Loïc Vous écoutez Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent. Je suis votre hôte Loïc, ancien sportif de haut niveau en judo, coach préparateur mental et amoureux d'activités outdoor en tout genre. Ma conviction, c'est qu'on a tous un frappé au potentiel exceptionnel qui sommeille en nous. J'ai créé ce podcast pour vous faire découvrir des femmes et des hommes qui ont osé le réveiller. Mes invités sont des athlètes de tous niveaux, des aventuriers professionnels, des voyageuses au long cours, des entrepreneuses ou encore des militaires, des forces spéciales. Toutes et tous partagent dans mon micro des récits inspirants qui vont vous faire passer à l'action. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Greg Crozier est une figure emblématique dans l'univers du parachutisme et de la chute libre. La chute libre, c'est une discipline qui consiste à sauter d'un avion à 4000 mètres d'altitude, à se laisser tomber pendant environ une minute à 50 mètres par seconde, tout en réalisant des figures avec un ou plusieurs partenaires avant finalement d'ouvrir son parachute. Dans cet épisode, on parle d'un enfant qui a des étoiles dans les yeux, la première fois qu'il voit un parachutiste atterrir devant lui. On parle de record du monde, d'un parachute qui justement ne s'ouvre pas, et de visualisation mentale comme outil indispensable pour performer au plus haut niveau. Excellente écoute à vous. Bienvenue Greg sur le podcast, je suis super content de te recevoir, comment est-ce que tu vas ce matin ?
Greg Salut Loïc, je suis bien content et j'avais hâte parce qu'on avait prévu cet appel depuis des mois et des mois et on est en dispo tous les deux.
Loïc C'est vrai, donc trop bien, merci d'ailleurs à Sébastien du podcast Parlons de votre mental pour la mise en relation. Décidément il m'aura recommandé une série de frappés exceptionnelles, donc vraiment merci beaucoup Sébastien. je suis désolé pour tout le monde pour la voix j'étais jury au festival d'aventure de Millau il n'y a pas très longtemps et il a plu et j'ai eu la bonne idée d'aller courir et voilà le résultat, mais bon normalement c'est pas vraiment moi qui vais parler donc ça devrait aller
Greg donc on a eu la confirmation voilà
Loïc et bah écoute Greg encore une fois bienvenue, ravi de te recevoir, moi j'ai vraiment plein de questions pour toi parce que je connais assez peu ou même Pas du tout ton univers, mais j'ai quand même l'impression que tu le vis à fond. Donc, je suis certain qu'il va y avoir plein d'anecdotes très intéressantes, plein de réflexions que tu vas pouvoir nous partager sur la chute libre. Alors, attends, d'ailleurs, déjà, je m'embrouille. Il y a Free Fly, chute libre, c'est la même chose. On est d'accord, c'est juste la traduction.
Greg Non, non, mais c'est ça. Et en plus, en fait, c'est ça qui est intéressant d'aller expliquer parce que beaucoup de gens n'ont pas conscience de toutes les disciplines qui existent dans le parachutisme. Donc, si tu veux, je te fais une petite présentation.
Loïc Eh bien, allez, ça allait être ma première question. Est-ce que tu pouvais nous expliquer les nuances et globalement ce que tu fais, du coup ?
Greg Alors, très bien. Écoute, je dézoome un petit peu parce que les gens n'ont pas forcément l'habitude, encore une fois. Le parachutisme sportif, ce qui est pratiqué à des fins non militaires, donc par des civils. Le parachutisme sportif, du coup, c'est beaucoup de catégories. Donc, on peut sauter de l'avion à différentes hauteurs pour différentes raisons, pour différents objectifs. Donc il y a des gens qui ouvrent tout de suite leur voile par exemple, qui font du voile contact, c'est souvent à deux ou à quatre, il y a des gens qui ouvrent aussi tout de suite leur voile pour faire de la navigation sous voile et de la précision d'atterrissage, et après il y a la partie chute, donc nous on monte un peu plus haut du coup, et voilà il y a des disciplines quand même qui sont très très réputées, qui sont pratiquées dans le monde entier, donc il y a le vol relatif, donc c'est souvent à quatre, je pense que beaucoup de gens ont des images, ont déjà vu ces équipes à quatre évoluer dans le ciel, donc voilà, là je vais tout de suite introduire le fait qu'il y a toujours un vidéoman, donc s'il y a 4 personnes à l'écran, en fait c'est une équipe à 5, il y a les disciplines artistiques, donc nous on fait partie de ça, c'est plus nouveau, ça a une vingtaine d'années, ça a apparu à peu près dans les années 2000, et au début il n'y avait que le freefly, et à l'intérieur du freefly, au bout de 4 ou 5 ans, on a commencé à créer aussi le freestyle, donc du coup il y a le freefly et il y a le freestyle, donc si vous voyez deux personnes à l'écran c'est notre discipline, c'est le freefly donc c'est une équipe à trois et si vous voyez une seule personne à l'écran, c'est du freestyle et c'est une équipe à deux
Loïc D'accord, ok intéressant de voir comment tout ça a évolué et du coup des nuances qui se sont installées alors j'ai plein de questions mais peut-être qu'avant qu'on rentre dans le technique je serais curieux de savoir toi comment est-ce que tu as découvert cette pratique il y a combien de temps, parce que tu viens de dire que c'est assez nouveau, une vingtaine d'années et puis on va commencer par ça.
Greg Ma rencontre à moi dans le parachutisme, elle est assez marrante, je trouve. Mon père faisait de l'aviation en loisirs, donc de temps en temps, il m'a amené faire du DR400 ou du Cessna 152, les tout petits coucous. Une fois, je dois avoir 7-8 ans, on va se poser sur une structure qui faisait aussi du parachutisme, c'était à Saint-Galmier, là où est faite cette fameuse eau pétillante que tout le monde connaît. et du coup voilà j'ai vu pour la première fois des voiles ouvrir et des mecs se poser juste devant moi, donc vraiment j'ai été complètement hypnotisé par ce qui se passait devant mes yeux on voit déjà dans des dessins animés ou des films des parachutistes quand on est tout petit comme ça mais on se rend pas compte que ça existe vraiment, c'est tellement flou comme concept là le parachutisme donc là j'ai vu en live c'était une forte réaction émotionnelle et voilà Donc, j'avais ça qui traînait dans mon esprit. Et en fait, c'est 3-4 ans plus tard, donc j'étais ado, et il y a eu toute cette série de films hollywoodiens qui proposaient des scènes de chute incroyables. Il y a vraiment eu une grosse série de films, et là, je suis devenu complètement... J'étais accro, et c'est marrant parce que je n'avais pas encore l'âge de sauter. Je me suis renseigné, il fallait attendre d'avoir 16 ans, et j'étais déjà complètement persuadé, convaincu que ça ferait partie de ma vie. c'était trop fou comme concept je voulais à tout prix faire du parachutisme tout le temps
Loïc c'était quoi un peu les films dont tu parles des missions impossibles, des James Bond, ce genre de films, d'action
Greg il y avait dans les films d'agents secrets, il y avait des scènes mais qui étaient presque un peu trop pro ou un peu trop cascade moi je parle plutôt des films c'était Drop Zone, Cutaway, Terminal Velocity évidemment le Pond Break tous ces films là c'était un petit peu le concours de qui allait avoir la scène de chute libre la plus dingue, donc c'était des scènes longues au final, ça prenait toujours 5-6 minutes voire plus dans le film, voire c'était récurrent comme dans Terminal Velocity avec Charlie Sheen et à chaque fois c'était juste dingue parce que les mecs, encore une fois c'était le concours de celui qui allait trouver dans le scénario la scène la plus dingue et amener à l'écran jusqu'au fameux dans Pond Break à la fin du film, donc là il y a beaucoup de scènes de chute libre, c'est récurrent dans le film à la fin il saute même sans parachute, il est tellement énervé qu'il poursuit son pote il a juste son flingue à la main et son plan c'est de rattraper son copain parce qu'il n'a plus d'autre plan du coup donc voilà ça c'était complètement dingue alors c'était pas pour faire ça mon rêve c'était pas de sauter sans parachute avec un flingue à la main je préfère le préciser non mais c'était complètement dingue de voir que l'être humain était capable de faire ça et je savais que ça allait faire partie de ma vie
Loïc qu'est-ce qui se passe du coup entre tes 12 ans où tu vois ces films qui te confortent, qui te font dire ok c'est sûr le parachutisme fera partie de ma vie et tes 16 ans est-ce que t'as pu commencer à faire du parachutisme à 16 ans tu disais qu'il faut avoir 16 ans minimum
Greg oui alors là c'est la période de patience mais du coup de prise d'informations de renseignements donc je suis retourné pas mal de fois dans ce paraclub il y a le le magazine paramag qui laissait volontairement des paramag du coup il y en avait dans chaque paraclub et il laissait aussi des fascicules d'abonnement et du coup c'était une période intéressante parce que clairement à 14 ans, pour le frisson on aimerait bien sauter, on aimerait bien aller dans un avion mais en même temps on est content d'être un peu trop jeune aussi parce que c'est quand même très jeune donc j'étais content au final d'avoir ces deux ans de réflexion et de confirmation et de prise de renseignement c'était très bien
Loïc Et les débuts, comment est-ce qu'on se met à sauter du coup si demain je sais pas, quelqu'un écoute le podcast qu'il est 16 ans ou plus mais qui se dit j'ai envie de le tenter, c'est quoi les premiers pas j'imagine que, est-ce que tu sautes tout de suite ou il y a de la théorie ? Pendant combien de temps tu sautes avec quelqu'un ?
