n'est pas facile parce que ça évolue tellement vite qu'il faut rester à la pointe. On essaie toujours d'avoir une cellule R&D de recherche et développement qui travaille long terme. Donc, qui travaille sur des produits qu'on ne peut même pas vendre à l'heure actuelle parce que soit c'est illégal, soit parce qu'on n'a pas encore les moyens techniques pour les produire. Et c'est super important d'être en avance. Donc, on se challenge et on s'auto-challenge mutuellement. Et puis, même moi, à titre personnel, il faut que je m'auto-challenge de manière à avoir conscience de mes limites aussi. Et peut-être que, tu vois, je commence à y réfléchir. Feed dans quelques années devrait être dirigé par quelqu'un d'autre. Parce qu'il faut être super honnête avec tes forces, mais aussi tes faiblesses. Et typiquement, moi, j'ai besoin d'être passionné pour pouvoir être à 200%. Et je pense que d'ici quelques temps, j'aurai atteint le max de ce que je pouvais apporter à Feed et que quelqu'un pourra prendre le relais. Typiquement, je pense être un bon commenceur et mettre l'énergie quand personne n'y croit. Après, est-ce que ouvrir 200 pays et gérer 200 pays dans le monde avec des DG partout en fonction des zones et compagnie, c'est quelque chose qui m'amuse ? Non, pas des masses, tu vois. Donc, il sera sûrement temps que je lance un nouveau projet. Et ça, c'est important d'être capable de te le dire pour pas tomber dans ton confort. Et tu vois, il y a plein de potes à moi qui me disent, mais Anto, t'es un malade. Il faut que tu récheffies toute ta vie, t'as la pépite. T'as ce qu'on appelle un véhicule d'investissement, un véhicule qui te permet de faire cracher de l'oseille et de te sécuriser toi et tes proches. Il faut le garder toute ta vie. Je dis, bah non, parce que si tu penses comme ça, ça veut dire que tu vis sur la bête, tu vois, sans forcément apporter à la bête. Alors que ce qu'il faut, c'est qu'il y ait un maximum d'énergie qui soit envoyée dans la boîte pour qu'elle continue à bien fonctionner. Donc, je sais qu'à un moment, je vais devoir me ressortir de ma zone de confort et ce sera soit en inventant une nouvelle verticale pour feed, soit en laissant la main à quelqu'un qui sera plus à même de bien le faire évoluer.
Loïc À quel moment t'as pris conscience de ça ? Parce qu'en tant que fondateur, l'aventure est encore toute fraîche. Donc, je trouve ça intéressant de voir, t'as déjà cette réflexion qui est arrivée. C'est le fruit de conversations avec des mentors, avec des WC ?
Anthony Ouais, c'est venu assez naturellement quand moi j'ai recruté beaucoup en fait. J'ai capté que j'étais moins épanoui. J'étais moins épanoui parce que faire beaucoup de management et compagnie, ça me saoulait, c'était pas quelque chose qui m'amusait. Ça devenait politique un peu. Tu vois, j'avais des... Je sais même plus comment ça s'appelle, mais quand tu dépasses 50 personnes, tu sais, t'as des représentants syndicaux, des machins. Et tu vois, on passait beaucoup de temps sur des sujets que je trouvais pas passionnants. Et je passais trop de temps à parler de trucs dont moi personnellement, je n'ai rien à foutre. Tu vois, genre des trucs où il fallait faire semblant. Oui, alors t'as passé un bon week-end et ta grand-mère et machin. Moi, ce qui me passionne, c'est comment on fait du business, comment on fait grossir cette boîte, tu vois. Et mes problèmes, ça ne me viendrait jamais à l'idée d'aller dire aux gens, voilà, j'ai six, j'ai ça. Et en fait, quand t'as 100 personnes, il y en a toujours un qui n'est pas bien, qui est malade, qui est là, qui veut te parler. Et ça, ça ne me plaît pas, tu vois. Donc, je ne pense pas être un super manager. Et quand on a grossi et qu'on a compris qu'il allait falloir faire pareil dans tous les pays, et passer beaucoup de temps à parler, là, pour le coup, j'ai compris que ce n'était pas forcément ce qui me faisait rêver. Et pourtant, au début, je t'ai persuadé. Je m'étais toujours dit, ah ouais, ça doit être trop cool d'avoir une grosse équipe. Tu sais, tu diriges des gens. Mais en fait, non. Moi, j'aime, et c'est paradoxal, mais avoir les mains dans le cambouis, j'aime quand ça transpire. J'aime faire ce que personne ne veut faire. Moi, j'adore quand quelqu'un me dit, ah ouais, ce rendez-vous, il est très dur parce qu'il y a une grosse négo à faire ou parce que c'est un problème juridique. Là, j'y vais. Et ça, ça me plaît, tu vois. Mais les trucs, en fait, le confort me fait peur. Le confort ne me rend pas justice, tu vois. Je ne suis pas bon quand c'est facile. Un rendez-vous facile, je ne vais pas le préparer parce que je sais