Marine On dit souvent que le sport est bon pour la santé. Moi, je me suis assez vite rendue compte que ce n'est pas comme ça qu'on devrait le présenter, même si c'est plus négatif. C'est plutôt de dire que la sédentarité est mauvaise pour la santé. Il y a énormément de maladies, je pense, qui émergent simplement à cause de la sédentarité. L'activité physique, je pense, est vraiment quelque chose d'inhérent à l'être humain. C'est quelque chose dont on a besoin au même titre que de manger et boire.
Loïc Hello, hello, tu écoutes Les Frappés, le podcast de celles et ceux qui se dépassent, et je suis Loïc, son créateur. Ma conviction, c'est qu'on a tous en nous une version un peu frappée qui ne demande qu'à se réveiller. Ma mission, c'est justement de tendre le micro à des athlètes, des aventurières, des militaires, des forces spéciales, des entrepreneurs, bref, des femmes et des hommes qui ont fait le choix de libérer la leur. Pourquoi ? Parce que je pense qu'on a tout à gagner à s'inspirer de personnes qui ont osé suivre leur propre chemin. Attention, il se pourrait bien qu'une écoute régulière puisse t'entraîner des changements positifs irréversibles dans ta vie. Tu es prévenu. Tu es prête, c'est parfait. Bienvenue Marine au micro des Frappés. Je suis super content de te recevoir sur le podcast. Et avant toute chose, un grand merci à Marjorie pour la mise en relation. Décidément Marjorie qui n'arrête pas de m'envoyer des invités. J'adore, c'est juste génial parce qu'elle ne se trompe jamais sur les profils. Donc, impatient d'échanger avec toi, Marine.
Marine Magnifique. Merci beaucoup, Loïc. Honnêtement, c'est un honneur pour moi d'être là, comme je te disais juste avant, le podcast, avant que Marjorie nous mette en contact. Et effectivement, merci Marjorie pour le contact. Tu vois, d'avoir écouté quelques épisodes juste avant, de participants sur la Yukon, une chose comme ça, je me suis sentie un peu petite. Mais je mets mon syndrome de l'imposteur de côté Et puis, je pense que j'espère que de partager mon aventure inspirera d'autres personnes à le faire. Donc voilà, je me rattache à ça.
Loïc Génial, absolument génial. Marine, ce que je te propose, c'est de commencer par une petite intro, nous expliquer dans les grandes lignes qui tu es, ce que tu fais. Et puis après, on rentrera un peu plus dans le détail d'une de tes dernières aventures.
Marine Oui, bien sûr. Donc, je m'appelle Marine. J'ai 30 ans depuis deux mois maintenant. J'habite en Suisse, mais je suis belge d'origine. Pour autant, j'habite en Suisse depuis que j'ai 4 ans, donc maintenant j'ai la double nationalité. Je suis ingénieure en sciences du vivant, de formation, et récemment j'ai obtenu un doctorat en neurosciences. Et sinon, une de mes grandes casquettes, je dirais, qui compte beaucoup quand je parle un peu de moi, c'est effectivement le sport qui a toujours fait partie de ma vie. sport de compétition notamment parce que j'ai fait énormément de voile en fait donc j'ai commencé à haut niveau j'ai commencé peut-être c'est dur à dire parce que mes deux parents sont des férus de voile donc tu vois j'avais six mois on faisait déjà une traversée entre la Sardagne et la Corse mais voilà j'ai fait pour ceux qui connaissent de l'optimiste des 6-7 ans et puis Puis après, ce qu'on appelle du laser, où là j'étais en équipe suisse quand j'étais adolescente. Et à côté de ça, grâce à notre environnement magnifique qui est la Suisse, entre lac et montagne, le ski bien sûr, du ski de piste. D'abord, j'étais aussi en club à ce moment-là. Et puis vraiment tout récemment, ça fait depuis trois ans maintenant, que plutôt du ski alpinisme. et donc j'ai eu la chance de participer à la patrouille des glaciers tout récemment, en avril et ça venait aussi d'un amour récent pour les sports d'endurance parce que ça fait peut-être je crois, ouais il y a 6 ans maintenant que je touche au vélo, au triathlon course à pied, tout ça et donc ça a été un peu pour moi une suite naturelle disons de ma découverte des sports d'endurance
Loïc Waouh quel profil
Marine c'est toujours compliqué je déteste en fait c'est toujours présent de toi parce qu'il y a beaucoup de choses
Loïc mais c'est ça qui est ultra intéressant alors attends déjà donc tu disais spécialiste en sciences du vivant c'est ça ?
Marine oui ingénierie des sciences du vivant je fais l'école polytechnique fédérale de Lausanne
Loïc ok
Marine t'as un peu une double casquette entre biologiste et ingénieur en fait donc tu touches à la fois Les premières années, tu fais les mêmes cours que ceux qui font de la microtechnique ou de la mécanique, avec des cours de physique et de maths vraiment poussés, de la programmation énormément, et en même temps, des cours de biologie pure. Puis en fait, ce qui est génial, c'est d'utiliser ces outils d'ingénieur pour faire avancer la science. Donc ça, j'ai fait un bachelor et master là-dedans. Et pendant le master, je me suis vraiment découvert une passion pour les neurosciences. D'abord, celle cognitive, donc tout ce qui est la conscience, oui, tout ce qui est du domaine presque de la philosophie, en fait. Et finalement, c'était trop philosophique pour moi. Par exemple, dans le domaine ne serait-ce que définir ce que c'est la conscience, personne n'est d'accord. Et donc, pour moi, c'était un peu compliqué. Et donc, je me suis prise de passion plutôt pour des sciences plus dures et donc pour de la neuroscience plutôt moléculaire. vraiment comment les neurones fonctionnent, se connectent entre eux et particulièrement dans le cadre du mouvement, donc notre appareil locomoteur. Donc pourquoi nos muscles vont se contracter exactement à ce moment-là, le lien entre le cerveau et les muscles. Donc je pense que tu te rends bien compte que le lien avec le sport se fait assez facilement. Et du coup, j'ai fait une thèse doctorale sur la maladie de Charcot. si tu la connais ça s'appelle aussi la sclérose latérale amyotrophique il y a Stephen Hawking l'astrophysicien, il avait cette maladie elle vient vraiment toucher les nerfs moteurs qui font le lien entre ton cerveau et tes muscles et en fait on ne comprend pas grand chose à cette maladie, donc j'ai fait la recherche fondamentale dessus j'ai découvert quelques petits trucs c'est pas le sujet du podcast mais super cool j'adore ça pour moi c'est tellement important le mouvement dans ma vie que je pense que c'était aussi important qu'il se retrouve d'une manière ou d'une autre dans mon job et d'avoir des patients qui du jour au lendemain perdent le contrôle de leur corps et ils voient dépérir, ça me touche énormément pouvoir travailler là-dessus c'est très enrichissant
Loïc Est-ce qu'à tout hasard tu aurais croisé à l'EPFL une certaine Anna Karatala ?
Marine Ça ne me dit rien.
Loïc Ça ne te dit rien. OK. Elle est chercheuse aussi, docteure aussi. Je crois qu'elle a enseigné aussi sur tout ce qui est microbiologie environnementale.
Marine Oui.
Loïc Oh là là, ultra intéressant. OK. Donc, tu le disais, le sport grosse, finalement un pilier de vie depuis ton plus jeune âge, de ce que tu expliquais. Comment... ta relation avec les sports d'endurance récemment tu disais tu as fait la patrouille des glaciers alors il va falloir que tu nous expliques en quoi consiste la patrouille des glaciers ce que c'est exactement et comment est-ce que toi tu l'as fait cette année puisqu'il y avait une petite spécificité mais comment t'en es arrivé du coup ça a été quoi la bascule de la voile à des sports tu vois peut-être plus ski-helpy, endurance et finalement un peu loin de la mer en tout cas de l'élément aquatique
Marine L'élément aquatique. Bon, la neige, ça reste de l'eau.
Loïc C'est vrai. Il faut que je fasse gaffe à ce que je dis là, parce que je parle scientifique, donc il ne faut pas que je me trompe.
Marine Non, mais juste pour l'anecdote, c'est vrai qu'on ne s'en rend pas compte, mais la voile et le ski sont bien plus proches que ce que l'on croit, parce que c'est deux sports de glisse dans les sensations. On ne pense pas à la voile forcément comme un sport de glisse en premier, mais c'est un sport de glisse. Tu as vraiment cette sensation de ton bateau qui glisse sur l'eau et le ski de tes skis qui glisse sur la neige. mais c'était juste pour l'anecdote sinon pour répondre à ta question la voile c'était vraiment un mode de vie dans notre famille je pense que tu l'auras entendu mes parents n'ont pas très aimé que je dise ça mais j'avais presque pas le choix en fait de faire de la voile après j'ai appris à aimer c'est un sport qui est magnifique pour plein de raisons ne serait-ce que d'être en nature sur l'eau mais aussi en termes de responsabilisation parce que déjà tout jeune, c'est toi qui t'occupes de préparer ton bateau, t'assurer que tu as tout le matériel qu'il faut, que tes voiles soient bien réglées, etc. Et il y a une énorme dimension intellectuelle à ce sport aussi parce que dès que tu fais, mais même sans faire de la compétition, il y a toute la météo à gérer et puis si tu veux vraiment optimiser tes trajectoires, tu vas aller chercher sur le plan d'eau les endroits où il y a le plus de vent, où la direction est la plus favorable. Donc, ça a été un sport très présent dans ma vie. Vers l'âge de 15 ans, j'ai accédé au niveau où j'ai intégré l'équipe nationale Espoir. Et j'ai commencé à faire des résultats pas mal. En 2011, je sais me rappeler parce que finalement, c'est le moment quand même. En 2011, c'était vraiment une année phare pour moi. j'ai vraiment commencé à faire des résultats à ce moment-là 4e mois de 16 ans aux Européens 5e au Mondiaux je fais championne de Méditerranée et vraiment je m'éclate mais le truc c'est que l'année suivante il fallait passer à la série olympique en gros tu changes de taille de voile et tu acceptes vraiment t'es plus avec les juniors t'es vraiment avec l'élite et donc là ça a commencé à être vraiment dur et l'ambiance dans l'équipe suisse, elle ne me convenait pas trop. C'était très individualiste. Puis tu vois, on était encore jeunes, 16-17 ans, donc il y a des petites blagues. Voilà. Je ne me suis pas très, très bien intégrée dans cette équipe et le volume d'entraînement était vraiment énorme. Je me suis amusée à faire le calcul récemment entre les entraînements et les régates qu'on faisait quasi tous les week-ends. on était presque déjà à 10-12 heures voire plus par semaine de voile quand t'as 16-17 ans t'as un peu envie aussi de vivre ta vie d'ado normal et en fait je me poussais énormément à l'entraînement et tout ça et il y a eu vraiment une sorte de direction entre ce que j'avais envie et ce que le haut niveau me demandait de faire qui commençait vraiment à diverger au point même que c'est assez drôle quand on y pense. Et je pense qu'aujourd'hui, tous les aspects un peu liés à la santé mentale, etc. seraient beaucoup plus pris en compte chez les athlètes. Au niveau de ma fédération, au moment où dans ma tête, je me suis dit, bon, là, je vais dire à mes parents, j'arrête, en tout cas au niveau, j'en peux plus, ça ne me correspond plus, j'aime pas, j'arrête pas de me blesser, je fais des blessures à répétition. Au même moment, le sélectionneur national me dit qu'il envisage une préparation à l'implique avec moi pour te dire à quel point sur des mondes différents ils voyaient pas que j'allais pas bien que j'aimais plus ça et pour moi ça a été libérateur vraiment d'arrêter et parallèlement en fait parce que du coup la voile c'est plus un sport estival ce qui fait que tu t'entraînes énormément l'été et l'hiver on allait dans le sud de la France pour s'entraîner mais en parallèle je faisais beaucoup de ski j'étais en club et du coup ça a commencé à coincer là aussi parce que tu ne peux pas tout faire et je me retrouvais à limite plus aimer le ski que la voile et j'avais beaucoup plus de copines là-bas je m'y sentais beaucoup mieux et donc à ce moment-là quand j'ai arrêté je me suis beaucoup plus épanouie je dirais dans le ski mais sans pour autant faire la grosse compétition j'étais plutôt dans un groupe c'était pour préparer en fait au monitorat de ski donc on faisait un peu de tout on a du slalom mais aussi énormément de freeride et donc c'est à ce moment là que j'ai un amour pour le ski disons qui s'est vraiment cristallisé et j'ai commencé à avoir une vie d'ado un peu plus normale et je pense que ça me correspondait bien et puis en fait après c'est je pense comme énormément malheureusement de jeunes filles de mon âge du fait d'avoir arrêté autant le sport j'ai pris du poids très vite et plus la puberté et les hormones, il y a énormément de changements. Et en fait, je ne suis pas bien dans mon corps, et donc je me suis dit, comment je peux perdre du poids ? Manger moins, j'avais du mal, donc on va faire plus de sport. Et ce qui est facile à faire, c'est la course à pied. Donc j'ai commencé, disons, pas pour les bonnes raisons. Et en fait, j'ai adoré ça, et je me suis rendue compte que j'avais des petites aptitudes, comparé à la moyenne des filles de mon âge. J'adorais l'EPS à l'école. Il fallait faire 3 x 500 au bac. Moi, je suis re-kiffé ça et d'aller montrer mes classes. J'adorais, je pense que je devais... J'étais pas la seule. Il y avait ma meilleure amie aussi, mais on était un peu les deux ovnis de notre classe à ce niveau-là. Puis c'est un peu comme ça, tu vois. Puis du coup, tu te rends compte que t'aimes bien, tu te challenges, t'as envie de faire un 5 km, puis un 10 km. Ça, c'est plutôt le monde de l'endurance. Il est venu comme ça. Après, il y a eu les études. Ça, ça m'a fait quasiment tout arrêter. Parce que la première année à l'EPFL, c'est un peu comme les années de prépa pour les hautes écoles en France. C'est super dur. Tu as plus de 30 % d'échecs. En fait, tout le monde peut accéder à la première année. Il n'y a pas de sélection qui est encore faite là. C'est vraiment la fin de la première année. c'est pour ça que tu as aussi tous ces cours un peu d'analyse physique