Lya Qu'est-ce que tu as fait pour toi ? Je pense que moi-même, par peur, à cause des doutes ou de ce que les gens peuvent te dire autour, qui vont t'influencer, je suis passée à côté de certaines choses, à côté de certaines opportunités. Donc juste d'avoir ce courage-là et de se dire, parfois on a l'impression qu'on prend énormément de risques, on n'en prend pas attention. Et donc d'oser troncer et de faire un aspect équip.
Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables, issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Lya sur le podcast !
Lya Salut !
Loïc Je suis ravi que tu aies pu te libérer aujourd'hui. Merci beaucoup entre tes différents entraînements, tes différentes activités, etc. C'est juste génial que tu aies pu prendre un petit peu de ton temps pour nous expliquer ce que tu fais. Moi je suis impatient parce que franchement je trouve ça hyper impressionnant. Je te le disais, je t'ai découvert dans l'émission du QG où tu as fait un... D'ailleurs peut-être que tu pourras nous expliquer un peu ce qui s'est passé, mais où tu as fait une petite surprise à un autre de nos invités du podcast. Je t'avoue que quand je t'ai vu devant mon écran, j'ai aussi été hyper surpris. Donc c'est génial de pouvoir aujourd'hui faire ta connaissance virtuellement. Ecoute, ce que je te propose c'est tout simplement de commencer par nous expliquer ce que tu fais aujourd'hui, quelles sont tes activités principales ?
Lya Alors, je suis athlète de haut niveau en force athlétique et professeure des écoles à côté.
Loïc Génial ! Et alors force athlétique, qu'est-ce que c'est exactement ?
Lya Alors du coup la force athlétique, ça ressemble à l'haltérophilie sur le principe. Donc on est par catégorie de poids et d'âge. Et le but c'est de soulever le plus lourd possible, sauf que contrairement à l'haltérophilie, il y a deux mouvements, nous en avons trois, qui est le squat, le bench et le deadlift.
Loïc Ok, ok. Alors puisque tu as dit qu'il y a une notion de... enfin il y a un système de catégorie, c'est un peu comme en judo, moi je viens du judo, j'étais pas en quelque temps en haut niveau en judo, mais toi d'un point de vue âge, poids, etc. tu te classes dans quelle catégorie ?
Lya J'ai 28 ans et je suis en catégorie moins de 63 kg et moins de 69 kg. Je joue un peu sur les deux tableaux entre les deux catégories.
Loïc Ok. Est-ce qu'il y a une notion de régime dans ta discipline ? Est-ce qu'il y a un intérêt à faire des régimes ?
Lya Alors oui et non, oui et non, tout dépend des athlètes en fait. Moi personnellement j'ai mis en place une stratégie, ce qu'on appelle une stratégie de watercut, donc je joue essentiellement sur l'hydratation pour perdre du poids. Je ne fais pas vraiment de régime, donc évidemment je fais attention à ce que je mange, parce qu'au-delà du poids, forcément c'est important pour la santé de faire attention à ce qu'on mange. Donc du coup j'essaie de ne pas faire le yo-yo sur mon poids, surtout qu'entre 63 et 69 kg tu as quand même un gros gap. Ouais. Mais donc du coup, par exemple je traque mes macros, je fais attention à mon apport en protéines, en glucides, tout ça. Mais c'est assez libre, ce n'est pas assez si restrictif que ça quand même. D'accord. Pas une petite body pour compagnie.
Loïc Et ça, c'est tout ce travail vraiment d'analyse, de monitoring de ce que tu consommes, de ton poids, etc. Tu es accompagnée maintenant en tant qu'athlète de haut niveau ou tu le gères toute seule ?
Lya Alors, à mes décisions, je suis toute seule et puis maintenant je suis accompagnée. Je préfère dédresser certaines choses, je trouve que c'est moins stressant en fait. Même si je suis totalement capable aujourd'hui de le gérer toute seule entre guillemets, je trouve que c'est une charge mentale, comme le fait d'être coachée. Aujourd'hui, avec l'expérience que j'ai accumulée, je serai capable de me coacher toute seule, mais je ne le fais pas parce que je pense déjà que c'est toujours bien d'avoir quand même un avis plus objectif que soi. Et les coachs ont un recul que nous, on n'a pas forcément sur nous-mêmes. Et puis au-delà de ça, c'est une charge mentale en moins. C'est juste dans la posture d'athlète, donc exécution entre guillemets.
Loïc Oui, tu déroules le plan.
Lya C'est ça.
Loïc Excellent. Et alors, pour qu'on se rende un petit peu compte de tes performances aujourd'hui, est-ce que tu pourrais nous partager peut-être quelques records ou quelques titres ?
Lya Du coup, j'ai été 4 ou 5 fois championne de France, j'ai pas le nom exact, depuis 2016. Donc, 2016 jusqu'à aujourd'hui, j'ai été championne de France, sauf l'année 2020, comme il y a eu Covid, donc pas de compétition. Pas de compétition. J'ai été 2 fois championne d'Europe en 2019 et là en 2021. Et mon premier titre de championne du monde, du coup, je l'ai gagné en septembre 2021. Et c'est là aussi que j'ai fait mon plus gros total et des nouveaux records du monde. Donc, 205 kilos squat. Donc là, j'étais en moins de 63 kilos pour cette compétition. Donc, 205 kilos squat, 230,5 kilos au deadlift. Et j'ai pris le record aussi du monde total, du coup, à 548 kilos.
