Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·064 Parcours de vie #rugby #équipe de France #jeux olympiques

01 février 2022

La touche-à-tout par excellence avec Diane Marie-Hardy

Durée · 55 min · Transcription disponible

Diane

Le récit

Diane Marie-Hardy est LA touche-à-tout par excellence. Diplômée 🎓 à la fois de l'école d'ingénieur INSA et de l'école supérieure de commerce EM Lyon, elle a évolué pendant 12 ans au plus haut niveau en heptathlon, avant de récemment se ré-orienter en rugby à 7 🏉. Son nouvel objectif ? Faire partie de l'équipe qui ira chercher la coupe 🏆  lors des JO de Paris 2024, ni plus ni moins !

À seulement 25 ans, son parcours est exceptionnel. Dans cet échange, elle nous explique comment l'heptathlon a répondu à son besoin d'être stimulée à travers la pratique de différentes disciplines. Elle nous raconte aussi la façon dont son approche a évolué au fil des ans, sa gestion des blessures 🤕 qui ont été nombreuses, et plus récemment sa décision de complètement changer de discipline sportive, sans pour autant revoir ses ambitions à la baisse.

Pour Diane, 60% de la performance se joue dans la tête. Et vous l'entendrez assez vite, en terme d'état d'esprit, on a affaire à une championne 💪🏼 🤩 !

C'était un échange passionnant avec une femme aussi inspirante qu'humble. Un immense merci 🙏🏼  à Diane pour ce beau moment de partage, et pourquoi pas à très bientôt sur un terrain 😅

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #2 - Jonathan Laugel - Équipe de France de Rugby à 7, Jeux Olympiques, Grenoble École de Management, Consultant

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Transcription

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Diane Qu'est-ce que tu as fait pour la vie ? Vraiment, moi, ma philosophie de vie, c'est de faire ce qui me fait vibrer, de poursuivre mes passions. Peut-être à 110 % dans mes projets. Moi, je n'arrive pas à me dire, je vais dans un projet, mais je le fais tranquillou à 80 %. Enfin, ce n'est pas moi. Ce qui va mener aux plus belles choses dans sa vie, c'est d'aller faire les choses qui nous font peur et qui nous tiennent à cœur.

Loïc Hello, hello ! C'est Loïc Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue sur le podcast Diane !

Diane Merci à toi, merci de m'avoir invitée !

Loïc Je suis ravi de t'accueillir, merci beaucoup d'avoir libéré du temps entre ton job, tes entraînements. D'ailleurs, on va en discuter parce que l'entraînement, je ne sais pas si tu es encore sur les deux disciplines que tu pratiques ou pas. En tout cas, je sais que tu es très busy, donc c'est vraiment super que tu aies pu te libérer. Merci beaucoup pour ça ! Et puis moi, je suis ravi de t'accueillir parce que tu viens d'un univers, d'une discipline que je connais assez peu, pour être honnête, pour ne pas dire pas du tout les tâtelons. Et puis là, tu es en train de gérer un changement que je trouve hyper intéressant et hyper courageux. Donc, je suis vraiment curieux que tu puisses nous en dire plus. Mais écoute, ce que je te propose, c'est tout simplement de commencer par te présenter, de nous dire qui est Diane.

Diane Merci déjà de m'accueillir sur le podcast que j'ai déjà écouté quelques petits épisodes. Et c'était vraiment intéressant d'avoir des profils variés comme dans les forces spéciales, des aventuriers. C'était vraiment top, donc un honneur d'être dans ce podcast. Et du coup, qui c'est Diane ? C'est quelqu'un de multifacette, plusieurs casquettes. Du coup, je commencerai à la base. Du coup, je suis athlète, athlète de haut niveau, du coup en athlétisme. Donc, je faisais de l'héptathlon. Donc, du coup, pour resituer pour les personnes qui ne savent pas exactement ce que c'est, c'est cette discipline de l'athlétisme. Donc, c'est présent aux Jeux Olympiques. Donc, c'est une discipline exclusivement féminine parce que l'équivalent, c'est le dérapplon chez les hommes. Du coup, on fait sept épreuves en deux jours. Donc, c'est toujours le même ordre. Du coup, c'est 100 mètres athlènes, saut en hauteur, lancer de poids de 100 mètres. Donc, ça, c'est la première journée. Et la deuxième journée, c'est saut en longueur, lancer de javelot et on finit à 800 mètres. Donc, ça, c'est ce que j'ai fait pendant 12 ans. Donc, voilà, au niveau, j'ai fait six sections en équipe de France dans les chambres d'Europe à Berlin. Donc, ma meilleure expérience en 2018. Donc, voilà, c'est incroyable de courir de 60 000 personnes. Et du coup, vu que, comme dans mon sport, comme dans mon ancien sport, j'aime pas m'ennuyer. Du coup, j'ai fait des études à côté. Donc, études d'ingénieur à l'UNSA à Lyon. Donc, spécialité sciences et génie des matériaux. Sauf que j'ai fait des premiers stages en recherche parce qu'on est obligé de passer un peu par le monde de la recherche et des stages scientifiques, ce qui est logique pour une école d'ingénieurs. Et j'ai senti qu'il manquait un petit quelque chose parce que j'avais besoin de plus, il me manquait un peu le côté humain. Du coup, j'ai complété avec un master en management et en finance à l'EM Lyon. Et du coup, là, je fais mon stage de fin d'études à la BPI. Donc, c'est la Banque publique d'investissement. Et du coup, c'est un stage qui mêle un peu les deux milieux parce que du coup, je suis chargée d'études d'innovation. Donc, c'est-à-dire, en fait, je vois les startups innovantes de l'écosystème. Moi, je suis sur Paris. Et du coup, elles me présentent leurs projets, leurs programmes de recherche et développement, qui elles sont, d'où elles viennent, où elles vont. Moi, j'analyse du coup tout ça. J'analyse aussi leurs performances financières. Et après, moi, je vous mets une proposition d'un montant pour une subvention, un prêt ou un accompagnement. Donc, c'est hyper varié, hyper intéressant. J'ai des projets sur les crypto-monnaies. J'ai des projets sur des robots chirurgicaux avec des chirurgiens. Là, je viens d'avoir une tofu-tri pour un des circuits courts sur Paris. Donc, c'est vraiment... Il y a vraiment tout et vraiment, on pivote. Donc, c'est pas mal. Et justement, en parlant de pivot, bah, du coup, moi, j'ai décidé là, il y a six mois, de changer de sport. Donc, de partir de l'heptathlon au rugby à 7. Et du coup, dans l'optique de Paris en 2024. Donc, voilà, petite présentation générale. Et sinon, dans la vie verso, j'adore voyager. Je suis partie deux mois toute seule en Nouvelle-Zélande pour faire des randonnées et rencontrer les gens. Et voilà. Et à peu près tout m'intéresse, quoi. Donc, c'est intéressant, psychologique. Waouh !

Loïc Quel parcours, en tout cas. Incroyable ! Punaise ! Donc, étude d'ingénieur couplée avec un master à l'EM Lyon. Décathlon, 12 ans dans une discipline l'heptathlon. Et maintenant, une reconversion en rugby à 7. Punaise ! Ça fait effectivement beaucoup de casquettes à gérer. Mais première question, peut-être juste par rapport à l'heptathlon. Je ne savais pas du tout que c'était une discipline uniquement féminine. Et tu disais, c'est que le décathlon n'est pas ouvert aux femmes, c'est ça ? Donc, il y a eu le penchant féminin qui a été créé à travers l'heptathlon.

