Jacques C'est important de ne pas perdre une de ces 86 400 secondes par jour. Elles sont importantes. Chacune d'entre elles est importante. Si je me lève le matin avec un peu de désarroi, j'essaierai de changer tout de suite. Mais ce qui est important, c'est de continuer vers l'avant. Continuer vers l'avant.
Loïc Bienvenue Jacques sur le podcast des Frappés. Merci. Je suis très heureux de t'accueillir aujourd'hui en direct des Laurentides au Canada. Merci beaucoup de prendre le temps en dépit du décalage horaire et de tes activités nombreuses et variées pour échanger avec nous sur ton parcours. De sportif, mais aussi d'entrepreneur, je ne vais pas en dire trop comme ça je te laisse te présenter. Je suis impatient d'écouter ce que tu as à nous partager puisque tu as quand même un parcours assez incroyable. Enfin, tu as vécu un changement de vie. Tu as déclenché un changement dans ta vie assez fou. Mais écoute, je n'en dis pas plus. Je te laisse peut-être te présenter brièvement avant qu'on rentre plus dans le vif du sujet.
Jacques Si on part du début, en fait, écoute, je suis un jeune Montréalais. Je suis né à Montréal en fait en 1963 d'une famille de classe moyenne faible, donc pas des très grands revenus, mais un père très travaillant. Et de là, j'ai grandi. Je suis allé à l'école. J'ai commencé à travailler très tôt. J'ai aidé la famille à souvenir ses besoins quand papa est tombé malade. Et puis, je suis resté sur le marché du travail. Et de là, je suis parti pour devenir un adulte. J'ai eu ma famille, mes enfants. Puis, en 2009, souffrant d'obésité, ce qui n'était pas le cas dans ma jeunesse, je me suis comme laissé aller. J'ai perdu un petit peu le contrôle de ma santé. En 2009, en octobre 2009, le 31 octobre, j'ai pris la décision de changer ma vie. Et de là, j'ai perdu les 100 kilos, 102 kilos en fait que j'avais accumulés à travers le temps. Donc, de là, tout est parti.
Loïc Et donc, tu disais, en combien de temps est-ce que tu as perdu ces 102, 103 kilos?
Jacques En fait, j'ai perdu, je te dirais, la première partie, les 80 premiers kilos dans l'année 1. Donc, dans la première année, je me présentais l'année suivante aux 5 kilomètres du Marathon de Montréal avec 80 kilos en moins. Donc, pour les gens de la francophonie du Québec, de 415 livres à 250 livres approximativement. Donc, 80 kilos en moins. J'ai participé à un 5 kilomètres. Puis, j'ai continué ma quête par la suite. Dans la deuxième année, j'ai perdu le reste du poids. Pour me retrouver à 190 livres, donc approximativement 84-83 kilos dans ces oeufs-là. Et avec une idée en tête, c'était de partir à l'aventure. Donc, j'ai tout de suite été un enfant, un aventurier et aussi un coureur en forêt. Puis, de là, j'ai décidé de me relancer à l'aventure, sachant qu'après 22 ans de tabagisme et d'obésité, j'avais repris le contrôle de ma santé. Bien, j'ai travaillé très fort au gym. Je me suis très, très fortement entraîné. Puis, je me suis remis dans une condition qui me permettait d'attaquer un premier demi Ironman. Wow! Ça, c'était où? C'était à Tremblant, justement, dans les Laurentides. C'était la première année en 2012 du fabuleux Ironman 70.3 de Tremblant. Première année, je m'inscris, écoute, je m'inscris en septembre 2011, à peu près deux ans après le début de ma quête de changement. Et en appuyant sur le bouton, je découvre dans ma tête que finalement, c'était trois sports. Nager, faire du vélo et courir. Et bien, dans ma tête, ça a fait comme, écoute, tu ne sais pas nager et dans le moment, tu n'as pas de vélo. Ça ne commence pas bien.
Loïc Excellent. Donc, 2009, ce déclic, d'ailleurs, enfin, je dis déclic parce que moi, j'ai lu un peu plus ton histoire, mais c'est quoi qui a déclenché? Parce que je sais qu'il y a eu un déclic, mais si tu pouvais partager avec tout le monde, c'est quoi qui a déclenché cette volonté de reprendre contrôle de ta santé?
Jacques En fait, en janvier 2009, mes enfants sont encore des adolescents. Marc-André est un jeune homme, 17 ans. Alexandra a 15 ans, ma fille. 14 ans, en fait. Et à ce moment-là, j'apprends qu'Alexandra va participer à monter le camp de base de l'Everest à l'âge de 16 ans, donc à la fin de son secondaire. Ici, l'école secondaire, c'est pour chez vous. Je ne sais pas exactement comment vous appelez ça. Mais c'est avant d'aller à l'université. Donc, je pense que vous appelez ça le lycée chez vous.
Loïc C'est ça, c'est ça.
Jacques Et j'apprends qu'Alexandra va partir pour l'Everest à la fin de son lycée. Donc, pour moi, ça, c'est déjà un élément de me dire, écoute, je ne verrais pas ma fille s'accomplir, se réaliser dans ce rêve-là. Avec la santé que j'ai à ce moment-ci, je croyais fortement que je ne pourrais pas voir ça. Et mon fils quittait la maison pour aller étudier à l'extérieur. Donc, j'avais le sentiment de perdre un petit peu les gens que j'aimais dans ma vie parce qu'ils partaient eux-mêmes vers leurs propres aventures. Et j'ai réalisé à ce moment-là que je suis en train de perdre la mienne. Donc, c'est de là que j'ai commencé le processus. Ça a été la base, si tu veux, de mon processus de changement.
Loïc OK. Donc, 2009 se déclic en voyant tes enfants partir, voler de leurs propres ailes et vivre leurs propres aventures. Donc, tu perds en un peu moins de deux ans, enfin en tout cas la première année déjà à 80 kg. En moins de deux ans, 103 kg. Donc, tu te retrouves autour de 85 kg à peu près quand tu étais à quasiment 200. Mais ça ne s'arrête pas là. Et c'est ça que je trouve hyper intéressant dans ton parcours. C'est qu'il y a eu un après en termes de compétition. Tu parlais du semi-aeronman où tu t'es inscrit, le semi-aeronman du Mont-Tremblant. Mais il y a eu aussi un certain nombre de courses à pied après dans la foulée.
