Les Frappés Les Frappés
Saison 2 EP·059 Parcours de vie #réalisation #Afrique #expédition

28 décembre 2021

Anne-Flore Tarnaud - Photographe et réalisatrice d'aventures - Apporter sa propre sensibilité aux récits d'aventures

Durée · 41 min · Transcription disponible

Anne-Flore Tarnaud

Le récit

Anne-Flore Tarnaud est une vidéaste d'aventure.

À travers cet échange, Anne-Flore nous explique comment son parcours l'a amené à devenir vidéaste d'aventure. Récemment, elle a monté le documentaire de l'expédition de Claude Cazes, Marcheur du Nil qui raconte son expédition à travers l'Afrique sur près de 6000km.

Adoptée pendant la période de la dictature en Roumanie, Anne-Flore apporte sa touche créative et sa propre sensibilité dans les projets sur lesquels elle se lance en essayant de retranscrire les histoires des personnes dont elle couvre les aventures de la façon la plus authentique.

Merci à Anne-Flore pour ce beau moment de partage sur la face cachée des films d'aventure.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #48 - Claude Cazes - Marcheur du Nil, une expédition en solo de la source du Nil au Caire
Épisode #53 - Jessica et Annika Horn - Une vie d'aventures en famille

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Anne-Flore Mon parcours a été un peu atypique personnellement. J'ai été adoptée à l'époque de Ceau-Sescu en Roumanie, l'époque de la dictature. Et ça a été un peu un tremplin sur ma façon de voir les choses, ma sensibilité et mon engagement.

Loïc Hello, hello ! C'est Loic Blanchard, le créateur et host du podcast indépendant Les Frappés. Je suis un ancien sportif de haut niveau, aujourd'hui reconverti en sportif aventureux, mais aussi entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. Passionné d'outdoor et de défis en tout genre, j'ai voulu créer une communauté autour des valeurs de résilience, de dépassement de soi et de détermination, en vous offrant chaque semaine des conversations inspirantes avec des invités incroyables issus d'univers très variés. J'ai reçu aussi bien des athlètes olympiques que des entrepreneurs à succès, des aventurières professionnels ou encore des anciens des forces spéciales. Leur point commun, la passion pour leur projet et l'audace de se lancer. Alors fonçons ensemble découvrir mon invité de la semaine. Excellente écoute à vous les Frappés ! Bienvenue Anne-Flore sur le podcast.

Anne-Flore Merci, merci, merci Loïc.

Loïc Moi je suis ravi de t'accueillir sur le podcast, je suis impatient que tu nous expliques ton parcours et ce que tu fais. Déjà d'une part parce que c'est un univers qui moi personnellement m'intéresse beaucoup, et puis d'autre part parce que sur le podcast j'aime bien évoquer des sujets qu'on ne voit pas forcément toujours, la partie immergée de l'iceberg. Et toi ce que tu fais c'est un peu clairement ça, tu vas nous en dire plus mais je ne fais pas de spoil. Mais en tout cas très très content que tu sois là avec nous ce soir, merci d'avoir pris le temps entre tes différents projets, tes expos, tes reportages, etc. Et puis écoute je te laisse, j'en dis pas plus et je te laisse nous expliquer qui est Anne-Flore.

