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Saison 3 EP·106 Parcours de vie #Race Across America #Ironman #maladie

21 mars 2023

La résilience n'est pas un attribut mais une pratique 🔥 avec Sébastien Sasseville, diabétique de type 1 et athlète d'endurance (IronMan, Race Across America, Everest)

Durée · 1h20 · Transcription disponible

Sébastien

Le récit

Sébastien est un athlète d'endurance québécois diagnostiqué d'un diabète de type 1 à l'âge de 22 ans.

Et j'ai pris une claque en échangeant avec lui 😳

Parce que sa maladie, Seb a su la transformer en fabuleuse opportunité de devenir une meilleure personne, en se dépassant à travers des objectifs sportifs difficiles.

Jugez plutôt ce qu'il a accompli :

🏔️ Summiter du Mont Everest à 28 ans en 2008
🏜️ Finisher de la Sahara Race en 2012
🏃‍♂️ Traversée du Canada en courant pendant 9 mois en 2014
🚴‍♂️  Traversée du Canada à vélo
🏅 Finisher de la Race Across America en solitaire en 2022

Voici en bref ce que je retiens de son témoignage :

✅ Le pouvoir du 1er pas : difficile à faire, mais décisif !
✅ Faire des choses difficiles : c'est comme ça qu'on grandit !
✅ Fonctionner par étapes : c'est la meilleure façon d'aller au bout !

Encore merci Seb pour ce magnifique épisode, et j'espère bien te dire à une prochaine, pourquoi pas pour un défi ensemble 🤩

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont :
Épisode #25 - Arnaud Manzanini - Race Across France, Ultra Talk - Rêver grand et se laisser porter par la passion

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Transcription

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Sébastien Moi je mets la barre haute parce que le processus ça revient toujours à ça. Le chemin pour me rendre est beaucoup plus riche que si je mets la barre un peu plus basse. C'est pas la taille de l'objectif que je choisis. Ce que je choisis c'est un chemin beaucoup plus riche. Faire des choses difficiles c'est super important.

Loïc Bienvenue sur les frappés, le podcast sur le dépassement de soi et l'aventure. Je suis Loïc Blanchard, entrepreneur, coach et préparateur mental certifié. J'ai été pendant plusieurs années sportif de haut niveau en judo, avant de quitter les tatamis pour me consacrer à des sports de plein air comme le triathlon ou partir m'évader sur des treks engagés. Récemment, je suis devenu finisher de la PTL, un ultra trail de 340 km autour du Mont Blanc organisé par l'UTMB. Depuis la création des Frappés en 2020, j'ai deux objectifs. Le premier, c'est de vous faire découvrir des univers fascinants qui font rêver. Avec mes invités, on ira naviguer sur toutes les mers du monde. On participera à des expéditions dans les régions polaires ou en Himalaya. On découvrira l'envers du décor de l'entrepreneuriat et du sport de haut niveau et on partira en mission avec des membres des forces spéciales. Le deuxième, c'est de vous aider à croire en vos propres rêves et à passer à l'action grâce au partage de ces invités exceptionnels. On sous-estime largement ce dont on est capable physiquement ou mentalement et je suis convaincu qu'une petite conversation peut déboucher sur de grands changements. On a en moyenne 4000 semaines à vivre sur Terre, alors autant les vivre à fond. Pour cet épisode, j'accueille Sébastien Sasseville et je vous dis tout de suite, Sébastien c'est du frappé première catégorie. C'est le premier canadien diabétique de type 1 à avoir atteint le sommet de l'Ebrecht. Diagnostiqué à 22 ans, il ne s'est clairement pas arrêté à l'ascension du toit du monde. Il a ensuite traversé le Canada en courant, soit 7500 km parcourus en 9 mois. Il a ensuite fait la même chose à vélo, puis est devenu l'année dernière finisher de la RAM, la Race Across America, considérée comme la course de cyclisme ultra-distance la plus difficile au monde. Le message de Sébastien est simple, absolument tout est possible avec le bon niveau de discipline et de préparation. Ce que je retiens de notre échange, c'est que le premier pas est toujours le plus difficile, mais aussi le plus important. Qu'il est essentiel de se fixer des objectifs challengeants pour continuer à progresser, et qu'il faut garder en tête l'importance de l'effet cumulé. Merci à Gabriel de m'avoir suggéré cet invité, effectivement hors normes, et je vous souhaite une excellente écoute à vous, les frappés. Bienvenue Sébastien. Bonjour. Ravi de te recevoir en direct de Québec. Je suis toujours très content d'avoir des invités qui viennent du Canada, du Québec en particulier. C'est très, très chouette. J'ai vécu, j'ai un petit attachement, puis je trouve que ça apporte une perspective, une touche de frapperie outre-Atlantique qui est très sympa. Donc, merci beaucoup. et merci à cet auditeur qui m'a recommandé de te contacter et c'est là où j'ai découvert ton parcours et je me suis dit qu'effectivement il y avait un gros niveau de frappé et que ça pourrait être intéressant de discuter donc ce que je te propose c'est peut-être tout simplement de commencer par te présenter nous expliquer qui est Sébastien

Sébastien ben merci pour l'invitation c'est un plaisir d'être ici la porte est toujours grande ouverte quand tu veux revenir au Québec je m'appelle Sébastien Sasseville. J'ai eu 39 ans pour la quatrième année consécutive cette année. Je suis un athlète, un athlète d'endurance, un athlète d'endurance qui était pas très bon dans les sports, étant plus jeune, donc le dernier choisi dans l'équipe à l'école primaire et tout ça pendant des années. Diagnostique de type 1, de diabète de type 1 à l'âge de 22 ans. Et là, c'est la vie qui bascule, qui change complètement. Pour moi, ce n'est pas non plus une illumination. Donc, je n'étais pas sportif avant et je ne le suis pas devenu du jour au lendemain avec le diagnostic, mais ça m'a certainement envoyé sur un meilleur chemin, l'appétit venu en mangeant. Et puis, avec les années, graduellement, c'est là que j'ai fait ma marque dans le sport d'endurance avec l'alpinisme au départ. Donc, premier Canadien atteint de diabète de type 1 à atteindre le sommet du Mont-Everest. Évidemment, tout ça s'est précédé par une dizaine d'années de préparation et puis d'alpinisme. Ensuite, je suis passé au sport d'endurance. Donc, j'ai fait une dizaine de Ironman. J'ai fait la course dans le désert du Sahara. Et là, on me connaît principalement pour la traversée du Canada à la course. Donc, c'était en 2014. 7500 kilomètres en neuf mois de Saint-Jean-Terre-Neuve à Vancouver, une aventure incroyable. et puis plus récemment l'ultracyclisme. Donc une traversée du Canada, cette fois-là d'ouest en est, 6 000 kilomètres à vélo en 15 jours, 17 heures. Et l'année dernière, le Race Across America. Et ça, c'est une fierté, c'était un bucket list item. C'est la course d'ultracyclisme la plus difficile au monde. J'ai eu la chance d'y participer puis de compléter la course. Donc, ça, c'est certainement un highlight de carrière. Génial.

Loïc Excellent. Écoute, ça s'annonce être un échange super intéressant, très inspirant, je pense. Tu vois, sur comment est-ce que tu as réussi à, quelque part, accueillir, entre guillemets, ce diagnostic et plutôt que de, j'allais dire, poursuivre ta vie. Non, c'est reprendre un envol, prendre une dimension quand même assez exceptionnelle. Mais avant ça, est-ce que tu pourrais peut-être nous parler un petit peu du diabète? Parce qu'en tout cas, moi, c'est mon cas. C'est-à-dire que forcément, je pense que beaucoup de gens, tout le monde a déjà entendu parler du diabète. Mais concrètement, à quoi correspond, si tu veux, le diagnostic? Je ne sais pas si c'est très clair pour tout le monde. Donc, est-ce que tu pourrais peut-être nous en dire un petit peu plus?

Sébastien Absolument. La première chose à dire, c'est qu'il y a une distinction à faire entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2. Quand on dit diabète, souvent on pense à du diabète de type 2. Et c'est 90% des patients. C'est le diabète qui vient plus tard dans la vie, avec peut-être un peu d'embonpoint. C'est dû à une mauvaise alimentation, pas assez d'exercice, des trucs comme ça. C'est un diabète qui peut s'éviter ou à tout le moins être retardé. Alors que le diabète de type 1, donc le type de diabète avec lequel je vis, autrefois appelé diabète juvénile. Donc, ça se déclarait très tôt dans l'adolescence, même avant. Et c'est qu'on est insulino-dépendant. Donc, on ne fabrique plus d'insuline. Le diabète de type 1, c'est une maladie auto-immune. Donc, c'est mon propre corps qui, un jour, perd la carte, détruit le pancréas pour des raisons inconnues. Et du jour au lendemain, on ne fabrique plus d'insuline. L'insuline, on en a besoin pour vivre. Donc, à partir de ce moment-là, on s'injecte de l'insuline, soit à la seringue ou avec une pompe à insuline, jusqu'à la fin de séjour. Et donc, c'est un diagnostic où la vie bascule parce que tu es relativement jeune, tu es en pleine santé. Donc, le diabète de type 1 ne peut pas s'éviter. Tu peux prendre des bains de sirop d'érable et pas que tout le monde prenne des bains de sirop d'érable au Québec. Les bains de sirop d'érable, ça ne donne pas le diabète de type 1. Moi, j'ai été en pleine santé. C'est une mauvaise carte qu'on pige. C'est aussi simple que ça. et puis il faut apprendre à vivre après. Mais c'est certainement, c'est une couche de complexité gigantesque par-dessus la vie de tous les jours.

