Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·081 Forces spéciales #reconversion #entrepreneuriat #commando

02 août 2022

Des parcours de résilience et de passion avec Teddy, Scoub & Guillaume, anciens des Forces Spéciales

Durée · 1h39 · Transcription disponible

Teddy

Le récit

Teddy, Scoub et Guillaume sont des anciens des Forces Spéciales Françaises 🇫🇷

Teddy, vous le connaissez il est déjà passé sur le podcast (épisode #31). Ancien des Commandos Marine, il s'engage aujourd'hui à travers son association Forces Spéciales Coaching pour aider les jeunes qui souhaitent s'engager à mieux se préparer aux épreuves de sélection.

Son dernier projet en date : réunir 13 autres "ex" des Forces Spéciales et unités d'élite (RAID, GIGN...) pour parler de leurs parcours, de l'enfance jusqu'à leur entrée en unité. Un super projet qui montre bien que ces hommes et femmes de l'ombre ont, comme tout le monde, des parcours semés d'embûches.

La différence ? Leur capacité à être résilient et à croire en leurs rêves.

Parmi ces 13 co-auteurs, on retrouve Scoub (ex CPA10) et Guillaume (ex-13eRDP). Avec Teddy, tous deux nous expliquent leurs parcours, aussi riches que mystérieux, mais aussi les galères qu'un tel engagement implique, ou encore leurs phases de reconversion.

Un super moment de partage qui apporte un éclairage passionnant sur l'univers très fermé des Forces Spéciales. Merci à tous les trois !

🔎 Le livre est "Forces spéciales et unités d'élites".

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #58 - Matt [Objectif Forces Spéciales] - Commando Marine, Contre-Terrorisme Libération d'Otages - 20 ans de Forces Spéciales - Aller au bout des choses
Épisode #52 - Tony Busch - Ancien Commando Marine, fondateur de Hémotion® - L'intelligence situationnelle, c'est la clé
Épisode #40 - Louis Saillans - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales) - S'engouffrer dans l'inconnu et affronter le danger
Épisode #31 - Teddy Palassy - Ancien Commando Marine (Forces Spéciales), Project Manager CROSSCALL - Le physique a ses limites, le mental n'en a pas

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Transcription

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Teddy Comment est-ce que tu peux t'aider ? Ça, la cohésion, c'est pas juste « Ok, ça va, on va faire une fois, on boit un verre », non, c'est pas ça. La cohésion, c'est « Comment est-ce que moi, je peux t'aider ? » Et « Comment est-ce que toi, tu peux m'aider ? » Et « Comment est-ce que je peux prendre tes forces pour t'aider sur tes faiblesses ? »

Scoub Et inversement. Même si tu essaies de pousser ton organisme au plus loin, des fois, malheureusement, la conjoncture fait que tu vas au-delà de ce que tu aurais pu imaginer.

Loïc Hello, hello, c'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les frappés. Bienvenue les gars sur le podcast.

Teddy Salut Loïc. Salut Loïc.

Loïc Salut Loïc. Super content de vous avoir avec moi ce soir pour nous en dire un petit peu plus sur vos parcours de vie exceptionnels. En plus ce qui est cool, je disais, bon là pour la petite histoire, c'est le deuxième enregistrement, mais on a Dume qui est parti tout à l'heure. Mais ce que je disais, c'est qu'il n'y a finalement que des anciens networks spéciales. Ça va simplifier les explications par rapport Rapport spécial, unité d'élite, GIGN, c'est quoi la différence ? Donc là au moins, c'est clair. On a Teddy, que tout le monde connaît sur le podcast, puisqu'on a déjà fait un épisode il y a un an maintenant. Ouais, un peu plus d'un an. On a Scoob, donc Teddy ancien commando marine. On a Scoob ancien du CPA10. Donc CPA10, c'est commando. Donc ouais, c'est commando parachutiste de l'air numéro 10. Commando parachutiste de l'air numéro 10, yes. Et on a, je peux le dire du coup, Guillaume ? Guillaume. C'est bon ou pas ? Oui, ok, nickel. Du 13e RDP, qui est un régiment spécialisé dans le renseignement, si je ne me trompe pas.

Guillaume Un régiment dragon parachutiste,

Loïc spécialisé dans le renseignement. Dragon parachutiste, yes. Excellent, parfait. Écoutez, encore une fois, merci. Merci beaucoup pour autant. Je pense que ça va être vraiment, vraiment cool. Donc, l'épisode, il se fait dans un contexte un peu particulier. C'est que vous faites partie, en tout, vous êtes 14, mais en tout cas tous les trois vous faites partie des 14 fantastiques vous venez de sortir un livre qui s'appelle Force Spéciale et Unité d'Elite Force Spéciale et Unité d'Elite qui est sorti le 9 juin si je me rappelle bien

Teddy c'est ça, exactement

Loïc et qui retrace en fait un petit peu vos différents parcours de l'enfance jusqu'à votre intégration dans les différentes unités que vous avez rejoint et je vous le disais en intro avant qu'on commence ce podcast c'est le podcast de la résilience détermination des passements de soi et moi ce que je retiens vraiment de la lecture de votre livre c'est ça en fait c'est la résilience, vous avez tous des parcours assez différents mais ce qui est beaucoup ressorti finalement comme leçon c'est écoute-toi toi-même, suis tes rêves et surmonte les obstacles qui se présentent parce que de toute façon il y en aura que ce soit des profs qui ne te font pas confiance ou qui t'orientent mal entre guillemets de l'entourage qui ne soutient pas forcément des projets clairement annoncés. En tout cas, c'est vraiment ce que je retiens, c'est cette capacité de résilience que vous avez eue finalement assez jeune. Peut-être en guise d'intro de votre côté, Teddy, ça serait cool que tu nous expliques un peu, comme je crois que tu as été l'instigateur du projet, que tu nous expliques quelle a été la démarche initialement. Qu'est-ce qui fait que tu t'es dit « Allez, je vais rassembler 14 hommes et femmes des forces spéciales, des unités d'élite et on va sortir un livre. »

Teddy En fait, c'est très, très simple. C'est à travers déjà la team forces spéciales coaching et le fait d'avoir des coachs qui aident justement et qui préparent ces jeunes pour entrer dans différentes unités. On m'avait déjà demandé plusieurs fois si je voulais écrire un bouquin comme beaucoup nous l'ont déjà fait, un bouquin qui va retracer un peu ma carrière et tout. Personnellement, je n'avais pas grand-chose à raconter. Et comme j'ai dit tout le temps, je pense qu'actuellement, si tu prends n'importe quelle force spéciale depuis 2006, n'importe quelle personne, même dans les unités d'éthique, est capable de écrire un bouquin sur sa carrière parce qu'ils ont tous fait des choses tellement extraordinaires que je ne voyais pas vraiment le truc comme ça. Et pour rejoindre un peu justement, on va dire, mon esprit qui m'anime autour du partage, de donner vraiment des conseils et pas le moi-je, moi-je, moi-je, je me suis tout simplement posé la question. J'ai des mecs dans ma team, mais en fait, je ne sais pas comment eux sont arrivés pour devenir entre le CPADC. Je me suis dit, c'est vrai que c'est intéressant. Comment est-ce que Louis, il est arrivé au Red ? comment est-ce que Scoob, il est arrivé au CPL10, etc. Et je me suis dit, à travers ça, ça peut être des parcours qui peuvent être hyper intéressants. Et en enlevant ce côté un peu égocentrique, vraiment de dire, voilà, d'où on vient. En fait, on est comme tout le monde à la base, on était des enfants. De ces enfants, on est devenus après des adultes. Comment s'est passée la transition avec un petit peu un passage justement école, etc. Et du coup, j'en ai discuté avec un collègue éditeur déjà on avait un projet de livre autour, on en a un peu discuté, et je proposais, je le souviens, je dis, moi je suis parce que j'ai coaching notre groupe en fait, il y a tellement de monde autour, et j'ai encore plein de contacts, donc je pense que ça peut être hyper intéressant d'avoir vraiment déjà des parcours différents, mais toujours en restant dans notre milieu, les forces spéciales et l'unité des livres, et c'est de là qu'est l'idée du bouquin. Et l'effort en fait de toute cette réflexion avec l'éditeur on a lancé le projet je crois en novembre 2021 et on a rendu les écrits au mois de mars donc moi je suis directeur d'ouvrage c'est à dire que j'ai pas écrit tout le bouquin mais le but après c'était de rassembler tout le monde donner une trame vraiment sur la partie ce que j'attendais par rapport à leur récit et tout a été bien séquencé et après je l'ai envoyé ils étaient autonomes dans leur écriture et puis le but après c'était juste de refaire corriger par le correcteur à la fin quand on a revu nos écrits. C'est génial.

Loïc Et vous, du coup, Scoob et Guillaume, comme vous êtes là avec nous ce soir, qu'est-ce qui vous a attiré dans le projet ? Qu'est-ce qui vous a séduit d'emblée quand Teddy vous en a parlé ?

Guillaume Guillaume ? Disons que c'est quelque chose d'assez atypique. Et puis, comme Teddy l'a dit, il l'a bien dit, c'est quelque chose qu'on ne retrouvait pas. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit de plus en plus de gars du milieu écrire des bouquins, raconter un petit peu leur carrière, leur mission, etc. Mais là, on est sur quelque chose de complètement différent. Et quand Eddy nous a dit, voilà, ça va être quelque chose plutôt pour raconter un petit peu votre enfance, quel est le déclic, quel déclic vous avez eu pour basculer, pour faire ça, les difficultés sur le parcours, etc. C'est quelque chose qui sort complètement de ce qu'on a l'habitude de voir. Et surtout, de par notre groupe, où on forme des jeunes, où on prépare des jeunes pour réaliser leurs rêves, entre parenthèses, ça matchait complètement, parce que du coup, ça donne... Disons que ce bouquin, il va donner beaucoup d'envie, et surtout, il va permettre aux jeunes de se dire, OK, finalement, je suis qui je suis, mais je peux y arriver. Ce n'est pas réservé à certaines personnes, tout le monde peut y arriver. Donc, l'idée est vraiment super, et puis, on ne pouvait que, en tout cas, pour ma part, suivre ce projet avec beaucoup d'intérêt.

Scoub Top. Toi, Scoob ? C'est un petit peu la même chose que ce que vient de dire Guillaume, c'est-à-dire que ce qui était intéressant, justement, c'était de sortir un petit peu de ce carcan où chaque personne raconte ses histoires. Et en effet, je reprends ce qu'a dit Teddy tout à l'heure, toute personne qui a œuvré dans le milieu des opérations spéciales pour écrire un bouquin, il n'y a aucun problème. Mais en fait, transmission-là, en fait, n'existait pas du tout. Notre génération n'a pas bénéficié maintenant des réseaux sociaux, n'a pas bénéficié, j'allais dire, de cette mise en avant, justement, du récit de personnes qui ont appartenu dans ces unités-là. Et quelque part, tu leur mets entre les mains le livre idéal pour leur permettre, j'allais dire, d'augmenter, j'allais dire, leur motivation et de leur permettre de se dire, tiens, tel profil correspond à mon parcours de vie, tel profil correspond à mon rapport avec mes parents. Et bien, quelque part, cette personne-là a eu le même vécu que moi. Tout le monde me dit que de toute façon, je ne suis qu'un bon à rien et que j'ai qu'à mettre au fond de la salle et surtout pas perturbé. Et si ça se trouve, moi aussi, j'arriverai à accéder à mes rêves. Et quelque part, c'est vraiment le plus intéressant. De toi en moi, si le projet avait été « Racontez vos guerres », Moi, le premier, j'aurais dit non, parce que je ne trouve pas ça intéressant, parce que ça ne met la lumière que sur ma propre personne. Et quelque part, ce n'est pas du tout ce qui est intéressant dans le projet. Et là, le fait, en plus, qu'il y ait une communion, on retrouve un petit peu ces échanges qu'on peut trouver dans le milieu des opérations, où les camarades du premier, les camarades du 13, les camarades marins, en fait, on échange sur nos parcours, on partage des moments de convivialité, on retrouve un petit peu cet ensemble où de toi à moi bien souvent les gens imaginent qu'il y a des guéguerres internes mais ça j'allais dire c'est du franco-français mais en opération ça se passe pas du tout comme ça et je suis très content d'avoir retrouvé cette cohésion de groupe à l'occasion de ce projet excellent

Loïc justement sur ce que tu viens de dire par rapport à cette collaboration entre les différentes unités etc parce que c'est vrai que c'est quelque chose je ne sais pas trop comment ça se passe moi si tu m'avais demandé avant l'interview je t'aurais dit j'imagine que les commandos interviennent entre eux les 13ème RDP c'est encore autre chose CPADIS c'est encore autre chose mais en réalité vous avez régulièrement des missions où vous avez des éléments qui sont complètement mélangés qui forment des groupes finalement avec des compétences variées