etc ça sert à trier aussi et donc là j'étais tout le temps en train d'étudier en fait mais je me suis vite rendu compte que ça allait pas le faire mentalement si je faisais rien du tout et donc là j'ai aussi tu vois avec la course à pied c'était vraiment un peu on off de temps en temps j'avais besoin mais donc j'y allais peut-être une fois toutes les deux semaines comparé à maintenant c'est rien du tout et puis j'ai refait un projet de voile avec mon copain de l'époque du kata mais aussi de manière vraiment amateur tranquille, on va plus dans le haut niveau mais j'avais très vite des frustrations parce que je pense qu'une fois que tu as été athlète de haut niveau c'est vraiment très dur de faire du sport sans la recherche de performance parce que je pense que ça a été tellement été dans ton identité tu t'es tellement construit là-dessus et surtout jeune que c'est vraiment difficile. Et donc, je ne prenais pas énormément de plaisir, je l'avoue, sur ce kata. Parce que, en fait, je n'arrivais pas à trouver le temps pour qu'on s'entraîne. Puis c'est à deux, donc la dimension d'équipe aussi, il faut coordonner ses emplois du temps, tout ça. Et voilà, donc j'ai fait ça deux, trois ans. Et puis, en fait, après, quand j'ai commencé le doctorat, je me suis de nouveau repris ce truc de je travaille trop et je n'ai pas le temps pour le sport. et ça ne va pas, j'ai le droit dans le mur. Et donc là, je n'arrêtais pas de me blesser aussi en course à pied parce que du coup, c'était du on-off. Et puis, dès que j'avais envie d'y aller, je faisais tout de suite un volume beaucoup trop important par rapport à ma charge d'entraînement. Et donc, en discutant un peu avec mon médecin du sport, il m'a dit, mais pourquoi est-ce que tu ne croiserais pas un peu plus tes sports parce que la course à pied, c'est trop de charge. Si tu veux faire du volume et que tu ne peux pas le faire si régulièrement, fais de la natation et fais du vélo. ah ouais c'est vrai natation mes parents ils nous avaient un peu forcé petit mon frère et moi à prendre des cours par rapport à la voile pour que si on tombe du bateau c'était plus une question de sécurité donc ils nous ont inscrit aux cours ils nous ont dit vous faites les cours jusqu'à ce que vous puissiez faire un kilomètre en crawl et donc on avait fait ça à petit donc c'est vrai que du coup j'avais des bases pour nager et le vélo comme j'habitais en campagne petite, je faisais énormément de déplacements à vélo, mais tu vois, un vélo normal. Et donc, j'avais aussi l'habitude de faire du vélo. Et j'ai vu qu'il y avait un triathlon qui se passait près de chez moi. Et donc, je me suis dit, peut-être que c'est ça dont j'ai besoin, un petit défi comme ça qui m'oblige à faire d'autres choses que juste bosser. Et comme je m'engage à faire cet objectif, je vais commencer à me faire des rendez-vous dans la semaine pour mes entraînements. et si j'ai pas fini au niveau du boulot ce que j'avais envie de faire, tant pis je vais quand même m'entraîner et en fait ça m'a fait, j'ai envie de dire que ça a sauvé mon doctorat honnêtement parce qu'en fin de première année j'étais vraiment sur les rotules et ça m'a sorti la tête de l'eau, ça m'a fait rendre compte aussi parce qu'en recherche t'es énormément confrontée à l'échec et ça m'a fait réaliser en fait oui c'est vrai Marine quand tu te mets dans quelque chose tu peux y arriver, donc j'ai réussi ce premier triathlon alors que ça me faisait super peur les distances et tout ça et en fait je me suis dit j'ai un super potentiel dans ce truc c'est trop cool voilà en plus étant ingénieure de formation tu te prends vite à rechercher sur la science de l'entraînement etc puis tu te rends compte c'est énormément de maths au final de t'assurer que t'es 80% du temps en zone 2 donc j'ai adoré aussi me faire des petits plans d'entraînement et tout ça. Et puis, ouais, du coup, à augmenter aussi les distances. J'ai eu aussi un énorme coup de cœur pour le vélo. Du coup, je me suis retrouvée aussi à faire des courses de cyclisme. Donc, l'étape du tour, j'ai fait trois années consécutives que j'ai vraiment vraiment adoré ça. Et en parallèle, je continuais un peu à skier l'hiver avec mon copain. Mais, voilà, tu vois, genre, tu prends un forfait de ski, tu dévales quelques pentes ou alors faire ce qu'on appelle un peu du ski de randonnée je sais pas si tu sais ce que c'est du coup
Loïc avec les pots de phoque
Marine voilà c'est ça on dit pots de phoque mais rassure-toi c'est pas des pots de phoque c'est plus des pots de phoque c'est des pots synthétiques je crois que c'est la laine mohair si je me trompe pas que tu mets en fait sous tes skis et qui te permettent de du coup gravir les pentes donc en fait à chaque fois que t'avances ton ski il va pas reculer en arrière et donc tu marches comme ça avec tes skis avec les pots et ça, ça te permet d'aller hors sentier en fait de ne plus être sur les pistes avec tout le monde et de découvrir de nouveaux endroits et vraiment on aimait bien ça avec mon copain on se débrouillait pas mal mais voilà c'était un peu la sortie du dimanche comme certains pour refaire à vélo par exemple c'était comme ça et en fait il y a eu l'annonce d'un projet qui s'appelle Reaching Summit en août 2023, si je ne me trompe pas, qui faisait un appel à candidature qui cherchait des femmes pour faire la patrouille des glaciers. Et en fait, quand j'ai lu la description, il y a eu un truc, ça a fait une étincelle en moi. C'est pour moi, ça, en fait. C'est vraiment pour moi, parce que la description, je cherchais des filles qui étaient un peu dans le domaine d'ambiance et qui savent ce qu'il y a. Pour autant, l'alpinisme, c'était étranger pour moi, parce qu'on peut discuter un peu ce que c'est exactement le ski alpinisme. C'est un mélange de ski, de rando et un peu d'alpinisme du coup. Et voilà, la dimension un peu technique, aller en haute montagne, etc. Complètement nouveau pour moi, mais ça m'a parlé énormément. Et donc, j'ai déposé ma candidature et puis il y a eu tout un processus de sélection. Je crois qu'ils ont reçu 70 candidatures. on s'est retrouvés à être 16 présélectionnés puis on a passé des entretiens carrément c'est vrai qu'il y a une énorme dimension dont on ne parle pas tant je trouve dans ce sport c'est l'esprit d'équipe parce que tu vas être trois personnes encordées à devoir se faire confiance avec sa propre vie dans ses coéquipiers et donc c'était important pour les organisatrices, dont je peux parler après, que ça matche bien au niveau des personnalités. Et puis aussi, on peut aussi en parler plus tard, mais dans l'accordé, chacun a son rôle en fonction de si tu es premier dans l'accordé, deuxième ou troisième. Et en fait, je me suis retrouvée sélectionnée. J'étais trop contente. C'était une année incroyable. J'ai rencontré des filles incroyables, dont Noël, qui est une des patrouilleuses avec qui j'ai fait la patrouille cette année. Et on a préparé cette patrouille, on avait des sponsors, on a pris énormément de cours avec des guides, tu vois, pour découvrir un peu plus l'aspect alpinisme. Dans le cadre de cette course, en tout cas, c'est quoi ? C'est tout à coup, tu vas devoir utiliser ton piolet qui est une sorte de je ne sais pas, une pioche un peu, une pioche pour la glace, pour pouvoir des fois monter des pentes qui sont tellement pentues qu'il faut mettre les skis sur le sac à dos et monter avec tes crampons et ton piolet. Et puis aussi, tout l'aspect sécurité en montagne qui est aussi une dimension énorme. Pas seulement les avalanches, mais les risques de chute, etc. Ce qui, pour moi, a été vraiment très important parce que j'ai malheureusement perdu une copine en montagne quand j'étais ado dans une avalanche. et on s'est retrouvés à recevoir cette formation un peu, j'ai envie de dire, un peu express et c'était fou, entre le plan d'entraînement qui te demandait un certain volume plus le fait de partager ça avec d'autres femmes qui étaient un peu dans le même cas que toi, on aimait bien se dire au fond c'est le genre de truc qu'on sent capable mais s'il n'y a personne pour venir un peu nous dire « Eh, vas-y ! » Jamais on ne l'aurait fait. C'était toute la beauté de ce projet qui, finalement, n'a pas eu lieu parce que, malheureusement, la patrouille des glaciers de l'édition 2024, la course sur laquelle on était inscrits, donc la plus longue, a été annulée pour des raisons météorologiques. Ils faisaient un ressenti avec le wind chill moins 50 au point le plus haut de la course. Ah oui, OK. et dis-toi que parce qu'il y avait des gens de l'armée là-haut dis-toi qu'il y avait des soldats qui étaient là-haut pendant quasi une semaine franchement c'est incroyable l'armée incroyable donc non d'un côté on était très très frustrés parce que c'était un projet de neuf mois puisqu'on avait commencé un peu en août ces journées de sélection etc mais aussi légèrement soulagés quand même parce que quand on voyait les conditions météo, on mettait des couches et des couches, les gants chauffants, chaussettes chauffantes, tout ça, on avait peur de brûler nos rétines. Donc, c'était un petit soulagement quand même. Mais du coup, ça s'est terminé comme ça. Le projet Reaching Summit s'est transformé en une association dont je fais partie maintenant, je fais partie de mon comité qui pousse juste les femmes de manière générale à se pousser dans l'endurance puisque, je pense, tu le sais bien, la représentation des femmes, malheureusement, est assez faible, même si c'est en train de changer pour mon plus grand plaisir. Mais c'est vrai que, tu vois, par exemple, la patrouille des glaciers, j'y avais... C'est même pas que je me sentais pas capable, c'est que j'y avais même pas pensé parce que dans mon entourage, toutes les personnes qui avaient terminé cette course, c'était papa de mes copines, tu vois. C'était vraiment un truc d'homme, en fait. donc ça n'était même pas venu à l'esprit et effectivement en 2022 quand l'initiatrice du projet Reaching Summit Karine Franière avait participé à la course il n'y avait que 6% d'équipes 100% féminines qui participaient et c'était ça qui lui avait dit mais il faut qu'on change ça et c'est ce qui lui avait fait créer le projet Reaching Summit
Loïc donc ça veut dire quoi en fait c'est une équipe, deux équipes ? parce qu'il n'y a pas énormément de participants, si je ne me trompe pas, non ?
Marine Si, si, je pense qu'en tout, tu as 1500…
Loïc Ah oui, ok, d'accord.
Marine Oui, oui, oui.
Loïc D'accord. Ah oui, j'étais très loin, ok.
Marine Non, non, c'est une grosse course. Après, il y a des gens du monde entier qui viennent et tu as des cours civiles, des patrouilles civiles et des patrouilles militaires. Donc, je ne saurais pas te donner le chiffre exact en ce qui concerne les amateurs, mais c'était vraiment très, très faible. Puis elle aussi, pour elle, c'était un peu nouveau le ski alpinisme. Elle s'est retrouvée sur le podium, elle s'y attendait pas du tout. Donc voilà, c'est ce qui a un peu la poussé à créer ce projet. Et du coup, moi, ça m'a aussi énormément parlé de sa mission. Et donc, on a créé cette association, je me suis impliquée. On a étendu aussi notre champ d'application. où on a fait des projets aussi d'ultracyclisme avec Race Across Switzerland. Et après, aujourd'hui, on a des filles qui s'engagent sur l'UTMB, qu'on accompagne du coup, sur un projet de deux ans. Voilà, c'est vraiment notre mission, c'est de montrer des filles qui sont un peu normales et montrer que, tu vois, avec la préparation adéquate, parce qu'évidemment, il ne faut pas non plus y aller en mode touriste, mais que n'importe qui qui s'en donne les moyens peut le faire et cette mission aussi de se dire quand on veut on peut se donner les moyens et ça ne s'applique pas seulement dans le domaine sportif mais dans tous les domaines de la vie c'est un peu cette mission qu'on avait là et d'augmenter la représentation de la femme dans ses sports en communiquant sur les réseaux de se dire s'il y a d'autres filles qui voient tiens il y a Marine une petite jeunette de 29 ans qui fait la patrouille alors qu'elle travaille côté et qu'elle y arrive pourquoi pas moi en fait donc c'était un peu ça l'objectif mais du coup comme ça n'a pas eu lieu en 2024 notamment avec Noël donc une des filles de ma patrouille de cette année là on s'est dit quand même on aimerait quand même bien la faire et on a trouvé Maria qui est une ultra-traileuse qui a fait l'UTMB, etc. Enfin, vraiment une machine pour former une équipe pour l'édition de cette année, l'édition 2026. Et cette fois, n'étant pas accompagnée par une structure ou quoi que ce soit. On restait ambassadrice de l'association mais sans recevoir des journées guides ou du matériel ou comme ça. voilà un peu comment on est passé de la joie à la patrouille des glaciers
Loïc waouh ok je me suis vraiment beaucoup retenu de t'interrompre parce que j'ai des questions qui fusaient mais absolument passionnant et du coup j'imagine que c'est dans comment est-ce que t'as rencontré Marjorie parce que je sais qu'elle est aussi très active sur tous les sujets de féminisation du sport
Marine effectivement comme ça quand je me suis mise en fait au au vélo et au triathlon. Comme je ne connaissais personne dans mon entourage qui en faisait, je me suis créé un compte Instagram où je me suis dit, je vais un peu parler de ce que je fais, de mes débuts en triathlon. Et puis, peut-être que je vais trouver ma petite communauté comme ça. Et c'est exactement ce qui s'est passé. C'est comme ça que j'ai rencontré Marjorie par Instagram. Et puis, une fois, on s'est dit, allez, on va rouler ensemble. Et du coup, voilà, on a roulé ensemble. Ça a matché. On a gardé contact. qui sont devenues bonnes copines. C'est super.
Trop bien.
Loïc Parce qu'aujourd'hui, tu es toujours à Lausanne, j'imagine, en travaillant dans l'EPFL.
Marine Je suis basée à Nyon, mais c'est entre Zonaire et Lausanne. Mais oui, du coup, elle n'est pas loin.
