Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·122 Vélo #entrepreneuriat #Himalaya #vélo

11 juillet 2023

Le vélo comme fil rouge de la vie, l'aventure et le voyage comme exutoire avec Vincent Brémond

Durée · 1h48 · Transcription disponible

Vincent

Le récit

Je souffrais tellement de vivre que je pensais que la mort serait plus douce

On a tous nos propres démons à affronter, nos doutes liés à des expériences personnelles marquantes, des cicatrices plus ou moins visibles d’épreuves de la vie 😞

Mon invité de la semaine, Vincent Brémond, a les siennes.

MAIS ! Ça ne l’empêche pas de se lancer dans d’incroyables défis sportifs, principalement à vélo 🚲 comme par exemple la Race Across France 🤩 ! En janvier 2023, il a également pédalé 3180km de Paris jusqu’à Casablanca en 10j pour rendre hommage à son papa.

Cette conversation est pour moi un superbe témoignage de résilience de la part d’un homme qui considère que tout est possible. Et c’est finalement LE message que j’ai envie de retenir : la vie est un voyage houleux, mais qui vaut la peine d’être vécue, alors n’attendons pas le bon moment. C’est une chimère. 

Foncez vous frotter à l’inconnu maintenant, il est en réalité bien plus accessible que ce qu’on pense et vous êtes capables d’y faire face.

Merci Vincent 🙏 pour ce magnifique moment d’humanité, excellente écoute à vous les frappés.

🔎 Le livre de David Goggins que je vous recommande est ici. La vidéo de Drew Dudley dont je parle est ici (en français). Le film de Vincent sur son projet "Retour aux Sources", réalisé par Ben Grivoz, est ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #111 - Caroline Prigent - Cycliste ultra-distance & co-fondatrice de la Poco Loco - Vivre à en crever
👉 Épisode #62 - Cloé Dardelet - L'aventure et l'exploration à côté de chez soi
👉 Épisode #36 - Stéven Le Hyaric - Ancien coureur cycliste élite, aventurier professionnel - Traverser l'Himalaya à vélo pour se trouver
👉 Épisode #25 - Arnaud Manzanini - Race Across France, Ultra Talk - Rêver grand et se laisser porter par la passion

