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Saison 3 EP·138 Parcours de vie #Diagonale des Fous #handicap #La Réunion

07 novembre 2023

La preuve par l'exemple que l'impossible est possible avec Éric, Stéphane et Philip [Réseau Autonomie Santé 🇨🇦]

Durée · 1h28 · Transcription disponible

Éric

Le récit

Montrer, par l’exemple, que l’impossible est possible.

Voici la mission que se sont donné Éric, Philip, Stéphane et tous les autres membres du Réseau Autonomie Santé, une association établie au Québec 🇨🇦

Ensemble, ils font vivre des moments de dépassement physiques et humains à des groupes inclusifs.

Leur prochain défi ? Il vont se lancer sur l’édition 2024 de la Diagonale des Fous avec l’un de leurs membres qui sera en joëlette, un fauteuil roulant mono-roue équipé de bras à l’avant et l’arrière pour permettre d’être porté, poussé ou tiré.

Sur cette joëlette se trouvera Samuel, 30 ans et atteint du syndrome de Louis Bar. Au départ autour de lui, il y aura 26 porteurs et 5 assistants, qui uniront leurs efforts pour passer la ligne d’arrivée 4 jours plus tard 🥵

Parmi ces porteurs, Stéphane, que vous allez entendre dans cet épisode. Professeur d’activité physique, il est depuis plusieurs années lui-même à mobilité réduite suite à une double amputation. La preuve par l'exemple 🤩

Un échange d’une énergie 🔥 et d’un optimisme contagieux, avec des hommes que rien n’arrêtent et qui ont fait le choix de montrer que peu importe la condition de chacun, absolument tout est possible quand on en a la volonté.

Merci à Éric, Philippe et Stéphane pour ce fabuleux moment d’espoir, excellente écoute les Frappés.

🔎 Pour plus d'info sur la Diagonale des Fous c'est ici.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
👉 Épisode #110 - Refaire sa vie après avoir été amputé des deux jambes avec Cyrille Chahboune, ancien du CPA 10 (Forces Spéciales)

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Transcription

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Stéphane On a tous notre place dans la société et souvent je compare une personne à une lettre ou un cadeau qu'on reçoit. Le cadeau, qu'est-ce qui est le plus important ? L'emballage ou ce qu'il y a dedans ? Une personne humaine, c'est exactement la même chose. Ne nous arrêtons pas aux limitations physiques, intellectuelles, ou une différence, peu importe. Allons chercher ce qu'il y a dedans la personne.

Éric Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable, physiquement ou mentalement, et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Montrez par l'exemple que l'impossible est possible. Voici la mission que se sont données Eric, Philippe, Stéphane et tous les autres membres du réseau Autonomie Santé, une association établie au Québec. Ensemble, ils font vivre des moments de dépassement physique et humain des groupes inclusifs. Leur prochain défi, c'est de se lancer sur l'édition 2024 de la Diagonale des Fous avec l'un de leurs membres qui sera en joëlette, un fauteuil roulant monorou équipé de bras à l'avant et à l'arrière pour être porté, poussé ou tiré. Sur cette joëlette se trouvera Samuel, 30 ans, atteint du syndrome de Louis Barre, une maladie dégénérative. Au départ, autour de lui, il y aura 26 porteurs et 5 assistants qui uniront leurs efforts pour passer la ligne d'arrivée 4 jours plus tard. Parmi ces porteurs, Stéphane, que vous allez entendre dans cet épisode. Professeur d'activité physique, il est depuis plusieurs années lui-même à mobilité réduite suite à une double amputation. Un échange d'une énergie et d'un optimisme contagieux avec des hommes que rien n'arrête et qui ont fait le choix de montrer que peu importe la condition de chacun, absolument tout est possible quand on en a la volonté. Merci à Eric, Philippe et Stéphane pour ce fabuleux moment d'espoir excellente écoute à vous les frappés bienvenue Eric, Stéphane et Philippe sur le podcast super content de vous accueillir en direct du Québec Philippe t'es au Québec aussi là t'es en déplacement mais t'es toujours au Québec ? absolument oui génial génial génial super content qu'on puisse enfin faire cet enregistrement enfin enfin dans le sens où on a échangé il y a un petit moment et puis on avait convenu que ça se fasse à ce moment-là. Mais très, très cool parce que le projet que vous menez, dont vous allez nous parler, je le trouve absolument génial, super inspirant et j'avais hâte que vous puissiez nous en dire plus. Donc, merci beaucoup à tous les trois d'être là aujourd'hui.

Philip Merci Loïc de nous accueillir et de nous avoir invités. Avec grand plaisir.

Éric Ce que je vous propose, comme vous êtes trois, pour qu'on ait une bonne idée de qui fait quoi, c'est un petit round de présentation

Stéphane moi je veux bien me lancer Loïc, si Philippe et Steph vous êtes ok là écoute moi c'est Eric Sevelec donc en fait je suis cofondateur de l'organisme RAS Réseau Autonomie Santé et puis notre organisme s'est donné comme mission de participer ou d'organiser des événements sportifs mais en équipe inclusive, donc équipe composée avec des personnes ayant une incapacité physique ou intellectuelle et d'autres qui n'en ont pas. Donc là, on a décidé de partir à notre plus gros projet qui est de participer à la Diagonale des Fous en Joëlette en octobre 2024 avec notre capitaine Courage Sam. Et nous serons 26 porteurs pour essayer de franchir cette fameuse ligne d'arrivée de la Diagne.

Éric petite parenthèse mais s'il y en a qui sont peut-être pas trop familiers, une joëlette qu'est-ce que c'est exactement ?

Stéphane une joëlette, c'est un produit français Loïc, c'est fabriqué en France et c'est une je vais le vulgariser c'est comme une chaise porteur avec une roue donc c'est un fauteuil roulant monoroue avec des longs bras en avant et des longs bras en arrière donc ça permet de faire des randonnées ça permet de faire des courses c'est un outil intéressant multifonctionnelle et puis assez confortable pour la personne en situation de handicap.

Éric Super. Et donc, la roue, elle est positionnée sous le siège, c'est ça ?

Stéphane Oui. Tu as comme un siège sur lequel la personne prend place et sous le siège, tu as une roue qui permet donc de faire rouler la joëlette. Mais il faut savoir que pour notre projet, sur environ 96 kilomètres on va la porter plus de 60 kilomètres parce qu'il y a des passages à l'île de la Réunion qu'on ne pourra pas la faire rouler

Éric ouais on en parlait en off de certaines sections de sentiers à la Réunion effectivement de ce que j'ai compris c'est déjà moyennement pratiquable à pied alors avec une joëlette ça doit être un sacré défi ok merci beaucoup

Loïc on va parler l'année prochaine

Éric dans tous les cas on se fera l'épisode débrief après la course donc super intéressant, projet RAS donc tu disais Réseau Autonomie Santé c'est en fait l'idée de ce que tu expliquais avant qu'on passe à Stéphane et Philippe c'est d'associer des valides et des invalides et de les mettre ensemble au départ des preuves sportives type la Diagonale des Fous qui est votre plus gros projet mais en tout cas qui représente bien ce que vous essayez de faire et l'objectif c'est quoi ? c'est de leur faire vivre des aventures, des émotions exceptionnelles.

Stéphane Oui, c'est de démontrer que tout est possible. Parce qu'en fait, nous, dans les 26 sporteurs, on n'a pas d'athlète olympique. On a quelques personnes en forme, mais on a des personnes qui repartent de zéro, qui doivent se remettre en forme parce qu'on voulait démontrer que c'est hyper difficile, sûrement, à faire cette fameuse diag en joëlette. Mais monsieur et madame tout le monde est capable de le faire si on s'en donne les moyens et la peine. Et en ayant un groupe comme ça de 26 sporteurs, on s'encourage, on s'entraide et on va tous y arriver. Super message.

Éric Excellent. Merci Eric pour cette petite présentation et cette intro. Stéphane, Philippe, qui enchaîne?

Invité 1 J'y vais aller. Moi, c'est... Philippe, à moins que tu étais prêt. Ça va? Moi, c'est Stéphane Boivard. Je suis député Révis. dans le fond, je suis impliqué avec RAS depuis environ un petit peu plus de deux ans. Principalement, je suis enseignant en éducation physique. Je suis moi-même aussi en situation de handicap. Dans le fond, j'ai croisé Éric il y a environ trois ans de ça déjà pour une activité d'escalade. suite à ça, j'ai été impliqué. Puis c'est ça, je suis dans le groupe du début pour le projet de la Dianal des Fous, aussi pour l'Île-la-Réunion. Très content de faire partie de cette belle gang-là. Ce que je trouve plaisant, c'est ça, c'est de donner l'opportunité justement à des personnes qui, sinon, n'auraient pas l'occasion d'aller dans des endroits, exemple comme l'Île-la-Réunion ou juste en sentier avec la Joëlette. Dans le fond, les personnes dans une situation de handicap, ça leur permet aussi d'avoir accès à ces endroits-là. Je suis tenu avec nous, avec des personnes qui peuvent porter ou faire rouler la joelle-là.

Éric Tu disais que tu es toi-même en situation de handicap. C'est un handicap au niveau des jambes. Tu peux te déplacer ou est-ce que tu peux nous en dire plus?

Invité 1 Dans le fond, c'est ça. Moi, j'ai double amputation. En fait, amputation de jambes à droite, sous le genou, dans le fond. Donc, amputation de cibial. Puis, transmettant tarsienne à gauche. Donc, je n'ai plus mes orteils du pied gauche. Puis, à la jambe droite, j'ai l'amputation sous le genou. Donc, avec ma prothèse, je suis capable de me déplacer. Puis, je porte aussi à ce moment-là la jouellette. Donc, je réussis. Je parviens à faire des défis de cette envergure. En tout cas, du moins, je l'espère. Ah donc tu vas faire partie des 26 porteurs de la Joalette ? que les autres personnes. C'est très agréable et très content aussi qu'on m'ait impliqué dans le groupe aussi. J'apprécie.

Éric Fabuleux. Merci Stéphane pour cette présentation. Philippe, il ne reste plus que toi.