Diane Ouais, c'est ça. En fait, ça vient de quelque chose de sexiste à la base. C'est que les femmes ne pouvaient pas faire du soin à la paire jusqu'à dans les années 80. Et c'est rentré aux Jeux Olympiques en 2000. Parce qu'on ne considérait pas capables de faire ça. Et aussi juger que ça allait être trop dur de faire 10 disciplines pour une femme. Du coup, au début, il y avait du pentathlon, donc 5 disciplines. Après, ils en ont mis 7. Et depuis, en fait, ils ne changent pas sur les programmes. Ils invoquent des problèmes de place. Mais c'est surtout qu'il y en a qui disent que c'est une histoire d'avoir sa discipline. Pour moi, de vrai, la parité, ça, c'est clair. Mais ça ne bouge pas à ce niveau-là sur les instances, ce qui est bien dommage. Du coup, c'est l'une des... Je pense que c'est la seule discipline au monde qui n'est pas ouverte aux deux. Après, en soi, c'est possible de faire un décathlon. Il y a des femmes qui en font. Personne ne nous empêche. Mais par contre, sur les grosses compétitions internationales, Jeux Olympiques, je ne suis pas du monde, je ne suis pas d'Europe, c'est que de l'heptathlon. Donc, peu d'intérêt de faire du décathlon sinon.

Loïc Oui. C'est dingue ça. Ok, je ne savais pas du tout. Comme quoi, il y a encore des disciplines dans lesquelles il y a des choses peut-être à faire évoluer. Mais ok.

Diane Oui, assez cool.

Loïc Oui. Alors, un autre fun fact que j'ai lu dans un de tes articles sur l'heptathlon, c'est qu'en fait, les épreuves durent deux jours. C'est ce que tu nous expliquais juste avant. Oui. Par contre, si on chronomètre chacun de tes efforts sur ces sept disciplines, c'est moins de dix minutes. C'est ça au total ?

Diane Oui, c'est ça. Parce qu'en soi, si on enlève tous les échauffements, si on prend juste le temps d'efforts comptabilisés, c'est que des efforts courts. En 5m13, ça va être 13 secondes. La course la plus longue, ça va être le 800m. Ça va être un tout petit peu plus de deux minutes. Et en soi, des sauts en hauteur, ça prend peut-être 10 secondes pour chaque saut. Donc, en fait, c'est très très court. Mais au final, très très long dans l'effort. Du coup, c'est ça qui est compliqué à gérer. C'est qu'il faut vraiment arriver à gérer, en fait, d'avoir des hauts très hauts, très courts sur deux jours. Et après, tout le moment, en fait, c'est comment se préparer pour avoir que ces hauts soient le plus haut possible. Et du coup, avoir des moments de récupération, rester en pression, mais quand même arriver à y redescendre pour gagner son afflux, pour gagner son énergie. Donc, c'est une vraie école de la vie, arriver à mettre de l'intensité au moment où il faut, là où il faut, il n'y a pas avant, pas après. Mais voilà. Et arriver quand même à bien s'échauffer parce que c'est sûr, on n'arrive pas en mettant ses pointes et enfin, on s'en mettrait comme ça. Oui.

Loïc Mais je crois que tu l'as très bien résumé. Tu vois, c'est… Enfin, je ne connais pas du tout ta discipline, mais c'est ce qui m'est venu en tête quand j'ai vu moins de 10 minutes d'effort sur deux jours. J'ai tout de suite pensé, mais en fait, comment est-ce que tu gères le fait de rester 100% focus sur 48 heures, sachant qu'au final, dans l'effort, tu y es assez peu de temps ? Toi, parce que même si bon là, tu as changé de discipline, tu as quand même fait 12 ans au plus haut niveau, comment typiquement est-ce que tu préparais et comment est-ce que tu réalisais une épreuve sur deux jours avec ce niveau d'intensité ? C'était quoi les outils que tu mettais en place, tu vois, en phase de préparation et pendant l'épreuve ?

Diane Comme tu dis, c'est des outils à mettre en place. Enfin, ça s'est fait vraiment progressivement. En fait, je pense que c'est comme tout, il faut pratiquer pour arriver à trouver sa bonne méthode et trouver en fait ce qui marche. Parce qu'on a beau faire des plans, pour moi, il faut être dans l'action et faire. Et du coup, ça vient petit à petit, surtout que les formats évoluent. Parce que par exemple, quand on est petit à petit niveau, ça va être beaucoup plus condensé. En fait, la première journée, ça va être de 14h à 18h. Et la deuxième, ça va être de 10h à 15h. Donc, en soi, c'est beaucoup moins long. Alors que par exemple, au niveau international, il va y avoir deux premières épreuves le matin de 8h à midi. Après, il va y avoir 7h de pause. Et on va revenir sur la session du soir, donc de 20h à 22h. Puis, on va repartir le lendemain sur la session du matin de 10h à 11h. Puis, on va avoir une pause de 6-7h. Et on va repartir sur la dernière épreuve vers 20h. Donc, en fait, ça va changer. Donc, c'est un gros travail. Déjà, je pense qu'il y a un... Premièrement, il y a un gros travail physique à faire déjà pour être prêt à encaisser tout ça. Mais pour moi, il y a un gros travail mental parce que pour moi, c'est bien d'être prêt physiquement. Mais pour moi, dans la perf, il y a au moins 60% de mental. Donc, ça, c'est clair. Et du coup, moi, j'ai pas mal travaillé avec un préparateur mental sur tous ces aspects. Parce que moi, j'avais vraiment le tempérament d'y aller et de jamais redescendre en pression. Moi, au début, j'étais à fond pendant deux jours. Sauf qu'à la fin, j'étais morte. Et forcément, je perdais de l'influx parce qu'on ne peut pas être à fond pendant deux jours. Enfin, on aimerait bien, mais ce n'est pas possible. Ça serait beau quand même. Mais du coup, j'ai appris à pas mal travailler sur ça. Donc, à vraiment me préparer déjà en amont. Donc, comme tu dis, c'est hyper important. Enfin, tu l'avais mentionné. Donc, déjà, en fait, de savoir à quelle heure on passe sur chaque épreuve, quelle intention on veut mettre sur chaque épreuve, savoir exactement, en fait, avoir dans la tête chaque épreuve. Chaque épreuve, c'est hyper important parce qu'en fait, si on arrive et qu'on ne sait pas qu'est-ce qu'on doit faire, en fait, c'est de l'énergie qu'on va perdre sur le moment. Alors qu'en fait, si on s'est déjà préparé en amont à qu'est-ce qu'on va faire, c'est beaucoup plus facile. Et bien sûr, il faut se préparer aux circonstances. Du coup, en fait, ce que je faisais, c'est que je préparais plein de scénarios alternatifs dans ma tête. Par exemple, si j'expose mon record à la première épreuve, comment je réagis? Qu'est-ce que je fais? Et comment j'arrive à redescendre en pression? Et à l'inverse, si ça ne s'est pas bien passé, comment je réagis et comment je me remobilise sur la suite? Parce que ça, c'est mon préparateur mental qui me l'a dit. Et en fait, si on a déjà visualisé la situation, il suffit de ressortir le petit tiroir et d'avoir la réponse adéquate. Alors que si on la découpe sur le terrain, forcément, on va plus avoir tendance à paniquer, à ne pas savoir. Et ça va être de l'énergie perdue et on n'aura pas forcément la bonne réponse adéquate. Donc, j'essaie de me préparer à toutes les éventualités. Donc, ça est hyper important. Et ensuite, j'ai pas mal utilisé la respiration. C'est quelque chose aussi que j'utilise même dans ma vie de tous les jours. En fait, juste se poser cinq minutes et faire un exercice qu'on appelle cohérence cardiaque. Donc, respirer cinq secondes, respirer cinq secondes. Et c'est vrai que ça permet vraiment de calmer, de se remettre les idées en place. Et c'est important. Donc ça, je l'utilise pas mal. Et puis après, quand il y a des grosses, grosses pauses comme dans les grands chemnas, moi, je me suis fait piéger à mon premier grand chemna parce que j'avais pas l'habitude de gérer une pause de six heures. Mais maintenant, ça va, j'arrive. C'est vraiment se déconnecter, aller parler en fait à d'autres personnes. Enfin, tout simplement leur parler d'autres choses, rigoler. Moi, c'est ce qui marche le mieux. Et voilà. Et puis après, se restaurer pour être bien physiquement. Mais en vrai, si le mental suit, le physique suit. Enfin, si on est entraîné quand même.