Jacques Ah bien oui. Écoute, après le 5 km la première année en 2010, en fait, j'ai couru un 5 km qui a été très long. difficile pour moi parce que j'étais encore assez lourd. Et quand j'ai fait le 5 km du Marathon de Montréal, c'était le début d'un enclenchement. Et l'année suivante, je pense que clairement, je me suis inscrit le 1er janvier en 2013, donc 2012. Je me suis inscrit à... Non, en 2011. Je me suis inscrit à 13 courses et j'ai fini par en faire 48 avec un dossard de 5 km. Puis un 10, puis un demi-marathon. Puis là, je suis parti pour allonger les distances, courir du marathon. Après ça, le désir de retourner courir en forêt est venu fortement. Puis la montagne. Alors, c'est comme ça que je suis reparti.
Loïc Et donc aujourd'hui, je vais y arriver à calculer tout ça. 11 ans après, bientôt 12 ans après ce déclic, quel bilan est-ce que tu fais de... En tout cas, peut-être sportivement pour commencer là, avant d'aller un peu plus sur la partie mentale et détermination, mais quel bilan sportif est-ce que tu fais de ces 11 dernières années?
Jacques En fait, ces 11 dernières années ont été, je dirais, avec des hauts et des bas au niveau sportif parce qu'on n'atteint pas toujours les cibles qu'on se met. Par contre, je suis particulièrement très fier de ce que j'ai pu faire, tu sais. Puis l'autre truc là-dedans aussi, c'est pas juste de dire la perte de poids. C'est un truc. La personne que cette perte de poids-là a fait de moi, le changement que ça le fait de moi intérieurement. intérieurement, la quête des aventures, du défi, pour moi, c'était pas personnellement de viser les podiums, mais d'atteindre mes propres podiums à moi, de me dépasser le plus fortement possible pour atteindre ma personnelle réussite. Donc, je retiens de ça, ces 11 premières années-là, le maintien, la détermination, parce que perdre le poids, c'est un truc. Retrouver qui on est vraiment, c'est un autre truc. Mais maintenir le tout pendant 11 ans, c'est le plus grand défi. Et aujourd'hui, tu vois, à 57 ans, qui est bien sonné depuis un mois, et 11 ans plus tard depuis ce week-end, parce que ça fait 11 ans le 31 octobre, l'Halloween, c'est l'anniversaire de mon changement de costume. Et depuis ce temps-là, le 11 ans, c'est grand pour moi, parce qu'aujourd'hui, je me retrouve avec une santé incroyable à 57 ans. Tout n'est pas parfait, mais j'ai une belle santé et j'ai le désir de partir encore à l'aventure. Je te dirais que les deux, trois dernières années ont été plus relaxes sur les grandes aventures, mais j'ai le désir profond de reprendre le tout. Tu vois, tous les jours, je fouille un peu l'Internet pour essayer de me trouver des défis à la hauteur de ce que je veux relever avant que le rédéau se ferme.
Loïc Oui. Et ça ressemble à quoi, alors, ces défis pour le moment, ce que tu as sur ta liste pour les années à venir, si tu nous ouvres un petit peu la porte des prochains défis de Jacques, c'est quoi?
Jacques Tu sais, ayant participé à Eastern States et à Vermont 100, qui sont des ultra-160 kilos, comme pinceur pour des amis, j'ai le désir d'aller les courir moi-même. Ensuite, c'est sûr que ça va toujours dépendre des finances qui vont atterrir dans le portfaire. Je ne sais pas si c'est pas le feuille, mais Verbier-Saint-Bernard m'appelle. Ensuite, le Tor des Géants. C'est d'ailleurs pour ça que je veux refaire des 160 pour me faire progresser vers justement le Tor des Géants.
Loïc Tu peux nous rappeler la distance du Tor des Géants?
Jacques C'est 330 kilomètres en montagne dans la couronne autour de l'Italie française, pas loin du Mont-Blanc, Cournailleur, dans ce coin-là.
Loïc Oui, 340 kilomètres. Et la durée approximative pour cette course, déjà en kilomètres, c'est juste hallucinant, mais comme tu viens de le mentionner, il y a aussi beaucoup de dénivelé. Donc, ça n'a rien à voir avec le fait de courir 300 kilomètres ou plus sur du plat. En termes de durée, tu viserais, je ne sais pas si tu as déjà ça en tête, mais tu viserais combien à peu près pour qu'on ait une idée?
Jacques Parfois, la limite, c'est 150 heures, puis c'est sûr que… Oh, la vache! Parfois, la limite, c'est 150 heures, mais tu sais bon, si tout allait bien, que j'étais au meilleur de ma forme et que j'ai toujours un moral d'assiet, 100, 110 heures, j'aimerais bien. Il y en a qui vont me dire que je suis exigent avec moi-même. Bon, bien écoute, si il est rendu là, ça sera 120 heures. Mais en fait, l'objectif, c'est de voir le fil de départ, le fil d'arrivée, passer sous cette arche en tant qu'ambassadeur. En plus, ça va être un moment exceptionnel.
Loïc 340 kilomètres en cinq jours, wow! OK, bon.
Jacques Mais je crois pertinemment que je suis capable de le faire. Ça, en dedans de moi, je sais que j'ai beaucoup de résistance. Maintenant, le temps… Bon, écoute, le temps. On essayera de le faire le mieux possible et le plus rapidement possible. Mais au pire, on va profiter le plus longtemps possible du défi.
Loïc Alors, tu viens de parler de mental, de ton mental d'acier. Qu'est-ce qui a fait la différence pour toi? Alors, la perte de poids, comme tu le disais, c'est une chose. Mais ça a été… En fait, ce changement dont tu parlais, ça a été effectivement… En tout cas, dans ce que tu décris, bien plus qu'une perte de poids. Ça a été une quête pour se retrouver quelque part, j'ai l'impression. Qu'est-ce qui a fait la différence à tes yeux, d'une part pour la perte de poids, mais après derrière pour tout ce que ça a déclenché chez toi?
