Les Frappés

Découvrir le Kirghizistan en ski de randonnée avec William Mader

William Mader Season 4 Episode 160

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William Mader est un ancien skier professionnel.

Il est récemment parti en expédition hivernale pour se frotter aux pentes vierges des montagnes 🏔️ du Kirghizistan.

Son récit est une véritable invitation à la découverte de nouvelles cultures, à la transmission et à l’exploration.

Préparez-vous pour un voyage auditif 🎧 au coeur d’un pays aussi chaleureux que glacial.

En route pour le Kirghizistan 🇰🇬

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👉 Épisode #152 - Éloge du voyage lent et du cyclotourisme 🚲 avec Florian Coupé
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Musique Musique

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Eliam Mader est un ancien skieur professionnel. Il est récemment parti en expédition hivernale pour se frotter aux pentes vierges des montagnes du Kirghizistan. Son récit est une véritable invitation à la découverte de nouvelles cultures, à la transmission et à l'exploration. Préparez-vous pour un voyage auditif au cœur d'un pays aussi chaleureux que glacial. En route pour le Kirghizistan

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suis William Madère, je suis mi-aussaboyard, mi-alsacien, donc je suis originaire de Haute-Savoie, à côté du Grand Bornand à l'Aclusa, dans la vallée, et alsacien, parce que malheureusement, quand j'ai eu 15 ans, je suis, mes parents, mon père est alsacien, et on a eu l'occasion de retourner en Alsace, donc j'ai quitté le milieu de la montagne, mais sans vraiment quitter la montagne. Donc voilà, et pendant plusieurs années, j'étais sur le Free Hard World Tour Qualifier, donc je faisais des compétitions de Je préaille à haut niveau pendant 5-6 ans à travers toute l'Europe. Et puis, j'ai arrêté depuis 5-6 ans parce que je me suis concentré sur ma carrière pro. Parce qu'à côté, je suis un petit juriste. Et en parallèle, maintenant, je vais découvrir les montagnes, faire pas mal de ski de rando, de l'Alpi. Et puis, je pars en expédition. J'essaie de faire des petites expés une fois par an, notamment avec un ami. Donc voilà, tu sais à peu près tout qui je suis et donc cette année il a été décidé de partir au Kyrgyzstan et donc la question c'est pourquoi alors le Kyrgyzstan déjà pour le situer c'est compliqué il y a peu de monde qui dit mais où est ce pays donc c'est pas très loin de la Mongolie et j'ai décidé de partir parce que en fin d'année j'ai vécu des trucs pas très cool et puis mon body avec qui je pars en expé régulièrement s'est cassé le tibia je me suis retrouvé un petit peu tout seul en me disant mince en fait William tu ne vas pas rester à bader chez toi et à ne rien faire donc j'ai commencé à réfléchir qu'est-ce que je pourrais faire et donc il y a eu deux grandes idées majeures c'était d'aller en Alaska faire du freeride avec des hélicos à l'américaine et descendre des énormes trucs et ou partir dans le cachemire indien mais dans tous les cas c'était avec des hélicos etc et puis ça ne me correspondait pas trop et puis je suis tombé sur une pub à travers une agence de voyage que je connais qui est basée sur Annecy qui proposait de partir au Kyrgyzstan à la découverte de ce pays, de ces belles montagnes puis en creusant tu tapes le Kyrgyzstan, tu regardes un petit peu les photos et tu te dis en fait il y a des énormes trucs à aller chercher et là c'était axé quand même vachement plus nature un vrai début de petite expédition au milieu de nulle part, dans un pays que pas grand monde connaisse avec peu d'infrastructures et je me suis dit c'est ce qu'il me faut finalement, pourquoi pas se lancer dans l'aventure, donc je les ai appelés pour leur parler de ma situation aussi de mon niveau parce que j'avais un peu peur de pas trop correspondre à l'idée du voyage et puis finalement j'ai arrêté de me poser trop de questions et je me suis dit feu je pars, allez ça me correspond bien l'idée de faire de la rando en pleine nature dans ce pays au milieu de nulle part de prendre des chevaux de commencer à vivre une vraie aventure et puis de se déconnecter un peu je me suis dit je me lance et donc c'est comme ça que je me suis retrouvé au Terminal 1, à Charles de Gaulle, à partir pour le Kyrgyzstan, tout simplement. c'est un séjour qui se prépare longtemps à l'avance. Moi, je l'ai préparé déjà physiquement, je l'ai préparé dès le mois de décembre en partant skier tous les week-ends, en allant en refuge, en faisant beaucoup de randonnées. En moyenne, c'était clairement indiqué qu'on allait faire du 1000 de dénivelé, voire plus. Donc, l'idée était d'être en forme physique et il y a le froid parce que le Kyrgyzstan, en moyenne, les températures, c'est du moins 20 degrés. On a eu de la... Ce n'est pas le cas maintenant, malheureusement, mais on a eu la chance en janvier d'avoir des conditions un peu extrêmes au niveau de température et tu vois je suis allé sur le glacier d'Alec en Suisse derrière Grindelwald tout un week-end dormir en refuge non gardé et il faisait moins 20, moins 25 et donc là ça a été une première déjà une belle expédition le temps d'un week-end où ça a été dur physiquement parce que c'était très long il faut monter tout le glacier et dur en termes de froid, il faisait super froid donc ton corps est pas habitué et puis grâce à ça en fait en faisant ça un peu tous les week-ends, et puis en sortant aussi de mon confort, je suis arrivé au Kyrgyzstan assez préparé physiquement, en forme physique, j'avais les jambes, et puis j'étais prêt à surmonter le froid, sachant qu'en partant, en France, il faisait déjà 10-15 degrés, donc il faisait super doux. Puis après, tu as la partie matérielle, quand tu pars dans ce genre de pays, il faut tous tes vêtements techniques, anti-froid, tes combis, les skis, tu dois choisir quel type de ski tu prends, large, pas très large, il neige beaucoup au Kyrgyzstan, donc on est sur des belles, enfin, il y a quand même en moyenne 50 cm de neige fraîche, donc il fallait plutôt des gros skis, tu prends aussi ton équipement anti-avalanche, parce que c'est un pays, c'est une zone assez compliquée en matière d'avalanche, où là-bas, ça peut partir très vite, c'est assez instable, et quand ça part, c'est toute la montagne qui part, et du coup, il faut être très vigilant, il nous on appelle ça des coupes, il faut à chaque fois que tu prends une face ou une montagne, tu essayes d'analyser le manteau neigeux pour savoir s'il est stable ou instable, de manière à savoir plus ou moins où tu mets les pieds, et puis avoir ton équipement anti-avalanche, un sac à dos ABS, c'est important parce que au moins si tu es pris dans une avalanche, tu te laisses la possibilité de pouvoir déclencher ton ABS, c'est un gros coussin qui se remplit d'air et qui te permet d'être maintenu un petit peu à la surface, donc c'est une aide supplémentaire et l'anecdote c'est que je suis parti avec Turkish Airline et Turkish Airline quelques semaines avant de partir a décidé d'interdire en fait ton sac ABS est actionné par une petite bonbonne d'air que tu vises au système dans ton sac à dos et au moment où tu le déclenches, il remplit les coussins d'air et eux ont interdit de mettre la petite bonbonne dans les valises en soute et 10 jours avant que je parte il y a des français qui sont partis et on a appris qu'ils ont mis les bonbonnes en soute ils ont quand même testé et en fait Turkish Airline a ouvert les valises a retiré les bonbonnes avec un message ils ont juste mis un papier en indiquant c'est interdit au sein de la compagnie aérienne si vous voulez récupérer vos bonbonnes d'air vous avez 15 jours pour les récupérer sauf que les mecs ils ont débarqué au Kyrgyzstan sans leurs bonbonnes et donc du coup leur sac à dos ABS il sert à rien sans bonbonnes donc pas très cool pour optimiser ta sécurité. Donc, en matière de logistique, il y a tout ça à penser. Je suis parti avec à peu près 60 kilos de matériel, tu vois, entre la housse des skis, une valise avec tout ton matos dedans, plus ton sac à dos. Donc, ça en fait pas mal. Et tu dois tout penser. Tu dois penser, s'il y a de la glace, il te faut au moins un piolet, des crampons. En termes de nourriture, tu fais beaucoup de skis de rando, donc tout ce qui est barres énergisantes, tu vas pas trop trop en trouver là-bas, donc il t'en Il faut, en gros, toutes tes petites habitudes que tu as ici en Europe, il faut y penser pour savoir est-ce que tu emmènes telle chose ou telle chose pour garder tes habitudes là-bas. Moi, par exemple, j'ai ramené énormément de barres et des trucs énergisants parce que je sais que je ne les trouverai pas là-bas et que j'ai envie de les avoir si je pars sur une grosse ascension et que j'ai besoin de force. Donc, j'ai amené, c'est très drôle, mais j'ai amené, enfin drôle ou pas, mais j'ai amené plein de pommes potes. Je n'avais pas trouvé des pommes potes au Kyrgyzstan, mais les pommes potes ça fait énormément de bien et du coup j'ai pris des pommes potes ou des climb des grosses barres qui te tapissent l'estomac ce qui permet de bien pas trop manger durant la journée ou quand t'as pas de sandwich tu prends tes grosses barres climb et là avec ça t'as plus faim et après t'as toute la logistique du séjour c'est à dire vérifie tes itinéraires où est-ce que tu vas comme je faisais 10 jours avec l'agence et puis 4-5 jours tout seul il fallait que je sache il fallait que je commence à m'organiser pour savoir à quel endroit je commence à quel endroit je termine et puis et puis après les 5 jours et 4 jours tout seul comment je les passe est-ce que je peux être accompagné ou pas il fallait que je contacte l'agence locale qui organise qui prenait en charge le voyage parce que c'est une agence française qui vendait le voyage mais le guide était est russe et on avait un interprète francophone qui lui du coup s'occupait de la gestion du voyage et je pense que l'agence d'Annecy a sous-traité la mise en place de ce voyage avec lui et donc il fallait mettre en place tout ça pour être sûr que je parte avec tous les paramètres au vert à la fois que tout le matériel soit préparé et en bon état et clean et puis aussi un peu au niveau du séjour qu'est-ce que tu vas faire où est-ce que tu vas est-ce que tu as besoin de choses ou ou non. Et au final, ce qui est très drôle, c'est que rien ne s'est passé véritablement comme prévu. Finalement, on n'a pas commencé par la fin. Ce qu'on devait faire à la fin, on a commencé par le début et inversement. Et du coup, ce séjour a été un des mots clés. C'était l'adaptation totale. C'est-à-dire, tous les jours, on avait prévu un truc, finalement, on ne fait pas spécialement ce qu'on avait prévu. Et donc, il faut avoir cette capacité. Il ne faut pas être trop rigide. Tu vois, il faut avoir cette capacité à être ouvert d'esprit en disant OK, ce n'est pas grave. Bon, tu vois moi je devais finir à Girgalan plusieurs jours et quand j'y pense ça aurait été incroyable finalement j'ai fini dans une vallée une des plus arides du séjour bon au final j'ai surkiffé et j'ai fait des choses avec des gens que j'aurais peut-être pas fait si on avait suivi le schéma classique les pays qui finissent en ce temps moi ça m'évoque l'aventure ça m'évoque les pays froids les grandes montagnes des pays très grands où tu mets des mois et des mois à tout visiter. Et surtout, un peu, tu vois, les anciens pays de l'ex-URSS méconnus, avec peu de touristes, peu d'infrastructures. Pour moi, c'est un peu des pays plutôt pauvres qui ne sont pas très développés et en même temps qui attirent beaucoup de montagnards, d'alpinistes et de skieurs. Donc, c'est d'ailleurs... pour ça que j'ai choisi ce pays et d'avoir, pour moi, tu sais, le Kyrgyzstan, c'est sur la route de la soie, donc avec cette ancienne, tu as certes une imprégnation russe, mais pour moi, c'était cette ancienne culture mongole que j'avais envie de découvrir et de voir si elle était toujours présente. Et donc, en arrivant sur place, enfin, avant d'arriver sur place, tu fais Paris, Istanbul, tu es obligé de faire une escale à Istanbul. Et moi, à Istanbul ça a été une première claque c'est à dire j'ai découvert que j'ai jamais fait de transit à Istanbul et ils ont construit déjà un énorme hall sur deux étages hyper moderne avec tous les magasins de luxe de toute la terre tous les produits d'alimentation que tu veux donc déjà là tu te fais wow c'est assez fou ce qu'ils ont mis en place et c'est un vrai carrefour pour tous les pays de l'Est donc en fait tu peux te poser deux minutes Même, tu peux te poser pendant des heures à juste regarder les gens et voir ce melting pot de personnes qui viennent de tous les pays, des Indiens, des Pakistanais, des Russes. C'est assez hallucinant et moi, ça a été une première belle claque, ça m'a marqué. J'étais perdu là, au milieu de tout ça, j'avais les yeux grands ouverts et je regardais à droite, à gauche, je regardais les gens et je disais« Waouh