qu'il est facile. Alors qu'un rendez-vous qui est dur, où il y a de la pression, je sais que ça va fighter. Ça, je me prépare psychologiquement, mentalement. C'est-à-dire que les gens ne comprennent pas qu'il faut tout faire pour que ça marche et que tout est lié. C'est-à-dire que quand je sais que j'ai des grosses échéances, et là, j'en ai une dans deux, trois semaines, j'ai une grosse échéance. Je vais augmenter mes séances de sport. Je vais mieux manger. Je vais mieux dormir. Je vais prendre un rythme deux, trois semaines à l'avance juste pour ce rendez-vous. Parce que le moment où je vais arriver à ce rendez-vous, je vais être dans une telle détermination. Et je vais être tellement préparé que personne ne pourra tenir le truc. C'est-à-dire que je vais m'apporter moi-même de la confiance en moi. Parce qu'au final, personne ne sait que j'ai fait du sport. Personne ne va savoir si j'ai bien mangé ou moins. Mais en fait, comme j'ai tout aligné, je vais être à 200% de mes capacités. Et les gens vont ressentir que j'ai confiance en moi. Et si j'ai confiance en moi, ils vont se dire, oula, c'est bizarre qu'ils soient aussi sûrs de lui. Et tout ça vient d'un travail personnel. En fait, ce n'est pas le travail d'un côté, la vie perso de l'autre. Les gens qui me disent, moi, c'est super important de bien cloisonner la vie perso et la vie pro. Et c'est important que je vois mes enfants au moins X heures par jour. Et puis, que j'aille à mon sport et que je fasse ma séance de yoga le matin. Moi, je ne sais pas comment ils font. Moi, tout est lié. C'est-à-dire que tout est imbriqué parfaitement. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de travail perso. Tout est mélangé. Et comme mon travail est une passion et quelque chose qui me plaît, ça ne me dérange pas du tout que ça vienne s'intégrer dans mes week-ends, dans mes soirées, dans mes vacances.
Loïc Et ça, tout ce travail de préparation et d'anticipation presque, en fait, de visualisation, j'ai l'impression dans ce que tu décris, c'est quelque chose que tu fais naturellement, que tu as appris à faire tout seul ou tu as été accompagné pour ça ?
Anthony Non, je l'ai toujours fait tout seul. Je fais vachement attention et j'ai essayé de m'écouter au maximum. Alors, ça peut paraître un peu prétentieux, mais c'est vraiment comme ça que ça a toujours fonctionné. Dès que j'ai écouté les autres, ça ne marchait plus, en fait. J'ai eu des coachs, on m'a payé des coachs de ouf à je ne sais pas combien de leur. Des trucs incroyables. Les VCs, quand ils sont arrivés, ils m'ont dit, prends-lui, prends-lui des trucs hors de prix. Franchement, 800 euros de leur. Des trucs incroyables. Et en fait, ce qui me choque toujours un peu avec les coachs, c'est que s'ils étaient si forts que ça, pourquoi ils ne seraient pas multimillionnaires ? Pourquoi ils n'auraient pas monté leur boîte ? Donc, tu vois, le coach de base, j'ai un problème avec ça, mais peu importe. Il y en a aussi qui sont très bons, qui, tu vois, tout ce qui est un peu plus psy, un peu plus développement perso, je trouve ça intéressant parce qu'ils vont aborder des questions que tu n'osent pas forcément aborder. Donc ça, c'est cool. Mais les coachs de business qui sont censés t'apprendre comment faire ton business, ça, tu vois, je suis quand même beaucoup plus nuancé là-dessus parce que bon, les mecs, ils ne sont pas à l'intérieur de ton business. Donc, personne ne peut te conseiller aussi bien que toi-même, en fait. Mais il faut juste que tu acceptes de t'écouter, de te faire confiance. Et moi, les erreurs que j'ai faites, ce n'est pas du tout pour me dédouaner ou me défausser, mais viennent souvent de conseils de l'extérieur. Et j'aurais du plus me concentrer sur ce que moi, j'avais en tête. Et quand tu t'écoutes et que tu as confiance en toi, ça ne veut pas dire que tu es hermétique au feedback, mais ça veut simplement dire que tu t'écoutes tout en priorité, ton gut feeling, tu vois, les tripes que tu as dans les tripes, c'est ça qui a souvent raison. Si tu as une capacité à bien filtrer ton entourage, si tu as une sensibilité au monde extérieur et que tu es relativement bon dans le comportement humain, si tu t'écoutes, tu auras souvent la bonne réponse, tu vois. Et il faut être capable de s'écouter, c'est primordial. Donc non, je n'avais pas forcément fait d'entraînement au tout particulier, mais la visualisation, c'est toujours ce qui m'a sauvé. Parce qu'en fait, j'étais dans des situations tellement catastrophiques quand j'étais jeune que si je ne visualisais pas, c'est-à-dire que si je n'étais pas capable de m'extraire de l'endroit où