Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·125 Montagne #haute altitude #réalisation #Everest

01 août 2023

Affronter la mort, avant d'atteindre le sommet de l’Everest , avec Orianne Aymard

Durée · 2h07 · Transcription disponible

Orianne

Le récit

Le 17 mai 2023 vers 06h30 du matin, après avoir frôlé la mort à deux reprises, la deuxième fois quelques jours plus tôt seulement, Orianne Aymard atteint l’altitude de 8848m. 

Elle se trouve sur le toit du monde, au sommet de l'Everest.

L’Everest, c’était son rêve depuis qu’elle avait posé les yeux sur cette montagne à 23 ans, lors un voyage au Tibet.


Difficile de résumer la vie d’Orianne entre ces deux moments tant elle est riche et diverse. Le fil rouge en revanche est clair : l’envie d’explorer, de vivre tout simplement.


Allez c’est parti, on embarque pour un épisode à très haute altitude. Excellente écoute à vous les Frappés.

🔎 Le livre écrit par Orianne est Sous l'œil de la Déesse.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #41 - Hélène Drouin - Plus jeune française à avoir gravi l'Everest - Trouver sa flamme
👉 Épisode #108 - Julien Brebion - Photographe d'expédition, 12 ans d'Himalaya dont 8 au Népal - Voyager pour devenir une meilleure personne
👉 Épisode Bonus - Emmanuelle Halioua - Combattre les Troubles de Stress Post-Traumatiques

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Transcription

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Orianne Je me suis retrouvée face à l’Everest , c'était tout calme, il y avait un silence, c'était une beauté ce silence. Et je me suis dit, c'était une certitude, un jour j'irai en’Everest . J'étais persuadée que j'allais mourir, j'avais 25 ans, je me dis « parle-moi de la mort . » Je sentais que j'allais quitter ce corps, je le sentais.

Loïc Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Le 17 mai 2023 vers 6h30 du matin, après avoir frôlé la mort à deux reprises, la deuxième fois quelques jours plus tôt seulement, Oriane Emar atteint l'altitude de 8848 mètres. Elle est sur le toit du monde. L'Everest, c'était son rêve depuis qu'elle avait posé les yeux sur cette montagne à 21 ans lors d'un voyage au Tibet. Difficile de résumer la vie d'Oriane entre ces deux moments tant elle est riche et diverse. Le fil rouge en revanche lui est très clair, c'est l'envie d'explorer, de vivre tout simplement. Allez, c'est parti, on embarque pour un épisode à très haute altitude. Excellente écoute à vous les frappés. Eh bien écoute, bienvenue Oriane sur le podcast.

Orianne Moi, c'est Loïc, je suis ravie d'être là, merci beaucoup.

Loïc Moi, je suis ravie de te recevoir, fraîchement de retour du Népal. Tu me l'as montré en off avec encore des engelures sur les doigts et pas mal de check-up médicaux à faire, c'est assez impressionnant.

Orianne J'ai encore quelques petites requêtes. Là, je passe mon temps dans les rendez-vous médicaux, les IRM, les scanners.

Loïc La partie, j'ai envie de dire, la face cachée de l'iceberg. Tu vois ce qu'on n'imagine pas trop sur les grosses expéditions. On parle souvent du résultat immédiat de l'expédition, le sommet. Tu es devenu finisher de l'Everest.

Orianne Finisher de l'Everest aussi.

Loïc Mais c'est un peu de temps. Mais voilà, on va en parler. Il y a eu plein de rebondissements avant le sommet. Il y a eu le sommet. Et puis, il y a une phase intéressante.

Orianne Le retour.

Loïc On va parler un petit peu, qui est le retour.

Orianne Il n'est jamais simple. Enfin, pour avoir grimpé déjà le loté il y a quatre ans, ça a été aussi une expédition assez éprouvante. Je savais que ce type d'expédition, on n'en sort pas un d'elles. Mais là, je ne pense pas. Avec l'expérience, je me dis que ça va aller, etc. Mais le retour n'est pas simple. que ça soit au niveau des séquelles physiques parce qu'il y a quand même on en parlera tout à l'heure mais aussi même encore une fois c'est toujours difficile quand on a atteint son rêve, enfin un de ses rêves et puis d'un coup un retour à la réalité et voilà donc c'est jamais simple et puis il y a quand même eu un gros trauma voilà où j'ai payé mourir donc tout ça en fait ça doit être digéré entre guillemets

Loïc ouais ouais et bien écoute on va parler de tout ça peut-être en introduction avant l'Everest alors la question va pas être évidente je pense vu le nombre de casquettes avec lesquelles tu joues enfin vu ton parcours assez atypique finalement avec plein de chemins différents à explorer mais comment est-ce que tu comment est-ce que tu te présentes Auriane

Orianne c'est une très bonne question que j'aime pas en général mais ça dépend du contexte ça dépend à qui je m'adresse mais voilà ici je dirais, bon déjà Oriane, Oriane et Marge Française, je suis née à Sault donc en région parisienne, donc je ne suis pas née à Chamonix ou dans les montagnes et là j'habite à Chamonix depuis à peu près 4 ans, Chamonix que je connais bien parce que j'ai passé mon enfance en vacances etc et alors comment je me présente actuellement, je dis actuellement parce qu'en effet j'ai eu plusieurs vies avant je suis auteure conférencière et voilà J'ai publié notamment un livre l'année dernière qui s'appelle « Sous l'œil de la déesse » aux éditions de Mont-Blanc, qui relate mon ascension de l'autre siècle. Et puis donc, je donne des conférences, en plus au monde de l'entreprise, où je fais des parallèles entre la haute montagne et le monde du travail. Donc voilà, c'est ce que je fais actuellement. mais c'est vrai que j'ai eu d'autres lits avant, j'ai eu d'autres cas à scale j'ai travaillé au Quai d'Opte pendant quelques années j'étais au centre d'analyse prévision stratégique un peu le think-tom du ministère et donc là je m'occupais des questions religieuses et c'était pendant les attentats donc en fait tout mon travail a été focalisé plus sur les questions d'extrémisme violent, de radicalisation et puis j'ai travaillé au centre de crise aussi du ministère d'appareil étrangère. Et avant ça, j'ai fait aussi quelques passages à l'université puisque j'ai fait ma recherche. J'ai fait des longues études avec un doctorat. J'ai aussi ce profit d'université. Et puis, j'ai travaillé au CICR aussi, qui est le comité international de la Trois-Rouces, dans l'humanitaire, où là, on m'envoyait en mission, en Haïti, en Afrique, etc. Il y a plusieurs casquettes et là, j'en passe parce qu'on a l'air d'apprendre autre chose, mais bon, ça c'est à peu près le principal, on va dire.

Loïc Sachant que ton doctorat, c'était sur les sujets…

Orianne La science des religions, que j'ai fait au Canada. J'ai fait un PhD au Canada en science des religions. Je me suis spécialisée plus sur l'argoïsme. J'ai passé énormément de temps en Inde. Et forcément, il y a un attrait en fait pour toute cette région, l'Asie du Sud de manière générale, Et c'est vrai, beaucoup, voilà, un gros attrait, je dirais, pour l'Himalaya, parce que ça fait depuis très jeune que je suis allée à 20 ans, 21 ans, j'allais déjà au Tibet, au Népal, je suis allée plusieurs fois. Je me suis retrouvée à 23 ans au camp de base de l'Everest, côté tibétain. donc déjà en fait c'était mon rêve déjà depuis très longtemps et puis un rêve qui a été freiné en fait par des problèmes de santé, ça on pourra aussi en parler, par une hémorragie térébrale qu'on avait 25 ans et donc voilà mais moi l'Himalaya est très présent dans ma vie

Loïc Excellent Qu'est-ce qui t'a amené du coup sur ce sujet de la religion est-ce que c'était quelque chose qui était assez clair pour toi dès le début de tes études supérieures ou est-ce que ça s'est mis en place un peu plus tard ? Je vois que tu es aussi passée par l'excellente London School of Economics. Oui, c'est vrai.

Orianne J'ai commencé mes études en France et à 17 ans, j'avais mon bac, un bac scientifique que je ne savais pas trop quoi faire. Ce n'est pas que je ne savais pas trop quoi faire, mais quand on parle de religion en France, Déjà, on n'a même pas de doctorat en sciences des religions. C'est un peu tabou. Il faut passer prise par la branche sociologie ou anthropologie. Moi, j'étais déjà très attirée par l'ADIS. Finalement, je ne savais même pas qu'on pouvait faire des études en sciences des religions. Et puis là, finalement, j'ai fait un petit peu comme ma soeur. J'ai fait de la biologie. J'étais bonne en bio. et puis par contre j'avais un attrait pour la mer aussi alors moi c'est les montagnes, c'est les crèmes mais aussi la mer m'a toujours, parce que j'ai un papa qui est marin, on m'a fait une voile quand j'étais jeune et c'est vrai ça m'a toujours passionnée la biologie marine et du coup je me suis lancée dans la biologie aussi parce que le monde de la mer m'a attirée fortement et je suis allée étudier à Brest donc j'ai fait en fait tout mon début universitaire, donc jusqu'à la maîtrise quand même. Donc voilà, j'ai fait mon master, parce que maintenant, c'est peut-être la master. Voilà, ils ont changé les noms. C'était en biologie, notamment en biologie marine. Donc voilà, plein de stages à l'étranger. Et puis après, je me suis dit, ouais, je pensais, ça reste quand même beaucoup à l'humain. Voilà, ça fait quand même... Et je me suis dit, je voulais faire autre chose. Et là, je suis allée étudier, je fais un autre master, donc à Londres, à la London School of Economics. Voilà, donc plus sur les sciences sociales. et après j'ai commencé un PhD, donc un doctorat à la London School of Economics, j'avais été prise, etc. J'avais commencé et puis en fait, il y avait un lien avec l'Asie du Sud, notamment les questions tibétaines et puis j'avais dit à ma professeure à l'époque, je lui ai dit je vais aller apprendre le tibétain dans le nord de l'Inde. Les choses se sont déroulées totalement autrement, je n'ai pas du tout appris le tibétain et c'est à ce moment-là, alors sans passer je ne vais pas rentrer dans le détail parce que voilà c'est à ce moment-là lors de ce séjour en Inde où j'ai mon hémorragie cérébrale et puis là ma vie elle a tourné une sainte indienne, je précise quand même son nom parce que ça a son importance elle s'appelle Mahananda Maïk qui est la mère de la joie et puis là ma vie a basculé puisque voilà j'ai failli mourir et puis à la suite de ça j'ai lâché mon doctorat mon PhD à la London School of Economics parce que je me suis rendue compte que ce n'était pas vraiment ça que je voulais faire. Moi, ce qui m'intéressait, c'était les religions, la spiritualité indienne, etc. Et puis, j'ai eu la chance parce que c'est la vie aussi qui fait ça. Il y a des rencontres, des synchronicités. Le jour où j'ai mon émologie cérébrale, j'ai rencontré quelques heures avant, par hasard, un professeur canadien c'est pour ça que j'étais au Canada qui donc enseignait le bouddhisme et l'abouisme à l'université et donc c'est comme ça que j'ai attiré au Canada donc après les moralis je suis déconçue parce que j'avais gardé les contacts voilà ce qui s'est passé et moi j'aimerais c'est pas que je veux faire et puis c'est comme ça mais ça n'a pas été un parcours simple et puis ils m'ont pas accepté tout de suite dans un PSG parce que j'avais pas de background en religion donc voilà c'est tout un cheminement mais voilà c'est aussi la vie, il faut saisir les opportunités ben c'est voilà si on parle de résilience c'est ça, c'est aussi savoir rebondir et puis saisir les opportunités qui te présentent et la vie est bien faite c'est que voilà les choses se présentent à nous il y a des rencontres, voilà il faut garder, être attentif à son environnement et à ce qui se passe

Loïc ouais complètement ben écoute c'est super intéressant de voir finalement tu vois comment est-ce que ce parcours en tout cas universitaire s'est construit parce que comme tu dis finalement la vie n'est pas un long fleuve tranquille et puis il y a des opportunités qui se présentent à saisir ou à se créer et j'ai l'impression que déjà avant même de faire ce que tu fais aujourd'hui pour en arriver à ce que tu fais aujourd'hui déjà dans les études c'est un concept que tu avais

Orianne mais la trajectoire en effet n'est pas linière c'est ce que je souvent en conférence quand je donne l'exemple des rotations quand on ne grimpe pas au sommet directement parce que sinon on va tout de suite donc en fait il faut faire des allers-retours donc on n'atteint pas le sommet directement et en fait il y a tout ce processus et que c'est jamais, c'est comme dans la vie il n'y a rien qu'un inétre, c'est pas rectiligne

Loïc complètement tu dirais que le fil rouge du coup entre on va dire le début de tes études supérieures et ce que tu fais aujourd'hui c'est quoi du coup ?

Orianne le fil rouge, le fil conducteur dans mes études tu veux dire ?

Loïc dans la manière dont tu as fait tes choix ce qui fait qu'aujourd'hui tu te retrouves à être conférencière après être passée par le Quai d'Orsay et avoir fait un doctorat sur la science des religions comment est-ce que tous ces choix se sont faits ? est-ce que c'est le goût de l'aventure appliqué au monde professionnel ? c'est vrai que

Orianne le goût de la vie déjà, parce que les sciences de la vie pour moi, c'est vraiment la vie, la biologie, etc. Si je vois dans le monde universitaire, et puis les sciences humaines, les sciences religieuses, c'est aussi la vie, c'est l'étude de la vie, puisque les sciences religieuses, finalement, par rapport à ce que j'ai étudié, parce que moi, dans ma thèse de doctorat, les livres que j'ai pu faire après, ça parle beaucoup de mort, finalement, de vie. C'est vraiment, je dirais, oui, la vie, tout simplement. et puis ouais, le sens aussi, le goût de, oui, de l'exploration, je dirais, parce que même, ouais, explorer, même en biologie marine, moi j'ai fait plein de stages un peu partout dans le monde, parce que j'aimais ça, explorer, les sciences humaines, c'est l'exploration aussi, enfin bon, l'hindouisme, etc., c'est aussi l'esprit, c'est ce qui se passe, voilà, ouais, je pense qu'il y a ça, c'est l'exploration, en fait, j'aime la découverte, c'est vrai que j'ai besoin aussi de ça, j'ai besoin d'ouverture, j'ai besoin d'être stimulée, j'ai besoin de découvrir, d'explorer, et en fait, je ne vois pas de séparation. Je ne vois pas de séparation nulle part. C'est vrai qu'en France, on a tendance à cloisonner, ce que ne font pas les anglo-saxons, ce que j'aime beaucoup chez eux, parce qu'ils ont fait l'ouverture, voilà. Mais moi, je trouve qu'il n'y a pas de séparation, il n'y a pas de... voilà, que tous les sujets, tout est lié, en fait. Et je m'en rends de plus en plus compte.

Loïc Tu dirais que c'est cette volonté d'explorer qui fait que finalement assez jeune, j'ai l'impression, l'Everest, c'est devenu Ante Rêve ?