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Où est-ce que j'ai atterri

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Ce n'est pas Istanbul, c'est ouf

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» Après, tu fais Istanbul Bishkek, la capitale, et tu reprends un autre choc dans le visage. C'est-à-dire, là, tu retrouves des gens qui partent en expédition. Tu les reconnais avec leur sac Norface et autres marques de ski. Là, il y avait des Américains, des Espagnols que j'ai d'ailleurs retrouvés durant le séjour. Plein de gens venant d'ailleurs qui vont dans le même pays que toi. C'est super cool parce que tu te dis, en plus, que tu n'es pas tout seul. Plus, des Russes et des Kyrgyz. Et pour la petite anecdote, j'étais assis à côté d'un mec, c'était une armoire à glace, il avait deux bras, enfin, ses bras, il faisait deux à trois fois la taille de mes bras, pourtant je ne suis pas non plus maigrichon, et le mec était posé sur son siège pendant, on a quoi, je crois qu'on a cinq heures de vol, ou six heures de vol, et en fait, tu sais, il avait les coudes sur le côté, moi je voulais juste dormir et poser un petit peu mon coude, laisse tomber, il ne bougeait pas d'un poil, je du coup j'ai utilisé la petite technique qu'on connait tous où tu pousses un petit peu avec ton coude sur le côté pour qu'il bouge un peu le mec ne bougeait pas et ça faisait vraiment cette image tu sais là du Kyrgyz russe costaud un peu le mec tu vois le boxeur qui s'entraîne dehors à soulever des pneus à moins 20 degrés et là déjà j'avais un peu une première image en me disant ok les types au Kyrgyz ils sont costauds ils rigolent pas après quand t'arrives au Kyrgyzstan c'était très beau c'est le matin et tu survoles un petit peu la plaine autour de la capitale et là tout était blanc donc j'avais un peu l'impression d'être en Sibérie j'ai eu l'occasion de survoler plusieurs reprises la Sibérie et tout est blanc plat et bah là c'est exactement pareil donc avec le soleil c'était très beau puis on arrive à l'aéroport et là la porte s'ouvre et là tu te prends un pic de température le moins 20 qui arrive dans ta face je peux te dire qu'il te réveille que t'es dormi ou que t'es pas dormi et et là t'arrives dans un aéroport style ex-URSS carré, très austère avec une énorme hauteur sur plafond tu te demandes d'ailleurs comment il chauffe tellement le bâtiment il est grand et là tu rencontres les premiers qui rguisent bon c'est essentiellement les gens de la douane donc c'est pas le truc le plus fun mais c'est des mecs avec les énormes chapeaux russes les énormes manteaux de fourrure t'as presque l'impression que c'est le KGB qui t'attend et qui va te retenir pendant des heures à te poser plein de questions en russe alors que tu parles pas russe mais voilà mais sinon ça s'est bien passé à l'arrivée ils ont été très sympas parce qu'en fait quand t'es français t'as pas besoin de visa donc tu passes assez facilement ils te demandent juste si t'es là pourquoi t'es là et puis après tu vas tranquillement récupérer ta valise alors quand t'es skieur c'est toujours le moment le plus stressant parce que t'as fait un transit et quand tu pars en expé t'attends que tes skis et ta valise arrive à bon port donc c'est le moment où tu stresses un peu parce que tu te demandes s'il y a tout qui arrive et surtout si ça n'arrive pas le problème c'est que nous on partait sur directement 6 heures de voiture pour rejoindre Caracol et la vallée de Girgalan et donc il n'y a pas de magasin de ski sur la route donc tu as intérêt que ton matériel arrive correctement mais tout est arrivé correctement et moi j'ai testé avec mes petites bonbonnes d'air en soute en cadenassant mes valises valise, et ça n'a pas été ouvert, donc j'ai en plus récupéré tout mon matériel anti-avalanche, donc plutôt très content, et puis après, comme je commençais le séjour avec le groupe, c'était retrouvaille du groupe pour le séjour, on ne s'était jamais rencontrés avant, on avait juste un groupe WhatsApp pour un petit peu échanger et préparer le séjour, sachant que c'était que des Français, mais qui venaient de tout horizon, il y en avait qui venaient d'Annecy, il y en avait qui venaient de Lyon, enfin voilà, un peu partout, mais des passionnés de montagne, et donc on se retrouve avec notre guide et interprète, et puis première rencontre, donc on se présente, sachant que tout le monde était parti seul, à part deux amis, deux collègues de travail, deux médecins, donc les autres ne se connaissaient pas du tout. Il faut savoir qu'il y a quand même 5 heures de décalage horaire, donc t'es un peu KO quand t'arrives, on est parti sur 6 heures de route donc on n'a pas trop discuté mais tu fais les petites premières présentations tout le monde est content d'être là donc il y a une good vibe tu vois donc c'est plutôt cool Une fois qu'on a retrouvé toute l'équipe et puis notre guide et interprète, on monte dans un... Alors comment décrire ça

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C'est pas un 4x4, c'est un énorme 4x4. Tu vois, il y avait 6 places à l'intérieur, il y en avait une autre voiture où là c'était un petit 4x4 et tu pouvais mettre encore des gens dedans. Tu mets tout le matos, toutes les housses de ski, etc. sur le toit où tu tiens le tout par des cordes. Donc déjà, ce qu'on ne fait pas ici en France

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et puis tu fous tout le monde dedans donc effectivement c'est un gros 4x4 un peu à la soviétique montée tout terrain, un peu customisé avec des énormes ressorts, des énormes roues en gros t'es sûr que tu peux traverser des rivières avec ça, y'a aucun problème et c'était notre guide russe qui conduisait le mec c'était Sébastien Loeb local je te jure je te raconterai plus tard on s'est retrouvé dans des endroits où il fallait passer des rivières gelées le mec il passait sur des trous, les 4x4 qui ne bougeaient pas. C'était un énorme truc. C'est cool en réalité parce que les routes là-bas ne sont pas comme chez nous. C'est plutôt comme les routes au Pakistan où c'est des routes, c'est de la terre et quand tu n'as pas de trous, tu es content. Et on part direct, pas le temps. On part sur 6 heures de route direction Karakol, une ville plutôt au nord-ouest du Kyrgyzstan pour rejoindre la vallée de Jirgalan. Une vallée qui est juste incroyable C'est pour le moment un de mes coups de cœur. Je vais souvent dire incroyable parce que c'est génial. Quand ça m'a vraiment marqué, je n'ai pas d'autres mots. Et donc, on part sur six heures de route et là, tu découvres... Déjà, tu traverses la capitale. C'est un choc de culture. Tu vois des chevaux et des vaches au milieu de nulle part, au milieu de la route. Il faut savoir qu'au Kyrgyzstan, ils vivent comme en Mongolie. C'est-à-dire l'été, ils ont énormément de chevaux... l'état naturel, ils ont des brebis, des vaches, et l'hiver, comme il fait froid, ça aussi, c'est impressionnant, soit ils les laissent en pleine montagne, d'ailleurs, tu te dis, mais comment ils font pour survivre

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Ou, ben, ils descendent le tout en bas dans les vallées, et donc, à Bishkek, dans la capitale, tu vois, c'est pas étonnant de retrouver des chevaux en état naturel, vivre leur vie au milieu des ronds-points. Puis, pareil, au niveau des voitures, tu vois, c'est des voitures des années 60, des vieilles Mercedes, et puis, après, tu as encore toute cette chaîne de montagne qui te poursuit. Donc, tu fais six heures de route, tu es un peu KO, tu passes entre des moments où tu dors, des moments où tu discutes, puis des moments où, en fait, juste tu regardes le paysage et puis tu te laisses faire. Tu commences à être déconnecté et puis attiré par ces hauteurs. On traverse un des lacs, c'est le deuxième lac le plus grand du monde, le deuxième lac le plus grand du monde, le lac de montagne, qui est perché à 1700 mètres d'altitude, grosso modo, et il fait 180 kilomètres de long. c'est impressionnant, tu longes ce lac, et donc tu as un lac à ta droite, pour eux, c'est la plus grande réserve d'eau du pays, sans ce lac, ils ne sont plus rien, et donc c'est impressionnant de voir, tu vois, ce paysage aride, toutes ces montagnes tout autour, et puis pouf, un énorme lac que tu longes tout au long, puis tu arrives tout doucement, et les routes montent très hautes, enfin c'est très très haut, donc ce qui fait que tu vois, le lac est à 1600, mais à un moment donné, on s'est arrêté sur une aire d'autoroute pour juste... prendre un café, etc., et t'étais à 2200 mètres d'altitude. Je crois que chez nous, je crois pas que ça existe, une aire d'autoroute à 2000 mètres d'altitude. Donc, ce trajet était très intéressant, et puis, tu vois un petit peu les maisons, tu vois, tiens, là, il y a des yourtes, et puis, tiens, là, c'est pure installation soviétique. Ils ont des... Dans ce pays, ils ont des jeux olympiques, on va dire nomades. Donc, c'est pas les mêmes jeux que chez nous. Un des sport les plus connus c'est comme du polo sauf que tu retires la balle et à la place de la balle c'est une chèvre morte et donc le but du jeu c'est de choper la chèvre et puis l'équipe doit mettre la chèvre dans un but qui est un trou et bon tradition existe c'est que les gagnants à la fin mangent la chèvre dit comme ça c'est pas ouf ouf mais donc tout au long de cela ils ont construit des installations ultra modernes pour accueillir ces jeux qui a lieu je crois tous les deux ans et là c'était année, c'est en Turquie. C'était intéressant, tu vois, de voir tout ça, et puis t'arrives à Karakol, une grande ville, mais pas jolie du tout, tu vois, à la russe totale, où les bâtiments sont pas beaux, on est arrivé, il faisait gris, il fait froid, et on était dans une guesthouse, donc ça, c'était très sympa, parce que c'est ta première nuit, t'as envie de te reposer, parce que tu sais que le lendemain, t'es direct dans le dur, et et là tu découvres, donc on va se faire un gros repas, un gros resto, et là on découvre la nourriture qui existe, qui est à la base de viande, et très peu de légumes. Donc première découverte avec des grosses raviolis à la viande, et puis en même temps tu te dis, il fait froid, il y a de la glace partout, comment ils font pour garder des légumes ou d'autres produits, et là tu comprends qu'en fait ils n'ont pas, à part de la viande, ils n'ont pas grand chose d'autre, il y a énormément de de pâtes de pain et ils mettent un petit peu de légumes dedans mais c'est limité à des pommes de terre des navets et des carottes voilà donc j'ai mangé ça pendant 15 jours donc ensuite on poursuit bonne nuit de sommeil on prépare tout le matériel et puis le lendemain on reprend la voiture et direction Girgalan et donc t'arrives au fin fond d'une vallée il y a un village 10 maisons on dormait chez l'habitant, et de là, c'était un peu notre camp de base, pendant 5 jours, où le matin, tu prends tes skis, et puis tu pars à l'ascension d'une des montagnes qui est autour, et il faut savoir que Girgaland, c'est assez connu, il y a beaucoup de touristes, que ce soit l'été ou l'hiver, qui vont là-bas pour découvrir cette magnifique vallée, et cette vallée, en fait, elle se divise en 4 sous-vallées, avec des montagnes qui montent à plus de 4000 mètres d'altitude, dont un camp d'urte qui est à 3000 mètres. Donc, tu vois, les possibilités d'exploration sont incroyables. En termes d'aventure, t'es en plein dedans. Niveau sécurité, t'as zéro. C'est-à-dire, si t'arrives à un accident, t'as pas de secours, t'as pas d'hélicoptère qui vient te chercher sous 40 minutes. Et puis, la ville la plus proche qui est Caracol, qui est quand même à plus d'une heure et demie de route, où la route est pas facile, avec des trous partout et une vraie route de montagne. Donc, tu... Quelle, tu vois, ambiance. Et en même temps il avait neigé juste avant de venir 40 cm donc c'était tout blanc partout de la neige fraîche et en bas juste derrière le village tu as des sapins donc c'était des petites collines avec plein de petits sapins puis tu montes ces collines et puis là t'as toutes les vallées qui s'ouvrent à toi avec que des montagnes qui vont à 4000 mètres d'altitude et puis là tu te dis bon bah voilà ça c'est mon terrain de jeu pendant 5 jours et on y va et donc on a arrivé à midi on a fait une une petite rando tranquillou pour justement analyser toutes ces phases, prendre connaissance un peu de la neige, voir un peu le montagneux jeu, comment il est, puis prendre connaissance du niveau du groupe. C'est ça qui était important. On avait un guide, un assistant guide pour 8 personnes. C'est énorme. D'habitude, en France, tu n'auras jamais des groupes de 8 personnes avec un guide. Généralement, il faut diviser en deux. Même pour le guide, ce n'était pas évident de trouver la bonne face, la bonne montagne pour emmener tout le monde en sécurité. et puis on a découvert cet endroit tous ensemble et puis le soir on est retourné dans la maison on dormait chez l'habitant, c'était un couple qui avait mis en place on va dire qui avait beaucoup de chambres, qui avait une grande maison et donc on logeait dedans, ils nous préparaient le dîner, le petit déjeuner ils avaient deux enfants, deux petits bouts de choux de deux ans, très très adorables et puis ils accueillaient tout au long de l'hiver des skieurs, ils vivaient de ça donc ça permet également de voir tu vois la première destination et donc du coup la première étape du séjour pardon et donc également de voir comment ils vivent l'hiver vu que c'est assez rude qu'est-ce qu'ils font comment ils vivent dans ce village et puis après il y a tout l'aspect sportif et puis petite particularité c'est que alors tu vois c'est essentiellement que des fermiers il y a une dizaine de maisons quelques yourtes et un camp Red Bull. Ça, c'était improbable. C'est un camp Red Bull, mais c'est privé. C'est des mecs qui proposaient à la journée de prendre des motoneiges et des rat-tracks et d'emmener à 3000, 3500 sur des zones un peu réservées. Ils sont un peu organisés entre les guides pour laisser les zones pures ski de randonnée où ils ne vont pas nous déranger et une zone où eux, ils peuvent jouer dedans et emmener des gens qui ne veulent faire que du freeride. Ce n'est pas du tout écolo-responsable. parce que tu dépenses du pétrole, quoi. Mais voilà, c'était intéressant, parce que nous, on avait une personne dans notre groupe qui s'était fait une hernie discale, ou un début d'hernie discale avant de venir, il est quand même venu, et il a essayé de la rando, ça n'allait pas, heureusement qu'il y avait ses excursions en motoneige et en rattraque, parce que pendant 4 jours, il a quand même pu profiter de la région en faisant des sorties avec eux, sinon le pauvre, il aurait été bloqué dans le village à rien faire pendant 4 jours. Voilà, le début de notre séjour a commencé comme ça, avec la découverte de ce village et de Girgaland. Et puis après, il y a eu plein de choses. La chance qu'on a eue, c'est de pouvoir loger chez l'habitant pendant ces quelques jours. On m'avait prévenu que les Kyrgyz, ils sont très froids d'apparence. En même temps, c'est un pays froid. Mais ils sont énormément accueillants. C'est fabuleux d'avoir cet état d'esprit. C'est-à-dire, quand ils t'accueillent chez eux, le dîner, C'est l'enfer, parce que pour eux, il faut que tu manges, il faut un bon accueil, sur la table, il faut que les plateaux soient garnis, et que tu sois au chaud, et que tu manges bien, et que tu sois content, que tu rigoles, et qu'il y ait une bonne ambiance. Et c'est vrai que pendant 5 jours, tu vois, on a eu cet accueil-là, tous les soirs, tous les matins, où en fait, on a trop mangé, on n'était même plus habitué à manger autant, et c'est quand même de la nourriture un peu grasse, etc., etc. Parce que, justement, les personnes qui nous accueillaient avaient à cœur de préparer tout ça. Donc, tu te poses un petit peu, puis tu regardes comment ils fonctionnent, et c'est là où tu as un choc de culture. Parce que, en fait, les femmes étaient du matin au soir au fourneau. Le matin, elles préparaient le petit déjeuner. Une fois que le petit déjeuner était terminé, elles rangeaient un petit peu la maison, elles s'occupaient des enfants. Donc, quand je dis les femmes, c'est qu'en fait, il y avait donc l'épouse du propriétaire et puis la maman du propriétaire c'était ces deux personnes là qui s'occupaient qui faisaient à manger tous les jours et moi ça m'a choqué parce que en fait tu sais la première fois tu te dis bon d'accord je comprends on vient d'arriver elle prépare un super repas d'accord mais en fait au bout de 2-3 jours tu te dis mais attends elles font ça tous les jours quoi et puis quand on a passé on est passé chez d'autres personnes chez l'habitant bah c'est pareil et donc tu je comprenais pas trop au début je me il me dit, mais attends, son mari, il fait quoi