Philip Salut Loïc. Moi, c'est Philippe. Dans la vie de tous les jours, je suis un entrepreneur dans le domaine des personnes à mobilité réduite. Mais sinon, pour le projet de la Diag, moi, je fais partie aussi d'ARAS. Éric m'a recruté un peu en même temps que Stéphane, il y a deux, trois ans, pour m'impliquer plus activement dans l'organisme. Puis, tu sais, à ce titre, bien là, on a développé plein d'activités, dont le para-escalade. Puis Stéphane, il en fait avec nous, il est aussi moniteur de para-escalade. Puis à travers tout ça, bien là, Éric nous a proposé son projet de fou qui est de participer à la Diagonale des Fous. Donc, je suis comme porteur, patenteur en chef pour modifier la joaillette puis apporter peut-être des améliorations. C'est un rôle que j'aime bien. Puis, je suis super content d'être ici aujourd'hui puis d'être là avec Éric puis Stéphane. C'est tout le temps le fun quand on se retrouve puis qu'on partage nos histoires.

Éric Génial. merci à tous les trois pour ces super intros première question pour moi c'est alors peut-être du coup plus pour Eric mais qui est une question un peu finalement pour tous les trois c'est Eric la genèse de RAS qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné tu t'es dit que tu allais créer le réseau donc ça voilà plutôt pour Eric et pour Stéphane et Philippe qu'est-ce qui vous vous a séduit en tout cas qui vous a convaincu que c'était un projet qui valait le coup de vous investir autant en termes de temps, d'énergie, etc.

Stéphane Oui, tu vois, la genèse du projet, en fait, c'est partie d'une idée fort simple. C'est qu'à la base, et je le suis encore avec ma conjointe, on est famille d'accueil. Donc, on s'occupe de personnes adultes ayant une déficience intellectuelle et troubles de comportement. Puis, après quelques années, je me disais, OK, c'est bien beau, mais il faut que je fasse quelque chose pour m'oxygéner un peu. Donc je me suis dit, qu'est-ce que j'aime ? Je dis, ben, j'aime le sport, j'aime bouger, et autour de moi j'avais des personnes, des amis que j'avais en situation de handicap, puis de fil en aiguille on échangeait et on est venu à la réalité de dire, ben, on les voit jamais les personnes handicapées participer à des événements sportifs, et ça représente 15% de la population au Québec quand même, les personnes handicapées, et on les voit jamais. Donc, c'est parti de là avec quelques amis à roulettes, comme on les appelle, on a dit, on va monter une association. Donc, RAS s'est créée, mais avant d'intégrer un événement régulier, ça a pris trois ans parce que toutes les portes se fermaient. Il n'y avait pas de personnes handicapées qui participaient à des événements réguliers. La fameuse phrase qu'on nous disait tout le temps, c'est, ah non, ce n'est pas possible. Alors, on s'est dit, OK, c'est correct, on va finir par y arriver. et on a réussi à participer à un événement et en plus, ce n'était pas une course de 5 ou 10 kilomètres, on a fait une course à obstacles, je ne sais pas si vous connaissez, les X-Man Race, des courses à obstacles en Joëlette. Et on a filmé ça parce qu'on s'est dit, regarde si on fait ça et qu'on nous dit la prochaine fois, ah non, ce n'est pas possible, on va dire, as-tu une minute, regarde ce qu'on a fait, si on a fait ça, on est capable de faire un 10 kilomètres à pied ou en fauteuil. Donc voilà l'essence même de la naissance de RAS.

Éric Génial. Et donc RAS, tu l'as créé il y a combien de temps maintenant ?

Stéphane Alors je l'ai co-créé avec un ami, Dominique Viennot, un autre français, parce que je suis français, mais j'ai immigré depuis 30 ans au Québec, donc moi je suis international, maintenant je suis autant québécois que français, et on l'a créé en 2013.

Éric D'accord, ok, donc plus de 10 ans maintenant, ok. 10 ans, ok. Et donc Stéphane, Philippe, vous quand vous avez, déjà, Comment est-ce que vous avez croisé le chemin d'Éric et qu'est-ce qui vous a donné envie de rejoindre ou de participer à ce que fait RS?

Invité 1 Oui, c'est ça. J'en ai un peu parlé tantôt. Moi, c'est quand même récent. Depuis 2017, je suis maintenant en situation d'handicap. Je suis à la base aussi enseignant en éducation physique. Puis, je pense que c'est en 2020, il y a eu une activité, justement, on parlait tantôt de paraescalade. Il y a eu une activité d'escalade à Québec. Puis, c'était ma première participation en 2020 à une activité comme ça. Puis, c'est à ce moment-là que j'ai croisé Éric. Puis, tout de suite à suite, ça a fait boule de neige. Moi, mon intérêt, justement, pour être enseignant d'indication physique, puis en étant en situation de handicap, on dirait que ça mariait parfaitement les deux. Puis Éric, comme l'a si bien mentionné un petit peu plus tôt, le projet pour moi m'appelle beaucoup, m'interpelle beaucoup. Fait que suite à ça, j'ai été impliqué avec le RAS dans le CA. Puis suite à ça, Éric m'a parlé du projet. Puis je venais de faire un défi aussi de randonnée. Je me disais que je me considérais probablement en mesure de peut-être y participer. Suite à ça, j'ai décidé de faire le grand saut et de m'embarquer dans ce si beau projet, ce si fou projet. Avec des passionnés aussi, ça aide tellement. Tu en étais un groupe de 26, puis avec Sam aussi. Éric en a parlé un peu tantôt, mais Sam, notre capitaine de courage aussi, est super inspirant. tous ces éléments-là te donnent une grande motivation aussi à le faire, t'entraîner puis le réaliser justement pour lui, Sam et pour nous aussi à ce moment-là dans le projet

Éric on va en parler de Samuel justement pourquoi Samuel comment est-ce que le projet se construit autour de sa situation Mais toi, Philippe, la rencontre avec RAS, ça s'est passé comment, du coup?

Philip Oui, c'est ça. Moi, Éric, on s'est côtoyé à travers quelques activités impliquant des personnes à mobilité réduite. Puis je pense qu'Éric, je vais m'avancer un peu pour Stéphane, je pense que c'est ça aussi, mais je pense qu'il est arrivé au bon moment pour nous proposer de participer à RAS, de ma compréhension. puis Éric, tu me corrigeras, mais j'ai l'impression qu'il tenait un peu l'organisme à bout de bras puis il avait besoin d'un nouveau souffle, puis il a embarqué une gang de joyeux lurons comme nous. Puis c'est vraiment une question de timing. Pour moi, c'est toujours important, tu sais, en tant que citoyen d'être impliqué. Éric m'a dit, regarde, on a des projets avec RAS, puis on aimerait ça te compter parmi les administrateurs. Puis c'est difficile à expliquer, mais je trouvais que le timing était bon. Je trouvais qu'Éric, en soi, c'est un porteur de projet très inspirant, toujours souriant, toujours accueillant. Puis, juste à partir de ça, ça m'a inspiré. Puis après ça, dès le premier CA, deuxième CA, des activités qu'on a faites toutes ensemble, bien là, la gang m'a complètement séduit. puis je dirais que je suis super content d'avoir joint RAS en plus de ça, bien là il m'arrive avec un projet comme la Diagonale des Fous qui est comme la cerise sur le Sunday puis c'est cool parce que tantôt on parlait des valeurs d'RAS puis les valeurs sont très en ligne avec les miennes puis dans ce temps-là c'est pas Eric, Stéphane, Denis puis Jean-François, on fait ça bénévolement puis on moi je mets presque autant de temps que dans mon boulot de tous les jours, mais c'est pas un poids, tu sais. On sait qu'on fait quelque chose de bien, puis qu'on aide les gens, puis dans ce temps-là, c'est facile de donner, puis de participer. Ouais.

Éric Je pense quand tu y trouves, ce que j'ai l'impression, quand je vous entends parler, il y a énormément d'énergie positive, d'inspiration, donc je pense quand t'es au contact d'un groupe comme ça, qui donne autant, où tout se passe, finalement, il y a une espèce d'optimisme ambiant, ben oui, je suppose que tu comptes pas tes heures, du coup, ça doit être un vrai plaisir.

Philip C'est sûr que nous, là, on veut parler de la diag, mais tu sais, à RAS, on pourrait t'en parler pendant deux, trois heures. Il faudrait que tu nous arrêtes à un moment donné.

Éric En tout cas, on va parler de quelques-uns des projets, mais juste avant ça, Philippe, donc toi, tu disais vos chemins avec Eric se sont croisés plutôt du fait de ton activité professionnelle, c'est ça? Donc toi, tu es déjà... Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le business que tu as monté?

Philip Oui, bien moi, je suis un fabricant de fauteuils roulants, mais spécialisé pour la course à pied. Donc, ça s'appelle les fauteuils Carthus. Puis, c'est comme des fauteuils à trois roues qui permettent vraiment aux utilisateurs de soit participer à des courses, que ce soit des courses organisées ou des courses, des jogging ou des courses dans un parc ou peu importe. Puis aussi d'avoir accès au plein air. Le fauteuil permet une utilisation facile dans des sentiers relativement accessibles. Dès qu'on arrive plus dans des trails ou des montagnes, c'est là que la joëlette prend tout son sens. Nous, on est comme l'étape d'avant quand on veut juste sortir avec toute personne à mobilité réduite. Des fois, on associe beaucoup ça au handicap, mais il ne faut pas oublier les personnes aînées, certaines personnes avec déficience intellectuelle, qu'après 500 mètres ou un kilomètre d'effort, leur journée est terminée parce qu'ils sont tannés. Puis au final, notre clientèle, ce n'est pas juste les personnes qui prennent place dans le fauteuil, c'est aussi l'entourage, les amis, la famille. Moi, j'ai beaucoup de parents que ça leur permet de vivre leur passion avec leur enfant qu'ils normalement laisseraient chez eux. Etc. Ça fait que c'est comme ça. Puis ultimement, Éric s'était procuré un fauteuil pour l'organisme. Puis là, de fil en aiguille, on a vu qu'on avait des atomes crochus. Puis là, à partir de ça, on a une entreprise qui avait acheté des fauteuils, qui en a prêté à notre organisme. On a démarré les courses inclusives, qui a fait beaucoup de retombées positives pour la communauté autour de... Surtout Victoriaville. RAS est très centré autour de Victoriaville. Je ne sais pas, Éric, as-tu des choses à ajouter?

Stéphane Non, Victoriaville pour te situer, Loïc, puisque toi... C'est ce que j'étais en train de regarder. C'est un peu à Montréal. C'est entre Montréal et Québec, c'est à mi-chemin.