Greg Très bien, et bien en fait il y a à mon sens deux façons c'est les façons les plus simples qu'on va évoquer aujourd'hui, mais c'est sûr que ça a très bien évolué, c'est très facile aujourd'hui de se renseigner, vous tapez sur Google parachuteisme et même parachuteisme sportif ou découverte ou baptême, vous avez toutes les informations, quel que soit l'endroit où vous habitez en France il y a plus d'une centaine de structures, ce sera facile d'en trouver une. Donc, soit vous faites un baptême, donc il y a toujours, comme tu disais, une préparation théorique. Donc, pour un baptême, la théorie, on parle de 10 à 15 minutes. C'est vraiment volontairement très simple parce que, clairement, ça l'est. Le gros du travail est réalisé par le moniteur et vous, vous devez profiter un maximum. Donc, on a simplifié au max. C'est vraiment la découverte du parachutisme caviar. Mais tant mieux, c'est fait pour ça. Et il y a ces gens qui veulent faire, du coup, une formation dès le début. c'est pour faire un stage normalement en Pâques mais on peut aussi faire la formation pour faire un seul saut si on n'est pas sûr on prévoit un seul saut et puis souvent les gens finalement ils mordent et puis après ils font la formation ensuite, mais cette formation qui prévoit 7 sauts là par contre elle prévoit une théorie d'une journée entière donc là il y a quasiment voilà, si on a de la chance on va faire le premier saut à 17h30 18h le soir, mais souvent c'est le lendemain matin qu'on est dans les jours
Loïc d'accord tu peux nous parler de ton premier saut
Greg mon premier saut oui c'est dingue pour de vrai il s'est passé un truc assez rare, assez fou donc je pars faire cette formation avec mon meilleur ami Fred Plaquese parce que je ne me sentais pas d'y aller tout seul et lui était hyper content de se joindre à cette aventure donc aucun soucis, on regardait les mêmes films ça n'a pas été difficile de le convaincre et on se retrouve dans cette formation et voilà et on se retrouve du coup nous c'était le lendemain aussi après l'entraînement pour les sauts en automatique on se retrouve à attendre l'avion en bout de piste donc on marche et on regarde les précédents on était un groupe de 7-8 donc il y avait les deux les deux personnes qui nous précédaient qui s'apprêtent à sauter et en fait il y a la dernière personne à sauter sur le stick de deux elle fait un truc mais assez invraisemblable et elle se met en boule tout de suite je pense que c'est quelqu'un qui a eu très peur elle se met en boule tout de suite en fait elle accroche cette SOA avec le petit extracteur je ne sais même pas comment c'est possible aujourd'hui si tu me demandais de le faire, je pense que même moi je n'arriverais pas à le faire ça mais cette personne s'est débrouillée pour empêcher l'ouverture de son parachute tellement qu'elle était terrorisée et qu'elle était en boule et du coup en fait elle a mis 10-15 secondes avant de lâcher cette sangle et en fait les chutes libres qu'on constatait du sol qui duraient à chaque fois une seconde et demie, deux secondes le saut en automatique si tu veux on saute beaucoup plus bas, on est seulement à 1000 mètres et le parachute est censé s'ouvrir tout de suite. Et là on voit que la personne chute chute, chute, chute et le moniteur qui hurle dans la radio de lancer la procédure de secours. Alors je pense pas que c'était audible à ce moment là dans la radio mais en tout cas c'est la procédure donc si tu veux, voilà je suis là au bout de la piste en train de regarder un truc qui n'est pas censé se produire et un instructeur qui tente en hurlant dans la radio de faire quelque chose du seul. Et ça est ouvert et je me suis dit, waouh, c'est chaud quand même là où on est. Et en fait, il m'a dit, écoute, ça n'arrive jamais, clairement ce qui s'est passé. Et en fait, ce qui était rassurant, c'est de voir que même avec un truc qui ne se produit jamais, ça se passait bien quand même. Donc quelque part, ça faisait peur, mais c'était rassurant aussi. Mais c'était pour te décrire un petit peu le contexte un peu fou dans lequel j'ai fait mon premier saut. Et donc cet avion-là, le Cessna 185, je ne sais pas si ça parlera aux gens qui écoutent, ce n'est pas très grand non plus comme avion et ça a la particularité d'avoir une porte qui s'ouvre en fait les charnières elles sont en haut de la porte donc la charnière va se plaquer contre l'aile tu vois, elle s'ouvre comme ça au lieu de s'ouvrir et de t'ouvrir un plan gauche-droite, elle va se plaquer à la verticale sous l'aile donc le moniteur ouvre la porte et en fait il ne peut pas t'accompagner parce qu'il y a juste la place qu'au pilote, donc tu vas sur tes genoux à quatre pattes à côté du pilote mettre tes jambes dans le vide avec la roue qui tournent dans le vide et tu dois sauter sans la présence de ton moniteur qui est loin derrière toi et qui te dit vas-y, on saute. C'est juste pour vous au niveau mise en scène on est au top. Donc c'était des vieilles c'était des anciennes façons d'apprendre le parachutisme. Ça existe toujours pour ceux, les braves qui ont envie de le faire ça existe. Mais en tout cas, aujourd'hui on est passé à la PAC donc c'est beaucoup plus simple beaucoup plus aérien j'ai envie de dire. On monte à 4000 mètres dès le début. On a deux moniteurs avec nous qui pour le coup nous lâcherons pas de tout le saut et on a un troisième moniteur en bas qui nous attend pour la radio donc la prise en charge est encore plus optimale et c'est beaucoup plus simple et on fait de la chute libre dès le début c'est beaucoup plus sympa beaucoup plus simple
Loïc et du coup au moment donc là le contexte est assez clair j'imagine qu'effectivement pour un premier saut tu vois quelqu'un qui fait 10-15 secondes de chute libre au lieu des 1 seconde habituelle ça doit faire bizarre le moment où tu t'élances après avoir attendu toutes ces années et que tu vis pour la première fois les sensations de la chute qu'est-ce qui se passe émotionnellement dans ta tête, cérébralement qu'est-ce que tu te dis, est-ce que c'est un moment marquant ou finalement pas tant que ça ?
Greg Alors chacun le vit un petit peu comme il le souhaite, moi à ce moment-là j'avais un très bon moniteur et j'avais pris la décision de me couper légèrement de mes émotions c'est-à-dire que tu peux décider si c'est vraiment un truc qui n'est pas pour toi et que tu n'as pas le choix de le faire ou si tu es très jeune, ça correspond un petit peu au même état d'esprit, de te dire ok, je ne vais pas me laisser envahir par mes émotions parce qu'il y a beaucoup de choses en moi qui me disent qu'il ne faut pas le faire, que ce n'est pas normal etc. Ce qui est plutôt sain comme façon de penser. Du coup, tu peux faire le choix un petit peu comme un soldat, comme un robot, comme une machine de dire ok, je ne réfléchis pas trop, je vais suivre les procédures, je vais suivre les recommandations, les instructions et puis j'y vais en fait. Et ça marche très bien de faire comme ça. Ce n'est pas si dur au final. Quand on a décidé de toute façon que l'objectif c'était de faire ça, moi je voulais sauter en parachute, je savais qu'il fallait passer par là, je savais que j'étais très jeune, donc émotionnellement c'était compliqué. Donc j'avais fait ce choix-là et ça a très bien marché, ça a très bien fonctionné pour moi. Mais du coup, tu prends tellement sur toi que tu ne vis pas autant que tu pourrais, j'imagine, ce ou ses premiers sauts. vraiment tu te fais violence et tu le prends sur toi ok intéressant mais du coup pour les frapper j'ajoute c'est une exclusivité quand même ce que je vous ai raconté là sur la personne qui a sauté avant moi qui a vécu cet énorme retard à l'ouverture je l'avais jamais raconté pour l'instant parce que je ne suis pas un peu rejoint et je me suis dit là c'est des frappés quand même il faut de l'exclusivité c'est la première fois que je le raconte
Loïc merci pour ça aujourd'hui tu as quasiment 10 000 sauts
Greg alors voilà j'y arrive enfin et c'est pour cette année donc j'en suis très content je vais essayer justement de choisir une destination à la hauteur pour fêter ce 10 000 sot mais il va tomber cette année
Loïc pour qu'on ait un peu une idée il y a combien de personnes dans le parachutisme civil du coup qui arrivent à ce seuil des 10 000 sots
Greg tu vois ça a changé au fil des années c'est à dire que moi quand j'ai commencé le parachutisme au début des années 2000 à la fin des années 90 un moniteur il avait 5000 sauts ou 6000 sauts un moniteur qui avait consacré sa carrière entière dedans mais pourquoi ? parce qu'en fait les avions à l'époque étaient beaucoup plus lents ils mettaient beaucoup plus de temps à monter la pratique était aussi moins assidue donc c'était normal pour un mec avec 25 ans, 30 ans de para d'avoir 5000 ou 6000 sauts même s'il avait consacré sa vie aujourd'hui on a des outils vraiment différents on est capable aussi d'aller sauter l'hiver dans d'autres endroits, de quasiment jamais s'arrêter de sauter. Donc en fait, un moniteur aujourd'hui qui a fait un peu d'équipe de France et qui a consacré sa vie, il a facilement entre 20 et 25 000 sauts. Donc c'est un nombre qui est vraiment balèze pour le même nombre d'années de pratique que j'ai. Parce que moi, j'arrive à 26 ans de parachutisme, bientôt 27 en fait même. Et pourquoi, vous allez dire, pourquoi Greg, du coup, il n'a que 10 000 ? Eh bien en fait, j'ai la moitié moins quasiment qu'un de mes homologues pourrait avoir parce que moi, je fais du coup l'alternance parfaite avec la soufflerie. Je passe vraiment beaucoup, beaucoup de temps en soufflerie. J'ai pris le temps de passer à toutes les qualifes possibles et je fais beaucoup d'instructions en soufflerie. Je prépare autant des parachutistes que des coachs et que des instructeurs et du coup, fatalement, j'ai un peu moins de saut. Mais je suis bien content de ce profil-là.
