Les Frappés Les Frappés
Saison 3 EP·136 Trail #PTL #champion du monde #Mont-Blanc

24 octobre 2023

Remplacer le stress par de la vie et du jeu avec Amandine Ferrato, Vice Championne du Monde de trail

Durée · 1h09 · Transcription disponible

Amandine

Le récit

Amandine est vice-championne du monde de trail et championne du monde par équipe 🥇

Son expérience du haut niveau a été, comme son voyage 🌎 de 11 mois autour du monde dont elle nous fait le récit, une expérience transformative dans sa vie.

Mais tout n’est pas rose quand on se consacre à une activité avec une telle intensité 🥵. Il y a beaucoup d’aspects du sport à haut niveau qui font moins rêver que les médailles, et dont, je pense, on parle trop peu.

Amandine raconte comment elle a eu le sentiment de se perdre, de ne plus se reconnaitre, alors que paradoxalement elle faisait partie des meilleures mondiales dans son sport.

Quête de sens, croyances limitantes, conformité sociale, vous l’entendrez, on parle de beaucoup d’aspects différents qui font qu’on peut ne plus se sentir aligné. Mais Amandine a réussi à trouver son équilibre et est parfaitement épanouie 🤩

Ce n’est donc pas un hasard si, forte de cette expérience, Amandine est devenue coach de trail et de vie.

Un super échange sur la thématique du sens et de l’alignement, excellente écoute à vous les frappés

🔎 Pour plus d'info sur la Sierre-Zinal c'est ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #100 - Mike Horn - Apprendre à sortir de sa zone de confort pour se sentir vivant
👉 Épisode Bonus - Mon récit de la PTL : 300km et 26 000m de dénivelé autour du Mont Blanc

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Transcription

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Amandine Moi, je recherchais vraiment le dépassement et j'avais envie de voir jusqu'où je pouvais aller. Donc, pour ça, j'ai dégagé du temps. C'est clair, j'avais mon boulot et le travail. Il y avait vraiment cette notion de savoir ce que je veux aller, en fait. Je voulais pousser aux extrêmes mon corps, mon mental pour apprendre des choses, pour vérifier des choses, pour tester des choses. À l'époque, je n'étais pas du tout dans une orientation faire un métier.

Vice Bienvenue sur les frappés le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure je suis Loïc Blanchard entrepreneur coach et préparateur mental certifié j'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés récemment je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde, on participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya, on découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement, et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Mon invité de la semaine, Amandine Ferrato, est vice-championne du monde de trail et championne du monde par équipe. Son expérience du haut niveau a été, comme son voyage de 11 mois autour du monde dont elle nous fait le récit, une expérience transformative dans sa vie. Mais tout n'est pas rose quand on se consacre à une activité avec une telle intensité. Il y a beaucoup d'aspects du sport à haut niveau qui font moins rêver que les médailles et dont je pense on parle trop peu. Amandine raconte comment elle a eu le sentiment de se perdre, de ne plus se reconnaître, alors que paradoxalement, elle faisait partie des meilleures mondiales dans son sport. Quête de sens, croyance limitante, conformité sociale, Vous l'entendrez, on parle de beaucoup d'aspects différents qui font qu'on peut, à un moment donné, ne plus se sentir aligné avec ce qu'on fait. Mais Amandine a réussi à trouver son équilibre et est aujourd'hui parfaitement épanouie. Ce n'est donc pas un hasard si, fort de cette expérience, Amandine est devenue coach de trail et de vie. Un super échange sur la thématique du sens et de l'alignement. Excellente écoute à vous les frappés. Et bien écoute, Amandine, bienvenue sur le podcast.

Amandine salut Loïc, salut les frappés

Vice ravi de te recevoir vraiment super moi je suis très très content parce qu'il y a plein de sujets dont on va pouvoir parler, en plus tu connais le podcast tu as des gens que tu as coachés qui ont déjà été invités tout ça fait une super synergie je suis très très heureux qu'on puisse organiser tout ça merci de t'être libéré pour cet enregistrement et ce que je te propose c'est qu'on commence par une petite présentation, alors je sais que c'est dur quand on est multi casquette comme toi mais qui est Amandine ?

Amandine Qui est Amandine ? Alors, je ne sais pas, présentation en version frappée.

Vice Allez, frappée.

Amandine Allez, on rentre dans le milieu du sujet direct. J'ai fait un tour du monde en last minute, en 2012. Donc, je suis partie en mode backpackers. Je traversais 13 pays et en fait, sur le côté un peu frappé, c'est que ça s'est décidé en fait sur une plage quatre mois avant de partir et donc du coup, ça a été quand même assez intense et du coup ça a demandé un certain détachement matériel des démissions aussi je dis des démissions parce que je suis partie avec mon copain, en fait on était sur une plage et lui m'a dit je pense que je vais démissionner de mon boulot ça m'intéresse pas ce que je fais moi je lui ai dit, écoute moi maintenant démissionner c'est bon j'ai déjà pas mal barouillé avant je dis si je démissionne moi c'est pour faire un truc significatif style un tour du monde donc ça c'était un dimanche soir sur une plage dans le bar et 4 mois après on avait les fesses dans l'avion des cordes du côté un peu frappé après sinon j'ai été vice-championne du monde de trail championne du monde par équipe j'ai eu une sélection en équipe de France des bons résultats sur des courses du type Zegama, Sierra Zinal Pax Peak enfin voilà ou si vous voulez plus d'infos sur mes résultats sportifs, il y a Wikipédia. Et du coup, ça, ça s'est fait de manière assez rapide puisque finalement, en fait, je suis rentrée de mon tour du monde et j'avais besoin d'espace, de liberté, d'air, de me reconnecter à des choses nature, des choses un peu plus, entre guillemets, minimalistes, en tout cas à l'époque. Et du coup, j'ai pris mes baskets, je suis partie courir et j'étais repérée assez rapidement par des équipes montées. donc voilà j'ai couvert le trial et une autre façon de pratiquer après rentrant dans le milieu elite qui a été un très bon apprentissage de vie avec des trucs bien, des trucs moins bien voilà et par rapport à ça justement j'ai couru le Golden Trials World Series et il me manquait une manche pour me qualifier pour la finale et là pareil en fait je suis partie aux US en 10 jours en fait le brambat de combat, j'ai eu une opportunité à saisir, en tout cas que j'ai choisi de saisir, pour aller aux US, et donc du coup ça s'est décidé dix jours avant la course, et donc là, il a fallu être hyper réactif pour trouver où dormir, trouver les billets d'avion, partir, tout ça, donc du coup ça s'était assez sport avant même la course, j'ai en gardé une très bonne expérience, un très bon souvenir, et pour rester dans la présentation un peu plus frappée plus récemment je me suis alignée sur Sierdinal, une des quatre plus grosses courses mondiales trail pareil j'ai pris mon dossard j'ai eu la chance de pouvoir obtenir un dossard dix jours avant et donc là j'ai fait un petit récit sur mon site qui explique comment je me suis débrouillée pour y arriver et du coup c'était vraiment le last minute et c'est pas forcément le... C'est quand même assez, comment dire, ambitieux. Ouais, c'est quand même très ambitieux de s'aligner sur Sierginal comme ça avec je dirais pas si peu d'entraînement parce qu'il y a quand même un passif, mais en tout cas, voilà, j'ai vraiment pas fait une prépa optimale et du coup, c'est vraiment l'audace et la détermination qui m'ont permis d'ailleurs de faire un top, enfin 19ème et deuxième française donc sur un plateau international c'était extraordinaire et génial donc voilà un peu mes présentations, je ne suis pas complètement frappée non plus, j'ai aussi organisé à côté, de toute façon il me faut puisque j'ai ma structure de coaching try les vies et voilà pour résumer, c'est saisir les opportunités c'est être déterminé avoir envie et puis peut-être pas s'arrêter non plus à la routine qui est agréable, le confort, mais qui peut-être empêche de saisir encore une fois certaines opportunités. Donc voilà, c'est...

Vice Excellent.

