Béatrice Comment avez-vous fait face à des choses un peu complexes ? Et j'ai fait face parfois à des choses un petit peu complexes où il a bien fallu que je m'adapte. J'ai pris conscience qu'on avait beaucoup plus de ressources que ce qu'on pouvait imaginer en nous sans le savoir. Et que quand on était face à l'adversité et au fait de ne pas avoir d'autre choix que de trouver une solution, on en trouvait toujours une.
Invité 1 Et bien c'est parti alors. Salut Béatrice, bienvenue sur le podcast.
Béatrice Merci Loïc, bonjour à toi.
Invité 1 Un grand grand merci pour ta flexibilité et surtout pour ta disponibilité puisque pour la petite histoire, il est si je ne me trompe pas 5h45 chez toi en Nouvelle-Zélande.
Béatrice Oui tout à fait, le soleil n'est pas encore levé en plus puisque c'est l'automne ici donc c'est la nuit noire.
Invité 1 Ah oui, j'y avais même pas pensé. Ah oui, effectivement, l'autre hémisphère. Et bien écoute, merci beaucoup, quelle détermination tout ça pour un podcast sur les frappés, c'est super sympa en tout cas. Nous consacrer un peu de ton temps pour nous partager ton parcours et je te propose peut-être de commencer par ça, nous expliquer ce que tu fais et comment tu en es arrivé là.
Béatrice Ben oui, avec plaisir. Donc je m'appelle Béatrice, j'ai 32 ans, je suis belge et comme tu l'as bien précisé, actuellement en Nouvelle-Zélande depuis bientôt un an et demi. Alors, ça fait plus ou moins 5 ans que j'ai un peu quitté une vie métro-boulot-dodo, on va dire, par étape. Donc auparavant, j'étais en CDI à Paris dans une galerie d'art pendant 5 ans. Et puis il y a eu un jour où, pour des tas de raisons différentes, j'ai décidé de quitter ce poste, ce job, de quitter Paris, de rentrer chez moi. Et j'avais une petite idée en tête qui a commencé à germer et à devenir tellement importante que c'était impossible de l'ignorer. Et celle-là, c'était de partir marcher jusqu'à Compostelle, au départ de mon petit village au centre de la Belgique. Et c'est un peu comme ça que tout a commencé, puisque je suis partie marcher pendant, au final, 4 mois, parce que j'ai l'art de ne pas vouloir prendre des lignes droites. Et donc j'ai fait quelques détours aussi sur la route. Donc j'ai marché environ 3000 kilomètres à travers la Belgique, la France et l'Espagne. Et c'était vraiment une expérience incroyable. J'ai encore, je pense, des étoiles dans les yeux aujourd'hui quand j'y pense, parce que c'était vraiment incroyable, autant au point de vue des paysages que j'ai pu voir, des personnes que j'ai pu rencontrer, et puis moi, de ce que j'ai pu découvrir de moi-même. Et l'expérience de la marche longue distance est vraiment quelque chose qui m'a plu, mais qui a révélé aussi quelque chose en moi. Il y a quelque chose de, ça va au-delà de simplement la randonnée. C'est vraiment une expérience totalement différente, tant dans le point de vue de l'espace et du temps. Parce qu'on a vraiment le temps de se rendre compte que la marche, c'est un moyen de transport lent et on redécouvre un peu tout. Donc voilà, ça, c'est un peu chamboulé, on va dire, ma vie. Parce que quand je suis rentrée, j'ai eu beaucoup de mal à reprendre un mode de vie normal, on va dire, même si je n'aime pas trop ce mot. Mais donc, en tout cas, retourner dans un boulot 9-17 du lundi au vendredi sans bouger, c'était un petit peu difficile. Et donc, de là, ça s'est un peu enchaîné. En fait, j'ai recommencé à travailler parce que j'en avais le besoin, tout simplement. Et puis, je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas. Et donc, je suis repartie une première fois, puis je suis revenue, puis je suis repartie. Et puis, je pense qu'aujourd'hui, j'ai accepté le fait que c'était peut-être devenu ma vie, en tout cas mon mode de vie, de partir comme ça marchait. Et donc, actuellement, j'essaye un peu de réfléchir justement à comment maintenir ça sur le long terme et à essayer d'en faire un projet un peu plus concret. Puisque là, pour le moment, c'est simplement des expériences qui se juxtaposent les unes après les autres. Sans qu'il y ait vraiment un objectif en soi. Mais il faut bien se rendre compte qu'au final, ça fait quelques années que je marche. Et que donc, c'est sans doute devenu mon activité principale.
Invité 1 Excellent. Et petite question, qu'est-ce qui fait que ça a été Saint-Jacques-de-Compostelle, la première longue itinérance ?
Béatrice Alors ça, c'est une bonne question. Figure-toi que ça fait plusieurs fois que j'essaye de me rappeler comment m'est venue cette idée. Et en fait, je n'arrive pas à trouver l'origine. Je te dis, c'est vraiment une petite graine qui s'est plantée un jour en moi. Sans doute que j'ai dû lire quelque chose à ce propos ou rencontrer quelqu'un qui l'avait fait et qui m'en avait parlé. Mais je ne me rappelle plus exactement d'où c'est venu. Simplement, c'est une idée qui a vraiment grandi de plus en plus. Et en fait, à un moment, ça devenait... Alors, je ne vais pas dire obsessionnel parce qu'il y a un aspect négatif si je dis ça. Mais vraiment, j'y pensais tout le temps et je me disais, non, il faut que je le fasse, il faut que je le fasse. Je commençais à me renseigner. Ce qui est intéressant avec Compostelle, c'est qu'en fait, il n'y a pas un seul sentier. C'est vraiment une espèce de toile d'araignée qui se tisse à travers l'Europe. Et j'aimais bien cette idée de partir de chez moi. Et donc, j'ai commencé un peu à regarder les différentes possibilités. Il y a quatre grands itinéraires en France. Lequel je vais choisir ? Comment le rejoindre ? En Espagne, par où je vais passer ? Est-ce qu'il y a des lieux particuliers que j'ai envie de visiter ? Et donc, à force de me renseigner, c'est devenu tellement concret, en fait, que je me suis dit, en fait, maintenant, il faut juste que je le réalise. Et voilà. Et c'était une bonne première expérience parce que, d'un point de vue, on va dire, logistique, c'est très facile. C'est-à-dire que c'est des chemins balisés avec énormément de possibilités de logement sur la route. On ne doit pas trop se soucier du ravitaillement. C'est pas compliqué d'un point de vue technique. On rencontre plein de gens. Donc, c'est assez évident à mettre en œuvre. Et oui, je ne sais pas quoi te dire plus que simplement, c'était une évidence.
Invité 1 Je te posais la question parce qu'au moment où ton épisode, maintenant que ton épisode est disponible, ça fait déjà, du coup, quelques semaines qu'on a l'épisode de Jeanne, Jeanne Faulkneau qui est sortie et qui, elle aussi, est une marcheuse au long cours et qui a, elle aussi, commencé par Saint-Jacques-de-Compostelle et qui nous expliquait que, en fait, exactement ce que tu viens de nous dire, que logistiquement, c'est assez peu contraignant. Il y a pas mal de similitudes entre ce que tu as décrit et ce qu'elle nous a partagé, notamment sur le fait qu'elle a fait de longs détours. Je crois qu'elle a fini par faire, je crois que ses détours étaient en Espagne essentiellement, quelque chose comme 2400 kilomètres. et elle parlait aussi de la réappropriation du temps, des choses que tu as mentionnées. Donc, c'est vachement intéressant de voir que, j'ai l'impression qu'en tout cas, pour vous deux, ça a été la porte d'entrée dans l'univers de l'itinérance et de la marche au long cours.