Orianne Ah oui, très jeune. En fait, je me suis retrouvée au camp de base de l'Everest. À la base, en fait, c'est la deuxième fois que j'allais au Tibet. et j'avais, je suis plus à la salle, j'avais rencontré deux suites ex et puis on s'était dit, on va aller, je voulais aller au Mont Kalach et elle aussi. On me dit, on va au Mont Kalach et on était passés par une agence locale, voilà. Et puis en fait, un jour avant, donc on avait fait toute la route et tout, puis un jour avant d'arriver au Mont Kalach, le col était bloqué et je pense qu'ils ne le savaient déjà parce que, voilà, la quantité de neige qu'il y avait, à mon avis, ils étaient déjà au courant qu'il était bloqué depuis un certain temps, voilà. et donc mais bon probablement je ne vais pas rentrer dans les détails on a fallu on s'est dit qu'est-ce qu'on fait maintenant et là on s'est dit pourquoi on n'irait pas faire le trek jusqu'au camp de base de l'Everest mais ce n'était pas du tout le plan en fait et donc on est allé à Tigny on a organisé ça et on a pris des yaks et moi je faisais un truc avec des yaks et on est allé jusqu'au camp de base de l'Everest. Et à ce moment-là, les deux Suissesses, il y en a une, elles venaient d'un village en Suisse et il y avait un des Suisses qui grimpait l'Everest. En fait, il venait du même village. Donc en fait, en discutant avec eux, finalement, on a pu rester deux nuits au camp de base. Normalement, c'est interdit. À l'époque, en tout cas, c'est interdit. Je pense que même encore. Bon, de toute façon, c'est fermé. Il est éteint. Mais on a pu rester un peu deux nuits au camp de base. Et puis en fait, on pouvait manger avec eux, donc ils nous parlaient de l'Everest, de leur projet, etc. Et j'ai été baignée dedans dès le départ. Et je me suis dit, à un moment je suis allée marcher un peu plus haut, seule, j'avais peut-être 700 mètres un peu haut. Et je me suis retrouvée face à l'Everest, c'était tout calme, il y avait un silence en fait, c'était de beauté ce silence. et je me suis dit, en fait, c'était une certitude. Je me suis dit, un jour, j'irai en haut. Mais en fait, je n'avais aucune connaissance en alpinisme, en himanisme ou quoi que ce soit. Je me suis dit, un jour, j'irai en haut. Mais c'était sûr, quoi. En fait, il n'y avait rien de rationnel là-dedans, aucune logique. Et j'étais attirée comme un aimant, en fait. Et je me suis dit, et puis c'était sûr, en fait. C'était déjà là. C'était déjà là, je me suis vue en haut. et en fait c'est resté pendant très très longtemps mais deux ans plus tard c'était pendant des années encore maintenant j'ai encore ce souvenir de l'image de l'Everest et d'écouter ce silence qui était là et deux ans plus tard quand j'étais en Inde quand j'avais commencé justement mon PNG à Londres et c'est là j'ai eu en fait une hémorragie térébrale qui était liée à rien à voir avec l'altitude C'était lié à une malformation de naissance, une malformation congénitale. Et là, j'ai failli mourir sur place. Et là, j'ai été rapatriée. Ça a été mon premier. Ah non, mon deuxième. Parce qu'en fait, on savait déjà que j'avais une malformation. C'est grâce à la dagne que j'avais eu trois ans plus tard en Indonésie. Enfin bref, il y a eu plusieurs rapatriements. Et c'était le deuxième. Et là, on m'a dit à la suite de l'opération en France au crémeant de tête, le neurochirurgien, ma mère était là, je me rappelle, elle me dit bon, désolée, mais c'est fini là, le Nectrec en altitude à 4000, 5000, comme au Népal, au Tibet, facilement on passe d'école à 5000 m, voilà et là bas c'est normal tout ça c'est fini c'est fini la biologie marine pas la plongée même si j'avais déjà changé de parcours et de voies avec des études à londres voilà moi le monde de la noire m'attelait toujours et puis c'est vrai que j'avais fait des formations en plongée etc tout ça c'était fini et puis bah évidemment le rêve d'aller un jour à l'ébreu ça voilà c'est s'est envolé mais en fait finalement il s'est pas envolé parce que je Je l'ai juste mis de côté, mais inconsciemment, je l'ai gardé. Mais il est revenu assez fréquemment, en fait.

Loïc C'était pour quelle raison qui t'a donné cet avis médical ? C'était par rapport à quoi, concrètement ?

Orianne En fait, ils ont retiré la malformation que j'avais, mais ils pensaient probablement qu'il y avait toujours des risques, parce qu'on m'enlève le gros. voilà ce cabernum en fait qui était assez important mais apparemment il y a toujours des risques même maintenant je ne suis pas censée prendre de l'aspirine etc ce qui a été un problème avec les gelures parce qu'on nous aurait dit c'est prendre de l'aspirine aussi et puis non bah lui de toute façon il considérait que c'était dangereux et puis d'aller en altitude donc moi j'ai attendu des années en fait avant de reprendre peu à peu je dirais par étapes parce qu'on va pas directement au lot c'est comme ça j'y suis vraiment allée par étapes c'est vrai qu'au départ j'ai eu la folie que je prenne des médicaments etc puis bon après je me suis concentrée dans mes études sur mon doctorat etc au Canada donc après de toute façon j'étais dans une autre voie etc mais il y avait toujours ce projet d'aller au sommet j'ai toujours été attirée par ça et notamment par l'Everest mais oui, il considérait que c'était dangereux en tout cas pour moi de grimper en altitude et puis également de promener et c'est marrant, la promener, je ne me suis pas remise je ne me suis pas remise après, je n'ai pas forcément envie de m'y remettre mais ça vient dans le yoga parce que je faisais, il y a une période où je faisais beaucoup de yoga de la Thai yoga et il y avait notamment une position où j'aimais bien, je pouvais même rester une demi-heure dans la même position, c'est Chirchassada, c'est la tête en bas et les pieds et les pieds hauts. Et ça, par contre, il m'a fallu aussi du temps avant de m'y remettre, et je l'ai fait seulement pendant le confinement, pendant le premier confinement, enfin les deux mois qu'on a eu, où là, c'est venu assez naturellement. Mais j'avais toujours peur, je voyais ma tête parce que j'ai eu l'air de cicatrice, avant ça j'avais l'impression que ma tête allait sourire en deux parce que j'ai quand même une belle petite

Loïc et tu dirais que cette hémorragie, t'avais 24-25 ans

Orianne 25 ans ouais et c'est sûr que ça change une vie mais c'est sûr qu'on voit plus les choses de la même manière mais j'avais déjà en Inde c'est marrant parce qu'on pense toujours que ça va pas que la mort va pas nous traper et là c'est encore revenu pendant l'ascension à l'Ebreze, quand j'ai eu mon accident sur l'Icephal, on va en reparler mais à 25 ans on pense qu'on est immortel et qu'il n'y a rien qui va nous arriver et c'est vrai que quand c'est arrivé quand j'ai repris un peu conscience en plus moi je suis vraiment partie j'ai vu la lumière quand j'ai repris conscience je sais même pas comment je m'appelais, enfin voilà, j'étais déjà, j'étais partie. Et quand ils m'ont amenée à l'hôpital militaire de Deradoun, donc là, bon, ils sont en moi, etc. Et puis quand je me suis un peu réveillée, qu'on m'a expliqué ce qui se passait, c'était là, c'était la chute terrible, parce que je me disais, qu'est-ce que j'ai fait en fait pour qu'on m'enlève, on m'enlève la vie, en fait, c'est ça. Et en fait, il y avait cette notion de culpabilité, je me disais, alors je me suis posée la question d'où ça vient, alors je sais pas, c'était lié à l'éducation, parce que j'ai quand même la balle d'une éducation catholique, etc. Mais je me suis dit d'où ça vient, je me suis sentie coupable, comme si j'avais fait quelque chose qu'il fallait pas, pour qu'on me retire la vie, en fait. Mais on pense toujours que ça va pas nous atteindre, en fait. Et puis à 25 ans, moi je me disais, mais 25 ans, c'est quand même temps. J'ai 25 ans et puis ouais, puis j'étais, je pensais que j'étais prête aussi même éventuellement à mourir. C'est encore une fois parce que je passais beaucoup de temps à l'époque. Je m'étais bien baladée en Inde au lieu d'aller apprendre au Tibétain. J'étais allée sur les lieux de crémation à Benaren. Je passais beaucoup de temps en fait à m'imprégner de tout ça parce que je me disais, bah ouais, puis à méditer sur la mort, etc. et puis en fait on pense que bah qu'on est fort spirituellement qu'il n'y a rien qui peut nous atteindre etc puis en fait bah non pas du tout quand on est sur son lit de mort on voit un peu les choses autrement puis là je me suis dit bah non je suis pas du tout prête à mourir non pas du tout ça a été un un petit peu alors là j'ai eu un accident mais en grimpant l'Everest donc alors excuse moi je vais essayer de pas partir de force parce que je ressens qu'il m'apprend reviendra sur les débuts. Là, on grimpe en l'Everest. Encore une fois, il y a ces rotations pour s'acclimater. On ne va pas au sommet directement. Sinon, on est près d'un œdème pulmonaire ou cérébral.

Loïc Sachant que... Pardon, Rianne. Je suis allé au camp de base de l'Everest en 2019. J'ai un peu les attitudes en tête.

Orianne J'étais en 2019 quand j'étais notée. Ah, t'étais au lotée ? Ah oui ? En 2019.

Loïc Ah ben voilà. Moi, c'était en… C'est quelle période l'ascension du Lotsee ?

Orianne C'est toujours les mêmes périodes en fait. C'est exactement… Avril ? C'est avril-mai en fait, mais ça en mai. Moi, j'ai grappé. J'étais au sommet du Lotsee le 23 mai.

Loïc D'accord. Moi, c'était en fin octobre, début novembre.

Orianne Ah, oui. Non, on n'a pas pu se croiser. Non, non, non. Il faudrait qu'en automne, il y a les treks aussi à ce moment-là.

Loïc Oui, mais du coup, j'ai les altitudes en tête côté… népalais toi l'ascension de l'Everest la première fois que tu étais au camp de base c'était en fait le camp de base tibétain donc de l'autre côté ton ascension du Lotse

Orianne c'était en 2002 donc ça date

Loïc j'étais pas encore le Lotse c'est forcément côté népalais et là ton ascension de l'Everest c'était, bah oui forcément je te pose la question