Amandine Avec comme base commune, quand même le travail, le partage et le côté humain.

Vice Yes.

Amandine Voilà, une présentation. Excellent.

Vice Quelle présentation. Quelle présentation. Alors, tu disais, ton activité aujourd'hui, coach, trail et vie. c'est la première fois que j'entends ce terme c'est à dire coach trail et Vicky c'est quoi ton approche exactement ?

Amandine mon approche en fait c'est que je pense que ce que tu vis en trail est étroitement lié à comment tu te comportes aussi dans ton quotidien et finalement la vie de tous les jours est peut-être une répète en entraînement ce que j'appelle invisible de ce que tu peux faire justement dans ton trail que ce soit un trail de 20 bornes, de 40 bornes ou un ultra le comportement que tu as dans ton trial est en étroite corrélation avec ce que tu vis au quotidien pourquoi du coaching trial et vie parce que justement on va aller plutôt sur des aspects gestion du stress partie mentale quand j'entends partie mentale c'est pas le côté le côté psy, c'est plutôt en fait optimiser ses compétences mentales, c'est aussi arrêter d'avoir un mental qui est actif, qui tourne en boucle du style je suis nul, j'y arriverai pas, être submergé par ses émotions aussi, être peut-être acculé aussi par le stress, que ce soit avant ou pendant la compétition, après normalement, ça ne peut pas aller. Mais voilà, en fait, bosser sur son mental, ça ne veut pas dire avoir une maladie mentale mais par contre c'est plutôt en fait se servir de ses expériences de vie pour pouvoir les juxtaposer et les mettre dans sa pratique du travail donc c'est pour ça que je parle de travail et vie parce que les deux sont encore une fois étroitement liés et donc c'est ce que tu vas mettre en oeuvre dans ton quotidien qui va te permettre aussi d'être mieux dans ton trial et je pense notamment aussi à équilibrer ces domaines de vie et peut-être aussi la partie pour certains, recherche d'identité finalement parce qu'au départ on se met peut-être au trial parce que on a envie de se prouver quelque chose on a envie de prouver quelque chose peut-être aussi chacun a ses motivations ça c'est pareil, c'est aussi quelque chose qu'on va explorer parce que ça évite d'aller dans le côté qu'est-ce que je fous là dans les moments de moins bien. Et du coup, ce côté-là, ça permet de comprendre pourquoi tu pratiques le travail, qu'est-ce que tu veux y trouver et d'arrêter de s'identifier aussi à ses performances. Et donc, ça évite aussi d'être... Justement, ça limite le stress, ça permet d'avoir un peu plus confiance. et pour ça on va déjà identifier l'écosystème de la personne, j'entends par l'écosystème, mais voilà, quel est son environnement, est-ce qu'elle a des enfants, est-ce qu'elle bosse, comment elle bosse, tout ce qui constitue sa vie de base, sa vie personnelle et professionnelle, et de là en fait on va y intégrer la partie trial et notamment tout ce qui est organisation pour limiter la fatigue nerveuse, cette fatigue nerveuse on a tendance à l'oublier, on a tendance un peu à être en mode machine à 8h je fais ça, à 9h je fais ça, à 10h je fais ça alors j'espère que tout le monde n'est pas comme ça en tout cas moi je le suis pas mais en tout cas il y a beaucoup de personnes qui sont un peu en mode pilotage automatique et tant que ça retourne ça va mais la difficulté c'est que le jour où ça s'enraye un peu ça devient compliqué donc l'idée c'est de se reconnecter aussi à ces aspirations profondes pour vivre une vie un peu plus alignée et aussi comprendre pourquoi tu choisis de l'ultra ou plutôt qu'un 20 bornes qu'est-ce que tu vas rechercher l'idée c'est de tirer bénéfice de son entraînement physique en ayant une meilleure connaissance de soi, en ayant plus confiance en soi et justement pour l'implémenter dans la course et on peut y ajouter aussi des parties stratégies de course, c'est-à-dire qu'est-ce que tu fais, à quel moment comment tu te comportes, à quel moment savoir identifier aussi les difficultés et facilités du parcours pour éviter de se prendre un coup de stress notamment au départ je sais pas moi quand il y a je sais pas Gilbert qui va dire oh là là au kilomètre dix il y a une putain de cote mais on va ramasser soit si tu sais quelle est la cote et si t'as pu l'identifier par rapport à ce que t'as l'habitude de courir peut-être que la cote est pas si dure que ça en fait et voilà c'est une partie stratégie de course t'as aussi tout ce qui est stratégie de ravitaillement, en fait. Qu'est-ce que tu manges, à quel moment, comment tu... Beaucoup, en fait, ne mangent pas assez ou ne s'hydratent pas assez. Et donc, du coup, ça crée des baisses d'énergie. Et donc, du coup, qui dit baisses d'énergie, dit baisses de morale, baisses de mental. Donc, sans parler d'aller... C'est le cercle vicieux, après. Ouais, voilà, c'est le cercle vicieux. Sans parler de gagner la course, il y a certains paramètres, en fait, qui sont souvent occultés et qui empêchent de pleinement s'exprimer. Donc, du coup, sur le côté trail et vie c'est tout ça c'est aussi se donner le droit de se reposer ça c'est quelque chose qui est difficile pour nombreux trailers j'ai remarqué et donc ça accentue le côté lassitude interrogation perte de motivation, absence de sens et tout ça voilà c'est atypique d'ailleurs d'ailleurs j'ai une spécialité qui est plus orientée sur les profils justement au potentiel donc c'est des personnes qui se posent beaucoup de questions qui recherchent du sens qui ont du mal à trouver leur place, donc on revient sur cette notion d'identité de peur de décevoir, de ne pas être aimé de peut-être s'identifier à ses performances mais finalement en fait les ennuis commencent quand tu fais des résultats et pas forcément des résultats de haut niveau parce que si je ne sais pas, tu fais un 10 km allez on va dire un 10 km sur autre c'est pas du trail mais ça permet de bien expliciter je pense voilà si tu fais je ne sais pas moi allez 39 minutes à ton 10 km, tu sors, tu vois le voisin il te dit alors ça s'est bien passé un 10 km ouais ouais j'ai mis 39 minutes, c'était cool je fais telle place machin malheureusement on s'oriente sur des places et des chronos donc ça c'est hyper anxiogène aussi et si je ne sais pas tu refais un 10 km deux mois après que le voisin, tu lui dis que tu as mis 43 minutes, c'est presque la honte. Donc, il y a ce côté, les ennuis commencent quand tu commences à faire des résultats et pas forcément des résultats de haut niveau, parce que du coup, tu vas te mettre une certaine pression et tu vas avoir un peu plus peur du regard ou du jugement, du tien déjà, et celui que les autres pourraient éventuellement te transmettre. Bien souvent, c'est faux. et voilà il y a cette peur de décevoir cette peur de ne pas être aimé cette peur du camp dira-t-on et donc l'idée c'est de plutôt aller pleinement pratiquer son activité trial qui normalement est une activité en tout cas pour la grande majorité loisir et que ça reste justement en fait un loisir en fait dans lequel on s'épanouit en fait

Vice ce qui est je pense en tout cas ma conviction le plus important prendre du plaisir je pense que tout commence de là d'ailleurs comment est-ce que ça a commencé pour toi le trial qu'est-ce que tu as trouvé qui fait que déjà un tu as accroché que tu as poussé la discipline la pratique jusqu'au plus haut niveau équipe de France et que tu en fais aujourd'hui en partie ton activité