Loïc Du coup, alors attends, parce que là, déjà, donc d'un côté technique, tu disais Les sauts, quand toi, tu as commencé, c'était à peu près 1000 m. Aujourd'hui, c'est plutôt 4000, c'est ça ? Tu sautes à 4000 aujourd'hui.
Greg Voilà, il y avait une proportion, on va dire, il y avait 15-20% du parachutisme qui se faisait en saut automatique entre 1000 et 1200 m. Et il y avait beaucoup de sauts aussi commandés pour l'apprentissage. Justement, on ne va pas du saut automatique au 4000 m. Parce que nous, notre apprentissage, il se fait sans moniteur en chute libre qui nous accompagne. moi la première fois que j'ai vu quelqu'un en chute libre en face de moi ça faisait déjà 40 sauts que je sautais tout seul en chute libre, j'avais jamais vu quelqu'un en face de moi, c'était pas du tout le même apprentissage donc si tu veux il y avait les sauts à 1500, les sauts à 2000, les sauts à 2005 des fois des sauts même à 3000 avant d'avoir la fameuse autorisation de monter à 4000 c'était pas du tout la même la même façon de pratiquer le parachutisme qu'aujourd'hui aujourd'hui effectivement c'est beaucoup plus simple tout le monde monte à 4000 parce que par défaut dans ton avion, tu auras des tandems tu auras des gens qui s'entraînent tu auras des gens en loisir mais tout le monde a envie de monter à 4000, tout le monde veut avoir sa minute de chute libre donc c'est plus simple au final d'avoir créé cette formation même pour les baptêmes, même pour les initiations cette formation là qui emmène tout le monde à 4000 c'est beaucoup plus simple au final
Loïc parce que tu dis une minute de chute libre en sautant à 4000, tu descends à quelle vitesse du coup pendant la phase
Greg de chute libre ? Alors pour faciliter les calculs, on dit qu'on va à 50 mètres secondes, 50 mètres par seconde en chute libre. Les premiers 300 mètres sont un peu plus longs. Les premiers 300 mètres, on va mettre une bonne dizaine de secondes pour les faire, mais après, ça va un petit peu plus vite. C'est pour ça qu'on dit, jusqu'à l'ouverture du parachute, parce que quel que soit le saut qu'on va réaliser, que ce soit en 2D ou en 3D, on va établir une hauteur à laquelle on va se séparer, qu'on soit à 2 ou à plus. il y a une hauteur, au bout d'un moment on va dire ok là maintenant on arrête la phase travail en chute et puis on va prendre un temps pour s'éloigner les uns des autres pour ouvrir son parachute dans son petit coin de ciel mais tout ça ça compte c'est toujours de la chute libre évidemment donc de la sortie de l'avion jusqu'à l'ouverture du parachute on n'est pas loin de la minute alors en free fly oui on va souvent on est à 55 secondes ou 50 secondes mais en gros voilà un cadre entier de trotteuse là de chute libre ce qui est un temps quand on est dans le ciel qui est très très long c'est génial
Loïc Punaise Impressionnant et donc globalement l'altitude max adaptée à ce que tu fais c'est 4000 il y a un intérêt à sauter plus haut ou pas vraiment ?
Greg Alors des fois on a besoin de sauter plus haut tout ce qui va être tout ce qui va être record par exemple où on va se mettre à sauter très nombreux avec des flottes aériennes on va être 3 avions, 5 avions jusqu'à 10 avions d'ailleurs sur les dernières tentatives de record du monde. Et là, il y a beaucoup de gens. Qui dit beaucoup de gens, dit qu'il faut plus de temps pour se retrouver dans le ciel. Et aussi, il faudra beaucoup plus de temps à la fin du saut pour cette fameuse séparation. Donc là, il va falloir ajouter 1000 mètres, 1500 mètres, voire 2000 mètres au record du monde. On saute à 6000 au lieu de 4000. Donc voilà, là, c'est intéressant de monter plus haut, mais ça vient avec aussi une problématique, c'est qu'il faut de l'oxygène. Donc ça a un coût. c'est un coût parce que à plusieurs niveaux, les avions du coup doivent monter plus haut, ils passent plus de temps en l'air donc il y a une consommation de carburant qui est double donc le prix du saut est double et en plus elle emporte l'oxygène et ça te fatigue beaucoup plus de faire des sauts comme ça, donc si c'est exceptionnel tout va bien mais on ne pourrait pas faire ça tous les jours 4000 mètres c'est volontairement le meilleur ratio qu'on ait trouvé au niveau fatigue au niveau consommation de l'avion au coup du saut et au niveau on est en dessous de la limite d'emport d'oxygène on n'est pas obligé d'en avoir donc tout va bien c'est vraiment le compromis parfait les 4000 mètres
Loïc pour que ce soit bien clair pour toutes celles et ceux qui nous écoutent aujourd'hui tu vis de ton activité c'est ton métier à quel moment est-ce que c'est devenu c'est devenu ton activité principale professionnelle qui te rémunère
Greg vivre du parachutisme c'est une question qui va intéresser forcément beaucoup de gens en fait à mon sens il y a deux grandes de façons différentes de vivre du parachutisme. Soit on est moniteur, et du coup, c'est bien d'avoir plusieurs qualifs, c'est-à-dire d'avoir la possibilité de faire du tandem ou de la PAC, justement, ces deux façons-là que j'ai citées tout à l'heure, d'emmener les gens à s'initier au parachutisme. Et du coup, c'est bien aussi d'avoir une autre qualif en plus, pourquoi pas réparateur, plier de voile de secours pour l'hiver, ou de prévoir l'hiver d'aller sur ces destinations qui permettent de continuer à sauter. Voilà, ça, c'est la façon de pratiquer, de vue du parachutisme un peu du côté monitorat. Si on est plus du côté compétiteur, du coup, c'est bien d'avoir ces qualifications justement de moniteur en soufflerie parce que du coup, on va pouvoir déjà être de plus en plus performant dans le ciel. C'est le but. Il faut vraiment alterner volontairement la pratique indoor et outdoor. Et en plus, du coup, on peut donner des cours. Dès qu'on a les qualifications de coach en soufflerie, on peut donner des cours. Ça permet à la fois de continuer à être de plus en plus fort et puis du coup c'est rémunérateur évidemment donc c'est les deux profils si tu veux, les deux plus grands profils répandus en France
Loïc c'est quoi les grandes différences entre les vols en soufflerie et les vols à l'air libre est-ce que techniquement l'approche est très différente ou tu arrives à reproduire avec l'ensoufflerie exactement les conditions à l'air libre
Greg c'est pareil, c'est une question qui revient souvent le truc c'est que oui c'est la même chose mais on n'a pas les mêmes contraintes donc du coup on n'a pas les mêmes résultats je fais un parallèle c'est un peu comme comparer la plongée en bouteille et puis la plongée en apnée il y en a un qui est beaucoup qui est soumis à on ne peut pas faire tous les mouvements qu'on veut c'est de plonger en bouteille et en apnée on peut faire un petit peu ce qu'on veut c'est un petit peu pareil en indoor c'est à dire que là on n'a plus le parachute il fait 10 kilos quand même donc c'est quand même pas rien il prend quand même pas mal le vent parce qu'il dépasse beaucoup donc ça change quand même pas mal d'informations sensorielles et puis ça permet du coup d'évoluer un peu différemment d'avoir ou pas ce parachute dans le dos en tout cas ce qu'on aime bien dire nous c'est que ça permet surtout la soufflerie de progresser beaucoup individuellement on s'en sert pour devenir le plus fort possible individuellement pour après du coup pouvoir ramener ces compétences là améliorées ou nouvelles dans l'équipe dans l'équipe dans laquelle on fait partie. Si on voulait vraiment préparer un saut à 2 ou à 3 en indoor, il faudrait du coup prendre des parachutes même en indoor, pas forcément lestés, mais au moins pour avoir la même gêne de harnais serrés et puis de formes qui dépassent. Il faudrait à mon sens aller dans les Émirats Arabes Unis, à Abu Dhabi, la plus grande soufflerie du monde, ils ont 10 mètres de diamètre, c'est vraiment gigantesque. Et là, on pourrait éventuellement répéter un saut à 3, parce que ça prend de la place, un saut à trois qui ne rentre pas évidemment dans les souffleries conventionnelles.
