Les Frappés
Saison 3 EP·145 Montagne #ultra-cyclisme #Patagonie #Québec

03 janvier 2024

Gravir les 5 plus hauts sommets đŸ”ïž de chaque continent Ă  la force des jambes, avec Jean-Christophe & Éloi

Durée · 1h07 · Transcription disponible

Jean-Christophe

Le récit

Jean-Christophe et Éloi sont des amis d'enfance quĂ©bĂ©cois qui se sont lancĂ©s dans un dĂ©fi incroyable đŸ‘‡đŸŒ

Gravir les 5 plus hauts sommets de chaque continents đŸ€©

Mais !

Oui parce qu'il y a un "mais" 😅 autrement ce serait trop simple ! La particularitĂ© de leur dĂ©fi, c'est qu'ils ne se dĂ©placent entre chaque ascensions qu'Ă  la force humaine.

❌ Pas de train, de bus ou d'avion.

DĂšs qu'ils atteignent un sommet ⛰ ils se rendent au point de dĂ©part du suivant Ă  vĂ©lo, Ă  ski, en canoe, peu importe le moyen mais ça doit ĂȘtre leurs muscles qui les font avancer.

Avec ces deux compĂšres qui ne sont pas professionnels, on discute de la naissance du projet, de l'univers de la haute montagne, de la mort et de la vie.

Un super échange qui nous montre une fois de plus qu'on peut tout à fait se lancer et réaliser des choses incroyables avec les moyens du bord

🎙 D'autres invitĂ©s qui font des choses incroyables avec peu de moyens :
👉 Épisode #141 - La Patagonie en auto-stop avec Julien Tincho
👉 Épisode #78 - La magie des rencontres dans l'aventure avec AngĂšle Paty, Ă©tudiante Ă  SciencesPo Paris et ultra-cycliste
👉 Épisode #45 - Émilie Poudroux - 20 ans de backpacking, traversĂ©e de l'Afrique Ă  vĂ©lo en solo - Le choix d'une vie d'aventures pour retrouver sa libertĂ©

Vous pouvez suivre Jean-Christophe & Éloi ici âŹ‡ïž
📾 Instagram
🌍 Site internet

Pour soutenir Les FrappĂ©s đŸ‘‡đŸŒ
❀ Deviens Tipeur sur Tipeee
✅ Follow le podcast sur ta plateforme d'Ă©coute
🙂 Parle du podcast autour de toi et partage cet Ă©pisode
⭐ Laisse une note et un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify

Pour prolonger l'Ă©pisode đŸ‘‡đŸŒ
📖 DĂ©couvre le Journal des FrappĂ©s : les enseignements de mes invitĂ©s, dossier par dossier
💌 Abonne-toi à la newsletter
📾 Suis-moi sur Instagram

Des suggestions ou envie de partager ton avis ? Envoie-moi un email.

Transcription

Lire la transcription intégrale

Jean-Christophe Essayer de guĂ©rir Ă  6000 mĂštres, c'est vraiment une expĂ©rience des plus atroces que j'ai vĂ©cues. C'est trĂšs, trĂšs difficile, donc
 Mais c'est ça. Finalement, j'ai rĂ©ussi Ă  faire le sommet. Tous les deux, on Ă©tait emportĂ©s dans l'avalanche en mĂȘme temps. Pour ĂȘtre honnĂȘte, moi, j'ai cru que j'allais y passer. Étrangement, tu sais, j'Ă©tais en paix quand mĂȘme. Ma vie se terminerait dans le plus bel endroit du monde, avec la plus belle personne avec laquelle j'aurais aimĂ© ĂȘtre. J'Ă©tais vraiment serein.

LoĂŻc Salut, c'est LoĂŻc. Bienvenue sur Les FrappĂ©s, le podcast de celles et ceux qui se dĂ©passent. Chaque semaine, je vous fais dĂ©couvrir des invitĂ©s extraordinaires, des femmes et des hommes qui ont osĂ© se lancer et qui se sont donnĂ© les moyens d'atteindre leurs objectifs les plus fous. À travers leurs actes, ils nous montrent par l'exemple que tout est possible et qu'on a tous un potentiel exceptionnel, en rĂ©alitĂ©, un frappĂ© qui sommeille en nous. Eux se sont autorisĂ©s Ă  nous libĂ©rer. Attention, une Ă©coute rĂ©guliĂšre peut entraĂźner des changements positifs irrĂ©vocables dans vos vies. Pour ne rater aucun Ă©pisode, abonnez-vous sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant contributeur sur Tipeee, le lien est en description, ce qui vous permettra d'Ă©couter les Ă©pisodes en avant-premiĂšre, de rejoindre les visuels mensuels des FrappĂ©s ou encore d'accĂ©der Ă  du contenu exclusif. Cet Ă©pisode, c'est l'histoire de deux potes quĂ©bĂ©cois, Jean-Christophe RenĂ© et Éloi LarivĂ©e, qui se sont lancĂ©s dans une aventure hors du commun. Ensemble, ils ont dĂ©cidĂ© de gravir les cinq plus hauts sommets de chaque continent. En soi, c'est un challenge incroyable, mais ils y ont ajoutĂ© un paramĂštre non nĂ©gligeable. Ils relient le dĂ©part de chaque ascension Ă  la force des jambes. Ils ont ainsi pĂ©dalĂ© plus de 7000 km en AmĂ©rique du Sud pour relier tous les camps de base de leurs ascensions, qui incluait forcĂ©ment la Concagua Ă  6962 mĂštres. Depuis, ils ont Ă©galement bouclĂ© leur expĂ©dition sur le continent africain et ils se prĂ©parent maintenant Ă  s'attaquer au sommet d'AmĂ©rique du Nord. On a Ă©changĂ© sur les challenges auxquels ils doivent faire face, et ils sont nombreux, sur leur prĂ©paration, sur l'impact de la trĂšs haute altitude, les dangers de la montagne et comment rebondir lorsqu'on y perd quelqu'un qu'on aime. Un rĂ©cit fascinant avec deux hommes qui incarnent les notions de courage et de rĂ©silience. Il nous montre que tout est possible et qu'on peut rĂ©aliser ses rĂȘves, mĂȘme avec les moyens du bord. Un rĂ©cit fascinant avec deux hommes qui incarnent les notions de courage et de rĂ©silience. Il nous montre que tout est possible et qu'on peut rĂ©aliser ses rĂȘves, mĂȘme avec peu de moyens. Excellente Ă©coute Ă  vous les frappĂ©s. Bienvenue Ă  tous les deux sur Les frappĂ©s. Bienvenue Jean-Christophe, bienvenue Éloi. Je suis super content de vous recevoir aujourd'hui en direct du QuĂ©bec. FraĂźchement chez vous, si j'ai bien compris.

Éloi Oui, bon matin LoĂŻc pour nous parce qu'il est 7h30. Ah oui, c'est vrai. Avec une tempĂ©rature de moins de 10 degrĂ©s. VoilĂ . Et la mĂȘme. Oui, oui, c'est parti. L'hiver est parti au QuĂ©bec.

Loïc Donc 7h30 du matin. C'est vrai que j'avais oublié ce petit détail de décalage horaire. Donc franchement, merci beaucoup. C'est une heure à laquelle vous vous levez habituellement ou là c'était un réveil forcé pour les frapper ?

Éloi Moi, personnellement, je me suis levĂ© un petit peu avant que d'habitude. Ça farait, mais je vais essayer d'ĂȘtre dynamique pour le reste de la conversation.

Loïc Et toi, Loïc, en étant militaire, t'es habitué au réveil un peu rude le matin, non ? C'est brutal, oui.

Jean-Christophe Mais tu sais, je me suis couché tard. Justement, je travaillais hier soir, donc j'ai fini la soirée au Metz. Donc, ça fait une courte nuit.

LoĂŻc Ah oui, ok, bon. On va dire que ça fera partie de l'entraĂźnement pour votre prochaine XP, la gestion du manque de sommeil. Oui. En tout cas, super content de vous recevoir une fois de plus. Merci d'ailleurs, j'en profite Ă  Eric qui nous a mis en relation. Eric de l'Ă©pisode, c'Ă©tait combien ? 138. RĂ©seau Autonomie SantĂ©, c'est un collectif qui crĂ©e ou qui participe Ă  des dĂ©fis sportifs inclusifs, c'est-Ă -dire avec des personnes qui sont en situation de handicap. Donc, merci encore Eric pour cette suggestion. Et moi, je vous le dis, je suis super content. Il y a une merde d'ailleurs. Oui, complĂštement. ComplĂštement. Donc, il y aura le lien en description de l'Ă©pisode. Foncez l'Ă©couter. Moi, je suis super content que vous soyez lĂ  tous les deux pour nous parler de ce que vous faites, parce que je ne vous cache pas que le projet, je le trouve super intĂ©ressant. La dĂ©marche, la maniĂšre dont vous le rĂ©alisez, je trouve ça gĂ©nial. Mais je suis quand mĂȘme trĂšs curieux de savoir comment tout ça est nĂ©, comment vous faites pour que ça fonctionne. Et bref, j'arrĂȘte avec mes questions teasing, mais je vous laisse peut-ĂȘtre commencer par nous expliquer en quoi consistent les trois mousquetons.

Éloi Oui, les trois mousquetons, en fait, c'est une Ă©quipe d'athlĂštes qu'on se considĂ©rait
 Ben, athlĂštes. Bref, ça vient avec le temps, le terme athlĂštes, mais une Ă©quipe de sportifs qui avait envie, qui avait soif d'aventure. Puis lĂ , on s'est lancĂ© le projet un peu fou de tenter de graver les cinq plus hauts sommets de chaque continent en les reliant par la force humaine. Qu'est-ce que ça veut dire la force humaine, en fait? C'est qu'une fois qu'on atteint le premier sommet d'un continent, tous les sommets suivants, on doit les relier par la force de nos jambes. Ça fait que souvent, pour les deux continents qu'on a fait, ça a pris la forme du vĂ©lo. Mais quand on va penser aux continents comme l'Antarctique ou mĂȘme l'AmĂ©rique du Nord, on va intĂ©grer aussi le ski Ă  l'intĂ©rieur des dĂ©fis. En plus de l'alpinisme et de la complexitĂ©, la logistique de graver les cinq plus hauts sommets de chaque continent.

Loïc Excellent. Et comment l'idée de ce format-là est née, du coup?

Éloi Moi, j'ai regardĂ© les records, lĂ , puis lĂ , tu sais, il y a le dĂ©fi de graver les sept plus... le plus haut sommet de chaque continent pour un total de sept sommets. Puis lĂ , j'ai regardĂ© sur Internet, puis j'ai vu qu'il y avait quelqu'un qui en avait fait les deux plus hauts de chaque continent. Donc aprĂšs ça, je me suis dit, bah, si on fait les trois plus hauts de chaque continent, c'est un peu proche de deux. Puis quatre, je trouve que c'Ă©tait juste pas un beau chiffre. Donc ça a fini Ă  cinq plus hauts sommets de chaque continent. C'est trĂšs arbitraire, mais ça fera un dĂ©fi arbitraire pour se mettre en marche parfois, dans la ville.