Éric Petit point géographique, s'il y en a qui veulent aller voir Victoriaville, je ne connaissais pas. Carthus, ça c'est ton activité, Philippe. Je vois un point qui m'interpelle, je vois sur la présentation du fauteuil, deux records de Guinness. C'est quoi ça?

Philip En fait, on en a trois. Il faut dire que la machine aide, mais les coureurs aussi derrière ça sont exceptionnels aussi. Donc, quand on est parti, moi, j'avais des coureurs d'élite qui étaient intéressés à repousser des nouveaux records, parce que souvent, les gens qui courent en fauteuil cartus, surtout les coureurs d'élite, je trouve, ils me disent souvent qu'ils découvrent une nouvelle facette de leur sport parce que ça leur permet de partager leur passion avec quelqu'un qui n'a pas nécessairement la capacité de courir. Puis, parmi ces coureurs-là, il y en a un qui est allé voir les records organiste, puis c'est dit, « Crime, marathon, demi-marathon, je pense que je suis capable de les battre. » Ça fait qu'initialement, on avait les quatre. On avait demi-marathon, marathon. On avait le 100 kilomètres le plus rapide. Il l'a fait en 13 heures. Puis la plus grande distance parcourue, en 24 heures, il a fait 185 kilomètres en poussant le fauteuil. Ça fait que, oui, vraiment, c'était vraiment intéressant. Puis même les marathons, demi-marathons, on a eu les records initiaux quand on les a essayés. Puis là, finalement, un autre athlète du Québec qui s'appelle Julien, initialement, c'est Sébastien Roulier. Julien aussi, un jeune coureur d'élite qui a repoussé le demi-marathon. Il l'a fait en 1h19, en poussant un fauteuil. Puis il y avait la marque du marathon, son meilleur, c'est 2h49. Puis finalement, on a appris qu'il avait été battu ce printemps 2h35, mais dans des conditions favorables, au sens où, entre le départ et l'arrivée, il y avait comme un dénivelé. négatif. Ça facilite, mais ça reste que, bon, félicitations à cet athlète-là. Mais on se doute que si Julien poussait dans les mêmes conditions, il y aurait des bonnes chances de rivaliser avec ce record-là.

Éric Génial. En tout cas, c'est un argument qui interpelle. Quand on est sur la page du produit, qu'on voit deux records guinaires, je dis « Ah, tiens! »

Philip Mais tu sais, en toute honnêteté, les records, c'est important parce que ça donne la crédibilité au produit puis là, on associe ça à ce que c'est facile à pousser puis manœuvrer. Mais ultimement, tu sais, l'essence de ce projet-là, c'est un projet humain, là, fait que les échanges puis les partages, à mes yeux, ont beaucoup plus de valeur que ces records-là, mais pour M. et Mme Tout-le-Monde, ça reste impressionnant.

Éric Super. Bien, écoute, je mettrai le lien vers Carthus. Tu distribues en Europe aussi, hein, c'est ça?

Philip On livre partout dans le monde. Là, tu m'as bien eu, parce que je voulais pas tant parler de Carthus, puis je voulais parler d'ARAS.

Stéphane mais oui on peut vous laisser les gars je trouve que c'est intéressant

Éric par rapport au contexte de comment est-ce que vous êtes croisés par rapport aux valeurs, à l'engagement ce qui fait que Philippe, Stéphane, Eric vous retrouvez dans ce projet là il n'y a pas juste le projet il y a des choses en amont, des choix par exemple

Philip en tant qu'en ariot j'ai essayé d'éviter la question Pilates m'a bien eu

Éric j'allais y arriver tu as décidé de créer une boîte dans cet univers là tu aurais pu faire des burgers ou je ne sais pas des courts-métrages, n'importe quoi donc c'est aussi intéressant de comprendre comment tu en es arrivé là ok, super

Stéphane Loïc, si je peux me permettre aussi par rapport au fauteuil Carthus mais tu sais, c'est très rassembleur parce qu'on fait des courses on participe à des courses, tu vois, cette année on en a fait 8 mais des courses régulières et on arrive maintenant à courir avec 17, 18 cartus. Donc, de plus en plus, on nous voit et nous, c'est de la sensibilisation qu'on fait parce que les coureurs réguliers sont admiratifs, ils vont parler. Tu sais, il y a un échange qui se fait, c'est vraiment festif. Là, vous parliez de record Guinness, mais quand on arrive dans les courses, on oublie le chronomètre. Nous, là, on a du plaisir, on a du fun.

Éric parce que la situation au Québec d'un point de vue sensibilisation du grand public vous le décririez comment, est-ce que globalement les gens sont justement sensibilisés au courant sensibilisés et sensibles à ce sujet du handicap et du sport ou c'est un gros chantier à mener

Stéphane si je peux me permettre Stéphane, Philippe mais je trouve que ça commence à se développer davantage. Il n'y a pas juste nous qui participons à des événements, il y a d'autres organismes, etc. Mais moi, ce que je me suis toujours dit, j'ai dit, regarde, nous, on croit ce qu'on fait, on est heureux de faire ce qu'on fait, on fait plaisir à du monde, on a du plaisir. Après, on s'aperçoit quand même qu'il y a certains coureurs ou spectateurs qui sont touchés, sensibilisés, qui viennent nous voir, qui viennent parler. Donc, on se dit, regarde, c'est génial. Si en plus, on a du plaisir et puis qu'on peut permettre un échange, c'est bon, les esprits s'ouvrent. Mais je n'ai pas la prétention, Loïc, de dire, ça va super bien, ou non, ça ne va pas super bien. Nous, ce qu'on voit quand on participe, on voit qu'on n'est pas un poids ou des extraterrestres. les gens nous accueillent et puis commencent à discuter, à partager

Éric Stéphane, tu partages ce point de vue, il y a quelque chose que tu vois de différent de complémentaire

Invité 1 oui, je partage le point de vue je pense que la beauté de ça, c'est un pas dans la bonne direction, puis le fait justement de sortir un peu, les gens en situation d'handicap, ça leur permet de participer à des activités comme ça, ça les sort un peu de l'isolement. Puis c'est la beauté de la chose. Par la suite, c'est que ça permet aux autres aussi de voir que c'est possible. Fait que tu sais, c'est comme un effet boule de neige dans le fond. C'est que là, ça les permet de voir que les personnes sont en situation de handicap qui sort, ça leur permet d'être là, de participer. Fait que les personnes, j'allais dire, comme tu as dit tantôt, un peu valides et invalides. Donc les personnes valides voient qu'ils sont là et qu'ils participent. Donc, ça les sensibilise parce que sinon, des fois, on les voyait juste pas. Donc, c'est comme un... Je pense que c'est un pas dans la bonne direction, justement. Puis, ils voient que, justement, c'est possible, que c'est pas très plus complexe. Puis, les personnes, justement, qui ont... Moi, la beauté de la chose de ça, c'est des personnes qui étaient en isolement, qui n'osaient pas trop sortir en situation de handicap, bien, tu sais, ils le font une fois. Puis, je te dirais, le pourcentage de rétention est à peu près de 100 %. qui reviennent. Une fois qu'ils ont embarqué, ils ont mis le doigt dans l'engrenage. Ils voient qu'il y a du plaisir, c'est le fun, ils sont dehors. Souvent, ces personnes-là se réinscrivent et reviennent. Ça augmente de plus en plus la communauté. C'est ça qui est super.

Stéphane Si je peux me permettre, tu sais, Loïc, excuse, un exemple concret parmi nos coureur, là, on a un ami, Yves, qui lui est né sans jambes, c'est un athlète paralympique, et il se déplace en planche à roulette, il fait tout en planche à roulette, et à un moment donné, il avait participé à une de nos courses, et quand il est arrivé, il y a un coureur régulier qui est venu le voir, puis quand j'ai entendu son commentaire, j'ai dit, waouh, le gars lui dit, tu sais, il dit, tu as été ma source de motivation, j'étais à la veille d'abandonner, quand j'étais dans la côte, tu m'as doublé, et quand je t'ai vu passer avec ta planche à roulette, je me suis dit que je ne pouvais pas abandonner. Si toi, tu étais capable de le faire, il fallait que je termine. Et tu vois, ça, c'est des échanges parfois. C'est super gratifiant. Puis, c'est génial parce que le gars a été humble pour venir voir Yves et le remercier parce qu'il avait fini la course grâce à lui, finalement.

Éric C'est une super anecdote. Super anecdote. Et je n'ai jamais eu l'occasion en France, je ne sais pas si vous êtes connecté avec des organismes ou des associations en France qui font à peu près ce que vous faites avec RAS. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu, je n'ai pas fait non plus 300 000 courses, mais sur des courses des personnes en jouellette ou en fauteuil type Carthus. Mais je pense qu'effectivement, dans une situation où c'est un peu compliqué à une étape de la course, alors qu'en réalité, on a son plein potentiel physique, on a ses deux jambes, etc. Se retrouver visuellement en face de soi avec quelqu'un qui n'a pas cette chance et qui pour autant se bat et persévère dans l'épreuve, ça doit mettre un bon coup de boost. Oui, ça doit mettre un bon coup de boost.