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Transcription

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Vincent Je pense que c'est ça la vraie richesse du voyage, plus que de la découverte. Il y a de la découverte et c'est magnifique quand tu es en vélo et que tu vois des choses incroyables, tu vois des animaux, il y a plein de choses à regarder, mais le faire à plusieurs et pouvoir en discuter, rencontrer des gens et pouvoir partager et parler de leur vision et de la nôtre, le voyage il est vraiment là. Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre, alors autant les vivre à fond. On a tous nos propres démons à affronter, nos doutes liés à des expériences personnelles marquantes, des cicatrices plus ou moins visibles, des preuves de la vie. Mon invité de la semaine, Vincent Brémont à les siennes, ce qui ne l'empêche pas de se lancer dans d'incroyables défis sportifs, principalement à vélo, comme par exemple la Race Across France ou encore en janvier 2023 son projet Retour aux sources qui l'a amené à pédaler de Paris à Casablanca, 3 180 km en 10 jours pour rendre hommage à son papa. Cette conversation, c'est pour moi un superbe témoignage de résilience de la part d'un homme qui considère que tout est possible. Et c'est finalement ça le message que j'ai envie de retenir. La vie, c'est un long voyage houleux mais qui vaut la peine d'être vécu. Alors n'attendons pas le bon moment pour se lancer dans ce qui nous fait rêver. Le bon moment, c'est une chimère. Foncez et vous frottez à l'inconnu maintenant. Il est en réalité bien plus accessible que ce qu'on pense et vous êtes capable d'y faire face. Merci Vincent pour ce magnifique moment d'humanité. Excellente écoute à vous les frappés. Eh bien écoute, bienvenue Vincent sur le podcast. Merci de m'avoir invité. Avec grand grand plaisir. Je suis très content qu'on puisse faire cette petite échange. Depuis le temps que je suis, tes aventures via Instagram, comme quoi je n'étais pas un grand convaincu de la puissance des réseaux sociaux. Et puis en fait, ça permet quand même de faire de chouettes rencontres. Donc très très content qu'on puisse faire cet échange. Ce que je te propose Vincent, c'est peut-être de commencer par te présenter, de nous expliquer qui est Vincent. Alors Vincent, c'est quelqu'un de compliqué. Je dois jongler entre… Je suis excessif dans tout, mais pas que dans le positif. Alors du coup, ça fait de moi quelqu'un un peu moyen. Mais voilà, j'ai beaucoup de peur, j'ai beaucoup de freins. Voilà, mon histoire a fait que je me suis créé des freins. Et je me rends compte que c'est un peu inconscient. Mais voilà, dès que j'ai des réussites, j'ai plein de choses qui viennent en face de moi pour que je les rate. Au moment de y arriver, il se passe toujours quelque chose et je dois lutter contre ça. Je suis aussi quelqu'un qui a toujours été tourné vers la découverte. Je suis tombé assez vite amoureux de l'Inde sans savoir pourquoi. Donc j'ai fait sept séjours là-bas de deux semaines à sept semaines. Je ne sais pas trop pourquoi. Enfin si je pense que c'est les histoires de Gandhi quand j'étais petit, d'entendre cette personne qui… Enfin moi, je voyais ça devant des armes à feu qui venaient, qui s'asseyaient, qui arrivaient à tout faire s'arrêter. Je trouvais ça un peu passionnant. Et voilà, mon père m'a fait découvrir ce pays il y a quelques années. Et voilà, donc j'ai beaucoup voyagé. J'ai voyagé dans une trentaine de pays passionné de vélo que j'ai commencé d'une façon un peu indirecte. Enfin c'était un peu pour affronter mon père à un moment. Donc j'ai commencé la compétition en 1988. J'ai arrêté après pendant mes études. Puis comme tout excessif que je suis, je l'ai fait jusqu'à un très bon niveau. Puis j'ai arrêté du jour au lendemain. Puis j'ai repris, puis j'ai arrêté, puis j'ai repris, puis j'ai arrêté. Et voilà, à un moment j'ai voulu joindre l'aventure et le vélo. Et je suis tombé, j'ai fait des recherches. Et c'est pareil, c'était un peu pour mon père que je cherchais un défi à vélo. Et je cherchais une compétition parce que pour moi le vélo c'était de la compétition. C'est d'ailleurs une vision du vélo que j'avais à ce moment de la vie qui a bien évolué maintenant. Et j'étais tombé sur la Race Cross America. À l'époque, on ne parlait pas d'ultra distance en France. Donc c'était il y a presque dix ans. J'ai mis longtemps à venir parce que je voulais le faire avec mon père et qu'il est tombé malade. Et voilà, après je me suis inscrit un peu du jour au lendemain sur la Race Cross France il y a trois ans. Et depuis j'ai fait pas mal d'ultra distance. Dans les cours je ne m'y retrouve plus trop. Donc je suis parti dans des choses un peu plus solo. Certains diront des aventures. Pour moi c'est d'ultra distance solo. Mais j'ai fait un Paris Casablanca en début d'année et d'autres choses depuis. Et puis j'ai d'autres projets dans la tête que j'aimerais réaliser dans les années qui arrivent. Excellent. Le Paris Casablanca c'était ton fameux projet retour aux sources, c'est ça ? Exactement, oui. Exactement, oui. Ok. Ok, ok. Ok, super. Ben écoute, merci pour l'intro. Sacré parcours. Il y a plusieurs fois où tu as évoqué ton père par rapport au cyclisme. Quel a été son rôle du coup dans le fait que tu te lances dans une pratique qui finalement, pour le coup même si tu dis que tu es dans des excès, que tu commences des choses, tu les arrêtes d'un coup, etc. Ça j'ai l'impression que ça dure depuis un moment quand même, cet attachement à ce sport. Ouais. Alors, je suis arrivé au cyclisme parce que mon père faisait du rugby et que moi je voulais faire du rugby parce que je voulais faire comme mon père. Je voulais faire la même école qu'il avait fait. C'était le but de ma vie, c'était de… Pardon. Et d'être comme lui, moi c'est pas… Et voilà, du coup je voulais faire du rugby comme lui. Mais… Et quand je lui ai dit que je voulais le faire dans le club où il était parce que pour moi, le faire dans un autre club, c'était un peu trahir. Et puis… En fait, on avait déménagé. Donc, lui continuait dans son club en région parisienne, donc à Riss-Orangis. Et nous, on vivait en Seine-et-Marne. Du coup, il m'a dit, bah oui, il n'y a pas de soucis pour qu'il fasse du rugby, mais ce sera en Seine-et-Marne pour pas qu'on t'emmène jusqu'aux entraînements de là-bas. Et du haut de mes 9 ans, moi je n'ai pas trop compris. Et j'ai dit, bah non, en fait, ce sera dans ton club ou ce sera pas. Et puis, je suis parti à l'école et puis je suis revenu. J'avais rencontré un copain qui faisait du vélo et j'aimais faire du vélo. Et j'ai dit, bon, si c'est pas rugby dans ton club, ce sera vélo à côté de la maison. Et voilà, j'ai commencé… On m'a inscrit en 1988 au club à côté de la maison. Ok. Et tu dirais, qu'est-ce que tu as trouvé dans la pratique du vélo qui fait que c'est devenu… J'ai l'impression, de l'extérieur, vraiment un des piliers de ton identité, de ta vie. Ouais, ouais, c'est le fil conducteur de ma vie, je pense, ouais, depuis 1988. C'est un peu une des choses, peut-être la seule qui est vraiment constante. Bah d'abord, j'ai trouvé des amis. Quand j'ai commencé en 1988, moi j'avais 9 ans, donc on faisait… C'était vraiment… On appelait ça une école de cyclisme. On faisait des… On appelait ça des jeux cyclistes. On nous met des quilles par terre. On doit faire des zigzags. C'est pour commencer à apprendre à bien maîtriser le vélo. On passe sur une bascule et on redescend. Et puis moi, je trouvais ça rigolo. On passait sous une barre. Donc, on devait se baisser au maximum. Ramasser un bidon qui était posé par terre et le reposer plus loin. Et puis, on faisait des sprints sur la route très courts. Et puis, on faisait du vélo avec notre vélo de course dans la forêt. Et toujours dans l'esprit d'apprendre à maîtriser cet outil. Et je pense que j'aimais déjà le vélo parce que je faisais déjà des petites bêtises dans la forêt avec mon… avec mon BMX avant de faire ça. Mais moi, j'ai tout de suite aimé le côté jeu à l'époque. Et puis, le côté liberté. Je pouvais aller à l'entraînement de la maison en vélo. Je ne sais pas combien que ça faisait, mais ça devait faire 7 ou 8 kilomètres. Et ça paraissait déjà énorme quand j'avais 9 ans. Donc, je pense qu'il y avait déjà ce côté un peu liberté que j'ai appris à découvrir maintenant et qui m'attirait déjà. Ok. Ok. Ok. Et donc, c'est ce qui fait cette recherche de liberté ou le fait de pouvoir ressentir, d'avoir ce sentiment de liberté. Tu dirais ce qui fait qu'aujourd'hui, tu es passé sur de l'ultra aventure ou tu tends à aller sur de l'ultra cyclisme hors course ? Ouais, je suis vraiment… Tu vois, je suis un cas aussi un peu particulier. Je fais beaucoup d'entraînement en intérieur parce que partir de la maison, revenir à la maison, pour moi, c'est ennuyant. Peu importe ce que je fais. Après, ça fait des années que je suis à cet endroit-là, mais là, j'envisage de déménager. Je pense que si j'arrive dans un autre endroit, ça va me plaire un petit peu. Mais partir d'un endroit et revenir à un même endroit, ça peut vite m'ennuyer. Et comme je suis un excessif, je dois gérer justement ces choses-là. C'est-à-dire que si je commence à m'entraîner comme ça et à rouler et revenir chez moi et repartir de chez moi, revenir chez moi, et que ça m'ennuie, du jour au lendemain, je vais tout arrêter. Et je n'ai pas cette notion-là quand je le fais sur Homme Trainer, ce qui peut paraître complètement surréaliste. Et ce qui m'aurait paru d'ailleurs complètement surréaliste il y a quelques années où je ne supportais pas faire plus d'un quart d'heure d'Homme Trainer. Et du coup, je m'adapte et je fais en fonction de moi. je sais que si je le fais différemment, je vais me lasser et je vais devoir passer à autre chose et que je n'ai pas envie de passer à autre chose. Ouais. Du coup, ouais, je suis passionné de vélo, de partir d'un endroit et arriver à un autre. C'est surtout ça. Donc, il y a le côté aventure, il est peut-être plus là d'ailleurs. Ce n'est pas dans le vélo en lui-même. Le vélo, en fait, c'est un outil qui permet d'aller assez loin. Je suis capable de faire aujourd'hui 600 ou 700 kilomètres sans dormir. Donc, je peux me partir aujourd'hui et puis pédaler jusqu'à la mer en étant en région parisienne. Pfff. Waouh. Ouais. Ouais, c'est vrai que ça, c'est quand même un élément qui est souvent mentionné par les gens qui font de l'ultracyclisme ou des grandes aventures à vélo. C'est que finalement, tu couves une grosse distance, mais que la vitesse à laquelle tu le fais te laisse quand même le temps de profiter des paysages, etc. Enfin, je veux dire, tu n'es pas en TGV ou en avion. Donc, c'est vrai que c'est souvent ce qui est ce qui est ce qui est bien en avant comme un des aspects qui fait que les gens ont accroché. C'est ce sentiment de liberté, oui, mais aussi le fait que c'est un moyen qui peut t'amener assez loin finalement à un rythme. Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça, mais un rythme un peu humain, quoi, entre guillemets. Ouais, ouais, c'est peut-être même le rythme idéal, je pense. J'avais eu cette discussion-là, alors ça fait tellement longtemps, ça va faire presque 20 ans, mais j'étais en Inde et je voyageais, mais moi, je voyageais en sac à dos avec les transports en commun. Du coup, j'arrive dans une ville et j'ai vu un voyageur arriver à pied et on a eu cette discussion-là. Et je lui ai posé la question justement en lui disant, moi, je trouve ça génial que tu arrives à pied comme ça. Et du coup, lui m'expliquait que le fait d'arriver à pied, l'accueil était différent et que le voyage était vraiment là. Et du coup, je lui ai dit, c'est vrai que c'est peut-être la vision du voyage idéal. Et lui m'a tout de suite dit, non, non, le voyage idéal, c'est à vélo parce que tu arrives de plus loin. Et du coup, il a fait à pied et à vélo. Et en fait, à chaque fois qu'il arrive dans un village, il l'a accueilli de la même façon. Mais quand il arrive en vélo, il dit, moi, je suis parti ce matin de telle ville. Et du coup, ça fait peut-être 150 kilomètres, 100 kilomètres, peu importe. Mais les gens se disent, ah oui, ce que me disait cette personne, c'est que pour lui, les gens en face se disaient, ah oui, il a fait un effort très important pour venir. Et quand il venait à pied, qu'il avait fait 20 ou 30 kilomètres, l'effort n'est pas moins grand. Mais du coup, la distance, elle était perçue d'une façon très différente par les locaux. Et du coup, il disait que pour lui, l'accueil des gens et la perception de l'effort et de son voyage par les gens qu'il rencontrait dans son voyage était plus importante et peut-être plus belle quand il voyageait en vélo. Et il y a cette dimension-là de pouvoir faire quand même des distances importantes tout en étant un rythme qui permet de voir ce qui se passe autour. Je pense quand même qu'en vélo, on passe à côté de certaines rencontres. À pied, on ne peut plus s'arrêter ou croiser quelqu'un sur la route, sur le chemin qu'en vélo. Mais c'est vrai qu'en vélo, on peut… Là, j'ai aussi fait… Je suis parti du Touquet en juin et du coup, j'ai roulé non-stop. Je me suis arrêté chez les gens que je connaissais