Jacques En fait, si au Québec, on dit une tête de cochon, je ne sais pas ce qu'on dit chez vous, mais ici, on dit une tête de cochon, donc une tête dure, quelqu'un qui… Quand je me mets une idée en tête, il n'y a pas grand-chose qui va me faire changer d'idée, tu sais. Alors, si je prends la décision qu'à partir de telle date, j'arrête de fumer, bien c'est ce que j'ai fait à l'époque, en 2002. Et en 2009, quand j'ai décidé que je perdais le poids, que je trouvais ma santé, que j'étais pour aller courir, parce que, par le fond, tu sais comment ça a commencé. Je me présente au marathon de Montréal pour le 5 kilomètres que ma fille fait en 2009, et dans mes 200 quelques kilos, 203, 200 kilos, whatever, je me présente au fait d'arriver et je dis à ma fille, je vais courir avec toi l'année prochaine. C'est ça qui a déclenché, si tu veux, la décision que j'ai prise le 31 octobre suivant. Aujourd'hui, 5 kilomètres, ça reste un 5 kilomètres, puis j'ai énormément de respect pour les gens qui font 5 kilomètres. Les gens disent tout le temps, je vais aller faire un petit 5 kilomètres. 5 kilomètres, c'est rien de petit. C'est 5 kilomètres, pour certains, c'est le défi de vie. Alors, j'ai beaucoup de respect pour ça. Et la distance, maintenant qu'à 60, 60, 330 ou 5, pour moi, c'est encore ce que tu veux bien mettre devant toi. Tu sais, moi, j'ai envie de vivre des longues aventures. Donc, oui, ma base, c'est encore cette tête déterminée. Je vais l'appeler comme ça, parce que tête de cochon, c'est vrai que j'ai mon petit côté cabochon, de tête de cochon aussi. Moi, j'ai le désir, en dedans de moi profond, de tout le temps, de me convaincre que je peux accéder à n'importe quoi. Alors, c'est ça qui a été mon bâton pour me tenir debout depuis 11 ans. Ça continue à l'être.
Loïc On dirait une tête de mule en France. Ah oui, une tête de mule. Tête de cochon. Mais oui, donc, c'est intéressant. Qu'est-ce qui a été, en dépit de cette détermination, avec le recul que tu as maintenant aujourd'hui, qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi à gérer ? Parce que ce n'est pas tout d'avoir un mental d'acier. Ça reste un changement quand même incroyable. Et j'imagine qu'il y a plein de choses qui ont été… Même si tu as le mental, il y a plein de choses. Le mental, c'est ce qui a fait la différence. Mais ça ne change rien au fait qu'il y a eu des obstacles, très certainement, ou des éléments qui ont été difficiles à surmonter. Donc, je serais curieux de savoir qu'est-ce qui a demandé justement le plus de détermination dans ce changement.
Jacques En fait, tu sais quoi, Loïc ? À partir du moment où tu prends la décision de foncer vers l'avant, il va tout le temps y avoir des bâtons dans tes roues. Il va tout le temps, peu importe la forme. Il va toujours y avoir des bâtons dans tes roues. Moi, j'ai eu les miens. Tout le monde a des bâtons dans les roues. On a le choix de tomber et rester au sol ou surlever. Moi, j'ai décidé de toujours me relever. Est-ce que j'ai eu mes moments de tristesse par rapport à certains éléments qui sont partis dans ma vie ? Oui. Est-ce qu'il y a des moments où je suis resté au sol plus longtemps ? Oui. Est-ce que je me suis relevé ? À chaque fois, oui. Puis, des épreuves, on va tous en vivre. Peu importe qu'elle s'appelle le décès d'un être proche, la séparation, la maladie. Apporte-la comme tu veux. On va tous en traverser. Moi, en 2015, on m'a annoncé que j'avais une maladie dégénérative du système nerveux qui ressemble à la sclérose en plaques, mais qui est périphérique. Donc, on lui donne des lettres et des chiffres parce que c'est une maladie orpheline qui, dans le fond, me fait perdre ma sensibilité dans les extrémités. Donc, il y a une partie de mes avant-bras dans lesquelles je n'ai plus de sensation et dans mes mains, ainsi que dans mes tibias et mes pieds. Mais ça ne m'a pas empêché de courir. J'ai continué à rester debout. Est-ce que ça a toujours été facile? Non, parce que quand j'ai des petites poussées, un peu comme la sclérose en plaques, je perds mes moyens. Je tombe, mais je me relève. Mais ce n'est pas juste au sens physique, c'est aussi au sens figuré. Alors maintenant, je vis avec ça, mais je continue à visualiser le 95% de ce corps et de cet esprit qui fonctionne bien. Alors, je ne perds pas mon temps à regarder ce qui ne va pas. Oui, je l'ai analysé. Oui, j'ai pleuré sur ça. Oui, je me suis arrêté. J'ai tombé au sol. Mais mentalement, je me suis toujours relevé. Puis je suis toujours reparti vers ma quête. Tu vois, quand tout ça s'est dessiné, après la perte de poids, que j'ai commencé à faire des exploits sportifs, tu connais les gens de groupe Aspilicor à Montréal, ton compatriote Gilles. Écoute, j'ai couru trois fois Montréal-New York. Et la troisième année, j'étais dans un état lamentable par rapport à justement mon système nerveux qui ne fonctionnait pas bien. Mais j'ai quand même continué. Si je ne pouvais pas apporter physiquement ce que je devais apporter, je l'apportais moralement avec la motivation pour les autres. Et tout ça m'a guidé tout le temps vers les choses que je voulais mettre dans ma vie. À chaque fois que j'ai pris la décision de rajouter quelque chose dans ma vie, je suis passé à l'action pour aller le chercher. J'avais le désir de devenir conférencier. Je suis conférencier aujourd'hui. Je fais des conférences chaque année. J'avais le désir de devenir promoteur de la santé au Québec. Je suis promoteur de la santé. J'avais le désir d'avoir mes propres événements de course à pied. J'avais le désir de lancer des programmes en entreprise pour aider les jeunes. C'est tous des choses que j'ai atteintes parce que justement, je ne suis pas resté au sol. Je me suis relevé à chaque fois, même quand on me mettait les bâtons dans les roues.
Loïc C'est hyper intéressant et super inspirant. Cette capacité à se relever, comme tu dis physiquement, mais surtout mentalement, c'est quelque chose que tu avais déjà en toi, que tu as développé, que tu as acquis à travers des expériences. Comment tu vois la chose?
