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Saison 3 Bonus Trail #Diagonale des Fous #ultra-trail #triathlon

11 novembre 2023

La Diagonale des Fous - Se préparer à la course de ses rêves avec Romain Castiglia et Esther Morreel [PARTIE 1/2]

Durée · 1h36 · Transcription disponible

Romain

Le récit

Dans cet épisode bonus en deux parties, j’échange avec Romain et Esther sur la Diagonale des Fous, le mythique ultra-trail de La Réunion 🇷🇪. Romain en a pris le départ en octobre 2023, et Esther s’est chargée seule de son assistance tout au long des 165 kilomètres de l’épreuve.

Auditeur régulier des Frappés Romain m’a contacté pour que je l’accompagne dans sa préparation mentale 🧠. Il s'est blessé à quelques mois du départ, et j'ai été impressionné par sa capacité à se remobiliser et par sa détermination sans faille lors de l'épreuve.

Dans cette première partie on échange avec Romain sur la place du sport dans sa vie, sa pratique de la course à pied 🏃🏻‍♂️ ou encore du triathlon, mais aussi ce que représentait la Diagonale des Fous pour lui.

Avec Esther, ils nous racontent également l'équilibre qu'ils ont su trouvé dans leur couple en faisant du sport un pilier de leur relation 🫶

Un échange qui va ravir toutes celles et ceux qui envisagent cette épreuve en particulier, ou qui se demandent tout simplement comment on peut se lancer dans un défi de cette envergure et en venir à bout 😳

🙏🏼 Merci Romain et Esther, excellente écoute à vous les Frappés !

🔎 Pour plus d'info sur la Diagonale des Fous c'est ici.

🎙 Les épisodes du podcast auxquels qui pourront vous intéresser :
👉 Épisode #138 - La preuve par l'exemple que l'impossible est possible avec Éric, Stéphane et Philip [Réseau Autonomie Santé 🇨🇦]

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Transcription

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Romain C'était pas physiquement où j'avais le plus de mal, c'était mentalement en fait. Y'a pas de c'est quoi les conditions aujourd'hui, est-ce que je sors ou pas en fait. Non, c'est juste c'est quoi l'entraînement aujourd'hui et j'y vais tu vois. Donc je suis allé me faire des séances plein de mistral, je suis allé me faire des séances sous la pluie et mentalement, évidemment que tu souffres et d'accepter cette douleur jour après jour, c'est difficile.

Invité 1 que tout est possible et qu'on a tous un potentiel exceptionnel, un frappé qui sommeille en nous. Eux se sont autorisés à le libérer. Attention, une écoute régulière peut entraîner des changements positifs irrévocables dans vos vies. Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcasts, Spotify ou Deezer. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant contributeur sur Tipeee, T-I-P-E-E-E. Le lien est en description, ce qui vous permettra d'écouter des épisodes en avant-première, de rejoindre les visuels mensuels des frappés ou encore d'accéder à du contenu exclusif. Dans cet épisode bonus organisé en deux parties, j'échange avec Romain et Esther sur la Diagonale des Fous, le mythique ultra trail de La Réunion. Romain en a pris le départ en octobre 2023 et Esther s'est chargé seule de son assistance tout au long des 165 km de l'épreuve. Auditeur régulier des frappés, Romain m'avait contacté pour que je l'accompagne dans sa préparation mentale. Il s'est blessé à quelques mois du départ et j'ai été impressionné par sa capacité à se remobiliser. et par sa détermination sans faille lors de l'épreuve au point de l'inviter sur le podcast. Dans cette première partie, on échange donc sur l'avant-course, son parcours sportif, sa préparation pour la diagonale, la blessure, la manière dont il s'est ajusté, mais aussi l'équilibre qu'ils ont trouvé avec Esther dans leur couple en faisant du sport un pilier de leur relation. Excellente écoute à vous les frappés.

Romain Clairement, la place du sport dans ma vie aujourd'hui, le sport ça fait ça fait ça fait partie de mon équilibre de vie et je pense que ça a plusieurs fonctions ça peut avoir une fonction d'exutoire ça a une fonction d'épanouissement de liberté de dépassement c'est franchement vaste d'amélioration, de défis, de performances, de loisirs, de nature. Ça a vraiment une place importante dans ma vie. Esther ?

Esther La place du sport dans ma vie, j'ai mis du temps à m'en rendre compte. Ça ne fait pas si longtemps que j'en fais. Ça va faire trois ans. Et en fait, je suis quelqu'un qui suis très, très, très énergique, très active. Donc, du coup, j'ai toujours été très active dans plein de domaines. Et j'ai mis du temps à réaliser que le sport pouvait m'apporter énormément pour me canaliser dans mon rapport avec les gens, dans mon quotidien, avec mes enfants. Je me sentais beaucoup mieux, plus légère, beaucoup plus patiente. et aussi dans mon corps parce que depuis toujours j'ai un rapport à mon corps qui est très important, je n'aime pas grossir, je n'aime pas prendre du poids et en fait ça me permet de me sentir bien au quotidien, dans mon corps et du coup dans ma tête et avec moi-même et avec les gens qui m'entourent ça m'a apporté énormément je me sens beaucoup plus équilibrée

Invité 1 Excellent un pilier pour tous les deux un pilier quand même majeur dans vos vies actuellement clairement d'ailleurs question perso qui a un peu rien à voir avec le schmilbic mais c'est comme ça que vous vous êtes rencontrés c'est via le sport parce que je sais que vous faites plein de trucs ensemble maintenant

Romain on a commencé à courir ensemble excellent on a commencé à courir ensemble trop bien

Esther c'est ce qui nous c'est ce qui nous a rapprochés vraiment je pense

Invité 1 d'un petit run à la Diagonale des Fous en couple. Fabuleux, on va en parler. Et autre question, peut-être un peu plus contextuelle, mais vous venez à la base de familles de sportifs. Alors Esther, tu disais que le sport, en tout cas, le niveau auquel tu le pratiques aujourd'hui, l'intensité, etc., c'est relativement récent. Mais est-ce qu'à la base, vous venez d'un environnement familial ou réseau d'amis, etc., qui sont des sportifs ou pas nécessairement ?

Romain Non, moi, pas du tout. moi pas du tout mon père il a toujours fait un petit peu de, enfin je me souviens quand j'étais petit il allait soit un petit peu courir soit faire un squash soit il a fait du vélo il a toujours eu une activité mais c'était vraiment sport loisir et le volume d'entraînement par semaine je pense que ça n'excédait pas l'heure ou l'heure et demie ma mère elle a toujours marché, elle a toujours fait un peu de rando et puis mon frère il a fait des sports quand il était jeune notamment de la natation mais c'était clairement pas c'était clairement pas ni l'éducation ni le ni un pilier dans dans notre on faisait les randos en famille mais ouais c'était pas fondamental

Loïc ok

Invité 1 qu'est-ce qui fait du coup pour Esther et pour toi Romain qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné il y a eu ce déclic je ne sais pas si c'était vraiment un déclic mais qu'aujourd'hui le place je vais la refaire celle-là qu'est-ce qui fait du coup qu'aujourd'hui le sport a la place qu'il a dans vos vies vu ce que tu viens d'expliquer Romain et vu Esther le fait que tu t'y es mis relativement récemment

Romain pour moi je pense que c'est clairement la même raison qu'Esther c'est que je pense que j'ai un niveau d'énergie qui est assez élevé, j'en ai pas pris conscient, ça a toujours été le cas depuis tout petit et je ne l'avais pas forcément conscientisé. Et du coup, jeune, je canalisais mon énergie différemment, pas forcément dans le sport, dans les conneries, dans différentes choses. Et puis, c'est qu'à partir de 25 ans, 25-28 où j'ai vraiment accroché avec le sport et du coup tout ce niveau d'énergie je l'ai transféré vers quelque chose qui me semblait plus sain et plus équilibré que ce que j'avais fait dans mon adolescence par exemple

Esther moi je pense que c'est suite à quand je fais quelque chose je le fais à fond j'ai eu deux petits garçons rapprochés de moins de deux ans j'ai arrêté de travailler donc je me suis occupée d'eux à temps plein j'ai pas pris du tout de temps pour moi j'ai fait focus enfant à fond éducation à fond et quand le plus petit avait un an et demi ou deux ans après cinq ans il y a eu Covid et du coup le papa était là et je me suis mise à courir trois bornes, quatre bornes, cinq bornes. Et en fait, j'ai ressenti une sensation de liberté, de légèreté. Et c'était parti, quoi. Ça y est. Et je me suis reprennée. Je me souviens la première fois où j'ai fait dix kilomètres. Pour moi, ça me semblait être une épreuve. J'étais très fière. Et puis, ça a commencé comme ça. Et on veut toujours faire plus. Et puis après, le rapport aussi. du coup quand on allait courir comme on habite à Cassie l'environnement est incroyable et le fait d'être en nature seul ça ouvre des portes ça ouvre l'esprit et on retourne à la maison et on porte un regard différent sur son marié sur ses enfants, sur tout ça donc on va recommencer

Invité 1 c'est clair que courir à Cassie il y a pire comme cadre pour s'entraîner

Esther oui mais même au moment où on court en fait on a un sentiment de relâchement de liberté qui est incroyable c'est du mal à le retrouver avec un autre sport

Romain ouais clairement

Invité 1 c'est ça du coup pour vous qui déclenche cette espèce d'appel du toujours plus long

Romain bah pas forcément parce que du coup cette sensation qu'on décrit là elle est pas forcément elle n'est pas forcément on ne la retrouve pas forcément sur sur 70 bornes par exemple mais mais oui après quand tu fais un marathon la distance de 42 bornes elle est un peu elle est banalisée puis du coup tu en fais 80 puis en fait 80 ça te paraît une montagne et en fait ça va en fait et puis voilà et puis au fur et à mesure que tu lèves des barrières tu passes des caps et puis tu arrives sur le départ de la diag

Esther c'est quoi la plus longue distance

Invité 1 que vous aviez fait ensemble avant la diagonale

Esther alors moi je suis limitée parce que évidemment je pense que le fait d'avoir rencontré Romain j'ai voulu le suivre dans tous les entraînements et je me mets jamais de barrière s'il me dit on va faire ça, je dis oh oui ok pas de soucis, donc du coup je me blesse systématiquement parce que mon corps est parti de rien du tout et que je le li inflige

Romain parce que la progressivité n'est pas respectée

Esther et qu'on se fait des week-end chocs alors que j'avais rien dans les jambes donc du coup c'est blessure sur blessure donc je suis un peu j'apprends à accepter mais bon donc je pense que le max

Romain une des premières fois au début quand on courait ensemble elle me dit tu cours aujourd'hui je dis ouais puis elle me dit je viens avec toi elle me dit pourquoi parce que je vais faire Marseille-Cassie par les Calanques donc ça fait en gros 30 bornes 1500 de dénivelé puis elle me dit et alors ? non mais c'était au tout début

Esther j'avais fait peut-être 12 bornes max

Romain et je dis ok viens et puis elle est venue faire 30 bornes 1005 dénivelé, sourire figé du début jusqu'à la fin.

