Éléonore On entend un feulement et en fait il y avait un jaguar qui était là et je pense qu'il devait avoir de la nourriture à protéger ou un truc comme ça. Et à un moment, on entend un tronc qui craque et en fait le jaguar il nous a chargé. Et on a vraiment vraiment pas trouvé d'eau pendant 24 heures donc la soif c'est terrible, c'est le pire truc qui puisse arriver je pense.
Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau. Et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement. Et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur terre alors autant les vivre à fond. Mon invité de la semaine Eleonore Luna est experte en techniques de survie en pleine nature. Infirmière de formation, elle décide de faire de la survie son activité à temps plein en 2017. Après avoir participé à une émission que beaucoup d'entre vous connaissent sans doute. Pendant cet échange elle nous partage des anecdotes qui lui sont arrivées pendant ces expéditions. Et vous l'entendrez c'est assez impressionnant. Et on revient également sur différentes techniques de survie. En l'occurrence celles qui marchent et celles qui ne fonctionnent pas vraiment. Ce que je retiens de ma rencontre avec Eleonore c'est qu'on est jamais suffisamment formé. jamais suffisamment prêt pour faire face à l'inconnu. La clé c'est donc d'avoir l'agilité mentale pour s'adapter rapidement. Merci Eleonore, excellente écoute à vous les frappes. Salut Eleonore ! Bonjour ! Ravi de te recevoir sur le podcast.
Éléonore Ouais merci !
Loïc Très très content, on va pouvoir parler de plein de choses. Mais je pense surtout d'un sujet qu'on n'a pas trop évoqué encore sur le podcast. Qui est le sujet de la survie, de la préparation aux expéditions. Comment est-ce qu'on monte en compétence sur des choses qu'on sait un peu moins faire aujourd'hui. Du genre allumer un feu, dormir dehors, se nourrir. Bref, sujet passionnant dont tu vas pouvoir nous parler. Et ce que je te propose c'est de commencer par te présenter, nous expliquer ce que tu fais.
Éléonore Oui, alors du coup moi je suis Eleonore. Et ce que je fais c'est que je suis formatrice en technique de survie. Donc j'encadre des stages de survie. Et je me suis associée pour créer une société qui ne fait que ça. Donc à la fois j'encadre sur le terrain, pour des particuliers, pour des entreprises. On a un gros catalogue de séminaires d'entreprise. Et puis la sauce a bien pris. Puisqu'aujourd'hui on a une vingtaine d'encadrants avec qui on collabore quotidiennement.
Loïc Génial, génial. Et donc pour tout dire, la façon dont cet échange s'est organisé, c'est que tu es la compagne de Julien. Julien que j'ai reçu il n'y a pas très longtemps pour un épisode. L'épisode d'ailleurs le plus long du podcast. On a énormément échangé, notamment sur le Népal. Et tout ce qu'il a fait avant, etc. Donc voilà, comme ça le lien est fait. C'est comme ça qu'on est entré en contact. Ok, donc survie, c'est une activité... Enfin, comment est-ce qu'on devient formatrice, experte en technique de survie ?
Éléonore Alors, ce n'est pas simple parce que c'est ce que tout le monde répand comme information avec plaisir. C'est qu'il n'y a pas de formation officielle de moniteur de survie. Et on a même tendance à dire qu'il n'y a pas de législation, ce qui est un peu faux. Enfin, même très faux d'ailleurs. Il y a une législation sur l'encadrement d'adultes dans la nature. Et donc, comment on dit informateur en survie ? D'abord, je me suis bien renseignée sur la législation, histoire de faire les choses bien. Ensuite, j'ai passé un CQP randonnée. Donc, c'est un petit diplôme qui n'est pas très difficile à obtenir, mais qui permet d'encadrer des adultes dans la nature en randonnée, en itinérance. Et puis, avant déjà et après encore et encore aujourd'hui, c'est se former tout le temps sur le tas, puisqu'il n'y a pas de vraie formation reconnue pour les compétences de survie pure. Et donc, je me suis formée auprès d'autres écoles, auprès d'autres collègues. Maintenant, on fait encore beaucoup de formations en interne, comme j'ai une petite structure qui tourne pas mal, comme on disait. Donc, tous les ans, on fait venir des spécialistes en premier secours en milieu éloigné, en botanique. Et on monte en compétences comme ça progressivement.
Loïc Oui, excellent. OK. Est-ce qu'il y a d'autres pays, peut-être en Europe ou dans le monde, ou c'est une activité qui est, pour le coup, où il y a un cursus en quelque sorte très clair, bien défini, où tu dois passer par des unités de formation les unes après les autres, ou pas du tout ?
Éléonore Non, en Europe, en tout cas, c'est sûr que non. À l'étranger, pas que je sache non plus.
Loïc OK.
Éléonore Il n'y a pas vraiment de formation. Il y a des formations, pareil, mais qui ne sont pas reconnues par des gouvernements, enfin par l'État, de guides d'aventure, des choses un peu comme ça, qui sont axées sur la pédagogie, qui se rapprochent un petit peu de l'AMM et tout ça. Mais malgré tout, c'est la législation du pays qui fait foi. Et en France, il y a quelques diplômes qui sont obligatoires et tout ça. Donc, ces diplômes européens, enfin ces formations européennes, qui ont l'air d'être très intéressantes sur le fond, elles ne sont pas tellement reconnues.
Loïc OK, d'accord. AMM, l'acronyme, c'est Accompagnateur Moyet de Montagne. Oui. Voilà. Je vais bientôt partager quelques stories sur le sujet. Oui, parce qu'AMM, en fait, tu couvres quoi ? Tu couvres… Donc, c'est vraiment l'encadrement de groupes dans des milieux montagne, mais non techniques.
Éléonore Oui, c'est un peu compliqué. En fait, il y a quelques années, la zone montagne a été abrogée, la définition de la zone montagne. L'Europe a mis la France à l'amande là-dessus. Et donc, la montagne n'est plus considérée comme un environnement spécifique. Et donc, l'accompagnateur Moyet de Montagne, il est un peu… Enfin, ce n'est pas qu'il a perdu de ses prérogatives, au contraire. Mais par contre, lui, la grosse particularité qu'il a, c'est qu'il peut encadrer des gens hors chemin. Parce que, par exemple, le CQP ne peut pas. Nous, on est censés rester sur les chemins et ne pas faire de gros hors-piste et tout ça. Et après, ils ont des modules complémentaires pour tout ce qui est activité de neige. Et là, il n'y a qu'eux, avec les guides de haute montagne, qui ont cette spécialité-là. Activité raquette, déplacement en environnement, enneigé et tout ça. Ça reste un environnement spécifique. Et donc, je pense que c'est vraiment là où ils ont une grosse, grosse plus-value.
Loïc Ok, ok, ok. Super. Excellent. Et qu'est-ce qui t'a attiré, tu vois, initialement ? Qu'est-ce qui fait que tu as eu ce switch ? Puisque ce n'était pas ton activité avant. Avant, tu étais infirmière, c'est ça, si je ne me trompe pas ?
Éléonore Oui, tout à fait. Je suis infirmière. Enfin, je suis toujours infirmière, en vrai, sur le papier, même si je ne pratique plus. Et depuis 2002, j'ai eu mon diplôme d'infirmier en 2002. Donc, j'ai exercé comme fonctionnaire, infirmière, tout ce qui est de plus classique. J'ai travaillé un peu en réa, un peu aux urgences. J'ai été formatrice en premier secours. Enfin, voilà, j'ai fait pas mal de petites choses. Et j'ai été cadre à la fin. Et en fait, je me suis prise de passion pour ça à côté. Je faisais déjà des bivouacs assez roots avec les potes. Ce n'était déjà pas du bivouac sous-tente et tout. On faisait des trucs un peu foufous. Et donc, ça me plaisait. Et donc, je faisais ça. Je faisais beaucoup de randos à cheval. J'avais une jument. Et donc, je passais mes journées. Et une grosse partie de mes soirées, voire, je rentrais à minuit aux écuries et tout. Voire, je partais sur plusieurs jours et tout à ma jument. Et donc, il a fallu que je commence à me former un peu à l'orientation. Parce qu'après t'être perdue trois, quatre fois, tu te dis que mon petit moyen de faire mieux. Donc, tu t'apprends un peu l'orientation et tout. Et puis après, tu te dis, peut-être qu'il y a des moyens. Genre avec les potes, on allait dormir dans des sacs poubelles dans la neige. Tu vois, on trouvait que c'était rigolo.