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Là, en l'occurrence, ils ne sont pas bergers, ils ne sont pas fermiers, ils accueillent juste des gens. Mais en fait, c'est leur culture. Leur culture, c'est vraiment les femmes sont au fourneau et elles font à manger, et éventuellement, le mari, quand il a fini ses tâches, ou s'il est fermier, après avoir donné à manger aux bêtes, il peut un petit peu aider, mais son mari, je ne l'ai jamais vu au fourneau. Par contre, quand il fallait mettre les gros sacs sur le camion, là, il était là et il nous a aidés. Donc, c'était assez surprenant. Et puis, il y a un côté énormément bienveillant. Il y avait plusieurs personnes qui, au bout de quelques jours, étaient tombées malades. Et en fait, elles prenaient à cœur, elles essayaient de lui donner des médicaments, savoir si ça allait, qu'est-ce qu'il voulait manger. Moi, ça m'a touché. Ça m'a touché en me disant, mince, par rapport à notre système chez nous, en Europe, eh bien, ils sont vachement reculés. La place des femmes, je pense que c'est un vrai débat et en même temps, quand tu les regardes, elles ne sont pas malheureuses, elles ne se plaignent pas et je pense qu'elles ont juste l'habitude que c'est leur culture, c'est leur manière de fonctionner et ça leur convient. C'est juste que nous, comme on est tellement avancés, la place des femmes est tellement importante, on est tellement sur une vision aujourd'hui égalitaire que moi, ça m'a marqué, tu vois, de me dire mais attends, mec, je ne sais pas, à un moment donné, aide-les. Même moi, à un moment donné, j'y suis allé parce que j'en avais marre de juste jouer au Uno et boire des bières, et ça me faisait de la peine de les voir autant travailler de préparer à manger, et personne ne les aidait. Donc ça, c'était, on va dire, le premier choc culturel, et puis moi, le soir, tu vois, je restais un peu tard, et puis je notais un petit peu dans un bouquin que d'ailleurs on m'avait offert pour que je note un petit peu ce que j'ai vécu durant la journée et puis en fait la maman du propriétaire restait aussi tard et c'était trop mignon parce qu'en fait quand il n'y avait personne elle prenait son téléphone portable et puis elle essayait d'apprendre l'anglais donc elle avait une application et elle faisait du pain le soir et à côté du coup tant que le pain chauffe elle apprenait l'anglais puis elle essayait de parler et puis tu vois au bout de 2-3 jours elle est venue me voir et elle essayait de parler anglais donc il y avait encore une fois une barrière de la langue personne ne parlait ne parler anglais, essentiellement que russe. Donc, nous, dans le groupe, on a eu la chance d'avoir une personne qui parle russe et notre interprète. Donc, la communication avec le reste du groupe, clairement, c'est zéro. Et du coup, cette mamie, pour le coup, voulait parler anglais. Je pense qu'elle avait peur de faire des erreurs, de ne pas tester. Et moi, j'ai trouvé ça adorable qu'elle vienne me voir le soir parce que j'étais aussi tout seul et qu'elle me pose des questions sur ma vie en anglais et que mal malgré les fautes, malgré l'absence de mots, etc., on est réussi à échanger, et puis je lui disais, tu vois, à la fin, qu'il fallait qu'elle continue, parce que c'est comme ça qu'elle va s'ouvrir au monde, qu'elle va s'ouvrir à d'autres personnes, et quand ton métier, c'est d'accueillir des touristes, je trouve ça hyper important de pouvoir parler anglais, mais voilà, encore un truc chez nous, ça se pose pas, la question, on va à l'école, on apprend plusieurs langues, que ce soit l'espagnol, l'anglais, l'allemand, ben eux, non, enfin, à l'école, ils apprennent le kirghiz et le russe. Donc, les gens, toute la partie, la partie du monde, l'autre partie du monde qui ne parle pas russe, c'est même, par exemple, t'es espagnol, tu parles que espagnol, italien, tu parles pas anglais, tu parles pas allemand et tu parles pas russe, mais en fait, t'as pas de communication avec eux. Donc voilà, ça, c'était des éléments qui m'ont un petit peu marqué. Et puis, au-delà de ça, tu vois, dans ce village, c'était très drôle. Les vaches se promènent dans la rue, elles sont en liberté. Tu vois des femmes qui, en plus de s'occuper de la maison et de la nourriture, vont s'occuper des bêtes. Et en fait, les hommes ont plus des tâches de réparer la maison, de mettre en place les yourtes. Et je crois même que j'ai eu l'impression qu'en fait, l'hiver, il fait tellement froid que les hommes ne travaillent que quelques heures et puis le reste du temps, ils restent au chaud. C'est une culture qui est vraiment différente. Sur le principe, les Kyrgyz, une grande partie sont musulmans, donc certains pourraient assimiler ça à la religion, mais en fait, pas du tout. C'est vraiment leur manière de vivre et ça n'a rien à voir avec la religion. D'ailleurs, on s'est posé la question s'ils étaient vraiment musulmans, parce qu'on les a jamais vus vraiment aller à la prière ou quoi que ce soit. Et puis, c'est un pays qui est vraiment divisé par cette culture mongole, russe, et est musulmane, donc il y a un mix des trois, et il n'y a pas une vraie imprégnation, on va dire, de style de vie qui est liée à la religion. Un autre aspect qui m'a marqué, c'est que quand je suis parti au Tirsistant, j'ai voulu amener avec moi des stylos, des chaussettes, des crayons, des trucs pour les enfants. Parce que ne connaissant pas le pays, mais sachant que c'est un pays relativement pauvre, je me suis dit, ils n'ont peut-être pas grand-chose, donc amène un peu des trucs avec toi pour leur donner. Du coup, dans la maison où on était, il y avait deux petits-enfants de 3 ans, et un soir... j'avais perdu mon stylo pour écrire et je lui demande« Est-ce que vous avez un stylo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

» Et en fait, pendant 10 minutes, elle a cherché un crayon et elle n'avait pas de crayon. Donc, on a retrouvé mon stylo et je me suis dit« Waouh