à Metz. Ok. Tu vois des paysages qui sont bien différents. Et à pied, sur une journée, tu ne vois pas tant de différence au niveau paysage. Oui. Parce que tu es limité, oui. Oui, complètement. Et l'Inde, enfin l'Inde où tu voyages en général d'ailleurs, est-ce que tu as déjà fait des tripes relativement longues ? Tu vois, tu disais qu'en Inde, tu étais parti jusqu'à 7 semaines. Est-ce que tu as déjà voyagé à vélo du coup ? Et non. C'est vrai ? Oui, même pas. C'est quelque chose que je voulais faire, mais maintenant, je suis célibataire, donc je vais pouvoir le faire plus facilement. Mais ce n'est pas quelque chose qui intéressait mon ex-compagne et du coup, ce n'était pas possible. Et d'ailleurs, je suis tombé dans l'ultra distance aussi. Il y a eu un côté un peu pour ça. Parce que c'était une excuse pour partir voyager tout seul. Parce que c'était une compétition et que quand on est en famille, elle avait deux enfants. Dire, moi, je pars faire un voyage tout seul parce que je vais faire quelque chose qui ne vous intéresse pas. Je n'y arrivais pas à le faire. L'ultra distance, c'était une excuse. Donc, quand je me suis lancé, je me suis décidé. Je me suis inscrit en 2019 à la Race Across France 2005. Et en préparation, je m'étais inscrit au BikingMan Laos. Ok. Ça devait être ma première expérience ultra distance. Ça devait être un mille kilomètres au Laos. Et c'était plus ça qui m'intéressait. C'était d'aller chercher des épreuves à l'étranger dans des pays comme ça. Le Laos, d'ailleurs, je n'y ai jamais été. Et bon, le Covid a annulé cette épreuve-là. Et j'attends et je lui ai demandé à l'organisateur quand est-ce qu'il remettrait. Après, je ne sais pas si je referai des ultra distance en ce moment. Je me pose la question. Mais peut-être que là, il serait peut-être temps que j'aille faire des voyages à vélo. Bon, après, tu me dirais que tout ce que tu fais en France, ça reste des voyages aussi. Oui. Oui, mais je suis vraiment à l'aventur. Du coup, j'ai ralenti quand même parce que c'est un choix personnel. Mais dans ma vie, j'ai beaucoup survécu plus que vécu. Et le moment où je respirais, où j'avais l'impression de vivre, c'est dès que j'arrivais à l'aéroport et que je voyais que j'allais sortir de la France et aller découvrir le monde. Donc, j'ai beaucoup pris l'avion. Là, j'ai beaucoup ralenti. Mais j'avoue que la dimension voyage et aller dans un… Moi, je suis très mauvais en… Je suis dyslexique, donc j'étais très bon en science et très mauvais en français. Et donc, forcément, l'acquisition de langue étrangère, c'est plus que compliqué pour moi. Donc, tout est une aventure à partir du moment où ça ne parle plus français. Oui. Donc, j'ai toujours été attiré par ça. Et oui, je vais retourner. Même le passage au Maroc où je ne m'attendais pas à voir autant de choses et à vivre autant de choses un peu différentes dans ce pays-là que je pensais connaître un minimum. Et c'est vrai que le voyage à vélo, ça amène à s'arrêter à des endroits où on ne serait pas arrêté dans un voyage, même avec un sac à dos et un autobus. Oui. Alors, je dis oui. Je ne l'ai jamais vécu. Mais de tout ce que j'entends, effectivement, encore une fois, c'est ça qui revient tout le temps. Et moi, à titre perso, c'est ça qui m'incite à m'y mettre. Quand je vois des récits comme les tiens, c'est la première fois qu'on échange vraiment de vive voix et on rentre dans le détail de ce que tu fais. Mais je te suis quand même sur les autres depuis un moment. On va parler aussi de ton projet retour aux sources. Mais de voir tous ces témoignages de gens qui prennent leur sacoche, qui les fixent sur le vélo et qui partent explorer les routes de France ou d'ailleurs. La dimension liberté lâcher prise aussi. Le fait de ne pas vraiment savoir où tu vas te poser le soir même. Est-ce que tu vas dormir sous un pont ? Est-ce que tu vas rencontrer quelqu'un qui va t'héberger ? Je trouve que ça, ça fait vraiment écho à des notions d'aventure pour moi. Oui, exactement. D'ailleurs, c'est marrant parce qu'on m'a souvent dit, mais tu es un aventurier, tu es un aventurier. Et pendant un long moment, j'avais du mal à me dire ça parce que pour moi, un aventurier, c'est quelqu'un qui découvrait un endroit qui n'avait jamais vu. Ah oui. Et j'ai eu beaucoup de discussions. C'est marrant parce que j'ai aussi traversé la France avec un ami, Guillaume. C'était quand c'était en mars et on s'est arrêté chez des gens. Et on a parlé d'aventure, on a parlé d'aventurier professionnel. Et une de nos autres nous disait, non, mais lui, ce n'est pas un aventurier parce que sa dernière aventure, il n'a pas dormi sous tente. Ah oui. Et ce jour-là, j'ai compris que chacun avait sa définition de l'aventure. Et du coup, le soir même, je crois que j'ai cherché le mot aventure sur Internet, sur mon téléphone. Et ce qui en ressortait, c'est que l'aventure, c'est juste le fait d'affronter une situation dont on n'a pas l'habitude d'avoir devant soi. C'est-à-dire que quelqu'un qui, malheureusement, a grossi, pour je ne sais pas quelle raison, je dis ça parce que j'ai des problèmes de poids, je pense, mais qui ne peut pas bouger de chez lui parce qu'il est malade, pour lui, se lever et aller dans son salon, c'est déjà une aventure. Et c'est pour ça aussi que chaque aventurier, on les voit, ils évoluent dans des domaines et ils vont de plus en plus loin parce qu'ils ont décalé leur... Ça, ce n'est plus une aventure parce que dormir en extérieur, je l'ai fait. Dormir en extérieur dans le monde polaire, je l'ai fait. Du coup, on va le faire sans tente. Et puis du coup, il y a un peu une escalade parce que finalement, je ne sais pas s'ils le font consciemment, mais l'aventure, c'est aller chercher ce qu'on n'a pas l'habitude de vivre. Et forcément, quand on vit quelque chose qu'on n'a pas eu l'habitude de vivre, on décale le côté aventure pour soi. Et voilà, j'avais du mal à me dire que j'étais un peu aventurier, mais en fait, on est tous des aventuriers. Oui, je suis complètement d'accord avec toi. Et tu vois, je prends très souvent l'exemple d'une invitée que j'ai eue qui s'appelle Chloé Dardelet, qui fait des… par conviction, par choix, etc. Elle ne fait que des micro-aventures en France. Oui. Elle travaille vers Grenoble, je crois. Alors, je ne sais pas si tu avais écouté son épisode, mais voilà, elle a un van à partir duquel elle est basée, enfin, elle se base tous les week-ends pour partir, faire des randos, du packraft, etc. Et en fait, on avait beaucoup parlé de ça, du sentiment de dépassement, etc., à travers des… si tu veux, comme tu dis, des expériences, chacun à son niveau, de choses qu'on n'a jamais faites. Et après avoir écouté son épisode, je pense que c'était après, j'étais parti faire une nuit à la Belle Étoile, donc sans tente, juste matelas du V en Suisse. Mais vraiment, tu vois, après le taf, je suis parti, puis je suis rentré le lendemain. Et bien franchement, ça fait des super souvenirs et ce n'était pas un truc auquel j'étais habitué. Et comme tu dis, tu vois, voilà, quand tu l'as fait quelques fois, bon, ben, c'est quelque chose que tu, entre guillemets, que tu maîtrises un peu. Donc, tu cherches autre chose. Mais en fait, il ne faut pas sous-estimer, je suis complètement d'accord avec toi, le côté aventure qu'on… la dimension d'aventure qu'on peut avoir dans nos vies sans prendre l'avion, sans partir loin longtemps, faire des trucs hyper dur, dormir à la Belle Étoile, déjà, franchement, aller le faire ou courir de nuit, tu vois, tu te fais un trail de nuit, si tu ne l'as jamais fait, c'est intéressant comme expérience. Oui, exactement. Mais je pense qu'il n'y a pas de… Et ça m'énerve énormément quand les gens essayent de se comparer et dire, oui, mais toi, tu n'es pas un aventurier parce que tu fais ça et moi, je fais ça ou toi, tu n'es pas un vrai cycliste. Non, ça, c'est dans le monde du vélo. C'est très énervant parce que… Là, j'ai parlé aussi avec une personne qui est en train de faire un tour de France et quand on parlait, elle disait qu'elle n'était un peu… pas acceptée par les vrais voyageurs à vélo parce qu'elle voyage plutôt léger mais qu'elle n'était pas vraiment acceptée par les soi-disant bikepackers parce qu'elle voyageait un peu lourd par rapport aux bikepackers et qu'en fait, c'est juste une personne qui part sur un vélo. Donc, on est tous cyclistes et ceux qui cherchent à savoir… Enfin, je ne sais pas, ils perdent tellement leur temps pour des conneries. Mais oui, l'aventure, elle est face à nous et puis tout le monde peut en vivre et effectivement, une micro-aventure, ce n'est pas moins intéressant qu'une aventure plus longue. Et sur une aventure longue, finalement, quand là, tu parles, tu dis que tu as passé un bon moment et tu as découvert des choses parce que tu n'avais pas l'habitude de dormir à la belle étoile. Si tu pars sur une aventure et que tu fais ça pendant 15 jours, la 15e nuit, elle te procurera moins d'émotions que la première que tu as passée tout seul comme ça. Et c'est là la réalité. C'est juste qu'on a tous des choses qui nous font peur, toutes des choses qui ne nous font pas peur et ce qui me fait peur à moi ne me fera pas peur à quelqu'un à côté et inversement. Et voilà, on a tous des choses à chercher mais il faut le chercher en soi. C'est ça qui est important en fait. Oui, je suis complètement d'accord avec toi. Alors, tu disais un peu plus tôt quand tu parlais du voyage, j'avais un peu l'impression que c'est la façon dont tu l'exprimais, que c'était un peu un exutoire, ta soupape de décompression, ton moyen de vraiment de t'évader, de partir en voyage, de te sortir d'un quotidien peut-être un peu parfois difficile à gérer. Et tu disais que tu as eu le sentiment de plus avoir survécu que vécu. Et du coup, tu me dis si tu es OK pour qu'on parle de ça. Mais comme on est quand même sur le podcast de La Résilience, je me dis qu'il y a sans doute des choses très intéressantes que tu pourrais nous partager. Ce sentiment, tu dirais qu'il est lié à quoi et comment est-ce que tu l'as géré ? Parce qu'encore une fois, tu vois, d'un point de vue extérieur, tu fais des choses quand même que moi je trouve assez extraordinaires qui ne sont pas forcément à la portée de tout le monde. La race across France, ton très long voyage, retour aux sources. Bref, tu es capable de te lancer dans des défis qui demandent énormément d'engagement. Donc, je serais curieux de savoir, tu vois, quand tu parles de la vie en général où tu as plutôt été en mode survie, qu'est-ce qu'il y a derrière ça ? Alors, bon déjà, ouais, c'est, moi, j'ai aucun souci de parler de tout, donc, donc ça avec plaisir, si, je te redis, mais ouais, je peux y avoir des moments d'émotion parce que je suis un peu hypersensible, donc, mais c'est pas pour autant, j'ai pas envie d'en parler, je le dis, ça peut revenir. En fait, tout est lié un peu à mon enfance où, où j'ai pas eu, j'ai pas réussi à trouver ma place dans ma propre famille et que c'était compliqué. il y a pas eu de méchanceté ou pas eu de, je sais pas, je pense que j'ai un côté un peu différent, je sais pas, j'ai, c'était compliqué, c'était compliqué avec mon père qui, ouais, qui, qui, qui nous a eu peut-être un peu jeunes et qui faisait des blagues sur moi pour faire rire des adultes sur mon poids et que moi, j'étais en surpoids petit, c'était compliqué à entendre et, et de voir tous ces adultes en rigoler, ça creusait un fossé entre lui et moi et, et après, on a été un peu à l'affrontement pendant des années et, et, et, ouais, c'est, c'est tout ça qui m'a, ça a été une force parce que j'étais quelqu'un d'hyper fort et à rien montrer pendant des années et, et, et, ouais, ça m'a, ça m'a même coulé parce que, parce que pendant, pendant plusieurs années de ma vie, j'ai pensé que, que la mort serait plus facile que la vie alors que, que je suis claustrophobe et que la mort, c'était un, un, un monde qui, petit, me faisait peur parce que c'était un moment où je ne pourrais plus bouger et que c'est, c'est la chose qui me fait le plus peur dans la vie mais, je souffrais tellement de vivre que, que je pensais que la mort serait plus douce et, et je me suis construit là-dedans, j'ai, j'ai, j'ai réussi à monter, j'ai, j'ai fait du vélo, j'ai réussi à faire des résultats et je les faisais pour essayer de prouver que j'étais pas, j'étais pas nul et, et voilà, j'ai, j'ai, j'ai eu un niveau international, enfin, j'ai fait des courses internationales, j'étais loin d'être pro mais, voilà, en junior, j'ai commencé à avoir un bon niveau et, après, le, le travail est arrivé donc j'ai fait toutes mes études en alternance et, et malheureusement, j'ai été harcelé à mon premier poste et, et c'est la, c'est à la fin de ces deux années d'harcèlement où j'ai, ouais, où j'ai failli faire une tentative de suicide, ça s'est, ça s'est joué à, à vraiment peu de choses et, et après, après tout ça, t'es, t'es obligé de vivre avec, tu rentres dans un personnage, j'ai pris énormément de poids, je faisais rire tout le monde avec mon poids parce que, parce que je pensais que c'était la seule chose à laquelle je pouvais, je pouvais servir aux autres, à faire le clown, à les faire rire

