Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·066 Montagne #Chamonix #volcanologie #voyage

15 février 2022

Guy de Saint-Cyr et Coralie Bertrand, chasseurs de volcans en éruption

Durée · 1h07 · Transcription disponible

Guy de Saint-Cyr et Coralie Bertrand, ch

Le récit

Guy, guide volcanologue de 82 ans, et Coralie, sa petite-nièce de 26 ans, sont des chasseurs de lave.

L'histoire de Guy, qui allait finir par entrainer une partie de sa famille dans l'univers peu connu des volcans 🌋  débute en 1958. Il a alors 18 ans et se prépare pour devenir guide de haute montagne à Chamonix. Après un accident qui le prive de son compagnon de cordée, il se rend au Stromboli au moment où les habitants de l'île s'apprêtent à être évacués. Le volcan est en éruption. Qu'importe, Guy se lance dans son ascension. Lorsqu'il finit par atteindre le cratère et qu'il pose les yeux 👀 sur le spectacle qui se déroule en contrebas, il explique qu'il a eu une révélation. Sa vie, il savait désormais qu'il allait la consacrer à arpenter les pentes de ces cracheurs de lave et à les faire découvrir aux autres.

En plus de 50 ans d'aventures, Guy a posé les pieds sur quasiment tous les volcans actifs de la planète. En tout, il a passé 13 mois au sommet du Stromboli ! Il a grimpé 57 fois le Seremu, l'un des volcans les plus difficiles d'Indonésie 🇮🇩 . Les volcans sont devenus, pour sa femme Monique et lui, leur raison de vivre. Il nous raconte dans cet échange qu'il s'y est aussi brûlé les ailes et qu'il s'est vu mourir plusieurs fois 😰. Comme en haute montagne, les volcans fascinent mais rappellent à celles et ceux qui les côtoient que la nature gagne toujours.

Les récits de Guy ont égayés de nombreux repas de famille de l'enfance de Coralie. C'est sans doute ce qui a fini par la pousser, elle aussi, à partir découvrir ses premiers cracheurs de feu 🔥. Elle est tombée sous le charme de la lave à son tour et accompagne maintenant Guy dans ses pérégrinations.

Je me suis régalé dans cet échange aux côtés de deux passionnés qui partagent le même amour pour la lave. À les entendre décrire les sensations qu'ils ressentent lorsqu'ils posent leurs yeux sur la lave en fusion, que les explosions font vibrer chaque fibres de leurs corps et qu'ils contemplent des nuits entières des gerbes de feu de plusieurs centaines de mètres de hauteur, je me dis que l'expérience vaut sans doute le détour !

🔎 Pour vous plonger dans les récits d'aventures de Guy, son dernier livre s'intitule D'un volcan à l'autre. L'agence de voyage spécialisée dans les volcans qu'il a fondé avec sa femme, et qui est aujourd'hui devenue une affaire de famille, est Aventure et Volcans.

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Guy Les Frappés de volcans en éruption avec Guy de Saint-Cyr et Coralie Bertrand. Et dès que tu dresses, c'est la chaleur dans ce coup, la chaleur épouvantable. Et devant toi, ou bien tu es un lac de lave, ou alors tu as des bouches et tu attends que ça pète. Toi tu as tous les muscles qui sont un petit peu tendus parce que tu as quand même un peu la trouille. Et quand ça pète, imagine tu as un bruit, une détonation fantastique. En même temps, tu sens dans tes jambes, dans tes tripes, la terre qui vibre. Et en même temps, tu as cette gerbe qui monte à 200, 300, voire 1000 mètres de hauteur.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Guy et Coralie sur le podcast !

Coralie Merci Loïc de nous avoir accueillis, on est très content de partager ce moment tous les deux avec Guy.

Guy Merci Loïc ! Ben écoute là moi je suis venu avec Coralie, c'est elle qui m'a embringué dans cette histoire !

Loïc Et bien Coralie je pense que tu as bien fait en tout cas, moi je suis hyper content que vous soyez là tous les deux, et que vous ayez pu vous libérer pour nous raconter un petit peu ce que vous faites ensemble. J'ai trouvé complètement fou Coralie quand on a échangé en off avant l'épisode, je me suis dit alors là ça promet vu l'univers, vu aussi les liens que vous avez, les différences générationnelles etc. Je pense qu'on va bien s'amuser, qu'on va bien voyager en tout cas. Mais j'en dis pas plus et je vous laisse peut-être commencer par vous présenter, nous expliquer un peu ce que vous faites, dans quel univers vous évoluez aujourd'hui. Vas-y Coralie !

Coralie Alors moi c'est Coralie, j'ai 26 ans et je suis acheteuse dans une entreprise de logiciels, et je suis fascinée par les volcans et j'ai découvert ce monde des volcans grâce à Guy. Et donc je suis la petite nièce de Guy, c'est à dire que ma grand-mère c'est la soeur de Guy. Mais il faut savoir qu'avant mes 18 ans c'était pas vraiment connu parce que Guy passe beaucoup plus de temps sur les volcans que dans les repas de famille. Et du coup on s'est rencontré sur moi un repas de famille l'année de mes 18 ans. Il y a eu un grand coup de cœur je pense des deux côtés, on a beaucoup échangé, j'étais très curieuse et j'étais très... J'étais fascinée par la manière dont les personnes autour de moi et toutes les personnes qui avaient voyagé avec Guy étaient si admiratrices d'avoir pu faire quelques volcans avec Guy. Et du coup pour mes 20 ans j'ai eu la chance de partir en Éthiopie, j'ai retrouvé un groupe, j'ai retrouvé Guy et j'ai découvert mes deux premiers volcans, donc Dalol et le lac de l'Ave de l'Ertalé. Et là j'ai compris que c'était quand même assez fou, que c'était déjà des images impressionnantes, c'était une expérience qui était juste unique, insolite, avec des rencontres d'ailleurs aussi géniales que j'ai gardées encore aujourd'hui. Et du coup au retour je me suis dit c'est bon j'ai compris, c'est quand même fou, faut recommencer. Donc ainsi je suis partie en Indonésie parce que Guy m'avait beaucoup parlé de l'Indonésie. Alors là c'est beaucoup plus sportif, un peu plus difficile mentalement. Et puis après je me suis dit Guy m'a beaucoup parlé du Stromboli, donc il expliquera pourquoi. Donc je me suis dit allez on va aller en Sicile et je vais aller voir ce que c'est le Stromboli. Et puis là on revient juste, donc il y a trois semaines on est parti avec Guy, Guy m'a proposé avec un autre personne de descendre dans le cratère du Massaya pour aller voir deux lacs de l'Ave au Nicaragua. Et au retour je me suis dit quand même c'est quand même fou de pouvoir vivre ça avec Guy. Donc j'aimerais bien partager tout ça et c'est pour ça que je t'ai contacté parce que je trouve ça vraiment génial. Et justement cette passion là qu'il me partage, il ne le fait pas qu'avec moi. Donc il y a une agence qui existe, il en parlera un peu plus mais c'est pour montrer qu'une fois qu'on tombe dedans généralement, on sait qu'on est retourné.

Loïc Génial, merci Coralie pour la présentation, tu nous as fait une belle introduction, beau teasing pour du coup le parcours de Guy. Donc Guy peut-être que tu peux nous expliquer, balayer un peu ces années d'aventure et ta relation avec l'univers des volcans.

Guy Bah écoute moi ça débute en 1958, à cette époque là j'ai 18 ans, je passe mon temps dans les aiguilles de Chamonix, je vais devenir guide de haute montagne, je grimpe, je grimpe, je laisse un peu tomber les études et je passe beaucoup de temps à grimper. Et le compagnon qui grimpe avec moi, mon compagnon de cordée a un accident de moto, brutalement il ne peut plus rien faire, il ne grimpera jamais. Et bon je suis un petit peu, je ne sais plus ce que je vais faire. Et à ce moment là je lis dans le progrès de Lyon, un petit anthropilet qui dit que le volcan Stromboli vient d'entrer en éruption, et qui pense évacuer une partie de la population. Je me dis tiens un volcan d'activité, ça je n'ai jamais vu, c'est une montagne vivante, bon j'ai envie d'aller voir. Et je suis parti avec un autre pote, et quand on est arrivé là-bas, t'imagines en 1958, c'était deux bateaux à vapeur qui desservaient cette île une fois par semaine. Donc on est arrivé devant cette petite île, avec un bruit du diable, avec des panaches noires qui montaient. Je n'avais jamais vu de volcan, je trouvais ça terriblement impressionnant. Le bateau n'approche pas trop de l'île, il s'arrête à 800 mètres à peu près, il y a une barque qui vient nous chercher, on débarque sur une plage où il y a plein de femmes en noir qui viennent chercher le courrier, les nouvelles, il n'y a pas de touristes à l'époque, il y a un seul guide qui monte quelques gens au sommet du volcan. Et donc on n'a pas d'argent pour se payer un guide, on se dit qu'on va monter tout seul. Et dans la nuit, on part et on monte. Et là, si tu veux, pour moi ça a été une révélation. J'ai vu l'incandescence, j'ai vu la rougeur du volcan au fur et à mesure qu'on montait, ça devenait de plus en plus incandescent, on voyait les bombes qui montaient, ces gerbes de lave qui sortaient du cratère. Et on se disait, mon objectif c'était de jeter un coup d'œil de l'autre côté, pour voir ce qu'il y avait dans le cratère. D'où ça sortait cette matière incandescente ? Je voulais voir. Mon copain était un petit peu moins... Mais enfin, je suis arrivé à l'entraîner quand même. Et au bout d'un moment, on est arrivé au sommet et là, on a jeté un œil à l'intérieur du cratère. Et là, il y avait quatre bouches en activité et des crevasses qui étaient toutes incandescentes. Et pour moi, ça a été vraiment... Oui, ça a été un grand moment. Ça a été vraiment une révélation. Toutes les dix minutes, cinq minutes, quelquefois, il y avait des explosions. On voyait ces gerbes qui montaient, qui montaient très au-dessus de nous. Et on surveillait les blocs en disant, il y en a un qui passe là, toi. Donc, c'était impressionnant. On a passé une nuit vraiment extraordinaire. Et on s'est habitués. La nuit, elle a été longue. Mais à la fin, j'étais presque habitué. Et déjà, je me suis dit si on pourrait s'approcher un petit peu quand même. Et là, pour la première fois, j'ai commencé à descendre un petit peu à l'intérieur du cratère. J'ai vite arrêté. Ah oui. J'ai vite arrêté. J'ai vite arrêté. J'ai pas été bien. Mais enfin, ça a été ma première descente. Je suis remonté. Et là, ce jour-là, j'ai dit, bon, tu vas être sérieux. Tu vas reprendre tes études. Tu vas faire géologie. Et dans ma tête, je savais déjà que je voulais m'occuper de volcans dans ma vie. Voilà. Excellent. Ça, ça a été la révélation. Voilà. Donc, j'avais 18 ans. Je lui ai dit, donc, j'étais un gamin. Je suis rentré. Et quelques quinze jours, trois semaines après, j'ai eu la chance de rencontrer Monique, ma femme, qui a donné ma femme. Elle avait 24 ans. C'était une alpiniste, elle aussi. Et bon, à ce moment-là, on a voulu faire quelque chose ensemble. Évidemment, ma famille m'a dit, à 18 ans, tu vas pas te marier. Donc, on s'est barrés. Et on a vécu ensemble à Ouyonna pour un moment, à Grossoble ensuite. Et là, on a commencé tous les deux à grimper et sur les volcans et continuer l'alpinisme. Et ça, on a fait ça jusqu'en 1963. Après, on s'est mariés. Mais après, en 1963, il y a un volcan qui est en temps d'éruption qui s'appelle Surcey, qui était à une cinquantaine de kilomètres au large des côtes de l'Islande. Et là, j'ai voulu aller voir ce volcan. Et pour aller voir ce volcan, donc, on a pris l'avion. On est arrivé là-bas. Moi, j'imaginais qu'on allait prendre l'avion, se poser, prendre un bateau et aller sur l'île comme ça. Mais quand on est arrivé là-bas, on nous a dit, mais il faut déjà vous rendre sur une petite île qui s'appelle Emmae, qui a une quarantaine de kilomètres du volcan. Et là, après, il faudra chercher un bateau qui veuille vous emmener là-bas. Mais des bateaux, on n'en trouvait pas. Tous les chalutés qui étaient là-bas, ils disaient, non, non, mais on n'est pas fous, on ne veut pas, on ne connaît pas le monde. Il y a des coulées de lave qui se déversent. Imagine, la lave, le lac de lave qu'il y avait sur cette île éclairait tellement qu'on pouvait lire le journal dans un rayon de 40 kilomètres. Tu vois, il y avait une lumière. Et la nuit, il y avait une lumière énorme. D'accord.