Loïc C'est clair. OK, donc les cinq sommets les plus hauts de chaque continent, en reliant chacun des camps de base des sommets, en fait, à la force des jambes, en fait. Oui, c'est ça, c'est exactement ça.

Jean-Christophe C'est une forme trÚs particuliÚre d'alpinisme, parce que les alpinistes qui nous rencontrent, qui sont à connaissance de cause un peu du sport, ils se rendent compte de la complexité de ce qu'on fait. Parce que entre les camps de base, normalement, on prend un Jeep, on va à l'hÎtel et on se repose. Mais nous, au contraire, on prend le vélo et puis on dépense encore plus d'énergie. Donc, c'est vraiment un voyage différent. Et vraiment plus


Loïc En fait, c'est deux expéditions en une que vous devez gérer.

Jean-Christophe Oui, exactement. Et puis, tu sais, le ravitaillement, tout ça en vélo, c'est vraiment différent. Mais c'est ce qui nous différencie et c'est ce qui nous fait vibrer, justement, c'est la complexité ajoutée au voyage. Et puis, les expériences aussi que ça donne, qui sont complÚtement différentes.

Loïc Oui. Et donc, aujourd'hui, vous avez déjà réalisé deux continents, c'est ça, Amérique du Sud et Afrique ? Oui, c'est ça.

Éloi Notre premier dĂ©fi a Ă©tĂ© en fĂ©vrier 2022. On est partis pour un pĂ©riode de cinq mois en AmĂ©rique du Sud. Ça a Ă©tĂ© justement une expĂ©dition quand mĂȘme assez compliquĂ©e en termes de distance puisqu'on atterrissait Ă  Santiago, au Chili, qui est comme Ă  peu prĂšs au milieu de l'AmĂ©rique du Sud. Puis, il fallait se rendre en vĂ©lo jusqu'au PĂ©rou, un petit peu au nord de Lima pour la derniĂšre montagne. Je crois que c'Ă©tait environ 7000 kilomĂštres de vĂ©lo qu'on a fait en cinq mois en gravissant les cinq plus hauts sommets. Donc, ça a Ă©tĂ© vraiment sur une longue pĂ©riode. Puis lĂ , ensuite, c'Ă©tait le temps de faire la deuxiĂšme Ă©tape. Donc, en dĂ©but septembre 2023, on est partis pour l'Afrique pour un pĂ©riple de 37 jours pour relier les cinq plus hauts sommets puis les gravir. Waouh !

Loïc Alors, du coup, une question
 Là, c'est vraiment
 Je me suis rendu compte à force des interviews qu'il y avait des notions
 Tu vois, la notion de plus haut sommet, elle diffÚre un peu selon les gens. C'est-à-dire qu'il y en a qui considÚrent que c'est par rapport au niveau de la mer, d'autres, c'est par rapport à vraiment la base de la montagne, donc presque sous les océans. D'autres qui considÚrent
 Enfin, il y a des nuances visiblement. Vous, vous prenez
 Vous les identifiez comment les cinq plus hauts sommets de chaque continent, du coup ?

Éloi Nous, on se prend à partir du niveau de la mer, là.

LoĂŻc OK.

Éloi Pour ĂȘtre honnĂȘte, on se casse
 Tu sais, on se casse pas le basic avec plein de dĂ©finitions puis plein de façons de voir la montagne. Tu sais
 MĂȘme en Afrique, par exemple, il y avait certains sommets
 Il y en a des gens qui considĂ©raient que c'Ă©tait des sommets moins hauts, mais vu qu'ils Ă©taient plus isolĂ©s, ben, ils considĂ©raient comme un sommet Ă  part entiĂšre comparativement Ă  certains sommets qu'on a fait, que vu qu'ils sont dans la mĂȘme chaĂźne de montagne, certains gens peuvent les considĂ©rer pas comme des sommets Ă  part entiĂšre. D'accord. Mais bon, tu sais, nous, on se fie aussi lĂ -bas
 Quand on est arrivĂ© au camp
 Ben, pas au camp de bas
 Ben, au village le plus prĂšs des trois premiĂšres montagnes en Afrique, on se fie Ă  la population locale. Puis, un des guides nous a dit
 Ben, ici, c'est la troisiĂšme, la quatriĂšme et la cinquiĂšme plus hauts sommets d'Afrique. Donc, tu sais, que les locales appuient notre choix de montagne. Ça nous a rassurĂ©s intĂ©rieurement parce que, tu sais, dans la littĂ©rature, il y a plusieurs dĂ©finitions, comme tu l'as dit, puis c'est facile de se perdre avec ça, lĂ .

Jean-Christophe Oui, c'est clair. Il y a tellement de montagnes, oui.

Éloi Oui, c'est ça. Puis, d'un autre cĂŽtĂ©, on s'est dit, ben lĂ , si on s'entend Ă  ce dĂ©fi-lĂ , c'est nous qui le fais en premier, lĂ . Fait que ça sera la liste des trois mousquetons. OK. S'il y en a qui veulent se plaindre, ben, ils iront les faire. AprĂšs ça, ils pourront nous rafler. Mais lĂ , pour l'instant, tu sais, je veux dire, il faut faire des choix. Puis, on fait des choix Ă©clairĂ©s, on s'entend, on fait vraiment les plus hauts. Mais c'est sĂ»r que c'est Ă  la discrĂ©tion des alpinistes en gĂ©nĂ©ral, lĂ . Ça devient compliquĂ©, lĂ .

LoĂŻc Aujourd'hui, vous ĂȘtes deux, mon enregistre. Le projet s'appelle « Les trois mousquetons ». Qu'est-ce qui s'est passĂ© ?

Jean-Christophe On est partis trois personnes initialement. En fait, on est partis cinq personnes en AmĂ©rique du Sud. Mais on se rend compte rapidement dans un genre de voyage, lĂ , qu'on n'a pas tout Ă  fait les mĂȘmes buts. Donc, moi et Jean-Christophe, lĂ , on est nĂ©s dans le mĂȘme village, lĂ . On se connaĂźt depuis qu'on a quatre ans. On a Ă©tĂ© Ă  l'Ă©cole ensemble. Donc, on est des personnes trĂšs similaires qui se connaissaient depuis longtemps et qui avaient les mĂȘmes objectifs un peu sportifs et de dĂ©passement de soi. Puis, notre partenaire, notre troisiĂšme mousqueton, lui, avait peut-ĂȘtre plus des objectifs, lĂ , de faire un voyage plus culturel, de dĂ©couverte. Donc, on a pris chacun notre cĂŽtĂ© de l'aventure. Puis, on est restĂ© quand mĂȘme en bons termes, lĂ . La sĂ©paration a Ă©tĂ© difficile, mais on est restĂ© en bons termes, lĂ . On comprend les objectifs de chacun. Ce n'est pas tout le monde qui voyage pour les mĂȘmes raisons, lĂ . Bien, voilĂ . Mais, on a dĂ©cidĂ© de garder les trois mousquetons, quand mĂȘme, parce que c'Ă©tait significatif pour nous. On trouve des explications un peu plus, je peux dire, philosophiques, lĂ . C'est-Ă -dire, il y a moi, il y a Jean-Christophe, donc ça fait deux mousquetons. Puis, le troisiĂšme mousqueton, bien, c'est nos familles. C'est notre camp de base Ă  la maison, lĂ , qui nous donne le courage de traverser des grandes Ă©preuves et puis d'avoir quelque chose Ă  vers lequel revenir. C'est comme un peu notre troisiĂšme mousqueton. VoilĂ . Je ne sais pas si Jean-Christophe avait quelque chose de la rĂ©alitĂ©.

LoĂŻc Je finis.

Éloi Non, non, c'est parfait. J'aime bien la philosophie des lois, lĂ , qui a trouvĂ© un nouveau sens Ă  notre nom, lĂ . Je trouvais ça parfait, lĂ .

Loïc Est-ce que ça vous semble indispensable pour se lancer dans ce type d'aventure, d'avoir une relation déjà bien établie avec ses partenaires d'aventure?

Éloi Ah, c'est essentiel. Ce n'est mĂȘme pas une condition. C'est ça qu'on a appris, justement, en AmĂ©rique du Sud, aussi, dans notre premiĂšre crĂ©ance. C'est que, tu sais, ma vie repose entre les mains de mon coĂ©quipier. Si je n'ai pas une confiance absolue en mon coĂ©quipier, je ne vois pas comment on pourrait rĂ©ussir Ă  faire ce genre de dĂ©fi-lĂ . Puis, en plus de ça, vu qu'on les relie en vĂ©lo, les sommets, mais tu n'as pas envie d'ĂȘtre toujours en train de t'occuper de ton coĂ©quipier, d'y proposer de l'aide. Tu sais, tu as besoin de garder ta charge mentale, garder tes capacitĂ©s sur ton propre dĂ©fi, tu sais, de toi pĂ©daler et avancer. Si je serais toujours en train de penser, est-ce qu'Éloi est correct? Est-ce qu'Éloi, ça va bien? Parce qu'on ne suit pas toujours Ă  10 mĂštres un en arriĂšre de l'autre. Je veux dire, des fois, on peut prendre des journĂ©es de diffĂ©rence, mĂȘme durant des trajets Ă  vĂ©lo. Donc, d'avoir au moins juste, je me focus sur moi, ça me permet d'avancer puis de rester focus sur le dĂ©fi. Puis ensuite, si j'ai besoin de support de mon coĂ©quipier, je sais qu'il est prĂ©sent pour moi.

LoĂŻc L'Ouest, c'est quoi ta vision, toi?

Jean-Christophe C'est exactement la mĂȘme vision que Jean-Christophe. Ce n'est pas pour rien qu'on est un bon bidon. Oui, j'ai l'impression qu'il touche un point. Parfois, surtout dans notre voyage en AmĂ©rique du Sud, oĂč on a fait 5000 kilomĂštres vraiment une journĂ©e aprĂšs l'autre sans arrĂȘter, on a pris des fois quelques jours de retard, mais on a tellement confiance en les capacitĂ©s l'un de l'autre. Moi, je me suis toujours dit, je calcule le risque comme ça. Je me dis, si moi, je suis capable, je sais que Jean-Christ est capable parce qu'on a tellement les mĂȘmes capacitĂ©s. Quand on voyage aussi longtemps, on dĂ©veloppe la mĂȘme condition physique aussi. Donc, on a souvent la mĂȘme vitesse, mais on ne tombe pas toujours malade en mĂȘme temps. Par exemple, des fois, il y en a un des deux qui est un peu plus malade, donc lĂ , on se supporte. Mais c'est ça, c'est de ne pas avoir l'arriĂšre-pensĂ©e justement, de toujours s'occuper de quelqu'un de plus faible ou au contraire, savoir qu'on est le plus faible dans une Ă©quipe. C'est trĂšs demandant mentalement. Tandis que lĂ , dans notre binĂŽme, moi et Jean-Christophe, c'est assez incroyable. On a la mĂȘme vitesse. Ça va trĂšs, trĂšs bien Ă  ce niveau-lĂ , dans le fond.

