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Saison 3 EP·146 Vélo #UTMB #PTL #BikingMan

16 janvier 2024

BikingMan 2023 : Laurianne Plaçais dévoile les coulisses de sa victoire

Durée · 1h04 · Transcription disponible

BikingMan 2023 : Laurianne Plaçais dévoi

Le récit

On part explorer le monde fascinant de l'ultra-cyclisme avec mon invitée, Laurianne Plaçais, qui termine 1ère du circuit BikingMan 2023.

Elle nous fait découvrir en détail comment elle prépare et gère ce sport d'extrême endurance :

Entrainement, équilibre sport-famille-travail, stratégie de course (ou pas 😅), gestion du sommeil... les paramètres à gérer sont très nombreux !

Pour Laurianne, ce qui fait la différence sur ce format de courses de 1000km sans assistance, c'est clairement le mental 🧠. Elle évoque une nuance intéressante entre douleur et souffrance, et ce qu'elle met en place pour rester dans sa course dans les moments de difficultés.

Un échange qui ravira les fan d'ultra-cyclisme en particulier et tous les amateurs de récits de Frappés en général 🤩

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Transcription

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Loïc Salut, c'est Loïc. Bienvenue sur Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Chaque semaine, je vous fais découvrir des invités extraordinaires, des femmes et des hommes qui ont osé se lancer et qui se sont donné les moyens d'atteindre leurs objectifs les plus fous. A travers leurs actes, ils nous montrent par l'exemple que tout est possible et qu'on a tous un potentiel exceptionnel, en réalité un frappé qui sommeille en nous. Eux se sont autorisés à le libérer. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant contributeur sur Tipeee, le lien est en description, ce qui vous permettra d'écouter les épisodes en avant-première, de rejoindre les visios mensuelles des frappés ou encore d'accéder à du contenu exclusif. Cette semaine, je reçois Lauriane Placé. Elle a terminé première au classement général 2023 du BikingMan, un label de course d'ultracyclisme créé par le français Alex Carrion, qui comporte 7 manches. Chaque épreuve fait 1000 km et doit être réalisée en solitaire et sans assistance en moins de 120 heures. Lauriane s'est lancée dans l'ultracyclisme en 2022, c'est donc assez récent et pourtant elle a remporté la deuxième épreuve à laquelle elle a participé. On discute de vélo, de gestion de l'effort, de fatigue physique, mentale et nerveuse, mais aussi de sa préparation et de la gestion du sommeil évidemment. Un épisode qui raviera les mordues d'ultracyclisme en particulier et qui intéressera toutes celles et ceux qui se demandent comment on peut allier vie de famille, travail et passion sportive. Allez, en selle, on part pour 1000 km avec Lauriane. Eh bien écoute, bienvenue Lauriane sur le podcast, je suis ravi de te recevoir en direct. T'as de la neige là d'ailleurs ?

Invité 1 Non, on l'attend. On n'a pas de neige du tout, on l'attend. Normalement, il va neiger un peu ce soir, mais on n'est pas très haut et on est dans les préalpes et ce n'est pas eux qui vont ramasser. Donc, ils annoncent 20 cm maximum, donc pas de quoi aller skier quand il n'y a rien eu.

Loïc D'ailleurs, directe question sur ta pratique, mais comment tu gères, vu le lieu où tu habites, j'imagine que le facteur neige, tu le prends en compte tous les ans. Comment tu gères ça avec ta préparation pour le vélo ?

Invité 1 Après, moi, je suis à 800 mètres et en fait, quasiment toute l'année, on peut rouler sur Aix-les-Bains dans la plaine. Sauf les fois, en fait, quand il a neigé et que c'est humide, c'est un petit peu dangereux. Mais globalement, on n'a pas des hivers très rudes et je ne suis pas en montagne, je ne suis pas dans les vallées. Tu n'es pas si haut que ça. Oui, je ne suis pas dans les vallées intérieures, donc je suis à 800 mètres, mais près du lac et en fait, à part le gel sur la route, on est globalement, on a un petit peu de neige, mais dès qu'on descend sur Aix ou même Annecy, on peut rouler toute l'année. Après, l'hiver, souvent décembre, janvier, je fais un peu d'home trainer et je ne prends pas trop de risques sur la route. Quand c'est possible d'aller bosser en vélo, j'y vais en vélo.

Loïc Ah oui, j'ai lu ça. J'ai lu que tu faisais 70 bornes tous les jours. Enfin, tous les jours. Quand il y a l'air à vélo, c'était 70 bornes.

Invité 1 Oui, et avec 1100 de dénivelé surtout. Parce que 70 bornes comme ça, ça va. Sinon, je fais du ski de rando, ski de fond. Donc, ça permet l'hiver aussi de varier un peu et de ne pas se lasser de faire du vélo toute l'année. Même si ça ne me dérangerait pas de faire du vélo toute l'année, ça permet de casser un peu. Puis le ski, c'est bien aussi. Quand il y a des bonnes conditions, c'est bien agréable aussi. Sachant que je suis à 10 kilomètres des pistes de ski de fond. et 10 kilomètres d'une petite station de ski qui est le Revard, où je peux faire un peu de ski de rando dessus en mode rapide. Pas forcément en rando quand il n'est plus risque. Mais moi, j'aime bien prendre mes skis et m'arracher la tronche comme on dit et monter le plus vite possible et redescendre facilement par les pistes. et faire des répétitions sans fin. Sachant que là-haut, il y a toujours une petite récompense. C'est que quand on monte au Revard, on a une vue sur tout le lac et on a une vue là-haut sur la Chartreuse, tous les massifs. Chartreuse, Beldon, de l'autre côté, les Arabies, Mont Blanc. Quand c'est dégagé là-haut, on a une vue à 360 qui est assez dingue.

Loïc Excellent. Ça donne envie de venir voir par soi-même.

Invité 1 Oui, c'est à faire.

Loïc Du coup, comment est-ce que tu en es arrivé à... On va parler d'un certain nombre de choses, mais quand même principalement de vélo et plutôt d'ultra. Ma première question, c'est donc comment tu en es arrivé à découvrir cette discipline ? Est-ce que tu as toujours été plus ou moins actif dans le sport, donc entre autres à faire du vélo ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui t'est un peu... Tu es tombée dans la marmite ?

Invité 1 Alors, j'ai commencé sur le tard, on va dire, à 18 ans.

Loïc OK.

Invité 1 Parce que je n'avais pas possibilité avant. Ma mère n'était pas pour le sport. Je ne faisais pas. Et en fait, à 18 ans, j'ai pris mon vélo et puis je suis allée voir ce qu'il y avait au bout du chemin. Et c'est comme ça que j'ai pris goût au vélo. Et j'ai vraiment bien accroché. Et en fait, depuis que j'ai 18 ans, je roule. Et c'est vraiment un sport qui me vide la tête, qui me permet de m'évader. Et après, l'ultra, ça ne fait qu'un an et demi que je le pratique. J'ai commencé en mai 2022.

Loïc Et... Qu'est-ce que tu trouves dans l'ultra ? Alors, attends, là, je vais réfléchir. Parce qu'il allait y avoir plusieurs questions dans la même question, ce qui est ma spécialité. Mais peut-être pour commencer, qu'est-ce qui t'a amené à l'ultra en particulier ?

Invité 1 C'est un peu la force des choses. C'est que Marie travaille chez Origine et Origine est partenaire principal du BikingMan. Et il m'a dit, tu roules sur un vélo Origine. Donc, ce serait bien qu'il y ait des pilotes Origine qui aillent sur le BikingMan. Et il dit, t'en prends un dans le calendrier. Et puis, go, quoi. En gros, je n'ai pas eu trop le choix. Mais c'était une... Moi, j'ai toujours aimé le long à vélo. J'ai fait du triathlon. Et au bout de moins d'un an, je faisais un Ironman. Et c'est toujours le long qui m'a attirée. Parce que sur les efforts courts, je ne suis pas bonne, quoi. Je n'ai pas du tout... J'ai vraiment un physique qui est fait pour les efforts longs. Peut-être un petit peu soutenus. Mais pas ultra soutenus comme on peut trouver sur le cours, quoi. Donc, c'est vraiment là où je m'éclate. Et du coup, le long m'a attirée. Mais je m'en sentais... Enfin, l'ultra long m'a attirée. Mais je ne m'en sentais pas capable. Et c'est venu comme ça, en fait. J'ai essayé et j'ai vu que ça marchait bien.

Loïc C'était le BikingMan Corsica, le premier du coup ?

Invité 1 Oui, le Corsica en 2022, oui.

Loïc Juillet 2022. Ou si je ne me trompe pas, tu termines cinquième ?

