Rémi Les Frappés de la Terre Tu passes du désert à la haute montagne, à nouveau désert, à la haute montagne assez fréquemment. Du coup, c'est de s'adapter, s'acclimater. Puis, vu que tu as quand même assez de pression quand tu vas vers le nord, c'est d'arriver avant l'hiver. Donc, tu as quand même fait des gros kilomètres. En général, je faisais en moyenne 40 kilomètres par jour.
Loïc Bienvenue sur Les Frappés, le podcast qui vous fait découvrir chaque semaine un parcours tout aussi authentique qu'inspirant. Je suis Loïc Blanchard, ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui coach et cofondateur de Papyrus, la solution qui permet aux entreprises d'engager et de retenir leurs talents. Ma mission est de vous aider à prendre conscience que l'impossible est possible, de vous autoriser à rêver, de passer à l'action et de vous donner les moyens de repousser vos limites. Cette semaine, je reçois Rémi. Rémi, c'est un marcheur au long cours qui a récemment bouclé le CDT, le Continental Divide Trail, un sentier de randonnée au long cours de 5000 km qui traverse les Etats-Unis depuis la frontière mexicaine jusqu'au Canada. Dans cet épisode, on parle bien évidemment de résilience et de dépassement de soi à travers le récit d'anecdotes croustillantes que Rémi nous partage et qu'il a pu vivre au cours de ses 5 mois d'aventure. Alors c'est parti, on boucle les sacs à dos et on part aux Etats-Unis sur le CDT avec Rémi. Excellente écoute à vous les frappés.
Rémi Et bien écoute, bienvenue Rémi sur le podcast. merci Loïc pour cet accueil
Loïc c'est super avec grand plaisir, très content qu'on est à nouveau un membre de la communauté des marcheurs fous puisqu'on avait commencé avec Jeanne ensuite on avait eu Béatrice on a eu Cindy et maintenant Rémi génial que tu sois là pour nous expliquer un petit peu plus ce que tu fais, ton parcours on va peut-être commencer par ça et puis on rentrera dans le détail de la dernière aventure franchement complètement folle que tu as réalisé il n'y a pas très longtemps donc je suis bien bien content qu'on puisse prendre le temps aujourd'hui pour parler de tout ça je te laisse peut-être commencer par le commencement, nous expliquer qui est Rémi
Rémi Ok, très bien, du coup moi c'est Rémi, j'ai 29 ans, je suis né aux Etats-Unis à Eugène dans l'Oregon, mais j'ai grandi en France j'ai un peu vécu en Allemagne et puis je faisais des allers-retours entre les Etats-Unis pour voir ma famille aux Etats-Unis et donc moi ma grande passion depuis ces dernières années, depuis 2018 c'est de marcher des marches plutôt longs cours et donc j'ai fait plusieurs traversées la première en 2018 j'ai fait la traversée du Tirol donc du sud de l'Allemagne jusqu'à l'Italie c'est le E5 ça s'appelle, le sentier ensuite en 2019 là beaucoup plus long j'ai fait le Pacific Crestrell le fameux la classe et 2020 c'était plus court j'ai fait le VR54 les écrins c'était un peu plus compliqué avec le Covid 2021 là je suis reparti encore la France j'ai fait traverser des Alpes de la Corse et de la Provence sans vraiment de plan c'était un peu selon ce qu'on me disait il faut que t'ailles par ci il faut que t'ailles par là c'était assez rigolo et enfin là la dernière aventure c'était cet été entre avril et septembre, j'ai fait la traversée des Rocheuses, le fameux Continental Divide Trail, CDT, pour ceux qui connaissent.
Loïc Excellent. Waouh. Donc déjà, PCT, CDT, des gros, gros, gros morceaux. Bon, le GR5, je crois que c'est quand même aussi costaud. C'est quand même 30 jours. Ouais, ok, ouais. Donc c'est quand même aussi costaud. Surtout si tu as enchaîné. Donc tu as fait quoi, GR5, GR20, et en Provence, c'était quoi ?
Rémi C'était le GR99. Je suis parti de Menton. Non, pas Menton. Le Grand Port, c'est... Zut.
Loïc À Toulon ?
