Eugénie Écouter votre coeur, ça, ça marche à tous les coups. Quand on fait ce qu'on aime, c'est fluide, et c'est là où on peut tendre vers l'excellence. Avec la pratique pointue du comportement, un temps de réaction court et puis le faible taux d'erreur, au final on touche l'excellence. Et ça, on peut le faire que si on aime ce qu'on fait.
Loïc Hello, hello, c'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leurs projets et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Eugénie sur le podcast. Merci Loïc. Je suis ravi de t'accueillir aujourd'hui. Un grand merci à Christelle d'ailleurs pour la mise en relation. Merci beaucoup Christelle qui m'avait dit quand est-ce qu'on s'était vu en mai dernier. Ah mais je connais quelqu'un, j'ai croisé quelqu'un dans une formation, je crois que vous avez fait ensemble, qui est vraiment génial, qui faisait du rallye, qui a plein de choses à raconter. Donc contacte là, elle s'appelle Eugénie. Allez, c'est parti ! Et nous voilà en août pour l'épisode. Donc encore une fois bienvenue. Puis écoute ce que je te propose pour commencer, c'est tout simplement de te présenter, nous expliquer un peu quel a été ton parcours et ce que tu fais aujourd'hui. Alors Eugénie Decré,
Eugénie j'habite en Valais. J'ai démarré le sport auto en 97 en pilote amateur. C'était une passion qui m'est venue du coeur. Je rêvais de réaliser depuis l'âge de 8 ans. À 8 ans, j'ai eu mon premier rallye de mes propres yeux et au fond de moi, j'avais le sentiment que c'était ça que je voulais faire. Donc j'ai rien lâché et j'ai démarré en 97. Et puis j'ai arrêté en 2019 et depuis 2018, depuis 2012, j'ai découvert la préparation mentale suite à un grave accident au Dakar et où je me suis retrouvée six mois allongée. Et le seul objectif que j'avais, c'était de remonter dans le baquet le plus vite possible. À l'époque, j'étais navigatrice en râle et reine. Et donc, j'ai découvert cette préparation mentale que j'ai beaucoup aimée, j'ai crochée. Et depuis lors, depuis 2015, tu accompagnes les sportifs en préparation mentale. Voilà.
Loïc Génial. Génial. Alors, je te le disais avant qu'on commence l'enregistrement, c'est la première fois que du coup, je reçois un invité, une invitée qui vient du sport automobile. Donc, je pense que moi, j'ai déjà en tout cas plein de questions. Ça va être super intéressant. Avant qu'on enchaîne sur la partie préparation mentale et que tu nous expliques un peu comment tu as géré cette transition et ce que tu fais aujourd'hui plus en détail. Mais commençons peut-être par ça. Tu disais 8 ans quand tu as vu ton premier rallye et que tu t'es dit c'est ça que je veux faire. Qu'est-ce qui fait que ça t'a marqué à ce point, ce rallye du haut de tes 8 ans ?
Eugénie Alors ça, en fait, on était dans un chalet avec mes grands-parents dans le Jura français. Et il y a une spéciale de la ronde du Jura qui passait de nuit. Et j'ai entendu les moteurs, j'ai vu les phares et le cœur, il s'est mis à battre à 200 à l'heure. Et avant, quand j'étais enfant, j'avais tendance à m'ennuyer beaucoup. Et là, ça a été le déclic de suite. J'avais les frissons. Je ne sais pas comment expliquer, mais ça s'est senti dans le corps.
Loïc Wow. Impressionnant. Et du coup, qu'est-ce que… Parce qu'entre le moment où à 8 ans, tu te dis, il y a des émotions visiblement assez fortes qui ont été déclenchées. Et le moment où tu as pu te lancer dans la pratique, combien d'années est-ce qu'il s'est passé ? Et qu'est-ce que tu as fait pour que ça devienne une réalité ?
Eugénie Alors, au début, on avait encore la chance de pouvoir suivre le rallye, le championnat du monde du rallye à la télé, à l'époque. Donc, j'étais une férue de regarder les reportages. Et puis d'ailleurs, il y avait Michel Mouton, qui roulait en championnat du monde, qui a gagné beaucoup d'épreuves, qui était en officiel chez Audi. Ça me donnait aussi la confiance qu'une femme peut aussi participer et réussir. dans ce moment-là. Alors après, j'ai très vite pensé qu'à une chose, c'est passer le permis. Mes parents étaient dans le monde équestre. Et donc, je conduisais les tracteurs pour les foins. À chaque fois, je pouvais conduire, j'en profitais pour conduire. Donc, ça s'est fait un peu avec la patience et puis l'apprentissage de tout ce qu'on peut apprendre lié au pilotage, enfin à l'époque, surtout à conduire. Et puis, à 17 ans, je me suis empressée de préparer, de passer le permis, quoi. Préparer pour passer le permis. Et puis, parce qu'à l'époque, on ne pouvait pas encore conduire avant. Et puis, à 18 ans, je suis allée voir, même avant, je suis allée voir plusieurs équipes de rallye, qui étaient proches de la région où j'étais. Et pour leur proposer mon aide, alors bon, j'ai pris des revers assez élevants. Parce que je pense qu'ils n'avaient pas envie d'avoir une femme dans leur équipe de make. Donc, ça, ça a été des revers à plusieurs reprises. Et puis, à un moment donné, pendant les études, je travaille au casting café à Genève. Et là, j'ai rencontré une équipe qui m'a fait découvrir le slalom. En Suisse, le slalom est assez prisé. Et puis, c'est une excellente école pour apprendre à piloter. Et puis, j'ai démarré comme ça, en slalom, avec une petite golf-une, parce que je rêvais de la golf-une aussi. Donc, avec les copains, on a monté une golf-une. Et puis, quatre slicks dans le coffre. Et on partait sillonner la Suisse pour faire nos slalom le week-end.
Loïc Génial. Alors, tu disais que tu as pris des revers un peu cuisants au début. Au moment où tu as voulu te lancer, tu as cherché à intégrer des équipes, tu dirais qu'à quel point est-ce que c'était un monde, justement, fermé aux femmes ou qui n'était pas particulièrement accueillant pour les femmes ?
Eugénie Je ne pense pas que c'était fermé aux femmes, même à cette époque. Je pense surtout que je ne suis pas allée voir les bonnes personnes.
Loïc OK.
Eugénie Et que ces personnes-là, elles avaient plus envie de se retrouver entre mecs, entre copains et de ne pas avoir de présence féminine avec eux, j'aurais peut-être pu réfléchir un peu plus avant de choisir les bonnes personnes. C'est un peu l'idée de ma vie aussi. Jusqu'à ce que je découvre la préparation mentale, j'avais tendance, dès que j'avais une idée en tête, c'est à foncer droit devant et essuyer les plâtres derrière. Mais on peut réfléchir au départ.
Loïc Je suis sûr qu'il y aura des petites anecdotes que tu pourras nous partager par rapport à ça après. Du coup, sur tes débuts, tu commences par le slalom. Qu'est-ce qui fait que tu as accroché au point d'enchaîner avec une carrière de quasiment plus de 20 ans, même 22 ans ?
Eugénie Oui, 23 ans de rallye.
Loïc 23 ans.
Eugénie Le slalom, c'était pour démarrer, puisque le rallye, c'est quand même un sacré investissement, même avec une petite auto. En premier, l'idée, c'était d'apprendre le pilotage, d'avoir mon auto, et puis petit à petit, avec le temps, préparer l'auto pour sortir en rallye. Ça, j'ai pu le faire. J'ai démarré en slalom. Après, j'ai attaqué sur les courses de côte. J'ai aussi fait pas mal de circuits. Ça, c'était vraiment tout un ensemble de panels qui permettent de progresser dans le pilotage, d'apprendre. Et en 2000, j'ai réalisé le vrai rêve d'enfance. C'était être au départ mon premier rallye.
Loïc Excellent. Qui était où ? Qui était lequel ?
Eugénie C'était le rallye Lyon-Cherbonnière, en France.
Loïc D'accord. Génial. Et du coup, comment ça s'est passé ? Peut-être avant même, comment ça s'est passé ? Les sensations sur la ligne de départ, une fois que le rêve s'est réalisé ?