Loïc Ah ouais, ok.
Éléonore Ouais, c'est du bivouac un peu roots. C'est déjà pas le bivouac classique. Et en fait, on galérait quand même franchement. Ce n'était pas des nuits très paisibles. Mais c'était cool. Le lendemain, tu es hyper content. Tu te dis, je l'ai fait et tout ça. Et en fait, je me suis dit, bon, il y a peut-être moyen d'optimiser le truc. Et peut-être que les stages de survie, je pourrais apprendre des trucs qui vont être utiles, que je pourrais transmettre à mes potes et qui seront avec pas beaucoup de matos un peu mieux. Et c'est effectivement ce que j'ai trouvé. Donc, tu vois, j'ai fait un premier stage, un deuxième, un troisième. Et puis, ça a mordu. Et puis, j'ai commencé à former mes potes comme ça pour transmettre la bonne parole. Et en fait, je me suis vraiment prise de passion pour ce truc-là. Et c'est devenu une passion dévorante. Et il y a un moment où la passion dévorante, tu ne peux pas avoir ton métier qui te prend 35 heures par semaine. Et je me suis dit que ça allait être compliqué de cumuler les deux, qu'il allait falloir faire quelque chose. Et puis, en 2017, j'ai eu une opportunité. J'ai été contactée sur les réseaux sociaux par un chargé de casting qui m'a dit, écoute, on lance une nouvelle émission de survie. Est-ce que tu veux participer ? Alors, je n'avais pas la télé chez moi. Je ne regarde pas du tout la télé. Genre Koh-Lanta et tout, je ne suis pas tellement méga fan de ce genre de programme. Et puis, il m'a un peu vendu le concept en disant que ça allait être un truc super authentique et tout. Je me suis dit, bon, allez, appelez-moi demain. Je donne mon numéro de téléphone et tout. Et puis, du coup, j'ai passé tous les castings. Et j'ai été prise pour Wild, la course de survie, une émission qui est passée sur M6, qui a été diffusée en 2018, mais du coup, qui a été tournée en 2017. Ça s'est fait assez vite. Où il a fallu former un novice à travers le monde, en mode survie, donc sans eau, sans nourriture, très peu de matériel. Et j'ai rencontré quelqu'un qui était consultant survie sur l'émission, donc qui était chargé de la sécurité des candidats et qui avait repéré en amont les différents risques, les différents environnements dans lesquels on allait, et tout ça, qui nous formait succinctement, on va dire, aux limites et aux risques de chaque environnement, qui s'appelle Damien Lecouvet. Et Damien habite à une heure de chez moi. Et il avait sa boîte, il faisait des stages de survie. Et donc, il m'a dit, non, mais quand l'émission, le tournage était terminé, il me dit, non, mais il faut continuer à se voir. On s'entend super bien. On a les mêmes... Enfin, on a deux profils assez complémentaires. On est dans le même truc et tout. Il faut vraiment qu'on fasse quelque chose. Et donc, on est rentré en juillet. Je crois qu'en septembre, je faisais le premier stage avec lui. Et j'ai monté mon entreprise, ma micro-entreprise dans la foulée. Et le temps qu'on fasse l'administratif et tout, en janvier 2018, Time on Target était immatriculé. Et voilà.
Loïc Excellent. Excellent. L'aventure a été lancée. Génial. Mais du coup, tu dirais que c'est, avec un peu de recul maintenant, donc cette passion, cette activité qui te prend énormément de temps en dehors de ton boulot, visiblement, tu as trouvé quelque chose de très fort. Est-ce que tu arriverais à mettre des mots dessus ? Qu'est-ce que c'est ? C'est la liberté ? C'est la connexion à la nature ? Tu pourrais le dire plus précisément ?
Éléonore Oui, c'est vraiment un mélange de beaucoup de choses. Il y a forcément, au départ, c'est la connexion à la nature, le plaisir, c'était pour moi d'aller dans la nature, de bivouaquer, ça, c'est génial. Et puis, d'apprendre à identifier des choses dans ton environnement, des ressources que tu vas pouvoir utiliser. Et quand tu commences à mettre le doigt là-dedans, tu te dis, finalement, il y a plein de ressources que je n'ai pas besoin de prendre dans mon sac puisqu'elles sont dans mon environnement. Et tu vois, tu montes en compétences, donc c'est hyper grisant d'apprendre des nouvelles choses et tout ça. Et puis après, il y a un côté aussi, surtout par exemple dans Wild, où j'ai vécu quand même des situations assez extrêmes et tout, hyper grisant de te dire, en fait, la survie, c'est la pyramide de Wiseman qui dit que la base de la survie, c'est l'attitude, la volonté. Au-dessus des capacités physiques, du matériel, des compétences et tout, la base, c'est vraiment la volonté. Et en fait, tu te rends compte que, enfin, moi, je me suis rendu compte que moi, qui ne suis pas une sportive de haut niveau, 1m60, qui suis assez lambda au niveau physique et tout, j'étais capable de faire des trucs de ouf. et j'ai vécu des situations de dingue et c'est hyper addictif. Je pense que tous les gens qui sont passés par les frappés, tu dois avoir ce truc en commun. Il y a un truc, l'adrénaline, tu sais, créer des endorphines, c'est hyper addictif. Et de te dire, en fait, je peux faire des trucs de ouf. Et je me suis dit, mais si moi, je peux faire des trucs de ouf, en fait, tout le monde peut le faire. Mais il faut juste arriver à transmettre le bon virus et à passer le petit moment d'inconfort. Parce que forcément, il y a toujours un moment où tu te demandes un peu ce que tu fous là et tu te dis, mais pourquoi je m'inflige ça ?
Loïc Et c'est ça, mais après, tu te dis,
Éléonore mais c'est parce que je kiffe.
Loïc Ouais. Mais la bonne nouvelle, j'ai l'impression, c'est qu'on a tendance à après vite oublier les moments d'inconfort, tu vois, les galères et tout. On ne se rappelle que des bons moments. Le cerveau est bien fait. J'avoue, c'est ce qui est
Éléonore ses meilleurs souvenirs, finalement. C'est un peu les... les galères qu'on a vécues, quoi.
Loïc Ouais, carrément. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur Wild ? Parce que je ne te cache pas que j'en ai déjà entendu parler forcément, puisque je te disais en off, j'ai eu la chance de recevoir Rémi Camus sur le podcast qui y a participé aussi. Je ne sais pas.
Éléonore Ah bah lui, il a gagné, lui.
Loïc Il a gagné, voilà, c'est ça. Je n'étais pas certain, je ne voulais pas le dire, mais ok, il a gagné. Et comme toi, à l'époque, je n'ai pas la télé et je t'avoue, je regarde rarement ce genre d'émission.
Éléonore sept experts, entre guillemets, en survie. Alors, des experts, c'était nous, enfin, Rémi, moi, et puis cinq autres. Et sept novices, donc des gens qui avaient été bien castés quand même pour être vraiment, qui n'avaient vraiment jamais vécu dehors, jamais dormi dehors, jamais rien fait d'un petit peu atypique et tout, qui avaient des vies très classiques, on va dire, enfin, très routinières. Et on devait partir avec un binôme dans les cinq environnements les plus extrêmes de la planète, sans eau, sans nourriture, avec très, très peu de ressources, avec un mini kit de survie qui avait été confectionné par Damien. Et on devait encadrer cette personne et traverser, on a commencé par la savane au Botswana, donc on avait une course qui avait tous la même distance et c'était le premier qui arrivait au centre. Donc, il y avait quand même une petite notion de rapidité et il y avait aussi une notion de savoir trouver des ressources, savoir étudier un peu le terrain, sachant qu'on n'avait pas de carte, voilà, pour arriver au point central.