Loïc Wow, ok, donc la distinction importante, la très grande majorité des diabétiques sont des diabétiques type 2, donc un diabète qui peut s'éviter, si j'ai bien compris, qui est, j'ai l'impression, lié en fait à tes habitudes alimentaires, ton mode de vie, ta sédentarité, etc. Exactement. Et puis il y a le diabète de la malchance, en fait, les 10% qui arrivent plus tôt. Et donc, toi, c'est ton cas. Et donc, quand tu fabriques plus d'insuline, et désolé si c'est une question bête et si pour certains auditeurs, c'est évident, mais le fait de ne plus fabriquer d'insuline, qu'est-ce que ça veut dire? C'est que ta glycémie, ton taux de sucre dans le sang, explose, c'est ça?

Sébastien Exactement. C'est que l'insuline, on peut le voir comme une clé. Si on veut vulgariser et imager tout ça, l'insuline, c'est la clé qui permet au sucre de passer du sang à la cellule. Donc, la clé ouvre la porte de la cellule. En fait, donc, si je n'ai pas de clé ou pas assez de clé, tout le sucre reste dans le sang. Et là, ça crée une glycémie très élevée, ce qui est très dangereux. Au moment du diagnostic, ce qui se passe, c'est que le corps est bien fait. Donc, le corps a plusieurs façons d'éliminer le sucre s'il manque d'insuline. L'une d'elles, c'est par l'urine. Donc, au moment du diagnostic, les jours, les semaines qui précèdent, on est complètement assoiffé. Donc, moi, je me souviens, je pouvais boire un litre d'eau, 5 minutes plus tard, avoir la bouche complètement sèche. C'est fascinant quand tu y penses, là, et être assoiffé encore. Ce qui fait que tu urines 5, 6, 7 fois à l'heure. Tu fais le calcul, c'est 100 fois par jour. Clairement, il y a quelque chose qui ne va pas du tout, du tout, du tout. Donc, immédiatement, tu vas voir un médecin, puis les symptômes sont tellement flagrants que le diagnostic est relativement simple. Le corps a besoin d'énergie. Il sent le sucre, mais il trouve d'autres sources d'énergie. Donc, je retourne vers le gras, la deuxième source d'énergie que le corps va préférer brûler. Quand on brûle trop de gras, ça fait des cétones. Donc, c'est dans ces situations-là que les gens, au moment du diagnostic, sont en acido-cétose. Donc, c'est un état qui peut être très dangereux. Il y a des gens qui peuvent en décéder même. Donc, le diagnostic et les symptômes, ça ressemble à tout ça. Perte d'énergie, perte de poids, urination très fréquente. La vie peut être un petit peu de trouble. Et dans les mois, parce que la destruction du pancréas se fait en quelques mois. donc c'est quand même pas du jour au lendemain. Donc au tout début, on attribue les symptômes à la fatigue, au stress, bon, des trucs comme ça. Et les jours avant qu'on se rende chez le médecin, bien là, ça devient flagrant. OK. OK.

Loïc Donc le diagnostic tombe. Du coup, qu'est-ce qui se passe une fois que tu as le constat, que tu vois que ta glycémie à jeun est beaucoup trop importante et que donc, voilà, c'est du diabète de type 1? concrètement, c'est quoi l'impact pour toi? Enfin, pour toi, oui, évidemment, en particulier, puisqu'on se parle tous les deux, mais pour les gens qui ont ce diabète de type 1, qu'est-ce que ça implique comme changement au quotidien?

Sébastien C'est une excellente question. Ça implique qu'on doit prendre de l'insuline pour vivre. Et le dosage, c'est là où tout se complique. Dans le sens où, si je pouvais me donner quelques unités d'insuline le matin, il n'y a pas de gestion, tout se roule pendant la journée. ce ne serait pas si pire que ça. Alors que le diabète de type 1, c'est à chaque fois que je consomme du sucre et des glucides, donc dans le pain, dans les pommes de terre, partout où il y a des glucides, en fait, il faut injecter la bonne quantité d'insuline. Et juste là, encore une fois, ça, ce n'est pas très agréable, mais c'est relativement simple. Et ce qui fait que le quotidien d'un diabétique de type 1, moi je suis constamment en train de faire des calculs, puis de réfléchir à ce que j'ai mangé, puis au dosage, etc. Puis oui, maintenant il y a des outils qui ont automatisé ça, mais on ne peut pas tout laisser rouler ça tout seul, il faut quand même intervenir très fréquemment. Mais le défi c'est qu'il y a plein d'autres facteurs qui impactent le dosage requis. Donc, si je suis malade, si je fais du sport, la température, le type d'exercice. Il y a des sports où j'ai besoin de plus d'insuline, il y a des sports où j'ai besoin de moins d'insuline. Le type de glucides. Donc, il ne s'agit pas simplement de trouver la bonne quantité d'insuline, c'est le timing de cette injection-là. Donc, si je prends un verre de jus d'orange, ces sucres-là sont extrêmement rapides, se retrouvent dans le sang très rapidement. Si je mange la pizza, beaucoup plus gras avec la protéine, l'absorption se fait beaucoup plus lentement. Donc, la dose requise ne peut pas tout être injecté au départ, il faut l'étirer. Donc, ça devient la qualité du sommeil, l'alcool, les cycles menstruels. Je veux dire, la maladie, j'ai une grippe, tout ça a un impact sur le dosage qui fait que c'est complexe. C'est 24 heures sur 24, 365 jours par année et ça demande énormément de travail et d'attention.

Loïc ok donc c'est pas juste comme tu dis donner à son corps la bonne quantité de clés en début de journée et puis après on est bon pour 24 heures, c'est vraiment une question de dosage permanent en fait selon ce que tu fais, ton environnement etc la contrainte est réelle en fait

Sébastien totalement c'est pour ça qu'au niveau psychologique le diabetes burn out et puis tout ça Si on était diabétique de type 1, trois jours semaine, ce serait facile que la compliance soit presque parfaite. Tu fais ce qu'il faut, ce n'est pas trop contraignant. Et ensuite de ça, tu as une pause. Mais là, tu n'as jamais, jamais, jamais, jamais de pause. Et pour moi, c'est ça, l'aspect le plus difficile de cette maladie-là, c'est que c'est tout le temps, tout le temps, tout le temps.

Loïc Ça, tu le savais au moment où tu as eu le diagnostic? Tu avais connaissance de cette réalité?

Sébastien Un peu parce que mon frère a été diagnostiqué avant moi. Donc, je viens d'une famille, on est trois enfants, je suis le plus vieux, mon frère est au milieu et lui a été diagnostiqué le premier. Donc, ça, ça fait 25 ans. À l'époque, les outils étaient complètement différents, beaucoup moins avancés, beaucoup moins flexibles. Donc, c'était encore plus contraignant et les résultats qu'on atteignait étaient beaucoup moins bons. donc moi je l'avais vu passer à travers tout ça c'était loin d'être facile, à l'adolescence en plus à un âge où il y a déjà d'autres trucs qui rendent tout ça encore plus difficile donc j'avais une certaine familiarité avec ce qui s'en venait ok

Loïc ok, et donc quand on parle de pompe à insuline, c'est qu'en fait c'est quoi, tu as un dispositif qui t'accompagne partout que tu peux déclencher et qui t'injecte une quantité d'insuline selon ce que tu demandes, en fait, c'est ça?

Sébastien Exactement. Donc, la pompe fait deux choses. La première des choses, elle injecte un débit constant d'insuline parce que même si on mange pas, on a besoin d'un taux de base. Donc, c'est une quantité infime d'insuline mais qui est absolument nécessaire. Sans ça, la quantité part en flèche. Quand je dis infime, c'est pas si exact que ça parce que la partie taux de base de ma dose quotidienne totale représente à peu près 50%. Donc, ça, c'est important. Ce taux de base-là change en fonction du moment de la journée, de l'activité. Est-ce que si j'ai couru trois heures hier ou pas du tout, le taux de base ne sera pas le même aujourd'hui. et par-dessus tout ça, la pompe, à chaque repas ou à chaque fois que je prends des glucides ou à chaque fois que je veux faire une correction parce que pour raison X, la glycémie est trop haute, bien là, je peux aller jouer dans la pompe et lui dire donne-moi deux unités, donne-moi huit unités. Maintenant, la pompe a un certain niveau d'automatisation, donc la pompe combinée à un lecteur de glycémie en continu. Donc autrefois, on testait la glycémie au bout du doigt. Maintenant, c'est une petite sonde qui est installée, puis j'ai ma lecture en temps réel, en continu. Donc, en s'appuyant là-dessus, la pompe peut décider de me donner de l'insuline. Donc ça, ça allège un petit peu le fardeau, mais encore une fois, ce n'est pas une guérison, puis il faut quand même que le patient intervienne très, très, très fréquemment pour aider l'algorithme.

Loïc D'accord. Et donc, l'insuline, elle se présente sous quelle forme? C'est des capsules, pour ta pompe, je veux dire, c'est des recharges liquides? Ça ressemble à quoi?

Sébastien Oui, l'insuline, ça vient en toute petite fiole. On ne met pas la fiole de verre dans l'insuline. Donc, c'est une cartouche qui est faite spécialement pour la pompe. Donc, on puise l'insuline dans la petite cartouche, la petite fiole de verre. On la pousse dans la cartouche qui est faite pour la pompe. J'attache ça à la pompe et typiquement, j'ai de l'insuline pour à peu près trois jours. Donc, à tous les trois jours, en plus des calculs constants, je dois changer toute cette quincaillerie-là, remplir la pompe, charger la pompe, etc.