Orianne mais ça fait depuis 3 ans de cette armée là pour des raisons politiques et moi il y a eu le covid etc. Puis à plein de raisons voilà je connais pas en détail mais ils ont décidé de fermer donc cette année c'était pas possible mais moi c'est vrai que moi je voulais justement passer du côté tibétain parce que déjà c'était la première fois que j'ai vu les vrais c'était du côté tibétain donc ça c'était important et puis surtout c'était parce qu'il n'y a pas la cascade de glace à passer parce que moi je la connaissais moi la cascade de glace c'était ma hantise depuis le départ en fait et d'ailleurs ça n'a pas loupé l'accident que j'ai eu mais je voulais l'éviter. Et en fait, il n'y a pas du côté tibétain, il n'y a pas de cascades de glace à franchir. Alors, il y a plus de difficultés en hauteur, il y a trois rousseaux, etc., mais il n'y avait pas cette cascade de glace à franchir. Et là, je me suis dit, si j'attends que le côté tibétain ouvre, je ne sais pas quand, c'est le moment jamais. Donc, j'ai décidé de faire l'Everest du côté népalais. et donc il a fallu repasser par la cascade de glace que je connaissais du fait parce que j'avais déjà grimpé de l'essai et je savais à quel point elle était dangereuse c'est vraiment un peu la loterie, c'est la roulette russe, on sait jamais quand est-ce qu'un ferrag va tomber dessus et c'est là pendant la rotation, donc je rentrais du camp 3, j'avais touché le camp 3 qui est à 7200 à peu près Donc tout allait bien, j'avais fait ma rotation, etc. Je me sentais bien. Franchement, ça allait parfaitement bien. Et on retrouve dans la cascade de glace, c'était à peu près vers la moitié. un peu plus de la moitié, c'est là où j'entends un énorme bruit, je ne saurais pas comment décrire ce bruit, mais c'était comme une détonation en fait, comme quand on fait un peu exploser les avalanches, comme ça, mais un bruit énorme, quoi. Et là, j'ai compris ce qui se passait. J'étais juste en dessous, quoi. Et là, je me suis dit, en fait, on a le temps de rien, quoi. Je me suis dit, ça y est. Ça y est. Ce que je craignais le plus, ça y est, là, c'est pas comme dans les films, c'est pas ce qu'on en dit, c'est pas comme dans les scénarios, ce qu'on a anticipé, etc., ce qu'on craignait. Non, là, ça arrive vraiment. Et je me suis dit, vu le bruit, vu la détonation, c'était Desterra qui était en train de se casser la gueule, et dans un des pires endroits de la cascade, et là j'ai compris que c'était fini, je me suis dit, tout va très très vite, si j'échappe à ça, un miracle, et donc en fait je me suis mise en boule je me suis mise en boule j'ai eu le réflexe comme ça j'étais une mini prière mais à peine deux secondes je me suis allée je lance la prière et là en fait j'ai été frappée violemment par un énorme bloc donc la taille d'une grosse bagnole et en fait j'étais projetée parce que quand mon cher femme m'a retrouvée, j'étais projetée en arrière. Donc en fait, le Serac m'a complètement reprojetée. Je me suis retrouvée sur le dos alors qu'à la base, j'étais... Et en fait, le Serac m'a frappée plutôt du côté gauche. Et là, quand j'ai repris conscience, donc il y a mon cher femme qui m'a appelée Oriane, Oriane, Arioke. Et c'est là, en fait, j'entendais plus rien. En fait, j'avais l'impression qu'on m'avait frappée. Comme si, alors, je n'ai jamais été frappée par une batte de baseball, mais je peux imaginer ce que ça fait. Comme si on m'avait pris une batte de baseball et qu'on m'avait frappée comme ça sur l'oreille, sur la joue gauche, le côté gauche. Alors, heureusement, j'avais mon casque. Mais j'ai eu un balle pas possible, parce qu'en fait, vu la taille du sac, je devrais être morte. D'ailleurs, je l'ai montré après. Parce que, ah oui, le coup, c'est qu'en plus, mon cher pas, mon cher Pâques de temps en temps il trouvait de petites vidéos et pendant la rotation etc, le matin il avait pris en fait il avait pris de petites vidéos et juste 30 secondes à peine avant que les serracs tombent il a commencé à me filmer mais en fait c'est complètement ahourissant parce que je me suis dit comment il pouvait savoir et puis après je ne sais pas ce qu'il a fait, je ne sais pas si le téléphone c'est à nouveau c'est un peu n'importe quoi après c'était complètement chaotique. Après, il l'essayait parce que lui, il a été pris dans... Il n'a pas été touché par un serrat, il y a une espèce de gros nuage, de neige, en fait. Et quand il a... Quand il s'est le relevé, etc., donc là, il me cherchait, et puis le téléphone continuait à filmer. Donc, en fait, c'est là où on voit que je suis complètement par terre, etc., toute ensanglantée. Enfin, voilà. Mais j'ai vraiment achaté bien. Et là, il m'a dit tout de suite, t'es arrivé ok, je ne savais pas quoi répondre parce que t'es arrivé ok, oui, enfin non, je sais pas, et là il me dit lève-toi il me dit lève-toi, il faut partir tout de suite il me dit c'est très dangereux ici, il y a d'autres céréales qui peuvent tomber et donc en fait j'ai même pas eu le temps de réaliser de ce qui se passait, qu'il a fallu que je me relève tout de suite et en fait là c'est vraiment l'instinct de survie parce qu'on se dit en fait j'ai réalisé que j'étais en vie, qu'il y avait quelque chose de grave qui s'était passé, que j'entendais plus rien, mais je ne savais pas le saigner en fait, ça j'avais aucune idée que j'étais en train de saigner du côté gauche, et là en fait il m'a dit « Lève-toi, lève-toi, il faut repartir », et là en fait c'est vraiment l'instant de survie, c'est peu importe que j'ai mal, peu importe ce qui s'est passé, c'est ta vie, en rien, tu veux vivre, tu continues, tu te lèves et tu marches. Et après j'ai marché, en fait il a fallu que je finisse la casquette de glace, et là je marchais comme si j'étais saoule en fait en fait je marchais en suivant j'étais plus quand on est arrivé à un endroit safe de la Kinscad c'est là j'ai craqué j'ai commencé à pleurer parce que je réalisais que j'étais en vie et que et après j'ai été évacuée au camp de base mais encore une fois au camp de base ils ont décidé tout de suite de m'évacuer bien sûr et là j'ai été évacuée à Quatre-Mongourts en passant par l'hôpital de Loupla parce que la météo était mauvaise donc j'ai dû prendre trois hénicots différents et là d'ailleurs j'ai vu à ce moment-là j'ai rencontré à Ferice par hasard Kylian Jornet avec Bertrand de Lapierre qui était là donc Bertrand qui me voit j'attendais un hénico parce que la météo était tellement mauvaise, il voit avec mon visage tout ensanglanté, il me dit t'as besoin d'aide j'entends parler français, t'as besoin d'aide et avec Chiliane, qui est juste là avec ta famille. Enfin, voilà, c'est la rencontre improbable, bien sûr. Et donc, voilà, mais encore une fois, on croit toujours que ça... Moi, c'était ma hantie, cette cascade de glace, mais on se dit toujours, ben non, tout va bien aller, ça ne va pas nous arriver, ça ne va pas nous arriver. Et puis, surtout qu'en plus, moi, je m'étais acclimatée comme le lotier, j'avais fait un signe en avant justement pour éviter les passages par la cascade de glace. Donc là, j'avais grimpé. Là, il nomme pique avant. Pour l'autre, j'avais grimpé le low-bouché. En fait, je faisais tout pour éviter le maximum pour ne faire qu'une rotation. Parce qu'avant, même encore maintenant, il y en a qui s'amuse à faire plein de rotations, à faire des allers-retours pour s'acclimater. Alors moi, c'est un passage, un aller-retour pour la cascade de glace pour m'acclimater, mais pas plus. Et là, ça n'a pas loupé à la descente. Il y avait d'autres membres dans mon équipe. il y en avait qui étaient derrière donc eux ils ont vu de loin donc ils ont essayé de tomber et puis après le passage était bloqué et puis après il y avait ceux qui étaient devant il y a une Roumaine dans la panique elle a commencé à courir enfin courir où on sait pas trop où courir en fait elle s'est captée la cheville donc elle a dû arrêter elle devait grimper une dévresse et une loter donc elle a dû arrêter quoi et puis il y avait un Américain qui lui filmait avec sa GoPro et là en fait lui il était complètement on le sent parce que j'ai lu après la vidéo de la bocône il est complètement en panique pour lui ça a été une expérience traumatisante mais pour tout le monde en fait et moi quand je suis rentrée le soir même j'étais en fait à l'hôpital de l'eau claque parce qu'ils n'avaient pas des micro, ils étaient trop mauvais pour descendre sur Katmandou ils ont soigné ma blessure à l'hôpital de Loukla mais sincèrement en fait j'étais super heureuse mais j'étais vraiment heureuse en fait, je me rendais compte de la chance que j'ai de survivre quoi, je me sentais hyper reconnaissante et là je pensais même pas au sommet si j'allais y retourner ou pas, enfin peu importe en fait c'était pas ça la question, c'était que j'étais en vie tellement reconnaissante et je pense que c'est ça aussi qui me reste par rapport à par rapport à cette ascension mais vraie c'est cette reconnaissance qu'on a tendance à oublier c'est la gratitude pour la vie de m'avoir épargnée pourtant j'étais pas dans un état mais hyper reconnaissante et puis pour moi le sommet c'était secondaire peu importe, j'étais déjà tellement contente d'être en vie et puis le lendemain matin ils m'ont évacué à 4 mois de jour et puis après je lui ai resté quelques temps à l'hôpital et puis c'est là où j'ai pris ma décision de revenir, mais je ne l'avais dit à personne d'ailleurs je n'avais dit à personne que j'allais revenir j'ai attendu de prendre ma décision je n'ai même pas dit à mes parents que j'étais à l'hôpital parce qu'en fait je ne voulais surtout pas les inquiéter et ils savaient très bien que ma mère allait débarquer les médecins, elle allait débarquer en urgence à Katmandou ça allait juste les inquiéter ça allait ne servir à rien, donc j'ai attendu d'être bien et puis d'avoir pris ma décision pour être sûre que je ne sois pas influencée par d'autres, que ça soit en même temps des décisions qui viennent du cœur. Parce que là, il n'y a pas de mauvaise, de bonne décision. C'est à chacun de décider, en fait. Et moi, mon rêve d'atteindre le chômage de l'Evra, c'était plus fort. Et plus fort que... Bah oui, que tout ça, quoi. Plus fort que la peur, plus fort que le traumatisme. Parce qu'il y a quand même un trauma. d'ailleurs je l'ai ressenti en repassant parce qu'il a fallu repasser par la cascade de glace pour aller au sommet mais plus fort que tout ça que la peur de la mort que ça je me suis dit non c'est mon rêve et je c'est là depuis tellement longtemps et voilà et non j'ai décidé de dire parce que moi j'ai parlé je sais pas le temps je sais pas le temps on parle de mort il y a 25 ans qu'on pense toujours que ça ne va pas nous arriver et ça rappelle aussi de la permanence parce qu'encore une fois, on pense qu'on est éternel et je me dis d'un côté, on peut mourir là, en train d'être en avril, sur la route donc je me dis, voilà j'ai eu tellement d'accidents, de choses totalement stupides qui arrivaient, je me dis, d'abord c'est mon rêve, je vais y aller après j'y ai pensé, je me suis dit, c'est quoi la probabilité c'est comme les crashs d'avion en fait c'est quoi la probabilité que je me reprenne un autre Serac après il y a d'autres problèmes il n'y a pas que les Seracs qui tombent mais il y a aussi d'autres dangers mais je me suis dit quand même la probabilité pour que je me prenne un autre Serac alors je sais pas mais il faudrait vraiment que le sort ça charme contre moi et là il faudrait voilà mais je n'ai pas essayé forcément parce que j'ai tendance à vouloir interpréter tout à comprendre quel est le message à peut-être avoir des signes qui n'en sont pas. Après, je me suis dit à l'hôpital, je me suis dit, non, peut-être, attends, je n'ai pas d'interprété qui s'est passé. Je ne me dis pas, ah ouais, c'est arrivé, en fait, c'est parce que c'est pour un truc, il faut que j'arrête, il ne faut pas que j'y aille. Voilà, parce qu'il y a plein de manières, ça peut partir dans tous les sens. Et puis, j'ai dit, non, c'est ce que je ressens au fond de moi. En fait, il faut vraiment s'écouter, même son corps, en fait, le corps, il parle. Je me suis dit, ben non, je vais retourner. mais il y a quand même un trauma c'est vrai qu'en repassant par la cascade de glace je suis repassée avec le même Sherpa justement mon Sherpa qui était là au sommet aussi et à un moment donné je savais qu'on était plus ou moins dans la zone où j'avais eu l'accident et là j'avais les larmes aux yeux j'avais les larmes aux yeux et puis mon Sherpa il a dit qu'à un certain moment je n'étais pas bien qu'à un moment donné il m'a mis la main sur l'épaule et il m'a dit relax, relax comme ça c'est vrai que c'est rien du tout mais en fait ça joue énormément et c'est vrai qu'après je me dis oui c'est vrai je me détende voilà faut pas que je pense au pire mais c'est vrai que j'ai pas traîné quoi personne dans mon équipe m'a traîné parce qu'on était tous un peu traumatisés même si vous avez pas du tout été touchés comme moi je l'ai été mais on a vraiment pas traîné quoi on a essayé de marcher le plus rapidement possible. Mais voilà. Wow, belle histoire ! Bon, le loté aussi, ça avait été très éprouvant. Mais tout ça, c'est juste pour dire que ça rappelle, oui, qu'il faut vivre aussi chaque instant, il faut aussi vivre ses rêves et qu'on peut partir du jour au lendemain. Donc ça, c'est... Et là, ça rappelle. Mais bon, je ne l'ai pas cherché. J'aurais préféré, si j'avais pu éviter ça, bien sûr. Mais je me sens extrêmement chanceuse. Et puis, ce que j'ai appris, parce que aussi, je me suis là, je commence à me poser la question, est-ce que cette expédition, ça a changé quelque chose en moi ? Alors, c'est tout un cheminement. Il y a plein d'étapes dans la vie. Puis, on continue d'apprendre sur soi. mais c'est vrai que je pensais pas que j'allais y retourner si on m'avait dit ça avant que j'aurais un accident et que je me retrouvais à l'hôpital après avoir été frappée par un CERAC je ma réponse probablement en jour 20 avant m'aurait été dit que j'y serais pas retournée et en fait du coup je découvre encore des choses en moi parce qu'on sait jamais tant qu'on les a pas vécues et cette force de vie cette capacité de résilience mais tant qu'on ne l'a pas vécu on ne peut pas le savoir et donc on apprend toujours et donc oui il y a ça en moi et puis cette envie de vivre aussi parce que comment d'où me venait cette force j'ai juste de frapper j'étais complètement sonnée et je me lève et me dis il faut qu'on parte et je fais yes, yes, ok, ok je peux la règle, ok, yes, yes et puis je suis complètement à l'heure je ne dois j'avais vu la mort en face j'ai dit yes ok j'étais puisque j'ai dit non prends le lèvre c'est comme ça comme ça je me suis dédoublée je me suis vraiment dédoublée pas de problème allez on avance j'aurais pas pensé que ouais on sait pas tant que ça nous arrête pas quoi

Loïc t'évoquais les traumas je suis en train de suivre une formation justement avec une ancienne invitée du podcast qui est un peu spécialiste du sujet la prévention des syndromes de stress post-traumatique et en gros j'ai pas du tout fini la formation mais un des éléments que j'ai retenu dans l'introduction on va dire c'est l'importance de l'action en fait juste après l'événement traumatique plutôt que d'être en mode passif un peu victime en attente qu'on s'occupe de toi d'être tout de suite dans l'action de prendre des responsabilités telle que m'occuper de moi-même et marcher en suivant le Sherpa. Je suis d'accord. C'est extrêmement bénéfique.

Orianne Oui, mais quand on a, et de toute façon, on le dit à Chamonix ou ailleurs, quand on a un accident, par exemple en montagne, il ne faut pas traîner justement pour revenir en montagne. Il ne faut pas laisser en fait, oui, ça, parce qu'après, là, on est vraiment atteint. Il faut revenir assez rapidement en montagne. Bon, là, je n'ai pas traîné du coup. Mais c'est vrai que sinon, là, ça devient vraiment un syndrome de stress, ça dure du coup, ça reste droit. Et puis après, on est complètement bloqué, ça offre des blocages, etc. Et c'est vrai qu'il ne faut pas traîner. Mais les syndromes de stress post-traumatique, c'est vrai que moi, j'ai vu ça aussi quand je rentrais de l'Istian. J'ai vu ça quand j'étais rentrée de mission de Haïti, quand j'étais avec le comité international à Croix-Rouge. Moi, j'étais arrivée juste après le fondementaire je suis restée 14 mois, moi j'ai fait toute l'urgence post-séisme et en plus je suis restée alors que eux les climes d'urgence ils sont rentrés, moi je suis restée tout le temps mais sauf que c'était constamment l'urgence ça faisait toujours quelque chose entre le choléra les violences électorales, les ouragans et quand je suis sortie de là j'étais je suis rentrée à Paris je me rappelle, j'étais pas bien je me mettais à pleurer pour aucune raison etc, il y avait déjà ça mais bon après on laisse le temps passer puis après c'est là où j'avais d'autres projets je suis retournée aux Etats-Unis parce que j'étais dans l'action parce que j'avais d'autres projets etc mais c'est vrai que il ne faut pas laisser traîner il faut être dans l'action prendre soin de soi et avancer avancer quoi

Loïc donc ça ça a fait partie de c'est une des raisons pour lesquelles tu as voulu y retourner ou c'était vraiment écouter ton cœur et tu t'es dit je veux y retourner