Loïc Waouh ! Ok ! Alors là, je pense à tous mes amis qui font du crossfit, notamment à JP, salut JP ! Qui me disaient que je crois qu'il a des gars dans sa salle qui pèsent 90 kilos et qui soulèvent difficilement la moitié de ce que tu soulèves en en pesant 63. Donc, c'est hyper impressionnant ! Franchement, waouh ! Ok ! Donc, en fait, t'as raflé tous les titres. Sachant qu'il y a une fédération française. C'est organisé comment aujourd'hui, la Force athlétique ?
Lya Alors, il y a une fédération qui est reconnue par le comité olympique, que ce soit national ou international. Donc, nous, c'est la FFF, Fédération Française de Force. Et à l'international, c'est l'IPF, donc International Powerlifting Federation.
Loïc Excellent ! Excellent ! Waouh !
Lya Et c'est une ferme de la tête d'avoir une statue au niveau d'ailleurs. Sinon, c'est un statut qu'on ne pourrait pas avoir.
Loïc Oui ! Parce que là, du coup, en termes de parcours, comment est-ce que ça s'est passé pour toi ? Est-ce qu'il y a des structures du type sport-études que tu as intégrées ? Alors là, pas du tout !
Lya C'est super tard ! La Force athlétique, je l'ai connue, j'avais déjà 21-22 ans. Donc, c'est assez récent, je n'ai pas du tout commencé jeune. Et malheureusement, il n'y a pas de structure vraiment faite sport-études, genre le CREP, CINSEP et tout. Donc, c'est toujours priorité au sport olympique. Et si tu n'es pas un sport olympique, priorité à ceux qui ont le plus de visibilité. Et malheureusement, la Force n'a pas encore cette visibilité-là aujourd'hui. J'espère dans les allées à venir !
Loïc Et qu'est-ce qui t'a permis de découvrir la Force athlétique ? Comment ça s'est passé ?
Lya Alors, à la base, je voulais perdre du poids, parce que je ne me sentais pas spécialement bien dans ma peau. Donc, j'avais envie de me perdre du poids, de faire une bonne mise en forme. Et il y a eu un gros boom, un gros testeur du fitness, il y a quelques années, il y a moins de 10 ans. Donc, j'ai commencé à m'y intéresser et je trouvais ça grave stylé. J'ai dit, vas-y, je veux faire ça. J'ai perdu tout de suite. Donc, du coup, je m'étais inscrite en salle de sport pour commencer la musculation, tout ça. Et c'est un coach qui m'a remarqué, qui m'a dit, mais pour une débutante, en fait, tu m'es lourd, quoi. Alors, tu sais, quand tu n'as pas vraiment de référentiel, c'était genre normal, entre guillemets. Et donc, du coup, il m'a dit, mais tu sais qu'il y a un sport qui s'appelle la Force athlétique, etc. Et il m'a fait tester mes maxes au squat, au bench, au deadlift, du coup. Et j'ai dit, vas-y, je veux faire ça. J'ai eu un coup de foot pour la discipline.
Loïc Génial. Finesse comme quoi. Et cette personne, ce coach, tu l'as recroisé depuis ?
Lya On est toujours en contact. On est toujours en contact. C'est Anthony Grazzani. Du coup, on a travaillé ensemble pendant trois ans. Et puis, lui, après, bien sûr, il y a eu son parcours personnel. Il est parti vivre à l'étranger, etc. Et donc, du coup, entre-temps, j'ai changé de coach. Mais on est toujours en très bon terme. Voilà. On prend des nouvelles l'un de l'autre, etc. C'est fou, hein.
Loïc Comme quoi, une petite rencontre, tu vois, tu disais que tu n'avais pas de référence.
Lya C'est la rencontre qui a changé toute ma vie, clairement. Moi, je n'étais pas du tout prédestinée à être athlète de haut niveau. Ce n'était même pas un rêve ou un truc qu'il y avait un jour. Enfin, ouais, je n'y avais jamais pensé, quoi. Vraiment. Et enfin, moi, j'ai quand même passé mon bac dispensé d'EPS. Je vois, je n'étais pas du tout sportive. Ce n'était pas mon truc. Mais même encore aujourd'hui, tu vois, c'est extrêmement bizarre. Je ne me considère pas comme sportive. Alors, oui, je suis athlète dans ma discipline. Mais moi, tu me demandes, je ne sais pas, d'aller courir, d'aller faire un tennis. Je voulais te regarder moi-même, mais non, tu vois. Alors que tu as des gens qui sont vraiment sportifs, dans le sens où ils ont toujours envie de faire plein de disciplines, plein de trucs et tout. Alors que moi, pas du tout. C'est vraiment force athlétique, il n'y a rien d'autre, quoi. Donc, voilà.
Loïc Ah, c'est génial. Et tu dirais qu'en termes de… Justement, si tu n'avais pas forcément un background particulièrement de sportive avant, ça a été quoi les sensations que tu as trouvées dans la force athlétique qui t'ont fait dire, OK, c'est ça que je veux faire ?
Lya Alors ça, c'est un parallèle, en fait, avec ma vie personnelle. Du coup, j'ai aimé la sensation d'être forte, parce que c'est quelque chose qui m'a beaucoup manquée durant ma jeunesse. cette sensation d'être forte, de pouvoir me dépasser, de prendre confiance en moi. Et en fait, ça m'a permis la force de me dire que j'avais de la valeur et que j'étais bonne dans quelque chose, en fait. Un peu trouver ma voie, quoi. Donc, voilà.