Loïc Ok, d'accord, ok. Donc, vraiment, assez rustique quand même, plonger dans des environnements hards, mais avec très, très peu de ressources et l'idée, c'était de se débrouiller, de tout trouver, ce que tu disais un peu plus tôt, finalement, d'utiliser ce qu'il y avait autour de soi, enfin, d'être capable d'utiliser ce qu'il y avait autour de soi pour s'en sortir.
Éléonore Ouais, complètement. Et puis, donc, on a commencé par la savane au Botswana, après, on a fait le désert du Kalahari, on a fait la jungle amazonienne, après, la Toupissa, c'est un plateau de haute altitude, ça ressemble un peu au Grand Canyon, au niveau des paysages, c'est pas très loin du Salardouiuni, et on a terminé dans la Cordillière Royale, en très haute altitude, c'était assez, assez physique, pour le coup.
Loïc T'évoquais, enfin, tu disais que tu t'étais rendu compte, j'ai l'impression que Wilde, c'était un peu le trigger qui fait que tu t'es rendu compte que tu pouvais faire des choses complètement dingues, et finalement, aller beaucoup plus loin que ce que tu imaginais avant. Est-ce qu'il y a des exemples, peut-être, tu vois, d'expérience ou de défi que tu as réussi à surmonter pendant cette épreuve, en particulier, qui t'ont marqué ?
Éléonore Ouais, complètement, il y a beaucoup de choses, il y a plein de trucs hyper impressionnants qui me sont arrivés, mais les vrais, les vrais déclics, c'est les choses qui finalement, c'est tout le reste, c'est tout le vécu et le ressenti global de l'expérience, mais en parlant de trucs de ouf, parce que c'est ça qui va plaire aux auditeurs, je pense, les anecdotes, ça a commencé, alors au Botswana, c'était un petit truc entre guillemets, mais ça a déjà été un moment hyper magique pour moi, c'est qu'en fait, la deuxième nuit qu'on a passée en bivouac, il y a des hyènes qui sont venues sur le campement et en fait, on les a entendues qui aboyaient, enfin, c'est un cri hyène, c'est un peu chelou, j'avais jamais entendu des vraies hyènes en vrai dans la vraie vie et donc je ne savais pas que ça faisait trop ce bruit-là et on les a entendues s'approcher petit à petit et en fait, elles sont venues mais vraiment tout près du campement et comme on avait fait le feu, j'avais un peu réalimenté le feu parce que j'étais qu'à moitié sereine quand même, on m'avait dit que ce n'était pas un animal dangereux donc je n'étais pas hyper inquiète et je l'ai vraiment vécu comme un moment hyper magique, en plus mon binôme, il dormait donc je n'ai pas voulu le réveiller pour ne pas l'inquiéter non plus parce qu'il était un petit peu stressé et tout donc je me suis dit si je lui dis qu'il y a des hyènes à 15 mètres de nous, ça va être un peu la panique et en fait, je les ai observées, je les regardais tourner autour du feu, je pense qu'elles venaient voir si on n'avait pas laissé traîner à manger ou des trucs comme ça et il n'y a pas souvent des gens qui bivouacent au milieu de la savane donc c'était une super expérience, ça c'était un premier truc pas très difficile à vivre mais magique, moi je l'ai vraiment marquant, magique. Après, on a eu un autre moment un peu moins magique mais qui a été aussi une très très grosse expérience où là je me suis dit j'étais venue pour trouver mes limites, je crois que je les ai trouvées là, c'est que j'ai passé 24 heures sans boire dans la savane parce qu'on n'a pas trouvé d'eau, c'était vraiment en zone sèche, en saison sèche et on n'a vraiment vraiment pas trouvé d'eau pendant 24 heures donc la soif, c'est terrible, c'est le pire truc qui puisse t'arriver je pense. Donc tu as la langue qui gonfle, tu as du mal à parler et en fait, petit à petit, tu ne peux plus aligner trois points de QI et trois neurones pour réfléchir à quoi que ce soit, il n'y a plus que l'eau qui compte donc j'ai essayé toutes les techniques de survie qu'on voit dans les livres et qui sont incroyablement efficaces sur le papier et terriblement inefficaces dans la vie c'est-à-dire mettre des végétaux dans des sacs étanches pour les faire transpirer, pour récupérer des litres d'eau et tout ça, ça ne marche pas beaucoup alors on a récupéré quelques gouttelettes d'eau au fond de notre sac et tout, c'était pas fou. j'ai phagocyté ma trousse de survie parce que je me suis dit tiens, dans la trousse de survie c'est sûr on a du sérum Phi donc j'ai bu les pipettes de sérum Phi qu'on avait pour tenir un peu vaguement le cap et tout et en fait, ça a été vraiment une expérience hyper difficile mais je me suis rendu compte que malgré tout j'ai réussi quand même à avoir deux, trois petits élans de lucidité à me dire bon, à essayer de prendre de la hauteur par rapport à la situation qui était quand même assez compliquée à gérer et puis ça a été aussi un reality check parce que tout le long de ces 24 heures ces 24 premières heures où j'ai pas trouvé d'eau en fait, je me disais c'est obligé la prod ils ont étudié le terrain ils ont un consultant survie ils ont forcément réfléchi à des points d'eau ils se s'arrangent pour que sur notre parcours on passe par des points d'eau c'est obligé pour que tout se passe bien dans le meilleur des mondes comme à la télé quand on voit Koh Lanta ils trouvent des poissons et du riz et des trucs et donc inconsciemment je comptais sur la prod et en fait ça a été un très gros reality check parce que au bout de 24 heures je me suis dit mais en fait la prod elle a rien prévu du tout elle nous laisse vraiment nous démerder et donc je ne peux compter que sur moi-même et ça a été une grosse prise de conscience de me dire mais en fait il n'y a que moi qui peux me sortir de cette situation et après ça a été mon credo pendant toute l'émission donc on a fini par trouver un tout petit peu d'eau ça a été compliqué au bout des trois jours à l'arrivée j'ai été perfusée j'ai eu trois litres plein ballon parce que j'ai fait une syncope et c'était assez extrême j'en rigole et tout aujourd'hui je le raconte sur un ton assez léger mais c'était quand même en vrai c'était chaud c'était très très chaud et et en fait ça a été par contre une grosse prise de conscience et puis hyper valorisante pour moi de me dire en fait il n'y a que moi qui peux me sortir de cette situation et donc c'est à moi mon binôme compte sur moi en plus j'avais une position par le fait de l'émission par le fonctionnement de leader et de chef et d'expert donc le binôme se reposait sur moi et je me suis dit c'est à moi de me sortir les doigts et de trouver des solutions et en fait quand tu es dans cette position là tu te rends compte que des solutions tant que tu peux en trouver plein et donc j'ai pris de la hauteur physiquement il y avait un endroit il y avait une colline et j'ai pu avoir une vue il y avait une grande vue dégagée sur cette savane toute jaune et toute sèche et toute aride et en fait à un endroit qui n'était pas vraiment sur mon trajet qui m'obligait à faire un petit détour il y avait une zone qui ressemblait vraiment à une oasis comme dans les films qui était toute verdoyante on aurait dit de la jungle au milieu de cette savane toute sèche et donc je me suis dit que s'il y avait de l'eau quelque part c'était là et donc on a pu trouver pas grand chose mais un tout petit fond d'eau dans un lit de rivière asséché et tout qui nous a permis vaguement de de gratter quelques millilitres et d'aller de tenir plus ou moins vaguement le choc jusqu'à l'arrivée et tout donc ça a été et c'était une bonne prise de conscience parce qu'après j'ai gardé ce truc là en tête tout le long des treks qu'on a fait derrière et en me disant bon bah la prod clairement ils n'ont rien prévu on est vraiment livrés à nous même et bien allez il faut que je me démerde il faut que j'y arrive
Loïc du coup comment tu tu vois par rapport à ce que t'expliquais que t'avais une position de sachante vis-à-vis de ton binôme comment tu fais pour gérer quand t'es dans cette situation tu vois 24h sans eau machin comment tu fais pour gérer aussi la partie émotionnelle relationnelle pour pas qu'il soit en mode panique totale en se rendant compte qu'en fait jusqu'à ce que tu trouves l'oasis t'avais juste pas de solution quoi
