Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·065 Montagne #marche au long cours #Everest #course à pied

08 février 2022

Éric Lascar [Ciel Mon Bivouac] - Docteur en Sciences et marcheur au long cours - 5500km entre Strasbourg et le Portugal pour prendre le temps de se poser les bonnes questions

Durée · 58 min · Transcription disponible

Éric Lascar [Ciel Mon Bivouac]

Le récit

Éric est marcheur au long cours, Docteur en Sciences de la Terre 🌍 et le créateur de la web-série Ciel Mon Bivouac.

Une fois sa thèse 👨‍🎓  en géochimie en poche, il prend la décision de parcourir 5500 km à pied entre Strasbourg et le Portugal 🇵🇹. Les chiffres de cette aventure ont de quoi faire tourner la tête...  270 000m de dénivelé positif (ça fait 33 fois l'Everest !), 12 chaines de montagnes 🏔  et 2 ans de pérégrination.

Au cours de ces deux années, Éric a fait de fabuleuses rencontres, a connu la solitude la plus totale, et a pu toucher du doigt la liberté dans sa forme la plus simple, la plus pure. C'est presque un voyage initiatique dans lequel il s'est lancé sans avoir pu le préparer. C'est d'ailleurs avec beaucoup de franchise qu'il explique dans cette conversation être parti la boule au ventre 😨 sans vraiment connaître l'itinéraire qu'il allait suivre, combien de temps le voyage durerait et la suite qu’il donnerait à sa carrière et à sa vie en général à son retour.

Personnellement c'est vraiment le message que je retiens de ce super échange avec Éric : les grandes réalisations font souvent peur. Le courage, c'est d'oser les affronter 💪🏼 de se les approprier en cours de route et d'accepter l'inconnu. Après tout, une aventure où tout est maitrisé, organisé, calculé, ça n'en serait plus une non ?

Pour le soutenir dans l’aventure qu’il s’apprête à entamer au moment de la diffusion de l’épisode (5 massifs calcaires français parcourus en plein hiver pendant 1 mois et demi) c’est par ici.  Merci Éric !

🔎 Si vous êtes intéressés par la marche au long cours et que vous souhaitez rejoindre la communauté francophone qui regroupe pas mal d'acteur du milieu, jetez un œil à l'association des Marcheurs Fous, présidé par Jeanne, une ancienne invitée du podcast.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #26 - Jeanne Fauquenot - Marcheuse au long cours - Prendre le temps de s'écouter pour mieux se redécouvrir
Épisode #30 - Béatrice Fierens Gevaert - La marche au long cours comme école de la résilience
Épisode #54 - Nicolas Leroux - Marcheur au long cours, 6500 km à travers la France - S'approprier sa zone d'inconfort

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Transcription

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Loïc Qu'est-ce que tu as fait pour la vie ?

Invité 1 Dans ma vie, il y a plein de raisons qui ont fait que je ne suis pas quelqu'un du tout qui fait attention aux normes ou je ne suis pas maniaque non plus. Mais du coup, ça a aidé beaucoup parce que j'ai eu l'habitude de me débrouiller tout le temps et de m'adapter un peu tout le temps à plein de situations qui me sont arrivées. Ça m'a aidé et c'est ce qui a fait que j'ai réussi à endurer le fait de vivre six mois à moins de zéro. Ce que je peux conseiller aux gens, n'ayez pas peur d'avoir peur.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Eh bien bienvenue Eric sur le podcast !

Invité 1 Merci beaucoup ! Bonjour à toi !

Loïc Bonjour à toi ! Je suis très content de t'accueillir. Eric de Ciel Montbivouac. Déjà parce qu'on a déjà eu l'occasion d'échanger et que moi je suis impatient que tu fasses un peu découvrir ton parcours aux auditeurs et aux éditrices parce que moi ça m'a absolument fasciné. Et puis content aussi parce que ton univers, on va dire, la marche au long cours et le voyage sur le long, c'est… Chaque fois que j'ai des échanges avec des invités qui baignent dans ce milieu, c'est toujours passionnant. Il y a un rapport au temps, un rapport, tu vois, à la nature qui est assez particulier et qui moi me fait toujours beaucoup de bien entendre. Donc écoute, j'en ai déjà trop dit mais tout ça pour dire très très très content que tu sois là aujourd'hui. Et je te laisse peut-être commencer par te présenter, nous dire qui tu es.

Invité 1 Yes ! Bah du coup moi je m'appelle Eric. Après avoir fait une thèse en environnement, j'étais scientifique du coup. J'ai pris mes petites affaires de Strasbourg et je suis parti du coup pour marcher pendant deux ans de Strasbourg jusqu'au sud du Portugal par pas mal de montagnes de l'Europe de l'Ouest. Je traversais les Vosges, le Jura, les Alpes, toutes les Pyrénées. Et l'idée du projet de manière générale, c'était de battre plus ou moins, pas le plus haut possible, mais de suivre toutes les crêtes de montagnes que je pouvais traverser et de dessiner un peu tout le voyage en fonction des montagnes que je pouvais rencontrer quoi. Pour vivre dans la nature et un peu loin du bruit du monde quoi. Voilà. Génial.

Loïc Donc deux ans de marche aussi haut que possible. Juste pour qu'on peut-être se rende compte de l'ampleur du projet, j'allais dire du défi, je ne sais pas si tu l'avais conçu comme un défi, mais en tout cas l'aventure ça a fait combien de kilomètres en tout ?

Invité 1 A peu près 5500. 5500. Ouais. 270 kilomètres de dénivelé positif. Moi j'aime bien ce chiffre, on s'en fout un peu des chiffres, mais c'est plus les dénivels positifs qui me fait triper. J'ai quitté la stratosphère quoi, mais c'est quand même assez cool. J'avoue.

Loïc 270 kilomètres de dénivelé positif. D'accord. Ok, ouais, c'est clair que ça place le contexte. Excellent. Écoute, je crois que la première question c'est comment est-ce qu'on en arrive à se lancer sur deux ans de marche si tu avais prévu deux ans au départ. En tout cas, comment est-ce qu'on en arrive à se lancer sur un itinéraire aussi massif ?

Invité 1 C'est une bonne question. Et je pense que ça peut être pas mal utile en plus de raconter un peu tout ça, parce que ça peut donner aussi envie aux gens qui hésitent à se lancer dans tel projet à le faire. Du coup, moi j'étais scientifique à la base, j'ai réalisé une thèse en environnement avant ça. Et j'étais donc dans un boulot qui était assez passionnant, mais aussi très très prenant. Je bossais énormément. Et il y a eu un peu cette question-là de ce sentiment que finalement je mettais toute ma vie dans ce travail. Et à la fois d'avoir un rendement, d'avoir un travail qui était extrêmement prenant, et à la fois d'avoir une passion totale pour les montagnes depuis très longtemps, mais de ne pas avoir vraiment le temps de m'y consacrer pleinement en fait. À chaque voyage que je partais en autonomie pendant trois semaines, un mois, parfois trois mois quand j'avais vraiment le temps dans ma vie, quand je rentrais, j'avais toujours cette frustration-là de me dire mais est-ce que je pourrais faire plus en fait ? Et si je pouvais, je l'aurais fait. Et du coup, il y avait toujours un peu cette frustration-là dans ma vie passée. Et voilà, avec toute une réflexion un peu de ce travail où du coup on travaille et on consomme, et un peu une réflexion plus autour de valeurs d'écologie, etc. De consommer moins et tout ça, ça a été un peu tout un enchaînement de choses qui ont fait que, à la fin de ma thèse, en fait, j'ai décidé de partir sur ce voyage-là et de prendre mon sac et de partir dans les montagnes.

Loïc Excellent ! Et pourquoi le Portugal alors ? Il y avait une raison ?

Invité 1 Oui, il y a une raison, c'est que j'ai vécu en Espagne pendant quelques temps durant mes études en fait, à la frontière du Portugal et du coup l'idée c'était d'aller à pied voir ces potes-là. Enfin, ça faisait partie du voyage et aussi que c'est assez sexy en fait toutes les montagnes qu'il y a pour aller, jusqu'au sud du Portugal, en fait la ligne, enfin juste les montagnes, comment elles sont faites, fait que ça faisait quand même une route assez belle et assez intéressante. Et puis du coup, quitte à aller à la frontière du Portugal, autant aller à l'extrême sud quoi. Ouais, c'est clair ! Parce que c'est le bout de l'Europe quoi.