Loïc Excellent. C'est quelque chose dont on parle souvent avec mes invités sportifs, qui ont pratiqué à un certain niveau. C'est justement la façon dont ta discipline devient en fait une partie de ton identité. Et comment est-ce que tu te construis, que tu prends confiance, etc.
Lya D'ailleurs, je ne veux pas dire clairement qu'un sportif meurt deux fois. Parce que c'est vrai qu'être athlète, on crée notre identité par rapport à ça. Et c'est vrai que, alors je n'ai pas encore connu la fin de carrière, mais moi, j'ai pris conscience de ça parce que j'ai eu une double fracture à la clavicule et je préparais les championnats du monde. Donc, je sortais tout juste des championnats de France et j'avais été sélectionnée pour les championnats du monde. Et j'ai eu un accident et double fracture de la clavicule. Et en fait, c'est là où je me suis dit, mais... Et tu sais, c'était ma vraie première grosse blessure. Et je me suis dit, mais si demain, je ne peux plus faire de force, mais tu es qui, en fait ? Et j'avais construit toute mon identité par rapport à ça. Et c'est là où j'ai réalisé que je devais me construire. Alors que bien sûr, c'est une partie de mon identité, mais pas tout. Mais pas tout. Et donc, du coup, j'avais une grosse prise de conscience par rapport à ça. Et je pense que certains athlètes ne l'ont pas avant leur fin de carrière. Et je pense que tu en as beaucoup pour avoir discuté qui ont une forme de dépression après parce que, bah, ils ne s'étaient pas préparés à ça, en fait. Donc, voilà.
Loïc Ouais, complètement. Complètement. Et moi, ça fait complètement écho, tu vois. Pour le coup, j'avais commencé un sport assez jeune, le judo, je te le disais. Et c'est vrai que quand j'ai...
Lya Excuse-moi, je te... Plus quand tu... Ouais. Parce que moi, encore, c'est tard. Mais quand tu as commencé jeune, c'est encore pire, enfin pire entre guillemets, quoi.
Loïc Disons que si tu n'as pas été préparé à ça, que personne ne t'a jamais prévenu, tu vois, que quand ça va s'arrêter, bah, d'un point de vue, c'est tout bête, tu vois. Les émotions que tu ressens à l'entraînement au compète, bah, c'est quand même souvent très fort, tu vois. Ouais. Et qu'il y ait une médaille ou pas, d'ailleurs, qu'il y ait un titre ou pas, tu vois. Tu vis des émotions extrêmement fortes, que ce soit positives ou pas. Et du coup, cette intensité, quand tu n'arrives plus à la retrouver ailleurs parce que tu as arrêté ton sport, bah, d'un coup, tu te dis, waouh, mince, tu vois. Ou c'est tout bête.
Lya Ouais, ça devient accro à cette... Ouais. Cette adrénaline, en fait.
Loïc Ouais. C'est super intéressant que tu aies transformé la blessure en quelque chose, quelque part, j'ai l'impression de positif, dans ce que tu expliques, parce que ça t'a ouvert les yeux sur ça. Donc, comment est-ce que tu as... Qu'est-ce qui a changé dans ton état d'esprit depuis que tu as pris conscience que, bah, la réalité, c'est qu'à un moment donné, ça s'arrêtera la force athlétique ?
Lya Bah, du coup, quand j'ai pris conscience de ça, j'ai essayé d'avoir une relation un peu plus saine avec le sport. En gros, avant, c'était vraiment la force, la force, la force. Genre, je vivais que pour ça, je mangeais que pour ça. Enfin, c'était... Je passais plus de temps avec mes amis, avec ma famille. Je loupais, je sais pas, des anniversaires, des trucs comme ça, tu vois. Et en fait, je me suis rendu compte que c'était toxique, parce que c'est vrai que forcément, il faut faire des sacrifices. Mais trop, c'est trop, tu vois. Tomber dans certaines extrêmes, c'est pas bon non plus. Et donc, je me suis dit qu'il faut que... Donc, assainisse ma relation avec le sport et que j'étais quelqu'un au-delà du sport. Tu vois, que j'avais d'autres passions, il y a d'autres choses que j'aime, que je sais faire. Et aussi, de commencer à construire un futur pour l'après. Parce que, bah oui, ça s'arrête, t'es plus à être là au bout d'un moment. Donc, qu'est-ce que tu fais après, tu vois ? Donc, c'est des choses qui se préparent, auxquelles il faut réfléchir. Et en fait, j'ai commencé à bosser là-dessus. Donc, j'ai plus cette pression... Voilà, j'ai mes horaires d'entraînement. Mais je m'arrangerai toujours pour, s'il y a un anniversaire, si je dois prévoir une sortie avec des amis ou quoi que ce soit, de le caler en fait. Et pas non, de me dire non, absolument, c'est que l'entraînement, c'est que la récup. Non, tu dois faire absolument attention à ce que tu manges. Donc, tu ne vas pas manger au restaurant, tu vois, des choses comme ça, qui deviennent toxiques. Oui.
Loïc Ça me fait penser à quelque chose qu'une autre athlète m'avait partagé sur un épisode. Bon, elle est judocate aussi. Elle est médaillée olympique à Londres. Elle est belge, Charline Vansnik. En fait, elle m'expliquait qu'à partir du moment où elle a eu aussi cette prise de conscience, tu vois, que le judo, ce n'était pas quelque part toute sa vie et toute son identité. Elle a eu une phrase que j'ai trouvé super belle. Elle disait que le judo, plutôt que de faire du judo son projet de vie, elle a intégré le judo dans son projet de vie. Tu vois, c'est-à-dire que ce n'était plus la fin en soi, ce n'était plus l'objectif. Ça faisait partie de quelque chose d'un peu plus grand. Génial. Cool. Eh bien, écoute, si on rentre peut-être dans le détail de ta pratique, je ne sais pas s'il y a des semaines type, tu vois, ou une certaine régularité dans ce que tu fais. Mais à quoi ça ressemble aujourd'hui, ta vie d'athlète de haut niveau ?