Esther Elle était bien entourée.

Romain Mais ouais, je pense qu'on a fait ça. En gros, c'est une trentaine de... 30-35. Ouais, 30-35.

Esther 35-2005.

Romain Et puis après, on s'est fait plusieurs week-ends où on a enchaîné quand même plusieurs jours d'affilée entre 20 et 30 bandes.

Esther La révélation, c'était Week-end Shock à Tignes. je pense qu'on a tous les deux été je sais pas comment ça se fait on avait décidé ça et en fait sur 3 jours on est parti courir du matin au soir avec le petit sac un bout de pain franchement

Romain c'était incroyable on s'est fait des journées trail et après on s'est fait la plus grande rando de France qui ne nécessite pas de matériel c'est le pic de la satire de la Grande-Sassière et on commence je crois on prend 1500 sur 6 bornes et on arrive à 3007 et là moi je me suis pris une vaste gifle en fait je pense que c'est l'altitude on n'était pas du tout équipé les touristes à la montagne on est parti en petit short t-shirt, sac de trail et les mecs qu'on croisait ils nous disaient vous montez là-haut là ? et on dit ouais c'est quoi le problème ? tout le monde halluciné les gars ils étaient avec des sacs de rando des doudounes et tout puis et puis la rando je crois que c'était six ou sept heures puis au final en deux heures 50 on avait fait l'aller-retour quoi et et franchement tigne enfin ce ces quatre jours quand on a passé là en pleine nature à courir au marché là sans objectif ouais sans objectif moi je c'était en c'était en août 2022 je me suis dit pas mais je en fait j'ai envie de passer les heures en montagne clairement j'avais fait j'étais plus sur route à ce moment là j'avais fait le marathon de paris et puis j'avais toujours le long en trail dans la tête et hélas je me suis dit c'est bon en fait à partir de maintenant je quitte la route fini les carbone et puis je fouille sur le trail et on va se faire faire des week-ends, des sessions en montagne full.

Esther Et puis, il y a aussi, tu n'as besoin de rien en fait. C'est ça qu'on a parlé. Tu me posais la question tout à l'heure, pourquoi la course à pied ? Mais en fait, tu es chez toi et d'un coup, tu décides de vouloir… Tu veux partir faire du sport, tu enfiles tes baskets, tu t'en vas. Il n'y a besoin de rien. Une seconde, tu es dehors et tu commences.

Invité 1 C'est clair.

Esther Au vélo dernièrement, le vélo, c'est toute autre chose.

Invité 1 tu nous prépares

Esther tu dois tout anticiper, vérifier

Invité 1 ouais clairement c'est marrant que tu parles de ça parce que j'y pensais hier le vélo ne serait-ce que d'un point de vue équipement admettons là en ce moment il fait 9 degrés moi je suis à Aix mais tu vois en vélo avec le facteur vitesse il faut que tu anticipes ça il fait 9 mais après ça va monter à 12 mais avec le vélo il y a le facteur vent je vais me peler donc il faut que je me couvre au début la course à pied en fait c'est comme tu dis c'est zéro prise de tête tu mets tes chaussures tu prends ta flasque et puis basta donc c'est clair que je suis assez d'accord avec toi d'un point de vue charge mentale il y en a zéro en fait autre question un peu perso mais le fait de faire ces épreuves en couple qu'est-ce que alors déjà comment est-ce que ça construit et j'imagine solidifier souder votre couple et qu'est-ce que ça vous apporte puisque visiblement vous avez accroché, vous continuez de faire des épreuves ensemble, de vivre ce genre d'aventure à deux ?

Romain Pour moi, c'est magique puisque déjà, c'est trop cool d'avoir une compagne qui partage les mêmes passions de l'extérieur, de la nature, du sport, du déplacement. Et puis, le fait qu'elle fasse des courses aussi, elle sait clairement ce que c'est. et du coup 90% du temps c'est moi qui cours c'est elle qui fait l'assistance et pour moi c'est trop bien parce que elle a une connaissance complète de ce que ça peut représenter en termes de distance de dénivelé de difficulté je pense qu'aujourd'hui elle me connait très bien par coeur donc elle le dira elle-même mais je pense qu'elle sait exactement dans quel état je suis quand j'arrive au ravitaillement. Et derrière, le fait d'avoir automatisé les ravitaillements en entraînement, puis en course, c'est super fluide et puis c'est top. Puis moi, du coup, quand je pars sur des longues distances, je ne me dis pas, j'ai 80 ans à bonnes affaires. Je me dis, je rejoins l'Aster au kilomètre 15, au kilomètre 45, au kilomètre 60, et puis à l'arrivée. et du coup ça découpe la course et puis c'est top

Esther je pense qu'il y a un truc que tu n'as pas relevé que tu relèves souvent c'est pendant qu'il court il ne culpabilise pas parce qu'il sait que je kiffe à côté de ça quand il court, j'adore faire l'assistance j'adore savoir où il est donc lui il n'a aucune culpabilité il n'est pas en train de se dire la pauvre elle est en train de faire ci elle est en train de m'attendre ou quoi que ce soit et aussi avant toutes ces courses il y a énormément de prépas à la maison où ils passent des heures et des heures sur l'ordi à regarder les parcours les circuits à se faire des préparations se préparer au niveau alimentaire en gros tout le temps qu'on passe à la maison c'est consacré à la course à pied donc le fait que moi je sois aussi intéressée par tout ça ça nous rapproche et c'est ce qui est compliqué dans les couples quand il y en a un qui fait du sport à haut niveau et que l'autre personne n'est pas du tout intéressée, ça crée un fossé entre les deux. Je pense que nous, c'est fluide en fait. Au sport, à la maison ou au travail.

Romain Le temps qu'on y passe et vu la place que ça prend, si les deux ne sont pas aussi intéressés et investis, tu comprends pourquoi les triathlètes sont célibataires. aussi clairement parce que ça c'est une contrainte pour un des deux c'est l'enfer quoi et là et on en rigolait puisque du coup sur les réalisements elle rencontre tout le temps du monde et elle voit très bien certaines meufs qui assistent leurs mecs ou en fait elle n'en a rien à faire de sa courte est-ce qu'on rentre à la maison donc c'est rigolo et et voilà bah c'est pas le cas pour nous c'est cool

Invité 1 avant qu'on arrive sur le gros sujet la diag Romain pour avoir un peu d'un point de vue sportif tu as rapidement évoqué le fait que tu faisais la course à pied route je sais que tu as aussi fait du triathlon pour qu'on ait une idée du spécimen tes chronos sur semi marathon alpha ironman

Romain du coup semi je crois que c'est une 23 meilleur temps marathon c'était à Paris l'année dernière c'est 2h55 half je suis passé en moins de 5h et puis à Nice sur le full je le boucle en 10h53

Invité 1 ok ouais

Romain mais tout ça ça va être revu parce que parce que c'est pas que je veux toujours plus c'est qu'en fait mon premier marathon que j'ai fait c'était sur Ironman et je le boucle en 3h56 et j'avais des potes qui ne faisaient pas de triathlon mais qui faisaient des marathons et du coup forcément je me suis dit j'aimerais bien voir qu'est-ce que je vaux sur marathon sec et je m'étais dit je pense que je vaux 3h10 et on est allé en 2019 avec 4 potes à Chicago pour courir le marathon et puis je l'ai couru en 3-11 et ensuite je m'étais blessé pendant ma prépa et je me suis dit que je pense qu'avec une prépa plus sérieuse, je pouvais passer sous les 3 heures et c'est un peu l'objectif de tout marathonien amateur de casser l'appareil 3h donc je me suis fait une belle prépa en 2022 et puis j'ai couru Paris en 2h55 et l'année dernière je suis parti en stage au Kenya pendant 2 semaines et en fait j'étais donc 2h55 là-bas c'était nice comme temps clairement je suis arrivé c'est les retraités qui font ça, ça monte, et en fait, tu ranges tout de suite ton égo, tu deviens tout de suite très très humble, et tu compares même pas avec les Kenyans, mais avec les Européens, ben voilà, les mecs qui avaient des gars de 50 ans qui couraient en 2,40, et puis d'autres mecs entre plus de monde, enfin de 25 à 35, qui couraient en 2,30, 2,20, donc tu te tais, tu t'entraînes, tu vas faire des footings avec les Kenyans qui te perdent dans les sentiers et là je me suis clairement rendu compte que j'étais pas du tout au plafond de mes performances sur route donc j'ai très envie de revenir sur marathon route et Ironman c'est pareil, j'en ai fait qu'un full l'objectif c'était moins de 11h donc je fais 10h53 mais c'est pareil je pense qu'en travaillant davantage je pourrais baisser un peu la barre La diagonale

Invité 1 qu'est-ce qu'elle représentait cette course pour toi ?