Invité 1 Oui, c'est ça.

Loïc Donc, quand même une sacrée perf pour un premier.

Invité 1 Oui, surtout que je n'ai pas géré du tout. Je n'avais pas fait la course. Moi, j'allais là-dessus. Je ne savais pas si j'allais... Enfin, j'ai vraiment géré pour finir. Donc, à aucun moment, je n'ai regardé autour de moi. J'ai regardé mon classement. Je n'ai regardé le tracker. Je ne l'ai jamais regardé. Je n'ai pas fait attention. Je n'ai pas fait la course, quoi. J'ai fait la course dans ma bulle, mais je n'ai pas fait attention à ce qui se passait autour de moi.

Loïc Tu n'avais pas de stratégie ?

Invité 1 Non, parce que c'était à découvert. Donc, je suis arrivée au CP1. J'ai commencé à essayer d'aller dormir. Je ne savais pas combien de temps j'allais m'arrêter. Donc, j'avais vraiment zéro stratégie. C'est toujours un peu le cas. Je ne fais pas trop de plans sur la comète. Mais après, je vois ce qui marche ou pas. J'en étais sept. Je sais maintenant comment il faut que je fonctionne. C'est vrai qu'il y a plus de stratégies de course qui se mettent en place. Mais je n'ai pas de plans. Au départ, je n'ai pas de plans. C'est vraiment... Je vois au feeling comment ça se passe. Surtout pour les arrêts et tout ça. Parce qu'en fait, il n'y a que les arrêts. La nourriture, je ne fais pas de plans non plus. Donc... Et sur l'allure, je gère toujours selon mon plan. J'évite... Après, ça dépend des configurations de course. Mais je ne me calque pas trop sur les autres.

Loïc Oui. Oui, j'ai lu un... Je crois un de tes récaps sur...

Invité 1 Après, il y a eu ce qu'il y a dit 2022. Où j'ai fait la course avec Clément Clisson pendant 15 heures. Les 15 dernières heures. Et bon, là, c'est... Ça arrive dans la course où il me double. Ça me soulage. Et finalement, je reviens sur lui. Et on fait 15 heures... 15 heures ensemble sans être ensemble. Mais 15 heures à se tirer à la bourre.

Loïc Oui.

Invité 1 Jusqu'à la fin.

Loïc Alors, peut-être pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas le label. Je vais vous dire que c'est un label, BikingMan. Ça consiste en quoi, les épreuves ?

Invité 1 Alors, c'est des courses de 1000 kilomètres. Sans assistance. Donc, sans assistance, pas de véhicule qui suit. Pas d'assistance au niveau des ravitaillements. Au niveau de la réparation. Enfin, c'est vraiment sans assistance. On n'a pas le droit à l'aide extérieure. Et c'est 1000 kilomètres à faire en moins de 120 heures. Et on a un parcours GPS qui est donné. Donc, il faut suivre le parcours GPS au mètre près. Sur certaines épreuves, pas les BikingMan, mais sur certains Ultra, il y a des CP obligatoires. Et là, la particularité de BikingMan, c'est que c'est un parcours prédéfini. Tout le monde fait le même parcours.

Loïc D'accord. Et ce parcours, vous l'avez combien de temps à l'avance ? Il est connu ?

Invité 1 Alors, il n'y a que sur le X, ce qu'il appelle le BikingMan X, où on le découvre la veille de la course lors du briefing. Et sinon, oui, il est connu un mois avant. Ça dépend des...

Loïc D'accord.

Invité 1 Ça dépend des éditions, si l'édition a déjà eu lieu. Mais souvent, oui, c'est la version définitive. On la connaît un mois avant, parce que souvent, il y a des préfectures qui donnent leur aval et tout ça. Donc, des fois, il y a des travaux, des petites modifications. Mais globalement, on a une idée de... Donc, on va passer à part sur les versions X. Donc, l'an dernier, c'était Annecy. Et cette année, c'était celle du Maroc. On ne savait pas du tout où on allait aller.

Loïc Ah, la version X de cette année, c'était le Maroc ? Oui.

Invité 1 L'an dernier, le X, c'était à Annecy. Donc, on faisait... Il y avait 53 ascensions. On faisait tous les cols du pont, quoi. Et cette année, c'était au Maroc. Donc, on allait au Maroc, mais on ne savait pas du tout où on allait aller.

Loïc D'accord. Je ne savais pas du tout que c'était celle... OK, OK.

Invité 1 Oui, ils ont changé d'endroit.

Loïc D'accord, d'accord. OK.

Invité 1 Alors, pour moi, ça ne me dérange pas du tout. Et cette année, en fait, la veille, j'étais malade. Quand j'ai eu le parcours, je n'avais pas du tout la tête à mettre le nez dans le téléphone ou dans les cartes pour étudier la course. Du coup, je n'ai rien étudié du tout. Ça ne m'a pas du tout dérangé.

Loïc Oui, puisqu'on va en parler, mais ça fait plutôt un bon résultat. Oui. OK. Donc, globalement, des épreuves mille bornes, j'imagine que le dénivelé varie plus ou moins.

Invité 1 Oui, ça va entre 12 000 et le X, c'était quasiment 27 000.

Loïc Oui, donc quand même du bien costaud. La barrière horaire, elle est ajustée aussi, j'imagine, par rapport au dénivelé ?

Invité 1 Non, c'est toujours 120 heures. 120 heures, OK. Oui, c'est toujours 120 heures. Après, les premiers, selon le dénivelé, mettent plus ou moins de temps. Mais moi, j'ai fait entre... J'ai fait du faire 44 heures au Portugal, celui qui a le moins de dénivelé, jusqu'à 61 sur le X ANSI, 61 heures.

Loïc D'accord, OK. OK. Et le ratio route-gravel, c'est quoi ? C'est vraiment que de la route ?

Invité 1 En général, c'est des épreuves route, oui. À part sur le Maroc où il y avait 20 % de gravel.

Loïc OK. 20 %.

Invité 1 Sinon, les milles, sur ceux que j'ai fait, c'était principalement de la route.

Loïc OK. Et habituellement, je suppose encore que ça dépend des épreuves, mais il y a combien de participants, participantes, puisque c'est un seul départ mixte, c'est ça ?

Invité 1 Oui, c'est un seul départ. Ça va jusqu'à la Corse, je crois que c'est 160 personnes au départ. Et le moins qu'on a été, c'était sur le X en 2022, où on était 22 au départ, je crois.

Loïc OK.

Invité 1 Mais oui, c'est variable selon les épreuves.

Loïc Oui.

Invité 1 On était 90, je crois, sur le Maroc.

Loïc D'accord, OK. Donc, ça commence à faire un beau peloton quand même. Drafting autorisé, d'ailleurs. Ah oui, non, non.

Invité 1 C'est vrai que j'ai oublié. C'est en autonomie totale et il n'y a pas de drafting. Si on veut rouler à plusieurs, on se met en duo et on roule à deux.

Loïc OK.

Invité 1 Non, c'est vraiment l'effort solitaire et c'est ça aussi que je viens chercher.

Loïc Et du coup, vous gérez ça comment au départ quand 90 personnes partent ?

Invité 1 Alors, sur le Maroc, c'était un départ groupé avec un neutralisé sur 45 kilomètres. Mais sinon, c'est des départs en vagues de 10 avec, en général, un bon pétard dès le départ pour éclater tout le monde et ne pas avoir ce souci. Après, il y a une petite tolérance sur certains. Mais globalement, tout le monde respecte ce principe-là. On respecte les règles. Il n'y a pas de souci là-dessus. Non, on ne part pas à 100 sur un parcours. Non, c'est des départs en vagues toutes les minutes et ça permet largement de disséminer tout le monde.

Loïc OK. Alors, j'ai lu dans plusieurs des articles que j'ai trouvés pour préparer cet échange que, en tout cas, pour des journalistes, alors je ne sais plus si c'était des journalistes de sport ou pas, mais je l'ai retrouvé à plusieurs endroits, ils présentaient BikingMan un peu comme les championnats du monde de l'ultracyclisme.

Invité 1 C'est le créateur, oui, qui présente, c'est Axel Carion qui présente la série comme ça parce que c'est des épreuves dans le monde là-dessus et que c'est le premier championnat de plusieurs courses avec un challenge qui est mis en place parce que l'ultra n'est pas encore régi par une fédération. Non, la FFC commence à faire quelques règles comme le matériel obligatoire, le nombre d'heures maximum, minimum, mais c'est une demi-page dans le règlement FFC. Mais il n'y a pas de fédération qui le réglemente pour l'instant.

Loïc Ok, donc on peut dire vu l'ampleur de l'épreuve, le fait qu'il y a des manches...