Jacques Je pense qu'ici, je vais te dire que ça a toujours été en moi, mais ça m'a été offert par le caractère de ma mère. Ma mère, qui est une femme qui a beaucoup souffert dans son enfance, qui a eu des moments difficiles, mais qui s'est toujours relevé, qui a toujours essayé d'être une meilleure personne, une plus belle personne, parce qu'elle avait le désir d'offrir la plus belle version d'elle-même. Et c'est à travers ce désir-là, ce partage de cette relation-là avec ma mère que j'ai obtenue, que je suis aujourd'hui. Est-ce que j'aurais pu recevoir ce bagage pour m'en servir? Bien sûr, mais j'ai décidé de m'en servir. Puis je l'ai développé, je l'ai aussi... Tu sais, c'est un peu comme un muscle. Si tu te stimules et tu te motives positivement une journée par année, il risque de se passer rien. Mais si tu te stimules et tu es positif avec toi et avec ton environnement au quotidien, à tous les heures, à chaque instant, bien, peu importe, ton muscle, il se développe. Puis c'est un muscle. Pour moi, ma force mentale, bien, c'est comme un corps. C'est un muscle. Je le stimule, je l'entretiens, je laisse rien ou approximativement rien venir m'abousculer. parce que pour moi, c'est important. C'est important de ne pas perdre une de ces 86 400 secondes par jour. Elles sont importantes. Chacune d'entre elles est importante. Si je me lève le matin avec un peu de désarroi, bien, j'essaierai de changer tout de suite. Parce que ce n'est pas comme ça que je veux passer ma journée. Ça, c'est un gaspillage. Oui. Ça va servir qui? Ça va servir quoi? Qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui de mieux pour que ce soit un leg? Déposer quelque chose dans la vie des gens. C'est ça qui est ma quête aujourd'hui. Que ce soit par mon courage à l'effort, quand je fais une course, ou dans ce que je dis, ou dans mes actions au quotidien, je veux léguer quelque chose de bon à l'humanité.
Loïc Alors, c'est ce que je fais au quotidien. C'est un très, très beau message. Et c'est vraiment fou parce qu'à travers ce podcast, j'ai la chance d'échanger avec pas mal d'invités qui sont, pour certains, ont vécu des changements qui ne sont pas forcément similaires au tien, mais des changements importants. Et certains qui, je pense notamment à Olivier Couré, que j'ai interviewé pour un autre épisode, qui est coach mental. Et c'est vraiment étonnant parce que, je ne sais pas si tu lui as déjà parlé, j'imagine que non, ce cher Olivier. Mais il a quasiment mot pour mot décrit sa vision des choses comme toi. C'est-à-dire, voilà, il considère qu'en une journée, et c'est marrant d'ailleurs, il a même chiffré ça comme toi, de dire, voilà, une journée, c'est à peu près, je crois qu'il disait, lui, 75 000, 80 000 secondes où on est éveillé. Et ce qui fait la différence, en fait, c'est cette capacité à se remobiliser très rapidement et, oui, quelque part, à faire en sorte qu'à travers des petites actions qu'on peut prendre au quotidien, et bien, comment est-ce qu'on peut faire en sorte que ces actions, dans ce qu'on contrôle, elles soient faites du mieux possible, quelque part. Et j'ai un peu l'impression que c'est ce que tu dis, en fait. Exactement. Si ta journée ne commence pas du bon pied, ben, voilà, tu fais en sorte de te remobiliser pour, même si c'est qu'une journée, léguer quelque chose de positif.
Jacques Exactement. Et tu sais, non, je ne t'en ai jamais parlé à Olivier, mais ça va être intéressant parce que j'avais l'intention d'écouter, justement, le podcast que tu as déposé sur lui. Et je vais le faire, d'ailleurs. Un petit peu, à ce temps-ci, là. D'ailleurs, j'ai téléchargé tous les podcasts que tu as faits à date dans mon lecteur podcast de Apple et avec l'objectif... Et tu sais que, pour moi, ils sont importants, ces podcasts-là. Tu sais que, que ce soit Joe Rogan aux États-Unis avec des filles comme The Water ou d'autres athlètes, d'autres promoteurs comme Louis Escobar qui était avec Mika chez les Mexicains dans les Cooper Canyon. Tous ces podcasts-là, pour moi, ils sont intéressants. J'ai envie de les écouter. Écoute, à cause de la force des choses actuellement avec mes événements, la façon dont ça se passe, ben là, je manque un petit peu de temps. Mais je vais m'y remettre et je vais écouter ça.
Loïc Ben écoute, merci beaucoup. Être comparé à Joe Rogan, c'est pas mal.
Jacques Non, ben écoute, c'est bien parce que, tu sais, Joe Rogan, il a commencé comme toi, hein? Oui, oui. Bon, pis tu dois avoir sûrement un petit côté drôle en plus. Fait que...
Loïc Oui, oui, ben on essaye, on essaye. Mais, oui, en tout cas...
Jacques Mais pour revenir à l'importance du temps, pour moi, c'est le temps. Le temps, c'est quelque chose... Tu sais, à 20 ans, on pense qu'on est éternel. Hein? À 10 ans, on a hâte d'être un adulte. À 20 ans, on est un adulte, on pense qu'on est éternel. Puis le temps passe. Puis un jour, tu te retrouves dans la cinquantaine et tu te rends compte que ce temps-là, il y en a beaucoup que t'as gaspillé pour des affaires qui sont absolument inutiles. Au lieu de faire grandir ta carrière ou faire grandir ta propre vie ou de faire grandir ta capacité physique ou mentale, on perd beaucoup de temps à des banalités. Et c'est pour ça que je souhaite vivre aussi vieux. Ici, au Québec, on a un monsieur qui s'appelait Jack Rabbit qui portait le nom de... Comment il s'appelait? Herman Smith Johansson, qui était un skieur, dans le fond. Je demeure ici, là, il y a des pistes de ski de fond qui portent encore son nom. Il est mort à l'âge de 110 ans. Il faisait encore du ski de fond la veille. Et j'ai l'intention de vivre aussi vieux parce que je trouve que j'ai gaspillé un peu trop de temps, Jack.
Loïc Par rapport à ce que tu viens de dire sur le fait de peut-être parfois qu'on gaspille autant, en tout cas, on le consacre à des choses qui sont peut-être futiles ou pas essentielles. Quel conseil, toi, tu donnerais? Puisque tu es passé par là, tu disais que tu as perdu le contrôle de ta santé. Qu'est-ce que tu aurais envie de partager à des jeunes de peut-être, tu vois, 18, 20, 25 ans qui se pensent justement éternels, comme tu l'évoquais. Mais voilà, si tu avais un message, le message du sage par rapport à ce que tu as vécu, ce serait quoi?