Loïc Excellent. OK. Alors, question 1. Non, mais vraiment, absolument passionnant. Juste pour revenir rapidement sur la partie, toute cette phase de vie, voile, haut niveau. Tu as parlé de plein de choses qui ont beaucoup raisonné notamment sur ce sujet du sport de l'identité qu'est-ce qui se passe une fois que tu arrêtes la prise de poids et je voulais juste te faire un partage j'ai vécu la même chose tu disais que tu as eu un projet pendant 3 ans de retour à la voile en cata et tu disais que finalement c'est compliqué quand tu as fait du haut niveau de te « réfréner », de ne pas aller sur un mindset compétition. Je serais curieux d'avoir ton avis. J'ai aussi l'impression qu'il y a un sujet d'émotion, d'hormone, de ressenti. Moi, ce que j'ai vécu avec le judo, je faisais beaucoup de judo au niveau et j'ai arrêté pendant ma classe prépa. J'ai pris ma dernière année de judo en équipe de France. J'étais en régime permanent. j'ai arrêté, j'ai dû prendre 6 kilos en deux semaines et plus tout le sport et j'ai pas aussi bien géré que toi je pense pas que j'ai bien géré en tout cas tu vois j'ai pas eu conscience comme toi j'ai l'impression de l'important j'ai pas été conscient du fait qu'il fallait absolument que je maintienne un minimum d'activité physique et en tout cas pas ma première année de prépa et je l'ai ultra mal vécu sans me rendre compte que c'était lié au sport et quand j'ai repris en deuxième année effectivement comme toi c'était une vraie soupape de décompression et ça m'a énormément aidé mais ça restait très léger je courais une fois par semaine peut-être le week-end et puis quand on avait du temps on allait courir sur un mini terrain de foot histoire de se dépenser mais par contre j'ai tenté de reprendre le judo dans un contexte haut niveau donc quand je suis rentré en école après mes deux ans de prépa au bout d'un an ou deux je suis parti au Canada et mon entraîneur qui était dans le sud de la France de l'époque m'avait dit va dans ce club et puis va voir cet entraîneur, je le connais, il t'accueillera avec plaisir. Et en fait, quand je suis arrivé dans le club, je te la fais courte, en fait, c'était le club de la côte est du Canada qui était en pleine phase de préparation des JO de Londres. Ah ouais. Je me suis fait éclater. Je ne sais plus si c'était le premier ou le deuxième entraînement, mais j'étais dans les toilettes en train de vomir avant la fin de l'échauffement. Oh là là. Et en fait, c'était abominable. Pas tant l'aspect niveau, mais plus j'ai plus les sensations tu vois je suis plus rapide donc quand j'envoie des prises j'ai l'impression que je me traîne j'envoie un télégraphe à mon adversaire pour lui dire attention je suis en train de faire ça tellement j'étais lent c'était plus un sujet j'ai eu l'impression de ressenti que mon niveau par rapport aux autres
Marine oui je vois tout à fait ce que tu veux dire quand on a repris le kata bon déjà c'était des sensations très différentes du bateau que je faisais d'avant mais c'est vrai que au delà des résultats vraiment de la performance pure et des classements etc je voyais que j'étais beaucoup moins réactive sur l'eau tu vois par rapport aux stratégies tactiques etc la lecture du plan d'eau tout plein de petites choses comme ça que quand tu le fais 10-12 heures par semaine ton esprit devient vraiment affûté tout devient automatique, fluide, etc. Ouais, j'ai presque l'impression d'être une vieillarde de la voile dans mon cerveau.
Loïc C'est ça qui est terrible, je trouve.
Marine Moi, ma réponse finalement a été, en fait, je ne sais pas, c'est peut-être un peu triste ce que je vais dire, mais je ne peux plus refaire de la voile, en fait.
Loïc Ah, mais je comprends tellement. J'ai eu la même réflexion que toi.
Marine Et ce n'est pas grave. Il y a tellement d'autres choses à faire dans la vie, mais c'est vrai que dans mon entourage ça étonne énormément aussi que presque du jour au lendemain j'ai dit ça ne m'amuse pas je ne veux plus faire
Loïc je vois tout à fait sujet complexe le fait de tourner la page on parle beaucoup sur ce podcast de sport d'aventure etc mais j'imagine que de manière générale quand tu as eu un pilier aussi fort de ton identité qui disparaît qui s'écroule il n'a plus la place qu'il avait
Marine Il n'a pas totalement disparu parce que c'est une problématique qu'on a un peu eue avec mon équipe. C'est qu'elles n'ont jamais été dans du haut niveau comme ça. Et donc, la discipline que moi, je peux me mettre ou le mindset dans lequel je peux rentrer pour elles, c'était trop. Voilà, on s'est remise en question à mi-saison après une course où vraiment, moi, je poussais trop. j'étais aller on y va machin j'étais vraiment en mode performance pure et pour elle ça avait enlevé tout le plaisir en fait alors que pour moi pas tu vois moi ça m'enlève pas du plaisir d'être là et donc on a dû redéfinir un peu nos objectifs et pour moi une fois que c'était dit ok ben notre objectif c'est de vivre une aventure à trois oui c'est de donner le meilleur de nous même et en ce sens performer tu vois c'est de se dire ben on a fait tout ce qu'on a pu alors on est heureuse alors que moi je pense qu'il y a toujours ce truc d'aller chercher la limite de tu vois quand on dit de donner le meilleur de soi-même pour moi c'est à 200% en fait, 100% c'est pas suffisant et voilà mais ça a été un très bon apprentissage pour moi parce que ça me réapprend aussi à prendre plaisir dans des cadres où vraiment la performance élitiste pure disparaît mais on peut quand même performer différemment par exemple je suis très très fière, on peut en parler de de notre dynamique d'équipe qu'on a eue pendant la course, qui était vraiment incroyable et qui nous a vraiment permis de super bien avancer. Et en ce sens-là, on a vraiment bien performé, tu vois. Mais voilà, j'étais du style, il faut que nos transitions, donc le moment où tu passes, où tu as tes pots sous les skis, il faut enlever les pots et puis on redescend la montagne à ski. Moi, j'étais du genre à m'être entraînée pour que ça prenne 30 secondes. puis quand je poussais les filles aller aller elles me regardaient en mode non mais c'est bon on est sur une course de nous a qu'est-ce qui nous fait chier à se dépêcher de faire la transition quoi mais moi c'était pas en principe on fait les choses au mieux donc tu vois un peu voilà et donc ça me suit encore ça me suit dans même tous les domaines même tu vois professionnellement des fois aussi je dois réussir à me dire bah c'est pas parfait c'est ok si tu ne fais pas un énorme volume de travail c'est ok c'est quelque chose que je dois déconstruire un peu constamment mais d'un autre côté je n'ai pas envie de le perdre totalement parce que comme tu l'as dit ça fait partie de mon identité c'est un équilibre à trouver qui n'est pas tous les jours facile et qui même des fois me rend la vie un peu plus complexe que ce qu'elle n'allait déjà
Loïc je vois bien tu as aussi mentionné quelque chose un peu plus tôt un point qui m'a qui m'a aussi parlé t'évoquais la data, le fait, alors je sais plus comment tu l'as formulé j'aurais dû me le noter tiens d'ailleurs
Marine ouais tu vois la science, l'entraînement c'est que des maths
Loïc exactement, que des maths non c'est pas vrai
Marine c'est pas que des maths
Loïc non bien sûr mais en tout cas une observation que je fais c'est qu'en tout cas dans l'univers de la voile c'est assez intéressant tu vois parce que là je suis bientôt enfin je suis globalement à 300 épisodes à peu près 5-6 épisodes près avec quand même beaucoup d'invités, en tout cas il y a des thématiques récurrentes, l'alpinisme, le ski la montagne, la voile et on ne va pas dresser de généralité mais quand même 300 ça devient un échantillon à peu près respectable je pense c'est pas représentatif de tous les voileux ou de tous les alpinistes etc j'ai quand même l'impression que dans cet univers de la voile c'est vrai en fait que c'est des maths, c'est souvent des ingénieurs très souvent tu vois que c'est des gens qui sont câblés pour réfléchir vite calculer vite, prendre des décisions vite et finalement qu'il y a une approche un peu tu vois j'ai eu des gens par exemple pour donner un exemple opposé à ça qui permettra peut-être de mieux comprendre j'ai eu quelques invités qui font de la slackline ou une finambuliste tu vois une fil de feriste là on est dans les échanges j'étais beaucoup plus sur des de rêverie, de créativité. Ce qui n'est pas du tout le cas en voile. Mais attention, dans les deux cas, ultra intéressant. Mais la voile, c'est plus mon calcul de route, la prise en compte de la météo, les modèles que j'ai mis en place. Donc, c'est vraiment marrant parce qu'en fait, c'est quand même des maths, la voile. En tout cas, c'est des gens qui ont une appétence pour ça, j'ai l'impression.
Marine Oui, mais tu as tout à fait raison. Je pense que les gens qui sont extérieurs à la voile, ils s'imaginent, c'est juste, tu règles tes voiles par rapport au vent puis après tu t'assieds sur ton bateau et t'attends quoi et même c'est pas du sport quand on y pense comme ça mais en fait c'est du jeu d'échec permanent t'es constamment en train de remettre en question ta façon de naviguer pour voir comment est-ce que tu peux aller plus vite, gagner du terrain sur tes concurrents donc en fait c'est de la réflexion constante tout le temps et c'est même un des aspects qui moi commencé à me fatiguer aussi parce que pour moi le sport tu l'as dit tout à l'heure c'est vrai que assez vite j'ai compris que c'était une soupape de décompression et du coup des fois j'en avais marre d'aller aux entraînements de voile en me disant purée après avoir fait toute ma journée d'école c'était le lycée mais c'est pas non plus pas aussi prenant qu'une prépa mais tu restes investi intellectuellement il faut garder le cerveau branché en fait, il faut pas le débrancher et tu parlais de rêverie. C'est drôle parce que longtemps, mon entraîneur du club local, il disait, ah, Marine, elle fait de la voile pour rêver un petit peu. Pour un peu débrancher le cerveau, sauf que si tu veux performer, tu ne peux pas. Donc, c'est vrai que des fois, j'avais un peu des moments d'inattention comme ça parce que juste d'être 100% tout le temps, en tout cas à cet âge-là, peut-être que les autres enfants à l'école, ils étaient peut-être moins investis que moi c'est très probable, qui du coup c'était leur moment intellectuel de la journée j'en sais rien mais non, non, c'est très voilà, et donc oui, je suis d'accord avec toi que la représentation des mais je trouve aussi dans le sport d'endurance de manière générale, on rencontre quand même énormément d'ingénieurs je trouve Mathieu Blanchard c'est vraiment l'exemple parfait et des gens qui du coup assez facilement s'intéressent à la à la discipline et à la science qui est derrière et puis non c'est ça m'étonne pas disons mais gardons quand même que c'est dans les grandes lignes et dans les moyennes quoi qu'il y a quand même voilà mon frère qui a fait énormément de voile aussi c'est pas du tout un matheux il fait du droit donc tu vois c'est pas bon ça reste
Loïc oui on reste sur quelque chose d'assez cartésien
Marine ouais
Loïc ultra intéressant et alors justement en parlant de profil ça fait peut-être une bonne transition sur le sujet des neurosciences on parle là de profil de personnalité de schéma mentaux en fait peut-être j'ai envie de te dire des gens qui sont on dirait câblés d'une certaine manière en France est-ce que ta pratique, ta vision du sport a évolué au fil de tes recherches ou pas du tout c'est complètement décorrélé ?
Marine Non, je pense qu'il y a deux grandes réalisations que j'ai eues, je dirais, parallèlement à ma carrière professionnelle. La première, et assez rapidement, c'est le besoin, même pas de sport, d'activité physique pour le bon fonctionnement du corps humain, que ce soit physique et mental. C'est quelque chose de primordial. Vraiment, on ne parle plus de haut niveau, moi, je parle même de juste marcher 30 minutes dans la journée. on dit souvent que le sport est bon pour la santé moi je me suis assez vite rendu compte que c'est pas comme ça qu'on devrait le présenter même si c'est plus négatif, c'est plutôt dire la sédentarité est mauvaise pour la santé en fait l'activité physique quand on réfléchit à qui était l'être humain il y a quelques années et dans le cadre de l'évolution finalement notre société elle représente rien du tout sur l'existence de l'humanité et on était beaucoup plus actifs que ce qu'on aime maintenant. Et il y a énormément de maladies, je pense, qui émergent simplement à cause de la sédentarité. Et voilà, donc c'est pas... L'activité physique, je pense, est vraiment quelque chose d'inhérant à l'être humain. C'est quelque chose dont on a besoin, au même titre que de manger et boire, et pas quelque chose qu'on devrait faire juste parce que ça peut te rajouter quelques années à ta vie. Donc ça, j'ai vraiment vite compris et surtout aussi pour ma santé mentale. Mais le deuxième truc aussi, c'est le privilège que c'est aussi d'une certaine manière puisqu'il y a des gens qui malheureusement se retrouvent à ne plus pouvoir faire ce qu'ils pouvaient faire pour diverses raisons, handicap, maladie et de se rappeler aussi à quel point on a une chance inouïe d'avoir un corps qui fonctionne bien et qui nous permet de faire des choses super chouettes. on devrait prendre le temps d'apprécier ça peut-être plus souvent. Donc c'est un peu ça les deux réalisations que j'ai eues en parallèle du sport.
