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Saison 1 EP·033 Trail #voile #kayak #coaching

25 mai 2021

Triathl'Aix Raid - Une fabuleuse aventure humaine en équipe

Durée · 56 min · Transcription disponible

Triathl'Aix Raid

Le récit

Cette semaine nous recevons l'équipe de Raid Aventure du Triathl'Aix, un club de triathlon réputé  basé à Aix-en-Provence 🏊🏼‍♂️ 🚴🏼 🏃🏻

Pauline Avronsart, Brice Bonneviale, Arnaud Raymond et Xavier d'Oléac nous partagent le projet d'équipe sur lequel ils planchent depuis Septembre 2020 : s'aligner tous les quatre au départ du Raid in France (RIF) à l'été 2021, un événement majeur sur la scène internationale du Raid. Mais d'abord, qu'est-ce que le Raid ? Si vous vous posez cette question, vous trouverez toutes les réponses dans cette conversation ! Non seulement nos 4 invités nous expliquent en quoi consistent les épreuves de Raid, mais ils nous dévoilent leur stratégie pour apprendre à travailler en équiper, gérer leur stress et leur effort collectif  sur quasiment une semaine d'efforts non-stop.

Entre préparation physique et mentale, prévention des blessures, enchainements de disciplines aussi variées que la spéléo, le VTT et le kayak ou encore gestion du sommeil, vous serez que le panel de compétences à maitriser est extrêmement large. Une conversation absolument passionnante et riche d'enseignements.

À l'heure où nous diffusons cet épisode, Pauline, Brice, Arnaud et Xavier ont appris que l'épreuve du RIF est annulée en raison de la situation sanitaire actuelle. C'est un scénario auquel ils s'étaient préparés. À nos yeux, ça rend leur parcours encore plus inspirant puisque ils se sont donnés à fond sur les éléments qu'ils maitrisaient (entraînements, prépa matos, team building etc.) sans se laisser freiner par les éléments hors de leur zone de contrôle (maintien de la course ou pas). Une belle leçon de résilience et de détermination à partager sans hésiter !

🔎 Nous avons parlé du Raid TAR, organisé par le Triathl'Aix et dont la prochaine édition aura lieu en Octobre 2021. Pour en savoir plus sur le Raid in France, l'épreuve de Raid mythique à laquelle nos invités se préparaient, c'est par ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #1 - Maxime Grimard - Manager en entreprise, Skipper sur l'Océan
Épisode #22 - Daphné Derouch - Sportive de l'extrême - Le plaisir comme principal moteur !

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Transcription

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Triathl'Aix Et il y a une notion aussi de, comme tu disais, de gestion du sommeil, de stratégie, de stratégie de l'équipe et de vie en équipe. Une énorme aventure humaine en fait.

Invité 2 C'est ma pire expérience et à ce moment-là où j'ai vraiment douté sur ma capacité à vivre en équipe comme ça pendant six jours.

Invité 3 Bien se connaître, bien savoir quand est-ce qu'on va pouvoir aider l'autre, je pense que c'est ça qui est important aussi.

Invité 1 Eh bien c'est parti ! Bienvenue sur le podcast à tous les quatre, Arnaud, Xavier, Brice et Pauline, les fiers représentants de la team Raid Triathl'Aix. Bienvenue à vous, je suis ravi de vous accueillir. Comment allez-vous ?

Loïc Très bien, merci.

Invité 1 En pleine forme à ce que je vois, donc c'est cool. Merci d'avoir pris le temps de vous réunir tous les quatre pour qu'on puisse… On pouvait le dire tous les quatre avec le Covid en France ? Je ne sais plus du coup. On en a l'air. Oui, bon ça va. Voilà, donc merci beaucoup de vous être réunis, de vous être organisés pour qu'on puisse avoir ce super échange. Comme tout le monde l'a compris, sur l'univers du Raid, puisque c'est une démarche que vous avez lancée dans votre club local à Aix-en-Provence, le Triathlex pour ceux qui font du triathlon, c'est un peu un club mythique. Donc moi, je suis ravi d'avoir votre vision du Raid et de comment vous mettez tout ça en place ce soir. Peut-être qu'on peut commencer par une introduction de Rapide, de qui est chacun, ce que vous faites peut-être aussi en dehors de la team Raid. Et puis après, on parlera peut-être un peu plus spécifiquement du projet. Mais on va peut-être commencer par vous, ouais.

Triathl'Aix Ok, donc bonsoir à tous. Moi, je m'appelle Arnaud. Je vais avoir la grande chance d'être le capitaine de cette équipe. J'ai déjà fait deux Raids in France et un Raid Haran très long. Et dans ma vie, j'ai fait dix ans de communication digitale. Et depuis peu, je me suis lancé dans l'événementiel d'aventure. J'organise des team building et des stages de survie. Donc, je m'entraîne au quotidien. Génial.

Invité 1 Cool.

Invité 3 Xavier ? Alors, Xavier, Xavier Doléac. Moi, j'ai 36 ans. J'ai deux enfants, une femme. Je vis dans le sport puisque je m'occupe du côté obscur, on va dire, du sport, c'est-à-dire la blessure. Ah, ok. Puisque c'est mon quotidien de m'occuper de sportifs, que ce soit dans la recherche, que ce soit dans l'enseignement ou que ce soit même dans la clinique. Je travaille en cabinet et je fais de la kinésithérapie et de la thérapie manuelle pour traiter des patients blessés, du coup, des sportifs blessés. Donc, je suis au quotidien dedans. Ce qui me permet aussi d'échanger avec mes patients sportifs. On en revient là-dessus. Ça a été une source de motivation. Mais voilà, au quotidien dedans pour aussi m'entraîner à côté puisque c'est une passion depuis toujours. Super, merci.

Loïc Donc, Brice Bandial, moi je suis responsable d'un centre de profit. J'ai 50 ans et si je suis le plus âgé de l'équipe, je vais dire que je suis le plus jeune en termes de passé sportif. Donc, j'ai commencé le sport sérieusement il y a cinq ans. J'ai fait pas mal de choses ces dernières années. Donc, j'ai commencé par quelques marathons. Après, j'ai préparé l'Irman de Nice en six mois, en 2016. Pauline le faisait à la même période, mais on ne se connaissait pas. Après, j'ai eu la chance d'enchaîner des triathlons extrêmes dont le Northman en Orvège, le Selfman en brun, toujours avec Pauline qui le faisait la même période. Et en 2019, on est devenu la 37e équipe à réussir le challenge Enduroman. Donc, c'est un triathlon un peu… C'est un défi puisqu'un triathlon, c'est le triathlon entre le départ de Londres pour une arrivée à Paris avec la traversée de la Manche à la nage. Et à partir de 2019, j'ai basculé sur le trail. Donc, j'ai eu la chance de faire la CCC et Oman by UTMB. Et l'an dernier, j'avais le rêve d'enchaîner l'UTMB et la Diagonale. Donc, les courses ont été annulées. Et cette année, j'ai mis deux sars pour l'UTMB, la Diagonale et l'aller-retour de la Saint-Élion. Donc, voilà. Donc, Arnaud est venu chercher Paul Rennes. Ça arrive fin juin, donc c'était parfait. Ok.

Invité 1 Et donc, tu disais que tu t'es mis au sport sérieusement il y a 5 ans, c'est ça ?

Loïc Oui, je ne faisais pas de sport avant, quasiment pas. Je faisais un peu de fou. D'accord. Le sport, ce n'était pas mon univers. Donc, une ouverture au monde de l'ultra qui a été assez rapide.

Invité 1 Oui, tu as été plutôt efficace en 5 ans. Chapeau balle. Un peu volémique aussi, mais voilà. Excellent. Bah écoute, merci Brice.