Lya Alors, ma vie d'athlète de haut niveau aujourd'hui, c'est 4 entraînements par semaine. Alors, avant, j'étais à 5. Là, j'ai réduit à 4. Je m'entraîne donc du coup, le lundi, mardi, mercredi, le samedi. Et le reste du temps, je suis à l'école, le lundi, mardi, jeudi, vendredi. Du coup, j'ai une classe de CE1. Et puis voilà, après, mercredi, on cale les rendez-vous qu'on ne peut pas caler la semaine parce qu'on est soit au travail, soit à l'entraînement. Et puis, le dimanche, en général, c'est en famille.
Loïc Voilà.
Lya OK. C'est réservé à ma famille.
Loïc Génial. C'est impressionnant que tu mènes de front ta carrière de sportif de niveau et un job avec quand même des responsabilités. Parce qu'encadrer des enfants, c'est quand même pas anodin. Ils savent d'ailleurs ce que tu fais ? Ouais, ils savent.
Lya Ils savent. Ils savent. Ils savent.
Loïc T'as quoi généralement comme réaction ?
Lya Bon, ils sont fiers. Ils sont fiers. Ils sont fiers. Ils sont fiers. Ils regardent les vidéos sur YouTube. Ah ouais, non. Ah, c'est excellent.
Loïc C'est clair que ça ne doit pas être commun. Tu vois, si je pense au profil type des maîtresses que j'avais quand j'étais en primaire ou que les copains avaient, tu ne t'attends pas à ce qu'il y en a une qui se plève 265 kilos. C'est sûr que c'est différent. Ouais, super. Parce que du coup, la question qui vient, c'est le fait que tu aies ces deux activités de front. Est-ce que c'est un choix ou est-ce que c'est aussi une nécessité d'un point de vue financier ?
Lya C'est une nécessité. Aujourd'hui, concrètement, je ne peux pas vivre de la force à proprement parler. Après, aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir des sponsors, donc une rémunération avec les sponsors, mais ce n'est pas assez pour vivre. C'est pas assez pour nous. Donc voilà, c'est une nécessité. Après, je n'ai pas fait ce choix-là par rapport à la force parce que j'ai commencé tard. En fait, j'ai commencé presque mes débuts de profs. Je les ai commencé presque avec mes débuts de force athlétique. Donc, j'avais déjà fait mes études avant. Enfin, c'était prévu. Je voulais faire prof professeur des écoles. Donc voilà. Et c'est vrai que c'est quand même un métier qui me permet de bien... Parce que ce sont des horaires fixes. C'est quatre fois par semaine. Aujourd'hui, comme ça fait... J'ai un peu de bouteille entre guillemets. Tu connais ta classe, quoi. Tu connais... Tu n'as pas besoin de refaire ton programme tous les ans, etc. Donc, ça fait déjà quatre ans que je suis dans une classe de C20. Donc, tu as moins de préparation, des choses comme ça. Parce qu'au fur et à mesure, bien évidemment, tu as déjà construit plein de choses. Tu vois, c'est surtout les premières années où tu construis beaucoup. Ou si tu as un changement de classe. Où il faut tout refaire, évidemment. Parce que le programme de C20, ce n'est pas le petit programme de CM2, par exemple. Mais... Mais ouais, ça va. C'est quand même... Ça me permet quand même de jongler. Après, c'est plus au niveau fatigue. Là, je commence à le ressentir. Je pense aussi, la proche de la trentaine, ça ne doit pas aider. J'ai plus l'énergie de ma vingtaine. Et concrètement, là, ouais. Là, je commence à le sentir que c'est au niveau fatigue. Récuple que ça a été compliqué. Quand tu rentres de l'entraînement, tu dois te lever à 6 heures du mat pour aller au taf. Et tu vois, c'est ce que je disais parce que bon, tout le monde va me dire, ouais, mais tout le monde taffe. Mais va taffer avec des gamins. Voilà. Va taffer avec des gamins. Tu vois, c'est pas... C'est pas... Je me lève à 6 heures et je suis 8 heures... Enfin, je suis dans mon bureau, pépère et... Enfin, pépère entre guillemets, tu vois, où tu as du bruit. Tu as la gestion où tu es tout le temps sollicité. Tu ne gères pas tes pauses comme tu le souhaites. Tu vois, genre... Et puis, tu es toujours un gamin. Tu dois toujours l'occuper, tu vois. Donc, ouais, c'est différent de ce côté-là. C'est juste le point négatif, entre guillemets, tu vois, par rapport à mon métier. Ouais.
Loïc Et en termes de charge, tu vois, tu parlais de fatigue. Tes entraînements... Donc, tu disais 4 aujourd'hui, tu es passé de 5 à 4. Ça ressemble... Enfin, c'est quel niveau d'intensité un entraînement ? Et je te pose la question... Pardon, je ne te coupe pas même que tu réponds, mais je te pose la question parce que, tu vois, je m'attendais... Sans vraiment connaître la force athlétique, je me serais... Tu m'aurais demandé, bah, tu vois, combien d'entraînements est-ce que tu penses que je fais par semaine ? Je t'aurais dit spontanément, sans doute beaucoup plus, tu vois. Et peut-être parce que mes références, c'est plutôt des gens qui font du triathlon, où là, c'est parfois 6 entraînements par semaine, voire un entraînement le matin, un entraînement le soir. Donc, je serais curieux de savoir, je pense que c'est très différent comme approche dans ton sport. C'est quel niveau d'intensité ?