Éléonore ouais bah en fait la chance que j'ai c'est que j'étais déjà formatrice donc j'ai l'habitude de parler à des groupes j'ai l'habitude de travailler dans le relationnel j'étais quatre donc je travaillais avec des équipes à gérer des conflits un petit peu tu vois t'as toujours des histoires et tout donc j'ai quand même je pense à ce discours la formulation positive tu sais on dit toujours la formulation positive et tout c'est hyper important mais c'est vraiment hyper important et plutôt que se focaliser sur on a pas d'eau machin sans le mentir non plus sans lui lui faire mirouater des trucs en disant mais je sais on va trouver de l'eau dans une heure t'inquiète pas parce que c'est faux tout en étant réaliste il faut arriver à avoir le positif à dire écoute on est dans une telle situation c'est un peu dur mais on va forcément y arriver on va trouver des trucs regarde là il y a une colline on va faire ça on va faire ci si ça ça marche pas et ben on trouvera autre chose il y a une autre technique c'est comme ça et la dernière technique c'est on s'arrête de marcher on va creuser un truc on va attendre par condensation tu vois d'essayer d'être dans le positif dans voilà les solutions que je te propose alors on sait pas si elles vont marcher mais on va faire comme ça et du coup la personne elle peut se focaliser sur se raccrocher à un truc plutôt un petit peu positif dans tout ce bordel et ça permet quand même pas mal de gérer les crises qui pourraient arriver il faut anticiper avant qu'elles arrivent parce qu'une fois que la personne elle pète un câble c'est ouais
Loïc ok
Éléonore et je pense que ça ça a été une de mes forces parce qu'il y a beaucoup d'autres ouais il y a beaucoup d'autres binômes dont les experts n'avaient pas cette pédagogie je pense qui étaient un petit peu plus sanguin et ça s'est vu à l'écran il y en a qui ont littéralement pété des câbles qui ont insulté leurs novices et tout et ça marchait pas très très bien
Loïc tu m'étonnes ouais ok tu disais que donc vous avez fini par trouver de l'eau est-ce qu'il y a eu d'autres d'autres péripéties de ce type tu vois vraiment marquantes qui ont été pour toi des gros apprentissages sur la suite de Wild
Éléonore ouais par exemple il y en a plein j'ai été éliminée suite à la première épreuve parce que mon binôme a craqué tout ça c'était un peu difficile comment dire physiquement et tout ça finalement on a pu réintégrer l'épreuve il y avait une on a dû faire une épreuve de feu de démarrage de feu sur une butte dans le désert du Calari beaucoup de vent en condition pas très facile finalement malgré les apparences et on était en concurrence contre un autre binôme et donc l'expert devait guider son novice pour démarrer un feu mais nous on n'avait pas le droit de toucher ni au fire steel ni au matériel ni à rien et une fois que le feu était démarré il fallait qu'on le déplace sous un vent des enfers pour aller enflammer un comment dire une sorte de de totem qui était au centre un truc un peu plus loin et là je me suis révélée particulièrement je pense efficace dans le guidage de mon novice avec formulation positive encouragée il y a un moment où je lui ai dit de respirer parce que je voyais qu'il montait un peu en pression qu'il commençait un petit peu à trembler je lui ai dit stop arrête tout pose ton fire steel regarde moi respire concentre toi pose ton fire steel c'est reparti et tac tac tac et on a réussi très bien l'épreuve on a pu redémarrer et l'épreuve suivante ça a été dans la jungle où en fait je pense que j'ai tout eu dans la jungle je me suis piquée par les fameuses fourmis balles de fusil tu sais ces fourmis dans la morsure fait dans la légende aussi mal qu'une balle de 9mm
Loïc ah oui c'est un rituel de passage d'ailleurs dans certains coins ils mettent les mains dans des gants qui sont remplis de ces fourmis ils doivent venir ah ok c'est autre chose
Éléonore ouais c'est des autres c'est des fourmis de feu mais il y en avait aussi mais bon j'ai eu les fourmis balles de fusil c'est pas mal aussi et elles sont très très grosses elles sont grosses comme un gros pouce et il y a des fourmis noires avec des pattes dorées et en fait pas de bol j'ai la fourmi balle de fusil qui est tombée dans mon col de chemise malgré le fait que j'avais une chèche autour du cou et puis un chapeau avec des bords un peu longs et qui m'a piqué dans le dos et ça fait alors je ne sais pas si ça fait aussi mal qu'une balle de 9mm parce que je ne m'en suis jamais prise mais par contre ça fait quand même très très mal pendant une journée je n'étais pas bien tu peux avoir de la fièvre moi j'ai eu la chance je n'en ai pas eu mais j'étais vraiment le dos tout gonflé c'était assez horrible 5 minutes après j'ai attends qu'est-ce qui nous arrive on est tombée sur des mouches à feu donc les mouches à feu c'est des sortes d'abeilles en fait donc on est tombée sur des mouches à feu qui te poursuivent pendant des kilomètres et tout donc coup de bol pour moi la journaliste avait mis du parfum donc c'est elle qui a attiré les mouches à feu ok et et et quelques temps après donc on n'avait pas d'eau comme j'avais vraiment manqué d'eau au Botswana je m'étais focalisée là-dessus je me suis dit il faut absolument que je trouve de l'eau et tout donc j'entendais le bruit d'une rivière qui coulait donc j'avance en essayant vraiment de me focaliser sur le bruit de la rivière qui coulait et tout ça me faisait vraiment faire un détour par rapport à notre chemin à notre point d'arrivée on avait un azimut vers le point d'arrivée mais je me suis dit c'est la priorité parce que si on ne trouve pas d'eau je ne me retrouve pas dans la même situation qu'O Botswana parce qu'on va mourir au milieu de la jungle c'est un peu chaud et donc j'avance j'entends un peu ces bruits de rivière clairement on avance et tout et à un moment la végétation elle est un petit peu plus clairsemée donc dans la jungle je ne sais pas si tu as déjà été dans la jungle
Loïc non non jamais pardon
Éléonore donc dans la jungle c'est hyper dense et des fois en une heure tu vas avancer de 250 mètres par exemple en une heure parce que c'est tellement dense quand tu passes vraiment du temps à léonner à découper la végétation et tout et là à un moment c'est un petit peu plus clairsemé la végétation s'ouvre un peu et en fait clairement il y a des traces de vie d'un animal et ça sent mais l'urine de chat hyper fort je n'avais jamais senti cette odeur là mais il y a un truc hyper primitif ton corps il te dit il y a un danger il ne faut pas que tu restes là et je savais qu'il y avait des jaguars dans la zone mais on m'avait dit que les jaguars étaient très craintifs de l'être humain donc j'étais assez confiante et je me suis dit je vais faire du bruit donc j'ai surjoué le truc je rigolais je racontais des blagues à mon binôme on me disait qu'il y avait peut-être un jaguar mais que ce n'est pas grave ils avaient peur de l'homme et je tapais dans les mains et on rigolait et tout va bien et je continuais à suivre ce bruit que je pensais être le bruit de la rivière en fait pour la petite histoire j'ai découvert après ça que ce n'était pas du tout le bruit de la rivière c'était juste le vent dans la canopée donc dans les feuillages au-dessus de nous et qu'il n'y avait pas du tout de rivière enfin bref c'est pas grave et en fait un petit peu plus loin on a continué à avancer on entend un feulement et en fait il y avait un jaguar qui était là et je pense qu'il devait avoir de la nourriture à protéger ou un truc comme ça et à un moment on entend un tronc qui craque et en fait le jaguar il nous a chargé littéralement donc ce qu'il ne faut pas faire c'est on nous avait enfin moi on m'a toujours dit il ne faut pas tourner le dos à un prédateur il faut faire passe et donc j'avais bien cette info là dans ma tête ça a dû durer je pense un quart de seconde mais en un quart de seconde tu n'imagines pas tout ce qui te passe dans la tête et je me suis dit mais bon il ne faut pas tourner le dos à