Invité 1 Pour moi, c'est un peu l'image d'Ironman qui a fait son championnat du monde sur un label privé.

Loïc Oui, ok. Super clair, bon, si on a qui ne connaissait pas encore BikingMan, c'est maintenant chose faite. Et d'ailleurs, si vous voulez en savoir vraiment plus, allez...

Invité 1 Sur le YouTube, oui, le site, c'est surtout, je pense, la chaîne YouTube où là, on comprend mieux les courses. Il y a énormément de reportages qui sont faits sur chaque course. Donc, c'est là où on voit plus l'esprit et on comprend mieux le principe.

Loïc Yes. Et Axel Carillon, le fondateur lui-même, il a une chaîne sur laquelle il met pas mal de contenu. Ça sert à l'instant, donc foncez, regardez ça.

Invité 1 Quand on s'intéresse à l'Ultra, c'est une belle source d'infos.

Loïc Pour en revenir à cette première course en Corse 2022, finalement, tu le disais, c'est quand même super récent. Oui, oui. Tu es dans ta bulle, tu finis sans vraiment de stratégie, sans savoir dans quoi tu mets les pieds. Quand tu réalises que tu arrives finalement super bien classé et j'imagine avec de bonnes sensations, est-ce que ça clique dans ta tête ? Est-ce que tu te dis, j'ai envie de m'engager encore plus sur ce format-là ?

Invité 1 Oui, alors moi, c'était assez bizarre. Avant la course, je m'attendais à vivre quelque chose de vraiment un peu différent et tout ça. Je l'ai un peu trouvé, mais en fait, le tour de la Corse, je l'avais déjà fait deux fois à vélo. Et je n'ai pas eu ce côté découverte du parcours, en fait. Donc l'effort, l'état d'esprit m'a bien plu, mais je me suis dit, il faut que j'aille plus loin, il faut que j'en fasse un pour avoir justement ce côté découverte. C'est ça qui m'a un peu manqué sur la Corse. Il y avait quelque chose qui... Mais ouais, le fait de... Sinon, j'ai bien accroché avec tout le principe, le fait qu'il n'y a plus de lourd, il n'y a plus de nuit, il n'y a plus de normes d'horaire. Mais c'est vrai que celui encore, je l'ai vécu différemment des autres.

Loïc Du fait justement de...

Invité 1 Ouais, je pense que... Ouais, pas parce que c'était le premier, parce que, en fait, je connaissais quasiment tout. Et moi, quand je suis passée une fois à un endroit, je m'en souviens. Donc, il y avait quelque chose qui m'avait pas rassasi, on va dire. Donc oui, je m'en suis dit, il faut que j'y retourne.

Loïc Et donc le suivant, si on fait une chronologie, en tout cas du début...

Invité 1 Le suivant, c'était le X à Annecy, qui était réservé qu'à ceux qui en avaient déjà terminé.

Loïc D'accord. Mais là, c'est pareil, du coup, non ? Tu connaissais un peu le terrain, j'imagine ?

Invité 1 Ouais, c'était bizarre, je connaissais le coin, mais il y avait aussi une grosse partie que je... Il y avait quand même pas mal de cols que je connaissais pas, et c'était l'enchaînement. Ce qui m'a plus marquée sur cette course-là, c'est quand je suis arrivée, quand j'étais au col du... Quand j'ai descendu le col du marais, près d'Annecy, où c'était le dernier col, je me suis dit, mais... En fait, jamais de ma vie, je serais allée chercher tous ces cols-là, et je les ai faits en trois jours, quoi. Le mercredi soir, j'arrive, et sur la route, il était... Je suis arrivée à 21h, et il devait être 20h quand je me suis dit ça. Mais on est partis lundi matin à 5h, et j'ai fait le col de la madeleine, la croix de fer... Enfin... Un nombre de cols... Je suis allée jusqu'à la bonnette. Et quand j'ai réalisé ça, c'était vraiment ce qui m'avait plus marquée sur ce coup-là, plus que de gagner, parce que celui-ci, je l'ai gagné avec 13h d'avance. C'était vraiment le fait d'avoir enchaîné tous ces cols, avec des cols que je serais couiole-caïole, par exemple, je serais jamais... Moi, je prends pas ma voiture pour aller faire du sport, donc je serais jamais allée les faire, quoi. Il y a très peu de chances que je fous aller là-bas les faire, quoi. Donc c'était... Ouais, c'était... Il y avait ce côté... Ce côté, partir d'Annecy, un endroit que je connais vraiment bien, puis aller... Aller découvrir toutes les Alpes, quoi.

Loïc Et t'arrives, du coup... Je sais pas si c'est une question qu'on me pose souvent, mais moi, j'aime bien la poser, en tout cas, à toutes celles et ceux qui font de l'ultra, alors que ce soit à vélo, trail, tu vois, ou des grands trips en bateau. Est-ce que t'arrives... Il y a quand même une notion de performance sur ces épreuves, donc est-ce que t'arrives quand même à profiter, à être dans l'instant... Oui, oui, oui. Ouais, ouais. C'est quand même faisable, ça.

Invité 1 Non, mais souvent, on dit oui, et le premier, on ne profite pas du paysage. Si, si, moi, je peux dire que le X, par exemple, je suis capable de me refaire tous les paysages en fermant les yeux, quoi. Le Scadi, c'est pareil. Non, alors forcément, on n'enregistre pas les mêmes souvenirs, parce qu'on roule de nuit. Mais monter le Galibier de nuit, c'est aussi une expérience, quoi. Sous la pleine lune, c'est... Et même au Maroc, j'ai des souvenirs de paysages de nuit qui sont uniques, quoi. Alors, c'est pas le... C'est le cerveau qui travaille, c'est... C'est les reliefs qu'on voit, c'est différent, mais... C'est des choses qu'on ne fait pas tous les jours, quoi.

Loïc Ouais, clairement.

Invité 1 Mais ouais, ouais, je profite... Il y a la performance, mais ouais, je profite... Je profite quand même de... Je profite quand même de... De la course, et quand ça ne va pas, je me rabats aussi là-dessus. Quand physiquement c'est dur, je me rabats vraiment sur ce que je vois, quoi. Donc, quand c'est dur la nuit, c'est dur. Ouais, c'est ce que j'allais te demander. Il y a des nuits qui sont compliquées. Pas sur toutes les courses, mais les nuits, quand tu es dans le dur physiquement, bah, tu... C'est difficile, c'est difficile, quoi. Quand tu te retrouves souvent des nuits tout seul, tu ne croises personne. C'est là, je pense, où il faut être le plus fort mentalement.

Loïc Parce que du coup, tu n'as rien là, tu peux te raccrocher à rien. Non, tu ne te raccroches à rien.

Invité 1 Et puis moi, j'écoute très peu de musique sur le vélo. Je ne l'ai pas... Souvent, je n'ai pas... Je n'ai pas ce qu'il faut sur moi. Et puis du coup, je n'ai rien pour passer le temps. Donc, tu comptes les heures. Mais c'est vrai que... Quand il n'y a pas de CP qui tombe dans la nuit et que tu te fais un 20h, 9h sans croiser personne, parce que souvent, selon les courses, souvent la deuxième nuit, une fois que les écarts sont faits, tu ne croises personne, quoi. Ouais. Donc ouais, ça, ce n'est pas les côtés les plus simples à gérer. Mais ça fait partie du... Ça fait partie de l'Ultra, quoi.

Loïc Il faut que tu te mettes à écouter des podcasts.

Invité 1 Non, mais il y a... Des fois, j'ai l'iPod, mais des fois, il n'y a plus de batterie. Donc...

Loïc Ouais. Et oui, quand tu pars sur 60h et quelques, c'est sûr que... Ouais, bah...

Invité 1 J'ai un vieil iPod qui ne tient pas. Il n'y a rien de votre mir 4-5h. Et souvent, c'est en journée que je l'utilise parce que c'est là où... Où j'ai besoin le deuxième jour, le matin du deuxième jour. C'est là où c'est plus dur physiquement. Donc... Ouais. Avant que le cerveau, il déconnecte complètement puis que ça aille mieux. Donc c'est là où je vide les batteries de l'iPod. Ouais.

Loïc Comment tu gères, du coup, ces moments... En particulier la nuit où... Bah, tu l'as expliqué. Là, tu es dans le mal. Il n'y a pas grand-chose... Il n'y a pas beaucoup de... Tu vois, d'éléments de distraction. Donc... Tu arrives à dire les phases par lesquelles tu passes et ce qui te permet de rester 100% engagé. Ouais, j'essaye de... Au max ?