Amandine alors moi le plus haut niveau tu vois Loïc c'est pas forcément l'équipe de France c'est c'est c'est plutôt en fait le Golden Triword Series je bien sûr que voilà équipe de France ça parle beaucoup il y a une notion un petit peu aussi de, je ne sais pas si c'est le bon terme, mais en tout cas de prestige, de pouvoir porter le maillot. Je sais que la première fois que j'ai eu ma brassière avec Marc et France, j'étais investie de super pouvoir. Et d'ailleurs, première année, première sélection en 2017, et puis Ningo direct, vice-champion du monde. Et pourquoi ? Parce que justement, j'étais transportée par ces notions d'émotion, de partage d'humains, d'équipe, de courir pour sa batterie, de dépassement. Et pour revenir à ta question initiale, qu'est-ce qui m'a activée dans le trial ? Comme je disais dans ma présentation, si on peut laisser une présentation, en rentrant autour du monde, j'ai vécu pendant 11 mois à me poser la question, déjà à pied, avec ma maison sur le dos, finalement, dans mon sac, en faisant du stop. Du coup, j'étais à des basiques. Où est-ce que je vais ? Comment je fais pour manger ? où est-ce qu'on dort ? Des questions qu'aujourd'hui, quand on est dans la société actuelle, on ne se passe pas forcément, parce que c'est entre guillemets normal. Et du coup, quand je suis rentrée, j'ai été étouffée par cette société de surconsommation. D'ailleurs, j'essaie d'être assez minimaliste. Je pense que je suis. Je rigole parce que, en tout, j'ai cinq shorts et j'ai dix t-shirts pour le try. et j'ai deux paires de baskets. Voilà. Donc, j'ai une démarche assez, je pars pour le principe que plus tu t'encombres, en fait, de matériel, tu n'es pas forcément plus heureux, même si, voilà, il y a, entre guillemets, un minimum à avoir, ne serait-ce que pour s'intégrer. Et sur l'aspect, ouais, quand je suis rentrée autour du monde, en fait, j'étais étouffée par cette surconsommation. Je n'avais pas de mutuelle. On me disait, oh, mon Dieu, t'as pas de mutuelle ben ouais non j'ai pas de mutuelle la mutuelle tout ce qui est couverture sociale c'est vrai qu'on est très bien très bien aidé en France maintenant c'est pas non plus indispensable même si ça peut paraître surprenant de ce que je dis là et donc ouais comme j'ai vécu pendant 11 mois comme les locaux des 13 pays traversés ben au final tu reviens à des valeurs essentielles et du coup j'étais étouffée donc j'avais besoin d'air, j'avais besoin de quelque chose de simple, j'avais besoin d'être libre aussi et donc il y avait une colline à côté de la coloc parce que quand je suis rentrée autour du monde bien évidemment ça a été un peu un folklore aussi parce que je suis arrivée sur le quai de la gare et je me suis dit bon maintenant qu'est-ce que je fais parce que je ne pouvais pas compter sur ma famille pour m'accueillir et du coup et du coup je suis allée squatter entre guillemets et après être en coloc chez des potes et il y avait une colline en fait à côté et du coup c'était facile, je mettais des baskets j'ai pris des baskets au premier prix évidemment et du coup je suis allée courir dans la colline et c'est là que ça a commencé à apprendre et puis après je me suis dit tiens il y a des petits trials, je vais aller voir et puis je fais les trials quand je revois les photos, j'étais ridicule mais bon j'en avais pas conscience à l'époque et donc du coup là ouais il y a des marques qui m'ont repéré donc j'ai découvert ce milieu du trial et pour moi ça a été au début un peu comment dire une famille en fait donc à un moment donné aussi je m'y suis un petit peu perdue d'ailleurs donc c'est pour ça aussi qu'il y a la partie trial et vie dans mes coachings pour justement bien se reconnecter à ses aspirations profondes, à ses valeurs à ses envies et non pas non plus chercher à faire plaisir parce qu'après du coup tu fais des choses que tu n'as pas forcément envie de faire et parfois tu sautes d'ailleurs c'est ce qui m'est arrivé en 2018 alors attends

Vice pas trop de teasing on va y arriver mais ok en tout cas donc si je comprends bien le trail initialement ça a été un peu enfin plutôt un exutoire c'est-à-dire que tu avais ce besoin de de faire de faire sortir la pression en tout cas de revenir à quelque chose d'un peu plus simple d'essentiel et tu l'as trouvé dans le trail, c'est ce qui fait que tu as accroché aussi par la suite ou tu as trouvé autre chose après ? Finalement, ce qui faisait brûler la flamme, ça a évolué une fois que tu as été repéré par exemple.

Amandine Au début, c'était vraiment ça ce que tu viens de décrire et aussi très important pour moi, la liberté. La liberté de pouvoir aller venir, de découvrir aussi des espaces. Il y avait un côté aussi sport santé, on va dire, parce que quand je suis revenue, j'avais quand même 10 kilos de moins, donc je faisais 38 kilos, donc c'était triplé qu'il ou. Donc, il fallait remuscler tout ça, il fallait remuscler le corps. Et après, oui, quand j'ai intégré des marques, des teams, quand j'ai collaboré avec des sponsors, il y a une notion plutôt de famille et c'est là que j'ai découvert aussi qu'il y avait plein de trail que je pouvais aller à plein d'autres endroits que c'était pour moi en fait l'ouverture vers un espace de jeu qui était encore plus grand et donc ça correspondait à ce besoin de liberté dans le sens nature espace évasion et après petit à petit par contre il est vrai que je me suis se retrouver un petit peu dépassée par tout ce qui était demandé en plus de courir. Et puis forcément, faire attention à ce que tu dis. Il y avait une certaine pression qu'à ce moment-là, je n'ai pas su bien gérer. Et c'est ça aussi que je partage dans les coachings, notamment avec les élites. C'est apprendre à mieux communiquer et à gérer le stress aussi qui peut être liée à cette partie, justement, un petit peu pression, pression du résultat et pression de bien faire par rapport à ce qui peut être demandé parce que tu as des calendriers de compétition, tu as des primes sur résultat. Donc, ça, ça peut des fois être un frein dans le sens où ça égarde son projet de base. Et donc, du coup, parfois, on perd la notion de sens et justement de plaisir. Donc, s'il n'y a pas de plaisir, à mon avis, ça devient compliqué et derrière, c'est les résultats qui en pâtissent ou alors si ce n'est pas les résultats, à un moment donné, le corps se met aussi en comment dire, en grève et du coup, ça va être une blessure, ça va être des choses de ce type-là et la blessure, à ce moment-là, est considérée comme une sanction, or la blessure, ça peut être un très bon moment, une très bonne opportunité justement pour remettre en question certaines choses et justement prendre le temps de bien construire son projet et d'orienter sa direction. Je ne dis pas d'aller vers ses objectifs parce que c'est vraiment une direction finalement et ce qu'il y a de bien à mon sens c'est de laisser les choses se faire au fur et à mesure pour justement garder cette fraîcheur et quand tu es sponsorisé, c'est vrai que tu as un calendrier tout est timé c'est sympa aussi mais c'est une autre façon de pratiquer c'est vraiment une autre façon de pratiquer

Vice avant qu'on continue sur le sujet du trail j'étais quand même curieux de ce tour du monde tu dirais, est-ce qu'il y a une anecdote ou une expérience que tu as vécue dans l'un de ces 13 pays traversés qui illustre un peu ce que tu évoquais peut-être cette prise de conscience j'ai envie de revenir à quelque chose de plus simple dans ma vie d'avoir une approche un peu plus minimaliste entre guillemets ça a été une sorte de déclic ou finalement c'est la somme cumulée de ces 11 mois de voyage ?