Scoub des éléments mélangés jamais si on prend l'exemple du film que tu as sûrement vu qui s'appelle Force Spéciale où tu vois un commando marine avec un mec de l'armée de l'air, avec un mec du premier ça considère que ça n'arrive jamais c'est à dire qu'on a lorsqu'on est déployé ce qu'on appelle des task units c'est à dire des groupes qui sont commandés sur le terrain par un officier référent avec une cellule de transmission et en fait tu te retrouves avec un élément commando marine, un élément par exemple premier ou CPA10 par exemple et avec en amont une phase de renseignement qui en général est dévolue aux hommes du 13ème RDP qui représente Guillaume mais en tout cas il n'y a pas du tout de mixage entre équipes comme certaines personnes pourraient l'imaginer

Loïc ok

Scoub les équipes constituées restent des équipes constituées

Loïc ouais d'accord ok super alors Scoop je voudrais rebondir sur ce que tu disais par rapport à chacun finalement vous avez chacun eu vos parcours mais que c'est les obstacles quelque part que vous avez dû surmonter pour en arriver là où vous en êtes aujourd'hui, qui sont peut-être les enseignements les plus riches à partager plutôt que vos guerres. Et toi, il y a une phrase qui m'a marqué dans ta partie du livre, c'est ce que tu expliquais par rapport à ton comportement à l'école. Alors, je ne sais pas jusqu'à quel niveau c'était le cas, mais tu disais ce qui dominait chez moi, c'était cette faculté à parfois être insolent avec le corps enseignant et à tester leur patience. Et du coup, je me suis demandé ça dans le cadre de l'armée, comment est-ce que ça a changé ? parce que justement la structure pour le coup t'as pas vraiment le choix et puis j'imagine que les formateurs si tu testes leur patience dans le stage

Scoub bon, de toi à moi

Teddy ça a pas changé, c'est pour ça qu'il a fait dans l'armée de terre il y a des voilà

Scoub j'ai choisi en fait le bon profil comment te dire, tu sais très souvent moi je me fais la réflexion, je me dis en fait j'ai pas eu la sensation d'avoir eu un parcours militaire tel que les gens le conçoivent. C'est-à-dire que moi, la discipline, quand elle m'est imposée, je la respecte, il n'y a aucun problème. Par contre, j'estime que de très bonnes idées peuvent venir du caporal jusqu'au capitaine, jusqu'au commandant, il n'y a aucun problème. Et je pense qu'on doit écouter l'ensemble des voix. Et c'est ce que j'ai retrouvé un peu dans ce milieu des opérations spéciales, c'est-à-dire que Moi, lorsque j'étais chef de groupe, on était 14 personnes. J'avais un adjoint qui était du grade de sergent-chef, un deuxième adjoint qui était du grade de sergent et ensuite, j'avais que des militaires du rond. Lorsque l'on devait préparer des missions, l'ensemble des idées, de toute façon, étaient réunies pour en débattre sur les différents modes d'action en fonction des idées qui pouvaient remonter. Et c'est ce qui crée, en fait, ce travail de groupe et ce travail d'ensemble. quelque part c'est pas le chef décide et tout le monde suit, c'est vraiment il y a un travail de concertation et c'est ce qui crée en fait cette ambiance interne au groupe qui est pleinement appliquée dans l'action parce que ça n'est pas la décision d'une personne unique, c'est la décision de l'ensemble du groupe et tout le monde est proactif dans cette démarche de réflexion et ça c'est le plus intéressant après attention, moi j'ai toujours un comportement des fois un petit peu à louvoyer mais quelque part dans ce milieu là tu peux avoir les cheveux un peu plus longs des pattes qui descendent quelque part on privilégie en général le fond à la forme voilà si je devais résumer ce serait à peu près ça c'est pour ça que ça me correspond super super

Loïc tant qu'on est sur la partie scolaire c'est vraiment ça c'est pour Teddy la partie scolaire pour de bon en plus j'allais rebondir sur Teddy mais vraiment vous êtes quand même plusieurs à raconter des enfances turbulentes ou avec vraiment je ne sais pas si c'est des hyperactivités au sens médical du terme mais il y avait quand même dans les 14 des enfants jeunes très très très actifs c'est toi Teddy qui raconte que tu es passé à travers une table en verre c'est ton anecdote ça ouais

Teddy c'est ça c'était le en fait pour tout te dire mes parents avaient moi j'ai 8 ans de différence avec mon frère et les 8 ans de différence s'expliquent parce qu'en fait mes parents ne voulaient pas de deuxième enfant et ils ont mis beaucoup de temps parce que j'étais vraiment vraiment terrible et j'étais ce fameux enfant qui peut-être même moi maintenant actuellement c'est un enfant qui me saoulerait en fait c'était ce fameux gamin où les parents venaient sonner à la porte puisque j'habitais dans une garnison militaire donc ça jouait quand même au grade c'est à dire que les parents étaient gradés et souvent je me rappelle toujours d'une famille où j'étais en je crois que je devais être en CE2 ou CE1 et je m'étais battu avec un CM2 mais un peu plus costaud et je vois encore la mère de famille qui était un capitaine qui était habillée avec sa petite jupe elle arrivait et votre fils a encore frappé mon fils et du coup j'ai toujours été voilà j'ai toujours été je pense que maintenant en fait on essaye toujours maintenant de mettre un mot sur des choses qu'on ne pouvait pas avant et là on te dirait, votre enfant est hyperactif on n'arrive pas à le canaliser et c'était ça, et là la table en verre je l'ai vu, je me suis dit je vais sauter, je vais la traverser je peux dire pourquoi je ne suis pas blessé, mais c'est le genre de truc mais je pense que c'était plus une façon j'avais besoin vraiment de me canaliser et à l'époque surtout qu'à l'époque quand tu étais comme ça hyperactif l'éducation des parents était aussi un petit peu différente C'est-à-dire que mon père, ce n'est pas quelqu'un qui frappait ma mère non plus. C'était des gifles, Martin et tout. Mais tu vois dans le bouquin, j'explique le déclic. Ça fait partie du déclic aussi, la correction que j'ai prise. J'en avais besoin quelque part. C'est pour ça, on n'en a jamais parlé. Quand on en parle, j'en rigole parce que c'était comme à cette époque-là. Mais j'avais besoin. Et là, maintenant, tu vois des gamins quelque part qui bougent, qui bougent, qui bougent un peu, etc. etc. Et en plus de ça, si à l'école, ils ne suivent pas, on va les mettre dans un truc, tiens, tu vas aller là-bas, ils vont se retrouver dans un groupe qu'on appelle, alors il y a des groupes qui s'appellent l'éclice, etc. Donc, c'est-à-dire entre parenthèses, tu lui dis, tu vas dire, bon, en fait, tu n'apprendras jamais rien, tu es con comme la lune, tu vas aller là-bas. Donc, le gamin, du coup, il est perdu et puis il va continuer, il va continuer. Puis après, s'il rie encore un peu plus, il va aller dans la délinquance. Et puis, s'il arrive à rebondir, il va aller dans quelque chose où il va trouver son l'objectif et il va réussir. Et c'est ce que je voulais refaire sortir à travers mon témoignage pour les jeunes, c'est de dire qu'il y en a plein qui sont quelque part en échec scolaire. Je n'aime pas dire en échec scolaire, je dis tous qui ne sont pas en phase avec le système de l'éducation nationale parce que l'éducation nationale, c'est juste que tu dois suivre un prof qui a sa méthode et tu dois suivre. Si ça ne correspond pas à ce que le prof t'a appris, tu es mauvais. En fait, non, ce n'est pas ça. C'est juste il y a 100 000 façons de résoudre peut-être une énigme. Si celle du prof ne correspond pas, c'est pas pour ça que t'es mauvais en fait, c'est juste que ça va pas la façon dont t'as expliqué, qu'un prof il te donne pas envie. Et tu vois, je prends l'exemple, en anglais, j'avais un prof qui est vraiment débile en anglais, au collège j'ai eu que des profs débiles de toute façon qui m'apprenaient des trucs débiles, j'ai jamais vraiment appris l'anglais et du coup après j'ai quand même été là responsable au Royaume-Uni où je gérais les écossais des Andes et j'ai appris sur le tas. Donc c'est toujours pareil, c'est pour te dire que t'as quand même des facultés, t'es pas con en Mais c'est juste, il ne faut rien lâcher, il faut trouver son objectif, c'est le plus important. Et ça, en fait, on ne te l'apprend pas à l'école, on ne te dit pas à l'école, à part si tu fais des systèmes maintenant un petit peu montés-souris, je crois, où on fait plus en fonction des capacités de l'enfant. Sinon, le reste, c'est voilà, tu ne suis pas, tu n'es pas bon. Et si tu n'es pas bon, il y en a qui ont une force de caractère de dire, c'est pas grave, j'y arriverai quand même. Il y a ceux qui n'en ont pas, qui se laissent aller, qui vont dans cet effet tunnel, de dire je ne suis pas bon, les profs de nuit je ne suis pas bon, je ne suis pas bon physique, je ne suis pas bon physique.

Loïc Mais tu vois c'est vraiment un point hyper intéressant, c'est une question que je me suis posée peut-être même pour les plus jeunes qui nous écoutent et qui se demande si, j'imagine quand tu es encore jeune que tu rêves de rejoindre les forces spéciales, tu te poses quand même plein de questions, est-ce que je suis fait pour ça, est-ce que j'ai les capacités etc. et j'imagine que c'est pour ça que force spécial coaching marche aussi bien. du coup ce que je me demande c'est quand tu lis des histoires je pense à Marius notamment il n'a pas fait partie des 14 fantastiques du livre mais j'ai lu son livre qu'il a sorti il y a quelques temps et c'est aussi un peu un parcours comme ça très difficile à l'école pour le coup lui vraiment de la délinquance et la question que je me pose c'est que je vous pose à vous du coup à tous les trois est-ce que vous pensez qu'il faut être une forte tête, une tête brûlée ou en tout cas une personnalité très affirmée pour rejoindre des unités comme les vôtres ? Peut-être pour Guillaume, celle-là, comme il n'a pas encore...

Guillaume Moi, je te dirais que non, pas forcément, parce que c'est vrai qu'on parle beaucoup de profils turbulents dans la jeunesse. Et j'ai un collègue qui m'en parlait et qui me disait d'ailleurs ce qu'il y a de bien dans le bouquin Force spéciale Unité des Ligues, c'est qu'on retrouve les différents profils et on se rend compte que, finalement, il n'y a pas que des profils turbulents qui, finalement, intègrent un jour les forces spéciales, parce que dans la plupart des bouquins qu'on peut lire, souvent, on va voir des gens, justement, des gars qui ont ces profils-là. Ce n'est pas toujours le cas. Moi, je n'ai pas eu un profil turbulent. Mon histoire n'est pas... Le problème n'a pas été là. Le problème a été que moi, j'ai grandi au milieu de nulle part, si tu veux, au fin fond de la Lauser. Donc, il n'y avait pas un régiment autour à 150 km à la ronde. on voyait des militaires parce qu'il y avait des manœuvres tous les ans quand j'étais gamin, c'est ce qui m'a fait connaître un petit peu tout ça, mais par contre j'ai grandi au milieu nulle part et dans une famille où j'ai été élevé par ma mère uniquement puisque j'ai perdu mon père quand j'étais assez jeune, j'avais 9 ans mon père était ouvrier ma mère ne travaillait pas donc on n'avait pas forcément de moyens et du coup le problème c'était pas je suis turbulent à l'école est-ce que je vais m'en sortir, est-ce que je vais pouvoir intégrer un jour une unité d'efforts spéciales, mais c'était, tu habites au milieu de nulle part, tu viens d'une famille où tu n'as pas forcément de moyens, comment tu vas faire, comment tu vas faire pour faire quelque chose, en gros, tu as un peu l'idée, enfin l'idée, mon parcours, c'était en gros, je vais au lycée, je fais un BEP, et puis je serai artisan ou je ferai d'artisanat, je ferai un job dans mon petit village mes parents n'avaient pas les moyens de me payer des études, j'avais pas de possibilité et en fait ce qui m'a fait je vais partir sur autre chose donc je vais pas aller trop loin mais en gros c'est le sport qui m'a sauvé tout simplement donc voilà, pour conclure par rapport à la question que tu me posais c'est pas un problème pour ma part de turbulence et je pense qu'il n'y a pas que des gens turbulents qui peuvent intégrer ces unités-là. En fait, tous les profils peuvent y arriver, peuvent intégrer, ça se passe, enfin voilà, c'est des parcours de vie et je pense que tout le monde a la possibilité d'aller dans cette direction-là.

