Jeanne Même si ça dérange, même si ça embête l'autre, il y a toujours une raison à la peur et au bonheur. Donc tout ça, l'accueillir, l'accepter, sans théoriser, c'est vraiment juste vivre vraiment les moments dans lesquels aujourd'hui on se trouve.
Invité 1 Bienvenue sur le podcast Jeanne.
Jeanne Écoute, merci, c'est gentil.
Invité 1 Très très heureux de t'accueillir. Je suis un patient d'échange avec toi. Alors on va parler, comme d'habitude, dépassement de soi, résilience, détermination, mais dans un contexte un peu différent. Et moi, je suis vraiment content parce que c'est vrai que récemment, on a eu plutôt des invités avec lesquels les sujets, en tout cas leur discipline, c'était plutôt des disciplines intenses, notamment des sports qui se font sur des durées courtes, mais à un niveau d'intensité élevé. Et toi, on va définitivement parler des mêmes sujets, résilience, détermination, dépassement, mais avec une approche un peu différente et plutôt cette éloge de la lenteur dont tu vas nous parler. Je te laisse peut-être commencer par te présenter, nous dire qui est Jeanne.
Jeanne Eh bien écoute, Jeanne est une trentenaire passionnée de sport depuis toujours, je pense, pour être tout à fait franche. J'ai d'abord fait du rugby, puis fait du crossfit, avant de me découvrir une passion fulgurante pour la marche au long cours. Donc tu vas me dire la marche, la randonnée, qu'est-ce qu'il y a de différent avec la marche au long cours ? Eh bien c'est une discipline qui est plus connue aux Etats-Unis, pour être tout à fait franche, et ça va être se déplacer uniquement au moyen de ses jambes sur une période, on va dire, importante, qui va de l'ordre de plusieurs milliers de kilomètres et donc de potentiellement plusieurs mois. Donc voilà qui je suis.
Invité 1 Aux Etats-Unis, c'est excellent. Aux Etats-Unis, il y a une appellation en particulier pour cette discipline ?
Jeanne Ils appellent ça du through hike. Donc c'est quelque chose de l'ordre de la randonnée qui va plus loin, qui traverse, tu vois, quelque chose. Mais je pense que c'est vraiment de l'ordre de l'introspection, quand on attaque une randonnée comme ça un peu au long cours. Évidemment, on va être seul avec soi-même pendant longtemps, beaucoup de kilomètres, beaucoup d'heures par jour. Et en règle générale, pendant plusieurs mois. Donc il y a peut-être quelque chose de l'ordre de l'introspection, en effet, de la réflexion plus loin que soi, plus loin que juste une randonnée, on va dire, à la journée. Ou une micro-aventure, c'est quelque chose de l'ordre de l'aventure. Alors je ne traverse pas le pôle Nord, mais je me retrouve toute seule pendant longtemps avec ma tante et mon sac à dos. Donc peut-être que oui, en effet, on est sur de la résilience. Ça semble être bien.
Invité 1 Comment s'est fait le déclic pour toi ? Comment est-ce que tu as découvert cette discipline ?
Jeanne Un coup de chance. On va dire que j'ai toujours entendu parler des chemins de Compostelle, sans prévalence religieuse, puisque moi, je ne suis absolument pas religieuse. Mais j'en ai toujours entendu parler, j'en ai jamais eu envie. Et puis, c'est apparu comme un besoin et comme une évidence de couper avec la vie de tous les jours, de couper avec tout ce qui m'entourait à ce moment-là. Et donc, en septembre 2019, j'ai décidé de prendre un sac à dos dans lequel j'ai mis quelques fringues et j'ai décidé de marcher 1600 kilomètres alors que je n'avais absolument jamais marché de toute ma vie, quoi.
Invité 1 Wow ! Qu'est-ce qui fait que tu as décidé de partir sur Compostelle plutôt qu'un autre chemin ?
Jeanne Ça va être vraiment des questions techniques. Comme je te l'ai dit, je n'ai jamais marché de ma vie avant de partir sur Compostelle. Donc, je ne sais pas comment on fait. Je n'ai aucune idée de combien de kilomètres on fait par jour. Je ne sais pas si mon corps serait capable de le faire. Et je n'ai pas de tente, je n'ai pas de fringues. Vraiment, je pars totalement. Enfin, je pars avec deux jeux de sous-vêtements et un pantalon de rando acheté la veille, quoi. Donc, c'est pour te dire que je n'avais vraiment rien. Et donc, Compostelle, c'est hyper pratique. Il y a tout. Il y a les hébergements. Il y a les livres qui te disent combien de kilomètres tu dois faire dans la journée. Il y a du monde sur le chemin qui te permet de ne pas être totalement tout seul. Et puis, de te découvrir au travers d'autres personnes. Donc, au travers de discussions, au travers de situations un petit peu drôles. Et moi, j'ai vraiment décidé de faire Compostelle parce que c'est un chemin qui est long, mais qui est un chemin entre guillemets facile. Là, il n'y a pas beaucoup non plus de dénivelé. Il y a des hébergements tous les 15-20 kilomètres. Bref, ça reste très accessible. Et donc, pour une première expérience de voyage en long cours, ça me semblait être la façon la plus simple pour moi de partir sans me mettre trop en porte-à-faux, on va dire. Je sortais de ma zone de confort, mais pas non plus au point de me stresser pour ça, quoi.
Invité 1 Oui, c'est ça. C'est-à-dire que tu restais dans un environnement, si jamais les choses ne se passaient pas comme prévu, tu avais des échappatoires assez facilement sans que ça devienne déraisonnable.
Jeanne Oui, c'est exactement ça. Moi, je ne suis pas une aventurière. Je ne vais pas sauter de la Tour Eiffel. Je ne vais pas partir, je ne sais pas moi, traverser le Sahara. Je ne suis pas une aventurière. Je n'ai pas cette prétention. Et puis, en plus, ça ne m'intéresse pas. En tout cas, je ne me sens pas attirée par ça. Par contre, je me sentais vraiment attirée par le besoin d'être seule, par le besoin de reconnecter avec la nature et puis avec moi. Et donc, la facilité technique m'a permis, en fait, juste de passer le cap. Il y a tellement de freins pour partir longtemps comme ça, juste avec un sac à dos et ses jambes, que disons que j'ai minimisé les freins en partant sur un chemin qui me semblait faisable et puis qui ne me stressait pas et qui ne nécessitait pas une organisation hors du commun. De toute façon, je ne savais pas comment m'organiser. Donc, il fallait bien que je commence par quelque chose. C'était parfait. Franchement, c'était le bon pied au bon étrier. C'était parfait.
Invité 1 C'est marrant parce qu'à t'écouter nous raconter ça, on a l'impression que tu es parti. Enfin, tu dis que tu n'es pas une aventurière, mais Compostelle, c'est quand même une sacrée aventure. 1600 kilomètres, ça a fait combien de temps de randonnées d'ailleurs ? Enfin, de marches ?
Jeanne Alors, 1600, je ne saurais pas te dire parce qu'au final, j'en ai fait un peu plus de 2000. Je suis partie pour 1600 kilomètres et puis arrivé pas très loin de Compostelle. Je n'avais pas très envie d'arriver. Donc, je me suis rajouté 400 kilomètres de plus. Donc, j'ai fait un peu plus de 2100 kilomètres en tout et j'ai mis 71 jours. Donc, voilà, j'ai bien marché. Ça, c'est le moins qu'on puisse dire. Après, je pense qu'on a tous dans l'idée, je ne sais pas, l'image de l'aventurier, un peu tout fou, un peu qui ne peut pas être nous, tu vois. Alors que moi, je suis juste moi, quoi. Donc, c'est clair que c'est une aventure à mon niveau. C'est une aventure qui est accessible à tous et qui vaut sincèrement le coup d'être vécu. Je pense que c'est aussi ça le petit message aujourd'hui, c'est de se dire qu'au moindre niveau, juste de prendre le temps pour soi et d'oser se lancer et donc de s'écouter. C'est déjà une aventure en soi. Tu as raison, en fait. C'était déjà une petite aventure.