un prédateur ok bon bah et puis je me suis revue quand j'étais gamine j'étais abonnée à 30 millions d'amis et tout ça et j'avais revu un reportage que j'avais vu sur les gardes en Inde qui gardaient les parcours il y a des tigres et un mec qui s'était fait sauter dans le dos par un tigre et qui s'était fait croquer et qui avait survécu mais il avait des trous dans le crâne de fou et donc je me suis dit bon bah c'est voilà il va m'arriver ça j'ai eu une belle vie c'était cool j'ai bien profité c'est un peu triste mes enfants vont mes enfants vont grandir sans leur maman mais bon c'est l'heure pour tout le monde un jour et moi c'est l'heure c'est maintenant et puis en pensant à tout ça j'étais en fait en train de faire de 8 tours et de courir très très loin parce qu'il y a une dissociation entre ce que ton cerveau il pense et ce que ton cerveau il fait il y a vraiment un truc c'est assez dingue et puis j'avais la machette parce que j'étais en tête pour l'ayonner donc je me suis dit bah peut-être je peux mourir dignement il y a peut-être moyen de faire un barou de donneur et donc je me suis retournée en fait le jaguar nous avait juste repoussé il s'était arrêté lui depuis depuis une seconde peut-être il s'était il s'était figé donc j'ai fait marche arrière tranquillement sereinement et comme à chaque fois que je suis stressée j'ai été prise d'un fourrir assez terrible et donc je suis revenue vers mon binôme qui était en état de choc et qui était lui complètement en sidération totale enfin vraiment stressée et moi je rigolais et je rigolais et j'étais complètement euphorique et je disais oh là là j'aurais dû le voir d'encore plus près je suis déçue voilà
Loïc oh punaise ok oh l'histoire de fou ok donc bonne expérience ouais ouais t'as vu mais du coup tu t'es retrouvée à un moment donné avec le jaguar est-ce que tu l'as vu de face au moment où il charge ou c'était les bruits qui t'ont fait comprendre qu'il arrivait
Éléonore non non on est vraiment dans la végétation j'ai vu je l'ai pas vu sauter j'ai vu un mouvement si tu veux parce qu'il devait être un peu loin et que j'étais pas focalisée là dessus à ce moment là et par contre après j'ai vu vraiment le truc qui nous fonçait dessus dans l'herbe dans la végétation un peu enfin l'herbe les plantes quoi le mouvement mais comme dans un film un truc vraiment une masse qui te fonce dessus t'as vraiment cette sensation que t'as je sais pas 50 kilos de muscles qui te foncent dessus quoi et après je l'ai aperçu mais je l'ai pas bien vu je l'ai aperçu à la fin quand il était figé et que j'ai reculé et j'étais tu vois vraiment dans cet état d'euphorie absolument totale et c'était c'est trop cool
Loïc incroyable incroyable ok donc Wilde j'ai quand même l'impression que ça a été une sacrée expérience pour toi est-ce qu'il y a des choses que tu vois que t'as apprises même si t'étais voilà t'es arrivé en posture d'experte mais est-ce qu'il y a des choses que t'as apprises sur toi ou même d'un point de vue tu vois de technique que t'as pu réinjecter après derrière dans tes stages dans les formations que tu proposes
Éléonore ouais bah j'ai surtout appris qu'il y a beaucoup de trucs qui marchent pas il y a beaucoup de trucs que tu vois en théorie moi j'avais fait des stages de survie des stages de survie en France donc t'es dans un environnement qui est l'environnement européen, français forêt tempérée et tout moi j'avais je suis plus forêt d'ailleurs que montagne je vais pas beaucoup beaucoup en montagne et donc je maîtrisais à peu près un petit peu mon environnement j'avais en tout cas une certaine maîtrise de l'environnement mais j'avais jamais pratiqué dans la savane dans la jungle dans la très haute altitude à 5500 mètres d'altitude et tout ça je connaissais pas tellement mais comme j'étais passionnée j'avais beaucoup lu et beaucoup bouquiné et beaucoup vu de vidéos YouTube mais surtout beaucoup lu de livres références de livres d'experts et en fait je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de trucs un peu bullshit qui circulaient et qui étaient transmis depuis 50 ans tu vois et qui marchaient pas dans la vraie vie et donc c'est devenu un peu un de mes credos ce truc là et aujourd'hui j'adore débunker les trucs qui sont partagés à l'infini dans les livres de survie et pour dire ça je l'ai fait et j'ai testé dans plein de conditions bah ça marche pas et voilà pourquoi ça marche pas et j'aime bien un peu
Loïc est-ce que tu pourrais nous faire un top 2, 3 tu vois des trucs qui vraiment marchent pas
Éléonore ouais ouais les trucs top 2, 3 qui marchent pas bah allez la technique de je mets du charbon dans mon eau ça c'est partagé à l'infini on te dit tu peux faire un filtre à eau en mettant différentes couches de tissu tu vas mettre du sable tu vas mettre de la mousse alors la mousse ça marche pas ça filtre pas et en plus c'est hyper ça capte vachement les polluants et tout donc c'est une très mauvaise idée et tu prends le charbon de ton feu de bois et tu vas mettre ton charbon de bois en eau le charbon de bois c'est pas il y a eu un amalgame de fait entre le charbon de bois et le charbon actif le charbon actif ça marche comme un aimant et ça capte les métaux lourds et les agents polluants mais le charbon de bois ça capte rien du tout et ça marche pas du tout et alors encore moins quand tu l'écrase pour faire une sorte de poudre parce que les gens ils mélangent l'idée de le charbon actif ça capte des trucs et un filtre c'est des petits grains qui filtrent l'eau mais en fait ça marche pas comme ça donc ça clairement c'est un mélange de deux infos qui sont vraies et qui donnent un truc qui marche pas tu vois les trucs qui marchent pas j'ai plein de trucs sur l'eau mais après j'ai pas tellement de trucs sur autre chose le truc que tu creuses un puits dans la terre et tu vas mettre une bâche au dessus et tu vas laisser condenser tu vas récupérer de l'eau par condensation sur ta bâche ça c'est pareil c'est très très dépendant de l'environnement et pour l'avoir testé dans plusieurs environnements tu récupères au mieux la plus grosse par climat équatorial très chaud beaucoup de condensation et tout j'ai récupéré 250 ml en 24 heures
Loïc ah ouais
Éléonore donc il n'y a pas de quoi tu vois t'hydrater vraiment
Loïc ok oh là là
Éléonore qu'est-ce que j'ai vu j'ai vu des trucs sur les premiers secours dans le top 3 quand tu as une hémorragie par un grand expert en survie il faut laisser saigner un petit peu non non non quand tu fais une hémorragie tu laisses pas saigner un petit peu tu compresses tu comprimes ou tu garottes tout de suite mais tu laisses pas saigner un petit peu ça marche pas c'était pourquoi le fait de laisser saigner
Loïc un petit peu pour éviter que ça s'infecte ou des trucs comme ça pour chasser des saletés ou c'était quoi l'idée
Éléonore ouais j'imagine que c'est ça l'idée que si tu laisses saigner un peu tu laisses couler le sang ça va retirer les toxines ou je sais pas les trucs qui sont en surface mais non non ça marche pas comme ça et si ça doit s'infecter de toute façon t'as une plaie ouverte donc ça s'infectera derrière et quand tu gères l'urgence tu gères pas l'infection c'est pas ton problème tu sauves la vie de ton pote déjà et l'infection on verra après une fois que l'hémorragie elle arrêtée on se posera la question de savoir si c'est propre ou pas mais je pense qu'il y a une question de priorité
Loïc ok c'est super intéressant ce que tu dis toi finalement c'est surtout par rapport à la notion de c'est des choses qu'on nous partage depuis un bon moment tu vois des fois il y a des trucs on peut voir sortir tu peux voir sortir des choses il y a une espèce de tendance ah ouais il faut faire ça tu vois j'en sais rien sur des régimes ou sur des types de chaussures c'est super bon d'avoir un gros amorti mais c'est j'ai l'impression que c'est souvent des croyances qui durent pas forcément longtemps dans le temps et là ce que tu dis c'est que là il y a des techniques de survie qu'on se passe depuis un moment qui en fait fonctionnent pas du tout comment est-ce que t'as fait du coup pour toi revoir un petit peu ton catalogue et faire en sorte d'avoir des méthodes des outils qui pour le coup marchent vraiment tu testes absolument tout tu essaies de trouver des nouvelles méthodes