Jacques En fait, honnêtement, je pense que tous les humains, on devait prendre le temps tous les matins, en commençant notre journée, à premièrement avoir un agenda, mettre des choses saines pour nous dans l'agenda, prendre le temps le matin de se regarder dans le miroir, s'offrir un peu d'amour en se disant qu'on s'aime et se dire qu'on veut finir cette journée-là avec fierté. On veut être fier, au retour ce soir, de se regarder dans le miroir et à nouveau dire, je suis très satisfait de ce que j'ai fait de ma journée. Et ça, c'est aussi un exercice. Parce que si tu as perdu ton temps aujourd'hui à faire des banalités, tu vas t'en souvenir le soir puis tu vas vouloir réduire ce temps-là demain. Tu vas vouloir mettre un peu plus de meilleures choses dans ton horaire. Tu sais, on chicane souvent les gens riches, on dit, ah, c'est sûrement des voleurs parce qu'ils sont riches. Ou, tu sais, ici, la mentalité au Québec, c'est souvent ça. Puis moi, je dis, non, non, c'est des gens qui ont justement pris le temps de bien stimuler le jour au départ le matin. Eux autres, perdre du temps à dormir trop, ben, ça vaut rien. Alors, ils vont dire, ben, arrange-toi pour que ton 8 heures de sommeil rentre dans 6 heures de sommeil. Va prendre les 2 heures avec lesquelles tu te lèves le matin, les 2 premières heures pour t'entraîner, stimuler ton corps parce que le reste de la journée, c'est probablement ton cerveau puis ton état, ta façon d'être qui vont être stimulés. Alors, moi, je pense comme ça. Je me dis, le matin, je me lève, je m'impose une discipline, je me regarde dans le miroir, et je prends tant de m'apprécier, de me dire que je m'aime, que je suis une bonne personne, que je suis beau. Ça aussi, on a des besoins avec ça. Et après ça, je pars de la journée, je pars en mode actif. Quand je reviens, j'ai l'esprit clair pour plein de choses. Quand ça s'est fait, je passe une journée fantastique, j'essaie de garder toujours le sourire et un esprit positif avec tous les gens que je croise. J'essaie de semer des graines de bonheur à travers les gens que je croise. Puis à la fin de la journée, je m'arrête, je me remercie pour la journée que je me suis offert, puis je vais aller me coucher.
Loïc Comment tu arrives à faire ça jour après jour? C'est une vraie question parce que je suis vraiment admiratif. C'est à la fois cette notion de structure, mais aussi de, quelque part, d'être, un peu moins exigeant avec soi-même ou en tout cas de s'accepter comme on est, mais tu arrives vraiment à faire ça tous les jours sur la durée?
Jacques Loïc, chaque journée, c'est un privilège. Je n'ai pas le droit, je ne me sens pas la capacité de saboter cette journée-là. Même si moi, ce matin-là, j'ai de la difficulté à marcher parce que j'ai trop couru hier ou la maladie neurodégénative m'attaque un peu, je me dis que je vais aller me stimuler pareil, je vais faire quelque chose pour rester debout. Puis en plus, ce n'est pas toujours facile, mais c'est tous les jours que je me répète la même chose. En 2020, 2019-2020, ça a été une année absolument difficile pour moi et je me suis quand même levé tous les jours en me disant « T'es beau Jacques, t'es une bonne personne, souris à la vie, la vie va te sourire. » Avance. Et tous les soirs, je me couche en me disant « Ce n'est pas parfait aujourd'hui Jacques, mais c'est quand même pas mal bon. À demain. » On a le devoir de faire ça. Je trouve ça immoral. Oui, on a le droit d'avoir notre faiblesse et notre agilité, mais je trouve ça immoral de ne pas rendre grâce à notre vie. on est des privilégiés. J'ai des amis qui sont beaucoup plus malades que moi. J'ai perdu des amis du cancer cette année. Puis, ils ont honoré leur vie jusqu'au dernier jour. Comme je dis souvent, ce n'est pas comment tu vis jusque-là. Ce n'est pas comment ça va être dur. C'est comment tu te respectes, comment tu t'engages dans ces moments-là. Puis moi, je pense que la course à pied, c'est comme une partie de golf. La course à pied et la partie de golf, ça se ressemble énormément. Dès le départ, tu peux avoir des mauvais coups, mais ce qui est important, c'est de continuer vers l'avant. Continuer vers l'avant puis prendre conscience que chaque pas compte, parfois, il peut nous diriger dans la mauvaise direction, mais il faut quand même se retrouver. Puis moi, le 18e trou, même si ma partie était monstrueuse, je m'arrange toujours pour finir avec le sourire. Même chose avec la course à pied. je vais finir avec le sourire. Puis c'est la même chose avec ma vie, je vais finir avec le sourire.
Loïc J'ai l'impression d'entendre Mike Horn qui dit souvent qu'on n'a que 30 000 jours à vivre et qu'il faut vivre chaque jour pleinement. J'ai l'impression d'entendre ça en filigrane dans ton message. sur la course à pied par rapport à tout ce sur quoi on a déjà échangé. Quelle place est-ce que la course à pied a pris dans ta vie au-delà de la dimension sportive ? Mais si j'ai bien compris, c'est aussi un élément que tu as réussi à transformer en projet entrepreneurial également ?
Jacques Absolument, oui. En fait, tu sais, quand j'ai pris la décision de devenir conférencier à cette époque-là, il y avait un défi qui existait à Québec et on m'a demandé de participer en tant que conférencier à développer la version de Montréal de ce défi-là. Et finalement, je suis devenu le directeur de l'événement. Donc, c'est moi qui ai pris le contrôle de l'événement, qui l'ai développé et qui a amené des milliers de personnes à chaque année à passer à l'action en entreprise. Donc, on stimule des gens en entreprise pour la plupart, c'est des gens inactifs. Tu as quelques-uns qui sont actifs, mais on développe ces gens-là à changer leurs habitudes de vie, à avoir une plus belle vie active, mais un indice d'abonnement plus grand aussi en même temps, vivre une plus belle nutrition, changer ses habitudes de vie. Donc, ça vient avec des conférences, des formations, des entraînements en entreprise. Puis, j'ai développé ce produit-là dans les Laurentides parce qu'après six ans là-bas, je n'avais plus envie d'être à Montréal continuellement. Je suis déménagé dans les Laurentides et j'ai redéveloppé ce produit-là qui s'appelle Actif au boulot et dans ma quête, parce que tout ça m'apportait à faire exactement ce que j'aime faire dans la vie, c'est-à-dire parler aux gens, les stimuler, les motiver, courir avec les gens, les entraîner, donc la partie de moi qui est entraîneur et faire le leg que je voulais, le leg, de faire prendre conscience aux gens comment important est la vie, comment important c'est tout le bien, les avantages de prendre soin de sa santé. Puis tout ce qui en découle, parce que prendre soin de sa santé, c'est ça aussi. Alors, dans cette quête-là, j'ai croisé un de mes amis qui m'a vendu son entreprise aussi dans lequel il y avait deux autres événements de course à pied, soit un semi-marathon à Saint-Sauveur dans les Laurentides et une course qui s'appelle Ultranza qui est une course en forêt dans la montagne juste à côté de chez moi. Donc, je me suis retrouvé promoteur d'événements sportifs et là, j'en ai développé trois autres que je tente de garder secrètes mais qui sont de très grands projets pour moi ici puis que je vais faire naître dès que M. COVID ou Mme COVID vont sacrer le cœur.