Loïc Tant qu'à faire ! Bon, j'espère qu'ils n'étaient pas pressés tes potes de te revoir parce que, entre le moment où t'es parti, tu leur as dit j'arrive et il arrivait deux ans.

Invité 1 Ça a pris le temps ! Mais le Covid a fait que je suis resté trois mois chez eux du coup, ils ont eu le temps de profiter de moi. Bref !

Loïc Excellent ! Et alors, je veux dire, entre le moment où l'idée s'est formée, tu vois, de te lancer jusqu'au sud du Portugal et le moment où t'es parti, il s'est écoulé combien de temps ? Et comment est-ce que tu t'y es préparé ?

Invité 1 Alors, je pense que cette idée-là, elle était en fait dans ma tête depuis… depuis toujours. En tout cas, depuis une bonne dizaine d'années. J'ai eu la chance d'aller vivre quelques mois en Argentine quand j'avais 18 ans. Et je pense que ça a été un peu l'événement fondateur parce que je suis parti vivre chez quelqu'un. Du coup, il y avait ce début d'initiation au voyage différemment, loin des hôtels, loin de tout ça. Et après ce retour-là, ça a été très difficile pour moi. Et depuis ce moment-là où je suis revenu en France, il y a eu cette idée de faire un voyage long terme, en tout cas. Donc, je pense que c'est un projet qui datait depuis très longtemps et qui s'est construit pas à pas. Et puis après, le sud du Portugal, c'était quelque chose que j'avais déjà en tête, du coup, avec l'idée d'aller voir les amis, ce que je viens de raconter. Et voilà. Et donc, du coup, ça s'est construit pas à pas, mais sans forcément une démarche proactive, en tout cas. Ça, c'est le matériel de rando, je l'avais déjà. L'itinéraire, je l'ai tracé un peu au fil des jours et au fil des pérégrinations. Donc, au final, il y a eu très, très peu de préparation aussi que je finissais une thèse. Donc, on s'imagine bien qu'au moment où c'est la soutenance de thèse et au moment où il y a un manuscrit à terminer, c'était pas forcément le meilleur moment non plus pour préparer le voyage convenablement, quoi. En tout cas, au mieux. C'est clair.

Loïc Waouh. Ok. Crop finaise. Ça, tu vois, je disais dans l'introduction que c'est toujours fascinant pour moi d'échanger avec des gens qui font de la marche au long cours. La relation au temps et cette capacité à lâcher prise, notamment, tu vois, sur l'itinéraire, par exemple, le fait que tu n'es pas forcément construit l'itinéraire avant. J'en parlais récemment avec une autre invitée sur le, par exemple, identifier à l'avance les endroits où tu dors. Moi, c'est un truc, je suis une fixette, tu vois. J'ai du mal à partir et à me dire, je dormirai ou je trouverai un spot, tu vois. J'ai vraiment besoin de savoir où ça va être exactement. Donc, je trouve ça vraiment fascinant cette capacité que vous avez. Alors, je fais peut-être une généralité, mais à lâcher prise et juste, tu vois, être dans l'instant. Mais sans être dans l'instant, dans le sens profiter de l'instant, pas ne rien faire et, tu vois, vous laisser aller ou, je ne sais pas, attendre que quelque chose se passe. Mais avancer, voilà, tu as fait 5500 bornes en deux ans, mais tu n'avais pas forcément préparé l'itinéraire. Et de ce que je comprends, ça ne t'a pas empêché de vivre l'aventure à fond. Donc, tu dirais que… Comment tu le vois ce rapport entre un projet hyper… enfin, d'une ampleur quand même énorme et de l'autre côté, tu vois, ce besoin de préparation qu'on pense qu'on a ?

Invité 1 Ouais, je comprends. Je pense que le lâcher prise, c'est quelque chose qui vient aussi avec le temps. Et clairement, dire que j'ai lâché prise du jour au lendemain et que deux semaines avant de partir, je n'étais pas dans un stress total à me dire qu'est-ce que j'allais faire de ma vie et pourquoi je me lançais là-dedans. Et même si c'était une évidence pour moi, en fait, il n'y avait aucun débat au moment où je devais partir que c'était ce qu'il me fallait à ce moment-là. Mais ça n'empêche que l'esprit lutte énormément contre les choses qu'il ne connaît pas, en fait. Et clairement, partir sur deux ans comme ça, c'était une inconnue énorme qui faisait que le lâcher prise était très, très difficile. Après, une fois qu'on est parti, en fait, on apprend aussi, bon, par l'expérience de la rando aussi, ce que j'avais déjà avant. Mais en fait, que finalement, et c'est ce que j'aime dans la montagne, il y a une liberté totale, en fait. C'est nos propres règles qui sont gérées par la sécurité, par les besoins qu'on a ou les envies qu'on a, en fait. Et ça, c'est des règles qu'on se fixe. Mais à part ces règles-là, en fait, on a une totale liberté. Et c'est ça, justement, qui est chouette, c'est que finalement, on peut dormir un peu où on veut. Il faut être prudent, évidemment. Il faut apprendre à lire le terrain pour savoir que si on s'engage dans une montée qui va faire 1000 mètres de dénivelé ou je ne sais pas, il faut les faire, ces 1000 mètres de dénivelé, parce que probablement, il n'y aura pas de point plat au niveau de la tente à planter à ce moment-là. Donc, il y a quand même une expérience à avoir. Une fois qu'on l'a, c'est une liberté totale. Et ça, c'est assez chouette. Et je pense que c'est l'expérience et le temps à donner à la nature qui fait qu'on apprend à se lâcher prise au fur et à mesure.

Loïc Alors, justement, par rapport à la notion de lâcher prise, le fait que le trip allait durer deux ans, tu le savais au moment de partir, tu l'avais estimé, ça ?

Invité 1 Non, pas du tout. Ça devait durer six mois, neuf mois. J'avais dit un an max. Enfin, comme je te dis, je n'avais rien préparé. Donc, je m'étais fixé un an. Et au final, ça a pris un an de marche et un an de rencontre. Donc, au final, c'était à peu près ça au niveau délai. C'est juste que les rencontres ont pris la moitié du temps. Voilà. Donc, forcément, ça a augmenté pas mal le temps de voyage total.

Loïc Génial. Je pense que c'est vraiment difficile d'imaginer ce qu'on peut ressentir et comment est-ce qu'on peut évoluer personnellement sur un voyage aussi long quand on n'en a pas vécu. Je crois que moi, le plus long que je suis parti, ça devait être peut-être trois semaines, quatre semaines. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se reconnaîtront quand tu as un job, tu vois, un peu classique, bureau, etc. Et que tu pars ne serait-ce que deux, trois semaines. Le retour déjà est compliqué. Tu te rends compte qu'en fait, en trois semaines, tu vis plein de choses, tu apprends plein de choses sur toi, tu te poses plein de questions, tu te retrouves. Donc, moi, je serais curieux de savoir quand tu pars à deux ans, comment est-ce que tu as évolué finalement ? C'est peut-être une question hyper générale, mais entre le moment, tu vois, entre l'Eric qui a fait ce premier pas au départ de Strasbourg et l'Eric qui a franchi la ligne d'arrivée au Portugal, ça a été quoi les évolutions, les changements ?