Invité 2 Pauline, j'ai 31 ans. Ça fait 10 ans que je fais du triathlon, que je suis inscrite au Triathlex. Donc, c'est mon club de cœur où j'ai rencontré toute l'équipe, en fait, grâce à ce club. Brice le disait juste avant. On a fait ensemble plusieurs triathlons longue distance. On a une aventurée en équipe avec l'Enduroman. Avec Arnaud, on a travaillé ensemble sur l'animation de séminaires en entreprise. Et Xavier a été mon kiné. Ok. Voilà, c'est ce qui nous relie tous aujourd'hui. Vraiment, ce club, c'est hyper important pour nous. À côté du sport, je suis consultante RH et coach professionnel aussi, comme toi. J'ai créé ma société l'an dernier, hors piste conseil. Donc voilà, on a eu l'occasion tous ensemble de se commettre à travers le triathlon. Et aujourd'hui, d'aller faire une autre aventure avec le RET, puisque cette section a été créée au sein du Triathlex.

Invité 1 Excellent. Super. Bah merci pour ces présentations. Ça fait une équipe avec des profils bien variés, mais complémentaires, j'ai l'impression. Enfin, je suis sûr que vous avez tous les choix, la répartition, vos expériences, tout a été pris en compte, j'en suis certain. Merci. Peut-être qu'on peut commencer par présenter ce qu'est le RET. Alors, on a eu la chance d'avoir déjà une invitée sur le podcast, Daphné, qui nous avait un petit peu partagé ses expériences dans le RET. Mais en quoi consiste exactement la discipline ? Est-ce qu'il y a vraiment d'ailleurs un format unique qui est propre à chaque RET ? Comment ça se présente ? Qu'est-ce que c'est exactement ?

Triathl'Aix Alors, le RET, pour donner une définition un petit peu générale, c'est un sport d'équipe enchaîné, en orientation et en pleine nature. Et à partir de là, alors on peut changer des petites choses comme l'orientation en enlevant ou la nature en faisant des choses plus en ville, mais c'est ces quatre ingrédients qui vont faire que c'est du RET. Et c'est aussi intéressant parce qu'au départ, on n'était pas forcément relié au triathlon. Ça s'est fait pour des raisons administratives. Et aujourd'hui, le RET intéresse beaucoup de gens puisqu'on mélange plein de sports et en fait, on fait un sport d'équipe. Et après, il y a plein de disciplines qui peuvent se rajouter, donc du VTT, du trail, de la spéléo, du kayak, etc. Et après, en termes de distance, ça peut aller du RET simple découverte qui va durer deux heures en forêt de Fontainebleau, tranquillement. Et jusqu'au RET les plus longs qu'on fait là, comme le RET in France, qui vont durer 5, 6, 7, 8 jours pour les plus gros RET qui existent. Prends la vache ! Et la caractéristique importante, c'est que pendant ces huit jours, ce n'est pas huit étapes, c'est un RET qui va durer 135 heures ou 150 heures non-stop en fait. On part le samedi, le jour 1 et puis le chrono s'arrête au bout du 8 jours quand on arrive, en gros.

Invité 1 Et donc là, c'est là qu'arrivent toutes les problématiques, je suppose, de gestion du sommeil, d'efforts dans la durée, etc.

Triathl'Aix Pas du tout, non. Évidemment. Et alors, c'est un sport qui est intéressant parce que justement, il y a plein de choses qui vont jouer. Il n'y a pas que l'aspect purement physique puisqu'évidemment, il y a le matériel. Aussi bien le matériel du sport en lui-même que le matériel pratique pour les pratiques de montagne, etc. Donc, il faut avoir un sac, un vélo, du matériel de sécurité. Et il y a une notion aussi de, comme tu disais, de gestion du sommeil, de stratégie, de stratégie de l'équipe et de vie en équipe. Une énorme aventure humaine en fait, surtout le Red in France qui est mixte obligatoirement. Donc, c'est génial parce qu'on est tous sur le même taille du format d'équipe. Et c'est une vraie richesse évidemment de faire des Red mixtes. C'est un des seuls sports avec la voile qui est obligatoirement mixte et où on dort pendant le sport. Si on y réfléchit bien, il n'y a aucun sport où on dort pendant la compétition en fait. À part la voile course au large et le renne, en tout cas à ma connaissance.

Invité 1 Oui, sachant qu'une autre spécificité, si j'ai bien compris, c'est que vous n'avez pas non plus connaissance à l'avance de comment les disciplines s'enchaînent, c'est ça ?

Triathl'Aix Alors, effectivement, en fait, on a une connaissance globale de l'enchaînement des disciplines. Et suivant les Reds, alors en particulier sur le Red in France, on a cette connaissance globale parce qu'on nous demande d'avoir un certain niveau dans ces sports, notamment l'alpinisme, la spéléo, le rafting, qui sont des sports techniques et qui peuvent être très dangereux. Et on découvre à quelques heures du départ l'enchaînement précis en termes de distance de durée. Effectivement, il faut tout organiser parce que c'est comme une aventure en semi-autonomie.

Invité 1 Mais du coup, tu parlais de stratégie. Enfin, c'est une question pour le groupe, mais comme Arnaud t'évoquait la notion de stratégie, comment vous planifiez ça si vous ne savez pas à l'avance les enchaînements, la durée de chaque épreuve, etc.

Invité 3 On fait quelques entraînements où on se fait des surprises entre nous. Ça nous aide un petit peu à la surprise. Et ensuite, on essaye d'appuyer sur nos points forts. Mais malgré tout, il y a quelques points faibles qui peuvent nous tirer un peu tous vers le bas, tout le groupe vers le bas, c'est ça qu'il faut travailler aussi. Donc, bien se connaître, bien savoir quand est-ce qu'on va pouvoir aider l'autre. Je pense que c'est ça qui est important aussi pour être prêt à l'empondérance.

Invité 2 Pour l'instant, on se base sur la liste du matériel obligatoire, en fait, pour deviner les épreuves qu'on pourra avoir. Et on a utilisé cette liste pour préparer notre entraînement, imaginer les sports qu'on fera comme le canoning, le rafting, la remontée sur corde, l'escalade, le VTT, le trail. Et du coup, on a décidé de faire des gros blocs, en fait, des week-ends où on charge sur certains sports pour monter en qualité sur ça et prendre conscience de nos forces et de nos limites à chacun. Par exemple, moi, je ne suis pas à l'aise en VTT en descente. Et bien voilà, je travaille sur ça en ce moment.

Invité 1 Et en termes de préparation, avec autant de disciplines potentielles, vous commencez, enfin vos plans d'entraînement, ils s'étalent sur quelle période à peu près ?

Loïc Alors, on a commencé à s'entraîner depuis septembre. Alors, on a commencé à une expérience en ultra, donc déjà ça aide, puisque les sections dans la ligne de France, c'est entre 10 et 20 heures, une section trek ou VTT, canyoning ou kayak, ce que tu veux. Donc déjà, il faut quand même un foncier. Après, nous, on est trois novices dans le raid par rapport à Arnaud, mais on a cette expérience en ultra. Pour l'entraînement, c'était des blocs, on est parti des week-ends, on a fait des entraînements de nuit pour travailler le sommeil. Donc, on a fait l'ascension du Ventoux en VTT pour arriver au sommet à 3 heures du matin avec un ultra à 80 km heure et sous la neige. Et voilà, donc ça, c'était mémorable. On a fait avec Pauline des sorties dans la Sainte Victoire un vendredi soir pour revenir le lendemain matin en trail de 70 km. Donc, on fait des gros blocs ensemble. Déjà, ça permet de mieux se connaître, même si on se connaissait un peu. C'est bien dans l'épreuve. Et puis après, il faut travailler. Donc, c'est vrai qu'il faut qu'on travaille le canyoning, le packraft, la corde. On a de la marche sur glace, sur glacier qui va sans doute être au programme. Mais voilà, donc on va faire une sortie fin mai quand ils vont rouvrir un peu les activités outdoor. Voilà, mais l'entraînement en termes de blocs, on fait des blocs un peu comme un ultra. Et puis derrière, on essaie de mettre toutes les disciplines. Punaise.