Loïc Ouais, d'accord. Donc, une compétition de Freefly, ça consiste en quoi exactement ? Comment est-ce que tu es évalué ? Punaise, excuse-moi, je vais la refaire. Pas de problème. Désolé, Grieg. Donc là, tu évoquais les compétitions, le fait de devenir meilleur individuellement grâce à la soufflerie, donc la notion de performance aussi. Comment est-ce que ça se passe en compétition ? qu'est-ce qui est évalué et c'est quoi les enjeux, en tout cas les items sur lesquels il faut être bon ?
Greg Le free fly, c'est vraiment une discipline artistique. Donc, il va falloir créer, chaque équipe créer son saut le plus harmonieux possible avec le plus de figures possibles, avoir des lignes de vol qui incluent le vidéoman. Donc, il faut vraiment faire du vol à trois. Toi, si ça fait que tourner à l'horizontale, ou si ça ne fait que faire des boucles à la verticale, ce sera moins intéressant que s'il y ait une alternance de ces deux choses. C'est bien aussi de construire des figures à deux, c'est-à-dire d'avoir, justement, nous, on faisait des portées, on faisait des têtes-têtes, on faisait des choses comme ça, des constructions. Donc, si tu alternes un petit peu du vol, de la construction, du vol synchro, du vol à deux, enfin, du vol à trois, mais on voit deux personnes à l'écran, c'est un peu comme comparé avec la patrouille de France, tu vois, c'est joli de voir un vol synchro très serré, et bien, voilà, tu commences à avoir un saut qui est présentable à un jury et en fait les juges ils attendent de noter ton saut techniquement et artistiquement donc il faut vraiment remplir son saut de figures les plus compliquées possibles à ton niveau bien sûr et puis le remplir de plus de moves possibles alors c'est dangereux d'en mettre un peu trop c'est comme les choix de présentation de kata au karaté, c'est à dire que des fois il vaut mieux prévoir un truc un peu plus light comme programme mais être sûr de le sortir à tous les coups et surtout qu'il soit similaire à chaque fois donc stratégiquement il faut vraiment évoluer progressivement entre ce qu'on est capable de faire et puis ce qu'on est capable de présenter, c'est pas tout à fait la même chose et ces compétitions là de Freefly, qu'elles soient nationales ou internationales, évidemment on est calqué, c'est la même chose on présente 7 seaux donc 5 fois on présentera ce seau libre qu'on a créé en équipe qui doit être du coup similaire tout le temps et on aura deux sauts d'imposé. Donc, toutes les équipes sont soumises aux mêmes figures, du coup. Toutes les équipes doivent présenter au saut numéro 2, au saut numéro 5, le même saut. C'est une façon d'ailleurs pour les juges de vérifier vraiment qui sont les plus compétents et qui sont les plus précis et les plus entraînés.
Loïc D'accord. Donc, il n'y a que sur ces deux sauts que tu as des figures imposées. C'est ça. Dans les cinq sauts que tu crées, toi, c'est complètement libre.
Greg Voilà, c'est complètement libre. et c'est stratégique de leur part d'avoir posé l'imposé numéro 1 au saut numéro 2 et l'imposé numéro 2 au saut numéro 5 parce que ça t'empêche de prendre une habitude de répétition tu vois dans la compétition ça te casse à chaque fois ton élan et du coup il faut vraiment s'entraîner dans ce sens là nous régulièrement les français je sais pas ce que font les étrangers mais régulièrement quelques jours avant la compétition on arrêtait de s'entraîner en faisant de la répétition de move ou de la répétition de saut et on se faisait justement des schémas des fausses compétitions pour justement commencer à avoir l'obligation de switcher sans arrêt du saut libre au saut imposé et de ne pas pouvoir s'endormir sur de la répétition
Loïc ouais d'accord et donc pour terminer sur le sujet compétition en tout cas les règles j'imagine que tout le monde saute de la même altitude et tu as une obligation d'ouvrir le parachute à une certaine altitude aussi pour que chacun ait exactement le même temps de chute libre
Greg alors on a effectivement le même format d'évolution donc on va effectivement sauter à la même altitude si possible avec la même nébulosité tu vois faut pas qu'il y en ait qui saute sous la pluie alors que l'autre il a un grand soleil on va essayer de faire ça mais sinon exactement comment ça se passe à chaque saut les juges vont installer une fiche dans l'avion qui annonce le round si c'est le saut 3 par exemple le vidéoman aura l'obligation de mettre en route sa caméra et il ne peut plus la couper. Il met en route la caméra quand on a une minute du largage pour filmer cette fameuse fiche avec les visages des deux performeurs. Il ne coupe plus la caméra et quand l'équipe va se mettre en place à la porte de l'avion, parce qu'il peut y avoir des mises en place dans l'avion ou de dehors, ça dépend du show, le chrono, par contre, partira à partir du moment où l'équipe lâche l'avion et il s'arrête au bout de 45 secondes. Du coup, ce n'est pas à l'ouverture du parachute, C'est vraiment une maîtrise de temps. Et c'est bien que tu poses cette question parce que ça me permet de rajouter qu'il y a ça effectivement à prendre en compte. C'est vraiment une musique à maîtriser. C'est vraiment un timing parfait à maîtriser. Parce que si malheureusement, on finit le saut à 46 secondes, il y a une seconde qui est hors temps, qui ne sera pas du tout prise en charge. D'ailleurs, l'image est figée au bout de 45 secondes, quoi qu'il arrive. Donc, ça peut arriver d'être figé entre deux mouvements et du coup, c'est un peu catastrophique. Déjà pour le rendu visuel. Et en plus, pour la note, du coup il y a une pénalité et c'est pas forcément bienvenu non plus de finir deux secondes en avance et d'avoir du bleu, voire pire le vidéomone qui commence à filmer le sol pendant deux secondes à l'écran donc voilà, c'est vraiment une maîtrise parfaite du temps qui est demandée aussi, en tout cas toutes les équipes sont logées à cette même enseignée
Loïc d'accord, c'est super intéressant au moment où on enregistre il y a l'épisode de la semaine qui vient d'être diffusé c'est avec Maë Berenice Méité qui est une athlète olympique en patinage artistique et c'est intéressant parce qu'on avait échangé du coup sur cette notion aussi de performance sportive et artistique où forcément l'un va avec l'autre dans sa discipline et je n'avais pas forcément en tête tu vois que c'était le cas aussi pour le free fly donc comment est-ce que ça tu le travailles ? Est-ce qu'il y a uniquement en sautant que tu peux devenir meilleur en chute libre ou est-ce que tu as aussi des exercices de visualisation par exemple où tu te vois répéter les mouvements, comment tu le prépares ça ?
Greg à mon sens tout ce qui est artistique que ce soit sur terre, dans l'eau ou dans le ciel je pense parce que la natation est synchronisée aussi tout ce qui est artistique en fait implique les mêmes règles en fait pour progresser, de progression c'est beaucoup d'imagerie mentale il y a vraiment un travail, on n'en fait jamais trop j'ai envie de dire, alors il faut être bien disponible bien reposé ou alors du coup sous le stress, essayer de faire la part des choses et de le faire d'une façon intelligente mais en tout cas, se projeter mentalement sur ce qu'on est censé ressentir et ce qu'on est censé voir, c'est hyper important parce que on va sans arrêt du coup le vérifier avec ce qu'on vit du coup en évolution 3D et du coup recaler sans arrêt cette imagerie mentale jusqu'à ce que ça devienne vraiment la même chose, on ne sait plus si on est en imagerie mentale, si on est en train de sauter ou pas quand on ferme les yeux et qu'on vit notre saut ou l'évolution patinage artistique ou notre station synchronisée le cerveau il ne fait plus la différence, les yeux fermés si on est vraiment en train de vivre le truc ou pas, et là ça veut dire que ça y est on a vraiment suffisamment répété l'un et l'autre pour que l'imagerie mentale soit devenue un vrai outil d'entraînement supplémentaire Là, on arrive à doubler quasiment le temps d'entraînement et on arrive justement à anticiper ces mini temps d'avance ou temps de retard parce que la maîtrise du temps, elle fait partie justement du jeu. C'est-à-dire que si on a plusieurs performeurs autour de nous, il faut bien qu'on s'accorde avec eux. Si on fait son travail tout seul, du coup, on va mettre dans le jus le reste de son équipe. Ce n'est pas le but. Et puis aussi, pour être le plus performant possible, il faut être à l'heure de toute façon sur chacun de tes moves. donc il faut avoir conscience de qu'est-ce qui nous crée du retard dans nos déplacements il y a des gens qui sont grandes, il y a des gens qui sont petits il y a des gens qui sont nerveux, il y a des gens qui sont plutôt un peu lents donc il va falloir répéter pour de vrai et faire un énorme travail d'imagerie mentale pour devenir justement plus compétent encore une fois individuellement pour pouvoir servir le résultat en équipe
Loïc Excellent Dans le document que tu m'as envoyé il y a plusieurs photos où vous êtes en train de faire des figures j'imagine, il y en a une qui est ce que tu as appelé tout à l'heure un peu plutôt le tête à tête donc on voit, on en a pas encore parlé d'ailleurs mais tu sautes avec Karine ta compagnie et donc j'ai l'impression tu me dis si je me trompe que sur cette photo vous êtes en combinaison rouge, visière noire j'ai l'impression que Karine est en dessous elle regarde le sol une jambe tendue et c'est toi qui es au dessus complètement à l'envers avec le haut ton casque qui touche l'arrière du sien c'est ça ?
