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Saison 1 EP·019 Expédition #Ironman #GR20 #entrepreneuriat

16 février 2021

Steve Farrugia - Consultant et aventurier à mi-temps - L'urgence de vivre pleinement

Durée · 1h06 · Transcription disponible

Steve Farrugia

Le récit

Steve Farrugia mène deux vies de front. Il est consultant pour un grand cabinet international la moitié de l'année et aventurier le reste de l'année, et se forme également pour devenir guide.

Steve se décrit spontanément comme un "homme ordinaire avec une vie ordinaire". Il nous explique comment certains événements, dont les attentats du 13 Novembre 2015, lui ont fait prendre conscience qu'il passait à côté d'une vie qui pourrait être plus remplie, plus riche. Il démissionne, s'envol pour la Nouvelle-Zélande et découvre alors son amour pour la nature.

Dans cet échange, Steve nous fait voyager à travers les différentes aventures marquantes qu'il a mis en place à son retour en France. Des sommets boliviens au GR20 en passant par l'Islande, on rêve en écoutant les récits de cet aventurier des temps modernes.

La traversée intégrale de l'Islande en particulier impressionne :
🥾 620 kilomètres
🎒 26 kilos dans le sac au départ
🗓 20 jours
📉 9% de masse corporelle perdue à l'arrivée

Encore merci à Steve pour ce super moment, et on espère à très bientôt 🤩

Nb : Steve nous demandé de préciser qu’à la fin, lorsqu’il émet une réflexion sur le temps qui passe et la « double peine » de ne pas choisir quoi en faire, celle-ci provient de Sylvain Tesson qui a exprimé cette idée dans une interview du 20 mars 2020 sur France Inter.

🔎 Toutes les publications de Steve sur le site Outside sont à retrouver ici. Dans cet épisode, nous avons également parlé du site Islandais Safetravel.

🎙 Les épisodes de podcast auxquels nous avons fait référence sont:
Épisode #14 - Jacques Aubin - entrepreneur, Conférencier, IronMan - Perdre 103 kilos pour reprendre le contrôle de sa vie

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Transcription

Lire la transcription intégrale

Steve Pour la nourriture, bien sûr, j'avais cette sensation de faim, mais atroce. Atroce pas les premiers jours, mais au bout du dixième jour, je pense que c'est là où j'ai vraiment ressenti la vraie faim comme j'avais jamais ressenti. Enfin, tu vois, tous les jours dans notre vie quotidien, on dit j'ai faim, mais en fait, ça c'est pas de la vraie faim. La vraie faim, c'est quand vraiment t'as l'impression que ton estomac essaye de se manger lui-même. J'avais vraiment cette impression atroce. Salut Steve, bienvenue sur le podcast des Frappés. Salut Loïc, merci beaucoup, c'est un plaisir d'être là.

Invité 1 Je te remercie de te rendre disponible après une journée de boulot, c'est super sympa, on enregistre un peu tard, mais bon, le plaisir de la conversation va compenser l'horaire de l'horreur. Super, bien écoute, moi je suis très très content de t'accueillir aujourd'hui, un passion d'échanger avec toi sur ce que tu fais. Quand j'ai découvert ton profil, j'ai découvert l'aventurier moderne, j'ai l'impression, quelque part, l'aventurier du XXIe siècle. Donc j'ai hâte que tu t'expliques un petit peu tout ça aux auditeurs, ce que tu fais, comment tu t'organises, et peut-être que tu nous partages un petit peu quelques-uns de tes grands voyages et ce que t'en as retiré. Avec plaisir. Et peut-être que du coup pour introduire tout ça, je te laisse te présenter, nous expliquer ce que tu fais, qui tu es.

Steve Ouais, avec plaisir. Alors du coup, comment me décrire ? C'est une bonne question. Après tu m'expliqueras pourquoi tu as dit aventurier moderne, c'est la première fois qu'on me le sort, mais je suis curieux. Non, en fait, comment je me décrirais ? Je me décrirais simplement comme un homme ordinaire, avec une vie très ordinaire, qui a ressenti à un moment de sa vie, suite à certains électrochocs et certains événements, comme une urgence à vivre, genre à vivre j'ai envie de dire, comme une sensation de ne pas avoir assez vécu, et qui depuis quelques années a fait des aménagements dans sa vie, a libéré du temps pour justement vivre plus intensément, et ceci par l'aventure. Voilà comment je me décrirais.

Invité 1 Top. Ouais, quand tu parles d'aménagement, comment ça se présente ? Quand tu as aménagé ta vie ?

Steve Oui, alors en fait, j'ai un job de bureau très banal, je travaille dans un cabinet de conseil, mais maintenant je ne le fais plus que six mois par an, puisque j'ai libéré six mois dans l'année, que je consacre entièrement à mes aventures, à me former aussi à devenir guide de montagne, et également à mes projets d'écriture, puisque j'essaie d'écrire de plus en plus d'articles à la fois sur mes aventures et sur celles des autres, et avec quelques projets aussi d'écriture de livres. Donc voilà, je consacre six mois dans l'année, purement et égoïstement, à tout ce qui me rend heureux.

Invité 1 Bah écoute, au contraire, c'est génial, parce que ça permet qu'on ait cette conversation, par exemple, et je suis sûr que tu en inspireras beaucoup, s'il y en a qui ne t'ont pas encore découvert, sur, je pense notamment à Outside, qui est un site que je parcours pas mal, et où tu as, je crois, au moins trois ou quatre articles ? Ouais, quatre articles, exactement. En tout cas, moi, il y en a un, celui sur l'Islande, tu nous en diras plus, je pense, plus tard, mais qui m'a vraiment bluffé sur le format, c'est une vraie invitation au voyage, et tout ça dans le contexte Covid, sans vraiment avoir besoin de gros budgets, etc. C'est en ça pour moi que, tu vois, quand tu t'es présenté la première fois, qu'on a eu notre conversation préenregistrement, où je me suis dit, l'aventurier des temps modernes, parce que tu as, d'un côté, un job, qui moi, on parle beaucoup, parce que c'est un job par lequel j'ai commencé dans le conseil, j'étais à Paris aussi, et c'est, en tout cas, moi, j'avais pas croisé jusqu'à présent de consultants qui, six mois de l'année, sont des explorateurs aventuriers, et bientôt guides de haute montagne, donc c'est pour ça que j'ai fait un...

Steve C'est un mode de vie assez atypique. Et en même temps, je pense que c'est quelque chose, et c'est pour ça que j'ai envie de partager un peu mon histoire aussi, très modestement, c'est que je pense que c'est un mode de vie que tout le monde pourrait avoir. En fait, on a tous une... Je pense que dans nos vies, on a tous une marge de manœuvre. Elle est simplement plus étroite chez certains que d'autres. Donc il y a certaines personnes qui peuvent tout plaquer pour vivre, par exemple, de l'aventure à 100%. Malheureusement, on n'a pas tous cette chance. On a tous des contraintes professionnelles, familiales, qui nous empêchent de tout plaquer pour vivre autre chose. Mais je pense qu'on peut tous faire des ajustements et simplement assumer qu'on a d'autres aspirations dans notre vie et d'autres projets que la carrière. Et c'est pour ça que j'ai envie de parler aussi de mon mode de vie. C'est que je pense que c'est quelque chose d'accessible, en fait, pour pas mal de gens. Et d'ailleurs, à la suite des articles que j'ai écrits sur Outside, il y a beaucoup de jeunes qui m'ont contacté sur les réseaux sociaux, qui m'ont demandé, mais comment tu fais ? Comment je peux avoir aussi ce mode de vie ? J'aimerais voyager tant de mois dans l'année. Et en fait, il n'y a pas de secret. C'est-à-dire que le seul secret que je peux donner, le seul conseil, c'est parler de vos projets personnels à vos collègues, à vos managers. Dites ce qui vous fait vibrer, ce qui vous grise dans la vie. Et en tout cas, si vous êtes bon dans votre travail et que les gens vous apprécient, au minimum, ils feront tout pour pouvoir vous mettre en place ce type de système. Donc, on ne peut rien demander et à dire qu'on a d'autres rêves que notre job, en fait.

Invité 1 Oui, complètement. C'est peut-être le premier filtre. C'est vrai que c'est un très bon point. C'est l'auto-censure, en réalité. En tout cas, l'auto-censure, le fait de ne pas oser se lancer. Écoute, c'est vachement intéressant. Est-ce qu'on peut peut-être, du coup, commencer par ça ? Comment est-ce que ça s'est présenté pour toi ? Comment est-ce que tu as organisé cet aménagement dans ta vie ? Et tu évoquais tout à l'heure des déclencheurs qui, à un moment donné, t'en fais te rendre compte que tu ne vivais peut-être pas forcément ta vie aussi pleinement que tu aurais pu. Donc, peut-être que tu peux rentrer un peu dans le détail sur la phase de lancement, on va dire, dans l'aventure des temps modernes.

