Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·080 Parcours de vie #escrime #équipe de France #champion du monde

19 juillet 2022

Chacun est capable de faire quelque chose d'extraordinaire sur Terre, avec Sarah Daninthe, médaillée olympique en escrime

Durée · 1h10 · Transcription disponible

Sarah

Le récit

Sarah est une ex-sportive de haut niveau, aujourd'hui experte de la Tech.

Petite, sa maman qui avait toujours voulu une fille l'a poussé à faire de la dance, lui faisait des couettes et l'habillait avec des jupes. Tout l'inverse de Sarah qui, dès que l'occasion s'est présentée, s'est lancée dans une toute autre voie  😂

Un jour, sa professeur de dance est malade 🤧. Son frère l'emmène avec lui à son entraînement d'escrime 🤺. Elle découvre le caractère à la fois guerrier et respectueux de ce sport, longtemps resté réservé aux bourgeois. Elle accroche immédiatement.

Les résultas des premiers temps ne sont pas fameux, mais elle persévère et à 11 ans elle termine 3e aux Championnats de France 🇫🇷. Elle vivait alors encore en Guadeloupe, à 8000km de la métropole. Elle rejoint l'équipe de France et doit alors apprendre à gérer ce paramètre en plus des entraînements et des compétitions.

Sarah va évoluer au plus haut niveau de l'escrime, en épée, et décrocher des titres de Championne du Monde (2x) et médaillée  aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004.

Fan de tech, elle est aujourd'hui Data Product Manager pour le plus gros équipementier sportif français, et elle s'investit dans deux associations.

Un super échange avec une invitée à l'énergie débordante qui nous montre que sport de haut niveau et reconversion réussie sont clairement possible quand on s'en donne les moyens !

🔎 Sarah fait partie de l'association Premier de cordée et a co-fondé l’ONG pour la paix Freedom Butterflies.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #20 - Marie Laure Brunet - Double Médaillée Olympique de Biathlon et passionnée des relations humaines
Épisode #74 - Jade Maréchal - Équipe de France d'escrime, entrepreneuse, étudiante Kedge Business School - Marquer des temps d'arrêt et apprécier le chemin parcouru

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Sarah Je pense qu'on est tous capables de faire quelque chose d'extraordinaire sur Terre. Moi, mon truc, ça a été d'être médaillé olympique. Je pense que chacun à son échelle, chacun dans son domaine peut faire quelque chose qui peut peut-être même avoir un impact sur la vie de notre personne et changer sa vie. Et ça, c'est quand même quelque chose, si on prend le temps d'y réfléchir, c'est quand même quelque chose qui peut être extraordinaire.

Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Eh bien écoute, bienvenue Sarah sur le podcast !

Sarah Merci Loïc de me recevoir !

Loïc Avec grand grand plaisir ! Et ouais, une de plus ! Alors je suis très très content qu'on puisse avoir cet échange maintenant. Je crois qu'on a commencé à communiquer, ça devait être via LinkedIn il y a peut-être plus d'un an. Je pense qu'il y a plus d'un an. Très certainement ! Donc tu vois, c'est le podcast de la résilience et de la détermination. Voilà, c'est bon, on l'a fait ! Merci Loïc de me, en tout cas c'est super connu ! Bah écoute, avec grand grand plaisir ! Je t'ai dit très content que tu sois avec nous pour nous en dire un petit peu plus sur tes parcours, puisqu'il y a bien plusieurs parcours déjà que tu as menés. Et puis que tu nous parles un peu de tout ce que tu as accompli et de ce sur quoi tu te concentres aujourd'hui. Et je te propose tout simplement de commencer par nous dire qui est Sarah ?

Sarah Alors, concrètement ça, ça va être coupé. Moi je suis, alors Sarah effectivement, je suis une ancienne sportive de Lugo. J'étais en équipe de France des scrims à l'épée précisément pendant plus de 25 ans, plus de 20 ans on va dire. Je viens de la Guadeloupe, donc à 8000 km de Paris. J'ai pratiqué donc pendant plus de 20 ans justement ce sport qui était pendant longtemps en tout cas qualifié de sport un peu bourgeois. Et je viens de un milieu assez modeste, très clairement. Voilà, donc pendant plus de 20 ans en équipe de France, j'ai été double champion du monde. Enfin je le suis, parce que c'est des titres qui ne se perdent pas. Je suis double champion du monde et je suis médaillé olympique aux Jeux Olympiques d'Athènes justement. La classe ! En tant que fan de la tech et surtout, moi j'imagine surtout ce qu'on peut faire avec la tech dans la vie tous les jours et comment ça peut impacter socialement ou même environnementalement parlant ou dans d'autres domaines en tout cas la vie de chacun. Je travaille maintenant dans la tech justement. Je suis product manager, là actuellement dans un cabinet de conseil qui s'appelle WeVoo et mon client actuel de cette année c'est Decathlon. Donc je suis le product manager responsable au niveau back-end des data, donc tout ce qui est flux. Au niveau du programme des fidélités de Decathlon France et on travaille justement avec une équipe pour le programme des fidélités monde aussi. Toujours côté data par contre. Donc plutôt excitant tout ça. Et à côté de ça, je suis aussi, j'ai monté une boîte entre guillemets de conseil. Je fais des conférences. J'essaie de lier cette partie sport et entreprise. Donc voilà. Et aussi du conseil au niveau du product, etc. Et j'ai aussi comme projet de montagne une école de la transmission du partage et lié aussi un peu à la tech vers les jeunes. Génial. À côté de ça, je ne sais pas si je peux te parler des deux ONG pour lesquelles on se fait. Ah bah carrément. C'est quand même important, je pense. Je suis aussi au board de 1er de Cordée qui est une association qui essaie de changer le regard sur le handicap et qui surtout vient au chevet d'enfants hospitalisés. Là, justement, l'idée, c'est d'essayer un peu de changer leur quotidien, leur après-midi en l'occurrence. Et en fait, ça a aussi un impact sur les parents de ces enfants hospitalisés. Un de nos parrains, c'est un gars pas trop connu qui s'appelle Kian Elbapé. Et notre parrain, l'ambassadeur, pour le coup, tiré au meilleur aussi qui est un de nos ambassadeurs. C'est plutôt cool. Les enfants, ils passent l'après-midi avec une star, tu vois, floute, danse, enfin, peu importe. Et ça leur change quand même vachement leur quotidien de milieu hospitalier, forcément. Et ça, on sait bien sûr que tout ça, ça a des impacts sur aussi comment récupérer, etc. Et puis une ONG, une ONG de l'APEC, j'ai monté avec deux personnes, avec comme ambassadeur Lilian Thuram et Josine Berroir du groupe Kassav. Et là, c'est une ONG autour de l'APEC qui cible un peu les jeunes de 6 à 12 ans avec un événement majeur à la fin de l'année. Voilà. Donc, c'est une présentation un peu longue, mais j'aurais peut-être dû la préparer au moins comme ça. Et tu es un peu plus direct.

Loïc C'est parfait. Et écoute, en tout cas, déjà impressionnant de voir tout ce sur quoi tu t'impliques. Et puis moi, j'ai déjà plein de questions qui me viennent en tête, tu vois, sur cette transition entre sport de haut niveau et la tech. C'est vrai que souvent, il y a un peu des parcours, tu vois, dans les reconversions. C'est marrant, mais tu as des univers où il y a des reconversions un peu classiques, entre guillemets, tu vois. Dans le judo, c'était beaucoup kiné, par exemple. Et plein de judoka, quand il s'arrêtait, il passait sur kiné. Dans les forces spéciales, enfin les militaires en général, c'est souvent la sécurité ou ce genre de domaine. Mais je crois que c'est la première fois que j'ai une transition comme ça, que je peux échanger avec quelqu'un qui passe du sport de haut niveau à la tech. Donc, ça va être super intéressant. Écoute, peut-être première question. C'est par rapport... Alors, je te disais en off, j'ai eu la chance d'accueillir une... Il y a quelques temps. Donc, tu vois, je n'ai pas eu d'escrimeuse ni d'escrimeur pendant un long moment sur le podcast. Et puis d'un coup, boum, Jade, puis toi. Donc, elle nous a un peu expliqué les spécificités du fleuret. Et je pense... Les règles générales de l'escrime. Mais est-ce qu'il y a quelque chose de particulier qui différencie l'épée des autres armes ou pas forcément ?

Sarah Ouais. Alors, Jade, oui, je vois qui c'est du coup. Le fleuret, effectivement, c'est l'arme conventionnelle par laquelle on commence généralement. C'est une arme de priorité, justement. Celui qui a mangent le bras est prioritaire. Enfin, il y a plein de règles. Le sabre, c'est l'arme la plus légère. Je pense qu'elle a dû le dire. Un peu arme de cavalerie. Le fleuret, je crois que c'est plutôt une arme de précision qui est un petit peu moins légère. Et toutes ces... On touche essentiellement le haut du corps avec le fleuret et le sabre. Enfin, quelques précisions près. Tandis que l'épée, c'est vraiment plutôt un jeu d'échec. C'est l'arme la plus lourde. La coquille est plus lourde. Enfin, la lame aussi est plus lourde. Et en fait, là, l'idée, c'est de toucher son adversaire sans se faire toucher. Parce que la différence avec les deux autres, c'est qu'il n'y a pas de... On peut se toucher en même temps. Donc, c'est vraiment... C'est vraiment un jeu d'échec. Je t'amène à penser que c'est toi qui as pris la décision d'avancer vers moi pour te prendre le fer et te maroivrer la tête. Toi, tu es persuadé que c'est toi qui as décidé de cette action-là. Donc, c'est un vrai jeu de stratégie et d'échec. C'est vraiment le truc que j'aime le plus dans cet arme. Et du coup, on peut toucher de la tête aux pieds. Si cette spécialité, cette particularité, c'est que toutes les zones du corps sont valables.