Rémi Toulon, merci. Toulon jusqu'à les Gorges du Verdon. D'accord, ok. Et je pense qu'il va être le seul marcheur au mois d'août. C'est assez fou. Il y avait des alertes incendies. Il n'y avait pas d'eau. Du coup, j'allais dans les cimetières pour me ravitailler en eau. j'ai jamais été au tour de cimetière de ma vie
Loïc ouais ouais ouais cet été c'était quand même assez compliqué dans le coin je me rappelle de journée par 42 degrés ici à Aix c'était intense
Rémi ça rigole pas
Loïc malheureusement ça va pas aller en s'améliorant bah non non ok donc récemment le Continental Divide Trail donc c'est une traversée
Rémi Du coup, tu pars avec la frontière, avec le Mexique. Ah oui, et tu montes au Canada. Et tu montes au Canada. Comme le Pacifique restrait, c'est plus les états du centre. Oui. Par les rocheuses. Tu fais d'abord, là, tu es dans le désert, c'est le Nouveau-Mexique. Après, les hautes montagnes du Colorado. Ensuite, tu passes par le Wyoming. Là, c'est plus varié. Tu fais désert, haute montagne. Tu passes notamment par Yellowstone, que tout le monde connaît. et après c'est Idaho, Montana où là c'est un peu bizarre tu fais un peu les deux puis après tu passes vraiment au Montana et tu finis à Glacier National Park qui vaut vraiment le détour génial
Loïc et donc au total juste pour qu'on ait un peu une idée donc tu disais de avril à septembre t'as vraiment marché de avril à septembre où il y a eu des périodes de pause de plusieurs semaines par exemple au milieu
Rémi du coup j'ai commencé c'était le 26 avril où j'ai commencé vraiment à la frontière avec le Mexique. Et après, je suis arrivé le 6 septembre à la glace, à la frontière avec le Canada. Et il y a juste un moment où je n'ai pas pu finir le nouveau Mexique parce qu'il y avait des alertes d'incendie. Ils ont fermé les forêts nationales. Et du coup, là, avec des randonneurs, on a sympathisé et on a loué un van et on a fait un road trip pendant 9 jours pour attendre parce qu'on n'était encore que à mi-mai et c'était un peu encore trop tôt pour accéder aux hautes montagnes à plus de 4000 quand même au Colorado donc ça faisait un peu tôt pour rentrer donc c'est dit de profiter du beau temps plutôt du Nouveau-Mexique et donc on a fait des découvertes d'anciennes ruines de natifs américain. On a fait du frisbee golf. C'était assez rigolo dans le désert. Par contre, des fois, tu avais des grosses bourrasses devant, donc après, il fallait rechercher son frisbee. C'était vraiment rigolo. Et enfin, le plus fou qu'on ait fait, c'était qu'on allait faire le parc national Great Sand Dunes National Park dans le Colorado. Et là, tu as à la fois les grandes dunes de sable, style dune du Pila, et derrière t'as des hautes montagnes les Sand Cristo si je dis pas de bêtises et c'est des hautes montagnes à 4000 enneigées ça c'est au même endroit t'as l'impression c'est Star Trek ouais et là c'est vraiment dingue et du coup
Loïc cette pause cette pause en van elle a duré combien de temps ? c'était 9 jours ce voyage dans le voyage 9 jours ?
Rémi ouais et on a attendu une fois que c'était les conditions étaient meilleures pour rentrer dans le Colorado et pouvoir continuer ensuite le périple. D'accord,
Loïc donc il y a moins de deux semaines entre fin avril, début septembre où tu n'as pas marché, donc c'était quand même un sacré périple. Tu as en tête le nombre de kilomètres que ça représente, le
Rémi CDT ? Du coup, en totalité, si tu fais vraiment le sentier en tout, c'est 5000 kilomètres. Et après, ce qui est la particularité que le CDT, contrairement par exemple au Pacific Crest Trail, c'est qu'il n'est pas encore fini. Et Pacific Crest Trail, tu as juste un sentier et c'est tout. Alors que CDT, tu as plein de sentiers. Et après, tu choisis un peu ton aventure. Tu choisis ce que tu veux faire. Donc, tu as ton appli qui s'appelle Gotook. Maintenant, c'est Far Out. Et du coup, tu as le tracé officiel, c'est la ligne rouge. Mais après, tu peux avoir la ligne rose, la ligne bleue, la ligne jaune, etc. Et donc, après, tu choisis. Là, ça m'intéresse. Je vais plutôt faire la bleue, la violette et ainsi de suite.
Loïc D'accord. Je ne savais pas du tout qu'il n'y avait pas de tracé unique sur celui-ci.
Rémi C'est le plus récent. Il est des années 80, alors qu'Appalachian, la côte Est, c'est des années 30. PCT, c'est plus les années 60, donc ils ont eu beaucoup plus de temps. Il y a une plus grosse communauté pour le finir, alors que le CDT, c'est toujours en cours. C'est des endroits bien plus isolés. Ce n'est pas toujours évident d'envoyer des équipes pour bosser sur les sentiers.
Loïc ouais ouais au moment où on enregistre la semaine prochaine il y a un épisode qui sort avec un smoke jumper un français mais qui est smoke jumper au Canada et on parlait justement de cette notion de grands espaces d'immensité absolue il expliquait que lui il est pompier que la zone sur laquelle il intervient je crois qu'ils sont en tout 80 si je ne dis pas de bêtises c'est la superficie de la France donc ils sont 80 pompiers pour l'équivalent de la France en superficie donc ça te fait un peu te rendre compte de l'énormité de la chose quand tu dis que ça prend du temps parce que c'est un peu isolé qu'il n'y a pas forcément, c'est difficile d'envoyer des gens ouais voilà à l'échelle des Etats-Unis il faut bien se rendre compte qu'il y a un paquet de coins qui sont quand même paumés c'est pas le GR20 où t'as une route à proximité quasi tout le temps
Rémi ouais puis par exemple le Wyoming c'est le 10ème état mais il y a moins d'habitants que Nantes aggloment quoi alors que c'est tout tu as 500 000 habitants dans tout le Wyoming et Nantes aggloment c'est 800 000 tu le ressens bien
Loïc c'est ce que j'allais te demander à quoi ça ressemble au quotidien pour toi j'imagine que ça dépend aussi des sections mais une fois que tu te lances sur le sentier c'est quoi l'impact de cet isolement en termes de logistique, de planification d'accès aux secours potentiellement ?