Anne-Flore Bonjour. Alors bonsoir, merci beaucoup. Alors donc je suis Anne-Flore Tarnot, j'ai 34 ans et je suis photographe à la base et je me suis un peu on va dire élargie dans le domaine en tant que vidéaste spécialisée dans l'aventure. Donc pour dire en gros mon parcours, j'ai commencé en 2011 dans la photo mais vraiment en tant qu'autodidacte, sachant que mon père en fait était dans l'endoscopie, il travaillait chez Olympus, donc il y a une partie un peu caméra, photo et tout ça. Et il m'a offert mon premier appareil photo et moi j'étais un peu à cette époque-là, j'étais déjà au cours Florent dans le côté acting mais aussi dans le côté réalisation parce qu'il y avait des modules en fait au cours Florent dans l'aspect réalisation, derrière la caméra, apprendre à filmer, apprendre à réaliser, monter, tout ça. Voilà. Et du coup, je me suis passionnée pour ça, j'ai combiné un peu tout ça entre ce que j'aimais faire un peu au jour le jour et puis la caméra que j'avais, j'avais un Canon 6 HD que j'ai toujours, que j'utilise toujours et qui fonctionne très bien. Voilà. Et j'ai commencé un peu à faire juste des photos de Paris, que ce soit la vie à Paris ou les gens, la vie quoi, la vie humaine. Et puis aussi en même temps, quand même parce qu'il faut quand même gagner sa vie, j'ai fait des books comédiens avec les gens que je connaissais de l'école, du cours Florent. Et ça a bien marché. Voilà. Ça a bien marché. C'est comme ça un peu que j'ai commencé à faire un peu ma patte où je me suis dit, ça marche. Je vais essayer de faire un peu plus, pousser le côté un peu professionnel. Si je peux gagner un peu de sous à cette époque, tant mieux. J'avais un boulot à côté, évidemment, parce que quand on est dans ce milieu un peu artistique, au départ, c'est un peu délicat. Donc, on a un double travail, voire trois boulots à la fois. Ce que je faisais, en fait, c'est vrai, c'est que j'avais des shootings photos, des salons. Je faisais des photos d'entreprise aussi. J'essaie de toucher et de gagner au maximum un peu de sous. J'essaie de me mettre un peu à niveau professionnellement pour essayer de gagner ma vie, tout en complétant avec un travail d'appoint à côté. Et puis après, petit à petit, je me suis focalisée sur un peu l'essentiel. C'est-à-dire qu'il y a eu un cheminement dans ma tête. C'est-à-dire que ce n'était pas que l'aspect humain qui m'intéressait. Quelque part, ça me parlait, en faisant ce travail de photographe avec des gens, la vie dans Paris, le métro, la nuit, le matin. Il y a quelque chose qui m'a un peu interpellée. Et du coup, je me suis focalisée sur un peu l'essentiel, ce qui me correspondait petit à petit de plus en plus. Et c'était le côté nature, la photographie extérieure, la nature telle qu'elle est. Et c'est comme ça que j'ai pris un peu des photos un peu tous les jours, vraiment le matin, le soir, dans des moments entre mon travail d'à côté, qui me permettaient quand même de vivre, de faire des photos qui me parlaient, et d'en faire des séries de photos. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai fait, que j'ai commencé à créer mon site internet. Et j'ai fait des photos un peu de landscape, et puis d'autres choses aussi que vous pouvez voir sur mon site internet. Et puis, j'ai eu un prix dans un magazine. Génial. Et donc, parce que j'ai testé des concours. Je me suis dit, comme je suis quelqu'un qui est très engagé, par nature, je me suis dit, ben voilà, j'essaie de faire des séries de photos qui sont cohérentes, qui racontent une histoire. Et puis, je vais proposer des concours de photos, comme Lance Culture, le prix Virginia. Voilà. Donc, c'est ce que j'ai fait. Alors, je n'ai pas eu ces prix-là, mais j'ai eu des parutions dans des publications plus petites, mais qui ont fait son effet quand même. Voilà. Super. Ça, c'est pour la partie démarrage de photos.

Loïc Oui.

Anne-Flore Après, le côté aventure, j'ai toujours fait un peu des randonnées, des marches. J'ai fait en 2005 le Kilimanjaro, l'ascension du Kilimanjaro, en quatre jours, avec un groupe d'amis.

Loïc Ce qui est assez rapide déjà, quatre jours, il me semble.

Anne-Flore C'est très, très rapide. Mais en fait, je me suis entraînée, avant, j'ai fait un 30 kilomètres de course à pied. Je me suis entraînée aussi physiquement, aussi avec les conditions, c'est-à-dire avec la longue torche, à marcher la nuit, à essayer de faire, enfin, de m'entraîner, quoi. Juste...

Loïc Au plus proche des conditions. Au plus proche des conditions.

Anne-Flore Même si c'est... L'entraînement, en fait, j'ai eu l'impression que l'entraînement que j'ai eu physique avant était plus intense, physique, que ce que j'ai vu. Parce que quand j'y étais, en quatre jours, j'étais acclimatée très rapidement, sauf le retour, où ça a été plus compliqué, parce qu'une fois qu'on est arrivé en haut, c'est vrai qu'il y a ce moment un peu d'adrénaline. Et sur le retour, en fait, comme c'était des cailloux, je suis descendue sur les fesses, quoi. J'en pouvais plus, quoi. J'étais tellement... C'était intense. C'est vrai qu'en quatre jours, c'est très rapide, alors que... Bon, maintenant, c'est connu, quand même, le Kilimanjaro. Il y a plusieurs routes à faire. Il y a la match à mes routes. C'est ce que j'ai fait. Et on a coupé un peu pour faire plus rapidement. Enfin, c'était un truc un peu fou. Et en fait, c'est à partir de là, donc depuis 2005, vous voyez, depuis 2005, c'est là que quelque chose s'est passé dans ma tête. Et c'est là où le cheminement s'est fait entre la photo et maintenant la partie vidéo et tout ce que je fais. Au jour d'aujourd'hui, et ce que j'ai envie de faire, enfin, mes projets, là. En tout cas, ce qui arrive, quoi.