Loïc Excellent. Excellent. Alors, tu nous disais que ça a été pendant longtemps, l'escrime, un sport plutôt bourgeois, mais que c'est pas vraiment... Enfin, toi, tu viens d'un environnement plutôt... Modeste. Enfin, pas forcément bourgeois. Comment est-ce que tu es tombée dans l'escrime et est-ce que ça s'est fait du coup en Guadeloupe ou est-ce que tu étais en France au moment où tu as découvert ce sport ?

Sarah Non, j'étais en Guadeloupe. Alors, en fait, j'ai trois grands frères de plus 9, plus 8 et plus de 7 ans, plus que moi en fait, qui... Alors, à cette époque-là, mes parents voyageaient beaucoup parce que mon père était militaire. Et donc, ils ont quitté l'Afrique et ils sont partis à Berlin. Et de Berlin, ils sont rentrés, enfin, quelques temps, et puis ils sont rentrés en Guadeloupe, d'où ils viennent à la base. Sauf qu'ils sont rentrés pendant l'année scolaire et il ne restait que l'escrime comme sport. Donc, finalement, mes parents ont inscrit mes trois frères à l'escrime, mais ce n'est pas du tout le sport qu'ils voulaient faire. Bon, ça a vair que ça s'est bien passé. Mais surtout, à côté de ça, mes parents voulaient en fait avoir une fille depuis le début. Et donc, trois reprises, ça n'a pas fonctionné. Et puis, donc, ces temps après le troisième, en tout cas, j'apparais. Et ma mère, c'était les clichés vraiment complets là-dessus. Donc, les couettes, la danse, la jupe, vraiment tout l'opposé de moi. Mais bon, c'est le jeu, c'est comme ça. Et du coup, j'allais à la danse tous les mercredis parce que ma mère voulait absolument que je fasse de la danse. Moi, je n'aimais pas ça. Et un jour, ma prof de danse était malade. Du coup, mon frère qui me déposait à la danse avant de donner des cours d'escrime à des tout-petits, m'a amené à son cours et puis j'ai commencé comme ça. Et j'y suis resté parce que j'aimais bien ce côté un peu guerrier, tu vois, aller voir un peu gueuler tout en se respectant. Et ça, j'ai toujours trouvé ça super kiffant, en fait. Donc, au début, pendant les premières années, j'étais très souvent dernière. Ça a duré pendant quand même pas mal de temps. Mon meilleur résultat, c'était avant avant dernière. Mais je kiffais, je kiffais, je kiffais, je kiffais mon... C'était vraiment un sport plaisir, quoi. Donc, voilà, ça a commencé comme ça et perduré comme ça, quelques temps.

Loïc Et à quel moment est-ce que, du coup, le switch vers le haut niveau s'est fait ?

Sarah Quand, vers mes dix ans et demi, dix ans à peu près, un entraîneur, un nouvel entraîneur est arrivé, on a ouvert une espèce de section sport-études en Guadeloupe, au Crepes. Et je suis passé du fleuret, justement, où j'ai commencé à l'épée assez rapidement. Et ça allait relativement bien. Et en fait, à dix ans, quand cet entraîneur est arrivé, ça a tout changé. Parce que... Et Jacqui Reyes, d'ailleurs, qui... Moi, enfin, je ne suis pas la seule, mais en tout cas, il nous a permis de croire qu'on pouvait faire quelque chose. Et ça a été mes premiers 11 ans. Enfin, à la fin de la saison, j'ai fait mes premiers championnats de France et j'ai fait troisième. Avec une déception horrible. Parce que j'avais l'impression que le monde s'y croulait alors que c'était la première fois et que forcément aucun d'entre nous n'était attendu, quoi. Mais bon, ça s'est fait là. Donc là, ça, c'était le moment déclencheur. Et je me suis dit, en fait, il y a moyen de faire quelque chose, quoi. Voilà. Donc très rapidement, en junior, j'ai intégré l'équipe de France tout en étant en Guadeloupe. Donc en faisant les allers-retours. Parce que la majorité des compètes se faisaient en Europe. Ce qui signifiait que je devais aussi récupérer les cours. Enfin, une organisation assez dingue pendant quelques années. Voilà. Ça force aussi.

Loïc Ouais, j'imagine, ouais. J'imagine. Sachant que tu as un palmarès qui est quand même impressionnant. Tu disais double championne du monde, médaillé olympique et troisième au champion d'Europe, c'est ça ?

Sarah Il y a plus que ça. Ah non, champion d'Europe des Rennes. Je garde essentiellement monde et olympique. C'est ce qui compte le plus.

Loïc Ouais, ouais, ouais. Et ce parcours, tu vois, je suis sur la page de… Championnat de la Guadeloupe en montée aussi.

Sarah Oui, ouais, ouais.

Loïc Et oui. Sérieusement. Et du coup, ton chemin, si tu devais le résumer, ton chemin de… Tu vois, ces premiers championnats de France où tu as été déçu alors que tu finis troisième sur des premiers championnats, enfin c'est juste ouf, jusqu'au jeu à Athènes. Ça a été quoi si tu devais le résumer aujourd'hui ?

Sarah En deux mots, je dirais embûche et résistance parce que j'ai été blessé quand même plusieurs fois. Ensuite, parce que le sport de haut niveau, on se fait des amis comme partout dans le sport, mais de haut niveau, ça signifie qu'à un moment donné, il y a des gens qu'on dérange et qui nous le font savoir de notre manière parce que voilà, il n'y a que trois places de titulaire et une remplaçante très clairement. Donc, ouais, ce serait plutôt ça les embûches. Et puis, résistance parce qu'on résiste aussi bien à la pression de la presse, de la famille, des attentes de chacun ou les peurs même de chacun, mais aussi de ses adversaires qui sont aussi nos partenaires d'entraînement. C'est aussi ça la difficulté chez nous dans le niveau, je pense, de toute façon, de toute manière. Et parce que, en fait, pour atteindre quand même cet objectif olympique, je pense que tu as envie et besoin de motivation, d'avoir un objectif, d'avoir des étapes, de valider les trucs, mais tu as aussi besoin d'être résistant sur la longueur. Parce que l'Olympiade, ça ne se fait pas sur deux mois, mais sur plusieurs années. Ouais, je dirais peut-être ça. Je peux dire plein de choses, mais je garderais ça comme ça.

Loïc Ok. Donc, résilience, résistance et surmonter les obstacles.

Sarah Ouais, c'est ça.

Loïc Ouais. Et alors, comment est-ce que tu t'es senti si… Je ne sais pas, tu vois, c'est un peu un mythe… Enfin, un mythe. C'est un peu une croyance, en tout cas, que j'ai que, tu vois, sur ce genre d'événements comme les JO, qu'il y a forcément énormément d'émotions au moment de la médaille. Et en fait, j'ai déjà discuté avec des médailles olympiques qui m'ont dit, bah, en fait, non. Tu vois, ce n'était pas fou ou parfois même je le regrette parce que ça a changé trop de choses dans ma vie, où j'avais trop d'attentes. Donc, je suis toujours un peu curieux de savoir pour toi à quoi est-ce que ça ressemblait ? C'est-à-dire, est-ce que entre tes premiers championnats de France où tu finis troisième et tu es déçu alors que c'est ouf, et les JO où tu finis aussi troisième, ce qui est complètement fou quelques années plus tard, ça a été quoi la différence en termes d'émotions, de ressentis ?