Invité 1 C'est une question hyper intéressante et qui n'est pas du tout facile à répondre, en vrai. Merci beaucoup, du coup. Non, je pense qu'il y a un peu exactement la même chose qui se passe dans un voyage sur un mois. Tous les stades qu'on passe, qui passent sur une période de deux ans, en fait. Enfin, moi, je le vois un peu comme ça, c'est-à-dire que tu as des évolutions qui sont beaucoup plus lentes. Tu as la joie des premiers jours, tu as la fatigue qui s'installe aussi. Tu as la frustration d'arrivée, mais en fait, finalement, la frustration d'arrivée, par exemple, quand tu arrives sur la fin du voyage, tu as cette frustration-là, il reste 1000 kilomètres. Donc, j'avais déjà cette frustration-là, en fait. Il restait deux mois de marche, en fait, ou trois mois de marche. Donc, en fait, j'ai l'impression qu'on a à peu près les mêmes sensations que sur un voyage compacté de trois semaines, un mois, mais qui s'étale beaucoup plus avec forcément des sensations qui sont encore plus fortes, peut-être, parce qu'évidemment, finir une rando pendant trois mois, tu subis cette frustration-là. Donc, tu as le temps d'y penser, tu as le temps de l'analyser. Et du coup, tu as peut-être plus le temps d'évoluer vis-à-vis de ces sensations-là que tu ressens, qui sont normales. Du coup, peut-être que les sensations sont les mêmes, finalement, sur deux ans que sur un mois de voyage. Mais le traitement, du coup, de ces sensations-là, tu apprends beaucoup plus à mûrir et à grandir avec ça pour arriver à les gérer et les accepter, parce que tu as le temps de le faire, justement, peut-être.

Loïc Tu viens d'évoquer le fait qu'il y a eu des apprentissages et que c'est peut-être une notion de temps. Enfin, les choses sont… c'est un petit peu les mêmes étapes, mais tu es allé plus longtemps dans le temps. Toi, est-ce que tu dirais que quand tu es parti, il y avait des objectifs en termes d'apprentissage ? Est-ce que tu t'étais dit, je veux apprendre plus sur moi-même, je ne sais pas, me retrouver, avoir de la clarté pour la suite de ma vie pro, par exemple ? Ou est-ce que tu es parti, justement, full lâcher prise ?

Invité 1 Bon, ça aurait été une très, très, très mauvaise idée de partir avec l'objectif d'avoir plus de clarté sur ma vie pro, parce que j'ai l'impression qu'après ces deux années, je suis très heureux dans ma vie professionnelle, mais je n'ai pas du tout beaucoup plus de carté, si c'est le contraire, pour tout dire. Mais hormis ça, non, je ne suis pas parti avec des objectifs très, très fixés. Évidemment, de me retrouver, de ravoir du temps pour moi, de ravoir du temps pour les rencontres aussi, d'aller au contact des gens. J'ai un contact assez facile avec les gens et ça a toujours été le cas. Et c'est vrai que dans la vie que j'avais avant, où je travaillais énormément, etc., je n'arrivais plus du tout à avoir ce contact facile. Ça m'arrivait très, très, très régulièrement avant d'aller dans la rue et de passer des heures à discuter avec des gens au hasard que je pouvais rencontrer dans la rue. Et c'est vrai que c'était une frustration énorme quand j'étais à travailler 50 heures par semaine, d'être dans une fatigue mentale qui était tellement importante, par exemple, d'être capable à nouveau d'avoir cette capacité d'aller à la rencontre des gens. Et du coup, ça, c'était un objectif que j'avais en tête, par exemple, de repartir et de reconstruire et de me reconstruire moi-même pour être capable de me tourner vers les autres. Et ça, ça a été vraiment une victoire sur ce voyage. C'était un objectif qui a été atteint. Je pense que c'était à peu près le seul. Et puis, c'était surtout des questions, en fait. C'est intérieurement, qu'est-ce que ça allait faire de vivre deux ans en montagne, de passer deux semaines sans croiser personne et au milieu d'une crête de montagne. C'était des grandes questions qui m'animaient. Et est-ce que j'allais me faire chier, en fait, au bout de trois mois, dans la solitude, qu'est-ce que ça allait être, en fait ? C'était des questions que je me posais. Donc, je crois que c'était surtout ça que j'avais envie d'y répondre. Et donc, l'objectif, c'était de répondre à ces questions-là.

Loïc Et alors, les réponses que tu as trouvées ? Ben non, c'est que ça va, en fait.

Invité 1 On ne se tendine pas du tout, en fait, en montagne. Non, je suis vraiment heureux d'avoir fait ce projet-là. Et je n'ai pas du tout l'intention vraiment de m'arrêter en aussi bon chemin. Je pense que je suis trouvé un bon équilibre entre les rencontres, du coup, et les moments de solitude extrêmes, parce que c'est un peu extrême la manière dont je l'ai fait. C'est-à-dire que j'étais avec des gens pendant assez longtemps. Parce que quand je rencontre les gens, en général, je reste une semaine ou deux histoire de vraiment rencontrer la personne. Et à la fois, d'avoir des autonomies de dix jours en moyenne, peut-être. Et du coup, d'être dix jours sans vraiment croiser personne. Parce qu'il y a beaucoup de montagnes. En fait, il n'y a pas grand monde là-bas. Et du coup, je pense que j'ai à avoir trouvé cet équilibre-là. Et que c'est un sentiment de liberté qui est total. Et un sentiment aussi d'avoir vécu énormément. Et de vivre pleinement. Et c'est un grand mot, mais c'est aussi une réalité. C'est que je pensais à quelques histoires avant le podcast et tout ça. Juste pour y réfléchir et tout. Au cas où il fallait en raconter. En fait, quand je me raconte les histoires. Mais juste raconter l'histoire de deux ou trois jours, ça me prend une heure à le raconter. Et en le faisant en version courte. Et en fait, je me rends compte que chaque jour d'histoire, je pourrais parler une heure sur cette journée-là. Quasiment pas tous les jours, mais il y a des jours plus importants que d'autres. Mais c'est vraiment une vie qui est... Chaque jour est différente. Et chaque jour, on vit en fait. Que ce soit dans les galères, dans les rencontres, dans la liberté, dans la solitude. Et ça, c'est vraiment chouette.

Loïc Écoute, ça tombe très bien que tu aies quelques histoires à raconter en tête. Parce que ça allait être ma question suivante. Mais juste avant ça, quand même une petite remarque que je trouve complètement fou, c'est cette notion de solitude pendant plusieurs jours. Moi, c'est quelque chose, tu vois, typiquement, j'ai du mal à me l'imaginer qu'en Europe, chez nous, tu puisses passer dix jours quasiment sans croiser personne dans les montagnes. Tu vois, moi, je pense que j'ai cette croyance. Je fais partie peut-être des gens qui ont cette croyance que pour se retrouver seul en montagne, il faut partir loin. Tu vois, il faut aller, je ne sais pas, en Islande, perdu en Europe du Nord, en Asie centrale. Mais visiblement, ce n'est pas le cas.

Invité 1 Bon, c'est sûrement plus vrai en Asie centrale qu'en Europe. Ça, c'est clair. On est quand même plus peuplé. Mais après, il y a quand même des zones assez reculées et sans forcément monter très haut en montagne ou quoi. Je pense qu'il y avait la Serra d'Estrela, du coup, qui est la plus haute chaîne de montagne du Portugal. Mais ça reste le Portugal. Donc, c'est une chaîne de montagne qui monte à un tout petit peu moins de 2000. Et juste sur cette chaîne de montagne-là, en fait, qui est petite, du coup, j'ai eu 200 km d'autonomie sur une ligne de crête, en fait. Mais ça dépend aussi du tracé que tu fais. C'est-à-dire que si tu décides de suivre les tracés de rando qui sont dessinés par des gens ou les tracés classiques, clairement, après avoir fait le sommet à 2000 mètres de la Serra d'Estrela, tu vas redescendre dans une vallée et aller choper un village. Après, tu peux décider comme j'ai fait. Et c'est ça qui me plaît à moi, c'est d'essayer de suivre la ligne de crête. Et du coup, je me suis rajouté peut-être une centaine de kilomètres sur une ligne de crête où il n'y avait pas de sentier, où il n'y avait pas de chemin tout simplement. Et du coup, ça rallonge énormément les autonomies parce que c'est ce que je cherche. Donc, ça peut se trouver, mais c'est un peu une volonté. C'est-à-dire que c'est un peu miné partout et tu esquives les villes. C'est une bonne image. Et en vrai, tu peux faire des autonomies de 3000 kilomètres si tu veux en France sans croiser une ville. Si on prend le cas extrême.

Loïc Ok. Excellent. Alors, les anecdotes peut-être. J'imagine que deux ans sur un périple comme le tien, tu as plus que ce qu'il faut sans doute pour écrire un livre. Mais peut-être sur cette notion de rencontre, pour commencer, quelles seraient toi les deux, trois anecdotes qui seraient les plus représentatives de ce que tu as pu vivre en termes de rencontre ?

