Loïc C'est un projet de recherche.
Constance J'ai un très grand projet à mener. Il y a un an et demi, j'ai retrouvé une lettre écrite par mon papa, qui est décédée d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Dans cette lettre, il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets. Les 7 sommets, c'est le plus haut sommet de chaque continent.
Invité 1 Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Cette semaine, je reçois Constance Scherer pour un épisode riche en émotions. Constance a perdu son papa, atteint un cancer du pancréas alors qu'elle n'avait que 9 ans. 14 ans plus tard, elle découvre une lettre écrite juste avant son décès. Elle va tout faire basculer. Pour honorer les dernières volontés de son père, Constance se lance dans un défi colossal. Gravir en 3 ans le plus haut sommet de chaque continent et y disperser ses cendres. A 24 ans, elle a déjà bouclé la Concagua, le Mont Blanc et le Kilimanjaro. Un échange exceptionnel avec une femme de conviction qui nous montre une fois de plus que lorsqu'on croit en ses projets et qu'on se donne à fond, on peut littéralement déplacer des montagnes. Un immense merci à Constance à qui je souhaite tout le meilleur pour la suite de son défi. Excellente écoute à vous les frapper. Salut Constance ! Salut ! Bienvenue sur le podcast. Je suis super super content qu'on puisse enregistrer cet épisode. Je sais que tu es de plus en plus demandé. C'est très gentil d'avoir pris le temps de venir partager ton parcours avec nous. Avec plaisir ! Et puis, bah écoute, ce que je te propose, c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter, nous expliquer qui est Constance.
Constance Bah, avec plaisir ! Du coup, je m'appelle Constance Scherrer, j'ai 24 ans, je suis originaire de Strasbourg. Très, très brièvement, j'ai fait mes études entre Bordeaux, Paris et Bruxelles. Et depuis septembre dernier, je suis rentrée dans ma ville natale à Strasbourg parce que j'ai un très grand projet à mener. En fait, tout simplement, il y a un an et demi, j'ai retrouvé une lettre écrite par mon papa qui est décédée d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Et dans cette lettre, il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets. Donc, les 7 sommets, c'est le plus haut sommet de chaque continent. Et après, il s'est passé plein, plein de choses, mais je pense que tu vas me poser toutes les questions pour qu'on rentre dans le détail de tout ça.
Invité 1 Yes. Ton père, il était alpiniste du coup ?
Constance Non, pas du tout. Il était... Il était pas alpiniste, il était plutôt sportif. Il aimait beaucoup la montagne, il faisait du ski. Donc, c'est pour ça aussi qu'après moi, par la suite, j'ai commencé le ski. J'en ai fait à haut niveau jusqu'en circuit coupe d'Europe. Mais en fait, je pense que personne ne sait trop pourquoi, du jour au lendemain, il s'est dit pourquoi pas faire les 7 sommets. Parce que finalement, c'était son projet à lui de le faire, de gravir ses sommets. Mais je l'ai appris plus tard, en fait. Je l'ai pas... C'est-à-dire que j'ai reçu la lettre en mai 2021. Et en fait, il y a bientôt 2 ans. Et j'ai découvert en juillet, après avoir fait le Kilimanjaro, que c'était vraiment son projet de faire les 7 sommets. Et il souhaitait le faire pour devenir un exemple pour toutes les personnes atteintes de cancer. Et en fait, ça, je l'ai appris via un ami à nous qui habite au Canada. Et on lui a dit, voilà, Constance a réussi à faire le Kilimanjaro. Et il a dit, mais je viens de trier mes mails. Et j'ai retrouvé un mail que j'avais envoyé en 2005 à Mike Horn, l'explorateur, du coup. Et c'est pour ça qu'il y a plein de liens avec la famille Horn aussi. Et que j'étais super contente qu'on puisse en discuter. Et en fait, donc, ce mail, il l'avait envoyé à Mike Horn. Et à l'époque, c'est la femme de Mike, Cathy, qui avait répondu en disant, voilà le portable de Mike. Vous pouvez l'appeler à tel numéro. Et ensuite, plus de nouvelles. Ensuite, je ne sais pas ce qu'il s'est dit. Je ne sais pas s'ils se sont appelés. Je ne sais pas s'ils ont pu en parler, etc. En tout cas, quand j'ai reçu ce mail-là, je me suis dit, déjà, qu'il fallait que j'aille au bout de mes 7 sommets. Parce qu'au début, ce n'était pas le projet. Au début, je me suis dit, je vais faire le Kilimanjaro parce que c'est un sommet qui est accessible. Et parce que je devais partir en fait en humanitaire. C'était déjà prévu. Je devais partir en humanitaire en Tanzanie pendant 6 semaines avec une amie. de mon école de commerce. Et en fait, j'apprends, je découvre cette lettre. Je vois que c'est un des 7 sommets qui est en Tanzanie à une heure de là où on allait dormir. Je me suis dit, c'est l'occasion. Genre trop de hasard pour ne pas le faire. Et donc, une semaine après être arrivée en Tanzanie, j'ai dit à ma copine, écoute, c'est sûr, je vais faire le Kilimanjaro. Je me suis trouvé une équipe sur place. On l'a fait. Ça s'est super bien passé. Je me suis toute seule du coup. Et après ça, en fait, tout s'est enchaîné. Après, ça a été... Tout est parti en live. Enfin, en live très positivement. Mais c'était dingue.
Invité 1 Mais alors, attends du coup, cette lettre, si c'est pas trop perso, comment est-ce que t'es tombée dessus ? C'était un hasard ? C'était... Quelqu'un devait te la remettre à ce moment-là ?