Sarah Alors, moi, je vois deux phases différentes. Celle du podium et aussi celle de la préparation incompète. Et je pense que c'est là qu'en fait, moi à 16 ans, j'ai vu le rafle lisselle. Moi, je suis une tari de sport et surtout de l'NBA. Enfin, en Bois-de-Loup, c'était pratique pour les horaires. Donc, ici, tu es obligé de te lever pour regarder les matchs. Mais de foot américain, de judo, enfin, je me lève pour le sport quoi. Et les jeux, j'en rate pas. D'hiver non plus. Donc, ce qui fait que j'étais... Les jeux d'Atlanta à 16 ans, 96, je les regarde et je vois Laura Flicel, donc qui était une des collègues, enfin, coéquipière de mes frères quand j'étais toute petite, qui m'a quasi changé les couches, devenir la première championne olympique à l'épée. Elle devient un milieu encore plus modeste que le mien. Elle a toujours, enfin, elle a galéré, mais elle s'est imposée et puis elle a été la première championne olympique. Moi, ce jour-là, je me suis dit, ben, moi, je veux ça et ça va arriver quoi. J'étais... C'est pas une question de prétention, mais j'étais convaincu que j'allais être médaillé olympique à partir de ce moment-là. Bien sûr, c'était mon rêve et énormément de personnes n'y croyaient pas. Mais ça, c'était pas grave parce que c'était mon truc et que, entre leurs peurs et leurs projections, j'y laissais dans leurs trucs et puis... Bon, bref. Après, voilà, il y a eu tout le parcours, etc., etc. Et en fait, sur la période olympique même, tu t'entraînes tellement et tu te mets tellement en phase d'être... d'attendre ton objectif qu'en fait, le jour J... Tu vois, moi, je vais te raconter un truc très con, mais le jour de la compète... Moi, j'étais dans le... J'étais pas au village olympique. À cette période-là, je dormais avec les remplaçants, un appartement pas très loin de la compète d'escrime, d'escrime judo, d'accompagnement, on est ensemble. Voilà. Et en fait, la veille au soir, quelques-uns, la tête qui avaient déjà fini leur compète, plus copains, copines, etc., étaient sortis la veille, ils s'étaient couché un peu tard. Ils étaient rentrés un peu fracassés dans l'appart et assez tôt. Bon, bref. On peut dire que j'avais été un peu réveillée, mais pas plus que ça, tu vois. Moi, je me suis réveillée, tu vois. J'aurais imaginé que ce jour-là, ce matin-là, que j'aurais été super stress, mon petit déj, impossible de manger, etc. En fait, non. J'étais paisible, j'étais calme, et je pense que c'est une des compètes où j'étais le plus calme de toute ma carrière. C'est ça qui est complètement fou. Ah oui. Et à tel point qu'il y a un des gars qui est sorti un peu déchiré, qui est rentré un peu déchiré le matin dans un état... Bon, bref. Quand je l'ai vu dans le salon, ça m'a un peu embêté pour lui. J'ai ramené une petite couverture, tu vois. Je me suis occupé de lui cinq secondes. J'ai pris mon petit déj tranquille. J'étais bien. Et le jour de la compète, ça se passe aussi plus ou moins bien. On perd un demi, mais bon, peu importe. Finalement, la compète se passe avec tranquillité. Il y a quand même des moments où on n'était pas... On aurait pu faire autrement, mais voilà. Et finalement, les émotions, elles viennent sur le podium. Quand on t'annonce déjà, tu dis, waouh, c'est les jeux, le monde entier te regarde, ça fait déjà quelque chose. Mais quand tu montes sur le podium, t'es contente et tout. Et puis, cinq secondes après, putain, il n'y a plus personne. Moi, j'étais en larmes complètes. J'étais en chiales. C'était comme si... Mais c'est monté d'un coup. Je ne pouvais plus me retenir. Et je repensais à tout ça. Je me disais, putain, je n'ai pas vu mes neveux grandir. Ils étaient tout jeunes. Il y a plein de choses que j'ai plus ou moins ratées par choix, par ce choix-là. Et j'étais sur le podium en train de chialer. Je me disais, on l'a fait parce que je crois hyperdument que oui, cette médaille, je l'ai eue avec mes trois autres collègues. Mais je l'ai eue aussi avec ma famille, avec mes amis et même ces personnes qui ne croyaient pas à ce projet, à ce rêve à 16 ans et qui finalement sont rentrées. Ils ont dit, aaaah ! Et ça, c'est bon. Donc, ouais, beaucoup d'émotions, mais vraiment sur ce moment podium. Après, je sais que ce n'était pas les premiers jeux. Et pour autant, moi, je n'appelle pas ça des sacrifices, mais ce sont des choix importants qui font que tu attends tellement que quand tu n'as pas, tu as l'impression que... Déjà, parfois, tu peux avoir ce sentiment de honte parce que tu représentes ton pays et que tu n'attends pas ton objectif et qu'il y a beaucoup de personnes qui comptent sur toi. Et ça, il y a beaucoup d'athlètes qui te vivent mal. Tu attends tellement que tu te dis, ça va te changer la vie. Et parfois, la presse fait que la presse te défonce aussi et que finalement, tu te retrouves sur un piédestal sous terre. C'est très bizarre. Déjà, en France, on a une culture par rapport au sport qui est assez bizarre, a rien à voir avec les États-Unis et autres, mais on a une espèce de respect, irrespect en même temps, des sportifs qui est trop présent. Et on passe de Dieu ou déesse alors que déjà, on est juste des êtres humains qui, à un moment donné, faisant le pas de switcher et de changer les choses dans notre carrière, à on n'est plus rien. Donc, ça peut être super dangereux, en fait. Et je peux comprendre qu'il y a des athlètes qui sont très souvent mal vécus. Totalement mal.

Loïc C'est vraiment super intéressant parce qu'avec Jade, en fait, ce qu'elle nous expliquait, c'est que, tu nous diras si toi, c'était la même chose, mais il n'y a que de mémoire les trois premières pour qui les frais, tout ce qui est frais de déplacement, équipement, etc., sont complètement pris en charge. Et pour les autres, il faut se débrouiller. Ce qui n'est pas forcément évident à un moment où tu es étudiant, tu es en train de, tu vois, peut-être potentiellement chercher un premier job en parallèle. Alors qu'aux États-Unis, c'est carrément l'inverse, en fait. C'est ce que tu disais, tu vois, tu as un piédestal. Voilà, le sportif est carrément valorisé. Sans stapu. Oui, exactement. Est-ce que tu penses que toi, enfin, j'imagine que ça a forcément un impact, à quel point est-ce que tu dirais que ça impacte l'attrait du sport de haut niveau pour des jeunes Français et des jeunes Françaises, et potentiellement la performance ? Parce qu'il y a ça aussi, tu vois. Quand tu sais que tu n'as pas à chercher un contrat pour manger autre chose que des pâtes à la fin du mois, je pense mentalement, tu es déjà un peu plus serein pour tes entraînements, quoi.

Sarah Alors, je vais rebondir sur Jade et te répondre. Enfin, ce que disait Jade, c'est mieux qu'à rebondir sur elle et ce que je peux te répondre. Désolé Jade. En fait, c'est encore d'actualité. Alors après, ce n'est pas forcément comme au cas les scrims. Si on regarde le tournoi ATP, il y a quand même ce truc qui est un peu proche. Il y a des gens qui passent à la télé. Beaucoup de personnes pensent parce que tu es sportif de haut niveau que tu passes à la télé, que tu gagnes bien ta vie, que ceci, que cela. Ce qui n'est pas forcément le cas. Beaucoup de sportifs sont au SMIC ou parfois en dessous. Moi, il y arrivait une période où en équipe de France, ça a été très compliqué. J'étais malade. Mais en fait, du jour au lendemain, je me suis retrouvé avec une entrée d'argent, beaucoup de personnes autour parce que là, tu as toujours beaucoup de personnes autour. Avec finalement plus personne et juste ma famille. Et même une période où j'allais me coucher tôt parce que je n'avais juste pas à manger, quoi, le soir. Qu'on se le dise. Après, ouais. Mais bon, c'est comme ça. C'est juste comme ça. Dans l'escrime et comme dans beaucoup de sports, quand tu es dans les trois premières de ton arme, moi je vais prendre une épée pour le coup. Effectivement, tu as peut-être même plus la fédération qui prend en charge tous tes déplacements. L'escrime, c'est un sport qui est quand même relativement cher. La tenue qu'on porte, c'est du kevlar, c'est-à-dire un matériau qui est utilisé pour les gilets pare-balles. Donc, autant vous dire que ça ne coûte pas 2 euros, quoi. Les épées coûtent cher, le masque, juste la sécurité déjà. Généralement, les équipementiers et les clubs prennent quand même une charge à charge. Enfin, selon le classement, selon qui tu es, comment ça fonctionne. Enfin, tu as plus ou moins quelque chose à payer. Ensuite, les déplacements, on en fait partout dans le monde, donc ça coûte aussi bonbon. Si tu n'es pas dans les premières prises en charge, il est évident qu'il faut que tu aies un club ou une région qui te soutienne. Alors déjà, si tu es en Ile-de-France, il vaut mieux que ça soit ton club parce que la région, il y a tellement d'athlètes que la région fille ne plus que tu ne. Et ça, c'est compliqué et c'est chaud. Après, pour la question d'impact, il y a beaucoup d'athlètes dans beaucoup de sports. Ça a l'air générique ce que je dis en disant qu'il y a beaucoup d'athlètes et tout. En fait, je ne parle pas juste de choses qui semblent évidentes. En fait, ce que je dis, je parle de choses avec des personnes qui ont vécu ces situations-là. Donc, ce n'est pas juste quand je dis qu'il y a beaucoup d'athlètes. En fait, j'en connais beaucoup et effectivement, il y en a beaucoup qui prétendaient à des médailles olympiques, qui étaient prétendants à des médailles mondiales ou qui avaient déjà entamé ce genre de bon palmarès. C'est qu'en fait, on était obligé d'arrêter parce que financièrement, ce n'est juste pas possible pour eux. Donc, oui, ça a un impact parce que tu commences à t'ouvrir et à être fort dans ce que tu fais, sachant que tu fais le choix de te concentrer sur ton sport pendant une période. Donc, soit de ne pas continuer tes études ou soit au lieu de faire un master en cinq ans, tu le fais en six ou sept ou moins, peu importe. Ou en huit ans, on s'en fout, mais en tout cas, tu étales ton truc, ta formation. Tu travailles, tu mets ton travail de côté si ce n'est pas tes études ou tu essaies de t'arranger avec ton employeur, ce qui est rarement le cas. Ça fonctionne très peu, on se le dise. En fait, c'est très vicieux parce que les premiers sont pris en charge par leur fédération pour partir. Les premiers ont des sponsors qui ont de l'argent, enfin qui leur font, qui leur filent de l'argent. Les premiers ont parfois des contrats avec des sociétés pour pouvoir bosser ou être totalement détachés et partir en compétition. Mais en fait, quand tu es au niveau zéro pour arriver au niveau premier, c'est là que tu as toutes les embûches. Et là, ça aurait été cool que des boîtes, justement, que des boîtes, justement, s'intéressent plus à des plus jeunes. Ou même des personnes qui sont aux portes de l'équipe de France ou qui sont en équipe de France, qui ne sont pas dans les trois premières, qui sont peut-être quatrièmes. C'est très con, mais c'est juste filer. Parce que les boîtes, tu imagines qu'il faut toujours, tu vois, on n'est pas tous Teddy Riner. On n'a pas tous besoin de... Bref, je pense qu'il y a des athlètes, tu leur files déjà 1500 euros par mois ou même 5000 euros sur une année. Alors déjà, toi, au niveau des fils, tu peux trouver des moyens de truc. Et puis 5000 euros sur une année sur une boîte, ce n'est pas si énorme que ça. Tandis que ça peut changer la carrière, le début de carrière d'un athlète, quoi. Et ouais, bien sûr, ça joue parce que ça amène de la déception, ça amène du stress sans arrêt. Tu ne sais pas comment tu vas partir en compétition, tu ne sais pas comment tu vas manger parfois, tu ne sais pas comment tu vas vivre tout simplement, payer ton loyer. Et puis, ça amène du coup aussi de la dépression et parfois aussi l'arrêt du sport, quoi, ou l'arrêt d'un des deux parce que c'est ingérable. Donc, le système est un peu mal pensé. Je trouve ça un peu dommage. Voilà. Perso, si j'avais une boîte, même sans gagner des millions, je pense que j'investirais sur un athlète pas forcément super hyper connu, mais qui est déjà en équipe de France et tu lui files 10 000 euros sur l'année. Putain, le gars, ça lui change sa vie, quoi. Ça lui change sa vie. Et puis toi, s'il a une médaille olympique derrière, côté com, c'est intéressant aussi, quoi. Si vous écoutez les frappés.