Loïc et, et voilà,

Vincent ouais, c'est, c'est difficile de, de se construire en tant qu'adulte quand on a eu des, des failles comme ça, enfant et, et c'est certainement ça qui fait aussi les, les extrêmes d'aujourd'hui, de pousser, pousser peut-être des fois trop, d'ailleurs, c'est pour ça que les, les courses d'ultra distance, je ne suis pas sûr d'y retourner parce que, parce que dès qu'il y a, il y a quelque chose, une réussite, il y a mon corps qui essaye de faire de, de ça un échec et du coup, je dois lutter contre ça et il y a des périodes où, voilà, j'ai chuté l'an dernier, je n'en suis vraiment pas fier et je ne veux pas retourner là-dedans et voilà, ouais, c'est, c'est, c'est ça qui, qui a certainement construit ces, ces extrêmes et, et, je ne m'en nourris pas forcément, c'est plus une, c'est plus un frein en fait, j'ai beaucoup de freins qui se créent et en même temps, je ne m'autorise pas à réussir, c'est-à-dire que tout ce que je fais pour moi, jamais je me trouve ça bien en fait, quand je suis arrivé au, le dernier jour, quand je suis arrivé, on reparlera peut-être après, mais quand je suis arrivé au Maroc, durant la dernière journée, je me disais, tu ne ressens rien, enfin, j'ai juste, ouais, je l'ai fait, je me suis dit, j'ai parté pour le faire, je l'ai fait et c'était juste normal pour moi. Sachant que c'était, au total, c'était, c'était un trip de, combien de kilomètres, combien de jours ? 3 150 kilomètres, je crois que j'ai mis 13 jours, mais j'ai dû m'arrêter pendant une journée, une journée, parce qu'il y a eu la tempête, en Espagne, du coup, je crois que j'ai fait 10 étapes en fait. D'accord, ah ouais, punaise, ok, ouais, donc c'était quand même un énorme morceau. Ouais, c'était, mais tu vois, je me rappelle très bien de cette dernière journée, où, où je sais que, je ne peux qu'être fier de ce que j'ai fait, et je n'y arrive pas, je me dis que c'est normal. Et, et ça m'énerve, parce que, parce que ce moment-là, je, je me projette, et je me dis, putain, mais si, vas-y, prends n'importe quel gars de la RAF, qui finit avant toi, que tu respectes pour ce qu'il fait sur le vélo, et tu te dis que s'il fait ça, qu'est-ce que tu penses de lui ? Ouais, c'est ce que j'avais été demandé. Et je me dis, ouais, le gars, il est fort, quoi. Et moi, je n'y arrive pas. En tout cas, Vincent, merci beaucoup de partager tout ça, avec autant de transparence. Et, j'allais te poser la question un peu plus tôt, mais, tu vois, est-ce que, enfin, est-ce que tu expliquais sur, les freins liés à ton enfance, est-ce que le vélo, à un moment donné, tu as eu le sentiment, ou le vélo, ou tes voyages, tes expériences d'adulte, tu as eu le sentiment que ça t'a permis de, tu vois, de tourner une page, entre guillemets, ou en tout cas, sans oublier tout ça, parce que je pense qu'il n'oublie jamais son histoire, mais de t'en servir comme une base, un socle, quelque chose qui vient, autant que possible, tu vois, nourrir d'autres projets, ou est-ce qu'au contraire, c'est plutôt un travail qui est encore en cours, et que tu dois encore gérer aujourd'hui ? Ouais, c'est clairement un travail. j'ai un peu lâché l'affaire sur l'idée que j'arriverai à, enfin, je me suis fait accompagner plusieurs fois pour travailler là-dessus, mais j'ai un peu lâché l'affaire de me dire qu'un jour, je serai en paix avec moi-même complètement par rapport à tout ça. il y a des choses, quand c'est ancré dans l'inconscient, c'est quand même hyper compliqué d'y aller et de changer les choses. je suis conscient que c'est compliqué de faire certaines choses que je fais, et pourtant, je n'arrive pas à trouver de... c'est pas du plaisir, j'en ai, mais j'ai du plaisir à découvrir, mais je n'ai pas de... toi-même, la race cross France, la première année où je la finis, je me rappelle de tous ces podcasts où j'entends des gens dire, mais ça a changé ma vie, je ne suis plus le même personne, après, j'ai réussi quelque chose d'extraordinaire, et moi, je suis arrivé sur la ligne, j'ai fait, ok, c'est tout, ben ouais, je suis arrivé, quoi. Et pas d'émotion, et c'est hyper triste, en fait, quand tu... quand tu réfléchis, du recul, c'est... c'est comme... mais c'est comme ça, je... c'est aussi ça qui m'a nourri, c'est aussi ça qui m'a poussé, ouais, dans le vélo, à aller chercher de la performance à un moment, à me sélectionner dans... dans l'équipe départementale et aller faire des courses internationales, c'est peut-être ça qui m'a poussé aussi à faire mon école d'ingé, c'est... mais c'est aussi ça qui me pousse à... à... à travailler beaucoup, et dans le monde de l'entreprise, c'est pareil, je suis un peu en rupture, parce que... parce que je suis dans un grand groupe et que... et que je me rends compte qu'aujourd'hui, les gens qui réussissent, c'est des gens qui passent 80% de leur temps à communiquer, et moi, je passe 99% de mon temps à travailler, donc on... du coup, ça m'a poussé à... à me dégoûter, je ne respecte même plus l'entreprise pour laquelle je travaille, et... et je sais que je vais démissionner, d'ailleurs, j'ai préparé le mail pour l'envoyer, tu peux peut-être l'envoyer aujourd'hui, mais... et... je... en fait, il n'y a pas de place pour les gens comme moi dans des sociétés comme ça, et... et je dois... je ne pense pas réussir à changer ça, parce que c'est... c'est gravé, en fait, dans mon inconscient, et... je me trompe peut-être, et j'espère que ça changera, mais... aujourd'hui, je n'y crois plus, par contre, ce que je crois, c'est que je suis... je suis le maître de ma vie, et que... là, aujourd'hui, ça ne me correspond pas, et même si j'ai une sécurité de l'emploi dans un gros groupe, et bien... il est temps de partir de ça, même si je n'ai pas de projet fixe, j'ai entre guillemets la chance, même si pour moi, c'est compliqué d'être... d'être seul dans ma vie, et de ne plus avoir de famille, mais... mais voilà, il est temps de... de changer tout ça, et de prendre le risque de... de... de partir aussi dans l'aventure de ma vie, et d'essayer de construire quelque chose, peut-être autour du vélo, j'ai des... j'ai des idées, mais j'avoue que... j'ai jamais eu autant... autant peur de ma vie que de... que de démissionner, et de... et de me lancer dans... dans quelque chose qui est... financièrement... il y a peu de chances que ce soit viable, en fait, mais je... je sais que je vais le faire, c'est juste une question de temps. Ouais, l'aspect financier sur les sujets de reconversion, c'est... j'ai l'impression que c'est quand même systématiquement le... le... la plus grosse crainte, tu vois, qui arrive, et celle qui arrive en premier, c'est comment je vais faire. J'en parlais il n'y a pas très longtemps avec quelqu'un avec qui je travaille, là, alors je le partage comme ça, pas forcément pour toi, mais moi, c'est quelque chose qui m'avait aidé quand j'avais... quand j'avais décidé qu'il était temps de démissionner de chez Apple, et en fait, j'avais fait un exercice tout bête qui était vraiment... pour enlever l'émotionnel, tu vois, de ce sujet-là, analyse détaillée de mes dépenses, combien est-ce que j'avais besoin exactement pour les choses, on va dire, essentielles, tu vois, un loyer pour un appart correct, manger normalement, etc., et en fait, ça m'avait vachement aidé à me dire, non mais... je n'ai pas un rythme de vie, tu vois, qui est extravagant, finalement, je n'ai pas besoin de temps que ça, et puis pour ce dont j'ai besoin, il y a plein de solutions qui existent, et voilà, temporairement, ça peut être difficile, mais je peux quand même trouver des petits boulots, etc. Donc, de faire un espèce de travail de planification, en fait, un peu comme tu prépares une aventure, tu vois, de te dire, premier mois, il peut se passer ça, deuxième ça, ça avait pas mal aidé, en fait. Ouais, ouais. S'il y en a qui sont dans cette phase aussi, ça peut être une option. Après, tu vois, je pense que, en en parlant comme ça, c'est plus une peur de... En fait, avec mon histoire, échouer, c'est compliqué pour moi, et je pense que c'est plus la peur d'échouer que de... Parce que financièrement, en fait, je l'ai déjà travaillé, et là, j'ai signé la vente de ma maison, donc je vais partir et j'aurai plus de crédit et j'aurai de quoi... C'est pour ça, je crois que je l'ai dit un petit peu en début de podcast, mais il y a des grandes chances qu'avant la fin de l'année, je quitte la région parisienne pour ailleurs et normalement, avec la vente de ma maison, je devrais pouvoir racheter quelque chose cash, donc je n'aurai même pas de... Je n'aurai même pas de loyer, donc tu vois, je n'y pensais même pas, mais ouais, si tu te crées des freins et tu te crées des excuses, et je pense que ce n'est même pas un côté financier, j'ai peur de... J'ai peur de ne pas réussir là où je veux aller et pourtant, je suis consciemment... Enfin, c'est encore un truc dans l'inconscient parce que moi, je n'ai aucun souci à échouer, tu vois, je me suis lancé dans deux projets il y a peu de temps et les deux, j'ai échoué et ce n'est pas grave, en fait. Ouais, je suis allé, je ne l'ai pas fait, j'ai fait ce que j'avais à faire et je suis en accord avec moi mais ouais, il y a un peu cette peur-là d'échouer et que ça... Peut-être que ça nourrisse dans le... dans le conscient ou l'inconscient des gens autour de moi que je ne suis pas... je ne suis pas suffisamment fort ou... Je ne sais pas. Il y a quelque chose de plus, ouais, je parle de financier mais finalement, le financier, ça fait... En fait, ça fait trois ans que je ne supporte plus ma boîte et que je prépare le... je prépare ce départ-là donc... Donc, c'est une fausse... C'est une fausse... Ouais, clairement, c'est une fausse excuse mais... Est-ce que tu as le sentiment... Enfin, ce n'est pas un sentiment mais est-ce que tu as une croyance par rapport à une épreuve ou un type d'aventure où tu te dis voilà, si je fais ça, si j'arrive à faire ça, là, je pourrais me dire que je suis fort, que je suis capable, tu vois, de réaliser de grandes choses, etc. Est-ce que tu as un format d'épreuve en particulier, je veux dire, quelque chose d'assez clair, d'assez précis en tête ou... ou pas vraiment ? Non, et même rien, en fait, tu pourrais me dire... En fait, moi, j'ai ce côté extrême, il est... Demain, tu me dis, on part faire n'importe quoi, tu me dis le truc le plus fou, je te dis, vas-y, j'ai aucune... Je pense foncièrement que tout est possible, en fait, c'est juste une question de temps, c'est-à-dire que si tu me dis, demain, tu pars faire le Tour du Monde à vélo, je pars faire le Tour du Monde à vélo, tu me dis, je pars faire le Tour du Monde à vélo en 10 jours, là, je vais te dire, non, ce n'est pas possible, mais faire le Tour du Monde à vélo, c'est possible. Et du coup, c'est ça aussi qui fait qu'à la fin de mes aventures, je n'ai pas ce sentiment de réussite et de me dire, c'est bien ce que tu as fait, quand je pars, pour moi, il n'y a pas de... Tu n'as pas de doute sur le fait que tu peux le faire ? Oui, mais pas que moi, je pense qu'il n'y a pas de doute sur le fait que n'importe qui peut le faire. C'est-à-dire qu'à partir du moment la seule limite, c'est le temps. C'est-à-dire que quand tu pars sur une épreuve d'ultra distance, comme la RAF, tu as 10 jours pour faire 2500 kilomètres, ça peut être là la limite. C'est-à-dire que toi, tu es peut-être capable de le faire en 11 jours et tu n'es peut-être pas capable de le faire en 10 peut-être. Mais si tu as envie de le faire, tu vas t'entraîner et tu vas le rentrer dans les 10 jours. Donc, il y a juste une question de temps, mais après, il n'y a rien qui, dans ma tête, me fait dire que ce n'est pas possible. Oui, donc du coup, forcément, une fois que tu arrives au bout de tes aventures, si déjà, au départ, l'état d'esprit, c'était je ne me lance pas dans un truc complètement inaccessible, du coup, je veux dire, c'est le postulat de base et je suis complètement capable de le faire et je n'ai pas de doute là-dessus. J'imagine que ça devrait jouer un peu sur la satisfaction à l'arrivée. Oui, j'ai eu cette discussion-là. Oui, je pense que c'est exactement ça. C'est que c'est quelqu'un qui me l'a fait remarquer en fait et moi, je ne le comprenais pas. Comme je te dis, je passe cette dernière journée à me dire putain, si lui, il le fait, je me dis c'est un monstre et qu'il est fort et que moi, je me dis voilà, maintenant toi, tu le fais, c'est normal et c'est normal parce que quand je pars, je ne me dis pas que c'est fou d'aller faire 3 150 kilomètres et je pars en me disant je vais rendre hommage à mon père et je vais y arriver en fait et peu importe et pourtant, j'avais un délai assez court et du coup, il y a eu plein de péripéties et que j'ai enchaîné deux étapes que j'avais prévues en une après l'arrêt à cause de la tempête parce que je n'étais pas sûr d'arriver au bout dans le temps que j'avais pour le faire mais quand j'arrive au bout, j'ai fait ce que j'avais dit que j'allais faire. Point barre. Ça fait plusieurs fois qu'on l'évoque ce fameux projet Retour aux sources. Déjà, en quoi est-ce que ça consistait et qu'est-ce qui t'a décidé à organiser une expérience pareille ? Déjà, le bout de l'aventure donc je me suis dit là, il est temps que je fasse quelque chose qui me plaise et qui me corresponde donc j'avais plusieurs idées en tête et en fait, toutes les idées elles étaient reliées à mon père et donc mon père était commercial international, il adorait le Japon donc j'avais dessiné un tour du Japon. Il m'a emmené en Inde la première fois mais tu vois, il ne m'a pas emmené en Inde parce que moi, j'avais envie d'aller en Inde mais il m'avait emmené en Inde pour l'aéroport à Paris et il me dit mais tu vas voir, ça va enfin t'apprendre la vie tu vas voir ce que c'est que la misère et que la vie, ce n'est pas facile et que il avait une vision de moi qui était complètement erronée mais bon. Et du coup, je me suis dit on peut aussi partir de la maison et mon père est né au Maroc c'était ce qu'on appelait des pieds noirs donc ils ont été virés au moment de l'indépendance ils ont tout quitté enfin mon grand-père a tout quitté en emmenant sa femme et ses deux enfants ils sont arrivés à à Perpignan et après ils ont vécu à Tours donc donc le principe c'était de rendre hommage à mon père c'était le principe ou l'excuse de cette aventure donc je suis parti de chez moi devant la maison je suis passé par tous les lieux où il a vécu donc en Touraine à Perpignan je suis passé là aussi où mon oncle a vécu et je suis redescendu jusqu'à Kenifra donc dans les montagnes là où il est né et j'ai fini à Casablanca parce que de toute façon il fallait finir à un endroit où il y avait un aéroport mais j'ai aussi des photos de lui enfant où ses grands-parents à lui l'emmenaient à Casablanca pour aller à la mer l'été donc voilà c'était l'idée directrice c'était de relier tous les points où mon père avait vécu et et voilà quand j'ai tracé ça faisait 3150 kilomètres la plus longue distance que j'avais fait c'était 2500 donc on était à 600 kilomètres de plus enfin presque 700 kilomètres de plus donc il y avait un défi sportif qui était là et et voilà l'idée a germé de là et ça ta famille petite t'avais le sentiment d'avoir eu du mal à trouver ta place ta famille quand ils ont découvert ce projet enfin encore une fois qui d'un point de vue sportif est quand même très engagé ça a été quoi les les réactions en fait on n'est pas très démonstrative donc on ne m'a pas dit grand chose après il y a mon frère avait mon père avait un frère et un frère et une soeur et il y a un frère et une soeur qui nous ont qui ont coupé les ponts le jour de l'enterrement de mon père donc je ne sais pas et le le grand frère de mon père lui nous m'a suivi et puis il m'a envoyé des messages régulièrement et et lui nous envoie toujours un SMS par semaine à moi et mon frère depuis le depuis le décès de de mon père mais ouais on a du mal peut-être que ça vient aussi de l'histoire de cette famille mais on ne se dit pas les choses et et donc je sais que lui il était fier que que je fasse ça mais je je ou je l'entends peut-être plus je ne sais pas je ne l'ai pas je ne l'ai pas entendu formaliser non ok d'un point de vue plus logistique c'est une question intéressée parce que je ça va te faire marrer mais je prépare mon premier trip à vélo de 3 jours voilà où il doit y avoir je pense qu'il y a il y a peut-être moins de 100 km moins de 300 km pardon donc moins de 100 par jour donc voilà un échauffement pour toi mais je me pose des questions sur tu vois qu'est-ce que j'emmène la tente machin est-ce que je prends vraiment une tente sachant que ça va être en planété un duvet quand tu pars pour un trip comme ça de 3000 enfin plus de 3000 bornes c'est quoi maintenant que tu es rodé je suppose c'est quoi les essentiels ce que tu ce que tu emmènes avec toi moi déjà ça ne va pas me faire rire parce que justement au contraire c'est c'est plus difficile en fait de faire 300 km en 3 jours quand on ne l'a jamais fait que de faire 300 km quand on est entraîné pour le faire donc ça ne va pas me faire rire du tout moi je trouve ça génial et justement d'ailleurs dans les premiers projets que j'ai fait il y a plein de gens qui m'écrivaient qui me disent on a envie de faire ça parce qu'on devait le faire et je trouve ça génial d'ailleurs on pourra parler de ça parce qu'il y a une anecdote pendant le pendant le projet ce que j'emmène alors sur ce projet là moi je suis parti en janvier il faisait froid donc j'ai dormi en hôtel tous les jours ok j'ai dormi en hôtel tous les jours et j'ai passé enfin ouais j'ai j'ai j'ai eu une moyenne roulée qui était très faible par rapport à ce que je peux faire d'habitude je suis parti vent de phase donc on en fait on on arrive aux hôtels très tard entre 2-3 heures du matin j'avais embarqué aussi un vidéaste