Steve Oui, carrément. En fait, ça a commencé à mes 25 ans. Donc, en fait, jusqu'à mes 25 ans, moi, j'étais vraiment un jeune homme, un jeune diplômé qui avait des aspirations professionnelles un peu démesurées. J'étais vraiment carriériste. Je me suis lancé sur le monde du travail avec cette volonté de bâtir une carrière, d'avoir un CDI, d'acheter un appartement. J'ai intégré un grand groupe du CAC 40 qui est le leader mondial des cosmétiques, pour ne pas le nommer. Et une fois que j'ai eu tout ça, une fois que j'avais eu mon CDI, mon job très bien payé, mon appartement à Paris, je me suis rendu compte, et il y a un moment dans ma vie où je me suis dit, projette-toi 15 ans plus tard, si tu continues ta vie comme ça, à passer tout ton temps au travail, pour faire très simple, est-ce que tu seras heureux, est-ce que tu seras content de la vie que tu vas raconter aux autres et à tes enfants ? Et en fait, je me suis projeté comme ça 15 ans plus tard, et j'ai envie de dire que j'ai fait ma crise de la quarantaine par anticipation. Tout simplement. J'aime bien dire ça, parce qu'en fait, j'ai l'impression d'avoir sauvé 15 années de ma vie, et au moins de me rendre compte maintenant, d'avoir projeté mes regrets que je pourrais avoir plus tard, de me dire, ouais, ok, j'ai sauvé 15 ans de ma vie, et aujourd'hui, je suis un peu plus épanoui. Et il y a eu un vrai événement, donc il y a eu toute cette réflexion d'abord, sur le monde du travail, sur mon rapport au travail. Je n'étais pas vraiment en rejet de mon job, ce qu'il faut comprendre, c'est que j'étais vraiment en rejet de moi, la place que je mettais dans ma vie pour le travail. Et il y a eu un événement, qui sont les attentats du 13 novembre 2015, je pense, qui ont vraiment marqué, pas seulement moi, mais toute une génération, toute la génération de mon âge, et même toute une génération en général. Et en fait, c'est très idiot, mais je me suis rendu compte, à 25 ans, que je n'étais pas immortel, et que moi aussi, je pouvais mourir du jour au lendemain. Et c'est là où je me suis dit, ouais, ok, il faut quand même que tu fasses quelque chose, il faut que tu te hattes à vivre. Et en fait, j'ai démissionné de mon job, dans cette grande entreprise. Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, et comme tous les jeunes un peu perdus, qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire, je suis parti voyager, parce que souvent, c'est la réponse, on va voyager pour voir un peu ce qui se fait ailleurs, et ce qu'on est capable de faire, une fois libéré de toute, toutes nos contraintes. Je suis parti en Nouvelle-Zélande, et c'est là où j'ai vraiment découvert mon amour pour la nature, alors que moi, j'étais complètement parisien, et la nature, c'était vraiment quelque chose qui ne m'intéressait pas à la base. Je suis parti en Nouvelle-Zélande, j'ai acheté une voiture, juste avec 500 dollars, et j'ai parcouru comme ça, pendant 5 mois. Alors à la fin, la voiture, elle est morte. Elle avait déjà 360 000 au compteur, quand je l'ai acheté, c'était une Toyota Starlet. Je ne sais pas si tu vois, c'est quoi comme voiture ? C'est la taille d'une Clio, en fait. Tu ne peux même pas dormir à l'intérieur, donc j'avais ma tente, j'ai acheté une tente là-bas, sur place, et j'ai parcouru comme ça, les deux îles. Au début, j'allais seulement sur des... Alors d'abord, j'allais seulement de ville en ville, parce que je n'étais pas forcément attiré par la nature. Puis après, je me suis mis à aller parcourir des petits sentiers balisés, parce qu'on a des très belles randonnées en Nouvelle-Zélande. Et après, j'ai rencontré deux Allemands avec qui j'ai fait la route pendant trois, quatre semaines, et qui, eux, étaient vraiment des fous d'aventure et allaient s'engager dans des sentiers pas du tout balisés et vraiment dans la nature sauvage. Et c'est là où j'ai vraiment découvert des choses incroyables, des sensations incroyables, des paysages qui m'émerveillaient. J'ai découvert mon amour de l'aventure et de la nature comme ça. Et quand je suis revenu en France, parce qu'il fallait bien que je revienne un jour, je n'avais plus d'argent, j'avais démissionné, je n'avais pas de chômage, je n'avais rien. Il fallait bien que je retravaille. Donc, j'ai réintégré ce cabinet de conseil dans lequel je travaille aujourd'hui. Mais j'avais toujours dans ma tête ce désir de libérer plus de temps. Donc, je me suis dit, OK, je vais reprendre un CDI, je vais reprendre un job de bureau. Mais par contre, un an et demi plus tard, je savais déjà en tête que j'allais leur demander ce rythme mi-temps pour pouvoir faire mes propres aventures et pouvoir vivre plus pleinement cet amour qui était né en Nouvelle-Zélande.

Invité 1 Génial. Et donc, tu dis, pour toi, c'était très clair déjà dès le début que tu allais finir par leur demander un aménagement. Quand tu l'as fait, tu croyais, c'était clair pour toi qu'ils allaient forcément accepter ou c'était quand même une grosse prise de risque ? Tu le ressentais comme une prise de risque à ce moment-là.

Steve C'était une grosse prise de risque et d'ailleurs, pour être très honnête, ce n'est pas moi qui ai eu cette idée de l'aménagement. En fait, je suis allé voir mon boss et je lui ai dit très clairement, voilà, j'adore ce que je fais, j'adore mon métier, j'adore être avec vous et c'est très sincère. J'adore travailler dans cette entreprise et avec cette équipe. Mais par contre, je lui ai dit, j'ai déjeuné avec lui, je lui ai dit, par contre, j'ai d'autres projets dans ma vie, j'ai d'autres choses qui me passionnent, il y a d'autres choses que je veux faire, d'autres projets, je lui ai raconté un peu la montagne, les aventures, l'écriture. Et je lui ai dit, ben voilà, je n'ai pas d'autre choix en fait, parce que je suis vraiment poussé par ça, je n'ai pas d'autre choix que de démissionner. Donc, je suis prêt à quitter un poste qui me satisfait pour aller vivre ça et il m'a dit, mais pourquoi tu veux démissionner ? En fait, on peut trouver une solution très très simple et on peut très bien t'accorder un mi-temps et voilà, tu travailles avec nous tel mois et telle période et le reste du temps, tu es libre de faire ce que tu veux et en fait, ça s'est fait comme ça en une après-midi, tout le monde était d'accord et aujourd'hui, c'est un système qui est satisfaisant en fait pour tout le monde. Waouh.

Invité 1 Oui, comme quoi, c'est vraiment le fait de demander, oui, parce que qu'est-ce qui se serait passé si tu n'avais pas fait ce pas-là, où est-ce que tu en serais aujourd'hui tu penses ? Si tu te reprojettes ou tu n'avais pas eu l'occasion de travailler en mi-temps, de te consacrer à ces projets, ce serait qui le style d'aujourd'hui ?

Steve Je pense que j'aurais démissionné malgré tout parce que j'étais prêt à le faire et à continuer en fait mon métier, ce métier que j'aime et qui me fait vivre malgré tout de manière un peu plus précaire peut-être par des CDD et voilà, par des missions un peu plus courtes pour toujours avoir cette liberté d'accorder du temps à ce que je veux faire par ailleurs.

Invité 1 Ok. Beau message, lancez-vous du coup à celles et ceux qui nous écoutent comme quoi. Et surtout,

Steve oser demander. Oui. Surtout dans le milieu du conseil, c'est un milieu hyper rigide normalement et pour le coup, j'ai découvert que mes managers étaient des gens très ouverts d'esprit qui eux-mêmes avaient d'autres rêves et je pense que c'est le cas dans toutes les entreprises, on a plein de personnes qui ont d'autres aspirations et d'autres rêves personnels. En fait, je pense qu'il n'y a aucun enfant qui lève la main et qui dit plus tard, je vais être DRH, comptable, chef de marketing, j'en sais rien. Tu vois, on a tous des rêves enfouis au plus profond de nous donc on perd rien à en parler aux autres autour de nous et voilà, ça peut marcher.

Invité 1 Complètement. Complètement. Donc là, ça y est, ça c'était en 2015, tu es parti en Nouvelle-Zélande. Oui, 2015,

Steve je suis parti en Nouvelle-Zélande, je suis parti en 2016 en Nouvelle-Zélande, j'ai repris le monde du travail en 2017 et en 2018, j'ai eu ce rythme à temps plein qui me permettait d'aller faire mes aventures six mois dans l'année.

Invité 1 Ok, ok. Et donc, une fois le temps partiel en poche, sur quel projet est-ce que tu as commencé par te lancer ?

Steve Je suis d'abord parti en Amérique du Sud avec un pote, on est parti d'Argentine, de Buenos Aires, on est descendu jusqu'à Ushuaïa et après on a remonté par le Chili, la Bolivie, le Pérou. Ça c'était un voyage juste incroyable, une expérience phénoménale et c'est là aussi où j'ai fait mes premiers pas d'andinisme, du coup dans la Cordillère des Antes et où j'ai fait mes premiers sommets et c'est là où j'ai vraiment découvert l'amour de la montagne et de l'alpinisme.