Béatrice C'est super d'entendre ça. Écoute, j'irai écouter l'épisode, ça m'intéresse. En plus, il me semble que oui, je vois un peu qui c'est de loin et ce sera intéressant d'entendre son vécu par rapport à ça et son expérience. Mais oui, je pense que c'est des choses assez flagrantes pour toutes les personnes qui marchent justement sur des longues distances. Il y a un peu toujours ces mêmes thématiques qui ressortent. Mais donc, très intéressant. Merci. Oui.
Invité 1 Peut-être sur la partie, avant qu'on parle de la marche et de ce que tu fais actuellement en Nouvelle-Zélande, sur la partie changement justement, puisque tu disais que tu étais dans un environnement où tu avais un emploi entre guillemets classique. Comment est-ce que tu as accepté le fait que ça ne te correspondait plus et comment est-ce que tu as osé franchir le pas et changer un peu ta vie ?
Béatrice Alors, ça n'a pas du tout été du jour au lendemain. OK. Donc, ça faisait cinq ans que j'étais dans le même poste, qui me plaisait beaucoup d'ailleurs. Et bon, simplement, voilà, travailler cinq ans dans une petite structure, à partir du moment où on commence à avoir fait le tour, à avoir d'autres aspirations, à vouloir continuer à découvrir et à apprendre. Donc, j'ai d'abord, j'avais simplement l'idée de changer de job au début. Et donc, j'ai commencé à chercher, mais j'avais une idée très spécifique de ce que je voulais. Et alors, est-ce une chance, une malchance ? Ça a peut-être été une opportunité, mais je n'ai pas trouvé ce que je voulais. Ça ne marchait pas. Là où je postulais, je n'avais pas de réponse. Et puis, je travaillais dans le domaine de l'art et de la culture. Donc, ce n'est pas un domaine où il y a énormément non plus de possibilités. Et donc, quand cette idée de Compostelle est venue, bon, déjà, ça a pris du temps, puisque je t'ai dit, c'est une petite idée qui a germé et qui, à un moment, est devenue très importante. Et donc, je l'ai concrétisé. Mais donc, à ce moment-là, j'ai prévenu mon employeur que j'allais partir. Et on s'est mis d'accord pour faire une rupture à la mièvre, une rupture conventionnelle. Et du coup, il y a eu plusieurs mois entre le moment où je lui ai annoncé et le moment où je partais, parce que je ne voulais pas justement partir du jour au lendemain. Je voulais que ça se passe bien. Donc, ça, déjà, c'est une première chose. Ça a pris du temps. Et puis, à la base, je pensais revenir après ces trois, quatre mois et simplement retrouver un job et continuer ma vie. Et d'ailleurs, c'est ce qui s'est passé dans un premier temps. Je suis rentrée à Bruxelles et je me disais, bon, OK, ça va bien se passer. Et puis, entre-temps, j'ai postulé pour un PVT au Canada, donc un permis vacances-travail qui est ce visa d'une année pour les Belges. Les Français ont deux ans, mais pour les Belges, c'est une année où on peut se rendre au Canada et on a la possibilité de travailler. C'est un visa pour le Canada qui est sur tirage au sort, puisqu'il y a un quota. Donc, il y a un certain nombre de visas qui sont délivrés chaque année. Et comme il y a plus de candidats que de visas, il y a un tirage au sort. Et en fait, j'ai reçu la réponse. Alors, pour pas que je me trompe chronologiquement, mais je pense en fait que j'avais postulé... Ah non, attends, excuse-moi. On est réfléchissant, on te le racontant maintenant. En fait, c'est pendant que je cherchais un autre job, que j'avais postulé pour ce PVT à Canada en me disant, si ça marche pas, je partirai. Puis, j'avais pas eu de réponse. Quand j'ai décidé de partir faire Compostelle, j'ai reçu la réponse une semaine avant de partir, en fait.
Loïc Ah oui.
Béatrice Et l'avantage, c'est qu'une fois que tu reçois la réponse, en fait, tu as encore une année pour décider de partir. Et donc, à ce moment-là, je me suis dit, je vais pas y penser. J'ai un projet en cours. On va d'abord concrétiser ça et profiter de ces quatre mois. Et donc, en fait, quand je suis rentrée, je me suis dit, bon, mais parfait. J'ai pas tellement envie de retourner dans un boulot normal. Eh bien, je vais partir au Canada puisque j'en ai la possibilité. Donc là, c'est la première fois où... Mais de nouveau, c'était pas dans un objectif de long terme. Donc, à chaque fois, c'est des choses qui se sont passées où je me suis dit, oui, c'est quelques mois. Donc, je suis partie au Canada. Au Canada, j'ai énormément randonnées à droite à gauche. Je suis vraiment passée de l'Ouest à l'Est, Colombie-Britannique, Yukon, Québec. Enfin, voilà, je me suis fait plaisir. Et là, cette fois-ci, je suis rentrée à Bruxelles et je me suis dit, non, mais bon, allez, maintenant, c'est fini. Il faut passer aux choses sérieuses. Il y a toujours un peu cette... On a cette image de la société qui veut qu'on soit dans une case, qu'on fasse les choses dans l'ordre. On fait des études, on trouve un boulot. C'est un CDI, on s'installe. Enfin, voilà. Donc, je pense que j'ai mis du temps à un peu déconstruire ça et à me dire que ce n'était pas le seul chemin possible. Donc, je suis rentrée à Bruxelles en me disant, cette fois-ci, c'est la bonne, je m'installe. J'ai complètement changé de domaine de boulot. Et en fait, je n'ai pas du tout trouvé quelque chose qui m'épanouissait. Donc, j'ai travaillé six mois dans une première boîte. Et puis, j'ai trouvé un contrat d'un an dans une autre... Là, c'était une association. Donc, je passais du côté... De l'autre côté de la barrière, on va dire. Et ça ne me plaisait pas. Au fur et à mesure où les jours passaient, je me disais, non, mais ce n'est vraiment pas ça. Il n'y a plus rien qui m'inspire. Je pensais qu'à une seule chose, à chaque fois que j'avais des vacances, je partais marcher. Et j'avais toujours cette idée en tête de la Nouvelle-Zélande, puisque c'est aussi un pays où il y a un PVT. Et surtout, j'avais entendu parler de... Quelques années auparavant, quand j'étais... Je pense que c'était au Canada la première fois que j'ai découvert ça. J'avais entendu parler du Teheraroa, qui est donc la raison pour laquelle je suis venue en Nouvelle-Zélande. Voilà, le fameux. Et en fait, je digresse un peu, je me rends compte. On reviendra sur le Teheraroa après, mais pour répondre à ta question, je pense que c'est vraiment ici, en Nouvelle-Zélande, avec... Un peu tout ce que j'ai mis en place et tout ce que j'ai vécu aussi, que je me suis rendu compte et que j'ai fini par accepter, que, en fait, je n'avais pas besoin de rentrer dans les caisses. Et si un boulot, on va dire, « normal », entre guillemets, ne me convenait pas, ce n'était pas grave. Et je pouvais, moi, trouver la façon qui me convenait de vivre et de gagner de ma vie. Et ce n'est évidemment pas simple. Je te disais, je pense avant qu'on commence l'enregistrement, que j'essaye pour le moment de réfléchir à comment faire en sorte que ça marche sur le long terme. Mais c'est ici, vraiment, il y a, je ne sais pas, j'ai vraiment eu un coup de cœur pour la Nouvelle-Zélande. Il y a une ambiance, quelque chose qui se passe, qui me fait dire que, bah oui, en fait, j'ai le droit de vivre les choses différemment et de créer des projets qui, justement, m'épanouissent, me rendent heureuse. Et ce n'est pas grave si ça ne correspond pas à l'image que la société a d'un trentenaire qui devrait être bien installé dans sa vie. Donc voilà, mais ce n'est vraiment pas quelque chose qui s'est passé du jour au lendemain. C'est par petites touches. J'avais, je te dis toujours, cet objectif de revenir dans la vraie vie. Et enfin, en le disant, je me rends compte à quel point c'est un peu idiot. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de vraie vie, de fausse vie. Il n'y a pas quelque chose qui... Mais on est tellement, oui, façonné dans un certain modèle de société, surtout par rapport au travail. Donc voilà, c'est encore quelque chose qui est en construction. D'ailleurs, je pense que ça se sent dans ma réflexion qui n'est pas forcément linéaire, qui part dans tous les sens. Mais oui, c'est important, je pense, de se dire que ce n'est pas forcément du jour au lendemain. Il y a des gens pour qui ça marche, des gens pour qui c'est vraiment une fracture immédiate. Et pour moi, ce n'est pas du tout ça. C'est vraiment un cheminement. Et c'est peut-être pour ça que la marche me convient bien et surtout la marche au long cours. parce que c'est une comparaison assez banale finalement. Mais j'ai vraiment l'impression que c'est ça. C'est un chemin. Il y a des hauts et des bas. Il y a des moments où on se perd, on ne sait plus trop. Et puis, il y a des moments où ça va super bien. Et on avance et tout paraît évident. Et donc, oui, ça prend du temps. Mais au final, ça se construit petit à petit. Et ce n'est pas forcément la destination qui importe le plus. C'est aussi la façon d'y arriver.