Éloi On ne se parle pas trop souvent, ça fait que ça aide. On n'en a plus besoin. On lit dans nos pensĂ©es.

LoĂŻc Mais malgrĂ© le fait que vous connaissiez trĂšs bien, c'est quoi les enjeux dans une aventure pareille, dans le fait d'ĂȘtre Ă  deux ? En tout cas, les difficultĂ©s que vous avez pu rencontrer et que vous avez visiblement su surmonter trĂšs bien.

Éloi En fait, ĂȘtre deux, on considĂšre ça comme notre plus grande force. C'est la force de notre Ă©quipe. Puis, on voit vraiment l'avantage d'ĂȘtre deux en montagne. Par exemple, on n'a pas la mĂȘme tolĂ©rance au risque, moi et Éloi. Éloi, il est un petit peu plus fou que moi. Il aime ça prendre un petit peu plus de risques. Des fois qu'on arrive en montagne, dans des passages vraiment techniques, vraiment exposĂ©s, difficiles, ben moi, je lui dis, « Éloi, tu aimes ça le risque ? Vas-y, tu es capable, mon gars ! » C'est dans ce cĂŽtĂ©-lĂ  aussi qu'on peut compter l'un sur l'autre dans des moments qu'on est plus Ă  l'aise. Moi, souvent, je suis plus Ă  l'aise, je m'occupe plus de la logistique, en montant que je fais plus de l'orientation, ce genre de choses-lĂ . Ben ça, c'est ma job. Éloi, il n'a mĂȘme pas besoin de se penser, c'est moi qui a fait. Tandis que je sais que si on trouve un passage plus technique, qu'il y a des embĂ»ches, ben je sais qu'Éloi, il va ĂȘtre lĂ  aussi, il va ĂȘtre prĂ©sent. Il va rĂ©pondre prĂ©sent.

LoĂŻc Donc Jean-Christophe, plutĂŽt parti logistique, Éloi, plutĂŽt parti « j'ouvre les voies lĂ  oĂč ça craint ».

Éloi Oui, c'est ça.

LoĂŻc Avec l'expĂ©rience, c'est vraiment un truc qu'on a. GĂ©nial. Comment vous gĂ©rez l'effort sur des durĂ©es ? Alors lĂ , l'Afrique, c'Ă©tait peut-ĂȘtre un peu plus court,

Éloi c'Ă©tait un peu plus de 30 jours, c'est ça ? Oui, c'Ă©tait 37 jours.

LoĂŻc Mais l'AmĂ©rique du Sud, c'Ă©tait un autre morceau, plus de cinq mois. Comment est-ce que vous gĂ©rez l'effort ? Parce qu'au final, ce qu'on disait un peu plus tĂŽt, c'est deux expĂ©ditions en ligne. Il y a la partie dĂ©placement Ă  vĂ©lo, en tout cas pour le moment, c'Ă©tait du vĂ©lo, et la partie ascension. Mais Ă©videmment que l'enjeu, c'est que vous arriviez mĂ©ga frais pour les ascensions, parce que c'est technique quand mĂȘme, vous risquez vos vies. Donc l'effort sur le vĂ©lo, je suppose que vous avez une stratĂ©gie, une approche en tout cas, qui n'est pas de foncer Ă  bloc et de faire des records pour boucler la partie vĂ©lo le plus vite possible. Donc vous le prĂ©parez comment, la gestion d'effort dans la durĂ©e ?

Jean-Christophe On peut le dire, Jean-Gry, je pense que tu serais Ă©tonnĂ©. Je pense qu'on se donne beaucoup pour la partie vĂ©lo. Ah oui ? Je ne pourrais pas dire qu'on arriverait en bas des montagnes. Souvent, on fait une bonne partie de l'approche en vĂ©lo. On arrive, on trouve le point de ravitoillement, le petit village ou la petite ville la plus proche. Puis on prend des rĂ©serves et puis on fonce. C'est un voyage assez fonceur. J'ai l'impression qu'on garde toujours un niveau d'effort assez Ă©levĂ© quand mĂȘme. Tu sais, par exemple, en AmĂ©rique du Sud, sur nos, je pense, 111 jours, si on compte jour pour jour entre le premier sommet et le dernier. Et puis, je pense qu'on a pris une journĂ©e ou deux de repos en 111 jours. Puis c'Ă©tait Ă  cause que Jean-Christophe s'Ă©tait blessĂ©.

Éloi Oui, parce que j'ai rentrĂ© dans une auto. Il a fait du texto au volant et il est rentrĂ© dans une auto. Mais tu sais, c'est ça. Puis aussi, tu sais, mettons, en AmĂ©rique du Sud, les distances Ă©taient vraiment grandes. Puis pour, mettons, entre le dernier village et pour atteindre le Monte Piscis, qui Ă©tait notre troisiĂšme sommet qu'on a fait, il y avait, c'Ă©tait trois jours de vĂ©lo, mais tu sais, c'Ă©tait 200 kilomĂštres de vĂ©lo. Puis on partait une altitude de 1000 mĂštres au village, puis on se rendait jusqu'Ă  4700 en vĂ©lo. Tu sais, c'Ă©tait une cĂŽte de 130 kilomĂštres. Tu sais, comment veux-tu arriver frais Ă  la montagne quand tu viens de monter une cĂŽte de 130 kilomĂštres? Oui. C'est juste impossible. Puis c'est justement ça. Ça fait partie du dĂ©fi. Puis au niveau logistique, ça rajoute une grosse complexitĂ© parce que la nourriture, puis de l'eau aussi, vu que c'Ă©tait un dĂ©sert, que tu traĂźnes sur ton vĂ©lo, ben il faut que tu la planifies, oui, pour ta montagne, mais aussi pour te rendre. L'approche, oui. Ça rajoute beaucoup d'autonomie, puis beaucoup de difficultĂ©. L'approche rend ça vraiment difficile.

Loïc Parce que les ascensions en moyenne, une ascension, ça représente combien de jours? Je suppose que c'est trÚs différent selon les terrains, les sommets et tout, mais en gros?

Éloi Ben une fois climatĂ©, mettons en AmĂ©ricain, c'Ă©tait deux jours. Deux jours, ok. Ben tu sais, on partait du camp de base, puis on faisait le sommet, puis on redescendait. Ok. Mais pour la Concagua, par exemple, on a eu certaines problĂ©matiques, lĂ , Eloua est tombĂ© malade, ce genre de choses-lĂ , mais ça a pris 14 jours. Allez, hop. Mais il fallait s'acclimater, tu sais, donc ça varie Ă  chaque fois, mais c'est ça aussi l'avantage de notre projet, vu qu'on enchaĂźne, ben une fois acclimatĂ©, ça va beaucoup, beaucoup plus rapide.

LoĂŻc Ouais. Oh punaise. J'ai fait quelques temps en AmĂ©rique du Sud, j'ai fait six mois, et j'Ă©tais basĂ© Ă  Lima, mais j'ai bougĂ©, j'ai fait Bolivie, Colombie et PĂ©rou, mais je me dĂ©plaçais pas Ă  vĂ©lo. Mais le souvenir ne serait-ce que dĂ©jĂ  des trajets en bus, sans ĂȘtre acclimatĂ©, au dĂ©but en tout cas, les passages de col Ă  plus de 4000, en fait le manque d'oxygĂšne, il est Ă©vident, je me rappelle, premiĂšre fois que j'ai fait un col Ă  4000, je suis sorti du juste pour prendre une photo, j'ai l'impression d'ĂȘtre sous quoi. Je titubais, je me disais mais qu'est-ce que c'est ça ? Je dĂ©couvrais, donc j'ose mĂȘme pas imaginer Ă  vĂ©lo, en tout cas au dĂ©but avant d'ĂȘtre acclimatĂ©, ça doit ĂȘtre quand mĂȘme vraiment intense, parce qu'une fois que vous arrivez en altitude, vous y restez un bon moment quoi. S'il y a un mal de montagne ou autre, vous pouvez pas descendre super rapidement non plus.

Éloi Non, effectivement, c'est sĂ»r que sur les montagnes, on a quand mĂȘme une bonne capacitĂ© Ă  descendre rapidement, mettons on est Ă  6000 mĂštres sur la montagne, je me sens, je commence Ă  moins me sentir, en gĂ©nĂ©ral on est capable de descendre rapidement. Par contre, quand on arrive au bas de la montagne, si nos vĂ©los sont Ă  4700 mĂštres, c'est sĂ»r que c'est plus long, faire la logistique du vĂ©lo, repartir, puis souvent c'est des plateaux d'altitude, c'est des dĂ©serts d'altitude. Donc oui, avant de trouver, rejoindre la cĂŽte qui descend Ă  1000 mĂštres d'altitude, c'est sĂ»r que c'est plusieurs jours, il fallait tout simplement Ă©viter des problĂšmes de haute altitude.

Jean-Christophe Je pense qu'on monte moins rapidement aussi, en vĂ©lo, ça prend une journĂ©e, mettons ça rentre de 1000 mĂštres Ă  4000, donc c'est les diffĂ©rences d'altitude vraiment abruptes qui causent justement le plus de problĂšmes, j'ai l'impression. Donc nous, c'est un avantage d'ĂȘtre un peu plus lent, mais de laisser le temps Ă  notre corps de s'adapter.

LoĂŻc Oui, c'est vrai qu'il y a le cĂŽtĂ© rĂ©gularitĂ© qu'il n'y a pas quand on se dĂ©place en bus, en voiture ou autre, effectivement. Mais bon, quand mĂȘme, vous diriez qu'il y a une altitude, mĂȘme acclimatĂ©e, est-ce qu'il y a une altitude Ă  partir de laquelle tout devient plus compliquĂ©, que ce soit Ă  vĂ©lo ou en ascension?

Éloi Oui, moi en ascension, c'est à 6500 mùtres.

LoĂŻc 6500 mĂštres.

Éloi J'ai l'impression qu'Ă  cette hauteur-lĂ , vraiment, le corps est tout simplement plus assez alimentĂ© en accligeant, puis le rire ralentit. Puis justement, quand tu enchaĂźnes les montagnes, mettons notre quatriĂšme sommet Ă  6500, tu te dis non, non, je suis capable d'avancer, on est en forme, on est acclimatĂ©, mais non, Ă  6500, moi c'est ma barriĂšre qu'il faut que je prenne des pauses pour respirer, puis pour me permettre d'avancer finalement.

Loïc Et toi Eloha, tu as une altitude nette comme ça à partir de laquelle tu trouves que ça devient hardcore?