Lya Alors, en force athlétique, je pense que c'est l'un des sports où tu peux adapter beaucoup à la personne. Dans le sens où tu peux très bien faire 3 entraînements et progresser, 4 entraînements et progresser, aller jusqu'à 6 entraînements et progresser. Tu pourrais même faire 2 entraînements par jour et progresser, tu vois. Mais, moins t'en fais... Enfin, le but, c'est d'essayer d'en faire le moins possible, entre guillemets, pour te laisser de la marche pour après. Tu vois, si tu commences tout de suite avec 6 entraînements 2 fois par semaine, bah après, tu finis où pour progresser, tu vois. Parce que, bah, tu as ce système d'adaptation. Il dépend, en fait, si tu es proche ou pas d'une compétition. On garde toujours un certain niveau d'intensité, mais à l'approche des compétitions, en général, ça a tendance à s'intensifier. Alors que quand tu es plus loin de l'entraînement, c'est plus du volume d'entraînement. Il y a forcément de l'intensité plus réduite, et c'est plus du volume d'entraînement que tu encaisses. Donc, voilà.
Loïc Ok. Ok. Et par rapport aux charges que tu as soulevées quand tu as établi tes records ou que tu as décroché tes titres, est-ce que c'est des charges que tu cherches à soulever en entraînement aussi, ou le jour de la compétition, c'est vraiment… Tu vois, tu vas essayer de soulever plus.
Lya C'est super intéressant ce que je dis là, parce que j'ai changé de coach là récemment. Donc, j'étais coachée pendant presque 3 ans par Panin. Et là, j'ai changé de coach. Et tu vois, leur philosophie de l'entraînement est totalement différente. Donc, je suis encore en train de chercher mes repères par rapport à ça. Panin, c'est plus justement… Alors, ce que tu fais à l'entraînement, c'est ce que tu fais à la compétition. Il n'y a pas vraiment de « surprise » entre guillemets. Parce que pour lui, tu dois répéter un certain nombre de fois pour t'habituer à la charge et la maîtriser, etc. et la reproduire en fait le jour J. Alors que là, j'ai changé. Leur philosophie est différente, en mode… L'entraînement, c'est l'entraînement et c'est là où c'est dur. Et la compétition, c'est facile. Et en fait, c'est à la compétition où tu es censé faire des PR. Ce n'est pas à l'entraînement. Donc du coup, la philosophie est complètement différente. Et c'est vrai que moi, ça me… Je ne saurais même pas dire que ça me bouleverse ou quoi. Parce qu'en fait, j'ai construit des représentations pendant trois ans par rapport à ça. Et en fait, je me rends compte qu'il y a d'autres moyens aussi d'arriver à haut niveau et faire des performances. Ce n'est pas forcément qu'une seule voix. Donc, ça a bouleversé un peu mes représentations là-dessus et voilà.
Loïc Ok. Ok. Super intéressant. Super. Alors, je m'étais noté, tant qu'on est dans la partie peut-être plus entraînement, une question d'un de mes amis de JP qui lui fait du crossfit et qui approche de la quarantaine et qui se posait la question justement de comment faire évoluer ces entraînements compte tenu de… Ben voilà, de la réalité, c'est qu'avec l'âge physiologiquement, il y a des changements. Donc, qu'est-ce que toi, tu recommanderais pour des personnes qui sont peut-être un peu plus âgées de chercher à augmenter des charges à l'entraînement ou pas forcément ?
Lya Moi, je pense qu'il n'y a pas d'âge pour performer encore. Moi, ça m'impressionne toujours quand je vois dans le power des personnes âgées, que ce soit femmes ou hommes. D'ailleurs, il y a beaucoup de femmes âgées aussi qui font encore du power. Là, récemment, j'avais vu un gars, il avait presque plus de la soixantaine, il squattait des 250 à l'entraînement. C'est énorme ! Il y avait pareil, une vieille dame que j'avais vue, elle déliftait plus de 150 kilos alors qu'elle avait presque 70 ans. Enfin, tu vois, non, mais des trucs que tu disais. Je pense que même si on vieillit et que forcément, c'est quelque chose que je n'ai pas encore expérimenté, mais je suppose qu'on a plus de douleurs, on a plus de problèmes de récupération. parce que la science, c'est ce qu'elle montre et que tout le monde dit. Et je pense que quand tu as une certaine hygiène de vie depuis pas mal de temps, ou même assez récente, mais que tu t'imposes une hygiène de vie, de faire des programmes qui sont quand même cohérents, que tu essayes d'améliorer ta technique. Alors moi, je déteste parler de technique parfaite parce que pour moi, il n'y a pas de technique parfaite. J'aime parler de technique efficiente par rapport à toi, ta morphologie. Parce qu'on est tous différents, donc on ne peut pas squatter et être liftés de la même manière, même si bien sûr, il y a des principes de base qui restent pour tout le monde. Mais il faut toujours chercher à avoir une technique efficiente, des choses comme ça. Donc, je pense que ce n'est pas incompatible de vieillesse et progrès. C'est des choses que je n'opposerais pas du tout.