Loïc D'accord. Ah oui, c'est le niveau de... Ok. J'aurais jamais cru 40 kilomètres, c'est énorme.

Guy Ah oui, oui, c'était énorme, oui. Et imagine que pendant deux jours, deux nuits, tous les chalutiers, les uns après les autres, on est allé les voir. Après, on a rencontré deux journalistes américains qui voulaient faire comme nous. Et on leur demandait, vous ne voulez pas nous emmener. On proposait des dollars, on proposait de plus en plus de dollars. Il n'y en a aucun qui voulait. Donc, au bout de deux jours, on était un peu découragés. Et Monique, qui a l'œil, elle voit arriver un mec qui essaye de grimper sur son chalutier. C'est un tout petit chalutier. Il avait du mal à grimper sur son chalutier parce qu'apparemment, il était bourré. Et on nous avait dit, un copain m'avait dit qu'il avait travaillé dans une poissonnerie en Islande auparavant. Il m'avait dit, si tu vas en Islande, à cette époque, l'alcool était interdit. Amène toujours avec toi une bouteille de whisky, ça pourra te servir. Et on avait amené une bouteille de whisky. Et Monique a eu l'idée, elle a vu ce mec bourré. Elle s'est dit, elle est partie avec son sac. Elle est allée le voir. Elle lui a montré la bouteille. Elle lui a dit sur de serre. Le mec, il a dit oui. Tu vois, je résume, mais ça s'est passé comme ça. Les Américains sont venus avec nous. On est partis tout de suite. Et à partir du moment où on est sortis du port, le type, il ne donnait plus du tout l'impression d'être un mec bourré. Pas du tout. Il a sorti son bateau très bien. Il y avait deux coéquipés avec lui, enfin deux marins. Et il donnait ses ordres et c'était impeccable. Et on est partis sur sur de serre. Et là, je vais te dire, c'était ma première grande expérience de volcan. Vraiment. Parce que pour débarquer sur l'île, lui, il ne s'est pas approché trop près. Il s'est approché à, je ne sais pas, à 500-600 mètres. Parce qu'après, il ne connaissait pas les fonds. Il y avait de la mer. Il y avait un seul pneumatique. C'était avec un seul boudin. Donc, tu vois, ce n'était pas un Zodiac, pas un gros Zodiac, un petit pneumatique. On s'est mis à deux là-dedans. On a fait deux trajets. Et en râman, on est arrivés à aborder. Et là, avec les Américains, on s'est séparés. Parce qu'eux, ils ne voulaient pas s'approcher trop près. Ils voulaient faire des photos ensemble. Et nous, on voulait grimper près du lac de lave. Donc, avec Monique, on est montés. On s'est approchés. Il va revenir nous chercher le lendemain. On a fait des photos là-haut. C'était incroyable. Il y avait un immense lac de lave. Et toutes les minutes à peu près, il y avait des gerbes de lave qui sortaient du lac et qui s'éparpillaient de partout. Il n'y avait pas de danger, si tu veux. Il n'y avait pas de risque immédiat. Mais le spectacle était fabuleux, mais tellement fabuleux. J'avais une petite caméra, une super 8 à l'époque. Donc, c'était mon premier film volcan que j'ai fait. Et ça, j'ai ramé vraiment des belles images. Au retour, je te passe parce qu'il a oublié de venir nous chercher. Au lieu de me dire de nous chercher 24 heures après, on a attendu 48 heures. Mais enfin, il est venu. Il est venu. Et lorsqu'on a débarqué, lorsqu'on a fait le voyage inverse, c'est-à-dire du volcan au bateau, c'est les Américains qui sont partis en premier et nous avec Monique après. Et là, je ne sais pas, tu sais, j'avais une chaussure d'escalade avec un œillet qui s'était retourné. Et en bougeant dans le bateau, Monnier a percé le pneumatique. Et on était à mi-distance à peu près du bateau et on a fait chuuuut. Et le bateau qui commençait à se dégonfler. Et il y avait une corde, tu vois, qui nous tirait du bateau. Les mecs, ils ont compris tout de suite, ils ont tiré comme des fous. Moi, je tirais aussi sur la corde. Le bateau descendait. Monique, c'est pas mal. Elle ne sait pas nager. Moi, de toute façon, je pensais qu'il y a une chose, c'était mon sac avec les films et les photos qu'on avait faites. On est arrivé près du bateau. On avait de l'eau jusqu'à la taille. J'ai donné mon sac d'abord. Il m'a arraché le sac. Après, j'ai aidé Monique. Elle est montée la tête en bas. Ils sont arrivés à la monter. Et après, je suis arrivé à grimper sur le bateau. Ça a été notre première expérience. Mon premier grand reportage sur Connaissance du Monde. On a eu la couverture de Connaissance du Monde. 4 ou 5 pages, je ne me rappelle plus à l'intérieur. Et des diapositives. C'est la première fois qu'ils mettaient des diapos dans la revue. Donc ça, si tu veux, c'était ma première expérience vraiment volcan. Qui a bien marché. Et après, si tu veux, on a continué à faire les volcans comme ça avec Monique. Et pour ce faire, j'avais trouvé un travail chez André Jamais. Tu sais, tu as dû en entendre parler. C'est le gars qui équipe les expéditions himalayennes. Et toutes les expéditions aussi polaires. Donc, il m'avait proposé de tester du matériel d'une part. Et puis d'autre part, d'être présent au salon du site qui avait lieu chaque année pour parler du matériel. Et en plus, je faisais aussi ça pour les chaussures Salomon. Les chaussures Salomon voulaient que je les teste dans des conditions extrêmes. Donc, pour les tester, on est allé à l'Etna. Et on est... Imagine, on a cherché une coulée, une coulée d'ave. Il y en a beaucoup là-bas. Qui descendait pas trop vite. Avec une petite croûte qui pouvait nous tenir quand même dessus. On est monté sur... Là, c'était pas avec Monique. C'était avec un copain. On est monté sur cette petite croûte. Et on s'est laissé descendre comme ça sur la coulée de l'aveur. Pour montrer que les chaussures... Tu vois ? Donc, évidemment qu'au bout de même pas une minute, les chaussures sont enflammées. Et là, on est descendu tranquillement. On a traversé la coulée tranquillement. Vous voyez, les chaussures Salomon. Voilà, on a fait un petit film comme ça. Donc, c'était... C'est pour dire un petit peu ce qu'on avait. Et bon, ça, ça a été jusqu'en 1979. Et en 1979, j'ai sorti un bouquin. Mon premier bouquin qui s'appelait Stromboli. Et là, il y a un type de... Qui s'appelle Georges Bordesoul. Qui est venu me voir à l'occasion du salon de Grenoble. Où on vendait le matériel jamais. Et qui m'a dit, écoute, moi je suis directeur d'une agence de voyage spécialisée dans la glace. Je vends des voyages au Spitzberg. Je ne fais que la glace. J'ai lu ton bouquin. Et le feu, ça m'intéresse. Et j'aimerais bien, j'ai une idée de marier la glace et le feu. Est-ce que tu serais d'accord pour accompagner des voyages sur les volcans ? J'avais jamais pensé à ça. Mais moi, je dis, c'est une idée géniale. Pourquoi pas ? D'accord. Et c'est lui, en fait, qui a eu cette idée. Si tu veux, le point de départ de mes voyages sur les volcans, c'est lui. C'est pas moi. Ni Monique, c'est lui. Donc, j'ai dit ok, j'ai monté un voyage. Et puis, je me suis dit que Stromboli, j'allais lui faire découvrir Stromboli, mais je voulais lui faire découvrir d'une façon un petit peu extraordinaire. Je voulais un peu l'éblouir, si tu veux. Alors, au lieu de monter par le sentier, comme on monte normalement, si tu veux, j'ai eu l'idée un peu saugrenue de monter par la charadelle Foucault. Je ne sais pas si tu connais Stromboli, mais la charadelle Foucault, ça veut dire la cicatrice de feu. C'est un couloir de sang, de scorie et de lave, si tu veux, qui part du cratère enfumé au sommet à 928 mètres. Et c'est une seule pente qui descend jusqu'à la mer. Et à chaque explosion, les blocs, ils retombent sur cette pente et ils roulent comme ça jusqu'à la mer. Donc, tu vois, il y a de l'ambiance. Quand t'arrives là-dessus, on est parti en pente. On a déposé le kayak là-bas et on est monté par là. Donc, au début, c'est large, il n'y a pas trop de problème. Mais plus tu te rapproches et plus tu arrives près du cratère, évidemment, c'est un peu plus chaud. Il y a des bombes qui arrivent. Donc, on a fait cette traversée du cratère. Il m'a dit, mais attends là, t'es fou. On ne va jamais faire monter des groupes par ici. Des groupes de 15 personnes, c'est idiot, c'est impossible. Je me suis dit, bon, ben, t'as raison. Donc, on est redescendu par là parce qu'on avait le kayak. Et le lendemain, je l'ai fait monter par le sentier. Il m'a dit, ouais, ok, là, c'est bon, d'accord. Là, on peut faire quelque chose. Donc, on a créé un premier voyage comme ça avec l'Etna, Vulcano, Stromboli, puis d'autres petites îles de la Chéipelle éolien. Et tout de suite, ça a bien marché. Tout de suite. C'est-à-dire, on faisait des voyages d'avril à septembre et on a rempli tout de suite des voyages de 15 jours. J'avais loué un chalutier et on se baladait avec notre chalutier. Après, j'en ai acheté un et on a continué à travailler comme ça pendant longtemps. Et imagine, on en a parlé tout à l'heure avec Caroline, avec Coralie, imagine que le nombre de nuits que j'ai passées au sommet de Stromboli avec des clients correspond à 13 jours. Ouant le nombre de nuits que j'ai passées là-dedans encore. Genèse. On passait deux jours et deux nuits avec les clients là-dedans. Donc ça, ça a été un petit peu le point de départ. Ça a duré trois ans. Et à partir de ce moment-là, on s'est séparés et on a eu l'idée d'ouvrir Aventure et Volcan. Donc c'est Monique qui a eu cette idée de dire, on va ouvrir notre propre agence. Et à partir de ce moment-là, on a commencé à bosser chaque année. On faisait des nouveaux voyages et c'est moi qui accompagnais. Mais la tête, c'était Monique. Le cerveau, c'était Monique et moi, j'étais les jambes. Donc ça a commencé comme ça. On a sorti une brochure et chaque année, on faisait des voyages de plus en plus lointains. Alors on a fait La Réunion. Après, ça a été Hawaï. Après, ça a été le Kamchatka. On a été les premiers, par exemple, à aller au Kamchatka en 1991. Ça venait juste de s'ouvrir. Tu sais, Kamchatka, c'est cette tiquette qui est à l'extrême ouest de la Russie, qui était même interdit aux Russes, où il y a tous les sous-marins atomiques russes qui sont dans la bête de Poupablos. Et là, c'est un coin où c'est plein de volcans. Il y a des volcans de partout. Donc, imagine que pour aller là-bas, nos premiers voyages, pour accompagner les gens là-bas, comme il n'y avait pas de route, il n'y avait pas de piste, il n'y avait rien, on louait des chars, des chars de l'armée russe. Donc les premiers groupes, on les a mis dans l'histoire. Tu vois, s'imagines ? Les chars, ça grimpe des pentes de 45 degrés. Et ça va tout droit. On prend les arbres à gauche, à droite, on s'en fout, ça va tout droit. Et donc, pendant deux ans, on a fait ça. Après, on a remplacé ça par des chenillettes et après par des hélicos, des gros hélicos de 17 places, des amis 8. Mais bon, pour dire la progression, c'est des cinq. Nous, c'est que la marche, ce n'est pas notre but. Nous, la marche, c'est pour approcher le volcan. Si on peut s'en passer, on s'en passe. Si on peut prendre un hélico, si on peut prendre un chalutier, voilà, tous les moyens de locomotion qu'on peut disposer, on s'en sert. Ça va donc du char de l'armée russe au char à bœuf au Nicaragua, par exemple. Au Nicaragua, pour monter un volcan, ça s'appelle le Saint-Christophe-Bal. C'est une bavante aussi. On mettait tout sur le char à bœuf, puis les clients se mettent encore par-dessus. Et puis, on montait tranquillement. Ça ne va pas vite, mais ça monte. Voilà.