Invité 1 C'est un beau message, ça. C'est un beau message. En tout cas, c'est super. C'est à la fois énergisant, rafraîchissant et surtout très inspirant de voir cette notion d'acceptation que tu as évoquée plusieurs fois. Et c'est vrai que pour en avoir discuté avec quelques invités, des amis autour de moi, avoir moi-même des réflexions sur l'épanouissement au travail, qu'est-ce que ça veut dire, la notion même de travail dans la société, c'est juste génial de voir que toi, petit à petit, petit pas par petit pas, tu as appris à t'écouter et à accepter le fait que les cases classiques, pour toi en tout cas, ça ne correspond pas nécessairement. Et que tu vis ta vie, je n'aime pas trop dire différemment, parce que tu vis une vie qui est la tienne, qui n'est pas une vie qu'on essaie de nous faire voir comme étant la voie classique ou la voie royale par rapport aux études que tu as faits, ta famille, ton pays, etc. Donc, c'est super inspirant. En tout cas, moi, ça me donne envie d'en savoir plus sur comment tu t'organises aujourd'hui. C'est-à-dire que tu as évoqué quelques projets, le fait de pérenniser ton activité autour de la marche. Donc, à quoi est-ce que ça ressemble aujourd'hui, quelques années après t'être lancée sur le chemin vers ta nouvelle vie ?
Béatrice Aujourd'hui, ce n'est pas du tout encore je finance mes marches grâce à une activité qui est liée directement à la marche. Actuellement, c'est plutôt je fais des jobs saisonniers. J'épargne un maximum pendant deux, trois mois, pendant lesquels je réfléchis aussi à un projet que j'ai envie de mettre en place. Et puis après, une fois que la saison est terminée ou une fois que le moment est venu, je pars. Et puis, les sous que j'ai pu mettre de côté, je les utilise à la concrétisation de ces projets. Alors, je dis ça, mais c'est très récent puisque je te disais que vraiment le moment où j'ai commencé à accepter l'idée que je voulais rester sur le long terme dans ces projets de marche depuis la Nouvelle-Zélande. Et donc, ce n'est que depuis, on va dire, un an et demi que ça... Mais on va dire qu'actuellement, c'est tout à fait le cas pour le moment. Donc, je suis venue en Nouvelle-Zélande pour faire le Thierry-Rawatt. Je n'étais pas censée rester en Nouvelle-Zélande, mais il y a une toute petite pandémie mondiale qui a un peu chamboulé les plans de tout le monde. Alors, je ne vais pas me plaindre parce qu'en ce qui me concerne, c'est plutôt une bonne nouvelle puisque en Nouvelle-Zélande, on est assez épargné. Donc, avoir la possibilité de rester ici, c'est génial. Mais je ne vais pas m'étendre là-dessus parce que ce serait un petit peu... Comment dire ? Pas sympa de ne pas penser à mes compatriotes et amis en Europe qui ont bien du mal. Donc, voilà, je pense à vous et je suis de tout cœur avec vous. Mais effectivement, pour moi, donc après le Thierry-Rawatt, et sachant que j'allais rester ici, je me suis dit, bon, il faut que j'en profite. Et donc, j'ai décidé de refaire des projets ici de randonnée. Et donc, c'est exactement comme ça que j'ai pu le faire. Donc, j'ai commencé à travailler. C'était à la fin du printemps pour nous, donc en octobre. J'ai trouvé un job de saisonnier dans un vignoble. Donc, tout ce qu'il y a plus banal quand on voyage en Nouvelle-Zélande ou en Australie, d'ailleurs. Et donc, je me suis dit, bon, ben voilà, maintenant, je travaille trois mois à fond. Je mets un maximum d'argent de côté. Et en février, en été, je repars. Et donc, actuellement, c'est ça. Et donc, je ne sais pas si je pourrais faire la même chose en Europe. On en revient un peu à la notion qu'on a du travail et peut-être aux barrières qu'on se met. Mais c'est sûr que ça me paraît beaucoup plus simple ici de faire des petits jobs saisonniers et de partir que si je rentre, que ce soit en Belgique, en France ou en Europe en général. j'ai plus de mal à m'imaginer parcourir les régions pour trouver des jobs saisonniers, travailler trois mois et partir. Alors, pourquoi ? Et je suis en train d'essayer de déconstruire ça. Mais c'est vrai que j'ai l'impression qu'on a plus d'attentes vis-à-vis de moi quand je suis proche de chez moi pour avoir de nouveau un vrai boulot, mais avec des gros guillemets. Parce que je pense qu'au contraire, je me sens plus utile maintenant que je travaille dans le domaine, on va dire, de l'agriculture au sens large. Parce qu'au moins, j'ai l'impression que ce que je fais, ça apporte... Concrètement, là, je suis en train de cueillir du raisin. Et concrètement, dans quelques années, ce sera une bonne bouteille de vin et plein de gens pourront en profiter. Finalement, ça a aussi plus de sens que les derniers boulots que je faisais à Bruxelles où j'étais derrière un ordinateur à faire des tableaux Excel. Au final, le sens, je le trouve beaucoup plus dans quelque chose de concret que je fais avec mes mains. Mais de nouveau, je digresse. Donc voilà, actuellement...