Greg c'est ça, alors c'est une figure tu l'as très bien décrit c'est le down under on avait appelé ça on lui avait donné un nom c'était justement pendant la préparation de la compétition en Australie donc on avait un championnat du monde sur la Gold Coast en Australie c'était complètement dingue pour un français de partir aussi loin pour faire un championnat du monde c'était génial et du coup on voulait mettre le paquet donc ces combinaisons qui sont censées représenter des motifs aborigènes alors les aborigènes c'est très pacifique comme tribu et du coup, normalement c'est plutôt des ronds alors c'est tout le temps un système de petits points comme tu peux constater sur les combinaisons mais c'est plutôt normalement des cercles qui dessinent et nous il fallait quand même qu'on fasse un truc un peu agressif, un peu guerrier donc on a pris des lignes droites, donc on a fait un compromis mais en tout cas c'est motif aborigène casque aussi, ça représente le masque aborigène et cette figure là, le down under on est à l'envers, on ne sait plus si la figure parce qu'elle peut être observée aussi bien l'endroit qu'à l'envers, cette figure. Elle fonctionne dans les deux sens. Et voilà, c'est un agencement spécial créé pour l'Australie.
Loïc D'accord. Alors, ce qui est marquant sur cette figure, bon, au-delà de la position qui est impressionnante, d'arriver... J'imagine qu'en termes de précision, il faut vraiment être dans le contrôle total pour arriver à se caler dans cette position-là. Je mettrai une photo, je ne sais pas comment je vais faire, mais il y aura une photo disponible pour les gens qui nous écoutent. Mais la question que j'ai, c'est qu'on voit que par exemple tu as une main qui est vous n'êtes pas parfaitement symétrique les bras ne sont pas parfaitement mis de la même manière mais on voit que les doigts sont très resserrés en fait ça donne l'impression que c'est vraiment un travail de précision absolue puisque j'imagine que vous n'êtes pas symétrique parce que vous êtes en chute libre donc il y a des courants d'air qui vous obligent à vous stabiliser en permanence est-ce que tu arriverais à nous expliquer pour quelqu'un qui ne fait pas de la chute libre à quel point c'est précis, c'est-à-dire, je ne sais pas si par exemple dans la chute libre, si tu écartes les doigts, est-ce que ça a un impact immédiat sur la position de ton corps ? Tu vois ce que je veux dire, j'aimerais bien comprendre à quel point le pilotage, entre guillemets, de ton corps doit être précis et à quel point tu peux l'influencer avec des mouvements plus ou moins importants.
Greg Très bien, très bonne question. En fait, comme dans beaucoup de sports de glisse ou de déplacement à haute vitesse, plus on va atteindre un niveau élevés, plus il va falloir avoir un carénage fin et puis une façon de piloter précise et fine. Je peux prendre l'exemple en voiture, en moto, mais je vais garder l'image de la patrouille de France. Pour que les mecs soient capables de voler à un mètre l'un de l'autre, il faut des avions très rapides, très carénés et un pilotage très fin et une concentration super élevée. C'est ce qui donne ce résultat-là de vol très serré. du coup nous on l'expérimente même quand on fait une figure comme ça, c'est à dire qu'effectivement c'est ultra précis on a fait plein de tests avant et bien sûr sur les sauts sur lesquels ça marche pas, on voit clairement ce qui fait que ça marche pas, donc il faut tout régler petit à petit pour éliminer ces petits mauvais placements ou ces problèmes de façon de voler il ne faut pas gesticuler, il faut avoir un vol très calme si on a des corrections à porter il faut les faire justement encore une fois parallèle avec la patrouille de France. On ne donne pas des grands coups de correction. Il faut que ce soit très très très fin. Et là, par exemple, pour cette figure en particulier, on part sur une roue. Donc, je tiens le haut et le bas du parachute de Karine. Une fois que la roue est effectuée et que ça y est, elle est installée à l'horizontale, moi, je dois aller placer ma tête exactement au milieu de son parachute. C'est-à-dire que il y a un compartiment parachute de secours qui est en haut du parachute et le compartiment parachute principal, la voile qu'on ouvre à chaque fois, qui est en bas. Et du coup, entre les deux, on s'imagine bien, il y a un espace un peu plus plat. Et je n'ai pas le choix, il faut absolument que j'installe ma tête à cet endroit-là. Donc, je m'entraînais des fois sans Karine, je prenais son parachute et je mettais mon casque. Et je passais comme ça des fois, des périodes de 5-10 minutes, à regarder exactement quelle était la distance entre ma main avant et mon front, comment était installé exactement le parachute, le ressenti que je devais avoir. parce que si je ne mettais pas ma tête exactement là, je glissais et le saut était raté. Et une fois que j'avais déterminé quel était l'endroit, il fallait tout de suite que je mette beaucoup plus de poids. Donc, je faisais exprès du coup de prendre un peu comme le F14, là dans Top Gun le premier. J'abaissais les ailes pour justement accélérer, accélérer, pour être lourd volontairement. Donc là, c'était un compromis. Il ne fallait pas non plus que je sois droit comme un piquet. Il fallait quand même que j'ai encore un peu d'air sur les mains, mais je n'avais plus d'air sur le buste c'était plus d'air sur une bonne partie des jambes. Je récupérais de l'air avec l'air qui faisait le contour de cette formation de Karine plus moi. J'avais de l'air des genoux aux pointes de pied et puis un petit peu sur les avant-brassés. Tout le reste était dans la dévente. Donc, tu vois, c'est déjà un compromis très compliqué. Et puis du coup, j'ai effectué mon 180 degrés et puis là, à la force des muscles abdominaux, j'arrivais à me basculer et à retomber dans les jambes de Karine. donc pour ceux qui auront la curiosité d'aller voir ce saut qu'on a mis en place pour le championnat du monde en Australie la prise de risque, pas physique mais la prise de risque dans l'agencement elle était optimale parce que ce saut là quand il a réussi il est je l'espère en tout cas impressionnant à regarder, par contre si ça ne marche pas c'est la catastrophe complète, là Karine est en face de freinage max, moi je suis en face d'accélération max donc si on glisse on a une séparation monstrueuse et du coup pour le vidéoman il y en a forcément un qui sort de l'écran, enfin là c'est catastrophique là on passe de se battre pour être sur le podium à 7ème ou 8ème en un seul saut, donc la prise de risque était vraiment très très très forte
Loïc Et in fine sur ce championnat du monde ça a donné quoi comme résultat ?
Greg Et bien du coup c'est alors on avait gagné une coupe du monde en 2012 à savoir que dans notre sport on a vraiment les deux compétitions, on a coupe du monde et championnat du monde et on nous l'avait bien rappelé dans notre révolution, l'important c'est de gagner un championnat du monde, donc nous on s'est battus pendant des années et des années et effectivement en 2018 en Australie on est arrivé à devenir champion du monde
Loïc énorme, bravo génial, alors tu parlais de la prise de risque artistique et là je te pose une question vraiment en tant que novice qui n'a jamais fait de parachutisme, où tu te livres ton sport à regarder c'est clairement impressionnant est-ce que c'est un sport qui est dangereux aussi ?