Invité 1 Ouais, j'essaye de penser à autre chose ou de penser à rien et de... Ouais, de me détourner de ce qui... De ce qui gêne. Puis après, bah, tu... Tu t'occupes avec ce que tu vois quand même, quoi. Mais bon, bah, là, il y a la route et puis... Tu sais, des étapes. C'est difficile. Une fois que c'est passé, en fait, tu te dis, bon, bah, c'est passé. C'est cool. Le jour se lève. Mais c'est vrai que quand t'es dedans et que tu vois qu'il est 1h du matin et que... Tu sais que ça va être long, quoi. C'est souvent cette heure-là qui est la plus difficile parce que t'es encore loin. Il fait nuit noire. T'es encore loin du jour. Puis tu te dis, ouais, il reste quand même 4, 5, 6 heures avant qu'il fasse jour, quoi.

Loïc Ouais. Ah, tu dirais que le 1h du matin, tu trouves ça plus dur que le 4, 5 heures quand, tu sais, vraiment le cœur de la nuit qui fait le plus froid.

Invité 1 Non, ouais, non. Pour moi, les moments les plus durs, en fait, c'est 1h du matin. C'est avant que tu t'y habitues, en fait. D'accord. Parce qu'après, je pense que tu rentres dedans. Mais ouais, 1, 2h du matin, c'est des moments pas forcément faciles. parce que 3, 4 heures, en fait, il n'y a plus de vie, donc il n'y a plus de voiture, il n'y a plus de... C'est assez différent. Puis tu sais que le nombre d'heures, t'as le jour qui, selon la saison, t'as le jour qui commence à se lever. Ouais. Donc il y a quand même des petits trucs à prendre qu'à 1h, bon, t'es vraiment dans le creux.

Loïc Ouais, c'est vrai. Dans le creux de la nuit, ouais. T'es dans le dur profond. Ouais, ouais. OK. Donc là, sur ce 2e BikingMan, donc le X au départ de Annecy, tu le remportes. Donc, il y a quand même un truc de... C'était combien de temps après le Corsica ?

Invité 1 C'était 7 semaines, je crois.

Loïc Ah ouais, donc c'est méga rapproché. C'est rapproché,

Invité 1 mais ça permet quand même de récupérer. Mais je n'étais pas confiante. C'était le premier enchaînement que je faisais et j'avais une peur bleue de me retrouver, d'avoir un coup de mou monumental, quoi. Après, j'ai quand même...

Loïc Que t'as pas eu au final ?

Invité 1 Si, parce que... À 11h du matin, c'était en fait, c'était la... 2022, c'est la période où il a fait plus chaud. On l'a fait en juillet, la période où il a fait plus chaud de l'été. Il y avait une canicule. Il faisait 41... Il faisait 38 degrés à 1200... Enfin, on est de... À 1002, quoi. Et en fait, à 11h, en bas de la Croix-de-Ferre, à Saint-Jean-de-Maurienne, je mangeais régulièrement depuis le début et là, je sens comme quand on sent pas bien et puis qu'on a pas... qu'on a un début d'hypo. Et l'impression de me liquéfier sur place. Et en fait, j'ai fait un coup de chaud à 11h du mat. Et après, dès que j'étais en altitude, ça allait. Mais dès que... Altitude et nuit, ça allait. Mais dès que je revenais dans la chaleur, j'étais... En mode économie d'énergie, quoi. Ouais. Je pouvais pas... Je pouvais pas forcer. C'était vraiment... Le corps, il était... Il était vraiment bloqué. Donc, en fait, j'ai eu le coup de chaud. Au-delà de la Croix-de-Ferre, ça l'a fait. Puis ça... Dès que j'étais... Dès que j'étais en bas dans les vallées, c'était dur. Donc, tout le... Après, toute la nuit, c'est bien passé. Le deuxième jour, c'est bien passé jusqu'à Josier, en fait. Ou à Josier, on est retourné dans la fournaise et j'ai monté Vars dans un état... 12 états second parce qu'il faisait chaud, quoi. Et le troisième jour, pareil, quand on est retombé sur Beaufort où il y a une chaleur bien écrasante, je pouvais pas forcer. C'était... Donc, je pense que le coup de chaud, si j'avais vraiment été fraîche, je l'aurais pas eu. Parce que je l'ai eu... Ah ouais, tu crois ? Tu penses ? Je pense que c'était un reste, une petite fatigue de l'enchaînement... De l'enchaînement avec la Corse, ouais.

Loïc Ok. Malgré ça... Et après,

Invité 1 mon corps s'est habitué et j'ai appris à récupérer. J'ai récupéré beaucoup plus vite. Même si je mettais le même temps. Enfin, j'estime que c'est toujours cinq semaines pour récupérer complètement. Et trois à quatre semaines pour récupérer nerveusement et y retourner avec le couteau entre les dents. Avec vraiment l'envie. Non, mais vraiment, en fait, l'envie. Puis quand ça va pas, réussir à passer outre, en fait. Donc, c'est surtout nerveusement. Ouais. Puis après, ouais, c'est physiquement, c'est cinq semaines pour revenir à un état complet, à une récupération complète.

Loïc Ouais, j'imagine que si t'as pas la flamme qui brûle... Ouais,

Invité 1 moi, ça m'est jamais arrivé, mais je sais que je remettrai jamais le couvert trois semaines après. Trois semaines après, je les vois partir. Je suis sur une course, je les vois partir. Je les envis même pas, en fait. Ouais. Parce que je sais que j'ai pas envie de me faire mal, j'ai pas envie de passer... J'ai pas la flamme complète, quoi. Ouais. Et puis, ça revient. Ça revient. Et puis, le jour... Sur la course suivante, bah, j'ai l'écrou, quoi.

Loïc Ouais. Le cerveau, c'est bien fait, quand même. On oublie les nuits dégueulasses, la douleur, les fesses en feu.

Invité 1 Exactement. Et c'est ce que je me suis encore dit sur le Maroc, où le mardi matin, j'étais vraiment mal et il restait plus de 500 kilomètres et je me suis dit, mais pourquoi on oublie, quoi ? Je me suis dit, mais pourquoi on oublie à quel point c'est dur et une fois que ça va mieux, on oublie. Et on oublie vraiment. Ouais. Et le cerveau, il est... Et puis, en plus, moi, je le détourne, ça. Donc, je fais tout pour... Quand j'ai mal, je fais tout pour penser à autre chose et détourner la douleur. Et le cerveau... Puis c'est ce que je me dis quand j'ai mal, c'est que le cerveau, il n'enregistre pas ça. Il sait enregistrer la souffrance, mais la douleur, il ne sait pas la... Il ne sait pas la reproduire après. C'est-à-dire, on se cogne. Une fois qu'on a plus mal, on est incapable de ressentir la même douleur.

Loïc C'est intéressant, la nuance que tu...

Invité 1 Et c'est ce qui me fait avancer, moi. Quand j'ai mal, en fait, c'est que j'essaye de penser à autre chose et de me dire... Et de me dire que de toute façon, je ne saurais pas... Enfin, je ne m'en souviendrais pas, quoi.

Loïc Ouais. C'est quoi la nuance que tu fais du coup entre douleur et souffrance ? À quel moment est-ce que, par exemple, en course, tu te dis, là, je suis en souffrance et pas en douleur ?

Invité 1 Souffrance, je ne sais pas si... Pour atteindre la souffrance physique, c'est plutôt la souffrance morale qui est... Souffrance physique, je ne sais pas trop. Je suis allée dans des douleurs physiques qui étaient vraiment extrêmes ou qui, là, te disent, bon, il ne faut peut-être pas aller trop loin. Mais ouais, c'est un peu... Ce n'est pas encore super bien défini. Douleur et souffrance physique, je sais que douleur, ouais, ça s'oublie, quoi.

Loïc OK. OK. Comment tu l'expliques, cet écart de 13 heures avec le deuxième sur cette édition-là du Batman ?

Invité 1 J'ai creusé l'écart petit à petit. Je ne voulais pas savoir les écarts, mais je crois que le mardi matin, j'avais 50 kilomètres d'écart. Et en fait, il se trouve que quand tu as des écarts comme ça, derrière, tu te dis, je ne rattraperai pas. Et c'est comme ça que ça se creuse, en fait.

Loïc D'accord.

Invité 1 C'est comme moi, je l'ai vu sur le Scadi où le premier, du coup, m'a creusé un écart de presque 5, je ne sais plus. Je ne sais plus combien. Mais en fait, une fois que tu es derrière et que tu sais que tu n'iras pas rattraper, après, tu... Tu décroches. Ouais, tu décroches un peu. Je pense que c'est ce qui s'est passé avec les 13 heures, c'est que ça a décroché un peu derrière. Et puis, c'était vraiment dur. Ceux qui étaient derrière m'ont dit, mais comment tu as fait pour ne pas t'arrêter, en fait ? Puis moi, je ne m'arrêtais pas quand même. Même en ayant de l'avance, je continuais à avancer. Et donc là,

Loïc tu as dormi combien de temps sur celui-ci ?