Romain Au départ initialement j'ai connu le triathlon et le triathlon longue distance je pense que c'était en 2013 et je me suis dit non mais hallucinant ces mecs franchement forcément c'était sur Ironman dont je parle les mecs ils tapent une étape du Tour de France en vélo et ils vont se faire un marathon derrière après avoir nagé 4 bornes en introduction je trouvais ça ouf complet et je trouvais ça fou en termes de physique de ce que ça demandait en termes d'entraînement physique mais ce qui me fascinait c'était ce que ça demandait aussi dans la tête en fait parce que clairement c'est clairement les deux choses qui sont importantes et du coup je me suis dit je veux m'entraîner comme ça pour pouvoir arriver à boucler un full donc j'ai je me suis je me suis inscrit à l'alph d'ex pour mon premier triathlon j'ai pris un coach pendant six mois j'ai acheté un vélo j'avais jamais posé mon cul sur une selle et je me souhaits six mois d'entraînement intensif pour aller faire l'alph d'ex c'était en 2015 et et puis je le boucle en 5,30 après six mois d'entraînement que j'avais jamais fait des volumes comme ça et puis je clairement je m'épanouis grave là dedans quoi donc c'est vraiment une découverte folle et puis voilà l'idée d'avoir fait un half c'était de faire un full donc pareil je garde ça en tête Et puis en 2018, je fais Nice. Et pareil, je prends énormément de plaisir sur la prépa. Je fais des volumes vélo que je n'avais jamais fait, des enchaînements que je n'avais jamais fait. Et clairement, c'est vraiment une source d'épanouissement pour moi d'arriver à ce niveau d'entraînement et de travailler sur tout l'aspect mental pour pouvoir réussir ce genre d'épreuve. Et j'avais un client du resto qui faisait de l'ultra et qui me racontait à chaque fois la Transmartinique, la Diag et tout. Et je me disais, mais attends, l'Iron Man, c'est cool, mais ça, c'est quand même hallucinant. tu vois mon truc je l'ai bouclé en 11h mais le gars il me raconte qu'il passe 40h dans la nature à devoir gérer la bouffe le sommeil à courir à la frontale c'était complètement inconnu démesuré et je me disais c'est rien par rapport à ce que j'ai fait et du coup la case Diagonale des Fous elle s'est ouverte dans ma tête à ce moment là c'était en 2018 après l'Ironman mais à cette époque là ça me fascinait mais j'en avais pas envie et je me disais ça je le ferais pas quoi franchement parce que effrayant ou ouais parce que je sais pas trop d'inconnus enfin tu vois c'était je me rappelle j'avais lu des trucs les mecs se perdaient je me disais mais les gars ils se perdent dans la nature de nuit mais attends tu vois c'est pas leur problème

Esther mais il y a pas longtemps encore tu m'as reparlé il y a un an un peu plus d'un an

Romain et du coup la case Diag elle s'ouvre dans ma tête mais c'était pas du tout le moment et par contre je me dis j'aimerais bien tester j'aimerais bien tester le trail sur des longues distances et je fais un premier je fais le trail des Calanx c'est 16 bornes avec je sais plus 900 000 de dénivelé c'est super technique mais ça va je prends du plaisir je découvre des endroits que je connaissais pas c'était incroyable et ensuite quelques mois ensuite je suis très il va fond mais c'est ce qui monte au garabant donc pareil ultra technique je crois que l'organisation à la fiche 21 bornes avec mille de dénivelé et là en fait je je je au onzième j'étais au bout de ma vie déjà quoi je suis parti trop vite et et genre au 19e regarder la montre je dis quand est-ce que ça se termine ? Puis au final, il n'y a pas 21 bornes, il y a 24 bornes, il n'y a pas 1000 de dénivelé, il y a 24, un truc interminable. Et là, je me dis, en fait, le trail est long, laisse tomber. Sur 25 bornes, j'en ai marre, je ne ferai jamais 60. Et là, du coup, je suis passé sur la route, donc marathon. Et après, plusieurs marathons, j'ai fait Chicago et Paris. je faisais toujours quelques petites sorties dans les calanques et on revient à l'année dernière, Tignes où je veux quitter la route, où j'ai déjà fait plusieurs fois 42 bornes, où je veux allonger les distances et où j'ai davantage de connaissances sur l'ultra, sur 50, 80, 100 bornes et je me dis j'aimerais bien quand même aller voir ce que c'est quoi. Et l'objectif c'était madère. Et du coup l'année dernière c'est clairement après Tchignes où je me dis ok je me mets sur du long et puis je vais construire un truc progressif, enfin en fait ce qui n'était pas du tout le cas, mais où je vais monter distance et et ben forcément en fait j'ai commencé le triathlon l'idée c'était un alf c'était un c'était un full quand je me dis je me mets sur du long l'idée c'est un 100 miles quoi je peux pas attendre dix ans pour me dire je vais monter progressivement et je vais faire 100 miles quoi donc c'est clairement une erreur mais mais dans ma tête je le sais pas à ce moment là et je me dis j'organise j'organise l'année fin l'année et demie que j'ai pour me dire octobre 2023 diagonal des fous et puis derrière je me fais je me fais un câble brillé pour monter crescendo en distance donc le dernier trimestre de 2022 on a fait quasiment une course toutes deux semaines où je faisais des entre 30 et 50 bornes et puis ensuite j'ai fait madère cette année avec un 85 je m'étais inscrit à la restonica au 110 au mois de juillet pour préparer la diag et puis et puis je me suis blessé curieusement que la notion de progressivité n'était pas n'était t'es pas respecté et puis voilà, l'objectif restait quand même la diagme.

Invité 1 On va en parler de la blessure et de la préparation plus spécifiquement. Toi Esther, quand le projet Diagonal est sorti, de ta fenêtre, c'était quoi ? Comment est-ce que tu le percevais ? Qu'est-ce que ça représentait pour toi ? Est-ce que c'était vraiment comme l'a décrit Romain, tu vois, un pas de plus dans le mégalon, la folie complète, l'inconnu ou t'arrivais à voir quand même la motivation de ce qu'il voulait aller chercher ?

Esther Moi, j'étais surexcité. de faire le challenge. J'étais trop contente. D'ailleurs, le jour où il m'a dit que je m'inscris, c'était le jour des inscriptions. J'ai cru qu'on n'y arriverait pas. J'étais dégoûtée. Terrible. J'ai tout donné, j'ai tout donné. On n'a rien à l'acquérir. Et on l'a eu, quoi.

Romain Oui, parce que la première difficulté sur la Diag, c'est clairement de choper le dossard. En fait, soit c'est à la loterie, soit tu achètes un pack avec vol les hôtels pour avoir un dossard. Et en fait, le site, il sature parce qu'il y a énormément de monde dessus. Et du coup, il y a une journée d'ouverture où j'ai passé 4 heures devant l'ordi et je n'ai pas pu passer à l'étape 2. Et ensuite, ils ont réouvert une deuxième journée et ça a fait pareil. Et finalement, la troisième journée, j'ai dit à Esther, mets-toi devant l'ordi. À mon meilleur pote, mets-toi devant l'ordi. À mon père, mets-toi devant l'ordi. Donc, on était 4 sur 4 ordis différents. Et puis, Esther a réussi à choper

Esther un dossard. J'ai rien lâché. c'était 20 minutes avant la fermeture un truc comme ça, ça faisait 3 heures qu'on cliquait, qu'on cliquait, qu'on cliquait d'un coup ça a marché

Invité 1 c'est fou quand même l'engouement pour des épreuves comme ça où tout à l'heure Romain tu parlais de la banalisation du marathon je sais pas si on est à 100 miles c'est banalisé mais c'est quand même hallucinant de voir l'engouement pour des épreuves aussi longues, aussi dures qui a encore peut-être 10 ans qui était complètement ça existait il y a 10 ans même la Diag

Romain c'est la 31ème édition cette année en fait c'est c'est complètement partagé c'est que ceux qui sont enfin ceux qui font il y a vraiment une différence entre ceux qui pratiquent et en fait c'est un peu c'est assez banalisé en fait c'est plus incroyable de faire 100 miles quoi et après il y a le reste de la population qui ne vit pas dans ce monde pour qui tu es un ovni en fait clairement je ne m'y attendais pas mais quand j'ai commencé à dire à mon entourage que j'allais faire une course de 165 bornes avec 10 000 de dénivelé ça ne percute pas ils ne comprennent pas clairement ils comprennent pas pourquoi tu fais ça et franchement j'ai vraiment été surpris parce que après forcément évidemment c'est quand même démesuré, c'est quand même excessif mais ouais donc d'un côté tu as raison, c'est assez banalisé pour ceux qui le pratiquent et qui baignent dans ça et par contre pour ceux qui sont qui sont pas forcément sportifs c'est quelque chose qui est complètement incompréhensible

Esther après quand tu vois le truc bon après quand t'es sur le chantier c'est différent t'as plutôt tendance à rejoindre

Invité 1 la catégorie des gens qui te disent mais qu'est-ce que tu fous là-bas après du coup quand t'es en train de faire la course tu comprends ceux qui ne comprenaient pas

Esther pour avoir fait 8 kilomètres de recours moi je me dis oula

Invité 1 du coup vous arrivez à choper un dossard donc là on est à quelle période ?

Romain du coup les inscriptions c'était janvier 2023 pour octobre 2023 en septembre 2022 j'avais chopé un dossard pour Madère pour faire le 85. Et puis, j'étais aussi inscrit au 110 de la Restonica en juillet, en Corse, sur les centis du GR. Donc, initialement, c'est très, très bien comme entraînement pour la diag, parce que c'est méga technique. Et il y a une nuit dehors aussi. Le départ, il est à 23h ou à minuit. Donc, je n'avais jamais fait de course avec une nuit dehors. donc voilà j'ai fait les distances progressives mais beaucoup trop concentré dans le temps j'aurais dû faire ça sur au moins deux ans c'était un sprint progressif

Invité 1 mais ça restait un sprint

Esther il était quand même confiant parce que jusqu'à Madère ça coulait il a surfé jusqu'à Madère même après il a fait une très belle course et du coup on était méga client jusqu'à un moment donné c'est passé bien sûr mais alors soudain elle n'a même pas été progressive celle-là

Invité 1 mais du coup en termes de dans les grandes lignes côté prépa physique au delà des échéances des courses que tu avais positionnées en milestone ça a été quoi ton approche ? Tu as été accompagné ? En fait,

Romain sur l'année 2022, je me suis fait la prépa du marathon de Paris tout seul. En gros, sans objectif, sans entraînement. Enfin, sans objectif. En gros, je dois faire minimum entre 8h et 10h d'entraînement semaine quand je n'ai pas d'objectif. Et ça, c'est juste du plaisir. c'est parce que j'aime aller m'entraîner. Donc, peu importe que ce soit en course à pied ou du renfort un peu à la salle ou une sortie vélo ou un peu de natation. Voilà, en gros, le volume que je fais habituellement, c'est 8 à 10 heures. Donc, j'ai un foncier, je pense, qui est convenable. En fin d'année, je n'avais pas encore de stratégie ni de coach on est parti tous les 15 jours faire des courses donc c'était trop cool en fait parce qu'on est on partait chaque week-end tous les 15 jours à droite à gauche pour aller faire des courses entre 25 et 50 bornes donc là en gros je faisais des entraînements légers entre les courses et puis je faisais les séances d'intensité pendant les courses et ensuite quand j'ai eu quand j'ai eu le dossard pour la Diag je me suis dit avant même d'avoir le dossard pour la Diag je me suis dit j'ai pas du tout les connaissances et les compétences pour me construire un entraînement à la hauteur des échéances que je me suis fixé parce que ça reste quand même nouveau donc j'ai pris un coach Patrick Bringer et puis j'ai attaqué avec lui en janvier et on a fixé ensemble tout le programme de l'année avec des courses préparatoires pour les échéances et puis je me suis mangé des volumes d'entraînement, de l'espace que j'avais jamais pris