Loïc J'ai une question qui me vient. À l'époque, aujourd'hui, je pense, avec Internet, l'accès à l'information est beaucoup plus facile. Donc, j'imagine qu'avoir l'info, qu'il y a un volcan qui entre en éruption dans n'importe quel point du monde, aujourd'hui, c'est facile. Mais à l'époque, comment est-ce que ça se faisait ?

Guy Ben, ce n'était pas évident. Ce n'était pas évident, oui. Alors, progressivement, si tu veux, on a pris contact avec plein d'observatoires de volcanologie qui nous donnaient des nouvelles des volcans. On a pris des contacts comme ça, mais ça a été assez lent. Ça a été assez lent. Au début, ce n'était pas évident. Ce n'était pas évident pour savoir quel volcan il... Mais si tu veux, au point de départ, on avait déjà sélectionné tous les volcans du monde qui sont en activité permanente. Et autour de ces volcans en activité permanente, on a construit des voyages. Donc, les gens, quand ils venaient chez nous, ils nous disaient « Guy, on veut voir du rouge ? » « D'accord. Tu veux voir du rouge ? » « Donc, tu veux voir un volcan en activité ? » « Donc voilà, on propose ça, on propose celui-là, on propose celui-ci. » Ils étaient construits déjà, les voyages.

Loïc « D'accord. »

Guy « Et après, on a ajouté les voyages qu'on appelle le spécial éruption qui suit les éruptions qui ont lieu mais qu'on n'avait pas prévues au départ. »

Coralie « Mais comme là ou au Nicaragua. »

Guy « Comme au Nicaragua, voilà, exactement. » « Alors au Nicaragua... » « Ce qu'on a fait avec Coralie, c'est un spécial éruption. »

Loïc « Et donc ça, comment ça s'organise, ces voyages spécial éruption ? » « Dès que vous avez l'info, vous commencez à monter la logique. »

Guy « Alors dès qu'on a l'info, alors à l'époque, c'était Monique qui s'occupait de ça. » « Moi, c'était ma femme. » « Je dis qui c'était parce qu'elle est décédée il y a un an. » « Et elle prenait les renseignements tout de suite. » « Elle téléphonait donc aux observatoires de Volcano. » « On s'enseignait si c'était possible d'approcher. » « S'il y avait besoin d'autorisation, de toute façon, on s'en foutait. » « Les autorisations, on ne s'en occupait pas. » « On essaie de voir si on pouvait approcher suffisamment près pour que ce soit intéressant pour nous. » « Parce que tu sais, les clients qui venaient avec moi, ils venaient parce qu'ils savaient qu'on allait nous, vraiment dessus. » « Quand il y avait des coulées de lave, on avançait au milieu des coulées de lave. » « Quand il y avait des explosions, on s'approchait à la limite de retombées des explosions. » « On jouait avec le volcain, on avançait, on reculait. » « Tout ça, c'était notre truc. » « C'est aussi pour ça qu'on appelait notre clientèle comme ça à la voir. » « Donc voilà, c'était le point de départ. » « Le point de départ Aventure et Volcan, ça a été ça. » « Mais bon, si tu veux, ça n'a pas été facile quand même. » « Les trois premières années, je me souviens que le comptable, quand il venait au bureau, il disait, « Mais vous voulez continuer parce que, bon, vous voyez, c'est quand même pas terrible le résultat. » « Mais on était têtus, on s'est dit, ouais, ouais, on continue, on essaye encore. » « Non, on essaye encore. » « Et puis on a bien fait parce que la troisième année, on a eu une invitation pour un stand gratuit au Salon Mondial du Tourisme à Paris, Porte de Versailles. » « On s'est dit, bon, on va aller à ce salon, là, c'est chouette. » « On va aller à ce salon. » « Et là, effectivement, ça a bien marché. » « On a eu pas mal de clients qui nous découvraient. » « Mais je ne pensais pas qu'on pouvait aller sur un vol faire en activité. » « On pensait que c'était réservé aux scientifiques et tout. » « Alors on va montrer des photos, des petits bouts de films. » « Et à la fin de ce salon, les journalistes du monde entier décernaient des prix. » « Alors il y avait le prix du voyage le plus lucueux, le prix du voyage le plus fou. » « Et nous, on a eu le prix du voyage le plus insolite. » « Et le voyage le plus insolite, c'était le réveillon du jour de l'an au milieu des coulées de lave à Hawaï. » « Tu vois, j'avais trouvé un coin à Hawaï, une place de terre pleine, si tu veux, » « qui était au-dessus des coulées, des coulées descendait à gauche, à droite, de partout, » « se jetaient dans la mer. » « Et nous, on avait notre petit coin, là, on sortait la bouteille de champagne, le four. » « Oh, t'imagines, c'était horaire. » « Incroyable. » « On faisait ce qu'on appelle le steak au fil de fer. » « Et ça, si tu veux, tu peux interagérer tous mes clients. » « Le souvenir qu'ils ont, c'est même pas les coulées, c'est même pas... » « Ils se rappellent tous du steak au fil de fer. » « J'arrivais avec un fil de fer de 3 mètres. » « On attachait, on a amené des gros steaks. » « On attachait le steak avec le fil de fer. » « On jetait le fil de fer dans la lave. » « On le retournait. » « Alors, tu le veux bleu, tu le veux bien cuit. » « Et on mangeait de la steaks. » « Le steak au fil de fer. » « Les gens, ils venaient à Hawaï pour ça. » « Excellent. »