Greg Alors c'est marrant parce que maintenant on se situe dans une zone un petit peu floue j'explique pourquoi par exemple les gens qui connaissent bien savent que c'est tellement réglementé, tellement sécurisé de par les façons de pratiquer tous les brevets à passer, le matériel en lui-même la préparation des gens c'est devenu vraiment très sécurisé et du coup ça n'est plus vraiment dangereux. Alors il y a toujours comme c'est de la 3D, il y a toujours une erreur de pilotage possible donc c'est possible d'aller se casser une jambe si vous faites n'importe quoi sous voile tout comme c'est possible de se prendre un arbre en moto en fait c'est exactement les mêmes rapports donc c'est devenu très très sécurisé du coup pour les gens qui ne s'intéressent pas trop, qui ne connaissent pas trop on est encore classifié sport extrême mais pour des gens qui connaissent bien comme par exemple les boissons énergisantes pour eux ce n'est pas du tout assez dangereux donc c'est pas intéressant de nous avoir à leur côté comme ambassadeur donc on est un peu pris au piège il faut à chaque fois avoir l'opportunité la chance même d'expliquer ce que c'est pour dire non non en fait on n'est plus du tout une pratique dangereuse, pour prendre deux exemples, l'alpinisme et la boxe, ces deux sports là sont beaucoup plus dangereux il y a beaucoup plus des chances malheureusement de mourir en pratiquant ces deux sports que le parachutisme donc tu vois on est vraiment loin maintenant dans le tableau
Loïc j'ai changé, j'expliquais en intro que j'étais à Millau récemment et il y avait des projections de films d'aventuriers et certains aventuriers qui étaient là du coup j'ai pu rencontrer Antoine Girard que je connais j'imagine que toi le nom doit te parler dans ton univers qui est un parapentiste enfin paralpiniste, je ne sais pas si le terme existe mais en tout cas qui fait du parapente et de l'alpinisme et qui combine les deux et qui est la personne sur terre qui est montée le plus haut en parapente à 8407 mètres et en fait il m'expliquait donc on discutait un peu aussi des risques de la pratique parce que c'est vrai que quand tu connais pas je lui ai posé à peu près la même question que toi à quel point est-ce que c'est dangereux tu te dis bah en fait t'es pendu dans l'air
Greg carrément plus dangereux
Loïc mais en fait même sa réponse finalement elle est un peu dans ton sens il disait la même chose que toi il disait que finalement dans 9 cas sur 10 les accidents sont des accidents liés au pilotage donc des accidents humains et pas des accidents sur lesquelles on peut avoir absolument aucune influence, tu vois, par exemple, je sais pas, un gros pouvant, une voile qui plie, non, non, ça c'est extrêmement rare, la plupart du temps, c'est des erreurs humaines en fait, donc assez intéressant finalement, parce que c'est vrai que c'est super impressionnant, tu vois, c'est ce que je te disais, quand on voit, enfin, je suis libre, moi je suis regardé un peu quelques vidéos, etc., tu te dis, mais wow, attends le délire, les gars et les nanas sautent avec deux parachutes sur le dos, un de secours principal et enfin tu vois faire des figures en l'air ils sont vous êtes plusieurs il y a une photo aussi dans le dossier je ne sais pas combien vous êtes mais il doit y avoir au moins une trentaine de personnes là sur la photo vous faites un espèce de cercle avec des ramifications vous vous donnez tous la main en chutant c'est super impressionnant donc c'est c'est intéressant d'entendre dire que finalement aujourd'hui avec les évolutions technologiques techniques et et et de de process entre guillemets c'est un sport qui que toi tu le considérais plus comme un sport extrême si j'ai bien compris
Greg en fait non effectivement c'est un sport aéronautique définitivement mais je le catégoriserais plus, parachutisme sportif clairement non, je le mettrais plus en sport extrême et d'ailleurs j'en profite pour essayer de en tout cas de faire de passer le message aux gens de penser un peu plus au fait que quand on poste des vidéos tous les sportifs là comme ça qui essayons de faire des choses un petit peu waouh pour intéresser les gens et faire la promotion du sport évidemment on va choisir les vidéos impressionnantes c'est à dire que dans une pratique normale un week-end quand je vais sauter avec des amis ou quand je suis avec des élèves c'est des sauts beaucoup plus cool du coup peut-être beaucoup moins impressionnant à regarder mais 90% du parachutisme c'est ça il faut apprendre à trier aussi ce qu'on voit sur les réseaux avec les pratiques normales Donc aujourd'hui, voilà, si je peux faire passer un message pour ceux qui aimeraient éventuellement se lancer dans le parachutisme, faites-le, mais clairement. Si c'est juste, vous ne vous sentez pas juste un tandem, allez faire votre tandem pour un anniversaire. Foncez, c'est vraiment une expérience hallucinante à vivre. Et ceux qui ont envie de sauter tout court, allez-y. Il y a tous les âges. On peut même faire des sauts sur la plage, sauter pieds nus. Il n'y a plus de problème d'âge. Le spectre, en tout cas, d'âge et de conditions physiques, il est devenu vraiment très très grand on peut faire du parachutisme
Loïc génial, mais écoute ça fait ça fait bien envie et d'ailleurs puisqu'on parlait un peu plus tôt des parallèles entre vol en soufflerie et vol à l'air libre est-ce que du coup pour quelqu'un qui pourrait peut-être impressionner pour tout de suite monter dans un avion et aller sauter à 4000, est-ce que commencer par la soufflerie ça peut être pertinent ?
Greg alors c'est toujours un outil en plus, c'est à dire que si vous habitez vraiment pas très loin d'une soufflerie, du coup, il n'y a aucun sujet là-dessus. Il faut aller faire la soufflerie avant. Ce n'est pas obligatoire du tout, mais si vous pouvez le faire, allez-y et après, faites-le aussi en complément dès que vous avez commencé à sauter. J'ai envie de dire, dès que vous en avez besoin, que ce soit émotionnellement ou physiquement, c'est un outil à utiliser. Par exemple, il y a des gens qui, d'un coup, ont un petit problème à passer. Par exemple, on va prendre un truc très simple. Quelqu'un qui aurait une asymétrie en l'air, qui a tendance à tourner, un peu stressé, a du mal à rester stable. C'est très rare, mais c'est un 5A qui existe. Là, du coup, un quart d'heure de soufflerie, et puis du coup, on a enlevé ce problème-là et on peut reprendre l'évolution là où elle était dans l'évolution dans le ciel. Donc, c'est vraiment un outil à utiliser. Et si émotionnellement, ça me ferait trop peur de sauter en parachute, la soufflerie, ça ira très bien, voire même, je ne suis pas capable d'envisager de sauter en parachute, on surprend les gens, des fois, qui se prennent au jeu, qui font une heure de soufflerie, deux heures, trois heures de soufflerie et qui, du coup, sont devenus tellement compétents en vol qu'ils maîtrisent tous les déplacements, qu'ils disent « En fait, j'ai envie de sauter maintenant parce que du coup, j'ai envie de voir à quel point je peux me servir de tout ce que mon corps a assimilé pour faire ça dans le ciel. » Donc vraiment, c'est un outil qu'il faut utiliser physiquement ou émotionnellement quand on en a besoin. Excellent.
Loïc J'ai vu d'ailleurs avec Karine que vous vous positionnez vraiment comme des ambassadeurs de la discipline, vous emmenez des gens avec vous, y compris des gens qui sont en situation de handicap. Oui,
Greg alors on a des amis qui font plus ça au niveau tandem, nous on fait plus en soufflerie et ce qu'on s'est attaché à cette expérience-là, on trouve ça vraiment génial, on a eu la chance de le voir en Espagne la première fois et donc là on le fait sur iFly à ex-Marseille, on travaille avec une association de non-voyants. Et ça, c'est vraiment génial. C'est le genre de handicap que je trouve qui est magique, avec lequel partager justement la chute libre indoor, parce que du coup, c'est purement de la sensation. Et comme nous, c'est quand même beaucoup ce qu'on essaye de faire passer comme explication en tout cas aux gens. C'est vraiment la sensation à vivre qui est dingue. Et c'est là-dessus qu'on repose l'argumentation à chaque fois. Il faut vivre la chute libre. oui il faut passer la porte de l'avion ça fait très peur mais après ce qui est incroyable c'est cette sensation de chute libre elle est dingue, donc du coup avec les non-voyants là c'est purement ça et c'est pour ça que c'est un outil encore une fois qui est magique la soufflerie pour nous donc il y a des gestes de communication pour régler la posture en fait, plus ou moins de jambes tirer la tête en arrière se détendre, ça c'est 4 gestes qu'on convient en avance d'avoir avec les gens qui font leur baptême c'est un travail d'équipe en fait entre l'instructeur et la personne qui est en train de faire son vol pour être lâchée le plus vite possible. Là, du coup, c'est sur des sensations de toucher qu'on va faire et convenir de ces mêmes signes. Mais ça marche très bien. On va pincer un petit peu pour dire plier un peu les jambes. On va taper sur les tibias pour dire de tendre les jambes. Donc, en fait, on arrive au même résultat. Ils sont enchantés. Pour nous, c'est purement magique de voir les visages s'allumer comme ça, de découvrir une sensation qu'on pensait leur être, accessible pour eux. C'est quelque chose qu'on aime vraiment faire.
Loïc C'est quoi généralement les témoignages de ces gens-là quand ils sortent d'une session de chute libre ?