Constance Alors, en gros, cette lettre, tout le monde était au courant dans ma famille, les amis de mes parents aussi. Mais moi, à l'époque, quand mon papa est décédé, j'avais 9 ans. Donc évidemment, c'est pas trop l'âge pour montrer. C'était vraiment la lettre de sa cérémonie d'enterrement. C'est-à-dire qu'il expliquait en détail comment il souhaitait sa cérémonie, les musiques qu'il voulait qu'il passe, les chants, les lettres. Enfin, tout était détaillé. Et à la fin, il a dit sorti, donc le sorti de son cercueil. Il voulait que ce soit juste ma mère et moi. Et ensuite, il a dit qu'il souhaitait que, si possible, ses cendres soient dispersées sur le sèche. C'est la fin de la lettre. Et en gros, comment je l'ai récupéré ? Moi, j'étais chez... Avec ma mère, on parle très peu du décès de mon papa. C'est pas du tout un sujet dont elle aime parler. Et donc, c'est un peu... Enfin, je lui ai jamais posé trop de questions. Elle m'en a jamais trop posé non plus. À chaque fois que j'essayais d'en poser, finalement, elle me répondait pas trop. Et c'était plus avec ma grande-tante, du coup, qui est la soeur de la mère de mon papa. Avec qui on en discutait de temps en temps. Et mon père écrivait beaucoup. Donc, pas que cette lettre. Il a énormément écrit. Il voulait écrire un livre. Et donc, c'était elle, au fur et à mesure, qui me donnait des lettres et des informations sur tout ce qu'il avait écrit. Et un jour, elle m'a donné une BD. Le détail est important parce que... Enfin, pour la suite, c'est important. Cette BD avait été écrite par Maresco. Donc, le professeur Maresco, qui est le chirurgien qui a opéré mon papa en 2004. Et qui est parmi les 20 plus grands chirurgiens au monde. Et qui a fondé l'IRCAD, qui est un institut de recherche en cancérologie digestive. Et il a reçu la Légion d'honneur. Enfin, c'est vraiment une très, très grande personnalité dans le monde scientifique. Et il va devenir parrain de mon association. Mais c'est pas encore officiel. Mais je sais que je peux le dire. Mais voilà, ça va l'être très bientôt. Et moi, je vais devenir ambassadrice internationale de l'IRCAD. Bref. Du coup, je reçois cette BD. Donc, du professeur Maresco, que je connaissais très bien. Et du coup, dans cette BD, elle me dit, je t'ai laissé des lettres. Donc, pas mal de lettres. Voilà. Je pense que pour la plupart, tu les connais déjà. Donc, en fait, elle ne s'y attendait pas parce que je ne connaisse pas cette lettre. Donc, je suis rentrée chez moi. J'ai lu toutes les lettres et tout. Et je tombe sur celle-là. Et en fait, je ne peux même pas dire. Peut-être que je l'ai déjà lu un jour. Je ne sais pas. Mais peut-être que je l'ai déjà lu. Et je n'ai pas réussi à voir ce qu'il y avait écrit parce que c'était trop pour moi. Et peut-être que c'était ce jour-là où il fallait que j'aille jusqu'au bout de la lettre. Et que je lise vraiment le truc des sept sommets. Et que je me rende compte que je partais en Tanzanie, qu'il y avait Kilimanjaro. Et que c'était peut-être aussi une période de ma vie où j'avais besoin justement d'un projet comme celui-là. Voilà. Et donc, c'est parti comme ça.
Invité 1 Punaise. Ça fait beaucoup de, comme tu disais tout à l'heure, beaucoup de hasards qui finalement ne ressemblent plus à des hasards tellement ils arrivent à un moment, tu vois. Exactement.
Constance En fait, c'est exactement ça. Là, il y a eu trop de trucs depuis deux ans maintenant pour que je me dise que c'est encore des hasards. Enfin, genre là, c'est juste, c'est le destin. C'est comme ça, ça devait se faire comme ça. Et en fait, depuis deux ans, j'y crois de plus en plus dans le sens où je me dis que si quelque chose se fait, c'est parce que ça doit se faire. Et inversement, si quelque chose ne se fait pas, c'est parce que ça ne doit pas se faire et que soit ça se fera plus tard avec quelqu'un d'autre ou dans d'autres conditions, soit ça ne se fera pas parce qu'il y a autre chose qui attend. Et ça, vraiment, depuis deux ans, c'est vraiment ma philosophie de vie en me disant, ben, les opportunités, si elles sont là, saisis-les. Mais si elles ne viennent pas, ne les cherche pas.
Loïc Voilà.
Constance Et en fait, ben, du coup, j'ai avancé comme ça depuis deux ans. Et c'est vrai que, ben, depuis deux ans, il se passe, mais franchement, des dizaines de choses, mais par jour. Genre, c'est incroyable, quoi. Tous les jours, on m'annonce un nouveau truc complètement dingue et je suis en mode, ben oui, pourquoi pas ? Allons-y. Donc, voilà.
Invité 1 Excellent. Donc, tu as commencé par le Kilimanjaro. Donc, ça, c'était il y a un an et demi, c'est ça ? Oui.
Constance Donc, en juillet 2021, j'ai fait le Kilimanjaro, c'est ça. J'ai vu 2021.
Invité 1 Ok. Donc, le premier de tes sept sommets.
Constance Exactement.
Invité 1 D'ailleurs, question peut-être un peu bête, mais il me semblait avoir lu que les Seven Summits, il y avait plusieurs listes, en fait, parce que tu as des gens qui considèrent que c'est par continent, d'autres qui considèrent, qui ont d'autres points de référence, tu vois, genre par rapport aux plaques tectoniques, en fait. Oui. Donc, toi, c'est quoi ? Est-ce que tu peux nous faire la liste des sept sommets que tu vas attaquer ?
Constance Oui. Alors, du coup, pour l'Europe, ce n'est pas le Mont-Blanc, mais c'est l'Elbrouz en Russie. Ok. Donc, bon, là, petit problème avec la guerre en Russie en ce moment, je ne sais pas trop quand je vais pouvoir faire ce sommet. Dans tous les cas, j'ai quand même fait le Mont-Blanc, donc au pire, voilà, on pourra adapter. Pour l'Afrique, donc, c'est le Kilimanjaro. Pour l'Amérique du Sud, c'est la Concagua, donc, en Argentine, qui est à 6992 ou quelque chose, non, 6962. Donc, celui-là, je l'ai fait en décembre 22, donc 2022, là, récemment. Ensuite, pour l'Amérique du Nord, c'est l'Alaska, donc, qui est le Mont-Denali, que j'ai tenté de faire normalement en juin, juillet prochain. Mais là, il y a des petits soucis, donc j'espère que ça va pouvoir se faire. Ensuite, je vais faire l'Antarctique, donc, c'est le Mont-Vinson, si tout va bien, en décembre prochain. Ensuite, le Poumkajaïa en Papouasie-Nouvelle-Guinée en juillet de l'année suivante, donc 2024. Et ensuite, il y a l'Everest, que je vais faire, si tout va bien, en mai 2025, étant donné que le but, c'est que je devienne la plus jeune Française à avoir fait l'Everest et la plus jeune Française, homme-femme confondue, à avoir fait le Channel des Setsommets.