Loïc C'est super intéressant cette notion de déconnexion. Tu vois, moi, je viens d'un univers assez différent. Le judo, c'est aussi, je dirais que c'est plutôt de l'intensité quand même parce que les combats, c'est, j'avais commencé, c'était trois minutes et après en senior cinq minutes. Donc, c'est relativement court comme effort, tu vois, par rapport à un match de rugby. Mais par contre, en termes de durée d'épreuve, c'était peut être maximum une journée, tu vois, souvent plutôt une demi-journée, une après-midi, une matinée. Ce qui fait que quand tu parlais, tu parlais de déconnexion et moi, je me suis replongé dans mes années judo. Moi, je pense que j'étais plutôt au contraire du fait de la durée assez courte de l'épreuve. J'étais plutôt en mode surtout ne pas déconnecter, tu vois, dans ma bulle tout le temps. J'allais typiquement que j'allais pas parler, tu vois, à d'autres personnes. J'allais pas faire un tour dehors, à moins qu'il y ait vraiment deux heures d'attente. C'était la bulle, la bulle, la bulle. Donc, c'est intéressant de voir les différents schémas au final par rapport à la durée de l'épreuve.

Diane Oui, c'est vrai que la bulle, moi, je voulais au début, je voulais vraiment la garder. Mais en fait, c'est humainement pas possible. Et du coup, en parlant avec justement, moi, j'ai eu l'occasion de côtoyer pas mal de champions, championnes Antoine et Nadjimou qui avaient une meilleure et je les voyais sortir de leur bulle. Et je me suis dit bon, ben, il faut que j'arrive à sortir de ma bulle aussi. Du coup, j'aurais demandé des petits conseils. C'est comme ça que ça se fait, en fait. Il faut prendre exemple sur les meilleurs et essayer d'appliquer ce qui marche à soi, en vrai.

Loïc Génial. Génial. Et alors, comment est-ce que tu gères la nuit entre les deux journées ? C'est tout bête, mais tu vois, je me dis encore une fois, si je me replonge dans mon passif à moi, j'aurais été, je pense, hyper stressé. Je pense que j'aurais vraiment eu du mal à accueillir ce moment de repos et à pas me projeter sur les épreuves du lendemain, refaire de la visualisation, tu vois, me réimaginer tous les scénarios.

Diane Ben, en vrai, c'est vrai qu'elle est importante, mais pour moi, c'est plus avant qui est important. Enfin, au niveau du sommeil, pour moi, il faut plus être hyper reposé, en fait, quand on arrive. Donc, les deux semaines précédentes, avoir vraiment, vraiment bien dormi. Et après, en fait, on sait que cette nuit-là, on va pas forcément, ça va pas être la meilleure nuit de notre vie. Souvent, les courses, souvent, ça dure, même si on l'optimise, ça dure cinq heures entre la sortie de la dernière épreuve, le temps de manger, le temps d'aller faire des soins au kiné, le temps de se réveiller le lendemain, trois heures avant l'épreuve. On sait qu'elle va être courte. Donc, déjà, il faut l'accepter. Il faut pas se dire, je vais avoir mes huit heures, neuf heures de sommeil. Je panique, quoi. Il faut en récupérer pas mal avant. Et puis après, pareil, exercice de respiration. J'utilise une petite application, Headspace. Je suis pas à sponsoriser, c'est pas de la plus grande. Et ils ont des petites applications de... Enfin, petits audios de sommeil. Et du coup, j'essaie d'en mettre et souvent, ça me calme aussi. J'essaie de lire un livre, parce que ça apaise de couper les écrans. Enfin, les choses classiques, en fait, du nuit de sommeil, de pas tout révolutionner. En fait, il faut pas essayer de tout révolutionner le jour J. Il faut faire ce qui marche pour dormir de manière normale et essayer de réenforcer un peu les principes, quoi.

Loïc Et pour... Peut-être pour rentrer dans le détail sur la partie préparation physique, même si j'ai bien noté que... Enfin, ton... Ta vision des choses, c'est que 60% à peu près de la performance se fait au mental. Et bon, à titre perso, je suis 100% d'accord avec toi. Mais sur la partie préparation, quelle était ton approche, sachant que t'avais 7 disciplines à couvrir ? C'est vrai.

Diane Bah, du coup, moi, mon approche, elle a évolué au début. Moi, j'étais vraiment un peu en mode brun. Je me suis dit, il faut que t'aies un physique monstreux, enfin une caisse monstreuse, que physiquement, tu sois monstreuse. Et la technique... Il y aura un peu de technique qui sera mise dessus, quoi. Enfin, c'était un peu la vision du début. Donc, ça a pas mal marché. Après, j'ai quand même eu pas mal de pépins, en fait, quand j'étais jeune. Je me suis fait le croiser. J'ai eu un corset pendant plusieurs mois. Je me suis fait des ornée torse à la cheville. Et du coup, ça m'a fait pas mal réfléchir. Je me suis dit, bon, ben, c'est bien de vouloir avoir un gros physique. Mais à force de vouloir le pousser au maximum, en fait, tu te blesses avant de pouvoir t'exprimer. Et toutes mes années, entre 16 ans et 20 ans, en fait, je savais que j'étais forte. Mais je pouvais pas m'exprimer, en fait, parce que j'étais tout le temps blessée. Donc, je me suis dit, ben, en fait, ça rien. Parce qu'il faut mieux être un peu moins fort, mais pouvoir s'exprimer qu'être blessée. Parce qu'en fait, on peut pas s'exprimer. C'est le pire. Et du coup, ben, j'ai re-réfléchi. Je me suis dit, ben, en fait, le plus, c'est pas toujours le mieux. Et enfin, des fois, il faut mieux... Enfin, ce qui est dur à accepter, ce qui était dur à accepter, je me suis dit, bon, ben, il faut faire les choses intelligemment. À des moments, mettre des grosses séances et bien s'envoyer. Ça, ça a toujours été ma force. C'est qu'il y a beaucoup à l'heptaclons, par exemple, qui ont peur du 800 mètres, parce que, ben, c'est l'épreuve qui fait le plus souffrir. C'est l'actique, le coeur, il monte à 205 pulsations, on finit vraiment mal. Alors que moi, j'ai toujours aimé, en fait, enfin, me surpasser, aller dans la souffrance. Moi, c'est vraiment ce que j'affectionne. Je sais pas pourquoi, parce qu'en fait, j'ai l'impression que quand je me suis donnée à 120%, que je finis en croix, ben, j'ai l'impression que je suis allée au bout de moi-même et que c'est comme ça que je vais progresser. Donc, je continue à faire, bien sûr, des séances comme ça, mais je me suis dit, ben, déjà, si tu mets un peu plus de techniques, si tu vas chercher des gens plus compétents en musculation et ailleurs qui vont t'apporter les bonnes techniques, les bons principes, et ben, ça va t'aider. Donc, voilà, j'ai mis un peu de physique et de technique. Et après, en fait, une semaine d'entraînement, en fait, on va essayer de faire au moins une fois par semaine chaque épreuve, ben, du coup, pour mettre un peu de technique dessus. Après, il y a des épreuves qu'on va faire plus, ben, par exemple, faire du sprint, c'est la base dans toutes les épreuves, donc ça, on va pas y couper. Ça, ça va être toute l'année, tout le temps, voire une, deux fois par semaine, et sprint est couplé. Et par exemple, des épreuves un peu plus techniques comme la hauteur, ben, on peut se permettre de pas faire des séances certaines semaines parce qu'en soi, si on est préparé physiquement, et qu'on a eu les principes un peu techniques, ben, ça va aller. Et puis après, en fait, ça dépendait des années. Des fois, je me disais, bon, ben, cette année, j'ai envie de travailler mes points forts parce que des fois, c'est bien de renforcer ses points forts. C'est là où on pouvait aller chercher le plus de points, le plus à gagner. Donc, je faisais mes points forts. Et certaines années, je me disais, bon, ben, mes points faibles, ils sont trop faibles. Donc, je vais mettre l'accent sur ça. Et certaines années, moi, mon gros point faible, à la base, c'était la hauteur. Et une année, ben, j'en faisais trois fois par semaine pour que ça revienne à un niveau correct, quoi.