Loïc Un aspect qui m'a vraiment marqué aussi, alors de ce que j'ai cru comprendre, vous me corrigez si ce n'est pas le cas, mais c'est quelque chose qui est vraiment spécifique aux forces spéciales, c'est le fait justement que les parcours de chacun sont vachement valorisés quelles que soient les expériences qu'on a et je crois que c'était avec toi Teddy, tu me donnais l'exemple tu me disais en fait en opération un gars qui a un CAP boulanger c'est juste le meilleur ami du groupe entier parce qu'au fin fond de nulle part quand il n'y a pas de support que le gars sache faire du pain correct c'est juste trop bien

Teddy exactement ça fait partie vraiment d'un groupe en fait et c'est ce qu'on essaie aussi de partager comme valeur c'est qu'on a besoin de tout le monde et chacun a des capacités le mec que tu vas dénigrer du début jusqu'à la fin le jour quand tu dis tu vas te retrouver, c'est vraiment l'exemple tu te retrouves dans le désert et tu n'as pas à manger et personne ne sait faire du pain et lui va dire j'ai un sapé boulanger il va faire une baguette comme ça, tortadée et tout lui il sait faire on avait des mecs qui faisaient de la chantilly on faisait de la progression c'est des trucs moi je ne savais pas faire et puis je vois le mec qui secouait son truc etc et puis on arrive qui est-ce qui veut un café on était sur le terrain on prend un café chantilly chantilly on est en plein désert et le mec il avait fait la chantilly parce que le jeune son chef l'avait demandé lui il savait faire crève et tout et il nous sort de la chantilly donc là c'est le côté marrant mais c'est vrai qu'on a besoin de tout le monde et c'est pour ça que c'est quelque chose je me rappelle quand on était en groupe même quand on a des missions avec des gens par exemple sur des bateaux moi avec certains j'allais dire bonjour à tout le monde et c'est hyper important j'ai aussi bien dire bonjour au cuistot qu'au mec qui s'occupe de notre courrier qui s'occupe tout est important c'est une chaîne en fait et au sein d'un groupe il y a des mecs qui ont des compétences le mec il fait peut-être pas 20 tractions mais par contre c'est le mec qui va t'aider au départ quand tu devais régler ton mortier et le réglage tu comprends rien avec les angles et bien lui en fait il va capter dessus tu vas t'aider et puis à côté de ça t'as l'autre voilà c'est une complémentarité qui est hyper importante au sein d'un groupe et ça marche aussi dans les entreprises, ça marche partout en fait il faut vraiment, c'est ça la cohésion, la cohésion c'est pas juste ok ça va on va faire une fois on boit un verre non c'est pas ça, la cohésion c'est comment est-ce que moi je peux t'aider et comment est-ce que toi tu peux m'aider et comment est-ce que je peux prendre tes forces et même pour t'aider sur tes faiblesses et inversement c'est beau ça ce que je viens de dire

Loïc je pense que ce sera l'extrait audio d'épisode non top je regarde parce que comme je l'avais dit en intro, on devait être un peu plus nombreux, j'avais préparé quand même une série de questions pour que ce soit structuré et organisé, donc j'en ai encore quelques-unes pour vous et après on pourra passer à un peu plus de freestyle si ça vous va. Mais je crois que c'est encore avec toi Teddy, décidément on parle trop, mais je crois que c'est avec toi qu'on avait parlé de ça, sur l'évolution que tu voyais de ta fenêtre et du coup Guillaume et Scou pourront nous donner leur avis mais sur les comportements, l'aguerissement des jeunes aujourd'hui qui se présentent à des stages co par exemple pour les commandes de marine

Teddy alors moi on en a déjà parlé un petit peu mais je vais laisser répondre Scoop parce que Scoop il est peut-être encore un peu plus en contact à travers sa salle qu'il avait et tout il y avait un peu plus de jeunes donc justement ça permet d'avoir une autre vision sur cette partie armée de l'air et les jeunes est-ce qu'ils sont comme dans la marine est-ce que ça a changé

Loïc et en fait juste pardon Scoop avant que tu répondes c'était un peu une double question c'était un est-ce que vous de votre fenêtre vous voyez une différence vous avez l'impression qu'il y ait une différence avec à l'époque où vous, vous étiez présenté. Et deux, comment est-ce que vous voyez du coup l'évolution des réactions, des comportements face à des instructeurs qui forcément vont chercher à pousser les gens dans leur dernier retranchement ? Et je vous pose cette question parce que moi, j'ai vu une grosse évolution dans le sport de niveau, en tout cas dans le judo, où il y avait aussi une approche un peu rugueuse. Alors, rien à voir avec vous, les cuves et compagnie, ce que j'ai pu comprendre du stageco, en tout cas pour les commandos marines. Mais il y a quand même pas mal de choses qui ont changé, aujourd'hui c'est plus acceptable qu'un entraîneur entre guillemets rentre un peu dans le dur d'un jeune avec bienveillance etc mais j'ai déjà entendu pas mal d'histoires d'entraîneurs un peu phares dans le judo qui ont dû arrêter d'entraîner comme ils le faisaient et ce qui marchait très bien parce que c'était plus accepté aujourd'hui Donc, je me demandais, avec ce que vous vivez, notamment le… Comment ça s'appelle ? Le… La simulation de prise d'otages, d'enlèvements, le coxage, c'est ça ?

Scoub Ah, le coxage. Ah, le coxage. Voilà.

Loïc Notamment des trucs comme le coxage. Comment est-ce que vous voyez tout ça évoluer ?

Scoub Alors, moi, déjà, je n'ai pas basculé sur la filière instruction au CPAD. Je ne suis pas du tout passé par là. mais en tout cas moi je peux parler de toute ma phase de formation en arrivant au 10 et même d'ailleurs avant dans tout le parcours de formation au sein des commandos de l'air cette époque là était encore une époque où justement on acceptait entre guillemets de mettre des tartes et de secouer les mecs c'était vraiment déjà une génération moi je suis rentré en 96 donc ma formation ça a été 1996-1997 mes sélections je les ai passées en 2000 et en 2001 parce que dans le bouquin, je pense que tu l'as lu je les ai ratées en 2000 pour le 10 c'était encore une génération où justement on arrivait à te secouer, à te pousser dans tes limites en ce qui concerne la génération actuelle c'est une génération qui se dit bien souvent, si j'ai envie d'eux je vais acquérir facilement c'est pas du tout entre guillemets ce que notre génération, parce qu'on est à peu près tous la même génération, avions comme principe éducatif. Est-ce que c'est un problème de l'éducation nationale maintenant, où on pousse les gens de toute façon à monter de niveau sans jamais les arrêter et sans avoir, entre guillemets, ce travail au mérite ? Il faut savoir qu'on rentre quand même dans un milieu qui est élitiste, avec des tests de sélection qui ont des barèmes. Si tu es sous la barre, de toute façon, tu ne rentreras pas et le système ne va pas évoluer dans ton sens. beaucoup de gens se sentent prêts avec un niveau entre guillemets intermédiaire et découvrent qu'en fait le niveau qui est demandé pour entrer dans ces unités là est quand même un niveau sur le plan sportif et même au niveau du moral voilà qui est quand même assez relevé mais je dirais que c'est vraiment sur le long terme la personne enfin nous c'est comme ça qu'on fonctionne dans l'armée de l'air particulièrement on a fait le cursus initial on est déjà un petit peu baigné dans ce milieu là et au moment où on arrive ils ont présenté sélection, sachant qu'en général, en dessous de 22 ans, personne n'est pris au CPA10. Tu es déjà éculturé un petit peu à ce milieu-là et tu es déjà fait, j'allais dire, un premier contrat, ce qui t'a permis d'être un petit peu plus rueux, j'allais dire, que ce que tu n'étais lorsque tu es rentré. Voilà. Mais en tout cas, la jeune génération et tous les gens avec lesquels je peux échanger sur les réseaux s'imaginent que ce n'est pas ce que tu fais sans burpees et en cinq minutes que tu vas être un très bon sport spécial. quelque part il y a d'autres choses à rechercher là-dedans et surtout beaucoup d'aguerrissement, c'est à dire que maintenant les jeunes ont tout qui leur arrive très facilement, tu commandes un Uber t'es livré dans 5 minutes, nous il faut quand même aller chercher les choses, il faut se débrouiller par nous-mêmes moi je me souviens de certains week-ends où on allait régulièrement sur la Normandie on n'avait rien à faire, on partait en forêt et on s'inventait nos guerres on marchait pendant des heures, on avait une vie à l'extérieur qui était beaucoup plus fournie que ce que les jeunes de maintenant peuvent avoir. Je fais un gros distingo, d'ailleurs, un petit parallèle avec ton vécu de sportif de haut niveau. Pour moi, le Vosgien qui est habitué depuis tout petit de sortir l'hiver pour aller jouer dehors et à péter la glace à coups de poing, sera à mon avis un très bon commando de base parce qu'il est déjà acculturé à ce milieu assez dur par rapport à quelqu'un qui est insportif, qui est habitué à un cadre d'entraînement, qui est habitué à tout un environnement qui le sécurise ? J'ai répondu à peu près à ta question ou pas ?

Loïc Parfaitement, parfaitement. Mais du coup, je me permets un suivi avec Guillaume. Pour être tout à fait transparent, je connais assez peu votre milieu. Je crois que le type d'unité que je commence à comprendre le mieux, c'est les commandos parce qu'à force d'échanger avec des Teddy des Louis des Matt des Tony etc je commence à y voir un peu clair sur les stages etc mais dans le livre Guillaume tu t'expliquais que le 13ème RDP c'est une des filières de sélection les plus longues et du coup pour faire écho à ce que disait Scoop sur l'acquérissement toi concrètement tes missions c'est quand même des trucs c'est enfin je pense pas qu'il y ait de niveau qu'il y ait des unités où c'est plus difficile que d'autres mais le 13ème RDP si je me trompe pas c'est quand même tu fais des plans vous passez de longs moments complètement enterrés derrière des lignes ennemies là l'aguerrissement il est un peu total comment ça se passe auprès de jeunes qui voudraient se présenter aujourd'hui et qui n'ont jamais cassé la glace à coup de poing l'hiver dans les Vosges

Guillaume moi sur la partie 13 c'est ma première partie de carrière et j'étais dans l'instruction en tant que moniteur de sport et donc j'avais à charge toutes les filières donc tous les jeunes qui intègrent pour justement basculer en escadron de recherche la filière en effet c'est aujourd'hui la formation la plus longue de l'armée de terre puisqu'elle dure 18 mois c'est une formation qui est assez rustique justement qui demande beaucoup de rusticité alors oui il y a tout cet aspect on en entend beaucoup parler d'ailleurs de faire des caches, de s'enterrer, de porter le menir qui est un sac qui fait au minimum 60 kilos mais on va dire que ça reste quand même en partie quelque chose qui est de tradition dans la formation puisque c'est pas forcément faut pas que le jeune s'imagine non plus qu'aujourd'hui l'émission va systématiquement creuser une cache etc par contre ce que je remarque moi je suis de la génération je suis plus jeune que mes deux camarades je suis rentré en 2001 et cependant je vois quand même une évolution Parce qu'il y a deux choses à prendre en compte, il y a le mental et il y a le physique. Il y a 20 ans, un peu plus de 20 ans, le physique, les jeunes étaient peut-être un peu moins physiques que les jeunes qu'on a aujourd'hui, de par la façon des différentes méthodes d'entraînement qu'on avait. soit le jeune avait son sport de prédilection soit c'était quelqu'un qui allait courir soit c'est quelqu'un qui faisait du renforcement musculaire mais on n'était pas encore purement dans le cross training, l'entraînement de ce type là où aujourd'hui il y a même un effet de mode où la plupart des jeunes on voit des jeunes de partout avec des niveaux impressionnants donc peut-être qu'aujourd'hui certains jeunes ont un plus gros niveau physique qui a 20 ans mais par contre il y a quelque chose qui, et c'est là où on voit que le mental est tout aussi important, c'est qu'il y a 20 ans, on n'était pas sur la même génération. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on le sait, c'est une génération un peu, j'ai envie de dire jeux vidéo, réseaux sociaux, comme le disait Scoob, on a tout ce qu'on veut tout de suite, on n'a plus besoin de trop se fatiguer, et puis on a de moins en moins envie de se fatiguer, surtout nos petits jeunes d'aujourd'hui. à l'époque c'était quand même un peu différent puisqu'on n'avait pas grand chose on était à l'époque de la cabine téléphonique on n'avait pas de téléphone portable donc on passait un peu notre vie dehors et je pense que les jeunes étaient un peu plus rustiques et que mentalement c'était on avait des jeunes peut-être plus forts mentalement tout simplement parce que en gros c'était ok tu pars dans cette formation là en gros si tu réussis pas la question que je pense que tous les jeunes se posaient c'était qu'est-ce que je vais faire si je rate qu'est-ce que je fais, je retourne chez moi je fais quoi, donc on se donnait les moyens et je pense qu'on allait plus loin sur cet aspect là aujourd'hui peut-être que le jeune il se pose moins de questions j'ai vu plein de vidéos j'ai vu plein de trucs, c'est super c'est super beau, ça donne envie, j'y vais mais je me pose peut-être pas la question si ça se passe pas bien qu'est-ce que je vais faire, ce n'est pas un problème, je vais trouver quelque chose, etc. Donc, on a quand même un côté mental qui était peut-être un peu plus fort avant et un côté physique qui est peut-être un peu plus fort aujourd'hui. Maintenant, par exemple, pour ma partie, je m'occupe des jeunes qui veulent intégrer le 13, et bien, malgré tout, il ne faut pas croire non plus que la génération d'aujourd'hui, que tous les jeunes sont comme ça, puisque moi, je suis agréablement surpris. la plupart des jeunes que j'ai, que je vais coacher, que je vais préparer, c'est des super mecs. C'est des mecs qui sont physiques ou pas, mais qui le deviennent de toute façon. Mais c'est des mecs mentalement qui sont très intéressants, très cultivés, qui sont pleins de motivation. Et moi, j'en suis surpris. Donc finalement, je crois qu'entre avant et aujourd'hui, l'un dans l'autre, on retrouve quand on veut. on retrouve des profils qui sont super