Invité 1 Punaise, mais c'est démentiel ! Ok ! Ok, donc ça te fait moins de 3 ans, ça fait 3 ans, en fait, pour... Ouais, c'est ça. D'accord. Ouah ! Ok ! Ok, ok, ok, ok, puis là, j'ai plein de questions. Donc, sur l'Esset, tu as déjà fait le Kilimanjaro, tu as fait Kilimanjaro, puis Mont-Blanc, puis Akonkagwa ?
Loïc C'est ça, exactement, ouais.
Invité 1 Ok. Ok. Ok. Comment est-ce que tu as choisi l'ordre ? Est-ce qu'il y a une logique derrière ça ?
Constance Pas trop. En fait, un peu dans le sens où on m'a dit vraiment, la Konkagwa, c'est très haut, donc c'est le deuxième plus haut après l'Everest. Et par rapport à ça, c'est vrai qu'au niveau de la respiration, du mal des montagnes, etc., on le sent un petit peu, je ne vais pas mentir, c'était quand même difficile. Mais...
Invité 1 Un petit peu ? Ouais, tu es quasiment à 7000 !
Constance Ouais, on est quasiment à 7000. Ouais. Mais ça allait, enfin honnêtement, je m'attendais à pire, il y en a quand même énormément qui n'ont pas réussi le sommet. Il y a entre 20 et 30% de réussite pour la Konkagwa.
Loïc Ok.
Constance Et c'est vraiment pas beaucoup, et on a eu des guides du Mont Blanc qui n'ont pas réussi la semaine où on y était. Donc, quand j'étais au camp de base, j'étais en mode, oula, mais enfin, comment ça, des guides du Mont Blanc qui ne réussissent pas, mais on va jamais y arriver, nous. Bon, au final, on a réussi. Donc, c'est qu'on avait la bonne étoile qui était au-dessus de notre tête et qui nous a permis de... En fait, juste simplement qu'on aille bien, parce qu'au bout d'un moment, le mal des montagnes, même si physiquement, tu es hyper entraîné, etc., s'il est là, il est là, on ne peut plus rien faire pour redescendre. Donc, enfin, on ne peut pas savoir, en fait, à l'avance, est-ce qu'on va réussir ou pas réussir. S'ils nous attaquent, ils nous attaquent et on ne va pas risquer nos vies non plus, ce n'est pas le but. Après, il y a aussi toutes les questions de météo, etc., qui rentrent en jeu, genre s'il y a trop de vent, si on s'envole, si on est à deux mètres du sol, on ne va pas continuer à avancer. Enfin, on ne peut plus avancer, tout simplement. Donc, voilà, on a eu la chance que la météo soit bonne. Et là, je vais faire l'Alaska, mais en fait, c'est aussi parce qu'au début, on ne me voyait pas du tout comme une personne légitime à faire les sept sommets. Parce que j'ai 24 ans, parce que je suis une femme, parce que je n'ai jamais vraiment fait d'alpinisme de ma vie, parce que… Pour beaucoup de raisons. Et en fait, ça me confle un peu cette image de dire, ouais, bon, tout le monde qui pense que je ne vais pas y arriver, etc. Et en fait, si je réussis l'Alaska en juillet, très clairement, je sais que les gens vont savoir que je vais réussir les sept sommets, parce que l'Alaska, dans les retours que j'ai eus, est plus difficile que l'Everest.
Invité 1 Ouais, c'est ce que j'avais lu aussi par rapport aux conditions météo, c'est hyper isolé.
Constance Et on est seul face à nous-mêmes dans la montagne, on doit porter 70 kilos par personne. Il n'y a pas de camp comme à l'Everest où on est chouchouté, etc. Il n'y a pas de porteur, chacun se débrouille et c'est quand même 6200 mètres d'altitude. Donc, évidemment, si je réussis l'Alaska cet été, je sais que j'ai de la légitimité derrière et les gens vont dire, ok, vas-y, elle ne se fout pas de nous, elle est capable de le faire. Si elle a fait l'Alaska, elle va faire ses sept sommets, c'est sûr. Et aussi, c'est une question de partenaire dans le sens où, évidemment, c'est un projet qui coûte cher. Donc, il y a l'association à côté de ça. Je pense qu'on en parlera après, qui a pour but d'accompagner des enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Et on a mené énormément d'actions et d'événements pour les enfants. On était à Roland-Garros, on a fait le Tour de France, on a fait le championnat du monde de ski. On est soutenu par beaucoup de grosses personnalités. Et évidemment, en fait, pour avoir plus de partenaires, il faut que les partenaires aient confiance et qu'ils se disent, on va mettre de l'argent, mais on ne va pas le mettre n'importe comment. Donc, si je réussis l'Alaska, c'est bon. Voilà. C'est pour ça, en fait, que l'Alaska, ce serait le suivant. Après, il y a des questions de météo parce qu'en fait, on voulait partir fin juin, début juillet. Et là, de plus en plus, on est en train de dire qu'il faut partir fin mai. Le problème est que dans mon planning, je ne peux absolument pas partir fin mai. C'est impossible parce que je travaille pour un tournoi de tennis actuellement et le tournoi de tennis pour lequel je travaille est fin mai. Donc, je ne peux pas lâcher mon équipe à ce moment-là. C'est impossible. Donc, je suis en train de voir si c'est vraiment trop risqué. Moi, je n'ai pas envie de risquer ma vie parce qu'en fait, ce qu'on m'a expliqué, c'est qu'il fait trop chaud fin juin. Donc, le glacier fond. Donc, les avions ne peuvent même pas se poser et il y a énormément de crevasses. Donc, si c'est pour prendre le risque de tomber dans une crevasse, ça ne vaut pas la peine. Donc, voilà. C'est le planning, mais le planning n'est pas encore fixé. Donc, ce sera à faire, à suivre sur les réseaux sociaux, ce que je ferai en juillet. De toute façon, je vais en faire un, mais ce sera peut-être le Punka Jaya en Papouasie-Nouvelle-Guine.
Invité 1 Parce que c'est ce que j'allais te demander. Tout ce que j'avais lu, c'était qu'il y avait le Denali qui était hyper, hyper engagé, très raide, surtout côté météo, isolement, etc. Et en termes d'accès, le plus difficile, c'est le Punka Jaya. C'est ça, c'est comme ça que tu le prononces ? Oui, Punka Jaya, oui. Parce que de ce que j'avais compris, c'est que la Papouasie-Nouvelle-Guinea, ce n'est pas des pistes forestières bien dégagées pour accéder au départ. C'est genre une rando de fou dans la jungle. Du coup, là, tu vas un peu enchaîner les deux gros blocs, les deux sommets les plus difficiles l'un après l'autre.