Loïc Ce qui arrive.

Anne-Flore Donc, c'est un peu fou, quoi. Super.

Loïc Et quand tu as décidé de te lancer sur le Kilimanjaro, est-ce que c'était déjà clair pour toi que ça allait être une première expérience pour la suite de ta spécialisation, on va dire, si on va parler de ça, de spécialisation ? Ou est-ce que tu t'es découvert cet intérêt pour le film d'aventure pendant l'expédition même ?

Anne-Flore En fait, c'était tellement évident. Enfin, si tu veux, dans le groupe, on était... Il y avait pas mal de monde. C'était comme un peu une chaîne. Il y avait des gens qui suivaient d'autres groupes et tout ça. j'étais un peu le leader, quoi, dans le groupe. C'est-à-dire qu'il y avait des gens, bon, qui avaient des difficultés, mais ça, c'est en dehors de l'entraînement et tout ça parce que c'est des gens qui se sont entraînés, des amis que je connais, qui se sont entraînés comme moi, mais qui n'ont pas eu la capacité sur place et qui ont failli être aveugles par rapport à la lumière quand ils sont arrivés au dernier jour. C'est... Du coup, j'ai essayé d'être là pour eux. J'ai... Enfin bon, pour moi, ça a été très révélateur. En tout cas, ce projet du Kilimanjaro, ça a été très révélateur parce que je me suis sentie forte et je me suis sentie dans mon élément. Et puis, je ne sais pas, il y a des choses par moments qui se passent. On ne sait pas pourquoi, il n'y a même pas de mots, en fait. Ça ne s'explique pas. pour moi, c'est très cohérent et ça me parle et j'ai été très forte pour ça. J'ai pu aider d'autres gens qui ont eu des difficultés pour l'ascension parce que ça a été très rapide. et voilà, oui, ça a été l'effet déclencheur. Après, j'ai fait le Mont Blanc aussi par la suite. Mais ça, c'était plus... C'était le côté fun, rien à voir avec le côté professionnel. C'était plus entre amis avec un guide de Chamonix. Comme ça, on est parti faire l'ascension et puis voilà.

Loïc Qui est quand même assez technique aussi, non, il me semble, le Mont Blanc ?

Anne-Flore Alors, le Mont Blanc est assez technique et en même temps, il y a aussi... Il faut faire en fonction de... On va dire du climat parce que ça change très vite.

Loïc En tout cas, déjà, deux belles expériences quand même entre le Kilimanjaro et le Mont Blanc. et donc, c'est suite à ces deux expériences que tu t'es dit bon, là, il me faut un projet pour un film d'aventure, quelque chose que je puisse réaliser de A à Z, etc. Ou comment est-ce que ça s'est mis en place tout ça ?

Anne-Flore En fait, ça s'est mis en place avec le... Naturellement, en fait, avec le temps, avec ce que tout le monde vit un peu au quotidien, les aléas du quotidien, aussi le côté quand même de notre société, c'est qu'il faut quand même vivre. Ce n'est pas tout d'avoir des rêves, de pouvoir avoir des projets et tout ça, ce n'est pas forcément payant. Mais, en fait, c'est toujours resté depuis, en tout cas, le Kilimanjaro, depuis 2005, c'est toujours resté quelque part dans ma tête quelque chose qui me... qui me parlait et qui était très proche de moi. enfin, voilà, je me suis dit, c'est... À un moment donné, quelque chose va se présenter et je vais prendre cette direction, peu importe ce qui se passe. Je vais y aller parce que ça me parle, parce que... parce que c'est ce que j'ai envie de raconter. Ce n'est pas forcément moi qui ai envie de parler de moi. c'est plutôt ce que les... ce genre de contexte, ce genre d'aventure, les gens qui sont un peu dans la même perception que moi, des aventuriers, des explorateurs qui ont des projets dans leur tête, comme moi, j'en ai, j'ai des projets perso, mais je ne dis rien pour l'instant. Je ne préfère pas en parler, mais ça ressemble un peu au projet que je commence petit à petit à toucher, et que j'ai envie d'être derrière et soutenir.