Loïc Oui. OK. Wow. Punaise. OK. Je pense qu'on va en parler après parce que là, j'ai plein de questions qui me viennent. Typiquement, tu fais l'Everest. C'est une question, si je ne me trompe pas, d'à peu près deux mois d'expédition. donc comment tu gères, enfin bon, on va en parler après mais ok, la complexité a l'air quand même phénoménale, vu ce que tu as réalisé, ok, donc le diagnostic tombe, tu as 22 ans, tu avais une petite connaissance, tu voyais à peu près la réalité d'un diabète de type 1 à travers les yeux de ton frère à travers l'expérience de ton frère mais à quel moment est-ce que parce que là tu vois en lisant un peu ton histoire, désolé, je pose trois questions dans la question, mais en lisant ton histoire j'ai un peu l'impression que tu vois le diagnostic est tombé qu'il y a eu une certaine période de digestion et qu'ensuite boum en fait tu t'es appuyé là dessus et qu'il y a eu une espèce de de renaissance que c'est un peu comme si finalement ça avait été une clé qui a ouvert qui t'a permis d'accéder à ton plein potentiel un peu comme si tu t'étais pris un mur, le choc waouh j'ai ça et puis en fait boum du coup je vais faire des choses incroyables c'est l'image que j'en ai donc, est-ce que ça s'est passé comme ça est-ce que tu dirais que c'est juste ou pas vraiment

Sébastien un peu Un peu, comme je disais, ça n'a pas été du jour au lendemain que je suis devenu un super athlète. Tu utilises le mot, tu sais, c'est une clé qui a donné accès au plein potentiel. Moi, ce que je dirais, c'est que c'est une situation qui a donné énormément d'outils. Dans le sens où je n'étais pas vraiment un athlète avant le diagnostic. J'avais énormément d'idées, de projets, de rêves. Cela dit, aucune structure, aucune discipline, aucune résilience. Donc, je suis un jeune homme en début de vingtaine. Je suis à l'université, je passe beaucoup plus de temps au pub qu'au gym. Donc, tu sais, histoire très, très, très typique. Beaucoup de paroles, pas beaucoup d'actions. Bon, et le diagnostic, bien, c'est tout d'abord, c'est une dose, bien, c'est un wake-up call, c'est un reality check, c'est une leçon d'humilité, c'est on n'est pas invincible, la santé c'est important, puis il ne faut pas le prendre pour acquis. C'est énormément de travail et puis de choses que je dois faire, c'est rien d'agréable dans tout ce qu'on a décrit en début d'épisode. et grâce à tout ça, j'apprends une discipline, j'apprends une résilience et mes cercles d'influence changent. Mon réflexe au début du diagnostic, c'est de me dire, je vais faire plus de sport, je vais prendre soin de moi. Puis là, je veux le répéter, je n'ai pas été diagnostiqué à cause que je ne prenais pas soin de moi, Mais c'est quand on diagnostique, on dit, si tu manges bien, la gestion de la glycémie va être plus facile. Si tu fais du sport, la gestion de la glycémie va être plus facile. Si tu prends moins d'alcool, la gestion de la glycémie va être plus facile. Donc moi, je voyais une voie. C'est comme si on m'avait forcé à avoir un style de vie beaucoup plus santé. J'ai énormément de gratitude pour ça parce que je ne suis pas certain que ça se serait produit. et là, un pas à la fois, c'est ça. Tu rencontres des gens qui font des choses extraordinaires, tu rencontres des gens qui se dépassent, qui se couchent tôt, qui se lèvent tôt, qui mangent bien, puis tu découvres tout ce monde-là et tu te mets en vouloir plus. J'ai commencé à faire des projets puis cette idée d'Everest-là, tu sais, de passer du rêve à un projet. Et là, on se met à travailler dessus plus concrètement. C'est pour ça que j'ai beaucoup de gratitude pour la maladie. Ça m'a outillé. Excellent.

Loïc Tu disais que ça a été progressif, cette montée en puissance sur ton parcours de sportif, d'aventurier. Le premier gros milestone, ça a été quoi? Ça a été l'Everest, justement? Oui. Première grosse réalisation, oui?

Sébastien Oui, Mont-Everest, définitivement. C'est drôle parce que tu reviens du Mont-Everest et tu te demandes est-ce que ça va être ça? Le point d'exclamer sur ma vie, comment je vais battre ça, et puis c'est fou à quel point aujourd'hui, et puis ça fait déjà 15 ans, ça va faire 15 ans au mois de mai, le sommet. C'est incroyable quand la vie passe vite. Aujourd'hui, je suis très fier, mais c'est devenu un petit plus une note de bas de page pour plein de raisons. Ce que je retiens, la raison pour laquelle l'Everest, ça a été un tremplin, puis j'avais 28 ans quand j'ai fait le Mont Je comprends que ce n'est pas tout le monde qui se réchauffe avec ça, mais c'est un tremplin parce que quand les gens posaient la question « comment tu t'es senti à la fin quand c'était terminé? », pour moi, ça n'a pas été une finalité, ça a été le départ de tout ce que je voulais faire. il y a une chose qui m'a beaucoup porté pendant tout ce projet-là c'était le sens, c'était l'impact c'était à quoi ça allait servir cette chose-là qu'est-ce que ça allait vouloir dire pour un jeune qui vient d'être diagnostiqué avec le diabète de type 1 qui broie du noir, qui est triste, qui est déprimé qui a l'impression qu'il vient de se faire arracher le restant de sa vie alors que c'est vraiment pas le cas Donc, je savais que ce sommet-là serait très riche en sens et allait aider des gens. Et il y a plein de... Autant dans la planification que l'exécution d'un projet comme ça, à tous les jours, il y a des défis, des obstacles, des embûches, des choses qui... Et c'est à ça que je me suis rattaché pendant très longtemps, jusqu'à la toute fin. Je me rappelle la nuit où on poussait vers le sommet. C'est là où ça passe ou ça casse. Et il y avait énormément de difficultés. C'était loin d'être facile. puis j'étais branché, branché, branché, branché sur cette idée-là que ça allait servir à quelque chose. Puis il fallait que j'arrive en haut parce que je savais qu'à quelque part, pour un jeune, ça allait avoir beaucoup d'impact. Donc, ce projet-là, il est précieux à cause de ça.

Loïc Punaise. Super inspirant. Et du coup, alors, c'est peut-être une question très pratico-pratique, mais quand t'es le camp de base, il est, si je ne me trompe pas, à 5400 mètres, si j'ai bonne mémoire. Le dernier camp, il est à quoi? 8500, quelque chose comme ça?

Sébastien Non, le camp 4, dans le South Call, on est juste à, disons, 8000 m. Et le sommet est à 8850.

Loïc Oui, OK. Donc, tu es quand même... Dès que tu as passé le camp de base, je... Moi, je ne suis jamais allé aussi haut, mais j'ai fait mon calapatard, le sommet calapatard qui est en face du camp de base. déjà à 5600 mètres qui est le plus haut je suis jamais allé c'était compliqué je me rappelle avoir grignoté un biscuit et en même temps je voulais prendre une photo faire une vidéo pour ma famille j'étais en train de m'étouffer parce que j'arrivais pas à respirer à faire les deux en même temps donc je me dis alors attends quand tu dois gérer le froid extrême l'altitude, l'oxygène tu l'as fait avec oxygène l'ascension plus ton diabète de type 1, concrètement, comment tu as fait ça? Comment tu visais pour prendre, tu vois, ta glycémie au camp 4, quand tu ne peux pas dormir, que tu t'étouffes? C'est quand même... Ça a dû être particulier.

Sébastien Oui, c'est des années de préparation parce que ce qu'il faut dire, l'insuline, si ça gèle, ça ne marche plus, donc c'est tout.

Loïc C'est ça. C'est pour ça que je te demandais tout à l'heure si c'était liquide des recharges. Oui.

Sébastien Et c'est bon, température pièce pendant 30 jours. Donc, là, on parle d'une expédition de deux mois, on est parti de la maison trois mois. Il n'y a pas de frigo au camp de base. Donc, non seulement l'insuline ne peut pas geler, mais il y a une partie de tes stocks qui doivent être réfrigérés si tu veux qu'ils fonctionnent deux mois plus tard. J'ajoute à ça, pour la lecture de la glycémie, les lecteurs qu'on utilisait à l'époque, puis les lecteurs encore aujourd'hui, sont approuvés jusqu'à 10 000 pieds. Le camp de base est à 17 000. On commence, là. Donc, c'est pas vrai qu'au camp 4, on teste la glycémie parce que je l'ai essayé et les résultats sont complètement imprécis. Ça ne fonctionne pas. donc il faut t'arrives là tellement préparé que ton diabète s'en va sur l'autopilote tu sais exactement quoi manger combien prendre d'insuline etc etc dans mon cas la gestion de ma glycémie n'était pas nécessairement parfaite non plus donc c'est pas vrai que ma glycémie était parfaite tout le long mais ce que je voulais c'est que ça soit sécuritaire ça c'était indiscutable, non négociable et que ça permette un bon niveau de performance. Donc, je pourrais en parler pendant des heures et des heures, puis ça devient presque ennuyant, mais le stockage de l'insuline, c'est important. Le transport, c'est important. Tes mécanismes, tes contingences, donc tu as beau avoir deux litres d'insuline, si tu as un seul flacon de deux litres et que celui-là brise ou gèle, bien, tu n'as plus rien. Donc, ça en prend un petit peu partout. il fallait être prêt pour moi je vais porter une pompe à insuline jusqu'au sommet si il y a un pépin avec la pompe il fallait être prêt pour retourner aux injections à tout moment donc il y a des années de pratiques, de scénarios de discussion avec l'équipe médicale de planification des pires scénarios possibles tout ça pour dire que moi je me souviens être arrivé au camp de base et me dire au point de vue du diabète, je me sentais en totale confiance j'étais zen et on avait l'impression d'avoir tout fait pour que ça se passe bien. Puis moi, je ne voulais pas que le diabète soit la cause d'un échec ou de ne pas atteindre le sommet. Premièrement, c'est la montagne qui décide. Si tu arrives en haut, tu vas être le meilleur alpiniste au monde. C'est la montagne qui décide, c'est la météo qui décide. Donc, j'étais à l'aise de ne pas atteindre le sommet si c'était une histoire de météo, mais je ne voulais pas que ça soit le diabète.