Teddy en fait pour compléter ce que vient de dire Guillaume je pense que cette histoire de génération elle va avec aussi la montée en puissance des forces je pense qu'il y a une grosse partie peut-être dont moi-même arrivé en 97 et puis il y a une période où on était encore à chattertonner les lampes sur les fusils à faire des lasers avec les lasers cachés chez les chinois, alors chinois c'est pas toujours actif mais c'est eux qui les vendaient à l'époque, tous ces trucs-là, toutes les compétences, toutes les procédures, tout a changé. Donc, il y a une évolution et peut-être, je dis bien peut-être que certaines personnes de ma génération et même d'avant ne seraient peut-être pas forcément assez… Ce ne serait pas aussi facile de pouvoir s'adapter sur les nouvelles technologies parce que mine de là, ce n'est pas évident. Maintenant, quand on voit certaines choses quand ils vont sur le terrain, ce n'est plus comme avant. où on était là, on se cachait avec un bac à photo pour développer une photo pendant, sous une, c'est fini tout ça, donc il y a la technologie, il y a la transmission, il y a des choses à voir, il y a de l'armement, il y a beaucoup de choses qui ont changé, et du coup je pense que cette génération aussi, va forcément avec l'évolution, l'évolution du combat, l'évolution des nouvelles techniques, l'évolution du matériel, donc je pense juste que c'est, tout va avec en fait, tout simplement, et moi je le dis avec avec vraiment une grosse humilité quand je vois comme le dit Guillaume les mecs maintenant arrivent vraiment physiques moi j'avais vu avant de partir j'avais vu un stage commando qui était arrivé mais je crois que le plus mauvais devait faire 15-16 tractions et c'était tous à 25 tractions moi je ne faisais pas 20 tractions quand je suis arrivé quand je suis arrivé je devais en faire j'ai toujours fait ce qu'il fallait faire avec peut-être 2-3 en plus mais je me suis dit s'il fallait en faire 10 j'en faisais 13 et voilà j'ai progressé au fur et à mesure mais je veux dire sur mes sélections c'était pas aussi physique que les mecs et du coup on voit tout ce qu'on leur demande de faire notamment aussi sur des nouveaux exercices qu'ils font que nous on n'a pas fait on peut pas dire qu'avant c'était plus avant certes c'était peut-être plus dur les gens étaient plus rustiques parce que la vie était totalement différente là maintenant c'est encore différent mais eux doivent s'adapter aussi différemment donc je pense juste que c'est l'évolution et dans 20 ans ce sera encore différent parce qu'il y aura peut-être moins d'actions directement sur le terrain, parce qu'il y aura peut-être plus de drones, ce sera peut-être des techniciens qui se règlent leurs lunettes et qui vont piloter. Je pense que tout va évoluer.

Scoub Au niveau des profils aussi, ce qui est quand même impressionnant, pour discuter sur les réseaux avec des jeunes qui me posent des questions sur la manière d'intégrer certaines unités, tu te retrouves avec des mecs qui ont des licences ou des masters qui sont prêts à s'engager dans l'armée en rentrant militaires du rang, parce que la personne, elle a envie d'être sur le terrain, c'est le truc qui le fait kiffer, quoi. Et ça, c'est des profils, il y a X années, mis à part chez nous, dans l'armée de l'air, le mec PN, qui finalement s'était fait bouler et se retrouvait dans la filière commando, des mecs à Bac plus 4, Bac plus 5, t'en avais pas du tout, quoi. Et d'où, justement, aussi des jeunes qui sont très, très matures pour leur âge, et avec une culture phénoménale, il y en a certains qui me scotchent quand je discute avec eux. et en fait ils se mixent avec les profils dont parlait Teddy tout à l'heure, de celui qui fait la chantilly de celui qui a fait un CAP en boulangerie voilà et pour autant ça match

Loïc et justement pour ceux qui cocheraient un peu toutes les cases mais du fait de l'évolution de la société qui n'aurait pas forcément le niveau d'aguerrissement d'il y a quelques années qu'est-ce que vous recommanderiez spécifiquement sans entrer dans trop de détails comme ça il peut voir avec Fort Special Coaching mais peut-être des choses simples à mettre en place est-ce que c'est faisable d'après vous de gagner en aguerrissement, de s'aguerrir tout seul dans son coin ?

Teddy Alors pour la partie je vais parler pour la partie marine c'est ce que je disais déjà avec les test coaching là les gars faut qu'ils arrivent physiquement ils soient prêts parce qu'ils n'auront plus le temps de progresser ils ne pourront pas arriver et dire bah tiens je vais arriver, je suis moyen et je vais progresser pour arriver au stage coach tâche-coche reprêt. En fait, le cursus, tout a été condensé. Donc, la personne, physiquement, si elle arrive, elle est prête. Après, elle va pouvoir gérer les différentes choses techniques et elle va faire ses premières parties avec son brevet élémentaire et tout. Ensuite, elle va pouvoir aller au stage commando, mais physiquement, elle sera déjà prête. Et donc, les jeunes, pour travailler la rusticité, c'est de sortir de ces zones de confort. Il n'y a pas 150 choses à faire. C'est une chose que nous, on pourrait faire facilement plus jeune, mais ça, ça va rejoindre, je pense que toutes les armées, c'est sortir de sa zone de confort. Et sortir de sa zone de confort, c'est des trucs tout cons. Mais par exemple, je ne sais pas, il va sortir en boîte de nuit. Et quand il rentre de boîte de nuit, au lieu d'aller se coucher et puis dormir jusqu'à 15 heures, il se dit, putain, je veux faire ça. Et c'est ce que c'est mon objectif. Donc, je ne m'interdis pas de sortir. Par contre, je vais courir dans la foulée et je vais m'entraîner. Et puis, au fur et à mesure, je vais adapter mon corps à faire tous ces petits trucs-là. C'est juste ça, c'est vraiment sortir de sa zone de confort. et après il y a un objectif et il faut mettre toutes les choses de son côté pour réussir c'est entraînement c'est justement changer sa routine aussi d'entraînement comme le disait Scoop tout à l'heure, les sportifs de haut niveau on en a eu aussi pendant le stageco, c'est les premiers à se baisser parce qu'ils ont une routine d'entraînement qui est toujours linéaire dès que ça change un peu on en a vu plein moi j'en ai vu beaucoup que ce soit sur la nutrition, que ce soit sur la fatigue il ne comprend pas en fait des premières semaines le mec est hyper physique parce que voilà il est très très bon et puis la troisième semaine du troisième jour on dit aujourd'hui on a fait le temps de manger ce matin à midi c'est terminé en fait le corps il ne comprend pas il nous a besoin de manger il a besoin donc c'est ça aussi la réussite un petit peu c'est que si tu es trop habitué à un entraînement comme ça dès que tu vas à droite et à gauche ça ne marche plus

Loïc c'est hyper intéressant est-ce qu'il y a peut-être bon là on s'écarte un peu du sujet du livre qui comme le disait scoop qui ne parlent pas forcément de vos guerres, mais peut-être pour illustrer un peu tout ce que vous venez de partager sur l'aguerrissement, est-ce que, peut-être Guillaume, comme tu as encore un peu moins entendu que tu as dit S-Coup, est-ce que tu peux peut-être nous partager une mission que toi tu as fait ou dont tu as entendu parler qui illustre bien ce besoin d'être aguerri pour les opérations ?

Guillaume En fait, je pense que toutes les missions en soi, il y a un besoin d'aguerrissement puisque finalement, moi je rejoins quand même complètement ce que disait Teddy puisque quand on arrive sur une unité d'effort spécial par exemple pour le 13 il faut être prêt, c'est indispensable pourquoi ? Parce qu'on va régresser, le jeune il va arriver sur une formation, il arrive à un certain niveau, il ne va pas il ne faut pas qu'il se dise je vais avec la formation devenir de plus en plus fort physiquement, non je vais régresser, pourquoi ? Parce que parce qu'avec le manque de sommeil, avec des phases où on a trop de sport, enfin trop d'activité physique, donc peut-être du surentraînement, et des phases où on n'a rien au niveau physique pendant un certain temps, il n'y a rien qui est cadré finalement, donc qu'est-ce qui se passe ? On régresse physiquement, donc il faut déjà arriver à un certain niveau, ça c'est indispensable, et ensuite il va falloir casser ses habitudes, c'est-à-dire que le jeune, lui, il a ses habitudes de vie, et comme le disait très bien Teddy aussi, ses habitudes, il faut pouvoir les casser, il faut qu'il fasse des choses qu'il n'a pas l'habitude de faire, on n'a pas l'habitude de faire une séance de sport en plein milieu de la nuit, il y a plein de choses où on casse ses habitudes, donc on s'habitue à autre chose, donc ça c'est une chose aussi, et puis voilà, l'aguerrissement, c'est quelque chose qu'il faut travailler avant, il faut sortir de sa zone de confort, il faut faire des choses un peu atypiques, nous notre job aussi c'est justement de mettre ces jeunes sur ce chemin là, c'est de les amener sur une direction qu'ils ne connaissent pas forcément et surtout ce qui est intéressant aussi c'est qu'un jeune qui va par exemple qui va suivre un programme, qui va suivre un coaching ça demande de la rigueur ça demande de la rigueur puisque ça ne dure pas une semaine, ça dure parfois plusieurs mois nous on va leur imposer des différentes séances et il va falloir qu'ils les fassent et souvent il y a des pertes de motivation donc déjà rien que le fait de suivre ça à la lettre d'essayer d'être rigoureux là dessus de faire des choses de rusticité de faire des choses qu'on n'a pas du tout l'habitude de faire, c'est déjà une qualité qui est prise pour quand le jeune va intégrer sa formation il va arriver, il aura fait des choses qu'il n'avait pas eu l'habitude de faire il aura réussi à travailler sur sa motivation il se sera donné un cadre donc voilà il aura plein de qualités et donc voilà tout ça pour dire que ce que nous on va pouvoir on va essayer d'apporter normalement ça va quand même permettre aux jeunes à se retrouver dans une phase d'aguerrissement dont ils n'avaient pas l'habitude ou la connaissance avant

Loïc ok ça montre bien que c'est vraiment un aspect genre ça paraît tout bête de le dire c'est peut-être évident mais vraiment vraiment important d'être plus que prêt avant le stage j'avais pas forcément en tête cette notion de régression par rapport au potentiel surentraînement la fatigue, le fait qu'il n'y ait rien de cadré mais c'est vrai que quand tu l'expliques ça semble logique du coup sur l'aguerissement je pose la question à Teddy et Scoop voir si eux ils ont des histoires à nous raconter c'est pas du tout pour essayer d'aller choper des infos que vous n'aurez pas partagés ou autres mais je pense que partager une expérience un vécu d'une situation où vous vous êtes dit ah ouais là c'est vraiment hyper rustique, je suis content d'être allé m'entraîner je sais pas tous les jours à Toulon d'avoir nagé tout l'hiver sans combinaison mais juste pour qu'on se rende un peu compte de à quoi ça peut ressembler d'un point de vue galère et exigence du terrain, de l'environnement etc en mission, je sais pas si t'es dit ou ce que vous avez une mission comme ça qui vous a vraiment marqué par son côté hyper rustique

Scoub Vas-y coach, je vais te répondre Moi la phase entre un inhumain qui a été la plus rustique parce que quelque part quand tout à l'heure Guillaume parlait de sortir de sa zone de confort malheureusement il y a des milieux dans lesquels on n'est pas habitué à évoluer moi la première projection sur l'Afghanistan forcément on n'est pas du tout à la même altitude ici en France qu'en Afgare. Moi, j'ai souvenir d'une infiltration pour aller fouiller justement des caches susceptibles de contenir d'éventuels talibans ou au moins avoir des preuves de passage. Et on a monté un massif qui était... Je te donnerais des altitudes qui ne représenterait rien. Mais de toi à moi, on arrivait en haut, j'étais sec de chez SEC, et on a fait une pause qui a duré facilement 30 minutes. Moi, je n'ai pas honte de le dire, on est arrivé en haut, on était quasi inops, j'étais en croix. Et pour autant, c'est le genre d'environnement dans lequel on n'est pas habitué, il m'a évolué tant qu'on n'y a pas mis les pieds. Quel que soit notre entraînement, moi, je ne pratiquais pas le crossfit à l'époque parce qu'on n'en entendait pas parler en France, mais je faisais tout ce qui était traction, pompe course à pied j'étais j'étais un vrai coureur avant sauf que là le crap a eu plus les conditions avec avec la frag pour la capacité respiratoire la chaleur inhérente au le climat de l'afghanistan plus le dénivelé le dénivelé important on se retrouvait dans une configuration malheureusement ben qui était jusqu'à présent méconnu donc c'était ça ça vraiment c'était le le plus compliqué. Et je pense qu'on a tous connu, justement, ce moment où, malheureusement, le physique était tellement entamé, que ce soit à l'échelle individuelle ou à l'échelle du groupe, et ça nous a demandé, justement, des remises en condition pour repartir et pouvoir continuer la mission. Et cette rusticité, malheureusement, pour autant, avec les X stages commando et X phases d'entraînement, on n'avait pas touché, en fait, du doigt cette extrémité-là, parce que là, c'était la mission et le terrain qui commandait. Sauf que, des fois, même si tu essaies de pousser ton organisme au plus loin, des fois, malheureusement, la conjoncture fait que tu vas au-delà de ce que tu aurais pu imaginer.