Invité 1 C'est toujours hyper difficile comme question parce qu'il y a eu tellement de gens qui ont marqué énormément de choses que choisir, en fait, c'est quelque chose d'extrêmement difficile. Mais je vais essayer, en tout cas. Je pense qu'il y a eu une rencontre qui était assez folle qui est liée au Covid. Je sais, on parle tout le temps du Covid et je suis désolé. Mais il n'empêche qu'il y avait la première vague qui arrivait, etc. Moi, j'étais dans la montagne, j'étais perdu et tout ça. Et il se trouve qu'il y a eu le premier discours qui disait qu'il y avait un confinement et qu'on n'avait plus le droit de bouger. Moi, j'étais dans un village, j'avais planté ma tente à la Grasse, dans les Corbières, du coup, sur un parking. J'étais censé partir le lendemain et je ne pouvais plus partir parce qu'il y avait ce confinement qui avait été posé. Je ne savais pas du tout quoi faire parce que ce n'était pas comme maintenant où on a plein d'informations. À l'époque, on n'y savait absolument rien. Pas de transport en commun, impossible de rentrer voir ma famille et tout. Et je suis là comme un con, en fait, tout simplement. Et du coup, il y a cette femme qui arrive, qui avait un van aménagé et qui se pose à côté du parking. Et moi, j'avais repris mon sac. Je me suis dit, ça fait chier le confinement. Je pensais que ça allait durer cinq jours, le confinement, pas que ça allait durer trois mois. Donc, j'avais pris mon sac. J'étais en train de repartir et tout ça. J'étais au bout du parking. Et là, il y a cette dame qui me propose d'aller boire un café. Et du coup, j'arrive dans son van aménagé. On sympathise. Et du coup, je ne bougerai pas de ce village pendant trois mois. Donc, j'ai vécu en temps pendant une semaine avec la police qui venait me voir tous les jours. Après, j'ai fini dans une abbaye que j'ai fui parce que les moines allaient voir régulièrement des gens qui étaient atteints du coronavirus. Et donc, du coup, enfin bref, c'est une histoire un peu folle. Comme je le dis, sinon, ça prend à chaque fois une heure si je dois raconter chaque histoire. Mais pour la résumer, voilà, après l'abbaye, il y a des gens qui m'ont donné une maison. Je suis resté deux mois dans cette maison gratuitement où j'avais une maison à moi et tout ça. Et toujours en lien, du coup, avec Jeanne-Hélène et David, ces deux personnes-là qui m'ont aussi hébergé beaucoup et qui m'ont aussi beaucoup soutenu parce que j'étais seul dans ce village au début. Et voilà. Et ce village m'a accueilli vraiment les bras ouverts. On m'a donné des guitares pour tenir. On m'a donné des fringues parce que j'avais deux caleçons et un pantalon de rando. J'étais en mode rando. Je n'étais pas en mode confinement. Donc, les gens m'ont donné des fringues. Tous les villageois au marché me disaient bonjour et me saluaient et tout ça. Il y a vraiment eu cette union qui était formidable. Vraiment, c'était un accueil qui était juste incroyable. Voilà, une des anecdotes. Trois finale. Sacrée histoire.

Loïc Voilà. Et du coup, parce que ça, c'était le premier confinement. Mais pour les suivants, comment est-ce que tu as géré ça ?

Invité 1 Après, il y a eu un an de marche du coup en plein Covid quoi. Où c'était surtout un stress. Où c'était faisable. Mais c'était un stress permanent. Qu'il n'y a pas de réseau pendant cinq jours. Donc, si jamais ça fait deux jours que tu n'as pas de réseau et qu'ils votent un confinement ou quoi que ce soit et que tu sors de ta montagne au bout de cinq jours et que tu apprends que tout est confiné, que tu es bloqué dans un pays étranger et tout, tu n'as pas forcément une chance incroyable de retrouver la situation que j'ai retrouvée à la grâce et des gens me fileraient une maison. J'ai quand même eu une chance incroyable. Et j'ai souvent de la chance. Mais quand même. Et donc, c'était plus ça en fait, cette marche avec le Covid qui était compliquée parce que je ne savais pas du tout ce qui allait me tomber sur la tronche. Il se trouve qu'en Espagne, il n'y a pas eu de deuxième confinement en fait. Donc, c'est moi qui ai décidé d'aller me confiner par moi-même. C'est-à-dire que le taux augmentait énormément. Et même si j'étais perdu dans la cordillère Cantabrique, l'hiver arrivait, j'avais perdu beaucoup de kilos à ce moment-là parce que j'étais vraiment épuisé. J'ai dû perdre une dizaine de kilos et du coup, j'étais vraiment dans un état de fatigue un peu extrême et très, très fatigué d'écouter la radio tous les jours en fait parce que c'est ce qui se passait. Dès que j'avais du réseau, je passais mon temps à écouter le Covid et c'était juste insupportable. Donc, c'est moi qui ai décidé d'aller me confiner à Vigo du coup, chez mes amis, les fameux à qui je devais arriver à pied au programme. Et du coup, ces amis-là m'ont hébergé trois mois, je crois.

Loïc D'accord. Voilà. Ouais, donc t'as quand même eu cette espèce d'épée de Damoclès là pendant une bonne partie de ton aventure avec le Covid.

Invité 1 Ouais, c'était un voyage dans le voyage.

Loïc Ouais, ouais, ouais. Rappel. Vraiment.

Invité 1 Après, voilà, je me plains pas en fait avec de la rétrospective. C'est clair que quand ça arrivait, les événements étaient en voyage et que t'es précaire quand même dans ta manière d'approcher. T'es vulnérable en tout cas. C'est clair que ça n'a pas été facile. Après, avec un peu de recul, ça va quoi. J'étais en voyage. Tous les événements qui sont passés pendant le Covid, au final, j'ai vécu extrêmement bien parce que j'ai eu plein de choses qui me sont arrivées. Il n'y a jamais eu vraiment de moment de dépression totale où j'étais dans… Enfin, je continuais à voyager en fait. Ça a fait partie du voyage quoi. Et donc, au final, je ne me plains pas parce que c'était aussi… Enfin, que ce voyage n'aurait pas été le même s'il n'y avait pas le Covid. Et j'ai kiffé mon voyage, donc il faut accepte le Covid avec quoi.

Loïc Ouais. Excellent. Alors, tu as parlé rapidement de ta perte de poids. Tu disais que tu as perdu 10 kilos, c'est ça ? Ouais. Et ça, c'était quoi ? C'était du type d'itinéraire que tu avais choisi ou simplement la durée du voyage ? Il y a eu d'autres raisons ?