Amandine Du coup par rapport à ça déjà les anecdotes oui j'en ai plein, une qui me marque le plus c'est que du coup on faisait du stop en Amérique centrale, chose qui n'est pas du tout recommandée et en fait on adorait, par contre à un moment en fait on faisait du stop et c'était où ? C'était au Nika, non en durace et en fait on était sur une route déserte, on marchait ça fait des heures qu'on marchait avec notre sac à dos et il y avait quoi ? Trois bagnoles qui passaient et à un moment donné il y a une voiture qui s'arrête et donc du coup je vois mon copain qui court vers la voiture, moi j'étais un peu fatiguée donc j'ai pas couru et là je vois en fait trois personnes qui sortent de la voiture avec des mitraillettes en fait et donc là je me dis punaise et je voyais Mathieu qui courait vers qui couraient vers la voiture et là je me suis dit bon ben là c'est fini et en fait finalement on a été escorté à la frontière parce que c'était des militaires qui allaient du coup protéger un convoi qui allait à la frontière donc on est passé on va se faire dégoumer tu t'imagines un peu tout, ça dure des fractions de secondes, en fait, on est escorté. Donc, c'était assez épique. Notre anecdote aussi, c'est toujours en stop. En fait, on avait décidé d'aller, ça c'était au Guatemala, on avait décidé d'aller, je ne sais pas, à un point B et finalement, en fait, il y a un couple qui nous prend en stop et eux, ils allaient au point C. Et donc, du coup, finalement, on a changé complètement de destination et on s'est retrouvés en fait à être accueillis par ces personnes qui avaient beaucoup moins que nous qui avaient un restaurant du coup ils étaient à leur restaurant et nous en fait on était chez eux ils nous ont laissé chez eux ils ne connaissaient ni la dandideb ils nous ont laissé leur maison on a mangé avec eux du coup on a essayé de leur faire un repas français avec les ingrédients de la base mais ça c'était des moments de vie et de partage qui te remettent bien les idées en place sur les valeurs humaines et sur l'importance de l'instant présent aussi ça c'est deux anecdotes qui m'ont bien marqué après je pourrais te raconter des tonnes parce qu'on a quand même baroudé pendant 11 mois et 13 pays c'est quand même pas rien

Vice c'était quoi du coup les 13 pays ?

Amandine alors on a fait toute l'Amérique centrale après on est allé je fais une version courte donc toute l'Amérique centrale après on est allé à San Francisco de là après on est allé que je me rappelle bien on est allé en Thaïlande la Thaïlande c'était notre camp de base, c'est facile tout est facile donc c'était un peu notre plaque tournante pour un petit peu récupérer on a fait c'est pas dans l'ordre mais on a fait l'Australie l'Inde, l'Indonésie qu'est-ce que j'oublie c'était en 2012 du coup peut-être j'oublie des pays mais en gros c'est l'Amérique centrale le San Francisco et après plutôt l'Asie du Sud-Est et l'Australie donc c'était complètement différent par exemple en Australie on a fait beaucoup de coachsurfing du coup parce que c'était bien plus cher et par rapport à l'Amérique centrale après nous on a adoré l'Amérique centrale justement pour le côté humain vraiment c'était vraiment c'était vraiment très riche moi je suis très sensible je suis très dans l'émotionnel et style quand on est parti des deux jours chez le couple qui détenait le restaurant moi je quand on est parti à pied en fait j'avais des larmes aux yeux c'était fort après chacun le vit à sa façon évidemment mais ouais c'est moi surtout le tour du monde qui me reste c'est vraiment le côté partage humain et rencontre et puis ouais le monde c'est c'est énorme en fait dans le sens dans le sens en fait ouais quand t'es chez toi là en France c'est dans ton petit microcosme et t'as peut-être pas d'émotion de ce qui peut se passer ailleurs réellement même s'il y a les médias donc ça remet bien les idées en place c'est une expérience de vie comme le haut niveau que j'ai vécu à 200% et qui du coup c'est une tranche de vie qu'on ne peut pas t'enlever quoi qu'il se passe ça reste même si ça n'a pas été médiatisé comme ça peut l'être aujourd'hui sur des choses beaucoup plus courantes mais ça a permis aussi de garder toute la fraîcheur et l'authenticité du trip

Vice tu me fais penser à une anecdote je te la fais très court c'est ton épisode pas le mien mais un petit partage pour faire écho à ce que tu disais j'avais passé 6 mois en Amérique du Sud Béros, Bolivie, Colombie et on avait fait un trek dans la cordillère blanche au Pérou et une anecdote mais qui m'avait vraiment tu vois pour faire écho à ce que tu disais sur le voyage qui ouvre un peu les yeux qui te remet les pieds sur terre on était dans un minuscule hameau en montagne dans un entre guillemets restaurant c'est à dire un local avec une alcool qui servait de four et trois tables et deux chaises et donc au Pérou ils mangent beaucoup de poulet et donc on a pris un poulet et il y a une vieille dame qui rentre vraiment habillé traditionnel les habits du coin un peu l'image typique qu'on peut voir sur les cartes postales du Pérou le petit chapeau etc et qui arrive à notre table et qui nous demande en espagnol et je comprends qu'elle me demande les os de notre poulet parce qu'on est fine de manger c'est ce que je comprends et je me dis mais j'ai pas compris je comprends pas ce qu'elle me demande moi ce que j'ai entendu c'est qu'elle me demande les os du poulet mais c'est pas ça donc je comprends pas donc il y a un espèce de dialogue de sourd où elle me redemande les os du poulet et moi je me dis non je comprends pas ce qu'elle me dit donc je fais rien du coup je lui donne pas les os du poulet et elle finit par aller voir le proprio du resto et là vraiment tu vois les larmes aux yeux en lui disant qu'elle comprend pas pourquoi on lui donne pas les os du poulet et là il lui donne lui des restes qu'il avait etc et elle part en mangeant tout de suite elle s'est mise à manger et là en fait j'ai percuté mais non mais j'avais bien compris en fait elle est dans le besoin et elle a même pas de quoi manger et donc elle voulait vraiment les os de notre poulet pour prendre les 3 grammes de viande qu'elle avait à prendre et là ça a été une espèce de mélange de honte de prise de conscience de se dire attends mais c'est hallucinant là j'ai quelqu'un en face de moi qui n'aime pas de quoi se nourrir et qui en est réduit au point de finir les plats dans le restaurant du hameau et ça c'est un truc qui m'a vraiment vraiment vraiment marqué et ouais quand je pense voyage tu vois que j'entends des gens qui racontent des anecdotes comme toi c'est pas pour rien je pense tu vois le truc des voyages forme la jeunesse enfin moi j'en suis vraiment pour un cul parce que j'étais assez jeune ça m'a mis une espèce de claque dans la tête mais monstrueuse qui m'est restée depuis donc voilà petite anecdote

Amandine d'Amérique du Sud

Vice ouais ouais clairement ouais

Amandine mais oui nous par rapport à ça tu vois c'est vrai que donc là on a des poules mais tu vois on dit des fois les poules nous elles n'ont pas de chance parce que même quand le pain il est dur on le fait griller c'est pas qu'on peut pas s'acheter une baguette de pain mais par contre on a la notion en fait de en tout cas on a de la chance de pouvoir manger à notre faim et donc l'idée c'est de ne pas gaspiller sans rentrer dans des extrêmes évidemment mais du coup oui quand t'as vécu ça t'as un autre regard en fait t'as vraiment un autre regard et c'est vrai que moi quand j'ai dit j'ai perdu 10 kilos c'est parce que justement je mangeais comme les locaux donc c'est pareil c'est très comment dire t'as pas la sauce au beurre de cahouette quoi enfin si en Thaïlande en tout cas quand tu fais comme les locaux maintenant tu peux très bien faire un tour du monde ou voyager de manière beaucoup plus confortable

Vice oui bien sûr mais il me semble que tu ne repères pas les mêmes bénéfices oui c'est comme tout je pense comme dans la pratique sportive finalement tu as la pratique que tu décides d'avoir donc oui je suis assez d'accord avec toi sur le voyage je pense et c'est pareil

Amandine tu... Mais tu vois là, quand tu parles de la pratique que tu décides d'avoir justement dans la vie sportive, justement, au début, tu commences comme ça. Mais après, souvent, tu as tendance à... Si tu ne fais pas attention, tu as tendance justement à faire des choses pour être... pour appartenir à une communauté aussi. Et pour... Et du coup, si toi, tu arrives que tu n'as pas la dernière paire de ponts, machin, bon, ben... tu passes un certain message. Comme moi, tu vois, je ne suis pas sponsorisée, je fais quand même des très bons résultats. On peut s'imaginer, entre guillemets, je ne sais pas quoi d'ailleurs, mais en réalité, c'est juste que ça ne s'est pas présenté en opportunité. Et puis, voilà. Mais c'est vrai que je pense que après, il y a un côté appartenance à une communauté qui donne de l'identité aussi. Et l'idée, ce n'est pas de se perdre dans tout ça. de mon point de vue