Loïc OK. Donc, aujourd'hui, c'est une activité que tu fais à plein temps?
Jacques Oui, c'est une activité que je fais à plein temps. Donc, je suis directeur de mes événements de course à pied. Je suis le propriétaire de cette entreprise-là. Donc, c'est ça. Puis, en plus, j'ai un club de course ici dans les montagnes.
Loïc D'accord.
Jacques Donc, on entraîne des gens à, justement, encore une fois, acquérir la course à pied. Tu sais, Loïc, tu es déjà un coureur ou des amis comme Maxime, qui sont des Maxime qui est mort, qui est déjà un coureur. Je n'ai pas grand-chose à lui enseigner. Il va se lever le matin. Si ce n'est que de la motivation, peut-être que je peux y apporter. Mais, il va aller courir le matin et il a déjà ses acquis. Mais moi, je prends des gens qui n'ont pas ces acquis-là et je les aide à développer ces acquis-là. et encore hier, une des dames de 66 ans qui fait partie de notre club de course a dit à Sylvie, mon amoureuse, si tu savais tout ce que ça m'apporte, si tu savais tout le bien que ça me fait de courir en forêt, je n'aurais jamais pensé vivre ça dans ma vie. 66 ans. Wow. Alors, ça pour moi, c'est justement ça, faire un leg. Peu importe la personne que j'ai devant moi ou n'importe quelque chose dans leur vie.
Loïc Oui, effectivement, même à 66 ans, j'imagine que le message est d'autant plus gratifiant pour toi à entendre quand c'est quelqu'un qui a déjà vécu, qui a déjà pas mal vécu. Exactement. Et qui te dit ça, oui. Et alors, c'est super intéressant parce que si tu dis justement que tu t'adresses à des gens qui sont plutôt inactifs à la base et qui n'ont pas forcément certains acquis de sportifs, qu'est-ce que tu vois en termes de dépassement de soi, de détermination ? Qu'est-ce que tu vois en commun pour tous ces gens ? C'est-à-dire quand ils arrivent à franchir le pas, à reprendre la course, à aller en forêt, à commencer à courir des distances ? Alors, je te dis qu'est-ce que tu vois, mais est-ce que tu vois un dénominateur commun ? C'est-à-dire quelque chose qui explique le fait qu'il passe d'inactif à actif. Est-ce qu'il y a une botte secrète quelque part ?
Jacques Oui, mais ce secret-là arrive après avoir commencé, il n'arrive pas au début. Tu sais, moi, je pense que, j'ai toujours pensé que tout ça est un peu comme un horloge et la motivation n'arrive pas au début. Au début, c'est de la discipline que ça prend. Et à partir du moment où tu es discipliné, que tu le réintègres chaque jour, que tu t'accordes le temps d'apprendre, il y a un jour où tu reviens de ta course et que tu as un sentiment de bien-être qui est tellement grand, tu pars avec des soucis le matin, tu reviens avec des solutions, ton esprit est libre, c'est ça qui est le bonbon et ce bonbon-là n'arrive pas au début. Alors, il faut que les gens croient que c'est ce qui va arriver et pour ça, ça prend quelqu'un en avant qui va leur dire voici ce qui va arriver. Mais tu as le devoir de commencer. On vient de passer l'Halloween, l'Halloween vient de passer ici au Québec, les enfants partent avec le petit panier puis ils ramassent des bonbons de porte en porte. Mais s'ils ne trouvent pas, ils ne font pas l'effort de trouver un déguisement, de se préparer pour la fête, ils ne passent pas d'une porte à porte pour récupérer ce à quoi ils vont se délecter la bouche après. Donc, c'est la même chose pour la course à pied. ne t'attends pas de te délecter du plaisir jouissif que la course à pied t'apporte si tu ne le pratiques pas. Pratique-le et tu vas te découvrir ce qui t'attend. Quand tu vas le découvrir, cet effet de gamètre-là, ça va passer des journées absolument fantastiques. Ça va t'énergiser plutôt que de te faire baisser en énergie. Alors, c'est ça que je vends mon jeu.
Loïc C'est-à-dire cette notion de garder en tête le bénéfice qui va finir par arriver même si au début, il y a une phase de mise en place d'une certaine discipline qui est compliquée, qui n'est pas forcément aussi bénéfique que la pratique régulière. Qu'est-ce que ça apportera in fine ? C'est ça ?
Jacques Exactement. Mais tu sens et tu peux te dire dès le départ qui va rester et qui va s'en aller. Malgré tous les efforts que je pourrais faire, je sais déjà dès le départ qui va rester dans le groupe et qui va quitter le groupe parce que ça vient dans le désir. Il y a des gens qui ont un désir beaucoup plus grand que d'autres. À partir du moment où ils acceptent de rester et qu'ils atteignent ce moment euphorique où ils ont un sentiment de bien-être absolument incroyable, ces gens-là restent. et on les voit semaine après semaine puis plusieurs fois par semaine venir courir avec nous, s'entraîner avec nous parce qu'on offre des entraînements accessibles, respectueux puis inclusifs. On inclut les gens. Moi, il n'y a pas d'âge. J'ai des jeunes femmes de 25 ans, de 29 ans et des femmes de 60 ans et plus dans mon groupe et des hommes aussi. Un homme de 74 ans. et c'est absolument incroyable de le voir vivre pleinement à 74 ans avec nous en forêt. C'est un sportif de base, c'est un cycliste. Mais il est absolument, je te dirais, à tous les fois, il est comme un gamin de 5 ans quand il vient courir avec nous. La dernière fois qu'on est allé ensemble, on est allé sous la pluie de nuit avec la lumière frontale courir en montagne en forêt. 74 ans. Il est revenu au stationnement, c'est vrai, vous autres, vous dites parking. Alors, il est revenu au parking et c'était absolument incroyable de le voir heureux comme ça. Mais ça, c'est un cadeau. Ça, c'est un vrai cadeau. C'est un cadeau qui s'offre et je trouve ça le fun.
Loïc Écoute, au fur et à mesure qu'on avance dans la conversation, tu me donnes envie de retourner courir. Ça fait deux semaines que je n'y suis pas allé, mais je crois que ça va être chose faite demain matin. N'oublie pas
Jacques de recommencer avec progression, pas parce que tu es un ancien champion du monde que tu te dois de recommencer avec un 45 kilomètres.