Invité 1 C'est super intéressant parce que tu parlais des freins. Je serais curieux de savoir qu'est-ce qui fait que pour toi, septembre 2019, ça a été le moment où tu as pu aller au-delà des freins potentiels que tu avais et être lancé sur 70 jours d'aventure sans expérience préalable ?
Jeanne C'est une bonne question. J'ai fait fi des freins. Ce qui, pour moi, pouvait jusqu'alors être un frein, un questionnement qui me stressait, avait plus lieu d'être parce que j'étais vraiment… J'étais tiraillée dans ma vie de tous les jours, dans mon emploi, dans ma situation. Je n'avais plus envie de rester là où j'étais. Et donc, à ce moment-là, les freins de cette aventure-là n'existaient plus. Je m'étais déjà un peu renseignée depuis, on va dire, quelques mois sur Compostelle, sur le chemin, pas sur la randonnée au long cours parce que je n'étais pas consciente que ça allait être si long et que ça allait être tant de kilomètres. Mais j'avais un peu regardé l'itinéraire. Bref, je m'étais un tout petit peu renseignée. Et puis, j'en avais un peu parlé autour de moi. Ce n'était pas non plus la grosse surprise. Mais par contre, quand j'ai décidé de partir, ça a été du jour au lendemain. J'ai réservé un covoiturage. Le lendemain, j'étais au Puy-en-Velay. Le surlendemain, je partais pour 71 jours de randonnée. Donc, les freins, ils ont disparu dès lors que j'ai ressenti le besoin de partir.
Invité 1 Ok. Donc, ça répondait vraiment à un appel. C'était ce qu'il fallait que tu fasses à ce moment-là.
Jeanne Exactement. C'était vraiment ce qu'il fallait que je fasse à ce moment-là pour me sortir d'une torpeur sociale, environnementale, peut-être intellectuelle. J'avais juste besoin de sortir de ma zone de confort. Et je n'arrivais pas à le faire dans la situation dans laquelle j'étais. Donc, pour moi, j'ai toujours voyagé. Il me fallait voyager. Mais je n'avais pas envie de voyager comme avant. Donc, l'un dans l'autre, un peu d'activité physique, un peu de voyage, quelque chose sans impact carbone, puisque tout à la force de mes jambes. Ça semblait être tellement parfait que je n'ai pas réfléchi à combien de kilomètres, où est-ce que je vais dormir, qu'est-ce que je vais manger et comment ça va se passer quand il va pleuvoir. Et les jours où j'ai mal aux pieds, est-ce que je vais avancer ? Tout ça, en fait, je ne sais pas, ça s'est répondu. On va dire presque naturellement, je me suis posé les questions, évidemment, mais ce n'est pas ce qui m'a arrêtée. Et c'est aussi pour ça, aujourd'hui, que je t'en parle et que j'en parle aux gens. C'est parce que tous ces freins qu'on se met, au final, c'est juste des questions. Et souvent, on y répond sur le tard. Il suffit juste de se faire confiance. Il suffit juste d'oser. Et suite à ça, en règle générale, on a la réponse en non. Franchement, c'est juste qu'on ne sait plus s'écouter.
Invité 1 Oui, c'est super intéressant, parce que c'est vrai que c'est quelque chose que j'entends beaucoup avec les invités qu'on reçoit sur le podcast. Le fait de réapprendre à s'écouter et d'oser se lancer, foncer, même si le projet n'est pas parfait, même si le projet n'est pas complètement prêt, même si, visiblement, il est un peu fou. Mais c'est un petit peu le message qui revient de tous ces invités complètement frappés qu'on reçoit. Donc, c'est cool de te l'entendre dire aussi. Et du coup, la question que j'ai envie de te poser, c'est qu'est-ce que tu as trouvé pendant ce voyage ou à l'issue de ce voyage, une fois que tu as eu suffisamment de recul ? Est-ce que tu as eu les réponses aux questions que tu cherchais ? Tu parles beaucoup de l'introspection. C'est un format qui t'a permis de faire ce que tu avais envie de faire vis-à-vis de toi-même ?
Jeanne Oui, je pense. Comment te dire ? Qu'est-ce que j'ai découvert ? Déjà, j'ai rencontré des personnes fabuleuses, des gens qui sont aujourd'hui de vrais amis.
Invité 1 Sachant que tu es partie solo au début, mais les rencontres, tu les as faites en chemin, c'est ça ?
Jeanne Exactement. Je suis partie seule et j'ai fini seule. C'est-à-dire qu'on rencontre des gens, on les quitte, on les retrouve. Et tout ça, c'est assez magique avec une certaine autonomie. Donc, tout ça, c'est, on va dire, le premier pont. Voilà, j'ai rencontré des personnes juste merveilleuses qui m'ont permis de beaucoup me questionner sur moi, mais aussi sur la vie que les gens mènent en règle générale et de prendre les positifs et les négatifs un peu chez tout le monde. Donc, ça, c'est chouette. Après, au retour, on va dire qu'on a plein de questions. On a eu le temps de s'en poser des questions. Quand on fait 2000 bornes tout seul, même si on discute de temps en temps, on a le temps de se poser des questions, de se demander ce qu'on veut faire demain et comment on veut vivre et pourquoi on a un tel impact sur la planète. Évidemment, on se les pose en boucle. Je n'ai pas trouvé de réponse, évidemment. Sinon, ce serait trop facile. On partirait tous marcher 2000 bornes et puis on aviserait à la fin. Donc, non, il n'y a pas de réponse toute faite. Il n'y a pas de réponse prémâchée. Je pense juste que j'ai appris à me connaître moi, à me faire confiance, à renouer avec une personne que j'avais un peu délaissée ces dernières années. Et puis, j'ai appris à prendre le temps. J'ai appris à ne plus précipiter, à accepter de ne pas avoir les réponses et de les trouver plus tard ou de ne pas les trouver du tout, en fait. Est-ce que c'est si grave que ça de ne pas les trouver ou d'accepter de prendre le temps ? Je ne crois pas. Je crois qu'en fait, elle est là. La réponse première, elle était de se retrouver soi pour ensuite faire front et accepter la vie qui est mienne, qui est nôtre. Il n'y a que ça comme réponse. C'est vraiment un moment où face à un manque de confiance en soi qui était, on peut dire, très existant chez moi, j'ai appris à renouer avec mes sensations, avec mes envies, avec mes peurs aussi. Je n'affrontais pas mes peurs. Aujourd'hui, je suis consciente et je suis capable de dire non mais j'ai peur ou je n'ai pas envie ou je ne le sens pas. même si ça dérange, même si ça embête l'autre, il y a toujours une raison à la peur et au bonheur. Donc tout ça, l'accueillir, l'accepter sans théoriser, c'est vraiment juste vivre vraiment les moments dans lesquels aujourd'hui on se trouve. Peut-être que juste j'ai appris à m'écouter et que ça aujourd'hui, c'est ce qui fait sens dans ma vie.
Invité 1 Et cet état d'esprit, tu dirais que c'est quelque chose qui est venu en cours de route ou c'est-à-dire en cours de route, sous-entendu, sur Compostelle ou c'est quelque chose dont tu t'es rendu compte après coup, une fois de retour chez toi et confronté à nouveau à la réalité, on va dire, hors des sentiers.