Vice bah écoute ça fait une super transition j'ai le sentiment quand j'ai écouté ta présentation et là depuis ça fait 2-3 fois que tu glisses des petites anecdotes, j'ai l'impression que ton passage par le... enfin ton passage ta pratique au plus haut niveau en trail il y a des choses intéressantes à raconter là-dessus comment est-ce que toi tu l'as vécu, comment est-ce que tu synthétiserais déjà peut-être pour commencer par ça qu'est-ce que ça a eu comme impact pour toi cette pratique à haut niveau t'évoquais un peu les sponsors etc mais en quoi est-ce que ça a chamboulé si c'est le cas ta vie

Amandine déjà la partie sponsors ça m'a et le milieu élite m'a montré, enfin voilà c'est comme quand tu dis je cours, je fais la course à pied il y a ceux qui font de la rousse, il y a ceux qui font de la piste, il y a ceux qui font du trail ben là en fait c'est je fais du trail mais il y a le il y a le trailer les courses que tu peux faire tu peux en faire 3-4 par week-end côté un peu plus loisir, c'est pas péjoratif et il y a le monde du trail elite où là tu rentres dans une autre dimension moi clairement j'ai découvert un autre monde avec un côté très dans la consommation aussi mine de rien parce que tu dois porter certaines baskets à certaines périodes tu dois faire la promo de tel ou tel vêtement ou sortie d'article à telle période. Donc ça, c'est un côté un petit peu marketing que je comprends, mais qui du coup, moi, je n'étais pas très à l'aise avec ça. Je suis peut-être un peu trop authentique. Et du coup, j'ai découvert un autre milieu. Après, il y a un peu moins d'entraide et de solidarité contrairement, en fait, à ce qu'on veut bien laissé passer comme valeur dans les différents communiqués. Maintenant, il y en a un petit peu, mais c'est pas... Ouais, c'est... On a les crocs, quoi. Il faut y aller, il faut faire sa place, quoi. Donc, c'est une autre façon de pratiquer. Après, c'était génial, parce que le haut niveau, moi, je suis en recherche de... Même aujourd'hui, je suis très consciente que je n'ai pas l'énergie et le temps disponible pour retourner dans le haut niveau par rapport à mon entreprise et mes coachés sont prioritaires. D'ailleurs, en début d'année, j'ai été contactée par le sélectionnaire de l'équipe de France pour recourir les championnats de France dans le but de réintégrer l'équipe de France. Et là, pareil, en une semaine, je suis passée par toutes les couleurs. J'étais au taquet, je voulais y retourner. C'était génial. J'étais comme un gosse. J'étais hyper excitée. Ça, c'était le lundi, puis le mardi aussi, puis le mercredi aussi, puis le mercredi, je commençais à me dire, ouais, mais attends, Amanda, t'as 42 ans, les petites jeunettes, elles ont 10, 15 ans loin de toi, comment tu vas faire pour récupérer, puis surtout, t'as une boîte à faire tourner, tu travailles 50, 60 heures par semaine, donc du coup, comment tu vas réaliser ça, et puis donc, finalement, je fais la version courte, mais j'ai fait toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pour finalement dire, ben non, j'irai pas, et ce qui m'a pas empêché de gagner le Croce du Mont-Blanc cette année, et comme je disais tout à l'heure, de faire des beaux résultats devant les petites jeunes françaises comme j'ai dit mais ouais c'est c'est ouais l'idée c'est d'être un petit peu réaliste et justement tout à l'heure je parlais à un moment donné d'équilibre de vie c'est ça aussi et du coup je m'égare je me rappelle plus la question que tu m'as posée

Vice l'impact c'était l'impact de ton entrée dans le haut niveau du coup ? Ce que tu avais trouvé ? En quoi est-ce que ça avait changé ta vie, tes habitudes, tes routines ? Et peut-être d'ailleurs, en quoi est-ce que ça avait changé cette espèce d'énergie que tu trouvais dans ta pratique du trail jusqu'à ce moment-là ?

Amandine Moi, je recherchais vraiment le dépassement et j'avais envie de voir jusqu'où je pouvais aller. Donc pour ça, j'ai dégagé du temps. C'est clair, j'avais mon boulot et le trail. et j'avais mon copain aussi mais malheureusement à cette époque là du coup il était un peu moins intégré et d'ailleurs merci à lui d'être toujours présent dans tous mes challenges mais ouais il y avait vraiment cette notion de savoir ce que je valais en fait je voulais pousser aux extrêmes mon corps, mon mental pour apprendre des choses pour vérifier des choses, pour tester des choses à l'époque j'étais pas du tout dans une orientation d'en faire un métier. Mais je me suis entourée de micronutritionnistes, de préparateurs mentaux, d'un entraîneur physique. Et du coup, ça m'a complètement changé mon mode de vie. Ma façon de faire, ma façon d'être, ma façon de faire les courses aussi. Les courses, je ne parle pas de trail, mais les courses alimentaires. la façon de m'alimenter et c'est des choses qui m'ont servi aussi pour un certain équilibre ne serait-ce que dans la vie perso puisque j'avais tendance un peu à sauter les repas l'entraînement était plus important que manger sauf que si tu ne manges pas comme il faut à un moment donné ton corps il ne peut plus donc il y a ce côté aussi je ne savais pas très bien équilibrer je pense que je t'ai toujours pressé en fait j'avais un problème avec le temps donc du coup à un moment donné il a fallu se poser un petit peu pour rééquilibrer tout ça et c'est des erreurs que font beaucoup mais bien souvent en fait on s'en aperçoit pas forcément parce qu'on est en mode de pilotage automatique avec l'envie, le désir d'atteindre les objectifs fixés et donc on a un petit peu ces objectifs dans le viseur, on est focus dessus et on se rend peut-être pas forcément compte des erreurs qu'on fait et 2017 ça a été vraiment je sais que quand j'étais vie championne du monde, il y a certaines mauvaises langues qui ont dit c'est de la chance non pour moi c'était pas de la chance c'était la conséquence ou la révélation au grand jour en fait de trois années d'entraînement que j'appelle donc invisible parce que je partage mes coachings qui ont permis d'aboutir à ces résultats là et d'ailleurs la même année j'avais fait du coup 3h09 à Cierdinal ça parle un peu déjà et j'avais fait j'avais enchaîné avec l'OCC où j'avais fini 3ème derrière Amy Forsberg et Ellie Gordon avec un beau spectacle donc c'était qu'on dise une fois un coup de chance non c'était pas un coup de chance

Vice je trouve ça fou je conçois pas les gens qui peuvent te sortir des trucs comme ça, coup de chance enfin, à ce niveau de pratique

Amandine c'est pareil ça, tu vois quand t'es dans le haut niveau au début ça te pique un peu puis en fait, moi maintenant je suis complètement détachée de ça et c'est ce que j'enseigne aussi dans mes coachings savoir se détacher du regard des autres parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour critiquer ce que tu fais tu vas plaire à certains, pas à d'autres et j'ai tendance à dire, plaire à tout le monde c'est plaire à n'importe qui donc voilà quoi

Vice mais ouais

Amandine ça fait partie du monde

Vice Oui, non mais complètement. Non, non, c'est sûr qu'évidemment, je pense que l'enjeu, c'est d'arriver à s'en détacher, mais la démarche, tu vois, je ne vais pas donner plus de temps que ça dans l'épisode à ces gens-là, mais la démarche de dire, c'est de la chance, machin, ou de critiquer la performance.