Constance Ben ouais, ou ça va être... Enfin, je ne sais pas encore exactement en termes d'orga. Du coup, soit je vais en faire un, soit je vais faire l'autre. On va voir, en fait, ça va dépendre. Mais dans tous les cas, en fait, même si là, je me lance dans le Punka Jaya, c'est que de l'escalade. Moi, j'ai de l'escalade, je m'entraîne, quoi. Là, pour le coup, il me fait presque plus peur, moi, personnellement, que le Denali, parce que je sais que c'est que de l'escalade. Et je sais qu'au niveau escalade, mon vidéaste, du coup, qui fait les films, lui, il est... Voilà, il gère, parce qu'il a été en... Enfin, il a fait championnat de France d'escalade. Et moi, je suis... Je ne gère pas, quoi. Donc, il faut que je m'entraîne. Voilà.
Invité 1 Mais attends, du coup, comment tu te... Parce que tu parles de ton projet, de l'assaut, des fonds que vous avez trouvés, comme si c'était... Tu vois, comme si tout le monde pouvait faire ça. Mais comment, à 24 ans, tu as réussi à monter une équipe, créer une assaut, trouver des fonds, trouver des partenaires, dans des proportions telles que tu arrives à financer des voyages... Enfin, je ne sais pas si tu as une idée des budgets par sommet, mais la Concagua, enfin, à chaque fois, c'est quoi ? C'est deux, trois semaines minimum, non ? Ouais, c'est ça. Donc, comment tout ça s'est structuré ? À quel moment tu t'es dit, je vais faire une assaut et je vais faire un projet qui sera bien plus grand que juste moi, Constance ?
Constance Alors, ça, c'est une bonne question. La réponse va être longue. Non, mais parce qu'en fait, si je n'explique pas un peu dans le détail, on ne va pas comprendre et... Ah ben, vas-y. C'est dommage. En gros, je reprends à ce fameux mail de MyCorn. Donc, juillet 2021, on m'envoie ce mail, je comprends le contact avec MyCorn, je comprends également que mon père voulait devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer. Moi, n'ayant jamais eu de cancer, je me dis, pas possible de devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer, ça n'a aucun sens. Et ça ne fonctionnerait pas. Par contre, moi, j'ai quand même vécu la maladie de mon père de mes 5 à mes 9 ans, et je pourrais devenir un modèle pour tous les enfants qui, comme moi, ont un parent malade ou ont perdu un parent. Donc, le chemin trotte dans ma tête, ça m'a à peu près 6 mois avant que j'ai cette idée bien fixe en tête. Et entre ces 6 mois, j'ai eu l'occasion de rencontrer MyCorn. Donc, je suis allée, en fait, à une de ces conférences à Genève. C'était en décembre, tout début décembre. Et donc, pendant cette conférence, mon seul objectif, c'était de pouvoir lui donner cette lettre et qu'il soit informé. Donc, par le plus grand des hasards, et j'étais très contente que ça arrive comme ça, au milieu de la conférence, il dit, est-ce que vous avez des questions ? Donc, j'étais au tout dernier rang de la conférence et je dis à ma mère, maman, c'est mon moment. Donc, je lui dis, donne-moi la lettre. J'ai pris la lettre, je me suis levée. J'ai descendu toutes les marches de la conférence. Donc, la salle immense. Il y avait au moins 2000 personnes dedans. Et donc, bon, là, après, la vidéo, elle est sur mes réseaux sociaux. Mais en gros, j'explique à MyCorn le projet, ce que je vais faire, les contacts qu'il a eus, la réponse de sa femme. Bref, MyCorn descend de scène. Il vient me voir. Il me prend dans ses bras. Il me dit, écoute, moi, je vais te soutenir et tout. Et ce sera avec grand plaisir de faire un sommet avec toi. Donc, déjà, là, je me dis, OK, ça change de dimension. C'est un truc de... Voilà. Donc, ça, c'est la première étape. Et la deuxième étape, c'est que deux jours avant de faire cette conférence, j'ai été appelée par France 2 pour faire l'émission « Ça commence aujourd'hui ». Je ne sais pas si tu vois cette émission. C'est une émission l'après-midi avec Faustine Bollert, une journaliste assez connue et qui fait globalement 1,2 million d'audience. Donc, j'ai ces deux trucs qui s'enchaînent dans la même semaine. Et cette émission qui est sortie début janvier, qui a fait un grand boom. Évidemment, on en a parlé partout. Et là, j'ai reçu des tonnes de messages. Entre-temps, je commence à me dire, j'ai envie de me mettre en contact avec une association, grande association pour le cancer. Je vais citer le nom parce que, voilà, c'était la Ligue contre le cancer. J'ai essayé de contacter. Je voulais bosser avec eux, devenir ambassadrice, parler de la recherche, etc. Enfin, voilà. Malheureusement, les choses ne se sont pas faites avec la Ligue. Ça ne s'est pas hyper bien passé. Enfin, ils n'ont pas très bien compris le but. Comme en même temps, je voulais créer mon asso pour les fonds, pour les sommets. Ils étaient en mode, mais tu veux créer une asso, mais tu veux quand même le faire pour nous. On ne comprend pas très bien. Bref. Il se trouve qu'en mars, j'ai dit, écoutez, ce n'est pas grave. Moi, je vais créer mon association et en fait, je vais mener mes propres actions. Donc là, tout se structure. Donc, il y a un an tout juste, quoi. Tout se structure et je me dis, je vais créer mon association, je vais faire mes propres événements, je vais moi-même mettre mes actions aussi en place pour la recherche contre le cancer, etc. Et puis, je n'ai pas besoin, je n'ai besoin de personne parce que c'est vrai que depuis janvier 2022, j'ai été beaucoup médiatisée. J'ai fait pas mal de télé, de radio, de journaux, de magazines au niveau régional, du coup, à Strasbourg, mais aussi au niveau national. Et j'ai fait des vidéos avec des assez gros youtubeurs, notamment Darko. Et donc, je me dis, j'ai toute la légitimité pour avoir une assaut. Bref, cet assaut fonctionne très bien. Les partenaires commencent à arriver. On commence à être invité sur plein de gros événements. On a fait la finale de Roland-Garros avec deux familles. Enfin, voilà, c'était incroyable, quoi. Et donc, tout ça, invité par les fédérations. Donc, par les fédérations ou par nos partenaires qui, eux-mêmes, ont des places pour ces événements et nous les donnent. Donc, du coup, super. Moi, je dis, top, ça avance trop bien. Ensuite, j'ai été invitée au Tour de France en voiture officielle. J'ai rencontré le directeur du Tour de France, la directrice, plein de personnalités et tout. Et en fait, au fur et à mesure que le temps avance, je rencontre de plus en plus de gens incroyables et ce qui fait que l'association avance trois fois plus vite que prévu et les entreprises ont envie d'aider. Voilà. Donc, en fait, les entreprises, elles sont aussi à tout point et c'est vrai qu'elles financent à des montants qui sont énormes. vraiment, et c'est pour ça aussi que j'ai besoin de dons pour faire avancer l'association, mais c'est surtout les partenaires qui font fonctionner tout ça, quoi.