Orianne non je n'ai pas pensé du tout stress non d'ailleurs en fait à l'hôpital je n'étais même pas stressée en fait c'est ça qui est étonnant en fait j'étais comme sur un comme sur un échec parce que je me sentais tellement tout le monde s'occupait bien de moi j'étais plutôt contente d'être au chaud à Katmandou j'étais puis en plus je savais que j'avais quand même un peu de temps parce que tu ne perds pas ton acclimatation comme ça parce que c'est vrai que voilà une semaine, dix jours tu ne vas pas la perdre donc en fait j'étais plutôt non j'étais bien s'occuper de moi j'avais les infirmières tout le monde était gentil et puis en fait j'étais pas prêtée je me sentais juste heureuse, j'étais comme sur un petit nuage et en fait je réalisais en fait la chance que j'avais j'étais juste dans ce moment là et c'est ça qui était beau parce que ce type de dark, ces moments là ils sont précieux et il faut pas les oublier justement parce que Oui, j'étais vraiment une forme de reconnaissance, de gratitude. Et j'étais bien. Et puis, peu importe la suite. En fait, c'était ça. Peu importe, je m'en fous, je suis en vie, en fait. Et la décision a été très simple, en fait, à prendre. C'était comme une évidence. C'est là et je n'avais pas peur d'y retourner. En fait, c'est comme si tu vois la main. En fait, OK, c'est bon, je l'ai vue. Voilà, c'est bon, on a fait. C'est bon, c'est fait. et je me rappelle parce qu'il y a le directeur de l'agence à ce moment-là, l'agence d'expédition qui est venue me voir à l'hôpital il m'a dit une chose très juste il m'a dit ne prends pas de décision tu te recoses, tu prends soin de toi tu laisses, tu laisses les choses se faire ne prends pas de décision et en fait c'était le meilleur conseil qu'il puisse me donner et après finalement la décision a été très claire pour moi il n'y avait aucun doute en fait il fallait que je retourne et ouais c'est marrant parce que dans la vie il y a des moments on se questionne on a des doutes mais il y a eu plusieurs moments dans ma vie où en fait la décision elle est très très claire elle est ouais elle est très claire c'est une évidence même en fait c'est ça t'as aucun doute c'est ça que tu dois faire et voilà et même encore une fois il n'y a pas forcément de logique mais j'étais surprise quand j'ai annoncé ma décision finalement j'avais tout le soutien de ma famille tout le soutien de ma famille le soutien de mes amis alors il y a quelques personnes dans les commentaires qui ont dit attention ne tente pas le diable ça c'est pas du tout moi je me dis je ne fonctionne pas comme ça je ne tente pas le diable mais de toute façon c'est ma décision et encore une fois il n'y a personne qui peut te dire quoi faire c'est ta décision à toi et là je me suis vraiment écoutée c'est tout mais c'est sûr ça demande aussi un travail d'écoute de soi-même pour ne pas être pollué ne pas être perturbé ne pas être influencé par les autres, par son environnement mais j'ai demandé bien sûr la vie médicale non j'écoute les médecins en plus je viens d'une famille j'ai beaucoup de médecins dans ma famille voilà donc je prends en compte la vie médicale bien sûr mais je savais que j'en étais capable au fond de moi et je savais que c'était ça que je savais ça veut pas dire que les choses ont été simples par la suite après il y a eu d'autres obstacles on va dire mais en tout cas oui puis il y a une certaine fierté enfin reconnaissance et aussi une fierté de moi même alors autant quand je suis revenue du loté c'était pas du tout un accomplissement pour moi C'est marrant parce que l'OT, c'était aussi dur. Mais je n'ai pas senti de fierté quelconque. Enfin, je n'étais pas fière de moi. Oui, mais je pense parce que c'était très mal passé dans l'équipe. Et là, je n'ai pas du tout eu le même type d'environnement. Pour l'OT, j'étais la seule femme de l'équipe, en fait. Et en fait, on s'est amusé à me diminuer, à me rabaisser. parce que justement, je pense que j'y arrivais beaucoup mieux que tout le reste de l'équipe, parce qu'on n'est pas tous égaux au niveau de l'acclimatation, etc. On a beau être préparés physiquement, chacun, on n'est pas pareil génétiquement. Enfin, des fois, c'est génétique. Donc, il y en a qui portent mieux l'acclimatation que d'autres. Et je pense que ça a créé de la jalousie. et en fait, c'était tout le temps des réflexions, on me diminuait, me rabaissait, et en fait, je l'ai hyper mal vécu et au final, il y avait cette jalousie parce que j'étais une des rares salles à atteindre le sommet. Quasiment toute l'équipe n'a pas été capable d'atteindre le sommet et je l'ai hyper mal vécu parce que je n'étais pas du tout soutenue et je l'ai vraiment mal vécu. D'ailleurs, après, je me suis dit « plus jamais je retournerai dans ce type d'expédition, etc. » Pour moi, je ne voulais pas y aller. Finalement, le rêve de l'Everette est quand même revenu. Mais là, c'était très différent parce que j'avais une équipe, c'était mixte en fait. Il y avait des femmes, des hommes, j'ai eu un environnement qui me soutenait. Ça n'a rien à voir en fait. Je me rappelle quand je suis revenue au camp de base après mon évacuation, après mon accident dans l'Eiffel, quand je suis revenue de l'hôpital, j'ai été super bien j'ai reçu un accueil hyper chaleureux ils ont même ouvert mon bouteille de vin moi qui m'étais dit je ne bois pas d'alcool pendant un expédition je me suis dit bon allez quand même puis après je m'en foutais je me dis je suis en vie je vais trinquer je m'en fous je bois mon verre de vin et puis non ça n'a pas été ça a été complètement différent et là je me sens je me sens fière aussi par rapport à cette expédition, la gratitude bien sûr, je sais bien que je suis chanceuse, mais fière aussi parce que j'étais capable d'aller au-delà justement de cette peur de la mort, de cette peur, ouais, de la peur en fait, j'étais capable de faire face à mes peurs parce que je savais qu'en repassant par la cascade de glace, ça allait être traumatisant et ça l'a été. et donc quelque part je suis fière de moi parce que je suis allée jusqu'au bout j'ai cru en moi j'ai cru en mon rêve et pourtant j'aurais pu interpréter ça j'aurais pu me dire ah bah non c'était un avertissement rien, tire ton pas et en fait non je me suis écoutée et donc voilà pour ça je vois vraiment ça comme malgré les suites parce qu'après j'ai eu des jolures je me suis fracturée j'ai eu plein d'obstacles là-dessus mais pour moi c'est vraiment ouais c'était je me sens c'est une très très belle expédition je me sens heureuse et je regrette pas parce que si j'avais écouté tout le monde alors ça c'est encore un autre sujet je peux partir sur tellement de sujets il faut me couper mais si j'avais écouté tout le monde en me disant ah ouais va pas aller l'Everest, il y a trop de monde, etc. Moi, la montagne, l'Everest, je ne l'ai pas du tout connue comme ce qu'on dit. Il y a beaucoup de fausses idées, beaucoup de préjugés, et c'est ça qui m'énerve parce que moi, au sommet de l'Everest, j'étais quasiment toute seule avec mon charpa. J'ai pas du tout la rotation, j'ai eu personne, la phase du loté, j'étais toute seule, en plus. J'ai les faits, en plus, comme on m'a filmé, parce qu'il y a un film documentaire qui va sortir sur mon histoire souvent d'ascension des brests qui va sortir à la fin de l'année donc moi moi j'étais les rotations la cascade de gaz j'ai jamais eu d'embouteillage dans les deux sens quoi j'ai pas du tout ça la phase de l'autre c'est la rotation cime moi le seul moment j'ai eu un petit peu comme un bottled neck enfin voilà c'est comme il ya des moments bah ouais tu sors d'un camp et un peu plus de monde c'est en sortant du camp 3 lors du sommet de coach donc de la l'ascension finale quoi mais Mais sinon, je n'ai jamais eu les englobretés. D'ailleurs, quand tu vois les chiffres, c'est pour ça que moi, je suis un peu… Quand j'écoute les médias, les infos et d'autres qui parlent, qui ne connaissent rien du tout de ce qui se passe, au total, cette année, il y a eu 250 grappeurs qui ont fait l'Everest, enfin, 250 personnes comme moi, plus les chapins, bien sûr.

Loïc Donc, des sommetteurs ou des gens qui ont tenté ? Des sommetteurs, ok.

Orianne Des sommetteurs, mais je veux dire, c'est rien 250. quand on voit l'affluence au Mont Blanc, que c'est juste un gros week-end au Mont Blanc, quoi, c'est rien du tout. Et en fait, on dit, ouais, il faudrait que les Népalais, limite, et tout, mais quelles leçons on a à leur donner au Népalais, en fait, c'est ça. Et moi, je trouve ça vraiment une telle hypocrisie d'aller donner des leçons au Népalais, comme nous, on n'est même pas capable de gérer l'affluence au Mont Blanc. Et quand on parle de surfréquentation, alors là, on ne fait pas la queue pour aller au Mont Blanc de temps en temps, enfin, je veux dire, c'est pareil quand on dit il n'a pas du gain, il n'a pas du gain sur les népalais, ils font quoi ? Ok, les permis pour l'Everest sont chers mais c'est quoi au total ? C'est 5 millions de dollars et c'est un présent quoi pour un des pays les plus pauvres de la planète enfin je veux dire, il faut arrêter quoi, genre plein de sujets comme pour la pollution on dit les gens friqués oui, ils font ceux qui font l'Everest mais moi je me suis endettée pour faire l'Everest alors oui, j'ai reçu des doigts aussi via une association pour les femmes, etc. Mais ça, c'était juste une partie où il a fallu que j'emprunte à côté. Et c'est aussi un manque à gagner, puisque je ne pouvais pas travailler en même temps. Il y a plein de choses. Il y a une autre française, d'ailleurs, Fabienne. Elle est handicapée. Elle a mis tous les bâtons dans les roues avant qu'elle part. Elle n'y arrivera jamais, que c'était suicidaire, parce qu'elle a une spondynearthrite en osante et puis elle a également la maladie des os de verbe. Elle s'est préparée pendant trois ans, ça a toujours été aussi un rêve pour elle et elle a tout donné parce que c'est son rêve et voilà. Mais elle non plus, elle ne roule pas sur l'or, elle s'est aussi endettée, etc. Et puis elle a quand même, voilà, c'est pas, elle a trois enfants aussi à charge, enfin voilà, c'est pas tout le monde, c'est pas que des gens, c'est pas que des milliardaires qui font les rêves, il y a des gens qui ont un rêve et qui, bah ouais, au lieu de m'acheter une belle bagnone ou autre chose, bah non, bah moi mon argent, je le mets dans l'Evraie, tu vois. Il y a tous ces préjugés parce que j'entends pas tellement de choses sur l'Evraie et je trouve que c'est dommage qu'on dénigre à tel point cette montagne et puis les Népalais parce que qu'on arrête et la pollution par nos ans. Enfin, moi, quand je suis arrivée au Col Sud, alors peut-être que c'est vrai, je suis dans le premier créneau et tout, mais il y avait, à part, ok, il y a quelques temps déchirés et quelques bouteilles, mais je veux dire, c'est pas non plus catastrophique, il y a quand même aussi des campagnes de nettoyage qui sont là et puis je veux dire il faut qu'on prenne conscience aussi à quel point c'est difficile pour le Népalais de ramener à ces hauteurs là parce que c'est une question de j'ai envie de ramener quelques bouteilles et quelques tentes déchirées mais encore une fois, même si on les ramène ça, ça choque tout le monde qu'il y ait quelques tentes, qu'il y ait trois tentes déchirées et quelques bouteilles qui crèment au colchip mais tout le monde s'en fout qu'après, qu'être m'en dit, ça soit une grosse décharge, les gens vivent dans une grosse poubelle. Enfin, je veux dire, parce qu'il n'y a rien là-bas pour recycler et tout. Mais ça, ça ne choque personne. Mais par contre, toi tente déchirer quelques bouteilles qui traînent, c'est cette hypocrisie qui m'énerve. Et par rapport à l'oxygène aussi, pareil, là au total il y a 0,3% il y a seulement 2 grimpeurs qui ont fait l'Everest avec oxygène et là c'est extrêmement difficile de faire l'Everest avec oxygène mais c'est pas pour tout le monde

Loïc avec ou sans oxygène ?

Orianne sans oxygène pardon avec aussi c'est déjà difficile moi je me confiem ça va être difficile aussi avec oxygène et quand on voit tu l'as fait avec oxygène comme si c'était simple alors déjà il faut y aller jusqu'au camp 3 sans ox, parce que le camp de foie il est situé à 7200, 7300 donc toi tu fais tout ça sans oxygène donc déjà vas-y sans oxygène non mais il faut leur dire aux gens pour qu'ils réalisent un petit peu tu vois

Loïc en fait t'as le camp de base donc c'est 5004, donc déjà pour arriver au camp de base donc t'arrives en avion généralement ou en hélico à Loukla qui est à 2008 à Loukla c'est à

Orianne 2005 ou 2004, je sais pas.

Loïc 2005. Donc après, tu vas avoir Fagding qui est à 2008, si je me souviens bien. Tu as Namshake qui est à 3004.

Orianne Ouais, à peu près. Mais après, tu as tout le trek, en fait, qui te met à l'éducation jusqu'au camp de base qui est à 5003. Donc déjà, c'est pas tout le monde qui arrive jusqu'au camp de base.

Loïc Ça te demande déjà, en gros, quoi, 5 à 7 jours pour arriver au camp de base en trek ?

Orianne Après, tu as toujours des chemins pour faire d'autres choses. Par exemple, moi, j'ai fait l'alimentation qui est infinie, tu peux toujours faire aussi d'autres variantes, agopio, etc. Mais en général, ça prend une bonne semaine pour aller jusqu'au combat. Et après, tu t'acclimates et après, tu fais la rotation. Mais tout ça, la rotation, tu n'as pas de bouteille d'oxygène. Alors peut-être qu'il y en a, qu'il arrive à tricher, on ne sait rien, peut-être, mais la très, très grande majorité des gens, ils vont au camp 3 sans OBS. Donc, il faut y aller au camp 3 qui est à 7, parce qu'il y a 3, il y a le camp de base, après tu as le camp 1 qui est à 6100 à peu près et après tu as le camp 2 qui est à 6400 et après tu as le camp 3 qui est à 7300 à peu près 7200, 7300 et donc déjà rien que pour aller jusqu'au camp 3, sans oxygène déjà c'est pas évident donc moi quand j'entends dire ah ouais t'as fait des vraies avec ox, genre ça ne compte pas déjà ils ont Puis même avec de l'ox, parce qu'après, quand tu vas au sommet de l'Evraie, c'était 8 848, 49. En fait, quand tu prends de l'oxygène, c'est comme si ça t'enlevait à peu près à 1000 mètres. Donc en fait, t'es quand même à quasiment 8000 mètres. Donc t'imagines le corps, dans quel état il se trouve ? Et puis après, il y a d'autres facteurs, il n'y a pas que ça. C'est-à-dire qu'après, moi je sais que les météoros n'étaient pas bonnes du tout. Ça, ça n'avait pas du tout ce qu'ils avaient prévu. C'est-à-dire que moi, en marchant pendant le 5 000 poches, j'ai eu la sanction finale. Du camp 3 au camp 4, il y a eu des rafales de vent à 100 km. À un moment donné, je ne pouvais plus marcher. Je m'arrêtais et j'étais comme projetée. Il fallait que je me tienne pour ne pas tomber. Alors, tu es raccrochée, tu sais que tu as la corde fixe, mais enfin quand même. Et puis, tu arrives au Colchute. Du coup, on devait grimper au Colchute. C'est à 8 000 à peu près. C'est le dernier camp. qu'en 4. Et là, bien sûr, vu la météo, on ne pouvait pas faire le sommet tout de suite. Et donc, on s'est retrouvés à passer 24 heures plus à dormir dans une petite tente à 5 parce que ce n'était pas du tout prévu qu'on reste là-bas. Donc, on a dormi à 5 dans une petite tente. On a tous entassé les uns sur les autres. Alors, ouais, on avait de l'oxygène, mais tu mets à très peu l'oxygène parce que tu sais qu'il faut en garder pour le sommet. Et moi...

Loïc Et déjà en plein dans la zone de la mort.