Philip Je pense. Moi, j'ai fait les deux. Là, je cours moins, mais j'ai fait les deux. J'ai fait des courses toute seule, puis j'ai fait des courses en cartus. Puis toutes les courses que j'ai préférées, c'est ceux en cartus. Puisque d'un, il y a l'échange, il y a le partage. Puis après ça, il y a le regard des autres coureurs, puis il y a la foule. Quand tu cours toute seule, la foule, à part si tu connais quelqu'un puis tu vas l'encourager ton passage il reste un peu il passe inaperçu, mais quand t'es en cartus tout le long de la course t'es porté par l'ensemble de la foule je veux dire, c'est inspirant c'est vraiment c'est une autre expérience, c'est différent puis l'idée de partager aussi c'est quelque chose de spécial aussi ouais

Éric Stéphane t'évoquais ce que ça apporte à des personnes en situation de handicap le fait de pouvoir vivre des expériences sportives telles que bon là encore une fois la Diag ça va être un extrême on va bientôt en parler de la Diag on est à quelques minutes mais on va y arriver on va y arriver mais bref Stéphane Stéphane tu disais que c'est finalement une fois qu'ils y ont pris goût qu'ils sont sortis pour la première fois de chez eux alors qu'ils n'osaient pas forcément le faire avant pour faire ce type d'activité ils y reviennent toi si j'ai bien compris ton amputation c'est pas de naissance c'est relativement récent

Invité 1 ouais c'est en 2017

Éric ok est-ce que t'es passé par le schéma que tu décrivais où au début il y avait cette phase où t'osais pas nécessairement pas forcément sortir pour faire de l'activité physique est-ce que t'as vraiment eu cette expérience que tu décrivais de un repli sur soi social une fois que le handicap est arrivé et puis après une fois que tu as goûté que tu as découvert ce type d'expérience comme le propose le réseau de tonne santé, ben là, boum, clairement ça t'a ouvert complètement de nouvelles portes c'est ce que tu as vécu aussi

Invité 1 ouais, ben un peu différent parce que mon parcours personnel étant donné qu'avant 2017 j'étais quand même comme je disais tantôt, ben en fait je suis encore un enseignant en éducation physique J'étais quand même un bon sportif. Je viens d'une famille très sportive. Moi-même, j'ai quand même bien performé, principalement au soccer, nous, qu'on appelle ici, vous le foot. Donc, c'est ça. Je savais la portée que l'activité physique puis le sport m'amenait au niveau, oui, physique quand j'avais mes deux jambes, mais aussi l'aspect mental. donc en réadaptation j'ai été assez proactif un des premiers réflexes que j'ai eu c'était de voir les disciplines paralympiques quand j'étais dans mon lit d'hôpital pour voir ce que je pourrais faire le réflexe c'était vraiment de tout de suite sortir puis essayer de faire du sport dès que j'étais en réadaptation il y avait un vélo à main disponible dès que j'avais la chance je sortais en vélo à main moi je savais le bienfait que ça amenait l'activité physique, puis ça m'a permis aussi de le vivre avec une certaine, je vais dire, un certain positivisme, je dirais, la situation, le changement de vie. Puis, tu sais, ce que j'aime, moi, c'est de constater justement des personnes qui étaient peut-être, tu sais, soit qui ont des situations de handicap de naissance, ou que ça fait longtemps, ou qu'ils n'ont pas eu de réflexe d'avoir un passé sportif ou de le vivre dans les activités sportives. Mais je vois qu'eux, dès que l'expérimentent, il y a l'aspect nature communautaire aussi qu'ils font, je pense. Ces trois éléments-là, l'activité sportive, l'aspect communautaire, puis le fait de sortir dehors en nature, Tu vois les bienfaits que ça peut apporter et les retombées que ça a sur eux. Moi, je l'ai vécu aussi, mais un petit peu différemment. Mais oui, ça reste que c'est tellement des beaux éléments de sport et de l'activité qui permettent justement de la santé physique, mais aussi de la santé mentale qui fait aussi avec ça.

Éric ouais bien sûr bien sûr écoute super intéressant ce que je vous propose c'est qu'on arrive au gros morceau de l'échange le sujet la Diagonale des Fous alors déjà honnêtement première question c'est pourquoi la Diagonale des Fous parce qu'il y a plein d'autres choses c'est une épreuve qui est déjà incroyablement difficile quand on l'a fait en solitaire en pleine possession de ses moyens etc J'en parlais un peu avec Eric en off. Mais l'affaire en Joëlette, c'est clair que c'est un défi d'une autre envergure. Donc, pourquoi cette course en particulier ?

Stéphane En fait, Loïc, j'avais vu en 2017 Philippe Croison participer. Donc, Philippe Croison qui est quand même toute une personnalité en France, qui avait participé avec une gagne à la Diag des Fous en Joëlette. puis j'avais trouvé ça profondément humain j'avais mis le côté sportif vraiment à part puis je me suis dit c'est ce que je veux faire puis quand j'ai fait mes recherches je me suis gratté la tête j'ai dit es-tu sûr ? et après réflexion je me suis dit quitte à faire un trail pourquoi pas n'en faire un complètement fou et extrêmement exigeant et le tout en joëlette puisque déjà à l'époque, en 2013, on avait créé RAS. Donc la joëlette, on en avait une, je savais ce que c'était. Mais ça a pris quand même pas mal d'années pour réunir 26 porteurs assez capotés, comme on dit, pour participer à cet événement. Mais donc, vois-tu, depuis 2017, je caresse ce doux rêve de participer à la Diag en joëlette et on va pouvoir le faire sept ans plus tard, en 2024.

Éric ça en dit long sur cette notion de résilience de détermination ça arrive tout arrive finalement ceux qui s'en donnent les moyens et qui sont patients cet an c'est à la fois très court et pas si rapide que ça donc franchement

Stéphane bravo oui mais Loïc à un moment donné avec le temps je me suis dit soit j'y vais en tant que porteur ou j'y vais en tant que porté je me suis dit peut-être qu'un jour je le ferai en tant que porté mais en 24, je vais être porteur.

Philip Moi, j'aime ça parce qu'il n'est pas nommé comme ça, mais des fois, quand on demande à Éric, c'est quoi pour lui la diagonale? Il parle d'un rêve. Je trouve que c'est beau comme message. C'est un rêve, puis finalement, à la gang, on va le concrétiser. Moi, ça m'inspire beaucoup dans ce projet-là.

Éric Clairement, encore une fois, toute personne qui fait un peu de trail un peu de sport, qui a déjà entendu parler de la diagonale c'est une épreuve qui impressionne déjà en solitaire et là l'affaire en portant une jouetlette sur une bonne partie de la trace et en coordonnant 26 personnes c'est une course dans la course sur laquelle vous apprêtez à vous lancer c'est une nouvelle dimension de la Diagonale des Fous 26 porteurs pour qu'on se rende compte. Donc, j'imagine, c'est 26 porteurs parce qu'il y a des relais. C'est ça, vous ne serez pas 26 à vous suivre du début de la fin. Comment vous l'avez, si c'est déjà clair pour vous, comment est-ce que vous l'avez, comment est-ce que vous les répartissez ces porteurs? C'est plusieurs équipes qui vont faire chacun une section ou c'est un système de rotation un peu non-stop. Comment ça va s'organiser?

Invité 1 Bien, je peux me dire. Dans le fond, c'est ça, on est déjà en préparation depuis quelques mois par rapport à ça. C'est une bonne préparation en amont qu'il y a à faire. Concrètement, c'est des duos qu'on crée des binômes avec par rapport à la... On essaie quelques binômes on essaie des combinaisons de binômes avec les entraînements, la pratique et les courses qu'on a faites dernièrement. Après ça, c'est de voir... On se donne environ habituellement c'est dépendamment des binômes, mais tu sais, jusqu'à... Dès que le premier a une certaine fatigue, après ça, il y a un relais qui se fait. Donc, on se relaie comme ça à la suite, un à la suite de l'autre, chaque binôme. Puis, avec ça, tu sais, il y a des entraînements, qui sont préparés depuis quelques mois, puis encore une fois, jusqu'à la date, quasiment un an, jour pour jour, mais jusqu'à l'année prochaine, il va y avoir des entraînements une fois par mois, qu'on a sidulé aussi et d'autres courses aussi à faire. Ce qu'on va mettre en application un peu, c'est le nombre des ajustements, la communication. On a un comité en fond de préparation physique et mentale où on fait des consolidations d'équipe aussi. Justement la cohésion de groupe et de vivre sans groupe. Puis ouais, c'est ça, on l'expérimente. Des fois, on est en apprentissage aussi. Dans le fond, il y a quelques mois versus aujourd'hui, on voit une progression au niveau de la communication, au niveau de l'endurance aussi de certains porteurs, certaines porteuses. C'est un processus qui est en chemin, qui donne bon espoir, parce que ça va quand même super bien dans la dernière course qu'on a faite il y a quelques semaines. Ça avait super bien été. puis c'est bon signe on commence avec le sourire puis on finit tous avec le sourire déjà là c'est c'est une bonne chose je sais pas si les gars voulaient ajouter quelque chose pour apparaître ça

Philip ouais moi j'aimerais juste ça ajouter aux gens qui nous écoutent quand on parle de porteur tantôt on a présenté la joëlette mais nous on a adapté la nôtre puis dans le fond ce qui arrive c'est qu'il y a une personne à l'avant puis à l'arrière qui a un harnais qui est accroché après la joëlette fait qu'il se retrouve à porter Puis après ça, souvent, typiquement, il va y avoir des personnes de chaque côté qui vont aider, apporter, mais aussi conserver le ballon parce que ça réagit un peu comme un pendule. Puis c'est quand même assez exigeant parce que quand on pense à Sam plus la joëlette, Éric, tu me corrigerais, mais je pense que c'est autour de 150-160 livres tout ensemble. Puis tantôt, Loïc, tu parlais de... les livres c'est des kilos pour que je fasse la conversion je pense que c'est 75 kilos à peu près 70-75 kilos

Stéphane le poids de la joaillette si je ne me trompe pas c'est 24-25 kilos si je ne me trompe pas et Sam parce qu'il y avait un poids quand même à ne pas dépasser parce qu'on s'entend je ne pouvais pas peser 100 kilos donc Sam, désolé je vais te le dire en livre Brodoïb, tu vas convertir, mais il fait 117 livres. Donc, en kilos, je suis désolé.

Éric Donc, ça fait 53 kilos.

Stéphane Bon, c'est ça. Donc, lui, là, c'est comme un boxeur professionnel. Chaque mois, on le pèse. Et s'il dépasse le poids, il doit faire un régime. Non, c'est pas vrai.

Éric Donc, Samuel, en gros, à peine moins de 55 kilos. Et là, Joël, vous avez dit, c'est une vingtaine de kilos, c'est ça ?

Stéphane C'est à peu près ça, oui. Ah ouais, donc c'est...

Éric Ok, quasiment 80 kilos.

Stéphane Il va falloir, Louis, que je regarde quand même, je vais demander le poids de la joaillette, mais je pense que ça fait 24 kilos, je crois. D'accord, ouais.

Éric Ok, et donc ça, entre 75 et 80 kilos à porter. Et donc, tu disais, les modifications que vous avez apportées, c'est que les harnais devant et derrière, en fait, tout le poids... La roue va servir à quelque chose ou la plupart du temps, elle sera en l'air et le poids sera réparti sur les harnais ?

Philip Non, c'est ça. Dans le fond, quand on fait rouler la roue, c'est vraiment plus facile, puis il y a une partie du poids qui est comme sur la roue. Mais quand on arrive dans des sections techniques ou des montées, typiquement, on ne servira pas de la roue, dépendamment comment le terrain est accidenté, etc. Donc nous, on s'entraîne exclusivement à portée parce que c'est la situation la plus difficile. Puis un peu comme on va à la salle de gym, puis on lève des poids, on s'entraîne déjà dans des conditions plus difficiles en s'attendant à ce qu'on soit prêt à la diagonale. Puis tantôt, tu parlais…

Éric Pardon, Philippe, juste sur ce point-là pour que ce soit clair. J'ai plein de questions. Tu vois, techniquement, comment vous l'avez fait. Les harnais, en fait, ils viennent se prendre où au niveau des hanches, c'est ça, ou sur les épaules?