Eugénie Alors, j'étais vraiment à fond, très déterminée. C'était très fun parce que juste avant la veille aux vérifications techniques et administratives, j'ai rencontré Jean Ragnotti, qui est une légende toujours vivante, qui a beaucoup d'humour et qui est un excellent pilote, l'un des meilleurs et qui était pilote officiel Renault. Donc ça, ça m'a un peu… Tu sais, t'as la personne, c'est comme si t'as un dieu qui arrive en face de toi et puis tu vois pour voir, t'es pas quelqu'un d'autre qui vient voir, tu vois ? C'était un copain qui m'avait fait la surprise. C'était vraiment un chouette moment. Et puis, en fait, le fun, c'est un peu l'histoire du début de ma carrière, en tout cas en amateur, c'est que le premier spécial, c'était une spéciale de nuit au Lyon Charbonnière 2000. Et en fait, ça faisait deux ans qu'on bossait avec les copains sur la golf pour qu'elles soient homologuées pour le rallye. Et donc, ça aussi, je suis partie sur la golf par passion. Et en fait, j'ai découvert mes dépens, j'ai pas trop recherché avant, que je pouvais pas rouler en Suisse. Alors, parce qu'elle voiture était pas pour rouler en Suisse, donc j'ai dû me rabattre sur la France. Donc ça, c'est aussi, voilà, j'ai foncé tête baissée parce que j'aime la golf, j'aime le rallye et puis j'ai pas regardé réglement ce qui se passait avant. Et alors, sur le départ, la première spéciale, malheureusement, quand j'ai allumé la rampe de phare, eh bien, j'avais acheté une rampe de phare tellement puissante que l'alternateur, il a pas suivi et qu'on a pas fait un millimètre de spécial. Voilà, le premier rallye. Et j'ai changé la remorque, retour Genève. Wow, ok. Ouais, c'était quand même une bonne expérience. Il y avait beaucoup d'émotions parce que beaucoup de déceptions, beaucoup de frustrations, toutes ces années à attendre que ce moment. Et puis, ben, c'était pas le bon moment. C'était un peu tôt.
Loïc Comment est-ce que t'as rebondi, du coup ?
Eugénie Oh, ben, on a fait une sacrée fiesta pour enterrer ça le soir. Et puis, on est rentré. Et puis là, j'ai été un peu plus assidue. Déjà, on a cherché quelle était la source de la panne. Donc ça, avec d'autres personnes en discutant, on a compris que la rampe de phare demandait beaucoup d'énergie. Donc, il fallait passer un alternateur supérieur. Et puis, du coup, on s'est concentré avec les copains à beaucoup plus optimiser la mécanique par rapport au rallye. Et moins par rapport à une mécanique qui va être plus pointue pour les courses de côte, par exemple.
Loïc D'accord.
Eugénie On a besoin d'une mécanique qui va être plus endurante, plus fiable.
Loïc Ok. Alors, c'est super intéressant parce que je ne te cache pas que j'ai assez peu de connaissances sur l'univers du rallye. Comment est-ce que ça se passe, du coup, quand tu es en amateur ? C'est quoi les règles d'un point de vue mécanique, homologation, ce que tu as évoqué, que tu dois respecter ? Les contraintes que tu as ? Est-ce qu'il y a une question de poids aussi pour les voitures, de puissance de moteur ? Comment ça se passe ?
Eugénie Oui, alors, tout à fait. Il y a des catégories. Et selon la catégorie, il y a des classes. Les classes vont correspondre à la cylindrée et les catégories vont correspondre à l'évolution, enfin, à la préparation de l'auto. Donc, on peut partir du groupe N, qui est une voiture proche d'une auto standard, toutefois fortement médifiée, mais qui est limitée dans la performance. Alors qu'après, on peut passer à une groupe A, qui, elle, est presque un prototype. Enfin, si on part sous le rallye rail, on va parler de prototype. En rallye traditionnelle, il faut que l'auto, elle ait au moins 500 exemplaires sortis sur le marché mondial.
Loïc D'accord.
Eugénie Et donc là, il y a un règlement qui est selon les preuves. Donc, si c'est en Suisse, ce sera le règlement du chemin à Suisse. Si c'est en France, ce sera le règlement du championnat de France. Alors bon, là, on est sur le championnat. Il peut y avoir, il y a aussi la fédération qui établit un règlement par rapport à l'auto, en premier. On doit respecter.
Loïc D'accord.
Eugénie La préparation va se faire selon la catégorie et la classe de la voiture, en rapport avec le règlement du pays sous lequel on roule dans les épreuves.
Loïc D'accord. Et donc, toi, tu avais déjà acquis ces connaissances mécaniques entre tes vitants et le moment où tu t'es lancé sur ce premier rallye, ou tu as su t'entourer assez rapidement de gens dont c'était vraiment l'expertise aussi ?
Eugénie Alors ça, c'est assez fun aussi, parce que tête brûlée que j'étais à l'époque, j'étais persuadée que pour faire du rallye, il fallait connaître la mécanique. Donc, je ne suis même pas allée chercher l'info. Je me suis mis ça dans la tête. Et du coup, entre 97 et 2000, j'ai passé beaucoup de mon temps libre en dehors des courses à démonter et remonter des golfs. D'accord. Parce que du coup, les copains, quand ils voulaient se débarrasser d'une voiture ou la vendre, au lieu de la vendre à 500 francs, ils me l'amenaient, ils me l'offraient et puis moi, je m'entraînais à démonter l'auto. Et donc, j'ai appris la mécanique comme ça. Alors, j'ai été entourée de belles personnes, mes amis, qui m'ont vraiment permis de démarrer et qui, eux, étaient très pointillés en mécanique. Ils avaient, par contre, plus une expérience de salome et de course de côte.
Loïc D'accord. OK. Oui, parce que j'imagine que dans la préparation, ce que tu évoquais, tu as des spécificités selon le type de course que tu fais.
Eugénie Tout à fait. Pour la comparaison assez extrême, on peut passer d'une voiture, de circuit, à un dragster. On n'est pas du tout sous la même préparation.
Loïc Oui. D'accord. OK. OK. Je crois qu'une des premières questions qui me vient tout de suite, c'est au moment où tu te lances, donc tu disais que tu passais beaucoup de ton temps libre en dehors des courses, sur de la mécanique. Voilà, tu n'étais pas professionnelle. Donc, c'était à toi, j'imagine, de financer tout ça. Comment est-ce que tu l'as géré au tout début ? Est-ce que tu avais un job à côté ? Est-ce que tu as quand même réussi à trouver des sponsors ?
Eugénie Alors, je travaille comme informaticienne dans une multinationale. Et en fait, j'ai toujours eu un job à côté. Je n'ai jamais passé à 100%. L'année où je souhaitais, parce que j'avais fini un contrat pour l'État de Genève, et l'année où je souhaitais tenter ma chance à 100% en rallye, c'était Dakar 2012 où j'ai eu l'accident. Donc, l'univers m'a vite dit, non, non, garde ton job à côté.
Loïc Oui. D'accord. OK. Alors, tu viens de l'évoquer, Dakar. Je te posais la question en offre. Combien tu en avais fait ? Neuf en tout dans ta carrière, sur les 23 années de rallye. Donc, sacrée expérience. Bon, moi, je ne te cache pas que c'est peut-être, voilà, c'est celui qui me parle le plus forcément, parce que quand tu n'as pas trop les pieds dans l'univers du rallye, le plus médiatisé, je pense, c'est sans doute le Dakar. Donc, je serais curieux de savoir si tu pouvais nous expliquer un petit peu à quel moment est-ce que tu t'es dit que tu voulais… Est-ce que c'était déjà une évidence pour toi en te lançant dans le rallye que c'était la course à faire ou pas ? Et si c'était le cas, comment est-ce que tout ça s'est concrétisé ? À quel moment est-ce que tu as pu prendre le départ de ce premier Dakar ?
Eugénie Alors, ça, c'est assez fun. Là, il y a beaucoup d'anecdotes. Je ne sais pas si…
Loïc On a le temps. C'est vrai.