Loïc Tellement d'accord avec toi sur ce sujet de la sédentarité. Et tu es occasionnellement, je ne suis pas beaucoup les news, mais occasionnellement je tombe sur des articles, sur des études qui sont faites sur le niveau de pratique des étudiants en France alors que ce soit jeunes, collégiens ou lycéens et là je reviens d'une course au Maroc d'ailleurs c'était un ultra de 160 km sur 4 jours et il y avait dans les participants une professeure de sport à Paris et donc je lui partageais une stat que j'avais vue il n'y a pas longtemps en lui disant est-ce que toi tu vois ça sur le terrain cette statistique c'était qu'il y a moins de 50% il me semble que c'était collégiens en tout cas collégiens ou lycéens en France qui ne sont pas capables de courir plus de deux minutes
Marine c'est fou
Loïc moi ça me paraît complètement hallucinant je lui pose la question, je dis mais toi est-ce que à ton niveau dans ton établissement tu vois ça etc elle me dit mais c'est pire que ça en fait c'est à dire que là moi quand j'organise des sorties randonnées de 4 à 6 km sur du plat c'est la moitié qui n'arrive pas à finir en marchant
Marine ça ne m'étonne pas
Loïc bref donc moi ça me terrorise ces sujets là
Marine pour la suite en tant que société on devrait vraiment remettre l'activité physique je pense qu'il y a énormément de problèmes de santé physique comme mentaux qui seraient résolus si simplement on avait tous ce qui sont les recommandations de l'OMS je ne dis même pas des folies à faire ce que nous on fait mais juste avoir 30 minutes d'activité physique par jour tous les jours et ça, je pense pas que beaucoup de gens dans la population peuvent se targuer de faire ça, ne serait-ce que ça, et ouais quand je dis la marche ça suffit ça suffit, mais même ça beaucoup ne le font pas quoi c'est vraiment triste, mais je pense que c'est à nos politiques de changer ça dans leur politique de prévention dans la santé, de remettre ça au coeur d'une bonne politique de santé je pense qu'on est beaucoup trop dans la réaction moi-même je fais de la recherche pour guérir des maladies en l'occurrence la maladie de Charcot c'est pas lié à une inactivité physique mais je pense à d'autres qu'on pourrait prévenir bien plus tout ce qui est diabète, certains cancers même certaines maladies neurodégénératives le coût des traitements est bien plus élevé que le coût de mettre en place une politique d'activité physique chez les plus jeunes.
Voilà.
Loïc Sur ton sujet de recherche des neurosciences, si on rentre, en tout cas, moi, je suis un inculte absolu, donc il va falloir que tu vulgarises bien. Il y a peut-être des gens dans l'audience qui maîtrisent un peu plus ce sujet, mais globalement, ta recherche, elle porte sur quoi et est-ce que tu t'es penché sur ce lien entre activité physique, stimulation, bonne santé interne, entre guillemets, de nos cellules, de nos organismes, etc.
Marine La maladie de Charcot, je rappelle qu'il touche les nerfs entre le cerveau, la moelle épinière et les muscles. C'est vraiment un peu, on s'imagine, des câbles où l'information est transmise entre le cerveau et les muscles qui dit « maintenant tu te contractes pour pouvoir marcher ». ces câbles s'érodent dans la maladie et ils dégénèrent. Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'en tout cas pour cette maladie-là, parmi les facteurs de risque, il y a une énorme activité physique.
Loïc Ah !
Marine Pour le coup. Donc on n'est pas sur la bonne maladie pour illustrer ce qu'on disait avant. Mais on pense que c'est l'accumulation de stress oxydatif de façon chronique, vraiment, à long terme est délétère pour nos neurones et surtout les neurones moteurs. Donc, tu vois, ça crée un peu une inflammation chronique qui peut-être, dans le cas de certaines personnes qui ont des prédispositions génétiques, va tout à coup franchir un seuil où ce n'est plus possible pour le système nerveux d'accepter autant l'inflammation et qui commence à dégénérer.
Loïc Donc l'inflammation, pardon Marine, je te coupe, mais l'inflammation elle arrive comment ? c'est pendant l'effort en fait l'organisme se met en mode stress et c'est ça qui crée ces inflammations ?
Marine à chaque fois qu'on fait du sport et plus l'intensité et le volume est important plus tu vas accumuler ce qu'on appelle du stress oxydatif donc c'est dans tes mitochondries donc tu sais ces petites organiques qui servent à créer de l'énergie pour que tu puisses bouger il y a des réactions chimiques qui se font et qu'utilise l'oxygène, ce que tu respires. Et en fait, ça, ça va créer des sous-produits, un peu des déchets qu'on appelle le stress oxydatif. Et en fait, tu peux accumuler ce stress et ce stress va créer l'inflammation. Donc, ton système immunitaire va se dire, bon, ce stress-là, ça commence à être pas très bon pour moi. Donc, ça va enflammer tes tissus, va y avoir un peu une activation chronique de ton système immunitaire, mais qui ne sait pas très bien comment résoudre ça, parce qu'au final, la solution, en tout cas en l'occurrence là, ce serait du repos complet, juste le temps que ton corps puisse éliminer tous ses déchets.
Loïc D'accord.
Marine Voilà, mais c'est vraiment... Il y a peut-être des facteurs de confusion aussi, c'est toujours ce qui est un peu intéressant quand on étudie les facteurs de risque de maladie, parce que c'est un facteur de risque, mais des fois, ça peut en cacher un autre. Je te donne un exemple. Un autre grand facteur de risque dans la maladie de Charcot, c'est d'avoir fait un service militaire. Encore un service militaire, tu fais une grande activité physique. Donc, au final, est-ce que c'est vraiment d'avoir fait le service militaire qui te augmente le risque d'avoir la maladie ou est-ce que c'est l'activité physique ? Il y a un peu des choses comme ça qui ne sont pas faciles et de trouver vraiment le lien de causalité. C'est très compliqué aussi parce qu'on pense vraiment que c'est une maladie multifactorielle où tu commences à accumuler un peu des, en anglais je dirais des burdens, des fardeaux. La traduction littérale, c'est tu commences à avoir du stress oxydatif. Il se peut que tu aies un gène de prédisposition, je ne sais pas, qui est responsable à t'aider à éliminer ces déchets de base qui ne fonctionnent pas très bien, donc qui vient amplifier le problème. en plus t'es du genre de quelqu'un qui dort pas beaucoup donc on vient rajouter du stress tu vois c'est pas forcément un truc comme un virus tu vois où juste t'attrapes la grippe et paf t'es malade c'est pas comme ça qu'on pense que la maladie fonctionne c'est juste t'as une accumulation comme ça de petits stress et surtout on pense que t'as je dirais un bagage génétique qui fait que tu es prédisposé à mal gérer ces petits stress et qui du coup d'un coup te fait basculer ou tout à coup ton corps ne peut plus continuer. Pour en revenir à ma recherche qui fait le lien un peu avec l'inflammation, on sait que ces nerfs moteurs qui font la connexion entre ton système nerveux et tes muscles, ils dégénèrent. Mais on ne sait pas pourquoi ils dégénèrent. On pense que l'inflammation de manière générale est délétère, mais ça, tu pourrais le dire pour n'importe quel tissu de ton corps. Donc, pourquoi spécifiquement ces nerfs-là ? Nous, ce qu'on a trouvé, c'est qu'on aurait des cellules du système immunitaire qui commenceraient à être déréglées et qui commenceraient, tu vois, leur rôle, les cellules immunitaires, quand on a un agent pathogène étranger, un virus, une bactérie qui vient, pour les combattre, ils vont venir les manger. nous ce qu'on a trouvé c'est que ces cellules sont un peu déréglées et elles viennent manger les connexions nerveuses qui arrivent sur les nerfs moteurs
Loïc donc autodestruction
Marine oui c'est ton corps clairement qui s'attache à lui-même c'est vrai que on pourrait presque parler peut-être de maladies auto-immunes d'une certaine manière et ce qui était hyper intéressant dans ce qu'on a trouvé c'est que tu sais dans notre système nerveux donc on a des neurones ces neurones ils communiquent entre eux mais en fait leur communication elle est de deux types elle est soit dite excitatrice c'est à dire un neurone va dire à l'autre vas-y active toi, il faut qu'on active les muscles ou alors inhibitrice il y a un neurone qui va dire à un autre neurone là il faut que tu te taises on n'a pas besoin d'activer le muscle un super bon exemple c'est tu vois on a des muscles antagonistes donc quand tu contractes un muscle c'est très important que son muscle antagoniste par exemple le biceps quand tu le contractes que ton triceps il se relâche et donc le neurone qui est responsable du triceps il va être inhibé pendant que le neurone qui est responsable du biceps va être activé et donc nous ce qu'on a trouvé c'est que ces cellules immunitaires elles mangent plus les connexions inhibitrices et donc il se trouverait en fait que de manière générale les neurones qui contrôlent les muscles se retrouvent un peu trop actifs et tu vois ça rejoint peut-être aussi ce facteur de risque de trop d'activité physique c'est qu'à force d'être tout le temps tout le temps actif, au bout d'un moment ils accumulent de nouveau je te parle de ce stress oxydatif et d'autres choses qui sont délétères pour eux, de la même image que nous humains on ne peut pas être actif tout le temps des fois on doit dormir et que c'est ça qui déclencherait en fait la maladie et ce qui est super c'est que j'ai travaillé sur une approche thérapeutique où on pourrait empêcher ces cellules de manger nos connexions inhibitrices et on a des résultats prometteurs dans nos modèles animaux donc on espère pouvoir faire avancer la recherche préclinique pour pouvoir créer une vraie thérapie pour les patients
Loïc Fascinant
Marine Je
Loïc Je
Marine Je m'étais
Loïc J'avais forcément déjà entendu parler de la maladie de Charcot, mais par contre, je n'avais pas nécessairement creusé le sujet. Donc, je n'avais pas en tête cette notion de potentiellement une activité physique intense répétée sur le long terme pourrait être un des facteurs déclencheurs. En plus des prédispositions, etc. Tu as bien expliqué que c'est sans doute multifactoriel, mais de ce que je retiens, c'est quand même que l'activité physique, là pour le coup, n'est pas forcément un plus.
Marine non absolument pas
Loïc Patrouille des glaciers si on y revient alors s'il y en a qui ne connaissent pas en préparant l'épisode j'étais allé un petit peu regarder c'est ultra intéressant en fait c'est une course qui est qui est née en tout cas qui est ancrée dans l'histoire militaire qui remonte à la seconde guerre mondiale qui a eu plusieurs éditions historiquement donc qui reliait Zermatt à Verbier deux villes deux villes suisses dans les Alpes aux portes enfin deux villes un peu emblématiques quand même de l'arc alpin suisse et qui ensuite, alors j'ai découvert ça en m'enseignant, qui a été arrêté pendant une trentaine d'années parce qu'il y a eu un accident mortel en 1949 sur la troisième édition et qui a été donc relancé en 1983. Donc c'est vraiment une course historique qui a une longue histoire et qui aujourd'hui, tu dirais toi en tant que participante ou en tout cas tu es clairement familière de la course elle a quelle image cette course aujourd'hui ? Il y a une forte connotation justement historique ou on a basculé sur la partie plutôt sport-performance ?
Marine Non, je dirais qu'elle fait vraiment partie du paysage suisse je pense que tout suisse a entendu parler de cette course comme tu as dit, à la base c'est un exercice militaire qui a été ouvert aux civils c'est vraiment l'armée qui se déploie dans le terrain et qui se teste à voir si elle peut survivre dans des conditions hostiles et s'organiser, etc. Et donc, elle a un peu ce côté presque de mythe et de légende auprès de nous. Et je pense que c'est un mix entre l'histoire militaire derrière, le parcours en lui-même qui passe à des endroits à la fois somptueux, mais aussi très hostiles, soit sur le glacier, et puis la longueur de l'effort en tant que tel. ça fait tout un mix de facteurs qui font qu'on peut facilement appeler ça une course mythique en tout cas dans le paysage suisse et dans le milieu du ski alpinisme
Loïc ok et j'ai aussi découvert en préparant l'épisode je ne sais pas si c'était le cas si ça a été le cas au moment du redémarrage de la course dans les années 80 mais il y a deux traces il y en a une qui fait Arola Verbier donc c'est en gros 30 km un peu plus de 2000 m de dénivelé avec un record en 3 heures et une autre trace celle-ci historique pour le coup qui fait Zermatt Verbier c'est un petit peu moins de 60 km 4300 de dénivelé positif donc là on commence à être sur un ratio un peu énervé et un record en 5h35
Marine faut pas parler des records
Loïc je vois ça sur la page de la cour c'est vrai que c'est
Marine parce que du coup on parle plus du cra quand on voit les records
Loïc effectivement quand tu vois le record tu dis tu pars à 9h, à 15h t'es à la maison
Marine nous on la fait 14h comme ça les gens ils voient
Loïc tu l'as fait en combien tu as dit ? 14h14
Marine 14h14
Loïc justement est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu dans les faits quelle a été votre expérience les moments forts, les moments marquants ce que t'as appris, qu'on rentre dans le détail des 7 patrouilles ?