Philip Non, on a eu une recommandation de Patrick de Aragi, qui a une très grande expérience au niveau de la Diagonale des Fous en Joëlette, qui nous a recommandé des harnais d'escalade. Nous, typiquement, c'est un harnais de pédzel aux épaules. Fait que tu sais, un baudrier torse. Nous, on l'utilise, mais avec des mousquetons vers le bas. Fait qu'au lieu de s'attacher au torse, chaque gance, on les attache de chaque côté de la joëlle. J'essaie de passer à une image. Du coup, le poids, il est plutôt au niveau du haut du corps, c'est ça? Exact, sur les épaules. Exact, oui. Ah oui, d'accord. OK. Encore là, on fait des tests. moi j'ai acheté différents types de harnais parce qu'on s'est fait recommander ça, mais pour certaines personnes c'est inconfortable. C'est un peu de gérer tout ça. On arrive avec le sourire comme Stéphane disait à la fin du portage, mais il y a des petites douleurs aux épaules quand même à cause du matériel qu'on utilise. Ça fait partie du défi. On sait qu'on ne sera pas dans des conditions parfaites non plus.

Stéphane Non, parce qu'en fait, tu sais, comme on n'est pas les premiers à participer à la diag en joëlette, Puis, Philippe l'a mentionné, on ne peut pas arriver comme ça, fanfaronné, en disant, et nous, on s'inscrit, non, non, il faut passer des étapes. Et là, on est passé par RAJ, qui est Réunion Aventure Joëlette, donc, qui nous a acceptés. Donc, on va participer à leur côté, et c'est eux qui nous ont dit comment adapter la Joëlette. Parce que depuis toutes ces années, les Joëlettes sont adaptées de la même façon. mais comme dit Philippe, on va essayer peut-être de trouver une autre solution au niveau des harnais ou alors on va se doper puis on va cavaler dans les sentiers

Éric parce que ça fait en plus le poids je suppose qu'il n'y a pas beaucoup de sections vraiment plates sur la Diagonale des Fous donc ça veut dire qu'il y a une énorme partie du poids qui va être répartie qui va être plutôt sur l'un des deux porteurs et ça va j'ai du mal à m'imaginer comment c'est gérable avec autant de poids un effet d'inertie, de balancier dans des sections méga techniques où il peut y avoir par exemple une pente d'un côté, une falaise un mur vertical de l'autre le défi il est quand même incroyable

Stéphane c'est là qu'il faut s'aimer tous parce que si elle n'a rien ou elle ne t'aime pas tu lui fais un croche-pied puis elle part dans le ravin il y a des choses aussi c'est que quand on porte on a les mains libres donc on peut faire une chaîne humaine tu sais à l'avant c'est exactement ça que toutes les équipes font quand c'est en montée avec un très gros dénivelé, on fait une chaîne humaine la personne qui est à l'avant prend la main et il y en a d'autres qui poussent derrière aussi, donc c'est pour ça qu'on est 26, on se relaie mais tout le monde va aider dans l'effort collectif parce que quand ça va monter, on fait une chaîne humaine, on a deux, trois personnes à l'arrière qui poussent le porteur. Donc, c'est vraiment collectif le travail. Et en décembre...

Éric Pardon, vous arrivez déjà à savoir combien de porteurs au maximum se retrouvant autour de la joaillette sur certaines sections ? Parce que je suppose qu'il y a des sections roulantes où trois ou quatre personnes suffiront, mais peut-être que d'autres, il en faudra plus. Vous avez une idée de ce que ça représenterait, ces sections peut-être plus techniques où il faut plus de monde ?

Philip Pour le moment, selon nos expérimentations, en termes de chaîne humaine, c'est souvent là que l'effort est nécessaire d'être partagé. On se rend jusqu'à quatre personnes. Plus que ça, ça perd un peu en efficacité. Mais quand on regarde les autres équipes, par exemple, quand ils partagent des images de la diagonale, tu vois, il y en a qui font deux fils de chaîne humaine d'environ quatre personnes. Nous, on fait une monophile pour l'instant. Ça dépend des sections, comme une expérience qu'on vit. C'est que nous, quand on fait nos entraînements, on essaie d'être parmi la communauté, donc on se joint à des événements de trail. Là, quand les coureurs arrivent, on n'a pas le choix de faire la file indienne. Encore là, ça nous pratique indirectement à vivre des sections où on ne peut pas avoir des porteurs de chaque côté. L'effort est plus difficile pour les porteurs qui doivent gérer l'effort à 100 %, l'équilibre. souvent le rythme, il descend un peu. Quand on descend des grosses pentes, bien là, c'est difficile pour le porteur à l'avant d'être la seule personne qui met les freins. Fait que souvent, bien typiquement, il va y avoir deux personnes de chaque côté qui, elles, vont se prendre après la joëlette. Puis là, nous, on parlait de communication tantôt, quand on est rendu à cette étape-là, bien là, le porteur en avant, il va crier « frein ». Là, ça notifie les gens que, bon, bien ça nous prend deux freins en avant. Puis c'est pas des freins mécaniques, c'est des freins humains. Puis en ce moment, c'est là qu'on en est. Mais tu sais, on a plein d'autres... les activités de prévu. À chaque fois, on va peaufiner un peu nos techniques en considérant qu'est-ce qu'on va vivre, qu'est-ce qu'on s'attend de vivre à la diagonale.

Éric Sur les 26 porteurs, vous parliez, c'est Stéphane tout à l'heure qui disait qu'il y avait des porteurs et des porteuses. Elle est constituée globalement de qui, cette équipe? Vous avez combien de femmes? Est-ce que Stéphane était le seul à être dans une situation de... Alors, j'aime pas dire de handicap ou d'invalidité qui est un peu les termes qu'on utilise, mais en fait, tu ne l'es pas du tout puisque tu vas être porteur. Donc, tu es clairement carrément valide, mais est-ce que tu es le seul à avoir cette spécificité, on va dire, où il y en a d'autres?

Invité 1 Moi, ce que j'aime dire, c'est que je suis à mobilité réduite. Donc, je fais la même distance, c'est juste des fois, c'est un petit peu plus long. Mais non, sinon, on est à peu près, corrigez-moi les gars, si je me trompe, on est à peu près 50-50, je dirais, autant d'hommes que de femmes. On a même, même dans les âges aussi, on a notre plus jeune participant qui a 16 ans, Léonard, dans le fond, ou 15, non 15 ou 16, non 16 ans,

Stéphane il me semble. Oui, il aura 16 ans l'année prochaine quand il va participer.

Invité 1 Oui, c'est ça, donc tu es présentement à 15 ans, en le fond, puis notre doyen, je pense, Éric qui était le padré, dans le fond, a perdu son titre du loyer. Donc, avec Jocelyn, je pense. On est quand même assez inclusif. L'objectif de RAS, c'est d'être le plus inclusif possible. Je pense que c'est un reflet de nos participants. Autant d'hommes que de femmes. Moi qui est en mobilité réduite. Léonard qui a 15 ans actuellement, qui va avoir 16 ans l'année prochaine. Jocelyn, je pense c'est notre plus vieux

Stéphane Jocelyn aura 67 l'année prochaine

Invité 1 c'est vrai c'est un peu le portrait de nos valeurs qu'on veut démontrer, donc être inclusif on prêche par l'exemple

Éric ouais ce qui est particulièrement inspirant et qui rend le message encore plus fort en tout cas de mon point de vue un peu extérieur Samuel pourquoi Samuel est-ce que c'est la rencontre avec Samuel qui a amené Eric à la décision que ce soit la Diag parce que c'était aussi un rêve à lui comment tout ça s'est imbriqué comment est-ce que vous en êtes arrivé à dire c'est Samuel qui sera dans la joëlette

Stéphane si je peux me permettre Samuel participait à beaucoup de nos événements de course donc ses parents ont côtoyé ses parents ont côtoyé Samuel puis remplissait un peu tous les critères, parce que Samuel a une maladie dégénérative, puis ce Samuel-là parlait souvent de mort, parce que là, Samuel, lui, il aura 30 ans quand il va participer à la Diag, et son espérance de vie était jusqu'à l'âge de 15 ans. Donc là, c'est du surplus pour lui, mais, et c'est vrai, les gars, vous m'arrêtez si je dis des bêtises, mais il parlait toujours de mort, mort, mort, mort. Et depuis qu'il a intégré le groupe pour la Diag, Il ne parle plus de mort, il dit « c'est quand la prochaine activité ? » Donc, il vit son moment à fond, son moment présent. Et il est très, comment dire, il observe. Quand il voit que ça ne va pas, il dit « on n'est pas une équipe ». Quand c'est lui qui le dit « on prend notre trou » et on se dit « bon, il va falloir qu'on corrige certaines choses ». Et un autre critère, comme je l'ai dit précédemment, c'était le poids. parce qu'on ne pouvait pas se permettre de mettre une personne trop lourde. On a dans notre équipe de soutien, notre Denis, qui est en fauteuil roulant, mais il fait presque… il dépasse le critère, je ne vais pas dire son mot. Donc, c'était soit il faisait un régime alimentaire, on lui coupait les deux jambes, mais il n'était pas d'accord. Donc, on a dit, on va prendre Sam, mais il est quand même avec nous, il va être dans l'équipe de soutien. Donc, en gros, c'est ça. C'est que Sam, il remplissait vraiment tous les critères.

Philip Puis, tu sais, Sam aussi, je voulais juste ajouter, Sam, au-delà de participer à la Diag, il participe aux courses inclusives. Là, c'est rendu qu'il fait du parais-escalade. Il fait du décaqué, ça fait qu'il est très actif. Mais ça n'a pas toujours été le cas. Puis là, dans le fond, comme Éric disait, quand il veut savoir c'est quoi la prochaine activité, premièrement, ce n'est pas juste la Diag, c'est toutes les activités. Ça a été un élément déclencheur. À travers la Diag, les gens qui y participent sont aussi bénévoles aux autres activités. On franchit un peu de plus. C'est un nouveau cercle social pour lui. Je pense que c'est des deux côtés. Il y a un échange, comme Éric disait. Nous, ça nous apporte quelque chose de positif, puis lui aussi.