Orianne Oui, et moi, au retour, après, toute la descente, après, j'avais plus oxygène. J'ai fait le sommet, j'ai fait le summit push avec de l'oxygène, et au retour, après, au col sud, parce qu'on est resté, encore une fois, on est arrivé, on était tellement accusés qu'on est resté une seconde nuit après le sommet au col sud, parce qu'on était accusés. Et en fait, moi, j'avais plus oxygène de la redescente, moi j'avais plus rien donc en fait même ça veut dire que j'ai passé quand même 3 jours à prix 8000 ça fait quand même 72 heures donc en fait moi ça m'amuse quand les gens ils disent qu'ils connaissent absolument rien, qu'ils n'ont jamais été en haute altitude, ah ouais tu l'as fait avec Ops mais qu'est-ce que ça, tu comprends rien du tout en fait, ça veut rien dire tu l'as fait avec Ops, déjà ça dépend à partir d'où tu l'utilises et puis il y a tellement d'autres facteurs et d'ailleurs et puis en plus cette année c'est pire parce que c'est pour ça qu'il y a aussi très peu de gens qui ont fait sans oxygène, il n'y en a que deux. C'est quand même très... Il y a un autre qui a essayé, le hongrois, il est mort, d'ailleurs. Voilà, c'était quand même quelqu'un d'expérimenté. Alors ça aussi, quand on dit que des gens, il est expérimenté, c'est complètement faux, parce que quand tu vois le monde de mort, c'est surtout, il y a beaucoup de charpas qui sont morts cette année. Et puis, si tu as des gens expérimentés, moi, dans mon équipe, il y avait un chinois, il est mort, il avait déjà fait d'autres 8000, il était très expérimenté, il est mort. Il est mort, il a eu un oedème en haut, il a commencé à délirer, à frapper ses sherpas, à envier son masque, voilà. Et en fait, on ne se rend pas compte, ce n'est pas que, non, non, ce n'est pas des gens inexpérimentés qui meurent aussi, il y a des gens expérimentés les sherpas. Et oui, un facteur supplémentaire, c'est que cette année, il a fait particulièrement froid, et les sherpas le disent, ils n'ont jamais eu, en fait, ils ont rarement eu un Everest aussi froid, donc ça, le manque d'oxygène cruche le froid, et là, c'est là où on attrape les gelures. et là je vois bien moi quand je suis rentrée parce que j'ai dû faire un deuxième séjour à l'hôpital parce que j'ai une dégelure et je me facturais dessus mais l'hôpital était plein et ils m'ont dit ils n'ont jamais vu autant de gelures de gens qui étaient atteints de gelures parce qu'il a fait, c'est une année où il a fait, on ne sait pas on dit que c'est lié au changement climatique etc. Mais mon charpa avec qui j'étais il a fait six fois, c'est la deuxième fois qu'ils aient l'Evresse, il n'a jamais eu aussi froid, il m'a dit, j'ai jamais fait un Everest aussi quoi. Et dans l'hôpital, il y avait plein de Sherpa, ils ont jamais vu ça aussi quoi. Et donc tout ça en fait, c'est pour ça ah ouais, t'as fait l'Ebreste avec avec Ox, ça veut rien dire en fait il y a tellement d'autres facteurs et puis encore une fois l'oxygène ça ne résume pas tout quoi. Ça t'aide un peu, ouais c'est sûr que ça aide. Et puis la vérité c'est que tu montres dans l'oxygène, c'est pas donné à tout le monde et c'est la mort quoi, enfin c'est un peu de gens qui a... qui grimpe trans-aux-crits donc j'entends plein de choses et au bout d'un moment c'est assez énervant parce que les gens ne se rendent pas compte et bon voilà

Loïc globalement je pense que tout le monde a entendu parler d'expédition sur l'Ebrecht tout le monde visualise un petit peu c'est devenu quand même avec les réseaux sociaux cette fameuse photo prise par NIMS je crois il doit y avoir 150

Orianne il est dans le documentaire exactement

Loïc ah dans le tien

Orianne ouais ouais je l'ai vu après oui dans mon documentaire il a été interviewé où il parle des femmes justement et c'est très intéressant ce qu'il dit donc

Loïc ah bah trop bien bah écoute hâte de voir ça mais voilà tu vois c'est vrai qu'il y a plein d'a priori qui circulent je pense encore plus rapidement plus facilement qu'avant sur exactement ce que tu disais la pollution la surfréquentation le coût ouais voilà et donc c'est intéressant d'avoir un point de vue différent de quelqu'un pour le coup qui y est allé et qui est allé jusqu'au sommet je trouve que c'est voilà quelque part, c'est assez positif finalement de voir que ce n'est pas un tableau aussi noir que ce qu'on nous peint.

Orianne Ah non, pas du tout. Et puis, c'est pour ça que je trouve ça dommage. Mais souvent, je sais bien que mon avis dérange, etc. Et donc, je ne suis pas forcément welcome à inviter à parler de ça parce que ce n'est pas tout le monde qui est ouvert à ça.

Loïc On aime bien nous casser les codes et les dogmes, etc. sur les frappés. donc tu es la bienvenue une fois de plus ok alors tu vois tu as précisé je ne savais pas que je suis assez ignorant quand même sur le sujet je ne savais pas que jusqu'au camp 3 tu montais quasi forcément sans oxygène c'est quand même un truc de fou parce que 7300 ça fait haut sachant que on aurait peut-être dû le préciser en amont mais la façon dont ça s'organise c'est que tu as le camp de base à 5004 et déjà entre le camp de base et le camp 1 tu as ce fameux

Orianne La cascade de glace.

Loïc La cascade de glace. C'est-à-dire que si tu ne fais pas le travail d'acclimatation que tu as fait toi avant, c'est-à-dire aller à l'Ileand Peak, qui est une vallée parallèle à celle du Kumbu, de l'Everest, qui est un 6000 pour t'acclimater. Si tu ne fais pas ça, en réalité, tu dois faire de multiples allers-retours entre camp 1, tu montes au camp 1, tu redescends, camp 2, tu redescends.

Orianne Pour une fois, en fait, il n'y a pas une seule et unique stratégie. Ça dépend de chacun. Je sais que moi, en plus de ce que je faisais, il y en a aussi, alors ça ne suffit pas, mais au camp de base du coulourri, ça je l'ai fait aussi, pour t'acclimater. Moi, par exemple, j'ai fait aussi beaucoup de respiration, aussi d'exercice de respiration, justement pour essayer de favoriser la production de globules rouges. En fait, il y a plein de techniques. Après, on dit que ça ne marche pas, que ça n'a pas été prouvé scientifiquement. Je sais, par exemple, je prenais du jinkgo au viloba pour aussi favoriser tout ça parce qu'on dit qu'apparemment c'est bien des granules de coca, après je me dis je ne sais pas en effet si ça a été trouvé mais il se trouve qu'il y en a qui disent que ça fonctionne, je me dis bah pourquoi pas donc après tu sais pas moi en tout cas j'ai essayé de mettre toutes les chances de mon côté après certains mais certains, bah chacun a sa stratégie il y en a qui ont considéré que juste t'apporter une fois, juste faire une seule et unique rotation, ça suffisait, puis même sans avoir grimpé avant. Après, je ne sais pas, tu vois, il faudrait étudier toutes les stratégies, mais je sais qu'en tout cas avant, peut-être le faut moins maintenant, mais avant c'était assez commun de faire plusieurs allers-retours comme ça à travers la casse. En général, tu allais au camp 1 et tu revenais dans la même journée, tu allais, voilà, après tu allais au camp 2 et tu dormais au camp 2, puis après tu revenais à nouveau au camp de base et après tu allais au camp 3 à la fois tu faisais comme ça des allers-retours ce qui est hyper dangereux mais je pense que

Loïc tu passais entre 6 et 8 à 10 fois la cascade de glace

Orianne ouais ouais ouais forcément tu augmentes les risques les chances d'avoir un accident et donc je pense que ça se fait de moins en moins et surtout qu'en fait la saison a démarré avant moi avant que je me fasse prendre dans cette chute de CERAC dans cette avalanche de glace il y a eu 3 chapas quelques jours avant, une dizaine de jours avant, qui sont, peut-être deux semaines, qui sont morts dans la cascade de glace. Et ça, là, encore une fois, je pense que ça, quand tu sais ça, je pense que ça aussi, ça alerte, ça ramène les choses. On se dit, peut-être pas trop traîner, peut-être pas trop d'aller-retour à travers la cascade de glace. Mais je pense que les expéditions proposent de plus en plus, en fait, de faire un 6000 avant, comme le Gucci ou l'Atlampic. Moi, je ne voulais pas refaire le Gucci, je voulais faire l'Atlampic. Ou ça peut être le Merapic aussi, qui est encore un peu plus haut, qui est plus simple, mais ça se fait de plus en plus de faire un 6000 avant parce que ça te permet de t'acclimater pour éviter justement de trop passer de temps dans la cascade de glace. C'est étonnant

Loïc que justement le fait qu'il y ait la cascade de glace côté népalais c'est étonnant que l'ascension au moment où c'était encore ouvert que l'ascension côté tibétain n'ait pas été plus populaire du coup parce que moi de ce que j'avais lu et compris c'est que c'était en gros d'un point de vue technique c'est une très grosse rando à très haute altitude

Orianne en fait le côté tibétain c'est plus compliqué alors peut-être qu'il y a une question du coup aussi je connais pas les cours mais je pense que ça doit être plus cher et en fait en général c'est plus compliqué d'avoir un visa chinois pour un permis pour la région c'est vraiment plus compliqué en fait pour les agences d'organiser ce type, donc c'est pas toutes les agences déjà qui ont ça et les chinois limitent en fait, à limite dans le sens d'un moins de permis mais je parle pas de l'Everest, moins de permis enfin voilà, tout est plus contrôlé là-bas, je pense que c'est aussi pour une raison peut-être peut-être que je me trompe, peut-être plus politique je sais pas, en tout cas parce que si tu fais l'ascension côté

Loïc tibétain t'arrives où en fait à quel moment est-ce que les deux routes se rejoignent

Orianne au sommet

Loïc ah c'est vraiment sommet sommet c'est pas au col sud

Orianne je me suis posé la question s'il y avait déjà eu des grimpeurs je crois que ça s'est déjà fait il faudrait deux misas un misa népalais et un misa chinois et en fait c'est la traversée je me disais ça serait une porgade de partir je sais pas moi du côté tibétain et de redescendre par le côté népalais ou inversement en fait je me suis dit ça doit être sympa mais voilà mais après je connais pas exactement les raisons je veux pas me tromper mais il y a peut-être des raisons politiques ou il y a peut-être des limites je sais pas mais en tout cas il y a pas la cascade de glace donc ça c'est quand même un sacré avantage

Loïc alors tu parlais de l'oxygène un peu plus tôt donc le plan initial j'imagine c'était depuis le camp 4 de faire le sommet de push donc d'aller au sommet et de redescendre tout de suite au camp 3 le camp 3

Orianne c'est un camp qui était confortable donc en fait l'idée était de redescendre au camp 2 et puis si en fait t'es épuisé, t'arrives et tout et puis j'étais épuisée, mais je savais qu'en fait, dans l'idéal, j'aurais dû redescendre tout de suite au camp 2, mais après, ça voyait de bon, j'allais arriver en pleine nuit, etc. Ce qui n'a rien changé, d'ailleurs, à la chose, parce que le lendemain, comme je suis fracturée, je suis quand même arrivée, le pied, je suis quand même arrivée au camp 2, en pleine nuit, donc voilà. Mais ouais, j'étais épuisée, puis je suis restée, donc en fait, ça faisait trois jours dans la zone de la mort, donc c'est pas conseillé.

Loïc du coup ma question par rapport à ça tu vois on lit souvent que dans les récits d'expédition comme ça en fait la redescente est critique c'est à dire qu'une fois que t'es au sommet t'es pas arrivé en fait t'as fait la moitié pour redescendre et du coup tu vois d'un point de vue gestion d'oxygène à quel moment est-ce que tu t'es rendu compte que t'allais te retrouver du coup sans oxygène à quasiment 8000

Orianne non mais alors ça en fait ça tu le savais déjà c'était limite en fait j'avais déjà fait quand j'avais dit le loté j'étais j'étais crevée aussi en fait j'avais fait toute la descente sans ox en fait ça voilà je me suis fait de la descente etc mais bon je pense que je me serais probablement pas fracturée le pied si j'avais eu l'oxygène en fait là c'est possible parce que mon corps il n'était pas au dessus la limite à plus de 1000 000 c'était trop et puis mais je me suis pas rendue compte, je me suis dit je suis atteinte le sommet, je redescends le maximum mais après j'ai passé la nuit j'ai passé la nuit la deuxième nuit en fait, donc au camp au col sud sans oxygène mais là tu dors pas

Loïc non ?

Orianne ouais si j'étais complètement, j'étais ailleurs etc. Moi je pensais surtout que j'avais besoin d'autres. Je ne sais pas pourquoi on n'a pas eu d'autres mais en fait il y a des trucs tout ça que je me posais en fait tu n'as plus trop de force donc en fait tu étais là, tu n'as plus de force de te battre en fait. Je ne sais pas comment dire d'aller détactiver, de chercher un truc, de comprendre pourquoi tu es un peu dans un état second et après il a fallu le matin redescendre je me rappelle j'étais très fatiguée et c'est là mais par rapport à la redescente c'est vraiment atteindre le sommet parce qu'on me demande souvent comment le sommet etc ben non je peux te le dire d'ailleurs j'étais très heureuse d'arriver au sommet moi c'était hyper froid moi je me suis en train d'être hyper froid quand même donc tu ne traînes pas déjà t'as froid et puis et puis je me dis juste en plus en haut t'as 3 fois moins d'oxygène alors même si t'es à masse c'est comme si t'étais à 8000 encore une fois ça revient et puis surtout tu sais qu'il y a toute la redescente à faire donc tu sais que t'es pas un droit tu penses déjà à ça en fait tu grimpes ok t'es content mais c'est tellement inhospitalier qu'en mieux déjà t'as pas envie de traîner et puis c'est très bien que t'as encore toute la redescente tu vois à faire et donc tu penses déjà à ça quand t'arrives au sommet quoi et même au-delà de l'oxygène en fait tu te dis le moins de petits pépins le moins de trucs et voilà donc moi c'est vrai que ça a toujours été un peu aussi la redescente, de toute façon moi ça m'avait fait pareil pour le lot, tu sais encore que j'étais pas arrivée en bas au camp de base, Stath et tout pour moi le sommet, c'est pas fini il peut arriver tellement de choses d'ailleurs là la redescente entre le camp 3 et le camp 4, j'étais à un moment donné il y a un passage, c'est comme la yellow band la bande jaune j'étais tellement fatiguée puis à un moment donné, il y avait une corde là je me tenais une petite corde et puis il y avait un petit mur et puis à mon dos j'ai lâché la corde et je pensais que j'allais pouvoir me retomber sur mes pieds enfin voilà normal quoi et tout puis en fait c'est là où le pied en fait je suis tombée et puis le pied je n'ai pas pu me récupérer et là je me suis fait très mal et ils savaient qu'ils avaient cassé quelque chose pourtant je ne me suis jamais rien cassé en fait si petite j'ai un peu l'avant-bras droit mais c'est tout en fait je ne me suis jamais rien cassé et là je savais que j'avais un truc et ça n'a pas doupé et après il a fallu que je redescende avec ma fracture comme il n'y a pas de secours en haut donc j'avais déjà la majorure qui avait commencé et là il a fallu faire toute la descente il est fait en chialant jusqu'au camp 2 de la nuit où je suis arrivée en pleine nuit parce que j'en ai tellement lentement à cause du pied mais encore une fois de toute façon tu n'as pas le choix t'as pas le choix pareil tu vois en fait c'est des petites choses comme ça qui est encore normal sur un odin tu vois ok tu te fais mal au pied mais là en fait t'as tout qui prend des proportions imaginables parce que c'est et donc il a fallu je suis arrivée au cordon en pleine nuit et là quand j'ai vu le pied il était bleu quoi l'endroit où je m'étais fait mal c'était bleu et puis il avait déjà des gros enclos et des déjeuners mais voilà la redescente c'est pas du tout la c'est pas la fin quoi en fait c'est pas c'est pas en atteignant le sommet qu'on se dit ah ça y est c'est fou quoi surtout quand tu sais que t'as le non parce qu'en fait on a tout donné on est épuisé quoi on a tout donné pour aller au sommet quoi et on a absolument tout donné quoi donc on arrive on arrive en haut bon on est encore à défendre quoi et la cascade de glace ouais et la cascade de glace mais là j'ai une j'ai eu la chance mais dans mon malheur entre guillemets, c'est que quand ils ont vu mon pied, ils ont vu mon pied et mes gelures, ils se sont dit « tu peux pas redescendre », mais ils se sont dit « voilà, bon ben, en fait, c'est le mec que je suis pour la deuxième fois, hein ». Mais bon, c'était pas ce que j'avais prévu, mais il y a une partie de moi qui était… une partie de moi qui était… alors, bon, j'avais les gelures quand même, donc je n'étais pas et extrêmement je me suis dit bon voilà, c'était pas terrible quand même et puis il y avait le pied qui me faisait hyper mal et puis c'est vrai que comme j'avais enlevé la chaussure je me disais dans tous les cas comment je vais faire pour la remettre parce que j'avais tellement mal ah oui il aurait fallu la remettre la chaussure c'est des groupes chaussures qui sont hyper rigides et je me suis dit et quand ils m'ont dit on va être évacués j'ai mis quand même une sorte de soulagement et puis aussi parce que je n'avais pas traversé la caca de glace. Parce que voilà, j'ai dit jusqu'à la fin. Jusqu'à la fin, il peut y avoir un truc, quoi. Et là, je me suis retrouvée avec une Indienne. Alors elle, elle a été sacrément amochée. Elle avait tous les doigts bleus. Et puis là, en hélico, tu n'as même pas de siège. On te met là, tu n'as même pas de place. Là, tu ne peux même pas prendre tes affaires. on se met comme ça direct le matin à 6h tu t'assois un porteur dans les micro mais c'est vrai que ça aurait été encore une fois si il n'y avait pas eu ça si tu n'as pas resté à 1004 tu descends et tant pis si tu pleures, si t'as mal mais tant pis si t'as prêt les louzilliers ou t'as plus de gelure mais de toute façon t'as pas le choix donc la chance je trouvais que j'avais le choix. Voilà.