Esther après je me permets mais il banalise un petit peu ses entraînements avant tout ça et tu avais quand même l'habitude de partir dans les calanques, 2, 3, 4 heures et notre terrain d'entraînement c'est pas du trail dans la boue c'est des calanques, c'est de la caillasse c'est du gros dénouillé c'est cassant

Romain en allant courir à l'extérieur on s'est rendu compte à quel point notre terrain d'entraînement était difficile on n'avait pas conscience et à Madère on m'a dit c'est méga technique et en fait Madère pour moi c'est balayé c'est un sentier balayé à Madère

Esther comme c'est un peu humide le terrain il est meuble, il est doux comme c'est glissant ils font des marches partout donc en fait c'est complètement différent chez nous c'est des cailloux qui bougent, c'est instable et ça grimpe systématiquement pour dire que il balanise un petit peu l'entraînement qu'il avait quand même depuis quelques années non j'ai dit que j'avais un bon foncier oui mais voilà il pouvait quand même faire 2-3 sorties 2-3-4 heures

Romain je suis pas passé de canapé Netflix je me dis je vais faire 40 bandes

Esther c'est pour ça que je le relève quand même il n'est pas en place donc il est obligatoirement il doit faire minimum une ou 4 heures de sport par jour

Invité 1 ouais on remet les choses à leur place c'est bien que tu le précises Esther la diag on comprend bien que c'était un gros objectif t'expliques que t'as décidé de te faire accompagner parce que l'enjeu te paraissait vraiment énorme mais comme tu dis Romain tu débarquais pas de rien t'avais un foncier de fou

Romain j'ai fait des volumes d'entraînement pour arriver jusqu'à mon full en 2018 j'ai continué sur marathon sur route à m'entraîner et même pendant le Covid j'ai continué à m'entraîner donc oui j'ai une base de sport depuis bientôt 10 ans avec ouais ouais avec je m'entraîne toute l'année quoi et tous les jours et 5 ou 6 fois par semaine

Invité 1 ouais ouais donc quand même costaud quand même costaud et là tu disais des volumes d'entraînement de l'espace ça ressemblait à quoi une semaine j'imagine que tu fonctionnais par bloc c'est ça

Romain ouais ouais donc franchement ça a commencé bah ça a commencé avec les entraînements que j'avais jamais fait donc il m'a fait faire par exemple des séances d'intensité en trail coupé avec du renfaux donc j'avais des sprints en cote puis des descentes rapides et ensuite deux minutes de chaise tu vois entre chaque

Esther avec une pente à 19%

Romain ouais non c'était pas 19% mais c'était 17% non non c'est là et c'était genre tu vois dix fois, tu montes à fond, tu descends à fond, tu fais deux minutes de chaise et tu repars. Mais laisse tomber les jambes, les cuisses. Et du coup, j'ai découvert des entraînements que je n'avais jamais fait. Et je me suis rendu compte à quel point c'était bénéfique, clairement. parce que voilà il choquait clairement mon corps pour pouvoir pour pouvoir derrière assimiler des grosses descentes de l'intensité et des volumes importants quoi donc donc j'ai commencé à découvrir ces entraînements en plus il est quand même réputé pour ne pas être tendre quoi comme comme entraîneur il entraîne pas mal d'élite tu vois et et ensuite le un des blocs de l'espace dont je te parle c'est après madère pour préparer la restonica c'était un bloc de trois semaines où je suis monté à centre entre 100 et 110 bornes par semaine et entre 6 et 8000 de déniolée mais Mais le truc, c'est que tout ça, je le fais dans les calanques. Donc, encore une fois, c'est au niveau des pieds, mais je n'ai jamais eu les pieds défoncés comme ça, quoi. Parce que je suis dans les cailloux. Enfin, c'est… Ouais, la technicité des calanques, c'est vraiment difficile, quoi.

Esther Et… Il usait faire des navettes.

Romain Ah ouais, ça c'est magique. Psychologiquement, mais…

Esther Alors déjà, il faisait trois heures à trouver la navette. Il fallait trouver le bon terrain. à la recherche de l'endroit parfait pour faire la navette ?

Romain Première navette, c'était pour préparer madère. C'était navette 1500. Non, je crois que c'était pour préparer le trail du Ventoux. Le Ventoux, c'est 42 bornes avec 2003 dénivelé. Et 10 jours avant, il m'avait fait faire un petit week-end où j'avais genre 30 bornes et 1000. Et puis le lendemain, navette 1500. Donc, la consigne, c'était une pente de 200 à 300 mètres de dénivelé avec entre 15 et 25 % et tu montes et tu descends jusqu'à ce que tu fasses 1500. D'accord. Navette, bon, voilà, 1500, c'était cool. Après, j'avais une navette, 3500 dans mon blog de trois semaines. donc en fait je suis allé faire 8h montée-décente

Esther pendant ce temps moi j'ai parcouru toutes les calanques

Romain mais tu vois psychologiquement c'est hallucinant ce genre d'entraînement tu vois psychologiquement quand t'es sur une pente de 300 dénivelés et tu te dis jusqu'à 3500 j'arrête pas ben ben forcément tu développes des qualités et des compétences qu'initialement, tu n'as pas. Parce que... Donc, ça, c'est pareil, tu vois, ce genre de choses. Si tu le dis à des gens qui ne pratiquent pas... En fait, je ne le disais plus, en fait. J'ai arrêté. Très rapidement, très rapidement, j'ai arrêté de dire ce que je faisais à mon entourage proche qui ne baigne pas, entre guillemets, là-dedans, tu vois, parce que... Parce que ça ne rentre pas... Ce n'est pas compatible, en fait, tu vois. C'est pas possible de faire ça. Et en fait, c'est un travail complètement qualitatif parce que tu montes et tu descends. Donc, tu reproduis exactement ce que tu vas reproduire en course avec des gros dénivelés et des grosses descentes traumatisantes. Donc, musculairement, c'est exactement le travail qu'il faut faire. Et psychologiquement, de faire 8 heures la navette, tout seul parce que 90% de mes entraînements si t'es seul 85% et 15% c'est avec Esther et des fois je fais les sorties en groupe mais c'est super rare t'es seul avec toi même donc mentalement t'as le temps de réfléchir t'as le temps de réfléchir

Invité 1 Esther de ta fenêtre du coup t'en pensais quoi quand ça a commencé qu'il a commencé à arriver sur des séances type celle qui vient de décrire navette 3005 des trucs monstrueux

Esther j'adorais je le suivais partout je l'accompagne le problème avec elle

Romain c'est que jamais elle me dit mais arrête toi tu vois

Esther je me rappelle de cette navette on avait galéré pour la trouver on avait dû aller à Marseille et en fait il fallait la faire il fallait d'abord faire trois bornes sans se déniveler et après il avait choisi un chemin pour le faire donc du coup il était parti

Romain mais on n'avait pas repéré j'avais juste regardé sur Google Maps

Esther Il ne pensait pas que ça mettrait aussi longtemps. Donc, on avait prévu, je ne sais pas, peut-être 4 ou 5 heures de ravitaillement, d'eau, etc. J'ai fait un petit bout de chemin avec lui. Il pleuvait ce jour-là. Moi, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'avais pris juste 500 minutes d'eau et une pomme. J'ai fait deux navettes avec lui. Et après, je me suis dit, bon, allez, je te laisse. Je vais visiter le reste des Calanques. Et je suis partie 6 heures, je crois. et en fait c'était très drôle ce qu'il devait faire c'était un V, il avait deux navettes possibles et donc quand je suis revenue, je me suis dit bon bah j'ai une chance sur deux de le retrouver je me suis haït 6 en haut de la côte en haut d'une pente il est arrivé mais il était sec le genou en sang il me dit j'ai plus d'eau t'as de l'eau ? Ben non il avait plus rien à boire il me dit tu peux aller me chercher de l'eau ok je viens de me faire vendre sa borne pas de soucis c'est encore trois bornes j'avais complètement sous-estimé la distance à laquelle la voiture était garée par contre t'as le temps de faire quelques navettes je suis là dans peut-être une heure parce que du coup tu perds un peu de lucidité dans ce genre d'entraînement tu m'étonnes je pouvais pas lui dire non tu vois tu peux aller me chercher une cinture chérie s'il te plaît

Invité 1 du coup c'est à ce moment là que tu t'es dit que t'allais t'allais chercher un préparateur mental aussi ça a été déclencheur ce type de séance ?

Romain deux raisons en fait j'ai validé mon diplôme de préparateur mental cette année et du coup après la formation j'avais envie d'être à la place du préparé parce que j'envisage d'être préparateur de faire des suivis donc je voulais être de l'autre côté de la barrière et avant de me blesser ma plus grosse surprise, c'était que ces entraînements-là, en fait, ce n'était pas physiquement où j'avais le plus de mal, c'était mentalement, en fait. Parce que d'aller se rentrer dedans comme ça une journée, c'est une chose, mais d'enchaîner jour après jour sur trois semaines, ben franchement enfin ben voilà mentalement c'est difficile quoi et c'est pareil et il n'y a pas de il n'y a pas de c'est quoi les conditions aujourd'hui est-ce que je sors ou pas en fait non c'est juste c'est quoi l'entraînement aujourd'hui et j'y vais tu vois donc je suis allé me faire des séances plein mistral je suis allé me faire des séances sous la pluie où tu ressors avec des ampoules en pagaille et mentalement évidemment que tu souffres tu as clairement de la douleur et d'accepter cette douleur jour après jour c'est difficile donc oui pour deux raisons du coup oui j'avais envie d'être à la place du préparé et oui j'avais envie d'avoir un soutien pour développer ma préparation mentale.