Loïc OK. Et donc, concrètement, comment ça s'est passé pour le stockage? Ça a été quoi la solution que tu as trouvée?

Sébastien Pour le camp de base, c'est de l'insuline dans des thermos, avec un petit thermomètre à l'intérieur. On se sert de glace, on le met dans le sac de couchage, on le sort à l'extérieur. Donc, l'insuline, c'était beaucoup de travail. C'était la partie la plus stressante parce qu'il n'y avait pas d'erreurs possibles. il y a aussi il faut séparer les stocks dans le sens où quand j'arrive là je peux avoir une certaine partie de mon insuline qui est sur moi tu sais température pièce puis celle-là elle va être bonne pendant 30 jours donc j'ai vraiment un un j'ai 2-3 fioles à garder réfrigérer le premier mois et si je réussis à faire ça parfaitement Mais là, je peux sortir ces fioles-là, les garder sur moi, puis qu'ils soient à température pièce, puis j'ai un autre 30 jours devant moi. Ça, j'ai le souvenir d'arriver à peu près à la mi-parcours avec de l'insuline qui avait été stockée contenablement. Puis c'était une grande victoire parce que je savais que la partie difficile était passée. Il y avait de l'équipement dans les sacs de mes compatriotes. Il y avait de l'insuline à Katmandou au Kazu. On savait combien ça prenait de temps que cette insuline-là arrive au camp de base si moi j'avais un pépin. Donc, si c'est une grande déception, puis l'insuline gèle au camp de base, bien c'est triste, c'est plate, mais il faut être capable de repartir de là vite aussi. Donc, il y avait les filets de sécurité aussi. Donc, le message ici, je pense qu'il n'est pas tant dans les détails que dans... Oui, c'est difficile cette maladie-là. Oui, c'est un gros obstacle que je n'ai pas choisi. Mais avec beaucoup de travail, avec une tonne de travail, il y a moyen d'y arriver et puis de faire des grandes choses, même si on est atteint d'une maladie comme ça. Oui, clairement.

Loïc C'est ce que j'avais te demandé au-delà de comment tu t'es senti en arrivant au sommet. mais c'est plus, tu vois, qu'est-ce que qu'elles ont été les prises de conscience que tu as eues une fois que tu es revenu à Québec après avoir fait l'Everest et que toute cette préparation et la réalisation jusqu'au sommet aient été un succès

Sébastien super intéressant non, il y a énormément de choses c'est la préparation c'est aussi, moi je suis revenu là avec une conviction que je pouvais faire des choses très difficiles, des grandes choses. Ça t'inspire à mettre la barre encore plus haute. Ça t'inspire aussi à toujours avoir ce carburant-là ultime qui est la raison pour laquelle on fait ce qu'on fait. Je l'ai vraiment senti pendant ce projet-là. Ça a été très déterminant pour le reste de ma vie et les autres projets.

Loïc Excellent. Les vrais, c'était en 2008 si je ne me trompe pas. 28 ans à ce moment-là. Belle réussite. Ça a été accueilli comment au Canada? Il y a eu de la communication autour de ce que tu avais fait?

Sébastien Oui, absolument. Beaucoup dans la communauté diabétique, dans les médias aussi à l'époque. Ici, je souris, ça fait déjà 15 ans. J'avais fait une petite tournée dans les médias. J'ai fait énormément de conférences dans les cercles plus relatifs au diabète. pour parler de sommet, encore une fois, pour parler de pourquoi puis parler de ce que ça voulait dire. Puis je voulais vraiment que... Pour moi, c'était... Je ne voulais pas le dire, je voulais le faire, je voulais le montrer. Puis je voulais un exemple flagrant qu'on peut faire des grandes choses.

Loïc Donc, une fois qu'on a fait l'Everest en ayant un diabète de type 1, dans quoi est-ce qu'on se lance derrière pour continuer à inspirer encore plus, à toujours montrer que l'impossible est possible, même avec un diagnostic comme le tien.

Sébastien Ce qui s'est passé par la suite, c'est que c'est une dizaine d'années qui se terminaient où tout ton temps va sur ce projet-là, toute ton énergie, tout est sous, toutes tes vacances, tout y passe. Donc, je voulais faire quelque chose de différent. Je n'avais pas nécessairement prévu d'arrêter de faire de l'alpinisme. J'avais des amis qui faisaient un Ironman. Et c'était tous des diabétiques de type 1. Puis c'est un groupe qui m'a beaucoup inspiré. Puis il y avait des gens en pleine santé là, avec des superbes habitudes. Donc j'ai embarqué dans le groupe. On a fait quelques Ironman ensemble. Et puis là, c'est là que je suis tombé en amour avec le sport d'endurance, la course d'endurance, et puis tout ça. Je n'ai jamais vraiment regrimpé. Donc ça s'est terminé par accident. mon histoire d'amour avec l'alpinisme après une dizaine d'années. Et c'est ça qui a ouvert la porte vers la course dans le Sahara. Puis en revenant de la course dans le Sahara, j'avais pris un petit peu de confiance là, ça s'était bien passé. Et puis c'est suite à cette expérience-là que je me suis dit, je pense que je pourrais courir presque un marathon par jour, traverser le Canada à la course. Pour moi, ce projet-là, il résonnait beaucoup à cause de sa nature, à cause du bruit qu'on pourrait faire, encore une fois, dans les médias, parler de la cause, rencontrer des gens dans la communauté, dans des communautés différentes à tous les jours. Donc, tant le projet sportif, le défi sportif, la logistique, c'était super intéressant. C'est un gros projet. Et l'impact qu'il pouvait avoir, le bruit qu'il pouvait faire pendant longtemps aussi, ça, c'était très attirant. Donc, ce projet-là, j'ai beaucoup aimé ça.

Loïc Excellent. comment est-ce qu'on se prépare à une traversée à pied du Canada, enfin à pied en courant du Canada, qui est un effort j'aurais tendance à dire peut-être très différent d'un Everest où il y a la préparation qui est longue mais finalement le temps d'effort une fois que tu pars du camp de base il est relativement court mais là c'est 9 mois d'épreuve, entre guillemets, de défi donc comment est-ce que tu l'as abordé d'un point de vue évidemment physique mais aussi peut-être mental, ce nouveau défi?

Sébastien Au point de vue physique, je voulais être sur le fil départ prêt et préparé, mais en pleine forme. Je voulais être reposé aussi. Donc, la préparation, évidemment, il y a du volume, il n'y a pas tant de vitesse et puis tout ça. La traversée du Canada, la course, moi, l'idée, c'était de le compléter. et c'est vraiment l'objectif lui-même qui va dicter une partie de la préparation puis de la logistique. Quand tu fais un Ironman ou un marathon, tu as un objectif de performance. La traversée du Canada à la course, c'est un objectif de le compléter. Donc, personne ne me demandait à quelle vitesse tu cours tes marathons quotidiennes. Mais l'idée, c'est qu'il ne fallait pas qu'ils se produisent de blessures à mi-chemin et puis tout se termine. Donc, oui, de la course, mais beaucoup de préparation au niveau conditionnement physique pour apprendre à bien courir, à plus symétrique, beaucoup de préparation pour arriver à éviter ou retarder les blessures ou réduire la sévérité des blessures, beaucoup de préparation en préparation-mouvement, donc les routines avant et après chaque marathon. Pensez à la récupération, la nutrition, et puis tout ça, puis la logistique. C'est toujours ce que j'ai aimé de ces grands projets-là. C'est des expériences extrêmement riches, extrêmement pleines. L'acte sportif, c'est la pointe de l'iceberg. Donc, tout ce que tu dois mettre en place autour pour que ça fonctionne. L'équipe, les médias, les voitures, les commandites, tout ça, c'est des expériences riches.

Loïc Excellent. J'imagine que nous, comme dans mon tout bon projet, il y a eu des imprévus, des choses difficiles à gérer, qui sont venues un peu perturber les plans. C'est à ça que servent les plans, à être perturbé. Est-ce qu'il y en a un en particulier sur cette aventure qui t'a marqué et dont t'as tiré des enseignements?

Sébastien C'est une bonne question. Pendant la traversée du Canada à la course, c'est drôle à dire, mais je ne pense pas qu'il y ait eu de pépins majeurs. Le plus difficile, c'était de trouver de la motivation à tous les jours. Parce que le départ, c'est le fun. Les médias sont là, ça fait un an que tu prépares tout ça. Tu passes à la maison, bon, c'est le fun. Mais il y a des grandes sections, tu sais, je pense au nord de l'Ontario. Il y a une section de 1500 kilomètres. Je pense qu'il y a quatre maisons, là. Et t'es en... Donc ça, cette section-là, c'est difficile parce que il pleut, il fait chaud, il fait froid. Peu importe, il faut que tu sois là tous les jours et que tu cours. Donc, de garder une connexion sur le sens et avoir du plaisir aussi à tous les jours, c'est super important.

Loïc La discipline aussi peut-être, non? Tu t'expliquais que c'est peut-être ça que t'avais appris, la discipline, la résilience.