Loïc Super anecdote. C'est vrai que c'est un très bon point. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a des préparations qui existent si ça peut être partagé pour l'altitude ? Parce qu'une de vos spécificités, quand même, c'est potentiellement le fait d'être déployé très vite, n'importe où dans le monde. Mais si vous passez de l'Orient qui doit être à 2 mètres d'altitude. À l'Afghanistan, plus de 3000, où potentiellement il y a le mal des montagnes. Et ça, on a beau être entraîné, le mal des montagnes, c'est compliqué de s'y préparer.

Teddy En fait, quand il y a des missions, notamment quand il y a eu l'Afghanistan, il y a des stages de préparation. Préparation un petit peu. Donc les gars partent en altitude et vont s'entraîner. Après, sur des missions ponctuelles, il peut y avoir une mission ponctuelle. et c'est là où la rusticité et le fait d'être justement un gars solide fait que comme on dit tu vas devoir t'adapter donc il y a à partir dans les deux jours t'es au point zéro et on va t'envoyer à un endroit là t'as pas le temps de t'entraîner c'est ce qui fait la différence après il y a une phrase qui ressort tout le temps malheureusement mais c'est une phrase qui veut dire beaucoup et qui en même temps qui veut rien dire c'est la sélection naturelle c'est ça tu vas l'entendre tu l'as déjà entendu t'en as certains ça va être dur on va s'adapter et puis il y en a d'autres qui n'arrivent pas à s'adapter et ça passe pas et voilà et après c'est aussi comme ça qu'on choisit sur certaines missions certaines personnes

Loïc etc etc ça fait une super transition pour une autre question que j'avais alors spécifiquement pour Scoob je sais pas si Teddy et Guillaume vous avez déjà été blessé Teddy je crois pas en tout cas pas

Teddy non je me suis je me suis je me suis fait une entorse mais je sais pas si

Scoub mis à part le jour

Teddy de la table c'est clair

Loïc mais ouais ce coup que tu parles du coup en intro de ton chapitre de cette blessure à la main dont tu as écopé en Afghanistan moi ce que je me suis demandé du coup tout de suite c'est comment est-ce que tu te remets ça sachant que tu vois Matt dans son épisode il expliquait qu'il s'était pris une balle dans le gilet donc ça l'avait séché je sais plus je crois qu'il avait eu peut-être des côtes cassées mais il était entre guillemets opérationnel quand t'as une main dans l'état dans lequel la tienne semblait être c'est un peu ton outil de travail donc déjà un comment t'as fait dans le moment pour te recentrer et finir ta mission correctement et deux comment t'as fait pour gérer ça à moyen long terme compte tenu de ton métier en fait

Scoub sur l'instant la gestion entre guillemets de la blessure était plus aisée parce qu'on était dans une situation où on avait pris possession d'une habitation. Donc, on était protégé des feux adverses. Donc, la gestion de la blessure, elle a été très rapide. Après l'impact, de toute façon, moi, j'ai observé facilement que, de toute façon, ma main était inops. Donc, il y a eu une médicalisation d'urgence qui a été faite immédiatement par la personne qui se trouvait à côté de moi. Et ensuite, j'ai été pris en charge par l'infirmier du groupe qui était présent sur l'OP. Donc, Donc voilà, ensuite, ce serait arrivé en cours de progression, par exemple, ça aurait été plus compliqué de le gérer. Là, la situation n'était pas une situation, entre guillemets, si périlleuse que ça, nous permettait, entre guillemets, de durer dans le temps. On n'était pas surexposés au niveau des tirs adverses. Donc on a pris le temps, justement, de bien gérer la blessure. la question s'était posée de savoir si on demandait quand même d'avoir une évacuation sanitaire directement sur notre position. Malheureusement, à 360, on prenait la foudre, c'était très compliqué de faire venir un hélico, même si on avait quand même la supériorité aérienne et on aurait pu, avec les tigres, faire baisser les têtes. Il n'y avait pas de raison de surexposer un équipage à ce moment-là, donc la blessure a été gérée pendant 7 heures. Après, la force justement du travail en équipe, c'est que moi, dans ma place au niveau commandement pour le groupe, mon adjoint avec lequel je travaillais depuis X années a repris le lead parce que quand tu te fais injecter de la morphine pour gérer la blessure, forcément, tu es un peu phytoxé, tes capacités intellectuelles, déjà que je ne partais pas avec le meilleur bagage possible, était encore plus minorée. Donc, oui, c'était très compliqué. Moi, je ne vais pas te raconter la messe. Les sept heures ont été passées en assurant déjà ma propre sécurité si vraiment ça tournait vinaigre. Parce que la seule inquiétude qu'on avait, c'est que justement, les mecs puissent se rapprocher et monter à l'assaut du bâtiment dans lequel on se trouvait. Donc, voilà, moi, j'assurais ma propre sécurité. Je me tenais informé justement du déroulement des opérations autour de nous parce qu'on a eu de la part des amis marins et des amis terriens qui étaient à ta gabe 80 tirs mortiers autour de notre position pour sécuriser l'ensemble de l'équipe. Et puis ensuite, une exfiltration qui a duré à peu près deux heures avec une small team. on est parti en demi-groupe à 6 pour rejoindre la base en appui qui était à côté avant mon évacuation en direction de Kaboul. Après, pour répondre à ta question sur la partie résilience liée à la blessure, j'ai eu deux opérations sur Kaboul, deux opérations sur Persil. ça a été ensuite 7 mois de rééducation parce que la main ne fonctionnait plus du tout à réapprendre à fermer, ouvrir grosse remise en question parce que de toi à moi je ne savais pas du tout comment j'allais récupérer et puis voilà grosse remise en question aussi sur ton avenir, ton devenir tu passes entre guillemets d'une situation où tu es plein d'hyperactivité tu es sur sollicité tu as une carrière qui est en pente-raide et du jour au lendemain, en fait, tu te retrouves dans une situation où tu as une infirmière qui vient te dire bonjour le matin pour te faire les soins et ça s'arrête là. C'est assez compliqué. Sur le plan psychologique, si des gens d'unité entendent le podcast, il ne faut surtout pas couper les liens avec les gens qui se retrouvent dans ces situations-là. C'est vraiment super important. Et donc, à l'issue, de toute façon, moi je me suis retrouvé en bureau pendant 3 ans et après j'ai décidé d'entamer mon parcours de reconversion pour finalement ouvrir ma salle de crossfit sur Orléans et voler de mes propres ailes dans un autre système voilà

Loïc excellent super, merci pour le partage Teddy t'allais dire quelque chose ? non non non

Teddy à chaque fois qu'il parle je trouve ça émouvant non je plaisante non c'était cool c'est vraiment cool c'est vraiment cool

Scoub non mais c'est une sacrée belle histoire c'est une belle histoire bah ouais ouais de toi à moi Loïc je sais pas si c'est une belle histoire mais voilà c'est un parcours de vie tu sais les gens même en l'écrivant pour le bouquin tu sais tu vois tellement de cas à côté de toi et des gens divers et variés il y a encore deux mois des camarades du premier malheureusement qui pètent sur un IED qui perdent les deux membres inférieurs et tout chez les blessés de toi à moi il n'y a jamais de starification parce que tu trouveras toujours pire que toi à côté le parcours est ainsi ma main j'ai récupéré quand même une bonne grosse partie de ma mobilité, il y a des choses que je ne récupérerai pas c'est un parcours de vie et n'importe qui, beaucoup de gens ont été blessés par balle, beaucoup de gens s'en sont sortis et beaucoup de gens s'en sortiront encore. Moi, maintenant, par contre, j'ai envie de transmettre sur la gestion de la blessure intrafamiliale, dans l'unité, toutes ces choses-là. C'est vraiment des parcours particuliers et il faut savoir soutenir ces gens-là et comment leur parler. Pour moi, c'est vraiment un truc qui m'est super important.

Loïc C'est pour ça que je disais que c'est une belle histoire parce que c'est vrai que c'est toujours, j'allais dire, c'est toujours facile, je ne sais pas si c'est toujours facile, mais c'est une chose de partager des conseils, etc., sur comment gérer la douleur physique dans le cadre, tu vois, d'une préparation physique un peu spéciale, mais gérer une blessure de cette ampleur, c'est pour ça que je te posais la question, parce que pour moi, il y a forcément des choses que tu as apprises, tu vois, pas forcément sur le coup, parce que j'imagine qu'il faut un moment pour prendre du recul et digérer un peu tout ça, mais, mais ouais, je pense que c'est comme tu dis, il y a plein de choses que tu as envie de partager aujourd'hui

Scoub tu apprends sur toi-même et de toute façon, de toi à moi, demain imaginons que tu as un accident de voiture, ce que je ne te souhaite pas Loïc tu es dans un fauteuil roulant, de toute façon tu es face à une situation où tu ne peux pas faire autrement tu vas devenir combattif tu vas faire preuve de résilience je ne dis pas qu'il y a un moment où tu vas être un petit peu dans le creux de la vague, mais bon tu vas être en capacité de te ressaisir et je pense qu'on appartient à une population qui ne se laisse pas abattre et qui a envie d'aller de l'avant j'ai pris l'exemple de certains camarades que Teddy avait eu la chance d'interviewer double amputé fémoral sur une explosion d'engins de drones piégés la personne a fait des Invictus Games la personne a fait vice champion du monde en soufflerie sur Aix-en-Provence c'est des personnes qui de toi à moi ont même plus de goût à la vie que n'importe qui que tu pourrais croiser dans la rue parce que tu te dis je ne vais pas me laisser abattre, le sort ne m'aura pas c'est un petit peu ça ce qu'il faut retenir de ce parcours là mais tout un chacun vous êtes je pense capable de faire exactement la même chose oui l'histoire reste une histoire, c'est un parcours de vie il y en a tellement qui heurtent les gens et qui peuvent les blesser les gens surmontent cette blessure voilà et on a tout ça en nous je pense

Loïc c'est vrai que généralement ce genre d'imprévu des blessures de cette ampleur ou d'accident quelque part ce qui est bien parce que tu parlais de l'accident de voiture en fait ça m'est arrivé je préparais un Ironman et je me suis fait percuter par une bagnole sur mon vélo il était à 50 km heure perpendiculairement à moi donc ça a laissé quelques traces, un petit séjour à l'hôpital etc et surtout le sentiment de vraiment pas être passé loin du tout, il a roulé sur le vélo, mon vélo a éclaté, à moins de 5 cm il m'a accroché la jambe et je pense que je passais dessous et effectivement comme tu dis tu vois du coup ça donne un autre goût à plein de choses, ça fait reconsidérer tes priorités par exemple donc ouais complètement d'accord avec toi, d'ailleurs ça me fait penser, je sais pas si vous le connaissez mais ça fait un moment que j'essaie de l'avoir sur le podcast, je crois que son profil sur Instagram c'est Lomoignon c'est un ancien commando marine un jeune ancien commando marine qui s'est fait amputer d'un membre inférieur et qui me disait il n'y a pas très longtemps non mais je n'ai pas grand chose à raconter je ne pense pas être un entité intéressant donc tu confirmes exactement c'est Antoine c'est eux qui ont fait un trip en kayak

Teddy avec un autre commando en fait il est arrivé il arrive à Jobert, mais lui, c'est dans un accident, c'est dans un accident hors mission, c'est dans le civil et il a perdu sa jambe. Ah ouais, c'est ça. C'était un jeune opérateur, bon, il n'est pas resté très très longtemps, mais il a fait un passage, je crois, à Jobert, parce que je suis en contact avec Kylian, parce que je connais son père, on était ensemble au commando, ouais, on va, ok.

Loïc Et je crois qu'ils ont fait la base historique des commandos. Ils sont partis

Teddy de Lorient à Atnakary ou alors de Atnakary à Lorient en Écosse, en Kayak.