j'étais, en fait, je pense que je me serais suicidé, tu vois. C'est-à-dire que quand tu as 17 ans et que tu es sous un pont pour dormir, si tu n'es pas capable de te projeter et de te voir dans une Ferrari dans quelques années et te dire moi aussi un jour, je serai dans une Ferrari, j'aurai de l'argent et j'aurai une belle copine à côté de moi et je pourrai avoir une jolie maison et on fera des barbecues, en fait, tu meurs sous ton pont, tu vois. Et donc, j'ai toujours visualisé mes objectifs et ce qui est marrant, c'est que la plupart du temps, même 99% du temps, une fois que tu as atteint tes objectifs, tu n'achètes pas du tout la Ferrari rouge dans ta belle maison et ton barbecue parce qu'en fait, quand tu peux l'acheter, tu te dis bon finalement, ça ne sert à rien, tu vois genre, je ne vais pas acheter ça, ça fait un peu bling, un peu beauf, laisse tomber, je vais plutôt investir dans l'immobilier, acheter des SCPI, faire des types de capitalisation, des sites, des machins, des trucs. Mais tu vois le fait de les visualiser, aujourd'hui, j'ai de nouvelles visualisations et je me dis bon ben voilà, maintenant, c'est ça que je dois atteindre et je sais que je vais l'atteindre parce que c'est une obsession, c'est-à-dire que quand je m'entraîne, quand je vais au sport, tout le temps, je me mets une musique un peu timbrée que je mets en boucle, je vais mettre une musique très agressive, soit du bon gros booba ou un truc vraiment, un midnight hall, tu vois, beds are burning ou un truc vraiment motivant et je vais la mettre en boucle comme un malade mental et je vais visualiser un objectif pendant toute ma séance. Et genre, les gens qui ne voient pas ça me disent en fait, ce mec est fou, tu vois, parce que genre, je suis possédé par mon objectif. Mais à force de le visualiser, mon cerveau comprend que je n'ai pas le choix en fait. Je suis obligé de l'atteindre et ce qui est fou, c'est que mon cerveau m'envoie, souvent la nuit d'ailleurs bizarrement, des idées pour atteindre cet objectif. Et quand j'étais jeune, mon cerveau m'envoyait des plans pour gagner de l'argent, des idées de business, de trucs. Et j'avais toujours, j'ai toujours un calepin à côté de mon lit pour noter les idées. Parce que j'ai plein de bonnes idées, même pour le business pour feed, ah ben tiens, putain, il faut qu'on lance ça comme produit, c'est trop cool. La nuit, parce que les bonnes idées de fond dans ta vie, elles viennent souvent de ton inconscient. Et c'est le fait de l'aligner, c'est un peu comme une méthode Coué, à force d'être obsédé, de te dire je vais y arriver, je vais y arriver, je vais y arriver. Ben moi, ton cerveau, il comprend qu'il n'y a pas d'autre option. Donc il fait ce qu'il faut pour que ça fonctionne. Et c'est assez fou, la profondeur et la puissance peuvent t'apporter une détermination, tu vois. Et je ne suis pas un expert du tout de ces sujets, mais tu vois, même dans les maladies, dans les trucs comme ça, tu vois, tu as un patient qui est déterminé, qui croit en lui et en sa guérison, ben c'est super efficace par rapport au patient qui est en mode, ben dans tous les cas, je vais mourir. Et il y a un mec d'ailleurs de la fondation Feedback qu'on a accompagné, qui était handicapé, qui s'est pété la colonne vertébrale pendant une course de moto. Tous les médecins lui ont dit tu ne remarcheras plus jamais. Le mec a été complètement fou, il a dit c'est hors de question, moi je vous dis que je vais remarcher. Tous les médecins disent mec ne rêve pas, c'est impossible. Et il s'est créé des attels auxquels personne n'avait pensé, il a réussi à remarcher et nous on l'a aidé à participer au Paris-Dakar. Il a gagné le Paris-Dakar contre des valides. Enfin, tu vois, des trucs de ouf en fait. Et ça c'est génial et c'est la preuve que le mental, et ce n'est pas cliché de dire ça, tu vois, tu as l'impression que c'est un peu une discussion de Moine Shaolin qui te dit tu vas pouvoir monter la montre et tu vas escader la montagne. Mais c'est vrai en fait, la détermination et le mental, c'est un truc de fou. Et moi qui viens de tout en bas, qui ai vu des gens mais qui étaient censés mourir ou finir, tu vois, je les ai vu monter en puissance parce qu'ils étaient déterminés. Et maintenant ils ont de l'argent mais quand je les connaissais qu'ils n'avaient rien, j'aurais pu te dire ce mec-là va réussir. Et c'est pour ça que j'adore investir parce que je pense avoir cette sensibilité pour détecter les talents un peu à l'avance. Quand je parle à un humain, je sais immédiatement s'il a ce qu'il faut pour réussir, tu vois, s'il a ce petit truc en plus. Et ça c'est canon.