Sébastien Oui, oui. Puis, tu sais, quelque chose qui ressort de tout ça, c'est la résilience, ce n'est pas un attribut, c'est une pratique. Donc, ce n'est pas quelque chose que j'ai ou que je n'ai pas. Ma résilience, elle se travaille à tous les jours dans plein de petits choix, dans plein de petits actes quotidiens de résilience, de se lever quand le cadran sonne, de s'habiller pour la pluie quand il pleut, de, tu sais, des choses simples, simples, simple comme ça pour exercer le muscle. Puis ça, ça, c'est riche comme apprentissage, effectivement. Excellent. Je me le note.

Loïc La résilience n'est pas un attribut, mais une pratique. Excellent. Ça ferait une super citation. Génial. Sûreté, donc, traversée du Canada en courant, donc, tu es allé au bout, 7500 kilomètres, 9 mois. Tu as enchaîné avec la même chose dans l'autre sens à vélo si je ne me trompe pas donc toujours l'objectif de traverser le Canada tu dirais que le message qui inspire le plus peut-être de ces deux défis que tu as complétés est-ce qu'il y en a un qui ressort, est-ce que c'est le fait que tu réalisais ça en étant diabétique de niveau 1, est-ce que c'est le fait que peut-être que c'était des premières est-ce que c'est le fait que tu es réussi enchaîner les deux. Mais voilà, comment, tu vois, qu'est-ce qui a marqué les esprits avec ces deux aventures?

Sébastien Ben, il y a des grands messages, je pense, qui sortent de tout ça. Puis je ne sais pas si message, c'est le bon mot. Tu sais, là, on est bombardés de sportifs, comme moi, avec leur message. Puis tout le monde nous dit quoi faire dans la vie. Puis, tu sais, bon, moi, je vais dire ce que j'ai appris, puis ce qui m'a fait du bien, puis ce qui m'a fait grandir. La première des choses, c'est le pouvoir du premier pas. Dans les grandes choses, dans les petites choses, tout le monde me demande le truc. C'est quoi le truc pour commencer? Bien, le truc pour commencer, c'est de commencer. C'est aussi simple que ça. Accepter qu'on n'a pas toutes les réponses. Pas attendre d'être sûr que ça va marcher. les réponses sont dans le processus puis souvent il faut se lancer, avoir un objectif, mais être ouvert au fait que l'univers peut-être a quelque chose d'encore plus grand à nous apprendre que le petit objectif qu'on s'est fixé. Donc commence, puis laisse le processus te bercer et puis t'aider, puis si t'arrives à l'objectif, tant mieux, puis si t'arrives pas à l'objectif, il va y avoir quelque chose peut-être d'encore plus grand, plus intéressant, ou un objectif que tu pensais même pas qui qui existait. Donc, le concept du premier pas, pour moi, est tout simple, super important. Ça guide ma vie. Puis au final, j'aide énormément les gens à faire ça. Tu sais, la conférence, moi, je suis principalement en entreprise. Je parle de travail d'équipe, d'agilité, puis de leadership, puis tout ça, mais les gens sortent de là, puis avec le désir de commencer, de faire un premier pas, personnel ou professionnel. Je reçois plein de courriels. Je suis allé courir pour la première fois en huit ans. J'ai lancé mon entreprise. J'ai quitté mon emploi. j'ai quitté mon monde. Il y a beaucoup de premiers pas courageux qui se font après. Donc ça, c'est important. Ensuite de ça...

Loïc Et peut-être juste sur ce point, pardon Sébastien, mais qu'est-ce qui fait, tu penses qu'après t'avoir écouté, les gens passent à l'action ? Parce que j'en parle souvent, c'est vrai que c'est quand même un constat. Finalement, on a tous la recette. Elle est très facile à trouver. On sait tous que si tu mets en place de bonnes habitudes alimentaires, d'hygiène de vie sportive, que ça a un impact positif sur ta vie. Malgré ça, on n'a jamais autant consommé de médicaments on n'a jamais eu autant d'obèses que ce soit en Amérique du Nord en Europe etc donc le passage à l'action effectivement comme tu dis moi je suis convaincu que le premier pas c'est peut-être le plus difficile mais le plus important mais la réalité c'est qu'il est très difficile à faire donc tu penses que dans ton message ça a été quoi l'élément qui fait que les gens ont eu ce déclencheur et sont passés à l'action plutôt que de juste consommer une conférence inspirée

Sébastien C'est une superbe question. Je pense que je parle beaucoup du processus et puis je le rends agréable, je le rends le fun, je le dédramatise, je leur dis, les gens comprennent qu'après un premier pas, il va y avoir des erreurs puis des imprévus et puis tout ça. puis ça, c'est pas négatif, c'est la partie la plus fun, c'est la partie la plus intéressante, tu sais, fait que je rends, ou je fais, j'aide les gens à réaliser que le processus, il est super agréable, peu importe ce qui se passe, des fois ça marche, des fois ça marche pas, j'ai plein de gros échecs dans ma vie, j'ai plein de succès, mais tu te lances dans le processus, puis c'est ça la partie le fun, parce que le semestre du moins vrai, c'était là 5 minutes, j'ai rêvé ça toute ma vie, t'arrives en haut, t'es là 5 minutes, 300 secondes, Donc, il faut vraiment être en amour avec le processus, être en amour avec se lever le matin, en amour avec aller s'entraîner. Des fois, c'est un bon entraînement, des fois, c'est un mauvais entraînement. Il ne faut pas vouloir perdre du poids. Il faut vouloir manger pour la longévité, parce que je me sens bien aujourd'hui. Donc, je pense que je fais prendre, j'aide les gens à prendre conscience que le processus, il est extraordinaire. Puis, on ne fait pas un premier pas parce qu'on a peur que ça ne marche pas, parce qu'on a peur de se casser la figure, parce qu'on a peur d'échouer. Moi, tout ça, je m'en fous complètement. Moi, c'est un succès, je ne pense plus à ça. Puis, le Race Across America, c'était ça. Mon objectif, c'était vivre. L'important, c'est accumuler des expériences de vie enrichissantes. Race Across America, j'aurais pu ne pas terminer la course c'est accumuler des expériences de vie enrichissantes quand on enlève le concept d'échec et de succès le premier pas devient beaucoup plus facile parce que je suis devant quelque chose qui est uniquement agréable, qui est uniquement formateur tout le monde veut faire ce premier pas donc je pense que c'est pour ça qu'il y a des vraies choses qui se passent après Donc ça c'est une première chose l'idée de faire des choses difficiles deuxième chose, ça c'est super important faire des choses difficiles encore une fois en enlevant le concept d'échec ou de succès ça c'est une grosse partie de mon parcours, mettre la barre haute puis pas parce qu'il y a seulement le Mont Everest puis les grosses courses, les plus euros au monde moi je mets la barre haute parce que le processus ça revient toujours à ça le chemin pour me rendre est beaucoup plus riche que si je mets la barre un peu plus basse. Donc, c'est pas la taille de l'objectif que je choisis. Ce que je choisis, c'est un chemin beaucoup plus riche. Puis pour ça, pour moi, c'est beaucoup plus attirant pour des raisons évidentes. Donc, faire des choses difficiles, c'est super important. Et le troisième puis le dernier point, c'est tout simple aussi. Je dis souvent à mon métier, moi, je dis des choses, je dis aux gens des choses qui savent déjà. Je comprends ce que je fais. Je ne suis pas un chercheur ou un gagnant de prix Nobel, mais l'important, ce n'est pas de savoir ce qu'il faut faire, c'est faire ce qu'il faut faire. Puis c'est là aussi qu'il y a un déconnecte des fois. Le troisième point de mon parcours, c'est un pas à la fois. C'est aussi simple que ça. C'est une histoire de constance, d'humilité, puis le pouvoir des petits pas. Toute ma vie, c'est ça. au niveau financier, au niveau sportif. C'est un petit pas une fois par année, ça sert à rien. Mais un petit pas tous les jours, c'est incroyable à quel point tu vas loin. Mais ça revient au problème de société qu'on a mis tantôt, c'est qu'on veut tout avoir, puis on le veut rapidement. Puis ça, c'est un cancer. C'est pas bon du tout.

Loïc Oui. L'effet cumulé, c'est ça, en fait. Le petit pas, c'est un peu ça.

Sébastien Puis toutes ces choses-là, le compounding effect, puis le pouvoir des habitudes, je n'ai rien inventé, on est des milliers à parler de ça. Mais il n'y a pas beaucoup de gens qui le font, en fait, pas assez de gens qui le font. Et c'est tellement simple, c'est tellement simple, mais il faut prendre un peu de temps, un petit peu de discipline.

Loïc Je suis assez d'accord avec toi sur la discipline. Mike Horn en parle souvent tu vois de cette idée de discipline versus motivation et je serais curieux de savoir ce que tu en penses mais l'exemple qu'il donne c'est que tu vois quand il fait moins 50 qu'il est en Antarctique ou en Arctique évidemment qu'il n'est pas motivé à sortir de sa tente tu vois mais il a la discipline de le faire encore et encore et encore et c'est ça qui fait la différence et c'est vrai que c'est une notion que je retrouve pas mal j'ai créé mon entreprise il y a un peu plus d'un an que je retrouve aussi beaucoup maintenant dans le monde de l'entrepreneuriat que je ne voyais pas quand j'étais chez Apple puisque j'étais dans un cadre existant très cadré mais maintenant je me rends compte tu vois en fait l'entrepreneuriat ou tu vois le fait de devenir conférencier je pense pour toi c'est un peu ça aussi c'est tu te prends des portes il y a des échecs des choses qui ne se passent pas comme prévu et en fait la différence moi je ne suis pas convaincu que ce soit la motivation je pense qu'elle fluctue mais c'est cette capacité à continuer à essayer de réouvrir d'autres portes, de se relancer, de repartir chaque jour. Et c'est peut-être ça aussi qui fait la différence dans le monde de l'aventure, d'expédition, des défis sportifs.