Loïc Si je me projette, je pense que quand tu n'as pas vécu une expédition comme ça, tu ne peux pas vraiment réaliser en termes d'émotion ce que ça fait, mais si je me projette arriver au sommet en me disant il faut que je redescende, il y a la cascade de glace, je sais que je vais être short en oxygène, je suis épuisé, j'ai tout donné, je trouve ça assez déjà fou que tu arrives à apprécier l'instant au sommet, plutôt que d'être tout de suite rongé par la peur, en te disant qu'est-ce que je fais là, pourquoi je suis monté là, il faut faire tout le retour.

Orianne Alors le sommet, en fait moi, comme je me rappelle du sommet, déjà, il y a toute la montée, etc. Puis finalement, tu arrives à un endroit, je te dis, il y avait deux personnes, il y avait un chinois avec sa banderole, etc. En fait, je suis arrivée, il y avait quoi, c'était bizarre quelque chose, bizarre, il y avait quasiment personne, en fait, et en fait, t'as du mal à y croire que t'es au sommet. Je sais pas comme si, comme t'es dans un état second, mais c'est là, c'est là, t'as du mal, c'est ça, c'est le sommet, quoi. Tu vois les drapeaux et tout, et t'as presque du mal à y croire, en fait, que t'es sur le toit du monde, quoi, en fait. C'est après, si tu veux, et que j'ai plus pris conscience, et puis en fait, j'avoue qu'ils étaient, encore une fois, ils étaient tellement froids, je crois qu'ils étaient ou moins 40, un truc comme ça, quoi.

Loïc Plus le vent.

Orianne Et ouais, en fait, t'as eu qu'à froid, et tu te dis, bon, en fait, t'as pas envie de t'éterniser, là, et tu te dis, puis encore une fois, tu penses à la descente. Mais moi, je sais qu'il y a un moment, même si après, tu oublies qu'est-ce que... Alors, on descendait tout. À un moment donné, mon charpin a sorti la Gokko. Bon, je vois qu'il y avait un Gokko comme ça. Il nous a filmé, et je vois quand j'ai revu après la vidéo et que j'enlève comme ça mon masque, comme ça et je vois dans le sourire que c'est pas, c'est un très sourire en fait j'ai essayé intérieurement parce que je me reconnais je sais qu'on fait un truc qui me fait un sourire mais profond quoi, c'est c'est un bonheur intense en fait et je le vois tout de suite dans mon sourire en fait, c'est pas un sourire habituel C'est une grande fierté aussi de moi et une reconnaissance pour la vie. C'est tout ça qui est mêlé. Je le vois tout à fait. Je regarde mon chère pas comme ça. Je me sauf comme ça. En plus, j'ai un peu de neige, de froid partout. Mais je suis heureuse. Je suis profondément heureuse. Ce n'est pas superficiel. Ce n'est pas un faux sourire. C'est heureuse d'être en vie et reconnaissante à nouveau. Et puis ce qu'il faut savoir, c'est pour moi, la Nébrecht, c'est pour ça que c'est important pour moi d'y aller. Que ce n'est pas juste une montagne, ce n'est pas juste le toit du monde. Pour moi, c'est une symbolique beaucoup plus forte en fait. C'est pour les locaux d'ailleurs, c'est la déesse mère du monde. et ils font des cérémonies, des pujas, donc ils font des offrandes, parce que c'est une déesse vivante, c'est la déesse mère du linge, donc pour être protégée, c'est pour ça qu'ils font des cérémonies. Voilà, donc personne, d'ailleurs, ne va grimper, aucun des pujas ne va aller grimper sans avoir fait une cérémonie pour expédition, pour que leur passage soit béni. Et moi, j'avais fait d'ailleurs ma cérémonie pendant le trek dans le plus vieux monastère de la région de l'Everest, de la région du Kumbu. J'avais fait ma propre Koudja, j'avais revu le même lama que j'avais vu il y a 4 ans pour le loter d'ailleurs, de rappeler de moi, etc. Mais pour moi, ce que je veux dire par là, c'est que l'Everest, ce n'est pas juste un tas de roches, c'est vraiment comme un être vivant, c'est comme c'est la déesse mère, mais sous la forme d'une montagne. Et en fait, c'est très bien mon histoire pour se conduire mon émoire à l'histoire. et je l'ai eue en fait à côté de la tombe d'une femme d'une sainte indienne, donc Manandamahi dont j'ai parlé tout à l'heure et qui était considérée par les indiens, par des millions d'indiens, surtout hindous, hein, bien sûr, il y en a un doudou à la base, comme un avat, ils appellent ça un avatar, c'est comme un... en fait c'est le terme qu'il utilisait pour décrire en fait, ça signifie puis il y avait un peu de l'incarnation de la divinité sur Terre. C'est l'incarnation de Dieu. C'est comme si, en fait, tu avais Dieu qui s'incarnait dans un corps. Et eux, ils ont ça dans l'hindouisme. Voilà. C'est que Dieu peut prendre des... Voilà, il est vivant. Et en fait, c'est comme si tout d'un coup, à travers Manandamai, c'est comme si tu avais la Vierge Marie qui s'incarnait dans un corps. Tu vois ? Donc, c'est un peu ça. Et moi, j'ai toujours été très attirée par cette sainte que je n'ai pas connue. Alors, je parle de sainte, mais ça n'a pas du tout la même connotation, la même signification en Occident, enfin, en catholique, que chez eux. Enfin, c'est pour simplifier, on va dire. Mais cette femme, j'ai toujours beaucoup, voilà, un attrait pour cette femme et pour son enseignement, etc. Et qu'elle me dégage, même si je n'ai jamais connu de son vivant. Et donc, j'ai eu, qui était considérée comme une déesse, une déesse par les Indos, une déesse vivante, en fait. Elle était vénérée aussi en tant que telle, comme une déesse, voilà, vivante. Et donc, il y a tout ce lien par rapport à la mer, et pour moi, grimper l'Everest, c'est vraiment une sorte de... Ouais, c'est pour rendre hommage quelque part aussi à la mer, en fait, c'est ça. Et donc, quand je dis la vie, la reconnaissance, pour moi, tout ça était lié, en fait. Et donc, c'était vraiment quelque chose de très profond, et c'est pour ça aussi que je pense que je suis retournée, parce qu'il y avait vraiment ce désir au fond de moi, et que ce n'était pas superficiel, c'est pas, ouais je suis au sommet du monde, sur le toit du monde je veux prendre photo et toc voilà, puis après je peux en parler de ça comme ça, tu sais, il y a vraiment cette démarche en fait intérieure qui est très liée en fait à mon accident que j'avais lu en Inde et c'est pour ça d'ailleurs que j'ai appelé mon livre Sous l'œil de la déesse le livre que j'ai édité il relate mon ascension lotée parce que quand je me retrouve au sommet du loté en fait, j'ai les lettres face à moi, et donc c'est comme dans l'hindouisme, ils appellent ça le darshan. En fait, c'est la vision. C'est la vision de la divinité. En fait, c'est comme si, donc c'est là, je suis en face de la mer, en fait. Et c'est comme si petit à petit, je me rapproche de la vision. Je me rapproche petit à petit de mon but ultime, en fait. Et voilà. Je suis sous l'œil de la déesse parce que, bah oui, il y a une forme de protection qui est là, parce que je suis en face de l'Evraise, de la mer, et voilà. Donc c'est un peu... Tu parles de tonnerre du fil conducteur. Voilà, le fil conducteur, c'est la mer. Et ouais, c'est la mer, quoi. Là, tu dures la mer et la vie, tout simplement, quoi.

Loïc C'est des pensées que tu as eues, ça, au sommet ? Une fois que tu vois le moment où tu as expliqué, où tu disais, mais est-ce que j'y suis vraiment ? Il fait froid, on redescend. Est-ce que tu as repensé, tu vois ?

Orianne Non, pour nous dire la vérité, sur le moment, en fait c'était inconscient en fait j'avais tellement froid j'ai tellement froid je me suis dit donc en fait ça a duré une micro seconde quoi en fait non parce que j'avais une photo de ma et je voulais la déposer au sommet et après je me suis dit bon enfin de ma landamai je voulais la mettre ma landamai mais par rapport à la mer c'était symbolique, c'était tout lié c'était une forme en garde et puis je me suis dit bon bon c'est pas grave c'est là c'est à l'intérieur j'ai pas besoin de la sortir je me suis dit ça c'est à vous la vérité ils comprendront ils comprendront c'est genre ça va j'ai pas besoin d'enlever les gants

Loïc d'ouvrir la combi

Orianne elle est là je l'ai emmenée la photo je l'ai emmenée jusqu'au soir je lui ai dit c'est pas grave si je la déteste fort on m'excusera on prendra le fond en considération et mon état global parce que t'es resté

Loïc combien de temps au sommet du coup ?

Orianne pas beaucoup de temps j'en sais rien peut-être 5 minutes mais grand max 10 minutes je pense que ça a fait pareil au loté c'était pas le loté alors là en plus l'accueil au loté était particulièrement était un peu spéciale parce qu'en fait, et ça, c'était bien gardé de me le dire, c'est... Alors, il y avait moins de monde à l'époque, il n'y avait quasiment pas tellement de gens qui étaient un peu en l'autre côté, donc voilà, moi, je n'ai personne, en fait, quasiment, voilà. Et ce qu'on ne m'avait pas dit, c'est qu'en arrivant au sommet, à quelques mètres de bas, tu as un cadavre qui est là, et qui est là depuis... Alors, à l'époque, il y était là depuis 7 ans, donc maintenant, ça fait le ventre. ça fait 11 ans parce qu'ils n'ont pas bougé depuis parce que c'est tellement compliqué d'emlever un cadavre ça demanderait une expédition et puis là il est complètement cru dans la glace et puis peut-être que c'était son souhait aussi il nous souhaite ça permis de le laisser en haut et je pense que voilà mais c'est un peu spécial donc en fait t'as quand même encore une fois t'as la mort qui est omniprésente et surtout quand t'arrives au sommet tu es obligé de frôler ce cadavre je l'écris beaucoup j'ai tout un passage là-dessus dans mon livre, t'es obligé de prendre le cadavre pour grimper au sommet. Et quelque part, là, t'as la mort en face. Pareil, t'as la mort en face et quelque part, le cadavre, en plus, il est quasiment vivant parce qu'avec le froid, il est tellement intact. C'est très étrange de ne pas le regarder. Finalement, tu ne peux pas le regarder. C'est spécial. Et puis, c'est un miroir. en fait, c'est finalement c'est toi que tu vois, parce que on est tous, on n'est pas éternel encore une fois, donc on va tous finir comme lui, et peut-être pas je ne veux pas geler à 8000, mais en tout cas, je ne le perds pas, mais voilà, c'est aussi notre mort on la voit en face, donc t'es un peu perturbé quand t'arrives au sommet plus le froid, etc moi, il y a 4 ans, quand j'étais bautée, il y avait une tempête, au moins avec tes primaires une tempête au retour, encore une fois ça ne s'était pas prévu, donc tu voyais arriver les nuages en fait c'est pas le genre d'endroit où t'as envie de traîner quoi et pareil sauver des vrais on est pas resté longtemps mais vraiment hyper froid quoi et puis moi en fait je pensais c'était le ressaut il arrive à passer je savais qu'en fait les gens commençaient à y monter je voulais pas je voulais essayer je voulais passer ce ressaut en fait je voulais pas traîner quoi le ressaut il arrive parce que là par contre bah là c'est normal que des fois bah En 2019, c'est sûr, c'était quand même particulièrement dense. Mais là, tu as un peu de monde, mais il y a moyen de doubler, de passer, etc. Mais encore une fois, ce n'est pas bon de traîner en haut. Ce n'est pas bon de traîner en haut. Et donc, intérieurement, je me suis dit, si je ne dépose pas la photo, etc., je venais avec moi. C'est un bon X et mon hommage, mon offrande. C'est en venant en haut. en étant là, en étant présente en haut. Mais la redescente est quand même compliquée parce que tu as tu l'énergie.

Loïc Tu as évoqué plusieurs fois que tu l'évoques, le rapport à la mort, la notion de la mort. C'est une question que je pose systématiquement aux invités que j'ai eus qui sont allés sur l'Everest. Encore une fois, je me suis arrêté au camp de base, mais déjà sur le trek. J'ai fait le trek des trois cols, donc je passais presque 4 semaines dans le coin et ça m'avait vraiment marqué peut-être pas omniprésence j'exagère mais on était juste sur un trek, on n'était pas en train de faire une ascension il y a eu 3 morts en 3 semaines il y a des endroits où on passait on nous disait là tu vois ça s'appelle je crois que j'en ai déjà parlé sur un épisode ça s'appelle le sentier des français parce qu'il y a eu un éboulement il y a quelques années il y avait un groupe de français qui était là ils sont tous morts ça c'est un cairne en hommage à une cordée polonaises, ils sont tous morts telle année. Et tu vois, quand tu vois les récits pareils de l'Everest, comme l'autre sait, il y a des cadavres à certains endroits parce que c'est tellement haut qu'on ne peut juste pas les ramener. Comment, est-ce que tu as le sentiment, et j'avais posé la question à Hélène Drouin qui a fait l'Everest aussi, qui est française, et qu'elle, elle m'avait dit, en fait, je pense que c'est juste elle travaille en...

Orianne Elle est infirmière, c'est ça ?