Loïc « C'est ça, Coréline, tu as eu droit, toi, au steak au fil de fer ? » « Non. »

Coralie « Alors, malheureusement, pour Hawaï, c'était pas des autorisations qui ont été... » « Normalement, tu ne peux pas accéder au lac de l'Awaï. » « Plus actuellement. » « Plus actuellement. » « Il est très surveillé. » « Et du coup, ils ont amené beaucoup de groupes. » « Malheureusement, il y a eu... » « C'était il y a trois ans, non ? » « Ouais. » « Un groupe a été pris, du coup, sur le site. » « Puis après, de toute façon, il y a eu le Covid. »

Guy « Si tu veux, pendant 20 ans, on a baisé les Rangers là-bas. » « Parce que la nuit, si tu veux, ils dorment les Rangers. » « Donc, c'est le seul moment où on pouvait aller voir le lac de l'Ave. » « Donc, j'avais trouvé des coins. » « Et j'emmenais les gens près des coulées de l'Ave. » « Et près du lac de l'Ave aussi. » « Surtout près du lac de l'Ave. » « Et ça, ça durait pendant 20 ans. » « Et puis un jour, ils iraient. »

Coralie « Mais j'irai. » « Au moins, un jour, j'irai. » « J'ai trop envie d'y aller. » « J'ai envie d'aller goûter le steak. » « Et c'est des super images. » « Parce que tu as la lave qui tombe dans l'océan. » « Ah ouais, c'est trop chouette. » « C'est juste un... » « Moi, c'est un de mes prochains voyages. »

Guy « Mais le problème, c'est que je suis interdit de séjour maintenant. » « Donc, pour moi, ça va être un peu difficile. » « Mais bon, on verra. » « À cause de ça ? » « À cause de cet événement ? » « Ah oui. » « Ils auront peut-être oublié d'ici 3-4 ans. » « Alors, tu sais, ce que je dois dire, c'est que comme on a eu ce prix, on a eu la chance que deux télévisions, le soir même, au JT de 20h, nous montrent le prix. Ils avaient choisi le voyage le plus insolite, c'est-à-dire les coulées de lave au milieu de la mer. » « Donc ça, c'était une publicité fantastique. » « Et il y a plein de journalistes qui sont venus nous voir. » « Donc, on a commencé à faire des reportages sur des journaux. » « Après, ça a été les télévisions. » « Et la chance, ça a été Arte. » « Arte a voulu faire un voyage pour faire un 52 minutes avec nous en Indonésie. » « Le Pauk, ça pétait partout. » « Le Krakatao est en activité. » « Le Céméro en activité. » « Il y avait 6 volcans, ça pétait partout. » « Là, on a fait un film du tonnerre. » « Ça, ça a bien plu. » « Ils ont attendu 2 ans. » « Et après, ils m'ont proposé de faire une série qui s'est appelée sur les volcans du monde. » « C'était des 26 minutes. » « On a fait 10-26 minutes qui passaient après les informations. »

Coralie « Et ça, c'était dans les années 2000, non ? »

Guy « Ouais, c'est ça. »

Coralie « Moi, c'est ça que je trouve ça dingue. » « Et toi, tu en as vu ? » « Oui, moi, j'avais vu les... » « Du coup, à l'époque, je regardais plutôt la télé. » « Alors, on voyait Guy à la télé. » « Ma grand-mère était toujours très contente de nous montrer Guy à la télé. » « Mais je suis encore plus contente de passer maintenant avec Guy. » « C'est plus intéressant. » « Il y a plus d'action. » « Mais moi, je trouve ça fou qu'à l'époque, c'était déjà... » « C'était pas commun de faire déjà des voyages, de faire des voyages sur la police. » « C'était pas accessible à tous non plus. » « Et je trouve qu'aujourd'hui, c'est encore plus fou parce que ça reste quand même des voyages différents. » « Tout le monde ne fera pas ça. » « Il faut vouloir aller faire ces volcans. » « Et souvent, on ne sait pas vraiment ce qu'on peut faire avec ce genre de voyage. » « Si on ne l'a pas vécu, on ne sait pas qu'on peut aller aussi près. » « Tout ce qu'on peut ressentir comme sensation. » « Et c'est encore quand même pas très commun. » « Quand j'en parle autour de moi, il n'y a pas beaucoup de mon âge, ni d'ailleurs pas de mon âge, qui partent sur des volcans pendant leurs vacances. » « Donc voilà, mais c'était déjà une communication hyper importante à l'époque. »

Guy « Elle est fascinée, elle est passionnée. » « Tu ne peux pas imaginer. » « Elle a un enthousiasme incroyable. »

Coralie « Tu l'entends quand il parle. » « Oui, clairement. » « Toutes ses aventures à ses clients. » « C'est impressionnant. » « Et puis, je veux dire, à l'âge de Guy, tu veux dire ton âge ? »

Guy « Je vais avoir 82 ans d'encore. »

Coralie « On descend dans des cratères. » « Cette année, dès que ça pétait, on ne savait pas où était Guy. » « Mais c'est normal, il était à la Palma pour aller vérifier par lui-même les coulées. » « Donc je veux dire, je trouve que c'est tellement génial. » « Il y a une énergie. » « Et d'ailleurs, pas que Guy. » « Par toutes les personnes qui partent dans ce genre de voyage. » « Les énergies de ces personnes sont des gens qu'on rencontre. » « C'est quand même fabuleux. » « Donc il faut le partager aussi. »

Guy « Enfin, ça fait quatre ans que je n'accompagne plus. » « J'ai arrêté. » « Parce que si tu dis que l'accompagnateur, il a 78 ans, ça ne fait pas sérieux. »

Coralie « C'est un invité de luxe. »

Loïc « Alors, ce qui m'intrigue, je crois que, tu vois, Coralie, tu l'as dit, c'est vrai que ça reste un univers. » « Moi, spontanément, quand tu m'as contacté, je me suis dit, je suis allé du coup regarder des petites vidéos. » « Puisque bon, Guy, je vais être honnête, je n'avais jamais vu de reportage avant. » « Je n'avais pas vu la série sur Arte. » « Pourtant, je vais souvent y faire des tours pour leurs docu-voyages que je trouve souvent géniaux. » « Donc je n'avais pas vraiment découvert ce que tu faisais, à quel point est-ce que tu t'approchais au plus près des volcans. » « Et la première pensée que j'ai eue, c'est, punaise, mais là, en termes de sécurité, c'est vraiment faisable, un truc comme ça ? » « Et du coup, c'est un peu la question que j'ai envie de vous poser. » « C'est un peu, j'ai l'impression, comme d'aller nager. » « Moi, j'ai grandi en Nouvelle-Calédonie, et donc il y a des requins un peu partout autour de la Nouvelle-Calédonie. » « Et donc la première pensée des gens, c'est, ah oui, mais quand tu allais nager, c'était hyper dangereux. » « Non, en fait. » « Il y a une espèce de croyance populaire que le requin est hyper dangereux. » « Mais la réalité, c'est complètement différent. » « C'est très différent de ce qu'on veut peut-être nous faire voir dans certains médias, etc. » « Enfin bon, bref, je m'égare. » « Mais par rapport au volcan, du coup, quelle est la réalité en termes de dangerosité ou de proximité jusqu'à laquelle on peut aller sans franchir de limites ? »

Guy « Écoute, on a eu des accidents, c'est sûr, comme tout le monde, c'est normal, comme les guides, c'est quelque chose qui reste quand même dangereux. » « Des accidents un peu sérieux. » « Je veux dire, à part ça, on a eu quelques accidents, des gens qui se sont brûlés les mains, qui se sont brûlés. » « Oui, ça arrive. » « Et le pire, c'est que j'ai perdu une femme. » « Une fois, j'ai perdu une jeune femme qui est venue avec nous sur un volcan tout à fait extraordinaire qui s'appelle Dalol, en Éthiopie. » « Et cette femme a disparu. » « C'est un mystère que je n'ai jamais élucidé. » « J'ai mis six ans pour la retrouver. » « Pendant six ans, on l'a cherché. » « Et on l'a trouvée au bout de six ans. » « Mais il y a plein de temps pour te raconter l'histoire, c'est trop long. »

Coralie « Tu la racontes dans ton livre. »

Guy « Oui, il y a plein de mystères, si tu veux. » « On a retrouvé, par exemple, ses chaussures à côté du camp de base. » « Et elle, elle était à 2,5 km. » « Son corps, je l'ai retrouvée à 2,5 km. » « Et on ne peut pas marcher pieds nus là-bas. » « Il y a des aiguilles de sel de partout. » « C'est absolument impossible. » « Si tu veux, là-bas, c'est devenu une espèce de légende, cette histoire de cette femme qui a disparu. » « Et il y a plein de mystères étonnants comme ça. » « C'est petit, Dalol, l'instant volcan, il fait 2,5 km de long par 800 m de large. » « Je ne sais pas si tu as déjà vu. »

Coralie « C'est des couleurs fluorescentes. »

Guy « Avec du lacide vert. »

Coralie « C'est pas du tout le volcan d'Auvergne avec un cône. » « Avec un volcan qu'on s'imagine en Éthiopie. » « Ils sont différents, ces volcans. » « Et toi, tu ne peux pas respirer sans masque à gaz, d'ailleurs. » « En fait, je pense que quand tu parlais de la sécurité, il y a aussi ça. » « Avant de partir, on a quand même un équipement qui est obligatoire. » « Là, par exemple, pour la dernière fois, on a dû reprendre des casques. » « Des masques à gaz. » « Une longe de vie, etc. » « C'est vrai qu'au fur et à mesure, tu apprends. » « C'est vrai que la première fois, je me disais pourquoi j'ai besoin de tout ça. » « Et puis quand tu es sur le volcan et que tu as le soufre, tu comprends pourquoi tu as besoin de respirer dans ton masque à gaz. » « Je vais donner un exemple tout simple au Kawaïdjén en Indonésie. » « Tu vois beaucoup de touristes qui ont juste un petit foulard devant le nez. » « Toi, tu arrives avec ton masque à gaz. » « Tu es très content d'avoir ton masque à gaz. » « Et tu te demandes comment eux font pour respirer. » « Ah oui. » « C'est la même chose. » « Il y a certains volcans qui sont accessibles au public. » « Et eux sont d'ailleurs peut-être moins équipés que… » « Mais il y a eu des accidents à cause de tâche. »