Loïc oui tu confirmes ce que je lui ai dit

Teddy comment ? de sûr que tu peux l'interviewer même si c'est pas dans le cadre

Loïc ça va

Teddy sa résidence est

Loïc depuis il a fait un Ironman par rapport à ce que tu disais Scoob avec l'ancien invité de Teddy je trouve que c'est riche d'enseignements ce genre de parcours où les gens rebondissent très vite et font des choses extraordinaires en dépit de ce qui leur est arrivé

Teddy ça me remet toujours notamment quand j'ai rencontré Cooper c'est toujours pareil c'est même moi il est venu à l'entreprise où je travaille et on a le droit de se plaindre il y a toujours des gens qui se plaident pour tout mais après quand tu vois quelqu'un comme ça qui arrive et qui avec ses deux fausses jambes ses prothèses et qui comment dire comment je crois à dire ça qui respire encore cette motivation ce dépassement de soi et qui ne se laisse pas abattre alors qu'il manque de jambes et toi tu vas dire moi écoutez moi j'ai le nez qui couvre je vais me mettre en arrêt maladie ça permet de suite de remettre j'aime bien dire ça ça permet de suite de remettre tout le monde sur le tu vois on remet un petit coup et dit voilà les gars c'est clair je peux vous entendre ou alors si vous plaignez vous vraiment tout quelque chose et je trouve que c'est intéressant et comme on découvre oui il y a toujours pire ça veut pas dire qu'il faut pas se plaindre quand on a quelque chose mais ça te permet d'ouvrir les yeux de dire ah ouais quand même donc là tu t'es tordu la cheville ça fait hyper mal, c'est chiant parce que je boîte mais lui il a plus de jambes en fait et elles vont pas repousser, c'est terminé, il sera comme ça toute sa vie, donc c'est hyper important, je trouve que c'est enrichissant

Guillaume ces gens là ils sont souvent parfois oubliés mais en fait c'est ces gens là qui ont le plus à nous apprendre tous ceux qui ont eu un parcours comme ça qui a été compliqué de par une blessure ou autre vont générer derrière des choses ils vont pouvoir retransmettre des choses à tout le monde et je pense qu'il n'y a pas plus important que d'écouter ces gens là parce qu'ils ont une vision qui est différente de la nôtre puisqu'on n'a pas vécu ce qu'ils ont vécu donc moi par exemple j'aime beaucoup écouter et j'apprends beaucoup quand j'écoute Scoob et tous les autres qui ont été dans ce type de situation

Loïc Bah écoute Guillaume ça fait une super transition parce que toi dans ton chapitre tu parles aussi de la réalité de rejoindre des unités comme le 13 entre autres, la tienne qui est celle des sacrifices perso et est-ce que tu pourrais nous en parler un petit peu parce que c'est vrai que je sais pas quel niveau de conscience ont les jeunes qui vous contactent dans le cadre de Force Special Coaching sur le fait que ce n'est pas juste l'aventure et le fait d'être dans un cadre non organisé dans lequel tu peux être en pleine forme physiquement, faire des trucs extraordinaires, mais que ça implique aussi des gros sacrifices. Donc toi, dans ton cas, qu'est-ce que tu mets derrière ça quand je te parle de sacrifices perso ? Ça a ressemblé à quoi dans le cadre de ta carrière dans le 13e ?

Guillaume Alors moi, dans le cadre de ma carrière en 13, je n'ai pas eu de sacrifices perso, enfin pas vraiment, puisque j'étais pas sur la partie opérationnelle puisque j'étais dans la formation donc j'étais pas soumis au départ en mission régulière comme les équipiers en revanche, les équipiers oui, ça demande énormément de sacrifices pour le jeune, pourquoi ? Parce que déjà comme je disais tout à l'heure, la formation était extrêmement longue à l'époque, en tout cas ils rentraient pas souvent chez eux puis psychologiquement c'était toujours les petits trucs, le vendredi à midi et tout le monde était rassemblé en civil avec son sac en pensant partir en week-end et puis au final 5 minutes après c'était une fois une bonne blague et c'était ça tout le temps, ces gens là rentraient rarement chez eux pour la plupart avaient aussi une famille puisque les mecs ça allait de 20 à 25 ans et ensuite les missions qui s'enchaînent les missions qui s'enchaînent certains ont passé plus de temps à l'étranger pendant 20 ans que sur le territoire français, donc après c'est un choix personnel aussi, c'est-à-dire que est-ce que tu es en couple est-ce que ta compagne l'accepte est-ce que tu es célibataire et c'est la vie que tu veux mener, enfin voilà il y a toutes ces choses-là, c'est aussi des choses que les gens doivent prendre en compte par eux-mêmes et ça se fait pas forcément tout seul, des fois ça se fait en famille. Une chose est sûre, c'est que pour le recrutement, par exemple, il y a une question qui est souvent posée, c'est aux jeunes, c'est est-ce que tu es célibataire, enfin ta situation personnelle ? Et les jeunes qui ne sont pas célibataires, qui sont en couple depuis un an, deux ans, eux, ils sont bien interrogés, on va bien creuser parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui arrêtent en cours de formation en disant, finalement, je ne voyais pas ça comme ça, mais avec ma compagne, c'est compliqué. Après, est-ce que c'est la vraie raison ou pas ? On ne le sait pas. Mais en tout cas, c'est un sujet qui est pris très au sérieux sur cette partie-là. Et puis, sur ma seconde partie de carrière, j'aurais préféré faire les choses dans l'autre sens, commencer par une partie opérationnelle et terminer sur une partie de formation. je n'ai pas fait les choses dans l'ordre. Ma seconde partie de carrière, j'avais 30 ans, ça a duré 9 ans, j'ai rattrapé tout ce que j'avais envie de faire, donc j'ai pu partir beaucoup en mission dans pas mal d'endroits, faire beaucoup de choses, mais par contre, c'est vrai que ce n'est pas pareil, parce qu'à 30 ans, tu te retrouves, tu es en couple, tu as des enfants, et du coup, tu veux faire ce que tu n'as pas fait avant, et oui au niveau familial c'est compliqué donc tu fais quand même ta famille te soutient t'arrives à faire matcher le truc mais ça dure moins longtemps, en tout cas pour ma part c'est à dire que là aujourd'hui je suis en phase de reconversion j'arrête mais bon j'en fais ça à 9 ans mais à un moment on a envie aussi de poser les bagages et puis d'avoir une deuxième vie avec sa compagne, avec ses enfants et puis souvent de faire des choses qui sont complètement différentes aussi

Loïc ok, donc une réalité quand même pas prendre à la légère mais je crois que c'est Matt qui m'avait dit ça sur son épisode qu'il y avait beaucoup de gens qui arrêtaient une fois qu'ils s'étaient mariés en fait donc il y avait un peu une forme d'engagement et qu'au fil des missions ça se convertissait un peu plus rapidement

Teddy en fait ce qu'il faut surtout et ce que disait Guillaume c'est que c'est une réalité c'est que si tu arrives actuellement dans l'effort spéciale en pensant avoir au départ je parle une vie de famille bien où tu vas pouvoir faire ce que tu veux les anniversaires, les mariages pour le baptême de tes enfants etc c'est pas du tout comme ça en fait quand tu vas arriver tu vas beaucoup bouger et du coup ça faut vraiment le prendre en compte et c'est pour ça que dans les stages j'y creuse parce qu'on en a eu j'en ai connu aussi qui sont arrivés qui ont fait le stage commando marine et après le stage commando marine, deux mois après, je les ai revus à la Sérieuse du Sport de Combat et le groupe était parti et je demande en fait, tu ne pars pas avec, tu es blessé. Il me dit non, j'arrête. Je lui dis mais tu arrêtes quoi ? Tu vas te sortir du stage commando ? Il me dit non mais j'arrête parce qu'en fait là, comme je devais me fiancer ou me marier, mais je ne peux pas partir dessus de quatre mois et en fait, on a du mal à comprendre mais on me dit comment ça, tu rentres dans les commandos marines ? Forcément, tu vas partir. Donc, ce n'est pas que c'est une vie célibataire, pas du tout mais par contre au départ il y a un gros sacrifice et on n'en parle pas assez mais le côté famille est hyper important parce que ce côté famille quand les gars sont en mission il faut imaginer quand il se passe un truc de dur ou alors même quand ils sont là-bas, les époux elles ne peuvent pas au téléphone dire qu'elles sont en train de gérer ça, que le gamin ceci que là ça ne va pas parce que le mec qui est là-bas il doit rester concentré sur ce qu'il fait et une fois que la personne, on est tous humains une fois que la personne dans sa tête si elle doit faire quelque chose d'hyper important mais en même temps sa tête est allée ailleurs ça engage pas que lui ça engage toute une équipe et donc si ça engage toute l'équipe le moins de petits trucs qui fonctionnent pas et qui matchent pas dans un truc où c'est hyper important ça peut faire capoter mission parce que la tête elle était ailleurs et donc ça c'est du côté familial c'est vraiment un équilibre qu'il faut avoir et souvent on s'en rend pas compte c'est à dire que le jeune il va rentrer, sa copine va dire c'est super il va rentrer dans la force spéciale lui il rentre dans la force spéciale mais après tu vas peut-être faire 9 mois à l'étranger la première année donc ta copine tu vas l'avoir 3 mois donc c'est la réalité des choses il faut le dire c'est ce qu'on dit aux jeunes tu vas pas avoir une vie de coupe comme tout le monde c'est comme ça

Guillaume en fait tu gères un peu de vie de famille tu gères ta vie de famille à la maison et puis tu gères ta vie de famille entre parenthèses avec ton équipe où en fait tu dois réussir à jouer à jongler avec les deux, à satisfaire les deux, parce que ta famille, il faut que tu sois présent, il faut que, voilà, et ton équipe, quand on a besoin de toi au dernier moment, il faut que tu puisses venir, il faut que ta famille l'accepte, et ainsi de suite. Ça va dans les deux sens, donc c'est ce travail, tu es toujours un peu sur un fil, donc il faut que tu sois avec quelqu'un qui accepte, qui connaisse bien la situation, qui accepte ce mode de vie, en tout cas temporairement, le temps que, voilà, mais clairement, oui, c'est sûr que tu ne fais pas ça comme ça, sinon ça ne marche pas

Teddy et je rajouterais même qu'il y en a beaucoup quand je regarde il y en a quand même un paquet en fait souvent l'épouse c'est soit une fille dont les parents étaient militaires qui connaissent le système ou alors une femme qui est aussi dans l'armée ou dans une autre unité et qui connaissent le truc et il y en a quand même j'en connais pas mal dans mon entourage qui était de ma génération où c'était ça c'était soit une fille de militaire donc le papa l'habitude le papa n'était jamais là parce qu'elle était toujours en mission ou alors une femme qui est gendarme ou qui est dans la même unité militaire mais dans un autre garnison ou une autre ville mais souvent il y en a quand même pas mal

Loïc ok intéressant génial, on se rapproche doucement de la fin du coup la question que j'ai envie de vous poser alors beaucoup à tous les trois parce que vous êtes à des stades différents sur ce sujet, c'est la reconversion je sais pas si c'est un sujet que les jeunes qui vous contactent aborde fréquemment mais j'ai un peu l'impression que c'est comme avec les sportifs enfin avec le sport de haut niveau on parle beaucoup de la préparation comment devenir sportif de niveau puis alors après ce qui se passe derrière c'est débrouillez-vous en gros c'est activez vos réseaux enfin débrouillez-vous tout seul quoi et en tout cas moi dans mon cas même si je suis pas resté très longtemps au niveau c'est pas du tout quelque chose dont on nous avait parlé ou même que moi à titre perso j'avais considéré j'avais pas du tout pensé à comment j'allais me sentir en arrêtant le sport du jour au lendemain et en retrouvant plus du tout, en ayant plus d'activités qui m'apportent les sensations que j'avais dans le sport à ce niveau là en tout cas et bon vous j'imagine que c'est un peu pareil ce que vous ressentez en opération ça va être compliqué de le retrouver dans la vie civile bon à part Teddy sur son paddle en Méditerranée mais comment comme tous les trois vous êtes à des stades différents comment est-ce que ça s'est passé on va commencer avec toi Teddy parce que je pense que c'était celui qui s'est reconverti depuis le plus longtemps donc comment tu as géré tout ça même si dans l'épisode tu nous en parlais un petit peu en tout cas s'il y avait un tips peut-être que tu pourrais partager