Invité 1 Non, mais c'est intéressant parce que... Pardon, je rebondis sur ce que tu dis. C'est vrai que tu vois aussi tout de suite le résultat de ton travail. Tu vois, quand j'étais en Nouvelle-Zélande, moi, typiquement, je travaillais sur une ferme laitière. Et je trouve que la satisfaction du travail accompli, elle est immédiate, en fait. Parce qu'en fait, tout ce que tu fais, l'énergie que tu déploies dans ton travail quand il est manuel sur le terrain, ça se voit tout de suite, tu vois. Donc, je suis assez d'accord avec ce que tu dis sur le sens et le fait que, quelque part, l'énergie que tu investis va finalement bénéficier à quelqu'un que ce soit à travers une bouteille de vin, de lait, un fromage.
Béatrice Oui, tout à fait.
Invité 1 Mais je me reconnais assez dans ce que tu dis.
Béatrice Oui, et puis, c'est marrant, je rebondis juste là-dessus. Mais il y a aussi, de nouveau, cette réappropriation du temps. Parce qu'en travaillant sur le vignoble, j'ai vraiment commencé la saison je te dis, au début du printemps, donc il n'y avait rien, c'était à peine, ça commençait à repousser. Et puis là, maintenant, c'est la fin de l'été, c'est les vents d'oranges. Et donc, j'ai vu aussi toute l'évolution de rien du tout, les vignes commencent à pousser, puis il y a la floraison, puis il y a les raisins qui poussent, etc. Et c'est exactement le même sentiment que quand je marche au long cours et que tu marches pour plusieurs mois au travers des saisons, tu redécouvres vraiment les saisons, des choses très simples qui sont vraiment à l'origine de tout, mais dont tu n'as plus du tout conscience quand tu vis en ville, parce que c'est éclairé 24 heures sur 24, que tu te lèves tous les jours à la même heure, etc. Quand je pars randonner ou quand je travaille dehors, l'heure du lever du soleil a son importance. Clairement, je me lève, je randonne beaucoup plus tôt en été, et je fais des beaucoup plus longues journées en été qu'en hiver, tout simplement parce que quand il fait noir à 16 heures, tu n'as pas envie de marcher encore avec une lampe torche pendant 3 heures. Donc, c'est marrant aussi. Il y a un peu un lien. Je me retrouve, c'est presque une continuité de mes randonnées, de travailler dans des choses qui sont liées au sol et à la nature. Donc, ça me convient bien.
Invité 1 Super. Super. Alors justement, parlant de randonnées, tu as évoqué plusieurs fois un sentier qui, moi, me parle beaucoup, le Teheraroa. Mais est-ce que tu pourrais peut-être nous expliquer, nous décrire ses principales caractéristiques pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas ?
Béatrice Avec grand plaisir. Alors, le Teheraroa, c'est un sentier longue distance en Nouvelle-Zélande. Le nom est en fait en Maori, qui est donc la langue des habitants autochtones de la Nouvelle-Zélande. Et ça signifie le long chemin. C'est un sentier qui fait environ 3000 kilomètres, qui traverse la Nouvelle-Zélande, les deux îles de la Nouvelle-Zélande, du nord au sud, donc de la pointe nord du pays qui est le Cape Reinga, à l'extrême sud, le village de Bluff. C'est un sentier qui est intéressant parce qu'il parcourt vraiment des paysages et des terrains très, très différents. Au nord, le point de départ, c'est sur la plage et on commence par environ une centaine de kilomètres sur la plage. Ensuite, ça traverse des forêts pluviales, enfin très denses, très vertes, très boueuses aussi. Ça passe sur l'île sud par des montagnes avec le point culminant et à 1920 mètres, je pense. À travers aussi des terrains volcaniques puisque la Nouvelle-Zélande est connue aussi pour ces volcans et donc ça passe par plusieurs parcs nationaux où il y a des volcans. Donc c'est très varié. Ça passe aussi par pas mal de villes entre autres dans l'île nord qui est la plus peuplée des deux. Et c'est un sentier qui, entre guillemets, est assez jeune dans le sens où, officiellement, il n'existe en tant que tel que depuis 2011. Donc ça fait dix ans. C'est très jeune. On le compare parfois à ses, on va dire, grandes sœurs américaines que sont le Pacific Crest Trail, la Palais de Chantel Trail et le Continental Divide Trail. mais la grande différence étant qu'il est toujours en train de se construire. Donc l'itinéraire n'est pas fixe. Il change encore un peu d'année en année, alors pas beaucoup. C'est la même ligne. Mais ce qui se passe, c'est qu'en Nouvelle-Zélande, il y a beaucoup de terrains privés encore qui sont souvent des fermes. Donc il faut avoir des accords avec les propriétaires. Il y a aussi, parfois, l'itinéraire change à cause de problèmes, on va dire, naturels. C'est-à-dire qu'il y a une maladie qui touche des arbres en Nouvelle-Zélande qui s'appelle Kaori Daibak, qui touche des arbres natifs que sont les Kaori et qui, comme c'est une petite bactérie qui est transportée, si les gens marchent dans la forêt où cette maladie est présente, en fait, ils vont la transmettre, la disperser puisqu'ils vont emporter avec eux sur leurs chaussures ou sur leurs vêtements cette petite bactérie et puis l'amener dans d'autres forêts. Et donc, actuellement, le chemin change souvent dans ces parties-là qui sont dans le nord de l'île du Nord parce qu'ils essayent de contenir cette maladie et donc, pour éviter qu'elle se propage, certaines forêts sont fermées au public hors le sentier passait auparavant par ces forêts. D'accord. Et donc, il y a des choses qui sont encore en train de se mettre en place. Il y a certaines parties du chemin où c'est encore de la route, il faut marcher le long de grandes routes, ce qui n'est pas le plus agréable. Mais d'un autre côté, c'est aussi magnifique parce qu'étant donné que c'est un sentier très jeune, les Néo-Zélandais commencent à s'y intéresser beaucoup et donc ont envie de le partager, de le faire connaître. donc, il y a des gens qui, beaucoup de volontaires, de bénévoles qui s'occupent de maintenance, maintenant, j'ai des mots qui me viennent en anglais et pas en français. Maintenir. Oui, comment on dit, mais la maintenance du sentier, ça se dit en français ? Oui,
Invité 1 l'entretien.
Béatrice L'entretien, merci, c'était le mot que je cherchais. Donc, oui, de l'entretien du sentier, etc. et ça fait que la communauté qui se construit autour de ce sentier aussi est très active et très dynamique et donc, voilà, donc ça permet de découvrir la Nouvelle-Zélande de long, enfin, de long, pas en large, mais de long en long, on va dire et de rencontrer plein de gens. C'est une expérience super intéressante puisque justement, ça varie beaucoup en fonction de l'endroit où on se trouve. l'île nord étant beaucoup plus peuplée, on passe par beaucoup plus de villes donc on rencontre beaucoup plus de personnes et entre autres des locaux. Là où l'île sud est plus sauvage, on est plus souvent en montagne ou dans des endroits reculés, on passe moins par des villes donc il faut aussi porter plus de nourriture et on est plus dans la montagne et le challenge physique. Voilà, mais donc, c'est vraiment un sentier exceptionnel que je recommande à toute personne qui aime la marche et qui voudrait découvrir la Nouvelle-Zélande.