Ben qui m'a suivi et du coup lui était très fatigué parce que dans la voiture je pense que c'est plus compliqué en fait de faire des sauts de puce de penser tiens faut que je le filme à tel endroit chercher l'endroit qui va être sympa à filmer l'endroit donc lui m'a dit en fin de la France qu'il avait failli s'endormir donc j'ai ralenti les étapes plus pour lui que pour moi moi j'étais fatigué c'est compliqué mais j'aurais pu continuer sur ce rythme de 300-315-320 km par jour mais lui enfin je ne pouvais pas continuer en me disant il allait peut-être avoir un accident de voiture donc le moment où il m'a dit ça j'ai dit ben là tu arrêtes tu vas tout de suite à l'hôtel tu dors et moi je te rejoins et on repart demain mais tu vois c'est pareil lui ça fait une aventure moi je suis arrivé il était en train de dérusher de travailler donc j'ai compris ce jour-là qu'on allait réduire les étapes parce que je n'allais pas le mettre en danger donc là j'ai fait tout en tout en hôtel sur une race cross France il y a des bases de vie et sinon je dors je dors vraiment à l'arrache je n'emmenais rien du tout et je me posais sur le bitume ou n'importe où à des moments où j'avais besoin de dormir mais donc tu avais quoi une couverture de survie ou un bivy quand même ? ah ouais rien ça m'est arrivé alors je l'ai regretté parce que j'ai eu froid mais ouais après c'est c'est aussi pour ça que l'ultra distance en mode course je ne suis pas sûr d'y retourner parce que comme je suis un excessif et que enfin moi je suis tu vois dans la vie on ne m'a jamais croisé et on ne m'a jamais essayé de me recruter pour être dans une équipe de vélo tu vois et par contre dans des bars on m'a déjà proposé plusieurs fois de rentrer dans une équipe de rugby mais je n'ai pas le corps pour aller faire du du vélo donc je dois jouer sur d'autres choses et du coup j'essaye de minimiser ce que j'emmène et encore je suis loin d'être celui qui emmène le moins mais mais du coup je pars avec pas grand chose on a les couvertures de survie je les ai de toute façon elles sont obligatoires mais je ne les ai jamais utilisées cette année je devais y retourner d'ailleurs je devrais être dessus et j'ai décidé de renoncer après la race cross Paris donc ça a été encore une année où je devais je devais faire des épreuves et ça a été compliqué je sais j'en ai une encore où je suis inscrit ça m'a coûté très cher ces courses mais du coup j'ai pris le départ de Paris et il y a eu un accident d'un concurrent et ça m'a rappelé mon incident à moi et c'est un peu compliqué mentalement d'y retourner mais ouais finalement je n'ai jamais fait vraiment de de de de voyage donc je ne sais pas me positionner par rapport à un voyage je pense que s'il fait beau mais bon sur trois jours est-ce que tu peux être sûr de dormir à la belle étoile c'est peut-être l'idéal emmener une tente c'est la sécurité s'il pleut à un moment c'est peut-être le mieux en même temps emmener une tente il y en a qui sont qui ne sont pas trop grosses mais et bon il y a des il y a des gens il y a des gens qui font ça tous les jours donc c'est possible mais ouais ça dépend les équipements qu'on a pour emmener mais mais j'avoue que ouais sur mes je me suis fait beaucoup aussi accueillir j'ai découvert le Warm Shower cette application qui m'a en relation des cyclistes qui accueillent pour la nuit et d'autres cyclistes qui voyagent et ça j'ai trouvé ça génial parce que parce qu'on a eu des échanges avec les personnes qui étaient incroyables tu vois moi j'étais hyper gêné de faire ça donc j'ai découvert ça cette année quand on a traversé la France avec Guillaume qui lui utilise ça et moi j'étais Warm Shower ça s'appelle ? ouais je connaissais pas c'est comme couchsurfing mais pour les cyclistes d'accord dans le principe c'est Warm Shower normalement je crois que ça a été initié pour plus pour que le voyageur puisse prendre une douche et qui voilà parce que que tes hygiènes c'est pas forcément le plus facile en fait dormir c'est pas le plus dur c'est peut-être de trouver pour se laver tout ça qui est le plus compliqué mais du coup elle mettait en relation des cyclistes voyageurs avec des passionnés ou des cyclistes qui accueillent et moi j'étais hyper gêné de ça parce que je pouvais pas le rendre en fait parce que je suis pas inscrit et je me disais que si un jour je fais ça il faut qu'au moins une fois j'ai accueilli une personne tu vois parce que ouais et on a été accueilli par la première personne et du coup on en a parlé avec lui et lui nous disait moi je fais un voyage chaque année il fait un voyage tout seul sans sa femme parce qu'il a besoin de ça et de se retrouver tout seul donc il part une semaine et dit moi jamais j'irai chez quelqu'un comme ça je pars pour voyager seul et je prends ma tente et je veux être tout seul et du coup il l'utilisera jamais en tant que personne qui va chez quelqu'un par contre il adore accueillir des gens chez lui et tu es accueilli d'une façon assez incroyable tu vois où les gens te disent bah demain nous on part au travail mais vous inquiétez pas on vous monte là c'est un truc automatique le garage vous prenez vos vélos vous appuyez sur le bouton le garage se ferme et vous partez ils ne connaissent pas ils ont une confiance et c'est vrai que ouais ça m'a ça m'a assez bouleversé et c'est assez incroyable à faire je sais pas c'est c'est alors je sais pas c'est peut-être un peu extrême enfin extrême un peu grossir le trait ce que je veux dire mais je trouve que c'est rassurant et ça donne de l'espoir tu vois de voir que ça existe genre de tu vois au delà de l'application qu'il y a des gens qui sont prêts en France aujourd'hui où on a plutôt des discours tu vois pessimistes sur les gens qui roulent n'importe comment qui percutent des cyclistes et qui s'échappent bah c'est cool de voir que bah non en fait il y a aussi des gens qui sont prêts à t'accueillir qui te font confiance qui te laissent chez eux en allant travailler qui demandent rien en retour c'est génial ouais ouais c'est vraiment moi ça m'a vraiment bouleversé parce que justement je suis peut-être le français de base à la con qui voit plus les mauvais côtés et l'impression qu'il n'y a pas de enfin avec tout ce que j'ai subi le nombre de fois on s'est servi de moi le nombre de fois on m'a volé le nombre de fois où on m'a écrasé pour pouvoir prendre une place au-dessus le nombre de fois où j'ai du mal à percevoir et je le sais qu'il y a des gens bien mais mais les gens qui font du mal le font tellement bien et tellement durement qu'on en oublie que en fait c'est une partie infime de la société et qu'autour de ça il y a plein de gens hyper généreux et et ouais ça m'a je trouve que c'est bien de voyager et de dormir dans sa tente de son côté mais faire ça et aller chez des gens qui sont contents de t'accueillir et avec qui tu vas avoir un échange et d'ailleurs dans le voyage très rapidement quand j'ai voyagé moi je pensais à la destination j'ai eu la chance d'aller en Amérique du Sud j'ai eu la chance d'aller en Inde j'ai eu la chance d'aller en Jordanie j'ai fait l'Egypte j'ai fait plein plein de pays et j'ai été devant des endroits magnifiques d'ailleurs le premier voyage que j'ai fait en Inde avec mon père du coup je l'ai fait avec lui mais pas pour voyager avec lui lui était commercial je voyageais avec lui et je dormais dans son hôtel donc moi j'avais pas de frais à part manger et du coup je passais la journée seul à visiter et je me suis retrouvé dans cet endroit incroyable qui est l'endroit où a vécu Mère Thérésa et je suis là dans le parc face à ça et je trouve ça incroyable et je ressens des émotions pas forcément parce que le lieu est très beau mais par rapport à ce qui a pu s'y passer la générosité qu'il y a eu dans ces lieux et je parle à haute voix en me retournant et là je me rends compte que je suis tout seul et qu'en fait et qu'en fait ça n'a pas de sens en fait de ne pas partager de vivre les choses tout seul enfin pour moi ça n'a pas de sens et je me suis trouvé très seul je suis passé de ce moment où je trouvais ça incroyable et j'avais de la chance d'être là à me dire ouais je suis seul et je ne peux pas le partager et c'est dommage et voilà je pense que c'est ça la vraie richesse du voyage plus que de la découverte il y a de la découverte et c'est magnifique quand tu es en vélo et que tu vois des choses incroyables et que tu vois des animaux et que tu vois des enfin il y a tout plein de choses à regarder mais le faire à plusieurs et pouvoir en discuter rencontrer des gens et pouvoir partager et parler de leur vision et de la nôtre et d'en construire peut-être une autre vision qui sera peut-être elle plus proche de la réalité et bien le voyage il est vraiment là et du coup ouais c'est génial après moi j'ai vraiment du mal je ne sais pas si tout seul j'arriverai encore à aller chez des gens après là j'ai fait un petit voyage et j'ai été accueilli pareil par des gens c'est un ancien concurrent contre moi que j'ai vu une fois sur une épreuve et ils m'ont dit attends tu passes dans la région tu viens dormir à la maison et même tu vois j'ai fait ce voyage quand je me suis arrêté je ne devais m'arrêter pas longtemps parce que je le faisais un peu en mode ultra et je voulais repartir en fait j'ai passé la nuit parce que tu es bien accueilli on te sert à manger et les gens disent bon bah du coup tu repars comme prévu et ils voulaient que je reste dormir et je me suis dit attends mais en fait j'ai juste envie de passer la soirée avec eux donc j'ai passé la soirée avec eux et je suis resté et je pense que je pense que c'est ça le plus beau dans le voyage le voyage en lui-même est magnifique et je suis content d'avoir vu plein de choses mais mais si en fait je ne peux pas le partager ça ça n'a pas de sens et le plus beau des partages c'est quand même la rencontre ouais ah là là c'est une vraie invitation au voyage tout ça mais ouais écoute franchement ça me fait réfléchir à pas mal de choses tout ce que tu viens de dire sur l'accueil Wormshore enfin Wormshore parce que je ne connais pas je ne sais pas s'il y a des équivalents mais tu vois sur le fait de finalement est-ce que l'aventure ce n'est pas aussi la rencontre de voyageurs c'est-à-dire est-ce que tu vois ces gens qui t'ont accueilli visiblement vous avez passé de super moments ensemble est-ce que ça n'a pas été aussi un moyen pour eux enfin un moyen une occasion pour eux de partir en voyage en écoutant tes récits tu vois en vivant un peu quelque part une partie de l'aventure avec toi en fait c'est exactement pour un soir c'est exactement leur discours sur le premier qu'on a fait c'était exactement son discours il disait voilà et puis du coup il nous a raconté des histoires d'aventure il nous a raconté nous on a accueilli deux allemands ils sont partis d'Allemagne et ils vont jusqu'au sud de l'Espagne et voilà on les a accueillis pour la nuit et du coup ils avaient accueilli l'année d'avant un gros voyage où ils faisaient un tour du monde du coup ils ont sorti un livre ils nous ont montré le livre parce que les gens leur ont envoyé le livre et ouais pour eux c'était une façon de voyager je pense que c'est une façon d'aider aussi ils sont contents d'aider le voyageur à avoir un voyage un peu plus serein mais tout de suite il y a de l'échange et tout de suite ça parle de vélo et tout de suite ça parle de voyage et moi qui avais cette appréhension de me dire on va déranger et je lui ai dit en fait à cette personne là elle me dit mais non mais en fait tu nous nourris aussi de ça et qu'en fait c'est un choix on n'est pas obligé donc si on le fait c'est qu'on a envie et si on le fait c'est que ça nous apporte aussi mais tu vois en arriver là-bas normalement je pense dans le principe originel de cette c'est vraiment fournir un coin d'eau mais ça peut être un tuyau dehors juste pour pouvoir se rincer du coup ça a dévié dans les gens l'accueillent mais là ils nous ont tous nourris en fait et les gens là ils nous avaient préparé des choses à l'avance eux avaient mangé parce qu'ils mangeaient tôt mettez-vous à table ils nous ont servi enfin on était mieux accueillis que si on était dans un restaurant demain tu vas repartir si vous voulez des choses non moi j'étais hyper mal à l'aise en fait de ça mais peut-être que s'ils auraient encore préféré que je dise oui je veux bien prendre part de brioche pour demain et partir avec parce qu'ils ont l'impression peut-être d'avoir aidé d'aider à ce voyage et ouais c'est pareil ouais ça c'est des pensées un peu limitantes de se dire on va plus se gêner qu'autre chose mais ouais en racontant ça je me dis j'ai la joie de me dire que ça a apporté aussi quelque chose chez eux et ouais je trouve ça beau ouais en termes de pensées limitantes avant que j'oublie j'ouvre une petite parenthèse mais tu parlais du gabarit t'as pas forcément un gabarit de cyclisme mais plutôt de rugbyman moi c'est un truc avec lequel je me bats avec moi-même aussi depuis un moment parce que j'ai fait du judo donc et puis dans des catégories plutôt lourdes tu vois si je fais pas gaffe je suis très très proche de la barre des 100 kilos voire un peu au-dessus donc pas du tout un profil de trailer ou d'athlète endurance que ce que j'essaie de faire plutôt aujourd'hui tu vois comme activité et je suis tombé sur l'histoire j'en ai parlé dans quelques épisodes de podcast déjà de David Goggins qui est un américain qui doit avoir je sais pas peut-être 45-50 ans maintenant et qui a une histoire enfin je sais pas si tu le connais mais vraiment super inspirante enfance très très très compliqué avec un père violent il a vécu du coup seul avec sa mère c'est un américain un afro-américain ça a été le 36ème je crois afro-américain à réussir l'examen des Navy SEALs donc les forces spéciales américaines on va dire plutôt même le haut du panier des forces spéciales américaines et il a je crois que la première fois qu'il a présenté l'examen il faisait 300 pounds donc ça fait 300 pounds 300 attends j'ai un 300 c'est quoi c'est des livres des parents n'importe quoi 300 livres donc ça fait 150 kilos si je dis pas de bêtises bref il était clairement en surpoids et donc il a perdu pas mal de poids et il fait il s'est mis à faire dans les années 2005-2006 de l'ultra trail en pesant entre 90 et 100 kilos tu vois spontanément tu dis bon des ultras aux US ils ont beaucoup de 100 miles en fait donc ça fait 160 kilomètres avec du dénivelé généralement tu dis bon pas sûr qu'il arrive tu penses pas tout de suite au fait qu'il fasse des chronos sur ce type de course et bien il est systématiquement ou quasiment tout le temps dans le top 10 top 5 voire vainqueur si tu regardes ses résultats ne serait-ce que sur le UTMB World toutes les courses qui sont listées là-dessus il a des résultats de fou tu vois en pesant entre 90 et 100 kilos face à des gars qui en font peut-être 60 tu vois donc son histoire moi ça m'a un peu fait sauter un verrou sur l'aspect physiologique tu vois en me disant je suis pas du tout à ma place d'un point de vue physiologique dans ce que je fais mais bon tant pis tu vois donc jamais je pourrais faire de super chrono c'est peut-être pas forcément derrière ce que je vise et puis tu as l'histoire de ce mec qui fait selon comment il s'entraîne qui fait quasiment 100 kilos et qui te tape des 25 heures sur du 160 kilomètres avec presque une mètre de dénivelé tu vois là tu dis ah ouais ok d'accord bon bah en fait en fait il n'y a pas de sujet sur le physiologique en tout cas pas autant que ce que je pensais ouais ouais c'est vrai ouais après toi dans la race cross France quand l'année dernière je suis bien placé et que j'arrive dans le télégraphe avec Eric et Joachim qui doivent faire je sais pas 60 kilos et que toi t'en fais 85 et bien quand tu montres un col il y a bon dire mais en fait il faudrait que je développe 50% de watts en plus que pour la même vitesse mais effectivement il y a peut-être il y a il y a une force aussi physique il y a une force il y a le mental qui joue tellement en ultra que ça rentre ça rentre en compte peut-être aussi que dans les descentes le fait d'être plus lourd d'être plus stabilisé peut-être que ça l'aide mais moi je respecte encore plus parce que j'ai voulu me lancer un défi comme ça comme moi je me dis que tout est possible je me suis dit tiens je vais aller partir parcourir le GR1 j'avais une semaine pour le faire ça faisait 60-70 kilomètres de marche à pied tous les jours et qu'au bout d'un jour j'ai abandonné parce que mes pieds ils étaient dans un état pas possible et que j'ai perdu la sensibilité au niveau d'un pied pendant là je ne l'ai pas retrouvé encore ça fait plus de deux semaines donc ouais c'est juste ce côté là je pense que il faut être bien entraîné il faut avoir entraîné son corps pour que les pieds ils assument ce poids là mais mais ouais pour moi c'est impressionnant ouais parce que je n'ai pas l'habitude et que j'aimerais marcher plus et que j'aimerais courir mais à chaque fois que je cours je me crée une blessure au mollet donc j'ai arrêté il y a quelques années mais mais peut-être que je et peut-être c'est pas peut-être c'est sûr je cours pas bien parce que j'ai pas eu l'habitude et que je dois je dois faire des chocs qui sont qui sont pas bons et que techniquement il y a beaucoup de choses à faire mais ouais le rien n'est une limite on voit des gens qui sont en surpoids énorme et qui et qui finissent des choses comme des Ironman donc rien n'est limitant mais moi je disais que c'était un peu limitant dans la voilà l'année dernière j'étais en j'étais en quatrième position avec le troisième qui lui était parti 20 minutes après moi donc il avait 20 minutes d'avance sur moi à 500 km de l'arrivée et voilà pour aller chercher une place sur une course ultra avec mon poids ça va être compliqué je pense