Loïc Super.

Anne-Flore Pour l'instant.

Loïc Oh là là, quel teasing, quel teasing. Excellent. Et alors, on a eu la chance sur le podcast d'avoir un invité avec lequel tu as travaillé justement pour un film d'aventure, Claude. Claude Caz, qui a fait un défi complètement fou. Marcheur du Nil, effectivement, le reportage, le documentaire sur cette expédition qu'il a fait en solo de la source du Nil jusqu'au Burundi, jusqu'au Caire, soit 6000 kilomètres, si je ne me trompe pas, quasiment, essentiellement à pied. Cette rencontre, comment est-ce qu'elle s'est faite ?

Anne-Flore C'est ça qui est génial. Et c'est ça, les rencontres, en fait. Parce que ça se passe toujours comme ça, ça ne se passe jamais comme tu as envie que ça se passe. Alors, bon, moi, je suis sur les réseaux, mais en même temps, pas trop, trop sur les réseaux, mais en même temps, je me dis, c'est important parce que je me dis, c'est peut-être là où tu peux rencontrer des gens intéressants ou des gens qui te ressemblent ou qui ont des projets aussi qui te ressemblent. et je suis tombée sur Claude Caz, mais vraiment par hasard. Ok. Il était bloqué au Caire pour des raisons et tout ça. Il parlait de son projet et j'ai commencé à parler sur Instagram en privé avec lui. et puis, on l'a bien sympathisé. Il m'a dit, bah oui, je suis bloquée et tout ça, ça fait dix jours et tout. Et puis, je suivais un peu ses lives ce qu'il faisait. Et puis après, concrètement, quand il a réussi à être, donc, rentré en France et tout ça, on s'est parlé vraiment sérieusement. Il me dit, oh, mais j'ai vu ce que tu as fait. Franchement, tu as l'air vraiment pro. Moi, ça me donne envie de bosser avec toi et tout ça. Bon, voilà, j'ai ce projet-là. Je reviens de cinq mois en Afrique et j'ai des images et tout ça. J'aimerais vraiment faire un documentaire et le mettre au cinéma, le projeter au cinéma. Et pour moi, c'était un peu une première au cinéma. Pas les projets, mais au cinéma, je me dis, bon, OK, qu'est-ce que ça va être parce que moi, je n'ai pas été là. Oui,

Loïc c'est ça, c'est-à-dire que tu ne l'as pas accompagné.

Anne-Flore J'ai pu avoir ma patte mais en même temps, je me suis dit, bon, j'ai confiance en ce gars-là. Franchement, et c'est vrai, j'ai toujours confiance. D'ailleurs, tout à l'heure, on s'est eu en SMS et tout ça pour d'autres projets. et voilà, j'ai fait le 36 minutes, ça y est, ça a été paru donc au Mont-ciné à Béziers. Et puis moi, je fais le nécessaire pour que ce soit aussi projeté dans d'autres salles de cinéma à côté de Paris parce que je ne suis pas loin de Paris. J'ai envie que ce projet aille un peu plus loin et aussi sur des festivals. Et donc voilà, en fait, tous les projets, je vais dire, je ne vais pas m'étayer là-dessus mais en gros, à chaque fois que je prends un projet, ça part en fait d'un sentiment humain, d'une relation. Il faut qu'il se passe quelque chose en fait entre cette personne et moi. que ce soit ce qu'il a à défendre ou donc ce qu'il a à défendre et donc ça me parle ou peut-être moi, ce que j'ai en idée à ce moment-là et que je peux évoquer et donc parler avec cette personne-là dans un projet d'aventure.

Loïc Voilà. Super intéressant. Donc, ce n'est pas forcément la dimension dimension un peu folle d'un point de vue sportif mais c'est vraiment plus les valeurs, les convictions associées au projet qu'il faut qu'il y ait un match avec ça en fait, si je comprends bien.

Anne-Flore Voilà. Après, il y a le côté sportif parce qu'effectivement, bon là, pour les projets qui vont venir à la fin de cette année et l'année prochaine, peut-être pour l'Antarctique, il y a quand même, il faut se préparer physiquement mais en fait, je ne crois pas que ce soit que physiquement et c'est surtout mentalement. Je pense que il y a quand même ce facteur mental qui joue énormément pour n'importe quel corps de métier que ce soit même parce que, voilà, moi, j'ai suivi un peu ce que tu faisais des interviews que tu faisais dans n'importe quel corps de métier que ce soit dans l'armée, le militaire, voilà. Dernièrement, je ne vais pas citer, enfin, je ne sais pas si je peux citer mais c'est le côté mental qui joue énormément, qui fait en tout cas la différence. Le physique, ça aide, c'est bien de s'entraîner mais le côté mental a vraiment une balance sur ce que tu fais.