Sébastien Qu'est-ce que tu en penses? J'adore ça. Puis ce qui vient comme la self-discipline, la discipline, c'est super important, puis c'est un de mes grands thèmes pour 2023 parce que je ne l'ai pas toujours. Donc le message ici, c'est difficile pour tout le monde il n'y a personne de parfait je ne suis pas discipliné tous les jours tout ça est absolument normal donc il ne faut pas avoir une vision trop parfaite de ce qu'on veut et arrêter parce qu'on ne le fait pas parfaitement c'est bâtir l'habitude maintenir l'habitude tout ce qui est motivation ça a été étudié je peux être motivé à faire 25 push-ups à tous les matins. Et puis, vraiment vouloir le faire. Mais parce que je suis pressé le matin, la vie va vite, j'oublie de le faire. Donc, je suis motivé à le faire, mais je ne le fais pas. Donc, il y a plein d'ouvrages scientifiques qui nous expliquent un peu la mécanique, comment y arriver. Une chose simple, ça prend un rappel, un trigger. Il faut que l'habitude soit facile. bon tout ça donc il y a il y a des façons d'augmenter sa discipline

Loïc c'est super intéressant je sais plus où est-ce que j'avais lu ça c'était peut-être dans le livre de Darren Hardy justement sur Campo en Effect mais je suis pas sûr il donnait l'exemple d'une habitude à mettre en place le fait d'aller courir d'aller faire un run tous les jours tous les deux jours tu disais en fait tu disais il faut que l'habitude elle soit facile à en mettre en place et c'était l'exemple qu'il donnait il disait bah en fait si vous voulez les courir commencez par simplement mettre vos chaussures de footing pas plus tu mets tes chaussures de footing tous les matins tu les chausses chez toi tu sors même pas de chez toi mais tu les chausses tous les matins à 7h l'étape d'après t'ouvre ta porte tu sors dans le couloir tu vas jusqu'à la porte de ton immeuble tu reviens chez toi alors c'est peut-être un peu un peu extrême comme approche enfin un peu lent comme approche mais il disait voilà et en fait comme ça c'est des choses qui sont parfaitement gérables qui sont à la portée de n'importe qui et petit à petit tu vas faire le premier 500 mètres 1 km etc jusqu'à ce que d'habitude soit tellement ancré qu'en fait ça devient t'as même plus à la gérer dans le sens où c'est un automatisme en réalité donc voilà commençons par mettre les chaussures la race cross america parce que j'ai l'impression que ça a été une épreuve qui t'a quand même marqué dont tu es particulièrement fier. Ça a été quoi les enjeux quand tu t'es lancé sur ce défi? Qu'est-ce qui te faisait peur avant de te retrouver sur la ligne de départ?

Sébastien Ce qui me faisait peur, c'était de ne pas terminer la course, de ne pas être adéquat. C'est de ne pas avoir ce qu'il faut pour terminer cette course-là qui est la course d'ultracyclés la plus difficile au monde. Donc, c'est une course sur qualification, sur invitation. en 2022 on était 33 sur le fil de départ et là t'es avec des durs de durs qui ont tous mérité le droit d'être là historiquement t'as plus de 50% des gens qui ne terminent pas la course donc c'est 4800 kilomètres et ce qui rend cette course spéciale c'est un maximum de 12 jours donc si vous faites le calcul le plus lent que tu peux être, c'est 400 km par jour, 12 jours d'affilée, pas de journée de repos. Et ça, c'est pour être sur le cut-off. Donc, cette course-là se gagne en 8-9 jours, typiquement plus aux alentours de 10. Donc, on est à 450-500 km par jour. Et tu es sur le vélo 20 ou 22 heures par jour. Donc, c'est 10, 11, 12 jours d'affilée avec deux heures de sommeil. Donc, ce qui, évidemment, est très insuffisant. Mais par-dessus ça, tu ajoutes 500 km de vélo. Donc, c'est... Et par-dessus ça, un diabète de type 1. Oui, c'est ça. J'ai été la deuxième personne de l'histoire à terminer cette course-là avec le diabète de type 1 dans la catégorie solo. Donc, il y a une équipe de diabétiques qui l'avait faite en... Parce que tu peux le faire en solo, en équipe de 2, de 4 ou de 8. Donc, ça s'est fait par des diabétiques en équipe de 8, je pense, ou de 4. Mais dans la catégorie solo, c'était seulement la deuxième fois que ça arrivait. Donc, ce qu'il y a à dire de cette course-là, c'est que c'est une réussite collective. Parce que pour que ça, ça soit possible, moi, c'est une équipe de 10 personnes. On a travaillé sans haleine en amont. On est devenu une famille. Donc, c'est une rencontre par semaine pendant six mois. Tout planifié, la logistique, la nutrition, les échanges, les différents corps de travail, les rôles de chacun. Donc, c'est vraiment le highlight pour moi de cette course-là à quel point on a créé une culture, créé une mission. On a écrit un livre sur tout ça. Ça sort le 15 mars 2023. Donc, le livre s'appelle « Esprit d'équipe », et c'est cette idée-là de réussite collective. Puis, comment on a transformé une simple course de vélo en mission, en objectif commun. On a porté attention à notre culture, à nos valeurs. On sait pertinemment qu'il n'y a pas beaucoup d'équipes qui ont fait ça. C'est ça qui nous a démarqués. Ce n'est pas difficile apprendre à donner une bouteille d'eau à un cycliste qui passe. Donc, on savait que le principal enjeu, ça allait être, ou ce qu'allait faire la différence, c'est la force de l'équipe, la force de notre culture, puis comment on allait réagir dans des situations difficiles et puis avec les imprévus, comment on allait créer une équipe où c'était la mission qui était la plus importante. Moi, j'étais un joueur dans l'équipe. Mon plus beau souvenir, c'était d'arriver au fil de départ, d'arriver à Oceanside, 2-3 jours avant le début de la course. Tout le monde est au travail. On est 10 personnes qui travaillent 10 heures par jour pour tout mettre en place. Ce projet-là ne m'appartenait plus. Donc, au départ, j'étais l'instigateur. Là, c'était le projet à tout le monde. C'était magnifique. C'est un des beaux moments de ma carrière. Donc, c'est une course fascinante à vraiment plein de gares. Puis, je me répète, mais c'est ça pour moi qui est intéressant.

Loïc Excellent. J'avais déjà échangé avec Arnaud Manzalini qui l'a terminé. Alors, je ne sais plus s'il a encore le record français de la Race Across America, mais qui nous parlait en fait exactement ce que tu viens de dire, tu vois, de l'ampleur du fait du cut-off, de cette barrière horaire. c'est ce qui fait que le projet est extrêmement difficile lui il l'avait fait en solo et après je crois qu'il avait coaché une équipe un binôme mais bref il racontait il nous racontait ça je crois que le tout début tu traverses la vallée de la mort c'est ça, c'est une des toutes premières étapes il me semble

Sébastien ouais, ouais des températures, puis nous c'était une année particulièrement chaude mais sur eau il fait 40-42 degrés moi je dormais l'après-midi. Puis dès les premiers jours, ça ne prend pas trois jours avant qu'il y ait des abandons. Dès le premier 24 heures, tu as des abandons qui commencent. C'est une course qui demande tellement d'humilité parce que tu peux être en queue de peloton et puis aller beaucoup mieux que quelqu'un qui ne prend pas soin de son corps et des structures. En endurance, c'est ce que je fais maintenant qui détermine comment je me sens dans 6 heures, dans 12 heures, dans 24 heures. Donc, c'est tellement, tellement, il y a tellement de leçons puis de parallèles, tu sais, à faire avec ce qu'on fait dans nos entreprises à tous les jours. Mais c'est, oui, c'est difficile dès les premiers jours, dès les premières heures. Ça, c'est clair.

Loïc Est-ce que tu avais, toi, des paramètres sur ton radar, des choses physiologiquement, des sensations, ton état d'esprit que tu venais assécer, que tu gardais en tête, un peu comme des indicateurs pour savoir si ça allait ou pas ou sur lesquels il fallait être vigilant?

Sébastien Tout ce qui est sur le vélo, la vitesse, puissance, tout ça, tout ça va aux poubelles après 24 heures, c'est complètement futile. La seule chose qu'on regardait vraiment, c'était... Parce qu'après 48-72 heures, tu es un zombie. C'est l'équipe qui te dit quoi faire, où tourner. Tu n'as pas de GPS. Ce n'est pas toi qui gères les cartes. Ils te disent quoi manger, quand manger. Ils te disent... C'est eux qui planifient tous les arrêts. C'est des tout petits motels à même la route. Tu ne veux pas t'éloigner. Donc, je n'ai même pas la carte de la chambre. Je n'ai pas de mon cellulaire. Ils m'amènent dans la chambre, ils me nourrissent. Il y a la physio, il y a tout ça. C'est le lit, je m'endors. Puis c'est eux qui me réveillent au bon moment. Ils me remettent sur le vélo. On avait ce qu'on appelait nos moments de performance. Donc, c'était le Seb to bed et Seb to bike. Parce que tous les moments où je ne roule pas et je ne dors pas, c'est de la perte de temps. Parce que le compteur n'arrête jamais. Eh oui. Donc, eux gèrent tout ça. Donc, ce qu'il regarde, c'est mon état d'esprit, c'est mon état cognitif, ma vigilance. Il se pose une seule question, est-ce que c'est sécuritaire qu'il soit sur le chemin? Et à un certain moment donné, c'est sûr que ça passe un peu plus serré. Ton véhicule d'escorte a une grande responsabilité de te protéger, mais tu ne peux pas sillonner dans le chemin. Il faut que tu sois capable de rouler en ligne droite et de répondre à des questions faciles. mais c'est l'équipe qui décide si tu as le droit d'être sur le chemin. Wow!