Guy « Tu ne peux plus respirer. » « Tu fais n'importe quoi. » « Tu cours, tu cours pour essayer de t'échapper. » « Et là, tu tombes et tu t'habilles. »

Coralie « Oui. » « Parce qu'il y a quand même des petits champs qui sont ouverts vraiment accessibles. » « Et là, tu n'es pas forcément bien équipé. » « Alors souvent, on raconte l'histoire au volcan à Vertalé où la lave était tellement chaude qu'en fait, on a eu nos semelles qui ont commencé à brûler. » « Et du coup, on essayait d'écraser avec le bâton de marche. » « Bon, mais évidemment, le bâton de marche était en plastique autour. » « Donc, il a aussi cramé. » « Et là, on s'est dit, pour essayer de t'impliquer. » « Et en fait, on avait posé le sac à dos en attendant par terre et les lanières cramées. » « Et là, tu te dis, bon, alors, ce n'était pas écrit sur la brochure que mes affaires avaient cramées. » « Mais du coup, tu t'adaptes. » « Et en fait, il faut toujours marcher, toujours pour ne pas que tes pieds stagnent. »

Guy « Mais là, il faut te dire quand même qu'on était à côté dans l'acte grave. » « Et on était dans un coin où personne ne va. » « Il y avait une petite crête large de 3 mètres qui séparait ce lac de lave de la pente du volcan. » « Donc, ces 3 mètres, c'est ce qui nous séparait vraiment de l'incandescence. » « Et tu avais le lac, tu avais des vagues qui venaient taper à côté. » « Et on était là, quoi. » « Bon, on n'y reste pas trop longtemps non plus, mais c'est tellement incroyable. » « C'est tellement beau. » « C'est tellement fabuleux. » « Tu voudrais passer la nuit. » « On n'y passe pas la nuit. » « Mais on reste une heure. » « On repart. » « On va s'abriter. » « On revient. » « On repart. » « Tu vois, c'est un besoin, quoi. » « C'est incroyable. »

Coralie « C'est pour ça que Sécurité, quand tu es en groupe, les histoires que Guille racontait pour ses pieds, tu étais tout seul. » « C'est vrai que quand tu es en groupe, il y a toujours… » « Non, en fait, il y a… » « Déjà, on écoute les personnes, si par exemple, elles vont avoir peur. » « Mais c'est vrai qu'on part avec les chaussures de marche, le masque à gaz. » « Je pense que tu as un minimum requis pour partir. » « Mais finalement, c'est comme quand tu pars faire de la randonnée. » « C'est ça. » « En haut montagne, peut-être. »

Loïc « Oui, j'ai l'impression que c'est un peu… » « C'est ça, comme l'univers de la haute montagne, où finalement, dans l'univers des guides, « Guille, que tu connais bien, des guides qui ont fait carrière dans le milieu, à qui il reste tous les doigts de pied et tous les doigts de la main. » « Oui. » « Bon. » « Il y en a sans doute pas mal, mais il y en a aussi beaucoup, tu vois, qui ont eu des séquelles. » « En tout cas, moi, je pense qu'en tant que personne extérieure vraiment à l'univers des volcans, ce qui impressionne beaucoup, c'est plus la notion de chaleur. Je n'avais pas pensé au gaz, par exemple. » « Ah oui. » « Tu parlais des gaz, mais moi, je crois que c'est plus vraiment cette idée de la lave, les bombes dont tu parlais, Guy, mais vraiment la notion de la chaleur extrême, plus que les gaz nocifs. » Et là, je suis sur des images de Dalol. Il y en a qui veulent aller voir, d'ailleurs, D-A-2L-O-L, en Éthiopie. On dirait un paysage de science-fiction. C'est hallucinant.

Guy Mais tu sais, pour répondre à ce que tu disais, l'approche d'un volcan en activité, ça demande toujours beaucoup d'humilité. On ne s'approche pas d'un volcan comme ça. Je veux dire, il faut savoir que c'est lui qui est devant, c'est lui qui est plus fort. Et nous, il faut s'adapter. Et tu me parlais des gaz, je vais te citer juste une petite expérience que j'ai eue. Lorsque j'ai perdu Catherine, je l'ai cherchée, je t'ai dit, pendant six ans. Chaque année, on explorait une partie d'A-2L. Et la quatrième année, ou la cinquième année, non, c'était la quatrième année, je crois, je voulais explorer seule une partie. Pendant que le groupe était avec mon accompagnateur, moi, je voulais aller d'un autre côté, tout seul, pour explorer la zone où je pensais que je pourrais peut-être la retrouver. Et mon accompagnateur m'a dit, non, non, tu ne peux pas partir seule, pas avec un militaire, parce que le gouvernement nous obligeait de partir avec trois militaires et trois policiers. Donc, je suis parti avec un militaire, seul avec un militaire. Et j'avais tracé sur ma carte un point GPS où je pensais qu'elle pouvait être ici. Et j'ai été vers ce point GPS. Et quand je suis arrivé là, je me suis dit, il n'y a rien, elle n'est pas là. Mais je vais probablement avoir un procès après pour justifier quand même que j'ai perdu quelqu'un. Je suis le responsable, c'était moi qui dirigeais le groupe. Donc, je vais faire une photo pour montrer au juge, pour lui montrer qu'est-ce que c'est Dallol. Parce que Dallol, si tu ne l'as pas vue, si tu n'as pas une photo, tu ne comprends pas. Et à ce moment-là, j'ai sorti mon appareil photo et je me suis baissé pour prendre cette photo. Donc, pourquoi je me suis baissé ? Parce qu'en se baissant, si tu veux, j'avais un premier plan d'une espèce de petit geyser noir avec un fond jaune. Et après, on voyait tout Dallol derrière. Et en me baissant, à peine mon genou avait touché terre, j'ai vu le soleil qui basculait. Et je me suis vu la tête à l'envers et je suis tombé. Je suis tombé et là, je ne sais pas comment te dire. Mon appareil photo a cogné, j'étais allongé par terre. Le militaire n'était jamais à côté de moi, il était toujours à 15 mètres à peu près. Et là, pendant que j'étais allongé, je me disais, bon, maintenant, il faut que tu te relèves. Il faut que tu te relèves. Mais j'étais bien par terre, j'étais tellement bien. Et je me suis dit, dans le fond, tu es fatigué. J'avais envie de me reposer. Et plus je restais, plus j'avais envie de me reposer. Et je me suis rendu compte que c'était dangereux que j'allais, si je me reposais, j'allais mourir. Il faut que tu te relèves, il faut que tu te relèves. Et je n'y arrivais pas. Je n'avais plus la force. Et plus j'attendais, moins je pouvais y arriver. Et je ne sais pas, dans des moments, quand tu penses que tu vas mourir, tu trouves des forces que je ne sais pas où tu vas les chercher. Je suis arrivé à me relever à moitié, comme ça. À moitié sur les genoux. Et j'ai vu le militaire. Et j'ai regardé le militaire. Je n'avais plus la force de parler. Mais je le suppliais des yeux. Je ne pouvais plus parler de toi. Mais je le suppliais des yeux. Viens m'aider. Putain, mais viens m'aider. Pourquoi tu ne m'aides pas ? Et je me rappelle comme si c'était hier. Le militaire, il a détourné la tête. Il a détourné la tête et il n'a rien dit. Et là, tu dis, je vais mourir. Je vais mourir. Et tu retombes. Et après, ça revient dans ta tête. Il dit, non, il faut que je me traîne encore. Et ça, l'histoire, ça a duré. Je ne sais plus. J'en ai parlé dans mon bouquin. Mais c'est atroce. Ça dure. C'est long. Et je suis arrivé à me traîner de 5-6 mètres. Et là, j'ai pu respirer. Et progressivement, ça y est, si tu veux, j'ai repris un petit peu d'air. Et à ce moment-là, chaque fois que je tombais, si tu veux, je m'entaillais le visage. J'avais la tête qui était en sang, pratiquement. Et là, j'ai entendu, quand le militaire a vu que je m'étais sorti tout seul de ce lieu, j'ai entendu le claquement d'Akhalachnikov. Tu vois, le cran d'arrêt qui sautait. Et à ce moment-là, normalement, dans le désert, quand tu as quelqu'un qui est blessé, tu tires un coup en l'air, comme ça, et tu appelles tout le monde. Mais quand il a vu ma tête qui était blessée, il a eu peur, si tu veux, qu'on lui dise, mais c'est toi qui l'a blessé. Donc, il a pas tiré, il a attendu. Il a dit, de toute façon, il va mourir, j'attends. Il m'a expliqué tout ça après, c'est pour ça que je te dis ça. Il m'a expliqué après. Et comme je, progressivement, j'ai repris un petit peu de vitalité, si on peut dire, il s'est approché vers moi, tout doucement. Il m'a touché. Il m'a touché, tu sais, comme quelqu'un de, comme un fantôme un peu. Et il m'a dit, toi, t'es plus fort que les jeans. Tu vois, pour lui, c'était ça, quoi. J'étais plus fort que les jeans. Donc, j'étais, j'ai eu, si tu veux, pendant un bon moment, parmi les affaires, dans le désert d'Anakil, Guy, il est plus fort que les jeans. J'avais une petite toriole. Tu vois ce que je veux dire ? Et ça, c'est hyper important, la voix, pour toi. Les jeans, c'est des génies, en fait, c'est ça ? C'est des génies, ouais, c'est des génies. Et si tu veux, ce militaire, il était là en service commandé. C'est le gouvernement qui lui demandait d'être avec moi. Mais lui, il ne voulait pas faire ça. Parce que pour lui, j'étais dans une zone où je n'aurais jamais dû aller. C'est la zone des diables, des démons, des jeans. Et normalement, on ne va pas les voir. Donc, c'est normal que je mors ici. Toi, dans sa tête, c'était ça. Quand un mec meurt à côté de lui, ce n'était pas un problème. Lui, toute sa famille a été tuée pendant la guerre érythrée. Moi, il ne me connaissait pas, il s'en foutait. C'était tout à fait normal.