Marine Je pense que comme quasi toutes les courses au-delà de la course il y a la prépa de la course qui prend quand même un morceau très important qui est très difficile pour plusieurs raisons déjà parce que tu t'entraînes donc voilà pour un effort tu sais moi je savais que ce serait plus de 12 heures en tout cas après quantifier c'est toujours un peu difficile quand c'est ta première fois puis en plus quand c'est des sports comme ça où il y a la météo qui peut énormément affecté ou problème matériel qui peut aussi arriver. Je savais que ce serait plus de 12 heures, mais après, combien exactement ? C'était vraiment difficile à évaluer. Donc, tu as une charge d'entraînement assez conséquente. Après, pour certaines personnes, ça va paraître peu, pour d'autres, énorme, mais en moyenne, on était à 10, 12 heures par semaine. Mais aussi, tu vois, moi, j'habite près du lac. Je n'ai pas les Alpes-Valaisannes juste à côté de chez moi. Donc, tu as une dimension logistique assez énorme aussi où tu essayes tous les week-ends d'aller à la montagne pour t'entraîner dans les conditions. Mais tous les week-ends, ce n'est pas non plus viable pour plein de raisons. J'ai le Jura français qui est juste derrière chez moi. Il y a la station des Rousses. Je ne sais pas si tu connais. On a un petit sommet local, la Dôle. Je me suis retrouvée souvent à faire le hamster. C'est une montée de 450 150 de D+, donc à faire un peu le hamster là-bas, ce qui, mentalement, au bout d'un moment, ce n'est pas très marrant. Mais aussi, c'est une course par équipe et ce n'est pas juste que tu dois rester les trois ensemble. Il y a des manipulations techniques à faire, sans cordée, parce qu'il y a des passages de la course qui passent sur un glacier, il y a des crevasses. En fait, en t'attachant les uns les autres, s'il y en a un qui tombe, les deux autres peuvent faire un arrêt d'urgence, puis faire toute la technique pour remonter l'autre de la crevasse. Alors, petit aparté, pendant la course elle-même, c'est plus pour le folklore parce que la sécurité est tellement importante que la probabilité vraiment que tu tombes dans une crevasse, honnêtement, elle est proche de nulle. Et la sécurité de manière générale, je pense que tu n'es jamais aussi safe en fait. pendant la patrouille des glaciers que par rapport à tous tes entraînements que toi tu fais, parce que il y a un soldat, j'exagère en disant ça mais il y a peut-être un soldat tous les kilomètres et aussi quand tu montes un couloir il y a des marches qui ont été faites pour toi juste pour clore sa partée, il y a quand même grosse part du milieu du ski alpinisme qui considère la course n'étant pas vraiment du ski alpinisme tellement tu es dans des conditions presque artificielles si tu veux où tout est hyper préparé pour toi. Donc, tu n'as pas trop à réfléchir. Mais quand même, c'est important que quand tu es sur un glacier, tu sois encordé. Donc, en gros, on prend une corde, elle fait trentaine de mètres de long et on s'attache les uns les autres, l'un à la suite de l'autre. Et puis, non seulement il faut connaître les bons nœuds, etc., qu'il faut faire, savoir le faire sur le moment dans le stress, mais aussi gérer parce que tu vois, la corde, il faut qu'elle soit jamais tendue parce que sinon, c'est fatigant pour un des trois coéquipiers ou les deux s'il y a de la tension et qu'on doit se retrouver à se tirer les uns des autres. Donc, il faut trouver un rythme qui convient à tout le monde. Et puis aussi, il faut énormément communiquer parce qu'il y a une autre grosse dimension de la course, c'est la gestion de la température, de l'alimentation, de l'hydratation. et donc par exemple un de mes jobs c'était de rappeler tout le temps aussi de manger et de boire et donc celle qui est en milieu de cordée c'est à elle de faire constamment passer le message entre la première et la troisième parce que tu as quand même entre 8 et 10 mètres d'écart entre chacune de nous tu vois et donc ça c'est quand même c'est pas si simple et ça je te parle à la montée, à la descente ça devient encore autre chose je sais pas si tu fais un peu de ski déjà faire du ski en descente c'est pas quelque chose, ça ne s'apprend pas en une semaine. Mais du coup, quand tu es attaché les uns aux autres, il faut aussi trouver une stratégie pour que ça se passe plus ou moins bien et que, tu vois, par exemple, la dernière, elle ne se retrouve pas tirée comme jamais par la deuxième. La deuxième, elle va se retrouver aussi balottée entre la première et la dernière. Il y a aussi des entraînements. C'est important que régulièrement, on se retrouve avec l'équipe et qu'on mette des stratégies en place qu'on se connaisse bien forcément il y aura des coups de moins bien pendant ces 12, 15 on ne savait pas à 18h donc qu'on se connaisse et qu'on sache réagir quand on voit que l'une ou l'autre se sent pas bien et connaître les personnalités voilà aussi face à l'adversité s'il y a un problème etc donc on a fait quelques courses préparatoires d'autres courses de ski alpinisme qui représentaient la moitié de la distance pour un peu entraîner tout ça. Mais du coup, il faut aussi accorder ses agendas. Je dirais qu'il y a un peu ces trois dimensions. Non seulement, c'est un volume d'entraînement qui est énorme. En plus, tu as une dynamique d'équipe à gérer, le calendrier de tout le monde à gérer et une énorme logistique parce que toutes les trois, Noël et moi, on n'habitait pas du tout à côté de la montagne. donc ça retrouvait à faire quand même beaucoup de trajets tous les week-ends pour s'entraîner dans le milieu et le terrain adapté donc ça retrouvait une prépa vraiment lourde je dirais mentalement vraiment plus mentale que physique que j'ai trouvé parce que finalement c'était pas la première prépa avec du gros volume que je faisais comme ça mais plus l'engagement mental puis j'ai l'impression que tout était organisé à la minute près dans mon agenda parce qu'aussi je me suis pas rendue la tâche facile, on a pris un chiot avec mon copain au temps de passer. voilà. Donc, tout était réglé à la minute près dans mon agenda et à la moindre, tu vois, moindre petit pépin, etc. Tout prenait des proportions énormes, en fait. J'ai eu de la casse matérielle aussi. J'ai cassé un ski parce que c'est des skis spéciaux. Ce ne sont pas les mêmes skis qu'on met pour skier sur piste. Ils sont tout fins, tout légers pour qu'à la montée, tu vois, le plus agréable possible. Mais du coup, ça les rend assez fragiles, malheureusement. Et donc, j'ai cassé une paire de skis. Donc, tu vois, il y a eu des frais. Puis le stress de trouver... Ce n'est pas des skis... Tu vois, comme ce n'est pas un sport si populaire et si connu, ce n'est pas que tu vas à n'importe quel magasin de ski pour trouver ta paire. Donc, ça aussi, ça a été un stress. Et puis, le dernier stress, c'est que voilà, c'est une prépa qui est engageante et le ski, ça reste un sport risqué. notre troisième coéquipière elle s'est fait les ligaments croisés du genou antérieur un mois avant la course et là c'est voilà après il y a une énorme c'est quelque chose qui est pris en compte au moment où tu t'es inscrit à la patrouille parce que c'est malheureusement connu que c'est une prépa tellement engageante lourde, il y a des fois des blessures ou des accidents de vie on ne sait jamais ce que la vie réserve et donc il te demande en fait de déclarer un potentiel une potentielle remplaçante ou un potentiel remplaçant et voilà on a dû se poser la question déjà il a fallu se poser la question est-ce qu'elle le fait ou est-ce qu'elle le fait pas et ça déjà en tant que tel c'était vraiment une conversation qui n'était pas forcément facile à avoir c'est quelqu'un de native Maria qui est très optimiste et qui est je pense que quand je te l'ai présenté elle fait de l'ultra trail elle a une connaissance de son corps qui est incroyable et elle est vraiment très, très musclée. Donc, c'est vrai que d'un côté, je comprends qu'elle puisse se dire, mais ça peut le faire quand même. Mais le truc, l'enjeu aussi, c'est qu'on a mis du temps à avoir un diagnostic clair parce que ça s'est passé une semaine avant la deadline que l'armée nous imposait pour annoncer la composition finale de notre équipe. et donc pour elle d'avoir un rendez-vous avec un médecin du sport ou quelqu'un spécialiste du genou parce que les images d'IHM ne sont pas si faciles à interpréter faire les tests alors moi je ne connais pas trop mais il y a beaucoup de discussions là-dessus je crois qu'il y a un test du tiroir qui est fait pour savoir si ton ligament est toujours là ou pas là tu vois un coup il y a un physio qui disait non mais c'est bon ton ligament il est là puis un autre pas là un diagnostic et puis chaque jour, elle voyait des progrès. Elle disait non, mais je n'arrive pas encore à appuyer le genou à 45 degrés, mais j'ai pu faire 45 minutes de vélo. Je pense que ça va le faire. Et du coup, ce n'était pas facile parce que toi aussi, tu te dis, on va être encordé sur le glacier. Il y a quand même des risques qu'on va prendre qui ne vont pas impacter seulement nous individuellement, mais nous en tant qu'équipe. et je n'avais pas du tout peur pour moi mais plutôt pour elle de me dire tu vois c'était elle qui en descente a été en première position dans la cordée et moi en dernière c'était de me dire bah voilà j'ai pas le droit à l'erreur ça veut dire parce que si je fais le moindre écart, un virage pas au bon endroit etc et que ça met tout à coup une grosse tension dans la corde et que ça la tire en arrière est-ce que je ne vais pas la blesser encore plus et puis est-ce que du coup ça voudra dire qu'il faudra tout le temps adapté son rythme, etc. Est-ce que vraiment faire 15 heures en ayant une blessure, c'est déjà une course super dure et mythique ? Mais d'un autre côté, tu t'es entraînée toute la saison avec cette personne. Tu la connais mieux que quiconque. Donc, est-ce que ce n'est pas un risque non plus de partir avec quelqu'un que tu connais beaucoup moins bien ? Parce que du coup, notre quatrième Sophie, moi, je ne l'avais jamais rencontrée de toute la saison. Donc, je te disais voilà les agendas, etc. Elle avait fait son interdits en médecine et elle faisait des nuits, etc. Donc, finalement, on n'a jamais réussi à trouver un moment pour la rencontrer, sauf que c'est une très, très bonne amie de Noël, notre deuxième. Donc, elle, elle la connaissait super bien. Elles avaient pu s'entraîner ensemble à diverses occasions, mais moi, je ne l'avais jamais rencontrée. Et donc, voilà, tu vois, tu te retrouves un peu à dire, bon, comment va se passer cette patrouille ? et puis surtout voilà ça faisait comme l'édition précédente avait été annulée finalement c'était un projet qu'on avait en tête depuis deux ans et demi quoi donc tu franchement c'était difficile de garder son sang froid et de rester en mode bon ben il y a un problème il faut trouver une solution moi j'ai énormément de chance d'avoir un médecin du sport qui est très réactif tu vois du temps que je faisais du haut niveau en voile on avait une sorte d'accord avec Suisse Olympique où il avait une obligation de me prendre dans les 24 heures quand j'avais un problème et en fait même si je ne fais plus du tout du haut niveau maintenant il a un peu gardé cette habitude il est incroyable
Loïc génial ça
Marine non mais c'est un privilège énorme je m'en rends en fait je m'en rends beaucoup plus compte quand je vois comment Maria a galéré à ne serait-ce qu'avoir un rendez-vous parce que quand elle contactait les médecins du sport elle disait oui oui on vous prend en mai ou en juin tu vois puis la course elle était le 15 avril donc là tu te rends compte en fait d'un côté tu comprends Ce n'est pas une urgence vitale non plus, mais c'est un peu toute proportion gardée pour nous. C'était une urgence. Et du coup, avec le consentement de mariage, je lui ai envoyé un email parce que mon téléphone ne répondait pas. Et incroyable, dans les trois heures, il m'a répondu. Il m'a demandé mon numéro WhatsApp pour me faire un vocal. Et puis, en fait, il a confirmé que c'était une rupture partielle du ligament, mais que c'était une extrême mauvaise idée de partir avec ça, qu'elle risquait super gros et que même si ce n'était pas une rupture complète, qu'il fallait au moins trois mois sans sport. Ça a permis à Maria de se rendre compte peut-être un peu plus de ce qu'elle avait et de prendre une décision plus éclairée. Ce qui était super, c'est que c'est venu d'elle. du coup tu vois à aucun moment ça a été nous qui lui ont dit bah non on veut pas faire avec toi parce que de nouveau c'est elle qui se connait le mieux c'est son corps mais voilà il y a aussi la dimension d'équipe donc tu vois ça c'est des conversations pas forcément faciles à avoir mais d'elle-même elle a dit bon bah non mais en fait c'est n'importe quoi je la retire et voilà mais du coup Sophie la quatrième elle a complètement stressé paniqué en mode de mince je vais vraiment faire ce truc en fait et puis moi je me disais oh là là mais je la connais pas qu'est-ce que ça va donner tu vois qui elle est, comment elle se comporte j'ai jamais vu skier enfin voilà et en plus avec nos vies à mille à l'heure chacune de notre côté on a pas pu se rencontrer plus tôt que trois jours avant la course
Loïc ça c'est pas évident quand même pour l'avoir vécu aussi pour être parti sur une grosse épreuve avec des gens que je connaissais peu finalement que j'avais vu deux fois physiquement avant l'épreuve c'est pas évident parce qu'en fait t'es dans ta course mais tu l'es pas complètement parce que t'es je trouve beaucoup enfin très pas vigilant mais en observation tu vois de ce que fait la personne
Marine mais tu vois je pense que c'est un peu à double tranchant d'un côté je pense que effectivement comme tu dis tu perds peut-être énormément d'énergie dans cet état de vigilance constante mais d'un autre côté comme t'es dans cet état tu es toujours dans moi j'ai l'impression que tu es toujours dans le respect tu vois tu vas beaucoup moins aller chercher les limites de l'autre d'une certaine façon parce que tu auras peut-être un peu trop peur de la réaction que tu ne connais pas alors que quelqu'un que tu connais tu vois Maria je l'aurais peut-être plus facilement poussé que Sophie du coup que je ne connaissais pas donc c'est ouais je pense qu'on ne saura jamais comment ça serait passé différemment mais ça a été incroyable c'est une fille incroyable je pense qu'elle s'est découverte du coup des aptitudes quand même pour donner du contexte c'est pas non plus quelqu'un qui est sorti de nulle part ses deux parents étaient au club alpin, elle fait de l'alpinisme depuis toujours mais c'est quelqu'un qui est pas du tout avec la montre tu vois à mesurer ce qu'elle fait qui était pas en mode compète data, tout ça tu vois c'est juste décide avec son père d'aller faire un mont, ben ils vont faire la montagne à la journée et puis aucune idée de à quelle vitesse ils ont été. Voilà. C'est plus le côté aventure, vraiment montagne pure, comme ça. Du coup, le premier jour qu'on s'est vus, bon déjà, ce qui était génial, c'est que ça a matché direct au niveau du caractère. On a tout de suite parlé de choses intimes. Mais je pense que d'un côté, on savait qu'on n'avait pas trop le choix. Vraiment super sympa, très ouverte. Voilà. Puis, on n'avait pas peur de dire les choses, qui savaient être sérieuses quand il faut être sérieuses et drôles quand il faut être drôles. Donc, vraiment super. Puis, premier entraînement. Évidemment, tu es à trois jours de la course, tu ne fais pas des milliers de descents, mais on s'est dit qu'on va partir deux petites heures comme ça. Puis, on s'est dit que le mieux finalement, parce que là, le but, ça va être juste de finir et puis de finir en bon état quand même. Et puis, surtout sans se détester les autres. Peut-être le mieux, c'est que ce soit elle qui gère l'allure. puisqu'elle a moins d'entraînement, elle se connaît peut-être un peu moins bien. En tout cas, sur la première partie de course, de Zermatt à Arola, on s'était dit que ça allait être plus elle qui va gérer l'allure. Comme ça, on est sûr qu'on ne la met pas dans le rouge, quitte à un peu la tirer après. Et donc, premier entraînement, je lui ai dit, écoute, vas-y, pars devant et montre un peu c'est quoi l'allure que tu serais sur la course. Puis elle part. Et puis du coup, moi qui suis beaucoup plus data, je regarde ma montre puis je vois la vitesse stationnelle qu'elle fait puis je me dis mais en fait tout va bien
Loïc vous étiez à combien par curiosité parce que c'est un truc que je check aussi enfin c'est d'ailleurs la seule stat que je check quand je fais du trade
Marine donc t'es à à peu près 600 ça dépend forcément du gradient dans les moments les plus raides t'es à facile 700 et puis dès que c'est un peu plus plat 400 quoi mais ouais entre 500 600 en fonction
Loïc ok
Marine ce qui était peut-être ouais un tout petit peu en dessous de ce qu'on aurait fait avec Maria, mais c'est totalement suffisant. Je crois qu'il me semble, si tu veux finir la course, il faudrait plus ou moins que tu sois à 400 en moyenne en vitesse ascensionnelle, tu vois, pour finir 20 ans. Donc voilà. Et puis après, je l'ai vu skier en dessin. Et là, pour la première fois de toute la prépa, je me sentais apaisée. Je me suis dit, OK, c'est bon, ça va le faire. Tout le temps avant, dans le doute et là je sais pas, je l'ai vu et incroyable aussi elle a une précision chirurgicale je sais pas si c'est le fait d'être médecin elle a été exposée de la chirurgie mais tu vois, elle avait jamais fait elle a jamais utilisé des petits skis tout légers de ski alpinisme ces histoires de transition où t'enlèves les peaux des skis sans enlever tes skis, je connais pas du tout tu vois on oublie clairement l'idée des 15 secondes de transition mais d'elle-même elle vient me demander montre-moi comment tu fais et du coup je décortique le mouvement je fais un mouvement, elle le fait à la perfection elle me regarde une fois, elle le répète direct incroyable, elle a un talent cette fille incroyable la seule inconnue qui restait quand même et je pense tout le monde sait sur ce genre de course à quel point c'est important, c'était l'alimentation parce que c'était pas quelqu'un qui avait non plus l'habitude, alors les gels, je ne le connais pas, et qui a l'habitude de s'alimenter à l'effort. Apparemment, tu vois, quand elle faisait des courses avec son... Enfin, quand je dis course, pardon, des sorties avec son père en montagne, c'est un peu à la cliente Jornet, comme il a été élevé aussi, c'est juste tu bois et puis tu ne manges pas, tu vois. Et donc ça, ça me faisait un peu peur parce que ça peut marcher peut-être pour du 6-7 heures, mais au-delà de 12 heures, au bout d'un moment, ton corps a vraiment besoin d'énergie quoi mais apparemment sur les dernières sorties qu'elle faisait avec Noël, elle essayait de se caler sur le rythme de Noël en mangeant plutôt des barres, des trucs un peu solides et donc on s'est dit, voilà, moi qui suis m'entraîne beaucoup enfin je fais un peu du gut training etc j'étais à un gel toutes les demi-heures elle, c'était plutôt mange un truc peu importe ce que c'est, toutes les 45 minutes et incroyable parce que là aussi tu vois elle a mangé des gels du coup elle a eu zéro problème digestif alors que Noël qui a plus l'habitude de manger des gels sur les 3-4 dernières heures elle tournait plus qu'au coca parce que ça passait plus tu vois donc c'est vraiment je pense que je sais pas été touchée par la main de Dieu ou je sais pas je n'en sais rien mais incroyable quoi vraiment un truc de fou
Loïc est-ce que tu as j'ai pas trouvé ces infos il y a une page info sur la course, mais j'imagine qu'ils ont désactivé d'ici la prochaine édition. Il n'y a aucune info dessus. Tu as des ravitaux, c'est organisé comment ? Deux questions. Déjà, un, comment ça se présente ? Est-ce que tu as des ravitaux, des balises ? Comment tu te repères ? Parce que tu avais l'air de dire que c'était très organisé. Et deux, tu as mentionné le fait qu'il y a une forte présence de l'armée. Pourquoi ? C'est parce que la course est gérée ou en tout cas encadrée par l'armée suisse ?