Eugénie Alors, en fait, déjà en 2003, j'étais passée une saxo-groupaine que j'ai… Ah non, non, non. En 2003, j'étais sur la golf et puis j'étais en tête du groupe sur un rallye, le rallye du Chiron. Une coupe de… Il faisait partie de la Coupe de France. Et puis, comme j'en voulais un peu trop, j'ai cassé l'auto. Dommage. Après, j'ai dit… Dans ma tête, je me suis dit bon, maintenant, il y en a marre d'être avec… J'étais dans une classe F2000 où il y a beaucoup d'écarts de préparation selon les moyens. Et du coup, je me suis dit bon, je fais une année de pause, je mets des sous de côté et puis je m'offre une saxo-groupaine où j'ai un peu plus de chance d'être avec une auto qui est un peu plus proche de celle des autres, des concurrents dans la classe. Et en fait, là, j'ai eu des opportunités de copiloter. Et comme le rallye me manquait beaucoup, moi, je suis partie aussi en circuit, rouler en pilote. Et puis, du coup, j'ai découvert le copilotage. Et puis là, ça ne s'est plus arrêté, c'est parti comme une fusée. Je me suis retrouvée en 2005, je crois, en championnat de France dans une équipe professionnelle et puis en copilote. Et puis, très vite, les saisons s'enchaînaient en copilote. Je n'avais presque plus le temps de sortir la saxo pour piloter moins, pour le plaisir. Et puis, en fait, comment ça s'est passé ? Oui, alors, je n'ai jamais pensé à faire un rallye raide. J'étais tête baissée dans le rallye parce qu'il prenait déjà beaucoup, beaucoup de temps. Et un jour, on était à l'apéro avec des amis et puis il y en a un qui me dit « Ah, mais ça ne te dirait pas de faire le Dakar. » Il y en a un dans la région qui fait le Dakar. Non, il ne faisait pas le Dakar. Si, si, il faisait le Dakar déjà. Et puis, je dis « Ouais, ça peut être fun. » Ça m'a mis l'idée comme ça en tête. Et puis, ce qui est très marrant, c'est que l'univers, des fois, il nous amène sur des chemins pas possibles. Le Noël suivant, repas de famille, on était assez nombreux. Il y avait des cousins, les époux et épouses des cousins. Et puis, une qui vient me voir et me dit « Ah, mais mon patron, il fait du rallye raide. Il cherche une copilote. Il veut absolument une femme. Est-ce que ça te dirait ? » Pourquoi pas ? On peut essayer. Aucune idée. Et alors, je me suis retrouvée à faire mon premier CV de rallye. Et puis, mon premier rallye raide, c'était le rallye Tunisie en 2005. Alors là, on a roulé pendant pas mal d'années avec ce pilote. Et puis, le premier Dakar, en fait, on est arrivé. Je suis là, je ne l'ai pas compté dans les neufs parce qu'on est arrivé. Et puis, il ne m'avait pas dit, mais juste quelques jours avant, il s'était fait retirer son permis. Donc, on n'a pas pu prendre le départ. Et l'année suivante, on descend à Barcelone pour le Dakar 2008. Ouais, c'était 2008. Et puis là, manque de pot, le Dakar est annulé pour raison, risque de terrorisme. Et puis, c'est là où, en 2009, on est parti. Donc, je suis partie sur le premier Dakar en 2009 avec l'Amérique du Sud, la découverte de l'Amérique du Sud.
Loïc Waouh ! Alors, peut-être avant... Pardon, vas-y. Tu disais...
Eugénie J'essayais de faire course.
Loïc Ouais. Mais justement, avant qu'on rentre dans le détail, parce que je suis sûr qu'il y a plein de trucs hyper intéressants, peut-être pour les gens un peu perdus comme moi sur l'univers du sport automobile, à partir... Enfin, quelle course nécessite un copilote ? C'est-à-dire, à partir de quel moment est-ce que tu passes d'un pilote seul à un équipage ?
Eugénie Alors, en rallye auto, c'est le rallye traditionnel et le rallye raide.
Loïc D'accord.
Eugénie D'ailleurs, en rallye traditionnel, on est copilote et en rallye raide, on est navigateur.
Loïc Ah, ok. D'accord. Ok. Ok. Et donc, la différence pour le job du navigateur ou du copilote, c'est qu'il y a une... C'est quoi ? C'est que le navigateur, il y a vraiment une notion de navigation où tu as juste des passages par checkpoint et l'itinéraire entre les deux, c'est à vous de le faire et donc, tu fais vraiment de la navigation ?
Eugénie Alors, effectivement, il y a de la navigation. Alors, en rallye traditionnel, on va, avec le pilote, effectuer des reconnaissances où le premier passage, le pilote donne les notes au copilote et puis le deuxième passage, le copilote donne les notes au pilote pour qu'il les corrige. D'accord. selon le niveau des épreuves, on a droit qu'à trois passages de reconnaissance. Bon, ça, ça dépend des années, des épreuves, etc. Alors qu'en navigateur, je dis navigateur parce que navigatrice, on n'est pas beaucoup et puis c'est plus simple de rester sur le masculin. Alors là, on n'a pas la connaissance du parcours à l'avance. On reçoit un roadbook. Ça, c'est pareil, ça change selon les années, selon le règlement de l'IFIA. L'Iration internationale du sport automobile et puis le règlement de l'épreuve. On reçoit, à l'époque, en tout cas, où je roulais, on recevait le roadbook la veille. Et ce roadbook nous indiquait le parcours qu'on allait faire le lendemain. Alors durant ce parcours, on avait, sur ce roadbook, on a des notes, trois cases, une avec les distances cumulées et partielles, une avec un dessin qui nous précise plus ou moins l'environnement dans lequel on arrive. Et puis, une case d'information. Donc là, on a une partie qui peut aussi correspondre au job de copilote. Et on a aussi une partie de navigation pure, comme en bateau. Sauf qu'on est sur la terre, on n'est pas sur l'eau. Et effectivement, là, on peut avoir des caps à suivre en 10, 3, même voire 80 kilomètres. un point en plus, c'est qu'en copilote, on fait beaucoup aux fesses parce que ça va très vite. Donc, les courbes, j'entends les virages ou les freinages, etc., on se repère beaucoup avec le corps. Tandis qu'en navigateur, on va beaucoup utiliser la lecture de terrain. Donc, on utilise beaucoup nos yeux.
Loïc D'accord. Oui, c'est quand même, tu vois, quand je pense copilote, en fait, j'ai une vidéo qui me vient en tête. Je crois que c'était Sébastien Loeb sur un rallye en Irlande, il me semble, où en fait, il y a du brouillard. La visibilité, franchement, elle est à moins de 4 mètres, je pense. Et il est à 180 sur des petites routes minuscules. Et en fait, là, moi, c'est une vidéo, c'est la première fois où j'avais vraiment pris conscience de l'intérêt, à quel point, en fait, le copilote est absolument essentiel. Parce que je pense que là, franchement, j'imagine, si tu me dis qu'il y a 3 repérages max sur les courses, ce n'est pas possible qu'il ait pu connaître l'itinéraire par cœur. Et donc, en fait, il naviguait, enfin, il pilotait à vue avec 4 mètres de visibilité dans ce brouillard selon les indications du copilote. Donc ça, j'avais trouvé ça assez hallucinant. Et du coup, est-ce que tu pourrais nous en dire comment ça se passe ? Le langage, il est codé ? Parce que, tu vois, dans cette vidéo, on entend le copilote qui lui dit 180 longs, 200, je ne sais pas, enfin, je dis peut-être n'importe quoi, mais des termes qui ont l'air d'être un espèce de code. Est-ce que c'est quelque chose qui est le même pour tout le monde ? Est-ce que vous avez la même façon de décrire le terrain qui arrive ou c'est propre à chaque équipage ?
Eugénie C'est propre à chaque pilote, en fait. Après, il y a des standards. On retrouve des similitudes. Il y en a qui vont noter la courbe avec un chiffre. Il y en a qui vont noter la courbe selon l'angle du volant. Il y en a qui vont noter le degré de la courbe. C'est beaucoup plus pointu. C'est vraiment propre à chacun. Après, il y a vraiment des bases communes.