Loïc Waouh ! Bon, faudra du coup que je te demande mon débrief à la fin puisque ça fera un peu plus que des minutes qu'on parle. Mais ouais, non, c'est clair sur le point du mental. En fait, j'en discutais avec un autre invité, Olivier Courret, un peu plus tôt. Et lui, c'est son taf en fait. Il est coach mental en Asie et spécialiste du sujet. Il a fait entrée court de la PNL, de la neurosciences, etc. Et c'est ce qu'il expliquait que ce qui fait la différence pour les athlètes de haut niveau, parce que c'est ça sa spécialité, c'est qu'en fait, ils ont cette capacité à activer leur plein potentiel à travers le mental. En étant conscient de leurs croyances limitantes, en étant encore plus à l'écoute de leur corps, de leurs valeurs, ce qui les drive. Et c'est un peu ce que j'entends avec toi, tu vois, quand tu dis que tu as ce côté détermination, tu savais pourquoi tu voulais lancer feed, que c'était pas juste l'aventure entrepreneuriale, mais l'aventure humaine. Enfin moi, en tout cas, j'entends pas du tout ça comme un discours de moine Shaolin un peu perché, ça me parle clairement. C'est cool. Intéressant. Alors, j'avais des questions, alors c'est vraiment super intéressant, donc j'aimerais pouvoir continuer à creuser sur le plan perso, mais je m'étais noté quelques questions spécifiquement par rapport à feed. Parce que je le disais en introduction, c'est une boîte qui a fait du bruit, clairement. Et la question que je me posais, c'est quel est le poids de la culture dans tout ça ? Parce que quand je dis fais du bruit, pour être honnête, je pense que tu pourrais le dire toi-même, c'est des produits que vous faites, c'est des produits qui parfois peuvent faire polémique. J'ai aucun jugement là-dessus, je suis pas en train de dire que c'est pas les bons produits ou que l'idée d'industrialiser les repas est bonne ou mauvaise. Mais quel est le poids de la culture française, tu penses, dans tout ça ? Et surtout, comment tu le gères toi ? Parce que, in fine, t'es la figure publique de la boîte et je pense qu'une de tes missions, c'est aussi de la vendre.