Coralie C'est ça, je vais rajouter les petits voyages en Soïd. Parce que ça, c'est en Éthiopie. Et tu n'as pas beaucoup de voyages. Et c'est vrai qu'avant d'arriver dans les déserts, tu t'arrêtes dans la tribu des Afars. Ouais, ouais. Et en fait, les Afars, tu les respectes. Et eux, respectent le volcan. C'est un dieu. Tu ne peux pas t'approcher comme tu veux. Moi, je me souviens qu'il ne fallait jamais marcher devant les Afars. C'était les Afars qui disaient quand est-ce qu'il fallait y aller. Et c'est vrai que moi, ça a vraiment été mon premier voyage. Mais ça faisait un voyage très différent. culturellement, c'était aussi très spécial. Et j'avais lu toutes ces histoires de... Voilà, pour eux, c'est quand même... C'est encore plus beau quand tu vas voir un volcan qui a une signification pour quelqu'un derrière. Et je pense qu'il n'y a pas qu'en Éthiopie. Et je t'ai présenté le chef rebelle.

Guy Le chef rebelle à part. Qui avait son petit, son petit garçon, son dernier petit garçon. Pour me faire plaisir, il l'appelait Guy. T'imagines ? Au milieu de tous les Nohamed, il y a un petit Guy. C'est le chef des rebelles à part. Au milieu du désert d'Anaki. C'est un petit Guy, c'est un Nohamed.

Coralie C'est ça. C'est génial. D'ailleurs, ils vont toujours avec vous. Quand on va d'Alole, tu iras toujours accompagné d'un Afar. Tu n'y vas pas tout seul. Non, jamais. Et ça aussi, c'est ce que moi, j'aime bien dans ces voyages. D'ailleurs, moi, quand je suis rentrée, j'ai fait mon mémoire sur l'Éthiopie. J'ai voulu transformer un peu tout ce que j'avais vu. Il y a des terres rares et tout. C'est des pays qu'on ne connaît pas trop. Et je trouve que c'est encore plus fou quand il y a des légendes et plein d'histoires sur les volcans. Et je pense qu'il y a aussi ça au Vanuatu où justement, le volcan, c'est pareil. C'est considéré comme encore un dieu. Il y a plein d'images. Et je trouve que ça, c'est insolite de pouvoir faire des voyages et d'avoir récupéré cette confiance, en tout cas, créer la confiance depuis tant d'années avec ces personnes sur place.

Guy Et ceux-là, c'est des indicateurs aussi. Eux, ils peuvent me dire comment est le volcan, est-ce qu'il y a de l'activité. Pour moi, c'est important. Je suis toujours en contact avec eux. Ça, c'est très important pour nous. Excellent. Mais tu sais, l'approche d'un volcan en activité, il faut que tu imagines un petit peu ce que c'est le mieux. Ça serait que tu viennes avec nous, bien sûr. Mais tu sais, quand tu approches, elle peut te le dire, la petite, mais quand tu approches d'un volcan en activité, déjà, on essaye de faire ça la nuit. Parce que la nuit, tu vois plein de choses que tu ne vois pas le jour. Tu vois, le jour, lorsqu'il y a des coulés d'âtes, tu ne les vois pas. Lorsqu'il y a un lac de l'âtes, tu ne les vois pas. Donc, la nuit, ça te donne plein d'indications. Et plus tu montes, plus tu vois. Mais plus tu montes, plus tu entends. Tant que tu commences à entendre des grondements, si c'est des bouches explosives, c'est de plus en plus fort les explosions. Tu as la lumière qui grandit, tu as les fumées qui commencent, tu as les gaz. Et plus tu approches, plus tout ça, ça t'arrive à la figure. Il te reste encore trois mètres à faire avant de te dresser sur la crête. Et tu respires et là, tu commences à avoir chaud. Et dès que tu dresses, c'est la chaleur, dans ce coup, la chaleur épouvantable. Et devant toi, ou bien tu as un lac de l'âtes ou alors tu as des bouches, tu as des bouches explosives. Et tu attends que ça pète. Tu es là, tu es devant, tu dis ça va péter dans un moment. Et alors, tu as tous les muscles qui sont un petit peu tendus parce que tu as quand même un peu la trouille. Et puis tu sais que ça va péter. Et quand ça pète, imagine, tu as un bruit, une détonation fantastique. En même temps, tu sens dans tes jambes, dans tes tripes, la terre qui vibre. Tu sens la terre qui vibre. Tu as un séisme, tu perçois dans ton ventre. Et en même temps, tu as cette gerbe qui monte à 200, 300, voire 1000 mètres de hauteur qui se dressent, qui se dressent et ensuite qui s'incurvent, qui retombent et tu as toutes ces flèches ardentes qui plongent vers le sol et là, tu as le martèlement des blocs qui tombent et toi, tu ne bouges pas. Tu es là et tu regardes en l'air et tu dis bon Dieu, bon Dieu, tu regardes ce qui tombe. Ne trouve pas que ça t'approche. Quelquefois, tu as l'air qui passe derrière. Il faut surveiller. Mais ça, c'est des moments fabuleux. Ça ne dure pas longtemps. Ça dure quoi ? Quelques dizaines de secondes, pas plus. Mais quand c'est fini, qu'est-ce que tu es bien ? Tu es content, tu es vivant, tu es là, tu as vu un spectacle fabuleux, tu as filmé. Souvent, on se réfugie dans le viseur de l'appareil photo ou de la caméra. Tu vois, c'est différent. Quand tu vois à travers le viseur, c'est moins gros, c'est moins fort.

Loïc Oh là là. En tout cas, ça fait rêver. Quand vous en parlez tous les deux, on sent que c'est des moments très forts en émotion. Ouais. Et c'est pareil là, j'imagine que c'est compliqué de se faire une image, de pouvoir se représenter les sensations tant qu'on ne l'a pas vécu. Ouais. Les vibrations, par exemple, les vibrations, Guy, dans une de tes vidéos ou je ne sais plus si c'était peut-être une émission de radio que tu avais faite, je me rappelle que c'est quelque chose qui m'avait marqué parce que pareil, je n'y avais jamais pensé avant mais tu en parlais déjà et on sentait que c'était quelque chose de très fort dans l'expérience du moment au pied des vacances. Mais, enfin, j'ai du mal à, comment est-ce que tu pourrais le représenter du coup ? C'est vraiment, c'est une vibration, c'est la terre qui tremble autour de toi un peu comme un séisme ou c'est l'ombre de l'explosion ?

Guy Avec le bruit, la détonation, la déflagration, tu as la lumière, tu as cette gerbe qui jaillit à plusieurs centaines de mètres, tu as cette lumière et en même temps, tu as le séisme parce que la terre, elle branle, vraiment elle bouge. Si tu veux, tous ces blocs qui sortent, ça fait bouger vraiment, c'est un séisme. C'est un séisme qu'on perçoit dans ses jambes, qu'on perçoit dans ses tripes, vraiment. Vraiment, tu le sens à l'intérieur. Tu vis avec le volcan, tu fais partie du volcan en ce moment-là. Et ça, ça, oui, ça, c'est dur. Mais, tu sais, en fait, je te parle du spectacle, tu vas dire, c'est un beau spectacle, il est émerveillé par le spectacle, oui, mais ce n'est pas pour ça en fait que j'y vais. Mon vrai bonheur, ce n'est pas là. Mon vrai bonheur, c'est dans les minutes qui suivent. quand je vois, par exemple, Coralie, quand elle a des étoiles plein les yeux parce qu'elle a vu quelque chose d'extraordinaire ou que j'ai un pote qui vient me taper sur l'épaule en me disant, putain Guy, mais c'est trop beau, c'est trop chouette ce qu'on a fait. Là, c'est ça, mon bonheur, c'est le partage. Le meilleur moment pour moi, c'est ça. Et quand ça se passe comme ça, je dis, ça y est, j'ai réussi le voyage, c'est bon. Là, c'est ça, mon bonheur. Parce que souvent, tu sais, les gens disent, ça fait 20 fois, ça fait 30 fois. Le Sémé rouge, je l'ai grampé 57 fois. C'est un volcan un des plus difficiles d'Indonésie. Les journalistes me disent, mais ça fait 57 fois que tu grimpes ce même volcan, t'en as pas marre. Mais non, j'en ai pas marre parce que c'est jamais pareil. Le volcan, tu sais jamais comment tu vas le trouver. Souvent, je dis, c'est comme les femmes, tu sais jamais comment tu vas les trouver. Le volcan, c'est pareil. Quand tu arrives au sommet, tu ne sais pas, est-ce que les bouches explosifs ? Est-ce qu'il y a des coulées de lave à l'intérieur ? Est-ce que le cratère s'est fondré ? Est-ce que le cratère s'est appaissé ? Voilà, il y a plein de choses qui se passent. Il n'est jamais pareil.

Coralie Et tes groupes, ils ne sont jamais pareils.

Guy Et les groupes en plus. T'as raison de dire ça aussi. Les groupes, c'est vrai. Moi, je ne l'ai fait qu'une fois

Coralie et je me suis dit, mais comment Guy a pu le faire 57 fois ? C'était super dur. Mais c'était génial parce que tu mérites ton volcan, ça c'est sûr. c'est une grande ascension mais je me disais dans ma tête, mais Guy l'a fait 57 fois, je ne peux pas ne pas y arriver. Et en fait, je pense que c'est ça aussi. Le groupe fait beaucoup de choses parce qu'on n'est pas nombreux, on est une douzaine, 10-12. Et en fait, ça crée quand même des liens parce que tu pars quand même dans des endroits, tu ne peux pas te cacher. T'es toi-même, déjà, ce n'est pas des moments très faciles généralement, mais le spectacle en vaut vraiment la chandelle. Quand tu vois le spectacle, c'est juste fabuleux. Et là, je prends l'exemple du cratère au Masaya. Tu peux rester des heures à regarder ce lac de lave, ça bouillonne, c'est un chaudron, c'est l'intérieur de ton volcan, c'est un lac de lave. Et moi, quand je suis rentrée, on m'a dit mais tu ne t'es pas ennuyée tant de temps dans ce cratère ? Je me dis mais la nuit, elle a duré une seconde. Je ne me souviens même pas. Je ne me souviens pas mais d'une fois, je me suis ennuyée dans ce cratère. Non, tu as les yeux qui sont ouverts tout le temps, tu n'as pas envie de dormir et tu prends tout ce que tu peux, toutes les énergies, tous les gaz aussi d'ailleurs, mais tout ce que tu peux, tu le récupères et moi, je trouve que c'est ça qui est fabuleux. C'est tout ce que tu arrives à prendre, l'énergie du volcan que tu prends pour repartir.