Invité 1 Waouh ! Oui, ça m'a fait me remémorer des petites randos que j'avais faits dans l'île du Nord par rapport à ce que tu décrivais, cette maladie dont je n'ai plus l'en tête mais qui touche les caoris et je me rappelle qu'il y avait des sections entières de petits parcs nationaux qui étaient équipés de passerelles, c'est-à-dire qu'en fait, on ne marchait jamais sur le sol de la forêt. Oui, tout à fait. Alors, je crois que c'était aussi en partie parce que les caoris de mémoire ont les radicelles qui remontent vraiment à ras du sol et donc, ça les endommagerait mais c'est intéressant de... Enfin, c'est intéressant, c'est un peu malheureux de voir qu'ils sont toujours en train de se battre avec cette maladie qui touche les caoris qui sont de très, très beaux arbres d'ailleurs pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est un petit peu les baobabs de la Nouvelle-Zélande, non ? Comment tu décrirais ça ? Énorme, très gros tron, peu de feuillage ?
Béatrice Tout à fait et très, très haut surtout. Alors, c'est moins massif que des baobabs mais c'est très haut, très, très grand et en fait, c'est... J'ai plus le mot en tête comment on dit quand c'est typique d'un pays endémique. Merci, endémique. C'est une espèce endémique de Nouvelle-Zélande donc on ne les trouve qu'ici. Donc en fait, s'ils disparaissent ici, ils disparaissent de la surface de la Terre. Et oui, c'est très beau de se balader dans ces forêts de Kauri. Il y en a encore certaines qui sont accessibles, heureusement, entre autres grâce à ces passerelles que tu décrivais. Et on se sent tout petit dans ces forêts parce que les troncs sont si grands et les feuilles ne commencent à pousser que très, très haut et donc c'est hyper impressionnant. On regarde vers le ciel, on voit que ces énormes troncs avec... Enfin oui, c'est très impressionnant. c'est presque des cathédrales qui s'élèvent en forêt. Donc oui, il faut faire tout ce qu'on peut pour les sauver et donc respecter ces interdictions. Malheureusement, on espère qu'un jour on viendra à bout de cette maladie. Clairement.
Invité 1 Clairement. Et alors, si on en revient au sentier, là tu nous as bien fait rêver, comment est-ce que ça se passe d'un point de vue logistique ? C'est-à-dire, est-ce que tu as l'obligation de dormir en refuge comme sur certains grands itinéraires ? Tu vois, je pense au GR20 où tu as... En tout cas, oui, théoriquement, enfin c'est pas théoriquement, c'est que tu n'as pas le droit de dormir ailleurs qu'à proximité immédiate des refuges. C'est la même chose sur le Terra Roy, ça dépend des sections, comment est-ce qu'ils ont organisé ça ?
Béatrice Oui, alors ça dépend tout à fait des sections parce que, bon, c'est un itinéraire qui s'étend sur 3000 kilomètres, donc forcément, c'est pas partout pareil. Donc, dans... Alors, en Nouvelle-Zélande, il y a différents types de terrains, on va dire. Il y a ce qu'on appelle du conservation land qui est public, donc qui en fait appartient à l'État et sur lequel, en règle générale, on peut camper où on veut en respectant évidemment les règles de base. Et ça, c'est principalement tout ce qui est parcs nationaux, parcs régionaux et donc surtout dans l'île sud, par exemple, dans les montagnes, généralement, on peut camper où on veut. Donc ça, c'est super, tu prends ta tente, tu trouves un chouette spot près d'une rivière ou d'un lac avec une vue de fou et tu te fais plaisir. Après, il y a aussi beaucoup de private land, donc c'est des propriétés privées, mais qui parfois, ça peut être énorme, donc des grandes étendues de prairies ou de forêts qui en fait sont privées et c'est quelque chose je pense d'assez spécifique à la Nouvelle-Zélande, c'est lié à son histoire, mais... Et donc dans ces cas-là, on ne peut évidemment pas camper où on veut et en fonction de où ces propriétés se situent, soit on va devoir trouver un camping, soit on va devoir simplement aller jusqu'en ville parce qu'il n'y aura pas d'autres possibilités et aller en auberge de jeunesse ou de nouveau en camping, ou alors il y a parfois des refuges également, mais donc ça, c'est peut-être la seule, c'est la chose à laquelle il faut penser au préalable, c'est-à-dire que quand on se lance dans une section, si c'est une section où on peut camper n'importe où, bon, finalement, pas besoin de préparer ça tellement à l'avance, mais si on ne peut pas, il faut repérer au préalable, tiens, où est-ce que je peux dormir, ça veut dire des journées de combien de kilomètres, est-ce que je préfère faire 45 ou deux fois 20, parce que parfois on n'a pas le choix entre une toute petite journée ou une très longue journée et donc, ça demande un peu plus de préparation, mais l'avantage, c'est que comme c'est un grand sentier avec des reveneurs qui viennent de partout pour le faire, les ressources disponibles sont assez grandes et très facilement accessibles, bon, déjà, il y a un site internet, mais il y a aussi plein de communautés, donc avec les réseaux sociaux, des groupes Facebook où les gens échangent leurs bons plans, leurs suggestions, leurs conseils, et il existe des notes officielles qui justement répertorient tous les hébergements possibles en fonction de ce que vous préparez, camper, dormir en dur, dormir chez l'habitant, parce que justement, il y a aussi ce principe qui est très commun, très populaire aux Etats-Unis pour les sentiers que j'évoquais tout à l'heure, qui est ce système de trail angels, donc ange du sentier, littéralement, qui sont des personnes qui sont également randonneurs ou pas, qui ont marché sur ces sentiers ou pas, mais qui ont envie d'apporter leur aide et qu'ils le font de manière gratuite généralement, et c'est simplement, ça peut aller de, tiens, le sentier passe devant chez moi, je vous offre le café quand vous passez, ou j'ai une chambre d'amis, venez dormir, prenez une douche, lavez votre linge, on vous préparera le repas, enfin voilà, donc, et ça, c'est bon, en Nouvelle-Zélande, c'est encore, comme je disais, c'est un sentier jeune, donc ça se développe encore, mais les kiwis, comme on les appelle, donc les locaux, les néo-zélandais, sont ravis de pouvoir accueillir chez eux des randonneurs, de pouvoir discuter de leur pays, de pouvoir éventuellement donner des conseils parce qu'eux-mêmes ont fait le sentier ou parce qu'ils connaissent très bien la région, et ça, c'est principalement dans l'île du Nord puisqu'elle est davantage peuplée et on passe davantage par des villes et des villages, que ça donne lieu à des rencontres géniales où deux heures avant, tu n'avais pas connaissance de cette personne et le lendemain, tu ressors de là avec plein d'histoires, des anecdotes, tu as bu une bonne bouteille