Loïc Alors, elle est docteure, elle est... médecins si je dis pas de bêtises et elle est encore en formation si j'ai pas de mémoire et donc elle allait expliquer qu'elle travaille dans un environnement hospitalier où finalement elle côtoie la mort donc pour elle ça l'avait pas vraiment marqué parce que c'est juste que peut-être que nous dans nos vies bien confortables tu vois en France on se rend pas compte qu'en fait il y a des accidents mortels il y en a tous les jours des gens qui meurent il y en a tous les jours et donc pour elle ça l'avait pas vraiment marqué mais toi je te pose alors deux questions du coup en une est-ce que un toi t'as eu le sentiment que bah effectivement c'est quand même un environnement dans lequel la mort est plus visible plus présente et la deuxième question c'est par rapport à la notion justement de mort quelle serait la différence pour toi entre la vision qu'en ont les Népalais ou en tout cas la vision qu'il y a globalement en Asie du Sud-Est par rapport à celle que nous on a en Occident

Orianne d'accord par rapport à l'omniprésence de la mort c'est vrai qu'on construit ce type d'expédition on est déjà un peu alerte, même si personne n'en parle bizarrement, c'est ça qui est assez bizarre, tout le monde fait comme si en fait ça ne pouvait pas arriver on évite de parler de ça c'est vrai que la mort elle est déjà présente même quand tu fais le trek par exemple tu parles juste du trek, tu as le col de Douglas donc c'est à 4000 de quelque chose, voilà et là tu as tous tes kermes en fait des alpinistes, des hymnalanistes célèbres qui font les céder soit sur les portes de l'Evraël, soit les tomber autour. Et tu te dis déjà, t'as ça, voilà, c'est un rappel, tu vois, alors t'as même pas atteint le camp de base, et t'as déjà en fait tous tes alpinistes très célèbres qui sont morts. T'as Scott Fischer, justement, ça tombe, c'est juste ton terme, enfin voilà, ça... Et donc tu te dis, bon, ok, c'est vrai, donc c'est déjà, tu vois, tu penses à tout ça, et après c'est vrai bon bah t'as bon après moi j'ai eu l'accident dans la cascade de glace moi c'était direct mais même quand j'ai fait l'OT je me rappelle bah oui peut-être t'avais une omniprésence de la mort alors moi j'ai eu une équipe catastrophique quand j'ai fait l'OT c'est-à-dire que il y a eu plein d'accidents je pense qu'il y en a plein qui auraient pu mourir il y a un brésilien avec son vide il est tombé dans une croix il a fait une chute de 25 mètres dans un endroit qui était relativement c'est sûr dans le sens où tu pouvais enlever tes crampons tu pouvais t'étacher de la corde etc il a fait une chute de 25 mètres il est sorti indemne j'ai eu un mort aussi dans mon équipe un oedème etc il y a eu plein de soucis puis t'as ce cadavre au sommet aussi qui te rappelle tout ça et puis même il y avait déjà un autre cadavre au camp 4 du loté qui était là un gars qui était sans oxygène justement qui était redescendu et puis il s'était allongé dans sa tente, puis il était mort d'épuisement, simplement. Voilà. Et donc, la mort, elle est permanente, en fait, dans ce type d'environnement. Et là, je l'ai revue à nouveau en faisant l'ascension de l'Everest. Tu vois, moi, je te dis, moi, ça a été radical dès le départ. On le sera que, bon, ben voilà, welcome, bienvenue, quoi. T'es sûre, là, tu veux continuer et tout ? Mais alors, bizarrement, je n'ai pas... Il y en a qui ont vu des cadavres le long, en grimpant au sommet. Et moi, alors c'est vrai que j'ai marché de nuit, je suis arrivé au sommet, le soleil se levait, etc. Mais je pense que je n'ai pas voulu voir des cadavres, parce qu'on va en voir certains. Et je n'en ai vu aucun.

Loïc Parce que tu as le fameux Yellow Boots, non ? Qui est vraiment sur le...

Orianne Lui, il est du côté tibétain. Ah d'accord. Et j'ai pas voulu, je pense que j'ai pas voulu les voir. Je n'ai pas voulu, parce que pourquoi les autres l'auraient vu et pas moi quoi donc je pense que j'ai pas voulu voir et je voulais pas être là dedans et puis voilà et peut-être parce que j'ai eu cet accident sur la cascade de glace je voulais pas je voulais pas voir ça quoi mais donc ouais la mort elle est omniprésente et puis les Sherpas tu vois même dans le monde des Sherpas quand ils me demandaient là il y a eu trois Sherpas qui sont morts en installant les échelles, etc. sur la cascade de glace, dans les Sherpas, ils savent très bien. C'est constant, en fait. Alors après, c'est vrai qu'ils ont une autre vision de la mort que la nôtre. Eux, c'est quand même des bouddhistes. Et donc, ils n'ont pas forcément la même vision de la mort. Et puis en plus, moi, j'avais un Sherpa qui était un peu son père et l'ama. Donc en fait, ils faisaient des tricards aussi. Il a un frère qui est moine. Du coup, il a fait des prières, surtout après l'accident. On était quelque part... Il y faisait ses prières. Mais ils n'ont pas la même vision de la mort. Je ne pense pas qu'ils ne voient pas la mort comme une femme. Je pense que c'est aussi ma vision. Enfin, je crois qu'elle est ma vision. Mais ils ne voient pas la mort comme une femme. Il y a l'idée de réincarnation qui est là-bas. Mais c'est aussi un peu mélangé. Il y a un mélange de fatalisme aussi. En gros, si ça doit m'arriver, c'est comme ça. Il y a ça aussi. Si ça devait lui arriver, c'était son heure. Je ne sais pas. Il y a ça aussi qui est assez présent. Tu dirais que ça... Ils sont comme nous. Ils ne veulent pas mourir. Même s'il n'y a pas... Il se fait un carnet ou peu importe, même s'ils ne voient pas la mort comme une fin. Mais pour autant, personne ne veut mourir. Et puis quand un de leurs camarades meurt, ils sont très attristés. Et voilà, ils sont choqués. Ça n'empêche qu'il y a aussi du chagrin. Mais ils n'ont pas totalement la même approche de la mort que la nôtre. Et puis en plus, ces Sherpas, ils vivent constamment dans cet environnement. La mort, c'est leur quotidien. Moi, je me rappelle le Sherpa que j'avais eu pour le loté. Quand on était dans la tente au camp 4, donc c'était avant le sommet de gauche, avant l'ascension finale pour atteindre le sommet du loté. Et je me rappelle, il y avait le réchauffe, il n'arrivait pas à le faire marcher. Et donc, il le met dans tous les sens, etc. pendant 20 minutes il a essayé absolument de me faire marcher et puis tout d'un coup ça a tellement bien marché que ça a commencé à flamber partout parce qu'en fait le devant de la tente a commencé à flamber avec nous devant, enfin nous là et même pas sortir de l'autre côté et là je me suis dit ça y est je vais crever à 8000 mètres quasiment 8000 dans le feu dans le feu et en fait heureusement parce qu'il n'y a pas assez d'oxygène quand on a commencé à faire du mouvement je sais même pas ce qu'on a fait en fait mais le feu a fini par s'éteindre et je pense que c'est parce qu'il n'y a pas assez d'opinion mais après il était je me rappelle de son date de sa réaction c'est qu'après il faisait comme si de rien n'était et puis c'était rien en fait et puis je sais pas en plus il a recommencé à utiliser le riche je me disais non non, tu l'utilises dehors, tu vas pas refaire dans la même chose dans la tente et tout quoi. Et en fait moi j'étais complètement, j'étais pas bien quoi, je me disais mais qu'est-ce qu'il se passe quoi, en plus je commençais là, par contre je commençais à me dire ça c'est peut-être pas bon parce qu'il y avait beaucoup d'art dans un rang, et peut-être pas que je continue quoi, je commençais à me dire là c'est bon quoi, maintenant le feu dans ma tente est quasiment à 1000 mm, ça va aller quoi, et Et en fait, c'est vrai qu'ils n'ont pas la même vision que nous. Mais ça n'empêche, tu vois, il y a quatre ans, il y a un des chars-fâmes qui est mort. Ils étaient tous attristés. Mais lui, il est mort. Bon, lui, il connaissait un petit peu ses limites. Puis c'était un chars-fâme qui avait des problèmes d'altitude. Donc au-dessus de cette ville, il n'était pas bien. Mais il voulait absolument qu'on s'en fasse comme tous ses camarades, dégrimper les brests. Il voulait trouver ses amis, sa famille, etc. que lui aussi était capable parce que c'est aussi pour eux c'est quelque chose quand elle est vraie c'est la garantie aussi d'un salaire à la vie voilà c'est un peu ça et puis il a fini par en mourir mais ils sont tous attestés mais bon ils ont quand même une autre vision de la mort et moi c'est un peu entre les deux je suis très attachée à la vie mais la mort peut-être pour avoir eu mon hémorragie cérébrale peut-être parce que je suis intéressée qu'il y a d'autres visions, d'autres philosophies, d'autres religions. C'est vrai que je n'ai pas forcément... Je suis croyante aussi. Pour moi, la mort, c'est plus un passage. C'est plus un changement d'état. Ce qui ne veut pas dire, encore une fois, que je n'ai pas peur de la mort et que j'aime la vie et j'aime c'est plus un changement d'état et j'aime bien justement Mananda Mahi donc la sainte dont je parlais tout à l'heure elle disait forcément elle parle de la mort dans ses enseignements grand maître qu'on parle la mort c'est changer de vêtements et c'est un petit peu ça tu changes de vêtements tu passes à un état autre. Et puis, je me pose toujours la question aussi, et ça, ça va jouer aussi de l'enseignement de grands maîtres en Inde, je ne sais pas, par exemple, Baravana Maharishi, pour ceux qui nous écoutent et qui ont son intérêt, c'est pas ça, voilà. C'est toujours la question, qui suis-je, en fait ? Je pose la question, qui je suis, en fait ? Et pour moi, on n'est pas limité qu'à ce corps, qu'à cet égo. On est au-delà de tout ça. Et je pense que finalement, on vit dans ce monde de dualité. Mais je pense qu'au final, tout est connecté encore une fois. Alors on en revient justement au fait qu'il n'y a pas de séparation, etc. Et qu'on est tous A finalement. C'est la même énergie. je pense qu'on a tendance à séparer les choses et je pense qu'en fait, non, on est éternel, c'est le 1 qui est là. Je vois plus que des choses comme ça. Après, c'est difficile d'en prendre conscience justement quand on vit dans ce moment de dualité, etc. Et encore une fois, moi, je suis dans ce corps et je suis très bien. Voilà, c'est pas toujours un patine parce que, voilà, t'es un peu douloureux parfois. Mais je pense que, oui, qu'au final, on est un et qu'il n'y a pas de séparation. Et donc, pour moi, la mort, c'est un changement d'état. Après, je te dis encore une fois, ça n'empêche pas que j'ai peur. Là, encore une fois, les serra qui sont tombés, c'est plus que de la peur tu sais que là c'est le moment qui arrive tu n'avais pas le temps de réaliser quand j'étais en hôpital à 25 ans je n'étais pas prête à mourir j'avais un ami indien qui est venu après qui a un ami médecin et comme je pensais que j'étais persuadée que j'allais mourir quand j'avais 25 ans je lui ai dit je lui dis prépare moi parle moi de la mort parce qu'en fait il n'y avait rien vous pouvez me dire le contraire j'étais persuadée que j'allais mourir parce que j'étais trop fiévreux je venais voir la lumière et en fait je sentais que j'allais quitter ce corps je sentais je lui dis je vais repartir et je lui dis à un moment donné parle moi de la mort et donc il me dit non mais tu ne vas pas mourir je lui dis mais si je vais partir parle moi de la mort et donc il commence à me parler de la mort et je me rappelle ce moment à l'hôpital où je me demande de me parler, de me préparer à partir. Mais parce qu'on n'est pas prêt. En fait, on n'est pas prêt à partir. C'est à d'où l'enseignement des grands maîtres et tout, parce qu'en fait, finalement, la vie, c'est une préparation à ce moment-là. Mais non, on n'est pas prêt. Et dans le bouddhisme, oui, ils ont tout ça, toutes ces étapes, quand quelqu'un meurt avec le bar d'autodone, et puis ils disent des textes sacrés. C'est tout un processus après même pour aider. Je ne vais pas parler de ça, ce n'est pas le moment de parler. Mais à la mort, ce n'est pas fini. Il y a un cheminement de l'âme. J'appelle ça l'âme. Il nous aide la personne qui vient de mourir à cheminer vers d'autres états. Et notamment pour se libérer des vies passées. Parce que le but, c'est se libérer des vies passées. voilà donc ils n'ont pas une tour ils n'ont pas la même

Loïc passionnant comme sujet écoute merci pour ces explications

Orianne je ne sais pas si c'était la discussion que tu voulais avoir

Loïc c'est quand même pas tous les jours qu'on a une spécialiste des religions avec la connaissance en plus du bouddhisme

Orianne c'est vrai qu'on essaie de simplifier par exemple je te dis là je fais plein d'erreurs mais j'ai fait des erreurs aussi consciemment parce que j'essaie de vulgariser un peu la chose je dis qu'encore une fois quand je parle de sainteté c'est pas du tout nous nos concepts occidentaux de sainteté ou d'autres choses j'essaie de sainteté aussi

Loïc c'était clair en tout cas merci

Orianne par rapport à la mort oui c'est toujours s'interroger qui je suis c'est quoi finalement qui suis-je quoi et c'est quoi ma vraie nature est-ce que c'est juste ce corps c'est quoi c'est vraiment s'interroger pour résumer

Loïc en introduction on a évoqué le post expédition la phase dans laquelle tu es là tout de suite le retour ça se passe comment est-ce que c'est un atterrissage progressif en termes d'émotion même de capacité à rester dans le présent etc est-ce que ça se fait progressivement est-ce que c'est assez brutal t'es rapidement de retour à Katmandou, puis en France, puis dans ta vie de tous les jours. Comment ça s'est fait pour toi ?

Orianne Moi, finalement, ce n'était pas si brusque que ça parce que je retournais dans un lieu que je connaissais à l'hôpital et ils me connaissaient bien. Dans mon mariage, je connaissais déjà toutes les infirmières. J'avais les docteurs qui me disaient, ça va bien. Du coup, ils ont vu me vérifier mon visage aussi, là où j'avais été frappée par le CFA. comment ça, voilà. Donc finalement, ça a été plutôt, entre guillemets, en douceur par rapport à ça, dans le sens, c'est un environnement que je connaissais déjà. Et puis après, j'ai été rapatriée, je suis restée quelques jours après l'hôpital, à l'hôtel et tout. Et puis, j'ai mon ami qui est venu aussi me chercher. Puis après, j'ai été rapatriée, parce qu'à ce moment-là, j'avais des bandages aux deux mains, des gros bandages pour mes gelures plus la fracture, vous savez que je marche avec des béquilles en fait je ne pouvais rien faire donc j'ai été rapatillée et puis là en fait ça a été deux semaines où je pouvais à peine bouger et puis là je me suis en fait tout de suite occupée des rendez-vous médicaux de tout ça et puis là en fait ça dure et puis je me rends compte qu'en fait il n'y a plus la même chose ça prend du temps il faut être patient et il y a une partie de moi qui est un peu nostalgique je suis content d'être rentrée et puis à la fois le retour à la réalité je suis très heureux d'être rentrée et puis en plus en ayant atteint mon sommet en étant sauvé parce que je dirais même les blessures c'est secondaire mais ouais une forme de nostalgie quand même mais des fois, je revois les images, je revois le sommet, je suis encore en haut, en fait. C'est comme s'il y avait une partie de moi qui ne voulait pas redescendre, en fait. Donc, le monde. Et ouais, puis je suis encore, quand j'y repense, c'est, ouais, il y a quelque chose qui est là-haut, que j'ai laissé en haut et qui est toujours là, en fait. et c'est beau d'ailleurs parce que ça ne m'a pas fait du tout ça quand je suis rentrée du loté et là non, et donc j'y repense avec une forme de nostalgie

Loïc physiquement, est-ce que la fatigue s'installe une fois que la pression se relâche un petit peu ?