Loïc D'accord. Et à quel point est-ce que tu anticipes quand tu lis les instructions au pilote ? À quel point est-ce que tu anticipes par rapport à où vous en êtes sur le tracé ? Est-ce que tu le préviens de courbe à l'avance pour qu'il y ait le temps d'intégrer ? Est-ce que c'est immédiat, immédiat ?
Eugénie Oui, avec les pilotes qui sont expérimentés et qui vont très vite, c'est deux virages à l'avance.
Loïc Deux virages à l'avance. Waouh ! Oh, punaise ! Parfois,
Eugénie on voit l'avance que ça dépend. C'est vraiment spécifique aux notes et à la spéciale. Ça va vraiment dépendre. Le plus courant, c'est ça.
Loïc D'accord. OK.
Eugénie Ça va tellement vite. OK.
Loïc C'est ça, oui. C'est ça.
Eugénie Au moins.
Loïc Ça avait l'air en tout cas sur cette vidéo hyper, hyper intense.
Eugénie Oui, le brouillard a une particularité. Là, tu as pris la référence mondiale à Sébastien et Daniel Helena qui, effectivement, ont excellé puisqu'ils sont multiples champions du monde et dans le brouillard. c'est aussi dans la difficulté où on reconnaît les meilleurs.
Loïc Oui, complètement. Complètement. Puisqu'on parle de difficulté, peut-être on va revenir à ce Dakar, ce premier. Donc, le premier, en tout cas, où tu as pu prendre le départ. en Amérique du Sud, comment est-ce que ça s'est passé globalement, la course ?
Eugénie Oh bien, c'était magnifique. En plus, on était tous au même niveau vu que tout le monde découvrait le terrain. on a démarré avec l'Argentine qui a un sol, une terre vraiment différente de l'Afrique parce qu'en Afrique, on est beaucoup sur des pistes, des sols durs et on a moins... Le sol est différent tandis qu'en Amérique du Sud, on a beaucoup de fèche-fèche qui crée beaucoup de poussière, un sol meuble et puis surtout, au fur et à mesure du passage des concurrents, ça creuse la piste. Donc, ça la rend beaucoup plus molle. Donc, la difficulté était différente que l'Afrique.
Loïc Et donc, l'itinéraire, si tu peux nous le rappeler, c'était départ en Argentine ?
Eugénie Oui. Oh, 2009, je crois qu'on a fait départ Buenos Aires et arriver à Valpa y Rézou, il me semble, au Chili. Oui, c'était Argentine-Chili.
Loïc Argentine-Chili, ok.
Eugénie En passant par la cordillère des Indes.
Loïc Et du coup, au total, ça a duré combien de temps ?
Eugénie Le Dakar, on fait 15 jours, dont 14 jours de course parce qu'il y a une journée de repos entre le départ et l'arrivée.
Loïc Wow, ok. Et donc, côté logistique, comment est-ce que ça s'organise ? Tout le monde prend le départ de la même étape le même jour et le soir, il y a une sorte de camp de repos, un endroit où tout le monde s'arrête nécessairement pour se reposer et ça repart le lendemain ?
Eugénie Oui, alors, l'organisation met à disposition un parcours qu'on doit suivre et chaque soir, on est en bivouac où l'organisation aménage la cantine, tous les besoins primaires, je dirais, la nourriture, l'eau, les douches, les laissés, etc. La plupart du temps, on était environ 3000 sur le bivouac, donc c'est des grands bivouacs très très bien organisés et puis le soir, on avait un briefing pour le parcours du lendemain aussi et sinon, tout ce qui est logement, là, c'est des équipes qui font part elles-mêmes. Si tu veux, on part le matin de la ville de départ ou du matin ou du rallye et puis on a un certain nombre de kilomètres de liaison pour rejoindre le départ de la spéciale. Après, on fait une spéciale, parfois, elle est découpée en plusieurs spéciales, en plusieurs morceaux et puis, à l'arrivée de la spéciale, on reprend une liaison pour aller jusqu'au bivouac et le soir, quand on arrive au bivouac, on rejoint les équipes d'assistance, donc les équipes d'assistance sont propres à chaque équipe et là, on retrouve les mécaniciens, les team managers et des autres équipes aussi et puis, l'équipe d'assistance refait l'auto toute la nuit pour qu'on reparte le lendemain avec une auto qui marche.
Loïc Donc, il n'y a pas d'assistance fournie, entre guillemets, par l'organisation du Dakar, c'est vraiment à chaque équipe d'avoir ses mécaniciens, ses spécialistes qui travaillent sur la voiture.
Eugénie Oui, alors après, il y a quand même une particularité, c'est que, c'est surtout pour les motards, il y a ce qu'on appelle la malmoto, ça veut dire que certains motards, je ne sais pas s'il peut être des autos peuvent faire ça, c'est-à-dire que l'organisation met à disposition un camion où les concurrents qui n'ont pas d'assistance peuvent mettre une malle avec leur matériel mécanique et les outils pour faire par eux-mêmes la mécanique le soir. Ça, c'est plus courant chez les motards.
Loïc D'accord. Peut-être parce que
Eugénie la malmoto.
Loïc Oui, peut-être parce que moins de mécanique à gérer, donc c'est encore à peu près faisable par une personne qui est aussi le pilote, c'est ça ? Versus une voiture ? Oui, c'est ça. Oui, ok. Ah, super, intéressant. Je te posais la question parce que mon expérience du rallye se limite à un truc qui n'est pas du tout du rallye mais j'ai fait le 4L Trophy quand j'étais étudiant et donc c'est pour ça que je te demandais parce que c'était j'imagine que c'était à peu près inspiré de ce genre d'épreuves comme le Dakar où il y avait aussi des bivouacs tous les soirs mais par contre c'était l'organisation qui fournissait des équipes de mécaniciens etc. si jamais on avait des problèmes avec nos merveilleuses 4L. Pour les jeunes
Eugénie c'est mieux quand même.
Loïc Oui, clairement. Nous en tout cas ça nous avait bien aidé sinon je pense qu'on serait encore resté dans le désert au Maroc. Donc tu disais 14 jours avec un seul jour de repos une course une course en tout cas la première édition dans un environnement que vous ne connaissiez pas toi à titre personnel du coup comment est-ce que tu t'étais peut-être déjà pour commencer par ça préparé pour ce premier Dakar dont tu allais prendre vraiment le départ sachant que c'était en Amérique du Sud avec un pilote que tu connaissais cette fois-ci ou quelqu'un de nouveau ?
Eugénie Oui, c'est quelques années que je roulais avec donc en fait on roulait beaucoup on roulait beaucoup en Afrique on a aussi fait le Silkway donc à l'époque c'était Transoriental on était parti de Saint-Pétersbourg pour arriver à Pékin donc pour te donner une idée le Dakar est beaucoup plus connu effectivement et le Transoriental qui s'appelle maintenant le Silkway enfin ce ne sont pas les mêmes organisateurs mais c'est un parcours similaire et aussi l'une des épreuves la plus dure au monde en rallye reine
Loïc Du fait de la distance et des conditions ?