Esther Après, il faut quand même relever une chose, c'est qu'il a une assiduité et une discipline incroyables. Jamais il n'allait passer à côté d'une séance ou jamais il n'allait la diminuer. S'il te dit, c'est 25 fois à la chaise, 2 minutes, jamais à la fin il se dit c'est bon ça là je la passe jamais, jamais, jamais si tu le fais une fois

Romain si tu passes une fois tu vas dire ça va j'ai fait 90% d'entraînement ça va quoi non ça va pas tu fais 100% en fait quand j'ai un objectif comme ça je suis bête et discipliné je délègue ma préparation à un professionnel je lui fais 100% confiance et ensuite je pose mon cerveau et j'exécute quoi pour moi il n'y a pas de il n'y a pas d'arrangement et il pleut, il vend il vente, j'ai des ampoules, j'ai pas envie ça rentre pas dans les ça rentre pas dans les

Esther donc c'est ce qui c'est ce qui l'amène là où il est allé aussi 3000 de dénivelé c'est pas 2800 à 70

Romain 3000 0-0 au pire t'en fais plus au pire t'en fais plus par contre t'en fais pas moins

Esther Et je pense qu'il n'a pas eu une seule séance. Si, si, les sauts de grenouilles, je crois. Les sauts de grenouilles au PPG.

Romain Non, mais je n'ai pas raté. Pareil, j'avais des séances...

Esther C'était très drôle.

Romain Un jour, on travaille sur la fatigue, des sauts de grenouilles. Après, je lui disais, mais si on me filme, on me prendrait pour un fou.

Esther Un jour, il me dit, mais c'est quoi ces séances ? Il me fait faire n'importe quoi. Je dis, mais le mec, il me prend pour un con, ça. Un jour, il me dit, mais je te jure, il me ferait faire des sauts de grenouilles, je les ferai. Et il mesure presque deux mètres et je me l'imaginais. Et en fait, un jour, il envoie sa séance. Et la semaine qui suit, je lui dis, chérie, j'ai des sauts de grenouilles à faire. On ne savait même pas que ça existait. Le truc, c'est impossible à faire parce que c'est un enchaînement avec des sauts de grenouilles.

Romain Tous ceux qui sont dans le monde du trail, c'est des genres d'entraînement qui ne sont pas surpris, je pense. Mais par contre, tu sors de ce monde-là, tu te dis, c'est impossible.

Invité 1 C'est intéressant ce que tu disais, Esther, sur la discipline et le fait d'aller vraiment à chaque fois au bout. C'est un truc qui semble t'avoir marqué chez Romain. J'ai écouté il n'y a pas longtemps un épisode de podcast avec Joe Desena. c'est le fondateur des Spartan Race et en fait il expliquait donc il parlait un peu de son état d'esprit à lui au quotidien il fait aussi beaucoup de sport et des challenges complètement fous au Canada, aux Etats-Unis et apparemment alors je ne sais pas s'il l'a déjà mis en place sur certaines courses aux US ou s'il veut le mettre en place mais c'est une en fait tu ferais ta Spartan Race et au moment de l'inscription tu peux cocher une option genre extra mile ou extra effort, je ne sais plus comment il l'a appelé mais un truc en plus, mais tu ne sais pas ce que c'est et en fait au moment où tu passes à l'île d'arrivée où 95% des gens ont fini toi en fait c'est là que tu découvres le truc qu'il te reste à faire en plus par rapport à tous les autres et en fait il disait que lui il fait ça tout le temps dans ses entraînements au quotidien il se dit je pars pour D-Born et en fait au D-Born il sait que là il fait un truc en plus tu vois 1 km, 2 km 300 pompes, n'importe quoi mais à D-Born il sait que c'est pas fini, c'est là qu'en fait il va vraiment travailler son mental donc c'est super intéressant finalement, c'est un peu ça

Romain c'est pour ça, il n'y a pas moyen en fait si tu ronges une fois, c'est fini systématiquement du coup

Invité 1 préparation physique en place séance de l'espace, tu découvres un peu, j'ai l'impression quand je t'entends un univers, tu vois tu mets le doigt dans un truc que t'as un peu inconnu

Romain du coup à ce moment là avec ce niveau d'exigence avec ce niveau d'entraînement avec ce volume horaire que je me mange je me pose la question est ce que c'est vraiment envie est ce que c'est vraiment ça que j'ai envie de faire aussi tu vois parce que parce que là je passe mes journées à m'entraîner quoi tu vois et quand je m'entraîne pas et quand je m'entraîne pas je suis défoncé tu vois donc c'est pas c'est que sur trois semaines c'est un bloc donc forcément c'est pas c'est pas six mois entraînement comme ça parce que tu tiendrais pas et tu peux pas et il ya quand même d'autres choses à gérer que que que tes entraînements quand tu es amateur quoi mais mais je me pose quand même la question de est ce que c'est vraiment ça ce que je veux quoi voilà mais donc je valide donc Je valide ce bloc de l'espace de trois semaines. C'était en vue de préparer la Restonica, le 110. Et en course préparatoire, deux semaines après ce bloc-là, j'avais un 70 bornes avec 5000 de dénivelé en Suisse. Je valide ce bloc de trois semaines. Nickel au niveau physique. Je n'ai rien. J'hallucine, en fait. Franchement, j'hallucine que ça passe. et j'hallucine de ne pas avoir de courbatures. En fait, mon corps, clairement, il s'acclimate à ça et il s'adapte. Donc, c'est top. Il me fait faire une coupure de cinq jours sans activité. Et ensuite, le week-end, j'ai genre deux heures de vélo le samedi et le dimanche, j'ai trois heures de reprise souple. Et là, je pars trois heures. J'ai des sensations vraiment moyennes. je monte, j'ai des petites douleurs au genou, et je descends, et je commence à avoir une douleur au genou, qui s'intensifie, qui s'intensifie, qui s'intensifie, je me dis, c'est quoi cette vue-là, j'ai rien eu, et je rentre de l'entraînement, je ne fais pas trois heures, je fais deux heures, et je rentre à pied à la maison, et je me dis, ce n'est pas possible, j'ai rien eu jusqu'à maintenant, et là, sur une séance de reprise, après cinq jours de repos, j'ai ça quoi, je me dis c'est une douleur qui va partir comme elle est venue quoi et ben non, pas du tout donc finalement je cours pas la course préparatoire en Suisse je vais faire une IRM j'ai une fissure dans le cartilage rotulien que j'avais déjà eu à la fin de mon Ironman j'avais fait des infiltrations d'acide hyaluronique ça avait super bien marché j'avais rien eu pendant 3 ans et là ça se remanifeste donc du coup pas de course en Suisse pas de restonica et je me refais des infiltrations et le doc me dit il faut minimum 2 à 3 semaines pour recourir et en général il faut attendre au moins 1 mois et demi ou 2 pour que les infiltrations font complètement effet, fassent complètement effet. Donc, là, c'est fin mai. La Restonica, c'était début juillet. C'est mort. Au final, je m'arrête de courir pendant trois mois. Je peux recourir à peine fin août. Et entre-temps, j'ai le coach au téléphone qui me dit, écoute, si tu ne peux pas reprendre l'entraînement à partir de mi-juillet laisse tomber la diag laisse tomber la diag c'est pas possible donc à ce moment là parce que t'as balayé

Invité 1 quand même vachement rapidement mais quand tu te rends compte que cette blessure elle va pas disparaître comme elle est apparue bah déjà

Romain la première frustration c'est je valide ce bloc de monstruieux j'ai une course en Suisse 70 bornes c'est des distances que je connais que j'ai déjà fait que j'adore sur lequel je peux faire une course complètement aboutie. Et le coach me dit, après les dix jours d'affûtage, tu vas avoir des sensations, en gros, à un niveau jamais atteint. Donc, en fait, je capte que je ne peux pas aller courir en Suisse et que je ne peux pas faire trois bornes sans avoir mal. donc là, je me fais à l'idée, je me dis, c'est comme ça, je n'ai pas le choix. J'ai encore espoir de courir la Corse à ce moment-là, et puis au final, après 5 ou 10 jours d'arrêt, je retente, et puis ça ne passe pas. Là, je me dis, ok, je suis blessé, j'oublie tous les objectifs que je m'étais fixé jusqu'à maintenant, et mon objectif premier, c'est tout faire pour me guérir et tout ce qui va favoriser le soin de la blessure. Et du coup, forcément, j'ai cette frustration mais je je je ne vais pas me lamenter des jours et des jours en me disant voilà je ne peux pas courir je ne peux pas faire la course en Suisse je ne peux peut-être pas aller en Corse je voilà je change d'objectif mes objectifs c'était m'entraîner pour aller courir en Suisse pour aller faire l'Arrestonica et du jour au lendemain mon objectif ça a été d'oublier les objectifs précédents et de se dire mon objectif premier, c'est me guérir et de prendre le temps nécessaire qu'il faut pour pouvoir recourir rapidement et pouvoir reprendre l'entraînement correctement sans pépins.

Invité 1 Ça m'avait impressionné finalement la vitesse à laquelle tu avais fait ce switch. Honnêtement, on en avait parlé, etc. Mais je pense que la blessure, c'était le dimanche, on devait avoir une séance peut-être le mardi. Je me rappelle du message que tu m'envoies. On s'était déjà parlé, je pense, une ou deux fois peut-être, on avait déjà eu deux séances je pense de prépa mental avant donc j'avais déjà un peu le contexte je savais le volume que tu te mangeais ce que représentait la diac pour toi et là quand tu m'envoies blessure je me suis dit ah bon ça risque d'être compliqué à gérer et en fait super rapidement Esther ça va être ma question pour toi mais d'un point de vue extérieur c'était assez bluffant voir à quel point tu t'es t'as su très vite te remobiliser Esther toi tu l'as vu comment ?