de vin et tu as mangé un bon repas avec eux, ils te laissent leur numéro en me disant si tu as besoin de quoi que ce soit, tu nous appelles, enfin voilà, c'est génial et ça fait partie aussi de cette aventure de marcher au long cours je pense parce que quand tu pars un week-end ou une semaine, tu n'as pas forcément le besoin ni l'envie d'ailleurs d'aller comme ça chez des inconnus parce que c'est un peu ta petite parenthèse en montagne et tu es d'abord là pour profiter on va dire de la nature, etc. mais quand tu pars sur plusieurs mois et que tu prends une douche une fois par semaine parce que le reste du temps tu es en pleine forêt ou en pleine montagne quand tu es accueilli par des gens qui t'offrent tout alors qu'ils ne te connaissent pas c'est magique et ça fait partie de l'expérience aussi. Pour répondre à ta question logistique ça dépend des endroits mais il y a beaucoup de ressources qui sont disponibles pour organiser ça et ça me permet de dire aussi une chose par rapport à Nouvelle-Zélande qui est assez spécifique il y a en Nouvelle-Zélande un réseau de cabanes non gardées donc les hut en anglais qui est assez formidable et qui je pense est unique au monde ou en tout cas développé de cette manière-là et à cette échelle je pense que je n'ai jamais entendu parler de ça ailleurs donc c'est vraiment plein de vraiment des cabanes des refuges mais qui sont pour la plupart non gardées qui sont en accès libre mais pour lesquelles tu payes tu participes aux frais mais c'est assez raisonnable tu as la possibilité soit de payer par nuit soit d'acheter pour l'année un pass qui te permet d'accéder à plus de je pense que c'est 900 cabanes éparpillées partout en Nouvelle-Zélande oui c'est pour ça que je dis à cette échelle je pense que ça n'existe nulle part ailleurs et donc c'est principalement c'est une cabane en bois certaines sont récentes et donc bien isolées d'autres sont plus vieilles les plus vieilles d'entre elles d'ailleurs ne sont pas en bois mais sont en métal comme des petits hangars de ferme avec quelques matelas généralement un poêle à bois pour se chauffer une table des bancs mais donc tu as cette certitude d'avoir toujours un abri où passer la nuit c'est particulièrement intéressant en hiver ou quand la météo n'est pas au beau fixe et donc c'est partout en Nouvelle-Zélande parfois sur des sentiers très accessibles parfois complètement dans l'arrière-pays sans sentier où si tu veux y accéder tu dois tracer ton propre chemin et être bien préparé pour justement retrouver cette cabane c'est aussi un super moyen de rencontrer d'autres randonneurs ça donne mieux parfois à des soirées très sympathiques où on se raconte des histoires en buvant un thé chaud ou un whisky ça dépend des circonstances mais ça c'est vraiment une des découvertes que j'ai eues en Nouvelle-Zélande qui me fait aimer ce pays pour la randonnée c'est merveilleux parce que à la fois ça donne des possibilités d'avoir un abri mais surtout parfois ça te donne des idées de randonnée simplement parce que tu ouvres la carte et tu te dis il y a une cabane là j'ai jamais été ici j'y allais c'est fou donc ça c'est vraiment quelque chose qui est génial et sur l'île sud le TRRA passe par pas mal d'endroits où il y a des huts justement ces cabanes donc ça c'est super parce que aussi en termes d'organisation tu sais que quoi qu'il arrive tu vas avoir un endroit où passer la nuit il y en a régulièrement donc tu sais que tu peux marcher jusqu'à la suivante et puis j'ai encore de la ressource je vais encore marcher 2-3 heures pour atteindre la cabane d'après ou alors je suis fatigué je m'arrête là donc ce système de huts c'est vraiment super et sur le TRRA ça simplifie aussi beaucoup les choses et puis quand on est dans les montagnes c'est sûr que tu peux aussi simplement camper et là on en parle tout à l'heure c'est l'hôtel aux 10 milliards d'étoiles mais donc voilà ça demande un peu d'organisation mais comme c'est quelque chose d'officiel il y a pas mal de ressources et au final on s'y retrouve assez facilement
Invité 1 super et c'est quoi la plus longue période que tu es passée du coup entre deux huts ou généralement sur le TRRA sans pouvoir te ravitailler
Béatrice alors sur le TRRA la section la plus longue c'était 8 jours pour moi
Invité 1 8 jours ok
Béatrice sachant que dans ces cas là tu prends toujours j'avais en fait 10 jours de nourriture parce que il faut prévoir au cas où il y a un petit problème et que tu dois attendre une journée dans une hut parce que le temps est mauvais sachant qu'en Nouvelle-Zélande la météo est vraiment imprévisible tu peux alors c'est pas le seul pays où c'est le cas mais tu peux vraiment avoir les 4 saisons en une journée ça change très vite d'autant plus quand t'es en montagne parce qu'en général déjà en montagne ça change très vite donc en Nouvelle-Zélande tu dois toujours être préparé à éventuellement faire face à une tempête et devoir attendre une journée dans une hut donc avoir de la nourriture en plus il y a aussi pas mal de traversées de rivières sur les sentiers en Nouvelle-Zélande donc contrairement à l'Europe j'ai l'impression où la plupart des rivières il va y avoir un pont si elle est assez profonde en Nouvelle-Zélande il y a des rivières où tu dois les traverser à pied et ça va du petit guet où tu peux sauter de cailloux en cailloux mais aussi des rivières plus larges plus profondes où parfois t'as de l'eau jusqu'à la taille et tu dois marcher sur 5-6 mètres voire plus pour arriver de l'autre côté et évidemment après des pluies torrentielles tu ne fais pas ça parce que c'est très dangereux donc c'est une des choses qu'il faut qu'il faut connaître en Nouvelle-Zélande et qui parfois t'oblige à attendre justement une journée que le niveau de la rivière baisse après une grosse averse donc toujours avoir un ou deux jours de nourriture en plus donc ouais 10 jours de nourriture c'était un sac assez lourd je dois l'avouer
Invité 1 et du coup tu alors là on rend du très spécifique mais pour pour tout te dire je suis en train de préparer une traversée de la Suisse et jusqu'à présent j'emportais généralement tu vois quand je partais quand j'ai fait le GR20 ou mon trip sur le cercle polaire ou au Népal j'emportais du lyophilisé quand je savais qu'il n'y avait pas de possibilité de me ravitailler mais j'aimerais bien changer et emporter des aliments un peu plus un peu plus enfin un peu moins industriels en tout cas donc je me pose je me pose toujours la question quand je vois des gens comme toi qui marchent sur des centaines des milliers de kilomètres qu'est-ce que tu manges exactement surtout sur cette section tu vois de 8, 9, 10 jours qu'est-ce que tu emportes ?