Invité 1 Ouais, c'est ça, je pense. C'est-à-dire que… Moi, j'ai traversé toutes les Pyrénées par la HRP. Donc, la haute route des Pyrénées. C'est une route qui est magnifique mais qui est quand même assez technique. En particulier quand on a un sac de 25 kilos comme j'avais. T'avais 25 kilos sur le dos ? Ouais, j'avais 25 kilos, ouais. J'avais 10 kilos de matos pour vivre jusqu'à moins 10, en gros, plus 10 kilos de matériel vidéo qui me permettait de monter du coup la web série que j'ai produite parce qu'on n'en a pas parlé. Mais du coup, j'ai produit une web série durant ce voyage. Et du coup, j'avais la moitié de mon sac qui était lié à la production de cette web série. Donc, voilà. Il y a eu la HRP qui était quand même assez physique et assez fatigante. Et ensuite, j'ai enchaîné sur la cordillère Cantabrique. Donc, j'imagine que pas beaucoup de gens connaissent la cordillère Cantabrique. Mais la cordillère Cantabrique, du coup, c'est la suite des Pyrénées. Et c'est une chaîne de montagne qui est probablement plus grande que les Pyrénées, en fait, qui part du Pays Basque et qui va jusqu'à... après le Portugal, en fait. Après la frontière du Portugal. Ça fait vraiment toute la ligne avec la chaîne de montagne la plus connue de cette cordillère Cantabrique. C'est les Picoses d'Europa que pas mal de gens ont connu qui sont par ailleurs des montagnes absolument merveilleuses. Donc, c'est des montagnes qui sont très désertes. Il n'y a rien, en fait. Il n'y a pas de tourisme. À part les Picoses d'Europa, il n'y a pas du tout de tourisme. Tu passes des barbelés en permanence pour arriver à passer. Tu n'as pas vraiment de chemin sur pas mal de passages. Et voilà. Et je pense qu'entre les Pyrénées qui ont été quand même assez intenses, plus l'arrivée de l'hiver où, en fait, en Espagne, on s'imagine qu'il fait chaud, mais il fait très, très froid en Espagne, en fait, surtout dans la cordillère Cantabrique. Les températures, elles chutent quand même vite. Et dès le mois d'octobre, dès le mois d'octobre, tu passes en dessous des zéros la nuit. Donc, enfin, quand tu es en altitude un peu, quoi. Donc, du coup, c'est clair qu'entre les Pyrénées, plus après la cordillère Cantabrique, ça a demandé quand même énormément d'efforts physiques, plus la fatigue qui était liée au Covid qu'on vient d'aborder. Ça fait que j'ai perdu vraiment beaucoup, beaucoup de poids et que, du coup, les efforts physiques à donner étaient beaucoup plus difficiles à fournir parce que le gras qu'on accumule, ça permet de combler les déficits à des moments. Et quand tu es maigre, du coup, dès que tu as un coup de barre, tu n'as plus de gras pour le combler ce coup de barre.

Loïc Oui, oui. Du coup, tu as évoqué ton projet vidéo. En fait, c'était un troisième voyage dans le voyage. Tu as parlé du deuxième voyage dans le voyage avec le Covid, mais maintenir, enfin, maintenir, créer, maintenir une chaîne YouTube en même temps que tu es en train de faire ce truc. J'imagine que ça a dû être un vrai projet à gérer, en fait.

Invité 1 Oui, c'était un troisième voyage dans le voyage que j'ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à faire, du coup, et que j'aurais du mal à imaginer ne pas avoir fait, en fait, parce que ça a fait vraiment partie intégrante et c'était vraiment la pierre angulaire, un peu. Et ça permettait aussi de se maintenir quand il y avait des coups de mou, quand tu n'as plus envie vraiment, etc., tu as au moins ce projet-là à maintenir et c'est une manière aussi de communiquer à tes états d'âme, les moments, de partager, en fait, une aventure qui est solitaire et tout ça et c'est aussi une manière de le partager. Et donc, ouais, ce n'était pas facile à gérer. Après, de manière générale, du coup, les épisodes ont tous été montés chez des gens que je rencontrais, c'est-à-dire que je filmais et quand je rencontre quelqu'un, de manière générale, ça se passe un peu comme ça, je reste une journée avec lui. Si ça se passe bien, je reste une deuxième journée avec lui ou elle. Et si au bout des deux jours, ça se passe vraiment bien et qu'on voit qu'on n'a pas envie de se quitter, etc., ce qui arrive pas mal, du coup, en général, je propose de rester une semaine si la personne est d'accord, la personne va travailler en général et moi, je travaille du coup sur la web série et un épisode de la web série me prend en gros entre 7 et 10 jours à monter. Et donc, voilà, c'est comme ça que tous les épisodes de la web série ont été montés, les 20 en gros. D'accord,

Loïc d'accord, d'accord. Ok, parce que je me posais la question quand j'avais regardé certaines de tes vidéos, je me disais, mais attends, parce que tu as un drone aussi, une partie de ton matos, c'est un drone, mais comment est-ce qu'il gère, vu l'autonomie de batterie de drone, comment est-ce qu'il gère déjà le stockage des rushs, la recharge de la batterie quand elle est dans des coins hyper isolés ? En fait, c'est ça, c'est que tu, au fil des rencontres, en fait, tu avais des espèces de points de chute où tu avais accès à d'électricité, internet, etc.

Invité 1 Ouais, c'est assez différent sur l'autonomie en électricité parce que disons que les épisodes, j'en sortais un tous les mois et demi, des fois rien pendant trois mois aussi parce que c'est les rencontres qui font que, donc du coup, tu n'as aucune régularité. Donc ça, c'était vraiment pour le montage qui nécessite d'être posé à un endroit fixe pendant une longue période de temps. Après, au niveau électricité et tout ça, juste quand tu n'as plus d'électricité sur ton drone, tu ne filmes pas mais ce n'est pas très grave en fait. De toute façon, il y a du matériel et puis après, c'est les bars. Les bars, c'est ce qui permet de recharger l'électricité, de recharger, de rencontrer des gens aussi mais de gérer tout l'aspect électricité, c'est les bars qui permettent avec une batterie assez conséquente et voilà. Et puis l'ordi, en fait, l'ordi reste dans le sac, c'est-à-dire que tu ne t'en sors pas sauf si tu as besoin de bosser un peu de carto ou quelque chose mais au final, ton ordi reste dans ton sac uniquement pour quand tu as besoin de décharger tes cartes SD ou je ne sais pas quoi, j'espère que je ne suis pas trop technique mais bref, tu décharges tes trucs et c'est tout et après l'ordi reste dans le sac pendant un mois en fait. Ton ordi, tu le redécouvres au moment où tu dois faire ton montage de un mois et demi de ta vie qui sont passés, tu redécouvres les rushs et c'était vraiment un truc extrêmement satisfaisant pour moi en fait parce que c'est, tu revis les un mois et demi de ta vie et ça fait un mois et demi donc en fait, tu revois les moments, tu te rappelles et ça fait partie aussi de ce travail intérieur de revivre les choses et de les mettre en scène aussi parce que c'est un peu ça le travail.

Loïc Et c'est un projet que tu avais en tête dès le début quand tu t'es lancé ?

Invité 1 Ouais, après, ça s'est professionnalisé on va dire, c'est les spectateurs qui jugeront mais en tous les cas, il y avait cette idée de faire cette web série, ça c'est clair, depuis le début et ça n'a pas vraiment changé. Après, c'est clair qu'après, il y a des questions aussi plus existentielles de qu'est-ce que je vais faire de ma vie, est-ce que j'ai envie de continuer à marcher mais comment je vais financer, etc. Donc en fait, l'idée de la web série depuis le départ, c'est là et c'était plus par volonté, ça l'est toujours, la volonté de partager et tout ça mais après, il y a plus la question aussi du travail en fait parce que c'est un travail et du coup, de comment arriver à vivre de ce travail-là et ça, c'est des questions qui sont venues beaucoup plus tard et du coup, qui m'ont forcé peut-être à plus me professionnaliser que je suis encore loin de, enfin bref, c'est les gens qui jugent mais en tous les cas, c'est clair qu'il y a un travail, une réflexion en tout cas autour de ça.

Loïc Oui. Voilà. En tout cas, moi j'encourage tout le monde à faire un tour sur ta chaîne, c'est Ciel Montbivouac, c'est ça ? Sur YouTube aussi ?

Invité 1 Oui, c'est ça.

Loïc Alors, ta dernière vidéo, je crois que j'ai même fait une story, c'est Les Alpes, mon amour, ou mon amour, les Alpes, je ne sais plus comment tu l'as appelé.

Invité 1 Les Alpes, mon amour. Les Alpes,

Loïc mon amour, que des plans drones 4K, incroyable. donc, allez faire un tour, c'est juste magnifique et puis comme ça, vous enverrez un petit message à Eric pour lui dire si c'est pro ou si ça peut être méga pro mais bon, pour moi, c'est déjà méga pro donc,

Invité 1 c'est gentil.

Loïc Mais génial, ok. Excellent, excellent. Donc là, on a un peu balayé, tu vois, les deux ans un peu rapidement mais moi, j'ai l'impression que ce qui ressort, c'est beaucoup de, c'était un vrai voyage presque initiatique en fait de reconnexion avec toi-même, beaucoup de partage que ce soit sur le terrain au fil des rencontres ou via tes webséries et cette chaîne. Peut-être juste pour finir sur un aspect un peu technique du voyage, ça a été quoi la période la plus longue que tu as passé seul ?