Éléonore ouais alors je teste tout déjà et après je prends pas non plus le biais parce que tu pourrais avoir le biais de dire j'ai testé ça marche pas donc c'est faux mais tu vois peut-être que je teste pas bien peut-être que j'ai pas les bonnes conditions et tout donc j'essaye vraiment déjà de mettre de la science derrière de mettre de la compréhension ça c'est ma formation scientifique à la base et pourquoi pourquoi cette technique là elle marche par exemple l'eau tu vois il y a beaucoup de trucs sur l'eau le truc de faire un distillateur solaire avec deux bouteilles que tu connectes entre elles tu mets de l'eau de mer dans une des deux ça chauffe et du coup ça condense et ça distille et ça part dans la seconde bouteille et tu vas récupérer une eau désalinisée donc ça en théorie ça marche très bien il n'y a pas de problème sauf qu'en pratique c'est hyper dur à reproduire parce que tu n'auras jamais un dispositif 100% étanche tu n'auras jamais une bouteille en verre qui va sur le feu que tu vas pouvoir faire chauffer donc j'ai essayé plein de trucs avec des bouteilles en plastique mais qui se contractent et du coup l'eau de mer passe dans la seconde bouteille enfin bon j'ai essayé plein plein de trucs et ma réponse aujourd'hui et ce que je transmets à mes stagiaires aujourd'hui c'est que cette technique là par exemple en théorie et sur le papier elle marche très bien mais en pratique je n'ai pas d'alambic sur moi dans ma poche et donc ça va être très compliqué à reproduire voire quasiment impossible donc il y a aussi des choses qui peuvent marcher sur le papier mais qui vont être très dures à reproduire donc j'essaye vraiment de comprendre quelle est l'explication scientifique derrière cette technique là et si l'explication scientifique elle est plausible et tout je vais essayer de le faire et je vais voir pourquoi ça marche et pourquoi ça marche pas et quelles sont les difficultés pour lesquelles ça marche pas et après je transmets soit ça clairement ça marche pas soit ça ça marche en théorie mais en pratique c'est un peu dur
Loïc ok parce que tu dirais que c'est quoi les grands piliers en survie on a beaucoup parlé de l'eau donc j'imagine que c'est un pilier essentiel mais il y a quoi d'autre ?
Éléonore en fait il y a la fameuse règle des trois qui est un bon moyen mnémotechnique et un bon résumé de ce dont on a besoin pour vivre c'est on vit 3 minutes sans air sans oxygène 3 heures sans abri sans chaleur 3 jours sans boire 3 semaines sans manger et après 3 mois on a l'hygiène et les contacts sociaux et il y en a qui rajoutent 3 secondes avec la connerie en 3 secondes tu peux mourir d'une connerie mais en vrai la connerie t'emmène vers autre chose donc l'air ça veut dire quoi ? ça veut dire que t'as besoin de maîtriser de respirer bien sûr mais t'as besoin de maîtriser les premiers secours parce que les premiers secours c'est le sang qui va acheminer l'oxygène vers les muscles donc t'as besoin de maîtriser les premiers secours après les 3 heures sans abri sans chaleur t'as besoin de savoir faire un feu de savoir monter un abri de savoir gérer une hypothermie savoir te réchauffer quand t'as pas de feu connaître toutes ces techniques là 3 jours sans boire t'as besoin de savoir où est-ce que tu vas trouver de l'eau où est-ce que tu vas la chercher comment tu vas la recréer entre guillemets quand t'en as pas à portée de main comment tu vas la rendre potable 3 semaines sans manger ça peut être la pêche la chasse la cueillette ou alors simplement prendre de la bouffe avec toi ouais
Loïc ouais ouais le 3 jours sans boire je trouve que celui-là il est vraiment terrifiant alors je sais pas si j'ai un blocage ou pas mais sur toutes mes tu vois quand je prévoyais des sorties longues à vélo ou des grosses randos etc c'est honnêtement je pense rarement aux autres je sais pas me faire un abri par exemple tu vois mais ça me traverse pas l'esprit de me dire si je me paume qu'est-ce qui se passe par contre l'eau c'est un truc sur lequel j'avoue que je bloque mais systématiquement il faut que j'ai un plan pour l'eau
Éléonore ouais mais c'est terrible manquer d'eau c'est le pire truc qui puisse t'arriver en vrai mais après l'abri par exemple tu disais ça peut être savoir t'abriter d'un orage savoir quelle est la conduite à tenir face à un orage c'est pas forcément fabriquer une cabane tu vois l'abri c'est savoir t'abriter des conditions extérieures savoir prendre un pont de chaud si tu sais qu'il va pleuvoir ou une cape de pluie voilà
Loïc ok d'accord ok ouais donc il n'y a pas forcément la notion de construire un truc c'est plus se protéger en fait comment tu te protèges des éléments
Éléonore ouais c'est ça
Loïc ok excellent oh là là et donc toi dans tes formations aujourd'hui elles sont organisées comment est-ce que tu organises en fait admettons que demain je vais faire de la survie est-ce que je dois d'abord me former est-ce que je dois me former sur chacun de ces trois piliers est-ce que c'est tu as une approche toi qui est globale ou où tu intègres tout ça se présente comment
Éléonore ouais en fait on va avoir les stages sur un week-end on appelle ça les stages essentiels où on repasse en revue la règle des trois et on apprend à subvenir à ses besoins face aux accidents les plus courants là-dedans et comment choisir ton matériel en conséquence et comment utiliser ton matériel ou le détourner donc l'idée c'est que en deux jours tu peux te débrouiller avec un petit peu de matos après tu as le stage avancé qui dure trois jours c'est le stage on va dire le niveau d'après où on apprend à faire la même chose mais cette fois-ci sans matériel d'accord donc voilà c'est juste apprendre à se débrouiller sans matériel utiliser uniquement les ressources qu'on va trouver dans la nature
Loïc ok
Éléonore et après on a un stage de quatre jours où on fait tout on commence avec du matos et jour après jour on en retire un petit peu donc tu apprends à choisir ton matos à faire avec à détourner ton équipement et à faire sans uniquement avec les ressources que tu as autour de toi
Loïc ok punaise et donc à l'issue de ce stage long en théorie les participants sont autonomes c'est à dire qu'ils peuvent demain ils se retrouvent en pleine forêt j'en sais rien dans les Vosges ils peuvent potentiellement se débrouiller et faire face aux trois gros challenges que tu évoquais là
Éléonore ouais tout à fait oui oui et à la plupart des situations on va dire les situations les plus courantes et anticiper évaluer les risques et savoir faire face aux situations les plus courantes on va dire or vraiment truc exceptionnel après malheureusement tu as toujours des cas de figure des situations auxquelles tu ne vas pas savoir faire face et c'est pour ça qu'il y a des gens qui continuent à mourir d'accidents on ne peut pas malheureusement on ne peut pas faire face à tout et on n'a pas réponse à tout mais déjà tu as quelques clés pour t'apprendre à réagir aux trucs les plus courants
Loïc ouais ouais tu vois sur le point de l'alimentation en particulier moi j'ai vraiment le sentiment qu'aujourd'hui c'est peut-être que c'est parce que je ne baigne pas dans cet univers donc à toi de me dire mais j'ai l'impression qu'il y a quand même plein de choses qu'on n'est absolument plus capable de faire tu vois moi je ne sais pas te dire envoyer un champignon s'il est comestible ou pas je sais vaguement reconnaître des fruitiers etc mais enfin se débrouiller complètement sans carte sans outil sans rien sur la partie alimentation eau c'est quand même ouais c'est quand même méga chaud on n'est plus dans des sociétés où c'est quelque chose qu'on fait fréquemment tu vois ne serait-ce que le week-end ou quoi je pense qu'il y a encore quelques générations des fois j'en parle avec des invités notamment des forces spéciales qui expliquaient qu'on a perdu on n'est plus aussi rustique et à l'aise en nature que qu'il y a la génération ne serait-ce qu'il y a une génération tu vois