Loïc ouais

Vincent après je j'avais perdu du poids en fait j'étais j'étais reconditionné pour aller essayer de performer cette année donc donc j'ai fini le j'ai perdu 6 ou 7 kilos en début d'année et puis là il y a eu un moment après la race cross Paris où ça s'est mal passé ben là en deux mois je les ai repris en fait j'arrête pas de de manger je repars dans mes travers donc c'est plus dans ouais c'est plus dans la performance mais effectivement si lui il arrive à performer je pense en course à pied c'est d'autant plus difficile parce qu'il y a il y a ces chocs et que forcément si tu fais du poids ben le choc sur les articulations la pression sur les pieds elle est plus importante donc c'est peut-être encore plus un frein que dans le vélo ou dans le vélo t'es quand même sur un sport porté

Loïc ouais

Vincent donc sur le plat ça te enfin ça ça influe pas tant que ça et par contre ouais dans les côtes dès qu'il y a du pourcentage là ça commence à être un peu plus compliqué ouais c'est sûr c'est aussi pour ça que sur les épreuves tu pars aussi le plus léger possible parce que parce que pour franchir des cols comme l'Isran quand tu fais 40 km de montée ben t'es content d'avoir même je ne serais qu'un kilo en moins même si tu sais que sur ton propre corps tu pourrais gagner 10 kilos parce que tu es tu es loin d'être le zuel et que du coup c'est un peu ridicule mais ouais le jour du départ tu te dis quand même bon bah ça si j'en ai pas besoin autant pas l'emmener ouais yes tu parlais d'une anecdote un peu plus tôt sur qui a eu lieu visiblement sur le projet retour aux sources tu peux nous en dire plus oh la mince c'était laquelle euh retour aux sources je sais que j'ai parlé ouais on parlait je crois de c'était au moment où on parlait de des gens qui t'envoyaient des messages en te disant que c'était assez inspirant de voir ce que oui exactement ah merci ok c'est ça ouais je en fait pour moi c'était c'est difficile ce que j'ai fait j'étais quand même dans la douleur et c'est pas si facile que ça d'avoir fait les 3000 kilomètres euh mais euh je partage énormément parce que comme je te dis il y a il y a ce premier voyage en Inde qui m'a fait euh comprendre que le que l'échange et le partage c'était vraiment ça qui m'animait et qu'en fait je peux être dans le plus beau des endroits si je peux pas le partager ça n'a pas de sens pour moi euh du coup je partage énormément euh pendant que je je roule euh et euh je sais plus à quel moment euh je crois que Ben était plus là euh donc il a dû faire demi-tour au tout début de l'Espagne donc c'était peut-être en Espagne et je me suis dit mince en fait ça agace peut-être les gens qu'on est en janvier et c'est le moment où tu reprends t'as passé les fêtes t'es obligé de retourner au travail il fait pas beau dehors euh moi je me retrouve en Espagne il faisait chaud j'étais en Cuissard-Cours et Maillocours j'avais de la chance je montrais des beaux paysages je faisais ce que je voulais faire et et pour moi il y avait pas de contraintes et j'étais juste content de faire ça et je me suis dit putain c'est peut-être pas cool pour les gens qui eux sont enfin comme moi je suis pas bien dans mon travail qui sont peut-être dans la même situation qui sont au travail et qui ont pas envie d'y être et qui voient un guignol leur montrer tout plein de belles choses et que et qu'ils doivent se dire mais c'est qui ce connard quoi à nous faire chier avec ces trucs et en même temps l'avantage des réseaux c'est qu'ils sont pas obligés de regarder donc normalement je devrais pas me regarder mais c'est leur choix mais ça me voilà ça m'embêtait de pouvoir embêter des gens et du coup j'ai voulu ralentir le nombre de stories parce que j'en fais énormément et j'ai envoyé un message en story en me demandant justement si si ça embêtait pas les gens que je fasse ça et en général quand je fais ça il y a au moins une personne qui rebondit là-dessus pour pour t'achever pour te dire que c'est n'importe quoi ce que tu fais et tout ça et là j'en ai eu aucun et et tout le monde me disait non non continue justement ça nous aide c'est top de voir des choses et que ça nous sorte de notre quotidien et il y a une personne en particulier qui m'écrit et qui me dit tu sais je vais pas te dire ce que tu dois faire mais je vais te raconter une histoire et ça va ça va venir et dans dans ses proches il y avait quelqu'un qui était malade et et et la première chose qu'elle faisait tous les matins c'était regarder Bestory et et et ouais de se dire que que ça peut voilà cette personne là elle peut pas bouger elle est dans cette maladie je sais pas si si ça peut guérir si ça peut pas guérir je sais pas où elle en est je sais pas qui c'est je mais et voilà je suis parti 13 jours et et pendant 13 jours elle a suivi ça et et juste pour ça ça valait le coup de le faire en fait et j'ai trouvé ça un peu bête de me de me mettre des freins aussi à ce moment là et de me dire que que j'allais peut-être embêter les gens et et finalement on s'en fout en fait si on embête une, deux, trois personnes, dix même sans que j'ai envie de te dire si s'il y avait que cette personne là qui ça a servi et ben et ben ça ça a du sens de continuer à le faire et et et voilà ouais le ça m'a juste montré que qu'il y a toujours de vision des choses quand on parle du verre à moitié plein du verre à moitié vide à ce moment là je me suis dit peut-être que ça peut choquer des gens et et et et j'ai pas pensé que peut-être ça pouvait aider des gens et et voilà ouais c'est j'espère que cette personne va bien et je leur ai apporté ce c'est pas grand chose mais mais voilà du coup j'ai continué et et et ça a aussi donné du sens aussi à ce que je faisais même si j'en avais pas besoin à ce moment là mais mais ouais ça m'a j'ai tendance des fois à oublier ces moments là pour penser plus à des trucs négatifs des trucs qui me font dire que j'ai j'ai pas ma place à faire ça ou c'est pas bien de faire ceci ou faire cela et et ce serait bien que je pense un peu plus à tous ces moments là et ouais voilà c'était ça l'anecdote et ça m'a ça a changé la fin du voyage aussi ou plus jamais je me suis reposé la question si ça avait un intérêt de de partager et je pense même que si à ce moment là j'avais reçu des messages hyper négatifs de gens très agressifs comme j'ai pu recevoir sur les réseaux ça m'aurait même pas touché en fait parce que ouais parce que en fait j'en ai rien à foutre attaque moi tant que tu veux si si ça peut j'ai même pas envie d'y aider si ça peut sortir une personne de son quotidien qui n'a pas la chance de pouvoir faire ce que je fais en fait j'ai pas à me sentir pas bien de le faire mais je dois me sentir bien de le faire et de lui apporter ça c'est une super anecdote alors je mettrai un lien en vidéo en description vers une vidéo à laquelle tu me fais penser du coup d'un gars qui s'appelle Drew Dudley qui est un américain et qui parle en fait qui donc c'est assez court c'est 6 minutes je la mettrai en français qui parle de la vidéo s'appelle le leadership de tous les jours et en fait ça parle de de la manière en fait de l'impact qu'on peut avoir à travers nos comportements de manière complètement inconsciente involontaire en tout cas sur autrui et il donne un exemple donc lui il était il s'occupait de l'accueil de certains étudiants enfin des étudiants dans les universités américaines et il raconte l'histoire d'une femme avec qui il a interagi lors de son premier jour à l'université lui il a aucun souvenir en fait et en fait cette femme l'a retrouvée quelques années plus tard et lui a dit qu'elle était morte de peur que c'était la première fois qu'elle quittait le foyer familial en arrivant pour arriver dans cette université qu'elle ne connaissait pas les codes elle pensait qu'elle allait être jugée etc et en fait la première personne sur laquelle elle tombe c'est ce gars c'est Drew Dudley qui voilà je ne vais pas tout raconter mais qui qui est plutôt quelqu'un d'extraverti optimiste machin et qui a une interaction avec elle qui en fait l'a complètement fait changer de enfin qui a fait sauter toutes ses peurs en fait et elle le remercie des années plus tard en lui disant mais tu t'en rappelles sans doute même pas ce qui est le cas il n'a aucun souvenir mais tu as changé ma nouvelle vie d'adulte ce jour-là en étant toi-même juste en faisant ce que tu fais habituellement et je trouve qu'en fait ce témoignage comme le tien tu vois c'est absolument génial parce que bah oui on a tendance forcément à plutôt entendre les gens négatifs ceux qui s'expriment tu vois très ouvertement sur les trucs que tu ne fais pas bien etc mais en fait très souvent on n'entend pas toutes celles et ceux sur qui simplement en étant nous-mêmes on peut déjà avoir un petit impact ou on peut les faire rêver ou sortir sortir d'un quotidien difficile donc ouais un fabuleux témoignage ouais ouais je suis totalement d'accord avec lui je pense qu'il y en a beaucoup de choses comme ça dans la journée de tout à chacun pas que de la mienne ou pas que de la tienne mais de tout le monde et on n'en a pas forcément écho parce que parce que aussi on a une tendance à ne pas dire les choses bien finalement dans la vie on ne va pas tiens on voit quelqu'un qui fait quelque chose de bien on va le suivre on va regarder on ne va pas forcément lui dire et par contre les gens mais les gens qui viennent te détruire pour te détruire mais enfin moi j'ai eu des discussions avec des gens je ne sais même pas pourquoi je passe du temps à parler avec ces gens-là mais ils se nourrissent juste d'essayer de détruire quelqu'un et tout leur argumentaire en plus est complètement irrationnel complètement et du coup eux ils prennent énormément de place parce que eux c'est leur vie d'essayer de détruire les autres pour essayer de remonter la leur qui est certainement pas terrible et du coup de voir qu'il y a des gens qui réussissent et moi je suis tellement dans l'opposé en fait je vois quelqu'un qui réussit quelque chose et bien je me dis c'est génial et j'ai envie de réussir et il y a des gens ils prennent de la place parce qu'ils ont une voix ils ont une agressivité qui fait que ça te marque en fait et eux quand ils voient une réussite et bien ils voient leur échec à eux et du coup on veut de réussir de ça et j'ai beau le savoir et bien des fois ça impacte et leur voix en fait elle est là en fait eux ils s'expriment et ils le font pour leur enfin de faire du mal aux autres ça leur fait du bien donc ils le font pour aller bien et en fait même moi je regarde des choses et je me dis putain lui c'est hyper cool ce qu'il fait c'est hyper bien je me le dis et je vais pas forcément lui dire et tu vois je suis bête en fait il faudrait que je je prenne plus de temps et ça m'arrive des fois j'ai des échanges alors j'ai du mal à aller vers les gens en fait quand il y a des gens qui viennent m'écrire et sur ce que je fais je regarde après ce qu'ils font et je leur dis moi que je trouve ça bien ce qu'ils font ou des choses comme ça mais je veux pas naturellement le faire parce que j'ai cette impression de gêner de pas être à ma place tout le temps mais je trouve que c'est dommage en fait ça c'est une chose que j'aimerais changer tu vois et on devrait passer plus de temps à dire enfin bon après tous les gens qui veulent passer du temps à dire des choses bien ils passent pas de temps à dire des choses mauvaises comme comme les ces personnes là qui sont qui sont pas très intéressantes mais ouais tout ce qu'on fait ça a un impact autour de nous en fait que ce soit positif ou négatif et c'est vrai qu'on s'en rend pas bien compte et que ouais ça doit être une vidéo qui est hyper intéressante et qui doit être hyper inspirante