Rémi Et du coup tu as quand même l'application qui est vachement sécurisante, tu as le GPS en permanence du coup tu sais à peu près où tu es quand même des fois tu es dans les canyons donc tu n'as pas trop de réception mais globalement tu sais où tu es donc déjà c'est quand même sécurisant par rapport à les randonneurs qui faisaient ça dans les années 80, ils faisaient juste ça à la carte, au compas, tu avais plus de chances de te perdre là quand même à ce niveau là t'as quand même moins de risques après aussi le gros risque c'était surtout dans la partie désertique c'était le manque d'eau il y avait des grosses parties où t'avais pas d'eau en 30-40 km donc là il fallait bien gérer son eau et j'ai une anecdote en tête où on avait mal géré avec d'autres randonneurs il y avait 50 km où on avait plus d'eau entre la source et la prochaine il y avait 50 km et on pensait avec 5 lits qu'on en allait être large pas du tout et gros coup de bol il y avait une route et on a réussi à arrêter des pick-up ils nous ont donné de l'eau du coup heureusement ça s'est bien fini mais là on n'était pas sereins parce que vous n'aviez plus d'eau à partir de combien de km et on avait fait 30 et il nous restait encore 20 et on se dit oula mais après c'était la possibilité soit on s'est dit on arrive à arrêter des gens et avoir de l'eau et on continue ou soit tant pis on fait du stop et on va en ville parce qu'on n'a plus d'eau il ne faut pas non plus prendre trop de risques
Loïc ouais ok ouais donc t'as quand même j'ai pas souvenir tu vois j'allais dire je ne sais pas souvenir avec Cindy qu'on avait évoqué cette notion d'isolement total mais du coup comme tu as fait les deux PCT et CDT tu peux comparer est-ce que tu dirais que c'est vraiment beaucoup plus isolé une fois que tu es engagé sur le CDT que sur le PCT
Rémi je pense que c'est beaucoup plus isolé et puis même quand les villes c'est vraiment des toutes petites villes sur le CDT et des fois tu as juste genre une poste, un bar et c'est tout. Puis tu as une centaine d'habitants. Surtout quand c'est plus tu vas au nord, plus tous les états Wyoming et Montana. Où là, vraiment, tu ressens que c'est isolé, que tu as l'impression que tu reviens 40 ans en arrière. Tu as l'impression que tu fais un voyage dans le temps, presque, quand tu vas dans cette petite ville-là. Puis même les gens, leur manière de penser c'est encore plus comme avant
Loïc ah c'est intéressant ça t'as des anecdotes sur ce type de rencontres qui te font dire que c'était un peu un voyage dans le temps
Rémi et bah ouais déjà tout ce qui est internet, téléphone, ils étaient pas trop au fait ça marche pas toujours forcément donc ils comptent moins dessus que nous citadins on est à fond, t'es toujours sur ton téléphone beaucoup moins et ils sont plus voyagés en pick-up de village en village c'est vraiment différent par rapport à nous européens comment on vit ça n'a rien à voir
Loïc ok du coup côté logistique t'es parti comment est-ce que t'as planifié tout ça est-ce que tu savais déjà à l'avance où est-ce que t'allais dormir les points de ravitaillement j'imagine quand tu pars pour autant de temps tu prévois du matériel de une deuxième paire de chaussures je suppose ou ce genre de choses comment ça s'est planifié le CDT pour toi ?
Rémi du coup déjà j'avais le matériel de base tout ce qui est sac à dos sac de couchage, là j'ai un quilt j'ai essayé d'être le plus léger possible vu que je savais que j'allais avoir pas mal de sections où j'avais beaucoup d'eau à porter ou de nourriture, parce que des fois, j'avais des sections où j'avais jusqu'à 7-8 jours en autonomie totale. Donc, il fallait que je sois le plus léger possible pour pouvoir apporter beaucoup d'eau et de nourriture. Donc, j'ai beaucoup regardé pour avoir du matériel le plus léger possible. Par exemple, mon sac, il faisait 800 grammes, juste le sac. Alors qu'avant, sur le PCT, le sac, il faisait 2,20 kg. j'ai fait au mieux pour vachement m'alléger pour ensuite quand je devais porter 5 litres d'eau tu rajoutes tout de suite 5 kilos c'est pas négligeable ouais c'est clair et puis après il faut faire ça par étape c'est tellement long tu pars 5 mois tu peux pas prévoir tout de A à Z donc il faut vraiment être flexible et il faut vraiment faire étape par étape donc tu fais de la ville A jusqu'à la ville B tu te dis je vais mettre 5 jours il me faut tant de bouffe tant d'eau de tel point à tel point attention là il y en aura moins il faudrait que je fasse vigilant et après une fois que tu arrives à la ville, souvent il fallait faire du stop pour aller à la ville le sentier tu restes quand même dans des montagnes ou dans des endroits plutôt isolés tu passes pas toujours par la ville il faut souvent faire du stop et après tu replanifies une fois que tu es dans la ville tu dis bon la prochaine ville elle est dans tant de kilomètres du coup c'était en miles plutôt aux Etats-Unis et puis après tu te dis moi j'arrive quotidiennement à faire 20 miles, 25 miles, 30 miles selon les types de terrain et donc tu te dis ça fait 4 jours, 5 jours et après en fonction tu bosses toute la logistique là-dessus et des fois tu sais que tu n'auras pas de magasin où tu ne pourras pas acheter de nourriture mais tu sais qu'il y a une pause donc tu vas t'envoyer un colis rempli de nourriture pour être sûr
Loïc ça c'est un truc que j'ai lu où est-ce que j'avais lu ça ? je ne sais plus où est-ce que j'ai lu ça mais j'ai déjà lu des récits alors je crois que c'était de la page chez Entride de gens qui faisaient ça qui s'envoyaient des boîtes etc et puis Cindy en avait parlé mais du coup ça m'a toujours un peu intrigué parce que je sais pas si on a un système aussi organisé que ce qui se fait aux Etats-Unis en Europe, en France en tout cas je suis pas du tout au courant mais du coup comment est-ce que tu le gères ? tu vas dans un bureau de poste vraiment avec tes cartons remplis de bouffe et tu leur demandes de les expédier à une certaine date sachant que t'es quand même pas certain d'arriver à ta destination en temps et en heure
Rémi et ouais du coup déjà tu vas récupérer un carton à la poste et ensuite tu vas à l'hôtel en général c'est comme ça que ça se passait puis tu le remplis de toute la nourriture que tu avais besoin et après tu retournes à la poste et tu l'envoies et tu marques bien ton nom, prénom puis ton nom de trail aussi ah oui c'est vrai ça marche beaucoup là-bas les surnoms pour les randonneurs et par exemple Donc, mon surnom, c'était Momie, donc la Momie. OK. Parce que ça venait du PCT, en fait. C'était la première fois que je randonnais dans le désert. Et j'avais mal géré mon cou. J'avais des chaussures qui sont rapidement venues trop petites parce que mes pieds ont gonflé. Et du coup, je marchais. Après, je ne pouvais plus rentrer dans les chaussures. et je marchais pieds nus et j'avais plein de bandages sur mes pieds ah ouais d'accord il y a un brésilien, un autre randonneur qui me fait ah on dirait une momie puis après c'est resté excellent et du coup pour en venir pour les colis, c'est comme ça tu fais tout à l'hôtel, tu remplis ton ton colis et puis après tu l'envoies à la ville où tu estimes où tu en auras besoin ou si des fois tu en envoies deux ou trois si t'es dans une grande ville et tu sais que les trois prochaines villes tu pourras pas te ravitailler et après t'indiques bien l'estimation de quand t'arriveras et de bien le garder en attendant que tu le retires ok et puis après c'est souvent ces villes là ils ont l'habitude vu qu'ils sont sur les les sentiers, c'est très courant. Chaque été, beaucoup de randonneurs, surtout les Américains, ils l'utilisent énormément. Et du coup, les postiers ont l'habitude.