Teddy alors le tips que je peux partager c'est croyez en vous c'est à dire vous savez de quoi vous êtes capable vous avez tous si vous avez fait ce métier là c'est que vous avez forcément des compétences qui sont transposables dans le civil et n'écoutez pas les autres dans le sens où n'écoutez pas les autres c'est faites vraiment vous fixez votre objectif c'est comme dans l'armée vous connaissez votre potentiel allez-y faites-vous un portefeuille client avec le relationnel est hyper important c'est à dire que même si dans le milieu vous avez un petit peu ce côté mystique de dire ouais mais j'aime bien je suis un peu un ours je partage pas et tout et tout dans le civil ça marchera pas vous allez être le meilleur du monde possible le meilleur au niveau d'unité quand vous avez quitté le système si vous connaissez personne, vous n'allez pas grandir et du coup, ce côté mystérieux que vous pouvez avoir dans les unités militaires dans le civil, ça marche pas donc il faut vraiment s'ouvrir aux autres et après c'est vraiment une autre vie et pourquoi je dis il ne faut pas écouter les autres quand je dis il ne faut pas écouter les autres c'est que quand on est dans l'armée on a tous le même niveau on a tous plus ou moins la même paye on a des mecs, quand tu les croises tu sais que elle a fait ça, elle a fait ça mais on est tous pareil et quand tu prends la décision de quitter en fait il y a deux sentiments tu as les vrais potes, les amis avec qui tu as des liens un peu plus forts qui sont vraiment contents un peu d'américaines, c'est super ce couple tu vas faire ça, mais c'est génial, vas-y fonce t'es bon mon gars et tu as une autre partie qui sont des gens à qui tu travailles, qui tu t'entends très bien mais tu quittes ce milieu là, tu quittes le groupe tu quittes le militaire l'armée on va dire et eux en fait, ils vont transposer un petit peu ce qu'eux aimeraient bien faire mais toi tu vas le faire tu franchis le pas c'est à dire que moi j'ai démissionné tu franchis le pas et du coup certains seraient plus contents et je l'ai vu au début quand je revenais un petit peu sur base certains sont plus contents quand ils se demandent comment ça se passe d'entendre dire putain en fait je galère c'est la misère et donc ils disent bah ouais je t'avais dit tu sais le civil pas facile et puis machin mais quand tu reviens et tu dis bah non en fait ça va super bien j'ai ça j'ai ça je fais ça bah là en fait c'est l'effet inverse il y a la jalousie qui commence à s'installer et c'est humain en fait la jalousie pourquoi ? parce que tu réussis dans quelque chose et comme j'étais pareil quand on est formaté dans le milieu militaire on a ses œillères aussi donc on est dans le milieu on est dedans nous ce qu'on fait c'est vraiment bien ce qui se fait à côté on regarde mais ça ne nous intéresse pas trop parce qu'on est dans notre truc et dès qu'on sort et bien voilà on dit bah tiens lui il réussit et après quand il réussit peu importe c'est à dire que demain je serai devenu champion de Formule 1 et bien t'en auras quelqu'un qui dit mais formulaire le mec quand il conduisait la P4 il n'arrivait même pas à passer la 3ème ça a fait en avoir et puis en plus s'il a réussi c'est qu'il a eu des formations et c'est ça c'est pour ça que c'est le truc vraiment que j'encourage pour quelqu'un après quand il va quitter l'armée c'est que vous avez des compétences que vous avez acquis pendant toute votre expérience militaire servez-vous-en et ensuite foncez et laissez voilà foncez laissez parler laissez parler les gens qui comment dire qui vont être un petit peu rageux prenez que le bien des gars et foncez en fait parce qu'après c'est pas que vous n'avez plus à la devoir mais en fait c'est vous tout seul il n'y a personne après à part votre pension pour ceux qui la retraitent mais c'est pas les copains de la marine ou truc qui vont vous donner chaque mois de l'argent pour que vous puissiez manger et puis et faire vivre votre famille donc après c'est vous en fait c'est vraiment vous êtes un grade un matricule à l'armée et quand vous sortez c'est monsieur Teddy Palassi monsieur Scoop monsieur un tel un tel un tel donc voilà c'est mon petit conseil ok mais je l'ai déjà dit je crois

Loïc ça fera du teasing pour celles et ceux qui l'ont pas écouté encore Scoop toi dans ton cas la reconversion tu l'envisageais déjà juste avant la blessure ou ça a été un peu un truc imposé

Scoub ah non moi la reconversion elle s'est complètement imposée à moi donc c'est pour ça que j'écoute Teddy mais moi le parcours était complètement différent ça a été pendant le parcours de soins en fait moi j'ai été mis à un moment en CLDM c'est en congé maladie longue durée et en discutant avec la personne comment dire sur Percy qui me suivait qui m'a dit que de toute façon après l'événement qui m'était arrivé il était hors de question que je reparte en opération parce qu'ils estimaient qu'il y avait trop de risques comment dire que sur le plan psychologique ça se passe mal et qu'on tombe dans une situation qui dégénère Percy ne voulait pas prendre le risque donc quoi qu'il arrive, ils mettaient un veto à mes futures projections. Donc là, je me suis posé la question, je me suis dit, moi, s'il faut que je reste au CPA10 pour gérer des PDF de 100 pages, des nouvelles doctrines autant, si tu veux, ça ne va pas le faire 5 minutes. Donc, on a commencé à réfléchir et à se dire, voilà, qu'est-ce que je pourrais faire ? Et je t'avoue que tu te poses la question, il y a une grosse remise en question. Moi, j'avais fait un BTS de commerce international. Le commerce, c'était entre guillemets pas du tout ma cam. je me suis dit, putain, mais sur quoi je vais pouvoir basculer ? Et en fait, ma deuxième passion, ça restait l'entraînement physique. J'étais un passionné de crossfit de la belle époque. Et je me suis dit, tiens, à ce moment-là, pourquoi est-ce que je n'ouvrirais pas ma boxe de crossfit ? Et pourquoi est-ce que je ne me lancerais pas dans mes formations ? Et donc, c'est là où, soutenu par Percy, qui m'a laissé en congé maladie longue durée pendant que j'ai fait mon année de formation pour passer mon BPJeps, et ensuite j'ai œuvré pour ouvrir ma salle, donc ils m'ont accompagné pendant quasiment deux ans, et une fois que ma salle était ouverte, ma salle a été ouverte le 4 mai 2016, et j'ai été réformé définitivement en juin 2016, donc ils m'ont accompagné jusqu'au bout. Mais ce que je retiens de ce parcours de vie, même si je me souhaite encore de belles années, c'est que j'ai la sensation de ne jamais avoir travaillé, moi je te le dis parce que c'est toujours la passion qui a toujours mené ma barque tout ce que j'ai fait je l'ai fait parce que ça me correspondait parce que j'avais envie d'y mettre du coeur c'est à dire que moi demain tu me présentes un boulot où tu vas me payer 7000 euros par mois mais qui pour moi ne m'apporte rien au sens humain du terme j'y mettrais pas un seul doigt mais par contre si ça se trouve à côté t'as un taf où j'ai gagné 1200 euros si ça se trouve je vais être pleinement investi dedans parce que ça me correspond donc vivez de passion et faites des choses qui vous correspondent et ne vous travestissez pas pour gagner 5000 balles ça sert à rien il y a un moment où on vous démasquera et vous vous userez plus que vous allez vous nourrir de votre expérience voilà

Loïc super message aussi Guillaume du coup pour finir sur le sujet de la reconversion dans ton cas

Guillaume Moi, je rejoins tous les deux, et notamment ce que vient de dire Scoob. Moi non plus, je n'ai pas eu l'impression d'avoir vraiment travaillé, entre parenthèses, et je pense qu'on est peut-être tous dans ce cas-là, finalement, puisque quand on regarde les mecs avec qui on était à l'école avant, qui bossent aujourd'hui, peu importe le job, mais qui font un taf parce qu'il faut manger à la fin du mois et parce qu'il faut travailler. Je ne pense pas qu'ils le fassent forcément avec une grande passion. nous on a la chance d'avoir fait quelque chose qui nous a plu tout en sa carrière et surtout de pouvoir aussi changer quand on avait envie envie de changer c'est à dire qu'on sait pas on s'est pas enfermé quelque part en se disant voilà ce que je fais maintenant je sais le faire j'ai appris à le faire par contre je sais que je peux rester jusqu'à tel âge je vais rester puisque de toute façon j'ai pas envie de me jeter dans la gueule du loup je sais pas comment ça se passe dans le civile, je n'ai pas envie de prendre de risques, d'avoir d'échecs, etc. Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques, il ne faut pas avoir peur de l'échec parce que de toute façon, même si l'échec arrive, l'échec ne fera que permettre d'évoluer encore mieux derrière. Donc ça, c'est une première chose. Moi, ma reconversion, quand je te dis que j'ai peu l'impression de travailler, c'est que j'ai en même temps que quand j'étais au 13 en tant que préparateur physique, j'avais écrit un bouquin de prépa physique pour les unités opérationnelles. J'ai essayé de transmettre quelque chose. Au début, c'était pour mon unité, ce n'était pas pour le grand public. Les choses n'ont fait que la rencontre de l'éditeur qui m'a dit, OK, c'est sympa, on pourrait publier, etc. Il le fait, c'est très bien. Moi, je récupère des droits d'auteur en livre, si tu veux. Après, je me retrouve avec plein de livres que je dois avoir, enfin, toute une histoire. Mais c'était une super expérience. Donc, j'ai pu transmettre quelque chose, finalement, qui était prévu au départ pour les copains qui sortaient un petit peu du cadre, qui a plutôt bien marché. Mais par contre, c'était transmettre quelque chose par l'écrit finalement. Ensuite, moi, j'ai basculé sur ma partie opérationnelle, donc j'ai zappé un peu tout ça. Et puis, je me suis dit, OK, ma vie de famille, elle est bien posée. J'ai des enfants, une compagne. Maintenant, j'ai envie de me poser. J'ai envie de me poser, mais qu'est-ce que je vais faire ? Est-ce que je vais me relancer sur quelque chose qui étaient un peu en rapport avec ma partie opérationnelle. Non, sûrement pas, parce que la vie de famille, ça ne matcherait pas. Mais je vais revenir sur quelque chose que je faisais avant. Et donc, j'ai eu la chance d'être contacté par Teddy pour bosser avec FS Coaching. Ça m'a aussi... Ça, ça a été vraiment un truc super important parce que ça m'a permis aussi de voir que ça fonctionne. Et ça m'a permis aussi de transmettre aux jeunes ce que je faisais par écrit avant, de pouvoir le transmettre puisque quand on coache des jeunes, on les a au téléphone, on les accompagne, etc. Donc du coup, j'ai réécrit un bouquin avec un collègue qui lui est dans Les Pompiers de Paris qui avait une vision aussi intéressante, différente mais intéressante. Donc on a réécrit un bouquin sur la prépa physique un petit peu en essayant de réfléchir un petit peu, d'aller un peu plus loin que ce que j'avais fait avant et là pour le coup de le faire directement au grand public et c'était vraiment quelque chose de vraiment prévu on va dire. et puis on a monté tout un concept autour de ça pour faire concurrence à FS coaching non je plaisante non non en fait du coup on fait aussi de la prépa physique mais du coup pour les unités pas pour les pour les jeunes qui veulent intégrer l'armée différentes unités parce qu'il y en a beaucoup qui pensent qu'il n'y a rien autour de si on ne veut pas rentrer dans les forces spéciales qui on va voir, qu'est-ce qu'on fait, on va les accompagner, et puis les accompagner, les accompagner, les coacher physiquement, les accompagner sur tout ce qui va avec, le partage d'expérience, aujourd'hui c'est ça, c'est partager, moi aujourd'hui, ma reconversion, c'est m'épanouir, l'épanouissement, en partageant mon expérience à travers FS Coaching, sur la partie force spéciale, et à travers les autres unités que les jeunes veulent intégrer voilà, moi c'est mon plaisir mon plaisir c'est de voir un jeune qui va intégrer une unité et qui va réussir sa formation, qui va me donner des nouvelles qui va m'appeler ça c'est aujourd'hui, c'est ça mon plaisir c'est un peu plus cool et ça me va aussi très bien

Loïc c'est génial de voir comment tous les trois, du coup dans des projets différents mais ce que vous faites aujourd'hui et ce que vous apprêtez à faire pour toi et Guillaume, c'est de la transmission en fait. Teddy, c'est ce que tu fais avec on peut le dire, Crosscall en tant que responsable projet sport, ce que tu fais avec Force Special Coaching, Scoob, le Crossfit, c'est quand même aussi du partage, si tu es ouvert à la salle c'est que tu avais envie de faire découvrir et d'accompagner les gens dans cette pratique, et toi Guillaume, c'est aussi Sky, donc c'est vraiment intéressant de voir que venant d'un univers un peu secret où justement il y a quand même peu d'échanges avec l'extérieur, on ne sait pas trop ce que vous faites la sélection c'est peut-être un peu plus qu'à l'époque où vous êtes rentré mais c'est quand même un univers très secret de facto et là ce sur quoi vous orientez c'est au contraire c'est vachement de partage auprès du grand public