Jean-Christophe Oui, je suis d'accord avec Jean-Christophe, puis mĂȘme un peu en bas, je dirais 6000 mĂštres, la vie commence Ă  ĂȘtre difficile, il ne faut pas rester trop longtemps Ă  ces altitudes-lĂ . On a comme objectif un jour d'aller dans l'Himalaya, je n'imagine pas passer 7000 mĂštres ou dans la zone de la mort carrĂ©ment Ă  8000 mĂštres, c'est vraiment quelque chose, pour avoir vĂ©cu un peu la, mettons en haut de 6500 mĂštres, c'est vraiment fou ce que ça fait au corps, c'est vraiment plus dur, puis il y a une chance qu'on Ă©tait trĂšs en forme je pense pour notre dĂ©fi, tout au long de notre dĂ©fi, parce que ce n'est pas l'endroit pour tomber malade, ce n'est pas l'endroit pour avoir des embĂ»ches. On a vĂ©cu un peu une situation de sauvetage au sommet de la concagua, donc on sait vraiment c'est quoi, quand on se retrouve dans une situation plus Ă©pineuse, plus pĂ©rilleuse, ça prend beaucoup de ressources mentales et physiques pour seulement mettre un pied devant l'autre Ă  ces altitudes-lĂ . c'est difficile Ă  expliquer, mais c'est les meilleurs mots que je pourrais trouver.

LoĂŻc L'anecdote que je partage toujours, je ne suis jamais montĂ© Ă  des altitudes comme vous, j'ai fait 5650 au Calapatard qui est en face, juste au-dessus du camp de base de l'Everest, et l'image que je donne Ă  chaque fois, je ne sais pas ce que vous en pensez, vous me direz si vous en avez des comme ça, mais c'est en fait qu'une fois arrivĂ© Ă  5650, je pense que j'ai dĂ» arriver Ă  5630, bref, il me restait 20 mĂštres, et j'ai dĂ©cidĂ© de manger un oreo, un petit snack, et de continuer Ă  avancer. Et en fait, j'Ă©tais incapable d'avancer et de manger en mĂȘme temps. Tu vois, je m'Ă©touffais, c'Ă©tait absolument impossible de faire les deux. Donc voilĂ  l'effet, et ça faisait 14 jours que j'Ă©tais Ă  plus de 4000 mĂštres, donc j'Ă©tais clairement acclimatĂ©. Donc voilĂ , moi c'est l'anecdote que je donne Ă  ces altitudes, c'est compliquĂ© de manger et de faire une activitĂ© physique minimale en simultanĂ©. Donc ouais, hardcore.

Éloi Clairement, je suis d'accord, en attitude, on ne mange pas en mĂȘme temps de marcher. Et moi c'Ă©tait drĂŽle justement, parce que pour me prĂ©parer Ă  la mairie du sud, j'ai regardĂ© des vidĂ©os sur YouTube, et je n'avais jamais Ă©tĂ© Ă  6000 mĂštres. Puis lĂ , je regardais les gens marcher, puis je me disais, ils ne sont donc pas en forme. Et finalement, quand j'Ă©tais lĂ  Ă  6000 mĂštres en train de marcher, je me disais, ah finalement, ils Ă©taient quand mĂȘme en forme les gens.

LoĂŻc C'est clair, c'est pas le mĂȘme rythme. Et du coup, lĂ , Eloy, tu Ă©voquais la Concagua, qu'est-ce qui s'est passĂ©?

Jean-Christophe Oh mon Dieu, ben en 14 jours, il s'est passĂ© beaucoup de choses. Je pense que la premiĂšre anecdote qui a vraiment commencĂ© le voyage, c'est notre approche qui Ă©tait par la vallĂ©e des Vacaces, donc la vallĂ©e des Vaches, qui est une approche de 45 km en terrain complexe. Donc dĂ©jĂ  lĂ , on Ă©tait encore cinq Ă  l'Ă©poque dans ce voyage-lĂ . Donc moi, Jean-Christophe, notre trinĂŽme, et puis deux de nos copains un peu Ă©loignĂ©s. Et puis dĂ©jĂ  en partant, il y a un de nos copains qui ne suivait pas du tout l'allure, qui prenait le double du temps pour nous, pour faire la distance. Donc lui, il a fait le bon choix de ne pas nous suivre. Puis aprĂšs ça, quand on est arrivĂ©s au premier camp de base, le camp Cholera Ă  6000 mĂštres, en fait, c'est le troisiĂšme camp de base. Au troisiĂšme camp de base Ă  6000 mĂštres, je suis tombĂ© malade. Puis ben, j'ai vomi. Donc, on a pris la dĂ©cision. Moi, j'ai pris la dĂ©cision de rester et d'essayer de voir si je vomi ça encore. C'est sĂ»r que j'aurais descendu le plus vite possible. Mais c'Ă©tait comme un... C'Ă©tait pas vraiment... J'ai quand mĂȘme restĂ© Ă  6000 mĂštres et puis j'ai rĂ©ussi Ă  guĂ©rir. Mais pendant que les autres ont fait un sommet de push, ils ont fait un sommet de push, ils ont rĂ©ussi Ă  toucher le sommet. LĂ , moi, j'Ă©tais encore au camp Cholera. Jean-Christophe est restĂ© pour attendre, pour voir si j'allais faire moi aussi mon sommet de push. Et puis aprĂšs deux jours, je me suis lancĂ© et j'ai grimpĂ© la Concagua. Mais c'Ă©tait vraiment trĂšs difficile parce qu'aprĂšs deux jours, ĂȘtre malade Ă  6000 mĂštres, essayer de guĂ©rir, mais c'est pas... Essayer de guĂ©rir Ă  6000 mĂštres, c'est vraiment une expĂ©rience des plus atroces que j'ai vĂ©cues. C'est trĂšs, trĂšs difficile. Donc, mais c'est ça. Finalement, j'ai rĂ©ussi Ă  faire le sommet. Entre temps, notre trinĂŽme, je sais pas si Jean-Christophe, on s'embarque dans l'anecdote lĂ , mais... Ben oui, on va essayer lĂ . Notre trinĂŽme, il est parti... En mĂȘme temps que Jean-Christophe, notre trinĂŽme est parti avec lui, un peu en dĂ©calĂ©. Et puis, Ă  ces altitudes-lĂ , la Concagua, c'est une montagne un peu moins technique. Donc, on a pas besoin vraiment de s'encorder ensemble. Donc, il y a pas de cordes qui nous relient. Et puis, c'est vraiment, vraiment pas technique la Concagua. C'est plutĂŽt un hike, du hiking que vraiment de la grimpe, comme on a pu faire en Afrique, tout ça. Donc, on reste pas nĂ©cessairement vraiment un Ă  cĂŽtĂ© de l'autre. Si une des deux personnes peut aller plus vite, ben c'est mĂȘme encouragĂ© d'aller Ă  son rythme. Tu sais, pour rĂ©ussir Ă  rallier le sommet dans les meilleurs temps possibles. Donc, Jean-Christophe a pris de l'avance. Et puis lĂ , Denis a pris du retard. Et puis, il est arrivĂ©... Malheureusement, il s'est blessĂ©. Donc, ça l'a vraiment ralenti. Et puis lĂ , Jean-Christophe est descendu, il m'a rejoint. Et puis, on a attendu notre trinĂŽme. Mais il arrivait pas, il arrivait pas. On avait nos radios. Donc, on reçoit un appel radio nous indiquant qu'il s'est blessĂ©. Et puis, potentiellement, il va falloir peut-ĂȘtre venir Ă  sa rencontre, venir le chercher. Et puis, c'Ă©tait, mettons, au coucher de soleil, vers 6 heures. Et puis, quelques heures plus tard, on a vraiment eu une confirmation, un appel d'aide. Et puis, on a pris notre matĂ©riel de secours. Et puis, on a montĂ©. Mais moi, j'Ă©tais malade. Donc, Jean-Christophe, il venait de faire un sommet de push. Donc, on Ă©tait trĂšs, trĂšs affaiblis. Mais c'Ă©tait l'appel du devoir, lĂ . Quand on reçoit un appel d'urgence, un appel d'aide, nous, on est le genre de personnes qui vont y aller. Donc, on est allĂ©s. Ça a Ă©tĂ© trĂšs, trĂšs difficile. On s'est rendus Ă  6700. Tu peux me corriger, Jean-Christophe, mais je pense que c'est moins
 On est Ă  6 550, lĂ . 6 550, mettons. Oui. Et puis, on a descendu notre trinĂŽme, lĂ , dans un traĂźneau d'urgence, lĂ , en pleine nuit. Ça nous a pris, lĂ , des heures et des heures, lĂ . On avançait, lĂ , Ă  tĂątons, lĂ , dans le noir et dans le vent. Il ventait. C'Ă©tait incroyable, lĂ . C'Ă©tait une tempĂȘte, lĂ . Et puis, on a rĂ©ussi Ă  le sauver, malgrĂ© tout. Et puis, sa blessure s'est avĂ©rĂ©e, lĂ , il a Ă©tĂ© capable, finalement, de descendre par lui-mĂȘme. On n'a pas eu Ă  appeler les secours, les hĂ©licoptĂšres, par exemple, lĂ . Mais ça a bien passĂ© proche, cette fois-lĂ . Et puis, moi, ça m'a
 Dans le fond, j'Ă©tais trĂšs Ă©puisĂ©, mais j'Ă©tais
 Tu sais, j'avais un peu
 J'Ă©tais dans un mode trĂšs rĂ©silient, lĂ , parce que je voulais vraiment monter ce sommet-lĂ , lĂ . C'Ă©tait
 C'Ă©tait
 C'Ă©tait un
 C'Ă©tait un peu
 Un dĂ©fi de vie, lĂ , tu sais. C'Ă©tait un objectif personnel. Donc, j'ai mis tous les efforts, lĂ , puis je suis allĂ© quasiment au plus loin que je ne suis jamais allĂ©, lĂ , dans mes rĂ©serves de rĂ©silience et d'Ă©nergie. Et puis, le lendemain, dans le fond, aprĂšs un 24 heures, lĂ , de repos aprĂšs le sauvetage, bien, c'est ça, j'ai pu trouver la force, lĂ , d'aller grimper le sommet. Ça fait que, oui, mais ça a Ă©tĂ© vraiment
 Ça a vraiment passĂ© proche cette fois-lĂ , puis on a vĂ©cu c'Ă©tait quoi une situation d'urgence en altitude, lĂ . Ça rajoute vraiment un niveau de complexitĂ© incroyable, lĂ , juste de
 Juste de
 Le processus mental est tellement ralenti parce qu'on manque d'oxygĂšne au cerveau, lĂ , pour
 CarrĂ©ment, on pense moins vite, lĂ , c'est
 C'est difficile Ă  dĂ©crire, lĂ , mais les 10 idĂ©es viennent moins rapidement, donc
 On peut faire plus des
 On fait des choix un peu plus discutables, lĂ , souvent, aussi, donc
 C'Ă©tait vraiment une situation qui nous a fait voir comment la montagne Ă©tait grande et des
 Fallait respecter la montagne, dans le fond. Fallait vraiment respecter la montagne, oui.

Loïc C'est super impressionnant. Est-ce que tu expliques par rapport au fait qu'on réfléchisse moins vite, etc. Imagine, du coup, à 8800 mÚtres. Tu te rends compte ? C'est fou.