Loïc Waouh. Je vous garantis

Guy qu'en tout cas, ça fait envie. Tu sais, des fois à l'intérieur, on vit des moments aussi qui sont quand même durs. il y a des fois où tu dis qu'est-ce que je fous là ? Vraiment. Mais bon. Tu as des anecdotes du coup, peut-être Guy, par rapport à ça qui t'ont marqué ? Je peux t'en citer une par exemple. Je peux t'en citer une. Je pourrais t'en citer plusieurs, mais une particulièrement, c'est Hawaï. Il y a un cratère qui s'appelle le Pouro. Ce n'est pas le lac de lave. C'est le Pouro, c'est un cratère avec à l'intérieur un lac de lave et ce lac, j'amène les gens, bien que ce soit interdit, j'arrivais toujours à amener mes groupes la nuit là-bas. Et un jour, j'amène un groupe là-bas, non pas la nuit, mais le jour. C'était au début, il n'y avait pas trop de rangers, on n'était encore pas trop embêtés à ce moment-là. Et je m'aperçois que ce lac de lave, il s'est effondré. Il s'est effondré à moins 80 mètres à peu près et que ça fait une espèce de chaudron et ce chaudron, si tu veux, d'un côté, il est un petit peu en gradin et j'ai l'impression qu'on pourrait descendre à l'intérieur parce qu'à droite, au fond du cratère, il y a encore un lac de lave, plus petit, mais il y a encore un lac de lave. Je me dis, si on pouvait descendre au fond, on pourrait s'approcher de ce lac de lave, ça serait monstrueux et ça serait extraordinaire. Alors, je réfléchis un bon moment puis je me dis, bon, je vais jeter un petit coup d'œil juste pour voir comme ça. Je ne dis rien et je commence à faire un mètre, deux mètres, je descends une fissure, je traverse une fissure, une autre, je descends un gradin, je prends une petite vire, je redescends un gradin un peu plus loin. Les clients me disent, mais tu vas où ? Je dis, écoute, j'essaye de voir si on peut descendre, si c'est possible. Et en fait, au bout d'une demi-heure, je suis en bord. Tu vois, je marque ma route, mon passage, je mets des petits bouts de papier rouge et je descends et je me dis, les gars, c'est bon, je remonte, je viens chercher tout le monde, je dis, allez, on descend tous. Il y en a un qui me dit, non, moi, j'ai la trouille, je ne veux pas descendre. Je lui dis, bon, écoute, tu ne descends pas, ce n'est pas un problème, tu restes ici, je te donne la radio et on fait la radio tous les deux. OK. Et je descends avec mon groupe, on n'était pas très nombreux, c'était six, que des gens qui avaient l'habitude de volcans. Donc, on descend en bas, après, on suit un cheminement assez difficile, on traverse des failles avec la lave au fond, on marche sur ce lac de lave solidifié et on arrive à droite, là où il est en activité. Donc, c'est un petit lac qui fait, allez, 40, 50 mètres de diamètre, pas plus, mais ça bouillonne bien, c'est bien, on se met autour, on commence à faire des photos tranquillement et j'avais un pote, là, de Grenoble qui avait amené sa bouteille de Genépi, on sort le Genépi, on était heureux, tout le monde, vraiment, comme des gamins. Et à ce moment-là, j'ai la radio qui grésille et c'est mon ami qui est en haut qui m'appelle, il me dit, Guy, il faut remonter, parce que le vent vient de changer et toutes les fumées du Pouro qui partaient à droite, elles arrivent à gauche, elles arrivent à l'intérieur du cratère. Elles reviennent et elles vont descendre dans le cratère, rentrer tout de suite parce que c'est énorme, il y a beaucoup de gaz, beaucoup de fumée. Je n'ai pas mesuré tout de suite, si tu veux, la gravité de ce qu'il m'a dit, mais j'ai dit à tout le monde, on range le matériel et on rentre. Et en l'espace de 10 minutes, on a vu arriver des gros panaches, si tu veux, qui sont entrés dans le cratère. On les voyait en haut, ça a commencé à nous boucher le ciel et puis ça s'est mis à bourgeonner de plus en plus épais, bourgeonner, descendre, descendre, de plus en plus gris, de plus en plus sombre et c'est arrivé sur nous en l'espace de 15 minutes, un quart d'heure maximum. On a sorti des masques à gaz, c'était irrespirable. Sans masque à gaz, on était morts. On a mis nos masques à gaz et à partir de ce moment-là, je me suis dit, mais les masques à gaz, si tu veux, les cartouches en atmosphère saturée, il faut 3 heures, 4 heures maximum. Après, c'est plus bon. Et là, on n'avait pas tous des cartouches neuves. Moi, la mienne, elle n'était pas neuve non plus. Donc, combien d'heures il restait, je n'en sais rien. Personne ne savait rien. Donc, j'ai évité d'en parler, bien sûr, je n'ai rien dit. Et j'ai commencé à chercher mes repères pour rentrer. Mais tu ne voyais pas à un mètre, tu n'entends ? À un mètre, tu ne voyais pas. Tu étais dans la purée complètement. Alors, j'ai commencé à en trouver un. J'en ai trouvé un deuxième. J'en ai trouvé un troisième. C'est un gros gilet rouge que j'avais lésé. Et puis, à partir de ce moment-là, je n'ai plus rien trouvé. Et là, vraiment, je ne savais plus. Alors, j'ai commencé à aller à gauche, à droite. Et j'ai commencé par faire une chute. Je suis tombé. Je me suis escienté un petit peu, mais je ne me suis pas tombé à de sortie. Cinq minutes après, c'est un ami qui est accompagnateur pour moi, qui fermait la marche, qui est tombé. Lui, il s'est bien ouvert le crâne, l'arcade sous-ci d'Yarossi. Mais là, pas question de soigner. On continue. Et j'avais les mains tendues en avant. Je t'avais comme si... Et je n'arrivais pas vraiment à situer où j'avançais. Parce que normalement, je devais monter une pente et là, je descendais. Donc, je me suis dit, ce n'est pas possible. Donc, j'ai obligé carrément à 90 degrés. Et là, ça a été terrible. Je suis tombé. Vraiment, j'ai fait une grosse chute. J'ai fait une chute de deux mètres. Je me suis ouvert le genou et mon masque est tombé. Et c'est quelqu'un du groupe qui me l'a récupéré, qui m'a aidé à sortir du trou. Et là, j'étais à moitié à se fixer. Je n'étais pas bien. J'ai passé un moment difficile. Je suis resté pour reprendre mon souffle. Et après, on a essayé de repartir. Et là, j'ai vu que je m'en sortirai pas comme ça. Donc, j'ai appelé mon copain par radio. Je lui ai dit, écoute, maintenant, on ne voit plus rien. Essaye d'allumer le projet. La nuit, il commençait à tomber. Donc, je lui ai essayé d'allumer le gros projecteur qu'il y a là-haut. Et puis, on va se guider sur la lumière. Il va me dire, ok, la nuit tombe, on attend et on ne voit rien. Les fumées étaient tellement épaisses, il a mis le projecteur, on n'a rien vu du tout. Et à ce moment-là, je lui ai dit, écoute, la seule solution, tu gueules. Tu gueules le plus fort que tu peux, on va se tirer sur ta voix. Et il a commencé à crier, il a commencé à crier, mais ça fait un peu écho dans les parois. C'était difficile. Mais on a commencé à se tirer sur sa voix et la nuit est tombée. Avec des lampes, tu sais, ça fait un écran devant. Tu n'as même pas un mètre, tu as un halo blanc, c'est tout. Et on a essayé de monter comme ça. Et là, ça a pris, je ne sais pas, deux heures à peu près. J'essayais à gauche, j'essayais à droite. J'ai commencé à trouver la première fracture, la deuxième fracture, la troisième, je n'arrivais pas à la trouver. J'ai mis un bon moment. J'ai tourné à 45 degrés, après 45 degrés dans l'automne. Je suis arrivé à trouver la troisième et j'avais mis une lampe clignotante en bas, je ne l'ai jamais retrouvée. Donc là, j'ai vu la pente, on a commencé à monter dans la paroi et là, ça a été long, cette paroi, je n'arrivais plus à m'en sortir. Une vire à gauche, une vire à droite. Escaladé quand tu ne vois rien, mais c'est terrible. Et au bout d'un moment, je ne sais pas, peut-être d'une heure, une heure et demie, dans ce coup, j'ai vu comme un petit éclat, un petit éclat comme ça dans la brume. Un éclat, mais ça, c'était la vie. La vie qui revenait. Et je n'ai rien dit, je n'ai rien dit parce que je me dis c'est peut-être ta tête, ne dis rien, ne dis rien. Et je n'osais pas fermer les yeux, j'avais les yeux fixés sur cet éclat et j'ai monté encore un mètre, deux mètres, trois mètres et j'ai revu encore l'éclat. On est sauvés, c'est bon les gars. Et on s'en est sortis comme ça. Mais je t'assure que toi, ça a été la limite. Quand t'es avec un groupe, c'est terrible. Quand t'es seul, bon, ça m'est arrivé de me faire coincer par la lave et tout, mais j'étais seul. Donc, il n'y a que toi qui met ta vie en danger. Mais quand t'es avec un groupe, c'est dur. Ça, je vais dire tous les potes qui étaient là, on s'en souvient. Je crois, on n'a pas le temps que je te raconte tout ça, mais j'en ai eu beaucoup.