Anthony Exactement, et t'as raison d'en parler, c'est pas facile. Il y a des moments où c'est un peu injuste et tu te dis, les gens sont très durs avec feed, sans forcément comprendre pourquoi on fait ça. Et moi, effectivement, comme je suis le visage entre guillemets de feed, je reçois des menaces de mort, je reçois des courriers au bureau, des trucs incroyables en fait. Parce qu'en fait, la France aime ses valeurs et ses traditions, on va dire, de partage autour de la table pendant deux, trois heures. Et ils ne peuvent pas concevoir qu'on va utiliser de nouvelles méthodes ou de nouvelles manières d'alimentation dans les années à venir. Et je pense qu'il ne faut pas en tenir rigueur, tu vois, aux Français, dans le sens où toute innovation passe par trois stades. Elle est d'abord ridiculisée, violemment combattue et puis finalement, elle est souvent considérée comme ayant toujours été évidente. Et c'est Schopenhauer qui dit ça et c'était le cas avec les voitures. Ford qui a inventé les voitures. Quand il demandait aux humains de l'époque, qu'est-ce que vous aimeriez comme moyen de transport ? Les gens disaient, on voudrait des chevaux plus rapides. Parce qu'en fait, l'humain est incapable de se projeter dans l'avenir. Et c'est pour ça qu'il faut, entre guillemets et très modestement des visionnaires, des personnes qui sont prêtes à porter un message, à se faire taper dessus au début. Et ça a été le cas avec le surgelé, le substitut de lait maternel. Il y a plein d'exemples, le micro-ondes, les iPhones. On se souvient quand ça a commencé, tout le monde disait que c'était honteux parce que ça ne servait à rien. Uber, tout le monde disait que personne ne montrait dans la voiture d'un inconnu. Airbnb, personne ne louerait son appartement. Enfin, il y a 10 000 exemples comme ça où tout le monde en rigolait au début. Et finalement, tout le monde y est venu parce que si tu craques vraiment un problème et que tu résous quelque chose, à un moment, tout le monde y viendra. Et Feet, c'est un peu la même chose. Ça prend du temps. Au début, tout le monde se marrait. Et les mêmes personnes qui critiquaient, j'en ai plein d'exemples en tête, des mecs connus souvent qui critiquaient Feet et qui venaient me voir. Je me souviens, les entrepreneurs. Et c'est marrant parce que même entre entrepreneurs, les gens se charrient. Et moi, quand on faisait des événements, des conférences, tu avais des entrepreneurs du milieu de la food qui n'avaient jamais réussi un truc incroyable, des petites boîtes de merde. Ben, elle venaient me voir en me disant, Anthony, vraiment, ça ne marchera jamais. Laisse tomber. Et je lui disais, mais il n'y a pas de souci, mec. Enfin, nous, on ne te demande pas d'y croire ou de nous donner de l'argent. On est juste là pour faire notre projet. On verra peut-être que tu as raison ou peut-être pas. Et c'est ces mêmes personnes souvent qui reviennent là deux, trois ans après, qui me disent, bon, finalement, ma boîte n'a pas marché. Et j'ai vu que tu recrutais un COO. Est-ce que tu penses que mon profil pourrait te plaire ? Et tu vois, c'est toujours hyper marrant de voir à quel point les gens n'ont pas d'ego. Parce qu'il y a un an et demi, ils te disaient que ton projet, c'était nul et que tu étais vraiment un abruti de lancer ça. Et puis après, ils viennent postuler pour être salariés et vendre le même produit. Donc, en fait, c'est simplement que bon, il faut réussir à faire abstraction de ce poids. Rester concentré sur pourquoi tu fais ça. Parce qu'il ne s'agit pas que de vendre des bars ou des boissons, mais de repenser un modèle alimentaire, tu vois, qui est défaillant. Et quand je dis ça, ce n'est pas mon sentiment très subjectif. C'est les chiffres, la data, parce que la data démontre en France. Toutes les études le montrent et l'ANSEE encore a fait une étude là-dessus il n'y a pas longtemps. La France a de plus en plus d'obèses. OK, on a 20% de personnes qui sont en obésité sur les 50% de personnes qui sont en surpoids. Donc, ça fait quand même beaucoup de personnes qui sont en surpoids. Il y a énormément de carences. Il y a un tiers des Français qui sont carencés, c'est-à-dire qui ont des carences de certains macro ou micronutriments. Il y a un tiers des Français qui ne mangent plus à table, donc qui consomment de manière nomade, mais sans pour autant avoir adapté son alimentation. Donc, les gens vont manger, je ne vais pas citer de marque, mais des snackings, on va dire, qui ne sont pas de la nutrition à la place de leur repas. Sauf que ce n'est pas du tout équilibré et ça déclenche des pics de glycémie. Et c'est ce qui induit qu'il y a de plus en plus de diabétiques en France. Et le diabète, c'est une maladie qui est très dangereuse. Il y a de nouvelles maladies même qui apparaissent, comme la nache. C'est les atteintes hépatiques du coup, mais non dues à l'alcool. C'est-à-dire que typiquement, le foie avant se nécrosait à cause de l'alcool, parce que tu consommais tellement d'alcool que ça te tuait le foie. Maintenant, le foie se nécrose à cause de la graisse et du sucre, parce que tu manges tellement mal et tu bois tellement de soda, etc. que tu éclates