Invité 1 J'avais l'impression que le triathlon, quand j'en faisais encore, c'était déjà assez exigeant en termes d'investissement en temps. Mais là, ce que vous me décrivez, c'est une autre dimension quand même.

Loïc Après, on a conscience quand même qu'on ne sera pas forcément prêt le jour J. En plus, on n'est pas aidé quand même par les conditions actuelles sanitaires. Mais bon, on a un bloc de foncier d'ultra qui sera là pour des sélections très longues. Et puis après, on va découvrir. C'est sûr qu'il y a des choses, on va les découvrir.

Triathl'Aix En fait, la grosse particularité pour resituer ce qui place ça comme un projet, c'est que Pauline, Brice et Xavier ont fait très peu de raids, très très peu et des raids courts. Et donc, en fait, moi, j'arrive avec une espèce de position où justement, je leur donne du matériel, des anciens roadbooks, des anciennes cartes, d'aller voir des vidéos, etc. Et c'est un peu comme si on partait entre guillemets de zéro, la from scratch, et qu'on disait, allez, en huit mois, on est capable de faire un raid de six jours. Et donc, en fait, on travaille avec vachement de foncier, de passif, d'expérience. Tout le monde a beaucoup d'expérience et beaucoup de bonne volonté. Et on approche ça vraiment comme si on faisait un projet au travail, comme si on construisait une maison. Voilà, comme si on construisait une maison, on prend des tutos YouTube et on monte des murs. Et ça, pour que là, c'est des tutos pédo.

Loïc Et puis après, je pense que Arnaud, quand il était à choisir son équipe, il ne l'a pas fait au hasard. Donc, en termes d'annégation, de résilience, de résistance à la souffrance, voilà, on a quand même un passé qui permet d'aborder sereinement l'épreuve de Red in France.

Invité 3 Je crois qu'il y a une notion aussi qui est importante, qui est plus physiologique, qui est l'entraînement croisé, où finalement, entraîner une filière dans un sport permettra de gagner sur l'autre. Mais là où on n'a pas d'entraînement croisé, c'est d'être capable au bout de, je ne sais pas, six heures de pagaie, de faire une diapherata parce qu'on n'a plus de bras, qu'on a un sac de 10 kilos. Et c'est là où finalement, il faut quand même s'exposer à ça pour connaître nos limites, du coup, plus, pour pouvoir s'y adapter le jour J.

Triathl'Aix Oui. En fait, moi, je prends une espèce de rôle aussi, par exemple, de les bauter entre guillemets, avec des entraînements un peu biscornus, parce que justement, on va préparer des choses, on va visualiser des choses, et puis le jour J, il fait mauvais. En fait, pendant un rêve, on fait un peu du sport en bras, qu'on pourrait dire. Voilà, on n'a pas, ce n'est pas des conditions de laboratoire. On fait comme on peut, il fait mauvais, on a sommeil, il fait nuit, ce n'est pas comme on a envie, on a trop chaud, on a trop froid, et il faut s'adapter. C'est rustique, en fait.

Invité 1 Oui, c'est l'image que ça donne, en tout cas. C'est super intéressant. Merci pour ces explications un peu générales, on va dire, en quoi consistent les RAID. Si j'ai bien compris, vous, le projet avec le triathlex, cette cellule RAID, vous vous concentrez plutôt sur du long, du très long. Du coup, la question que je me pose, c'est sur du très long, j'imagine, avec mon œil extérieur et le peu de connaissances que j'ai, que le rôle de chacun est décuplé par rapport à des formats très courts. C'est-à-dire que vous avez, je suppose, tous des spécialités. Donc, peut-être de façon générale, comment est-ce que les teams s'organisent habituellement ? C'est-à-dire quels sont les rôles clés à couvrir ? Et vous, individuellement, qu'est-ce que vous faites ? Et quelles sont peut-être les expertises que vous apportez au groupe ?

Triathl'Aix Alors, ouais, effectivement. Là, ce serait intéressant d'avoir les secrets des autres équipes. Et surtout, d'expérimenter, parce que c'est intéressant. Entre guillemets, l'équipe est néophyte. Pour te répondre cependant, sur un RAID court, la stratégie, elle est assez basique. Il y a, en général, c'est par équipe de deux ou trois. Il y a un orienteur. Il y a un gars qui va poinçonner les ballules parce que c'est un vrai enjeu d'effort de faire les trois mètres pour aller jusqu'à l'arbre pour te poinçonner une ballise. Et après, c'est plus une gestion de l'effort. On va dire, toi, tu es meilleur en VTT, tu vas me traquer en VTT. Toi, tu es meilleur en kayak, tu vas te garder dans le kayak. Toi, tu es meilleur en orientation en ville, tu seras la dernière CO, etc. Et ce n'est pas tout à fait les mêmes rôles. Et c'est pour ça qu'on refait le parallèle avec l'entreprise. Et d'ailleurs, on est tous des entrepreneurs au moins dans la mentalité. C'est beaucoup plus ce rôle, voilà, des rôles à plus long terme d'organisation, de vision, d'échanges, de coordination, etc. En raid court, la coordination, c'est prends tes baskets, prends une barre, te pêche toi. Si c'est vraiment comme le triathlon, en deux minutes, il faut échanger les chaussures et t'enchaînes. Là, ça va durer une heure en enchaînement. Alors, c'est quand même, il faut être rapide parce qu'il y a beaucoup de choses à faire dans cette heure là. Mais c'est beaucoup plus, ok, est-ce que tout le monde a mangé ? Est-ce que tout le monde a bu ? Est-ce qu'on est prêt ? Je vais dire un parallèle un peu marrant, mais ça ressemble plus à Fort Boyard. Il faut s'arrêter, faire son cri d'équipe et repartir. Et après, évidemment, il y a des enjeux techniques.

Invité 1 Ok, donc toi Arnaud, orienteur, fort de tes expériences, capitaine, fort de tes expériences précédentes en raid. Pour les autres, du coup ?

Invité 2 On va répartir les rôles en fait, en suivant vraiment l'expérience et les conseils d'Arnaud pour essayer d'avoir chacun une place, un rôle, un périmètre en fait, pour faire progresser l'équipe. Donc en fait, c'est un peu comme une locomotive en fait qui ne doit jamais s'arrêter. Et le but, c'est d'optimiser chaque... C'est nos réflexes de triathlète, je pense, d'optimiser chaque moment et que ça devienne un réflexe dans la gestion de l'effort. Donc il y a l'orienteur. On a un deuxième orienteur, comme on le disait au début avec Xavier, qui est là pour aider Arnaud si à un moment donné, il a besoin de passer la carte, le relais, puisque ça va être très long. Xavier aussi va faire le lien avec Brice, qui a le roadbook dans les mains. Donc dans le roadbook, c'est des indications sur la balise qui va arriver. Par exemple, c'est dans une prairie à côté d'un arbre. Et on va avoir aussi la gestion des barrières horaires. Donc ça, c'est important. Cette information, elle remonte par Xavier et par Brice pour réorienter, si besoin, la stratégie de course. Donc la stratégie, elle est faite quelques jours avant, quand on va avoir le parcours. On va commencer à dessiner la stratégie, mais ça va être réévalué en fait de manière agile, quoi. Un peu quotidienne même par chaque activité. Et puis ensuite, ça redescend de Brice à moi, où en fait, je m'occupe des transitions et je vais anticiper en fait l'épreuve d'après. Et j'ai aussi un rôle de préserver l'équipe, en fait, faire en sorte qu'on pense tout simplement à s'alimenter correctement, à se considérer, trouver des points d'eau. Anticiper aussi les arrivées, les traversées dans les villages pour s'approvisionner si besoin. Penser aussi à optimiser les temps de sommeil, les pauses techniques, etc. Et en fait, c'est un cercle en fait où ça circule entre nous et ça remonte en fait jusqu'à Arnaud comme ça en permanence, pour pouvoir réorienter si besoin la stratégie de l'équipe.