Loïc Ouais, c'est sûr. Bah écoute, c'est marrant que tu en parles parce que j'ai créé une boîte en septembre avec un copain, on s'est associés. Et moi, ça fait partie des choses, tu vois, ça fait partie de mes objectifs un peu idéalistes, enfin, au final, pas si idéalistes que ça, tu vois, parce que comme tu le dis, 5 000 euros, ça peut faire une énorme différence. Et à l'échelle d'une boîte, c'est pas énorme. Mais moi, ça fait partie des choses, tu vois, si on arrive à le faire de manière régulière, accompagné des sportifs, des aventurières pro ou ce genre de profils qui sont pas hyper médiatisés et pour qui une petite contribution fait une grosse différence. Franchement, si on arrive à faire ça dans la durée, ce serait pour moi, ce serait génial, quoi. Je trouve ça fabuleux. Donc, ouais, je suis 100 % d'accord avec toi. Ouais, j'espère que... Je sais pas si ça existe, tu vois, s'il y a des initiatives qui existent pour soutenir des sportifs peut-être moins visibles, moins connus. Parce que, comme tu dis, s'ils sont moins connus d'un point de vue com, pour le coup, c'est plus, c'est quoi, c'est du mécénat, en fait.

Sarah Après, ça aussi, c'est vicieux parce que, justement, comme t'es moins connu, ça veut pas dire que t'es moins performant. Mais en plus, du coup, la presse et les médias sont moins autour de toi. C'est assez vicieux. Moi, les seuls trucs que je connais actuellement, c'est plutôt soit les plateformes de... Ben voilà, tu t'inscris et tu dis, ben voilà, j'ai besoin de récupérer, enfin, de récolter 50 000 euros sur l'année pour pouvoir me qualifier pour les jeux. Et puis, je me rappelle plus ces sites, mais bon, tu vois de quoi je parle, des sites...

Loïc Ouais, crowdfunding ou...

Sarah Ouais, exactement. Des trucs de genre. Ensuite, t'as... Et là, ça dépend aussi de ton IO. T'as le pack de performance. Moi, j'en ai bénéficié à un moment donné. C'est une fin d'assurance qui a été créée par Thierry Braillard, qui était pas ministre des sports, mais chargée de, je ne sais plus quoi, au ministère des sports. Voilà, c'est un truc. Que j'aime beaucoup. Ils font souvent ça, les politiques. Ils se trompent, ils font un truc. Oui, que j'aime beaucoup. Bref. Salut Thierry. Et en fait, ce pack de performance te permet de signer avec une boîte un contrat qui te permet d'être soit totalement détaché à bosser, je ne sais pas, peut-être 65%, 75% de ton temps. Et le reste du temps, tu pars en compète, tu pars en entraînement. Donc moi, je bossais par exemple à 65%, 70%, 70%, quelque chose comme ça. Et les 30% restants, donc j'allais à l'entraînement ou en compétition. Et en fait, le reste, le manque à gagner, si on va dire, on va dire ça comme ça, est payé par le ministère des sports directement à la boîte.

Loïc D'accord.

Sarah Donc ça, c'est royal. Après, tu as les douanes et l'armée, etc. qui ont le même principe où là, tu es totalement détaché.

Loïc C'est les contrats d'image, non ? Oui, tu as aussi les contrats d'image.

Sarah C'est encore autre chose, mais c'est à peu près le même principe. Voilà. Mais tout ça, ce n'est pas simple. Et il n'y a pas de plateforme, effectivement, où tu as un peu de tout. Enfin, à moins que ça existe sans que ça sache. Mais en tout cas, peu d'athlètes d'INSEP sont… Enfin, je ne connais aucun athlète d'INSEP ou courant d'un projet comme ça. Ce serait top par contre.

Loïc Oui, c'est clair. Bon, là, tu vois, il y a une idée. On en reparlera, on créera un truc, on fera quelque chose.

Sarah Surtout qu'en eau ou en low-code, ça peut aller relativement vite. Eh bien, oui, c'est clair. C'est ça.

Loïc Ça va faire une bonne transition, là, du coup. Mais peut-être juste avant qu'on passe à ce que tu fais aujourd'hui et justement comment s'est faite la transition. Tu l'expliquais, tu as commencé quand même… Enfin, tu as atteint très tôt le haut niveau. 13 ans, c'est ça ?

Sarah 14 ans, pourquoi ?

Loïc Oui, 14. Ce qui est quand même vraiment, vraiment tôt. S'il y a des auditeurs, des auditrices régulières, ils doivent commencer à en avoir un peu marre. Mais très souvent avec les sportifs de haut niveau, en fait, je pose toujours la question de l'identité, de la construction identitaire, tu vois. Parce que moi, c'est quelque chose qui m'a vraiment marqué avec le judo où je me suis… J'étais en équipe de France à l'adolescence, tu vois. Donc, ça a vraiment contribué à me forger. Et je serais curieux de le savoir, toi, maintenant, avec du recul, maintenant que tu as… Je ne sais pas, d'ailleurs, tu continues l'escrime ou tu as arrêté ? Non, j'ai arrêté.

Sarah J'ai eu un accident de voiture en fin de carrière et j'ai eu du mal à revenir pour me qualifier pour les JO. Je n'ai jamais retrouvé mon niveau de base déjà, donc au niveau de JO, encore moins. Puis, j'ai arrêté comme ça. OK.

Loïc Maintenant que tu as arrêté, c'est quoi, toi, ton analyse sur la façon dont l'escrime et le sport de haut niveau en général a contribué à forger la saraxie aujourd'hui ?

Sarah Oh, putain ! Alors, 90%, 85%, 80-85%. Oui, quand même. Beaucoup. Alors, déjà, je parlerai de la première chance que j'ai eue avant l'escrime, c'est d'avoir des parents super présents qui étaient là pour nous. Et la grande vraiment chance avec eux, en plus d'être présents, c'est de nous dire que si tu veux… Si tu as un objectif, en fait… Alors, ma mère, c'était « tu travailles, tu travailles, tu travailles, tu travailles, tu travailles et tu peux y arriver, être numéro un ». Parce que ma mère était soit un, soit rien. Après, elle a compris qu'il y avait trois classes sur le podium, mais elle n'a pas élargi plus. Bon, c'est ma mère, un petit peu exigeante. Et mon père, avec plus ce truc de… En fait, tu peux faire tout ce que tu veux. Et je trouve que c'est génial déjà d'avoir… De se dire à 12 ans qu'à 11 ans, je pense même que c'était par là, que tu as la possibilité de croire que tu peux tout faire, en fait. Il n'y a pas de frein. Donc déjà, c'est bien. Moi, cette histoire de frein, déjà, ça, c'est plutôt cool. Après, le sport, franchement, la résilience, tu as un objectif, comment l'atteindre ? Et comment… Tu vois, ça, je fais le transfert dans le boulot de tous les jours, surtout dans la data. Là, comme je te disais, aujourd'hui, je suis cramé ces derniers jours parce qu'on est dans du rush sans arrêt. Là, je suis en mode pompier depuis plusieurs jours. Et tu vois, ça, l'escrime ou le sport, de façon, d'une manière générale, ça t'apprend aussi que tu as cet objectif-là et que tu peux y arriver. Et comment y arriver ? Et quand tu vois tes collègues en train de paniquer, en disant, on ne va pas y arriver ! Tu essaies de les raisonner, même si toi, intérieurement, parfois, ça brûle. Mais tu essaies de leur dire, en fait, on va y arriver ensemble. On peut faire ci, on peut faire ça. Donc, ça joue dans mon métier d'aujourd'hui. Et forcément, ça joue aussi sur qui je suis parce que ça m'a permis de grandir. Ça m'a permis de connaître des choses folles. On est quand même des milliards sur Terre. On est quelques milliers à avoir fait les Jeux et encore quelques milliers à être médaillés. Tu te dis... Moi, au début, je trouvais que c'était bien. Tu vois ? En fait, il y a quelques années, mais vraiment pas longtemps, quand même, j'ai compris que la médaille olympique, ça rendait fou les gens. Et quand j'en parle, ils ont des yeux de dingue. Et je me suis dit, putain, t'as envie de faire des trucs socialement. En fait, il faut te servir de ça parce que ça peut vraiment amener à changer la vie. C'est ça que tu veux faire. Tu veux avoir cet impact-là. Donc, c'est retent. Donc, ça aussi... Bon, je parle un peu dans tous les sens, mais concrètement, ça m'a appris beaucoup de choses. Ça m'a appris le respect. Ça m'a appris beaucoup sur moi. Et ça m'a appris beaucoup aussi sur les relations avec les autres. Et ça, dans le boulot, ça joue beaucoup. Parce qu'autant dans le sport, on peut s'expliquer assez rapidement, sans en venir forcément au physique, mais on peut se parler crûment et directement. Au boulot, déjà, c'est un peu plus modéré. Mais ce qui est bien, c'est que dans les groupes, il y a toujours des profils qui sont assez similaires. Donc, moi, quand j'arrive dans une boîte, il y a quand même des gens où, dès le départ, je me dis, « Ah, toi, il va falloir que je me méfie de faire parce que tu peux me la faire à l'envers. » Ça, ça vient du sport. Et au bout de six mois, tu te rends compte, « Ah, oui, c'est vrai. » Il a essayé de me la faire à l'envers. Et ça, c'est génial. Parce que tu gagnes du temps sur énormément de choses. Ça, c'est plutôt cool.