Invité 1 Les sommets, tu les as faits où dans la Cordillère Blanche ?

Steve Dans la Cordillère Royal, en Bolivie. Ah en Bolivie, ok. Donc j'ai fait trois sommets de 6000 et deux ou trois sommets de plus de 5000.

Invité 1 Ah ouais,

Steve quand même, pour un début... Ouais, alors il y a des sommets de 6000 qui sont assez faciles, il y a un sommet à 6300 qui s'appelle le Paris-Nakota qui est plutôt accessible, qui n'est pas techniquement difficile, c'est surtout de la marche avec un piole, mais qui est juste grandiose au niveau de la vue et d'être à 6300, c'est quand même assez incroyable au niveau des sensations. Et puis en plus, il faisait hyper froid, il y avait des rafales de vent. Je crois que je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie, c'était assez impressionnant. Et par contre, il y avait d'autres sommets, dont un qui s'appelle le Condoriri, j'ai écrit un article là-dessus sur Outside d'ailleurs, qui est à 5648. Et celui-là, c'est un sommet qui est techniquement très difficile. Et d'ailleurs, je ne savais pas avant de le faire. Si j'avais su qu'il était aussi difficile, je ne me serais pas lancé dessus et j'ai eu des sacrés frayeurs. À la fin, il y a une arête sommetale qui est sans fin, qui est hyper aérienne avec des précipices de chaque côté de 600 mètres. Et on marchait vraiment avec mon guide bolivien qui avait 23 ans, donc qui était hyper jeune et hyper expérimenté. Ça a été une super expérience. Et donc, on était deux sur cette arête sommetale. Moi, je ne savais pas trop quoi faire. Je n'avais pas toutes les techniques. Donc lui, il m'a montré sur le tas comment m'assurer, comment sécuriser. Et c'était une expérience vraiment incroyable. Mais j'ai vraiment eu peur. Je me suis vraiment du compte que si un jour, je voulais faire de l'alpinisme, il allait falloir que j'acquière une technicité et des connaissances que pour l'instant, je n'avais pas. Oui.

Invité 1 Oui. J'imagine qu'une fois qu'ils se retrouvent au sommet, sur passage engagé, le retour à la réalité peut être un peu violent. C'est sûr. Si tu n'as pas l'expérience précédente. Qu'est-ce qui t'a... Tu disais que ça avait été des expériences, que tu étais tombé amoureux de la montagne grâce à l'ascension de ces sommets. C'est quoi exactement qui t'en a mis plein les yeux et qui t'a donné envie de te lancer dedans, même professionnellement ?

Steve C'est dur de répondre à cette question sans tomber dans des clichés, mais malheureusement, c'est la meilleure façon de le décrire et c'est très sincère. C'est d'abord l'émerveillement face à la nature à atteindre grâce à l'effort des vues que tu ne pourrais jamais avoir si tu n'avais pas exploité toutes tes facultés physiques, si tu n'étais pas dans l'effort pour les atteindre. Et après, c'est tout ce que tu... En fait, c'est le double combat que tu mènes à la fois face à la nature puisque la nature, en fait, ne te facilite pas forcément la tâche. C'est à toi de braver un peu les obstacles et aussi du double combat avec toi-même et sentir tes limites qui se rappellent à toi, sentir ton corps dans l'effort. C'est vraiment toutes ces notions d'ailleurs que tu parles beaucoup dans ton podcast de dépassement de soi-même et cette sensation de se sentir vivant. J'aime bien cette expression parce que c'est hyper dur à décrire mais tout le monde la comprend quand on dit se sentir vivant. Moi, c'est ce que je ressens quand je suis en montagne ou quand je fais une aventure. J'ai l'impression d'être là. J'ai l'impression d'exploiter toute ma condition physique, d'être sur le moment présent. C'est éprouver des émotions tellement intenses que tu ne peux pas avoir par ailleurs autrement.

Invité 1 Notamment à la défense dans une tour. pour... C'est ça. Oui, ça me parle carrément surtout cet aspect de découvrir au fur et à mesure que tu montres des paysages sur lesquels tu n'aurais jamais pu poser les yeux autrement. C'est l'émerveillement face au grandiose de la nature. ça peut peut-être faire cliché mais moi, ça me parle complètement. C'est très intéressant ce que tu as dit sur le dépassement parce que je me suis rendu compte qu'à travers le retour des auditeurs et même les invités que j'essayais d'approcher souvent on peut avoir tendance à penser que dépassement, résilience, détermination, les termes qu'on évoque c'est il faut avoir un champion olympique, champion du monde, d'un entrepreneur, d'une boîte qui vaut 300 millions pour que la conversation soit intéressante mais en réalité le dépassement c'est très subjectif, c'est propre à chacun. C'est-à-dire que peut-être j'ai un invité qui me disait ça tu vois Jacques Aubin qui sera sorti d'ici à ce que ton épisode soit diffusé qui a perdu plus de 100 kilos en un an et qui fait maintenant des semi-marathons à Ironman et qui disait que lui il y a beaucoup de respect même pour les gens qui font un 5 kilomètres parce que peut-être qu'un 5 kilomètres pour ton voisin c'est le défi d'une vie pour des raisons X ou Y. Donc ça m'intéresse vachement de savoir comment toi ça s'est passé tu vois si tu te replonges dans le moment où tu es arrivé sur cette arrête et que tu t'es rendu compte avec ton guide de 23 ans que techniquement il allait falloir apprendre vite et dans l'instant comment tu as fait ça a été quoi peut-être tes premières réactions contrôlées ou pas et comment tu as fait pour te reprendre rester dans l'instant rester concentré et pas complètement flipper t'arrêter t'asseoir ou redescendre

Steve en fait ouais tu l'as dit la clé dans ces moments là c'est tu ne peux pas divaguer il faut que tu sois absolument dans le moment présent tu dois te concentrer tu dois mesurer ce que tu es en train de faire tu dois mesurer les risques aussi tu les vois même si tu n'es pas un alpiniste à guérir tu vois très bien les risques tu vois très bien que tu peux décrocher à tout moment si tu ne fais pas attention et c'est cette faculté en fait je pense d'être hyper consacré d'être à fond dans ce que tu fais sur le moment et à la fois pour toi même mais aussi de comprendre qu'en fait cette corde qui te relie à ton guide en fait c'est pas seulement lui qui prend soin de ta sécurité c'est aussi toi qui a sa vie entre tes mains parce qu'en fait la corde c'est un lien moral entre vous deux c'est-à-dire que lui il ne faut pas qu'il dévisse et toi non plus en fait donc tu t'es hyper concentré sur le moment tu reprends tes esprits tu ne divagues pas et ouais tu tu tu tu tu vois ce qui tu écoutes ce qu'il faut faire parce que c'est lui le guide en tout cas il te dit ce qu'il faut faire et toi tu te permets pas c'est pas le moment de tenter des expériences personnelles en fait et de voir ce qui va arriver en marchant à droite plutôt qu'à gauche ouais c'est cette faculté d'hyper concentration je pense qui est importante

Invité 1 en quoi est-ce que ça t'a servi cette expérience dans ton métier par la suite dans ton métier de consultant

Steve ça m'a servi dans le sens où ça m'a permis déjà de relativiser relativiser parfois quand tu quand tu travailles dans une entreprise tu bosses sur des projets et tu te rends compte qu'il y a des choses qui ne sont pas qui ne sont pas si graves en fait pour faire pour refaire un peu l'histoire de ce sommet cette année-là la semaine après notre ascension sur le Condoriri il y a une cordée espagnole aussi qui est montée et qui a dévissé donc il y a un des deux alpinistes qui est décédé et l'autre qui était dans un état assez grave donc en fait déjà ça te permet de relativiser ce que tu fais dans ton quotidien et c'est aussi une belle métaphore sur le travail d'équipe c'est-à-dire que dans le monde de l'entreprise tu as des chefs de projet tu as des managers souvent tu te rattaches à eux tu suis leur direction mais toi aussi tu as un rôle à jouer dans une cordée en fait le suiveur c'est pas seulement quelqu'un qui suit comme un mouton et qui se contente de suivre le leader mais il a aussi une responsabilité en fait

Invité 1 c'est intéressant tu as eu l'occasion à ton retour d'animer je ne sais pas des ateliers des workshops des conférences au sein de ta boîte par rapport à cette expérience est-ce que tu as en retiré les parallèles que tu faisais avec le monde du conseil

Steve non pas du tout mais c'est une bonne idée j'aimerais bien

Invité 1 je me posais la question

Steve parce que oui

Invité 1 tu vois si je me replonge ma période de consulting j'aurais trouvé ça juste passionnant parce que c'est vrai que comme tu dis c'est plutôt le mindset par défaut qu'on trouve dans le conseil c'est plutôt un état d'esprit plus rigide que hyper flexible et ouvert sur tu vois sur ce qui se fait en dehors du conseil donc je trouve que moi ça me parlerait carrément je trouverais ça hyper intéressant en travaillant dans un cabinet de conseil de voir que j'ai un collègue dans l'équipe qui a ce genre d'expérience et je pense ça apporterait une richesse incroyable