Marine Oui, c'est ça. C'est l'armée vraiment qui organise tout de A à Z. À ma connaissance, je ne crois même pas qu'il y ait de bénévoles. C'est vraiment considéré comme un exercice militaire et donc tous les gens qui font leur service militaire, ils peuvent demander à participer à ça en tant que formation. Et du coup, à la base, c'est une course pour tester les... Il y a les militaires qui organisent la course et il y a les militaires qui y participent. Et puis à la base, c'était pour tester les troupes un peu plus élites, de voir si elles arrivaient à gérer un effort aussi long, aussi dur. Puis tu vois, eux en plus, ils ont, je crois, une obligation de porter du matériel militaire, donc des sacs à dos très lourds, etc. Voilà. Mais qui ensuite a été ouverte aux patrouilles civiles, si tu veux. D'accord. Et du coup, beaucoup de gens se demandent des fois la pertinence encore de cette course par rapport au coût qu'elle représente, etc. On va rentrer là dans tout un domaine de questionnement de l'armée en Suisse. Ce n'est pas le sujet, mais c'est qu'à la base, qu'il y ait des civils qui participent ou pas, cet exercice militaire a lieu. Et du coup, il y a des patrouilles militaires du monde entier qui viennent y participer. Mais du coup, oui, tu as vraiment une organisation aux petits oignons, vraiment très carré. Tu as un contrôle matériel hyper ardu. Pour la petite anecdote, mon casque n'était pas aux normes, ma pelle n'était pas aux normes. 24 heures avant, il a fallu que des trucs dernière minute. Il mesure tout, il vérifie tout. Tout est vraiment, tu passes à un premier soldat qui te donne ton petit ticket. Après, tu dois mettre tout ton matériel. Il y a une planche qui est imprimée avec le dessin de tout ton matériel. Tu dois déposer tout. Il vérifie tout. Il met des autocollants pour dire que c'est bon, que ça a passé le contrôle matériel. Ensuite, tu demandais pendant la course. Il y a des checkpoints où tu dois passer dans un temps imparti. Mais par contre, niveau ravitaux, franchement, il n'y en a pas tant que ça parce qu'il y a juste à Arola. Donc, après, plus de 2000 dénivelé et 20-30 kilomètres. Donc, nous, on a mis je crois 6-7 heures pour faire ça. Donc, tu es 6-7 heures quand même sans ravitaillement. Ça dépend. Sur une course, je ne sais pas, comme la Yukon, ça ne paraît peut-être pas grand-chose. pour un UTMB, je pense que c'est beaucoup. Et après, le suivant, c'est à la barne. C'est, il me semble...
Loïc 43, je vois là sur la carte. C'est possible, ça ?
Marine Et il reste peut-être quoi ? 600 ou 700 de dénivelé à ce moment-là, je crois. Donc, pas tant que ça. Il y a quand même, tu vois, tu dois quand même porter beaucoup d'eau et de nourriture sur toi. Et donc, pour ça, les gels, c'est quand même mieux parce que le rapport poids-énergie est quand même bien mieux qu'un sandwich.
Loïc Parce qu'en termes de conditions, par rapport à ce que vous emmenez, vous avez eu quoi comme température ? Tu disais que l'édition présente avait été annulée parce qu'avec le windshield, vous auriez été par du moins 50. Mais les conditions « normales » de la course, c'est lesquelles ? Est-ce qu'elles ont un impact sur le choix du matériel, de la nourriture justement, l'eau ?
Marine Oui, totalement. Bon, la nourriture, j'aurais tendance à dire que non, parce que non dans le sens où on s'est entraîné toute l'année de toute façon dans ce genre de condition, donc on savait très bien ce qui allait geler et qui n'allait pas le faire, et ce qui allait être OK. Puis les gels, comme ça a une forte teneur en sel et en sucre quand même, pour que ça gèle, il faut vraiment y aller. Pareil pour les boissons d'effort, tu vois, vu qu'il y a du sel, ça moins 5 moins 10 normalement tu n'as pas trop de problèmes puis après tu essaies de les mettre près du corps pour que ça reste liquide donc je dirais en tout cas pour nous personnellement ce n'est pas une question qu'on s'est trop posé au niveau de l'alimentation par contre pour ce qui est de la température oui gros des défis pour nous sachant que moi j'ai le syndrome de Raynaud je ne sais pas c'est ça
Loïc c'est quand tu as les extrémités tu
Marine Il devient une cadavérique en fait, parce que dès qu'il fait un peu froid, mais il ne suffit pas grand-chose, ton sang ne circule plus. Et donc, tu as des doigts qui commencent à être un peu morts. Et puis quand ça se réveille, ça fait vraiment très, très mal.
Loïc C'est bien, c'est parfait la patrouille des glaciers comme événement quant à ça.
Marine Non, mais là, on s'est équipé en conséquence parce que Noël aussi est une nature très frileuse. elle est vraiment très fine, elle n'a pas beaucoup de masse graisseuse sur elle pour la maintenir au chaud du coup toutes les deux on avait gants chauffants et pour l'anecdote au point le plus haut du parcours qui est tête blanche t'as un médecin militaire qui est là parce que c'est souvent là qu'il peut y avoir des engelures des brûlures de rétines etc quand il nous a vu arriver avec les gants chauffants il nous a félicité en nous disant merci parce que vous nous enlevez du travail en fait pour la patrouille des glaciers c'est très bien par contre il y a quand même un désavantage au gant chauffant et je tiens à le dire parce que la sécurité en montagne c'est quand même très très important tu sais pour tout ce qui est avalanche déjà tu fais un comment une évaluation des risques sur le parcours que tu as envie de faire évidemment et tu t'engages que si tu sens que c'est bon conditions de neige le vent etc le risque d'avalanche est faible mais pour autant tu portes quand même sur toi ce qu'on appelle un DVA et tu as une pelle une sonde dans ton sac à dos pour pouvoir secourir tes copains au cas où ils se font prendre. Et ce DVA, ce détecteur de victimes en avalanche, il émet en fait un signal à une certaine fréquence et le problème, c'est que tout ce qui est batterie, matériel électronique, etc., il peut interférer avec ça dans un rayon, je crois, de 20 cm autour du DVA. Donc, si tu te retrouves sous une avalanche avec ton gant chauffant qui est collé contre ton DVA, tu peux te retrouver dans l'utilisation. parce que du coup on va peut-être pas te trouver simplement parce que t'avais une interférence de signal c'est un petit aparté mais pour une course comme ça la patrouille des glaciers ou comme je t'ai dit niveau sécurité, jamais ils nous enverraient s'il y avait un risque d'avalanche quelconque il y a plusieurs guides de haute montagne qui sont sur le coup, l'armée etc des météorologues donc vraiment en termes de sécurité comme je t'ai dit, il n'y avait pas plus safe finalement de toute saison. Donc, pas un souci d'avoir les gants chauffants, mais juste pour dire, il faut faire des fois attention au matériel électronique quand on part en montagne avec le DBA. Et donc, le médecin militaire était vraiment très content. Et pour répondre à ta question, je pense qu'au plus froid, on a eu moins 15 et au plus chaud, 15.
Loïc Ah, quand même. Ah oui.