Jeanne Je pense que depuis le début, je le portais en moi. C'est-à-dire qu'on ne se découvre pas. Je pense qu'on ne change pas du tout au tout. On ne se découvre pas on réapprend à se connaître. Donc, il y a des choses que je savais déjà que j'ai théorisées pendant la randonnée en me disant je voudrais être comme ça quand je rentre. Il faut que j'arrête de me faire happer par les réseaux sociaux, par la vie de tous les jours, que je prenne plus de temps pour les loisirs, pour bref, un milliard de choses. Et puis après, on rentre dans la vraie vie et puis de nouveau, on se fait happer par tout ça. Mais au moins, on a pris conscience de certaines choses, de ce qu'on ne voulait absolument plus et ce avec quoi on allait encore aujourd'hui. De temps en temps, on se fait happer par un film, de temps en temps, on se fait happer par les réseaux sociaux, par la vie de tous les jours où on ne prend pas le temps. Mais on le prend quand même un peu plus et puis on le fait plus consciemment. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je n'ai pas eu le temps de faire tout ça ou en tout cas, je n'en ai pas profité mais j'en suis consciente. Je ne me laisse plus déborder par la société ou par la frénésie de la société. Je suis un peu plus consciente de tout ça. Donc, c'était déjà en moi d'une façon ou d'une autre. C'était déjà en moi. Par contre, j'ai dû mettre le doigt dessus et aujourd'hui, je le souligne aussi.
Invité 1 Dans ce que tu expliques, j'ai l'impression que c'est ce que tu dis. C'était déjà en toi mais quelque part, ce voyage initiatique t'a permis d'en prendre conscience et même si tu n'as pas radicalement changé tes habitudes, de ce que je comprends, en tout cas, tu fais les choses avec plus de vigilance sur où est-ce que tu investis ton temps et ce qui mérite de devenir un souci ou pas.
Jeanne Je pense que je fais surtout plus en me respectant moi, mes valeurs, mes besoins, mes envies et en me faisant moins happé par toutes les cases sociales auxquelles tu veux répondre pour x ou y raison. t'es une nana, tu portes du rose, tu as fait des études, il faut que tu trouves un métier dans cette branche. Tout ça, c'est des choses qui nous ont été imposées tellement longtemps et depuis tellement longtemps qu'en fait, aujourd'hui, j'essaie juste de me respecter moi avec ce que je pense et si de temps en temps, évidemment, je peux faire, je ne sais pas, je peux enfreindre une de mes valeurs en allant, je ne sais pas moi, acheter dans un supermarché. Je ne sais pas ce que je pourrais dire comme bêtise mais évidemment, on n'est pas parfait c'est évident, personne n'est parfait et ça aussi, on apprend à l'accepter de ne pas être à 200% parfait et de ne pas donner l'impression d'être tout le temps parfait, tout le temps au taquet, accepter d'être fatigué, accepter de ne pas avoir la motive. Tout ça, c'est des choses qu'on prend aussi en considération quand on se respecte en fait. Quand on se fait confiance, on se respecte plus et quand on se respecte plus, on arrête d'aller contre soi, contre ce qu'on pense et contre ce qu'on ressent. Donc oui, il y a quelque chose de cet ordre-là que si ce n'est j'ai découvert, en tout cas j'ai renoué.
Invité 1 Excellent. Ça fait une belle histoire pour une première aventure sans expérience précédente et on peut dire que tu en as vraiment tiré profit.
Jeanne Ouais, franchement, ça a été une expérience de dingue. tout l'intérêt de ce chemin, c'est qu'il m'a permis de me retrouver, me rencontrer et puis ça m'a donné envie de continuer. donc l'un dans l'autre, porter des valeurs qui me sont chères et ouais, me battre pour des choses qui aujourd'hui, à mes yeux, en valent la peine. Donc ouais, je me suis retrouvée et maintenant, c'est que du bonheur.
Invité 1 Génial. Ouais, en tout cas, ça fait plaisir à entendre. Et tu as eu des moments forts sur ce chemin parce qu'on a pas mal parlé de la partie, on va dire, un peu plus introspection, le besoin qui a motivé le départ, mais ça reste plus de 2000 kilomètres dans ton cas, plus de 70 jours de marche, donc je serais curieux de savoir s'il y a eu, enfin, quelle surprise est-ce que tu as eu en cours de route ? Je suppose qu'il y a forcément des choses que tu n'avais pas anticipées vu ton expérience précédente et comment est-ce que tu as géré tout ça ?
Jeanne Je ne sais pas comment je l'ai géré. Ça s'est géré au fur et à mesure. J'ai commencé à avoir froid, j'ai été rattrapée par la pluie. Ça se gère au fur et à mesure, en fait. La vie, le destin est tellement bien fait qu'on a une capacité d'adaptation, déjà, pour commencer. Et ça, c'est salvateur, il faut bien le dire. On apprend à vivre en communauté, on apprend à s'alimenter différemment, vivre différemment, à un autre rythme. Les grosses surprises, c'est d'être apte à marcher un marathon, un marathon avec un sac de 10 kilos sur le dos et d'avoir un petit peu mal aux jambes le lendemain, certes, mais de pouvoir recommencer, De remettre pied à terre et de repartir et de prendre plaisir à être tout seul, à réfléchir, à rêvasser. C'est de passer d'un moment où il pleut, on est trempé et, je ne sais pas, de borne plus tard, il y a un grand soleil, un magnifique arc-en-ciel sur des falaises auxquelles tu ne t'attendais pas et là, tu as juste envie de pleurer tellement c'est beau, tellement tu n'y crois pas, tellement la nature est bien faite. Donc, il y en a plein, il y en a plein des moments dingues. Un moment, je ne sais pas, tu te réveilles et tu es dans les vignes et il y a un tel brouillard que tu te demandes si tu vas réussir à avancer et le soleil se lève là-dedans et c'est juste magique. Donc, si à ça, tu rajoutes les petits moments de gentillesse des gens qui vont t'offrir à manger, t'offrir le café, discuter parce que juste c'est intéressant et c'est intriguant ce que vous faites et pourquoi vous le faites. Franchement, la vie n'est qu'une surprise, il suffit juste de l'accueillir en fait.
Invité 1 Tu me fais rêver là. Ça donne envie de se lancer demain.
Jeanne Franchement, ça vaut le coup.
Invité 1 J'ai une dernière question peut-être sur Compostelle. C'est par rapport au fait que tu sois partie solo. Est-ce que le fait d'être une femme a été un challenge pour toi ? Est-ce que tu as observé des comportements ou des réactions de surprise des gens qui te voyaient faire tes 2000 kilomètres toutes seules ?