Loïc je te l'enverrai

Vincent je te l'enverrai

Loïc yes

Vincent ok en ce moment au moment où on enregistre du coup il y a la Race Across France ils sont plein dedans donc là on est on est le 26 26 juin ton projet retour aux sources donc c'était en début d'année c'était là janvier 2023 janvier 2023 oui est-ce que donc là t'expliquais que voilà professionnellement il va très certainement il va y avoir du changement même d'un point de vue enfin en fait j'ai l'impression à tous les niveaux puisque professionnellement tu t'apprêtes à démissionner la maison est vendue donc tu vas bouger tu vas changer de région il y a un nouveau départ qui arrive là j'ai l'impression non ? ouais ouais il y a en fait c'est quelque chose que je je suis plus du tout en en en adéquation avec comment fonctionne l'entreprise dans laquelle je travaille et et j'ai même fait un burn-out en fait là je suis en arrêt de travail donc je suis en train de voir pour arrêter tout ça parce que j'ai essayé de revenir mais en fait je peux plus travailler pour des gens comme eux donc ouais il y a mais en fait avant le burn-out déjà il y a trois ans déjà je me suis dit qu'il fallait que je fasse autre chose et je voyais des aventuriers professionnels et que je me disais c'est peut-être ça ma voie donc donc j'ai commencé à mettre de l'argent de côté à essayer de voir ce que je pouvais faire là-dedans mais j'ai d'autres d'autres choses même si l'aventure en soi finalement un aventurier professionnel c'est quoi son métier je pense c'est de c'est de montrer c'est de communiquer c'est de c'est d'inspirer et que c'est ça qui m'appelle j'ai j'ai j'ai envie aujourd'hui de peut-être de faire plus de vidéos peut-être de construire quelque chose sur sur inspirer à faire du vélo plus au quotidien de s'aventurer donc je suis en train d'essayer d'un peu structurer ça mais bon quand tu si tu veux prendre un business model ça va être compliqué de le de l'expliquer d'en sortir un un un financement mais voilà j'ai cette possibilité de ça dépendait aussi de la vente de la maison donc la vente de la maison je l'ai mis en vente il y a deux ans et ça partait pas et là j'ai fait un gros effort financier dessus du coup elle est partie donc donc je vais louer encore dans ma région le temps de de trouver ce que je vais faire mais ouais c'est quasiment acté que je vais démissionner donc ouais tout va changer ma pratique aussi je pense qu'elle va évoluer je sais pas si je reviendrai sur des courses ultra j'ai j'ai la race cross suisse où je suis inscrit moi elle a lieu je sais plus je crois que c'est le 13 juillet et la date de signature définitive chez le notaire région parisienne est pour l'instant le 12 juillet donc ah ouais je sais pas que je y aille ce qui s'est passé c'est comme j'ai expliqué j'ai chuté l'an dernier donc j'étais j'étais bien placé sur un race cross france j'ai chuté je suis passé 12 heures 12 heures aux urgences enfin j'ai passé une grosse je me suis arrêté pendant 12 heures il y a eu des urgences je suis sorti des urgences avec un arrachement osseux au niveau du doigt donc je pouvais faire du vélo mais j'étais plus dans la course j'étais environ 15ème à ce moment là alors que j'étais 4ème quand j'ai chuté je me dis bon bah moi ça a plus de sens c'est une course enfin voilà ça a plus de sens de continuer je suis sorti il y a eu un orage comme j'en ai rarement vu je me suis dit bon bah vas-y pose toi le temps de l'orage du coup j'ai regardé l'orage tombé je me suis dit bon bah là qu'est-ce que tu fais si tu abandonnes il faut que tu ailles chercher un train il faut que tu ailles à l'arrivée pour récupérer tes affaires attends mais prendre un train pour aller à l'arrivée alors que je suis capable de pédaler autant y aller en vélo y aller en vélo sans prendre le circuit ça me faisait gagner un peu mais pas tant que ça ça me faisait éviter le Mont Ventoux quand même mais bon très vite j'ai compris que j'allais y retourner donc je suis reparti je suis reparti d'ailleurs c'est ma plus belle expérience dans la race cross France elle s'est passée sur ces 400 derniers kilomètres où il n'y avait plus de notion de course où j'ai été vers les gens où je me suis retrouvé dans des pelotons enfin des pelotons j'ai vu des gens passer qui faisaient des distances plus courtes qui étaient en difficulté je les ai aidés à des fois me mettre dans des situations un peu compliquées mais j'ai aidé des gens des concurrents il y avait d'ailleurs ça aussi c'était une belle anecdote parce que je reviens sur une personne et je vois je lui demande son âge et de mémoire je ne me rappelle plus très bien mais elle avait 70 ans ah ouais je crois qu'elle faisait le 500 km elle me disait je vais abandonner je vais abandonner on croise une personne sur le bas de la route qui nous encourage c'est beau là race cross France il y a toujours des gens pour nous encourager du coup je reste avec lui dans le col parce que je ne veux pas qu'il abandonne et du coup on revoit cette personne là c'est une femme qui nous réencourage je lui dis mais cette personne là elle vous suit elle me dit oui oui c'est ma femme je lui dis oui mais c'est normal vous êtes dans le dur et il y a une voiture qui tous les 5 km vous pouvez vous arrêter et monter dedans donc mentalement c'est compliqué quoi et du coup je reste avec lui et puis on rejoint un jeune d'une vingtaine d'années je lui dis mais attendez regardez vous êtes en train de rattraper un jeune il fait ah ouais ouais c'est bon là le moral est revenu le moral est revenu et du coup comme on rattrape le jeune je lui dis je vous laisse avec lui restez avec lui ça va vous faire du bien et l'arrivée elle était pas si loin que ça il nous restait 150 km et du coup moi je suis reparti et du coup j'ai vu comme je sais que c'est sa femme je lui dis c'est bon il est remotivé elle me dit oui oui oui j'ai vu ça j'ai vu ça et du coup je l'ai revu alors je l'ai pas vu à l'arrivée cette personne là mais je suis reparti après de Mandelieu et la première station service on s'est arrêté pour faire le plein et il était là avec sa femme et du coup on a rediscuté à ce moment là et du coup il a fini et je pense que si j'étais pas alors peut-être que quelqu'un d'autre aurait fait le travail peut-être que sa femme aurait réussi à le remotiver mais quand on est dans le dur dans une distance longue quand on a la porte de sortie qui est juste là il est difficile de continuer quoi donc j'étais hyper satisfait de cette course pour ça j'ai vu un gars après qui marchait qui marchait sur le côté de son vélo et c'était une des pour moi sur le Garmin c'était la dernière côte et il restait Garmin me disait il reste 200 mètres et je m'arrête je lui dis ça va il me dit j'ai le genou en vrac en fait mais j'abandonnerai pas c'est pas grave je vais en haut et puis après j'aurai plus qu'à descendre je lui dis attends je vais pas te laisser comme ça je fais demi-tour et je prends un peu de vitesse et je te pousse il reste 200 mètres je te pousse sur les 200 mètres et t'auras plus qu'à descendre et du coup je fais ça alors bon là je suis à je sais combien j'ai 2300 kilomètres de course derrière et quand je commence à le pousser au bout de la première seconde je comprends les grosses erreurs et j'ai très très mal au cuisse mais je me dis attends je peux pas le laisser comme ça je le pousse je le pousse mais je le pousse que sur 50 mètres 60 au bout de 60 je le pousse de mes mains de toutes les forces en lui disant je peux pas aller plus loin mais ça t'auras fait déjà avancer de tout ça et du coup du coup après je rediscute un petit peu avec lui et je le laisse et d'ailleurs c'est cadeau Garmin la montée continuait encore 500 ou 600 mètres après ah punaise l'horreur moi je pensais l'avoir approché bon je l'ai approché un petit peu mais pas autant que j'aurais pensé et ouais il y a eu ça il y a eu le donc moi je suis tombé parce que comme je t'ai dit moi j'ai très honte de ça parce que en fait c'était ma limite quand j'ai commencé l'ultra distance j'entendais beaucoup de gens satisfaire de dire moi je suis endormi sur le vélo et je l'ai trouvé tellement ridicule et des gens qui faisaient des places et je me suis dit mais moi jamais je ferais ça et je me suis endormi sur le vélo et je suis tombé je suis tombé sans me faire de mal en fait je me suis assoupi je pense je me suis pas totalement endormi et du coup je me suis réveillé je sentais le vélo qui tremblait et du coup j'étais passé sur le bas côté et il y avait un petit dévers mais c'était en herbe et du coup je savais que là de toute façon j'allais dedans et je me suis dit bon bah c'est bon je vais dedans je me pose tranquillement dans l'herbe j'aurais pas mal de toute façon j'ai laissé aller et sauf qu'il y avait un bloc béton dans ce truc là parce qu'il y avait un gros tuyau qui faisait passer l'eau de la gauche de la route à la droite pour faire continuer son trajet du coup j'ai tapé dans le bloc béton j'ai fait un salto avant et j'ai réceptionné sur la tête sur le deuxième bloc béton il y avait l'entrée et la sortie de ce truc donc là je me suis dit ah ouais quand même j'ai été trop loin et à la sortie de l'hôpital je me suis dit l'ultra distance c'est fini pour moi c'est pour ça que je pensais pas repartir au début finalement j'ai fini et quand j'ai décidé de repartir je crève en plus en bas ah ouais c'est pareil je crève en bas du Mont Ventoux à 21h je crois donc les magasins sont fermés je sors ma chambre à air et avant le départ j'avais vu que j'avais deux longueurs de valve je fais attention de prendre les bonnes longueurs de valve et maintenant j'ai pas bien fait attention parce que j'ai pris les mauvaises et du coup je mets dedans et je peux pas la gonfler elle sort pas assez j'essaye de réparer avec mes rustines mais bon les rustines que j'ai sont trop vieilles ça tient pas ça marche pas du coup je suis en bas du Mont Ventoux il est 21h je me dis bon ben où je reste ici j'attends le shop qui ouvre demain je suis pas fatigué j'ai pas envie de dormir je lui dis ben tant pis j'y vais à pied je monte à pied le Mont Ventoux et je redescends et demain ce sera ouvert le temps que j'arrive en fait à pied et là il y a quelqu'un qui arrive et qui faisait du vélo et qui me dit tu as un problème et en fait il avait fait la race cross France et il avait été mis hors course parce qu'il avait pas été assez rapide et lui il avait des chambres à air du coup il m'en a prêté une je répare je repare et j'arrive quasiment 23h30 à 1 km non 2 km 1,5 km du sommet et là je vois quelqu'un qui fait des zigzags devant moi je me dis oh putain le mec il est en train de s'endormir si lui il descend il va tomber comme moi et c'est pas possible je peux pas laisser faire ça du coup j'accélère je reviens sur lui et en fait il était au téléphone et il raccroche très énervé il me dit ouais c'est ma femme en fait lui avait une maison en bas du Mont Ventoux il devait s'y arrêter pour dormir il faisait le 500 km et finir le lendemain ils me disent ouais ils ont trop peur parce qu'il y a eu un grave accident l'an dernier du coup ils avaient peur qu'il lui arrive quelque chose et il était très énervé contre elle il me dit ouais si je m'arrête elles vont me forcer à rester elles vont me forcer à rester moi je veux aller au bout moi je veux aller au bout du coup je suis monté avec lui puis après il était tellement énervé qu'il n'arrivait plus à pédaler donc on a fait le dernier km à pied ah ouais quand même ouais j'ai marché à côté de lui à le faire redescendre puis après ça s'est calmé en haut il était content on a entamé la descente ensemble et bon après ça allait mieux il est parti dormir dormir et voilà ça fait 400 km et j'ai rencontré ces gens là donc cette personne dans le truc la personne 70 ans qui a fini cette personne qui avait mal au genou que j'ai poussé une personne qui était un peu moi je me suis arrêté pour manger alors je m'arrête très rarement sur les courses pour manger mais là je m'étais arrêté pendant hyper longtemps j'en avais acheté pour un régiment je ne sais pas pourquoi je ne pouvais pas l'emmener sur le vélo du coup j'étais assis sur une petite table je vois un gars passer je l'arrête je lui dis vas-y mange j'ai acheté trop de trucs du coup il repartait après je l'ai rejoint lui je l'ai aidé parce qu'il voulait rejoindre quelqu'un devant il n'y arrivait pas du coup je l'ai ramené dessus et du coup j'ai eu ces 4-5 échanges 100 kilomètres de course qui ont été plus intenses et qui m'ont fait comprendre aussi que que finalement si je rentre dans une course je vais être dans la compétition et que en fait ce qui me motive c'est l'échange c'est pas la motivation et du coup je ne suis pas vraiment à l'endroit où je suis et en même temps je sais que je ne peux pas prendre le départ d'une course en me disant je vais être finisher en fait je ne sais pas si je n'y arriverai pas donc je sais que si je repars en course je vais repartir à essayer de dormir pas beaucoup et essayer de me remettre en danger et que du coup ça n'a pas de sens et c'est pour ça que je ne sais pas si je reviendrai je pense parce que j'ai vu la Transamerica cette année et du coup ça me donne envie d'aller la faire l'an prochain donc donc rien n'est acté encore quand même la Transamerica rien à voir avec la Transdivide ou la Tourdivide ouais il y a la Divide aux Etats-Unis qui part du Canada et qui arrive au Mexique avec la 24ème place de Steven qui a fait une remontée dessous et non la Transam c'est l'équivalent un peu mais sur route mais par contre ça part à peu près de Seattle et ça arrive à Washington donc on traverse que les Etats-Unis et d'ouest en est un peu comme la Race Cross America qui elle se fait que avec assistance et qui part plutôt de San Diego ou de Los Angeles là-bas et qui arrive donc c'est un trajet qui est un peu similaire mais qui est plus au nord d'accord ok qui fait 6500 ou 6900 kilomètres ouais c'est ce que tu viens d'expliquer sur tu vois ton rapport aux courses à la recherche de performance etc et potentiellement les dérives qu'il peut y avoir ça me fait penser à une conversation que j'ai eu avec Caroline Prigent tu sais qui organise la Poco Loco oui et c'était un peu d'ailleurs quand on échangeait sur la Poco Loco donc il y a une course soit route soit gravel sur des distances qui sont pour le moment en tout cas bien plus courtes qu'une Race Cross France je crois que le plus long ça doit faire 700 si je dis pas de bêtises 700 kilomètres non il y avait plus long parce que moi j'étais un truc sur la plus longue ouais ouais 1200 ouais c'était un truc comme ça je me rappelle même plus j'ai pas pu la faire parce que je devais faire la première entre Montpellier et Barcelone mais j'ai eu le Covid deux jours avant ok mais en tout cas elle leur philosophie parce qu'ils sont deux cofondateurs mais la philosophie derrière la Poco Loco moi ce que j'en ai retenu c'est ça tu vois c'est que c'est avant tout une aventure partagée avec plusieurs cyclistes qu'une recherche de podium absolu une recherche de performance donc moi tu vois là normalement en septembre je fais un gravelman parce que ça rentre dans le cadre de ma prépa pour l'Alpsman de juin l'année prochaine mais la Poco Loco je trouve qu'en fait des épreuves quand tu viens pas du cyclisme ça reste quand même vachement impressionnant tu vois la Race Across France bon je connais très bien Arnaud donc je sais que c'est pas nécessaire c'est pas le cas c'est pas une recherche de perf absolue etc mais les pratiquants la pratique fait que ça reste quand même des courses j'ai l'impression que ça va très vite ou c'est très engagé alors que voilà pour une mise au pied à l'étrier on va dire dans le monde du cyclisme je trouve qu'une approche un peu différente style la Poco Loco c'est vachement séduisant en tout cas pour moi de mon point de vue pour des premières courses après dans les épreuves tu as toujours plusieurs entre guillemets plusieurs pelotons effectivement la Race Across France à l'avant ça va de plus en plus vite et cette année ça va encore plus vite ils n'ont pas fait genre 500 bornes en 24 heures ou un truc comme ça les premiers ? si mais ça on l'avait fait aussi l'an dernier mais le début est assez là ils sont arrivés hier ou ce matin ils sont déjà arrivés à Meugev donc ils ont fait 1500 km et là ils commencent les Alpes mais ils ont passé le Jura ça va de très très vite et ça va de plus en plus vite parce que moi quand j'étais jeune on disait les courses longue distance on ne parlait pas d'ultra en France mais c'est pour les vieux on disait c'est des choses pour aller doucement pour les trucs sauf que là c'est des jeunes d'une vingtaine d'années et ils peuvent rouler longtemps il n'y a pas de raison qu'un jeune ne puisse pas rouler longtemps c'était ridicule de dire que c'est un truc pour les vieux mais en plus ils roulent vite donc ouais ça va de plus en plus vite et Victor qui est en tête de la Race Across France je crois qu'il a fait le meilleur temps sur la Poco Loco jusqu'à Barcelone mais la 700 pas la plus longue mais ouais c'est des gars qui vont hyper vite et qui peuvent rouler très longtemps et ouais il y a le peloton de tête il y a toujours je ne sais pas combien mais tu vois moi j'ai là je l'ai fait du coup je l'ai fait trois fois la première année je l'ai entamé blessé et je l'ai abandonné la deuxième je l'ai fini je ne suis pas tombé mais j'ai j'ai eu un moment où où j'étais entre le sommeil mais j'étais arrêté je me suis arrêté et j'ai dormi un peu debout j'étais somnolé je ne sais pas trop combien de temps ça a duré donc après j'ai été dans un hôtel dormir et après du coup c'est pareil j'ai laissé un peu la course de côté et j'ai fini et à chaque fois je rencontrais des concurrents ils me disaient moi je m'en fous de la place c'est bien moi aussi du coup je parlais d'autre chose et eux me parlaient tout le temps de la place ah t'as regardé combien on est combien ils sont devant et derrière ils sont combien ça reste une course en fait il y a des gens ils ont l'impression de se dire oh mais nous on s'en fout mais en fait ils ne font que parler après peut-être il y a certainement des gens qui vont plus pour finir donc t'as 10 jours pour finir ça fait 250 km de moyenne donc il y a peut-être des gens qui vont vraiment pour finir et qui eux ne regardent pas du tout la place et il y en a certainement mais devant les 15 moi j'ai fini le 13e et bien dans ces cas là tout le monde regarde la place et c'est une course et d'ailleurs il y a quand Sylvain Georges est venu pour battre le record mais avec assistance il y a des gens qui ont commencé à dire sur les réseaux c'est n'importe quoi le mec il dit qu'il n'a rien compris au principe machin c'est pas une course c'est une il parlait comme si c'était presque une religion pour faire plaisir non c'est la race cross France c'est une race c'est une course le mec il veut venir faire pour le record génial et en plus il va donner de la visibilité et le mec il l'assume il le dit et il le dit avec aucune arrogance il ne sait pas s'il va y arriver mais il se prépare pour venir et la faire et il est venu il a battu le record et ça c'est hyper honorable mais c'est aussi honorable lui d'avoir fait ça que le mec qui finit à 10 secondes de la fin du chrono qui n'a peut-être pas eu le même temps d'entraînement qui n'a pas la même physiologie qui n'a pas le même nombre de vélos à sa disposition et ouais il y a ce côté on en a reparlé tout à l'heure mais des gens il faut toujours qu'ils comparent parce que c'est pas dans leur vision du cyclisme c'est pas la bonne et c'est ça qui est bien dans l'ultra c'est qu'il y a des gens qui vont venir juste pour finir et il y a des gens qui vont venir pour faire la course et ça ça se retrouve dans toutes les épreuves par contre une épreuve comme la Poco Loco effectivement pour moi il n'y avait presque pas de course et c'était que pour mais tu regardes à l'avant ça part vite et ça vient pour faire un temps je pense que c'est humain en fait dès qu'il y a un peloton il y a toujours une partie si on a un minimum compétiteur du cerveau qui va te donner envie d'aller vite et puis il y a ceux qui ne sont pas du tout compétiteurs qui vont juste venir pour faire l'aventure mais ouais Poco Loco c'est plus dans l'esprit aventure et partage et c'est beau c'est bien qu'il y ait des épreuves comme ça