Invité 1 C'est impressionnant ?

Loïc Il faut voir quand même que le RAID, c'est 400 km, 6 jours, 20 000 de D+. Donc, tu es obligé par l'organisation, tu as une obligation de dormir minimum de 12 heures. Donc, c'est peu sur 6 jours. Donc, la notion de sommeil, d'alimentation, de gestion de l'effort est primordiale. On va pas partir tête baissée le premier jour. Oui. Même faire attention au pacing et aux allures. Et c'est la difficulté. C'est que par rapport à un triathlon, dans le triathlon, sur Ironman ou autre, tout est calibré. Enfin, je veux dire, c'est un sport à une demi-heure près. Tu sais exactement quel temps tu vas faire sur un Ironman à Nice. Même si c'est ton premier, si tu t'es entraîné, tu sais qu'à un quart d'heure près, le temps que tu fais. Le RAID, c'est une découverte. C'est plus proche de la nature. C'est plus proche du trail. Tu as quand même cette visualisation qu'on va avoir au dernier moment avec les cartes. Et donc, il faut imaginer telle section, ça va être 15 heures, telle section, ça va être 25 heures. Et se préparer.

Invité 1 Comme tu dis, ça peut devenir compliqué de tout planifier à la demi-heure près quand tu enchaînes 6-7 jours.

Loïc Il faut aussi accepter que tu ne vas pas tout prévoir. Tu peux avoir des casques mécaniques, tu peux avoir des pépins physiques. On a la chance d'avoir un kiné pour des straps, mais tu as tous les aléas d'une course d'ultra sur 6 jours.

Invité 1 Comment vous avez appris à le gérer ça d'ailleurs, les triathlètes ? Ou c'est vrai, comme tu le dis Brice, généralement c'est extrêmement précis. Tu sais au gramme près combien pèse ton vélo, combien de temps tu vas faire pour changer ta chaussure. Comment vous avez appris à gérer ça ?

Loïc Alors, moi j'ai appris parce que au fur et à mesure, je suis passé sur le trail. Donc avec deux Saint-Yéon, je me suis ramassé. Enfin, ça a été dur. Je sais que tu en as déjà fait. Donc quand tu découvres le trail, tu arrives du triathlon, tu te sens tout puissant. Tu arrives sur le trail, c'est quand même vachement plus compliqué le trail. Voilà. Et puis quand tu as passé 23 heures à nager dans la Manche, je pense que tu prends un peu de recul sur tout ça. Tu ne peux pas calibrer.

Triathl'Aix Il y a une chose importante aussi, tu parlais du calibrage et tout. Il y a quand même une vraie dimension nature. encore plus cette année où on est en montagne, en haute montagne même. Et donc à 3005, quand tu prends un orage, ça casse l'ambiance. Ce n'est pas dans le timing, c'est marqué nulle part. Et il faut réfléchir. Est-ce que je redescends ? Est-ce que je ne redescends pas ? Enfin, il y a une vraie notion de risque en fait, qu'on n'a pas forcément sur des sports en pleine. Ah oui, clairement.

Invité 1 Il peut avoir des vrais enjeux.

Triathl'Aix Voilà, l'orage de montagne typiquement, c'est un vrai enjeu. Un vrai enjeu. Qu'est-ce que je fais avec mes piolets et mes crampons sur le dos qui vont attirer la foudre. Et je suis sur une crête et je vais à la balise ou je rentre et on arrête le jeu quoi. Et c'est la compétition qui va créer une notion d'aventure hyper forte. S'il n'y a pas la compétition, tu rentres, tu fais gaffe, tu rentres tout de suite. Et là, tu es sur le fil du rasoir en fait. Donc, c'est ça qui chamboule et qui met de la pression.

Invité 2 Il y a une notion de risque et de sécurité qui est hyper importante dans cette aventure. C'est pour ça qu'on passe autant de temps à préparer, à imaginer le pire des scénarios pour anticiper au maximum. Mais on sait qu'il y a une énorme partie qui n'est pas prévisible et on doit aussi lâcher prise par rapport à ça. On l'a appris déjà cette année parce qu'on avait prévu des courses pour s'évaluer, se jauger un peu, répéter entre nous. Et tout a été annulé. Donc, on essaie de le faire au mieux entre nous. Mais voilà, on sait qu'il y a beaucoup de choses qu'on va découvrir aussi le jour J.

Invité 3 Pour faire un parallèle avec la question du triathlète méticuleux, je pense qu'on est tous méticuleux. On aura tous notre vélo qui sera pesé, prêt et bien réglé. On aura tous notre petit matos bien préparé dans nos sacs. Mais on ne pourra pas jouer à planifier du 3-30 au kill, du 4 au kill. On ne va pas jouer à chronométrer, même si on a une vague idée. On a analysé nos allures sur nos entraînements. On sait justement comment ça pêche. Mais on a bien vu, on a fait des entraînements, on a fini dans les broussailles. Tu te retrouves à 1 ou 2 km heure à essayer de dégager des sapins. Alors qu'en plus, on est encordé et que c'est l'enfer. On en a plein les jambes. Et donc, du coup, là, on ne peut plus jouer aux allures. En fait, on essaie de faire un truc assez global. Ce n'est pas frustrant pour autant parce qu'on y va aussi pour une découverte. Donc, on profite de ça. Je pense qu'on arrive aussi un peu à se dégager l'esprit de son chrono, de sa montre. D'ailleurs, on n'a pas de GPS. On n'a pas justement, à part un chrono qui peut être emmené et un altimètre. On a interdiction d'avoir des outils de mesure comme la montre, on va dire, qui sera connectée avec le GPS pour savoir ses vitesses, ses allures, son déni, plus son déni, moins son kilométrage. Et c'est comme sur Strava. Ça, ça ne marchera pas.

Triathl'Aix Au bout de 135 heures, apparemment, tu n'as plus de batterie.

Invité 1 Oui, généralement, c'est ce qui se passe. En tout cas, l'anecdote sur les sapins avec l'équipe encordée, ça fait rire Pauline. Donc, je ne sais pas si ça réveille quelques souvenirs. Je suis resté ma pire expérience.

Invité 2 Et à ce moment-là, j'ai vraiment douté sur ma capacité à vivre en équipe comme ça pendant six jours. Je me suis dit, là, ça va être… On vit en communauté plus, plus. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un moment de solitude qui est parfois bénéfique. Et il faut réussir à caler son rythme de vie sur les autres. C'est-à-dire que les pauses doivent être communes. Et quand on a envie, des fois, de se relâcher un peu ou de récupérer, on ne peut pas forcément le faire. C'est parce que l'équipe est dans une dynamique… On avance à ce moment-là. Et ça, c'est super dur, du coup.

Invité 1 Ça va être ma question. C'est très intéressant que tu l'abordes. Justement, moi, c'est peut-être le point sur lequel j'ai le plus de… J'ai du mal à voir comment vous arrivez à préparer ça, du coup. Parce que même si vous faites des week-ends, je crois que vous avez la chance de tous vivre plus ou moins à côté. Donc, vous avez l'occasion de vous voir régulièrement. Mais comment vous travaillez justement sur cet aspect cohésion mentale quand après 4-5 jours, tout le monde en a ras-le-bol, tu vois, et que s'il y en a un qui se trompe, qui prend le paquet de biscuits de l'autre, ça peut… Comment vous faites pour pas que ça devienne un incident diplomatique dans l'équipe, quoi ?

Loïc Alors, déjà, il y a… Dans le monde de l'Utra, il y a toujours l'incertitude. Il y a quand même un goût certain, un charme certain à l'incertitude. Donc, ça, c'est bon. On va tout le savoir. Peut-être qu'on va s'engueuler. Peut-être que ça va mal se passer. Après, Pauline, tu peux peut-être un peu plus détailler sur nos profils.