Invité 1 Ouais. Waouh. Mais du coup, est-ce qu'il y a eu un espèce de moment déclic ? Parce que quand tu expliques assez rapidement, j'ai l'impression, tu vois, France 2 t'a contacté, etc. Mais là, tu étais déjà visible. Non ? Pas du tout ? Tu ne communiquais pas sur le réseau ?
Loïc Non.
Invité 1 Ah ouais ?
Constance Non, non. En fait, OK. Non, non. En fait, en gros, France 2, ça s'est fait mais totalement par hasard. Mais à ce moment-là, je n'avais même pas créé un Instagram 7 sommets. Enfin, je n'avais aucun réseau, je n'avais pas du tout communiqué sur le fait que je voulais faire les 7 sommets, rien. Donc, tout a été créé. En fait, tout s'est vraiment lancé il y a un an, tout pile. En janvier 2022, mes réseaux sociaux ont vraiment débuté. et ils ont super à l'embarquer dès le début.
Invité 1 Écoute, franchement, c'est super d'entendre ça parce que j'ai souvent des auditeurs, des auditrices qui me contactent, qui me disent qu'ils voudraient créer un projet, un défi pour une cause. Récemment, quelqu'un qui est diabétique de type 1 et à chaque fois, c'est un peu toujours la même question mais c'est ah oui, mais ça va être super difficile, personne ne me connaît, comment est-ce que je vais pouvoir finalement avoir un impact sur d'autres personnes qui sont concernées par ma maladie, le challenge que j'ai, etc. Et en fait, d'entendre ton histoire, tu vois, c'est génial parce que ça montre que c'est carrément possible que quand tu arrives à allier à la fois conviction, alignement des planètes, un petit peu de chance, des mises en relation, boum, ça fonctionne et ça décolle.
Constance Exactement. Enfin, moi vraiment, je suis partie de rien du tout. Enfin, je n'étais personne, enfin, je ne dis pas que je suis quelqu'un maintenant du tout, jamais je ne me permettrais de dire ça mais je veux dire dans le sens où il y a un an, enfin, personne ne connaissait mon nom, personne ne connaissait mon projet, personne ne connaissait mon association. Aujourd'hui, enfin, je suis soutenue par la famille Zidane, quoi. Donc, enfin, ils veulent mener des projets pour mon association à un an. Enfin, c'est vraiment du coup que, enfin, c'est complètement délirant. Je ne m'attendais pas du tout à ça. Enfin, même, on a des sportifs de haut niveau qui veulent devenir parrains, marraines de l'association, en parler et c'est des mecs qui vont faire les JO, genre, je me dis. Donc, voilà.
Invité 1 Ah, c'est fou. Trop bien.
Constance Mais moi, vraiment, si je peux dire un truc, c'est que, c'est que, en fait, déjà, rien n'est impossible dans la vie, vraiment. À partir du moment où on est convaincu par ce qu'on fait et on est convaincu par les raisons pourquoi on les fait. Parce qu'en fait, surtout, c'est ça la question. C'est si ça vient du cœur et que si c'est un besoin profond, les gens le comprendront et auront envie d'aider. Après, il faut savoir fédérer aussi autour de soi. Ça, c'est hyper important parce qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'un projet fonctionne seul. Un projet ne fonctionnera jamais seul. Même si on est seul à le lancer, il faut qu'ensuite, il y ait des gens autour de toi qui viennent t'aider, qui viennent te soutenir, qui viennent te dire, écoute, telle personne, elle peut t'aider pour ça, contacte-la. Et il faut prendre tout ce qu'on nous donne, en tout cas au début, parce qu'après, au bout d'un moment, on ne peut plus tout prendre, ce n'est plus possible. Mais au début, il faut prendre toutes les opportunités et voir dans chaque opportunité qu'est-ce que ça peut nous apporter et jusqu'à où ça peut aller. Et en fait, à partir du moment où on comprend ça, mais là, on peut déplacer des montagnes. Franchement, on peut déplacer des montagnes. Et on peut être absolument personne et lever 300 000 euros. Mais par contre, il y a beaucoup de travail, il y a beaucoup d'engagement, il faut être présent partout, où il faut faire des heures pas possibles. Moi, en ce moment, je fais du 8h, 23h tous les jours, 7 jours sur 7. C'est sûr. Il n'y a pas le choix.
Invité 1 Parce que tu as un job, tu l'expliquais, tu as un job tout à fait normal à côté de l'assaut.
Constance Oui, c'est ça. Donc voilà, au bout d'un moment, après, c'est sûr que si on veut quelque chose, il faut mettre les moyens derrière. Il ne faut pas se dire « Oui, je veux faire ça, mais j'ai trois heures à consacrer dans la semaine. » Non, si on veut faire un truc et qu'on veut le faire vraiment, il faut consacrer vraiment du temps. Parce qu'en fait, concrètement, si on ne mène pas d'action, si on voit que ça n'avance pas, etc., les gens, ils vont se lasser. Ils vont dire « Ok, en fait, elle dit ça, mais elle ne le fait pas. » Ou « Elle dit ça, mais c'est dans six mois. » Surtout les réseaux sociaux. Ils veulent que tout soit vite. Genre, on leur parle d'un truc, il faut que les deux semaines après, ça soit fait. Parce que sinon, enfin, voilà, ils trouvent que c'est lent, ils trouvent que… et il ne faut pas se répéter, il faut toujours qu'il y ait des nouveautés, etc. C'est compliqué, mais ce n'est pas du tout impossible.