Loïc yes

Vincent excellent et bien écoute Vincent on arrive au bout franchement c'était un super échange même si là pour la suite peut-être pas en conclusion tu vois même si la suite les cartes ne sont pas encore jouées il y a pas mal de choses qui doivent encore se mettre en place mais au-delà de la race across Switzerland est-ce que tu as des idées de projets peut-être de voyages à vélo à l'étranger des grosses choses qui arrivent ou que tu aimerais peut-être mettre en place alors qui arrive non j'en ai pas mais par contre des idées j'en ai 50 000 j'ai cette trace du tour du Japon donc je pense qu'un jour j'irai mais je ne sais pas quand j'irai rouler en Inde ça c'est une certitude j'ai dû l'annuler en novembre dernier à cause du travail mais je devais y aller en novembre et en Inde j'ai 50 000 idées je crois qu'il y a le col le plus haut du monde avec une route là-bas donc ça ce sera un objectif un moment ou un autre j'y serai c'est sûr attends mais le tour du Japon c'est combien de kilomètres ça ? j'en ai tracé plusieurs ça dépend si tu fais juste le tour de l'île principale j'ai tracé entre 3005 et 5000 je crois ah ouais j'aurais dit plus toutes les îles Kiyushu Honshu Shikoku je pensais que ça allait faire il n'y a peut-être pas toutes les îles déjà j'étais pas sûr que en fait je suis un peu feignant dans mes extrêmes il y a aussi beaucoup la feignantise et j'ai la flemme d'aller chercher pour être sûr qu'on puisse passer d'une île à une autre en vélo ou des trucs comme ça donc dès que j'ai un doute bon moi j'y vais pas et j'ai tout le temps des surprises en fait il y en a qui tracent et qui vont regarder sur Google Earth s'il y a vraiment une route à cet endroit là moi je regarde pas et je me retrouve dans des situations où je gueule pour rien parce que je m'énerve contre moi-même en fait la plupart du temps en fait les gens quand ils s'énervent ils se rendent pas compte mais ils s'énervent contre tout le monde et tout le reste du monde mais en fait ils sont énervés que contre eux-mêmes moi j'en ai conscience depuis bien longtemps donc je sais que je m'énerve contre moi-même parce que j'ai la flemme en fait de faire ça moi la plupart du temps je me dis ben tiens je vais aller de là à là et ben je mets le point de départ le point d'arrivée et puis Komoot ou Strava ou Garmin Connect me dit ben passe par cette route et je passe par cette route et ça me fait passer des fois dans des forêts enfin et voilà ça fait partie de l'aventure et que j'ai j'ai la flemme d'aller plus loin enfin je me verrai pas reconnaître il y a des gens qui font la trans transcontinentale qui font 4000 kilomètres et qui ont regardé visiblement la totalité de leur circuit pour voir s'il y avait une route enfin oui moi je pourrais pas faire ça après je respecte énormément moi j'aimerais bien être aussi aussi pointilleux sur ça mais ah ouais non donc ouais le tour du Japon l'Inde c'est sûr que que j'irai et après là ça va dépendre en fait j'ai mon projet ça va être je pense d'essayer d'inspirer un petit peu d'essayer d'aller j'aimerais me lancer un peu des défis un des premiers défis ce sera de rouler dans toutes les capitales d'Europe et peut-être du monde au bout d'un moment de rouler dans tous les départements de France et et à chaque fois je vais essayer de faire un petit film qui sera certainement pas très long et de et voilà en fait j'ai déjà plus ou moins commencé ça je sais que je vais certainement me lancer en septembre ou en octobre et et je commence à faire des petits montages donc ma traversée de la France je suis en train d'essayer de faire un petit montage essayer de retrouver des bases parce que j'ai une formation sur ça mais que c'est un peu loin comme il y a aussi ma fainéantise à le faire c'est bien ça me pousse à faire les choses donc donc ouais ça va aller vers ça vers du vélo peut-être plaisir mais je prends plaisir aussi à faire des longues distances donc il y aura toujours de la longue distance il y aura toujours des défis mais il y aura aussi certainement des découvertes un peu plus un peu moins longues et voilà de montrer un film je me dis que montrer un film sur 40 kilomètres par exemple d'un circuit à côté de chez moi où les gens se diront bah tiens c'est sympa en fait en CNMR pourquoi pas y aller et peut-être faire ça un peu partout et juste dire voilà moi j'ai fait ce circuit là à tel endroit et j'ai vu ça si ça vous intéresse allez-y voilà donc ça serait plus partir dans des choses comme ça et puis faire une aventure comme retour aux sources au moins une fois par an ça serait top trop bien finesse bah ça laisse présager de belles aventures inspirantes peut-être que ça débouchera sur d'autres épisodes qui sait tu viendras nous faire des débriefs du fameux tour du Japon tu promets tripes à vélo en Inde ça pourrait être carrément intéressant ouais avec plaisir ouais bah là tu penses comme je l'ai loupé l'an dernier peut-être en octobre ça dépendra je dis ça en fait je me projette pas parce que ça dépendra trop là je vais louer une maison ici parce que je suis toujours employé mais du coup si j'arrive à faire ma rupture il y a des chances que je parte il faut que je trouve où il faut que je m'installe et une fois que je serai installé je serai un peu plus libre de mes mouvements et un peu plus libre de mon calendrier mais j'aimerais bien le faire à la fin de la prochaine mousson donc ouais novembre décembre ça pourrait être ça pourrait être un beau projet excellent génial bah écoute Vincent franchement merci c'était passionnant comme échange est-ce que toi il y aurait peut-être pour synthétiser tout ce qu'on vient de se dire ou peut-être conclure par quelque chose qu'on n'a pas encore dit mais est-ce qu'il y aurait un message que toi tu aimerais faire passer puisqu'on parlait de partage et d'inspiration tu vois celles et ceux qui nous écoutent qui soient pratiquants ou non de vélo parce qu'on n'a pas parlé que de ça mais est-ce qu'il y a quelque chose que toi tu voudrais partager pour conclure l'échange ouais je veux bah que chacun trouve ce qu'il aime faire en fait moi j'ai pas de tu vois si la personne elle aime faire du de la couture ou n'importe quoi et qu'elle a envie en fait dès qu'on a envie de faire quelque chose si on a vraiment l'envie on va le faire bien en fait donc et si on le sait bien qu'on a envie on va avoir des réussites et on va se sentir mieux dans sa vie donc donc que chacun trouve ce qui lui fait plaisir mais vraiment ce qui lui fait plaisir à lui et là toutes les portes elles s'ouvriront en fait et il n'y a pas de il n'y a pas de limite comme je disais moi je pense et je suis intimement convaincu que qu'il n'y a aucune limite mais pour personne en fait quelqu'un qui n'a jamais fait de vélo s'il rêve de faire le tour du monde à vélo et ben il achète un vélo il part il fait le tour du monde au début il ne va faire que 10 km et après il va faire 20 km et assurément il va faire des étapes de 150 ou 200 au bout d'un moment la seule limite ça va être une limite de temps se dire ben tiens je vais faire le tour du monde en vélo et je vais le faire en deux semaines et ben ça ce n'est pas possible et faire le tour du monde en vélo c'est possible et ça va être possible en marche à pied ça va être possible en sport d'eau ça va être possible en vol je ne sais pas en parapente en n'importe quoi à partir du moment où on a envie en fait les moyens les moyens existent et ben on peut le faire et si on a envie en fait on va se donner les moyens de le faire et c'est et c'est là que le plaisir arrive et c'est là que et c'est là qu'on qu'on arrive à aller mieux aussi parce qu'on a on a besoin de réussite dans la vie en fait et et voilà plus les si tout le monde arrivait à trouver ce qui le fait vibrer et arrive à le faire et ben toute la société irait mieux parce que même tous ces gens là qui viennent m'envoyaient des messages même si c'est moins important maintenant mais mais on sent que c'est de la haine qu'ils ont envers eux parce qu'ils n'y arrivent pas mais si ces gens là arrivent à trouver ce qui les intéresse et et s'y mettre dedans et d'y arriver et ben ils lanceraient plus des messages comme ça et toute la société irait mieux donc donc juste se tourner vers soi savoir ce qu'on a envie pas savoir ce que l'autre a envie que tu montres de toi mais voilà si toi t'as envie de faire du sport fais du sport mais si t'as pas envie de faire du sport fais pas de sport il y a d'autres choses à aller voir il y a des voyages il y a des mais mais je pense que l'ouverture et le et le partage c'est quand même peu importe ce qu'on aime c'est c'est c'est c'est là que c'est là qu'on trouve aussi de l'intérêt du de je sais pas tout est plus beau si c'est partagé à mon sens mais et du coup voilà je dis dormir chez quelqu'un qui vous accueille que j'avais jamais vu avant qui t'accueille une soirée tu passes une soirée deux fois parler de choses qui nous intéressent tous les deux et il n'y a pas à être comme je le suis mal à l'aise parce que j'ai l'impression de ne pas lui redonner mais en fait lui dans sa perception des choses je lui ai donné autant que lui m'a donné je pense et c'est vrai que ça c'est un message que que j'aimerais moi déjà inscrire en moi parce que j'ai du mal mais je me dis qu'à force de le dire peut-être que mon petit cerveau arrivera à le garder et à transformer l'essai aussi sur ça et voilà chercher ce qui nous anime chacun mais vraiment soi et à partir du moment où c'est une contrainte et si on n'a pas l'envie en fait on parle beaucoup dans l'ultra distance de chercher le pourquoi et pour moi il n'y a pas de question à se poser le pourquoi c'est l'envie si tu as envie après tu peux chercher pourquoi tu as envie mais si tu as envie tu vas y arriver et voilà chercher ce qu'on a envie de faire et le faire et si demain tu n'as plus envie tu ne le fais plus enfin moi j'ai changé 50 000 fois de trucs et c'est bien ce que j'ai fait avant si demain je n'ai plus envie de faire de vélo je ne ferai plus de vélo et ça n'enlèvera rien à ce que j'ai fait et ça n'enlèvera rien à ce que je pourrais faire sur d'autres envies que j'aurai plus tard excellent écoute un grand merci Vincent une fois de plus c'était un super moment je me suis régalé excellente du coup j'allais dire préparation pour la race crossfit saloon plutôt croiser les doigts pour que tout ça se goupille correctement et que tu arrives à y participer mais surtout écoute bon dire bonne chance non parce que c'est des choix que tu fais mais bonne transition bon nouveau départ pour cet été et peut-être avec un très beau voyage septembre et puis on se donne rendez-vous pour le débrief sur une de tes prochaines aventures ouais parfait merci beaucoup et continue à faire ce que tu fais c'est génial d'entendre des choses dans des domaines tellement différents moi je me rappelle que le premier c'était justement sur quelqu'un des forces spéciales et je n'aurais jamais été écouter un truc sur les forces spéciales comme ça et là comme c'était les frappés j'ai écouté et je trouve que c'est un des plus beaux épisodes que j'ai écouté donc ouais dans la diversité et tout les frappés c'est vraiment une belle communauté et que ça dure ouais merci pour ça merci Vincent merci beaucoup à bientôt salut merci merci d'avoir écouté cette conversation avec Vincent dans son intégralité et j'espère que notre échange vous aura incité à vous créer vos propres aventures pour cet été comme d'habitude si vous avez des feedbacks vous pouvez me contacter via instagram sur lesfrappés.podcast ou par email à hello lesfrappés.com je vous le dis chaque semaine mais je vous le redis je fais vraiment mon maximum pour vous proposer du contenu de qualité gratuit donc si vous ne l'avez pas encore fait j'apprécierais énormément vous preniez quelques secondes maintenant pour me laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute de podcast c'est en fait ce qui permet au podcast d'être plus visible et donc c'est aussi une 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