Invité 2 En fait, pour laisser encore moins de chance au hasard, on va dire, pour encore mieux préparer l'équipe, surtout, on a travaillé en équipe déjà en amont. On a essayé de vivre un peu tous un moment difficile dans nos préparations de manière soit physique, mentale, avec la nuit, la fatigue. On s'arrange pour faire des aventures quand on est bien fatigué après la semaine de boulot pour être en condition type troisième jour de raid, on va dire. Donc, on est tous un peu à cran, un peu fatigué. Donc, on est un peu dans l'ambiance déjà. On enchaîne sur une nuit et puis ça permet déjà de sortir un peu les personnalités. Donc, ça, c'était un premier travail qu'on a fait il y a quelques temps. Et la deuxième chose aussi, c'est qu'on a compris que dans l'équipe, ce qui était important aussi, c'est de connaître individuellement nos forces, nos faiblesses, nos limites, ce qui nous motive, ce qui nous stresse aussi. Ça, c'est important parce qu'on a remarqué que des fois, avec la fatigue, c'est exacerbé et que c'était important d'en avoir conscience personnellement et de donner aussi entre nous des petits tips où on se dit qu'il réagit comme ça parce que c'est juste qu'il est sous stress ou elle est fatiguée. Donc, on a passé tous un test de personnalité pour connaître vraiment nos profils. Je vois qui sourit. Et voilà, le fait de débriefer de ça, ça nous permet de prendre confiance dans l'équipe d'une manière globale. Qu'est ce qui va nous motiver tous ensemble et à quoi on doit faire attention ? Et le résultat a été quand même assez surprenant parce que même si on se connaît tous depuis plusieurs années, on a été quand même surpris de nos profils à titre individuel et aussi dans l'équipe. Et puis, c'est très lisse en fait entre nous. On sait clairement pourquoi la communication passe bien. On est tous des profils semblables, similaires. Donc, c'est facile pour une aventure comme ça. Mais l'inconvénient de ça, c'est qu'il y a des profils ou des personnalités, des choses qui nous manquent. Et on doit vraiment en avoir confiance parce qu'on peut passer à côté de certaines choses comme par exemple gérer les émotions dans l'équipe, être vigilant aux règles, être vigilant aux barrières horaires, etc. On peut avoir tendance à survoler tout ça, à ne pas être vigilant aux règlements, etc. Et à foncer quoi. Et donc, on doit vraiment maintenant se coordonner pour savoir comment on fait en cas de pépins pour surmonter ça.

Invité 1 C'est intéressant ce que tu dis. J'ai l'impression que du coup, vous avez fait en sorte que chacun soit équipé d'un espèce de guide utilisateur pour les autres membres de l'équipe sur qu'est-ce qui se passe à quel moment et comment le soutenir quelque part.

Triathl'Aix De toute façon, il y en a un qui s'est embeuvé de la boule dans l'équipe, mais on sait qui c'est.

Invité 3 Monge de Paris, ça ne doit pas être moi. Après, on a aussi profité de moments entre nous avec une bière pour discuter, pour échanger, se connaître un petit peu plus. Et puis, on voit bien au bout d'une nuit, à dormir en moitié dans une voiture, à moitié par terre, on voit bien un peu les manies des uns des autres, ceux qui arrivent en retard, ceux qui arrivent à l'heure, ce qui peut mettre en rage l'un ou l'autre. Et du coup, c'est bien, on ne cristallise pas un peu tous ces petits problèmes-là qui pourraient effectivement le jour J avec la fatigue nous énerver. Après, il y en aura sûrement des moments comme ça. On a vu des séances, des entraînements difficiles où on a été certains dans nos retranchements. Alors, les autres peuvent voir aussi comment on se comporte à ce moment-là. Et puis parfois, ça dure une heure et puis ensuite, ça change. Et puis, c'est l'autre qui va être moins bien. Donc, il faut accepter. C'est quand même assez pratique d'être, je trouve, à quatre où finalement, on va dire que la majorité l'emporte. Mais il ne faut pas qu'il y en ait un qui subisse clairement la situation. Et je pense qu'on sera à l'écoute à ce moment-là pour faire la pause, discuter, échanger.

Invité 1 Ce que je trouve super intéressant dans ce que vous nous avez expliqué sur les rôles de chacun et cette notion d'apprendre à mieux se connaître, c'est que je trouve que ça fait vraiment ressortir en fait le fait qu'individuellement, vous êtes complètement essentiel au reste du groupe. Ça paraît tout bête quand je le dis, mais souvent, les sports en équipe, ça ne ressort pas forcément parce que la durée de l'épreuve est soit vraiment très courte, soit il n'y a pas des rôles qui, en tout cas, j'ai l'impression qu'ils sont peut-être effectivement en voile. C'est la seule discipline qui me vient en tête, mais il y a des rôles qui sont moins clairement définis, j'ai l'impression. Alors que vous, c'est vraiment, si vous n'avez pas d'orienteur, c'est mort. Si il n'y a personne qui regarde la barrière horaire, c'est mort. S'il n'y en a pas un qui sait gérer les petites blessures des autres, c'est mort aussi. Donc, c'est super impressionnant, je trouve.

Triathl'Aix En fait, on avait une espèce de blague. C'est que, en venant du triathlon, pour les trois nouveaux membres, la blague, c'est de dire que le Réder à une France, c'est un sport individuel pratiqué à plusieurs. Et en fait, on va tous essayer de donner le meilleur de nous-mêmes. Et comme tu dis, c'est la fameuse phrase de « Seuls, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. » Donc, on est exactement comme ça. Et à arriver à bien travailler les uns avec les autres. Et c'est vraiment, c'est presque, voilà, se travailler ensemble en fait.

Invité 1 Ouais. Super intéressant. Question un peu… Je ne sais pas si vous l'aviez préparée celle-là, mais je la pose quand même parce que ça m'intéresse vachement. Qu'est-ce que vous tirez du raid individuellement ? Alors, même si là, vous êtes pour la plupart en train de préparer votre premier gros raid, mais qu'est-ce que vous retirez du raid qui, à vos yeux, est utile dans votre vie de non sportif ? Donc, que ce soit dans vos activités entrepreneuriales ou de façon générale, juste votre vie à l'extérieur du sport.

Invité 3 Alors, je peux commencer. Moi, mon métier est presque un raid finalement, puisque je suis en multi-activité. Je fais donc de la recherche, je fais de l'enseignement. J'ai une société qui s'appelle ITREMA, qui forme des kinés à différentes spécialités. Et je pratique aussi la clinique dans différents endroits, dans mon cabinet, dans un crêpe, où je m'occupe de sportifs de haut niveau. Ça peut être aussi avec des fédérations. Donc, déjà, j'enchaîne ma semaine avec des multitâches où je vais gérer la société, faire de la com' et puis ensuite continuer sur ma clinique, etc. Donc, l'enchaînement des épreuves, je m'y retrouve un petit peu finalement dans cette activité professionnelle. Et puis, ça me nourrit dans l'autre sens à mieux enchaîner aussi, à mieux fragmenter mon activité, mieux m'organiser. Et puis, on voit bien que finalement, quand on sait un petit peu, notamment sur le RIF, comment on va aborder la course, comment on va l'envisager, quel rôle, on voit bien que ça fonctionne mieux. Donc, moi, ça me permet de m'enrichir sur cette activité professionnelle, de mieux m'organiser, de mieux justement réaliser l'ensemble de mes tâches. Ensuite, c'est vrai que l'équipe nous apprend beaucoup de choses sur les personnalités de chacun. Et c'est vrai qu'être à côté de mes compères, ça me permet aussi de m'enrichir sur une notion aussi humaine, pour me découvrir, pour parler d'autres choses, de philosophie, j'en sais rien. Sur le kayak avec Arnaud et puis d'autres sujets avec Brice et Pauline pendant une course à pied, en cordée notamment. Pauline, on n'entendait plus trop en cordée, je perds un peu de préciser ce point-là.