Steve je pense que t'as raison il y a beaucoup de parallèles à faire dans le monde de l'entreprise et par contre tout ce qu'on peut vivre dans la nature et pas seulement en montagne ouais effectivement ça pourrait être après je suis quelqu'un d'assez réservé sur ce que je fais et assez timide donc c'est vrai que j'ai pas eu trop l'occasion je suis plutôt dans l'écriture en fait j'adore écrire les podcasts pour moi c'est aussi une forme d'écriture parce qu'on travaille avec les mots aussi on essaie de trouver les mots juste pour transmettre les émotions et ce qu'on a vécu mais c'est vrai je suis pas très dans parler de ce que j'ai ce que j'ai pu faire ouais ouais

Invité 1 ok ok bien donc ça ça fait déjà une sacrée première expérience pour un début pour un début dans l'aventure ça a l'air d'être du costaud ouais

Steve ça m'a mis dans le bain c'est clair

Invité 1 ouais et donc suite à ça si je me trompe pas ça a été une aventure enfin un défi un défi en France cette fois-ci

Steve tu veux parler du GR20

Invité 1 exactement

Steve en fait le GR20 c'est vrai que là on a fait un peu l'historique dans le désordre GR20 c'était après ma traversée en solitaire de l'Islande c'était juste à la suite en fait c'était deux jours après c'était à la suite d'accord c'était deux jours après mon retour d'Islande en fait après donc ma période off quand je suis libre c'est entre avril et août et malheureusement l'année dernière il y a eu le confinement c'est à dire qu'avril-mai j'étais comme tout le monde chez moi à Paris confiné et après il me restait plus que trois mois pour aller faire plein d'aventures et c'est comme ça que j'ai eu l'idée de partir en Islande faire la traversée en solitaire du point le plus au nord au point le plus au sud parce que c'était un des rares pays qui acceptait encore des touristes français et c'est un pays que je connaissais bien parce que ça faisait c'était ma cinquième fois en Islande et juste après en fait j'avais programmé un GR20 avec un pote et donc on est parti deux jours après mon retour d'Islande ça m'a fait deux mois vraiment à fond où j'ai fait que de marcher des dizaines de kilomètres par jour

Invité 1 tu devais avoir une condition physique d'en faire en attaquant le GR20

Steve ouais mais par contre en commençant l'Islande c'était pas le cas parce que j'ai pas eu l'occasion de m'entraîner du coup pendant le confinement donc c'était un peu c'était un peu dur on aura l'occasion d'en parler mais ouais les premiers jours étaient juste affreusement douloureux

Invité 1 alors justement ce voyage en Islande moi c'est celui qui me enfin tous tes voyages m'ont vachement intéressé mais l'Islande la particularité de le faire je fais un petit peu de spoil tant pis mais en autonomie complète et sans ravitaillement j'ai trouvé ça juste hallucinant est-ce que tu peux peut-être pour celles et ceux qui connaîtraient pas trop l'Islande nous rappeler la distance que ça représente la traversée nord-sud le temps que ça t'a pris et peut-être qu'on commence à rentrer dans le détail de la réalité d'un point de vue logistique ce que ça a demandé comme organisation le poids que tu portais etc

Steve ouais carrément alors du coup je suis parti du point le plus au nord de l'île principale qui s'appelle Riftangui qui est situé à 2,5 km du cercle polaire arctique et j'ai marché donc en traversant les hautes terres d'Islande en contournant le Vatnajokukt donc le plus grand glacier d'Islande et d'Europe par l'ouest et je suis descendu jusqu'au point le plus au sud qui est Côte Lutongi donc jusqu'au littoral sud et donc ça faisait 620 km en marchant en autonomie totale donc avec un sac de 26 kg au départ j'avais prévu 26 kg pour 22 jours d'autonomie finalement j'en ai mis 20 dont un jour d'arrêt forcé à cause d'une tempête et donc au final sur les 620 donc j'ai marché 595 km parce que à cause de cette tempête j'ai dû être rapatrié en 4x4 via le refuge le plus proche et donc j'ai marché voilà pendant 20 jours 595 km à pied en autonomie totale

Invité 1 d'accord donc ça c'était après mai c'est ça ?

Steve c'était en juillet en juillet 2020

Invité 1 ok ok donc même au coeur de l'été tu as des conditions qui peuvent être extrêmes en Islande

Steve ah oui oui totalement l'Islande c'est vraiment le pays où tu peux avoir 4 saisons dans une journée tu peux avoir la pluie tu peux avoir même de la neige à cette époque de l'année tu peux avoir des rafales de vent là c'était une tempête avec des rafales de vent à plus de 120 km heure donc autant te dire quand tu es tout seul sur un plateau où tu n'as vraiment aucun endroit pour t'abriter où tu es juste avec ta tante en fait tu n'as juste aucune chance donc tu ne vas pas affronter comme ça bêtement les forces de la nature il faut être un le fond face à ça et en fait tu n'as pas d'autre choix que d'aller t'abriter tout simplement

Invité 1 et là comment ça s'est passé tu avais un téléphone satellite tu as déclenché une balise comment tu as fait pour l'évacuation

Steve ouais j'avais un téléphone enfin c'est pas c'est un GPS satellite qui est le Garmin Inrich Explorer qui te permet d'avoir la météo et donc j'avais aussi ma copine qui me monitorait depuis Paris qui me suivait un peu et qui pouvait m'envoyer les alertes météo et c'est comme ça que je me suis rendu compte qu'il y avait une tempête qui arrivait quelques heures plus tard moi à ce moment là j'étais dans les hautes terres d'Islande j'avais vraiment aucun endroit où m'abriter donc du coup je ne savais pas trop quoi faire de cette information j'ai contacté les services de secours islandais qui sont hyper efficaces hyper accessibles et à qui j'avais envoyé mon itinéraire aussi donc ils me suivaient je leur ai demandé un peu leur avis ils m'ont dit qu'effectivement là où j'étais positionné en ce moment il fallait mieux que je sois rapatrié soit je faisais appel à des rangers en fait du parc national du Vataniokoukt qui pouvaient passer me prendre soit j'essayais de faire du stop alors il n'y avait vraiment personne à ce moment là donc je me suis dit mais en fait je me suis dit je vais accepter l'imprévu je ne vais pas demander les rangers je vais attendre qu'une voiture passe si jamais une voiture passe et dans ce cas là si elle veut me prendre ça sera le signe du destin qu'il faut que je sois rapatrié donc j'ai marché ce jour là 38 km et au bout du 38ème kilomètre il y a une 4x4 de Suisse de randonneurs suisses qui est passée et c'est eux même qui se sont arrêtés qui m'ont dit il y a une tempête qui approche on ne peut pas te laisser là en fait monte avec nous et donc ils m'ont ramené 25 km plus loin dans le refuge du Landman Alogar et donc je suis resté un jour dans ce refuge et j'ai bien fait parce que tout le monde a été rapatrié dans ce refuge là il y avait même des personnes qui étaient en tente dont la tente s'était envolée donc qui était arrivée en urgence au refuge c'était assez impressionnant et pour la petite histoire c'est la même tempête qui a immobilisé aussi Mike Horn quand il était en expédition pour aller rejoindre le Groenland il a été immobilisé par la même tempête en Islande ça c'est juste pour dire à quel point la tempête était énorme parce que même si Mike Horn s'arrête c'est que c'est du long c'est du long quand même

Invité 1 c'est clair et qu'est-ce qui t'a motivé qu'est-ce qui a motivé le choix de l'autonomie complète

Steve en fait ce que ce que j'aime dans la nature moi c'est tout faire par mes propres moyens c'était vraiment pas l'idée de faire un exploit physique ou un record ou quoi que ce soit ça c'est pas vraiment des trucs qui m'importent mais c'était d'affronter la nature tout simplement par tes propres moyens en fait tout simplement et c'est toujours plus sympa aussi de se dire que t'as pas à tout organiser en termes de logistique des points de ravitaillement qui auraient été hyper compliqués à organiser en plein confinement donc je me suis dit voilà il faut que je me fasse une aventure en solitaire je connais bien l'Islande même si là j'ai découvert des coins que je connaissais pas du tout donc je suis parti avec mon sac et je me suis dit voilà au moins tu vas en autonomie complète tu dois rien à personne t'as pas d'étape à être tel jour pour avoir ton ravitaillement voilà c'est une vraie liberté pour le coup d'être dans la nature comme ça

Invité 1 et comment ça s'est passé d'un point de vue pour la planification comment est-ce que t'as réussi à prévoir enfin je pense surtout à la nourriture parce que autant côté équipement bon voilà j'imagine que si tu sais que tu pars sur une certaine période t'emmènes à peu près tout ce dont tu peux avoir besoin mais la nourriture l'eau comment ouais comment ça s'est organisé