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

» Donc, même chez eux, là, maintenant, les gamins, s'ils veulent dessiner, vu que tu arrives sur 3-4 ans, c'est le moment où les gamins dessinent, là, non. En fait, ils ne peuvent pas. Donc, je leur ai donné ce que j'avais apporté et en fait, les gamins sont devenus devenu fou. C'est-à-dire, ils ont découvert des stylos, des crayons, des petits livres. J'avais amené un livre, tu vois, où tu pouvais reprendre des oursons en mode calque et tu pouvais dessiner. Et en fait, ils ont passé pendant 4 heures surexcités à découvrir ce que je leur avais ramené. Donc moi, ça m'a vachement touché. J'étais très content. Mais j'étais en même temps triste parce que tu te dis que tu es au fin fond d'une vallée et puis en fait, les enfants m'ont n'ont pas la même chance que nous, on a en Europe, d'avoir, en fait, tout à disposition. Et eux, pour jouer, tu vois, le soir, c'est pareil, c'est ouf. Donc, ils n'ont pas de stylo, ils n'ont pas de bouquin. Mais par contre, la maman a un iPhone. Donc, pour occuper les gamins, on leur mettait des dessins animés via la connexion. Et puis, les gamins, en mangeant, ils regardaient le dessin animé. Et tu vois, je ne comprenais pas. Je me dis, mais la barrière, elle est énorme. Acheter des bouquins... enfin, cultivez vos enfants, apprenez-les quelque chose au lieu de les mettre devant un écran et de regarder des dessins animés. Et partout où on allait, effectivement, il n'y avait pas cette culture qu'on pouvait avoir de bouquins, de raconter des histoires aux enfants, de les voir dessiner, etc. Et donc, c'est intéressant de le voir. En même temps, moi, je trouve que ça me rendait un peu triste. Et d'un autre côté, tu vois, j'ai presque envie de dire, en fait, à tous les touristes qui vont découvrir le Kyrgyzstan, qu'un peu amener des choses avec vous, des choses que vous avez à la maison que vous n'utilisez plus parce que eux, on en a besoin et ça leur permet aussi de découvrir de nouvelles choses et de l'ouvrir leur esprit. C'était le petit moment où j'étais content d'avoir trimballé avec moi des petits trucs pour les enfants et en même temps de te dire merde, on n'a pas la même éducation et on grandit pas dans les mêmes structures. C'est assez incroyable. Après, cette première nuit à Girgalin, tu vois, on prend quand même... On n'a même pas encore parlé d'aspect sportif, mais tu prends quand même une vraie découverte du pays, un choc de culture. Tu découvres énormément de choses. En plus, des gens du groupe, du guide, de l'interprète. En l'espace de 2-3 jours, tu as juste voyagé, mais tu as vu plein de choses et t'as rencontré plein de monde et surtout ça t'a fait prendre conscience de certaines choses et tu t'ouvres aussi l'esprit sur d'autres choses et donc ça permet c'est une petite transition pour raconter le début de l'aventure donc le lendemain on est vraiment parti dans le dur on a visé en fait on y allait tranquille on a visé des sommets qui étaient plutôt accessibles on était sur du 3300 3400 mètres d'altitude on s'est fait du 1000 mètres de dénivelé en tout, avec une partie où tu montes, tu descends un petit peu, tu pique-niques, tu remontes, tu analyses un petit peu encore les faces, les possibilités, puis tu redescends dans des grands vallons, hyper enneigés, il faisait super beau, donc c'était chouette. Notre guide était toujours devant, donc tu vois, il faisait des coupes, il analysait le manteau neigeux, il rassurait aussi le groupe, donc il était très professionnel là-dessus, rien à dire, donc c'était un moniteur qui s'appelle Misha, qui c'est un moniteur russe qui est devenu guide international. Parce qu'au Kyrgyzstan, c'est une information qui est importante, c'est qu'il n'existe pas, contrairement en France ou en Suisse, des guides locaux, c'est-à-dire des guides nationaux. Il n'y a pas de structure. D'ailleurs, il n'y a même pas non plus de secouristes de haute montagne. Ils n'ont pas mis en place de structure non plus. Ce qui est hallucinant, parce qu'il faut savoir qu'au Kyrgyzstan, il y a quand même deux sommets à plus de 7000, dont le pic Lénine qui est à 7600. Et tu as énormément de personnes qui vont gravir ou chercher à gravir le Pic Lénine. Notre guide, par exemple, pour vous donner vraiment son niveau, donc au-delà du fait qu'il est déjà allé faire des gros sommets à plus de 8000, il a skié en hiver 6 fois le Pic Lénine. Donc, tu te dis, le mec, ok, t'es pas avec un petit guide local, quoi. T'es sur l'un des meilleurs sur la planète. Donc, c'était hyper intéressant de bénéficier un petit peu de son expérience. Et puis, nous, on a beaucoup échangé parce que, ben, de par mon expérience de freeride et un petit peu de haute montagne on a pu beaucoup échanger on a beaucoup analysé ensemble les faces c'était très intéressant et aussi réconfortant pour moi de voir qu'à chaque fois on avait un petit peu la même analyse donc moi ça me réconfortait en me disant ok je suis pas complètement débile dans mes choix et dans mon analyse, quand tu le partages avec un mec qui a quoi je dirais entre 45 et 50 ans où il a vécu 10 fois plus de choses que toi et des situations dix fois plus compliquées c'est toujours chouette de te réconforter en te disant ok pour le moment mes choix et mes analyses sont conformes avec un mec qui a plus de bagage que toi et finalement tu fais pas d'erreur et le soir vers 16h le groupe était un peu mort ce qui est un peu normal parce que t'as les jours de voyage dans la tête t'es un peu fatigué t'as pas très bien dormi on a quand même fait 1000 D+, dans la journée, mais avec Micha, on avait repéré des faces, et je lui disais, ça te dit, on va aller chercher, il n'est que 16h, le soleil se couche à 18h, et il me dit, ok, donc en fait, son assistant guide redescend le groupe, et puis nous, on part tous les deux. Et c'est vraiment à la mode russe, c'est-à-dire, ce guide est hallucinant, c'est qu'en termes de rythme, tu penses qu'il va mettre, le mec, il a la patate, il va te mettre la monte il te la fait en une heure et il te lâche mais en fait pas du tout lui il y va progressivement il fait très peu de pauses et surtout il parle pas donc tu peux monter 8 heures avec lui pendant 8 heures à part te dire ça va pause skin off skin on voilà ça se limite à quelques mots donc t'as intérêt d'avoir un peu de musique parce que sinon tu te sens seul mais d'un côté c'est pas mal parce que tu sais tu durant tes montées bah là tu réfléchis sur toi même tu réfléchis à la vie tu réfléchis à plein de trucs différents bah parce qu'en fait le mec qui t'accompagne bah il parle pas donc tu te dis il me suit dit imagine tu vas faire un 7000 avec lui t'es dans la tente juste avec lui bah putain tu te sens seul quoi donc voilà pour le personnage mais sinon c'était cool parce qu'on est partis tous les deux on s'est chopé une belle face en plus à 3000 mètres d'altitude on a commencé l'ascension on a commencé un peu haut on était à 2008 mais tu vois on a commencé à 16h on a fini il était 18h et en fait une autre anecdote je me suis senti tellement nul parce que on était tous les deux hors du groupe je me dis le mec il va un peu me tester parce qu'il sait que j'ai un gros niveau et et en fait, il était fatigué de la journée, on était dans de la grosse poudreuse, et quand tu fais tes traces dans la poudreuse, c'est physique, c'est lourd, et à un moment donné, je le voyais, il restait à la moitié, je l'ai vu, il était fatigué, je lui ai dit, écoute, je prends le relais, je passe devant. Il me dit, ok, je passe devant, et 50 mètres avant le sommet, j'ai mes peaux qui ont un peu gelé, et en marchant, j'ai ma peau droite qui décolle totalement, et du Du coup, je me retrouve comme un teubé à ne plus pouvoir avancer parce que ma peau a pris la neige au niveau de la colle, donc elle ne collait plus. Et j'étais là, désolé, Michel, en fait, là, c'est mort pour moi. La journée est finie, il faut que je descende parce que je ne peux plus monter. Donc, je l'ai laissé monter, mais je me suis senti vraiment nul parce que tu te dis, merde, c'est une mauvaise gestion de ma part sur le fait que quand tu décolles, recolles tes peaux, il faut que tu fasses attention à ce qu'il n'y ait pas de neige sur la colle, il faut faire attention que ce ne soit pas humide, etc. Et j'ai dû... la précipitation, mettre un peu de neige en recollant mes peaux, et comme il faisait à 17h, il commençait à faire moins 20, et qu'il n'y avait que de la poudre, ça a dû s'infiltrer, et voilà, donc il m'a regardé en mode, bon, le petit jeune, il n'est pas au top du top quand même, mais c'est pas grave, on est redescendu, on a fait une belle descente, premier coucher de soleil, et puis après, repos, etc., une bonne nuit de sommeil, et le lendemain, on repartait sur un gros gros sommet, une belle ascension sur un autre côté de la vallée de Géry-Galant et le matin il me dit William il y a une info importante il y a un français qui est parti hier tout seul il a juste pris ses skis il a laissé ses affaires il était dans une chambre d'hôte chez l'habitant, une autre maison à côté et en fait c'est les propriétaires qui ont averti que le français il n'est pas revenu il y a ses affaires, il n'y a pas ses skis il est techniquement porté disparu il me dit ça au petit déj à 8h ambiance tu vois avant de partir sur une ascension je me dis j'espère que le groupe c'est un peu une info que t'as pas envie de diffuser à tout le monde parce que moi j'avais peur que les gens du groupe commencent un petit peu à paniquer ou qui du coup comme t'es au milieu de nulle part et que la notion de sécurité est hyper importante et qu'il y a des très belles choses un peu engagées à aller chercher j'avais peur que le groupe tu vois il n'ait pas du tout envie d'aller faire de l'engagement aujourd'hui et qu'on fasse sur de la petite promenade tranquille ce que je peux comprendre parce que t'es pas là non plus pour risquer ta vie et bon le petit déjeuner passe tout le monde se prépare finalement l'info est diffusée à tout le monde donc pas super cool et on commence notre rando et en fait je discute avec le guide et je lui dis en fait je me suis senti super mal de commencer ma randonnée en mode on a un objectif aujourd'hui on va choper ce sommet il fait grand bout on a pris notre pique-nique pas de soucis mais t'as un français qui est juste disparu Et moi, ça m'a rendu fou. Je suis allé voir le guide. J'ai dit, mais attends, je ne comprends pas. Rien que dans le groupe, on est à peu près quatre bons skieurs. On a tous des compétences en recherche d'avalanches. Écoute, Micha, on fait deux équipes. On se divise en fait par secteur et puis on va essayer de rechercher le type. Et on n'était pas le seul groupe dans le village. Je parlais des Espagnols que j'ai rencontrés à l'aéroport. Ils étaient là aussi dans une autre maison qu'on avait croisé. Et le matin, il y avait des Hollandais avec leur guide qui partaient au camp de base de Yurt à 3000 mètres d'altitude plus le camp Red Bull avec les motoneiges et les retracts moi je me suis dit mais attends tu prends t'as 3 guides de haute montagne 3 groupes tu prends 2-3 skieurs 2 bons skieurs tu divises en secteur tu vas voir les camps Red Bull tu leur dis écoutez aujourd'hui vous arrêtez vos excursions à la journée on part en motoneige et puis on va vite chercher enfin on va vite rejoindre les différentes ouvertures de vallée et puis on va voir si on trouve un truc et le mec me dit oui bah t'as raison tu peux y aller si tu veux mais moi je peux pas je prends en charge le groupe et puis surtout en fait le français quand il est parti il a donné aucune information ce qui est strictement débile autant beaucoup de personnes en écoutant ça vont dire oui alors déjà première débilité partir seul et deuxième débilité ne pas dire où tu vas et tout est relatif parce que tu connais pas le niveau de la personne c'est pas parce que tu pars seul que c'est totalement débile par contre si tu pars seul moi je le fais régulièrement tu donnes tes position, tu te dis où tu vas et tu restes en contact radio ou en contact avec quelqu'un pour être sûr qu'il ne se passe rien dans la journée. Et là, en fait, à Girgalin, au niveau du village, comme je disais tout à l'heure, c'est que ça se divise en 4, 5, 6 vallées de montagne derrière le village et ça s'ouvre, ça continue, ça ne s'arrête pas. Donc le mec pouvait être partout et donc il n'y a aucun secours qui ont été mis en place parce qu'on ne savait pas par où commencer. Moi, personnellement, ça m'a rendu fou mais bon à moi tout seul je pouvais pas faire grand chose et le guide a pris la décision de dire on attend que les secours arrivent et on voit avec eux il était 9h le matin le mec était parti la veille les secours avaient toujours rien pris en main tu te dis moi je savais déjà que le français en fait à mon avis c'était mort pour lui quoi on fait notre notre rando et puis en fait t'as arrivé on va dire à la moitié de la rando t'as une partie une grande partie du groupe qui en avait un peu marre le guide décide de partir sur une vallée à droite, remonter puis redescendre jusqu'au village et moi je lui dis écoute il y a un sommet là qui m'intéresse j'ai envie d'y aller, est-ce que ça te va on reste en contact radio, t'as une visu de l'autre côté s'il m'arrive quelque chose il n'y a pas de raison, on avait analysé le terrain il me dit ok, donc ça c'était une autre anecdote, c'était trop cool c'est que j'ai pu il m'a fait confiance et je suis parti en solo on va dire 500 mètres de D+, à faire en plus, et pour arriver, un sommet à 3600 mètres d'altitude, donc assez cool d'avoir réussi tout ça, en montant sur les crêtes, donc très peu, en termes de risque, on n'a pas pris des masses, et puis j'arrive en haut, il était 16h30, 17h, j'étais toujours en contracte radio constante avec le guide, je voyais le groupe justement, tu vois, la partie droite juste derrière, en fait, j'étais au sommet, puis derrière, t'as une autre vallée qui descend sur le village, puis j'avais une... Lui, il avait une visu sur moi, puis moi, j'avais une visu continue sur le groupe, et moi, je suis au sommet, puis eux descendent, donc pas de soucis. Et arrivé au sommet, je découvre, du coup, les hauteurs, c'est sublime, il fait beau, et en face de moi, je vois, du coup, c'est une des montagnes qui était au-dessus du groupe, je vois une belle face assez pentue, puis je lui dis, ah tiens, une avalanche, puis tu sais, je continue, je regarde un peu plus, puis là, je vois une... une trace, en fait, au sommet de la montagne qui commence à descendre sur la partie droite et puis, paf, t'as une énorme cassure et là, je vois la trace de ski sur le côté qui continue et puis plus rien. Et je fais tout de suite un lien, en fait, avec le Français qui a disparu la veille en me disant« Putain, il n'y a qu'une trace, l'avalanche, elle n'est pas épais.» En termes de profondeur au Kyrgyzstan, ce n'est pas énorme. C'est-à-dire, t'as, je dirais, 70 cm de neige mais elle était plutôt large. donc en fait si ça part tu te retrouves pas dans 5 mètres de neige totalement enseveli mais bon tu peux potentiellement te faire très mal je préviens le guide que je redescends il est 17h et en fait dans mon esprit je me tâte à me dire soit déjà t'es arrivé en haut il s'est rien passé tout est nickel là il faut t'assurer la descente en sécurité pour qu'il se passe rien pour toi tu kiffes parce qu'il y aura le coucher du soleil etc... puis voilà, t'arrives en bas, tu vas boire un coup, et il y a une partie de moi qui me dit, mais en fait, putain, là, du sommet, je pouvais pas y aller, il y avait barre rocheuse, de l'autre côté, je pouvais pas y aller, mais je pouvais descendre tranquillement, basculer à gauche, et remonter en bas de la face pour aller voir s'il y a le français, ou s'il y a quelqu'un, et en fait, je me dis, 17h, mon guide va s'inquiéter, le groupe va s'inquiéter, j'ai pas envie que les gens s'inquiètent pour moi, déjà que je suis parti tout seul là-haut, donc je décide de redescendre tranquillement je redescends je kiffe mon coucher de soleil j'arrive vers 17h45 en bas du village je m'arrête au camp Henry de Bulle parce qu'il y avait un bar donc je me dis j'ai pas fait tout ça quand même j'en ai un peu bavé donc je me pose un peu je bois un coup je discute avec les gens et je repars vers la maison et là je vois les secouristes qui arrivent incroyable il y a deux mecs dans une vieille Mercedes des années 60 ils s'arrêtent ils ouvrent la porte et ils disent ah c'est toi le français qui a disparu non je suis bien français mais c'est pas moi et dans ma tête je me dis mais ils sont sérieux les types donc là il a disparu techniquement à la veille il était 18h30 les mecs ils sont toujours pas en tenue de recherche ils sont juste en train de tourner dans le village pour savoir où t'es et donc je retourne dans la maison je vois Misha et là je lui montre en fait les vidéos que j'ai pris les vidéos de la face les photos on transmet tout à l'équipe de secours et je lui dis écoute Micha moi je suis prêt à repartir si tu m'accompagnes et on y va forcément ben non on a transmis l'équipe de secours on va aller l'essayer prendre le relais ok très bien le lendemain nouvelle journée on était censé partir en fait sur une autre de descendre faire une autre vallée et le soir on dormait de nouveau à Caracol pour repartir reprendre de la route retraverser le lac et aller dans un autre endroit et et Et ça, c'est un élément important de mon séjour. C'est là où tu te rends compte qu'il se passe énormément de choses dans un séjour. Je ne pensais pas qu'il allait se passer autant de choses dans ce séjour-là et que j'allais rencontrer autant de monde. Le matin, en partant, en chargeant la voiture, il y a deux types que je ne connais pas qui chargent aussi et qui nous accompagnent parce qu'ils vont aussi dormir à Caracol. Il s'agissait d'un moniteur de ski suisse qui s'appelle Tita Mathias, qui vient du Tessin, et Marlène, un jeune kirghiz et en En fait, Mathias était là via une association suisse qui vient former les moniteurs Kirghiz. une fois par an ils viennent pendant 3 semaines et les forment du côté de Bishkek parce qu'il y a une station de ski et puis grâce à cette formation suisse en fait ils peuvent potentiellement commencer à suivre la formation de guide international sur plus de 3 ans, 3-4 ans et donc Marlène était déjà moniteur de ski suisse pour les enfants il était là pour justement finir une accréditation supplémentaire qui lui permettrait de rentrer en tant que aspirant guide international et on parle de ce qui s'était passé on parle du fait que j'ai découvert un peu potentiellement le lieu de l'accident le fait qu'il n'y a toujours rien qui s'est passé et là t'as un 4x4 de la sécurité civile qui débarque avec 6 secouristes et là tu vois les types et là tu te dis oh là là bon en fait là clairement le temps qu'ils arrivent à le retrouver même si le type tu vois il était potentiellement vivant ou il s'est juste fait mal à la jambe etc le soir il fait moins 20 degrés ça fait déjà 2 voire 3 nuits qu'il il est là-dedans. Moi, je ne voyais pas d'espoir. Et en fait, tu vois les mecs, comment ils sont équipés. C'était une tenue militaire des années 80. Je ne suis même pas sûr qu'ils avaient une sonde, tu vois. Et tu te dis, ok, donc on est vraiment sur une structure où il n'y a rien qui est justement structuré. Les mecs ne sont pas formés et en matière de rapidité, on n'est pas bon si tu compares par rapport à la France ou la Suisse où les hélicos ils décollent et ils viennent te chercher le lendemain c'était un peu bizarre ce décor, nous on part on laisse les secours prendre la relève je fais du coup, je m'entends super bien avec Mathias et Marlène et on décide de faire tous les trois une ascension et le groupe eux font autre chose mais dans le même secteur et là c'est un peu une nouvelle amitié qui se met en place parce qu'on discute beaucoup, on s'entend super bien avec Mathias on va un peu skier dans les mêmes endroits en Suisse et Marlène ils ont tous les deux 27-28 ans et Marlène l'apprenti guide Kirghiz il a un bon niveau il est hyper gentil et super souriant et en fait on arrive à faire notre sommet encore une superbe journée on ride un vallon qui avait pas de trace il y avait personne donc super cool et on retrouve le groupe et le guide et puis là on apprend qu'effectivement les secouristes ont trouvé le français en bas de l'avalanche que j'avais repéré et c'était un homme de 52 ans et voilà donc un peu triste tu vois tu commences ton séjour avec un peu une mauvaise nouvelle mais en même temps quand tu pars dans ce genre de pays ou même si tu vas au Pakistan ou un autre pays qui finit en An et avec des gros sommets tu sais que le risque de décès d'accident est potentiel et que ça peut arriver donc il faut aussi réussir à passer outre et accepter aussi que le pays fonctionne comme ça et qu'à toi de... Après, c'est de ta propre sécurité aussi, donc c'est à toi de faire attention et de te dire, bon, t'es pas là pour risquer ta vie, continue ton séjour, profite, fais des belles choses, mais en sécurité. Parce que, voilà, tu sais que s'il arrive quelque chose, tu l'as vécu, tu sais qu'il n'y a pas grand monde qui va venir te chercher dans la minute. Et puis à la fin, en fait, je discute beaucoup avec Marlène, le jeune qui réguise. Et puis je lui dis, écoute Marlène, j'ai prévu de passer 4-5 jours tout seul une fois que le groupe s'en va. Est-ce que t'es dispo