Orianne là j'ai été épuisée depuis que je suis rentrée j'ai atteint le sommet, c'était le 17 mai donc j'étais à l'hôpital le 19 on vous voit à l'hôpital et puis après j'ai été rapatriée c'était le 30 juin c'est ça, le 30 mai pardon et donc voilà, donc ici la période en fait, bah ici j'étais énorme fatigue en fait mais ça, ça m'avait fait ça pour l'OT donc je savais énorme fatigue je commence à récupérer et tout mais tu sais pas, t'es fatiguée t'es tout le temps fatiguée l'éthagie d'apathie mais en fait comme au départ je ne pouvais pas bouger dans tous les cas en fait avec mon pied mes gelures etc je ne pouvais rien faire donc dans tous les cas mais tu te sens sans énergie quoi t'es fatigué tout le temps t'es fatigué constamment mais là ça commence à aller mieux et puis maintenant je peux remarcher un peu à nouveau et voilà et puis c'est sûr que c'est un essai physique et tout, quand c'est vrai que l'on doit bon il y en a un il a complètement guéri mais il y en a un autre là cet après-midi j'ai à nouveau rendez-vous à l'hôpital de Salange hier c'était scanner à la clinique d'Argoné un petit scanner de la face il faut joindre un stomatologue ma fracture c'est pas guéri j'ai vu un orthopédiste qui m'a dit voilà qu'en fait, il fallait que je fasse une IRM parce qu'en fait, il y a des autres problèmes. Il y a des examens qui n'ont pas été faits et en fait, on se rend compte que le problème n'a pas été résolu. Tout ça va prendre du temps. Et donc, même moi revenir marcher, faire des choses toutes simples, là, je pourrais profiter de l'été. Je me dis, tiens, je vais à la piscine, je vais me baigner dans le lac ou peu importe ça, je ne peux pas. Il fallait aller à la mer avec mon bois. Pour l'instant, vu qu'est-ce que là, ça prend beaucoup de temps. guérir. Et puis, je ne peux pas marcher, même faire des petites marches, même en montagne. En fait, il y a une espèce de frustration parce que là, c'est un peu le retour. Je te dirais. Mais c'est normal. Il y a tout un processus. Voilà, mais après, ça va revenir à la normale. Les conférences vont reprendre. Il y a le film documentaire qui sort. si à la fin de l'année. Donc, il y a des choses très stimulantes et très enthousiasmantes. Mais c'est vrai qu'il y a des fois, sans te cacher, il y a des moments où je me suis mise à pleurer sans aucune raison. En fait, c'est le fait de... Surtout quand tu ne peux rien faire avec ton doigt, avec ton pied, qu'en fait, tu es incapable et qu'alors que tu viens de grimper le sommet, et puis tu te sens très fatigué et puis en fait, le moins de petits trucs tu te dis, tu te sens presque dépassé parce que tu es dans un tel état de fatigue et puis ouais, il y a un décalage en fait, tu as l'impression des fois de ne pas être forcément sur la même longueur d'onde que la plupart des gens et tu ne comprends pas pourquoi les gens agissent de telle manière etc, en fait c'est un genre de décalage quoi qui est là

Loïc Tu as le sentiment d'arriver à mettre des mots, du coup, sur toute cette expérience. Là, tu vois, on en parle depuis bientôt deux heures sur le podcast. Est-ce que tu as l'impression d'arriver à exprimer ce que tu as ressenti, ce que tu as vécu ? Ou est-ce qu'il y a aussi une frustration de ce côté-là où tu te dis, finalement, c'est compliqué. Les gens, à moins de le vivre, tu ne peux pas comprendre, en fait, ce qui s'est passé là-bas.

Orianne Ouais. je sais pas c'est différent pour chacun mais c'est vrai qu'entre personnes déjà qui ont grimpé l'Everest je pense notamment à l'américain qui était là qui était là pendant l'avalanche mais en fait il y avait je pense surtout à lui parce que lui non seulement il n'a pas été touché par un Férac mais il n'a pas été loin et lui il a été pris dans le nuage de neige etc et jusqu'au bout on a grappé le sommeil c'était le même jour, on a dormi dans la tente à 5 et il était là aussi avec les sherpas et tout et je pense que c'est sûr ça a créé un lien je pense qu'on sait très bien tous les deux ce qu'on a vécu et on sait très bien à quel point ce qui se passe en haut et que la plupart peut-être des gens ne peuvent pas forcément comprendre je ne cherche pas à ce que les gens comprennent mais je sens une certaine vulnérabilité et là je me dis que je suis dans l'étape où il faut aussi que je ne cherche pas forcément à avoir du monde, des amis, etc parce que si ça se présente, tant mieux mais je me sens une certaine vulnérabilité une certaine hyper-suitibilité et puis je n'ai pas forcément envie de redescendre tout de suite de ce sommet en fait j'ai pas forcément envie de redescendre du sommet mais s'il y a un mot qui pourrait résumer j'irais tout le monde à Sension c'est vraiment ce que je vois au sommet il y a deux mots en fait ce que je vois au sommet quand je vois la vidéo c'est ça rejoint un peu C'est le mot joie. C'est la joie, mais une joie intérieure. Ce n'est pas les sourires comme ça. C'est une joie vraiment intérieure avec quelque chose qui vient de très loin. Quelque chose qui vient de très loin, c'est une joie, une vraie joie avec un grand gîte. Et puis, bien sûr, gratitude. là c'est une énorme gratitude d'avoir non seulement j'ai atteint mon rêve non seulement j'ai survécu déjà et en plus j'ai atteint mon rêve c'était pas gagné parce que même je me rappelle très bien quand on était à 5 dans la petite tente avec le temps, le vent qui soufflait et tout ça, le froid truc d'enfer et j'étais là, ah ouais c'est pas gagné en fait je me dis jusqu'au dernier moment je me suis dit ah ouais, c'est pas gagné le sommeil et en fait franchement je me disais et pareil je m'étais dit ça c'était moins fort mais il y a eu des moments, moi je vais pas revenir parce que là on a pas fini il faut que je reviens mais là, les deux mots qui me viennent c'est vraiment la joie et puis la gratitude c'est vraiment les deux mots qui pourraient résumer qui pourraient résumer cette ascension et je me dis et puis je suis fière d'avoir enfin fière dans le sens d'avoir cru en moi en fait c'est ça parce que t'as tellement si tu commences à écouter tout le monde etc tu pars jamais déjà et puis tu commences à et puis tu pars dans des conditions tu sais qu'il n'y a rien qui est parfait moi je sais que j'avais pas tout l'argent qu'il fallait et j'étais loin de l'avoir et c'est jamais parfait mais au moment d'un moment tu te dis faut y aller quoi tu vas et puis tu sais que les choses ne sont pas parfaites et puis malgré d'avoir cru au moins dans le sens où d'avoir fait confiance en la vie aussi et d'avoir dépassé ce trauma, cette expérience aussi dans la cascade de glace et cette peur et voilà, c'est une grande joie une grande joie et beaucoup de reconnaissance pour la vie

Loïc Magnifique, bah écoute ça nous fait une super conclusion pour cet échange, franchement c'était passionnant, hyper inspirant. Merci beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé, expliqué, détaillé. Est-ce qu'il y a un prochain projet ? Tu disais que les vrais, c'était un de tes rêves. Est-ce que tu es déjà dans une phase de projection sur autre chose ou pour le moment, tu savoures et tu restes un peu là-haut encore ?

Orianne Je savoure et puis, alors bien sûr, j'ai toujours envie de grimper, de faire des hauts sommet, etc. Mais après, différemment, les pôles... Moi, il y a ce projet-là qui a fait Jérôme, que tu connais, Jérôme Grisbourg, Grand Chaline d'Explorateur. Moi, j'aimerais... Je sais qu'il n'y a pas de Français ce qu'il a fait dans sa totalité en France. Donc, Grand Chaline d'Explorateur,

Loïc c'est les... Plus haut sommet de chaque continent, plus pôle Nord et Sud.

Orianne Ouais, c'est ça. Et c'est vrai que moi, j'ai grimpé la Concagua l'année dernière. Et aussi, j'avais envie d'aller en Argentine, c'était l'été, c'était une combinaison de choses, en fait, et je me suis, bah tiens, et les vrais, ça faisait depuis longtemps, que je me disais, voilà, ça c'était un rêve, un très vieux rêve, donc ça, c'est sûr, mais après, je me dis, j'aimerais beaucoup aller dans l'épaule, quoi, enfin, ça me fatigue beaucoup, et puis, et puis, quelque part, aussi, c'est lié à ce que j'ai fait, mes premières études, à la biologie, enfin, voilà, moi je me rappelle j'avais fait un stage au Pérou après je m'arrête parce que ça a commencé mais j'avais fait un stage en Véluche Marlène justement à l'institut de la mer du Pérou c'est l'IMARPE et tu sais qu'à l'époque j'avais 20 ans ils avaient un énorme bateau que les allemands leur avaient donné et ils faisaient des expéditions en Antarctique et en fait il y a un moment c'était le genre de choses j'étais à fond et en fait tout ça ça revient toute cette passion aussi pour tout ça ces expéditions ça me tente bien j'ai toujours envie de grimper les projets j'aimerais continuer à écrire après pas forcément sur la montagne j'ai fait d'autres livres je fais des livres universitaires je fais des livres pour les enfants ça j'aime bien écrire, ça j'aimerais continuer et puis peut-être un jour créer quelque chose pour une fondation, quelque chose pour les enfants, les femmes je ne sais pas encore quelle forme ça prendra mais il y a beaucoup de choses à faire aussi en ce sens mais ça fait que tu as ça mûrit

Loïc ça mûrit

Orianne et voilà Là, dans les prochains mois, mon médecin m'a dit, alors le froid, bon, alors pas de froid, c'est le prochain mois. Ça, je pense que je m'en serais doutée seule. C'est vrai que je vais garder une certaine sensibilité au froid, mais après, ça se prépare aussi. Là, on n'a pas parlé de la préparation, mais j'avais fait un stage de yoga du froid en Italie. Ça fera partie du documentaire. Il y a des passages à l'Institut Maurice Dobar à près de 2000 mètres dans la vallée d'Aos, où là tu te baignes dans des eaux à 0 degré quasiment et tu fais des bains de 15 minutes à un quart d'heure et puis tu vas regarder dehors tu vas faire des attides tous les matins à moins 10 dehors en maillot de dents tout ça et je pense que mes gelures si j'avais pas fait ça je pense que mes doigts sont vraiment dans un sale état parce que je pense que ça m'a quand même ça a empêché que vraiment mes doigts soient profondément atteints parce que là, j'ai des jolures, mais ça reste quand même super fienne. Et je pense que ça aurait pu être bien plus grave si justement je n'avais pas fait cette préparation avant. J'en profite, excuse-moi. Non, non. J'ai arrêté de parler, mais c'est important aussi dans la comparation.

Loïc Oui, complètement. Excellent. Écoute, un grand merci, Rianne. C'était vraiment passionnant. Si les gens veulent te suivre, le plus simple, c'est quoi ? C'est LinkedIn, les réseaux ?

Orianne LinkedIn, ouais. Je pense pas mal être sur LinkedIn. Et puis, Instagram. Même si j'ai jamais été présentement Instagram, il faut que je me force à y aller. Il y a un peu quelques trucs, mais voilà. En général, je préfère LinkedIn. Mais ça dépend. Ça dépend. Ouais. Instagram, sinon. Ouais.

Loïc OK. Et le film, donc, qui sort en fin d'année, t'as déjà un titre ?

Orianne Alors, non. On va réfléchir sur le titre. On va avoir des idées. alors c'est avec Érimine Montblanc et Injam Production et puis il y a d'autres personnes qui ont contribué et là en fait on sait le voir avec des télés nationales et internationales parce qu'on a beaucoup alors l'histoire c'est lié à mon histoire, c'est vraiment résilience et un axe femme voilà mais donc le film il a été tourné quand tu verras ça a été tourné à Chamonix forcément pour ma préparation, des superbes images au drone en haut, enfin voilà, quand je fais des rando, faisais vraiment des super trucs. En Italie, pendant le stage de yoga du froid, en Inde aussi, sur les lieux où j'avais mon émoignage cérébral, à l'hôpital, l'hôpital militaire, à part à Deradoune où j'avais été, toute la partie siècle, tout le trek et tout, et puis l'ascension en elle-même, et on a fait ça aussi en collaboration avec mon agence EdK, avec qui je suis partie, l'agence 8K ils avaient aussi un réalisateur qui avait toutes les permissions de drones là-bas pour filmer et donc il a des images incroyables que ce soit sur la cascade de glace en haut, sur la phase du loté je pense que ça va être un beau film et puis on a des interviews je parlais de NIMS on a Camrita Sharpa qui a interviewé moi-même qui a fait 28 fois qu'elle a battu le record du monde de l'Everest on en a d'autres, on a Maya des femmes Sherpas, on a Maya Sherpani qui est une Sherpani qui est très connue et puis d'autres aussi qui parlent de l'accès psychologique enfin voilà c'est donc moi je pense que ça va être intéressant

Loïc en tout cas c'est un bon teasing ça donne envie

Orianne le titre, écoute on va voir mais l'idée sera en anglais et en français parce qu'il y a aussi pas mal d'interviews, même moi au bout d'un moment je sais plus où on me fait parler en haut je sais plus, à force je parle en anglais parce que film maker en haut il me parle en anglais parce que là avec le dépalais je parle en anglais donc en fait tout est mélangé français et anglais voilà super

Loïc merci beaucoup Oriane hâte de voir ça en fin d'année. Bonne fin de convalescence, bonne récupération.

Orianne Merci encore Loïc. C'est un plaisir de te rencontrer physiquement.

Loïc A bientôt Oriane.

Orianne A bientôt, au revoir. Merci Loïc. Au revoir.

Loïc Merci d'avoir écouté cette conversation avec Oriane dans son intégralité. J'espère que son récit de l'ascension de l'Everest vous aura fasciné autant que moi et que peut-être ça aura donné envie à quelques-uns d'entre vous d'aller à minima poser les yeux sur cette montagne légendaire. Envoyez-moi vos feedbacks sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je vous propose chaque semaine du contenu entièrement gratuit que je m'efforce de rendre le plus qualitatif possible. Je fais absolument tout seul, ce qui me demande énormément de temps et d'énergie. Pour valoriser mon travail et remercier tous ces frappés inspirants que je reçois. Prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour me laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute. Merci pour votre fidélité, je vous dis à la semaine prochaine pour un épisode avec Florian Ultra Trailer et team leader de l'équipe athlète Simal, une marque française qui conçoit des vêtements outdoor pour les amoureux de montagne. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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