Loïc Excellent. Donc, tu disais, tu as mentionné tout à l'heure que tu as eu un gros accident. Est-ce que c'est ça qui fait que tu as eu une transition, du coup, qui est arrivée un peu plus vite que ce que tu avais imaginé ? Ou c'était de toute façon le moment où tu étais en train de remettre l'épée au fourreau ? Oh, le jeu de mots.

Sarah Oh, le grand respect, là. Parfait. Jeanne, elle t'a mise… C'est ta recherche perso ou c'est Jeanne qui t'a…

Loïc Non, c'est moi, tu vois. Ok, parfait. Bon, c'est ça. C'est trop bon. Fan de Moyen-Âge, voilà.

Sarah Ok, ça marche. C'est vrai que pour moi, ça se rapprochait. Alors, c'était les jeux de Rio. Donc, j'ai eu un accident de voiture en 2014. Les jeux, c'était en 2016. Un mec qui regardait son téléphone pendant que conduisait, normal. J'étais à l'arrêt et j'ai pris toute la vitesse dans la tronche. Donc là, j'étais arrêté quand même pas mal de mois. Morphine aussi pendant pas mal de mois. J'ai vraiment morflé pendant deux ans et demi. C'était l'horreur, quoi. Et je dormais pas. Enfin, j'avais mal tout le temps. Bon, c'est pas le sujet. Quoi qu'il en soit, c'est que j'ai jamais retrouvé mon niveau de base pour essayer de me qualifier au jeu. Après, quand même un an de retard par rapport aux autres, j'ai pu reprendre la compétition. Enfin, une fois que j'étais plus en danger, j'ai pu reprendre la compétition. Mais je morflais tellement. Et bon, voilà, ça s'arrêtait comme ça. Au début, c'était assez violent et difficile parce que j'imaginais pas une fin comme ça. Ce qui est normal. Et jusqu'à ce que mon neurologue me dise bah, en fait, t'es passé pas bien loin, quoi. Donc, je dis bon, ok, je suis en vie, je suis debout. On va arrêter de... Enfin, ça te permet de relativiser, en fait. Donc, déjà, ça va. Après, pour revenir à la transition avec la tech, parce que je pense que c'est ça, moi, j'ai toujours été fan de technologie. Je peux pas te dire pourquoi ni en quoi. Mais par contre, j'ai toujours imaginé qu'on puisse s'en servir pour faire énormément de choses. pour, je sais pas, essayer de... Il y a des gens qui n'ont pas accès à l'eau. Qu'est-ce qu'on peut faire pour ça ? Il y a des gens qui n'ont pas de boulot. Il y a tellement de choses qui se passent sur Terre. Et je reste persuadé que l'humain est important et que la techno peut aussi amener certaines choses. Bien sûr, il faut savoir correctement s'en servir. Et puis surtout, si l'idée principale, c'est de faire de l'argent, ça va pas forcément fonctionner. Sauf si on écrase les mêmes populations qui sont déjà dans la merde. Bon, certaines voies de construire. Après, le truc, c'est que du coup, moi, déjà avant ma fin de carrière, j'essayais de travailler déjà dans ce milieu-là, dans la tech. J'avais fait une formation, j'avais fait un master en management et marketing. Et j'avais vraiment pas envie de reprendre 5 ou 8 années d'études très clairement. Donc, j'ai encore fait un truc à la Sarah, c'est-à-dire que j'ai appris avec YouTube. Pour moi, c'est une école géniale, YouTube. En plus, tu vois, la data, c'est 8 ans. Bosser dans la data, c'est 8 ans, c'est long. Et puis, tu vois toujours les mêmes profils. Donc, j'ai appris sur YouTube, très clairement. Les MOOCs, j'ai lus. Par contre, j'ai bouffé. Je peux te dire qu'après les entraînements, je rentrais déjà des entraînements qui finissaient à 22h, le temps de rentrer chez toi, manger, non. Bref, entre minuit, 2h, 3h, parfois 4h du mat, j'étais là et j'étais vraiment à fond. Quand j'ai un projet en tête, disons que je suis un petit peu à 100% dedans, pas plus. Et du coup, j'ai comme ça, appris comme ça sur le web et voulant travailler dans la data et que concrètement, je n'étais pas légitime de quoi que ce soit dans la data, j'ai essayé de me faire, j'ai utilisé le monde de la technologie pour me faire remarquer. J'ai commencé à relayer les articles sur le sport, ensuite donner mon avis sur ces articles dans le sport. J'ai commencé à relayer des articles dans le digital dans le sport, puis donner mon avis. Après, j'ai relayé dans la data dans le sport et donné mon avis, ensuite la data et donner mon avis. Ce qui fait que petit à petit, je suis devenu micro-influenceur dans tout ce qui est tech dans le sport. Donc ça, c'était plutôt cool. J'ai eu ensuite le Figaro, j'ai eu des boîtes qui sont venues à moi, de la presse et les boîtes. C'est comme ça que j'ai été embauché dans une startup spécialisée dans la data, dans l'étude comportementale de flux, d'achat, etc. Et j'ai bossé avec le PSG, LES Monaco, Bercy. Je ne dirais pas sans rien connaître, mais par contre, en arrivant avec ce que j'ai appris du web, et après par contre, mes collègues, les pauvres, je leur pesais des questions, j'essayais de comprendre, j'apprenais sans arrêt. Mais c'est ça aussi, c'est cette richesse de partager notre savoir. Je ne sais pas, moi, je trouve ça kiffant, en plus de s'intéresser, même si ce n'est pas forcément quelque chose que je fais, de s'intéresser au boulot d'un data scientist. Comment il voit ça ? Pourquoi si ? Comment ? Je suis entrée dans la data comme ça. Et pareil, pour le product management, du YouTube, des podcasts, des machins, etc. J'ai bouffé pas mal. Et là, par contre, j'ai fait un petit bootcamp chez Noé, Noé Product Management, de quatre semaines. Et puis, voilà. Donc, product manager dans la data. Donc, back-end data aujourd'hui pour des grosses boîtes, alors qu'au final, tu vois, je ne peux pas dire que j'arrive et que je ne sais rien, parce que ce n'est pas une réalité. J'ai vraiment appris, j'ai bossé. Mais par contre, je n'ai pas des diplômes dans ces spécialités-là, sauf le bootcamp de product manager. Et qu'en fait, ça reste possible, quoi. Ça reste accessible. Même si c'est un milieu très fermé et où il y a énormément de mecs. Mais voilà, on peut y accéder et se faire entendre aussi. Parce que ça, c'est important.

Loïc C'est un super message. Tu vois, ça me fait penser à... En ce moment, je ne sais pas pourquoi, j'ai dû regarder une vidéo d'Elon Musk sur YouTube. Et du coup, j'ai plein de suggestions de YouTube sur des réels avec Elon Musk ou ce genre de choses. Et il y en a une que j'ai vue plusieurs fois au final. Donc, c'est un message qui répète visiblement souvent. C'est sur la légitimité des gens qui ont fait des MBA. Et en fait, lui, il expliquait que, en tout cas, de ce que j'ai compris, il ne le disait pas aussi clairement, mais que chez Tesla et SpaceX, donc ces deux principales boîtes, il ne recrute pas forcément des gens qui sortent de MBA, tu vois, d'Harvard, Stanford ou autres. Il recrute plutôt des gens qui, comme toi, en fait, se sont fait leur expérience. Exactement. Et des profils atypiques, mais qui ont mis les mains dedans. Disons que le seul critère du diplôme, ça ne les intéresse pas du tout. Et je trouve que c'est une approche super intéressante. Et au final, toi, tu vois, tu en es un super exemple. Tu n'es pas sorti d'une école d'ingé. Je n'ai pas d'école d'ingé spécialisée dans la data. Je ne sais pas s'il y en a en tête, mais tu t'es fait ton expérience et tu t'es fait ta stratégie de com. Et c'est ça qui a payé au final et qui fait qu'aujourd'hui, tu sembles être hyper épanoui sur des projets qui ont l'air vachement intéressants.