Loïc 100% d'accord et tu vois, c'est pour ça que je te posais cette question par rapport à Marcheur du Nil, donc le projet que tu as mené à bout avec Claude après son expédition. C'est justement, je me posais cette question, tu vois, comment est-ce que toi, sans avoir d'expérience préalable avec le cinéma, on s'entend, comment est-ce que tu as fait pour un moment donné te dire, bon ben, je n'étais pas dans l'aventure, je n'ai jamais rencontré cette personne avant, je me lance avec elle et je vais faire un 36 minutes.

Anne-Flore Ça a été un vrai challenge. Pendant un mois, jour pour jour, ça a été, je pense que j'ai dormi 3-4 heures à chaque fois pendant un mois.

Loïc Ah oui.

Anne-Flore Ça a été vraiment parce que, parce que déjà, il y a plusieurs, évidemment, il y a plusieurs passages, il y a plusieurs stratégies, en fait, dans le montage. Moi, je suis arrivée avec plein d'images, mais des heures et des heures de rush. Je n'ai pas participé au truc, je ne connaissais pas, en fait, l'itinéraire, je savais que c'était d'un point à un autre, jusqu'au Caire, mais je ne savais pas vraiment l'histoire. Je savais qu'il allait traverser 5-6 pays et puis, voilà, et puis passer par les ONG, OK. Mais en fait, dans ce que j'avais comme image, il me manquait des images pour raconter le truc, c'est ça. C'est que lui, raconter à sa façon, mais moi, j'essayais de transformer sa façon pour que tout le monde puisse comprendre son trajet. Donc, ça a été un vrai challenge et ça a été un vrai plaisir. On était au téléphone tout le temps, évidemment, en disant, mais là, après le lac Victoria, tu es allé où, en fait, parce que tu es allé chez le gala ou tu es allé à l'ONG ? Enfin, c'est des petites choses comme ça. Mais du coup, c'est un vrai challenge et pour moi, c'est une ouverture aussi à... C'est un défi, quoi.

Loïc Clairement, oui.

Anne-Flore C'est passionnant et il y a des fois, plusieurs fois, je me suis dit, mais putain, j'aurais dû être là pour filmer le truc. Il faut qu'on fasse un truc ensemble, Claude. Et je lui ai dit, il faut qu'on fasse un truc ensemble et on va faire un truc ensemble avec lui l'année prochaine. je ne dirai pas. Mais il y aura des choses qu'on va faire. Et voilà. En fait, là, c'est la partie un peu post-production, montage. Mais je pense que même si on filme une aventure comme ça, que ce soit une grande aventure ou une petite aventure, il y a des moments où j'ai craqué. Il y a des moments où j'étais en pleurs dans le montage parce que je n'étais pas là, je ne comprenais pas le truc. Et je me disais, comme je suis toute seule, en fait, je n'ai sollicité personne pour réaliser en tout cas ce documentaire, je n'ai sollicité personne à part pour faire le DCP qui est le format cinéma pour que ce soit projeté au cinéma. j'ai fait de A à Z, on va dire, dans la post-production, toute seule.

Loïc Donc, que ce soit le montage, l'audio...

Anne-Flore Voilà. Donc, c'était effectivement un vrai challenge pour moi, mais... Et... Ce n'est pas mais. Et voilà, il y a eu plein de phases où je me suis sentie seule, à des heures perdues dans la nuit où il y a des fois je craquais parce que c'était un problème de logiciel. Par moments, c'est parce que j'avais loupé un truc que je ne comprenais pas. Et puis, il était trop tard, c'était la nuit ou c'était le matin. Enfin, j'étais un peu... C'est une période un peu où tu es déphasée, où tu travailles un peu à jour 4, où tu es déphasée, mais en même temps, tu es concentrée quand même à 100%. Euh... Et... Et voilà, il y a des fois où j'ai... j'ai craqué. Il y a des fois où j'ai craqué alors que je n'ai même pas vécu le truc.

Loïc Oui.