Invité 1 Écoute, super témoignage, en tout cas, sur le sujet. Peut-être pour en revenir au défi en tant que tel, comment est-ce que tu t'es… Admettons que le prochain soit le Denali, comment tu te prépares, que ce soit physiquement, mentalement, techniquement, tu disais que tu n'as pas forcément le background des guides de Chamonix. Donc, comment est-ce que ça se présente de ce côté-là ?
Constance Ouais, ça, c'est une grande question qu'on me pose beaucoup et que je me pose moi-même, en fait. Je n'ai pas encore la réponse exactement. Non, mais en gros, enfin, c'est bien que tu me poses la question maintenant parce qu'il y a deux jours, j'ai eu des infos par rapport à ça, donc au moins, je ne vais pas arriver en mode je ne sais pas. Non, je rigole. Non, il y a deux jours, j'ai été en train de discuter avec une nana assez connue et en fait, elle, elle a déjà fait trois fois le dénale, voilà, et cette année, elle compte le faire en solo, donc toute seule, toute seule. Donc, c'est vrai qu'elle m'a bien briefé sur comment se préparer, etc. Je lui ai dit ce que je faisais, donc moi, concrètement, comment je m'entraîne ? c'est minimum une à deux heures de sport par jour. Donc, qu'est-ce que je fais ? Je fais du renforcement musculaire, principalement. Je fais des allers-retours dans l'escalier avec un sac à dos, avec des poids dedans. Je fais du vélo elliptique. Le but, c'est de lier du cardio et du renforcement musculaire. Globalement, c'est simplement de bouger, en fait, enfin, genre, faire des activités, continuer à ce que son corps, ce muscle, etc., et de le faire de manière régulière, la plus régulière possible. Ensuite, je cours tous les deux jours, entre 5 et 10 kilomètres. Et ensuite, une fois par semaine, j'essaye de me faire un gros trail, donc entre 25 et 40 kilomètres avec 2-3 millimètres de dénivelé.
Invité 1 Ah ouais, quand même.
Constance Donc, ça, en général, c'est le samedi ou le dimanche. Et après, j'ai un coach aussi à Strasbourg avec qui j'essaye de m'entraîner une fois par semaine où là, on essaye de vraiment pousser dans le dur, c'est-à-dire de vraiment, enfin, voilà, arriver au stade où on n'en peut plus, mais il faut continuer pour travailler le mental. Parce qu'évidemment, le mental, c'est aussi hyper, hyper important. Après, pour bosser le mental plus spécifiquement, enfin, moi, là, j'avoue, je n'ai pas trop de technique de rêve dans le sens où, moi, j'ai fait 10 ans de ski à haut niveau. évidemment, j'ai commencé le ski à 6 ans, enfin, j'ai commencé le ski à 2 ans et demi. je suis rentrée en club à 6 ans et j'ai fait ma première compète à 9 ans, du coup, 2 mois après le décès de mon papa. Parce que je sais que c'était son rêve et voilà, j'ai dit à ma mère, ok, je suis prête à en faire de la compète. Et j'en ai fait jusqu'à mes 18 ans et là, évidemment, un sport comme celui-là, c'est un engagement extrêmement fort et c'est aussi, en fait, le ski, c'est dehors, c'est à la montagne. Parfois, il fait moins 30, tu dois te mettre en mini-combi, là, toute fine et ça caille. voilà. Donc, déjà là, mentalement, pendant 10 ans, ça a été être capable de skier dans toutes les conditions possibles et imaginables et avoir un coach qui t'engueule la moitié de la journée. Bref, donc, mentalement, j'étais déjà assez prête à vivre des grosses difficultés et à devoir me dépasser et me surpasser et je savais ce que ça voulait dire. Après, ce qui est important, en fait, c'est d'essayer surtout de sortir de sa zone de confort et quand je dis ça, ce n'est pas forcément comme Mike Horn qui dit de faire des trucs de fou malade mais c'est plus sortir un peu de sa zone de confort au quotidien et de temps en temps de se dire ok, ça, je ne l'ai jamais fait mais vas-y, aujourd'hui, je le fais et ça peut être juste se dire d'habitude, je fais 20 km, je ne me sens pas capable de faire 25 mais aujourd'hui, je vais faire 25 et je vais aller au bout de mes 25. Et en fait, c'est juste au fur et à mesure rajouter une petite marche et se dire que je suis capable de faire un peu plus ou genre par exemple, si on court et qu'on n'a jamais fait un semi, se dire voilà, cette fois-ci, je me force même si je ne cours pas vite, tant pis, on continue et on essaye d'aller un peu plus loin. Voilà, c'est mes conseils.
Invité 1 Excellent. Donc, tu as un préparateur physique, préparateur mental, tu n'en as pas, tu t'appuies plutôt sur ton expérience du haut niveau.
Constance Oui, c'est ça. En fait, j'ai un peu un préparateur mental, enfin en tout cas, quelqu'un avec qui j'étais en contact pendant un moment mais au final, mes journées sont tellement chargées, je n'ai pas le temps et après, je sais que mon mental, il est déjà au taquet. Voilà, je veux arriver au bout de mes 7 sommets donc je ferai tout pour y arriver. quoi.
Invité 1 Oui, oui. Excellent. Oh là là, punaise. Ok, d'un point de vue, par curiosité, d'un point de vue logistique, le Denali, ça ressemble à quoi ? Tu es obligé de, enfin, c'est costaud, est-ce que tu es obligé de prévoir, tu vois, des avions spécialement pour ton expédition, ton projet ou tu as des lignes régulières qui t'amènent assez proche ?
Constance Il y a des lignes assez régulières après, effectivement, c'est quand même bien spécifique. Pas mal de gens font, en fait, le Denali, ça se fait de mai à juillet, c'est ce que je disais et donc de mai à juillet, effectivement, il y a des avions qui se posent là-bas mais c'est quand même très spécifique. Après, il y a 4 camps, il me semble. Enfin, je ne vais pas dire de conneries mais il y a 3 ou 4 camps mais qui sont très peu équipés. Ça veut dire, enfin, en fait, c'est juste, on dit, tu poses ta tente là, quoi. Mais il n'y a pas, enfin, ça se trouve, c'est tu poses ta tente là mais il y a 0 tent autour de toi et 5 ans. Voilà. Donc, tu peux potentiellement être très, très, très, très seul et après, c'est à toi de gérer toute ta nourriture, l'eau, c'est à toi de porter toutes tes affaires donc on tire une poule K et globalement, c'est à peu près ce que je disais avant, 70 kilos par personne.