ton foie et on doit faire des transplantations hépatiques, non pas à cause de l'alcool, mais à cause de la malbouffe. Et toutes ces nouvelles maladies sont la preuve irréfragable, si je puis dire, que la France, contrairement à ce qu'elle pense, n'a pas les bonnes habitudes alimentaires. Et c'est toujours compliqué pour quelqu'un qui, depuis tout petit, boit du lait, mange de la viande à tous les repas et boit son verre de pinard, de comprendre que peut-être que ce n'est pas la bonne solution. Peut-être qu'il ne faut pas manger sucré le matin. Peut-être qu'il ne faut pas finir par un dessert. Peut-être que le vin, il faut calmer la sauce. Peut-être que boire du lait, ça n'a pas trop de sens. Peut-être qu'il y a d'autres manières de consommer. Et on ne dit pas qu'il faut tout remettre en cause, mais simplement rester ouvert. Et c'est le travail de la foodtech, c'est le travail des startups. Et je ne suis pas le seul à le mener. Feed n'est qu'une partie de la solution. On n'est pas là du tout pour dire feed va s'imposer dans le monde entier et vous n'allez manger que du feed, moins de là. Feed, ça va être une option parmi les centaines d'options qui vont être proposées par la foodtech. On est en train de repenser plein d'allemands, plein d'ingrédients. Il y a d'autres boîtes françaises qui cartonnent là-dedans. Je pense à Gourmet qui va faire du faux foie gras, par exemple. C'est-à-dire qu'au lieu de bourrer l'animal dans des méthodes qui sont au 21e siècle assez controversées pour rendre malade l'animal, ils arrivent à bourrer la cellule entre guillemets. Au niveau cellulaire, ils arrivent à créer du foie gras au niveau cellulaire sans avoir du tout d'impact sur l'animal puisque ce ne sont que les cellules qui sont en laboratoire travaillées. Il y a du substitut de viande, du substitut de lait, il y a du substitut de tous les ingrédients qui sont controversés ou qui ont un impact sur l'écosystème. Restons ouverts et puis soyons ouverts à l'innovation parce que sinon, c'est encore les États-Unis et la Chine qui vont prendre les devants. Et je pense qu'il y a bien un marché où on a notre mot à dire, c'est quand même la nutrition. Quand on voit le patrimoine culinaire français, il faut rester à la pointe. Et pour rester à la pointe, il ne s'agit pas de rester enfermé dans le passé mais accepter que l'innovation doit s'imposer petit à petit et surtout qu'il y ait de l'argent qui soit investi. Ça peut faire peur les montants des levées de fonds dans la foodtech, mais malheureusement, ça demande beaucoup d'argent d'innover. Il faut des chercheurs, il faut des laboratoires, il faut faire des tests au marché. Et tout ça, ce n'est malheureusement qu'avec des dizaines de millions et des dizaines de millions qu'on peut réussir à faire un travail qui soit serein et efficace.
Loïc Ces investisseurs aujourd'hui, parce que je crois que c'est toi qui disais ça encore une fois sur le podcast de Mathieu Stéphanie, qu'on a peu en France de jeunes entrepreneurs, comme des Simon Sini qui ont marqué, mais ce n'est pas forcément notre génération. C'est qui les gros investisseurs que tu vois aujourd'hui présents sur le marché de la foodtech notamment ?
Anthony C'est compliqué en France parce qu'on a beaucoup d'investisseurs pour ce qu'on appelle le early stage. Donc, on a beaucoup d'investisseurs pour les débuts. Donc, quand il s'agit de mettre entre 500 000 euros et 10 millions d'euros, il y a beaucoup de monde, presque trop de monde. Et du coup, tout le monde se bat pour faire monter les valorisations et pour pouvoir investir. Et du coup, ça crée des bulles, c'est un grand mot, mais disons que les valorisations vont s'exciter très vite au début sur des critères qui ne sont pas du tout rationnels. Et quand il s'agit d'aller lever des vraies sommes, c'est-à-dire 20, 30, 100, 200 millions, là en France, c'est impossible. C'est-à-dire qu'il n'y a aucun fonds globalement qui est capable de déclencher de telles sommes. Et le souci, c'est que tous nos beaux projets passent sous pavillons étrangers. Et donc, en réalité, on se tire un peu une balle dans le pied parce que nous, on finance le début, mais à la fin, on perd les projets. Donc, les Américains, les Chinois, et on voit que les Chinois investissent très fort en ce moment en France, ils ont juste à attendre et ils viennent récolter. Donc, ok, ils investissent plus d'argent, mais au final, c'est beaucoup plus dérisqué. C'est-à-dire que quand une grosse boîte investit 200 millions, ok, ils mettent 200 millions, mais 200 millions sur un projet qui est dérisqué parce qu'il y a des KPIs, on peut faire un audit, on peut faire une due diligence. Et donc, au final, les Chinois prennent moins de risques que les Français en mettant certes un peu plus d'argent, mais qu'ils sont quasi sûrs de récupérer. Donc, on a un souci dans l'écosystème français et bien souvent, quand tu fais de la foodtech, tu regardes, tu parles avec les investisseurs étrangers et nous, typiquement, c'est ce qu'on a fait quand on a levé le dernier tour sur lequel on n'a pas communiqué. On aurait adoré le faire en France, mais on n'a pas pu. On a dû le faire avec des Américains.