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Est-ce que ça t'intéresse de venir avec moi explorer un petit peu dans des endroits que personne n'a rideé

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Et puis il me dit, ouais, pourquoi pas

UNKNOWN

?

SPEAKER_00

Normalement, je devrais être dispo, je te redis. Et nous, on poursuit notre route. on poursuit notre route et on change progressivement de vallée jusqu'à aller dans la vallée de Sous-Amières, donc du nord-ouest, on rebascule au niveau du lac, on retraverse tout le lac et on rebascule sur le nord-est et dans une autre vallée. Et là, il se passe trois jours dans ce changement de vallée où on s'arrête à chaque fois sur des petites vallées. Il ne fait pas très beau, donc on passe deux ou trois jours de mauvais temps. Mais entre-temps, il se passe beaucoup de choses. Déjà, première nuit en yurte, donc tu découvres la vie en yurte, qui est assez extraordinaire. On pense que... Moi, je me suis dit, en yurte, on va mourir de froid, il fait moins 20, il n'y a pas de chauffage, il n'y a rien. Et en fait, pas du tout. Comme tout le pays chauffe au charbon, tu as un petit poêle et dedans, tu mets du charbon. Et donc, on a arrivé dans notre yurte, il faisait 40 degrés. Il faisait tellement chaud qu'on a dû laisser ouvert la yurte pendant une heure pour que tu aies un petit peu la chaleur qui s'évapore mais en fait elle ne s'évapore pas parce que le charbon est tellement fort que ça chauffe en continu jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de charbon et là par contre ça caille vraiment, mais tu vois on a mis un charbon à 22h, il s'est éteint à 6h du matin donc le temps que ta yourte elle se refroidisse à 8h il faisait peut-être 15 degrés dans la yourte donc c'était une belle expérience je conseille, c'est très chouette on a également fait, alors c'est comme en Mongolie, le cheval est imprégné. Pour eux, la voiture, à la limite, c'est rien. Tout le monde se balade à cheval. C'est assez incroyable. Les enfants, ils ont 3-4 ans, ils sont déjà sur des chevaux. L'image du cheval est très marquée. Je pense que là-bas, tu dois être un bon cavalier. Si tu es un bon cavalier, tu es renommé, réputé. Les enfants, dès le plus jeune âge, ils savent monter, une grande partie des personnes ont des chevaux, et puis grâce à ça, ils peuvent aller chasser, ils peuvent s'occuper des bêtes, donc tu passes dans des villages où il y a plus de chevaux que de voitures, et là, on a dormi, on a passé un col à 3000 mètres d'altitude, et on a dormi chez l'habitant, on devait être à 2800 mètres d'altitude, et puis là, on prend les chevaux, et puis on va se balader dans cette nature, et là, c'est fabuleux je suis pas un grand cavalier mais tu vois j'avais déjà fait des petites balades à cheval en Espagne ou ailleurs ou au Maroc et là c'est pas pareil parce que t'es en pleine nature en plein hiver en plein milieu de la montagne dans un paysage fabuleux et puis t'as des chevaux qui rguisent qui demandent qui sont hyper énergiques et là on part au galop et ça te crée un sentiment tu te sens extrêmement en vivant, c'est assez fabuleux, et le cheval, je trouve, tu vois, il est réconfortant, c'est-à-dire, j'aurais pu garder le cheval le reste de mon séjour, et à la base, c'était ce qu'on devait faire, on devait prendre les chevaux 2-3 jours, dormir en yourte, et en fait, tu fais des approches à cheval, parce que au Kyrgyzstan, t'as quand même beaucoup de grands plateaux, et ensuite, boum, t'as ta montagne qui monte, et soit tu fais ton grand plateau à ski de rando, c'est ce qu'on a fait pendant les 5 derniers jours, soit tu prends ton cheval, et puis du coup, tu fais ce plateau avec ton cheval, et j'avoue, c'est une aide qui est assez incroyable, et une expérience incroyable, parce que t'es en connexion avec ton cheval, et puis, vous avez sûrement déjà vu, il y a eu pas mal de films de montagne, où justement, il y en a qui sont, j'en ai un en tête, il était au Pakistan, il avait son compagnon, je crois que c'était un cheval ou un âne, je sais plus, un des deux, il s'est passé plein de choses durant son aventure, et à un moment donné, son cheval, je crois, trébuche sur un Caillou et malheureusement il décède et c'était une tristesse profonde parce que ça faisait 3-4 mois qu'il était avec lui et qu'il était partout et au-delà de l'aide de l'aspect logistique ça devient presque un ami et donc moi je l'ai vraiment ressenti mais pas que moi, je pense que tout le groupe on a tous ressenti cet aspect là et le respect profond qui est accordé à ces chevaux dans ce genre de pays l'important c'est son rôle crucial et ça c'était vraiment très chouette de le voir parce que on connait tous la Mongolie pour ce genre de choses où les fameux itinéraires et les voyages qui sont proposés là-bas au Kyrgyzstan on l'a un peu moins mais en fait c'est exactement pareil et pareil sur les aigles en Mongolie ils utilisent beaucoup les aigles pour chasser etc au Kyrgyzstan c'est exactement pareil donc tu retrouves cette imprégnation et cette culture mongole au Kyrgyzstan et c'était ce que j'étais un peu venu chercher et voir donc j'étais très heureux de le découvrir et je conseille vraiment à des personnes qui hésitent entre la Mongolie ou le Kyrgyzstan je dirais franchement choisissez le Kyrgyzstan parce que vous allez retrouver ce côté mongol, les chevaux les yurtes, les aigles mais bien plus encore ce que peut-être la Mongolie n'a pas et ça c'était vraiment cool de le découvrir on n'a pas fait finalement d'approche en montagne avec les chevaux on a juste fait une belle après-midi à cheval à découvrir comment ils vivent comment ils sont traités etc dormir chez l'habitant et c'était beaucoup plus rustique là t'es sur un haut plateau au milieu de rien et là tu vois comment les gens vivent aussi et tu vois l'exemple typique c'est déjà t'as une douche c'est incroyable et les toilettes c'est à l'ancienne c'est un