Loïc D'accord. OK. Et par rapport, ouais, donc, si tu dis une fois par semaine à peu près chaque discipline, j'imagine qu'en termes de charge, ça doit être assez costaud. Je serais curieux de savoir, est-ce que tu vois des… Est-ce qu'il y a de grosses différences sur les chronos, les performances entre les athlètes et les athlètes de chaque épreuve individuelle ? Tu vois, quelqu'un qui ne fait que du 800 mètres ou que du saut, est-ce qu'il y a vraiment des gros écarts de performance ?

Diane Ben, en fait, ça va vraiment dépendre, un, des disciplines et deux, du profil, parce qu'en fait, c'est ça qui est bien à l'heptaclon. C'est qu'il y a diverses principales. Il y en a qui vont être sprinter-sauter, donc hyper rapide, hyper moins au saut, mais un peu moins bon, par exemple, le lancer. Il y en a qui vont plus être bon de partout, mais qui ne vont pas exceller quelque part. Donc, en fait, ça dépend des profils. Par exemple, pour prendre un exemple aux Jeux Olympiques de Rio, celle qui gagne l'heptaclon, du coup, Nafisa Tuthiam, elle aurait pu gagner le saut en hauteur avec son saut de l'heptaclon. Donc, c'est pour dire que dans certaines disciplines, ça rivalise vraiment. Souvent, au niveau mondial, les meilleures aux 100 mètres, elles pourraient rentrer dans les finales olympiques, dans les finales mondiales, donc assez impressionnant. Les disciplines où on est un peu plus loin, ça va être lancé de poids, parce qu'on n'a pas de gabarit pour. Il nous manque quelques kilos, quoi. Et 800 mètres aussi à l'inverse, parce qu'il faut vraiment faire des kilomètres, faire des kilomètres, et du coup, on n'a pas le temps d'en faire et l'énergie en dépensée pour. Et après, au niveau national, c'est ça qui était bien, parce que par exemple, moi, je faisais ma saison d'heptaclon, et après, du coup, moi, j'allais faire les chambas de France individuels, comme la plupart des autres. Et vu que moi, j'avais des gros points faibles et du coup, un peu des points faibles, enfin, des gros points forts et quelques points faibles. Du coup, sur mes gros points forts, j'allais faire les chambas de France. Et j'ai déjà été chambon de France, enfin, je montais sur les podiums. Moi, je faisais le 400 mètres, même s'il n'y a pas les chambas de l'heptaclon. En fait, c'est un petit mix de tout, parce qu'il faut de la vitesse, des haies, de la puissance. Et du coup, j'ai fait cinq podiums au chambas de France là-dessus. J'ai fait championne de France aussi. J'allais faire aussi des fois au 800 mètres, j'arrivais à rivaliser. Au saut en longueur, j'arrivais à rivaliser. Et en fait, sur les sept disciplines, il y en a six sur lesquelles je pouvais me qualifier au chambas de France et quatre sur lesquelles je pouvais faire des finales à peu près. Donc, en vrai, on rivalise.

Loïc Wow, c'est super impressionnant. Et surtout, qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que pour toi, c'est la preuve que les entraînements croisés, de ne pas être 1000% que dans sa discipline unique, est-ce que ce ne serait pas la preuve quelque part que c'est super bénéfique et que tu peux performer sur du 800 mètres en faisant autre chose finalement que du 800 mètres ? Alors, peut-être pas du 800 mètres parce que tu as dit que c'était la discipline, non ? Mais tu vois, je ne sais pas sur d'autres. Sur les haies par exemple, est-ce que tu dirais qu'il y a un vrai intérêt à faire du croisé et qu'au final, ça a aussi un impact hyper positif sur la perf ?

Diane Oui, franchement, totalement d'accord avec ça, même de manière un peu plus philosophique dans la vie. Je pense qu'en faisant une multitude de choses, souvent, c'est hyper complémentaire et c'est comme ça qu'on apprend et surtout qu'on s'épanouit. Parce que comme je l'ai dit et comme tu l'as dit, la tête, c'est hyper important. Et je pense que du coup, d'avoir un entraînement croisé, ça permet déjà d'avoir un entraînement plus varié, donc de moins saturer, de travailler de manière différente, d'habituer aussi sa motricité. Pour moi, ça a plein de bénéfices. Après, c'est sûr que si on veut exceller, qu'on veut être champion olympique, à un moment, il va falloir faire un choix. Mais par contre, dans tout ce qui est la formation, c'est hyper important. Dans tout ce qui est le sport loisir ou le sport même compétition, je trouve que c'est hyper important, c'est hyper bénéfique. De toute façon, le plus d'informations qu'on peut aller rechercher, ça a vraiment nous aidé à grandir. Donc, franchement, à 200%.

Loïc Génial. Alors, tu as parlé du fait que j'ai le sentiment qu'il y a eu un peu deux phases. Dans ce que tu t'es écrivait dans ta pratique de l'héptathlon. Une première où tu étais vraiment concentré sur le physique, le cardio, être vraiment au-dessus du lot par rapport à tes capacités. Mais que l'impact de cette charge de travail que tu t'imposais, ça a été des blessures. Et bon, comme tu le sais, sur le podcast, on parle de résilience, de détermination, de dépassement de soi. Donc, si on fait un zoom sur la partie plus résilience, comment est-ce que tu as appris à gérer ces blessures qui t'empêchaient, comme tu le disais, de t'exprimer ? Et en quoi est-ce que ça a changé ta pratique de l'héptathlon et peut-être ton approche du sport en général ?

Diane Du coup, comment je les gérais ? Souvent, j'avais une petite phase où je faisais le deuil. Enfin, j'étais clairement triste. Je pleurais, mais je pense que c'est humain. Il faut passer par là. Il ne faut pas refouler ses émotions. Et en fait, par contre, direct après, souvent, ça ne durait que quelques jours ou une petite semaine. Je me disais, voilà là où tu en es. Et en fait, à chaque fois, j'avais le sentiment qu'il y avait quelque chose d'inachevé. En fait, il y avait un feu qui continuait de brûler en moi et à me dire, non, ce n'est pas terminé. Tu ne peux pas finir là-dessus. Donc, on continue. Et puis, j'avais une telle envie de pratiquer, de m'éclater. Parce qu'à chaque fois, moi, je suis aussi tirée par la passion. En fait, pour moi, il faut être passionné de ce qu'on fait. Donc, ma blessure, ça m'a enlevé ça. Mais je me disais, bon, si tu as une blessure, c'est qu'il y a quelque chose qui a été mal fait. Enfin, moi, je ne pars pas du principe d'être défaitiste en me disant, il y a une blessure, c'est la faute, elle n'a pas de chance. Dommage, quoi. Même pour moi, par exemple, quand je me suis fait une entorse, j'ai mis le pied sur une latte. On pourrait dire, c'est un accident, c'est de la faute, tu n'as pas de chance. Mais pour moi, je me suis dit, bon, c'est qu'il y a quelque chose, c'est que tu étais fatigué, c'est que tu n'étais pas attentive. Donc, il y a forcément quelque chose derrière. Et du coup, en fait, je me disais, bon, qu'est-ce que je peux faire ? C'est toujours la première question que je posais au docteur, au médecin, au chirurgien. Je me disais, là, je viens de me faire opérer, là, je viens de me faire ça. Mais qu'est-ce que je peux faire ? Est-ce que je peux aller à la piscine ? Est-ce que je peux faire de la musculation ? Donc, en fait, déjà, je cherchais quoi faire pour, en fait, rester dans une dynamique d'être active, d'être dans l'action. Parce que pour moi, la réflexion, c'est bien. Je réfléchis beaucoup. Mais il faut être dans l'action pour avancer, quoi. Enfin, il n'y a que ça qui... Enfin, les mots, c'est bien. Mais on sera jugé que sur nos actions. Et même moi-même, je ne me juge que sur mes actions. Donc, déjà, un, se remettre dedans. Deux, trouver les causes, en fait, réfléchir pourquoi on s'est blessés. Est-ce que c'est le programme d'entraînement qui n'est pas adapté ? Est-ce que c'est nous qui n'avons pas une hygiène de vie assez bonne ? Est-ce que... Enfin, divers facteurs. Et essayer de voir, en fait, les actions que vous pouvez faire pour les résoudre, quoi. Ouais.