Loïc Une autre manière de répondre, c'est Sylvain Tesson qui parlait de surcroît d'existence quand il est dans une forêt, quand il escalade une montagne, quand il traverse une steppe, quand il est confronté à la victoireté des éléments. Donc cette notion, là on se rapproche de l'ultra, c'est que pourquoi on va sur ces formats ? C'est une passion, c'est un dépassement de soi, mais ce surcroît d'existence, c'est se sentir vivant. Enfin, ça devient une passion. C'est la pleine nature.

Invité 2 Moi, ça m'apporte la vie en communauté, la vie en équipe qui va chercher un autre objectif, un autre résultat. Pour moi, le résultat, c'est vraiment en équipe qui prendra tout son sens. Et quand je nous imagine arriver le 3 juillet tous ensemble, main dans la main, je me dis qu'on aura vraiment accompli une belle aventure tous ensemble. Ce sera hyper émouvant parce qu'on aura vécu des moments très forts dans l'année, en préparation. Et de vivre ça en équipe, pour moi, ça n'a pas de prix et c'est bien plus fort qu'arriver sur un Ironman au bout de quelques heures. Donc, c'est vraiment les émotions qui vont vraiment être décuplées. Et professionnellement, ça m'apporte un vrai soutien et une réalisation aussi. Ce que l'intelligence collective, c'est quelque chose que je pratique dans mes accompagnements en coaching d'équipe. Et là, on le vit. On le vit vraiment. Et on a beaucoup d'incertitudes. On disait tout à l'heure faire prof d'agilité, communiquer entre nous. On est vraiment en train de reproduire une petite entreprise entre nous et qui nous renvoie à chacun nos rôles dans nos sociétés respectives. En quoi ce qui se passe là dans le groupe, en quoi c'est en lien avec ma personnalité et en quoi je suis responsable de ça ? Donc, quelle est ma responsabilité dans l'équipe pour faire tourner tout ça de la manière la plus efficace possible ?

Triathl'Aix Oui, bonne question. Je reprends sur ce que tu disais. Voilà vraiment en quoi ça nous apportait dans nos métiers ou dans notre quotidien, on va dire professionnel. Pour moi, le parallèle, il est quasiment évident. En fait, ils ne savent pas, mais c'est dans un espèce de laboratoire. L'activité que j'ai montée qui s'appelle PITAS Organisation. Comme je te disais, on fait les team building aventure. Et moi, d'un titre même professionnel, j'organise des RAID pour des grandes enseignes. Et donc là, tout l'enjeu dans ce métier, c'est un peu ce que disait Pauline. C'est de refaire même une mini vie d'entreprise. Là, on faisait la blague. On se connaît depuis deux ans. À la fin du RAID, on se connaîtra depuis dix ans. Et c'est revoir tout ce qui est management, te donner du sens, créer de la cohésion, tout ce qui est préparation, connaissance de soi, la prise de décision aussi, les situations de crise. Là, c'est hyper intéressant. C'est une métaphore de la vie à l'accélérer. La situation de crise dans l'orage, au quatrième jour, sans sommeil, sur les vélos. Voilà. C'est une vraie situation de crise technique d'aventure et à reporter plus tard. Il y a des situations de crise comme ça dans la vie où l'entreprise, quand on les a, elles peuvent être traumatisantes. Alors que là, c'est un plaisir. On ne joue pas notre vie aussi. Si ce sera une crise de course, mais si c'est une vraie crise technique vitale, on sort de l'escape game. On descend dans la vallée, on va au bas. Et donc, ça va être intéressant. C'est un escape game dans la nature.

Invité 1 C'est intéressant ce que tu dis, Arnaud, sur le fait qu'après une expérience de quelques jours, la blague, c'est que vous allez vous connaître comme si ça faisait déjà dix ans. Mais ce que ça me fait dire, c'est que c'est presque comme s'il fallait quelque part imposer ce genre d'événement en entreprise. Parce qu'on en discutait avec Maxime, qui était le tout premier invité d'ailleurs sur le podcast, qui travaillait pour une boîte qui fait un peu comme la tienne, Arnaud, mais au Canada, qui s'appelait Spritcore et qui organise des challenges. C'est plutôt des événements longue durée aussi, avec plusieurs mois de préparation. Ils font typiquement Montréal, New York en courant ou en kayak, l'ascension du Mont Washington. Mais ils disaient exactement la même chose, tu vois, que dans ces moments-là, tout se révèle. Plus personne ne peut se cacher, en fait. Et qu'à l'issue de ce type d'expérience, tu as des liens qui sont extrêmement forts et qui sont surtout des vrais liens authentiques durables. Donc, je pense qu'il faudrait, Arnaud, il faudrait que tu milites pour que ça devienne obligatoire en entreprise. Tu vois, passer cinq collaborateurs, il faut des événements de team building comme ça. Et pas le baby foot le week-end, mais tu vois, un vrai truc où on se met dedans et voilà.

Triathl'Aix Effectivement, je vais faire très court, mais comme tu l'auras peut-être un peu compris en parlant de... On a dit de moi plusieurs fois que la philosophie, ce serait mon nom là sur le kayak. Mais effectivement, sur le sujet que tu abordes, ça replace la question du sport dans l'éducation, presque du service militaire d'une certaine façon, de choses comme ça. Et après, on pourrait aller dans un sujet philosophique qui est est-ce que c'est le rôle de l'entreprise de créer ces liens-là ou est-ce que c'est un rôle civique ? Voilà, on pourrait changer à ce sujet.

Invité 1 On fera un épisode sur ça, Arnaud, je te le propose. Excellent, super. Du coup, là, l'échéance approche. Donc, vous préparez depuis septembre, si j'ai bien compris, tous les quatre. De quoi est-ce que vous avez vraiment hâte ? Qu'est-ce qui vous fait dire là ? Vous avez envie que ce soit demain de prendre le départ ?

Triathl'Aix De savoir s'il y aura un départ.

Invité 1 Ah oui, oui. Oui, c'est vrai. C'est vrai qu'en France, c'est encore...

Triathl'Aix C'est un vrai sujet. Je sais si vous voulez parler du Covid.

Invité 1 Oui.

Invité 2 C'est vrai qu'on est un peu dans une période là, on a une semaine de battement avant d'avoir plus d'infos de l'organisation. Et on a un stress là, vraiment depuis une semaine, parce qu'on sait qu'il y a des difficultés d'approvisionnement, notamment sur certains matériels obligatoires. Ok. Donc, ça nous rajoute un petit stress, on va dire, pour préparer au mieux. Donc là, on aimerait vieillir d'une semaine. Ça nous rassurer. Et voilà, après, on a hâte, je pense, de finaliser nos attestations, nos brevets, qu'on doit passer avec DBE pour attester qu'on est capable d'y aller. Donc, ça nous permet de valider qu'on est apte, en gros, à le faire. Et puis, tout simplement, d'être sur la ligne de départ avec toutes les autres équipes internationales, ça nous fera super plaisir, quoi.

Invité 1 C'est quoi, par curiosité, le matos qui est en difficulté d'approvisionnement ?

Invité 2 C'est les packrafts. Donc, c'est les... Ah ouais ? Voilà. Et également, les valises de transport pour les vélos.

Invité 1 C'est dommage, j'en ai une à la cave, mais bon, je suis en Suisse.

Loïc C'est des valises trans-spéciales. Après, sur la période actuelle, il y a une incertitude sur le départ ou le nom de l'épreuve, comme on n'est pas les seuls. Il y a des choses plus importantes que ces épreuves, voilà, dans le monde de tous les jours. Après, je pense qu'on est prêts aussi, si ça doit être annulé, on se projettera sur d'autres choses. Enfin, c'est déjà une aventure d'avoir fait ça. C'est toujours pareil, c'est une aventure de se préparer, de réunir l'équipe, de s'entraîner. Le jour J, l'épreuve, c'est comme ouvrir la bouteille de champagne. Enfin, moi, à chaque fois que j'ai pu arriver sur la ligne de départ, tu déballes ton cadeau de Noël. Donc voilà, il y a tout ce qui était en préparation avant, que ce soit un mode projet qu'on aura vécu. Je pense que bon, on peut parler de résilience à ce moment-là. Oui, clairement. On se projettera évidemment sur d'autres épreuves. On fera peut-être une mini-aventure nous-mêmes. On fera peut-être huit jours de trail, je ne sais pas, mais on fera quelque chose.