Éric Et donc, si on peut en parler, c'est vrai que je n'ai pas pensé à poser la question avant mais la maladie qu'il a qu'est-ce que c'est et l'impact c'est quoi est-ce qu'il peut se déplacer partiellement ou pas du tout

Stéphane alors il a le syndrome Louis-Barre donc pour ceux qui nous écoutent faites des recherches ça va vous instruire mais si tu veux Sam il faut l'aider il a des besoins spécifiques il est en fauteuil roulant donc il faut l'aider pour manger pour la prise des médicaments, pour l'aider, pour s'habiller, quoi qu'il ait toujours torse nu, il a toujours chaud, mais bon. Puis pour aller aux toilettes, il a besoin d'aide, mais ça se fait très bien parce qu'il y a une très bonne communication, puis ça va tout seul, mais il a besoin d'aide.

Éric D'accord. Donc comment est-ce que lui se prépare à cette épreuve ? Parce qu'évidemment, même s'il sera dans la joillette, c'est un effort c'est un défi physique et mental énorme pour lui aussi, ne serait-ce que pour l'endurance moi je pense à ça, les porteurs vous allez vous relayer, donc ça veut dire que potentiellement, même s'il y aura peu de repos vous pourrez vous reposer à un moment donné lui sera tout le temps dans la joëlette si je ne me trompe pas, donc l'alimentation les besoins essentiels le sommeil comment est-ce que vous l'abordez tout ça pour lui spécifiquement

Stéphane Déjà Sam s'entraîne chez lui tous les jours. Il a une petite salle de gym que ses parents lui ont installée. Donc lui il s'entraîne pour augmenter sa capacité thoracique, pulmonaire, etc. Et puis renforcer ses abdominaux, etc. Ensuite, ce qu'il faut comprendre aussi, c'est que lorsqu'on va participer à la Diag, on a mentionné RAJ, Réunion, Aventure, Joëlette, c'est eux qui s'occupent des ravitaillements, etc., de tout ce qui est logistique, OK ? Donc nous, quand on arrive, on est vraiment privilégié. Il y a toute l'équipe de RAJ qui vont être là et on n'aura pas à cuisiner ou quoi, ça sera déjà prêt. Donc il suffira juste d'apporter l'aide nécessaire à Samuel, mais il va falloir répartir avec les différents porteurs, que ce ne soit pas juste une ou deux personnes qui s'occupent de Sam pendant les quatre jours, parce que ça ne tiendra pas la route, on va être épuisé. Donc, il faut qu'il y ait une répartition des rôles.

Philip Moi, j'ajouterais aussi que, dans le fond, un élément que Sam a vraiment développé, c'est la notion de confiance, au sens où, oui, de se côtoyer dans un contexte sportif, c'est une chose. Mais là, tu parlais de besoins essentiels. Je pense que Sam, moi, je vois comme une amélioration d'activité en activité, mais il faut vraiment qu'il développe la confiance. Puis il y a des liens qu'il y a plus avec certaines personnes que d'autres. Mais à la diag, c'est tout le monde qui va falloir qu'il soit assez à l'aise pour l'assister, tant pour manger que pour ses besoins. Ça, c'est un gros élément qui est quasiment important pour tout le monde. Tantôt, on parlait de porter, de freins, de chagrin humain, bien, je veux dire, il faut qu'entre coéquipiers, on se fasse confiance puis je dirais que ça aussi, c'est quelque chose qu'on développe à toutes les sorties, dans le fond.

Éric Pour le sommeil, vous avez déjà une stratégie qui est plus ou moins établie, notamment pour lui. Est-ce que le schéma un peu classique, quand on le fait en solo, c'est finalement de quand même très peu dormir. Est-ce que ça va être votre approche aussi pour essayer de gagner du temps, même si évidemment la notion de chrono, vous êtes au-delà de ça, c'est l'humain, c'est l'inspiration à travers une réalisation sportive incroyable, mais est-ce qu'il y a quand même une stratégie autour du sommeil que vous avez déjà déterminée ?

Stéphane Si je peux me permettre, les gars, c'est-à-dire que là, il y a un tracé spécial pour les joëllettes, donc on ne va pas rencontrer forcément les coureurs, c'est vraiment un tracé particulier, spécifique, et puis chaque soir, on s'arrête, on dort, mais on ne dort pas pendant 8 heures. Tu sais, par exemple, la première et la deuxième journée, on part, je crois, Patrick nous avait dit, 20h30, on arrive à un point vers 23h, on prend un autobus qui nous dépose à un endroit, on arrive à 3h et on repart pour la journée. Mais sinon, on va dormir peut-être un minima, mais je pense que la fatigue est dedans, on va tomber comme des pierres. On va tous dormir, on va falloir des réveils, des cadrans solides pour nous réveiller. mais Sam, tu sais, on fait une levée de fond ici chaque année, maintenant, là, on fait un 24 heures c'est-à-dire que pendant 24 heures tu cours, tu marches, tu fais du vélo tu fais ce que tu veux, mais pendant 24 heures et Sam l'a fait l'année dernière ils sont 24 heures sans dormir donc lui, parfois il faut lui rappeler certaines choses en disant, c'est important que tu dormes, c'est important que tu boives, c'est important que tu manges donc c'est tout ça parce que lui, il ferait tout comme ça, sans dormir, il faut le rappeler à l'homme parfois.

Éric Il a frappé.

Invité 1 Comme on disait la blague, des fois, on avait le droit de l'échapper une à deux ou trois fois, mais c'était la blague. Puis tu sais, notre dernière course, on l'a fait, on a débuté de nuit aussi, qu'on avait fait, on est parti à trois heures de la nuit, justement, pour se mettre dans des conditions un peu d'instabilité. Donc, on l'aborde un peu, cet aspect-là de fatigue ou zone d'inconfort, justement, pour se préparer, dans le fond, à être là-bas.

Éric Toi, Stéphane, tu l'abordes comment, cette épreuve? Parce que c'est quand même, tu vois, c'est un terrain qui est réputé super technique. ta situation à mobilité réduite fait que voilà tu as une complexité à gérer en plus c'est quand même vachement impressionnant de se dire encore une fois tu vois déjà avec ta situation de mobilité réduite c'est un défi incroyable mais y aller en tant que porteur avec la responsabilité de faire partie des 26 qui vont assister Samuel c'est quand même super impressionnant donc est-ce que toi tu dirais qu'il y a une valeur un peu particulière dans ton cas tu vois spécifiquement avec cette diagonale?

Invité 1 Oui, en toute honnêteté, c'est sûr que j'ai une petite anxiété, angoisse à ce niveau, effectivement. Je ne m'en cacherai pas. Je l'ai partagé aussi à certains, comme à Eric Kitti, il y a quelques moments, j'avais une certaine anxiété. C'est sûr que dernièrement, moi, j'ai réalisé un défi personnel. pas l'été passé, mais l'autre, qui m'a donné une certaine confiance justement que je pouvais être... Surtout mon souhait, c'est d'être un participant en intégralité dans le fond de tout ça et non d'être un proie. C'est un peu l'anxiété et les doutes aussi que j'avais, mais je pense que avec les dernières activités dans la course qu'on a faite, Ça a été quand même assez révélateur pour moi. C'était un peu ce qui m'a donné la confiance et le go pour continuer. Justement, j'avais dit à certaines personnes la course qu'on avait faite cet été au début juillet. Pour moi, c'était le moment décisif si je poursuivais ou je préférais me retirer. Finalement, j'ai été capable de compléter. Suite à ça, je me suis embarqué à fond. J'étais déjà embarqué à fond, mais ça m'a donné la confiance de donner le go puis de voir vers l'avant et non plus en arrière puis d'y aller avec une confiance pour la suite des choses c'est quoi cette épreuve

Éric que tu as réalisée en solo qui t'a fait un bon boost de confiance

Invité 1 c'est que j'ai la traversée de la Gaspésie c'est le SIA, c'est le Sentier International des Appalaches le GR1, qui a fait ça depuis 2015, et sans Gaspésie, c'est une randonnée, une longue randonnée de 650 km, que j'ai fait l'été 2022. Puis Eric, d'ailleurs, est venu faire une petite section avec moi, parce que j'ai amassé des fonds pour des organismes, puis dans le fond, j'avais amassé des fonds pour RAS. Fait qu'Eric est venu faire un petit bout. Fait que tu sais, le fait de le compléter, de le réaliser, ça m'a donné une confiance ça m'a démontré que tu sais que j'étais capable encore de réaliser certains défis quand je me lançais puis que je me focussais sur ça fait que c'est suite à ça justement d'ailleurs qu'Éric m'a approché pour la diag vu que je pense qu'il est venu avec moi puis il a expérimenté il m'a dit ok Scarik il peut faire partie de la gang

Éric tu m'étonnes 600 kilomètres t'as dit? 650 kilomètres?

Invité 1 650, ouais wow, et donc là t'étais

Éric en sac à dos avec ta prothèse sur les 650 kilomètres

Invité 1 ouais exactement, dans le fond mon sac à dos, ma prothèse mon chien dans le fond qui l'a fait avec moi, fait que j'ai de la famille qui m'a accompagné des amis puis Eric dans le fond des amis aussi dont Eric qui faisait partie de RAS, qui m'a accompagné aussi sur certaines sections. C'était quoi ton...

Éric Pardon, vas-y.

Invité 1 Non, mais c'est ça, c'est suite à ça que je me suis lancé dans le projet. Puis, évidemment, après ça, c'était une chose de réaliser ça, mais le réaliser en équipe. Après ça, ça a été l'événement de cet été qui m'a donné la confiance de poursuivre, de le faire aussi avec la gang, La gang aussi est super. Comme on le disait au début, tout le monde a un peu les mêmes valeurs. L'ambiance est le fun. On a toujours du plaisir. C'est souriant. Ça aide aussi à se motiver et à donner la motivation de poursuivre. C'est un effet de groupe. Oui.