Loïc OK, je n'avais pas forcément cette notion. Donc, quelque part, tu te confies complètement à eux. C'est-à-dire, toi, ton boulot, ce n'est plus que de pédaler, enfin, que de pédaler. On s'entend, voilà, l'effort est énorme ici, mais c'est-à-dire que tu t'appuies complètement sur ces neuf autres personnes qui sont impliquées dans le projet.

Sébastien Complètement. Moi, je l'ai toujours dit, au début, c'était mon projet, je suis allé instigateur, J'étais le leader du projet. Puis la course commençait le 14 juin. J'ai toujours dit, moi, le 14 juin, je tombe en vacances. Le 14 juin, c'est vous qui êtes en charge de tout, qui êtes responsable de tout. Donc, tu avais une création de mission puis de culture qui était essentielle au début. Ensuite de ça, une appropriation des rôles, une appropriation de la mission, une compréhension de son rôle, une compréhension de la codépendance entre tous les rôles. Donc, tout ça, tout ça, tout ça pour arriver au… et tout ça doit arriver avant le départ de la course. Ce que je leur avais dit, moi, je veux complètement m'abandonner à l'équipe. Pour moi, c'est une grande expérience de leadership, de création de confiance, de tout ça. Ça a été un laboratoire incroyable. Et puis, pendant la course, j'ai des souvenirs, les deux, trois premiers jours, tu étais encore là, puis tu essaies de prendre des décisions ou tu essaies d'aider. Moi, je voulais que tout le monde... Tu sais, moi, j'ai pas d'enfant, mais j'ai une fit paternelle quand même, puis je m'assurais que tout le monde allait bien, puis ça les fâchait. Là, ils étaient là. Puis là, tu te tais, puis tu te pédales. Puis après trois jours, je pense, tu es tellement impuisé, tu deviens complètement docile. Et eux, eux, mon préféré après deux, trois jours. Au début, j'étais beaucoup plus facile à gérer. Excellent, excellent.

Loïc Est-ce que toi, il y a un moment de cette épreuve complètement hors norme qui t'a vraiment marqué?

Sébastien C'est clair, c'est le jour neuf. Moi, je me suis complètement effondré. Le corps a lâché. Psychologiquement, tout a lâché aussi. Tu es dans un état de fatigue extrême. Quand l'esprit lâche après le corps, c'est extrêmement dangereux parce que là, tu peux te faire mal. mais le corps finit toujours par gagner, donc moi ça a été un shutdown complet l'équipe a tout réorganisé donc on est passé d'un mode performance à il faut terminer, donc on a oublié les premières positions le top 5, on s'est dit il faut terminer à l'intérieur des 12 jours eux ont tout réorganisé la logistique en fonction de ça donc ce qui ressort c'est que moi j'étais prêt à tirer la serviette J'ai dit à l'équipe, ça n'avance plus. Mais je n'étais pas dans un état psychologique pour prendre des décisions. Donc, eux ont fait tout ce qu'il fallait pour sauver notre RAM. Et ce moment-là, pour moi, il est vraiment précieux parce que c'est là où tu comprends la puissance de l'équipe et d'avoir les bons joueurs, puis des joueurs qui sont en contrôle, des joueurs qui sont dans leur force, des gens qui n'ont pas peur de prendre le leadership quand il faut le prendre. Ce qu'ils ont fait pour moi et pour nous, à ce moment précis-là, ça a tout changé.

Loïc Wow! Et la ligne d'arrivée, une fois que ça a été franchi, les émotions, ça ressemblait à quoi?

Sébastien Encore une fois, c'était une récite collective. J'étais fier de ce qu'on avait accompli. Je ne dirais jamais assez. On est passé d'une équipe de, pas 10 inconnues, mais moi, je connaissais tout le monde. J'ai choisi chaque personne meticuleusement. On parle de ce processus-là dans le livre. C'est comment j'ai choisi l'équipe. C'est un gros morceau, ça. mais eux ne se connaissaient pas tous donc on est passé d'inconnus à équipe haute performance, à famille même donc ce sentiment-là d'avoir réussi quelque chose un exploit unique, extraordinaire ensemble, pour l'équipe de support c'est extrêmement difficile, on ne dort pas dans des rythmes puis eux non plus ne donnent pas beaucoup, ils donnent plus que le cycliste mais on se déplace à 500 km par jour Donc, quand tu fais un chiffre de travail dans le véhicule d'escorte de 12 heures, puis que tu es de retour dans le véhicule d'escorte 12 heures plus tard, bien, il faut que tu avances de 500 kilomètres pendant ton congé de 12 heures. Puis, il y a des choses à faire, de la mécanique, des courses, tout ça. Donc, les heures de sommeil sont très restreintes même pour eux. Donc, on était une équipe de recrues, un cycliste recrues. Donc, on a été dans les équipes qui ont terminé, tu sais. Donc, dans le premier tiers, on a fait quelque chose de remarquable. C'est ça le feeling à la fin de la course.

Loïc Wow. Alors, petite question, je viens d'y penser. Tu parlais de lucidité, qu'à partir du troisième jour, tu étais en mode un peu zombie. vis-à-vis de ton diabète du coup comment ça s'est passé parce que tu avais forcément des décisions à prendre aussi sur notamment tu vois sur l'insuline sur ta nutrition et tout est-ce que c'est eux qui ont géré cette partie là aussi qui te disaient quoi faire

Sébastien et quand ? Oui c'est la première fois de ma vie que j'ai tout transféré la gestion de mon diabète à quelqu'un d'autre, la première fois j'ai tout le temps tout géré parce que c'était possible et là, on a eu des pépins au nouveau diabète parce qu'eux, avec la technologie qui existe maintenant, pouvaient avoir ma glycémie en temps réel sur leur téléphone mais le problème, c'était la réception cellulaire qui était très mauvaise parce qu'on passe par des endroits assez reculés donc à un moment donné, ça ne fonctionnait plus du tout puis quand j'essayais de la gérer, c'était encore pire et là, ça c'est pendant la course mentalement que je décide et que j'accepte surtout que je n'étais plus capable de faire ça c'est une grosse partie de mon identité gérer ça et bien le faire et je reviens à la puissance de l'équipe eux l'ont géré comme ils pouvaient l'ont appris rapidement et à un moment donné je me suis rendu compte quand c'est eux qui s'en occupaient c'était beaucoup mieux que moi dans ce contexte-là. Mais c'est ça, je leur faisais confiance. La confiance, ce n'est pas donner ou mériter, c'est construit tranquillement tous les jours dans plein de petites actions, jamais dans les coups d'éclat. Leur rigueur, leur engagement, tous les jours, jusqu'à la fin, sans aucune baisse d'engagement, de motivation ça a été extraordinaire ça a été vraiment extraordinaire

Loïc ce qui serait fabuleux c'est d'arriver à transférer cet engagement total de chaque instant à des univers par exemple au monde de l'entreprise je pense que peut-être la différence c'est quoi tu dirais, c'est la mission c'est-à-dire que là associé à ce projet de la RAM il y avait une mission très claires qui dépassaient un peu le cadre de chacun. Et en entreprise, on n'a pas forcément tout le temps ce but ultime, ce qui fait un peu rêver, qui apporte du sens. Je dirais que c'est ça le...

Sébastien Oui, mais ça prend plusieurs ingrédients, je pense. Je passe mes journées à penser à ça, à parler de ça. Ça prend une mission. Il faut que la mission résonne pour chaque employé. donc ça prend les bonnes personnes les bonnes personnes doivent être assises au bon endroit aussi souvent quand on a des gens qui performent moins bien tu sais c'est tellement complexe les processus d'embauche dans nos entreprises c'est des entrevues on engage les meilleurs donc pourquoi six mois plus tard il y a des gens qui sont deux ans plus tard sont démotivés, des fois c'est qu'ils ne sont simplement pas assis au bon endroit Donc, il faut que la mission résonne. Il faut, une chose importante, il faut que sa quête personnelle soit alignée avec la quête professionnelle. Il faut que ce soit la même chose. Donc, évidemment, au travail, l'expression de cette quête-là peut prendre une forme différente au travail. mais si les deux quêtes sont alignées et j'ai pas l'impression que mon travail c'est quelque chose que il faut que j'aille faire pour gagner des sous, puis ensuite de ça je peux me concentrer sur ce qui me rend heureux là ça va déjà beaucoup mieux, donc que mon travail soit l'extension ou une forme différente de ma quête personnelle ensuite de ça, bien il faut que je sois dans un rôle où je peux utiliser mes forces puis où je me sens important puis je sens que je contribue, il y a rien de plus démotivant qu'avoir l'impression que ce que je fais, ça sert à rien. Donc, il y a une mission forte, une mission qui change le monde. Je me sens important, je sens que je contribue, je sens qu'il y a des progrès constants, je vois des impacts concrets sur les gens qu'on essaie de servir, puis je suis dans quelque chose qui me rend fier. J'ai tous ces ingrédients-là. La chose aussi qu'il faut se dire, arrêtons de vouloir être ultra motivé, ultra engagé, 100% du temps, dédramatisons, désarmons cette chose-là. C'est normal une mauvaise journée. C'est normal une petite baisse de motivation. Il ne faut pas tirer sur le parachute à chaque fois. Pendant la traversée du Canada à la course, on se disait toujours, il ne faut jamais emmener hier dans aujourd'hui. Donc, si j'ai une journée démotivée, c'est normal. Ça se peut que j'aille une semaine. Ça se peut que j'aie un trois mois démotivé pour plein de raisons. acceptons de ralentir un petit peu, acceptons que ce soit moins fun, acceptons que c'est une passe difficile. En ultracyclisme, moi je l'ai vécu beaucoup, c'est super cyclique. Donc, comment tu restes sur le vélo 22h, t'as des cycles où physiquement et psychologiquement ça va moins bien puis ensuite de ça, ça revient. Et c'est en boucle, ça n'arrête jamais. Tu ne sais jamais quand le mauvais cycle va finir. Des fois, c'est une petite chose qui change tout, puis tout repart. Donc, à condition de ne pas arrêter, de ne pas abandonner. Et puis, aussi de retourner à la base pendant ces cycles-là. Moi, c'est la nutrition, l'hydratation. Accepter de ralentir. C'est le corps qui veut se réparer un petit peu. Donc, plutôt que de me flageller et de me... Non, là, au travail, ça va un petit peu moins bien. Je suis un petit peu démotivé. je vais accepter le ralentissement, je vais mastiquer ça, je vais explorer ça, je vais retourner à la base, je vais bien faire les choses. Puis soit il faut que je change ou soit que ça va revenir.