Eugénie Oui, tout à fait oui, parce qu'on partait de Saint-Pétersbourg on traversait le Kazakhstan on arrivait en Chine on arrivait à la murale de Chine d'ailleurs et puis les Russes les parcours ils nous font des choses costaudes cette réputation même si c'est organisé par des Français les Français sont très bons dans l'organisation des rallies je pense qu'ils ont le lead là-dessus d'ailleurs niveau mondial et oui donc on était on était entraînés à la difficulté à la durée et puis beaucoup d'expériences de rallye donc j'ai commencé en 2005 je faisais entre 4 et 5 rallyes raides par année donc ah oui jusqu'à 2009 tu vois ça fait déjà une très bonne expérience quoi
Loïc ouais et sur ces 14 jours d'épreuve du coup comment est-ce que comment est-ce que ça se gère côté sommeil concentration parce que je suppose qu'il n'y a pas vraiment le droit à l'erreur comme dans toute épreuve de toute façon mais quand ça dure 14 jours et que c'est vraiment enfin le pilote compte sur toi comment est-ce que du coup tu t'étais organisé pour faire en sorte d'être au mieux la plus performante possible sur toute la durée de l'épreuve
Eugénie alors effectivement c'est très intense surtout qu'à l'époque en navigation il y avait beaucoup de travail sur le roadbook à réaliser donc peu d'heures de sommeil et toujours en tension toujours en adrénaline avec les chronos et puis aussi pointer les pointages donc la préparation elle se fait physique déjà beaucoup en salle coach sportif pour avoir un physique d'aplomb parce que aussi quand on prend des chocs en rallye raid même sans crash c'est quand même des chocs assez violents donc il y a une position spécifique à avoir s'appuyer beaucoup sur les jambes donc l'entraînement physique des cuisses est important en tout cas c'est la solution que j'avais trouvé avec mon entraîneur physique et et puis aussi de muscler tout ce qui est micro-muscles pour protéger la colonne vertébrale parce qu'on est assis dans un baquet puis quand on prend des on prend des sacrés jetons on passe dans des dans des trous à haute vitesse des fois des fois ça remonte un peu dans les os les os donc la préparation physique elle était importante le repos avant le départ 15 jours avant éviter oui beaucoup beaucoup dormir c'est assez fun parce que cerveau j'avais découvert ça sur les premières alli-rein on avait des longues liaisons et puis au début quand on n'est pas entraîné pour ça en tout cas moi je suis fatiguée et je demandais au pilote si je pouvais dormir sous la liaison alors il disait ouais pas de soucis et puis je regardais le trip master donc là on a la distance qu'on qu'on réalise qui s'affiche et le roadbook et puis dans ma tête je faisais le delta donc par exemple prochain carrefour je me disais dans ma tête il est à 100 km et là je m'endormais dans le baquet et à chaque fois 4-5 km avant le carrefour je me réveillais naturellement c'est fou quoi
Loïc ouais incroyable
Eugénie ouais c'est fabuleux et donc j'ai continué à utiliser des astuces comme ça alors avant une épreuve comme le Dakar ou le Silkway des grosses épreuves comme ça et bien je programmais mon cerveau à se reposer et du coup j'arrivais en pleine forme
Loïc alors ça c'est super intéressant tu vois j'en parlais c'était quand c'était il y a deux jours avec d'autres invités sur deux épisodes qu'on a fait qui sont des ultra trailers et on parlait justement de la gestion du sommeil alors c'était des questions assez intéressées de ma part parce que là au moment on enregistre je ne crois pas que je te l'avais dit avant l'épisode mais je prends le départ d'une course qui fait donc un ultra trail qui fait 300 km sur 6 jours où il va y avoir un vrai sujet de gestion du sommeil on est en équipe en plus donc il faut faire en sorte que tout le monde se repose en même temps et a priori une heure et demie maximum deux heures par jour sur 6 jours donc ça veut dire qu'il va y avoir un gros déficit de sommeil du coup je suis hyper friand depuis quelques mois de toutes les techniques tu vois des astuces sur comment se préparer à ça bon là 15 jours de la course c'est peut-être un peu tard mais en tout cas je suis curieux de savoir tu vois quels exercices est-ce que tu faisais à quoi est-ce que concrètement ça ressemblait cette préparation comme tu dis de ton cerveau à être capable de se reposer et de dormir à la demande en fait
Eugénie alors tu veux peut-être rigoler mais je me suis mise à la méditation
Loïc ok
Eugénie une méditation spécifique de pleine conscience pour préparer le corps et le mental donc l'entraînement de la méditation comme ça en conscience avant alors c'est une méditation que je faisais spécifique c'est-à-dire que je repartais dans un rallye ou une spéciale pour mettre vraiment mon corps en condition et je visualisais cette épreuve-là ce qui préparait en fait inconsciemment les muscles se mettent en condition comme si on y était et ça l'entraîne donc 15 jours avant je pouvais déjà faire ça la relaxation donc un état de modifier de conscience au repos dans un endroit calme et tu repars sur une course que tu as vécu par le passé et tu revis cette course et ton corps en fait il ne fait pas forcément l'esprit il ne fait pas forcément la différence entre le réel pas le corps évidemment parce que le corps il y a le physique mais l'esprit le cerveau ne fait pas forcément la différence entre le réel et l'imaginaire donc il y a un entraînement déjà possible au niveau du mental comme ça et inconsciemment ça part dans les muscles aussi donc les muscles c'est ce que j'ai fait d'ailleurs pour rebondir pour retourner le plus vite possible dans le baquet quand j'étais allongée pendant 6 mois je revisualisais tout le temps tous les jours il est spécial ça a permis à mes muscles d'éviter de garder la mémoire des gestes voilà garder la mémoire des gestes donc on peut aussi les utiliser en anticipation avant une course
Loïc ok super intéressant donc de la visualisation méditation ok et oui ça me fait penser tu vois à un épisode peut-être que tu seras intéressé pour l'écouter avec Olivier Couré qui est coach préparateur mental qui est français mais qui est basé à Hong Kong et qui accompagne des sportifs de haut niveau ou enfin entre guillemets de l'extrême je crois qu'il a eu il a accompagné une personne qui a fait un marathon par jour pendant 7 jours sur tous les continents un recordman tu vois d'apnée enfin voilà des gens qui vont vraiment chercher de la performance et c'est exactement ce qu'il disait que le cerveau ne fait pas la différence en fait entre ce qu'on imagine et ce qu'on vit et que donc le travail de visualisation peut avoir un énorme impact sur la performance ou sur la récupération comme tu l'as dit
Eugénie absolument et les effets sont vraiment impressionnants et en plus ça crée un entraînement donc comme on s'entraîne en physique sur la musculature pour préparer le corps s'entraîner comme ça mentalement et ça ça a le même effet en efficacité le jour de la course
Loïc ouais c'est fou les rouages du cerveau
Eugénie oui oui oui et puis ça reste encore assez tabou en Europe mais aux Etats-Unis c'est très très développé et ça a été validé par les scientifiques donc c'est quelque chose qui fonctionne dans l'excellence
Loïc ouais ouais on en avait parlé justement avec plusieurs invités j'en ai deux en tête Manon, Petit Lenoir et Cindy qui ont toutes les deux eu des gros gros gros pépins suite à des blessures il y en a une qui s'est pris une tonne de neige sur la tête et l'autre qui s'est crachée en snowboard et qui a passé je crois de mémoire 4 ou 5 mois avec un corset intégral et les deux en fait expliquaient que ce qui a fait qu'elles sont revenues très très vite dans leurs pratiques respectives bien plus vite que ce que les médecins avaient prévu c'était en fait tu vois alors elles l'ont pas qualifié de préparation mentale mais ce travail de visualisation de se remémorer tu vois certaines courses qu'elles avaient vécues de faire travailler leurs muscles d'imaginer qu'elles étaient en séance de sport et qu'au final ça avait des impacts au final réels avérés sur leur masse musculaire la masse musculaire qu'elles arrivaient à reprendre donc assez fou de voir comment ce travail de visualisation peut accélérer en fait un processus de convalescence
Eugénie ah oui oui c'est époustouflant le physio qui m'accompagnait quand j'ai commencé la rééducation donc alors j'avais effectivement comme je sais pas si c'était Manon ou Cindy un corset intégral aussi donc plus de muscles plus de graisse j'ai jamais descendu aussi bas je me faisais peur je ne faisais pas me regarder dans la glace donc pour dire que la rééducation au début tu soulèves à peine un stylo c'est compliqué alors là le physio qui était aussi ostéo qui m'a accompagnée tout le long de la rééducation il était époustouflé de la vitesse la vitesse de retour à prendre une barre ou soulever un poids c'était très très rapide et puis il y a autre chose c'est que quand on commence la rééduc on part de zéro on revient à zéro et qu'on n'a plus du tout de muscles et bien on a la motivation on n'a pas ces baisses de en tout cas moi c'est ce que j'ai vécu j'ai pas eu ces baisses de motivation qui sont des fois difficiles à vivre à l'entraînement pendant ma rééducation de par avoir fait ce travail d'imagerie mentale