Philip Si je peux ajouter, Stéphane, c'est sûr qu'on le voit quand il a sa prothèse qu'il y a une amputation mais quand il participe pour que les auditeurs ce soit clair il porte vraiment également que tout le monde puis si c'était pas de sa prothèse on le saurait pas qu'il y a une amputation puis je pense que comme qui dit la première sortie je pense que la personne qui avait le plus de doutes c'était Stéphane mais l'équipe a été comme complètement abasourdi par la force qu'il avait. Il y a eu une difficulté à porter devant, mais plus derrière. Encore là, Stéphane portait devant, derrière. Je pense que tous les coéquipiers avaient confiance quand il était avec lui. On parle de invalide, valide. Stéphane, je n'ai aucun doute à sa capacité à se joindre à nous. Il était

Stéphane super fort. Je me permets de renchérir, parce que c'est drôle, la perception des choses, quand Stéphane était venu Stéphane, tu étais venu à un moment donné me parler de tes doutes, puis moi j'avais été tellement surpris parce que pour moi, j'avais aucun doute donc j'étais surpris, même quand Stéphane m'avait partagé ses doutes sa réflexion quant à sa participation est-ce que je vais être capable est-ce que je vais être un proie je ne m'étais jamais posé cette question moi, ça m'a surpris parce que j'ai dit « S'il y en a un sur qui je ne doute pas, c'est lui. » Donc, c'est drôle. Mais non, Stéphane, en plus d'être un bon porteur, c'est un maudit bon gars. Donc là, on est en train de se flatter, mais c'est vrai. On a une belle équipe. Et Stéphane, solide et très, très bon médiateur pour l'équipe aussi.

Philip Puis, on n'en a pas trop parlé de la composition de notre équipe. Oui, c'est 50-50 % hommes-femmes. Mais il faut aussi mentionner la disparité de notre groupe. On a des coureurs de trail qui sont expérimentés. Il y en a qui ont fait des 160 kilomètres. Mais on en a aussi qui ont eu la COVID longue, qui sont partis de l'inactivité. Puis cet objectif-là de Diagonal les a motivés à reprendre leur santé physique en main. Puis déjà, maintenant, on voit des progrès énormes. Je pense que ça encourage tout le monde. Oui, on a quelqu'un qui a une amputation, mais on a toutes sortes de personnes qui se sont rassemblées autour de ça personnellement, moi je vais le dire Eric a fallu qu'il me convainque à la diagonale moi je veux comme inspirer les gens je veux créer une communauté mais le projet de la diag me rejoint moins mais là maintenant que j'ai fait des entraînements avec la gang je comprends la richesse de ce projet-là je te dirais que c'est mes autres coéquipiers qui m'inspirent à poursuivre puis j'ai envie de vivre cette expérience-là avec eux vraiment

Stéphane puis c'est un travail personnel pour le bien-être collectif parce que comme je le dis à toute la gagne, on a chacun nos caractères nos têtes de cochon non mais c'est vrai, il faut mettre toutes nos affaires de côté pour le bien collectif si on veut y arriver il y a des choses qui ne nous tu sais, on n'est pas d'accord avec certaines interventions, ben on va le formuler mais intelligemment pour construire quelque chose de fort parce que notre objectif c'est de démontrer comme on l'avait mentionné depuis le début que tout est possible pour monsieur et madame tout le monde mais sans donner les moyens

Éric Est-ce que Samuel du coup lui il se positionne un peu en chef d'orchestre dans le sens où il est entouré de porteurs mais peut-être moins dans le enfin moins dans le feu de l'action il peut avoir peut-être ce regard un peu externe et vous dire ce que tu signalais tout à l'heure je crois Eric attention là on perd l'esprit d'équipe attention là il y a peut-être une communication qui est plus qui devient je ne sais pas trop négative il a ce rôle aussi lui un peu de garde-fou de chef d'orchestre pour les 26 porteurs

Stéphane il prend le rôle il s'affirme

Éric génial Eric ou Stéphane je ne sais plus quel est deux vous parliez de lever de fond c'est Eric quand tu nous parlais du challenge sur les 24 heures. Ça fait partie des sujets que j'essaie d'aborder maintenant parce qu'on m'a fait plusieurs fois le retour en me disant c'est super, c'est un récit d'aventure, d'expédition de gens qui se dépassent. Mais concrètement, comment est-ce qu'ils font financièrement ? Je vous pose la question. RAS, en tout cas un projet comme la Diagonale des Fous à 26 personnes avec une joualette modifiée, etc. Ça représente quel budget environ ?

Stéphane En fait, on est 26 porteurs. On a Sam, donc l'équipe est constituée de 27 personnes. Puis à côté, on a trois personnes en soutien logistique. C'est-à-dire, tu sais, la logistique pour eux, ça va être quand on va être sur place à l'île de la Réunion. Bon, ben, aller faire, en fait, ça va être nos esclaves. Ils vont faire l'épicerie, les courses, comme on dit en France. Puis il y aura deux autres personnes à côté, la famille de Sam. Donc, en tout, nous serons 32 personnes. puis c'est un budget d'environ 200 000 dollars canadiens

Éric et ça, les fonds, vous les réunissez ça vient d'où ? c'est un mélange de crowdfunding, de financement public ?

Stéphane alors, chaque participant a un montant à verser pour le projet et puis là, on est en train d'aller voir des futurs partenaires financiers, etc Tous les dimanches, on a repris la messe, on prie très fort. Non, on plaisante là, mais c'est sûr que c'est une source de stress, mais on a confiance. Là, il y a des chercheurs, Philippe, il va y avoir un projet de recherche sur le projet. On est en train de regarder aussi pour avoir un documentaire. Donc, tout ça va peut-être permettre de faciliter de trouver des partenaires financiers.

Philip Puis, au sein de l'équipe, on a fait des sous-comités ou des sous-groupes. Stéphane, d'ailleurs, lui, est plus sur la préparation physique et mentale. Moi, je m'occupe un peu plus avec une équipe des communications. Il y en a un aussi qui est spécialisé sur les commandites. Contrairement aux athlètes qui ont un parcours plus solo, qui sont probablement appuyés par des proches, nous, on est 27 plus l'équipe de soutien. Ça veut dire qu'on peut peut-être un peu plus se répartir la tâche. Puis là, on commence, mais on a un très bon plan de commandite. Puis je pense qu'on a quand même quelque chose de valeur à offrir à ces commanditaires-là. Fait qu'on mise beaucoup là-dessus. Par contre, chaque participant est conscient que si on n'atteint pas nos objectifs, ils vont devoir défrayer les frais de leur aventure eux-mêmes. Mais c'est sûr que nous, parce qu'aller chercher des commanditaires, ce n'est pas juste pour payer l'aventure. C'est aussi une occasion de rayonner. Puis après ça, pour RAS, ça fait des partenaires qui permettent de parler d'inclusion, parler de mobilité réduite, qui est souvent pas quelque chose qu'on entend dans le jargon entrepreneurial ou chez les citoyens, on va dire, les moldus qu'on appelle réguliers. Fait qu'on a un objectif aussi d'inspirer les gens à considérer un peu plus les personnes handicapées là-dedans.

Éric tu viens de mentionner que Stéphane son comité c'est plutôt la partie préparation physique et mentale du coup ça m'amène une question Stéphane la partie mentale comment est-ce que vous la travaillez alors tu as évoqué quelques actions que vous avez faites, vous partez la nuit pour simuler un peu des situations que vous avez retrouvées sur la diagonale mais est-ce que tu peux nous en dire plus sur ce qui est mis en place pour faire en sorte que ces 27 arrivent fin, prêt, physiquement et mentalement.

Invité 1 Exact. En fait, je ne suis pas seul dans ce comité-là. On est cinq participants. Il y a moi, Jean-Christophe, Sylvie, Dominique, puis Charlotte. Donc, cinq participants. On se réunit. L'objectif, c'est de faire un peu des consolidations d'équipe. Donc, on a déjà fait une en avril dernier où on va aller un peu cibler des objectifs un peu spécifiques pour justement aborder soit nos exemples qu'on a eus en avril, le contrat de valeur. Donc, un peu les bases d'une équipe en fait, sur les choses sur lesquelles tout le monde est d'accord dans l'équipe. Puis, les choses sur lesquelles on peut aller s'appuyer quand il arrive des événements, par la suite, ou des petits accros. Donc, on peut aller s'appuyer là-dessus sur notre contrat de valeur. Puis, suite à ça, on en a une prochainement, dans le fond, au mois de janvier, qu'on va en refaire une. qui va être un peu un 12h, 24h, où on va aller cibler des objectifs spécifiques, justement, de communication, qu'est-ce qu'on s'entend qui va être très importante, se mettre dans des situations un peu d'inconfort, que ce soit la nuit, où on va aller faire des jeux, des activités, justement, où on va faire émerger, peut-être, certaines situations. Puis l'important, après ça, c'est d'en parler en équipe, de faire des debriefings avec ça aussi pour justement aborder ces situations-là avant qu'ils peuvent se reproduire là-bas et qu'il y a des bonnes chances. Au moins, on va les avoir abordées et également solutionnées. Mais ça va nous donner au moins une base quand ces situations-là arriveront. Sinon, ponctuellement, c'est ça, il va y avoir le 24 heures qu'Éric a parlé aussi un peu plus tôt, qu'on a fait déjà, qu'on va refaire. Toutes ces petits moments-là, ces petites situations-là, on en profite justement pour s'assurer et pratiquer notre cohésion d'équipe.