Éléonore ouais complètement ouais et en fait ce qu'il y a c'est que déjà la nourriture c'est trois semaines donc si tu te perds en pleine nature et qu'on ne te retrouve pas au bout de trois semaines c'est que tu n'as vraiment pas été très bon tu vois la plupart du temps les gens on les retrouve au bout de 48-72 heures déjà ouais et après l'idée c'est que nous ce qu'on essaie de transmettre c'est que c'est bien aussi d'avoir un fond de sac dans lequel tu vas avoir deux trois trucs à manger avec pas grand chose un bouillon cube une barre de céréales et tout tu peux déjà tenir tu vois ça va te prolonger un petit peu et après dans la nature tu n'as pas besoin de connaître beaucoup de choses savoir identifier trois plantes que tu vas trouver un peu partout en toute saison dans ton environnement hortie, pissenlit, plantain déjà tu as 80% de chance de pouvoir tomber sur une des trois quand tu es en France tu ne vas pas te nourrir tu ne vas pas grossir mais ça va te permettre d'avoir un semblant d'énergie et de calories et de micronutriments pour tenir un peu le choc ok
Loïc ok et donc toi aujourd'hui avec tes connaissances par exemple tu disais qu'au tout début tu expliquais que ce qui était grisant c'était finalement de gagner en connaissance et de pouvoir retirer des choses de ton sac que tu emmenais initialement avec toi parce que finalement tu te débrouilles sans avec ce que tu trouves est-ce que typiquement c'est réaliste de se dire que tu pars en rando tu vois en trek sur plusieurs jours en prenant moins de nourriture et en comptant sur ce que tu vas retrouver en chemin ou tu peux mais tu passerais genre la journée à récolter du pissenlit pour pouvoir te nourrir
Éléonore ouais ouais ouais il y a quand même beaucoup de ça ça prend du temps en fait tu peux en théorie tu peux tout refaire à partir de la nature tu peux partir sans rien mais ça prend énormément de temps tout prend plus de temps un exemple qui est assez frappant je trouve c'est le matelas de sol tu vois les petits carré mousse les petits matelas de sol le premier prix chez Decathlon qui font 2 cm d'épaisseur ils ont une capacité d'isolation un R-value à un certain chiffre pour avoir la même capacité d'isolation il faudrait que tu fasses un matelas de feuilles mortes et sèches de 80 cm de hauteur
Loïc ah ouais
Éléonore donc c'est possible et ça prend vachement de temps tu vois j'aime bien cette image là parce que entre je prends mon carré mat qui pèse 200 grammes qui coûte 10 balles et qui va m'isoler du sol ou alors je peux le faire dans la nature c'est faisable mais il va falloir une bonne demi-heure de ramassage de feuilles mortes
Loïc ouais ouais d'accord
Éléonore donc la nourriture c'est pareil tout est faisable mais ça va te prendre beaucoup de temps
Loïc ouais ouais ok ouais très clair ok les gens qui viennent du coup chez toi pour des stages généralement qu'est-ce qu'ils viennent chercher de la connaissance de l'autonomie c'est juste un intérêt tu vois un intérêt pour l'outdoor il y a un peu un fil rouge quelque chose de commun
Éléonore non il n'y a pas vraiment de fil rouge c'est vraiment très divers on fait toujours un tour justement pour connaître les motivations de chacun et en fait tu as toujours des gens qui veulent bivouaquer qui veulent se lancer et qui n'y connaissent rien et du coup ils partent vraiment de zéro des gens qui bivouaquent déjà un petit peu mais qui se disent peut-être qu'il y a moyen soit d'apprendre à faire face à quelques imprévus soit d'optimiser un peu le matériel d'apprendre des nouvelles techniques et d'aller un petit peu plus loin dans la pratique et après tu as des gens qui cherchent l'autonomie quand même de plus en plus là je suis assez surprise c'est récent mais là je vois depuis particulièrement depuis un an des gens qui me disent on ne sait pas comment ça va tourner et on se dit que d'avoir quelques connaissances de ce qu'on peut trouver comme ressources dans notre environnement c'est pas mal et ça c'est assez récent malgré tout je pense que la guerre en Ukraine n'y est pas pour rien mais les gens s'inquiètent quand même et ça c'est c'est pas moi c'est ce que je dis le stage de survie je pense que c'est pas l'idéal si demain c'est la guerre et qu'on se prend qu'on se fait attaquer je suis pas sûre que le fait d'être bon en stage de survie puisse beaucoup t'aider mais enfin bon ça reste une expérience intéressante
Loïc et dans la façon dont tu formes les gens etc ou les techniques de survie en général est-ce que t'as nécessairement besoin d'être en groupe par exemple quand tu apprends les gestes de premier secours est-ce que t'es obligé est-ce que c'est nécessaire d'avoir quelqu'un qui t'aide à poser un garrot etc ou l'idée étant d'apprendre aux gens à être vraiment autonome même solo
Éléonore non non l'idée c'est que tu peux tout faire en solo bien sûr il n'y a aucun problème au contraire très souvent les gens ils partent c'est rare qu'ils partent tout seuls tout seuls mais il y en a qui partent tout seuls et l'idée c'est que tu ne sais pas ce qui peut arriver ton groupe tu peux te perdre tu peux faire une chute et te retrouver isolé et tout donc les techniques à plusieurs c'est cool mais savoir les faire tout seuls c'est quand même essentiel
Loïc ouais ok super clair super dans son épisode Julien nous disait qu'il y avait a priori un trip au Népal qui se préparait on avait pas mal parlé j'ai cru comprendre que tu allais être de l'aventure sûrement ouais comment est-ce que tes connaissances en survie et le fait que tu sois j'imagine parfaitement autonome en nature comment est-ce que ça impacte la façon dont tu construis tes treks tes expéditions quand tu pars sur des destinations un peu loin et j'imagine un peu long comme le Népal
Éléonore je pense que déjà j'ai une anticipation un peu plus juste de mon équipement et des risques une évaluation des risques un petit peu et par exemple je vois Julien qui est très qui est un gros gros baroudeur et qui a une expérience à la base plus empirique alors que moi je suis plus dans la connaissance avant de mettre en pratique tu vois ces deux façons de fonctionner un peu différentes et donc la dernière fois qu'on est parti je l'ai amené à se poser des questions qui ne s'étaient jamais posées par exemple s'il nous arrive un truc une urgence vitale un problème médical et tout on appelle qui ? tu vois en France t'appelles le 112 mais en Népal t'appelles qui ? je ne t'ai jamais posé la question donc tu vois ce genre de petits détails c'est bien d'avoir une deuxième réflexion en plus au niveau en plus bon là au Népal la difficulté c'est qu'il y a quand même le risque physiologique avec le mal aigu des montagnes donc là dessus au niveau des traitements qu'on a pris des choses comme ça on a anticipé un peu différemment et après ça nous a amené aussi on est parti en janvier dernier déjà au Népal l'avantage c'est que sur le terrain je suis quand même très autonome et je peux faire face à plein de situations et je ne stresse pas beaucoup je gère assez bien ça tu vois je ne suis pas sujette à la panique et donc ce qui nous est arrivé par exemple au début de notre trek quand on est parti on était en ascension vers Gokyo et en fait on s'est perdu je le dis on l'avoue et donc on se retrouve en pleine montagne à peu près à 4h30 de marche du prochain village de la prochaine colonie de nuit parce qu'il est 18h30 et c'était l'hiver donc il fait très nuit déjà il faisait à peu près peut-être moins 15 il faisait froid mais pas non plus en glacial mais il faisait il fait déjà froid tu vois il fait moins 15 et donc ça aurait pu être la panique mais il y a un petit replat je dis écoute tu sais quoi il est 18h il commence à faire nuit on est à 4h de marche du prochain truc fait chauffer la pop-up je m'occupe de la tente et en 4 minutes on avait un abri qui était monté les sacs de couchage dépliés au sec machin Julien avait fait réchauffer la petite tartiflette lyophilisée et on était bien on a passé la meilleure nuit de notre vie c'est trop cool et tu vois je pense que du coup ça permet le fait d'avoir quelques techniques et d'être autonome sur le terrain et de gérer ça permet de passer par des situations qui pourraient être des situations hyper galères voire des situations de survie tu vois si on avait continué à marcher de nuit dans la glace et tout tu peux faire une hypothermie tu peux chuter tu peux te faire une entorse ça peut devenir assez dramatique et en fait nous on a juste passé une nuit de ouf à 3000 mètres d'altitude au pied d'un pont suspendu et tout et c'était trop bien ok