Jeanne Sur Compostelle, ça a été moins évident que sur celle d'après. Mais j'avoue que même déjà sur Compostelle, les gens étaient intrigués de voir une femme partir seule. j'avais un tout petit sac en plus, j'étais vraiment sous-équipée. ils étaient pour certains inquiets, juste pour d'autres juste intrigués. Souvent, les femmes sont un soutien. Alors, elles posent toujours la question de est-ce que je suis vraiment seule ? Est-ce que je n'ai pas peur ? Évidemment, parce que c'est les premières questions auxquelles on est confrontés je pense quand on est une femme en règle générale. Les hommes vont être un peu plus, comment dire, tatillons, un peu moins sympas au premier abord. Et puis en fait, ils se rendent compte qu'on n'est pas, qu'on n'est pas, moi j'étais partie sur un coup de tête mais qu'on n'est pas plus bête qu'une autre et qu'on avait un peu réfléchi au truc quand même, qu'on ne se met pas dans des situations dangereuses et que voilà, en règle générale, ça va plutôt bien. Mais c'est vrai que, alors sur Saint-Jacques, les gens étaient peut-être particulièrement bienveillants. Ensuite, j'ai fait un autre GR d'un peu plus de 2300 kilomètres et là, pour le coup, j'ai rencontré plus de récalcitrants au fait d'être une femme seule avec des questions sur peut-être quelle était ma place à cet endroit-là et dans ce type de challenge, d'aventure où c'était moins bienveillant, c'était plus intrusif c'était souvent relativement condescendant. Être une femme sur le chemin, ça m'était, enfin c'est-à-dire que moi, je ne m'étais jamais posé la question. Je suis une femme, j'ai toujours été une femme, j'ai toujours été extrêmement autonome. si mon mari ne veut pas venir avec moi marcher, mais je pars quand même marcher en fait, ça ne m'empêchera pas d'y aller. Ça ne m'était pas venu à l'esprit qu'une femme ne pouvait pas le faire. Évidemment, je n'avais jamais eu d'exemple, je n'avais jamais vu de femme le faire, je n'avais jamais connu d'exemple de ça, mais ça ne me semblait pas si hors norme ou si infaisable que ça. Et puis, au vu des différents retours, des petits pics, des retours des uns et des autres, c'est vrai qu'on se pose de plus en plus de questions de quelle est notre place dans ce type d'activité physique et pourquoi je le fais. Alors qu'on ne se pose pas la question, semblerait-il, quand on est un homme, pourquoi je le fais ? Parce que j'en ai envie. Quand on est une femme, on doit trouver une raison. En fait, j'en avais aussi envie, mais ça suffit, semblerait-il pas. Donc, il y a quand même des choses de cet ordre-là. Être une femme, il faut avoir de bons arguments pour partir marcher. Un homme, c'est normal. Il y a quand même tout ça. Il y a eu plus de questionnements ensuite. Et puis, bon, moi, sur la deuxième rando, j'avoue que je dormais en plus dans une tente, seule. Donc, ça a beaucoup questionné. Être une femme sur un chemin, en autonomie, seule, pose des questions. Mais il est temps qu'on se les pose et franchement, c'est super chouette.
Invité 1 Génial. Alors, tu mentionnais justement cette deuxième aventure. Donc là, je pense que tout le monde a bien compris que Compostelle, pour toi, ça a été une expérience fabuleuse qui a fait naître cet amour pour la marche au long cours. Donc, qu'est-ce qu'il y a eu derrière ? Quelles ont été les autres expériences et comment est-ce que tu vis ta passion aujourd'hui ?
Jeanne Écoute, en revenant de Compostelle, j'étais sur un petit nuage, il faut bien l'ouvrir quand même. Et donc, au vu de ce sourire qui ne cessait d'illuminer mon visage, mon mari m'a proposé qu'on parte en Nouvelle-Zélande pour marcher sur le Tehera Roa qui est donc 3000 kilomètres qui traverse les deux îles de Nouvelle-Zélande. Donc, un mois plus tard, on était dans l'avion et on partait en Nouvelle-Zélande. Il nous a fallu un petit temps d'adaptation, évidemment. On commence à marcher, une énorme tempête s'abat sur la Nouvelle-Zélande qui arrache une grosse partie du chemin. Donc, on se retrouve contraints et forcés d'arrêter. En plus de ça, mon mari s'était blessé aux genoux donc ça nous arrange un peu de se poser. On décide de faire un petit break, d'attendre un peu histoire de voir. Lui, sans qu'il ne peut pas continuer, moi, je ne savais pas trop mais pas de bol, le coronavirus nous a rattrapés. Et donc, on s'est retrouvés à rentrer en France suite à ce départ en Nouvelle-Zélande. On est donc rentrés en France quatre mois plus tard. Un petit peu déçus, évidemment, de ne pas avoir pu mener à bien notre projet, d'avoir été obligés de quitter ces îles. Mais pour le coup, c'était un rêve qui est un peu tombé à l'eau violemment. Donc, on est rentrés en France en avril, non, en mai. et de là, il a fallu attendre la fin du confinement français pour repartir. Et donc, moi, je n'étais pas prête à vraiment dire adieu comme ça à la randonnée au long cours. J'avais pris une année un peu de break dans mon travail pour ça, pour me retrouver, me découvrir, me lancer vraiment là-dedans. Et donc, je suis partie sur le GR 34, le sentier des douaniers qui donc fait l'intégralité de la côte bretonne. Donc, en partant du Mont-Saint-Michel et en arrivant à Saint-Ninvers. Donc, ça, ça a été mon nouveau challenge post-confinement en juin, oui, en juin 2020. Je suis partie pour faire à peu près 2300 kilomètres à pied en 81 jours exactement.
Invité 1 Et là, c'était côté hébergement, tu t'es organisée comment ? C'était en tente ou tu as fait un mix ?
Jeanne Alors, je savais qu'il y avait peu d'hébergement sur le chemin à proprement parler. En plus de ça, moi, j'avais déjà fait Saint-Jacques où j'avais déjà beaucoup marché. Je n'avais pas envie de recommencer exactement pareil. J'avais envie de rajouter un petit challenge. Donc, je me suis dit je vais prendre de quoi camper. Mais je n'avais jamais campé de ma vie. C'est-à-dire que si j'avais monté deux fois dans ma vie une tente, deux secondes, c'était vraiment le grand max. Donc là, je me suis dit c'est parti. Je prends une tente et puis on verra bien ce qui se passe. Et donc, je suis partie en autonomie complète pour le coup. Et j'ai attaqué le chemin. Alors, au début, il pleuvait beaucoup.
Invité 1 Oui, tu étais en Bretagne.
Jeanne Oui, j'étais en Bretagne. C'est un cadeau ça. Et il pleuvait beaucoup. Et puis, j'avais quand même une appréhension à monter ma tente. Je n'arrivais pas. Les appréhensions qui sont toutes bêtes, mais comment on monte sa tente ? À quel endroit on peut le faire ? Comment on bivouaque ? Comment on fait pour se doucher ? Et puis, pour cuisiner ? Donc, il y a tout ça qui sont venus un peu péricliter dans ma tête. Ça a été un peu compliqué la première semaine. Je ne savais pas trop comment faire. Donc, j'ai plus dormi. Alors, le premier soir, j'ai dû dormir dans une auberge, un truc comme ça. Après, un gîte. Après, j'ai dormi en camping. Et puis, je savais monter ma tente. Et puis, le temps a été plus clément. Donc, de fil en aiguille, j'ai planté ma tente un peu tout le long du chemin. Donc, de temps en temps, camping pour évidemment pouvoir prendre une douche. Parce que quand même, c'est sympa les douches. Et puis, le reste du temps, en bivouac. En bivouac. Et alors là, pour le coup, j'ai découvert juste la liberté, le bonheur. Enfin, ça, c'est... Voilà. J'apprends tous les jours. Mais à ce moment-là, j'ai vraiment reconnecté avec la nature, avec soi. Et ça a quelque chose d'assez dingue. Franchement, c'est dingue qu'à 30 ans, on puisse apprendre des choses qui sont aussi basiques, mais que j'avais vraiment jamais essayé. dans ma vie, tous les jours, je n'avais jamais testé. Même si j'en avais rêvé, je n'avais jamais fait.
Invité 1 Tu dirais que cette troisième expérience de marche au long cours, mais deuxième vraiment où tu es partie seule, en quoi est-ce qu'elle a été différente de Saint-Jacques ?