Loïc Super point. Ça me fait penser, alors c'est plus appliqué, je dirais peut-être au monde de l'entreprise que du sport, mais ça fait quand même écho à ce que tu dis. J'ai lu un livre il n'y a pas longtemps qui s'appelle Mind Management, Not Time Management. c'est de David Kadavi peut-être que tu connais et qui parle de ça en fait de cette notion de c'est vrai que pendant longtemps j'ai l'impression que c'est en train de changer mais pendant un bon moment peut-être sur ces 10-15 dernières années on nous parlait beaucoup de productivité de time management tu vois les super tips les super applications pour remplir ses journées efficacement et en fait lui le constat du Calipar qui est tellement vrai c'est ce que tu viens de dire c'est que toutes les heures se valent pas il y a des fois où, ben, juste, t'es pas créatif, t'es pas productif, t'es pas motivé, voilà, et donc, et donc, il faut aussi accepter et embrasser le fait que, ben, on a des fluctuations dans la journée et donc, ben, en fait, la bonne approche, c'est peut-être de les prendre en compte plutôt que d'essayer de les contraindre un peu comme dans le sport, tu vois, tu peux pas tout le temps être à bloc quand ça va pas, il faut peut-être, comme tu dis, apprendre à ralentir plutôt que de se flageller et de vouloir persévérer, tu vois, c'est un super point.

Sébastien Quand quelqu'un s'entraîne, il y a des cycles, la périodisation de son entraînement. Et après quelques semaines, on a augmenté le volume et l'intensité. Il y a toujours la fameuse semaine de repos, où on réduit drastiquement le volume et l'intensité. Donc, on n'arrête pas de bouger complètement, mais on réduit drastiquement le volume et l'intensité. Les athlètes adorent cette semaine-là, la reçoivent avec énormément de bonheur et n'ont pas l'impression de devenir plus lent. Au contraire, ils savent que grâce à cette semaine-là, ils se reconstruisent et puis ils peuvent attaquer le prochain gros bloc. Donc ça, c'est un acquis. Mais dans nos entreprises, il faut être à 100%, 100% du temps ou à 120%, 120% du temps. C'est l'impression qu'on se donne des fois. C'est insoutenable, c'est impossible, c'est utopique, ça ne sera jamais ça. Donc, ça, c'est quelque chose qu'on peut vraiment amener, qu'on devrait amener plus dans nos organisations. Je pense, une périodisation de l'effort. On a un gros projet, il va y avoir un rush, il va y avoir des semaines super occupées. Et ensuite de ça, on se donne, on se permet une semaine où on travaille un peu moins fort. Peut-être que c'est une semaine de trois ou de quatre jours. C'est super normal. On repose tout le monde avant de remarquer dans un grand cycle.

Loïc chez Apple on avait un enfin on avait quand j'y étais il y avait un moto qu'on utilisait souvent une espèce de slogan qui était slow down to go fast c'est un peu ça tu vois ça me fait penser d'ailleurs à ton Everest pour finir sur ce sujet Everest c'est pareil en fait tu montes à un camp tu redescends au camp en dessous pour récupérer ton effort tu remontes un peu plus haut tu redescends pour récupérer mais l'objectif reste le même c'est atteindre ce sommet à 8 848 mètres mais tu ne vas pas d'un bloc et à fond tout le temps, tu es obligé pour maximiser les chances de succès de redescendre et de baisser le rythme régulièrement. Super intéressant. Cool. Excellent. Et bien du coup, pour conclure cet échange absolument passionnant, la suite, qu'est-ce que c'est pour toi ? C'est quoi la mission de ta prochaine énorme aventure, exploration, expédition ? À quoi ça va ressembler ?

Sébastien J'ai adoré la Race Across America. Donc, ça, c'est une expérience qui est sur mesure pour moi. J'ai adoré bâtir l'équipe, avoir une équipe, gérer l'équipe, devenir une famille. J'adore mon métier de conférencier en ce moment, mais ça m'a fait me poser la question, est-ce qu'un jour, je voudrais faire une transition, retourner en entreprise et puis avoir une équipe? Donc, l'entièreté de l'expérience, pour moi, est complètement hallucinante et riche et on a tous tellement grandi. Donc, je veux le refaire. Peut-être en 2024. Parce que là, 2023, quand tu termines la course, tu es automatiquement qualifié pour l'année suivante. Mais là, je n'avais pas l'énergie. L'énergie pour la course, pour l'entraînement peut-être, mais tout le volet, comment dites, le volet bâtir le projet, le volet, en fait, qui fait que toutes tes soirées, ils passent pour la prochaine année. Puis, je voulais pas m'inscrire à cette course-là et mettre un X sur toutes mes soirées, mes week-ends pour un autre 12 mois. Ça, je voulais vivre, je voulais voir d'autres choses, faire d'autres choses. Donc, cette année, je veux faire des choses différentes. Il y a un 12 kilomètres à la nage à Mont-Tremblant. Donc, ça, j'aime ça parce que c'est quelque chose de complètement différent. C'est un entraînement différent. C'est une culture différente. Et puis, il y a un 800 kilomètres à vélo qui est une qualification pour le Race Across America parce que là, je vais devoir me qualifier si je veux y retourner deux ans plus tard. Donc ça, ça serait les... Mais le 800 kilomètres, c'est une trentaine d'heures. C'est un projet plus facile à gérer. C'est un seul week-end. L'entraînement peut se faire l'été. Bon, tout ça. donc c'est ce qui va me garder occupé cette année

Loïc excellent, super pour les gens qui voudraient te suivre le mieux c'est quoi ton site internet, Instagram LinkedIn, un mix de tout

Sébastien tout ça, Instagram LinkedIn, c'est les deux les deux réseaux sociaux où je suis le plus actif je suis facile à trouver, Seb Inspires Sébastien Sasseville sur LinkedIn et puis mon site web pour tout ce qui est conférences, la nouvelle expérience immersive d'ailleurs. Donc ça, ça a été super intéressant à créer cette année, d'aller au-delà d'une conférence ordinaire, entre guillemets, mais créer un environnement où les gens ne regardent plus une photo de crevasse, mais ils sont sur la montagne avec des projections 360 et puis des effets sonores et la musique et puis tout ça. Donc on pense vraiment d'une conférence à un spectacle, mais c'est ultra inspirant c'est conçu pour l'entreprise donc c'est très unique donc ça aussi tout ça c'est sur mon site web sebinspire.com

Loïc excellent y compris ton livre un pas à la fois choisir l'obstacle qui nous fait grandir donc je mettrai les liens en description de l'épisode moi je voulais te remercier énormément c'était juste passionnant moi je repars avec plein de choses tu vois sur tes trois les trois piliers principaux le pouvoir du premier pas faire des choses difficiles le pouvoir des petits pas mais aussi une meilleure compréhension de ce qu'est le diabète de type 1 ce que ça implique et puis finalement je pense que la seule vraie leçon le seul enseignement avec lequel je repars c'est que finalement absolument tout est possible étant donné l'illustration t'as fait des choses complètement incroyables avec un diagnostic médical à 22 ans qui aurait pu te faire dire c'est fini, j'aurais pas la vie que je voulais avoir, que je rêvais d'avoir non, tu l'illustres à travers tes défis merci beaucoup pour ton temps merci pour cet échange super inspirant et puis je te dis, j'espère pourquoi pas une prochaine sur une RAM sur une RAF si tu viens en France ou un autre défi au Canada ou ailleurs, qui sait, ou une conférence mais un de ces jours sans doute

Sébastien merci à toi merci Léaïk

Loïc merci d'avoir écouté l'épisode dans son intégralité J'espère que vous avez pris autant de plaisir que ce que j'en ai eu à l'enregistrer. Si vous avez des feedbacks, vous pouvez me contacter sur le compte Instagram du podcast lesfrappés.podcast ou par email à hello.lesfrappés.com Je fais mon maximum pour que vous viviez de super expériences audio avec mes invités. Chaque épisode demande beaucoup de temps et d'énergie. Si vous appréciez mon travail, la meilleure façon de me soutenir, c'est de partager cet épisode à au moins 3 personnes qui aiment se dépasser. Si vous écoutez le podcast sur Apple Podcast ou Spotify, prenez quelques secondes de votre temps maintenant pour m'y laisser une note 5 étoiles et un commentaire. Merci beaucoup pour votre fidélité, à la semaine prochaine pour un nouvel invité. Sous-titrage ST' 501

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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