Greg C'est vraiment dingue. On a des petits... Si vous baladez sur nos réseaux, vous allez voir, on a des petits reportages là-dessus. Ce qui est marrant, c'est que quasiment systématiquement, eux, ils viennent, ça s'accompagne, le manque de ce sens-là au tout début, c'est l'impression de tomber. Parce que clairement, dans la soufflerie, un voyant va voir que la distance avec le filet ne bouge pas, donc on passe de la porte à un vol horizontal instantanément mais le non-voyant, il n'a pas ça du coup, il a quand même comme une sortie d'avion, j'ai envie de dire sur un saut de nuit, il y a quand même 5 secondes, 10 secondes, waouh, waouh je suis juste en train de prendre le fil dans l'espace donc ça, les pauvres, on ne peut pas faire autrement, on les prévient à l'avance mais voilà, ça c'est et c'est ce qui est très effrayant pour eux au début et qui après, au bout d'une dizaine de secondes, ils sont rassurés parce que justement, il y a ces fameux réglages qui sont faits par le toucher pour dire, attends, règle un peu ta posture. Du coup, c'est un re-incontact avec le moniteur qui n'a jamais été absent d'ailleurs parce que le poignet n'a jamais été lâché. Mais évidemment, on ne peut pas leur en vouloir. On peut l'oublier les dix premières secondes. Donc en fait, ils sont enchantés, mais c'est le constat qu'ils ont. C'est qu'au début, c'est vraiment l'impression de tomber.
Loïc Waouh ! Ça va être exceptionnel de voir les émotions que tu arrives à transmettre à des gens où comme tu disais, a priori, on pourrait se dire c'est compliqué sans la vue de faire de la chute libre surtout si le moyen de communication c'est des signes de la main
Greg c'est ça, mais comme quoi on trouve toujours c'est beau en fait, l'humain il a cette capacité on trouve toujours un moyen d'obtenir le résultat, on se creuse un peu la tête et on trouve mais il y a un autre produit j'ai envie de dire, qu'on a mis en place pas accidentellement mais ce qui est accidentel c'est le résultat qu'on a obtenu on a eu l'autorisation de sauter au dessus de Lyon et au dessus de Marseille pour faire un saut 3D avec ces fameuses caméras qui peuvent filmer à 360 et du coup avec Karine on sort de l'avion c'est un vrai saut qu'on a réalisé aussi bien au dessus de Lyon qu'au dessus de Marseille et on fait une évolution en face de notre vidéomane à plat mais bien sûr on peut soit regarder Greg et Karine en train de voler soit regarder le sol ou n'importe où parce qu'on est vraiment au dessus de la ville donc c'est complètement dingue et du coup voilà on a fait ce truc là qui est disponible à Lyon et à Marseille donc qu'est-ce que ça veut dire c'est qu'on peut vivre en fait un vrai saut en parachute avec le système Oculus je sais pas si tu connais ce système là donc du coup il faut forcément faire une première minute de façon conventionnelle il faut quand même voir ce qu'est la chute Libri-Indor avant et puis pour la deuxième minute on peut clipser ce système Oculus donc là on est instantanément dans l'avion je crois que Karine est à droite et moi je suis à gauche, et du coup, l'instructeur du jour, quel que soit l'instructeur, lui, il a un retour télé, il va pouvoir synchroniser la sortie d'avion avec la rentrée dans la soufflerie. Et du coup, vraiment, sensoriellement, on ne fait pas la différence avec un vrai saut. On est vraiment dans 200 km pour le vent, en train de voir une de ces deux villes, et en plus de voir un petit balai en face de Greg et Karen en train de voler. Donc, c'est vraiment bluffant, et en fait, quand on a mis ça en place, on s'est rendu compte après coup que en fait, ça marchait super bien, vraiment, pour l'avoir essayé moi-même, c'est bluffant, le cerveau ne fait vraiment pas la différence avec un vrai saut, et du coup, tout le monde peut le faire, et là, ça fait un écho justement aux gens qui ont des handicaps du coup physiques, quelqu'un qui aurait une contre-indication à pouvoir vivre un vrai saut en parachute, c'est souvent à cause d'ailleurs de l'ouverture de la voile, c'est pas à cause de la chute libre en elle-même, c'est pas forcément violent, mais on prend pas de risque, évidemment, un médecin avec des scoliose forte ou voilà elle va pas prendre de risque en parachute et bah là du coup on peut vivre un souffle en parachute complètement dans une soufflerie en fait en 5 minutes donc c'est quand même très très beau le message au final il est beau c'est qu'on a créé un bel outil pour ceux qui sont curieux et qui passent à côté de Lyon ou Marseille arrêtez vous à essayer ça c'est bluffant
Loïc ça fait envie, je suis pas très loin là j'ai pas d'excuses pour aller tenter ça
Greg non mais on va t'attraper toi
Loïc tu parlais de la voile de l'ouverture où c'est pas forcément ça qui est pas hyper violent mais pour qu'on se rende compte tu disais généralement en chute à 50 mètres secondes à partir du moment où la voile s'ouvre tu passes à combien de combien ça réduit ta vitesse de chute
Greg alors voilà là malheureusement la plupart des images que les gens ont en tête c'est des images qui viennent de Vidoman qui restent en chute libre vous imaginez deux personnes face à face une des personnes ouvre son parachute l'autre personne reste en chute libre donc on a l'impression que le mec il se prend la cacahuète de sa vie et qu'il est arrêté sur place voire même qu'il remonte dans le ciel, on entend ça c'est juste qu'il y en a un qui reste en chute libre parce que forcément on n'ouvre pas les parachutes face à face ce sera un peu débile ça sera un peu dangereux donc malheureusement il y a cette image là qui reste mais en fait c'est juste une décélération qui est au final vraiment très progressive on passe de 200 kmh à 30-40 kmh et c'est une décélération qui prend 300 mètres entre 200 et 300 mètres pour une ouverture complète finalisée donc c'est comme si en voiture on était à 200 et que je vous dis là je ne vais pas piler je ne vais pas m'arrêter net sur 50 mètres en essayant de déraper sur le bitume j'ai juste freiné un peu fort parce que je n'ai pas trop vu qu'il y avait le péage donc sur 300 mètres je repasse à 30 donc c'est un freinage qui est assez fort mais qui est qui n'est pas non plus catastrophique ou traumatisant. C'est juste un freinage fort.
Loïc Oui. OK.
Greg Excellent. Voilà, j'espère que les gens se rendent un peu plus compte. Oui.
Loïc En tout cas, moi, j'ai appris plein de choses. Donc, c'est super intéressant. Et merci beaucoup pour toutes ces explications. Je te dis, ça fait envie. Ça donne envie d'aller s'y frotter, en tout cas. On n'est pas trop passé dessus. On a un peu parlé de compétition. Mais moi, j'aimerais bien finir là-dessus. avec beaucoup d'humilité tu as partagé le fait que tu participais à des coupes du monde, des championnats du monde mais Karine et toi vous êtes quand même des cadors de la discipline je ne sais pas si c'est un palmarès commun mais j'ai vu 16 médailles d'or en parachutisme, 8 médailles d'argent, 6 médailles de bronze c'est forcément des performances communes tout ce que vous mettez en avant dans votre doc sportif
Greg oui à 95% c'est à dire que moi je suis allé faire une ou deux compètes en indoor en freestyle une fois je suis allé je me suis retrouvé à faire une compète parce qu'il manquait il manquait d'inscrits il faut 4 personnes au moins pour valider une compète donc je me suis retrouvé à faire ça j'avais aussi fait de la vidéo en freestyle et Karine elle de son côté elle a les records du monde féminins donc on a des toutes petites divergences mais ouais à 95% on a le même palmarès
Loïc ok ouais donc et un palmarès enfin clairement un palmarès de classe mondiale plusieurs records du monde à votre actif, des records d'Europe, des titres mondiaux, des titres de champion de France. Donc, c'est vraiment impressionnant. Qu'est-ce qui arrive pour vous ? Sur quoi est-ce que vous vous concentrez ? Sachant que vous avez déjà, globalement, j'ai envie de dire, bon, ça, c'est mon jugement à moi, mais enfin, ma vision à moi, que vous n'avez plus grand-chose à prouver dans votre discipline, j'ai l'impression.