Anne-Flore Alors, j'imagine en fait... Mais je me suis imaginée. C'est ça le truc, c'est que je me suis imaginée euh... si je vivais un truc comme ça, 5 mois avec le gars, putain, ben je serais... Voilà. Je serais en panique par moments.

Loïc très certainement. Mais en tout cas, ce qui est super...

Anne-Flore On y arrive à la fin. On y arrive.

Loïc Oui. Oui. Enfin, en tout cas, tu l'as prouvé avec Marcheur du Nil, mais ce qui est super intéressant, je trouve justement, je parlais en introduction de... de cet aspect que je trouve intéressant dans ton métier qui est... Ben, ce qu'on ne voit pas en fait, justement. Tu vois, quand on voit un reportage, hier, j'ai regardé celui de MyCorn sur RMC, tu vois. Tu l'as vu, oui. Je l'ai vu, qui est juste génial, mais en fait, pour avoir échangé avec ces filles, d'ailleurs, au moment où ton épisode sera mis en ligne, le leur aura déjà été diffusé, donc n'hésitez pas à aller l'écouter. Mais... Bref, tout ça pour dire qu'en fait, ce à quoi ça me fait penser, c'est... c'est justement le fait que on ne se rend souvent pas compte de la quantité de travail qu'il y a derrière ce type de production, tu vois. C'est ça. C'est ce que toi, bon, là, tu viens de nous l'expliquer, tu as passé des semaines, des heures, toute seule pour monter ça, mais c'est aussi, en gros, ce que me disaient les filles de MyCorn, c'est ce que me disait Caroline Côté, qui est aussi une réalisatrice d'aventure, qui, tu vois, qui m'expliquait qu'en gros, elle passe, pour un mois, deux mois d'expédition, elle passe quatre mois à faire un montage derrière. C'est ça. C'est complètement dingue. Donc, du coup, la question que je me pose, c'est si, et sans nous en dire plus sur le détail des projets, parce que j'ai bien compris qu'il faut préserver le secret, mais comment est-ce que tu vas te préparer différemment pour les prochaines réalisations que tu vas être amené à faire, sachant qu'a priori, cette fois-ci, tu seras sur le terrain. Qu'est-ce qui va changer pour toi ?

Anne-Flore Alors, à quel niveau, qu'est-ce qui va changer ?

Loïc Dans la façon dont tu vas faire ta production, la façon dont tu vas aborder l'aventure de façon générale, est-ce que tu auras des échanges, par exemple, avec Claude, si on imagine que tu repars avec Claude, donc tu vas partir avec Claude, est-ce que tu dises au préalable, c'est-à-dire, est-ce que toi, tu vas avoir déjà ta patte sur la façon dont l'expédition va être faite, ou est-ce que ce sera plutôt comme Marcheur du Nil, voilà, tu participes, mais tu interviens à posteriori ?

Anne-Flore Alors, pour commencer par rapport à l'aventure Claude Caz, si son projet, donc, effectivement, de réaliser l'année prochaine, son projet d'Antarctique, de faire un record, je ne sais pas si ça a été évoqué déjà,

Loïc il nous en avait parlé un petit peu,

Anne-Flore le record un peu de Colin Aubradie, voilà, sur 50 jours, ou 54 jours, un truc comme ça, de faire un record en solo, en autonomie, moi, cette fois-ci, et je l'ai déjà évoqué avec lui, effectivement, je lui dis, si la prochaine fois, on travaille ensemble, et du coup, cette fois-ci, pour l'Antarctique, ou même pour d'autres projets à petite échelle, on venait à travailler ensemble, effectivement, je mettrai ma main à la patte, c'est-à-dire, je vais quand même filmer des choses avec ma vision, et avec mon expérience, et surtout ma vision, mon feeling, pour monter quelque chose à ma vision, mais qui correspond aussi à sa vision, quand même, parce qu'on ne travaille pas tout seul, on n'est pas, il faut que aussi l'autre soit satisfait du résultat, donc, il y a aussi une partie, voilà, sa vision, donc je pense que ça, c'est possible, ça va se faire, après, j'ai d'autres projets, je dois le dire, je ne sais pas, non,

Loïc si c'est des projets qui, pour le moment, restent confidentiels, ça reste confidentiel,