Jean-Christophe T'sais, on voit souvent les documentaires, lĂ , sur l'Everest, puis, t'sais, il y a souvent le
 Un moment dans le documentaire oĂč ils disent, on passe Ă  cĂŽtĂ© d'un alpiniste qui est dĂ©cĂ©dĂ©, lĂ . Mais, on a tellement pas d'Ă©nergie, on a de la misĂšre Ă  faire notre propre locomotion, alors aider les autres, c'est un effort surhumain et probablement impossible Ă  8000 mĂštres. Ça doit ĂȘtre impossible de faire les efforts faramineux qu'il faudrait de plus pour traĂźner quelqu'un, lĂ . Ouais, c'est vraiment
 C'est vraiment un autre monde.

Loïc Wow. Est-ce que cette anecdote, elle a changé, du coup, la maniÚre dont vous avez approché les ascensions suivantes ?

Éloi Pour ĂȘtre honnĂȘte, non, pas en tout. Mais, t'sais, d'un autre cĂŽté  Oui, j'ai dit, est-ce qu'il y a vraiment deux façons de faire une montagne ? Peut-ĂȘtre que oui, mais
 D'un autre cĂŽtĂ©, t'sais, on rappelle, on arrive Ă  la base de la montagne en vĂ©lo. Donc, t'sais, est-ce qu'il y a de la portĂ©e
 C'est pour la question, est-ce qu'on devrait avoir plus d'Ă©quipement de sĂ©curitĂ©, ce genre de choses-lĂ . Mais, d'un autre cĂŽtĂ©, logistiquement, c'est compliquĂ© de le faire. Puis
 T'sais, comme Eloua l'a dit, les choix qu'on fait en montagne, des fois, quand on revient au sol, au niveau de la mer, c'est dur Ă  justifier. Mais, c'est des choix qui te semblaient les plus logiques Ă  ce moment-lĂ . Donc, oui, on fait attention. Oui, on a une gestion de risques aussi diffĂ©rente. Puis, c'est pour ça aussi, je pense
 Comment on a adaptĂ© nos dĂ©fis, je pense, c'est justement d'ĂȘtre deux. En Ă©tant deux, au lieu d'ĂȘtre cinq sur une montagne, on diminue tout simplement la probabilitĂ© qu'une des personnes soit malade ou se blesse. Donc, d'avoir une cordĂ©e de deux, on trouvait ça plus efficace, puis plus sĂ©curitaire, en quelque sorte, parce que les probabilitĂ©s de se blesser sont tout simplement moindres.

LoĂŻc IntĂ©ressant comme approche. Super. Super. Donc lĂ , vous arrivez, si on fait une espĂšce de fast-forward, vous arrivez au bout des cinq plus au sommet de l'AmĂ©rique du Sud. Les Ă©motions, une fois que vous bouclez le cinquiĂšme, il se passe quoi ? Est-ce que ça a une saveur un peu particuliĂšre ou vous ĂȘtes dĂ©jĂ  sur la planification du continent suivant ?

Éloi Ben lĂ , c'est un peu
 Moi, je m'en rappelle quand on est arrivĂ© au sommet du US-40, qui Ă©tait notre dernier sommet au PĂ©rou. C'Ă©tait vraiment une Ă©motion intense, lĂ . Parce que quand on a commencĂ© ce projet-lĂ , est-ce que c'Ă©tait possible de faire cinq plus au sommet, puis de les relier par la force humaine ? On ne le savait pas, tu sais. Puis d'avoir fait tous ces efforts-lĂ  pendant deux ans de planification, d'entraĂźnement, pour finalement, pendant cinq mois, donner tout ce qu'on a Ă  chaque jour pour avancer, puis finalement rĂ©ussir le dĂ©fi, c'Ă©tait vraiment un grand accomplissement pour nous. Puis ça nous prouvait que notre dĂ©fi Ă©tait possible. Et puis, plus loin que ça encore, que peu importe le projet qu'on a en tĂȘte, peu importe le rĂȘve qu'on veut rĂ©aliser, c'est possible de le faire. Ça fait que ça avait une signification beaucoup plus grande que seulement atteindre cinq sommets, tu sais. Ça nous prouvait que tout Ă©tait possible. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui.

Loïc Sur l'aspect réalisation, justement, pour avoir une petite parenthÚse, comment vous vous organisez pour avoir autant de temps pour l'équipement, pour les finances ? C'est quoi un peu ce qui se passe en backstage derriÚre la rideau ?

Éloi Je crois qu'ici au QuĂ©bec, on vit des vies vraiment minimalistes, lĂ . Je veux dire, on fait attention Ă  nos dĂ©penses, puis on travaille trĂšs fort quand on est au QuĂ©bec pour ramasser de l'argent pour pouvoir se payer ces types d'expĂ©ditions-lĂ . C'est sĂ»r que aussi, quand on est en expĂ©dition, on est trĂšs minimaliste aussi. On dort pratiquement toutes les nuits en camping sauvage, donc on Ă©vite des coups, tu sais, des hĂŽtels, des auberges de la nette. On Ă©vite ces coups-lĂ . Puis, c'est sĂ»r aussi, lĂ , on a rĂ©ussi Ă  avoir quelques commanditaires. Merci Ă  nos commanditaires, tu sais, on apprĂ©cie leur aide, puis tout, mais c'est sĂ»r qu'il faut quand mĂȘme travailler, Ă©conomiser pour pouvoir partir Ă  l'aventure, lĂ .

Jean-Christophe Oui, puis on a trouvé des emplois aussi, là, qui sont compatibles avec ce genre de mode de vie, là. Donc, tu sais, moi, je ne suis pas dans la réguliÚre, dans la force armée réguliÚre, je suis comme dans la réserve, donc je suis comme un peu à contrat, souvent. Je me trouve des contrats. Jean-Christophe est dans le monde de l'enseignement aussi, mais plus à contrat. Donc, on termine des contrats et puis là, on a vraiment plus de temps libre, là. Tu sais, c'est vraiment un mode de vie, un choix de vie, là. Oui. OK.

Éloi Bien, c'est sĂ»r que la sĂ©curitĂ© n'est pas dans nos valeurs premiĂšres, donc ça s'applique Ă  l'aventure, mais ça s'applique aussi ici au QuĂ©bec, lĂ . Oui, on n'a pas de sĂ©curitĂ© d'emploi, tu sais, comme quelqu'un qui pourrait rechercher, mais de l'autre cĂŽtĂ©, on s'en fout pas mal, lĂ , nous. C'est pas ça qu'on veut, de la sĂ©curitĂ©, lĂ . On veut de l'aventure, lĂ .

Loïc Yes. Donc, arrivé au bout de ces cinq mois, bon, j'imagine de ce que vous expliquez, en termes d'aventure, vous avez été servi. Vous saviez déjà à ce moment-là quand vous alliez, quand est-ce que vous alliez partir en Afrique?

Éloi Non, en fait, on savait mĂȘme pas du tout ça serait quel le prochain continent.

Loïc Ah oui, carrément. OK.

Éloi Bien, tu sais, parce que quand on fait des recherches pour un continent, il arrive un point oĂč il faut se concentrer sur ce continent-lĂ , tu sais. Donc, de dire aprĂšs ça, je vais faire des recherches pour les autres continents, ça devient compliquĂ©. Donc, on se concentre un continent Ă  la fois, puis quand on revient, aprĂšs ça, on regarde nos options, puis on en choisit un autre. Puis, c'est quand mĂȘme justement des expĂ©ditions logistiquement trĂšs compliquĂ©es. Donc, c'est pour ça qu'en Ă©tĂ© revenus d'AmĂ©rique du Sud, on a comme regardĂ© les autres continents, puis on s'est dit, lequel est le plus accessible, tu sais, en fonction de nos compĂ©tences qu'on a Ă  la suite de notre expĂ©dition en AmĂ©rique du Sud? Puis, c'est lĂ  que l'Afrique faisait le plus de sens, ça.

Loïc OK. Oui, j'imagine que typiquement, l'Antarctique, il y a une raison pour laquelle ça n'a pas été le premier continent.

Éloi Effectivement, il va plus ĂȘtre d'un dernier, lui. Oui, oui.

LoĂŻc Excellent. À ce moment-lĂ , Jean-Christophe, toi, tu retournes au QuĂ©bec. Eloy, tu es rejoint par Rebecca, ta petite amie de l'Ă©poque, pour vous faire un trip en amoureux de deux semaines. Il s'est passĂ© un drame. On en a Ă©changĂ© avant. Tu m'as dit que toi, l'objectif, c'Ă©tait d'en parler un maximum. Donc, est-ce que tu peux nous raconter cette histoire?