Amandine Oui, c'est de la jalousie, en fait. Ou peut-être, quand tu t'exposes comme ça, de toute façon, tu suscites autant d'admiration que de jalousie. Pareil, tu vois, quand j'ai eu mon titre de vie championne du monde, moi, je n'étais pas du tout préparée à tout ça. donc c'est ce que j'enseigne aussi ce que je partage dans les coachings auprès des jeunes élites c'est que pour pas se perdre encore une fois moi je me rappelle en fait je suis passée de l'effervescence équipe de France équipe partage t'as rien à faire entre guillemets qu'à t'entraîner et à profiter et puis quand t'arrives chez toi que t'as ta médaille et tout ça là tu passes de l'anonymat en fait à la révélation, entre guillemets, et du coup, tu es assaillie de coups de fil, de médias, du coup, tu n'as même pas le temps, entre guillemets, de savourer ta performance, qu'il faut déjà tout médiatiser. Du coup, quand tu n'es pas préparé, c'est violent. Et puis, tu n'as pas trop le temps de récupérer non plus, même quand tu franchis la année d'arrivée, je me rappelle, en fait, j'ai profité quasiment de rien, ce que dirait que tu vas au contrôle anti-dopage. Donc, voilà, c'était très bien. Mais du coup, il y a aussi cet envers du décor qui est un peu moins sympathique. Et à un moment donné, justement, tu vois, en 2017, je me rappelle, j'avais dit à mon entraîneur, je vais lever le pied parce qu'en fait, là, je ne sais plus qui je suis, en fait. Je ne sais plus qui je suis. C'était vraiment, ça m'a déboussolée. et puis après je me suis aperçue que je courais plus trop pour moi mais plutôt pour faire plaisir art et pour appartenir à un certain milieu et du coup ça m'a semblé pas être des bonnes raisons en fait

Vice c'est fascinant ce que tu expliques ce partage cette partie de ton parcours parce qu'on pourrait se dire c'est quelque chose que j'ai souvent entendu aussi avec des médailliers olympique, on pourrait se dire tu vois, incroyable la révélation trois ans d'efforts qui sont récompensés par une super performance on va parler un tout petit peu de Cierr Zinal mais qui est une course quand même franchement légendaire dans le milieu du trail et finalement ça débouche sur quoi ? Sur un questionnement et peut-être un réalignement de ta pratique et dans pas mal de sports, moi ce que j'avais entendu c'était ça c'était la médaille olympique arrive alors souvent c'est médaille dehors le rêve ultime dans beaucoup de disciplines pour beaucoup de sportifs et sportives et derrière c'est la phase un peu la douche froide parce que finalement qu'est-ce qu'il y a derrière, quel sens tu donnes une fois que tu as décroché l'Eurolympique tu fais quoi, t'es qui j'avais entendu des histoires même de champions olympiques qui n'étaient pas forcément dans des disciplines très médiatisées donc qui n'étaient pas nécessairement hyper connues qui mentionnaient même plus le fait qu'il soit sportif ou sportif de niveau et champion olympique parce que ça prenait trop de place pour les gens c'était plus Gilbert c'était le champion olympique de tel sport en 2020 super intéressant ce que tu partages

Amandine tu perds ton identité même c'est comme si une fois que tu n'avais plus le costume tu n'étais plus rien et tu vois par rapport à ça pour une anecdote plus récente moi je suis très contente pour Jim qui a gagné l'UTMB et je me suis posé la question justement c'est génial ça fait des années qu'il court après ce titre et qu'est-ce qu'il va faire maintenant en fait je me suis posé en fait ce bon de Jim j'étais chez Oka International donc je l'ai côtoyé mais du coup voilà je me suis posé la question voilà et après qu'est-ce qu'il y a c'est d'ailleurs pour ça aussi que t'as des personnes en fait elles sont toujours deuxièmes ou troisième mais elles n'arrivent jamais à la première place mais c'est pas une

Vice tu penses que c'est inconsciemment qu'elles se elles se limitent

Amandine je suis persuadée que oui il y a des croyances limitantes qui font que tu te sabotes de manière inconsciente bien souvent heureusement mais mais ouais c'est ces croyances limitantes qui font que bah du coup tu vas pas au bout de ton projet parce que finalement une fois que t'as atteint l'objectif bah qu'est-ce que tu fais après derrière pour pouvoir se réinventer se renouveler c'est pas évident c'est challengeant aussi donc du coup du coup ouais c'est interpellant

Vice ouais mais ça fait du bien d'entendre, je trouve que c'est génial d'avoir un témoignage comme le tien parce que ça vient un peu quand tu connais pas l'univers du haut niveau c'est pas forcément quelque chose sur lequel les gens sont très ouverts de la même manière que les problèmes de nutrition dans le haut niveau j'ai eu plusieurs invités qui en parlaient à chaque fois c'était un peu la révélation les gens se disaient ah bon mais ça existe vraiment dans le haut niveau donc je trouve ça vraiment génial et

Amandine même là tu vois quand je parle d'entraînement invisible c'est vrai qu'en fait je vois chez les jeunes élites après c'est mignon mais du coup et puis moi ça fait un peu la sagesse ou l'expérience qui parle mais je vois toutes les erreurs et en même temps ça fait partie de l'apprentissage en fait mais c'est vrai qu'on a tendance à penser que t'appuies sur play ça démarre et puis c'est bon ben non, il y a tout un tas de choses derrière d'équilibre à trouver et comme qui dit équilibre dit aussi ça évolue en fonction de ce que tu vis en fonction de ce qui se passe dans ta vie perso dans ta vie pro donc ouais tout ça c'est un peu des sujets aussi qu'on a tendance entre guillemets un peu à mettre sous le tapis parce que tant que ça marche pourquoi aller se titiller moi je suis plutôt dans une démarche inverse qui est d'aller catalyser d'être dans la prévention plutôt que d'être dans le rattrapage souvent les gens quand ils me contactent ils sont déjà entre guillemets un peu désemparés et l'idée c'est de ne pas intervenir en mode pompier mais plutôt de catalyser les choses de ne pas attendre que ça aille mal pour tirer la sonnette d'alarme en fait

Vice ouais ouais vaste sujet

Amandine vaste sujet ouais ouais

Vice carrément Sierdinal je alors j'ai pas la distance en tête précise mais c'est une trentaine de kilomètres c'est ça ?

Amandine 31 kilomètres 2200 de dénive

Vice ok ouais donc ça pique bien. Donc, c'est un peu le nom de la course, en fait, c'est un peu comme la Saint-Élion. Sierre, c'est la ville de départ. Zinal, la ville d'arrivée. Tout est en Suisse, si je ne me trompe pas.

Amandine Oui.

Vice Et qu'est-ce qui fait, de manière très synthétique pour toi, qu'est-ce qui fait que c'est une des courses mythiques dans l'univers du trade ?

Amandine En fait, il y a vraiment tout le gratin. Et puis, en plus, tu as le gratin aussi. Tu as tout des cours de très bons niveaux internationaux. et il y a aussi ces supports de trois autres circuits, gros circuits mondiaux, je ne les ai plus en tête, en plus du Golden Triwards Series. Et surtout, c'est une course où la particularité, c'est que tu pars direct en cote, et après, il faut tout le temps relancer. C'est des pierriers suisses, entre guillemets, donc ça veut dire qu'en fait, il y a des pierres, mais tout est propre. Donc, il faut tout le temps relancer, tout le temps courir vite. Et la particularité aussi, c'est Casinal, tu vas chercher une place et un chrono la course elle est la même depuis 1974 donc du coup quand t'inscris ton nom dans les tablettes il y est c'est vraiment j'irais en fait c'est un peu du du travail sur piste là tu peux pas mentir c'est vraiment hyper exigeant et puis t'as pas forcément de périodes où tu peux un petit peu récupérer entre guillemets sur les trails selon les selon les profils t'as des des sections où tu peux un peu récupérer je parle en cardio t'alimenter tout ça non là il faut tout le temps être au taquet en fait et quand t'arrives à Ponchette c'est le tiers de la course bah du coup tu sais à peu près enfin si tu sais combien de temps tu vas mettre et donc là faut faire gaffe à pas se laisser embarquer dans le truc ah menaise je suis en retard je suis en avance je voulais faire tel chrono, l'an dernier j'ai fait ça machin donc ouais, il faut faire gaffe à ne pas rentrer dans ces phénomènes de stress liés justement au chrono et à la place donc Zinal c'est Zinal ouais, c'est deux courses, mais pour moi tu vois ma course par contre une course que je referais jamais justement pourtant j'ai vécu un truc extraordinaire et c'est vraiment ma course de coeur, c'est Zegama Zegama c'était le Graal j'ai fait 3ème j'ai souffert pendant cette course mais à la fois j'étais dans un état de flow où j'étais vraiment dans la maîtrise c'est pareil ce que je partage dans mes coachings comment faire pour être dans la maîtrise c'était extraordinaire et par contre tu vois je ne referai jamais des gamins parce que je veux garder ce souvenir intact quand j'ai fait les championnats du monde avec l'équipe de France la première année c'était génial, c'était extraordinaire la deuxième année, ça m'a un peu gâché le plaisir. Et j'étais un peu plus sur certaines choses et tout ça. Et donc là, du coup, tu vois, Zegama, c'est un peu mon bijou que je laisse dans mon coffret, quoi. Que je vois voler.