Teddy parce qu'en fait je pense que c'est c'est juste en fait quand on repense quand j'étais jeune justement avant l'entrée à l'armée honnêtement et on n'avait rien en fait moi il y avait juste un camion qui passait devant le lycée camion de la marine nationale si ça se trouve si ça avait été celui de l'armée de l'air je suis rentré en celui de l'armée de l'air ou de l'armée de terre mais il n'y avait pas tout ça puisqu'on n'avait pas on n'avait pas toutes les tu as dû dire une bêtise mais il y avait ton micro de couper ouais ouais ouais je sais mais c'est pour ça je la reprépare je la reprépare et du coup et du coup c'est vrai que étant donné qu'on n'avait pas tout ça ben maintenant avec la maturité et là j'ai surtout qu'il faut une relève et puis c'est complètement utopique de dire que je vais rester 30 ans opérationnel à partir tout le temps, c'est pas possible en fait, on le sait, donc il faut de la relève et c'est pas une chose gardée en disant tiens, je vais avoir mon truc, je le garde et c'est surtout dans la préparation en fait, moi c'était vraiment ça du fait d'avoir aussi après été dans la préparation physique dans la deuxième partie de carrière dans la marine c'est que pendant qu'on est, il y a des moniteurs de sport qui sont en unité l'après, on n'en parle pas trop, mais d'après, soit les gens se mettent au sport ou alors ils n'ont plus envie du tout de faire du sport, c'est un peu quand les sportifs de niveau, certains sont dégoûtés et ne veulent plus faire du sport, donc ils arrêtent, mais c'est la prépa avant en fait, et la prépa avant, je me dis, comment est-ce qu'on fait, comment est-ce qu'on peut faire maintenant pour se préparer, moi j'ai eu la chance, je connaissais un ancien militaire qui m'a préparé, mais il n'était pas du tout forcé spécial, donc il était beau en course et tout, mais voilà, mais si tu ne connais pas de militaire, tu regardes juste des reportages, tu ne vas pas aller bien loin en fait, et donc le fait d'avoir ce truc-là, c'est super cool. Je m'étais fait la réflexion quand j'ai mis aussi France Pisa Coaching. Je me suis dit, j'en étais tellement content. Je jouais au basket. Je jouais beaucoup au basket quand j'étais gamin. Je m'imagine trop dire, tiens, je suis en train de discuter par message privé avec Michael Jordan qui me répond en me disant, tiens, pour améliorer ton shoot, c'est exceptionnel. Là, c'est pareil pour les gosses. Le gosse, il envoie un message. Il rêve du GIGN. Il a 18 ans. Il y a un mec du GIGN qui lui répond. C'est un mec qui voit la télé dans des opérations et tout, mais c'est le mec qui lui répond à son niveau, donc on n'est pas avec un genre, etc., mais c'est énorme, et moi, c'était vraiment ça, et je trouve qu'il n'y a rien de tel de pouvoir partager sur nous, c'est notre truc, c'est notre métier, c'est top, excellent. En fait, c'est un peu

Guillaume une frustration, puisque comme le dit Teddy, aujourd'hui, pourquoi on fait ça ? Parce qu'on a envie de donner ce qu'on ne nous a pas donné, en fait, avant. Moi, mon parcours, mon début de parcours, c'est de la chance, c'est uniquement de la chance, puisque j'ai atterri au 13, je ne savais même pas ce que c'était le 13, aujourd'hui, le jeune, il dit, je vais rentrer dans l'effort spécial, il sait où il veut aller, moi, je ne savais pas, on m'a dit, ouais, tu vas aller là, on m'a dit, c'est bien, c'était de la chance, et puis c'est les choses qui font que, je me suis dit, ok, bon, ce n'était pas encore FS quand je suis rentré, mais c'est les choses qui font qu'après, j'ai cadré les choses, mais en fait, je me dis, aujourd'hui, un jeune, il va jouer sa vie un petit peu, il va jouer sa carrière, il faut l'aider il ne faut pas laisser un jeune un super jeune avec un super profil qui est plein de motivation y aller à tâton et dire je vais essayer ça je vais essayer ça et puis au bout d'un moment il se pointe il a 26 ans ou 27 ans on lui dit monsieur c'est trop tard là maintenant parce qu'il a mal été orienté parce qu'il n'a pas été conseillé comme il faut ou quoi ou qu'est-ce donc c'est un peu ça aussi c'est dire on va les aider on va les aider et on va faire en sorte que réussissent ce qu'ils ont envie de faire tout simplement

Loïc génial excellent on arrive, ça y est on est sur la toute fin franchement déjà un grand merci à vous pour votre temps, tout ce que vous avez bien voulu partager, je me suis régalé, je pense que ce sera hyper utile pour toutes celles et ceux qui s'intéressent à l'univers des FS peut-être pour conclure en une phrase je dis ça pour Teddy que ce soit succinct si vous aviez un conseil aujourd'hui à donner soit à des jeunes c'est un peu ce que vous faites dans le livre dans France Special Coaching mais plutôt si vous aviez en une phrase un conseil à donner à votre vous à l'époque où vous alliez vous engager le Teddy qui traversait les tables en verre le Scoob un peu insolent à l'école et Guillaume, toi c'était juste perdu en Lauser mais ça serait quoi du coup ?

Teddy moi ce serait écoute tu sais pas ce que tu veux faire mais il y a forcément un truc qui est fait pour toi donc cherche-le et dès que tu l'as trouvé fance

Guillaume moi je dirais trois choses, je dirais déjà c'est crois en toi t'as pas dit trois choses, t'as dit une phrase trois choses crois en toi, écoute-toi et après c'est persévérance et motivation donc ça fait bien quatre choses ouais, quatre choses combien de mots donc voilà en fait il y a tellement de choses mais c'est des mots qui résonnent pas mal ouais excellent, scoop du coup le mot de la fin

Scoub si tu aimes la chantilly, va dans la marine voilà ça fait une demi-heure qu'il l'a préparée

Teddy ok, là maintenant non c'est pas bon

Scoub non mais l'anecdote non mais l'anecdote

Teddy mais t'as jamais eu ça sur le terrain non ? parce qu'en fait dans la marine comme vous le savez tous dans la marine en fait quand t'arrives au commando tu fais beaucoup de conneries chose qui est peut-être moins dans d'autres peut-être aussi au 13 je sais pas et nous en fait c'était ça sur le terrain on avait le chef voilà il y en a qui voulait du café chocolat liégeois ben donc t'en avais un qui était toute la nomade donc on marchait pendant toute la journée il a été avec sa bouteille avec sa crème liquide son sucre et il secouait il secouait et quand on arrivait qu'on se posait hop on mettait les vols tonnerres que ce soit dans le désert il avait son café, il faisait chauffer son café au réchaud, et l'autre, il arrivait avec sa chantilly, il mettait un peu le chantilly. Mais d'où vous poussez le concept de son paroxy ? Exactement,

Scoub j'étais bidou pendant des années, j'étais plus jeune, mais ouais. C'est un truc de dingue, quoi. C'est un truc de dingue. Non mais Guillaume, rassure-moi, il n'y a pas eu ça. Un peu moins, quand même.

Guillaume C'était moins comme ça. Disons que c'était plus au début, mais non, c'était quand même. mais c'est vrai que la marine a cette réputation on entend souvent les copains qui sont dans le milieu mais bon c'est bien c'est formateur c'est formateur

Teddy on en rigole maintenant mais honnêtement et je l'ai déjà dit dans un podcast les 6 premiers mois c'est vrai c'est limite ouais limite maintenant on pourrait considérer comme des vrais brimades des vrais brimades des vrais il y a eu des choses qui étaient faites par des jeunes ou les anciens nous demandaient quand tu étais en mission tout ça, maintenant c'est des trucs ça se fait plus, mais tu pourrais porter plainte en fait mais quelque part, maintenant avec la maturité tu te dis c'est ça aussi, ça te travaille ton caractère ça te rend plus fort et moi je l'ai déjà dit dans l'un des podcasts et quand on arrive à Djibout les premières semaines, quand on nous demandait si on voulait rentrer en France, j'étais prêt à lever la main, il suffit juste que personne ne la levait, mais sinon je la levais, je ne suis pas là pour faire des œufs, je ne suis pas là pour faire de fromage, tu veux des olives vertes, tu me demandes de construire une ramarra chaussure parce qu'ils ont dû faire de chaussures, je ne comprenais pas ce que je foutais là en fait, la première séance de tir, je n'ai pas tiré une seule cartouche, j'étais vedette, j'étais avec un, il y avait un chameau qui passait, je me disais mais qu'est-ce que je fais là, et on est arrivé, il m'a balancé, il est arrivé en P4, je me suis dit, je ne peux pas rester là, je me suis dit, je fais quoi ce truc de malade ? En fait, tu ne comprends pas, mais quelque part, c'est ce qui fait que je suis devenu aussi, c'est qu'après, maintenant, on te met de la pression, il faut y aller.

Scoub Mais il y a du sens, derrière. Sur le coup, tu ne le vois pas, mais en fait, il y a du sens. Oui, bien sûr, tout à fait.

Teddy Tu le comprends, après, avec la maturité, tu le comprends.

Guillaume Savoir qu'on éduque tous nos enfants comme ça, maintenant.

Loïc Ça, c'est bien. donc Scoob à part la chantilly ce serait quoi ton conseil du coup

Scoub non à part la chantilly le conseil vis surtout ta vie avec passion je vais reprendre les termes que j'ai utilisé tout à l'heure voilà et vis les choses pleinement en te demandant vraiment le maximum dans toutes tes actions c'est vraiment le sens de ce que j'aurais aimé entendre à l'époque mais tu vois après je connais pas je ne connais pas les parcours de Guillaume et Teddy, mais je trouve quand même beaucoup, dans les anciens collègues, des gens qui ont été un petit peu en fracture avec leur famille, sans les renier ni rien. Mais on a tous eu un exemple, entre guillemets, de la personne dans le régiment auquel on appartenait, à se dire, putain, ce mec-là, quelque part, c'est un petit peu cette forme d'idéal ou le père spirituel que j'aurais choisi et qui te fixe des objectifs à te dire comment j'ai envie de me construire dans mon parcours et ces exemples-là sont des exemples vivants qui moi je sais m'ont énormément porté

Loïc excellent super, encore une fois merci beaucoup à tous les trois je mettrai le lien du livre pour celles et ceux qui s'intéressent spécial et unité d'élite chez Solar Edition, c'est ça ?

Teddy c'est ça Solar Edition et je tiens juste à m'excuser auprès des autres. En fait, chacun a une vie, comment dire ? Il y en a qui sont encore en train de bosser actuellement, il y en a qui n'ont pas pu se connecter. Donc voilà, c'est vraiment difficile de tous nous avoir en même temps, mais j'essaye de faire en sorte qu'il y ait toujours 2-3 personnes disponibles pour pouvoir répondre à différents questions.

Loïc Pas de souci, forcément.

Scoub Une pensée pour les 15 secondes de l'édoumée, quand même. il a fait 15 ans de l'interview il était sur la feuille demain c'est pour ça que

Teddy quand tu as posté la vidéo si tu peux mettre quand tu faisais la musique mais là où il était là comme ça les gens le voient quand même parce que sinon ça marche

Loïc ouais parce que pour la petite histoire on devait être un peu plus nombreux ce soir puisque le livre a été co-écrit du coup par 14 personnes en tout dont vous trois mais voilà forcément les obligations des uns des autres font que on n'était que 4 pour l'enregistrement mais c'était déjà c'était déjà parfait et très très bien en termes d'échange donc franchement merci beaucoup force spécialité d'élite Solar Edition je vous l'ai déjà dit je sais pas si c'est encore en rupture ou pas mais moi j'ai dû le prendre en version Kindle parce que c'était impossible de l'acheter ça allait être un beau succès donc bravo à vous pour ça

Teddy les réimpressions sont parties et je pense que on doit pas loin des premiers 5000 exemplaires qui ont déjà été vendus donc ouais c'est bien et chose super importante qu'on a pas dit pendant le podcast, ce qui est important, c'est qu'on touche rien sur le... On touche rien du tout sur la vente des bouquins, en fait. Ça m'entend une fois de plus, justement, ce partage, c'est que on n'avait pas forcément besoin, on n'a pas fait ça pour ça, et l'argent qui sera récolté, donc le peu d'argent, parce que ça reste un livre, qui sera récolté, va dans l'association Force Special Coaching, qui, elle, en fait, permet d'aider de temps en temps, quand on peut, sur les blessés de guerre et les familles endeuillées, dès qu'on peut faire un geste, on le fait.

Loïc Écoutez, merci beaucoup une fois de plus. Je vous souhaite tout le meilleur pour la suite. Guillaume, toi, pour ta reconversion. Scoob et Teddy pour la suite de vos aventures pro. Teddy, il faut qu'on se capte sur Aix pour que tu me parles un peu de la gestion du sommeil chez les FS pour ma course du mois d'août. Je pense que ça me sera grave utile. Et puis, je vous souhaite une excellente fin de soirée. Je vous garde deux petites minutes après la fin de l'enregistrement. Et puis, ce sera tout bon.

Guillaume Encore merci, les gars. Ça marche. Merci à toi. Merci à toi. Merci à toi, Louis. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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