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trou

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creusé dehors euh ils ont construit un petit cabanon histoire d'avoir un peu une petite intimité et puis autour t'as les chevaux quoi tu vois faut pas s'attendre à de l'hôtel 5 étoiles avec tu sais les toilettes japonaises qui te massent les fesses et le jet d'eau qui sort si t'as pas de papier non plus quoi tu vois donc c'était une autre partie des séjours très intéressante et donc par la suite on a repris la route et on a débarqué dans cette fameuse vallée de Sous-Amir, où je suis resté deux jours avec le groupe et cinq jours tout seul avec Marlène qui m'a rejoint. Et la vallée de Sous-Amir, donc tu vois, au niveau du séjour, pour récapituler, tu passes de la capitale, la vallée de Girgalan, qui est une bonne vallée freeride, rando, avec un peu de population, etc. Tu retournes sur Caracol, tu longes le lac, tu dors en yurt, tu fais du cheval, tu découvre cette grosse vallée. Ah, j'ai oublié aussi, en passant par le lac, on a découvert, enfin, on nous a montré, il y a un énorme désert. C'est aussi, en termes de paysage, t'as des chocs brutaux, tu comprends pas, tu passes de grosse vallée à 4000 mètres d'altitude, à un lac à 1600 mètres, et derrière, t'as un énorme désert, avec des énormes collines. Alors, en hiver, du coup, tout est dur, tout est gelé, mais Mais l'été, c'est un peu pareil et il fait 40 degrés dans ce secteur. À la fin, je n'ai pas les mots, mais c'est un peu lunaire. Tu te dis, je comprends. C'est marrant. Je ne comprends pas ce choc d'un coup alors que tu n'as pas fait non plus 1000 kilomètres. C'est juste en l'espace de, je ne sais pas, je dirais 300 kilomètres, tu as eu plein de paysages différents. C'est assez... de voir que ce pays peut te proposer autant de choses. Et donc, tu passes ce désert, tu repasses une autre vallée, et puis tu arrives proche de Souzamir. Et j'oubliais juste avant, on a eu une anecdote, c'est qu'on allait skier juste après ce plateau avec les chevaux, etc. On s'est chopé une autre vallée, en direction de la vallée de Souzamir. Et là, on a essayé d'aller faire de la rando. Et pas de neige. Donc, juste après le désert... c'est pareil, c'est incroyable, il y avait 80 cm de neige fraîche deux jours avant, et là, tu es dans un secteur sec, pas possible, très peu de neige, alors qu'on a quand même commencé notre rando à 3000 mètres d'altitude, donc on était déjà super haut, mais il n'avait pas neigé dans ce secteur-là, donc c'était compliqué de trouver de la neige, mais par contre, on a trouvé autre chose, c'était une fonte-vallée, je me suis dit, il était incroyable pour faire de la rando, avec des beaux ruisseaux il y avait justement des camps de chevaux qui étaient laissés à l'abandon l'hiver avec des sortes de cabanons pour dormir etc et la route était cabossée, totalement gelée tu passes des sortes d'énormes trous gelés ou tu passes la rivière parce que c'était en train de fondre donc là tu étais content d'avoir ce fameux 4x4 russe un peu tout terrain qui t'emmène partout et en fait notre ami qui s'était fait mal au dos n'avait pas voulu skier ce jour là donc avec l'autre 4x4 nous on a essayé de faire la rando et eux ils sont partis explorer le fond de la vallée et ils sont tombés sur un ancien centre je dirais spa balnéo russe laissé à l'abandon et en fait il y a des dans ce secteur là il y a beaucoup de sources d'eau chaude naturelles et là en fait ce centre balnéo était construit sur une source d'eau chaude donc on est allé chercher au retour on a tout le groupe on est allé chercher cette source d'eau chaude et donc j'avoue c'était le petit moment plaisir du séjour où on arrive dans une dans un petit centre balnéo laissé à l'abandon avec les fenêtres cassées construction tu vois encore un peu à la russe et puis en fait tu rentres dans les bâtiments c'est un peu comme dans les films un peu comme genre tu vois dans les vieux pays de l'ex-soviétique laissé à l'abandon où t'as plus de port t'as plus de fenêtres mais t'as encore les gros bas enfin, t'as encore les gros murs, t'as encore les inscriptions sur les murs en russe, puis tu rentres dedans, et là, effectivement, t'as un énorme trou avec une source d'eau chaude naturelle qui, après, tombe dans la rivière, et là, on s'est fait plaisir, quoi, on s'est pris deux, trois bonnes heures à rester là, à profiter de ces sources d'eau chaude, à aller dans l'eau froide, dans la rivière, histoire de revitaliser un petit peu tout ça, en plus, quelques jours avant, moi, on m'avait prévenu, j'ai pas mal d'amis qui ont fait des expéditions en Kyrgyzstan, ils m'ont dit, William, tu vas voir, tu vas beaucoup manger, c'est pas mauvais, mais tu vas tomber malade. Moi, je me suis dit, mais non, t'as, j'ai l'habitude, puis je ramène toujours, moi, mes amis, ils se foutent de ma gueule, parce que je ramène toujours une énorme sacoche avec du smecta, du doliprane, enfin, la totale, quoi, pour pas tomber malade, et ben, je suis quand même tombé malade. On est tous tombés malades au moins une fois, je pense que c'était un peu, ouais, de manger tout le temps un petit peu la même nourriture, qui est un petit peu grasse, qui est trop condensé et puis en termes de microbes potentiellement tu sais pas trop si la viande elle est bien entretenue si bon bref tu te poses de toute façon quand t'as faim après une journée à moins 15 dehors tu te poses pas trop la question quoi tu manges beaucoup mais voilà on était tous tombés un peu malades au moins une soirée et donc ce petit spa naturel tombé à pic pour ensuite commencer la vallée de Sous-Amir et la vallée de Sous-Amir c'est pour moi la vallée une des plus arides que j'ai jamais vu tu vois c'est elle est perchée c'est un énorme plateau qui est perché sur un peu plus de 2000 mètres d'altitude et puis tu as deux énormes cols qui permettent de relier le nord et le sud du Kyrgyzstan donc c'est un point de passage qui est hyper important hyper stratégique pour le pays il y avait beaucoup de camions et de voitures qui passent mais c'est pareil c'est fou c'est là où tu te dis que tu as un peu au Pakistan, parce que pour rejoindre le col de Bishkek, donc de la capitale, il n'y a pas de route, c'est pas goudronné, c'est une route de terre avec des trous partout, et le col il est à 3 500, du coup c'est hyper aride, t'es autour de pics de montagne extrêmes, il n'y a pas de neige, parce que je pense que c'est énormément soufflé, et là tu passes entre les camions, le code de la route n'existe plus, tu pries pour pas tomber dans un trou parce que si tu pètes la voiture là-bas tu sais pas trop comment faire et puis une fois que tu bascules sur ce col tu redescends sur cet énorme plateau qui continue je dirais sur 30 km de long et après tu repasses un col et tu repasses de l'autre côté et nous on a gravité pendant 5 jours là-dedans parce que à droite et à gauche t'as que des montagnes et que des vallées et selon les guides c'est quasiment inexploité donc en fait c'est pas cartographié c'est la pure explot totale et ça c'était un peu ce que j'étais venu chercher durant ces jours c'était de faire des trucs que personne ne vient chercher ou du moins potentiellement il y a quelqu'un qui est venu chercher la même montagne que toi mais t'en sais rien parce qu'en fait c'est pas référencé et donc pendant deux jours on était un petit peu avec le groupe ce qui a permis de faire un joli sommet aussi à 3008 mais on a commencé haut donc on a commencé je crois à 2008 un truc comme ça et là tu découvres un peu comme j'ai regardé les premiers jours tu découvres une nouvelle vallée tu découvres des nouvelles montagnes il faisait beau la neige était préservée il y avait par contre beaucoup de vent ça soufflait il faisait très froid et puis du coup ça m'a permis de bien repérer un petit peu ce qu'on allait pouvoir faire et puis là je me suis rendu compte que les possibilités étaient énormes au fond de moi j'avais trop très très envie de retourner à Girigalan parce que j'avais beaucoup aimé le cadre le fait de dormir chez l'habitant la proximité puis le paysage qui était fabuleux là t'es dans un truc on dormait dans un motel d'autoroute il y a quasiment pas de village sur ce plateau il y a trois motels trois stations essence et je dormais dans un micro-kajibi de je sais pas 4 mètres carrés mais il y avait une douche et des toilettes et il faisait chaud moi ça me suffisait mais au bout de 15 jours j'avais envie un peu de chaleur humaine mais ça l'a fait et pendant 2 jours on a fait ça et puis le groupe est parti et Marlène m'a rejoint il a pris un taxi depuis Bishkek il s'est tapé 4h de route il a débarqué à 1h du matin et le lendemain on était parti sur 3-4 jours d'exploration et là le séjour a basculé sur une autre dimension parce que tu te retrouves seul avec quelqu'un que j'ai juste rencontré une journée tu sais pas si ça va bien se passer tu sais pas ce qu'on va faire tu sais que là clairement s'il se passe quelque chose c'est grâce à tes compétences que tu peux t'en sortir et donc c'est la vraie aventure et puis du coup avec Marlène on s'est très très bien entendus il était là vraiment pour profiter d'être on va dire avec un bon skieur et voulant devenir guide il avait aussi envie de pousser un peu le niveau et au Kyrgyzstan à part les guides internationaux il n'y a pas non plus masse de niveaux du moins les jeunes qui veulent devenir guide international il n'y en a pas beaucoup c'est un style de vie qui est à l'opposé du style de vie kirghiz où tu leur demandes au niveau des hommes de trouver une femme, de s'installer et puis on va dire soit de vivre à la capitale, soit de vivre en province et d'avoir tes chevaux ou de vivre du tourisme et lui choisissait plutôt une vie de montagne et donc c'était très intéressant de voir qu'un jeune du Kyrgyzstan lui-même avait cette vision de dire je suis à l'opposé de tous mes amis, de toutes les personnes que je connaisse et que j'ai du mal du coup aussi à m'intégrer dans ce schéma linéaire vu que j'en sors et que mon objectif et ce qui me fait plaisir c'est la montagne, c'est d'emmener des gens avec moi et de faire découvrir mon pays et donc pour revenir sur l'aspect sportif pendant on a eu une grosse journée de mauvais temps le jour où on a quitté le groupe et là c'était dur, c'était pas évident et même moi j'ai eu un petit coup de bad parce que tu te retrouves dans une vallée tout seul hyper aride, y'a rien et tu te dis merde il fait mauvais et en fait quand il fait mauvais bah t'as rien à faire et finalement avec Marlène on a quand même réussi à faire une petite ascension bon quand même à 3006 on est redescendu et puis là on a croisé même un groupe de Hollandais qui étaient avec leur guide russe et nous après on est allé repérer on a essayé de repérer des faces sauf que les nuages étaient bas et accrochés aux montagnes donc on voyait pas beaucoup et pour la petite histoire on sait donc on avait en fait la voiture la deuxième 4x4 Marlène connaissait l'assistant guide de Micha et c'était sa voiture et il nous a laissé sa voiture pour ces 5 jours heureusement parce que sinon on n'aurait pas pu se déplacer et en analysant on voulait faire un 4000 on prend la route et on regarde etc et en fait en faisant demi-tour il y a tellement de neige sur la route que Marlène engouffre la voiture sur le bas côté alors Alors, tu sors les pelles, tu creuses, tu tapes la glace. Et en fait, la roue patine de devant et impossible de sortir. Et c'est là où tu vois aussi un autre côté de Kyrgyzstan où tu te dis, en fait, même dans une vallée, l'une des plus arides du pays, il y a un peu de circulation et les gens, ils ont toujours cette bienveillance en eux. Alors, il y a eu un camion rempli de charbon qui s'arrête. Et il a hésité à s'arrêter quand même. il nous a regardé en tenue de ski il nous a dit c'est quoi ces mecs et les deux mecs donc du coup ils s'arrêtent ils descendent et c'était un petit monsieur un peu gros et un autre monsieur hyper fin et cet autre monsieur hyper fin il a il avait des dents en or tu sais comme dans le film de James Bond je sais pas si tu vois dans le film je crois qu'il y a un des films de James Bond le méchant russe il a il a toutes les dents en or ou en métal quand il sourit. Lui, c'était pareil, il avait toutes les dents en or. Du coup, tu te dis, bon, ok, ça pose le décor. Les mecs ne parlent pas anglais, ils ne parlaient que russe. Heureusement, Marlène parle russe et... et du coup ils nous ont sorti la corde, ils nous ont aidé à retirer la voiture du fossé, sauf que la corde elle casse, elle n'était pas assez solide, donc tu te dis bon bah merde, et les mecs en fait ils ne s'arrêtent pas, tu aurais pu dire bon la corde est cassée, désolé on s'en va, les mecs ils ont commencé à enlever leur chargement, pour essayer de trouver une autre corde et essayer de nous tirer. Moi, ça m'a touché parce qu'ils n'étaient vraiment pas obligés de le faire. Et en fait, il y a un autre camion qui s'arrête, qui avait une corde, qui nous la file. Et grâce à ça, on a pu sortir. Il s'est passé une heure. Mais simplement, ce qui était beau, c'était cette entraide entre les gens. Ils n'étaient pas obligés de nous aider. Techniquement, pour eux, on était des touristes. Et pourtant, ils ont pris le temps durant leur trajet... de nous sortir de là et j'ai trouvé ça chouette ce côté cette entraide en fait entre eux et durant notre durant la pardon durant le notre notre route pour aller dans la vallée de Sous-Amir on a rencontré justement un camion qui était qui avait dérapé qui était au bord de la route qui ne pouvait plus et on l'avait on les avait aussi aidés on les avait aussi tirés pareil sur une autre voiture totalement cassée qui était engouffrée sur le côté on les a tirés et donc il y a ce côté je pense que comme t'es dans un environnement aride, froid compliqué, si t'arrives quelque chose tu sais que sur la route il y a cette mentalité de pouvoir aider les gens ce premier jour avec Marlène était un peu compliqué, finalement la raison prend le dessus, tu t'arrêtes et puis tu rentres gentiment au motel, sauf que c'est un motel de route quoi, donc t'es bloqué dans un petit truc sans rien hum Et là, j'essaie de découvrir un petit peu, de parler aux gens, de voir un peu comment ils vivent. Et c'est là où tu te rends compte que c'est dur parce qu'à côté du motel, il y avait un endroit pour faire la prière, une station essence et un truc pour réparer les pneus. C'est tout. Et donc, quand il fait moche, tu te dis qu'est-ce que je peux aller visiter

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Et finalement, pas grand-chose. Mais tu parles... Tu parles avec les gens, les gens te demandent pourquoi tu es là et puis tu te rends compte qu'en fait, ils ont le cœur sur la main et ils te proposent du thé et la journée est passée comme ça. Et le lendemain, grand beau

UNKNOWN

!