Invité 1 Sur celui-ci, je ne sais pas, peut-être deux fois 30 minutes au CP. C'est difficile à quantifier parce qu'en général, je me réveille, mais je me réveille avant. Et puis... Mais ouais, je me suis posée sur celui-là, je me suis posée et je me suis endormie. Oui, alors que le Maroc... Le Maroc, je ne me suis pas endormie, non. Je n'ai pas... Ça,

Loïc on va en parler, mais j'ai lu que tu avais dormi apparemment 10 minutes en 56 heures.

Invité 1 Je ne sais pas d'où ça sort, en fait. La vérité, c'est que je me suis posée 1h10, mais je ne me suis pas endormie. J'ai somnolé, mais j'ai entendu tout ce qui se passait autour de moi, mais je n'ai pas plongé, quoi.

Loïc D'accord.

Invité 1 Je me suis posée, j'ai fermé les yeux, mais à aucun moment je me suis endormie et réveillée.

Loïc OK.

Invité 1 Mais non, les 10 minutes, je ne sais pas d'où elles sortent.

Loïc Ouais, c'était dans plusieurs articles que j'ai vus, mais... Ouais,

Invité 1 mais non, je n'ai pas réussi à dormir vraiment. Dormir dans le sens sans dormir. Ouais. Mais je me suis allongée et puis... Mais je me suis allongée, ouais, 20 minutes et un peu plus après. Je me suis allongée, je ne l'ai même pas quantifiée, en fait.

Loïc Je trouve toujours ça super impressionnant. je n'ai pas du tout l'expérience de la grande majorité, enfin, de quasiment tous mes invités et évidemment, pas du tout la tienne sur la gestion de l'ultra, mais j'ai fait un petit ultra où j'ai eu à gérer le sommeil et c'est tellement un exercice difficile que ça m'impressionne toujours, tu vois, de lire, enfin, d'entendre des récits comme le tien ou voilà, 57 heures quasiment à une minute près. Le temps est bon d'ailleurs. Ouais, ouais, c'était... En fait, j'ai bourré à la fin pour faire ça

Invité 1 moins de 57. En fait, à la fin, je me suis vraiment... Je comptais et je me suis dit, il faut que je force, il faut que je force et ouais, je suis arrivée à une minute. Après, pour revenir au sommeil, en fait, il y a l'adrénaline, c'est le fait d'être dedans, de faire la course, d'avoir des gens autour et tout ça qui fait que... tu plonges pas forcément, ça dépend aussi de l'état de fatigue, mais il y a le côté nerveux qui fait que tu restes éveillé et quand tu vois que t'es pas forcément dans la course et tout, tu t'en dors plus facilement. Sur la Corse, sur la Corse, du coup, en 2022, j'ai dormi 45 minutes et là, j'ai dormi. J'ai dormi, je me suis réveillée, quoi. Le SKA10, cette année, c'est pareil, j'ai dû dormir une demi-heure mais je sais que j'ai dormi.

Loïc Quand tu dis une demi-heure ou 45 minutes, c'est des blocs ou c'est le temps total de plusieurs micro-siestes ?

Invité 1 Non, c'est sur un bloc.

Loïc D'accord, ça, c'est ta stratégie, tu préfères faire un gros bloc que plusieurs petites micro-siestes ?

Invité 1 Les micro-siestes, c'est de l'urgence, en fait, quand tu vois que t'es dans une descente et que tu t'endors, tu t'arrêtes, tu t'assoies sur le côté et puis de toute façon, tu t'endors direct, quoi. En général, ça, ça dure 5 minutes.

Loïc D'accord.

Invité 1 Donc, tu te poses et puis là, tu peux te poser assis, assis n'importe comment, tu t'endors direct, quoi. Mais ça ne dure pas, ça ne dure pas 30 minutes, quoi. Mais sinon, j'essaye de dormir souvent au CP, souvent la première nuit ou la deuxième journée, mais pas la deuxième nuit et par bloc, quoi, ouais. Donc, si je ne m'endors pas, au moins, je me dis que je me suis posée et que je me suis reposée, quoi. Enfin, je me suis posée, allongée et puis que je n'étais pas en train de faire des choses. Ouais. OK. Et ça me permet aussi de me poser au CP, ça permet de ne pas avoir à se soucier du vélo, de gens qui vont passer autour de toi, qui vont venir te réveiller parce que tu te mets même à 5 heures du matin dans un abribus, tu as toujours quelqu'un pour venir te demander si ça va, quoi.

Loïc Ouais.

Invité 1 Donc,

Loïc eh oui. Donc, récemment, je n'ai plus les dates en tête, mais c'était, le Maroc, c'était quoi, il y a 2-3 semaines ?

Invité 1 Alors, le Maroc, c'était il y a un mois. Un mois déjà ? D'accord. C'était le 20, je ne sais plus le départ, le 28 ou 29, ou 30, enfin bref, 30 octobre. C'est toute fin octobre, je suis arrivé le 1er novembre.

Loïc Donc ça, c'était la grande finale de... Ouais,

Invité 1 c'était la finale X qui marquait le double de points sur championnat.

Loïc Ah, c'était ça, d'accord, ok, ok. Ok, d'accord. donc chaque manche...

Invité 1 Parce qu'il y a un championnat, chaque manche, en fait, on marque des points selon sa place et le X, les points sont doublés.

Loïc Ah, c'est intéressant, donc tu as moyen de faire une méga remontada selon comment tu te classes. Ah bah oui,

Invité 1 c'est pour ça qu'ils l'ont placé en fin de saison, c'est que du coup, c'est hyper stratégique pour le classement général.

Loïc Ok, ok, d'accord. Et donc toi, donc cette année, tu en avais fait, en tout, tu en as fait 4, c'est ça ? J'en ai fait 4,

Invité 1 ouais, j'ai fait Portugal, France, le Scadi et le Maroc.

Loïc Et le Maroc, ok. Et donc, avant le Maroc, ton classement, c'était quoi ? Sur le championnat ? Oui. J'étais première,

Invité 1 j'avais pris la tête, ah, tu étais déjà première avant le Maroc. j'avais pris la tête, mais il y avait Maxime Prior qui a fini premier du Maroc. En fait, il était, enfin, pour gagner le championnat, il fallait que je termine. Il ne fallait pas que, il fallait absolument que je termine si Maxime était premier et Maxime a fini premier donc il fallait absolument que je termine pour pouvoir gagner le championnat. D'accord. Maxime n'était pas premier, je pouvais ne pas terminer et ouais, c'était, c'était stratégique. Mais j'en avais fait 4, j'avais fait le Portugal pour prendre l'avance sur les points.

Loïc D'accord. Et habituellement, les gens qui, voilà, qui cherchent la performance, qui cherchent le classement, ils en font combien des manches ?

Invité 1 Ça dépend. L'année dernière, celui qui a gagné, il avait fait les 7 manches. Ah ouais, quand même. Mais il avait fait que son meilleur temps, enfin son meilleur score, c'était deuxième, sinon il avait été finisher. Mais s'enchaîner les 7, c'est en faire un tous les 15 à 3 semaines. Ouais, c'est intense. Ouais, c'est un peu intense. Ouais. Mais ouais, je sais pas, après les stratégies que les gens mettent en place, moi je sais que j'avais choisi de les espacer pour pouvoir faire la course sur chaque, c'était pas le championnat, c'était pas l'objectif, c'est l'objectif, mais c'était pas l'objectif de marquer des points pour le championnat et stratégiquement, c'était de faire les meilleures places possibles sur les courses, quoi.

Loïc Du coup, tu l'as abordé comment cette course ? Est-ce qu'elle avait un peu une saveur particulière dans la préparation ou même une fois que t'étais dedans ?

Invité 1 C'était plutôt la course de fin de saison un peu difficile au niveau de l'enchaînement. Au niveau de la préparation, du coup, j'avais fait le scaddy début septembre, puis du coup, septembre-octobre, au boulot, c'était un peu plus chargé et j'ai eu moins de temps que cet été pour m'entraîner, pas du tout de congés entre les deux. Puis après, il y a de toute façon tout l'entraînement de l'année qui le foncier, il est là, quoi. Donc, ouais, je ne l'ai pas... Je suis arrivée moins sereine au niveau de l'entraînement que... Je pense aussi moins en forme, un peu plus fatiguée que sur les autres courses. Mais après, il y avait le côté un peu exotisme et puis... Et puis vraiment découverte, quoi, parce que là, c'était à l'étranger et puis... complètement des paysans. Je ne connaissais pas, je n'étais jamais allée... Je n'étais jamais allée au Maroc, donc j'ai vraiment découvert... Ça m'a permis de découvrir le pays, quoi.