Jeanne Alors, j'avais un sac qui était plus lourd. Oui. Et ça, ce n'est pas négligeable quand tu pars sur 2000 bornes. Les 5 kilos en plus que tu portes sont... Voilà, ils existent, ils sont bien là, bien présents, mais on s'y fait, c'est comme tout. Il y a moins d'hébergement, il y a moins de ravitaillement. Par exemple, pour acheter à manger, des choses comme ça, il faut un peu plus s'organiser en amont. Après, je ne peux pas dire que j'étais très organisée, je suis un peu partie encore une fois sur un coup de tête du jour au lendemain. Donc, ça se fait toujours, même en partant du jour au lendemain, parce que moi, j'ai réussi. Maintenant, c'est moins facile. Franchement, il faut accepter d'avoir deux jours, deux jours et demi de nourriture dans son sac pour être sûr de pallier à la petite supérette du coin qui est fermée. Il y a quand même des choses qui sont moins faciles à réaliser que sur Saint-Jacques. Il y a moins d'hébergement, il y a moins d'endroits pour manger, c'est moins simple. Mais par contre, il y a beaucoup plus de nature, il y a plus de moments où on est seul, parce qu'il y a moins de monde sur le chemin, on est vraiment seul. Moi, j'ai passé des jours sans adresser la parole à personne. quoi.
Loïc Ah oui.
Jeanne donc, il y a plein de points positifs aussi au fait que ce soit beaucoup moins fréquenté.
Invité 1 Et comment tu faisais justement pour tout ce qui est, tu parlais tout à l'heure, tu vois, où camper, comment camper, etc. Moi, je serais vraiment curieux de savoir comment tu t'es organisée. C'est-à-dire, est-ce qu'il y a des aires prévues sur le GR34 ? Est-ce que tu peux le faire à peu près n'importe où ? Comment t'as géré cette partie-là en particulier ?
Jeanne J'ai appris sur le terrain. Donc, j'ai appris que dans des zones comme des parcs nationaux, des parcs régionaux, tu n'as pas le droit de camper, tu n'as pas le droit de faire de feu. Ça, en gros, tu ne peux pas le rater. Il y a des signalisations, des panneaux de signalisation dès que tu rentres dans ces endroits-là. C'est très clair. Tu ne peux pas squatter. Et ça peut comprendre parce qu'ils veulent éviter qu'on détruise la faune et la flore de l'endroit. Dès qu'on le sait, on fait un peu plus attention et puis à ce moment-là, ce qu'on peut faire, c'est se déporter un peu du chemin. Le chemin, il est tracé de façon à ce qu'il y ait quand même de temps en temps des chemins qui en sortent et donc on peut aller dans un champ un peu plus loin, dans une forêt, des choses comme ça. Après, on apprend un peu sur le tard. C'est-à-dire que dès qu'il pleut ou dès qu'il y a un peu de vent, c'est chouette d'aller se mettre à l'abri plutôt sous un couvert, quel qu'il soit, proche d'un mur ou sous un couvert végétal parce que ça évite le froid, ça évite le vent. c'est pas mal, ça protège quand même. Après, c'est comme tout. On a tous des bons conseils. Moi, j'ai appris de mes erreurs, j'ai appris de ce que j'ai essayé, ce qui a fonctionné et de ce qui n'a pas fonctionné. Le petit conseil, le petit conseil plus, mais que tous les randonneurs connaissent à peu près, c'est si vous cherchez de l'eau, allez dans les cimetières. Ça, il n'y a pas moyen, tout le monde le sait, mais ne l'oubliez surtout pas, ne restez pas en rate d'eau. Ce serait juste une grosse boulette. Après, moi, je n'ai vraiment pas eu de mal à aller toquer chez les gens. C'est-à-dire que les Bretons sont particulièrement sympas et accueillants, mais voilà, aller demander de l'eau. Les soirs où vraiment il n'y a aucun endroit où dormir, ne pas hésiter à aller taper à des portes et à demander si on ne peut pas planter la tente. Ils ont l'habitude. Donc, j'avoue que j'ai aussi fait fi un peu de cette espèce de, comment dire, bonne éducation, un peu recroquevillée sur soi, à ne compter que sur soi. Il y a des soirs, j'allais ouvertement taper à une porte, demander de l'eau, demander s'ils ne savaient pas où est-ce que je pouvais camper dans le coin. Et puis, en règle générale, ces gens-là, s'ils voient qu'on n'est pas... voilà, moi, je n'allais pas foutre le bazar toute la nuit. En règle générale, à neuf heures, t'es posé, à dix heures, tu dors. Donc, ils t'ouvrent facilement leur jardin. Il y a vraiment une entraide qui se crée. Il suffit juste d'être gentil, d'être bienveillant, d'être poli. Et les gens, ils ont moins peur que ce qu'on imagine.
Invité 1 C'est un bon tip, c'est ça. Le cimetière, tu vois, je l'avais en tête. Parce que c'est quelque chose pour ceux qui font de la route, du vélo, qu'on donne aussi comme tip, parce que c'est vrai que quand tu pars sur des sorties de plus de 100 km, il faut prévoir le ravitaillement en eau. Donc, pour ceux qui se posent la question, pourquoi l'eau dans les cimetières ? C'est tout simplement généralement pour les fleurs qui ont des points d'eau qui sont accessibles. Voilà. Mais c'est un très bon point sur le fait de demander. C'est vrai que tu vois spontanément, je ne sais pas moi si j'oserais en fin de journée, tu vois, quand le soleil commence à se coucher, etc., tout le monde est en train de rentrer chez soi, je ne sais pas si j'oserais aller taper à une porte et demander, comme tu l'as fait toi, tu vois, des conseils, etc. Mais c'est vrai que tu as complètement raison. À un moment donné, il faut s'affranchir de ça et c'est peut-être là où tu fais les plus belles rencontres quelque part. D'ailleurs, je ne sais pas si toi, tu as des rencontres comme ça à partager, des choses fortes que tu as vécues avec des gens que tu as croisés, que tu as abordés spontanément.
Jeanne Oui, j'ai eu la chance d'être invitée à dormir chez des gens. Ils m'ont plus couvert leur jardin. en règle générale, ils t'ouvrent aussi leur maison, ils te proposent un lit et tu manges avec eux. Tu y vas en demandant juste un peu d'eau et au pire, un bout de jardin ou juste un endroit où tu peux poser ta tente sans que ça dérange. Et ces gens-là, ils t'offrent le gîte et le couvert avec bienveillance, avec gentillesse. Alors, je ne peux pas dire que je le faisais tous les soirs parce que tous les soirs, tu n'es pas dans le mood où tu as envie de partager ça. Il y a des soirs où tu es juste fatigué, où tu as juste envie de poser ta tente et te poser au fond de ton sac de couchage et dormir direct. Mais c'est vrai qu'il y a des jours où tu fais fi un peu de cette fatigue et tu vas au-devant des gens et tu discutes et tu partages ce que toi, tu vis, qui est un peu pour eux improbable. Et puis, tu découvres deux, tu découvres une région, tu découvres une façon de faire, de penser, de réfléchir. Les Bretons sont tellement accueillants, tellement gentils. que ça vaut vraiment le coup. Après, voilà, si ton instinct te dit tu ne restes pas ici, tu ne restes pas ici. C'est pareil, il faut apprendre à se connaître. Si tu ne le sens pas, il ne faut pas rester. Mais en règle générale, même une femme seule, moi, je n'ai jamais eu aucun souci. quoi.
Invité 1 C'est... J'aime bien ce que tu dis sur l'instinct. C'est... Tu as un exemple, toi, de situation que tu as vécu où ton instinct t'a dit je ne reste pas là ou au contraire c'est vraiment l'endroit parfait, j'aborde ces personnes ?