Éric Tu viens de me faire penser en termes de cohésion d'équipe et de se mettre dans des situations un peu compliquées. Je n'arrive pas à retrouver le nom de l'épreuve, mais vous avez un truc là, Québec, il faut traverser le Saint-Laurent à moitié gelé pour aller à Lévis de l'autre côté en canot machin ça peut être pas mal ça va Stéphane

Stéphane toi en fait de faire des recherches c'est pas bon c'est pas bon

Éric vous la connaissez cette épreuve vous voyez ce que c'est je sais pas à quel point elle est connue ouais

Invité 1 ouais c'est en c'est c'est pas dans le truc du Carnaval de Québec je sais plus

Éric je pense parce que j'étais allé à Québec justement pour un événement donc il devait y avoir quelque chose et je me rappelle avoir vu on prenait un chocolat chaud ça commence à dater c'est quoi ce superbe hôtel l'ancien château hôtel Frontenac ou quelque chose comme ça château Frontenac et je me rappelle avoir vu ces groupes là qui partaient avec leur espèce de canot en combinaison intégrale en plein hiver avec la glace qui dérivait sur le Saint Laurent il neigeait et je me disais qu'est-ce que c'est que c'est ma boule ça doit être une bonne épreuve de cohésion ça

Philip mais il y a pas le canot à glace le canot à glace je prends ça en note

Invité 1 je prends ça en note

Stéphane t'es poli là c'est bon dis lui que tu prends en note on va le laisser tomber

Éric en tout cas si vous le faites vous leur dites pas aux autres que ça vient que ça vient de moi ok super et donc d'un point de vue organisation vous allez partir combien de temps à l'avance est-ce que vous allez faire en sorte d'être quelques temps avant le début de l'épreuve sur place déjà pour vous habituer ne serait-ce qu'au climat etc oui

Stéphane ça on a été conseillé par Patrick de RAJ d'arriver 3-4 jours avant l'épreuve parce que quand même c'est long on fait Montréal Paris Paris on attend je crois 7 heures avant de reprendre un avion pour aller à l'île de la Réunion donc l'épreuve en 2024 c'est du 17 au 20 octobre donc on pense arriver le 13 octobre à l'île de la Réunion pour avoir au moins 4 jours d'acclimatation

Éric et pour le coup c'est une vraie acclimatation parce que vous aurez peut-être 20 degrés d'écart avec le Québec déjà à cette période

Stéphane ça va dépendre la température en octobre ça va nous faire du bien d'avoir de la chaleur génial

Éric génial alors encore une fois c'est assez clair que le chrono n'est pas un objectif mais est-ce que vous arrivez à peu près à estimer tu parlais tout à l'heure Stéphane non Eric je crois de 4 jours ça reste quelque chose sur lequel vous allez garder un oeil ou si c'est 4 jours et demi 5 jours ce sera 4 jours et demi 5 jours

Stéphane Ah non, non, c'est vraiment quatre jours. C'est du 17 au 20. Mais non, nous, on ne regardera pas du tout la montre. Absolument pas.

Philip Il y a quand même un minimum à atteindre. Puis on a comme un objectif au moins de suivre la gang d'ARAJ. Mais on n'a pas des objectifs de finir premier ou peu importe. On veut être en mesure de suivre. C'est entre autres pour ça qu'on se prépare autant. on veut arriver là puis quand même montrer notre sérieux dans notre approche à cette aventure-là.

Invité 1 Génial. Tout à fait. C'est de passer le fil d'arrivée. Pardon, vas-y Stéphane. Non, je dis ça tout à fait, ça va être de passer le fil d'arrivée. En fait, c'est l'objectif final.

Philip Avec tout le monde, on ne veut pas en laisser un à mi-chemin quand même.

Invité 1 effectivement

Éric s'il y a des gens qui veulent vous suivre alors pour la phase de préparation mais aussi lors de l'épreuve si c'est déjà quelque chose que vous avez imaginé on peut le faire via quoi? un site, les réseaux

Philip ouais sur les réseaux tous nos identifiants c'est DDFI 2024 Instagram, Facebook puis là pour l'instant on a un site web qui est aussi DDFI.com mais qui n'a pas été populée. Avoir d'ici la diffusion si ça a été populé, mais c'est sûr que d'ici le défi, on va mettre du contenu, mais la meilleure façon de suivre nos nouvelles c'est Facebook et Instagram.

Éric Peut-être pour doucement se rapprocher de la conclusion, et là c'est plus une question par rapport aux 24 autres porteurs du projet, enfin porteurs et Samuel, vous diriez de votre perspective vous diriez qu'est-ce qu'ils trouvent ces gens-là à travers RAS, si vous devez un peu synthétiser on a parlé de plein de choses, de vos parcours à vous, ce qui vous motivait dans ce projet ce que vous y avez trouvé mais les 24 autres si on leur donnait le micro là, ils mentionneraient quoi comme comme expérience différenciante ou en tout cas la façon dont le projet les a fait grandir eux en tant que personnes

Stéphane quand tu parles de projet tu parles essentiellement de la Diagonale des Fous

Éric je parle de la Diag mais en fait en réalité la Diag c'est un peu comme disait Philippe la cerise sur le Sunday mais il y a plein d'autres expériences disons plutôt RAS

Stéphane tu vois RAS ce qu'on nous dit c'est que souvent on nous dit il n'y a rien de compliqué et tout est possible avec vous et c'est de prendre les gens comme ils sont on ne regarde pas leur incapacité on regarde leur capacité qu'est-ce qu'ils peuvent faire, parce que lors de courses parfois, il y a des personnes qui prennent place dans les cartus, mais qui sont capables de marcher sur 20 mètres on leur propose, on leur dit, est-ce que ça tente de faire les derniers 20 mètres tout seul c'est ça, donc on n'est pas là pour les, on est là pour partager puis c'est ça, moi je dis il n'y a absolument rien de compliqué, tout est possible et on prend vraiment en considération chaque personne on valorise chaque personne ouais

Invité 1 moi j'adisterais à ça je pense que c'est des valeurs humaines aussi qui ressortent de ça ce qui rejoint un peu Eric la bienveillance communication, respect de soi des autres aussi puis un autre élément important c'est le plaisir aussi. On arrive là, le monde c'est plaisant. Il y a une belle ambiance. Le monde doit repartir avec un sourire. Ce n'est pas forcé. Ça vient naturellement. Je pense que toutes les valeurs qui en ressortent de part et d'autre. C'est un partage. Ça crée une communauté. Il y a ça aussi, je pense.

Philip Oui, moi j'abondrais dans le même sens. Moi, ce qui m'impressionne tout le temps chez RAS et à la Diac, c'est l'ouverture des autres participants. Je pense que ça serait quelque chose qui reviendrait beaucoup. Nécessamment, il y a le dépassement de soi, mais le dépassement de soi, ce n'est pas nécessairement un reconnaissance ou un objectif ultime. C'est ce qu'on est capable de faire et se dépasser soi-même en fonction de nos propres objectifs. C'est très clair chez RAS que c'est un peu l'objectif de tous et chacun. On est là pour s'entraider à travers tout ça. Stéphane l'a nommé, mais vraiment, RAS et la Diagonale, c'est vraiment une communauté. Puis ça, je pense que c'est une communauté aussi, puis je parlais d'ouverture, tu sais, on a des fois, on intègre des nouveaux participants, puis la dernière activité, on avait justement un nouveau participant qui se joignait à nous, puis ça a été son commentaire, il dit, il dit, j'ai rarement vécu un groupe dans lequel j'ai pu m'intégrer aussi facilement, puis je sentais que j'avais ma place, puis que tout le monde était ouvert, puis tout le monde était comme bienveillant à mon égard. Puis ça, je pense que ça résume bien un peu le feeling, tu sais, toi, c'est loïc, tu venais dans nos activités, là, je pense que c'est ce que tu ressentirais toi aussi

Éric vous avez pas prévu d'ouvrir une antenne en France bientôt non ça serait parfait ça serait l'occasion de le tester de le vivre cette expérience RS

Stéphane écoute non on est déjà occupé ici ouais

Invité 1 tu disais ça fait longtemps que t'étais pas venu au Québec ça serait une occasion parfaite ben écoute

Éric envoyez votre calendrier et on va regarder ça je dis ça en rigolant mais il faut que je fasse gaffe parce qu'à force de dire ça des invités je me retrouve avec une liste d'épreuves de défis d'invitations un peu partout dans le monde ça devient il y a plus d'invitations que ce que j'ai de temps mais bon donc il faut que je fasse gaffe avec mes blagues excellent et bien écoutez est-ce que vous c'est un peu ce qu'on vient de faire finalement à travers ma question par rapport à ce que retrouvent les autres personnes du réseau mais est-ce que vous il y aurait un message que vous voudriez faire passer pour synthétiser un peu tout ce qu'on s'est dit sur les valeurs que vous véhiculez, mais peut-être plus même la notion de sensibilisation du public par rapport à les risques utilisés, finalement, tout est possible. Donc, est-ce qu'en synthèse, il y aurait quelque chose que vous voudriez dire, peut-être en particulier à un public québécois, mais aussi français?

Stéphane D'habitude, je parle le premier. Ben là, je vais les laisser parler.

Philip Non, mais moi, je te laisserai le mot de la fin, Éric, parce qu'à chaque fois que tu t'exprime sur ce sujet-là, moi, j'en finis inspiré, tu sais, fait que...

Stéphane Tu sais, regarde, Loïc, c'est qu'on a tous notre place dans la société, puis souvent, je compare une personne à une lettre ou un cadeau qu'on reçoit, tu sais. Le cadeau, qu'est-ce qui est le plus important? L'emballage ou ce qu'il y a dedans? Bien, une personne humaine, c'est exactement la même chose. C'est qu'allons chercher ce qu'il y a de bon chez la personne, avant de la juger par rapport à son emballage, on va dire. C'est vraiment ça. Ne nous arrêtons pas aux limitations physiques, intellectuelles ou indifférences, peu importe. Allons chercher ce qu'il y a dans la personne.

Éric Très beau message. Écoute, Eric, Philippe, tu avais raison, c'est l'inspiration, Eric. Pas de doute là-dessus. Un grand merci à tous les trois. Merci Eric, merci Philippe, merci Stéphane. C'était super intéressant sacré défi qui vous attend mais à vous écouter, moi j'ai aucun doute sur l'expérience que vous allez vivre le fait que vous allez arriver au bout quand il y a autant de détermination de passion de volonté de partage ça ne peut que amener à de grandes et belles choses, donc merci beaucoup d'être venu partager tout ça sur le podcast j'espère que ce sera l'occasion à mon petit niveau à mon échelle de vous aider en termes de visibilité de faire en sorte qu'il y ait encore plus de gens qui veulent s'impliquer plutôt pour ceux qui sont au Québec mais qui veulent s'impliquer dans le projet ou qui veulent vous suivre sur la diagonale et peut-être que ça donnera des idées à d'autres personnes de créer des réseaux, créer ce type d'organismes sur des territoires où il n'y en a pas pour le moment parce que l'initiative est juste absolument géniale Merci pour l'invitation

Stéphane Merci beaucoup T'es fort sympathique on voit que t'es resté un peu à Montréal toi et ça tu coupes dans ça merci beaucoup les gars à bientôt salut les gars bye

Éric merci d'avoir écouté cet échange avec Eric, Philippe et Stéphane jusqu'au bout j'espère que vous aurez pris votre dose d'inspiration et d'optimisme comme ça a été le cas pour moi pensez à partager cet épisode autour de vous à laisser une note et un commentaire sur votre plateforme d'écoute, c'est la meilleure manière de remercier notre trio québécois pour ce qu'ils ont bien voulu partager avec nous. Je vous souhaite une excellente semaine et je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode. Musique Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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