Loïc Génial. Waouh. Quelle histoire. Coralie, je comprends du coup si c'est le genre de récit que t'as eu à tes repas de famille année après année où de l'heure, tu t'es dit, bon, allez, j'aimerais bien vivre ça.

Coralie Ouais, je reviens souvent et je cherche encore des nouvelles histoires et à chaque fois, j'en apprends des nouvelles. Moi, j'adore. C'est des moments que j'aime beaucoup et encore mieux si je peux les partager.

Guy Ouais, j'espère en partager encore quelques-uns. Tu sais, chaque fois que je me dis, c'est mon dernier volcan, maintenant, je suis trop vieux. Puis, allez, allez, j'en parle encore, vis-moi.

Loïc Et peut-être, du coup, pour la suite, par rapport à ce que tu viens de dire, Guy, à quoi est-ce que ça ressemble Coralie, cette espèce de transmission, j'ai l'impression, qui commence à se créer. Est-ce que vous avez prévu de faire d'autres voyages ensemble ? Est-ce que, Coralie, toi, tu veux t'y consacrer un peu plus sérieusement ?

Guy Si tu veux, au point de départ, c'est quand même, c'est Monique qui a créé cette histoire, c'est ma femme. Bon, après, si tu veux, moi, je m'en suis occupé avec elle, mais c'était elle la tête, je l'ai déjà dit. Mais, après, il y a mon fils qui est entré, dès qu'il a pu accompagner, il est venu accompagner les voyages. Et lui, il avait sa spécialité, il avait ses langues, il avait ses volcans. Après, j'ai ma fille, ma fille aussi qui accompagnait Hawaï pendant longtemps, pendant cinq ans, elle faisait tous les volcans Hawaï. Après, elle a fait aussi l'Afrique, elle a fait la Tanzanie. Bon, et après, ça continue. Maintenant, c'est mon petit-fils, c'est mon petit-fils qui s'occupe de l'agence maintenant à Lyon. Donc, tu vois, c'est un peu une affaire de famille. Et puis, Coralie, Coralie qui vient avec nous maintenant déjà depuis quelques années et puis qui va faire de plus en plus de volcans et puis qui aimerait bien aussi avoir un poste si j'aimerais durer le volcan. Elle me dit « Ah oui, j'aimerais bien. » Moi,

Coralie j'aimerais bien continuer à partager avec Guy surtout parce que je pense que c'est les meilleurs moments parce qu'aujourd'hui, c'est peut-être un peu plus tranquille. Il a l'impression pour lui, mais moi, c'est les débuts. Donc, moi, j'apprécie beaucoup et je trouve que c'est génial d'avoir tous ces récits. Moi, je m'enrichis aussi. Après, avec ces deux dernières années, au final, on a quand même pu un peu partir. Mais moi, j'aimerais bien aller voir un volcan là où ça pète comme dit Guy souvent. Il dit « Il faut aller là où ça pète et aller découvrir moi toute seule aussi comment ça se passe pour découvrir, voir mes petites aventures à moi. » Mais c'est génial. Avec Guy, je continue et avec grand plaisir pour le suivre encore. Mais Guy a la petite habitude de partir tout seul de faire ces repérages avant. ça me fascine et peut-être que j'irai retrouver à la prochaine éruption.

Guy Tout seul, tu peux te permettre de faire des conneries que tu ne fais pas avec des clients. Tu comprends ? pour faire une reconnaissance c'est bien d'être tout seul quand tu sais ce qu'il est possible de faire. Après, tu peux faire ça avec des gens plus sérieusement. Génial. Non, parce qu'on est sérieux. Génial. Oui, oui, oui. On a ramené beaucoup des clients.

Loïc Génial. Écoutez, on arrive déjà à la fin. Moi, je serais curieux de savoir peut-être pour conclure, commencer par Guy, mais avec une vie d'aventure aussi riche que la tienne. Dans ma question, j'ouvre une parenthèse. En fait, sur le podcast, tu sais, on parle beaucoup de résilience, de détermination, de dépassement de soi et le type d'invité que j'essaie d'accueillir, c'est des gens qui comme toi, qui vivent leur passion à fond et qui font des choses extraordinaires, qui vivent leur vie pleinement. Donc, je suis toujours curieux de savoir quels sont un peu les conseils ou les recommandations qu'ils auraient pour celles et ceux qui nous écoutent. Du coup, j'en reviens à ma question initiale. Pour toi, ce serait avec une vie d'aventure aussi riche que la tienne, qu'est-ce que tu aimerais partager à celles et ceux qui hésitent encore à se lancer, que ce soit dans les volcans ou dans d'autres univers ?

Guy Moi, je vais te répondre que pour moi, la seule chose impossible à supporter, c'est de ne pas avoir osé. Voilà. Ça, c'est la seule chose. Dès que j'ai envie de faire quelque chose, je me pose plein de questions, j'hésite et tout. Mais j'y vais. Je me dis, il faut y aller. Si ça ne marche pas, ça ne marche pas, tant pis, tu t'es gouré. Mais tu n'auras pas le regret de dire, j'aurais pu y aller et je ne l'ai pas fait. Donc, ça, pour moi, c'est le plus important, c'est de tenter le coup. Chaque fois qu'on m'a fait des propositions, Gilles Bordesoul, par exemple, quand il m'a dit, on va marier la glace et le feu, j'ai dit oui. Mais bon, des fois, j'ai dit oui, mais j'ai fait des conneries aussi. Mais au moins, je n'avais pas de regrets, je n'avais pas de remords. J'ai essayé, ça loupait, tant pis. Mais quand tu ne fais pas et quand tu as des regrets, après, c'est invivable. Pour moi, c'est invivable. Voilà. Donc, le seul conseil que je peux donner, c'est si vous avez envie de le faire, faites-le essayer. Essayez au moins. Il faut essayer. Il faut tout essayer. Et puis, si ça marche, tant mieux, ça ne marche pas, il faut faire autre chose. Mais il faut essayer plein de trucs. Et la petite, c'est ça. Voilà, elle, elle essaye tout. Du coup,

Loïc Coralie, je te pose la même question. Toi qui a un œil un peu différent par rapport à cette pratique qui commence à découvrir le milieu. Qu'est-ce que toi, tu aimerais partager peut-être à des générations plus proches de la tienne, de la nôtre ?

Coralie Oui, moi, je pense plutôt avec moi, autour de moi où j'ai pas mal de copains qui vont me dire mais nous, on n'arrive pas à passer le cap ou à partir ou à faire des choses comme ça. C'est parce que tu connais Maggie, c'est parce que tu as déjà vu. Alors oui, sûrement, il y a peut-être une part de confiance aveugle. D'ailleurs, je me dis pourquoi parce que quand j'entends toutes les expériences, je me dis mais il n'y a pas de problème, je ne vois pas pourquoi je pars. Qu'est-ce qui va m'arriver comme aventure ? Mais non, non, tout s'est bien passé. Mais je dirais, en fait, il faut juste avoir... Moi, j'ai envie de sortir de ma zone de confort parce que c'est en sortant de ma zone de confort que je prends confiance et que quand je reviens, par exemple, dans ma petite vie parisienne, je me dis mais moi, je me dis mais qu'est-ce que j'ai fait il y a une semaine, j'étais là-bas. Eh bien, c'est génial. Je trouve que c'est fou de pouvoir se dire de... Justement, j'ai osé. Je me suis dit pourquoi pas ? Alors, c'est sûr que je me pose des questions et je me dis mais Guy m'a toujours dit tu vas regretter donc on se lance. Par contre, je pense que j'ai peut-être moins le goût du risque dans le sens où je vais garder quelque chose assez stable à côté en me disant voilà, aujourd'hui, je ne sais pas si tu peux tout envoyer malader et recommencer autre chose. J'aime bien voir la partie stable où je suis sûre de moi mais par contre, voilà, j'ose peut-être plus parce que il faut qu'on en profite. Ça, c'est clair, il faut en profiter.

Loïc J'adore. J'adore. Oui, exactement. Exactement. Écoutez, je voulais vous dire en tout cas un grand, grand merci à tous les deux. C'était génial d'en apprendre plus sur vos parcours, sur ta vie d'aventure Guy, sur la façon dont il y a ce passage de flambeau entre générations qui se fait et puis surtout sur l'univers des volcans. Moi, ça m'a absolument fasciné. Je suis sur votre site là, aventurevolcan.com s'il y en a qui veulent aller voir, volcan en pluriel, aventurevolcan.com et il y a des photos notamment de Dallol et je crois que si je devais en choisir un entre les récits de Guy et les photos que j'ai sous les yeux, ce serait peut-être celui-là. Bah écoute, en tout cas,

Guy je l'aimerais bien t'emmener, ça me ferait plaisir. Tu sais ce que je t'ai pas dit ?

Loïc Merci.

Guy Ce que je t'ai pas dit aussi, c'est que Tanguy, il a ouvert aussi, lui, deux agences. Il a une agence à Palerme, sur les îles éoliennes, donc il a des bateaux là-bas, il fait les îles éoliennes et il en a une autre au Costa Rica où il fait tous les volcans d'Amérique centrale. Si tu as en deux mots, on s'est partagé la planète. Moi, je m'occupe toute la partie Asie et lui, il a la partie Amérique. Voilà. Comme ça, on finit le gros, tu comprends ?

Coralie Merci en tout cas, parce que c'était une super expérience. Vraiment, merci de pouvoir nous faire vivre ça, parce que souvent, on en parle entre nous, mais on a moins l'occasion d'en discuter avec d'autres personnes et moi, j'adore partager aussi comme ça et te donner envie, j'espère, de venir voir des volcans, donc c'est top.

Guy Génial. Merci à toi, Ulrich. J'espère avoir le plaisir de te voir. J'espère que... Très certainement. Si un jour, ça peut être vraiment fort, je t'appelle. D'accord ? Ça marche, on fait ça. Merci Guy, merci Coralie.

Coralie Merci beaucoup. À bientôt, Loïc. Bonne soirée.

Loïc Bonne soirée à toi. Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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