Loïc Mais donc, tu contactes les... Parce que je te pose la question, ça m'intéresse parce que j'avais regardé, j'avais tenté avant le Covid, enfin, j'avais tenté. Si je m'étais vraiment acharné, ça serait passé, mais c'était devenu un peu compliqué. j'avais voulu organiser une traversée de l'Islande nord-sud et t'as moyen donc solo en autonomie mais t'as quand même moyen de te ravitailler au milieu dans des refuges islandais où il faut faire la même chose c'est à dire envoyer des colis etc par contre il fallait absolument prendre contact avant avec le refuge c'était pas sûr côté date d'ouverture du refuge machin enfin c'était une petite complexité à gérer en plus du coup je me demande quand tu pars c'est pour ça que je te posais cette question quand tu pars pour 5000 bornes je sais pas si t'as noté combien de ravitos t'as eu mais j'imagine qu'il faut que le système soit quand même hyper rodé pour que tu saches qui contacter dans quelle ville en amont pour leur envoyer tes colis vérifier qu'ils peuvent bien le réceptionner etc
Rémi et après c'est avec la communauté donc tu demandes aussi aux autres randonneurs donc chacun a ses infos et aussi je disais je parlais de l'application Gotook qui maintenant s'appelle Farot aussi tout est renseigné en fait donc tu as les points d'eau les prochaines villes ok et donc tu peux aussi dans les villes ils te disent on vous conseille plutôt de de l'envoyer enfin les randonneurs on peut se laisser des notes des commentaires et donc on peut se dire il vaut mieux l'envoyer à tel hôtel ou à tel magasin ils sont assez fiables ils gardent les colis ou non non surtout évitez ils ont perdu mon colis j'ai tout perdu j'ai dû attendre une semaine avant d'avoir un nouveau colis donc c'est vraiment avec les réseaux que tu crées en fait ta logistique
Loïc ok ça c'est top qu'il y ait ce genre d'appli, je ne sais pas s'il y a l'équivalent en France d'appli comme ça communautaire pour des treks
Rémi je sais que maintenant le nouveau c'est Hexatrek
Loïc ah oui alors tiens ça on peut peut-être ouvrir une parenthèse je t'avais dit qu'on ouvrirait des parenthèses dans l'épisode Hexatrek qu'est-ce que c'est exactement parce que j'ai vu pas mal j'ai vu le nom passer à droite à gauche mais qu'est-ce que c'est exactement le concept
Rémi du coup c'est un ancien qui a fait le Pacifique Crestrell un français qui l'a fait en 2020 ou 21 si je ne me trompe pas et qui a adoré le concept et qui a voulu le faire aussi en France et du coup il a créé un tracé avec un autre français je ne sais plus son nom ça m'échappe et donc ils ont regroupé plein de GR et de GRP pour faire un sentier de 3000 kilomètres qui relie l'est de la France avec la frontière avec l'Allemagne, jusqu'à les Pyrénées et l'océan Atlantique. Ok. En passant principalement par les montagnes, donc le Jura, les Alpes, tu passes par les gorges de l'Ardèche, puis tu finis dans les Pyrénées et enfin à l'océan Atlantique ou dans l'autre sens, si tu veux remonter après vers l'Azace.
Loïc d'accord ok ouais c'est ça du coup je suis en train d'aller voir 3034 kilomètres d'accord et donc eux ils ont créé ok ouais donc c'est tu pars en gros du nord de Strasbourg tu descends vers Monaco tu passes au dessus de Montpellier tu descends vers la frontière espagnole l'Andorre et tu vas jusqu'à j'ai l'impression que c'est Biarritz au bout ok d'accord j'aurais pas cru tu vois qu'il y ait 3000 km sur cette trace et donc eux ils ont créé une appli pour ils sont bien
Rémi beaucoup inspirés justement de cette appli dont j'en parlais de Gotook et c'est le même principe ça t'indique les points d'eau les prochains villes de ravitaillement s'il y a des refuges des points d'intérêt et et donc là c'était la première édition donc je pense il y aura matière après d'améliorer l'application pour qu'elle soit de plus en plus performante
Loïc c'est top je vois qu'il y a des cartes hors connexion ça c'est génial, les points de bivouac les points d'eau, ça franchement je le dis souvent sur les podcasts avec des marcheurs mais l'emplacement des points d'eau et les bivouacs, je sais pas pourquoi c'est un de mes gros flips, tu vois quand je pars sur des treks que ce soit en France, à l'étranger il faut que j'ai l'info de où est-ce qu'il y a de l'eau
Rémi c'est vrai que c'est plus mardi surtout quand t'es dans le terrain, encore quand t'es en haut de montagne montagne, tu as plus d'eau, donc tu as toujours des petits cours d'eau, tu peux avoir juste un litre, ça suffit, mais ouais, dès que tu es dans des milieux désertiques, là, c'est plus récent, et c'est vrai que c'est rassurant quand tu vois qu'il y a un point d'eau, et que tu vois des commentaires récents qui disent, bah c'est bon, j'ai trouvé de l'eau, là, tout de suite, tu as moins de pression, tu dis, ouf, je peux quand même, dans 3 kilomètres, je suis sûr à 100% d'avoir de l'eau.