Sarah Oui, et puis je suis à l'aise. Je ne me sens pas. Je ne me sens pas. c'est quoi le truc ? Le syndrome de l'imposteur. Oui, exact. Alors déjà, c'est un truc qui m'irisse le poil, qui m'énerve, même si je ne suis pas en train de dire que ça ne m'est jamais arrivé de me demander est-ce que je suis légitime ou est-ce que je peux le faire, etc. Bien sûr, je ne suis pas une machine, mais pour autant, à un moment donné, par contre, il y a quand même le switch qui se fait. Et c'est délicat et c'est difficile parce que moi, je remercie en tout cas déjà cette boîte Openfield qui m'a donné ma chance là-dessus. Franchement, dans la data, je n'y connaissais rien. J'ai appris avec eux très clairement. Et qu'est-ce que j'allais dire ? C'est très difficile en France parce qu'on marche beaucoup au diplôme. Et en plus, avant, on marchait énormément au diplôme. Donc, c'était déjà très compliqué. Mais en plus, ces derniers temps, enfin, un peu moins là maintenant, mais ces dernières années, dizaines, c'était horrible parce que c'était toujours soit une école de commerce soit une école d'ingé. Putain ! Alors déjà, ça restreint quand même beaucoup tu vois, le périmètre de chacun. Ensuite, tout le monde n'a pas les moyens forcément de faire une école de commerce à 15 000 euros l'année. Je suis gentil. Ou une école d'ingé. Ou une prépa. Les moyens financiers et autres. Ou le réseau aussi, parfois. Ne nous mentons pas. Et ça, c'est compliqué. Par contre, on sait que dans d'autres pays, il y a des gens qui effectivement, peut-être comme l'exemple que tu viens de donner, qui te donnent ta chance sans que tu aies forcément le diplôme. Et en fait, on se rend compte que ça fonctionne. Donc peut-être qu'on peut se poser cette question en France en se disant peut-être que c'est... Et puis, ce qui me dérange le plus dans ces écoles d'ingé et ces écoles de commerce, je suis désolé parce qu'on a l'impression que je leur tape dessus. Ce n'est pas ça. Mais il y a un truc qui me rend dingue, c'est que finalement, alors Paul a fait l'école d'ingé de, je ne sais pas, de Thiers, voilà, il n'y en a pas, mais peu importe. Arthur qui a fait l'école d'ingé de Thiers il y a 15 ans, sait comment on pense dans l'école d'ingé de Thiers puisque son cerveau formatait comme ça et qui se dit ah, Paul postule dans ma boîte, il a fait l'école d'ingé de Thiers donc je vais le prendre parce que, ben, on va penser de la même manière. Super pour le challenge et puis l'ouverture sur la réflexion quoi. Ça va être plus rapide puisque comme on pense de la même manière, on est connecté donc on n'a pas trop de temps à perdre, etc. Et finalement, je me dis mais c'est dommage parce que non seulement on passe à côté de profils différents mais en plus, elle est où cette richesse quoi ? Et à quel moment en fait, tu te confrontes ou tu te, comment dirais-je, tu te challenge en fait par rapport à ce qui se passe dans la vraie vie quoi ? Vous êtes toujours entre vous à penser de la même manière. Finalement, tu ne vas créer que des produits qui te ressemblent. Encore une fois, je ne tape pas sur ces écoles d'ingé de commerce mais il y en a marques que ce soit toujours pareil. Donc, je trouve ça un peu dommage.

Loïc Oui, je suis assez d'accord avec toi. Tu vois, moi, je n'ai pas de problème à le dire parce que je viens d'une école de commerce après deux ans de prépa donc tu vois, désolé. Mais oui, je suis assez d'accord avec toi. En tout cas, moi, je sais que, tu vois, ça, c'est un peu ce que je retiens quand même de, j'ai passé sept ans chez Apple et Apple, c'est quand même une boîte, enfin, en tout cas, moi, la branche dans laquelle j'étais qui était la branche retail, tous les Apple stores. C'est vraiment un recrutement qui se fait mais absolument pas, peut-être d'ailleurs, c'est peut-être un autre extrême, absolument pas sur les diplômes et ce qui est génial, c'est qu'en fait, ça te permet d'avoir, si tu t'affranchis de ça, en fait, tes filtres, tu les mets sur autre chose, tu vois, des profils atypiques, la personnalité, alors pas forcément des gens extravertis parce que souvent, on pense que si on regarde pas le diplôme, en fait, ça veut dire qu'on regarde le degré d'extraversion des gens, mais en fait, pas forcément, tu vois, mais en tout cas, des gens atypiques, oui, on peut très bien être atypique et introverti et au final, ça a apporté une richesse juste incroyable, tu vois, moi, j'ai rencontré des gens chez Apple, des passionnés de tatou, des spécialistes d'origami, enfin, tu vois, des gens experts sur le tourisme autour du fromage de leur région, enfin, des trucs des gens qui volaient, qui avaient passé leur brevet de pilotage à côté, enfin, incroyable, tu vois, vraiment, vraiment complètement fou, donc, je suis assez d'accord avec toi, mais pour revenir sur ce que tu fais aujourd'hui, peut-être, parce que, bon, moi, les termes que tu as utilisés me parlent, mais comment est-ce que tu expliquerais ton job de product manager dans la data à quelqu'un qui ne connaît pas grand-chose ?

Sarah Alors, là, je vais quand même prendre deux secondes. Alors, en tant que product manager, on va commencer déjà par phase, alors, deux phases, product manager et ensuite, back-end data. En tant que product manager, concrètement, je prends le besoin des stakeholders, c'est-à-dire que je prends le besoin de la responsable du programme de fidélité France. En fait, c'est comme monoprix, mon programme de fidélité, c'est-à-dire que vous avez une carte de fidélité, qu'elle soit physique ou dans votre téléphone, numérisé, vous achetez un produit, vous gagnez des points et après, je ne sais pas, au bout de, quand vous allez faire une course, c'est pareil, au bout de, je ne sais pas, un mois, on vous dit, vous avez 50 points à utiliser avant trois jours. Et vous les utilisez soit en achetant, en ayant une réduction, etc. Donc, c'est le même principe. Déjà, sur le programme de fidélité, quasi, ils sont tous pareils. La différence avec des catch-ups, enfin, au niveau sport, c'est que ce n'est pas juste des points transactionnels, donc d'achat, c'est aussi des points émotionnels. C'est-à-dire que, quand vous pratiquez une heure de sport, vous gagnez tant de points. Quand vous, enfin, l'idée, c'est quand même d'amener les gens à faire du sport, ça reste des 4 longs. Donc, ça, c'est plutôt cool. Donc, oui, il y a ce truc de vraiment vous inciter à faire du sport. Donc, ça, c'est plutôt cool. Alors, maintenant, en tant que product manager, donc, je prends effectivement le besoin de mon stakeholders numéro 1 qui est la responsable du programme de fidélité France. Voilà. Je prends les infos, ça peut être du marketing, ça peut être de la DAF. Je prends les besoins de chacun. Voilà. Je regarde ce qui se fait sur le marché, ça aussi. Et concrètement, j'essaie d'imaginer, de faire évoluer le produit avec mes techs. Donc, j'ai une équipe tech qui bosse avec moi. et j'essaie d'imaginer ce que le client espère, attend de mon produit, ce qu'il comprend du produit aujourd'hui et comment il aimerait que le produit soit demain, tout en essayant de répondre aux besoins de l'entreprise, qu'il soit financier ou autre.

Loïc OK.

Sarah Donc, ça, c'est d'un point de vue product management. Alors, j'espère que j'ai été clair. Et d'un point de vue data, concrètement, back-end data, ça veut dire que quand vous faites une activité sportive sur une des applications de sport de Decathlon, on va dire Coach, par exemple, vous avez, vous synchronisez votre montre Polar, par exemple, avec votre application. Cette information que Polar transmet à Decathlon en disant que vous avez fait une heure de sport, moi, je la récupère, donc c'est de la data. Cette information, je la partage à un partenaire qui, lui, met un certain nombre de points, qui fait des calculs en se disant, ah, il a fait une heure de sport, le hic a fait une heure de sport, ça veut dire que je dois lui donner 100 points. Moi, je récupère cette information-là à nouveau. Et ensuite, vous, en tant que client, vous disposez de cette information-là. C'est-à-dire qu'à un moment donné, quand vous allez sur votre application, vous regardez, j'ai 100 points. Ensuite, on vous dit, je ne sais pas, à la fin du mois, vous devez utiliser ces 100 points-là. Soit vous achetez un produit, soit vous faites, enfin, n'importe quoi. Et moi, je récupère toutes les informations. c'est-à-dire que dès qu'il y a une action, ça correspond à une information. Voilà. Donc, j'essaie de faire en sorte de récupérer toutes les infos d'un peu partout. Et comme Decathlon, c'est grand et il y a beaucoup de produits digitaux, ça fait beaucoup de données. Mais c'est génial parce que ça veut dire que ça touche à la sécurité, ça touche à un peu de tout et c'est vachement riche et tous les jours, c'est challengeant. Justement, en ce moment.

Loïc Écoute, peut-être la prochaine phase de questions, ce serait pour ces deux ONG, enfin ces deux associations que tu as mentionnées. C'est ton implication avec ces assos ou en tout cas, il y en a une que... Attends, ça on le comprendra, mais tu as créé les deux ou il y en a une que tu as... Non,

Sarah il y a une au subord par rapporté et une que j'ai co-créée. On est plusieurs en fait. C'est l'ONG sur la tête.

Loïc OK, OK, OK. Donc, ton implication dans ces deux associations, c'est quelque chose que tu as entamé quand tu étais déjà athlète ou c'est arrivé au moment où tu as fait cette transition ?