Invité 1 Oula, je ne sais pas. Après, c'est peut-être jamais vraiment seul, c'est ça le truc, c'est que en solitude sans croiser personne, vraiment zéro, peut-être dix jours. Ah oui, quand même. Je ne sais pas. Après, sans avoir un contact chaleureux où tu dors chez quelqu'un ou tu as vraiment un lien qui se forme et ce n'est pas juste un salut, oui, je suis marcheur et tu racontes ton histoire 50 fois tout le temps. Ça, il y a peut-être eu trois mois, deux mois, je ne sais pas en fait mais c'est ça, c'est à peu près ces distances-là. Donc, il y a vraiment des moments où tu es quand même dans une solitude extrême mais qui est très satisfaisante en fait. C'est une solitude qui fait du bien en fait. J'allais te demander

Loïc comment tu gères ça. Est-ce que c'était des expériences positives au final ou ça t'a manqué ce rapport ?

Invité 1 Non, c'est... Pour moi, je trouve ça très, très, très bien de cette manière de voir les relations parce que tu es tout seul avec toi-même donc tu as le temps de faire tes réflexions que tu as besoin de faire à l'intérieur de toi, tu as le temps de te cultiver aussi, de lire des trucs, de réfléchir, tu as ton esprit qui peut divaguer et tu n'es pas interrompu par un contact qui est nécessaire en tout cas. et ça, ça te permet de réfléchir en permanence et d'avoir, de laisser tes idées divaguer sur plein de sujets différents et après, quand tu as envie d'avoir ce lien, il y a toute cette réflexion-là que tu as emmagasinée en toi et que tu as gardée pour toi que tu peux partager avec les gens et écouter aussi leur retour et les retours des gens sont aussi, quand tu pars, j'en ai pas parlé mais c'est vrai que pour moi, l'une des difficultés les plus dures de ce voyage, c'est les au revoirs. Les au revoirs, c'est quelque chose qui déchire énormément quand tu as passé deux semaines avec quelqu'un ou trois mois avec Jamel et David par exemple dans l'histoire que j'avais racontée, ces au revoirs-là, tu n'as pas envie de partir, tu as créé un lien qui a été très fort mais à la fois, ces relations-là, tu continues à les faire vivre dans cette solitude en fait, c'est-à-dire que tu as vécu ça et tu réfléchis à tous les bons moments que tu as vécu et qu'est-ce que ça t'a apporté, quelles sont les choses donc en fait, je trouve que cet apprentissage d'une extrême solitude, extrême contact, ça permet de de profiter des deux en fait, tout simplement et ça, c'est quelque chose que j'ai beaucoup plus de mal à vivre là depuis que je suis rentré en ville par exemple où j'ai beaucoup plus de contacts au final mais parfois, je me suis senti beaucoup plus seul au retour parfois que trois mois perdus dans le trou du cul des montagnes c'est l'ironie et c'est exactement

Loïc ce que j'allais te demander en quoi est-ce que ça a changé tes rapports maintenant que tu es revenu ou en tout cas ta lecture du type de rapport qu'on a en ville ou tu vois dans un contexte classique entre guillemets

Invité 1 moi je ne sais pas si je peux donner une conclusion comme ça sur les rapports que l'on a en ville il y a des rapports très différents avec beaucoup de gens et c'est clair que généralisé moi je peux juste parler peut-être de moi j'étais très content de revoir les gens que j'ai parce que peut-être pour reparler du voyage c'est très beau ces relations mais tu peux avoir qu'une période avec ces gens-là et tu sais que si tu dois les revoir tu dois refaire 600 kilomètres et probablement il faudrait un deuxième voyage de la même durée pour revoir tous les gens qui ont marqué ce voyage j'ai revu des gens depuis que je suis rentré je suis allé les voir etc et ça a été très beau mais je veux dire garder contact avec tout le monde même des gens qui ont très vite marqué c'est difficile quand tu reviens dans ton cadre de vie normale tu vois l'évolution des gens quand même tu les as connus il y a 10 ans tu les revois maintenant et si tu restes sur place sédentaire tu vas les voir évoluer dans cette période où tu es là et ça c'est vraiment un truc très positif sur la ville et qu'il manquait beaucoup en voyage après oui c'est ça c'est que tout le monde est pris en fait il y a une vie qui bouge et en particulier quand tu rentres il y a une vague à reprendre et pour surfer une vague il faut aller vite il faut nager pour prendre ta planche et surfer la vague je ne suis pas surfeur mais c'est l'idée que j'en fais en tout cas et Paris en plus je suis rentré à Paris et c'est vrai que Paris c'est une ville qui va vite et rattraper tous les groupes d'amis que j'avais quittés il y a 7 ans parce que avant je vis à Strasbourg c'est une vague à reprendre et c'est un mood à réadapter mentalement cérébralement à savoir pas te vendre c'est pas ça mais il y a quand même une chose d'arriver et aussi quand tu as fait un voyage comme ça les gens sont intéressés mais des fois ça fait un peu consommation aussi c'est difficile de rentrer parce que t'es le gars ah lui c'est un pote à moi c'est génial il a fait 5500 kilomètres il a traversé 12 chaînes de montagne c'est un ouf et t'arrives en soirée t'es là et tu fais salut je m'appelle Eric mais je suis juste comme vous en fait tu vois et t'as ce truc là aussi de la de ce retour là de cette difficulté d'avoir vécu ça et de devoir vivre avec en fait tes limites ça pèse parce que tu reviens à Paris ta vie elle a pas changé que ça t'as vécu pendant 2 ans en montagne mais en vrai c'est une vie de citadin et je la connais la vie de citadin tu vois et quand t'arrives en fait t'as l'impression d'avoir à assumer ton voyage en fait dans un sens et des fois c'est pesant en fait d'assumer ce voyage tu vois même si t'as changé et tout bref je sais pas si je parle trop mais non non

Loïc mais c'est super intéressant et tu sais quoi ça me fait penser c'est exactement ce que certains sportifs de haut niveau avaient déjà partagé avec moi et même certains qui ne se présentaient plus comme étant des sportifs et notamment des médailles olympiques tu vois qui n'évoquaient plus le fait qu'ils aient gagné une médaille olympique c'est quand même un truc de fou parce que une médaille olympique quand t'es à fond dans une discipline enfin pour j'ai l'impression une grande majorité des sportifs c'est quand même le graal quoi et ben t'avais des il y a des sportifs qui m'ont dit qui ne voilà ils ne se présentaient plus comme étant des médailles olympiques pour éviter dans les yeux des gens exactement ce que tu dis en fait d'être tu vois d'être mis dans une case poum ok une espèce de bête de foire intéressante médaille olympique je lui posais des questions sur ça et rien d'autre en quelque sorte comme si le le titre médaille olympique venait un peu effacer tous les autres tous les autres aspects je vais y arriver de leur personnalité tu vois les gens ne les lisaient plus qu'à travers ce filtre là alors que par ailleurs enfin comme toi tu vois ils avaient une vie ouais c'est ça ils ont d'autres choses à côté il y en a qui font je ne sais pas de la couture des échecs de la voile n'importe quoi tu vois et donc c'est super intéressant de voir que toi tu as ressenti ça à ton retour

Invité 1 après c'est pas non plus enfin ça va quoi je caricature un peu aussi c'est pas tout le temps comme ça et en soi c'est aussi très bien de communiquer parce que je pense que la communication sur ce type de projet c'est aussi très important parce que ça ça permet d'inspirer aussi ça permet de voir bah que le gars que tu as en face de toi bah en fait il est comme toi et donc du coup si lui il peut le faire en fait c'est clair que c'est pas pour tout le monde mais potentiellement quelqu'un qui est motivé il peut se dire bah en fait je peux le faire aussi et je pense qu'on a tous un une vision qui accentue les réseaux peut-être ou ou pas mais mais que tu vois toujours les choses de loin derrière ton écran là les gens ils sont en train de m'entendre tu vois et du coup ils me voient pas en face et du coup il y a ce ce truc qui est créé qui fait que ça paraît très distant en fait alors qu'en fait plein de gens qui m'écoutent là pourraient s'ils ont envie bien sûr parce que c'est pas pour tout le monde et et je le conseille pas à tout le monde en fait mais mais il y a plein de gens qui pourraient se lancer et qui l'osent pas et je pense que c'est ça aussi qui est important c'est de communiquer et et donner envie aux gens parce que c'est c'est une belle expérience à vivre et et et ça pourrait plaire à plein de monde