Béatrice alors donc effectivement moi j'emporte très peu de lyophilisé généralement j'ai juste un ou deux lyophilisés dans le fond de mon sac qui sont en cas d'urgence alors qu'est-ce que je mange on va aller dans le très spécifique généralement le matin on est sur de l'avoine c'est pour moi le meilleur rapport poids-énergie que j'ai pu trouver et donc je me fais un porridge en rajoutant des graines des fruits secs des noix et donc simplement en rajoutant de l'eau bouillante en fait et ça ça tient bien au corps et c'est assez nutritionnel alors certes c'est peut-être un peu lourd mais c'est le moins lourd que j'ai trouvé et qui tient aussi bien au corps qui est facile à préparer parce qu'il y a il y a trois aspects importants dans la nourriture que tu prends en trek comme ça il y a évidemment le poids la valeur nutritionnelle et que ça ne te demande pas trop de combustible pour être préparé parce que évidemment tu dois aussi porter soit des petites bouteilles de gaz soit de l'alcool à brûler en fonction du type de réchaud que tu utilises ou alors il y a des gens qui ne mangent pas chaud qui ne prennent pas de réchaud mais ça c'est une autre catégorie je ne fais pas partie de ce type de randonneur pas encore en tout cas mais donc du coup le matin avoine ça c'est le top le soir j'aime beaucoup le couscous moi parce que de nouveau pareil c'est assez léger ça demande juste un peu d'eau bouillante et je trouve que ça tient bien et je le je le pimpe on va dire avec des tas de choses dedans donc je rajoute des légumes déshydratés que je trouve ici parfois dans les supermarchés ou en magasin spécialisé le top du top si si tu as la possibilité évidemment c'est d'avoir chez soi un déshydrateur et de faire ça soi-même bon mais sinon il y a généralement moyen de trouver des légumes déshydratés ou quelque chose dans le genre les épices aussi ça ça te change un repas d'avoir un peu de curry un peu d'ail je sais pas un peu en fonction de ce que t'aimes ou un mélange d'herbes de Provence ou je sais pas ça te change un repas aussi parce que j'ai remarqué que moi je fais partie des personnes qui ont besoin de variété dans leur repas donc je peux pas manger tous les jours la même chose et en même temps je ne peux pas non plus porter 45 types de nourritures différentes donc le secret dans ces cas là c'est les épices tu changes les épices t'as l'impression d'avoir un nouveau repas et donc oui je rajoute aussi par exemple des cacahuètes ou des raisins secs ou des lentilles pour les protéines c'est pas mal donc les lentilles corail c'est celles qui nécessitent le moins de cuisson et ma petite astuce dans ces cas là en fait c'est que je mets les lentilles dans l'eau froide je fais bouillir l'eau puis je laisse bouillir peut-être pendant 30 secondes une minute je sais pas puis je coupe mon gaz et je laisse simplement les lentilles gonflées dans l'eau bouillante et j'attends 10 minutes et puis elles sont cuites ça permet d'économiser ton combustible mais de quand même avoir quelque chose qui a un bon apport nutritionnel donc ça c'est pour le soir je dirais en général couscous lentilles que j'agrémente de différentes épices et d'autres petites choses pour le plaisir et alors à midi le déjeuner c'est un peu le repas où c'est le plus compliqué ici en Nouvelle-Zélande j'ai surtout mangé ce qu'on appelle des wraps des espèces de de tortillas là tu sais les dans lesquelles je mets principalement soit du beurre de cacahuète avec genre des des flocons de noix de coco ou quoi un truc qui tient bien au corps aussi parfois quand les sections sont pas trop longues pour les premiers jours j'emporte j'emporte du frais genre des poivrons de l'avocat du houmous enfin ce genre de choses pour faire un truc un peu sympa mais évidemment ça ça ne marche que pour les premiers jours et quand tu dois pas porter 10 jours de bouffe parce que voilà mais donc ouais le beurre de cacahuète dans le wrap c'est pas mal et puis grignoter des des noix et des fruits secs au long le long de la journée c'est ce qui marche le mieux pour moi après je suis toujours encore en train d'essayer des nouvelles choses et et donc voilà parfois t'essayes ça marche ça marche pas et au fur et à mesure des années t'apprends à te connaître aussi avoir ce dont t'as besoin en termes de de quantité de calories de type de nourriture mais je dirais que ça c'est un peu c'est un peu ma base et surtout le chocolat pour le soir très important
Invité 1 ah merci cool bon maintenant que tu l'as tu l'as mentionné comme ça j'ai une bonne excuse pour l'ajouter pour l'ajouter dans ma liste pour mes prochains tripes
Béatrice non mais c'est indispensable je ne comprends pas les gens qui ne ne s'en donnent pas avec du chocolat et qui ne conviennent pas me dire mais ça fond etc non non il y a toujours moyen c'est indispensable en tant que bonne belge je suis obligée de manger du chocolat de toute façon
Invité 1 génial bon super c'est sur la liste non mais c'est tout bête mais tu vois j'ai un peu l'impression qu'il y a deux catégories de sportifs en tout cas il y a ceux pour qui l'alimentation c'est fonctionnel et puis il y a ceux qui l'utilisent aussi comme petit moment de plaisir et pour en avoir fait l'expérience tu mentionnais tu t'expliquais que toi tu as du mal à manger tout le temps les mêmes plats moi quand je suis parti au Népal je m'étais dit que je n'allais pas manger de viande parce que l'endroit où j'étais ça fait aucun sens les gens sur place n'en mangent pas il y a d'un point de vue religieux il y a des complications qui font que la viande est transportée et abattue à des centaines de kilomètres transportée sans chaîne du froid enfin bon bref donc j'ai mangé pendant trois semaines ce qu'on appelle des d'albates c'est à dire ce qui est relativement varié donc j'avais de la chance c'est une grosse soupe de lentilles un peu de riz voilà ce genre de choses mais c'est vrai qu'au bout de trois semaines j'avais un peu eu ma dose de d'albates donc c'est pour ça que je te demandais parce que sur 3000 kilomètres on n'a pas parlé de combien de temps ça a représenté pour toi en termes de marche mais ouais j'imagine que varier à la nourriture ça a aussi un impact sur à quel point est-ce que tu profites de l'expérience générale de la marche au long cours
Béatrice tout à fait je pense que c'est très individuel mais pour moi c'est hyper important comme tu disais la nourriture c'est pas seulement fonctionnel mais ça doit aussi être un plaisir ça doit être réconfortant quand on a besoin c'est sûr qu'après une longue journée de marche si en plus il fait froid il pleut etc oui j'ai besoin d'un truc bon qui me réconforte c'est pas seulement pour reprendre de l'énergie mais c'est reprendre de l'énergie mais dans tous les sens du terme et donc effectivement alors là je t'ai donné ma base mais j'ai évolué enfin j'ai changé aussi justement au fur et à mesure des 3000 km j'ai testé plein de trucs je suis passé du couscous aux nouilles chinoises aux pâtes aux riz le matin je suis passé de l'avoine il y a un moment j'ai acheté du pain parce que j'en pouvais plus de l'avoine et donc c'était lourd mais j'avais besoin de changer enfin voilà j'ai un peu passé j'ai testé plein de choses et je me suis rendu compte qu'effectivement j'avais besoin de varier principalement aussi en fait on en revient un peu à la logistique mais sur l'île sud de la Nouvelle-Zélande pour le TRRY il y a des endroits qui sont très isolés et où on te conseille d'envoyer à l'avance tes colis de ravitaillement parce que c'est difficile de se ravitailler là-bas ou alors c'est très cher ou il y a très peu de choix et donc tu dois préparer un ou deux mois à l'avance ses colis alors déjà c'est compliqué parce que tu dois faire tes courses et acheter 30 jours de nourriture alors je pense que les gens qui étaient derrière moi dans la queue du supermarché se demandaient pourquoi j'ai acheté 10 pots de beurre de cacahuète et 50 barres de céréales mais c'est quoi ? et tu dois prévoir tous tes repas à l'avance comme ça et donc ça faisait déjà deux mois que je marchais deux mois et demi que je marchais quand j'ai dû faire ces colis et donc je me suis simplement dit oui bon je vais prévoir ce que je mange maintenant et je vais le prévoir pour 4 semaines