Marine Oui, oui. Tu as quand même... Parce que la nuit... Du coup, on est parti à 22h de Zermatt, ce qui fait que tu te retrouves au moment de la nuit où il fait de toute façon le plus froid au point le plus haut du parcours. Donc, c'est là que tu te retrouves forcément au point du coup, le moment de la course où il va faire le plus froid. Elle disait, ouais, moins 15. Après, il y avait assez peu de vent. Donc, on a un système de couches qui est un peu assez connu en montagne où tu as d'abord une première couche vraiment proche du corps qui te fait ta première chaleur. Après, souvent, ça va être soit un truc un peu polaire ou un peu, tu vois, qui est un peu plus chaud. Puis après, tu vas avoir une couche doudoune un peu et une couche coup de vent. Et donc, en alternant, en fait, avec ces couches, tu t'en sors, quoi. Finalement, tout en haut du parcours, on avait toutes les couches. Puis après, c'est le lendemain, à midi, quand tu es dans la face de la rosa blanche, je ne veux pas dire de bêtises, mais je crois à Exposé, plein sud. Là, tu vois, j'avais enlevé toutes mes couches. moi la toute première couche c'était juste un t-shirt à manches longues mais sans doublure ou quoi que ce soit, c'était juste comme un t-shirt technique tu vois je l'ai remonté vraiment sur les manches j'avais mon casque qui était noir parce que j'ai dû m'acheter un nouveau foutu casque qui tenait super chaud j'avais enlevé le bandeau dessous puis j'arrêtais pas de dire aux filles de boire toutes les 5 minutes parce que quand ton corps a été un peu adapté tout froid tout l'hiver, en fait 15 degrés ça te paraît 30 ça te paraît super chaud quoi et tu transpires énormément
Loïc je ne pensais pas qu'il y aurait des enfin qu'il y avait un écart de température
Marine je crois que c'est une édition où il y a eu beaucoup de coups de chaleur et de déshydratation à cause de ça
Loïc tu dirais que ça a été quoi toi le moment phare de l'épreuve pour toi
Marine ah il y en a tellement mais quand tu arrives à tête blanche quand même tu vois Donc, tu as le servant sur la gauche et tu as toute cette nuit étoilée. Tu vois toutes ces petites loupiottes devant et derrière toi. C'est quand même une image que tu retiens et qui reste d'être en haute montagne de nuit. Puis, tu as vraiment cette ambiance. Il y a une solidarité aussi entre les patrouées qui est très chouette. Les soldats, ils sont vraiment hyper sympas dans les transitions, les manies. Puis, ils t'aident sans problème. Donc, c'est vraiment difficile de prendre un moment, mais si je devais en choisir rien, je pense que c'est l'arrivée à tête blanche. On était vraiment euphorique. C'était magnifique, le paysage. Et puis, ouais, on a commencé la course un peu stressée parce que du coup, comme je t'ai dit, on a demandé à ce que ce soit Sophie qui set the pace, qui choisisse l'allure sur le début. Et donc, on avait un deal, c'est qu'il y avait un premier checkpoint, à Sheinbill, que je pensais qu'on arriverait au bout de deux heures et demie et que la barrière horaire est à trois heures. Et en fait, tu pars de Zermatt avec les skis et les chaussures de ski sur les skis, le tout sur le sac à dos et tu pars en basket pour trouver la neige parce qu'on est mi-avril quand même. Donc, Zermatt, c'est à 1600 mètres. Tu vois, il n'y a pas vraiment de neige à votre altitude à cette période de l'année. Donc, tu démarres en trail en fait. Et Sophie, elle nous a dit, moi les filles, par contre, je ne cours pas parce que si on court, ça va me mettre dans le rouge et se mettre dans le rouge au départ d'une course aussi longue, c'est vraiment débile. Je dis pas de souci, tu te connais le mieux, c'est toi qui vois. Et donc, on part comme ça, on part dans l'euphorie du départ, l'ambiance est incroyable et tout, c'est de nuit, trop beau. On arrive à la neige, on met les skis, on est vachement entouré, il y a plein d'autres patrouilles autour de nous. Puis je vois le chrono qui avance, qui avance, on arrive à deux heures et demie et on n'est toujours pas à chier une bille. et du coup là c'était tu vois je voulais pas mettre la pression à Sophie et la stresser mais d'un autre côté je voulais qu'elle ait l'information quand même tu vois et donc je lui dis bah si jamais pour info on est à deux heures et demi elle dit ouais ouais c'est bon ça va le faire puis on arrive à ce qu'on appelle la moraine du glacier donc c'est tous des cailloux qui ont été amenés par le glacier en fait sur ses côtés et la fin et donc là il fallait enlever les skis mettre sur le sac et puis grimper un petit peu. Puis les cailloux étaient un peu instables, etc. Et là, je vois 2h48 sur la montre et je ne vois toujours pas la lumière de ce foutu checkpoint. Et finalement, on y est arrivé à genre 2h55 et l'armée, ils sont pas très sympas. C'est que tu passes, en fait, tu bipes le dossard qu'au moment où tu es prêt pour la phase suivante et c'était l'endroit en fait où il fallait s'encorder. Donc en fait, tu pouvais être plus en dossard qu'après t'être encordé. Donc, on avait 5 minutes, c'était large pour s'encorder et tout. Mais tu vois, par principe, quand toi, dans ta tête, tu dis, ouais, je pense qu'on va me mettre 2h30, allez, max, 2h45. Tu es à 2h55 et puis qu'il faut s'encorder vite, vite, vite. Et puis, il y a le piolet de lune qui tombe, qui se détache du sac. Il faut vite me rattacher. Voilà, je crois qu'on a bipé à 2h58. J'ai été voir après. Après, j'étais là, mais ce n'est pas possible. et de redescendre un peu, tu vois, et de se remettre dedans sans paniquer parce que, tu vois, de se dire en fait, tout peut s'arrêter stupidement au bout de trop de là, juste parce qu'on marche au lieu de courir, c'est un peu dommage, quoi. Puis, tu vois, mon rythme cardiaque, je regardais, j'étais en zone 1, donc moi, ça me... J'étais vraiment... Il y avait de la frustration un petit peu. Mais je suis contente parce que, tu vois, on n'a jamais basculé dans la panique, on n'a jamais basculé dans... Tu vois, je n'ai jamais engueulé. Et même Noël aussi, elle commençait à stresser, mais on a gardé notre calme et on a fait confiance à Sophie parce qu'elle avait déjà fait le parcours en sens inverse, donc elle savait exactement où était le chenille. Puis voilà, puis ça a marché. Et puis après, par contre, le moment où on était encore dès, à la base, moi je voulais que ce soit Sophie qui donne le rythme, mais à l'entraînement, elle a dit honnêtement, moi je préfère que ce soit toi. Une fois qu'on est bien échauffé, etc., je pense que pour moi, c'est plus facile de mettre dans les traces de quelqu'un et de débrancher le cerveau. et puis en plus, pendant l'entraînement, tu as pu voir quelle allure je faisais. Donc, je te fais confiance pour garder la bonne allure. Du coup, c'est moi qui ai pris la tête de cordée et là, j'ai un peu poussé quand même parce que je me disais, attends, on n'a que deux minutes d'avance sur la barrière horaire, ça ne va pas du tout.
Loïc Oui, là, c'est serré quand même. Deux minutes.
Marine Ça ne va pas du tout et là, on a fait une super montée, on a fait une super descente et je pense que je pense qu'il y a aussi tu vois même toute la saison avec Noël etc je pense que je voyais des fois un potentiel en elle que elle ne voyait pas je pense que tu vois des fois de mettre des chiffres sur les choses genre on disait mais les filles vous savez moi je pense qu'on est capable de faire du 700 à l'heure tu vois je pense qu'il y a des fois peut-être des petites pensées limitantes qu'ils pouvaient avoir chez elle et du coup voilà j'ai fait ce rythme-là un peu sans leur dire et puis à chaque fois que je leur demandais rythme ok elle était là Non, non, rythme, OK. Donc, je suis là, bon, allez, trop bien, on y va. Et voilà, on a fait une remontada où, du coup, la barrière horaire de tête blanche, on est arrivé avec 30 minutes d'avance. Puis celle d'Arola, je crois, deux heures.
Loïc Ah oui, OK.
Marine Ou une heure et demie. Mais ce qui est assez intéressant au final, c'est que si tu regardes notre rythme tout au long de la course, il a été quand même vachement constant. Ce n'est pas un positif, ce n'est pas un négatif split non plus. Il ne faut pas exagérer, mais très constant. et notre classement, par contre, c'est un négatif split. Donc, je pense qu'il y a quand même énormément de gens qui partent trop vite et qui après, du coup, sont dans le dur, tu vois, dans le dernier tiers de la course. Tandis que nous, vraiment, tu regardes nos classements par segment, genre le couloir de la Rosa Blanche, on est dans le premier quart alors qu'au final, tu vois, on fait moitié de classement à toute fin. Donc, vraiment, on a une gestion de course qui était assez folle puis surtout, quand tu penses à quel point on se connaissait pas bien, tu vois, c'est vraiment drôle c'est vraiment drôle et puis à la descente du coup de tête blanche à Rola notre stratégie aussi à l'entraînement c'était de faire des longs virages un peu de débutants c'est en gros tu traverses la pente puis la première annonce je tourne et puis tu vois les deux autres elles suivent puis tu descends comme ça la pente en serpent un petit peu puis en fait au final on a vu qu'il y avait plein de gens avant nous qui avaient été tout droit en chasse-neige, donc avec les skis en forme de pizza, comme ça, où tu ne fais aucun virage, tu vas juste tout droit et tu freines. Et du coup, il y avait une sorte de bande de neige de peut-être 2 mètres de large, comme ça, qui allait tout droit. On a décidé de faire pareil. Et comme on était trois, je dirais, bonnes skieuses, peut-être par rapport à la moyenne des patrouilleurs, là aussi, on a fait une super descente. Le seul truc, c'est que peut-être une demi-heure, une heure avant d'arriver à Rola, j'ai ma chaussure de ski qui s'est un peu dur à expliquer mais disons qui s'est déréglée parce que du coup vu que tu alternes entre la montée et la descente ta chaussure elle a deux modes elle a un mode montée et un mode descente le mode descente elle se transforme en quelque chose de très rigide pour que tu puisses vraiment bouger tes skis comme tu veux par contre en mode montée elle devient beaucoup plus souple et c'est pas une basket mais ça ressemble déjà beaucoup plus à une basket pas du tout les chaussures de ski traditionnelles très lourde et très rigide avec lequel tu marches en canal, en station de ski. C'est vraiment, tu peux vraiment plier la languette et le talon sur lèvres sans problème. Et en fait, tout à coup, de manière intempestive, ma chaussure, elle basculait en mode montée alors qu'on était en descente. Et donc, tout à coup, tu te retrouves à perdre l'équilibre et à plus du tout pouvoir bien skier. Et là, je ne sais pas, je n'ai pas du tout paniqué. j'ai réussi à skier et je n'ai même pas paniqué par rapport au reste de la cour, je me suis dit on verra bien à Arola et à Arola en fait, du coup on avait Maria, celle qui s'était blessée, qui était venue nous faire le ravitaillement elle était là avec son copain et il y avait le copain de Noël et donc pendant que je mangeais, ils ont réparé la chaussure finalement quelque chose qui aurait pu être totalement dramatique. Finalement, juste une petite anecdote de course comme ça. Et là, on a pris notre temps vraiment, tu vois, pour changer la première couche qui était un peu transpirante en de nouveaux vêtements. On a vraiment pris le temps de s'alimenter du bouillon, des pâtes, tout ça. Peut-être trop long, mais je pense que des fois, c'est mieux de faire un peu plus long et de vraiment repartir frais que de rush ton ravito puis pas avoir assez mangé, assez bu parce que même en mangeant des gels, couper 30 minutes et en buvant, tu ne peux jamais couvrir à 100% tes besoins énergétiques. Donc, plus tu manges, mieux c'est quand même.
Loïc Et puis, je pense que sur des épreuves de cette durée, tu as aussi une histoire de… Enfin, j'imagine, tu vas me dire… La scientifique va me dire si je ne me trompe pas, mais je pense que tu dois aussi commencer à te traîner de la fatigue nerveuse et que finalement, ces temps de repos te permettent aussi, au-delà de recharger en nourriture, en eau, etc. de faire un reset.
Marine Et puis d'échanger avec des proches, tout ça, de voir des sourires. Je suis d'accord avec toi mentalement, c'est très important. Et puis voilà, on est reparti. Je pense que les deux autres, du coup, on a fait une longue pause, elles ont mis un peu de temps à se remettre dans le rythme. Là, j'ai tiré un petit peu Sophie, parce que du coup, tu as le droit pour essayer d'uniformiser un peu le niveau dans l'équipe. Tu as le droit d'avoir un élastique et de de te tirer en fait. Comme si c'est un élastique, tu vois, ce n'est pas non plus que je la tire comme au Téléski. Elle doit quand même fournir un effort, mais en fait, ça va alléger la charge qu'elle doit mettre pour faire la même vitesse. Donc là, je l'ai tirée un petit peu et puis là aussi, pour moi, c'était un moment très fort parce que j'ai vu, je la tirais, on faisait du 650 à l'heure et je voyais que j'étais en zone 2 sur ma montre. Je me suis dit, mais purée, mon corps est incroyable on a mis course on est passé par 3600 d'altitude ça fait plus de 8h que t'es déjà parti et en fait t'es tranquille c'est dingue c'est un truc de fou merci petit corps et merci tous les entraînements vraiment chouette et après là il y avait un col qui était un peu technique le col de Ritmathan de nouveau tu dois mettre tes skis sur le sac à dos et grimper comme ça alors la montée elle n'était pas très technique mais je pensais qu'une fois que tu es arrivé en haut tu rechaussais tes skis et tu redescendais mais en fait non c'était tellement raide qu'il fallait redescendre à pied dans la neige vraiment en mode alpinisme avec des mains courantes sur les côtés c'est un mix de neige de cailloux un peu gelés etc et moi j'avoue c'est pas mon fort la raison par exemple pour laquelle je fais pas beaucoup de trails c'est que je suis un peu nulle en descente. Je suis très grande, alors je pense que j'ai un centre de gravité assez haut et je ne me sens pas très à l'aise. Donc là, je dirais que pour moi, ça a été le moment un peu le plus difficile. C'était plus mental que physique, tu vois, parce que j'avais tellement peur de glisser. Il y a un gars à côté de moi qui voulait absolument nous dépasser et quand il l'a fait, il a dévalé 3-4 mètres plus loin et puis il s'est fait sermonner par un soldat en mode E.O. Genre, ça ne vaut pas la peine de vivre en danger. juste pour dépasser trois années-là donc calme quoi ce qui m'a encore moins mise en confiance mais là c'était super parce que Sophie donc qui vient plus du milieu vraiment alpinisme etc elle était juste derrière moi et puis elle me tu vois elle m'encouragait elle me disait c'est super ce que tu fais enfin c'était c'était vraiment chouette parce que tu vois tout le reste de la course c'était plutôt nous qui la tirions un petit peu et ce moment-là elle a pu vraiment elle se mettre en avant et m'aider et m'encourager mais oui je suis beaucoup plus à l'aise, c'est drôle, en descente à ski que sur mes pieds. Si je peux descendre à ski, je descends à ski plutôt qu'à pied. Et là, je pense qu'après, il y a le moment un peu le plus difficile mentalement de toute la course et tu as une sorte de faux plat montant descendant, ça alterne comme ça le long d'un lac.
Loïc Le lac des dix, c'est ça ?