Loïc Ouais,
Rémi c'est top excellent
Loïc ok donc cool de voir que la technologie se met au service des aventuriers des marcheurs au long cours en l'occurrence ça c'est top c'est bien pratique ouais j'imagine petite question peut-être pour prendre un peu de recul qu'est-ce que tu étais allé chercher toi à l'origine sur ce CDT
Rémi toujours le dépassement après avoir fait Pacifique-Restrait, je me suis dit que c'était quand même 4260, je me suis dit est-ce que c'était un coup de chance ou je pouvais faire encore plus, puis de me retrouver dans la nature sauvage parce qu'en France on a quand même moins de coins de sauvages avec des gros animaux comme les élans, les grizzlies ou même ces vierges tu veux faire des jours et des jours sans avoir une maison une voiture et en Europe c'est de plus en plus rare de trouver des endroits isolés, préservés de l'impact humain et c'était un peu une bouffée d'oxygène de voir autre chose et surtout c'était un peu un climat anxiogène et que le début de la guerre en Ukraine tu savais pas trop ce qui se passait et ça m'a permis de focaliser juste sur la nature et juste de marcher tranquillement et de penser des choses plus terre à terre où je vais dormir où je vais manger etc excellent
Loïc et sur cette notion de dépassement tu disais que le PCT tu t'étais posé la question à la fin est-ce que c'était un coup de bol est-ce que tu étais capable quelque part de reproduire ce type d'aventure le dépassement ça a ressemblé à quoi concrètement sur ton PCT sur le CDT, qu'est-ce qui a été difficile à gérer
Rémi c'était ce changement de climat tu passes du désert à la haute montagne à nouveau désert à la haute montagne c'est fréquemment du coup c'est de pouvoir s'adapter, s'acclimater puis vu que quand même tu as cette pression quand tu vas vers le nord c'est d'arriver avant l'hiver donc tu as quand même des gros kilomètres en général je faisais en moyenne 40 kilomètres par jour donc c'était vraiment de pouvoir répéter ce type d'effort au quotidien avec un sac de 15 kilos en moyenne et c'était vraiment le dépassement c'était vraiment de voir que je pouvais faire autant de kilomètres aussi longtemps et dans des climats aussi variés que ce soit dans le désert ou à 4000 mètres d'attitude Colorado par exemple
Loïc est-ce que t'as une sorte parce que la plupart des nuits tu les faisais en tente oui tout à fait
Rémi la belle étoile quand j'étais dans le désert t'as eu peu de risque de pluie
Loïc et donc t'avais quoi tu avais un comment on appelle ça un matelas gonflable une sorte de un rouleau en mousse non c'était matelas gonflable toi
Rémi ouais pendant les 3 premiers mois j'avais un matelas gonflable et après il y avait trop de trous et donc il se dégonflait toute la nuit je pensais avoir trouvé la fuite en fait ça fuyait toujours donc après j'ai juste pris un matelas en mousse pour la fin ok mais le niveau confort c'est important de bien dormir surtout quand tu fais des grosses journées où tu marches à 10h du matin jusqu'à 21h et donc le sommeil c'est super important de bien dormir donc le matelas quand même gonflable c'est top pour la récupération
Loïc et oui c'est exactement pour ça que j'allais te le demander parce que 40 km par jour ça fait quand même pas mal surtout avec 15 kg puis s'il y a du dénivelé des conditions météo qui changent beaucoup etc c'est pas juste la distance qu'il faut prendre en compte donc je me demandais si à un moment donné il y a une sorte de fatigue qui s'installe surtout si t'enchaînes les nuits sous tente à la belle étoile dans des conditions de confort qui sont pas celles d'un hôtel est-ce que ça c'est quelque chose que t'as du gérer jusqu'à la fin ou à un moment donné ton organisme s'est habitué et t'arrivais à dormir dans des conditions beaucoup plus spartiate beaucoup plus facilement qu'au début de l'aventure
Rémi et du coup ce qui est très important au début c'est pas de partir trop vite de bien gérer ses efforts de bien prendre des jours off où tu restes à l'hôtel et tu te reposes tu te masses les jambes tu te mets de la glace et c'est très important pour éviter les blessures parce que tu marches tous les jours donc il faut éviter le plus possible que ton corps dès le début soit explosé c'est surtout au départ qu'il faut être très très vigilant et dès que t'as une alerte, faut pas hésiter à s'arrêter, à mettre les pieds dans une rivière pour les rafraîchir si jamais t'as des zones chaudes et après au final, plus tu fais, plus ton corps il s'habitue et après t'as besoin de moins de repos à la fin et même à la fin son petit matelas en mousse t'as quoi t'as juste un centimètre tu dors comme un roi parce que t'es tellement crevé de ta journée mais c'est vrai qu'au début il faut vraiment se réhabituer à dormir par terre mais assez rapidement le corps il s'habitue et après c'est difficile de dormir quand tu reviens dans un lit c'est vrai c'est trop mou mais après ça revient très très vite je te rassure ok ouais surtout quand t'as été habitué dans toute ma vie j'étais habitué à dormir dans des lits donc ça revient très très rapidement