Loïc C'était où au Maroc, exactement ? Enfin, la boucle en tout cas.

Invité 1 On partait de Marrakech et on faisait col de Tishka, on descendait... On descendait sous l'Atlas et on remontait... Et on remontait ce difficile de...

Loïc C'était nord-sud, quoi, en tout cas.

Invité 1 Ouais, ouais, c'est ça, ouais. Dans les grandes lignes. On partait de Marrakech, on allait dans l'Atlas puis on revenait, quoi.

Loïc D'accord, OK.

Invité 1 Mais ouais, c'était du coup très bien des paysans, quoi.

Loïc Et... Donc, cette course, tu termines deuxième. Ouais, deuxième. Juste en dessous de 57 heures. Ouais. Maxime, lui, a mis combien de temps ?

Invité 1 55 et quelques. J'ai plus... 55 et quelques.

Loïc Donc, c'était serré, quand même. Est-ce que... Alors, tu le disais, si Maxime terminait premier, toi, il suffisait, entre guillemets... Il fallait que je finisse, quoi. Il finisse. Ouais. Est-ce que ça avait quand même une saveur particulière, cette ligne d'arrivée, même si... Enfin, le fait que, du coup, tu termines première du classement, il y a eu quelque chose de spécial d'un point de vue émotion ?

Invité 1 Oui, oui, non, c'était cool. L'arrivée était cool et puis c'était la dernière de la saison. Il y avait du monde aussi parce que des fois, tu fais des arrivées et il n'y a personne. Ouais, des arrivées du Portugal. L'arrivée du Portugal à une heure du matin, tu me l'as vu de se coucher. C'est un peu... Que non, là, là, il y avait du monde sur place et tout. Donc, c'était vraiment sympa, quoi.

Loïc L'impact pour toi, du coup, de terminer première, si on rentre un peu dans l'état, et souvent, les auditeurs et les auditrices me demandent, tu vois, quand j'ai des invités qui partent en expédition, qui sont sportifs de haut niveau, les gens me demandent, mais financièrement, est-ce qu'ils arrivent à en vivre ou c'est quoi le coût lié à tout ça ? Est-ce que tu peux nous en dire plus là-dessus ? Le fait de terminer première et d'avoir un niveau de pratique que tu as, financièrement, c'est à quoi comme implication ?

Invité 1 Rien, parce que moi, je travaille et je n'ai aucun soutien financier. Je n'ai pas de soutien financier pour ça, quoi. Après, je suis origine près de des vélos et me paye une partie du déplacement.

Loïc OK.

Invité 1 mais ça s'arrête là. Je n'ai aucun retour financier. Ce n'est pas ce que je cherche forcément en plus. Oui. Non, après, je travaille et je considère que c'est des vacances, les courses.

Loïc Oui. Vacances actives. Oui,

Invité 1 voilà. Donc là-dedans, il n'y a pas de retour comme ça.

Loïc Il n'y en a pas parce que pour le moment, la discipline est encore trop... Oui,

Invité 1 je pense, ce n'est pas médiatisé et puis moi, je ne cherche que la performance donc je n'ai pas de... Je ne fais pas trop de retour sur les réseaux sociaux et compagnie, quoi. Comme certains pourraient le faire. Oui. Donc c'est pour ça que... Je pense que c'est pour ça que c'est comme ça, quoi.

Loïc Oui, oui. Alors, quand je... Encore une fois, quand je suis allé chercher, je suis parti un peu à la pêche aux infos, il y avait un titre d'article que je trouvais systématiquement, enfin, en tout cas, très, très régulièrement, c'était une femme qui termine première d'une course mixte où tu vois une femme devant les hommes. Toi, ça t'a surpris, ça ? Ou pas forcément ?

Invité 1 Non, je m'en moque un peu. Qu'est-ce qui fait ?

Loïc Tu penses que c'est autant un sujet...

Invité 1 Je ne sais pas pourquoi, parce que c'est un sujet qui fait parler, je pense.

Loïc Oui.

Invité 1 Sauf qu'une fois qu'on voit la course, ce n'est pas le... Je veux dire, ce n'est pas le physique qui parle. Le premier jour, si, le premier jour de la course, c'est 200 premiers kilomètres. Mais après, il y a toute une stratégie, enfin, il y a toute la stratégie, il y a toute la gestion mentale. Il y a pas mal de choses qui font que le physique, il devient secondaire, quoi. Moi, ça me... Après, je ne sais peut-être pas ce que c'est moi aussi, puis ce serait quelqu'un d'autre, je serais étonnée. mais moi, ça me... ça ne me surprend pas, quoi.

Loïc Oui. Je voulais te demander, parce que moi, ça fait un moment que j'ai lu... Alors, je ne sais plus où est-ce que j'avais lu ça. Je l'avais déjà entendu sur un épisode de... Je ne sais pas si tu connais, mais Joe Rogan, c'est un plus gros podcast au monde et il a souvent des invités de plein d'univers différents et parfois des sportifs. Il a eu, par exemple, Courtney DeWalter, une légende. Oui, oui, je vois, oui. Et il en avait parlé avec elle parce que, pareil, tu vois, elle avait gagné des courses.

Invité 1 Oui, puis elle fait des... Oui, elle fait des places, des top 5, quoi.

Loïc Exactement, des top 5 ou carrément même des victoires. Oui. Oui, elle avait une victoire, je crois, elle était 16 heures devant le deuxième, enfin, des trucs quand même costauds. Et je ne sais plus si c'est sur ce podcast ou dans Band to Run, le livre Band to Run, où, en fait, je crois que c'était Band to Run. L'auteur disait qu'il y a plein d'études qui ont été faites, en tout cas, quand tu regardes les classements des épreuves d'ultra, surtout en course à pied, en fait, tu te rends compte que le genre, c'est un peu un non-sujet, qu'il y a une sorte d'inversion. Oui, oui. Tu vois, il y a une inversion, plus c'est long finalement, plus l'écart est réduit, voire complètement annulé entre les hommes et les femmes. Et du coup, voilà, je voulais te le demander parce que comme j'ai vu ça à peu près partout, enfin, en tout cas, que c'était un point mis en avant, je me suis dit, bon, je vais voir avec Auriane, peut-être que dans le milieu du vélo, je ne sais pas, ce principe d'inversion de la performance par rapport au genre n'est pas appliqué, mais visiblement.

Invité 1 Si, je pense que, après moi, je pense qu'il y a, il y en a beaucoup qui me pilent sur des courses de 100 km, sur des participants, même sur des sorties comme ça, je ne les suis pas, et ça se fait sur, mais après, ça se joue beaucoup sur la gestion des temps d'arrêt. Oui. Donc, les temps de pause, les arrêts où tu ne perds pas trop de temps, moi, je sais que je ne m'arrête pas pour en manger, quand je fais des arrêts pour l'eau, c'est vraiment, tous les arrêts sont chronométrés. Donc, je ne perds pas.

Loïc Tu as vraiment l'œil sur le chrono quand tu t'arrêtes ? Tu l'encoches ? Non,

Invité 1 je fais hyper attention à ne pas perdre de temps, en fait. Sauf avec la fatigue au fil de la course, tu en perds du temps, mais sur la première journée, je perds moins de 10 minutes. La première journée, je fais vraiment hyper attention quitte à transporter plus d'eau, je ne m'arrête pas la première journée, je ne m'arrête pas du tout pour acheter à manger, je fais tout avec ce que j'ai sur moi et tout est calculé.

Loïc Du coup, tu t'entraînes aussi pour ça ? Non. Sur l'enchaînement de gestes, tu vois ? Non,

Invité 1 non, non, non, mais non, pas du tout, mais après, ça devient naturellement, quoi. Oui. D'essayer de ne pas perdre de temps, de ne pas faire darrêt, accepter d'avoir froid, accepter d'avoir chaud avant de se changer, etc. C'est toujours aussi calculé de se dire, je me couvrirais à cet endroit-là parce que je m'arrêterais pour prendre de l'eau ou des choses comme ça, quoi. Après, avec la fatigue dans la course, ça devient de moins en moins vrai et c'est là qu'on se rend compte qu'on est fatigué parce qu'on fait des arrêts qui ne servent à rien, quoi. Mais je pense qu'on supporte aussi moins l'inconfort sur le chaud et le froid. Du fait de la fatigue nerveuse. Oui, il fait de la fatigue nerveuse, oui. Puis après, il y a l'alimentation aussi où quand on n'arrive plus à manger ce qu'on a dans les poches, on est obligé de s'arrêter, de trouver, de s'arrêter et tout ça, quoi. Puis au début, on peut un peu se forcer puis plus ça va dans la course et qu'à un moment donné, il faut manger donc tu t'arrêtes et tu manges ce que tu trouves dans les magasins, quoi.