Vice Ne pas relire Harry Potter quand tu l'as lu une fois, c'est jamais le même plaisir. C'est un peu l'approche, mais ok, je vois. Zegama, c'est... Du coup, je suis sur la page, c'est au Pays Basque,

Amandine c'est ça ? Pays Basque Espagnol.

Vice et c'est une des manches

Amandine du Golden Trial World Series aussi alors attends

Vice juste pour être sûr sur ce point le Golden Trial Series ça fait plusieurs fois que tu en parles est-ce que tu pourrais de manière synthétique c'est quoi c'est une sorte de à la manière Ironman dans le triathlon c'est un label qui fait office un peu de championnat du monde du trail c'est ça ?

Amandine je sais pas si on pourrait le comparer au label Ironman mais le Golden Trial World Series donc le GTWS c'est un circuit mondial trail où tu as je sais plus il faudra vérifier t'as 6 épreuves après ça change chaque année mais du coup moi quand je l'ai fait il y avait Zegama il y avait les Dolomites il y avait le marathon du Mont Blanc il y avait Pexpeak aux US dans le Colorado il y avait une manche en Irlande et après la finale on est allé au Népal donc en fait tu fais un certain nombre de courses et du coup, tes résultats sur ces courses-là te permettent d'accéder à la finale où tu pars pendant une semaine avec tous les meilleurs mondiaux. Et donc, du coup, l'idée, c'est d'être dans le partage et tout ça. Et au départ, c'est un circuit qui a été monté par Greg Volley. Et du coup, l'idée, c'était de médiatiser le trail avec ses avantages et ses inconvénients, toujours pareil. Et du coup, pour moi, en tout cas selon moi, le GTWS, c'est vraiment le circuit mondial et ça a beaucoup plus de valeur qu'un championnat du monde. Championnat du monde, quand tu vas en championnat du monde, il faut que tu sois sélectionné en équipe nationale. Donc, ça veut dire que déjà, il y a une personne qui sélectionne, suivant certains critères que je ne maîtrise pas, pour intégrer, pour pouvoir courir. Là, par contre, quand tu vas sur le GTWS, c'est la performance brute entre guillemets et puis bon pareil moi aujourd'hui j'ai pas de sponsor du coup je m'aligne sur certaines courses mais si t'as pas de sponsor c'est quand même compliqué de faire ce type de circuit, ça demande des moyens financiers et des moyens en termes de temps aussi parce que ça veut dire déplacement ça veut dire aussi disponibilité temporelle donc voilà c'est un autre monde et en même temps ça peut faire rêver mais en même temps aussi il y a ce côté il faut toujours être présent, t'es toujours par mon zévo c'est mon tégoce d'ailleurs de toute façon c'est principalement des gens qui sont sans enfant qui font ça mais du coup il y a un côté qui fait rêver quand tu regardes mais peut-être qu'on se pose pas la question non plus de l'investissement que ça demande aussi pas que physique, aussi nerveux.

Vice Oui, la partie immergée de l'iceberg, exactement du haut niveau. Je suis complètement d'accord avec toi.

Amandine Après, le haut niveau, c'est chouette.

Vice Ah oui, c'est sûr.

Amandine C'est transcendant. C'est comme mon tour du monde. Ça fait partie, c'est quelque chose que j'ai vécu des choses extraordinaires, des émotions ultra intenses, des moments de partage, de folie, d'excitation, d'intensité. je crois que j'ai déjà dit, mais ouais, c'est magique. C'est magique, mais par contre, moi, je suis peut-être trop terre à terre, je ne sais pas, c'est quelque chose, il me semble, qui reste possible sur une courte durée, ne serait-ce qu'en termes de préserver ton organisme, ton corps, ta tête et tout ça.

Vice Oui, c'est sûr. En fait, je pense que de manière générale, effectivement, l'expérience pour avoir fait une courte période au niveau aussi ça forge, c'est extrêmement riche et enrichissant mais ça vient avec son lot je pense qu'il faut être prêt à accepter ce avec quoi ça vient il y a plein de choses fabuleuses mais c'est comme tout dans la vie il y a des aspects qu'on n'imagine peut-être pas qui sont qui viennent avec et qui sont peut-être moins agréables moi j'ai les deux ménisques fissurés depuis que j'ai 12 ans avec le judo ça tu vois on y pense pas trop c'est fabuleux faire du sport quand t'es jeune

Loïc voilà

Vice en fait oui faire du sport quand t'es jeune jusqu'à une certaine intensité mais après faut quand même être conscient que quand t'as un corps qui se forme selon l'intensité de ta pratique et selon ta pratique ça peut laisser des traces à vie donc voilà et ça généralement on en parle un peu moins

Amandine bah oui c'est les zones d'ombre c'est ce qu'on met sous le tapis que je disais tout à l'heure on peut pas trop aller voir parce que pour l'instant ça marche comme ça donc on se pose la question après

Vice j'ai une question pour toi là dessus parce que je me la suis posée il n'y a pas très longtemps je me disais mais en fait prenons ton cas tu vas me dire comment t'aurais géré ça si on t'avait dit avant que tu arrives à haut niveau si on t'avait dit de manière très rationnelle ok tu vas pouvoir aller à haut niveau ça va être absolument fabuleux voilà tout ce que tu vas pouvoir vivre mais voilà l'impact que ça va avoir voilà les comportements que tu vas rencontrer tu vois l'agenda beaucoup plus strict que tu vas devoir suivre est-ce que tu es quand même prête à y aller ou pas ?

Amandine bien sûr

Vice tu serais allée quand même c'est vrai ?