Loïc carrément carrément en tout cas moi j'en suis aussi convaincu et tu vois par rapport à ce que tu disais qu'il y a sans doute plein de gens qui s'ils s'écoutaient pourraient le faire en tout cas à qui ça à qui ça ça correspondrait qu'est-ce qui te semble alors il n'y a pas j'allais te poser la question qu'est-ce qui te semble important ou qu'est-ce qui fait à ton avis que dans ton cas ce genre ce type d'aventure ça a matché même si je pense que voilà il n'y a pas une grille unique ou quoi que ce soit mais dans ta personnalité qu'est-ce qui fait que ces 5500 kilomètres c'est ce qui te correspondait

Invité 1 c'est une bonne question je pense que j'ai souvent vécu à l'arrache dans ma vie il y a il y a plein de raisons qui ont fait que je ne suis pas quelqu'un du tout qui fait attention aux normes ou ou je ne suis pas maniaque non plus aux grandes dames de mes colloques quand je me suis en colloque mais du coup ça a aidé beaucoup parce que j'ai eu l'habitude de me débrouiller tout le temps et de m'adapter un peu tout le temps à plein de situations qui me sont arrivées et ça je pense que ça m'a ça m'a aidé et c'est ce qui a fait que j'ai réussi à endurer aussi le fait de je ne sais pas de vivre 6 mois à moins de zéro quoi ça n'empêche que c'est quand même une difficulté et que quand tu te fais défoncer par la neige ou quoi il faut avoir un certain mental et tout ça mais c'est un mental qui est forgé aussi par la montagne donc quand je dis ça je n'ai pas envie que ça laisse sous-entendre que oh mon dieu si je ne me sens pas prêt à me faire défoncer par la neige ou par la montagne je ne suis pas prêt à le faire en fait c'est la montagne qui forge mais je pense que ouais avec un peu de réflexion c'était ça c'est cette envie cette curiosité pour les gens que j'ai toujours eu cette attirance pour la nature que j'ai toujours eu et cet effort physique qui fait du bien quoi aussi et qui fait qu'on se sent vivant et qu'on apprend à connaître notre corps aussi quoi c'est dingue en 6 mois là j'ai tellement perdu je sens cette déconnexion avec le corps qui est énorme parce que je ne fais plus beaucoup de sport parce que je vis en ville parce que je fais beaucoup la fête parce que tout ça et bref je divague là j'ai changé de sujet mais c'est intéressant

Loïc enfin j'espère ouais non mais carrément carrément et du coup ça m'amène à une autre question tu vois c'est il y avait peut-être des prédispositions ou voilà des traits de caractère etc de personnalité qui ont fait que c'était l'aventure qui te fallait ou en tout cas qui toi t'a fait du bien et moi je serais curieux de savoir qu'est-ce que t'en as appris aussi tu vois qu'est-ce qu'elle t'a qu'est-ce qu'elle t'a apporté cette aventure

Invité 1 qu'est-ce qu'elle m'a apporté et bien c'est pas si facile et j'ai discuté avec une une exploratrice qui a marché pendant 4 ans que j'ai rencontré en Espagne qui a fait vraiment un projet hyper cool et tout et on s'est rencontré en Espagne du coup et on s'est appelé quand on était chacun rentré de notre expédition pour parler de ça et on avait un point de vue hyper différent sur le sujet et moi j'arrivais pas du tout contrairement à elle à voir spécifiquement les avancées que j'avais eues j'ai eu vraiment cette sensation de rentrer et de me dire bon bah voilà c'est fait et est-ce qu'il y a tant de choses qui a changé en fait tu vois t'es en montagne et puis après t'es plus et puis voilà mais c'est peut-être aussi l'habitude de vivre jour le jour et donc du coup je pense qu'il y a un sérieux qui s'est installé sur la montagne une expérience et dans la gestion des risques par exemple ou dans la gestion des choses quand il faut agir j'ai eu quelques trucs récemment qui ont fait que je sais pas t'as besoin de réfléchir rapidement tu vois et quand t'as une situation de stress par exemple et ça je m'en suis rendu compte peut-être en rentrant en ville en fait il y a il y a tout qui s'arrête en fait quand t'as une situation de stress t'es beaucoup plus calme qu'avant et tu gères le truc et en fait le stress est mobilisateur en fait peut-être et ça c'est des choses que j'ai appris sur le voyage et donc c'est peut-être des traits de ma personnalité ou voilà c'est des trucs que j'arrive plus à gérer dans la gestion avec les gens aussi peut-être que je vais moins parler si j'ai moins envie de parler en fait tu vois il y a des fois je ferme les yeux je m'imagine dans mes montagnes j'ai pas envie d'être là et et et puis c'est pas grave j'ai pas besoin d'aller parler aux gens si j'ai pas envie j'ai juste à m'imaginer dans les montagnes et je suis je suis déjà pas si mal

Loïc voilà donc c'est plus ça peut être un bon remède dans la ligne 13 ça fermer les yeux s'imaginer dans les montagnes exactement

Invité 1 exactement non je pense que c'est ça c'est des traits de caractère qui ont bougé surtout ouais mais ça s'instinue donc c'est difficile à aller ouais ouais

Loïc génial ouais après tu vois je te pose la question mais je suis parti du postulat que si tu pars deux ans il y a forcément des choses qui changent en fait j'en sais rien tu vois je suis jamais parti aussi longtemps et peut-être pas au final et toi tu sembles dire que tu vois qu'il y a eu des apprentissages mais peut-être peut-être différent de j'ai l'impression en termes d'intensité ou de de quantité entre guillemets d'apprentissage par rapport à cette personne dont tu parlais qui est partie 4 ans et je pense que c'est ok tu vois c'est il n'y a pas de

Invité 1 ouais c'est c'est la gestion en fait je sais pas pour moi c'est la gestion des émotions que tu gères mieux la gestion des rencontres aussi qui sont le plus fort moralement quand même voilà donc c'est ça c'est plein de tous ces petits trucs là mais en fait qui sont tout toute ta vie c'est quoi la vie de n'importe qui c'est des rencontres c'est des aventures des moments de stress des moments de joie des moments de tristesse et voilà peut-être que le voyage il manque juste un peu de moments d'amour fou mais et à part ça en fait le voyage c'est comme n'importe quelle vie en fait t'as exactement les mêmes sensations et donc du coup au final après un voyage comme ça t'as juste appris et grandi à gérer tous les moments que tu vis dans une vie en fait enfin on verra j'ai 30 berges il y en a encore plein qui m'ont arrivé excellent

Loïc et du coup quelle est la suite pour toi maintenant que t'as fait tu vois ces premiers 5500 kilomètres à travers tes 12 chaînes montagneuses d'ailleurs celles et ceux qui voudraient en savoir plus je pense qu'on peut trouver toutes les infos sur que ce soit les webséries ou install internet aussi exactement ouais qui est juste fascinant ou alors on se refait un épisode pour chacune des 12 ça pourrait être une option mais bref ouais quelle est la suite pour toi maintenant que t'es revenu

Invité 1 ouais bah du coup la suite en tout cas en termes d'exploration parce que j'essaye aussi de me construire une vie plus sédentaire pour arriver à se poser aussi parce que c'est un grand apprentissage à réapprendre à se poser mais l'idée de la l'idée globale en fait du projet c'est mon rêve en tout cas on verra si j'arrive à le faire dans ma vie mais ce serait de faire un tour du monde par toutes les montagnes du monde en fait et donc du coup l'idée c'est de repartir à chaque fois de l'arrêt où je me suis posé à la fin de la saison pour prendre la montagne suivante donc on n'a pas vraiment parlé du coup de l'itinéraire total mais on s'en fout un peu pour les gens que ça intéresse aller voir c'est c'est simple à trouver comme information mais bref j'ai fini du coup la saison 1 au sud du Portugal donc l'idée c'est de repartir au sud du Portugal à Cabo de Sao-Veixante de faire tout le sud du Portugal tout le sud d'Espagne avec un petit passage par la Sierra Nevada mais ça je ne sais pas encore parce que ça fait quand même genre 500 km de détour donc c'est quand même pas rien mais bon l'idée principale de cette saison 2 c'est de passer Gibraltar du coup et de traverser en intégralité tout l'Atlas marocain principalement en hiver ou en tout cas une bonne partie en hiver parce qu'il y a pas mal de villages en fait qui sont assez hauts dans l'Atlas de ce que j'ai vu et du coup qui sont pas mal isolés à cause des chutes de neige en hiver et du coup l'idée c'est de pouvoir y aller à pied et de cette fois-ci la nouvelle saison pas vraiment la centrer autour de moi ou de ce que j'ai pu vivre sur ce voyage mais plus de me tourner du coup cette fois-ci vers les autres et vers ces populations-là voilà c'est un peu ça le projet c'est au mois d'octobre peut-être que je repars donc voilà c'est ça le projet excellent