Steve alors au niveau de la nourriture j'avais prévu 22 jours d'autonomie j'avais préparé mes plats chez moi en fait j'ai ce qu'on appelle un déshydrateur en fait ce qui permet donc ça c'est un vrai conseil pour ceux qui font souvent des aventures d'autonomie comme ça achetez-vous un déshydrateur c'est super vous pouvez déshydrater tous vos légumes et après vous faire des plats maison comme ça avec des pâtes du riz du boulgur des graines etc mélanger des légumes déshydratés ça tient hyper longtemps et c'est plus savoureux et c'est moins cher en plus que les plats industriels donc j'avais prévu comme ça 22 jours d'autonomie j'avais prévu bien sûr tout ce qui est snacks fruits secs pour la journée des flocons d'avoules le matin malgré tout bien évidemment je dépensais beaucoup plus de calories que ce que je pouvais manger et à la fin du parcours d'ailleurs j'ai perdu 6 kilos ce qui représentait 9% de mon poids de départ j'avais j'avais emporté aussi une petite petite flasque en inox avec 250 ml d'huile d'olive pour ajouter des calories dans mes plats mais bien sûr ça suffisait pas je dépensais beaucoup trop d'énergie et je suis pas assez encore assez technicien sur tout ce qui est diététique pour savoir combien de calories j'avais dans chaque plat j'ai vraiment fait ça un peu à l'arrache mais après je connais assez bien mon corps et je savais ce qui allait être suffisant au moins pour durer 22 jours

Invité 1 ça allait être ma prochaine question parce que sur tu vois bon là c'est une question un peu égoïste mais sur mes expés j'ai toujours du mal à savoir exactement tu vois combien de calories prévoir par rapport à l'effort l'altitude la durée le dénivelé c'est un paramètre c'est tout bête mais ça peut faire une énorme différence tu vois sur 20 jours 9% de ton poids c'est énorme

Steve c'est beaucoup trop en fait c'est beaucoup trop mais à la fois je pense que j'avais pas trop le choix sinon je serais parti à 30-32 kilos c'était ça aurait été impossible ça aurait été la moitié de mon poids en fait après la chance que j'avais c'est qu'en Islande il y a de l'eau partout donc c'est à dire que la majorité des journées j'avais juste une gourde d'un litre d'eau dans mon sac et par contre dans le désert donc le grand désert dans les hautes terres de l'Islande qui s'appelle Lodadaron les Islandais pardonneront ma prononciation en 3 jours j'ai dû transporter une réserve d'eau de 5 litres parce qu'il n'y avait pas de source d'eau mais c'était un moment de l'aventure où j'avais déjà diminué mon sac d'un certain poids au niveau de la nourriture donc je pouvais porter cette réserve d'eau mais sinon le résultat effectivement j'avais pas trop d'eau à porter et pour la nourriture bien sûr j'avais cette sensation de faim mais atroce atroce pas les premiers jours mais au bout du 10ème jour je pense que c'est là où j'ai vraiment ressenti la vraie faim comme j'avais jamais ressenti tu vois tous les jours dans notre vie quotidienne on dit j'ai faim mais en fait ça c'est pas de la vraie faim la vraie faim c'est quand vraiment t'as l'impression que ton estomac essaye de se manger lui-même j'avais vraiment cette impression atroce et quand j'ai terminé cette aventure j'avais perdu 6 kilos et après j'ai fait de l'hyperphagie quand je suis retourné à mon quotidien c'est à dire que je mangeais tout et n'importe quoi et dans des quantités j'étais jamais rassasié donc effectivement je pense qu'il y a une meilleure et je pense sur mes prochaines expéditions je vais prendre un peu plus de connaissances diététiques pour mieux préparer mon alimentation parce que j'ai plus envie de revivre ces sensations-là j'imagine

Invité 1 et peut-être dernière question sur l'aspect nourriture en termes de pour celles et ceux à qui ça parlera en termes de volume au départ de l'expédition la nourriture ça représentait combien dans ton sac à peu près ?

Steve c'était un peu plus de la moitié de mon sac puisque en fait tout le matériel sans nourriture et sans consommable donc sans les bouteilles de gaz j'étais à maximum 12 kilos juste en équipement j'avais vraiment rien en équipement j'avais ma tente j'avais une tenue pour le jour une tenue pour la nuit une paire de chaussettes de rechange un caleçon de rechange une doudoune j'avais vraiment pas grand chose

Invité 1 d'accord et t'avais un sac de 70 litres quelque chose comme ça ?

Steve c'était un sac de 60 litres

Invité 1 60 litres ok ah ouais donc la nourriture c'était vraiment ok tu parlais tout à l'heure du GPS que tu avais quelle mesure est-ce que tu prends alors là pour la traversée l'Eastlande mais j'imagine que pour le GR20 ou tes expéditions à venir tu fais ça aussi comment tu planifies l'aspect sécurité sur un itinéraire aussi long ?

Steve bah déjà avec le GPS ça permet à tes proches de te suivre donc ça c'est plutôt cool moi j'avais dit à ma copine que effectivement j'allais l'avertir à chaque fois que je faisais une pause et que si elle voyait pas mon petit point bouger pendant 30 minutes sans que je l'ai prévenu que je faisais une pause c'est qu'il m'était arrivé quelque chose donc elle suivait ça quand même de près elle était pas tout le temps sur son dandy bien sûr mais ça permettait de pouvoir alerter les secours si besoin faut savoir que juste avant de partir en Islande il y avait les autorités islandaises qui avertissaient sur l'éruption imminente du volcan Gritvon sur le Vatnajokoukt et c'est un volcan que j'allais contourner à quelques dizaines de kilomètres donc j'ai vécu avec une angoisse

Loïc latente une petite angoisse latente

Steve tout le long de mon aventure et quand je me rapprochais de cette zone à chaque fois je disais bien à ma copine écoute avertis-moi surtout si tu vois quelque chose aux infos bon il s'avère qu'il est jamais rentré en éruption mais ça n'a rien enlevé à l'angoisse et après ce qui est rassurant en Islande donc c'est un super c'est un pays qui est super pour les expéditions sauvages et vraiment loin de tout parce qu'en fait on a vraiment cet isolement qui a son paroxysme mais par contre on a toujours la certitude derrière qu'on a des services de secours qui sont très très efficaces en fait c'est des volontaires islandais qui gèrent tout ça il y a un site internet qui s'appelle safetravel.is où tu peux mettre ton itinéraire et donc au moins s'il y a un volcan qui rentre en éruption ou quoi que ce soit eux peuvent regarder qui est dans la zone et peuvent aller te chercher donc ça c'est quand même hyper assurant de savoir qu'on a cette possibilité là derrière d'avoir des échappatoires

Invité 1 ok ouais non clairement c'est sûr que ça fait une grosse différence mais c'est pas la première fois que je l'entends j'ai mon copain Yvan que je salue avec qui on a fait un trek au Népal qui avait tenté une hivernale une traversée de l'Islande ouest est de mémoire ah oui en Poulka ouais ski de rando Poulka qui a été qui a dû être secouru pour une tempête aussi et c'est ce qu'il expliquait que c'est des volontaires mais apparemment l'hiver ce qui est ce qui est encore plus impressionnant c'est qu'ils viennent te chercher même au beau milieu de l'Islande ils ont des 4x4 qui sont spécialement équipés chenillés etc donc visiblement ils ne plaisantent pas en Islande avec le secours ce qui n'est pas plus mal pour les aventuriers ah oui c'est clair

Steve mais en fait il faut savoir que même de nos jours il y a encore des accidents il y a encore des touristes qui meurent en fait parce qu'ils ne sont pas ils ne sont pas suffisamment équipés il y a quelques années il y a un touriste israélien qui a été pris par une tempête sur le Loga Végur qui est pourtant le trek le plus connu d'Islande et balisé et pourtant les conditions météo peuvent tellement changer et si on n'est pas préparé un minimum ça peut être vraiment désastreux désastreux il y a même des Islandais qui se font encore avoir lors de la dernière éruption de l'Iafiata-Yukuk tu sais ce volcan qui est rentré en éruption en 2010 il y a des Islandais qui sont allés voir sur le glacier l'éruption et qui sont morts de froid donc effectivement il faut vraiment être préparé et il faut toujours se rappeler que partout que ce soit en Islande en France même sur des sentiers balisés il y a toujours un danger il faut toujours faire attention à la nature il y a des risques partout et il faut toujours être sûr sur ses gardes

Invité 1 c'est un super bon point et je pense qu'on en parlera pour quand on va commencer à évoquer ta prochaine expédition sur le GR20 c'est pareil moi je l'ai fait deux fois et les deux fois en plein été et les deux fois il y a eu des morts et des morts de froid tu vois ou pris dans des tempêtes dans le cirque de la solitude chaque année chaque année et ouais c'est vrai que c'est un très très bon point il faut absolument être préparé c'est pas parce qu'il y a des centaines de gens des milliers de gens qui font le circuit tous les ans qu'il n'y a aucun danger c'est clair ok donc tu disais 20 jours au lieu des 22 28 kilos au départ t'as perdu 6 kilos c'est ça ?