Invité 1 Ok. Et donc, tu as des conditions de neige dès le départ ou tu commences par du trekking en marche d'approche ? Que de la neige. Ok.
Constance Ouais. On arrive direct sur un glacier donc c'est vraiment que de la neige tout le temps, quoi. C'est pour ça aussi qu'au niveau de la météo, il faut faire attention s'il fait trop chaud et que ça, enfin, la neige, ben, il y a trop de dégel, ça peut être vraiment dangereux.
Invité 1 Ouais. Ouais. Ok. Waouh. Celui-là, il me fait rêver de sommet, tu vois. J'ai vraiment l'impression que c'est un peu le…
Loïc Ouais, moi aussi.
Invité 1 Dans le sens aventure, tu vois, c'est loin, c'est pas très, enfin, pas très connu. Ça fait peut-être un peu moins touristique que le Mont-Blanc ou même l'Everest, ouais, on en parlait. Ben, j'en parlais avec Mike Horn dans son épisode.
Loïc Ouais.
Invité 1 Moi, j'ai cru comprendre qu'il ne voulait pas y mettre les pieds, tu vois. Il disait que même le K2 avait pas mal changé, donc…
Constance Je comprends et honnêtement, enfin, moi, pour le coup, je vais faire l'Everest parce qu'évidemment, ben, c'est dans mon challenge et c'est le but et puis… Et puis, en fait, enfin, en fait, ce qu'il faut vraiment se dire, c'est que mon challenge le fait parce que j'ai des enfants derrière moi qui ont envie et aussi, enfin, qui suivent tout ça, qui ont… qui regardent… qui regardent la map du monde, qui apprennent où sont les sept sommets, qui suivent l'aventure, qui veulent être au courant, etc. et c'est aussi ça, mon boost, dans le sens où, évidemment, je le fais pour mon papa et c'est ma priorité, enfin, voilà, c'est pour lui rendre hommage, mais derrière, il y a toutes ces personnes qui ont perdu quelqu'un et qui ont envie de croire que tout est possible dans la vie autant que moi et qui ont envie de me voir arriver au bout de ces sept sommets, donc je vais faire l'Everest parce que c'est dans les sept et que voilà, mais sinon, à titre personnel, je l'aurais jamais fait de ma vie, vraiment, je n'aurais jamais fait un sommet comme ça, mais voilà, là, c'est dans le challenge et ça va se faire comme ça et voilà, mais c'est vrai que comme Mike, sinon, je ne l'aurais pas fait.
Invité 1 Sur les sept, est-ce qu'il y en a qui t'attirent en particulier de ces sommets ? Tu semblais dire le Denali, est-ce qu'il y en a d'autres ?
Constance Ben, le Vincent en Antarctic aussi quand même parce que pareil, c'est le bout du monde, c'est le bout du monde, il n'y a rien et pour le coup, ben là, je sais que je rentrerais vraiment dans la case explorateur dans le sens où il y a quand même très peu de gens dans leur vie qui vont en Antarctique pour faire un sommet. Donc, je sais que si je coche cette case, voilà, c'est un peu l'excitation et c'est un peu de se dire tu as fait un truc de malade dans ta vie et en même temps, c'est ce que je n'arrête pas de me dire tous les jours, je me dis pourquoi tu es là, qu'est-ce que tu dois faire, quelle est ta mission et comment tu peux aider et apporter ta pierre à l'édifice. Donc, je pense que dans un sens, voilà, en faisant tout ça, je l'apporte aussi un petit peu et en partant sur des destinations comme ça aussi, quoi. Voilà.
Invité 1 Tu as des retours de gens qui te suivent justement, qui sont touchés dans leur famille par le cancer et qui voient à ce que tu fais ?
Constance Ouais, tous les jours. Ah oui ? C'est vrai ? Ah non, mais franchement, c'est hyper difficile, vraiment hyper difficile de gérer des réseaux sociaux parce que en fait, comme je fais souvent des petits médias à droite, à gauche et après, quand il y a une petite vidéo, bon, là, j'en ai fait une la semaine dernière, ça a super bien marché, la vidéo, elle a fait vraiment beaucoup de vues et donc, du coup, forcément, quand il y a beaucoup de vues, ça veut dire qu'il y a beaucoup de messages et beaucoup de messages, ça veut dire prendre beaucoup de temps pour répondre mais oui, tous les jours, tous les jours, j'ai des gens qui m'envoient un message et qui me disent j'ai vécu la même chose que toi, il y a aussi beaucoup de gens qui ont envie de s'investir dans l'association et devenir bénévole et voilà, nous, on a envie de pouvoir accueillir tout le monde dans l'assaut et que tout le monde puisse avoir son impact en fait, dans tout ça donc, le but aujourd'hui, évidemment, les réseaux, ils sont suivis partout en France, c'est qu'on ait un pôle dans chaque grande ville de France et qu'en fait, on ait un peu des ambassadeurs, des responsables de l'association de cette sommet à Montpellier, à Marseille, à Bordeaux, à Paris et qu'on puisse proposer des événements pour les enfants partout en France donc, ça commence à se mettre en place petit à petit et j'en suis trop contente donc, là, globalement, pour te dire, on a des familles à Lyon parce qu'on est en contact avec le centre Lyon-Berard qui est le plus grand centre de cancérologie enfin, le deuxième plus grand centre de cancérologie de France donc, on suit 4 familles, 4-5 familles à Lyon et on les a emmenées déjà à l'Olympique lyonnais on était en loge présidentielle la semaine dernière donc, trop cool, il y a d'autres enfants qui sont allés mercredi il y avait OL Chelsea chez les filles donc, on a eu 5 places offertes par le coach et après, on est à Montpellier aussi on est à Bordeaux à Tours on a des familles à Paris et à Lille voilà
Loïc ok donc,
Constance et puis, au fur et à mesure ça se développe un peu dans toutes ces villes donc, évidemment, c'est de la gestion c'est de l'organisation il faut qu'il y ait des événements il faut qu'il y ait des familles et donc, il y a toujours beaucoup de questions et pour le moment c'est un peu moi qui m'occupe de tout mais voilà, au fur et à mesure ça va je vais déléguer je vais faire de plus en plus quoi
Invité 1 super tu parlais de tes vidéos qui marchent bien et qui du coup déclenchent beaucoup de messages franchement, je ne suis pas trop surpris parce que je pense que c'est comme ça moi que j'avais découvert ton histoire je crois que c'était avec tu avais fait une vidéo au sommet de la Concagua il me semble