Loïc Voilà. Super intéressant comme schéma mentaux. Est-ce que tu serais OK pour nous partager peut-être la façon dont tu as géré, du coup, la dernière en date ? Parce que je sais qu'elle a été particulièrement intense d'un point de vue émotionnel, cette blessure. Et peut-être, tu vois, en quoi est-ce que ça a influencé ta décision de pivoter dans ton sport ?

Diane Ouais. Ouais. Du coup, la dernière, c'était des tendinites au tendon d'Achille et bursites. Du coup, j'en ai eu sur les deux dernières années. Je pense que j'en ai eu deux. Là, je remettais pas du tout en cause mon hygiène de vie. J'avais une hygiène de vie impeccale. Enfin, j'étais vraiment déterminée, en fait, pour me qualifier aux Jeux olympiques de Tokyo. Mais en fait, à chaque fois, j'avais cette tendinite au tendon d'Achille. Et petit à petit, ça m'a fait perdre un peu, justement, cette passion de l'heptaclon que j'avais réellement. En fait, je mettais tout dans le sport. Mais en fait, j'avais l'impression que j'y allais parce que j'étais assez forte, que ça me plaisait, que c'était ce que j'avais toujours fait. Mais c'était plus comme avant. Je me levais pas, je ne sautais pas du lit quand il y avait compétition. Je me disais pas, c'est super, je vais faire une compétition. Et pourtant, j'ai fait le circuit mondial tout l'été. Donc, c'était vraiment des belles compétitions qui auraient dû vraiment me faire vibrer. Mais il n'y avait plus cette petite flamme en moi. Et du coup, je suis arrivée au Chemin de France. Normalement, j'étais clairement favorable. En fait, j'ai fait quatre fois dans la saison la perfurée qui aurait permis de faire une compétition. qui aurait permis d'être championne de France. Mais en y allant, je me suis dit, tu vas juste faire le job. Et il n'y avait plus cette petite femme. Je ne me reconnaissais pas à la Diane en me disant, tu vas tout gagner, tu vas tout pulvériser. J'avais plus cette énergie un peu volcanique en moi. Et du coup, j'y allais. Et au bout de deux épreuves, rechute de mon tendon d'Achille. Alors qu'en final, je n'avais pas de signe avant-coureur. Enfin, sur le son hauteur, je me refais mal. Donc, je me dis quand même, tu ne peux pas t'arrêter là. Tu ne peux pas terminer au Chemin de France comme ça sur une blessure. Donc, je fais le poids, je serre les dents. Et après, je ne pouvais plus marcher après le lancer du poids. Donc, compliqué. Mais je me dis, bon, va quand même faire le 200 mètres. Du coup, je ne m'échoque absolument pas parce que je ne pouvais pas poser le pied. J'arrive quand même à faire le 200 mètres. Je le gagne. Bon, je fais un temps pas ouf, mais j'arrive quand même à le gagner dans la tête. Sauf qu'après la course, je ne pouvais vraiment plus marcher. Je me dis, bon, là, c'est terminé. Mais, mais et donc, voilà. Et pour petite anecdote, j'avais fait un héptathlon, du coup, trois semaines avant à Ténérife. Et en fait, il y avait eu un truc ouf. C'est que du coup, je faisais le 800 mètres parce que là, j'étais arrivée au bout. Et en fait, dans la dernière ligne droite, en fait, je me disais au fond de moi, je ne sais pas. Il y a eu un petit truc dans ma tête qui m'a dit profite parce que c'est le dernier 800 mètres de ta vie que tu fais. Alors qu'en fait, ce n'était pas du tout le plan. Enfin, il y avait les Chemin de France après. Enfin, je n'avais pas prévu d'arrêter. Mais en fait, il y a eu un peu comme un cri du cœur, cette petite voix dans ma tête. Du coup, j'ai profité et après, je n'ai pas mis cette petite voix de côté. Et du coup, après les Chemin de France, en m'étant blessée, je me suis posée et je me suis dit, « Bon, Diane, qu'est-ce que tu veux faire ? » Parce que pour moi, le sport, c'est toute ma vie, c'est ma passion. Mon problème, ce n'était pas de ne pas me faire mal, d'arrêter. Enfin, ce n'était pas un problème de vouloir changer de vie. C'était juste que dans mon sport, j'ai l'impression d'avoir un peu fait le tour, un peu lassée aussi par l'ambiance qui règne aussi dans la clé française, qui n'est pas exceptionnelle. Et lassée de faire mes séances souvent toute seule. Enfin, il y a plein de choses qui me pesaient dans le sport et aussi l'impression d'avoir fait un peu les objectifs qui faisaient vibrer quand j'étais petite. Parce que quand j'étais petite, je n'étais pas forcément la plus douée. Et du coup, dans mon rêve, c'était vraiment de faire un grand chemin, de porter le maillot de l'équipe de France. Et du coup, ça, je l'avais un peu réalisé. Enfin, je l'avais réalisé carrément. Et du coup, j'ai l'impression que je voulais aller me qualifier aux Jeux Olympiques et tout, mais que j'étais arrivée un peu au bout de mes capacités. Même si au final, je pense que c'était des barrières que je me mettais dans la tête. J'avais du mal à me les enlever. Et donc, voilà. Et puis, ça ne me faisait plus vibrer. Je me suis dit, est-ce que tu es prête à repartir trois ans comme ça ? Et au fond de moi, la réponse était non. Et donc, je me suis dit, est-ce que tu fais semblant, entre guillemets, en disant, est-ce que je suis sûre que si j'aurais reparti, j'aurais maintenu un bon niveau. J'aurais fait des podiums, je pense, au Choubat de France, peut-être des petites sélections à droite, à gauche. Voilà, j'aurais pu être, entre guillemets, fonctionnaire de l'athlétisme. Et je me suis dit, non, enfin, vraiment, moi, ma philosophie de vie, c'est de faire ce qui me fait vibrer, de poursuivre mes passions, d'être à 110 % dans mes projets. Moi, je n'arrive pas à me dire, je vais dans un projet, mais je le fais tranquillou à 80 %. Enfin, ce n'est pas moi, quoi. Et en fait, il y avait cette petite idée du rugby à 7 qui me trottait dans la tête depuis longtemps, parce que j'avais vu... Enfin, c'est un sport qui m'a toujours passionnée. Enfin, je regardais beaucoup de rugby à 15 et je trouvais ça hyper marrant, en fait. Enfin, marrant dans le sens d'aller au combat, mais avec respect, qu'il y ait plein d'aspects. En fait, dans le rugby à 7, ça va hyper vite. Et puis cet aspect collectif, moi, j'avais vraiment envie de le découvrir. Et du coup, je me suis dit, quand j'y ai pensé, j'ai vraiment pesé le pour et contre pendant deux mois. Et en fait, mon cœur, il me portait vers le rugby à 7. Et juste, il y avait ma raison. Un peu, reste dans ta zone de confort, reste à la clé. Je me suis dit, ben non, en fait, on évolue, on grandit hors de sa zone de confort. Donc, vas-y, fais le pari, tente et suis ton instinct, suis ton cœur, quoi. Donc, voilà. Et maintenant, je fais du rugby à 7.