Steve ouais 26 kilos au départ et j'ai perdu 6 kilos un jour ouais dont un jour d'arrêt forcé donc une moyenne effectivement de 30 km par jour donc un jour je marchais plutôt 15 km et je crois que le jour le plus long c'était 42 km ah quand même ouais c'était c'était dur

Invité 1 sachant qu'il faisait il faisait jour en permanence ouais

Steve exactement alors c'est le gros avantage c'est que tu peux vraiment avaler du kilomètre toute la journée et marcher 10-12 heures par jour en fait il fait jamais nuit donc c'est plutôt cool t'es pas obligé de rentrer de poser ta tente à une certaine heure parce qu'après sinon il y a la nuit qui arrive donc ça c'était plutôt sympa

Invité 1 c'est vachement intéressant ça parce que physiologiquement comment tu gères l'adaptation j'imagine que enfin je suppose que ça a un impact sur ton sommeil la façon dont tu dors ou pas du tout t'es juste tellement crevé que t'as dormi normalement

Steve ouais c'est ça en fait j'étais tellement crevé en fin de journée que tu t'endors et même s'il fait jour alors même si t'as pas une tente qui est occultante t'es tellement crevé que tu dors et même le matin j'arrivais à dormir jusqu'à parfois 10-11h je partais tard et j'arrivais tard le soir mais ouais non t'as aucun soucis pour t'endormir d'accord

Invité 1 ah c'est bon de savoir non mais c'est tout bête mais tu vois je me suis toujours dit que ça pouvait peut-être avoir peut-être avoir un impact ok super et si on prend un petit peu de hauteur qu'on s'extrait de tous les sujets opérationnels très intéressants qu'on vient d'évoquer c'est quoi toi que t'as retenu de ce voyage en termes d'émotions en termes d'expérience si tu devais décrire en quelques mots ce que t'en retires

Steve ce que j'ai retenu c'est déjà la solitude en fait moi je suis quelqu'un qui suis plutôt solitaire et malgré tout vivre la solitude à ce point parce qu'en fait il n'y avait vraiment personne à ce moment là en Islande et dans les hautes terres c'est vraiment la région la plus désolée d'Europe je pense et c'est là où t'as pas de civilisation autour de toi t'es vraiment tout seul c'était hyper dur d'être seul toute la journée comme ça et tout ce qui peut te passer par la tête en fait les 10 premiers kilomètres sont assez sympas parce que tu commences ta journée tu t'émerveilles du paysage t'es en pleine forme après les premiers 10 kilomètres tu refais 10 kilomètres mais alors le paysage bouge pas beaucoup parce qu'à pied t'es quand même plus lent donc là tu commences un peu à te lasser un peu à souffrir aussi t'as des grosses douleurs et puis les derniers parce que t'as un but à atteindre t'as cette moyenne à atteindre quand même pour remplir ton objectif jusqu'à 30 et puis au delà de 30 kilomètres mais c'est hyper dur quand t'es tout seul moi je me parlais à moi même t'es obligé en fait t'as personne à qui parler donc je commentais le paysage je me disais ouais ça c'est pas mal etc je commençais à écrire parce que moi j'aime beaucoup écrire sur mes aventures j'ai écrit des articles sur Outside sur cette aventure d'ailleurs donc je commençais à écrire des textes à m'enregistrer au dictaphone et vivre cette solitude et surtout dans un pays aussi magnifique derrière dans ton dernier podcast il y a cette citation c'est l'aventure est plus belle lorsqu'elle est partagée et moi c'est vraiment ce que j'ai ressenti c'était ma cinquième fois en Islande je suis complètement amoureux de ce pays et de ses paysages et j'ai trouvé ça dommage d'être seul la plus belle expérience que j'ai faite lors de cette aventure c'est la traversée de Laskia qui est une caldéra volcanique à l'est du pays juste au-dessus du Vataniokoukt que j'ai traversé d'ouest en est directement sur la caldéra donc il n'y avait personne la neige était vierge j'étais tout seul et c'est un des paysages les plus magnifiques que j'ai vu de ma vie c'est juste surréaliste c'est des paysages mais un paysage impressionnant je n'ai pas encore partagé les photos sur mon Instagram mais là je vais les mettre parce que je mets tout en retard mais c'est juste cette expérience c'était juste incroyable et je me dis je suis tout seul et il n'y a personne d'autre pour voir ça et j'aurais voulu que mes potes que ma copine puissent voir ça partager ce moment et en fait quand tu es tout seul et c'est pour ça que j'aime écrire sur mes aventures derrière c'est que ça me permet aussi de le partager à d'autres personnes que ça existe aussi pour d'autres la solitude c'était juste hyper dur c'était hyper dur d'être là tout seul et parfois j'avais envie d'abandonner au quatrième jour j'avais envie d'abandonner déjà ah ouais dès le quatrième jour sur les 22 prévus ouais ouais parce qu'en fait le sac il est hyper lourd au début au nord de l'Islande alors c'est super parce que c'est un endroit c'était un endroit vraiment sympa à voir c'est de la toundra c'est quasiment de la toundra arctique donc en fait ça te donne vraiment un aperçu de ce que veut dire vivre en arctique aux confins de l'arctique mais voilà c'est pas des paysages extraordinaires ça veut dire que c'est assez plat il n'y a pas de relief donc au début tu passes vraiment quatre jours avec ton sac au plus lourd à pas forcément t'émerveiller des plus belles beautés de l'Islande donc là tu te dis qu'est-ce que je suis en train de faire et en fait il y a un moment au quatrième jour je me suis dit mais pourquoi tu t'es lancé là-dedans qu'est-ce que tu cherches à prouver est-ce que tu veux te lancer un défi physique qu'est-ce que tu es venu chercher et ouais alors il faut savoir que j'ai fait une grosse erreur et ça c'est en termes d'organisation c'est un vrai un vrai truc à retenir pourtant je suis très très bon en préparation je prépare tout je note tout et j'oublie jamais rien et la seule chose que j'ai oublié là c'est que j'avais pas vérifié les semelles de mes chaussures en fait c'est des chaussures de randonnée des chaussures montantes que j'ai depuis trois ans maintenant et donc j'ai fait beaucoup de randonnées avec beaucoup de pays et en fait mes semelles étaient trouées donc en fait j'avais juste aucun amorti et je m'en suis rendu compte en fait au quatrième jour j'ai regardé mes semelles j'avais des trous dedans et ce qui fait que j'ai eu des douleurs à mon tendon d'Achille horrible j'avais envie qu'il éclate et abandonner ce projet de folie et c'était la seule chose que j'avais oublié de vérifier et qui est peut-être le plus important c'est juste les conditions de tes chaussures

Invité 1 ouais quand tu te lances sur 620 km c'est vrai que ça peut faire la différence et qu'est-ce qui fait que t'as tenu peut-être pour finir là-dessus sur l'aventure de l'Islande qu'est-ce qui fait que t'as tenu 16 jours de plus

Steve en fait il y avait vraiment ces endroits en Islande dont la Caldera d'Askia le désert de Maïli-Felçandur aussi au sud c'était vraiment des endroits qui me faisaient rêver que j'avais toujours voulu visiter donc ça ça m'a fait tenir parce que je me suis dit ouais je suis venu pour ça il faut que j'aille les voir tout le reste en fait la traversée du Nord-Ausse-Nus c'était un peu accessoire mais ce que je voulais vraiment voir c'était la Caldera d'Askia et j'ai pas été déçu et en fait ce qui est beau aussi c'est que quand tu te lances dans un défi comme ça peu importe que tu sois je sais pas au Pôle Nord en Antarctique au Groenland ou en Islande où pourtant t'as plein d'échappatoires en fait t'as plein de plans B si jamais t'as envie d'abandonner mais quand tu te lances quand tu t'es mis en défi tu t'es mis en tête comme ça d'aller à ce point là et c'est ça qui est beau c'est qu'en fait y'a pas d'autre solution si tu veux rentrer chez toi que de remplir ton défi ce que tu t'es imposé et en fait j'étais poussé par cette volonté de m'en tenir à ce que je m'étais imposé tout simplement c'est dur à expliquer mais une fois que tu te lances dans un truc et je pense que tout le monde peut le comprendre tous les gens qui écoutent ton podcast je pense que se sont déjà lancés dans des défis comme ça que ça soit des sentiers balisés une fois que tu t'es mis en tête que tu devais le faire tu t'as pas d'autre choix que de le faire à part un gros pépeur imprévu comme les forces de la nature où là vraiment il faut que tu sois humble par rapport à ça c'est pas toi qui décide mais sinon tu remplis ton contrat en fait avec toi

Invité 1 j'aime bien le concept et donc non content d'avoir rempli ton contrat avec toi-même sur ces 620 km tu enchaînes deux jours plus tard avec le GR20 tu parlais de la solitude comme étant peut-être le point que tu retiens en tout cas le point difficile à gérer si j'ai bien compris de l'expé là ça a dû te changer le GR20 en planété quand même non ? ouais exactement ouais c'était plutôt cool