Loïc et donc l'idée c'est de partager le quotidien de ces personnes qui vivent en milieu montagnard enfin isolé qui se retrouvent un peu coupées tous les ans ouais

Invité 1 de documenter les pratiques agricoles de documenter leur style de vie voilà avec toujours la base la base aussi qui est que je vais traverser tout l'Atlas à pied et que donc du coup potentiellement il y a aussi plein de choses qui peuvent arriver moi personnellement mais c'est vrai qu'au moins faire un documentaire à l'issue de cette web série à l'issue de ce voyage et vraiment le centrer sur les pratiques et tout ça parce que on n'en a pas parlé mais on pourrait parler encore trois heures mais c'est vrai que les villages qu'on rencontre qui sont extrêmement isolés en fait il n'y a pas besoin d'aller au Maroc pour le voir des fois tu passes un col ou un sommet perdu dans la cordillère Cantabrique tu arrives dans un village il y a un téléphone dans le village ça m'est arrivé une fois il y avait un téléphone dans le village il n'y avait pas de réseau c'était un village extrêmement isolé en bout de vallée où tu as besoin de faire je ne sais pas une heure de bagnole pour arriver à trouver une grotte goudronnée je caricature un peu peut-être mais ça arrive et il y en a encore en fait et ces gens-là en fait ces rencontres-là quand tu arrives dans ces villages-là et qu'ils n'ont pas l'habitude de voir des gens il y a une rencontre qui est extraordinaire et un échange souvent autour de valeurs et de projets et de trucs que tu as des discussions que tu n'arrives pas à retrouver beaucoup ailleurs donc c'est quelque chose qui me passionne et malheureusement je n'ai pas pu filmer autant ces trucs-là quand j'étais sur ma websérie parce que j'étais seul et il y a des contraintes aussi mais voilà là j'essaie de trouver une solution pour que ces moments-là qui sont extrêmement forts ça puisse être filmé et donc partagé au plus grand nombre parce que je pense que c'est important en fait

Loïc génial génial et donc tu disais a priori autour d'octobre 2022 pour le départ

Invité 1 ouais faut voir il y a pas mal de choses à faire mais ouais c'est ça ce serait l'idée ce serait l'idée j'ai repoussé ça devait être en février et c'était complètement irréaliste avec tous les trucs à bosser donc voilà ok

Loïc ah là là excellent ça fait rêver en tout cas écoute je pense que j'imagine que tu vas communiquer sur l'avancée de tout ça quand ça commencera à se concrétiser sur tes différents comptes etc donc en tout cas moi je te ferais ça avec attention peut-être sur les marcheurs fous tu communiques sur ce qui arrive ouais ouais ok

Invité 1 ouais ouais je fais partie des marcheurs fous aussi ouais ouais carrément génial après ouais non

Loïc ouais top excellent et bien écoute Eric on arrive quasiment au bout peut-être la question finale tu vois pour finir pour finir en beauté ce serait encore une question un peu généraliste décidément mais ce serait tu vois pour toutes celles et ceux qui se posent des questions c'est vrai que quand on t'écoute moi vraiment ce qui m'impressionne c'est ta capacité à lâcher prise à un moment donné tu vois à t'être dit ok là j'arrête j'ai ma thèse en poche je pars un an bon finalement c'est deux et puis là j'ai l'impression que c'est en train de devenir quelque chose que tu vas voilà c'est quelque chose qui est vraiment rentré dans ta vie donc visiblement l'expérience a été hyper positive et t'as trouvé voilà c'est un type d'expérience qui vient alimenter ta flamme j'ai l'impression donc qu'est-ce que toi tu conseillerais tu vois à celles et ceux qui en t'écoutant se disent bah ouais j'aimerais bien me lancer aussi mais par où commencer tu vois j'ai un job j'ai je sais pas un loyer j'ai une voiture à rembourser mais visiblement toi t'en es l'exemple c'est possible tu l'as fait donc qu'est-ce que tu conseillerais à ces personnes

Invité 1 bon déjà n'ayez pas peur d'avoir peur parce que c'est ça peut paraître avec du recul ah oui bah je suis sorti de ma thèse et c'était une évidence et tout ça un peu la mode CV en fait mais non j'avais peur à mort et même si et c'est clair que j'avais la vie aussi qui faisait que il y avait un peu tous les signes qui montraient ça et même en ayant tous les signes c'était difficile à faire donc je comprends bien que pour beaucoup de gens et en particulier quand tu dis que t'as un crédit de voiture et tout ça et que t'as un job un CDI etc avec tout ça c'est encore plus dur parce que moi j'avais rien en fait à la fin de ma thèse potentiellement c'était le chômage de toute façon donc de toute façon c'était aussi plus facile donc ce que je peux conseiller aux gens peut-être c'est n'ayez pas peur d'avoir peur c'est très compliqué c'est très difficile après voilà peut-être inspirez-vous de plein d'exemples de plein de gens il y a plein de choses et puis peut-être qu'au début on n'est pas obligé de se lancer non plus dans deux ans de voyage en particulier si on n'a jamais randonné je pense que c'est c'est aussi une mentalité qui se forge avec le temps et que moi ça m'a pris 10 ans peut-être en fait entre le moment où je voulais le faire et le moment où je me suis lancé ça m'a pris peut-être 10 ans donc en fait ouais se lancer petit à petit ne pas avoir peur d'avoir peur et quand on sent qu'on a cette opportunité à ce moment-là où on peut la créer aussi mais se lancer et essayer en tout cas et en parler à des proches puis en parler même à des gens en parler à un psy ou quoi de se dire j'ai besoin de me lancer etc. pour quelqu'un qui peut aider en fait à créer cette énergie parce que c'est clair que changer de cap comme ça c'est difficile ça fait peur et il faut de l'énergie et si on n'a pas l'énergie suffisante pour le prendre on ne le fera pas donc voilà il faut trouver de l'énergie pour trouver de l'énergie et une fois qu'on a toute cette énergie-là bah se lancer et prendre le cap voilà ce que je peux peut-être conseiller aux gens quoi et puis sinon parler à des gens qui ont fait ce genre d'expérience ça peut aussi être une bonne chose

Loïc carrément bah écoute moi en tout cas je suis convaincu que cette conversation va filer un bon boost d'énergie à un paquet de gens donc encore une fois un grand merci grand merci d'être venu partager non seulement ce que t'as fait mais aussi ce que t'as appris avec beaucoup d'humilité d'authenticité moi je me suis régalé je sais pas si je sais pas si j'oserais un jour tu vois me lancer sur un an deux ans de marche mais en tout cas voilà cette notion de lâcher prise encore une fois c'est vraiment quelque chose qui me trotte dans la tête donc je pense que entre vous tous les marcheurs fous vous allez finir par me faire franchir le cap tu vois il faut c'est ça écoute un grand grand merci en tout cas Eric je rappelle ainsi les gens veulent te suivre ciel mon bivouac site internet youtube compte insta très belles photos magnifiques vidéos et super témoignage au global donc n'hésitez pas à aller faire un tour et puis écoute je te souhaite qu'est-ce que je peux te souhaiter des bons préparatifs pour la saison 2 alors yes c'est pas mal comme souhait

Invité 1 yes merci Eric merci à toi ciao tout le monde merci à cela merci à cela cela cela cela ! !

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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