Loïc Waouh ! Excellent ! Excellent ! C'est fou, l'anecdote que tu racontes sur ton dernier vie sans maître. Parce que tu savais déjà, à ce moment-là, à Tenerife, que trois semaines plus tard, évidemment, tu savais que tu allais au championnat de France.

Diane Ouais, ouais, ouais. Non, je savais, à Tenerife, que j'allais au championnat de France. Et en plus, j'y allais pour le titre. Donc, c'était pas, j'y allais sans enjeux. Mais je pense qu'à des moments, en fait, le corps, il sait. Enfin, le corps, pour moi, il est hyper intelligent. Il nous envoie plein de signaux. Et en fait, ce qui est important, c'est d'arriver à les décrypter, arriver à savoir ses envies. Et je pense que c'est comme ça, de manière plus générale, qu'on va vers l'épanouissement et le bonheur. Mais c'est hyper dur à faire. Des fois, c'est dur à admettre. Parce qu'à ce moment-là, je me suis dit, ah non, t'as allé au championnat de France. Enfin, c'était ma première réaction. Et puis au final, je me suis dit, en fait, ton corps, il savait, quoi.

Loïc Écoute, c'est fou comme histoire. C'est vraiment... Et puis c'est fascinant de voir, tu vois, la façon dont justement, toi, t'as appris au fil des ans à écouter ton corps. Et à un moment donné, de te dire, voilà, la tête me dit, reste là où je suis. Reste là où tu es parce que c'est ta zone de confort. Mais que ton cœur t'a plaît ailleurs. Et qu'au final, voilà, t'as pris la décision de changer complètement de discipline. Je ne sais pas... Alors, je ne suis pas un fabuleux expert de l'histoire du sport de haut niveau. Mais les transitions comme ça entre disciplines qui n'ont pas grand... Enfin, pas grand-chose. Oui, si, qui n'ont pas vraiment de lien entre elles. Je ne pense pas que ce soit hyper courant, non ? Quand tu as été pendant 12 ans au plus haut niveau de basculer comme ça sur un sport qui n'a rien à voir.

Diane Oui, ce n'est pas hyper courant. Il y en a déjà eu. Du coup, je me suis un peu rassinée. J'ai fait une petite recherche. Il y a un Américain qui fait le 100 mètres en 10 secondes 30. Donc, en France, il serait dans tous les relais. Sauf qu'aux États-Unis, ça doit être juste... Enfin, juste, entre guillemets, le 30e Américain. Donc, en fait, il est barré de tous les grands cheminats. Il s'est dit, bon, ben, je vais aller tester le rugby à 7. Et lui, il a fait une très belle carrière, justement, au rugby à 7 sur sa pointe de vitesse, quoi. Donc, c'est déjà arrivé. Et après, il y a pas mal d'athlètes qui vont au bobsleigh aussi. Autre sport de transition. Et sinon, à part ça, c'est vrai que c'est pas non plus hyper courant. Mais en vrai, moi, j'aime bien me lancer des défis que personne n'a réalisé. C'est bien, c'est excitant, moi.

Loïc C'est clair. Et puis, ça ou la voie pour d'autres, tu vois. Parce que je pense pas être représentatif de tous les anciens sportifs de haut niveau. Mais à l'époque, si tu m'avais dit, bon, ben, tu passes du judo, je dis n'importe quoi, au water polo ou, tu vois, une discipline qui n'a rien à voir, je t'aurais dit, ben, non, c'est impossible, quoi. Il m'a fallu 10 ans, 15 ans pour acquérir la technique. J'y connais rien dans l'autre discipline, même si elle m'intéresse. Typiquement, le rugby, tu vois. Enfin, c'est un bon exemple, au final. Parce que je trouve que c'est un sport qui a de belles valeurs. J'ai toujours aimé regarder. Mais si tu m'avais dit à l'époque, tu passes du judo au rugby, je t'aurais dit, bon, ouais, je sais pas, tu vois, ne serait-ce que la dextérité avec le ballon. Je suis pas bien sûr d'avoir les techniques. Et au final, ce qui est incroyable, c'est de voir que, ben, toi, tu t'es lancé, tu t'es pas, j'allais dire, tu t'es pas posé de questions. J'imagine qu'il y a eu beaucoup de questions avant, mais qu'au final, ça t'a pas empêché de le faire.

Diane Ouais. Ben, en fait, je me suis dit, bien sûr, toutes ces questions, je les ai eues. Je me suis dit, bon, ben, il y a, enfin, je vais avoir des problèmes techniques que j'ai pas, enfin, qu'il va falloir que je résolve. En fait, je me suis tout de suite posée dans la posture. Enfin, ça m'a pas paru impossible. Enfin, je me suis dit, ça va être compliqué, ça va pas être facile. C'est sûr, ben, faut que j'apprenne à manier le ballon, faut que j'apprenne la posture, faut que j'apprenne les techniques. Mais en fait, je me suis dit, ma question, c'était plus combien de temps ça va me prendre. Je l'ai pas encore totalement résolu. Mais, enfin, je me suis dit, en fait, c'est possible parce que, à force de travail, enfin, je me suis dit, ben, faire une passe en rugby, elle est pas encore parfaite. Faut que je la travaille. Mais je me dis, en soi, si tu passes une heure par jour à faire des passes, à un moment, tu vas y arriver. Forcément, la technique, pareil, si je regarde des vidéos en permanence, si on m'explique. Et en fait, surtout, si je m'entoure des meilleurs, enfin, des entraîneurs de l'équipe de France qui m'expliquent la technique, des joueuses que je parle beaucoup avec elles, je me suis dit, ben, ça doit quand même s'apprendre. Combien de temps ça va mettre ? Je sais pas. Mais on va y arriver. Et je me suis dit, en fait, j'ai vu aussi comme à l'héptathlon, du coup, il y en a certaines qui ont des gros points forts et des gros points faibles. Et je me suis dit, ça empêche pas d'être performant. Le but, c'est de remonter ses points faibles et de continuer à monter ses points forts. Mais bien sûr, ce sera pas parfait niveau rugby tout de suite. Bien sûr, ce sera pas parfait niveau technique. Mais je me suis dit, si j'arrive à être au-dessus physiquement au niveau vitesse, à faire des différences sur mes jambes, jusqu'à quel point avoir une passe pas parfaite, ça peut passer. Et bien sûr, au fur et à mesure, je vais monter ma passe. Mais en fait, je l'ai vu comme ça. En fait, je me suis dit, bon, ben, faut pas viser, en fait, la perfection. C'est sûr, si je m'étais dit, bon, ben, faut que tu sois parfaite dans tous les domaines avant de pouvoir jouer, ben, c'est sûr que je me serais pas lancée. Mais je me suis dit, est-ce que je vais pouvoir apporter quelque chose tout en continuant à progresser ? Et en vrai, je le pense. Et après, je me suis dit, ben, après, c'est du travail, quoi. Enfin, tu passes une heure par jour. Là, c'est ce que je fais. Je passe une heure par jour à faire des passes. Et petit à petit, ça vient, quoi.

Loïc Oui. Oui, c'est super intéressant ce que tu dis sur cette notion de, finalement, d'apporter de la richesse du fait de ton parcours d'être athlète. D'apporter quelque chose de différent dans l'équipe. Et en parlant d'équipe, d'ailleurs, comment est-ce que tu vas le gérer, cette transition entre sport individuel et sport collectif ?