Jeanne Je pense qu'il me tenait à distance des gens qui auraient pu me poser des problèmes. Après, j'ai un exemple où un jour j'étais extrêmement fatiguée. j'avais vraiment... Ça faisait deux grosses semaines que je marchais beaucoup, que je m'alimentais peu inconsciemment, mais il faisait très chaud, je m'alimentais peu. Et donc, j'ai fini ces deux semaines un peu sur les rotules. Et j'avoue qu'en arrivant dans l'espèce de petit village dans lequel je me suis pointée, il y a un gars qui m'a parlé, qui a commencé à devenir un peu insistant et sur le coup, je ne l'ai pas trop vu. j'étais... En fait, j'étais vraiment out, quoi. Et il m'a fallu un peu de temps. pour m'entendre dire non, mais ça va, je vais trouver une solution, ça va aller. Et puis, l'insistance faisant, j'ai trouvé une solution qui a été d'aller squatter dans un camping pour être tranquille, en fait. Et une fois, une seule fois, il m'a fallu mettre un gros là. Mais sans ça, j'avoue que je n'ai pas fait de mauvaises rencontres. Donc, ça veut dire que d'une manière ou d'une autre, mon inconscient doit... ou mon subconscient, d'ailleurs, doit me protéger de quelque chose. Mais hormis cette fois-ci, non, je n'ai pas eu de vrai coup de flip. Après, des moments trop chouettes où tu as envie de rester avec les gens ou tu t'arrêtes pour discuter, tu te dis ça va durer 5 minutes puis ça dure 3 heures donc tu ne finis pas ta journée. Mais ce n'est pas grave parce qu'en fait, tu n'as rien prévu, tu n'as rien réservé. Donc, tu ne finis pas les 35 kilomètres que tu avais prévus. Tu en as fait 22. Ce n'est pas grave. Le principal, c'est que tu es à un endroit où tu puisses te poser, manger un petit truc et puis, tu as passé une journée merveilleuse où tu as discuté pendant 3 heures avec un couple d'octogénaires qui marchent beaucoup, qui ont fait beaucoup de chemins de Saint-Jacques, qui sont allés jusqu'à Jérusalem, qui étaient juste extraordinaires et cette rencontre-là, je ne l'aurais jamais imaginée. Et puis, on ne sait pas pourquoi, on s'est croisés, on s'est recroisés et puis, on a discuté et puis, on ne s'est pas quittés pendant 3 heures. Donc, il y a des petits moments magiques comme ça. Franchement, c'était dingue.
Invité 1 Je trouve ça génial, le fait de partir solo mais malgré tout, de garder une main tendue vers l'autre et qu'aujourd'hui, tu puisses nous raconter ces histoires de belles rencontres. En tout cas, ça fait chaud au cœur et puis, c'est rassurant sur le fait que c'est possible encore. Tu parlais tout à l'heure des réseaux sociaux, etc. Globalement, je pense que tout le monde sera d'accord pour dire que ça... Spontanément, on pourrait se dire que ça rapproche les gens mais en réalité, peut-être que ça nous éloigne un peu plus les uns des autres. Mais donc, c'est cool de voir que voilà, toi, ce que tu nous partages là, c'est le fait d'avoir pris le temps et d'être allé à la rencontre des autres à travers tes marches. franchement, c'est super.
Jeanne Oui, c'est vraiment ça en fait. c'est rester ouvert à l'inconnu et accepter, en fait, l'accepter tel qu'il est sans le filtrer avec Instagram en disant que c'est plus beau que ce que ce n'est ou accepter qu'il y ait des moments de galère et puis accepter qu'il y ait des moments de super grosse joie. vivre l'émotion telle qu'elle est sans filtre, sans rendre le moment plus beau ou plus fort ou juste pour qu'il fasse un buzz ou pour que, je ne sais pas, pour que les gens t'envient. tout ça, moi, je n'ai pas envie que les gens m'envient en fait. J'ai envie que par cet exemple, par cette idée qu'une femme puisse partir sans prendre de risque, eh bien, on puisse tous le faire et ce n'est pas de l'envie en fait. Moi, ce que j'aimerais montrer aujourd'hui, c'est que devenir un exemple ou créer un modèle, ce n'est pas pour que les gens aient envie d'être moi, c'est pour que les gens aient envie de le faire et qu'ils le fassent, qu'ils se retrouvent, qu'ils soient plus sûrs d'eux à la fin, qu'ils se fassent moins manger par une société consumériste mais juste qu'ils se retrouvent en se disant bon ben ça, ça m'intéresse dans la société d'aujourd'hui, ça, ça m'intéresse moins, qu'est-ce que je veux porter, qu'est-ce qui ne m'intéresse pas ? Je n'ai pas envie de faire de jaloux, j'ai juste envie que les gens, aujourd'hui, ils s'écoutent eux et qu'ils se lancent dans ce qu'ils ont envie de faire, c'est plus ça en fait et c'est vrai que les réseaux sociaux et c'est pour taper sur aucun réseau social en particulier mais c'est vrai qu'on peut tellement comment dire, ponctuer sa vie de moments chouettes mais qui, si on regarde dans sa globalité, n'étaient pas si chouettes que ça mais on y a mis un beau filtre et on a mis un super sous-titre et donc c'était génial mais c'est un moment donné dans une vie et tu as l'impression que ta vie, que leur vie n'est qu'une sorte de, je sais pas, de film extraordinaire or, ils font exactement la même chose que nous sauf que on sait pas comment à un moment ou à un autre ils disent qu'ils prennent une photo ils le postent et on croit que leur vie est dingue et c'est aussi, alors je sais pas si c'est ça que j'essaie de montrer mais sur les réseaux sociaux j'ai pas de filtre je mets pas de filtre je mets la photo qui pour moi a représenté la journée même si c'est pas la plus belle de la journée c'est celle qui représente l'émotion c'est celle qui représente ce que moi j'ai vécu sur ce que j'écris sur mon blog c'est ce que moi je ressens c'est ce que moi je pense c'est pas ce que les gens ont envie de lire c'est toutes les questions que je me suis posées et donc les petits tips en me disant bon bah pour éviter les ampoules moi je fais comme ça peut-être ça marchera pour vous peut-être ça marchera pas mais en tout cas c'est une idée en plus c'est une information en plus voilà le but c'est vraiment ça c'est de réussir à montrer la vraie vie les vraies aventures pas juste pas juste la photo qui fait rêver mais juste la réalité et ça sans filtre de temps en temps ça fait aussi du bien
Invité 1 ouais ouais je suis 100% d'accord avec toi et alors tu viens de mentionner ton blog et pour pas le nommer t'as aussi un compte Instagram histoire de voyage je mettrai tout ça dans la description de l'épisode mais c'est quoi la suite pour toi en termes de partage comment est-ce que tu veux transmettre ta passion pour la randonnée la marche au long cours à une audience peut-être un peu plus large au-delà du podcast les frapper évidemment
Jeanne mais je compte beaucoup sur ton podcast alors moi j'avais je suis revenue de Saint-Jacques avec qu'une seule chose en tête c'était de partager de partager ce que moi j'avais découvert ce que j'avais envie enfin je sais pas j'avais envie juste de montrer aux gens que c'était faisable que sans être une personne surhumaine en étant juste une personne lambda qui avait aucune habitude de randonner qui savait même pas avec quoi partir dans son sac on peut le faire il suffit juste de se faire confiance et ça ça m'a semblé primordial et j'ai voulu partager c'est pour ça qu'est né le blog c'est comme ça qu'est née la page Instagram et c'est comme ça qu'aujourd'hui naît le projet de BD je suis en train d'écrire une BD sur ce premier cheminement sur Saint-Jacques et puis on découlera une seconde sur le cheminement en Bretagne voilà c'est ma petite contribution à moi comment partager un projet de cet ordre là qui a été ponctué de magnifiques paysages d'introspection ben voilà la BD la BD l'écriture excellent j'ai beaucoup lu je lis beaucoup je me sentais pas d'écrire un livre alors que j'ai beaucoup d'affinités pour la lecture on va dire et je me sentais pas d'être la Xème ou le Xème auteur d'aventures de romans j'ai voulu faire autre chose j'ai voulu faire quelque