Loïc Tu peux nous communiquer le montant ou il y a encore un NDA ?
Anthony Ouais, on ne peut pas malheureusement parce qu'effectivement, ça a été signé au moment de la levée. Et en fait, je les comprends et même moi, enfin, c'est même moi qui ai poussé un peu à ce qu'on soit discret parce que je ne voulais pas tomber dans la surenchère des levées de fonds. Je vois beaucoup trop de startups qui se vantent de lever des sommes incroyables. Et c'est vrai que c'est cool de lever de l'argent, mais au final, ce qui est surtout cool, c'est d'avoir un modèle qui est durable, qui tient et je n'ai pas envie que ça froisse le message. Tu vois, le vrai message de Feed, ce n'est pas de lever de l'argent, c'est de repenser l'alimentation, c'est de faire une marque qui soit forte, qui soit claire. Et je ne suis pas sûr que les gens, et c'est pour ça qu'on ne communique plus sur chiffre d'affaires, nombre de personnes, etc. Parce qu'en fait, est-ce que les gens, ils ont quelque chose à foutre de savoir que Feed a fait 10 ou 20 millions de chiffres d'affaires cette année ? Ce que je veux, c'est la marque. Tu vois, quand tu fais une marque très belle, quand tu fais Nike, quand tu fais Red Bull, quand tu fais ce genre de choses, alors on aime ou on n'aime pas les produits, c'est un autre débat, mais la force de la marque est exceptionnelle. On ne pense même plus à son chiffre d'affaires. On ne se dit pas combien Nike font le chiffre d'affaires. On se dit combien de personnes, ils ont motivé à faire du sport, combien de personnes, ils ont incité à se dépasser. Et c'est magnifique parce que Nike ne te vend plus un produit. Ils te vendent une sorte d'art de vivre, de dépassement. Toi aussi, tu es un athlète et ça, c'est quand même sacrément canon. Et je pense que le gouvernement ne réalise pas d'ailleurs à quel point les marques sont importantes et ils ont trop tendance à privilégier la tech. Tu vois, des marques tech qui ont levé beaucoup d'argent et qui peut-être vont même faire plus de chiffres d'affaires que les marques. Mais la réalité, c'est que l'impact d'une marque dans le monde est super important. Et c'est important qu'on soit présent et pas que dans la foot tech, dans tous les secteurs, pour montrer que la France existe aujourd'hui et qu'on est un pays avec des moyens de rayonner.
Loïc C'est clair que ce sentiment d'appartenance à une communauté, en fait, je pense que c'est ça, tu vois, le dénominateur commun avec Red Bull, Nike, pour ne pas les citer, mais les exemples que tu as pris par rapport à, je ne sais pas, je n'ai pas forcément de nom de start-up dans la tech en France qui me viennent, mais c'est clair que l'attachement est beaucoup plus fort quand tu as la communauté derrière.
Anthony Bah oui, tu vois, une marque B2B, les plus grosses sas, tu prends des grosses sas français, je ne vais pas en citer pour rexer personne parce que la plupart c'est des potes, mais tu vois, une grosse marque B2B, personne ne connaît. C'est-à-dire que tu demandes à Madame Michu à Jonzac si elle connaît, je ne sais pas quelle marque, qui ne fait que du B2B, du sas, personne ne connaît. Tu demandes à Madame Michu si elle connaît Nike ou Red Bull, il y a quand même des grandes chances qu'elle ait déjà entendu parler. Et ça, c'est un rayonnement qui est fort, qui est important, et notamment dans la food parce qu'on sait que les Français sont attachés à ces valeurs et à cette alimentation. Il y a eu des très beaux succès qui ont rayonné. Michel Augustin, par exemple, c'est canon ce qu'ils ont fait, même si ce n'est pas une start-up, ils étaient avant, on va dire, le monde start-up. C'est une boîte qui était dans les années 2000, donc c'est une boîte qui était plus classique, mais qui ont fait un parcours exceptionnel et qui ont montré qu'en faisant des produits qui, somme toute, sont classiques, je ne veux dire, il n'y a rien de révolutionnaire, mais en le marketant correctement, en mettant un ton qui est différent des grands groupes, tu pouvais exister, tu pouvais remuer le statu quo. Et ça, c'est super important. Oui, c'est un bon exemple. C'est vrai que c'est…
Loïc Top, on arrive quasiment à la fin. J'ai une dernière question pour toi. Si demain, feed devait s'arrêter, qu'est-ce que tu ferais ?