Loïc Oh, punaise. Ça va te faire de ces souvenirs, toutes ces expériences, le fait que tu sois en sommeil, sur l'eau, etc. En plus.

Invité 1 C'est marrant parce que les meilleurs souvenirs, c'est ce que tu partages avec l'extérieur, en fait. Ça ne va pas être des paysages, des lumières et tout ça, mais c'est aussi des moments que tu vas partager avec des personnes de l'Orga, d'autres concurrents, etc. et c'est ça, les meilleurs souvenirs.

Loïc Il y en a un en particulier qui peut-être partagé ?

Invité 1 J'en ai un sur chaque course et c'est souvent des moments où je suis hyper mal. C'est ça, c'est ça le pire, c'est que les meilleurs moments, les meilleurs moments dans les courses, c'est des moments où tu vas être, il y a une voiture média qui va te rejoindre ou le Marshall à moto et puis tu partages un truc sans vraiment le partager, mais c'est là où ça crée les meilleurs souvenirs. C'est ça qui est, c'est un effort solitaire, mais c'est ça qui tu retiens à la fin. Ou ça peut même être l'arrivée d'un concurrent trois jours après, enfin deux jours après que tu sois arrivé, qui te marque.

Loïc Tu penses à quoi quand tu dis ça ?

Invité 1 Non, je sais que j'ai vécu des arrivées parce que j'aime bien les voir après ceux qui arrivent derrière et les arrivées de personnes qui arrivent vendredi et qui se sont tellement dépassées que c'est un des communicatifs, ils sont tellement heureux d'être arrivés au bout que tu es limite plus content pour eux que tu es content pour toi. Donc ça, c'est des moments qui sont aussi super importants.

Loïc Tu restes systématiquement jusqu'à ce que, pour la semaine, jusqu'à ce que les derniers...

Invité 1 Ouais, quasiment, ouais. Sauf quand je peux pas sauf au Portugal, j'étais obligée de partir. Je repartais le vendredi, mais tout le monde était arrivé quasiment. Je restais une personne ou deux. Mais ouais, j'essaye de rester jusqu'au vendredi dans la nuit. au France, j'ai accueilli le dernier. Ah ouais ? Ouais, ouais. C'est génial en termes d'entre eux. Des fois, je me relève aussi. Des fois, je me relève parce que j'ai promis à quelqu'un de venir le voir et il arrive à 3h du matin donc je me réveille. Que ça arrive après, ça arrive quand ça arrive. Donc il y a des arrivées nocturnes, il y a des arrivées dans la journée, il y a des arrivées nocturnes aussi. Mais c'est hyper sympa parce que c'est un partage. Moi, c'est vraiment des moments que j'adore.

Loïc Je crois que c'est... Je crois que Arnaud Manzanini fait ça sur la RAF aussi. Je crois qu'il accueille tout le monde et Steven Le Yarrick aussi sur les Gravelman. Il me semble qu'ils accueillent en chaque cinquième.

Invité 1 C'est les organisateurs.

Loïc Ouais, là, c'est vrai que c'est les organisateurs. Toi, tu ne l'es pas. Parce qu'Axel, il est là par exemple ?

Invité 1 Ah ouais, Axel, il est là quand il peut. Il est souvent là la nuit. La nuit. Mais ouais, il est là aussi. Puis il y a toujours... Sinon, il y a toujours un restant de l'oeil qui est là pour accueillir. Axel, il est là aussi.

Loïc Génial. Génial. Du coup, c'est quoi la suite pour toi maintenant que tu as remporté cette année, que tu as terminé première du classement général à la BikingMan ?

Invité 1 Moi, je vais continuer à faire des courses sur BikingMan parce que j'aime bien l'ambiance. Il y a plein de choses que je... il y a plein de choses qui me plaisent. Et puis, pour cette année, c'est fini. Je vais me reposer. Et non, après, je fais ça aussi pour le plaisir. Moi, donc, je n'ai pas forcément d'objectif, pas de compte à rendre et tout ça. Donc, je vais continuer. Il y a des nouvelles épreuves qui se créent. donc, je vais aller voir. Ça me permet de découvrir un peu d'autres pays.

Loïc Ah, il y a quoi ?

Invité 1 Ils ouvrent le Sri Lanka.

Loïc Ok, toujours BikingMan ?

Invité 1 Ouais. Ok. Donc, ce sera un parcours avec pas trop de dénivelé mais pas mal de gravel. Et après, je pense refaire le Maroc et après, je verrai parce que le Maroc, le parcours va changer aussi. Et après, je verrai. Je me suis fixé trois maximums l'an prochain donc après, je verrai pour le troisième.

Loïc Ok.

Invité 1 Enfin, quatre, quatre, ça faisait trop cette année.

Loïc Et potentiellement, à terme, des formats, je ne sais pas comment on peut appeler ça parce que tu fais des formats plus longs. Genre la RAF, tu vois, ou la RAM.

Invité 1 Non, le 1000, ils appellent ça du sprint mais ça me convient largement par rapport à, déjà, l'entraînement, le nombre de jours que ça prend et tout ce qui est lié aux inconforts que tu as sur les courses. la gestion de la nourriture, les douleurs aux fesses. Je ne me verrai pas, même la gestion du sommeil, en fait, je ne me verrai pas aller sur plus parce que c'est des stratégies différentes et pour l'instant, ça me convient bien ça.

Loïc Ok.

Invité 1 Mais j'ai quand même du mal à me voir faire plus. Par rapport à l'engagement que ça demanderait ? Oui, par rapport à l'engagement et puis, je sais que 1000, 1000, c'est un peu la limite. après, je pense qu'il y aurait trop d'inconfort à gérer.

Loïc Oui, c'est vrai que pour en avoir parlé avec Arnaud de sa rame et puis, j'ai un autre invité, Sébastien Sasseville, qui l'a fini et en plus, qui est diabétique de type 1, donc je t'ai assez imaginé sur ce que ça donne en termes de gestion, mais c'est gargantuesque comme épreuve. Franchement,

Invité 1 ce n'est pas des choses qui, qui pour l'instant, me branchent. Oui. Après, se dire, en fait, on part 2-3 jours, ça le fait, le jeudi, tu peux être là à bosser, tu poses que 3 jours de congé, ça le fait. Et après, il y a le niveau de préparation aussi. Moi, je sais que je ne fais pas énormément de sorties longues. Je n'en fais même quasiment pas. En fait, je trouve beaucoup de sorties courtes.

Loïc Alors, quand tu dis courtes, pour remettre les choses dans le contexte, tu vas te laisser quoi ?

Invité 1 Après, je fais les allers-retours pour le boulot, mais déjà, je fais rarement plus de 100 bornes.

Loïc Ah oui ? Ce n'est pas vrai.

Invité 1 Non, je ne fais pas des grosses sorties, des 200-300 bornes, j'en ai deux dans l'année, en dehors des courses. Mais non. Non, je ne fais que du volume cumulé, en fait, parce que ça se casse dans le planning avec le boulot et le vie de famille. Mais pour préparer les premières courses de l'année, c'était 5 heures maximum. J'ai fait une semaine cet été où j'ai fait plusieurs sorties sans bornes, mais ça ne dépasse pas 150-160. Et entre les courses, il n'y a jamais de sorties longues.

Loïc Donc, une semaine type où tu fais des sorties courtes, c'est quoi le volume total ?

Invité 1 Ça dépend. Si je suis vraiment en période foncière, je vais au boulot, à vélo, je peux faire des petites rallonges en partant un peu plus tôt. Je roule le midi et je reviens le soir. Et après, c'est quand je suis en télétravail, c'est je vais rouler le midi. Peut-être une heure le soir ou le matin si j'arrive à caser ça. Et c'est deux heures max le midi. Puis après, le week-end, c'est jamais plus de 4-5 heures.

Loïc D'accord.