chose qui me tenait à coeur et la bande dessinée pour moi c'est un médium qui est juste parfait ça mêle deux de mes passions les arts et la lecture en règle générale l'écriture c'est un travail d'équipe parce que moi j'écris le scénario et j'ai décidé de travailler avec une illustratrice afin de afin de pas bosser seule sur ce projet d'avoir un point de vue extérieur et aussi un retour critique de ce que j'ai vécu de ce que je propose ça ça m'intéresse moi qui fais beaucoup de sport d'équipe j'avoue que d'avoir un retour de son ou ça coéquipière c'est pas mal quand même même si j'ai choisi la solitude de marcher seule c'est quand même pas mal de le partager en tout cas ce projet-ci et puis on verra le but c'est de le partager de le partager au plus grand nombre donc il y a plein de projets en plus de la BD j'ai monté avec deux autres marcheurs une association de marcheurs au long cours qui s'appelle les marcheurs fous et donc le but c'est de créer une communauté autour de cette activité sportive c'est de créer de mettre en commun en fait un savoir-faire des petits tips on est nombreux à avoir fait plein de chemins donc s'il y a des gens qui veulent savoir comment on fait je sais pas le PCT aux US et ben il suffit de venir nous voir et puis on pourra vous donner le contact de la personne qui l'a faite en France et qui peut aujourd'hui vous donner tout plein de conseils et puis si vous avez des conseils sur comment on marche en ultralight ou comment je sais pas comment on part alors qu'on est une femme seule ou comment on part alors qu'on est en couple tout ça c'est des questions qui se posent et par chance on commence à être à être une bonne petite communauté et donc on n'a pas réponse à tout mais en tout cas on essaie de de communiquer autour de ça de donner de la visibilité de ben tout simplement d'aider des gens à passer outre ces fameux freins et et juste à se découvrir au travers de la marche quoi il y a quelque chose il y a quelque chose de l'ordre de la méditation de l'introspection mais plus que ça c'est un moment magique qu'on s'accorde de marcher si longtemps de faire fi de temps en temps quand même des douleurs et ouais on en sort grandis donc nous aujourd'hui on sait qu'on est une communauté on commence à la créer et et on espère qu'elle ne va cesser de grandir parce que plus ça va aller plus les gens vont se rendre compte qu'on peut le faire et que ça vaut le coup de le faire donc c'est c'est tous ces projets de partage j'avoue que je suis aujourd'hui portée par ça par l'envie de partager ce que moi j'ai découvert ce en quoi je crois et si ça peut donner je sais pas un petit un petit élan à d'autres personnes alors j'aurais j'aurais gagné j'aurais gagné toute ma vie je pense
Invité 1 c'est des superbes projets les marcheurs fous en particulier vous en êtes où dans la phase de de mise en place de la structure on peut déjà je sais pas vous suivre devenir membre parce que je trouve ça je trouve ça génial en tout cas moi je serais hyper intéressé pour pour pour en savoir plus
Jeanne et bien écoute les marcheurs fous a eu sa première réunion il y a maintenant deux semaines on doit être une grosse vingtaine d'adhérents maintenant donc pour rien de caché en tout et pour tout c'est tous les marcheurs français enfin pas tous mais une grosse partie des marcheurs français au long cours de France et de Belgique puisqu'on a des Belges on est en train de monter des pages de réseaux sociaux évidemment Facebook Instagram on sera bientôt présent on sera bientôt présent sur tous ces sur tous ces réseaux en attendant il suffit de me contacter via ma page Instagram ou Facebook où on sera ravis de répondre de répondre à toutes les questions sur cette association en attendant de monter enfin un site internet une page Instagram une page Facebook et tout et tout
Invité 1 génial génial franchement c'est super aux Etats-Unis tu disais que c'était beaucoup plus structuré c'est quoi qui fait c'est quoi qui te fait dire ça c'est le le fait qu'il y ait un terme pour la marche au long cours que ce soit une discipline reconnue qui ait des structures
Jeanne alors je le dis pas moi en tant que Jeanne Faucnault que c'est plus structuré je dis juste que en tout cas il y a des choses qui se font autour de ça c'est à dire qu'il existe au moins trois grands trails aux Etats-Unis ils sont connus alors ils sont connus de nous marche au long cours parce qu'évidemment ça nous passionne mais ils sont connus des américains en règle générale donc déjà ils ont fait ils ont pris le parti de créer trois trails qui sont immenses ils font entre je sais plus mais ça doit être entre 3 et 4500 kilomètres c'est que des très longs trails après ils ont le pays qui va avec on est d'accord mais c'est très connu c'est très emprunté il faut imaginer que le PCT aujourd'hui on ne peut le faire que si on s'inscrit en amont et qu'on a une validation ce qui signifie qu'aujourd'hui sur Saint-Jacques on peut partir quand on veut où on veut là le PCT on part d'un point A à une date donnée à une heure donnée de façon à ne pas être trop nombreux sur le trail c'est quand même connu il y a quand même plus de choses qui se font il y a plus de communautés autour des marcheurs au long cours il y a plus de matériel ultra light aux Etats-Unis qu'en France ou en Europe c'est une activité sportive en soi les gens la connaissent ils l'appréhendent plus ou moins parce que tout le monde n'a pas d'appétence pour la marche au long cours on n'est pas tous pareil il y a encore une chance mais en tout cas ils ont quand même tendance à l'essayer en tout cas être plus nombreux à le faire ça semble être une évidence
Invité 1 tu peux me parce que j'en ai deux en tête mais je crois que je ne connais pas le troisième je connais l'Appalachian Trail le Pacific Crest Trail je ne sais pas quel est le troisième
Jeanne le CDT alors le CDT je ne saurais pas te dire ce que c'est mais c'est le troisième je pourrais te retrouver le nom du CDT ok
Invité 1 3100 miles donc ça fait 5000 kilomètres ça quelque chose comme ça et ça passe par les Rocky Mountains ok d'accord ah oui ok bon je ne l'avais pas en tête celui-là ouais effectivement c'est du très long
Jeanne ouais ouais c'est vraiment et encore il y a le Transcanadien il y en a tellement c'est enfin les Etats-Unis et le Canada enfin les Etats-Unis en règle générale sont ont un parcours quand même plus développé autour de de la marche au long cours et c'est pour ça c'est pour ça que c'est porteur aujourd'hui de nous se projeter en tant que communauté tournée vers la marche au long cours avec ce que ça apporte comme comme redécouverte de notre environnement de consommer de façon plus qualitative d'être plus proche des acteurs locaux de découvrir un tourisme de façon beaucoup plus ponctuelle beaucoup plus durable enfin le simple fait de ne pas consommer tout simplement de pétrole pour se déplacer c'est sûr que déjà c'est environnementalement environnementalement bon bref ! c'est mieux! ce mot est beaucoup trop long après après évidemment je pense que je pense qu'aujourd'hui on a toute notre place et c'est aussi pour ça qu'on le fait c'est parce que on s'est sentis nous isolés quand on s'est projetés avec Périne et Victor avec qui j'ai monté la sauce on s'est sentis isolés dans notre dans notre projet de de marcher longtemps donc comment faire pour rompre cet isolement créer une communauté ça nous semblait évident ça n'a pas été si facile à porter que ça les marcheurs au long cours c'est quand même pas c'est quand même pas des divas en règle générale c'est pas des influenceurs ou des influenceuses instagram c'est pas facile de les trouver je pense qu'on en manque encore beaucoup mais plus ça va aller et plus on les touchera c'est pas si simple que ça