Loïc incroyable alors peut-être qu'on peut du coup enchaîner justement sur cet épisode que tu as déjà évoqué plusieurs fois l'accident c'était en 2012 c'est ça si je me souviens bien
Eugénie oui d'Aklaire 2012
Loïc et donc qu'est-ce qui s'est passé exactement
Eugénie on a on a on a volé une dune en fait on a essayé de toucher le ciel je crois on a fait le piquaire comme une fusée qui partait en direction du ciel et puis quand la Mitsubishi MPR10 l'ex auto l'ancienne auto à Stéphane Peter Hansel et quand quand l'auto quand la masse est revenue avec la pression sur le sol elle s'est retournée puis on a terri sous le toit et malheureusement les harnais qui étaient serrés à bloc ils avaient eu déjà des crashs précédemment ce que j'ai appris après donc ils n'ont pas fait leur travail à 100% alors j'ai la tête qui a tapé contre l'arceau et là j'ai entendu les vertèbres péter et là j'étais contente de pouvoir bouger les petits doigts de pied et les mains et puis après la suite c'est coquilles hélicos hôpital bon là j'ai fait 4 hostos en un mois parce qu'au Chili c'est un peu ils n'ont pas le niveau d'hospitalisation qu'on a en Suisse ça c'est sûr ils n'ont pas les mêmes moyens surtout j'ai fait 2 hôpitaux au Chili après ils m'ont emmené au Pérou et puis j'ai été finalement rapatriée à Genève la fin du mois de janvier
Loïc waouh et du coup la suite ça a été tu disais 6 mois 6 mois allongé à ne pas pouvoir bouger
Eugénie oui alors je pouvais à partir du moment où j'avais le corset intégral je pouvais quand même bouger un petit peu toutefois mon euro chirurgien il a été très clair moins je bougeais plus je restais allongée et plus j'avais les chances de repartir en rallye parce qu'évidemment ils ne disaient pas que c'était possible il y avait encore des risques vu que c'était des vertèbres les 4 premières vertèbres dorsales il y avait des risques importants donc c'était allonger le maximum de temps possible je pense que je devais me lever bouger un peu peut-être 5 à 10 minutes par jour pas plus au début en tout cas
Loïc waouh et qu'est-ce que tu t'es dit au moment au moment où vous avez passé cette dune vous vous êtes retrouvée en l'air
Eugénie ah bah j'ai trouvé le paysage magnifique du ciel après je me suis dit dans ces bon après j'ai eu j'ai vraiment cette image qui me reste encore c'est comme des événements marquants comme ça qu'on garde c'est flash c'est un flash et puis après quand on était sur la descente l'auto s'est renversée avant qu'on atterrisse sur le toit je me suis dit bon bah là le Dakar cette année c'est foutu et puis quand il y a eu les 4 vertèbres là c'est tout de suite la question est-ce que les petits dos de pied ils bougent donc là c'était bon et puis après comme on était derrière une dune et puis qu'il y a des risques que les concurrents arrivent d'autres et qu'ils atterrissent sur l'auto là j'ai tout de suite guidé le pilote qui était peu expérimenté à faire ce qu'il fallait pour prévenir les autres concurrents et puis et puis là j'ai attendu l'hélico après depuis l'hélico il y avait aussi un paysage magnifique les médecins étaient très sympas on a bien rigolé il faut dire que j'ai pas de sensibilité à la douleur donc c'était j'étais coincée physiquement mais la douleur je la sentais pas plus que ton
Loïc ok waouh et du coup quand le diagnostic est tombé c'était déjà dès le Chili c'était très clair que t'allais être immobilisé et out du rallye pour un bon moment ou il a fallu que t'arrives à Genève pour que le tu vois le bilan soit vraiment complet et précis
Eugénie c'était au Pérou alors parce qu'au Chili ils étaient je sais pas s'ils étaient peureux ou je sais pas trop ce qui s'est passé ils m'ont fait passer les radios mais ils ont pas ils ont constaté ils ont constaté que les vertèbres étaient cassés ils étaient déplacés aussi les quatre en bloc sur l'arrière du dos mais je crois qu'ils étaient un peu perdus donc après ils m'ont transféré à l'autre hôpital d'Iquiquet et puis là ils là ils m'ont imposé de rester immobilisé par contre ils ont pas fait plus que plus d'examens je sais pas s'ils avaient pas le matériel ou quoi c'est là où ils ont décidé de me transférer au Pérou et puis au Pérou dès que je suis arrivée à l'hôpital j'étais tout de suite dans le scanner et là là c'était très clair
Loïc d'accord et à ce moment là qu'est-ce que tu t'es dit toi
Eugénie c'était difficile c'était difficile c'est difficile à dire parce que je savais pas j'avais pas de réponse claire ce qui était clair c'est que je devais rester allongée que j'avais un risque d'handicap important ou parce que c'est juste en dessous des cervicales le reste je pense que j'étais encore assez inconsciente j'avais qu'une idée c'était vraiment et puis triste que la saison se finisse
Loïc ouais et comment tu vois alors ça peut paraître un peu bizarre comme question mais aujourd'hui avec les outils que tu as de préparation mentale de tous ces sujets de méditation etc que tu as je pense ce que je comprends beaucoup plus creusé depuis est-ce que tu l'aurais géré différemment cet événement
Eugénie ah oui tout à fait déjà je serais pas partie avec ce pilote
Loïc mais je veux dire sur l'accident tu vois après sur la partie vraiment convalescence est-ce qu'il y a des choses que tu aurais mises que tu mettrais en place aujourd'hui que tu n'as pas mis en place à l'époque ou est-ce que tu verrais cet accident d'un oeil un peu peut-être différent aujourd'hui
Eugénie alors pour moi c'était un cadeau cet accident parce que vraiment c'était c'était vraiment une découverte magnifique la préparation mentale si tu veux j'avais acheté parce que comme je devais rester allongée et que les bras étaient un temps soit plus immobilisé j'avais acheté un support pour portable et puis un projecteur donc je pouvais quand même aller sur internet sur l'ordi et puis regarder au plafond ce qui se passait sur l'écran et là mon obsession c'était vraiment ça c'est devenu une passion la découverte la préparation mentale qui est devenue une passion après et là ça s'est enclenché j'avais un nouvel os à ronger si tu veux donc ça me faisait pas de temps le temps qu'il fallait avant de remonter dans l'auto après j'ai continué à apprendre à être formée à pratiquer la préparation mentale pour moi et aussi à accompagner d'autres pilotes et d'autres sportifs donc ça ça s'est jamais arrêté depuis ça c'était vraiment un grand cadeau caché je dirais de l'accident puis bon l'autre cadeau c'est que je m'en sors super bien aujourd'hui je vais ski tout le temps j'ai beaucoup d'activités sportives voilà la décision d'arrêter le rallye n'est pas liée à l'accident donc après si j'avais eu la préparation mentale plus tôt je pense que ma carrière aurait eu une autre vision mais avec des scènes on refait le monde et puis pas l'idée d'arriver au bon moment au bon endroit après je repense là par rapport à ta course au trail pendant la course il y a aussi la respiration tu peux préparer avant en entraînement et l'appliquer pendant la respiration et ça t'amène à la relaxation il y a pas mal le clé là-dessus
Loïc alors ça c'est quelque chose que tu faisais toi déjà de manière empirique ou une fois que tu as eu découvert la préparation mentale sur tes courses
Eugénie après l'avoir découvert oui
Loïc et ça ressemblait à quoi du coup pendant l'épreuve elle-même enfin je veux dire c'était pendant l'épreuve ou le soir au bout de voie qu'en attendant la spéciale du lendemain ça ressemblait à quoi concrètement
Eugénie alors ça se prépare tu peux faire bon il y a plusieurs types mais il y a la respiration abdominale qui est assez intéressante ou la cohérence cardiaque aussi très très puissant la cohérence cardiaque et alors l'entraînement à cette respiration il se prépare avant histoire d'habituer le corps et puis que ça devienne un automatisme une compétence inconsciente et pendant pendant l'épreuve tu peux l'utiliser à ce moment-là une fois que une fois que tu as acquis le réflexe
Loïc c'est comme un muscle ça se travaille tout à fait
Eugénie c'est exactement ça c'est un muscle d'ailleurs on a des neurones dans le ventre et on a des neurones dans le coeur
Loïc ouais je sais plus je crois que je crois que c'était parce que j'ai fait une formation en préparation mentale justement avec un l'enseignant était c'est un docteur qui est en France mais l'organisme était en Suisse parce qu'à ce moment-là je vivais encore en Suisse et il me semble que c'est pendant cette formation qu'on avait vu ça qu'on a dans alors attends qu'est-ce que c'était je ne veux pas dire de bêtises si je dis des bêtises je suis désolé pour celles et ceux qui écoutent qui en savent plus que moi mais ou qui n'ont pas oublié le contenu de leur formation mais il me semble qu'on a autant de neurones dans l'estomac que dans le cerveau d'un chien en fait donc c'est assez enfin c'est pas anecdotique tu vois c'est vraiment quand on parle de gut feeling de faire confiance à ses tripes etc en fait ces expressions viendraient de là du fait que voilà il y a vraiment un organe qui aide à la décision dans dans le ventre et pareil et pareil dans le coeur en fait je crois que c'est dans le coeur qu'on a autant de neurones que dans le cerveau d'un chien ça te parle ces données ?