Greg Eh bien, oui, on a eu la chance de se battre suffisamment longtemps pour remporter tout ça. L'état des lieux, en fait, en 2019-2020, a été qu'il manquait de la com sur ce sport. On se rendait compte que quand on ramenait des images d'un record du monde, qui pour nous, c'est une dinguerie, c'est-à-dire les records du monde, c'est la réunion, pour une fois, de toutes ces nationalités qui sont là pour sauter ensemble. Je prends le temps d'expliquer ça, parce que dans les championnats du monde, on se bat contre les Anglais, les Ricains, les Russes, les Polonais, on est contre eux. Quand on est sur un record du monde, on est ensemble. Et ça, c'est magique. Je suis grippé sur un Brésilien qui lui-même est grippé sur un Italien. Et c'est génial. Donc, ça, c'est record du monde. Nous, on trouve ça extraordinaire. Pour le message que ça véhicule en plus, et pour les valeurs qu'ont le parachutisme de base, c'est des images, c'est génial. Ce n'est pas facile à amener à un média. Les médias, ils font, je ne veux pas dire qu'ils répondent systématiquement, mais ce n'est pas du foot. Mais on n'en est pas loin quand même. Et du coup, c'est très, très vexant quand même. Je ne parle même pas des championnats du monde, parce que les championnats du monde, du coup, comme on n'est que deux personnes à l'écran, c'est encore moins vendeur. Donc, c'est très regrettable à mon sens. Et je n'avais pas envie, si tu veux, de quitter un jour ce monde en disant « Moi, j'ai fait de la compète et des records. Et puis, j'espère qu'il y en a qui les ont vus. Et puis, salut. » J'ai trouvé qu'il y avait un problème à ce niveau-là. Et on essaye en tout cas, depuis cinq ans, avec Karine, de régler, de réajuster ça. donc on a pris une attachée presse on cherche toujours un agent parce qu'un agent au final dans ce sport c'est très compliqué du coup il faut passer justement les explications c'est pas un sport extrême du coup lui il doit essayer de le vendre à des grandes marques qui nous prendraient comme ambassadeur et qu'il faudra convaincre aussi que c'est pas un sport extrême etc c'est compliqué si tu veux tout ça mais en tout cas voilà nous on veut faire la promotion de ce sport c'est pour ça qu'on est devenu ambassadeur départementaux et maintenant régionaux du sport en général et du parachutisme en particulier. Et on essaye de faire ça. On essaye maintenant de faire des podcasts comme j'ai la chance de faire avec toi aujourd'hui, faire des interviews. On essaie d'aller régulièrement à Paris. On essaye de voir aussi si on peut trouver une attachée presse et un agent aux US aussi. On a constaté qu'aux US, il y avait peut-être une plus grande place pour nous là-bas, à plein de points de vue d'ailleurs, parce que le parachutisme sportif est beaucoup plus accepté comme étant un sport fun. Et il y a moins cette notion de danger qui est inhérente là-bas aux États-Unis. Pour une raison très simple, dans tous les pays latins, en fait, c'est du parachutisme, paracadoutisme, paracaidismo, tu vois, toutes les dérivées du parachutisme. Alors que dans les pays anglophones, c'est du skydiving. Donc, pour ceux qui parlent un peu anglais, tu vois, en gros, tu plonges dans le ciel comme le scuba diving, la plongée. C'est beaucoup plus fun, c'est beaucoup plus ouvert, ils acceptent beaucoup plus. Il y a plus de place, en fait, pour transporter médiatiquement ce qu'on fait. Donc voilà, on va s'orienter aussi là-dessus. Enfin, on va rajouter ça, en tout cas, mais c'est ce qu'on fait aujourd'hui. On continue à faire les records du monde. On continue à faire deux, trois compètes, mais seulement si c'est pour rigoler, parce que, comme tu l'as dit, on a déjà fait beaucoup. autant se concentrer sur la mise en place de cette promotion sportive, donc on fait ça là c'est l'année des JO on essaye pourquoi pas d'avoir à un moment donné un rôle à jouer dans les JO, c'est très compliqué parce qu'au final notre FED même si elle est très respectée, elle n'est pas très grande donc c'est dur de se faire de la place aux JO, mais voilà on essaye tout ce qu'on peut à notre niveau en tout cas
Loïc génial s'il y a des gens que tu as convaincus à travers cet échange de se mettre à la discipline tu leur conseilles quoi ? les premiers pas à faire pour déjà prendre de l'information avant de sauter ?
Greg on a vraiment une communauté vraiment bienveillante extrêmement bienveillante sur d'autres podcasts d'ailleurs j'avais pris le temps de dire si un jour vous êtes devenu déjà parachutiste, vous avez déjà au moins vos 30 sauts, il y a le brevet A à 15 et le brevet B à 30 sauts si vous allez vous installer au Canada ou au Brésil, aux US, n'importe où, en fait, dès le début de votre séjour, sautez, parce que c'est là que vous aurez le meilleur réseau possible. Tous les gens vont vous accueillir tout de suite en disant, ah, t'es parachutiste, il n'y a que ça qui compte. Ce que je disais, c'est qu'on s'en fout de la religion, de la politique, ça n'a aucune espèce d'importance. Ce qui est important, c'est d'avoir bravé justement, avoir eu le courage de faire une formation parachutiste, d'être devenu parachutiste, et du coup, on a accueilli, c'est vraiment une famille donc ce que je conseille aux gens aujourd'hui qui veulent se lancer dans le parachutisme c'est déjà d'aller sur un paraclub sans avoir prévu d'y sauter tranquillement en disant je vais y aller ce dimanche là pour boire un café et puis pour voir un petit peu comment ça fonctionne comment ça marche voir constater tous ces sourires tous ces rires qu'il y a après les sauts voir cette ambiance cette énergie et puis pourquoi pas si vous avez le courage sur cette première sur cette première visite du coup d'aller dire à quelqu'un qui à peu près vautra, je dis, tiens, j'aimerais bien me mettre à faire du para, qu'est-ce que tu me conseilles de millimètre quand, avec qui, comment ? Et vous allez voir la bienveillance qui va se mettre en place instantanément.
Loïc Excellent. Un immense merci, Greg, pour tout ce que tu es venu partager sur ta pratique. C'était super intéressant, je te disais, j'ai appris plein de choses. Peut-être même que tu m'as suffisamment, tu verrais que c'était suffisamment, comment dire t'as mis tellement de passion et d'énergie là-dedans qu'il se pourrait même que je saute le pas et que j'aille regarder où est-ce qu'il y a un club pas loin de chez moi
Greg ah il y a une espère que tu vas avoir des commentaires dans ce temps
Loïc yes est-ce que toi il y aurait peut-être un message que tu aurais envie de faire passer en guise de conclusion on a parlé quand même de pas mal de choses mais est-ce qu'il y a un peu en particulier que tu voudrais faire passer
Greg allez je vais avec plaisir normalement c'est plutôt en fin de conférence que je prends le temps de dire ça, mais là, ça peut marcher aussi. C'est-à-dire que quand vous avez envie de faire quelque chose dans la vie, et ça peut être le cas juste pour une initiation parachutiste, ce n'est pas forcément pour un changement de vie, un nouveau parcours, n'importe quoi. Vous allez avoir, en fait, souvent, des gens très proches de vous, qui ne le font pas exprès, parce qu'ils le font comme ils le sentent, eux, à leur niveau, mais ça va être les premières personnes à essayer de vous en dissuader. Et ça peut marcher pour le parachutisme. le meilleur exemple c'est justement votre mère tiens je veux faire un saut en parachute je pense que normalement ça va être la première à dire non non tu vas pas faire ça c'est dangereux donc voilà il faut distinguer un petit peu les gens des fois qui vont essayer de vous dissuader des choix que vous pouvez faire dans la vie donc ça marche pour le parachutiste mais ça marche en fait même pour tout souvent c'est des gens qui tiennent à vous et qui finalement n'ont pas les mêmes envies que vous et du coup qui ont des craintes différentes parce qu'en fait ils savent pas ce que vous avez envie au fond donc ils font de leur mieux mais ils vont des fois être les personnes qui vont vous empêcher qui vont vouloir vous retenir à réaliser vos rêves ou vos envies donc il faut faire la part des choses et ça n'empêche pas de communiquer avec eux mais il faut toujours faire toujours distinguer que voilà c'est votre vie c'est pas la leur donc il faut bien entendre leur crainte mais c'est les leurs quoi ça leur parle à eux c'est pas les vôtres donc voilà c'est ce que le message que je voudrais faire passer c'est ça c'est que suivez vos envies, suivez vos rêves parce que c'est pour vous, c'est votre vie
Loïc 100% d'accord un grand merci Greg une fois de plus très bonne continuation j'espère que cet échange aura donné envie à des gens de se mettre au parachutisme
Greg j'espère aussi et puis n'hésitez pas parce que c'est les disciplines artistiques comme ça tant qu'on n'a pas vu de photos et de vidéos on ne peut pas vraiment se rendre compte donc s'il vous plaît prenez 5 minutes pour aller voir sur les réseaux ce qu'est le freefly et puis si vous avez envie plus particulièrement ce que fait Karine Jolie et ce que je fais moi, Greg Crozier. Mais vraiment, le freefly en général, aller voir ces images de dingue, que ce soit en compétition ou en record, c'est bluffant. C'est vraiment bluffant. Je confirme.
Loïc Pour en avoir regardé quelques-unes, je confirme. C'est juste bluffant. C'est le bon terme. Merci beaucoup Greg. A bientôt. A bientôt. Merci d'avoir écouté cet échange avec Greg jusqu'au bout. J'espère que vous vous êtes régalé. Si c'est le cas, il y a de fortes chances que d'autres personnes dans votre entourage le trouvent intéressant. Donc allez-y, envoyez-leur le lien vers l'épisode. Pour soutenir le podcast, je vous le rappelle une fois de plus, il y a plusieurs manières de le faire. La plus simple, c'est tout simplement de parler à fond du podcast autour de vous pour qu'encore plus de personnes osent se lancer. Pour celles et ceux qui souhaitent soutenir les frappés financièrement, vous pouvez le faire via Tipeee, T-I-P-E-E-E.com. Le lien est en description. Un immense merci à toutes celles et ceux qui ont sauté le pas, vous contribuer à couvrir une partie des frais de fonctionnement du podcast. Je vous dis merci pour votre fidélité et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode. Ciao les frappés ! Sous-titrage ST' 501
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.