Diane Ben, ça, c'était aussi une question. Je me suis dit, enfin, ma peur, c'était, j'espère, je vais pas avoir un comportement trop individualiste. Et en fait, ben, déjà, j'étais étonnamment surprise. C'est que, enfin, il y a une bienveillance qui est folle. Alors que le milieu de la clé, c'est vraiment un peu, chacun essaye de tirer sa couverture. C'est mon athlète, c'est mes perfs. Il y a un peu de jalousie. Enfin, c'est aussi pour ça que je suis partie de ce milieu. Et ça m'a vraiment changé en arrivant dans le rugby. Enfin, toutes les personnes que j'ai rencontrées, elles m'ont tout ouvert la porte, tout aidé. Par exemple, je joue, au début, j'ai commencé à jouer dans une association, c'est les Seven Fantastic. Donc, c'est une association de rugby à sept. Et du coup, je jouais qu'avec des garçons qui ont déjà joué au rugby. Donc, je me suis dit, j'arrive, je sais pas, faire du rugby, jouer avec des garçons. Enfin, je me suis dit, je sais pas du tout comment ils vont m'accueillir et tout. Ils m'ont hyper bien accueillie. Enfin, ils ont tous été hyper bienveillants. Ils me parlaient du coup sur le terrain pour apprendre à me placer. Si je faisais des passes, je me suis dit, je vais louper des passes, forcément. Et j'avais trop peur que les gens soufflent ou me regardent mal et tout. Et en fait, j'ai jamais eu ces réactions. Ils se disaient, à chaque fois, ça faisait partie du jeu. On recommence, on continue. Il y a eu une erreur, mais c'est pas pour ça qu'il faut s'arrêter. Et du coup, moi, ça m'a vraiment encouragée à continuer. Et puis après, moi, j'essayais de prouver que sur mes jambes, je lui apportais quelque chose et je faisais une différence. Donc, ils voyaient que j'arrivais à faire une différence. Donc, il y avait un lien de confiance comme ça qui se créait. Et justement, en fait, j'avais tellement peur d'être individualiste qu'au début, on m'a reproché de trop faire la passe et de ne pas s'égarder le bon moment pendant. Ce qui est assez fou. Du coup, maintenant, je le garde un peu plus et j'essaye d'aller à l'essai. Mais c'est vrai que cet aspect collectif, je l'aime vraiment bien. J'ai déjà fait deux tournois. Un, du coup, avec cette association, on a gagné. C'est super bien passé avec les filles. Et un tournoi aussi à Dubaï. Du coup, c'était avec l'équipe de France Développement. Donc, pour situer, c'est un peu l'équipe de France B avec des jeunes et des joueuses pros qui ont besoin de temps de jeu. Et pareil, en fait, j'adore cet esprit de solidarité, surtout au rugby. En fait, c'est vraiment, on va au combat, mais il y aura toujours quelqu'un avec nous. Même les entraîneurs, ils le répètent en permanence. Ils disent, s'il y a quelqu'un qui impulse, qui fait un choix, tout le monde y va avec elle. Que ce soit un bon ou un mauvais choix, on ne réfléchit pas, on y va, on débriefera après. Mais c'est tout le monde ensemble. Et en fait, j'adore cet état d'esprit au-delà du sport. Je pense que c'est un état d'esprit à avoir dans la vie de tous les jours.

Loïc Clairement. En tout cas, moi, je suis 100% d'accord avec toi aussi. Je le disais tout à l'heure, je trouve que les valeurs de rugby, elles sont juste géniales. J'imagine que tout n'est pas super rose, mais globalement, c'est vrai que c'est un sport qui a l'air d'être top en termes d'expérience en tant que joueur. Génial. Tu nous parlais de comment tu te servais des outils de visualisation, de projection, etc. quand tu étais en heptathlon. Là, comme tu viens de te lancer dans une nouvelle direction avec des ambitions déjà fortes, comment est-ce que tu t'es préparé ? Est-ce que tu t'es dit que tu avais des jalons, des épreuves en particulier par lesquelles tu veux absolument passer pour valider des paliers de niveau ou pas forcément, tu fais confiance à ton intuition au fil de l'eau ?

Diane Déjà, ce que j'ai fait, c'est me dire quelle est la bonne attitude pour ce challenge parce qu'en fait, je me suis dit qu'il faut changer ton attitude, pas qu'elle était mauvaise en soi avant, mais avant, j'étais dans ma zone de confort, je savais que j'étais dans les meilleures françaises. Ça roulait, même si j'étais toujours dans une posture d'apprentissage. Je ne suis pas la même que de découvrir un nouveau sport, de forcément être la plus nulle, clairement dans certains domaines, surtout pas directement, je m'entraîne avec des filles de l'équipe de France. Je sais que clairement, il y a des domaines où je suis la plus nulle et ce n'est pas forcément facile de se remettre dans cette posture. Je me suis dit qu'il faut que tu t'y prépares. Je me suis simplement dit que tu pars de cet endroit-là. Par exemple, si on va prendre les passes, tu ne sais pas faire de passes. Très bien. Qu'est-ce que tu fais ? Ça ne sert à rien de se cacher, de s'excuser à chaque fois qu'une passe est mauvaise. Il faut juste se dire, je progresse, j'essaye, j'apprends et juste, je veux arriver le plus rapidement à me dire, j'arrive à en faire. Et en fait, se dire, je suis dans une posture d'apprentissage, je mets mon égo de côté, je ne vais pas être la meilleure de partout. Et s'accrocher à ces petites victoires personnelles, à se dire, au début, tu ne savais pas du tout faire une passe. Maintenant, les passes, elles arrivent dans les mains 95 % du temps. Maintenant, il faut qu'elles soient brillées. Faire des petits progrès comme ça, des progrès personnels. Et puis aussi, parce qu'on ne peut pas toujours être dans les trucs dans lesquels on n'est pas fort, quand même faire de temps en temps des choses dans lesquelles on est fort. Du coup, moi, je garde quelques séances de spring, quelques séances de musculation, je suis fort juste pour réenforcer ces points forts et ne pas faire que des trucs dans lesquels on n'est pas bon en permanence. Et après, niveau préparation, je me suis dit, il y a des petits jalons, mais je me suis dit, tu verras là où tu vas. Parce qu'en fait, je ne maîtrise pas tout, surtout que c'est un sport d'équipe. Après, je suis beaucoup en lien avec l'entraîneur de l'équipe de France depuis le début. Donc, en fait, c'est un peu lui qui m'a posé les jalons. Il m'a dit, déjà, tu vas t'entraîner avec l'association, tu vas vers ton premier tournoi. J'ai fait mon premier tournoi. Ça s'est bien passé. Du coup, ils m'ont dit, tu peux aller en équipe de France développement à Dubaï. Donc, j'ai fait ça. Après, il m'a dit, tu peux venir t'entraîner avec le groupe et après, tu peux venir t'entraîner à temps plein quand tu termines ton stage. Donc, en fait, lui-même a posé les jalons. Et du coup, c'est vrai que ça a quand même pas mal permis d'avancer. Parce que pour moi, si on avance dans le flou, ça ne marche pas. Pour moi, il faut des objectifs. Il faut un peu des dates butoirs pour se motiver. Surtout que là, je m'entraîne pas mal seule du coup en préparation physique. Donc, c'est sûr que se lever à 6 heures du matin en ne sachant pas pourquoi, pour quand, comment, c'est compliqué. Alors que si là, je me dis, dans deux mois, tu vas être à temps plein avec l'équipe de France. Donc, il faut que tu sois prête physiquement. Et le réveil, il est hyper facile à 6 heures du matin.

Loïc J'imagine, oui. Alors, tu nous as parlé des jalons, mais ces jalons, ils mènent tous vers quoi ? Il y a un objectif final ?

Diane Ouais, déjà, le gros objectif, c'est quand même Paris en 2024, quoi, les Jeux à domicile, à la maison. Après, du coup, il va y avoir plusieurs jalons. Il va y avoir, du coup, m'entraîner avec les filles, arriver à prouver que je peux vraiment apporter quelque chose de différent parce que moi, c'est vraiment mon but. Ce n'est pas d'être le boulet, en gros, de l'équipe qui arrive dans notre sport. C'est vraiment de dire, voilà, moi, j'arrive avec mes qualités et je peux vraiment apporter quelque chose à cette équipe par la vitesse et quelque chose qui peut-être manque actuellement. Donc, ça, c'est vraiment ce que j'ai envie de faire. Après, du coup, il y a faire des étapes du circuit mondial avec l'équipe de France A et puis, c'est ça, petit à petit. Mais le but ultime, c'est les Jeux à Paris en 2024.