Jean-Christophe Oui. Dans le fond, on fait un long voyage, moi et Jean-Christophe, de cinq mois. Et puis, on a chacun une copine ici au QuĂ©bec. Et puis, on s'ennuie beaucoup. Donc, Jean-Christophe, lui, il dĂ©cide de retourner au QuĂ©bec immĂ©diatement. Et puis, de faire un voyage plus au QuĂ©bec avec sa copine. Et puis, moi, je dĂ©cide, je demande Ă  Rebecca, est-ce que ça te tenterait de faire un petit voyage aprĂšs le mien? Tu sais, pour une espĂšce d'entre-deux entre notre voyage d'aventure, d'exploit sportif Ă  moi et Jean-Christophe, puis la vie plus normale au QuĂ©bec. Tu sais, un petit entre-deux, une espĂšce de petite vacance. Et puis, un projet est nĂ© un peu dans notre tĂȘte Ă  nous deux. Moi et Rebecca, elle, c'Ă©tait une fille de vĂ©lo montagne. Et puis, une fille d'aventure aussi. Et puis, elle a dit qu'elle aimerait bien me rejoindre en AmĂ©rique du Sud. Puis qu'on fasse deux semaines ensemble. Tu sais, juste un entre-deux, un petit voyage en amoureux. Et puis, on est venu Ă  dĂ©sirer ensemble d'aller, de se rejoindre en Équateur, qui est un pays merveilleux de l'AmĂ©rique du Sud. Et puis, tout au long de mon voyage Ă  moi et Jean-Christophe, on se parlait souvent, moi et Rebecca, Ă  chaque jour. Et puis, un dĂ©sir est nĂ© un peu dans notre tĂȘte. Puis, c'Ă©tait d'essayer une montagne ensemble. Et puis, quelle montagne pourrions-nous essayer en Équateur, autre que le Chimborazo, qui est la montagne mythique de l'Équateur. C'est la plus haute d'abord, pour un. Mais pour deux, c'est la montagne sur la Terre qui est le plus proche du Soleil. Comment on peut expliquer ça? C'est que la montagne est Ă  l'Équateur, puis elle est trĂšs haute, 6200 et quelques mĂštres. Et mathĂ©matiquement, dans le fond, par rapport Ă  l'Équateur, c'est le sommet sur Terre, l'endroit sur Terre oĂč, quand on se tient debout, on est le plus proche du Soleil par rapport au rayon de la Terre et tout ça. Donc, c'Ă©tait comme un... on appelait ça la montagne du Soleil. Et lĂ , c'Ă©tait comme une espĂšce de dĂ©fi d'amoureux qu'on ferait ensemble et qu'on atteindrait ensemble. Donc, voilĂ  comment l'idĂ©e de faire voyage avec Rebecca est nĂ©e. Et puis lĂ , finalement, c'est arrivĂ©. Ça s'est avĂ©rĂ©. Donc, en juin, elle est venue me rejoindre. Et puis, il s'est passĂ© plein de choses en Équateur. Tout d'abord, il y avait une espĂšce de manifestation dans le pays en entier, exactement aux dates oĂč ils Ă©taient supposĂ©s atterrir. Donc, les indigĂšnes lĂ -bas, les aborigĂšnes, ils manifestaient pour le coĂ»t de la vie qui est trop Ă©levĂ© pour eux, dans le fond, par rapport au gouvernement. Donc, c'Ă©tait une manifestation, je peux dire, c'Ă©tait pas une manifestation pacifique. Donc, c'Ă©tait carrĂ©ment, ils ont pris la rue, ils ont bloquĂ© les rues avec des arbres, des pneus de voiture. Ils ont fait des barricades dans les rues. Donc, la premiĂšre journĂ©e qu'elle est atterrie Ă  Quito, ça a Ă©tĂ©, Quito qui est la capitale de l'Équateur, ça a Ă©tĂ© toute une journĂ©e, puisqu'on devait se rendre de l'aĂ©roport jusqu'Ă  l'hĂŽtel. Et puis, la ville Ă©tait complĂštement congestionnĂ©e. Il y avait des combats entre les manifestants et la police. Donc, c'est un voyage qui a vraiment commencĂ© un peu dans le chaos. Et puis, on a trouvĂ© notre petite bulle de confort Ă  deux. On s'est rendu compte que c'Ă©tait quand mĂȘme, c'Ă©tait spĂ©cial de faire un peu du tourisme, pas de guerre, mais presque. C'est-Ă -dire que le pays est complĂštement Ă  l'arrĂȘt. Puis, tu as deux petits touristes qui n'ont pas vraiment rapport au combat ambiant, mais qui font leur petite voix. Et puis, tranquillement, on avait deux semaines. Donc, dans la premiĂšre semaine, c'est sĂ»r qu'il y avait ce gros enjeu-lĂ  qui nous empĂȘchait de voyager. On a quand mĂȘme louĂ© une moto, puis on a rĂ©ussi Ă  quand mĂȘme voyager un peu dans le pays. Et puis, la deuxiĂšme semaine, heureusement, ça s'est calmĂ©. Donc, on a pu se rendre aux montagnes. On a tentĂ© l'ascension du Kayambe, qui est une montagne de 6 000 mĂštres aussi, mais qui avait des conditions absolument exĂ©crables. Les pires conditions que j'avais jamais connues de ma vie. Donc, on a dĂ©cidĂ© de simplement redescendre. Mais ça nous a acclimatĂ©s. Et puis, on s'est lancĂ©s dans l'aventure du Chimborazo. On a grimpĂ© ensemble. Et puis, ça semblait ĂȘtre une belle fenĂȘtre mĂ©tĂ©o. Ça faisait cinq jours qu'il faisait soleil et tout ça. Il n'y avait pas de signe prĂ©curseur. Tu sais, moi, j'ai mon cours de prĂ©vention des avalanches, mais il n'y avait pas de signe prĂ©curseur. Et malheureusement, la journĂ©e du sommet de push, il y a une avalanche vraiment de profondeur, une plaque vraiment profonde qui a cĂ©dĂ©. Et puis, tous les deux, on a Ă©tĂ© emportĂ©s dans l'avalanche en mĂȘme temps. Pour ĂȘtre honnĂȘte, moi, j'ai cru que j'allais y passer. Mais Ă©trangement, tu sais, j'Ă©tais en paix quand mĂȘme parce que ça se terminerait, ma vie se terminerait dans le plus bel endroit du monde avec la plus belle personne avec laquelle j'aurais aimĂ© ĂȘtre. Donc, j'Ă©tais vraiment serein pendant l'avalanche. Mais voilĂ , grĂące Ă  un miracle, c'est un espĂšce de miracle Ă  double tranchant. On est tombĂ© dans une falaise Ă  la fin de l'avalanche. On doit s'avoir fait emporter sur 200 mĂštres. À la fin de l'avalanche, on est tombĂ© dans une espĂšce de falaise. Mais la corde qu'il y avait entre moi et Rebecca s'est accrochĂ©e Ă  une roche. Donc, pour ma part, je suis tombĂ© dans le vide. Tu sais, lĂ , j'avais perdu conscience dans l'avalanche, lĂ , vers la fin. Mais quand je me suis rĂ©veillĂ©, je pendais dans le vide, lĂ , Ă  ma corde. Mais malheureusement, tu sais, pour que moi, je puisse pendre dans le vide, il y avait un contrepoids. Et puis, le contrepoids, bien, c'Ă©tait Rebecca qui s'Ă©tait fait ensevelir. Donc, moi, j'ai tout de suite ouvert les yeux. C'est une vision vraiment d'horreur, lĂ . J'ouvre les yeux, puis je sais ce qu'il y a Ă  l'autre bout de la corde, lĂ . C'est mon amoureuse, c'est mon cƓur qui est lĂ , lĂ . Donc, je ne pourrais pas dire comment je me suis... Comment je suis sorti du vide, lĂ . J'ai grimpĂ© la corde comme ce n'est pas possible, lĂ . Ça semble impossible, mais quand on est dans une situation extrĂȘme de mĂȘme, puis qu'on veut sauver la femme de sa vie, la force qu'on trouve, lĂ , c'est incroyable. J'avais des ligaments dĂ©chirĂ©s, tout ça, mais je ne les sentais mĂȘme pas, lĂ . Donc, j'ai comme montĂ© la corde directement. Je l'ai dĂ©terrĂ©, mais malheureusement, il Ă©tait trop tard. On a fait les calculs, lĂ , un peu pour comprendre ce qui s'Ă©tait passĂ©, lĂ , avec les points GPS. J'avais une balise GPS, dans le fond, qui suivait tous mes mouvements, lĂ . Et puis, je serais comme restĂ©, lĂ , inconscient une quarantaine de minutes dans le vide avant de me rĂ©veiller. Donc, pour ceux qui comprennent un peu les notions d'avalanche, tu sais, on dit que pour une chance de survie, il faut dĂ©terrer une personne d'un avalanche en 15 minutes. Donc, tu sais, malheureusement, le temps a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  Ă©coulĂ©. Et puis, pour un et pour deux, durant l'autopsie, tu sais, ils ont vraiment dĂ©terminĂ© que c'Ă©tait plutĂŽt une... C'Ă©tait une asphyxie plus mĂ©canique, lĂ . Donc, ce que ça veut dire, c'est que la neige a vraiment... C'Ă©tait vraiment une neige de printemps, lĂ , trĂšs lourde. C'est pas une avalanche de belles poudreuses comme qu'on voit dans les Alpes ou dans l'ouest, ici, du Canada. LĂ , c'Ă©tait vraiment une avalanche de gros sel, de grains de sel et de petits blocs de glace. Donc, c'Ă©tait une neige pesante qui a vraiment juste... Qui lui a empĂȘchĂ© de prendre sa prochaine respiration. Donc, c'est intense Ă  dire, mais j'ai l'impression, tu sais, qu'elle a moins souffert longtemps, lĂ . Tu sais, qu'il y a 15 minutes en-dessus d'une avalanche de poudreuses, lĂ . Tu sais, c'Ă©tait vraiment... Ça a Ă©tĂ© rapide. Et moi, bien sĂ»r, j'Ă©tais complĂštement dans le dĂ©ni, lĂ . J'Ă©tais dans... J'Ă©tais... Dans un moment comme ça, pour se protĂ©ger... Pour se protĂ©ger, notre esprit tombe dans le dĂ©ni. Donc, j'ai tout tentĂ©, lĂ . J'ai fait du... Puis, j'ai fait les... Du RCR. J'ai fait les premiers secours pendant une heure et demie. Donc, lĂ , c'est vraiment atroce. Puis, Ă  un moment donnĂ©... Tu sais, je suis comme... Tu sais, j'avais perdu mes gants. Donc, mes doigts Ă©taient vraiment sur le bord des engelures. Mon visage aussi. Donc, Ă  un moment donnĂ©, j'ai comme... Eu un pressentiment. J'ai comme senti sa prĂ©sence. Elle m'a comme un peu soufflĂ© Ă  l'oreille. C'est l'heure que tu y ailles. Tu sais, tu as tout essayĂ©. Faut que tu sauves ta peau aussi, lĂ . Parce que l'avalanche, elle nous a... Tu sais, elle nous a bloquĂ©s. On Ă©tait proche du sommet, lĂ . Du Chimborazo. On Ă©tait Ă  5500 mĂštres et quelques. 5300 mĂštres, si je me rappelle bien, lĂ . Donc, Ă  cette altitude-lĂ , lĂ . J'aurais pu y passer, moi aussi, si j'aurais tombĂ©. Oui. J'aurais continuĂ©, finalement. C'est une espĂšce de... C'est une espĂšce de folie de dĂ©ni, lĂ . Tu sais, tu veux sauver la personne, mais... C'est dĂ©jĂ  trop tard, lĂ . Et puis, je suis descendu. Puis, heureusement, en Équateur, j'ai Ă©tĂ© vraiment supportĂ©, lĂ . Puis, il y a la personne qui m'avait louĂ© la moto, qui s'appelle Pancho, lĂ . Ils sont venus, carrĂ©ment... Ils ont tout arrĂȘtĂ© leur vie. Ils ont mis leur vie sur pause. Ils sont venus m'appuyer. Ils ont pris soin de mon matĂ©riel. Puis, les autoritĂ©s, lĂ -bas, c'est trĂšs bien organisĂ©, lĂ . C'est un peu comme dans les Alpes, lĂ . Il y avait des Ă©quipes de secours dĂ©jĂ  prĂȘtes Ă  aller faire une rĂ©cupĂ©ration, lĂ . Tu sais, parce que moi, j'ai pas pu descendre. J'ai pas pu la descendre, lĂ . J'Ă©tais Ă©puisĂ©. J'avais des ligaments dĂ©chirĂ©s dans le genou. Donc, j'ai dĂ» sauver ma peau Ă  un moment. Et puis, j'Ă©tais content d'ĂȘtre appuyĂ© de mĂȘme. Parce qu'il y a des... Il y a une culture de montagne en Équateur. Ce qui n'est pas le cas partout au monde. Mais il y a une culture de montagne en Équateur. Et puis, ils ont mis en place avec le temps, lĂ , des... Des programmes de secours, lĂ , qui sont trĂšs bien. Oui.

LoĂŻc Eh ben, voilĂ . Fouf. InĂšs, quelle histoire. Merci de la partager avec nous. Oui. Je crois que, pour la petite parenthĂšse, par rapport Ă  ce que tu expliquais sur la culture du secourisme en Équateur, il me semble que... Entre autres, c'est pas les seuls, mais il me semble que le PGHM fait partie des... Donc, le PGHM, c'est le peloton de gendarmerie de haute montagne qu'on a en France, qui s'occupe du secourisme en montagne avec les CRS. PGHM, c'est la gendarmerie, CRS, c'est la police. Et il me semble que, parmi les pays qui contribuent Ă  la formation des secours en montagne en Équateur, il me semble qu'il y a le PGHM. Je suis quasi sĂ»r qu'on en a parlĂ©. Avec Pascal Sancho, un invitĂ© qui a passĂ© 30 ans. Je mettrai le lien en Ă©pisode. En tout cas, Eloa, franchement, merci beaucoup pour ce partage. J'imagine que la seule question, en tout cas la seule question qui me vient en tĂȘte, c'est comment on se remet d'une tragĂ©die pareille et surtout comment est-ce qu'on retrouve l'envie, le dĂ©sir de repartir en montagne et de continuer Ă  grimper.