Steve alors du coup je suis parti avec un pote donc ça c'était sympa de ne plus être tout seul il y avait du monde aussi sur le GR20 après il y avait beaucoup moins de monde que les années précédentes dû au confinement je pensais que ça serait l'inverse qu'il y aurait une surfréquentation du sentier mais en fait c'était l'opposé il y avait peu de personnes donc on voyait tout le temps la même quinzaine de personnes tous les jours et là l'objectif du GR20 c'était de le faire vraiment alors c'était les 50 ans du GR20 et je m'étais dit parce qu'en fait le sentier il a commencé à être balisé en 1970 et je me suis dit ok je vais faire un kiff et j'ai embarqué mon pote là-dessus qui lui ne s'attendait pas du tout à vivre ça en fait et je l'adore pour ça parce qu'à chaque fois que je lui propose un défi il me dit ok il ne se rend vraiment pas compte du truc que ça va être et donc on s'est lancé en quasi autonomie totale puisqu'en fait on avait un seul ravitaillement à Visavona qui est le départ du GR20 Sud donc on est parti le premier jour avec 9 jours d'autonomie en nourriture avec notre temps bien évidemment et après on avait un ravitaillement à Visavona pour les 7 jours restants et là c'était vraiment une approche différente du sentier parce qu'aujourd'hui c'est un sentier qui est vraiment en passe de devenir un sentier de trail de vitesse où tout le monde veut le faire en moins de jours possible c'est vraiment ça l'approche du GR20 aujourd'hui et nous on était à l'inverse avec un gros sac de 20 kilos avec notre tente hyper lent on mettait beaucoup plus de temps chaque jour que les temps indiqués sur le topo de la Fédération française de randonner et on passait vraiment pour des aliens avec mon pote tout le monde nous demandait pourquoi vous faites ça avec vos gros sacs les refuges ils sont hyper bien aménagés vous avez des épiceries et donc pourquoi vous transportez votre nourriture et c'était vraiment une approche très différente et revenir un peu aux sources de ce qu'avaient vécu les pionniers dans les années 70 sur ce sentier

Invité 1 c'est intéressant d'entendre que ce que tu as vécu c'était enfin en tout cas l'état d'esprit que tu as retrouvé sur le GR20 c'était plutôt celui de la rapidité de la vitesse parce que moi ça fait un moment que j'ai plus mis les pieds mais la dernière fois que je l'ai fait donc on on avait essayé de le faire le plus rapidement possible donc on l'a fait en 7 jours en doublant toutes les étapes et en triplant sur une journée et c'était plutôt nous les aliens tu vois à ce moment là où les gens enfin moi je me rappelle plutôt avoir entendu des gens nous dire mais vous profitez pas vous voyez pas le paysage donc c'est marrant de voir qu'aujourd'hui ça a changé

Steve ouais je pense que c'est très récent c'est vraiment je sais pas en quelle année tu l'as fait mais je pense que ça s'est vraiment amplifié cette approche de la vitesse dernièrement avec les records les tentatives on a pu voir un peu partout et je sais pas si moi à mon retour du GR20 en fait à chaque fois que je dis que j'ai fait le GR20 tout le monde me demandait en combien de temps c'est la première question et je te jure j'exagère pas c'est la première question que tout le monde me pose c'est pour ça qu'après j'ai écrit cet article sur Outside c'est parti de ce constat là c'est tout le monde me disait mais en combien de temps je sais pas si on t'a posé cette question aussi ouais aussi ouais c'est la première question que tout le monde pose c'est assez flagrant en fait de l'état d'esprit maintenant du GR20 et j'ai vraiment rien contre les gens qui font de la vitesse etc heureusement que les sentiers il faut que ça attire une publication un public aussi divers et que tout le monde y trouve son compte y'a pas de soucis là dessus mais le comment dire ouais j'ai eu envie d'écrire cet article et de le faire avec cette approche là parce que je pense que c'est intéressant aussi de revenir à l'état d'esprit originel du GR20 qui était surtout de montrer la beauté de la nature corse en fait et des montagnes corse

Invité 1 ouais

Steve et même en fait ce qui était assez assez flagrant sur le sentier c'est que même ceux qui avaient pas prévu de doubler ressentaient comme une obligation à doubler les étapes dès qu'ils avaient une étape qui était un peu courte de 4h à journée ils se posaient tous la question est-ce qu'on devrait pas la doubler c'était assez flagrant et nous on aimait bien être un peu à contre-temps de tout ça et ça nous arrangait aussi parce qu'on était pas aussi en forme que les autres donc ça m'arrangeait d'être un peu dans la lenteur parce que de toute façon je serais incapable de le faire comme toi par exemple en 7 jours c'est pas possible

Invité 1 après c'est vrai que tout est différent du coup la première fois que je l'ai fait j'avais un sac qui faisait extrêmement mal préparé c'était mon premier mon premier GR je crois que j'avais un sac qui faisait 24 ou 25 kilos la deuxième fois quand on l'a fait en 7 jours avec mon pote Yann je crois que j'étais à 10 11 quelque chose comme ça forcément t'en mets de moins et on dormait en tente et chacun notre tente mais on avait des tentes sarcophage qui pèsent je sais plus les tentes camp elles doivent peser 300 grammes quelque chose comme ça donc voilà après c'est vrai que l'approche tout est très différent ok donc vous l'avez fait en 16 jours du coup j'imagine on va quand même parler du temps

Steve on a suivi les étapes du topo de la fédération française donc le nouveau itinéraire parce que maintenant enfin à l'époque c'était 15 étapes je me souviens plus c'est Matalza je crois c'est le refuge de Matalza qui a été rajouté donc ils ont coupé une étape en deux et on n'est pas passé par contre par le cirque de la solitude on aurait bien voulu mais ça demande un équipement à transporter supplémentaire il est fermé non ? il est fermé alors tu peux t'y engager avec ton propre matériel d'accord mais je crois qu'ils ont enlevé effectivement les comment s'appelle pas les cordes fixes mais les chaînes ouais les chaînes exactement tout ce qui peut t'aider à passer par d'accord

Invité 1 ouais sans les chaînes ça peut être un peu un peu sportif surtout si t'as 20 kilos sur le dos ouais c'est cool donc 16 jours en quasi enfin en tout cas en autonomie avec un ravitaillement au milieu vous l'avez fait dans le sens nord-sud du coup si j'ai bien compris

Steve on a fait la difficulté d'abord et après on s'est reposé sur le sud ouais voilà c'était un c'était un beau parcours franchement et c'est j'aime bien que tu me posais la question je pensais pas parler du GR20 mais je suis content que t'en aies parlé parce que il y a un truc assez flagrant aujourd'hui dans le monde de l'aventure c'est que les aventures qui sont les plus médiatisées dont on parle c'est celles qui se parlent au pôle nord au pôle sud sur les vrais sur les plus hauts sommets etc et en fait moi j'ai une conviction profonde c'est que l'aventure elle est partout et que tu peux ressentir des sensations aussi fortes même sur des petits sentiers balisés et c'est bien je trouve d'en parler même de parler de GR20 qui est peut-être le sentier de grande randonnée le plus connu en France parce que en fait il faut dire aux gens que si vous voulez vivre des aventures vous n'avez pas besoin de partir à l'autre extrémité du globe dans des endroits complètement inaccessibles qui sont d'ailleurs inaccessibles surtout pour des raisons monétaires maintenant aujourd'hui mais qu'il y a plein de belles choses même en France il y a plein de beaux sentiers et on peut vivre des émotions aussi fortes qu'une traversée du pôle nord dans des sentiers de randonnée en France ou en Islande ou plus proche de chez nous en fait donc c'est bien aussi qu'on dise qu'on peut se faire des vraies aventures plus proches et qu'on parle pas seulement des aventuriers qui font des super exploits physiques ou qui battent des records du monde

Invité 1 ouais complètement complètement et c'est vrai que surtout en France en fait enfin toi qui as pas mal voyagé je sais pas je sais pas ce que t'en penses mais j'ai fait quelques enfin j'ai fait pas mal de pays aussi l'Amérique du Sud la Nouvelle-Zélande un petit peu pas mal en Europe etc et en fait moi j'ai l'impression qu'en France il y a une diversité de paysages qui est juste incroyable entre les littoraux les Alpes enfin c'est juste dingue tu vois tu prends je sais pas un parc des écrins la traversée des Pyrénées le les sentiers du littoral en Bretagne enfin tu tu peux en prendre plein la vue en France sans comme tu dis avoir besoin de prendre l'avion et faire 15h de vol 12h de décalage horaire pour vivre l'aventure

Steve exactement et d'ailleurs si par exemple on a un rêve en tête je sais pas c'est de faire une une traversée en ski poule cas dans un milieu polaire faire la traversée du Vercors par exemple quelque chose dans lequel je vais me lancer bientôt parce que ça serait vraiment un super kiff de faire ça ça recrée les mêmes conditions et ça c'est des paysages juste grandioses et hyper sauvages on a plein de belles choses à faire à côté de chez nous complètement