Loïc C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. Oui. Top. Écoute, c'est vraiment passionnant. On a déjà échangé sur ce qui fait la différence pour ces personnes inactives qui deviennent actives, en tout cas que tu accompagnes vers le chemin de l'activité sportive. c'est assez drôle de t'entendre dire que tu arrives à identifier très rapidement ceux qui resteront et ceux qui ne resteront pas. Si tu devais, que ce soit à travers ta propre histoire ou celle de ces gens que tu accompagnes, en quoi est-ce que le fait d'arriver à se remettre à la course à pied, à se mettre à la course à pied, à perdre du poids, en quoi est-ce que ça devient, pour d'autres épreuves dans la vie, tu partageais la tienne avec la maladie, en quoi est-ce que ça devient une force du coup pour apprendre à être plus résilient et à surmonter des événements imprévus qui peuvent arriver? Tu vois,
Jacques ça c'est la... Comme je te disais, je me souviens à l'époque des premiers cinq kilomètres que je courais, comme je te disais, je partais avec des soucis le matin, je revenais avec des solutions par mes soucis. Les autres, les autres acquis que ça nous apporte au niveau mental et moral sont sur le long terme, c'est-à-dire plus ça fait longtemps que tu cours, plus tu découvres tes capacités, plus tu découvres ton adaptation, plus tu découvres certaines grandes qualités et certains grands défauts aussi de ta personne. donc à force d'en faire puis à force de les voir, tu commences à changer des trucs dans ta vie personnel qui correspondent exactement à ton comportement dans ta course à pied. Le même principe qu'au golf, quand tu vois un golfeur qui lance son bâton, il a un comportement de merde dans la vie lui-là. On ne se cachera pas. Alors, c'est la même chose, c'est la même affaire. Tu cours en sentier puis il y a des moments où tu as un grand désir de vouloir abandonner, de t'asseoir sur une roche et de vouloir passer le restant de ta vie-là puis tu ne peux rien faire. bien, ça arrive ça dans la vie aussi. Alors, c'est tous ces apprentissages-là que tu fais dans ton sport qui amènent à les appliquer dans ta vie et de comprendre et changer des trucs dans ta vie que tu ne veux plus vivre. Et c'est comique parce qu'à partir du moment où tu les appliques dans ta vie, c'est comme si tu avais appris quelque chose que tu appliques dans ton quotidien, dans ta vie quotidienne en dehors de la course à pied et quand tu retournes faire de la course à pied, et que tu as bien acquis ces trucs-là, que tu as bien compris dans ta vie personnelle, ces trucs-là ne reviennent plus dans ta course à pied. Alors, tous les fois où tu fais les corrections que tu comprends dans ta course à pied, dans ta vie personnelle, tu les appliques dans ta vie personnelle, ils ne reviennent plus. Ils ne sont plus là. Tu vas aller corriger autre chose. Ce n'est pas un jeu de Monopoly, 116, dans lequel tu finis par passer go, réclamer 200$, d'aller en prison et on recommence. Passer go, réclamer 200$. Ce n'est plus simplement de la course à pied, ce n'est plus simplement de ta vie. Ils sont étroitement liés dans tes comportements. dans tes moments.
Loïc Oui, c'est quelque part une philosophie de vie, en fait. Exactement. de la course à pied de sport, mais oui.
Jacques J'écoutais Anthony Robbins, Anthony Robbins, il expliquait qu'il était coaché par un coach de golf. Le coach de golf, il le guidait à frapper des balles et Anthony Robbins, il a dit, ce n'était pas un bon coach, je lance tout le temps ma balle à l'eau. Comment ça, ma balle n'est jamais sur le verre? Et il a dit, il a dit, tu vois, quand tu t'élances, tu frappes ta balle un millimètre trop vite et elle part à ta gauche. Ce millimètre-là, si tu es à un millimètre sur le verre, même si à l'autre bout de ta balle est à 70 mètres du verre, ici, elle était à un millimètre. C'est à toi de changer ton comportement en partant. Et c'est vrai. C'est la même chose en course à pied. Change ton comportement en partant. si tu pars avec dans ta tête que tu vas avoir une journée de merde, des kilomètres de merde, ça va être la merde. Si tu pars avec ta journée, ta matinée en disant les mêmes trucs, ça va être la merde aussi. Alors, il faut partir, il faut partir heureux le matin, peu importe ce qu'on fait. Alors, c'est là où je dis que nos comportements changent parce qu'on les apprivoise dans nos événements de course à pied. Donc, on les applique dans nos vies après.
Loïc Je ne sais pas si tu te sers de ces exemples dans tes conférences, mais c'est vachement parlant. C'est hyper inspirant et je ne suis pas du tout surpris que tu dises que tu avais l'envie de devenir conférencier parce que oui, tu fais très bien passer les messages. En tout cas, c'est parfaitement clair pour moi.
Jacques Je ne veux pas arrêter de faire ça. C'est la partie de ma vie qui est hyper importante. Ce qui est le fun avec ça, c'est que je ne me cache pas derrière. Tu sais, tu viendras à ma conférence à peu près 32 fois et tous les fois, tu aurais un message différent parce que ce n'est pas écrit sur un mur ou sur un cahier où j'ai des photos que je présente aux gens de mon voyage, de mon aventure et je livre ce que j'ai à livrer ce soir-là. J'écoute la petite voix qui entre dans de moi. J'entends mon intuition me dire qu'il y a des messages que je dois passer et je les passe.
Loïc Écouter son intuition, c'est quelque chose que tu ressens aussi dans la course à pied? Absolument.
Jacques Absolument. C'est quelque chose que je ressens même quand je suis extrêmement fatigué. J'écoute ma petite voix intérieure et cette voix-là, comme je le disais tantôt, elle existe et si ton état d'âme n'est pas bon, ça se peut que ta petite voix intérieure soit un petit peu embrouillée. Mais si ton état d'âme est bon, tu as tout le temps une petite voix qui va te guider vers la vraie bonne trajectoire que tu es supposé te prendre. J'ai vu des moments où je pleurais en pensant à mes enfants dans une course de longue distance puis pour les mêmes raisons, je riais quelques minutes plus tard. Fait que tu comprends, tu sais ça, la petite voix à l'intérieur, elle vient avec des émotions, elle vient avec une réalité humaine puis je l'écoute. Est-ce que j'ai tout terminé des courses que j'ai commencées? Non. Est-ce que j'ai réussi tous les événements comme je le souhaitais? Non. Est-ce que je suis fier de ce que j'ai accompli jusqu'à présent? Absolument. Et je vais toujours être fier. Ça, c'est quelque chose qu'on ne pourra jamais m'enlever. On peut m'enlever tout ce que je possède, mais ma fierté, qui je suis devenu comme humain, ma vie sportive, personne ne va pouvoir m'enlever ça. Et c'est de ça qui est question. À la fin, c'est de ça qui est question. La fierté. Es-tu fier de toi? Es-tu comblé par ce que tu as accompli au quotidien? Il y a quelque chose dans l'estime de soi qui est plus grand que tout ce qu'on peut posséder. Puis l'estime de soi, quand tu en as plus, ça ne va pas bien. Ça va vraiment mal. Tu pourrais avoir le plus long compte de banque sur la planète Terre et si tu n'as pas de l'estime de toi-même, tu ne pars nulle part.