dans 4 colis différents et ça ira très bien sauf que lors du dernier colis en fait j'en avais marre de manger toujours la même chose il n'y avait plus de surprises en plus je savais ce que j'allais découvrir là-dedans enfin c'était horrible et donc quand je suis repartie là le mois dernier je me suis dit dans les colis que j'envoie à l'avance il faut qu'il y ait de la variété pas seulement pour les différents repas mais aussi pour les différents colis pour que j'ai l'impression de encore découvrir quelque chose de presque faire mes courses au moment où j'ouvre le colis et de toujours prévoir quelque chose qui sorte un peu de l'ordinaire pour justement avoir cette variété et un peu cet aspect de surprise et de réconfort et donc oui effectivement il y a des gens pour qui c'est moins important enfin sur les randonnées longue distance tu commences à croiser pas mal de ce qu'on appelle les ultra light hikers qui sont ces randonneurs qui sont vraiment à la recherche d'avoir le plus petit sac possible d'avoir un poids de base du sac à dos qui est très faible et donc qui sont à la chasse de chaque gramme qui n'est pas indispensable et donc tu rencontres comme ça des randonneurs qui randonnent sans réchaud qui mangent froid tout le temps en faisant tremper par exemple leur couscous ou leur avoine pendant la nuit alors je suis très admiratif de ces personnes là d'une part bon c'est génial ils ont des sacs beaucoup plus légers donc évidemment c'est moins dur pour le corps ça leur permet de faire de plus longues journées d'aller plus vite etc mais moi à la fin de la journée j'ai besoin d'un truc réconfortant un repas chaud le matin j'ai besoin d'un café surtout quand il fait froid que t'as pas envie de te lever voilà un truc réconfortant et je trouve que pour le moral c'est important donc je pense que je ne pourrais pas ne pas avoir cet aspect là dans mes randonnées mais ne jamais dire jamais peut-être qu'un jour je reviendrai à ça
Invité 1 super alors écoute merci beaucoup pour ces précisions sur la nourriture en tout cas moi j'ai quelques pistes maintenant que je vais pouvoir explorer pour la suite de mes tripes donc c'est super d'avoir ton retour d'expérience de façon plus générale je regarde l'heure parce que je sais que tu dois tu vas devoir aller travailler à un moment donné peut-être pour finir là-dessus qu'est-ce que toi tu retiens de ton expérience sur le Terra Roi en particulier et peut-être l'itinérance en général que tu aurais envie de partager avec celles et ceux qui nous écoutent qui seraient ou pas déjà des marcheurs
Béatrice alors déjà je pense qu'il y a beaucoup de gens quand je les rencontre et qu'on en vient à parler de ça qui me disent waouh moi je pourrais jamais faire ça etc je pense que la marche a ce côté génial que c'est accessible à tous et qu'en fait il suffit de commencer à marcher de mettre un pas devant l'autre et ça ira je dis souvent que c'est pas une question de si on va y arriver c'est plutôt quand on va y arriver parce que je pense que voilà c'est juste une question de se connaître et savoir être humble avec son corps et avec soi-même et commencer doucement par des ça peut être des petites étapes des petites journées des petites randos enfin voilà et qu'au final en fait petit à petit on va pouvoir aller plus loin aller plus vite aller plus haut et faire des choses plus difficiles mais qu'à la base c'est vraiment accessible à tous et il y a ce côté le corps le corps est incroyable le corps s'adapte enfin voilà tu commences à marcher t'as des courbatures de fou tu passes une nuit et déjà ça va mieux enfin c'est fou la machine se répare elle-même très simplement donc il y a clairement le fait que tu peux y arriver et simplement au fur et à mesure tu vas pouvoir faire plus et il y a il y a vraiment aussi c'est le thème du podcast mais la résilience s'adapter aux circonstances s'adapter à soi et aux autres c'est quelque chose qui fait partie intégrante de ce type de périple alors je l'ai remarqué dernièrement on n'en a pas parlé mais après le Théararoa j'ai eu l'idée de repartir marcher ici en Nouvelle-Zélande et le mois dernier donc j'étais dans cette traversée que j'avais cette fois-ci dont j'avais construit l'itinéraire moi-même et donc qui était une expérience très différente parce que beaucoup plus solitaire et j'ai fait face parfois à des choses un petit peu complexes où il a bien fallu que je m'adapte et que et c'est là que j'ai pris conscience en fait qu'on avait beaucoup plus de ressources que ce qu'on pouvait imaginer en nous sans le savoir et que quand on était face à l'adversité et au fait de ne pas avoir d'autre choix que de trouver une solution et ben on en trouvait toujours une et ça c'est une leçon assez incroyable que j'essaye de garder dans ma vie de tous les jours et je sais pas pourquoi c'est plus difficile c'est-à-dire que quand on est face à une difficulté on a tendance à se dire ah non mais c'est pas possible j'y arriverai jamais et si je fais le parallèle avec mes randonnées en fait il y a des tas de fois ou que ce soit pour gravir un sommet pour traverser une rivière justement ou simplement parce que j'étais crevée j'en pouvais plus ou que je faisais face à une situation un petit peu un petit peu difficile j'ai toujours trouvé les moyens de m'en sortir d'y arriver d'aller au-delà de la fatigue d'aller au-delà de la peur d'aller chercher en moi et ben les ressources nécessaires pour venir à bout de ces difficultés et donc en fait il faut se faire confiance et il faut qu'on enfin accepte enfin c'est même pas accepté mais se rendre compte qu'on a en nous la capacité de vaincre tout ça de surmonter ces obstacles et c'est quelque chose que qui me semble assez évident quand je randonne mais qui devrait l'être tout autant dans la vie quotidienne et je pense que ça c'est une belle leçon de de ces périples où justement en fait on est capable de tellement de choses mais on se met des barrières on part du principe que ça va pas marcher alors qu'en fait on a toutes les cartes en main pour pour pour que ça réussisse
Invité 1 c'est un super message j'adore ce que tu j'adore ça tu vois cette notion de du fait qu'on a tous en nous cette capacité à surmonter tout un tas d'obstacles mais que on le réalise pas forcément c'est un c'est un très très beau message écoute merci merci beaucoup Béatrice j'aurais adoré qu'on puisse échanger encore plus longtemps mais bon il faut bien que t'ailles travailler un peu pour mettre des sous de côté pour tes prochains trips ouais mais en tout cas un très très très grand merci c'était juste génial moi tu m'as fait tu m'as fait rêver voyager en Nouvelle-Zélande je repars avec pas mal de tips notamment sur l'alimentation donc c'est super chouette et et puis on a aussi parlé tu vois de notion de dépassement de résilience d'apprendre à se connaître de reprendre le temps et je trouve qu'en ce moment en tout cas encore une fois pour moi ça fait vraiment du bien ça fait du bien entendre c'est super énergisant donc je te remercie une nouvelle fois je te souhaite une excellente journée tout le meilleur pour la suite de tes trips je mettrai je mettrai en description ton compte Instagram c'est le mieux pour pour celles et ceux qui voudraient te suivre
Béatrice tout à fait alors il est pas totalement un jour pour le moment mais oui ok c'est là où je poste le plus régulièrement et où on peut avoir de mes nouvelles donc c'est parfait
Invité 1 super bah écoute je mettrai ça j'en profite au passage pour dire un grand merci et un petit coucou à Jean Lin qui nous a très gentiment mis en relation donc merci Jean Lin c'est grâce à toi tout ça et bah écoute Béatrice je te souhaite tout le meilleur pour la suite
Béatrice bah merci beaucoup Loïc c'était un plaisir d'échanger avec toi et bah je me réjouis d'entendre les nouveaux épisodes défrappés et je te souhaite bonne continuation dans tous tes projets
Invité 1 merci Béatrice salut salut merci d'avoir écouté cet épisode du podcast les frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invité également directement par email et la contact arrobase lesfrappés.com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao extérieur extérieur Sous-titrage ST' 501
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.