Marine Le lac des dix, c'est ça. Et tu n'en vois jamais le bout et tu te dis, mais est-ce qu'on va y arriver un jour. Alors, d'un autre côté, moi, je trouvais que c'était un moment qui était pas mal parce que du coup, vu que c'est un peu plat, c'est pas très physique. C'est le moment parfait, en fait, pour vraiment te ravitailler à nouveau. Donc, j'ai exhorté à fond mes patrouilleuses pour qu'on se ravitaille. Mais c'est vrai que c'est un moment où c'est facile aussi de laisser un peu aller à ton cerveau en mode, j'en ai marre, quand est-ce qu'on arrive ? Enfin, tu vois ? Le genre où le paysage, reste toujours le même pendant un petit moment parce que c'est vrai que c'est une énorme force je trouve dans ces courses au paysage incroyable c'est que dès que ça va pas tu lèves la tête et tu te dis waouh c'est magnifique ici et puis je trouve de chance d'être là mais là voilà de voir toujours ce barrage au fond là qui ne se rapproche pas c'était je pense c'est compliqué pour tout le monde je crois que c'est un moment qui dure bien une heure et demie quelque chose comme ça et après là on arrive au ravitaillement de la barbe et c'est là où beaucoup de gens ils abandonnent parce qu'ils voient au loin le couloir de la Rosa Blanche, tout ce qu'il reste à faire puis il fait très chaud, ils sont déshydratés ils n'ont pas assez mangé, c'est un peu dommage parce que c'est vraiment le last push d'une certaine manière mais donc là aussi on a vraiment pris le temps en toilette bien se ravitailler etc c'est à ce moment là que Noël a dû basculer à pure coca parce que ça passait plus trop le reste et du coup, c'est plus elle et Sophie qui ont vraiment mené le rythme à ce moment-là parce que moi, j'étais vraiment super bien mais à aucun moment, je voulais leur forcer l'allure au risque de ne pas finir. À ce moment-là, je me suis vraiment mise en retrait derrière. J'ai pris des photos. Je m'alimentais. Je leur rappelais tellement de boire et manger que je les énervais des fois. Oui, Marine, je mange, c'est bon. mais je pense que c'est tellement important, c'est vraiment une des dimensions de la course qui fait que tu vas arriver au bout ou pas et après l'ambiance dans ce couloir de la Rosa Blanche donc c'est aussi un endroit où tu mets tes skis sur le sac à dos, il faut vraiment grimper cette pente très raide mais tout en haut tu vois plein de spectateurs, plein de gens du milieu de la montagne qui sont venus avec leur propre ski pour venir t'encourager, il y a les cloches il y a le drapeau valaisan c'est une ambiance vraiment incroyable, c'est aussi je dirais un point fort évidemment parce qu'en plus quand t'arrives là-haut tu sais que c'est bon en fait parce qu'il te reste quasi que de la descente, il y a juste le col de la chaux qui est peut-être 100 mètres d'Emilio ou 200 genre rien du tout mais après c'est quasi que de la descente et donc on a eu un petit moment quand même ému on a je pense tout versé notre petite larme arrivé là-haut parce que on savait que quelque part c'était fait et même si tu vois il y avait blessure ou comme ça on avait presque fait l'entièreté du parcours c'était prouvé qu'on y a ouais on avait réussi quoi et là il y avait une copine de Noël qui était venue en plus avec du coca parce que du coup tu vois il n'y a plus de plus de ravitaillement en tout cas officiel et cette gorgée de coca là-haut c'est c'est un super souvenir
Loïc la délivrance
Marine ouais ouais ouais et après t'es tout euphorique la descente sur le glacier de la Rosa Blanche. Tu as une vue incroyable aussi sur la gauche. On s'est rappelé de regarder sur le Grand Combin qui a un 4000 vraiment magnifique qu'on a pu faire avec Noël la saison précédente. Donc voilà, c'était tout euphorique. Le seul truc pour moi, c'est tout à coup là, j'ai commencé à surchauffer les pieds. Mais genre vraiment, c'était... J'en pouvais plus. J'avais vraiment les pieds qui allaient exploser. Donc j'essayais vraiment de mettre ça de côté dans ma tête à me dire c'est juste une information on regardera ça après l'arrivée mais j'avais vraiment ouais je pense c'est les écarts de température tu vois du coup moi j'avais mis des chaussettes chauffantes bon elles étaient évidemment plus enclenchées à ce moment de la course où il faisait 15 degrés grand soleil mais mais ça reste des chaussettes chaudes et et tout le long des lacs des 10 le fait d'être à plat ton pied il bouge un peu plus dans la chaussure du coup ça fait des des frottements et du coup j'avais vraiment les pieds qui souffraient mais c'était pas grave et après t'arrives finalement sur le domaine skial de Verbier, sur les pistes il y a un petit moment où il faut un peu pousser, faire du skating un peu comme si t'avais des skis de fonds en pied, donc là Noël était là, j'en ai marre allez, il reste vraiment rien moi je connaissais vraiment très bien ce beau j'avais reconnu plusieurs fois et puis ouais aussi pour moi grande émotion donc je t'ai mentionné un moment dans l'épisode que j'ai perdu une copine en montagne c'était un accident vraiment tout bête c'est pas quelqu'un qui faisait énormément de hors-piste ou quoi mais elle a été prise dans une avalanche à Verbier justement et donc pour moi il y avait aussi une norme symbolique de faire cette course parce que j'avais vraiment eu beaucoup de difficultés à retourner à Verbier depuis cet incident et j'étais pas présente quand ça s'est passé et c'était quelqu'un qui croquait vraiment la vie à pleines dents et donc c'était important pour moi aussi de faire cette course pour elle parce que je sais que c'est une aventure que si elle avait été encore parmi nous aujourd'hui qu'on aurait fait ensemble donc là on est repassé pas très loin de l'endroit où ça s'est passé et quand j'ai vu j'ai aussi versé un peu ma petite larme en me disant c'est aussi pour toi Bérénice que je l'ai fait. Peu importe là où elle est, j'espère qu'elle est fière de ça. Ça m'a rendue encore plus heureuse d'avoir fait ce défi et de montrer que la vie, elle continue et qu'il faut en profiter tant qu'on peut en profiter. Et puis là, on est arrivé à la station et puis ce n'est pas fini. Tu peux enlever les skis, les mettre sur le sac et courir. Enfin, tu peux marcher si tu veux, mais disons que Noël elle a dit allez les filles on court puis tu crois que c'est juste 300 mètres mais je crois il y a presque 800 ou un kilomètre à courir en chaussure de ski
Loïc ah ouais l'enfer
Marine j'avais les pieds qui surchauffaient et tout et donc je l'ai fait mais j'ai vécu une semaine sans chaussure après parce que un pied nu parce que vraiment je supportais plus d'être dans des chaussures à surchauffer et vraiment la plante de mes pieds était complètement irritée alors j'avais pas de cloque mais juste je pouvais plus avoir de tissu ou une semelle contre ma plante de pied quoi ça m'était devenu insupportable mais on a couru par principe parce que voilà et on a fini évidemment dans les bras l'une de l'autre et à retrouver nos familles là-bas des copines des copains et ouais c'était assez fou et en fait ce qui moi aussi j'ai trouvé dingue c'est que j'ai l'impression que la course elle a duré une heure tu vois ça passe super vite et quand tu mets en perspective le temps de course par rapport au temps de prépa tu mets vraiment beaucoup de temps à réaliser en fait que tu l'as fait et je pense qu'on était tellement prêtes quand même malgré toutes nos péripéties que ouais ça se passe tellement bien que du coup tu vois on est arrivé, j'aurais pu le refaire dans le sens inverse quoi et en fait dans ma récupération ce qui a été long ça a été de récupérer mentalement et pas du tout physiquement je dirais que physiquement c'était le fait d'avoir fait une nuit blanche puisque tu pars à 22h et t'arrives à midi le lendemain mais ouais non c'était plus mental quoi physiquement je pense que j'aurais pu faire du sport 2-3 jours plus tard sans problème c'est fascinant
Loïc quand même sur le potentiel du
Marine c'est incroyable mais je pense vraiment que le mental se met des limites notre cerveau pour nous protéger nous met énormément de limites parce que d'un côté, c'est normal. Il veut préserver le corps de tous les dangers, des extrêmes, etc. Mais dès que tu arrives un peu à dépasser un peu ça, tu te découvres un potentiel. Le corps humain est vraiment fait, je trouve, pour l'endurance. C'est incroyable. C'est vraiment incroyable.
Loïc Waouh, quel récit exceptionnel. Ça donne vraiment envie de… Tu vois, ce n'est pas du tout une discipline que je connais, mais cette notion d'effort dans la durée même le rythme que tu évoques tu vois enfin en tout cas le rythme l'intensité j'ai envie de te dire tu vois par rapport aux vitesses ascensionnelles etc moi en tout cas à titre personnel c'est vraiment le type d'effort et de durée qui me plaisent bien et là quand j'entends le récit que tu en fais c'est ça donne j'en avais la chair de poule parfois
Marine trop bien j'espère que ça inspire d'autres parce que on peut vraiment le voir d'un regard extérieur comme quelque chose d'inatteignable et réservé à une certaine élite. Ce qui, d'un côté, tu vois, maintenant que je suis dans le monde un peu de l'alpinisme, etc., que je ne fais pas que des courses, je fais aussi, voilà, des montagnes juste pour le plaisir, des 4 000, machin, des trucs un peu techniques. Je comprends d'un côté qu'il y a ce côté du milieu montagnard un peu, on veut garder ça pour nous parce que, voilà, il y a la dimension du risque, du danger puis c'est tellement beau puis des fois c'est vrai que tu arrives en haut d'un pic et puis on est une dizaine de personnes là-haut et finalement le danger vient du fait qu'on est 10 là-haut et pas du tout d'être là-haut d'un côté je comprends ça mais je pense que en fait je pense que c'est important qu'au bout d'un moment il faut être transparent sur ce qui est vraiment faisable et pas faisable et je pense que voilà si tu sais déjà ce qui est parce que bon il y a quand même on parle beaucoup du dénivelé positif mais il y a quand même le dénivelé négatif et savoir skier et skier dans des neiges parce que du coup, tu n'es pas du tout sur de la piste dans des neiges dégueulasses. C'est une dimension quand même très importante de la course mais qu'il ne faut pas se dire non plus que c'est réservé à une élite d'alpinistes qui fait de l'Himalaya. Tu vois ? Oui, oui. Voilà. J'aimerais vraiment transmettre ce message que si tu fais déjà du ski, du ski de rando, que tu es sensible aux questions de sécurité en montagne parce que pendant ta préparation, évidemment, tu ne veux pas t'entraîner juste sur de la piste il faut sortir et du coup c'est important que tu connaisses les risques mais que si tu es déjà un peu dans ce milieu en fait c'est quelque chose de totalement atteignable et si c'est un rêve que tu as en fait vas-y parce que c'est possible vraiment c'est possible
Loïc absolument d'accord avec toi enlevons nous les barrières, osons je suis absolument convaincu que ton récit en aspirant au moins une personne sur le podcast, ça c'est certain. J'ai souvent des retours, tu vois, après des témoignages de ce type. Donc, vraiment, un immense merci, Marine. Est-ce que toi, tu es déjà sur d'autres épreuves, d'autres aventures après cette patrouille des glaciers ?
Marine Alors, du coup, là, d'avoir fait une prépa plutôt orientée ultra, en même temps que de travailler à 100%, d'avoir un chiot, etc., comme je te dis, la récupération mentale a été assez longue. Et je pense que ça m'a fait aussi beaucoup réfléchir, tu vois, sur les réseaux, tout ça en ce moment le long est vachement mis en avant presque ça va peut-être à l'encontre de ce que j'ai dit juste avant c'est possible allez-y mais il y a aussi une sorte de normalisation maintenant je trouve de ce genre d'aventure et pour moi en tout cas moi personnellement j'ai vraiment réalisé pour moi-même que c'est pas durable pour moi de faire ça tout le temps qu'il y ait des périodes de vie où tu te donnes voilà 9 mois 6 mois 1 an pour réaliser ce genre de challenge, absolument. Mais pour moi, personnellement, mentalement, je ne peux pas être à 100% partout, tout le temps, en fait, au plein moment. Et donc, maintenant, j'ai envie de revenir à du cours, j'ai envie de revenir à une routine sportive un peu moins prise de tête. Et donc, là, je reprends gentiment du triathlon, mais tu vois, sur des distances short et olympiques. Voilà, juste pour le plaisir, retrouver un peu une routine sportive qui soit viable, durable, tu vois, qui me donne plaisir vraiment au long terme. Et voilà, il y a quelqu'un qui m'a demandé si je voulais déjà signer pour la patrouille. C'est vrai. J'ai dit, à l'heure d'aujourd'hui, c'est que la course sans la prépa, oui. Mais non, là, c'était trop… C'était vraiment beaucoup d'engagement. Comme je te dis, c'est vraiment juste parce qu'il y a d'autres aspects de la vie qui prennent énormément de place. Si je travaillais à 50 %, par exemple, tu vois, ce serait différent. C'est juste que… Pour moi, ce n'est pas le volume d'entraînement, tout ça. C'est juste l'engagement que ça prend. et le peu de temps de récupération que tu as parce qu'il y a juste tous les autres aspects de ta vie qui prennent énormément de place. Donc là, je vais retourner à quelque chose d'un peu plus viable, durable pour moi, des petits triathlons. Ça paraîtra un peu nul pour certains. Ça paraîtra toujours aux yeux de mes collègues. Je suis toujours une grande folle de faire tout ça. Donc à moi, c'est ce qui me convient et puis on verra. J'ai aussi envie de continuer à me former à la montagne. Ça fait maintenant deux ans que j'ai rejoint le club alpin suisse. Je réfléchis un peu à gagner de l'expérience sur le côté technique de la montagne. Par exemple, aujourd'hui, ce cours en crevasse, la technique de mouflage, je peux le faire. Il y a plein. Tu te rends compte ? Tu connais cet effet, le Dunning-Kruger effect ?
Loïc plus tu creuses, plus tu te rends compte que tu ne m'étrises pas finalement.
Marine Oui, c'est ça. Au tout départ, tu as vachement de confiance. C'est ce qui m'est un peu arrivé il y a deux ans quand j'ai commencé avec le projet. En fait, je sais très bien ce qui est, je connais très bien la montagne. Après, plus tu fais, plus tu te rends compte que ce n'est pas du tout. Il y a énormément de choses à apprendre, mais c'est par progressivité. C'est l'apprentissage d'une vie. C'est ce qui rend peut-être le truc encore beaucoup plus intéressant. Je pense que j'ai envie de me former un peu plus à ça. Je veux sûrement continuer des petites compétitions de ski alpinisme, mais plus seule sur des 2000 de dénivelé, le truc qui te prend 5-6 heures. Il n'y a pas besoin de se faire des énormes semaines d'entraînement pour y arriver. Mais voilà, plus tard, on ne sait jamais.
Loïc Oui, absolument. Je pense que par rapport à ce que tu disais, c'est finalement chacun son rythme, chacun ses aventures et si la ski te parle actuellement c'est ça, des formats peut-être plus courts plus plaisir, c'est très bien tu vois très très bien, bah écoute en tout cas Marine, un immense merci, c'était passionnant
Marine je vois qu'on a vraiment dépassé le temps, mais c'était trop chouette de raconter tout ça
Loïc c'était génial, et tu vois la patrouille des glaciers j'en avais entendu parler forcément mais sans jamais avoir rencontré quelqu'un qui avaient pu y participer. Donc, ultra, ultra intéressant d'avoir ton retour. Merci encore à Marjorie pour la mise en relation. Elle ne s'était pas trompée, une fois de plus.
Marine Merci Marjo.
Loïc Et puis, écoute, Marine, je te souhaite une excellente continuation et peut-être à très bientôt.
Marine Oui, à bientôt.
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