Esther j'ai scotché je me suis dit ouïe ouïe ouïe allez là ça va être un gros chantier pour moi il va falloir que je l'accompagne là dedans et en fait je ne l'ai pas reconnu j'ai été impressionnée il a pris la situation comme elle était il savait qu'il n'avait pas de pouvoir dessus et il m'a impressionnée je pense qu'il a vraiment eu une évolution à ce niveau là je ne suis pas sûre que les années précédentes il avait cette faculté à se dire j'ai pas le pouvoir là-dessus je peux rien faire en fait je vais pas me lamenter pendant des jours et des jours donc aujourd'hui je fais le nécessaire je mange correctement je m'alimente correctement je bois correctement j'attends que ça passe et quand je pourrai reprendre je reprendrai et on l'a plus entendu il l'a plein une seule fois il m'a pas dit oh là là je peux pas courir je peux pas suivre je peux faire de sport rien next incroyable j'ai ressenti le vélo par contre et je me suis mise au vélo j'ai ressenti le vélo et j'ai acheté un vélo à Esther et on avait qu'une autre best life dans les Alpes et en fait il a super bien rebondi on a tous les yeux trop bien rebondi

Romain que ça soit dans le sport ou dans la vie en fait je m'interdis de de de donner de l'importance aux choses sur lesquelles je n'ai pas de pouvoir, mais en fait, je n'ai pas de pouvoir. Donc, voilà. Donc, en fait, je fais tout ce qui est en mon possible avec les outils que j'ai, les moyens que j'ai pour... Voilà, pour améliorer la situation, mais sur quelque chose dont je ne peux rien faire, en fait, je ne peux que dire d'accord, ok, je m'adapte. Je m'adapte parce que je ne peux rien faire là-dessus. quoi. Et la blessure, c'était ça. Je ne peux rien faire à part, ben voilà, continuer à faire toutes les choses qui sont nécessaires pour te guérir. Donc voilà, donc ça passe par le repos parce qu'en fait, c'est un signe de mon corps qui me dit, mon gars, t'as cru qu'on avait continué comme ça longtemps, quoi, tu vois. Donc voilà, je prends ça considération aussi tu vois s'ils se manifestent c'est que c'est que justement le la progressivité dont on parlait au début je n'ai pas suffisamment respecté quoi et mon corps a accepté jusqu'à un certain seuil et c'était déjà c'est déjà énorme mais à un moment donné il va un monnaie il dit ben on est là j'aimerais me reposer donc on va se reposer si t'as pas compris on va se reposer donc ok je me repose et puis et puis je n'ai pas plein de michel en disant je peux pas faire les courses que j'ai prévu je trouve des solutions et puis voilà ben on est du coup je pouvais que je pouvais continuer à faire du vélo je pouvais continuer à nager c'est des sports que j'aime et cette année j'ai pris un plaisir hallucinant vélo comme jamais j'en ai pris on est allé faire des des sorties dans les Alpes avec Esther, je n'avais jamais fait ça. On a fait des sommets, on a fait des calls. Donc, ça m'a ouvert des portes que je n'avais pas prévues. Mais en fait, le plaisir, il était autre que ce que j'avais prévu, mais il était quand même là. Donc, voilà. Donc, blessure. Et après, quand tu suis des trailers, quand tu écoutes des podcasts, tu te rends compte que c'est pas Romain Castiglia qui est blessé en fait, c'est le lot de tout mec qui décide de se manger des entraînements aussi intenses et tu vois je crois que c'est Thibaut Garivier qui disait que qu'il y a une frontière infime entre la performance et la blessure dans l'Ustra Trail donc t'es tout le temps sur le fil en fait t'es tout le temps sur le fil donc voilà et quand tu écoutes les élites il y en a pas un oui si il y en a qui n'ont pas de bobos mais il y en a un paquet qui ont systématiquement des petits trucs quoi tu vois donc ouais ouais clairement qui vient sans blessure en fait donc donc voilà après donc au niveau du calendrier ben c'est ça c'est que j'oublie la suisse la restonica ben pareil on avait tout bouqué les vols les bateaux la semaine là bas donc finalement voilà j'ai pas courir en corse mais bon j'ai partir une semaine en corse avec ma chérie donc tu vois je peux pas me lamenter quoi et puis on fait autre chose et puis et puis c'est ça et puis je le coach au téléphone et il me dit écoute je peux pas t'entraîner à partir de mi-juillet laisse tomber la diag et je lui dis je peux voir sur je peux voir si je peux changer mon dossard pour pour le bourbon le bourbon je crois que c'est 110 bornes et il me dit non laisse tomber le bourbon c'est pareil c'est indice et les mêmes difficultés que la diag donc même le bourbon oubli quoi tu seras pas prêt donc là je me dis bon ben voilà clairement j'ai voulu être j'ai voulu être je n'ai pas respecté puisque puisque si tu es ben voilà tu vois j'écoute beaucoup de podcasts de trail et tout est clairement tout le monde tout le monde prône le les années d'expérience dans le dans la longue distance la progressivité pour monter en distance et ce qui va avoir c'est qu'en fait c'est de l'adaptation de ton corps il peut te suivre mais il faut que tu y laisses le temps d'assimiler 50 bornes puis 60 bornes puis 80 bornes mais sur un an ou sur deux ans sur trois ans puis 100 bornes puis tu vois et Et puis, jusqu'à arriver à 170 bornes où tu as respecté la progressivité nécessaire pour qu'il s'acclimate à ça. Mais c'est dans mon tempérament. J'ai voulu aller trop vite. Et puis, ça a sonné à un moment donné.

Invité 1 À quel moment est-ce que, du coup, tu t'es décidé à prendre le départ quand même ? en dépit de la blessure. Et comment est-ce que tu as fait évoluer tes objectifs ? Puisqu'initialement, la raison pour laquelle tu avais un préparateur physique, enfin un coach, qu'on a fait de la préparation mentale, c'est qu'il y avait quand même un gros objectif de performance pour cette diagonale. Donc, comment est-ce que tout ça a évolué ?

Romain Initialement, l'année dernière, quand je m'inscris à la Diag, je me mets un peu plus d'un an d'entraînement intensif pour aller courir la Diag en octobre 2023 avec l'objectif de faire moins de 35 heures et top 100. Donc ça, c'est l'objectif de l'année. Et quand je me blesse, je me dis, j'oublie toutes les courses. j'oublie même l'idée de recourir pour l'instant parce que c'est pas du tout d'actualité je peux faire du vélo je peux nager donc je pars sur en fait je fais entre 150 et 350 kilomètres de vélo par semaine dès ma blessure jusqu'à jusqu'à fin août où je refais un test pour courir où je revois le doc avant et il me dit, là, ça va faire deux mois qu'on a fait des infiltrations. Je recours avant, je refais un test de course avant et je n'ai pas de douleur. Je revois le doc, il me dit, c'est cool, tu peux reprendre, ça fait deux mois, c'est ce que je t'avais dit, il faudrait un mois et demi, deux mois pour que tout se mette en ordre.

Esther Sachant qu'il finit sa course, c'était la course de chercheux, je le récupère à la fin de la course, on se retrouve, je dis, alors ? Il me dit...

Romain Attends, attends, attends. Du coup, voilà. Du coup, fin août, je peux recourir. Donc là, en fait, tout rechange dans ma tête. Parce que... Parce que... Parce que, en fait, j'avais... Je m'étais sorti l'idée de courir jusqu'à ce que je suis blessé. Je m'étais dit, mon corps a besoin de récupérer. Il a besoin du temps. Je lui laisse le temps nécessaire pour me remettre sur pied. parce que voilà, après, ok, les cours c'est mort, mais après j'ai envie de continuer à pouvoir faire du sport, de continuer à pouvoir m'épanouir là-dedans. Donc j'ai quand même, j'ai envie de préserver un minimum mon corps. Et du coup, quand je peux recourir en fin août et que je fais des petites séances, je reprends avec trois fois dix minutes sur plat, avec deux minutes de marche entre les dix minutes, puis ça passe, puis je fais quatre minutes, fois 10 minutes avec 2 minutes de marche entre les 10 minutes, puis ça passe. Puis je fais 50 minutes non-stop, puis ça passe. Puis je retourne une heure dans les calanques, puis ça passe. Puis je fais 1000 de dénivelé, puis ça passe.

Invité 1 Tu as été progressif

Romain là, c'est bien. Ouais, toujours, toujours. Vraiment. J'ai vraiment pris en considération mes erreurs du... Et du coup, j'avais j'avais booké un dossard donc avant la blessure j'avais eu ça avec le coach j'avais booké un dossard pour un 70 bornes un deuxième 70 bornes en Suisse du coup qui était 3 ou 4 semaines avant la diag c'était ma dernière course préparatoire et j'avais encore le dossard et du coup je me dis bon là en fait tout se réagit dans ma tête et je me dis je peux recourir j'ai tout le voyage booké et le dossard pour la Diag. J'ai un dossard pour partir en Suisse. Ça se tente quand même, non ? Donc, avant d'aller faire le 70 bornes en Suisse, mi-septembre, non, c'est début septembre, il y a une copine à Esther qui montait à Cercheux pour faire un 26 bornes. C'est combien la distance ?

Esther 26, 2000 dénivelé.

Romain 26 avec 2000 dénivelé. Donc, on se dit trop cool. On va avec elle, on l'accompagne. Elle était trop contente. et comme ça on court et puis moi je fais un test pour voir si le genou passe sur 26 bornes de 1000 de dénivelé et en plus franchement méga exigeant le truc c'est il n'y a pas une parcelle roulante c'est que de la montée et puis que de la descente donc on part à Cercheux on se fait le trail donc j'ai pas couru depuis j'ai repris progrès j'ai fait quelques séances de reprise mais mais ça fait trois mois que je n'ai pas fait vraiment de sortie engagée et là je me dis aucune attente de temps, de performance de classement, je m'en fous, je veux juste courir et être bien et surtout valider que mon genou passe je cours je suis bien c'est difficile quand même alors que tu vois pour 26 bandes de mille de dénivelé il y a trois mois en arrière c'était crème c'était rien là c'est quand même difficile l'environnement il est top il y a 8 km de descente à la fin c'est l'enfer quoi j'ai des ampoules alors que j'en avais pas sur des sorties beaucoup plus importantes ça fait mal et je me dis mais attends j'ai plus envie de ça en fait et finalement le genou ça passe pas de bobo j'attends esther à l'arrivée et je lui dis laisse tomber je sais en faire trop souffert quoi je j'ai pas envie de souffrir comme ça en fait tu vois déjà fait la course de la course en suisse c'était le week-end qui suivait le à serre chez les jours c'était le sable le dimanche et puis en suisse la course et le samedi donc on devait partir je dois avec ça qu'elle est là déjà il

Esther il me dit ça, je l'écoute.

Romain Après le trail,

Esther je lui dis, mm-hmm.