Invité 1 C'est exactement ce que j'allais vous demander. Quelle est la suite, vu le temps qui a été nécessaire pour la préparation ? Est-ce que vous vous projetez déjà sur un projet juste après ou vous en êtes où, là ?

Loïc Il y a un raid en Patagonie.

Invité 1 C'est vrai ? Comment il s'appelle ?

Triathl'Aix Je ne sais plus. C'est une manche du championnat du monde.

Invité 1 Je suis quasi sûr. La première fois que j'ai entendu parler de raid, je suis quasi sûr que c'était à travers celui-ci. C'est une manche qui a lieu tous les ans en Patagonie ?

Triathl'Aix Oui, c'est qu'il y a deux ans en général. Mais qui est à l'automne. Je n'ai plus le nom Isaac en tête. Il y a l'Eco Challenge aussi qui est très connu et qui change de région.

Invité 1 Ok. Et donc ça, ça aurait lieu quand en Patagonie ?

Triathl'Aix À l'automne.

Invité 1 Oui, c'est à l'automne. À l'automne.

Loïc Mais bon, il faut que nos calendriers soient compatibles.

Invité 1 Oui. Oui, parce que j'imagine qu'arriver à quatre à faire coordonner les périodes de vacances, etc., de disponibilité, ça doit être une sacrée paire de manches ça aussi.

Loïc Oui, donc après tu peux imaginer des aventures en équipe où après chacun reprend notre existence propre pour des aventures. De trail ou voilà, Shaman Stevenson, la vie alpina, il y a plein de choses à faire dans les années qui viennent. Génial.

Triathl'Aix C'est une forme d'ouverture parce que quand tu as fait un long raid, alors là, il y a un peu deux sujets. Qu'est-ce qu'on fait en remplacement si le raid n'a pas lieu ? Donc ça, on s'est tous projeté pour garder la motivation. Et le deuxième sujet, c'est comment chacun va vivre le raid. On se dit tous d'une certaine manière que si on le vit bien et même très bien, c'est-à-dire un bon classement et tout va bien, on va tous avoir envie d'en refaire un et de rajouter une marche, c'est-à-dire aller à l'étranger. Pour rendre l'aventure encore plus folle, on en a déjà parlé. Et puis après, c'est un support à plein d'autres choses parce que c'est un mélange entre le sport, l'aventure, le projet. Donc quand tu sors d'un gros raid comme ça, tu te dis ok, je peux passer un an à préparer quelque chose. Donc est-ce que je prépare ? Je ne sais pas quoi à l'Everest. Ça te dit aussi, tiens, j'ai aimé de faire du rafting. Est-ce que je ne fais pas cinq jours de rafting ? C'est vraiment...

Loïc C'est aussi une ouverture sur l'alpinisme. Oui.

Triathl'Aix Hum. Hum hum. Hum hum. Hum hum.

Invité 1 Petit spoiler dessus. Ouais. Petit teasing. Cool. Excellent. Alors peut-être, moi j'ai une dernière question spécifiquement sur l'épreuve pour Xavier plutôt. Avec ton œil, ton approche du coup un peu plus physiologie, sur quoi est-ce que tu penses qu'il faut que vous restiez très vigilant pour éviter les blessures ou une fatigue inutile ou... Alors en tout cas, rester au top de votre forme sur cette épreuve.

Invité 3 Ouais, alors c'est vrai que ça met vraiment le corps à rouille d'épreuve. Il faut arriver prêt mais reposé. C'est toute la difficulté d'une planification, d'une préparation. Je pense qu'arriver avec une blessure, c'est un problème pour la course puisqu'à un moment donné ça risque d'être compliqué. Vraiment, ça peut vraiment empêcher de progresser. Sachant que ça peut toucher le moral et toucher l'équipe et devoir prendre des décisions de continuer, pas continuer, abandonner, pas abandonner. Je pense que c'est des problématiques qu'il faut qu'on aborde aussi. On a déjà évoqué, s'il y a un accident, c'est quelque chose qu'on envisagera. S'il y a une douleur qui est plus une douleur, j'ai mal au genou, je ne peux plus plier les genoux, est-ce qu'on continue ? C'est très difficile. Donc ne pas se cramer. Et c'est là où aussi il y a la communication qui est vraiment primordiale puisque ne pas se cramer, ça passe par les échanges les uns les autres. Parce qu'on le sait bien, il y a des moments où on a des trous sur du trail long, sur des épreuves même du triathlon. Il y a des moments où on a un coup de mou puis ça redémarre derrière. Et c'est ça qui est assez surprenant, c'est que la machine est capable de renvoyer. Mais il faut respecter le coup de mou, sinon ça ne redémarre pas. Donc, c'est écouter les uns les autres. Après, moi j'aurai un œil attentif sur les blessures musculo-squelettiques, on va dire. Que ça soit là sur la préparation, on a pu échanger, ou que ça soit justement sur la gestion d'entraînement, puisque la gestion de la charge est vraiment très importante pour éviter les blessures. L'alimentation, l'équilibre, le sommeil, tout ce qui est diététique autour, qui va permettre d'arriver avec un corps le plus sain possible. Et puis ensuite, sur la course, on va éviter les déboires techniques, ne pas prendre de risques. On voit bien que dans une descente un peu délicate, parfois il faudra peut-être justement marcher, plutôt que de se flinguer une cheville et d'abandonner. Donc, il faudra aussi garder la tête froide et aborder des moments un petit peu difficiles, prendre un petit peu de recul, même si les collègues sont bien et qu'ils avancent à ce moment-là. Si je ne me sens pas bien, je ralentis, je vais me préserver en fait. Il faut qu'on arrive à la fin de la course en se disant, tout s'est bien passé, c'est bon, je ne me suis pas blessé, parce qu'il y a un véritable enjeu là-dessus avec la fatigue. On sait bien que la fatigue cognitive entraîne des blessures articulaires, puisqu'on va être moins concentré, moins focalisé sur sa force musculaire. Donc, il y a un véritable enjeu, je pense qu'il faudra toujours garder un œil les uns les autres sur l'état pour éviter ce genre de petit accident. Et puis après, il y a la chute bête, comme on évoquait, la branche dans l'œil. Bah non, mais des lunettes. Voilà, on aura des lunettes en permanence pour ne pas prendre une branche dans un œil.

Invité 1 Ok. Waouh, je suis vraiment impressionné par l'aspect planification, mais même la complexité et la stratégie de l'épreuve, c'est vraiment impressionnant. C'est loin d'être juste une épreuve physique. Et bon, je pense que pour le grand public, quand on comprend à peu près ce que c'est le red, c'est peut-être un peu évident. Mais là, avec ce que vous venez de partager, ça va beaucoup plus loin que ce que j'avais en tête, par exemple. Donc, vraiment, vraiment impressionnant.

Triathl'Aix On pourrait faire un espèce de vague parallèle avec même un sport très connu comme la Formule 1. Pendant deux heures, on voit le gars qui conduit, on dit « Ah ouais, c'est dur, il prend des jets, il est concentré. » Et puis, si on dézoome, on se rend compte qu'il est dans une équipe de 200 personnes qui appartient à une marque automobile énorme et que c'est des années de travail et que l'histoire a commencé il y a 50 ans en 24 heures du monde. Donc, ce n'est pas aussi fort que ça, mais c'est ce côté… Il y a plein de choses, c'est la iceberg.

Invité 1 Oui, exactement, j'allais le dire.