Anne-Flore alors, non, mais, j'ai des projets, je ne sais pas que ça reste confidentiel, mais, je ne suis pas du genre à cacher ce que je fais ou ce que je ressens, ou, enfin, ce qui se passe, je suis assez naturelle et spontanée, là, je vais rencontrer, enfin, ça fait partie un de mes rêves, un de mes objectifs, en fait, jusqu'à my core, qui est mon objectif un peu ultime, mais, voilà, les rêves, si on n'a pas peur, c'est que les rêves ne sont pas assez grands, il paraît, d'après ce qu'il dit, donc, c'est vrai

Loïc qu'il le répète souvent, oui,

Anne-Flore donc, voilà, donc, un de mes rêves et qui va se réaliser, c'est qu'au mois de décembre, j'ai rencontré ce Alban Michon, qui est un fameux chevronné, plongeur et explorateur sous-marin des glaces, dans son école, donc, ça, c'est un super projet, puis, il y a un autre projet avec les loups, qui est une passion aussi, qui est une passion aussi personnelle, parce que j'ai fait, en fait, un module pendant six mois, où j'ai appris un peu l'éthologie, le comportement sur les loups, où j'ai passé un examen là-dessus, pour, justement, la connaissance, un peu, sur le comportement du loup, et puis, la partie éthologique, éthologique, et c'est donc la partie scientifique du loup, et, voilà, pour moi, c'est une passion, le loup, ça a toujours été quelque chose qui me parle, voilà, c'est un animal qui me parle énormément, je ne sais pas pourquoi, mais, en tout cas, c'est un animal qui est très, qui, qui, pour moi, représente beaucoup de choses entre, le rapport entre l'humain et le côté animal, voilà.

Loïc On a un photographe, en France, il me semble, un photographe d'aventure qui, qui est, je ne sais pas s'il est spécialisé sur le loup, mais, en tout cas, qui, je me rappelle avoir vu un reportage, il était parti en solo, justement, plusieurs semaines, je crois, dans le Grand Nord canadien, pour essayer de, de prendre en photo, justement, des loups polaires.

Anne-Flore C'était Meunier.

Loïc Ah, c'est ça, exactement, qui est parti avec Sylvain Tesson. C'est ça, ok. Excellent. Voilà.

Anne-Flore Donc, comme j'ai pu étudier, comme j'étais passionnée par ça, et je suis toujours passionnée par ça, du coup, au jour d'aujourd'hui, là, je suis sur un projet, en fait, pour pouvoir un peu m'intégrer sur un documentaire qui va être réalisé prochainement sur, avec un photographe. Donc, cet hiver, j'ai ce projet-là de pouvoir filmer et accompagner un peu cette quête entre la rencontre du loup et puis l'homme, quoi, sur un documentaire.

Loïc Wow.

Anne-Flore Voilà.

Loïc Punès, ça en fait des projets et ça en fait des expéditions, en tout cas, des aventures qui ont l'air vraiment haltantes. Et du coup, la question que je me pose, c'est comment est-ce que, parce que j'ai aussi le sentiment que sur ces projets d'expédition, d'aventure, de reportage, tu as une notion de temps qui est hyper importante, tu vois, entre le moment où tu prépares l'expédition, le temps dédié à l'expédition et tout ce qui se passe après l'expédition avant de pouvoir diffuser quoi que ce soit, j'ai le sentiment qu'on parle de plusieurs mois, voire trimestres, voire des années. Donc, comment est-ce que toi, tu t'organises du coup par rapport à cette notion de temps ? Est-ce que tu planifies très très en avance ? Est-ce que tu te dis, bah 2025, j'aimerais potentiellement, je ne sais pas, partir en Arctique à nouveau ou est-ce que c'est vraiment au fil des rencontres que tout se fait ?

Anne-Flore Alors, il y a cet aspect-là au fil des rencontres. Après, je ne me dis pas, putain, en 2025, je vais être là, je vais faire ça et tout ça.

Loïc Oui.