Romain À l'arrivée, je lui dis, laisse tomber, on ne part pas en Suisse.

Esther Et le soir, il me dit, on ne part pas en Suisse. J'étais là, mm-hmm, ok. Je ne dis rien. Le lundi, il m'écrit, on part en Suisse. J'ai, ouais, ouais, je le sais.

Romain Et, bah, finalement, en plus, franchement, les Alpes Suisses, mais c'est magnifique, quoi. Donc, en fait, je me dis, c'est trop con. j'ai fait les 26 avec 2000, c'est passé nickel, c'était difficile, mais c'est passé nickel au niveau du genou, j'ai eu absolument aucune alerte, aucune douleur, j'avais conservé le volume en vélo, donc musculairement franchement je n'ai pas perdu, j'avais des manques, musculairement je n'avais plus l'habitude des traumatismes que les descentes te mettent, mais musculairement j'étais bien, au niveau du cardio j'étais bien, donc je me dis c'est quand même trop con de ne pas aller tenter de voir ce que ça donne 70 bornes. Et donc je dis à Esther on part en Suisse, et l'idée c'est toujours la même, c'est je préserve mon genou, je pars pour faire 70, alors là c'est 70 bornes, 4 500 de dénivelé, et je me dis si j'ai mal au genou, j'arrête. Et l'optique d'aller faire cette course, c'est juste de me dire, est-ce que je suis capable d'aller faire 70 bornes et 4005 ? Et si mon genou ne se manifeste pas là, je peux prétendre à aller prendre le départ de la Diag, même si, clairement, je n'ai absolument pas la prépa pour aller faire le départ de la Diag. Donc, on part en Suisse, on arrive dans un environnement magique, mais vraiment, mais franchement, moi j'ai vécu cinq ans en Suisse, moi j'ai toujours adoré, mais là, c'était vraiment incroyable, et je pars, et je prends le départ, donc pareil, toujours sans objectif de performance, de classement, et en fait c'est méga difficile, enfin je pense que je suis quand même compétiteur dans ma nature, et à chaque fois, et quand je me suis positionné sur le départ de Madère, je savais que j'avais les crocs, je savais que j'étais prêt, et clairement, il y avait un objectif de temps et de classement. Là, je pars, je pars à la prépa, je reprends tout doux et je m'enlève tout objectif de performance et je prends le départ, ça grimpe au début. Puis, il y a les premières descentes où je suis méga prudent et je me fais reprendre par tout le monde. Et je me dis, ce n'est pas grave, ce n'est pas grave. Accepte, accepte, c'est bien. comment t'as fait pour

Invité 1 se lâcher prise finalement c'est ça que t'évoques là ta nature c'est plutôt ce qui te fait vibrer dans la course c'est justement la notion de course de classement, de performance etc et là tu l'évoques j'ai l'impression que ça a été super facile de lâcher prise mais ça a été un exercice difficile

Romain j'ai pas le choix j'ai pas la prépa qu'il faut pour faire 4500 et 70 bandes donc déjà je me pointe comme un touriste là dessus enfin je me pointe encore une fois j'ai un foncier mais tu vois j'ai pas la prépa spécifique donc je peux pas comme je te dis si je compare avec Madère à Madère j'avais les armes pour rivaliser à mon petit niveau en Suisse j'ai pas les armes pour rivaliser donc je ne peux qu'accepter de me faire doubler quoi en fait tu vois et de pas jouer de pas jouer de pas jouer en fait tout court juste de profiter d'être en montagne de repouvoir courir et de profiter de ces instants qui m'apportent tant quoi donc voilà donc il y a un côté frustration et il y a un côté où franchement ça fait chier de se faire doubler c'est vraiment bête mais ça fait chier et finalement je me dis je fais la course, je profite je suis raisonnable en descente et je lève la tête plus et je lève la tête plus c'est quelque chose que je ne fais pas quand je veux aller chercher un placement ou un temps et je me dis, je profite de Saint-Extant, de la course de la nature de ces Alpes suisses et puis j'ai Esther Oravito je la rejoins, je ne sais plus à combien au 20ème ou au 25ème je suis en mégaforme je la rejoins ensuite au 40 je crois et après il y a une montée boucherie 1200 sur 6 bornes 1200 mètres de dénivelé sur 6 bornes au 42ème ou au 44ème dénivelé laisse tomber le truc tu cabres pendant 2h30 tu grimpes et tu entends les gens respirer mais tu te dis en plus tu rejoins le 50 km et du coup en montée j'avais fait beaucoup dénivelé en vélo et en montée je suis bien je reprends du monde et je vois des gens qui en chient en plus tu montes à 2008 donc tu as quand même encore la notion d'attitude et de manque d'oxygène et du coup je monte bien ça va toujours nickel ravito là-haut il faisait froid, je me prends un bouillon salé, c'est best life, vraiment trop cool. Et ensuite, je dois rejoindre le prochain avito, c'est au 60e, et il y a 10 bornes, 1000 de des moins. Donc, tu dois redescendre une partie du mur que tu viens de monter, et là, en fait, je commence à redescendre, et j'ai direct le genou qui se manifeste. Donc je courotte, puis après je m'arrête de courir sur les parcelles descendantes. Et puis en fait quand je m'arrête et que je marche et qu'il y a de nouveau un peu de plat, je recours sur du plat, le genou il ne dit plus rien. Et puis en fait c'est vraiment l'inclinaison de la descente qui fait grincer mon genou. et du coup j'ai 10 bornes et 1000 de démoins et je suis en train de réfléchir je me tiens à ce que je me suis dit je suis venu ici pour voir si mon genou était capable de tenir 70 bornes, 4005 en vue de faire la diag je m'aperçois clairement que au 50ème 10 bornes de descente, 1000 de dénivelé négatif, ça ne tient pas je rejoins Esther au 60 et je ne termine pas j'avais pas envie de finir de finir par finir

Invité 1 en te flingant

Romain de courir sur ma blessure et de risquer de l'aggraver encore j'étais pas d'accord donc premier DNF je prends même pas la course comme un abandon j'ai pas du tout l'impression d'abandonner parce que je rejoins l'instéro 60, je suis frais en vrai ça va et c'est juste que voilà, mon genou, il me pose problème, je ne veux pas forcer dessus. Et du coup, cligner au 60. Et là, je me dis, pas de gag. Pas de gag qui était dans un mois.

Esther C'était frustrant parce que quand je l'ai récupéré, il était à 60. Donc, en fait, il n'avait pas couru depuis 3-4 mois. On aurait dit qu'il sortait de la boulangerie, quoi.

Invité 1 Je me rappelle qu'il m'avait dit que c'était ta réaction que tu lui avais dit, mais tu étais genre super frais, là.

Esther Mais tu es sûr, là, parce que c'est quand même dommage, quoi. et c'est vrai que c'était ça avait un côté où c'était méga rassurant parce que du coup il avait pas vraiment perdu et de se dire qu'il avait pu faire 60 bornes avec 4005 de dénivelé et de le récupérer comme ça je me suis dit waouh quand il a terminé Badère au bout de 85 c'était pas à la même vitesse

Romain d'ailleurs je suis arrivé

Esther c'était pas le même donc c'était quand même quelque chose de positif même si il avait arrêté et qu'il ne continue pas c'est quand même beau de le voir arriver dans cet état là avec ce qui venait de se taper tout en détente

Invité 1 ouais du positif sur cet aspect là mais en même temps premier mètre de descente la douleur qui revient tout de suite tu t'es dit quoi au moment où la première sensation de douleur qu'est-ce qui t'est passé par la tête

Romain merde je capte tout de suite la douleur elle est quand même spécifique donc voilà ça s'allume et puis une fois que c'est allumé ça s'intensifie au fur et à mesure et là je fais je descendais avec les bâtons en plus pour essayer de moins solliciter mes jambes mais en fait sur 200 mètres de descente la douleur elle a fait x10 déjà donc je me dis c'est mort je me dis c'est mort donc voilà tout de suite je m'étais déjà dit la Diag c'est mort tu vois je m'étais déjà dit une fois puis je me suis dit je tente donc ben voilà je je je peux pas avoir de regrets parce que en fait j'ai toujours tout fait pour pour pour aller au bout mais voilà si mon corps me l'empêche ben ben mon corps me l'empêche je peux que le respecter quoi

Invité 1 à ce moment là dans l'accompagnement on avait basculé sur un autre sujet que la Diag et puis à quel moment est-ce que tu as rebifurqué ? 2-3 semaines 3 semaines avant la diag non ? je reçois un message

Romain je suis en Suisse et je pense qu'il y a 4-5 jours qui se passent et après la Suisse je suis allé recourir dans les calanques 5 jours après juste pour voir si le genou, il grinçait encore et c'est pareil, je fais 700 de dénivelé positif ça passe nickel, je fais 200 mètres de descente, ça va pas quoi, donc je dis à Esther, elle se tomber, c'est bon j'ai pas, voilà, j'ai vérifié quoi, j'ai vérifié à plusieurs reprises, ça passe pas

Esther quoi. Là c'était je me souviens, c'était quand je suis venue te chercher l'autre côté des gars tu allais chercher, j'ai récupéré et là ça y est quoi, c'était

Romain en fait j'ai respecté, alors Évidemment, la reprise, c'est encore une fois, la reprise, elle a été exactement l'inverse de tout ce qu'il faut faire, de tout ce que le corps médical te demande de faire. Si tu reprends doucement, en progressivité, sans de déniveler, sans rien, et puis tu montes mois après mois avec du volume, ok, moi, ça fait trois semaines que je peux courir et puis je vais me taper 70 bornes et 45. Donc, évidemment…

Esther surtout que c'était la leçon que j'avais à apprendre c'est ce qu'ils me répètent depuis des années reproponitivement

Romain que j'appliquais jamais je peux pas théoriquement je sais exactement ce qu'il faut faire je décide de tenter le tout pour le tout pour voir si ça passe ça passe pas ça passe pas, ça passe pas c'est comme ça donc je me dis quelques jours je me dis pas de diag et puis voilà, c'est toujours pareil. Pas de diag, mais derrière, on a tout réservé à la Réunion. On a le dossard. En fait, on va partir en vacances à la Réunion pendant la course. Je ne vais pas courir. En fait, il n'y a pas moyen, les gars. Je ne vous rappelle plus. En rampant la diag.