Jean-Christophe Moi, je pense qu'il n'y a pas de rĂ©ponse toute faite. Chaque tragĂ©die est trĂšs, trĂšs unique. Dans mon cas, c'Ă©tait vraiment... Rebecca m'appuyait vraiment dans mon projet avec Jean-Christophe. Et puis, c'Ă©tait un projet commun dans lequel l'accident s'est passĂ©. Donc, je n'ai pas pu rester. Je n'ai pas pu m'habitoyer sur mon sort. Je n'ai pas pu entretenir les remords parce que c'est tellement... MalgrĂ© la tragĂ©die, tu sais, une tragĂ©die, il y a un cĂŽtĂ© beau lĂ -dedans. Il y a un cĂŽtĂ© qui est beau, c'est que Rebecca, tu sais, est venue vivre son rĂȘve et puis elle a laissĂ© la vie. Mais ça fait partie de vivre sa vie pleinement, de vivre ses rĂȘves. C'est qu'Ă  un moment donnĂ©, ça se termine. Donc, elle croyait Ă  mon rĂȘve d'alpinisme. Donc, je n'ai pas pu rester vraiment... Je n'ai pas Ă©tĂ© capable de me dire que je n'irai plus jamais en montagne. Et au contraire, ça m'a donnĂ© une espĂšce de dĂ©sir de l'honorer. De me dire, moi, je continue Ă  vivre, je continue Ă  mordre pleinement dans la vie, dans les opportunitĂ©s. En son honneur, tu sais. Mais tu sais, c'est difficile. LĂ , j'ai des gens qui m'ont Ă©crit et qui ont vĂ©cu des histoires, tu sais, sans dire similaires, mais des histoires de deuil et tout ça. Et puis, chaque deuil est tellement unique. Je ne peux pas... Le seul moyen, c'est d'en parler, je crois, pour passer au travers d'un deuil. Peu importe le deuil, c'est la seule rĂ©ponse que je pourrais... RĂ©ponse toute faite que je pourrais donner Ă  quelqu'un qui vit un deuil. C'est qu'il ne faut pas garder ça en dedans. Il faut en parler. Puis mĂȘme quand on a l'impression de radoter, d'ennuyer les autres par nos... En parlant toujours de la personne qui n'est plus lĂ , mais c'est correct aussi. Il faut le faire. Il ne faut vraiment pas garder ça en dedans. Et puis, dans mon cas bien spĂ©cifique, c'est de continuer aussi Ă  vivre mes rĂȘves. C'est beau, hein, LoĂŻc?

LoĂŻc En fait, j'allais te demander, Jean-Christophe, vous connaissez depuis tout petit. Vous avez ce projet ensemble. Quand il s'est passĂ© cette tragĂ©die et que tu as vu comment Éloi a gĂ©rĂ© tout ça, qu'est-ce que toi, ça t'a inspirĂ©?

Éloi Le courage, je pense. De voir quelqu'un qui est quand mĂȘme de se remonter d'un dĂ©fi tel. Je veux dire, c'est tellement... De mon cĂŽtĂ©, c'est le cauchemar. C'est ce qu'on redoute de plus en faisant la montagne. Puis de voir mon frĂšre se remonter d'un dĂ©fi tel. Puis d'avoir le courage de trouver encore la vie belle. Puis de poursuivre le dĂ©fi avec moi. C'est incroyable. Je suis Ă©motif Ă  entendre ces histoires-lĂ . On va ĂȘtre lĂ , Éloi, pour t'Ă©couter. Tu peux radoter comme tu veux. On va ĂȘtre lĂ . C'est impressionnant. Je suis fier de toi, Éloi. Je le sais.

LoĂŻc Oui. Clairement impressionnant et super Ă©mouvant. Franchement, encore merci, Éloi, pour ce trĂšs beau partage. Et impressionnant aussi de voir finalement, cet hommage dont tu parlais, en poursuivant l'aventure, en continuant Ă  vivre ton rĂȘve. C'est ta maniĂšre aussi d'honorer la mĂ©moire de Rebecca. Donc, trĂšs, trĂšs beau message. Aujourd'hui, si on revient du coup au futur, qu'on revient dans le mouvement, du coup, dans l'action, comme tu disais, c'est peut-ĂȘtre la meilleure maniĂšre de tourner la page. Aujourd'hui, vous en ĂȘtes oĂč dans la prĂ©paration de la suite?

Éloi Oui, lĂ , ça se complexifie un petit peu. On a commencĂ© Ă  regarder les autres sommets, puis le continent qui nous tentait, c'Ă©tait l'Europe. OK. Le problĂšme avec l'Europe, c'est que les sommets sont, il y en a 4 sur 5 qui sont en Russie. Puis, en fait, les sommets sont situĂ©s trĂšs prĂšs de la frontiĂšre entre la Russie et l'Ukraine. Donc, logistiquement, j'imagine que vous en doutez, lĂ , ça semble trĂšs compliquĂ© d'avoir les permis, puis de toute façon, tu sais, de rentrer dans une zone de guerre, tu sais, je veux dire, que certains, tu sais, il y avait, l'Ukraine envoie des drones en territoire russe, tu sais, en bref, on a Ă©tudiĂ© le scĂ©nario, puis on est venu Ă  la conclusion que ça serait vraiment Ă  se mettre dans le pĂ©trin nous-mĂȘmes, lĂ , avant mĂȘme d'ĂȘtre en montagne, avant mĂȘme de faire nos premiers coups de pĂ©dale, on se mettrait dans le pĂ©trin. Donc, on a finalement repoussĂ© cette option-lĂ .

LoĂŻc Et le, pardon, je te coupe, Jean-Christophe, mais le fait d'opter pour les 5 plus hauts sommets, alors, je ne sais pas, c'est peut-ĂȘtre, c'est peut-ĂȘtre un peu du cheat pour vous, mais les 5 plus hauts sommets de l'Europe, tu vois, politiques, c'Ă©tait une option?

Éloi Euh, non. Mais non, mais je veux dire, on fait les 5 plus hauts sommets gĂ©ographiques, lĂ . Non, non, il n'y a pas de... Oui, pas d'option. Non, parce que si on... il faut faire attention dans ces expĂ©ditions-lĂ , parce que c'est nous qui met nos propres rails, tu sais. Puis, oui. Tu sais, il y a certains, des fois, ça peut ĂȘtre tentant, justement, quand on revenait des approches en AmĂ©rique du Sud, puis lĂ , on se fait proposer par un 4x4 avec des touristes, hey, veux-tu embarquer, tu sais, ça va aller plus vite. Mais t'es comme, j'aimerais vraiment ça embarquer, mais je peux pas, je peux pas. Puis, il faut rester vraiment, vraiment trĂšs rigide sur nos rĂšgles. Pourquoi? Parce que c'est ça qui donne le sens au projet. Oui. Si on se met Ă  ĂȘtre flexible sur les rĂšglements qu'on s'impose, bien, moi, je trouve le projet perd de son sens. Donc, non, il y a pas d'avenue, tu sais, on fait vraiment les 5 plus hauts, puis on les relie par la force humaine, puis si c'est pas possible, bien, on aura Ă©chouĂ© entre parenthĂšses, puis on rassayera, tout simplement, lĂ , mais soit on rĂ©ussit en respectant nos rĂšgles, ou on Ă©choue, tout simplement, lĂ .

Loïc Hum. Du coup, le continent alternatif, ça serait lequel, si c'est pas... Ben là,

Éloi moi, non, non, mais c'est probablement dĂ©jĂ  fixĂ©, lĂ , ça serait l'AmĂ©rique du Nord.

Loïc Génial.

Éloi Oui, la maison, quoi. Oui, la maison, oui, effectivement, mais plus ou moins la maison, parce qu'il y a le Denali qui est en Alaska, ensuite, il y a le Mont Logan et Elias qui est au Yukon, donc oui, oui, la maison, mais aprĂšs ça, les deux autres semets sont au Mexique. Donc, ça fait une trĂšs, trĂšs, trĂšs longue traversĂ©e, non pas d'Alaska en vĂ©lo, puis il faut descendre jusqu'au Mexique, c'est Ă  peu prĂšs 9000 km de vĂ©lo, Donc, ça serait notre plus grand continent, lĂ , Ă  ce jour,

LoĂŻc lĂ . Mais du coup, ce serait forcĂ©ment, peut-ĂȘtre que je pose des questions bĂȘtes, lĂ , mais c'est forcĂ©ment que des ascensions que vous rĂ©alisez en Ă©tĂ©, au milieu du Nord.

Éloi Oui, c'est ça, en fait, le Denali, probablement qu'on... La date officielle, lĂ , il n'y a rien d'officiel, mais d'un autre cĂŽtĂ©, qu'est-ce qui nous mijette en tĂȘte, lĂ , c'est mai 2025. D'accord. Donc, en mai 2025, on est au Denali, mais la grosse problĂ©matique qu'on va avoir en Alaska pour le Yukon, c'est l'approche.

LoĂŻc Eh oui, c'est ça, c'est Ă  ça que je pensais quand je vous posais la question, parce que traverser le Yukon ou se rendre au Denali Ă  vĂ©lo autrement que l'Ă©tĂ©, et encore mĂȘme l'Ă©tĂ©, c'est pas une zone avec des milliers de lacs, le Yukon?

Éloi Oui, effectivement, mais tu sais, moi, j'ai commencĂ© Ă  regarder, il y a une route, tu sais, moi, je regarde toujours le village le plus prĂšs de la montagne, fait que j'ai trouvĂ© ce village-lĂ . La problĂ©matique, c'est l'approche, justement, parce que le glacier ne descend pas nĂ©cessairement jusqu'en bas, jusqu'au village le plus prĂšs, donc de porter l'Ă©quipement de ce village-lĂ  jusqu'au glacier pour ensuite utiliser des skis et des traĂźneaux pour transporter notre matĂ©riel, ça va ĂȘtre ultra, ultra compliquĂ©, en fait, puis pour ĂȘtre honnĂȘte, je n'ai pas encore de rĂ©ponse Ă  cette question-lĂ , il faut toujours que je fasse des recherches.

LoĂŻc OK. Sinon, en canot, approche en canot?

Éloi J'y ai pensĂ©, en plus, ou en kayak de mer, tu sais, les liasses, il y en a beaucoup qui arrivent Ă  envoyer tout en bateau, j'ai commencĂ© Ă  regarder, le problĂšme, c'est que le Logan et les liasses sont des montagnes relativement assez prĂšs, on peut les rejoindre sur un glacier, donc pour pouvoir faire les deux, il faut arriver du cĂŽtĂ© est et non du cĂŽtĂ© ouest dans le fond de l'ocĂ©an, donc on n'a comme pas le choix d'arriver par la route, mais comme je l'ai dit, notre prĂ©paration n'est pas encore faite, puis en fait, on n'est jamais prĂȘts, mĂȘme quand on part, on ne se repart pas, donc on verra, je ne vais pas finir mes recherches dans les prochaines semaines.