Sarah Alors, il y a deux assos. Une association qui s'appelle Promé de Nordé, donc je viens d'en parler. Elle, en fait, j'avais été accrochée par Sébastien Ruffin qui travaillait à la région Ile-de-France à l'époque. En tant qu'athlète, on était un petit peu ambassadeur de la région, c'est-à-dire qu'on allait dans les collèges, les lycées, on parlait aux jeunes de notre sport, de notre vie professionnelle à travers le sport. Je crois qu'il y avait déjà les Jeux. Donc, on partageait aussi des moments avec notre médaille olympique, avec eux, etc. Et en gros, on leur disait, à l'époque, il n'y avait pas Mbappé, mais aujourd'hui, en tout cas, je le fais et je dis, on ne va pas tous être Mbappé. D'ailleurs, il n'y en a qu'un, déjà. Et en fait, ça se trouve, vous avez ce projet d'être pro, mais peut-être que ça ne va pas fonctionner. Il faut peut-être se préparer, etc. Mais aussi, ça peut très bien fonctionner. Bref, on échange avec eux. Et on échangeait, puisque je parle de l'époque. Et en fait, lui, quand il a quitté la région Île-de-France, il a bossé pour cette association-là. Et puis du coup, depuis quand même pas mal d'années, du coup, je suis un peu, je suis au bord de cette association-là. Mais malheureusement, je n'ai pas énormément de temps à leur consacrer ces dernières années. Mais j'aimerais bien, j'aimerais bien consacrer beaucoup plus de temps, justement, à partir de ce juin-là. Donc ça, ça va être cool. Il y a une grande opération qui est, qui se tient au Stade de France, qui est un partenaire de 1er Cordée qui a eu lieu il n'y a pas longtemps. Il y a Thierry O'Meilleur, il y a Kylian, justement, qui vient. Il y a Arsène Wenger, et puis des gens de la Starac. Il y a un peu de tout. Où là, tu as plein d'enfants, à la base, c'est des enfants hospitalisés, on est d'accord, qui viennent et qui passent un moment de ouf, une journée avec les athlètes. Tu as plein de stands, escribe, foot, hand, danse, n'importe quoi. Et c'est plutôt cool. On voit bien qu'on leur fait du bien. Donc ça, c'est vraiment chouette. Et puis, la Freedom Butterflies, l'ONG de la paix, elle a été pensée par Odile, une personne que je connais depuis quelques années. Et en fait, on l'a lancée en fin d'année 2021. Et avec le Covid enfermé chez soi, des fois, on s'y perd au niveau d'atelier. et puis voilà, on l'a lancée il n'y a pas longtemps. On a notre première action fin mai, le 21 mai, justement, avec plein de jeunes. Alors, on a plusieurs pôles puisque je ne l'ai pas présenté pour le coup, celle-là. On a un pôle sport, un pôle artistique, peinture, enfin artistique, quel qu'il soit. Et puis, on a un pôle nature, découverte de la nature, compréhension, etc. et donc là, ce 21 mai, soixantaine de jeunes passeront un moment avec ces trois pôles-là, des exercices, des ateliers, etc. avec ces trois pôles-là. L'idée, c'est qu'au fur et à mesure, on fasse venir aussi, enfin dans mon pôle sport, en tout cas, des athlètes pour échanger aussi avec les enfants. C'est quoi la paix pour vous ? Quel est l'impact ? Quel sport vous faites ? Quelles sont les valeurs importantes pour vous ? Quel est l'impact, je ne sais pas, de la paix sur vous ? Le lien entre la paix et le sport, etc. Donc, c'est quand même des choses qui sont quand même importantes parce que l'idée, quand même, c'est que derrière, ça soit quand même de futurs parents et futurs votants. On est quand même dans un monde où en ce moment, dans certains pays, l'extrême droite a quand même le pouvoir. Et des fois, ça part un peu en vrille. Donc, ce sont des projets importants en tout cas, importants pour moi.

Loïc Top.

Sarah Voilà.

Loïc Ça doit être super intéressant pour ces associations d'avoir des profils comme toi au-delà du fait qu'évidemment, tu amènes ta personnalité, ton énergie, etc. Mais j'imagine qu'en tant que sportif de haut niveau, il y a aussi plein de... Enfin, que tu amènes aussi un réseau. Si toi, tu es sur la partie sport pour Butterflies for Freedom. Freedom. Butterflies. Freedom Butterflies. J'imagine que, voilà, toutes les connaissances, tous les liens que tu as pu créer avec d'autres sportifs de niveau quand tu étais en équipe de France, ça te permet aussi de donner tout de suite plus de visibilité à ce genre de projet.

Sarah Quand je peux le faire, je le fais. On prend l'exemple de Freedom. On a un gala pour lever des fonds un peu parce que tous ces events qu'on fait pour les jeunes, à un moment donné, on les paye nous-mêmes. l'idée, c'est de récupérer des fonds justement pour ces activités-là. Par exemple, on a des sportifs de haut niveau qui nous ont offerts, qui nous ont donné un masque, je ne sais pas, une tenue pour Pascal Gentil. Je reconnais que je l'ai récupéré, donc je l'ai essayé. Il est vraiment grand. son pantalon m'arrivait quasi au niveau de la poitrine. Franchement, hé, gars, c'est quoi ces genres de bonnet de Malia Mettela qui a fait la traversée du lac, Tissi Kaka, pardon. Enfin, un peu de tout. Côté artiste, on a de Josine Derrard peut-être qui va nous offrir un disque d'or de Kassaf. On a un peu de tout, donc on va quand même essayer de vendre ces objets justement pour récupérer des fonds. Et du coup, oui, je me suis servi de mon réseau pour côté sport là-dessus. Et quand je peux le faire, je le fais. Après, c'est vraiment une question de temps et c'est vraiment ça qui me dérange le plus, mais j'aimerais donner beaucoup plus, avoir plus d'implication en tout cas au Samba. Oui.

Loïc Excellent. Excellent. Et par curiosité, est-ce que tu as un sport qui a remplacé l'escrime ? Alors, pas forcément au niveau de l'intensité et du niveau auquel tu le pratiques, mais est-ce que tu restes sportive aujourd'hui ?

Sarah Alors, ça a été compliqué. Comme je te dis, cet accident en 2014 était quand même très lourd. Donc, pendant des années, j'ai eu beaucoup de kiné jusqu'à il y a récemment. Maintenant, ça va mieux, mais je suis plutôt sur de la réathlétisation plutôt que de reprendre une activité. Par contre, il y a des choses qui me font toujours kiffer. La boxe et le taekwondo. La boxe, c'est simple parce que les déplacements sont quasi les mêmes que les scrims. Sauf que nous, on est plutôt devant et derrière et à la boxe, tu peux bouger un peu partout. Mais sinon, les déplacements sont les mêmes. Ça, c'est plutôt cool. Taekwondo, j'en avais fait quand on ne s'était pas qualifié pour les Jeux Olympiques de Londres. j'avais kiffé. Je peux te dire que mon allonge finalement était plutôt pas mal. Merci Gladys et Michael Borreau. Ça, c'était plutôt cool. Toujours un peu des sports de combat opposition parce que j'ai toujours kiffé ça. J'adore la lutte. j'en ai fait aussi très jeune. Mais au quotidien, je pense que la boxe, vraiment parce que finalement, je trouve que c'est un sport complet au niveau de la préparation physique et puis en plus, j'aime ça. Et puis, je ne sais pas si ça dit fitness, mais en tout cas, du TRX, du HIIT, des trucs de genre. Je ne sais pas ce que ça représente d'ailleurs, si c'est du fitness ou autre chose, mais bon, bref. Du sport qui fait un petit peu mal, quoi. Mais qui fait du bien.

Loïc Voilà. Et ça, je pense que je vois ce que tu veux dire, mais je ne sais pas si ça parle à tout le monde sur cette recherche de se faire mal. Quand tu le dis comme ça, en fait, je me suis rendu compte après avoir arrêté le sport de niveau que quand tu sors des expressions comme ça à des gens qui n'ont pas forcément pratiqué, ça surprend un peu. J'avais eu Marie-Laure Brunet qui était biathlète et à un moment donné, dans l'épisode, elle dit ça. Elle disait ce qui la faisait kiffer, elle, dans le biathlon, c'était le goût du sang dans la bouche. Et il y a des gens qui ont écouté l'épisode qui sont venus voir après et qui ne faisaient pas de sport. Mais ça veut dire quoi, ça ? Mais bon, je crois que je vois tout à fait ce que tu veux dire quand tu dis des activités où tu te fais un peu mal. Pour autant, tu as pratiqué l'excrime quand même pendant un bon moment et à très, très haut niveau. Est-ce que tu dirais que tu arrives à trouver aujourd'hui dans ton activité pro ? Peut-être pas les mêmes sensations, mais ce niveau de challenge, pour le coup, plutôt intellectuel cette fois, qui t'a drivé pendant des années en escrime ?