Loïc Ok. Alors, tu parlais justement de la nécessité pour pouvoir progresser et tenir dans la durée, je pense notamment par rapport aux blessures. Tu parlais de la nécessité d'y aller par paliers. Toi aujourd'hui, tu as récemment établi un record. Est-ce que tu as déjà de la clarté sur tes paliers suivants ? Est-ce que tu sais où tu veux aller dans un an, trois ans, cinq ans ?
Lya Alors, j'ai des gros objectifs en tête. Après, j'ai des gros objectifs en tête qui seront réalisés. Je ne sais pas. Et puis, comme je te disais, comme j'ai changé de coach, c'est vrai que je suis un peu perdue. Tu vois, avant, j'avais un référentiel un peu de ce que j'étais capable de faire, entre guillemets. Et là, je n'ai plus vraiment de référentiel. Parce que, à l'entraînement, je n'ai pas mis une barre à l'entraînement à 200 kg depuis super longtemps. Alors qu'avant, c'était quelque chose que je faisais assez régulièrement. Donc, c'est vrai que je suis un peu perdue là-dessus. Et pourtant, tu vois, quand je suis arrivée au championnat d'Europe, donc j'ai squaté 205 kg, mais en catégorie moins de 69. Du coup, j'étais à 65 kg pour le quart. Mais la barre, elle ne m'avait jamais semblé au-dessus de la gère. Alors que je n'avais pas touché cette barre depuis les mondes. Tu vois, alors que... Ah oui. Du coup, c'est vrai que j'apprends encore là-dessus. J'apprends encore par rapport à leur manière de programmer, à leur philosophie, par rapport à moi, comment je réagis et tout. Après, dans l'absolu, j'aimerais squatter de 20. C'est vraiment une barre que j'ai et que je veux faire en compétition. J'aimerais bien bencher 120 kg et d'être lifté 250. 250, c'est vraiment la série. Oh, putain.
Loïc Ok. Ça me paraît tellement, mais d'une autre planète, c'est poids. C'est hallucinant. Mais du coup, ça me fait penser justement à ce dont je parlais en intro, cette fameuse... Tu vois, cette émission... Enfin, cette émission. L'intervention que tu as faite sur le QG. Peut-être que tu peux nous en parler un peu. Je serais curieux de savoir comment ça s'est fait. Est-ce que c'est eux qui t'ont contacté ?
Lya Ils m'ont contacté par mail, puis une conversation au téléphone. Ils m'ont proposé, ils m'ont dit voilà, on va faire un sujet sur un gars d'effort spécial. Donc, Louis Saillant. C'est Saillant qu'on dit ? Saillant, oui. Et tu sais, ils font des petits numéros entre l'interview. Et ils m'ont proposé de faire un des numéros et en fait, de faire genre que j'étais dans le public et que j'arrivais. Bon, je leur ai fait comprendre que ça m'étonnerait que ça fonctionne parce que quand même vu mon gabarit, ça se voit que je suis sportive, tu vois. Je ne suis pas toute fuette ou quoi. Mais bon, au final, c'était drôle. Franchement, c'était drôle. Je ne t'attendais pas du tout.
Loïc Non, c'est clair. La réaction de Louis, c'était juste énorme.
Lya Ah oui, je ne t'attendais pas du tout.
Loïc Je crois qu'il a essayé de t'expliquer. Il disait, vous êtes sûr qu'elle peut se soulever ? Je crois qu'il faut que tu aies le dos bien droit. Oui, oui.
Lya Plusieurs fois, plusieurs fois, il a dit, vous êtes sûr ? Vous êtes sûr ? On va aider quand même, on va aider. Donc, ouais, c'est drôle.
Loïc Oui. Et du coup, ça me fait penser… Pardon, vas-y.
Lya Même si, bon, ça fait un peu buzz entre guillemets, je pense qu'il y a quand même du bon à retirer, tu vois. C'est que ça lutte un peu contre un cliché sexiste que les femmes, on ne peut pas être forte ou moins forte que les hommes, tu vois. Donc…
Loïc C'est exactement ce que j'allais te demander, oui. Tu vois, c'est quel est ton point de vue aujourd'hui sur ça, sur la place de la femme dans cette discipline, et puis même de façon générale, la visibilité de la discipline. Tu dirais qu'on en est où ? Tu vois, est-ce que tu as l'impression qu'il y a globalement une bonne représentativité, que ce soit des hommes, des femmes ? Pas vraiment ? Est-ce qu'il y a encore du boulot à faire ? Alors…
Lya Moi, j'ai commencé la force athlétique qui ne s'était vraiment pas connue du tout. Et exemple, on était 10 femmes au championnat de France, toutes catégories confondues. Il y a quand même 7 ou 8 catégories, tu vois. Donc bon… Tant de dire que voilà… Aujourd'hui, donc presque 7 ans après, toutes les catégories sont représentées de femmes, alors qu'avant, ce n'était pas le cas. Les grosses catégories souvent, et les petites catégories n'étaient pas représentées. Là, toutes les catégories sont représentées, et toutes les catégories sont pleines. Donc, tu as eu quand même un énorme essor au niveau des femmes, encore plus au niveau des hommes. Donc au niveau des hommes, c'est… Voilà. Mais ouais, j'ai l'impression que ça prend bien, grâce aux réseaux sociaux notamment. Et après, dans le même de la force, il y a énormément de respect. Je n'ai jamais eu dans le milieu de la force même du powerlifting, du sexisme. Pas du tout. Au contraire, les gens sont très respectueux, ils sont… Ouais, il y a vraiment une forme de respect là-dessus. Toutes les remarques que je peux avoir, c'est plutôt les gens qui sont dans le monde du fitness, mais qui n'est pas dans le monde du power. Donc, ils vont plus faire de la musculation, ou ça va être du crossfit, ou des choses comme ça. Mais pas vraiment dans le monde du power. Par contre, ouais, en dehors, tout de suite, on a des réflexions. Genre, moi, j'ai déjà eu des réflexions, mais tu te dis, mais la personne, elle réfléchit pas, quoi. J'ai eu une réflexion en mode, ça sert à rien de soulever aussi lourd, surtout pour une femme. Ah oui, donc ça sert à quelque chose de soulever lourd pour un homme. Enfin, tu vois, genre, si tu pars de ce principe-là, je veux dire, courir après un ballon, ça n'a aucun sens non plus, tu vois. C'est clair. Non, mais tu vois ce que je veux dire, dans ce cas-là, tu peux remettre toute ta vie en cause. C'est clair. Et j'ai envie de dire juste, je suis sur toi maintenant, parce qu'en fait, tu vois, il y a des choses où forcément, il y a des gens qui vont te dire que tu es dopée parce que ce n'est pas possible que tu pousses plus lourd qu'eux, parce que leur ego, elles en prend…
Loïc Ah, on t'a déjà dit ça ?