Loïc ouais ouais ça me fait penser à une série je crois que ça fait un moment ça va faire bientôt 10 ans que je ne l'ai plus vue Homeland je ne sais pas si tu l'as vu sur un un sada américain et quand il revient, quand il est enfin libéré il est incapable de dormir dans un lit il faut qu'il dorme par terre plus du tout habitué à ça ok, bah écoute super intéressant ce serait pour rester sur cette notion de dépassement et même là tu vois moi j'entends c'est même de la résilience en fait c'est habituer ton corps, ton esprit à la rusticité du défi que tu es en train de réaliser sur plusieurs mois est-ce que toi il y a des anecdotes qui t'ont vraiment marqué et avec lesquelles tu reviens peut-être pas forcément meilleur mais qui vont t'armer pour de prochaines aventures
Rémi tout à fait je vais en revenir à mon surnom de mummie la mummie sur le PCT quand on a fait à traverser des cirases c'est les hautes montagnes de Californie centrale et c'était donc en 2019 et c'était une année plutôt enneigée et moi plutôt j'ai grandi à Nantes donc très peu de neige c'était un peu nouveau un peu de l'alpinisme en montagne avec de la neige malgré que ce soit le mois de juin c'était vraiment nouveau pour moi et tu passes donc quand tu fais la traversée des Syras le PCT passe très près du Mont Whitney qui est la plus haute montagne de Californie qui fait 4420 si je ne dis pas de bêtises et donc c'est une vingtaine de kilomètres du sentier donc tu te dis c'est vraiment dommage de rater ça donc je t'ai fait un ami savoyard et on s'était dit on va faire la montée pendant la nuit pour arriver au lever du soleil au sommet et admirer le lever de soleil sur les monts enneigés des Syras. Donc on s'était levé à minuit pour faire la phase d'approche et donc on arrive en bas du mont Wittner et là c'était vraiment que de la mur de glace normalement tu as les lacers mais là c'était vraiment que de la glace donc on avait des piolets on avait même pas de crampons c'est des micro crampons on commence à faire l'ascension puis assez rapidement je me dis c'est quand même pas ma tasse de thé j'ai pas de bon équipement j'ai pas l'expérience je commençais à me poser des questions on avait trouvé un petit contrebas, il y avait un petit bout de lacet, on avait fait une pause et là on commence vraiment à se poser des questions, est-ce qu'on continue, est-ce qu'on arrête ? Et là on voit plus bas qu'il y avait d'autres frontales et il y avait un autre groupe qui montait. Donc on les a appelés et donc après on s'est retrouvés à 2 plus 2, donc il y avait deux autres Américains qui nous ont rejoints et on a fait l'ascension à 4 et donc là on était tous plus contents, revigorés, d'être plus nombreux parce que c'est quand même des conditions assez difficiles, escalader de la glace. Et miracle pour moi, je réussis à atteindre le sommet. Et très, très content, c'était le meilleur jour de ma vie. Ce lever de soleil où c'est rose, orange, jaune, puis avec ces montagnes enneigées à perte de vue, c'était vraiment magique. Et tu te dis, Tu te dis que tout le travail que tu as fait juste avant pour monter, ça a vraiment eu le coup. Et puis, tu ne te rendais pas compte, vu que c'était de nuit, ce que tu as fait. Et donc, sur le chemin du retour, tu te dis, bon, maintenant, comment je redescends ? Oui. Il n'y a pas d'ascenseur, donc là, il faut redescendre. Et donc, au début, on voit un pierrier. on se dit peut-être là ça serait plus simple en fait pas du tout toutes les pierres étaient lâches donc il y avait des risques qu'on s'assomme en faisant tomber une pierre sur un autre randonneur donc on a vite abandonné l'idée et après du coup on est retourné sur nos traces dans la glace dans la neige et puis à un moment j'ai dû avoir un moment d'inattention de fatigue vu que quand même ça faisait des gros efforts et j'ai commencé à glisser et j'ai réussi la première fois à m'arrêter avec le piolet sauf que c'était vraiment la première fois que je faisais ce genre d'arrêt en urgence donc j'ai probablement dû mal le faire et donc j'ai perdu le contrôle du piolet et au final j'ai continué à dévaler la pente et t'as mon ami qui dit piolet, piolet je lui dis oui je voudrais bien mais je l'ai plus ah donc le piolet
Loïc t'es resté planté plus haut et toi t'as continué ?