Sarah Je pense que je ne retrouverai jamais le même niveau si on peut faire le transfert. L'escrime, c'est une passion folle chez moi depuis vraiment l'âge de 6-7 ans, je pense. d'ailleurs, période à laquelle on m'a menti à ma mère pendant longtemps quand ma prof a été malade pour que mon frère m'amène à l'escrime très clairement de danse. c'est très clair. Et ouais, c'est un sport que j'aime et que j'aimerais toute ma vie, je pense, très clairement. Donc, je pense que c'est... Par contre, le challenge intellectuel, il est au max parce que je kiffe le product management et je kiffe tout ce qui est tech et la data et qui touche à la data. je suis quand même... Je ne suis pas à mon 110% d'escrime mais je suis quand même à mon 90% de plaisir. Donc, c'est quand même plutôt kiffant. Après, reste à savoir quels sont les produits ou les boîtes. Tu vois, je ne suis pas sûr de... Tu dis ça mais je n'en sais rien mais bon, quand même, je ne suis pas sûr de bosser un jour peut-être pour Total. Tu vois, après, c'est une question aussi de valeur ou de... je pense que c'est plutôt une question de boîte ou de projet, d'entreprise ou de projet plutôt que le truc qui me branche. Ce que j'aime bien avec Decathlon, c'est que c'est une boîte, c'est une entreprise où on a l'impression de l'extérieur qu'ils font des choses pour essayer d'innover, innover dans le sport. Ensuite, ils font des choses pour que les gens se mettent au sport et en plus, on a l'impression que c'est une boîte cool. Et en fait, quand ils arrivent, ces gars-là, ils sont vraiment sérieux. Ils sont vraiment human-oriented. Moi, ça m'a choquée. C'est la première fois où je rentre dans une boîte et au bout... Enfin, moi, ma première semaine, je leur ai envoyé un mail le vendredi soir. Je leur ai envoyé un mail en disant merci, génial, c'est un accueil incroyable parce que je n'avais jamais ressenti ce truc-là hormis dans le sport dans une boîte. Et ça, j'ai trouvé ça super kiffant. Et en fait, ce qu'ils disent, ils le font vraiment en interne chez eux. Donc, tu vois déjà ça, ça change vachement. Et tu dis, même si le projet t'intéresse un peu moins, ce qui n'est pas le cas, déjà, ça te fait monter ton... ça gêne ton truc. Donc, ça, c'est cool. Et après, dans la même question pour le sport, le nouveau sport, je pense que je suis quand même dans les 80% parce que c'est aussi, tu vois, la boxe et le hit, des trucs qui me font du bien que je kiffe. Et même s'il y a cette notion de douleur et souffrance, je sais que ça me fait... Je souris par rapport à tout à l'heure, mais que ça me fait du bien mentalement et ça me permet d'être présente. Donc, ça, c'est plutôt cool.

Loïc Top. Excellent. Excellent. Eh bien, écoute, Sarah, on arrive à la fin. Franchement, c'était juste passionnant de découvrir un peu plus dans le détail quand même ton parcours de sportif de haut niveau et puis cette transition que tu as gérée et tous les projets sur lesquels tu t'impliques. Est-ce que toi, tu aurais... Parce qu'au final, moi, ce que je retiens quand même, c'est que, en tout cas, la première partie de ton parcours, elle a commencé... Enfin, elle a pris... Tu as pris ton envol, évidemment, parce que tu étais une travailleuse acharnée et que tu étais beaucoup entraînée, etc., mais aussi par cette première rencontre avec cet entraîneur qui a fait sauter peut-être certaines croyances, tu vois. Et franchement, c'est un peu un fil rouge avec beaucoup, beaucoup de sportifs et de sportifs que je rencontre. Et puis, globalement, de gens qui font des choses extraordinaires, c'est le poids des rencontres. Tu vois, et parfois, juste la phrase, le conseil de quelqu'un. Donc, j'aime bien demander, tu vois, systématiquement, qu'est-ce que toi, tu conseillerais aujourd'hui à ces personnes qui nous écoutent ?

Sarah Bon, il y a toujours les mêmes choses qui reviennent et ça, je me rends compte aussi bien dans le sport, dans ma vie carrière, ma vie sportive et aussi dans ma carrière tech à l'heure actuelle. Des embûches ou des problèmes, des situations qui ne nous conviennent pas, on en trouvera toujours parce que ça fait partie de la vie et c'est comme ça. Pour autant, on a tous quelque chose à faire et on peut tous le faire. Moi, ce que j'aurais à dire, c'est que je pense qu'on est tous capables de faire quelque chose d'extraordinaire sur Terre. Moi, mon truc, c'était d'être médaille olympique. Je pense que chacun à son échelle, chacun dans son domaine peut faire quelque chose qui peut peut-être même avoir un impact sur la vie d'une autre personne et changer sa vie. Et ça, c'est quand même quelque chose, si on prend le temps d'y réfléchir, c'est quand même quelque chose qui peut être extraordinaire. Même un truc tout court. Moi, il m'arrive dans la rue de croiser des gens que je ne connais pas et de voir qu'ils sont beaux et super bien habillés. J'aime bien la mode, j'aime bien les couleurs et je leur dis « Vous êtes magnifiques aujourd'hui » et en fait, quand tu regardes les gens, quand tu regardes comment ils réagissent et qu'ils sont contents, en fait, tu te rends compte que tu as changé leur vie, peut-être leur journée, pardon, je m'emballe, voire leur semaine. Et je trouve ça génial parce que c'est tout simple mais en fait, ça fonctionne. Donc, je dirais d'abord si vous avez un objectif, un rêve, parce que pour moi, tout part du rêve, en fait, que ce soit l'escrime pour la médaille olympique, que ce soit d'être product manager ou bosser dans la data, ça reste un rêve et ça reste mon rêve. Beaucoup de personnes n'y croyaient pas mais je m'en fous parce que c'est le mien et je me donne les moyens d'y arriver. Donc, tout part d'un rêve pour moi déjà. Ensuite, bien s'entourer, on aura forcément des gens qui seront là pour un peu nous casser, d'autres qui auront toujours peur. Par exemple, moi, quand je change de taf, je ne dis pas à ma mère que je vais changer de taf parce que ma mère, elle pose toujours questions, beaucoup de questions. Elle a peur, elle a ce côté un peu peur. Il y a le chômage, etc. Ça va être l'horreur, tu vas souffrir. Alors qu'en fait, non. Moi, j'ai plutôt envie que tu m'encourages et que tu me soutiennes. Donc, je prends tout son amour mais toute sa peur, je la laisse la garder et du coup, je lui dis juste à la fin, ben en fait, voilà, j'ai changé de taf, je fais ci, je fais ça, et etc. Parce que c'est plus simple pour moi. Donc, toutes les peurs, les frustrations, tous les trucs que les gens projettent, parce que généralement, c'est ça en fait, c'est eux, leurs propres peurs qu'ils projettent sur vous et qu'ils vous plombent. Essayez de garder ça loin de vous, quelle que soit votre stratégie. Celle de ma mère fonctionne, couvez votre truc, mais voilà. Aussi, vous verrez aussi des personnes qui ne croient pas en vous. Moi, ma prof préférée, enfin ma prof, pendant longtemps, quand j'étais au collège, je ne croirais pas en moi. Elle me disait que je n'allais jamais réussir, que je n'allais jamais rien faire. J'ai eu beaucoup de temps à me dissocier de ça et m'éloigner de ça. Et en fait, ça, c'est un impact qui est très important sur qui on est et comment on se forge. Surtout quand tu es au collège, tu es en train de grandir. Donc, essayez de bien vous entourer parce qu'en fait, les personnes qui vous portent vont vous amener à réaliser votre objectif. tant qu'à faire, si vous pouvez même vous entourer de personnes qui ont à peu près le même objectif que vous ou qui sont sur un truc qui monte, ça vous permettra toujours de vous nourrir de cette richesse et cette excitation. Et puis, je ne sais pas, je dirais step by step en fait. Quand on arrive et qu'on se dit voilà, je commence au taekwondo et dans quatre ans, je vais être tenu et d'ailleurs un pic, ça, ça peut arriver, ça n'arrivera pas tous les jours. je pense que c'est un humain sur un, beaucoup, mais sinon, on peut déjà se dire ok, je commence par travailler tel geste. Bon, déjà, je commence par faire tel truc. Ensuite, je commence quand ça va mieux et que je suis dans le truc, j'essaie de gagner une compétition. J'essaie de, enfin, step by step à vous de vous mettre un objectif et de marche après marche d'avancer vers cet objectif-là. quand parfois vous viandez, je ne dirais pas que ce n'est pas grave parce que le nombre de fois que j'ai entendu quand tu perdais, ce n'est pas grave, non, c'est horrible, tu mets toute ton énergie là-dedans et tu n'as pas envie que ça se foire. C'est plutôt regarder pourquoi vous perdez ou pourquoi ça n'a pas fonctionné, prenez un peu de recul quand vous pouvez le faire et puis après, ajustez. Mais en tout cas, l'objectif ne doit pas changer s'il est réaliste et atteignable et même difficile, il ne doit pas changer pour autant en fait. Donc, marche par marche, ça va le faire et bien s'entourer, son propre objectif et se l'approprier. Moi, je pense que c'est la recette et moi, je l'applique encore aujourd'hui pour tout et bon, voilà. Je vous souhaite que si ça vous l'approprie, que ça fonctionne en tout cas.

Loïc Super. Écoute, vraiment un grand, grand, grand merci Sarah pour ton temps, tout ce que tu as bien voulu partager et puis s'il y a des gens qui veulent entrer en contact avec toi, le mieux c'est quoi ? C'est LinkedIn ou par exemple tu vois des conférences où vous échangez sur la data ?

Sarah Alors, LinkedIn, même si je ne réponds pas toujours tout de suite au tweet, ça c'est clair et puis Instagram, voilà. Twitter, je ne réponds carrément pas parce que les gens ils envoient des messages tout le temps et en fait, c'est un peu fatigant mais LinkedIn et Instagram.

Loïc Ok, excellent. Je mettrai tout ça en description de l'épisode. Merci beaucoup Sarah pour ton temps. Merci à toi. Encore une fois, tout ce que tu as bien voulu partager, c'était juste passionnant et puis écoute, je te dis à une prochaine alors.

Sarah Bah ouais, c'était super cool, merci encore et puis longue vie, frappée !

Loïc Merci Sarah. Au revoir.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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