Eugénie je ne connais pas la quantité exacte en tout cas effectivement ces neurones qui sont alors ceux qui sont dans le ventre ils sont liés à la gestion émotionnelle donc si on a un coup de stress on peut en préparation entraîner avec la respiration à gérer ce stress qui derrière pendant la course en une ou deux respirations on arrive à le faire passer peut-être un peu plus et dans le coeur alors là on va être lié à tout l'enthousiasme plutôt plutôt la joie la motivation ce qui ce qui ce qui nous booste quand on est sur une endurance comme tu vas faire ou au bout d'un moment on fatigue puis on a la petite voix qui dit non mais ça va tu as vu ce que tu fais le gérer cette petite voix avec une respiration dans le coeur la cohérence cardiaque sur le moment ça permet de revenir très vite avec la tête et le corps sur ce qu'on fait au moment présent donc rester à fond concentré
Loïc yes je sais que la respiration la respiration c'est un exercice enfin abdominal c'est un exercice que je fais assez régulièrement si j'ai bonne mémoire en fait c'est ce qui permet d'activer le système parasympathique tu me dis si je dis des bêtises mais qui est le système de la détente de l'état de repos versus une respiration plutôt dans le haut un peu saccadée où on vient bloquer le ventre qui là active au contraire tous les systèmes qu'on appelle sympathiques qui contrairement à ce que leur nom indique sont plutôt des systèmes de défense et de préparation à des choses pas sympas qui arrivent donc c'est là où le rythme cardiaque s'accélère et finalement le stress prend le dessus c'est ça
Eugénie faut pas se louper parce que
Loïc c'est ça
Eugénie ça le fait pas du tout
Loïc c'est ça selon comment on respire que ce soit bas du ventre ou haut du corps c'est pas tout à fait la même chose
Eugénie oui il y a aussi la façon dont on respire donc l'endroit est important que ça voit le ventre le coeur ou autre parce qu'on peut aller loin avec les exercices de respiration il y a aussi la façon dont on va respirer c'est une respiration profonde quand je dis respiration il y a inspiration et expiration si elle est profonde si elle est plus lente à l'inspiration ou plus lente à l'expiration ça aura pas les mêmes effets
Loïc et ça aujourd'hui c'est des sujets sur lesquels t'accompagnes des sportifs
Eugénie aussi ça en fait partie après en préparation mentale alors il faut bien mettre un nom sur ce qu'on fait je veux dire que ce soit préparation mentale aux Etats-Unis il y en a ils font accompagnement vers l'excellence de soi ou ce genre de choses ça c'est qu'un nom dedans il y a effectivement la partie relaxation et qui en fait partie en plus de la concentration de la gestion des émotions de l'amélioration des compétences et puis l'objectif à pas oublier parce que j'avais beaucoup tendance à oublier avant que je découvre la préparation mentale
Loïc c'est ce que j'allais dire à quel moment est-ce que tu t'es dit que tu allais faire cette transition entre ta carrière de principalement de copilote si je comprends bien au bout d'un moment c'est là-dessus que tu t'es spécialisée et l'accompagnement entre autres de sportif
Eugénie alors j'ai commencé en parallèle en 2005 à la compagnie 2005 2015 je suis dit 2015 à la compagnie c'était après l'accident 2015 là pour moi c'était une évidence que que je partirais sur cette voie que j'aime beaucoup qui est passionnante pour laquelle je me suis passionnée et puis là j'ai commencé à accompagner des pilotes et des télismans et puis des cavaliers aussi des cavalières donc là je savais que ça pouvait à un moment donné basculer sur le jour où j'arrête le rallye où j'arrête la compétition je me concentre plus sur la préparation mentale comme ça je suis toujours liée au sport et aux défis parce que ce que j'adore c'est les défis et accompagner comme je l'ai fait pour Camélia Liparotti qui est une pilote femme au Dakar un pilote officiel accompagner une sportive ou un sportif qui est au taquet avec ses défis ça fait vibrer c'est génial c'est fabuleux donc c'est devenu ma nouvelle passion à ce moment là et puis 2019 oui 2019 j'ai vraiment décidé de switcher
Loïc il y a eu un élément déclencheur qui t'a fait dire en 2019 c'est bon j'arrête ou c'est quelque chose que tu avais déjà préparé avant et tu savais que c'était l'année où tu raccrochais les gants
Eugénie alors je ne savais pas du tout non non j'ai eu la petite voix qui a commencé à venir sur un rallye au Maroc en 2018 cette petite voix qui dit maintenant il est temps de passer à autre chose et puis après ça m'a pris quand même une année de réflexion avant de prendre la décision par contre j'avais toujours des propositions de rallye que je déclinais parce que j'étais dans une période floue je ne savais pas si c'était le bon choix d'arrêter ou pas ou de continuer quand on fait une transition comme ça de carrière c'est assez perturbant on a quand même cette phase de deuil qui nous tient et qui nous met dans le doute donc il y a cette phase importante qu'on ne sait pas trop et puis le changement de vie aussi parce que quand on est au taquet alors entre les entraînements la préparation des rallies les rallies on vit à 200 km heure c'est le cas de le dire et puis que d'un coup bon qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui oui il y a un grand vide les relations aussi même si on garde toujours les contacts on n'est plus dans cette famille du rallye en tout cas on n'y participe plus moi j'ai décidé de switcher j'aurais pu partir sur un autre métier dans le rallye et puis arrêter la navigation et c'était un choix de vraiment switcher complètement donc ça a mis un certain temps et puis et puis voilà maintenant c'est fait je suis contente je suis heureuse de cette vie de tout ce que j'ai appris et puis de pouvoir partager toutes les personnes qui ont envie d'apprendre tout ça
Loïc et du coup aujourd'hui comment est-ce que c'est devenu ton activité principale l'accompagnement ou est-ce que tu es encore informaticienne
Eugénie je suis toujours informaticienne pour multinational bon à temps partiel
Loïc d'accord ok ok et donc typiquement tes accompagnements comment est-ce qu'ils se structurent est-ce que déjà il y a une thématique commune pour laquelle les gens te contactent est-ce que tu t'es spécialisé vraiment dans cette notion de performance ou est-ce que tu fais aussi de la préparation mentale tu vois pour des gens en entreprise qui n'ont pas forcément d'activité sportive
Eugénie alors je laisse la porte ouverte toutefois j'ai vraiment beaucoup de plaisir à accompagner des sportifs des sportifs ou des personnes qui ont un projet un peu fou je dirais c'est pas forcément un sportif ça va être oui accompagner des personnes qui ont envie déjà d'apprendre de d'évoluer avec eux-mêmes parce que c'est vraiment une base de coaching donc c'est la personne qui se découvre à travers des outils qu'elle découvre et donc c'est vraiment elle qui va vers ce qui lui parle et oui alors moi ce qui m'anime vraiment c'est les défis alors quel que soit le défi je signe