Loïc c'est sûr que ton mindset il est juste déterminant ça peut absolument tout changer une situation c'est exactement ce que tu viens d'expliquer mais à peu près dans toute discipline tu pars faire un tour en voilier il t'arrive un truc je pense à ça parce que j'écoute un podcast de la SNSM il y a des gens qui racontent leur sauvetage en mer la SNSM c'est la société nationale du sauvetage en mer c'est que des bénévoles qui vont chercher des gens en détresse en mer et en fait il y a des gens qui se retrouvent il y a un épisode qui m'a marqué où ils expliquaient qu'ils sont arrivés sur un bateau qui était en train de qui était à la dérive mais qui flottait etc simplement il y avait beaucoup de mer et en fait ils sont tombés sur les membres d'équipage qui étaient assis à l'extérieur donc sur le pont en pleine tempête trempés et genre c'était plus de son plus d'image les sauveteurs leur parlaient ils ne répondaient plus en gros ils disaient mais on a vu des gens qui attendaient la mort et quand tu entends ça tu te dis punaise mais c'est dingue si ton cerveau shut down potentiellement en fait tu te laisses mourir alors que si tu avais une attitude différente ce n'est pas une question de jugement après je ne sais pas ce que ces gens ont vécu mais c'est un peu ce que tu expliques toi tu as ta capacité à rester calme à être orienté vers l'action à trouver des solutions etc c'est clair que ça peut faire une grosse différence pour avoir marché du coin de Gokyo alors je ne sais pas vous arriviez d'où ? vous avez fait direct Namche et Gokyo ? de Lukla ah de Lukla oui c'est ça
Éléonore on est arrivé de Lukla enfin en plusieurs jours on a fait Lukla on s'est arrêté dans un premier petit bled je ne sais plus comment ça s'appelait à mi-chemin après on est remonté sur ouais peut-être bien Fagdin on est remonté jusqu'à Namche et puis après on a continué et comme on était tout seul quasiment dans le parc tous les lodges étaient fermés donc on a été un peu conditionnés par les quelques lodges qui étaient ouverts ouais
Loïc mais c'est ça tu vois pour être passé dans la même zone que vous moi c'était en été c'était quand même déjà tu te rends vite compte que c'est isolé si tu arrives un truc les secours sont un peu loin alors en hiver j'imagine que la propension a paniqué quand tu te rends compte que le seul lodge ouvert il est à 4h30 de marche et qu'il fait nuit je suppose que ça peut être un environnement bien facteur de stress si tu n'es pas trop habitué qui ne sait pas quoi faire
Éléonore ouais complètement puis tu vois on en revient à ce que je disais au tout début la pyramide de la survie la base c'est l'attitude et la volonté et ceux qui se mettent sur le pont de leur bateau et qui attendent la mort ils ont moins de chances de survie que celui qui se dit peut-être je vais me protéger de l'orage et de la potentielle hypothermie en me mettant à l'abri soit à l'intérieur de mon bateau soit en sortant une bâche peut-être pour essayer d'être un peu proactif
Loïc voilà fascinant ok et bien écoute on a bien bien échangé sur toute la partie technique de survie est-ce que au-delà du Népal est-ce que toi il y a des gros projets sur lesquels tu es en train de travailler en rapport avec ton activité de formation en survie
Éléonore ouais on est en train de replanifier j'ai beaucoup de mal à le faire parce que parce que j'ai un planning de fou furieux mais de replanifier un départ pour l'Indonésie donc c'est un séjour sur une île déserte que j'avais montée il y a quelques années et puis qui marche bien qui est une super super expérience assez engageante assez intense quand même physiquement physiologiquement et là je voudrais le proposer pour cet automne donc il faut que je m'active il faut que je le mette en vente là j'ai plein de gens qui attendent que ça que j'ouvre les inscriptions et qui me harcèlent et donc il faut que j'ai des dates à leur donner et donc il faut que je replanifie tout ça et je voudrais que ça dure un petit peu plus longtemps donc on passerait deux semaines en Indonésie dont une semaine complète sur l'île déserte et une semaine avec à aller rencontrer un peu des communautés de pêcheurs locales du coin c'est une région qui n'est pas du tout touristique qui est restée très sauvage qui a beaucoup de ressources et tu as vraiment la sensation d'être seul au monde
Loïc excellent trop bien et donc si les gens veulent en savoir plus sur tes activités et potentiellement y participer le plus simple c'est quoi c'est ton site internet
Éléonore ouais time on target en tapant time on target survie sur google ils vont tomber dessus et sinon d'aller sur le site www.t-o-t.fr ou alors de me suivre sur les réseaux sociaux où je partage plein d'astuces et je débunk plein de trucs de survie qui ne marchent pas donc c'est Eleonor Luna pareil j'aime bien les formats hyper courts hyper condensés hyper didactiques parce que je trouve que c'est une bonne porte d'entrée pour capter l'attention des gens et ceux qui sont très intéressés pourront après approfondir il y a plein de ressources disponibles en livre sur le net sur youtube maintenant il y a quand même beaucoup de contenus très qualitatifs
Loïc ouais excellent super bah écoute je mettrai le lien en description et puis toi t'as un site perso aussi Eleonor Luna ouais
Éléonore il est pas très à jour mais ouais j'ai un petit site c'est plus histoire d'avoir une vitrine parce que ça arrive comme on le demande et voilà
Loïc ok super et bah écoute je mettrai tout ça en description de l'épisode un grand merci Eleonor c'était un super moment franchement c'est chouette parce que ça m'a donné envie de finalement de monter en compétence de devenir un peu plus autonome parce que c'est des choses auxquelles on pense
Éléonore faut venir faire un stage tu viens quand tu veux
Loïc bah voilà ça se trouve un stage mais tu vois parce que je pense que quand ça t'arrive tu te dis punaise mais en fait là j'ai l'air bien con à pas savoir allumer un feu autrement qu'avec un briquet ou un réchaud à gaz tu vois donc ouais je pense que c'est le genre d'activité où tant que ça t'arrive pas ça va mais le jour où ça t'arrive que tu sais pas comment faire bah là tu regrettes de pas avoir pris le temps de te former après tout 2, 3, 4 jours c'est pas non plus super long donc merci en tout cas pour ces super partages et puis bah écoute peut-être à bientôt sur un stage qui sait
Éléonore ouais merci beaucoup à toi pour l'invitation ouais tu me dis en vrai tu me dis et tu viens quand tu veux
Loïc trop bien un grand merci à l'honneur et puis bah écoute bonne préparation pour le Népal et bah peut-être à une prochaine alors
Éléonore ouais avec plaisir merci encore pour l'invitation salut
Loïc merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité j'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer si vous avez des feedbacks vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello arrobas lesfrappés.com je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie si vous appréciez mon travail la meilleure façon de me soutenir c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire merci beaucoup pour votre fidélité à la semaine prochaine pour un nouvel invité pour un nouvel invité pour un nouvel invité pour un nouvel invité pour un nouvel invité Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada Sous-titrage Société Radio-Canada
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