Anthony Déjà, j'essaierai d'en tirer des leçons. Je demanderai à toutes les personnes qui m'ont côtoyé, qui ont participé à l'aventure feed, de me faire un feedback pour comprendre ce qui a fonctionné, comprendre ce qui n'a pas fonctionné. C'est toujours ce que je fais, même dans une relation importante. Quand je me sépare d'une copine, ça me paraît toujours très bizarre, mais je suis à deux doigts d'envoyer un type form avec des notations. Et j'essaie de comprendre, parce que c'est comme ça que je peux m'améliorer. Et je pense que l'humain est en perpétuelle évolution. Et j'aime à penser que le Anthony d'aujourd'hui est meilleur que l'Anthony d'il y a 10 ans et que dans 5 ans, je serai encore une meilleure version de moi-même. Donc, j'aime beaucoup le feedback. Et puis deuxièmement, je me laisserai un peu de temps, parce qu'il ne faut pas réactiver à chaud. Je pense que c'est important de digérer les défaites et de digérer les erreurs. C'est un peu comme une rupture. Encore une fois, si tu te remets en couple juste après la rupture, bon, il y a toujours des cas exceptionnels, mais tu n'as pas eu le temps de te poser les bonnes questions. Pourquoi ça ne va pas ? Est-ce que j'ai digéré ma précédente relation ? Et tu peux vite tomber dans la relation rebond où tu vas chercher l'opposé de ta relation précédente, parce que tu t'es dit ça, ça ne marchait pas. Donc, je vais chercher l'exact opposé, mais sauf que ce n'est pas aussi simple. Du coup, moi, j'aime bien prendre un peu de temps, me poser 6 mois, 1 an. J'ai des périodes de vie où je ne fais rien. C'est hyper important. Je peux me laisser presque délabrer quoi. Tu vois, genre laisser en jachère vraiment. Et vraiment, quand je sens que c'est le moment et que je commence à toucher le fond, boum, c'est là où je me relève. Donc, je me laisserai sûrement passer 6 mois, 1 an et puis je rattaquerai un autre projet. Parce qu'au final, c'est ça qui est beau dans la vie. C'est que tu as plein d'opportunités, plein de chances, que la vie est longue et qu'aujourd'hui, jusqu'à 70 ans, tu peux faire du business. Donc, si c'est ce qui te passionne et ce qui te fait vivre, il faut continuer à s'écouter et constamment s'améliorer. Puis, la prochaine aventure, faire en sorte qu'elle aille un peu plus loin que celle de feed et peut-être même que ce ne sera pas la prochaine qui fonctionnera, mais encore celle d'après. Et ce n'est pas grave, parce qu'à un moment ou à un autre, ça finira par payer si je mets la bonne volonté.
Loïc Écoute, super message. C'est très inspirant. Moi, c'est ce que je retiendrai de ce podcast. C'est cet aspect détermination, poursuivre ses efforts, même si ça ne marche pas à tous les coups. Il y a toujours des apprentissages à faire et des enseignements à tirer. Donc, je voulais te remercier encore une fois, Anthony, pour ton temps. Et je mettrai bien sûr en description de l'épisode des liens vers feed, vers ton… D'ailleurs, je ne sais pas, où est-ce qu'on peut te suivre ?
Anthony Sur LinkedIn, principalement. LinkedIn, je n'ai aucun réseau social. J'essaie de rester un peu discret et de ne pas trop afficher des trucs perso. La Ferrari rouge. Oui, malheureusement, j'aimerais bien, mais non. Je ne pourrais même pas la brouper, parce que je n'en ai pas. Mais je l'ai dans un coin de ma tête. Mais savoir que je peux l'acheter, me suffit en fait. Je t'assure, c'est ouf. Et savoir que demain, j'en veux une, je la prends, ça me suffit. Je n'ai même pas besoin de l'avoir. Et ça reste une sorte de rêve, tu vois, que je ne m'autorise pas.
Loïc La beauté du rêve plus que le fait de le réaliser. Exactement. Génial. Bah écoute, encore une fois, merci Anthony. Tout le meilleur pour la suite de l'aventure, que ce soit avec Feed ou plus tard.
Anthony Merci beaucoup. A très bientôt.
Loïc Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets, qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également, directement par e-mail à contact.lesfrappés.com. Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez, ainsi qu'un commentaire. Et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao !
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.