Loïc Trop bien. Ah, c'est chouette. J'avais fait, je crois, le deuxième épisode du podcast, de mémoire, le deuxième épisode du podcast, c'était avec Jonathan Logel. Ok, je vois,

Diane je ne l'ai jamais croisé, mais je vois qui c'est.

Loïc Qui est l'équipe de France de rugby à 7 et je crois qu'il a émis un poste il n'y a pas longtemps. Je crois que c'est lui qui a le record du nombre de sélections dans l'équipe de France masculine avec BASF. Donc, c'est top. Franchement, ça serait génial de vous avoir tous les deux au jeu, tu vois. Oui,

Diane ça serait vraiment top.

Loïc Génial. Cool. Alors, la question que je me pose, c'est par rapport à ta charge d'entraînement, le fait de passer de sept disciplines à une, est-ce que ça a impliqué de gros changements ? Est-ce que tu as beaucoup plus de temps ou pas nécessairement ?

Diane Pas nécessairement, en vrai. Dommage. Après, moi, j'adore m'entraîner. Si je pouvais m'entraîner 10 heures par jour, limite, ça me plairait. Donc, il n'y a pas de souci de ce côté-là. Sinon, je n'aurais pas fait cette discipline à la base. Et non, pas tant que ça parce que déjà, il y a l'aspect physique. En plus, il faut que je développe parce que par exemple, j'avais la possibilité de couvrir dans l'axe. Donc, il faut que j'apprenne à courir latéral, à changer d'appui. Donc, ça, ça prend des entraînements. Il y a tout le travail du haut du corps. Moi, j'ai dû me développer un petit peu en haut du corps. Même si je faisais des lancers, il a fallu que je le développe. Donc, ça fait des musculations. Et puis après, il y a tout le travail technique qui prend beaucoup de temps. Par exemple, faire une heure de passe par jour, au final, ça ne demande pas beaucoup énergétiquement, mais ça demande du temps. Et donc, je dirais que niveau charge d'entraînement, je suis restée à peu près pareil. Et surtout que, du coup, pour apporter à l'équipe, moi, je veux vraiment appuyer sur mon point fort, mon physique, donc qui reste vraiment au top et même qui continue de progresser.

Loïc OK. Bon, écoute, c'est dommage quelque part, mais en même temps, je ne suis pas trop surpris. j'imagine que, voilà, en plus, tu es dans une sorte de phase de rattrapage, entre guillemets, tu vois, pour combler certains, en tout cas techniquement, certains manques que forcément t'as en n'ayant pas évolué toute ta vie dans le rugby. Ouais. Excellent. Alors, je serais curieux de savoir, tu nous as dit qu'en introduction, que tu travaillais aujourd'hui pour la BPI, donc la banque pour les investissements ou pour l'investissement, d'ailleurs ?

Diane Banque publique d'investissement.

Loïc Publique pour l'investissement, OK. Donc, qui accompagne des projets de start-up. Alors, c'est une question un peu intéressée parce que j'évolue aussi en ce moment dans le monde de la création d'entreprise, donc je serais curieux de savoir quel parallèle est-ce que toi, tu ferais entre le haut niveau et l'univers des start-up ou de l'entrepreneuriat en général, comme tu baignes un peu dans les deux.

Diane Ouais, je baigne totalement dans les deux, un peu comme toi et du coup, ce qui est, moi, je vois énormément de parallèles parce que pour moi, un entrepreneur et un sportif, du coup, il a un projet qui lui appartient à lui en premier, même s'il y a des gens, bien sûr, qui gravitent autour, nous, il y a des entraîneurs les entrepreneurs, il peut y avoir des associés, des investisseurs, mais enfin, c'est déjà son projet à soi, il faut se l'approprier, il faut que ça soit un peu une passion ou qu'au moins, ça nous tienne vraiment à cœur parce que pour moi, dans les deux cas, on réussit vraiment que si on est, un, convaincu de son projet et deux, à fond dedans, on ne peut pas se permettre de se dire, je le fais, mais à 20-30%, ça ne marche pas. donc, il y a ça. Deuxième parallèle, c'est de bien s'entourer, pour moi, c'est hyper important d'être entouré des bonnes personnes, moi, je l'ai vu dans ma carrière, un bon entraîneur ou un mauvais entraîneur, ça peut faire des différences énormes et pareil, pareil au niveau entrepreneurial, si on a des bons associés, si on a, il suffit d'avoir deux bons associés, et bien, la société, elle peut hyper bien marcher si c'est complémentaire, alors que si les associés ne sont pas vraiment en phase où les compétences ne sont pas complémentaires ou ils n'ont pas le même état d'esprit, ça va être beaucoup plus compliqué, moi, je le vois sur la même visite des projets, souvent, ce qui fait la différence, c'est l'humain, c'est l'investissement des personnes dans leur société, leur vision, et ce n'est pas forcément les personnes qui ont le meilleur CV, le plus gros background, en fait, ça va juste être des personnes passionnées et surtout, qui acceptent de se dire je ne sais pas tout et je vais aller chercher des compétences ailleurs, que ce soit des mentors, que ce soit des employés qui sont plus forts qu'eux dans certains domaines, donc je pense que c'est ça qui est important, et au sport, je ferais le parallèle de reconnaître ses faiblesses et de dire, par exemple, là dans le sport co, je ne suis pas hyper bonne pour l'instant pour faire des passes, ok, je vais aller jouer à l'aile, je vais attendre que les passes viennent à moi, et par contre, quand j'ai la balle, je spring ta fond, et là, c'est ma grande force, et du coup, tu combines la force des deux, une fille à ta gauche qui fait une super passe, toi qui mets tes jambes, et du coup, ça va à l'essai, et du coup, voilà, moi je pense que c'est les deux plus gros parallèles que je vois être vraiment investie à 200% dans son projet, et savoir reconnaître ses faiblesses, donc se connaître, et faire la démarche de s'entourer des personnes qui sont meilleures que nous dans les domaines, et les, enfin, je n'aime pas beaucoup ce mot, enfin, je voulais dire utiliser, mais en fait, on va dire s'associer à elle, quoi.

Loïc Top, écoute, on arrive au bout, je voulais dire un grand merci, c'était juste passionnant, c'était trop bien de pouvoir échanger avec toi, de mieux comprendre comment tu avais, tu vois, géré cette transition, la flamme, ce qui fait que tu as eu une flamme pendant ces 12 ans pour l'heptathlon qui est aujourd'hui en train de se, voilà, d'être alimenté par une discipline différente, les parallèles que tu vois avec l'entrepreneuriat, enfin, c'était juste génial, donc je voulais te dire un grand, grand merci pour ton temps, Diane, Merci à toi,

Diane franchement, c'était hyper top, c'était un vrai plaisir d'échanger avec toi sur ce podcast, en plus, on voit que tu es vraiment passionné et puis, vu tous les précédentes personnalités qui sont venues, c'est un honneur.

Loïc Écoute, avec grand plaisir et peut-être, tu vois, pour conclure, en tant qu'athlète de haut niveau, que, voilà, personne qui suit des projets entrepreneuriaux, bref, quelqu'un qui est vraiment multi casquette, comme tu nous l'as dit, quel serait peut-être le conseil à donner ou toi, l'adage qui te semble vraiment important ?

Diane Je pense, s'il y avait une chose à dire, c'est vraiment suivre son instinct et prendre des risques, en fait, réellement faire ce qui nous passionne et ce qui nous fait peur parce que souvent, ce qui va mener aux plus belles choses dans sa vie, c'est d'aller faire les choses qui nous font peur et qui nous tiennent à cœur et du coup, d'oser se lancer, d'y aller, de vivre à 200% sa vie.

Loïc 200%, génial, j'adore le message. Merci beaucoup, Diane, tout le meilleur pour la suite. On fera un épisode débrief de la finale des JO en 2024, si ça te va, quand vous serez allés chercher la coupe.

Diane A bientôt.

Loïc Salut Diane. Salut Diane.

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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