Invité 1 bah tu vois le Vercors c'est marrant que t'en parles parce que j'allais j'allais le citer j'ai fait un stage de kayak de mer en Bretagne il y a pas très longtemps pour préparer un tour de Corse en kayak et j'ai rencontré une guide une guide polaire française qui travaille pour Explora Project qui est une entreprise qu'on commence à bien connaître sur le podcast

Loïc et

Invité 1 elle me disait justement qu'une des meilleures préparations pour les grandes expéditions dans le grand froid c'est la traversée du Vercors en Pouca bien sûr

Loïc ça m'étonne pas

Invité 1 j'en avais pas entendu parler avant ça mais visiblement c'est il y a beaucoup d'engagement t'as des questions de navigation il faut quand même faire pas mal de planification parce que t'as des zones crevassées avec des espèces de trous naturels donc ouais c'est juste à côté mais visiblement un excellent terrain d'entraînement

Steve c'est clair non vraiment on peut faire plein d'expéditions hyper engagées juste à côté de chez nous c'est ça qui est beau si on n'a pas besoin d'aller et c'est peut-être quelque chose que nous a apporté comme anciennement le confinement c'est qu'il y a plein de personnes qui ont dû rester en France et redécouvrir la France et qui se sont rendu compte qu'on pouvait faire des super des super expéditions ouais juste à côté de chez nous ça c'est ce qu'on aura appris de 2020 et c'est pas mal

Invité 1 c'est vrai on va voir ce que 2021 donne mais ça a l'air de repartir sur la même tendance du coup sur la suite comment est-ce que comment est-ce que toi tu te projettes quelles sont les prochaines aventures si je ne me trompe pas tu vas bientôt arriver dans ta période où tu vas tu vas enfiler tu vas enfiler tes chaussures d'aventurier et laisser la cravate de consultant au placard c'est ça

Steve alors pour tout te dire je suis encore dans la réflexion déjà parce qu'on ne sait pas trop où on pourra aller en 2021 ce qui est sûr c'est que je vais faire pas mal d'alpinisme dans les Alpes ça c'est une certitude donc là je vais passer beaucoup de week-ends dans tous les massifs qui sont à côté de chez moi parce que là actuellement je suis à Lyon et après dans les autres dans les autres expéditions je ne saurais pas te dire j'ai plein de rêves j'ai un petit carnet dans lequel je note tout ce que je veux faire dans ma vie tous les sommets que je veux gravir voilà j'aimerais bien gravir mon premier 7000 mètres j'aimerais bien faire des traversées en ski pulca j'aimerais bien j'ai un délire en ce moment c'est de j'ai envie d'aller dans la grande sabana au Venezuela je ne sais pas si tu connais c'est un endroit qui n'est pas très connu et en fait là-bas c'est un immense plateau tropical en fait et c'est là où se trouve la plus grande cascade du monde la Salto Enjel qui fait je crois 990 mètres de hauteur donc c'est la plus grande cascade du monde et l'idée ça serait de marcher 15 jours donc jusqu'à la cascade à travers la forêt tropicale et la descendre en rappel donc ça c'est un truc qui me plairait

Invité 1 ah ouais

Steve j'ai eu cette idée parce que ma copine est vénézuélienne déjà et aussi parce qu'il y a un écrivain franco-vénézuélien alors que je recommande vraiment aux gens de lire qui s'appelle Miguel Bonnefoy il a été en liste pour le concours pour son roman pour son roman héritage il n'a pas gagné mais par contre il a fait un autre roman qui s'appelle Jungle et où il raconte justement cette expédition c'est un roman très court et qui est super à lire parce qu'il a une super écriture et c'est très poétique et en fait il raconte voilà c'est 15 jours pour marcher jusqu'à la Salto Enjel et la descente en rappel et ça donne juste trop envie d'y aller pourtant moi je suis quelqu'un qui est plutôt attiré par le froid et les milieux polaires mais là j'ai juste envie d'aller là-bas et de descendre en rappel cette cascade de 900 mètres ça fait rêver

Invité 1 je suis en train de regarder les photos je crois bien que j'avais vu des documentaires sur une expédition une des premières expéditions je crois qui avait qui avait qui était montée sur le plateau alors je ne sais pas si c'est exactement celui-là mais je crois qu'il y a une région au Venezuela où c'est assez typique il y a des plateaux avec des comme s'ils avaient été posés là en fait avec des falaises extrêmement extrêmement verticales voilà ça fait rêver

Steve c'est des endroits comme ça qui ne sont pas très connus dans le monde parce que on connait un peu la situation politique au Venezuela donc ce n'est pas vraiment le moment d'aller faire du tourisme mais on a des beaux coins comme ça qui gardent des trésors et qui seraient vraiment pas mal de mettre plus en lumière donc ça c'est un peu un de mes prochains défis je pense dans les deux années à venir ça serait cool super

Invité 1 super bah écoute Steve un grand grand merci on arrive déjà sur la fin si tu avais si tu avais quelque chose que tu aurais envie de partager avec celles et ceux qui nous écoutent qui tu vois dans la morosité ambiante tous les doutes qu'on a autour du Covid etc peut-être un message d'espoir qu'est-ce que ce serait

Steve ça serait et je pense que ça ça a encore plus de sens avec ce qu'on vient de vivre avec le confinement et on pouvait pas on avait nos libertés qui étaient un peu entravées on pouvait pas faire tout ce qu'on voulait et ça serait plutôt de se dire que en fait dans la vie le temps il file déjà sans qu'on puisse rien y faire en fait et on peut pas le freiner le temps et si en plus on choisit pas ce qu'on fait si on choisit pas quoi faire de ce temps en fait pour nous c'est une double peine et donc ce que j'ai envie de dire c'est juste prenez prenez cette liberté de faire vraiment ce que vous avez envie la vie alors c'est vraiment je vais enfiler des clichés mais la vie elle est très courte et juste profitez faites aucun compromis sur vos rêves et sur tous les projets que vous avez envie de partager et en fait c'est une phrase de Sénèque que j'aime beaucoup qui dit pour qui c'est l'employé la vie est assez longue en fait ça veut tout dire

Invité 1 je l'avais jamais entendu mais elle est elle est belle effectivement super un grand grand merci encore une fois Steve pour nous avoir parfait bah écoute moi j'ai adoré aussi je vais j'avais pas forcément l'Islande en tête tu vois sur ma liste enfin je l'avais sur ma liste de pays à visiter mais pas forcément sur ma liste d'expédition en solo à faire mais bon là tu m'as donné tu m'as vraiment vraiment donné envie donc je vais aller regarder ton article je crois que t'en as fait un sur comment réussir son expédition en Islande ça traversait de l'Islande donc c'est parfait

Steve sur Outside n'hésitez pas alors c'est des articles qui sont réservés aux abonnés mais en ce moment je crois que Outside ils font un offre de 30 jours offert donc voilà vous pouvez vous abonner gratuitement lire les articles et d'autres parce qu'il y a des super articles aussi et donc voilà n'hésitez pas et oui effectivement l'Islande j'encourage tout le monde à aller visiter ce pays qui est juste démentiel qui est un livre de géologie à ciel ouvert et j'ai jamais vu de pourtant j'ai pas mal voyagé j'ai jamais vu de pays et une nature aussi belle et dans son état brut qu'en Islande donc ouais allez-y

Invité 1 ouais on sent on sent la parole du passionné de l'amour de l'Islam écoute je mettrai bah ouais merci merci beaucoup je mettrai tous les liens vers Outside ton compte Instagram j'imagine qu'on peut aussi suivre ouais

Steve alors je poste tout avec 3 mois de retard donc là je suis encore en train de poster mes photos du GR20 et après je vais mettre l'Islande mais oui si des personnes veulent voir un peu les photos est-ce que je fais qu'ils n'hésitent pas à aller voir mon Instagram je pense que tu le mettras en lien comme ça ça m'évite de les plaît

Invité 1 absolument absolument je mettrai tout en description de l'épisode et on tagra tout ça au moment où ton épisode sortira donc il n'y a aucun souci encore une fois merci Steve merci à toi tout le meilleur pour la suite on te souhaite plein de belles expéditions sur 2021 qui sait on reste peut-être en contact on ne sait jamais ce qui peut se passer une expédition en commun pourquoi pas à voir carrément

Steve mais pas de vitesse moi je ouais ouais non pas de vitesse je suis plus trop dans le délire

Invité 1 de finir GR20 en moins de 5 jours donc ça ira très bien encore un grand merci Steve tout le meilleur pour la suite et écoute à très bientôt

Steve également allez à bientôt

Invité 1 merci d'avoir écouté cet épisode du podcast Les Frappés Jusqu'au bout j'espère qu'il vous aura intéressé même inspiré pour vos différents projets qu'ils soient ! pro ou perso je vous invite à nous faire parvenir vos commentaires vos feedbacks vos suggestions d'invités également directement par email à contact arrobase lesfrappés.com et enfin si vous souhaitez nous soutenir dans cette aventure n'hésitez pas à nous laisser une note sur les différentes plateformes d'écoute que vous utilisez ainsi qu'un commentaire et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode ciao

Transcription automatique relue · susceptible de contenir des imprécisions.

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