et en même temps ça vaut tellement de coup d'avoir déjà de parler en tant que je sais pas de parler avec des gens qui sont passionnés du même sport c'est quand même c'est quand même magique et c'est pas si simple que ça quand on ne se connait pas et puis on le sait maintenant l'isolement c'est terrible les deux confinements nous ont montré qu'on n'était pas on n'était pas fait pour vivre tout seul et pour pour faire nos trucs dans nos coins alors on a beau être tous un peu des loups solitaires à marcher tout seul sur nos sentiers de grande randonnée et tout mais partager ça pouvoir le faire découvrir aux autres des gens qui ont des freins qui osent pas bivouaquer qui se posent des questions de comment on fait pourquoi pas venir nous retrouver sur une partie de GR en disant écoutez venez passer trois jours avec moi et puis comme ça à la fin vous saurez bivouaquer vous saurez randonner vous saurez quelle capacité vous avez à marcher 20-30 kilomètres par jour ou plus vous saurez ce qu'il faut emmener dans un sac voilà c'est c'est tous des petits exemples comme ça ouvrir notre activité physique à tous c'est magique moi je l'ai fait pendant que j'étais en Bretagne j'ai ouvert j'ai ouvert ce projet à de la famille et à des personnes que je connaissais ni d'Eve ni d'Adam mais qui m'ont demandé via les réseaux sociaux et à chaque fois j'ai dit oui et à chaque fois ces gens là aujourd'hui c'est des gens qui marchent toujours alors qu'on peut encore faire de randonnées longue distance parce que on n'en a pas eu la possibilité avec le deuxième confinement et puis là la situation sanitaire n'est pas vraiment au beau fixe pour pouvoir faire ça mais c'est des gens qui marchent toujours c'est des gens qui ont renoué avec cette activité sportive là qui enfin voilà je pense que c'est exactement pour ça que je monte ce type de projet c'est pour partager peu importe peu importe la durée peu importe à quelle intensité en tout cas le simple fait de partager avec des passionnés avec des gens qui veulent juste découvrir avec des néophytes avec des gens qui n'ont pas les mêmes centres d'intérêt que nous c'est génial en fait c'est ça qui est magique c'est enfin moi je pense que je pense qu'on a tout à gagner à ouvrir notre pratique et nos projets à tout le monde en fait
Invité 1 c'est clair ça c'est clair et encore une fois moi je suis convaincu qu'il y aura un intérêt à mettre en avant cette pratique aussi donc c'est vraiment génial et je trouve ça d'ailleurs un peu fou que ça n'existe pas déjà tu vois je te rejoins sur le fait que c'est vrai quand tu te lances sur du alors moi je n'ai pas fait des longs cours comme toi en solo mais je pense que si tu demandes à peu près à n'importe qui quelle est l'image de la randonnée que toi c'est plutôt activité de retraité tranquille en sandales l'été alors que pas forcément tu vois c'est peut-être une des activités au long cours en tout cas c'est sûr les plus enfin une des plus challengeantes du fait de l'engagement que ça demande tu vois je discutais il n'y a pas longtemps d'ailleurs avec son épisode est diffusé déjà avec Steve Faruja qui nous expliquait qui nous parlait de sa traversée de l'Islande en autonomie totale bon bah il t'en parle voilà il parle de la fin la vraie fin il explique que c'était absolument atroce ce qu'il a vécu et je sais pas s'il y a d'autres disciplines où tu peux tu peux vivre ce genre d'expérience la solitude le fait de voir absolument personne pendant des jours et des jours donc je trouve ça génial que tu t'investisses pour mettre en avant la discipline et créer cette communauté donc s'il y a des marcheurs au long cours en herbe ou expérimentés qui nous écoutent n'hésitez pas à prendre contact avec Jeanne encore une fois je mettrai tout ça dans la description de l'épisode trop chouette
Jeanne merci
Invité 1 principalement ton compte Instagram c'est le plus pratique
Jeanne oui oui oui histoire de voyage c'est vraiment le plus simple c'est le canal le plus direct en effet pour commencer en tout cas
Invité 1 ok super et bien on mettra tout ça excellent excellent et bien écoute Jeanne on arrive au bout est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais partager pour conclure notre échange
Jeanne oui j'aurais un milliard d'autres choses à dire parce que c'était trop bien mais juste peut-être aujourd'hui les femmes continuent à se battre pour leurs droits et on a un millier de devoirs tous êtres humains tels qu'on est peut-être qu'il est temps de reconnecter avec qui on est en faisant attention à notre environnement parce que c'est lui qui nous porte et donc la randonnée au long cours c'est aussi pour ça que je m'y sens aussi bien après le fait d'être une femme seule il est peut-être temps qu'on ait plus de modèles d'aventuriers de marcheurs de femmes engagées dans ce type d'aventure parce qu'on en voit tellement peu et peut-être qu'aujourd'hui il y a une gamine de 15 ans qui m'écoutera et qui se dira mais en fait c'est carrément faisable non non non elle l'a fait pourquoi pas moi et elle se trouvera elle trouvera sa voie alors c'est peut-être pas marcheuse sa voie mais en tout cas c'est un moment qu'elle aura pris pour elle et tous ces freins liés à notre sexe c'est ultra dommageable mais pas que pour nous c'est ultra dommageable pour la société et c'est aussi ça que je veux passer c'est que être une femme ça nous rend pas plus faible ça nous met pas plus sans danger au contraire ça peut nous ouvrir des portes ça peut nous permettre de rencontrer plus de gens alors de là à dire que je veux devenir un modèle ou un exemple je pense pas j'ai pas cette prétention mais en tout cas sortir de cette case de la femme frêle qui doit faire attention à ce qu'elle dit ce qu'elle porte sous prétexte qu'elle va se faire violenter ben non en fait il faut en sortir on a pas à avoir peur en fait on a plus à avoir peur et voilà si moi mes marches au long cours elles peuvent porter le fait que nous aussi on peut le faire qu'on peut tous le faire et que ça vaut vraiment le coup d'être testé pour soi pour l'importance de l'activité physique dans la vie pour l'importance de l'agriculture qui nous entoure et dont on se rend pas compte sauf quand on marche à 8h du matin et que les agriculteurs ils sont déjà dans leur champ ils sont déjà en train de s'occuper de leur bête et ben tout ça on s'en rend compte à ce moment là être juste heureuse de voir un petit scarabée passer sur un chemin parce qu'on a croisé personne pendant 3 jours et que c'est la première âme qui vive et ben tout ça ça vaut le coup quoi ça vaut le coup d'être dit ça vaut le coup d'être probablement entendu et si je peux le partager et si je peux le faire découvrir et ben je continuerai je continuerai et j'espère que ça apportera d'autres personnes que moi
Invité 1 merci Jeanne très très beau message un grand grand merci pour cet échange j'ai adoré cette éloge de la lenteur de la reconnexion de l'introspection le fait de s'écouter d'oser se lancer c'était juste hyper inspirant comme histoire et je suis sûr que ça parlera ça parlera beaucoup beaucoup d'auditeurs et d'auditrices donc encore une fois merci beaucoup pour ton temps merci à toi merci pour la création de cette communauté de la marche au long cours en France en tout cas dans l'univers francophone puisqu'on a déjà des amis belges et puis écoute j'espère à très bientôt pour de nouveaux récits de nouvelles aventures
Jeanne moi aussi
Invité 1 merci beaucoup Jeanne tout le meilleur pour la suite
Jeanne encore merci à toi Loïc salut
Invité 1 merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email la contact arrobase lesfrappés .com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao Sous-titrage ST' 501
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