SPEAKER_00

enfin grand beau le lendemain matin on s'est dit là on est dans le vif du sujet hier il faisait moche aujourd'hui il devrait faire beau on va faire un gros truc et en fait on part le matin à 8h et le brouillard et le nuage étaient encore bloqués sur toutes les chaînes de montagne donc on a passé on a fait 20 km quasiment toute la vallée pour repérer potentiellement une vallée ou une montagne à aller chercher on voyait rien et on a fait de 8 heures à midi donc autant te dire que la frustration était assez énorme à tel point que on est retourné sur un décolle en se disant là bas il fait beau etc on arrive le soleil commence à arriver on sort les skis et la bim nuage on grosse neige, je me suis dit, c'est pas possible, on va pas monter là-dedans, donc on remet les skis dans la voiture, on redescend, et là, je dis à Marlène, écoute, arrête-toi là, j'avais repéré des faces là-bas, il est midi, si on veut faire un truc, c'est maintenant ou jamais, de toute façon, au niveau de la météo, on savait que ça allait s'ouvrir. On pose la voiture sur le bord de la route, et effectivement, on commence notre ascension, et là, le soleil commence à arriver, les nuages commencent à partir, et en fait, on a eu de la chance parce que on avait une vallée devant nous qui s'ouvrait sur trois grandes montagnes et il fallait il n'y avait plus qu'à choisir une des deux montagnes et là on commence notre ascension enfin on commence notre ascension on commence à passer le plateau on a mis trois heures quand même à passer ce plateau pour arriver jusqu'en bas de la montagne on commence notre ascension et au milieu de l'ascension de la montagne il était 16h et là Marlène commence un petit peu à paniquer en se disant, il est 16h, on n'est toujours pas arrivé là-haut, je ne sais pas si on va réussir, je ne sais pas si on va y arriver. Et il faut savoir qu'au Kyrgyzstan, ils ont peur de la montagne. Comment dire

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Ils ont peur de la montagne, ils ont peur des pentes raides. Dès que c'est des pentes de plus de 30 degrés, ils n'ont pas l'habitude de les skier parce qu'ils ont peur des avalanches. Et comme ils ne sont pas formés pour bien apprécier le terrain, ils veulent prendre le moindre risque possible. Et du coup, Marlène, qui est en plein apprentissage, il avait ces appréhensions-là au début. On commençait à monter sur les crêtes. Et puis, vous voyez, en fait, les portraits qui nous attendaient pour arriver sur le sommet. Et il s'est dit, on ne va pas passer par là. Ce n'est pas possible. Il est 4 heures de l'après-midi. S'il arrive un truc... Il commençait à s'inquiéter en se disant... Parce qu'on donnait quand même des nouvelles à notre guide, à Micha, tous les soirs. Et il disait... Michel va s'inquiéter, il va lancer le secours, etc. Et on a dû vachement discuter en disant, parce que c'est aussi le principe de la rando, c'est que quand il n'y a personne qui t'attend, qui fait grand beau et que tu es au milieu de rien et qu'en fait, il n'y a aucun paramètre négatif, prends ton temps. Quand tu arrives à un sommet, l'idée, c'est de ne pas y aller en mode bourrin, il faut y arriver en une heure. C'est tu y vas doucement, tu analyses, tu reprends des forces, tu fais des petites pauses et puis on arrive quand on arrive et puis après tu analyses le retour, c'est-à-dire combien de temps on va mettre pour descendre. On a mis 7 heures pour monter et on a mis 20 minutes pour descendre. Mais après, au pire, tu es sur un plateau, on a les frontales, il y aura la lune, il n'y a pas de risque. Et donc, c'était un état d'esprit qu'il fallait lui transmettre. Et puis, il a réussi à s'apaiser doucement. Et on est parti, on est parti à l'ascension, on a arrivé au sommet il était 5h30 et là j'ai vu une personne, j'ai adoré partager ça je fais aussi tout ça et j'aime bien le faire avec des personnes pour partager solo c'est cool aussi mais c'est pas du tout pareil solo t'essayes de trouver un peu l'exploit sportif quand t'es accompagné tu fais beaucoup attention à l'autre personne, l'idée c'est d'arriver à deux et de revenir à deux et surtout voir le bonheur que ça peut te procurer et que ça peut procurer à l'autre personne et en arrivant au sommet j'ai vu le bonheur sur son visage et sur le mien aussi et ça m'a procuré beaucoup d'amour et de joie de l'avoir vécu avec lui de l'avoir fait ensemble et on est resté je crois 30 minutes là-haut à boire du thé, à manger et juste à kiffer le paysage et de se dire la chance qu'on a d'être là et Marlène me dis mais tu te rends pas compte de ce qu'on vient de faire parce que a priori lui qui connait un peu le domaine alpin du Kyrgyzstan et des guides il me dit mais personne n'est venu là même l'été quand on vint ici personne ne monte ces montagnes et on est peut-être les premiers à le faire et tu te dis ouais donc c'est un peu un sentiment tu vois de joie et de fierté de te dire la journée était mal partie de 8h à midi on savait pas quoi faire la météo voulait pas qu'on parte et finalement on a quand même réussi une ascension on a beaucoup de temps on a commencé un peu avant midi il était un peu plus de 5h qu'on était là-haut on a failli redescendre avant et puis au final avec de la persévérance du calme de l'analyse et puis de la prise de temps c'est vraiment important de prendre ton temps quand t'es en montagne et je pense qu'on se met beaucoup sous pression quand t'as un timing j'ai un train à 18h, il faut que je sois là. En fait, dès lors que tu as un truc qui t'attend après, tu te mets énormément de pression en montagne et un, tu kiffes moins, deux, tu peux prendre des risques et trois, en fait, je pense que tu sors de cette mentalité de quand tu fais une ascension et que tu prends ton temps, c'est là où tu es le plus sécure parce que tu ne te mets pas un autre truc derrière qui va te forcer à aller plus vite ou te forcer à prendre d'autres décisions qui sont peut-être pas la bonne. Et donc, on redescend, tranquillement, et effectivement, on se tape un coucher de soleil magnifique, c'était le plus beau que j'ai eu au Kirgistan pour le moment. La lune sort, les étoiles sortent, on finit à la frontale, et en fait, il faisait froid, là, pour le coup, t'es content de rentrer dans ton motel au chaud et d'aller manger, mais on a passé une journée fabuleuse. Et donc, en retournant au motel, on rediscute de tout ça, on discute de notre journée, et puis le lendemain, on décide de refaire la même, sauf que le lendemain, il faisait beau dès le matin. Donc là, c'était un peu de l'exposition. C'est-à-dire, on ne savait pas quoi faire. Vraiment, on avait des idées, mais le vent avait beaucoup soufflé, la neige était beaucoup partie, donc sur des phases qu'on avait envie de faire, on n'y est pas allé. Et on a mis à nouveau, en partant à 8h, on a mis 2h à choisir la vague qu'on allait choper et on décide on se fixe sur une montagne et on décide d'y aller et je crois qu'on avait fait 1300 de D+, la veille on avait fait 13 kilomètres en tout donc le lendemain tu sens un peu dans les jambes ta journée et on part à 10h Et c'est vrai que tu t'avoues que tous les deux, on avait un plateau plus grand que la veille à traverser, dont deux rivières et un pont suspendu. Alors là, pour le coup, en termes d'aventure, on était pas mal. Mais tu sais, le démarrage, il est dur. Parce que tu te dis, pourquoi se faire mal

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Pourquoi on va chercher un truc au milieu de rien que personne n'a fait

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Et en plus, il faut qu'on traverse un plateau de au moins 5 km Et là, c'est là où je me suis dit, les chevaux auraient été vraiment très intéressants. Ça aurait été très sympa. Mais l'aventure humaine aurait été différente. Et donc, on part quand même. Tu traverses ce pont suspendu. Tu cherches des petits endroits glacés pour traverser la rivière. Et là, tu vois le sommet et tu te dis, il me reste encore au moins 4 km avant d'arriver au début de la face. Il faisait super chaud. C'était... en termes de température au Kyrgyzstan c'était assez particulier il faisait certes très froid mais la journée quand le soleil tapait en fait tu sentais beaucoup moins la fraîcheur tu ouvrais la bouche t'avais la fumée qui sortait mais t'étais capable de monter avec juste un pull tellement le soleil pouvait taper et donc la neige se transformait aussi un petit peu donc ça nous a pas aidé parfois elle était croûtée donc tu t'enfonds parfois c'était de la vraie poudreuse, parfois c'était extrêmement gelé, donc c'était assez changeant. Et là, pour le coup, on a pris notre temps, et donc on a fait cette fois-ci 20 kilomètres en tout, pareil, 1300 de déplu, c'était un sommet à 3005, c'était un pic, et on est allé chercher un joli couloir, et là, à nouveau, Marlène était... du début jusqu'à la fin. C'est moi qui fais les traces, etc. Et là, physiquement, après le plateau, j'ai commencé à avoir un gros coup de fatigue. Et Marlène a pris le relais. C'était moi qui ai eu un coup de... comment dire, un coup de mou, tu sais, en mode, un peu comme lui, à la moitié, et j'étais, je pense pas qu'on va y arriver, il est deux heures et demie, il nous reste encore 400 mètres à monter, et en fait, il m'a dit, mais non, t'inquiète pas, je prends le relais, je fais la trace, ça m'a permis de me reposer, il a mis l'énergie positive dedans, et en fait, on a arrivé au sommet, et là, grosse discussion, on a arrivé à l'antécime, donc au premier sommet, et on s'est dit il est 16h le sommet qu'on visait il est à 300m là-haut on va mettre 1h30 à monter est-ce qu'on y va