Constance alors, j'ai fait une vidéo au sommet de la Concagua et une au sommet du Mont Blanc alors, celle au sommet du Mont Blanc elle a fait 10 millions de vues
Invité 1 ah ouais, ok je suis quasi sûr que c'était celle de la Concagua que j'ai vue ouais, la Concagua
Constance elle a fait presque un million je crois
Invité 1 ok, ok je pense que c'est là parce que et en fait, tu vois, ce qui m'a marqué tout de suite c'est, on en parlait tout à l'heure c'est le message parce que forcément avec les thématiques du podcast j'ai beaucoup sur mes réseaux je suis beaucoup de gens qui font de l'aventure de l'exploration du trail du sport en général donc je suis abreuvé de vidéos de gens qui arrivent à des sommets qui partent traverser des océans à la voile je ne sais pas quoi mais il n'y a pas forcément toujours un message il n'y a pas du tout une notion tu vois, de jugement de valeur ou autre mais il y a rarement un message fort comme le tien tu vois, toi c'était un sommet et en fait je le fais pour mon papa et je vais en faire d'autres des sommets et je vais faire les 7 plus hauts sommets de chaque continent et du coup tu vois, ça m'avait vraiment marqué je m'étais dit attends, c'est d'un goût ce projet qu'est-ce que c'est que ça j'étais à la regarder j'avais vu que t'étais encore très jeune que t'avais un job à côté et c'est comme ça que tu vois, je me suis dit bah là, il y a plein de messages plein de messages à faire passer en fait avec un parcours comme ça donc je ne suis vraiment pas surpris que tes vidéos fonctionnent parce qu'on voit aussi l'émotion en fait tu vois, la concagua je ne pourrais pas te dire dans le détail ce que tu disais sur la vidéo mais je me rappelle que c'était en la voyant il y avait de l'émotion et d'ailleurs
Constance je vois la vidéo que tu as vue c'est celle où je parle en fait ça y est je suis arrivée au sommet de la concagua bah non mais c'est sûr que après moi je suis comme ça aussi quand je parle avec des gens ou quand je rencontre des gens et franchement j'adore rencontrer des gens vraiment mais n'importe qui en fait je suis toujours contente de parler et c'est vrai que pour moi c'est hyper important de toujours parler avec son cœur et d'essayer de transmettre un maximum d'émotions et surtout les émotions que je ressens au moment où je suis en train de vivre le truc et c'est pour ça aussi que j'essaye de me filmer dans mon quotidien un maximum parce que en fait quand il y a une nouvelle de dingue j'ai envie de le dire tout de suite et du coup j'ai envie de me filmer tout de suite et qu'on ressente que voilà genre là je suis trop contente il y a un truc de ouf qui vient de se passer là cette semaine j'ai eu des nouvelles mais incroyables genre je suis trop contente et c'est vrai qu'après j'en parle tout de suite à mes équipes parce que maintenant l'équipe s'agrandit j'ai une vingtaine de personnes qui bossent avec moi parce que sinon je ne pourrais plus et c'est vrai qu'en fait ils sont autant à fond que moi parce que j'ai envie de leur transmettre toute l'énergie que j'ai par rapport à ce projet et en fait c'est clair là mes réseaux même aussi sur TikTok je ne suis pas une grande fan de ce réseau social mais le projet marche super bien il y a aussi des vidéos qui très vite font le buzz et en fait c'est vrai que le fait que je raconte vraiment mon histoire mon projet et les raisons pourquoi je l'ai fait et qu'il y ait aussi cette cause derrière que j'ai envie de défendre c'est sûr que ça touche beaucoup de gens parce que ça touche les personnes qui font de l'alpinisme et qui font de la montagne ça touche les personnes qui ont perdu quelqu'un que ce soit des jeunes ou des plus vieux ça touche les enfants ça touche la recherche contre le cancer ça touche le cancer de manière générale donc en fait concrètement ça englobe pas mal de monde finalement
Invité 1 carrément carrément écoute Constance on arrive au bout est-ce que toi il y aurait un message alors il y a déjà plusieurs choses plusieurs fois où tu as dit moi ce que je retiens pour le moment c'est que l'impossible est possible et que quand on allie passion avec défis et le fait de sortir de sa zone de confort ça fait des choses incroyables mais est-ce qu'il y a autre chose que tu aimerais partager en guise de conclusion de cet échange
Constance oui il y a plusieurs choses que j'aimerais non la première chose on n'en a pas du tout parlé c'est que du coup je fais des films de chaque sommet et que et que donc là le chapitre 0 le Mont Blanc enfin j'ai fait l'avant première du coup à Strasbourg qu'on va le passer au Grand Rex en avril qui va aussi avoir une diffusion à Bordeaux et à Lyon et ensuite il sera dispo sur ma chaîne YouTube et j'espère dans le futur que ce sera dispo sur un gros diffuseur ou avec une grosse chaîne télé il y a des discussions par rapport à ça donc je crois les doigts qui faisons les doigts ça c'était le premier truc donc si les gens ont envie d'aller voir du coup le film le premier film après si il y a des gens qui veulent devenir bénévoles de l'assaut ou qui veulent contribuer peu importe en France c'est possible de le faire et qu'ils peuvent envoyer un mail à 7sommets.constance arrobas gmail.com alors avec le chiffre 7 et après j'aimerais vous dire que croyez en vous et croyez en vos projets et bossez pour arriver là où vous voulez arriver
Invité 1 génial génial merci beaucoup constance tout le meilleur pour la suite et puis on se planifie un épisode de débrief une fois que tu reviens de l'Everest et que tu as décroché tous tes records
Loïc ouais on fait ça trop bien
Invité 1 merci constance
Loïc merci ciao bye
Invité 1 merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité j'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistré si vous avez des feedbacks vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello arrobas lesfrappés.com je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie si vous appréciez mon travail la meilleure façon de me soutenir c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire merci beaucoup pour votre fidélité à la semaine prochaine pour un nouvel invité et un commentaire ou
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.