Loïc Quel message tu aurais envie de passer par rapport à ça, à cette notion d'estime de soi, de fierté, avec le parcours complètement incroyable que tu as mené et peut-être pour finir sur une... C'était inspirant tout du long mais pour finir en beauté, ce serait quoi pour toi? Ce que tu aurais envie de léguer à travers ce podcast?
Jacques La vraie phrase que les Américains disent « never give up », on va dire en français « n'abandonne jamais ». « n'abandonne jamais » parce que la vie est faite de ce que tu en fais. OK? La vie, c'est nous autres qui créent au quotidien ce que nous allons être, ce que nous allons devenir. Soyez des créateurs positifs de votre vie puis vous allez voir l'estime de soi grandir, la fierté en dedans de vous grandir. Il n'y a plus personne après qui va pouvoir vous faire regarder au sol. Vous allez regarder les gens devant les yeux. L'estime de soi, c'est tellement fort. Il n'y a rien, à mon avis, qui est aussi grand que ça. Quand j'ai retrouvé la mienne après ma perte de poids, pendant ma perte de poids, parce que ce n'est pas vrai qu'elle est arrivée après, mais au fur et à mesure que j'avançais dans ma démarche, je la sentais s'installer. J'entendais les ragots le matin « le gros, il va abandonner. Le gros, il va lâcher. » Mais je n'ai jamais lâché. Puis après ça, ces gens-là, c'était « on s'ébeille, c'est un fou, c'est un fou. Il veut faire un Ironman, c'est un fou. » J'avais tellement une estime de moi forte que je n'ai pas laissé ces paroles-là me ridiculiser, me faire sentir mal. Je suis resté fort. J'ai écouté ma voix, mon estime de moi. Cette voix-là, elle est reliée avec l'estime. C'est important de canaliser ça vers l'avant. C'est ça qui nous fait nous tenir debout. C'est ça qui nous fait avancer. Mais il faut la construire. Puis pour ça, il faut commencer par comprendre qu'on est le créateur de notre vie. Créer sa vie, c'est partir à l'aventure chaque jour. C'est de refuser le confort. C'est de se rendre inconfortable au quotidien. Ce n'est pas facile d'être inconfortable. C'est facile de tomber dans notre petite zone de confort. Et tu sais quoi, le gars qui court un marathon, le confort, il est là. Il est capable de courir ça un marathon 42.2. Il va se pousser un peu, il va gager une ou deux minutes à chaque fois, il va tourner ça autour de trois heures puis il va essayer de descendre en bas de trois heures. Il va se rendre un peu inconfortable mais il connaît la distance. Il lui impose de courir un cinquant, va-t-il vouloir? Tu comprends? Sortir du confort. Oui. Se dépasser. Devenir la vraie version de nous-mêmes. Tu sais, sur moi, j'ai un bracelet qui dit la vie est trop courte pour la passer à regretter tout ce qu'on n'a pas eu le courage de tenter. Pour moi, c'est important. C'est tous les jours que je lis, tous les jours, je lis mon petit bracelet parce que c'est vrai que c'est important. On a le devoir de partir à l'aventure. Hey, arriver à l'autre bout de notre vie puis regretter. J'ai écrit une phrase d'un mandolin qui disait parce que je regardais ma belle-maman vieillir dans la peur de mourir puis je me disais j'aimerais mieux mourir en vivant hors de ma zone de confort que d'attendre la mort dans le doute le regret et la peur.
Loïc Ça me laisse un peu sans voix. C'est plein de très, très beaux messages. Ça résonne beaucoup avec moi, avec mes convictions, ce que je crois. Cette notion de vivre, partir à l'aventure chaque jour et de chercher cette zone d'inconfort quelque part pour vivre pleinement. Ça paraît un peu quand on n'y réfléchit pas trop, on pourrait se dire mais non, vivre, c'est être confortable mais je comprends tout à fait ce que tu dis quand tu parles de cette notion de rechercher l'inconfort et c'est là qu'on vit pleinement.
Jacques exactement. C'est là où on se dépasse, c'est là où on réalise qu'on a des talents très bien cachés et le dernier petit point que je peux t'apporter justement, j'en parlais ce matin sur mon Facebook, je disais aux gens que chaque homme que le créateur a fait est venu au monde avec des dons et des talents. On a le devoir de les trouver et de les utiliser. C'est important parce qu'on ne sera pas tous des conférenciers ou on ne sera pas tous des sportifs mais chacun a un don et un talent dans lui. On a le devoir de s'en servir pleinement pour se réaliser. Si on l'a en dedans de nous, il attend juste de ne pas mourir à l'autre bout et être inutilisé.
Loïc Oui. Écoute, Jack, j'espère que à travers ces paroles, tu auras inspiré nos auditeurs, auditrices à partir en quête de leurs propres talents et à faire en sorte que chacune de leurs journées soit une véritable aventure. j'ai adoré notre conversation. Un grand, grand merci pour ton énergie, pour t'être ouvert et avoir partagé aussi pleinement ton parcours de vie. Je mettrai des liens dans la description de l'épisode vers ton site et ta page Facebook pour les gens qui voudraient continuer de te suivre et je te dis à nouveau un très, très, très grand merci pour ton temps et tout ce que tu as bien voulu partager avec nous aujourd'hui.
Jacques ça fait un plaisir Loïc de partager avec toi et avec tous les gens partout qui vont écouter ce podcast. J'espère que encore une fois ça sera un autre petit leg qui servira.
Loïc Merci Jacques. Merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout. J'espère qu'il vous aura intéressé, même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso. Je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires, vos feedbacks, vos suggestions d'invités également directement par email et la contacte arrobase lesfrappés.com Et enfin, si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure, n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire. Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao ! Sous-titrage ST' 501
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