Rémi oui exactement vu que j'ai perdu j'ai arrêté la première fois puis après je sais pas ce que j'ai fait j'ai glissé avec les gants ça glissait j'ai pas réussi à le maintenir du coup moi j'ai continué le piolet resté attaché dans la paroi et puis j'ai dévalé, dévalé bon si on voit le bon côté, 3h pour monter et 3 minutes pour descendre et puis au début j'arrive tout en bas je me dis zut, si ça se trouve j'ai tout cassé bon déjà j'ai pas vu de lumière blanche donc à ce niveau là c'est plutôt positif j'ai pas l'air d'avoir trop de douleur je me dis bon, est-ce que je bouge ? est-ce que je bouge pas ? bon je vais peut-être quand même bouger un peu pour voir et au final j'arrivais à marcher j'arrivais à bouger les bras donc je me dis nickel, rien de cassé par contre après je vois ma jambe droite et en fait je glissais sur mon côté droit et mon pantalon était remonté et la glace avait arraché toute la peau donc c'était vraiment à vif sauf que aucune douleur mais je pouvais marcher, pas de soucis à ce niveau-là mais je me suis dit, ben mince est-ce que je vais pouvoir continuer l'aventure ou ça y est, c'est fini puis là je suis en plus en milieu de nulle part et heureusement en fait il y avait une cabane avec des rangers ils venaient tout juste d'arriver donc je lui dis, bon bah déjà je vais aller les voir et peut-être eux ils peuvent appeler des secours ou ils ont du matos pour faire un bandage et au final ils me font un bandage donc à nouveau je représente bien mon nom de trail la momie là c'était pour le coup je portais le nom parfait et après c'était la possibilité soit on continuait sur le chemin prévu et après on avait le Forrester Pass qui est le plus haut sommet sur le PCT officiellement, qui est à 4000 dans des conditions un peu similaires où soit on faisait un détour plus simple mais qui mettait plus de temps et on allait probablement manquer de nourriture parce que c'était pas prévu et on avait pris 8 jours de bouffe et c'était probablement 9 à 10 jours si on faisait le détour et donc on a décidé de continuer et de faire le forester pass et ça s'est quand même bien passé on a dû dormir sur un lacet parce qu'on arrivait trop tard mais du coup on a dormi à 4000 mètres d'attitude mais on a réussi à le passer et puis à aller en ville puis là j'ai pu soigner ma jambe un peu mieux et puis après il fallait que je change les bandages chaque jour que je mets de la vaseline mais j'ai réussi à faire le sentier en entier et ça m'a montré que quant à la volonté tout est possible ouais
Loïc ça c'est clair en tout cas j'imagine bien pour avoir failli partir une fois sur un espèce de gros nevée gelée avec pas mal de vidans de sous en Suisse et tout c'est un peu un truc qui m'a marqué je me suis dit punaise un peu comme toi je me suis engagé sur un truc pas d'équipement, pas de crampons il n'était pas censé y avoir de nevé à cet endroit là à cette période, pas de piolet et à un moment donné je me rends compte que ça ne passe pas du tout, je me dis bon je vais faire demi-tour je tente un demi-tour en fait j'étais vraiment sur une paroi complètement gelée donc il fallait que je mette mes pieds dans les trous de chaussures de gars qui étaient passés avant que ça gèle et je veux faire un demi-tour je me rends compte que je ne peux pas tourner parce que sinon j'ai le pied qui part et je tombe le truc est un peu horrible franchement ça n'a pas dû être super drôle le moment où tu t'es senti partir et que tu n'avais plus ton piolet c'est clair mais ça va tellement vite
Rémi que tu n'as même pas le temps de réfléchir tu es hop, tu es déjà en bas tu as juste le temps et tu es en train de dire ouf
Loïc c'est intéressant ce que tu as partagé sur le fait que vous êtes parti à deux puis finalement vous êtes retrouvé à 4 j'ai un peu l'impression que c'est le finalement que c'est un peu la tendance c'est à dire que tu t'es lancé seul sur le CDT mais en fait est-ce que tu dirais que t'as vraiment été seul la majorité du temps ou au final tu te retrouves avec des randonneurs qui font les mêmes sections que toi avec qui t'as des intérêts communs vous avez les mêmes objectifs et ça devient une aventure de groupe
Rémi ouais t'es jamais seul en randonnée tu fais toujours des rencontres que ça soit des randonneurs juste à la journée tu peux discuter avec eux puis les autres randonneurs qui font le même parcours que toi donc si tu te lis d'amitié avec eux ça se passe très bien et donc tu fais le bivouac avec eux tu manges le dîner puis tu fais une journée avec deux journées, des fois trois semaines des fois plusieurs mois selon la personne et donc tu es rarement seul dans ce type d'aventure ouais
Loïc ouais ok alors là tu nous as partagé une anecdote une galère en tout cas pas forcément un accident mais un imprévu qui se passe sur ce genre d'épreuve mais s'il y a un moment qui t'a vraiment marqué sur le CDT tu dirais que c'est lequel ?