Lya Ouais. Oui, oui. Il y en a énormément qui pensent que je suis dopée. Énormément. C'est ouf. Ok. C'est même triste, parce que moi, j'ai des gens qui me disent, pour être athlète de haut niveau, tu es forcément dopée. Mais dans tous les sports, dans tous les sports, tout le monde pense que… enfin, pas tout le monde, mais en tout cas, une bonne partie de la population, de la façon de parler, mais en tout cas, une bonne partie des gens qui me suivent, etc., sont persuadés que pour être athlète de haut niveau, tu es forcément dopée. Sinon, c'est impossible. Serieux ? Et en fait, je me rends compte que tu as énormément de gens qui ont des pensées limitantes. Tu as énormément de gens qui… c'est malheureux à dire, mais leur ego, il en prend tellement un coup que forcément, ils se disent, si moi, je ne peux pas arriver là, c'est que forcément, l'autre triche. Et encore plus pour une femme. Moi, je sais que je dérange beaucoup. Dans mon sport, je dérange beaucoup. Pas dans mon sport en lui-même, mais genre tout ce qui gravite autour, je dérange. Parce que je casse trop de clichés et de codes, en fait. Et tant mieux, tant mieux, parce que ça fait bouger les choses.
Loïc C'est clair. C'est clair. Mais OK. Tu vois, je n'aurais pas cru… Tu m'aurais dit, il y a certaines disciplines où il y a des croyances sur le dopage. Bon, je pense que la première qui vient en tête, c'est peut-être le cyclisme, tu vois, où il y a tellement eu d'historique que tu peux comprendre, pas forcément cautionner, mais que tu puisses comprendre, tu vois, qu'il y a des croyances autour du dopage. Mais que tu aies des gens, pas mal de gens visiblement de ta communauté qui disent qu'au niveau égal dopage, effectivement, c'est un peu triste.
Lya Oui, après, ils ont leur argument. Au-delà de ça, ça me revient. On m'a quand même dit… Non, mais pour te dire, il y a des gens qui sont allés revoir mes anciennes photos de quand j'étais avant le sport et qui ont dit que je me dopais parce que ma mâchoire était carré. Non, mais genre, ça va loin, tu vois. Je ne sais plus ce que je voulais dire. Après, ils vont te dire qu'ils ont leur argument en mode « oui, mais tu as vu, dans le cyclisme, ils ne se font jamais prendre, Lance Armstrong, il ne s'est jamais fait prendre, etc., alors qu'il avait des contrôles anti-dopage ». Mais en fait, ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que Lance Armstrong, ils se dopaient avec une substance qui n'était pas encore sur leur liste, qu'ils ne connaissaient pas. Donc, comment tu peux rechercher quelque chose si tu ne connais pas la substance, tu vois ? Donc, forcément, tu vas être négatif. Et ensuite, ils vont dire « oui, mais tu sais comment utiliser la chimie pour que ça ne se voit pas, pour que tu sois… » Genre que tu n'aies plus rien dans ton sang ou ton urine avant et tout. Et moi, mon argument, c'est « ok ». Donc, ça veut dire que quand je sais que j'ai une compétition, je suis soi-disant clean. Mais en fait, le truc, c'est que moi, je suis sur liste au niveau, je suis sur la WADA et en fait, ils viennent sonner chez moi à 6 heures du matin. Et ça, je ne sais pas quand est-ce qu'ils viennent, tu vois. Ils viennent au travail, ils viennent quand je m'entraîne, ils viennent chez moi directement, prise de sang, pipi. Et ça, je ne sais pas c'est quand, tu vois. Et ils vont encore te trouver des arguments. Oui, mais tu passes quand même au travers, blablabla, blablabla, tu vois. Donc, en fait, tu dis « ok ». J'ai abandonné. Je ne cherche même plus à avoir ce genre de discussion ou à essayer de convaincre, tu vois, parce que je pense que ce n'est pas mon taf de toute façon. Mais moi, je trouve ça triste. En fait, je trouve ça triste, vraiment.