Esther Un jour, il me dit « Mais en fait, j'ai calculé. Si je fais toute la diag en marchant à 4... » c'était quoi ?

Romain Ouais, je crois que je... En fait, si tu fais... Non, mais même pas à 4.

Esther C'est très drôle.

Romain Après, encore une fois, c'est une réflexion complètement naïve du mec qui n'est jamais à la réunion, qui n'a jamais vu le terrain, qui n'a jamais fait 100 miles. Et je me dis, n'empêche, je crois que je savais plus ce que j'avais fait que comme calcul. Je dis, je crois que si je suis à 3 à l'heure...

Esther 3,5 à l'heure, je crois.

Romain 3,5 à l'heure sur les 100 miles, ça me fait boucler en je sais pas en 42, 45 heures ou 50 heures

Esther et en gros 3 à l'heure c'est marcher normalement

Romain et du coup je dis ça va 3 à l'heure c'est bon je peux y aller en fait

Invité 1 il y avait pas eu une séance déclencheur aussi t'as pas eu une sortie ou t'as pas eu de douleur dans mes souvenirs il y avait eu un truc où tu t'étais dit en fait là c'est passé du coup ça passe

Esther non il est allé voir le doc il lui a dit, il lui allait lui demander au docteur si je cours sur la douleur qu'est-ce que je risque

Romain ça c'était après avoir pris la décision ah ouais

Esther non tu m'avais dit c'était mais dans mes souvenirs

Invité 1 il y avait un truc qui t'avait refait basculer dans bon finalement je l'ai fait quoi

Romain bah en fait ce que je me suis dit c'est que c'est que bah voilà l'envie que j'ai enfin la frustration de ne pas pouvoir courir et l'envie du coup j'avais déjà méga envie de le faire mais du coup avec cette frustration en plus depuis des mois l'envie grandit et voilà je cherche juste des solutions en me disant je ne peux pas la faire comme j'ai prévu de la faire mais est-ce que je ne peux vraiment pas la faire ou est-ce que je peux la faire un peu en marchant ou je peux quelle solution voilà qu'est-ce que j'ai aujourd'hui comme solution pour quand même essayer d'aller prendre le départ quoi et en fait ben voilà je me dis en fait je m'en fous quoi je vais en fait s'il faut la faire en marchant je vais la faire en marchant mais au moins je prends le départ et je m'imprègne de cette ambiance de ce mythe de cette diag que tu vois j'ai la case diagonale des fous dans ma tête depuis 5 ans donc je vais aller la cocher et puis je suis sur le palier de la diag et je vais dire non mais non en fait tu vois non c'est pas possible c'est pas possible

Esther tu vois la galère que c'est pour obtenir un dossard on avait tout on allait y être on allait faire quoi on allait voir le départ on allait sentir quoi

Invité 1 toi Esther ça a été quoi tu vois quel rôle quelle place est-ce que t'as pris dans cette phase un peu on y va, on n'y va plus, on y va, on n'y va plus est-ce que

Esther j'ai une attitude qui n'est pas j'ai appris à être différente avec Romain c'est que maintenant je l'écoute ça tend je dis oui oui et après j'attends que ça redescende oui oui oui et puis je connais la fin je sais très bien que je ne donne plus d'importance à ce qu'il va me dire sur le moment, je ne m'y attache plus sinon ça me fait souffrir parce que moi j'ai envie d'y aller aussi comme à chaque fois qu'il m'a dit on ne part pas en Suisse, on ne va pas là, on ne fait pas ça oui oui, en fait j'ai tellement de frustration moi aussi et je sais que derrière il va finalement y aller je le sais très bien, je le connais très bien et pour la diag je m'en doutais aussi après il a quand même un côté moi je suis fonceuse je m'en fous j'y vais quoi qu'il en soit mal, bouleur, quoi que ce soit je suis beaucoup moins raisonnable il a un côté où il est beaucoup plus raisonnable donc là il y a quand même la question de la douleur abîmer son corps et bon si lui il a la raison de ne pas faire la chose je ne vais pas l'influencer parce que moi justement je n'arrive pas à l'avoir cette raison là je vais aller m'abîmer je vais foncer si je veux quelque chose peu importe le contexte alors que lui s'il peut avoir cette intelligence là je vais pas lui couper les jambes donc j'attends dans mon coin et puis s'il a son côté mon serre qui revient, allez go je suis prête

Invité 1 c'est clairement revenu, moi je me rappelle les échanges qu'on avait vus c'est ce que quand t'en parles de toute façon ça s'entend je pense que là les gens qui écoutent le podcast l'épisode l'entendront t'avais vraiment l'envie t'avais une flamme qui était allumée et il n'y a rien qui l'éteignait. Tu voulais prendre le départ.

Romain Oui, en fait, voilà. Donc après, je ne sais plus ce que c'est le déclencheur, mais c'est ça. En fait, j'ai tout. J'ai tout. Donc, OK, j'ai mal aux genoux, mais je n'ai pas la prépa, clairement, pour aller faire mon premier puisque du coup, ma plus grande distance, c'est 85 bornes avec 5 000 de dénivelé. Et là, je pars sur 165 avec 10 000. Je n'ai pas du tout la prépa. Ah ouais, j'ai fait du vélo. Super, tu vois. J'ai fait du vélo cet été. Nickel. mais en fait je m'en fous, je me dis je vais sur la diag, j'enlève tout objectif de performance, de classement, de temps, de réussite et j'y vais pour l'aventure de vie que j'ai envie d'aller vivre depuis que j'ai ça en tête, depuis des années que j'ai ça en tête. Et s'il faut marcher, je marcherai et c'est pareil, je vais découvrir la réunion que je ne connais pas et les sentiers de la réunion que je connais pas à l'allure à laquelle je pourrais le faire et puis si et puis si je dois mettre le clignot parce que parce que je peux plus avancer je mettrais le clignot et en fait c'est pas grave pas voilà je n'ai rien à prouver ni aux autres ni à moi même j'ai juste envie d'aller kiffer à la réunion et du coup quand j'ai cette réflexion là je continue à faire du vélo je vais faire des escaliers à la salle je passe tu vois la machine simulateur à l'escalier, je me fais des sessions de débile mental, tu vois. Je me fais 400 étages en une heure. Les mecs à la salle, personne ne fait ça, tu vois. Personne ne fait ça. Je lui ai demandé, je n'arrive pas à régler le temps et en fait, sur la machine, tu ne peux mettre que 60 minutes, tu ne peux pas mettre plus. Moi, je veux mettre plus, quoi. Et du coup, j'arrête de faire du dénivelé, de faire du trail en gros je fais de la route, je cours sur du plat le genou ne dis rien, je fais du vélo tu courottes je fais du vélo je fais du renfaux je vais me faire des petites séances de dénivelé à la salle

Esther mais en même temps il n'y a presque rien comme temps il y a quoi ? il y a 3 semaines

Romain 2-3 semaines et voilà je me dis jusqu'à la Diag je ne fais pas de descente je ne fais pas de descente Et on s'était fait un petit cadeau avant de partir à la Diag. On s'était inscrit au triathlon de Cassie le week-end avant de partir. Donc c'est un format M. Donc c'est 1 500 de natation, 40 de vélo et 10 de course à pied. C'est assez exigeant le parcours à Cassie. Et du coup, je me dis, pareil, on va voir sur 10 bornes un peu actives. Du coup, là, il y avait des montées, des descentes sur le parcours. Si ça passe, ça faisait, je crois que ça faisait deux ou trois ans que je n'avais pas mis de dossard triathlon. Et là, vraiment, je suis tellement heureux de remettre un dossard triathlon et d'aller faire le triathlon sur mes terrains d'entraînement chez moi. Esther, c'était son premier triathlon. Elle a fait la nage à la brasse. Et là, je vis une course, mais de folie. Alors pareil, je pars sur aucun objectif de temps de réussite de classement. Et en fait, à la natte, je ne fais pas une belle natte parce que je n'avais pas beaucoup nagé ces derniers temps. Mais voilà, je sors correctement. Et par contre, en vélo, du moment où je sors de l'eau jusqu'à la fin du parcours, je remonte des wagons en aisance. Et ça me donne une pêche, ça. et je pose le vélo et je me fais 10 bornes pareil, le parcours c'est 2 boucles de 5 bornes avec un mur à monter, un mur à descendre et du coup je pose le vélo frais et je me dis première boucle tranquille et puis deuxième si j'ai encore du vu j'en vois et puis je me fais 2 boucles nickel à bon rythme et en fait je vis ma course parfaite trop heureux de remettre un autre triathlon je finis 35-36 sur 500 pas une douleur pas un instant de souffrance état de flot et 4 jours après on part à la réunion pour aller courir évidemment que je vais y aller

Esther ça l'a grave reboussé

Invité 1 c'est la course idéale

Esther ça te met à pic c'est franchement

Romain j'ai eu deux courses comme ça dans ma vie où tu ressens une fluidité un état de bien-être une aisance dans le contrôle et en fait tu es performant tu te sens performant dans le contrôle sans souffrir et mais c'est magique et surtout j'étais pas venu et il se tu as pas venu au triathlon cassis pour faire quoi que ce soit quoi. Et donc ouais, voilà, forcément, je cours ce tri le dimanche, on part le jeudi à La Réunion, il me dit en fait, rien à foutre, je vais, ça va le faire quoi.

Invité 1 Vous êtes encore là, merci beaucoup du coup, merci d'avoir écouté la première partie de cet échange avec Romain et Esther dans son intégralité. J'espère que ça vous aura donner quelques pistes sur la manière dont on peut se préparer pour une épreuve telle que la Diagonale des Fous. Je vous donne rendez-vous samedi prochain pour la deuxième partie de l'échange, celle dans laquelle on va vraiment rentrer au cœur de la course avec Romain, avec Esther. La meilleure manière de soutenir le podcast, c'est de partager cet épisode maintenant. Prenez votre téléphone, copiez le lien depuis la plateforme d'écoute que vous utilisez, Apple Podcast, Spotify, Deezer, et envoyez-le à quelqu'un qui est fan de trail ou tout simplement d'aventure et de dépassement. Tous les épisodes sont proposés gratuitement. Tout ce que je vous demande en retour, c'est un petit coup de pouce pour donner encore plus de visibilité à mes invités. Merci beaucoup, à mardi prochain pour un épisode classique et à samedi prochain pour la suite de cet échange. Sous-titrage ST' 501 Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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