Rémi il y en a tellement je me rappelle de cette rencontre avec un prêtre qui vivait dans sa cabane au fin fond du Nouveau-Mexique et il faisait sa propre bière son propre pain il avait son petit potager c'était dans le désert il arrivait à subvenir à ses besoins un peu comme un ermite mais le gars super bavard j'étais avec d'autres randonneurs on est arrivé à sa cabane il était dans les alentours de 18h je crois qu'il nous a parlé jusqu'à minuit super intéressant il avait plein d'objets des natives américains à nous montrer il nous a montré son potager il était super fier, il avait réussi à faire pousser plein de légumes alors qu'a priori quand tu voyais son terrain tu te dis c'est pas évident de faire pousser des légumes il avait trois types de bières il avait une IPA comme une Guinness et plutôt une blonde donc vraiment la rencontre improbable et par hasard et puis on a passé un super moment on a beaucoup rigolé c'est vraiment dans ce type d'aventure les rencontres imprévues comme ça tu te rappelles après toute ta vie c'est vraiment ce qui fait le charme
Loïc ouais tu m'étonnes et comment tu gères le retour c'est une question que j'aime bien poser des gens qui ont fait des défis sur des longues périodes de temps comme toi comment est-ce que tu gères le retour à la réalité à une situation plus normale où tu es en France peut-être que tu peux nous en dire plus mais peut-être que tu as déjà retrouvé un job ou tu vas en chercher un mais comment ça se passe ce gros changement de rythme
Rémi et du coup j'ai fait au plus vite pour retrouver un boulot je me suis réinscrit dans un club de Bamington à faire de la compétition d'ailleurs j'ai une compétition c'est samedi je me suis mis aussi nouveau sport, je me suis lancé dans le trail j'ai fait deux petites courses une de 10,5 km et une de 13 km en nocturne et voilà, de tester d'autres sports de lancer d'autres défis voir ce que je peux faire surtout de ne pas se morfondre dans son canapé et se dire c'était trop bien et maintenant qu'est-ce que je fais donc toujours avoir des projets et rebondir pour ne pas avoir le blues de l'aventure et ça c'est le pied après c'est vraiment un engrenage et donc il faut toujours avoir des projets sympathiques qui donnent envie de te lever chaque matin et de repartir faire des trucs
Loïc et donc là comment tu te projettes maintenant que tu as fait le PCT le CDT il en manque un troisième il me semble
Rémi c'est la Passion Trail la côte est c'est le plus court des trois mais c'est celui qui a le plus dénivelé c'est des petites montagnes en gros tu vas tout en haut, tout en bas tout en haut, tout en bas et ça c'est pendant 3500 kilomètres je crois ok et après son surnom c'est le Green Tunnel le tunnel vert parce que t'es principalement en forêt et celui-là il m'intire un peu moins mais après surtout après une grosse aventure c'est difficile de se dire tout de suite ça y est je vais refaire super long trail à partir des mois là j'ai plus envie de faire plus des micro aventures la dernière c'était il y a deux week-ends, je suis allé faire un petit tour en Bretagne. Voilà, juste faire des petits rendez-vous avec des amis dans des coins que je connais ou que je connais moins bien pour toujours découvrir. Souvent aussi, même à côté de chez soi, on a des superbes aventures qui sont possibles. Pas besoin non plus tout le temps d'aller au fin fond du monde. pour trouver une aventure des fois ça pète juste son jardin
Loïc complètement j'ai fait un épisode tu vois si ça t'intéresse si tu l'as pas déjà écouté parce que je sais que t'écoutes souvent le podcast
Rémi micro aventures
Loïc avec Chloé Dardelet j'ai plus le numéro d'épisode en tête mais c'est une fille qui fait ça enfin qui fait ça qui est vraiment adepte des micro aventures donc bon bah cool si tu l'as déjà écouté si y'en a qui l'ont pas écouté foncé je mettrai le lien dans la description de l'épisode de Rémi mais effectivement je suis assez d'accord avec toi pas forcément besoin de partir loin et longtemps pour vivre des choses incroyables
Rémi puis surtout en France on a de quoi faire
Loïc c'est clair
Rémi les Pyrénées, les Alpes Gorge du Verdon, la Corse, la Bretagne
Loïc c'est clair la centrale on a des tragédies points il y a de quoi faire super bah écoute Rémi c'était franchement c'était passionnant je je sais pas je crois que j'avais déjà dit à Cindy à Jeanne etc je sais pas si un jour j'arriverai j'allais dire j'arriverai à trouver le temps ou plutôt j'aurai le courage de prendre le temps de faire une marche au long cours comme vous en tout cas c'est vraiment fascinant de voir à chaque fois enfin d'entendre à chaque fois ces récits moi j'ai vraiment l'impression que cette reconnexion qui se fait où vous revenez à des réalités un peu plus terre à terre, de où dormir, où manger, où trouver de l'eau. Peut-être que ça fait du bien, en fait, à une époque où on vit tous à des rythmes infernaux. Donc, merci beaucoup d'avoir partagé tout ça. Qu'est-ce que ce serait pour toi le message de la fin que tu aurais envie de faire passer ?
Rémi Juste de se lancer, peu importe votre activité, que ce soit le vélo, la marche, de la nage j'en sais rien de juste si vous avez un rêve allez-y même si vous si ça se passe mal vous allez toujours apprendre quelque chose vous allez découvrir quelque chose sur vous vous allez découvrir un nouvel endroit et ça fait toujours des souvenirs des anecdotes à raconter autour d'un verre ou d'un podcast ou d'un podcast tout à fait avec Loïc yes
Loïc super super message. Merci beaucoup Rémi, c'était top d'avoir ton débrief de ton CDT récent. Est-ce que tu as prévu de publier un récit écrit, de faire un article, des vidéos sur le sujet que les gens pourraient consulter en plus de cet épisode ?
Rémi Il y a le journal West France qui a fait un petit article en début de mois de novembre sur moi. Après, j'ai l'Instagram où je publie des photos quand j'ai envie, le temps et puis pour l'instant pas encore de projet de livre mais après qui sait je connais pas l'avenir donc si ça se trouve un jour j'aurais envie de me plancher sur un ou des bouquins on sait pas pour l'instant c'est pas le projet c'est juste de profiter de la nature et puis après on verra
Loïc excellent excellent et bien encore une fois merci beaucoup Rémi pour ton temps pour tout ce que tu as bien voulu partager merci à toi c'était super
Rémi un petit partage c'était c'était très agréable ah bah écoute tant mieux
Loïc ouais exactement prochaine fois pour que tu nous parles je sais pas ton premier ultra nocturne qui sait c'est peut-être ce qui va se passer
Rémi ah ouais on sait pas c'est ouais je vais partir à 10 13 après ça va monter je vais peut-être essayer en 2023 déjà de faire un semi entre elles et après on verra si j'ai une capacité, la volonté
Loïc ouais ouais vu ce que tu as fait, la capacité la volonté, j'ai pas de doute mais fais gaffe au virus du trail, ça prend moi j'ai fait je crois que j'ai fait 10 km à Saint-Élion semi-marathon donc n'importe quoi en termes d'ordre la PTL cet été, fais gaffe parce qu'une fois que tu as mis le doigt dedans c'est compliqué super merci beaucoup Rémi excellente continuation à toi et puis à une prochaine alors
Rémi une prochaine
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