Loïc Ouais. Ouais, c'est triste parce que, enfin, tu vois, peut-être que je suis biaisé parce que, bon, comme toi, j'ai fait du sport à un certain niveau. Donc, voilà, peut-être que j'ai des croyances qui ont été créées via ça. Mais moi, je vois plutôt le sport comme un super outil d'inspiration, en fait, tu vois, pour inciter les gens à se bouger, à se dépasser. Exactement ce qu'on est en train de faire là avec cet épisode, tu vois, faire découvrir des parcours complètement fous et apporter de l'énergie aux gens, en fait, tu vois, les booster. Plus que leur faire se poser des questions ou leur faire dire, ouais, mais bon, il peut faire ça ou elle peut faire ça juste parce qu'elle est dopée.
Lya Enfin, je trouve ça un peu triste, mais bon. C'est exactement ça, ouais. Ouais, non, mais c'est triste. Franchement, c'est triste. Maintenant, bon, les gens sont libres, sont libres de croire ce qu'ils veulent. Mais bon, moi, je trouve ça dommage à titre personnel.
Loïc Et alors, puisqu'on parle d'influence, une question que je me posais, j'ai vu que sur tes, en tout cas sur Instagram, tu communiques pas mal en anglais. Est-ce que c'est parce que tu as une communauté anglophone qui te suit et que tu es maintenant une figure du powerlifting ?
Lya Ouais, je suis très suivie par le monde anglo-saxon. Donc, c'est vrai que c'est un sport qui est très connu à l'étranger, entre guillemets, notamment aux États-Unis, au UK, en Australie. Du coup, c'est vrai que, en fait, dans mes stats, quand je regarde mes stats, j'ai presque, donc j'ai 35 % de Français qui me suivent et j'ai presque 40 % d'étrangers. Ah ouais ? En fait, c'est pour ça que je fais la plupart de mes stories en anglais, ouais.
Loïc Ok. Bon, en tout cas, du coup, c'est une bonne chose que tu aies un super niveau d'anglais parce que si tu as cette proportion d'étrangers...
Lya Ce que j'ai remarqué aussi, c'est que les étrangers communiquent beaucoup plus avec moi, interagissent beaucoup plus avec moi que les Français. Donc, je ne sais pas si je leur fais peur en français. Mais du coup, forcément, comme c'est eux qui me donnent le plus de réponses, entre guillemets, de retours, j'ai plus envie de communiquer aussi dans cette langue.
Loïc Ouais, ce qui fait sens. Excellent ! Excellent ! Bah écoute, on a pas mal balayé quand même ce que tu fais d'un point de vue entraînement. On a parlé d'identité, je trouve ça super intéressant. Comment est-ce que tu représentes peut-être les femmes à travers ton sport et les codes que tu viens casser ? Franchement, ce que je trouve absolument extra. Mais je serais curieux de savoir, quelle est la suite pour toi ? Comment est-ce que là, sur l'année à venir, sur quoi est-ce que tu te concentres ?
Lya Alors, cette année, ça va être une grosse année, je pense. Pour moi, j'ai beaucoup de projets. Donc, du coup, là, ça y est, j'ai décidé... Enfin, ça va être une avant-première, parce que je ne l'ai dit à personne encore. Enfin, apparemment. Oh ! Mais là, ça y est, j'ai décidé de quitter l'éducation nationale et de me concentrer vraiment sur mon sport et tout ce qui gravitent. Donc là, ce sera ma dernière année jusqu'à juin. Et puis après, par contre, je ne parle pas de mes autres projets parce que voilà. OK. Là, je garde jusqu'à dans le sable. Mais ouais, des gros projets à venir là, dans les mois à venir, sur lesquels je bosse depuis pas mal de temps. Et là, je me dis, je ne peux plus mener tous les fronts. Il faut faire des choix et j'ai fait ce choix-là, du coup.
Loïc Oh, quel teasing ! Excellent ! Donc, une année à suivre. Génial ! Écoute, Lia, peut-être, tu vois, pour le mot de la fin, je serais curieux de savoir, tu vois, toi, quel serait le message que tu aurais envie de passer à des jeunes qui nous écoutent, qui, comme toi, tu vois, à 20-21 ans, ne sont pas particulièrement sportifs, mais qui peut-être se reconnaissent dans ton parcours ?
Lya Juste de kiffer. Je crois, non, vraiment, juste de vivre les choses à fond, sans regret. Je crois, là, maintenant, tout de suite, dans ma position dans laquelle je suis, c'est ce que je dirais. Parce que je pense que moi-même, par peur, à cause des doutes ou de ce que les gens peuvent te dire autour, qui vont t'influencer, je suis passée à côté de certaines choses, à côté de certaines opportunités ou quoi. Donc, juste d'avoir ce courage-là et de se dire, bah, parfois, on a l'impression qu'on prend énormément de risques, on n'en prend pas tant ça. Et donc, juste d'oser, de foncer et de faire ce qu'il y a pas. Voilà.
Loïc Parfait, génial ! Et d'aller casser les codes, au passage, encore mieux. Ouais, exactement. Trop bien. Bah, écoute, un grand, grand merci, Elia, pour ton temps. C'était génial de pouvoir échanger avec toi. C'était super. Pouvoir découvrir un peu plus l'univers de la force athlétique que, personnellement, franchement, enfin, je te l'avais dit, je connaissais assez peu. Donc, c'était top de pouvoir échanger avec une figure française et même internationale de la discipline. Trop bien. Et puis, bah, je te souhaite, écoute, tout le meilleur pour 2022 et tous ces projets complètement fous qui arrivent, alors.
Lya Merci, toi aussi. Merci pour l'invitation.
Loïc Avec grand plaisir. Salut, Elia.
Lya Salut. Sous-titrage ST' 501
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