Amandine oui parce que j'ai cette recherche j'ai ça dans les tripes le côté dépassement puis moi j'ai une histoire de vie à 12 ans j'ai appris à me débrouiller donc finalement ma vie est une forme de résilience après chacun a ses coins mais du coup bien sûr que j'y serais allée parce que c'est malgré tout que du sport. C'est la principale des choses secondaires. C'est un peu fou ce que je dis là. Mais du coup, bien sûr que je signe. Par contre, le fait qu'on me dise qu'il va se passer ça, ça, ça et ça, je pense que ça m'aurait coupé l'envie. Parce que ce qui est intéressant, c'est justement de ne pas savoir. C'est ça qui est excitant. Tu vois, les personnes qui me contactent, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui me contactent parce qu'elles sont en stress ou elles n'ont pas confiance en elles dans leur trial. Bien souvent, comme je l'ai dit tout à l'heure, c'est lié aussi à des attitudes dans la vie. C'est pour ça que c'est trial et vie, parce que les deux sont liés, encore une fois. Mais l'idée, c'est de remplacer le stress par du jeu et du plaisir. Et pour qu'il y ait du jeu et du plaisir, il me semble qu'il faut avoir aussi un peu d'incertitude. Parce que si tu sais déjà ce qui va se passer, ce n'est pas excitant. Donc l'idée, c'est... Tu vois, moi, le matin des championnats du monde, je ne savais pas du tout ce qui allait se passer. Et je me suis dit, attends, Amande, remplace la peur de mal faire par l'envie de bien faire, en fait. Et sois excitée à l'idée de bien faire. Et à partant de ce principe-là, en fait, je me suis amusée tout du long. Bon, après, j'ai été en proie parce que je n'avais pas prévu de me battre. En fait, j'ai fait 8 championnes du monde parce qu'il y a 3 secondes d'écart avec la première. La première qui est une française aussi. et tous les espoirs étaient sur elle et donc moi, j'ai pas osé la passer parce que je me suis dit si je la passe, qu'est-ce qu'on va penser de moi ? On va me rejeter je ferai plus partie de l'équipe, je ferai plus de deuxième famille tu vois, il s'est joué tout ça dans Kingsborne ça j'en ai pas trop parlé j'en ai très peu parlé mes coachés sont au courant de cet épisode-là parce que comme je disais tout à l'heure, il faut être prêt aussi à gagner il faut être prêt à prendre la première place. Et là, tu vois, si je n'avais pas tergiversé pendant ces 15-20 bornes, moi, en fait, si tu veux, j'étais derrière et l'idée, c'était de protéger Adeline, quoi. Et à partir du moment où j'ai évincé toutes les zones nationalités, je me suis retrouvée dans ces bases et je me suis dit, qu'est-ce que je fais maintenant ? Ça, je n'avais pas prévu, tu vois. Et donc, du coup, j'avais peur d'être rejetée, j'avais peur du candidat au sein de l'équipe de France parce que à l'époque c'était Philippe Propage c'était l'entraîneur d'Adeline la médecin la kiné c'était une copine à Adeline il y avait une structure staff qui était assez proche, qui était très proche d'elle et donc du coup moi j'avais peur de décevoir donc du coup j'ai pris un drapeau et j'ai fait les 3 secondes ce qui n'empêche que j'ai agi avec le coeur à ce moment là et j'ai aucun regret mais tu vois ça c'est pareil il faut être prêt prête

Vice ça cette réflexion là ce que tu viens d'évoquer c'était je veux dire t'étais au clair là dessus dans la course ou tu t'en es rendu compte après que c'était ce sentiment cette peur de décevoir qui t'avait ah non

Amandine pendant la course j'étais tiraillée entre l'envie d'y aller et j'avais la capacité et le mais j'avais tellement peur d'être rejetée ou de décevoir c'était pas de ce que j'avais vécu alors c'est peut-être une mauvaise interprétation mais de ce que j'avais vécu moi dans les stages équipe de France et tout ça et en plus je partageais ma chambre avec Adeline on était cul et chemise mais j'avais ouais j'étais tiraillée vraiment tiraillée et j'étais incapable de prendre une décision, j'avais tellement peur de d'être rejeté et tu vois ça revient à la notion justement l'identité, savoir pourquoi tu fais les choses est-ce que tu le fais pour toi est-ce que tu le fais pour faire plaisir à et ça c'est valable, là je parle de c'était en haut niveau mais finalement à une échelle moindre c'est souvent ce qui se passe aussi chez des trailers plus moins dans le haut niveau. C'est ça qui fait que des fois, on se tannent, qu'on se lasse, qu'on perd la motive et tout ça.

Loïc Et après, ça fait des crises intérieures,

Amandine des pensées négatives et tout ça. Quand tu te balades dehors en l'heure en train de courir, ce n'est pas le moment.

Vice Oui, clairement. En termes d'accompagnement, c'est vraiment passionnant ce sujet, mais malheureusement, on arrive déjà au bout. mais si tu devais synthétiser la manière pour justement les gens qui te contactent qui te disent que ils aimeraient bien passer un cap performer au niveau où ils voudraient en tout cas au maximum de leur potentiel mais qu'ils sentent qu'il y a des choses qui bloquent comment est-ce que tu les accompagnes dans les grandes lignes est-ce qu'il y a des étapes par lesquelles tu passes systématiquement notamment cette notion de trouver son sens ou tu fais ça 100% à la carte selon chacun

Amandine alors en fait c'est plutôt 100% à la carte et c'est vraiment du coaching premium, du coaching personnalisé. Donc, chaque accompagnement est différent et vraiment sur mesure. Et ça demande justement beaucoup de travail pour moi en amont et en interséance pour justement activer, en tout cas faire prendre conscience à la personne des leviers qu'elle pourrait activer. Et du coup, en fait, moi, si tu veux, j'amène un autre espace de conscience et ça permet en fait de sortir de certains conditionnements, encore une fois, de ce mode pilotage automatique. Et suivant les individus, il y aura une partie plus préparation, entre guillemets, technique, comment tu t'organises avant la course, comment tu fais pour activer tes trois piliers, le plan de course, qu'est-ce que tu dois faire à quel moment, le plan de ravitaillement, comment tu t'alimentes. Il y a aussi l'après-course, souvent on oublie ça. L'après-course, ça va permettre de conditionner la suite de ta saison. Donc, il y a des choses aussi à faire après la course. Ça, c'est la partie plus technique. Puis pour d'autres, ça sera une partie plus mentale. Donc, tout ce qui est discours interne négatif, tout ce qui est comparaison, tout ce qui est énergie, émotion, côté imposteur aussi, comment prendre sa place justement, le besoin de reconnaissance. Et puis pour d'autres, ça sera plus sur la partie stress et peur. Donc, les croyances limitantes, la peur de rater. Quelque chose qu'on ne parle pas souvent aussi, c'est la peur de réussir. Celui-là, on l'oublie souvent. le lâcher prise la perfection voilà du coup c'est les motivations profondes la recherche de sens c'est très c'est très c'est très varié en fait et du coup je m'adapte vraiment à la personne en fait

Vice excellent et s'il y a des gens qui veulent creuser le sujet avec toi potentiellement se faire accompagner le mieux pour te contacter c'est quoi ?

Amandine le mieux pour me contacter c'est sur mon site internet c'est cote-à-cote-coaching.com côte à côte, on est côte à côte, ou alors d'une côte à une autre. À toi de mettre le dénif que tu veux, le pourcentage de pente. Mais moi, je suis en haut de la côte pour stimuler, pour accompagner, pour motiver, pour permettre à la personne de se révéler pleinement. C'est vraiment... En fait, tout est possible. Bien souvent, c'est nos freins et nos croyances imitantes qui nous bloquent. Et en faisant un petit peu d'introspection et en amenant un autre regard sur la situation, ça permet d'ouvrir des portes et à la personne de trouver ses propres clés. Et puis sinon, je suis sur les réseaux sociaux aussi, sur Instagram, notamment avec KifTournatipi, ça c'est la partie plus pour les HP. Et sinon, Amandine Ferrato, coach Trailevi, plutôt trail mais encore une fois les deux sont souvent liés

Vice yes génial, bah écoute je mettrai de toute façon les liens en description de l'épisode un immense merci Amandine, c'était passionnant d'échanger avec toi sur ta pratique du trail et ta vision j'allais dire du trail presque de la vie en général comment ce gros voyage a influencé tout ça et ce que tu fais aujourd'hui c'était vraiment génial, j'ai appris plein de choses donc merci, merci beaucoup

Amandine merci à toi

Vice avec très grand plaisir, est-ce qu'il y a peut-être un message en guise de conclusion que tu voudrais faire passer ?

Amandine profiter de la vie

Loïc c'est beau

Amandine tu dis ce que vous voulez mais ouais de remplacer le stress par de la vie et du jeu

Vice yes, très beau message un grand merci encore une fois Amandine et excellente journée à toi

Amandine merci et à bientôt

Vice merci d'avoir écouté cette conversation avec Amandine jusqu'au bout j'espère que le sujet vous aura intéressé si il y en a qui se sont inscrits à la prochaine édition de la Cierzinale, faites-moi signe cet épisode comme tous les autres vous est proposé gratuitement, tout ce que je vous demande en retour c'est de m'aider à donner de la visibilité à ces invités exceptionnels en laissant une note 5 étoiles et un commentaire sur votre plateforme d'écoute si vous voulez m'envoyer un feedback ou une suggestion d'invité vous pouvez le faire via le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com je vous dis à la semaine prochaine pour la découverte d'un nouveau frappé qui a traversé les Alpes en parapente de la Slovénie jusqu'à Nice Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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