Invité 2 Au-delà de nous, il y a quand même la famille aussi qu'on a impliquée à l'insulte de leur plein gré, on va dire. Donc, qui n'est pas là avec nous ce soir, mais qui est là quand même pour nous soutenir et qui peut parfois subir aussi nos entraînements, nos fatigues, nos coups de mer, etc. Donc, c'est aussi compliqué à gérer puisqu'on a un travail aussi. Donc, le lundi, il faut aussi qu'on soit opérationnel. Donc, ce n'est pas toujours évident de gérer tout ça. Et puis, c'est vrai, comme tu disais, et pour rebondir ce que disait Xavier sur la préparation, arrivée frais, dispo, entraînée, mais pas fatiguée. Oui. On a aussi imaginé, voilà, la branche dans l'œil, mais tout ce qui pourrait, les petits trucs qui pourraient nous embêter, voilà, la crème noc dans les pieds, les pansements, tout, toutes ces choses-là, en fait, à mettre dans notre liste de matériel obligatoire. On a également regardé nos allures moyennes sur nos entraînements pour faire des estimations de temps. On a regardé aussi, voilà, au niveau du matériel vélo, qu'est-ce qu'on sait plus réparer nos vélos, de quoi on a besoin, etc. Donc, toutes ces choses-là, on a essayé de les travailler pour pas que ça devienne un problème, en fait, pendant la course.

Invité 1 Oui. Impressionnant, vraiment. Je suis bouche bée. Et ce que je trouve vraiment admirable, c'est que vous arrivez, enfin, déjà, vous êtes vachement humble, en dépit de tout ce que vous faites quand même depuis septembre et du niveau global de l'équipe, donc ça, c'est déjà impressionnant, mais que vous arriviez à allier une telle intensité dans la durée, en fait, c'est ça le truc. C'est l'intensité et le volume de vos entraînements, j'ai l'impression, depuis septembre, tout ça avec des jobs, voilà, vous l'avez dit, vous êtes tous entrepreneurs ou entrepreneurs dans l'âme, donc c'est quoi vos tips ? C'est quoi le secret, en fait ?

Loïc Bah, le premier secret, c'est que le sport, par rapport à un travail prenant toute la semaine, ou même parfois le week-end, c'est que c'est quand même un très bon complément, pour évacuer le stress, pour récupérer. Après, c'est une hygiène de vie, hein, sommeil, alimentation, enfin, c'est primordaire.

Invité 3 Je crois que la motivation, la volonté de s'accomplir, de vivre pleinement, quoi, c'est aussi une source de motivation, c'est-à-dire que moi, je vis à travers mon travail, ma famille, mes enfants, les temps que je peux passer de mon côté à m'entraîner, et puis vivre pleinement dans la montagne, avec vraiment la sensation d'être en pleine nature et de profiter à 100%, quoi. Donc, je pense que cette espèce de pulsion de vie, elle nous motive, elle nous pousse, elle nous tracte, quoi. C'est finalement, c'est physiologique.

Invité 1 Donc, le sport comme un équilibre, en fait, c'est ça ? J'ai l'impression, entre Brice et Xavier, ce que vous venez de dire, ça fait partie du tout, en réalité.

Loïc Ça fait partie d'un équilibre.

Triathl'Aix Moi, je fais les côtés plus pro-dègle, là, tu parlais de tips. Bah, typiquement, tout à l'heure, j'hésitais entre aller à la Sainte-Victoire pour faire un peu de dénivelé ou partir de chez moi. Et en fait, si j'allais à la Sainte-Victoire, je passais quasiment une heure dans ma voiture. Et du coup, je suis allé au fond de mon jardin à 2 km où il y a une pente qui est moins belle et moins marrante. Et je l'ai fait 6 fois parce que, du coup, je gagne une heure et demie. C'est une heure et demie dont j'ai besoin pour envoyer des mails. Et puis, le dimanche, j'ai mes enfants. J'ai mis les deux dans la carriole. Je les emmène en vélo. Je suis vraiment dans le côté, voilà. Il faut que ça rentre. Et il faut que chaque minute, elle soit utilisée. Puis en même temps, on écoute un podcast, on lit un mail, on passe des coups de fil aux parents. On peut le faire en courant, quoi. Et vraiment, il faut tout faire rentrer.

Invité 2 Les gens, ils vont me prendre pour des fous, là.

Triathl'Aix C'est un peu ce que ça. On ne s'entraîne pas pour les Jeux Olympiques, mais on a des vies riches et intéressantes. Enfin, je pense que c'est ce qu'on essaie de faire, quoi. On est gourmand de sport, de vie.

Invité 1 Oui. J'aime bien cette image de gourmandise du sport. Je n'avais jamais entendu, mais c'est chouette. Excellent. Super. Ben écoutez, on arrive déjà au bout. Donc, si je résume, là, vous attendez. C'est la semaine prochaine, au moment où on enregistre que vous en saurez plus. Donc, je vais croiser les doigts pour vous. Et au moment où l'épisode va sortir, il y aura déjà une réponse. Donc, je suis sûr que ce sera la bonne, que vous serez en train de peaufiner les derniers préparatifs, peser les vélos. Non, vous ne pesez pas les vélos en raid.

Triathl'Aix Alors, petite anecdote. Tout le matériel qu'on va apporter est pesé dans les caisses, y compris la nourriture. En fait, on a un semi-autonomique pour te dire. Une heure avant le départ, on met tout dans les camions, tout part, et tout est pesé à chaque étape. Donc, oui, je te confirme qu'on pèse jusqu'à la barre de céréales. Ah. Voilà. Et si tu n'as pas la place, tu ne manges pas. Ok.

Invité 1 Bon, écoutez. J'espère que, du coup, vous aurez la chance de pouvoir peser même vos barres de céréales d'ici quelques semaines. Je voulais vous dire encore un grand, grand merci d'avoir pris le temps de vous réunir tous les quatre, de nous ouvrir un petit peu les portes de l'univers du raid. S'il y a des gens qui sont intéressés, parce qu'on a d'ailleurs, j'ai regardé tout à l'heure, on a pas mal d'auditeurs et d'auditrices autour de Aix. Donc, s'il y a des gens qui sont intéressés pour prendre contact avec vous, pourquoi pas intégrer le Triathlex, comment ça se passe ? C'est quoi le plus simple ?

Invité 2 Sur les réseaux sociaux, on a une page sur Facebook et sur Instagram, ils peuvent suivre nos entraînements et on serait hyper content de faire partager à d'autres personnes notre préparation. Et puis après, les entraînements au sein du Triathlex l'an prochain. Donc, c'est Arnaud qui organise ça. Et également, en octobre prochain, le raid TAR, qui est organisé par le Triathlex et Arnaud en particulier, qui aura lieu en octobre 2021, vous pouvez nous retrouver sur cet événement.

Invité 1 Le raid TAR, tu as dit ?

Invité 2 T-A-R, oui.

Invité 1 Donc, il y a lieu à Aix ?

Invité 2 Oui, dans la seconde victoire.

Invité 1 Ah, cool, excellent. Et donc, vous nagez où du coup ? Si, il y a une partinage. Ah non, on ne peut pas dire.

Triathl'Aix C'est ça, le raid, on met ce qu'on veut. On veut mettre du roller, on veut mettre de la pagaie chinoise.

Invité 2 Bienvenue. C'est spavé, là.

Invité 1 Oui, pardon, pardon, pardon. Alors, je te recommande, pagaie groenlandaise. C'est très chouette et c'est beaucoup plus facile pour faire les rôles. Bon, petite parenthèse. Cool. Bah écoutez, super. Je mettrai tous les liens pour que les gens puissent venir se renseigner, pourquoi pas carrément vous rejoindre. Et en tout cas, vous suivre. Et encore une fois, un grand merci à vous. Je croise les doigts pour l'épreuve et je vous dis tout le meilleur pour la suite. Merci.

Invité 2 Super.

Invité 1 Merci de nous avoir podcastés.

Invité 2 Merci beaucoup. Merci.

Invité 1 Avec plaisir. Merci. Merci. Merci.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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