UNKNOWN

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SPEAKER_00

on y va pas et lui il commençait à me dire bah je sais pas ça a l'air très pentu il reprend le raisonnement qu'il a eu la veille et du coup je reprends le raisonnement que j'ai eu la veille pour lui dire mais non t'inquiète pas on prend notre temps 1h30 on devrait y arriver ça va pas poser de problème on a le temps et au pire à 18h on a terminé et il dit ok t'as raison William allez on fonce et en fait on a torché le truc en une heure et quart et on est arrivé là-haut je crois qu'il était 15h30 15h30 16h et donc on a eu le temps à nouveau de profiter et à nouveau tu vois de retrouver cette joie en fait d'arriver au sommet cette joie de se dire potentiellement on est les premiers sur sur ce sommet-là, à le monter et à le descendre en hiver, du moins, et que tout s'est bien passé, et qu'en plus, on trouve de la neige fraîche, donc c'était ouf. Et donc, voilà, ça s'est fait comme ça, progressivement, et puis on est redescendus, on a repassé le plateau, et pour la petite histoire, après le pont suspendu, il y avait une rivière, il y avait un pont, un pont de neige tout glacé, lui, il passe sans problème, et au moment où moi je passe... j'ai mon pied droit qui s'enfonce dans l'eau et là radicalement ma peau se gèle et donc je me retrouve sur les je sais pas il me restait 200 mètres je me retrouve à avancer avec juste la peau gauche et la peau droite en mode il faut que je lève le pied parce que ça coule enfin une fois qu'elle est mouillée et gelée en fait elle colle elle glisse plus quoi et donc voilà mais voilà deux très belles deux très belles ascensions a priori des premières ascensions donc Donc, on a le droit de nommer les sommets. Donc, avec Marlène, on a décidé de leur donner de nom. Et là, il faut que... On vient de rentrer, mais il faut qu'on diffuse un peu notre itinéraire, ce qu'on a fait exactement, le nom qu'on leur a donné. Et soit quelqu'un te dit en fait, non, les cocos, désolé, vous n'êtes pas les premiers, ce qu'on a déjà fait. Soit personne se réveille et officiellement, potentiellement, ces sommets-là seront référencés avec le nom qu'on qu'on leur a donné et l'itinéraire avec. pour terminer. Donc, on a fait ces deux belles ascensions avec plein d'images, de souvenirs, d'émotions dans nos têtes. Et puis, le séjour allait se finir tranquillement. Et on prend la route pour rentrer sur Bishkek. Et donc, on repasse par Sécol. Et même le retour sur Bishkek en traversant Sécol et en redescendant, c'est toute une aventure avec les camions que tu dois traverser, la route qui est complètement déchirée, c'est pas goudronné, il y a beaucoup de poussière, la nuit tombe, du coup t'es en noir total, à droite t'as le ravin, les mecs essayent de doubler les camions, on te double aussi, c'est vraiment pas facile de conduire dans ce genre d'environnement, nous on a des routes de montagne parfois un peu compliquées, mais eux sont quand même sur un niveau au-dessus, j'imagine que dans d'autres pays comme le Pakistan c'est encore pire, mais c'est pas mal et puis tu redescends vers la civilisation donc t'as passé 5 jours dans une vallée à voir quasiment personne aride sans population et là tu retrouves la population les voitures et surtout en fait on était quand même assez haut en moyenne à 3500 mètres d'altitude en moyenne pendant 5 jours donc avec un air assez pur si tu redescends sur Bishkek et il moi je sentais que je commençais à avoir la gorge qui gratte, même à tousser, et je demandais à ma reine, et on arrive sur Bishkek, et il y avait une brume, cette brume de pollution, et je lui dis mais comment ça se fait qu'il y ait autant de pollution en fait à Bishkek

UNKNOWN

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SPEAKER_00

Et ça s'explique par le fait qu'ils roulent tous avec des vieilles voitures qui polluent, et ils consomment tous du charbon, et la ville de Bishkek, en termes d'énergie, est fournie par du charbon, et plus les déchets qu'ils brûlent. Et le tout forme un nuage de pollution. Et Mathias, le moniteur suisse, quand il donnait des cours sur la station de ski à 20 km de Bishkek, me disait, le soir, il regardait sur Bishkek, depuis la montagne, il voyait un énorme nuage noir se former tout autour de la ville. Et là, tu prends un coup en disant... Enfin, tu prends un coup parce que Marlène me dit, mais toi, tu habites à Paris, tu as sûrement de la pollution ou même tu vois je pense à Chamonix qui ont souvent des pics de pollution dans la vallée et tu te dis nous en fait ça te montre aussi qu'on est vachement avancé dans cette conception d'écolo responsable et de moins pollué et on a beau critiquer dire qu'on n'avance pas assez ou des choses comme ça va dans ce genre de pays va voir à Bishkek et rentre et là tu comprends qu'en fait, non, on a fait un travail énorme ces 20 dernières années. Dans l'endroit où j'étais, ils enterraient leurs déchets dans des trous où ils mettaient le plastique. Il n'y a pas de poubelle jaune ou poubelle de verre, ça n'existe pas. Ou alors, ils mettent tout de côté, ça crée des énormes tas de déchets, puis en fait, c'est un camion qui va redescendre le tout et ils vont tout brûler. Et donc, ils sont encore... On n'est pas non plus sur un pays arriéré on n'est pas non plus sur l'Inde, bien que l'Inde a fait énormément de progrès, mais moi, ça m'a marqué de voir cette pollution, et de me dire, typiquement, à Paris, je ne sais pas quand était le dernier pic de pollution, mais il date un peu, et du coup, on travaille quand même vachement sur ces évolutions-là, je trouve moins de pollution en France, même si quand il y en a, on est les premiers à râler, et que dans ce genre de pays-là, la pollution, en fait, c'est tous les jours, et quand tu vis dans une pollution tous les jours et que tu vois à peine le soleil, franchement, c'est dur. Donc voilà, retour marquant et on s'est fait un petit resto pour fêter nos ascensions et là, tu découvres une autre population, une population moderne qui s'habille comme des gens de la ville, élégants, les plats qu'on te propose, il y a de tout, il y a 36 000 bières, il y avait même des bières suisses et allemandes et c'est là où tu te dis, ok, donc oui, avec effectivement, la capitale, tu as une belle université, tu as des monuments qui sont tous russes, mais tu sens un peu la modernité que tu ne retrouves pas dans le reste du pays. Il y a une rupture qui est à nouveau assez marquée et un style de vie également qui est marqué parce qu'à 22h, dans des vallées où il n'y a rien, tout le monde va se coucher, là-bas, à 22h, c'était la Saint-Valentin en plus, ils étaient tous au resto à boire des coups ou à regarder le match de la Champions League. c'était assez drôle donc voilà un peu la fin de mon séjour et puis j'ai dormi à nouveau chez l'habitant donc c'était hyper intéressant ce dernier ce dernier soir où les gens te demandent d'où tu viens, qu'est-ce que tu as fait surtout ils veulent savoir si t'as aimé le pays, qu'est-ce que t'as retenu et le lendemain j'ai pris l'avion très tôt le matin et c'était pareil, c'était très mignon c'était un papier russe qui m'a emmené alors il était au taquet de la life à 7h du mat alors que moi je dormais debout et en fait il me parlait mais il me parlait pas en anglais il me parlait en russe sauf que je ne parle pas russe et bah franchement c'était très drôle parce qu'on a réussi à communiquer par des petits langages bon moi je lui disais da da da toutes les deux secondes donc c'était facile mais il me demandait si j'étais venu pour du ski si j'avais un bon niveau si j'ai aimé le Kyrgyzstan et on a réussi à se faire comprendre et donc du coup le trajet jusqu'à l'aéroport a été sympa et j'ai trouvé ça adorable que ce monsieur s'intéresse à moi alors que on ne parle pas la même langue, qu'on réussisse à communiquer et je trouve que c'est adorable parce que tu as notamment nos chauffeurs de taxi ou nos chauffeurs Uber des fois ils te disent à peine bonjour ou à peine merci, ils ne te calculent pas là lui il s'est intéressé ça m'a marqué donc voilà pour la petite histoire et puis retour en France et en fait je suis rentré jeudi soir et vendredi soir je suis reparti direct en montagne parce qu'il ne fallait pas rester sur quelque chose de négatif il fallait continuer sur du positif et on m'avait proposé d'aller dans le parc des écrins au niveau de la Meige notamment avec un des garçons qui était dans le groupe qui habite du côté de Grenoble et on est parti du coup ce week-end là-bas et on a dormi en refuge il faisait beau, on s'est fait un beau sommet tout était nickel mais je voulais juste finir par ça c'était que en fait on n'a pas averti on est passé au refuge pour déposer nos affaires on n'a pas averti le refuge qu'on allait finir tard dans la nuit et mon pote justement était un peu en fatigue sur la remontée donc on a mis plus de temps que prévu et on est arrivé au en fait, en sommet, à 18h, ils faisaient coucher de soleil magnifique, donc on a pris notre temps, puis après, on est redescendus au refuge. Et le refuge a quand même prévenu le PGHM en disant, tiens, on n'avait pas de réseau, donc ils ont prévenu qu'ils n'avaient pas de nouvelles, au cas où, et je reçois, au moment où j'arrive au sommet, je reçois un message vocal, et en fait, le PGHM m'appelle pour me dire si tout allait bien, et si tout va bien, que je leur passais un petit coup de fil, parce que sinon, là, ils allaient lancer l'hélicoptère pour faire un petit rotation de surveillance dans le secteur pour voir si rien n'est arrivé et ça nous a marqué parce que si tu compares avec ce que je t'ai raconté au début du séjour avec malheureusement ce qu'a vécu le français et ils ont mis 72 heures à aller les chercher là en France juste en ayant du retard et les mecs sont capables de lancer un hélicoptère pour juste voir si tout va bien ou imaginons qu'il serait arrivé quelque chose potentiellement intervenir sur place le soir même et là tu te dis ok on a une chance quand même incroyable en France ou même en Suisse avec la régate ou Air Zermatt d'avoir des gens formés cette capacité de surveillance et de sécurité de te dire il peut t'arriver si t'arrives quelque chose dans le monde c'est pas qu'on va venir systématiquement chercher ça dépend de plein de paramètres mais on a un système de secours qui est juste exceptionnel et le fait d'être parti au Kyrgyzstan dans un pays comme ça et d'avoir découvert ce système là malheureusement parce que si c'était rien passé je l'aurais pas découvert je pense que quand tu reviens en France tu réalises dix fois plus de la chance que tu as que ça soit là-dessus, ou je parlais de la pollution, ou notre vie de tous les jours, même de la ville de Paris, que je trouve, je ne suis pas en montagne, mais je la trouve belle, nos montagnes, j'ai adoré retrouver nos montagnes, je les trouve exceptionnelles. Et tu te rends encore plus compte de la chance que tu as, et qu'il faut profiter encore plus de tous ces moments, de tout ce qui t'entoure, parce que quand tu vas dans des pays totalement différents, avec des cultures différentes, plus pauvres, moins développées, avec une cultures totalement différentes t'apprécies différemment les choses et du coup on se trouve on se rend pas assez compte de la chance qu'on a et on apprécie pas assez tout ce qui nous entoure donc voilà c'était un peu mon message de fin c'est s'ouvrir au monde, continuer à être ouvert d'esprit et peut-être on râle beaucoup c'est bien de râler aussi mais aller découvrir des pays qui sortent de l'ordinaire, qui vous sortent de votre confort, parce que du coup, quand tu reviens dans ton confort, t'es encore plus heureux d'y revenir, tu vois, tu prends pas de douche pendant 2-3 jours, je t'assure, tu reviens chez toi, tu prends une douche, c'est le kiff total, de dormir dans un lit chaud, douillet, grand, moi, pendant 2 jours, j'ai hyper mal dormi, j'ai pas pris de douche, je peux te dire, hier, ma douche, il me fallait pas plus, il me fallait juste une bonne douche chaude, des choses simples de la vie, parfois, ça suffit, et j'ai partagé mon vol Biche avec Istanbul, avec deux Suisses, deux biologistes, un couple qui sont partis au Pakistan, en Inde, qui ont beaucoup voyagé, et qui justement avaient cette ouverture d'esprit de s'ouvrir au monde, de voir d'autres cultures, et ils me disaient, on est heureux de retrouver notre petite Suisse et notre petit chalet, et on va encore plus profiter parce que là, on s'est fait un trip, ça nous suffit, mais on s'est rendu compte que, enfin, ils le savaient déjà, mais que ce qu'ils avaient en Suisse, ça leur a procuré un bonheur fou et qu'ils avaient conscience de la chance qu'ils avaient. Et j'ai trouvé ça très intéressant de rencontrer des gens qui ont un peu le même état d'esprit que toi, de te pousser à voyager, à sortir de ton confort à aller un peu découvrir le monde tout en étant posé c'est à dire tu sais que tu viens de France ou d'ailleurs et que là où tu es basé là où tu es installé où tu es originaire on a tout ce qui nous entoure en fait c'est que du positif c'est pas du négatif et que parfois on se prend peut-être beaucoup trop la tête pour pas grand chose alors qu'ailleurs ils sont à des années lumières de ta prise de tête et que ta prise de tête en fait elle sert à rien du tout ce séjour ça a permis de tuer un peu c'est se faire mal c'est extraire beaucoup de choses et en même temps ça te soulage intérieurement et d'un autre côté tu pars à l'aventure au milieu de rien donc t'as ce sentiment de liberté il y a des moments où tu penses à rien tu fais le vide il y a plusieurs personnes que t'as interviewées que je connais et que je suis et il y en a un Steven Leyeric que tu connais qui dit souvent la vie c'est faire alors let's do this du coup tu vois c'est exactement ça, c'est que si à un moment donné dans la vie t'as besoin d'aventure ou de découverte il faut y aller et moi j'avais besoin de ça et du coup c'est ce que ça m'a énormément apporté et en fait ce qui importe c'est comment tu vas surmonter ces imprévus et ces surprises comment tu les vis et comment tu restes ouvert et je pense que si tu prends tout ça et que tu restes positif et que tu suis toujours ta trajectoire et ben la vie est belle et que et du coup tu vas tu vas juste kiffer

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Je suis Loïc et je vous donne rendez-vous chaque semaine sur votre plateforme d'écoute préférée pour rencontrer un nouvel invité. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies.

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