Invité 1 Je ne fais jamais de très long parce qu'en fait, j'ai une bonne endurance et à mes yeux, ça génère de la fatigue. En fait, tu retrouves vachement plus facilement les sensations de fatigue sur de l'effort cumulé. Quand tu as enchaîné vélo, le boulot, du vélo, le boulot et puis que le soir, tu dois rentrer ou tu ne t'es pas posé en fait. Entre chaque, tu ne t'es pas posé sur le canapé à rien faire. Et bien, nerveusement, quand tu reprends le vélo, c'est les mêmes sensations que tu as au bout de 500 ou 600 kilomètres. Alors que quand tu pars sur une sortie de 200 bornes, en général, tu n'as pas fait 100 bornes la veille. Et en fait, au bout de ce tu es dans le truc et c'est facile. Et je me suis rendu compte que c'était beaucoup plus difficile de faire 150 bornes sur une journée de travail que 200 bornes un dimanche. Le retour, le retour, le retour, le soir, il est quand tu l'as cumulé sur 2-3 jours. des fois, le retour le soir, il est difficile. Et c'est là où j'apprends le plus sur l'acceptation de ne pas avancer et de se mettre dans des rythmes qui te permettent de ne plus penser à ce que tu fais. Et c'est un peu l'état dans lequel tu te trouves au bout de 600 bornes, 600-700 bornes sur ultra. Donc, à mes yeux, c'est ce qui marche le mieux et c'est ce qui me génère moins de fatigue plutôt que de cumuler beaucoup d'heures et de ne pas avoir le temps de... Parce que moi, mon souci, ce n'est pas de faire des heures, c'est de trouver le temps de récupérer en fait. Oui. Donc, avec cette façon de m'entraîner là, c'est... Peut-être que je serai plus performante en faisant autre chose, mais c'est ce qui se cale le mieux sur mon mode de vie. quoi.

Loïc Bon, enfin, la plus performante, ça va. Oui.

Invité 1 Non, mais peut-être que je souffrirai moins.

Loïc Oui, je vois. OK.

Invité 1 C'est difficile à... Oui. Puis, c'est difficile à faire. Je sais que cet été, j'ai pu faire une semaine à plus de 850, je crois, mais j'étais en vacances. Je n'avais que ça à faire et je ne suis pas en vacances tout le temps. Oui, oui. Je travaille et j'ai des horaires fixes et j'ai une vie de famille aussi, donc il faut gérer tout ça.

Loïc Ta famille t'accompagne d'ailleurs sur tes courses ?

Invité 1 On n'est jamais allé à 3 avec ma fille. Mon mari vient des fois, oui, mais sinon, on n'y est jamais allé en famille.

Loïc OK. Elle est en âge de faire du vélo déjà ?

Invité 1 Oui, elle fait du vélo. OK. Elle comprend

Loïc quand tu lui dis que tu pars rouler 60 heures sans dormir ?

Invité 1 Non, je crois qu'elle ne comprend pas. Elle ne comprend juste pas quand je lui dis que j'ai fini deuxième, elle me dit « Tu n'as pas gagné. » Mais non, je pense qu'elle n'intègre pas trop ce qui se passe. Tant mieux, parce que je pense que c'est ça l'inquièterait un peu parce que quand je pars, elle veut toujours que je lui montre où je vais dormir. Ah, oui. Ça doit un peu la travailler quand même. Il faut que je lui montre une photo de mon lit et tout ça. Mais tu vas dormir où ? C'est un peu sa grande interrogation.

Loïc OK. Est-ce que ça... Je n'avais pas prévu de te poser la question puisque tu as évoqué la famille. Est-ce que ça entre... Est-ce que tu le prends en compte, tu vois, cet aspect d'inspiration, de transmission à ta fille dans ta pratique pour lui montrer que c'est possible, qu'on peut, en travaillant... Pour l'instant,

Invité 1 j'aimerais bien qu'elle le voit et qu'elle voit que c'est bien d'aller dehors et tout ça. Mais pour l'instant, je ne sais pas trop si elle ressent. Par contre, ce qu'elle a déjà... Ce qu'elle intègre déjà, c'est la vision géographique des choses. OK. C'est qu'elle a fait énormément de vélos dans la chariote et que... C'est assez hallucinant. C'est qu'elle reconnaît l'heure où on est passées. C'est... Tu passes en voiture après un endroit où tu es passée en vélo. Elle sait que c'est les chemins. Tu ne peux pas lui faire à l'envers si tu lui dis entre... On va là, on va au lac. Et si tu prends une autre route, elle te dit non, mais ce n'est pas par là le lac. Tu ne peux pas faire des tours. Elle le comprend tout de suite. Une fois, il s'est mis à pleuvoir. J'ai fait demi-tour, mais... Enfin, je suis rentrée à la maison, mais pas en autre chemin. Elle m'a fait mais tu es en train de faire demi-tour, là ? Et elle avait 3 ans. Et ouais, elle intègre... Je pense qu'elle a déjà bien intégré le... Elle se repère... Elle se repère géographiquement assez bien. Génial. Mais... Mais pour l'instant, je pense qu'elle ne comprend pas encore le fait de se dépasser et tout ça, quoi. Peut-être qu'elle le verra plus tard. Ouais. Mais j'essaye aussi de lui... De lui transmettre ça, quoi. Que tout n'arrive pas sans effort.

Loïc Ouais. Et je pense que... Enfin, t'en es clairement l'exemple vivant. Ça sera... Je suis sûr très intéressant pour elle un peu plus tard d'avoir cet exemple, tu vois, sous les yeux dans le cadre familial. Écoute, Lauriane, c'était super intéressant. Est-ce qu'il y aurait peut-être un mot de la fin, quelque chose que tu voudrais partager à celles et ceux qui nous écoutent qui seraient tentés par l'ultra-vélo, mais qui n'oserait pas encore se lancer ?

Invité 1 Bon, il faut y aller parce que c'est accessible. À mes yeux, c'est accessible à tous, en fait, sur des épreuves comme ça. Si on découpe, c'est que 200 km par jour. Et 200 km par jour à 20 km heure, c'est 10 heures. ça laisse 14 heures pour gérer tout le reste. Donc, il n'y a rien d'infaisable, en fait. Avec un tout petit peu d'entraînement et une bonne gestion du temps, on peut même dormir à l'hôtel tous les soirs sans avoir un objectif de performance. Pour moi, et je le vois sur les personnes qui arrivent, c'est accessible à tous et à tout âge, quoi. Je suis toujours bluffée de voir des personnes qui ont l'âge de mes parents et qui arrivent sur la ligne d'arrivée, quoi. Et c'est assez fort, quoi.

Loïc Écoute, je n'avais jamais réfléchi à ça, mais effectivement, une fois que tu te dis qu'il y a 14 heures, enfin, il y a 10 heures d'effort sur 24 heures. Ah,

Invité 1 si on est à 20 km heure, ouais. 20 ou moins. C'est 12 heures de vélo par jour et ça laisse 12 heures de temps pour récupérer. Donc, en fait,

Loïc vu comme ça, effectivement, ça paraît plus accessible déjà.

Invité 1 Ouais, bah, on a 120 heures pour le faire. Il y a la majorité des gens qui arrivent entre le jeudi soir et le vendredi, selon les courses. Donc, si on ne vient pas là pour la performance, l'expérience vaut vraiment le coup, quoi.

Loïc Eh bien, écoute, je suis convaincu que ça aura peut-être incité quelques personnes au moins à se lancer sur ce format-là. un grand merci une fois de plus, L'Oréal. C'était méga intéressant. Bravo encore. Merci à toi pour l'invitation. Avec grand plaisir. Et puis, je te dis, bon repos du coup. Là, tu as prévu, tu as raccroché le vélo, c'est sûr, jusqu'à la fin de l'année ?

Invité 1 Non, je continue. Non, je continue à rouliner un peu, mais j'attends de profiter du soleil. De toute façon, je continue à aller au vélo en vélo tant que je peux pour arrêter de prendre la voiture. Et puis, j'attends quand même la neige pour aller faire un peu d'incident. Je sais pas.

Loïc Eh bien, du coup, bonne saison hivernale. Oui, merci. Et puis, tout le meilleur pour 2024 et peut-être pour un épisode débrief de ta prochaine course, ta prochaine victoire sur BikingMan. Merci d'avoir écouté cet échange jusqu'au bout. Dites-moi ce que vous en avez pensé et si ça vous a décidé à vous lancer sur de tels formats. Si vous avez trouvé le témoignage de Lorient intéressant, il y a de fortes chances qu'il intéresse également d'autres personnes de votre entourage. Alors, prenez votre smartphone maintenant, allez-y, copiez le lien de l'épisode depuis votre plateforme d'écoute et partagez-le à au moins une personne attirée par l'aventure et l'ultra. C'est une excellente manière de soutenir le podcast en très peu de temps. Envoyez-moi vos feedbacks ou suggestions d'invité par e-mail à hello.lesfrappés.com ou sur Instagram lesfrappés.podcast. Merci beaucoup pour votre fidélité. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode avec un champion du monde de chute libre. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

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