Loïc ok c'est bon à savoir bon bah vu l'audience qu'on a sur le podcast il y aura peut-être quelques personnes qui se diront bon j'ai besoin d'être accompagné pour le prochain défi que je fais mais en tout cas s'il y a bien une communauté dans laquelle il y a des défis un peu fous régulièrement c'est celle des frappés donc le message sera entendu en tout cas je crois que la question qui me vient en tête par rapport à ce que tu expliquais sur l'accompagnement et ce qui t'anime c'est la suivante quand j'ai fait ma formation de coaching j'étais à Genève d'ailleurs peut-être que tu connais l'école ça s'appelle LT l'école de formation avec Laurence et donc c'était une formation coaching ICF et une des phrases d'intro qui m'avait vraiment marqué c'était le fait que la posture du coach en tout cas d'après l'ICF c'est c'est d'être aussi bien enfin c'est d'être dans une posture d'apprenant en réalité de co-construction avec la personne qu'on coache et c'est vrai que moi j'ai pu le vérifier après avec certaines personnes que j'ai accompagnées où finalement j'ai eu presque l'impression de moi d'apprendre autant qu'elles pendant cet accompagnement et je me demandais du coup si toi tu as des personnes que tu as accompagnées qui t'ont marqué tu vois du fait de leurs projets sportifs ou des défis complètement fous qu'elles s'étaient lancés et qui t'ont permis d'en apprendre un peu plus sur toi et quelque part de grandir en tant que personne
Eugénie alors à chaque accompagnement je grandis ça c'est sûr comme tu dis c'est vraiment un moment créatif et alors dans le sport bon bah il y a Camélia Liparotti qui m'a beaucoup j'ai eu beaucoup beaucoup de plaisir à l'accompagner ce qui est toujours le cas d'ailleurs et puis les chefs d'entreprise qui m'ont beaucoup surpris qui étaient venus j'en ai un qui était venu pour s'améliorer au tennis qui c'était sa passion son plaisir de jouer au tennis en compète et en fait au bout d'une année de prépa mental pour le tennis donc on n'a pas fait beaucoup de séances je crois qu'il y avait huit séances sur l'année il avait tendance à laisser gagner les autres donc il voulait dépasser ce cap là et puis d'autres d'autres choses qu'il a découvert et lui alors au bout d'une année le chiffre d'affaires de son entreprise a triplé voilà ça c'était la grande grande surprise en fait tout ce qu'on fait en séance de prépa mental il y a une résonance qui se crée dans la vie de tous les jours et ça peut avoir des effets hyper positifs à 360 degrés donc ça c'est vraiment celui qui m'a le plus marqué étonnamment
Loïc intéressant super intéressant mais aujourd'hui après ses 23 ans de course automobile et l'activité que tu mènes aujourd'hui d'accompagnement est-ce que tu vois des similitudes du coup entre le coaching la préparation mentale ce que ça t'apporte et ce que tu as pu apprendre sur toi-même dans le rallye avant de découvrir tous ces outils
Eugénie ah oui oui oui énormément énormément et aussi j'ai démarré dans l'équitation j'étais en concours épique à l'âge de 7 ans je viens d'une famille qui ont beaucoup de chevaux alors je dirais tout ce que j'ai appris depuis depuis le début à travers l'équitation des concours épiques et puis le rallye le rallye parce qu'on est encore sur une autre discipline même en sport auto en passant du slalom au circuit en course de côte et la couche de préparation mentale par dessus c'est c'est énorme je dirais que c'est en résumé l'école de la vie
Loïc en résumé l'école de la vie oui
Eugénie une autre une autre chose que que j'aime ma phrase favorite que je mets aussi dans dans les podcasts que je fais là c'est là où tu regardes tu vas ça c'est parce que si on regarde quand on est en concours épique à cheval et puis qu'on regarde pas l'obstacle suivant on va pas y aller le cheval il a bien compris qu'il allait aller là où on a le regard et et ben en sport auto quand on pilote c'est pareil si on regarde une pierre on va foncer dessus au lieu de regarder le virage suivant dans la vie
Loïc c'est aussi ça super analogie excellent excellent oh là là punaise ça a fait beaucoup de sujets vraiment merci beaucoup Eugénie moi je crois que je repars avec déjà plein de connaissances sur l'univers du sport auto donc franchement merci parce que je te dis en dehors du rallye j'avais pas trop d'infos enfin j'avais jamais trop creusé sur le sujet donc là c'était vraiment top de pouvoir échanger avec quelqu'un qui qui en a fait son activité principale pendant plus de 20 ans donc c'était super et puis très très intéressant de voir tous les tous les liens tous les ponts que tu as fait entre ton activité de sportif de haut niveau en tout cas de sportif en recherche de performance très clairement et puis l'univers de la préparation mentale et du développement perso donc juste génial s'il y a des gens qui veulent du coup te suivre en savoir un peu plus tu viens de mentionner le fait que tu as lancé un podcast comment est-ce qu'on fait pour où est-ce qu'on peut te retrouver
Eugénie alors il y a le podcast maximise ton potentiel qui est diffusé sur toutes les plateformes de podcast et puis la page facebook aussi maximise ton potentiel
Loïc excellent ok je mettrai tout ça je mettrai tout ça en commentaire dans les liens
Eugénie alors les podcasts c'est c'est les aventures de joy avec dans le rallye pour la saison 1 dans le rallye et le rallye raid et ça inclut plein de clés de préparation mentale génial il y a déjà beaucoup pour ceux qui souhaitent découvrir ce domaine il y a déjà beaucoup beaucoup juste à écouter les podcasts ils peuvent déjà avoir pas mal d'infos
Loïc super trop bien bah écoute moi je vais aller en écouter c'est sûr et je mettrai le lien encore une fois en description de l'épisode donc n'hésitez pas à foncer écoute moi tu m'as vraiment donné envie tu vois de creuser un peu le sujet de tout ce qui est sport automobile et ça m'a quand même l'air d'être un environnement j'avais pas forcément touché du doigt le niveau d'intensité de préparation on a un peu survolé la partie mécanique mais je pense qu'il y a il y a aussi des choses vraiment il faut aller dans le détail et absolument tout planifier est-ce que tu penses quel autre invité est-ce que tu recommanderais qui pourrait nous en dire encore encore plus et compléter ta vision sur le sport auto
Eugénie bon il y a alors peut-être un pilote Stéphane Piterantzel bon alors ça ça serait en rallye raide Jean Ragnotti parce que il est plein d'humour je suis sûre que ça sera un magnifique podcast qui d'autre un pilote de circuit aussi on a Buemi je sais que lui Sébastien Buemi il est accompagné en préparation mentale
Loïc ok
Eugénie ça va être intéressant super il est vraiment en pleine montée de puissance dans ses résultats que ouais ces trois là je te conseillerais ces trois là
Loïc excellent et bien écoute je vais aller regarder tout ça merci beaucoup peut-être le mot de la fin Eugénie toi qu'est-ce que qu'est-ce que tu retiens de cet épisode par rapport à tout ce sur quoi on a échangé ton parcours ce que tu fais aujourd'hui est-ce qu'il y a quelque chose que tu auras envie de partager au-delà de la direction attends c'était quoi exactement ce que tu as dit là où tu regardes c'est là où tu vas c'est ça
Eugénie oui là où tu regardes c'est là où tu vas écoutez votre coeur parce que c'est le coeur qui c'est l'appel du coeur ça ça marche à tous les coups quand on fait ce qu'on aime on n'a pas quand on fait ce qu'on aime c'est fluide et c'est là où on peut tendre vers l'excellence avec la pratique pointue de du comportement un temps de réaction court et puis le faible taux d'erreur au final on touche l'excellence et ça on peut le faire que si on aime ce qu'on fait donc écoutez votre coeur
Loïc génial un grand merci Eugénie tout le meilleur à toi pour la suite et puis je te dis peut-être à bientôt pour un débrief je ne sais pas d'un Dakar ou de cette fameuse course Silk Road Race c'est ça ?
Eugénie Silk ouais la route de la super super merci beaucoup Loïc merci pour ce super moment c'est aussi un chouette voyage
Loïc avec grand plaisir merci Eugénie halfway Sous-titrage ST' 501
Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.