Anne-Flore Je ne sais pas ce qui va se passer demain, tu vois, je ne sais pas, on peut mourir demain, je ne sais pas ce qui peut se passer. Je vis vraiment le truc au jour le jour et évidemment, je me projette parce que c'est ça qui en fait alimente vraiment le côté adrénaline, le côté organisation aussi, mais en même temps, je ne suis pas une nana qui s'organise, qui fait un planning monstrueux, un truc écrit genre là, telle heure, là, machin. Non, je fais des choses aussi au feeling et donc, ce qui va se passer l'année prochaine, je sais et en même temps, je prends en considération que peut-être ça ne va pas se passer, il y a des choses qui ne vont pas se passer mais il y aura d'autres projets entre-temps qui vont arriver et qui vont vraiment se concrétiser et qui vont me parler aussi parce que je fais tout, enfin, je fais tout pour que ça marche, pour quelque part assouvir un peu mes rêves qui sont j'ai envie d'être c'est con mais j'ai envie d'être l'une des femmes vidéastes ou cinéastes d'aventure qui suivent les plus grands de ce jour d'explorateurs ou voilà j'ai envie d'être cette personne et pour l'instant j'en suis loin parce que je suis très petite je ne suis pas je ne suis pas je ne suis pas quelqu'un de connu et je fais juste des projets qui me parlent et des rencontres surtout qui me parlent que ce soit des athlètes ou même des photographes là j'ai des photographes reporters qui ont fait des projets perso c'est même pas connu des médias mais ils ont fait des trucs de malade en solo en autonomie tu as plein de gens comme ça qui ont des histoires à raconter et moi j'ai envie d'être là pour raconter leurs histoires mais en même temps je raconte un peu mon histoire aussi d'aventure en fait dans ce qu'ils font il y a un peu de moins il y a quelque part un peu de moins

Loïc ouais clairement j'imagine qu'à partir du moment où tu décides de t'engager sur un projet pour reprendre l'article parce que c'est bon je pense que ça ça parlera à tout le monde en termes d'environnement extrême mais oui c'est clair que du coup en participant à ce genre d'aventure d'expédition forcément que tu peux pas être toi dans ton coin et puis le ou la porteur de projet tu vois qui évolue de son côté de façon complètement indépendante j'imagine que oui forcément qu'il y a des interactions c'est une expédition qui se fait à deux simplement les rôles sont peut-être un peu différents

Anne-Flore alors en fait par rapport à je reprends juste parce que peut-être on est vers la fin mais pourquoi en fait vraiment tout ça s'est formé un peu et a évolué en fait avec le temps en fait moi mon parcours a été un peu atypique personnellement c'est ce qui a fait aussi le cheminement de ce qui se passe au jour d'aujourd'hui ou même il y a quelques années c'est que j'ai été adoptée j'ai été adoptée à l'époque de Charles Sescou en Roumanie l'époque de la dictature donc tous les orphelinats tout ce que peut-être vous avez pu voir en France en tout cas mes parents ont pu voir adoptifs ont pu voir et ont fait la démarche pour pouvoir m'adopter et ça a été en fait un peu aussi un tremplin sur ma façon de voir les choses ma sensibilité et mon engagement vers des aspects vers des choses un peu extrêmes des choses un peu touchantes des histoires racontées aussi d'autres histoires à raconter en dehors de la mienne mais en tout cas j'ai peut-être transféré un peu ça j'ai envie de raconter des histoires d'aventuriers ou d'explorateurs ou des projets ou peu importe petite échelle ou grande échelle de gens qui ont vraiment des choses essentielles à raconter de leur histoire pourquoi pourquoi ils veulent faire ça là à ce moment voilà wow moi ça me rappelle c'est pour ça que ça me parle parce que j'ai envie aussi de raconter à travers à travers en fait c'est même pas moi j'ai pas envie de raconter moi j'ai envie de raconter à travers des histoires des choses qui me qui me touchent et qui me parlent d'expériences un peu crazy

Loïc ouais ouais en tout cas je pense que je pense que ça aurait été assez clair et encore une fois c'est ceux qui connaissent pas Claude allez écouter l'épisode et vous vous rendrez vite compte de l'ampleur de ce défi moi j'ai pas eu la chance j'étais pas à Bézi au moment de la diffusion donc j'ai hâte que tu que tu nous dises dès que ça arrivera vers Paris ou qu'on pourra le trouver en ligne voilà je serais vraiment curieux de voir Marcheur du Nil je t'enverrai à l'univers ça marche mais en tout cas bah écoute je voulais vraiment te remercier à fond pour ce beau partage et puis et puis pour nous avoir un peu voilà ouvert la porte montrer ce qu'il y avait derrière le rideau des films d'aventure je trouve que c'était super intéressant de comprendre un petit peu au delà de comment est-ce que techniquement ça se fait mais aussi plus quelle est la démarche et qu'est-ce que toi tu cherches à travers ce type de projet donc vraiment un grand grand merci et puis écoute on reste en contact et puis une fois que tu seras la vidéaste officielle de MyCorn on se fera un épisode spécial cool

Anne-Flore j'espère un grand merci

Loïc en tout cas Anne-Flore et je te dis à très bientôt

Anne-Flore à bientôt merci et

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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