LoĂŻc Excellent. Finalement, ça doit ĂȘtre une complexitĂ© Ă  gĂ©rer, c'est vraiment, c'est la plupart fois qu'on le dit, mais c'est vraiment deux expĂ©ditions en une, c'est dingue, ce que vous faites.

Éloi Oui, Clamaze, c'est tellement diffĂ©rent de dire, j'arrive en avion sur un glacier, on dĂ©pose le matĂ©riel, puis aprĂšs ça, on part par le sommet, cette partie-lĂ , pour ĂȘtre honnĂȘte, c'est la partie qui m'inquiĂšte le moins dans tout le projet, c'est vraiment de se rendre sur ce glacier-lĂ , ça va ĂȘtre le gros enjeu.

LoĂŻc Incroyable. Du coup, oĂč est-ce que vous partagez vos aventures, est-ce qu'on peut vous suivre, est-ce que vous avez, je ne sais pas, des balises GPS pour les ascensions, un compte Instagram oĂč vous publiez du contenu?

Éloi Oui, ça c'est plus la job à Édouard, je laisse en parler. Oui,

Jean-Christophe on a un petit compte Instagram, les trois mousquetons, notre page Facebook aussi qu'on est assez actifs, et puis un petit site internet, lestroismousquetons.ca, qui nous permet de nous suivre, on a une balise GPS justement avec la compagnie Spot, donc une compagnie québécoise qui nous permet justement de pouvoir nous suivre directement pendant nos aventures, c'est ça, c'est pas mal les trois façons de nous suivre.

Éloi OK. Moi, on n'est pas encore des aventuriers professionnels connus mondialement, je veux dire, on fait de notre mieux pour partager notre expĂ©rience, simplement. Nous, on le voit vraiment comme ça, on ne fait pas ces aventures-lĂ  pour faire de l'argent. Oui, si on pourrait en faire notre mĂ©tier, tant mieux, mais je veux dire, c'est vraiment pas l'objectif initial, puis on publie vraiment pour partager notre expĂ©rience, puis moi, pour ĂȘtre honnĂȘte, c'est une facette que j'apprĂ©cie plus ou moins, j'aime mieux le contact humain, un podcast, une confĂ©rence, que tu es vraiment prĂȘt avec l'auditoire que tu peux partager. Oui. Partager sur les rĂ©seaux sociaux, je laisse ça Ă  Éloi, lĂ . C'est ça, tu as l'air.

LoĂŻc Excellent. Je mettrai les liens en description. DerniĂšre petite question, alors peut-ĂȘtre plus pour toi, Jean-Christophe, tu vas devenir papa pour la premiĂšre fois. Oui. Est-ce que ça a changĂ©, du coup, ta vision du projet ? Et deuxiĂšme question, lĂ , du coup, pour tous les deux, la notion, alors tu viens un peu de l'Ă©voquer, Jean-Christophe, mais finalement, cette notion de partage, d'inspiration, Ă  quel point est-ce qu'elle vous anime dans ce que vous faites ?

Éloi Oui. Pour la premiĂšre question, voilĂ , je ne pourrais pas, c'est sĂ»r, ça m'influence dans mon projet, je veux dire. Maintenant, je vais avoir des vraies responsabilitĂ©s, lĂ , Ă  la vie. Non, mais sans farce, ça influence beaucoup ma gestion de risque, je crois, lĂ . Mettons, en Afrique, dans les sommets qu'on a faits, des fois, on s'est perdu, tu sais, on s'est mis dans des situations prĂ©caires qu'on n'aurait pas nĂ©cessairement, qu'on n'aurait pas dĂ» nĂ©cessairement affronter. Ça, c'est des situations qui m'ont mis un peu en colĂšre, lĂ -bas, parce que je me dis, pourquoi je me mets Ă  risque en ce moment-lĂ , tant qu'en fait, je devrais ĂȘtre dans une voie plus sĂ©curitaire. C'est le genre de pensĂ©e que j'ai maintenant que je n'aurais probablement pas eu avant, tu sais. Puis, je pense, ça va m'influencer justement dans, Ă  minimiser le risque au maximum encore plus qu'on le faisait dĂ©jĂ . Mais, d'un autre cĂŽtĂ©, le dĂ©fi est le dĂ©fi, tu sais, puis c'est, tu sais, on ne trichera pas, on ne changera pas les conditions. Puis, le dĂ©fi m'allume autant, tu sais, ce n'est pas parce que je vais ĂȘtre papa que d'un coup, mes rĂȘves disparaissent. Donc, je garde la mĂȘme, la mĂȘme, le mĂȘme Ă©clat dans les yeux, tu sais, la mĂȘme ambition, le mĂȘme dĂ©sir de poursuivre ce rĂȘve-lĂ . Mais, peut-ĂȘtre, essayer de minimiser au maximum le risque quand c'est possible. lĂ .

Loïc Oui. OK. Et Loa, par rapport à cette question sur l'inspiration, le partage et comment ça vous anime, du coup?

Jean-Christophe Oui. Je crois que c'est un devoir un peu pour les aventuriers. Je pense qu'on est, ce n'est pas tout le monde qui est aventurier puis c'est correct aussi, lĂ , chacun a, c'est les choses qui l'allument dans la vie, mais quand on a vraiment l'aventure qui nous brĂ»le au cƓur, il faut vraiment aussi, une fois qu'on a complĂ©tĂ© une aventure, il faut aussi la partager puis je pense que c'est important, lĂ . C'est pour ça qu'on fait le podcast en ce moment, c'est pour ça que, en ce moment, j'essaie d'Ă©crire aussi nos livres parce que lĂ , on s'est parlĂ© pendant une heure, mais, tu sais, je suis en train de lire mes journaux de bord et puis je peux Ă©crire un livre de mille pages, lĂ , tellement il y a des aventures, il y a des anecdotes, il y a des trucs intĂ©ressants Ă  dire, tu sais, notre voyage est tellement unique, autant qu'il y a le cĂŽtĂ©, de l'alpinisme qui intĂ©resse beaucoup les gens, autant il y a le cĂŽtĂ© vĂ©lo, mĂȘme les populations locales, la rencontre avec vraiment l'habitant, tu sais, qu'on ne voit pas souvent dans les voyages, dans les trucs qu'on nous prĂ©sente, donc je pense que c'est important pour moi et Jean-Christophe, quand on revient au QuĂ©bec, on veut partager nos aventures et puis, moi, ça me fait, pour changer un peu de sujet, ça me fait, je suis tellement heureux pour Jean-Christophe, pour son bĂ©bĂ©, donc je sais que ça va changer les choses, mais ça va changer les choses pour le mieux, c'est tellement la plus belle, la plus belle aventure d'une vie, d'avoir des enfants, j'en ai pas moi-mĂȘme, mais je le crois profondĂ©ment, donc je suis tellement, je suis tellement heureux pour lui, voilĂ .

Éloi Merci, puis justement, mettons, comment ça peut influencer, tu sais, on commence Ă  regarder l'AmĂ©rique du Nord, mais c'est un long trajet en vĂ©lo, fait que lĂ , je me disais, aprĂšs les trois premiĂšres, tu sais, en Alaska ou Yukon, est-ce que ma conjointe et notre petit enfant, ils peuvent venir nous rejoindre, tu sais, puis faire un bout en vĂ©lo ensemble, tu sais, fait que c'est comme ça qu'on va commencer Ă  adapter les projets, puis essayer de jumeler, par exemple, cette Ă©tape-lĂ  qui peut prendre cinq mois, en ayant leur compagnie pendant un mois, tu sais, au milieu, c'est comme ça qu'on va jouer un peu sur les dĂ©fis aussi.

LoĂŻc GĂ©nial, punaise, vraiment hĂąte de voir ce que ça va donner, en tout cas, un grand, grand merci Ă  tous les deux pour ces partages super inspirants, je suis sĂ»r que ça donnera la petite impulsion nĂ©cessaire Ă  beaucoup de gens qui vous Ă©couteront pour se lancer dans leur propre projet Ă  eux. S'il y avait peut-ĂȘtre un mot de la fin, vous avez partagĂ© beaucoup de choses dĂ©jĂ , mais est-ce qu'il y aurait peut-ĂȘtre un message en particulier par lequel vous voudriez conclure ?

Éloi Je crois que j'aimerais dire que toutes vos idĂ©es folles, tous vos projets que vous dites, c'est impossible, je ne peux pas le faire, mais en fait, non. Oui, ça va ĂȘtre des sacrifices, ça va ĂȘtre des efforts, mais quand on y croit vraiment, tout est possible. Excellent.

Loïc Élo, il y a quelque chose à ajouter, là encore, tu es parfaitement d'accord avec Jean-Christophe ? Oui, j'approuve.

Jean-Christophe Je suis tellement d'accord avec ce qu'il dit, il faut continuer de rĂȘver grand, on est dans une Ă©poque oĂč les gens sont un peu moroses, donc c'est important de garder des beaux projets comme ça en vie, pour sa vie, puis, oui, je crois complĂštement Ă  ce que Jean-CrĂ© a dit. gĂ©nial.

LoĂŻc Eh bien, un grand merci Ă  tous les deux, excellente prĂ©paration pour la suite et Ă  une prochaine. Oui, merci beaucoup, LeĂŻc. Merci, salut. Quel Ă©pisode, quel Ă©pisode, aussi inspirant qu'Ă©mouvant. J'espĂšre que vous avez apprĂ©ciĂ© cet Ă©change avec Jean-Christophe et Eloha. TrĂšs certainement, vous connaissez des gens qui pourraient ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par leur rĂ©cit, donc allez-y, prenez votre smartphone, copiez le lien de l'Ă©pisode depuis votre plateforme d'Ă©coute et envoyez-le maintenant. Ça prend quelques secondes et c'est un excellent moyen de remercier mes deux invitĂ©s pour tout ce qu'ils ont bien voulu partager avec nous. Si vous voulez m'envoyer des feedbacks ou des suggestions d'invitĂ©s, vous pouvez le faire sur le compte Instagram du podcast lesfrappĂ©s.podcast. Abonnez-vous d'ailleurs au passage ou bien par email Ă  hello.lesfrappĂ©s.com Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis Ă  trĂšs bientĂŽt pour un nouvel Ă©pisode. on peut se rappeler on peut se rappeler on peut se rappeler on peut se rappeler on peut se rappeler Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

À Ă©couter aussi · Montagne

Dans le mĂȘme univers.

  • William
  • Orianne
  • Antoine
  • Olivier

Reste dans la boucle

Le podcast dans ta boĂźte mail.

À chaque nouvel Ă©pisode, l'histoire Ă  Ă©couter et deux-trois trucs qu'on ne met pas ailleurs. DĂ©sinscription en un clic.

S'abonner →